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Le blog de Lucien PONS

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L’armée syrienne décime le commandement du Front «al-Nosra»

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #ISIL, #Daesch, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE

Publié par Michel El Diablo

 

 L’armée syrienne décime le commandement du Front «al-Nosra»

Alors que le Qatar soustraite, pour le compte des Américains, un plan qui consiste à réhabiliter le Front qaïdiste al-Nosra en lui redonnant une virginité, l'Armée arabe syrienne a asséné un grand coup à ce groupe terroriste en décimant, jeudi, son commandement.

 

L'Armée arabe syrienne a frappé un grand coup, jeudi, contre le «Front al-Nosra», la branche syrienne d'«al-Qaïda». Des avions militaires syriens ont mené des raids contre un repère de cette organisation, dans la région d'al-Hobeit, à Idlib (Nord), tuant au moins 18 de ses principaux commandants. Selon des sources proches des extrémistes syriens, le chef militaire suprême d'al-Nosra, Abou Houmam al-Chami, a été tué dans les raids. Parmi les victimes figurent aussi le chef militaire suprême d'al-Nosra, Abou Houmam al-Chami, a été tué dans les raids dénommé  Abou Omar al-Kurdi, l'un des fondateurs d'al-Nosra ainsi qu'Abou Bara' al-Ansari et Abou Misaab al-Filistini. L'émir de l'organisation, Abou Mohammad al-Joulani, aurait échappé de justesse aux raids, selon la chaine de télévision panarabe al-Mayadeen. 

 

Les milieux extrémistes syriens ont d'abord affirmé que les chefs d'«al-Nosra» ont été tués dans un raid aérien de la coalition internationale dirigée par les Américains. Mais l'état-major de la coalition, basé à Washington, a assuré qu'aucun raid aérien n'avait été mené ces dernières vingt-quatre heures dans cette région.


L'Agence officielle Sana avait annoncé, auparavant, que c'est l'aviation syrienne qui avait mené cette attaque, avançant le bilan de 18 hauts responsables d'«al-Nosra» tués.


Un extrémiste cité par les agences de presse internationales a déclaré que «c'est un grand coup porté à al-Nosra. Un coup très fort, très douloureux». 


Il y a quelques jours, le chef militaire de cette organisation dans le sud syrien, Abou Omar al-Souri, avait été tué dans des combats contre l'armée syrienne, qui a lancé, avec le Hezbollah, une vaste offensive à Deraa et Quneitra.

 

L'Occident veut récupérer «al-Nosra»

Ce coup sévère porté à «al-Nosra» intervient alors que le Qatar tente de redorer le blason de ce groupe ultra-extrémiste, afin de le réhabiliter sur la scène internationale pour qu'il devienne le principal outil de l'Occident dans sa guerre contre l'Etat syrien. 


Les agences de presse internationales ont rapporté, cette semaine, que les dirigeants d'al-Nosra «envisagent de rompre leurs liens avec al-Qaïda et de former une nouvelle entité afin d'obtenir le soutien financier de pays du Golfe comme le Qatar». Il est clair que cette information distillée par les médias pro-occidentaux vise à préparer l'opinion publique à une réhabilitation de cette organisation, qui n'a cessé à aucun moment de recevoir une aide financière de pays du Golfe, plus particulièrement le Qatar. 


Les mêmes sources ajoutent que des «agents de renseignements du Golfe ont rencontré le chef d'al-Nosra, Abou Mohammad al-Joulani, plusieurs fois au cours des derniers mois afin de l'encourager à lâcher al-Qaïda et à discuter du soutien qu'ils pourraient fournir».


Cet aveu pose en lui-même une grave problématique, car «al-Nosra» est inscrite sur les listes américaine, européenne et onusienne des organisations terroristes, et le seul fait de rencontrer ses dirigeants ou de la financer est une violation flagrante des résolutions de l'Onu.


Présenté comme un proche d'«al-Nosra», un certain Mouzamjer al-Cham, cité par l'agence britannique Reuters, explique qu'«une nouvelle entité va bientôt voir le jour, qui comprendra al-Nosra, Jaïch al-Mouhajirine wal Ansar, et d'autres petites brigades». «Le nom d'al-Nosra sera abandonné. Il se désengagera d'al-Qaïda. Mais les émirs d'al-Nosra ne sont pas tous d'accord, c'est pour cette raison que l'annonce est retardée», ajoute-t-il.


Des sources proches du ministère qatari des Affaires étrangères, également citées par Reuters, confirment que le Qatar souhaite qu'«al-Nosra» devienne une force spécifiquement syrienne sans lien avec al-Qaïda. «Ils promettent à al-Nosra plus de soutien, c'est-à-dire de l'argent et de l'équipement, une fois qu'ils auront rompu les liens avec al-Qaëda», indiquent les mêmes sources.

 

Une vaste comédie

 

Reuters poursuit qu'«en cas de dissolution et de rupture des liens avec al-Qaïda, l'organisation ne changerait pas pour autant d'idéologie. Joulani a combattu avec al-Qaïda en Irak et d'autres commandants sont des vétérans de la guerre d'Afghanistan et sont proches du chef d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri. 


L'intention présumée de changer de nom et de rompre avec al-Qaïda ne serait donc qu'une vaste comédie, permettant aux Etats-Unis et à leurs alliés européens et du Golfe d'officialiser leurs relations avec cette organisation, qui coordonne déjà une grande partie de ses opérations contre l'Etat syrien avec les Occidentaux et les Israéliens. L'établissement d'une zone tampon le long du Golan occupé avec l'aide directe d'«Israël», en est la preuve vivante. Un expert des mouvements terroristes explique que cette relation, dévoilée récemment par des rapports des Nations unies, est une grande source d'embarras pour Washington et l'Europe devant leur opinion publique. 


Le soi-disant changement de nom et le repositionnement ne seraient que des effets cosmétiques qui ne modifieraient en rien la nature extrémiste de cette organisation, dont les méthodes et l'idéologie sont les mêmes que celles du groupe «Etat islamique». 

 

Samer R. Zoughaib

 

SOURCE:

 

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Alstom : Qui n’entend qu’un son n’entend qu’une cloche.

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #Economie, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales

Publié par Jean Lévy

 

Un tramway construit par Alstom, à Paris.

Un tramway construit par Alstom, à Paris.

COMITE VALMY

 

Alstom : Qui n’entend qu’un son

n’entend qu’une cloche

lundi 9 mars 2015,

par Comité Valmy

Description de cette image, également commentée ci-après

COMMUNIQUE DE PRESSE
de Jacques MYARD
et de Daniel Fasquelle
Députés de la Nation

Le 9 Mars 2015

A/S : Alstom : 

Qui n’entend qu’un son

n’entend qu’une cloche

A la veille des auditions des principaux protagonistes de la vente d’Alstom Energie à l’américain General Electric, Daniel Fasquelle, Vice-Président de la Commission des Affaires économiques et Jacques Myard, député des Yvelines ainsi que 53 de leurs collègues dénoncent une mascarade et persistent dans leur demande de création d’une commission d’enquête parlementaire sur ce sujet.

 

En effet, ces auditions proposées par la majorité socialiste ne seront qu’une tribune de plus pour ceux qui sont les chevilles ouvrières de cette désastreuse opération. En écartant les contradicteurs, elles ne permettront en aucun cas de lever les zones d’ombres encore trop nombreuses sur ce dossier économique et industriel majeur particulièrement suivi par les Français qui ont le droit d’être informés.

 

Quel est l’intérêt de n’écouter que ceux qui délivreront tous les mêmes messages ?

Seule une commission d’enquête permettrait d’établir pleinement la vérité sur la base notamment de l’analyse contradictoire des auditions menées au second trimestre par la Commission des Affaires économiques autour des 7 thèmes détaillés ci-dessous. L’ensemble des protagonistes seraient interrogés y compris les représentants en France de Siemens et Mitsubishi et les dirigeants d’EDF, GDF, Areva, SNCF, RATP, Thalès, Safran et DCNS.

 

Une telle commission d’enquête permettrait également d’étudier les éventuels renforcements nécessaires des législations en matière de gouvernance d’entreprise, de transparence des rémunérations des dirigeants, du régime des OPA et d’intelligence économique.

 

Mais il semble que la vérité dérange. Il est certain que les auditions prévues n’y contribueront pas. Au contraire...

 

1 - Réalité de l’offre de rachat d’Alstom par General Electric

Contrairement aux annonces répétées dans l’ensemble des medias en juin dernier, il apparaît que :

- General Electric absorbera pleinement en deux temps les activités Energie d’Alstom pour un prix relativement faible car la vente des participations financières d’Alstom dans les trois co-entreprises est prévue en 2018 après l’élection présidentielle selon un mécanisme quasi-automatique),

- Alstom ne détiendra que 20% du capital de la co-entreprise « nucléaire » et General Electric disposera de la direction opérationnelle des 3 co-entreprises,

- Les salariés d’Alstom ne disposent d’aucun engagement réel de la part de General Electric en matière de maintien de l’emploi sur les différents sites français et encore plus de création de 1000 emplois en France,

- Alstom Transport, désormais seul, ne disposera pas d’un bilan financier suffisamment solide pour faire face à un contexte concurrentiel très difficile et devra payer, et non General Electric, l’amende de 630 millions d’euros pour le contentieux juridique avec les autorités américaines sur plusieurs contrats dans l’énergie en Asie et au Moyen-Orient,

- L’Etat ne devrait pas rentrer pas au capital d’Alstom Transport à hauteur de 20%, ce qui lui aurait apporté les bénéfices d’un actionnariat de long terme qui lui fait actuellement défaut (l’AMF a notamment limité la portée de l’accord Etat-Bouygues et l’Association APPAC a attaqué devant la justice le prêt d’actions prévu dans l’accord),

2 - Liens du groupe Alstom avec la puissance publique

Si Alstom est une entreprise privée, il convient de rappeler qu’il ne s’agit pas d’une entreprise comme une autre et que légitimement la représentation nationale doit pouvoir y exercer un droit de regard :

 

- Le groupe français exerce avec son important tissu de sous-traitants français dans un secteur stratégique à savoir l’approvisionnement énergétique de notre pays, en particulier dans l’énergie nucléaire,

- Alstom a bénéficié en 2003 de l’entrée de l’Etat dans son capital lorsque sa situation financière était compliquée, ce qui lui a permis d’assurer sa pérennité et de maintenir son développement,

- Son activité reste soutenue comme dans le passé par l’aide à l’innovation de l’Etat et par de nombreuses commandes provenant des pouvoirs publics et d’entreprises publiques (EDF, GDF, SNCF, RATP...), commandes qui lui servent de références à l’international où il bénéficie d’un large soutien financier et diplomatique à l’export.

3 - Raisons stratégiques floues concernant cette vente d’Alstom Energie

Les raisons stratégiques de la vente précipitée d’Alstom Energie restent toujours aussi floues alors que la situation financière de l’entreprise était au moment de l’annonce de la vente très appréciable (carnet de commandes de 51 milliards d’euros, commandes de 20 milliards d’euros en hausse de 2% en croissance organique, résultat opérationnel et marge opérationnelle stables d’1,4 milliards d’euros et de 7%).

 

En termes de positionnement par rapport à la concurrence, le groupe français est un leader mondial dans la fourniture des équipements de centrales à charbon, de centrales nucléaires, de centrales hydroélectriques et de transmission électrique. Au-delà de la fourniture de nouveaux équipements, Alstom bénéficie d’une activité récurrente d’opérations de maintenance très rentables sur de nombreuses centrales déjà construites à travers le monde (25% de la puissance électrique mondiale). Le problème de taille critique évoqué pour justifier la vente n’apparaîtrait que dans les activités de l’éolien et des turbines à gaz. Pour les turbines à gaz, il semble même d’après les premières interrogations de la Commission européenne que ce ne serait pas le cas.

 

Cependant, la taille critique serait réelle pour l’ensemble du groupe en termes de surface financière vis-à-vis des banques, ce qui aurait pu justifier un rapprochement avec un autre grand groupe français présent dans un autre secteur industriel. Les conglomérats General Electric, Siemens et Mitsubishi en sont l’exemple concret.

 

Un troublant changement de stratégie de la part du PDG apparaît entre novembre 2013, lorsqu’il annonce un plan de long terme, fondé notamment sur la recherche d’un partenaire pour Alstom Transport, et avril 2014, où le Gouvernement, comme une partie du Conseil d’Administration et du Comité exécutif d’Alstom découvrent, via une information de l’agence américaine Bloomberg, que les activités Energie sont vendues à General Electric.

 

4 - La pression de la justice américaine concomitante avec les négociations avec General Electric

La chronologie révélée par la presse au sujet de la vaste enquête pour corruption menée par la justice américaine à l’encontre d’Alstom et de plusieurs de ses cadres laisse à ce titre interrogatif sur les vraies raisons de cette vente effectuée en secret. La pression des autorités américaines au niveau de la direction générale d’Alstom semble concomitante avec la négociation secrète avec General Electric. Dans un passé récent, 5 entreprises en difficultés avec la justice américaine pour des affaires de corruption ont été rachetées par General Electric, ce qui pourrait laisser penser à un mode opératoire déjà éprouvée.

 

Après l’amende record infligée à la BNP pour utilisation du dollar, monnaie internationale, dans des transactions avec Cuba et le Soudan pourtant légales au sens du droit européen, il convient de s’interroger sur l’utilisation de l’extraterritorialité de la loi américaine comme instrument d’une certaine guerre économique. Le rapport de la délégation parlementaire au renseignement publié en décembre dernier, présidé par le Député PS Jean-Jacques Urvoas et le Sénateur UMP Jean-Pierre Raffarin, attirait déjà l’attention de l’utilisation détournée du Foreign Corrupt Act de 1977 et des sanctions économiques contre des pays comme l’Iran, Cuba, le Soudan et la Libye.

 

5 - Absence de mise en concurrence avec des offres alternatives

S’il apparaît que Bouygues qui détient 29% du capital était vendeur, il était tout à fait envisageable de mettre en place une solution française sans intervention directe de l’Etat actionnaire, notamment via les groupes DCNS, Thalès et Safran qui exercent dans des domaines semblables et qui auraient bénéficié industriellement d’un tel partenariat. Ce fut le souhait exprimé en juin - et non pris en compte par le Gouvernement – de plus de 50 députés au travers d’une tribune d’union nationale (opposition et majorité) publiée dans le Journal du Dimanche du 14 juin 2014.

 

Sur ce point, il convient de s’interroger sur le rôle de David Azéma, Directeur général de l’Agence des Participations en charge du dossier Alstom pour l’ensemble des administrations d’Etat, et qui a rejoint en septembre dernier le bureau européen de Bank of America, la banque d’affaires qui a conseillé Alstom sur la transaction.

 

S’agissant de l’offre alternative de Mitsubishi, associée à Siemens, même si elle correspondait à un achat partiel et donc insatisfaisant, il semble qu’elle n’ait pas été traitée de manière équitable par le Conseil d’administration, ce qui aurait permis à l’offre de General Electric d’être améliorée dans le plein respect des droits des actionnaires. L’aspect différenciant de la prise en charge du contentieux américain par General Electric et non par Mitsubishi-Siemens apparaît nul, Alstom Transport devant porter intégralement l’amende de 630 millions d’euros infligée par la justice américaine.

 

Au final, bien que plus de 70% de l’entreprise ait été cédée sans application du régime des OPA, mis à part Bouygues, les actionnaires d’Alstom semblent avoir été mis devant le fait accompli en devant privilégier la vente associée à une rémunération de court terme plutôt que la création de valeur sur le long terme. Le maintien d’Alstom en l’état faisait en effet courir un risque important après trois trimestres de flou pour les salariés, les clients et les sous-traitants sans compter le risque d’une amende des autorités américaines encore plus élevée.

 

6 - Evolution du cours de bourse

Il apparaît que le précédent Ministre de l’Economie avait saisi l’AMF pour des évènements de cours de bourse surprenants avant l’annonce de la vente. Par exemple, l’avertissement sur résultats financiers à l’origine d’une chute soudaine du cours de bourse fin janvier s’est avéré sans fondement lors de la publication des résultats annuels d’Alstom qui a suivi les informations de l’agence américaine Bloomberg. Ces éléments ont pu déstabiliser les actionnaires et les marchés financiers lors de ce moment crucial pour l’entreprise, et il conviendrait donc d’en effectuer un examen approfondi.

 

7 - Rémunération du PDG et des dirigeants d’Alstom

En cette période de crise économique et social, et alors que l’opération de la vente à General Electric n’apparaît pas être couplée à une création de valeur, la rémunération additionnelle du PDG (150 000 actions gratuites soit plus de 4 millions d’euros) suscite des interrogations légitimes en matière de transparence pour les sociétés cotées en bourse.

 

Liste des députés cosignataires :

Damien ABAD, Julien AUBERT, Jacques-Alain BENISTI, Sylvain BERRIOS, Véronique BESSE, Xavier BRETON, Bernard BROCHAND, Serge CORONADO, Jean-Michel COUVE, Marc-Philippe DAUBRESSE, Jean-Pierre DECOOL, Nicolas DHUICQ, Jean-Pierre DOOR, David DOUILLET, Nicolas DUPONT-AIGNAN, Marie-Louise FORT, Laurent FURST, Sauveur GANDOLFI-SCHEIT, Annie GENEVARD, Guy GEOFFROY, Alain GEST, Georges GINESTA, Daniel GIBBS, Philippe GOSSELIN, Anne GROMMERCH, Henri GUAINO, Jean-Jacques GUILLET, Michel HERBILLON, Philippe HOUILLON, Jean LASSALLE, Pierre LELLOUCHE, Céleste LETT, Lionnel LUCA, Thierry MARIANI, Franck MARLIN, Philippe MEUNIER, Yannick MOREAU, Pierre MOREL A L’HUISSIER, Alain MOYNE-BRESSAND, Jean-Frédéric POISSON, Bérengère POLETTI, Frédéric REISS, Jean-Luc REITZER, Bernard REYNES, Franck RIESTER, Alain SUGUENOT, Lionel TARDY, Jean-Charles TAUGOURDEAU, Michel TERROT, Guy TESSIER, Patrick VERCHERE, Philippe VITEL, Laurent WAUQUIEZ

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Comment Poutine a bloqué le pivot des États-Unis vers l’Asie. Par Mike Whitney le 9 mars 2015.

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La France, #Politique étrangère

Comment Poutine a bloqué le pivot des États-Unis vers l’Asie

Par Mike Whitney le 9 mars 2015

 

«L'effondrement de l'Union soviétique a supprimé la seule limite au pouvoir de Washington qui l’empêchait d'agir unilatéralement à l'étranger... Soudain, les Etats-Unis se sont retrouvés le seul pouvoir, la seule superpuissance mondiale. Les néoconservateurs ont proclamé la fin de l'histoire.»
 
Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint du Trésor Américain

 

Proverbe russe
«Ce n’est pas la faute du miroir si votre visage est tordu.»

Le 10 Février 2007, Vladimir Poutine a prononcé un discours à la 43e Conférence sur la sécurité de Munich qui a ouvert un fossé entre Washington et Moscou, fossé qui n’a fait que s’approfondir au fil du temps. Une heure durant, le président russe a critiqué de manière cinglante la politique étrangère américaine, se livrant à un acte d’accusation en bonne et due forme des interventions américaines dans le monde entier et de leur effet dévastateur sur la sécurité du monde. Poutine n’a probablement pas réalisé l’impact qu’aurait son réquisitoire sur l’assemblée réunie à Munich, ni la réaction des éminences grises états-uniennes, pour qui ces déclarations ont représenté un tournant dans les relations américano-russes. Mais, le fait est que l’hostilité de Washington envers la Russie remonte à cet incident particulier, à ce discours dans lequel Poutine s’est engagé publiquement en faveur d’un système mondial multipolaire, rejetant par là-même les prétentions à un Nouvel ordre mondial des élites américaines. Voici ce qu’il a dit:

«Je suis convaincu que le moment est venu de réfléchir sérieusement à l’architecture de la sécurité internationale. Et nous devons rechercher un équilibre raisonnable entre les intérêts de tous les participants au dialogue international

En disant cela, Poutine a contesté le rôle de seule superpuissance mondiale et de seul responsable de la sécurité mondiale des États-Unis, une position privilégiée que Washington estime avoir méritée par sa victoire dans la guerre froide et qui autorise les États-Unis à intervenir unilatéralement lorsqu’ils le jugent opportun. Le discours de Poutine a mis fin à des années de querelles et de discussions entre les analystes des groupes de réflexion sur la question de savoir si la Russie pouvait être intégrée au système dirigé par les États-Unis ou non. Désormais, ils savaient que Poutine ne danserait jamais sur l’air de Washington.

Dans les premières années de sa présidence, on a cru que Poutine finirait par se plier aux demandes de l’Ouest et à accepter un rôle secondaire dans le système centré sur Washington. Mais ça ne s’est pas passé ainsi. Le discours de Munich a simplement mis en lumière ce que beaucoup de faucons américains et partisans de la guerre froide disaient depuis le début, à savoir que Poutine ne renoncerait pas à la souveraineté russe sans se battre. La déclaration qui contestait l’aspiration américaine à gouverner le monde n’a laissé aucun doute sur le fait que Poutine allait devenir un problème qui devait être réglé par tous les moyens nécessaires, y compris des sanctions économiques sévères, un coup d’État dirigé par le Département d’État US en Ukraine voisine, un complot pour faire s’écrouler le prix du pétrole, une attaque spéculative contre le rouble, une guerre par procuration dans le Donbass en utilisant les néo-nazis comme troupes de choc de l’Empire, et des myriades d’opérations sous fausse bannière pour ternir la réputation de Poutine tout en provoquant des divisions entre Moscou et ses principaux partenaires en affaires européens. Maintenant, le Pentagone projette d’envoyer 600 parachutistes en Ukraine sous prétexte de former la garde nationale ukrainienne, une grave escalade qui viole l’esprit de Minsk 2 et qui appelle à une réponse proportionnée du Kremlin. En un mot comme en cent, les États-Unis utilisent toutes les armes de leur arsenal pour poursuivre leur guerre contre Poutine.

L’assassinat de style mafieux du leader de l’opposition russe, Boris Nemtsov, la semaine dernière, doit être replacé dans un contexte géopolitique actuel plus large. Nous ne saurons sans doute jamais qui a commis le crime, mais nous pouvons déjà affirmer que le manque de preuves n’a pas empêché les médias ou les politiciens américains d’instrumentaliser ce drame pour faire avancer leur agenda anti-Poutine qui est de déstabiliser son gouvernement et de déclencher un changement de régime à Moscou. Poutine lui-même a suggéré que le meurtre pouvait avoir été commandité pour mettre plus de pression sur le Kremlin. Le site World Socialist Web résume ainsi ses implications politiques :

«L’assassinat du politicien de l’opposition russe Boris Nemtsov est un événement politique important, qui découle de la confrontation américano-russe et de la lutte intense qui fait rage actuellement aux plus hauts niveaux de l’État russe. L’administration Obama et la CIA jouent un rôle majeur dans l’escalade de ce conflit pour le faire évoluer dans un sens qui serve les intérêts géo-politiques et financiers internationaux de l’impérialisme américain …

»Il est tout à fait évident que l’administration Obama espère qu’une faction va émerger du sein de l’élite russe, et que, avec le soutien d’éléments de l’armée et de la police secrète, elle va fomenter une révolution de palais et se débarrasser de Poutine…

»Les États-Unis ne cherchent pas à déclencher une révolte populaire générale. (Mais) ils font tout leur possible pour convaincre une fraction de l’oligarchie et de la nouvelle classe capitaliste que leurs intérêts commerciaux et leur richesse personnelle dépendent du soutien des États-Unis. C’est pourquoi l’administration Obama se sert des sanctions économiques individuelles pour faire pression sur les oligarques ainsi que sur des segments plus larges de l’élite entrepreneuriale…

C’est dans le cadre de cette lutte de pouvoir internationale que l’on doit analyser l’assassinat de Nemtsov. Bien sûr, il est possible que sa mort soit la conséquence d’affaires privées. Mais il est plus probable qu’il a été tué pour des raisons politiques. De fait, le moment du meurtre – la veille de la manifestation anti-Poutine de l’opposition à Moscou – est une forte indication que le meurtre était un assassinat politique, et non un règlement des comptes privé.»(Assassinat à Moscou: Pourquoi Boris Nemtsov a-t-il été assassiné? David North,World Socialist Web Site)

Quelques heures après que Nemtsov avait été abattu à Moscou, les médias occidentaux sont passés à l’action en publiant des volées d’articles suggérant l’implication du Kremlin, sans la moindre preuve à l’appui de leurs dires. La campagne d’insinuations s’est renforcée à mesure que de plus en plusd’experts et de politiciens russes donnaient leur avis sur les éventuels responsables. Naturellement, aucune des personnes interrogées ne s’est écartée de la ligne officielle selon laquelle quelqu’un devait avoir effectué l’attentat sur l’ordre de Poutine. Le Washington Post a publié un article qui est un bon exemple des tactiques utilisées dans la dernière campagne de communication visant à discréditer Poutine. Selon Vladimir Gel’man, de l’Université européenne des scientifiques politiques de Saint-Pétersbourg et de l’Université de Helsinki:

«Boris Nemtsov, un des leaders de l’opposition, a été abattu à proximité du Kremlin. À mon avis, cela a toutes les caractéristiques d’un assassinat politique provoqué par une campagne agressive menée par le Kremlin contre lacinquième colonne de traîtres à la nation qui se sont opposés à l’annexion de la Crimée, à la guerre avec l’Occident sur l’Ukraine, et à la diminution croissante des libertés civiles politiques dans le pays. Nous ne saurons jamais si le Kremlin a ordonné ce meurtre, mais Nemtsov était l’un des critiques les plus efficaces non seulement du régime russe en tant que tel, mais aussi de la personne même de Poutine, et sa voix dissidente ne dérangera jamais plus Poutine et son entourage immédiat.(Qu’est-ce que l’assassinat de Boris Nemtsov signifie pour la Russie ?, Washington Post)

L’article du Washington Post est typique des articles publiés dans les médias dominants. Ils sont fertiles en insinuations et accusations mais pour les faits, on repassera. Les principes journalistiques traditionnels d’objectivité et de présentation des faits ont été abandonnés au profit de l’agenda politique de leurs propriétaires. En matière de couverture médiatique, l’assassinat de Nemtsov n’est que la dernière illustration de l’état lamentable des médias occidentaux.

L’idée que des agents de Poutine puissent détruire un candidat de l’opposition à un jet de pierre du Kremlin est pour le moins tirée par les cheveux. Comme un commentateur du blog Moon of Alabama le note:

«L’’image d’un opposant politique étendu mort sur un pont en contrebas du Kremlin n’est-elle pas un peu trop belle? Je veux dire qu’il ne manque que le poignard planté entre les omoplates avec l’inscription : Si vous le trouvez, rapportez-le s’il vous plaît à M. Poutine; je ne peux pas imaginer une meilleure manière d’impliquer le gouvernement. Et, en plus, la nuit précédant un rassemblement de l’opposition que Nemtsov espérait conduire. Pour qui nous prennent-ils?»

On ne peut bien sûr pas nier que Moscou puisse être impliqué, mais cela semble peu probable. L’explication la plus plausible est que le meurtre fait partie du projet de changement de régime et a pour but de créer de l’agitation sociale et de déstabiliser le gouvernement. Les États-Unis ont utilisé ces méthodes tant de fois auparavant dans diverses révolutions de couleur qu’il est inutile de les détailler ici. Mais il faut tout de même rappeler que les États-Unis n’ont pas de lignes rouges quand il s’agit d’atteindre leurs objectifs stratégiques. Ils feront tout ce qu’ils jugent nécessaire pour l’emporter sur Poutine.

La question est pourquoi? Pourquoi Washington est-il aussi déterminé à éliminer Poutine?

Poutine a répondu lui-même à cette question récemment lors de la Journée des travailleurs diplomatiques de Russie. Il a dit que la Russie poursuivrait une politique étrangère indépendante malgré les pressions dans ce qu’il appelle l’environnement international complexe d’aujourd’hui.

«En dépit des pressions que nous subissons, la Fédération de Russie continuera à mener une politique étrangère indépendante, dans l’intérêt supérieur de notre peuple et dans le respect de la sécurité et de la stabilité mondiales.» (Reuters)

Voilà le crime impardonnable de Poutine, C’est le même crime qu’ont commis le Venezuela, Cuba, l’Iran, la Syrie et d’innombrables autres nations qui refusent d’obéir aux directives de Washington.

Poutine a également résisté à l’encerclement de l’Otan et aux efforts états-uniens pour piller les vastes ressources naturelles de la Russie. Et tout en faisant le maximum pour éviter une confrontation directe avec les Etats-Unis, Poutine n’a pas reculé sur les questions qui sont vitales pour la sécurité nationale de la Russie, au contraire, il l’a souligné à maintes reprises, non seulement la menace que pose à Moscou l’avancée de l’Otan, mais aussi les mensonges qui ont précédé son expansion vers l’est. Poutine en a aussi parlé à Munich:

«Je voudrais citer le discours du Secrétaire général de l’OTAN, M. Woerner à Bruxelles le 17 mai 1990. Il a dit à l’époque que le fait que nous soyons prêts à ne pas placer une armée de l’Otan en dehors du territoire allemand donne à l’Union soviétique une solide garantie pour sa sécurité… Où sont ces garanties?»

Où, en effet. Apparemment, ce n’étaient que des mensonges. Comme l’a dit l’analyste politique Pat Buchanan dans son article Poutine n’a-t-il pas raison sur un point?:

«Bien que l’Armée rouge se soit retirée volontairement d’Europe de l’Est et soit rentrée chez elle, et que Moscou ait compris que nous n’étendrions pas l’Otan vers l’est, nous avons saisi toutes les occasions de faire l’inverse. Non seulement nous avons fait entrer la Pologne dans l’Otan, mais aussi la Lettonie, la Lituanie et l’Estonie, et la quasi-totalité des pays du Pacte de Varsovie, ce qui amenait l’Otan à la porte d’entrée de la Mère Russie. Il y a maintenant un projet en cours de réalisation pour y faire entrer l’Ukraine et la Géorgie, un pays du Caucase où est né Staline…

… »Nous semblons maintenant déterminés à rendre permanentes les bases en Asie centrale que Poutine nous avait laissés installer dans les anciennes républiques soviétiques pour libérer l’Afghanistan.

… »Par le biais de la National Endowment for Democracy, ses auxiliaires Démocrates et Républicains et leurs think-tanks exonérés d’impôt, ses fondations, et ses institutions de droits de l’homme comme Freedom House, (…) nous avons fomenté des changements de régime en Europe de l’Est, dans les anciennes républiques soviétiques, et en Russie elle-même…

Ce sont les griefs de Poutine. N’a-t-il pas un peu raison?» (Poutine n’a-t-il pas raison sur au moins un point?, Pat Buchanan, antiwar.com)

Maintenant, les États-Unis veulent déployer leur système de défense antimissile en Europe de l’Est, un système qui – selon Poutine – «va fonctionner automatiquement et faire partie intégrante de la capacité nucléaire des États-Unis. Pour la première fois dans l’Histoire, et je tiens à le souligner, il y a des portions de la capacité nucléaire des États-Unis sur le continent européen. Cela change tout simplement la configuration de la sécurité internationale dans son ensemble. (…)  Nous devons naturellement répondre à cela.»

Comment Poutine peut-il laisser faire cela? Comment peut-il laisser les États-Unis installer des armes nucléaires dans un endroit qui augmentera leur capacité de frapper les premiers, ce qui détruira l’équilibre des forces de dissuasion et mettra la Russie devant le choix d’obéir aux États-Unis ou d’être anéantie. Poutine est obligé de s’opposer à cette éventualité, tout comme il est obligé de s’opposer au principe sur lequel repose l’expansion des États-Unis, à savoir l’idée que la guerre froide a été remportée par les États-Unis, et que donc les États-Unis ont le droit de remodeler le monde en fonction de leurs propres intérêts économiques et géopolitiques. Voici encore Poutine:

«Qu’est-ce qu’un monde unipolaire? Même si on tente d’embellir ce terme, il ne s’en réfère pas moins à une situation où il y a un centre d’autorité, un centre de force, un centre de prise de décision. C’est un monde dans lequel il y a un seul maître, un seul souverain. Au bout du compte, c’est dommageable non seulement pour tous ceux qui vivent au sein de ce système, mais aussi pour le souverain lui-même, car il se détruit de l’intérieur…

»Je considère que le modèle unipolaire est non seulement inacceptable mais aussi impossible dans le monde d’aujourd’hui (…) le modèle lui-même est vicié à la base car il n’est pas et ne peut pas être le fondement moral de la civilisation moderne…» (Munich, 2007)

Quel genre d’homme parle de la sorte? Quel genre d’homme parle des fondations morales de la civilisation moderne ou invoque Franklin D. Roosevelt dans son discours?

Poutine: «La sécurité de l’un d’entre nous est la sécurité de tous. Comme l’a dit Franklin D. Roosevelt pendant les premiers jours de la Seconde Guerre mondiale : Quand la paix a été rompue quelque part, la paix de tous les pays est partout en danger. Ces mots restent d’actualité aujourd’hui.»

J’exhorte chacun à regarder au moins les dix premières minutes du discours de Poutine et à décider par lui-même si la description (et la diabolisation) de Poutine dans les médias est juste ou non. En faisant particulièrement attention à la sixième minute où Poutine dit ceci:

«Nous assistons au mépris de plus en plus grand des principes fondamentaux du droit international. Et les normes juridiques indépendantes se rapprochent, en fait, de plus en plus du système juridique d’un État. Cet État c’est, bien sûr, les États-Unis, qui débordent de leurs frontières nationales dans tous les domaines. Cela se voit dans les politiques économiques, politiques, culturelles et éducatives qu’ils imposent aux autres nations. Eh bien, qui aime cela? Qui est satisfait de cette situation?» (Discours légendaire de Vladimir Poutine à la Conférence sur la sécurité de Munich)

Pendant que Poutine parle, la caméra panoramique s’attarde sur John McCain et Joe Lieberman qui sont assis au premier rang, le visage figé, bouillonnant de rage à chaque mot prononcé par le président russe. Si on regarde d’assez près, on peut voir la vapeur sortir de l’oreille de McCain.

Voilà pourquoi Washington veut un changement de régime à Moscou. C’est parce que Poutine refuse de se laisser mener par le bout du nez par les États-Unis. C’est parce qu’il veut un monde régi par des lois internationales appliquées de manière impartiale par les Nations Unies. C’est parce qu’il rejette un ordre mondial unipolaire où une nation dit à tout le monde ce qu’il doit faire et où la guerre devient le moyen préféré des puissants d’imposer leur volonté aux plus faibles.

Poutine: «Aujourd’hui, nous assistons à une hyper-utilisation, une utilisation presque sans limites de la force, qui plonge le monde dans un abîme de conflits permanents. (…) Les États-Unis outrepassent leurs frontières nationales dans tous les domaines (…) Et bien sûr, c’est extrêmement dangereux. Il en résulte que plus personne ne se sent en sécurité. Je tiens à le souligner – personne ne se sent plus en sécurité.» Vladimir Poutine, Munich 2007.

Poutine n’est pas parfait. Il a ses défauts et ses manquements comme tout le monde. Mais il semble être une personne honnête qui a permis le rétablissement rapide de l’économie de la Russie, qui avait été pillée par des agents des États-Unis suite à la dissolution de l’Union soviétique. Il a élevé le niveau de vie, augmenté les pensions, réduit la pauvreté et amélioré l’éducation et les soins, ce qui explique le taux de satisfaction du public, qui plafonne actuellement à un impressionnant 86 %. Mais ce qui suscite le plus l’admiration chez Poutine, c’est qu’il ose s’opposer aux États-Unis et bloquer leur stratégie de pivoter vers l’Asie. La guerre par procuration qu’il mène en Ukraine a pour but de contrecarrer le plan de Washington de briser la Fédération de Russie, d’encercler la Chine, de contrôler le flux des ressources de l’Asie vers l’Europe et de gouverner le monde. Vladimir Poutine est le fer de lance de cette lutte et c’est pourquoi il a gagné le respect et l’admiration de beaucoup de gens dans le monde.

Quant à la démocratie, laissons encore la parole à Poutine:

«Suis-je un pur démocrate? (Rires.) Bien sûr que oui. Absolument. Le problème est que je suis le seul, le seul de mon espèce dans le monde entier. Il suffit de regarder ce qui se passe en Amérique, c’est terrible, la torture, les sans-abri, Guantánamo, les personnes détenues sans procès ni enquête. Et regardez la violence avec laquelle l’Europe traite les manifestants, des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes sont utilisés dans une capitale après l’autre, des manifestants sont tués dans les rues…  Je n’ai plus personne à qui parler depuis que Gandhi est mort.»

Bien dit, Vladimir.

Mike WHITNEY –  6-8 mars 2015

Article original : CounterPunch – Traduit par Dominique

Source : Saker 

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Ce que cache le discours contre les « conspirationnistes » L’État contre la République par Thierry Meyssan

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Antifafs., #La République, #La France, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Terrorisme

Ce que cache le discours contre les « conspirationnistes »

L’État contre la République

par Thierry Meyssan

À la demande du président François Hollande, le Parti socialiste français vient de publier une Note sur le mouvement international « conspirationniste ». Son but : préparer une nouvelle législation lui interdisant de s’exprimer.
Aux États-Unis, le coup d’État du 11 septembre 2001 a permis d’établir un « état d’urgence permanent » (Patriot Act) et de lancer une série de guerres impériales. Progressivement, les élites européennes se sont alignées sur leurs homologues d’Outre-Atlantique. Partout, les citoyens s’inquiètent d’être abandonnés par leurs États et remettent en question leurs institutions. Cherchant à se maintenir au pouvoir, les élites sont désormais prêtes à utiliser la force pour bâillonner leurs oppositions.

Réseau Voltaire International | Damas (Syrie) | 9 mars 2015

 

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Le 27 janvier 2015, le président François Hollande rendait les « complotistes » d’aujourd’hui responsables des crimes commis hier par les nazis contre les juifs d’Europe. Il appelait à leur interdiction d’expression.

Le président de la République française, François Hollande, a assimilé ce qu’il nomme les « théories du complot » au nazisme, puis a appelé à empêcher leur diffusion sur internet et les réseaux sociaux.

Ainsi a-t-il déclaré le 27 janvier 2015 au Mémorial de la Shoah :

« [L’antisémitisme] entretient les théories du complot qui se diffusent sans limite. Théories du complot qui ont, dans le passé, conduit déjà au pire » (…) « [La] réponse, c’est de prendre conscience que les thèses complotistes prennent leur diffusion par Internet et les réseaux sociaux. Or, nous devons nous souvenir que c’est d’abord par le verbe que s’est préparée l’extermination. Nous devons agir au niveau européen, et même international, pour qu’un cadre juridique puisse être défini, et que les plateformes Internet qui gèrent les réseaux sociaux soient mises devant leurs responsabilités, et que des sanctions soient prononcées en cas de manquement » [1].

Plusieurs ministres ont également conspué ce qu’ils appellent les théories du complot comme autant de « ferments de haine et de désintégration de la société ».

Sachant que le président Hollande appelle « théorie du complot » l’idée que les États, quels que soient leurs régimes –y compris les démocraties–, ont une propension spontanée à agir dans leur intérêt et non pas dans celui de leurs administrés, on peut en conclure qu’il s’est livré à cet amalgame pour justifier d’une éventuelle censure de ses opposants.

Cette interprétation est confirmée par la publication par la Fondation Jean-Jaurès, think tank du Parti socialiste dont M. Hollande était le Premier secrétaire, d’une note intitulée « Conspirationnisme : un état des lieux » [2].

Laissons de côté les relations politiques de François Hollande, du Parti socialiste, de la Fondation Jean-Jaurès, de son Observatoire des radicalités politiques et de l’auteur de la note et concentrons nous sur son message et son contenu idéologique.

Définition des « théories du complot »

Les expressions « théories du complot » et « conspirationnisme » se sont développées en France à la suite de la publication de mon livre sur l’impérialisme états-unien post-11-Septembre, L’Effroyable imposture [3]. À l’époque, nous avions du mal à comprendre ce qu’elles signifiaient car elles renvoyaient à l’histoire politique américaine. Aux États-Unis, on appelait couramment « conspirationnistes » ceux pour qui le président Kennedy n’avait pas été assassiné par un seul homme, mais par plusieurs, formant une conspiration (au sens judiciaire). Avec le temps, ces expressions sont entrées dans la langue française et se sont superposées avec des souvenirs des années 30 et de la Seconde Guerre mondiale, ceux de la dénonciation du « complot juif ». Ces expressions sont donc aujourd’hui polysémiques, évoquant parfois la loi du silence états-unienne et, à d’autres moments, l’antisémitisme européen.

Dans sa note, la Fondation Jean-Jaurès donne sa propre définition du « conspirationnisme ».

C’est « un récit "alternatif" qui prétend bouleverser de manière significative la connaissance que nous avons d’un événement et donc concurrencer la "version" qui en est communément acceptée, stigmatisée comme "officielle" » (p. 2).

Observons que cette définition ne s’applique pas qu’aux délires de malades mentaux. Ainsi, Platon affirmait avec le mythe de la caverne remettre en cause les certitudes de son temps ; Galilée avec sa thèse héliocentrique défiait la lecture que son époque faisait de La Bible ; etc.

Pour ma part et puisque l’on voit en moi le « pape du conspirationnisme » ou plutôt l’« hérésiarque », selon le mot du philosophe italien Roberto Quaglia, je réaffirme mon engagement politique radical, au sens du radicalisme républicain français, de Léon Bourgeois [4], de Georges Clemenceau [5], d’Alain [6] et de Jean Moulin [7]. Pour moi, comme pour eux, l’État est un Léviathan qui par nature abuse de ceux qu’il gouverne.
Comme républicain radical, je suis conscient que l’État est l’ennemi de l’intérêt général, de la Res Publica ; raison pour laquelle je souhaite non pas l’abroger, mais le dompter. L’idéal républicain est compatible avec divers régimes politiques —y compris avec la monarchie, comme l’ont acté les auteurs de la Déclaration de 1789—.
Cette opposition, que le Parti socialiste actuel conteste, a tellement marqué notre histoire qu’en 1940 Philippe Pétain abrogea la République pour proclamer l’« État français ». Dès sa prise de fonction présidentielle, j’ai dénoncé le pétainisme de François Hollande [8]. Aujourd’hui, M. Hollande se réclame de la République pour mieux la combattre et son inversion des valeurs plonge le pays dans la confusion.

Qui sont les « conspirationnistes » ?

Les « conspirationnistes » sont donc des citoyens qui s’opposent à la toute-puissance de l’État et qui souhaitent le placer sous surveillance.

La Fondation Jean-Jaurès les décrit en ces termes :

« [C’est une] mouvance hétéroclite, fortement intriquée avec la mouvance négationniste, et où se côtoient admirateurs d’Hugo Chávez et inconditionnels de Vladimir Poutine. Un milieu interlope que composent anciens militants de gauche ou d’extrême gauche, ex-"Indignés", souverainistes, nationaux-révolutionnaires, ultra-nationalistes, nostalgiques du IIIe Reich, militants anti-vaccination, partisans du tirage au sort, révisionnistes du 11-Septembre, antisionistes, afrocentristes, survivalistes, adeptes des "médecines alternatives", agents d’influence du régime iranien, bacharistes, intégristes catholiques ou islamistes » (p. 8).

On notera les amalgames et les injures de cette description visant à discréditer les personnes qu’elle désigne.

Les mythes des « conspirationnistes »

La Fondation Jean-Jaurès poursuit son dénigrement en accusant les « conspirationnistes » d’ignorer les réalités du monde et de croire naïvement en des mythes éculés. Ainsi, nous croirions au « complot sioniste mondial », au « complot illuminati » et au « mythe Rothschild » (p. 4). Et pour créditer ces trois affirmations, elle ne cite qu’un exemple relatif au seul « mythe Rothschild » : le blogueur Étienne Chouard —dont le travail ne porte pas simplement sur la République, mais va bien au-delà pour traiter de la Démocratie [9]— affirme que la loi Pompidou-Rothschild de 1973 est à l’origine de la dette de la France. Et la Fondation de réfuter cette affirmation en citant une tribune publiée par Libération.

On notera ici que l’exemple d’Étienne Chouard nous laisse sur notre faim à propos des deux autres mythes cités. Surtout, la Fondation s’adresse à des ignorants qui n’ont pas lu la réponse de M. Chouard à la tribune de Libération [10], ni la contribution du « conspirationniste » Michel Rocard [11]. En effet, de ce débat, il ressort bien que la loi de 1973 a permis l’explosion de la dette française au profit de banques privées, ce qui aurait été impossible auparavant.

La « complosphère »

Pour la Fondation Jean-Jaurès, les intellectuels conspirationnistes seraient

« essentiellement Nord-Américains. Citons en particulier Webster Tarpley et William Engdhal (tous deux anciens membres de l’organisation politico-sectaire américaine dirigée par Lyndon LaRouche), Wayne Madsen (WayneMadsenReport.com), Kevin Barrett (VeteransToday.com) ou encore Michel Chossudovsky (Mondialisation.ca). Avec leurs homologues européens, ces derniers forment une sorte d’Internationale à laquelle Thierry Meyssan, le président du Réseau Voltaire, a tenté de donner une forme concrète en novembre 2005, en réunissant à Bruxelles une "conférence anti-impérialiste" – "Axis for Peace" – dont la liste des participants se lit comme un who’s who des auteurs conspirationnistes les plus en vue de l’époque » (p. 8).

Observons d’abord que la Fondation Jean-Jaurès ne doit lire que le français et l’anglais, et n’avoir que survolé la liste des participants d’Axis for Peace, pour croire que le phénomène qu’elle décrit ne concerne que la France, le Canada et les États-Unis, alors qu’il comprend une très importante littérature en allemand, en arabe, en espagnol, en italien, en persan, en polonais, en portugais et en russe ; langues qui sont d’ailleurs majoritaires à Axis for Peace.

Notons aussi le caractère malveillant de l’allusion à « l’organisation politico-sectaire américaine dirigée par Lyndon LaRouche ». En effet, Webster Tarpley et William Engdhal ont quitté cette organisation, il y a plus de 20 ans. Et à l’époque où ils en étaient membres, ce parti était représenté en France aux congrès d’une formation d’extrême-gauche

Un peu plus loin, la Fondation Jean-Jaurès ne manque pas de citer l’humoriste Dieudonné M’Bala M’Bala, dont l’État tente d’interdire les spectacles, le sociologue Alain Soral, dont le site internet (EgaliteEtReconciliation.fr) obtient des records d’audience en France, et Alain Benajam (facebook.com/alain.benajam), président du Réseau Voltaire France et représentant du gouvernement Novorossien du Donbass.

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En 1989, l’ancien chef du Renseignement états-unien en Europe, Irwing Brown, révélait aux journalistes Roger Faligot et Rémi Kauffer avoir recruté Jean-Christophe Cambadélis lorsqu’il militait chez les trotskistes lambertistes. 25 ans plus tard, M. Cambadélis est devenu Premier secrétaire du Parti socialiste français.

Les idées politiques des « conspirationnistes »

Après ces apéritifs, la Fondation Jean-Jaurès en vient au cœur du débat, celui des idées politiques. Il définit ainsi celles des « conspirationnistes » :


- « l’effacement de toute distinction de nature entre régimes autoritaires et démocraties libérales (réputées plus « totalitaires » que les pires des totalitarismes) » ;
- « [l’opposition à] toute législation antiraciste sous prétexte de défense de la "liberté d’expression" » ;
- « [le rejet de] la pertinence du clivage droite-gauche, le véritable clivage étant celui qui sépare "le Système" (ou "l’Empire", ou "l’Oligarchie") de ceux qui lui résistent » ; (p. 8)
- « l’idée que le sionisme est un "projet de domination" du monde » (p. 9).

La Fondation Jean-Jaurès cible précisément les sujets de conflit, mais grossit le trait pour discréditer ses opposants. Par exemple, personne ne s’est opposé à la législation antiraciste, mais uniquement et exclusivement à la disposition de la loi Fabius-Gayssot qui punit de prison le débat sur l’extermination des juifs d’Europe [12]

Qu’est-ce que le sionisme ?

La Fondation se livre alors à une très longue analyse de mes travaux sur le sionisme. Elle les défigure puis les commente :

« L’antisionisme revendiqué ici par Thierry Meyssan n’a pas de rapport avec la critique d’une politique conjoncturelle, celle des gouvernements qui ont pu se succéder à la tête de l’État d’Israël. Il ne relève pas d’un anticolonialisme que satisferait le retrait d’Israël des territoires occupés à l’issue de la guerre des Six Jours et la création d’un État palestinien. Il ne procède pas non plus d’un internationalisme qui tiendrait en suspicion, par principe, tout mouvement national d’où qu’il vienne puisque, précisément, il ne tient pas le sionisme pour un mouvement national. Cet antisionisme de facture paranoïaque ne prétend pas combattre le sionisme envisagé dans la diversité de ses expressions historiques, mais une hydre fantasmatique qui serait à la source du malheur du monde » (p. 9).

En voulant conclure sur ce débat et en lui donnant une place considérable dans son analyse, la Fondation Jean-Jaurès en souligne l’importance. Je défends en effet une position jusqu’ici absente du débat politique occidental [13] :
- Le premier chef d’État ayant affirmé son intention de rassembler les juifs du monde entier dans un État qui serait le leur fut Lord Cromwell au XVIIe siècle. Son projet, clairement explicité, consistait à utiliser la diaspora juive pour étendre l’hégémonie anglaise. Ce projet a été défendu par tous les gouvernements britanniques successifs et inscrit par Benjamin Disraeli à l’ordre du jour de la Conférence de Berlin.
- Theodor Herzl lui-même était un disciple de Cecil Rhodes, le théoricien de l’Empire britannique. Herzl avait proposé au départ de créer Israël en Ouganda ou en Argentine, pas du tout en Palestine. Lorsqu’il est parvenu à faire adhérer des militants juifs au projet britannique, il a acheté des terres en Palestine en créant l’Agence juive dont les statuts sont la copie intégrale de la société de Rhodes en Afrique australe.
- En 1916-17, le Royaume-uni et les États-Unis se sont réconciliés en s’engageant ensemble à créer l’État d’Israël, c’est la Déclaration Balfour pour Londres et les 14 points de Wilson pour Washington.

Il est donc parfaitement absurde de prétendre que Herzl a inventé le sionisme, de dissocier le projet sioniste du colonialisme britannique, et de nier que l’État d’Israël est un outil du projet impérial commun de Londres et de Washington.

La position du Parti socialiste sur ce sujet n’est pas innocente. En 1936, il proposait avec Léon Blum de transférer les juifs allemands au Sud du Liban de manière à ce que ce territoire soit annexé par Israël lorsque celui-ci serait créé [14]. Cependant le projet fut rapidement écarté par le haut-commissaire français à Beyrouth, le comte Damien de Martel de Janville, parce qu’il violait à l’évidence le mandat de la Société des Nations. Aujourd’hui le lobby israélien, créé en 2003 au sein du Parti socialiste, alors que François Hollande était Premier secrétaire, s’appelle donc naturellement Cercle Léon-Blum.

Remarques conclusives

En 2008, le professeur Cass Sunstein, conseiller du président Barack Obama et époux de l’ambassadrice US aux Nations unies, avait rédigé une note similaire [15].

Il écrivait :

« Nous pouvons facilement imaginer une série de réponses possibles.
- 1. Le gouvernement peut interdire les théories de la conspiration.
- 2. Le gouvernement pourrait imposer une sorte de taxe, financière ou autre, sur ceux qui diffusent de telles théories.
- 3. Le gouvernement pourrait s’engager dans un contre discours pour discréditer les théories du complot.
- 4. Le gouvernement pourrait engager des parties privées crédibles à s’engager dans un contre-discours.
- 5. Le gouvernement pourrait s’engager dans la communication informelle avec les parties tierces et les encourager
 ».

En définitive, le gouvernement des États-Unis avait décidé de financer des individus, à la fois chez lui et à l’étranger, pour perturber les forums des sites internet « conspirationnistes » et pour créer des groupes leur apportant la contradiction.

Ceci n’ayant pas suffi, la France est appelée à prendre des mesures autoritaires. Comme par le passé, les élites françaises, dont le Parti socialiste forme l’aile prétendument de gauche, se sont placées aux ordres de la principale puissance militaire de l’époque, en l’occurrence les États-Unis.

Pour la mise en œuvre de ce projet, il reste à définir quelle instance, nécessairement administrative, sera chargée de la censure et quels en seront les critères. Ne soyons pas naïfs, nous nous approchons d’une inévitable épreuve de force.

Thierry Meyssan

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Documents joints

 

« Conspirationnisme : un état des lieux », par Rudy Reichstadt, Fondation Jean-Jaurès, Parti socialiste, 24 février 2015.
(PDF - 159.3 ko)
 

[1] « Discours de François Hollande au Mémorial de la Shoah », par François Hollande, Réseau Voltaire, 27 janvier 2015.

[2] « Conspirationnisme : un état des lieux », par Rudy Reichstadt, Observatoire des radicalités politiques, Fondation Jean-Jaurès, Parti socialiste, 24 février 2015.

[3] L’Effroyable Imposture suivi de Le Pentagate, par Thierry Meyssan, Nouvelle réédition, entièrement réactualisée et annotée, éditions Demi-Lune.

[4] Léon Bourgeois, sculpteur français (1851-1925). Théoricien du « solidarisme » (que les socialistes actuels confondent avec la Fraternité). Il fut président du Parti radical, président du Conseil des ministres, premier président de la Société des Nations et lauréat du prix Nobel de la paix en 1920. Avec l’aide du Tsar Nicolas II, il posa le principe des arbitrages entre États, dont la Cour internationale de Justice des Nations unies est l’aboutissement actuel.

[5] Georges Clemenceau (1841-1929). Il défendit les Communards face à la droite et combattit la gauche socialiste de Jules Ferry aussi bien contre son projet de colonisation que contre sa vision de la laïcité. Alors que, durant la Grande Guerre, le pays semblait vaincu, il devint président du Conseil et le conduisit jusqu’à la victoire.

[6] Alain, philosophe français (1868-1951), co-fondateur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA). Il milita pour une république protectrice de la liberté, strictement contrôlée par le peuple.

[7] Jean Moulin, haut fonctionnaire (1899-1943). Il prit le parti des Républicains espagnols et organisa illégalement, malgré le gouvernement socialiste neutre, un trafic d’armes pour résister aux Franquistes. Durant l’Occupation de la France, il dirigea le Conseil national de la Résistance, y incluant toutes les sensibilités politiques à l’exception de celle qui s’était battue aux côtés des Franquistes. Arrêté par les nazis, il mourut sous la torture.

[8] « La France selon François Hollande », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 30 juillet 2012.

[9] La République veille à ce que le Pouvoir serve l’Intérêt général. La Démocratie exige que le Pouvoir soit exercé par tous les citoyens.

[10] « Analyse des réflexions de Monsieur Beitone sur la prétendue rumeur d’extrême droite à propos de la loi de 1973 », par Étienne Chouard, 30 décembre 2011.

[11] Émission Mediapolis sur la radio Europe 1, le 22 décembre 2012, l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard était l’invité de Michel Field et d’Olivier Duhamel.

[12] De nombreux responsables politiques se sont vainement opposés à cette loi, dont l’ancien président Jacques Chirac, et les anciens Premiers ministres Dominique de Villepin et François Fillon.

[13] « Qui est l’ennemi ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 août 2014.

[14] My Enemy’s Enemy : Lebanon in the Early Zionist Imagination, 1900-1948, par Laura Zittrain Eisenberg, Wayne State University Press (1994). Thèse de doctorat vérifiée par Itamar Rabinovitch côté israélien et Kamal Salibi côté libanais.

[15] « Conspiracy Theories », Cass R. Sunstein & Adrian Vermeule, Harvard Law School, January 15, 2008.

Thierry Meyssan

Thierry MeyssanConsultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007). Compte Twitter officiel.

 

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Business à l'américaine: "faire de l'argent" en Russie aux dépens de l'Europe

5 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation

Business à l'américaine: "faire de l'argent" en Russie aux dépens de l'Europe

Business à l'américaine: &quot;faire de l'argent&quot; en Russie aux dépens de l'Europe

Selon le parlementaire russe Alexeï Pouchkov, les Etats-Unis dissuadent l'Europe de coopérer avec Moscou tout en augmentant leurs échanges commerciaux avec la Russie.

 

Les Américains "font de l'argent" en élargissant leurs échanges commerciaux avec la Russie, mais dissuadent l'Europe d'avoir des relations économiques avec Moscou, a déclaré mercredi à Moscou Alexeï Pouchkov, président du comité parlementaire russe pour les affaires étrangères.

"Les échanges entre les Etats-Unis et la Russie ont progressé de 7% en 2014. Ils exercent des pressions sur l'UE et font dans le même temps de l'argent", a indiqué M.Pouchkov sur Twitter.

 

La porte-parole du Département d'Etat américain Marie Harf a appelé lundi l'UE à renoncer à la coopération économique avec la Russie jusqu'au règlement du conflit en Ukraine. Elle a fait cette déclaration suite à plusieurs ententes intervenues entre la Russie et Chypre la semaine dernière.

 

Le président chypriote Nikos Anastasiadis a déclaré le 25 février dernier, lors d'une visite à Moscou, que les sanctions occidentales contre la Russie avaient porté préjudice à tous les pays membres de l'UE.


Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20150304/1015014097.html#ixzz3TV5UhAOy

Business à l'américaine: &quot;faire de l'argent&quot; en Russie aux dépens de l'Europe
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N. Vitrenko. Ukraine - tout comme chez Orwell. Le mensonge avant la vérité. Vidéos.

4 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La guerre, #Le fascisme

La fiction d'Orwell ( "1984") et la réalité ukrainienne.

Femme politique, docteur es sciences, fondatrice et présidente du Parti socialiste progressiste d'Ukraine (1996) Natalia Vitrenko établit un parallèle entre la propagande aujourd'hui en Ukraine et la manipulation de la conscience collective, décrite dans le roman de George Orwell "1984".
Vitrenko a souligné que la communauté internationale n'accorde aucune attention aux violations systémiques et systématiques des engagements de l'Ukraine à mettre en œuvre les normes et les principes du droit international, les garanties de la Constitution et des lois de l'Ukraine sur les droits et libertés fondamentaux de l'homme. Plus exactement le droit à l'information et sa diffusion, la liberté d'expression, l'indépendance des journalistes et des médias, l'activité des partis d'opposition.
Au cœur de ces violations se trouve le conflit entre la civilisation occidentale, dont les représentants sont au pouvoir en l'Ukraine, et la civilisation orthodoxe orientale, qui subit des persécutions en étant dans l'opposition. En plusieurs parties. Partie 1

1 - ère Partie. N. Vitrenko Ministère de la Vérité. https://www.youtube.com/watch?v=7s7exZFMUAI

2-ème Partie.Ukraine - tout comme chez Orwell. Le mensonge avant la vérité. La fiction d'Orwell ( "1984") et la réalité ukrainienne. https://www.youtube.com/watch?v=k2B2dpDcV6o&feature=youtu.be

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ESPAGNE : des brigadistes de retour du Donbass arrêtés par la police ! Le PCE demande leur libération

3 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #La Russie, #L'Espagne., #Le fascisme, #le nazisme

Publié par Michel El Diablo

 

 

ESPAGNE : des brigadistes de retour du Donbass arrêtés par la police ! Le PCE demande leur  libération

Huit communistes espagnols, appartenant à une brigade internationale agissant dans le Donbass, ont été arrêté dans le cadre d’une opération menée par la police espagnole contre les volontaires qui venaient de rentrer du Donbass - Traduction Nicolas Maury

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Les arrestations ont eu lieu à Gijon (Asturies), Madrid, Murcia, Estrémadure, Pays Basque et Barcelone. La majorité des personnes arrêtées appartiennent à la Jeunesse communiste (UJCE) au PCE, à Izquierda Unida (Gauche Unie) et au PCPE (Parti communiste des peuples d’Espagne). Ils sont accusés d’assassinat, d’utilisation d’armes de guerre et "agissements qui mettent en danger les intérêts espagnols". 

Le Parti Communiste d'Espagne (PCE) a demandé la libération des brigadistes 

"Le Parti communiste d'Espagne exprime son rejet total de l'arrestation des huit brigadistes" . Le PCE dans un communiqué soutien les actions des brigadistes communistes "qui ont aidé la résistance contre le gouvernement de Kiev, leurs politiques bellicistes et contre les éléments nazi-fascistes, qui en Ukraine, sont arrivés au pouvoir par un coup d'Etat, paradoxalement soutenu par les gouvernements de l'Union européenne et les États-Unis." 

"Le PCE, fidèle à sa longue histoire refuse de considérer l'internationalisme comme un crime. Le PCE se sentira éternellement reconnaissant à tous les hommes et les femmes qui sont venus en Espagne pour défendre la République contre le fascisme. Le PCE est particulièrement reconnaissant envers les Ukrainiens et les autres peuples de l'ex-URSS pour leur soutien et leur solidarité dans la résistance démocratique au cours de la longue nuit de la dictature de Franco." 

"Le PCE estime qu'il n'existe aucune base légale qui justifie ces arrestations. Il s'agit d'une politique inquiétante qui marque la dérive du gouvernement espagnol, qui lutte contre tous ceux qui refusent l'idéologie des patrons et leur modèle de société." 

Prétendre que ces brigades compromettent la neutralité espagnole dans ce conflit est absurde et faux. La neutralité n'existe tout simplement pas. Le gouvernement espagnol a soutenu le coup d'Etat de Kiev, les sanctions contre la Russie (causant ainsi des dommages considérables à nos agriculteurs), la participation des forces aériennes espagnoles aux opérations de l'OTAN dans la Baltique, le harcèlement et la provocation de la Russie dans ses propres frontières. " 

"Le PCE considère les accords de paix de Minsk de positif et pour cette raison, nous dénonçons, dès le début, les actions du gouvernement de Kiev, et des États-Unis, qui favorisent les groupes d'extrême-droite en Ukraine." 

"Le PCE rappelle que le problème n'est pas un différend territorial entre l'Ukraine et la Russie, mais bien le caractère nazi-fasciste du gouvernement ukrainien. Les communistes espagnols sont à l'affût des anciennes et nouvelles expressions du fascisme. Nous sommes, comme toujours, en première ligne pour défendre des acquis démocratiques et les droits sociaux, contre toutes les forces réactionnaires qui veulent profiter de la crise capitaliste pour introduire leur discours de haine." 

"Le fascisme n'est rien d'autre qu'une forme de capitalisme, dans un état ​​d'urgence. Le but est de condamner les personnes qui se déclarent anti-capitaliste. Nous exigeons la libération immédiate de tous les détenus." 

"Aujourd'hui comme hier, le fascisme ne passera pas !" 

Rappel : http://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Rafael-et-Angel-deux-jeunes-communistes-espagnols-partis-combattre-le-fascisme-en-Ukraine_a8238.html

 

SOURCE:

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Le neuf-quinze. Au pied du kremlin, une robe!

2 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #Les média, #Ukraine, #Europe supranationale, #La guerre, #AMERIQUE

09h15 le neuf-quinze
Au pied du kremlin, une robe

Alors, la robe, quelle couleur ? Blanche et dorée, ou noire et bleue ? Ne niez pas. Vous aussi, avez employé tout votre week-end à jouer en famille au grand jeu de on-est-tous-daltoniens-et-on-ne-le-savait-même pas. Vous aussi, ou au moins les plus curieux d'entre vous, avez frénétiquement tenté de comprendre les explications scientifiques les plus pointues de l'élite de la colorimétrie mondiale, qui n'avait pas été à pareille fête médiatique depuis longtemps. Vous aussi avez passé en revue les facteurs explicatifs possibles (l'âge, le sexe, le stress, l'hygiène de vie) avancés tous ces spécialistes forcés de convenir, à la fin des fins, qu'ils n'y voient que du bleu comprennent rien.

Toute controverse colorimétrique mise à part, que deux spectateurs différents d'une même photo n'y voient pas la même chose, est pourtant un phénomène courant. La robe, c'est tous les jours. Et pour toutes les photos. Regardons par exemple cette photo, diffusée la presse mondiale, de la scène de l'assassinat de l'opposant russe Boris Nemtsov. Au premier plan, le cadavre de l'opposant. En décor, le Kremin illuminé brille de tous ses feux. A croire que les assassins ont choisi le lieu de l'exécution justement en prévision de ce cadrage, trop éloquent pour être honnête, dans son désir d'illustrer un assassinat "au pied du Kremlin".

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A noter d'ailleurs que ce cadrage ne suffit pas à Libé, qui préfère une photo à l'angle légèrement différent, pour placer mieux encore la victime au centre du décor du Kremlin.

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Mais que voir dans cette photo ? On peut y voir, comme Libé, un meurtre cynique signé par le Kremlin. En décor, le palais illuminé semble avertir tous ceux qui seraient tentés de s'opposer au "maître du Kremlin". "Objectif atteint pour le Kremlin" titre le journal, dont il faut saluer la promptitude à mener l'enquête. On peut aussi y voir un désir tout aussi cynique de faire porter l'accusation sur le Kremlin. J'exagère ? Lisons par exemple l'article du site Palestine-Solidarité (1), au titre également éloquent.

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Faites le test : regardez cette photo avec vos collègues de bureau ou votre belle-soeur. Vous constaterez sans doute que dans ces divergences de lecture, l'âge, le sexe, le stress ou l'hygiène de vie comptent moins que les convictions idéologiques préexistantes à la découverte de la photo. Revenons donc aux choses sérieuses. La robe : quelle couleur, vraiment ?

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Certains clients de courrier électronique bloquent l'accès direct aux liens. Aussi, vous trouverez ci dessous et en clair l'ensemble des adresses web de ce présent message :

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Henri GUAINO : «La Crimée n’est pas ukrainienne et Poutine défend les intérêts de son pays».

2 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La paix, #Politique étrangère, #Europe supranationale, #La Russie, #AMERIQUE

Publié par Michel El Diablo

 

 

Henri GUAINO : «La Crimée n’est pas ukrainienne et Poutine défend les intérêts de son pays»

L’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a mis tout le monde mal à l’aise lors d’une émission de Canal+, en répondant avec sa franchise et son habileté habituelles aux questions tendancieuses des journalistes. «Mais la Crimée n’a jamais été ukrainienne», a rétorqué le député UMP, en réponse à une question commentaire d’un des journalistes de la chaîne française qui accusait le président russe Vladimir Poutine d’être un menteur pour avoir soutenu, début 2014, qu’il n’y avait pas de soldats russes en Ukraine : «Le président russe ne ment pas, il défend les intérêts de son pays», a lancé Henri Guaino avant d’enfoncer le clou : «Ce sont les Etats-Unis et l’Europe qui mentent», soulevant un vent d’indignation sur le plateau que l’animateur et les journalistes présents avaient du mal à cacher. Le conseiller spécial de Sarkozy de 2007 à 2012 n’a pas paru déstabilisé par le lynchage auquel il devait faire face suite à ses déclarations courageuses, ne se départissant pas de son flegme inaltérable face à des journalistes qui accusaient leurs confrères russes d’être à la solde du Kremlin. Le député UMP des Yvelines démontre ainsi que la classe politique française compte dans ses rangs des hommes lucides et responsables qui refusent de donner un blanc-seing à l’Elysée et au Quai d’Orsay. D’ailleurs, Henri Guaino n’a pas caché qu’il n’aurait jamais écrit le discours prononcé par Nicolas Sarkozy en juillet 2010 à Grenoble. Le président français de l’époque avait suscité une vive polémique en se prononçant pour l’engagement de la responsabilité pénale des parents si leurs enfants commettaient des délits et la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire ainsi que l’ouverture d’établissements de réinsertion scolaire. Henri Guaino a avoué à demi-mot qu’il s’opposait à un tel discours dans lequel Nicolas Sarkozy, rejoignant le Front national, annonçait que la nationalité française devait «pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police ou d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique». Il faudra s’attendre à une véritable lapidation médiatique dans les jours à venir d’Henri Guaino pour avoir osé dire une de ces vérités que les officiels français et leurs médias affidés n’aiment pas.
 

Le 27 février 2015

Karim Bouali

 
SOURCE:

 

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Hiver 2014 : des nouvelles du marché transatlantique (revue de presse)

2 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le traité Transatlantique., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #La lutte des classes, #la liberté

Hiver 2014 : des nouvelles du marché transatlantique (revue de presse)

8th round TTIP

Conférence de presse suite au huitième cycle de négociations (6 février 2015, Bruxelles)

Du 2 au 6 février dernier, auprès plus de cinq mois de pause causée par le renouvellement des institutions européennes, les négociateurs transatlantiques ce sont de nouveau réunis.
Ce huitième cycle de négociations s’est tenu à Bruxelles et a abordé l’ensemble des domaines qui seront couverts par l’accord, hormis la protection des investissements qui, nous le verrons, suscite encore des débats.

Malgré cette pause officielle des négociations, le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis a néanmoins connu une actualité remplie ces derniers mois

ContreLaCour vous propose de faire le point sur les événements de ces deux dernières saisons.

La revue de presse de l’été 2014 est disponible en cliquant ici.

Rappel : Je tiens depuis plusieurs mois un journal en ligne sur Scoop it et partage quotidiennement les articles français (rarement) et internationaux (souvent) traitant des négociations entre l’Union européenne et les États-Unis.

Vous pouvez vous abonner à la newsletter du journal Scoop it en cliquant ici.

Cet article est une synthèse des principales informations relayées sur ce journal.

Une transparence toujours insuffisante

Le 9 octobre 2014, le Conseil des ministres européen en charge du commerce international a autorisé la Commission européenne à publier le mandat de négociation.
Celui-ci, approuvé en juin 2013, avait depuis longtemps fuité sur internet. ContreLaCour en avait d’ailleurs effectué une traduction en français.
C’est donc une décision importante dans son principe, car c’est la première fois qu’une telle publication est réalisée depuis que l’Union européenne négocie des accords commerciaux. Elle fait suite à une demande déposée par le gouvernement français durant l’été 2013 et confirme le souhait des autorités européennes de calmer les critiques fondées sur le manque de transparence des négociations.

Notons cependant qu’une telle démarche n’a pas été initiée pour les autres négociations, moins « populaires », telles que celles menées avec le Canada, le Japon ou la Chine.

En tout état de cause, la transparence des documents de négociations transatlantiques restent très limitées.
Le 15 octobre, certains eurodéputés de gauche manifestaient au sein du Parlement européen pour réclamer un accès libre à la salle de lecture contenant les positions de l’UE et les textes consolidés. Pour l’instant cette lecture est réservée aux membres de la commission parlementaire en charge du commerce, aux Présidents de commissions et aux rapporteurs du TTIP.

Début novembre, dans le cadre de la consultation organisée par le médiateur européen, le groupe des Verts au Parlement européen a proposé de doter la commission du commerce international du droit de décider de la publication de certains documents de négociations confidentiels qui lui sont transmis.

En février, la Commission a mis en ligne sur son site internet toutes ses positions et propositions.

Malgré cette « transparence » sans précédent, la Commission européenne risque une enquête du Médiateur européen.

L’avancée des négociations

Le compte-rendu mis en ligne par la Commission européenne nous indique que des clarifications ont été réalisées au sujet de l’accès au marché, des tarifs industriels, de l’accès au marché agricole, du commerce des services et en matière de marchés publics.

Le pilier horizontale réglementaire constitué des entraves techniques au commerce (OTC), des questions de sécurité alimentaire et de santé animale et végétale a été un axe important de ce cycle de négociations. Si ce second domaine est proche de la consolidation, des divergences persistent en matière d’OTC.
L’UE a présenté ses propositions en matière de coopération réglementaire horizontale.

Des progrès notables ont été atteints sur le règlement des différends d’Etat à Etat, en matière de douanes, de facilitation du commerce et sur les problématiques relatives aux PME.
Sur les droits de propriété intellectuelle, les discussions continuent en vue d’affiner encore la liste des questions à inclure dans l’accord.

Concernant les services financiers, la France continue à plaider pour son inclusion dans l’accord. Cependant, il n’existe pas de consensus européen à ce sujet car les règles américaines sont à ce jour beaucoup plus strictes que celles européennes. De même, les américains continuent de penser que cette question peut être traitée dans le cadre des enceintes existantes (G20, Conseil de Stabilité Financière, Banque des Règlements Internationaux).

Comme lors des cycles précédents, les négociateurs en chef et leurs équipes de négociation respectives, ont passé une journée avec de plus de 400 sociétés représentant des entreprises et des industriels, des associations professionnelles, des associations de consommateurs, des groupes environnementaux et des syndicats professionnels.

Les prochains cycles de négociations sont prévus pour la semaine du 20 avril à Washington et en juillet à Bruxelles. Deux autres devraient suivre d’ici la fin de l’année.

La question sensible de la coopération réglementaire

A côté des tribunaux d’arbitrage, la coopération réglementaire est un des points les plus controversé de l’accord. Il s’agit de mettre en place un système de coopération entre les deux continents afin d’assurer, suite à la conclusion de l’accord, la compatibilité croissante des règles existantes dans chacune des Parties. Elle permettra également d’examiner les prochaines réglementations à la lumière des contraintes instituées par l’accord.
Le TTIP serait ainsi un « accord vivant », permettant de fixer les règles après sa signature.

Beaucoup craignent que cette coopération entraîne une « harmonisation par le bas ».

De son côté, la Commission européenne que les dispositions « ne limiteront pas le droit de chaque partie de maintenir, adopter et appliquer des mesures pour atteindre les objectifs légitimes de politique publique, tels que la protection de l’environnement, des consommateurs, des conditions de travail, de la vie humaine, animale et végétale, de la santé et la sécurité, etc. ».

Quelles sont les propositions de la Commission ?

Les documents mis en ligne le 10 février dernier permettent d’en savoir un peu plus sur le mécanisme de coopération souhaité par la Commission :
- il s’agit de mettre en place un mécanisme bilatéral de coopération entre les organismes de réglementation et les autorités compétentes au niveau central,
- chaque Partie désignera un bureau de son administration centrale agissant comme un point de rassemblement et de présentation des actes réglementaires existants ou en préparation,
- les échanges pourront avoir lieu à n’importe quel stade de préparation des textes et pourront continuer jusqu’à la l’adoption de l’acte réglementaire,
- aucune disposition ne contraindra une partie à suspendre sa procédure d’adoption.

Afin d’assurer ces missions, la Commission propose la mise en place d’un organisme de coopération règlementaire, dit « RCB ». Il serait coprésidé par les hauts représentants au commerce international des deux parties.
Le RCB pourra créer des groupes de travail sectoriels et leur déléguer l’accomplissement des missions de coopération.
En matière financière, la tâche serait confiée au forum conjoint sur la réglementation financière (FRF) et aucune décision ne serait prise sans son aval.
Le RCB tiendra, au moins une fois par an, une réunion ouverte à la participation de la société civile afin d’échanger sur le programme de coopération.

La proposition de la Commission comprend également un article prévoyant la mise en place d’une coopération non centralisée. Cette proposition n’est apparemment pas soutenue par les Etats membres.

Enfin, la coopération réglementaire comprendra également un volet impliquant la promotion commune de réglementation dans les instances internationales tierces (l’OMC par exemple).

Les tribunaux d’arbitrage dans la balance

La question de l’inclusion des dispositions ISDS dans le traité transatlantique est un véritable feuilleton.
En octobre, alors que la nouvelle Commission Juncker prenait ses fonctions, différentes sources indiquaient que le Président de la Commission aurait tranché en faveur du retrait des dispositions controversées.
Selon Euractiv, un document interne de la DG Commerce adressée au commissaire européen au commerce, Cecilia Malmström, révélait des plans supprimant ledit passage du mandat de négociation.
De même, le site internet des Verts européens rapportait que Juncker considérait que la bataille de l’ISDS ne pouvait être gagnée.

Problème : les mêmes dispositions sont incluses dans le projet d’accord EU-Canada finalisé en septembre dernier.

Sur son blog, Maxime Vaudano explique que seule l’Allemagne se serait battue, sans succès, pour le retrait du dispositif ISDS de l’accord UE-Canada : « Dans la dernière ligne droite, Berlin s’est donc retrouvé seul pour contester l’ISDS. En face, 14 Etats européens – Royaume-Uni, Espagne et Scandinaves en tête – ont écrit à la Commission européenne pour la sommer de défendre l’arbitrage privé. »

La France, quant à elle, serait restée silencieuse alors qu’un axe franco-allemand, aidé par le scepticisme de la nouvelle Commission, aurait pu changer la donne.

Cette opposition aurait également pu trouver à s’appuyer largement sur la consultation publique initiée par la Commission européenne et dont les résultats ont été publiés en début d’année.
« La consultation montre clairement l’existence d’un énorme scepticisme » par rapport au mécanisme de protection des investissements (ISDS), reconnaissait dans un communiqué la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, le 13 janvier.
En effet, sur les 150 000 réponses à ce questionnaire, « la grande majorité, soit 97%, communiquée via des plateformes en ligne ou des groupes d’intérêts, contenaient des réponses négatives prédéfinies » concernant l’ISDS.

Malgré tout, il semble que la volonté des Etats-Unis de maintenir la protection des investissements pèse très lourd dans la balance.

En fin de mandat, Karel De Gucht avait prévenu : sans une ferme volonté des européens d’inclure l’ISDS, les Etats-Unis pourraient se retirer des pourparlers.

La dernière position de la Commission européenne serait donc de négocier un « ISDS nouvelle génération acceptable pour l’opinion publique et la classe politique européenne« .

Maxime Vaudano nous apprend notamment que les pistes à l’étude seraient notamment les suivantes :
- créer un mécanisme d’appel, pour limiter les risques de décisions fantaisistes des arbitres,
- pénaliser financièrement les entreprises qui multiplient les plaintes « frivoles »,
- obliger les investisseurs à épuiser tous les recours dans les juridictions nationales avant de passer à l’arbitrage international,
- etc.

Selon Euractiv, un axe franco-allemand serait d’ores et déjà à l’œuvre pour avancer sur des propositions communes. Le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suède partageraient les positions des deux Etats.

On ne sait pas, en revanche, si cet « ISDS amélioré » sera intégré dans le projet d’accord conclu avec le Canada.

Le texte définitif devra être convaincant, car les parlementaires européens et nationaux font de plus en plus part de leur opposition aux tribunaux d’arbitrage.

Le site Contexte nous rapporte que 27 novembre 2014, la majorité des députés néerlandais ont approuvé une résolution appelant le gouvernement à s’opposer à l’inclusion d’un mécanisme de règlement des différends entre États et investisseurs. Les membres du parti conservateur du Premier ministre Mark Rutte ne l’ont toutefois pas soutenue.
De même, au cours de sa séance du mardi 3 février 2015, le Sénat français a adopté à l’unanimité la proposition de résolution européenne, présentée notamment par le sénateur Michel Billout (CRC). Elle demande au gouvernement le retrait du dispositif actuel et le recours à un mécanisme de règlement interétatique des différends en matière d’investissements, inspiré de l’Organisation mondiale du commerce.

Une position qui rejoint celles des eurodéputés socialistes. Réunis à Madrid, une quarantaine de responsables du Parti socialiste européen se sont entendus sur le retrait des tribunaux d’arbitrage ou, à défaut, sur la mise en place d’une cour permanente d’arbitrage en lieu et place du dispositif actuel.

Cette proposition pourrait peser lourd dans les débats actuellement menés au sein de la Commission commerce international du Parlement européen. Une résolution devrait être adoptée en main prochain.

Au lieu de défendre la position des eurodéputés socialistes, une récente note du Secrétariat général des Affaires européennes (SGAE) du gouvernement français a invité les eurodéputés français à ne pas suivre la position de rejet du mécanisme actuel :
« Même si la France estime que l’inclusion d’un mécanisme d’arbitrage investisseur-Etat (RDIE/ISDS) n’est pas nécessaire avec les Etats-Unis, le projet de résolution tranche de manière un peu trop catégorique cette question. Une approche plus prudente sur ce sujet délicat pourrait être préférable en raison des risques de précédent, avec des États dont les standards juridictionnels ne correspondent pas à ceux qui prévalent aux Etats-Unis. »

Un nouveau cafouillage qui brouille un peu plus une position française difficile à décrypter.

En réalité, le SGAE craint qu’un retrait de l’ISDS du Traité transatlantique rende difficile son inclusion dans l’accord d’investissement actuellement négocié avec la Chine. Or, contrairement aux Etats-Unis, où le seul recours aux juridictions nationales ne pose pas de problème, la Chine n’offre pas les mêmes garanties judiciaires.

Un calendrier serré

« Le monde n’attendra pas l’Europe » : c’est ce qu’a déclaré la chancelière allemande lors d’un débat au Bundestag le 27 novembre dernier. Le site Contexte nous rapporte ainsi qu’Angela Merkel a affirmé qu’il était nécessaire de négocier l’accord de libre-échange “rapidement”, pour ne pas désavantager l’Europe par rapport à d’autres régions du monde.

Quelques jours plus tôt, lors d’une conférence en Australie, elle exhortait les Etats européens accélérer leurs négociations avec les États-Unis.

De même, le Premier ministre britannique Cameron a promis, lors du G20, d’accélérer les négociations.

Il faut dire que les européens ont en tête un calendrier serré : l’objectif est de parvenir à un texte définitif avant fin 2015, début 2016, c’est-à-dire avant l’échéance présidentielle américaine.

Carlo Calenda, vice-ministre du commerce de l’Italie, déclarait en octobre qu’une fenêtre serait ouverte entre les élections de mi-mandat aux États-Unis en novembre et le début 2016. Après cela, la campagne pour l’élection présidentielle américaine commencerait : « Nous n’avons que quelques mois pour sortir de l’impasse » (Reuters).

Ainsi, lors du Conseil des ministres européens en charge du commerce international du 21 novembre 2014, les Etats ont réaffirmé leur soutien à la conclusion rapide de l’accord.

De même, les chefs d’Etat, lors du Conseil du 18 décembre ont clairement appelé l’UE et les États-Unis à « faire tous les efforts nécessaires pour conclure, d’ici la fin de 2015, les négociations« .

Les parlementaires nationaux de plus en plus impliqués

Lors de sa venue à Paris, Cecilia Malmström a confirmé que l’accord transatlantique serait très certainement un accord mixte qui nécessitera, par conséquent, la ratification du Conseil, du Parlement européen mais également de tous les parlements nationaux.

Le 4 février dernier, le Sénat français ont enfin décidé de prendre le sujet au sérieux. La commission des Affaires économiques et celle des Affaires européennes du Sénat ont créé un groupe de suivi des négociations sur le TTIP. Présidé par Jean-Claude Lenoir et Jean Bizet, le groupe travaille en lien avec le comité stratégique de suivi mis en place par le gouvernement.
Son travail portera principalement sur quatre sujets : la convergence réglementaire, l’accès aux marchés publics, la défense des préférences collectives européennes (normes sanitaires et phytosanitaires notamment) et la propriété intellectuelle, en particulier les indications géographiques.

Enfin, il faut noter que le traité transatlantique s’est invité à l’Assemblée nationale, lors de l’examen en séance publique du projet de loi Macron.

Les parlementaires commencent en effet à s’interroger sur les conséquences d’un tel traité sur la réglementation française. En effet, le député UMP Jean-Frédéric Poisson s’est inquiété de la possible remise en cause des nouvelles dispositions relatives à l’entrée des capitaux étrangers dans les sociétés d’exercice libéral, nouvellement créées.
Aussi, Thierry Mariani a critiqué les conditions dans lesquelles est actuellement négocié ce traité : « Sur ce texte fondamental, les députés français sont totalement dépouillés. »

Pour aller plus loin

Il faut évidemment noter le lancement en novembre 2014 du blog du journaliste Maxime Vaudano (Le Monde) « La bataille transatlantique » et la publication de son livre « Docteur TTIP et Mister TAFTA » .

 

Merci d’avance 
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