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Le blog de Lucien PONS

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Pour une politique française en SYRIE indépendante et respectueuse du droit (Pétition adressée à Emmanuel Macron). Comité Valmy.

15 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

Publié par El Diablo

Pour une politique française en Syrie
indépendante et respectueuse du droit
Pétition adressée à Emmanuel Macron

samedi 15 juillet 2017, par Comité Valmy

Pour une politique française en Syrie
indépendante et respectueuse du droit

Monsieur le Président,

Vous avez déclaré que vous ne souhaitiez pas la destruction de l’Etat syrien et qu’avec vous au pouvoir, on en aurait fini avec les “néoconservateurs importés”. Plus récemment, au sortir du G20, vous avez de nouveau précisé votre détermination à œuvrer pour une sortie politique du conflit excluant le préalable d’une mise hors jeu de l’actuel Président de l’Etat syrien. Vous interrompez le soutien financier et logistique que la mandature précédente accordait à des forces combattantes terroristes qu’elle qualifiait de ‘modérées.’

 

Ce réalisme a été imposé par l’échec d’une politique d’ingérence illégitime et désastreuse. Le peuple syrien avec toutes ses composantes, en particulier une opposition authentique de l’intérieur, certes pas celle d’une poignée d’exilés exhibés à quelques occasions, s’est rangé derrière Bachar el Assad pour lutter contre la désintégration de sa nation. Avec l’aide de pays amis, il est en train de mettre fin à l’existence d’un Etat takfiriste.

Parmi ceux qui ont accueilli votre présidence avec scepticisme, beaucoup espèrent voir dans cette position une politique qui permettrait à la France d’entamer une diplomatie indépendante. Elle se déploierait fermement dans les intérêts conjoints des peuples de la région, martyrisés et décimés, et du peuple français qui n’en a récolté comme effet tangible que des attentats terroristes sur son territoire et l’instauration d’un Etat d’urgence sans cesse reconduit. Elle saurait rester insensible aux imprécations telles que celles développées dans une lettre ouverte à Libération (1). Ce véritable appel à la guerre cautionne la tentative de déstabilisation d’un Etat souverain au mépris de la loi internationale. Il se présente sous la forme d’un chantage moral habituel qui consiste à culpabiliser ceux qui refusent la guerre, en les accusant de faire de la France la « complice » des crimes imputés sans preuve au gouvernement syrien. Bien au contraire, des preuves irréfutables s’accumulent qui mettent en évidence la responsabilité des forces terroristes dans les différents événements chimiques qui ont émaillé la scénarisation d’une dictature sanguinaire qui assassine son peuple.

Nous sommes opposés à toute guerre d’ingérence franche comme celle qui a détruit la Libye et déstabilisé l’Afrique sub-sahélienne mais plus encore contre cette forme insidieuse d’agression menée par la France en Syrie à l’insu du peuple français. Aussi nous vous mettons en garde instamment contre la tentation de création de couloirs humanitaires, prétexte toujours invoqué pour établir une installation militaire étrangère dans un pays souverain.

Monsieur le Président,

Nous attendons de la part de votre gouvernement que la France réaffirme sa vocation d’indépendance et de respect du droit en matière de politique internationale, à savoir :


- Qu’elle s’oppose aux guerres visant à des « changements de régime », qui sont en réalité des guerres visant à la destruction d’États souverains qui n’agressent personne ;

- Qu’elle refuse de suivre les « diktats » de tous ceux, néoconservateurs ou « humanitaires » auto-proclamés, qui mèneraient à des guerres sans fin, illégales au regard du droit international ;

- Qu’elle fonde le prestige de la France sur sa capacité de compréhension et de médiation des conflits, ce qui est dans l’intérêt véritable des Français et des peuples du monde entier ;

Comme premier geste concret, nous vous demandons de lever les sanctions qui frappent le peuple syrien et de rétablir les relations diplomatiques avec l’Etat syrien. Cela permettrait au moins de coordonner les actions contre les takfiristes européens recrutés en Syrie et en voie de retour pour commettre des attentats.

(1) (http://www.liberation.fr/debats/2017/07/02/monsieur-le-president-maintenir-assad-c-est-soutenir-le-terrorisme_1581057) ;
Le drapeau syrien reconnu internationalement comporte deux étoiles vertes et une bande rouge contrairement à celui figurant sur cette pétition qui fut celui de la Syrie coloniale.

 

Dans un second temps, un lien permettant la signature directe de cette pétition va être ajouté. En attendant adresser les signatures au site qui les transmettra : info@comite-valmy.org

Premiers Signataires :

 Claude Beaulieu, président du Comité Valmy
 Badiaa Benjelloun, médecin, directrice de l’espace Maymana
 Ahmed Bensaada, enseignant, auteur et essayiste
 Joseph Berbery, retraité de l’enseignement, Canada
 Geneviève Blache, membre de la direction du Comité Valmy
 Jean Bricmont
 Vladimir Caller, journaliste, analyste politique
 Michel Collon, journaliste, écrivain, fondateur d’Investig’Action
 Comité Valmy
 Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale
 Bruno Drweski, enseignant-chercheur, historien, géopolitiste, ARAC
 Bernard Gerbier, professeur des Universités émérite
 Bruno Guigue, ex-sous-préfet de la République, analyste politique
 Youssef Hindi, écrivain, analyste politique
 Investig’Action
 Diana Johnstone, journaliste, écrivaine
 Claude Karnoouh, philosophe, anthropologue, retraité CNRS
 Jacques Kmieciak, journaliste
 Simone Lafleuriel-Zakri, professeur retraitée, écrivaine, historienne
 Jean Lévy, Comité Valmy (direction), ancien responsable CGT Banques
 Jacques Maillard, physicien, bureau national du Comité Valmy
 Alexandre Moumbaris, éditions Démocrite
 Marie-José Moumbaris, éditions Démocrite
 Majed Nehmé, journaliste franco-syrien, directeur de Afrique-Asie
 Jean-Pierre Page, syndicaliste, ancien dirigeant national CGT
 Maria Poumier
 Jean-Pierre Robert, administrateur du site Palestine-Solidarité
 Yves Vargas, Philosophe
 Jean-Michel Vernochet, journaliste
 Isabelle Voltaire, Comité Valmy (direction)
 Michel Raimbaud, ambassadeur de France (ret.), conférencier
 Francis Arzalier, historien
 Roger Akl
 Richard Labévière, rédacteur en chef du magazine en ligne prochemoyenorient.ch
 Claude Gaucherand, contre-amiral (2 S)
 Michel Debray, vice-amiral en 2e section
 Pierre Lévy, Rédacteur en Chef de Ruptures
 Hugues-Antoine Suin, diplomate à la retraite
 Hassan Hamdane, sociologue, professeur à l’Université libanaise, Beyrouth
 Ali Ibrahim, citoyen syrien, licencié es-littérature française
 Dominique Dionisi
 Guy Chayvialle
 Laurence Potier, Chef d’entreprises
 Hubert de Gevigny, contre-amiral (2 S)
 Charles Hoareau, président Association nationale des communistes
 Sylvia Cattori, journaliste indépendante
 Marie-Catherine Andreani
 Jacques Lacaze, ancien conseiller municipal Liévin (62)
 Jean-Pierre Garnier, sociologue
 Bernard Maillard
 Claude Deffontaine
 Hélène Lequien
 Mouna Alno-Nakhal, ex-biologiste
 Odile Hage, retraitée de l’enseignement
 Halima Sadki, enseignante, membre du Comité Valmy
 Mezri Haddad, ancien ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO
 Bernard Gaveaux
 Nadia Gaiddon
 Christian Bouteau
 Denis Lemercier
 Nathalie Waibel, citoyenne éclairée donc libre
 Laurent Dauré, journaliste
Ginette Hess Dkandranirédactrice de La voix de la Syrie.com
Claude Roddier - astrophysicienne retraitée - Comité Valmy
François Roddier - astrophysicien retraité - Comité Valmy
Michel Dupuy , cadre retraité, syndicaliste
Gilles Gomel, retraité
Dominique HERRBACH, Enseignant
Ulrike Darras , membre du MODEM
Jean Darras, docteur en droit, retraité de la fonction publique
Michel Leprêtre - Proviseur retraité en charge du Lycée Charles de Gaulle de Damas (2012-2016)
Walter POMATELLI technicien en retraite
Hamouda S
Henri Brosse, ouvrier retraité
Jean-Claude Delaunay, économiste, professeur retraité
Guilleminot Christian, retraité
Yara Massarani
Thierry Delbós
Marie-Christine Mouranche
« Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »
Lucien Pons, président du « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »
Philippe MASSON - Professionnel de santé ; libre penseur
Gabriel Galice, ancien Conseiller régional de Rhône-Alpes, Président de l’Institut International de Recherches pour la Paix à Genève (GIPRI).
Bassam Tahan
Dominique Mazuet - Librairie Tropiques
Djamal Benmerad
Adel Ben Youssef - Historien- Universitaire - Tunisie
Nicolas Dhuicq, ancien député
Yvo Rens, Professeur honoraire Université de Genève
Jacques Durand, retraité du CNRS
Marie-Ange Patrizio, traductrice
Nora Zeghli, Directrice de publication Hawa Magazine
Denis Rancourt, Association des libertés civiles de l’Ontario, Canada
Vaneesa Beeley, journaliste indépendante
Hichem Kacem, éditeur indépendant
Ali Rastbeen, Président de l’Académie de géopolitique, Paris
Vadim Kamenka, journaliste, L’Humanité
Bahar Kimyongur
Gearoid O Coilmain

Dans un second temps, un lien permettant la signature directe de cette pétition va être ajouté. En attendant adresser les signatures au site qui les transmettra : info@comite-valmy.org

SOURCE:

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Face au BLOC oligarchique (par Bertrand Renouvin)

14 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La nation .

Face au BLOC oligarchique (par Bertrand Renouvin)

Face au BLOC oligarchique (par Bertrand Renouvin)

 

 

Le 21 mai 1981, François Mitterrand déclare que « la majorité politique des Français, démocratiquement exprimée, vient de s’identifier à sa majorité sociale ». Le 18 juin 2017, la minorité sociale qui a été démocratiquement élue ne correspond plus à la majorité politique et sociale et prend le risque de s’y opposer.

 

Lors de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a bénéficié d’un faible vote d’adhésion et d’un très fort courant « dégagiste » qui s’est ensuite reporté sur les candidats du parti présidentiel. La République En Marche a su profiter de la fragilité personnelle de François Fillon, qui a brisé la dynamique victorieuse de la droite, et exploiter la crise terminale du Parti socialiste en offrant une synthèse centriste à des gens de droite et de gauche qui étaient depuis vingt ans d’accord sur l’essentiel : les règles de l’ultralibéralisme, la férule allemande, l’atlantisme.

 

La croisade antifasciste, le passif extrémiste du Front national, l’incapacité de sa cheftaine et l’erreur stratégique de Jean-Luc Mélenchon qui a privilégié la rupture institutionnelle au détriment de la politique d’indépendance nationale ont répandu l’inquiétude, dispersé les énergies et provoqué le découragement d’innombrables citoyens de la « France d’en bas ». Il ne faut pas s’étonner que l’électorat protestataire ait choisi le populisme d’extrême-droite, le populisme de gauche, le vote de rejet, le vote blanc ou encore l’abstention.

 

Appuyé sur une majorité parlementaire absolue qui bénéficiera de surcroît de l’opposition d’une droite « constructive », Emmanuel Macron est en mesure de rationaliser et de radicaliser le projet du bloc oligarchique avec l’appui du Medef, de la CFDT, de l’Institut Montaigne, de Terra Nova, des grands médias et des intellectuels organiques conduits par Jacques Attali et Bernard-Henri Lévy. Cette classe remarquablement mobilisée n’a pas dévoilé toutes ses intentions pendant la période électorale mais nous savons déjà :

 

- que la haute administration va être soumise à une épuration minutieuse afin que les principaux serviteurs de l’Etat soient réduits à une fonction servile dans le parfait mépris de notre tradition administrative.

- que le gouvernement prépare la banalisation de l’état d’urgence par l’attribution aux préfets de pouvoirs hors du contrôle judiciaire.

- que le Code du travail va être réformé par ordonnances, selon le vœu du patronat, afin de renforcer la soumission des salariés et la précarité de leur emploi.

- que le gouvernement prépare les Français à subir une cure d’austérité renforcée, sur injonction de Bruxelles et pour tenter d’obtenir de Berlin la réforme de la zone euro qui lui sera refusée.

 

L’offensive esquissée en fin de période électorale va maintenant se déployer et nous allons en découvrir tous les axes. Pour résister à l’effet de sidération, il faut repérer au plus vite les faiblesses du commandement et les failles du dispositif. Emmanuel Macron est un remarquable propagandiste de lui-même mais la fluidité de son discours, son goût pour les assemblages de propositions contradictoires et l’indifférence courtoise qui est le propre de son milieu ne lui seront d’aucun secours lorsqu’il lui faudra trancher dans le vif pour faire les fameuses réformes.

 

Le bloc oligarchique va très vite révéler ses fêlures que les caciques – François Bayrou, Manuel Valls – ne manqueront pas d’exploiter car la logique de l’autopromotion individuelle a été exemplairement illustrée par Emmanuel Macron. De plus, la crise interne qui se développe et affaiblit le Font national va priver l’oligarchie du seul épouvantail dont elle disposait. Le populisme de gauche a un bel avenir devant lui, s’il accepte de rompre avec ses lourdeurs idéologiques et ses attitudes sectaires. Dans l’immédiat, c’est la mobilisation massive de la rue contre les ordonnances qu’il faut souhaiter et encourager.

 

Bertrand RENOUVIN

Editorial du numéro 1125 de « Royaliste » – 2017

 

SOURCE:

Face au bloc oligarchique - Le blog de Bertrand Renouvin

http://www.bertrand-renouvin.fr/face-au-bloc-oligarchique/




« Celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience » René Char.

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Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

14 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

 Transfert d'un message reçu :

Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

 

                                                                                                          

Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

 

                                                                                       

 9 Juillet 2017, 

Selon Le Canard enchaîné ("Un document alarmiste de la DGSE", 5.07.17), Macron aurait changé d'avis sur Assad et pris ses distances avec la politique de son prédécesseur Hollande et des néoconservateurs après avoir eu accès à des données consignées dans un rapport secret de la DGSE. On y apprendrait entre autres que le régime d'Assad n'aurait jamais été aussi fort depuis 2011 tandis que l'opposition dominée par des groupes djihadistes serait laminée, que les djihadistes en perte de vitesse tout comme l'Etat islamique pourraient après leur défaite en Syrie se rabattre sur l'Europe. Un rapport qui aurait été effectué pour le compte de la DGSE par des experts, des universitaires, des chercheurs et spécialistes de la géopolitique. Le Canard donne quelques extraits très succincts de ce rapport de 70 pages :


- "Le régime de Bachar (...) est aujourd'hui en meilleure posture qu'à aucun moment depuis 2011, grâce aux interventions russe et iranienne".

- "L'opposition est désorganisée et fragmentée, ne pose pas (sic) une menace stratégique (...). Les principaux groupes d'opposition sont de plus en plus divisés (...), souvent sous-équipés et démoralisés."
 

- "Cette opposition est de plus en plus dominée par des groupes extrémistes".
 

- "Une solution politique et militaire au conflit demeure peu probable".
 

- Daesh poursuivra son combat "en Europe, après la chute du Califat".


- "La libération de Mossoul soulèvera autant de problèmes qu'elle en résoudra (...) Les conflits latents (avec le gouvernement de Bagdad) risquent de refaire surface en 2017 et 2018, entre Kurdes et Chiites, et entre les deux principaux partis kurdes".

2°) Quand Macron cherche à se rapprocher de Trump au G20.

https://www.youtube.com/watch?v=P9yz7GWNfBQ

Bonne soirée

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Le secret le plus mal gardé de la guerre syrienne qui pourrait devenir le cauchemar d’Israël

4 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Une intéressante analyse à prendre, comme toujours, avec esprit critique et recul.

Source : Middle East Eye, Richard Silverstein, 30-06-2017

Photo : des soldats israéliens participent à un entraînement militaire sur le plateau du Golan occupé par Israël, près de la frontière israélo-syrienne, le 22 mars 2017 (AFP)

Oui, Israël soutient les rebelles syriens, mais pas seulement sur les plans financier et humanitaire : Israël espère que les rebelles serviront de tampon contre l’EI ou le Hezbollah, une stratégie qui pourrait facilement se retourner contre lui

Plus tôt ce mois-ci, le Wall Street Journal a publié l’interview d’un commandant rebelle syrien et d’une demi-douzaine de combattants, qui ont confirmé le secret le plus mal gardé du conflit syrien : Israël soutient directement les factions rebelles syriennes au moyen d’une aide humanitaire et financière.

L’implication d’Israël « est bien plus profonde et plus coordonnée qu’on le pensait et inclut le financement direct des combattants de l’opposition près de sa frontière depuis des années », indiquait l’article.

« Israël s’est tenu à nos côtés de manière héroïque », a déclaré Moatasem al-Golani, porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan, au Wall Street Journal

« Israël s’est tenu à nos côtés de manière héroïque », a déclaré Moatasem al-Golani, porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan, au Wall Street Journal. « Nous n’aurions pas survécu sans l’aide d’Israël. »

Selon le rapport, Israël donne 5 000 dollars chaque mois à Fursan al-Joulan – ou Chevaliers du Golan –, que le groupe utilise pour payer les salaires des combattants et acheter des armes et des munitions pour ses campagnes contre le gouvernement d’Assad dans le Golan syrien.

Je n’avais jamais entendu parler de Fursan al-Joulan auparavant. Un site en ligne consacré à la documentation du conflit syrien décrit un certain « Fouj al-Joulan » comme une milice du Golan alliée au régime d’Assad qui se consacre à la protection des villages druzes dans la région. Bien que les noms se ressemblent, il est peu probable qu’il s’agisse du même groupe, surtout que le commandant de Fouj al-Joulan, Majid Himoud, est un ennemi implacable d’Israël, que les Israéliens ont essayé d’assassiner par deux fois.

Comptant environ 400 combattants, Fursan al-Joulan semble être une milice locale. Celle-ci est sans doute affiliée à un groupe islamiste plus vaste comme al-Nosra ou al-Qaïda, mais je n’ai pas été en mesure de le déterminer. Le Wall Street Journal indique clairement qu’il n’est pas affilié à l’Armée syrienne libre, ce qui augmente la probabilité que Fursan al-Joulan soit un groupe islamiste. Il est également tout à fait possible qu’il y ait d’autres groupes, peut-être nombreux, qu’Israël aide pareillement.

Dans une vidéo de septembre 2014 publiée par Ahrar al-Sham, des combattants de l’opposition syrienne capturent une position du gouvernement syrien à Khan Arnabeh, près de la frontière est de Quneitra avec Israël sur le plateau du Golan (AFP/YouTube)

Le 22 juin, le correspondant principal en matière de sécurité militaire de Yediot Achronot, Alex Fishman, a confirmé le rapport du journal et en a exploré la motivation :

« Une partie non négligeable des rebelles syriens dans le Golan ont adopté l’idéologie salafiste extrême de Jabhat al-Nosra, une ramification d’al-Qaïda […] Le point de vue israélien est que les opinions extrémistes religieuses des rebelles syriens sont moins pertinentes [que leurs capacités à combattre les ennemis des Israéliens – l’Iran et le Hezbollah]. Israël est persuadé que ce qui les [les rebelles] intéresse avant tout est la survie ; et qu’il est possible d’acheter leur loyauté grâce à une aide matérielle qui contribue à garantir leur propre sécurité. »

« L’article du Wall Street Journal donne l’impression qu’Israël n’examine pas toujours les idées de ses alliés tant qu’il obtient une profitable sécurité réciproque. Selon le point de vue d’Israël, l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Et si Jabhat al-Nosra se bat contre l’EI dans le sud du Golan, et chacun d’eux se bat à son tour contre le Hezbollah et l’armée syrienne dans la région de Deraa, tant mieux. »

Ce mode d’interaction basé sur la réciprocité peut fonctionner pour Israël à court terme, mais l’histoire de la région regorge de semblables alliances temporaires qui se sont rapidement transformées en hostilité pure et simple lorsque les circonstances ont changé. Un ancien allié peut facilement et rapidement devenir le pire des ennemis.

Et en fait, les biens, l’expérience et les compétences transmises pendant l’alliance permettent à l’ancien allié de devenir un ennemi encore plus redoutable (pensez simplement aux Moudjahidines-Talibans en Afghanistan). Un certain nombre d’acteurs en Syrie, de l’EI à al-Nosra, pourraient, à un moment futur, décider qu’Israël est une cible plus facile que leurs anciens ennemis. Cette alliance de commodité à court terme pourrait facilement devenir un golem cauchemardesque qu’Israël aura lui-même créé.

Ce que veut Israël

Ces nouveaux rapports confirment plusieurs années de mes propres rapports qui documentaient une vaste intervention israélienne dans le conflit syrien, y compris de nombreuses attaques aériennes contre le Hezbollah et les convois d’armes iraniens, le bombardement d’un avion syrien qui s’était aventuré de quelques mètres dans le Golan occupé par Israël, les assassinats de commandants du Hezbollah et iraniens, les largages d’équipement aux unités d’al-Nosra alliées à al-Qaïda et les briefings directs entre les officiers de l’armée israélienne et les commandants rebelles.

Israël veut une Syrie divisée. Il veut un pays divisé par des conflits ethniques et religieux afin de pouvoir dominer le Golan et protéger sa frontière nord

Tout cela a démenti les fausses affirmations répétées dans les médias (y compris dans cet article de WSJ) selon lesquelles Israël est un parti neutre dans le conflit – ce dont Israël voudrait persuader le monde. Au contraire, il y est profondément impliqué et cherche à affaiblir ou à renverser Bachar al-Assad car les ennemis d’Israël, le Hezbollah et l’Iran, sont les principaux alliés du président syrien.

Je m’attends à ce que l’escalade israélienne se poursuive étant donné qu’Assad et ses alliés sont en train de prendre le dessus. Ils repoussent l’EI dans l’est de la Syrie et, une fois que ce sera fait, il est très possible qu’Assad puisse porter son attention vers l’ouest, notamment le Golan, pour consolider ses acquis territoriaux. Le véritable test interviendra à ce moment-là.

Israël veut une Syrie divisée. Il veut un pays divisé par des conflits ethniques et religieux afin de pouvoir dominer le Golan et protéger sa frontière nord. Jusqu’où est-il disposé à aller pour empêcher Assad d’y réaffirmer son contrôle total ?

Le président Bachar al-Assad salue le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à Damas en janvier 2014 (AFP/SANA)

Israël a eu de nombreuses occasions de négocier un accord de paix avec Bachar al-Assad et, plus tôt encore, avec son père. Il a tourné le dos à chacun de ces efforts. Il ne veut pas d’un accord avec Assad.

Pour éviter une confrontation politique interne avec les forces nationalistes concernant la restitution du Golan, le gouvernement de droite d’Israël préfère conserver sa conquête illégale du Golan et le statu quo. Pour ce faire, il faut continuer à semer la discorde et les équipées militaires dans le Golan.

Coup de semonce

De nombreuses escalades de mauvais augure dans le conflit syrien se sont produites ces derniers jours. L’Iran a annoncé avoir tiré des missiles depuis son territoire avec pour objectif des positions de l’EI dans l’est de la Syrie. Cela signifierait que le progrès technique des forces iraniennes est tel qu’elles sont désormais capables d’atteindre des cibles à des centaines de kilomètres de là. La dernière fois qu’elles ont attaqué un ennemi au-delà des frontières de cette manière était pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980.

L’attaque au missile de l’Iran est un avertissement à peine voilé adressé aux Saoudiens : tout comme nous pouvons atteindre l’EI en Syrie, nous pouvons vous atteindre à Riyad

Des sources militaires anonymes israéliennes ont affirmé que chacun des sept missiles qui avaient été tirés ont manqué leur cible, plusieurs n’ayant même pas atterri en Syrie. Cependant, en dehors de sources anonymes, les Israéliens n’ont rien fourni pour étayer leurs allégations. Il serait dans l’intérêt d’Israël de répandre des affirmations fallacieuses discréditant la prouesse militaire de son principal rival régional.

L’Iran a expliqué que l’attaque antimissile était une vengeance par rapport à une attaque terroriste récente perpétrée par des Kurdes iraniens à Téhéran et que l’EI a revendiquée. Puisque l’Iran a également accusé l’Arabie saoudite de l’attentat, qui a tué dix-sept personnes, en majorité des civils, l’attaque aux missiles est un avertissement à peine voilé adressé aux Saoudiens : « tout comme nous pouvons atteindre l’EI en Syrie, nous pouvons vous atteindre à Riyad ».

Ou comme le correspondant d’Al Jazeera l’a déclaré : « Et, bien sûr, nous devons considérer cela dans un contexte géopolitique plus large : il sera très intéressant d’observer la réaction de pays comme l’Arabie saoudite, les États-Unis et Israël parce que l’Iran montre qu’il peut riposter et le fera. »

Photo prise par le Corps des Gardiens de la révolution islamique iranienne montrant un missile balistique lancé lors d’un test dans un lieu tenu secret (AFP)

Le 18 juin, un avion de combat américain a abattu dans la campagne de Raqqa un avion de guerre syrien qui avait bombardé un objectif proche des forces rebelles syriennes soutenues par les États-Unis. L’armée américaine affirme que la cible était les Forces démocratiques syriennes (que les troupes du régime syrien avaient chassées de la ville), tandis que le régime prétend qu’il s’agissait de l’EI. L’aviation américaine a également abattu au moins deux drones pro-régime syrien.

Peur de la victoire d’Assad

Tout cela s’inscrit dans le cadre du succès croissant d’Assad qui reprend le territoire qui était autrefois contrôlé par l’EI. Les États-Unis, en attaquant les avions de guerre syriens, tentent d’entraver les efforts d’Assad. Dans les faits, cela signifie que la politique américaine reflète largement celle d’Israël. L’administration Trump semble elle aussi ne pas vouloir d’une Syrie unie, et préférer une Syrie divisée en cantons ethniques.

L’ultimatum lancé au Qatar afin qu’il mette fin à ses relations avec l’Iran et le Hezbollah est un exemple de la manière dont les répercussions de ce qui se passe en Syrie pourraient créer un tsunami dans tout le Moyen-Orient

L’allié russe d’Assad a réagi avec colère à l’attaque des États-Unis et a annulé les efforts critiques de désescalade visant à empêcher les différentes forces qui se battent en Syrie de s’attaquer accidentellement (les agents américains ont depuis indiqué qu’une ligne de désescalade est toujours en opération). En outre, la Russie a annoncé que toute autre attaque américaine contre l’aviation syrienne pourrait entraîner un conflit direct avec la Russie.

Tout cela fait partie d’une escalade américaine de sa propre implication qui a consisté à bombarder un convoi militaire du gouvernement syrien, une mosquée, et maintenant cela. De toute évidence, l’administration Trump dirige l’armée vers une démonstration de force dans cette arène.

Le problème est qu’il s’agit d’un champ de bataille très fréquenté et que de nombreuses parties sont impliquées, notamment la Russie. L’avion que l’armée américaine a abattu était un bombardier Sukhoï russe, par exemple. Il suffira d’une erreur commise en une fraction de seconde pour que cela se transforme en un bain de sang majeur qui pourrait entraîner les principales parties au conflit bien plus loin qu’elles le voudraient.

La nouvelle alliance

La Syrie n’est qu’une fraction d’un terrain de jeu plus large dans la région où les forces sunnites, financées par l’Arabie saoudite et les États du Golfe, sont confrontées au pouvoir chiite sous l’égide de l’Iran et du Hezbollah.

Au fur et à mesure que la coalition sunnite perd de son influence en Syrie, cette rivalité s’est déplacée vers des endroits nouveaux et même plus dangereux. L’ultimatum lancé au Qatar afin qu’il mette fin à ses relations avec l’Iran et le Hezbollah est un exemple de la manière dont les répercussions de ce qui se passe en Syrie pourraient créer un tsunami dans tout le Moyen-Orient.

Une alliance croissante entre l’Arabie saoudite et Israël ajoute encore un autre élément combustible au mélange. Les deux semblent avoir envie de se mesurer à l’Iran. Quand ils étaient des acteurs séparés, le danger d’un tel conflit était plus faible.

Alors que ces deux pays s’unissent contre un ennemi commun, les entraves sont considérablement réduites, sans oublier que l’ascension d’un jeune prince saoudien impétueux et ambitieux qui s’est montré bien trop empressé à embourber son royaume dans des interventions étrangères accroît encore plus le danger d’un tel scénario.

– Richard Silverstein est l’auteur du blog « Tikum Olam » qui révèle les excès de la politique de sécurité nationale israélienne. Son travail a été publié dans Haaretz, le Forward, le Seattle Times et le Los Angeles Times. Il a contribué au recueil d’essais dédié à la guerre du Liban de 2006, A Time to speak out (Verso) et est l’auteur d’un autre essai dans une collection à venir, Israel and Palestine: Alternate Perspectives on Statehood (Rowman & Littlefield).

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation

Source : Middle East Eye, Richard Silverstein, 30-06-2017

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Quand L'OLIGARCHIE AMÉRICAINE fabrique et trie les futurs DIRIGEANTS français...

4 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN.

Le programme "Young Leaders", incubateur d'oligarchie

Il existe de nombreuses instances où l'oligarchie organise la porosité entre les différentes sphères qui la compose, pour s'assurer que tous ces gens travaillent en bonne intelligence à la préservation et à la promotion de l'intérêt du groupe. Des programmes spécifiques sont conçus pour s'assurer de cette cohérence de classe, et le programme "Young Leaders" en fait partie.
 

La rencontre des banquiers, de la finance et des multinationales…

La French-American Foundation a été lancée en mai 1976 aux États-Unis, afin de promouvoir le dialogue et la coopération entre la France et les États-Unis. Son programme phare « Young Leaders » a formé plus de 400 dirigeants français et américains influents. Son objectif est clair, de la bouche d’un des anciens formateurs, il s’agit de « trouver les personnes qui feraient l’opinion et seraient les dirigeants de leurs sociétés respectives » afin de les former et d’influer sur la politique, le monde économique et l’opinion publique. C’est l’une des cartes du soft power à l’américaine, qui a soigneusement sélectionné, formé et placé aux postes clés ses petites recrues.

Après avoir analysé les parcours professionnels des dernières promotions (2012 à 2016), la répartition des « élus » est limpide. 57 % viennent des grandes multinationales et des entreprises de conseil en stratégie et finance et autres spécialistes de la fusion-acquisition. Ainsi, on pourra citer une liste non-exhaustive de dirigeants des entreprises françaises historiques : Henri de Castries (AXA), Anne Lauvergeon (AREVA), Franck Gervais (Thalys), Alexis Morel (Thalès), Hélène Huby (Airbus), etc. Mais aussi les deux plus récents présidents de la République (François Hollande et Emmanuel Macron), suivis de dizaines de ministres et de députés. Si les nominés des promotions les plus anciennes sont bien installés, les membres les plus jeunes commencent déjà à percer. Il n’y a pas que les grands pontes de l’économie française qui se pressent dans les rangs de la Fondation. Frédéric Mazzella, fondateur et PDG de BlablaCar a fait partie de la promotion 2015 et est un soutien déclaré du Président Macron. Et que dire du poids des banques et des agences de notation dans le profil des recrues ? Emmanuel Macron bien sûr, mais aussi Clothilde L’Angevin (promo 2015) directrice de la stratégie du Crédit Agricole depuis 2015, Fatima Hadj (promo 2014), directrice associée à Standard & Poor’s, Renaud Guidée (promo 2013), directeur exécutif de Goldman Sachs, sans oublier Matthieu Pigasse (promo 2005), Banque Lazard & actionnaire du Monde

… avec des hauts fonctionnaires et des politiques

Deuxième catégorie dominante : les hommes politiques et hauts fonctionnaires qui représentent 15 % des heureux élus. Côté politiciens, on savait déjà que Marisol Touraine, Aquilino Morelle, Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Pierre Moscovici, Alain Juppé, Matthias Fekl, etc. étaient passés par la French-American Foundation. Mais quoi de plus surprenant que de retrouver Édouard Philippe (promo 2011) en Premier ministre du renouveau et même Cédric Villani, le célèbre mathématicien à l’Assemblée nationale ! D’autres noms, moins connus émergent en creusant un peu. Alexandre Zapolsky, fondateur et président de Linagora a été candidat de la 3e circonscription du Var sous l’étiquette En Marche ! Julia Minkowski, associée du célèbre Cabinet Temime et Associés a quant à elle fait partie du groupe de travail « Justice » d’En Marche ! au lancement de la campagne présidentielle. Ces deux personnes sont de la promotion 2014 des Young Leaders. La « société civile » ne serait-elle pas si novice ?

Le pantouflage (c’est-à-dire les allers-retours entre le public et le privé et les services rendus induits) n’est pas une marque de fabrique de la Macronie, même si Emmanuel Macron en est une égérie. Énarque, associé de la Banque Rothschild (par ailleurs grand mécène de la Fondation) puis brillant politicien, d’autres que lui suivent ce parcours. Fanny Letier (promotion 2016), diplômée de Sciences Po Paris et de l’ENA, a commencé sa carrière à la direction générale du Trésor, puis, après avoir été directrice-adjointe du cabinet d’Arnaud Montebourg (lui-même Young Leader, promo 2000) est aujourd’hui directrice exécutive de BPIFrance (Banque Publique d’Investissement). Autre élève de la promotion 2016, Nicolas Hazard, fondateur et président du Comptoir de l’Innovation/Calso, a fait l’objet de spéculations. D’après Le Point « tout le monde le voyait rejoindre le staff d’Emmanuel Macron pendant la campagne… Nicolas Hazard a préféré faire équipe avec Benoît Hamon ». Mais il convient de rappeler qu’il a travaillé également avec Anne Hidalgo, Valérie Pécresse et Alain Juppé. Dernier exemple, Julien Vaulpré (promo 2015), co-fondateur et directeur général de Taddeo, cabinet de conseil stratégique en communication, fut un éminent conseiller de Nicolas Sarkozy, par ailleurs mis en examen pour favoritisme en 2016.

Le petit monde clos des grands médias

Troisième et non moins important pilier de ce réseau d’influence : les médias. Et il suffit de consulter les sites officiels de la French-American Foundation pour en comprendre l’ampleur. L’ancien président de la French-American Foundation (2010-2015) et actuel président d’honneur de cette organisation est Jean-Luc Allavena. Le recruteur d’Emmanuel Macron est également l’un des sept dirigeants d’Altice en tant qu’administrateur indépendant du groupe. Pour ceux qui ne le sauraient pas, Altice est une multinationale présente dans les télécoms, les médias, le divertissement et la publicité. L’entreprise, qui a racheté de nombreux opérateurs de télécommunications et entreprises de communications, est présente dans 10 pays dont la Belgique, la France, les États-Unis, Israël, le Luxembourg et la Suisse. Son fondateur n’est autre que Patrick Drahi. En juin 2016, Patrick Drahi cède la présidence française d’Altice à Michel Combes (promo Young Leader 1998), ancien président d’Alcatel-Lucent, parti avec un parachute doré de près de 8 millions d’euros. Le groupe Altice a racheté ces dernières années Numéricable, Virgin Mobile et SFR. Le groupe SFR est quant à lui propriétaire des médias Libération et L’Express, BFM TV et RMC. La French-American Foundation vient ici mettre en lumière les liens unissant Emmanuel Macron et les dirigeants du groupe Altice et à travers lui d’un certain nombre de médias français. Cet ensemble versaillais ne serait pas complet si l’on ne citait pas quelques autres journalistes de la grande presse triés sur le volet par la Fondation : Nicolas Escoulan (Europe 1), Matthieu Croissandeau (L’Obs), Élise Vincent et Nabil Wakim (Le Monde), Laurent Jofrin, (Libération), Jérôme Chapuis (RTL)…  De manière plus discrète, d’autres lui apportent également leur soutien. Yannick Bolloré, PDG d’Havas (premier groupe publicitaire de France), fan de Macron, et fils de Vincent Bolloré (PDG du groupe Bolloré), était présent au premier meeting du candidat d’En Marche ! en juillet 2016 à Paris et était également présent au dîner de Gala 2016 du puissant réseau d’influence américain. Enfin, le président actuel de la French-American Foundation vient parachever de son parcours prestigieux le tentaculaire réseau de l’élite française. Si son grand-père maternel, André-Marie Gérard fut inspecteur général de l’ORTF, Arnaud de Puyfontaine ne démérite pas. Passé par Le Figaro, puis conseiller presse de Nicolas Sarkozy, il devient président du directoire de Vivendi, deuxième groupe d’investissement au monde, en 2014. Vivendi possède entre autres des parts dans le groupe Canal+ (20 %), Universal Music ainsi que la FNAC (15 %). L’actionnaire majoritaire et président du conseil de surveillance n’est autre que… Monsieur Bolloré lui-même.

Jeunes talents pour incubateur d’oligarques

Loin d’un discours conspirationniste à l’égard de ce que certains pourraient qualifier de secte sans trop gratter, il est pour autant indispensable de s’intéresser à cet incubateur de la caste française pour comprendre la symbiose parfaite entre les trois sphères politique, économique et médiatique françaises. Plus encore, à y regarder de plus près, on obtient quelques éléments de compréhension sur la brillante ascension de la fusée Macron. Littéralement encensé par les médias français, les journaux Libération, L’Obs, Le Monde et L’Express (tiens donc…) ont publié plus de 8 000 articles évoquant Emmanuel Macron entre janvier 2015 et janvier 2017. Emmanuel Macron continue de bénéficier d’un soutien indéfectible de ces mêmes journaux qui iront jusqu’à le qualifier de « leader du monde libre » en le comparant à De Gaulle dans une hystérie collective pas vraiment déontologique au début du mois de juin 2017. Au regard du vaste réseau dépeint dans l’article, rien d’étonnant que cette allégeance de la presse. Il suffit de savoir qui possède quoi. Si l’on en croit le président d’honneur de la French-American Foundation, interviewé dans Les Échos en décembre 2015 : « la France forme très bien ses élites, aussi bien commerciales, techniques que publiques. » Mais dans quel but ? Et de poursuivre en nous livrant la réponse : « il faudrait que l’entreprise soit toujours plus au cœur de leurs programmes [des responsables politiques]. Le bien-être des citoyens passe en grande partie par le bien-être économique et la croissance. Et, pour cela, il faut que les entreprises puissent se développer. Aux politiques de tout mettre en œuvre pour créer les conditions de la croissance. » Il semblerait que ce vaste réseau ce soit mis En Marche !, et sans jeu de mots, sans continuer d’espérer que les politiques leurs créent des conditions favorables. Ce réseau s’est occupé lui-même de trouver les personnes qui « feraient l’opinion » (les médias) et « seraient les dirigeants » (politiques et économiques) en plaçant lui-même ses meilleures recrues aux postes clés. Cerise sur le gâteau, la victoire planifiée et sans surprise de leur poulain le plus prometteur.

Sources :

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Crimée. Le retour à la Patrie. Grand documentaires en 3 parties.

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La guerre, #le nazisme, #Le fascisme

Le retour à la Patrie. Grand documentaires en 3 parties.

Grand documentaire de la chaîne Rossiya 1 sur les évènements qui ont eu lieu au printemps 2014 en Crimée. [VOSTFR] Partie 1/3: http://dai.ly/x2lr5nl Partie 2/3: http://dai.ly/x2lradq Partie 3/3: http://dai.ly/x2lrf4g

Partie 1/3

Partie 1/3

Suite du grand documentaire de la chaîne Rossiya 1 sur les évènements qui ont eu lieu au printemps 2014 en Crimée. [VOSTFR]

Partie 2/3

Dernière partie du grand documentaire de la chaîne Rossiya 1 sur les évènements qui ont eu lieu au printemps 2014 en Crimée. [VOSTFR]

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Conflit d’intérêts? Eurodéputée, Sylvie Goulard émargeait à un think tank US. Par Maxime Perrotin

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #L'armée française

Sylvie Goulard

Conflit d’intérêts? Eurodéputée, Sylvie Goulard émargeait à un think tank US

© AFP 2017 Benjamin Cremel
France
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Maxime Perrotin
 

Mardi dernier, Sylvie Goulard démissionnait du gouvernement, invoquant l’enquête préliminaire visant le Modem pour justifier sa décision. Pourtant, le Canard enchaîné estimait qu’elle devait plus aux «plus de 10.000 €» mensuels qu’elle touchait d’un think-tank américain, alors qu’elle était eurodéputée. Est-on face à un conflit d’intérêts?

Malgré son départ du gouvernement, Sylvie Goulard serait-elle à son tour rattrapée par les affaires? Mardi 20 juin, soit 24 h avant la formation du gouvernement d'après-législatives, celle à qui incombait la mission ardue de succéder à Jean-Yves le Drian au ministère de la Défense annonçait sa démission. Un départ qui avait surpris, tant Sylvie Goulard faisait figure de blanche colombe en comparaison à ses confrères du Modem, François Bayrou et Marielle de Sarnez.

 

 

François Bayrou
© AFP 2017 Stephane De Sakutin
 
 
 
Un geste d'autant plus incompréhensible pour les observateurs que la ministre des Armées mettait en avant une justification on ne peut plus noble: la volonté de mettre à l'abri la grande Muette de toute affaire qui pourrait l'éclabousser «dans l'hypothèse où l'enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d'emploi de mes assistants au Parlement européen.» Sylvie Goulard déclarait vouloir «être en mesure de démontrer librement» sa bonne foi, «la mission de défense impose une exigence particulière. L'honneur de nos armées, celui des hommes et des femmes qui y servent, parfois au péril de leur vie, ne sauraient être mêlés à des polémiques auxquelles ils n'ont aucune part,» concluait ainsi la ministre dans le communiqué qui annonçait son départ.

Mais, finalement, ce n'est pas de Bruxelles que les coups pourraient venir, mais de l'autre côté de l'Atlantique. En effet, le Canard enchaîné évoquait dans son édition de la semaine dernière, que Sylvie Goulard avait touché une confortable rémunération de «plus de 10.000 euros» mensuels de l'institut Berggruen — un think-tank américain pro-Union européenne — en complément de ses émoluments d'eurodéputée. Une somme que l'ex-ministre aurait perçue, selon le JDD, d'octobre 2013 à janvier 2016.

Bien qu'il juge «très sain» le fait qu'un député — dans le cadre du débat démocratique — puisse participer à des think-tanks, Stephen Boucher, ancien codirecteur du think-tank Notre Europe/Institut Jacques Delors également coauteur de l'ouvrage Les thinks-tanks: cerveaux de la guerre des idées (Ed. Du Félin, 2012) s'étonne du niveau —et de la régularité- de ces honoraires:

«Cela fait naître effectivement la question de pourquoi cette rémunération? Qu'est-ce que cela achète comme potentielle influence ou accès que d'autres n'auraient pas? Pourquoi cette personne ne se consacre-t-elle pas entièrement à son mandat et aurait besoin d'être rémunéré par ailleurs?»

Une activité de «conseiller spécial» dont ne se cachait pas la ministre- puisqu'elle avait soigneusement reporté ces émoluments sur sa déclaration d'intérêts financiers transmise au Parlement de Strasbourg. Dans son interview accordée au JDD et publiée le 25 juin, elle évoque «un non-sujet» que l'hebdomadaire chiffre pourtant à « 300.000 dollars ».

 

Emmanuel Macron
© AFP 2017 Kenzo Tribouillard
 
 
 
 
Néanmoins, l'Élysée partage-t-elle cet avis? Dans son édition de mercredi dernier, le Canard enchaîné évoquait de son côté la nature même de l'institut Berggruen, citant un proche de la ministre selon lequel le think-tank serait soupçonné par «certaines barbouzes françaises […] d'avoir été infiltré par les services américains.»

Une rémunération conséquente d'un décideur politique, de la part d'un organisme étranger, qui soulève la question d'un éventuel conflit d'intérêt. Un élément que semble réfuter Stephen Boucher, mettant en avant l'essence des think-tanks qui ont pour «pour ambition de contribuer à l'intérêt général par la réflexion» notamment sur les questions de politiques publiques. Un point clef sur lequel François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), n'a pas souhaité répondre explicitement, évoquant une question de morale il propose une comparaison:

«D'une certaine façon on peut se demander, Emmanuel Macron a touché deux millions de la banque Rothschild, est-il vraiment totalement indépendant des intérêts de la banque Rothschild? C'est à chacun d'en juger.»

Pour François-Bernard Huyghe, au-delà de ce montant qui fait «un petit peu rêver» — lui-même étant employé par un think-tank — c'est la nature de l'institut Berggruen qu'il tient à mettre en avant:

«Ce think-tank est voué à exercer une influence idéologique au profit d'intérêts pro-européens, pro-occidentaux, affichés, avoués: ils ont des convictions qu'ils ne dissimulent pas. Donc, c'est la question de l'influence idéologique et le retour sur ce que les Américains dans les années 60 appelaient la diplomatie publique, c'est-à-dire d'exercer une influence idéologique à travers les élites des autres pays en s'y rendant favorables. Ceci parallèlement à l'utilisation de radios internationales à l'époque.»

En effet, si un bon nombre de think-tanks avancent être « indépendants » et « non-partisan », les établissements américains sont généralement réputés pour leur approche «offensive» de la promotion de leurs idées.

«Derrière la question des think-tanks se pose la question de l'indépendance de la réflexion. En général les think-tanks se disent au-dessus de la mêlée, réfléchissant au bien commun et indépendant, mais naturellement en politique la notion d'indépendance est très relative. On peut défendre- et c'est tout à fait légitime- un point de vue particulier allant plutôt dans le sens d'une intégration européenne plus forte ou non,» souligne Stephen Boucher.

 

Influencer, un travail qui n'est pas sans évoquer celui des lobbys. Mais pour François-Bernard Huyghe il faut différencier l'activité des lobbyistes de celle des think-tankers «même si les premiers se dissimulent souvent sous le masque des seconds». En effet, si les lobbyistes recherchent à influencer les décisions d'hommes politiques afin de défendre les intérêts de leurs clients, dans le cadre des think-tanks, ce sont les leaders politiques eux-mêmes qui se chargent de véhiculer leurs idées, leur idéologie. Une idéologie, dans le cas de l'institut Berggruen, d'inspiration libérale. À titre d'exemple, on y retrouve le conseiller politique Alain Minc ou la fondatrice du Huffington Post, Arianna Huffington.

 

Sans doute la pratique est-elle assez courante à Bruxelles et l'éphémère ministre des Armées ne voyait-elle pas de mal à «arrondir» ses fins de mois grâce à un organisme ouvertement pro-européen, un «non-sujet», pour reprendre ses mots. Il n'en reste pas moins que la question de son allégeance, tiraillée entre ses fonctions d'eurodéputée rémunérée «5 à 10.000 euros» par mois et celles de conseiller à «plus de 10.000» euros mensuels peut se poser. Quoi qu'il en soit, médiatiquement, l'affaire semble faire l'effet d'un pétard mouillé, probablement n'est-ce pas étranger à la vision atlantiste qu'offre l'Institut Berggruen… on n'ose imaginer les réactions qu'une telle affaire aurait pu susciter, si un eurodéputé avait été rémunéré pour des activités similaires au sein d'un think-tank russe.

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CNN, la Pravda américaine: reportage en interne. Par Karine Bechet Golovko.

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Les média

lundi 3 juillet 2017

CNN, la Pravda américaine: reportage en interne

 
 
 
Nous avons parlé il y a quelques jours du scandale autour de CNN qui, allée trop loin dans la propagande anti-russe, s'est retrouvée dans l'obligation de faire le ménage à l'intérieur (lire notre article ici). Voici maintenant une vidéo cachée sur un producteur de CNN, très locace, expliquant que tout cela n'est que du business, les journalistes de CNN n'ayant aucune preuve d'un quelconque lien entre Trump et la Russie.
 

 
Voici la vidéo en anglais sur J. Bonifield, producteur à CNN, qui éclaire la face cachée de ce qui est devenu une machine de propagande anti-russe:
 
 
L'on apprend ainsi que depuis l'entrée en fonction de Trump, CNN a cité dans ses nouvelles la Russie 15694 fois, ce qui est un record absolu. J. Bonifield reconnait que l'utilisation de la Russie contre Trump est très vendeur, car leur auditoire est principalement libéral et démocrate et n'aurait pas supporté un tel traitement de Obama. Ou quand le business rejoint la politique. C'est exactement de cette manière que l'on forme une machine propagandiste. Et en plus c'est rentable.
 
Notamment, depuis l'adoption de cette stratégie, le raiting de la chaîne est systématiquement supérieur à celui de l'année précédente:
 
 
Taper sur Trump rapporte autant que la politique anti-russe. Les deux ensemble permettent de décrocher le jackpot. Donc, lorsque les journalistes commençaient à passer trop de temps sur le climat, la direction de CNN leur a rappelé de revenir aux fondamentaux: la Russie - l'ennemi numéro Un qui instrumentalise Trump. 
 
 
Il faut faire du sensationnel, car il faut faire de l'audimat et de l'argent. L'éthique journalistique n'a ici que peu de place. Et cela aussi est une politique assumée:
 
 
Ainsi, la soi-disant collusion entre Trump et la Russie n'est qu'une opération médiatique, montée de toute pièce, qui sert particulièrement les intérêts de néoconservateurs qui viennent de perdre la présidence, mais veulent garder le pouvoir. Les commissions d'enquête n'ont rien, les journalistes n'ont rien. Mais tout le monde en parle, la communication est parfaitement bien coordonnée.
 
 
Et si personne n'a rien et que les médias continuent à en parler. Si CNN n'est qu'une nouvelle version couleur de la Pravda. Pourquoi les journalistes, français notamment, reprennent comme de bons petits soldats ces fausses informations. Pourquoi en France aussi la presse s'efforce tant et si bien à créer ce climat de défiance envers la Russie? 
 
Ceci laisse à penser que non seulement le pays n'a plus d'intérêt national propre pour s'investir dans le jeu politique interne des Etats Unis en soutenant le clan néoconservateur, mais que les journalistes politiques, français notamment, ne cherchent pas plus à faire leur travail que leurs collègues américains et nous créent une version provinciale de la Pravda US. La France elle-même semblant être devenue une province éloignée du néoconservatisme (version américaine du néolibéralisme européen), dont le centre reste toujours à Washington, quels que soient les Présidents - les autres pouvoirs, y compris la presse, y veillent.
 
 
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Le journal "RUPTURES" : Coup de chance : les généreux sponsors de Sylvie Goulard étaient américains et non russes…

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Les média, #L'armée française

Coup de chance : les généreux sponsors de Sylvie Goulard étaient américains et non russes…

Un précédent article rendait compte ici même d’une bien étrange affaire révélée par le Journal du Dimanche : Sylvie Goulard, qui fut membre du gouvernement Philippe I avec le portefeuille des Armées, a touché pendant plus de deux ans de fort substantielles gratifications mensuelles de la part d’un Think tank américain. Ce dernier, le « Council on the Future of Europe », est connu pour son engagement et sa propagande en faveur de l’intégration européenne.

Rien d’illégal dans cette générosité. Et on peut évacuer la question de la morale (sauf tout de même à rappeler que le maître de l’Elysée prévoit de renforcer l’austérité en matière de dépenses publiques, de traitement des fonctionnaires, et plus généralement de salaires pour la masse des manants).

« Européanisation » de la Défense nationale

En revanche, un point mérite d’être noté : si l’ex-eurodéputée n’avait pas été obligée de rendre précipitamment son tablier, ou son treillis, c’est à elle que serait revenue la responsabilité de tenter d’engager l’« européanisation » de la Défense nationale.

Faire progresser « l’Europe de la Défense » – en fait, l’intégration militaire – est en effet le grand résultat espéré et mis en scène par Emmanuel Macron lors du Conseil européen des 22 et 23 juin. Ce sommet a en particulier dégagé deux axes : un « Fonds européen de défense », qui vise à promouvoir et financer la recherche militaire au sein de l’UE, mais aussi à produire des « capacités » (moyens, armements) communes.

L’autre axe est la mise en place d’une procédure (« coopération structurée ») permettant à un groupe de pays volontaires de prendre des initiatives, y compris bottées, sans obtenir l’aval de l’ensemble des vingt-huit pays membres.

Par ailleurs, les « groupements tactiques », composés d’environ 1500 soldats de différentes nationalités déployables en moins de dix jours, seraient désormais finançables par une cagnotte commune, ce qui faciliterait leur engagement.

L’idée, selon les conclusions du Conseil, est que l’UE « contribue à la paix et à la stabilité dans son voisinage et au-delà ». Ce qui signifie en termes clairs : pouvoir se projeter militairement aux quatre coins de la planète. Car, notait précédemment la Commission européenne, « la puissance douce ne suffit pas dans un voisinage de plus en plus dangereux » (Compte-rendu et analyse géopolitique du sommet dans l’édition de Ruptures à paraître le 28 juin).

« Si nous voulons faire l’Europe de la Défense, il va y avoir des restructurations à opérer »

On imagine que Mme Goulard se réjouissait à l’avance de mener à bien ce qui se veut un « pas historique de l’Union européenne ». Sur le plan industriel, elle avait du reste déjà plaidé pour sortir d’« une vision étriquée », et martelé (dans Le Figaro.fr) : « il est souhaitable que nous achetions ensemble des matériels, ce qui oblige de casser certaines routines, certaines facilités industrielles aussi. Je l’assume. Si nous voulons faire l’Europe de la Défense, il va y avoir des restructurations à opérer, faire des choix de compatibilité et, à terme, des choix qui pourraient passer dans un premier temps pour aboutir à privilégier des consortiums dans lesquels les Français ne sont pas toujours leaders ».

On comprend bien, dans ces conditions, que l’inspiration puisée dans le Think tank californien lui aurait été fort utile.

Pourtant, jusqu’à présent, cette révélation du JDD n’a pas ému outre mesure les grands quotidiens.

Si les sponsors de Mme Goulard n’avaient pas été américains, mais – au hasard – russes, on peut se demander si la discrétion de la caste politico-médiatique eût été aussi remarquable.

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