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Le blog de Lucien PONS

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Le lent naufrage du quinquennat Hollande. Par Alain Pucciarelli

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme

Le lent naufrage du quinquennat Hollande

Par Alain Pucciarelli le 05 avril 2016

Le lent naufrage du quinquennat Hollande. Par Alain Pucciarelli

2017 : La croisée des chemins, ou la croisée des impasses ?

Le lent naufrage du quinquennat Hollande donne apparemment lieu à une recomposition graduelle du paysage politique français, qui paraît privilégier de nouvelles fractures idéologiques à l’ombre de la menace supposée du FN dont on sait que M. Valls a fait un grand usage lors des élections régionales. Mirage ou réalité ?

I. État des lieux

La France officielle se caractérise aujourd’hui par son européisme forcené, son atlantisme déterminé, et s’inscrit très clairement dans la stratégie d’austérité éternelle de l’UE, accompagnée par le détricotage incessant des acquis sociaux, le projet de loi El Khomri étant le dernier événement de ce type en date, sans même parler du traité transatlantique ; ce dernier explique sans doute plus encore cette course au moins disant salarial et réglementaire et imposera l’asservissement de la puissance publique dans notre pays et en Europe aux intérêts privés mondialisés. Une paupérisation profonde ronge notre tissu social.

UE oblige, la France de M. Hollande est parallèlement un champion du multiculturalisme et de la liberté de mouvement et d’installation des individus qui, à l’occasion de la « crise des réfugiés », sont à présent, pour nombre d’ « experts » et de « penseurs », échangeables, transportables et transposables d’un lieu à un autre comme des marchandises. Pour preuve, le droit d’asile qui devrait s’exercer individuellement et que l’on pratique aujourd’hui à la louche, dans le cadre d’une (mauvaise) gestion de flux. Nous entrons dans l’ère du management de la condition humaine, marchandise comme une autre.

« Les réfugiés » : un bouleversement qui ne dit pas son nom

Rappelons que l’ étrange « affaire des réfugiés » impose actuellement dans les faits aux États européens l’immigration d’un nombre indéfini de nouveaux arrivants comme le stipule l’accord européen de l’automne 2015 (Voir Le Monde du 9 septembre 2015 sur le sujet et lire mon article : « Accueil des réfugiés : vous êtes d’accord ? Vous n’êtes pas d’accord ? L’UE s’en fiche » ) alors que plusieurs centaines de milliers d’entre eux (ils seraient plus d’un million) sont déjà à demeure, notamment en Allemagne.

Le récent accord avec la Turquie ne répondant à aucun critère de faisabilité, tout va continuer comme avant. La porte italienne reste de toute manière ouverte face à la Libye.

Seuls certains États d’Europe centrale, fermant plus ou moins réellement leurs frontières, marqueront donc leur désaccord avec cette folie économique, sociale et humaine. Le mépris bien réel pour l’«Autre» affiche ici par voix de presse interposée, avec un cynisme et une parfaite tartuferie, des grands sentiments et une générosité sans limite que les citoyens devront eux assumer très concrètement. Ces discours moraux si souvent culpabilisateurs tentent de masquer l’insupportable abaissement d’êtres humains en perdition traités comme des objets, des symboles, des revendications, utilisés comme instruments politiques et économiques, et non simplement comme des semblables ayant leurs propres intérêts, qui ne sont pas forcément de rejoindre l’UE à tout prix après un voyage périlleux, coûteux, et humiliant.

Ce mépris pour des gens si maltraités par l’histoire récente que leur a faite l’Occident est patent quand on prétend résoudre un problème en s’attachant uniquement à ses conséquences et non à ses causes. Le biais politicien est visible lorsque sous prétexte de respect des droits humains que l’on piétine dans les faits, on jette tacitement par dessus bord le principe même de l’état social, et des droits très concrets qui vont avec, lesquels sont ceux des Français de toutes origines et de toutes confessions (1). Où va-t-on en effet trouver les moyens de recevoir tant de gens démunis de tout quand les systèmes sociaux font eau de toutes parts et que les états sont pour la plupart confrontés à de lourdes difficultés budgétaires, alors que la misère étend ses ravages meurtriers (lire le billet ci-dessous)?

Nombre de nos concitoyens, qui ne sont pas forcément majoritaires, ont apparemment à ce point été formatés par l’incessante propagande multiculturaliste qu’ils en oublient leurs intérêts de classe et ceux de leurs familles, voire l’intérêt national, celui qui détermine l’existence de chacun d’entre nous et l’avenir de nos enfants.

Le sociétal a de toute évidence effacé le souci du social chez beaucoup de Français du fait de l’usage médiatique intensif des bons sentiments et de l’appel pressant à un universalisme de pacotille, qui ont le sait ne font pas forcément les bonnes politiques.On n’aide pas les autres en s’abaissant soi-même, mais en les aidant à se redresser. On en est loin avec cette stratégie honteuse et désargentée de charité universelle lourde d’arrière pensées.

Entre amalgames et lucidité

Des êtres humains déracinés, chassés de chez eux par la guerre, n’auraient donc d’autre destin que celui de tout quitter pour tout recommencer en terre étrangère, quoiqu’en pensent les sociétés d’accueil dans leur ensemble que l’on n’a pas consultées. Il n’est à priori pas question de demander fermement aux nouveaux venus de respecter à minima les pays et la culture dans lesquelles ils vont être plongés en dépit des événements de fin d’année à Cologne et ailleurs. En outre, après les attentats de Bruxelles, rien n’empêche de penser que pas mal d’éventuels futurs terroristes nous ont rejoints comme le complice du voyou français arrêté vivant à Molenbeek l’avait fait. Combien sont-ils déjà sur le sol européen à attendre leur heure pour frapper ? A quoi sert en France la loi sécurité, l’état d’urgence et les tentatives de manipulations institutionnelles qui viennent apparemment d’échouer quand on accueille ces milliers de nouveaux venus sans vrai contrôle ?

Il est parfaitement légitime de se demander où est notre sécurité quand on ouvre les frontières de la sorte, comme il est indispensable de savoir pourquoi la Belgique ou la France (ou d’autres pays de l’UE) ont laissé naître en leur sein depuis des décennies des zones de non droit, des « territoires perdus » dans lesquels des populations de souche étrangère généralement de confession musulmane se sont organisées selon des critères qui ne sont pas ceux de la société qui les entoure. Les caillassages des camions de pompiers ou d’autres véhicules de service public sont un effet (fréquent) de la dérive de ces aires enclavées dans lesquelles, entre soi, on ne veut pas de « blancs », à savoir des « étrangers », le racisme n’étant pas l’apanage des Européens de souche. L’une des conséquences de ce laisser aller et de cette injustifiable tolérance, ce sont les attentas de Bruxelles, comme hier ceux de Paris. Contrairement à ce qu’affirmaient « avant hier » tant de médias lors de premiers crimes terroristes, les loups n’étaient pas solitaires et chassaient en meutes ce que l’on a appris ultérieurement, bien tard pour les victimes de ce terrorisme insupportable qui tend à s’installer dans la durée. Le cadre de l’UE pour endiguer ce phénomène (comme les autres grands défis de l’heure) s’avère particulièrement inadapté.

Pour en revenir aux réfugiés, qui bien évidemment ne doivent pas être globalement assimilés à des terroristes, il importe de rappeler que ces « voyageurs malgré eux » ne sont pas sans bagages ni sans une vision, des idéologies, comme tous les êtres humains. Ils importent ainsi probablement le chaos du Moyen Orient en Europe alors qu’ils auraient avant tout besoin que les pays occidentaux grandement responsables de leur détresse leur reconstruisent un univers et un avenir qu’ils ont détruits chez eux, en Syrie, en Irak, en Lybie.

Les accabler sous un moralisme charitable au nom des droits de l’homme est encore un moyen détourné de nier leur dignité et leur droit de vivre dans leurs propres pays, ce que nos guerres leurs ont contesté.

Les Français musulmans intégrés à la société française risquent de payer un prix élevé à la poursuite de cette politique migratoire si peu pensée en terme d’intérêt national.

Les partisans de l’ouverture à tout prix, qui ne paraissent plus pouvoir vivre sans un afflux constant de Musulmans déracinés, comme si la France n’avait longtemps pas pu vivre sans ce type d’immigration, et comme si les Musulmans français étaient dans leur majorité intégrés voire assimilés depuis longtemps, seront comptables des suites de ces manipulations politiques. Seules les frontières nationales dans l’UE pourront donc éventuellement faire obstacle à un flux auquel nulle mesure concrète et applicable ne fait même semblant de s’opposer. L’instabilité s’inscrit jour après jour dans l’agenda des pays européens.

Rappelons en outre qu’il n’est nulle part question de faire contribuer aux dépenses indispensables à cet accueil les gros patrimoines et les privilégiés es qualité, et qu’une fois encore, les grands sentiments s’arrêteront aux portefeuilles des plus fortunés pour se nourrir de l’argent public, à savoir celui de nos impôts. Cet événement peut donc être lu à la lumière de la lutte des classes, ce qui lui restitue sa vérité si politique.

Parallèlement, le multiculturalisme a ses farouches défenseurs dans notre presse et notre personnel politique, depuis que le PS a fait sienne avec M. Mitterrand la défense du sociétal contre le social, que la construction européenne condamnait à terme.

Autrement dit, cette « gauche moderne » ne défend plus les salariés mais les nouvelles « classes populaires », au premier rang desquelles les immigrés ou descendants d’immigrés de préférence les moins intégrés, au nom des « droits de l’homme », qui bien entendu n’incluent pas concrètement les droits sociaux et du travail. Notons à ce propos que la première version de la loi El Khomri prévoyait explicitement une ouverture aux communautarismes religieux au sein de l’entreprise, ce qui selon Jacques Sapir est un moyen sûr de diviser les salariés sur des questions secondaires, et d’éloigner le risque d’une lutte unitaire mettant en cause l’ordre établi. On peut penser la même chose de la campagne de presse massive visant à favoriser l’accueil des nouveaux venus en si grand nombre, dont la défense des droits sociaux en France est le cadet des soucis.

Nouvelle force de la droite française, la fausse gauche dite réformiste, en réalité néoconservatrice, atlantiste et donc russophobe, défend simplement l’idéologie européiste, multiculturalisme compris, et donc les possédants contre ceux, la majorité d’entre nous, qui ne le sont pas. Terra Nova, think tank du PS a verbalisé tout cela après que SOS racisme eût frayé la voie à partir de 1984. L’ombre de M. Mitterrand plane sur le crépuscule de cette « gauche » en peau de lapin et sur ses innombrables agents très bien placés dans les grands médias.

II. Des frémissements à prendre avec des pincettes

Vertus et complexité de certains « frémissements »

Certains indices tendraient à montrer que « ça bouge » dans ce qu’il est convenu de nommer le « paysage médiatique » et l’ « intelligentsia » français. Par exemple, Paul Moreira, journaliste auteur du reportage « Ukraine-les masques de la Révolution », document diffusé sur Canal+ lundi 1er février, a fait entendre une autre information sur une grande chaîne de télévision, à une heure de grande écoute, à propos d’un « grand sujet ». M. Moreira est un journaliste indépendant, qui s’est doté des moyens matériels de son indépendance pour proposer des reportages tranchant avec la doxa médiatique. Réintroduire à propos de l’Ukraine du pluralisme dans l’information est suffisamment important pour être souligné. On a également entendu Mme Natacha Polony pointer des dérives déontologiques dans le paysage médiatique dont elle fait partie, ce qui n’est pas fréquent, quoiqu’on pense par ailleurs de cette initiative.

A surgi ensuite la grande querelle à propos des primaires à gauche, puis la mobilisation internet contre le projet de loi El Khomri, et enfin a éclos « Le printemps républicain », né pour défendre une idée de laïcité opposée à celle que porte l’Observatoire de la laïcité, et rejetant tout glissement vers le communautarisme, autre nom, réaliste celui-là, du multiculturalisme. (Lire sur Causeur l’article de Marc Cohen « Le printemps républicain comme si vous y étiez » publié le 20 mars).

La défaite très probable de M. Hollande ou du candidat qui le remplacerait en 2017 pour fait d’impopularité excessive du premier paraît donc libérer bien des consciences dès lors que le naufrage du bateau « gauche modérée » est à présent acquis.

Le Printemps républicain, qui se veut une initiative de gauche, regroupe des socialistes, dont d’anciennes figures du mitterrandisme, des ultra libéraux décomplexés et tout un lot de réformistes que l’on n’a pas vraiment entendus à propos des options droitières patentes de la politique économique de M. Hollande, ou de sa soumission à Bruxelles, ou bien au sujet des guerres multiples dans lesquelles notre président a engagé et continue à engager la France dans le sillage des États-Unis. Dans le texte fondateur de ce mouvement, M. Hollande et les socialistes ne sont pas nommés, ni même subtilement évoqués. Il y aurait pourtant de quoi faire en la matière.

La complexité de la situation peut être personnalisée par M. Valls. Il met en œuvre la loi sécurité, l’état d’exception, selon les vœux de M. Hollande, mais s’attaque à l’Observatoire de la laïcité à l’occasion d’une déclaration maladroite de l’un de ses dirigeants. Ce même Observatoire est mis en cause par le Printemps républicain pour sa conception « arrangeante » de la laïcité. C’est pourtant M. Hollande du temps de M. Ayrault qui a « tué » le Haut conseil à l’intégration, lequel défendait une conception exigeante de la laïcité, pour le remplacer par l’Observatoire de la laïcité.

M. Valls prend la défense de M. Daoud, écrivain algérien de langue française qui met les pieds dans le plat du politiquement correct à propos du fait musulman en France, tout en faisant voter en catimini une nouvelle loi assouplissant les conditions d’accueil des immigrés dans notre pays⋅. On l’a évoqué plus haut, le projet de loi El Khomri prévoyait avant d’être retouché de favoriser le communautarisme religieux au sein de l’entreprise⋅, suivant en cela le rapport fait notamment par M. Badinter. Il semblerait que tout ne soit pas encore clair sur ce sujet.

On peut donc avoir légitimement l’impression que la laïcité, de principe et de valeur fondamentaux de la République, est en voie de devenir un signal de ralliement pour une partie de l’élite déboussolée ne sachant plus à quel saint politique et/ou civilisationnel se vouer, ou un simple instrument au service d’une politique que l’on devine, dès lors que l’UE, vecteur assumé du multiculturalisme, n’est pas mise en cause par l’appel du printemps républicain. Cet appel, tel un grand cri dans le vide, paraît privé d’écho. Pourtant, poser publiquement le problème des dérives communautaristes à l’œuvre reste en soi une bonne chose. L’affirmation d’une conviction forte de ce type dans un monde politique qui en manque cruellement est une excellente initiative. Il faut donc l’apprécier à sa juste valeur, et avoir conscience de ses limites actuelles.

Primaires à gauche : étrange objet politique à usage indéterminé (…)

Nous assistons donc depuis quelques semaines à l’évocation d’une primaire à gauche, ce qui exclue de facto M. Hollande comme candidat naturel de la gauche. Le nom de M. Picketty, économiste de grande renommée, court pour mobiliser, et pas mal de gens envisageraient sa candidature aux présidentielles comme normale. Or, M. Picketty en tient pour le projet européen et fait partie de ceux qui croient l’UE réformable. Ce qui s’explique par son engagement politique tel qu’il est décrit par Wikipedia : « Proche du Parti socialiste, il participe à la commission économique du PS de 1995 à 199718. D’après la liste arrêtée au 11 novembre 2003, il est membre du comité d’orientation scientifique de l’association « À gauche en Europe », fondée parMichel Rocard et Dominique Strauss-Kahn. Lors de la campagne présidentielle 2007, il s’engage en faveur de Ségolène Royal, dont il est conseiller économique. Lors de l’élection présidentielle de 2012, il publie, avec d’autres économistes, un texte de soutien à François Hollande dans Le Monde. Il prend ensuite ses distances, affirmant notamment que « le gouvernement fait exactement le contraire de ce qu’il faudrait » et qu’« il y a un degré d’improvisation dans la politique fiscale et la politique économique de François Hollande qui est assez consternant ». Le 1er janvier 2015, il refuse la Légion d’honneur proposée par le gouvernement français, déclarant : « Je refuse cette nomination, car je ne pense pas que ce soit le rôle d’un gouvernement de décider qui est honorable ».

Réagissant à la crise migratoire en 2015, Thomas Piketty applaudit à la politique d’accueil de l’Allemagne et dénonce les risques « d’une Europe moisie et vieillissante ».

À partir de septembre 2015, il fait partie du comité consultatif sur l’économie (notamment avec Joseph Stiglitz) qui conseille le nouveau leader du Labourbritannique, Jeremy Corbyn. »

On a donc l’impression que l’éventuelle candidature Piketty, qui a repris le terme « moisi » cher à Médiapart à propos des Français qui regimbent devant l’arrivée des réfugiés, serait celle d’un Hollande présentable, qui tenterait de rendre comestible l’indigeste brouet bruxellois porteur de tant de misère et de souffrances pour les sociétés de l’UE, en essayant d’arrondir les angles. Favorable à l’accueil des réfugiés (sous conditions d’une autre politique économique dans l’UE si l’on en croit non le titre trompeur du journal Le Monde, mais l’article lui-même) , il rejoint partiellement les droitdlhommistes que nous avons évoqués plus haut et les orientations de l’UE en la matière. Mais il s’opposerait au projet de loi El Khomri, directement induit par les exigences bruxelloises. Autrement dit, on a du mal à voir quelle part de nouveauté et d’espoir de changement réel porterait cette candidature peu perceptible car difficilement analysable. Une fois encore, la clarté n’est pas (encore?) au rendez-vous.

Primaires à droite : faire du Hollande sans Hollande

Trois législatives partielles viennent de souligner que la droite dite républicaine est capable de gagner, y compris contre le FN, même si c’est avec moins d’électeurs que lors de scrutins précédents. Le malheur est que nous avons MM. Hollande, Valls et Macron, et que les champions de la droite dite républicaine n’ont d’autre réel projet que de poursuivre la politique de ces derniers, avec si possible encore plus de rudesse. On l’a bien compris, les candidats à la primaire de droite sont très ouvertement ceux du « système », et ne porte aucun espoir de changement pour la majorité des Français. Qu’attendre de MM. Juppé, Fillon Lemaire, Copé (etc.) sinon la poursuite de ce qui se fait déjà ? Se souvenir de leurs actes quand ils étaient en situation de gouverner devrait suffire à les déconsidérer. Les lire et les écouter ouvrent sur le constat qu’ils n’apportent pas une seule idée neuve susceptible de peser favorablement sur l’avenir des Français.

De petits candidats aux grandes idées ?

Parmi d’autres, qui ont fait ou qui ne manqueront pas de faire acte de candidature :

– M. Dupont Aignan affiche un souverainisme anti euro, mais pas anti européen, militant pour une Europe confédérale. Joli projet, mais difficile à mettre en œuvre aujourd’hui avec nos partenaires. N’oublions pas que quitter l’Euro en faisant jouer l’article 50 du traité de Lisbonne (TUE 2007) c’est quitter l’UE (on ne peut pour l’heure abandonner l’Euro qu’en sortant de l’UE), et que quitter l’UE avant d’y revenir sans l’Euro pour négocier une réforme d’un système à priori fait pour n’être pas réformable peut passer pour une gageure. M. Dupont Aignan ne fait en outre jamais mention de l’usage de l’article 50 dans le cas où les Français le choisiraient comme président.

– M. Mélenchon, qu’on ne présente plus, tient un fort discours marqué par l’esprit de la lutte des classes mais reste peu clair quant à l’Europe et à l’Euro. Or, on ne peut rien faire en France (jusqu’à preuve du contraire) sous la domination de l’Euro, instrument privilégié de la puissance financière devenue politique dans la zone euro (lire Jacques Sapir sur le sujet, blog Russeurope). Son positionnement manque donc à priori d’une ligne solide et aisément accessible. Il peinera sans doute à mobiliser les Français derrière lui.

– M. Asselineau a créé l’UPR en 2007. Le programme de l’UPR est simple, même si son argumentaire , que l’on trouve sur le site de l’UPR, est sophistiqué : sortir de l’Euro, de l’UE en faisant jouer l’article 50 (voir plus haut), et de l’OTAN, les français ayant retrouvé leur souveraineté pouvant alors décider de leur destin eux-mêmes. L’UPR, qui est un mouvement, n’aurait pas forcément vocation à exister en tant que tel dans le cas où son programme souverainiste se réaliserait. Si l’on considère que l’Euro est aujourd’hui la cause de l’essentiel de nos soucis économiques et sociaux dans le cadre d’une UE autoritaire, antisociale et incompétente, les choix tranchés de ce parti ont le mérite de la clarté et d’une logique construite et parfaitement rationnelle.

III. Un avenir sombre

On mesure ce que sont les limites des frémissements actuels à « gauche », et on suppose que si M. Hollande est sans doute voué à la défaite en 2017, il est encore parfaitement capable de semer la zizanie parmi ses adversaires (qui ne sont pas ses ennemis). A droite, on paraît compter sur le raz le bol des Français pour ramasser sans peine la mise. Mais au FN aussi. Or, ce parti dit extrémiste a longtemps prétendu vouloir sortir de l’Euro et de l’UE , puis a tergiversé et enfin Mme Le Pen a précisé que tel n’était pas le cas dans une interview que l’on retrouve sur le site de l’UPR⋅ , ce qui en fait un parti de droite comme les autres, si l’on considère qu’aucun projet alternatif n’est envisageable dans le cadre de l’UE et de la zone Euro.

Nous devons donc compter avec les partisans de l’euro et de l’UE, qui se retrouvent au PS, à LR, au FN malgré les dénégations circonstancielles de ses dirigeants, et dans une myriade de petites formations qui gravitent autour d’eux, ou en dehors d’eux, qu’elles se réclament de la gauche ou non. Parler d’une réforme de l’Euro dans le cadre communautaire comme M. Dupont-Aignan paraît peu réaliste, on l’a dit, même si il a repris l’intéressante idée de M. Chevènement et d’autres à propos de l’euro monnaie commune. L’UE est donc la pierre d’achoppement de tout positionnement politique aujourd’hui, et on sait que les grands médias font une campagne permanente en faveur de la construction européenne, de sa la monnaie unique et de toutes les décisions bruxelloises quelles qu’elles soient.

On doit également constater que majoritairement, la parole officielle et médiatique appartient aux tenants de l’euro, de l’UE, soit par idéologie, soit par intérêt, l’aventure UE et Euro ayant généré bien des emplois, des revenus et des « jobs » fructueux. Parler du blocage de la société française, c’est aussi pointer cette vassalisation des élites, « grands journalistes » compris, aux politiques qui les nourrissent.

« On » défend donc aujourd’hui cette Europe et sa monnaie comme d’autres salariés défendent leur emploi et leur salaire, ce qui, hélas, fait beaucoup de monde dans les milieux dirigeants. Mais l’ampleur de la propagande pro UE/monnaie unique est telle que bien des victimes de l’austérité et du chômage, ne sachant pas expliquer ce qui nous arrive, écoutent volontiers en ces matières également les « grands médias » ou les hommes politiques en vue. En outre, comme dans toute époque charnière, des gens honnêtes s’investissent, en l’occurrence dans ce qui reste du rêve européen et de ses mirages. Combien de fois n’entend-on pas « changer l’UE », « changer l’euro », comme si ces perspectives répondaient à une possibilité réelle. On sait pourtant que cette UE n’est pas réformable « de l’intérieur », devant prendre théoriquement ses décisions à l’unanimité de ses 28 membres ( tel n’a pas été le cas pour décider des quotas de réfugiés par état membre), sous la surveillance US, et que par voie de conséquence, l’Euro ne l’est pas non plus. En outre, seul le bloc germanique tranche in fine les grandes décisions. La France serait bien isolée dans une tentative vouée à l’échec de changer les règles du jeu européen. Il faut donc pour finir constater que la ligne Euro, UE, multiculturalisme et ouverture de l’Europe qui va avec est celle des défenseurs du système et de ses bénéficiaires, les classes sociales qui en vivent et les oligarchies qui nous dirigent dans les faits. Les désaccords vis à vis de ces positions plus ou moins assumées mais profondes sont susceptibles de définir « en creux » un camp adverse qui n’existe pas aujourd’hui en tant que tel.

On doit par conséquent craindre qu’aucune véritable et fructueuse solution politique ne soit disponible pour l’heure et que notre avenir à moyen terme soit bel et bien cadenassé dans un entrelacs de contraintes idéologiques contradictoires, qui a évacué la lutte des classes comme outil indispensable à la compréhension du monde. Des mirages vont donc sans doute surgir en foules compactes d’ici 2017. La clarté des propositions des candidats peut être considérée comme un gage d’efficacité quand elle s’inscrit dans le sens de l’intérêt général, dont la souveraineté de la France est partie intégrante. A ce titre, l’UPR de M. Asselineau doit retenir l’attention, même si son audience actuelle ne peut pas en faire un challenger potentiellement dangereux pour le microcosme qui nous gouverne.

Dans un tel contexte de blocage politique, à un moment de profonde crise multiforme qui juxtapose les causes de mécontentement, le risque de voir surgir une vraie extrême droite doit être pris en considération. Dans tous les cas, le « politiquement incorrect » est à l’ordre du jour. A moins qu’une implosion « naturelle » de l’Euro ne rebatte profondément les cartes d’ici 2017. Sait-on jamais.

Alain Pucciarelli | 3 avril 2016

Voir également: http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2014/07/11/6-730-morts-dans-la-rue-en-trois-ans-en-france_704366

Source: http://www.insolentiae.com

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Sur le front de Donetsk. Le 4 Avril 2016

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #Ukraine, #le nazisme, #Terrorisme, #Politique étrangère

Nous déambulons Janus Putkonen et moi sur le front Nord-Ouest de Donetsk entre la gare routière et l’aéroport quelque part aux frontières de la capitale du Donbass. Le décor est cataclysmique, au milieu des destructions, la vie pourtant continue. Un monument à la gloire de l’aventure spatiale de l’URSS trône dans une rue criblée d’éclats d’obus et de balles. Il reste des gens autour, tels des fantômes ils déambulent et vaquent à leur occupation. Au loin, alors que le front est calme ce jour-là nous percevons le bruit d’une meuleuse, sans doute un civil se livre dans ce moment d’accalmie à quelques réparations de son habitation certes encore debout mais passablement constellée des projectiles ukrainiens.

 

C’est le contraste de la ville de Donetsk, cinq kilomètres en arrière, s’il existe des traces de destruction, elles se raréfient pour être minimes dès que l’on se trouve dans le cœur de la ville, au centre de la place Lénine, même si en y regardant de près, des destructions sont apparentes même à cet endroit-là. Ce matin, alors que j’écris ces lignes, une détonation forte d’un obus ukrainien de gros calibre s’est faite entendre, c’est la triste réalité de cette guerre dont plus personne ne veut parler en Occident. Et pourquoi en parler ? Alors que la France à travers la présence du Président François Hollande se portait garante pour l’Ukraine devant la Russie et le Donbass, Kiev multiplie sans fin les provocations que vous pouvez découvrir à travers des centaines d’articles et de vidéos. Ce travail de journalistes, vous ne le trouverez pas en France, vous le trouverez peut-être plus sûrement dans les coins en Allemagne ou en Grande-Bretagne, mais pas en France.

Les destructions s’empilent, alors que nous étions samedi dernier avec Ulfdis sur trois endroits du front autour de Gorloka, les civils nous ont dit que « cela a chauffé la journée précédente et surtout la nuit, nous avons été bombardés à l’artillerie lourde et au mortier », déclare une jeune mère, la trentaine, qui vit avec son compagnon et ses deux enfants sous la menace constante des bombardements ou des snipers ukrainiens. Voici la triste réalité des oubliés du Donbass, ces gens qu’en France, certains voudraient voir mourir, que l’immense majorité préfère ignorer ou carrément par l’effet de la désinformation de nos médias, ignorent bel et bien.

 

Laurent Brayard pour DONi.Press

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"La future Constitution est affaire du peuple syrien", par le Président Bachar al-Assad

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Daesch, #La Turquie, #Terrorisme

Publié par Jean Lévy

 

 "La future Constitution  est affaire du peuple syrien",  par le Président Bachar al-Assad

COMITE VALMY

1ère partie de l’entrevue accordée par le Président syrien au Directeur général de l’agence russe Sputnik [Texte intégral]


Question 1 : On parle beaucoup des réfugiés syriens, la majorité des migrants en Europe se présentant comme des Syriens, même les Pakistanais. Selon les évaluations allemandes, 77% sont sans papiers d’identité. Nous aimerions comprendre comment vous évaluez le nombre de déplacés à l’intérieur de la Syrie, ainsi que le nombre de ceux qui ont été forcés à quitter le pays et les raisons de leur fuite. Nous aimerions mettre les points sur les « i » en ce qui concerne ce sujet.

 

Le Président Al-Assad : Il n’y a évidemment pas de chiffres précis. Les chiffres sont approximatifs. Ainsi, ceux qui se déplacent à l’intérieur du pays pour se rendre chez des proches, dans d’autres villages, ne se déclarent pas en tant que réfugiés. La plupart, en quête de sécurité, quittent des zones infiltrées par des terroristes pour aller dans les zones contrôlées par l’État.

 

Ceci dit, je ne crois pas que le problème réside dans les chiffres. Le problème est que, jusqu’à présent, il n’y a eu aucun travail sérieux de la part de nombreux États. Ils traitent la question des réfugiés comme si elle ne concernait que l’étranger.

 

Certains pays européens veulent bien les accueillir pour leur assurer le gîte et des aides. Il arrive même qu’ils envoient des aides aux personnes déplacées à l’intérieur du pays. Mais cela ne résout pas le problème. Le problème fondamental est le terrorisme. Nous devons le combattre au niveau international car il n’est pas uniquement lié à la Syrie. Il sévit aussi en Irak. Il est directement soutenu par la Turquie, la famille des Al-Saoud et une partie des pays occidentaux, notamment la France et la Grande-Bretagne, tandis que d’autres se contentent de regarder sans agir sérieusement. Je pense que plus qu’une question de chiffres c’est là que réside le problème.

 

Question 2 : Je suis persuadé que vous attendez le retour des Syriens dans leur pays, ce qui pourra se faire à partir du moment où vous aurez démarré la reconstruction. Avez-vous déjà estimé l’étendue des destructions et des dommages subis par la Syrie ces dernières années ?

 

Le Président Al-Assad : Les dommages portant sur l’économie et les infrastructures dépassent deux cents milliards de dollars. Le secteur économique pourra être relevé dès que la Syrie retrouvera sa stabilité, mais la reconstruction des infrastructures exigera plus de temps.

 

Nous avons initié le processus de la reconstruction avant que la crise ne soit résolue afin de soulager, autant que possible, le citoyen syrien des dommages subis par l’économie et les infrastructures et, en même temps, diminuer l’émigration vers l’étranger, car il se peut que ceux qui souhaitent revenir soient encouragés au retour par l’espoir d’une amélioration de la situation.

 

L’émigration n’est pas uniquement due au terrorisme et à l’insécurité, mais aussi au blocus et aux sanctions occidentales imposées à la Syrie. Beaucoup de gens résidant en zones sécurisées, indemnes de terrorisme, ont émigré parce que le citoyen ne peut plus assurer les nécessités de sa vie quotidienne.

 

Par conséquent, en tant qu’État, il est impératif que nous agissions pour offrir les moyens, mêmes élémentaires, pouvant améliorer la situation économique et les services à la population. C’est ce que nous faisons en travaillant dès maintenant à la reconstruction.

 

Question 3 : La Syrie devra évidemment compter sur l’aide de la communauté internationale. Sur l’aide de qui compterez-vous pour la reconstruction du pays et comment envisagez-vous le rôle des sociétés et entreprises russes ?

 

Le Président Al-Assad : Dans tous les cas, le processus de reconstruction est un processus gagnant pour les entreprises qui y contribueront, surtout si leurs États les soutiennent en leur accordant les crédits nécessaires. Bien sûr, il est à prévoir que ce processus repose sur les trois États qui se sont tenus à nos côtés tout au long de cette crise : la Russie, la Chine et l’Iran.

 

Mais je pense que nombre d’États qui se sont positionnés contre la Syrie, et en premier lieu les États occidentaux, tenteront d’envoyer leurs propres entreprises pour participer à ce processus. Cela dit, il ne fait aucun doute qu’en ce qui nous concerne, nous nous adresserons principalement aux pays amis. D’ailleurs, ce serait assurément la réponse, politique et affective, de n’importe quel citoyen syrien que vous questionneriez à ce sujet. Il vous dira que nous réserverons le meilleur accueil aux entreprises de ces trois pays, à commencer par la Russie.

 

Quant aux infrastructures en question, elles nécessitent la collaboration de centaines de spécialités et de compétences. C’est pourquoi je crois que le champ d’action sera très large pour toutes les entreprises russes qui participeront à la reconstruction.

 

Question 4 : Monsieur le Président, nous passons aux questions politiques. Comment évaluez-vous les résultats des « négociations » à Genève sur la Syrie, lesquelles ont eu lieu la semaine dernière ?

 

Le Président Al-Assad : Jusqu’ici, nous ne pouvons certainement pas dire que quelque chose ait abouti suite à ces derniers « pourparlers » de Genève, si ce n’est que nous avons abordé des sujets fondamentaux en posant les principes de base des futures négociations, car des négociations sans principes sous-jacents se transforment en palabres chaotiques improductives, autorisant chaque partie à camper sur ses positions et d’autres États à s’ingérer indûment.

 

Nous avons donc commencé par présenter un « document de principes », mais nous n’avons encore travaillé qu’avec M. De Mistura sans entrer en contact avec la partie censée négocier avec nous. Nous devrions poursuivre les discussions et le dialogue autour de ce document lors de la prochaine session. Par conséquent, je peux dire à propos de la dernière session que nous avons initié une méthodologie susceptible d’aboutir au succès des futures négociations et que si nous la respectons, les prochaines sessions seront bénéfiques.

 

Question 5 : Je voulais justement aborder le positionnement de la Syrie lors des prochaines sessions. Quand est-ce qu’elle discutera de ladite « transition politique », laquelle amènera le sujet d’un « organe de transition » qui gouvernerait le pays ? Quel est votre point de vue sur le mécanisme adopté à cet égard ?

 

Le Président Al-Assad : Premièrement, il n’existe pas de définition d’une « période transitoire ». Ensuite, en Syrie, nous pensons que ce concept implique une transition d’une Constitution à une autre, car c’est la Constitution qui définit le système politique souhaité.

 

Par conséquent, la période transitoire doit nécessairement courir sous la Constitution actuelle. Nous ne passerons à une nouvelle Constitution qu’une fois que le peuple syrien l’aura approuvée par son vote.

 

D’ici là et selon notre perception en tant que Syriens, ce que nous pouvons faire est de veiller à la formation d’un gouvernement regroupant les diverses forces politiques syriennes, y compris celles de l’opposition et des indépendants. Une structure transitoire ou un gouvernement momentané, dont le but principal sera de travailler à la nouvelle Constitution avant de la soumettre au suffrage des Syriens et qui ne sera applicable qu’après leur approbation.

 

Rien dans la Constitution syrienne, ni dans aucune autre, ne correspond à un « organe de transition ». C’est un discours illogique et inconstitutionnel. Quels seront les pouvoirs d’un tel organe ? Comment pourrait-il gérer le quotidien des citoyens ? Qui évaluera leurs besoins ? Aujourd’hui, nous disposons d’une Assemblée du peuple [le Parlement syrien] et d’une Constitution qui dirigent le gouvernement et l’État. C’est pourquoi la solution est celle d’un « gouvernement d’union nationale » qui préparera la nouvelle constitution.

 

Question 6 : À ce stade et concernant ce gouvernement, je souhaitais vous interroger sur les modalités de sa formation. Qui le composera ? Serait-ce le Parlement élu le 13 avril prochain ou bien vous-même ? Accepteriez-vous une participation internationale à sa formation ?

 

Le Président Al-Assad : Tel est l’objectif des pourparlers de Genève, un dialogue entre Syriens pour que nous nous mettions d’accord sur la composition de ce gouvernement. Nous n’avons pas encore d’idée définitive étant donné que, mis à part certaines personnes, les autres parties n’ont toujours pas accepté ce principe.

 

Une fois que nous nous serons tous entendus sur ce principe, nous dirons comment il nous faudra l’exécuter. La logique voudrait que soient représentées les forces indépendantes, les forces de l’opposition et les forces en accord avec l’État actuel. Théoriquement, cela pourrait se faire rapidement.

 

Quant aux modalités techniques devant aboutir à la formation de ce gouvernement, comme vous le savez, existent des ministères avec ou sans portefeuille et certains y entreront sans avoir l’expérience du travail gouvernemental. Dès lors, nombre de questions devront être discutées et détaillées à Genève. Je ne pense pas qu’elles seront sources de complications insolubles, car elles sont toutes susceptibles de trouver un règlement.

 

Concernant le Parlement, il n’a aucun rôle à jouer dans ce processus qui doit être réglé entre nous et l’ « opposition à l’étranger ». Il supervise le gouvernement syrien mais ne le nomme pas.

 

Question 7 : Pensez-vous que le prochain Parlement sera de toutes les couleurs ?

Le Président Al-Assad : Cela dépend des électeurs syriens. Y’aura-t-il de nouvelles couleurs dans la société syrienne ? Il ne suffit pas qu’il y’ait de nouveaux partis, comme cela fut le cas lors des élections législatives en 2000, car il est possible qu’existent une centaine de partis sans qu’ils aient tous leurs représentants aux élections. Que souhaitera le citoyen syrien pour aller voter ? Comme vous le savez, ce sont des questions qui demandent du temps. N’importe quel nouveau parti en a besoin pour prouver le bien-fondé de son programme politique aux citoyens. Actuellement, étant donné les circonstances difficiles, il est possible qu’ils ne souhaitent pas tenter trop de nouveautés, comme il est probable que ce soit le cas quand la situation sécuritaire ira vers le mieux et que les préoccupations politiques du citoyen prendront le pas sur ses préoccupations vitales. Aujourd’hui, le citoyen syrien pense d’abord à sa vie, à sa sécurité, ensuite aux nécessités de son quotidien, aux études de ses enfants et à sa santé ; le reste est du domaine du secondaire. C’est pourquoi je ne m’attends pas à un changement radical dans l’immédiat.

 

Question 8 : Vu la situation dans sa globalité, comment croyez-vous que vos succès sur le terrain et les victoires des forces gouvernementales pourront aider la transition politique, certains étant convaincus que ces victoires consolideront vos positions lors des pourparlers de Genève, d’autres déclarant qu’elles menacent le processus politique ?

 

Le Président Al-Assad : C’est une question très importante. Il y a, en effet, ceux qui présentent le positionnement de la Russie contre le terrorisme comme un simple soutien au Président, ou au gouvernement, et donc comme un obstacle au processus politique. Ce serait vrai si nous n’avions pas été souples dès le départ et si nous nous étions vraiment butés.

 

Or, si vous reveniez sur la politique suivie par l’État syrien depuis cinq ans, vous constateriez que nous avons tenu compte de toutes les initiatives avancées par toutes les parties, sans exception, même lorsqu’elles n’étaient pas sincères ; notre but étant de ne rater aucune occasion susceptible de résoudre la crise.

 

C’est pourquoi, ma réponse à ce sujet se résumera à dire que le soutien militaire russe et le soutien des amis de la Syrie, ainsi que les victoires militaires syriennes, mèneront à l’accélération de la solution politique, non l’inverse. Nous n’avons pas modifié nos positions, ni avant, ni après le soutien russe. Nous nous sommes rendus à Genève avec toujours autant de souplesse.

 

En même temps, je dirai que ces victoires auront leur influence sur les forces et les États qui empêchent la solution, à commencer par l’Arabie Saoudite, la Turquie, la France et la Grande-Bretagne qui parient sur notre échec sur le terrain, afin d’imposer leurs conditions lors des négociations politiques. Raisons pour lesquelles, je pense que ces avancées militaires aboutiront à accélérer la solution politique et non à la menacer.

 

Question 9 : S’agissant de l’avenir, comment envisagez-vous la présence de bases militaires étrangères sur le territoire syrien ? À quelles conditions elles y resteront et est-ce que la Syrie en a besoin ?

 

Le Président Al-Assad : Si nous parlons de la période actuelle, oui, nous en avons certainement besoin, parce qu’elles sont efficaces dans la guerre contre le terrorisme. Et même si la situation sécuritaire se normalisait, la lutte contre le terrorisme ne sera ni rapide, ni éphémère. Le terrorisme s’est répandu dans cette région sur des décennies et il faudra le combattre sur une longue période. D’un autre côté, ces bases ne sont pas uniquement liées à la lutte contre le terrorisme, mais sont aussi liées à la situation internationale générale.

 

À notre grand regret, l’Occident, tout au long de la guerre froide, au-delà et jusqu’aujourd’hui, n’a pas changé sa politique. Il veut étendre son hégémonie et décider pour les autres nations. Malheureusement, les Nations Unies n’ont pas été en mesure de jouer leur rôle dans le maintien de la paix internationale. Par conséquent, tant qu’elles ne retrouveront pas leur véritable rôle, ces bases militaires seront nécessaires, pour nous, pour vous et pour l’équilibre du monde. C’est un fait. Que nous soyons d’accord ou pas, c’est actuellement une nécessité.

 

Question 10 : Des bases militaires de quels États parlez-vous exactement ?

Le Président Al-Assad : Je parle uniquement des bases russes. Nous n’avons pas de bases d’un autre État. D’une part, parce que nos relations avec la Russie datent d’une soixantaine d’années et sont fondées sur la confiance et la transparence. D’autre part, parce qu’en matière de politique la Russie s’appuie sur des principes et que nous respectons ces mêmes principes. C’est pourquoi, la présence de bases militaires russes en territoire syrien n’est pas une occupation. Bien au contraire, elle renforce nos relations, notre amitié, la stabilité et la sécurité. Et c’est ce que nous voulons.

 

Question 11 : Pouvez-vous imaginer ou accepter l’idée que le système de gouvernance de l’État syrien se transforme en un système fédéral ? Si oui, quelle forme prendrait l’autonomie kurde et quelle en serait l’étendue ?

 

Le Président Al-Assad : Du point de vue géographique, la Syrie est trop petite pour se transformer en État fédéral, elle est probablement moins étendue que la plupart des Républiques de Russie. En principe, la Syrie ne me paraît pas destinée au fédéralisme, faute de facteurs naturels pouvant justifier un tel système. Mais naturellement, en tant qu’État, nous approuvons ce que le peuple approuve, et le fédéralisme dépend de la Constitution, laquelle est soumise à l’approbation de ce même peuple.

 

Ceci étant dit, le concept de fédération kurde aurait besoin d’être corrigé. La majorité des Kurdes de Syrie veulent vivre au sein d’un État unitaire dirigée par un gouvernement central non fédéral. Il ne faut donc pas confondre certains Kurdes qui réclament un système fédéral et tous les autres Kurdes. D’ailleurs, d’autres composantes non-kurdes, aussi peu représentatives quantitativement, cherchent la même chose. Ce n’est pas pour autant que l’idée du fédéralisme soit acceptée par la majorité du peuple syrien. C’est pourquoi, je ne pense pas qu’au cas où cette idée serait soumise à son suffrage direct, elle aurait son approbation.

 

Question 12 : Mais maintenant, on parle d’une nouvelle Constitution. Êtes-vous d’accord sur le fait que la nouvelle Constitution devrait être prête en août, une date fixée par John Kerry après ses entretiens au Kremlin, alors que la position de la Russie n’a pas encore été annoncée ?

 

Le Président Al-Assad : La rédaction de la constitution pourrait être prête en quelques semaines, les experts en la matière et les propositions ne manquent pas. Ce qui prend du temps ce sont les discussions. La question devient donc : quel est le processus politique qui devrait nous mener à débattre de la Constitution ?

 

En tant qu’État, nous pouvons aujourd’hui rédiger une Constitution et la soumettre aux citoyens, mais lorsque nous parlons de « forces politiques », quelles sont-elles ? Nous ne le savons toujours pas. Nous posons la question à M. De Mistura, il ne le sait pas ! Même les Américains ne savent pas, tandis que l’Occident, par moments, ainsi que certains autres États, notamment l’Arabie saoudite, veulent restreindre toutes les autres parties au seul « groupe d’opposants de Riyad », lequel comprend des membres terroristes, dans le but de donner une image unique de l’opposition avec laquelle nous serions censés négocier une Constitution. C’est une opposition qui n’existe pas en Syrie. À part cela, le délai du mois d’août est correct et suffisant.

 

Docteur Bachar al-Assad
Président de la République arabe syrienne
30/03/2016

Source : SANA [Syrian Arab News Agency], 1ère partie.
http://sana.sy/ ?p=361365

Texte traduit par Mouna Alno-Nakhal

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Le néolibéralisme, un fascisme ? Oui, certainement !

5 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #La lutte des classes

 
 
Selon la présidente de l’Association syndicale des magistrats belges...

Le néolibéralisme, un fascisme ? Oui, certainement !

Dans Le Soir du jeudi 3 mars 2016, Madame Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats en Belgique, a fait paraître une tribune intitulée « le néolibéralisme est un fascisme ! ». Madame Cadelli est en effet connue pour ne pas avoir sa langue dans sa poche. L’année dernière, par exemple, elle a dénoncé avec vigueur la politisation du Conseil supérieur de la Justice, alors qu’il a été créé pour éviter cette fameuse politisation. Aujourd’hui, elle s’attaque au néolibéralisme bien présent dans le gouvernement de Charles Michel.

Ses propos, on s’y attendait, ont provoqué une levée de boucliers chez les tenants du libéralisme pur et dur en Belgique francophone. Henri Miller, Louis Michel, Corentin de Salle y sont allés de leurs dénonciations indignées ! Oser les traiter de fascistes, eux, les libéraux purs et durs, tenants d’une pensée inaliénable issue des Lumières ! Horresco referens ! Louis Michel est allé jusqu’à dire : « Je ne voudrais pas être jugé par cette magistrate ! » Tiens ! Ce serait instructif de voir cela, s’il échait…

Outre le titre « provocateur », qu’écrit donc Madame Cadelli ? Elle commence par distinguer clairement libéralisme, doctrine « déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales. » et le néolibéralisme qui est « cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme. »

Elle définit ensuite le fascisme comme étant « l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste. » Le néolibéralisme est donc un fascisme « car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun. »

Manuela Cadelli passe ensuite en revue les différentes mesures néolibérales imposées par la finance.

Tout d’abord, l’austérité est désormais « une valeur supérieure qui remplace le politique. » Elle s’inscrit même dans les Constitutions des Etats et « ridiculise » les services publics. L’austérité a des graves conséquences sur la base philosophique de notre vie socialie, car elle génère en outre un « nihilisme » qui « a permis de congédier l’universalisme et les valeurs humanistes les plus évidentes : solidarité, fraternité, intégration et respect de tous et des différences. » Même la pensée économique en est ébranlée. Autrefois, le travail était un élément de la demande, aujourd’hui il n’est plus qu’une « simple variable d’ajustement. »

La novlangue orwellienne

La magistrate dénonce ensuite l’évolution orwellienne de notre société. Elle énumère une série de mots dont la définition académique est transformée « … comme dans le roman de George Orwell, le néolibéralisme a sa novlangue et ses éléments de communication qui permettent de déformer le réel. Ainsi, toute coupe budgétaire relève-t-elle actuellement de la modernisation des secteurs touchés. Les plus démunis ne se voient plus rembourser certains soins de santé et renoncent à consulter un dentiste ? C’est que la modernisation de la sécurité sociale est en marche.

L’abstraction domine dans le discours public pour en évincer les implications sur l’humain. Ainsi, s’agissant des migrants, est-il impérieux que leur accueil ne crée pas un appel d’air que nos finances ne pourraient assumer. De même, certaines personnes sont-elles qualifiées d’assistées parce qu’elles relèvent de la solidarité nationale. »

Un autre aspect est le « culte de l’évaluation ». On applique le darwinisme social qui invite à tout le temps faire des performances et estime que « faiblir c’est faillir ». C’est aussi un totalitarisme de la pensée : « tout postulat humaniste est disqualifié ou démonétisé car le néolibéralisme a le monopole de la rationalité et du réalisme. Margaret Thatcher l’a indiqué en 1985 : « There is no alternative » (le célèbre TINA). Tout le reste n’est qu’utopie, déraison et régression. Les vertus du débat et de la conflictualité sont discréditées puisque l’histoire est régie par une nécessité. »

L’efficacité est la maîtresse absolue. L’évaluation permanente détruit la confiance et les relations sociales. « La créativité et l’esprit critique sont étouffés par la gestion. Et chacun de battre sa coulpe sur les gaspillages et les inerties dont il est coupable. »

Comme magistrate, Madame Cadelli se penche sur la Justice en Belgique qui, d’après elle, est la dernière de tous les Etats de l’Atlantique à l’Oural !

Le néolibéralisme engendre des normes qui concurrencent les lois votées au Parlement. « La puissance démocratique du droit est donc compromise. Dans la concrétisation qu’ils représentent des libertés et des émancipations, et l’empêchement des abus qu’ils imposent, le droit et la procédure sont désormais des obstacles. »

D’autre part, les restrictions budgétaires, la Justice n’est plus ce contre pouvoir prévu par la Constitution. « En deux ans, le gouvernement a réussi à lui ôter l’indépendance que la Constitution lui avait conférée dans l’intérêt du citoyen afin qu’elle joue ce rôle de contre-pouvoir qu’il attend d’elle. Le projet est manifestement celui-là : qu’il n’y ait plus de justice en Belgique. »

Et elle constate : « Et pendant que l’État belge consentait sur dix ans des cadeaux fiscaux de 7 milliards aux multinationales, le justiciable a vu l’accès à la justice surtaxé (augmentation des droits de greffe, taxation à 21 % des honoraires d’avocat). Désormais pour obtenir réparation, les victimes d’injustice doivent être riches. »

Ensuite, l’auteure dénonce une classe dominante bien décrite par Thomas Piketty dans son livre Le capital au XXIe siècle. Cette classe ne se soucie ni d’éthique, ni de l’intérêt général. Elle s’impose par sa brutalité.

Enfin, Manuela Cadelli dénonce « l’idéal sécuritaire » issu du terrorisme : « Le terrorisme, cet autre nihilisme qui révèle nos faiblesses et notre couardise dans l’affirmation de nos valeurs, est susceptible d’aggraver le processus en permettant bientôt de justifier toutes les atteintes aux libertés, à la contestation, de se passer des juges qualifiés inefficaces, et de diminuer encore la protection sociale des plus démunis, sacrifiée à cet « idéal » de sécurité. »

Après ces terribles constats, il reste cependant un espoir comme cela s’est passé à plusieurs reprises tout au long de l’histoire : reprenant Machiavel, la juge écrit « plus la situation est tragique, plus elle commande l’action et le refus de « s’abandonner » (…). Cet enseignement s’impose à l’évidence à notre époque où tout semble compromis. La détermination des citoyens attachés à la radicalité des valeurs démocratiques constitue une ressource inestimable qui n’a pas encore révélé, à tout le moins en Belgique, son potentiel d’entraînement et sa puissance de modifier ce qui est présenté comme inéluctable. Grâce aux réseaux sociaux et à la prise de parole, chacun peut désormais s’engager, particulièrement au sein des services publics, dans les universités, avec le monde étudiant, dans la magistrature et au barreau, pour ramener le bien commun et la justice sociale au cœur du débat public et au sein de l’administration de l’État et des collectivités. »

Le salut est donc dans l’engagement. Mais, sans doute est-ce quelque peu optimiste étant donné que l’engagement ne peut se concevoir uniquement de manière individuelle sans qu’il y ait une organisation pour les coordonner.

La riposte

Bien entendu, ce langage n’a pas du tout été apprécié par les libéraux au pouvoir en Belgique et même en France. Epinglons la réplique de Corentin de Salle parue dans Le Soir du 4 mars. Il est directeur scientifique du Centre Gol, le bureau d’études du MR (Mouvement Réformateur, le parti libéral francophone belge avec à sa tête Charles Michel, l’actuel Premier ministre, allié aux nationalistes flamands de la NV-A). Corentin de Salle, universitaire né en 1972, appuyé à ses débuts par Hervé Hasquin, a fondé l’institut Hayek, il est directeur de l’institut Atlantis qui prône les idées néoconservatrices – tout un programme ! Il est un grand admirateur de Friedrich von Hayek, l’économiste ultralibéral de la période de la guerre auteur de la « Route de la servitude » – en quelque sorte le manifeste de l’ultralibéralisme – où il dénonçait avec force le socialisme et le keynésianisme tout en prônant une société où l’Etat serait réduit à sa plus simple expression au plus grand profit des entreprises privées. De Salle a été chroniqueur au quotidien catholique La Libre Belgique qui s’est séparée de lui suite à une tribune aux relents xénophobes.

Dans sa réplique à la tribune de Madame Cadelli, de Salle commence par s’indigner de ses propos qu’il considère comme insultants. Pensez : assimiler la pensée dominante au fascisme ! Quel sacrilège !

Ensuite, le sophisme : le néolibéralisme n’existe pas. Dès lors, s’il n’existe pas, il ne peut être fasciste. « Certes, Manuela Cadelli prend grand soin de distinguer le « libéralisme » du « néolibéralisme ». C’est là une stratégie oratoire classique. Comme personne ne peut contester l’apport considérable de la tradition libérale à notre société, les détracteurs du libéralisme ont inventé ce concept factice de « néolibéralisme ». En réalité, le néolibéralisme n’existe pas. » M. de Salle devrait pourtant savoir que les politologues distinguent bien le libéralisme politique issu des lumières, considéré comme à gauche jusqu’à la deuxième guerre mondiale, du libéralisme économique qui est devenu le néolibéralisme.

La réalité du néolibéralisme

Ensuite, c’est du délire : « Il est vrai qu’au siècle passé, peu avant la Deuxième Guerre mondiale, plusieurs penseurs libéraux ou socio-démocrates (Jacques Rueff, Maurice Allais, John Maynard Keynes, etc.), principalement de gauche, se sont revendiqués comme étant « néolibéraux ». Mais, pris au sens qu’on lui donne la plupart du temps, le terme « néolibéralisme » est une mystification intellectuelle : c’est une théorie inventée de toutes pièces par des intellectuels antilibéraux et qui est présentée comme un catalogue de dogmes et d’articles de foi de la communauté libérale dans le but de discréditer le libéralisme. »… Jacques Rueff, John Maynard Keynes et Maurice Allais de gauche ! Non, libéraux reconnaissant le rôle régulateur de l’Etat. Mais c’est déjà trop pour le directeur scientifique du Centre Jean Gol !

Alors, rafraichissons la mémoire de ce cher Corentin. Il affirme qu’il n’y a aucun auteur qui se réclame du néolibéralisme. Encore un sophisme. C’est vrai et faux à la fois. L’expression « néolibéralisme » apparaît dans les années 1930. En réalité, il s’agissait d’une mode. Tout était « néo » : il y avait le « néo marxisme », le « néo socialisme », le « néo saintsimonisme », etc. Il s’agissait, à l’époque, on était en pleine crise économico-financière et le fascisme commençait à s’imposer, de refonder les anciennes doctrines du XIXe siècle et de les adapter aux critères de l’époque.

Contrairement à ce qu’il se passe aujourd’hui, le libéralisme, à l’époque, était remis en question suite à la crise de 1929. Il fallait dépasser les vieux modèles de l’individualisme économique et opter pour une économie plus collective. Keynes n’était pas loin ! Il se développe également un « planisme néolibéral » en réponse au planisme socialiste du Belge Henri de Man. Aussi, on peut dire que Corentin de Salle avait raison en écrivant que John Maynard Keynes était néolibéral (mais ne s’en revendiquait pas). Oui, mais dans le sens du « néolibéralisme » de l’époque qui tentait de répondre à la critique radicale faite au libéralisme suite à la crise.

Aussi, le cher Corentin trompe son monde. Le néolibéralisme des années 1930 n’a rien à voir avec le néolibéralisme contemporain qui comprend la nouvelle économie, ou économie de l’offre qui sévit actuellement comme pensée dominante.

Aussi, cette pensée dominante, selon le directeur de l’institut Atlantis, ne peut s’appeler « néolibérale ». Aussi conclut-il, péremptoire : « En réalité, le néolibéralisme n’existe pas. » Il est bien le seul à le dire !

Les sophismes de Corentin

Il y a une autre tromperie de notre grand universitaire libéral. Il accuse ! « …les intellectuels antilibéraux en sont venus à considérer de bonne foi que les amalgames, simplismes, mensonges et calomnies de leurs prédécesseurs sur le libéralisme constituaient réellement le corpus du libéralisme. Beaucoup pensent sincèrement que cette idéologie repoussoir a réellement été construite par des penseurs libéraux au cours du dernier siècle. Ces derniers sont qualifiés de « néolibéraux ». Qu’est-ce que cela signifie ? Rien. »

Nouvelle malhonnêteté intellectuelle : tous les politologues distinguent la pensée libérale politique de la pensée économique qui est celle du néolibéralisme, à savoir cette pensée dont les principaux fondateurs sont Friedrich von Hayek, Ludwig Von Mises et Milton Friedman. Et on a appelé cela « néolibéralisme » pour le distinguer du libéralisme politique. Mais de Salle persiste. Il écrit plus loin : « il [l’ultralibéralisme] véhicule l’idée que, certes, dans le domaine des idées politiques, le libéralisme a apporté une contribution qui n’est pas dénuée de valeur (les libertés fondamentales, la première génération des droits de l’homme, plusieurs principes démocratiques, etc.) mais que, sous peine de se contredire et de s’annihiler, il doit être absolument tempéré, canalisé, contrebalancé, régulé, etc. par des considérations sociales, humanistes, etc. »

Un exemple tragique : le néolibéralisme n’a rien à voir avec le libéralisme politique qui est un des piliers de la démocratie. En effet, en 1973 au Chili, les néolibéraux américains de l’école de Chicago dirigée par Milton Friedman ont participé au renversement du président élu Salvador Allende et à l’installation de la sanglante dictature du général Pinochet. Et il existe d’autres exemples aussi tragiques dans différentes parties du monde. Mais, pour de Salle, les adversaires du néolibéralisme confondent libéralisme et néolibéralisme.

En réalité, c’est Corentin de Salle qui considère que libéralisme et néolibéralisme sont une seule et même pensée. Tout cela pour fustiger Madame Cadelli : « Manuela Cadelli s’attaque en réalité, quoi qu’elle en pense, au « libéralisme ». Le libéralisme est-il un fascisme ? Je n’ai guère coutume de citer cet individu de noire mémoire mais je pense que Benito Mussolini, le premier grand théoricien du fascisme, a dit une chose significative : « Le fascisme est absolument opposé aux doctrines du libéralisme, à la fois dans la sphère politique et dans la sphère économique ». » Donc, en considérant que le néolibéralisme est un fascisme, Manuela Cadelli attaque en réalité le libéralisme !

Alors, si on suit bien le raisonnement du directeur scientifique du Centre Jean Gol, les libéraux sont complices du coup d’Etat de Pinochet. Cela n’a évidemment aucun sens. Le plus inquiétant est que le MR qui se « droitise » de plus en plus, ait confié son « think tank » à ce personnage.

Et Corentin de Salle insiste et c’est l’aveu : « Une économie est libérale, nous dit Milton Friedman, quand l’Etat prélève environ 30 % des richesses produite. Au-delà, elle devient socio-démocrate. Nous sommes aujourd’hui à 60 % de prélèvements ! Depuis plusieurs années, les divers gouvernements en Belgique votent des budgets en déficit. Les gouvernements s’endettent. En 2014, à l’issue du gouvernement Di Rupo, l’endettement représentait plus de 106 % du PIB. En Allemagne et aux Pays-Bas, ce taux oscille autour de 70 % seulement. Mais le réel n’entame en rien les convictions idéologiques des antilibéraux qui mobilisent constamment toute une rhétorique religieuse (l’« orthodoxie budgétaire », le « respect inconditionnel des sacro saints principes néolibéraux », le « dogmatisme de la rigueur ») visant à ridiculiser ceux qui appellent simplement non pas à diminuer l’endettement, non pas à diminuer l’accroissement de l’endettement mais tout simplement à freiner la vitesse de l’accroissement de l’endettement. Les Français sont généralement les plus imaginatifs pour fustiger ces principes « intangibles » d’équilibre budgétaire. Tellement « intangibles » que la France n’a pas voté un budget en équilibre depuis… 1975. »

Donc, Friedman est un économiste libéral et l’Etat ne devrait relever que 30 % des richesses produites. Autrement dit, plus de sécurité sociale, plus de services publics ; seules l’armée et la police – et encore – resteront sous le giron de l’Etat. Quant à la démonstration archiconnue sur la dette, on peut opposer le sous-investissement public qui pose le problème de l’avenir d’activités essentielles comme l’enseignement, la culture, la recherche scientifique et surtout la structure de la dette publique qui génère le surendettement public et qui est au seul avantage des banques ! Et le contradicteur de Madame Cadelli termine en démontrant l’efficacité de la politique actuelle du gouvernement belge.

Notons que, curieusement, il ne parle pas de l’état lamentable dans lequel se trouve la Justice dénoncé par Manuela Cadelli. Enfin ! Cela fait partie de la réduction des dépenses… Pour Corentin de Salle, « Le libéralisme n’est pas un fascisme. Le libéralisme est un humanisme. » Personne ne dit le contraire, mais le néolibéralisme, lui, est un fascisme. Oui, certainement !

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Après les manifestations du 31 mars Coups de tonnerre sur le front syndical français !

4 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le syndicalisme

Après les manifestations du 31 mars Coups de tonnerre sur le front syndical français !

 

manifestante

 

APF, télex 31 mars. Coup de tonnerre sur le front syndical français :

les premiers secrétaires de la , de la FSU, de la -FO, de SUD et de l’UNEF appellent à « une de combat avec appel à la grève interprofessionnelle reconductible pour faire tomber la loi El Khomri, obtenir la levée des sanctions contre les syndicalistes injustement sanctionnés et engager la contre-offensive pour le progrès social, l’emploi, les salaires et le retrait de l’ensemble des contre-réformes inspirées par le MEDEF et par Bruxelles ».

 21 h 23, service A.E.S.. – Corentin Rothering 

A l’issue d’une conférence de presse surprise tenue au siège de la CGT le 30 mars, Mme Bernadette Groison (FSU) et MM. Jean-Claude Mailly, Philippe Martinez, William Martinet, auxquels s’est associé le « collectif de direction autogéré » de SUD, ont déclaré, en rupture avec toutes les pratiques syndicales usitées jusqu’alors :

« Réunies au siège de la CGT à l’issue de la très grande journée de lutte du 31 mars, constatant l’arrogance et la surdité persistante de F. Hollande à propos de la loi « Travail » et prenant acte de l’inefficacité persistante des « journées d’action » sans suite, de l’inertie revendicative de la CES et du comportement hautement toxique des «  » CFDT et FAGE, nos organisations syndicales appellent ensemble les salariés du public et du privé, les retraités, les chômeurs, les lycéens et les étudiants à donner un prolongement combatif à la grande journée du 31 mars. Pour cela, nous mettons ensemble en débat le principe d’une immense manifestation nationale de combat à Paris avec appels à la grève dans la première quinzaine d’avril avec pour objectifs,

  • le retrait de la loi scélérate El Khomri, qui n’est que la transcription en droit français des sommations de l’UE sur la dérégulation du marché français du travail. Les concessions mineures « obtenues » par la CFDT sur la base des luttes d’autrui, ne modifient pas sur le fond ce projet scélérat dont la philosophie générale est maintenue : inversion de la hiérarchie des normes, facilités accrues pour l’employeur de licencier arbitrairement, précarisation générale des salariés, à terme, baisse des salaires et de la rémunération des Heures Supplémentaires. ;
  • La levée immédiate des sanctions infligées par la justice de classe, à l’invitation de Valls et du MEDEF, contre les ouvriers de Goodyear, Air-France, PSA, EDF, etc.
  • d’appeler tous les salariés, retraités, étudiants, chômeurs, qu’ils soient français ou étranger, à construire démocratiquement « en bas », la convergence des luttes et à mettre en place démocratiquement les conditions d’une grève générale reconductible interprofessionnelle sans hésiter à aller vers le blocage des profits capitalistes. La meilleure défense étant l’attaque, nos organisations appellent à mettre sur la table l’ensemble des problèmes : reconstruction des services publics (Education nationale, SNCF, EDF/GDF, Poste, Equipement, Université, Recherche publique, etc.), de la Sécurité sociale et des retraites par répartition (avec retour aux 60 ans pour 37 ans ½ de cotisation pour tous, études et temps de chômage et de précarité compris), de l’indemnisation du chômage, la relance du produire en France industriel et agricole (avec ouverture partout de dialogues des organisations de jeunes et de salariés avec les agriculteurs et artisans en lutte), l’interdiction des licenciements et des délocalisations, la renationalisation franche des grandes entreprises privatisées ou semi-privatisée, la relance du logement social,
  • le retrait de l’ensemble des contre-réformes dictées par le MEDEF et l’UE depuis la mise en vigueur de Maastricht avec le soutien des gouvernements maastrichtiens successifs.
  • Le retrait des lois liberticides menaçant les libertés syndicales, civiques et individuelles.

Construisons le tous ensemble, en même temps et jusqu’à la victoire de l’action revendicative ! Pour ce faire, débattons partout sur le temps de travail, dans les amphis, à l’interpro ou par tout autre moyen faisant l’accord des salariés et des étudiants, de nos cahiers de revendications respectifs, d’une plate-forme revendicative nationale unitaire et surtout, d’une immense et urgente MANIFESTATION NATIONALE DE COMBAT le 12 avril à Paris en généralisant l’action et en montant très fort vers un immense 1er mai de lutte ». Montreuil, le 31 mars à l’issue du grand succès populaire du 31 mars.

 Aussitôt ce communiqué publié, les réactions sont nombreuses et contrastées. Nombre de syndicats CGT, SUD, FO, de base et de branche, et même plusieurs syndicats CFDT, ont publié des communiqués de soutien enthousiastes à cette perspective alors que MM. Manuel Valls et Emmanuel Macron ont déclaré ensemble : « ce retour du syndicalisme vieillot est d’autant plus inquiétant qu’il est porté par une jeune génération tentée par l’archaïsme social ».

En visite à Kiev, Angela Merkel a averti : « il semble décidément que le peuple français n’ait rien appris ».

David Cameron, appuyé par Tony Blair, a grondé : « nous invitons fermement Paris à prendre toutes les mesures nécessaires, y compris répressives, pour préserver la libre circulation des marchandises et des capitaux au sein de l’UE.. En Grande-Bretagne, un tel mouvement irresponsable serait interdit. ».

Soucieuse, Marine Le Pen, plus discrète que jamais, a persiflé : « la colère des salariés est compréhensible, mais ce n’est pas en suivant à nouveau les Rouges que notre pays va se sortir du déclin organisé par les forces cosmopolites ».

Pierre Gattaz, le chef de file du MEDEF, s’est récrié : « décidément, ce pays est incorrigible, il refuse tous les challenges et ne pourra que constater le départ vers l’étranger des grandes entreprises vers d’autres sites de production : si le site France reste désespérément aux mains des nostalgiques de 1936 et de Robespierre, nous n’aurons plus qu’un mot : « Good bye France ! ».

La réaction la plus exaspérée est cependant venue de la CFDT, M. Laurent Berger, s’est exclamé dans Le Figaro : Poisson d'avril« La France est désespérante. Si l’on veut un vrai syndicalisme de négociation, il est temps que les fédéralistes de droite et de gauche imposent le transfert à l’UE des compétences nationales en matière de régulation sociale ».

Très nombreuses réactions enthousiastes en revanche en Italie, en Grèce, en Espagne, en Belgique et même en RFA (surtout dans la partie orientale du pays) au brûlot intersyndical publié hier à Montreuil du côté de syndicats CGIL, PAME, Commissions ouvrières d’Espagne (CC.OO), CGTP (Portugal), etc

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13e voyage de Le Drian au Qatar : “Le Qatar est un partenaire stratégique de la France”

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #La mondialisation, #Le capitalisme;, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Daesch, #Terrorisme

13 voyages chez un pays croupion qui soutient le terrorisme, pour quelques milliards – le prix de notre âme…

Source : Le Point, AFP, 29/03/2016

L’armée qatarie a passé commande de 24 Rafale en 2015 pour 6,3 milliards d’euros et plusieurs gros contrats pourraient être signés prochainement.

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Ce mardi, le ministre français de la Défense a défendu les couleurs de l’industrie française de l’armement, sur les rangs pour de juteux contrats au Qatar dans la foulée du succès de l’avion de combat Rafale. “Le Qatar est un partenaire stratégique de la France. Il ne faut pas mégoter sur les mots”, a déclaré Jean-Yves Le Drian en marge du salon de l’industrie militaire navale DIMDEX à Doha, faisant référence à la proximité de vues entre les deux pays sur la situation régionale et aux liens de défense bilatéraux.

Signe le plus concret de ce partenariat, l’armée qatarie a passé commande de 24 Rafale en 2015 pour 6,3 milliards d’euros. “Ce succès, je l’espère, en appellera d’autres”, a déclaré le ministre devant les industriels français présents au Doha International Maritime Defense Exhibition (Dimdex). Le groupe de construction navale militaire DCNS est candidat pour la vente de trois frégates antimissiles au Qatar – un marché de trois à quatre milliards d’euros – et le constructeur Nexter pour celle de 300 véhicules de combat de type VBCI (deux milliards). “Peut-être que le chiffre 13 est un chiffre de chance”, a lancé le ministre, qui effectuait son 13e déplacement à Doha depuis sa prise de fonctions en mai 2012.

Le Qatar, soutien actif des Frères musulmans

Au Dimdex, Jean-Yves Le Drian a fait le tour de plusieurs stands tricolores avec le jeune émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, visiblement très à l’aise en français. “Je connais”, a souri l’émir devant le stand de Dassault, constructeur du Rafale. Les deux hommes ont aussi échangé quelques mots sur le match de football qui opposera le PSG, financé par le Qatar, à Lorient, ville natale du ministre français en Bretagne, en demi-finale de la Coupe de France en avril. Jean-Yves Le Drian a aussi eu l’occasion de vanter les mérites du “made in France” lors d’un entretien avec le ministre d’État qatari à la Défense, Khaled ben Mohamed al-Attiya. À l’appui du savoir-faire français, la frégate L’Aconit, déployée dans la région, avait fait escale au Dimdex, au côté de sept autres bâtiments étrangers (britannique, italien, indien…)

Le Qatar, soutien actif des Frères musulmans et de groupes armés radicaux en Syrie, est un allié jugé parfois encombrant pour Paris, même s’il rejette, comme l’Arabie saoudite, tout lien politique ou financier avec le groupe État islamique. “Nous parlons très franchement (..) Nous avons une relation saine“, a riposté Jean-Yves Le Drian aux critiques politiques en France sur la proximité entre les deux pays. DCNS est en concurrence avec une offre de l’Italien Fincantieri. Doha, qui veut acquérir ces bâtiments avant le Mondial de football de 2022, devrait annoncer d’ici l’été sur quel constructeur se porte son choix, la première livraison devant intervenir dès 2021.

Le prix du baril, trouble-fête

Le Qatar a par ailleurs entrepris la modernisation de son armée de terre avec, outre 60 chars Leopard-2 allemands commandés en 2013, un appel d’offres pour 300 véhicules de combat. En 2014, Doha a également signé une lettre d’intention pour l’achat de 22 hélicoptères européens NH90. Ce contrat de près de deux milliards d’euros est “prêt, mais pas encore signé”, relève-t-on à Paris. Les appareils doivent être fabriqués en France et en Italie. L’effondrement des prix des hydrocarbures a bousculé le calendrier d’acquisitions du Qatar, en difficulté budgétaire comme d’autres pays du Golfe et qui du coup a fait des frégates sa priorité. Doha s’inquiète du potentiel militaire de l’Iran chiite, puissance régionale rivale des monarchies sunnites du Golfe, et cherche à se doter de capacités antimissiles pour protéger notamment sa plateforme gazière offshore. Le Qatar constitue un enjeu important à l’export pour DCNS en 2016, avec l’Égypte et l’Australie.

Le Caire pourrait commander deux corvettes Gowind supplémentaires au constructeur français – outre les quatre déjà négociées – et deux bateaux plus petits pour un total de 500 millions d’euros, selon plusieurs sources françaises. DCNS est également sur les rangs pour le “contrat du siècle”, la vente de 12 sous-marins à l’Australie pour plus de 20 milliards d’euros. Sur ce créneau, la partie s’annonce toutefois très serrée face à l’allemand ThyssenKrupp et à un consortium japonais. Si le Qatar passe commande, les trois frégates seront construites à Lorient, une bouffée d’air pour le site industriel et la ville natale de Jean-Yves Le Drian, également président de la région Bretagne.

Source : Le Point, AFP, 29/03/2016

 

Réponses à: 13e voyage de Le Drian au Qatar : “Le Qatar est un partenaire stratégique de la France”

 

Spectre Le 03 avril 2016 
 
 

Le cumulard Le Drian, qui s’est tranquillement assis sur l’article 4 de la Charte de déontologie qu’il avait pourtant signée, pourra profiter de son séjour au soleil pour s’inspirer de la législation sociale locale : link to lemonde.fr La loi Travail reste un peu molle, il y a de toute évidence matière à puiser dans le meilleur du savoir-faire qatari pour doper la compétitivité de nos entreprises.

On pourrait par exemple demander son avis à un autre grand amoureux du Qatar, M. de Juniac (PDG d’Air France) : « Comme le disait mon homologue de Qatar Airways, hier, à propos de la grève, “Monsieur de Juniac, chez nous, ce ne serait pas possible, on les aurait tous envoyés en prison”. » link to francetvinfo.fr

Anecdote amusante : le Qatar, qui n’est pas un pays francophone, est pourtant… membre de la Francophonie. link to lemonde.fr Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour que le pognon wahhabite continue à pleuvoir !

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Syrie : une Lutte qui annonce la fin des Temps. Par Françoise Compoint.

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La République, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch, #l'immigration

Syrie : une Lutte qui annonce la fin des Temps. Par Françoise Compoint.

Syrie : une Lutte qui annonce la fin des Temps.

Le 03 avril 2016

Je n’ai jamais beaucoup apprécié le manichéisme. Réducteur jusqu’à exclure tout ce qui est entre le Noir et le Blanc, il m’a longtemps semblé que le monde était infiniment plus complexe que cela. La lecture en classe de Terminale du Prince de Machiavel m’en avait définitivement convaincu. La politique ne puit être fondée que sur le realpolitik, nos prises de position individuelles ne sont dignes d’intérêt que si elles prennent en compte le Gris et ses 50 nuances. Qu’importe, au fond, que certains principes moraux édifiants en pâtissent, de toute façon, notre vie n’est qu’un combat harassant que se livrent le Bien et le Mal et en plus, dans une optique dialectique, ces deux entités produisent de petits démons souvent bien sympathiques. Les années ont vite passé. L’expérience personnelle mariée à mes activités de journaliste m’ont démontrée que le manichéisme avait non seulement droit d’existence mais que, dans un cadre bien défini, il avait le devoir de régner en politique à côté du realpolitik qui lui fonctionne avec des nuances morales marquées. Le drame ukrainien et, simultanément, le drame syrien, ont conforté ce point de vue. J’ai alors commencé à mieux comprendre ce que sous entendait l’Apocalypse selon Saint Jean par la fin des Temps, ce que sous-entendaient les révélations faites à Léon XIII où Satan parle de détruire l’Eglise du Christ 75-100 ans plus tard (c’était vers la fin du XIXème siècle) et les révélations faites à Pie XII dans le même esprit. Le Bien et le Mal interagissent en se livrant un combat acharné. Aucun combat ne dure indéfiniment. Tôt ou tard, l’un des partis va l’emporter. Il n’y a donc pas de place pour les nuances auxquelles nous, hommes doués de raison, sommes habitués, et qui nous arrangent tant.+

Il y a peu, un journaliste russe dont je ne retrouve plus le nom avait remarqué que la position souverainiste russe différait en cela de celle de l’opposition libérale genre Echo de Moscouque même quand elle commettait des erreurs tactiques, elle croyait bien faire. Ce trait de probité est aux antipodes d’une hypocrisie qui devrait être indigeste mais que nous nous contentons de critiquer mollement considérant que le drame des Autres (Syriens, Irakiens, Ukrainiens, etc.) n’est pas spécialement le nôtre. Nous restons tièdes. Cette déclaration avait été faite lors d’une émission-débat entre souverainistes et libéraux. Curieusement, ces derniers ne trouvèrent rien à répondre. Pourquoi donnerais-je raison aux premiers et non pas aux seconds ? Serait-ce par sympathie pour Poutine ? Non. C’est simplement que je m’appuie sur les faits. Tout comme l’analyse politique, les choix moraux s’appuient sur des faits. Ils sont empiriques.+

Lorsque des enfants syriens se font massacrer par les ordures de l’EI dont nous connaissons pertinemment les sources de financement, c’est à peine si les peuples occidentaux ou les libéraux russes se prononcent. Au mieux, quelques organisations du type SOS Chrétiens d’Orient dont j’admire le courage essayent d’attirer l’attention du grand public après s’être rendues sur place. Autrement, RIEN. 13 novembre 2015. Paris vit en un soir « le quotidien des Syriens ». Quelques médias commencent à se réveiller en se disant que peut-être, finalement, le Président syrien démocratiquement élu est un moindre mal. Et si le Bataclan se reproduisait ? Après s’être adressé, voix tremblante, aux Français, François Hollande revient à son engagement auprès d’Erdogan qui est de contribuer à la création d’une espèce de Kurdistan au nord de la Syrie. La famille d’Erdogan achète et revend le pétrole syrien volé par Daesh.Cherchez l’erreur.+

Le 22 mars, Bruxelles vit lui aussi le quotidien des pays en voie de démocratisation. Peu avant cet-te tragédie, l’UE entendait réviser sa position vis-à-vis du conflit syrien. Assad n’était plus tenu de se retirer sans conditions. La Belgique est même allée jusqu’à accueillir des leaders du PKK. Le 5 mars, un attentat est perpétré en plein centre d’Ankara. S’ensuit le discours en fait menaçant d’Erdogan qui déclare, lors du sommet UE/Turquie, que la bombe qui a explosé à Ankara pourrait exploser dans n’importe quel pays de l’UE. La façon dont la mise en garde est formulée est absolument fabuleuse : l’Europe accueillerait et subventionnerait des organisations terroristes qui ne manqueront pas de se retourner contre elle. S’agirait-il du PKK allié au PYG contre Daesh ? Il n’en demeure pas moins que la « prophétie » d’Erdogan se vérifie très vite. Bruxelles pleure toujours ses morts, le gouvernement d’Erdogan vit les heures les plus noires de son existence mais il n’est pas question de virer la Turquie de l’Alliance, quant à Assad, réélu ou pas réélu, finalement, il doit partir.Ah, j’oubliais ! La Turquie est allée jusqu’à abattre, en février 2016, des réfugiés (enfants y compris) à la frontière syrienne. C’est peut-être fort regrettable mais, que faire, un membre de l’Alliance n’a rien à se refuser. Le maximum de ce qu’il risquerait, c’est d’aller récolter une formidable raclée chez l’oncle Sam. Ce qui vient de se faire avec ordre de reprendre contact avec le Kremlin, cela, le hasard a porté ses fruits, après la visite du chef de la CIA, John Brennan, à Moscou.Entre-temps, Vitaly Tchourkine, ambassadeur russe auprès de l’ONU, présente au Conseil de sécurité des documents fiables faisant état des sommes coquettes déboursées durant l’année 2015 par Ankara à ses partenaires de Daesh, quelque chose comme 1.909.800 de dollars si bien sûr ma calculette ne délire pas.+

L’UE paye les pots cassés. Un attentat d’envergure imminent vient d’être déjoué à Argenteuil, mais … Assad est méchant. Il doit partir. Les Molenbeek en acte et en puissance menacent réellement la France et l’ensemble de l’UE mais … Assad est méchant. Il doit partir. Sauf que ! La France se met le doigt dans l’oeil croyant peut-être (ou du moins feignant) contrôler quoi que ce soit non pas seulement en Syrie mais sur l’ensemble du Moyen-Orient. On sent bien ce mélange infernal d’égarement et de mauvaise foi à la lumière d’une interview recueillie le 28 mars par BFM TV auprès du député et ancien ministre Thierry Mariani : « Vous avez donc fait votre choix entre le régime insupportable d’Assad et les djihadistes? », demande le journaliste, imbu de cette suffisance malsaine caractéristique des donneurs de leçon atlantistes. OUI, répond, sans ciller, le député. Il en va des intérêts nationaux, dit-il, mais ilen va aussi, compléterais-je de mon côté sachant qu’il revient de Syrie, d’un choix moral. L’on ne peut et l’on ne doit en faire abstraction.+

Face au sommeil de la raison et à l’ébat des monstres, le choix de Mariani a donc à sa façon une dimension morale. Comme celui, à sa façon à elle, périlleux, de Mère Agnès-Mariam de la Croix, supérieure du monastère Saint-Jacques le Mutilé sis Qâra. Comme celui de Daniel Maes, père Prémontré de l’abbaye flamande Postel-Mol parti servir le Christ à Qâra, al-Qalamoun, et qui a écrit une lettre ouverte au ministre des Affaires étrangères belge. Je pourrais poursuivre cette énumération jusqu’à l’infini. Cependant, s’il y a nom sur lequel je voudrais m’arrêter, une âme vers laquelle vont souvent mes pensées de ces derniers jours, c’est bien celui du jeune officier russe,Alexandre Prochorenko, tombé lors de la reprise de Palmyre. Piégé par Daesh et se sachant perdu, il a appelé des frappes aériennes sur sa position. Très franchement, plus j’en apprends sur des gens de cet acabit, plus les élites atlantistes et les pseudo-libéraux criards de Russie me donnent la nausée. Plus j’en apprends, plus je conçois que la Syrie, au bout de cinq années de cauchemar abyssal, est devenue le terrain, direct et/ou médiatique, d’une Lutte ultime dont le dénouement annoncera le début de la fin d’un Monde. Duquel ? Le longuissime dossier syrien n’étant qu’une case départ, je pense que l’alternance des défaite/victoires du Bien et du Mal durera pendant quelques années encore s’étendant progressivement, comme le feu gagne un immeuble. Les délais se préciseront après la reprise (ou la perte, Dieu en préserve Damas) de Raqqa, l’attitude ultérieure d’Erdogan après sa reprise en main, le degré d’impatience du salafisme à soumettre l’Occident, enfin, les présidentielles US qui approchent. J’espère alors, de tout coeur, qu’il se trouvera en UE plus d’Alexandre Prochorenko que de journalistes de BFM TV. Car je désire vivement la survie et le triomphe de l’Europe comme je désire le triomphe de cet élément transcendant que nous appelons Moraleet sans lequel le droit international, garant de la stabilité dans le monde, n’aurait aucun fondement.+

Françoise Compoint

Alexandre Prokhorenko

Alexandre Prokhorenko

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Arménie Azerbaïdjan, ça chauffe au Caucase

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #La France, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme

Ca chauffe au Caucase

3 Avril 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Caucase, #Histoire, #Russie

Ca chauffe au Caucase

La situation dégénère sérieusement au Caucase entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Erevan reconnaît 18 soldats tués et Bakou 12, sans compter les hélicoptères et chars détruits des deux côtés, lors des violents affrontements qui ont soudain éclaté dans le Haut-Karabagh.

Cette région est une pomme de discorde entre les deux pays depuis l'éclatement de l'URSS et même un peu avant (1988). Enclave arménienne en Azerbaïdjan, réclamant son rattachement à l'Arménie, elle se proclama indépendante en 1991, marquant le début d'une guerre qui fit environ 25 000 morts et mit sur les routes un million d'Azéris qui se réfugièrent en Azerbaïdjan. Depuis 1994, le Nagorno-Karabadh est de facto contrôlé par l'Arménie mais aucun traité de paix n'a été signé et Bakou revendique ses droits sur la région.

Ca chauffe au Caucase

Des escarmouches ont régulièrement lieu sur la ligne de cessez-le-feu mais la flambée de violence de ce week-end interroge : il s'agit des plus importants combats depuis 1994 et aucun des deux pays ne veut reculer. Tandis qu'Erevan met en alerte son aviation, Bakou se dit prêt à une solution militaire. Diantre. Comme si la zone ne connaissait pas suffisamment de conflits... Guerre civile turco-kurde juste à l'ouest, guerres syrienne et irakienne à quelques encablures au sud, conflits gelés en Géorgie voisine (Ossétie du sud et Abkhazie), crise ukrainienne à l'horizon septentrional.

Alors qu'Arméniens et Azéris se renvoient la faute, Poutine a compris le danger et appelle à un cessez-le-feu immédiat tandis que Lavrov use de son entregent pour ramener les deux parties à la raison. Car la Russie est un peu en porte-à-faux sur la question : alliée de l'Arménie où elle a des bases, elle ne veut pas s'aliéner l'Azerbaïdjan, lui-même en froid avec l'Occident ces derniers temps. Les Russes ont une intéressante carte à jouer, mais la condition sine qua non est le gel du conflit du Nagorno-Karabagh, évitant à Moscou de prendre ouvertement parti.

A qui profite donc le crime, en l'occurrence le net regain de tension ? Pas à l'Occident en tout cas, qui appelle comme le Kremlin à une cessation immédiate des hostilités. L'Azerbaïdjan est le point de départ du BTC qui amène le pétrole caspien en Méditerranée en squizant la Russie, grande victoire énergétique des Américains au début des années 2000. Quant à l'Arménie, même si elle est dans l'orbite russe, Washington ne voudrait pas tout à fait la perdre, sachant également que le petit pays caucasien chrétien bénéficie d'un capital sympathie évident dans les opinions publiques occidentales.

Qui alors ? Et si c'était Erdogan... Ankara a immédiatement assuré Bakou de son soutien moral. Rien de plus logique : l'Arménie est l'ennemi historique tandis que l'Azerbaïdjan, malgré qu'il soit chiite, est un pays cousin, de population et de culture turciques. Chose intéressante, le sultan fait ici passer le fait national avant le fait religieux, lui qui a pourtant, selon le roi de Jordanie, des rêves de "sunniser" le Moyen-Orient (nous reviendrons dans un prochain billet sur les déclarations explosives du roi Abdallah).

Le vice-président de la Douma a en tout cas embrayé, dénonçant une "troisième force" à l’œuvre derrière la récente flambée de tension. S'il n'a pas nommé la Turquie, l'accusation est claire comme un verre de vodka (ou d'arak en l'occurrence) : "La force qui continue d'attiser les flammes au Moyen-Orient, en Asie centrale et au Caucase n'est pas satisfaite de nos réussites et de celle de nos alliés dans la lutte anti-terroriste en Syrie et joue à exacerber du conflit du Nagorno-Karabagh". Info, intox ? Difficile à dire en ces temps incertains nimbés de mystère...

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Le courage de quitter l’OTAN, par Joseph Macé-Scaron

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE

Le courage de quitter l’OTAN

Vendredi 26 Juin 2015 à 5:00

Joseph Macé-Scaron

A NSA écoutait trois de nos présidents et il faudrait ne rien dire ? Passer son chemin ? Au contraire, il faut avoir la volonté politique d’engager une de ces grandes querelles sans lesquelles un pays finit par sortir de l’Histoire. Il faut avoir le courage de quitter l’OTAN. Les Etats-Unis ne manquent pas de caniches.

DOULIERY-POOL/SIPA

DOULIERY-POOL/SIPA

Donc les renseignements américains espionnaient les trois derniers présidents français et voilà ceux qui se croient toujours plus malins, tous ces beaux esprits ricanant en permanence comme ces masques de comédie, qui entonnent en choeur : « C’est normal, on le savait ! ». Cynisme à deux balles, machiavélisme de comptoir, pragmatisme pour les nuls. Il y a un gouffre entre surjouer la surprise et accepter l’hubris américaine comme s’il s’agissait d’un simple accident de parcours. « On ne va pour autant entrer dans une crise » a tempéré Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement devenu en un instant le porte-serviette de l’administration américaine, prétextant qu’il y avait assez de crises dans le monde pour ne pas en ouvrir une autre. Quel argument !

A Marianne, nous avons interrogé bon nombre d’experts en expertologie sur cette question qui — excusez du peu — porte atteinte à notre souveraineté nationale. Et le pire, y compris lorsqu’il s’agit de collaborateurs ou de ministres d’anciens chefs d’Etat, a été d’entendre cette pathétique réponse : « Ecouter Hollande, quand même, quelle drôle d’idée ! » Comme si le problème était d’espionner une personnalité et non d’écouter le président de la France, comme si l’on pouvait se tirer d’affaire avec une petite blague.

Alors, oui, il ne faut pas craindre de souligner que l’affaire est, aujourd’hui, grave et même très grave. Alors oui, ces révélations tombent au plus mauvais moment pour le gouvernement français obligé d’adopter une pudeur de violette en raison de sa loi sur le renseignement. Alors oui, espionner Angela Merkel, Jacques Chirac ou François Hollande ne relève pas de la lutte antiterroriste, pas plus que de recueillir des informations sur Airbus. Cela relève plus trivialement de la certitude que l’administration américaine s’arroge tous les droits, y compris ceux de s’essuyer les pieds sur les autres nations prétendues « alliées ». Et que l’on ne vienne pas, une nouvelle fois, nous refaire le vieux coup de « l’antiaméricanisme primaire » pour justifier toutes nos faiblesses, légitimer tous nos renoncements. Et que surtout l’on ne nous fasse plus jamais la leçon si l’on évoque, encore une fois, la possibilité d’offrir l’asile politique et même d’accorder la nationalité française à Edward Snowden et Julien Assange. La servitude volontaire d’une partie de nos élites trouve ses limites dans cette agression. Imagine t-on une seule seconde le scandale si l’on avait non pas appris mais révélé, preuve à l’appui, que nos plus hautes instances gouvernementales étaient espionnées par la Russie de Poutine ?

Les Etats-Unis ne manquent pas de caniches. Il faut avoir la volonté politique d’engager ici une grande querelleFace à cet acte fort, il convient d’adopter des réponses fortes. La première et la plus logique est l’arrêt immédiat de cette ténébreuse affaire que nous avons dénoncé dans Marianne il y a plus d’un an : le fameux et fumeux traité de commerce transatlantique (Tafta) entre l’Union européenne et les Etats-Unis qui fait la part belle aux multinationales. Après ces révélations, il est désormais clair n’en déplaise à tous les « lou ravi » de l’atlantisme que nous sommes en guerre économique avec les Etats-Unis. Il y va de notre survie car cette guerre n’est pas moins offensive que celle que nous mène la Chine. Une guerre totale puisqu’elle veut faire porter le poids des turpitudes de l’économie financière américaine sur les épaules du monde en général et de celles de l’Europe en particulier.

Il faut avoir le courage de quitter l’OTAN. C’est le second acte fort. Commençons par adopter sans tarder la politique de la chaise vide pour la prochaine réunion de l’organisation. Il faut avoir la volonté politique d’engager ici une de ces grandes querelles sans lesquelles un pays finit définitivement par sortir de l’Histoire. Ce gouvernement a déjà raté une occasion en ne s’engageant pas clairement derrière le peuple grec préférant laisser opérer la patronne du FMI, Christine Lagarde, bien moins clémente et accommodante avec la Grèce qu’elle ne le fut jadis avec Bernard Tapie.

Les Etats-Unis ne manquent pas de caniches. Il est grand temps d’arrêter d’être les béni oui-oui, les gentils membres d’une organisation présidée par un Etat qui mène contre nous une offensive économique sans précédent. Se retirer du commandement intégré serait aussi l’occasion de dénoncer cette forfaiture d’un OTAN prenant progressivement la place de l’ONU dans la marche du monde en méprisant les droits les plus élémentaires des nations et en propageant le désastre et le chaos. Vaste programme, aurait dit une de nos plus hautes figures politiques qui, elle, ne craignit pas jadis de claquer la porte alors que s’aplatissaient toutes les importants de ce pays.

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Ni vu ni connu, Hollande veut réintégrer pleinement la France dans l'Otan

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #AMERIQUE, #L'OTAN., #Trahisons, #L'armée française

Ni vu ni connu, Hollande veut réintégrer pleinement la France dans l'Otan

Ni vu ni connu, Hollande veut réintégrer pleinement la France dans l'Otan

Mercredi 20 Janvier 2016 à 12:58

Bruno Rieth

Le gouvernement, très discrètement, a déposé un projet de loi qui prévoit la réintégration totale de la France dans l'OTAN. Sarkozy avait commencé le travail, Hollande rompt définitivement avec la tradition d'indépendance de la France en matière militaire.

Ni vu ni connu, Hollande veut réintégrer pleinement la France dans l'Otan

OLIVIER DOULIERY-POO/SIPA

"Dans toute démocratie digne de ce nom, de tels arbitrages auraient été rendus après un vaste débat dans le pays", lançait à la tribune de l'Assemblée Nationale fin 2008, François Hollande, alors premier secrétaire du parti socialiste, pour défendre une motion de censure portée par le groupe socialiste (voir vidéo ci-dessous). L'objet de son courroux ? La décision du président Nicolas Sarkozy d'entamer des négociations pour opérer le retour de la France dans la commandement intégré de l'OTAN.

On pouvait lire sous la plume des auteurs de cette motion qu'ils souhaitaient ainsi "éclairer les Français sur la dangereuse rupture que sont en train d’opérer le président de la République et son gouvernement avec le consensus national qui prévalait sur les principes d’indépendance militaire et stratégique de notre pays." Mais ça c'était en 2008, avec un François Hollande en animateur de l'opposition. Car comme l'a repéré le Canard enchainé dans son édition publiée cette semaine, la France, sous l'impulsion de l'actuel locataire de l'Elysée, s'apprête à réintéger l'ensemble des instances militaires de l'Alliance. Ce que Sarkozy avait commencé, Hollande est bien parti pour le finir en beauté. Selon le palmipède, le 4 janvier, le Conseil des ministres a ainsi donné en toute discrétion son accord sur un projet de loi "autorisant l'accession de la France au protocole sur le statut des quartiers généraux militaires internationaux créés en vertu du Traité de l'Atlantique Nord", déposée dans la foulé à la Présidence du Sénat.

En clair, de revenir pleinement dans le giron de l'OTAN.

Extraits du discours de François Hollande (PS) devant l'Assemblée nationale LEMONDE.FR | 08.04.08 |

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, s'est exprimé, mardi, devant l'Assemblée nationale, pour défendre la motion de censure déposée par son groupe à l'encontre du gouvernement. Bien que cette motion ne concerne que l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan et l'entrée de la France dans le commandement opérationnel de l'OTAN, M. Hollande a souligné qu'elle aurait pu concerner beaucoup d'autres domaines de la politique menée par le gouvernement. M. Hollande a mis en garde la représentation nationale envers les risques "d'enlisement" de la coalition et l'a appelée à revoir sa stratégie dans le pays, en y renforçant les investissements civils qu'il juge insuffisants.
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http://video2007.over-blog.com/

Une absence de communication que l'on comprend aisément au regard de la rupture historique, entamée déjà sous Sarkozy, que s'apprête à acter l'actuel gouvernement avec cette longue tradition d'indépendance de la France en matière militaire.

Le 7 mars 1966, trois mois après sa réélection, Charles de Gaulle annonce au Président des Etats-Unis Lyndon Baines Johnson le retrait de la France de l'OTAN. "La France considère que les changements accomplis ou en voie de l’être, depuis 1949, en Europe, en Asie et ailleurs, ainsi que l’évolution de sa propre situation et de ses propres forces ne justifient plus, pour ce qui la concerne, les dispositions d’ordre militaire prises après la conclusion de l’Alliance", explique ainsi de Gaulle à son homologue américain. Et de préciser que la France "se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN".

La souveraineté militaire de la France, c'est ce que s'apprête donc à brader le gouvernement de Manuel Valls pour des motifs bien étranges. Dans le projet de loi déposé le 4 janvier, il est ainsi écrit qu'"en 2009, la France a décidé de réintégrer la structure de commandement de l'OTAN. En conséquence, elle a recommencé à accueillir du personnel de l'Organisation dans ses quartiers généraux militaires sans que ses QG ne bénéficient toutefois d'aucun statut international. Seuls des arrangements de circonstance ont permis jusqu'ici l'accueil de personnels de l'OTAN dans les QG situés sur le sol français. L'attractivité du territoire français s'en trouve affectée de même que l'influence française au sein des structures de commandement." On ne comprend pas bien ce que vient faire l'"attractivité" dans cette histoire, à moins de considérer des forces armées, qui pourront ainsi se balader sur le territoire national, comme des touristes lambdas... Quant à l'influence de la France sur l'OTAN, elle n'en a jamais eu autant que lorsqu'elle suivait sa propre voie.

"Les Etats-Unis ne manquent pas de caniches. Il est grand temps d’arrêter d’être les béni oui-oui, les gentils membres d’une organisation présidée par un Etat qui mène contre nous une offensive économique sans précédent. Se retirer du commandement intégré serait aussi l’occasion de dénoncer cette forfaiture d’un OTAN prenant progressivement la place de l’ONU dans la marche du monde en méprisant les droits les plus élémentaires des nations et en propageant le désastre et le chaos. Vaste programme, aurait dit une de nos plus hautes figures politiques qui, elle, ne craignit pas jadis de claquer la porte alors que s’aplatissaient toutes les importants de ce pays", écrivait Marianne en juin 2015, lors de la révélation des écoutes de la NSA dans une chronique intitulé : "Le courage de quitter l’OTAN".

Ce rôle de caniche fût un temps occupé par un autre social-démocrate, Tony Blair en l'occurence, fonçant tête baissée dans une guerre irakienne injuste, basée sur un mensonge contenu dans une petite fiole brandie devant l'ONU. Voilà que la France s'apprête à prendre le relai. Quelle étrange ambition que celle de notre président de la République...

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