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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #amerique tag

L’argent du milliardaire George Soros éclabousse les ONG bien pensantes

22 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #La finance dérégulée, #Terrorisme

L’argent du milliardaire George Soros éclabousse les ONG bien pensantes
 

L’argent du milliardaire George Soros éclabousse les ONG bien pensantes

L’argent du milliardaire George Soros éclabousse les ONG bien pensantes

[source Breizh Info]

Des milliers de fichiers internes de la Fondation Open Society, appartenant au milliardaire George Soros ont été rendus publics sur la toile après un piratage. Réunis sur le site Soros DC Leaks, ils contiennent énormément d’informations démontrant l’influence que cherche à avoir le milliardaire mondialiste (et pro immigration) partout dans le monde. Les fichiers portent sur la période 2008 à 2016.

Le site a divisé et classé tous ces documents en plusieurs catégories : région du monde, Banque mondiale, Bureau du président. Ils décrivent les stratégies et plans d’action de ces organisations lors des élections européennes, et les conseils communiqués quant à l’attitude à avoir face aux questions migratoires en Europe.

Selon les révélations de DC leaks, ces documents ont été piratés par un groupe d’activistes américains qui voudraient montrer au monde entier la réalité du « processus de prise de décisions » et de véritables « éléments de la vie politique américaine ». Ce n’est pas la première révélation que fait DC leaks. En juin, le site avait déjà publié des emails de l’ancien général de l’OTAN, Philip Breedlove, dans lesquels ce dernier essayait de persuader le président Barack Obama d’entamer un conflit avec la Russie.

Le site a aussi publié des emails de la candidate à la présidentielle américaine, Hillary Clinton, montrant que George Soros lui avait donné des conseils quant à l’attitude à avoir face aux affrontements en Albanie en janvier 2014.

Concernant l’Europe et la France, un document retiendra particulièrement l’attention des lecteurs : il s’agit de la liste des projets soutenus en Europe par la fondation, en vue des élections européennes de 2014. L’objectif : « supporter les projets, les initiatives et les voix qui sont éloignées des centres de décision » mais aussi « combattre tous les discours de haine » et enfin « mobiliser les électeurs afin qu’ils prennent part à ce rare moment de démocratie transnationale».

L’argent du milliardaire George Soros éclabousse les ONG bien pensantes

La France, la Hongrie et l’Italie sont particulièrement visées par l’influence de la fondation Soros. En France, le Bondy Blog a ainsi touché 49 467 euros pour un projet présenté comme suit : « fondé en 2000 durant les émeutes de banlieue, le Bondy Blog et devenu le modèle et le symbole du journalisme citoyen en France. Avec les élections locales et européennes de 2014, le but du projet est de percevoir la vie des habitants de la banlieue, de promouvoir des idées nouvelles et des nouvelles actions politiques, de soutenir la diversité et de combattre toutes les discriminations. Mais aussi de développer la collaboration entre jeunes médias et médias subventionnés, et de donner les moyens éducatifs et techniques aux jeunes de banlieue pour pouvoir s’exprimer, écrire, prendre la parole en public, mais aussi devant les caméras. »

Un an plus tard, le Bondy Blog devenait partenaire de Libération.

Une enveloppe de 50 000 dollars a également été attribuée au CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) pour le projet « combattre l’islamophobie politique ». Le projet est présenté comme suit : « Le projet a pour but de mobiliser les citoyens pour qu’ils aillent voter, avec des campagnes de porte à porte et l’organisation d’une journée nationale contre l’islamophobie. En plus, des campagnes sur les réseaux sociaux avec des clips vidéos et programmes radios seront menées (…) pour dénoncer les discours de haine islamophobe. Le but du projet est de faire baisser la grande abstention électorale au sein de la communauté musulmane, en faisant la promotion du vote et en accélérant les inscriptions sur les listes électorales avec l’aide des mosquées et des responsables de la communauté ».

Ces dernières jours, le CCIF, dont le président Marwan Muhammad entretient des liens cordiaux avec Rachid Abou Houdeyfa, imam controversé de Brest, a engagé un recours en justice afin de faire annuler l’arrêté municipal pris par le maire de Cannes, interdisant l’accès aux plages aux femmes en Burkini (maillot de bain islamique).

La Ligue des Droits de l’Homme a perçu 66 000 dollars, pour sa campagne « contre l’extrême droite aux élections municipales et européennes de 2014 ». « Les objectifs sont de contrer et de déconstruire les idées xénophobes. D’anticiper les victoires électorales et de sièges dans les exécutifs locaux, et de limiter l’impact et l’influence des idées xénophobes durant les élections européennes.». Un sens aigu de la démocratie a donc poussé La Ligue des Droits de l’homme a toucher des dizaines de milliers de dollars américains pour influencer le vote des citoyens français.

L’argent du milliardaire George Soros éclabousse les ONG bien pensantes

100 000 dollars ont été attribués à « United for Intercultural action » pour l’ensemble des pays de l’Union Européenne. L’objectif ? « contrer les partis populistes en Europe lors des élections européennes. En collaboration avec European Network against racist et Hope not Hate, United mènera une campagne de communication particulièrement focalisée sur la France, la Grèce, la Hongrie, l’Italie et les Pays-Bas. Le projet mobilise les groupes locaux, pour agir contre l’élection de partis d’extrême droite. Les groupes locaux seront formés à organiser des meetings, du porte à porte, en marge des élections européennes, et à inciter les gens à voter pour des candidats non extrémistes ». Une partie de l’extrême gauche radicale et des « antifas » d’Europe sont pleinement intégrés dans ce réseau mondial.

Ont également reçu une bourse en 2014 les associations « Cité en mouvement » (20 000 dollars) afin d’inciter les jeunes de banlieue à s’engager en politique, 40 000 dollars pour le CNAJEP, 23 000 dollars à l’association ultra-locale, L’Univers du Citoyen.

À noter également l’attribution de 9 000 dollars à l’agence Solis, « partenaire marketing et communication ethnique et multiculturelle », pour la réalisation d’un sondage ne réunissant que des personnes issues de l’immigration extra-européenne afin de percevoir leur vision et leurs attentes par rapport aux prochaines élections (2014).

Une bourse de 130 000 dollars a été attribuée pour le journal EUObserver, qui avait alors pour but d’analyser la montée des « discours de haine » et de l’extrême droite dans les pays de l’Union Européenne ainsi que « l’explosion des crimes de haine en Europe ». Le tout en recrutant des jeunes journalistes locaux de terrain.

49 500 dollars ont été attribués aux Alternatifs Italiens, avec pour but de « donner plus d’importance et de temps de parole aux sans voix, notamment les migrants et les jeunes ». Pour ce faire, des activistes italiens, des bénévoles, des volontaires ont reçu des dons.

91 500 dollars ont été attribués à l’Open Society Roumanie pour « contrer le discours de haine », notamment en soutien aux LGBT (Lesbien Gay Bi Trans), aux Roms et aux femmes. Des sommes similaires, avec les mêmes buts d’influencer les sociétés civiles, ont été allouées en Hongrie, en Croatie notamment.

Dans toute l’Europe, des centaines d’ONG « indépendantes » travaillent avec l’Open Society de Soros. Mais également des institutions, comme l’Union européenne. L’un des projets de la fondation est clairement affiché : « faire accepter aux Européens l’installation de migrants, et la disparition progressive des frontières ».

Un projet dans lequel se retrouvent aussi bien les militants d’extrême-gauche, internationalistes, que les « progressistes», mais aussi et surtout certains grands décideurs économiques et politiques. Aucun complot(1) donc, puisque tout est écrit noir sur blanc dans ces milliers de fichiers officiels de la fondation, tout comme les milliards de dollars qui entrent dans les caisses de ces ONG, associations et collectivités sont également connus, en partie.

Des fichiers qui rejoignent ceux que nous avions dévoilés par le passé, démontrant la collaboration entre l’Éducation nationale et certaines fondations « progressistes » américaines.

À noter que curieusement, la presse française subventionnée ne s’est pour le moment nullement fait écho du #sorosleaks, là où elle s’empressa à le faire pour les #panamapapers notamment. On se demande bien pourquoi.

L’argent du milliardaire George Soros éclabousse les ONG bien pensantes

(1) [NDLR] Nous pensons au contraire qu’il y a complot. C’est même la définition du complot : « action menée secrètement de façon concertée » (Larousse). On y est bien. Et voilà pourquoi les institutions politiques, médiatiques ou sociales et toutes ces ONG bien pensantes impliquées dans ce complot sont gênées par ces révélations et restent muettes.

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Les révélations sur George Soros font aussi des vagues

22 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #l'horreur économique, #Europe supranationale, #Le grand banditisme, #Terrorisme

Les révélations sur George Soros font aussi des vagues
 

Les révélations sur George Soros font aussi des vagues

 

 

Ces révélations étonnamment passées sous silence par la presse mainstream bouleversent la compréhension des enjeux politiques nationaux, européens et mondiaux.

Malgré ce silence partisan, les vagues sont bien réelles et risquent d’emporter quelques bonnes consciences. C’est tant mieux.

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Les ogives nucléaire américaines transférées d’Incirlik à Deveselu : une diversion ?

22 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Europe supranationale, #La guerre, #Terrorisme

Les ogives nucléaire américaines transférées d’Incirlik à Deveselu : une diversion ?


En savoir plus sur http://reseauinternational.net/ogives-nucleaire-americaines-transferees-dincirlik-a-deveselu-une-diversion/#XiqfKOOb9Df1UoRu.99

Les ogives nucléaire américaines transférées d’Incirlik à Deveselu : une diversion ?

Encore une provocation de plus, Vladimir Poutine a prévenu qu'il ne voulait pas de stock d'armes nucléaires à proximité directe de la Russie. Ce qui constituerait un "Casus Belli" déclarait Poutine. Obama se prépare à la guerre totale contre la Fédération de Russie dans sa tentative d’empêcher la publication des e-mails secrets d’Hillary Clinton. Si Obama réussit à déclencher une guerre contre la Russie, cela conduirait inévitablement à une guerre nucléaire entre la Russie et les pays de l’OTAN, c’est-à-dire à la troisième guerre mondiale.
La dernière «pièce du puzzle» à être mise en place par le régime Obama pour ce début de guerre, a été accomplie le mardi (14 Juin) lorsque l’OTAN a annoncé, pour la première fois de son histoire, que les opérations informatiques de cyber-piratage et d’intrusion font maintenant partie de ses armes de guerre, ayant la même importance que les armes aériennes, terrestres et maritimes. Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Otan, a averti que les cyber-attaques contre les membres de l’alliance pourraient maintenant être classées en tant que « cas de casus belli» par l’OTAN, et pourraient entraîner une réponse militaire de l’OTAN.

Dans une interview avec une publication danoise, Mikhail Vaeli, Ambassadeur de Russie à Copenhague, a déclaré que tous les pays qui rejoindront le système antimissile américain en Europe deviendront automatiquement des cibles des missiles balistiques russes. Les états membres de l’OTAN européens qui ont accepté que soient installés sur leur territoire des éléments du système ABM américains sont la Turquie (radar d’alerte AN/TPY-2), l’Espagne (hébergé à la Base Navale de Rota sur trois destroyers AEGIS américains), la Pologne et la Roumanie (des systèmes de lancement de missiles balistiques).

En apparence, la colère des russes semble injustifiée, puisque selon toutes les déclarations des officiels américains, les systèmes antimissiles balistiques des USA en Europe auraient un but défensif. Sergei Riabkov, le vice-ministre russe des affaires étrangères, est d’un autre avis, affirmant que les systèmes antimissiles qui vont être installés en Roumanie et en Pologne représentent des violations des dispositions du Traité des forces nucléaires intermédiaires (FNI).

Le traité signé par les Etats-Unis avec l’URSS en 1987, a conduit à l’élimination des missiles balistiques de courte portée et de portée intermédiaire (500 à 5 500 km), ainsi que les missiles de croisière basés au sol. En vertu de ce traité, les États-Unis ont retiré d’Angleterre, de Belgique, des Pays-Bas, d’Italie, d’Allemagne et démantelé 846 missiles équipés d’ogives nucléaires de type Pershing 1b, Pershing 2 et BGM-109G Tomahawk. La même chose a été faite avec 1846 missiles balistiques soviétiques de type TR-1, OTR-23 et R-12 (déployés en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Allemagne et en Bulgarie), ainsi que des R-14 (3 700 km de portée) et des RSD-10 (5 500 km de portée).

que veulent les russes en fait ?
Après 28 ans, sous couvert de soi-disant bouclier ABM, les américains sont en train de tricher pour réintroduire en Roumanie et en Pologne des missiles de croisière basés au sol de type BGM-109G Tomahawk, capables de frapper Moscou et autres cibles dans la partie européenne de la Russie. Ce type de missiles avait été retiré de l’Europe, sur la base du traité FNI.

Le bouclier ABM américain situé à Deveselu-Roumanie, qui deviendra opérationnel à la fin de l’année 2015 est un complexe AEGIS au sol et se compose d’un radar AN/SPY-1D de détection, de traçage de cibles et de guidage de missiles, ainsi qu’un système de lancement, composé de cellules verticales, de type Mk-41 VLS. Le Centre de commandement et de contrôle est connecté au réseau satellitaire de l’armée américaine, au réseau radar naval, terrestre et embarqué à bord d’avions AWACS. Sur l’ensemble des cellules de lancement vertical à Deveselu, les experts militaires russes disent que seuls 24 serviront à lancer des missiles balistiques, SM-3. Le reste des cellules sera utilisé pour lancer des missiles qui assure la protection des défenses AA, et 8 seront pour les missiles de croisière de type Tomahawk.

Le système AEGIS des navires de guerre américains se compose
du binôme radar AN/SPY-1 et des cellules verticales de type Mk-41 à Deveselu , il est identique à celui des croiseurs US de classe Ticonderoga et des destroyers US de classe Arleigh Burke. Le système de lancement Mk-41 se compose de plusieurs modules, chacun avec 5-8 lanceurs individuels verticaux montés sur le pont des destroyers (90 cellules) ou des croiseurs (122 cellules).

La section de défense AA propre au système de lancement vertical VLS Mk-41 sur les navires américains (composé de 30 à 40 cellules) est armée de trois types de missiles : RIM-174/ Standard Missile-6 ERAM (370 km de portée), RIM-156A/Standard Missile-2 (190 km de portée) et RIM-7 Sea Sparrow (19 km de portée).

La section antibalistique du système est armée avec le missile antibalistique RIM-161/Standard Missile – 3/1b. Il a été développé à partir du RIM-156A/SM-2 et a un poids de 1500 kg, une longueur de 6,6 m, diamètre 34 cm, une portée de 500 km et 160 km de plafond.

La section de défense anti-sous-marine et de frappe d’objectifs stratégiques est armée de missiles-torpille anti-sous-marines RUM-139 ASROC (portée de 22 km), de missiles de croisière Tomahawk, de missiles mer-terre RGM-165/Standard Missile-4 avec une portée de 280 km à vitesse de Mach 3,5.

Missile tomahawk
Il est armé de l’ogive nucléaire miniature W80 de 50 kt, a une masse de 1 500 kg, une longueur de 6,6 m, diamètre de 34 cm, portée de 1 300-2 500 km, une vitesse de croisière de 880 km/h, et coûte $ 1,2 million. Les 5 à 10 premières secondes, un étage à combustible solide lance et accélère le missile, après quoi les ailes se déploient et la propulsion est fournie par un moteur à réaction, comme pour les avions. Le microprocesseur embarqué assure la navigation inertielle à l’altitude de 50-100 m, avec des corrections par GPS, depuis le module de mémoire TERCOM (Terrain Contour Matching) qui permet le mappage du terrain survolé et la comparaison avec les données de vol, à l’aide d’un radioaltimètre. La tête de guidage de précision du missile est un mini radar qui permet au missile, une fois arrivé dans la zone de l’objectif, de détecter et reconnaître la cible et la distinguer du relief.

Quels sont les risques et quels avantages pour la Roumanie ?
A quoi sert ce bouclier ABM américain situé sur le territoire de la Roumanie ? Sachant très bien qu’il existe un risque d’exposition de la population aux frappes militaires classiques ou nucléaires en réponse de la Russie.

Mon opinion est que la Roumanie n’a aucun moyen de violer le traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI), pour la simple raison qu’elle n’en faisait pas partie. Même le vice-premièr ministre de la Russie, Dimitri Rogozine, ex Ambassadeur de Russie à l’OTAN et une personne bien informée, a admis que le statut de la base américaine de Deveselu permet à peine aux soldats d’accéder au Hall. Même le chef général de l’armée roumaine, pourtant une armée de l’OTAN, ne pourra au grand jamais visiter le centre de commande/contrôle, tout simplement parce que la base de Deveselu est une base américaine, non une base de l’OTAN.

D’autre part, en raison de la situation internationale et de la gestion calamiteuse des ressources économiques, financières et humaines par les gouvernements qui se sont succédés à la direction de la Roumanie durant les 25 dernières années, après la destitution de Nicolae Ceaușescu, des dizaines de milliers de capacités industrielles ont été démantelées, vendues à la ferraille, et une partie de la richesse nationale s’est envolée à l’étranger. Dans ces circonstances, le budget de la défense n’a pas permis l’achat d’armes modernes durant toutes ces années.

Ainsi, la défense aérienne de la Roumanie se compose d’environ 20 batteries de missiles soviétiques, à courte portée et de portée intermédiaires, et 20-24 avions de combat MiG-21, tous âgés de plus de 44 ans. L’efficacité de ces missiles et de ces avions, dans les conditions d’un flux important d’avions modernes, agissant sous un brouillage électronique intense, est nulle. En revanche, le bouclier ABM américain Deveselu, à travers sa section de défense AA propre, couvrira la majeure partie du territoire de la Roumanie avec la nouvelle génération de missiles. (Voir figure missiles de portée AA).

Les ogives nucléaire américaines transférées d’Incirlik à Deveselu : une diversion ?

Selon des sources citées par EurActiv.com, le Pentagone a commencé à transférer 20 bombes de l’aviation avec des têtes nucléaires de type B61, de la base aérienne turque d’Incirlik à la base de Deveselu en Roumanie, qui héberge le bouclier antimissile américain [[1]]. Bien que le ministère roumain des Affaires étrangères ait nié ces nouvelles et le ministre de la Défense les ait qualifiées de pure spéculation, il y a une dose de crédibilité, étant donné que la base à Deveselu est une base américaine où la Roumanie n’a aucune autorité. Donc, tout ce qui va dans cette base, y compris des ogives nucléaires, ne nécessite pas l’approbation des autorités roumaines. La bombe nucléaire B61-11 a une longueur de 3,56 m et une puissance de 5-80 kT. Elle peut être utilisée par des avions de bombardement américains B-52, B-1 et B-2B, ainsi que des chasseurs-bombardiers F-15E, F-16 et F/A-18.

 

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Quelle serait l’utilisation de ces bombes nucléaires en Roumanie?

La bombe nucléaire ne peut pas être utilisée sur des MiG-21 Lancer ni sur aucun des avions du lot des 15 F-16 que la Roumanie a achetés « de seconde main » au Portugal. Dans le cas d’une agression hypothétique de la Russie contre la Roumanie si les bombes B61-11 ne sont pas détruites par les Russes avec l’installation de Deveselu elle-même, elles ne pourraient être utilisées que par les F-15, F-16 et F/A-18 américains qui seraient déployés en Roumanie. Seulement, ces avions américains ne pourront arriver en Roumanie qu’après qu’une grande partie du territoire de la Roumanie aura été occupée par l’armée russe et les avions américains seront obligés de frapper avec des bombes nucléaires B61-11 les objectifs militaires russes en Roumanie. Les Russes, répondront à leur tour avec des bombes nucléaires lancées sur les bases roumaines d’où opèrent les avions américains. C’est la population de la Roumanie qui va subir les effets des bombes nucléaires des deux côtés. L’hypothèse du transfert des bombes B61-11 à Deveselu pour être utilisées par des avions militaires est peu probable.

 

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Les ogives des bombes B61-11  de Deveselu utilisées pour attaquer Moscou ?

Le Pentagone il y a trois ans a lancé un programme de modernisation pour maintenir en activité 400 bombes B-61 vieilles de plus de 30 ans, parmi les 1300 qui sont opérationnelles. Le programme de modernisation vise à leur transformation en nouveau B-61 M12, équipé d’un système de guidage et probablement la possibilité de leur adaptation en têtes nucléaires W85 pour pouvoir les utiliser avec des missiles de croisière. Environ 180 bombes B-61 des dépôts des forces aériennes américaines stationnées en Europe ont été modernisées et ramenées ensuite sur le continent européen.

Une bombe avec une ogive nucléaire de type B61 est prévue pour une ogive nucléaire W85 cylindrique (d’une longueur de 1,1 m et un diamètre de 33 cm) pesant 400 kg. Initialement, cette ogive avait été créée pour les missiles balistiques américains Pershing II (portée de 1,770 km). De 1983 à 1988, le traité INF est entré en vigueur pour l’élimination des missiles de courte et moyenne portée en Europe. Cela concernait 108 missiles américains Pershing II ainsi que 464 missiles américains de croisière avec des ogives nucléaires BGM-109G basés au sol, stationnés en Europe (Belgique, Pays-Bas, Allemagne et Italie).

 

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Le missile de croisière avec plateforme au sol BGM-109G est une version du missile de croisière sur plateforme navale Tomahawk (1.400 à 2.500 km de portée), et peut être lancé à partir d’installations Mk 41 VLS mis à Deveselu. Le BGM-109G a été équipé avec une ogive nucléaire W84, dérivé du W85 de la bombe nucléaire B-61 qui avait le même diamètre et la même longueur. Ainsi, l’ogive nucléaire W85 de la bombe nucléaire B-61 peut être facilement adaptée pour être montée sur le missile de croisière Tomahawk qui peut être lancé à partir de Deveselu. 28 ans après la signature du traité INF, sous couvert du bouclier soi-disant antibalistique, les Américains réintroduisent en Europe des missiles de croisière nucléaires basés au sol Tomahawk BGM-109G, capables de frapper des cibles à Moscou et d’autres cibles dans la partie européenne de la Russie. Cette hypothèse est plus crédible que la première, et le lancement des missiles Tomahawk avec des ogives nucléaires ne nécessite pas l’approbation ou la notification des dirigeants de l’Etat roumain, surtout quand il s’agit de prendre la Russie par surprise. Cela va entrainer la réponse nucléaire de la Russie sur le territoire roumain, la population roumaine devra s’y préparer. Cependant, je ne crois pas que les Américains ont l’intention de sacrifier inutilement la population roumaine pour atteindre leurs objectifs, d’autant plus que la Roumanie est un membre de l’OTAN et a un partenariat stratégique avec les Etats-Unis.

 

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Tomahawk_Block_IV_cruise_missile_-crop

 

Pour se protéger contre l’aviation et des missiles balistiques nucléaires russes, les installations Mk 41 VLS de Deveselu n’ont pas besoin de l’aviation et des missiles sol-air obsolètes de la Roumanie destinés à la protection de la population. Elles peuvent lancer des missiles sol-air-RIM-66 standard (portée 167 km), RIM-67 standard (portée 185 km), RIM-174 ERAM standard (portée 340 km), RIM-162 ESSM (185 km de portée) et des missiles antibalistiques SM-3 bloc 1b.

Valentin Vasilescu

Traduction Avic – Réseau International

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[1] US moves nuclear weapons from Turkey to Romania ( http://www.euractiv.com/section/global-europe/news/us-moves-nuclear-weapons-from-turkey-to-romania/


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Conférence de presse de Vladimir Poutine en avril 2015

22 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #La Russie, #L'OTAN., #Terrorisme

Conférence de presse de Vladimir Poutine en avril 2015.

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Opération “Timber Sycamore” : la guerre secrète de la CIA en Syrie est principalement financée par les Saoud, par Maxime Chaix.

22 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #La Russie

[Re-publication de cet article du 28 janvier 2016]

Source : Maxime Chaix, 24-01-2016

Un article du New York Times [en français ici] vient de dévoiler le nom de code de la guerre secrète multinationale de la CIA en Syrie : il s’agit de l’opération Timber Sycamore, ce qui peut signifier « Bois de Platane » ou « de Figuier sycomore ». En 1992, les chercheurs syriens Ibrahim Nahal et Adib Rahme avaient publié une étude selon laquelle, « [b]ien que la largeur des cernes soit influencée par les facteurs du milieu, le bois de Platane d’Orient peut être classé parmi les espèces à croissance relativement rapide par rapport au hêtre ou au chêne. » Les groupes rebelles majoritairement jihadistes, qui ont proliféré en Syrie à partir de l’été 2011, pourraient donc être considérés comme des « platanes d’Orient » du fait de leur « croissance rapide » – sans qu’un lien ne soit forcément établi entre le nom de code de cette opération clandestine de la CIA et ce phénomène biologique. Il est également possible que « Sycamore » fasse référence non pas au platane mais au figuier sycomoredont le « bois peut servir de combustible et le frottement de deux branches permet d’allumer un feu ».

Essentiellement, le New York Times a révélé dans cet article que l’Arabie saoudite a financé à hauteur de « plusieurs milliards de dollars » la guerre secrète de la CIA en Syrie. D’autres contributeurs étatiques à cette campagne de l’Agence sont cités par ce journal. Il s’agit de la Turquie, de la Jordanie et du Qatar. Or, bien que le montant exact des contributions de chaque État impliqué dans ces opérations n’ait pas été dévoilé, le Times nous informe que l’Arabie saoudite en a été le principal financeur. D’après ce journal, « [l]es hauts responsables états-uniens n’ont pas révélé le montant de la contribution saoudienne, qui constitue de loin le principal financement étranger de ce programme de fourniture d’armes aux rebelles combattant les forces du Président Bachar el-Assad. Néanmoins, des estimations ont indiqué que le coût total des efforts de financement et d’entraînement [des rebelles] atteignait plusieurs milliards de dollars. »

Le Times confirme ainsi les informations du Washington Postque j’avais analysées quelques semaines avant les attentats du 13-Novembre. En effet, en juin 2015, ce quotidien révéla que la CIA avait « mené depuis 2013 contre le régime el-Assad “l’une [de ses] plus grandes opérations clandestines”, dont le financement annuel avoisine le milliard de dollars. D’après ce journal, cette intervention secrète (…) s’inscrit dans un “plus vaste effort de plusieurs milliards de dollars impliquant l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie”, c’est-à-dire les trois États notoirement connus pour soutenir les factions extrémistes en Syrie. » Grâce au New York Times, nous savons à présent que l’Arabie saoudite a été, « de loin », le principal soutien étatique de cette guerre secrète – notamment à travers l’achat massif et la livraison, par les services spéciaux saoudiens (GID), de missiles antichars TOW de marque Raytheon à des groupes affiliés à al-Qaïda, dont l’Armée de la Conquête.

Toujours selon le Times, le chef de station de la CIA joue un rôle diplomatique plus important que l’ambassadeur des États-Unis en Arabie saoudite. Ainsi, entre le GID et la CIA, « l’alliance reste solide, puisqu’elle est renforcée par une liaison entre maîtres-espions. Ministre de l’Intérieur saoudien, le prince Mohammed ben Nayef a succédé au prince Bandar dans l’approvisionnement en armes des rebelles [en Syrie]. Il connait l’actuel directeur de la CIA John O. Brennan depuis l’époque où ce dernier était le chef de station de l’Agence à Riyad dans les années 1990. D’anciens collègues ont déclaré que ces deux hommes étaient restés proches (…) Le poste occupé autrefois par M. Brennan à Riyad est, bien plus que celui de l’ambassadeur US, le véritable lien entre le pouvoir états-unien et le royaume [des Saoud]. D’anciens diplomates se souviennent que les discussions les plus importantes ont été systématiquement menées via le chef de station de la CIA [dans la capitale saoudienne]. »

Ces informations du New York Times renforcent la notion d’« État profond supranational » liant les hauts responsables des services spéciaux des États-Unis et de l’Arabie saoudite, ce qu’explique Peter Dale Scott dans son dernier livre. Ainsi, cet auteur démontre que les relations états-uno-saoudiennes constituent une véritable « boîte noire » :

« Dans les années 1980, William Casey, le directeur de la CIA, prit des décisions cruciales dans la conduite de la guerre secrète en Afghanistan. Toutefois, celles-ci furent élaborées hors du cadre bureaucratique de l’Agence, ayant été préparées avec les directeurs des services de renseignement saoudiens – d’abord Kamal Adham puis le prince Turki ben Fayçal. Parmi ces décisions, nous pouvons citer la création d’une légion étrangère chargée d’aider les moudjahidines afghans à combattre les Soviétiques. En clair, il s’agit de la mise en place d’un réseau de soutien opérationnel connu sous le nom d’al-Qaïda depuis la fin de cette guerre entre l’URSS et l’Afghanistan. Casey mit au point les détails de ce plan avec les deux chefs des services secrets saoudiens, ainsi qu’avec le directeur de la Bank of Credit and Commerce International (BCCI), la banque pakistano-saoudienne dont Kamal Adham et Turki ben Fayçal étaient tous deux actionnaires.

Ce faisant, Casey dirigeait alors une deuxième Agence, ou une CIA hors canaux, construisant avec les Saoudiens la future al-Qaïda au Pakistan, alors que la hiérarchie officielle de l’Agence à Langley “pensait que c’était imprudent”. Dans La Machine de guerre américaine, j’ai situé le Safari Club et la BCCI dans une succession d’accords conclus dans le cadre d’une “CIA alternative” ou d’une “deuxième CIA”, datant de la création en 1948 du Bureau de Coordination Politique (OPC pour Office of Policy Coordination). Ainsi, il est compréhensible que George Tenet, le directeur de la CIA sous George W. Bush, ait suivi le précédent de [William] Casey [, le directeur de l’Agence sous Reagan,] en rencontrant une fois par mois environ le prince Bandar, l’ambassadeur d’Arabie saoudite aux États-Unis – mais sans révéler le contenu de leurs discussions aux officiers de la CIA chargés des questions saoudiennes. »

Dans l’article du Times, le prince Bandar est présenté comme le principal architecte de cette politique de soutien à la rébellion en Syrie. En effet, ce journal confirme que « [l]es efforts saoudiens furent dirigés par le flamboyant prince Bandar ben Sultan, qui était alors le chef des services secrets [du royaume, et] qui demanda aux espions saoudiens d’acheter des milliers [de mitrailleuses] AK-47 et des millions de munitions en Europe de l’Est pour les rebelles [en Syrie]. La CIA a facilité certains de ces achats d’armements pour les Saoudiens, dont un vaste deal avec la Croatie en 2012. Durant l’été de cette même année, ces opérations semblaient hors de contrôle à la frontière entre la Turquie et la Syrie, les nations du Golfe transmettant de l’argent et des armes à des factions rebelles – y compris à des groupes dont les hauts responsables états-uniens craignaient qu’ils soient liés à des organisations extrémistes comme al-Qaïda. »

Ainsi, la guerre secrète de la CIA et de ses partenaires étrangers en Syrie a fortement encouragé la montée en puissance de Daech, que le Pentagone et ses alliés bombardent depuis septembre 2014 sans grande efficacité, le tout sur fond de polémiques. À partir de juillet 2012, à travers les politiques profondes du prince Bandar, les « platanes » jihadistes en Syrie ont connu une « croissance relativement rapide », avec le soutien actif de la CIA et de ses partenaires. Or, Bandar est si proche de l’Agence que l’on ne peut réellement dissocier ses actions clandestines de celles des services spéciaux états-uniens, du moins lorsqu’il était ambassadeur de l’Arabie saoudite à Washington (1983-2005) puis directeur des renseignements saoudiens (2012-2014). Dix jours avant les attentats du 13-Novembre, j’avais publié un article intitulé « La guerre secrète multinationale de la CIA en Syrie », dans lequel j’écrivais :

« [E]n juillet 2012, le prince Bandar était nommé à la tête des services spéciaux saoudiens, ce qui avait été analysé par la plupart des experts comme un signe de durcissement de la politique syrienne de l’Arabie saoudite. Surnommé “Bandar Bush” du fait de sa proximité avec la dynastie présidentielle du même nom, il était ambassadeur à Washington à l’époque des attaques du 11-Septembre. Depuis plusieurs années, cet homme intimement lié à la CIA est accusé par l’ancien sénateur de Floride d’avoir soutenu certains des pirates de l’air désignés coupables de ces attentats. Jusqu’à ce qu’il soit poussé vers la sortie en avril 2014, le Guardian souligna que “Bandar avait dirigé les efforts saoudiens visant à mieux coordonner les livraisons d’armes aux rebelles combattant el-Assad en Syrie. Néanmoins, il a été critiqué pour avoir soutenu des groupes islamistes extrémistes, risquant ainsi le même “retour de bâton” que celui des combattants saoudiens d’Oussama ben Laden rentrant au pays après le jihad contre les Soviétiques en Afghanistan dans les années 1980 – une guerre sainte qui avait été autorisée officiellement. (…) En 2014, un parlementaire états-unien avait déclaré sous couvert d’anonymat que la CIA était “bien consciente que de nombreuses armes fournies [par l’Agence] avaient terminé dans de mauvaises mains.” En octobre 2015, l’éminent expert de la Syrie Joshua Landis affirma qu’“entre 60 et 80 % des armes que les États-Unis ont introduites [dans ce pays] sont allées à al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés” ».

En d’autres termes, la CIA et ses alliés turcs et pétromonarchiques ont grandement favorisé la montée en puissance de ces groupes extrémistes en Syrie, dont al-Qaïda et Daech. Pour autant, cette politique profonde multinationale fut-elle délibérément choisie par la Maison Blanche ? La réponse à cette question n’est pas évidente. Comme je l’avais souligné en août 2015, l’ancien directeur du Renseignement militaire du Pentagone (DIA) Michael Flynn avait dénoncé sur Al-Jazeera l’irrationalité stupéfiante de la Maison Blanche sur le dossier syrien. À cette occasion, il révéla que les responsables de l’administration Obama avaient pris la « décision délibérée » de « faire ce qu’ils font en Syrie » ; en d’autres termes, ils auraient choisi de soutenir des milices anti-Assad que la DIA décrivait à partir de 2012 comme noyautées et dominées par des forces jihadistes. Dès cette année-là, Flynn et son agence informèrent la Maison Blanche du risque de voir émerger un « État Islamique » entre l’Irak et la Syrie du fait du soutien occidental, turc et pétromonarchique à cette rébellion.

Afin de clarifier ses propos, il a ensuite expliqué à un journal russe que le gouvernement des États-Unis avait soutenu jusqu’à présent « une telle diversité de factions [anti-Assad qu’] il est impossible de comprendre qui est qui, et qui travaille avec qui. La composition de l’opposition armée syrienne, de plus en plus complexe, a rendu toute identification considérablement plus difficile. Pour cette raison, (…) du point de vue des intérêts américains, nous devons (…) prendre du recul et soumettre notre stratégie à un examen critique. À cause de la possibilité, très réelle, que nous soutenions des forces liées à État islamique (…), en même temps que d’autres forces anti-Assad en Syrie. » Selon le général Flynn, lorsqu’il dirigeait la DIA au Pentagone, cette agence recensait « autour de 1 200 groupes belligérants [en Syrie]. » De ce fait, le général Flynn pense « vraiment que personne, y compris la Russie, n’a une compréhension claire de ce à quoi nous avons affaire là-bas, mais sur le plan tactique, c’est vraiment très important de le comprendre. Une vision unilatérale de la situation en Syrie et en Irak serait une erreur. »

À cette complexité du terrain s’ajoute le traditionnel mode opératoire de l’Agence, qui est celui du « déni plausible » visant à dédouaner le gouvernement des États-Unis de toute action criminelle en ayant recours à des agents privés et/ou étrangers. Dans mon article sur la guerre secrète de la CIA en Syrie, j’avais souligné que

« [l]e caractère multinational des opérations anti-Assad a aussi été une source majeure de confusion. Tout d’abord, bien que de nombreux services occidentaux et moyen-orientaux aient été conjointement impliqués dans ce conflit, il reste difficile de penser cette guerre secrète sous un angle multinational. En effet, les médias et les spécialistes ont eu tendance à dissocier les politiques syriennes des différents États clandestinement engagés dans la déstabilisation de la Syrie. Il est vrai que le renoncement des États-Unis à intervenir directement a suscité de vives tensions diplomatiques avec la Turquie et l’Arabie saoudite. Par ailleurs, l’hostilité du roi Abdallah à l’égard des Frères musulmans a engendré des dissensions majeures entre, d’un côté, le royaume saoudien et, de l’autre, le Qatar et la Turquie – ces tensions s’étant atténuées après l’intronisation du roi Salmane en janvier 2015.

Du fait de ces divergences, les politiques syriennes des États hostiles au régime el-Assad ont été trop peu analysées sous leur angle multinational. Plus exactement, les opérations occidentales ont été dissociées de celles des pays moyen-orientaux. Or, les services spéciaux de ces différents États ont mené jusqu’à présent des actions communes et coordonnées, dans l’opacité abyssale de la classification. En janvier 2012, la CIA et le MI6 ont lancé des opérations clandestines d’approvisionnement en armes des rebelles entre la Libye, la Turquie et la Syrie, avec de l’aide et des financements turcs, saoudiens et qataris. (…) [I]l s’est avéré que ces armements ont été livrés “presque exclusivement” à des factions jihadistes, selon le parlementaire britannique Lord Ashdown. D’après le grand reporter Seymour Hersh, “[l]’implication du MI6 a permis à la CIA de se soustraire à la loi en classant sa mission comme une opération de liaison.” Les actions de l’Agence en Syrie sont-elles mieux contrôlées aujourd’hui ? La question reste ouverte, mais la doctrine du “déni plausible” traditionnellement mise en œuvre par la CIA pourrait être un élément de réponse.

(…) Même si ce mode opératoire tend à brouiller les pistes, le rôle central de la CIA dans cette guerre secrète multinationale [en Syrie] ne fait plus de doute. En octobre 2015, le New York Times expliqua que “[l]es missiles antichars TOW de fabrication américaine ont fait leur apparition dans la région en 2013, à travers un programme clandestin [de la CIA] mené par les États-Unis, l’Arabie saoudite et d’autres alliés. Celui-ci vise à aider des groupes d’insurgés “sélectionnés” par l’Agence à combattre le gouvernement syrien. Ces armes sont livrées sur le terrain par des alliés des Américains, mais les États-Unis approuvent leur destination. (…) Des commandants rebelles ont éclaté de rire lorsqu’on les a questionnés sur la livraison de 500 TOW en provenance d’Arabie saoudite, déclarant qu’il s’agissait d’un nombre ridicule comparé à ce qui est réellement disponible. En 2013, l’Arabie saoudite a commandé [à Washington] plus de 13 000 [TOW].”

(…) À la suite de l’entrée en guerre de la Russie, un ancien conseiller du Pentagone a confirmé au Washington Post que le recours à des partenaires étrangers impliquait le “déni plausible”, ce qui permet de couvrir les opérations de la CIA en Syrie : “Fabriqués par Raytheon, les missiles [TOW] proviennent principalement des stocks du gouvernement saoudien, qui en avait acheté 13 795 en 2013 (…) Puisque les accords de vente nécessitent que l’acheteur informe les États-Unis de leur destination finale, l’approbation [de Washington] est implicite, selon Shahbandar, un ancien conseiller du Pentagone. D’après lui, aucune décision n’est requise de la part de l’administration Obama pour que ce programme puisse continuer. “II n’y a pas besoin d’un feu vert américain. Un feu orange est suffisant”. “Il s’agit d’un [programme] clandestin et il peut techniquement être démenti, mais c’est le propre des guerres par procuration.”” Ainsi, la doctrine du “déni plausible”, qui implique des tierces parties sur lesquelles on peut rejeter la faute, semble expliquer pourquoi le rôle de la CIA et de ses alliés occidentaux dans cette guerre secrète est [à ce point] refoulé, déformé ou minimisé. »

Dans cet article, j’ajoutais que, « [c]ontrairement au mythe de l’“inaction” [militaire] occidentale contre le régime de Bachar el-Assad, la CIA a été massivement impliquée en Syrie, dans le cadre d’une intervention clandestine subventionnée par des budgets classifiés, mais également étrangers. Or, ces financements extérieurs et les milliards de dollars qu’ils mobilisent ne sont pas supervisés par le Congrès US, cette institution n’ayant pas le pouvoir d’exercer son contrôle sur des politiques ou des budgets étrangers. » En se basant sur les déclarations d’un parlementaire états-unien, le New York Times vient de confirmer cette absence de transparence due au recours à des financements étrangers :

« Tandis que l’administration Obama voyait cette coalition comme un argument séduisant pour le Congrès, certains parlementaires, comme le sénateur Ron Wyden – un Démocrate de l’Oregon –, ont demandé pourquoi la CIA avait besoin de l’argent saoudien pour financer cette opération, selon un ancien officiel états-unien. M. Wyden a refusé de répondre à nos questions, mais son équipe a publié une déclaration exigeant une plus grande transparence : “Des hauts responsables ont déclaré que les États-Unis sont en train de renforcer les capacités militaires opérationnelles de l’opposition anti-Assad. Or, les citoyens n’ont pas été informés sur les modalités de cette politique impliquant des agences états-uniennes, ou des partenaires étrangers avec lesquels ces institutions coopèrent. »  

À l’aune des révélations du New York Times sur l’opération Timber Sycamore, et sachant que le soutien de la CIA et de ses alliés en faveur d’al-Qaïda en Syrie est dorénavant de notoriété publique – y compris en France –, il est indispensable que les citoyens occidentaux demandent des comptes à leurs parlementaires. Comme l’avait courageusement dénoncé la parlementaire états-unienne Tulsi Gabbard trois semaines avant les attentats du 13-Novembre, « des armements US vont dans les mains de nos ennemis, al-Qaïda et ces autres groupes, des groupes islamistes extrémistes qui sont nos ennemis jurés. Ce sont des groupes qui nous ont attaqués le 11-Septembre, et nous étions censés chercher à les vaincre, mais pourtant nous les soutenons avec ces armes pour renverser le gouvernement syrien. (…) Je ne veux pas que le gouvernement des États-Unis fournisse des armes à al-Qaïda, à des islamistes extrémistes, à nos ennemis. Je pense que c’est un concept très simple : vous ne pouvez vaincre vos ennemis si, en même temps, vous les armez et vous les aidez ! C’est absolument insensé pour moi. » Il est donc urgent que les puissances occidentales élaborent et mettent en oeuvre des politiques plus rationnelles et pragmatiques afin de lutter efficacement contre le terrorisme, sans quoi cette forêt de « platanes » continuera de s’étendre dangereusement.

Maxime Chaix

Source : Maxime Chaix, 24-01-2016

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Alep : la propagande « Droits de l’homme » prépare le terrain pour une escalade militaire, par Bill Van Auken

22 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Aujourd’hui, l’analyse géopolitique des trotskistes américains…

Source : World Socialist Web Site, Bill Van Auken, 20-08-2016

Les images et vidéos montrant un garçon de cinq ans d’Alep, Omran Daqneesh, sont rapidement devenues omniprésentes dans les médias aux États-Unis et en Europe de l’ouest, après avoir été distribuées par un groupe aligné sur les « rebelles » islamistes soutenus par la CIA en Syrie.

On voit le garçonnet un peu hébété, assis dans le siège orange d’une nouvelle ambulance bien équipée, le visage couvert de poussière et taché par ce qui semble être du sang séché provenant selon les médias d’une entaille au cuir chevelu. Une vidéo le montre attendant, sans qu’on s’occupe de lui, pendant que des photographes et vidéastes enregistrent son image pour la diffuser dans le monde entier. De toute évidence, les responsables ont senti que le garçon, avec une mèche de cheveux couvrant son front et un t-shirt de bande dessinée, fournissait une image commercialisable.

CNN a proclamé l’enfant « visage de la guerre civile en Syrie » ; sa présentatrice a fondu en larmes de façon théâtrale en racontant son histoire. Le New York Times le qualifia de « symbole de la souffrance d’Alep », tandis que USA Today publiait une brève note disant, « Ce garçon syrien s’appelle Omran. Allez-vous faites attention maintenant ? »

Plus direct dans son approche, le Daily Telegraph britannique titrait un article « Pour l’amour des enfants d’Alep, nous devons de nouveau essayer d’imposer une zone d’exclusion aérienne en Syrie. »

Parmi les articles les plus obscènes il en y avait un, c’était prévisible, de Nicholas Kristof du New York Times, qui mélangeait le sort des enfants syriens et la mort de son chien familial. Il invoquait ensuite une déclaration du secrétaire d’État John Kerry selon laquelle l’État islamique (EI) était en train d’effectuer un génocide, comme justification pour que les États-Unis lancent des missiles de croisière contre le gouvernement syrien qui se bat contre l’EI. Cette tentative d’abolir toute pensée rationnelle au nom des Droits de l’homme est stupéfiante.

Nous assistons là à une campagne de propagande de guerre soigneusement orchestrée, destinée à faire appel aux sentiments humanitaires de la population pour l’embrigader dans une nouvelle escalade de violence impérialiste au Moyen-Orient. Si l’incident avec Omran a été mis en scène par les « rebelles » et ceux qui les gèrent à la CIA, ou si Washington et les médias exploitent cyniquement la souffrance réelle d’un enfant innocent, n’est pas encore avéré.

Ce qui est indiscutable c’est que la feinte préoccupation au sujet de cet enfant est imposée au public avec des motifs politiques et géostratégiques très précis, non déclarés, qui n’ont rien à voir avec la protection d’enfants innocents. Des enfants sont morts par centaines de milliers au cours du dernier quart de siècle d’invasions, de bombardements et de guerres par procuration conduites par les Etats-Unis dans toute la région.

L’image d’Omran a été choisie parce qu’elle venait du secteur est d’Alep où environ un sixième de la population de la ville vit sous la domination des milices islamistes soutenues par les États-Unis. La plus importante d’entre elles est Fateh al-Sham, qui s’appelait le mois dernier encore Front al-Nosra et était l’affilié désigné d’Al-Qaïda en Syrie.

Les enfants syriens tués par « les canons de l’enfer » des milices d’Al-Qaïda, pilonnant aveuglément les quartiers ouest d’Alep contrôlés par le gouvernement, n’ont pas le même effet sur les glandes lacrymales des éditorialistes et « têtes parlantes » des médias. Ni d’ailleurs les images venant du Yémen, des enfants abattus par les frappes aériennes saoudiennes menées à l’aide de bombes fournies par les États-Unis et du soutien logistique indispensable du Pentagone. La vidéo horrifiante des « rebelles » syriens « modérés » soutenus par les États-Unis, sciant la tête d’un garçon palestinien d’une dizaine d’années, n’a pas non plus provoqué d’indignation significative.

Les forces motrices sous-jacentes de cette nouvelle campagne de propagande sont de deux ordres. D’abord et de façon immédiate, l’offensive des « rebelles » — armés et financés par les États-Unis et leurs alliés régionaux — visant à rompre le siège de l’est d’Alep par le gouvernement syrien et à intensifier la guerre contre la population civile dans l’ouest de la ville, s’est immobilisée, et l’armée syrienne, soutenue par l’aviation russe, refait des gains importants sur le terrain. D’où la nouvelle demande de cessez-le-feu immédiat.

Ensuite, il y a le développement d’une collaboration plus étroite entre Russie, Iran, Chine et Turquie qui a, par rapport aux cinq ans de guerre pour un changement de régime en Syrie, des conséquences d’une grande portée. La semaine dernière, l’Iran a permis à la Russie d’utiliser des bases iraniennes pour attaquer des cibles en Syrie et Pékin a annoncé une augmentation de l’aide militaire à Damas. Suite à la tentative de coup militaire du mois dernier soutenue par les États-Unis, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdo&;an a cherché à se rapprocher de Moscou et de Téhéran.

Washington est de plus en plus inquiet de cette alliance potentielle et la considère comme un obstacle à sa campagne militaire pour affirmer l’hégémonie américaine sur le Moyen-Orient et ses vastes réserves d’énergie. Il ne peut pas accepter un tel défi et va inévitablement préparer une réponse militaire. C’est à cette fin que la campagne de propagande « humanitaire » pour « sauver les enfants » de la Syrie — et sauver les forces Al-Qaïda mandatées par Washington par la même occasion — a été montée.

Les méthodes employées dans cette campagne sont pour le moins usées. Il y a vingt-cinq ans, la première guerre du Golfe contre l’Irak avait été préparée à l’aide d’un conte effrayant, raconté au Congrès américain, parlant de troupes irakiennes envahissant le Koweït, volant les incubateurs dans les hôpitaux et laissant mourir les bébés. On a appris par la suite que le prétendu témoin de cette atrocité, une femme présentée comme une infirmière, était la fille de l’ambassadeur du Koweït et un membre de la famille royale de l’émirat. Toute l’histoire était un canular de propagande.

Dans les années qui ont suivi, les États-Unis ont imposé des sanctions punitives à l’Irak, qui ont coûté la vie à un demi-million d’enfants irakiens. Madeleine Albright, alors ambassadrice américaine à l’ONU, a déclaré de façon tristement célèbre : « Le prix en valait la peine. » Des guerres américaines subséquentes en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie ont tué des centaines de milliers d’autres enfants.

Examinant ces 25 années de violence et de sang, le livre nouvellement publié de David North: « Un quart de siècle de guerre: la poursuite de l’hégémonie mondiale par les États-Unis, 1990-2016 » déclare :

« L’étendue des opérations militaires s’est continuellement élargie. On a commencé de nouvelles guerres tout en poursuivant les précédentes. On s’est servi cyniquement de l’invocation des Droits de l’homme pour faire la guerre à la Libye et renverser le régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Le même prétexte hypocrite a été utilisé pour organiser une guerre par procuration en Syrie. Les conséquences de ces crimes, en vies humaines et en souffrances, sont incalculables. »

« Il faut étudier le dernier quart de siècle de guerres menées par les États-Unis comme une chaîne d’événements interconnectés. La logique stratégique de la poursuite de l’hégémonie mondiale par les États-Unis se prolonge au-delà des opérations néocoloniales du Moyen-Orient et de l’ Afrique. Les guerres régionales en cours sont les éléments constitutifs d’une confrontation montante des États-Unis avec la Russie et la Chine, qui s’accélère rapidement. »

Le flot de propagande de guerre qui annonce une escalade imminente de l’intervention américaine en Syrie menace de précipiter une telle confrontation qui comporte le danger réel d’une guerre nucléaire mondiale.

(Article paru d’abord en anglais le 19 août 2016)

 Source : World Socialist Web Site, Bill Van Auken, 20-08-2016
 

 

24 réponses à Alep : la propagande « Droits de l’homme » prépare le terrain pour une escalade militaire, par Bill Van Auken

Commentaires recommandés

Ailleret Le 22 août 2016 
 
 

100 % d’accord avec Bill Van Auken. Avec l’exploitation de la photo d’Omrane, la propagande occidentale confine à la pornographie, et même à la pédopornographie.
Imaginez que les journaux en aient fait autant avec chaque enfant irakien, afghan, yéménite, palestinien blessé par l”Axe du Bien – sans parler des morts.

  1. natoistan Le 22 août 2016 

    Etrange cette annonce ce dimanche qui sort de nulle part.Un lien?

    Pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, le gouvernement allemand envisage de demander aux citoyens de stocker de la nourriture et de l’eau en cas d’attaque ou de catastrophe. C’est en tout cas ce qu’indique un article qui fait quelque peu sensation outre-Rhin, dans l’édition dominicale du très sérieux journal de Francfort Frankfurter Allgemeine (Sonntags)zeitung (FAS), souvent considéré comme le porte-parole officieux des milieux gouvernementaux et des milieux d’affaires.
    Le gouvernement allemand a-t-il eu vent de menaces réelles sur son sol ? Craint-il des attentats “islamistes” ou une guerre avec la Russie ?
    http://www.reuters.com/article/us-germany-security-stockpiling-idUSKCN10W0MJ
    http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/L-Allemagne-va-adopter-un-plan-de-defense-civile-21665118
    http://www.faz.net/aktuell/politik/inland/f-a-s-exklusiv-so-will-die-bundesregierung-im-kriegsfall-reagieren-14398973.html

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Hiroshima : un crime qui paie encore, mais gare au jugement de l’histoire, par Diana Johnstone

22 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Les média, #La guerre, #Terrorisme

Pour mémoire, source Wikipédia :

(si quelqu’un peut le traduire en français en commentaire, merci)

Dwight D. Eisenhower wrote in his memoir The White House Years:

In 1945 Secretary of War Stimson, visiting my headquarters in Germany, informed me that our government was preparing to drop an atomic bomb on Japan. I was one of those who felt that there were a number of cogent reasons to question the wisdom of such an act. During his recitation of the relevant facts, I had been conscious of a feeling of depression and so I voiced to him my grave misgivings, first on the basis of my belief that Japan was already defeated and that dropping the bomb was completely unnecessary, and secondly because I thought that our country should avoid shocking world opinion by the use of a weapon whose employment was, I thought, no longer mandatory as a measure to save American lives.[82]

Other U.S. military officers who disagreed with the necessity of the bombings include General of the Army Douglas MacArthur,[83][84] Fleet Admiral William D. Leahy (the Chief of Staff to the President), Brigadier General Carter Clarke (the military intelligence officer who prepared intercepted Japanese cables for U.S. officials), Fleet Admiral Chester W. Nimitz (Commander in Chief of the Pacific Fleet), Fleet Admiral William Halsey, Jr. (Commander of the US Third Fleet), and even the man in charge of all strategic air operations against the Japanese home islands, then-Major General Curtis LeMay:

The Japanese had, in fact, already sued for peace. The atomic bomb played no decisive part, from a purely military point of view, in the defeat of Japan.

— Fleet Admiral Chester W. Nimitz, Commander in Chief of the U.S. Pacific Fleet, [75]

The use of [the atomic bombs] at Hiroshima and Nagasaki was of no material assistance in our war against Japan. The Japanese were already defeated and ready to surrender because of the effective sea blockade and the successful bombing with conventional weapons … The lethal possibilities of atomic warfare in the future are frightening. My own feeling was that in being the first to use it, we had adopted an ethical standard common to the barbarians of the Dark Ages. I was not taught to make war in that fashion, and wars cannot be won by destroying women and children.

— Fleet Admiral William D. Leahy, Chief of Staff to President Truman, 1950, [85]

The atomic bomb had nothing to do with the end of the war at all.

— Major General Curtis LeMay, XXI Bomber Command, September 1945, [86]

The first atomic bomb was an unnecessary experiment … It was a mistake to ever drop it … [the scientists] had this toy and they wanted to try it out, so they dropped it …

— Fleet Admiral William Halsey, Jr., 1964, [86]

Stephen Peter Rosen of Harvard believes that a submarine blockade would have been sufficient to force Japan to surrender.[87]

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Source : Le Grand Soir, Diana Johnstone, 06-08-2016

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Lors de sa visite à Hiroshima en mai dernier, Obama n’a pas, comme certains l’avaient vainement espéré, présenté des excuses pour le bombardement atomique de la ville, le 6 août 1945. Au lieu de cela, il a prononcé un discours ronflant lénifiant contre la guerre. Il l’a fait au moment même où il poursuivait sa guerre de drones contre des ennemis sans défense dans des pays lointains et approuvait des plans pour dépenser mille milliards de dollars pour une mise à niveau de l’arsenal nucléaire américain.

Des excuses auraient été aussi inutiles que son discours. Des paroles creuses ne changent rien. Mais voici une chose que Obama aurait pu dire qui aurait eu un véritable impact : la vérité.

Il aurait pu dire :

« Les bombes atomiques n’ont pas été larguées sur Hiroshima et Nagasaki “pour sauver des vies en mettant fin à la guerre”. Ce fut un mensonge officiel. Les bombes ont été larguées pour observer leurs effets et pour montrer au monde que les États-Unis possédaient une puissance destructrice illimitée. »

Mais il n’y avait aucune chance qu’Obama prononce de telles phrases. Officiellement, le bombardement « a sauvé des vies » et cela donc en « valait le coût » (comme dira Madeleine Albright quant au demi-million d’enfants irakiens morts à cause des sanctions U.S.). Comme les villages vietnamiens que nous avons détruits pour les sauver, comme les innombrables enfants irakiens qui sont morts à la suite des sanctions américaines, les centaines de milliers de femmes et d’enfants agonisants dans deux villes japonaises figurent encore au débit des comptes que les États-Unis ont à rendre à l’humanité, une dette toujours impayée et impunie.

« Cela en valait le coût »

La décision de détruire Hiroshima et Nagasaki fut une décision politique et non militaire. Les objectifs ne furent pas militaires, les effets ne furent pas militaires. Les attaques furent menées contre la volonté de tous les grands chefs militaires. L’Amiral William Leahy, chef d’État-major interarmées à l’époque, écrit dans ses mémoires que « l’utilisation de cette arme barbare à Hiroshima et Nagasaki n’était d’aucune aide matérielle dans notre guerre contre le Japon. Les Japonais étaient déjà vaincus et prêts à se rendre … » Le général Eisenhower, le général MacArthur, et même le général Hap Arnold, commandant de la Force aérienne, se sont opposés à l’usage de cette arme. Le Japon était déjà dévasté par des bombes incendiaires, faisait face à une famine généralisée à cause du blocus naval des États-Unis, se retrouvait démoralisé par la reddition de son allié allemand, et craignait une attaque russe imminente. En réalité, la guerre était terminée. Tous les hauts dirigeants américains savaient que le Japon était vaincu et cherchait à se rendre.

La décision d’utiliser les bombes atomiques fut une décision purement politique prise presque uniquement par deux politiciens : Le Président novice, joueur de poker, et son mentor, le secrétaire d’État James F. Byrnes [1]

Le président Harry S. Truman était en réunion avec Churchill et Staline dans la banlieue berlinoise de Potsdam lorsqu’il apprit l’information secrète que l’essai atomique dans le Nouveau-Mexique avait été un succès. Les observateurs se souviennent que Truman devint « un autre homme », rendu euphorique par la possession d’un tel pouvoir. Alors que d’autres hommes moins superficiels furent ébranlés devant les implications d’une telle force destructrice, pour Truman et son et secrétaire d’Etat intriguant, James Byrnes, le message était : « Maintenant, on peut tout se permettre »

Sur les bases de cette présomption, ils se sont empressé d’agir – d’abord dans leurs relations avec Moscou.

En réponse aux appels répétés des Etats-Unis, Staline a promis d’entrer en guerre en Asie trois mois après la défaite de l’Allemagne nazie, qui eut lieu au début de mai 1945. Il était bien connu que les forces d’occupation japonaises en Chine et en Mandchourie ne pouvaient résister à l’Armée rouge. Il était entendu que deux choses pouvaient entraîner la reddition immédiate du Japon : l’entrée de la Russie dans la guerre et l’assurance des Etats-Unis que la famille royale ne serait pas traitée comme des criminels de guerre.

Ces deux événements se sont produits dans les jours qui ont suivi le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki.

Mais les deux ont été éclipsés par la bombe atomique.

Et c’était bien l’objectif recherché.

Car ainsi, le crédit de la fin de la guerre fut attribué aux bombes atomiques américaines.

Mais ce n’est pas tout.

La possession confirmée d’une telle arme donna à Truman et Byrnes un tel sentiment de puissance qu’ils pouvaient abandonner les promesses antérieures faites aux Russes et tenter d’intimider Moscou en Europe. En ce sens, les bombes sur Hiroshima et Nagasaki ont non seulement tué sans raison des centaines de milliers de civils mais ont également déclenché la guerre froide.

Hiroshima et la guerre froide

Une observation très importante sur les effets de la bombe atomique est attribuée au général Dwight D. Eisenhower. Comme son fils l’a raconté, il était profondément abattu en apprenant à la dernière heure que le bombe serait utilisée. Peu après Hiroshima, Eisenhower aurait dit en privé :

« Avant l’utilisation de la bombe, j’aurais dit oui, je suis sûr que nous pouvons préserver la paix avec la Russie. Maintenant, je ne sais pas. Jusqu’à présent, je vous aurais dit que nous trois, la Grande-Bretagne avec sa puissante flotte, l’Amérique avec la plus puissante force aérienne, et la Russie avec la plus grande force terrestre sur le continent, à nous trois nous aurions pu garantir la paix du monde pendant une longue, très longue période à venir. Mais maintenant, je ne sais pas. Partout les gens ont peur et sont secoués. Tout le monde se sent en insécurité à nouveau ». [2]

En tant que commandant suprême des Forces alliées en Europe, Eisenhower avait appris qu’il était possible de travailler avec les Russes. Les systèmes économiques et politiques intérieurs des États-Unis et de l’URSS étaient totalement différents, mais sur la scène internationale, ils pouvaient coopérer. En tant qu’alliés, leurs différences étaient principalement dues à la méfiance et pouvaient être réglés.

L’Union soviétique victorieuse avait été dévastée par la guerre : les villes en ruines, une vingtaine de millions de morts. Les Russes voulaient de l’aide pour reconstruire. Auparavant, sous Roosevelt, il avait été convenu que l’Union soviétique obtiendrait des réparations de l’Allemagne, ainsi que des crédits des États-Unis. Tout à coup, il n’en était plus question. Lorsque la nouvelle de l’essai au Nouveau-Mexique est tombée, Truman s’écria : « Maintenant, les Russes vont marcher droit. » Parce qu’ils se sentaient tout à coup tout-puissants, Truman et Byrnes décidèrent de faire preuve de fermeté devant les Russes.

Staline apprit maintenant que la Russie ne pourrait obtenir des réparations que sur la partie orientale de l’Allemagne, en grande partie agricole, qui se trouvait sous occupation de l’Armée rouge. Ce fut la première étape de la division de l’Allemagne, à laquelle Moscou en fait s’est opposée.

Puisque plusieurs des pays d’Europe de l’Est s’étaient alliés à l’Allemagne nazie, et comptaient de puissants éléments anti-russes, la seule condition de Staline pour ces pays (alors occupés par l’Armée rouge) était que leurs gouvernements ne devaient pas être activement hostiles à l’URSS. Pour cette raison, Moscou favorisait la formule de « démocraties populaires », c’est-à-dire des coalitions excluant les partis d’extrême droite.

Se sentant tout-puissants, les Etats-Unis haussèrent le niveau de leurs exigences en demandant des « élections libres » dans l’espoir d’installer des gouvernements anti-communistes. Ce qui se retourna contre eux. Au lieu de céder à la menace atomique implicite, l’Union soviétique s’est durcie. Au lieu de desserrer le contrôle politique de l’Europe de l’Est, Moscou imposa des régimes communistes – et accéléra son propre programme de bombe atomique. La course aux armements nucléaires était lancée.

« Le beurre et l’argent du beurre »

John J. McCloy, qualifié par son biographe Kai Bird comme le « président informel de l’establishment américain », déclara à l’époque au Secrétaire de guerre Henry Stimson que : « nous devons avoir le beurre et l’argent du beurre ; nous devons être libres d’agir en vertu du présent accord régional en Amérique du Sud, et en même temps intervenir rapidement en Europe ; que nous ne devons céder aucun de ces atouts… » [3] Stimson répondit : « Je pense que oui, sans hésitation. »

En bref, les États-Unis devaient conserver leur sphère d’influence sur tout le continent américain, revendiquée par la doctrine Monroe, tout en privant la Russie de sa propre zone tampon.

Il est nécessaire de reconnaître la distinction nette entre politique intérieure et politique étrangère. La nature du régime intérieur soviétique a peut-être été aussi affreux qu’on le décrit, mais en matière de politique étrangère, Staline respectait scrupuleusement les accords passés avec les alliés occidentaux – l’abandon, par exemple, des communistes grecs lorsqu’ils étaient écrasés par les Anglo-Americans après la guerre. Ce furent les États-Unis qui ont renié les accords passés à Yalta, qui ont par la suite été stigmatisés comme autant de concessions faites à « l’agression communiste ». Staline n’avait absolument aucun désir de promouvoir la révolution communiste en Europe occidentale, encore moins d’envahir ces pays. En fait, son abandon du projet de promotion de la révolution mondiale est précisément la base de la campagne contre le « stalinisme » par les Trotskystes – y compris des Trotskystes dont la dévotion à la révolution mondiale s’est maintenant transformée en une promotion des guerres de « changement de régime » des États-Unis.

Il y a une doctrine dominante en Occident selon laquelle les dictatures font la guerre et les démocraties font la paix. Rien ne démontre cette théorie. Des dictatures (prenez l’Espagne de Franco) peuvent être conservatrices et autocentrées. Les principales puissances impérialistes, la Grande-Bretagne et la France, étaient des démocraties. L’Amérique démocratique est loin d’être pacifique.

Tandis que l’Union soviétique développait son propre arsenal nucléaire, les États-Unis furent incapables d’interférer efficacement en Europe de l’Est et se retournèrent vers des ennemis plus faibles, en renversant les gouvernements en Iran et au Guatemala, en s’enlisant au Vietnam, selon la théorie qu’ils n’étaient que des agents de l’ennemi communiste soviétique. Mais depuis que l’Union soviétique s’est effondrée, abandonnant la zone tampon de la Russie en Europe de l’Est, on voit une résurgence de la confiance qui submergea Truman : l’euphorie du pouvoir sans limites. Sinon, pourquoi le Pentagone lancerait-il un programme de mille milliards de dollars pour renouveler l’arsenal nucléaire des Etats-Unis, tout en positionnant des troupes et des armes offensives aussi près que possible de la frontière russe ?

Dans son livre The President Is Calling (Le Président Appelle) de 1974 sur ses relations avec son frère Dwight, Milton Eisenhower a écrit : « Notre emploi de cette nouvelle force à Hiroshima et Nagasaki fut une provocation suprême à d’autres nations, en particulier l’Union Soviétique. » Et il a ajouté, « Certes, ce qui est arrivé à Hiroshima et Nagasaki restera à jamais sur la conscience du peuple américain. »

Hélas, à ce jour, tout prouve le contraire. La conscience critique a été marginalisée. Les mensonges officiels systématiques sur la « nécessité de sauver des vies américaines », persistent, tandis que la puissance de la bombe a créé un sentiment durable de’ « exceptionnalisme » vertueux chez les dirigeants du pays. Il n’y a que nous les Américains qui puissions faire ce que les autres ne peuvent pas faire, parce que nous sommes « libres » et « démocratiques » et les autres – si nous choisissons de les désigner ainsi – ne le sont pas. D’autres pays, parce que non « démocratiques », peuvent être détruits afin d’être libérés. Ou juste détruits. C’est cela au fond, « l’exceptionnalisme » qui, à Washington, se substitue à la « conscience du peuple américain » qui n’a pas été suscitée par Hiroshima, mais étouffée.

La Conscience en Sommeil

En tant qu’invité à Hiroshima, Obama a pontifié habilement :

« Les guerres de l’ère moderne nous enseignent cette vérité. Hiroshima enseigne cette vérité. Les progrès technologiques sans progrès équivalents dans les institutions humaines peuvent nous condamner. La révolution scientifique qui a conduit à la division d’un atome nécessite une révolution morale. »

Eh bien oui, mais une telle révolution morale n’a pas eu lieu.

« … La mémoire du matin du 6 août 1945, ne doit jamais s’effacer. Cette mémoire permet de combattre la complaisance. Elle alimente notre imagination morale. Il nous permet de changer. »

« Changer » est une spécialité d’Obama. Mais il n’a rien fait pour changer notre politique sur les armes nucléaires, sauf pour la renforcer. Aucune trace d’ « imagination morale » imaginant la dévastation vers laquelle cette politique nous mène. Pas d’idées imaginatives pour réaliser le désarmement nucléaire. Juste des promesses de ne pas laisser les méchants s’emparer de telles armes, parce qu’elles sont à nous.

« Et depuis ce jour fatidique, » a poursuivi Obama, « nous avons fait des choix qui nous donnent espoir. Les États-Unis et le Japon ont forgé non seulement une alliance, mais une amitié qui a gagné beaucoup plus pour notre peuple que nous n’aurions jamais pu obtenir par la guerre. »

Comme c’est sinistre. En fait, ce fut précisément par la guerre que les États-Unis ont forgé cette alliance et cette amitié – que les États-Unis essaient maintenant de militariser dans son « pivot asiatique ». Cela signifie que nous pouvons rayer de la carte avec des armes nucléaires deux villes d’un pays et finir avec « non seulement une alliance, mais une amitié ». Alors pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Pourquoi ne pas se faire encore plus de ce genre d’ « amis », par exemple en Iran, pays à propos duquel Hillary Clinton a exprimé sa volonté de l’« éradiquer » si les circonstances le nécessitent.

« Voilà un avenir que nous pouvons choisir », a déclaré Obama, « un avenir dans lequel Hiroshima et Nagasaki sont connues non pas comme l’aube de la guerre atomique, mais comme le début de notre propre éveil moral. »

Mais jusqu’à présent, Hiroshima et Nagasaki sont très loin de marquer le « début de notre propre éveil moral ». Au contraire. L’illusion de posséder un pouvoir sans limites ôte toute nécessité d’auto-examen critique, toute nécessité de faire un véritable effort pour comprendre ceux qui ne sont pas comme nous et qui ne veulent pas être comme nous, mais pourraient partager la planète en paix si nous les laissions tranquilles.

Puisque nous sommes tout-puissants, nous devons être une force du bien. En réalité, nous ne sommes ni l’un ni l’autre. Mais nous semblons incapables de reconnaître les limites de notre « exceptionnalisme ».

Les bombes sur Hiroshima et Nagasaki ont plongé les dirigeants des États-Unis dans un sommeil moral dont ils ne sont pas près de se réveiller.

Diana Johnstone

Traduction “des bombes atomiques ? Pas de problème, il y en a pour tout le monde” par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

Notes.

[1] Tout cela est connu des experts. Les preuves documentaires ont tous été présentées par Gar Alperovitz dans les 800 pages de son livre de 1995, The Decision to Use the Atom Bomb (la décision d’utiliser la bombe atomique). Cependant, les mensonges officiels survivent à une réfutation documentée.

 

[2] Alperovitz pp 352-3.

 

[3] p.254 Ibid.

 

Source : Le Grand Soir, Diana Johnstone, 06-08-2016

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Oui, Obama et Clinton ont crée Daesh – dommage que Trump soit incapable d’expliquer comment. (Black Agenda Report)

22 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Daesch, #ISIL, #La France, #L'OTAN., #La finance dérégulée, #La Russie

Oui, Obama et Clinton ont crée Daesh – dommage que Trump soit incapable d’expliquer comment. (Black Agenda Report)

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  Oui, Obama et Clinton ont crée Daesh – dommage que Trump soit incapable d’expliquer comment. (Black Agenda Report)

C'est un fait historique que le États-Unis et l’Arabie Saoudite ont créé, il y a près de quarante ans, le réseau jihadiste international à partir duquel Al-Qaïda et Daesh ont jailli. […] Soyons clairs sur un point : ce ne sont pas les États-Unis qui ont rejeté la secte macabre djihadiste qui est devenue Daesh ; c’est Daesh qui s’est dissocié des Etats-Unis et leurs alliés européens et royaux.

Donald Trump a fait marche arrière – en quelque sorte – sur son affirmation que le président Obama et Hillary Clinton étaient les « fondateurs » de Daesh, ou les « joueurs les plus précieux » de l’équipe Daesh. « Évidemment, je suis sarcastique, » a dit le soi-disant avocat de l’ « Amérique avant tout » – en ajoutant aussitôt « mais pour être honnête, pas tant que ça ».

Trump ne peut pas formuler ou saisir toute la vérité horrible contenue dans sa déclaration initiale parce que cela exigerait de prononcer un acte d’accusation beaucoup plus fondamental de la politique américaine impériale dans le monde musulman depuis la fin de 1979, lorsque Zbigniew Brzezinski a convaincu le président Jimmy Carter de lâcher les chiens djihadistes en Afghanistan. Comme indiqué dans ses mémoires From the Shadow, Brzezinski a conseillé Carter d’aider la résistance musulmane de droite contre le gouvernement laïque de gauche en Afghanistan afin de « provoquer une intervention militaire soviétique » et entraîner l’URSS dans un bourbier de type Vietnamien. Brzezinski voyait les soi-disant Moudjahidin comme des fantassins potentiels de la politique globale des Etats-Unis. « Qu’est-ce qui est le plus important pour l’histoire du monde ? Les Talibans ou la chute de l’Empire soviétique ? Quelques musulmans agités ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la Guerre Froide ? » demanda Brzezinski, de façon rhétorique, quelques décennies plus tard.

Ayant suivi les conseils de Brzezinski, le président Carter peut à raison être décrit comme un « père fondateur » d’Al-Qaïda, avec son camarade et autre « joueur le plus précieux », Ronald Reagan, dont la CIA en partenariat avec l’Arabie Saoudite dépensèrent des milliards pour attirer des musulmans du monde entier dans la guerre en Afghanistan. Ensemble, les États-Unis et les Saoudiens ont donné naissance au mouvement djihadiste islamique international – un phénomène qui n’avait jamais existé auparavant dans l’histoire du monde. Les djihadistes allaient devenir une arme essentielle dans l’arsenal impérial US, un outil horrible pour accomplir des changements de régime dans le monde musulman et qui sert également à justifier, depuis la disparition de l’épouvantail soviétique, la quête sans fin des Etats-Unis d’une domination mondiale,.

« En 2011, Obama a lancé la Mère de toutes les guerres par procuration. »

Brzezinski est devenu le gourou de la politique étrangère de Barack Obama, avec des conséquences qui auraient dû être prévisibles pour la politique US au Moyen-Orient, mais ont été largement ignorés par les libéraux et les soi-disant progressistes dans leur euphorie à virer George W. Bush.

 

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De toute évidence, l’opinion publique états-unienne n’allait pas tolérer une nouvelle intervention massive directe de troupes dans la région. Ce n’était plus une option. Mais quelle force, alors, était disponible pour mettre en œuvre l’ordre du jour toujours inachevé de Washington de conquérir cette partie du monde ? En 2011, Obama lança la Mère de toutes les guerres par procuration, d’abord contre le gouvernement de Mouammar Kadhafi en Libye, pour ensuite mobiliser rapidement la totalité du réseau jihadiste international qui avait été créé de toutes pièces sous Carter et Reagan près de 30 ans auparavant. Washington et ses partenaires de l’OTAN dans l’agression contre la Libye, en étroit concert avec l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis, ont transformé la Syrie en un chaudron de la mort, en canalisant des milliards de dollars d’armes à des centaines de salafistes et de milices ouvertement mercenaires avec, à leur centre, Al-Nosra, l’affiliée régionale d’Al-Qaida. C’est l’idée d’Obama d’une guerre « intelligente » : une offensive terroriste frénétique drapée dans le mensonge et la manipulation.

La politique étrangère criminelle menée par Obama et la secrétaire d’Etat US Hillary Clinton est enracinée dans la même vision arrogante du monde formulée par Brzezinski lorsqu’il raillait tous ceux qui s’inquiétaient d’éventuels retours de manivelle qui pourraient résulter d’un déploiement de « musulmans agités » comme autant de fantassins de l’impérialisme. Tandis que les États-Unis et leurs alliés se livraient littéralement concurrence pour inonder la Syrie avec des armes, des fonds, des ressources en renseignement et une couverture médiatique et diplomatique pour faire tomber le gouvernement de Damas, ils ont collectivement créé à la fois une base matérielle et un espace politique pour les djihadistes pour poursuivre leurs propres objectifs idéologiques. Daesh a émergé pour établir son propre califat en Syrie et en Irak. Personne ne devrait feindre la surprise.

C’est l’idée d’Obama d’une guerre « intelligente » : une offensive terroriste frénétique drapée dans le mensonge et la manipulation.

En Juillet 2014, nous avons décrit la montée de Daesh en signalant « l’effondrement final de la stratégie impérialiste des Etats-Unis dans le monde musulman – certainement, dans les régions arabes de l’Islam ». Nous avons écrit :

« Pensez-y comme une déclaration d’indépendance salafiste … des monarchies arabes et des agences de renseignement occidentales qui ont nourri le réseau jihadiste international depuis près de deux générations. Le Califat menace non seulement ses adversaires immédiats des gouvernements dominés par des Chiites en Syrie et en Irak, mais aussi les potentats des Emirats arabes, du Qatar, du Koweït ainsi que la Mère de Toute la Corruption Monarchiste du Monde Sunnite, la famille royale saoudienne. La menace est pas virtuelle, mais réelle, contre « tous les émirats, groupes, États et organisations » qui ne reconnaissent pas Daesh comme la nouvelle incarnation de l’islam en guerre. »

Daesh n’existait pas lorsque le président Obama a pris ses fonctions et nommé Hillary Clinton au Département d’Etat. Son changement de régime en Libye (qui est aussi celui de Hillary) et son pivot terroriste massif en Syrie ont « créé » Daesh. Soyons clairs sur un point : ce ne sont pas les États-Unis qui ont rejeté la secte macabre djihadiste qui est devenue Daesh ; c’est Daesh qui s’est dissocié des Etats-Unis et leurs alliés européens et royaux. Il a fallu l’intervention russe en Syrie en septembre dernier pour pousser Washington à effectuer des raids aériens plus que symboliques contre Daesh. Avant, les Etats-Unis voulaient éviter de tuer trop de combattants de Daesh dans l’espoir qu’il en resterait suffisamment pour rejoindre les troupes jihadistes approuvés par les Etats-Unis lorsque cela commencerait à sentir le roussi pour Daesh. (Al-Nosra a changé de nom et s’est dissocié d’Al-Qaïda – avec la bénédiction de la direction d’Al-Qaïda au Pakistan – afin de mieux se fondre dans les feuilles de paie des autres troupes djihadistes de l’Occident.)

« Le renseignement militaire US a clairement prévu la montée imminente de Daesh, »

Nul besoin de croire Donald Trump sur parole lorsqu’il dit qu’Obama et Clinton ont été « les joueurs les plus précieux » de Daesh. Le service de renseignement de l’armée US (DIA) était arrivé à la même conclusion, dès 2012. Le rapport des barbouzes militaires, déclassifié l’année dernière, montre que le DIA avait averti que « les pays occidentaux, du Golfe et la Turquie [qui] soutiennent l’opposition [syrienne] » croient « à la possibilité d’établir une principauté salafiste déclarée ou non dans l’est de la Syrie (Hasaka et Der Zor), ce qui est exactement ce que les puissances qui soutiennent l’opposition veulent, afin d’isoler le régime syrien. »

Le DIA était alarmé que

« … La détérioration de la situation a des conséquences désastreuses en Irak et ce sont les suivantes :

« Une situation idéale est créée pour AQI [Al-Qaïda en Irak, devenu Daesh] pour retourner à ses anciens bastions à Mossoul et Ramadi, et fournira un élan renouvelé en vertu de la présomption d’unification du djihad parmi les sunnites en Irak et Syrie, et le reste des Sunnites du monde arabe contre ce qu’ils considèrent comme leurs ennemis, les dissidents [c’est-à-dire les musulmans chiites]. AQI pourrait également déclarer un État islamique par son union avec d’autres organisations terroristes en Irak et en Syrie, ce qui poserait un grave à l’unification de l’Irak et la protection de son territoire ».

Ainsi, un an après qu’Obama et ses amis européens et arabes aient renversé Kadhafi et déplacé leur guerre par procuration de changement de régime vers la Syrie, le renseignement militaire US a clairement vu la montée imminente de Daesh – et que « c’est exactement » ce que « l’Occident, les pays du Golfe et la Turquie … veulent, pour isoler le régime syrien »,

Oui, Obama a créé Daesh, avec l’aide enthousiaste de Hillary Clinton, et il soutient encore al-Nosra, l’ex-filiale d’Al-Qaïda, qui a vu le jour grâce à Jimmy Carter et Zbigniew Brzezinski. Au fil du temps, les jihadistes sont devenus indispensables à la politique impérialiste des Etats-Unis, mais surtout depuis la défaite de George W. Bush en Irak, qui a rendue l’opinion publique états-unienne réticente aux guerres « stupides » – ce qui, dans le jargon d’Obama, signifie des guerres dans lesquelles un grand nombre de soldats US meurent. Les guerres par procuration sont idéales – « intelligentes », parce que seuls meurent les Arabes et les Africains et tous ceux dont les états-uniens n’ont jamais entendu parler. La Libye n’était même pas une guerre, selon Obama, car aucun soldat US n’y a péri.

« Les djihadistes sont devenus indispensables à la politique impérialiste des Etats-Unis.  »

La vérité sur Daesh et l’administration Obama est tellement évidente que même Donald Trump a une vague idée de ce qui s’est passé en Syrie et en Libye. Mais l’enfant-gâté blanc nationaliste milliardaire de Queens est incapable de placer la connexion Obama / Clinton / Daesh dans le contexte historique de la politique impérialiste des Etats-Unis. Malheureusement, la plupart des « libéraux » et beaucoup trop de « progressistes » (y compris les noirs) sont atteints de la même maladie que Trump : le chauvinisme impérial extrême – qui est pratiquement inséparable du suprématisme blanc. Le chauvinisme impérial extrême permet aux Etats-uniens d’envoyer à la Maison Blanche des personnes qui méritent d’être envoyés à la potence ou devant un peloton d’exécution (après un procès, bien sûr). Il permet aux Etats-uniens qui se disent « de gauche » de reculer d’horreur devant Donald Trump (qui, à notre connaissance, n’a tué personne, et qui dit qu’il ne se livrerait à aucun changement de régime s’il était Président), tout en votant pour une femme dont la carrière est couverte du sang de centaines de milliers de personnes au Moyen-Orient et dans la corne de l’Afrique, et dont le mari a mis en branle un génocide qui a coûté la vie à six millions de personnes en République Démocratique du Congo.

Un candidat, Trump, ressemble plus au feu gouverneur de l’Alabama, George Wallace, qui prônait la négociation en matière de politique étrangère. L’autre, Clinton, est une maniaque génocidaire, dont les crimes en tant que Présidente seront à l’échelle hitlérienne. [1 point Godwin – NdT]

Plus effrayant que Clinton ou Trump est l’absence d’aversion viscérale des Etats-uniens pour le génocide (des peuples non blancs). A moins d’être vert ou d’une nuance de rouge, le génocide n’est même pas un enjeu électoral.

Glen Ford

http://www.blackagendareport.com/obama_clinton_created_isis

source:http://www.legrandsoir.info/oui-obama-et-clinton-ont-cree-daesh-dommage-que-trump-soit-incapable-d-expliquer-comment-black-agenda-report.html

Traduction « Des millions de morts et quelques burkinis sur une plage… Devinez qui disparaît des radars médiatiques ? » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.


En savoir plus sur http://reseauinternational.net/oui-obama-et-clinton-ont-cree-daesh-dommage-que-trump-soit-incapable-dexpliquer-comment-black-agenda-report/#ufPGfs7pQ8GKEi5k.99
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Obama se fait claquer la porte au nez par l’establishment lorsqu’il tente de se rapprocher de Moscou. Par Alastair Crooke.

22 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #L'OTAN.

Obama se fait claquer la porte au nez par l’establishment lorsqu’il tente de se rapprocher de Moscou


Par Alastair Crooke – Le 6 août 2016 – Source Consortiumnews.com

Les bonzes de la politique étrangère à Washington sabordent les initiatives de collaboration avec la Russie du président Obama pour mettre fin à la guerre en Syrie et réduire les autres sources de tension. Selon l’ancien diplomate britannique Alastair Crooke, ils souhaitent la poursuite de la nouvelle guerre froide sous Hillary Clinton.

« Comme nous ne le savons tous que trop bien, Hillary Clinton a été officiellement consacrée cette semaine candidate du parti démocrate à la présidence aux prochaines élections. Le parti l’a choisie comme candidate bien avant que la course à l’investiture ne commence. Il a utilisé tous les moyens à sa disposition, au vu et au su de tous et derrière des portes closes, pour que rien − surtout pas la volonté populaire − n’empêche sa nomination. »

C’est en ces termes qu’un commentateur américain a décrit la détermination de l’establishment aux USA à préserver coûte que coûte le statu quo politique. Qu’est‑ce que cela a à voir avec le Moyen-Orient ? Bien, dans la même veine et là encore en évitant tout débat public, deux poids lourds de l’establishment viennent de torpiller les pas de côté, à la manière du crabe, du président Obama (et de Kerry) dans le but d’apaiser la nouvelle guerre froide, en tentant apparemment de trouver une certaine forme de coopération avec la Russie en Syrie.

Le président Barack Obama discute avec le président russe Vladimir Poutine en marge du sommet du G20 au Carya Resort à Antalya, en Turquie, le dimanche 15 novembre 2015. À gauche, la conseillère à la sécurité nationale Susan E. Rice. (Photo officielle de la Maison-Blanche prise par Pete Souza)

L’establishment craint qu’une coopération avec la Russie en Syrie ne devienne une sorte de ballon d’essai menant à une coopération subséquente pour apaiser les tensions ailleurs, comme en Ukraine et dans les républiques baltes.

Lors du sommet sur la sécurité tenu à Aspen vendredi dernier, le directeur de la CIA John Brennan a déclaré ceci : « Nous devons avoir le sentiment qu’Assad est sur le chemin de la sortie. Il peut y avoir une transition, mais il doit être hors de tout doute qu’il ne fait plus partie de l’avenir de la Syrie. D’ici à ce que cela arrive, à ce que cela commence, d’ici à ce que l’on reconnaisse cette transition, des Syriens vont continuer à mourir. »

Lundi dernier, le secrétaire à la Défense Ash Carter, invité à se prononcer sur les longues discussions qu’ont tenues Kerry et le président Poutine à Moscou − qui auraient provisoirement convenu d’établir une salle de contrôle opérationnel conjoint en Jordanie réunissant des officiers russes et étasuniens dans le but de combattre Daesh − a tenu les propos suivants :

« Nous souhaitions que les pourparlers de Kerry à Moscou favorisent une solution politique et une transition pour mettre un terme à la guerre civile, qui est la cause de toute cette violence en Syrie, puis la lutte contre les extrémistes plutôt que contre l’opposition modérée, qui doit faire partie de cette transition. Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres. » Carter a parlé ainsi lors d’un point de presse du Pentagone en compagnie du général Joseph Dunford, le chef d’état-major des armées.

Lorsqu’un reporter a dit à Carter qu’il semblait peu enthousiaste à l’égard des efforts de Kerry, il a répondu : « Non, je suis très enthousiaste à l’idée de voir les Russes se ranger et d’agir comme il se doit. Et je pense que ce serait une bonne chose s’ils le faisaient. Je crois que ce n’est pas demain que les Russes auront cet état d’esprit. Mais le secrétaire Kerry travaille là-dessus. »

Dire non à Kerry et à Obama

Cette dernière réponse a amené John Batchelor de l’hebdo The Nation à conclure ceci : « Kerry ne comprend-il pas cette fin de non-recevoir? Il s’est fait tout bonnement claquer la porte au nez. »

Le secrétaire d’État des USA John Kerry discute avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergei Lavrov à l’extérieur d’une salle de la maison d’hôte Osobnyak à Moscou, en Russie, le 15 juillet 2016. [photo : département d’État]

Cela ne fait aucun doute. Mais cette rebuffade intentionnelle vise Obama aussi. Les pourparlers de Kerry (et d’Obama) avec Sergei Lavrov reposent entièrement sur le fait qu’ils se sont entendus pour laisser de côté la question de l’avenir d’Assad, afin de mieux se concentrer sur la lutte contre les forces du front al-Nosra (maintenant rebaptisé) et de Daesh.

C’est la teneur des discussions depuis le début de l’année. Il n’y a donc là rien de neuf pour amener soudainement Brennan et Carter à monter sur leurs grands chevaux. En plaçant comme condition préalable à la coopération que les Russes « se rangent et agissent comme il se doit », autrement dit que les USA dictent les règles du jeu (y compris l’éviction du président Assad), ils torpillent évidemment toute entente avec Moscou que Kerry pourrait chercher à obtenir.

Par ailleurs, et contrairement à ce que John Batchelor laisse entendre, il se pourrait que Kerry comprenne très bien à quoi jouent Carter et Brennan. Le plan de Kerry, semble-t-il, a toujours été d’engager Moscou sur la voie diplomatique, en insistant sur les cessez-le-feu (gagnant ainsi du temps), pendant que Carter et Brennan utilisent ces moments de répit pour réarmer et revigorer les insurgés qui combattent le gouvernement syrien.

Kerry savait fort bien que les USA ont livré quelque 3 000 tonnes d’armes aux insurgés quand le cessez-le-feu de février a été conclu. Kerry a maladroitement tenté d’expliquer aux Russes que c’était dû à un problème administratif lié à la mise au rancart d’un programme de soutien.

Un commentateur respecté des activités militaires en cours en Syrie (le blogueur Moon of Alabama) a écrit ceci :

« L’état-major général russe sait et dit depuis le mois d’avril qu’al-Qaïda en Syrie (aka Jabhat al-Nusra aka Fateh al Sham) et les différents groupes djihadistes planifient une attaque de grande envergure contre Alep. Un commandant d’al-Qaïda a, en effet, confirmé que l’attaque était planifiée depuis longtemps dans une harangue à ses combattants avant l’assaut actuel.

 Cela jette une nouvelle lumière sur les négociations interminables que le secrétaire d’État Kerry a imposées, pendant des mois, à son collègue russe. Les États-Unis tentaient de protéger al-Qaïda contre les attaques russes et syriennes alors même que les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies demandaient l’éradication d’al-Qaïda et d’ISIS. Ensuite, les États-Unis ont « offert » à la Russie de se battre collectivement contre al-Qaïda, sous commandement étasunien.

 Nous avons qualifié cette offre d’insensée et de fourbe. Tous ces bavardages, on le voit maintenant, ne servaient qu’à gagner du temps pour permettre à al-Qaïda de préparer l’attaque qu’ils viennent de lancer [c.-à-d. contre les forces syriennes et alliées qui tentent de reprendre la partie d’Alep sous le contrôle des djihadistes], a écrit Moon of Alabama. »

Bloquer la Russie

Quoi qu’il en soit, les discussions prolongées de Kerry avec les Russes − qu’elles aient été ou non motivées principalement par le désir de donner un moment de répit à leurs mandataires à la suite de l’intervention militaire russe – ont permis d’enlever un peu de la pression exercée sur Obama par les faucons américains, qui l’exhortent à donner son aval à des attaques directes des USA contre l’État syrien et son président, afin d’affaiblir le pays ou de causer son implosion.

Hillary Clinton prend la parole dans un rassemblement à Phoenix, en Arizona, le 21 mars 2016. (photo : Gage Skidmore)

Voici ce qu’il faut retenir : les Russes ont suivi en toute connaissance de cause cette tactique mixte (au détriment de leurs relations avec leurs alliés), tout en continuant d’atténuer les objections étasuniennes (et européennes) à une opération militaire majeure, dans le but de débarrasser Alep des djihadistes et de sécuriser la ville.

La réintégration totale d’Alep dans l’État syrien constituera un revirement stratégique majeur. Le gouvernement semble avoir le dessus, avec un appui aérien majeur des Russes. Les pertes sont lourdes du côté des djihadistes.

À quoi rime alors cette levée de boucliers par Brennan et Carter, qui ramènent à l’avant-plan la rengaine « Assad dégage » (de pair avec la larmoyante « des Syriens meurent et vont mourir tant qu’Assad ne sera pas parti »), au moment même où la question du départ d’Assad n’a jamais été aussi peu crédible ? Au fait, l’a-t-elle déjà été ?

Cette dernière question (à quoi tout cela rime-t-il ?) nous ramène au point de départ : la détermination de l’establishment (composé de démocrates et de républicains) à préserver le statu quo par tous les moyens à sa disposition, y compris le statu quo en matière de politique étrangère. Certains leaders républicains endossent cette proposition au point même de laisser la politique partisane de côté, en appuyant la candidate démocrate.

Le coup de colère du directeur de la CIA et du chef du département de la Défense cité précédemment dépasse le cadre de la Syrie. Il fait partie de la tentative de stigmatiser Trump en le qualifiant de « marionnette de Poutine » de « candidat du Kremlin » et « d’agent de facto » (entre autres moqueries).

Poursuivre la nouvelle guerre froide

Certains personnages puissants veulent clairement tuer dans l’œuf toute atténuation de cette nouvelle guerre froide. La remise en cause par Trump de l’hostilité envers la Russie, du rôle même de l’OTAN et du prix à payer pour maintenir l’hégémonie mondiale des USA leur glace le sang.

C’est comme si ces visages de l’ancien régime se posaient les questions suivantes : Ne comprend-il pas (Trump) qu’un rapprochement et une entente avec Poutine maintenant peuvent causer l’effondrement de toute la structure ? Que c’est l’ensemble de la politique étrangère des USA qui s’écroulerait ? Que sans menace russe claire (la menace étant devenu la ritournelle à la mode à l’intérieur du périmètre à Washington), l’OTAN n’aura plus sa raison d’être ? Puis, sans l’OTAN, comment l’Europe continuerait-elle à « se ranger et agir comme il se doit » ? Puis, si le conflit syrien confère une plus grande intégrité et estime de soi à Damas, Moscou et Téhéran, qu’adviendra-t-il de l’ordre mondial fondé sur les règles établies par les USA ?

Mais surtout, que se passera-t-il si ceux qui rejettent cet ordre mondial, qui choisissent de ne pas y adhérer, constatent qu’ils en ressortent gagnants et voient leur influence grandir ? Si l’ordre fondé sur les règles en politique s’érode, quel sera l’avenir de l’ordre financier et de la gouvernance économique dans le monde, interreliés sous la férule des USA, mais aujourd’hui dans un état précaire ?

Si plus de Syriens vont mourir, ce n’est pas parce que le président Assad n’a pas été renversé, mais parce que les membres de l’establishment étasunien veulent que la guerre se poursuive jusqu’à ce qu’Hillary entre en fonctions (ce qu’ils espèrent). Ils ne lésineront pas sur les moyens à prendre pour qu’elle y parvienne et pour que la politique étrangère traditionnelle des USA n’ait pas changé d’un iota quand elle arrivera au pouvoir.

Des allégations injustifiées, qui viennent d’en haut et qui laissent entendre que Poutine cherche à affaiblir l’Occident et qu’il se sert de Trump pour parvenir à ses fins, sont loin d’être des fantaisies de campagne électorale à prendre à la légère. Elles sont au contraire extrêmement sérieuses, je dirais même très dangereuses. Peu osent le dire, par crainte d’être aussi traités d’idiots utiles de Poutine.

La Russie va faire ses propres calculs, mais il ne faudrait pas s’étonner d’entendre qu’elle se prépare au pire et qu’elle est prête, en cas de guerre froide plus sérieuse − ou même de guerre chaude.

Alastair Crooke est un ancien diplomate britannique, qui a déjà joué un rôle de premier plan dans les services secrets de la Grande-Bretagne et la diplomatie de l’Union européenne. Il est le fondateur et directeur du Conflict Forum, qui préconise le dialogue entre l’islam politique et l’Occident.

 

Traduit par Daniel, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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George Schwartz Soros l’oligarque qui possède la gauche (Gilad Atzmon)

22 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

George Schwartz Soros l’oligarque qui possède la gauche (Gilad Atzmon)

George Schwartz Soros l’oligarque qui possède la gauche (Gilad Atzmon)

 

Le présent blog se dégage de toute responsabilité concernant des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes.

Un courriel récemment fuité par Wikileaks révèle qu’en 2011, l’oligarque juif George Schwartz Soros a donné des instructions pas à pas à la ministre des affaires étrangères US d’alors, Hillary Clinton, sur le comment gérer les troubles en Albanie.

Soros avait même nommé trois candidats dont il pensait “avoir de fortes connexions avec les Balkans”.

Sans surprise, plusieurs jours après l’envoi du courriel à Clinton, l’UE envoya un des “nominé” de Soros rencontrer des leaders albanais à Tirana afin d’essayer de faire médiation et de mettre fin aux troubles.

Le courriel de Soros a mis au grand jour qui vraiment donne le “la” pour l’occident. Clairement, ce ne sont pas nos politiciens soi-disant “démocratiquement élus”. Au lieu de cela, c’est un petit cadre d’oligarques, des gens comme Soros, Goldman et Sachs ; des gens motivés par le capitalisme et adorateurs de Mammon, qui fondent leurs actions sur le commerce et l’argent au lieu de la production. Les Mammonites sont intéressés dans la poursuite de Mammon (richesse) seulement pour Mammon (richesse).

Soros est, sans aucun doute, le plus célèbre Mammonite de notre temps. Le milliardaire juif est “l’homme qui brisa la Banque d’Angleterre”, une aventure financière qui lui rapporta plus d’un milliard de dollars en un jour de septembre 1992. En 2002, un tribunal de Paris prononça Soros coupable d’avoir utilisé des informations de l’intérieur pour profiter de la reprise de la banque de la Société Générale en 1988. Dans les jours qui ont mené au Brexit britannique, le spéculateur capitaliste a utilisé les pages du journal du Guardian de Londres pour tenter de manipuler les Britanniques afin qu’ils suivent ses conseils sur la question du Brexit. Apparemment, ceux-ci n’ont pas tenu compte de la “sagesse” de Soros. Et, jusqu’ici, il semble que les prédictions de Soros sur les calamités à quitter l’UE aient été bien exagérées, tutoyant la fantasmagorie pure. La question du pourquoi le Guardian a fourni une plateforme à l’oligarque spéculateur demeure ouverte. Le Guardian est-il un organe de presse ou une extension du bras très long du Mammonisme ambiant ?

L’oligarque juif a développé une énorme infrastructure qui l’assiste dans sa poursuite d’un agenda spéculatif capitaliste. Soros a compris il y a des décennies qu’il était très facile d’acheter des institutions et des personnes de gauche, ainsi que leurs activistes. Depuis les années 1980, Soros a utilisé son Open Society Institute (OSI) pour investir une fraction de ses sheckels dans quelques groupes politiques “penchant à gauche” et dans des ONG officiant dans le monde entier. Soros finance des ONG, des activistes, et des institutions de gauche qui veulent bien souscrire à son agenda. Ils soutiennent une philosophie cosmopolite et se dédient au mantra anti-nationaliste de Soros. Les résultats ont été dévastateurs. Au lieu d’unir la classe ouvrière, Soros a financé des organisations de “gauche” qui divisent les travailleurs en groupes sectaires se définissant par leur genre, leur orientation sexuelle et la couleur de leur peau.

Beaucoup de ceux qui soutiennent la cause palestinienne furent choqués de découvrir que Soros a financé le mouvement BDS (Boycott des produits en provenance des territoires occupés de Palestine), alors qu’il investissait simultanément dans l’industrie israélienne et les usines israéliennes opérant en Cisjordanie telle Soda Stream.

Soros a aussi payé pour J Street, le groupe lobbyiste American Jewish qui contrôle l’opposition à l’ultra sioniste AIPAC. En regardant la longue liste des organisations soutenues pas Soros (NdT: lien sur l’article original), cela nous révèle que le léger oligarque sioniste soutient quelques bonnes causes qui sont particulièrement bonnes pour les juifs et Soros lui-même.

Il semble que Soros croit en la “synagoguisation” de la société. Il soutient la partition de la société en des entités biologiquement orientées, en tribus comme les noirs, les femmes, les homos, les lesbiennes etc… Il a investi des millions dans la division de la classe des travailleurs. Diviser pour mieux régner, voilà tout ce que c’est.

Des traces de son OSI destructeur peuvent être identifiées dans l’échec de la révolution de velours en Iran, dans l’activité des ONG anti-Assad en Syrie, derrière l’intense activisme anti Poutine et bien sûr dans les évènements du parc de Gazi en Turquie. Ces soi-disant soulèvements “populaires” et “civils” ont au moins tous un dénominateur commun. Il tente de déstabiliser des régimes qui s’oppose aux Sio-conservateurs aussi bien qu’à l’ordre mondial des adorateurs de Mammon.

http://www.gilad.co.uk/writings/2016/8/18/george-schwartz-soros-the-oligarch-who-owns-the-left

Traduit de l’anglais par Résistance 71

via:https://resistance71.wordpress.com/2016/08/20/resistance-politique-au-nouvel-ordre-mondial-george-soros-et-la-phagocytose-de-la-gauche-etatiste-occidentale/

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