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Le blog de Lucien PONS

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Lula et les BRICS pris dans une lutte à mort. Par Pepe Escobar

12 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Amérique Latine, #les BRICS, #La Russie

Lula et les BRICS pris dans une lutte à mort.  Par Pepe Escobar

Lula et les BRICS pris dans une lutte à mort

Par Pepe Escobar

RT, le 9 mars 2016

article original : "Lula and the BRICS in a fight to the death"

 

 

« BRICS » est l'acronyme le plus obscène pour l'axe Washington/Wall Street, et cela pour une bonne raison : la consolidation des BRICS est le seul projet organique de portée mondiale qui a le potentiel de faire dérailler l'emprise de l'empire exceptionnaliste sur ce que l'on appelle la « communauté internationale ».

Il n'est donc pas surprenant que les trois puissances clés des BRICS aient subi, depuis un certain temps, des attaques simultanées sur de nombreux fronts. Concernant la Russie, tout tourne autour de l'Ukraine et de la Syrie, la guerre des prix pétroliers, la curieuse attaque hostile contre le rouble et la diabolisation systématique de l'« agression russe ». Quant à la Chine, tout est lié à l'« agression chinoise » dans la mer de Chine méridionale et au raid (raté) contre la bourse de Shanghai/Shenzhen. Le Brésil est le maillon le plus faible de ces trois puissances clés émergentes. Fin 2014, il était déjà manifeste que la meute habituelle porterait sans retenue tous les coups possibles pour déstabiliser la septième économie mondiale, avec pour objectif un bon vieux changement de régime au moyen d'un méchant cocktail d'impasse politique (« l'ingouvernabilité ») poussant l'économie à s'enliser.

Parmi la quantité de raisons justifiant cette attaque, on retrouve : la consolidation de la banque de développement des BRICS ; l'initiative concertée des BRICS de commercer dans leurs propres devises, en contournant le dollar US et visant à une nouvelle devise de réserve mondiale pour le remplacer ; la construction d'un câble sous-marin de télécommunication en fibre optique entre le Brésil et l'Europe, ainsi que le câble des BRICS reliant l'Amérique du Sud à l'Asie de l'Est - tous deux contournant la mainmise des Etats-Unis.

Et par-dessus tout, comme d'habitude, il y a le saint des saints - lié à l'ardent désir de l'Empire exceptionnaliste de privatiser l'immense richesse naturelle du Brésil. Une fois encore, tout est question de pétrole.

 

Coincer Lula à tout prix !

Déjà en 2009, Wikileaks exposait comment les majors pétrolières étaient actives au Brésil, en essayant de modifier - par tous les moyens d'extorsion nécessaires - une loi proposée par l'ancien président Luiz Innácio Lula da Silva (plus connu sous le nom de Lula), positionnant la lucrative compagnie nationale Petrobras comme opératrice en chef de tous les blocs offshore de la plus grande découverte de pétrole de ce début de 21ème siècle, les gisements pré-salifères.

Lula n'a pas seulement maintenu hors du tableau les majors pétrolières - en particulier ExxonMobil et Chevron - mais il a également ouvert l'exploration pétrolière au Brésil à la Chinoise Sinopec, dans le cadre du partenariat stratégique sino-brésilien (BRICS entre BRICS).

Un Empire exceptionnaliste humilié est capable de tout ! À l'instar de la Mafia, il n'oublie jamais ; un jour, Lula devra payer, comme Poutine doit payer pour s'être débarrassé des oligarques alliés aux Américains.

L'affaire a démarré avec les révélations d'Edward Snowden sur la façon dont la NSA espionnait la Présidente brésilienne Dilma Rousseff et les dirigeants de Petrobras. Elle s'est poursuivie avec le fait que la police fédérale brésilienne coopère aussi bien avec le FBI que la CIA, qui lei prodiguent entraînement et formation et/ou qui la nourrissent, étroitement (surtout dans la sphère de l'antiterrorisme). Et cela a continué à travers l'enquête « Car Wash », qui dure depuis deux ans, laquelle a découvert un vaste réseau de corruption impliquant des acteurs au sein de Petrobras, des sociétés de construction brésiliennes et des politiciens du Parti des Travailleurs au pouvoir.

Le réseau de corruption est bien réel - avec des « preuves » généralement orales, rarement étayées par des documents et obtenues essentiellement auprès de menteurs professionnels rusés qui mouchardent dans le cadre de procédures « plaider-coupable ».

Mais pour les procureurs de l'opération « Car Wash », le véritable objectif, depuis le début, est comment prendre Lula au piège.

 

Entre en scène l'Elliott Ness des tropiques

Cela nous conduit à ce vendredi spectaculaire, une mise en scène hollywoodienne, à Sao Paulo, qui a envoyé des ondes de chocs dans le monde entier. Lula « détenu », interrogé, humilié en public. Voici mon analyse détaillée.

Le Plan A pour le raid hollywoodien contre Lula était un pari ambitieux : il s'agissait non seulement de paver la voie pour la destitution de la Présidente Dilma Rousseff, sur une accusation d'« association de malfaiteurs », mais de « neutraliser » Lula pour de bon, en l'empêchant de se représenter à la présidentielle en 2018. Il n'y avait pas de Plan B.

On pouvait s'attendre - comme dans tous les coups montés du FBI - à ce que toute l'opération se retourne contre ses instigateurs. Lula, dans un discours politique d'une grande maîtrise, diffusé en direct dans tout le pays, s'est non seulement positionné de façon convaincante comme la victime d'une conspiration, mais a également revigoré ses troupes ; même des conservateurs respectables ont fermement condamné la mise en scène hollywoodienne, parmi eux, un ministre de la Cour Suprême et un ancien ministre de la justice, ainsi qu'un économiste de premier plan, Bresser Pereira, l'un des fondateurs du PSDB - les anciens sociaux-démocrates devenus des agents néolibéraux sous influence américaine -, et des dirigeants de l'opposition de droite.

Bresser a en fait déclaré que la Cour Suprême brésilienne devrait intervenir dans l'opération Car Wash pour empêcher les abus. Lula, par exemple, avait demandé à la Cour Suprême de détailler quelle jurisprudence était appropriée pour enquêter sur les accusations formulées contre lui. En outre, un avocat au centre de la scène durant le raid hollywoodien a dit que Lula avait répondu sans sourciller à toutes les questions durant cet interrogatoire de près de quatre heures - des questions auxquelles il avait déjà répondu auparavant.

L'avocat Celso Bandeira de Mello, pour sa part, n'a pas mâché ses mots : la classe moyenne supérieure - dont une bande exécrable qui se vautre dans l'arrogance, l'ignorance et les préjugés, et qui rêve de posséder un appartement à Miami - est terrifiée à l'idée que Lula se représente en 2018, et remporte l'élection.

Et cela nous amène au juge et à l'exécuteur de tout ce mauvais film : Sergio Moro, l'acteur principal de Car Wash.

La carrière universitaire de Moro est loin d'être excitante. Ce n'est pas exactement une grosse-tête. Il a passé son diplôme d'avocat en 1995 dans une médiocre université perdue au milieu de nulle part dans l'un des Etats méridionaux du Brésil et a fait quelques voyages aux Etats-Unis, dont l'un d'eux fut financé par le Département d'Etat pour apprendre sur le blanchiment d'argent. Comme je l'ai déjà fait remarquer, son chef-d'œuvre est un article publié en 2004 dans un obscur magazine (seulement en portugais, intitulé Considérations à propos de Mani Pulite, CEJ, numéro 26, juillet/septembre 2004), dans lequel il vante clairement les mérites de la « subversion autoritaire de l'ordre judiciaire pour atteindre des objectifs spécifiques » et l'utilisation des médias pour intoxiquer l'atmosphère politique.

En un mot, le juge Moro a littéralement transposé la fameuse enquête des années 1990 Mani Pulite (« Mains Propres ») de l'Italie au Brésil - instrumentalisant au maximum les médias institutionnels et le système judiciaire pour accomplir une sorte de « délégitimation totale » du système politique. Mais pas de tout le système politique ; juste le Parti des Travailleurs, comme si les élites à tout faire, infiltrées dans la droite brésilienne, étaient des chérubins.

Il n'est donc pas surprenant que l'acolyte principal de Moro, tout du long de l'opération Car War, est la famille oligopolistique Marinho, de l'empire médiatique Globo - un nid de vipères réactionnaires, pas très futées, qui a entretenu des relations très étroites avec la dictature brésilienne, entre les années 1960 et les 1980. Ce n'est pas par hasard que Globo a été informé en avant-première de l'« arrestation » hollywoodienne de Lula, lui permettant de s'investir dans un reportage à la CNN très complet.

Moro est considéré par quantité de personnes au Brésil comme un Elliott Ness du cru. D'autres avocats qui ont étroitement suivi son travail indiquent cependant qu'il nourrit le fantasme tordu que le Parti des Travailleurs est une mafia saignant et pillant l'appareil d'Etat dans le but de le livrer, en petits morceaux, aux syndicats.

Selon l'un de ces avocats, un ancien président de l'association des avocats à Rio, qui ont parlé à des médias brésiliens indépendants, Moro est entouré d'une bande de jeunes procureurs fanatiques, avec peu de connaissance juridique, et posant comme l'Antonio di Pietro brésilien (mais sans la solidité du procureur milanais de « Mains Propres »). Pire, Moro oublie que l'implosion du système politique italien a conduit à l'avènement de Berlusconi. Au Brésil, cela conduirait certainement à l'avènement d'un clown, un idiot du village, soutenu par l'empire Globo, dont les pratiques oligopolistiques sont assez berlusconiennes.

 

Les Pinochet du numérique

On peut dire que le raid hollywoodien contre Lula ressemble étrangement à la première tentative de coup d'Etat au Chili en 1973, qui testa la température en termes de réponse populaire avant le véritable coup d'Etat. Dans le remix brésilien, les larves médiatiques assorties de Globo posent comme des Pinochet numériques. Au moins, beaucoup de rues à Sao Paulo arborent des graffitis disant « Plus jamais de coup d'Etat militaire ».

Oui, parce que tout ceci est une question de coup d'Etat en douceur - sous la forme d'une procédure de destitution de Rousseff et de l'envoi de Lula à la potence. Mais les vieilles habitudes (militaires) ont la vie dure : les asticots médiatiques de Globo vantent maintenant les mérites de l'armée descendant dans la rue pour « neutraliser » les milices populaires. Et ce n'est que le début. La droite s'apprête à une mobilisation nationale, dimanche prochain, appelant - à quoi d'autre - à la destitution de Rousseff. Le mérite de Car Wash est d'enquêter sur la corruption, la collusion et l'influence dans un Brésil profondément corrompu. Mais tout le monde, toutes les factions politiques, devraient faire l'objet d'une enquête - y compris celles qui représentent les élites brésiliennes serviles. Ce n'est pas le cas. Parce que le projet politique lié à Car Wash se fiche pas mal de la « justice » ; la seule chose qui importe est de perpétuer la crise politique vicieuse comme un moyen d'entraîner la septième économie mondiale dans l'enlisement et d'atteindre le Graal : un coup d'Etat en douceur, c'est-à-dire un bon vieux changement de régime. Mais 2016 n'est pas 1973, et le monde entier sait désormais qui sera le dindon de la farce dans un changement de régime.

 

Copyright 2016 Pepe Escobar/[JFG-QuestionsCritiques]

LE NOUVEAU LIVRE DE PEPE ESCOBAR :


128 pages
en version numérique sur kindle (3,99 €)
en version brochée sur amazon (8,90 €)
Sortie nationale en librairie : avril 2016.

LIRE ÉGALEMENT :
- A QUOI ERDOGAN JOUE-T-IL EN SYRIE ?, par Pepe Escobar (8 décembre 2015)
- LA TURQUIE RETOURNE À MOSSOUL EN CONDUISANT UNE NOUVELLE "RÉVOLTE ARABE", par MK Bhadrakumar (7 décembre 2015)
- COMMENT LA RUSSIE RUINE LE JEU DE LA TURQUIE EN SYRIE, par Pepe Escobar (4 décembre 2015).
- LA TURQUIE ET LA LIGNE ROUGE DE L'AMITIE INDO-RUSSE, par MK Bhadrakumar (4 décembre 2015

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Le 14 février le journal allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung » titrait : « Poutine utilise les réfugiés comme arme ».

12 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #l'immigration, #Terrorisme

utilise les réfugiés comme arme pour diviser l’Europe ?

Le 9 mars 2016 Réseau International

Le 14 février le journal allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung » titrait : « Poutine utilise les réfugiés comme arme ».

Le « FAZ » cite ici ce que le sénateur américain John McCain avait dit la semaine précédente lors de la « conférence de Munich sur la sécurité ». Le « FAZ » écrit : « Pour le partisan de la ligne dure qu’est John McCain, Poutine n’a qu’un seul but : diviser l’Occident. » Il est révélateur que le multimilliardaire américain George Soros a utilisé presque les mêmes mots que McCain sur son site internet « project-syndicate.org » le 10 février, donc deux jours avant le début de la conférence de Munich sur la sécurité.

Ouverture dans

écrit ce qui suit : « Le but actuel de Poutine, c’est d’accélérer la dissolution de l’UE, et le meilleur moyen pour y parvenir, c’est de l’inonder avec des réfugiés. ». Selon Soros, c’est la Russie qui provoque les énormes flux de réfugiés, parce qu’elle effectue sans cesse selon lui des attaques aériennes contre la population civile en Syrie. Evaluons maintenant les accusations de McCain et Soros contre Poutine.

Le 14 février le journal allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung » titrait : « Poutine utilise les réfugiés comme arme ».
Le 14 février le journal allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung » titrait : « Poutine utilise les réfugiés comme arme ».

Le 14 février le journal allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung » titrait : « Poutine utilise les réfugiés comme arme ».

Le « FAZ » cite ici ce que le sénateur américain John McCain avait dit la semaine précédente lors de la « conférence de Munich sur la sécurité ». Le « FAZ » écrit : « Pour le partisan de la ligne dure qu’est John McCain, Poutine n’a qu’un seul but : diviser l’Occident. » Il est révélateur que le multimilliardaire américain George Soros a utilisé presque les mêmes mots que McCain sur son site internet « project-syndicate.org » le 10 février, donc deux jours avant le début de la conférence de Munich sur la sécurité.

Ouverture dans

Soros écrit ce qui suit : « Le but actuel de Poutine, c’est d’accélérer la dissolution de l’UE, et le meilleur moyen pour y parvenir, c’est de l’inonder avec des réfugiés. ». Selon Soros, c’est la Russie qui provoque les énormes flux de réfugiés, parce qu’elle effectue sans cesse selon lui des attaques aériennes contre la population civile en Syrie. Evaluons maintenant les accusations de McCain et Soros contre Poutine.

Premièrement. Les flux massifs de réfugiés ont déjà commencé en 2014, donc bien avant que la Russie n’intervienne dans le conflit syrien avec des bombardements. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés indique fin 2014 un nombre de 3,88 millions de Syriens en fuite.

Deuxièmement. L’escalade militaire au Proche-Orient, qui s’intensifie continuellement, peut être en grande partie attribuée aux activités du gouvernement des Etats-Unis et de ses instigateurs. La mise en place, l’entraînement et le financement du groupe terroriste islamique « EI » par les services secrets américains (la CIA) fait partie de cette escalade. Le gouvernement américain a lui-même avoué que la cible véritable de la « coalition anti-EI » n’est pas le groupe terroriste « EI », mais la Syrie elle-même. Le gouvernement des Etats-Unis a donc plus nui à la Syrie avec ses bombardements pendant des années, qu’elle n’a efficacement combattu le groupe terroriste EI. C’est exactement cela qui a principalement provoqué les vagues de réfugiés syriens.

Troisièmement. Il est avéré que le spéculateur financier américain George Soros soutient les flux de réfugiés vers l’Europe depuis 2005 déjà. Il met cela en œuvre au travers de son réseau qui englobe ses médias et douze fondations extrêmement riches appelées « fondations pour la démocratisation ». Soros a posé l’exigence que dans un futur proche l’UE accepte un million de demandeurs d’asile par an. « Pro Asyl » est vu comme « la branche allemande des fondations Open Society », à travers lesquelles Soros soutient la migration vers l’Allemagne.

Quatrièmement. Au reproche du premier ministre hongrois Viktor Orban contre Soros, « d’attiser le feu et de vouloir affaiblir l’Europe à travers la vague de réfugiés », Soros a répondu de la manière suivante : « Le plan d’Orban considère que la protection des frontières des pays est le but et les réfugiés sont les obstacles. Notre plan en revanche considère que la protection des réfugiés est le but et les frontières des pays sont l’obstacle. »

Selon le docteur Michael Vogt, journaliste et professeur à l’Université de Leipzig, Soros a pour la première fois « vendu la mèche » avec cette déclaration. De plus, le professeur Vogt a dit dans un exposé : « Pour la première fois il est dit clairement qu’il s’agit de nier, de détruire et de ruiner les frontières des pays (c’est-à-dire les identités nationales), et que cela est le but déclaré d’un plan en six étapes. »

En résumé nous pouvons dire qu’aussi bien le sénateur américain McCain en tant que représentant du gouvernement américain, que le globaliste Soros veulent faire porter le chapeau au président russe pour ce qu’ils ont précisément eux-mêmes planifié de manière ciblée et mis en pratique sans aucun scrupule, à savoir la dissolution des identités nationales et des frontières ainsi que l’affaiblissement et la déstabilisation totale de l’Europe au moyen des immenses flux de réfugiés. L’Europe aussi doit sombrer dans la destruction et le chaos et appeler au secours un nouvel ordre mondial, comme cela est déjà arrivé au Proche-Orient et au Moyen-Orient, ainsi qu’en Afrique du Nord. Mais ce nouvel ordre mondial va conduire les peuples dans la dépendance totale, la misère et l’esclavage.

kn

Sources / Liens : http://www.faz.net/aktuell/politik/sicherheitskonferenz/senator-mccain-putin-nutzt-die-fluechtlinge-als-waffe-14069548.html.
http://info.kopp-verlag.de/hintergruende/geostrategie/peter-orzechowski/der-heimliche-drahtzieher.html;jsessionid=267D8CA60BD909D4CB02AB668DE40ED6
http://info.kopp-verlag.de/hintergruende/deutschland/friederike-beck/betreutes-fliehen-george-soros-und-das-netzwerk-um-pro-asyl.html;jsessionid=A2E7437F82F67144879428800702B82E
https://www.project-syndicate.org/commentary/putin-no-ally-against-isis-by-george-soros-2016-02/german
http://www.info-direkt.eu/duell-viktor-orban-george-soros/
http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-10-30/orban-accuses-soros-of-stoking-refugee-wave-to-weaken-europe
http://www.breitbart.com/london/2015/11/02/soros-admits-involvement-in-migrant-crisis-national-borders-are-the-obstacle

source: http://www.kla.tv/index.php?a=showlanguage&lang=fr

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Les fondations Soros sont indésirables en Russie. Pour arrêter d'être pillés et trahis la France doit faire la même chose.

12 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #Le grand banditisme

Les fondations Soros sont indésirables en Russie

11 mars 2016, Réseau International

Les fondations Soros sont indésirables en Russie. Pour arrêter d'être pillés et trahis la France doit faire la même chose.

 

L’été dernier, la justice russe avait déclaré « indésirables » deux organisations non gouvernementales du milliardaire américain George Soros. Marina Gridneva du parquet général de Moscou a justifié ce jugement comme suit : L’O.S.I. Assistance Foundation et l’Open Society Foundation mettent en danger l’ordre constitutionnel de la Russie et la sécurité de l’Etat. Dans beaucoup de médias occidentaux, l’expulsion hors de Russie des deux fondations du milliardaire américain Soros a été considérée comme une attaque anti-démocratique contre la société civile. Cette critique est-elle justifiée ?

Ouverture dans

Pour clarifier cette question, il convient d’éclairer rétrospectivement les trois aspects suivants:

Premièrement : La mise en danger de la sécurité.

Le milliardaire américain George Soros est intervenu de façon répétée directement dans des procès politiques, prétendument pour faire progresser la « liberté » et la « démocratie ». Pendant la guerre froide Soros avait déjà soutenu des mouvements d’opposition et des organisations non-gouvernementales, mais aussi des services sociaux en Europe de l’Est par son puissant réseau de fondations. Il s’est fabriqué, notamment par le biais de son propre cartel médiatique, une image de philanthrope et de sponsor des développements démocratiques. D’un autre côté il a aussi été démasqué comme initiateur de déstabilisations et de bouleversements semblables à des guerres civiles. C’est ainsi qu’il a été un instigateur prépondérant des « révolutions de couleurs », du « printemps arabe » et du coup d’état sanglant sur le Maïdan de Kiev.

Dans une interview sur CNN en mai 2014 Soros a dit lui-même qu’il a établi une fondation Soros en Ukraine. Celle-ci aurait « eu pour résultat au final la chute du chef d’Etat élu et l’installation d’une junte minutieusement choisie par le ministère des affaires étrangères. » Des manifestants du Maïdan et d’ailleurs appartenaient au réseau de Soros et étaient formés et financés de manière ciblée par l’International Renaissance Foundation (IRF) et l’Open Society Foundation. Il n’est donc pas étonnant que la Russie fasse tout pour que cette histoire dramatique ne se répète dans le pays.

Deuxièmement : Des raisons économiques.

Pour la Russie Soros n’est justement pas un inconnu. A ce point le journaliste germano-américain William Engdahl explique ce qui suit dans son article intitulé « Une petite histoire de la corruption – Quand des milliardaires font de la politique » :

« Celui qui est rompu à l’histoire de l’Open Society Foundation en Europe de l’Ouest et à l’échelle du monde depuis la fin des années 80, sait que les projets prétendus philanthropiques « favorables à la démocratie » des années 90 en Pologne, en Russie ou en Ukraine ont permis à l’homme d’affaire Soros de littéralement piller les pays autrefois communistes. A ses côtés se trouvait à l’époque le professeur de Harvard […] Jeffrey Sachs, qui persuadait les gouvernements post-soviétiques de procéder à des privatisations et à l’ouverture immédiate au « marché libre » au lieu d’avancer par étapes. »

Troisièmement : Soros est un délinquant condamné et un spéculateur qui n’a d’égards pour personne.

En 2006 Soros a été condamné pour délit d’initié à la suite de spéculations avec des actions de la grande banque française la Société Générale. En 2011 Le jugement a été entériné en dernière instance par la Cour de Justice Européenne pour les droits de l’homme. Mais il y a pire. Les activités de Soros à titre de manager de placements d’argent ont plusieurs fois porté sur les devises de pays d’Europe et d’Asie, pays qui ont été économiquement affaiblis en conséquence de cela. Dans une interview du journal ZEIT où on lui demandait si, en tant que spéculateur, il s’inquiétait des conséquences politiques et sociales de ses activités, il a répondu ce qui suit :

« A titre d’investisseur qui respecte la loi et qui en outre suit les règles du marché, je ne peux pas m’occuper des conséquences sociales de mes activités. »

Un autre exemple de l’absence de scrupules de Soros, c’est son engagement pour la légalisation des drogues. Sous prétexte d’une « société libre », il accepte que la société soit affaiblie par la dépendance de la drogue, pour que lui-même ait en retour un avantage financier. A ce sujet regardez aussi l’émission « Légalisation du cannabis – Un moyen pour établir le nouvel ordre mondial ? » En 2010 Soros a investi des millions pour la légalisation de la marijuana. A titre d’actionnaire de Monsanto, une multinationale de biotechnologie qui depuis des années travaille à faire breveter la marijuana transgénique, il pourrait actuellement profiter massivement d’une vague de légalisation.

En résumé cela veut dire la chose suivante : En expulsant les fondations de Soros de Russie, non seulement la Russie a pris une option dans le sens de son autoprotection, mais ceci a aussi valeur d’exemple pour que le reste de l’Europe fasse de même pour sa propre protection. Car il est bien évident que pour Soros il ne s’agit pas de démocratie, de liberté des personnes et de subventions culturelles, mais d’ouvrir sournoisement une porte pour que des sociétés stables soient accaparées sans scrupule par des intérêts capitalistes étrangers. S’il vous plaît, à ce sujet voyez aussi notre émission (en allemand) « George Soros – défenseur d’une dictature mondiale » du 29 octobre 2015.

Frank H. Stephan Tabea S.

Liens

(0)www.n-tv.de/politik/Moskau-verbietet-NGOs-von-Soros-article16468376.html
(1)www.nzz.ch/international/europa/russland-knebelt-buergergesellschaft-weiter-1.18577087
(2)(1)www.zeit.de/1993/49/die-welt-ist-mir-nicht-egal/seite-4
(3)http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2014/05/13/monsanto-will-von-marihuana-freigabe-profitieren/
(4)www.youtube.com/watch?v=h-kv7yEUOtQ
und-https://www.youtube.com/watch?v=SWn24ZD2c-Q
und:http://www.epochtimes.de/politik/welt/migranten-handbuch-auf-insel-lesbos-verteilt-fluechtlingsstroeme-als-migrationswaffe-zur-destabilisierung-a1270534.html
und:http://www.info-direkt.eu/fluchthelfer-in-made-by-us-think-tank/
http://www.thetruthseeker.co.uk/?p=123804
www.youtube.com/watch?v=bd_7hXuv9aQ
http://info.kopp-verlag.de/hintergruende/geostrategie/friederike-beck/wie-das-big-money-die-migrationskorridore-nach-europa-steuert-teil-i-die-international-migration.html
(5):http://info.kopp-verlag.de/hintergruende/europa/f-william-engdahl/eine-kurze-geschichte-der-korruption-wenn-milliardaere-politik-machen.html
(6) Matthias Rude: Die gekaufte Revolution, in: Ronald Thoden, Sabine Schiffer: Ukraine im Visier. Russlands Nachbar als Zielscheibe geostrategischer Interessen. Frankfurt 2014, S. 108-120, S. 118ff (7) www.youtube.com/watch?v=9f1natbeMFI
(8)www.youtube.com/watch?v=eRw6llr7FIo
www.spiegel.de/politik/ausland/russland-erklaert-us-organisationen-fuer-unerwuenscht-a-1065291.html
(https://de-de.facebook.com/Infoseite.zu.Christoph.Hoerstel)

https://deutsch.rt.com/international/35837-russland-raumt-auf-nach-scientology/
http://info.kopp-verlag.de/hintergruende/europa/andreas-von-r-tyi/soros-rauswurf-us-aussenministerium-kritisiert-russland.html
http://de.sputniknews.com/politik/20151130/306035551/soros-russland.html

 

source: http://www.kla.tv/index.php?a=showlanguage&lang=fr

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« SCANDALE : Intermarché veut soutenir les agriculteurs, l’Europe refuse », par Charles Sannat

11 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #Agriculture, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #La mondialisation

Source : Insolentiae, Charles Sannat, 29/02/2016

UERSS

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Intermarché veut soutenir les agriculteurs mais l’Europe refuse alors que le gouvernement est confronté à une colère noire de nos amis agriculteurs sur fond d’effondrement des cours, dont il faut tout de même rappeler un peu l’origine.

L’un des plus gros clients de la filière porcine française était… la Russie. En décrétant un embargo pour des raisons politiques plus ou moins avouables à l’égard des Russes, nous avons tiré une balle dans le pied d’un certain nombre de pans de notre économie. Parce qu’il est toujours important de dire la vérité et de rappeler l’enchaînement funeste de mauvaises décisions, nos dirigeants ont aggravé la situation en prenant des sanctions au niveau européen à l’encontre de la Russie.

Ces sanctions ont conduit à l’état catastrophique actuel de notre filière porcine qui connaît un effondrement sans précédent de ses cours, ce qui précipite des milliers d’exploitations, d’agriculteurs et leurs familles dans des difficultés financières insoutenables très longtemps.

C’est dans ce contexte qu’il convient d’apprécier la crise agricole qui secoue notre pays et le chahutage de nos mamamouchis en goguette au Salon de l’agriculture.

Pour soutenir son écosystème, Intermarché s’était engagé à acheter le porc à 1,40 euro le kilo minimum

Si mon objectif n’est pas d’encenser la grande distribution qui a des habitudes absolument détestables autour de ses fournisseurs, des prix et de la qualité des produits vendus, il n’en demeure pas moins que notre objectivité doit nous faire noter que les grandes enseignes essaient de soutenir les éleveurs.

Rassurez-vous, il ne sont pas devenus gentils et altruistes en une journée. Leur soutien est très intéressé mais nous ne nous en plaindrons pas ! Pourquoi ? Tout simplement parce que les grands distributeurs évoluent dans un écosystème avec de très nombreux producteurs et fournisseurs. Si les fournisseurs meurent, alors les distributeurs n’ont plus grand-chose à vendre : c’est donc un équilibre subtil qu’il faut maintenir.

L’Europe, qui crée la crise, refuse le soutien d’Intermarché et ouvre une enquête ! Et Valls a un petit zizi…

Cette Europe d’europathes complètement malade de l’idéologie dégoulinante de la libre concurrence – ce qui est un terme pudique pour parler du totalitarisme marchand qu’elle nous impose – ne pouvait donc pas laisser passer une telle entorse aux sacro-saintes règles du libéralisme mondialiste sans réagir. Même si nous devons tous mourir, nous mourrons sans entraves au libre-échange !

“La Commission européenne a ouvert une enquête sur Intermarché, car elle estime que le choix de l’enseigne d’acheter la viande plus cher aux éleveurs français est une entrave à la concurrence étrangère.

Le groupement de distributeurs indépendants Intermarché (Les Mousquetaires) est sous le coup d’une enquête de la Commission européenne, après s’être accordé l’an dernier avec son concurrent Leclerc pour acheter du porc à un prix plancher, a affirmé vendredi son président Thierry Cotillard.”

C’est dans ce contexte que le Premier ministre Valls, en visite au Salon de l’agriculture, a reçu quelques noms d’oiseaux dont la palme revient à cet agriculteur qui a dit, comme le raconte cet article de L’Express : “Va te cacher. T’as rien compris petit zizi, tu vas pas changer l’Europe…”

Hormis le langage fleuri de cet impertinent des campagnes, son constat est d’une cruelle vérité. Valls, malgré toute sa bonne volonté, ne changera pas l’Europe parce que pour changer l’Europe, il faut la quitter !

Quel est le pouvoir que nos dirigeants qui, toutes couleurs confondues, ont abdiqué la France contre cette Europe ?

Quel est le courage qu’ils savent manifester ?

Quelle est l’indépendance qu’ils veulent nous montrer ?

Quelle est la force qu’ils peuvent utiliser contre des institutions européennes qui, aujourd’hui, martyrisent les peuples d’Europe ?

Il n’y a rien à attendre car nos mamamouchis n’ont qu’un mot à la bouche : l’Europe. Une trahison, l’Europe, une compromission, l’Europe, une soumission, l’Europe. Aucun d’eux n’aura le courage de dire non à cette Europe et de la mettre au pied du mur. Nous sommes la France, et l’Europe sans la France c’est la fin de cette Europe. Ils n’ont qu’un mot à dire : non.

Ils ne le disent pas, mais le destin s’en chargera et le vent de l’histoire les balaiera.

En attendant mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT

Source : Insolentiae, Charles Sannat, 29/02/2016

 

Intermarché visé par une enquête de Bruxelles pour son soutien aux éleveurs

Source : Le Figaro, AFP, 28/02/2016

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L’enseigne avait convenu avec Leclerc d’acheter le kilo de porc à un prix plancher. «L’Europe considère que cet accord était discriminant vis-à-vis des pays tiers», a déclaré Thierry Cotillard, président du groupe.

Le groupement de distributeurs indépendants Intermarché (Les Mousquetaires) est sous le coup d’une enquête de la Commission européenne, après s’être accordé l’an dernier avec son concurrent Leclerc pour acheter du porc à un prix plancher, a affirmé vendredi son président Thierry Cotillard.

«Sur le porc, l’été passé, Intermarché s’était accordé avec Leclerc pour acheter le kilo (de porc) 1,40 euro (…). Mais ça n’a pas tenu. Maintenant, Bruxelles nous tombe dessus et enquête», a déclaré le patron d’Intermarché, dans un entretien au quotidien Libération mis en ligne vendredi soir. «L’Europe considère que cet accord était discriminant vis-à-vis des pays tiers. Donc maintenant, nous sommes très prudents pour trouver des solutions», poursuit le dirigeant, précisant que son groupe risque une amende potentielle «à hauteur de 5% de notre chiffre d’affaires».

Lutter contre la volatilité des prix

L’an dernier, alors que les cours du porc s’étaient effondrés en dessous du prix de revient des agriculteurs, le gouvernement avait fixé un objectif d’achat de 1,40 euro le kilo lors de négociations avec la filière, et des enseignes comme Leclerc et Intermarché s’étaient engagées à procéder à des achats de cochons à ce niveau.

Le 25 février dernier, l’enseigne avait réaffirmé son engagement et sa volonté de soutenir les éleveurs. Le groupe avait annoncé la mise en place d’une contractualisation avec les producteurs partenaires, garantissant un prix plancher de 1,28 euros le kilo de porc, et pouvant atteindre les 1,50 euros. «A terme, l’ambition est que la moitié de nos volumes de production soit contractualisée, ce qui représente au moins 1,2 million de têtes», avait déclaré le président du groupe. Les contrats ne porteront au plus que sur 50% de la production des éleveurs, pour leur laisser de la flexibilité, avait ajouté Thierry Cotillard.

Ce mécanisme de contractualisation n’est pas nouveau. Déjà présent dans la filière laitière, il est envisagé par le gouvernement pour lutter contre la volatilité des prix de la filière porcine française. Le géant des produits laitiers Danone a annoncé le 24 février dernier avoir passé un accord avec 2.000 des 2.600 éleveurs qui approvisionnent ses cinq usines françaises. Le groupe s’est engagé «à définir une nouvelle formule de prix intégrant les coûts de production, en concertation avec chacune des parties pour être au plus près des spécificités locales».

Source : Le Figaro, AFP, 28/02/2016

 

«Intermarché va rogner les marges de l’abattoir et du distributeur, on a les deux !»

Source : Libération, Philippe Brochen, 26/02/2016

Pour Thierry Cotillard, patron des enseignes des Mousquetaires, on ne sortira de cette crise que si on n’est pas dans une course effrénée à la compé­titivité.

Fils d’aviculteurs de Saint-Carreuc (Côtes-d’Armor), Thierry Cotillard, 41 ans, est président du groupement Intermarché qui compte 1 850 enseignes des Mousquetaires en France et 300 magasins Netto. Cet ingénieur en agroalimentaire diplômé de HEC, qui possède deux supermarchés à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), livre son regard sur la crise et avance des propositions.

Les distributeurs, dont vous faites partie, sont accusés par les producteurs de pratiquer des marges trop importantes. Que leur répondez-vous ?

Cette crise est complexe, car elle n’est pas que conjoncturelle, mais structurelle. Il faut d’abord gérer l’urgence, comme dans le lait, afin de créer une charte entre les trois acteurs de la filière. Sur le porc, l’été passé, Intermarché s’était accordé avec Leclerc pour acheter le kilo 1,40 euro, car nous sommes les deux seules enseignes à posséder des abattoirs. Mais ça n’a pas tenu. Maintenant, Bruxelles nous tombe dessus et enquête. Nous risquons une amende à hauteur de 5 % de notre chiffre d’affaires.

Pourquoi ?

Parce que l’Europe considère que cet accord était discriminant vis-à-vis des pays tiers. Donc maintenant, nous sommes très prudents pour trouver des solutions. Intermarché compte 62 usines et sites de production, 7 abattoirs, une laiterie, des usines de charcuterie…

Avec Leclerc, vous êtes la seule enseigne à ne pas être seulement distributeur mais aussi transformateur. Quel est votre intérêt ?

Ces choix ont été faits il y a quarante ans. Nous couvrons à peu près tous les secteurs d’activité avec nos usines. Avec 4 milliards d’euros annuels de chiffre d’affaires réalisé en France, nous sommes le quatrième ou cinquième industriel alimentaire hexagonal, derrière Nestlé mais devant Coca-Cola. Ce n’est pas opportuniste de notre part de dire qu’il faut des circuits courts, des contrats avec des producteurs. Quand il y a eu la crise du porc il y a trente ans, la première enseigne qui a assuré le kilo à 7 francs était Intermarché. Depuis, le coût de la vie a augmenté, et on est quasiment au même niveau de rémunération pour les éleveurs. C’est incroyable, non ?

Quelles sont les solutions ?

On ne sortira de cette crise que si on n’est pas dans une course effrénée à la compétitivité, parce que 1 000 vaches sur du béton alimentées par un technicien dans un cockpit, ce n’est pas le modèle français. Il faut aller vers quelque chose de plus vertueux, avec un cahier des charges, une qualité, et l’assumer à terme avec la pédagogie auprès du consommateur pour dire qu’il y a un juste prix. On peut faire le choix d’acheter le porc à 1 euro le kilo demain, mais alors on choisit de ne plus avoir d’agriculture en France.

Que proposez-vous ?

Depuis un an, face à la volatilité des cours des produits agricoles, Intermarché travaille à assurer un prix minimum sur le porc. La formule est trouvée à 1,5 euro le kilo. Mais attention : un cahier des charges a été défini sur le plan qualitatif, par rapport aux taux de graisse, etc. Les premiers contrats qui garantiront ce prix équitable de 1,5 euro sur cinq ans aux éleveurs seront signés la semaine prochaine avec une vingtaine de producteurs partenaires dans notre abattoir de Josselin (Morbihan). Et on n’a pas mis de prix plafond. C’est-à-dire que si ça monte à 1,80 euro, on paiera 1,80 euro. Très rapidement, d’autres éleveurs s’engageront dans cette contractualisation.

C’est un engagement fort…

Un gros pari, oui. Nous misons sur le long terme. Et on a la conviction que le consommateur ne fera pas le choix d’une enseigne que sur le prix, mais aussi sur les engagements sociaux et sociétaux. Nous, on affiche le logo «viande de France» sur tous nos emballages.

Y compris sur les produits avec de la viande transformée ?

Oui. Nous estimons que la traçabilité est essentielle. Chez Intermarché, parmi les plats cuisinés, 84 % sont made in France, quand la plupart de nos concurrents sont à 20 %, 30 %, 40 %, et le meilleur à 50 %. On a fait aussi le travail sur la viande fraîche et la charcuterie avec notre marque Monique Ranou, qui produit 100 % français. Aujourd’hui, on en assume le coût, car on ne peut pas le répercuter sur le prix de vente au consommateur. Du moins à court terme, car j’espère qu’à moyen terme les choses bougeront.

Vous faites le choix du marketing éthique…

Les gens disent qu’ils veulent acheter français. Mais quand il y a un écart de prix significatif, ils achètent le moins cher. A court terme, vu le prix auquel on va acheter la viande aux producteurs, on ne répercutera pas la hausse sur le prix de vente au client, sinon on va être pénalisés. Donc on va rogner la marge de l’abattoir et la marge du distributeur, puisqu’on a les deux !

Comment parvenir à concilier des prix bas en rayons et des rémunérations décentes pour les producteurs ? C’est une sorte de quadrature du cercle, non ?

Je ne suis pas certain qu’on ait des gens assez responsables pour pouvoir fonctionner sans une modification de la loi avec un cadre plus répressif.

Car il y a des transformateurs qui ne jouent pas le jeu ?

Oui, je n’ai aucun problème à le dire. Et les agriculteurs commencent à comprendre que tout le monde a sa part de responsabilité, et qu’il y a des coopératives ou des gros transformateurs qui ne rémunèrent pas comme ils le devraient. Il n’y a qu’à voir leurs résultats.

Où est l’argent qui ne va pas dans les poches des producteurs ?

Il y a très clairement une guerre tarifaire entre distributeurs qui a provoqué des baisses de prix, a détruit de la valeur et qui n’est pas responsable. L’an passé, il y a eu 1,7 milliard de baisse de prix sur les 2 000 produits qui se vendent le plus en France. Pour le consommateur, cela représente 36 euros par ménage et par an. Si, pour 3 euros par mois d’économie par famille, on casse l’agriculture, ce n’est très clairement pas acceptable.

Et quid de la part de responsabilité du transformateur ?

Il y a effectivement des sociétés qui vivent bien. Danone a annoncé 1,2 milliard de bénéfices en 2015 au niveau européen. Ces bénéfices ont été engendrés grâce à la baisse à l’achat du prix du lait. Là, c’est clairement la marge des producteurs qui a été rognée. Les géants de la transformation laitière cotés en Bourse affichent 10 % de résultat net par rapport à leur chiffre d’affaires. Sur la viande de bœuf, les gros acteurs français sont à 7 % ou 8 %. Intermarché, c’est entre 2 % et 2,5 %.

Source : Libération, Philippe Brochen, 26/02/2016

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3 réponses à « SCANDALE : Intermarché veut

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«L'OTAN a transformé la Libye en un Etat en ruines, pas un Etat défaillant»

10 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #La France, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme

«L'OTAN a transformé la Libye en un Etat en ruines, pas un Etat défaillant»

28 févr. 2016

«L'OTAN a transformé la Libye en un Etat en ruines, pas un Etat défaillant»

La Libye devrait être qualifiée d’«Etat en ruines» au lieu d’«Etat défaillant» parce qu’elle n’a pas échoué seule, mais a été détruite par les Américains et l'OTAN, a déclaré Sara Flounders, co-directrice du Centre d'action international.

 

RT: John Kerry a averti que la Libye était en train de devenir un État défaillant. Qu’est-ce qui l'a incité à dire ça maintenant, à votre avis ?

Sara Flounders : Les mêmes groupes que les États-Unis ont armé et financé, ces milices qu'ils ont créées, ces «forces rebelles» scandaleuses, ne peuvent bien entendu pas gouverner la Libye, ils ne peuvent même pas se réconcilier entre eux et avoir des relations les uns avec les autres. La véritable cause de l’échec en Libye sont les bombes américaines qui détruisaient systématiquement l'ensemble des infrastructures, en particulier celles de l'eau, de l'irrigation ; le réseau électrique, les services alimentaires – tout ce dont, en Libye, la population a besoin. Et les seuls fonds – l'argent – ont été investis dans les armes.

Donc, c’est un Etat en faillite que les Etats-Unis et l'OTAN ont systématiquement ramené à cette situation, et la destruction de tous les organismes gouvernementaux qui assuraient autrefois le plus haut niveau de vie d’Afrique a aujourd'hui apporté une immense misère. Donc ce n’est pas que de l'hypocrisie. Il s’agit de criminels de guerre et ils devraient être inculpés en tant que tels.

Depuis la guerre, qui a duré sept mois en 2011, on a largué plus de bombes en Libye que pendant la Seconde Guerre mondiale dans toute l’Europe

Lire aussi : Le cousin de Mouammar Kadhafi à RT : la Libye est anéantie un peu plus chaque jour

RT: la Libye ne dispose pas de gouvernement opérationnel, de contrôle sur ses frontières ou de services publics basiques ; il est déchiré par des groupes armés rivaux. En généralisant, n’est-ce pas déjà un Etat défaillant ?

Sara Flounders : Oui, c’en est un. Il l’est depuis la chute de Kadhafi et de l'ensemble de son gouvernement, le «changement de régime», comme ils l’appellent. Et cela n’a pas marché au cours des cinq dernières années.

Depuis la guerre, qui a duré sept mois en 2011, on a largué plus de bombes en Libye que pendant la Seconde Guerre mondiale dans toute l’Europe. C’est incroyable ce qui a été fait à la Libye, à quel point la destruction a été énorme. Et il n'y a pas eu de gouvernement fonctionnant normalement ni de services sociaux depuis cette époque : je parle des écoles, des services médicaux; des choses les plus élémentaires qui ne fonctionnent pas en Libye aujourd'hui.

RT : John Kerry prétend que les Etats-Unis essaient d’aider les factions rivales à s’unir. Combien de temps ce processus pourrait prendre et à quelles actions de Washington vous attendez-vous ?

Sara Flounders : Les Etats-Unis ont affirmé cela depuis le début et cela a été un échec total, tout comme l’ensemble de toutes leurs autres guerres, chacune d’entre elles a été un échec absolu. Ils n’ont connu aucun succès durant les 15 années en Afghanistan, ils n’ont pas connu de succès en Irak et regardez l’énorme destruction qu’ils créent à présent en Syrie, où un tiers de la population a été déplacée. Donc, il n'y a aucune chance qu'ils contribuent à réconcilier les factions réellement rivales qu'ils ont créées, qu’ils ont armées et qu'ils ont mises au pouvoir. Et plus de bombes et d’attaques de drone ne pourront pas le faire non plus, c’est une certitude.

RT : Selon certaines sources, la France effectue des raids anti-Daesh en Libye, en collaboration avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni... Est-ce que cela peut se muer en un autre bourbier militaire ?

Sara Flounders : Oui, c’est une véritable foire d’empoigne et c’est entièrement vrai que la France, l’Italie et la Grande-Bretagne veulent tous un morceau du gâteau. Tous s’intéressent aux réserves d’or présentes en Libye, sans parler des immenses gisements pétroliers. Et ils ont pensé qu’ils pouvaient juste s’en emparer comme des pirates, que le pillage était autorisé.

L’arrogance des Etats-Unis n’admet pas les erreurs

Et depuis ce moment-là, ils se sont montrés incapables d’apporter aucune sorte de stabilité en Libye et ils n’ont toujours pas de plan aujourd’hui parce que, comme je l’ai dit, le simple fait de larguer des bombes, qu’elles soient de fabrication américaine ou française, ou si elles portent un logo de l’ONU, ne stabilise pas la situation pour la population libyenne, et n’en a aucunement l’intention. Ils veulent créer un gouvernement fantoche, conciliant sur tout. Mais ils n’ont aucun intérêt à assurer la stabilité et des services sociaux pour la population.

RT : Cela fait cinq ans depuis la dernière intervention. Est-ce que la déclaration de Kerry est une sorte d’aveu que les Etats-Unis ont commis une erreur ?

Sara Flounders : Non, je ne pense qu’il admette un jour que les Etats-Unis ont fait une erreur, l’arrogance des Etats-Unis n’admet pas les erreurs. Les gens devraient vraiment exiger que tous ces représentants américains, de l’ONU, de France, d’Italie et de Grande-Bretagne soient jugés pour crimes de guerre. Parce que c’est la façon de qualifier ce qui a été fait en Libye. Il n’y avait aucune raison, aucun but, sauf de la piraterie pure et simple.

Lire aussi : Jean Guisnel : «Je suis convaincu que la France prépare une intervention en Libye»

La Libye avait le plus haut niveau de vie et une stabilité à toute épreuve. Il y avait une infrastructure dynamique, des villes modernes. Tout cela a été complétement et systématiquement détruit. Ce qui a été fait aux installations d’eau et à l’irrigation, aux rivières construites par l’homme, à tout cela, c’est un crime inimaginable et on doit exiger des comptes, pas une nouvelle intervention. Parce que «Etat défaillant» signifie que «quelque chose vient juste de se produire», qu’il a failli par lui-même. Ils doivent plutôt le qualifier d’«Etat en ruines», un Etat détruit par les bombardements des Etats-Unis et de l’OTAN.  

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT. 

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Exercices de l'OTAN : une tentative de Washington de montrer être prêt à une guerre contre la Russie. Par Dan Glazebrook*

10 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La guerre

Exercices de l'OTAN : une tentative de Washington de montrer être prêt à une guerre contre la Russie. Par Dan Glazebrook*

9 mars 2016

L'exercice anti-sous-marin «Dynamic Mangoose» en mer du Nord, au large des côtes norvégiennes

L'exercice anti-sous-marin «Dynamic Mangoose» en mer du Nord, au large des côtes norvégiennes

Les exercices de l'OTAN sont une tentative de montrer à la Russie et au monde que les États-Unis sont prêts à risquer une guerre mondiale pour défendre leur droit à renverser des gouvernements, selon l’analyste politique Dan Glazebrook.

*Dan Glazebrook est un écrivain politique indépendant qui a écrit pour RT, Counterpunch, ZMorning Star, the Guardian, the New Statesman, the Independent and Middle East Eye entre autres. Son premier livre "Divide and Ruin: The West’s Imperial Strategy in an Age of Crisis» a été publié par Liberation Media en octobre 2013. Il contient une collection d'articles écrits à partir de 2009 qui examinent les liens entre l'effondrement économique, la montée des BRICS, la guerre en Libye et en Syrie et les politiques d’«austérité». Il fait actuellement des recherches pour un livre sur l'utilisation américano-britannique d’escadrons de la mort contre des États indépendants et les mouvements de l'Irlande du Nord et de l'Amérique centrale dans les années 1970 et 1980, et au Moyen-Orient et en Afrique de nos jours.

La Norvège accueille le plus grand exercice militaire annuel de l'Europe dont le nom de code est le «Cold Response». Quelque 15 000 soldats des pays de l'OTAN y seront impliqués.

Le scénario va suivre la trame d’un conflit militaire avec les forces armées d’un pays froid fictif. Pendant ce temps, l’actuel rapport norvégien sur la sécurité (lui tout à fait réel) inclut la Russie comme l'une des principales menaces. Des responsables de l'OTAN, cependant, prétendent que les deux évènements n’ont aucun lien.

L’OTAN entoure et encercle la Russie avec ses troupes, menace la Russie avec ce type d’exercices

RT : C'est l'un des plus grands exercices du genre qui se déroule, avec le déploiement par les États-Unis de bombardiers stratégiques, mais l'OTAN dit que cela n'a aucun rapport avec la Russie. Que pensez-vous de cela ?

Dan Glazebrook : Il faut observer l'histoire récente du militarisme américain et des agressions de l'OTAN. Cette dernière est profondément impliquée dans des opérations de changement de régime par procuration – plusieurs desquelles ne se sont pas bien passées, par exemple en Syrie et en Ukraine. L'OTAN n'a pas réussi à assurer le succès de ses dernières opérations de changement de régime… Elle ne veut pas les voir échouer. Or, l'une des raisons de ces échecs est le refus de la Russie de se soumettre et de permettre aux États-Unis de mettre des États en faillites les uns après les autres. Donc, la Russie est profondément méprisée par de nombreux éléments à l'intérieur de l'establishment militaire américain pour être un épine dans le pied de la technique destructrice américaine du changement de régime.

Nous devons avoir en tête que les pays de l'OTAN et les États-Unis conduisent déjà une guerre économique contre la Russie à travers les sanctions et la politique d’encouragement aux Saoudiens pour baisse les prix du pétrole. Cela n'a pas marché. On en vient par conséquent à un militarisme pur et simple, cela fait partie d’un tout. Et puis, nous avons vu un membre de l'OTAN, la Turquie, attaquer et abattre un avion russe, nous avons vu depuis quelques semaines la Turquie et l'Arabie Saoudite préparer une invasion de la Syrie… Tout cela fait partie des tentatives systématiques de démontrer au monde que les États-Unis sont prêts, capables et désireux de se lancer dans une guerre mondiale, potentiellement avec la Russie. Pas seulement de se battre contre la Syrie ou la Libye, mais, de fait, de risquer une guerre mondiale contre la Russie pour défendre son droit à mener des changements de régimes illégaux, de créer des Etats en faillite et de faire plonger de paisibles pays dans un bain de sang. Voilà ce dont il s’agit.

C’est une situation très dangereuse qu’on voit se développer ici

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RT : Dans les jeux de guerre, on trouve un rôle d’agresseur et un rôle de défenseur. Pensez-vous qu’il y ait une nuance stratégique ou c’est tout simplement une manière pour l’Otan de manifester sa puissance militaire ?

D.G. : Il y a des éléments stratégiques. Il y aura des guerres stratégiques pour les ressources de l’Arctique, et ils se préparent pour les mener... Rappelez-vous la stratégie américaine de domination complète annoncée après la fin de la Guerre froide : l’idée était qu’il ne devait pas y avoir un centimètre sur la planète qui échapperait réellement au contrôle militaire américain... Mais je continue à penser qu’ils ont avant tout besoin de convaincre la planète, de montrer au monde qu'ils sont prêts à entrer en guerre avec la Russie. Cela peut être du bluff, mais ils ont besoin de convaincre le monde que ça n’en est pas un et qu’ils sont capables de mener cette guerre. Et bien sûr, il y a des éléments dans l’establishment militaire américain qui seraient prêts à y aller, et pour qui ça n’est pas un bluff. Donc, c’est une situation très dangereuse qu’on voit se développer ici.

Lire aussi : Empêcher une agression russe ! Les Etats-Unis et l’OTAN en mode «Guerre froide»

RT : L’OTAN dit qu’il n’y a pas de raison pour la Russie de considérer ces exercices et l’ensemble de son activité dans la région comme une menace. Pensez-vous que ces déclarations soient crédibles ?

D.G. : Ces pays [membres de l’OTAN] ont souvent ce genre d’analyse, mais ils marchent sur la tête. Qui se déplace dans le monde entier en mettant des Etats en faillite ? Si on observe les actions de la Russie, celles-ci ont été défensives. Par exemple, en Ukraine, où leur implication a été, en fait, assez minime ils ont surtout tenté de défendre les peuples de l’Est de l’Ukraine de l’attaque de forces néo-nazis déchaînées par l’opération de changement illégal de régime soutenue par les Etats-Unis. En Syrie, ils ont été invités par le gouvernement syrien pour empêcher la chute du gouvernement syrien face à l’attaque de l’escadron de la mort sponsorisé par les Etats-Unis, par la Grande-Bretagne et encore d‘autres. Cette tentative de définir cela comme une agression russe alors qu’en réalité les Russes ne font que se défendre face une agression illégale se déroulant partout dans le monde et menée par les Etats-Unis... c’est le monde à l’envers.

Lire aussi : Guerre froide : l'Union européenne a la mentalité des blocs dans son ADN

C’est un fait, observable, empirique, que l’OTAN entoure et encercle la Russie avec ses troupes, menace la Russie avec ce type d’exercices. Nous savons aussi, par expérience, qu’il ne faut pas faire confiance aux leaders des pays de l’OTAN lorsqu’ils «rassurent» la Russie. Par exemple, George Bush senior disait que l’OTAN n’avancerait pas d’un centimètre vers l’Est, mais tous les pays de l’Est qui ont rejoint l’Union européenne sont par la suite devenus membres de l’OTAN. Les assurances de l’OTAN ne valent pas le papier sur lequel elles sont écrites. Peu importe ce que dit l'OTAN, ce qui compte, c’est ce qu’elle fait.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT. 

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Le FBI mis en cause dans l'organisation d'attentats par des Américains musulmans

9 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #Terrorisme, #La justice

Le FBI mis en cause dans l'organisation d'attentats par des Américains musulmans

Le Monde.fr avec AFP |

Logo du FBI, Federal Bureau of Investigation.

Le FBI a « encouragé, poussé et parfois même payé » des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats, au cours d'opérations de filature montées de toutes pièces. C'est la conclusion d'un rapport de l'ONG Human Rights Watch publié lundi 21 juillet.

Dans nombre des plus de 500 affaires de terrorisme conduites par les tribunaux américains depuis le 11 septembre 2001, « le ministère américain de la justice et le FBI ont ciblé des musulmans américains dans des opérations clandestines de contre-terrorisme abusives, fondées sur l'appartenance religieuse et ethnique », dénonce ce rapport étayé de nombreux exemples.

« LE FBI POURRAIT AVOIR CRÉÉ DES TERRORISTES  »

L'organisation, aidée de l'Institut des droits de l'homme de l'école de droit de l'université de Columbia, a en particulier étudié vingt-sept affaires, de l'enquête au procès, en passant par l'inculpation et les conditions de détention, et interviewé 215 personnes, qu'il s'agisse des inculpés ou condamnés eux-mêmes ou de leurs proches, d'avocats, juges ou procureurs.

« Dans certains cas, le FBI pourrait avoir créé des terroristes chez des individus respectueux de la loi en leur suggérant l'idée de commettre un acte terroriste », résume l'ONG, estimant que la moitié des condamnations résultent de coups montés ou guet-apens. Dans 30 % des cas, l'agent infiltré a joué un rôle actif dans la tentative d'attentat.

Dans de nombreux cas, les personnes ciblées « n'étaient apparemment pas impliquées dans un plan terroriste ni dans le financement de plans terroristes au moment où le gouvernement a commencé à enquêter sur eux », poursuit l'ONG.

PERSONNES VULNÉRABLES

Selon HRW, le FBI a souvent ciblé des personnes vulnérables, souffrant de troubles mentaux et intellectuels. Des informateurs ou policiers infiltrés auraient alors interagi avec elles en élaborant le plan d'attentat, en fournissant les ressources pour le mettre en œuvre, puis en persuadant, voire en faisant pression sur la personne pour qu'elle y participe.

L'étude cite notamment les « quatre de Newburgh », accusés d'avoir planifié des attentats contre des synagogues et une base militaire américaine, alors que le gouvernement avait, selon un juge, « fourni l'idée du crime, les moyens, et dégagé la voie », transformant en « terroristes » des hommes « dont la bouffonnerie était shakespearienne ».

Le rapport cite également le cas de Rezwan Ferdaus, condamné à dix-sept ans de prison à l'âge de 27 ans pour avoir voulu attaquer le Pentagone et le Congrès avec des mini-drones bourrés d'explosifs. Un agent du FBI avait dit de Ferdaus qu'il avait « de toute évidence » des problèmes mentaux, mais le plan avait été entièrement conçu avec le policier infiltré, le FBI ayant notamment financé son voyage et son armement.

Voir aussi la vidéo de HRW en anglais :


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/07/21/le-fbi-a-pousse-des-americains-musulmans-a-commettre-des-attentats_4460774_3222.html#py6LH8YhEpIbWMTU.99
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SYRIE – La chute d’Alep par Pierre Piccinin

9 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #La France, #Europe supranationale, #La Russie, #AMERIQUE, #Daesch, #Terrorisme

SYRIE – La chute d’Alep par Pierre Piccinin

SYRIE – La chute d’Alep

Alep va-t-elle tomber aux mains du régime de Bashar al-Assad dans les prochains mois, voire les prochaines semaines ?

Tous les observateurs qui, à l’été 2011, avaient annoncé dans l’euphorie la fin imminente du régime baathiste en Syrie titrent à présent sur la probabilité d’une écrasante victoire de l’armée régulière syrienne dans le gouvernorat d’Alep et la chute de la ville, qui n’est plus défendue que par quelques poignées de rebelles déjà coupés de leur soutien turc et bientôt de leur base arrière en Syrie même, si la seule route qui les y relie devait tomber sous les coups des troupes loyalistes.

C’est la situation, soudaine et dramatique, que connaît Alep, dernier bastion de l’Armée syrienne libre (ASL), au terme de l’offensive du régime, appuyée par les frappes aériennes russes.

Le régime de Damas a repris vigueur depuis que Moscou s’est engagé en Syrie, officiellement pour combattre la progression de l’État islamique, mais, dans les faits, pour soutenir également son allié, le président al-Assad, l’aviation russe accompagnant la campagne de reconquête terrestre lancée par les forces syriennes. De sorte que le régime contrôle aujourd’hui les régions les plus peuplée de Syrie, soit plus de 60% de la population syrienne encore établie dans le pays (rappelons que, sur une population de 22.500.000 habitants, près de 4.500.000 personnes ont quitté la Syrie et s’entassent dans des camps de réfugiés en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Irak et en Égypte ; 95% des réfugiés demeurent dans ces camps, contre 5%, accueillis en Europe).

Parmi les enjeux majeurs de cette reconquête qui, désormais, va de succès en succès, Alep demeure le plus important : après ses victoires dans le gouvernorat de Latakieh, puis celui d’Idlib (cela dit encore en grande partie contrôlé par les factions islamistes) et, au sud, dans la région de Deraa (contre le Front du Sud, qui regroupe des brigades dissidentes de l’ASL et plusieurs factions islamistes), l’armée régulière, à partir du 6 octobre 2015, a lancé une puissante offensive en direction du nord-ouest du pays et, après avoir resserré son emprise sur la ville d’Alep, s’apprête à donner l’assaut final.

L’armée syrienne a repris les villages chiites de Zahraa et Nubul et a ainsi coupé la route qui reliait les quartiers rebelles d’Alep à la Turquie, vers le nord, le 3 février 2016, isolant par le fait les bases de l’ASL soutenue par Ankara. Ceux-ci ne sont plus approvisionnés que par un seul canal, qui les relie à leurs bases situées dans le gouvernorat voisin d’Idlib, dont l’ASL est pratiquement absente. La ville dépend donc désormais, principalement, des factions islamistes, et plus précisément de l’alliance qui unit Jabhet al-Nosra (la branche syrienne d’al-Qaeda dont certaines brigades ont rallié l’EI tandis que d’autres le combattent) et les radicaux d’Ahrar as-Sham.

Alep, en effet, n’est pas seulement la deuxième ville de Syrie, le « poumon économique » du pays (bien que, aujourd’hui, la plupart des infrastructures soient en ruines), alors que Damas en est le centre politique ; c’est aussi l’extrémité nord de la « Syrie utile », la Syrie habitée, et le régime doit d’abord en finir avec la rébellion dans les zones les plus peuplées, pour restabiliser sa propre assiette (si Alep est reconquise, le gouvernorat d’Idlib achèvera de céder à l’offensive des loyalistes) et commencer à relever son économie, avant de partir à la reconquête du centre désertique du pays (Palmyre, Deir ez-Zor et la capitale de l’EI, ar-Raqqa), une fois les grandes villes de l’ouest sécurisées.

Toutefois, l’Armée syrienne libre a rassemblé ses forces dans le nord du gouvernorat en espérant résister, voire regagner du terrain sur les forces gouvernementales syriennes, et préserver sa liaison avec les quartiers rebelles de la ville assiégée.

Mais ce dernier sursaut, ultime effort d’une Armée syrienne libre aux abois, épuisée, plus mal équipée que jamais tout au long de ces cinq années de guerre et en manque cruel d’effectifs suffira-t-il à lui rendre une place dans le jeu ?

Car les dernières brigades de l’ASL ne font pas seulement face aux forces du régime. Elles sont aussi confrontées aux djihadistes de Jabhet al-Nosra, très présents dans le nord de la Syrie, et à ceux de l’État islamique, qu’elles combattent dans la région depuis juin 2013, et, depuis octobre 2015, aux Forces démocratiques syriennes, résultat d’une alliance de circonstances, pour l’essentiel, entre les brigades kurdes du YPG, quelques milices arabes, des contingents turkmènes très proches d’Ankara et les milices chrétiennes, principalement issues du Syriac Military Council actif dans le nord-est de la Syrie (et quelques groupuscules rebelles en provenance de l’ASL) ; les Forces démocratiques syriennes qui ont passé un accord de coopération avec l’état major russe, qui appuie par des bombardements leurs assauts tant contre l’EI que contre l’ASL.

En effet, les brigades du YPG (les Unités de protection « du peuple » ; originellement dénommées YPK), intrinsèquement liées au PKK (le Parti des Travailleurs du Kurdistan) et très majoritairement composées de combattants kurdes, se sont constituées à la faveur de la révolution, dans les trois cantons du Rojava, les zones de peuplement kurde de Syrie (la Jazeera, dans le nord-est, à la frontière irakienne ; la région de Kobané ; et le canton d’Afreen, au nord d’Alep) situées tout le long de la frontière turque. Leur objectif de plus en plus manifeste est de s’emparer d’un territoire le plus large possible, notamment pour relier les trois cantons (chose faite, déjà, entre la Jazeera et Kobané), avec la finalité d’imposer une autonomie régionale au moins, à l’intérieur d’une Syrie fédéralisée. Ce pourquoi le YPG s’attaque non seulement aux positions de l’EI et des djihadistes de Jabhet al-Nosra, mais aussi à celles de l’ASL.

L’avancée progressive des forces kurdes, qui s’est accélérée depuis la victoire kurde de Kobané sur l’EI en janvier 2015, inquiète bien évidemment la Turquie, qui redoute la création d’un Kurdistan syrien indépendant à sa frontière, contrôlé par des milices largement soumises à l’état major du PKK, avec lequel les hostilités ont repris sur le territoire turc même. D’où le soutien clandestin mais notoire d’Ankara aux rebelles de l’ASL et aux djihadistes de Jabhet al-Nosra comme à ceux de l’EI qui, bien qu’antagonistes, se battent cependant tous contre le YPG et tentent de stopper l’expansion des Kurdes qui contrôlent désormais près de 10% du territoire syrien et presque la totalité de la frontière turque ; au point que l’artillerie turque, depuis plusieurs semaines, bombarde les positions du YPG par-dessus sa frontière, en appui aux djihadistes.

Une terrible pression qui s’exerce sur les quelques milliers de combattants restés fidèles à l’ASL, dont les rangs s’éclaircissent chaque jour au fur et à mesure que le désespoir s’empare des hommes, beaucoup tentant de trouver refuge en Turquie…

En revanche, cette « salade syrienne » fait sans aucun doute le jeu de l’armée du régime et de ses alliés iraniens, russes et libanais (le Hezbollah).

Certes, depuis le 27 février, un cessez-le-feu négocié par Moscou et Washington et accepté par Damas est entré en vigueur entre les forces armées syriennes et les rebelles qualifiés de « modérés » ; et à l’exclusion, donc, des factions islamistes radicales (dont les puissantes Ahrar as-Sham, très présente à Alep, et Jeich al-Islam, surtout implantée dans le gouvernorat de Damas), de Jabhet al-Nosra et de l’État islamique. Toutefois, la complexité du terrain et l’enchevêtrement des factions combattantes ont déjà « justifié » plusieurs violations de cette trêve bien précaire, que, de part et d’autre, on ne respecte guère que lorsque les impératifs stratégiques le permettent. Au mieux (ou au pire, c’est selon), le cessez-le-feu permettra-t-il aux forces du régime de concentrer un temps leurs efforts en direction des positions de l’État islamique, qui a mené récemment plusieurs attaques contre les loyalistes, notamment sur la seule route qui relie les quartiers d’Alep tenus par l’armée syrienne au territoire contrôlé par le gouvernement, l’axe routier de Khanasser, dont les djihadistes se sont emparé quelques heures durant, avant d’être repoussés ; l’opportunité pour l’armée syrienne de consolider ses défenses sur le front avec l’EI, avant de se retourner vers Alep et de lancer l’assaut sur la ville.

Le risque, néanmoins, pour le régime, serait de devoir faire face à une résistance forcenée, à une guérilla urbaine que des groupes rebelles n’ayant plus rien à perdre lui feraient sans merci. C’est ce que semblent avoir résolu près d’une vingtaine de katiba (brigades) indépendantes présentes dans la ville et désormais unies sous la bannière de Jeich Halab (l’Armée d’Alep), fédérées par un commandant d’Ahrar as-Sham.

Dans cette perspective, les rebelles tentent depuis un mois de stocker dans la ville toutes les munitions, tout le carburant et autant de matériel médical et de vivres qu’ils peuvent se procurer, farine, huile, conserves, sucre, et y acheminer par la route d’al-Castillo, la seule route dont ils disposent encore, bien que le passage soit devenu très périlleux, sans cesse bombardé par l’aviation russe et l’artillerie de l’armée régulière syrienne, mais aussi attaqué par les Forces démocratiques syriennes, dont l’objectif, à cet égard, n’est pas clair –sinon de précipiter la défaite des rebelles islamistes (et accessoirement de l’ASL), apportant en cela leur concours à la reconquête de la ville par le régime.

Mais le moral ne suit pas : beaucoup de combattants ont déserté et la plupart des médecins qui avaient jusqu’à présent assisté la rébellion se sont enfuis eux aussi. C’est que l’entrée en lice de l’aviation russe a changé la donne, pour la bataille d’Alep comme pour l’ensemble de la guerre en Syrie… Les Alépins n’ignorent pas comment Grozny, en Tchétchénie, avait été entièrement rasée par les bombes.

Il y a aussi le fait que les vivres ne sont pas destinées aux habitants, mais aux miliciens de la rébellion et, au mieux, à leur famille également. Aussi, pour beaucoup, la situation commence à devenir difficile ; intenable, pour certains qui, depuis que l’offensive a commencé, ont épuisé leurs réserves. C’est le cas des familles économiquement les plus fragiles, confrontées à l’envol des prix : la valeur du kilo de riz a sextuplé en moins d’un mois, depuis que la route de la Turquie a été coupée ; et la disette fait déjà son apparition, alors que le siège n’a pas encore réellement commencé.

Partout dans Alep, néanmoins, les miliciens qui ont choisi de rester s’enterrent, creusent des galeries pour relier les sous-sols des immeubles, ménagent des caches d’armes, prêts à se défendre rue par rue, maison par maison… appartement par appartement.

Cela étant, l’état major syrien apparaît confiant : l’exemple de Homs, tombée après un siège total, en mai 2014, et la capitulation des forces rebelles ont démontré la capacité du régime à maîtriser la guerre urbaine.

Par ailleurs, Moscou n’a pas seulement engagé son aviation dans cette bataille. Discrètement mais sûrement, la Russie a rééquipé l’armée syrienne en matériel moderne technologiquement très supérieur à ce dont disposait jusqu’ici les troupes de Bashar al-Assad et, de fait, à ce dont disposent les rebelles, qui se sont procuré l’essentiel de leur armement dans les arsenaux enlevés au régime. L’armée syrienne, éprouvée par cinq années de guerre, a reçu de quoi se requinquer, via les ports militaires russes de Tartous et de Latakieh, où ont transité des tonnes de matériel débarquées par la marine russe. Ce n’est pas le cas côté rebelles… L’état major russe a en outre déclaré avoir déployé au sol des instructeurs chargés d’encadrer les forces pro-régimes et n’a pas démenti l’implication de ses propres commandos ; un investissement d’envergure et sans équivoque, qui trahit l’importance de l’opération en cours.

Enfin, selon plusieurs sources au sein du commandement des milices chiites irakiennes, il est prévu que l’armée syrienne, déjà épaulée par des unités du Hezbollah, reçoive très prochainement l’appui de six à huit mille de leurs miliciens, renforcés en outre par des contingents de pasdarans iraniens. Une information qui, si elle était confirmée, achèverait de lever le moindre doute sur les intentions du gouvernement de Damas.

On l’aura compris, les négociations en cours à Genève ne sont guère la priorité du moment ; et les émissaires syriens de tous les camps doivent se sentir bien penauds, lorsqu’ils croisent dans les couloirs de la représentation onusienne leurs homologues yéménites, tout aussi dépités par l’absurdité des démarches qu’on leur a là fait entreprendre…

Dans ce cas, ce seraient les civils qui paieraient fort cher le prix de cette nouvelle grande bataille. Déjà, 20.000 réfugiés s’agglutinent à la frontière de la Turquie, qui leur ferme ses portes ; et les observateurs de l’ONU estiment à 70.000 le nombre de personnes qui, évacuant Alep, sont en ce moment même encore sur les routes, en chemin pour la frontière turque également. Mais 250.000 à 300.000 civils, qui n’ont pas déserté les quartiers rebelles d’Alep, risquent à présent de se retrouver pris au piège du siège ; surtout une population pauvre, trop démunie pour pouvoir s’en aller, mais aussi les familles des combattants, qui n’ont d’espoir de survie que dans le succès de leur « révolution ».

Demain, si Alep tombait, ce serait ensuite tout le gouvernorat qui repasserait sous le joug du régime syrien, après quatre années de combats acharnés. La terreur s’abattrait alors sur tous ceux qui n’avaient pas choisi le bon camp, celui du vainqueur…

Mais, si Alep tombait, ce serait aussi, tout simplement, la fin de la révolution syrienne. Un basculement qui serait très lourd de conséquences sur le plan de l’engagement international dans le conflit syrien, dont la réalité achèverait de changer du tout au tout.

L’ASL anéantie, en effet, le conflit se résumerait alors en une guerre qui, quoi qu’en dise (encore) le président Hollande (qui sera probablement battu aux prochaines présidentielles), re-légitimerait le gouvernement de Bashar al-Assad (et pour longtemps), presque déjà devenu le principal fer de lance de la lutte armée contre al-Qaeda et l’État islamique.

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Le réfugié politique turc Erdal Gökoglu n’est pas dangereux. Il est en danger. Par Bahar Kimyongür

9 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #L'OTAN., #La France, #AMERIQUE, #la liberté

7 mars 2016

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Erdal Gökoglu, réfugié turc reconnu en Belgique depuis 2007 a été arrêté le 24 janvier dernier à la frontière germano-polonaise à hauteur de Slubice (Francfort-sur-l'Oder) alors qu'il se rendait au mariage de l'un de ses amis à Wroclaw.

 



Il est menacé d’extradition vers la Turquie sur base d’un mandat d’arrêt international émis par le 4e Chambre de la Cour d’assises d’Istanbul pour son appartenance présumée au mouvement marxiste illégal DHKP-C.

Son dossier turc est ridiculement vide. Erdal est en effet accusé d’avoir sermonné dans les locaux d’une revue étudiante (Ülkemizde Gençlik) à Istanbul, en octobre 2001, un jeune qui trompait sa petite amie avec une autre fille.

Le fait de parler à un jeune menant une double vie sentimentale a fait d’Erdal un leader du DHKP-C !

Erdal Gökoglu a été incarcéré entre juin 1995 et juillet 2001 alors qu’il était étudiant en architecture.

Il a survécu à plusieurs opérations militaires dans les prisons turques. C’est un véritable miraculé.

Son odyssée carcérale a commencé à Ulucanlar (Ankara).

Le 26 septembre 1999, ses compagnons de chambrée ont été torturés à mort. 10 d’entre eux ont été massacrés.

Erdal a été blessé par les balles de l’armée. Les militaires l’ont cru mort et ont mis son corps avec celui des 10 détenus tués dans les douches de la prison.

Après avoir découvert par hasard qu’il était toujours vivant, les militaires l’ont déporté vers la prison de Burdur (ouest de la Turquie)

Le 5 juillet 2000, l’armée intervient cette fois à la prison de Burdur avec des bulldozers après que les prisonniers politiques aient refusé de comparaître à leur procès en raison des mauvais traitements qu’ils subissaient sur le chemin du tribunal. Durant l’opération, le détenu Veli Saçilik a eu son bras sectionné par une pelleteuse.

Le bras de Veli Saçilik a finalement été retrouvé dans la gueule d’un chien errant (voir document ci-dessous).
 

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Erdal Gökoglu a une nouvelle fois été blessé par les militaires alors que son corps portait encore les séquelles de l’opération d’Ulucanlar. Il a ensuite été déporté vers la prison de Bursa.

Lorsque le gouvernement a annoncé l’ouverture imminente de prisons de haute sécurité de type F, Erdal a participé au vaste mouvement de grève de la faim qui s’est soldé par la mort de dizaines de détenus.

Le 19 décembre 2001, l’armée est intervenue dans 20 prisons pour mater la grève de la faim et organiser la déportation des détenus vers les prisons de type F.

28 détenus ont été massacrés à coups de gaz, de matraques et par balles. A Bayrampasa, six femmes sont mortes dans l’incendie de leur dortoir, déclenché par le déluge de feu de l’armée postée les toits.

Erdal Gökoglu, a été gravement blessé mais a malgré tout poursuivi sa grève de la faim, malgré sa déportation vers la prison de type F d’Edirne.

Après plusieurs mois de grève de la faim, Erdal Gökoglu a été alimenté de force à l’hôpital d’Edirne.

Aujourd’hui encore, Erdal souffre de séquelles de cette intervention. Il a en effet contracté le syndrome de Wernicke-Korsakoff (amnésie, ataxie...)

En 2001, il est laissé pour mort aux portes de la prison en vertu de l’article 399 du Code de procédure pénale turque (CMUK). La loi prévoit une remise en liberté de six mois pour raisons médicale. Cette libération conditionnelle est renouvelable selon l’état du détenu.

La même année, Erdal est exfiltré du pays par ses amis pour qu’il puisse recevoir des soins médicaux adéquats.

En 2002, Erdal introduit une demande d’asile politique en Belgique, demande reconnue en 2007.

Depuis son arrivée en Belgique, Erdal n’a jamais été lié au moindre trouble de l’ordre public.

Il est donc inadmissible qu’un Etat européen, la Pologne en l’occurrence, honore une demande d’extradition émanant du régime d’Ankara alors qu’un autre Etat européen, la Belgique, a décidé de protéger Erdal Gökoglu des persécutions et des tortures qu’il a subies Erdal des années durant.

Actuellement, Erdal Gökoglu est jugé dans la ville de Gorzow Wielkopolski.

Il comparaît dans une cage en verre, menottes aux poignets et chaînes aux pieds. Il est détenu à la prison de Goleniow.

Ses conditions de détention sont inhumaines et sa santé, extrêmement fragile.

Erdal Gökoglu est traité comme une personne dangereuse alors qu’il est en danger.

Les livres, journaux et effets personnels sont interdits. Sa cellule est fouillée deux fois par jour. On lui impose le port de l’uniforme. Il est interdit de préau. Cela fait donc près de 50 jours qu’il est privé de sortie.

Erdal Gökoglu est en grève de la faim.

Il demande la fin de ses mauvais traitements et son rapatriement en Belgique.

Nous appelons les démocrates belges, polonais et européens à protéger Erdal Gökoglu des prisons turques et polonaises.

Source : Investig’Action

LIRE AUSSI : Le réfugié politique turc en Belgique Erdal Gökoglu en danger de mort s’il est extradé vers la Turquie

 

 
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Biden appelle la Russie à libérer immédiatement la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko

9 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie

Biden appelle la Russie à libérer immédiatement la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko

Biden appelle la Russie à libérer immédiatement la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko

AFP
08/03/2016

Le vice-président américain Joe Biden a appelé mardi la Russie à libérer "immédiatement" la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko, qui observe une grève de la faim, estimant que sa détention était "injuste".

"Nadia a été injustement emprisonnée en Russie depuis 2014 et est jugée sur la base de fausses accusations", a-t-il écrit dans un communiqué.
La jeune femme "servait avec fierté son pays en tant que membre des forces armées ukrainiennes, se battant dans l'est du pays lorsqu'elle a été enlevée par des séparatistes et emmenée contre son gré" en Russie en juillet 2014, a-t-il ajouté.

La pilote de 34 ans, accusée du meurtre de deux journalistes russes dans l'est de l'Ukraine, encourt une peine de 23 ans de prison. L'accusation affirme, ce qu'elle nie, qu'elle a guidé les tirs de l'armée ukrainienne sur les deux reporters, tués par un obus de mortier à l'été 2014.

M. Biden a appelé la Russie "à faire le bon choix en abandonnant les charges à son encontre et en la libérant immédiatement". "Nadia mérite de rentrer chez elle, auprès de sa famille et de ses amis, et de se joindre à ses collègues du Parlement pour commencer à donner forme à une nouvelle Ukraine", a-t-il ajouté.

Mme Savtchenko, considérée dans son pays comme une héroïne nationale, avait été élue députée, en son absence, aux législatives d'octobre 2014. Le président ukrainien Petro Porochenko avait demandé lundi aux États-Unis et à l'Union européenne d'accroître leurs pressions sur la Russie.
Son procès dans la petite ville russe de Donetsk (non loin de la frontière avec l'Ukraine) avait été abruptement suspendu jeudi dernier. Sans attendre la reprise des audiences le 9 mars, Nadia Savtchenko a entamé jeudi dernier une grève de la faim et de la soif.

L'UE a estimé lundi que son état était "extrêmement inquiétant". "La Russie est responsable de l'état de santé, du bien-être et du respect des droits de l'Homme de toutes les personnes qu'elle détient", a affirmé une porte-parole de l'UE à Bruxelles. Les Occidentaux ont en vain multiplié leurs appels à la libération de la pilote depuis son arrestation, survenue selon Moscou en territoire russe.

L'Ukraine devait envoyer mardi une équipe de médecins dans le centre de détention du sud de la Russie où elle est incarcérée, selon une députée du parti du président Porochenko.
"Des diplomates ukrainiens ont pu arracher aux autorités russes un accord pour permettre à nos médecins de (la) voir le 9 mars," a écrit sur Facebook Irina Gerachtchenko, qui négocie les questions humanitaires durant les pourparlers de paix entre l'Ukraine et la Russie à Minsk.

Les partisans de la pilote craignent pour sa vie mais son avocat russe a affirmé que des responsables ukrainiens s'étaient rendus auprès d'elle mardi et n'avaient pas constaté de détérioration visible de son état de santé. Nadia "est fermement déterminée à faire sa déclaration devant le tribunal mercredi", a affirmé l'avocat, Nikolai Polozov, sur Facebook.

Mais la mère de la pilote, âgée de 78 ans, a dit craindre pour la vie de sa fille.
"J'appelle les dirigeants du monde entier à sauver mon enfant", a déclaré Maria Savtchenko, 78 ans, dans une déclaration par vidéo lundi.

Quelque 300 personnes ont manifesté mardi devant l'ambassade russe à Kiev. "Poutine ne nous brisera pas", "#LibérezSavtchenko", proclamaient les banderoles.
"Le Kremlin pensait que cette femme se soumettrait et qu'il pourrait dicter ses conditions à l'Ukraine", a déclaré à l'AFP Volodymyr Marouchtchak, un retraité. "Mais l'Ukraine demeurera libre tant qu'elle a des gens comme Savtchenko".

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