Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #amerique tag

Les amours compliquées d’Angela et d’Emmanuel Par Pierre Lévy

16 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #Economie

Les amours compliquées d’Angela et d’Emmanuel

Les amours compliquées d’Angela et d’Emmanuel© John MACDOUGALL Source: AFP
Angela Merkel et Emmanuel Macron lors de leur conférence de presse commune à Berlin le 15 mai 2017.
La visite du président français à Berlin a confirmé l’objectif fondamental des deux capitales d’accélérer l’intégration européenne, avec cependant quelques contradictions, analyse Pierre Lévy, rédacteur en chef du site et mensuel Ruptures.

Emmanuel Macron n’a pas attendu : dès son premier jour de plein exercice, le nouveau président français s’est rendu à Berlin. Peu de commentateurs ont relevé la délicieuse ambiguïté linguistique de cette formulation…

Nicolas Sarkozy, puis François Hollande avaient fait exactement de même. On notera que la chancelière allemande n’a jamais fait preuve d’une telle précipitation. Une habitude – certains diraient un atavisme… – des élites dirigeantes françaises ?

Cependant, il serait très caricatural de dépeindre le chef de l’Etat français venant simplement «prendre ses ordres» outre-Rhin. Ce dernier et Angela Merkel (qui avait clairement soutenu sa candidature) ont un objectif politique majeur en commun : tenter de faire franchir un nouveau pas à l’intégration européenne. Symboliquement, le nouveau maître de l’Elysée avait mis en scène son intronisation du 7 mai au son de l’hymne à la joie. Le 14 mai, lors de sa prise de fonctions, il martelait : «l’Europe dont nous avons besoin sera refondée et relancée.»

Usant d’une rhétorique paradoxale, Emmanuel Macron a ainsi expliqué que, puisqu’une large part des Français rejetait l’intégration européenne, il fallait donc… plus d’Europe

Le lendemain à Berlin, aux côtés de la chancelière, il justifiait cette volonté de relance par… la «colère» qui s’est exprimée dans les urnes à l’occasion du scrutin présidentiel. Usant d’une rhétorique paradoxale, il a ainsi expliqué que, puisqu’une large part des Français rejetait l’intégration européenne, il fallait donc… plus d’Europe.

On aurait tort de ne voir là que de l’autisme. Les dirigeants des deux côtés du Rhin mesurent le fossé qui sépare les discours officiels vantant les mérites de l’Union européenne, et le rejet populaire croissant que cette dernière suscite – et pas qu’en France. Mais, à l’Elysée en particulier, on juge qu’à la faveur de la recomposition politique intérieure, le moment serait propice pour accélérer le pas. Un peu comme le projet (explicitement encouragé par Angela Merkel) de réformer le code du Travail par ordonnances : plus c’est impopulaire, plus il peut être opportun d’agir vite, alors que la poussière du maelström électoral n’est pas encore retombée.

Car à Paris comme à Berlin, plus que jamais, on estime que l’outil communautaire est par excellence l’instrument capable d’inhiber et d’interdire toute velléité de remise en cause de l’ordre existant. Et pour cause : le principe même de l’Europe et des traités qui la fondent vise à inscrire chaque Etat membre dans des limites prohibant toute décision politique sortant du cadre.

Du côté français, on ne remet nullement en cause la dissymétrie existante : la prédominance économique allemande est acceptée

Sur le plan économique en revanche, les visions et les intérêts diffèrent quelque peu entre les deux capitales. Certes, du côté français, on ne remet nullement en cause la dissymétrie existante : la prédominance allemande est acceptée. Mais il y a des intérêts – notamment des grands groupes hexagonaux – à défendre, des paramètres conjoncturels dissemblables, et donc des priorités différentes.

Il en va ainsi du «renforcement de l’union monétaire». Les dirigeants français plaident de longue date pour une intégration renforcée incluant un budget propre aux 19 membres de la zone euro, un ministre des Finances commun qui aurait la haute main sur celle-ci, voire un «parlement» propre. L’idée d’une capacité d’emprunt commun («eurobonds») est également caressée à Paris, mais elle fait suffisamment frémir à Berlin (qui refuse, et pour cause, de payer pour les pays jugés budgétairement peu «vertueux») pour qu’Emmanuel Macron ne l’ait pas fait figurer dans son programme. A l’attention de la chancelière, il a du reste précisé qu’il était opposé à la «mutualisation des dettes du passé».

La chancelière semble s’être montrée plus ouverte, tout en restant prudente : «du point de vue allemand, il est possible de changer les traités, si cela fait sens»

Sur les autres points, la chancelière semble s’être montrée plus ouverte, tout en restant prudente : «du point de vue allemand, il est possible de changer les traités, si cela fait sens», a-t-elle précisé, alors que jusqu’à présent cette perspective était écartée. Et pour cause : le précédent de 2005, lorsque le projet de constitution européenne avait été refusé par les peuples français et néerlandais, a laissé des souvenirs cuisants. Le fringant maître de l’Elysée a pour sa part estimé qu’il n’avait «pas de tabou» à cet égard. L’intransigeant ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a de son côté indiqué qu’il convenait de «tout faire» pour aider ce dernier.

En matière de «projet de réforme à court terme», Emmanuel Macron a plaidé pour durcir (un peu) les règles européennes commerciales anti-dumping, ou anti-prise de contrôle, vis-à-vis d’Etats tiers. Un sujet qui, traditionnellement, enthousiasme peu des dirigeants allemands à la tête de l’économie la plus exportatrice du monde ; mais certains grands groupes semblent désormais intéressés par ce type de protection.

Lors de cette première entrevue officielle, il a été également question d’investissements dans les infrastructures (notamment numériques) qui pourraient être encouragés par la mise en place de fonds communs aux deux pays, associant capitaux privés et publics, dans une pure logique bruxelloise, et pour le plus grand profit des grandes entreprises avides de commandes publiques.

 

Dans un tout autre domaine, les deux dirigeants ont affiché leur entente : celui de la «relance de l’Europe de la Défense». L’idée n’est certes pas née le 15 mai, mais la perspective de sortie du Royaume-Uni, traditionnellement opposé à toute initiative en ce sens, a fait naître de nouveaux espoirs dans certaines capitales. A Berlin, certains rêvent déjà d’avancer dans la voie d’une future «armée européenne». A Paris, on voudrait surtout partager les coûts des expéditions militaires (comme en Afrique) visant à garantir la pérennité d’une certaine hégémonie – bien sûr au nom de la lutte contre le terrorisme.

Cette semaine justement, les ministres des 28 discutent de projet d’extension d’un Etat-major européen, ainsi que de la relance des «groupements tactiques», sortes de corps expéditionnaires susceptibles d’être envoyés aux quatre coins de la planète, qui n’ont jamais été utilisés. Mais le chef de la diplomatie britannique – qui participe encore pour deux ans aux réunions – a mis le holà…

Si la «refondation historique» de l’UE, évoquée par le président français, est bien sur la table, il y a cependant loin de la coupe aux lèvres. D’abord parce qu’un flou plane encore sur l’issue des élections législatives françaises de juin prochain.

L’époque est révolue où «le couple franco-allemand» pouvait faire la pluie et le beau temps au sein de l’Union

Ensuite parce que l’époque est révolue où «le couple franco-allemand» pouvait faire la pluie et le beau temps au sein de l’Union. La susceptibilité de plusieurs «petits pays» vis-à-vis d’un directoire de fait est plus que jamais à fleur de peau. L’UE n’est nullement sortie de ses contradictions internes, qui devraient plutôt se multiplier sur la prochaine période.

Enfin et surtout parce que ces contradictions sont fondamentalement issues des mécontentements populaires. Or il y a peu de chances pour que fonctionne mieux qu’avant la formule qu’on peut résumer ainsi : «Vous êtes de plus en plus réticents face à l’Europe ? Alors, on va en faire plus et accélérer…»

Ni Emmanuel Macron, ni Angela Merkel, ne manquent d’intelligence ni d’habileté. Pourtant, tout n’est pas toujours sous contrôle. Le premier a ainsi asséné : «Nous sommes le seul pays de l’Union qui n’a pas réussi à résoudre le problème du chômage de masse». Une déclaration qui a dû faire rire jaune en Grèce ou dans bien d’autres pays.

Quant à la seconde, elle a laissé échapper à l’égard de son hôte cette phrase de maîtresse d’école : «Ce dont la France a besoin, c’est de résultats.»

On ne se refait pas.

 

Du même auteur : Le très discret courrier des grands patrons à l’Elysée en vue de mettre la France au Pacte… européen

Lire la suite

Message de Pascal Chauvet, président de RPS FIERS: "Je suis candidat !".

16 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Macron

Message de Pascal Chauvet, président de RPS FIERS: "Je suis candidat !".

Non monsieur Macron n’est pas majoritaire dans le pays, seul 20% des citoyens ont voté pour ce pur produit de la finance internationale soutenu par tous les requins du MEDEF. Comme d’habitude, ils ont agité leur marionnette Le Pen pour faire voter les citoyens contre leurs intérêts. Ce monsieur a pour objectif de supprimer nos communes, cellules de base de la démocratie et du lien social entre les citoyens. Il a également pour objectif de supprimer nos départements qui sont les bras armés de la solidarité avec les plus fragiles, la petite enfance, l’éducation, la santé, l’aide à nos ainés et l’aide aux associations qui tissent la société. Il veut également faire disparaitre la nation France, seul entité capable de protéger son peuple. Il veut détruire tout ce qui fait notre histoire et à commencer ce qui fait notre histoire sociale, l’héritage du CNR, la sécurité sociale, les retraites par répartitions, la caisse d’allocations familiales. Mais aussi notre code du travail qui transcrit plus d’un siècle de conquis dans les luttes des travailleurs de notre pays, il veut faire disparaître le SMIC, la durée légale du travail, les services publics d’éducation et de santé.

Quel citoyen de notre pays peut voter pour un tel programme sans se sentir responsable des malheurs qui s’abattront sur les générations futures ?

Alors, quoiqu’il m’en coute, je serai candidat aux législatives dans un mois, candidat pour défendre nos communes, seules capables de s’occuper des besoins de ses citoyens, défendre nos départements, héritages eux aussi de la révolution et maillons essentiels de la cohésion et de la solidarité nationale, défendre notre nation, son histoire, mais aussi seule capable de nous protéger contre toutes les agressions, mercantiles ou militaires.

Je serai candidat pour défendre l’idéal d’Ambroise Croizat, une sécurité sociale universelle qui protège et subvient aux besoins de tous les citoyens de la naissance à la mort. Je serai candidat pour défendre les droits des citoyens à vivre dignement, de leur travail pour ceux qui en ont, mais aussi tous les autres.

Et pour défendre tout ça, quoiqu’en disent les uns ou les autres, je n’aurai pas d’autre choix que d’être candidat pour la souveraineté du peuple, souveraineté inscrite dans notre constitution, mais ils ne sont plus à une trahison près, et donc être candidat pour la sortie unilatérale et sans conditions de la dictature de l’UE, de l’euro et de l’OTAN.

Je serai le candidat du peuple souverain
pour que reviennent « Les Jours Heureux »

 

Pascal CHAUVET
RPS FIERS

Lire la suite

Le 27 mai, journée de la Résistance. Par Jean ESTIVILL

16 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #l'horreur économique, #Services publics

Le 27 mai, journée de la Résistance. Par Jean ESTIVILL

Le 27 mai, journée de la Résistance

jeudi 11 mai 2017
 

La France soumise, pillée, humiliée que Pétain plongea dans la Collaboration dont l’un des aspects les plus abjects, l’antisémitisme, la conduisit à l’un des épisodes les plus tragiques et les plus honteux de son histoire, la rafle du Vél’ d’hiv aura sauvé son honneur aux yeux de ses enfants, du monde, et de l’Histoire.

Ce fut, au nom de la patrie, de l’humanisme, et de l’universalité de ses valeurs, que ce combat fut mené, cet honneur porte un nom : la Résistance.

La défaite avait permis au régime de Vichy de s’installer, cela avait été selon l’expression de l’Action française « une divine surprise ». Pour Pétain, sa police, la Milice, les Volontaires français contre le bolchevisme (LVF), enfin se réalisait la politique qui était leur credo, « plutôt Hitler que le Front populaire », préparée de longue date par les milieux industriels et financiers qui soutenaient l’extrême droite.

Balayant immédiatement la République, la démocratie et la laïcité, l’Etat français allait pouvoir reprendre sa revanche sur le peuple et en particulier la classe ouvrière qui lui avait fait si peur en 1936, quand il avait voulu la reconnaissance par la loi de son travail et de sa dignité.

C’en était terminé de la République, de la Gueuse qu’ils avaient supportée mais jamais acceptée, l’Ancien Régime, la France de Jeanne d’Arc et de Clovis, étaient rétablis.

Le 18 juin 1940, à Londres un homme, seul, isolé, avait dit NON !  Pétain le condamna à la peine de mort. Son appel à continuer la lutte était un appel à la Résistance, comme devait l’être l’acte héroïque, celui du jeune communiste, Pierre Georges, futur colonel Fabien de l’armée de De Lattre de Tassigny, au métro Barbès-Rochechouart, salué par Maurice Schuman à Radio Londres « les coups de feu tirés par le jeune Français sont la suite logique, fatale, inéluctable de l’attentat permanent contre la Nation française par l’ennemi et ses complices… »

La France des droits de l’Homme n’était pas morte et la Résistance allait se charger de rappeler que le drapeau tricolore que la LVF sous uniforme allemand utilisait, lui, avait été usurpé.

Les efforts conjugués contre le fascisme et pour libérer la France allaient progressivement s’accorder, ils étaient à l’image d’un homme que le général de Gaulle avait désigné, l’ancien chef de cabinet du ministre du Front populaire Pierre Cot, ancien préfet, Jean Moulin.

L’affiche rouge placardée pendant les trois mois qu’on les torturera et qui désignait les vingt-trois étrangers, résistants de la FTP-MOI, comme des terroristes, arrêtés par la Gestapo avec la complicité de la police française, et qu’on fusillera au Mont Valérien en février 1944, eut un effet contraire de celui escompté par les nazis et les vichystes. Ils combattaient pour libérer la France car elle était celle qui depuis 1789 incarnait les valeurs d’universalisme auxquelles étaient attachés les peuples.

La détermination du Général de Gaulle, face à la Grande-Bretagne et aux USA, et l’action déterminante de la résistance intérieure, celle des FFI, et des FTP dirigés par le Parti communiste, lors du débarquement en particulier, interdit aux alliés de considérer la France comme une ennemie et les conduisit à l’obligation de reconnaître les dirigeants que la Résistance s’était donnés par leur lutte contre l’occupant et le régime collaborationniste

Le Conseil national de la Résistance (CNR) par son programme attestait qu’acquis sociaux et libertés sont indissociables. En instituant l’obligation de la solidarité nationale, les constitutions qui ont suivi, lui ont été fidèles. L’un des fleurons des « jours heureux », la Sécurité sociale, par exemple fut voulue dans la forme actuelle par toutes les sensibilités politiques et syndicales.

On comprend bien dès lors, la menace qui pèse sur notre société quand Denis Kessler alors vice-président du Medef écrivait dans Challenges en octobre 2007 qu’il fallait détruire l’esprit même du programme du CNR  et qu’on voit que la pioche des démolisseurs est déjà à l’œuvre.

Mais que l’histoire de la Résistance leur serve de leçon, le peuple ne peut être que provisoirement soumis, et qu’ils s’imprègnent  de cette réflexion de François Mauriac : « Seule la classe ouvrière est restée dans sa masse fidèle à la patrie profanée. » Aujourd’hui comme hier, elle ne restera pas l’arme au pied.

La journée du 27 mai, qui consacre depuis 2013 l’anniversaire de la création du CNR, doit dans toutes les communes françaises être célébrée, afin de rappeler que la France ne saurait trahir les idéaux de ses « combattants de l’ombre ».

Lire la suite

Moscou, démolition des Khrouchtchevka: l'opposition s'organise Par Karine Bechet Golovko

15 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie

lundi 15 mai 2017

Démolition des Khrouchtchevka: l'opposition s'organise

 
 
 
Le mécontentement populaire monte à Moscou suite au programme massif de démolition lancé par le maire Sobianine. Au lieu de s'occuper au cas par cas des bâtiments menaçant ruine, le maire de Moscou annonce près de 5000 bâtimes visés, dont le choix laisse parfois perplexe. Les habitants, inquiets, se lancent dans un mouvement contestataire et certains simples citoyens rejoignent même l'opposition radicale pour les élections municipales de septembre. Un tel cadeau était inattendu, mais va être rentabilisé sans aucune hésitation.
 

 
Nous avions déjà écrit sur les problèmes juridiques posés par le programme de démolition lancé par le maire de Moscou Sobianine (voir ici) et son étrange formulation qui semble avoir été inspirée de l'extérieur, soit par des organismes internationaux, soit par des cabinets de conseils (voir ici).
 
Comme prévu, le mécontentement monte et l'opposition radicale n'hésite pas à le récupérer. L'on remarquera  au passage cette habitude de l'opposition radicale de récupérer, avec une efficacité très relative, les mouvements de mécontentement populaire, comme ce fut le cas à Bolotnaya - où elle s'est rapidement faite siffler par la foule. Elle fonctionne un peu comme un parasite qui se nourrit du corps du pouvoir, sans rien produire par lui-même. Quant à l'opposition parlementaire, son silence est troublant.
 
Mais, cette fois-ci nous n'en sommes qu'au début, l'opposition radicale est encore hésitante, comme nous avons pu le voir lors du meeting organisé hier contre les démolitions. De 8000 à 22000 personnes selon les sources.
 
 
Cette manifestation, autorisée par la mairie de Moscou, était prévue pour 4000 personnes. Elle a largement dépassé les attentes, comme nous pouvons le voir sur cette photo. Si les mouvements de l'opposition radicale ont fait une tentative, la population n'était pas venue pour eux. Les pancartes montrent bien les attentes des gens "C'est ma maison", "Akademitchesky contre la déportation", "L'on ne laissera pas détruire Moscou", "Conte la démolition", "Pas de démolition des immeubles en briques", etc.
 
La réaction des personnes interrogées est on ne peut plus saine. Un vieil homme déclare ne pas vouloir quitter sa maison, son hôpital est à côté, les magasins aussi. S'ils détruisent sa maison, il déclare aller s'immoler sur la Place Rouge. Un autre, dans la force de l'âge, explique très simplement à la caméra de la chaîne d'opposition Dojd que c'est sa maison et qu'il ne veut pas bouger, sans raison particulière, il est chez lui et il a le droit de simplement vouloir y rester. Une femme déclare être venue soutenir les manifestants qui risquent de perdre leur immeuble, elle habite dans le centre, donc n'est pas concernée pour l'instant, mais personne ne sait ce qu'il en sera d'ici 5 ou 6 ans et quelle loi sera encore adoptée explique-t-elle. Un homme s'indigne en demandant pourquoi quelqu'un doit décider à sa place ce qu'il doit faire de sa propriété privé. Une famille raconte habiter à Novikova-Priboya, où il y a des 5 étages en briques très solides, dans un quartier calme et vert, à proximité de la rivière Moskova. Plusieurs fois, il y a eu des tentatives pour construire sur ces zones vertes, mais ils ont réusi à résister. Maintenant, la Constitution a été mise à la poubelle, un tel banditisme contre la propriété, selon eux, n'existait pas même dans les années 90.
 
Il s'agit bien d'un mouvement populaire. D'une réelle contestation. L'on a vu ici ou là, dans différents quartiers de Moscou de petites manifestations de quelques dizaines de personnes en soutien au programme de démolition, avec beaucoup de drapeaux stéréotypés. Face à l'ampleur de la manifestation contre les démolitions, ces tentatives de légitimation semblent être plutôt le signe du réel niveau de contestation populaire. 
 
Navalny a bien évidemment tenté de récupérer l'évènement, mais les organisateurs n'ont pas voulu le laisser accéder à la scène pour faire un discours politique, expliquant qu'il n'avait pas participé à l'organisation et que le mouvement était non politique. Citoyen. Il a donc été sorti avec sa famille par les forces de l'ordre sur demande des organisateurs. Lui qui courageusement était venu protégé par sa femme et son fils, n'en revient pas sur son twitter: comment ont-ils osé touché à son enfant? Et lui comment ose-t-il utiliser sa famille pour se protéger?
 
 
Il ne respecte rien et est prêt à tout utiliser pour se faire de la publicité, cela montre la moralité du personnage.
 
Pour autant, l'opposition politique radicale est prête à capitaliser le mouvement de contestation populaire pour les futures élections municipales de Moscou qui auront lieu pour les conseillers municipaux en septembre 2017 et en 2018 l'élection du maire.
 
Ainsi, D. Gudkov, qui vise la mairie, explique que l'opposition recrute ses "candidats démocratiques" sur internet, mais surtout dans la rue, parmi les manifestants et en a déjà trouvé 1200. 1200 personnes qui sont prêtes à s'engager dans la politique contestataire en raison du programme de Sobianine. L'efficacité du maire de Moscou est incontestable ... De son côté, l'incontournable Khodorkovsky lance son école de préparation des candidats aux municipales. Ainsi, les "candidats démocratiques" recevront la formation qui leur manquait pour transformer un simple citoyen en opposant convaincu.
 
Et le mouvement va-t-il, de lui même, miraculeusement, s'éteindre avant les présidentielles ? Pour l'instant, les manifestants demandent la démission de Sobianine. Et ensuite? 
 
 
 
 
Lire la suite

La Commission fait monter la pression budgétaire sur la France, moins d’une semaine après l’élection présidentielle Le journal "Ruptures".

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'horreur économique, #Le fascisme, #Macron

La Commission fait monter la pression budgétaire sur la France, moins d’une semaine après l’élection présidentielle

Moscovici présentation

A l’occasion de la présentation des prévisions économiques européennes, le Commissaire Pierre Moscovici a salué l’élection du très pro-UE Emmanuel Macron, tout en l’appelant à accélérer les coupes dans les dépenses publiques

C’est peu dire que Bruxelles a accueilli l’élection d’Emmanuel Macron avec soulagement et enthousiasme. Pour autant, l’engagement pro-UE du nouveau maître de l’Elysée ne lui vaudra aucune indulgence particulière de la part de la Commission européenne. Cela va certes de soi, mais on n’est jamais trop prudent, a dû estimer Jean-Claude Juncker, président de l’exécutif européen. Dès le lendemain du scrutin, celui-ci le rappelait sans guère prendre de gants diplomatiques.

Le Commissaire aux Affaires économiques a réitéré le message jeudi 11 mai. Présentant les prévisions conjoncturelles européennes de printemps, Pierre Moscovici – qui fut lui-même locataire de Bercy avant Michel Sapin – a gentiment remis la pression, tout en s’en défendant officiellement.

Il s’est d’abord bien sûr réjoui du verdict des urnes : « personne ne devrait bouder son plaisir », a-t-il affirmé tout sourire, prévoyant que le nouveau chef de l’Etat français « aura à cœur de faire progresser la gouvernance de la zone euro et les politiques économiques européennes ». Il défendra fortement le projet de créer un budget propre de la zone euro et un ministre des Finances commun, s’est réjoui M. Moscovici.

Ces intentions se situent en fait dans la droite ligne de ce que défend traditionnellement Paris – déjà en son temps, Lionel Jospin plaidait pour « un gouvernement de la zone euro » – mais n’enchantent guère Berlin, peu enthousiaste à l’idée que les finances allemandes servent peu ou prou à renflouer les pays « à la traîne », notamment du sud.

Conscient de cela, l’ex-banquier de chez Rothschild a insisté lors de sa campagne sur son intention d’accélérer les coupes budgétaires et les « réformes » en France de manière à se présenter en élève modèle face aux dirigeants allemands, qui seraient ainsi plus enclins à faire des concessions.

Cette démarche a les faveurs de l’ex-dirigeant socialiste Pierre Moscovici, mais celui-ci est conscient des oppositions qu’elle devrait rencontrer : « il reste à voir si les conditions seront entièrement favorables » a noté prudemment ce dernier.

Prévisions puis « recommandations »

Passant aux prévisions proprement dites, le Commissaire a passé en revue les différents pays sur la base du rapport de ses services. Une semaine plus tard (le 18 mai), la Commission présentera ses « recommandations » (contraignantes) pour chacun des Etats membres.

Pour la zone euro, les pronostics de croissance se veulent « optimistes » : le PIB s’accroîtrait de 1,7% en 2017, et 1,8% en 2018 (cette dernière prévision est évidemment très aléatoire). Les taux officiels de chômage devraient légèrement diminuer : 9,4% en 2017, et même 8,9% en 2018. Quant aux déficits publics, ils s’établiraient en moyenne pour les Dix-neuf à 1,4% du PIB en 2017, et à 1,3% en 2018.

Dans ce contexte, la France apparaît toujours aux yeux de Bruxelles comme un cancre. Certes, le déficit fin 2017 devrait s’établir à 3% du PIB, juste à la limite de la norme autorisée. Mais, encore à l’automne dernier, Michel Sapin affirmait mordicus qu’il réussirait à atteindre l’objectif préalablement imposé par Bruxelles, soit 2,7%.

Le locataire de Bercy se félicitait même de pouvoir réaliser « 46 milliards d’économies entre 2015 et 2017 », un montant qui aura cruellement manqué aux budgets de l’Etat, des collectivités locales, et de la protection sociale. Mais il s’agissait d’un engagement pris en février 2016 en échange d’un « délai de grâce » exceptionnel de deux ans accordé à la France pour rentrer dans les clous.

Procédure de déficits excessifs

Or en 2018, prédit d’un œil noir la Commission, le déficit français pourrait remonter à 3,2%, sur la base d’une croissance pronostiquée à 1,7%. Si une telle « dérive » se confirmait, Paris resterait soumis à la procédure de surveillance rapprochée prévue en cas de « déficits publics excessifs ». Aujourd’hui, outre la France, l’Espagne et le Portugal font l’objet de cette procédure infamante.

Certes, le nouveau président s’est engagé à renouer avec une stricte obéissance aux normes budgétaires européennes. Reste que passer en dessous des 3% semble quelque peu contradictoire avec des promesses de campagne, non pas tant en faveur du monde du travail (qui n’a pas grand-chose à attendre) que des entreprises : M. Macron a en effet promis de pérenniser le Crédit d’impôt dit pour la compétitivité et l’emploi (CICE), soit 20 milliards – une paille.

Le nouveau maître de l’Elysée compte sur sa réforme choc « du marché du travail » (et donc du code du même nom) par ordonnances pendant l’été pour négocier une indulgence provisoire de Bruxelles… et de Berlin. Le grand argentier allemand, Wolfgang Schäuble, a certes affirmé le 9 mai que son gouvernement « ferait tout pour soutenir Macron » ; mais cela ne signifie certainement pas qu’il faiblira sur les exigences budgétaires.

Bruxelles condescend à « donner sa chance » à la France…

Si Pierre Moscovici entendait rappeler que la Commission n’oublierait pas d’appliquer ses règles, il a cependant voulu adopter un ton bienveillant vis-à-vis de son pays d’origine : descendre au-dessous des 3% à la fin de 2017 (et quitter ainsi la procédure de déficits excessifs), c’est « jouable », c’est « à portée de la main », a affirmé le Commissaire, faisant allusion aux engagements du nouveau président.

Puis il a résumé : « mon message n’est pas un message de pression, en aucun cas un message de sanction, c’est un message de confiance et de bienvenue » à l’égard d’un homme qui « connait bien les règles européennes ». « Donnons-lui sa chance », a-t-il conclu.

Bruxelles qui condescend à « donner sa chance » à la France… Parfois, une brève formule en dit bien plus qu’un long discours.

Lire la suite

Macron est « fabriqué » selon Michel Onfray,Sur Public Sénat par Comité Valmy

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #Les média, #Macron

Macron est « fabriqué » selon Michel Onfray
Par Public Sénat

samedi 13 mai 2017, par Comité Valmy

Macron est « fabriqué » selon Michel Onfray

Le philosophe Michel Onfray se veut extrêmement critique dans son analyse de cette campagne présidentielle. Lui s’est abstenu au premier tour et ce pour deux raisons. La première est qu’il s’est senti victime d’un « coup d’état » quand le « non » au référendum de 2005 sur la Constitution européenne n’a pas été suivi des effets escomptés : « Il y a eu une rupture de contrat social ». Et la deuxième est cette division entre « petits » et « grands » candidats que le philosophe trouve ambigüe : « Tout a été fait pour que le goulot d’étranglement arrive à ce qu’il s’est passé là (…) Regardez, les « petits » candidats sont tous des gens qui sont contre la formule libérale de l’Europe. Drôle, hein ? Et tous ceux qui sont des « grands » candidats sont tous des gens qui sont pour la formule de l’Europe ». Pour Michel Onfray, les « petits » sont là pour « permettre d’amuser la galerie » pendant que les « sérieux » prennent l’espace.

 

Quand au résultat de l’élection, le philosophe est catégorique, il a déjà eu lieu : « C’est une élection à un tour, l’élection présidentielle. Et le président a déjà été élu hier [dimanche NDLR]. La preuve, il a déjà fait la fête ».

 

Pour Michel Onfray, Emmanuel Macron « est fabriqué » : »Benoît Hamon avait été choisi pour perdre [à la primaire NDLR] (…) Les gens ont oublié qu’il y a eu un bourrage d’urnes au Parti socialiste. Cela n’a posé aucun problème (…) Quand on bourre les urnes, c’est qu’on veut pousser un candidat (…) en faisant de telle sorte qu’il puisse descendre tellement bas, que ça ouvre la route à Macron ».

 

Invité de l’émission « On va plus loin », le philosophe Michel Onfray, analyse la campagne présidentielle du premier tour.

 

Interview intégrale de Michel Onfray par publicsenat

Interview intégrale de Michel Onfray

25 avril 2017
Mise en ligne CV : 10 mai 2017

Source :

Public Sénat

Lire la suite

Ils votent MACRON et se prennent pour des RÉSISTANTS [par Gilles Questiaux]

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'horreur économique, #Macron

Publié par El Diablo

Paul von Hindenburg

Paul von Hindenburg

En réponse à des délires moralisateurs qui sévissent sur le net :

Il est historiquement totalement faux que « les communistes n'ont pas voulu choisir entre Hitler et les sociaux-démocrates » parce qu'on ne leur a pas proposé un tel choix. Le SPD (Parti social-démocrate allemand), qui avait utilisé les proto-nazis des corps-francs pour massacrer les communistes en 1919, a voté contre Hitler pour Hindenburg, vieille ganache ultra droitière comme moindre mal, qui a été élu, et qui a appelé Hitler au pouvoir quelques semaines plus tard, où il a interdit le KPD (parti communiste allemand), puis les autres partis d'opposition. Hitler n'a donc pas non plus été "démocratiquement élu", répéter cela c'est ignorance pure. Il a été choisi par l'élite qui l'a placé au pouvoir pour qu'il puisse faire son coup d'État.

S'imaginer qu'on est une espèce de résistant parce qu'on a voté Macron est trop bête et ridicule pour mériter un commentaire.

Par ailleurs, si Marine Le Pen était un danger pour la pseudo-démocratie de marché qui fait les délices de la go-goche, son parti aurait été interdit depuis longtemps. C'est un épouvantail pour petits-bourgeois, et un leurre pour prolos. La comparaison avec le parti nazi en 1933 témoigne d'une ignorance crasse teintée de mauvaise foi absolue : le parti nazi était appuyé par les mêmes forces économiques et médiatiques qui nous ont imposé Macron, et par l'armée, par les structures de l'État, et il faisait régner la terreur dans la rue.

Les gens qui s'enflent d'indignation contre l'abstention et le vote blanc auraient mieux fait d'essayer de convaincre les gens de ne pas voter Le Pen que de vouloir forcer les gens à voter Macron. Et s'ils avaient aussi peur de Marine Le Pen qu'ils disent, pourquoi n'ont-ils pas voté Mélenchon au premier tour?

Mais ils ont eu finalement ce qu'ils désiraient vraiment : un nouveau bail pour le capitalisme.

Quant à ceux qui pensent que le vote Macron, malgré tout, a préservé les libertés publiques, ils se trompent : le niveau de répression de la loi Khomri, qu'il avait directement inspirée, devrait rester dans les mémoires moins d'un an après. Le résultat le meilleur de ce point de vue aurait été qu'il gagne avec un ou deux millions de voix d'avance, et non dix ! maintenant, lui, et surtout la clique de technocrates libéraux qui l'entoure vont se croire tout permis. Un tel résultat impliquait de prendre le risque (très modéré) d'une victoire de Marine Le Pen, sachant qu'elle n'avait en main aucun des instruments qui ont permis aux fascistes et aux nazis d'instaurer la dictature en 1922 et en 1933.

Il est d'ailleurs curieux de voir tant de défenseurs de la démocratie du bulletin de vote ne pas s'inquiéter d'une situation où l'un des deux candidats parait exclu a priori de la victoire (et l'a d'ailleurs intériorisé). Ce n'est pas la peine de s'égosiller contre la menace de la dictature si elle existe déjà.

Ils ne comprennent pas qu'il ne fallait pas voter pour Marine Le Pen, non parce qu'elle serait une émanation du démon, mais pour les mêmes raisons qu'il ne fallait pas voter pour Macron : c'est une ennemie des travailleurs, ni plus, ni moins.

Gilles Questiaux

Le 8 mai 2017

SOURCE :

 

Lire la suite

El Diablo à deux mots à vous dire...

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #Macron, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN.

Publié par El Diablo

El Diablo à deux mots à vous dire...

Électeurs « vraiment de gauche », communistes, « insoumis » etc… qui le 7 mai avez voté Macron pour « barrer la route à… », réécoutez avec attention son premier discours comme président de la République, réécoutez-le bien ; relisez les articles de ces journalistes bien en vue affirmant qu’il est « le président le mieux élu de la Vème République… » relisez-les bien ! Ah, je ne voudrai pas tomber dans « je vous l’avais bien dit » mais tout de même, comment dire, ce matin je suis un peu... agacé. Bon dimanche tout de même.

El Diablo

Lire la suite

Pour le juge italien Imposimato, "l'OTAN est une menace pour la Paix et la sécurité dans le monde"

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La guerre, #Le fascisme

Pour le juge italien Imposimato, "l'OTAN est une menace pour la Paix et la sécurité dans le monde" .

Voici le discours du juge italien antimafia Ferdinando Imposimato, président honoraire de la Cour de cassation italienne, prononcé lors d'une réunion à Rome le 26 octobre 2015 à l'initiative du journaliste italien Giulietto Chiesa. M. Imposimato est un personnage extrêmement respecté en Italie pour l'ensemble de son combat contre le crime organisé. Le seul fait qu'un homme de sa trempe, aussi connu et inattaquable que lui, se prononce de façon tranchée sur le danger que représente l'OTAN pour la paix dans le monde, mais aussi sur sa vision des attentats du 11-Septembre, devrait provoquer un débat national voire, européen, sur ces questions. Il n'en est rien, de telles paroles ne seront jamais relayées par les médias grands publics et les journaux télévisés. Dormez bonnes gens.

 

Lire la suite

Après 52 ans sur son pas de tir, la FUSÉE Lecanuet a enfin décollé… [par Philippe Arnaud]

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie

Publié par El Diablo

affiches : Jean Lecanuet en 1965 et Emmanuel Macron en 2017

affiches : Jean Lecanuet en 1965 et Emmanuel Macron en 2017

Les remarques ci-après ont déjà été présentées à de multiples reprises (par Atlantico, Le Point, Mediapart, France Inter, Les Échos, Boulevard Voltaire, etc.) lors de ces derniers jours. Néanmoins, en dehors des professeurs et étudiants d'histoire, et des férus d'histoire politique, elles ne peuvent parler qu'aux sexagénaires (et plus...). Je vais donc essayer de ne pas répéter ou recopier ces médias.

Qu'est-ce qui rapproche les deux hommes ?

1. Leur jeunesse et leur allure : Emmanuel Macron a 39 ans et Jean Lecanuet, pour la présidentielle de 1965, en avait 45. Même si 45 ans, en 2017, est vu comme un âge plus "tendre" qu'en 1965 (compte tenu de l'allongement de l'espérance vie et de l'amélioration de la santé et de la condition physique en 52 ans), il n'empêche que Lecanuet apparaissait comme "jeune" par rapport à de Gaulle (75 ans), à Mitterrand (près de 50 ans, mais une longue carrière derrière lui), à Tixier-Vignancour (58 ans), à Pierre Marcilhacy (55 ans). Dans l'allure, il s'agit d'hommes minces, élancés, au visage avenant. [Cette jeunesse et cette allure pouvait faire penser, aux Français, au souvenir tout proche du président Kennedy - récemment assassiné - et qui avait été président de son pays à 43 ans.]

2. Leur parcours de "bons élèves" : Jean Lecanuet avait été le plus jeune agrégé de philosophie à 22 ans, et, plus tard, directeur de cabinets ministériels. Emmanuel Macron a eu la mention très bien au bac, a été élève de Sciences Po, de l'ENA, est passé par la banque Rothschild, a été secrétaire général de l’Élysée, ministre de l’Économie...

3. Leur apparence "d'hommes neufs" : en 1965, même si Lecanuet avait une longue expérience des cabinets ministériels, cette expérience n'était pas de celles qui portent sur le devant de la scène. Même chose pour Emmanuel Macron jusqu'en 2014 : qui se souvient des secrétaires généraux de l’Élysée, en dehors de ceux qui ont eu plus tard une carrière ministérielle, comme, par exemple, Édouard Balladur ou Dominique de Villepin ?

4. Leur appartenance à un courant libéral en économie, pro-européen (ou européiste si l'on veut être péjoratif) et atlantiste, c'est-à-dire à la fois favorable à la politique étrangère des États-Unis et à l'OTAN comme alliance militaire, donc, corrélativement hostile à l'intervention de l’État dans l'économie et à une politique extérieure française trop favorable, jadis à l'URSS, en 2017 à la Russie ou aux pays non-alignés (on dirait aujourd'hui les BRICS).

5. Leur inscription dans ce courant qui, sous la IVe République (1946-1958), a vu se succéder, dans tous les gouvernements, le duopole SFIO et MRP, à la fois atlantiste, pro-américain, pro-européen, anticommuniste et anti-gaulliste. Or c'est le même courant qui voit le Parti socialiste pratiquer la même politique économique (privatisation, dérèglementation) et étrangère (retour dans l'OTAN, soumission à la Commission européenne, soutien aux États-Unis) que la droite au pouvoir. C'est le même courant qui voit les ministres ou élus passer alternativement des hautes fonctions de l’État aux hautes fonctions à Bruxelles ou dans le privé et qui servent (ou conseillent) indifféremment la droite ou la "gauche" (entendre le Parti socialiste). Des hommes tels que Jean-Pierre Jouyet (voire Jacques Attali), qui a servi à la fois Nicolas Sarkozy et François Hollande, sont emblématiques de ce courant.

6. Outre Jean Lecanuet, Emmanuel Macron peut être rapproché d'un autre homme, présenté, lui aussi, à son époque comme "jeune" et qui, lui aussi, s'inscrivait dans le même courant anti-gaulliste (en tant que ce courant contre le rôle de l'Etat dans l'économie et pour une politique étrangère européiste et favorable aux Etats-Unis), Valéry Giscard d'Estaing. Assisterions-nous à une revanche posthume, après 60 ans, de la IVe République sur la Ve République ?

Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.

Bien à vous

Philippe Arnaud

Amis du Monde Diplomatique Tours

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>