Les tricheurs ont sorti leur atout de leur manche. Cet atout, c’est Bernard Henri Lévy. Un personnage dont l’apparition signifie immuablement que le sang va couler. Un personnage dont la présence en Ukraine annonce que tous les pourparlers sur le règlement pacifique de la situation dans le Donbass peuvent être considérés d’avance comme voués à l’échec. Un personnage dont le voyage à Kramatorsk avec le président Porochenko ne laisse aucun doute sur la nature de la provocation et met tous les points sur les « i » quant à la recherche de la vérité sur la provocation analogue commise à Mariopoul.

Par le plus grand des malheurs, Bernard Henri Lévy est toujours à la fois l’annonciateur et l’instigateur des pires événements. C’est un maître dans son domaine. Et son domaine – c’est créer pour l’Occident une réalité qui pourrait justifier et même faire approuver le sang qui coule.

Les espoirs mis dans l’ukraïnité combative ne se sont pas réalisés. Tournées en bourrique, les troupes, du fait de la fuite de leurs commandants, ne prennent même pas l a mesure de la précarité de leur situation à Devaltevo. Les armes se vendent. La mobilisation est un échec retentissant. Les oligarches ne veulent pas s’enliser dans la guerre au Donbass, les commerçants sont plus enclins à marchander et à contracter entre eux qu’à entretenir une armée en guerre. Kiev ne dirige pratiquement plus rien, il ne sait que menacer en faisant les gros yeux et renforcer la répression, démontrant par là-même avoir perdu la maîtrise de la situation. Sans même parler de la perte définitive de l’initiative.

L’arrêt « Guerre civile » est resté derrière nous: les gens refusent catégoriquement de faire une guerre à part entière les uns contre les autres, les « patriotes » shootés sont trop peu nombreux pour tenir face aux forces de la LDNR. La guerre exige des ressources humaines, ceux qui l’attisent sont contraints d’enrôler en hâte des mercenaires.

La thèse sur l’agression russe s’embourbe. Ni la succession de provocations sanglantes, ni l’exhibition franchement imbécile des « passeports des militaires russes » devant le public occidental ne paraissent suffisamment convaincantes pour faire approuver la destruction générale du vivant dans les Républiques de Lougansk et de Donetsk sous le mot d’ordre de « lutte contre les terroristes ».

Le temps passe. L’armée des Républiques avec chaque nouvelle victoire récupère non seulement les armes et les munitions abandonnées, mais acquiert également une supériorité morale sur l’adversaire.

Les crimes du régime de Kiev contre la population civile – pilonnages cyniques des transports publics, immeubles résidentiels, hôpitaux, centres de distribution de l’aide humanitaire – ne font que renforcer dans le cœur des habitants de Donetsk et de Lougansk la haine et le désir brûlant de régler les comptes avec Kiev pour les actions commises.

Il faut une autre réalité et des « mesures de représailles » subséquentes. Comme cela a eu lieu déjà bien des fois.

D’où l’entrée en scène de Bernard Henri Lévy.

Attendez-vous à une tragédie.

Traduction de Laurence Guillon

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