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Le blog de Lucien PONS

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« Le marché va massacrer la Deutsche Bank jusqu’à son renflouement !! » L’édito de Charles SANNAT

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #La France, #l'Allemagne, #AMERIQUE, #La mondialisation

« Le marché va massacrer la Deutsche Bank jusqu’à son renflouement !! » L’édito de Charles SANNAT

« Le marché va massacrer la Deutsche Bank jusqu’à son renflouement !! » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Le problème avec l’odeur du sang c’est qu’elle attire les requins, les charognards et, de façon générale, tous ceux qui ne sont pas forcément pétris de bonnes attentions.

Le sang appelle le sang et cette réalité animale est également vraie sur les marchés financiers. Aujourd’hui, la dépouille à achever avant dépeçage c’est évidemment la Deutsche Bank.

Vous pourrez voir dans cet article qui est une traduction un terrible graphique qui montre peu ou prou où se trouve la Deutsche Bank aujourd’hui comparée à la situation de la « feue » Lehman Brothers… Autant dire que la ressemblance fait froid dans le dos.

Le marché continuera de pousser DB à la baisse jusqu’à son renflouement (Gundlach)

Comparaison Deutsche Bank / Lehman

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, la Deutsche Bank était quelque peu sortie des radars médiatiques en raison des soucis rencontrés par sa concurrente, Commerzbank, qui a fini par confirmer la rumeur d’un plan de licenciement portant sur près de 10 000 postes, soit 20 % de ses effectifs, et la suspension de ses dividendes. Mais le répit fut de courte durée pour DB, qui commence à voir certains de ses clients « hedge funds » retirer leurs billes… Le risque d’assister à un nouveau « Lehman » est plus que jamais d’actualité.

Un plan de sauvetage se profile-t-il ? Peut-être. Dans cet article de Zero Hedge, on apprend que Jeffrey Gundlach se méfie comme de la peste de la Deutsche Bank, un dossier devenu « trop binaire » :

« Les marchés sont paralysés alors que les investisseurs atterrés se rappellent au bon souvenir de la crise de 2008 à cause de Deutsche Bank, un établissement financier dont la taille représente la moitié de son pays d’origine, qui semble être au bord du précipice et qu’Angela Merkel refuse d’aider avant les prochaines élections allemandes. Que faire, faut-il acheter comme ils l’ont toujours fait durant ces 7 dernières années, ou vaut-il mieux attendre plus de clarté de la part des « renfloueurs-en-chef » avant d’allouer du capital à une nouvelle transaction risquée, qui pourrait bien devenir un nouveau Lehman ? Jeffrey Gundlach n’a pas arrangé les choses lorsqu’il a déclaré à Reuters que la prudence doit être de mise avec les titres de la Deutsche Bank vu qu’un plan de sauvetage gouvernemental n’est pas une impossibilité.

« Je préfère m’en tenir éloigné. C’est impossible à analyser, » a déclaré Gundlach à propos des titres Deutsche Bank et de sa dette. « C’est trop binaire.

Pour ceux qui parient contre l’action Deutsche Bank, leur tentative pourrait être futile, à moins de couvrir leurs positions short (courtes) juste avant le plus bas à venir, une stratégie que le marché cherchera activement à mettre en œuvre.

« Le marché va pousser à la baisse Deutsche Bank jusqu’à ce que les promesses de support soit faites. En cas de besoin, ils recevront de l’aide. » Et que se passera-t-il ensuite ? « Un jour, le titre Deutsche Bank bondira de 40 %, ce sera le jour du plan de sauvetage du gouvernement. Cette hausse pourrait avoir lieu en l’espace d’une minute, » a déclaré Gundlach. « Il s’agit d’un événement totalement imprévisible. »

À moins que le gouvernement décide de ne pas renflouer DB, comme l’a déclaré Merkel. Ce faisant, elle perd toute marge de manœuvre, pour des conséquences qui ne pourront être que néfastes. (…) »

La Deutsche Bank peut-elle être renflouée et les clients ruinés ?

C’est la seule question à mon sens qui vaille et je pense que la réponse sera affirmative, car oui… il y aura sauvetage et on le sait depuis des années et les marchés vont désormais achever la « bête ». Quels seront donc le contour du sauvetage ? That is the question !!

Non la Deustche Bank ne fera pas faillite, mais oui, ses actionnaires et ses clients seront mis à contribution et Angela Merkel risque de faire un exemple européen de la rigueur allemande dans la gestion d’une faillite bancaire « contrôlée » d’une banque systémique.

La probabilité pour que le gouvernement allemand, avec ou sans la BCE, sauve la banque en perdition contre la ruine des actionnaires, des porteurs obligataires et des clients dans la limite des 100 000 euros est à mon sens très forte.

Même si les banques sont encore sauvées, elles ne le seront pas exactement de la même manière que lors de la crise précédente et tous les mécanismes juridiques et techniques ont été prévus dans les législations européennes.

Normalement, c’est l’Italie qui aurait dû ouvrir le bal avec ses banques. Mais Renzi n’a pas voulu ruiner la totalité de ses citoyens avant le referendum qu’il a lancé pour le mois de novembre me semble-t-il. L’Italie n’a donc pas appliqué les dernières lois sur les « faillites » bancaires, ce qui a déclenché un fort courroux outre-Rhin, calmé par une promesse probable d’activation… après le vote !

Plus que jamais vous devez vous demander si votre banque est solide, car sur ce registre, toutes ne se valent pas et il y a de réelles différences entre elles. C’est pour cette raison que juste avant l’été j’avais consacré beaucoup de temps à étudier le bilan et la situation des banques françaises afin de savoir où mettre son argent et comment choisir la banque la plus sûre. Pour en savoir plus, c’est ici.

Sinon, sachez que tous ceux qui s’abonnent à la lettre STRATÉGIES ont également accès d’office et en cadeau aussi bien au Guide spécial placements 2016 qu’au dossier spécial « comment choisir la banque la plus sûre ? ». Plus de renseignements ici.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

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« Éloge des frontières !! » L’édito de Charles SANNAT.

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La mondialisation, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #AMERIQUE, #Europe supranationale

« Éloge des frontières !! » L’édito de Charles SANNAT.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Les mondialistes ont peur… et c’est en soi une excellente nouvelle. Ils ont peur. Enfin !

Je vais donc vous livrer quelques réflexions autour de l’idée de frontière qui est devenue, au fil du temps, un gros mot que l’on n’a pas le droit de prononcer sans être immédiatement taxé de facho-nazi-mangeur-d’enfants ou de rappeler tout aussi vite à la bien-pensance « lézeuresléplusombredenotrehistoire ».

Le FMI sonne l’alarme contre la « menace » protectionniste

Voilà ce que vient de déclarer presque en panique notre Christine nationale qui représente les intérêts des grandes multinationales et du totalitarisme marchand le plus abject :

« De l’ascension de Donald Trump en passant par le Brexit, le protectionnisme a la cote sur le globe et donne des sueurs froides au FMI, qui y voit un péril majeur pour une économie planétaire en berne.

« Les pressions croissantes vers des mesures de repli constituent une menace exceptionnelle pour la croissance mondiale », résume le Fonds monétaire international dans ses nouvelles projections économiques publiées mardi. »

« Cette croissance morose, qui s’accompagne d’un chômage persistant, de salaires stagnants et d’inégalités croissantes, a désormais un coût, selon le FMI : elle nourrit un discours « accusant la mondialisation de tous les maux » et prônant le repli sur soi économique. »

La mondialisation est déflationniste… par nature !

Bossuet aimait à dire que « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » et la mondialisation en est un parfait exemple.

Nos faux naïfs de dirigeants déplorent la déflation actuelle et nous expliquent qu’il faut lutter contre elle, tout en sachant qu’elle est l’effet de cette mondialisation bâtie et construite sur un dumping social et fiscal sans précédent qui est déflationniste par définition.

La mondialisation actuelle ne vise pas la concurrence libre et non faussée mais vise bien à faire produire le plus possible par les moins-disants et les moins chers, tout en revendant de plus en plus cher aux consommateurs.

La mondialisation c’est le dumping fiscal, social, mais aussi environnemental. Nous transférons vers d’autres pays aux normes inexistantes nos industries polluantes plutôt que de payer le prix de la protection de notre environnement et de nos ressources.

Alors oui, cette mondialisation n’est ni heureuse, ni vertueuse, et rien ne nous oblige à l’accepter, à la supporter et encore moins à la soutenir sans pour autant plaider pour un retour au Moyen Âge !

La mondialisation est encore une fois comme bien souvent une idée protéiforme. La mondialisation a déjà existé à de multiples reprises dans l’histoire humaine avec ou sans frontière, avec ou sans mur entre les peuples !

Avant la Première Guerre mondiale, vous aviez l’Union latine, qui était une union monétaire avant l’heure ! Un euro d’avant l’euro, où de nombreux pays européens utilisaient les mêmes pièces d’or ayant la même taille et le même poids afin de faciliter les échanges ! À cette époque, il n’y avait strictement aucun problème de change car nous avions tous la même monnaie en or avec le même étalon et le même poids.

Cette union monétaire n’a pas empêché la guerre de 14-18 tout comme l’euro n’empêchera pas la probabilité de plus en plus forte de « guerres civiles » européennes.

Le monde entre les deux guerres est totalement mondialisé ; avec les colonies, les échanges sont nombreux, les barrières douanières faibles ou inexistantes, et la libre circulation des individus est une réalité.

L’Empire romain est un exemple de mondialisation… certes un peu forcé. Bref, il n’existe pas une forme unique et indiscutable de mondialisation, mais une multitude de choix possibles.

Refuser cette mondialisation-là, n’implique pas de devenir la Corée du Nord ! Rien n’est plus faux. Rien n’est plus réducteur et il s’agit, encore une fois, d’empêcher les gens de penser pour éviter d’avoir à aborder les véritables solutions alternatives. Oui un autre monde est possible, une autre mondialisation est envisageable et non les droits de douane, fussent-ils évoqués par un Trump, ne sont pas une sottise mais des outils de simple bon sens destinés justement à pallier des situations de dumping.

Or c’est le dumping qui est déflationniste puisqu’il vise à produire de moins en moins cher donc à faire baisser les salaires ! Des salaires qui baissent c’est moins de consommateurs solvables donc moins de croissance.

Logiquement, pour lutter contre la déflation, il faut lutter… contre la mondialisation. CQFD.

L’éloge des frontières !

Ce titre n’est pas de moi, c’est un ouvrage de Régis Debray, qui n’est pas à proprement parler un « lézeuresléplussombriste » ni un « fasciste ». Voici ce qu’il dit :

« La frontière n’est pas du tout la fermeture angoissante. La frontière est une marque de modestie. Je ne suis pas partout chez moi. Il y a une ligne au-delà de laquelle il y a d’autres personnes que je reconnais comme autres. »

Pour se définir soi-même, il faut accepter d’être différent dans le sens de ne pas être pareil ni identique aux autres. La frontière marque une limite, une souveraineté, un territoire, une histoire, et aussi… une protection.

Il n’y a rien de plus important pour un pays que ses frontières qui sont aussi ses limites géographiques. Un pays se définit par son espace.

Presque tout est frontière dans la vie. L’éducation d’un enfant vise à lui faire entendre et comprendre les frontières entre le bien et le mal, le possible et l’impossible. Toutes les limites posées, pensées ou réfléchies sont des frontières à franchir ou à ne pas franchir, jusqu’à votre porte d’entrée qui elle aussi est une frontière.

On dit même que la « frontière est ténue ». Bref. Rejeter l’idée de frontière est une absurdité de la « novlangue » et du politiquement correct qui ne vise qu’à l’abrutissement des masses.

Je remarque d’ailleurs que cela ne pense plus beaucoup dans ce pays, et que dès que quelqu’un pense, il est excommunié par ce système qui n’est au service, comme Madame Lagarde, que de ce totalitarisme marchand que nous devons combattre sans relâche et sans merci.

Nous ne risquons rien que du mieux et du bien avec des frontières. Ceux qui les redoutent sont ceux qui, aujourd’hui, se gavent sur des cadavres. Les mondialistes, les grandes multinationales, celles qui font de l’évasion fiscale à grande échelle, polluent en Inde, en Chine ou en Afrique, relâchent les produits polluants au large de la Somalie (d’où les piratages massifs, représailles de pêcheurs qui ne peuvent plus exploiter leurs réserves halieutiques), celles qui exploitent femmes et enfants au Bangladesh dans des usines cadenassées où par centaines les ouvriers meurent chaque année dans l’indifférence la plus totale.

Oui tous ces mondialistes sans foi ni loi, sans morale, ont tout à redouter du retour des frontières et de la chute de leurs bénéfices.

Enfin, à tous les idiots utiles d’extrême gauche qui, pétris de bons sentiments humanistes, pensent faire le bien, ils font en réalité le jeu des grandes multinationales en faisant là encore pression à la baisse sur les salaires d’ici sans que cela fasse augmenter les salaires de là-bas !

L’immigration est un outil aux mains d’une élite mondialisée et apatride qui se fiche comme d’une guigne du bonheur des peuples ou des gens, n’ayant d’autres ambitions que d’accumuler argent et pouvoir sur le dos des pauvres bougres.

Cette immigration incontrôlée ne peut qu’à terme faire le malheur des « déjà-là » et des « tout-juste-arrivés » et ce en dehors de toute considération de religion ou de couleur, car en économie tout est aussi question d’équilibres, toujours précaires.

Personne ne tire de bénéfices de tout cela, sauf encore une fois le « patronat » comme en Allemagne, qui peut désormais faire travailler les migrants pour… 80 euros par mois ! Oui, vous avez bien lu, 80 euros par mois. Voici de la belle exploitation, car derrière tous les sentiments humanistes dégoulinant utilisés uniquement pour fabriquer le consentement des populations, la réalité, c’est la mise en exploitation. C’est la raison pour laquelle jamais, jamais un grand communiste comme Georges Marchais n’a été favorable à l’immigration ou à la disparition des frontières, ce qui ferait aujourd’hui que Georges Marchais serait taxé de fascisme… ce qui ne manque pas de sel !

Mais ce qui est mauvais pour le totalitarisme marchand est excellent pour les peuples.

Comme Régis Debray, il est temps de proclamer haut et fort, cet « éloge aux frontières ».

Vive la France.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Pour commander l’ouvrage « éloge des frontières c’est ici sur Amazon.com

Les derniers propos de la mondialiste Lagarde ici AFP via Boursorama

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SYRIE : Alep et la mystification impériale : comme l'0ccupant allemand dénonçait les bombardements alliés en France.

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #l'Allemagne, #AMERIQUE, #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #l'islamisme, #Terrorisme, #Daesch

SYRIE : Alep et la mystification impériale : comme l'0ccupant allemand dénonçait les bombardements alliés en France.
SYRIE : Alep et la mystification impériale : comme l'0ccupant allemand dénonçait les bombardements alliés en France.

canempechepasnicolas" :

Les médias français, dans un bel ensemble, laissent entendre qu'aidés par les Russes, les Syriens veulent "prendre" Alep en bombardant la ville. Cette façon de présenter le gouvernement de Damas comme l'agresseur d'une ville étrangère rappelle la propagande  allemande stigmatisant les raids des Alliers sur les villes françaises en vue de la libération du territoire...Même détournement de la vérité opéré par nos médias, qui  aujourd'hui comme hier, prèchent  la collaboration avec l'Allemagne dans le cadre de "l"Europe nouvelle"...

 

Publié par El Diablo

SYRIE : Alep et la mystification impériale

Vu les réactions de certaines personnes encore trop accrochées au médias de masse (ceux-ci étant tous détenus par les promoteurs du mondialisme..), et vociférant face aux bombardements russo-syriens à Alep, il me semble important de rappeler quelques réalités... Tout d'abord, il est manifeste que toutes les guerres sont abjectes et immondes mais, ceci étant admis, encore faudrait-il ne pas placer sur le même plan les agresseurs et les agressés... Certes, au milieu de ceux-ci se trouvent, hélas, nombre de civils et ils payent (comme toujours) le prix fort. Reste que, s'agissant d'Alep, si le soucis est réellement de protéger la population, pourquoi ne pas s'en être inquiété avant la contre-attaque de l'armée syrienne ?

Il convient de se souvenir que les barbares de l'EI occupent la ville depuis plusieurs années et, les preuves ne manquant pas, leurs exactions sur le peuple sont légions ! Non seulement les âmes outrées d'aujourd'hui ne se firent pas entendre mais, bien pire, la reprise d'Alep ne semblait pas à l'agenda de cette fumeuse Coalition dont les attaques, étrangement, ne permirent jamais de stopper l'avancée du groupe terroriste ! Que du contraire.

Pour ne prendre que l'exemple de l'Irak, ce pays est tombé en quelques heures : comment dès lors expliquer qu'il faille plusieurs années pour éradiquer un ensemble de personnes moins structurées ? Comment donc se fait-il que l'armada occidentale ne sache pas même freiner la progression de Daesh ?! Soyons sérieux. Si la Russie n'était intervenue dans le conflit, vu la très curieuse incompétence de l'alliance menée par les Etats-Unis, Damas serait ville ouverte (ou ville morte) depuis longtemps. Cet article n'a pas pour objectif de faire l'apologie de Assad (même si personnellement je ne le considère pas comme un dictateur, on sait cependant que le népotisme est une donnée qui fut toujours importante en Syrie), néanmoins on peut remarquer que la réaction du président syrien est logique et s'axe sur une résistance cohérente et judicieuse... Pour l'admettre il n'est besoin que de se mettre à sa place... Quel dirigeant d'une nation souveraine, à moins d'être lâche, soumis ou inféodé à d'autres puissances, laisserait impunie une armée de mercenaires (payés, aidés, soutenus, soignés, par des forces étrangères) qui font le coup de poing, qui oeuvrent à la déstabilisation ou à la fragmentation du pays et qui massacrent la population ? Si cela arrivait dans n'importe quelle patrie, je pense que chaque chef d'état responsable et patriote mettrait tout en oeuvre pour atténuer, juguler ou détruire l'oppression qui encercle et s'active sur son territoire... C'est d'une cohérence totale et implacable ! N'agit-on pas d'ailleurs en ce sens dans les nations européennes, toute proportion gardée, vis-à-vis du terrorisme ? Bien évidemment il n'est pas de reconquête militaire qui ne génère, malheureusement, des martyrs au sein du peuple : c'est inévitable. Je pense que chaque militaire, à moins d'être dépourvu de sentiment, en est conscient et fait le maximum pour éviter des pertes humaines innocentes. Pourtant, la chose est impossible... Surtout si l'un des belligérants, en l'occurence ici celui qui occupe Alep, répond par la négative à l'offre syrienne de couloirs humanitaires. Ce qui, il est vrai, délesterait les bouchers de leur réserve de boucliers humains... La question qui se pose est donc celle-ci : peut-on autoriser des tueurs de masse à poursuivre leurs innommables exactions ? Les chancelleries occidentales, si promptes à faire valoir le droit international (lorsque cela les arrange) ne font jamais mention des abus de l'EI sur une population affamée, dévastée et meurtrie. Tout au plus insiste-t-on sur la supposée barbarie de l'aviation syrienne ou russe qui décimerait au hasard. Je pense que ce deux poids deux mesures demande à être placé devant ses paradoxes et ses mensonges. Prenons quelques exemples de la seconde guerre mondiale pour ce faire... La reprise de l'Europe, dès 1944, ne se fit pas la fleur au fusil : et nombre de cités aux mains des allemands croulèrent sous les bombes ! Le parallèle avec Alep apparaîtra à tous ceux qui ont encore un peu d'intelligence... Mais pourquoi parlerait-on de crimes de guerre d'un côté et pas de l'autre ? D'ailleurs, si on juge sur pièce, on s'apercevra sans peine, au-delà du fait qu'il faille évidemment attaquer les villes qui sont le joug de l'envahisseur, que la barbarie n'est pas là où certains osent encore le penser... La ville du Havre fut rayée de la carte le 5 et 6 septembre 1944 par les forces anglo-américaines ! Avec emploi de bombes au phosphore ! Des milliers de morts et une ville détruite à 80%. Les historiens s'interrogent toujours sur le pourquoi... Ce ne fut même pas pour son port puisqu'il était déjà inutilisable au vu des bombardements antérieurs. Quant aux forces allemandes, elles étaient cantonnées sur les hauteurs et non en centre ville.

 

Le Havre

Le Havre

On pourrait également parler de Brest en 1944 après le passage des bombardiers anglais et US...

Brest

Brest

Et comment oublier Dresde : bombardée par plus de 800 avions le 13 et 14 février 1945... Son importance stratégique était pourtant nulle : et aux 630.000 résidents permanents s’ajoutaient plus de 1 million de civils ! Cela n'empêcha pas 650.000 bombes incendiaires (et au phosphore...) de tomber sur la ville martyre. Dresde brûla pendant 7 jours et la masse d'air chaud créa un véritable ouragan de feu qui, comble de l'horreur, repoussa inéluctablement au sein même de la fournaise ceux qui désirèrent s'enfuir et quitter cet enfer...

 

Dresde

Dresde

On pourrait continuer longtemps et remonter jusqu'à aujourd'hui, mais ce n'est pas la peine... Lorsqu'un Empire, pour diverses raisons (stratégiques, financières, idéologiques) veut faire valoir sa thèse du mépris des Lois Internationales qu'auraient certains pays, il vaut mieux être parfait et intègre... Lorsqu'on a été en guerre 222 années sur 239 d'existence comme les USA, on est vraiment très mal placé pour se faire le chantre de la démocratie ! Dès lors qu'on envahit, au mépris des résolutions onusiennes, nombre de pays, que l'on déstabilise, que l'on massacre sans distinction, comment peut-on encore insister et être crédible sur la question des "droits de l'homme" ? Personne, au niveau mondial, ne fit autant de morts que les USA et ses modernes séides armés (l'OTAN) ! Nul non plus ne poursuit avec autant d'acharnement violent qui confine à la psychopathie des objectifs de colonisation, de provocation, d'accaparement des richesses et de destruction à travers le globe... Voir à ce sujet : https://blogs.mediapart.fr/yapadaxa... Faire valoir ensuite une supposée barbarie des troupes syriennes à Alep est aussi ignoble que fallacieux. C'est faire de l'inversion accusatoire une arme de propagande ! D'autant plus que, d'après ce qu'on nous explique à outrance, l'objectif poursuivi serait pourtant l'éradication des terroristes... Mais comment cela se pourrait-il sans attaquer la ville ? En offrant des fleurs? La Coalition a-t-elle d'ailleurs mis en exergue le "non" de l'EI face à la proposition russe de couloirs humanitaires ? Certainement pas : on préfère diaboliser une armée et son président qui luttent pour reprendre le contrôle de leur pays ! Il semblerait que les bombes russes et syriennes soient plus haïssables que les égorgements multiples (et autres monstruosités) que les djihadistes réalisent depuis des années... Du reste, pour élargir la réflexion, les Etats-Unis se sont-ils jamais inquiétés de la mort de civils alors que leurs bombes déciment et décimèrent nombre d'entre eux ? Certes, les excuses jaillissent souvent, mais cela n'a jamais arrêté les "stratèges" du Pentagone ! D'ailleurs n'est-il pas étonnant que les médias font toujours passer ces épisodes comme des "erreurs" ou des "dommages collatéraux" ? On ne s'étonne même plus de la différence de traitement par rapport aux décès civils occasionnés par les frappes russes... On nous dit que dans quelques temps la Coalition va attaquer Mossoul pour reprendre la ville aux terroristes : qui peut croire un seul instant que cela se fera sans deuil pour les habitants de cette localité ? Aucune ville attaquée par les armes ne s'exonéra jamais de payer un prix élevé parmi sa population ! Cela n'est jamais arrivé dans l'Histoire : et nul n'a encore inventé une arme capable de faire la distinction entre un guerrier et un civil... Dès lors, pourquoi donc serait-ce une barbarie d'un côté et une simple nécessité de l'autre ? Faut-il, en définitive, préciser à nouveau que seule l'armée d'un pays assiégé et violenté, ainsi que ceux à qui il demande de l'aide, sont légitimes pour s'en prendre aux barbares qui cherchent sa perte ? Même le rôle supposément messianique que s'octroient les américains (pendant du messianisme juif) n'est pas une raison suffisante pour élaborer un Droit International personnel qui ne sert, fort logiquement, que leurs seuls intérêts et qui leur fournit, au mépris de la plus élémentaire humanité, l'accréditation "morale" d'agir militairement où bon leur semble... Non seulement personne ne les a jamais invités en Syrie, mais lorsque le président syrien a offert d'associer les efforts en vue de l'éradication de l'EI, les USA lui ont accordé un fin de non recevoir. Pourquoi ? Leurs objectifs et projets seraient-ils donc différents ? A la lueur de tous les événements produits en Syrie depuis plusieurs années, il semblerait en effet qu'il faille répondre par l'affirmative... La diabolisation de la Russie, celle-ci ayant réussi en quelques mois là où piétine la Coalition depuis 3 ans, est d'ailleurs un élément qui laisse supposer que l'agenda impérialiste est d'un autre ordre... De fait, refuser la main tendue des russes dans un combat commun est également le signe le plus manifeste d'une duplicité dont le monde, hélas, peine à se débarrasser. Nos "libérateurs" nord-américains de 1945 sont loin, très loin d'être nos amis et nos alliés ! Tout gravite, au contraire, vers la soumission et l'obéissance des nations européennes (que ce soit au niveau social, politique, militaire, culturel). Bien sûr, une hyper-puissance a logiquement beaucoup de mal à se détacher de prétentions hégémoniques, on peut le comprendre : mais entraîner le monde dans une nouvelle guerre froide (qui tend vers le chaud) n'est pas de bonne augure et mériterait, pour le moins, que les peuples européens s'activent auprès de leurs gouvernements afin de se démarquer des options impériales bellicistes, ainsi que de l'aventure syrienne qui peut dégénérer à tout moment. Certes d'aucuns, afin d'inverser les valeurs, insisteront sur les prétendues aspirations territoriales de la Russie, en prenant l'exemple de la Crimée (tout en s'exonérant de dire que les russes n'ont aucun problème "d'espace vital"), mais à ce propos il convient de comprendre que l'élargissement des frontières correspond, en réalité, à une mesure de protection : les missiles US basés en Ukraine étant une menace TRES conséquente. D'ailleurs, une fois encore, il convient de se demander ce qu'auraient fait les américains en telle circonstance ! Je pense que si on connaît l'histoire de la crise des missiles de Cuba, la réponse sera évidente... Bref, en Syrie il me semble qu'il faille bien différencier les assaillants et les résistants, comprendre qu'il est malheureusement impossible d'éviter des pertes civiles et, enfin, saisir comme il se doit pourquoi un tel dénigrement médiatique s'intensifie sur Assad, Poutine et la Russie en général. Je pense, en outre, qu'il est malaisé de suivre (pour diverses raisons) les prérogatives guerrières d'une organisation (l'OTAN) qui se dit porteuse de valeurs positives et universelles mais qui n'est rien moins qu'une machine à tuer et à générer, où qu'elle passe, rancoeurs, souffrances et désir de vengeance. Mais pourquoi donc s'en étonner puisque c'est là ce que souhaitent depuis longtemps les néo-conservateurs pour qui il n'est qu'une réalité qui vaille : la guerre perpétuelle...

Marc Dupuis

Le 1er octobre 2016

 

SOURCE:

Addendum.

Le poème de Jacques Prévert: "Barbara".

La poésie Barbara est extraite de Paroles, paru en 1946.
C’est un texte de circonstances qui se réfère aux 165 bombardements de la ville de Brest entre le 19 juin 1940 et le 18 septembre 1944. Avec la destruction complète de la ville.

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
C
ette
pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse

Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Oues
sant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vo
nt pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert, "Paroles", Gallimard, 1946

https://www.youtube.com/watch?v=Vufl_MyJgVE

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Ils nous refont le coup des armes de destruction massive. Par Peter Hitchens

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #La Russie, #l'islamisme

Ils nous refont le coup des armes de destruction massive

Par Peter Hitchens le 04 octobre 2016

Ne vous faites pas encore avoir.

Powell montrant la « preuve » que l’Irak possède des armes de destruction massive

Powell montrant la « preuve » que l’Irak possède des armes de destruction massive

Presque tout le monde (sauf un petit groupe d’hypnotisés) sait que Saddam Hussein ne possédait pas d’armes de destruction massive. La plupart des gens ont compris maintenant que le colonel Kadhafi ne prévoyait pas de massacre à Benghazi, ni d’ordonner à ses troupes de se livrer à des viols en masse.

Combien faudra-t-il de temps, avant que nous saisissions aussi que ni la Russie, ni la Syrie n’ont bombardé un convoi d’aide humanitaire de l’ONU à Alep ?

Cet incident, pour lequel aucun fait indépendamment testable, vérifiable n’a encore été exposé, est l’équivalent des armes de destruction massive pour la Syrie. Si nous tombons tous dans le piège, alors nous allons bientôt nous retrouver embarqués dans une confrontation internationale, la plus dangereuse depuis la crise des missiles de Cuba.

Sous l’immense pression exercée par les despotes de l’Arabie saoudite, les États-Unis ne renonceront pas à leurs efforts pour renverser le gouvernement syrien. Il est clair qu’ils sont maintenant prêts à risquer une confrontation ouverte avec Moscou pour y parvenir. Mais pour quoi faire ? Mais pour qui se prennent-t-ils, et comment leur cause peut-elle être si bonne, qu’ils prennent de tels risques pour elle ?

Le sabotage délibéré d’un accord de paix viable en Syrie (auquel le Pentagone s’est opposé dès le départ) est l’un des scandales de notre époque. C’était une chance pour mettre fin à la misère de millions de personnes, et elle a été gâchée.

Nous, en Grande-Bretagne, devons nous opposer à être entraînés dans une guerre syrienne, notamment parce que, si nous le sommes, les troupes que nous envoyons là-bas pourraient rapidement être menacées de poursuites, dans leur propre pays, pour crimes de guerre présumés.

Cela fait trop longtemps que nous sommes trompés par cette propagande. Arrêtez d’être dupes.

Peter Hitchens – 25 septembre 2016 – Daily Mail

Article original : Traduit par Wayan pour le Saker Francophone

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Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine.

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #l'immigration, #l'islamisme, #Terrorisme

Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine

Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine.

 

Dans deux de ses livres, Le choix de la Défaite : les élites françaises dans les années 1930 et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République 1938-1940 (Paris, Armand Colin, 2010 et 2008), Annie Lacroix-Riz, spécialiste d’histoire contemporaine et professeur à l’université Paris 7, a expliqué comment, dans les années trente, l’élite de la société française – politiciens, militaires de haut rang, industriels, banquiers, le haut clergé, etc. – a voulu et planifié l’ « étrange défaite » de 1940. C’est par le biais de cette trahison que l’élite put triompher de l’« ennemi intérieur » gauchiste, empêcher d’autres réformes politiques et surtout sociales comme celles introduites par le Front Populaire, et éliminer le système, trop démocratique à son goût, de la 3e République en faveur du régime autoritaire et collaborateur de Vichy. Ce régime choya tous les éléments de l’élite du pays, mais surtout le patronat, et tandis qu’il fut un paradis pour celui-ci, il fut un enfer pour les salariés, et pour le peuple français en général ; Annie Lacroix-Riz l’a bien démontré dans un autre ouvrage, Industriels et banquiers sous l’Occupation (Armand Colin, Paris, 2013). Or, dans une toute nouvelle étude, Les Élites françaises entre 1940 et 1944 (Armand Colin, Paris, 2016), l’historienne se penche sur un autre aspect de la saga de la couche supérieure de la société française des années trente et quarante : leur passage de la tutelle allemande à la tutelle américaine.

Les défaites subies par la Wehrmacht devant Moscou (fin 1941) et surtout Stalingrad (hiver 1942-1943) ainsi que l’entrée en guerre des États-Unis et le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (novembre 1942) firent comprendre à l’élite française que l’Allemagne perdrait la guerre et que l’inévitable victoire soviétique impliquerait fort probablement pour la France le triomphe de la Résistance, « majoritairement ouvrière et communiste », et par conséquent une épuration des collaborateurs et des changements révolutionnaires. Afin d’éviter un tel scénario, catastrophique pour eux-mêmes et pour leur ordre socio-économique, la majorité des politiciens, militaires, industriels, banquiers, et autres « gens très bien », responsables directement ou indirectement pour la trahison de 1940 et la politique collaboratrice, répressive et même meurtrière de Vichy, commencèrent à se dissocier discrètement de la tutelle allemande et à préparer un « avenir américain ». Ils espéraient que l’occupation allemande de la France serait suivie par une occupation américaine, ce qui éviterait des « désordres », mot de passe pour les changements révolutionnaires associés avec la Résistance; et dans le contexte d’une Pax Americana engendrée par une victoire américaine leurs péchés pro-nazis seraient pardonnés et oubliés, leur permettant de conserver les privilèges traditionnels et nouveaux dont ils avaient joui grâce à Vichy. Sous les auspices du nouveau tuteur américain, la France serait un « Vichy sans Vichy ».

Il était possible de rêver à tout cela parce que les leaders américains détestaient également l’idée que, après le départ des Allemands, les Résistants communistes et autres puissent prendre le pouvoir en France, y provoquer des « mutations [politiques et socio-économiques] profondes » et ouvrir la porte à l’influence soviétique. À Washington on n’avait rien contre le régime de Vichy, avec lequel on maintenait jusqu’en janvier 1943 de bonnes relations diplomatiques ; et les autorités étatsuniennes, Roosevelt en tête, espéraient longtemps que dans l’après-guerre Pétain ou un des autres dirigeants vichyssois pas trop souillés par leur germanophilie – comme Weygand ou Darlan – resterait au pouvoir en France, peut-être après un léger « replâtrage parlementaire » du système vichyssois. « L’avenir américain » fut préparé dans des négociations en Afrique du Nord, où les É.-U. avaient plusieurs consulats, en Espagne et en Suisse, où Berne fut le pied-à-terre de l’agent secret étatsunien Allen Dulles, qui y « veillait à l’avenir de la France » et de l’Europe en général.

Les Allemands étaient à la hauteur mais toléraient ces initiatives parce que l’élite du Reich préparait son propre « avenir américain », ce qui impliquait des industriels et banquiers allemands avec de bons contacts américains – y compris Dulles – et même des chefs de la SS/Gestapo. Afin de permettre à quelques-uns des plus fermes suppôts du nazisme au sein de de l’élite allemande, par exemple le banquier Hjalmar Schacht, de se poser en « résistants » quand le régime nazi s’écroulerait, on les enferma dans des camps de concentration comme Dachau, où ils étaient « entièrement séparés de la masse des détenus du camp proprement dit » et bien traités. De façon similaire, les autorités allemandes en France eurent la gentillesse d’arrêter de nombreux « collaborationnistes de premier plan » et de les « déporter » vers le Reich pour y attendre la fin de la guerre dans un confortable lieu de « détention d’honneur », par exemple des hôtels à Bad Godesberg et au Tyrol. Cette expérience devait servir de « brevet de ‘résistance’ » à ces personnages, leur permettant de poser en héros patriotiques à leur retour en France en 1945.

Tandis qu’à l’occasion du choix du tuteur allemand comme « protecteur des coffre-forts » en 1940, « un chef français compatible avec le guide allemand » se tenait déjà prêt dans les coulisses, à savoir Pétain, la sélection d’un chef français compatible avec le nouveau guide américain était nettement moins facile. Le tandem de l’élite française et les autorités américaines détestaient celui qui apparaît aujourd’hui comme un choix manifeste, à savoir Charles de Gaulle, le chef des « Français libres ». La raison ? Ils le regardaient comme un « fourrier du bolchevisme », « un simple tremplin vers le pouvoir des communistes ». Ce n’est que très tard, à savoir le 23 octobre 1944, donc plusieurs mois après le débarquement en Normandie et le début de la libération du pays, que de Gaulle fut reconnu officiellement par Washington comme chef du Gouvernement provisoire de la République française. La chose devint possible à cause de plusieurs facteurs. Primo, les Américains ont fini par se rendre compte que le peuple français ne tolérerait pas qu’après le départ des Allemands « le tout-Vichy [fût] maintenu en place ». Ils ont compris que, inversement, de Gaulle bénéficiait d’une grande popularité et du soutien d’un grande partie de la Résistance. Par conséquent, ils avaient besoin de lui pour « neutraliser les communistes au lendemain des hostilités ». Secundo, de Gaulle négocia auprès de Roosevelt afin d’adopter une politique « normale », ne menaçant aucunement « le statu-quo socio-économique » ; et il donna des gages en « repêchant » de nombreux collaborateurs vichyssois qui avaient été les favoris des Américains.  Tertio, le chef des « Français libres » avait pris ses distances avec l’Union Soviétique. C’est ainsi que le gaullisme s’est « respectabilisé » et que de Gaulle est devenu « un leader de la droite », acceptable à élite française aussi bien qu’aux Américains, les successeurs des Allemands dans le rôle de « protecteurs » des intérêts de cette élite. Or, du point de vue des nouveaux vrais maîtres de la France – et de la plupart du reste de l’Europe – il fut et resta une sorte de « rebelle » qui continua longtemps à leur causer des ennuis.

Les Élites françaises entre 1940 et 1944 est une étude surprenante, fascinante, rigoureusement et minutieusement documentée, comme les autres livres d’Annie Lacroix-Riz. De ceux-ci, il faut encore mentionner Aux origines du carcan européen (1900-1960) : La France sous influence allemande et américaine (Paris, Éditions Delga, 2014). On peut y apprendre comment, à la suite de la fin de la Seconde guerre mondiale, les États-Unis ont su consolider leur domination politique et économique de l’Europe occidentale par le biais de la création d’institutions européennes. Et ils l’ont fait en collaboration avec des élites françaises, allemandes et autres – y compris des collaborateurs vichyssois « recyclés » tels que Jean Monnet. Dans ce contexte aussi, leur ancien antagoniste, de Gaulle, leur a causé quelques ennuis.

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Belfort est préservé, mais Alstom a-t-il un avenir? Par Martine Orange

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Alstom, #Le grand banditisme

Belfort est préservé, mais Alstom a-t-il un avenir?

4 octobre 2016 | Par martine orange
Plus de 700 millions d’euros de commandes publiques vont être engagés pour sauver Belfort et ses emplois. Si ce plan permet d’assurer le maintien du site historique d’Alstom, l’avenir du groupe ferroviaire reste incertain. Alstom peut-il se maintenir seul ? L’absence de stratégie industrielle claire et le gaspillage de 3,2 milliards d’euros en rachat d’actions posent question.
 

Belfort est sauvé ! Il n’y aura pas de fermeture de site, pas de suppression d’emplois. Toute la ville a soufflé en découvrant, mardi 4 octobre, le plan gouvernemental destiné à aider le site d’Alstom après 2018. En un mois à peine, le gouvernement a bâti un programme massif pour éviter la fermeture du site historique du groupe, ainsi que la disparition de 450 emplois directs et environ 1 000 emplois indirects. Pour sauver Belfort, l’État a mis les moyens : pas moins de 700 millions d’euros vont être engagés pour l’achat de nouvelles rames TGV, sans compter les commandes à venir sur les nouveaux trains intercités.

Le sauvetage de l’usine de Belfort le vaut bien. Alors que la suppression de 5 000 postes à SFR est engagée dans l’indifférence générale, le dossier d’Alstom à Belfort menaçait de devenir un nouveau Florange à la veille de l’élection présidentielle, illustrant à nouveau le déclin industriel de la France et l’impuissance des pouvoirs publics à l’enrayer. Le gouvernement a donc mis tout en œuvre pour éteindre l’incendie qui couvait, raclant les fonds de tiroir, utilisant tous les expédients de la commande publique pour trouver une solution.

Sur les murs de Belfort © D.ISur les murs de Belfort © D.I

 

« Il faut se réjouir que les emplois soient maintenus, mais tout cela relève du bricolage industriel », n’a pu s’empêcher de commenter Benoît Hamon, candidat à la primaire socialiste sur France Inter, tandis que la droite dénonçait le « rafistolage pré-électoral ». L’ensemble des mesures prévues a de fait des allures de catalogue. Dans un premier temps, l’État va commander quinze rames de TGV (roulant à la vitesse des trains Corail) et six rames destinées à la ligne Paris-Turin-Milan, selon les annonces présentées par le secrétaire d’État à l’industrie, Christophe Sirugue, aux élus locaux. Ces commandes devraient permettre d’assurer l’activité du site de Belfort pendant au moins trois ans après 2018. D’autant que la SNCF a elle aussi été mise à contribution : elle doit passer commande de 20 locomotives de dépannage.

En accompagnement, Alstom s’est engagé à investir 40 millions d’euros d’ici à 2020 dans le développement de la production d’un nouveau modèle de locomotive hybride, avec l’aide de l’État. De plus, le groupe prévoit d’investir, avec l’aide des collectivités locales, 5 millions d’euros à Belfort dans la modernisation des ateliers de maintenance ferroviaire du site, avec l’objectif de doubler les effectifs de cette activité pour les porter à 150 personnes d’ici trois ans. Cinq millions d’investissements supplémentaires devraient être engagés pour diversifier les productions du site de Belfort, afin de lui permettre de produire d’autres types de trains mais aussi des véhicules électriques de transport en commun.

Cette rafale de commandes publiques devrait conforter non seulement le site de Belfort, mais aussi celui de La Rochelle. Tout cela afin de permettre au groupe de franchir la mauvaise passe, en attendant le TGV du futur, dont la conception doit être lancée par la SNCF et Alstom à partir de 2017 et qui doit commencer à être produit à partir de 2021. C’est en tout cas le calcul fait par le gouvernement.

Une question reste toutefois pendante : cette pluie de commandes publiques va certes sauver le site de Belfort pour les années à venir, mais est-ce suffisant pour garantir l’avenir d’Alstom ? Le groupe ferroviaire est-il encore de taille pour affronter la concurrence mondiale ?

Cette interrogation sur la solidité du groupe ferroviaire plane depuis qu’Alstom a vendu son activité énergie à General Electric en 2014. D’un seul coup, le groupe a changé de dimension : de plus de 21 milliards d’euros en 2013, son chiffre d’affaires est tombé à 6,7 milliards d’euros en 2015. Sur le site historique de Belfort, l’usine ferroviaire d’Alstom n’est plus installée que sur quelques milliers de mètres carrés, noyée dans des hectares d’usines et d’entrepôts aux couleurs de GE.

 

 

Même si le groupe a engrangé de nombreuses commandes au cours des dernières années, ses moyens semblent limités, d’autant que la commande publique partout se raréfie. La concurrence internationale devient de plus en plus rude. On y retrouve l’allemand Siemens, le canadien Bombardier, le japonais Hitachi, mais aussi les espagnols Talgo et CAF, sans parler du nouveau groupe public chinois CRRC, qui se développe à toute vitesse et fait peur à beaucoup. Parmi eux, nombreux sont ceux qui appartiennent à des conglomérats, ce qui leur permet de partager des frais de structure, de recherche, et surtout leur offre une surface financière importante. Des avantages qu’Alstom n’a plus.

Pour de nombreux observateurs, la cause est entendue. Alstom est voué à acheter ou être racheté. Dès la vente des activités énergie à GE, le président de Siemens Joe Kayser, dont l’offre de reprise avait été écartée, voyait l’avenir d’Alstom comme inéluctable et prévenait que le groupe allemand attendait son heure. « Alstom est voué à devenir une entreprise relativement petite, opérant dans le secteur du transport et devant lutter pour rester compétitive, sur un marché soumis à un processus de consolidation rapide », analysait-il dans un entretien au Figaro. Avant d’ajouter : « Dans le secteur de l’énergie, la perspective de créer un champion européen est probablement passée et Siemens devra continuer seul. Dans le secteur du transport, une consolidation entre entreprises européennes reste encore possible. »

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3,2 milliards d'euros en rachat d'actions

 

Manifestation à Belfort le 15 septembre © D.IManifestation à Belfort le 15 septembre © D.I
« Siemens n’est peut-être pas le bon candidat. Il n’a pas grand-chose à apporter à Alstom. En revanche, le rapprochement avec Bombardier aurait beaucoup plus de sens. D’autant que la question va se poser à n’importe quel gouvernement : la France a-t-elle les moyens de soutenir trois constructeurs de locomotives ? », s’interroge un banquier d’affaires. Le sujet risque de rebondir dans les semaines à venir. Car pendant que l’État distribue les commandes à Alstom pour soutenir le site d’Alstom, qu’advient-il du site de Bombardier à Crespin (Nord), qui emploie 2 000 personnes ? Quel sort sera réservé au site de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), où l’espagnol Caf produit des locomotives et des tramways ?

 

« Si l’État veut maintenir des savoir-faire, des compétences et des emplois, il aurait tout intérêt à se pencher sur le sujet et à favoriser des réorganisations, plutôt que de se laisser balloter par les circonstances et intervenir en pompier », poursuit ce banquier.

Ces logiques financières, ces grands Meccano industriels ne semblent pas de mise pour Alstom, du moins pour l’instant, à en croire Frédéric Genevrier, cofondateur de la société d’analyse financière indépendante OFG. « Les métiers ferroviaires répondent à des logiques très particulières qui ne s’exportent pas. Tout se conçoit avec les clients. La logique conglomérat n’apporte rien. Alstom n’a pas besoin de Siemens qui ne lui apporterait rien. Quant à Bombardier, ils travaillent déjà beaucoup ensemble. » Pour lui, plutôt que de spéculer sur des fusions financières, il importe de lui donner du temps pour se développer, après avoir vécu dans l’ombre des activités énergie pendant des décennies. « Alstom est un groupe en construction. Même s’il a le même nom, ce n’est plus le même groupe. Il lui faut changer d’image, faire oublier la présidence de Patrick Kron et les scandales de la corruption », dit-il.

L’ennui est que Henri Poupard-Lafarge, qui dirige cette activité depuis plus de cinq ans, ne s’explique pas sur sa stratégie industrielle. La direction du groupe ferroviaire ne dit rien de ce nouvel Alstom, de l’avenir qu’elle lui imagine. Avant l’annonce brutale de la fermeture du site de Belfort, désormais annulée, la première vraie décision, presque la seule, prise depuis la cession de l’activité d’énergie a été de racheter ses actions. Le groupe a dépensé 3,2 milliards d’euros touchés de la vente pour reprendre ses titres et les annuler pour le seul bénéfice des actionnaires, comme lorsque Alcatel s’était séparé d’Alstom en 1999 et avait exigé des milliards de dividendes exceptionnels. La décapitalisation comme illustration de l’esprit d’entreprise.

N’y avait-il vraiment pas de meilleures utilisations, à un moment où le groupe est en pleine reconfiguration ? La mobilité, le transport sont pourtant des sujets d’avenir qui intéressent tout le monde. Le groupe, après avoir été l’un des leaders technologiques dans ce domaine, s’est fait distancer tout au long des années 2000 et n’a rattrapé qu’une partie de son retard. La perte de commande de locomotives face à l’allemand Vossloh n’est pas seulement liée à un problème de prix, mais aussi de produit : les motrices allemandes sont beaucoup plus modernes et intégrées. Quels moyens pense engager le groupe pour inventer des trains, des trams, des moteurs plus confortables, plus faciles et plus économes à exploiter ? Mystère.

 

Sites de production d'Alstom en France © AlstomSites de production d'Alstom en France © Alstom
De même, puisque l’activité ferroviaire est désormais totalement autonome, ne convient-il pas de repenser son organisation industrielle ? Est-il justifié par exemple de maintenir la production de boogies en Inde, quand les sites industriels français sont en sous-production ? De même, si l’avenir de Belfort est assuré, qu’advient-il du site d’Ornans (Doubs) ? Celui-ci, qui conçoit, développe et produit des moteurs de tractions ferroviaires, emploie plus de 300 personnes. Une cinquantaine d’emplois doivent être supprimés d’ici à la fin de l’année.

 

De façon plus générale, alors que tous les industriels allemands sont en train de réfléchir à la numérisation, à la façon dont ces nouvelles technologies vont s’intégrer dans les processus industriels, changer tout de la conception à la production, a-t-on entendu la direction d’Alstom expliquer que le groupe allait profiter de ce redémarrage et de sa capacité financière pour s’emparer de ce sujet, et le mettre en œuvre pour la réalisation de ces futures commandes ? À l’image de tout le patronat français qui a délaissé l’innovation et l’industrie, Alstom préfère gémir sur les charges patronales et renvoyer le tout sur le dos de l’État.

Dans cette affaire, ce dernier est loin d’être irréprochable. Sa politique incohérente en matière de transports, privilégiant outrageusement la route au détriment du ferroviaire, plombant la SNCF de mille charges tout en lui refusant de reprendre sa dette héritée du passé, comme l’a fait le gouvernement allemand avec la Deutsche Bahn, sans parler de l’abandon en rase campagne des projets de ferro-routages, a produit des catastrophes qu’il essaie de réparer en urgence. Mais Alstom ne peut se dédouaner de tout. Maintenant que l’État s’est engagé à l’aider, il lui revient de prouver que tout ce qui est mis en œuvre se justifiait, qu’il est capable de redevenir un groupe industriel innovant, portant des visions d’avenir. Car pour l’instant, la démonstration est loin d’être faite : quand l’État met plus de 700 millions d’euros sur la table, lui en met 40 en demandant en plus l’aide des collectivités locales, après avoir dissipé 3,2 milliards d’euros rien que dans du papier boursier.

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Hillary Clinton a proposé de faire éliminer Julian Assange par un drone. Par Bertrand Rivière

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La France, #l'horreur économique, #Terrorisme, #Le grand banditisme

mardi 4 octobre 2016

Hillary Clinton a proposé de faire éliminer Julian Assange par un drone

 

Selon une information publiée par le site « True Pundit », la candidate démocrate à la Maison Blanche aurait demandé lors d’une réunion en novembre 2010 comment parvenir à tuer Julian Assange, le fondateur de Wikileaks. « Ne pouvons-nous pas simplement "droner" cet homme? », aurait-elle demandé à ses collaborateurs, alors qu’elle était Secrétaire d’Etat.
Le site base ses affirmations sur des sources travaillant au sein même du Département d’État, et soutient que Hillary Clinton se serait explicitement interrogée sur la possibilité de tuer Julian Assange, en raison de la lenteur de la stratégie visant à faire tomber WikiLeaks et son fondateur, Julian Assange. True Pundit évoque également la possibilité que la tête d’Assange ait été mise à prix, et avance même une somme de 10 millions de dollars comme possible récompense pour sa capture et éventuellement son extradition.
Le site True Pundit explique également disposer d’une une copie de l’email envoyé par une employée du Département d’État après cette rencontre du 23 novembre 2010 intitulé évoquant les possibilités d’employer des moyens « légaux ou non-légaux » pour faire tomber Wikileaks.
Atlantico 
Hillary Clinton a proposé de faire éliminer Julian Assange par un drone. Par Bertrand Rivière
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Syrie: Attention, ne tombez pas dans le piège d"Avaaz… Par Nabil Antaki

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Daesch, #Terrorisme, #La République, #l'islamisme

Attention : le fait d’ouvrir seulement cette pétition d’Avaaz ou d’aller consulter leur site fait de vous quelqu’un qui est comptabilisé par Avaaz comme un de ses millions de membres. Même sans signer. Avaaz n’a jamais reculé devant aucune tromperie, depuis sa fondation. m-a

 

Syrie: Attention, ne tombez pas dans le piège…

Par Nabil Antaki le 02 octobre 2016

 

 

 

Syrie: Attention, ne tombez pas dans le piège d"Avaaz…  Par Nabil Antaki
 
 

Une amie Française vient de me consulter au sujet d’une pétition [1 ] qui circule sur le web à propos de « destructions commises par l’armée syrienne et les avions russes sur les hôpitaux d’Alep ». Pétition qu’il est demandé aux honnêtes gens de signer et qui sera ensuite envoyée comme lettre ouverte à Barak Obama et à Angela Merkel.

Voici ce que je lui ai répondu :

Attention. Ne signez pas cette pétition en pensant que vous nous rendez service en exprimant ainsi votre solidarité avec nous.

On veut profiter de la sympathie des gens pour les bonnes causes et de leur solidarité avec les personnes qui souffrent pour leur soutirer des appuis politiques.

Cette lettre est une fabulation et un outil de propagande très habile, exactement comme dans le cas de l’OSDH (Observatoire syrien des droits de l’homme); une officine basée à Londres proche des groupes armés qui, sous un nom qui inspire confiance, a été créé par la CIA pour faire de la désinformation sur la guerre en Syrie. Les communiqués de l’OSDH sont malheureusement repris par tous les médias occidentaux et présentés comme parole d’évangile. Souvenez-vous de la fausse nouvelle donnée il y a quelques mois disant que le « dernier pédiatre d’Alep avait été tué ».

Cette lettre à Obama est signée par 15 noms inventés (des personnages fictifs, sauf un ou deux). On y fait, comme d’habitude, l’amalgame entre les quelques quartiers d’Alep-Est tenus par les terroristes et le reste d’Alep. On y raconte dans cette lettre des mensonges en affirmant, par exemple, que « 15 hôpitaux d’Alep-Est ont été bombardés en un mois ». Si on devait compter tous les hôpitaux et structures sanitaires qui, selon les communiqués des terroristes ou de Médecins sans frontières ont été bombardés par l’armée arabe syrienne, il y aurait eu en Syrie plus d’hôpitaux qu’en France.

Nabil Antaki | Alep, le 1er octobre 2016 | Facebook

[1] Avaaz ou change.org

URL: http://arretsurinfo.ch/syrie-attention-ne-tombez-pas-dans-le-piege/

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Kiev refuse la Paix. L'armée ukrainienne sabote encore le processus de paix.

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #Ukraine, #La guerre, #le nazisme, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #L'OTAN.

   Kiev refuse la Paix 

 

L'armée ukrainienne sabote encore le processus de paix 

Kiev refuse la Paix. L'armée ukrainienne sabote encore le processus de paix.

L'armée ukrainienne, en dépit des volontés marquées de mettre (enfin) en oeuvre le processus de paix, continue de saboter quotidiennement l'application des deux premiers des treize points du protocole de Minsk (1: Cessez-le-feu immédiat et 2: Retrait des armements de la ligne de contact).

En effet durant le week end, l'artillerie ukrainienne a bombardé la zone de front tuant 2 soldats républicains et occasionnant de nouvelles destructions matérielles importantes. Hier 90 tirs ukrainiens contre le territoire de la DNR ont été encore enregistrés.

Bombardements sur Yasinovataya (Nord de Donetsk)

pendant le week-end des Primaires électorales

Mais c'est surtout par des actions délibérées sur les secteurs de Petrovsky (Quartier Sud Ouest de Donetsk) et Stanitsa Lugansk (au Nord de Lugansk) que Kiev a exprimé son refus obstiné d'engager le processus de paix dans le Donbass. En effet, et conformément au point 2 du processus de Minsk, un retrait des forces combattantes doit être effectué au niveau des zones de contact or, sur les secteurs cités, les forces ukrainiennes ont non seulement refusé de se soumettre à ce protocole (au Nord de Lugansk) mais ont même ont perturbé par des tirs le retrait engagé par les forces républicaines (près de Petrovsky).

Les représentants de l'OSCE qui doivent "assurer le suivi et la vérification du cessez-le-feu" (Point 3 des accords) étaient présents à Petrovsky lors des provocations ukrainiennes (voir la vidéo ci dessous) et ils ont aussitôt demandé aux forces ukrainiennes de "prendre des mesures " pour respecter le cessez le feu, mais en vain...

La conséquence est que le commandement militaire de la DNR a donné l'ordre à une de ses divisions de revenir sur ses positions initiales tant que Kiev ne se soumettra pas également au processus de Minsk signé par elle en février 2015.


Kiev ne peut pas la guerre et ne veut pas la paix

On voit donc une armée ukrainienne qui est bloquée dans les tranchées politiques et militaires creusées par Kiev. Incapables de relancer une offensive, les unités ukrainiennes ne veulent pas pour autant se plier aux consignes données par les accords de Minsk. Aussi les soudards se contentent-ils de maintenir le front sous un feu minimum afin d'alimenter la politique de terreur lancée par Kiev au Printemps 2014, de fixer les forces républicaines et de saboter le processus de Paix...

Depuis la semaine précédent la tenue des Primaires électorales dans le Républiques, l'artillerie ukrainienne a repris ses tirs contre les populations civiles du Donbass.

Après une trop courte trêve la population du Donbass

est à nouveau sous les obus de l'armée ukrainienne

Le satrape kiévien pris à son propre piège 
 
Ce sabotage permanent du processus de paix, sans toutefois s'accompagner d'un retour à une dynamique offensive, révèle la situation de blocage du Président Porochenko, qui militairement ne peux plus attaquer le Donbass sans risquer une Bérézina catastrophique et politiquement ne peut s'y désengager sans risquer la perte des territoires occupés (de Mariupol à Slaviansk) et surtout un coup d'état immédiat des nationalistes radicaux.
 
La marionnette étasunienne de Kiev de plus en plus impopulaire en Ukraine mais aussi dans les pays occidentaux est donc aujourd'hui sur un trône éjectable. Complètement isolé Porochenko ne doit le sursis de son pouvoir qu'à la perfusion économique de ses parrains occidentaux que sa présence maintient ouverte et la guerre dans le Donbass qui nourrit satisfait les radicaux et nourrit les oligarques et alimente encore une "union sacrée" politique de plus en plus fragile...


Un conflit aux ordres de Washington
 
De toute évidence l'évolution de la situation du front du Donbass, aujourd'hui gelée entre la guerre et la paix, est dépendante du contexte international et notamment du bras de fer engagé entre Washington et Moscou en Syrie. L'Ukraine reste un "front de réserve" pour la Maison Blanche qui profite de cette guerre dans le Donbass pour renforcer sa présence militaire en Europe et faire pression sur Moscou via une "otanisation" factuelle de l'Ukraine, tant politique et économique que militaire.
 
Par exemple, alors que le mythe de l'intervention russe dans le Donbass ne survit plus que dans les bas fonds des officines propagandistes occidentales, Anders Fogh Rasmussen, l'ancien secrétaire Général de l'OTAN qui a été nommé conseiller spécial du Président Porochenko tel un fanatique possédé  invoque encore la pseudo déstabilisation de l'Ukraine causée par Moscou et appelle à "la livraison d'armes défensives mortelles pour l'Ukraine, de sorte que l'Ukraine serait mieux en mesure de se défendre". Rasmussen n'est pas le seul occidental présent dans l'appareil d'Etat ukrainien et faisnt pression avec le lobbying de la communauté ukrainienne implantée en Amérique du Nord sur les décisions nord américaines.
Ainsi, la semaine dernière le congrès étasunien a donné son accord pour la livraison d' "armes de défense létales" à l'Ukraine, ce qui constitue une nouvelle provocation et surtout une décision contraire aux accords de Minsk.
 
En attendant l'évolution syrienne, l'échéance électorale étasunienne, les forces armées ukrainiennes quant à elles, appliquant des ordres précis de leur commandement militaire et politique entretiennent "à feu doux"  le front du Donbass qui peut exploser à nouveau à tout moment.
 
Combats près de Yasinovataya (Au Nord de Donetsk) 
au niveau du blok post Kroutaya Balka, le 2 octobre
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
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Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer à plein temps malgré une absence actuelle de revenus.

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Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.
 
En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 
 
Bien à vous 
Erwan
 
 
 
 
 
 
 
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Un nouveau conflit dans les Balkans ? Le « Oui » massif du référendum serbe rend fous de rage l’OTAN et Al Qaïda

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Yougoslavie, #La France, #l'Allemagne, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #l'islamisme, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch

Un nouveau conflit dans les Balkans ? Le « Oui » massif du référendum serbe rend fous de rage l’OTAN et Al Qaïda

 

Joaquin Flores – Fort Russ News 26 septembre 2016

 

14. Milorad Dodik meeting Banja Luka.jpg

Le premier ministre Milorad Dodik prend la parole à un meeting pré-victoire à Banja Luka, capitale de facto de la Republika Srpska

 

La Républika Srpska – l’état serbe autonome enchâssé dans la Bosnie-Herzégovine – a tenu hier un référendum qui change la donne. Ce référendum portait théoriquement sur la reconnaissance d’un jour férié : le Jour de l’Indépendance. Il a été publiquement approuvé et soutenu par le Premier ministre de la Republika Srpska, Milorad Dodik.

Dans la soirée d’hier [25 septembre, NdT], les derniers bulletins ont été dépouillés et le résultat a été publié : 99,8% des votants se sont prononcés pour la reconnaissance d’un Jour de l’Indépendance.

 

15. Vote Serbie.jpg

 

Mais les uns et les autres, des deux côtés, sont d’accord pour reconnaître qu’il s’agissait d’un galop d’essai pour un autre référendum, qui porterait, celui-là, sur une réelle déclaration d’indépendance, c’est-à-dire une volonté de séparation d’avec la Bosnie-Herzégovine et la possibilité d’une réunion avec la République de Serbie et sa capitale, Belgrade. Cette aspiration a le soutien la Russie.

Ce qui veut dire qu’un référendum portant sur la question d’une véritable indépendance pourrait bien se tenir à n’importe quel moment entre aujourd’hui et l’année 2018, qui a déjà été publiquement évoquée. En fait, la date précise dépendra de la rapidité avec laquelle l’OTAN poussera le fragile état multi-ethnique et multi-confessionnel vers une intégration à l’Alliance et exigera de lui des réformes constitutionnelles grosses d’orages.

Le référendum d’hier était une réplique aux avertissements officiels – et même aux menaces de violences – de l’OTAN, interdisant la tenue d’un référendum dans la capitale sous domination bosniaque de la Bosnie-Herzégovine, Sarajevo.

Ces menaces n’ont pas laissé indifférent le gouvernement, siégeant à Belgrade, de la République de Serbie, état indépendant reconnu par l’ONU, à l’est de la Republika Srpska et de la Bosnie-Herzégovine.

La République de Serbie (à ne pas confondre avec la Republika Srpska) ne fait partie ni de l’Union Européenne ni de l’OTAN. La Bosnie-Herzégovine, qui comprend la Republika Srpska, ne fait pas non plus partie de l’OTAN, mais l’équipe au pouvoir à Sarajevo a multiplié ces dernières années les démarches pour y être admise.

 

16. Carte Balkans2010.png

 

 Au départ, le Premier ministre serbe Aleksandar Vučić, respectant les normes diplomatiques de non-intervention dans les affaires intérieures d’autres états, avait exprimé une position neutre vis-à-vis du référendum bosniaque.

Mais, suite aux menaces de violence contre la population ethnico-religieusement différente de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères, Ivica Dačić, après un échange de vues avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, a été forcé de se prononcer plus clairement, en déclarant que les forces de sécurité serbes ne resteraient pas les bras croisés, si un référendum, dans la Republika Srpska voisine, était en butte à des violences de la part des forces de Sarajevo.

On n’avait pas entendu des discours de ce genre au niveau officiel depuis la guerre « civile » de Yougoslavie, qui a fait rage de 1991 à 2001. Les intellectuels occidentaux qui se sont exprimés sur le sujet – y compris Noam Chomsky – ont démontré que le démantèlement de la Yougoslavie avait résulté d’un projet dirigé par les États-Unis et l’Allemagne, l’Albanie et la Croatie étant les premiers bénéficiaires ex-yougoslaves de l’entreprise.

Il y a peu de chances pour que les USA et la Russie trouvent un terrain d’entente sur ce problème, vu son parallélisme avec d’autres guerres où s’affrontent actuellement les deux puissances. Le désir des Russes de construire un gazoduc à travers les Balkans et la volonté de l’OTAN de s’y opposer augmentent considérablement les chances d’un nouveau conflit dans les Balkans.

 

Ce qui a déclenché le mouvement du référendum.

Depuis 2013, l’OTAN a organisé plusieurs rencontres au sommet avec l’équipe au pouvoir à Sarajevo, en vue d’accélérer l’entrée de la Bosnie-Herzégovine dans l’Alliance.

Ces tractations ont été synchronisées, en 2014, avec un mouvement de revendications sociales  portant apparemment sur les droits du travail et les problèmes de chômage à Tuzla, l’ancienne capitale industrielle de la Bosnie, que l’auteur de ces lignes et notre collègue russe Andrew Korybko ont signalé à l’époque comme un stratagème de l’UE et de l’OTAN [ébauche de révolution colorée en somme, NdT]. Leur conviction s’était fondée alors sur le fait que les manifestants réclamaient des changements de la Constitution qui auraient court-circuité son état actuel, lequel reconnaît à la Republika Srpska un important degré d’autonomie. Cet état présent de la Constitution accorde à la Republika Srpska le droit d’entretenir une force de sécurité ethnique dotée d’une autonomie équivalente à la force de sécurité ethnique bosniaque, à la frontière séparant les deux états associés.

La frontière entre la Republika Srpska et la République de Serbie est plutôt poreuse, avec un contrôle des frontières qui ressemble beaucoup plus à un péage qu’à une frontière nationale entre deux états distincts.

Là-dessus,vient se greffer un mouvement social bosniaque, vendu au public occidental comme une initiative syndicale laïque de centre-gauche, qui est en réalité un mouvement salafiste djihadiste lié à Al Qaïda, utilisant les procédés d’agitation des Frères Musulmans, dont le but est de consolider le contrôle de Sarajevo sur la Republika Srpska actuellement autonome, en conformité avec les intentions publiquement affichées de l’UE et de l’OTAN de réformer la Constitution.

Dans un document intitulé « Réformer les institutions de la Défense de Bosnie-Herzégovine » publié par le journal officiel de l’OTAN, NATO Review, James R. Locher III et Michael Donley analysent les progrès accomplis par la Bosnie-Herzégovine dans le domaine de la réforme de son armée.

Ils écrivent :

La Bosnie-Herzégovine a réussi à satisfaire presque toutes les attentes de l’OTAN. Succédant à une intense période de recherche de consensus (consensus building) et de négociations entre mai et septembre 2003, la Commission de Réforme de la Défense est arrivée à un accord unanime qui a fait l’objet d’un rapport de 293 pages, fixant la voie à suivre. Ce rapport comportait le brouillon des changements à apporter aux constitutions des deux entités, trois lois de niveau-entité et deux lois de niveau-état, ainsi que deux propositions de lois comprenant une loi sur la défense au niveau de l’état.

L’OTAN a planté profondément ses crocs dans la Bosnie (aussi appelée Bosnie-Herzégovine dans cet article) et elle n’est pas du tout disposée à lâcher prise. Les réformes sur la sécurité impliquent la centralisation du commandement et l’élimination de toutes les forces de sécurité autonomes de la Republika Srpska, qui sont déjà en sous-effectifs, du fait de la signature forcée d’accords léonins.

Une autre preuve que la situation, dans la région, est instable, c’est que la principale menace envers les forces de sécurité serbes est constituée par l’armée bosniaque elle-même.

En février dernier, la Fédération de Russie a annoncé qu’elle allait entraîner les forces de sécurité de la Republika Srpska, dans le cadre d’un projet d’entraînement commun.

L’OTAN et les Monarchies du Golfe ont, de leur côté, préparé leurs propres forces paramilitaires en parallèle avec l’armée officielle. Ces forces font, pour l’essentiel, partie des brigades d’ISIS et d’Al-Nosra, mais les centres de recrutement et d’entraînement sont en Bosnie.

Le plus grand camp d’entraînement des troupes d’ISIS et d’Al Qaïda à l’ouest d’Istamboul se trouve en Bosnie. Les plus grands groupes ethnico-religieux indigènes à l’Europe actuellement engagés dans les guerres de Syrie et de Libye sont bosniaques. Les Bosniaques, à l’origine, étaient des Serbes qui, pour différentes raisons, au temps de la domination ottomane, ont adopté la religion musulmane. La langue parlée par les Bosniaques, aujourd’hui encore, est le serbe. Ils restent, en général, d’un point de vue phénotypique, indiscernables des Serbes, les deux principales différences entre les deux communautés étant religieuses et historiques.

Mais les liens historiques entre les musulmans de Bosnie et la Turquie existent encore. Les médias occidentaux qui ont rendu compte des manifestations de Tuzla se sont bien gardés de jamais faire allusion au fait que les groupes organisateurs étaient soutenus par l’Arabie Saoudite et la Turquie. Pourtant, l’essentiel du travail d’organisation  a été fait par le plus grand parti « islamiste modéré » de  Bosnie, le SDA (Parti d’Action Démocratique).

Financé significativement par les monarchies du Golfe et par le Parti populaire européen de Jean-Claude Juncker (dont il fait partie), le SDA, est un parti conservateur de droite (Chari’a) pro-Union Européenne et islamiste, qui est aussi le parti politique le plus important de Bosnie.

 

17.  Local SDA candidates.jpg

Candidats du SDA

 

En ce sens, ce croisement de mouvements pro-OTAN, pro-UE et islamistes se faisant passer pour des progressistes de centre gauche, répète à l’identique la stratégie politico-médiatique utilisée en Libye avec le CNT ou Conseil national de transition, et en Syrie avec le CNS ou Conseil national syrien et l’ASL ou Armée syrienne libre.

En conséquence des avertissements sans équivoque de Sarajevo quant à sa volonté d’abolir le statut autonome de la Republika Srpska, le ministre des Affaires étrangères russe Lavrov a prévenu très clairement en 2014 que si Sarajevo mettait à exécution sa menace de changer la Constitution, la Russie serait en position de « reconnaître le droit à l’autodétermination des deux peuples composant l’État » de la République à trois peuples de Bosnie-Herzégovine, se référant ainsi non moins clairement au précédent historique des Croates et des Serbes, bien que sa remarque concernât surtout la Serbie, puisque les Serbes de Bosnie ont ouvertement exprimé leur volonté de faire sécession en cas de crise constitutionnelle.

Toutes ces circonstances rassemblées font de la consultation d’hier un « référendum-test » sur l’indépendance de la Republika Srpska.

 

Contexte

La structure actuelle de la Bosnie-Herzégovine résulte de deux déterminants historiques : la structure d’origine de la République socialiste fédérale de Yougoslavie et les accords de Dayton. Les accords de Dayton ont été négociés et signés en 1995, lors de la guerre civile (sic) de Yougoslavie, quatre ans avant le bombardement de la Serbie en général et de Belgrade en particulier, par l’aviation de l’OTAN. Les institutions et les réalités politiques créées par les accords de Dayton sont, pour l’essentiel, le point de convergence de la dispute.

La République actuelle de Bosnie-Herségovine est composée de la Republika Srpska d’une part, et de la Fédération de Bosnie et d'Herzégovine d’autre part, celle-ci ayant été auparavant nommée Fédération bosniaco-croate, parce qu’elle était elle-même composée de deux groupes religieux distincts.

Comme l’auteur de ces lignes l’a écrit dans le passé, la période qui s’annonce et la crise qu’elle amène vont offrir à la Republika Srpska l’occasion rêvée de s’unir à la Serbie.

La Serbie est dans la position délicate de pouvoir soit récupérer la Republika Srpska et le Kosovo, tout en conservant des régions comme la Voïvodine, soit d’éclater davantage, en prenant part à un véritable conflit entre des pouvoir locaux aspirant au transfert et des états régionaux hostiles.

Un des rédacteurs de Fort-Russ et directeur de projets spéciaux du Centre d’Études Syncrétiques, Jafe Arnold, a écrit une étude fouillée et prémonitoire sur le sujet pour Global Independent Analytics, au début de cette année. Il y disait notamment :

Au cours des derniers mois, on a constaté un accroissement des tensions entre les deux entités politiques formant la Bosnie-Herzégovine - la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska - au point que la bouilloire sur le feu qu’est l’arrangement géopolitique de cet espace de l’ex-Yougoslavie a failli déborder.

Tandis que les événements continuaient leur escalade et que l’axe OTAN/islamistes apparaissait au grand jour, la situation, dans les pays de l’ex-Yougoslavie est devenue plus instable qu’elle ne l’a jamais été depuis 2001.

 

Des ONG serbes pour éduquer et tenter de stabiliser.

Le Centre pour les Études Syncrétiques (Center for Syncretic Studies) a été fondé en 2013 à Belgrade, comme une réponse spécifique au spectre grandissant d’un nouveau conflit majeur dans la région. En tant qu’organisation éducative à but non lucratif, il a travaillé à disséminer l’information accessible au public, à l’intention à la fois des publics anglophones et serbes, pour aider à comprendre ce que signifient les Balkans occidentaux et  en particulier la Serbie, dans la crise mondiale en cours.

Fort-Russ News a plusieurs rédacteurs, qui sont aussi des chercheurs, et des directeurs au sein du CSS. Le CSS travaille en partie sur des questions relatives aux efforts de déstabilisation de l’OTAN dans la région, et il étudie les outils de mobilisation politique et idéologique capables de s’y opposer. Le CSS a travaillé en collaboration avec le consulat de Syrie et avec des dirigeants politiques serbes, afin d’être mieux préparé aux événements que de nombreux analystes considèrent comme inéluctables.

Les événements de Syrie et d’Ukraine ont confirmé plusieurs des thèses opératoires du CSS sur l’idéologie syncrétique, les tactiques de printemps colorés dans le contexte de la 4GW (« Fourth Generation Warfare ») ou  Guerre de Quatrième Génération* et la guerre des nouveaux médias, qu'il peut s’avérer utile de bien connaître, au fur et à mesure que surgiront des problèmes similaires dans les mois ou les années qui viennent, dans ce qui fut la Yougoslavie.

________________

* Lire aussi : « Syrie, le laboratoire d’une guerre de quatrième génération ? » - Le Grand Soir, 27 décembre 2012.

 

Source : http://www.fort-russ.com/2016/09/new-balkans-conflict-ser...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades.

 

Si nous comprenons bien tout, la République serbe de Bosnie se trouve aujour’dhui ou se trouvera demain dans la situation où était la Crimée, au lendemain du coup d’État Otano-nazi d'Ukraine. Si les choses pouvaient évoluer de la même manière, les deux Serbie réunies ne formeraient plus qu’un seul état, auquel pourrait se joindre, on ignore comment mais c’est envisagé, le Kosovo. Par superstition, on n’ose presque pas dire que ce serait là un premier pas vers une reconstitution, à plus ou moins long terme, de la Yougoslavie démantelée par nos soins (honte éternelle sur l’Europe !) mais il faut l’espérer.

 

2. Ministère Défense russe logo.GIF

Et voilààààà !

 

Le Conseil européen accueille favorablement la demande d’adhésion de la Bosnie-Herzégovine

Olivier Berruyer – Les crises – 2 octobre 2016

 

19. guillemets anglais.GIF

Eh oui, la Bosnie dans l’UE, génial ! Tout va bien se passer… Vivement l’Albanie ! (parce que je ne plaisante pas en plus)

C’est fascinant un machin qui sombre dans la folie, comme l’OTAN…

 

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Denis Zvizdic a rencontré à Bruxelles Christian Danielsson, commissaire européen à l’élargissement (photo gouvernement de Bosnie-Herzégovine)

 

BOSNIE-HERZÉGOVINE. Suite à sa demande d’adhésion présentée le 15 février 2016, le Conseil européen rappelle, mardi 20 septembre 2016, “son attachement sans équivoque à la perspective européenne de la Bosnie-Herzégovine en tant que pays unique, uni et souverain”.

Dans ces conclusions, le Conseil “réaffirme que l’avenir des Balkans occidentaux est dans l’Union européenne.”

Le président  bosnien du Conseil des ministres, Denis Zvizdic s’est félicité de ces propos : “Aujourd’hui, nous vivons véritablement un moment historique pour l’orientation européenne et l’avenir européen de la Bosnie-Herzégovine.

Tout en saluant “les progrès significatifs réalisés dans la mise en oeuvre du programme de réformes”, Bruxelles demande au pays de poursuivre ses réformes économiques mais aussi celles dans le domaine de l’Etat de droit et de l’administration publique.

La route vers l’Union européenne semble donc toute tracée.

 

Un accord de stabilisation et d’association déjà signé avec Bruxelles

La Bosnie-Herzégovine a conclu un accord sur un mécanisme de coordination concernant les questions relatives à l’UE. Ses gouvernements successifs travaillent depuis 2015 à un programme de réformes pour entrer dans les critères de Bruxelles.

Pays de 3,87 millions d’habitants, la Bosnie-Herzégovine (51 000 km²) est née en 1992 de l’éclatement de la Yougoslavie. Elle est constituée, depuis les accords de paix de Dayton (décembre 1995) mettant fin aux conflits interethniques, de deux entités : la Republika Srpska (majorité de Serbes) et la Fédération de Bosnie-Herzégovine (Bosniaques et Croates).
Le pays a signé, en 2007, un accord de stabilisation et d’association (ASA) avec l’Union européenne. Il est entré en vigueur en juin 2015.

Doté d’une banque centrale depuis 1997, sa monnaie est, depuis juin 1998, le mark bosnien (1,96 Marks = 1 €). Avec un PIB de 15,57 mrds€ en 2015, l’économie est portée par le secteur tertiaire (66% du PIB) avec le commerce, les services aux entreprises et le transport. Le secteur industriel (produits métalliques et bois) assure un quart du PIB, l’agriculture 8%.

Le pays connaît un taux de chômage de 27% (26,5% en prévision pour 2016).

Parmi ses voisins, la Croatie est devenue en juillet 2013 le second membre de l’ex-Yougoslavie à rejoindre l’Union européenne après la Slovénie en mai 2004.

Le Monténégro et la Serbie se trouvent également sur le chemin de l’intégration en tant que candidats officiels.

Source : Econostrum, Frédéric Dubessy

Notre source : https://www.les-crises.fr/le-conseil-europeen-accueille-f...

 

P.S. Sur les camps djihadistes prêts à donner un coup de main en cas de besoin, pour mater la République serbe, voir les commentaires en fin d’article.

 

2. Ministère Défense russe logo.GIF

 

 

Mis en ligne le 3 octobre 2016.

Précisons :

L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord nous prépare une guerre de Yougoslavie bis.

Personnages : Les groupes salafistes « rebelles modérés » sont sur place, fin prêts pour un « regime change ». Mais la résistance aussi s’organise.

Décor : La Republika Srpska ou République serbe de Bosnie (RS) au milieu. La République fédérale de Bosnie-Herzégovine – moitié croate, moitié bosniaque – (BH) à droite. La République de Serbie (S), à gauche. Par la grâce de nos protecteurs et amis, la Yougoslavie a été morcelée de façon que la première – RS – fasse partie de la deuxième (BH) et ait une frontière commune avec la troisième (S).

Action : avec le référendum dont il est question plus haut, on pourrait croire à une provocation de la part de la RS, mais il s’agit en fait d’une manœuvre de défense contre une provocation BH-UE-OTAN préparée de longue date.

Rideau :

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