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Le blog de Lucien PONS

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L’horreur Macron. Par Jacques Sapir

6 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique

L’horreur Macron. Par Jacques Sapir

Sécessions

Cette campagne électorale se termine. Elle fut révélatrice, dans le comportement d’une certaine presse, de ce que la société française a de plus hideux. Le résultat de l’élection présidentielle ne fait désormais guère de doutes. M. Emmanuel Macron sera, selon toutes probabilités, élu le 7 mai au soir. Mais, cette campagne va laisser des traces profondes. Le pays est profondément divisé et n’arrivera pas à s’unir sous ce nouveau Président. Des pans entiers de la population sont entrés, ou sont sur le point d’entrer, en sécession. Christophe Guilluy a d’ailleurs bien analysé le désastre de cette bien-pensance soi-disant antifasciste qui ne sert que de couverture aux intérêts des puissants[1].

 

L’horreur Macron

Les deux candidats portent une responsabilité évidente dans cet état de fait. M. Emmanuel Macron, tout d’abord, qui par son arrogance combinée à son insignifiance, s’avère être un produit de ce que l’on appelle le « système », vendu aux électeurs comme l’on vend un paquet de lessive (selon Michel Onfray) ou une pâtisserie trop grasse et trop sucrée, aux consommateurs dans un supermarché. Il a porté très haut la barre de l’indécence en matière de récupération mémorielle, et durablement endommagé la mémoire historique qu’il convient de préserver. Son erreur sur le chômage de masse lors du débat du 3 mai à la télévision est en réalité exemplaire. En prétendant que la France est la seule touchée par le « chômage de masse », en oubliant la situation de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie, du Portugal, il dévoile en réalité sa pensée. Ces pays ne sont plus considérés comme frappés par le chômage, parce qu’ils ont mis en place, que ce soit volontairement ou contraints et forcés, des politiques de « réforme du marché du travail ». Que ces politiques aggravent en réalité la situation à laquelle elles étaient censées remédier constitue l’erreur de fond que recouvre cette erreur de forme.

Sur le fond donc, tout a été dit de ce que représente le projet d’Emmanuel Macron, sa soumission profonde au néo-libéralisme et au culte de l’Union européenne, ses aspects rétrogrades sous des masques faussement modernes. Cet homme est bien le produit, comme l’a rappelé Aude Lancelin, d’un putsch silencieux du CAC-40, même si Aude Lancelin ne décrit que très imparfaitement les mécanismes et les ressorts de ce putsch[2]. Autour de lui se rassemblent tous les politiciens qui ont échoué depuis ces vingt ou ces trente dernières années. Il a été incapable d’entendre ce que lui disaient les français qu’il a rencontrés. Muré dans ses certitudes, droit dans ses bottes comme le veut l’expression, ce Président par défaut qui s’annonce sera un profond facteur de division et une cause de sécessions parmi les français. Comme le dit et l’écrit François Ruffin il sera haï à peine que d’être élu et ne bénéficiera d’aucun état de grâce[3].

 

L(’ir)responsabilité de Marine le Penn

Mais, Mme Marine le Pen porte aussi une grande part de responsabilité dans cette situation. Elle s’est révélée incapable de porter son programme, et ce quelles que soient les critiques que l’on pouvait y faire par ailleurs. Ce programme avait une cohérence et, par ses revirements de dernière minute, elle a contribué à la brouiller. Elle dit avoir écouté les économistes sur de nombreuses questions, de l’Euro à la mondialisation, mais à l’évidence elle ne les a pas entendus ni compris. Ses différents changements de pieds en fin de campagne, de l’Euro justement à l’âge de la retraite ont été désastreux. Cela montre, au mieux, un très grand amateurisme dans le traitement de ces sujets qui sont pourtant des questions essentielles pour la France et les français. Au pire, cela révèle une attitude instrumentaliste quant ces sujets et, plus globalement, quant à la question économique et sociale. Son style pugnace s’est transformé en une agressivité sans borne. Tout cela ne fait pas d’elle, contrairement à ce que prétend une bien-pensance imbécile, une « fasciste », et ne justifie nullement l’appel à faire « barrage » contre elle. J’ai dit, dans une précédente note[4], ce qu’il fallait penser de tout cela. Néanmoins, elle s’est avérée être le meilleur ennemi des idées qu’elle prétendait porter. Si elle ne réfléchit pas à cela, et si elle n’en tire pas les leçons, elle est perdue. Or, la désespérance que cela peut induire est susceptible de faire le jeu de politiques qui elles seront ouvertement condamnables et autrement plus radicales et dangereuses.

 

Sécessions politiques

Tout cela met en place une segmentation politique et culturelle profonde des français. On voit bien que les partisans d’Emmanuel Macron et ceux de Marine le Pen n’habitent plus le même pays. Ils habitent des pays différents géographiquement tout d’abord, avec la distinction entre France « périphérique » et France de la métropolisation. Mais ils habitent aussi des pays différents en matière de références culturelles et sociales. Cette sécession est d’une extraordinaire gravité. Quant on n’a plus de mots en commun, la porte est ouverte à la guerre civile.

Cette sécession n’est pas la seule. Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, du moins une large fraction d’entre eux qui se prononce contre le vote Macron, s’orientent vers une autre forme de sécession. La manière dont cet électorat a été méprisé, diffamé, menacé pour qu’il rejoigne la coalition macroniste restera l’un des grands scandales et l’une des grandes hontes de cette élection. Surtout, cette campagne hystérique et haineuse, cette campagne que j’avais dénoncée sur ce même carnet[5], va pousser ceux qui se définissent eux mêmes comme des « Insoumis » vers la sécession vis-à-vis du système politique. Ce ne sont pas les risibles manœuvres de la 11ème heure d’un PCF agonisant, manœuvres dénoncées par Mélenchon lui même, qui pourront l’empêcher[6]. Il est probable que ces manœuvres, et d’autres, vont se multiplier durant la campagne pour les élections législatives de juin. On en comprend l’objectif : priver les « Insoumis » du nombre de députés auquel leur nombre numérique leur donnerait droit. Si ce scénario se mettait en place, alors la sécession des « Insoumis » deviendrait une réalité avec ce qu’un tel processus, venant s’ajouter aux sécessions précédentes, porterait en lui comme menaces de montée de la violence, mais aussi dans la violence. Les phrases finales de François Ruffin dans sa tribune pour le journal Le Monde sont très claires sur ce point.

Le désespoir de s’être vu « voler » l’élection par le système qui impose dans les faits un président dont beaucoup ne veulent pas est gros de ruptures futures. L’arrogance très probable à laquelle on doit s’attendre si Emmanuel Macron est élu va démultiplier ce désespoir. Il est toujours dangereux d’acculer deux fractions des français au désespoir, chose qu’ignorent superbement Emmanuel Macron et ses soutiens, dont le calamiteux François Hollande. Ces gens portent potentiellement la responsabilité d’ouvrir les portes à la guerre civile.

 

La sécession silencieuse

Mais, il y a une quatrième sécession, elle silencieuse, qui se produit dans le même temps. De plus en plus de jeunes français issus de l’immigration et de confession musulmane rejettent les principes d’égalité qui fondent la République. Nous sommes ici aussi en face d’un processus de sécession, d’autant plus grave qu’il est toléré, par clientélisme électoral ou par volonté de faire régner le calme, par des politiques de tous bords[7]. Cette sécession se manifeste dans l’exclusion de plus en plus grande des femmes de la sphère publique, dans la déscolarisation des enfants et la constitution de réseaux alternatifs et non contrôlés d’enseignement.

Or, ceci est d’une gravité extrême, qui dépasse le danger direct du terrorisme et du salafisme. Le lent et silencieux grignotage de la laïcité par les organisations « faux nez » ou proches des Frères Musulmans pose un problème redoutable pour la sphère politique française. On a publié il y a quelques semaines le texte de Jérôme Maucourant à ce sujet[8]. Le problème est d’une autre gravité que l’hystérie dite « anti-fasciste » qui s’est emparée d’une partie des esprits et de la quasi-totalité de la presse, à l’occasion de cette élection présidentielle. Nous voici confrontés donc à une autre forme de sécession, et celle-ci, il est à craindre, encore plus irréconciliable que les trois autres.

Si l’on veut parler de peuple, et sans le peuple il ne peut y avoir de souveraineté, alors s’impose l’importante distinction que l’on doit faire entre le peuple « ethnique » et le peuple « politique ». J’y ai consacré des pages entières dans le livre que j’ai publié en 2016, Souveraineté, Démocratie, Laïcité[9], un livre dont l’actualité se charge, hélas, de nous rappeler l’importance du propos. On ne peut penser la Démocratie sans penser en même temps la Souveraineté, et que cette dernière implique et impose la Laïcité. Nous ne disons pas autre chose avec Bernard Bourdin dans le récent livre que nous venons de publier[10]. Il ne peut y avoir d’individus libres que dans une société libre. La souveraineté définit aussi cette liberté de décider qui caractérise les communautés politiques que sont les peuples à travers le cadre de la Nation et de l’Etat. Encore faut-il savoir ce qui fait société. Encore faut-il comprendre ce qui constitue un « peuple », et faut-il comprendre que quand nous parlons d’un « peuple » nous ne parlons pas d’une communauté, qu’elle soit ethnique ou religieuse, mais de cette communauté politique d’individus rassemblés qui prend son avenir en mains. Tel est le peuple auquel parle les politiques qui font réellement leur travail, et non ceux qui, comme Emmanuel Macron, sont promus comme un paquet de lessive.

 

 

Cette élection semble jouée. Cette élection a surtout été volée aux électeurs, par la combinaison de la volonté consciente et organisée des uns, par l’irresponsabilité des autres. Mais, elle ne réglera rien, ne tranchera rien. Au contraire, son résultat probable, précipitant des fractures antérieures, risque – et l’on espère ici de tout cœur se tromper – de faire basculer la France dans un avenir fort sombre.

 

Notes

[1] Guilluy C., « La posture anti-fasciste de supériorité morale de la France d’en haut permet en réalité de disqualifier tout diagnostic social » http://www.atlantico.fr/decryptage/christophe-guilluy-posture-anti-fasciste-superiorite-morale-france-en-haut-permet-en-realite-disqualifier-tout-diagnostic-social-3031677.html#CiyKyhEAzGD6UQfU.99

[2] De Castelnau R., http://www.vududroit.com/2017/05/presidentielle-sortir-machoires-piege/

[3] http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/04/francois-ruffin-lettre-ouverte-a-un-futur-president-deja-hai_5122151_3232.html

[4] Voir « Mélenchon, la meute et la dignité », note publiée le 28 avril, https://russeurope.hypotheses.org/5948

[5] Idem.

[6] http://www.lefigaro.fr/politique/2017/05/04/01002-20170504ARTFIG00231-legislatives-la-france-insoumise-va-poursuivre-les-communistes-qui-se-reclament-de-melenchon.php

[7] Voir Pina C., Silence Coupable, Paris, Kéro, 2016. Voir aussi la recension de cet ouvrage sur ce carnet : Les salafistes et la République (recension de « Silence Coupable »), http://russeurope.hypotheses.org/4909

[8] https://russeurope.hypotheses.org/5892

[9] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Editions Michalon, 2016.

[10] Bourdin B. et Sapir J., Souveraineté, Nation, Religion, Paris, Editions du Cerf, 2017.

russeurope.hypotheses.org/author/russeurope

 
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La guerre civile en Grèce, laboratoire de la guerre froide.

4 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #Nation, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Grèce, #le nazisme, #Terrorisme

La guerre civile en Grèce, laboratoire de la guerre froide

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La guerre civile en Grèce, laboratoire de la guerre froide

Le 12 février 1945, deux traités signent le basculement de l’Europe dans une guerre froide qui va durer pendant plus de 40 ans. À Yalta, Churchill, Eisenhower affaibli et Staline posent pour la photo immortalisant la signature du traité qui répartit l’Europe en zones d’influence. Ils entérinent ainsi un partage dessiné à la va-vite par Churchill et Staline au Kremlin, un soir d’Octobre 1944.

Des résistants de l’ELAS, en larmes, déposent leurs armes en février 1945

Ce même jour du 12 février 1945, à Varkiza, dans une propriété des contreforts du Mont Hymette plantée d’oliviers, les dirigeants de l’EAM et le gouvernement de transition grec signent le traité de désarmement imposé par les Britanniques aux maquisards qui ont libéré la Grèce de leurs seules forces. Deux jours plus tard, arrivé directement de Yalta, Churchill assiste à la reddition des armes par les résistants progressistes qui pleurent de rage. C’est la voie ouverte aux anciens miliciens collaborateurs pour instaurer dans toute la Grèce une terreur blanche qui va se transformer quelques mois plus tard en véritable guerre civile. Mais comprendre les causes du conflit fratricide qui déchire la Grèce à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale implique un retour sur la période immédiatement précédente, celle de la résistance à l’occupation nazie.

Quand les Allemands entrent dans Athènes en 1941, presque tous les membres du KKE (Parti Communiste Grec), pourchassés par le dictateur Metaxas, sont en prison. Nikos Zachariadis, le Secrétaire Général du KKE, né à Istanbul et formé à Moscou, est transféré de sa prison grecque à Dachau – où il survivra comme kapo pendant quatre ans. Seuls quelques deux cents militants circulent encore dans la clandestinité. Sous la coupe des puissances européennes depuis son indépendance en 1830, alternant faillites et nouveaux emprunts pour rembourser l’argent avancé par le Royaume-Uni  lors des luttes pour son indépendance en 1824, la Grèce reste un pays essentiellement rural. Pourtant, lors de l’hiver rigoureux de 1941-42, une famine meurtrière, provoquée par les confiscations et pillages allemands mais aussi par le blocus anglais, tue plus de 100 000 personnes. La résistance grecque à l’occupant nazi s’organise très vite autour de la solidarité et des soupes populaires de l’EA (Solidarité Nationale). Elle se renforce lors des grandes manifestations contre le travail obligatoire, que les occupants n’ont jamais réussi à imposer aux Grecs mais qui a été remplacé par un « prêt obligatoire » qui justifie ainsi le pillage de la Banque de Grèce. En province, la Résistance se fédère à travers la lutte contre les confiscations des récoltes. En surgit l’organisation EAM (Front National de Libération) autour d’un petit noyau de communistes qui ont échappé aux répressions de Metaxas. Au sein de l’EAM, syndicats et partis progressistes rassemblent de larges tranches de la population, classes moyennes et religieux compris.« En seulement deux années, le KKE devient un parti de masse avec plus de 200 000 membres ; il est en effet considéré comme l’expression par excellence de la classe ouvrière et des masses populaires, l’inspirateur et le centre qui contrôle le bloc résistant rassemblé autour d’EAM. »

Début 1942 le militant communiste Thanassis Klaras, nom de guerre « Aris Velouchiotis« , part dans les montagnes de Grèce Centrale pour fonder  l’ELAS, Armée Populaire de Libération de la Grèce, bras armé de l’EAM, en recrutant les villageois. Des agents britanniques sont parachutés « pour organiser un maquis » et saboter les voies ferroviaires grecques qui ravitaillent la campagne d’Afrique. Ils sont étonnés de trouver l’ELAS déjà bien établie et progressant très vite, grâce aux succès militaires de Velouchiotis et de ses combattants. « Aris » devient vite légendaire par son charisme, ses talents de stratège et ses succès militaires contre les occupants allemands. Les sabotages et les actions se succèdent, à chaque fois lourdement punies par des exécutions de civils et des destructions de villages, 879 villages rasés et 460 partiellement détruits au mois de juillet 1944.

Les résistants de l’ELAS libèrent dès 1943 une grande partie du pays, administrée selon un système d’autogestion et de justice sociale – qui n’avait encore jamais si bien fonctionné dans les zones montagnardes – contrôlé et géré par des assemblées populaires. L’EAM-ELAS parvient même à organiser des élections nationales en vue de constituer un Comité provisoire de libération nationale. 1,8 million d’électeurs, femmes comprises, votent sur tout le territoire, à la barbe des forces allemandes dans la capitale et les zones occupées. Un « gouvernement de la montagne » est désigné, pour gérer le pays en attendant la libération. L’enjeu est de taille : organiser le pays sur les principes de la laocratie, gouvernement du peuple, après nationalisation de la grande industrie et des banques, mais respect de la petite propriété et de la liberté de culte – les Grecs sont profondément croyants, et nombreux sont les popes qui se battent aux côtés des résistants. Il s’agit surtout que le pays ne retombe pas sous la coupe du roi anglophile Georges II, qui a livré le pays au dictateur Metaxas en 1936. Dans ce but, le Premier ministre britannique Winston Churchill cherche depuis 1942 à diviser les différents groupes de résistants, en encourageant à coup de livres d’or la droite nationaliste de l’ancien officier Zervas à s’engager elle aussi dans la résistance, pour ne pas laisser le champ libre aux communistes de l’EAM-ELAS à la Libération. Il souhaite ainsi s’assurer que le roi Georges II, dont personne ne veut plus en Grèce, remontera sur le trône à la fin de la guerre.

Plus prosaïquement, un anticommunisme viscéral inspire les projets du Foreign Office et dicte toute la politique britannique en Grèce ; les envoyés de Londres iront jusqu’à laisser se conclure des accords entre leurs protégés et les forces d’occupation, contre la Résistance communiste. À la Libération, ils laisseront les Allemands se retirer sans perte pour aller se battre sur le front de l’Est, afin d’éviter que les résistants communistes ne s’emparent d’une partie décisive du pays.

 

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Les médias vous mentent sur la Macédoine. Les États-Unis sont en train d’y soutenir un coup d’état illégal

4 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Yougoslavie

Les médias vous mentent sur la Macédoine. Les États-Unis sont en train d’y soutenir un coup d’état illégal

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Les médias vous mentent sur la Macédoine. Les États-Unis sont en train d’y soutenir un coup d’état illégal

Vous protestez contre un coup d’état parrainé par les Etats-Unis dans votre pays ? Eh bien, alors vous êtes xénophobe

La narrative des médias : Des manifestants haineux ont pris d’assaut le parlement macédonien après que Talat Dzaferi, d’origine albanaise, ait été élu président du parlement pour la première fois.

La vérité: Les manifestants ont pris d’assaut le parlement parce que Dzaferi a été déclaré président du parlement d’une manière illégale, contraire à la Constitution dans le cadre d’un coup d’Etat en cours. Cela n’avait absolument rien à voir avec son origine ethnique.

 

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Macedonia_Political_Crisis_03673-16260

 

Même si Dzaferi a été « élu » de manière irrégulière, les États-Unis et l’UE ont déjà déclaré qu’ils reconnaissaient sa nomination. Cela ouvre maintenant la voie pour les partis albanais ethnique et le plus petit des deux principaux partis macédoniens (sociaux-démocrates) pour proclamer un gouvernement sans le feu vert du Président de la République requis par la Constitution.

Ce dernier a bravé la pression des Etats-Unis et de l’UE de permettre aux sociaux-démocrates de former un gouvernement minoritaire, sans le parti VMRO-DPMNE qui a obtenu une victoire relative aux élections, jusqu’à ce que leurs dirigeants abandonnent leur soutien à la plate-forme de Tirana. La plate-forme Tirana est un pacte entre les sociaux-démocrates et les partis albanais de Macédoine établi à Tirana, en Albanie sous le parrainage du Premier ministre de l’Albanie, Edi Rama, pour transformer la Macédoine en état albanais et macédonien binational. Dans cet accord, tout ce qui concerne la Macédoine, de son drapeau jusqu’à son nom même, devrait être renégocié avec la minorité ethnique albanaise.

Les Albanais bénéficient déjà d’un statut en Macédoine dont les Russes d’Estonie et de Lettonie ne peuvent même pas rêver. Leur langue est officielle là où ils forment plus de 20 pour cent de la population, et dans la culture politique de la Macédoine le vainqueur relatif des élections entre les partis albanais est toujours invité à participer à la coalition gouvernementale. (Mais maintenant, les Etats-Unis et l’UE veulent découper la partie gagnante parmi la majorité macédonienne – Ce que le Président est en fait prêt à faire, mais seulement  si les perdants, les sociaux-démocrates, abandonnent la plate-forme Tirana)

 

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Marko Marjanović

Traduction : AvicRéseau International

http://russia-insider.com/en/politics/media-lying-you-macedonia-us-backing-illegal-coup-detat/ri19710


 
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Dimanche 7 mai 2017 en France. Deux Candidats et la Recomposition Politique. Par Diana Johnstone

4 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #AMERIQUE, #La République, #La nation ., #l'horreur économique

France. Deux Candidats et la Recomposition Politique.

 
Dimanche 7 mai 2017 en France. Deux Candidats et la Recomposition Politique. Par Diana Johnstone

On vit dans un monde de plus en plus fictif, où l’imaginaire collectif est soigneusement guidé vers le rappel constant des « heures les plus sombres de notre histoire ». On exhorte les électeurs à voter pour « faire barrage » à un fantasme du passé en s’imaginant être des « résistants ». En réalité, en « résistant » aux menaces du passé on se livre allègrement aux pires dangers du présent.

Entre les cris d’orfraie et les larmes hypocrites, un peu d’analyse serait rafraichissant. Examinons à tête froide les différences entre les deux candidats en lice.

Les Programmes et l’Economie

Dimanche 7 mai 2017 en France. Deux Candidats et la Recomposition Politique. Par Diana Johnstone

Le programme de Macron n’est mystérieux que dans la présentation tordue qu’il en donne.   Pourtant, et c’est vite oublié, il avait donné un avant-goût du mélange de désindustrialisation, de précarisation du travail et du mépris pour l’environnement en tant qu’économiste chéri du Président Hollande. Deux mesures phares donnent la mesure : une grande, la vente d’Alstom au géant américain General Electric, et une petite, la libéralisation du transport par bus. La grande annonce la fin de la France comme puissance industrielle. La deuxième illustre la préférence pour la route contre le rail, pour la pollution contre la sécurité, et surtout pour le profit privé contre les services publics (en l’occurrence la SNCF) – toujours sous prétexte de « faire bénéficier le consommateur » quand, en réalité, la spirale du moindre prix est le partenaire de la spirale du moindre salaire.

Contrairement à sa coquetterie dans la matière, Macron a un programme, écrit en grand comité par Jacques Attali, la Commission de Bruxelles, et toutes les sommités de la finance internationale qui ont fait la carrière du jeune prodige. C’est le programme de la mondialisation tous azimuts.

Les effets sur la France sont clairs. L’accélération du processus en cours. Plus de grande industrie, qui ira là où les prix du travail sont bas. Désespoir pour les paysans, les ouvriers peu qualifiés, les « périphériques » comme on dit. Mais les professions d’endoctrinement idéologique pourront poursuivre leur tâche de confondre le présent avec les années trente, de combattre « le fascisme » imaginaire. Pour ses jeunes admirateurs plus ou moins diplômés, Macron offre un rêve. Les start-ups ! Chacun qui a appris un peu d’informatique peut rêver de faire fortune en inventant quelque service superflu.   Pendant que la base productive de la société s’évanouit, des milliers de jeunes louveteaux peuvent s’imaginer être des Bill Gates français de l’avenir. Pour eux, Macron s’exclame : « La France a besoin de jeunes qui veulent devenir milliardaires ! » Tout un programme : c’est le rêve américain. Et quand on échoue, on se blâme – j’ai gâché ma chance. C’est ça, le rêve américain, suivi d’un réveil pénible dans 99.99 % des cas.

La France macronisée n’existera plus qu’en terme géographique pour l’industrie du tourisme.

Dimanche 7 mai 2017 en France. Deux Candidats et la Recomposition Politique. Par Diana Johnstone

Le programme de Marine Le Pen est très différent. C’est un programme qui vise à aider les petits revenus, les retraités, les handicappés, à préserver les paysans, l’industrie, les services publics. La grande différence est que le programme de Macron, soutenu par l’Union européenne et applaudi par ses gouvernements, bénéficiant de l’enthousiasme médiatique, a des chances de se réaliser. Tandis que le programme de Marine Le Pen, plutôt « social », sera bloqué par les directives et les régulations de l’Union européenne et le carcan de l’euro.

Elle semble le savoir. C’est pour ça qu’au début, elle promettait même, après négociations, d’aller jusqu’à sortir de l’euro par referendum. Semblable à Jean-Luc Mélenchon. Tous les deux semblent avoir compris que la préservation de l’industrie, du travail, des services publics et même de la culture françaises exige de sortir de l’euro – et même de l’Union. Mais ils ont compris en cour de route que le peuple français de le comprenait pas, et que brandir la sortie de l’euro faisait peur. Avec Nicolas Dupont-Aignan, la sortie de l’euro n’est plus d’actualité. Mais le problème reste.

Ainsi on a le choix entre un gouvernement qui aura du mal à accomplir son programme plutôt positif, et un gouvernement qui aura tous les avantages pour accomplir son programme de destruction de l’économie et de la culture française.

La Guerre et l’Immigration

Les deux sont liés. Mais curieusement, tandis que la question de l’immigration passionne les foules, que ce soit pour ou contre, la question de la guerre ne semble intéresser personne. Et pourtant le danger est grandissant.

Dimanche 7 mai 2017 en France. Deux Candidats et la Recomposition Politique. Par Diana Johnstone

Avec Sarkozy/BHL en Libye, puis avec Hollande/Fabius en Syrie, la France a joué le rôle du petit chien qui, en promenade, court devant son maître en aboyant joyeusement. Emmanuel Macron se montre prêt à endosser ce même rôle. Pour ça il faut se montrer résolument contre « les dictateurs » ciblés par Washington. Macron se montre encore plus russophobe que Hollande, c’est beaucoup dire, et prêt à se joindre à « la coalition » (entreprise criminelle armée) en privant la Syrie de gouvernement au profit du chaos et d’islamistes fanatiques.

Ce sont les guerres qui font grossir les flots de réfugiés vers l’Europe. Sur ce point Macron est conséquent : il accepte et les guerres et l’immigration de masse.

Marine le Pen c’est le contraire. Elle ne veut pas d’immigrés – ou si peu – mais elle ne veut pas les guerres génératrices d’immigrés non plus.

Dimanche 7 mai 2017 en France. Deux Candidats et la Recomposition Politique. Par Diana Johnstone

Dans le monde de mensonges où nous vivons, le plus dangereux est celui importé des Etats-Unis, inventé par la campagne de Hillary Clinton pour excuser son échec : c’est la faute aux Russes. C’est l’ingérence de Poutine dans nos élections démocratiques. C’est un mensonge qui fait monter les tensions, exploité par le parti de la guerre, puissant à Washington. Ainsi on a créé une extraordinaire hystérie anti-Poutine à un moment où on est à deux pas d’un conflit armé entre Etats-Unis et Russie en Syrie. Les voix du maître transatlantique font tout pour répandre la même hystérie en France.

Sans doute un certain nombre des hommes et des femmes politiques et médiatiques français soigneusement sélectionnés par Washington pendant des décennies, grâce aux « programmes des Young Leaders » et autres réseaux d’influence, ajouteront leur voix aux cris de scandale contre l’ingérence russe. C’est encore un aspect du monde fictif où on veut nous tenir enfermés.

Toute cette hostilité verbale semble n’avoir d’autre objectif que de préparer les populations pour l’hostilité armée. Les néoconservateurs, toujours au pouvoir à Washington malgré la défaite de leur candidate Hillary Clinton, souhaiteraient entraîner l’Otan, et la France avec, dans leur conflit contre la Russie, que ce soit en Syrie ou en Ukraine.

Marine Le Pen est consciente du danger. Une guerre avec la Russie n’est pas dans les intérêts de la France. C’est une évidence. Trois des quatre candidats en tête du premier tour étaient conscients du danger et voulaient l’éloigner (Fillon, Mélenchon, et Le Pen). Sauf un : Macron. Le choix des grands médias et de l’oligarchie atlantiste.

Le meilleur argument en faveur de Marine est sa politique étrangère, qu’elle n’évoque presque pas. Car malheureusement, tragiquement, la paix n’est pas un argument qui porte.

Etrange époque où la gauche considère la libre circulation des immigrés plus importante que l’opposition à la guerre mondiale. Mais les deux questions sont liées. La guerre étant la cause principale des réfugiés, une politique de paix est le meilleur moyen de permettre aux gens de rester chez eux.

Cela montre que le marxisme est mort dans la gauche française. Toute trace de l’esprit du « socialisme scientifique » a disparu, toute analyse est remplacée par le sentiment.  Pour presque toute la gauche, la preuve (la seule en fait) du « fascisme » de MLP est son opposition à l’immigration.  Du point de vue de la classe ouvrière, l’immigration en temps de chômage a toujours été néfaste, un moyen de faire baisser encore les salaires et de priver les ouvriers de tout moyen de combat.  Mais cette constatation vient d’une analyse de la situation et des rapports de force.  C’est « marxiste ». Tandis que donner priorité à l’accueil des immigrants est une réaction sentimentale, un vestige du christianisme de gauche.

Et ce sentimentalisme, qui ignore causes et effets sociaux, qui ignore les rapports de force, ne fait qu’intégrer la France psychologiquement dans un monde de guerres et de misères sans fin, où la seule réaction est de sympathiser avec les victimes.  Mais jamais d’agir pour combattre les causes profondes.

Oui, il faut traiter les gens correctement, qu’on les accueille ou non, et le meilleur moyen serait d’authentiques efforts d’améliorer les perspectives des pays du Sud dans tous les domaines. De tels efforts sont exclus par une politique dictée par les plus grands profits pour le capital international.

Les Candidats

Dimanche 7 mai 2017 en France. Deux Candidats et la Recomposition Politique. Par Diana Johnstone

Lui : un arriviste de la pire espèce, qui exprime une colère d’autant plus dangereuse qu’elle paraît vide de vraie motivation, qui cherche son objet.  C’est un bonimenteur accompli, qui prétend être pour « le peuple » qu’il méprise visiblement, étant le protégé des mégalomanes comme Jacques Attali à l’ambition illimitée. Macron n’a pas honte d’utiliser la Shoah comme argument électoral, de visiter Oradour pour se donner une dimension pathétique. Le faux et l’usage de faux. L’aspect connu du personnage est un avertissement. L’aspect inconnu est encore plus inquiétant.

Dimanche 7 mai 2017 en France. Deux Candidats et la Recomposition Politique. Par Diana Johnstone

Elle : la fille très douée en train de « tuer le père » (en jargon psy), c’est à dire de suivre son propre chemin.  Déjà son père n’était pas « fasciste » mais un tribun des petits commerçants qui, dépité par la perte de l’Algérie française, avait utilisé son bagout pour fédéraliser un ramassis de perdants de l’histoire sans autre ambition que de râler. Les Mitterrandiens ont trouvé utile de gonfler ce club de vieux réacs en menace pour la République, pour mieux cacher leur abandon des politiques socialisantes.

L’héritière a d’autres idées.

Il est très vraisemblable que pour Marine, la dédiabolisation n’est pas un moyen mais le but. Elle a souffert, jeune, d’être « la fille de » et depuis qu’elle prend en main le parti de papa elle se libère de lui comme elle se libérera du parti si jamais elle est élue.  Avec Philippot et d’autres de sa génération on verra sans doute naître le « Parti des Patriotes »…

Sa plus grande faute est son islamophobie exagérée, qui n’a même pas réussi à plaire au CRIF, mais qui l’amène à prendre des positions ridicules et impossibles à implémenter, telle l’interdiction du voile musulman dans la rue, qui montre qu’elle n’a pas complété sa mue.

 La Recomposition Politique

Dimanche 7 mai 2017 en France. Deux Candidats et la Recomposition Politique. Par Diana Johnstone

Le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan est d’abord une caution personnelle, pour signaler qu’elle est fréquentable. Si jamais elle gagne, d’autres ralliements ne tarderont pas de marginaliser ce qui reste du vieux parti paternel.

L’ironie veut que Dupont-Aignan, qui vient la « dédiaboliser », est plus à droite qu’elle sur certains sujets.  N’empêche : sa démarche vise à une recomposition du paysage politique qui permettrait de développer plus de clarté dans les débats.  Le grand avantage d’une Présidence Marine Le Pen pourrait être de mettre fin à la peur de revenants et d’être plongé dans les querelles et les problèmes du présent. Le fait que le tandem Marine-Nicolas ne sera pas « fasciste » pourra crever l’abcès et obliger la gauche de se renouveler sur les bases plus réalistes.

Le « danger fasciste » est imaginaire.  Un autre danger existe : l’incapacité de gouverner causée par l’opposition atlantiste/européenne d’en haut et les troubles causés par les protestations « anti-fascistes » d’en bas. Le Pen risque de ne pas pouvoir prouver qu’elle n’est pas « fasciste » parce que les désordres de rue appelleront une répression qui sera vue comme la confirmation de l’accusation. Un cercle vicieux est à craindre.

La montée du vrai fascisme fut accompagné de violence, de bagarres de rue, où des bandes fascistes intimidaient leur adversaires, les privaient de parole, les attaquaient physiquement. Et qu’est-ce qu’on voit aujourd’hui ? Les bandes d’autoproclamés « antifa » qui se comportent exactement de cette façon, perturbant les réunions et s’attaquant aux individus qu’ils accusent de « fascisme » pour leur esprit critique. Ils sont en effet les milices du système, les chiens de garde de la confusion politique. Aujourd’hui par leur comportement, les « anti-fascistes » sont les seuls authentiques fascistes en vue.

Pour être vraie, une gauche renouvelée devra renoncer à sa fictive « lutte contre le fascisme » pour lutter contre le vrai ennemi : l’impérialisme en forme de « globalisation », les guerres pour détruire le Moyen Orient, la dictature de la finance et une politique « identitaire » qui divise les peuples. Dans cette élection, la gauche a perdu. Elle a une dernière chance de choisir son adversaire politique de demain. Ou c’est la politique du pire, avec Macron. Ou c’est le choix d’un adversaire vraiment politique, avec lequel on peut trouver les désaccords et même des accords, mais basés dans la réalité du présent.

Et la classe ouvrière dans tout cela ? Actuellement, beaucoup d’ouvriers votent pour Marine Le Pen. Lorsque le Président Macron se hâtera de poursuivre le démantèlement de l’état social qu’il avait déjà entamé dans le gouvernement Hollande, je me demande avec quel enthousiasme les ouvriers qui ont voté Marine Le Pen iront rejoindre les partis « de gauche » qui auraient contribué à élire Macron en « barrant la route au fascisme ».  Quelle sera la gratitude de la classe ouvrière pour cette héroïque protection ?

Si jamais Le Pen était élue, la gauche de Mélenchon deviendrait l’opposition principale, avec toutes ses chances.

Dimanche 7 mai 2017 en France. Deux Candidats et la Recomposition Politique. Par Diana Johnstone

Macron élu, adulé par les médias, deviendra « la gauche » renouvelée, style Clinton et Blair. Mélenchon sera « l’extrême gauche » marginalisée encore. La dernière illusion d’une gauche aux abois est d’imaginer que son intérêt serait d’élire Macron « pour le combattre ». En toute probabilité, l’opposition principale à cette fausse gauche sera… la droite.

Diana Johnstone

 

Diana Johnstone s’oppose activement aux guerres impérialistes américaines depuis 50 ans. Elle est auteur de plusieurs livres. Elle écrit l’introduction et la conclusion du livre des mémoires de son père, Paul H. Johnstone, From MAD to Madness : Inside Pentagon Nuclear War Planning, Clarity Press, Atlanta, 2017.

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L’avenir radieux de la France de Macron Observations du Comité Valmy

4 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La guerre

L’avenir radieux de la France de Macron
Observations du Comité Valmy

jeudi 4 mai 2017, par Comité Valmy

L’avenir radieux de la France de Macron

- Observations du Comité Valmy -

L’élection présidentielle de 2017 apparaît aujourd’hui comme totalement truquée. Une manipulation politico-médiatique et judiciaire longue et approfondie a été organisée par Hollande et l’oligarchie. L’un de ses objectifs - atteint - en était l’élimination politique de Fillon afin de faciliter l’élection de Macron "premier couteau" de l’oligarchie. Macron est le continuateur de l’UMPS et de François Hollande, choisi par celui-ci et par l’oligarchie.

 

Fillon, intermittent d’un gaullisme dégénéré a démontré en appelant à voter Macron son adhésion idéologique à l’UMPS européiste et qu’il ne méritait aucunement la confiance des Français.

 

Dans cette mascarade électorale, le chevalier Macron apparaît comme le porte-étendard de la cause antifasciste, de la liberté, et de la continuation de la démocratie. Mais l’oligarchie, la haute-finance et l’euro-dictature dont il est le pion ne sont-ils pas eux aussi porteurs de tyrannie, de guerre, de violence sociale et de mesures liberticides – en un mot de fascisme ?

 

Il convient donc, à partir de ses faits d’armes, de ses promesses et en identifiant ses amis, d’imaginer l’avenir radieux, promis par les médias et les politiques, et qui s’ouvrirait à la France sous la présidence de Macron.

 

1) Les faits d’armes

Emmanuel Macron a été ministre de Hollande, et pas des moindres. Il a été aussi dans le secrétariat général de l’Elysée. Il a travaillé à la banque Rothschild, opérateur crucial sur la dette publique française et européenne. Emmanuel Macron a participé à la réunion du groupe Bilderberg à Copenhague, les 31 mai et 1er juin 2014, en tant que conseiller de François Hollande.

 

Lors de son passage à Bercy, il a été à l’origine de loi de libéralisation, déréglementation et privatisation de l’économie, trois concepts clés pour les banques privées avides de s’approprier via la dette les biens publics. Outre la vente colossale de participations d’Etat, ses projets de loi ont concerné la destruction programmée de la SNCF par la loi autocar, la suppression du repos dominical, ainsi que la destruction du code du travail en précurseur de la loi travail, imposé ensuite au peuple par le 49/3. La loi Macron prévoyait le « Leasing » de nos navires de guerre, c’est-à-dire leurs ventes à des investisseurs privées.

 

L’opération concernant SFR a fait perdre des milliards à la France en autorisant (à l’opposé de son prédécesseur Montebourg) une multinationale étrangère à s’emparer d’un des grands réseaux de téléphonie privatisée du pays. L’opération de bradage d’Alstom aux USA et de démantèlement de cette firme stratégique est une vraie trahison qui devrait être sanctionnée pénalement (voir le rapport du CF2R), bradage auquel s’opposa notamment le FN qui réclama sa nationalisation.

 

Avant d’être ministre il fut à l’Elysée très proche d’Hollande et participa donc à cette politique de soutien aux terroristes en Syrie et el Lybie, et de provocation contre la Russie et contre la Chine. Il a soutenu tous les traités de libre-échange conclus ou à conclure par l’UE avec les USA en particulier.

 

Après les attentats que cette politique encouragea en France, Macron déclara courageusement que le peuple français, trop « défiant » (et non ses élites) était responsable de la radicalisation des musulmans de France.

 

2) Les promesses

Malgré le vague du programme de Macron, sa structure peut être décelée au travers de son allégeance totale à l’Union européenne, et donc à l’Euro et à l’OTAN. D’ailleurs nos « alliés » européens et de Wall Street ont salué son succès bruyamment.

 

Il s’est courageusement engagé à faire une loi El Komri « puissance dix », à multiplier les privatisations, notamment des deux grands mécanismes de solidarité nationale que sont les caisses de retraite et la Sécurité Sociale, à supprimer cent vingt mille fonctionnaires, à remettre en cause le modèle du CDI au profit du micro-entrepreunariat généralisé (du balayeur au pilote d’avion), mettant ainsi tous les salariés en compétition les uns avec les autres et les privant de moyens de défense collectifs. Le soutien total, dès le début des grands patrons, en premier lieu des assurances privées (le président d’AXA, de Castrie, est aussi président du groupe de Biderberg) est un indice très fort du sens de ses « réformes » sociales prévues.

 

Macron soutient toutes les mesures de destruction de la République française au profit d’un Etat fédéral européen composé de Länder conformément à la volonté allemande. Il ne cache pas son mépris de la République, en affirmant que ce qu’il manque à la République c’est un roi : « Le grand absent [de la vie politique française] est la figure du roi. ». Il entend faire éclater « le système institutionnel français » en différentes institutions selon les territoires.

 

Il soutient la signature et la mise en œuvre de tous les traités de libre échange (TAFTA...). en associant leurs détracteurs aux fascistes.

 

Par ailleurs au sujet de l’ouverture mondialiste qui reçoit aujourd’hui la bénédiction des banquiers et de leurs organisations politiques comme la « Open Society » de Soros, il convient de rappeler une vérité historique. Un des plus convaincus des « sans-frontiéristes » ne fut autre qu’Adolf Hitler : « La nature ne connaît pas de frontières politiques, écrit-il dans Mein Kampf. Elle place les êtres vivants les uns à côté des autres sur le globe terrestre et contemple le libre jeu des forces ». Au chapitre économique et démographique de Mein Kampf, Hitler rejette toute solution de développement interne (démographique, sociale et économique), au profit seul de solutions d’expansion militaire, coloniale et commerciale.

 

Macron soutient l’accroissement des « grandes migrations », comme Jacques Attali, son éternel parrain : « aujourd’hui on a cent mille étrangers qui rentrent par an, actifs. Tous les démographes tous les statisticiens disent qu’il faut dans les 15 ans qui viennent, trois cents mille étrangers actifs en plus par an » a déclaré Attali (https://www.youtube.com/watch ?v=XYaakBreKAM). Macron a félicité Merkel pour l’accueil d’un million de migrants par an en Allemagne. Le politologue Dominique Reynié, directeur de la Fondapol, qui soutient également Macron avait auparavant expliqué à la télévision que « La banque mondiale nous annonce qu’il faudra accepter 80 millions d’immigrés en 2050 en Europe – au minimum - , l’ONU dit 125 millions. » (http://www.dailymotion.com/video/x1m37i_125-millions-d-immigres-a-accueilli_news) Et qu’il était nécessaire qu’un parti politique brise enfin ce tabou, c’est-à-dire l’impose au peuple.

 

Le même rapport de l’ONU sur « Les Migrations de Remplacement » consacrés à la France affirme que pour maintenir le même ratio actifs/retraités il faudrait importer en France 92 millions de migrants en 50 ans, remplaçant ainsi la population à 68,3%. (1)

 

La destruction du modèle français industriel, centré sur le nucléaire, le rail, et une industrie compétitive dont Macron a bradé les fleurons à l’étranger, provoquera immanquablement une baisse de la productivité en France. La seule solution pour payer les retraites dans une société désindustrialisée sera alors l’immigration de masse.

 

Macron veut mettre en place la discrimination positive. Cette politique, imposée par l’UE qui interdit l’ « assimilation », présuppose l’existence de races, encourage les individus à revendiquer leur appartenance à une race, et engendre ainsi un accroissement des actes racistes. Cela fera la promotion d’incompétents, et ceux issus de l’immigration qui le mériteront réellement seront eux aussi soumis à cette opprobre, victimes aussi de cette politique.

 

Comme le veut le CAC40, il veut fermer Fessenheim et le plus de centrales possibles, mais discrètement, suivant ainsi la ligne Hollande... Les importations de combustibles fossiles exploseront, tout comme notre dépendance. L’Allemagne a importé 15 millions de tonnes de charbon en plus l’année dernière.

 

Concernant l’Education nationale, il prône le contrôle continu, pour continuer la destruction du bac, en réduisant à 4 les matières obligatoires, sans préciser lesquelles. Gageons que les « 3I » chers à Berlusconi (impressa, inglese, informatica), management, anglais et informatique, ne seront pas en reste par rapport aux matières scientifiques et littéraires. Il veut aussi renforcer l’enseignement du fait religieux.

 

Concernant l’Université et la Recherche, les syndicats qui ont appelé à voter Macron ont certainement été sensibles à ses mesures de mise en valeur de l’université : autonomie amplifiée des universités, c’est-à-dire privatisations et bradage aux multinationales. Vu qu’à Berlin, ancienne capitale de l’occupant, il a prononcé un discours en anglais, on peut imaginer qu’il défendra haut et fort la tradition académique française, ses principes, et la langue française par exemple en demandant la suppression de la loi Fioraso. Enfin la dépénalisation du cannabis qu’il préconise est une mesure de plus dans la zombification de notre peuple, en particulier de la jeunesse.

 

Le service militaire d’un mois, vu sa posture de provocation avec la Russie et son mépris affiché envers toute mesure d’assimilation, peut préparer la mobilisation de la jeunesse à la guerre que ses soutiens internationaux préparent. Il a d’ailleurs refusé de participer aux colloques interpartis concernant la politique avec la Russie, a refusé l’accès des médias russes à ses meetings, et a déclaré qu’il bombarderait la Syrie sans mandat de l’ONU...

 

Appuyé par une majorité de circonstance, il pourra envoyer l’armée aux quatre coins du monde, et, laissant, selon les traités européens, le Conseil européen prendre les mesures « de sécurité et de défense commune », l’UE pourra pratiquer des mesures de force, intérieures et extérieures, sans aucun avis (et véto possible) des parlements nationaux.

 

D’autres « petites mesures » fiscales préparées discrètement pour « sauver de la faillite » la France, risquent de les forcer à réduire le « patrimoine » des classes moyennes. Les amis de Macron proposent par exemple « le loyer fictif », qui, ajouté à leurs revenus annuels, les propulsera dans les catégories privilégiées de l’échelle de l’imposition… éventuellement associées à une réévaluation vers le bas de l’imposition sur l’ISF.

 

Et pour couronner le tout, Macron se propose de « gouverner par ordonnances », ce qui est un grand signe de démocratie, régime qui selon lui, « ne se suffit pas à lui-même ». Macron n’a pas caché non plus son mépris par les suffrages du peuple : être élu pour accéder aux plus hautes responsabilités, a-t-il dit, était un "cursus d’un autre temps". Le référendum sur l’appartenance à l’UE promis par Le Pen est-il lui aussi l’élément « d’un cursus d’un autre temps » ? Macron lui veut s’inspirer du « modèle suédois », en réalité une dictature à parti unique qui a privé à jamais le peuple de la possibilité d’une alternance.

 

3) Les amis

Après l’ENA, Macron choisit de pantoufler dans la banque privée...

Son séjour à la Banque Rotschild fut l’occasion pour lui de réaliser la vente de Pfizer à Nestlé pour 9 milliards de dollars. Ayant reçu officiellement plus de 3 millions d’euros lors de son passage dans cette institution, (ce qui est très peu en regard de l’opération mentionnée plus haut), nous sommes stupéfait de constater que son patrimoine est inférieur à celui du français moyen (350 000 euros, selon l’Insee, environ), dont le revenu moyen de 1800 euros par mois…

 

Concernant Macron, ses références sont clairement douteuses, son « Maître à Penser », Ricoeur, et les philosophes allemands dont ce dernier se réclame (Heidegger, Gadammer), ayant largement soutenu les pires régimes du siècle dernier. Dans ses discours d’ailleurs, ses vociférations exaltées n’ont d’ailleurs rien à envier à la rhétorique fasciste. De grands hommes de gauche n’ont-ils d’ailleurs jamais favorisé l’arrivée du fascisme ou d’autres formes de dictature en France (2) ?

 

Il a bénéficié des largesses d’une des banques qui a profité le plus de la colonisation. Il revendique son affiliation au Saint-Simonisme (avec ses collègue de la revue « Esprit »), courant de pensée apôtre en son temps de toutes les colonisations. Il proclame néanmoins, dans la capitale d’un pays étranger et anciennement colonisé, le caractère de « crime contre l’humanité » de celle-ci.

 

Son entourage économique est tout le CAC40. Il servit Drahi à Bercy, tous les médias de Drahi (LCI, BFMTV, l’Express...) le servent. Tous les chefs d’États occidentaux le vénèrent, sauf peut-être Trump.

 

Les pires ministres d’Hollande le soutiennent totalement :

Ayrault qui ment effrontément sur les attaques chimiques attribuées au gouvernement légal alors qu’elles sont le fait de terroristes qualifiées de « rebelles » et soutenus militairement et politiquement par le gouvernement français.

 

Le Drian qui envoie des chars accompagnant les batteries de missiles de l’OTAN, à 180 km de Saint Petersbourg, dans les pays baltes, provoquant très dangereusement la Russie (le délais d’alerte descend ainsi à 3 minutes pour la seconde ville de Russie en cas de bombardement). Ce même ministre veut envoyer une escadre pour « intimider la Chine », alors que la France n’a pas du tout besoin de s’impliquer dans ces conflits lointains.

 

Une partie de la droite, fillonesque ou non (Madelin), qui le soutient construisit sa carrière par la fréquentation dans leur jeunesse de mouvements comme Ordre nouveau, GUD…

 

Macron, enfin, a reçu à Bercy une organisation de jeunes entrepreneurs baptisée « les Barbares qui veulent débloquer la France ».

 

Ainsi donc, aucun Français ne doute aujourd’hui qu’Emmanuel Macron, aux côtés de ses amis barbares, Macron nous emmènera vers un avenir radieux. C’est du moins ce à quoi travaille la machine médiatique, financière et politique qui l’a créé et élevé pour l’utiliser au service de l’oligarchie.

 

Comité Valmy
1 mai 2017

(1) « Selon ce scénario, on conserve le ratio de dépendance démographique à sa valeur de 1995 de 4,4 (4,4 « jeunes » de 15 à 64 ans pour 1 plus de 65 ans). Pour atteindre cela, 32,1 millions d’immigrants seront nécessaires de 2000 à 2025 soit une moyenne d’1,3 millions par an, et 60,9 millions d’immigrants de 2025 à 2050, soit une moyenne de 2,4 millions par an. En 2050, sur une population totale de 187 millions, 128 millions, ou 68,3%

seront des immigrés d’après 1995 ou leurs descendants. » http://www.un.org/esa/population/publications/migration/migration.htm

(2) En 1936 le peuple français vota pour une chambre , de gauche, qui finalement vota en grande majorité (hors les communistes et quelques socialistes) la paix de Munich, et les pleins pouvoirs à Pétain. Certains d’extrême droite, député (Kerillis ), militants, refusèrent voire joignirent la résistance et la France Libre (Cordier) En 1956 la gauche vota les pleins pouvoirs, que les socialistes utilisèrent pour mettre la terreur et le contingent en Algérie, et attaquer l’Egypte de Nasser
En 1991 le PS mit en place le traité de Maastricht (que le FN refusa) fit la guerre à l’Irak (que le PC, les verts et FN refusa) En 1997 la gauche (avec les verts et le PC,) mit en place Maastricht et le plus grand programme de privatisation depuis 3 siècles. Elle fit la guerre en Yougoslavie et en Afghanistan
En 2007 le PS et les verts violèrent et votèrent le traité refusé par le peuple en 2005 ( que le PC et le FN avaient dénoncé)

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Macron / Le Pen: parce que l'un des deux sera le prochain Président. Par Karine Bechet Golovko

4 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La guerre, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le traité Transatlantique.

jeudi 4 mai 2017

Macron / Le Pen: parce que l'un des deux sera le prochain Président

 
 
 
Hier a eu lieu le tant attendu débat de l'entre deux tours. Un débat violent qui n'aurait pu être autre. Car ce sont deux visions du pays qui s'opposent. Pour la première fois depuis les débuts de la Ve République, l'opposition ne se résume pas à des propositions différentes pour régler les mêmes questions: ici les questions sont différentes. Sortir de l'Europe vs plus d'Europe? Plus d'immigration avec la fin des frontières vs contrôler l'immigration avec la restauration des frontières? Restaurer le rôle de l'Etat dans l'économie vs l'autorégulation du marché global? La violence vient de la réelle opposition.
 
Mais dimanche prochain, nous aurons l'un des deux en Président, peu importe l'abstention ou le vote blanc. Alors réfléchissons, l'heure n'est plus à pudibonderie.
 

 
 
L'agressivité des échanges entre Macron et Le Pen n'a échappé à personne, même si les journaux prennent d'embler le parti d'un Macron qui aurait finalement survécu, ce dont ils n'étaient manifestement pas si certain que cela.
 
 
Autre remarque préliminaire, l'absence des présentateurs qui ne maîtrisent absolument pas le débat et se font déborder par les candidats. C'est à se demander si ce n'était pas voulu, car un tel manque de professionnalisme laisse pantois. Mais si les échanges furent violents, souvent au raz des paquerettes, il n'y a pas eu de véritable dérapage. Car Marine Le Pen était attendue sur les questions de l'immigration, pour justifier le qualificatif d'extrême droite. Mais en écoutant ce débat, il est difficile de parler de néonazisme. Populisme, possible. Souverainisme, certainement. Mais rien à voir avec la rhétorique d'extrême droite, même si pour un oui ou pou un non Hitler est remis au goût du jour, banalisé. Donc finalement, le pugilat n'a pas permis de "faire tomber le masque" du FN, à tel point que l'on se demande s'il en porte réellement un.
 
Sur le débat en lui-même, les deux interlocuteurs n'ont pas été à la hauteur, mais pour des raisons différentes. Marine Le Pen était empêtrée dans ses fiches, à un point tel qu'elle a baissé sa stature. Si elle est élue, va-t-elle se présenter ainsi, donnant l'impression de ne pas maîtriser le sujet? Macron, de son côté, a poussé au maximum son côté morveux prétentieux, qui s'attache aux détails techniques en parfait haut technocrate lisse et transparent, botte en touche sur la vision du pays et ses relations avec l'islam. Il incarne cette génération qui ne sort jamais de l'adolescence, qui est incapable de devenir adulte. 
 
Mais c'est bien l'un des deux qui sera élu à la présidence de la République dimanche. L'on peut dire que l'élection a été volée aux français par la justice et les médias. D'une certaine manière, c'est vrai. L'acharnement médiatico-judiciaire bien dirigé contre Fillon, l'adulation médiatique de Macron. Pourtant, les français avaient le choix: celui de la réflexion. Ils ne l'ont pas fait. Tout d'abord, parce que la réponse émotionnelle primaire est plus facile. Ensuite, parce que hurler avec les loups est plus confortable, même si l'on ne comprend pas dans quel but ils hurlent - puis s'arrêtent. Enfin, parce que s'ils attendent des réformes, elles ne doivent rien changer. Ce qui a abouti à ce résultat paradoxale d'avoir écarté les candidats attendus (Hamont et Fillon), pour se rabattre vers des candidats dit en opposition avec le système. Car l'inconnu étant impossible à imaginer, il est nié. Le monde post-moderne de Macron est aussi insaisissable que le retour au souverainisme de Le Pen. Dans les deux cas, ils entraînent un changement trop radical pour être appréhendé par l'inconscient collectif.
 
Pourtant, directement ou indirectement, ils sont le produit du système dominant aujourd'hui. Macron est le pure produit des technologies politiques post-moderne, qui remplacent le débat d'idée par le marketing, pour faire vendre une politique impopulaire et anti-démocratique qui a remplacé l'électeur par l'acheteur. Dans ce but, le FN est l'instrument nécessaire: il est censé fédérer la peur et détourner l'attention en créant un danger qui fait réagir l'imagination. C'est le seul parti contre lequel Macron ait une chance de gagner. Par ailleurs, la montée du FN est également le résultat logique de la politique menée: les réformes du droit du travail qui ont mis les gens dans la rue - en vain, la politique d'immigration massive dans les pays de l'UE, la question de l'euro qui limite les possibilités de réaction de l'Etat en temps de crise, l'incohérence de la politique internationale qui a brisé l'équilibre des relations Est-Ouest pour le remplacer par un atlantisme primaire. Le mécontentement augmente et fournit l'électorat nécessaire au FN. 
 
Le score attendu autour de 40% du FN, montre que le système néolibéral arrive au bout du système démocratique. Pas parce que le FN, n'en déplaise à la bonne pensance, soit anti-démocratique, mais parce qu'il va se constituer en parti d'opposition républicaine, qui, à terme, va mettre en échec le programme néolibéral impopulaire, car ne s'adressant qu'à une minorité. Donc le système néolibéral, qui a pu utiliser les mécanismes démocratiques pour arriver au pouvoir, ne peut s'y maintenir démocratiquement, car il repose sur une minorité. Autrement dit, l'élection de Macron, pure produit du système néolibéral, pourra être le dernier Président élu en France au suffrage universel - les "représentants du peuple" sont beaucoup plus dociles, comme nous le voyons.
 
Que ces candidats vous plaisent ou non, dimanche l'un d'eux sera Président. Il est possible de se draper dans sa dignité et décider que se déplacer serait par trop s'abaisser. L'on peut également se donner bonne conscience en allant voter blanc: je me suis déplacé, j'ai fait l'effort, mais je ne suis d'accord avec rien.
 
C'est merveilleux la bonne conscience. Surtout que l'on entend un peu partout que le vote blanc est pris en compte. Alors, pourquoi s'en priver? Pour ceux qui y croient, une petite mise au point:
Depuis la loi du 21 février 2014 visant à reconnaître le vote blanc aux élections les bulletins blancs sont décomptés séparément des votes nuls et annexés en tant que tel au procès verbal dressé par les responsables du bureau de vote. Mais, comme auparavant, ils ne seront pas pris en compte dans le nombre des suffrages exprimés (ensemble des bulletins moins les votes blancs et nuls).
Finalement, ne pas se déplacer, un vote nul ou un vote blanc n'est rien d'autre qu'une démission. Se laver les mains de ce qui se passe pour ne pas se salir, parce que l'on n'est pas totalement satisfait par ce que l'on voit. Et ensuite reprendre sa dignité et continuer à critiquer? C'est une position un peu facile. C'est une position lâche. Il faut se salir les mains pour avoir le droit de critiquer.
 
Lorsque vous irez voter, n'oubliez pas que vous votez pour un Président. Pas pour un ministre de l'économie ou des transports, mais pour un Président. C'est-à-dire pour une personne qui doit conduire et déterminer la politique du pays. A charge ensuite aux membres du gouvernement de la mettre techniquement en oeuvre. Vous votez pour une personne qui va aussi représenter la France à l'étranger, qui va vous représentez, vous au-delà du pays. Finalement, le choix qui se pose est simple: souverainisme contre mondialisme. Il n'y a pas de mauvais programme, il n'y a que des choix. Macron veut plus d'Europe, car il en est le candidat. Marine Le Pen veut plus de France. Leurs programmes sont diamétralement opposés, car ils correspondent à des visions exclusives de l'avenir du pays.
 
Ayez le courage de faire un choix, même s'il ne vous satisfait pas entièrement. Nous n'avons plus les moyens de la pudibonderie.
 
 
 
 
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Le combat pour le progrès social est INCOMPATIBLE avec la violence à l’encontre des forces de l’ordre ( Communiqué de la CGT)

4 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La guerre

Publié par El Diablo

Policier touché par un jet de cocktail molotov le 1er mai 2017 à Paris, photo ©Zakaria ABDELKAFI / AFP

Policier touché par un jet de cocktail molotov le 1er mai 2017 à Paris, photo ©Zakaria ABDELKAFI / AFP

Le combat pour le progrès social est INCOMPATIBLE avec la violence à l’encontre des forces de l’ordre ( Communiqué de la CGT)

C’est avec la plus grande fermeté que la CGT condamne les actes de violences et de vandalisme qui ont eu lieu hier, en marge de la manifestation parisienne, tout comme les atteintes à l’intégrité physique de plusieurs policiers.

La lutte pour le progrès social et les valeurs d’humanisme que porte notre Organisation Syndicale sont incompatibles avec de tels agissements. Celles et ceux qui s’y livrent n’ont rien à voir avec notre action syndicale ; leurs actes incarnent la négation de nos valeurs.

Montreuil, le 2 mai 2017

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NON, HITLER N'EST PAS PARVENU AU POUVOIR PAR UNE VOIE DÉMOCRATIQUE ! Quand le révisionnisme historique veut conduire au vote MACRON [par Jean Lévy]

2 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Terrorisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique, #le nazisme

Publié par El Diablo

La Une de "L'Humanité" du 6 mars 1933

La Une de "L'Humanité" du 6 mars 1933

NON, HITLER N'EST PAS PARVENU AU POUVOIR PAR UNE VOIE DEMOCRATIQUE

par Jean LÉVY

Les hommes-liges du monde de la finance font le forcing pour imposer aux Français la candidature du banquier Macron, ex-associé gérant de la banque Rothschild, afin de porter celui-ci à l'Elysée. Tous les arguments sont bons pour peser sur le choix des citoyens.

Y compris les mensonges historiques.

Le dernier en date, c'est de faire l'amalgame entre l'accession d'Adolf Hitler à la chancellerie du Reich et l'éventuelle élection de Marine Le Pen le 7 mai prochain. Ainsi, d'après nos faussaires en écriture historique, Hitler serait parvenu au pouvoir par la voie démocratique et et il s'en serait servi pour instaurer sa dictature. Voyez l'allusion...

Nous ne voulons pas ici donner quelque certificat de bonne conduite à Marine Le Pen. Elle est assez grande pour ça. Mais simplement rétablir la vérité sur l'histoire.

Non, Hitler n'est pas devenu chancelier du fait qu'il aurait disposé d'une majorité au Reichstag. Il a été porté au pouvoir par le complot de l'oligarchie allemande de l'époque. Les journaux français de cette période l'attestent. Ceux que nous citons sont, non seulement "de droite", mais également propriétés du Capital. Le Temps ne s'en cache pas : il appartient au fameux Comité des Forges où règnent alors les de Wendel et Schneider.

Mais lu par les gens de ce monde-là, nul besoin pour ces journaux de travestir la vérité. Et de ne pas cacher la tendresse que ce quotidien et ses confrères portent au nouveau chancelier allemand : un "pouvoir fort", matant la classe ouvrière, et d'abord les communistes, pour être en situation d'exercer le pouvoir sans entrave en faveur des Konzerns, que demander de mieux ?

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

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Petit message à M. MACRON suite à sa visite mémorielle à Oradour sur Glanes pour dénoncer les crimes nazis . Par Julia Cerisi.

2 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Ukraine, #le nazisme

Photo : préparation des cocktails Molotov le matin du 2 Mai 2014 à Odessa, en vue de l'holocauste.

Photo : préparation des cocktails Molotov le matin du 2 Mai 2014 à Odessa, en vue de l'holocauste.

 

Petit message à M. MACRON suite à sa visite mémorielle à Oradour sur Glanes pour dénoncer les crimes nazis :

 

Je vois avec plaisir que vous êtes allé à Oradour-sur-Glane commémorer les victimes de cet horrible holocauste du fascisme , perpétré dans le village par la division SS das Reich le 10 Juin 1944, où 642 personnes ont été brûlées ou massacrées. Ce rappel historique contre les dangers du fascisme et sa barbarie sont bienvenus.

Toutefois, je voudrais , à vous comme à vos ...sponsors européens , vous poser cette question : le 2 Mai 2014, quelques mois après le coup d'état fasciste perpétré à KIEV suite à la révolution de l'EURO-MAÏDAN, ayant abouti à la destitution du Président légitimement élu d'Ukraine, des centaines de fascistes nazis, membres de Svoboda ou de Pravyi Sektor et se réclamant ouvertement d'Adolf Hitler ou de Bandera, ont déferlé par cars entiers à ODESSA afin de canaliser des militants anti-fascistes vers la Maison des Syndicats. Les cocktails Molotov, dûment préparés le matin par les jeunes compagnes nazies des attaquants, ont été jetés à l'intérieur du bâtiment cerné, où étaient réfugiés 103 personnes, hommes, femmes, et enfants. Lesquels ont péri brûlés vifs, ou abattus lorsqu'ils tentaient de s'enfuir, ou battus à mort. Certains ont été torturés dans les sous-sols.


La police d'Odessa ,commandée par Dmitry FUCHEJI, qui a mystérieusement disparu ensuite, a coordonné les opérations, avec l'aide d'Olexander Turchinov, et du nazi Andreï Parubyi. Tous ces faits ont été filmés, documentés, corroborés par des témoignages de survivants.
Alors, comment se fait-il , M. MACRON, qu'à ce jour, l'Union Européenne n'ait mandaté aucune enquête ? Comment se fait-il, à ce jour, que vos enthousiastes partisans européistes , en apparence si révoltés contre le fascisme, n'aient émis aucune objection, aucune remarque, à propos d'un coup d'état fasciste obtenu en cernant le Parlement de bataillons cagoulés semant la terreur et tuant la police avec des snipers postés dans l'hôtel Ukraina, et ce au coeur de l'Europe ? Indifférence totale aussi à propos du génocide perpétré au Donbass par l'armée ukrainienne et ses bataillons "punisseurs" nazis, nettoyage ethnique anti-russe dont le bilan est de 10 000 morts, 10 000 blessés graves, 1 million de réfugiés, 53 000 maisons détruites, charniers découverts par l'OSCE, victimes torturées, enlèvements ou égorgements, la liste est longue...Tous les items du droit international ou de la Convention de Genève ont été bafoués.
Comment se fait-il, M. MACRON, à ce jour, que l'Union Européenne, dont vous êtes le fervent féal, continue à financer un gouvernement nazi et sa guerre d'extermination, par le truchement d'un plan d'aide de 11,4 milliards d'euros ?


Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir...


Allez, les Français, allez voter MACRON...c'est sûr et certain, vous lutterez ainsi contre le fascisme ! Mais allez rencontrer auparavant les mères dont le fils a disparu, brûlé vif à Odessa le 2 Mai 2014...A moins que dans votre esprit de Macroniste européiste convaincu, un Russe ne soit pas un être humain ? Dans ce cas, il y aurait des fascistes qui s'ignorent ?


Julia Cerisi, le 02 Mai 2017.
 

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