Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #comite pour une nouvelle resistance tag

Et maintenant… attention à la Marche. Lees résultats aux législatives commentées par le journal "RUPTURES".

19 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #le nazisme, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Et maintenant… attention à la Marche

le 19 juin 2017
panneaux électoraux

Un parlement violet, si ce n’est ultra-violet. Une participation en chute libre, constituant même un record absolu dans ce type de scrutin. Un Parti socialiste laminé, une droite classique en déroute et éclatée. Une France insoumise finalement ragaillardie puisque, à défaut de siéger à l’Elysée comme elle en avait fugacement caressé l’espoir, elle disposera d’un groupe au Palais-Bourbon. Et un Front national qui déjoue les pronostics de ses détracteurs en faisant élire, seul contre tous, une petite dizaine de ses représentants.

Mais au-delà de ce tableau largement commenté, le second tour des législatives confirme, voire amplifie, ce que les scrutins précédents ont marqué : un fossé social de plus en plus profond.

Plus encore que d’habitude, ce sont bien les classes populaires qui ont fait massivement la grève de l’isoloir

C’est caricaturalement visible dans l’abstention : plus encore que d’habitude, ce sont bien les classes populaires qui ont fait massivement la grève de l’isoloir. Ces mêmes catégories qui avaient, pour une large part, placé Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, et permis à Jean-Luc Mélenchon de créer la surprise au premier tour de celle-ci (même si ce dernier a également rallié beaucoup de bobos des centre-villes, séduits par un discours écologique post-moderne, par ailleurs mortifère au regard de toute espérance de transformation sociale).

Idéologiquement : une France ouverte… à l’ultralibéralisme et à la mondialisation ; contre une France « arc-boutée »… sur sa protection sociale et sa souveraineté.

Les candidats macronistes étaient à 70% issus des classes supérieures et dirigeantes

Ce clivage de classe se reflète dans la sociologie des nouveaux élus. Les candidats macronistes étaient à 70% issus des classes supérieures et dirigeantes. Du coup, En Marche ! est bel et bien en passe de « renouveler » la classe politique. Mais la question est : dans quel sens ? Certes, le Palais-Bourbon ne brillait pas par l’abondance d’ouvriers, de techniciens, de caissières de supermarché ou de chômeurs.

Mais les nouveaux marcheurs se recrutent essentiellement parmi les « entrepreneurs », les patrons de start-up, les conseils en management ou les directeurs de ressources humaines. Ce que le langage bruxellois nomme avec tendresse « la société civile ». Lors de la soirée électorale, il s’est du reste trouvé des invités pour saluer l’entrée en force d’« hommes et de femmes qui connaissent l’entreprise » (privée, de préférence). Autant de nobles représentants du peuple qui, n’en doutons pas, défendront bec et ongles un siècle de conquêtes ouvrières…

Cette loi El Khomry puissance dix répond terme pour terme aux recommandations de Bruxelles

Car l’ordre du jour macronien est connu. Outre la loi dite « de confiance dans la vie démocratique » (un intitulé proprement orwellien…), c’est la loi d’habilitation permettant au futur gouvernement de démonter par ordonnances le code du travail qui tient le haut de l’affiche. Cette loi El Khomry puissance dix répond terme pour terme aux recommandations de Bruxelles. Emmanuel Macron n’a en outre pas caché que ces « réformes » au pas de charge répondaient aux souhaits de Berlin (Angela Merkel n’a pas attendu une heure après la fermeture des bureaux de vote pour envoyer un message de félicitations aux Marcheurs…) et positionnait ainsi la France en bon élève européen.

Non que le nouveau maître de l’Elysée soit un docile adjudant-chef exécutant fidèlement les ordres de l’UE. Il aspire en réalité à être, avec la chancelière, un des décideurs au sein d’un directoire européen. Car l’Union européenne n’est pas une abstraction, mais l’outil indispensable pour tenter d’imposer aux peuples ce que ces derniers auraient eu la force de refuser au niveau national.

A Bruxelles et dans les cénacles politico-médiatiques inspirés, il est désormais de bon ton, après la victoire d’Emmanuel Macron, de fêter le déclin du « populisme ». Entendre par là : les résistances aux projets économiques, sociaux et sociétaux de l’oligarchie.

Les plus lucides, cependant, attendent un peu avant de déboucher le Champagne. Car, après le code du travail, c’est le transfert de la protection sociale vers la CSG qui se profile, ainsi que 60 milliards de coupes dans les dépenses publiques – également un impératif européen.

Il n’est pas certain que le nouveau chef de l’Etat ait devant lui une Marche tranquille.

 

https://ruptures-presse.fr/actu/legislatives-resultats-macron-bruxelles/

Lire la suite

Vive la France Libre, par Clément Maillard.

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique

Vive la France Libre, par Clément Maillard.

Ceux qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête de l’oligarchie capitaliste Française, ont pu former un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant d’une soi-disant nécessité de soumettre la France aux politiques austéritaires de l’union européenne, s’est mis en rapport avec les ennemis du peuple Français.

Des citoyens dupés ont pu capituler, cédant à la panique instillée par les médias, oubliant l’honneur, livrant le pays à la servitude envers l’impérialisme euro-atlantique prônée par Macron. Cependant, rien n’est perdu !

Rien n’est perdu parce que cette lutte est mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour, ces forces, Brésiliennes, Russes, Indiennes, Chinoises, écraseront notre ennemi européiste. Il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur.

Car la France n’est pas seule. Elle n’est pas seule ! Elle a avec elle des centaines de millions de Francophones, dans le monde entier, qui partagent sa culture. Elle peut s’allier avec le Royaume-Uni qui tient son Brexit et continue la lutte contre l’intégration forcée européiste.

Voilà pourquoi les Français doivent s’unir dans l’espérance, quelle que soient leurs opinions ou origines, pour défendre notre souveraineté, notre indépendance et nos acquis sociaux.

Notre pays est en danger de mort. Luttons tous pour le sauver !

VIVE LA FRANCE LIBRE !

Lire la suite

L'homme sans qualités. Par Marc Rameaux

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #francais colloque, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #Le grand banditisme, #Le fascisme, #Les média, #l'horreur économique

vendredi 16 juin 2017

 

L'homme sans qualités

 
 
Par ce titre, il ne s’agit pas de dénier tout talent à l’homme qui vient de se faire élire président de la république. Mais de voir en lui ce que le célèbre roman éponyme de Robert Musil dévoile avec tant de lucidité.
 
Tout comme Ulrich - le héros du roman - Emmanuel Macron présente tous les dehors apparents d’atouts personnels. L’on prête ainsi à Ulrich intelligence, volonté et parfois courage. Musil ne cherche pas à faire le portrait d’un médiocre. Son titre révèle un malaise beaucoup plus profond : « l’homme sans qualités » est appelé ainsi non parce qu’il en est dépourvu, mais parce qu’il faudrait parler d’attributs abstraits le concernant, au sens mathématique du terme, plutôt que de qualités personnelles.
 
Dans le roman de Musil, Ulrich possède bien certains talents, mais ils se diluent dans un relativisme généralisé, un regard purement formel sur le monde, faisant de toute conviction ou tout engagement un simple protocole d’usage. Les qualités ne sont pas absentes, mais elles ne sont jamais habitées. Comme s’il ne subsistait plus que la liberté de choix à l’état pur, sans le pilotage de la conscience.
 
Musil parle dans son roman de l’Autriche-Hongrie finissante, sous le sobriquet de « Cacanie », un état qui « ne subsistait plus que par la force de l’habitude ». Les héros de son roman essaient de se donner des causes mais sans y croire. Musil diffuse une ironie perçante et glacée tout au long de son roman, sur le mouvement « d’Action parallèle » que rejoint Ulrich. Ce groupe politique auto-constitué est une dernière tentative de célébrer leur souverain François-Jospeh et leur pays, mais sans que personne ne sache plus ce qu’est leur nation ni ce qui la fonde.
 
 
La détermination à agir pour « l’Action parallèle » est affichée d’autant plus fortement et avec tous les signes extérieurs de la volonté qu’elle ne sait même pas pour quoi elle se bat : la forme véhémente doit masquer l’absence totale de contenu. Du reste dans la logique post-moderne, cette façon de rester toujours à la surface ne pose aucun problème : le fond n’est pas critiqué, il n’existe tout simplement pas. Pour Macron – Ulrich, la culture française n’existe pas. Elle n’est qu’un réceptacle abstrait accueillant tour à tour des tendances interchangeables, sa seule qualité précisément, étant de pouvoir se prêter à toutes les combinaisons.
 
 
L’on frémit en relisant Musil et les déboires de la Cacanie : discussions stériles et sans fin que l’on s’invente pour masquer les vrais problèmes, relativisme moral considérant que pouvoir accueillir tous les possibles devient une fin en soi, projets grandioses pris très au sérieux mais parfaitement creux, présentés comme une renaissance avant l’effondrement de l’Autriche-Hongrie.
 
Le stade terminal du post-modernisme est décrit avec une précision clinique. La France y est aujourd’hui tellement plongée que l’on ne peut même pas accuser Macron d’être post-moderne : il est le post-modernisme. Le reproche de relativisme moral confinant au cynisme le plus complet, comme le montre l’affaire Ferrand, glisse sur lui comme de l’eau sur une matière imperméable : il est le relativisme incarné.
 
Tout jugement moral n’a plus prise, non pas parce qu’il aurait quelque chose à y objecter, mais parce que la morale n’a pour lui aucun sens. Nos politiques traditionnels fautaient mais savaient qu’ils commettaient une faute. Pour Macron-Ulrich, cette notion est simplement dénuée de signification : seul compte le jeu formel des combinaisons car lui seul existe, sans jugement, sans historique, son seul critère d’évaluation étant de savoir s’il atteint ou non le but qu’il s’était fixé.
 
 
Comparatif trop sévère avec le roman de Musil ? L’on pourrait m’objecter que lors de la fameuse séquence où Macron hurlait à la fin de l’un de ses meetings, il n’était plus dans le formalisme neutre et semblait défendre une conviction, qu’elle nous plaise ou non. Pourtant, dans cette séquence comme lors de la poignée de main Trumpienne, ce n’est pas l’outrance qui m’a frappée et qui a attiré les commentaires de surface. C’est de ressentir combien cela sonnait faux, comme un acteur qui surjoue. Même les foucades sont calculées, et font partie du petit jeu de la société post-moderne. Le microcosme que Musil décrit avec cruauté met en scène des personnages qui semblent très concernés par leur cause, jouant la comédie de la détermination. Le génie du roman viennois est de nous faire ressentir sans jamais le dire tous les faux semblants enfouis derrière ces postures.
 
 
Mais ne tombons pas nous-mêmes dans l’abstraction. Je souhaite illustrer par quatre exemples concrets tirés du démarrage du jeune président pourquoi il peut faire irrésistiblement penser au héros de Musil, et à l’ambiance générale d’absurdité, de déliquescence et de convictions vides que le roman viennois met en scène.
 
 
Le partage des postes avec le Modem et la colère de Bayrou :
 
Dès les premiers jours de constitution de l’équipe gouvernementale, une trahison apparaissait. La presse s’en est amusée, et il faut admettre que ce croc en jambe avait un caractère savoureux, car c’est un maître traître qui en faisait les frais.
 
Ce n’est donc pas cette manœuvre obscure qui attirait mon attention, car elle est très classique dans le monde politique. La réaction de Macron et la conclusion qui en est sortie sont en revanche très révélatrices d’un degré supplémentaire de déliquescence. Macron ne chercha pas longtemps à résister aux demandes de Bayrou, qui obtint gain de cause en quelques jours. L’on aurait tort d’y voir un signe de faiblesse ou de manque de caractère du nouveau président. Car son revirement n’était pas fait sous le mode d’une capitulation, mais d’une sorte de cynisme souriant et assumé, affichant clairement « Tiens, cette combinaison-là n’a pas marché, il s’en est aperçu. Tant pis, changeons de combinaison et passons à autre chose. »
 
Pour bien comprendre le mode de fonctionnement de celui qui est maintenant président, il faut préciser que même le qualificatif de cynisme n’aurait aucun effet sur lui. Les combinaisons de facteurs peuvent s’interchanger dans l’instant et autant de fois que nécessaire, de manière parfaitement fluide, parce qu’elles ne portent aucun engagement moral ni aucun sens.
 
Si Bayrou n’avait pas obtenu le respect des engagements pris, cela n’aurait eu aucune sorte d’importance : respect ou non respect des engagements, seul le résultat final compte. Macron n’est pas seulement post-moderne, il est post-moral. Il franchit en cela une étape supplémentaire de la dégradation politique, peut-être l’étape terminale, de ne plus être dans la transgression et la faute, mais de considérer que la transgression et la faute n’existent même plus. Le pire étant qu’il le fait certainement en toute bonne conscience, et ne voit pas en quoi cet hyper opportunisme serait répréhensible. Les français ont élu une sorte d’ange amoral à leur tête.
 
 
L’affaire Richard Ferrand : misère du légalisme :
 
Je ne m’appesantirai pas sur le parallèle de l’affaire Ferrand avec l’affaire Fillon et sur la totale dissymétrie de traitement, aussi bien de la part de la justice que des media : d’autres l’ont déjà très bien relevé et commenté.
 
L’absence quasi-totale de réaction des contre-pouvoirs médiatique et judiciaire pour protéger un ami est plus inquiétante encore que l’acharnement dont ils ont fait preuve pour détruire un adversaire, et confirme clairement la fin de leur indépendance vis-à-vis de l’exécutif.
 
Cette fois c’est par la bouche d’Edouard Philippe que le nouveau président a fait savoir le reflet de sa pensée. Ces deux-là se sont bels et bien trouvés, tant leur mode de fonctionnement totalement amoral se ressemble. Il faudra s’y faire, la démultiplication de Macron à travers des personnages qui partagent son vide moral est un aspect de son Fregolisme politique. Macron n’a pas besoin d’hologrammes, il a déjà ses clones.
 
« Je dis oui, après avoir parfaitement compris, avoir parfaitement conscience de l'exaspération des Français, de leur émotion, de leur agacement. », déclare ainsi le premier ministre pour annoncer le maintien de Ferrand au gouvernement.
 
Le terme « j’ai parfaitement conscience de… », ou « nous avons parfaitement conscience de… » est devenu l’un des plus intéressants cas de dérive sémantique que je connaisse. Il apparaît aussi bien dans les communications des politiques que dans certaines circulaires officielles émanant de l’administration. Sa signification est la suivante : lorsque quelqu’un vous dit qu’il a parfaitement conscience de ce que vous réclamez ou de ce que vous vivez, cela annonce son intention de n’absolument rien faire et de piétiner totalement et sans complexe votre demande.
 
Il faudra un jour créer un dictionnaire des expressions toutes faites dont le sens a été ainsi inversé. Il faut aussi relever que c’est le mot « conscience » qui a été choisi par le détournement post-moderne, c’est-à-dire ce qui exprime normalement la quintessence de la vie intérieure, aujourd’hui contre employée pour signifier son absence totale.
 
Finalement gêné par certaines protestations quant à son silence jupitérien, le jeune président se sent obligé de communiquer sur le sujet, en renchérissant sur les déclarations de son clone barbu :
 
"Un gouvernement doit gouverner, la presse doit faire son travail et ensuite une justice indépendante en France fait son travail. Il ne faut confondre aucun de ces rôles"
 
Le formalisme, encore et toujours, employé comme prétexte s’exonérant de tout devoir moral : l’une des armes préférées du post-modernisme. Ceci permet de faire passer les préoccupations éthiques pour un comportement passionnel et – accusation suprême pour le post-modernisme – non professionnel.
 
Macron confond ici à dessein l’indépendance des pouvoirs, impératif catégorique qui doit être à tout prix préservé et des règles formelles qui l’empêcheraient soi-disant d’exprimer son opinion d’homme. C’est à la seule justice de juger Ferrand. Mais cela n’empêche pas pour autant d’exprimer une opinion sur le caractère éthique, et non légal, de ses agissements : c’est aussi le rôle humain du meneur d’une équipe.
 
En instaurant un tel formalisme des rôles, il faudrait interdire au sein de toute communauté d’hommes au travail, et un gouvernement en est une, toute forme de sentiment humain et d’opinion, de peur qu’il s’agisse d’un jugement. Prétexte bien commode pour celui qui veut s’abstenir de faire la distinction entre le légal et le moral lorsque celle-ci s’avère très gênante. Le légalisme est au politique ce que le vice de forme est à l’avocat.
 
Dans le cas de Fillon, il était absolument nécessaire que le coupable soit trainé en place publique. Dans le cas de Ferrand, ses actions sont bien regrettables mais il est urgent d’oublier le passé, de passer à autre chose afin de se tourner vers un avenir radieux évitant de se poser la moindre question. Ce faisant, Macron comme Philippe commettent une entorse bien plus grave à la justice qu’en exprimant une opinion humaine, puisqu’ils décident du caractère grave ou pardonnable des actes reprochés. Dans un registre « circulez, il n’y a rien à voir », le nouveau gouvernement annonce clairement son intention de se moquer éperdument de toute opinion du peuple français et de s’octroyer tous les droits de faits du prince
 
 
L’ancienne position sur le burkini et l’écho de Castaner :
 
Les récentes déclarations sur l’islamisme de Christophe Castaner – un autre parmi les clones du président - rappellent à notre bon souvenir la position de Macron sur le burkini, et plus généralement sur l’ensemble du communautarisme.
 
Les termes précis qu’employait Macron à l’époque du débat sur le burkini valent la peine d’être analysés. Sa première déclaration semblait aller dans le bon sens, celui du respect des lois de la république et des valeurs sociales et historiques de la France qui les sous-tendent :
 
« Il était justifié à certains endroits, pour des raisons d'ordre public, d'interdire le burkini. Il est indispensable de mener une bataille politique, idéologique, pour dire que ce vêtement est contraire à l'idée que nous nous faisons de la civilité et de l'égalité entre homme et femme. »
 
Mais ce fut pour poursuivre aussitôt de la façon suivante :
 
« Il est en même temps indispensable de défendre la liberté individuelle si certains veulent s'habiller d'une certaine façon. C'est une formidable défaite de voir des policiers arriver sur une plage et demander à une femme, au nom de la laïcité, de ne plus porter un burkini. »
 
 
Il faut à un moment ou à un autre savoir se situer. Une question de société ne peut pas à la fois se placer dans les limites inadmissibles de nos valeurs et relever en même temps de l’exercice du libre arbitre. J’avais produit un article sur le burkini montrant que le considérer comme un simple choix vestimentaire revenait à dire que dans les années 1930, il n’y aurait pas eu lieu d’interdire aux fringants jeunes gens appelés SA de porter ces si jolis brassards à la croix gammée parce que cela relevait du goût personnel pour un accessoire décoratif. Voilà le beau résultat du culte du libre arbitre comme valeur en soi, expurgé de toute conscience.
 
Les choses ont un sens et une symbolique et tous les choix ne sont pas neutres. Macron affirme dans ce domaine tout et son contraire : comme beaucoup de néo-libéraux, il raisonne sur une épure idéale dans laquelle tout est question de choix personnel responsable et d’usage totalement ouvert du libre arbitre.
 
Ce modèle oublie qu’il faut d’abord satisfaire des pré-requis élémentaires de vie en société avant de prétendre rentrer dans le territoire du libre arbitre. Le modèle d’une société libre et ouverte est certainement à préserver, mais il n’est pas acquis qu’il s’étende de façon naturelle à tous les comportements humains existants. Idéalement il suppose des citoyens responsables et respectueux des libertés d’autrui. L’idéologie néo-libérale considère l’emploi du libre arbitre comme un droit sacré, sans lui adjoindre aucun devoir. C’est la raison pour laquelle il est si maladroit dès lors qu’il faut penser les conflits, les rapports de force au sein d’une société, enfin la question de l’usage légitime ou illégitime de la force et de l’autorité.
 
 
Si les choses sont sans signification et qu’elles ne se réduisent qu’à des combinaisons formelles interchangeables au gré des opportunités, le principe de non contradiction n’existe pas non plus. Macron se retrouve pour cette raison abonné aux oxymores : sur le burkini comme sur d’autres sujets, il se retrouve à défendre tout et son contraire. Comme Ulrich, il est homme sans qualités non pas parce qu’il en est potentiellement dépourvu, mais parce qu’il veut indéfiniment conserver ses choix ouverts.
 
 
Le traitement de la radicalisation islamique par Castaner relève de la même logique. Il est très grave de considérer comme il le fait les crimes islamistes comme relevant du droit commun, niant tout lien avec leur religion d’origine.
 
Il y a dans l’équipe Macron un formalisme du cloisonnement, de la séparation étanche, permettant d’évacuer les sujets dérangeants. Des sujets naturellement reliés se retrouvent isolés afin de nier ce qui contredirait l’épure idéale de société. Le formalisme n’est plus employé pour garantir un respect de la règle, mais pour évacuer toute forme d’intelligence des situations considérées comme gênantes.
 
La relégation des actes djihadistes dans une case totalement décorrélée de tout fait religieux - pour ne pas vexer les musulmans – détruit des années de lents et patients travaux de reconstitution et d’explication, ceux des « Territoires perdus de la République » de Georges Bensoussan et Emmanuel Brenner ou « Les nouveaux enfants du siècle » d’Alexandre Devecchio.
 
Comprendre la radicalisation islamique nécessite un travail sociologique fourni, montrant le continuum existant entre le déclassement des banlieues, la démission de l’état ou des élus locaux voire leur complaisance clientéliste, une culture de la revanche aigrie nourrie d’intimidation territoriale, de racisme et d’antisémitisme venant de la gauche d’une indulgence infinie vis-à-vis des dérapages des rapeurs, le tout adoubé par des convictions religieuses.
 
Il n’y a pas une infime minorité de fanatiques et une écrasante majorité de musulmans paisibles et respectueux des lois et du mode de vie français, mais une palette continue de toutes les nuances entre les deux, avec le danger d’un effet d’entrainement faisant basculer une majorité de ce dégradé vers la partie extrême, surtout lorsque la lâche inaction de nos politiques leur envoie un signal de consentement.
 
Castaner ou Macron lui-même n’ont-ils pas lu le rapport de l’institut Montaigne – pourtant une figure de proue du post-modernisme – rapportant l’effrayant chiffre de 28% de musulmans français affirmant de façon décomplexée des convictions qui les précipitent dans une radicalisation et un mépris de la France quasiment irréversibles ?
 
Des sémanticiens de seconde zone sont rentrés dans des distinctions oiseuses, affirmant que ce rigorisme et ce mépris affiché pour les lois et pour le mode de vie français ne prouvaient pas que cette population pourrait passer à l’acte, allant jusqu’à dissocier finement rigoristes islamistes, salafistes et enfin activistes violents.
 
 
Encore et toujours ce cloisonnement formel se réfugiant derrière la sémantique, pour mieux nier ou retarder la réalité : un processus d’évolution similaire à la montée du nazisme ou à n’importe quelle contagion du totalitarisme dans un pays. Pour penser la situation, il ne suffit pas de rentrer dans des distinctions abstraites qui vident les phénomènes de leur substance. Il faut reconstituer l’historique et la temporalité de cette évolution, la lente progression des mille petites démissions face à une force mouvante sentant qu’elle a l’opportunité de prendre les commandes.
 
Il faut pour cela relier les événements apparemment indépendants, avoir de la mémoire, effectuer un travail d’historien, en un mot penser. Les distinctions formelles de Macron et de son équipe ne sont pas des analyses mais une ablation de parties entières du cerveau. Le scalpel n’est pas celui de la distinction de l’esprit mais celui de la lobotomie. Les post-modernes haïssent la mémoire, l’histoire, la temporalité, parce qu’elles reconstituent ce qu’ils ne veulent pas voir, qu’elles contredisent leur société de particules élémentaires dans un gaz parfait, d’entrechocs élastiques et sans mémoire, assimilant la liberté humaine et la liberté de conscience aux degrés de liberté de la mécanique.
 
 
Le discours aux « whirlpool » :
 
S’il faut reconnaître au Macron candidat de s’être lancé au milieu des salariés de Whirpool avec le courage que l’on connaissait à Ulrich, ce fut pour leur conseiller de suivre une formation ou d’aller travailler pour Amazon.
 
Le formalisme vide du post-modernisme se traduit en économie par des habitudes de gestionnaire, non d’entrepreneur comme Macron aimerait pathétiquement faire croire qu’il en fait partie. L’action ne peut être conçue que comme de petites retouches de l’existant. Le mouvement qui nous précipite de manière évidente vers une grande majorité de citoyens vivant dans la précarité et aux limites de la survie, pour une petite minorité d’ultra privilégiés sans rien au milieu – c’est-à-dire un mode d’organisation économique typique d’états totalitaires – ne fait pas douter une seule seconde ceux qui pensent gouverner mais ne font que glisser sur cette pente.
 
Je ne développerai pas ici mes convictions en matière de solution économique car ce n’est pas le lieu, mais qui ne repense pas radicalement le monde du travail est voué à une lente et inéluctable agonie. Les modèles présentés comme exemplaires pour se sortir de l’ornière sont des pays à la réussite en trompe l’œil, dont la précarité nous fait revenir à Zola, ne jouant que sur une compétitivité prix et une baisse du coût du travail ne laissant quasiment aucune marge de manœuvre et d’un simplisme univoque.
 
Il y a dans l’agitation de ceux qui pensent piloter l’économie mais ne font que la subir, la grandiloquence ridicule des habitants de la Cacanie du roman de Musil, une détermination d’opérette, une volonté s’affichant d’autant plus forte qu’elle est de pacotille, un règne de l’absurde déliquescent s’habillant de grands projets.
 
 
 
L’enfer, tous les bons théologiens le savent, n’est pas brûlant de flammes et de vices. L’enfer est froid. Il n’est pas un puits profond de toutes les turpitudes - après tout ceux qui y sont condamnés pourraient s’y complaire - car il est bien pire que l’immoralité : l’amoralité dépasse celle-ci de cent coudées.
 
Georges Bernanos avait déjà fait observer que le pillard qui tue ses victimes à l’arme blanche a encore conscience de son vice, car il ressent la douleur charnelle de sa victime. L’homme post-moderne qui largue une bombe d’un avion en pressant sur un bouton pourra déchiqueter dix fois plus de personnes, mais aura tout loisir de rester décontracté et souriant par la distanciation.
 
 
L’enfer ne dévore pas ses victimes par le feu, il éteint petit à petit leurs forces par le givre de l’indifférence. Il n’est pas un lieu sale et tordu, il est d’une grande beauté formelle, structure de règles vides permettant d’éviscérer le sens en se faisant passer pour des principes, effaçant toute trace qui permettrait à l’homme de retrouver son chemin. Il ne retentit pas des cris des damnés, mais fait comprendre à l’homme que toute révolte est inutile, non pas parce qu’elle sera réprimée, mais étouffée dans une ouate épaisse dont il s’épuisera à sortir. Bienvenue en Cacanie.



 
Si vous avez aimé cet article, mes deux livres sur le monde de l'entreprise et plus généralement sur les pièges de la société moderne. Egalement disponibles au format Kindle :
 
 
 
Lire la suite

Gérard Chaliand : « Le prestige de Daech n’est plus aussi grand »

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #Daesch, #Le fascisme

Source : La Croix, Marianne Meunier, 04/04/2017

ENTRETIEN Malgré des attentats hors de sa base en Irak et en Syrie, Daech est affaibli, selon Gérard Chaliand, géostratège et spécialiste de l’étude des conflits armés.

Les pays d’expansion sont rares, excepté l’Afghanistan.

Opération anti-Daech dans la province de Nangarhar en Afghanistan, le 26 juin 2016. / Rahman Safi

Peut-on parler d’expansion de Daech vers de nouveaux territoires, en Asie et en Afrique notamment ?

Gérard Chaliand : Disons qu’il y a une gesticulation dans ce sens, comme l’a très bien illustré récemment la menace de déstabilisation de la Chine par des combattants de Daech issus de la minorité ouïgoure.

Mais ce sont avant tout des opérations de communication. Organiser des attentats spectaculaires à droite et à gauche pour montrer que l’on existe toujours ne revient pas pour autant à constituer de nouveaux fronts. Et dans tous les cas, aucun front n’est possible avant la bataille de Rakka.

Quels pourraient être ces nouveaux territoires en cas de chute de Rakka ?

G. C. : Une expansion au Sahel me paraît peu probable car la région est sous-peuplée. Elle n’offrirait pas à Daech la possibilité d’un contrôle de la population.

Le cas du Nigeria me paraît improbable lui aussi, car ses combattants y seraient des étrangers absolus. Il leur faudrait des acteurs locaux pour faire propagande. En fait, les perspectives sont plutôt en Asie.

À quels pays pensez-vous en particulier ?

G. C. : Il y a eu des attentats à Djakarta, mais ils ne révèlent pas une lame de fond. L’Indonésie se développe et affiche une croissance économique qui constitue une réponse majeure à l’islamisme. Quant à la Malaisie, l’islamisme ne s’y apparente pas à l’islamisme radical de type wah-habite. C’est un islamisme ultranationaliste que les dirigeants utilisent pour marginaliser les minorités chinoises.

C’est surtout en Afghanistan qu’il faut regarder, Daech y fait de nombreux progrès par rapport aux talibans. Plusieurs conditions sont réunies : il y a un gouvernement soutenu par l’étranger, des forces étrangères, qui certes ne combattent pas, un niveau d’instruction très faible, une économie délabrée. Il faut aussi penser au Bangladesh, un pays de plus de 150 millions d’habitants où l’islamisme progresse dans un contexte de croissance économique dérisoire.

Quels sont les liens entre Daech au Levant et Daech en Afghanistan ?

G. C. : Il y a des liens idéologiques et humains, Daech envoyant en Afghanistan un certain nombre de cadres organisateurs. Mais l’essentiel des ressources humaines sont locales. Pour ce qui est des armes, il est possible de s’en procurer sur place. Quant aux fonds, ils viennent en général du Golfe.

Quel est l’avenir de Daech ?

G. C. : Il est loin d’être extraordinaire. En Irak et en Syrie, Daech a démontré les capacités de résistance et la détermination à mourir de ses militants. Il a sauvé son aura, prouvant qu’il n’est pas un tigre de papier. Mais la bataille de Mossoul et celle qui se profile à Rakka sont de sévères défaites qui détruisent deux éléments essentielles : la prétention à la territorialisation, qui était la grande innovation de Daech, et la disparition symbolique de la frontière entre l’Irak et la Syrie, héritée des accords Sykes-Picot (signés entre la France et le Royaume-Uni en 1916, NDLR).

La disparition du « calife », Abou Bakr al-Baghdadi, qui arrivera peut-être un jour, serait aussi une autre défaite. Ainsi, le prestige de Daech n’est plus aussi grand qu’à l’été 2014, où la victoire paraissait au bout du fusil.

Faut-il donc comprendre les actions qu’il mène en Asie comme autant de tentatives de rebond après les revers enregistrés en Irak et en Syrie ?

G. C. : Oui, il cherche à sauter d’un damier sur l’autre pour signifier son ubiquité et la vivacité de son idéologie. Effectivement, cette idéologie n’est pas morte et continue d’animer un certain nombre de personnes, mais c’est une minorité. Et sur le long terme, Daech n’a aucun programme économique. Or, pour venger, comme il le propose, l’humiliation historique faite à ceux qui ont perdu la place qu’ils occupaient, il lui faut produire de la croissance économique.

Recueilli par MARIANNE MEUNIER
 
 
 
 
Source : La Croix, Marianne Meunier, 04/04/2017
 
 
Lire la suite

Gérard Chaliand : «En Syrie, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal»

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Gérard Chaliand : «En Syrie, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal»

Gérard Chaliand : «En Syrie, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal»
Gérard Chaliand (capture)
AddThis Sharing Buttons
 
spécialiste des relations internationales Gérard Chaliand esquisse un début de réponse et de réflexion pour RT France.

RT France : Que va changer l'implication militaire russe en Syrie ?

Gérard Chaliand (G.C.) : Cela ne va pas changer le problème mais cela va contenir et affaiblir les divers mouvements djihadistes, lesquels ne se limitent pas d'ailleurs seulement à Daesh. Il y a d'abord le fameux Front al-Nosra, qui est le représentant d'Al-Qaïda localement. Il y a ensuite une nébuleuse qui comporte presqu'une dizaine de mouvements, et qui porte le nom de Jaish al Fatah (Armée de la victoire ou de la conquête). Ces deux mouvements sont soutenus par la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite, ce qui est une alliance circonstancielle assez exceptionnelle. Le fait que la Russie s'engage militairement, malgré les apparences, rend service aux Etats-Unis et à toutes les chancelleries occidentales. La Russie va faire un effort que nous ne faisons pas suffisamment. Cela va aussi forcer les Américains à être plus présents. Quant à l'argument que cette implication russe renforce Bachar el-Assad, selon moi, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal. La réponse est simple : ce sont les islamistes.

En savoir plus : Poutine sur les frappes en Syrie : on lutte contre le terrorisme par anticipation

RT France : Que pensez du timing entre l'ouverture d'une enquête pour crime de guerre contre Bachar el-Assad et le ballet diplomatique renforcé à l'ONU autour de la question syrienne ?

G.C. : Il y a là une étrange coïncidence. On tente de montrer que la vraie menace est Bachar el-Assad alors qu'il faudrait sérieusement s'occuper d'affaiblir les islamistes. D'ailleurs de ce côté-là on ne fait pas le travail nécessaire. Quand on regarde le nombre et la fréquence des bombardements en ce moment en Syrie par la coalition occidentale, c'est environ dix fois moins que ce qui a été fait au Kosovo en 1999. C'est en-dessous de ce qui serait nécessaire.

L'obsession française de dire que Bachar el-Assad est l'adversaire absolu a été aussi une erreur

RT France : Comment jugez-vous la position française en Syrie? Vous semble-t-elle cohérente, équilibrée ?

G.C. : Je trouve qu'on a mis beaucoup de temps à intervenir en Syrie. Quand on s'est décidé à le faire, le prétexte de légitime défense était un peu tiré par les cheveux. On aurait pu aisément comprendre que notre adversaire combattu en Irak ne l'était pas en Syrie, alors que les frontières n'existent plus entre ces deux pays. Et l'obsession française de dire que Bachar el-Assad est l'adversaire absolu a été aussi une erreur. Après tout, on le recevait avec le tapis rouge jadis. Le problème n'est pas Bachar el-Assad, qui ne veut pas faire d'attentats sur le sol européen. C'est là l'agenda des autres. Il ne faut pas se tromper d'adversaire. Ce mélange de moral et de realpolitik n'est pas très bon.

La Libye a été une énorme bêtise.

RT France : La France a-t-elle encore une politique arabe ? Ces dernières années, elle semble s'être résumée à des bombardements, en Libye, en Irak et maintenant en Syrie...

G.C. : La Libye a été une énorme bêtise. Le Conseil de sécurité avait délivré un mandat pour défendre la population de Benghazi. Nous l'avons dépassé et nous avons été jusqu'à faire liquider un président, ce qui évidemment n'était pas du tout dans le mandat. Si les Chinois ou les Russes avaient fait cela, on aurait crié à l'intolérable. A l'illégalité totale. Quatre ans plus tard on voit les dégâts collatéraux que cela a entraîné, dans le Sahel notamment.

RT France : Les amitiés françaises avec les monarchies arabes ou même l'alignement sur les Etats-Unis n'ont-ils pas enfermé la diplomatie française ?

G.C : Est-ce vraiment une diplomatie? On est avec ceux qui peuvent nous acheter, avec ceux qui peuvent nous payer. Le dos au mur, on est content d'avoir vendu les navires russes aux Saoudiens, car ce sont eux qui ont payé pour les Egyptiens en réalité. On vend des Rafales, et voilà tout. Ce n'est pas une diplomatie, ce sont des affaires. En échange de ce qu'on nous achète, nous faisons des choses qu'on n'aurait pas imaginé à l'époque de Charles de Gaulle. La France, en 40 ans a dégringolé de statut.

RT France : Vous dites que Daesh sera défait et qu'il s'agit là surtout d'une vaste entreprise de communication qui n'a pas forcément de ressources militaires solides. Pourquoi ?

G.C. : Militairement Daesh est modeste. Ils sont 25 000 combatttants sérieux. Daesh contrôle de fait une région sous-peuplée : un triangle désertique entre Raqqa, Palmyre et Deir el Zor. Quand on nous dit qu'il contrôle un territoir grand comme la Grande-Bretagne, ce n'est pas si simple. C'est une zone que je connais bien. Ce qui compte vraiment en Syrie d'un point de vue stratégique est la région côtière et ses 200 kilomètres à l'intérieur des terres : là sont les zones urbaines peuplées.

Ils ne se sont pas illustrés par des succès militaires, mais par leur présence médiatique par le contrôle des réseaux sociaux. Par une théâtralisation de l'horreur, ils ont réussi à être dans tous les médias occidentaux, qui, avec une obligeance imbécile ont relayé leur propagande en boucle. En Israël par exemple, quand il y a un attentat, on ne montre pas les cadavres car on ne veut pas déstabiliser les esprits.

https://francais.rt.com/opinions/7628-gerard-chaliand-syrie

 

 

 

Lire la suite

La Grève des électeurs, par Octave Mirbeau

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #Le grand banditisme

La Grève des électeurs, par Octave Mirbeau

Source : Wikisource, Octave Mirbeau, 28-11-1888

Le Figaro 28 novembre 1888
Octave Mirbeau

 

La Grève des électeurs

Une chose m’étonne prodigieusement, j’oserai dire qu’elle me stupéfie, c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.

Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ?

Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ?

Et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ?

Nous l’attendons.

Je comprends qu’un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l’Opéra-Comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonnés, M. Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne ; je comprends M. Chantavoine s’obstinant à chercher des rimes ; je comprends tout.

Mais qu’un député, ou un sénateur, ou un président de République, ou n’importe lequel parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu’elle soit, trouve un électeur, c’est-à-dire l’être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière, quand ce n’est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m’étais faites jusqu’ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, â chauvin !

Il est bien entendu que je parle ici de l’électeur averti, convaincu, de l’électeur théoricien, de celui qui s’imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer — ô folie admirable et déconcertante — des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l’électeur « qui la connaît » et qui s’en moque, de celui qui ne voit dans « les résultats de sa toute-puissance » qu’une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain.

Sa souveraineté à celui-là, c’est de se pocharder aux frais du suffrage universel. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n’a cure du reste. Il sait ce qu’il fait.

Mais les autres ?

Ah ! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les peuple souverain, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu’ils se regardent et se disent : « Je suis électeur ! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floque fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d’hommes, et Baudry d’Asson aussi, et Pierre Alype également. » Comment y en a-t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu’ils soient, n’ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ?

Comment peut-il arriver qu’il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de la Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l’y oblige, sans qu’on le paye ou sans qu’on le soûle ?

À quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de son droit, assuré qu’il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu’il ait écrit dessus… Qu’est-ce qu’il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ? Qu’est-ce qu’il espère ?

Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l’assomment, il faut qu’il se dise et qu’il espère quelque chose d’extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité ; il faut que dans les noms seuls de Barbe et de Baihaut, non moins que dans ceux de Rouvier et de Wilson, il découvre une magie spéciale et qu’il voie, au travers d’un mirage, fleurir et s’épanouir dans Vergoin et dans Hubbard, des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat.

Et c’est cela qui est véritablement effrayant.

Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.

Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l’écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu’il n’a qu’une raison d’être historique, c’est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.

Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un, et de donner l’autre ?

Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces.

Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours.

Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.


Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau ; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes ; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maitres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles.

Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d’avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d’humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l’envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n’as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.

Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C’est bon de rêver, et cela calme la souffrance. Mais ne mêle jamais l’homme à ton rêve, car là où est l’homme, là est la douleur, la haine et le meurtre. Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas d’ailleurs, en son pouvoir de te donner. L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi ; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne va pas t’imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd’hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera.

Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c’est-à-dire qu’ils ne valent rien. Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds ; et cela pourra t’amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d’aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.

Et s’il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.

Je te l’ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève.

 

Commentaire

Je suis à la pêche Le 18 juin 2017 à 06h46
 
 

Ouf ! 1888.

Je n’avais pas vu la date, je croyais que l’auteur vivait un accès de révolte et voulait se faire radier du métier de journaliste : pas de faute de français élémentaire, pas d’anglais ridicule, pas de contradiction grossière, etc. Pire que tout, de l’engagement et du sens, qu’on soit d’accord ou pas avec le propos.

Ca va, le mec est mort, il peut exprimer sa lucidité et son intelligence sans danger.

Vu la détresse intellectuelle de la presse d’aujourd’hui… je ne serais pas surpris si un journaliste actuel accusait Mirbeau d’être pro-Poutine et de vouloir saboter le scrutin.

 

http://www.les-crises.fr/la-greve-des-electeurs-par-octave-mirbeau/

 

 

Lire la suite

L’appel du 18 juin du Général de Gaulle il y a 77 ans et pourtant si proche...

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #le nazisme, #Politique étrangère, #Le fascisme, #l'horreur économique, #Histoire

 L’appel du 18 juin du Général de Gaulle il y a 77 ans et pourtant si proche...

Français!

A l’appel de M. le président de la République, j’assume à partir d’aujourd’hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l’affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli son devoir vis-à-vis de nos alliés, sûr de l’appui des anciens combattants que j’ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat (*).

Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n’écouter que leur foi dans le destin de la patrie.

Philippe Pétain, 17 juin 1940

(*) Tel est le texte qui fut prononcé. Sur la suggestion de Paul Baudouin, ministre des Affaires étrangères, la phrase fut rectifiée – inutilement et maladroitement – de la manière suivante : “C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut tenter de cesser le combat.”

De Gaulle répondit ceci :

Le contexte

Le 16 juin 1940 suite à la démission du Président du Conseil, Paul Reynaud, le général de Gaulle décide de partir le lendemain pour l’Angleterre afin de poursuivre le combat.
Accompagné de son aide de camp, le lieutenant Geoffroy de Courcel, il s’installe provisoirement dans un appartement prêté par un Français, près de Hyde Park, au centre de Londres, au numéro 6 de Seymour Place.
Il y rédige le texte de l’Appel qu’il prononce le 18 juin 1940, vers 20 heures, sur les ondes de la B.B.C. Dans ses Mémoires de Guerre le Général décrit les circonstances qui ont entouré l’Appel.

« La première chose à faire était de hisser les couleurs. La radio s’offrait pour cela. Dès l’après-midi du 17 juin, j’exposai mes intentions à M. Winston Churchill. Naufragé de la désolation sur les rivages de l’Angleterre qu’aurais-je pu faire sans son concours ? Il me le donna tout de suite et mit, pour commencer, la B.B.C. à ma disposition. Nous convînmes que je l’utiliserais lorsque le gouvernement Pétain aurait demandé l’armistice. Or, dans la soirée même, on apprit qu’il l’avait fait. Le lendemain, à 18 heures, je lus au micro le texte que l’on connaît. »

Texte de l’appel du 18 juin

“Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres.”

L’appel du 22 juin

Il n’y a pas eu d’enregistrement (audio ou vidéo) de l’Appel du 18 juin 1940 contrairement à celui du 22 juin 1940 avec lequel on le confond souvent :

TEXTE DE L’APPEL du 22 JUIN 1940

Le gouvernement français, après avoir demandé l’armistice, connaît, maintenant, les conditions dictées par l’ennemi.

Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l’air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait totalement occupé et que le gouvernement français tomberait sous la dépendance de l’Allemagne et de l’Italie.

On peut donc dire que cet armistice serait non seulement une capitulation mais encore un asservissement.

Or, beaucoup de Français n’acceptent pas la capitulation ni la servitude pour des raisons qui s’appellent l’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la patrie.

Je dis l’honneur, car la France s’est engagée à ne déposer les armes que d’accord avec ses alliés.

Tant que ses alliés continuent la guerre, son gouvernement n’a pas le droit de se rendre à l’ennemi.

Le gouvernement polonais, le gouvernement norvégien, le gouvernement hollandais, le gouvernement belge, le gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir.

Je dis le bon sens, car il est absurde de considérer la lutte comme perdue.

Oui, nous avons subi une grande défaite.

Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l’esprit d’abandon du gouvernement pendant ces derniers combats nous ont fait perdre la bataille de France.

Mais il nous reste un vaste empire, une flotte intacte, beaucoup d’or.

Il nous reste des alliés dont les ressources sont immenses, et qui dominent les mers.

Il nous reste les gigantesques possibilités de l’industrie américaine.

Les mêmes conditions de la guerre qui nous ont fait battre par cinq mille avions et six mille chars peuvent nous donner, demain, la victoire par vingt mille chars et vingt mille avions.

Je dis l’intérêt supérieur de la patrie car cette guerre n’est pas une guerre franco-allemande, qu’une bataille puisse décider.

Cette guerre est une guerre mondiale.

Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres, aujourd’hui, le resteront demain.

Même les alliés de l’Allemagne resteront-ils toujours ses alliés ?

Si les forces de la liberté triomphent finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d’une France qui se serait soumise à l’ennemi ?

L’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront.

Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible.

Tout ce qui peut être réuni en fait d’éléments militaires français et de capacité française de production d’armement doit être organisé partout où il y en a.

Moi, général De Gaulle, j’entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale.

J’invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l’air, j’invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, à se réunir à moi. J’invite les chefs, les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l’air, où qu’ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi. J’invite tous les Français qui veulent rester libres à m’écouter et à me suivre.

Vive la France libre dans l’honneur et dans l’indépendance !

Manuscrit de l’appel du 18 juin

Le manuscrit authentique de l’appel du 18 juin est composé de 4 feuillets. Ils sont la propriété de l’amiral Philippe de Gaulle (© amiral Philippe de Gaulle / Bridgeman Giraudon)

 

Réponses à [77 ans…] L’appel du 18 juin du Général de Gaulle

 

Georges Clounaud Le 18 juin 2017 
 
 

Mon cher Olivier, je reconnais bien toute votre malice dans ce salvateur rappel historique.
Ce 18 juin 2017, un raz-de-marée de marcheurs va envahir l’Assemblée Nationale et s’apprête à livrer le pays à la servitude néolibérale. “Un gouvernement de rencontre, oubliant l’honneur va capituler devant les marchés financiers. Mais rien n’est perdu, parce que cette guerre est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces libres n’ont pas encore donné. Un jour ces forces écraseront l’ennemi…”
J’aurais pu reprendre jusqu’au bout ces phrases, ces mots qui n’ont jamais autant été d’actualité. En ce dimanche matin caniculaire, j’ai la rage, une rage de sans-dents !
Cette horde de “marcheurs progressistes” animée par la seule foi du profit et encouragée par la loi du plus fort cherchera à dépecer encore plus notre beau pays blessé par la mondialisation libérale et son “système social archaïque”.
Puissions-nous entendre une nouvelle fois cet appel, nous de la France d’en bas, quelles que soient nos origines et nous unir tous pour mettre fin à cette barbarie moyenâgeuse maquillée grossièrement en progressisme indépassable !

Lire la suite

Après le discours hostile de TRUMP à Miami : une déclaration du gouvernement révolutionnaire de CUBA

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Le fascisme, #l'horreur économique, #Amérique Latine

Publié par El Diablo

Après le discours hostile de TRUMP à Miami : une déclaration du gouvernement révolutionnaire de CUBA

Le 16 juin 2017, Donald Trump, président des États-Unis, a prononcé dans un théâtre de Miami qui porte le nom d’un mercenaire de Playa Girón [Baie des cochons - NdR], un discours bourré d’une rhétorique hostile rappelant l’époque de la guerre déclarée contre notre pays, et dans lequel il a dévoilé la politique que son administration suivra contre Cuba et qui annule des progrès faits ces deux derniers années, après que les présidents Raúl Castro et Barack Obama eurent décidé, le 17 décembre 2014, de rétablir les relations diplomatiques et de s’engager sur la voie de la normalisation des liens entre les deux pays.

Dans ce discours, ainsi que dans un décret de politique intitulé : « Mémorandum présidentiel de sécurité nationale sur le renforcement de la politique des États-Unis envers Cuba » signé au même endroit, Trump inflige une régression aux relations entre les deux pays : il élimine les échanges éducationnels « interpersonnels » que pouvaient faire les individus, il instaure un plus grand contrôle de tous les voyageurs se rendant à Cuba et il prohibe les transactions économiques, commerciales et financières de sociétés étasuniennes avec différentes entreprises cubaines liées aux Forces armées révolutionnaires et aux service de renseignement et de sûreté, en vue de priver notre pays des revenus correspondants. Le président étasunien a, pour justifier cette nouvelle politique, avancé comme prétexte son inquiétude devant l’état des droits de l’homme à Cuba et son obligation d’appliquer rigoureusement les lois du blocus, dont la levée ainsi que toute amélioration des relations bilatérales seront conditionnées, selon lui, par les modifications que notre pays devra opérer dans son ordre constitutionnel.

Trump a aussi dérogé le décret de politique intitulé : « Normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba”, émis par le président Obama le 14 octobre 2016. Ce décret, tout en n’occultant pas les visées interventionnistes de la politique étasunienne ni la volonté de la Maison-Blanche de fomenter des changements dans l’organisation économique, politique et sociale de notre pays, reconnaissait toutefois, d’une part, l’indépendance, la souveraineté et l’autodétermination de Cuba, d’autre part le gouvernement cubain comme un interlocuteur légitime sur un pied d’égalité, ainsi que les avantages qu’une coexistence civilisée procurerait aux deux pays et aux deux peuples, malgré les grandes différences existant entre leurs gouvernements. Le décret admettait aussi que le blocus devait être éliminé en tant que politique anachronique.

La nouvelle administration étasunienne en revient aux méthodes coercitives du passé et adopte des mesures qui renforcent le blocus toujours en vigueur depuis février 1962, lequel non seulement inflige des dommages et des privations au peuple cubain et constitue un obstacle indéniable au développement de notre économie, mais viole aussi la souveraineté et les intérêts de pays tiers, d’0ù son rejet par la communauté internationale.

Les mesures annoncées imposent des entraves supplémentaires aux occasions déjà fort limitées dont bénéficiait le secteur entrepreneurial étasunien pour faire du commerce et investir à Cuba.

Elles restreignent encore plus le droit des Étasuniens à visiter notre pays, alors pourtant qu’ils doivent déjà demander des autorisations discriminatoires, au moment même où le Congrès du pays, reflétant la volonté de vastes secteurs de la société, réclame la levée non seulement de cette prohibition aux voyages, mais aussi des restrictions imposées au commerce avec Cuba.

Les mesures annoncées par le président Trump prennent le contrepied de l’opinion publique étasunienne, dont celle de l’émigration cubaine, qui soutient dans sa majorité la levée totale du blocus et l’instauration de relations normales entre Cuba et les États-Unis.

Au contraire, de nouveau mal conseillé, le président étasunien prend des décisions favorables aux intérêts politiques d’une minorité extrémiste d’origine cubaine implantée dans l’État de la Floride qui, poussée par des motifs misérables, s’entête à vouloir punir le peuple cubain d’exercer tout simplement son droit légitime et souverain d’être libre et de prendre en main ses propres destinées.

Nous analyserons ensuite plus en profondeur la portée et les implications de cette annonce.

Tout en dénonçant ces nouvelles mesures visant à durcir le blocus, le gouvernement cubain tient à signaler qu’elles sont toutefois vouées à l’échec, comme le passé l’a démontré à maintes reprises, et qu’elles ne parviendront pas à affaiblir la Révolution ni à faire plier le peuple cubain qui a fait la preuve, pendant presque soixante ans, de sa capacité de résistance aux agressions, de quelque type ou origine qu’elles soient.

Le gouvernement cubain refuse la manipulation à des fins politiques et selon un deux poids deux mesures de la question des droits de l’homme. Le peuple cubain jouit des droits et libertés fondamentales, et peut se vanter avec fierté d’acquis qui restent une chimère dans de nombreux pays du monde, y compris aux États-Unis, tels que le droit à la santé, à l’éducation, à la sécurité sociale, le droit à un salaire égal à travail égal, les droits de l’enfant, le droit à l’alimentation, à la paix et au développement. Cuba a aussi contribué à améliorer les droits de l’homme dans de nombreux endroits du monde, malgré ses modestes ressources et malgré les limitations que lui impose sa condition de pays soumis à un blocus.

Les États-Unis ne sont pas en droit de nous faire la leçon. Nous sommes sérieusement préoccupés, pour notre part, devant la façon dont les droits de l’homme sont respectés et garantis dans ce pays, qui connaît de nombreux cas d’assassinats, de brutalités et d’abus de la police, notamment contre la population afro-étasunienne ; où le droit à la vie est violé à cause de la prolifération d’armes à feu ; où l’on peut constater le travail des enfants et de graves manifestations de discrimination raciale ; où les services de santé sont menacés de nouvelles restrictions qui laisseraient vingt-trois millions de personnes sans assurance-maladie ; où la femme ne touche pas le même salaire que l’homme ; où les émigrants et les réfugiés, notamment ceux provenant de pays islamiques, sont marginalisés ; où l’on prétend ériger des murs conçus pour discriminer et dénigrer les voisins ; et où les dirigeants bafouent des engagements internationaux visant à préserver l’environnement et à faire face aux changements climatiques.

Nous sommes tout aussi inquiets devant les violations des droits de l’homme que les États-Unis commettent dans d’autres pays, y compris dans le nôtre où ils maintiennent en détention arbitraire et torturent des dizaines de personnes sur le territoire qu’ils occupent illégalement dans la base navale de Guantánamo ; devant les exécutions extrajudiciaires et les assassinats de civils par drones interposés ; et devant les guerres déclenchées contre des pays comme l’Irak, fondées sur des mensonges tels que l’existence d’armes de destruction massive, avec toutes les conséquences néfastes que l’on sait pour la paix, la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient.

Nous rappelons que Cuba est partie à quarante-quatre instruments internationaux sur les droits de l’homme, alors que les États-Unis ne le sont qu’à dix-huit, de sorte que nous avons beaucoup à montrer, à dire et à défendre.

Quand ils ont décidé de renouer les relations diplomatiques, Cuba et les États-Unis ont ratifié leur intention de développer des liens de respect et de coopération entre leurs peuples et gouvernements, conformément aux buts et principes consacrés dans la Charte des Nations Unies. Dans sa Déclaration du 1er juillet 2015, le Gouvernement révolutionnaire de Cuba a réaffirmé : « Ces relations devront reposer sur le respect absolu de notre indépendance et de notre souveraineté, sur celui du droit inaliénable de tout État de choisir son système politique, économique, social et culturel, sans aucune ingérence de quelque nature qu’elle soit ; de l’égalité souveraine et de la réciprocité, tous principes incontournables du droit international », qui ont été d’ailleurs entérinés par les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) quand ils ont signé à La Havane, à leur Deuxième Sommet, la Proclamation faisant de l’Amérique latine et des Caraïbes une Zone de paix. Cuba n’a pas renoncé à ces principes et elle n’y renoncera jamais !

Le gouvernement cubain réitère sa volonté de poursuivre un dialogue respectueux et une coopération dans des domaines intéressant les deux pays, ainsi que de négocier le contentieux bilatéral avec le gouvernement étasunien. Comme n’a cessé de le répéter Raúl Castro Ruz, président du Conseil d’État et du Conseil des ministres de Cuba, les deux pays ont prouvé ces deux dernières années qu’ils pouvaient coopérer et coexister d’une manière civilisée, à condition qu’ils sachent respecter leurs différences et promouvoir tout ce qui est bénéfique aux deux nations et aux deux peuples. Mais qu’on n’espère pas en échange que Cuba fasse des concessions sur des questions inhérentes à sa souveraineté et à son indépendance, ni qu’elle accepte des conditions, de quelque nature qu’elles soient.

N’importe quelle stratégie visant à modifier le système politique, économique et social de Cuba, que ce soit par des pressions et des diktats, que ce soit par des méthodes plus subtiles, est vouée à l’échec.

Car c’est le peuple cubain qui continuera de décider en toute souveraineté, comme il l’a fait depuis 1959, des changements qu’il conviendra d’apporter à Cuba, telle, en l’occurrence, l’Actualisation de notre modèle économique et social.

Comme nous l’avons fait depuis le triomphe du 1er janvier 1959, nous courrons tous les risques et continuerons résolument, sûrs de nous, de bâtir une nation souveraine, indépendante, socialiste, démocratique, prospère et écologiquement durable.

La Havane, le 16 juin 2017

SOURCE :

VOIR ÉGALEMENT L'ARTICLE EN LIEN CI-DESSOUS:

Lire la suite

CANTAL : ses vaches dérangent ses nouveaux voisins, un agriculteur condamné à déménager ! [PÉTITION]

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Agriculture

Publié par El Diablo

photo d'illustration (source:Lozère Online)

photo d'illustration (source:Lozère Online)

Un agriculteur à la tête d'un troupeau de vaches, dans le village de Lacapelle-Viescamp, dans le Cantal, a été condamné à déménager sa ferme parce que ses voisins étaient incommodés par l'odeur de ses vaches et du fumier.

C'est une histoire qui agite tout le village de Lacapelle-Viescamp, dans le Cantal. Tout commence il y huit ans, lorsqu'un couple de citadins décide de s'installer dans ce petit village, calme et paisible, tout proche de la ferme de l'agriculteur. Mais quelques temps plus tard, cet éleveur de vaches Salers reçoit une convocation devant la justice, parce que ses voisins sont incommodés par l'odeur des vaches et du fumier. Sans avoir jamais dit un mot, ni pris la peine de discuter avec l'agriculteur, ce voisin grincheux décide de l'attaquer en justice. Le tribunal d'Aurillac est donc saisi, et finalement, rien n'est retenu contre le paysan, mais cette décision ne convient pas du tout au plaignant qui décide de faire appel.

L'agriculteur risque de cesser son activité

La Cour d'appel de Riom vient de donner raison au couple de citadins, et condamne l'agriculteur à éloigner ses vaches et ses bâtiments de stockage du fumier. La ferme, qui existe depuis 1802,

[...]

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

CANTAL : ses vaches dérangent ses nouveaux voisins, un agriculteur condamné à déménager ! [PÉTITION]

PÉTITION :

Soutien à mon voisin paysan de Lacapelle-Viescamp (Cantal)

Aujourd’hui, en 2017, et ici, à Lacapelle Viescamp, un agriculteur se meurt !

A cause d’un voisin grincheux, l’exploitant agricole du lieu-dit Jalles se voit contraint par la justice de modifier à grand frais son exploitation agricole, voire même d’envisager une cessation.

Comme le coq qui chante trop fort, comme les cloches des églises qui sonnent trop tôt, les vaches salers dérangent… Leur vue, leur odeur, leurs déplacements incommodent le plaignant.
Dans les colonnes de notre quotidien régional nous lisons souvent de pareilles histoires. Avouons-le, il nous arrive même d‘en sourire tant l’absurdité de ces querelles de voisinages parait inconséquente.

Et pourtant, voilà déjà 8 ans que cela dure ! Sans tentative de discussion préalable, sans un mot, ce voisin dépose une plainte. L’huissier remet à notre jeune exploitant une convocation chez le conciliateur. Le motif ? Des ballots d’enrubannage incommodants. Avant même les recommandations du médiateur, les balles sont stockées sur un lieu choisi par le plaignant. Mais là encore c’est insuffisant. S’ajoutent ensuite les vaches, la grange, un bâtiment, la fosse à fumier évidemment...même le passage sur la petite route communale pose problème.

Malgré l’entente trouvée avec le conciliateur, le tribunal d’Aurillac est saisi. Rien n’est retenu contre l’agriculteur.
Mécontent de cette décision le plaignant fait appel.

Le jugement tombe :

L’agriculteur de Jalles a 8 mois pour se mettre en conformité :

- Obligation de placer les ballots d’enrubannage à 50m de l’habitation du voisin.

> Cette distance n’est pas réglementée par la loi.
(Les balles sont à la bonne distance depuis le passage du conciliateur il y a 6 ans.)

- Interdiction d’utiliser les bâtiments pour loger les animaux.

> La grange existait bien avant l’installation du riverain
(Les vaches devront dormir dehors été comme hiver.)

- Obligation de mettre les ouvrages de stockage fumier et lisier à 50m de cette maison (aujourd’hui à 35m).

> Ces ouvrages respectent pourtant les normes en vigueur.

Les conséquences sont dramatiques !

Même avec la meilleure volonté du monde, cette mise en conformité est impossible !
L’exploitation est ancienne (depuis 1802), les limites de propriété ne sont pas modulables, les riverains sont de tout cotés.
Dans 8 mois, notre exploitant, qui n’a pas les moyens de s’installer ailleurs, n’aura d’autres choix que de cesser son activité.

C’est la consternation à Jalles!

D’autant plus que cette décision fera certainement jurisprudence.
Les agriculteurs de la commune et d’ailleurs se retrouveront donc à la merci de n’importe quel caprice de voisins malveillants.

Et les agriculteurs ne sont potentiellement pas les seuls concernés.

Le plaignant a obtenu gain de cause mais cela lui suffira-t-il ?
A qui le tour ensuite ? Un chien qui aboie, des enfants qui jouent, des randonneurs qui passent, une fête d’anniversaire, le bac à poubelle qui claque, un cop qui chante, une voiture bruyante…
Nous sommes tous coupables et condamnables !

Pourtant ce conflit aurait pu être évité.
L’exploitant et ses soutiens regrettent que les représentants communaux n’aient pas joué leur rôle de médiateur au début de l’affaire. La réunion des deux parties aurait pu calmer les esprits. Cette rencontre n’a jamais eu lieu. Pire, seul le son de cloche du voisin grincheux a été pris en compte par la mairie et personne n’est venu prendre la version du deuxième protagoniste en 8 ans.

Notre paysan a décidé de se pourvoir en cassation En attendant cette nouvelle audience (en 2020 ou 2021), il a le moral au plus bas !
« Ça fait six générations que mes ancêtres travaillent cette terre et on vient nous mettre dehors ? »

Nous pouvons l’aider de façon simple :
Apportez votre soutien en signant cette pétition qui sera transmise à nos élus ainsi qu'au ministre de l'agriculture qui rappelons-le est Cantalien.

Merci pour votre lecture.

Soutien à Nicolas.

Cette pétition sera remise à:

Ministre de l'agriculture

POUR SIGNER LA PÉTITION LIEN CI-DESSOUS :

Lire la suite

Une nouvelle performance postmoderne de l’europarlement. Par le journal "RUPTURES"

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #l'horreur économique

Une nouvelle performance postmoderne de l’europarlement

le 13 juin 2017
l'europarlement s'attaque à l'étiquetage

L’Assemblée de Strasbourg, au terme d’un long processus de décision, vient de réformer à nouveau l’étiquetage des appareils electro-ménagers. Chapeau bas !

 

Voilà qui va – enfin ! – faire taire tous ceux qui se permettent de moquer l’europarlement, voire les impies qui mettent en doute sa légitimité. Ce 13 juin, les 750 eurodéputés viennent de procéder, en séance plénière, à un vote dont l’importance pour les fondements de la pensée contemporaine n’échappera à personne.

Les honorables parlementaires ont réussi à réformer une nouvelle fois l’étiquetage énergétique des appareils électro-ménagers. Plus précisément, ils ont solennellement décidé d’abolir les catégories A+, A++, et même A+++, celles-là mêmes qu’ils avaient de leur propre chef ajoutées en 2010. Et ce, à l’époque, afin de mettre en valeur les efforts exceptionnels des industriels pour soigner la planète grâce à des économies d’énergie.

L’on en reviendra donc à l’échelle précédente, graduée de A (adaptée à cette louable catégorie de consommateurs qui coupent le robinet en se lavant les dents et en pensant à leurs petits enfants) à G (destinée à la clientèle insensible à l’environnement en général, et aux hamsters de la pampa en particulier).

Le processus de décision a bien sûr inclus la phase de « trilogue » qui vise à concilier les positions de l’europarlement avec celles de la Commission et du Conseil européens

Le processus de décision européen qui a abouti à revenir à la position initiale sur cette thématique anthropologique considérable a duré deux ans. Il a bien sûr inclus la phase dite de « trilogue » qui vise à concilier les positions de l’europarlement avec celles de la Commission et du Conseil européens.

Et pour montrer que décidément, à Strasbourg, on ne rigole pas, le résultat législatif sera non plus une directive (qui nécessite d’être transposée dans les droits nationaux) mais un règlement (qui est d’application immédiate dans tous les Etats membres).

Il serait donc gentil, lorsque vous achèterez votre prochaine machine à laver, d’avoir une petite pensée reconnaissante pour l’énergie qu’a déployée l’europarlement afin de vous aider à choisir le modèle le plus environnemental et citoyen.

A moins que vous ne décidiez – la planète le mérite bien – de désormais laver votre linge à la main. Ca sera sans doute la prochaine recommandation européenne. A+.

 

https://ruptures-presse.fr/perles/europarlement-electromenager-etiquetage/

 

 

Lire la suite