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Le blog de Lucien PONS

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Pourquoi l’Occident hait-il Poutine ? La raison secrète

11 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La Russie, #La guerre, #L'OTAN., #l'ONU

Pourquoi l’Occident hait-il Poutine ? La raison secrète

Les raisons officielles

Nous savons tous que les gouvernements occidentaux, emmenés par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, se sont retournés contre la Russie. Les raisons données par les médias sont nombreuses: la Russie a essayé d’empêcher l’Ukraine de rejoindre l’Union européenne. La Russie a aidé les « rebelles pro-russes » à abattre le MH-17. La Russie a « envahi » illégalement la Crimée. Des milliers de troupes et de tanks russes combattent en Ukraine. Certains d’entre nous pensent que ces affirmations sont de la propagande de guerre à l’intention des citoyens de l’Ouest dans le but de justifier des sanctions contre la Russie et de faire monter les tensions militaires.

Les raisons géopolitiques

Beaucoup moins largement débattues, mais beaucoup plus importantes, il y a les raisons géopolitiques qui considèrent les zones de conflit entre les intérêts économiques des Etats-Unis et ceux de la Russie ; et ceux de la Russie et de la Chine. Pour le moment, l’Union européenne est très dépendante de l’énergie russe. Les Etats-Unis aimeraient faire cesser cela. Le conflit en Ukraine est un élément important du processus visant à séparer économiquement l’UE de la Russie. Mais il y a aussi un programme plus vaste. La Chine et la Russie dirigent les BRICS, ce groupe de pays rassemblant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Les pays des BRICS veulent développer un système économique mondial qui ne dépende pas du dollar US. Ils veulent être indépendants du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. La Chine a aussi suggéré à l’Europe qu’elle se joigne à elle et à la Russie dans ce qu’elles appellent la Nouvelle route de la soie, qui s’étend dans toute l’Eurasie, de Lisbonne à Shanghai. Inutile de dire qu’il n’y a pas de place pour les Etats-Unis dans ce plan, ce qui donne une autre raison de couper les liens économiques entre la Russie et l’Union européenne.

La raison secrète – La guerre qui n’a pas eu lieu

Tous ces facteurs sont importants, mais il y en a encore un autre, qui n’est jamais débattu dans les médias occidentaux. L’élément déclencheur de la soudaine hostilité contre la Russie et Poutine peut être trouvé dans presque tous les événements non déclarés qui se sont déroulés entre la fin d’août et le début de septembre 2013. Ce qui est arrivé dans cette période cruciale est qu’une attaque surprise de l’Otan contre la Syrie a été stoppée par la Russie. C’était probablement la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale qu’une attaque militaire planifiée par l’Occident se trouvait confrontée à une force suffisante pour exiger son annulation. On n’a pas dit aux gens en Occident pourquoi leurs dirigeants bellicistes au discours martial ont fermé les yeux. Ils ont reculé et ont décidé de changer leurs plans. Le nouveau plan : démolir l’Ukraine et s’emparer de la Crimée au profit de l’Otan. Cela, à l’évidence, n’a pas marché non plus ; et le désordre qu’ils ont créé est toujours là.

L’attaque US/France prévue sur la Syrie

Tôt le matin du samedi 31 août 2013, un officiel américain a téléphoné au cabinet du président Hollande pour lui dire d’attendre un appel d’Obama plus tard dans la journée.

« Présumant que ce téléphone du soir annoncerait le début des frappes aériennes états-uniennes (contre la Syrie), Hollande a donné l’ordre à ses officiers de mettre au point leurs propres plans d’attaque. Les avions de combat Rafale ont été chargés de missiles de croisière Scalp ; on a ordonné à leurs pilotes de lancer leurs munitions d’une portée de 250 miles quand ils se trouveraient sur la Méditerranée. » (1)

Autrement dit, à ce moment-là, les pilotes français et les troupes états-uniennes attendaient seulement l’ordre final du président Obama pour lancer leur attaque. Toutefois, plus tard le même jour, à 18h15, Obama a appelé le président français pour lui dire que l’attaque programmée le 1er septembre à 3h du matin n’aurait pas lieu comme prévu. Il devait consulter le Congrès. (2)

Trois jours plus tard, à 6 h 16 GMT mardi 3 septembre, deux missiles dirigés vers la côte syrienne étaient lancés « depuis la partie centrale de la Méditerranée », mais ils n’ont pas atteint la Syrie.(3) « Les deux missiles se sont écrasés en mer. » (4)

Il existe différentes versions de ce qui s’est produit. Selon Israël Shamir:

« Un journal libanais, citant des sources diplomatiques, a affirmé que les missiles étaient lancés depuis une base aérienne de l’Otan en Espagne et qu’ils ont été abattus depuis un navire par le système de défense russe mer-air.  Une autre explication proposée par Asia Times soutient que les Russes ont utilisé leurs brouilleurs GPS, puissants et bon marché, pour rendre impuissants les Tomahawks, très chers, en les désorientant et en les poussant à l’échec. Il y a encore une autre version, qui a attribué le lancement aux Israéliens ; soit qu’ils étaient prêts à abattre les missiles, soit qu’ils observaient les nuages comme ils le prétendent. » (5).

Les navires de guerre étaient prêts

Il est difficile de savoir ce qu’il y a derrière ce lancement de missile raté, mais cela n’a pas déclenché de guerre. Nous pouvons tous en être reconnaissants. Sur la carte ci-dessous, nous pouvons voir l’impressionnante collection de navires de guerre en position au large de la Syrie à l’époque. (6) Un article dans Global Research a parlé d’un « déploiement naval massif des Etats-Unis et de leurs alliés en Méditerranée orientale au large de la côte syrienne ainsi que dans la mer Rouge et dans le golfe Persique. » (7)

navires - Syrie

A ce moment-là, il semblait presque certain que les Etats-Unis et leurs alliés lanceraient une attaque contre la Syrie. Au lieu de quoi, l’attaque prévue a été reportée sine die. Comme le dit Israël Shamir, « les volontés de fer de l’Amérique et de l’Eurasie s’étaient croisées en Méditerranée orientale », et les Etats-Unis ont subitement décidé de reculer devant ce grave conflit militaire. Un commentateur a plaisanté en disant qu’Obama avait finalement mérité son prix Nobel de la paix, après ça. Voici l’évaluation de la situation par le Saker, un opposant véhément à ce qu’il appelle l’Empire anglo-sioniste. Parce que, de par sa vie antérieure, le Saker a une connaissance intime du fonctionnement des affaires militaires de l’Otan.

« Moins remarqué, il y a eu l’envoi par la Russie d’une force navale opérationnelle, assemblée à la hâte mais compétente, sur la côte syrienne. Pas une force suffisamment importante pour battre la marine US, mais une force capable de fournir à l’armée syrienne une vision complète du ciel au-dessus et au-delà de la Syrie. Autrement dit, pour la première fois, les Etats-Unis ne pouvaient pas réaliser une attaque surprise sur la Syrie, pas avec des missiles de croisière, pas avec leur puissance aérienne. Pire, la Russie, l’Iran et le Hezbollah se sont lancés dans un programme d’assistance matérielle et technique à la Syrie, avoué, et non avoué, qui a fini par vaincre l’insurrection wahhabite. » (8)

Pourquoi les Etats-Unis ont-ils modifié leurs plans?

Il nous est difficile de connaître toutes les manœuvres qui se sont déroulées en coulisses en août et en septembre 2013, mais le résultat final est clair. Après des années de tensions croissantes et de menaces, les Etats-Unis et leurs alliés ont décidé de ne pas attaquer la Syrie comme ils l’avaient prévu. Etant donné que la rhétorique et le déploiement militaire contre la Syrie semblaient suivre le scénario utilisé pour l’Irak et la Libye, il y a eu peu de débats en Occident sur les raisons pour lesquelles les Etats-Unis et leurs amis ont subitement changé leurs plans. Maintenant, avec le recul, nous pouvons voir que cette attaque directe ratée a mené à une attaque indirecte croissante et à la montée de ce qui est maintenant connu comme l’Etat islamique.

Deux des raisons évidentes que je peux déceler à ce changement soudain ne sont pas la sorte de choses que les dirigeants politiques occidentaux veulent débattre. L’une est le fait que ces guerres sont très impopulaires. Comme résultat des mensonges et des échecs innombrables révélés sur les guerres sauvages et inutiles en Afghanistan, en Irak et en Libye, il semble que certains politiciens écoutent leurs citoyens. Comment pouvez-vous expliquer autrement la décision inattendue du parlement britannique, le jeudi 29 août, de voter contre la participation du Royaume-Uni à toute frappe contre la Syrie?

L’autre raison est l’étendue des concentrations de troupes de la Syrie, de la Russie et même de la Chine. (9) Les Russes et les Chinois n’ont pas seulement bloqué les Etats-Unis au Conseil de sécurité. Ils ont « voté » avec leur matériel militaire. Ils ne sont pas satisfaits de ce que les Etats-Unis avaient projeté pour la Syrie et ont fait clairement savoir qu’ils recourraient à la force pour les arrêter. Quand les Chinois ont-ils envoyé pour la dernière fois des navires de guerre en Méditerranée? La Russie et la Chine n’approuvent clairement pas la manière dont les Etats-Unis décident d’envahir un pays après l’autre.

Qu’est-ce que ça veut dire?

Pour des raisons qui ne sont pas difficiles à imaginer, il y a eu peu de discussions sur la signification plus large de ces événements dans les médias occidentaux. Cependant, des commentateurs comme Israel Shamir et Pepe Escobar croient que ces événements signalent un changement important dans l’équilibre des pouvoirs dans le monde. Ce qui suit est tiré d’une présentation par Israel Shamir au Rhodes Forum le 5 octobre 2013:

« Tout d’abord, la bonne nouvelle. L’hégémonie américaine, c’est du passé. La brute a été maîtrisée.

»Nous avons franchi le cap de Bonne-Espérance, symboliquement parlant, en septembre 2013. Avec la crise syrienne, le monde a opéré un virage essentiel de l’Histoire moderne. C’était un quitte ou double presque aussi risqué que la crise des missiles cubains de 1962.

»Les risques d’une guerre totale étaient élevés, car les volontés de fer de l’Amérique et de l’Eurasie s’étaient croisées en Méditerranée orientale. Il faudra un certain temps pour que ce que nous avons vécu fasse son chemin dans les consciences: c’est normal pour des événements d’une telle ampleur. » (10)

Par « Eurasie », il faut entendre la Russie et la Chine. En termes crus, ces deux pays ont simplement contraint les Etats-Unis à reculer et à annuler leurs plans de guerre. Généralement, les gens ordinaires aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et dans beaucoup d’autres pays étaient tout aussi opposés à l’attaque que le peuple syrien lui-même.

Pepe Escobar est encore plus dramatique. Dans un article du 17 octobre, après le recul du gouvernement de Washington sur la Syrie, il explique qu’il y a eu un changement de politique à Pékin. Maintenant, pour la Chine, fini de mettre des gants diplomatiques. Il est temps de construire un monde « désaméricanisé ». Le temps est venu d’une monnaie de réserve internationale qui remplace le dollar US. (11) Cette nouvelle approche est présentée dans un éditorial de Xinhua. (12)  La dernière goutte qui a fait déborder le vase a été l’arrêt des États-Unis [faillite budgétaire bureaucratique, NdT]  venant s’ajouter à la crise financière provoquée par les banques de Wall Street. Cet éditorial cite ce qui est peut-être le paragraphe le plus important:

« Au lieu de remplir ses obligations comme une puissance dirigeante responsable, un Washington égocentrique a abusé de son statut de superpuissance et a même introduit davantage de chaos dans le monde en transférant ses risques financiers à l’étranger, provoquant des tensions régionales dans des conflits territoriaux, et menant des guerres injustifiées couvertes par des mensonges. (13)

Dans sa nouvelle stratégie la Chine s’appuie sur au moins trois principes. Le premier est de stopper les aventures militaires des Etats-Unis. Toutes les nations doivent respecter le droit international et régler les conflits dans le cadre des Nations unies. Le deuxième est d’élargir l’adhésion à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international pour inclure des pays émergents et en développement. Le troisième est de travailler à une « nouvelle monnaie de réserve internationale qui doit être créée pour remplacer la domination du dollars US ». (14)

Peut-être est-ce pour cette raison que les dirigeants à l’Occident ne célèbrent pas cette guerre qui n’a pas eu lieu. Les Russes et les Chinois ont forcé l’Occident à respecter le droit international et à éviter une guerre illégale. De plus, les Chinois voient cela comme le commencement d’une nouvelle ère dans la politique mondiale. Ils veulent « désaméricaniser » le monde. Cela signifie que les Etats-Unis et leur petit groupe d’amis en Europe de l’Ouest et au Japon devront reconnaître qu’ils ne peuvent pas prendre de leur propre chef toutes les décisions importantes dans le monde.

Australianvoice | 1er mars 2015

Article original : Australianvoice.livejournal.com

Traduit par Diane Gilliard pour Arrêt sur Info

Notes:
1. Cité d’après un article de David Axe, « Les bombardiers français étaient chargés, les rebelles syriens étaient déployés – Tous attendaient le OK d’Obama pour attaquer »; https://medium.com/war-is-boring/69247c24253f (en anglais)
2. http://israelmatzav.blogspot.com.au/2013/09/france-was-ready-to-strike-syria-obama.html
3. http://beforeitsnews.com/middle-east/2013/09/two-missiles-launched-toward-syria-fall-into-the-sea-2454030.html
4. http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/10282788/Missiles-launched-in-Mediterranean-towards-Syrian-coast-claims-Russian-defence-ministry.html
5. http://www.globalresearch.ca/the-war-on-syria-the-september-2013-military-stand-off-between-five-us-destroyers-and-the-russian-flotilla-in-the-eastern-mediterranean/5355644
6. https://fbcdn-sphotos-b-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash3/1176205_566256046755921_1140583716_n.jpg
7. http://www.globalresearch.ca/massive-naval-deployment-us-and-allied-warships-deployed-to-syrian-coastline-before-the-august-21-chemical-weapons-attack/5347766
8. http://thesaker.is/submarines-in-the-desert-as-my-deepest-gratitude-to-you/
9. http://www.redflagnews.com/headlines/alert-china-sends-warships-to-syria-joining-russian-warships-in-mediterranean-sea
10. http://www.globalresearch.ca/the-war-on-syria-the-september-2013-military-stand-off-between-five-us-destroyers-and-the-russian-flotilla-in-the-eastern-mediterranean/5355644
11. http://www.alternet.org/world/de-americanized-world-and-china
12. http://news.xinhuanet.com/english/indepth/2013-10/13/c_132794246.htm. Cela semble être le même important éditorial analysé par Jeff J. Brown dans le post de Wikileaks « Baba Beijing’s Belly Laugh Felt Round the World », http://www.wikileaksparty.org.au/baba-beijings-belly-laugh-felt-round-the-world-2/. La seule différence que je peux voir est que Jeff Brown se réfère à un auteur nommé Tang Danlu, tandis que le site web de Xinhua se réfère à Liu Chang comme l’auteur de l’article.
13. http://news.xinhuanet.com/english/indepth/2013-10/13/c_132794246.htm
14. http://www.alternet.org/world/de-americanized-world-and-china

Source: http://arretsurinfo.ch/pourquoi-loccident-hait-il-poutine-la-raison-secrete/

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Aujourd'hui plus que jamais, Solidarité active avec le peuple vénézuélien et la Révolution Bolivarienne

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Amérique Latine, #La guerre, #Le fascisme, #Terrorisme

10 MARS 2015

 

Vénézuéla: DECLARATION DU GOUVERNEMENT REVOLUTIONNAIRE DE LA REPUBLIQUE DE CUBA

 

traduction particulière - Françoise Lopez

 

Le Gouvernement Révolutionnaire de la République de Cuba a eu connaissance de l'Ordre Exécutif arbitraire et agressif émis par le Président des Etats-Unis contre le Gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela qui qualifie ce pays de menace pour sa sécurité nationale en représailles des mesures qu'il a adoptées pour défendre sa souveraineté face aux actes d'ingérence des autorités gouvernementales et du Congrès étasuniens.

Comment le Venezuela menace-t-il les Etats-Unis? A des milliers de kilomètres de distance, sans armes stratégiques et sans employer de ressources ni de fonctionnaires pour conspirer contre l'ordre constitutionnel étasunien, la déclaration paraît peu crédible et révèle les buts de ceux qui la font.

Cependant, une telle déclaration en une année d'élections législatives au Venezuela réaffirme, une fois de plus, la caractère d'ingérence de la politique extérieure étasunienne.

La gravité de cet acte exécutif a mis en alerte les gouvernements d'Amérique Latine et des Caraïbes qui, en janvier 2014, au Second Sommet de la CELAC à La Havane, ont déclaré la région Zone de Paix et ont condamné tout acte qui porte atteinte à celle-ci car ils ont accumulé assez d'expériences de l'interventionnisme impérial au cours de leur histoire.

Le Gouvernement Révolutionnaire de la République de Cuba réaffirme à nouveau son soutien inconditionnel et celui de notre peuple à la République Bolivarienne, au gouvernement légitime du Président Nicolas Maduro Moros et à l'héroïque peuple frère du Venezuela.

Personne n'a le droit d'intervenir dans les affaires intérieures d'un Etat souverain ni de le déclarer, sans fondement, comme menace pour sa sécurité nationale.

 

Ainsi, comme cuba n'a jamais été seule, le Venezuela ne le sera pas non plus.

La Havane, 9 mars 2015

Source en espagnol:

http://www.granma.cu/cuba/2015-03-10/declaracion-del-gobierno-revolucionario-de-la-republica-de-cuba

URL de cet article:

http://cubasifranceprovence.over-blog.com/2015/03/venezuela-declaration-du-gouvernement-revolutionnaire-de-la-republqiue-de-cuba.html

 

 

10 MARS 2015

Venezuela: LETTRE DE Fidel A Nicolas Maduro

traduction particulière - Françoise Lopez

Cher Nicolas Maduro,

Président de la République Bolivarienne du Venezuela:

Je te félicite pour ton brillant et courageux discours face aux plans brutaux du Gouvernement des Etats-Unis.

Tes paroles passeront dans l'histoire comme preuve que l'humanité peut et doit connaître la vérité.

Fraternellement,

Fidel Castro Ruz

9 mars 2015, 23H24

 

Source en espagnol:

http://www.granma.cu/cuba/2015-03-10/carta-de-fidel-a-maduro

 

URL de cet article:

http://cubasifranceprovence.over-blog.com/2015/03/venezuela-lettre-de-fidel-a-nicolas-maduro.html

 

 

10 MARS 2015

 

Venezuela: Obama DECLARE L'URGENCE NATIONALE

 

traduction Françoise Lopez

 

Washington prend plus de sanctions contre le gouvernement de Nicolas Maduro.

 

Un ordre exécutif de la Maison Blanche déclare "l'urgence nationale" pour la "menace inhabituelle extraordinaire" pour sa sécurité nationale.

 

Le président étasunien, Barack Obama a annoncé ce lundi qu'il prendra de nouvelles sanctions contre le Gouvernement vénézuélien pour de soi-disant violations des droits de l'homme et a déclaré "l'urgence nationale" à cause du "risque extraordinaire" que suppose la situation dans ce pays pour la sécurité des Etats-Unis.

 

"Aujourd'hui, le Président Obama a émis un nouvel ordre présidentiel déclarant l'urgence nationale au sujet de la menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats-Unis représentée par la situation au Venezuela", lit-on dans le communiqué diffusé aujourd'hui, à midi par le gouvernement étasunien.

 

Le Congrès des Etats-Unis avait déjà approuvé le 10 décembre dernier les sanctions envers des officiels et Obama les avait ratifiées le 18 décembre mais rien n'a été fait avant ce lundi où la Maison Blanche a indiqué qui est visé.

 

Parmi les mesures se trouvent le gel des avoirs aux Etats-Unis et l'interdiction d'entrer dans le pays. La communiqué rapporte: "La Maison Blanche est profondément préoccupée par les efforts du gouvernement vénézuélien pour augmenter l'intimidation de ses adversaires politiques" et exige la libération des prisonniers politiques.

 

Selon les Etats-Unis, ces fonctionnaires auraient été liés à des actes de violation des droits de l'homme précisément pour avoir arrêté dans les protestations putschistes enregistrées au Venezuela entre février et mai dernier dans lesquelles 43 personnes ont été tuées, en majorité par des tirs d'armes à feu dans la tête, le plan "La Sortie" (allusion à "la sortie" de Nicolas Maduro de la présidence).

 

En réponse à ces actes de vandalisme, le Comité des Victimes des guarimbas s'est constitué pour faire connaître au monde leurs histoires étant donné que les médias les occultent.

 

Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a déclaré que "les fonctionnaires du Venezuela qui maintenant et auparavant ont violé les droits de l'homme des citoyens vénézuéliens et ont été impliqués dans des actes de corruption ne seront pas les bienvenus ici et maintenant, nous avons des outils pour bloquer leurs actifs et l'usage qu'ils font du système financier des Etats-Unis."

 

Source Agencias / Telesur

Liste de courrier diariodeurgencia de Resumen Latinoamericano 9 mars 2015

 

URL de cet article:

http://cubasifranceprovence.over-blog.com/2015/03/venezuela-obama-declare-l-urgence-nationale.html

Par Sputnik

Mondialisation.ca, 09 mars 2015

sputniknews.com

Région : Moyen-Orient et Afrique du Nord

Thème: Guerre USA OTAN

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Des conseillers militaires américains et israéliens ont été arrêtés alors qu’ils prétaient assitance aux terroristes de l’Etat islamique.

L’agence iranienne Tasmin News nous apprend que les forces anti-terroristes irakiennes ont arrêté quatre conseillers militaires étangers originaires des États-Unis et d’Israél alors qu’ils aidaient l’État islamique.

Trois d’entre eux possèdent la double nationalité états-unienne et israélienne, tandis que le quatrième est originaire d’un pays du Golfe persique, nous rapporte l’agence irakienne Sarma News.

Les conseillers militaires étrangers ont été capturés près d’un des quartiers généraux d’où l’État islamique organise ses opérations militaires dans la province septentrionale irakienne de Ninive.

Les arrestations sont survenues lors d’une opération dénommée « Piqure de scorpion. » Un certain nombre d’autres combattants de l’Etat islamique ont été tués pendant l’assaut. Les conseillers étangers capturés ont été transféres à Bagdhad.

Sputnik

sur SputnikNews, le 7 mars 2015

Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

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Divorce entre l’Europe et les États-Unis sur l’Ukraine

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La guerre, #le nazisme

Divorce entre l’Europe et les États-Unis sur l’Ukraine

Le 7 mars 2015 – Source moonofalbama

Le gouvernement allemand se réveille enfin, du moins un peu, et s’avise du fait évident que les néo-conservateurs américains veulent entraîner l’Europe dans une guerre. Il accuse maintenant ouvertement certains cercles au sein du gouvernement des États-Unis et de l’OTAN de saboter l’accord de cessez-le-feu de Minsk. Les discours fantaisistes de Breedlove, le commandant suprême des forces alliées en Europe, sont particulièrement offensifs.

Cela fait des mois que Breedlove commente les activités russes dans l’est de l’Ukraine, en parlant de l’avancée des troupes russes à la frontière, de l’accumulation de munitions et de prétendues colonnes de chars russes. Maintes et maintes fois, les chiffres brandis par Breedlove ont été significativement plus élevés que ceux des alliés européens de l’OTAN et des Etats-Unis. Il est clair que cela fait le jeu des extrémistes du Congrès américain et de l’Otan.

Le gouvernement allemand est inquiet. Les Américains tentent-ils de contrecarrer les efforts européens de médiation menés par la chancelière Angela Merkel? Des sources provenant de la Chancellerie ont qualifié les commentaires de Breedlove de propagande dangereuse. Le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a même récemment jugé nécessaire de discuter des commentaires de Breedlove avec le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

Mais Breedlove n’a pas été la seule source de friction. Les Européens ont également commencé à voir en d’autres personnes des obstacles à leur recherche d’une solution diplomatique au conflit en Ukraine. D’abord et avant tout Victoria Nuland, la responsable des Affaires européennes au Département d’État des États-Unis. Elle et d’autres aimeraient voir Washington livrer des armes à l’Ukraine et sont soutenus par les républicains du Congrès ainsi que par de nombreux démocrates puissants.

Le président américain Barack Obama semble, en effet, presque isolé. Il a donné son appui aux efforts diplomatiques de Merkel pour le moment, mais, d’un autre côté, il n’a pas fait grand-chose pour calmer ceux qui s’ingénient à accroître les tensions avec la Russie et qui veulent livrer des armes à l’Ukraine. Selon des sources à Washington, les commentaires bellicistes de Breedlove sont d’abord approuvés par la Maison Blanche et le Pentagone. Le général, affirment ces sources, tient le rôle du super faucon, et sa fonction est d’augmenter la pression sur les partenaires transatlantiques de l’Amérique qui sont trop réservés à son goût.

Les États-Unis, y compris Obama, veulent renforcer l’Otan qu’ils dirigent et, par là, renforcer leur influence en Europe. Et l’Europe, en perdant ses contrats avec la Russie et en risquant la guerre, est censée en payer le prix.

Le public allemand, malgré des tonnes de propagande transatlantique, a bien compris la situation, et le gouvernement est obligé d’en tenir compte. Il est obligé de revenir à une gestion plus appropriée des affaires du pays, même si cela entraîne des problèmes avec Washington. Les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de la France et des États-Unis sont actuellement réunis à Paris et le secrétaire d’État Kerry n’aimera pas ce qu’il va entendre:

A Berlin, les politiciens les plus importants ont toujours considéré qu’une position commune vis-à-vis de la Russie est une condition préalable nécessaire à la réussite des efforts de paix. Pour le moment, ce front commun tient toujours, mais le différend [avec les Etats-Unis, NdT] porte sur un problème fondamental : la diplomatie peut-elle réussir sans la menace d’une action militaire? En outre, les partenaires transatlantiques ont des objectifs différents: tandis que le but de l’initiative franco-allemande est de stabiliser la situation en Ukraine, c’est la Russie qui intéresse les faucons de l’administration américaine. Ils veulent faire reculer l’influence de Moscou dans la région et déstabiliser le pouvoir de Poutine. Pour eux, le résultat idéal serait un changement de régime à Moscou.

L’Europe n’a aucun intérêt à un changement de régime en Russie. Le résultat serait probablement un gouvernement et un dirigeant bien pires que Poutine, qui est largement libéral.

Les États-Unis, l’empire du chaos, ne se soucient pas de ce qui se passe après un changement de régime. Dans l’optique des responsables politiques états-uniens, les difficultés et les troubles qui meurtrissent le reste du monde ne peuvent que conforter la position (relative) des États-Unis. La destruction par la guerre des capacités de production en Europe permettrait aux États-Unis de relancer leurs exportations.

Il semble qu’au moins certains dirigeants européens commencent à comprendre qu’ils se sont fait avoir par Washington et qu’ils tentent de faire marche arrière. Une sphère économique eurasienne est dans l’intérêt de l’Europe. Obama va-t-il accepter leur point de vue et cesser d’écouter les faucons, ou va-t-il intensifier l’escalade et mettre en danger son alliance avec l’Europe? Un premier signe semble aller dans le bon sens. Les États-Unis ont annulé, au dernier moment, leur projet de former les forces de la Garde nationale ukrainienne (c’est-à-dire les nazis):

Vendredi, un porte-parole des forces américaines en Europe a confirmé le report dans un communiqué en ces termes : «Le gouvernement américain voudrait voir l’accord de Minsk appliqué

«La mission de formation est actuellement suspendue, mais Army Europe est prête à effectuer la mission si et quand notre gouvernement le décide», a indiqué le communiqué.

Certains Européens, comme ceux qui ont écrit l’article ci-dessus, voient encore en Obama un guerrier réticent poussé à la guerre par les faucons de son propre gouvernement et les républicains du Congrès. Mais l’intensification des attaques en Afghanistan, la destruction de la Libye, la guerre contre la Syrie et les troubles en Ukraine sont tous justifiés par la même propagande: Obama ne veut pas la guerre, il y est poussé, puis il l’accepte à contrecœur. C’est un mensonge. C’est Obama qui détient la responsabilité ultime, et Nuland ainsi que le général Breedlove et les autres faucons officiels qui s’inquiètent pour leurs précieux fluides corporels* sont sous son commandement direct. Il peut les faire taire ou les faire renvoyer, en une seconde, sur un simple coup de fil. Comme il ne le fait pas, il est clair qu’il veut qu’ils disent exactement ce qu’ils disent. C’est bien Obama qui mène la ligne néo-conservatrice.

Les Européens devraient enfin le comprendre et se distancer de cette voie destructrice.

Note

*Citation du film de Stanley Kubrick, Dr Folamour. Il dit qu’il faut purifier nos (US) précieux fluide corporels de l’influence communiste.

Pour le plaisir, voici le dialogue de la séquence du film, offert par le Saker Francophone:

Ripper: Mandrake?
Mandrake: Oui, Jack?
Ripper: Avez-vous déjà vu un coco boire un verre d’eau?
Mandrake: Eh bien, je ne peux pas dire que je l’ai vu, Jack.
Ripper: La vodka, c’est ce qu’ils boivent, n’est ce pas? Jamais l’eau?
Mandrake: Eh bien, oui, je crois que c’est ce qu’ils boivent, Jack, oui.
Ripper: En aucun cas un coco ne boira jamais de l’eau sans raison.
Mandrake: Oh, eh, oui. J’ai, euh, je n’arrive pas à voir où vous voulez en venir, Jack.
Ripper: L’eau, c’est là où je veux en venir, l’eau. Mandrake, l’eau est la source de toute vie. Sept dixièmes de la surface de cette terre est de l’eau. Vous vous rendez compte que 70 pour cent de votre corps est de l’eau?
Mandrake: Bon Dieu!
Ripper: Et en tant qu’êtres humains, vous et moi en avons besoin, de l’eau fraîche et pure pour reconstituer nos précieux fluides corporels.
Mandrake: Oui. (Il commence à rire nerveusement)
Ripper: Commencez-vous à comprendre?
Mandrake: Oui. (Plus de rires)
Ripper: Mandrake. Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi je ne bois que de l’eau distillée ou de l’eau de pluie, et seulement de l’alcool pur grain?
Mandrake: Eh bien, j’y ai jamais réfléchi, oui Jack.
Ripper: Avez-vous déjà entendu parler d’une chose qui s’appelle la fluoration. Fluoration de l’eau?
Mandrake: Euh? Oui, moi, j’ai entendu parler de cela, Jack, oui. Oui.
Ripper: Eh bien, savez-vous ce que ce est?
Mandrake: Non, non, je ne sais pas ce que c’est non.
Ripper: Savez-vous que la fluoration est le complot communiste le plus monstrueusement conçu et dangereux auquel nous ayons jam
ais eu à faire face?

Traduit par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Fracophone.

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Ukraine : Les Etats-Unis veulent la guerre… sur le sol européen

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #La République, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La guerre, #le nazisme, #Le fascisme

Ukraine : Les Etats-Unis veulent la guerre… sur le sol européen

 

On ne devrait plus se bercer d’illusions sur les intentions des dirigeants américains : ils veulent la guerre. Une guerre qui doit se dérouler sur le Vieux Continent et qui doit entraîner le plus d’Européens possible dans une confrontation militaire avec la Russie. Les Ukrainiens, sauf un grand sursaut des masses populaires, devraient se résigner à voir leur pays servir durablement de champ de bataille à ce conflit des grandes puissances dont les enjeux leur échappent, depuis qu’ils ont perdu le contrôle des manifestations « Place Maïdan », un soir de février 2014. 

 

De l’EuroMaïdan à l’escalade militaire

En tout cas, les derniers développements aux Etats-Unis ne sont guère rassurants. Un an après les manifestations de l’EuroMaïdan, odieusement dévoyées par « des atlantistes  », les États-Unis ont officialisé la décision d’envoyer en Ukraine quelques 600 parachutistes appartenant à la 173ème brigade aéroportée. L’annonce a été faite lundi dernier par le colonel Michael Foster, commandant de la brigade, et confirmée par Ben Hodges, haut commandant des forces américaines en Europe. Les premières unités combattantes de la brigade devraient se poser en Ukraine d’ici le 8 mars. Officiellement, pas pour combattre, mais pour former les troupes ukrainiennes (en débâcle dans le Donbass) au maniement des armes américaines en voie d’expédition[1].

Au sujet, justement, de l’expédition des armes américaines à Kiev, on sait qu’elle entraînerait réciproquement l’accroissement des moyens militaires des républiques autonomes de l’Est (Donetsk et Lougansk) par Moscou. Parce que, pour la Russie, il est hors de question que les forces des pays de l’OTAN se déploient jusque sur les frontières russo-ukrainiennes, et ils n’ont pas tort. Les Russes n’ont jamais digéré d’avoir été bernés par les Occidentaux en marge de la réunification allemande[2]. C’est pour essayer de contrer ce risque d’escalade militaire que la France et l’Allemagne ont décidé, début février dernier, d’entrer directement en contact avec Vladimir Poutine, sans consulter Washington. Il s’agissait de rassurer le chef du Kremlin sur le fait que Français et Allemands s’opposeront à l’envoi en Ukraine des armes américaines[3]. Le président russe s’est montré ouvert aux propositions franco-allemandes, et accepté les Accords de Minsk II[4] du 11 février 2015. Le hic avec Minsk II est qu’il y avait deux grands absents : les Britanniques et les Américains. N’étant pas liés par ces accords, ils vont continuer d’attiser le conflit.

Il faut vous entretuer pour l’Amérique

Dix jours seulement après la signature des Accords de Minsk, David Cameron annonçait l’envoi de soldats britanniques en Ukraine. Une semaine plus tard, John Sawers, l’ancien patron du MI16, (sorte de CIA britannique) affirmait que « la guerre contre la Russie ne fait que commencer »[5]. Avec l’envoi des unités de combat en Ukraine par les USA, les Britanniques sont ainsi rejoints par leurs cousins américains qui tiennent à ce que la situation continue de se dégrader et qu’elle finisse par dégénérer. Bien évidemment, les armées américaines et britanniques ne vont pas s’engager en première ligne contre l’armée russe. Ce déploiement atlantiste vise plutôt à entretenir durablement un climat de haine entre populations, un environnement de violence permanente et de désolation.

Une des stratégies utilisées par les fauteurs de troubles états-uniens contre les pays qu’ils ciblent consiste à frapper directement les populations soit par des violences aveugles, soit pas des embargos, soit pas des humiliations en mettant systématiquement ces drames collectifs sur le dos de l’« ennemi » qu’ils se sont choisi. Il ne faudrait pas s’étonner si les populations russes/russophones des pays frontaliers deviennent la cible des tueries aveugles et des famines provoquées volontairement, ce qui les amènera à demander de plus en plus l’aide de Moscou. Une aide que Poutine ne pourra pas durablement leur refuser, au risque de se mettre à dos les Russes de l’intérieur[6]. Sauf qu’en intervenant davantage en Ukraine ou, le moment venu, dans les pays baltes, le président russe deviendrait un « agresseur ». Exactement l’image que les médias occidentaux et les dirigeants d’outre-Atlantique s’emploient à lui coller à la peau. Dès lors, des forces européennes, plus ou moins officiellement, chemineraient vers les « pays agressés » par la Russie. Le début d’un engrenage meurtrier au cœur de l’Europe.

Face à ces agissements américains, on est tenté de dire : ils sont fous ces Américains ! Pas du tout. En réalité, les Etats-Unis, une puissance à bout de souffle, misent sur le conflit ukrainien pour entraîner le plus d’Européens possible dans une confrontation militaire avec la Russie[7]. Le pari est que, sauf usage d’armes stratégiques (scénario suicidaire), le sol américain devrait être préservé des ravages de cette guerre qui commence. Lorsque tout cela sera fini, Européens et Russes, quel que soit le camp qui l’aura emporté sur l’autre, seront ruinés économiquement, voire exsangues. Comme à l’issue de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, il ne restera qu’une puissance d’ultime recours : les Etats-Unis d’Amérique.

Des milliards de dollars de contrats de reconstruction, une remise sous tutelle des nations européennes et la préservation, par l’Amérique, de son statut de « superpuissance planétaire ».

Boniface MUSAVULI

 

[2] Le 9 février 1990, James Baker, secrétaire d'Etat américain (de George Bush), avait assuré à Mikhaïl Gorbatchev que l'alliance occidentale n'étendrait "pas d'un pouce" son influence vers l'Est si Moscou acceptait que l'Allemagne réunifiée entre dans l'Otan. Le lendemain, 10 février, Hans-Dietrich Genscher, le ministre allemand des Affaires étrangères, refit cette promesse à Edouard Chevardnadze, son homologue russe : « l'Otan ne s'étendra pas à l'Est ». Mais depuis, la Pologne, la République Tchèque, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie ont adhéré à l'Otan. Avec les évènements de l’EuroMaïdan, l’enjeu était, entre autres, de faire également entrer l’Ukraine dans l’Otan. Cf. http://www.courrierinternational.co...

[3] C’est en tout cas ce qu’assure le journaliste italien Giulietto Chiesa : https://www.youtube.com/watch?v=1w6...

[4] Parce qu’il y a eu Minsk I, Protocole signé le 11 septembre 2014, et qui ne fut pas respecté.

[7] Provoquer un conflit brutal entre Européens et Russes permet aux Américains de se prémunir contre une éventuelle alliance stratégique entre Européens et Russes, alliance qui entraînerait de fait la fin de l’hégémonie américaine. Dans Le Grand échiquier de Zbigniew Brzezinski (1997), où il est question, entre autres, de « briser la Russie » en trois entités (une Russie européenne, une république de Sibérie et une république extrême-orientale), il est également question de cultiver la docilité des « sujets protégés » et d’empêcher les rivaux potentiels de former des alliances offensives. Un rapprochement stratégique entre la Russie et les nations européennes (sujets protégés) est ainsi un scénario que les tenants de l’hégémonie états-unienne n’admettraient en aucune manière. 

 
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L’Empire du Chaos s’installe en Europe. L’ État islamique en Ukraine

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #Terrorisme, #ISIL, #le nazisme, #Daesch

L’Empire du Chaos s’installe en Europe. L’ État islamique en Ukraine

L’Empire du Chaos s’installe en Europe
L’ État islamique en Ukraine

Justin Raimondo
Justin Raimondo

Par Justin Raimondo – Le 6 mars 2015 – Source Antiwar.com 

Kiev et les djihadistes: une sombre alliance

Alors que nous combattons l’État islamique, l’EI, alias ISIS, en Irak et en Syrie, et que les responsables américains soulignent le prétendu danger d’une attaque sur le territoire américain, Washington et le Califat se battent du même côté en Ukraine. Dans une remarquable série d’articles dans l’Intercept, Marcin Mamon s’est penché sur un aspect du conflit en Ukraine auquel personne d’autre n’a fait attention: le rôle joué par le Bataillon Doudaïev, «une force de combat des islamistes radicaux composée de Tchétchènes, mais incluant également des combattants de tout le Caucase ainsi que quelques Ukrainiens».

 

Les clés des organisations clandestines islamistes en Ukraine ont été remises à Mamon par un contact à Istanbul, Khalid, qui commande la branche ISIS locale. «Nos frères sont là», a-t-il dit à Mamon, et le journaliste s’est rendu en Ukraine où il a été mis en rapport avec un contact nommé Ruslan, qui l’a conduit au camp clandestin de Munayev.

Portant le nom du premier président de la Tchétchénie séparatiste, Djokhar Doudaïev, le bataillon Doudaïev était commandé par Isa Munayev, récemment tué dans l’est de l’Ukraine. Imprégnés d’une haine fanatique des Russes, qui soutiennent les rebelles de l’Est, les hommes de Munayev estiment également qu’ils paient une dette, puisque les bataillons du Secteur Droit ultra-nationaliste qui aujourd’hui luttent pour Kiev ont apparemment aidé les Tchétchènes dans le passé. Le Secteur Droit est un groupe paramilitaire ouvertement néo-fasciste qui a fourni une grande partie des forces qui ont rendu possible le coup d’État contre Viktor Ianoukovitch, l’ancien président ukrainien. Organisés en différents bataillons, dont la célèbre Brigade Azov, ils idolâtrent les collaborateurs nazis de la Seconde Guerre mondiale, qui ont combattu les troupes soviétiques: les ultra-nationalistes ont été accusés d’avoir commis des atrocités dans le Donbass, ainsi que de terroriser leurs adversaires politiques sur le front intérieur. D’après Mamon, ils ont également été impliqués dans la lutte contre les Russes dans la lointaine Tchétchénie, où l’ancien gros bonnet du Secteur Droit Oleksandr Muzychko a combattu aux côtés de Munayev et des frères contre les Russes.

Comme Ruslan l’a dit à Mamon:

« Je suis ici aujourd’hui parce que mon frère, Isa, nous a appelés et a dit: ‹Il est temps de rembourser votre dette. Il fut un temps où les frères de l’Ukraine sont venus [en Tchétchénie] et se sont battus contre l’ennemi commun, l’agresseur, l’occupant.›. »

A côté de cette solennelle éthique du guerrier, une autre raison probable du soutien de l’EI à Kiev est l’accès à des cibles occidentales, données ainsi aux terroristes. Comme Mamon l’indique:

«L’Ukraine est en train de devenir une étape importante pour les frères comme Ruslan. En Ukraine, vous pouvez acheter un passeport et une nouvelle identité. Pour 15 000 dollars, un combattant reçoit un nouveau nom et un document juridique attestant de sa citoyenneté ukrainienne. L’Ukraine ne fait pas partie de l’Union européenne, mais c’est une voie facile pour l’immigration vers l’Ouest. Les Ukrainiens ont peu de difficultés à obtenir des visas pour la Pologne voisine, où ils peuvent travailler sur les chantiers et dans les restaurants, comblant le vide laissé par les millions de Polonais qui sont partis à la recherche de travail au Royaume-Uni et en Allemagne. »

On nous dit que l’EI prévoit des attaques terroristes en Europe, et que les forces de sécurité sont occupées à recenser tous les suspects du continent; pourtant voici ce trou béant dans les défenses de l’Ouest, par où les frères s’infiltrent tranquillement, sans que les médias occidentaux en rendent compte. En coopération avec des groupes ultra-nationalistes comme le Secteur Droit, qui ont également créé leurs bataillons semi-autonomes, les islamistes d’Ukraine, brandissant des passeports ukrainiens, ont ouvert une passerelle vers l’Ouest.

Les demandes faites à Washington de commencer à fournir des armes létales au régime ukrainien font maintenant partie du débat de politique étrangère à Washington, avec les habituels suspects exhortant l’administration à ouvrir le robinet d’armement. Pourtant, les Ukrainiens disent qu’ils obtiennent déjà une aide létale de pays qu’ils refusent d’identifier, selon le membre officiel du Conseil de sécurité nationale ukrainienne Oleg Gladovsky:

«[L’aide provient] d’endroits où nous n’avons aucune influence et où il n’y a pas de tollé public à ce sujet (que nous avons nous-mêmes contribué à créer dans certains endroits, malheureusement). C’est de ces pays que nous sommes en train de recevoir de l’aide létale

Alors d’où vient cette aide?

«Dans l’est de l’Ukraine, écrit Mamon, le drapeau vert du djihad flotte sur certaines bases des bataillons privés.» Mais comment ces groupes de combat sont-ils privés?

L’armée ukrainienne en loques, composée de conscrits peu motivés et mal armés, ne fait pas le poids contre les séparatistes, qui se battent sur leur propre territoire contre un envahisseur. Le régime de Kiev dépend de ces armées privées pour fournir une colonne vertébrale à sa force de combat, et il semble y avoir une relation symbiotique difficile entre l’armée ukrainienne régulière et ces volontaires, avec une approche non interventionniste adoptée par Kiev pour ces derniers . Si le régime ukrainien reconnait ouvertement aujourd’hui obtenir de l’aide de pays non nommés, il est normal de se poser la question: le Bataillon Doudaïev obtient-il une aide directe à partir des mêmes sources que celles qui équipent en armes les rebelles islamistes radicaux de Syrie – le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis et les Saoudiens?

Comme les rebelles modérés syriens financés et soutenus par les Etats-Unis rejoignent l’EI en masse, le réseau djihadiste international étend ses tentacules en Ukraine pour reprendre le combat au nom de leurs frères.

L’un des principaux liens entre les factions ultra-nationalistes ukrainiennes et les islamistes était Oleksandr Muzychko, qui a combattu aux côtés du chef terroriste tchétchène Chamil Bassaïev – le cerveau derrière le massacre de l’école de Beslan – dans les guerres de Tchétchénie. L’année dernière, Muzychko a été tué dans une fusillade avec les policiers ukrainiens. Mais avant de disparaître, il était le visage public très évident du mouvement ultra-nationaliste d’Ukraine.

Dans une vidéo devenue virale, Muzychko et un groupe de ses compagnons du commando Secteur Droit sont entrés dans le bureau du procureur de la ville de Rivne, dans le nord-ouest de l’Ukraine, et ont giflé le procureur coupable de ne pas faire son travail à la satisfaction de Muzychko. Il a également fait irruption dans une réunion du conseil de la ville de Rivne, brandissant un fusil, et déclarant que le Secteur Droit ne désarmerait jamais. Alors que les autorités ont sans aucun doute trouvé les singeries de Muzychko ennuyeuses, ce genre de chose est normal dans la nouvelle Ukraine. Et il est probable que c’est son implication clandestine avec l’EI, bien plus que ses pitreries publiques, qui a provoqué la colère des autorités: elles lui ont tendu une embuscade et l’ont abattu le 24 mars de l’année dernière. Son implication avec la cellule EI en Ukraine est-elle devenue de plus en plus évidente, même pour ceux en Occident qui s’étaient contentés regarder de l’autre côté?

Que les autorités de Kiev travaillent avec un avant-poste de l’EI est implicite dans toute l’article de Mamon: quand ce dernier s’est rendu au campement de Munayev en compagnie de Ruslan, ils n’ont eu aucune difficulté aux points de contrôle de l’armée ukrainienne, où la possibilité de percevoir des pots de vin ne faisait aucun doute, et ils sont passés à travers. Tout au long de l’article de Mamon nous entendons Munayev se plaindre de la pauvreté: le Bataillon Doudaïev, nous dit-on, doit dépendre d’activités criminelles pour financer le djihad. Pourtant, un oligarque mineur, nommé Dima leur remet 20 000 dollars, et il est question de vendre au marché noir de l’ambre à des «acheteurs du golfe Persique, y compris de riches cheikhs» – peut-être les mêmes riches donateurs qui ont si généreusement financé l’EI.

Les liens entre le régime de Kiev et l’enclave de l’EI en Ukraine sont nombreux, et seulement à demi cachés. Lorsque Mamon est arrivé au camp de Munayev, il a été accueilli par une voiture blindée qui, nous dit-on, a été donnée par Ihor Kolomoisky, l’un des hommes les plus riches d’Ukraine, récemment nommé gouverneur de Dniepropetrovsk. Kolomoisky, malgré son héritage juif, n’a aucun scrupule à s’allier à des groupes ouvertement antisémites comme le Secteur Droit, dont il a financé les bataillons: comme les djihadistes affiliés à l’EI, auxquels il a offert une voiture blindée, il ne pense qu’à la lutte contre Vladimir Poutine, qu’il méprise.

Une autre indication de l’alliance EI-Kiev est l’évasion d’Adam Osmaev, commandant-adjoint du Bataillon Doudaïev, d’une prison ukrainienne où il purgeait une peine pour avoir fomenté l’assassinat de Poutine. Après le coup d’état à Kiev, Munayev et ses compagnons ont fait sortir Osmaev de prison: quand ils ont été confrontés à la police ukrainienne à un barrage, ils ont été mystérieusement autorisés à passer. Comme le rapporte Mamon:

«Après une impasse dramatique, les Ukrainiens ont permis aux Tchétchènes de filer. (Il n’y a pas moyen de confirmer le récit de Ruslan, mais à l’automne 2014, le tribunal d’Odessa a soudainement déclaré qu’Osmaev avait suffisamment purgé sa peine et il a été libéré.) Osmaev et Munayev sont revenus à Kiev, et le bataillon Doudaïev a été créé.»

«De temps en temps, écrit Mamon, Munayev rencontre des représentants du Service de sécurité ukrainien, connu sous le nom de SBU.»

Le Bataillon Doudaïev compte environ 500 combattants, mais il y a aussi d’autres brigades djihadistes en Ukraine, organisées dans le Bataillon Sheikh Mansour, qui s’est détaché du Bataillon Doudaïev et «est basé à proximité de Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine», ainsi que deux autres groupes composés des Tatars de Crimée, comptant chacun environ 500 djihadistes.

Comme l’aide des États-Unis coule à flot en Ukraine, dans quelle mesure va-t-elle retomber sur ces alliés de l’EI – et quelle sera son utilisation future? Si John McCain et Lindsey Graham arrivent à leurs fins, les armes américaines vont bientôt se trouver dans les mains de ces terroristes, dont il est sûr que le djihad contre les Russes se tournera vers l’Ouest et frappera les capitales de l’Europe.

C’est un retour de flamme avec une vengeance: nous créons nos propres ennemis, et leur donnons les armes pour nous faire du mal, alors même que nous affirmons notre besoin d’une surveillance universelle pour les combattre. Les savants fous formulant la politique étrangère américaine sont en train de créer une armée de monstres de Frankenstein – qui ne manqueront pas d’attaquer leurs créateurs bercés d’illusions.

Traduit par Claude, relu par Diane et jj pour le Saker Francophone

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Du bataillon Nachtigall au bataillon Azov. Les nazis en Ukraine de 1940 à nos jours.

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La guerre, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #Terrorisme, #le nazisme, #Le fascisme

Du bataillon Nachtigall au bataillon Azov. Les nazis en Ukraine de 1940 à nos jours.
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Vous ne connaissez pas le bataillon Nachtigall ? C’est l’une des unités de sécurité ukrainienne qui fut formée en 1941 par les nazis avec la participation des nationalistes ukrainiens pour participer à l’invasion de l’Union soviétique durant le plan Barbarossa. Il avait été au départ envisagé par les nazis d’accorder l’indépendance aux Ukrainiens, mais comme partout à l’Est, les Allemands préférèrent une exploitation brutale des territoires occupés en se servant toutefois des nationalistes et des antisémites locaux. Le bataillon Nachtigall fut l’un d’eux. Ses membres sont désormais considérés dans l’Ukraine de Porochenko comme des « Héros ». Les membres des partis néo-fascistes ukrainiens, comme le Parti Svoboda ont formé l’an passé plusieurs bataillons dont le plus connu de tous est le bataillon Azov. Mais un peu d’histoire pour commencer…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Bataillon Nachtigall est une unité de supplétifs ukrainiens formée principalement de nationalistes militants de l’OUN-B et entraînée par l’Abwehr, les services de renseignements et de contre-espionnage de l’Allemagne nazie. Elle faisait partie de l’unité de sabotage allemande Brandeburg zbV 800 et fut employée dès le commencement de l’opération Barbarossa. Elle fut fondée sur ordre de l’Amiral Canaris qui avait financé dans les années 30 les activités des nationalistes ukrainiens de l’OUN. Elle fut créée le 25 février 1941. Elle ne se composait au départ que d’une centaine de soldats. Ils étaient à l’entraînement dans différents camps en Allemagne et en Pologne. Les volontaires furent formés à des opérations de sabotage des voies de communication avant l’invasion de l’URSS. Ils étaient commandés par le Lieutenant-colonel allemand Oberlander, un criminel de guerre accusé également de crimes contre l’Humanité qui échappa aux poursuites après la guerre et mourut de sa belle mort en 1998.

Au départ le bataillon devait former une Légion ukrainienne, d’autres unités étant initialement prévues. Le bataillon entra en Union soviétique, en Ukraine dès le 22 juin 1941. Il opéra dans le sillage des armées allemandes du Groupe Sud entrant dans la ville de Lvov le 29 ou le 30 juin 1941. Le bataillon participa immédiatement aux massacres et persécutions dirigées contre les Juifs et les Polonais ainsi que les communistes. Entre le 1er et le 6 juillet, le bataillon exécuta environ 3 000 personnes, principalement des Soviétiques, des Juifs et des Polonais. Selon le mémorial de Yad Vashem et ses archives à Tel-Aviv, environ 4 000 Juifs ont été liquidés par les Ukrainiens du Nachtigall dans des pogroms autour de Lvov dans ce qui sera dénommée la Shoah par balle. Il fut ensuite dirigé vers Ternopil puis Vinnitsa qu’il atteignit le 16 juillet. La proclamation de l’indépendance de l’Ukraine avortée par les Allemands freina toutefois l’ardeur des Ukrainiens. Ils ne se firent toutefois pas prier pour participer aux opérations de nettoyage ethnique et furent employés dans les massacres de Juifs où ils excellèrent.

Le bataillon fut ensuite renvoyé à l’arrière après les importants massacres de l’été 1941, il se rendit à Cracovie où il arriva le 27 août 1941. Il fut rejoint par un autre bataillon de supplétifs ukrainiens, le bataillon Roland. Ils furent ensuite envoyés à Francfort en Allemagne en octobre (il y avait alors 650 hommes dans ses rangs). Les hommes durent signer un contrat d’engagement d’une année en décembre 1941, seuls 15 hommes refusèrent de servir Hitler. Il fut transformé en bataillon de sûreté allemand, Schutzmannschaft Bataillon 201. Ce bataillon était sous commandement SS et fut envoyé lutter contre les partisans soviétiques en Biélorussie, commandé par le célèbre chef nationaliste présent dans ses rangs depuis le début : Roman Choukhevytch (capitaine). Les Nationalistes ukrainiens formèrent d’ailleurs à cette époque, sept bataillons de sécurité, numérotés de 201 à 208 sous le commandement direct du général Erich von dem Bach en charge des opérations de « police » dans le secteur de la Russie centrale. Ce général en échange de sa participation et de renseignements précieux au moment du Tribunal de Nuremberg ne sera jamais inquiété, il mourra en 1972.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le bataillon participa à des opérations de nettoyages, destructions de villages, massacres de civils et lutte contre les partisans. Mais à l’expiration du contrat d’une année, l’indépendance de l’Ukraine n’ayant toujours pas été proclamée, les hommes refusèrent de renouveler le contrat et de prêter serment à Adolf Hilter (janvier 1943). Le bataillon fut alors dissous. Les officiers furent arrêtés, mais Choukhevytch put prendre le large et entra dans la clandestinité pour commencer ses activités dans le sein de l’UPA. Ceux qui ne s’engagèrent pas dans cette lutte furent volontaires pour entrer dans la 14e division SS Galicie (14. Waffen-Grenadier-Division der SS Galizien) où ils poursuivirent leur sinistre besogne aux côtés des Allemands. Les archives retrouvées sur les opérations menées par le 201e bataillon de sécurité indiquent qu’il participa à la destruction de 2 000 partisans soviétiques pour des pertes se montant à 49 tués et 40 blessés.

Ces faits font l’objet depuis le milieu des années 2000 d’une intense révision de l’histoire par le Gouvernement ukrainien, les services de renseignements ukrainiens (SBU) et surtout les milieux nationalistes des partis de l’extrême droite dure Pravy Sektor et Svoboda mais aussi des partis « démocratiques » pro-européens. Les soldats du bataillon Nachtigall ; à la suite du mouvement Euromaïdan ; sont aujourd’hui considérés comme des héros dans l’Ukraine du Président Porochenko. Roman Choukhevytch fut même proclamé dans l’indifférence presque générale « Héros de l’Ukraine » en 2007 et le chef de l’UPA, Stepan Bandera en 2010. Seul le Centre Simon Wiesenthal protesta en présenta une requête officielle à l’Ambassade d’Ukraine aux Etats-Unis et en alertant en vain l’opinion publique. Les décrets furent annulés sous la présidence ukrainienne suivante mais les portraits des « Héros » de l’UPA et de Nachtigall ont réapparus sur les barricades du Maïdan dès l’hiver 2013-2014. Ils sont de véritables stars nationales et font l’objet d’un véritable culte.

Le bataillon Azov est son digne héritier, formé le 5 mai 2014 avec des volontaires nationalistes néo-nazis, il s’est illustré durant la répression sanglante des russophones insurgés du Donbass dans la région de Marioupol. Il a repris fièrement la rune du loup, le Wolfsangel, en reprenant en l’inversant celle de la sinistre 2e Panzerdivision de Waffen SS Das Reich, la division du massacre d’Oradour-sur-Glane. A la manière de l’Internationale de la Waffen SS voulue par Himmler, le bataillon Azov a recruté des étrangers venus du monde entier, Français, Suédois, Italiens, Canadiens, Slovènes, Biélorusses et mêmes quelques Russes. Le bataillon devenu régiment a été signalé par Amnesty International pour ses crimes de guerre, massacres, tortures, viols, décapitations, enlèvements, humiliations, pillages et diverses exactions. Le 1er janvier 2015, il a appelé avec les partis Secteur Droit et Svoboda à commémorer la naissance du chef emblématique nationaliste nazi Stepan Bandera dans une marche sur la place Maïdan. Au milieu des cris nationalistes désormais classiques, les appels au meurtre, à l’extermination des Russes et des Juifs ont fusés. La presse française, notamment France Info a magnifié « les héros du bataillon Azov » dans divers reportages et ils sont montrés en France comme des exemples de la « Démocratie ». A la mi-décembre 2013, le sénateur américain John McCain était venu à la rencontre des hommes qui formèrent plus tard le bataillon Azov et qui étaient sur les barricades du Maïdan. Il leur avait lancé : « Sachez que l’Amérique est avec vous ! »… surtout ses dollars qui ont afflué pour financer les salaires des activistes de Svoboda, puis la formation du bataillon Azov et de nombreux autres.

Laurent Brayard pour Novorossia Vision

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L’armée syrienne décime le commandement du Front «al-Nosra»

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #ISIL, #Daesch, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE

Publié par Michel El Diablo

 

 L’armée syrienne décime le commandement du Front «al-Nosra»

Alors que le Qatar soustraite, pour le compte des Américains, un plan qui consiste à réhabiliter le Front qaïdiste al-Nosra en lui redonnant une virginité, l'Armée arabe syrienne a asséné un grand coup à ce groupe terroriste en décimant, jeudi, son commandement.

 

L'Armée arabe syrienne a frappé un grand coup, jeudi, contre le «Front al-Nosra», la branche syrienne d'«al-Qaïda». Des avions militaires syriens ont mené des raids contre un repère de cette organisation, dans la région d'al-Hobeit, à Idlib (Nord), tuant au moins 18 de ses principaux commandants. Selon des sources proches des extrémistes syriens, le chef militaire suprême d'al-Nosra, Abou Houmam al-Chami, a été tué dans les raids. Parmi les victimes figurent aussi le chef militaire suprême d'al-Nosra, Abou Houmam al-Chami, a été tué dans les raids dénommé  Abou Omar al-Kurdi, l'un des fondateurs d'al-Nosra ainsi qu'Abou Bara' al-Ansari et Abou Misaab al-Filistini. L'émir de l'organisation, Abou Mohammad al-Joulani, aurait échappé de justesse aux raids, selon la chaine de télévision panarabe al-Mayadeen. 

 

Les milieux extrémistes syriens ont d'abord affirmé que les chefs d'«al-Nosra» ont été tués dans un raid aérien de la coalition internationale dirigée par les Américains. Mais l'état-major de la coalition, basé à Washington, a assuré qu'aucun raid aérien n'avait été mené ces dernières vingt-quatre heures dans cette région.


L'Agence officielle Sana avait annoncé, auparavant, que c'est l'aviation syrienne qui avait mené cette attaque, avançant le bilan de 18 hauts responsables d'«al-Nosra» tués.


Un extrémiste cité par les agences de presse internationales a déclaré que «c'est un grand coup porté à al-Nosra. Un coup très fort, très douloureux». 


Il y a quelques jours, le chef militaire de cette organisation dans le sud syrien, Abou Omar al-Souri, avait été tué dans des combats contre l'armée syrienne, qui a lancé, avec le Hezbollah, une vaste offensive à Deraa et Quneitra.

 

L'Occident veut récupérer «al-Nosra»

Ce coup sévère porté à «al-Nosra» intervient alors que le Qatar tente de redorer le blason de ce groupe ultra-extrémiste, afin de le réhabiliter sur la scène internationale pour qu'il devienne le principal outil de l'Occident dans sa guerre contre l'Etat syrien. 


Les agences de presse internationales ont rapporté, cette semaine, que les dirigeants d'al-Nosra «envisagent de rompre leurs liens avec al-Qaïda et de former une nouvelle entité afin d'obtenir le soutien financier de pays du Golfe comme le Qatar». Il est clair que cette information distillée par les médias pro-occidentaux vise à préparer l'opinion publique à une réhabilitation de cette organisation, qui n'a cessé à aucun moment de recevoir une aide financière de pays du Golfe, plus particulièrement le Qatar. 


Les mêmes sources ajoutent que des «agents de renseignements du Golfe ont rencontré le chef d'al-Nosra, Abou Mohammad al-Joulani, plusieurs fois au cours des derniers mois afin de l'encourager à lâcher al-Qaïda et à discuter du soutien qu'ils pourraient fournir».


Cet aveu pose en lui-même une grave problématique, car «al-Nosra» est inscrite sur les listes américaine, européenne et onusienne des organisations terroristes, et le seul fait de rencontrer ses dirigeants ou de la financer est une violation flagrante des résolutions de l'Onu.


Présenté comme un proche d'«al-Nosra», un certain Mouzamjer al-Cham, cité par l'agence britannique Reuters, explique qu'«une nouvelle entité va bientôt voir le jour, qui comprendra al-Nosra, Jaïch al-Mouhajirine wal Ansar, et d'autres petites brigades». «Le nom d'al-Nosra sera abandonné. Il se désengagera d'al-Qaïda. Mais les émirs d'al-Nosra ne sont pas tous d'accord, c'est pour cette raison que l'annonce est retardée», ajoute-t-il.


Des sources proches du ministère qatari des Affaires étrangères, également citées par Reuters, confirment que le Qatar souhaite qu'«al-Nosra» devienne une force spécifiquement syrienne sans lien avec al-Qaïda. «Ils promettent à al-Nosra plus de soutien, c'est-à-dire de l'argent et de l'équipement, une fois qu'ils auront rompu les liens avec al-Qaëda», indiquent les mêmes sources.

 

Une vaste comédie

 

Reuters poursuit qu'«en cas de dissolution et de rupture des liens avec al-Qaïda, l'organisation ne changerait pas pour autant d'idéologie. Joulani a combattu avec al-Qaïda en Irak et d'autres commandants sont des vétérans de la guerre d'Afghanistan et sont proches du chef d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri. 


L'intention présumée de changer de nom et de rompre avec al-Qaïda ne serait donc qu'une vaste comédie, permettant aux Etats-Unis et à leurs alliés européens et du Golfe d'officialiser leurs relations avec cette organisation, qui coordonne déjà une grande partie de ses opérations contre l'Etat syrien avec les Occidentaux et les Israéliens. L'établissement d'une zone tampon le long du Golan occupé avec l'aide directe d'«Israël», en est la preuve vivante. Un expert des mouvements terroristes explique que cette relation, dévoilée récemment par des rapports des Nations unies, est une grande source d'embarras pour Washington et l'Europe devant leur opinion publique. 


Le soi-disant changement de nom et le repositionnement ne seraient que des effets cosmétiques qui ne modifieraient en rien la nature extrémiste de cette organisation, dont les méthodes et l'idéologie sont les mêmes que celles du groupe «Etat islamique». 

 

Samer R. Zoughaib

 

SOURCE:

 

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Alstom : Qui n’entend qu’un son n’entend qu’une cloche.

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #Economie, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales

Publié par Jean Lévy

 

Un tramway construit par Alstom, à Paris.

Un tramway construit par Alstom, à Paris.

COMITE VALMY

 

Alstom : Qui n’entend qu’un son

n’entend qu’une cloche

lundi 9 mars 2015,

par Comité Valmy

Description de cette image, également commentée ci-après

COMMUNIQUE DE PRESSE
de Jacques MYARD
et de Daniel Fasquelle
Députés de la Nation

Le 9 Mars 2015

A/S : Alstom : 

Qui n’entend qu’un son

n’entend qu’une cloche

A la veille des auditions des principaux protagonistes de la vente d’Alstom Energie à l’américain General Electric, Daniel Fasquelle, Vice-Président de la Commission des Affaires économiques et Jacques Myard, député des Yvelines ainsi que 53 de leurs collègues dénoncent une mascarade et persistent dans leur demande de création d’une commission d’enquête parlementaire sur ce sujet.

 

En effet, ces auditions proposées par la majorité socialiste ne seront qu’une tribune de plus pour ceux qui sont les chevilles ouvrières de cette désastreuse opération. En écartant les contradicteurs, elles ne permettront en aucun cas de lever les zones d’ombres encore trop nombreuses sur ce dossier économique et industriel majeur particulièrement suivi par les Français qui ont le droit d’être informés.

 

Quel est l’intérêt de n’écouter que ceux qui délivreront tous les mêmes messages ?

Seule une commission d’enquête permettrait d’établir pleinement la vérité sur la base notamment de l’analyse contradictoire des auditions menées au second trimestre par la Commission des Affaires économiques autour des 7 thèmes détaillés ci-dessous. L’ensemble des protagonistes seraient interrogés y compris les représentants en France de Siemens et Mitsubishi et les dirigeants d’EDF, GDF, Areva, SNCF, RATP, Thalès, Safran et DCNS.

 

Une telle commission d’enquête permettrait également d’étudier les éventuels renforcements nécessaires des législations en matière de gouvernance d’entreprise, de transparence des rémunérations des dirigeants, du régime des OPA et d’intelligence économique.

 

Mais il semble que la vérité dérange. Il est certain que les auditions prévues n’y contribueront pas. Au contraire...

 

1 - Réalité de l’offre de rachat d’Alstom par General Electric

Contrairement aux annonces répétées dans l’ensemble des medias en juin dernier, il apparaît que :

- General Electric absorbera pleinement en deux temps les activités Energie d’Alstom pour un prix relativement faible car la vente des participations financières d’Alstom dans les trois co-entreprises est prévue en 2018 après l’élection présidentielle selon un mécanisme quasi-automatique),

- Alstom ne détiendra que 20% du capital de la co-entreprise « nucléaire » et General Electric disposera de la direction opérationnelle des 3 co-entreprises,

- Les salariés d’Alstom ne disposent d’aucun engagement réel de la part de General Electric en matière de maintien de l’emploi sur les différents sites français et encore plus de création de 1000 emplois en France,

- Alstom Transport, désormais seul, ne disposera pas d’un bilan financier suffisamment solide pour faire face à un contexte concurrentiel très difficile et devra payer, et non General Electric, l’amende de 630 millions d’euros pour le contentieux juridique avec les autorités américaines sur plusieurs contrats dans l’énergie en Asie et au Moyen-Orient,

- L’Etat ne devrait pas rentrer pas au capital d’Alstom Transport à hauteur de 20%, ce qui lui aurait apporté les bénéfices d’un actionnariat de long terme qui lui fait actuellement défaut (l’AMF a notamment limité la portée de l’accord Etat-Bouygues et l’Association APPAC a attaqué devant la justice le prêt d’actions prévu dans l’accord),

2 - Liens du groupe Alstom avec la puissance publique

Si Alstom est une entreprise privée, il convient de rappeler qu’il ne s’agit pas d’une entreprise comme une autre et que légitimement la représentation nationale doit pouvoir y exercer un droit de regard :

 

- Le groupe français exerce avec son important tissu de sous-traitants français dans un secteur stratégique à savoir l’approvisionnement énergétique de notre pays, en particulier dans l’énergie nucléaire,

- Alstom a bénéficié en 2003 de l’entrée de l’Etat dans son capital lorsque sa situation financière était compliquée, ce qui lui a permis d’assurer sa pérennité et de maintenir son développement,

- Son activité reste soutenue comme dans le passé par l’aide à l’innovation de l’Etat et par de nombreuses commandes provenant des pouvoirs publics et d’entreprises publiques (EDF, GDF, SNCF, RATP...), commandes qui lui servent de références à l’international où il bénéficie d’un large soutien financier et diplomatique à l’export.

3 - Raisons stratégiques floues concernant cette vente d’Alstom Energie

Les raisons stratégiques de la vente précipitée d’Alstom Energie restent toujours aussi floues alors que la situation financière de l’entreprise était au moment de l’annonce de la vente très appréciable (carnet de commandes de 51 milliards d’euros, commandes de 20 milliards d’euros en hausse de 2% en croissance organique, résultat opérationnel et marge opérationnelle stables d’1,4 milliards d’euros et de 7%).

 

En termes de positionnement par rapport à la concurrence, le groupe français est un leader mondial dans la fourniture des équipements de centrales à charbon, de centrales nucléaires, de centrales hydroélectriques et de transmission électrique. Au-delà de la fourniture de nouveaux équipements, Alstom bénéficie d’une activité récurrente d’opérations de maintenance très rentables sur de nombreuses centrales déjà construites à travers le monde (25% de la puissance électrique mondiale). Le problème de taille critique évoqué pour justifier la vente n’apparaîtrait que dans les activités de l’éolien et des turbines à gaz. Pour les turbines à gaz, il semble même d’après les premières interrogations de la Commission européenne que ce ne serait pas le cas.

 

Cependant, la taille critique serait réelle pour l’ensemble du groupe en termes de surface financière vis-à-vis des banques, ce qui aurait pu justifier un rapprochement avec un autre grand groupe français présent dans un autre secteur industriel. Les conglomérats General Electric, Siemens et Mitsubishi en sont l’exemple concret.

 

Un troublant changement de stratégie de la part du PDG apparaît entre novembre 2013, lorsqu’il annonce un plan de long terme, fondé notamment sur la recherche d’un partenaire pour Alstom Transport, et avril 2014, où le Gouvernement, comme une partie du Conseil d’Administration et du Comité exécutif d’Alstom découvrent, via une information de l’agence américaine Bloomberg, que les activités Energie sont vendues à General Electric.

 

4 - La pression de la justice américaine concomitante avec les négociations avec General Electric

La chronologie révélée par la presse au sujet de la vaste enquête pour corruption menée par la justice américaine à l’encontre d’Alstom et de plusieurs de ses cadres laisse à ce titre interrogatif sur les vraies raisons de cette vente effectuée en secret. La pression des autorités américaines au niveau de la direction générale d’Alstom semble concomitante avec la négociation secrète avec General Electric. Dans un passé récent, 5 entreprises en difficultés avec la justice américaine pour des affaires de corruption ont été rachetées par General Electric, ce qui pourrait laisser penser à un mode opératoire déjà éprouvée.

 

Après l’amende record infligée à la BNP pour utilisation du dollar, monnaie internationale, dans des transactions avec Cuba et le Soudan pourtant légales au sens du droit européen, il convient de s’interroger sur l’utilisation de l’extraterritorialité de la loi américaine comme instrument d’une certaine guerre économique. Le rapport de la délégation parlementaire au renseignement publié en décembre dernier, présidé par le Député PS Jean-Jacques Urvoas et le Sénateur UMP Jean-Pierre Raffarin, attirait déjà l’attention de l’utilisation détournée du Foreign Corrupt Act de 1977 et des sanctions économiques contre des pays comme l’Iran, Cuba, le Soudan et la Libye.

 

5 - Absence de mise en concurrence avec des offres alternatives

S’il apparaît que Bouygues qui détient 29% du capital était vendeur, il était tout à fait envisageable de mettre en place une solution française sans intervention directe de l’Etat actionnaire, notamment via les groupes DCNS, Thalès et Safran qui exercent dans des domaines semblables et qui auraient bénéficié industriellement d’un tel partenariat. Ce fut le souhait exprimé en juin - et non pris en compte par le Gouvernement – de plus de 50 députés au travers d’une tribune d’union nationale (opposition et majorité) publiée dans le Journal du Dimanche du 14 juin 2014.

 

Sur ce point, il convient de s’interroger sur le rôle de David Azéma, Directeur général de l’Agence des Participations en charge du dossier Alstom pour l’ensemble des administrations d’Etat, et qui a rejoint en septembre dernier le bureau européen de Bank of America, la banque d’affaires qui a conseillé Alstom sur la transaction.

 

S’agissant de l’offre alternative de Mitsubishi, associée à Siemens, même si elle correspondait à un achat partiel et donc insatisfaisant, il semble qu’elle n’ait pas été traitée de manière équitable par le Conseil d’administration, ce qui aurait permis à l’offre de General Electric d’être améliorée dans le plein respect des droits des actionnaires. L’aspect différenciant de la prise en charge du contentieux américain par General Electric et non par Mitsubishi-Siemens apparaît nul, Alstom Transport devant porter intégralement l’amende de 630 millions d’euros infligée par la justice américaine.

 

Au final, bien que plus de 70% de l’entreprise ait été cédée sans application du régime des OPA, mis à part Bouygues, les actionnaires d’Alstom semblent avoir été mis devant le fait accompli en devant privilégier la vente associée à une rémunération de court terme plutôt que la création de valeur sur le long terme. Le maintien d’Alstom en l’état faisait en effet courir un risque important après trois trimestres de flou pour les salariés, les clients et les sous-traitants sans compter le risque d’une amende des autorités américaines encore plus élevée.

 

6 - Evolution du cours de bourse

Il apparaît que le précédent Ministre de l’Economie avait saisi l’AMF pour des évènements de cours de bourse surprenants avant l’annonce de la vente. Par exemple, l’avertissement sur résultats financiers à l’origine d’une chute soudaine du cours de bourse fin janvier s’est avéré sans fondement lors de la publication des résultats annuels d’Alstom qui a suivi les informations de l’agence américaine Bloomberg. Ces éléments ont pu déstabiliser les actionnaires et les marchés financiers lors de ce moment crucial pour l’entreprise, et il conviendrait donc d’en effectuer un examen approfondi.

 

7 - Rémunération du PDG et des dirigeants d’Alstom

En cette période de crise économique et social, et alors que l’opération de la vente à General Electric n’apparaît pas être couplée à une création de valeur, la rémunération additionnelle du PDG (150 000 actions gratuites soit plus de 4 millions d’euros) suscite des interrogations légitimes en matière de transparence pour les sociétés cotées en bourse.

 

Liste des députés cosignataires :

Damien ABAD, Julien AUBERT, Jacques-Alain BENISTI, Sylvain BERRIOS, Véronique BESSE, Xavier BRETON, Bernard BROCHAND, Serge CORONADO, Jean-Michel COUVE, Marc-Philippe DAUBRESSE, Jean-Pierre DECOOL, Nicolas DHUICQ, Jean-Pierre DOOR, David DOUILLET, Nicolas DUPONT-AIGNAN, Marie-Louise FORT, Laurent FURST, Sauveur GANDOLFI-SCHEIT, Annie GENEVARD, Guy GEOFFROY, Alain GEST, Georges GINESTA, Daniel GIBBS, Philippe GOSSELIN, Anne GROMMERCH, Henri GUAINO, Jean-Jacques GUILLET, Michel HERBILLON, Philippe HOUILLON, Jean LASSALLE, Pierre LELLOUCHE, Céleste LETT, Lionnel LUCA, Thierry MARIANI, Franck MARLIN, Philippe MEUNIER, Yannick MOREAU, Pierre MOREL A L’HUISSIER, Alain MOYNE-BRESSAND, Jean-Frédéric POISSON, Bérengère POLETTI, Frédéric REISS, Jean-Luc REITZER, Bernard REYNES, Franck RIESTER, Alain SUGUENOT, Lionel TARDY, Jean-Charles TAUGOURDEAU, Michel TERROT, Guy TESSIER, Patrick VERCHERE, Philippe VITEL, Laurent WAUQUIEZ

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Comment Poutine a bloqué le pivot des États-Unis vers l’Asie. Par Mike Whitney le 9 mars 2015.

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La France, #Politique étrangère

Comment Poutine a bloqué le pivot des États-Unis vers l’Asie

Par Mike Whitney le 9 mars 2015

 

«L'effondrement de l'Union soviétique a supprimé la seule limite au pouvoir de Washington qui l’empêchait d'agir unilatéralement à l'étranger... Soudain, les Etats-Unis se sont retrouvés le seul pouvoir, la seule superpuissance mondiale. Les néoconservateurs ont proclamé la fin de l'histoire.»
 
Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint du Trésor Américain

 

Proverbe russe
«Ce n’est pas la faute du miroir si votre visage est tordu.»

Le 10 Février 2007, Vladimir Poutine a prononcé un discours à la 43e Conférence sur la sécurité de Munich qui a ouvert un fossé entre Washington et Moscou, fossé qui n’a fait que s’approfondir au fil du temps. Une heure durant, le président russe a critiqué de manière cinglante la politique étrangère américaine, se livrant à un acte d’accusation en bonne et due forme des interventions américaines dans le monde entier et de leur effet dévastateur sur la sécurité du monde. Poutine n’a probablement pas réalisé l’impact qu’aurait son réquisitoire sur l’assemblée réunie à Munich, ni la réaction des éminences grises états-uniennes, pour qui ces déclarations ont représenté un tournant dans les relations américano-russes. Mais, le fait est que l’hostilité de Washington envers la Russie remonte à cet incident particulier, à ce discours dans lequel Poutine s’est engagé publiquement en faveur d’un système mondial multipolaire, rejetant par là-même les prétentions à un Nouvel ordre mondial des élites américaines. Voici ce qu’il a dit:

«Je suis convaincu que le moment est venu de réfléchir sérieusement à l’architecture de la sécurité internationale. Et nous devons rechercher un équilibre raisonnable entre les intérêts de tous les participants au dialogue international

En disant cela, Poutine a contesté le rôle de seule superpuissance mondiale et de seul responsable de la sécurité mondiale des États-Unis, une position privilégiée que Washington estime avoir méritée par sa victoire dans la guerre froide et qui autorise les États-Unis à intervenir unilatéralement lorsqu’ils le jugent opportun. Le discours de Poutine a mis fin à des années de querelles et de discussions entre les analystes des groupes de réflexion sur la question de savoir si la Russie pouvait être intégrée au système dirigé par les États-Unis ou non. Désormais, ils savaient que Poutine ne danserait jamais sur l’air de Washington.

Dans les premières années de sa présidence, on a cru que Poutine finirait par se plier aux demandes de l’Ouest et à accepter un rôle secondaire dans le système centré sur Washington. Mais ça ne s’est pas passé ainsi. Le discours de Munich a simplement mis en lumière ce que beaucoup de faucons américains et partisans de la guerre froide disaient depuis le début, à savoir que Poutine ne renoncerait pas à la souveraineté russe sans se battre. La déclaration qui contestait l’aspiration américaine à gouverner le monde n’a laissé aucun doute sur le fait que Poutine allait devenir un problème qui devait être réglé par tous les moyens nécessaires, y compris des sanctions économiques sévères, un coup d’État dirigé par le Département d’État US en Ukraine voisine, un complot pour faire s’écrouler le prix du pétrole, une attaque spéculative contre le rouble, une guerre par procuration dans le Donbass en utilisant les néo-nazis comme troupes de choc de l’Empire, et des myriades d’opérations sous fausse bannière pour ternir la réputation de Poutine tout en provoquant des divisions entre Moscou et ses principaux partenaires en affaires européens. Maintenant, le Pentagone projette d’envoyer 600 parachutistes en Ukraine sous prétexte de former la garde nationale ukrainienne, une grave escalade qui viole l’esprit de Minsk 2 et qui appelle à une réponse proportionnée du Kremlin. En un mot comme en cent, les États-Unis utilisent toutes les armes de leur arsenal pour poursuivre leur guerre contre Poutine.

L’assassinat de style mafieux du leader de l’opposition russe, Boris Nemtsov, la semaine dernière, doit être replacé dans un contexte géopolitique actuel plus large. Nous ne saurons sans doute jamais qui a commis le crime, mais nous pouvons déjà affirmer que le manque de preuves n’a pas empêché les médias ou les politiciens américains d’instrumentaliser ce drame pour faire avancer leur agenda anti-Poutine qui est de déstabiliser son gouvernement et de déclencher un changement de régime à Moscou. Poutine lui-même a suggéré que le meurtre pouvait avoir été commandité pour mettre plus de pression sur le Kremlin. Le site World Socialist Web résume ainsi ses implications politiques :

«L’assassinat du politicien de l’opposition russe Boris Nemtsov est un événement politique important, qui découle de la confrontation américano-russe et de la lutte intense qui fait rage actuellement aux plus hauts niveaux de l’État russe. L’administration Obama et la CIA jouent un rôle majeur dans l’escalade de ce conflit pour le faire évoluer dans un sens qui serve les intérêts géo-politiques et financiers internationaux de l’impérialisme américain …

»Il est tout à fait évident que l’administration Obama espère qu’une faction va émerger du sein de l’élite russe, et que, avec le soutien d’éléments de l’armée et de la police secrète, elle va fomenter une révolution de palais et se débarrasser de Poutine…

»Les États-Unis ne cherchent pas à déclencher une révolte populaire générale. (Mais) ils font tout leur possible pour convaincre une fraction de l’oligarchie et de la nouvelle classe capitaliste que leurs intérêts commerciaux et leur richesse personnelle dépendent du soutien des États-Unis. C’est pourquoi l’administration Obama se sert des sanctions économiques individuelles pour faire pression sur les oligarques ainsi que sur des segments plus larges de l’élite entrepreneuriale…

C’est dans le cadre de cette lutte de pouvoir internationale que l’on doit analyser l’assassinat de Nemtsov. Bien sûr, il est possible que sa mort soit la conséquence d’affaires privées. Mais il est plus probable qu’il a été tué pour des raisons politiques. De fait, le moment du meurtre – la veille de la manifestation anti-Poutine de l’opposition à Moscou – est une forte indication que le meurtre était un assassinat politique, et non un règlement des comptes privé.»(Assassinat à Moscou: Pourquoi Boris Nemtsov a-t-il été assassiné? David North,World Socialist Web Site)

Quelques heures après que Nemtsov avait été abattu à Moscou, les médias occidentaux sont passés à l’action en publiant des volées d’articles suggérant l’implication du Kremlin, sans la moindre preuve à l’appui de leurs dires. La campagne d’insinuations s’est renforcée à mesure que de plus en plusd’experts et de politiciens russes donnaient leur avis sur les éventuels responsables. Naturellement, aucune des personnes interrogées ne s’est écartée de la ligne officielle selon laquelle quelqu’un devait avoir effectué l’attentat sur l’ordre de Poutine. Le Washington Post a publié un article qui est un bon exemple des tactiques utilisées dans la dernière campagne de communication visant à discréditer Poutine. Selon Vladimir Gel’man, de l’Université européenne des scientifiques politiques de Saint-Pétersbourg et de l’Université de Helsinki:

«Boris Nemtsov, un des leaders de l’opposition, a été abattu à proximité du Kremlin. À mon avis, cela a toutes les caractéristiques d’un assassinat politique provoqué par une campagne agressive menée par le Kremlin contre lacinquième colonne de traîtres à la nation qui se sont opposés à l’annexion de la Crimée, à la guerre avec l’Occident sur l’Ukraine, et à la diminution croissante des libertés civiles politiques dans le pays. Nous ne saurons jamais si le Kremlin a ordonné ce meurtre, mais Nemtsov était l’un des critiques les plus efficaces non seulement du régime russe en tant que tel, mais aussi de la personne même de Poutine, et sa voix dissidente ne dérangera jamais plus Poutine et son entourage immédiat.(Qu’est-ce que l’assassinat de Boris Nemtsov signifie pour la Russie ?, Washington Post)

L’article du Washington Post est typique des articles publiés dans les médias dominants. Ils sont fertiles en insinuations et accusations mais pour les faits, on repassera. Les principes journalistiques traditionnels d’objectivité et de présentation des faits ont été abandonnés au profit de l’agenda politique de leurs propriétaires. En matière de couverture médiatique, l’assassinat de Nemtsov n’est que la dernière illustration de l’état lamentable des médias occidentaux.

L’idée que des agents de Poutine puissent détruire un candidat de l’opposition à un jet de pierre du Kremlin est pour le moins tirée par les cheveux. Comme un commentateur du blog Moon of Alabama le note:

«L’’image d’un opposant politique étendu mort sur un pont en contrebas du Kremlin n’est-elle pas un peu trop belle? Je veux dire qu’il ne manque que le poignard planté entre les omoplates avec l’inscription : Si vous le trouvez, rapportez-le s’il vous plaît à M. Poutine; je ne peux pas imaginer une meilleure manière d’impliquer le gouvernement. Et, en plus, la nuit précédant un rassemblement de l’opposition que Nemtsov espérait conduire. Pour qui nous prennent-ils?»

On ne peut bien sûr pas nier que Moscou puisse être impliqué, mais cela semble peu probable. L’explication la plus plausible est que le meurtre fait partie du projet de changement de régime et a pour but de créer de l’agitation sociale et de déstabiliser le gouvernement. Les États-Unis ont utilisé ces méthodes tant de fois auparavant dans diverses révolutions de couleur qu’il est inutile de les détailler ici. Mais il faut tout de même rappeler que les États-Unis n’ont pas de lignes rouges quand il s’agit d’atteindre leurs objectifs stratégiques. Ils feront tout ce qu’ils jugent nécessaire pour l’emporter sur Poutine.

La question est pourquoi? Pourquoi Washington est-il aussi déterminé à éliminer Poutine?

Poutine a répondu lui-même à cette question récemment lors de la Journée des travailleurs diplomatiques de Russie. Il a dit que la Russie poursuivrait une politique étrangère indépendante malgré les pressions dans ce qu’il appelle l’environnement international complexe d’aujourd’hui.

«En dépit des pressions que nous subissons, la Fédération de Russie continuera à mener une politique étrangère indépendante, dans l’intérêt supérieur de notre peuple et dans le respect de la sécurité et de la stabilité mondiales.» (Reuters)

Voilà le crime impardonnable de Poutine, C’est le même crime qu’ont commis le Venezuela, Cuba, l’Iran, la Syrie et d’innombrables autres nations qui refusent d’obéir aux directives de Washington.

Poutine a également résisté à l’encerclement de l’Otan et aux efforts états-uniens pour piller les vastes ressources naturelles de la Russie. Et tout en faisant le maximum pour éviter une confrontation directe avec les Etats-Unis, Poutine n’a pas reculé sur les questions qui sont vitales pour la sécurité nationale de la Russie, au contraire, il l’a souligné à maintes reprises, non seulement la menace que pose à Moscou l’avancée de l’Otan, mais aussi les mensonges qui ont précédé son expansion vers l’est. Poutine en a aussi parlé à Munich:

«Je voudrais citer le discours du Secrétaire général de l’OTAN, M. Woerner à Bruxelles le 17 mai 1990. Il a dit à l’époque que le fait que nous soyons prêts à ne pas placer une armée de l’Otan en dehors du territoire allemand donne à l’Union soviétique une solide garantie pour sa sécurité… Où sont ces garanties?»

Où, en effet. Apparemment, ce n’étaient que des mensonges. Comme l’a dit l’analyste politique Pat Buchanan dans son article Poutine n’a-t-il pas raison sur un point?:

«Bien que l’Armée rouge se soit retirée volontairement d’Europe de l’Est et soit rentrée chez elle, et que Moscou ait compris que nous n’étendrions pas l’Otan vers l’est, nous avons saisi toutes les occasions de faire l’inverse. Non seulement nous avons fait entrer la Pologne dans l’Otan, mais aussi la Lettonie, la Lituanie et l’Estonie, et la quasi-totalité des pays du Pacte de Varsovie, ce qui amenait l’Otan à la porte d’entrée de la Mère Russie. Il y a maintenant un projet en cours de réalisation pour y faire entrer l’Ukraine et la Géorgie, un pays du Caucase où est né Staline…

… »Nous semblons maintenant déterminés à rendre permanentes les bases en Asie centrale que Poutine nous avait laissés installer dans les anciennes républiques soviétiques pour libérer l’Afghanistan.

… »Par le biais de la National Endowment for Democracy, ses auxiliaires Démocrates et Républicains et leurs think-tanks exonérés d’impôt, ses fondations, et ses institutions de droits de l’homme comme Freedom House, (…) nous avons fomenté des changements de régime en Europe de l’Est, dans les anciennes républiques soviétiques, et en Russie elle-même…

Ce sont les griefs de Poutine. N’a-t-il pas un peu raison?» (Poutine n’a-t-il pas raison sur au moins un point?, Pat Buchanan, antiwar.com)

Maintenant, les États-Unis veulent déployer leur système de défense antimissile en Europe de l’Est, un système qui – selon Poutine – «va fonctionner automatiquement et faire partie intégrante de la capacité nucléaire des États-Unis. Pour la première fois dans l’Histoire, et je tiens à le souligner, il y a des portions de la capacité nucléaire des États-Unis sur le continent européen. Cela change tout simplement la configuration de la sécurité internationale dans son ensemble. (…)  Nous devons naturellement répondre à cela.»

Comment Poutine peut-il laisser faire cela? Comment peut-il laisser les États-Unis installer des armes nucléaires dans un endroit qui augmentera leur capacité de frapper les premiers, ce qui détruira l’équilibre des forces de dissuasion et mettra la Russie devant le choix d’obéir aux États-Unis ou d’être anéantie. Poutine est obligé de s’opposer à cette éventualité, tout comme il est obligé de s’opposer au principe sur lequel repose l’expansion des États-Unis, à savoir l’idée que la guerre froide a été remportée par les États-Unis, et que donc les États-Unis ont le droit de remodeler le monde en fonction de leurs propres intérêts économiques et géopolitiques. Voici encore Poutine:

«Qu’est-ce qu’un monde unipolaire? Même si on tente d’embellir ce terme, il ne s’en réfère pas moins à une situation où il y a un centre d’autorité, un centre de force, un centre de prise de décision. C’est un monde dans lequel il y a un seul maître, un seul souverain. Au bout du compte, c’est dommageable non seulement pour tous ceux qui vivent au sein de ce système, mais aussi pour le souverain lui-même, car il se détruit de l’intérieur…

»Je considère que le modèle unipolaire est non seulement inacceptable mais aussi impossible dans le monde d’aujourd’hui (…) le modèle lui-même est vicié à la base car il n’est pas et ne peut pas être le fondement moral de la civilisation moderne…» (Munich, 2007)

Quel genre d’homme parle de la sorte? Quel genre d’homme parle des fondations morales de la civilisation moderne ou invoque Franklin D. Roosevelt dans son discours?

Poutine: «La sécurité de l’un d’entre nous est la sécurité de tous. Comme l’a dit Franklin D. Roosevelt pendant les premiers jours de la Seconde Guerre mondiale : Quand la paix a été rompue quelque part, la paix de tous les pays est partout en danger. Ces mots restent d’actualité aujourd’hui.»

J’exhorte chacun à regarder au moins les dix premières minutes du discours de Poutine et à décider par lui-même si la description (et la diabolisation) de Poutine dans les médias est juste ou non. En faisant particulièrement attention à la sixième minute où Poutine dit ceci:

«Nous assistons au mépris de plus en plus grand des principes fondamentaux du droit international. Et les normes juridiques indépendantes se rapprochent, en fait, de plus en plus du système juridique d’un État. Cet État c’est, bien sûr, les États-Unis, qui débordent de leurs frontières nationales dans tous les domaines. Cela se voit dans les politiques économiques, politiques, culturelles et éducatives qu’ils imposent aux autres nations. Eh bien, qui aime cela? Qui est satisfait de cette situation?» (Discours légendaire de Vladimir Poutine à la Conférence sur la sécurité de Munich)

Pendant que Poutine parle, la caméra panoramique s’attarde sur John McCain et Joe Lieberman qui sont assis au premier rang, le visage figé, bouillonnant de rage à chaque mot prononcé par le président russe. Si on regarde d’assez près, on peut voir la vapeur sortir de l’oreille de McCain.

Voilà pourquoi Washington veut un changement de régime à Moscou. C’est parce que Poutine refuse de se laisser mener par le bout du nez par les États-Unis. C’est parce qu’il veut un monde régi par des lois internationales appliquées de manière impartiale par les Nations Unies. C’est parce qu’il rejette un ordre mondial unipolaire où une nation dit à tout le monde ce qu’il doit faire et où la guerre devient le moyen préféré des puissants d’imposer leur volonté aux plus faibles.

Poutine: «Aujourd’hui, nous assistons à une hyper-utilisation, une utilisation presque sans limites de la force, qui plonge le monde dans un abîme de conflits permanents. (…) Les États-Unis outrepassent leurs frontières nationales dans tous les domaines (…) Et bien sûr, c’est extrêmement dangereux. Il en résulte que plus personne ne se sent en sécurité. Je tiens à le souligner – personne ne se sent plus en sécurité.» Vladimir Poutine, Munich 2007.

Poutine n’est pas parfait. Il a ses défauts et ses manquements comme tout le monde. Mais il semble être une personne honnête qui a permis le rétablissement rapide de l’économie de la Russie, qui avait été pillée par des agents des États-Unis suite à la dissolution de l’Union soviétique. Il a élevé le niveau de vie, augmenté les pensions, réduit la pauvreté et amélioré l’éducation et les soins, ce qui explique le taux de satisfaction du public, qui plafonne actuellement à un impressionnant 86 %. Mais ce qui suscite le plus l’admiration chez Poutine, c’est qu’il ose s’opposer aux États-Unis et bloquer leur stratégie de pivoter vers l’Asie. La guerre par procuration qu’il mène en Ukraine a pour but de contrecarrer le plan de Washington de briser la Fédération de Russie, d’encercler la Chine, de contrôler le flux des ressources de l’Asie vers l’Europe et de gouverner le monde. Vladimir Poutine est le fer de lance de cette lutte et c’est pourquoi il a gagné le respect et l’admiration de beaucoup de gens dans le monde.

Quant à la démocratie, laissons encore la parole à Poutine:

«Suis-je un pur démocrate? (Rires.) Bien sûr que oui. Absolument. Le problème est que je suis le seul, le seul de mon espèce dans le monde entier. Il suffit de regarder ce qui se passe en Amérique, c’est terrible, la torture, les sans-abri, Guantánamo, les personnes détenues sans procès ni enquête. Et regardez la violence avec laquelle l’Europe traite les manifestants, des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes sont utilisés dans une capitale après l’autre, des manifestants sont tués dans les rues…  Je n’ai plus personne à qui parler depuis que Gandhi est mort.»

Bien dit, Vladimir.

Mike WHITNEY –  6-8 mars 2015

Article original : CounterPunch – Traduit par Dominique

Source : Saker 

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Ce que cache le discours contre les « conspirationnistes » L’État contre la République par Thierry Meyssan

10 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Antifafs., #La République, #La France, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Terrorisme

Ce que cache le discours contre les « conspirationnistes »

L’État contre la République

par Thierry Meyssan

À la demande du président François Hollande, le Parti socialiste français vient de publier une Note sur le mouvement international « conspirationniste ». Son but : préparer une nouvelle législation lui interdisant de s’exprimer.
Aux États-Unis, le coup d’État du 11 septembre 2001 a permis d’établir un « état d’urgence permanent » (Patriot Act) et de lancer une série de guerres impériales. Progressivement, les élites européennes se sont alignées sur leurs homologues d’Outre-Atlantique. Partout, les citoyens s’inquiètent d’être abandonnés par leurs États et remettent en question leurs institutions. Cherchant à se maintenir au pouvoir, les élites sont désormais prêtes à utiliser la force pour bâillonner leurs oppositions.

Réseau Voltaire International | Damas (Syrie) | 9 mars 2015

 

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Le 27 janvier 2015, le président François Hollande rendait les « complotistes » d’aujourd’hui responsables des crimes commis hier par les nazis contre les juifs d’Europe. Il appelait à leur interdiction d’expression.

Le président de la République française, François Hollande, a assimilé ce qu’il nomme les « théories du complot » au nazisme, puis a appelé à empêcher leur diffusion sur internet et les réseaux sociaux.

Ainsi a-t-il déclaré le 27 janvier 2015 au Mémorial de la Shoah :

« [L’antisémitisme] entretient les théories du complot qui se diffusent sans limite. Théories du complot qui ont, dans le passé, conduit déjà au pire » (…) « [La] réponse, c’est de prendre conscience que les thèses complotistes prennent leur diffusion par Internet et les réseaux sociaux. Or, nous devons nous souvenir que c’est d’abord par le verbe que s’est préparée l’extermination. Nous devons agir au niveau européen, et même international, pour qu’un cadre juridique puisse être défini, et que les plateformes Internet qui gèrent les réseaux sociaux soient mises devant leurs responsabilités, et que des sanctions soient prononcées en cas de manquement » [1].

Plusieurs ministres ont également conspué ce qu’ils appellent les théories du complot comme autant de « ferments de haine et de désintégration de la société ».

Sachant que le président Hollande appelle « théorie du complot » l’idée que les États, quels que soient leurs régimes –y compris les démocraties–, ont une propension spontanée à agir dans leur intérêt et non pas dans celui de leurs administrés, on peut en conclure qu’il s’est livré à cet amalgame pour justifier d’une éventuelle censure de ses opposants.

Cette interprétation est confirmée par la publication par la Fondation Jean-Jaurès, think tank du Parti socialiste dont M. Hollande était le Premier secrétaire, d’une note intitulée « Conspirationnisme : un état des lieux » [2].

Laissons de côté les relations politiques de François Hollande, du Parti socialiste, de la Fondation Jean-Jaurès, de son Observatoire des radicalités politiques et de l’auteur de la note et concentrons nous sur son message et son contenu idéologique.

Définition des « théories du complot »

Les expressions « théories du complot » et « conspirationnisme » se sont développées en France à la suite de la publication de mon livre sur l’impérialisme états-unien post-11-Septembre, L’Effroyable imposture [3]. À l’époque, nous avions du mal à comprendre ce qu’elles signifiaient car elles renvoyaient à l’histoire politique américaine. Aux États-Unis, on appelait couramment « conspirationnistes » ceux pour qui le président Kennedy n’avait pas été assassiné par un seul homme, mais par plusieurs, formant une conspiration (au sens judiciaire). Avec le temps, ces expressions sont entrées dans la langue française et se sont superposées avec des souvenirs des années 30 et de la Seconde Guerre mondiale, ceux de la dénonciation du « complot juif ». Ces expressions sont donc aujourd’hui polysémiques, évoquant parfois la loi du silence états-unienne et, à d’autres moments, l’antisémitisme européen.

Dans sa note, la Fondation Jean-Jaurès donne sa propre définition du « conspirationnisme ».

C’est « un récit "alternatif" qui prétend bouleverser de manière significative la connaissance que nous avons d’un événement et donc concurrencer la "version" qui en est communément acceptée, stigmatisée comme "officielle" » (p. 2).

Observons que cette définition ne s’applique pas qu’aux délires de malades mentaux. Ainsi, Platon affirmait avec le mythe de la caverne remettre en cause les certitudes de son temps ; Galilée avec sa thèse héliocentrique défiait la lecture que son époque faisait de La Bible ; etc.

Pour ma part et puisque l’on voit en moi le « pape du conspirationnisme » ou plutôt l’« hérésiarque », selon le mot du philosophe italien Roberto Quaglia, je réaffirme mon engagement politique radical, au sens du radicalisme républicain français, de Léon Bourgeois [4], de Georges Clemenceau [5], d’Alain [6] et de Jean Moulin [7]. Pour moi, comme pour eux, l’État est un Léviathan qui par nature abuse de ceux qu’il gouverne.
Comme républicain radical, je suis conscient que l’État est l’ennemi de l’intérêt général, de la Res Publica ; raison pour laquelle je souhaite non pas l’abroger, mais le dompter. L’idéal républicain est compatible avec divers régimes politiques —y compris avec la monarchie, comme l’ont acté les auteurs de la Déclaration de 1789—.
Cette opposition, que le Parti socialiste actuel conteste, a tellement marqué notre histoire qu’en 1940 Philippe Pétain abrogea la République pour proclamer l’« État français ». Dès sa prise de fonction présidentielle, j’ai dénoncé le pétainisme de François Hollande [8]. Aujourd’hui, M. Hollande se réclame de la République pour mieux la combattre et son inversion des valeurs plonge le pays dans la confusion.

Qui sont les « conspirationnistes » ?

Les « conspirationnistes » sont donc des citoyens qui s’opposent à la toute-puissance de l’État et qui souhaitent le placer sous surveillance.

La Fondation Jean-Jaurès les décrit en ces termes :

« [C’est une] mouvance hétéroclite, fortement intriquée avec la mouvance négationniste, et où se côtoient admirateurs d’Hugo Chávez et inconditionnels de Vladimir Poutine. Un milieu interlope que composent anciens militants de gauche ou d’extrême gauche, ex-"Indignés", souverainistes, nationaux-révolutionnaires, ultra-nationalistes, nostalgiques du IIIe Reich, militants anti-vaccination, partisans du tirage au sort, révisionnistes du 11-Septembre, antisionistes, afrocentristes, survivalistes, adeptes des "médecines alternatives", agents d’influence du régime iranien, bacharistes, intégristes catholiques ou islamistes » (p. 8).

On notera les amalgames et les injures de cette description visant à discréditer les personnes qu’elle désigne.

Les mythes des « conspirationnistes »

La Fondation Jean-Jaurès poursuit son dénigrement en accusant les « conspirationnistes » d’ignorer les réalités du monde et de croire naïvement en des mythes éculés. Ainsi, nous croirions au « complot sioniste mondial », au « complot illuminati » et au « mythe Rothschild » (p. 4). Et pour créditer ces trois affirmations, elle ne cite qu’un exemple relatif au seul « mythe Rothschild » : le blogueur Étienne Chouard —dont le travail ne porte pas simplement sur la République, mais va bien au-delà pour traiter de la Démocratie [9]— affirme que la loi Pompidou-Rothschild de 1973 est à l’origine de la dette de la France. Et la Fondation de réfuter cette affirmation en citant une tribune publiée par Libération.

On notera ici que l’exemple d’Étienne Chouard nous laisse sur notre faim à propos des deux autres mythes cités. Surtout, la Fondation s’adresse à des ignorants qui n’ont pas lu la réponse de M. Chouard à la tribune de Libération [10], ni la contribution du « conspirationniste » Michel Rocard [11]. En effet, de ce débat, il ressort bien que la loi de 1973 a permis l’explosion de la dette française au profit de banques privées, ce qui aurait été impossible auparavant.

La « complosphère »

Pour la Fondation Jean-Jaurès, les intellectuels conspirationnistes seraient

« essentiellement Nord-Américains. Citons en particulier Webster Tarpley et William Engdhal (tous deux anciens membres de l’organisation politico-sectaire américaine dirigée par Lyndon LaRouche), Wayne Madsen (WayneMadsenReport.com), Kevin Barrett (VeteransToday.com) ou encore Michel Chossudovsky (Mondialisation.ca). Avec leurs homologues européens, ces derniers forment une sorte d’Internationale à laquelle Thierry Meyssan, le président du Réseau Voltaire, a tenté de donner une forme concrète en novembre 2005, en réunissant à Bruxelles une "conférence anti-impérialiste" – "Axis for Peace" – dont la liste des participants se lit comme un who’s who des auteurs conspirationnistes les plus en vue de l’époque » (p. 8).

Observons d’abord que la Fondation Jean-Jaurès ne doit lire que le français et l’anglais, et n’avoir que survolé la liste des participants d’Axis for Peace, pour croire que le phénomène qu’elle décrit ne concerne que la France, le Canada et les États-Unis, alors qu’il comprend une très importante littérature en allemand, en arabe, en espagnol, en italien, en persan, en polonais, en portugais et en russe ; langues qui sont d’ailleurs majoritaires à Axis for Peace.

Notons aussi le caractère malveillant de l’allusion à « l’organisation politico-sectaire américaine dirigée par Lyndon LaRouche ». En effet, Webster Tarpley et William Engdhal ont quitté cette organisation, il y a plus de 20 ans. Et à l’époque où ils en étaient membres, ce parti était représenté en France aux congrès d’une formation d’extrême-gauche

Un peu plus loin, la Fondation Jean-Jaurès ne manque pas de citer l’humoriste Dieudonné M’Bala M’Bala, dont l’État tente d’interdire les spectacles, le sociologue Alain Soral, dont le site internet (EgaliteEtReconciliation.fr) obtient des records d’audience en France, et Alain Benajam (facebook.com/alain.benajam), président du Réseau Voltaire France et représentant du gouvernement Novorossien du Donbass.

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En 1989, l’ancien chef du Renseignement états-unien en Europe, Irwing Brown, révélait aux journalistes Roger Faligot et Rémi Kauffer avoir recruté Jean-Christophe Cambadélis lorsqu’il militait chez les trotskistes lambertistes. 25 ans plus tard, M. Cambadélis est devenu Premier secrétaire du Parti socialiste français.

Les idées politiques des « conspirationnistes »

Après ces apéritifs, la Fondation Jean-Jaurès en vient au cœur du débat, celui des idées politiques. Il définit ainsi celles des « conspirationnistes » :


- « l’effacement de toute distinction de nature entre régimes autoritaires et démocraties libérales (réputées plus « totalitaires » que les pires des totalitarismes) » ;
- « [l’opposition à] toute législation antiraciste sous prétexte de défense de la "liberté d’expression" » ;
- « [le rejet de] la pertinence du clivage droite-gauche, le véritable clivage étant celui qui sépare "le Système" (ou "l’Empire", ou "l’Oligarchie") de ceux qui lui résistent » ; (p. 8)
- « l’idée que le sionisme est un "projet de domination" du monde » (p. 9).

La Fondation Jean-Jaurès cible précisément les sujets de conflit, mais grossit le trait pour discréditer ses opposants. Par exemple, personne ne s’est opposé à la législation antiraciste, mais uniquement et exclusivement à la disposition de la loi Fabius-Gayssot qui punit de prison le débat sur l’extermination des juifs d’Europe [12]

Qu’est-ce que le sionisme ?

La Fondation se livre alors à une très longue analyse de mes travaux sur le sionisme. Elle les défigure puis les commente :

« L’antisionisme revendiqué ici par Thierry Meyssan n’a pas de rapport avec la critique d’une politique conjoncturelle, celle des gouvernements qui ont pu se succéder à la tête de l’État d’Israël. Il ne relève pas d’un anticolonialisme que satisferait le retrait d’Israël des territoires occupés à l’issue de la guerre des Six Jours et la création d’un État palestinien. Il ne procède pas non plus d’un internationalisme qui tiendrait en suspicion, par principe, tout mouvement national d’où qu’il vienne puisque, précisément, il ne tient pas le sionisme pour un mouvement national. Cet antisionisme de facture paranoïaque ne prétend pas combattre le sionisme envisagé dans la diversité de ses expressions historiques, mais une hydre fantasmatique qui serait à la source du malheur du monde » (p. 9).

En voulant conclure sur ce débat et en lui donnant une place considérable dans son analyse, la Fondation Jean-Jaurès en souligne l’importance. Je défends en effet une position jusqu’ici absente du débat politique occidental [13] :
- Le premier chef d’État ayant affirmé son intention de rassembler les juifs du monde entier dans un État qui serait le leur fut Lord Cromwell au XVIIe siècle. Son projet, clairement explicité, consistait à utiliser la diaspora juive pour étendre l’hégémonie anglaise. Ce projet a été défendu par tous les gouvernements britanniques successifs et inscrit par Benjamin Disraeli à l’ordre du jour de la Conférence de Berlin.
- Theodor Herzl lui-même était un disciple de Cecil Rhodes, le théoricien de l’Empire britannique. Herzl avait proposé au départ de créer Israël en Ouganda ou en Argentine, pas du tout en Palestine. Lorsqu’il est parvenu à faire adhérer des militants juifs au projet britannique, il a acheté des terres en Palestine en créant l’Agence juive dont les statuts sont la copie intégrale de la société de Rhodes en Afrique australe.
- En 1916-17, le Royaume-uni et les États-Unis se sont réconciliés en s’engageant ensemble à créer l’État d’Israël, c’est la Déclaration Balfour pour Londres et les 14 points de Wilson pour Washington.

Il est donc parfaitement absurde de prétendre que Herzl a inventé le sionisme, de dissocier le projet sioniste du colonialisme britannique, et de nier que l’État d’Israël est un outil du projet impérial commun de Londres et de Washington.

La position du Parti socialiste sur ce sujet n’est pas innocente. En 1936, il proposait avec Léon Blum de transférer les juifs allemands au Sud du Liban de manière à ce que ce territoire soit annexé par Israël lorsque celui-ci serait créé [14]. Cependant le projet fut rapidement écarté par le haut-commissaire français à Beyrouth, le comte Damien de Martel de Janville, parce qu’il violait à l’évidence le mandat de la Société des Nations. Aujourd’hui le lobby israélien, créé en 2003 au sein du Parti socialiste, alors que François Hollande était Premier secrétaire, s’appelle donc naturellement Cercle Léon-Blum.

Remarques conclusives

En 2008, le professeur Cass Sunstein, conseiller du président Barack Obama et époux de l’ambassadrice US aux Nations unies, avait rédigé une note similaire [15].

Il écrivait :

« Nous pouvons facilement imaginer une série de réponses possibles.
- 1. Le gouvernement peut interdire les théories de la conspiration.
- 2. Le gouvernement pourrait imposer une sorte de taxe, financière ou autre, sur ceux qui diffusent de telles théories.
- 3. Le gouvernement pourrait s’engager dans un contre discours pour discréditer les théories du complot.
- 4. Le gouvernement pourrait engager des parties privées crédibles à s’engager dans un contre-discours.
- 5. Le gouvernement pourrait s’engager dans la communication informelle avec les parties tierces et les encourager
 ».

En définitive, le gouvernement des États-Unis avait décidé de financer des individus, à la fois chez lui et à l’étranger, pour perturber les forums des sites internet « conspirationnistes » et pour créer des groupes leur apportant la contradiction.

Ceci n’ayant pas suffi, la France est appelée à prendre des mesures autoritaires. Comme par le passé, les élites françaises, dont le Parti socialiste forme l’aile prétendument de gauche, se sont placées aux ordres de la principale puissance militaire de l’époque, en l’occurrence les États-Unis.

Pour la mise en œuvre de ce projet, il reste à définir quelle instance, nécessairement administrative, sera chargée de la censure et quels en seront les critères. Ne soyons pas naïfs, nous nous approchons d’une inévitable épreuve de force.

Thierry Meyssan

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Documents joints

 

« Conspirationnisme : un état des lieux », par Rudy Reichstadt, Fondation Jean-Jaurès, Parti socialiste, 24 février 2015.
(PDF - 159.3 ko)
 

[1] « Discours de François Hollande au Mémorial de la Shoah », par François Hollande, Réseau Voltaire, 27 janvier 2015.

[2] « Conspirationnisme : un état des lieux », par Rudy Reichstadt, Observatoire des radicalités politiques, Fondation Jean-Jaurès, Parti socialiste, 24 février 2015.

[3] L’Effroyable Imposture suivi de Le Pentagate, par Thierry Meyssan, Nouvelle réédition, entièrement réactualisée et annotée, éditions Demi-Lune.

[4] Léon Bourgeois, sculpteur français (1851-1925). Théoricien du « solidarisme » (que les socialistes actuels confondent avec la Fraternité). Il fut président du Parti radical, président du Conseil des ministres, premier président de la Société des Nations et lauréat du prix Nobel de la paix en 1920. Avec l’aide du Tsar Nicolas II, il posa le principe des arbitrages entre États, dont la Cour internationale de Justice des Nations unies est l’aboutissement actuel.

[5] Georges Clemenceau (1841-1929). Il défendit les Communards face à la droite et combattit la gauche socialiste de Jules Ferry aussi bien contre son projet de colonisation que contre sa vision de la laïcité. Alors que, durant la Grande Guerre, le pays semblait vaincu, il devint président du Conseil et le conduisit jusqu’à la victoire.

[6] Alain, philosophe français (1868-1951), co-fondateur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA). Il milita pour une république protectrice de la liberté, strictement contrôlée par le peuple.

[7] Jean Moulin, haut fonctionnaire (1899-1943). Il prit le parti des Républicains espagnols et organisa illégalement, malgré le gouvernement socialiste neutre, un trafic d’armes pour résister aux Franquistes. Durant l’Occupation de la France, il dirigea le Conseil national de la Résistance, y incluant toutes les sensibilités politiques à l’exception de celle qui s’était battue aux côtés des Franquistes. Arrêté par les nazis, il mourut sous la torture.

[8] « La France selon François Hollande », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 30 juillet 2012.

[9] La République veille à ce que le Pouvoir serve l’Intérêt général. La Démocratie exige que le Pouvoir soit exercé par tous les citoyens.

[10] « Analyse des réflexions de Monsieur Beitone sur la prétendue rumeur d’extrême droite à propos de la loi de 1973 », par Étienne Chouard, 30 décembre 2011.

[11] Émission Mediapolis sur la radio Europe 1, le 22 décembre 2012, l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard était l’invité de Michel Field et d’Olivier Duhamel.

[12] De nombreux responsables politiques se sont vainement opposés à cette loi, dont l’ancien président Jacques Chirac, et les anciens Premiers ministres Dominique de Villepin et François Fillon.

[13] « Qui est l’ennemi ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 août 2014.

[14] My Enemy’s Enemy : Lebanon in the Early Zionist Imagination, 1900-1948, par Laura Zittrain Eisenberg, Wayne State University Press (1994). Thèse de doctorat vérifiée par Itamar Rabinovitch côté israélien et Kamal Salibi côté libanais.

[15] « Conspiracy Theories », Cass R. Sunstein & Adrian Vermeule, Harvard Law School, January 15, 2008.

Thierry Meyssan

Thierry MeyssanConsultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007). Compte Twitter officiel.

 

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