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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #amerique tag

"Nos armées sont employées pour servir les intérêts américains" Régis Chamagne Colonel de l’armée de l’air à la retraite.

10 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE

"Nos armées sont employées pour servir les intérêts américains" Régis Chamagne Colonel de l’armée de l’air à la retraite

par tvnetcitoyenne
mardi 9 décembre 2014

Interview de Régis Chamagne, colonel de l'armée de l'air, spécialiste de stratégie aérienne, son livre "l'art de la guerre aérienne" a été primé par l'Académie des Sciences morales et politiques, membre de L"UPR de François Asselineau, il est en charge des affaires de défense nationale.

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UN MILLION de citoyens contre le TAFTA, la Commission jette la pétition à la poubelle : « Stop TAFTA », c'est d'abord « Stop UE » ! Par Michel Eldiablo.

10 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #La République, #Economie, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #AMERIQUE, #Les transnationales, #Le grand banditisme

UN MILLION de citoyens contre le TAFTA, la Commission jette la pétition à la poubelle : « Stop TAFTA », c'est d'abord « Stop UE » ! Par Michel Eldiablo.

Article MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Le 4 décembre 2014, le collectif européen « Stop TAFTA » annonce fièrement qu'il a mobilisé 1 million de signatures. En vain, la Commission ne reconnaît pas cette « Initiative citoyenne européenne ». Les dernières illusions sur la démocratisation de l'Europe volent en éclats.

Il faut lire la presse belge, le Soir, pour avoir des nouvelles d'une pétition signée par 1 million de citoyens, de 21 pays différents, contre le Traité de libre-échange trans-atlantique (le TAFTA en anglais), qui devrait ouvrir une nouvelle phase de libéralisation des marchés intérieurs.

Cette pétition devait être livrée au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour ses 60 ans. Elle ne l'empêchera pas de dormir.

L'ICE, le cache-sexe démocratique du Traité Constitutionnel de 2005

314 organisations issues pour l'essentiel de la gauche alter-mondialiste européenne se sont mobilisés depuis septembre pour obtenir les signatures. ATTAC est au coeur du projet, mais on y retrouve aussi les Verts, le PGE (Parti de la gauche européenne) et Die Linke.

Ces organisations alter-européistes ont voulu jouer la carte légale, utiliser l'outil démocratique de l' « Initiative citoyenne européenne » (ICE) tant vantée par les partisans du « Oui » lors du débat sur le Traité constitutionnel de 2005, intégrée finalement au Traité de Lisbonne.

Selon l'ICE, une pétition signée par 1 million de citoyens, venant d'1/4 des pays membres peut être déposée à la Commission européenne. Libre à elle de l'accepter d'abord, de le ré-élaborer éventuellement, et le cas échéant de le transposer en législation. Cela fait beaucoup de « si ».

Une initiative populaire bafouée par une institution anti-démocratique :

quel crédit démocratique y donner ?

C'est un paradoxe qu'on puisse trouver dans un article de Bernard Cassen (« Un déficit démocratique persistant » – figure tutélaire d'ATTAC – les raisons qui expliquaient en 2005 pourquoi l'ICE était un leurre, apportant une légitimité démocratique à une UE anti-démocratique. Le meilleur argumentaire à opposer à l'erreur politique de ses amis d'ATTAC, dix ans après.

L'acceptation de ces pétitions étant soumis au bon vouloir de sa Majesté Commission européenne, elle apporte des conditions de recevabilité d'une rigueur relative :

(1) que la proposition ne soit pas en dehors des attributions de la Commission ;

(2) qu'elle ne soit pas « manifestement abusive, fantaisiste, vexatoire » ;

(3) qu'elle ne soit pas contraire aux valeurs de l'Union européenne.

La Commission a combiné ces motifs pour refuser dès le 11 septembre d'apporter le moindre crédit cette « Initiative citoyenne européenne », sous prétexte officiel que cette pétition est légalement irrecevable car ne concernant pas un acte légal mais un processus de négociation interne à l'UE.

Une justification peut-être foireuse, qui a emmené les organisateurs à s'entêter. D'une part, en apportant du crédit à la Cour de justice européenne pour déjuger la Commission. D'autre part, en persistant par une « Initiative citoyenne européenne » auto-organisée !

Les institutions de l'Union européenne affichent leur mépris pour la démocratie, leur hypocrisie. Ces organisations de gauche ne trouvent rien de mieux qu'à tenter de leur repeindre à tout prix son vernis démocratique craquelé, sur une UE de plus en plus nue.

Ce n'est pas la première pétition que la Commission jette à la poubelle

Peine perdue, selon le Soir, la Commission a confirmé qu'elle ne recevait pas l'Initiative citoyenne européenne. Frustrant.

Mais le résultat des premières ICE ne laissait pourtant aucune illusion, outre le fait qu'elle ouvre la voie, vu le rapport de forces idéologique actuel, aux propositions les plus réactionnaires. Comme le modèle suisse nous l'apprend.

Ainsi, la pétition contre la recherche sur les embryons humains (« Un de nous ») avait mobilisé près de 2 million de citoyens. Elle a été purement et simplement rejetée en mai 2014.

La pétition pour un « droit à l'eau » a connu un sort différent, elle aussi paraphée par 2 million de citoyens. La Commission l'a reçue, et y a répondu en mars 2014, en noyant le poisson.

Elle partage les préoccupations des pétitionnaires, rappelle l'importance de l'eau (sic) mais ne propose aucun enregistrement juridique du « droit à l'eau », ni aucun engagement sur une future libéralisation des services de l'eau, ni son exclusion du TAFTA. Une farce.

Porter une analyse critique sur le TAFTA et sur l'UE

On ne peut pas dire que les partis de gauche, y compris certains partis communistes dont le PCF, n'aient pas nourri de graves illusions à ce sujet.

Sous l'égide du PGE, une pétition avait été lancée à l'été 2012 pour une « banque publique européenne axée sur le développement social, écologique et solidaire ». La Commission l'avait tout bonnement refusée. Une fois c'est une erreur, la deuxième fois c'est un choix.

La question même de l'analyse politique juste que nous devons avoir du TAFTA reste ouverte. On ne peut que s'y opposer, commeinstrument de concentration monopolistique privée, de libéralisation-privatisation des marchés, de constitution d'un bloc impérialiste occidental unifié.

Mais on sent le prétexte utilisé par nos propres dirigeants, français et européens, pour justifier de nouvelles directives de libéralisation cassant les monopoles publics, d'extorsion de fonds publics par les entreprises privées, de poursuite d'une politique de casse sociale au nom de la compétitivité.

En cela, le TAFTA représente une nouvelle phase de ce processus capitalistique, de privatisation, paupérisation, exploitation, dont le coeur reste l'Union européenne du Capital qui depuis six décennies a déjà fait l'essentiel de la politique qui bride toute alternative.

Le marché commun libéralisé, politique commune de casse de l'agriculture (PAC) et de l'industrie lourde (CECA), directives de libéralisation, monnaie unique permettant d'imposer la même politique d'austérité partout : Voilà l'ennemi.

Un traité de libre-échange peut accentuer un processus de libéralisation de marchés, de paupérisation d'un territoire, de mise sous (inter-)dépendance d'une région. Seule une construction politique comme l'UE peut poser les bases d'une structure capable d'imposer une politique commune du capital financier européen contre les peuples.

Il n'y a plus le moindre crédit à apporter à cette Union européenne, en particulier dans son volet démocratique et social, tant vanté dans ses textes de référence, brandi par les illusionnistes de l'européisme de gauche, qu'on retrouve jusque dans le PGE et la CES.

Si on veut rejetter le Traité de libre-écchange trans-atlantique, il faut rejeter cette gigantesque zone de libre-échange – nous imposant d'autres contraintes politiques, économiques plus drastiques – qu'est l'UE. Stop TAFTA, c'est donc d'abord STOP UE !

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UKRAINE : Le FMI prend directement en charge la gestion de l’économie ukrainienne.

10 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La guerre, #Economie, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE

UKRAINE : Le FMI prend directement en charge la gestion de l’économie ukrainienne.

Une équipe du FMI sera au travail à Kiev le 9 décembre 2014 pour renforcer les mesures d’austérité pour la population déjà réduite à la misère. Le gouvernement ukrainien vient d’être constitué.

Il comprend au ministère des finances, l’américaine Nathalie Jaresko, qui a travaillé aux affaires étrangères et dirige un fonds d’investissement US.

Le ministère de l’économie est confié à un financier lituanien dirigeant d’un fonds spéculatif suédois . Il annoncé l’utilisation de «méthodes les plus radicales» pour «réformer».

Ces deux ministres ont été naturalisés quelques heures avant leur entrée en fonction.

Le FMI a prévu des prêts sous condition (ce qu’on appelle une aide), pour un montant de 27 milliards de dollars. Mais la faillite de l’économie est telle que ces sommes ne suffiront pas, selon la mission du FMI du mois de novembre. La première mesure imposé par le FMI en juillet a été l’augmentation du prix du gaz de 50%, qui a fait plonger l’économie.

L’Ukraine a une dette vis à vis de la Russie et doit en payer une partie pour obtenir la poursuite des livraisons de gaz. Le FMI, la Russie, et l’Ukraine se sont mis d’accord sur un échelonnement des paiements : 3,1 milliards ont été payé sur 5,3.

Dans les derniers mois, le gouvernement ukrainien sous la conduite des USA a engagé de lourdes dépenses militaires. La guerre a anéanti l’industrie de l’Est du pays et a provoqué une récession dans toute l’Ukraine. Le plan d’austérité de juillet du FMI a prévu des hausses d’impôts qui se sont évaporées dans la guerre, la corruption et la spéculation.


Le charbon manque du fait de l’arrêt des mines du Donbass. La Russie vient de livrer 50 000 tonnes de charbon à Kiev afin d’alimenter les centrales électriques car les coupures d’électricité se multiplient, tandis que le gouvernement ukrainien engage de lourdes dépenses pour construire un mur à sa frontière Est.

source: POI

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SNCF déportation (suite) :L'accord USA-SNCF n'est pas officiellement connu ici mais la presse israélienne nous en dit plus.

10 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #AMERIQUE, #La nation ., #La République, #La France

Mercredi 10 décembre 2014

SNCF déportation (suite) :L'accord USA-SNCF n'est pas officiellement connu ici mais la presse israélienne nous en dit plus

SNCF déportation (suite)

Publié le 7 Décembre 2014

L'accord USA-SNCF

n'est pas officiellement

connu ici

mais

la presse israélienne

nous en dit plus.

SNCF déportation (suite) :L'accord USA-SNCF n'est pas officiellement connu ici mais la presse israélienne nous en dit plus.

Les faits :

Le nombre des déportés de France dans les camps de concentration ou d'extermination nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale est estimé à plus de 150 000 personnes, dont 80 000 victimes de mesures de répression (principalement des politiques et des résistants) et 75 000 juifs, victimes de mesures de persécution touchant également les Tsiganes.

Au total, disparaissent plus de 100 000 déportés partis de France.(chiffres Ministère de la défense Secrétariat général pour l’administration Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives 14, rue Saint-Dominique 75007 Paris).

Ces déportations sont organisées quasi exclusivement par trains.

800 employés de la SNCF ont été exécutés par les nazis pour avoir résisté aux ordres, 1 200 autres ont été déportés vers des camps de la mort pour sabotage ou autres actes de désobéissance (selon le rappoprt Bachelier colloques SNCF Fournier- Gallois), à ce moment, Canaille le Rouge ne dispose pas d'éléments pour dire combien parmi ces derniers sont revenus vivants.

Maintenant, la suite des évènements du moment, des données concrètes sur la négociation Pepy - USA via un journal israelien mieux informé que la presse nationale française:

Au passage, notons la curiosité ! la presse du pays qui parque les palestiniens dans des camps donne les détails de l'indemnisations concernant les survivants d'autres camps.

Mais cela vaut le coup d'être lu ...et commenté.

http://fr.timesofisrael.com/sncf-paris-versera-60-m-aux-victimes-americaines-de-la-shoah/?utm_source=A+La+Une&utm_campaign=82d1db29c7-Vendredi_5_d_cembre_201

Accrochez vous parce que sur le fond comme sur la forme tout y est :

"Cet accord, qui sera signé lundi, porte sur la création d’un fonds d’indemnisation doté par la France de 60 millions de dollars versés aux autorités américaines en faveur de « quelques milliers » de déportés non français et de leur famille, a précisé l’ambassadrice française aux Droits de l’homme, Patrizianna Sparacino-Thiellay lors d’une visio-conférence de presse.

Chaque déporté survivant, aujourd’hui de nationalité américaine, devrait ainsi recevoir environ 100.000 dollars, selon la diplomate.

En contrepartie, les Etats-Unis se sont engagés à défendre l’immunité de juridiction dont bénéficient les entreprises étrangères sur leur sol, qui les protège de toute poursuite judiciaire ou de toutes autres formes d’action. Un sénateur avait demandé en 2013 au Congrès de réformer cette loi pour pouvoir traduire la SNCF devant les tribunaux américains.

Réquisitionnée par le régime de Vichy, la SNCF a déporté 76.000 juifs dans des wagons de marchandises à travers le pays et vers les camps d’extermination entre 1942 et 1944. Environ 3.000 d’entre eux ont survécu, affirme le groupe.

Cette affaire sensible a failli priver le groupe ferroviaire français SNCF de contrats aux Etats-Unis. L’Etat du Maryland (est) voulait demander, avant de renoncer, au groupe ferroviaire français d’indemniser les victimes de la Shoah avant de postuler à un contrat.

Les deux gouvernements étaient donc désireux de boucler rapidement leurs discussions entamées formellement en février pour notamment couper l’herbe sous le pied à diverses initiatives lancées au niveau local.

Les mesures d’indemnisation concernent tous les non Français – dont beaucoup d’Américains et quelques Israéliens, qui se trouvaient en France entre 1942 et 1944 et qui ont été déportés par bus (comme par ceux de la RATP) et par train (SNCF) – , mais qui ne remplissaient pas les critères français de réparation. Soit parce qu’ils avaient émigré, soit parce qu’ils étaient arrivés sur le sol français après le 1er septembre 1939.

Mais « la SNCF n’a jamais été tenue pour responsable de la déportation. Elle a été un instrument de la déportation. (…) c’est de la responsabilité des autorités françaises » d’en assumer les conséquences, a rappelé la diplomate française. Par conséquent l’entreprise publique SNCF « n’est pas partie dans les discussions (ni) ni dans la mise en oeuvre » de l’accord.

L’accord sera officiellement paraphé lundi par Patrizianna Sparacino-Thiellay et le conseiller spécial du secrétaire d’Etat américain John Kerry sur ce dossier, Stuart Eizenstat.

Il entrera en vigueur quand le Parlement français l’aura validé sous forme d’amendement à la loi de 1948. Aux Etats-Unis, il s’agit d’un « executive order » qui n’a pas besoin d’être validé par le Congrès."

La lecture de ce texte laisse pantois :

1) le texte le révèle, aucune considération humanitaire de près ou de loin ne guide la SNCF. Que des raisons mercantiles liées à l'impossibilité de pouvoir faire tranquillement sont bizeness. Ce n'est pas d'indemnisation et de morale qu'il s'agit mais d'une transaction pour un droit d'accès au marché ferroviaire américain. C'est honteux.

2) indemnisation sélective : la SNCF qui n'a pas même reconnus ses tords envers ses propres agents déportés : loi d'aryanisation d'octobre 40, répression politique et raciale dès la même époque, voir avant (emprisonement de P Semard par exemple où l'ingenieur Bloch qui avait témoigné à son procès en sa faveur et qui sera sortie des effectifs au nom des décrets antisémites d'octobre 40) et redisons le fermement : Budget outre atlantique mais quid des survivants et ayant droit des morts dus à la pratique collabo de la direction SNCF pour ses propres agents ?

3) Sur les termes de l'accord : Quelles indemnisations à des citoyens d'un pays qui n'existait pas au moment du crime ? S'il sont à l'époque français pourquoi les autres français en seraient exclus si ce n'est pas pour de basses raisons du point 1 ? S'il ne sont pas français pourquoi qu'aux seuls ressortissants des USA et (ou) israéliens et ses derniers sur quels critères ?

4) Les critères français de réparations évoqués (et les réparations) si elles sont légitimes, compte tenu du statut de la SNCF, sont-elles en droit de son ressort ? Si comme le dit la presse israélienne

"Mais « la SNCF n’a jamais été tenue pour responsable de la déportation. Elle a été un instrument de la déportation. (…) c’est de la responsabilité des autorités françaises » d’en assumer les conséquences, a rappelé la diplomate française. Par conséquent l’entreprise publique SNCF « n’est pas partie dans les discussions (ni) ni dans la mise en oeuvre » de l’accord."

Pourquoi les cheminots de 2015 devraient-ils payer pour des crimes commis au nom de l'état français par ces collabos du régime allemand d'occupation que le pouvoir à la libération (Fournier président de la SNCF) n'a pas épuré... avant 1946 et donc couvert ?

Que va dire et faire la SNCF si maintenant les survivants et enfants de survivant des trains de la déportation prennent avocats pour exiger l'égalité de traitement ? Canaille le Rouge, qui en connait un nombre conséquent, au vu des motivations à résonnances mercantiles de Pépy, ne fera rien pour les en dissuader.

rédigé par Canaille Lerouge

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Une députée allemande accuse Merkel de servir les intérêts des USA au détriment des citoyens. The French saker.

10 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La guerre, #La France, #La République, #La Russie, #Ukraine, #L'OTAN., #Economie

Une députée allemande accuse Merkel de servir les intérêts des USA au détriment des citoyens. The French saker.

Ajoutée le 9 déc. 2014

Allemand sous-titré en français

Le 26 novembre 2014, devant le Parlement allemand (le Bundestag), Sahra Wagenknecht accuse Angela Merkel de servir les intérêts américains, de façon claire au détriment du bien-être des citoyens allemands et de l'Union européenne.

Traduction en français par Jean-Jacques

The Saker's sites:

http://vineyardsaker.net/ - English
http://www.vineyardsaker.co.nz/ - English Oceania
http://www.vineyardsaker.ru - Russian/русский
http://www.vineyardsaker.fr - French/français
http://www.vineyardsaker.de - German/deutsch
http://www.vineyardsaker.it - Italian/italiano

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TiSA : un accord géant de libre-échange en discrètes négociations

10 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Economie, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Le traité Transatlantique.

TiSA : un accord géant de libre-échange en discrètes négociations

Le Monde.fr | 09.07.2014 • Mis à jour le 15.08.2014| Par Mathilde Damgé et Maxime Vaudano

Réunis à Paris mardi 8 juillet pour préparer le prochain volet de la régulation financière européenne, les représentants du monde financier ne semblent pas être particulièrement au fait des négociations secrètes qui pourraient demain bloquer toute volonté régulatoire de 50 des plus grandes économies mondiales. Une perspective nommée TiSA, pour Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services en français.

WikiLeaks a fait fuiter le mois dernier un document de travail datant d'avril 2014, portant sur le chapitre des services financiers. S'il ne s'agit pas du texte définitif, puisque les négociations sont encore en cours, il permet de se faire une idée de ce à quoi pourrait ressembler cet accord de libéralisation déjà tant décrié.

TiSA : un accord géant de libre-échange en discrètes négociations
C'est quoi l'idée ?

TiSA est une négociation commerciale lancée début 2013 entre 23 Etats, qui se baptisent eux-même les « très bons amis des services », à l'initiative des Américains et des Australiens. Leur objectif est de poursuivre la libéralisation des services engagée par l'Accord général sur le commerce des services (AGCS, GATS en anglais) de 1994, qui combattait le protectionnisme et ouvrait certains secteurs à la concurrence.

50 pays négocient TiSA

Outre les Etats-Unis et l'Union européenne (au nom de ses 28 Etats), 22 pays sont associés à ce jour aux négociations.

Pays initiateur

Pays négociateur (via l'UE)

Pays négociateur

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TiSA vise à réduire au maximum les barrières empêchant les entreprises d'un pays A de mener leurs activités de service dans un pays B, pour stimuler la croissance internationale des entreprises. Barrières que sont, par exemple, les quotas nationaux, les marchés publics réservés, voir les monopoles, ou les normes protectrices. Selon le Peterson Institute, un think tank qui s'intéresse aux problèmes économiques internationaux, un service a aujourd'hui cinq fois moins de chances d'être exporté qu'un bien matériel.

Lire nos explications détaillées : TiSA : les trois dangers du nouvel accord mondial de libéralisation

Pourquoi un tel accord ?

L'idée sous-jacente de TiSA est que les négociations de libéralisation multilatérales incluant tous les Etats de la planète sont trop compliquées : le cycle de Doha, mené depuis 2001 sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), n'a péniblement réalisé que 10 % de ses objectifs en dix ans.

Les « très bons amis des services » espèrent trouver entre eux leur propre consensus, avant de revenir en force à la la table des négociations de l'OMC pour l'imposer au reste du monde. « Si nous n'arrivons pas à convaincre tout le monde, pourquoi ne pas se mettre dans un coin pour commencer cet accord de dérégulation financière, et peut-être ensuite y intégrer tout le monde ? », résume ironiquement Lori Wallach de Public Citizen, une ONG opposée à TiSA.

Quels intérêts sont en jeu ?

On voit à travers la constitution des groupes de lobbying, aussi bien américains qu'européens, les intérêts se dégager clairement pour certains secteurs : le transport maritime, les technologies de l'information et de la communication, l'e-commerce, les services informatiques, le courrier et la livraison, les services financiers et les monopoles publics.

« A titre d'exemple, TiSA représente l'opportunité que les Etats-Unis nous laissent enfin accéder à leur marché de transport aérien », explique-t-on à la Commission. Autres entreprises très impliquées dans le lobbying, les géants des échanges de données bancaires, dont PayPal et Visa.

Dans son plaidoyer pour l'accord, le lobby américain Team Tisa déplore la permanence de barrières au commerce international, comme « le mouvement limité des données à travers les frontières », « la compétition déloyale des entreprises publiques » ou « la propriété locale obligatoire ».

TiSA : un accord géant de libre-échange en discrètes négociations

En France, ce sont Veolia Environnement et Orange qui accompagnent le Medef dans les négociations. Ces derniers n'ont pour l'instant pas accepté de nous expliquer les raisons de leur implication dans ce travail de lobbying.

Que changera concrètement TiSA ?

Pour le savoir, la seule source dont nous disposons aujourd'hui est le document de travail publié par WikiLeaks, qui concerne un seul chapitre de l'accord, consacré aux services financiers. Les outils qui y apparaissent favorisent la libéralisation des secteurs que couvrira l'accord

Concrètement, sur le volet financier, TiSA propose la mise en place d'outils permettant de revenir sur les quelques avancées régulatoires héritées de la crise financière. « On a déjà commencé à rogner sur la régulation, en déclarant notamment que certaines de ces règles relevaient de la simple prudence, alors qu'elles sont absolument nécessaires à la stabilité du système », dénonce Myriam Vander Stichele, militante dans une association en faveur de la régulation financière.

Pour la chercheuse, TiSA est la « tête de pont » d'un autre accord de libre-échange, Fatca, discuté actuellement entre les mêmes partenaires principaux, les Etats-Unis et l'Europe. D'ailleurs, TiSA reprend l'une des idées maîtresses de Tafta : le principe de « coordination », qui empêche d'imposer une régulation qui porterait tort à l'un des signataires. Autant dire, un moins-disant régulatoire généralisé.

Une tendance à la dérégulation qui ne s'infirme pas. Ainsi, les représentants des produits dérivés, produits spéculatifs en vogue sur les marchés financiers, ont récemment attaqué en justice le régulateur américain, la CFTC, dont ils estimaient l'action trop zélée dans un cadre de coopération internationale qui présuppose, selon eux, que les règles soient plus souples si l'on veut les appliquer au plus grand nombre.

Lire également : Comment les Européens poussent les Américains à déréguler la finance

Les négociations sont-elles secrètes ?

Pas totalement. Si l'administration américaine a commencé à communiquer largement sur TiSA en juin 2014, elle était restée longtemps discrète. Le Congrès américain avait toutefois été officiellement informé de l'ouverture des discussions début 2013.

De son côté, le Parlement européen a, avec les votes de la droite et des socio-démocrates (qui ne comprenaient visiblement pas toujours pour quoi ils votaient), accordé un mandat de négociation à la Commission. Laquelle a mené une consultation publique ouverte aux lobbys industriels et aux ONG après le lancement des négociations.

On en sait peu sur le contenu-même des négociations. Seules la Suisse, la Norvège et l'Islande ont publié leurs propositions, comme le note le site BastaMag.

Autre point problématique : le projet d'accord révélé par Wikileaks, comme tous les autres documents de travail de TiSA, était ainsi censé rester secret pendant les cinq années suivant une éventuelle entrée en vigueur du traité. Seul le texte officiel final aurait été connu ; or, maintenir secrets les documents de travail préparatoires empêche une compréhension optimale des implications des accords commerciaux.

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RUSSIE : Vladimir Poutine exige le contrôle des PRIX des ALIMENTS et des MÉDICAMENTS pour éviter la spéculation. INFO REPRISE SUR LE BLOG DE MICHEL EL DIABLO.

9 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La République, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La guerre, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #La mondialisation, #Les transnationales

RUSSIE : Vladimir Poutine exige le contrôle des PRIX des ALIMENTS et des MÉDICAMENTS pour éviter la spéculation. INFO REPRISE SUR LE BLOG DE MICHEL EL DIABLO.

Il faut voir à quel point le dirigeant russe est en train de préparer son pays à un effort de guerre. Il a très bien compris la stratégie des Etats-Unis, celle de l’UE totalement asservie.

Les imbéciles ou les alliés de la CIA qui lui reprochent telle ou telle alliance ne voient pas ou ne veulent pas voir que la guerre est déjà déclarée. Que sont mis en place contre la Russie, une puissance nucléaire, les mêmes propagandes et mécanismes utilisés déjà contre des puissances secondaires, de l’Irak à la Libye.

(note et traduction de Danielle Bleitrach)

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  • Vendredi 5 décembre 2014

Le Président russe Vladimir Poutine a exigé le contrôle jeudi sur les prix des aliments, des médicaments et articles de première nécessité pour éviter la spéculation, au milieu d’une situation économique difficile, caractérisée par l’inflation économique et la dépréciation du rouble.

Poutine a attiré l’attention sur le fait qu’en raison de la chute du rouble, l’inflation monte en flèche et il est nécessaire de protéger les citoyens ayant un faible revenu, les plus touchés par la faiblesse de la monnaie locale et par la hausse des prix du panier alimentaire de base.

Le Cabinet et les régions doivent contrôler la situation des prix des produits alimentaires, des médicaments et des produits de première nécessité, a souligné le Président dans la lecture du message annuel devant l’Assemblée parlementaire .

Dans le même temps, il a appelé à saisir l’opportunité de la faiblesse du rouble dans les possibilités concurrentielles des entreprises nationales et la substitution des importations, pour fournir à la population et au marché des produits et des médicaments de qualité et à des prix abordables.

La Santé, l’éducation et le système d’assistance sociale doivent devenir une prestation publique réelle et servir tous les citoyens du pays, a déclaré le dirigeant russe lors d’un discours de plus d’une heure avec les représentants de tous les pouvoirs de l’État.

En termes de santé, Poutine a opté pour une généralisation du système de l’assurance maladie, malgré les imperfections et les restrictions d’accès et le contrôle de l’État pour la qualité des prestations et des services des établissements médicaux.

Il a dit que le gouvernement poursuivrait les programmes démographiques, avec une attention particulière envers les mères et les familles avec plusieurs enfants, les mères potentielles.

Poutine a rappelé la crise démographique qui a frappé la Russie dans les années 1990, avec effet au début de 2000, faible taux de natalité, un taux de mortalité élevé et la réduction de l’espérance de vie.

L’ONU avait alors prévu une réduction à 136 millions de personnes vers 2012 et aujourd’hui il y a 144 millions d’habitants, 8 millions de plus que l’estimation de l’Organisation des Nations Unies, a expliqué le Président.

Il a ajouté que la population de la Russie devrait dépasser les 146 millions d’habitants avec la Crimée et Sébastopol, intégrée à la Fédération comme de nouveaux sujets administratifs en mars de cette année, pour la fin 2014.

Il a dit que l’amélioration des indicateurs a été le résultat de l’efficacité des programmes démographiques, qui se poursuivra et s’étendra à la Crimée et Sébastopol, a déclaré l’homme d’État.

source : histoire et société

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L'impromptu de Vnoukovo, le 7 décembre 2014. Par Jacques Sapir

9 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #Politique étrangère, #Economie, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Ukraine

L'impromptu de Vnoukovo

7 décembre 2014

La rencontre impromptue du samedi 6 décembre entre les Présidents Hollande et Poutine, lors d’une escale du premier à son retour du Kazakhstan marque peut-être un tournant dans les relations avec la Russie. Ces dernières étaient devenues franchement détestables avec la crise ukrainienne, mais leur détérioration était en réalité bien antérieure à cette crise.

L'impromptu de Vnoukovo, le 7 décembre 2014. Par Jacques Sapir

Même s’il ne faut pas trop attendre d’une réunion d’une heure, même si – et l’Elysée a bien tenu à le préciser – il y a eu concertation préalable avec la Chancelière Angela Merkel, il est clair que cette rencontre, organisée à la demande du Président français, constitue une étape importante dans l’amélioration de ces relations. Il faut donc s’en réjouir.

Une rencontre prévisible

Cette rencontre, pour inattendue qu’elle ait été, n’en était pas moins prévisible. En France, tout d’abord, de nombreuses voix commençaient à se faire entendre pour souligner l’extrême fragilité de notre position, qu’on la considère sur le plan moral, en raison de la révélation progressive tant des crimes de guerre commis par certaines des troupes du gouvernement de Kiev que des conditions réelle de son arrivée au pouvoir, ou politique, avec le risque réel de déboucher sur une nouvelle « guerre froide », ou enfin économique. La France, tout comme l’Italie et l’Allemagne, a beaucoup à perdre avec le maintien des « sanctions ». Le risque de voir la Russie se détourner de l’Europe pour de longues années était bien réel. Bref, il fallait mettre un coup d’arrêt à cette logique profondément destructrice. Un tel point de vue était apparu depuis ces dernières semaines dans les milieux proches du Quai d’Orsay. Dans la conférence de presse commune qu’il avait faite avec le Président du Kazakhstan, M. Nursultan Nazerbaev, François Hollande avait largement ménagé, dans ses propos, son homologue russe. Par ailleurs, il ne pouvait pas ne pas mesurer l’incohérence d’une position qui amène la France à avoir des bonnes relations avec des pays avec lesquels les causes de conflits, qu’elles soient latentes ou explicites, sont bien plus importantes qu’avec la Russie. Ceci a été dit et répété. Tout ceci rendait nécessaire une initiative forte de la diplomatie française sur ce dossier. La visite du président François Hollande au Kazakhstan fournissait l’occasion. Elle fut donc saisie. Mais, il convient ici de rappeler que François Hollande était demandeur.

Se réjouir, mais ne pas se bercer de fausses illusions

Il n’en reste pas moins qu’il ne faut pas trop en attendre. Assurément, toutes les conditions pour la « désescalade » sont réunies. On a déjà noté la déclaration du Commandant en Chef des forces de l’OTAN, le général Breedlove, qui déclarait le 26 novembre dernier à Kiev qu’il n’y avait pas de troupes de combat russes dans le Donbass. Par ailleurs, un nouvel accord de cessez-le-feu entrera en vigueur le 9 décembre entre les troupes de Kiev et celles des insurgés. De plus, avec l’arrivée de l’hiver, un certain sens des réalités va s’imposer à Kiev. Des accords économiques ont d’ailleurs été signés, tant avec la Russie qu’avec les insurgés du Donbass. C’est dans ce contexte qu’il faut replacer la décision de Kiev de suspendre tous les salaires et tous les versements sociaux à la population du Donbass. Pour scandaleuse que puisse paraître cette mesure, il faut aussi comprendre qu’elle signifie une reconnaissance de fait que la partie insurgée n’est plus l’Ukraine. En un sens, c’est aussi une décision qui va vers une stabilisation de la situation.

On peut donc s’attendre à ce que tant l’OTAN que les Russes, comprenant que cette crise les entrainait dans une spirale dont ils pouvaient à tout instant perdre le contrôle, trouvent un intérêt commun à faire descendre la tension. Il est tout aussi certain que tel est bien l’intérêt de la France, et ceci est compris par François Hollande. Outre la pression des industriels, qui va bien au-delà de la question de la livraison des deux BPC de classe « Mistral », il conçoit que cette tension est délétère pour l’ensemble du continent.

N’est pas de Gaulle qui veut

Il n’en reste pas moins que la position de la France n’est plus aujourd’hui celle qu’elle avait dans les années 1960 et 1970. D’une part, la France a réintégré le commandement intégré des forces de l’OTAN. Cet acte nous lie bien plus étroitement que par le passé à la politique des États-Unis. D’autre part, l’existence de l’Union européenne, mais aussi le parti-pris très européiste de François Hollande, viennent limiter l’autonomie de la politique étrangère française. On sait qu’au sein de l’UE, un groupe de pays donne dans une véritable hystérie anti-russe, comme la Pologne, la Suède et les Pays Baltes. Cette hystérie est largement partagée au Parlement européen. D’autres pays, tels la Hongrie, la Slovaquie ou la Bulgarie, ont des positions bien plus compréhensives quant il s’agit de la Russie. Enfin, de ce point de vue, l’Allemagne, la France et l’Italie ont toujours adopté une attitude médiane, qui s’explique tant par leur histoire que par l’étendue de leurs relations économiques avec la Russie. Il faut comprendre que les tensions internes à l’UE étaient en train d’atteindre un point de rupture. La décision de la Russie d’annuler le projet « South Stream », prise ces derniers jours, constituait un avertissement très clair. La Russie signifiait par ce geste une préférence pour des livraisons de gaz à l’Asie (Chine, mais aussi Corée du Sud et Japon). Il est clair que, dans les motivations qui ont poussé François Hollande à demander cette rencontre à Vladimir Poutine, il y a aussi la volonté d’éviter que cette crise, si elle continuait à monter en agressivité, ne provoque des déchirements irrémédiables dans l’UE. Aussi, rien ne serait plus faux que de voir en François Hollande un « continuateur » de la politique du Général de Gaulle. Sa démarche s’inscrit dans la ligne européiste et atlantiste qui est la sienne.

Quel futur ?

Il faut maintenant considérer quels pourraient être les débouchés de cette rencontre. La situation au Donbass peut se stabiliser, si Kiev est décidé à jouer le jeu du cessez-le-feu. Mais la solution de la « fédéralisation » de l’Ukraine, telle qu’elle est officiellement défendue par la Russie, n’apparaît pas réellement applicable. Cette solution eût été possible en juin 2014, avant les combats de la fin juin au début du mois de septembre. D’ailleurs, dans certaines vidéos, on sent bien qu’au-delà de leurs divergences il y a bien le sentiment tant des militaires ukrainiens que des insurgés d’appartenir à la même Nation. Mais, aujourd’hui, il est à craindre qu’il n’y ait trop de haines inexpiables. Au mieux, la « fédéralisation » pourrait prendre la forme d’une région autonome de l’Ukraine, sur le modèle du Kurdistan comme région autonome (et de fait quasi-indépendante) de l’Irak. L’autre solution est celle d’une indépendance non-reconnue, comme c’est le cas en Abkhazie ou en Ossétie du Sud. Un point important est ici celui de la monnaie. Si Kiev maintient son blocus monétaire, les responsables de Donetsk et Luhansk n’auront le choix qu’entre imprimer leur propre monnaie ou adopter le rouble russe. Dans tous les cas, ceci rendra encore plus difficile la perspective d’une future réunification de l’Ukraine.

Dans le reste de l’Ukraine, une fois l’émotion nationaliste passée, il faudra se rendre à l’évidence : le pays n’intègrera pas l’UE avant au moins vingt ans, et peut-être plus, et ne sera pas membre de l’OTAN. Les dirigeants ukrainiens ne veulent pas l’admettre alors que c’est une évidence, répétée par l’ensemble de leurs interlocuteurs officiels. Que se passera-t-il quand la population comprendra que le rêve d’une adhésion rapide à l’UE, si tant est que ce soit un « rêve », ne se réalisera pas ? Qu’à la place, elle aura affaire aux sbires de la Troïka et du FMI, et à une austérité meurtrière ainsi qu’à une destruction de toutes ses conquêtes sociales ? Dans ce contexte, tout devient possible, du retour vers la Russie à des demandes locales de rejoindre des pays de l’UE (la Galicie vers la Pologne, et la Ruthénie vers la Hongrie), qui signifieraient l’éclatement pur et simple du pays.

Surmonter la défiance

La rencontre entre les Présidents Hollande et Poutine a été un pas en direction d’une meilleure compréhension réciproque. Mais, le chemin pour désamorcer la défiance qui s’est accumulée des deux côtés sera long tant sont importants et durables les griefs. Il faut comprendre que la crise ukrainienne a cristallisé plus qu’elle n’a créé ces griefs qui se sont accumulés, surtout du côté russe, depuis 1998. Que l’on se souvienne de l’affaire du Kosovo, de l’intervention des parachutistes russes à Pristina, ou de la décision américaine d’envahir l’Irak en 2003. Si l’on veut rétablir la confiance il faudra mettre toutes ces questions sur la table. Pour cela une conférence, sur le modèle de celle qui se tint à Helsinki en 1975, s’impose. La conférence historique CSCE (ou Conference on Security and Cooperation in Europe) fut en effet une étape majeure dans le rétablissement d’un véritable dialogue entre les pays du Pacte de Varsovie et l’OTAN. Mais, cette fois, le dialogue devra être limité aux seuls pays européens, ce qui revient à en exclure les États-Unis et le Canada. J’ai déjà présenté l’idée de cette conférence dans une table ronde organisée par la Duma à Moscou, le 25 novembre[1]. J’en rappelle ici les thèmes qui me semblent importants. Il y en a trois :

  • (a) Définir les règles qui permettent de gérer la contradiction existant entre les principes westphaliens et ceux nés des Lumières et de la Révolution française de 1789. La souveraineté de l’État demeure la pierre de touche de toutes les relations internationales, mais aussi de la démocratie à l’intérieur de chaque État. Mais, certains principes comme le droit de décider de son propre futur et la nécessité de protéger les populations ont acquis une importance grandissante. La question est de savoir comment ces principes contradictoires peuvent se réconcilier avec le moins d’ambiguïté possible. Il n’est plus possible de voir les règles internationales subverties comme on le vit au Kosovo pour ensuite entendre les pays de l’UE proclamer leur attachement indéfectible à ces mêmes règles.
  • (b) Définir les règles de la sécurité collective, mais aussi du possible emploi de la force militaire, en Europe et dans sa périphérie. Le traité CFE est mort mais il nous faut un autre traité. Il doit inclure des règles sur l’utilisation légitime de la force militaire, là encore avec le moins d’ambiguïté possible. L’idée d’un monde où nulle force militaire ne serait nécessaire n’est pas aujourd’hui réaliste. Ce traité permettrait de résoudre des situations comme celles de la Libye en 2011 ou celle qui est en train de se développer à la frontière entre la Syrie et l’Irak, ou encore celle qui se développe en Afrique sub-sahélienne où la France intervient militairement depuis janvier 2013.
  • (c) Définir les règles de la coopération économique, scientifique et culturelle. La coopération est nécessaire non seulement entre les États mais aussi entre des régions constituées de différents États. Nous devons trouver des règles communes gouvernant cette coopération sans mettre en danger le principe de souveraineté tel qu’il est définit dans le premier point. Le problème principal est ici d’atteindre la coopération et non de désigner d’en-haut quelque nouvel État “supranational” sous un quelconque travesti économique ou social.

Ce programme est ambitieux, mais il est le seul qui puisse permettre de reconstruire une véritable confiance qui est nécessaire si nous voulons réellement dépasser la situation actuelle. Cependant, pour atteindre cet objectif, il est nécessaire que meurent certains comportements et certains discours. Le premier est la prétention des pays de l’Union Européenne de vouloir représenter l’Europe et en même temps d’être les porteurs des plus hautes valeurs morales. C’est ce que l’on peut appeler « l’exceptionnalisme » européen, tout aussi nocif que l’exceptionnalisme américain. Il faut se souvenir que l’Europe n’est pas l’UE. Ceci est vrai au sens géographique, au sens culturel et aussi dans un sens politique. Les discours au sujet des “valeurs européennes” que l’on entend dans différentes capitales ne servent en fait qu’à établir une nouvelle barrière idéologique à la coopération. Non que le développement des institutions de l’UE n’ait donné lieu à des débats vigoureux et importants. Mais revendiquer une position dominante en ce qui concerne les “valeurs morales” est ici sans fondement et est en fait autodestructeur. Les pays de l’UE ont à plusieurs reprises manqué à leurs prétendus “principes,” que ce soit dans les affaires internationales comme avec le Kosovo et plus tard avec la participation de certains pays de l’UE (comme la Pologne) dans la guerre d’agression des États-Unis contre l’Iraq en 2003, ainsi que dans leurs affaires intérieures.

Il faudra donc que l’Union européenne fasse preuve d’humilité et de raison si elle veut aboutir une véritable confiance avec la Russie.

[1] Voir Sapir J., « Surmonter la Crise de Confiance », note postée le 26 novembre 2014 sur RussEurope, http://russeurope.hypotheses.org/3076

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Le Sénat autorise l'’intervention militaire italienne en Syrie. Article de Manlio Dinucci du 7 décembre 2014.

9 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La mondialisation, #La guerre, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #L'Italie.

Le Sénat autorise l'’intervention militaire italienne en Syrie. Article de Manlio Dinucci du 7 décembre 2014.

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 7 décembre 2014

Url de l'article:
http://www.mondialisation.ca/le-senat-autorise-lintervention-militaire-italienne-en-syrie/5418534

Commission des affaires étrangères. Sénat.

Commission des affaires étrangères. Sénat.

Url de l'article:
http://www.mondialisation.ca/le-senat-autorise-lintervention-militaire-italienne-en-syrie/5418534

La Commission affaires étrangères au Sénat, dans une résolution sur la Syrie (Doc. XXIV, n° 43), a engagé le gouvernement à « soutenir par tous les moyens, y compris militaire, l’'action de la coalition internationale »: en d’autres termes, elle a autorisé (avec un vote favorable PD-Pdl et un vote opposé du Sel et 5Stelle[1]) une intervention militaire directe de l’Italie en Syrie.

La crise syrienne -déclare la prémisse approuvée par contre aussi par Sel et 5Stelle- s'’est transformée en guerre civile « à cause de la responsabilité claire et reconnue du régime du président Assad », créant « le terrain idéal pour le renforcement de l’'extrémisme fondamentaliste armé, en particulier de celui de Daesh » (Emirat islamique) qui constitue aujourd’hui « une menace à l'’intégrité territoriale des pays de la région, en plus d’'être un des plus grands défis contemporains à la sécurité, à la démocratie et à la liberté ».

ISI Mac Cain
ISI Mac Cain

ISI Mac Cain

Ce sont en réalité les Etats-Unis et les alliés majeurs de l’Otan qui ont financé, armé et entraîné en Libye en 2011 les groupes islamistes jusque peu de temps auparavant définis comme terroristes, parmi lesquels les premiers noyaux du futur EI. Ils ont été approvisionnés en armes à travers un réseau organisé par la Cia (comme l’indique une enquête du New York Times en mars 2013) quand, après avoir contribué à renverser Khadafi, ils sont passés en Syrie pour renverser Assad ; ce sont, encore, les USA et l’Otan qui ont favorisé l’offensive de l’EI en Irak (au moment où le gouvernement al Maliki s’éloignait de Washington, en se rapprochant de Pékin et Moscou). De nombreuses preuves existent à ce sujet. Par exemple la photo du sénateur étasunien John McCain, en mission en Syrie pour le compte de la Maison Blanche, qui rencontre en mai 2013 Ibrahim al-Badri, le « calife » à la tête de l’EI. Ou le reportage télévisé transmis il y a quelques jours seulement par la chaîne allemande Deutsche Welle[2], qui montre comment des certaines de camions TIR traversent chaque jour sans aucun contrôle la frontière entre la Turquie et la Syrie, en transportant des chargements destinés à Raqqa, base des opérations EI en Syrie.

La Commission du Sénat soutient en outre que l’intervention militaire en Syrie, effectuée par la coalition internationale dont fait partie l’Italie, est autorisée par les résolutions 2170 et 2178 du Conseil de sécurité de l’Onu. Alors qu’en réalité elles ne stipulent que l’obligation des pays membres de l’Onu de prévenir le recrutement, l’organisation, le transport et l’équipement d’individus qui se rendent dans d’autres Etats dans le but d’opérer des actes terroristes (ce que font justement les Usa et l’Otan).

L’intervention militaire en Syrie des Etats-Unis et de leurs alliés n’est donc pas autorisée par le Conseil de sécurité. Et, centrée en apparence sur l’EI (en réalité fonctionnelle à la stratégie USA/Otan), elle vise la démolition complète de la Syrie, jusqu’ici empêchée par la résistance intérieure et la médiation russe en échange du désarmement chimique de Damas, et la réoccupation de l’Irak. Dans cette guerre peut maintenant aussi entrer l’Italie.

Manlio Dinucci

Géographe et journaliste

Edition de dimanche 7 décembre 2014 de il manifesto

Sous le titre Roma si accoda alla guerra contro lo Stato Islmico in Siria

http://ilmanifesto.info/roma-si-accoda-alla-guerra-contro-lo-stato-islamico-in-siria/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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Le Captagon, arme principale des jihadistes.

9 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Ukraine, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La mondialisation, #Le grand banditisme

Le Captagon, arme principale des jihadistes

Le Captagon, arme principale des jihadistes.

Ceci explique en partie les atrocités commises en Syrie et démonte complètement la présentation que l’on veut nous faire de ces bandes de mercenaires comme des djihadistes fanatiques. Pour être fanatique cela suppose avoir foi en quelque chose. Or ici, énormément de facteurs liés à la drogue et à l’appât du gain, sans parler de la crainte d’être exécuté, agissent comme moteurs principaux pour ces paumés.Le Captagon est non seulement une arme pour les mercenaires qui combattent sur le terrain, c’est aussi une arme redoutable pour ceux qui le fournissent car l’addiction aux amphétamines peut faire faire ce que l’on veut.

***

Alors que les médias occidentaux et du Golfe laissent penser que les jihadistes se nourrissent principalement de la lecture du Coran, les saisies effectuées en Syrie montrent qu’en réalité, ils se droguent au Captagon.

L’armée arabe syrienne a saisi en deux jours une voiture pleine de comprimés de Captagon et un camion citerne en contenant une tonne.

Le Captagon (Fénétylline chlorhydrate) est une amphétamine qui suscite une certaine euphorie et insensibilise à la douleur. Mêlé à d’autres drogues, comme du haschich, il constitue la ration alimentaire de base des jihadistes. Les combattants ne ressentent plus ni leurs souffrances, ni celles qu’ils infligent aux autres. Dès lors, ils peuvent commettre toutes sortes d’atrocités en riant.

Contrairement à une idée répandue, les jihadistes ne sont pas motivés par des préoccupations religieuses, mais par la recherche de plaisirs immédiats. Ils sont principalement recrutés parmi les voyous et dans les prisons.

Fabriqués en 2011 par l’Otan dans un laboratoire en Bulgarie, le Captagon est maintenant produit dans tout le Proche-Orient, y compris sur le territoire syrien.

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