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Le blog de Lucien PONS

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Une tentative de coup d’État contre Trump . Par Alexander Mercouris

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #ACTUALITE, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #Les transnationales, #Les média

Une tentative de coup d’État contre Trump. 


Par Alexander Mercouris – Le 11 Décembre 2016 – Source The Duran

 

Le dernier rapport de la CIA impliquant la Russie, pour les fuites concernant la convention démocrate et Podesta, n’est fondé sur aucune preuve. Venant quelques semaines avant l’inauguration de Donald Trump, il s’avère plutôt être une dangereuse interférence de la communauté du renseignement américain dans le processus politique américain.

À la lumière des allégations de la CIA, que des responsables de l’administration Obama ont allégrement répandues de façon anonyme dans les médias, prétendant que la Russie a aidé matériellement Donald Trump à remporter l’élection présidentielle américaine, je répéterai ce que j’ai écrit le 31 octobre 2016.

 

Notez bien que cela a été écrit une semaine avant les élections présidentielles américaines, et que le titre de l’article était Hillary Clinton vient de placer une bombe sous la démocratie américaine.

De loin, l’acte le plus irresponsable et dangereux qu’Hillary Clinton ait commis est d’accuser une puissance étrangère – la Russie – d’ingérence dans l’élection afin de l’empêcher de gagner, et d’imposer Donald Trump au peuple américain.

C’est dangereux et irresponsable à tellement de niveaux, qu’il est difficile de savoir par où commencer.

Premièrement, ce n’est pas vrai. Il n’y a aucune preuve que Donald Trump soit un agent russe ou ait des liens avec la Russie, ou même que la Russie le soutienne. Tous les «éléments de preuve» cités pour prouver qui il est et ce qu’il a fait – comme la citation erronée d’un seul commentaire de Poutine et les prétentions au sujet de prétendues connexions de Trump avec le monde des affaires russe – se sont avérées si peu convaincantes, que même Hillary Clinton a cessé d’en parler.

Deuxièmement, cela pollue le système politique américain d’utiliser les agences du gouvernement pour diffuser cette fausse histoire.

J’ai déjà exprimé mes propres doutes sur le fait que la Russie soit derrière les fuites concernant la convention démocrate et Podesta. Craig Murray – un ancien ambassadeur britannique qui (contrairement à moi) est un ami personnel de Julian Assange – a fini par dire qu’il sait à 100%, comme un fait, que la Russie n’est pas derrière ces fuites (voir ici).

Craig Murray est un homme d’une intégrité éprouvée qui, en tant qu’ancien diplomate de haut rang, a traité des documents de renseignement classifiés et qui sait donc séparer les faits de la fiction. S’il dit qu’il est à 100% sûr que la Russie n’est pas responsable des fuites, étant donné les sources auxquelles il a accès, qui sont assez bonnes pour moi, cela devrait l’être pour toute personne raisonnable.

Ce que cela signifie, c’est que la récente déclaration des services de renseignement américains, selon laquelle la Russie est à l’origine des fuites, est fausse. J’ai déjà discuté du langage profondément manipulateur utilisé dans cette déclaration, ce qui prouve en fait que le renseignement américain n’a pas les preuves pour étayer ce qu’il dit.

J’ai également déjà souligné ce fait sans précédent pour les renseignements américains, de s’immiscer dans une élection américaine de cette façon.

Maintenant que nous avons la confirmation de Craig Murray que l’affirmation de la responsabilité russe pour les fuites, comme faite dans la déclaration, est fausse, nous pouvons juger encore plus clairement du côté profondément malhonnête de cette déclaration.

La grande question est de savoir ce qui a convaincu le renseignement américain de faire cette déclaration. D’après tout ce que nous savons, le soupçon doit être qu’Hillary Clinton et sa campagne, presque certainement avec l’aide de hauts fonctionnaires de l’administration Obama, ont en quelque sorte convaincu les services de renseignement américains de publier cette déclaration, afin de faire osciller l’élection en sa faveur.

Si oui, il faut dire clairement que l’utilisation des services de renseignement du pays pour répandre une fausse histoire, afin de vaincre un adversaire politique lors d’une élection démocratique, est bien pire que ce que Richard Nixon a jamais fait, que ce soit pendant la campagne électorale de 1972 ou à tout autre moment de sa carrière.

Troisièmement, ces fausses affirmations sur la Russie corrompent le débat public, ce qui rend presque impossible une discussion approfondie sur les relations vitales entre les États-Unis et la Russie – une superpuissance nucléaire.

Le résultat est que les positions «réalistes» qui sont maintenant associées à Donald Trump – qui ont une histoire longue et respectable dans la politique étrangère américaine (c’était la politique de John F. Kennedy dans les mois précédant son assassinat, de Lyndon Johnson, de Nixon et Kissinger, de Ronald Reagan dans son second mandat, et de George HW Bush) – ne sont plus prises au sérieux, puisqu’elles sont associées à un homme qui a été désigné comme traître.

Quatrièmement, ces affirmations fausses compliquent les relations avec la Russie presque au-delà de la raison.

Comment Donald Trump ou Hillary Clinton peuvent-ils maintenant négocier avec Poutine, lorsque le premier a été publiquement accusé d’être son agent et l’autre est présenté comme le président qu’il a essayé d’arrêter ? Comment – si Hillary Clinton devient présidente et essaie de conclure un accord avec Poutine – l’expliquera-t-elle à ses partisans, après tout ce qu’elle a dit à son sujet ?

Cinquièmement, le point le plus dangereux de tous, faire cette affirmation complètement fausse revient à placer une bombe sous la légitimité de celui qui va être le prochain président des États-Unis.

Si cette personne est Donald Trump, alors il devra faire face au fait qu’il est le candidat qu’Hillary Clinton, sa campagne, la plupart de l’establishment politique, presque tous les médias et la communauté du renseignement américain ont affirmé publiquement que la Russie avait aidé à gagner.

Comment, dans ce cas, si Trump gagne, pourrait-il, en tant que président, commander le respect et la loyauté de la bureaucratie de politique étrangère, de la communauté du renseignement, de l’armée, des médias et du Congrès, alors qu’on leur dit qu’il est le candidat préféré, et très probablement l’agent, d’une puissance étrangère ? Ne verraient-ils pas cela comme leur devoir de le gêner et de lui désobéir à chaque instant, afin de l’empêcher de vendre le pays à ses marionnettistes étrangers ?

Comment Trump va-t-il se défaire de cette suspicion qui entachera sa présidence dès le premier jour, s’il est élu, que ce n’est que grâce à l’aide de la Russie (jusqu’au piratage des machines à voter) qu’il a gagné et qu’il n’est donc pas le vrai choix du peuple américain ? Trump n’aurait-il pas à craindre d’éventuelles procédures de mise en accusation, dans le cas où il commettrait la moindre erreur, avec beaucoup d’Américains estimant que toute mesure serait justifiée pour enlever un président qu’on leur présente comme l’agent d’un pouvoir hostile ?

Cette dernière histoire circulant dans le rapport de la CIA sur le rôle de la Russie dans l’élection confirme chaque point ci dessus.

Pour être bien clair, la CIA n’apporte rien de nouveau. Elle ne prétend pas que la Russie a piraté les machines à voter et a manipulé les votes parce que, malgré les efforts de Jill Stein et Hillary Clinton pour trouver des preuves de cela dans le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie, aucune preuve n’a été trouvée.

L’affaire tout entière repose entièrement sur l’allégation que la Russie était derrière les fuites démocrates. Toutefois, aucune preuve nouvelle n’a été fournie, pas plus qu’avant les élections, pour la simple raison qu’aucune preuve de ce genre n’existe.

J’ai déjà souligné que le langage manipulateur dans la déclaration faite par la communauté de renseignement lors de la campagne présidentielle accusant la Russie d’être à l’origine des fuites des courriels démocrates confirmait qu’aucune preuve contre la Russie n’existait.

J’ai également demandé ce que le FBI – l’organisme compétent pour déterminer cette question – pensait des «preuves» sur lesquelles les services de renseignement américains s’appuyaient et si on les leur avait montré. Il s’est ensuite avéré que l’on avait présenté ces preuves au FBI et qu’il a ensuite refusé de cosigner la déclaration.

Il s’avère maintenant que la CIA n’a en réalité aucun élément de preuve à l’encontre de la Russie, que l’affaire entière contre la Russie n’est basée que sur des soupçons et que certaines sections de la communauté de renseignement américaine commencent à avoir des doutes. Tout cela est confirmé par le passage suivant de l’article du Washington Post sur ce rapport de la CIA.

«La présentation de la CIA aux sénateurs au sujet des intentions de la Russie n’a pas réussi à obtenir un soutien formel par les 17 agences de renseignement. Un haut fonctionnaire américain a déclaré qu’il y avait des désaccords mineurs entre les agents du renseignement au sujet de l’évaluation de l’agence, en partie parce que certaines questions demeuraient sans réponse.

Par exemple, les agences de renseignement ne disposent pas d’information spécifique montrant que des fonctionnaires du Kremlin «ont dirigé» les individus identifiés pour qu’ils transmettent les emails démocrates à WikiLeaks, a déclaré un autre haut responsable américain. Ces acteurs, selon le fonctionnaire, étaient «un niveau» en dessous du gouvernement russe, plutôt que des employés du gouvernement. Moscou a par le passé utilisé des intermédiaires pour participer à des opérations de renseignement sensibles, pour avoir une possibilité de dénégation.

Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, a déclaré dans une interview à la télévision que le «gouvernement russe n’est pas la source».

Les «individus identifiés» – qui ne sont pas des fonctionnaires du gouvernement russe – ne sont évidemment pas identifiés, mais le placement prudent du nom de Julian Assange à la fin de ce passage semble être destiné à suggérer qu’il est l’un d’eux. Si oui, alors même insinuer que Julian Assange puisse être «‘un niveau’ en dessous du gouvernement russe» est une insulte et un mensonge.

Quoi qu’il en soit ce passage confirme que les «individus identifiés» – quels qu’ils soient – ne sont pas des fonctionnaires du gouvernement russe et – puisqu’on les appelle «intermédiaires» – qu’ils n’ont aucun lien confirmé avec lui. En effet, la formulation suggère qu’ils peuvent même ne pas être russes.

En mettant tout cela de côté, Donald Trump n’a évidemment pas gagné les élections en raison de l’aide de la Russie, et le rapport de la CIA est loin de dire qu’il l’a fait.

Comme je l’ai déjà dit, Donald Trump a gagné parce qu’Hillary Clinton était un mauvais candidat et parce qu’un grand nombre d’Américains croient qu’il va améliorer leur vie.

La déclaration de la CIA montre cependant ce que risque d’affronter Donald Trump.

La campagne Hillary Clinton a déjà exercé de fortes pressions auprès des électeurs du Collège électoral pour qu’ils transfèrent leur soutien à Hillary Clinton. Bien que cette campagne ait apparemment rencontré peu de succès, la CIA et les médias continuent à être de son côté, tout comme avant les élections, la communauté de renseignement américaine essayait d’aider Hillary Clinton à gagner.

Dans les deux cas, la méthode utilisée est la même : la diffusion de fausses histoires et la paranoïa sur la Russie. La fausse histoire est que Donald Trump est en quelque sorte l’agent de la Russie, transformant toute mesure pour l’empêcher de devenir président en un devoir patriotique.

Je n’ai pas besoin de souligner que c’est jouer avec le feu. Jamais auparavant, dans l’histoire américaine, il n’y eut de campagne orchestrée contre un président élu pour l’empêcher d’être investi. Jamais auparavant la communauté du renseignement des États-Unis ne s’est engagée dans une telle campagne.

Bien que je m’attende à ce que cette tentative échoue, personne ne devrait douter de l’énorme colère des dizaines de millions de personnes qui ont voté pour Donald Trump, si son investiture échouait.

Bien que je m’attende à ce que cette tentative échoue et que Donald Trump soit investi président le 20 janvier 2017, il ne fait aucun doute que la campagne pour le déstabiliser, en le peignant comme un agent russe, continuera après son investiture.

La seule façon d’arrêter cette campagne est qu’il renonce publiquement à sa politique de rapprochement envers la Russie, comme certains le demandent déjà.

Indépendamment de ce qui arrivera finalement, il est à la fois sinistre et sans précédent, pour les renseignements américains, de s’immiscer dans le processus politique américain de cette façon.

Comme je l’ai dit à la fin de mon article du 31 octobre 2016, la république américaine vit des temps sombres. Peut-être, parce que la situation politique à Washington commence à porter la marque de ce qui, dans d’autres pays, serait appelé un environnement de pré coup d’état, cela explique-t-il pourquoi Donald Trump choisit de s’entourer de généraux.

Alexander Mercouris

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

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Quand on parle du monstre… Par Jean-Marie Bourget

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La lutte des classes, #La paix, #Amérique Latine, #Les média

Quand on parle du monstre…

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/12/800033_3_e0e9_fidel-castro-lors-d-un-discours-a-la-havane-1728x800_c.jpg

Quand on parle du monstre…

Tant pis, à mon âge avec une vie mal faite derrière moi, je peux vous le confier au risque de me retrouver devant la Cour Pénale Internationale : j’ai admiré Castro. Admiré sans réserve. Pas comme mon ami Régis Debray qui n’a pas été nul dans l’éloge, et même émouvant. Mais qui a émis les réserves habituelles, comme les suspects arrêtés par le commandant Renault dans le film Casablanca. Des mots parachute qui vous évitent le pilori. Le problème de Régis, pourtant grand croyant et souvent grand crédule, est d’être parfois un « in-fidèle », de ne pas aller jusqu’au bout alors qu’il le devrait, de lâcher la cause en route.

Comme on abandonne dans le col parce que le boyau est crevé et que soudain, coup de mou et faute de rustines, on se demande si la vie vaut la peine d’être vécue l’humanité étant dégueulasse. L’esprit de révolution est comme la pierre ponce, il s’use. Et il use. Régis est passé à une autre pierre, un autre Pierre où Jésus a bâti son Eglise. Dommage, mais admirons le salut final du dernier des Mohicans : il a toujours le goût à la liberté et refuse la vie au caviar proposée par les petits maîtres de la sociale démocratie française.

La mort du Leader maximo nous a permis de savoir qu’il y a toujours du fidèle en lui. Et je ne peux oublier une soirée heureuse, avec un retour à la case départ, celle qui précède « Révolution dans la Révolution ». Autour d’une table parisienne, dans un titre à la Alexandre Dumas nous étions réunis « Cinquante ans après ». Régis s’est retrouvé là ému, en militant prodigue rentré à la base pour honorer celui qui fût un temps son maître, Jacques Vergés. C’est l’avocat ami de Mao et rédacteur en chef, qui l’avait, pour la revue « Révolutions », expédié en première patrouille sur les terres explosives de l’Amérique du Sud.

Si, parlant de Castro je vous parle de Debray c’est par commodité. Car évoquer aujourd’hui en France le suprême barbu est une entreprise impossible pour qui n’a pas d’outil, de toise, de cadran. Equipé on plonge alors dans le bazar du temps pour retrouver un étalon, un échantillon témoin. Avons-nous rêvé que nous, et des millions d’autres, aimions Castro ? Sommes-nous seuls « rouges-bruns » survivants de cette admiration devenue honteuse ? Pour nous pincer, nous réveiller, j’ai donc convoqué Régis, le vrai expert devenu plus crédible en homme du réel qui porte des costumes balzaciens. Il est notre témoin de moralité. A la barre de l’histoire il comparait pour dire aux incroyants qu’il est vrai que nous avons été fous, que nous n’étions pas seuls et avions raison de l’être.

Si dans un pays de liberté agonisante, la France où Chomsky est interdit de parole, je sonne le rassemblement de ceux qui ont accompagné Fidel, c’est par peur de ne pas être cru. Oui nous avons supporté avec lui, et portons encore l’utopie d’un monde plus juste. Une idée qui se sent maintenant seule comme une petite vieille la nuit sur un banc du Métro. Sur les écrans des télévisions on voit ces maîtres d’hôtel chargés de servir la vérité bien chaude, nous affirmer qu’avoir une émotion à l’annonce de la mort de l’ami du Che est grandement coupable.

La preuve, dès qu’un politicien se montre -et nous n’en manquons pas, ce sont des gibiers de saison- il est assommé d’une question unique : « que pensez-vous des propos de Ségolène Royal sur Fidel Castro ? ». Disparu le vrai débat, l’œuvre et l’homme Fidel n’ont pas d’importance. Ne pas introduire l’idée contagieuse qu’hors le vin le rouge puisse être bon. Ce qui compte, c’est de demander à Bayrou, le Commandante du Béarn, ce qu’il pense des justes paroles sorties naturellement de la bouche innocente d’une ministre linotte : « Cuba n’est pas une dictature ».

Cette impossibilité de dire un mot positif, fut-il orphelin, sur l’œuvre de Castro -sauf à être un nouveau Faurisson- est un indicateur. Un indice scientifique comme celui qui mesure les marées. Puisqu’il est impossible de dire « Castro » sans recevoir de tomates, cela signifie que nos libertés sont mortes. Avec elles notre imaginaire et le devoir du contradictoire, du doute.

Je m’explique. Le droit de vomir Castro étant acquis et gravé dans les livres par la bande des Courtois, le gang des « Nouveaux » philosophes et autres techniciens de surface comme Enthoven, est-il possible d’introduire une nuance de Mandela dans le vert olive ? Non. L’affaire est pliée. Dire que Castro a mis un continent debout, et même un et demi en comptant l’Afrique, qu’il a rendu les frères de son île à l’état d’hommes, c’est postuler à l’opprobre. Celle d’une Cour de magistrats mondialisés qui tient open bar à La Haye. Voilà l’état de notre liberté. Et son emprisonnement dans la cellule de la pensée néo conservatrice, droit-de-l’hommiste, pourrait ne pas être grave… Il faudrait, pour un nano gramme d’optimisme, sentir pousser des lutteurs capables de cisailler ses barreaux. Bien non. Il n’y a pas grand monde.

Il n’y a plus de lutteurs, ils ont rendu leurs paquetages à la globalisation. Restent des naufragés de Facebook communiquant entre eux comme des tôlards, en faisant du tam-tam dans les tuyaux, qui osent dirent les gros mots : « Fidel… je resterai fidèle ». Car, pour la pensée Pujadas, celle qui compte comme devant un guichet banque dans ce temps qui tourne le dos à l’espérance pour embrasser Wall Street, Castro avec « ses camps » est devenu un peu Hitler. Et Kissinger un Prix Nobel combattant pour la démocratie. Ainsi va la nouvelle histoire écrite par la sociale démocratie de France made in Washington. Celle qui envoie des gendarmes, à propos du contenu de son cours sur la Russie délivré en collège, poser des questions à un professeur breton.

Je pense qu’il serait souhaitable que les fabricants de jeux pour enfants nous facilitent la tâche. Qu’ils inventent une tablette sur laquelle, dès que les petits doigts pianotent l’icône Castro, ils reçoivent une petite décharge électrique. Le logiciel devra laisser de l’espace « libre » afin que cette gégène, l’enfer de l’histoire, puisse regrouper tous les monstres en une correcte haine. Ainsi notre monde deviendra juste et nos enfants heureux.

Ne dites plus « non passaran », puisque les éradicateurs sont passés en piétinant nos raisons de vivre. Fidel tu as eu raison de mourir, ce monde n’est plus pour nous.

Jacques-Marie Bourget

source: http://prochetmoyen-orient.ch/quand-on-parle-du-monstre/


 
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Si vous êtes pour la paix, c’est que vous êtes un agent russe. Par Paul Craig Roberts.

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #La Turquie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Si vous êtes pour la paix, c’est que vous êtes un agent russe. Par Paul Craig Roberts.

Si vous êtes pour la paix, c’est que vous êtes un agent russe


Par Paul Craig Roberts – Le 10 Décembre 2016 – Source paulcraigroberts.org

Puisque l’époque est aux « fausses nouvelles », le dernier numéro du National Enquirer, vendu aux caisses du supermarché, donne aux médias pressetitués une bonne longueur d’avance : « Confession de Castro sur son lit de mort: j’ai tué JFK. Comment j’ai manipulé Oswald. »

C’est presque aussi bon que la fausse nouvelle qui circule dans les médias pressetitués, comme les stations de télévision, le Washington Post, le New York Times et le Guardian – oui, même l’ancien journal britannique de gauche a rejoint les rangs des prostituées de la presse – disant que la CIA a conclu que « les agents russes ont secrètement interféré dans la campagne électorale, dans le but d’assurer la victoire du candidat républicain ».

 

Si la CIA est assez stupide pour le croire, c’est que les États-Unis n’ont pas d’agence de renseignement compétente. Bien sûr, la CIA n’a jamais dit et ne croit pas une telle chose. Les fausses nouvelles dans les médias pressetitués sont toujours fournies par des fonctionnaires anonymes. L’ancien ambassadeur britannique Craig Murray a décrit les articles avec précision : « Un tas de conneries ».

Alors, qui invente ces histoires, un autre groupe anonyme lié à Hillary comme PropOrNot, l’organisation secrète et cachée qui a publié une liste de 200 sites Web qui sont des agents russes ?

Les fausses nouvelles sont le produit des pressetitués. Tout au long des primaires et de la campagne présidentielle, il fut tout à fait évident que les principaux médias imprimés ou télévisés publiaient sans arrêt de fausses nouvelles, visant à nuire à Trump et à stimuler Hillary. Nous l’avons tous vu. Nous avons tous vécu cela. Qu’est ce que c’est que cette histoire de Russie source de fausses nouvelles ?

Nous n’avons eu que des fausses nouvelles, de la part des pressetitués depuis le régime klingon [Référence à Star Trek, NdT]. Des fausses nouvelles ont été utilisées contre la Yougoslavie et la Serbie, afin de dissimuler les crimes de guerre de Bill Clinton.

De fausses nouvelles ont été utilisées contre Oussama ben Laden, l’Afghanistan, l’Irak, le Pakistan, le Yémen et la Somalie, afin de dissimuler les crimes de guerre du régime Bush.

De fausses nouvelles ont été utilisées contre la Libye et la Syrie, afin de camoufler les crimes de guerre du régime Obama.

Sans ces fausses nouvelles, ces trois présidences couvertes de sang auraient fini devant la Commission pour crimes de guerre, jugées et condamnées.

Quelqu’un peut-il produire une déclaration véridique de la part des médias pressetitués, sur quelque chose d’important ? Le vol MH-17 ? La Crimée ? L’Ukraine ?

Ironique, n’est-ce pas, que ce soient ceux qui prétendent être libéraux et progressistes, qui sont responsables de la renaissance du maccarthysme en Amérique. Et en plus, ce sont ces progressistes libéraux qui vont institutionnaliser le maccarthysme dans le gouvernement américain. Il y a manifestement un effort concerté pour définir la vérité comme des fausses nouvelles et pour définir le mensonge comme la vérité.

Ironie, n’est-ce pas, que ce soit la criminelle de guerre Hillary, responsable de la destruction de la Libye et de la quasi destruction de la Syrie jusqu’à ce que les Russes interviennent, que les forces progressistes libérales veulent désespérément avoir en tant que président. Non seulement les forces libérales progressistes ont tenté d’élire un président criminel de guerre, mais elles font de leur mieux pour délégitimer le président élu, qui s’oppose au conflit orchestré contre la Russie.

Ironique, n’est-ce pas, que le bloc progressiste libéral refuse de donner une chance à la paix.

Le faux rapport de presse des imbéciles de PropOrNot, qui a été mis en avant par le journal des fausses nouvelles, le Washington Post, prétend que je suis un agent russe, tout cela pour tenter d’altérer ma crédibilité. Au lieu de cela, la liste des 200 a dit à tout le monde où l’on pouvait obtenir de bonnes informations, et le nombre de mes lecteurs a grimpé. De plus, j’ai presque obtenu un passeport russe grâce à cela. Mais avant de l’envoyer, Poutine a vérifié auprès du renseignement russe et a été informé que je n’étais pas sur leur liste.

La rumeur est que si le projet de loi sur le renseignement de la Chambre passe avec le chapitre V intact, ceux d’entre nous nommés sur la liste PropOrNot pourraient être appelés devant le Congrès, comme à l’époque du maccarthysme. S’ils me soumettent à la simulation de noyade, je risque de craquer et d’impliquer Ronald Reagan, George H.W. Bush, Jim Baker, David Stockman, et tous les autres. Les preuves contre nous sont assez fortes. Trump est suspect, parce qu’il veut la paix avec la Russie, comme le voulait aussi Reagan. Du point de vue des forces pro Hillary et des pressetitués, quiconque veut la paix avec la Russie est un agent russe.

Vu la façon dont les pressetitués manipulent le sujet, il n’y aurait pas de raison légitime d’être pour la paix.

Si Poutine et ceux d’entre nous sur la liste des 200 sont ceux qui ont réellement fait élire Trump, c’est Poutine ou la liste qui devrait être la personne de l’année du magazine Time, et pas Trump. Après tout, si Poutine et moi faisons le travail, ne devrions-nous pas en obtenir la reconnaissance ? Pourquoi donner le mérite à la marionnette que nous avons mise en place ?

Pourquoi le Time nous rejette-il, nous les responsables, à l’arrière-plan ?

Ha, mais je sais ! Le Time est également un agent russe et nous protège en attribuant à Trump le crédit de notre travail. Ouf ! Après tout, je ne serai peut-être pas soumis à la simulation de noyade.

Paul Craig Roberts

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

Si vous êtes pour la paix, c’est que vous êtes un agent russe. Par Paul Craig Roberts.
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Lettre ouverte à Raphaël Glucksmann. Par Hélène Richard-Favre

21 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Ukraine, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #Daesch, #Les média

21/12/2016

Lettre ouverte à Raphaël Glucksmann

 

Monsieur,

 

Sur votre compte Twitter, vous avez appelé à un rassemblement, ce 19 décembre 2016, Place Igor Stravinsky à Paris.

Avoir des opinions, nourrir des convictions, rien de plus légitime mais les défendre de manière aveugle, c’est prendre le parti d’intérêts et cautionner les non-dits qui les accompagnent.

C’est, dès lors, faire la part belle à la propagande.

Aussi, Monsieur Glucksmann, les criminels que vous dénoncez sont-il vraiment ceux qu’il vous plaît de mettre en avant tandis que de longue date, la menace a plané sur la Syrie?

Près de 400.000 morts plus tard et autant d’actes terroristes et d’assassinats, on préfère persister et signer des actes d’accusation contre ceux que l’Occident bien-pensant a décrétés coupables.

La Russie de Poutine ou de quiconque n’est pas à l'origine de l’horreur qui frappe la Syrie, pas davantage ne l’a-t-elle été de la guerre en Ukraine.

L’installation d’un gazoduc auquel le gouvernement syrien s’est opposé et l’exploitation de gaz de schiste contre lequel s’est levé le Donbass ont eu, en grande partie pour conséquences, les guerres fratricides que l’on sait.

Dénoncées par nombre de personnalités ou autres organisations humanitaires du monde occidental, elles ont été le plus souvent commentées de manière partiale et partielle pour privilégier l’émotion sélective. 

Alors, quand prévaut la désinformation relayée au-delà des médias, sur un lieu chargé de mémoire comme l’est la Place Igor Stravinsky à Paris, c’est non seulement l’humanité et l’humanisme que l’on prend en otage mais la culture et l’Histoire.

Merci de votre attention,

Hélène Richard-Favre

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Quelques premières réflexions sur l’assassinat de l’ambassadeur de Russie à Ankara. Le SAKER

21 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #La Turquie

Quelques premières réflexions sur l’assassinat de l’ambassadeur de Russie à Ankara


Saker US

Par le Saker – Le 21 décembre 2016 – Source The Saker

Bon, donc ce soir nous avons le nom de l’assassin, il s’agit de Mevlut Mert Aydintas, un policier de 22 ans qui avait été récemment licencié à la suite de la répression anti-Güleniste d’Erdogan contre les forces qui avaient récemment tenté de le renverser. Nous avons aussi une vidéo très utile de l’assassin.

Cette vidéo de l’attaque montre aussi quelque chose de très important : les seuls coups tirés sont ceux de l’assassin.

Cela signifie une de ces deux choses : soit personne n’était chargé de la sécurité dans cette exposition, soit la salle dans laquelle ce meurtre s’est déroulé était considérée comme « sûre/stérile » parce qu’elle était à l’intérieur d’un périmètre de la sécurité intérieure que nous ne voyons pas dans cette vidéo.

Je trouve la seconde hypothèse beaucoup plus probable. Cela expliquerait aussi pourquoi et comment Mevlut Mert Aydintas y est arrivé si facilement : il a simplement flashé son identifiant de policier et on l’a laissé passer.

Lorsque de tels événements se produisent, il est aussi important de se poser la question : cui bono – au bénéfice de qui ?

Erdogan ? Non

Je ne vois absolument aucune raison imaginable pour laquelle Erdogan voudrait que l’ambassadeur de Russie soit assassiné à Ankara, mais je peux aisément imaginer une longue liste de raisons pour lesquelles il ne voudrait pas du tout que cela arrive. Certains diront à juste titre que la chute d’Alep humilie la Turquie et Erdogan, et je suis d’accord. Mais je rappellerai à tous que Erdogan avait à l’évidence un accord avec les Russes et les Iraniens lorsqu’il a déplacé ses forces au-delà de la frontière et qu’il a occupé le nord de la Syrie. Il est hors de question qu’il ait risqué un tel geste contre la volonté de Moscou et de Téhéran. Donc quel était cet accord ? Nous ne le saurons probablement jamais, mais il incluait clairement une disposition qui limitait les actions de la Turquie à une étroite bande de terre au nord. Si cette hypothèse est correcte, alors Alep devrait être considérée comme hors de la « sphère des intérêts turcs » en Syrie, du moins dans la conception tripartite turco-irano-russe.  Erdogan savait-il qu’Alep tomberait et tomberait si rapidement ? Probablement pas. Il semble que Erdogan a été déjoué par les Russes et les Iraniens. Mais il avait certainement de meilleures options pour riposter contre la libération d’Alep que de voir l’ambassadeur russe assassiné à Ankara. Le fait est que les Turcs n’ont pratiquement rien fait lorsque Alep a été libérée, au plus ont-ils aidé les Russes à évacuer la part des « bons terroristes ».

Même si Erdogan est fou, il est suffisamment intelligent pour comprendre que si l’ambassadeur russe est assassiné à Ankara, l’OTAN ne fera rien pour le protéger et que les Russes peuvent tirer un missile de croisière exactement dans la fenêtre de sa chambre à coucher. Ergodan est peut-être cinglé, mais il n’est clairement pas ce genre de cinglé là.

Enfin, souvenons-nous des conséquences désastreuses pour la Turquie après le tir qui a abattu le SU-24 russe et le fait, corroboré par de nombreux récits, que les services de renseignement russes ont sauvé Erdogan, probablement au sens littéral, en l’avertissant du coup d’État contre lui.

Donc pour toutes ces raisons, Erdogan n’est pas sur ma liste actuelle de suspects. Ne jamais dire jamais, de nouveaux faits pourraient surgir, en particulier avec un maniaque comme Erdogan, mais en ce moment, je présumerai qu’il n’a rien à voir avec ce qui est arrivé.

Daech & Co?  Peut-être

Bon, il est assez évident que Daech & Co avaient une très longue liste de raisons de vouloir tuer un responsable russe de haut niveau. Donc oui, ils avaient assurément le mobile. Si on considère les succès des extrémistes islamistes radicaux dans leur investissement de l’État profond (et pas si profond) turc, Daech & Co en avaient aussi les moyens. Quant à la possibilité, la vidéo ci-dessus [censurée depuis par Youtube, NdT] montre clairement que non seulement Mevlut Mert Aydintas a eu le temps de tirer plusieurs fois sur l’ambassadeur russe (j’ai compté 9 coups), mais qu’il a eu encore le temps ensuite de rester là et de hurler toutes sortes de slogans sur la Syrie, Alep et Dieu. Nous ne connaissons pas encore tous les détails, mais c’est déjà une preuve très forte que la sécurité lors de cet événement était lamentable.

Gulen, la CIA, Obama & Co?  Peut-être

Oui, ils sont aussi sur ma liste de suspects. Les Gulénistes n’ont rien à perdre, la CIA est devenue folle de rage et de peur avec l’élection de Trump et l’administration Obama très en colère, offensée, profondément vindicative et par ailleurs totalement habitée de mauvaises personnes qui aimeraient déclencher une nouvelle crise entre la Russie et la Turquie ou faire payer d’une manière ou d’une autre les Russes pour l’humiliation infligée à l’Empire anglo-sioniste à Alep. Souvenez-vous que c’est exactement comme ça que la CIA tue toujours les dignitaires étrangers : en sous-traitant le meurtre à un fanatique local de manière à préserver la possibilité de ce qu’ils appellent « un déni plausible ».

Pendant la Guerre froide, les Soviétiques et les Américains partageaient la conception tacite que « nous ne nous tuons pas les uns les autres ». Cela n’a jamais été formellement dit ou reconnu, mais je vous assure que c’était vrai : aucun camp ne voulait déclencher une escalade sans fin d’assassinats et de contre-assassinats. Mais la CIA d’aujourd’hui est une plaisanterie pathétique comparée à la CIA de la Guerre froide, et avec le mélange actuel de cancres médiocres à sa tête, je ne serais pas surpris que quelque idiot à Langley ait approuvé le meurtre d’un ambassadeur russe. Par ailleurs, si les Américains ont été assez fous et imprudents pour tenter de renverser Erdogan, pourquoi n’essaieraient-ils pas d’assassiner un ambassadeur russe ?

Qu’en est-il de l’hypothèse du tireur isolé ?

Eh bien il est impossible de prouver le contraire. Mevlut Mert Aydintas a perdu son travail lors de la récente purge, il avait des pouvoirs de police et son attitude sur la vidéo semble être un exemple classique du genre de comportement fanatique que pourrait manifester un dingue. Donc oui, il est possible que Mevlut Mert Aydintas ait agi seul. Après tout, il avait seulement besoin d’un pistolet et d’un badge de policier. Voyons ce que les Turcs, et les Russes, découvriront à son propos. Pourtant, j’en doute. Cette sorte de personnalité est habituellement choisie par un État qui soutient le terrorisme et ensuite activée lorsque c’est nécessaire. Mon intuition me dit qu’il n’a pas agi seul. Quelqu’un a probablement utilisé Mevlut Mert Aydintas.

Questions difficiles

Ici, j’espère vraiment me tromper, mais si je veux être honnête, je dois admettre que je suis totalement incapable de trouver une excuse à la sécurité négligente autour de l’ambassadeur Andrei Karlov.  Et je ne pense pas aux Turcs ici, je pense aux services de sécurité russes. Voici pourquoi.

Même si nous supposons que les Turcs avaient dit aux Russes qu’ils avaient établi un périmètre « sûr/stérile » autour de l’exposition et que le public normal n’y entrerait pas, les images montrent ce qui semble n’être que quelques hôtes, il n’y a pas d’excuse pour les Russes de ne pas avoir placé au moins un garde du corps à proximité immédiate de l’ambassadeur. La Turquie n’est pas seulement un pays en guerre, mais la Russie prend part à cette guerre, les Takfiris ont fait une longue liste de menaces contre la Russie et, enfin, la Turquie est un pays qui a souffert du terrorisme depuis des années et qui vient de subir une tentative de coup d’État sanglant. Dans un tel pays, des officiels de haut rang comme un ambassadeur devraient avoir été protégés par tout un groupe de gardes du corps, mais dans ce cas, il n’y en avait à l’évidence aucun. Oh sûrement les Russes peuvent accuser les Turcs d’avoir établi un périmètre merdique, mais en tant que professionnels ils devraient savoir que les Turcs ont déjà des difficultés extrêmes à s’occuper de leurs propres terroristes et qu’à la suite des purges massives, les services de sécurité sont dans un état chaotique. Maintenant, est-ce qu’un seul garde du corps aurait fait la différence ?

Oui, c’est possible.  C’est même probable, en fait.

D’après la vidéo, il apparaît que Mevlut Mert Aydintas se tenait à environ 5 mètres derrière l’ambassadeur Karlov lorsqu’il a ouvert le feu. Apparemment, pas un seul des coups de feu n’a frappé l’ambassadeur à la tête. Si ce dernier avait porté un gilet pare-balles ou tout autre type de protection, il aurait probablement survécu à cette première volée de balles (à moins que l’une d’elles ne frappe les cervicales).  Un seul garde du corps aurait ensuite facilement pu tuer Mevlut Mert Aydintas et mettre l’ambassadeur en sécurité. À l’évidence, Karlov ne portait aucune sorte de protection ce jour-là. Pourquoi ? Il n’avait pas un seul garde du corps près de lui. Pourquoi ? On n’entend aucune voix russe sur la vidéo, donc il semble qu’il n’y avait aucune sécurité russe nulle part près de l’ambassadeur. Pourquoi ?

Normalement, les ambassadeurs sont une cible très facile. Tout le monde les connaît, leur programme est public et, contrairement à ce que beaucoup semblent penser, la plupart d’entre eux n’ont aucun agent de sécurité. Je suis totalement surpris que plus d’ambassadeurs ne soient pas régulièrement abattus. Dans les pays à haut risque, cependant, les ambassadeurs sont généralement protégés, en particulier ceux représentant des pays impliqués dans une guerre ou qui sont des cibles probables d’attentats terroristes. Certes, en règle générale, les Russes, y compris les diplomates, tendent à être plus braves ou téméraires (choisissez le terme qui convient) que leurs homologues occidentaux : ils ne paniquent pas facilement et ils aiment à montrer qu’ils n’ont pas peur. Mais ce genre d’attitude doit être surveillée par des professionnels.

Franchement, cela me met en colère de voir combien de Russes ont été tués par cette attitude laxiste à l’égard du risque personnel et de la sécurité.  Oui, il est très noble d’être courageux, mais mourir tué par un fou est aussi totalement stupide. Je me sentirais beaucoup mieux si les responsables et les politiciens russes étaient un petit peu moins courageux et un petit peu plus rigoureux. Parce que ce qui est arrivé aujourd’hui pose la question : la prochaine fois, à qui le tour ?

Conclusions

Ce qui est arrivé aujourd’hui est une tragédie doublement douloureuse du fait qu’elle aurait probablement pu être évitée. Les services de sécurité turcs arrêteront probablement dans la nuit quasiment tous ceux que Mevlut Mert Aydintas a rencontrés, et ils obtiendront des quantités d’aveux. Je suis quasiment sûr qu’ils partageront nombre de ces données avec les Russes, ne serait-ce que pour montrer combien ils sont désolés. Hélas, tant les Turcs que les Russes ont une longue tradition du secret, et nous ne trouverons peut-être jamais qui, s’il existe, était réellement derrière Mevlut Mert Aydintas.

La seuls chose dont je suis sûr est que Poutine ne fera rien de conséquent, peu importe qui est derrière cet assassinat. Si ce sont les Takfiris, les gens impliqués mourront dans les deux prochaines années. Si la CIA est impliquée, alors les Russes seront beaucoup plus prudents et pourraient choisir d’agir d’une manière très différente, éventuellement au travers de la prochaine administration. L’assassinat de l’ambassadeur Karlov ne parviendra par à faire dévier les efforts russes et iraniens pour arriver à une sorte de solution régionale à la guerre en Syrie, ni ne changeront la détermination des Russes d’empêcher l’Empire anglo-sioniste de transformer la Syrie en un autre Takfiristan.

Quant à la Russie et à la Turquie, tant que Erdogan reste au pouvoir, elles continueront à essayer de collaborer contre toute attente et en dépit de différences profondes et fondamentales. Ni la Russie ni la Turquie, qui se sont combattues dans douze guerres au cours de l’Histoire, n’ont d’autre choix.

The Saker

Traduit par Diane, vérifié par jj, relu par Diane pour le Saker francophone

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La bataille de l’information sur la bataille d’Alep… Par BRIGITTE PASCALL

21 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La Russie, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les média, #Je suis Charlie?

La bataille de l’information sur la bataille d’Alep…

La bataille de l’information sur la bataille d’Alep…  Par BRIGITTE PASCALL

Le 19 DÉC. 2016

 

PAR BRIGITTE PASCALL

BLOG : LE BLOG DE BRIGITTE

Ha, on se rappellera la bataille de la bataille d’Alep….! Non pas la « vraie », celle qui détermine la nouvelle géopolitique. Je parle de la bataille de l’information, faisant rage en France, opposant férocement les facebookiens microscopiques que nous sommes d’un côté avec les moyens d’investigation microscopiques que l’on sait : face à l’Ogre de l’AFP, arrosant les télévisions, Maître arrogant de l’information hexagonale : allant chercher ce qu’il devait dire à l’Elysée : le Mensonge encore et encore, appuyé par des bobards non moins énormes. Ainsi, les « atrocités commises par Assad et les Russes à Alep » (sic) reposaient sur du lourd : rien que sur une limpide Vérité : le témoignage d’une petite fille de 7 ans, soit disant syrienne, parlant parfaitement l’anglais. Sur l’émotion suscitée par une autre petite fille fuyant sous les bombes : image extraite en réalité du clip d’une chanteuse américaine. La petite fille du clip avait été maquillée, afin de rendre la guerre plus « atroce » : on lui avait mis deux ronds marrons sur les joues, histoire de faire croire qu’elle fuyait la guerre.

Autre « témoignages » vraiment « top » : des syriens d’Alep témoignant du sanguinaire Assad : et qui étaient en réalité des journalistes ou des blogueurs américains. Des « syriens fuyant sous les bombes d’Assad et de poutine » : et qui étaient en réalité les dijhadistes d’Alep-Est, confisquant toute l’aide humanitaire internationale, revendue à prix d’or aux véritables aleppins : la farine coûtait 5 euros, comme témoigne un vieux monsieur. Le tout mis en forme par des « une » de JT interminables, de l’émotionnel construit sur du bobard en veux-tu en voilà…!

Et nous Petits Poucet résistant dans nos têtes, se battant le dos au mur face au Mensonge impérialiste, déversé toutes les dix secondes dans nos oreilles : au point que même les esprits les moins critiques, les moins politisés, commençaient à de demander le pourquoi d’une telle grosse machine à imposer son tissu de contre vérités.

La bataille de l’information fut acharnée, irrépressible, et dura toute la semaine : d’abord, on a inondé les murs de Facebook de l’article de Bruno Guigue du 15 décembre 2016, spécialiste des relations internationales, dénonçant la désinformation et l’affabulation médiatiques des télés occidentales. Et le fait que les djihadistes, proches d’Al Qaeda, utilisaient les populations civiles en boucliers humains. Puis ce fut le témoignage d’une journaliste canadienne contre-disant également le mensonge des médias occidentaux, vu par 2 millions de personnes.

Sans oublier le très beau témoignage de Pierre Le Corf, humanitaire à Alep, aidant les syriens d’Alep ouest à se soigner, et ayant des mots très durs contre les djihadistes confisquant l’aide internationale. Et Caroline Galactéros, colonel, docteur en sciences politiques, qui rédigea un très beau papier dans « Le Figaro », où elle dénonçait « le goût du sensationnalisme des média non équitables. Relayant de surcroit la doxa véhiculée par le pouvoir en, place »(sic). Robert Fisk, correspondant anglais à Alep rédigea aussi un très beau papier.

Curieusement, Yves Calvi se rangea de notre côté, et fit une très bonne émission sur la situation à Alep, totalement en décalage avec l’idéologie dominante. En particulier, Frédéric Pons, Professeur à Saint Cyr, auteur d’une biographie sur « Poutine », admit que les médias occidentaux racontaient n’importe quoi. Le site « Arrêt sur Info » était aussi à la manoeuvre, pointant « la catastrophe déontologique » (sic) commise par des journaux comme « Le Monde ». Enfin, JLM réalisa plusieurs vidéos de contre analyse, remettant les points sur les i : on remercie ici chaleureusement son honnêteté intellectuelle. Et d’être venus nous aider, nous les sans nom les sans grade de l’info.

A force de batailler, encore et encore, un rétropédalage s’opéra dans les journaux : après avoir longuement occupé les « une » de JT, la situation d’Alep fut relégué en 4ème, voire 5 ème position. Et expédiée vitesse grand V, façon les 3 messes du Pape d’Alphonse Daudet..

De même qu’il y aura un avant et un après Alep sur le plan géopolitique, il y aura un avant et un après Alep dans l’histoire des réseaux sociaux. Car il y a du soleil d’Austerlitz ce matin sur Facebook, d’avoir réussi, nous les piétons de l’Histoire (sans costars, sans Roleix), à faire plier, battre la poussière aux Ogres de l’information, l’AFP et les médias détenus par 10 milliardaires, etc…à ce stade je n’ai plus qu’un mot à dire : CHAMPAGNE…!

19 DÉC. 2016

PAR BRIGITTE PASCALL

BLOG : LE BLOG DE BRIGITTE

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Donald Trump, un conservateur paradoxal à la Maison Blanche. Par Bruno Guigue

21 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch

Donald Trump, un conservateur paradoxal à la Maison Blanche

Donald Trump, un conservateur paradoxal à la Maison Blanche. Par Bruno Guigue

Le collège électoral issu du scrutin du 8 novembre vient de porter Donald Trump à la Maison-Blanche par 306 voix contre 227. Une campagne avait été lancée pour convaincre les grands électeurs de l’abandonner, mais ce fut peine perdue : il a perdu moins de voix qu’Hillary Clinton (4 contre 5). Désormais acquise, cette élection du 45ème président des Etats-Unis restera dans les annales de l’histoire américaine. Voilà un candidat réputé conservateur, voire réactionnaire, qui a fulminé avec une rare violence contre les vautours de la finance, qui a incriminé le poids excessif des lobbies, qui a dénoncé les méfaits du libre-échange, qui a fustigé une politique étrangère interventionniste et erratique, et c’est ce candidat qui l’a emporté.

Par un retournement de situation sur lequel la gauche européenne devrait sérieusement méditer, ce milliardaire sans complexe qui a fait fortune dans la jungle immobilière new-yorkaise s’est transformé en porte-parole des sans-voix, des déclassés, des ruraux, de la « middle class » frappée par la crise, du monde ouvrier laminé par la mondialisation, de tous ceux que révulsait la manie néo-conservatrice de régenter les affaires du monde au lieu de redresser l’économie du pays.

Le magnat des gratte-ciels, le « businessman » impitoyable en affaires, le provocateur allergique à la « political correctness » a envoyé dans les cordes, contre toute attente, une adversaire pleine de morgue qui se croyait déjà installée sur le fauteuil présidentiel. Donnée gagnante par une presse qui lui était acquise, Hillary Clinton a subi la défaite parce qu’elle était la candidate de l’establishment politique et financier que les classes moyennes et populaires rendaient responsables de leur appauvrissement depuis la crise.

Elle a perdu parce qu’elle a suscité la méfiance des électeurs de gauche frustrés par l’élimination frauduleuse de Bernie Sanders lors de primaires truquées. Les Etats de la « Rust Belt », le Michigan, l’Indiana, l’Iowa, mais aussi la Pennsylvanie, ont voté pour Trump ou se sont abstenus faute d’avoir pu voter pour Sanders. Enfin, et ce n’est pas anodin, le crédit personnel de Mme Clinton fut miné par une avalanche de révélations dessinant le portrait d’une politicienne assoiffée de pouvoir, hypocrite, cupide, et compromise jusqu’à l’os avec des bailleurs de fonds douteux.

Elle bénéficiait du soutien quasi-unanime des lobbies, des médias et des stars du « show-bizz ». Elle a dépensé des sommes astronomiques, largement supérieures au budget de son adversaire. Les conditions objectives étaient réunies pour lui assurer la victoire, et pourtant elle a perdu. Elle a cru qu’il suffisait de caresser dans le sens du poil les minorités et d’agiter le spectre du racisme et du sexisme pour battre son adversaire. Mais l’accusation de racisme sonnait étrangement dans la bouche d’une ex-secrétaire d’Etat qui a gloussé de plaisir devant le cadavre mutilé d’un chef d’Etat arabe. De même, son équipe n’a pas compris que le problème de l’immigration illégale n’existait pas seulement dans l’imagination des électeurs républicains. L’administration Obama ayant expulsé des centaines de milliers de clandestins, Hillary Clinton et ses amis étaient pourtant bien placés pour le savoir.

On pourrait faire la même remarque à propos de l’accusation de sexisme. En recevant dix millions de dollars d’une monarchie obscurantiste où l’on décapite au sabre les femmes adultères, Hillary Clinton n’était pas vraiment qualifiée pour traiter son adversaire d’affreux machiste. Elle donnait des leçons de respectabilité internationale à Donald Trump, mais son expérience du pouvoir, au Département d’Etat, a surtout laissé derrière elle une traînée de sang libyen et syrien. Donald Trump a beaucoup de défauts, mais il n’a encore tué personne.

Les adversaires du candidat républicain n’ont pas voulu voir ce qui se passait. Ils ont cru tirer profit des déclarations outrancières et démagogiques de Donald Trump sur les immigrés mexicains ou les musulmans étrangers. Mais c’est la charge contre le libre-échange, en réalité, qui fut le leitmotiv de sa campagne. Il a critiqué sans relâche l’OMC et dénoncé une globalisation responsable de la destruction des emplois. Opposé à la libéralisation effrénée du commerce mondial, il s’est prononcé pour l’instauration de barrières tarifaires. Dans une classe ouvrière ruinée par la concurrence chinoise, cet éloge du protectionnisme passait beaucoup mieux que les odes de Mme Clinton aux droits des LGBT.

Ce porte-parole d’un capitalisme arrimé au sol américain promet de rénover des infrastructures publiques délabrées (routes, ports, aéroports). Il veut conforter l’indépendance énergétique des USA au détriment de l’environnement, ce qui est un choix évidemment contestable. Il s’allie à des ultra-conservateurs adeptes du créationnisme dont le principal représentant, Ben Carson, est son futur secrétaire au Logement. Conservateur paradoxal aux accents à la fois rooseveltiens et reaganiens, il a obtenu le soutien d’une fraction de l’oligarchie capitaliste qui entend bien tirer profit de ce « New Deal » républicain.

Donald Trump est de droite, mais Hillary Clinton est-elle de gauche ? Il faudrait le demander à Goldman Sachs qui a financé sa campagne et aux 30 000 Libyens victimes de sa politique. Pour gagner la compétition économique mondiale, Clinton voulait pousser les feux de la mondialisation libérale à l’abri d’une hégémonie politico-militaire incontestée. Trump veut assigner des limites à la mondialisation et protéger l’économie nationale des turbulences planétaires. Il entend promouvoir un capitalisme national qui s’appuie sur la réindustrialisation du pays, tandis que son adversaire misait sur les traités de libre-échange.

En politique étrangère, Hillary Clinton voulait prolonger à tout prix le « chaos constructif ». Le nouveau président pense que cette politique est contraire aux intérêts des USA. Au lendemain de son élection, Donald Trump a appelé Vladimir Poutine. Il a déclaré qu’en Syrie la politique de son administration serait de combattre Daech, et non la Russie. Pour le futur président, la politique étrangère d’Obama est un fiasco dont il faut tirer les leçons. Il a déclaré que les USA n’interviendraient plus pour changer le régime politique chez les autres. En même temps, son adhésion aux thèses israéliennes sur Jérusalem en fait un défenseur intransigeant de la politique sioniste. Il envisage de mettre en question l’accord, péniblement négocié par son prédécesseur, sur le nucléaire iranien. Il bombe le torse vis-à-vis de la République populaire de Chine, en surestimant sans doute la capacité des USA à influer sur la politique chinoise.

Désormais connue, la composition de la nouvelle administration, à son tour, envoie un message en demi-teinte. Les divergences entre les uns et les autres donneront lieu à des arbitrages délicats. Le conseiller à la sécurité nationale est Michael Flynn, général à la retraite. Cet ancien chef du renseignement militaire fut limogé par Barack Obama en 2014 pour avoir critiqué la politique du président en Syrie, qu’il jugeait trop favorable aux djihadistes. Le secrétaire d’Etat est Rex Tillerson, l’un des dirigeants du groupe pétrolier ExxonMobil. Il s’opposa aux sanctions contre Moscou, en 2014, à la suite des événements de Crimée. Au secrétariat à la Défense, Donald Trump a nommé le général à la retraite James Mattis, ancien commandant des forces US au Moyen-Orient et partisan notoire de la fermeté américaine à l’égard de l’Iran.

Bref, sans lire l’avenir dans le marc de café, on peut penser que Washington prendra ses distances avec le néoconservatisme belliciste hérité des présidences précédentes et qu’il va faire son deuil de la mission à vocation planétaire que sa bonne conscience indécrottable l’avait conduit à s’attribuer de façon unilatérale. Mais il est possible qu’il s’engage, en revanche, dans une partie de bras de fer avec les puissances montantes dont la progression fulgurante constitue une véritable menace pour son hégémonie planétaire. Produisant de moins en moins aux USA, la puissance économique américaine se vide peu à peu de sa substance. Elle a cru trouver dans les exubérances d’une finance mondialisée un substitut à la désindustrialisation, mais elle a déchanté. L’avenir dira si Donald Trump est capable de relever ces défis économiques et s’il infléchit une politique étrangère qui a démontré, jusqu’à présent, son exceptionnelle capacité de nuisance.

Bruno Guigue | 20 décembre 2016

Bruno Guigue, est un ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de la Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles. 

Source: http://arretsurinfo.ch/donald-trump-un-conservateur-paradoxal-a-la-maison-blanche/

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Syrie – Les États-Unis ont créé une tempête de propagande en Syrie. Par Moon of Alabama

21 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les média

Syrie – Les États-Unis ont créé une tempête de propagande en Syrie

Syrie – Les États-Unis ont créé une tempête de propagande en Syrie.  Par Moon of Alabama

Syrie: L’assassinat de journalistes a permis aux « militants médiatiques » de dominer l’information – Un effet du hasard ?

 

Comme nous l’avons souligné hier, une récente série de tweets du Club des Cordeliers a donné quelques indications intéressantes sur la campagne de propagande #StandWithAleppo:

La campagne « Stand with Aleppo » a été lancée aux États-Unis par Becky Carroll qui est membre du Parti démocrate et également PDG d’une société de relations publiques et « conseillère en affaires stratégiques » à Chicago.

Les Cordeliers ont aussi fait quelques remarques sur la propagande anti-syrienne. Elles portent sur la guerre d’information menée par les États-Unis depuis l’intérieur de la Syrie. Cela m’amène aux réflexions suivantes sur la guerre non conventionnelle menée par les États-Unis en Syrie et sur la façon dont elle pourrait être responsable de l’élimination de journalistes « neutres » sur le terrain.

Commençons par les remarques du Club des Cordeliers sur la campagne de vidéo qui sort de Syrie, et pour le moment surtout d’Alep-Est:

Le Département d’état étasunien forme ouvertement  des « militants » syriens aux techniques de propagande dans les médias sociaux depuis 2012. Ambassade des Etats-Unis à Genève, 21 août 2012, L’opposition syrienne reçoit de l’équipement de de la formation des Étasuniens :

Le Département d’Etat dispose de 25 millions de dollars d’aide non létale qu’il peut consacrer à de la formation, et selon [la porte-parole du Département d’Etat Victoria] Nuland, « une large gamme de militants » en Syrie et dans les pays voisins bénéficient d’un entraînement « très actif » qui se focalise sur les Syriens qui n’ont pas quitté leur pays.

«La formation porte sur les médias libres pour lutter contre les techniques de contournement du gouvernement, tout ce qui concerne la loi, la justice et le fait de rendre des comptes, et la manière de traiter les crimes commis pendant ce conflit ; il y a aussi des programmes pour les étudiants militants qui encouragent les manifestations pacifiques sur les campus universitaires, [et] des programmes pour les femmes », a déclaré Nuland.

Elle a ajouté que le Département d’État travaille depuis des années avec les Syriens et d’autres sur les moyens de contrer la censure Internet, et au soutien des programmes syriens de droits humains et de justice.

Les États-Unis ont formé des contre-propagandistes syriens dans des séminaires organisés à Istanbul. St Louis Public Radio, 3 déc. 2012, Les Etats-Unis augmentent l’aide (à l’exclusion des armes) aux exilés syriens:

Le Département d’Etat des États-Unis soutient l’opposition politique en Syrie avec des programmes qu’ils ont gardés secrets jusqu’à récemment.

Un programme, un projet médiatique de plusieurs millions appelé Basma ou « empreinte digitale » en anglais, est géré à partir d’un bureau à Istanbul où les militants syriens écrivent des articles pour une page Facebook et le site Web de Basma. Une vidéo promotionnelle explique les objectifs de Basma : « Encourager une transition pacifique pour une nouvelle nation syrienne qui soutienne et protège la liberté de tous ses citoyens ». […]

Dans un autre programme financé par les États-Unis qui n’a pas été révélé pour des raisons de sécurité, de jeunes militants, surtout ceux qui ont été en première ligne au début de la révolte, sont invités à des ateliers à Istanbul. Ils viennent de villes et de villages de Syrie et se réunissent dans des hôtels. Ils sont maintenant membres des conseils révolutionnaires : des civils qui essayent de restaurer les services et le gouvernement local dans des endroits qui ne sont pas sous le contrôle du régime.

Les « militants » syriens ont reçu des équipements électroniques et une formation technique dans des formations organisées par le Département d’état à Istanbul. Wired, 25 oct. 2012, Exclusif: Les Etats-Unis se hâtent d’empêcher la Syrie de développer ses stocks d’armes chimiques:

Le bruit court que les agences de Renseignement des États-Unis aident à former des groupes d’opposition, tandis que le Pentagone refuse d’envoyer des armes aux rebelles. Officiellement, l’aide américaine s’est largement limitée à des conseils concernant l’organisation (Washington essaie notamment de constituer un conseil des leaders de l’opposition à Doha dans les prochaines semaines) et à de l’assistance technique. Plusieurs centaines de militants syriens se sont rendus à Istanbul pour participer à des formations sur les communications sécurisées, financées par le Département d’Etat américain. Les dirigeants rebelles ont reçu des conseils sur la façon de contourner les pares feux, de crypter leurs données et d’utiliser des téléphones cellulaires sans se faire prendre, comme le Time Magazine l’a récemment rapporté. Puis ils sont retournés en Syrie, beaucoup d’entre eux avec de nouveaux téléphones et des modems par satellite.

Pour les stratèges militaires de l’OTAN, la propagande des médias sociaux est un des éléments qui permet de « gagner la guerre de l’information en ligne » en Syrie. Small Wars Journal, 26 avril 2016, L’impact des capacités cybernétiques dans la guerre civile syrienne:

Les événements de la guerre civile syrienne ont clairement montré le pouvoir de la cybernétique dans la guerre. […] Cependant, il semblerait qu’elle soit utilisée par tous les acteurs à des fins de propagande. Les médias sociaux, les attaques par déni de service (DDoS) et la détérioration des sites Web ont tous été utilisés pour promouvoir un récit stratégique ou pour saper et embarrasser l’ennemi. Toutes ces activités entrent dans la catégorie de la guerre de l’information ; l’évolution de la technologie des réseaux sociaux sociale a augmenté l’importance de l’information en ligne pour gagner la guerre. En effet, la plus grande partie de l’information que le public reçoit sur le conflit est transmise par les médias sociaux.

Un document explique la doctrine des Opérations Spéciales de l’armée américaine sur l’utilisation de la Communication électronique dans la guerre non conventionnelle. FM 3-05.130 Guerre non conventionnelle, sept. 2008, Tableau B-1 – L’intégration des opérations d’information dans les opérations conjointes (pdf)

Un document très influent de 1989 sur la guerre de quatrième génération (4GW) promeut la guerre psychologique basée sur la technologie. Marine Corp Gazette, oct 1989 Le nouveau visage de la guerre – La guerre de quatrième géneration (pdf) :

Les opérations psychologiques pourraient devenir la principale arme opérationnelle et stratégique  sous la forme d’intervention médiatique/information. Bombes logiques, virus, y compris virus dormants, pourraient servir à perturber les opérations militaires et civiles. Les adversaires de la quatrième génération sauront manipuler les médias pour modifier l’opinion publique intérieure et mondiale à tel point que les opérations psychologiques éviteront parfois d’engager des forces armées. Une cible essentielle sera le soutien de la population ennemie à son gouvernement et à la guerre. Les informations télévisées pourraient devenir une arme plus formidable que les divisions armées.

Tout ceci pour montrer qu’il n’y a rien d’aléatoire ni de naturel dans la propagande en ligne des « militants » syriens. L’hoax Bana, les vidéos d’« adieux » d’Alep, etc. doivent être considérés comme de la guerre d’information stratégique coordonnée, financée et organisée par des acteurs américains.

Quelques réflexions supplémentaires à ce sujet.

Un récent article de Patrick Cockburn dans l’Independent souligne la masse de la propagande autour de la Syrie et qui en sort, principalement orchestrée par les Etats-Unis comme je l’ai montré ci-dessus, et il explique pourquoi nous ne voyons et n’entendons plus rien d’autre : Il y a plus de propagande que de nouvelles qui sortent d’Alep cette semaine:

[L]es Djihadistes qui contrôlent Alep-Est ont réussi à bannir tous les journalistes occidentaux qui seraient enlevés et très probablement tués s‘ils y allaient, et à les remplacer par des « militants locaux » très partisans qui ne peuvent échapper à leur contrôle… Le précédent créé à Alep signifie que les acteurs de tous les futurs conflits auront intérêt à décourager les journalistes étrangers qui pourraient faire des reportages objectifs. En les kidnappant et en les tuant, il est facile de créer le manque d’une information dont la demande est grande, et qui sera, à l’avenir, fournie par des informateurs partisans, ou contrôlée par les personnes mêmes (en l’occurrence les dirigeants djihadistes d’Alep-Est) qui ont exclu les journalistes étrangers. Le meurtre ou l’enlèvement de ces derniers a été une manœuvre intelligente des Djihadistes car elle leur a permis de contrôler les nouvelles atteignant le monde extérieur.

Nous devons voir le meurtre et l’enlèvement de journalistes comme un élément (secret) de l’arsenal de la guerre non conventionnelle : les États-Unis ont créé une tempête de propagande en Syrie.

Il en va de même des ONG humanitaires. Ni l’Organisation des Nations Unies, ni la Croix-Rouge, ni aucune autre ONG neutre n’avait de personnel à Alep-Est. Seul l’Observatoire syrien des droits humains à Coventry, la station de propagande de MI-6, fournit des chiffres venant prétendument de Syrie. Seuls les « militants médiatiques » du camp Takfiri, formés par les États-Unis, donnent des informations ou tweetent depuis Alep-Est. Il n’y a qu’eux qui soient interviewés. Il n’y a que les « Casques blancs » créés et dirigés par l’entité Etats-Unis/Royaume Uni, et le « Aleppo média Channel » takfiri  parrainé par le gouvernement français qui font des photos et des vidéos à l’intérieur d’Alep-Est. Comme c’était la seule source d’information disponible et le seul matériel audio-visuel disponible, elles ont été largement utilisées par les médias du monde entier. Mais elles ne reflétaient que la vision de l’opposition armée et de ses sponsors, et leurs besoins dans la guerre.

Si l’on veut que la propagande de ses forces par procuration ait le maximum d’effet dans une opération de guerre de l’information, il est tout à fait logique d’éliminer toutes les autres sources potentielles d’information de la zone de guerre. Ainsi – l’enlèvement et l’assassinat de journalistes professionnels neutres est un processus volontaire qui permet de les remplacer par ses propres moyens de guerre d’information. Je crois que c’est ce qui s’est passé en Syrie.

On a assisté au même processus lorsque les États-Unis ont envahi l’Irak. Les organes de presse qui ne reflétaient l’opinion officielle des États-Unis étaient ciblés par les forces armées américaines. Les bureaux d’Al-Jazeerah à Bagdad ont été bombardés par les militaires américains. (La Maison Blanche a même envisagé de bombarder le siège social d’Al-Jazeerah à Doha, au Qatar.) Wikileaks a publié une vidéo qui montrait un hélicoptère américain tuant des membres du personnel de Reuters. Seuls les journalistes intégrés à l’armée américaine étaient protégés contre l’action militaire des États-Unis. Leurs reportages étaient naturellement alignés sur la vision officielle de la propagande américaine.

(en plus de cela, nous devons prendre en compte que même les vrais médias et journalistes servent souvent de vecteurs aux Services de renseignements et sont donc loin d’être neutres).

Tuer et prendre en otage les journalistes dans une zone de guerre permet de les remplacer par des éléments sous contrôle et aux ordres. Le simple fait d’augmenter les coûts (de sécurité) pour les vrais journalistes est déjà dissuasif. Un organe de presse doit payer pour les photos ou les vidéos d’agence de presse réalisées par des professionnels. L’opération de propagande anglo-américaine des « Casques blancs » a fourni des centaines d’images et de vidéos d’opérations de secours « saisissantes » et « émouvantes ». mises en scènes. Elles sont distribuées gratuitement et sont d’une qualité qui les rend « prêtes à l’emploi ». Beaucoup d’organe de presse préfèrent ces images gratuites, même si leur authenticité est très discutable.

Le fait de tenir les journalistes à l’écart de la zone de combat en tuant ou en en enlevant quelques-uns au début du conflit a grandement contribué à accroître les effets de l’opération de guerre de l’information connue sous le nom de « Casques blancs » et d’autres organisations similaires.

Cela me ramène au rapport de l’Ambassade des Etats-Unis à Genève citée plus haut. Dans le même discours dans lequel la porte-parole du département d’Etat américain, Victoria Nuland, louait la création, l’entraînement et l’équipement des forces par procuration des Etats-Unis à des fins de propagande et autres, (alias les « militants médiatiques »), elle déplorait aussi la disparition des vrais journalistes en Syrie :

La porte-parole du département d’Etat, Victoria Nuland, a déclaré aux journalistes le 21 août que les Etats-Unis avaient fourni plus de 900 sets de matériel de communication à des groupes et des individus à l’intérieur de la Syrie …. Nuland a également présenté ses condoléances à la famille de la journaliste japonaise Mika Yamamoto, qui a été tué le 20 août alors qu’elle circulait dans Alep avec les forces d’opposition syriennes, selon le ministre des Affaires étrangères japonais.

Yamamoto, qui travaillait pour la Japan Press, basée à Tokyo, a été prise dans un échange de tirs, a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

Nuland a également déclaré que le gouvernement américain avait perdu le contact avec deux pigistes qui faisaient un reportage pour la chaine de télévision Alhurra et qui voyageaient avec Yamamoto. 

Dans une interview du 21 août, la porte-parole de Reporters sans frontières, Soazig Dollet, a déclaré que cinq journalistes étrangers ont été tués depuis le début de l’insurrection syrienne en mars 2011 et que la Syrie était désormais « l’endroit le plus dangereux au monde pour les reporters de guerre ».

La louange des efforts des médias par procuration des Américains et les (fausses) lamentations sur le meurtre de vrais journalistes par Victoria Nuland dans le même discours n’ont aucun rapport entre eux – ou peut-être que si. C’est tout à fait par hasard que l’absence de vrais journalistes en Syrie a augmenté l’efficacité de l’opération d’information américaine par procuration – ou peut-être pas.

Moon of Alabama | 19 décembre 2016

Traduction : Dominique Muselet

Article d’ origine: http://www.moonofalabama.org/2016/12/unconventional-warfare-killing-journalists-creates-media-activist-domination.html#more

Source: http://arretsurinfo.ch/syrie-les-etats-unis-ont-cree-une-tempete-de-propagande-en-syrie/

 
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Michel Raimbaud: En Syrie et ailleurs, contre le parti de la guerre et la loi de la jungle, reconstruire une paix fondée sur le droit international

21 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La Russie, #Terrorisme, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

La loi de la jungle

Le monde d’aujourd’hui est en grand danger de guerre, comme il ne l’a jamais été. Il traverse une crise globale.

On entend beaucoup parler d’une nouvelle guerre froide, qui nous ramènerait au vieil affrontement de jadis entre le « monde libre », ancêtre de « l’Axe du Bien », et le « bloc totalitaire », baptisé « Axe du Mal » par George Bush, un affrontement qui s’était conclu par la victoire de l’Amérique sur le communisme. La disparition de l’URSS en 1991, que Vladimir Poutine qualifie de « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle », allait provoquer l’avènement du fameux « moment unipolaire américain » de sinistre mémoire : un moment bien plus court que prévu pour l’Empire atlantique qui le croyait éternel, beaucoup trop long pour le reste de la planète, y compris et notamment pour ses déshérités.

« Le plus puissant empire que la terre ait jamais porté »« plus puissant que Rome », va être durant vingt ans (1991/2011) l’hyperpuissance, indispensable et unique, s’arrogeant la vocation de dominer le monde, au nom d’un messianisme inspiré de l’Ancien et du Nouveau Testament à la fois. La volonté divine supposée, c’est-à-dire le bon plaisir du nouveau maître du monde, se substituera au droit international. Et c’est sur les décombres de cette légalité que va se construire l’ordre impérial américain, autour d’un centre « civilisé », qui s’érigera en « communauté internationale », tentant de gérer la planète, y compris une périphérie d’États voyous ou préoccupants.

Le club Elisabeth Arden (Washington, Londres, Paris) prétend depuis un quart de siècle incarner la « communauté internationale ». C’est un directoire inspiré par ce parti de la guerre dont les adeptes peuplent « l’État profond » des pays d’Occident et d’ailleurs. Certains parlent du « complexe militaro-industriel » et de ses annexes ; d’autres l’appellent le « courant néoconservateur ». Ce « parti » impérial belliqueux, interventionniste et bigot, met en œuvre, au nom de Dieu, une politique systématique d’agression, d’ingérence, de destruction, une politique criminelle. Le soi-disant objectif serait d’imposer la paix, la démocratie et les droits de l’homme dans le monde, arabo-musulman notamment, y compris et surtout par la force, puisque c’est la vocation divine de l’Empire de faire le Bien et de réprimer le Mal (notons au passage que tel est l’intitulé de la police religieuse du régime wahhabite d’Arabie saoudite). L’OTAN constitue le bras armé de ce parti de la guerre, donc celui de l’Empire atlantique.

Les dirigeants atlantistes avancent à l’ombre des faux drapeaux de la démocratie, de la justice, de la morale et du droit. Ils diabolisent les pays qui font obstacle à leurs ambitions en les reléguant dans la géhenne des États « préoccupants » ayant vocation à être dépecés en entités « démocratiques » : en bref, les « États voyous ». Ce concept a joué un rôle essentiel dans la stratégie américaine plusieurs décennies durant, et c’est en jouant de cet épouvantail que les États-Unis ont violé et détruit systématiquement le droit international.

Ce droit est fondé sur la Charte des Nations unies qui, dans son article 51, attribue au seul Conseil de sécurité le pouvoir de prendre les mesures adéquates qu’il juge nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Mais les néocons de Washington se moquent de la légalité onusienne. Seules comptent les menaces contre les intérêts américains, qui rendent nécessaires « des interventions militaires directes ». Pour eux, le fondement du droit n’est pas la Charte de l’ONU, mais la Constitution américaine. Selon Noam Chomski, « ce mépris de la primauté du droit est profondément enraciné dans la culture et les pratiques américaines ».

La doctrine néoconservatrice, « degré zéro de la pensée politique », a un fondement simple : la guerre froide est terminée, mais les États-Unis conservent la responsabilité de protéger le monde face aux « États voyous ». Dans les années 1970, Nixon (cf. « la théorie du fou ») jugeait souhaitable que l’Amérique soit dirigée par « des cinglés au comportement imprévisible, disposant d’une énorme capacité de destruction, afin de créer ou renforcer les craintes des adversaires ». Les annales de la stratégie US démontrent que ces appréciations ne sont pas des vues de l’esprit.

En août 1990, Washington et Londres décrètent que l’Irak est un Etat voyou, et ce ne sera que l’un des premiers d’une longue liste… Le Soudan, l’Afghanistan, la Somalie, la Palestine, la Yougoslavie, l’Iran ou l’Ukraine et quelques autres suivront, dont la Syrie (en 2011).

Robert McNamara, ex-secrétaire américain à la Défense (de 1961 à 1968), peut estimer en juin 2000 (The International Herald Tribune) que les États-Unis sont devenus un « État voyou ». Noam Chomski fera de même au début des funestes « printemps arabes », constatant que son pays « se place au-dessus du droit international ».

Le parti de la guerre

Le monde de 2016 n’est plus celui de la guerre froide, mais il est également différent de ce qu’il était en 2011.

Comme tous les adages où il est question de guerre et de paix, la locution latine bien connue « Si vis pacem, para bellum » (« Si tu veux la paix, prépare la guerre » en français) est ambiguë, évoquant le concept de paix armée. C’est la devise de l’École de guerre (France), la devise de la marine de guerre britannique. Ce pourrait bien être la devise de l’OTAN. Les Romains qui, dit-on, se disaient harcelés par les Barbares, décidèrent d’aller porter la guerre chez les-dits Barbares afin de les « distraire » et de pouvoir jouir dans leur Empire de la fameuse « paix romaine ». Certains esprits cyniques affirment qu’il faut comprendre en fait : « Si tu veux la paix ici chez toi, fais la guerre là-bas chez les autres. » C’est le sens que donnent à la locution les dirigeants et penseurs du parti de la guerre.

L’affrontement d’aujourd’hui oppose un camp de la paix et le parti de la guerre. Le camp de la paix se réfère aux principes du Droit international, au règlement des crises par la négociation et à la perspective d’un monde multipolaire, tandis que le parti de la guerre prospère sur les ruines de la légalité onusienne, imposant le chaos et la loi de la jungle, cherchant en toute occasion à imposer ses vues par la force. Qu’il s’agisse des guerres du Moyen-Orient, des menaces de conflit nucléaire, de l’implosion à venir du système financier, de la crise des réfugiés ou des autres drames qui affligent la planète, il ne faut jamais chercher bien loin pour retrouver les faucons prêts à tout pour préserver l’hégémonie atlantiste, au besoin par la guerre, et empêcher que le monde ne change de base. Pour concilier les beaux principes et les nobles valeurs d’une part, les guerres d’agression, les comportements criminels d’autre part, la théorie du chaos a réponse à tout.

Or, « lancer une guerre d’agression (…) est non seulement un crime international ; c’est le crime international suprême, ne différant des autres crimes de guerre que parce qu’il contient en lui-même le mal accumulé de tous les autres », avait décrété le Tribunal de Nuremberg, qui savait de quoi il parlait.

Le débat sur l’éthique dans les relations internationales est pipé. Conviction réelle pour les uns, écran de fumée pour les autres, la référence à la légalité n’a pas la même valeur pour les deux camps. Les diplomates ne peuvent faire de miracles s’ils n’ont que des dossiers indéfendables à défendre, du mauvais côté de l’Histoire. Ils ne peuvent être constructifs s’ils sont au service de dirigeants destructeurs, acharnés à entretenir la guerre et à saper la diplomatie.

Maître de l’Empire, l’Amérique est la première responsable des crimes, des destructions, des exactions rappelées précédemment. Obama se félicite d’avoir évité le pire en août 2013, en renonçant à déclencher des frappes punitives (?) sur la Syrie suite à l’affaire des armes chimiques. En fait, cette décision de « rompre avec les règles du jeu » semble avoir été inspirée par sa volonté d’affirmer son pouvoir face aux états-majors, aux services et aux think tanks, influencés et financés par l’Arabie et d’autres pays du Moyen-Orient et la plupart travaillant pour leurs bailleurs de fonds arabes et pro-israéliens.…Rien en tout cas qui puisse inciter les peuples du Grand Moyen-Orient à contredire Paul Craig Roberts, ancien Secrétaire adjoint US au Trésor, lorsqu’il écrit de sa plume au vitriol (blog de la résistance, 12 janvier 2016) : « Unique au milieu des pays de la Terre, le régime US est l’organisation criminelle la plus achevée de l’histoire humaine. »

Malgré ses sourires et ses beaux discours, Obama a allumé ou entretenu plus de conflits que George W. Bush et il est à la tête d’un État responsable de la mort de millions d’enfants et d’adultes, de la destruction d’États et de sociétés entières, de dizaines de millions de vies brisées, sans même remonter aux centaines de milliers de victimes d’Hiroshima et Nagasaki. Ayant continué à mettre à feu et à sang le Grand Moyen-Orient, il aura contribué plus que quiconque à la prolifération nucléaire, notamment en Europe, et à la relance d’une politique d’agression contre la Russie et la Chine. Des paroles pleines de paix, mais des actes de guerre comme s’il en pleuvait.

L’avenir n’est pas réjouissant

Soutenue par le lobby sioniste, les Saoudiens et les pays du Golfe, par les marchands de canon, les groupes financiers, et candidate favorite de l’État profond néoconservateur, Hillary Clinton, ex-secrétaire d’État d’Obama, a un lourd passé de va-t-en-guerre et d’extrémiste, ayant joué un rôle actif dans l’embrasement de tous les conflits et toutes les guerres depuis un quart de siècle, de la Yougoslavie et du Kosovo à la Libye et la Syrie, en passant par l’Ukraine et le Honduras. Championne des « changements de régime », elle est frénétiquement anti-syrienne, anti-iranienne, anti-Hezbollah, anti-russe et anti-chinoise. Elle est frénétiquement pro-israélienne.

Paradoxalement, il existe des gens sages outre-Atlantique pour souhaiter que Donald Trump soit élu, son isolationnisme étant susceptible de détourner Washington de son interventionnisme belliqueux.

Les vassaux de l’Empire, européens, moyen-orientaux ou autres, sont complices et co-responsables de tous les malheurs évoqués précédemment. Il est de notoriété publique que la France et ses alliés de l’OTAN, ayant pour référence privilégiée le Qatar, l’Arabie, la Turquie et Israël, n’ont cessé de jouer un rôle moteur dans le « crime international suprême » que sont les guerres d’agression : c’est le cas en Syrie comme ce fut le cas en Libye. Ce soutien est multiforme et assumé : fermeture des ambassades, sanctions, soutien actif à l’opposition armée, y compris terroriste, activisme au Conseil de sécurité, envoi de forces spéciales en violation flagrante du droit international (juin 2016), tolérance à l’égard des djihadistes partant en Syrie…

Le bilan actuel pour la Syrie

En 2011, vient le tour de la Syrie, qui est visée par l’Empire de longue date, à la fois par les plans de démantèlement israélo-américains et par les mesures ou déclarations qui se succèdent depuis 2001. Nous n’entrerons pas dans les détails, ici et maintenant…

L’État syrien ne s’est pas écroulé, comme l’escomptaient les « amis ». Il paie les salaires et les retraites de ses fonctionnaires sans défaillance et ses institutions sont en place, son calendrier constitutionnel étant respecté tant bien que mal. Son armée nationale, appuyée par les alliés russes, iraniens et libanais (du Hezbollah), a résisté à une agression alliant les grandes puissances occidentales aux régimes fondamentalistes du Moyen-Orient ainsi qu’aux dizaines de milliers de mercenaires de cent nationalités.

La Syrie est détruite aux deux tiers, après cinq ans de violence sauvage durant lesquels elle a servi de champ d’expérimentation à toutes les ressources du « chaos créateur ». Un pays jadis prospère, autosuffisant, sans endettement, dont les services publics fonctionnaient, où l’éducation et la santé étaient gratuites, est en ruines. Ses infrastructures (écoles, hôpitaux, centres sociaux, routes…) sont détruites. Pour parvenir à ce résultat, il a fallu que tous les agresseurs « amis de la Syrie » aident les terroristes de l’opposition armée à casser une bonne partie du pays.

Les sanctions multiformes ont entamé le tissu national syrien, soudé par une tolérance « laïque » exemplaire, sans réussir à le déstructurer. Le but de ce politicide était (et est toujours) de démoraliser les populations, tout en leur donnant l’illusion que l’Occident est là pour les « sauver du tyran qui les massacre » et accueillir les réfugiés et les transfuges.

Pour la seule année juillet 2011/juillet 2012, l’Union européenne lancera dix-sept trains de sanctions économiques et financières, de même que les États-Unis, le Canada, l’Australie…. Les sanctions diplomatiques seront décidées dès l’automne 2011, après le veto russo-chinois au projet de résolution inspiré du précédent libyen.

Le bilan humain est très lourd. Avec 300 ou 400 000 morts (dont au moins 130 000 soldats de l’armée régulière), plus d’un million handicapés, 14 millions de réfugiés ou déplacés internes (soit plus d’un Syrien sur deux), le tissu national est déchiré, fragilisé par la prolifération des groupes armés et par l’invasion des mercenaires accourus pour le djihad, ainsi que par certaines revendications ethniques.

Les dégâts matériels sont immenses. Pour la seule Syrie, des estimations récentes évaluent à 300 milliards le coût des destructions et pillages. Bernard Cornut, expert en Moyen-Orient, écrit le 11 mars 2016 : « Vu qu’il est de plus en plus connu et avéré que plusieurs pays, y compris la France, les USA, la Grande-Bretagne, et bien sûr le Qatar, l’Arabie, la Turquie ont soutenu et financé des groupes rebelles armés dans le but affirmé et partagé de changer le régime, et notamment de faire partir le Président en place, ces pays, voire d’autres que la Syrie connaît, sont tous coresponsables à divers degrés des dommages encourus par la Syrie, estimés récemment à 1000 milliards de dollars. » Et de conclure : « Ils devront donc faire face à des actions en justice internationale de la Syrie pour qu’elle obtienne des indemnités de guerre légitimes. » Il propose de créer « une taxe sur le pétrole et le gaz, qui serait affectée à un fonds d’indemnisation des victimes et de reconstruction de la Syrie, à gérer par l’ONU ».

Le terrible bilan enregistré en Irak – un million et demi de morts, dont 500 000 enfants – est là pour rappeler que les sanctions sont une arme de destruction massive, utilisée avec un total cynisme par les « maîtres du monde ». Pour Madeleine Albright, « cela en valait la peine ». Les bouleversements des années passées (selon Ahmed Ben Saada, expert canadien) ont généré, pour « les seuls printemps arabes », 1,5 million de morts et blessés, plus de 15 millions de réfugiés et déplacés (en fait 18 ou 19 en incluant les guerres d’Irak, NDLR). Il aurait coûté à l’ensemble des pays arabes des pertes de 833 milliards de dollars (300 milliards pour la Syrie), dont plus de la moitié en infrastructures diverses et en sites archéologiques ou historiques. Ajoutons à ces dévastations pharaoniques, financées par les États pétroliers à coups de dizaines de milliards, d’autres centaines de milliards de dollars « gelés » (en d’autres termes « volés ») par les sanctions (plus de 700 milliards pour la Libye).

Politiquement, le sort de la Syrie n’est pas scellé, la realpolitik ne tardant jamais à se rappeler au bon souvenir des analystes trop optimistes. Les opposants djihadistes armés ont du mal à se faire passer pour des négociateurs : leurs états de service les enverraient plus facilement vers la Cour pénale internationale que vers les annuaires diplomatiques. Mais les mentors occidentaux leur trouvent des vertus : leurs protégés ne sauraient négocier en position de faiblesse. Il leur faut de temps à autre un cessez-le-feu pour se refaire. Qu’ils violent la trêve est sans importance, puisque le responsable est le « régime » de Bachar al-Assad. Le cercle vicieux peut s’auto-entretenir, les politiciens, les journalistes, les intellectuels occidentaux étant parties prenantes, à quelques exceptions près, à la conspiration du mensonge.

La situation militaire sur le terrain pèse lourd dans la balance diplomatique. En cette fin juin 2016, il est manifeste que l’OTAN, en toute illégalité, met en place dans le nord de la Syrie un dispositif dont la finalité – combattre Daech – ressemble à une mauvaise plaisanterie ou à une nouvelle guerre.

Pour une sortie de crise : rebâtir la paix dans le respect du droit

Pour rebâtir la paix dans le respect du droit, il faut reconstruire la légalité et retrouver les principes onusiens (souveraineté des États, non-ingérence, obligation de négocier pour régler les conflits) en introduisant un nouveau paradigme : les BRICS peuvent être ce nouveau paradigme, qui tend à instaurer un style de relations nouvelles respectueux des souverainetés et mutuellement profitables.

La reconstruction ne saurait être conçue dans le schéma classique : un pool de bailleurs de fonds, émanation de l’Occident, et une Syrie réceptrice à la merci du bienfaiteur qui l’a détruite. L’Amérique et l’OTAN ne font pas bon ménage avec les sorties de crise puisqu’elles en sont les instigatrices. C’est pourquoi le projet lancé par la Chine, intitulé « les Nouvelles Routes de la Soie : une ceinture et une route », répond aux attentes de nombreux pays, près de 70 à ce jour. Ne revenons pas sur la présentation de notre collègue chinois.

Ce projet, qui intègre dans un vaste ensemble de coopération économique « gagnant/gagnant » une bonne partie du Grand Moyen-Orient, notamment la Syrie et ses voisins (l’Iran, le Liban, l’Irak), ainsi que ses alliés (la Russie, la Chine), est de nature à bousculer les équilibres régionaux, à réorienter les échanges et à briser la logique Nord dominant/Sud dominé. Au total, 900 projets et des financements envisagés au niveau de 900 milliards de dollars, comme le rappelle Helga Zepp-LaRouche.

Il prévoit de reconstruire la Syrie détruite sur des bases nouvelles, respectant sa liberté de choix et hors de toute menace. Il vise à lui assurer à terme un environnement plus stable, l’Asie du Sud-Ouest étant structurée autour de deux corridors (avec des rôles majeurs pour l’Iran, l’Irak, la Syrie, l’Arabie saoudite et la Turquie), qu’il s’agisse du corridor ferroviaire (cf. l’axe lancé en 2011), du corridor autoroutier (allant de Urumqi au Proche-Orient) ou du corridor maritime débouchant sur la Méditerranée par Suez.

De son côté, l’Institut Schiller propose un projet s’inscrivant dans la même perspective : « La Nouvelle route de la soie devient le Pont terrestre mondial » mise également sur un changement des règles du jeu au niveau de l’économie mondiale, tout en réservant une place spécifique à la reconstruction de l’Asie du Sud-Ouest, ravagée par la guerre et les conflits depuis un quart de siècle, mais détenant un énorme potentiel de développement et des ressources naturelles et humaines immenses, qui expliquent pour les géopoliticiens les convoitises des pays eurasiatiques et des Empires de la mer.

Ce projet fait écho à la Stratégie des cinq mers annoncée par le président Bachar al-Assad en 2004 pour la création d’un réseau d’infrastructures entre la Méditerranée, l’océan Indien, la mer Rouge, la mer Caspienne et la mer Noire, visant à faire de cette zone stratégique charnière une zone d’échanges entre les trois continents de l’Ancien Monde.

Il faudra bien sûr reconstruire :

  1. Encore faut-il que les groupes terroristes soutenus par l’Occident et ses alliés cessent de détruire. Il suffirait pour cela que les résolutions existantes du Conseil de sécurité soient appliquées.
  2. Il n’y aura pas de perspectives sans la levée immédiate des sanctions qui visent à casser un peuple et son pays.
  3. La solution ne consiste pas à accueillir en Europe les réfugiés que l’on a d’une façon ou d’une autre créés en alimentant la guerre d’agression et le djihad en Syrie.
  4. D’autre part, la lutte contre Daech est certes une priorité, mais n’est pas une fin en soi, car elle ne réglera pas tous les problèmes de la Syrie, notamment son devenir d’État-nation résistante.

Il appartient au peuple syrien et à lui seul de décider de son destin, sans ingérence étrangère. C’est ce principe de souveraineté que rappelle le président chinois Xi Jin Ping, clamant haut et fort que l’ère unipolaire est révolue et que le monde est désormais multipolaire. Vladimir Poutine se place lui aussi dans le cadre de la légalité internationale et soutient l’État syrien et « les forces armées du président Al Assad qui sont les seules à combattre réellement l’État Islamique ». Les décisions d’intervention du Président russe suscitent la colère des Occidentaux, agacés des références appuyées au droit international qu’ils violent.

Source : Institut Schiller, Michel Rimbaud, 05-07-2016

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13 réponses à Michel Raimbaud: En Syrie et ailleurs, contre le parti de la guerre et la loi de la jungle, reconstruire une paix fondée sur le droit international

Commentaires recommandés

Fritz Le 21 décembre 2016 à 03h12
 
 

Cette conférence prononcée devant M. et Mme LaRouche – et devant Jacques Cheminade, candidat aux présidentielles de 1995 et 2012 – a le mérite de retracer dans son ampleur le choix qui s’offre à nous : persister dans l’ubris occidentale ou bien adopter une politique de coopération et de reconstruction dans le respect du principe de souveraineté.

Avec son droit d’ingérence, ses guerres d’agression, ses soutiens aux rébellions armées ou terroristes, l’Occident (= l’Amérique et ses valets) s’est couvert d’ignominie. Si le droit international n’est pas un vain mot, les Bush senior et junior, Clinton mari et femme, Blair, Cameron, Obama, Chirac, Sarkozy, Hollande et j’en passe, doivent être traduits devant un tribunal de Nuremberg.

Un bémol : la référence “de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament à la fois” qui justifierait la prétention occidentale de dominer le monde me semble improbable. “A quoi servirait-il à un homme de conquérir le monde s’il venait à perdre son âme ?”

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ONU : Le Dr Bachar al-Jaafari confirme les rumeurs concernant la collaboration d’officiers étrangers avec les terroristes retranchés à l’est d’Alep

21 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Russie, #Terrorisme

ONU : Le Dr Bachar al-Jaafari confirme les rumeurs concernant la collaboration d’officiers étrangers avec les terroristes retranchés à l’est d’Alep

ONU : Le Dr Bachar al-Jaafari confirme les rumeurs concernant la collaboration d’officiers étrangers avec les terroristes retranchés à l’est d’Alep

Aujourd’hui, 19 décembre, le Conseil de sécurité a voté à l’unanimité l’envoi d’observateurs à Alep [1]. Lors d’une conférence de presse consécutive à cette résolution, le Dr Bachar al-Jaafari a précisé que ces observateurs étaient déjà sur place depuis des années, et a confirmé les rumeurs concernant la collaboration d’officiers étrangers avec les terroristes retranchés dans les quartiers est d’Alep :

Voici les points essentiels de sa déclaration en réponse aux questions des journalistes :

  • La résolution ne parle pas de gens venus de Mars ou de Jupiter. La résolution parle d’observateurs qui sont sur place : le Croissant rouge syrien [SARC], le Comité international de la Croix rouge [CICR], l’OCHA [Office for the Coordination of Humanitarian Affairs], l’ONU, tous sont sur place.
  • Personne d’autre ne viendra de l’extérieur. Nous ne parlons donc pas de former ou de constituer une nouvelle force venant de l’extérieur pour remplacer ceux qui sont encore sur place. La résolution parle aussi bien des Nations Unies que du CICR et du SARC qui devraient superviser et surveiller la mise en œuvre de la résolution. Ils sont là depuis des années !
  • Nous avons garanti la sécurité du personnel de l’ONU depuis six ans, et aucun d’entre eux n’a été tué, blessé ou kidnappé. Ne serait-ce que pour votre aimable information, nous l’avons payé très cher parce que beaucoup trop de nos officiers, de nos travailleurs humanitaires, ont été tués pour cela.
  • Le groupe qui a brûlé les bus est le nommé « Saraya al-Tawhid » affilié à Al-Qaïda, ainsi que le groupe Jaïch al-Fateh affilié aux Renseignements turcs. Ils ont tué 3 des conducteurs et ont enlevé 22 autres. Ils ont brûlé 25 bus et ont évidemment empêché l’évacuation des personnes blessées de Kefraya et d’Al-Foua. Mais aujourd’hui, nous avons réussi à en évacuer des centaines.
  • Non, ce ne sont pas des suppositions. N’avez-vous pas vu les photos des bus incendiés ? J’ai en ma possession le film les montrant en train de brûler ces bus [2], leurs chefs criant leur slogan habituel d’Allahou Akbar tout en s’identifiant par leurs noms. Soyons sérieux s’il vous-plaît !

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/12/bus-brûlé-ce-18-décembre.jpg

bus brûlé ce 18 décembre

 

  • Qu’allons-nous faire des officiers des renseignements étrangers ? Nous allons les arrêter et vous les montrer, mon ami. J’ai donné leurs noms il y a quelques minutes. Vous voulez qu’on vous les montre, on vous les montrera.
  • Oui ces agents des renseignements étrangers, dont j’ai donné la liste il y a quelques minutes, sont toujours présents dans les quartiers est d’Alep et c’est pourquoi vous avez assisté aux initiatives hystériques de la France, de la Grande Bretagne et des Américains, parce qu’ils voulaient garantir leur sécurité et les sortir de la partie est d’Alep.
  • Comment avons-nous pu les identifier nommément ? Sans doute parce que nous n’avons pas de solides services de renseignements…

Dr Bachar al-Jaafari

Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies

Source : Vidéo [Al-Ikhbariya]

https://www.facebook.com/Alikhbaria.Sy/videos/1276207469068936/

 

Traduction : Mouna Alno-Nakhal

Note:

[1] Le Conseil de sécurité vote à l’unanimité l’envoi d’observateurs à Alep

https://francais.rt.com/international/30832-conseil-securite-vote-unanimite-envoi-observateurs-alep

[2] Vidéos montrant les terroristes se vanter d’avoir brûlé les bus…

https://www.facebook.com/syrian.reporters/videos/1261868017192102/

https://www.youtube.com/watch?v=swO-xeSfL-Y


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