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Le blog de Lucien PONS

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Le Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR propose:une lettre à adresser au président Hollande pour sauver l’état laïque syrien.

8 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Politique étrangère, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La paix, #Comité pour une Nouvelle résistance

Le Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR propose:une lettre à adresser au président Hollande pour sauver l’état laïque syrien.

Bonjour à toutes et tous,

Les informations que nous recevons de Syrie ne sont pas bonnes, même si elles ne sont peut-être pas encore, à cette heure, désespérées. Apparemment, les Russes évacuent Tartous. Sous les feux croisés des « rebelles » plus ou moins extrémistes soutenus par l’Occident, de Daesh, des mercenaires stipendiés par les régimes sunnites du Golfe, l’armée loyaliste fléchit.

Aujourd’hui, l’Etat syrien, est encore représenté par le Parlement, le chef de l’Etat Bachar el Assad, et les représentants régionaux, élus à la suite des réformes constitutionnelles réalisées depuis 2011, le gouvernement d’union nationale actuel, l’armée et l’administration loyalistes qui, si elles n’étaient pas soutenues fortement par la population syrienne depuis quatre ans, auraient été volatilisées depuis longtemps. Cet Etat a permis – y compris sous ses précédentes constitutions moins démocratiques – à une multitude de confessions, ou de philosophies, de cohabiter en Syrie dans des conditions enviables, et à une moitié de la population, les femmes, de vivre dignement.

Les conditions d’un massacre de masse et de crimes contre l’Humanité sont plus réunies encre qu’avant le massacre de Srebrenica.

C’est pourquoi il me semble que nous devons manifester d’urgence notre exigence d’une position digne de la France dans cette affaire : sauver l’Etat laïque syrien et assurer lalibre détermination du peuple syrien à l’abri des fomenteurs de guerre et de chaos.

Ci-joint une proposition de lettre ouverte à retravailler sans doute, mais il y a urgence… Il faudra la faire signer par un maximum d’organisations et associations ; et appeler en la publiant avec le plus d’éclat possible tous les Républicains à se joindre à l’initiative.

Bien cordialement,

Guy Martin

Le Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR propose:une lettre à adresser au président Hollande pour sauver l’état laïque syrien.

Lettre à imprimer et à adresser au Président Hollande.

[mon nom] ____________________________

[mon prénom] ____________________________

[mon adresse] ____________________________

[mon adresse, suite] ________________________

[C.P. et commune] ________________________

le ________________2015

à

Monsieur le Président de la République

Palais de l’Élysée

55, rue du faubourg St Honoré

75008 PARIS

Monsieur le Président de la République,

Les informations que nous recevons de Syrie ne sont pas bonnes, même si elles ne sont peut-être pas encore, à cette heure, désespérées. Apparemment, les Russes évacuent Tartous. Sous les feux croisés des « rebelles » plus ou moins extrémistes soutenus par l’Occident, de Daesh, des mercenaires stipendiés par les régimes sunnites du Golfe, l’armée loyaliste fléchit.

Aujourd’hui, l’État syrien, est encore constitué par un Parlement, un chef de l’État, Monsieur Bachar el Assad, et des représentants régionaux, élus à la suite des réformes constitutionnelles réalisées depuis 2011, un gouvernement d’union nationale, ainsi qu’une armée et une administration qui, si elles n’étaient pas fortement soutenues par la population syrienne, auraient été volatilisées depuis quatre ans. Cet État a permis – y compris sous ses précédentes constitutions, moins démocratiques – à une multitude de confessions et de philosophies de cohabiter en Syrie dans des conditions enviables au regard de ce qui se passe dans la plupart des pays du Proche Orient. Cette cohabitation a été possible et reste possible parce que l’État syrien peut aujourd’hui encore être considéré comme laïque. Il permet à toutes les religions de s’exprimer dans le respect du principe qui les a suscitées : relier les humains entre eux et avec les mystères qui les dépassent. Cet État laïque permet aussi de vivre et de penser à ceux qui ne croient pas. Il permet surtout à la moitié de la population syrienne, les femmes, de vivre dans des conditions dignes de l’humanité.

Malheureusement, l’actualité nous avertit sans aucune ambiguïté de ce qui se passera si l’État syrien est détruit comme a été détruit l’Etan libyen. Je sais, vous savez Monsieur le Président de la République, que se produiront des massacres de masse, des crimes contre l’Humanité, et que ces horreurs se perpétueront longtemps dans le chaos qui suivra. Les conditions propices à de tels crimes sont beaucoup plus manifestes encore que dans les mois qui ont précédé le massacre de Srebrenica lors du démembrement de l’ex-Yougoslavie.

Je ne veux pas que la France, que son Président de la République, puissent être accusés de non-assistance à un peuple en danger.

C’est pourquoi Monsieur le Président de la République,

Au nom des liens anciens qui unissent la France au monde arabe et à la Syrie, qui est un berceau de notre civilisation, au nom des valeurs les plus élevées qui font le génie de la France aux yeux du monde, je vous demande d’agir concrètement, par tous les moyens mis à votre disposition de par vos responsabilités, pour dans un premier temps maintenir l’État syrien, et dans un second temps lui garantir de pouvoir poursuivre pacifiquement la transition amorcée par les réformes qu’il a mises en œuvre depuis 2011, dans le respect du principe d’autodétermination des peuples, vers le régime que les Syriens auront librement choisi.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, au profond respect que je dois à la fonction qui vous est confiée, et à celle de mon engagement déterminé au service de la France.

Carte postale à éditer pour envoyer à l'Elysée.

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Pierre BROSSOLETTE au Panthéon : « un affront à la mémoire de Jean MOULIN » selon le journaliste Pierre Péan

31 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #La République, #La France, #La nation ., #Comité pour une Nouvelle résistance

Publié par Michel El Diablo

 

Pierre BROSSOLETTE au Panthéon : « un affront à la mémoire de Jean MOULIN » selon le journaliste Pierre Péan

François Hollande est sous pression pour accepter la panthéonisation de Pierre Brossolette (1903-1944), ce héros de la Résistance qui s'est tué en se jetant par la fenêtre pour ne pas parler à la Gestapo. Un comité de soutien, présidé par l'historienne Mona Ozouf, est apparemment convaincant. S'il en acceptait les arguments, le président de la République infligerait un nouvel affront à Jean Moulin (1899-1943), qui, à la fin de sa vie, a subi les assauts d'un Brossolette désobéissant au général de Gaulle. Il nierait son rôle déterminant dans la victoire de ce dernier contre le général Giraud (1879-1949), alors soutenu par Roosevelt et Churchill.

Les deux cercueils au Panthéon rendraient illisible l'histoire de cette dramatique période. Pour installer celui de Brossolette, il faudrait d'abord retirer celui de Moulin, en considérant a posteriori que "Max" n'aurait pas dû imposer l'unification de la Résistance intérieure sous sa houlette contre tous ceux qui la contestaient. La haine entre les deux hommes était si forte de leur vivant qu'il serait indécent de leur imposer une cohabitation post mortem. Faire entrer Brossolette au Panthéon, ce serait donner raison à tous ceux qui, depuis février 1943, n'ont pas accepté la nomination de Jean Moulin comme le seul représentant du général de Gaulle en France occupée. Et n'ont cessé de le salir, en le traitant notamment d'agent soviétique.

Engagé dans les Forces françaises libres fin 1941, le brillant intellectuel qu'est Brossolette devient, lui, un militant socialiste, puis un gaulliste inconditionnel, et a tôt fait de s'imposer comme une personnalité marquante de la France libre. Il se lie d'amitié avec le tout-puissant colonel Passy (1911-1998), le patron du BCRA (services secrets). Intransigeant et cassant, il n'hésite pas à bousculer le général de Gaulle sur sa façon de traiter les problèmes et les hommes.

S'il accepte au début le statut de "Rex"-Moulin, tout en le critiquant, à l'automne 1942, il intrigue pour devenir le pendant de Jean Moulin pour la zone nord, soit le "délégué spécial en zone occupée". Passy réussit à faire accepter le projet au général de Gaulle dans le cadre de la mission "Brumaire" (unifier les mouvements de résistance de la zone occupée). Au lieu d'attendre l'arrivée de Moulin et du général Delestraint (1879-1945), le patron de l'Armée secrète, concernés par la mission "Brumaire", Brossolette quitte précipitamment Londres. "Il est (…) permis de penser que la perspective d'avoir les mains libres en l'absence de Jean Moulin n'a pas été étrangère à cette rapidité", écrit l'historien Henri Noguères.

L'arrivée de Moulin à Londres anéantit les espoirs de Brossolette. Il reçoit d'abord la croix de la Libération des mains du général de Gaulle. Lequel signe, le 21 février, de nouvelles instructions qui contredisent de facto la mission "Brumaire". Celles-ci créent le Conseil de la Résistance (CR) et font de Moulin le seul représentant du Général pour l'ensemble du territoire. Moins d'un mois après la rencontre d'Anfa (Casablanca, Maroc), en janvier 1943, entre de Gaulle et Giraud, sous le patronage de Roosevelt, le général s'est laissé convaincre par Moulin à propos de l'intégration des anciens partis dans un organisme qui le reconnaît pour chef. Ce qui constitue un atout déterminant dans le combat qu'il mène contre Giraud et Roosevelt.

Contrairement à Giraud, il pourra alors se présenter au nom de la France, et non pas seulement au nom des mouvements de résistance, dont l'importance est difficilement mesurable pour les Alliés. Le CR va ainsi devenir "la pierre angulaire de l'entreprise gaulliste de conquête de la légitimité démocratique". Moulin a gagné contre Passy, Brossolette et tous ceux, nombreux, qui se battaient contre le retour des anciens partis. C'est qu'il a tout simplement offert au général de Gaulle les moyens de prendre le pouvoir.

Ces nouvelles instructions ne règlent pas pour autant tous les problèmes sur le terrain. Avec une extraordinaire fébrilité, les deux patrons du BCRA semblent vouloir casser ce que Moulin a proposé et que de Gaulle a entériné dans ses instructions du 21 février.

Les adversaires, ou les ennemis, se rencontrent le 1er avril, au bois de Boulogne, puis le 2, dans un appartement de l'avenue des Ternes, à Paris. Leur altercation, en présence de témoins, dont Passy, vont être d'une violence inouïe. Lors de la seconde rencontre, Moulin se met à hurler : "Je vois clair dans votre jeu ! Vous n'avez jamais cessé de me contrer. Vous avez essayé d'empêcher le général de Gaulle de me confier la représentation en zone nord, car vous la vouliez pour vous-même. C'est vous, et non moi, l'ambitieux ! Mais j'ai triomphé, car je reviens de Londres, où j'ai été secrètement nommé membre du Comité national."

Passy essaie en vain d'intervenir pour calmer la discussion, car des Allemands habitent l'immeuble. Au moment où Moulin ne se maîtrise plus, il se retourne, baisse son pantalon et exhibe son cul à Brossolette en s'écriant : "Voilà comment je vous considère !"

Rentrés à Londres, Passy et Brossolette continuent leur travail de sape. L'ancien résistant Claude Bouchinet-Serreules (1912-2000) écrit dans son journal, à la date du 19 avril 1943 : "A l'entendre, Moulin ne vaut pas un clou. C'est un homme de la zone non occupée (aux yeux de Brossolette, c'est tout dire…) qui pendant un an a manoeuvré, plus ou moins bien, avec les mouvements de la ZNO, et puis c'est tout."

Moulin a donc contre lui le BCRA et les principaux chefs qui contrôlent la Résistance intérieure. Six semaines avant son arrestation à Caluire, Moulin décide de se confier au général de Gaulle, car il se sent traqué. Sans attendre la première réunion du CR, et au risque de mettre en difficulté Moulin, Londres diffuse l'information sur l'existence de ce conseil.

Le 27 mai 1943 se tient, rue du Four, la première réunion du Conseil national de la Résistance. Moins d'un mois plus tard, Moulin est trahi à Caluire. Quant à Brossolette, il fait tout pour prendre la succession de Moulin et détruire son oeuvre. Son étoile pâlit. Mi-novembre, il est rappelé à Londres et arrêté par la Gestapo. Pour ne pas parler, il saute par la fenêtre.


Pierre Péan (Journaliste)

Pierre Péan est l’auteur de "Vies et morts de Jean Moulin", réédition Pluriel, 800 pages, 12 euros


 

 

 

Pierre BROSSOLETTE au Panthéon : « un affront à la mémoire de Jean MOULIN » selon le journaliste Pierre Péan

SOURCE de L'ARTICLE:

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Les pilotes français de l'Armée rouge Normandie-Niémen | Infrarouge 2015

20 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Histoire, #La guerre, #Comité pour une Nouvelle résistance

Les pilotes français de l'Armée rouge Normandie-Niémen | Infrarouge 2015

Les pilotes français de l'Armée rouge Normandie-Niémen

Infrarouge Diffusé sur France 2 le mardi 12 mai 2015

La guerre fait rage en Europe. Le pays, vaincu et occupé, continue à se battre pour la liberté sous l'appellation de France libre, dirigée par de Gaulle depuis Londres. En 1941, Hitler déferle sur l'URSS. Le général propose d'y envoyer une escadrille de chasse française afin de venir en aide à l'armée soviétique. Un projet fou, qui contrarie les alliés. Mais de Gaulle persiste et forme une escadrille aux couleurs de la France Libre pour combattre à l'Est aux côtés des Soviétiques. «Normandie-Niémen» est née. L'idée permettra à la France de siéger à la table des vainqueurs. Gros plan sur cette formation et son action, grâce, notamment, à des documents inédits.

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La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou. Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.

19 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #Histoire, #le nazisme, #Comité pour une Nouvelle résistance

Claude Roddier dans le défilé avec trois étendards. Le drapeau français. Le Général de Gaulle félicitant des Résistants. La princesse Véra Obolensky  surnommée Vicky, née le 11 juin 1911 et morte le 4 août 1944 guillotinée à la prison de Plötzensee à Berlin, est une héroïne de la résistance française d'origine russe.

Claude Roddier dans le défilé avec trois étendards. Le drapeau français. Le Général de Gaulle félicitant des Résistants. La princesse Véra Obolensky surnommée Vicky, née le 11 juin 1911 et morte le 4 août 1944 guillotinée à la prison de Plötzensee à Berlin, est une héroïne de la résistance française d'origine russe.

La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou.  Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.

 

Le message comporte:

  1. ​Le texte du Président de l'association.
  2. Le texte de Claude Roddier-Sivirine, membre de la délégation.
  3. Le texte de Sylvie Pillé-Lesou, membre de la délégation.
  4. Une photo de la délégation des ukrainiens d'Odessa présents à Nice le 29 janvier 2015.
  5. De nombreuses photos prises à Moscou.
La délégation d'Odessa à Nice le 29 janvier 2015

La délégation d'Odessa à Nice le 29 janvier 2015

Le texte du Président de l'association

"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

 

Présence à Moscou d'une délégation de l'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" pour le 70ème anniversaire de la victoire.

 

 

Nous vivons une période extrêmement dangereuse. Mais les Français, sous-informés, n'en n'ont pas conscience.

Le canon gronde à l'est de l'Europe. Les pays de l’OTAN sont peu à peu entraînés dans une guerre contre la Russie. La France a toujours eu d’excellentes relations avec elle. Le général de Gaulle disait même qu’il voulait construire l’Europe de l’Atlantique à l’Oural.

L’association « Comité pour une Nouvelle Résistance » est favorable au plein exercice de notre souveraineté nationale. Son objet s’inspire des idéaux et des acquis du Conseil National de la Résistance créé par Jean Moulin le 27 mai 1943 à Paris. Fidèles à l'idéal de la Résistance, fidèles aux paroles et à l'action du chef de la France Libre, le général de Gaulle, nous refusons la soumission à la soumission à la politique des Etats-Unis, nous voulons que la politique de la France s'inscrive dans des rapports d'amitié avec la Russie pour un juste équilibre en Europe et dans le monde.

 

La voix de la France doit servir la négociation et le dialogue et non pas l'affrontement.

Nous pensons également qu’il faut témoigner à la Russie la reconnaissance qui lui est due, suite à sa contribution essentielle pour terrasser le nazisme. Il faut quand même rappeler que ce pays a permis d’abattre la peste brune en Europe en sacrifiant plus de 25 millions de Soviétiques dans cette guerre à mort.

 

Notre association travaille depuis septembre 2014 sur la montée du fascisme et la guerre en Ukraine. Notre objectif est de faire connaître à nos concitoyens d’autres aspects de ce conflit.

 

Nous avons accueilli le 29 janvier à Nice une délégation d’Ukrainiens d’Odessa. Ces personnes ont expliqué le conflit en cours et elles ont témoigné également du massacre du 2 mai 2014. Ce jour-là plus de quarante personnes sont mortes, brûlées vives dans la maison des syndicats. Une des personnes de la délégation a perdu dans ce drame son fils de 27 ans, achevé sauvagement par des barbares après avoir essayé d’échapper aux flammes en se jetant par la fenêtre.

 

Suite à cette rencontre nous avons été invités par les responsables de la manifestation du 9 mai à Moscou pour assister à la parade pour le 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme. La délégation de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » composée de Résistants et d’enfants de Résistants, a pris ainsi une valeur symbolique importante.

 

Voici les quatre personnes de notre délégation :

- Serge Lesou, Résistant FTP et sa fille Sylvie Pillé.

- Claude Roddier, fille du commandant du grand maquis MUR du Var, le maquis Vallier, et sa fille.

Une conférence pour rendre compte de la participation officielle de notre association à cet évènement aura lieu à Nice le mardi 9 juin 2015. Les membres de la délégation donneront des informations à ce sujet. Ce sera l’occasion de poursuivre notre travail pour la paix en Ukraine et en Europe.

 

 

Lucien PONS Président de l’association « Comité pour une Nouvelle résistance-CNR

 

Claude Roddier, membre de la délégation française. 

Des photos.

La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé
La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé
La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé
La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé
La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé
La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé

La délégation française. Le défilé. Nikita. Claude Roddier dans le défilé

Le texte de Claude Roddier. 

Membre de la délégation de l'association

"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

 

 

Lorsque le président de l'association niçoise CNR06, Lucien Pons* m'appela le 12 mars pour me dire que nos amis odessites cherchaient des descendants de Résistants français afin de les inviter à la parade du 9 mai à Moscou, je n'osai pas croire à cette nouvelle. Quand il me demanda si je pourrais y aller, je lui donnai bien sûr immédiatement mon accord. Chaque invitation étant pour deux descendants, je proposai de participer avec l'un de mes enfants. Un autre groupe, un Résistant FTPF, Serge Lesou et sa fille Sylvie furent aussi invités.

*(http://lucien-pons.over-blog.com/),

A 15 ans, en 1942, Serge rejoint à Montargis, un groupe de jeunes résistants qui convergeront avec d'autres pour former les "Forces unies de la jeunesse patriotique". Puis, arrivé à Paris il est accueilli par le Colonel Baudoin, un des commandants des réseaux FTP de la région parisienne. Il milite dans le XXe arrondissement, et participe à la libération de Paris sur la barricade à l'angle de la rue de Ménilmontant et de la rue Sorbier. Il présentait, une photo du Colonel Baudoin. Sa fille Sylvie tenait haut le drapeau français et montrait une photo de jeunes maquisards varois FTP assassinés par les Allemands en 1944.

Né à Odessa en 1911, mon père, Gleb Sivirine, est arrivé en France en 1919. Il a fait partie de la Résistance, d’abord dans un réseau marseillais, puis est devenu le chef d'un maquis MUR (Mouvements Unis de la Résistance) du Var, le maquis Vallier**

(http://maquis-vallier.fr). J'avais une photo de lui qui correspondait à ce qui nous était demandé, type de photo dont plusieurs centaines de milliers ont défilé le 9 mai. C'est cette photo que je pensais agrandir. Puis j'ai appris que François Hollande s'apprêtait à faire véritablement honte à la France. J'ai alors pensé que cette invitation me permettrait de sauver en quelque sorte l'honneur. C'est ainsi qu’accompagné du drapeau français, sur une photo où se trouvent aussi mon père et l'un des chefs de la Résistance varoise, le général de Gaulle a participé à la grande marche de la victoire, descendant l'avenue Tverskaïa et traversant la place rouge pour s'arrêter face à la basilique de Saint Basile le Bienheureux.

**(http://maquis-vallier.fr).

Nous pouvions montrer deux photos. Pour la seconde j'ai tenu à honorer aussi le souvenir des Résistants des réseaux, si éprouvés et souvent oubliés. Un nom m'est venu à l'esprit, comme une évidence, celui de  Vicky Obolensky (http://www.lecourrierderussie.com/2012/06/sainte-genevieve-des-bois-insolite/), princesse russe arrivée en France à 9 ans, résistante de la première heure, guillotinée en août 1944 à Berlin. C'est ma fille qui a porté cette photo.

Dès le début de la parade nous avons perdu notre groupe et nous nous sommes retrouvées toutes deux en compagnie de deux participants du “régiment immortel", Alik et Nikita, deux jeunes Odessites qui au lieu de marcher tranquillement à l'allure de tous, avaient pris un rythme plus rapide. N'ayant aucun point de rendez-vous fixe nous n'avons pas voulu les perdre. Nous avons donc régulièrement dépassé les autres. Nous avons pu ainsi constater que la façon dont les participants à la marche recevaient notre message était bien ce que nous espérions. Nous avons toutes deux été remerciées, photographiées, filmées tout le long de l'après-midi. Plusieurs fois des personnes nous ont parlé plus longuement, se sont fait photographier avec nous. La langue utilisée était le plus souvent le français, avec cet accent russe qui, bien entendu, n'était pas l’accent "inimitable" de ma grand-mère mais pourtant, en écoutant bien, eh bien si, il y avait aussi de cet accent-là.

Ce qui nous a le plus frappées est la gravité des participants. Sur les photos ils paraissent souriants. On sourit malgré soi quand on se sent photographié. En réalité, ils étaient graves, inquiets, déterminés. Il n'y avait pas la moindre agressivité dans cette immense foule. Au contraire, il s'en dégageait un sentiment bon enfant, sans que l'on comprenne très bien comment. Il n'y avait quasiment ni police ni service d'ordre. De nombreux jeunes bénévoles donnaient une note de gaité. Les gens sont venus en famille, souvent avec plusieurs photos portées par les enfants, petits enfants ou même arrière petits enfants des personnes présentées. De nombreuses photos montraient des femmes. Nikita, un des jeunes Odessites nous servant de guide, tenait fièrement deux photos: l'une d'un grand père de sa mère l'autre d'un grand père de son père. Le message était sans équivoque "ce que mon grand-père/arrière grand-père a fait, je suis capable de le faire". J'ai le souvenir de mes parents parlant de l'été 1939 et de l'attente de la guerre, de cette guerre dont les Français ne voulaient pas et qui leur a été imposée. C'est cette même attente que j'ai ressentie à Moscou le 9 mai.

 

Le non-voyage à Odessa

Lorsque le départ pour Moscou fut confirmé et les visas obtenus, j'ai voulu prolonger notre itinéraire et descendre à Odessa. Je voyais ce voyage comme un remerciement aux membres de la délégation d’Irina Leskova venue à Nice en janvier 2015 et une façon de leur montrer notre soutien. Personnellement, c’était l’occasion d’un retour aux sources, un retour vers la maison que mon père et sa famille avaient quittée pour deux mois, mais n’ont jamais revue. La ville ayant changé de mains, leurs passeports n’étaient plus valables. 

La centaine de membres de notre rassemblement, invités du « régiment immortel », était logée dans un bel hôtel de la rue Kosygina, non loin de l’Université d’État. Notre petit groupe CNR06 était le seul groupe français. Les autres représentations, notamment polonaise, espagnole, italienne, étaient plus importantes que nous. Le présent et l'imaginaire se sont rejoints quand, après la parade, nous nous sommes retrouvés dans le salon de l'hôtel. Dans les livres des grands romanciers russes, j’avais souvent lu des descriptions de rencontres et de discussions qui duraient toute la nuit, retrouvées semblablement dépeintes par les dissidents soviétiques dans leurs récits. Une belle coutume à laquelle nous avons eu droit. Parmi une foule aussi internationale, l'anglais était majoritairement utilisé, avec des apartés dans la langue propre aux membres d’une même délégation. Nous nous sommes retrouvés bavardant avec des Polonais rencontrés la veille, Alik, et deux dames que je croyais russes.

Je leur ai naturellement parlé de mon départ imminent pour Odessa, expliquant la visite de la délégation à Nice et mon désir de montrer que nous n'oubliions pas le massacre du 2 mai. J'ai aussi ajouté que mon père était d'Odessa. À leur attitude déjà chaleureuse s’est ajoutée de la complicité. Galina, l'une des dames, et Alik nous ont dit qu'ils étaient odessites et venaient d'arriver à Moscou. Une bouteille de vodka est apparue sortie de nulle part avec une assiette de zakouskis préparés pour nous et nous avons trinqué à tous ceux nés à Odessa. Ils ont parlé entre eux du danger que nous pourrions courir et en sont venus à la conclusion que les risques étant minimes, le jeu en valait la chandelle.

Depuis plus d'un an on nous parle des Ukrainiens, des séparatistes "pro-russes", des Odessites pour ou contre le gouvernement actuel de Kiev—mais sans problème Ukrainiens—et voilà que j'avais face à moi deux personnes, un journaliste et une colonelle de police, tous deux fiers d'être nés à Odessa, tous deux certainement en situation personnelle difficile à Moscou, qui se considéraient russes. Ils n'étaient pas pro-russes. Ils étaient russes. J'ai pensé à Marseille, la ville où ma famille s'est installée en arrivant en France; même si les politiciens arrivaient à détacher une entité occitane allant de l’Aquitaine à Nice, les Marseillais continueraient à se sentir français 25 ans après sa création. Galina nous expliquait les choses si passionnément que Sylvie l'a filmée pendant que Monika, une Polono-française, traduisait. Plusieurs bouteilles de vodka se sont succédées. Bref, nous étions bien à Moscou tel qu'on se l'imagine.

Le lendemain, nous avons repris la discussion concernant notre voyage à Odessa. Une italienne s'était ajoutée au groupe. Plus réticente, elle trouvait déraisonnable de prendre un risque. Elle nous fit part de l’arrestation suivie de la déportation le 1er mai de Franco Fracassi, journaliste italien dont les écrits avaient déplu au régime. Il se rendait à Odessa pour la commémoration de la tragédie du 2 mai 2014. Elle nous a attesté que les journalistes, autant russes ou ukrainiens qu’étrangers, risquaient d’être arrêtés, voire de disparaitre. Alik nous a alors raconté qu’il avait également été arrêté pour ses écrits, puis avait réussi à s’en sortir et venait d’arriver finalement à Moscou.

Quelqu'un a dit "elles ne risquent rien, elles ne sont pas journalistes, leurs noms ne figurent pas sur les listes rouges". Oui, sauf qu’en tant que participante au blog du Saker francophone j'avais eu l'honneur, comme le CNR06 d’ailleurs, d'apparaître sur la "liste infâme" (http://lesbrindherbes.org/2015/03/19/appel-a-la-delation-des-sites-pro-russes/) au mois de mars. J'avais même eu droit à un traitement de faveur sur cette liste, avec une mini-biographie décrivant en fait surtout mon travail d'astronome avec mon mari. Le rapport de cette anecdote a changé le ton de nos nouveaux amis. Plus question d'aller à Odessa. Nous avons changé nos billets et sommes rentrées directement à Nice.

 

À notre retour, un message d'Irina, la responsable de la délégation venue à Nice, en ce moment aux Etats Unis où elle essaie de faire connaître la vérité sur les événements de l'année dernière, m'attendait sur mon ordinateur:

"Dear Claude! Ivan will meet you in airport with your name table, don't worry. How are You? I. "

C'est le 2 mai 2016, si aucune catastrophe n'est arrivée d'ici là, que nous rencontrerons Irina, Ivan et surtout Elena qui a perdu son fils le 2 mai 2014.

 

Claude Roddier-Sivirine

Serge Lesou et sa fille Sylvie Pillé. 

Membres de la délégation française.

Des photos

La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou. Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou. Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou. Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.
La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou. Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.La délégation française du "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" le 9 mai 2015 à Moscou. Jour de la grande parade en souvenir du 70ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.

Le texte de Sylvie Pillé. 

Membre de la délégation de l'association 

"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

 

 

9 Mai 2015, à Moscou

 

 

Février 2015,  Hollande se rend en Arabie Saoudite, rendre hommage au roi  Abdallah  

L'Arabie Saoudite, qui condamne à la flagellation un blogueur Raef Badaoui, qui militait pour une libéralisation morale de son pays. L'Arabie Saoudite, qui refuse d'accorder les libertés élémentaires à la moitié de sa population – les femmes- et où la police religieuse peut faire pratiquer - de force- sur les femmes adultères et les prostituées l'excision et l'infibulation.  L'Arabie Saoudite qui condamne à mort les homosexuels.

Mai 2015, Hollande se rend au Qatar.

Le Qatar, pays qui pratique, avec la kafala 1 une forme de travail forcé, voire d'esclavage selon l'ONG Human Rights Watch. Pays où la liberté d'expression n'existe pas, comme en atteste la condamnation à perpétuité du poète Mohammed Al-Ajami, alias Ibn al-Dhib, arrêté  en novembre 2011 pour un poème "poème du Jasmin"  critiquant le pouvoir et défendant les révolutions du « Printemps arabe », condamnation réduite à 15 ans d'emprisonnement en 2013. Pays, où certains s'en sont émus, le taux de mortalité sur les chantiers de la coupe du monde de foot est anormalement élevé.

Qu'importe les droits de l'Homme ….

27 Janvier 2015 Hollande se rend à Auschwitz Birkenau pour la célébration des 70 ans de la libération du camp.  Mais, bien que le camp ait été libéré par l'armée soviétique,  il ne s'indigne pas de la non invitation, par la Pologne, du président russe.

9 Mai 2015 Hollande ne se rend pas en Russie pour les commémorations de la victoire sur le nazisme. Sous prétexte de ….

Mais quel prétexte peut-on évoquer contre le peuple russe ?

L'URSS, a supporté le plus gros de l'effort de guerre, le peuple soviétique en a payé le prix : plus de 25 millions de morts. Que les Etats-Unis aient retardé au maximum le débarquement dans l'espoir de voir les nazis écraser l'URSS,  symbole pour eux de communisme, n'a pas  empêché Hollande  de  célébrer en grande pompe l'anniversaire du débarquement2 – ce que de Gaulle ne célébrait pas-.  Ce faisant, il participe à une véritable opération révisionniste de l'histoire de la 2° guerre mondiale,  se pliant servilement à une opération de communication, légitimant l'hégémonie actuelle des Etats-Unis sur l'Europe et la France- par l'Union européenne et l'OTAN interposés- 

 9 mai 2015, munis de leur drapeaux tricolores, 4 Français - Serge Lesou3 et sa fille Sylvie Pillé, Claude Roddier4 et sa fille Mireille,  qui ont ou dont des proches ont participé à la lutte contre le nazisme,  répondent à l'invitation du « Régiment Eternel », via le nouveau CNR des Alpes maritimes.  Ces invitations font suite aux rencontres avec la délégation d'Ukrainiens venus, en janvier 2015, témoigner de l'assassinat de militants, par les fascistes, dans la maison des syndicats d'Odessa le 2 Mai 2014.

Plus de 25 millions de morts !  Combien de familles russes touchées ?  Aujourd'hui, ces évènements restent gravés dans la mémoire collective.

Pour s'en convaincre, il suffit de regarder avec quelle gravité les petits enfants ou arrières petits enfants de combattants participent aux cérémonies. Il suffit surtout,  d'assister à cette mobilisation considérable, celle des jeunes aussi qui par centaines de bénévoles, ont encadré le défilé.

 Mais au-delà de la commémoration, c'est  l'aspiration à la paix qui est revendiquée, en témoigne toutes les conversations que nous avons eues : MIR ! Droujba !

Nous avons donc, munis de nos portraits, défilé avec ces milliers de participants, venus des régions les plus éloignées de la Russie, - nous avons ainsi rencontré des Ouzbecks, des  Kirghizes, ayant tous participé à la lutte contre les nazis, dont le  doyen avait 101 ans-.  Mais venus aussi d'Espagne, d'Italie, de Pologne, d'Ukraine (la plupart réfugiés en Russie, en raison du danger fasciste qui  les menace dans leur pays)...

Quelle émotion que de se retrouver mêlé à tous ces gens, graves, conscients des menaces que font peser les Etats-Unis sur la paix, tous ces gens unis par cette même volonté de lutter contre la résurgence de l'extrême droite, du fascisme et du néo-nazisme partout en Europe et en particulier en Ukraine. 

Partout, la vue des drapeaux français,  a soulevé les mêmes réactions chaleureuses, les « merci d'être là ».

Peut-être auprès de ces Russes auront nous tous les quatre contribué à  laver l'honneur de la France.  

 

1  Kafala système qui régit la vie de tous les étrangers qui travaillent au Qatar, les oblige à se placer sous le « tutorat » d'un qatari, sans l'autorisation duquel il ne peut ni changer de travail, ni obtenir un permis de conduire, ni louer un logement  ni ouvrir un compte en banque  ni surtout quitter le pays, 

 

 2  Par leur débarquement, les Etats-Unis visaient davantage à occuper la France qu'à la libérer. Ils nous avaient  « concocté » un programme, l'AMGOT, gouvernement militaire des territoires occupés (Allied military Government of Occupied Territories, édité un franc américain, dénoncé par de Gaulle comme fausse monnaie.

Les francs américains, dénoncés par de Gaulle comme étant de la fausse monnaie.

Les francs américains, dénoncés par de Gaulle comme étant de la fausse monnaie.

3 A 15 ans, en 1942, Serge rejoint à Montargis, un groupe de jeunes résistants qui convergeront avec d'autres pour former les "Forces unies de la jeunesse patriotique". Puis, arrivé à Paris il est accueilli par le Colonel Baudoin, un des commandants des réseaux FTP de la région parisienne. Il milite dans le XXe arrondissement, et participe à la libération de Paris sur la barricade à l'angle de la rue de Ménilmontant et de la rue Sorbier. Il présentait, une photo du Colonel Baudoin. Sylvie tenait haut le drapeau français et montrait une photo de jeunes maquisards varois FTP assassinés par les Allemands en 1944.

4 Claude Roddier est la fille de Gleb Sivirine, arrivé en France en 1919 qui entre dans la Résistance, d’abord dans un réseau marseillais, puis qui devient le chef d'un maquis MUR (Mouvements Unis de la Résistance) du Var, le maquis Vallier"

Sylvie Pillé Lesou

D'autres photos représentant ce jour anniversaire.

Le ruban de Saint Georges est omni présent dans la manifestation

Le ruban de Saint Georges est omni présent dans la manifestation

Le Président Poutine dans le défilé avec la photo de son père.

Le Président Poutine dans le défilé avec la photo de son père.

Natalia Poloskaïa, Procureur de Crimée.

Natalia Poloskaïa, Procureur de Crimée.

L'escadrille Normandie-Niémen, engagée dans le combat auprès des russes.

L'escadrille Normandie-Niémen, engagée dans le combat auprès des russes.

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Le rôle de l’URSS dans la deuxième Guerre mondiale (1939-1945)

18 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La Russie, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire

Le rôle de l’URSS dans la deuxième Guerre mondiale (1939-1945) [3/3]


Annie Lacroix-Riz

Par Annie Lacroix-Riz – Le 7 mai 2015

Professeur émérite d’histoire contemporaine Paris VII

1ère Partie

2ème Partie

La guerre allemande d’extermination

Selon Jean-Jacques Becker, « mise (sic) à part qu’elle s’est déployée sur des espaces bien plus vastes, mis à part le coût extravagant des méthodes de combat surannées de l’armée soviétique, sur un plan strictement militaire, la Seconde Guerre a été plutôt moins violente que la Première »[43].

 

Entrée d’Auschwitz

Cette comparaison des deux guerres mondiales, hautement fantaisiste, impute en outre à l’URSS, accusation devenue courante dans l’historiographie dominante française, l’énormité de ses pertes (plus de la moitié des 50 millions du total général 1939-1945) dans la guerre d’extermination que le IIIe Reich avait planifiée pour y liquider, outre les juifs, trente à cinquante millions de Slaves [44]. La Wehrmacht, fief pangermaniste qui avait été aisément nazifié et qui tenait « les Russes [pour] des “asiates” dignes du mépris le plus absolu » [45], en fut l’artisan essentiel : sa sauvagerie anti-slave, antisémite et antibolchevique, décrite au procès de Nuremberg (1945-1946), brièvement rappelée en Allemagne par des expositions itinérantes de l’extrême fin du XXe siècle [46] et désormais, France incluse, ensevelie dans le silence, priva l’URSS des « lois de la guerre » (conventions de La Haye de 1907).

Oradour-sur-Glane 10 juin 1944

À l’heure où l’on ose tout, la propagande médiatique estime la chose logique, l’URSS n’ayant pas signé ladite convention : pas signataires non plus, la Grèce, la Yougoslavie, la Pologne, l’Europe occidentale, objet, à l’été 1944, des consignes du commandant en chef « Ouest » de la Wehrmacht, von Rundstedt, étendant à cette zone les méthodes de guerre à l’Est, origine des atrocités commises en Italie et en France, des Oradour-sur-Glane qui avaient été systématiquement pratiqués, depuis l’origine, à des dizaines de milliers d’exemplaires, sur le front de l’Est [47]?

Témoignent de la barbarie pangermaniste, dont le nazisme avait repris l’héritage, les ordres signés des chefs de la Wehrmacht, Keitel et consorts : le décret dit « du commissaire » du 8 juin 1941 prescrivit l’exécution des « commissaires politiques » communistes intégrés à l’armée rouge; l’ordre de « ne pas faire de prisonniers » causa l’exécution sur le champ de bataille, combats terminés, de 600 000 prisonniers de guerre, et il fut étendu en juillet aux « civils ennemis » ; von Reichenau signa l’ordre d’« extermination définitive du système judéo-bolchevique », etc. [48] 3,3 millions de prisonniers de guerre, soit plus des 2/3 du total, subirent en 1941-1942 la « mort programmée » par la famine et la soif (80%), le typhus, le travail esclave. Des prisonniers, qualifiés de « communistes fanatiques », livrés par la Wehrmacht à la SS, furent les cobayes du premier gazage au Zyklon B d’Auschwitz en décembre 1941 [49].

Massacre nazi au ravin de Babi Yar en Ukraine.
29 septembre 1941. 33 000 morts

L’armée allemande fut avec les SS et la police allemande « ordinaire » un agent particulièrement actif de la destruction des civils, juifs et non-juifs. Elle aida les Einsatzgruppen SS chargés des « opérations mobiles de tueries » (Hilberg), comme celle du groupe C dans le ravin de Babi Yar, fin septembre 1941, dix jours après l’entrée de ses troupes à Kiev (près de 34 000 morts) : ce fut un des innombrables massacres perpétrés, avec des « auxiliaires » polonais, baltes (lettons et lituaniens) et ukrainiens [50], décrits dans le poignant Livre noir sur l’extermination scélérate des juifs par les envahisseurs fascistes allemands dans les régions provisoirement occupées de l’URSS et dans les camps d’extermination en Pologne pendant la guerre de 1941-1945[51]. Slaves et juifs (1,1 million sur 3,3) périrent dans les dizaines de milliers d’Oradour-sur-Glane et dans les camps d’extermination et de travail. Les 900 jours de siège de Leningrad (juillet 1941-janvier 1943), symbole suprême avec Stalingrad des souffrances et de l’héroïsme soviétiques, tuèrent un million d’habitants sur 2,5, dont « plus de 600 000 » durant la famine de l’hiver 1941-1942. « 1 700 villes, 70 000 villages et 32 000 entreprises industrielles furent rasés ». Un million d’Ostarbeiter (« travailleurs de l’Est », soviétiques) déportés vers l’Ouest furent épuisés ou anéantis par le travail et les sévices des SS et des « kapos » dans les « kommandos » des camps de concentration, mines et usines des Konzerne et des filiales de groupes étrangers, tel Ford, fabricant (comme Opel-General Motors) des camions (allemands) de 3 tonnes du front de l’Est [52].

Le 8 mai 1945, l’URSS exsangue avait déjà perdu le bénéfice de la « Grande Alliance » qu’avait imposée aux Anglo-Américains l’énorme contribution de son peuple, sous les armes ou non, à la victoire éclatante des États-Unis, prévue par Doyen dans son texte du 16 juillet 1941 pronostiquant la défaite allemande. Le prétendu « endiguement » (Containment) de la « Guerre froide » fut en réalité et d’emblée un « refoulement » (roll back), aujourd’hui éclairé par des travaux scientifiques. Désormais placée sous l’égide de Washington, avec une rapide association à l’entreprise des zones occidentales de l’Allemagne, cette ligne avait renoué, avant même la fin de la guerre en Europe, avec la « Première Guerre froide », politique de liquidation des Soviets, de « cordon sanitaire » ou de « Sainte Alliance » que Londres et Paris avaient dirigée, en compagnie de Berlin, de 1918 à 1939 [53].

Annie Lacroix-Riz

Ancienne élève de l’école normale supérieure (Sèvres), élève de Pierre Vilar, agrégée d’histoire, docteur ès lettres, elle est spécialiste des relations internationales dans la première moitié du xxe siècle. Ses travaux portent sur l’histoire politique, économique et sociale de la Troisième République et de Vichy, sur la période de la Collaboration dans l’Europe occupée par les nazis, sur les relations entre le Vatican et le Reich ainsi que la stratégie des élites politiques et économiques françaises avant et après la Seconde Guerre mondiale. Elle est également connue pour son engagement communiste.

Notes

 

 

[43] Dont il est spécialiste (pas de la Deuxième Guerre mondiale), « Retour sur la comparaison et réflexion sur les héritages », in Stéphane Audoin-Rouzeau et al., dir., La violence de guerre 1914-1945, Complexe, Bruxelles, 2002, p. 333 (bréviaire de la préparation de la question d’histoire contemporaine CAPES-agrégation 2003-2005).

[44] Götz Aly et Susanne Heim, Vordenker der Vernichtung, Auschwitz und die deutschen Pläne für eine neue europäische Ordnung, Francfort, Fischer Taschenbuch Verlag, 1997 (1e édition, Hambourg, 1991, la plus audacieuse), résumé par Dominique Vidal, Les historiens allemands relisent la Shoah, Bruxelles, Complexe, 2002, p. 63-100.

[45] Rapport 1103 de l’attaché militaire français Henri-Antoine Didelet, Berlin, 12 décembre 1938, 7 N, 3097, SHAT.

[46] Édouard Husson, Comprendre Hitler et la Shoah. Les historiens de la RFA et l’identité allemande, Paris, PUF, 2000, p. 239-253.

[47] « Report on German Reprisals for Partisan activity in Italy », Allied Force Headquarters (British Section), Part I, sans date, postérieur au 9 juillet 1945, démonstration précise formelle de la responsabilité première de la Wehrmacht (et non des seuls Waffen SS), comme à l’Est, dans les atrocités commises à l’Ouest, BB 30, 1730, épuration, Archives nationales.

[48] Bower, Blind eye to murder; Bartov, The Eastern Front, 1941-45: German Troops and the Barbarisation of Warfare, Palgrave Macmillan, 2e édition, 2001 (L’armée d’Hitler […], Paris, Hachette, 2003); http://fr.wikipedia.org/wiki/Crimes_de_guerre_nazis_en_Union_sovi%C3%A9tique, mise au point honnête, ce qui, en histoire, n’est pas le cas général.

[49] Bower, Blind eye; Christian Streit, Keine Kameraden. Die Wehrmacht und die sowjetischen Kriegsgefangenen 1941-1945, Bonn, Dietz, 1992 (1e éd., 1978); Christian Gerlach, Krieg, Ernährung, Völkermord. Forschungen zur deutschen Vernichtungspolitik im Zweiten Weltkrieg, Hambourg, Hamburger Edition, 1998; Peter Longerich, Politik der Vernichtung. Eine Gesamtdarstellung der nationalsozialistischen Judenverfolgung, Munich, Piper Verlag, 1998; Vidal, Les historiens.

[50] Hilberg, La destruction, Dieter Pohl, National-sozialistische Judenverfolgung in Ostgalizien: 1941-1944: Organisation und Durchführung eines staatlichen Massenverbrechens, Munich, Oldenbourg, 1997 (et divers travaux, dont Holocaust: die Ursachen, das Geschehen, die Folgen. Herder, Fribourg en Brisgau, 2000; Christopher Browning, Des hommes ordinaires. Le 101è bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne, Paris, 10-18, 1994, et Nazi policy, Jewish Workers, German Killers, Cambridge, Cambridge UP, 2000.

[51] Ilya Ehrenburg et Vassili Grossman, Textes et témoignages, Arles, Actes Sud, 1995.

[52] Costantini, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale, t. 2, p. 1081-1083; Arno Mayer, Les Furies, terreur, vengeance et violence, 1789, 1917, Paris, Fayard, 2002, p. 573; Reinhold Billstein et al., Working for the Enemy Ford, General Motors, and forced labor in Germany during the Second World War, New York, Berghahn Books, 2000.

[53] Joyce et G. Kolko, The Limits of Power. The World and the United States Foreign Policy 1945-1954, New York, Harper and Row, 1972; Carolyn Eisenberg, Drawing the Line. The American decision to divide Germany, 1944-1949, Cambridge, 1996, William A. Williams, The Tragedy of American Diplomacy, New York, Dell Publishing C°, 1972 (1e éd., 1959), etc. Lacroix-Riz, Carcan; « Débarquement du 6 juin »; « L’apport des “guerres de Staline” de Geoffrey Roberts à l’histoire de l’URSS : acquis et débats », préface à Roberts, Les guerres, et Jacques Pauwels, Le Mythe de la bonne guerre : les USA et la Seconde Guerre mondiale, Bruxelles, Éditions Aden, 2e édition, 2012, et leur bibliographie récente.

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Nice Louis Delfino : footballeur du Gym, pilote de chasse et homme politique

18 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #Histoire, #Comité pour une Nouvelle résistance

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Publié le 
L'équipe du Gym en 1930-31 : Delfino est au premier rang, 2e à partir de la gauche.Photo

Dans nos colonnes, nous évoquions, voici quelque temps, le vol du buste du général d'aviation Louis Delfino. Acte de voyous à la recherche d'objets à revendre ou passion de collectionneur ? Mais au fait qui était ce Niçois qui détrôna Saint-Agathe (1) ?

Le 5 octobre 1912 naît, rue Arson, le jeune Louis Delfino, fils d'un ébéniste tué quelques années plus tard lors des combats de la Première Guerre mondiale. Le jeune orphelin, qui a débuté sa scolarité à l'école Risso, entre au lycée Masséna. Il y montre des qualités intellectuelles remarquables puisqu'il intègre Saint-Cyr en 1931.

Mais c'est aussi un sportif accompli, qui joue sous le maillot de l'OGCN (Olympique gymnaste club de Nice), en compagnie de Numa Andoire. A 18 ans, « Fino » est de toutes les attaques ! En 1931, il fait partie de l'équipe de foot qui affronte, à Colombes, le Club français pour la demi-finale de la Coupe de France. Le Gym s'inclinera 6 à 1.

Sa passion le porte cependant vers l'aviation, à l'image de ses héros, Costes, Bellonte, Mermoz... En 1934, il obtient son brevet de pilote. A la déclaration de guerre, en 1939, il est capitaine aviateur à la tête de la 4e escadrille du Groupe de Chasse II/9 à Reims. Au cours de la campagne de France de mai 1940, il obtient huit victoires en combat aérien.

Un accident l'éloigne des terrains au moment de l'Armistice, et il ne reprend du service qu'en 1942, à Dakar, en Afrique occidentale française, dans l'armée de Vichy. C'est dans ce cadre qu'au cours d'un combat aérien, il abat un appareil anglais ! Tragique incident qui l'empêchera de combattre aux côtés des Anglais dans les Forces aériennes de la France libre ! « J'ai cru, et je ne suis pas le seul, faire mon devoir en restant fidèle à Vichy. J'en suis revenu et je veux toujours combattre... »

Le Groupe de Chasse « Normandie »

A cette époque, en 1942, le général de Gaulle décide de la nécessité d'une présence française sur tous les fronts de combat contre les Allemands. A la fin de l'année, il décide de constituer une escadrille de chasse française pour combattre sur le front russe. Ce sera le Groupe de Chasse 3, constitué de 14 pilotes volontaires et 58 mécaniciens. Le groupe, constitué au Liban en novembre 1942, rejoint la base d'Ivanovo, proche de Moscou. Pilotes et mécaniciens décident de le baptiser du nom de « Normandie ».

Après un entraînement intensif sur le célèbre avion Yak 1, les hommes de « Normandie », aux ordres du commandant Jean Tulasne, sont lancés avec succès dans la bataille de Koursk en juillet 1943. A la fin de l'année 1943, Delfino se porte volontaire et rejoint Normandie avec d'autres volontaires. Tulasne ayant été abattu, c'est Pierre Pouyade qui prend le commandement et il choisit Delfino comme second.

Le 21 juillet 1944, pour sa participation aux combats du fleuve Niémen, le maréchal Staline confère au groupe, devenu régiment aérien, le nom de « Niémen », que les Français accolent au nom d'origine. « Normandie-Niémen » est né !

Lors de la deuxième campagne de Prusse orientale, de décembre 1944 à mai 1945, Delfino prend le commandement de « Normandie-Niémen » et participe aux derniers combats.

Après l'Armistice de mai 1945, le maréchal Staline décide d'offrir à chacun des pilotes de « Normandie-Niémen » son Yak. Et c'est donc aux commandes de leurs avions de combats que « Finochard » et les quarante pilotes français atterrissent au Bourget le 20 juin 1945.

(1) Le boulevard Louis-Delfino portait initialement le nom de « boulevard Sainte Agathe ».

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L’exceptionnelle épopée du groupe de chasse « Normandie-Niemen »

18 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #La France, #La République, #La Russie, #Comité pour une Nouvelle résistance

L’exceptionnelle épopée du groupe de chasse « Normandie-Niemen »
L’exceptionnelle épopée du groupe de chasse « Normandie-Niemen »

Yves Donjon

L’exceptionnelle épopée du groupe de chasse « Normandie-Niemen », Espoir n°129, janvier 2002

1942, jours sombres pour la France dont l'armée a été vaincue deux ans plus tôt en quelques semaines.
Les Forces françaises libres ne se résignent pas à la défaite.

Un petit nombre d'unités continue la lutte. En Egypte, en Syrie, au Liban, au Tchad, en Libye, dans les îles du Pacifique, sur terre et dans les airs, l'armée française est présente.

Le général de Gaulle décide qu'une unité d'aviation de chasse française sera présente sur le front de l'Est.

Il existe déjà deux groupes de chasse l'« Alsace » et l'« Ile de France ». Le troisième groupe s'appellera « Normandie ».

Après de longues négociations avec l'URSS, le groupe constitué à Rayak au Liban, rejoint après un long périple, le 29 novembre, la base d'Ivanovo, ville située à 250 kilomètres au nord-est de Moscou.

Soixante militaires français, dont 15 pilotes (1) tous volontaires, vont représenter la France sur le sol soviétique pour combattre le nazisme. L'instruction des Français durera du 2 décembre 1942 au 14 mars 1943.

Il faut se familiariser avec la langue et surtout s'adapter aux conditions climatiques très difficiles de l'URSS.

Les Soviétiques, malgré les difficultés économiques liées au conflit, font le maximum pour aider ces combattants venus de l'Ouest.

La vie est très dure pour tous (température descendant jusqu'à -30° ayant une incidence directe sur l'entretien des avions), nourriture, difficulté d'adaptation pour les pilotes pour naviguer et retrouver leur terrain sur ces énormes étendues enneigées. Le matériel de combat choisi ne peut être que soviétique. Ce sera le chasseur Yak dont les versions successives satisferont toujours les Français.

Le 19 mars 1943, le général Petit, chef de la mission militaire française à Moscou et le colonel Levandovitch du commandement supérieur des Forces aériennes de l'Armée Rouge inspectent pendant deux jours « Normandie ».

De cette inspection, il est établi que : « Par ses qualités militaires et morales, cette unité est prête pour partir sur le front ».

L'aventure du «Normandie » commence et la première campagne se déroule du 22 mars au 6 novembre 1943.

Première campagne de mars à novembre 1943

Pendant cette première campagne, les 14 pilotes du « Normandie » vont, parfois au prix du sacrifice suprême, impressionner très favorablement le Haut-Commandement de l'Armée Rouge.

Les exploits et la fougue de nos pilotes en combat aérien vont faire l'objet d'un modèle de tactique qui va être cité en exemple et copié même par leurs homologues aviateurs soviétiques.

Le « Normandie » est à la pointe du combat. Les missions consistent notamment à escorter les bombardiers Pe2. La chasse ennemie du secteur est assurée par la très fameuse Première Armée aérienne Mölders.

Le 5 avril, la patrouille (sous-lieutenant Durand, lieutenant Préziosi) obtient les deux premières victoires du groupe.

Les combats vont succéder aux combats, toujours plus âpres, au cours des quels les victoires vont s'accumuler mais avec leur inévitable lot de pertes. Celles-ci vont devenir si importantes que des renforts seront nécessaires. Ils arriveront à compter du 10 mai 1943.

Le 19 juin pour la première fois, la Pravda publie le nom de cinq officiers français décorés de « l'Ordre de la Guerre pour la Patrie ».

Le 14 juillet, « Normandie », unité minuscule sur l'immensité du territoire soviétique, voit flotter le drapeau français lors d'une prise d'armes de dix minutes entre Français et Soviétiques.

Trois jours plus tard, c'est au tour du commandant Tulasne de ne pas rentrer. Il sera remplacé par le commandant Pouyade tandis que le sous-lieutenant Albert et le capitaine Préziosi obtiennent la trentième victoire du groupe.

Les mécaniciens français, débordés et trop peu nombreux, sont remplacés par des mécaniciens soviétiques. Trente-trois pilotes arrivent en renfort du 22 décembre 1943 au 28 février 1944, puis dix-huit autres en mai.

« Normandie », qui compte maintenant quatre escadrilles, est à juste titre considérée comme unité d'élite.

« Normandie » est désormais la seule unité de chasse française connue à ce jour à porter l'appellation de régiment et à être pourvue d'un drapeau.

« Normandie », qui compte alors 61 pilotes, entre dans sa deuxième campagne.

Deuxième campagne de mai à novembre 1944


Les actes de bravoure deviennent le quotidien des aviateurs français. Notons, lors de cette deuxième campagne, la faste journée du 16 octobre pour « Normandie » qui, en cent sorties, s'octroie 29 victoires sans une seule perte.

Deux jours plus tard, en quatre vingt-huit sorties, les casseroles d'hélices tricolores abattent 12 avions. Le 20 octobre, soixante-neuf sorties, onze nouvelles victoires, le 22, cinquante-six sorties, quatorze autres victoires sans perte.

Le 27 novembre 1944, « Normandie » a le privilège d'être la première unité française à stationner sur le sol allemand.

Le 28, les lieutenants Albert et de La Poype sont élevés à la dignité de « héros de l'Union soviétique » et, par ordre de Staline, l'unité reçoit le titre de « Régiment du Niemen ».

A compter de ce jour, « Normandie » portera fièrement l'appellation de Régiment Normandie-Niemen.

Le 9 décembre, le général de Gaulle accueille à Moscou tous les pilotes du « Normandie-Niemen » qui reçoivent honneurs et décorations.

Troisième campagne de janvier à mai 1945

Le 12 janvier, le rouleau compresseur soviétique se remet en marche sur la Prusse orientale et la Pologne. Les chars soviétiques se battent à sept contre un, l'aviation à dix-huit contre un.

Le lieutenant-colonel Pouyade, victime d'un accident de voiture, laisse son commandement au commandant Delfino.

Les anciens partent en permission et, le 30 décembre 1944, le lieutenant Marchi remporte la deux centième victoire.

Les 19, 21 et 23 janvier 1945, l'héroïsme du « Normandie-Niemen » est récompensé par trois citations à l'ordre du jour du maréchal Staline.

Le 21 février, il ne reste que vingt-cinq pilotes. Le 20 mars, le « Normandie- Niemen » se voit remettre l'Ordre du Drapeau Rouge.

Le 12 avril, le lieutenant Henry abat un FW 190 ; ce sera la dernière victoire du « Normandie-Niemen ». Hélas, ce pilote sera, quelques heures plus tard, victime d'une salve d'artillerie.

Le 9 juin 1945, considérant le comportement exemplaire des pilotes français sur le front soviétique, le maréchal Staline estime qu'il serait injuste de les désarmer. Il leur fait don de leurs avions Yak 3, qui se poseront, le 20 juin, au Bourget devant une foule énorme venue les accueillir.

Ainsi se termine l'épopée commencée le 22 mars 1943 ; le « Normandie-Niemen » a obtenu 273 victoires confirmées, 37 probables et 47 avions endommagés en 869 combats aériens.

Quatre pilotes ont été élevés à la dignité de « Héros de l'Union soviétique ».

Vingt-et-un ont été faits compagnons de la Libération par le général de Gaulle.

Quarante-deux pilotes français sont morts pour la France sur un total de quatre vingt-seize, qui participèrent aux trois campagnes. Leurs noms sont inscrits sur une plaque commémorative, scellée sur la façade de la maison de la Mission militaire française à Moscou.

Un musée, créé aux Andelys (Eure), retrace cette fabuleuse épopée (2). Quand vous visiterez ce musée, unique en France, vous serez pris comme nous par une espèce de culte pour toute l'abnégation, l'héroïsme, les joies, les peines, les sacrifices que représentent ces souvenirs que nous nous devons de citer en exemple aux jeunes générations.

(1) 14 pilotes de chasse et un pilote de liaison.

(2) Avec en 2009 la mise en sommeil des traditions du régiment de chasse et la dissolution de l’escadrille russe Normandie-Niemen, ce mémorial semble actuellement remis en question. Voir l’appel lancé à ce propos sur le site : http://normandieniemen.free.
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Festival de cannes 1946...Et ça c'est du cinéma !

16 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #La République, #La nation ., #Histoire

Publié par Jean Lévy

 

 

Festival de cannes 1946...Et ça c'est du cinéma !
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Festival de cannes 1946...Et ça c'est du cinéma !
 
Canaille le Rouge, le c@rnet, ses p@ges.Canaille le Rouge,
le c@rnet, ses p@ges.

 

Cannes, le festival,

une histoire de lutte de classe

Publié le 14 Mai 2015

La première trahison

de la SFIO

après la guerre

Cannes, le festival, une histoire de lutte de classe

Pour info et pas seulement pour l'anecdote : la présence de la CGT dans l'histoire du festival de Cannes est une grande et belle histoire qui demanderait à être mise au grand jour et écrite. Elle est liée aux conditions de l’immédiat après guerre, de l'affrontement avec l'impérialisme culturel des USA tel que prévu dans le plan Marshall et ratifié par les accords Blum Byrnes.

A défaut d’avoir pu imposer l’AMGOT - "gouvernement militaire allié des territoires occupés, en anglais Allied Military Government of Occupied Territories", une administration de la France par les troupes anglo-américaine que De Gaulle rejettera dans la trajectoire du CFLN à Alger puis des conditions de la libération du Pays dont la Résistance et les armées françaises (Le Clerc et Delattre) la puissance du PCF et celle de la CGT) qui déinsteureront la République- des discussions s'ouvrent dès 1945 pour examiner les conditions de l'aide américaine à la reconstruction.

Avec J. Monnet (le fameux « père de l’Europe »), Blum, Léon, père spirituel de Guy Mollet puis de,… puis de,… puis de, pour arriver à Hollande Valls et Macron (n'oubliez quand même pas les barreaux intermédiaires) était le représentant de la France dans les négociations des déclinaisons pour la France du plan Marschall. Négociation qui se déroulent aux USA.

Le 1er Janvier 1946 ces "accords économiques" avec les USA représentés par James F. Byrnes (prononcer « beurneuss » ) secrétaire d’état US sont signés à Washington.  

L’industrie cinématographique est un des chapitres de ces accords et une monnaie d'échange. Ils permettent la libre pénétration du cinéma américain en France en échange d'importants avantages financiers concédés au trésor français. La profession les dénoncera ce marché. La CGT et le PCF comme organisations nationales et leurs implantations dans les studios de production seront à la tête de ce mouvement,mobiliseront largement.

Qu’est-ce qui dans ces textes met le feu aux poudres ? Les accords Blum-Byrnes prévoyait l’installation de quota de diffusion de film US où Byrnes exige un retour aux accords de 1933, qui prévoyaient un quota fixe de films américains par an projetés dans les salles françaises avec en 1946 un nombre encore plus réduit pour la production française que la part de film français autorisé en …1941-42 sous l’occupation allemande.

De son côté, le secteur du cinéma français demande que sept semaines sur treize soient réservées uniquement à la diffusion de films français.

Cette question sera le catalyseur dans le cadre de ce qui s’appelait la Renaissance française et la reconstruction du pays. Pour montrer la réalité de la création cinématographique française et le coup de poignard des accords B&B, la profession avec une puissante CGT parmi les artistes et l’industrie cinématographique, autour d’eux la CGT et tout le monde du travail, avec aussi un puissant PCF, en protestation à ces accords, tous vont conduire à la réactivation d’un projet de festival du film dont la première mouture (pour s’opposer à la Mostra de Venise alors inféodée aux fascistes) avait été stoppée par la guerre.

Pour comprendre les raisons d’une colère si forte dans la profession et la montée rapide et massive du rapport de forcs, il faut avoir en tête (et les média sont plus que très discret là dessus) que la résistance et la CGT sont particulièrement fortement implanté dans le spectacle et le cinéma. Depuis 1936 le PCF a des liens fort avec la création cinématographique (se souvenir de Renoir et la Marseillaise, des films ont été produit par des coopératives progressistes de production avant la guerre, des fédérations d'industrie ont commandé des réalisation pour porter les transformation imposées par les acquis du front populaire (Métaux, Construction, Cheminots).

Le spectacle, de l'Opéra au cinéma en passant par le théatre aura une activité de résistance majeure seront des vecteurs du combat contre la collaboration.

Les archives du Musée de la Résistance ont des pièces émouvantes, parfois savoureuses, héroïques toujours.

Par exemple un Bernard Blier en arme chassant en aout 44 les miliciens du siège de la CGT Rue Lafayette au coté de son capitaine de détachement FTP JP Lechanois.

J Gabin engagé volontaire dans les FFL qui sera des combats au sein de pour finir sa campagne dans la  libération de la poche de Royan en 1945, Aimos qui sera tué durant la libération de Paris, Henri Alekan, chef opérateur de Bataille du rail et La Belle est la Bête était un des responsables du Front National du cinéma et un de ceux qui fera le relevé cinématographique clandestin des défenses de la côte méditerranéenne pour les alliés dans une locomotive avec René Clement. Comme chez les acteurs et les techniciens, les musiciens ont été de ce combat et seront acteurs de la renaissance culturelle après avoir résisté comme Georges Auric Désormière, Dutilleux et combien d’autres, comme Michel Tagrine violoniste, lieutenant FTP de la Cie St Just qui mourra dans les combats pour la libération de Paris. Des personnages et moments sur lesquels il va falloir imposer que l’histoire reviennent, ils et elles se sont battus pour la libération politique, économique et culturelle du pays. Notons que tous ces noms parfois mondialement connus était massivement syndiqués à la CGT. Un engagement qui dans les conditions de la profession est une des données de l’histoire du cinéma Français (le syndicat des acteurs adhère à la CGT en 1936 ).

Une histoire avec des facettes mal connues. Qui parmi ceux qui lui vouent admiration parfois culte savent qu' à la mort de Gérard Philippe (lui même FFI qui participera aux combats d'aout 44 à Paris) il aura comme sccesseur successeur  un certain JP Belmondo qui est pointé dans le Maîtron comme président du syndicat CGT des acteurs?

C’est dans ce contexte qu'en 1946  la CGT propose et construit Cannes contre les accords Blum Byrnes, un défi relevé en moins de six mois.

Notons que si conflit il y a avec les magnats d’Hollywood, la solidarité jouera à font avec UA (unitedS artists) coopérative fondée par Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D. W. Griffith. Combien d’autres UA, avant de se faire étrangler par les banques, comptera dans ses rangs? Piocher au hasard :  Yul Brunner, Burt Lancaster Sinatra, Kirk Douglas, J Wayne (avant qu’il se fascise). UA qui fit travailler tout ces réalisateurs qui à l’image de Dalton Trumbo et Chaplin seront pourchassés par le maccarthysme.

Cette solidarité contre les «Major » conduira les battus des deux côtés de l’atlantique (ici en France au premier rang le MRP et la SFIO) à dire devant leur défaite que Cannes sera soutenu par Hollywood ce qui est une contre vérité et uneoffense aux acteurs et techniciens d’UA et un blanchiment de MGM et Universal et autres.

Pour l’anecdote (mais pas que), si la fédé du spectacle est naturellement dans l’organisation culturelle de Cannes, malgré les embûches et parfois tentative de les écarter, l’UL de Cannes, dont le Syndicat CGT des Cheminots sont présents, toujours  actifs dans sa réalisation.

La réaction municipale a pu raser le « palais du festival » construit avec la CGT par la population, des fondations aux rideaux rouges de scène dont les couturières seront applaudies debout par la salle lors de la première remise des récompenses, elle n’a pas pu et ne pourra pas effacer ce qu’est ce festival ; vous savez maintenant à la lumière de ses racines les enjeux d'aujourd'hui autour de l’originalité du cinéma français pourquoi cette originalité de l’avance sur recette,heritage de ce rapport de force pour soutenir la création, pourquoi aussi ce statut particulier qui installe une zone diplomatique d’extraterritorialité permettant à des professionnels du cinéma du monde entier, pourchassés dans leur pays de venir répondre aux journalistes protégés par un statut diplomatique, de pouvoir recevoir leur récompense parfois à peine sortie de prison par la pression internationale qui arrive parfois à les en arracher et surtout …d’empêcher qu’ils y retournent.

C’est lié à la Résistance, à la Libération et ses conditions en France au pacte républicain symbolisé par le Conseil National de la Résistance. Autant de chose qui ne s’apprend pas dans les programmes scolaires et qu’il serait pas mal que chacun de nous face découvrir et explique autour de soi et apprenne à ses enfants.

 

 

Pour en savoir plus du côté des acteurs (qui ne sont qu'une partie de l'industrie cinématographique un titre : Marie-Ange RauchDe la cigale à la fourmi, histoire du mouvement social et syndical des artistes interprètes 1840-1960, Paris, 2006, Éditions de l’Amandier

Festival de cannes 1946...Et ça c'est du cinéma !

Pour info et pas seulement pour l'anecdote : la présence de la CGT dans l'histoire du festival de Cannes est une grande et belle histoire qui demanderait à être mise au grand jour et écrite. Elle est liée aux conditions de l’immédiat après guerre, de l'affrontement avec l'impérialisme culturel des USA tel que prévu dans le plan Marshall et ratifié par les accords Blum Byrnes.

A défaut d’avoir pu imposer l’AMGOT - "gouvernement militaire allié des territoires occupés, en anglais Allied Military Government of Occupied Territories", une administration de la France par les troupes anglo-américaine que De Gaulle rejettera dans la trajectoire du CFLN à Alger puis des conditions de la libération du Pays dont la Résistance et les armées françaises (Le Clerc et Delattre) la puissance du PCF et celle de la CGT) qui déinsteureront la République- des discussions s'ouvrent dès 1945 pour examiner les conditions de l'aide américaine à la reconstruction.

Avec J. Monnet (le fameux « père de l’Europe »), Blum, Léon, père spirituel de Guy Mollet puis de,… puis de,… puis de, pour arriver à Hollande Valls et Macron (n'oubliez quand même pas les barreaux intermédiaires) était le représentant de la France dans les négociations des déclinaisons pour la France du plan Marschall. Négociation qui se déroulent aux USA.

Le 1er Janvier 1946 ces "accords économiques" avec les USA représentés par James F. Byrnes (prononcer « beurneuss » ) secrétaire d’état US sont signés à Washington.

L’industrie cinématographique est un des chapitres de ces accords et une monnaie d'échange. Ils permettent la libre pénétration du cinéma américain en France en échange d'importants avantages financiers concédés au trésor français. La profession les dénoncera ce marché. La CGT et le PCF comme organisations nationales et leurs implantations dans les studios de production seront à la tête de ce mouvement,mobiliseront largement.

Qu’est-ce qui dans ces textes met le feu aux poudres ? Les accords Blum-Byrnes prévoyait l’installation de quota de diffusion de film US où Byrnes exige un retour aux accords de 1933, qui prévoyaient un quota fixe de films américains par an projetés dans les salles françaises avec en 1946 un nombre encore plus réduit pour la production française que la part de film français autorisé en …1941-42 sous l’occupation allemande.

De son côté, le secteur du cinéma français demande que sept semaines sur treize soient réservées uniquement à la diffusion de films français.

Cette question sera le catalyseur dans le cadre de ce qui s’appelait la Renaissance française et la reconstruction du pays. Pour montrer la réalité de la création cinématographique française et le coup de poignard des accords B&B, la profession avec une puissante CGT parmi les artistes et l’industrie cinématographique, autour d’eux la CGT et tout le monde du travail, avec aussi un puissant PCF, en protestation à ces accords, tous vont conduire à la réactivation d’un projet de festival du film dont la première mouture (pour s’opposer à la Mostra de Venise alors inféodée aux fascistes) avait été stoppée par la guerre.

Pour comprendre les raisons d’une colère si forte dans la profession et la montée rapide et massive du rapport de forcs, il faut avoir en tête (et les média sont plus que très discret là dessus) que la résistance et la CGT sont particulièrement fortement implanté dans le spectacle et le cinéma. Depuis 1936 le PCF a des liens fort avec la création cinématographique (se souvenir de Renoir et la Marseillaise, des films ont été produit par des coopératives progressistes de production avant la guerre, des fédérations d'industrie ont commandé des réalisation pour porter les transformation imposées par les acquis du front populaire (Métaux, Construction, Cheminots).

Le spectacle, de l'Opéra au cinéma en passant par le théatre aura une activité de résistance majeure seront des vecteurs du combat contre la collaboration.

Les archives du Musée de la Résistance ont des pièces émouvantes, parfois savoureuses, héroïques toujours.

Par exemple un Bernard Blier en arme chassant en aout 44 les miliciens du siège de la CGT Rue Lafayette au coté de son capitaine de détachement FTP JP Lechanois.

J Gabin engagé volontaire dans les FFL qui sera des combats au sein de pour finir sa campagne dans la libération de la poche de Royan en 1945, Aimos qui sera tué durant la libération de Paris, Henri Alekan, chef opérateur de Bataille du rail et La Belle est la Bête était un des responsables du Front National du cinéma et un de ceux qui fera le relevé cinématographique clandestin des défenses de la côte méditerranéenne pour les alliés dans une locomotive avec René Clement. Comme chez les acteurs et les techniciens, les musiciens ont été de ce combat et seront acteurs de la renaissance culturelle après avoir résisté comme Georges Auric Désormière, Dutilleux et combien d’autres, comme Michel Tagrine violoniste, lieutenant FTP de la Cie St Just qui mourra dans les combats pour la libération de Paris. Des personnages et moments sur lesquels il va falloir imposer que l’histoire reviennent, ils et elles se sont battus pour la libération politique, économique et culturelle du pays. Notons que tous ces noms parfois mondialement connus était massivement syndiqués à la CGT. Un engagement qui dans les conditions de la profession est une des données de l’histoire du cinéma Français (le syndicat des acteurs adhère à la CGT en 1936 ).

Une histoire avec des facettes mal connues. Qui parmi ceux qui lui vouent admiration parfois culte savent qu' à la mort de Gérard Philippe (lui même FFI qui participera aux combats d'aout 44 à Paris) il aura comme sccesseur successeur un certain JP Belmondo qui est pointé dans le Maîtron comme président du syndicat CGT des acteurs?

C’est dans ce contexte qu'en 1946 la CGT propose et construit Cannes contre les accords Blum Byrnes, un défi relevé en moins de six mois.

Notons que si conflit il y a avec les magnats d’Hollywood, la solidarité jouera à font avec UA (unitedS artists) coopérative fondée par Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D. W. Griffith. Combien d’autres UA, avant de se faire étrangler par les banques, comptera dans ses rangs? Piocher au hasard : Yul Brunner, Burt Lancaster Sinatra, Kirk Douglas, J Wayne (avant qu’il se fascise). UA qui fit travailler tout ces réalisateurs qui à l’image de Dalton Trumbo et Chaplin seront pourchassés par le maccarthysme.

Cette solidarité contre les «Major » conduira les battus des deux côtés de l’atlantique (ici en France au premier rang le MRP et la SFIO) à dire devant leur défaite que Cannes sera soutenu par Hollywood ce qui est une contre vérité et uneoffense aux acteurs et techniciens d’UA et un blanchiment de MGM et Universal et autres.

Pour l’anecdote (mais pas que), si la fédé du spectacle est naturellement dans l’organisation culturelle de Cannes, malgré les embûches et parfois tentative de les écarter, l’UL de Cannes, dont le Syndicat CGT des Cheminots sont présents, toujours actifs dans sa réalisation.

La réaction municipale a pu raser le « palais du festival » construit avec la CGT par la population, des fondations aux rideaux rouges de scène dont les couturières seront applaudies debout par la salle lors de la première remise des récompenses, elle n’a pas pu et ne pourra pas effacer ce qu’est ce festival ; vous savez maintenant à la lumière de ses racines les enjeux d'aujourd'hui autour de l’originalité du cinéma français pourquoi cette originalité de l’avance sur recette,heritage de ce rapport de force pour soutenir la création, pourquoi aussi ce statut particulier qui installe une zone diplomatique d’extraterritorialité permettant à des professionnels du cinéma du monde entier, pourchassés dans leur pays de venir répondre aux journalistes protégés par un statut diplomatique, de pouvoir recevoir leur récompense parfois à peine sortie de prison par la pression internationale qui arrive parfois à les en arracher et surtout …d’empêcher qu’ils y retournent.

C’est lié à la Résistance, à la Libération et ses conditions en France au pacte républicain symbolisé par le Conseil National de la Résistance. Autant de chose qui ne s’apprend pas dans les programmes scolaires et qu’il serait pas mal que chacun de nous face découvrir et explique autour de soi et apprenne à ses enfants.

Pour en savoir plus du côté des acteurs (qui ne sont qu'une partie de l'industrie cinématographique un titre : Marie-Ange Rauch, De la cigale à la fourmi, histoire du mouvement social et syndical des artistes interprètes 1840-1960, Paris, 2006, Éditions de l’Amandier

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L’effacement de l’histoire. Par Manlio Dinucci.

14 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La France, #La Russie, #le nazisme, #Histoire, #Comité pour une Nouvelle résistance

L’effacement de l’histoire

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 12 mai 2015

Url de l'article:
http://www.mondialisation.ca/leffacement-de-lhistoire/5448912

Le 70° anniversaire de la victoire sur le nazisme, le 9 mai à Moscou, a été boycotté sur la pression de Washington par tous les gouvernants de l’Ue, sauf le président grec, et mis sous le boisseau par les médias occidentaux, dans une tentative grotesque d’effacer l’Histoire. Non sans résultats : en Allemagne, France et Grande-Bretagne il s’avère que 87% des jeunes ignorent le rôle de l’URSS dans la libération de l’Europe du nazisme. Rôle qui fut déterminant pour la victoire de la coalition antinazie. Après l’attaque de l’Urss le 22 juin 1941 par 5,5 millions de soldats, 3500 chars et 5000 avions, l’Allemagne nazie concentra en territoire soviétique 201 divisions, c’est-à-dire 75% de toutes ses troupes, auxquelles s’ajoutaient 37 divisions de ses satellites (parmi lesquels l’Italie). L’URSS demanda sans relâche aux alliés d’ouvrir un second front en Europe, mais les Etats-Unis et la Grande-Bretagne le retardèrent, aux fins de décharger la puissance nazie sur l’URSS pour l’affaiblir et avoir ainsi une position dominante au terme de la guerre. Le second front fut ouvert avec le débarquement anglo-étasunien en Normandie en juin 1944, quand désormais l’Armée rouge et les partisans soviétiques avaient défait les troupes allemandes en assénant le coup décisif à l’Allemagne nazie.

Le prix payé par l’Union Soviétique fut très haut : environ 27 millions de morts, civils pour plus de la moitié, correspondants à 15% de la population (par rapport aux 0,3% des USA dans toute la Seconde guerre mondiale) ; environ 5 millions de déportés en Allemagne ; plus de 1700 villes et bourgs, 70 mille petits villages, 30 mille usines détruites.

On tente aujourd’hui d’effacer cette page fondamentale de l’histoire européenne et mondiale, en mystifiant aussi les événements successifs. La guerre froide, qui divisa à nouveau l’Europe immédiatement après la Seconde guerre mondiale, ne fut pas provoquée par une attitude agressive de l’URSS, mais par le plan de Washington d’imposer la domination étasunienne sur une Europe en grande partie détruite. Ici aussi les faits historiques parlent. Un mois à peine après le bombardement de Hiroshima et Nagasaki, en septembre 1945, on calculait déjà au Pentagone qu’il fallait plus de 200 bombes nucléaires pour attaquer l’URSS. En 1946, quand le discours de Churchill sur le « rideau de fer » ouvrait officiellement la guerre froide, les USA avaient 11 bombes nucléaires, qui en 1949 grimpaient à 235, alors que l’URSS n’en possédait pas encore. Mais en cette année-là l’Urss effectua la première explosion expérimentale, en commençant à construire son propre arsenal nucléaire.

Dans cette même année l’Otan fut fondée à Washington, en fonction anti-soviétique, six ans avant le Pacte de Varsovie constitué en 1955. La guerre froide terminée, à la suite de la dissolution en 1991 du Pacte de Varsovie et de l’Union Soviétique elle-même, l’Otan s’est étendue sur pression de Washington jusqu’à l’intérieur du territoire de l’ex URSS. Et quand la Russie, s’étant reprise de la crise, a reconquis son rôle international en liant des rapports économiques croissants avec l’Ue, le putsch en Ukraine, sous gestion Usa/Otan, a ramené l’Europe dans un climat de guerre froide.

En boycottant dans le sillage des USA le 70° anniversaire de la victoire sur le nazisme, l’Europe occidentale (celle des gouvernements) efface l’histoire de sa propre Résistance, qu’elle trahit en soutenant les nazis arrivés au gouvernement à Kiev. Elle sous-évalue la capacité de la Russie à réagir, quand elle est envoyée dans les cordes. Elle a l’illusion de pouvoir continuer à dicter sa loi, quand la présence à Moscou des plus grands représentants des BRICS, à commencer par la Chine, et de nombreux autres pays confirme que la domination impériale de l’Occident est sur la voie du déclin.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 12 mai 2015 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/la-cancellazione-della-storia/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Manlio Dinucci est géographe et journaliste. Il a une chronique hebdomadaire “L’art de la guerre” au quotidien italien il manifesto. Parmi ses derniers livres: Geocommunity (en trois tomes) Ed. Zanichelli 2013; Geolaboratorio, Ed. Zanichelli 2014;Se dici guerra…, Ed. Kappa Vu 2014.

Copyright © 2015 Mondialisation.ca

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Les États-Unis vainqueurs militaires de la Seconde Guerre Mondiale en Europe ? Vous le croyez vraiment ?

12 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #Comité pour une Nouvelle résistance, #La guerre, #AMERIQUE, #La France, #La Russie

samedi 9 mai 2015

Les États-Unis vainqueurs militaires de la Seconde Guerre Mondiale en Europe ? Vous le croyez vraiment ?

 
Combattante de l'Armée Rouge à Berlin, 1945
En ce 9 mai, jour historique de célébration pour tous les russes de la victoire contre l'Allemagne nazie, à l'heure où les commémorations de Moscou sont honteusement boycottées par Hollande et les chefs d'états occidentaux soumis au diktat américain, je reprends ici, l'analyse historique de mon ami Ni Ando, initialement publiée en 2009, qui remet les choses à leur place en ce qui concerne la vérité historique :


Les États-Unis vainqueurs militaires de la Seconde Guerre Mondiale en Europe ?

 Cette question peut être abordée sous trois angles:

- celui de la contribution militaire aux pertes (critère imparfait certes).
- celui de la chronologie des opérations.
- celui du poids respectif des fronts.

Nous citons Omer Bartov, historien dont la notoriété et la qualité des travaux sont incontestables.

1- Contribution militaire aux pertes.

S'agissant du niveau de ces pertes, une évaluation étasunienne donne 400.000 pour les pertes de l'US Army dont sans doute 230.000 en Europe et Afrique du Nord. Les pertes de la Wehrmacht ont été revues à la hausse ces dernières années (de 4.000.000 initialement à 5.533.000 aujourd'hui). Les pertes soviétiques ont été recalculées à trois reprises entre 1945 et 1991. Les tués au combat de l'Armée rouge représentent près de 5.000 morts par jour, soit des pertes journalières quatre fois plus élevées que celles subies par l’armée impériale russe sur ce même front de 1914 à 1917.
La commission d'historiens constituée en 1987 en Fédération de Russie évalua le bilan des pertes à 26,6 millions dont près de 10 millions de tués pour l'Armée rouge, 10 millions pour les pertes civiles directes et 7 millions pour les pertes civiles indirectes (surmortalité). Les chiffres donnés pour l'extermination de civils concernent des civils abattus individuellement ou collectivement par le Reich dans les territoires soviétiques conquis et occupés en 1941, 1942 et jusqu'en 1943.

Tués de l’Armée rouge. 9.450.000.
dont tués directs. 6.400.000
dont prisonniers de guerre soviétiques exterminés. 2.500.000.
dont morts d’accidents et fusillés par le NKVD. 550.000.

Le total des pertes militaires et civiles de l'Allemagne et de l'Union soviétique réunies représentent 75% du total des pertes humaines subies en Europe (87% avec la Pologne, en quatrième vient la Yougoslavie avec 2,1%).
Si l'on ne considère que les pertes militaires, tous camps confondus, les tués de l’Armée rouge constituent 53% du total des pertes militaires connues en Europe, ceux de la Wehrmacht 31% et ceux de l’armée nord-américaine 1,3% (Royaume-Uni 1,8%, France 1,4%). Le total des pertes militaires seules de l'Allemagne et de l'Union soviétique réunies représentent donc 84% du total de toutes les pertes militaires subies en Europe.
Les pertes militaires de l’Union soviétique représentent 88% du total des pertes alliées en Europe (Royaume-Uni 3% - France 2,3% - Etats-Unis 2,2%).
De 1941 à 1945, 80% des pertes de la Wehrmacht sont subies sur le front russe. "Fin mars 1945, la totalité des pertes de l’Ostheer (la Wehrmacht sur le front russe) s’élevait à 6.172.373 hommes, soit prés du double de ses effectifs initiaux, au 22 juin 1941. Ce chiffre représentait 80% des pertes subies par la Wehrmacht sur tous les fronts depuis le déclenchement de l’invasion de l’Union soviétique. En termes relatifs, les unités combattantes sur le front russe avaient subi des pertes encore plus importantes". O. Bartov.
Les pertes militaires du conflit germano-russe au sens strict (les seules opérations militaires impliquant une confrontation entre l'Armée rouge et la Wehrmacht) sont de 13.876.400 soit 78% du total des pertes militaires subies en Europe. Si l'on rajoute les forces de l'Axe qui combattirent en Russie (Hongrie, Roumanie, Italie qui eut jusqu'à 200.000 hommes sur ee front) le rapport est encore plus élevé.

2- La chronologie des opérations.

Début 1944, l’Armée rouge met en ligne deux fois plus de chars, quatre fois plus d’avions d’assaut que le Reich. Engagée dans une guerre totale contre la Russie, l’industrie de guerre allemande « tourne » pourtant au maximum de ses capacités et ne cesse de se développer jusqu’au début de 1945 (ses dépenses militaires passent de 35% du PNB en 1940 à 65% en 1944). Dés la fin de 1943, la poussée des armées soviétiques vers l’Allemagne, parsemée de batailles dont l’ampleur et la férocité sont sans équivalent à l’Ouest, apparaît irrésistible. Même si en 1943 la Wehrmacht peut encore aligner 258 divisions en Union soviétique (5 millions d’hommes sur le papier, en fait probablement moins de 3 millions, soit prés de 80% des effectifs totaux de l’armée allemande qui compte en tout 320 divisions fin 1943) il s’agit d’une armée saignée à blanc, qui a perdu ses capacités d’initiative et ses meilleures troupes.
Les armées soviétiques attaquent sans interruption depuis août 1943, sur un front continu de plus de 2.000 km. La Wehrmacht subi défaite sur défaite. Les Russes ont adopté les techniques de la guerre-éclair, et font des centaines de milliers de prisonniers (en mai 1945 on dénombre plus de 3 millions de prisonniers allemands détenus en URSS). Le 5 août 1943 une salve d’honneur fête la libération d’Orel. Le 5 août 1943 est ainsi le début du temps des « Salves de la Victoire ». Minsk est libérée en juillet 1943, Smolensk en septembre.
Le 8 avril 1944, alors que les alliés n’en sont qu’aux préparatifs de leur débarquement en France, une salve de 324 canons marque, à Moscou, l’arrivée de l’Armée rouge en Roumanie et en Tchécoslovaquie. Fin avril 1944, les Russes sont aux portes de la Prusse orientale. En juin 1944, avec 124 divisions et prés de 6.000 chars d’assaut, ils infligent sur un front de 600 km une défaite totale aux divisions allemandes qui combattent en Biélorussie. L'"opération Bagration" aboutit à la destruction complète du groupe d'armées Centre, et constitue la plus grande défaite de la Wehrmacht de la Seconde Guerre Mondiale (380.000 tués et 150.000 prisonniers, 25 divisions anéanties). En juillet 1944, les fantassins soviétiques sont sur la frontière polonaise. Le 28 août ils pénètrent en Hongrie (conquise fin décembre après de très durs combats), en septembre les pays baltes sont libérés, les divisions russes entrent en Finlande. En octobre, les Russes sont en Yougoslavie. Pour la seule année 1944, les armées russes anéantissent 136 divisions allemandes et 50 des pays satellites.
La Russie lance l’offensive finale sur l’Allemagne en plein hiver, sur un front s’étendant de la Baltique à l’Adriatique, avec 6,7 millions de combattants, prés de 8.000 chasseurs et bombardiers, 5.000 pièces d’artillerie autotractées, 7.000 chars contre 3.500, 50.000 canons. Varsovie est libérée le 17 janvier 1945. Le 19 janvier 1945, les premières unités pénètrent en Allemagne. Les chef militaires soviétiques ont la possibilité de foncer sur Berlin dés février (le 30 janvier 1945 les armées de Joukov sont sur l’Oder, à 70 km de la Chancellerie du Reich) mais ils préfèrent d’abord liquider le corps d’armées de la Wehrmacht en Prusse-Orientale puis le réduit de Poméranie, qui menacent leur flanc nord, et nettoyer le flanc sud (Europe centrale). 60 divisions allemandes ont été anéanties lors de ce premier assaut. Pour ralentir la poussée furieuse des Russes, le commandement allemand transfère encore 29 divisions du front ouest vers l’Est, dégarnissant encore un front ouest qui, pourtant, mobilisait déjà moins de 25% des forces du Reich depuis juin 1944.
Le 13 janvier 1945, l’Armée rouge se lance à l’attaque de la Prusse Orientale avec 1,6 million de soldats. La Wehrmacht attend l’assaut avec 45 divisions, soit 580.000 soldats. Au terme de combats d’une incroyable férocité les poches de résistance de l’armée allemande sont liquidées les unes après les autres. Le désastre est total pour l’armée allemande. Il ne reste pratiquement plus rien de son corps d’armées de Prusse-Orientale après seulement trois mois d’offensive russe. Toute l’Allemagne s’ouvre alors à l’Armée rouge.
Les Nord-Américains ne parviennent à traverser le Rhin que le 7 mars 1945 (le 31 mars pour la 1ère Armée française). Le 13 avril 1945 les Russes ont déjà conquis Vienne. Le 16 avril, la Stavka lance à l’assaut de Berlin (3,3 millions d’habitants) une armée de 2,3 millions de combattants équipée de 41.600 canon, épaulés de 6.200 chars et canons autopropulsés, 7.200 avions (quatre armées aériennes). Le 9 mai, l’Allemagne, représentée par Keitel, signe à Berlin (Karlshorst), devant son vainqueur représenté par Joukov, sa capitulation sans conditions.

3- L'importance respective des fronts.

« C’est en Union soviétique que la Wehrmacht eut les reins brisés, bien avant le débarquement des Alliés en France; même après juin 1944, c’est à l’Est que les Allemands continuèrent à engager et à perdre la majorité de leurs hommes. Pour l’écrasante majorité des soldats allemands, l’expérience de la guerre fut celle du front russe ». O. Bartov.
De juin 1941 à juin 1944, le front de la Seconde Guerre Mondiale, en Europe, est le front russo-allemand. Jusqu'en mars 1945, la Wehrmacht y consacre l’essentiel de ses ressources en hommes et en matériels. 34 millions de Soviétiques sont mobilisés dans les rangs de l’Armée rouge de 1941 à 1945, tandis que quelques 20 millions d’Allemands portent, à un moment ou à un autre, l’uniforme de la Wehrmacht sur le front russe.
En juillet 1943, lors de la gigantesque bataille de Koursk, à peine sept divisions et deux brigades (2,7% des forces allemandes) sont engagées face aux Américains et aux Britanniques. Le reste (91 divisions et 3 brigades) se trouve cantonné dans les territoires de l’Europe occupée. Les alliés ont certes pris pied en Afrique du Nord en novembre 1942 (débarquement de 70.000 hommes à Alger et Oran), en Sicile en juillet 1943 (160.000 hommes), en Italie à Salerne (sud de Naples) en septembre 1943 et à Anzio en janvier 1944, mais les moyens engagés pèsent encore de peu de poids (la Wehrmacht n'a que 23 divisions en Italie début 1944) comparés à la démesure des effectifs et des matériels présents depuis 1941 sur le front russe.
La comparaison est difficile entre la guerre sur le front russe, depuis 1941, et celle menée sur le front ouest, essentiellement à partir de juin 1944. Sur le premier, on assiste à une « Guerre de Titans » démesurée et totale. La « guerre industrielle » y atteint un paroxysme jamais égalé depuis, parsemée de gigantesques batailles d’anéantissement. Sur le front ouest, on voit des combats d’arrière-garde, sans influence sur l’issue d’une guerre que l’état-major allemand sait avoir perdu face à l'Union soviétique dés 1943.
La part du front russe dans les opérations de la Wehrmacht est écrasante, y compris jusqu’en mai 1945. La comparaison des pertes subies par la Wehrmacht sur les deux fronts à partir de juin 1944 montre bien, encore une fois, la part presque exclusive du front russe même après le débarquement des alliés. Du 1er juillet au 31 décembre 1944, pendant cinq mois, lors de la grande offensive soviétique contre le groupe d’armées du Centre, les Allemands perdent chaque mois en moyenne 200.000 soldats. A l’Ouest, au cours de la même période, c’est-à-dire après le débarquement allié en Europe, la moyenne des pertes allemandes s’élève seulement à 8.000 hommes par mois (soit un rapport de 1 à 25).
Quand les alliés débarquent le 6 juin 1944, l'essentiel de la capacité militaire allemande a déjà été anéantie par l'Union soviétique. Elle ne peut plus guère opposer aux troupes alliées qui viennent d’être débarquées en Normandie (150.000 hommes) que 30 divisions, réparties dans un rayon de 250 km autour de la zone de débarquement. Il s’agit de divisions dont la valeur opérationnelle n’a plus grand chose à voir avec celle des 200 divisions qui attaquèrent la Russie en juin 1941, d’unités ramenées à 25% de leurs effectifs de combat, avec peu de matériels, et composées de rescapés du front russe et d’adolescents n’ayant pas connu le feu. En juillet 1944, plus d’un million d’hommes auront été débarqués en France (60 divisions nord-américaines, 18 anglaises, 10 françaises). La seule vraie réaction d’envergure de l’Allemagne sera la contre-offensive des Ardennes de décembre 1944 où elle ne parviendra pourtant qu’a engager... 21 divisions, qui suffiront cependant à stopper la progression américaine, alors que depuis octobre 1944 l’Armée rouge se trouve déjà à 70 km de Rastenburg, QG de Hitler en Prusse Orientale.
Le front ouvert en juin 1944 aura donc eu, militairement, environ neuf mois d’existence contre 47 mois pour le front russe où, là, les combats resteront acharnés jusqu’au tout dernier jour.
L’ouverture d’un second front obligera le Reich à dégarnir le front russe. Mais le front ouest (France, Italie) ne mobilisera jamais plus de 75 divisions allemandes, dont une minorité de divisions combattantes, à comparer aux 220 divisions de la Wehrmacht début 1944, qui subissent les assauts des armées russes. Au plus fort de leur engagement en Europe, à la fin de 1944, c’est-à-dire à la fin d’une guerre déjà gagnée, les Etats-Unis mettront en ligne 90 divisions, à comparer aux 360 divisions de l’Armée rouge qui combattent l’Allemagne nazie depuis 1941.
L’étonnante facilité de la progression des armées nord-américaines en Europe à partir de septembre 1944 ("la chevauchée de Patton"…), le faible niveau des pertes en vies humaines de ces forces, font simplement pendant à la défaite qui a emporté la Wehrmacht sur le front russe. A partir de 1945, l’état-major de la Wehrmacht décide d’opposer une résistance de faible intensité à l’avance des troupes alliées en Allemagne tout en poursuivant une guerre féroce et acharnée contre l’Armée rouge (600.000 soldats soviétiques tués pour la libération de la Pologne, 700.000 autres tués dans les combats pour les pays baltes). Les forces britanniques de Montgomery (20 divisions et 1.500 chars) traversent le Rhin en Hollande à partir du 23 mars 1945 sans rencontrer de résistance sérieuse. On mesure le peu d’opposition rencontrée si on observe que la 9ième armée américaine, qui fournissait la moitié de l’infanterie d’assaut, a eu alors moins de 40 tués.
Ainsi que le souligne P. Miquel, les opérations de l’année 1944 ressortent avant tout d’une volonté de « conquêtes territoriales » (avec des implications majeures concernant le partage politique de l’Europe continentale après le conflit) : la question qui se pose en juin 1944 n’est plus celle de la victoire sur l’Allemagne. Le débarquement allié de juin 1944 n’eut ainsi aucune importance sur l’issue militaire du conflit en Europe (politiquement et économiquement c'est évidemment une autre question).

4- Conclusion

La Seconde Guerre Mondiale en Europe a été, pour l’essentiel, une guerre germano-russe (à 80% si l'on veut). C'est le constat d'un rapport de proportion et non celui d'une valeur donnée à tel ou tel camp.
L’intervention des Etats-Unis en Europe, bien trop tardive pour vraiment peser militairement, a essentiellement une motivation politique et économique. Elle a pour objectif d'empêcher Staline d'occuper toute l’Europe de l’Ouest (si tant est qu'il en ait eu l'intention) : en mai 1945 l’Armée rouge occupe l’Autriche et campe aux portes de l’Italie et de la Suisse.
La contribution militaire étasunienne est négligeable (moins de 3% des pertes alliées en Europe). Elle n'est pas décisive militairement car elle n'a pas pesé dans un résultat final déjà acquis, même si cette contribution a accéléré de quelques mois une victoire de toute façon déjà remportée par l'Union soviétique.

La reconstruction, à partir des années 50 (guerre froide aidant) d'une réalité devenue fantasmée ("les Etats-Unis vainqueurs du Second conflit mondial") et la victoire contre le Japon n'enlèvent rien à ce fait. Pour les Français, s'il faut rendre un hommage, c'est donc d'abord aux soldats soviétiques qu'il faut le rendre puisque c'est leur sacrifice qui a permis le débarquement allié de juin 1944 qui les a "libéré".

En Europe, et comme en 1917, en misant peu, les Etats-Unis ont beaucoup récolté: une gloire usurpée (puissance des représentations), une Europe de l'ouest peu ou prou sous tutelle (la leur), la préservation de leurs débouchés économiques en Europe, l'éviction et le remplacement des positions commerciales mondiales occupées par l'Europe en 1940, et l'imposition du dollar. Enfin, en livrant essentiellement une "guerre de matériels", les Etats-Unis ont réussi à s'extirper de leur grande crise des années 30.
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Pour compléter, voir l'excellent article de notre ami Olivier Berruyer :

[L'enseignement de l'ignorance] Quelle est la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne en 1945 ?

 
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