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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #amerique tag

2015, L’Odyssée de la société. Par Fabrice Aubert.

22 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Economie, #La France, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #La lutte des classes, #AMERIQUE

2015, L’Odyssée de la société

SYNOPSIS  : Nous sommes en 2015, à la recherche de la « société disparue », engloutie au fond des « âges farouches » de l’individualisme, du « marché autorégulateur », de la compétitivité du « sacrifice », et du management. La politique, qui suppose débat contradictoire a disparu. « Transparence » oblige, tout est désormais piloté automatiquement, par la MATRIX, dépositaire de « l’équilibre général » et… des sacrifices.

2015, L’ODYSSEE DE LA SOCIETE (Episode I)

LE FORMATAGE DE LA « MATRIX » : Des machines pilotées par informatique, dont le programme s’appelle « marché libre et non faussé » gèrent désormais les destinées humaines, dans un pacte appelé « pacte de gouvernance » qui s’est substitué, sans le dire et sans référendum, à la Démocratie. Le citoyen, désormais appelé « client », est une cible « marchandise » que s’arrachent les publicitaires qui ont pris le pouvoir du « cloud ». La mémoire de l’humanité et ses évolutions, dénommées « Histoire », ont été « scratchées », et remplacées par des disques durs formatés sur la temporalité… du marché, autant dire de « l’instant » qui « fixe un prix ». Tout bien, service, ou « être vivant » (animal ou humain) dépend désormais d’un prix, et pour les humains, sa valeur est définie par le « marché du travail », qui fixe le prix du labeur de chacun, en fonction de la demande de la « MATRIX ». Le prix est fixé à la journée, le S.M.I.C ayant disparu (trop cher). Le dimanche on travaille aussi, suite à la loi « Macron ». D’ailleurs, il n’y a plus ni dimanche, ni lundi. Les jours, la semaine, le mois, l’année, les saisons (réchauffement climatique oblige) ont disparu, il faut « simplifier », il n’y a plus que… l’instant, qui en fonction de « l’offre et de la demande », fixe le prix, via la MATRIX.

Bien sûr, ce monde numérique du « meilleur des mondes » [1] a aussi supprimé les livres, les journaux, qui n’étaient plus lus, et le papier, inutile et couteux [2]. Tout donc se passe dans des transactions numérisées, instantanées, et optimisées, dénommées « trading », disponibles sur tous les écrans « connectés » [3]. Les plus performants se retrouvent dans « l’hyper trading ». Dans ce système, dénommé « jeu » (vendus par les « Nobels d’Economie ») il y a ceux qui gagnent, car les « bourgeois » sont en croissance, et il y a les perdants, dénommés « prolétaires ». Si l’évolution des « bourgeois » est de progression arithmétique, l’évolution des « prolétaires » est de progression exponentielle. Entre les deux, se trouvent les « managers », dont le rôle est d’organiser « l’exploitation des prolétaires », pour le seul bénéfice des « bourgeois » qui siègent dans des conseils d’administration. Les « Managers » ont des bureaux dans les tours de la Métropole et y vivent, l’environnement urbain et culturel leur a été mis à disposition par des investissements publics considérables (Paris, Lille, Lyon, Marseille). Les « prolétaires » à leur service, travaillent dans les Métropoles, mais logent (hébergement) en périphérie, dénommé « territoires » [4], développant le « nomadisme salarial ». Les communes, issues de la Révolution, ont été supprimées, car trop complexes à gérer par la MATRIX (trop de demandes sociales particulières nécessitant des réponses de qualité à proximité, de nature politique, donc conflictuelles).

Les rapports sexuels ont aussi disparu, trop de temps humain, passé en maquillage, rouges à lèvres, habillage, désirs, déshabillages, caresses, et d’énergie gâché dans l’acte sexuel (trop long), avantageusement remplacé par le « sexe-cloud » qui se branche pendant le sommeil, la jouissance s’obtient en rêvant, supprimant les pulsions réelles. Les gamètes sont alors récupérés via le « sexe-cloud » pour être traitées, en « flux tendus » vers des « cliniques couveuses », et profiteuses qui reproduiront la « force de travail » nécessaire. Plus de couples, ni de mariages, plus d’enfants à élever, plus de familles… que d’économies réalisées dans les procès pour divorces et séparations. La justice a aussi été simplifiée, plus rapide, les avocats ont disparu, il n’y a plus que des « procureurs-juges », car par définition, le prolétaire est coupable [5].

L’impôt a disparu car, tout étant marchandise, le service public et les fonctionnaires furent supprimés. De fait, la Politique, trop conflictuelle (choix) a aussi disparu, remplacée par la gouvernance (pilotage automatique mondialisé des marchés). Il n’y a plus de politique, puisque le marché « optimise » rationnellement les choix du « client roi » quant à la société, seuls les livres, qui ont disparu (trop de temps perdu en lecture), en parlaient, Il n’y a donc plus d’HISTOIRE [6], remplacée par MATRIX qui gère tout dans l’instant (nanoseconde)….

…/….

2015, L’ODYSSEE DE LA SOCIETE (Episode II)

SYNOPSIS  : Nous sommes en 2015, et un « prolétaire » victime d’un accident de navette (les voitures n’existent plus) se retrouve perdu dans un village déserté, compétitivité territoriale oblige. Il se réfugie dans un bâtiment abandonné par l’Etat, l’Europe, et le F.M.I, qui se trouve être une ancienne bibliothèque communale et se mets à lire un ouvrage intitulé « L’histoire des luttes sociales » écrit par un certain LARX MARK, inconnu de la « MATRIX  ». Il apprend alors…

LE DEFORMATAGE : Depuis Spartacus, et la révolte des esclaves (73 avant J.C), les exploités se sont toujours révoltés contre les féodalités.

  • En 1789, pour abolir la féodalité de la noblesse de robe et d’épée,
  • En 1838, 1848, et 1871, pour imposer définitivement la république, interdire le travail des enfants, limiter la journée de travail à 8 h (première revendication syndicale).
  • En 1917, à la recherche d’un autre système économique qui ne soit plus celui du marché.
  • En 1936 et 1945 pour créer un début de Démocratie sociale (droit aux congés payés).

LES JOURS HEUREUX : En 1940, en pleine nuit noire, des résistants à l’ordre de Vichy, qui imposait le S.T.O (Service du Travail Obligatoire), au service d’HITLER et des nazis, rédigèrent un programme politique ambitieux, dénommé « les jours heureux ». Il comprenait notamment :

  • La création de la sécurité sociale, du droit au travail, et à la retraite pour les travailleurs,
  • La troisième semaine de congés payés,
  • Le S.M.I.G et les conventions collectives de branche, garantissant ainsi les rémunérations des travailleurs, par ECRIT, et non selon la loi de « l’offre et la demande ».
  • La Nationalisation de l’énergie et des industries stratégiques ainsi que les banques, construisant ainsi la souveraineté de la Nation, sur l’Economie, permettant la politique (intervention de la puissance publique sur l’économie, en faveur de l’intérêt général). Cette période fut appelée « les trente glorieuses ».

6 Millions d’adhérents à la C.G.T et de nombreuses luttes sociales permirent au monde du travail d’obtenir de nouveaux acquis sociaux notamment en 1968 (+ 30 % de hausse du salaire) et de nouveaux droits (reconnaissance de la section syndicale d’entreprise, obligeant de ce fait le patronat à négocier).

Depuis les années 80, les gouvernements libéraux ont mis en place un plan (« consensus de Washington ») dont l’objectif était de libéraliser l’économie, en supprimant toute contrainte. Cette politique a débouché sur la mise en place d’un système dénommé mondialisation (compétitivité, libre échange, marché libre et non faussé, etc.) dont le seul objectif est pour le capital, de récupérer ce qu’il a été obligé de lâcher, dénommé « acquis sociaux » obtenus dans le cadre de la libération et des luttes sociales. Le chômage, la précarité de masse, la pauvreté, les cités abandonnées aux trafics (Armes drogue), l’émigration de survie, et la délinquance s’expliquent par cette politique de libéralisation, qui détruit la société du « vivre ensemble » partout dans le monde. D’où le besoin d’activer les « guerres de religion », et de cultiver les haines entre couleurs de peau, pour faire oublier les causes profondes des crises, qui se trouvent dans l’accumulation financière développée par les marchés, MATRIX des inégalités, et des crises successives (financières, économiques, sociales, énergétiques, environnementales etc..).

L’ODYSSEE DE LA SOCIETE : C’est pour avoir oublié le fait que « l’histoire n’est que l’histoire de la lutte des classes  », que la société est en perdition, d’où le besoin de son retour (ODYSSEE). LE FORMATAGE (voir recto) n’est pas un roman d’anticipation, mais une réalité en cours de réalisation, et plus nous attendons, et plus le formatage avance [7] et accélère jusqu’à disparition complète de la société. Seules des luttes sociales massives, débouchant sur une Révolution [8] pourront nous permettre de reconstruire une société (en France et dans le monde), fondée sur l’Humain, ses besoins, et son aspiration profonde à vivre en paix.

Fabrice AUBERT
Le 30 Décembre 2014

[1Aldous HUXLEY « le meilleur des mondes ».

[2De fait, les contrats de travail, les conventions collectives, les statuts ont disparu, happés par le « cloud ».

[3Télévisions, ordinateurs, smartphones, tablettes etc..

[4Où pullulent les Restaurants du cœur, qui se sont substitués à l’action publique.

[5Il ne peut que « négocier sa peine », les Bourgeois, n’étant jamais coupables (principe d’immunité).

[6« La fin de l’Histoire et le dernier homme », Francis FUKUYAMA, 1993.

[7« Valls demande des années de sacrifice », L’express du 29 Décembre 2014.

[8Il est désormais trop tard pour que le changement se fasse pacifiquement, car la MATRIX n’acceptera jamais désormais de voir son rôle dominant être remis en cause de manière pacifique.

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Accords de Minsk - Fédéralisation : l'analyse des communistes d'Ukraine et de Russie

22 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN.

Publié par Michel El Diablo

{C}

N.B. : Depuis la réalisation de cette carte, l'armée de Kiev a du fuir la ville stratégique de Debaltseve

N.B. : Depuis la réalisation de cette carte, l'armée de Kiev a du fuir la ville stratégique de Debaltseve

Yevgueni Tsarkov (Parti Communiste d'Ukraine -KPU) :

les accords de Minsk et la fédéralisation

Le 12 février 2015 ont été signés des accords offrant une chance à un règlement politique de la situation de l’Ukraine . L’accord témoigne du fait que la position de fédéralisation des communistes de l’Ukraine était bien le seul moyen de résoudre le conflit et de préserver l’intégrité du pays. Cette opinion a été exprimée par le député à la précédenre Rada, le premier Secrétaire du Comité régional du parti communiste d’UKRAINE d’Odessa Yevgeny Tsarkov.

 

« Parce que les accords ont été signés non seulement par l’Ukraine et la Russie, mais par les dirigeants des États européens, cela montre que notre position sur la question a été adoptée et prise en compte. Bien que le gouvernement nie la possibilité même de fédéralisation de l’Ukraine. Si vous comparez les paragraphes de la présente Convention et ce que signifie le concept de fédéralisation, il est facile de leur trouver une identité, » a déclaré Yevgeny Tsarkov.

 

Le député a également rappelé que, en son temps, quand les communistes tentaient d’instaurer le débat public, leurs adversaires déformaient délibérément les notions, le fédéralisme était assimilé au séparatisme et c’est sur cette base que le groupe communiste est poursuivi.

 

« Si notre position avait été entendue, cela aurait évité le sang, le conflit fratricide, les destructions et les centaines de milliers de réfugiés dans le sud-est de l’Ukraine »,- dit le premier Secrétaire d’Odessa du parti communiste.

 

Selon lui, Porochenko a peur des mots de fédéralisation et réaffirme que l’Ukraine restera un Etat unitaire, « mais comment comprendre un des points de l’accord, à savoir, la réforme constitutionnelle en Ukraine avec l’entrée en vigueur à la fin de cette année d’une nouvelle Constitution, qui a comme point essentiel la décentralisation (en tenant compte des caractéristiques des différentes régions de Donetsk et Lougansk, comme convenu avec les représentants de ces régions), ainsi que l’adoption de la Loi sur le statut particulier de certaines régions des zones de Donetsk et Lougansk, conformément aux mesures visées dans la note 1 ? »

 

Dans cette note, nous découvrons des choses telles que : l’exemption de la poursuite et du châtiment des personnes impliquées dans les événements dans le Donbass ; le droit à l’autodétermination de la langue ; le soutien de l’État au développement socio-économique de ces régions et de l’assistance des autorités centrales dans la coopération transfrontalière dans certaines zones des régions de Donetsk et Lougansk avec les régions de la Fédération de Russie.

 

Un autre fait intéressant, a poursuivi Yevgeny Tsarkov, est que les communistes ont été persécutés pour avoir seulement soulevé la question de la nécessité de fédéraliser. « Porochenko lui-même a mis sa signature sous ces obligations spécifiques qui, par leur contenu rejoignent l’idée de fédéralisation, quelle que soit la manière dont le Président appelle cela », a ajouté l’homme politique.

 

« Ou il ne va pas accepter ces articles, il mentira à ses partenaires européens et fera porter la responsabilité de l’échec sur la Russie et les Républiques séparatistes, » a déclaré Yevgeny Tsarkov.

SOURCE:

 

Evgueni Tsarkov, premier secrétaire du Parti communiste d’Ukraine (PCU KPU) et Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF

Evgueni Tsarkov, premier secrétaire du Parti communiste d’Ukraine (PCU KPU) et Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF

Guennadi Ziouganov (Parti Communiste de la Fédération de Russie): Nous devons rassembler les terres dans notre espace géopolitique. De manière pacifique, démocratique et dans la dignité …

 

Interview du 13 février 2015 avec des journalistes à la Douma d’Etat – commentaire sur la situation en Ukraine, par le président du Comité central du Parti communiste, GA Ziouganov.

« Le Parti communiste d’Ukraine a recueilli en son temps trois millions de signatures. Il insistait sur la tenue d’un référendum concernant l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Ce référendum aurait permis de résoudre pacifiquement les problèmes qui se sont accumulés « – a rappelé GA Ziouganov.

» La junte de Kiev a donné l’ordre de tirer sur ses propres citoyens. C’est un crime sans précédent. Je connais bien l’histoire des guerres. J’ai été dans de nombreux points chauds. Mais c’est  la première fois que j’ai rencontré une situation on l’on utilise des avions, des chars pour forcer les gens à abandonner leur langue, leurs tombes et leurs ancêtres », –  s’indigne le chef du Parti communiste.

» Le peuple ukrainien a-t-il besoin d’une guerre ? Bien sûr que non. C’est un peuple travailleur paisible, des honnêtes gens – a déclaré le chef des communistes russes. – Les  gens responsables en Europe en ont-ils besoin ? Non plus. Ce désordre sanglant et terrible a été organisé par des fonctionnaires corrompus, les voleurs oligarques, la CIA et les diplomates américains, les vrais nazis bandéristes. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale s’est  formé un gouvernement d’orientation ouvertement fasciste et d’origine criminelle « .

« Seuls des gens très naïfs peuvent espérer que ce gouvernement va résoudre les problèmes en Ukraine. Je crois que la guerre arrange les Américains. Ils prévoient de conquérir le marché européen. La dette américaine de 18 trillions,  ils veulent s’en décharger sur les épaules de l’Europe et de la Fédération de Russie. En effet, après avoir déclenché une guerre en Ukraine, détruit les liens économiques, financiers et autres entre les pays européens et la Russie, il sera possible de dicter ses conditions à l’Europe « , – a dit GA Ziouganov.

« En fait, en Nouvelle Russie aujourd’hui c’est une guerre entre un régime américanisé et la Fédération de Russie. Ça sent déjà la crise des missiles de Cuba et la guerre au Vietnam combinés. Pour l’Europe, cela pourrait se transformer en un effondrement de l’ensemble du système financier et économique qui s’est construit après la guerre. Lorsque Merkel et Hollande ont réalisé que la situation sentait le roussi, ils ont commencé à chercher d’urgence des moyens de résoudre ce problème », – a continué Guennadi Ziouganov.

« Nous devons arrêter le carnage et le mitraillage de la Novorossia par la junte retranchée à Kiev. Il semble que l’on soit parvenu à un accord, mais demain on verra ce qui se passe après zéro heure. Cependant je voudrais attirer votre attention sur le fait  que même pendant les négociations, personne n’a interpelé Porochenko. Personne ne lui a dit, que faites-vous ? Nous sommes assis à la table des négociations, mais vous continuez à bombarder les villes et les zones résidentielles, les écoles et les jardins d’enfants. Nous ne devrions pas oublier que Porochenko est le commandant des forces armées de l’Ukraine « , – a déclaré GA Ziouganov.

«Je crois que Porochenko n’a aucun contrôle sur la situation, – dit le chef du Parti communiste. – Les conditions lui sont dictées par le parti de la guerre, dirigé par Iatseniouk,  Tourchynov et leurs semblables. Ce sont des gens militarisés à l’extrême, et ils vont suivre les ordres de Washington, pas les ordres de Porochenko. Par conséquent, nous devons rester sur nos gardes et ne pas oublier avec qui nous traitons « .

« Il y a une chose qui me fait douter de la mise en œuvre des accords. Ce genre de dirigeants qui siègent maintenant à Kiev, Porochenko, Tourtchinov, Iatseniouk, Avakov ne peuvent tout simplement pas exister dans des conditions normales. Ils ne savent pas travailler, ils ne comprennent pas ce qu’est l’économie « , – a exprimé ses doutes GA Ziouganov.

« Ce sont seulement des fous ou des coquins qui pourraient acheter du charbon en Afrique du Sud. Seulement des bâtards absolument irresponsables pourraient détruire les mines dans le Donbass pendant que la moitié de la population de l’Ukraine meurt de froid. Et ce genre de personnes là-bas aujourd’hui détruit tout le système de gestion du pays, « – a déclaré le leader des communistes russes.

« Nous devons comprendre ce qui risque d’arriver au cas où le pouvoir des nazis bandéristes se renforcerait à Kiev. Quand ils s’empareront des armes modernes, ils vont tirer non seulement à Donetsk, mais aussi sur n’importe qui. Ce sont des gens sans morale, sans conscience et sans les obstacles fondamentaux qui existent dans toute société, « – a averti Guennadi Ziouganov.

«Nous devons rassembler les terres dans notre espace géopolitique. De manière pacifique, démocratique et dans la dignité. De cela, tous bénéficieront. D’autant plus que la base pour cela a déjà été constituée, sous la forme de l’Union eurasienne, « – a déclaré en conclusion le chef du Parti communiste.

SOURCE:

[UKRAINE] - Accords de Minsk - Fédéralisation : l'analyse des communistes d'Ukraine et de Russie

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L’Union européenne déchirée entre les USA et la Russie. Par Pepe Escobar.

22 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La République, #Europe supranationale, #AMERIQUE

L’Union européenne déchirée entre les USA et la Russie

Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 18 février 2015 – Source Sputnik

L’accord Minsk 2.0 montre de facto que les deux grandes puissances européennes que sont l’Allemagne et la France cherchent à rompre avec le projet de semer le chaos des USA.

 

Il n’empêche que Washington a déjà réussi à entraîner une Union européenne (UE) en difficulté toujours un peu plus dans le chaos, justement, en dressant l’Occident contre la Russie.

L’accord de Minsk est un sérieux défi pour Porochenko

L’administration Obama, qui est infestée de cellules néoconservatrices, tels des fantômes dans la machine, a toujours été persuadée qu’une série de sanctions occidentales, en parallèle avec une guerre des prix du pétrole lancée par l’Arabie saoudite, suffiraient à désorganiser l’économie de la Russie pour la forcer à modifier son comportement à l’égard de l’Ukraine et, dans le meilleur des cas, provoquer un changement de régime à Moscou.

 

Disons que c’est raté. Minsk 2.0 est peut-être un accord bien fragile, mais il fait ressortir le fait que l’Allemagne, avec l’appui de la France, les deux grandes puissances européennes donc, cherchent à rompre avec le projet des USA de semer le chaos.

L’Empire du Chaos [du Bien et de la Vertu, Note du Saker] ne veut pas d’accord durable concernant l’Ukraine et fera tout pour torpiller Minsk 2.0. L’impératif stratégique de l’Otan est clair: forcer Moscou à s’engager dans une guerre en Ukraine pour l’épuiser économiquement, empêcher un partenariat économique et commercial entre l’UE et la Russie, et éliminer la Russie comme concurrente des USA sur le marché mondial.

Les choses ne vont pas pour le mieux non plus du côté de la guerre des prix du pétrole. Les néoconservateurs sont au désespoir, car ils se sont rendu compte que la stratégie saoudienne saigne à blanc l’industrie du gaz de schiste aux USA.

Ils ne vont pas jusqu’à dire qu’ils veulent une hausse du prix du pétrole pour aider la Russie. Ce qu’ils veulent, c’est continuer de saigner à blanc la Russie avec des prix bas, pendant que les USA accumuleront des gains en imposant une barrière protectionniste. De la manière dont les néocons voient les choses, en procédant ainsi, ils saigneront aussi à blanc l’Arabie saoudite, et l’Iran au passage. Dire que cette combine n’a même pas été concoctée par le russophobe notoire Zbig grand échiquier Brzezinski.

Ne marchez pas sur mes chaussures en suédine* LOUées

Si, du point de vue géopolitique et énergétique, l’Empire du Chaos connaît des difficultés, tout va pour le mieux du côté du capitalisme du désastre, gracieuseté du Fonds monétaire international (FMI) une nouvelle fois.

En Ukraine, le FMI est en train de semer la même dévastation que celle qu’il a fait subir à la Grèce et à l’Irlande récemment, et à l’ensemble du Grand Sud depuis les années 1970. Les redoutables ajustements structurels s’appliquent encore, avec leur lot de privatisations sauvages au profit d’investisseurs occidentaux associés aux oligarques locaux. En font partie, bien sûr, les expropriations de terre que favorisent les prêts du FMI.

Le miraculeux prêt de 17 milliards de dollars consenti par le FMI la veille de Minsk 2.0 va certes permettre aux oligarques à Kiev de poursuivre la guerre par procuration que l’Empire du Chaos livre à la Russie. Mais il vient aussi avec une condition majeure. L’Ukraine doit accepter inconditionnellement d’être ravagée par la biotechnologie agricole pure et dure. Il faut dire que c’est un butin fabuleux du point de vue agricole, car l’Ukraine est respectivement le troisième et le cinquième exportateur en importance de maïs et de blé dans le monde. Son sol est composé d’une couche profonde de terre noire fertile, où pratiquement tout peut pousser. Les grands gagnants, c’était prévisible, seront les suspects corporatifs habituels associés aux OGM, comme les producteurs de semences Monsanto et Dupont, et le fournisseur de matériel agricole Deere.

Michael Hudson a suivi la piste de cette forme de néolibéralisme turbo-propulsé de façon concluante, ce qui nous fait réaliser qu’à l’instar des ventes massives du rouble orchestrées récemment, la finance est la nouvelle forme de guerre et la finance et les ventes forcées constituent un nouveau type de champs de bataille.

Juridiquement, Christine voyez mon nouveau Chanel Lagarde, qui est à la tête du FMI, en plus de contribuer à traiter la Grèce comme une colonie de la dette (c’est le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis qui le dit), ne saurait comment justifier les prêts qu’accorde le FMI à l’Ukraine, qui est plongée dans la guerre civile, en plus d’être complètement ruinée.

C’est que Madame Lagarde n’est pas aux commandes. Ce sont les très secrets Maîtres de l’Univers de l’axe Washington-Wall Street qui tirent les ficelles.

L’UE est dépassée, place aux BRICS et à l’OCS

L’Empire du Chaos a certes des raisons de jubiler à propos de la coupure douloureuse qui s’est faite entre l’UE et la Russie. L’hypothèse de travail de Moscou, c’est que les sanctions ne seront pas levées de sitôt. Vous pouvez aussi oublier un retour à la normale avant longtemps. Ce qui fait fulminer les grands industriels allemands.

Pourtant, il y a quelques années à peine, le président Poutine avait proposé, en Allemagne d’ailleurs, un élargissement de l’Europe s’étendant de Lisbonne à Vladivostok. La tragédie ukrainienne a eu pour effet de turbo-propulser le mouvement vers l’Est, sous la forme du partenariat stratégique russo-chinois, une sorte d’Eurasie s’étendant de Shanghai à Saint-Pétersbourg, qui s’avère être aussi l’une des pierres de touche du projet d’infrastructure massif piloté par la Chine que sont les nouvelles routes de la soie, qui relieront la Chine à l’Europe en passant par l’Asie centrale, notamment au moyen d’une version TGV du Transsibérien.

Le mythe que font circuler Washington et ses vassaux à propos de l’isolement de la Russie est une mauvaise blague. La guerre froide 2.0 imposée par l’Empire du Chaos n’est pas la fin du monde en Russie. La diplomatie russe s’active sur tous les fronts, de l’Asie du Sud (Inde) au Moyen-Orient (Égypte). Cet été, la Russie va accueillir deux sommets d’une importance cruciale : le sommet des BRICS et le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Les BRICS progressent dans leur volonté de créer un monde multipolaire, en créant une banque de développement et en commerçant dans leurs propres devises. L’OCS va bientôt accueillir l’Inde et le Pakistan comme membres et, dans un proche avenir, l’Iran, ce qui l’enracinera encore plus en tant qu’alliance politico-économique de l’Asie.

Les obsessions de l’Empire du Chaos empêchent l’UE d’en tirer le moindre avantage. Si l’on fait abstraction de Gazprom, la Russie a été mise de côté comme partenaire commercial, dans un proche avenir du moins. L’UE peut aussi difficilement tirer quoi que ce soit de l’Ukraine. Elle ne versera pas le moindre euro dévalué pour la sauver de la faillite et ne jouera pas avec le feu en facilitant son intégration dans l’Otan. Je soutiens que tout dépend de l’Allemagne. Les sociétés allemandes veulent faire des affaires avec les puissances eurasiatiques que sont la Russie et la Chine. Quant à l’Allemagne politique, elle cherche encore quelles sont ses priorités stratégiques.

À Bruxelles, où la scission est complète, les diplomates laissent entendre officieusement que Moscou a envoyé un message clair. Soit que tous profitent d’une occasion gagnante-gagnante à la chinoise de Lisbonne à Vladivostok, soit que l’UE suive aveuglément l’Empire du Chaos, choisisse la confrontation en Ukraine et reçoive comme cadeau empoisonné une guerre, vouée à l’échec, à l’est de son territoire .

Traduit par Daniel, relu par jj et Diane pour le Saker francophone

Note
*allusion à une chanson d’Elvis: « You can do anything, but lay off of my blue suede shoes. »

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

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Hassan Nasrallah : l’Etat Islamique veut conquérir La Mecque et Médine (VOSTFR)

22 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Palestine libre, #Politique étrangère, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La finance dérégulée, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Hassan Nasrallah : l’Etat Islamique veut conquérir La Mecque et Médine (VOSTFR)


Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 16 février 2015, à l’occasion de la commémoration des cadres martyrs du Hezbollah : Cheikh Ragheb Harb (1952-1984) ; Sayed Abbas Moussaoui (1952-1992) ; Hajj Imad Moughniyeh (1962-2008)




Dans cet extrait, Sayed Hassan Nasrallah dénonce à nouveau le danger que représente l'Etat Islamique pour la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient et du monde, à l'exception d'Israël, qui en est le premier bénéficiaire. Pour la première fois, il dénonce la main des services secrets israéliens et américains derrière les mouvements terroristes et takfiris et la duplicité de la coalition internationale contre Daech. Hassan Nasrallah identifie dans la barbarie même des terroristes une culture d'inspiration occidentale, étrangère à l'histoire et aux mœurs de l'Orient et de l'Islam. A l'image de l'implication du Hezbollah, il exhorte l'ensemble des pays du Moyen-Orient à prendre l'initiative de la confrontation contre l'Etat Islamique afin de préserver leurs peuples, leurs pays, les villes saintes de l'Islam et l'Islam lui-même, directement mis en danger par les horreurs qui sont perpétrées en son nom.


Vidéo & traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

Transcription


[…]

Eh bien, évoquons maintenant brièvement la situation régionale.

Telle est la situation actuelle dans la région – en mettant de côté la menace israélienne, car nous parlons des faits nouveaux et on ne va pas rappeler les anciens : un grand danger a submergé de nouveaux terrains et champs de bataille, à savoir la menace représentée par le mouvement takfiri dont la principale dénomination est maintenant « Daech » (l’Etat Islamique). Eh bien, par le passé, nous avons affirmé que ce danger ne menace pas simplement quelques gouvernements, mais tous les gouvernements. Il ne menace pas simplement quelques régimes politiques, mais tous les régimes, toutes les entités, tous les peuples, toutes les armées. Ce n’est pas une menace pour les seules minorités religieuses, sectaires ou ethniques, mais une menace pour TOUS. Plus encore, nous avons déclaré dès le début que c’était là une menace pour l’Islam, l’Islam en tant que religion, en tant que Message. Depuis lors, tous les événements qui se sont produits confirment cette vision dont nous avions parlé dès le début.

Aujourd’hui, le monde entier le reconnaît. Tout le monde reconnaît qu’effectivement, ce mouvement takfiri et son fer de lance « Daech » (l’Etat Islamique) représentent maintenant une menace pour la sécurité de la région et la sécurité du monde entier. Y a-t-il encore quelqu’un dans le monde qui débatte de ce fait ?

Oui ! Il y a seulement Israël qui ne le considère pas comme un danger ni comme une menace. Il y a quelques jours, j’ai vu que le Ministre de la Guerre israélien [Moshe] Ya’alon s’est rendu au Golan pour une inspection et a déclaré que Daech ne représente pas une menace, qu’il ne représente pas un danger (pour Israël). Très bien. Le Front Al-Nosra ne représente pas non plus une menace, ce n’est pas un danger (pour Israël). Excellent ! A présent, il n’y a plus qu’Israël qui considère que Daech et Al-Nosra ne représentent pas un danger. Aujourd’hui, tous les autres pays du monde – ne serait-ce qu’au niveau des apparences –, tous les pays du monde considèrent Daech (on reviendra ensuite à Al-Nosra) comme un danger et une menace pour la sécurité de la région et la sécurité du monde entier. Et Israël a parfaitement raison de considérer qu’ils ne représentent pas un danger pour eux, car tout ce que Daech a fait jusqu’à présent, et tout ce qu’ils continuent à faire, sert à 100% les intérêts d’Israël, que Daech le sache ou pas.

Eh bien, que se passe-t-il ? De nouveaux fronts sont ouverts, on voit de nouvelles manifestations de barbarie et de crime... Ils les ont importés tout droit d’Hollywood et de je ne sais où... La manière dont a été brûlé vif le pilote jordanien captif Moaz al-Kasasbeh est horrible. La manière dont ont été décapités les travailleurs égyptiens sans défense et opprimés, qu’on a pu voir sur les écrans TV, est abjecte et abominable. Les décapitations d’otages auxquelles on assiste... Puis ils ont ouvert de nouveaux fronts et se sont fixé de nouveaux objectifs.

Daech n’a que faire de la Palestine ! Ils n’ont que faire de la Maison des Sanctités (Jérusalem) ! C’est pour cela que [Moshe] Ya’alon dit qu’ils ne posent aucun problème. Le véritable objectif de Daech est La Mecque et Médine. Que les frères d’Arabie Saoudite se calment un peu et réfléchissent bien. L’objectif est La Mecque et Médine. Et j’ai vu aujourd’hui même aux informations – je le mentionne pour être précis, car je ne sais pas s’ils ont annoncé aujourd’hui cette nouvelle allégeance, ou s’ils parlent d’une déclaration plus ancienne, je m’exprime avec prudence. Mais ce que j’ai entendu, c’est qu’Abu Bakr al-Baghdadi, le calife de Daech, a nommé un Emir pour La Mecque et un Emir pour Médine. L’objectif est La Mecque, et l’objectif est Médine. Ce n’est pas la Maison des Sanctités (Jérusalem). Pourquoi ? Parce que pour le califat de Daech, le califat ne peut pas être valable sans les deux Lieux Saints. C’est vers cette bataille que nous nous dirigeons.

Eh bien, ceux qui ont décapité les travailleurs égyptiens coptes en Libye, qu’ont-ils déclaré ? « Notre objectif est Rome ! » Tu t’éloignes beaucoup, l’homme ! Tu t’égares, au moins, La Mecque et Médine sont assez proches d’ici... Tu t’égares. Par Dieu, ils prétendent qu’ils iront à La Mecque et à Médine, et que de là, ils viendront en Jordanie puis arriveront en Palestine. Oh frère ! Tu te diriges vers Rome ?! Vers Rome !... Quelles sont ces guerres, quels sont ces fronts ? Pour qui travaillent-ils ? Dans les intérêts de qui combattent-ils ?

Et à présent, pour la première fois, j’ose déclarer avec force : recherchez (la main du) Mossad israélien. Recherchez la (main de la) CIA. Recherchez (la main des) services secrets britanniques. Par le passé, nous ne voulions pas parler de complot, mais maintenant, je vous dis que si, recherchez (leurs mains) ! Tout ce qui sert la puissance d’Israël et la domination d’Israël sur la région, tout ce qui sert la puissance et la domination de l’Amérique sur la région, Daech le réalise, et le courant takfiri le réalise.

Ils vont jusqu’à provoquer l’Europe. Imaginez donc qu’en Italie, il y a quelques jours, la Ministre de la Défense a déclaré que l’Italie était prête à diriger une coalition internationale pour combattre le terrorisme en Libye. Et ici, entre parenthèses, je vais parler de la situation intérieure du Liban.

Chère Madame [Roberta Pinotti], pourquoi voulez-vous donc mener une offensive internationale pour combattre le terrorisme en Libye ? La Ministre de la Défense répond – j’espère que je ne me trompe pas et que c’est bien la Ministre de la Défense –, elle répond que c’est parce que le terrorisme – écoutez bien, et j’espère que le 14 Mars [opposants politiques du Hezbollah qui dénoncent leur intervention en Syrie] écouteront bien –, elle répond que c’est parce que le terrorisme est maintenant présent à 350 kilomètres de la frontière italienne... Seulement pour ça ! 350 kilomètres ! Et cette dame... et l’Italie, ce pays issu d’une grande civilisation, l’Union Européenne et qui sais-je encore sont en train de se demander comment ils peuvent mener une opération militaire en Libye car le terrorisme est maintenant à une distance de 350 kilomètres (de leurs frontières) !

Et quant à nous (le Liban), où est le terrorisme ? Au Nord du pays. Et à Al-Qusayr (Nord-Est). Et à Qalamoun (Est). Et dans les plaines (Sud). Sans parler des voitures piégées (envoyées au cœur du Liban). Et vous (14 Mars) vous nous sermonneriez sur la justice, les devoirs, le vrai, le faux [à cause de notre intervention en Syrie] ?!... Mais le monde entier est ainsi et agit de même [pour se protéger du terrorisme]. Tant pis...

Eh bien, face à cette réalité que je n’exagère nullement, non, car il y a un danger véritable et réel... Eh bien, cela a commencé en Syrie, puis s’est retrouvé en Syrie et en Iraq, et maintenant en Libye... Maintenant au Sinaï aussi, il se dit que le groupe Ansar Bayt al-Maqdis a fait allégeance à Daech ou pas... Il y a encore d’autres endroits : aujourd’hui la Tunisie est en état d’alerte maximal... Au Yémen, Al-Qaïda et certaines de ses factions qui ont fait allégeance à Daech et à son calife progressent et occupent des bases militaires dans les provinces du Sud du Yémen... Il y a une menace réelle, il y a des massacres, des morts...

O mon frère, ce ne sont pas des films tout ça ! Ils transforment la réalité en films... C’est une absolue certitude, oui, ces groupes sont inspirés d’Hollywood, par leur mentalité, leur esprit, leur barbarie... Tout ça, c’est la culture d’Hollywood ! Qu’est-ce que la culture d’Hollywood ? Sinon les massacres et les meurtres ?! Est-ce que tout cela vient de nous ? De l’Orient, de l’Islam, du Christianisme, des Prophètes ? Des califes, des Compagnons, de la Famille du Prophète ? Certes non, que Dieu nous préserve de telles idées ! Quelle est l’origine manifeste de tout cela ? Où donc a été façonné tout ce que nous voyons actuellement sur les écrans sous nos yeux ?

Eh bien, face à ce péril qui menace tout le monde, nous invitons les peuples et les régimes de la région à agir ensemble pour confronter cette menace terroriste takfirie dangereuse et considérable. Et nous affirmons à nouveau que nous sommes tous capables de mettre en déroute cette menace et ceux qui la contrôlent en coulisses, qu’il s’agisse du Mossad israélien, des américains ou des britanniques.

O mes frères et sœurs, la stratégie mise en œuvre jusqu’à présent par la coalition internationale contre Daech est une stratégie défectueuse – ce si nous accordons le bénéfice du doute à leurs intentions. Et si nous ne leur accordons pas cela, on demandera : qu’est-ce qui nous prouve qu’ils veulent vraiment en finir avec Daech ? Je suis tout à fait sérieux. Je reviendrai sur ce point particulier.

C’est pourquoi la communauté musulmane (oumma), les peuples de l’oumma, les pays de la région, les gouvernements, les savants, les partis politiques, les forces de la Résistance, les armées... Tous sont concernés par cette menace qui est la plus grande et la plus dangereuse de toutes les menaces à l’exception de la menace que représente Israël.

C’est pour cela que je veux énoncer rapidement deux ou trois points.

Premier point : la lutte idéologique, politique, médiatique et militaire contre ce mouvement takfiri doit être considérée comme une défense de l’Islam. Ce n’est plus la défense d’un Axe (de la Résistance), d’un régime, d’un pays, d’une secte, d’une école, de minorités, non... Ils menacent absolument tout le monde, et ils menacent l’Islam en premier lieu.

Tout agissement... – j’espère que tous ceux qui m’écoutent et tout le monde le comprendront. Tout agissement d’un musulman qui se revendique de l’Islam mais qui est contraire à la nature humaine ne peut absolument pas être conforme à l’Islam. C’est impossible qu’il provienne de l’Islam. Allah l’Exalté dit : « Tourne résolument ton visage vers la Foi, en toute sincérité. Telle est la nature originelle dans laquelle Dieu a façonné l’humanité. » Et ce depuis le début de la Création. « La Création de Dieu ne peut souffrir aucune altération. » Du début à la fin, il y a une nature humaine unique. « Telle est la religion droite. » [Coran, XXX, 30] La religion droite est la religion qui correspond et se conforme à cette nature humaine. Il est impossible qu’un acte soit islamique ou religieux s’il est exécré par les cœurs, les intellects, les âmes, et l’humanité tout entière malgré la diversité de ses pensées, de ses vues et de ses orientations dogmatiques et politiques.

Par conséquent, cette bataille est menée en défense de l’Islam. Et je vous déclare aujourd’hui avec honneur et fierté que nous constituons, ou que nous nous considérons comme un acteur de cette lutte contre le mouvement takfiri, et nous considérons que nous défendons par-là l’Islam du (Prophète) Muhammad fils de Abdallah, que la paix de Dieu soit sur lui et sur sa famille ! Nous ne défendons pas les chiites ou les sunnites, ou telle ou telle secte. [Audience : « A ton service, ô Nasrallah !”]

Tout le monde sait que lorsque la bataille devient une bataille pour défendre la religion de Dieu et les Sanctités de Dieu le Très-Haut et l’Exalté, alors nos sacrifices deviennent sans limites, notre patience ne connaît plus de limites, de même que notre endurance et notre disposition à aller jusqu’au bout deviennent illimitées, comme l’a fait notre Imam et Maître Abu Abdillah al-Hussein – que la paix soit sur lui – à Karbala. [Audience : « A ton service, ô Hussein ! »]

Deuxièmement – et bien sûr, je déclare que nous faisons cela, mais j’invite tout le monde... Tous les musulmans sont invités à défendre leur religion : les savants, les autorités, les médias, les écrivains... Ce n’est pas une bataille simplement militaire. O mon frère ! La plus ignoble distorsion d’une religion divine dans l’histoire de l’humanité est celle que perpètre actuellement Daech. Il n’y a rien de comparable dans l’Histoire.

Deuxièmement, le monde entier doit dire – et s’il ne le fait pas, les pays de la région doivent au moins le faire, ainsi que tous ceux qui sont conscients de cette menace et de ce danger –, tous doivent dire à ceux des pays de la région qui continuent à soutenir Daech par les armes, l’argent, les facilités et même les médias – en apparence, ces médias ne soutiennent pas Daech, mais si on écoute bien, ils soutiennent Daech, mais je n’ai pas le temps d’expliquer ce point. On doit dire à ces pays que le jeu est terminé, ça y est. La région, ses peuples et ses gouvernements ne peuvent plus supporter ce niveau de crimes et de barbarie commis au nom de l’Islam et aux dépens de tous les peuples de la région.

Troisièmement, et c’est là un point très important : et je vais en parler franchement et nommément. Nous ne devons pas nous mentir à nous-mêmes ni permettre à quiconque de nous tromper par une distinction factice entre Daech et le Front Al-Nosra. Je ne vais pas détailler à nouveau tout ce que nous avons dit par le passé : ils ont la même composition, les mêmes principes, les mêmes croyances, la même culture, le même esprit, les mêmes objectifs, les mêmes agissements... Et j’espère que quelqu’un, n’importe quel Libanais ou Arabe, pourra un jour nous expliquer quelle est la différence entre le Front Al-Nosra et Daech, et comment on peut dire que Daech est composée de terroristes et Al-Nosra de révolutionnaires. J’espère que quelqu’un, en particulier au Liban où certaines personnes tiennent ce discours, pourra nous expliquer cela, que ce soit à la télévision ou directement en échangeant avec des frères (du Hezbollah). Ne nous laissons pas duper sur cette question. C’est un même mouvement dont le seul différend était d’ordre organisationnel au sujet des dirigeants, mais le résultat est le même. C’est pourquoi nous avons effectivement aujourd’hui des appels à combattre les mouvements takfiris sans distinction : c’est tout à fait juste. Telle est la position saine à avoir.

La Jordanie, le gouvernement jordanien ne peut pas combattre Daech en Irak et soutenir le Front Al-Nosra en Syrie. Certains pays du Golfe ne peuvent pas participer à la coalition internationale pour combattre Daech en Irak et fournir argent, armes, moyens et facilités au Front Al-Nosra, c’est-à-dire le frère, la sœur de Daech qu’est le Front Al-Nosra. Comment ? Par quelle logique ? Il faut considérer dans son ensemble ce mouvement qui représente réellement une telle menace.

[…]


Voir également :

Sayed Hassan Nasrallah : L’Etat Islamique est la plus grande distortion de l’Islam dans l’Histoire ; Les principales victimes de l’Etat Islamique sont les musulmans sunnites ; « L’Amérique est la mère du terrorisme » ; Le Hezbollah aurait dû intervenir plus tôt en Syrie ; Al Qaïda est une création des services de renseignement américains et saoudiens ; Le djihadisme takfiri menace l’Orient comme l’Occident ; La situation en Syrie et le danger takfiri ; Les terroristes takfiris n’ont ni religion ni patrie ; J’irai moi-même avec tout le Hezbollah combattre en Syrie s’il le faut

Tchétchénie : Kadyrov et 10 000 soldats s’engagent au service de Vladimir Poutine (VOSTFR)

Ali Khamenei : les musulmans doivent faire face à l’Etat Islamique et armer la Palestine (VOSTFR)

Bachar al-Asad célèbre le Nouvel An sur le Front disputé de Jobar

Terrorisme « islamiste » : à qui la faute ?

Le spectaculaire échec médiatique à propos de Charlie Hebdo

Norman Finkelstein réagit à l’affaire « Charlie Hebdo » : « Je suis… Gaza »

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champ diplomatique, par René Naba.

22 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Politique étrangère, #La France, #AMERIQUE

champ diplomatique, par René Naba.

Qatar : Extension du domaine du mercenariat au champ diplomatique

Genève, 19.02.15 – Jusque là réservé au domaine sportif, le Qatar a étendu le mercenariat au domaine diplomatique gangrenant l’une des plus illustres institutions internationales : Le Conseil des Droits de l’Homme, selon des informations recueillies par www.madaniya.info à Genève, en marge d’un colloque sur «Média et Terrorisme» organisé par Global Network Research and Development (GNRD), une organisation non gouvernementale norvégienne.

Le Qatar a siégé au sein de cette instance d’une manière discontinue pendant deux mandats et son mandat est venu à expiration fin 2014. Ayant semble-t-il pris goût à la parade diplomatique, le nouvel émir du Qatar, le Prince Tamim, tant vanté par la presse internationale pour son modernisme à sa prise de fonction en juin 2013, a voulu prolonger son plaisir.

Comme avec le Paris Saint Germain (PSGFC, club parisien de Football), comme surtout avec la coupe du monde de Football de 2022, comme avec son équipe nationale de Handball, le crésus du Qatar a pioché dans la caisse … et le hasard lui a offert un état africain désargenté … sur un plateau d’argent. On ne change pas les habitudes qui font leur preuve.

Le Conseil des Droits de l’Homme est un organe intergouvernemental du système des Nations Unies, composé de 47 états qui ont la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme autour du globe. “Toutes les victimes de violations des droits de l’homme devraient être en mesure de se tourner vers le Conseil des Droits de l’Homme comme un forum et un tremplin pour l’action.” ((Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, 12 mars 2007, ouverture de la 4ème session du Conseil des Droits de l’Homme)).

Le règlement intérieur de cette auguste instance prohibe à un état ayant accompli deux mandats successifs de trois ans, -soit un total de six ans-, de postuler pour un troisième mandat. Le Qatar a fait preuve d’innovation juridique en créant le statut de membre permanent d’une instance internationale relevant de l’ONU … par extension du champ du mercenariat corrélativement au champ de la corruption.

A moins que les dirigeants de cette auguste instance n’aient voulu primer un pays qui s’est distingué par son traitement humanitaire des travailleurs immigrés des chantiers du Mundial, ou le récompenser pour avoir séquestré une équipe d’enquêteurs népalais venus s’enquérir au Qatar du sort de leurs compatriotes, ou encore lui concéder une prime d’encouragement pour son rôle désintégrateur des pays arabes (Libye, Syrie), lors de la séquence dite du «printemps arabe» (2011-2014), ou pour son rôle déstabilisateur du pré carré africain de la France, au Mali, via Ansar Eddine, ou enfin d’avoir ordonné la déchéance arbitraire de nationalité à 5.258 ressortissants qataris, sans motiver réellement sa décision; une décision apparue comme une mesure de châtiment collectif prise à l’encontre de la tribu «Al Ghofrane», dont la signification en arabe est, paradoxalement, le pardon, membre de la confédération tribale d’«Al Mari».

La déchéance de nationalité du Qatar a entraîné ipso facto une déchéance humaine de la tribu en ce qu’elle s’est assortie d’une perte d’emploi et d’une perte du logement, avec privation de salaires et interdiction d’accès aux soins et à l’éducation, et, cerise sur le gâteau, interdiction de contracter mariage faute de pièces d’identité.

Amnesty International a publié en 2014 un rapport sur les conditions de travail effroyables des nombreux étrangers de l’émirat, notamment sur les conditions de vie des ouvriers du chantier de la Coupe du monde de football, en 2022, où près d’un millier de travailleurs y ont péri. L’organisation népalaise «Proissy» assure, de son côté, que «plus de quatre cents ouvriers du bâtiment sont morts sur les chantiers de la coupe du monde du Qatar», qui devrait abriter la Coupe du Monde 2022.

Le rapport publié le 17 Février 2014 sur le site en ligne «Ar Rai Al Yom», le nouveau site de l’ancien directeur d’Al Qods al Arabi, Abdel Bari Atwane, précise que les népalais représentent vingt pour cent des travailleurs immigrés opérant sur les chantiers du Qatar. http://www.raialyoum.com/?p=53211

Sénilité précoce? Gangrène morale exacerbée? La vénérable institution chargée de veiller aux respects des droits humains n’a pas jugé bon à redire ….ni sur ce mercenariat diplomatique d’un genre nouveau, ni sur la déchéance arbitraire de nationalité de plus de cinq mille qataris, ni non plus sur la condition des travailleurs immigrés au Qatar.

Pas plus que la France, la «Patrie des Droits de l’homme», ni les Etats Unis, le fer de lance des «grandes démocraties occidentales».

Ainsi périssent les grandes démocraties …..de leurs propres infractions à leurs grands principes.

René Naba

http://www.madaniya.info/2015/02/19/qatar-extension-du-domaine-du-mercenariat-au-champ-diplomatique/

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BBC : un combattant de l’Euromaïdan admet avoir tiré sur la police avant le massacre à Kiev (VIDEO).

21 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La France, #La République, #La Russie, #La guerre, #La paix, #Europe supranationale

Le monde

BBC : un combattant de l’Euromaïdan admet avoir tiré sur la police avant le massacre à Kiev (VIDEO)

La BBC a diffusé le témoignage vidéo d’un combattant de l’Euromaïdan qui avoue avoir tiré sur la police le matin avant les affrontements qui ont fait plus de 50 morts à Kiev. Cela contredit la version selon laquelle la police aurait commencé à tirer.

Presqu’une année après le massacre qui s’est produit sur le Maïdan à Kiev, la chaîne d’information publique britannique British Broadcasting Corporation (BBC) a diffusé le témoignage d’un opposant au président déchu Viktor Ianoukovitch. L’homme reconnaît avoir tiré sur la police tôt dans la matinée le jour où les affrontements ont fait 50 morts sur la place dans le centre de Kiev. De quoi remettre en cause la thèse officielle qui accuse la police ukrainienne d’avoir fait feu la première sur des manifestants pacifiques.

«Je tirais sur leurs pieds», a déclaré un homme que la BBC a décidé d’appeler Sergueï. «Bien sûr, j’ai pu les blesser au bras ou n’importe où. Mais je ne tirais pas pour tuer», a poursuivi l’intéressé qui a aussi précisé qu’il s’était positionné le 20 février dans le conservatoire de Kiev situé dans le coin sud-ouest de la place de l’Indépendance [Maïdan].

La veille, il avait rencontré un homme qui lui a offert deux armes à feu, un fusil de calibre 12 et un fusil de chasse, un Saïga à haute cadence de tir. Il a choisi le Saïga et l’a caché dans un bureau de poste qui, comme le conservatoire, était sous le contrôle des manifestants. Sergueï a annoncé à la BBC qu’il avait ensuite été escorté jusqu’au conservatoire où il a passé 20 minutes, de 6h40 à 7heures du matin, à tirer sur la police. Un témoignage confirmé par d’autres témoins.

Andreï Shevtchenko, qui était alors député de l’opposition et qui participait aussi à l’Euromaïdan, a avoué qu’il avait reçu un coup de fil du responsable de la police antiémeutes de Maïdan affirmant qu’on tirait sur ses hommes. «Il m’appelle et me dit, ‘Andreï, quelqu’un tire sur mes gars’. Il a aussi dit que les tirs provenaient du Conservatoire», a affirmé Shevtchenko.

Le député a ensuite affirmé avoir contacté Andriy Paroubiy, le commandant et coordinateur des «corps volontaires de sécurité» pour les manifestations de Maïdan et à partir de ce moment, les explications deviennent obscures.

Le chef des volontaires affirme qu’il a envoyé un groupe de «ses meilleurs hommes» pour inspecter le Conservatoire et déterminer si quelqu’un tirait depuis cet endroit. Andriy Paroubiy, qui est aujourd’hui vice-président de l’actuel parlement ukrainien, affirme que ses hommes n’ont trouvé aucun individu armé dans le bâtiment.

Pourtant, un photographe qui avait obtenu le droit d’accéder au conservatoire ce matin-là après 8 heures a pris des photos d’hommes armés dans ce bâtiment bien qu’il ne les ait jamais vus faire feu.

Andreï Shevtchenko déclare pour sa part qu’il recevait des appels de plus en plus paniqués du chef de la police antiémeutes affirmant que cinq de ses hommes avaient été blessés et qu’un autre avait été tué par balles avant qu’il ne décide d’ordonner leur retrait.

Et là, les déclarations de Sergueï semblent contredire celles de l’actuel vice-président de la Rada. «Je rechargeais mon arme», a dit celui qui s’est présenté comme un tireur à la BBC. «Ils ont accouru vers moi, l’un d’eux a posé son pied sur moi et m’a dit : ils veulent te parler, tout va bien, mais arrête ce que tu es en train de faire».

Sergueï a encore dit qu’il était convaincu que les personnes qui l’ont emmené appartenaient au service de sécurité d'Andriy Paroubiy même s’il admet ne pas avoir reconnu leurs visages. Une fois hors du bâtiment, on l’a exfiltré de Kiev en voiture sans qu’il ait à subir d’autres conséquences.

La BBC note qu’à ce moment, trois policiers avaient été blessés mortellement et que les affrontements qui se sont soldés par une cinquantaine de morts avaient débuté.

Des snipers sur Maïdan : le mystère demeure

Le 20 février est devenu le jour le plus sanglant depuis le commencement des manifestations en novembre 2013. De plus, ce massacre a provoqué l’expulsion du président ukrainien Viktor Ianoukovytch. Les deux parties se sont mutuellement accusées d’être à l’origine des tirs de snipers qui ont entraîné la révolution.

Le correspondant de RT Alexeï Iarochevskiï, qui témoignait des événements sur place ce jour-là, a lui aussi essuyé des tirs d’origine indéterminée.

A l’époque, des témoins ont déclaré avoir vu des snipers tirer à la fois sur les manifestants et les forces de sécurité. La divulgation de l’enregistrement d’une conversation entre le chef de la politique extérieure de l’Union européenne Catherine Ashton et le ministre estonien des Affaires étrangères Urmas Paet semble également confirmer que des membres de l’opposition, et non pas les services de sécurité de Ianoukovitch, ont tiré les premiers.

«On comprend de mieux en mieux que quelqu’un de la nouvelle coalition [au pouvoir] a soutenu les snipers et que ce n’était pas Ianoukovytch», a dit Paet à Ashton, en citant des allégations estimant que «c’étaient les mêmes snipers qui tuaient les gens des deux côtés».

L’ex-chef du Service de sécurité ukrainien Alexandr Ialymenko accuse aussi le gouvernement actuel issu de l’Euromaïdan, en affirmant que ce sont eux qui ont embauché les snipers qui ont fait exploser la violence sur la place.

Pour les leaders de la manifestations, dont beaucoup siègent dans l’actuel gouvernement ukrainien, Ianoukovytch et ses forces de sécurité portent l’entière responsabilité de la fusillade. En avril, presque deux mois plus tard, les procureurs ukrainiens ont arrêté plusieurs Berkouts [troupes d’élites de la police ukrainienne], les considérant comme les possibles «tireurs embusqués de Maïdan». Il semble que l’enquête se soit arrêtée là.

En octobre, l’agence Reuters a publié les résultats de son enquête à propos des investigations de Kiev sur la fusillade de l’Euromaïdan qui a eu lieu en février 2014.

L’agence d’information rapporte qu’elle a découvert de «graves lacunes» dans l’enquête sur les Berkouts. Des dizaines de familles des victimes de Maïdan réclament toujours «une enquête objective et précise».

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Katerina Iouchtchenko, la sulfureuse épouse américaine de l’ex-président de l’Ukraine

19 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #AMERIQUE, #La République, #La Russie, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #L'OTAN.

Katerina Iouchtchenko, la sulfureuse épouse 

Katerina Iouchtchenko, la sulfureuse épouse américaine de l’ex-président de l’Ukraine

Si les Français connaissent depuis quelques temps des informations parcellaires et souvent orientées sur l’Ukraine, qui se rappelle de Viktor Iouchtchenko qui fut Premier ministre de l’Ukraine de 1999 à 2001 et le troisième président du pays de 2005 à 2010 ? Qui connaît sa seconde épouse, la sulfureuse Katerina ? Avant d’évoquer son parcours, penchons-nous sur la biographie de son président de mari.

Victor Iouchtchenko, l'ex-président de l'Ukraine

Victor Iouchtchenko, l’ex-président de l’Ukraine

Né en 1954, il commença sa carrière dans le milieu de la banque dès 1976 à la banque d’Etat de l’URSS. En 1993, il devînt Président du Conseil de la Banque nationale d’Ukraine et rencontra « fortuitement » Katerina, nous aurons à en reparler. Il fut au cœur d’une affaire supposée d’empoisonnement dont il fut la victime en 2004 et qui n’a toujours pas été élucidée. Selon les médias occidentaux, l’empoisonnement aurait été le fait des services secrets russes, mais l’affaire paraît bien plus compliquée et obscure que cela. Il fut finalement élu président de l’Ukraine après une vague de contestations qui fut appelée la Révolution orange. C’est sous sa présidence que commença la réhabilitation des principaux chefs nationalistes ukrainiens ainsi que la révision complète des manuels d’histoire. Bandera fut élevé au statut de Héros de l’Ukraine par un décret de Iouchtchenko en janvier 2010. Cette décoration suivait celle d’un personnage encore plus trouble, Roman Choukhevytch, lui aussi nommé à titre posthume Héros de l’Ukraine, commandant d’un bataillon de massacreurs de Juifs et d’opposants qui prit une part importante à la Shoah par balles : le bataillon Nachtigall. Ces manœuvres révisionnistes se sont poursuivies sous la présidence actuelle de Porochenko dans un silence assourdissant des médias européens et de l’Union européenne elle-même. Cette dernière, l’alliée des « démocrates » ukrainiens de l’Ouest refusa d’entendre la protestation du Centre Simon Wiesenthal adressée lors des deux décorations en 2007 et 2010. Le Parlement européen mettra trois années pour relayer du bout des lèvres la protestation de la décoration de Choukhevytch et resta silencieux à propos de Stepan Bandera. Ils sont désormais des icônes du gouvernement ukrainien, largement relayées et vues dans les manifestations dans l’Ouest du pays et dans les unités composées de fanatiques néo-nazis comme le bataillon Azov, le bataillon Aydar ou encore les bataillons Dniepr-1 et 2.

Roman Choukhevytch

Roman Choukhevytch

Cette escalade de néonazisme, toujours niée par les journalistes européens peut trouver également sa source dans la personne de Katerina Chumachenko. Née à Chicago en 1961 dans une famille de pauvres émigrés ukrainiens, elle fit de brillantes études à l’Université de Georgetown. C’est au début des années 80 qu’elle est recrutée par les services de renseignements américains, alors que la Guerre froide touchait à sa fin. Elle fréquenta Yaroslav Stetsko, un proche de Bandera en exil aux Etats-Unis qui avait fondé en 1946 une organisation antisoviétique, Le Bloc des nations anti-bolcheviques, l’ABN qui fut dirigée par le chef nationaliste jusqu’à sa mort en 1986. Ekaterina travailla pour cette organisation et à partir de 1985 devînt analyste dans le Département d’Etat et du Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis. L’année suivante, elle travailla au Bureau des Droits de l’Homme et supervisa des activités en direction des pays de l’Europe de l’Est et de l’Union soviétique. Elle fut ensuite directrice-adjointe du Département international et à cet égard rédigea des documents d’analyses pour le Président des Etats-Unis en personne et d’autres responsables américains. En 1989, elle fit un passage au Trésor des Etats-Unis puis jusqu’en 1991 travailla au sein du Comité Economique du Congrès. Elle se refusera toujours à parler de cette période de sa vie et de son activité de renseignement pour les USA. Les pistes sont toutefois claires, elles conduisent à la CIA mais aussi aux milieux néo-nazis ukrainiens et allemands, courtisés par les Américains durant la Guerre froide et recyclés par la suite dans les grandes manœuvres visant à saper l’influence de la Russie en Ukraine. Dès l’indépendance du pays, elle s’installa en Ukraine où elle fonda et devînt la directrice de la Fondation Américaine Ukrainienne. Elle fut alors au centre de nombreuses transactions et opérations, notamment autour de l’USAID, l’Agence des Etats-Unis pour le développement international, gérant la distribution « d’aides financières ».

Katerina Iouchtchenko

Katerina Iouchtchenko

Elle eut des relations très serrées avec d’anciens nazis, notamment le lieutenant-colonel allemand Théodore Oberlander, ancien officier du bataillon Nachtigall, nazi avéré et convaincu d’avoir participé aux massacres contre les Juifs et les Polonais en Ukraine. Egalement soupçonné de crimes de guerre contre l’Armée rouge sur le Front de l’Est, par ailleurs membre de l’Etat-major de l’Armée de Libération du célèbre Vlassov. Il fut recyclé par les Américains et devînt comble de l’ironie, Membre du Parlement de la RFA entre 1953 et 1965, Membre du Parlement de Bavière de 1950 à 1953, en charge dans le Ministère fédéral des personnes déplacées, des réfugiés et des victimes de guerre dans plusieurs cabinets du Chancelier Conrad Adenauer… Ce terrifiant personnage né en 1905, mourra de sa belle mort en 1998. Durant toute cette période, Ekaterina fut très active dans des organisations dites « parapluies », c’est-à-dire sous contrôle américain, Heritage Foundation (HF), Freedom House (FH). Elle fut suspectée du détournement de sommes colossales, en particuliers de 242 millions d’Hryvnia (environ 7,8 millions d’euros), fonds collectés pour le projet « Hôpital pour les enfants de l’Avenir ». Le projet n’arriva jamais à terme et l’argent se volatilisa justement dans les comptes bancaires de la femme du président. Devenue Première Dame de l’Ukraine, épouse de Iouchtchenko, elle ne négligea pas non plus les affaires en investissant dans une chaîne de restauration/bar « Tchernyï pavline » (Paon noire) et d’autres business lucratifs. Entre 1994 et 1999, elle dirigea le bureau ukrainien d’un célèbre cabinet financier et de consultants internationaux, Barents Group LLC.

Théodore Oberlander

Théodore Oberlander

Au fait de son ascension, une photo fit alors son apparition, photo prise selon toutes les probabilités avant 1992 lors d’un congrès des membres de National Alliance, une organisation néo-nazie américaine, réunion où elle prit la parole et fit ostensiblement le salut hitlérien… Elle fut récompensée le 21 novembre 2008 par la médaille de la Liberté Truman-Reagan, pour « son travail à long terme où Madame Iouchtchenko s’est dédiée à la diffusion de la vérité sur les crimes du régime communiste, principalement sur le génocide de la faim en Ukraine de 1932-1933 ». Elle n’est naturalisée ukrainienne qu’en 2005 pour des raisons politiques facilement compréhensibles. Il existe une hypothèse qu’elle fut poussée dans le lit de Iouchtchenko et placée « fortuitement » lors d’un déplacement en avion sciemment à ses côtés. S’il n’est bien sûr pas possible de vérifier une telle information, le parcours d’Ekaterina ainsi que celui de son futur mari, laisse bien entrevoir que sous son influence, Viktor Iouchtchenko devînt le candidat des USA en Ukraine. Un coup réussi après la Révolution orange mais qui tourna mal en 2010, lorsqu’il fut le grand perdant des élections où il était candidat à son propre succession. Accusé d’avoir aggravé la corruption, Iouchtchenko fut donc évincé en 2010 et remplacé par un oligarque de l’Est de l’Ukraine regardant plus du côté de la Russie que des USA. Vous connaissez la suite… Ce petit cheminement montre bien toutefois que les Etats-Unis ont été à l’œuvre en Ukraine depuis fort longtemps et que le nouvel homme du régime, Porochenko, n’est qu’une créature américaine comme le démontre tous ses actes et les événements de l’Euromaïdan jusqu’à la guerre dans le Donbass. Dans l’étonnante histoire de cette femme, ne pouvons-nous pas nous demander avec de bonnes raisons, qu’elle fut l’influence de cette femme et si de nos jours, les manipulations américaines ne sont pas toujours à l’œuvre (et puissamment) en Ukraine ?

Par Laurent Brayard pour Novorossia Vision

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Alfredo Serrano : « au Venezuela on a dépassé le stade du néolibéralisme »

18 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Amérique Latine, #La mondialisation, #La nation ., #Economie

Alfredo Serrano : « au Venezuela on a dépassé le stade du néolibéralisme »

Alfredo Serrano Mancilla est docteur en Economie de l’Université Autonome de Barcelone, avec Post-Doctorat en Economie de l’Université Laval (Canadá). Directeur du Centre Stratégique Latinoaméricain Géopolítique http://www.celag.org/. Professeur universitaire de la FLACSO (Equateur), Universidad Andina et UMSA (Bolivie), Universidad Hermosillo et UNAM (Mexique), Univ. Pablo de Olavide de Sevilla (Espagne), Université Santa Marta (Colombie).

Alfredo Serrano Mancilla est docteur en Economie de l’Université Autonome de Barcelone, avec Post-Doctorat en Economie de l’Université Laval (Canada). Directeur du Centre Stratégique Latinoaméricain Géopolítique http://www.celag.org/. Professeur universitaire de la FLACSO (Equateur), Universidad Andina et UMSA (Bolivie), Universidad Hermosillo et UNAM (Mexique), Univ. Pablo de Olavide de Sevilla (Espagne), Université Santa Marta (Colombie).

Le 6 février s’est déroulé à l’Université Bolivarienne du Venezuela (Caracas) un débat qui a réuni étudiants, professeurs, mouvements sociaux autour du livre d’Alfredo Serrano Mancilla (CELAG): « La pensée économique d’Hugo Chavez ».

Interview : Ernesto Cazal
Traduction : Jean-Marc del Percio

Bien qu’il soit espagnol -son accent le trahit- Serrano n’hésite pas à dire qu’il s’exprime comme les Vénézuéliens, « avec tout le corps ». Nous avons fixé l’entretien pour le lendemain. C’est à la cafeteria de l’hôtel où il est descendu, qu’il s’est expliqué sur l’héritage économique légué par Chavez : « ce que Chavez a fait et que ne reconnaissent ni les économistes de renom, ni la doxa dominante de la science économique, c’est la réinvention de catégories, de concepts, de propositions; et la rediscussions sans tabou ni complexe, de tous les dogmes hégémoniques. »

Chavez a parlé de la nécessité d’atteindre un point de non retour. Non seulement sur le plan économique, mais aussi politique et social. A votre avis, à quel stade en  sommes-nous ? Avons-nous atteint ce point de non retour ?

D’un point de vue historique, je pense que oui, nous avons atteint à plusieurs niveaux un certain degré d’irréversibilité. Je crois que l’étape néolibérale a été dépassée. Ce qui n’est pas peu de choses. Le déroulement des élections d’octobre (2012) et avril (2013) en est l’illustration. En effet, l’opposition (de droite) s’est vue contrainte d’occuper un champ économique et politique autre. Il lui était très difficile de remettre en cause l’Etat social Bolivarien. Cela montre que nous avons atteint un certain point d’irréversibilité. Il peut être également question d’un point de non retour qui serait atteint sur le plan économique, social et politique, si l’on considère que la Révolution Bolivarienne a bâti – suivant en cela, la pensée de Gramsci – un nouveau sens commun économique.

Pourquoi est-il possible de parler d’un nouveau sens commun en matière d’économie ?

Il est très difficile aujourd’hui de discuter en usant de la terminologie de l’ancien modèle économique des années 1980 et 1990. A l’époque, la priorité revenait à l’investissement étranger direct, aux politiques d’ajustement ou d’austérité, à la libéralisation du commerce et du secteur financier – selon les préceptes de Washington. Il n’en est plus ainsi aujourd’hui. Toutes ces orientations n’obtiendraient plus aucun soutien populaire. C’est pourquoi pour moi, il y a un nouveau sens commun, qui laisse loin derrière lui, les décennies néolibérales qui ont toutes été des échecs ; et qui est la clé du processus de transition en cours, vers le socialisme bolivarien du XXIème siècle.2

Vitesse et stratégie.

Il est midi à Caracas. Soleil timide. Serrano, un verre d’eau fraîche à la main, insiste sur le fait que repenser en permanence la politique est une tâche qui ne peut s’enliser.

Les processus de changement en cours, acquièrent une telle vitesse et il y a tellement de tensions créatives au niveau économique et social, que si l’on souhaite atteindre un degré d’irréversibilité définitive, on doit réactualiser le seuil d’irréversibilité en permanence. Non seulement on a réussi à enterrer définitivement le néolibéralisme et son sens commun. Mais on a réussi à construire autre chose. Il faut désormais atteindre de nouveaux points de non retour. La révolution de la productivité est l’un de ceux-ci. Certaines modifications de la structure économique sont nécessaires (1). Mais il faut garder à l’esprit qu’un changement structurel suppose que l’on module la rapidité des processus de transformation en fonction de la conjoncture. Quant à la rapide transition qui s’est faite en un temps record, elle doit être confirmée par des transformations stratégiques structurelles.

Cela concerne uniquement la question de la productivité ?

Je me réfère également aux sphères financière, fiscale; à l’intégration des activités commerciales; mais aussi à la place de l’organisation productive au sein du système-monde. Sans oublier la politique des marchés publics. Tous ces réaménagements, c’est ce que le président Maduro appelle le nouveau système économique interne. On devrait également améliorer le dialogue entre les différentes sphères institutionnelles relevant de l’économie : le Sicad (Sistema Complementario de administracion de divisas), le Seniat (Servicio Nacional integrado de administracion Aduanera y tributaria), les services des douanes. Il ne peut subsister ici de quelconque « triangle des Bermudes ». Ce sont des défis à relever. Il ne faut toutefois pas porter un regard trop inquiet sur cette question. Il s’agit plutôt d’un pari à gagner, qui concerne les changements vertigineux de la sphère productive.

Selon vous, dans un contexte de guerre et de sabotage permanent, quelle est la relation immédiate entre ce débat, et le peuple organisé tel qu’il s’exprime à travers les conseils communaux, les communes, les divers mouvements sociaux, les collectifs ?

Il est essentiel d’identifier les nouvelles questions que soulève la majorité sociale, pour y apporter les réponses adéquates. Prenons un exemple : à l’heure actuelle, elle aspire toujours à se nourrir correctement. Mais elle souhaite aussi accéder à une alimentation de meilleure qualité. C’est pourquoi il me semble intéressant de coller au plus près du comportement du sujet social majoritaire, afin d’en actualiser les contours en permanence. Il me semble également fondamental d’identifier les nouveaux défis à relever; mais aussi les nouveaux facteurs de motivation. Il y a une partie non négligeable de la population vénézuélienne qui n’a pas connu l’ère néolibérale, puisque de nombreux jeunes sont nés sous la révolution. Mais il ne s’agit pas uniquement de la jeunesse, il y a un tas de choses, de nombreux tournants positifs qui ont été pris dans le domaine social, politique, en matière de satisfaction des besoins de base. C’est pourquoi, il faut toujours être à l’écoute, parce que si l’on souhaite répondre aux aspirations du moment, il faut avoir à l’esprit qu’elles ne sont pas identiques à celles que la majorité sociale exprimait il y a 14 ans. Donc, oui, je considère qu’on doit revitaliser la sphère de l’économie, à partir de ce qui fait partie de l’actualité.

A quoi il faut ajouter le thème de la guerre…

C’est vrai. Il y a une guerre économique. Il y a du sabotage. Il y a également une tentative de
déstabilisation en cours, qui vient de l’étranger. Il est également vrai qu’il existe une bourgeoisie vénézuélienne parasitaire misant sur les importations improductives, sur la spéculation. Toutefois, comme le président Chavez l’a dit lui-même, malgré ces obstacles, il faut identifier les éléments qui permettent malgré tout d’accomplir ce bond en avant, afin que l’économie contribue à l’éclosion d’un climat de pacification générale. L’idée, ce n’est pas seulement résister à la guerre économique. Parce qu’il faut voir comment il est possible d’envisager la transition, afin que l’économie soit un outil de pacification de la période actuelle. Et c’est dans ce cadre, que pour moi, l’importance des communes, du peuple organisé apparaît.

Chavez pédagogue

« Il est essentiel de comprendre que les acquis, on ne les a pas obtenus gratuitement. Il faut donc faire appel au volet pédagogique, s’inspirer de l’esprit de Simon Rodriguez (1769-1854, philosophe et mentor de Simon Bolivar), sur lequel Chavez s’appuyait tant. C’est comme cela qu’il a été possible d’expliquer qu’en dépit d’un investissement social si élevé, la Mission Logement n’a pu être menée à bien, qu’en réunissant de très gros capitaux. C’était en 2011».

Alfredo croit en l’efficacité d’une formation économique qui s’acquiert au quotidien. Ce qui n’empêche pas de penser à la politique sur la longue durée : « l’élément-clé, c’est de penser le changement, tant sur le plan stratégique que tactique. Un changement qui concernerait la politique fiscale, afin de l’enchâsser dans le modèle socialiste bolivarien de ce siècle. Selon les besoins du pays, qui diffèrent de ceux qui étaient à l’ordre du jour il y a 15 ans. Un exemple : ce peuple qui était affamé, consomme de telle façon, que cela relève désormais, de l’agro-industrie. »

La droite affirme que nous souffrons de famine. Nous savons que cela ne tient pas debout. Est-ce que tu penses que cela est lié au fait que nous aurions atteint ce point de non retour ?

Tout ce qui a trait à l’Etat social -qu’il y ait un choc interne ou externe ; une mutation de l’économie mondiale ; une chute des prix du pétrole-  n’est plus négociable. Pourtant cet état de fait, ne peut pas être interprété sous l’angle du miracle advenu. Non. C’est ici, qu’intervient la nécessité d’être pédagogue. D’expliquer que ces acquis, ce caractère irréversible, cet accroissement de la souveraineté ; de l’indépendance économique dont le Plan de la Patrie (2) a jeté les bases, tout cela implique de devoir prendre certaines décisions sur le plan économique. Comme l’émission de monnaie souveraine incombant à l’Etat vénézuélien.

Dans ces conditions, que faire ?

Est-il possible de continuer à autoriser que les devises aillent sur les cartes de crédit, dans le cadre des actes de consommation quotidienne ? En la matière, les données de l’année et demie écoulée, sont éloquentes. Même questionnement au sujet du tourisme. Est-il envisageable de maintenir en l’état, le rythme de sortie des devises, dès lors qu’elles font défaut pour aiguiller le modèle sur le plan productif ? Idem en ce qui concerne l’essence. Est-il encore concevable de consacrer des devises pour subventionner l’essence en faveur de tous les secteurs, au moment où elles sont nécessaires à la réorganisation d’une économie productive ; à améliorer les chaînes d’approvisionnement ; la distribution, la productivité ? Cette nouvelle culture économique doit accompagner le changement de modèle en cours. Et c’est à ce travail que le peuple organisé, mais aussi l’Exécutif, doivent s’atteler.

Dans un article, vous déclarez qu’il y a trois secteurs économiques qui n’ont pas décliné, pour lesquels il y a des politiques très claires du gouvernement bolivarien. Il s’agit du social ; du travail et de la fiscalité. Quels sont les relations à établir avec la révolution productive en cours ? Comment s’articulent ces 3 niveaux, avec, disons, cette manière nouvelle de produire ?

Un des défis à relever, c’est celui qui consisterait à placer la politique économique sous le signe d’une intégration totale. La politique fiscale ne doit pas faire cavalier seul. Elle doit s’intégrer à l’ensemble des objectifs politiques et économiques qui ont été définis. Mais elle doit aussi être repensée afin de promouvoir un nouveau modèle de production. En la matière, il est d’autant plus important de percevoir les impôts et taxes pour asseoir sa souveraineté sur le plan fiscal et pour capter les grandes richesses engendrées, que nous vivons une période de contraction des prix du pétrole. C’est aussi un défi en soi, puisqu’il ne faut pas appréhender d’une manière réductionniste la politique fiscale de captation des revenus. Mais il faut faire en sorte que cette dernière puisse contribuer à l’émergence de revenus productifs dans la période immédiate. Pour cela, on doit étudier les cas où les incitations fiscales sont souhaitables et ceux pour lesquels elles ne le sont pas. Il est crucial de ne pas instaurer d’incitations fiscales au profit de secteurs improductifs relevant de la spéculation. Elles ne doivent en aucune manière concourir à oxygéner le métabolisme du capital.

Le Venezuela Bolivarien n’est pas une île.

Nous avons ensuite parlé du travail, pas de celui qui s’appuie sur les chaînes ou le fouet de l’horaire : « la politique menée dans le domaine social et du travail doit répondre à des critères évidents. Non seulement il est nécessaire de maintenir un faible taux de chômage, mais il faut faire en sorte que chaque nouvel emploi créé, consolide la productivité générale et engendre une plus forte valeur ajoutée. C’est pourquoi, il est utile d’insister sur la nécessité de conduire une bonne politique en matière scientifique et technologique. Pas besoin de se concentrer sur tous les domaines de la connaissance, mais sur les secteurs stratégiques à court terme, pouvant avoir un impact sur la réduction de la valeur ajoutée importée. Il faudrait même réfléchir à la manière dont les connaissances s’intègrent à la nouvelle matrice sectorielle ainsi créée» dit Serrano1

Hier, tu as parlé d’une nouvelle instance de production. Il ne s’agit pas uniquement de réorganiser les vieilles instances mais aussi d’en créer de nouvelles dans les domaines de la science, de l’alimentation, etc. Comment redimensionner cette nouvelle culture productive ? A partir de quel type de travail ? Quels seraient les critères à retenir ?

Je pense que d’ici peu, on se remerciera d’avoir été confrontés à ce moment critique, ce moment complexe comme le caractérise le président Maduro. On assiste à la renaissance d’un imaginaire économique fondé sur la nécessité de la production. A l’heure actuelle, c’est quelque chose que nous ne voyons pas, parce nous focalisons sur le court-terme et la conjoncture. Il est possible de tracer le parallèle avec ce qui s’est passé avec le putsch des cadres du pétrole. Cette année 2002 fut chaotique, compliquée. Après, la Révolution bolivarienne est sortie renforcée de l’épreuve. Sur le plan économique, ses positions se sont renforcées, car on a immédiatement instauré un contrôle de plus en plus efficace du secteur stratégique pétrolier. A partir de cela, la mise en œuvre des programmes des diverses Missions a été facilitée.

L’idée n’est pas seulement résister à la guerre économique. Il faut voir aussi comment envisager la transition, afin que l’économie soit un outil de pacification de la période actuelle. Dans ce cadre, pour moi, l’importance des communes, du peuple organisé apparaît.

« J’insiste une fois encore sur l’émergence de ce nouveau sens économique commun. Je constate que depuis 2 ou 3 ans, il a été beaucoup plus question de la productivité, que durant ces 14 dernières années. Jusqu’à maintenant, la mentalité liée à la rente pétrolière, était profondément ancrée dans le sujet social économique vénézuélien. Il s’agit moins de la critiquer que de la comprendre sur un plan historique. Toutefois, je crois qu’elle est en train de disparaître. L’analyse des documents officiels démontre que les questions relatives à la productivité, ont émergé majoritairement ces dernières années. Je ne dis pas que ce débat n’apparaissait pas avant. (On en parlé par exemple, en 2007). Mais désormais, ce thème s’impose d’une manière centrale. Il est temps d’accorder à ce thème une place moins importante. Notamment dans les secteurs où les débats sont vifs autour de lui. Il faut lui accorder moins d’importance, parce qu’il ne faudrait pas passer d’un extrême (une économie improductive) à l’autre (une économie la plus productive du monde). Vouloir tout produire en un temps record, ce serait une erreur monumentale. Ce serait insoutenable, parce que nous ne vivons pas en autarcie ».

Nous ne sommes pas isolés…

En fait, à aucun moment, le Gouvernement bolivarien n’a fait le choix de l’isolement. Nombreux sont ceux qui affirment le contraire. C’est le cas de Capriles (un leader de la droite vénézuélienne) et compagnie. Ils le disent au moment même où le Venezuela n’a jamais été aussi peu isolé qu’aujourd’hui. On ne peut tout bonnement pas envisager les choses en termes de modèle productif autarcique, alors que l’insertion de la révolution bolivarienne au système-monde s’est opérée sur la base de la vision et des alliances d’un monde multipolaire. Je pense que dans ce domaine, un grand travail est à réaliser. Démocratiser le système productif, veiller à son intégration vertueuse au sein du système-monde productif. Il faut également réfléchir à la nature des instances régionales et globales environnantes. Et ce, afin de choisir à bon escient les modes d’insertion éventuels, en fonction des capacités réelles du pays. Car vouloir produire absolument tout, n’aurait aucun sens. Si malgré tout, c’était le cas, les coûts seraient très élevés, puisque les capacités du pays ne seraient pas à la hauteur de l’échelle de production retenue.

Et la question des gens, du peuple qui font de la politique ?

Il est fondamental d’introduire de nouveaux modèles de production, et de rediscuter de la commune. On doit non pas uniquement se poser la question de qui produit, mais comment on produit. Sinon on pécherait par naïveté. Une commune ne peut s’inventer du jour au lendemain, ne peut pas être réellement productive du jour au lendemain. Il n’existe pas de logiciel capable de planifier minute par minute, les activités d’une communauté productive comme un modèle idyllique et définitif. C’est pourquoi il apparaît nécessaire de rediscuter le contenu de la Loi de la Commune, en sériant les volets productif, économique, mais aussi en y intégrant les missions actives dans le domaine du travail, et de la qualification. Il faut réunir les conditions de l’insertion de ce nouveau sujet productif.

A ce stade de la conversation, Serrano aborde un fait capital : le dernier rapport de la Cepal
(Commission économique pour l’Amérique Latine/ONU) signale que les importations dans le secteur pétrolier augmentent à une vitesse plus grande que les exportations. « Cela indique que l’industrie a de plus en plus besoin de science et de la technologie pour ne plus devoir importer de la valeur ajoutée à partir du secteur pétrolier. Bon, peut-être faut-il placer tous les efforts dans les sciences et la technologie. Mais il existe également d’autres domaines ». Ce qui oblige à reconsidérer le rôle des industries à ce stade du processus révolutionnaire ; selon leurs positions.

Et les entreprises mixtes ?

Les alliances entre entreprises supranationales existent. L’ALBA a été créée; le Mercosur aussi. Toutefois, il reste beaucoup de travail. L’industrie de fabrication de médicaments génériques est plus qu’importante, pour ce pays. Dans ce domaine, on peut envisager la mise en place d’alliances avec des entreprises régionales, publiques, nationales. Il faut également susciter des accords basés sur les transferts de technologie. Je crois que dans ce contexte, nous devons identifier clairement quels sont les domaines prioritaires. Parce que Chavez a toujours insisté sur l’ordre des priorités. Il faut donc poursuivre, en pensant programmation. Etablir des étapes.
Si l’on déclare que l’on va tout produire « vénézuélien », ce sont en définitive, les grandes entreprises transnationales qui vont se frotter les mains. Celles qui poursuivent les transferts de leur technologie, exportant ainsi de la valeur ajoutée. Dans ce cas de figure, apparaîtrait un modèle inédit de dépendance, en matière de valeur ajoutée et de connaissance.

Ce qui rendrait la guerre plus facile à mener.

C’est exact. Le président Maduro assume qu’il est nécessaire de rediscuter de tout cela.

Source: http://misionverdad.com/entrevistas/alfredo-serrano-en-venezuela-se-supero-el-estadio-neoliberal

Notes:

(1) Voir l’article en espagnol de Alfredo Serrano Mancilla : http://www.pagina12.com.ar/diario/suplementos/cash/17-7687-2014-05-25.html
(2) Voir « Ce que la révolution bolivarienne va faire de 2013 à 2019 » https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/15/ce-que-va-faire-la-revolution-bolivarienne-de-2013-a-2019/

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les files d’attente au Venezuela sans jamais oser le demander

unicasaLa file d’attente comme cliché médiatique du Venezuela voudrait nous convaincre, au cas où nous ne l’aurions pas compris, que le socialisme ne marche pas. Pourtant, comme la lettre volée d’Edgar Allan Poe, cette image n’attend qu’à être “découverte” par qui voudrait faire le métier d’informer. Certes, face aux actionnaires qui préfèrent les reflets de la caverne de Platon aux Histoires extraordinaires, on imagine mal le journaliste occidental renonçant à la vulgate et retrouvant la passion de l’enquêteur Dupin.

En attendant ce jour…

Tout a commencé dans les années 50 : pétrole, explosion urbaine, Rockefeller et Cisneros inventent la culture de masse vénézuélienne, le “j’achète donc je suis” qui pendant des décennies fera de Miami la référence culturelle principale pour les 20 % de classe moyenne, « la bourgeoisie plus bête du monde », immortalisée par le documentaire Mayami Nuestro de Carlos Oteyza (1).

Un rêve pour les 80% de pauvres exclus du système, qui fit écrire à un cycliste du nom d’Ernesto Guevara, passant par-là dans les années 50, que de tous les pays visités, celui-ci était « le plus aliéné par l’American way of life ». Comme le dit aujourd’hui une compagne de lutte : le jour où le vénézuélien, en voyant les lettres C.C. ne pensera plus « Centre Commercial » mais « Conseil Communal », la révolution aura fait un pas de géant.

Pour beaucoup, le socialisme des quinze dernières années, avec ses hausses de salaire, ses subventions des aliments de base, son droit concret de manger trois fois par jour, sa gratuité de la santé et de l’université, est autant qu’une adhésion idéologique, la possibilité de se hisser au statut jusque-là réservé aux happy few. La guerre économique recycle et travaille cette fibre bien vivante. En 2015 l’hégémonie culturelle au Venezuela reste télévisuelle, celle de Venevision ou Televen, celle du plaisir individualiste de consommer, de l’ascension sociale, avec gymnases, aerobics, cheveux lissés, courbes de silicone, photos du diplômé en cape et toque, et antenne de Direct TV. Même les politiques de communication des médias bolivariens peinent à se libérer de cet imaginaire du produit et de la consommation opposé à l’imaginaire de la production, du travail, du monde social du travail. On a vu des files d’attente se former non pour du shampoing mais pour une marque de shampoing. Il aura suffi, au début de janvier 2015, d’une fausse rumeur propagée par la droite sur les réseaux sociaux évoquant l’imminence d’une grève nationale – qui n’eut jamais lieu – pour que 18 millions de vénézuéliens achètent fébrilement  en quatre jours l’équivalent de ce qu’ils auraient consommé en un mois et demi.

Retournons la carte postale de la file d’attente. Ce qui irrite le plus la population, c’est l’artificialité des files : dans de nombreux cas le stock disponible est plus que suffisant pour permettre une vente fluide. Pas de jour sans qu’on découvre des tonnes d’aliments, médicaments, matériel chirurgical, pneus, carburant cachés dans des entrepôts, des camions parfois munis de plaques colombiennes. Par ailleurs, la moitié au moins des personnes qui font la file ne sont pas des riverains mais des « bachaqueros » (fourmis porteuses). C’est le surnom populaire des milliers de revendeurs et contrebandiers organisés en réseaux et qui se déplacent de commerce en commerce, armés de leurs portables, pour suivre à la trace les produits subventionnés.

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Un des milliers de dépôts de carburant en attente d’être transférés en Colombie par les réseaux mafieux.

2.000 Km de frontière avec la Colombie, tout au long des États  Zulia, Táchira, Apure et Amazonas, servent de passoire depuis des années aux camions-citernes, voitures, avions, bateaux qui vident le Venezuela de 30 à 40 % de ces produits subventionnés. Au Venezuela on remplit un réservoir de 80 litres pour 7,76 Bolivars – c’est l’essence la moins chère du monde – contre 2.100 Bolivars en Colombie. Un kilo de lait en poudre vendu au Venezuela à 70 Bolivars bondit, de l’autre côté de la frontière, à 450 Bolivars. Ce pillage massif et quotidien est devenu un mode de (sur)vie pour la population de 40 municipalités de Colombie, ceux du nord du département de Santander, soit près de 1.320.000 personnes. Le néo-libéralisme colombien a fait du socialisme bolivarien une manne nationale.

Nicolas Maduro explique que les investissements publics de la révolution ont soutenu trois pays. Le premier, celui de la famille vénézuélienne, qui bénéficie aujourd’hui d’une baisse continue du chômage (5,5% en décembre 2014), du niveau de revenus le plus haut en cent ans, et de l’éradication de la faim saluée par la FAO (2). Le deuxième pays est celui de la mafia vénézuélienne qui dévie, stocke, cache et revend à prix d’or les produits subventionnés. Le troisième, c’est l’économie des mafias colombiennes, dont la contrebande d’extraction est freinée aujourd’hui par la surveillance des frontières menée par les forces armées vénézuéliennes.

Des contrôles d’identité menés ces dernières semaines dans les files d’attente ont permis de détecter la présence de centaines de colombiens en séjour illégal, liés aux réseaux paramilitaire implantés depuis dix ans au Venezuela. On les a renvoyés chez eux. Peu à peu le gouvernement accélère les inspections, arrête les propriétaires et gérants de chaînes commerciales vénézuéliennes coupables d’accaparer et de spéculer sur les prix, remet en circulation les marchandises dans les circuits publics (Mercal, Pdval, etc..) pour les vendre au prix juste, et commence ainsi à normaliser, avec l’aide des organisations communales, la distribution et la commercialisation. Cette mobilisation générale permet au président Maduro de rappeler la différence entre un capitalisme qui accapare pour mieux spéculer et le modèle socialiste de distribution pour tous.

Elle est aussi l’occasion de rafraîchir la mémoire historique, et de se souvenir de l’offensive de la bourgeoisie chilienne contre Salvador Allende, sur l’injonction de Nixon : “il faut faire pleurer l’économie chilienne”. Les vénézuéliens ne sont pas plus dupes aujourd’hui qu’en 2002 lorsqu’un lock-out pétrolier voulut les monter contre la révolution. L’Empire sous-estime ce peuple et son président en les soumettant depuis deux ans à une guerre économique comme phase préparatoire d’un coup d’État. Pas de violences, pas de pillage de magasins, pas de marches populaires comme en rêvait l’extrême droite. Malgré les rumeurs, et malgré les techniques du goutte à goutte qui consiste à ne faire passer qu’un petit groupe à la fois afin de faire grossir le nombre de personnes dans la rue.

Élargissons le cadre de l’image : l’économie vénézuélienne, le secteur de l’alimentation par exemple, reste à 70 %  aux mains d’un secteur privé… qui n’a jamais été un vrai secteur privé. Ses produits sont en grande partie importés grâce au dollar subventionné par l’État, ce qui lui permet de spéculer en revendant avec un bénéfice de 200 à 2000 %. Alors que le pouvoir d’achat populaire a fortement augmenté avec la révolution, l’appareil productif privé n’a pas augmenté ses investissements, bien au contraire. La file d’attente est donc l’image de de la faillite d’un capitalisme historiquement incapable d’assumer la production et la distribution nationales. En s’engouffrant dans cette faille, la guerre économique met le gouvernement bolivarien au pied du mur. Le défi est immense. Nicolas Maduro sait que le projet socialiste serait impossible à long terme sans une politique volontariste qui permette le saut structurel vers un puissant appareil productif national, et sans la transformation en profondeur d’un État encore affaibli par le rentisme pétrolier et sa contagion mafieuse.

L’économiste vénézuélien Luis Salas Rodríguez trace la perspective de cette transformation.

Thierry Deronne, Caracas le 7 février 2015

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Ukraine, Olivier Renault, un des derniers journalistes encore debout

18 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #La guerre, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE

Olivier Renault, un des derniers journalistes encore debout

 

Olivier Renault

Olivier Renault

Bonjour Olivier, tout d’abord pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Vous vivez en Russie depuis de longues années, vous avez une immense expérience des médias et de journaliste. Vous avez travaillé en Allemagne et en France pour de nombreux médias. Vous avez écrit pour La Voix de la Russie jusqu’à l’année dernière et vous avez beaucoup voyagé. De Moscou, quelle est votre vision de la gestion médiatique en France de la crise ukrainienne ?

 

Cher Laurent, c’est une catastrophe. Nos amis russes, qui aiment tant la France, me demandent toujours pourquoi la France avec ses médias ne dit pas la vérité sur les faits et pourquoi les médias tapent toujours sur la Russie. J’écoute les médias français et ça fait froid dans le dos. Quand je pense que nos citoyens ne sont pas bien informés, manipulés c’est dur à voir. Encore quelques heures avant minuit pour l’accord de Minsk j’ai entendu les médias français dire que les séparatistes pro-russes attaquaient dans le chaudron de Debaltsevo alors que Piotr Porochenko a envoyé deux unités de 800 hommes pour désenclaver la position. Les médias français font tout pour donner une version des faits et pour incruster dans l’esprit des auditeurs français que les Russes sont les méchants. Il est temps que les Français soient informés sur la réalité des faits. Je me demande comment ces journalistes français peuvent dire de telles choses en direct aux auditeurs. La moindre des choses seraient de gueuler à l’antenne et de dénoncer leurs conditions de travail avant de quitter la rédaction. Ce n’est pas soutenable d’être journaliste et de participer à la désinformation.

 

Quelle a été la vision des Russes par rapport à la venue de Porochenko à Paris pour le rassemblement Je Suis Charlie ?

 

D’abord les Russes ne connaissent pas Charlie Hebdo. J’ai montré ce journal à des Russes et ils ne trouvent rien de spécialement rigolos dans ce journal. Les Russes ne comprennent pas ce slogan « Je suis Charlie » à un moment où des civils sont massacrés dans le Donbass. Mais de voir Porochenko à Paris avec Merkel et Hollande pour eux est une trahison de la France. Il faut les secouer un peu les Russes pour avoir des réactions. Car cette manifestation à Paris est un show et ils s’en moquent assez des constructions de communication. Ils se limitent à voir l’essentiel. Avoir la paix dans le Donbass même si ces idiots se mettent en valeur devant les caméras. Le peuple russe est un peuple pacifiste est si identique aux Français. Ils n’ont pas besoin de tels artifices. Les Russes sont des gens simples qui ont la main sur le cœur et qui préfère agir de manière discrète pour aider. Il faut bien dire aux Français que les Russes nous aiment et qu’ils ne comprennent pas du tout cette haine qui se dégage contre eux. Pour eux Porochenko est bien sûr un personnage diabolique et intéressé et ils auraient aimé avoir un président ukrainien proche du peuple ce qui aurait permis de ne pas avoir de crise et de guerre comme aujourd’hui.

 

Pensez-vous qu’en France la Démocratie est en danger ainsi que la liberté d’expression ?

 

Plus que jamais. Le slogan Je suis Charlie est d’une grande débilité. Pendant que de nombreux journalistes ou de sites internet sont censurés, on invite les Français à sortir dans la rue pour défendre la liberté d’expression et de la presse. Mais la liberté d’expression est menacée en France et ce ne sont pas les islamistes qui la menacent mais le pouvoir lui-même cela depuis plusieurs décennies. La démocratie en France est en danger. La loi de 1905 n’est pas respectée. Les référendums ne sont pas respectés comme celui sur le souhait des Français d’avoir le contrat de l’Union européenne. Sur l’immigration les Français ne sont pas questionnés et c’est comme si vous laissiez rentrer chez vous sans votre autorisation des étrangers y venir dormir et manger. Les médias français sont si pourris jusqu’à l’os qu’un asticot ne pourrait rien y trouver à manger. Tiens juste après l’attentat au Danemark on a pu voir sur BFM TV Caroline truc… ah, attends… oui, c’est ça Caroline Fourest avoir le droit de parler à l’antenne durant plus de 30 minutes à donner son avis. Mais c’est du délire. Cette nana-là, on sait qu’elle dit des conneries. Le plus bel exemple fut ses dires sur les prisonniers ukrainiens où elle avait dit que les pro-russes leur avaient arraché les yeux ! Rien que ça ! Et c’était dit à la radio en direct. Tout le monde sait que c’était faux. Mais Caroline Fourest continue de parler librement comme journaliste ! On croit rêver. On assiste en France à du n’importe quoi dans les médias et la politiques. Tout se passe comme si les gens de qualité étaient au service des gens de basse qualité.

 

Et en Allemagne, vous connaissez-bien ce pays, de même d’ailleurs que la Pologne, quelle est la situation médiatique par rapport à la crise ukrainienne ?

 

C’est aussi une catastrophe. Mais en Allemagne on a de nombreux journalistes de qualité qui ont décidé de jeter aux ordures leurs rédactions pour construire de nouveaux médias. On a Jürgen Elsässer avec lequel j’ai de bons contacts et qui m’a invité à une de ces conférences pour la paix à Berlin. Prenons Jürgen. Il a longtemps travaillé comme journaliste pour des rédactions de gauche même pour un titre de l’ex-RDA, le Neues Deutschland. Maintenant il est le chef du magazine Compact. Jürgen va au front parler au peuple allemand durant les manifestions du lund qui ont pris la forme des Pegida. « Son cœur bat à gauche », il aime à le dire mais il dénonce la désinformation en politique sur le terrain de l’immigration et sur la situation en Ukraine. Il y aussi Eva Herman qui fut la présentatrice vedette de la ARD durant plus de 15 ans. Elle a été remerciée après avoir écrit un livre sur la situation de la politique familiale. Elle a dénoncé ce féminisme qui détruit les couples, les familles, les rapports entre les enfants et les parents. Maintenant tout comme Jürgen, Eva est aussi une résistante et continue à publier dans les médias qui voient le jour sur le Net et qui apportent une autre version des faits. Il y a Udo Ulfkotte, un reporter de guerre, expert du monde arabe, qui aussi a été viré de son journal le F.A.Z car il avait refusé un jour de publier un article réalisé par la CIA ! Dans son dernier livre « journalistes vendus » Udo parle de tout ça et dénonce la pourriture des médias en Allemagne. En France ou en Allemagne la situation est absolument mauvaise et les journalistes sont en première ligne. Le journaliste qui refuse de faire avec sera viré et mis sur une liste noire ce qui lui empêchera de trouver un emploi et donc de vivre !

 

Vous êtes Breton, la Bretagne a toujours été dans l’Histoire de France un cas particulier, que se passe-t-il là-bas, aux confins de l’Europe, dans cette terre qui a donné beaucoup de libre-penseur ? Y-a-t-il un sentiment différent par rapport à la Russie que dans le reste de la France ?

 

J’ai découvert le Livre bleu de la Bretagne grâce à une amie Dominique. J’ai contacté l’auteur du livre que je ne connaissais pas avant, Louis Melennec. C’est d’abord un personnage. Il a trois doctorats, droit, médecine et histoire. Pour La Voix de la Russie j’ai fait un entretien et parlé de son livre cela a permis de le faire connaître plus largement. Dans Le livre bleu de la Bretagne on apprend que la Bretagne est un pays libre et que le contrat avec la France n’a pas de valeur. C’est douloureux. Petit, j’étais souvent chez ma grand-mère qui vivait à Carhaix. J’entendais ma grand-mère parler en breton avec sa voisine. Jamais elle n’a eu l’idée de m’apprendre sa langue. Ma grand-mère détestait comme elle les appelait les « boches ». Elle avait été résistante avec mon grand-père qui était conducteur de locomotive. Ils planquaient des armes et du beurre dans un puits. Ma grand-mère me parlait souvent de ces jeunes soldats allemands qui pleuraient et qui s’étaient suicidés. La Bretagne est toujours un pays occupé par la France. Les Bretons n’aiment pas Paris et cette élite parisienne. Ils détestent aussi cette élite bretonne qui « suce les … des élites parisiennes ». Mais de plus en plus de jeunes gens parlent le breton et revendiquent l’appartenance bretonne. Etant une région occupée par un autre Etat, les Bretons sont méfiants et ne voient pas en la Russie un ennemi. Le vote par référendum en Crimée ou dans les deux Etats du Donbass sont pour les Bretons un message et une référence. La France ne respecte toujours pas les minorités.

 

L’anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz en janvier dernier a donné lieu à d’acerbes remarques venues du monde occidental, mais en Russie quelle lecture a été faite de cet événement.

 

C’est encore un affront envers la Russie. Quelle honte ! En plus le président ukrainien qui autorise dans ses forces armées des pro-Bandera, des gars amoureux de l’Allemagne nazie, c’est le comble. On assiste à une réécriture de l’Histoire ce qui est grave. Ce qui est grave c’est que Hollande qui s’est rendu à Auschwitz pour les cérémonies n’ait pas dénoncé la non invitation de la Russie ! C’est bien la Russie qui a livré un combat courageux contre l’Allemagne nazie et qui a eu le plus grand nombre de victimes. De plus c’est l’Armée rouge qui a libéré ce camp de la mort en Pologne. Les Russes sont scandalisés, il n’y a pas de mots surtout que les Russes ont une grande tradition en ce qui concerne le respect du souvenir et de la mémoire. C’est un acte grave de la part de la France et de l’Allemagne.

 

Avez-vous remarqué une baisse du capital sympathie que les Russes pouvaient avoir vis-à-vis de la France et des Français ? Pensez-vous que ce terrain sera difficile à regagner ?

 

Ah, cela me rappelle la remarque des Polonais vis à vis de la France. Avant la Seconde Guerre mondiale la France était considérée comme l’amie de la Pologne. Depuis la France est considérée comme un pays de lâches et de traîtres en Pologne. Pour la Russie c’est la même chose. L’affaire des Mistral, du soutien de la France contre le Donbass, ont cassé largement le capital sympathie pour la France en Russie. Heureusement que les Russes savent faire la différence et qu’ils considèrent que la France a un pouvoir minable et que le peuple n’est pas le responsable de tout ça. Cependant l’image de la France en a pris un sacré coup. C’est une catastrophe alors que la Russie est réellement notre amie et un allié naturel. Et cela sera difficile pour regagner cette confiance. Regardez les Polonais ! Eux, ils n’ont toujours pas oublié et je vous assure que ça fait mal quand un Polonais rigole à votre barbe en parlant de votre pays. Nous sommes devenus ridicules partout dans le monde à cause de nos élites médiocres.

 

Quant à la gestion de la crise ukrainienne par le Président Poutine, qu’en pensez-vous ?

 

Ah super ! Vladimir Poutine a réellement bien joué. Sans lui nous aurions eu déjà une guerre plus vaste en Europe. C’est le président russe qui a tout fait pour limiter la guerre pendant que l’OTAN a mis de l’huile sur le feu. C’est à vomir le comportement de François Hollande ou d’Angela Merkel. Je trouve que la chancelière joue un double jeu pervers. Elle est à la tête d’un pays occupé par les Etats-Unis depuis la fin de la guerre et c’était le moment rêvé pour elle de renvoyer Obama chez lui au lieu de continuer à traiter avec ce type qui a en plus le prix Nobel de la paix. Les Allemands aussi sont comme les habitants du Donbass. Ils attendent eux aussi la libération et la reconnaissance de leur Etat souverain.

 

Merci Olivier au nom de Novorossia Vision d’avoir consacré du temps à répondre à nos questions et éclairer nos lecteurs, grâce à votre grande expérience de la Russie.

Interview réalisée par Laurent Brayard

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Le problème de Moscou, c’est qu’il lui faut traiter avec des imbéciles et des vassaux (Strategic Culture Foundation)

18 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La guerre

 

Le problème de Moscou, c’est qu’il lui faut traiter avec des imbéciles et des vassaux (Strategic Culture Foundation)

La Russie a un dilemme. Comment peut-on travailler à un règlement pacifique du conflit ukrainien - et éviter une plus grande, plus terrible guerre - quand on a comme interlocuteurs des imbéciles et des vassaux ? Je veux parler des dirigeants américains et européens, respectivement.

Le problème quand on essaie d’avoir une conversation avec des imbéciles, c’est qu’ils sont tout simplement incapables de voir plus loin que le bout de leur nez. Ils souffrent de dissonance cognitive et ils en sont fiers. En fait, plus ils sont bêtes plus on les félicite de leur force. On ne peut rien apprendre aux imbéciles ; leur regard grossier et obtus sur le monde leur interdit toute perspective différente, même si elle est plus juste. Ils ont d’ailleurs horreur qu’on les corrige, ce qui ne fait qu’aggraver leur bêtise.

Le problème quand on a à faire à des vassaux, c’est qu’ils ne peuvent pas changer de cap - même s’il leur reste encore quelque capacité à penser par eux-mêmes et à se rendre compte que la perspective qu’on leur propose est plus juste ou plus censée.

C’est le problème qu’a la Russie dans ses relations avec Washington et ses alliés européens sur le conflit en Ukraine.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui s’exprimait à Munich le week-end dernier, a déploré le manque d’indépendance des Européens sur le sabotage systématique de l’ordre international par Washington. Lavrov a été blâmé pour avoir osé dire la vérité, surtout qu’il a étayé son propos avec des arguments logiques et des preuves historiques.

Les Etats-Uniens stupides, eux, remplacent les arguments rationnels par des slogans et des accusations. Ils sont aveuglés par leur propre propagande qu’ils finissent par croire. Et ils sont contents d’eux... Dieu bénisse l’Amérique !

Le président américain Barack Obama, qui est censé être l’un des politiciens américains les plus réfléchis, n’est pas capable de voir plus loin que les phrases toutes faites de la narrative convenue qui affirme, sans la moindre preuve, que « tout est de la faute de la Russie » dans le conflit en Ukraine.

En présence de la chancelière allemande, Obama a dit cette semaine à la Maison Blanche qu’il envisageait d’envoyer des armes létales au régime de Kiev « pour aider l’Ukraine à renforcer ses défenses face à l’agression séparatiste ». Obama a accusé la Russie d’alimenter le conflit et de vouloir violer l’intégrité territoriale de l’Ukraine « à la pointe du pistolet ».

Voilà ce qui se passe en réalité : Les Ukrainiens d’origine russe sont tués dans leurs maisons, leurs caves, leurs écoles et leurs rues par le régime de Kiev soutenu par l’Occident, qui a lancé une guerre absurde dans l’est de l’Ukraine il y a dix mois, qui a déjà fait plus de 5500 morts et plus d’un million de personnes déplacées - et pourtant pour Obama la violence est la conséquence de « l’agression séparatiste » et il veut envoyer des armes plus meurtrières aux agresseurs.

Si d’Obama, on descend dans la hiérarchie, les choses ne font qu’empirer. Le vice-président, Joe Biden, a déclaré à la conférence sur la sécurité à Munich la semaine dernière que « les Ukrainiens ont le droit de se défendre » et par conséquent, nous, les Etats-Unis, devrions leur envoyer de l’aide militaire pour faire face à « l’agression russe ».

Alors, M. Biden, qu’en est-il du droit des Ukrainiens d’origine russe à se défendre ? N’ont-ils pas le droit de le faire ? Ne sont-ils pas Ukrainiens ? Ou peut-être que, parce qu’ils sont d’origine russe, vous les considérez comme des êtres inférieurs ?

Le chef de la diplomatie étatsunienne, John Kerry, une personne soi-disant courtoise, multilingue et cosmopolite, répète les mêmes accusations irrationnelles et sans fondement, contre la Russie, affirmant qu’elle est la « plus grande menace pour l’Ukraine ». Kerry veut aussi envoyer des armes à l’Ukraine pour donner une leçon à la Russie.

Idem pour Ashton Carter, le nouveau secrétaire à la Défense. Idem pour Michel Flournoy, qui est pressenti pour être secrétaire à la Défense si Hillary Clinton remporte la présidentielle de 2016. Idem pour Bobby Jindal, un concurrent républicain sérieux à la présidentielle. Idem pour Bob Corker, le chef de la politique étrangère républicaine. Idem pour le général Martin Dempsey, chef d’état-major des armées des États-Unis. Idem pour les membres de l’establishment de la politique étrangère américaine de l’Institut Brookings et du Conseil de l’Atlantique. Idem pour les comités de rédaction des grands médias américains dont le New York Times et le Washington Post. Tous répètent sans sourciller le mantra qui dit que le conflit en Ukraine est dû à l’agression russe et que fournir des armes au régime de Kiev est idéal pour faire la paix. Tous régurgitent la même histoire mensongère et éculée qui dépeint le président russe Vladimir Poutine en « dictateur du milieu du 20e siècle » avec la même veine « expansionniste » qu’Adolf Hitler ou Benito Mussolini. (Sans même se rendre compte que le fascisme du milieu du 20e siècle fut une stratégie secrète élaborée par les puissances capitalistes occidentales pour attaquer l’Union soviétique qui s’est soldée par 30 millions de morts russes. Une politique qui se poursuit aujourd’hui sous forme de soutien américain au régime néo-nazi de Kiev pour déstabiliser la Russie.)

La chose la plus effrayante à propos des imbéciles américains, c’est qu’ils ne leur vient même pas à l’idée qu’ils pourraient être endoctrinés. Ils sont des clones Orwelliens qui croient que la guerre est la paix, l’esclavage est la liberté, et que la vérité est celle qu’on vous serine.

Les politiciens américains qui ont participé à la Conférence sur la sécurité de Munich ont traité de « conneries » les efforts de la chancelière allemande Merkel et du président français, François Hollande, pour amener Poutine à discuter de la crise en Ukraine.

Les trois dirigeants se proposent de poursuivre cette semaine les longues discussions qu’ils ont entreprises à Moscou le week-end dernier, lors d’une seconde réunion à Minsk, la capitale du Bélarus. Il n’est pas sûr du tout que Poutine, Merkel et Hollande parviennent à obtenir du régime de Kiev qu’il s’assoie à la même table que les séparatistes pro-russes d’Ukraine orientale. Les brutes étatsuniennes vont certainement faire de leur mieux pour faire capoter le dialogue avant même qu’il ait commencé à porter ses fruits.

Contrairement aux Américains Gung-Ho*, les Européens commencent à se rendre compte que fournir plus d’armes en Ukraine n’est pas la solution, qu’il faut même éviter ça à tout prix, et que les aspirations à l’autonomie des séparatistes sont raisonnables et méritent d’être prises en compte.

Les Européens, au moins publiquement, n’ont sans doute pas renoncé à la narrative éculée selon laquelle c’est la Russie qui déstabilise l’Ukraine avec ses troupes ou son soutien militaire clandestin aux séparatistes. Moscou nie catégoriquement ces allégations. Mais au moins, les Européens semblent avoir assez de subtilité intellectuelle pour réaliser que montrer hystériquement Poutine du doigt est contre-productif et qu’il n’y a peut-être pas qu’une seule version des faits.

Il faut reconnaître qu’Angela Merkel a résisté à la pression américaine pour augmenter l’implication militaire en Ukraine. A Washington cette semaine, elle a catégoriquement nié partager l’idée d’envoyer plus d’armes en Ukraine. L’opposition de Merkel aux propositions américaines a été dénoncée par les principaux sénateurs républicains qui l’ont accusée de vouloir « apaiser » Poutine, en la comparant stupidement avec Chamberlain et Hitler à la conférence de Munich de 1938.

Traiter avec ces imbéciles d’Américains est donc impossible. Ils vivent dans un monde mental différent de la plupart des autres. Leur monde est un mélange de propagande qui ne tient aucun compte des faits historiques, et de comportements brutaux qui rendent le dialogue, la réciprocité ou la réflexion socratique tout à fait improbables. Leur arrogance et leur vanité obtuse font obstacles à la vraie communication et à la compréhension mutuelle. Et tout ça c’est la faute de Poutine ; tout cela vient de ces affreuses hordes russes ; c’est le retour de l’empire soviétique du mal. Une opération illégale de changement de régime à Kiev contre un gouvernement élu soutenu par les Etats-Unis ? Un régime soutenu par les Américains qui mène une guerre contre les russophones de l’est de l’Ukraine ? Êtes-vous fou, espèce de crétin d’apologiste de Poutine ?

Comment peut-on traiter avec des gens pareils ? On ne peut pas, c’est impossible.

A cela s’ajoute un autre problème. Les Européens ne sont pas libres d’agir en fonction de ce qu’ils pensent réellement. Il est clair que Merkel, Hollande et de nombreux autres dirigeants européens se rendent compte que le projet étatsunien d’inonder l’Ukraine d’armes encore plus meurtrières est une idée catastrophique qui pourrait déclencher une Troisième Guerre mondiale. Il est clair que de nombreux Européens pensent que les sanctions US contre la Russie ne sont pas seulement contre-productives, mais que c’est, en fait, une politique bêtement hostile qui nuit aux travailleurs, aux agriculteurs et aux économies européennes autant qu’à la Russie.

Le problème c’est que les Etats européens sont des vassaux des Etats-Unis. Ils sont obligés de suivre la ligne dictée par Washington, aussi stupide soit-elle. L’Allemagne est considérée comme le moteur de l’Europe et la quatrième plus grande économie du monde. Pourtant, comme le politologue allemand Christof Lehmann nous le rappelle, l’Allemagne n’a jamais eu une politique véritablement indépendante depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle n’a pas de constitution digne d’un Etat moderne, et elle continue d’être occupée par les forces militaires des alliés américains et britanniques « victorieux ». Selon Lehmann, « l’Allemagne est une colonie de facto des États-Unis. À tout moment, en vertu de la loi fondamentale d’après-guerre**, les troupes américaines peuvent prendre les manettes de l’Allemagne qui est techniquement et juridiquement un état occupé, un état vassal ».

L’espionnage américain de la chancelière Merkel par la NSA, révélé en 2013 par Edward Snowden, en est un exemple. Plus révélateur encore est le fait que Merkel n’ait pas répondu à cette violation flagrante de la « souveraineté » allemande avec toute la force requise. Elle a docilement accepté l’intrusion comme une manifestation de l’hégémonie américaine d’après-guerre.

Lehmann souligne que, depuis la guerre, les Etats-Unis et son allié britannique ont opposé leur veto à toutes les velléités allemandes de se créer une politique étrangère indépendante, en particulier une politique qui impliquerait un rapprochement avec la Russie. « Nous avons pu constater que tous les efforts des chanceliers Willy Brandt et Gerhard Schroeder pour améliorer les relations avec la Russie ont été sabotés à chaque fois par Washington et Londres », note Lehmann.

C’est pourquoi la résistance héroïque de Merkel cette semaine contre le militarisme américain en Ukraine est méritoire. Son opposition ouvre peut-être une brèche dans les relations américano-européennes. Elle a, en effet, contesté une ligne rouge fondamentale de Washington : à savoir que les Etats européens, et en particulier l’Allemagne, ne peuvent pas et ne doivent pas se permettre de remettre en cause l’hégémonie américaine et sa politique d’hostilité à long terme contre la Russie.

Merkel et Hollande ont peut-être enfin entendu le message des millions de citoyens ordinaires de l’UE qui s’opposent de tout leur cœur à la politique belliciste que les Etats-Unis mènent contre la Russie aux dépens de l’Europe. Mais étant donné que les vassaux Européens de ces crétins d’Etatsuniens auront bien du mal à secouer leur joug traditionnel, il est difficile de savoir s’il y aura ou non une percée en faveur de la paix. Le leadership européen est encore prisonnier des griffes de Washington. Mais les masses européennes sont si dégoûtées qu’elles pourraient bien forcer leurs leaders à briser ce joug absurde.

Finian CUNNINGHAM

Traduction :Dominique Muselet

Notes :

* Gung ho /ˈɡʌŋˈhoʊ/ est une expression anglaise qui signifie "enthousiaste" ou "trop zélé".

Gung ho est la pronunciation anglicisée de "gōng hé" (工合). C’est l’abréviation du terme "gōngyè hézuòshè" (工業合作社) ou Cooperatives Industrielles Chinoise, (INDUSCO en Anglais).

** La Loi fondamentale pour la République fédérale d’Allemagne (Grundgesetz für die Bundesrepublik Deutschland, GG) est la constitution de l’Allemagne depuis le 8 mai 1949, d’abord pour les Länder de l’Ouest, puis depuis la réunification du pays le 3 octobre 1990 pour le pays entier ... Elle s’intitule « loi fondamentale » et non « constitution » (Verfassung) pour souligner le caractère transitoire qu’elle devait avoir dans le contexte de la division de l’Allemagne.

»» http://www.strategic-culture.org/news/2015/02/10/moscow-problem-dealin...
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