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Le blog de Lucien PONS

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Résurrection de la défense européenne : La plaisanterie ! Par Guillaume Berlat

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN.

Résurrection de la défense européenne : La plaisanterie ! Par Guillaume Berlat

Source : Proche & Moyen Orient, Guillaume Berlat,  19-06-2017

« L’histoire est un perpétuel recommencement » nous enseigne Thucydide ! Nous avons l’occasion de le vérifier chaque jour. C’est devenu un classique du genre. La période actuelle n’échappe pas à la règle. Quand la construction européenne se meurt, ce qui est le cas de nos jours, on nous ressort du chapeau bruxellois la martingale usée de la défense européenne qui renaîtrait tel Lazare de ses cendres. Sans la moindre hésitation, nos folliculaires préférés nous annoncent à grands coups de trompette la renaissance prochaine d’une Europe de la défense. Alléluia.

À gauche avec le Monde, c’est « une étape décisive vers une Europe de la défense »1 complété sous la rubrique éditoriale par « Défense européenne : la fin d’un tabou »2. Bigre. À droite, avec le Figaro, on choisit la voie d’une certaine retenue : « UE : un fonds pour redémarrer la politique de défense »3. Mazette ! Personne ne nous avait avertis qu’elle avait été interrompue. Les Européens seraient décidés, cette fois-ci, de tirer tous les enseignements du « Brexit », des facéties de Donald Trump (sur l’OTAN) et des menaces posées par le terrorisme (multiplication des attentats en Allemagne, Belgique, France, Royaume-Uni…) et la prolifération des armes de destruction massive (multiplication des provocations de la Corée du nord). On reste sans voix devant tant d’audace.

Un retour en arrière s’impose pour mieux appréhender la décision prise par la Commission européenne (organe le moins démocratique de l’Union européenne) et, surtout, ses limites intrinsèques (tenant à l’existence d’un machin qualifié d’Alliance atlantique).

LA DÉFENSE EUROPÉENNE, TOUT SAUF UN LONG FLEUVE TRANQUILLE

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nombreuses ont été les initiatives lancées en vue de mettre sur pied ce que l’on qualifie improprement dans le langage journalistique de défense européenne. Nous devons établir une distinction entre les grands projets et les petits projets.

L’acte de décès des grands projets

De facto, ce sont trois coups de poignards successifs qui vont tuer dans l’œuf le projet d’une défense européenne imaginée, au départ, pour amarrer l’Allemagne au continent et prévenir les folies du IIIème Reich. C’est d’abord la France qui est la manœuvre. Le projet de Communauté européenne de défense (CED) envisage la mise en place d’une armée européenne permettant d’intégrer les futures unités allemandes dans un ensemble placé sous une autorité européenne unique, militaire et politique. Il suscite de très vifs débats en France. Accepté par la plupart des États occidentaux, le projet est rejeté en août 1954 par l’Assemblée nationale française. Finalement, le refus de l’Assemblée nationale française de ratifier le traité instituant la CED entraîne également automatiquement l’abandon du projet de Communauté politique européenne dont il est le corollaire institutionnel.

Ensuite, c’est l’Allemagne qui œuvre. S’il scelle le rapprochement des deux anciens ennemis, la traite d’amitié franco-allemand du 22 janvier 1963, dit traité de l’Élysée soulève un problème de la plus haute importance. En effet, il est vidé de son contenu par le préambule unilatéralement voté par le Bundestag, le 15 juin 1963 : les députés allemands réaffirment à cette occasion leur lien avec les États-Unis et le Royaume-Uni, à la grande colère de De Gaulle, qui voit réduite à néant son aspiration à une Europe indépendante… Enfin, les Britanniques s’opposeront à toutes les velléités françaises de développer une politique de sécurité commune à travers l’Union de l’Europe occidentale (UEO) pour éviter toute duplication avec l’OTAN. Faute de disposer d’architectes, l’Europe doit se contenter de pompiers.

La prolifération des petits projets

Faute de penser un avenir, un grand dessein pour l’Europe sur le long terme, les Européens en sont conduits à multiplier les déclarations et initiatives sans lendemain. À l’évidence, elles relèvent de l’inventaire à la Prévert et sont d’une importance inégale : création en 2001 d’un État-major de l’Union européenne (EMUE) chargé de fournir une capacité d’alerte rapide, de planifier, d’évaluer et de faire des recommandations relatives au concept de gestion des crises et la stratégie militaire générale ; adoption d’une stratégie européenne de sécurité en 20034 ; lancement en 2003 de première opération militaire autonome de l’Union européenne baptisée Artemis ; création en 2004 de l’Agence européenne de défense (AED) visant à soutenir les efforts de défense de l’Union européenne ; adoption en 2006 du concept de « groupements tactiques » en application des décisions du Conseil européen d’Helsinki de 1999 (importance d’une capacité de réaction rapide) ; … conclusions des conseils européens de 2013 et de 2015 dans le domaine de la défense ; proposition franco-allemande de revitalisation de la PSDC du 11 septembre 2016…

Les dernières initiatives européennes sont les suivantes : adoption d’un « paquet défense » en novembre 2016 complété en mars 2017 par la déclaration de Rome promettant d’œuvrer à une industrie de la défense plus compétitive et plus intégrée « en complément de l’OTAN ». Chassez le naturel, il revient au galop dans une Europe atlantiste sans parler de la France depuis qu’elle a retrouvé les chemins de l’organisation militaire intégrée grâce à Nicolas Sarkozy en 20095.

Quelles sont les novations principales de la dernière des initiatives prise par la Commission pour relancer l’idée d’une défense européenne ?

LA DÉFENSE EUROPÉENNE, UN SIGNE D’ÉMANCIPATION ?

À en croire les récents écrits de la presse gavée aux éléments de langage (EDL) bruxellois, nous assisterions au grand retour de la défense européenne rendu possible grâce au grand retour du moteur franco-allemand en espérant qu’il ne fonctionne pas au diesel.

Le grand retour de l’Europe de la défense européenne

On l’aura compris, ce que l’on nous présente aujourd’hui, c’est du sérieux. Oubliés les états-majors fantômes, les « groupements tactiques » et autres « Eurocorps » qui ne s’animent que sur le papier et parfois dans les défilés. Brisé le tabou vieux de plusieurs décennies, celui qui voulait que le projet européen dans le domaine de la sécurité ne soit que civil (le « soft »), le militaire (le « hard ») étant de la compétence exclusive de l’Alliance atlantique (plus précisément de la puissance tutélaire, les États-Unis) située à Evere à quelques arpents de terre du Berlaymont à Bruxelles. On va voir ce que l’on va voir, les Européens vont prendre leur destin en main. En effet, la Commission européenne a proposé le 7 juin 2017 la création d’un tout premier Fonds pour la Défense. Elle suggère aux États membres un plan ambitieux : un budget annuel de 500 millions d’euros pour la recherche à partir de 2020 auquel s’ajouterait la mobilisation (par l’Union et les États) de 5,5 milliards d’euros dans le cadre d’un « volet capacités » doté d’un instrument financier (le mot est lâché) permettant aux pays d’acquérir des équipements militaires en réduisant leurs coûts. Les capitales définiraient en commun leurs besoins d’investissement.

L’objectif poursuivi, parfaitement logique au demeurant, est de dépenser mieux en période de fortes restrictions budgétaires. Dans les milieux bien informés, on précise que l’objectif n’est pas de créer un fonds mais de « mettre en place toute une palette de financements pour soutenir l’intégralité du cycle de développement des capacités de défense ». Telle Ponce Pilate en évitant de parler d’armée européenne, la Commission propose aux États membres le choix entre trois options allant de la minimaliste à la maximaliste : plus de coopération, une sécurité partagée et une défense vraiment commune. Une sorte de QCM.

Le grand retour du moteur franco-allemand dans la construction européenne

Signe supplémentaire de cette volonté d’aller de l’avant au niveau européen (celle des 28 et bientôt des 27 après le départ du Royaume-Uni), l’Allemagne et la France prépareraient des propositions sur un fonds de défense de l’Union européenne à présenter lors d’une réunion ministérielle bilatérale prévue le 13 juillet, déclare la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen. Une coopération sur des drones, des moyens de transport militaires et sur des efforts conjoints pour stabiliser la région du Sahel sont autant de projets qui pourraient être financés par ce nouveau plan, explique-t-elle. « L’Allemagne et la France veulent devenir le moteur d’une union européenne de la défense et mettre en œuvre intelligemment le fonds de défense » précise-t-elle. « Le référendum sur le Brexit et les élections américaines nous ont ouvert les yeux. Les Européens doivent davantage assumer leur propre sécurité ». Elle conclut en indiquant que les ministres des Finances des deux pays œuvrent pour mettre au point des mécanismes, tandis que les ministres de la Défense s’emploient à définir les différents chantiers à lancer.

La Commission européenne n’aurait fait qu’apporter cette semaine son soutien aux projets franco-allemands d’intégration des armées et des industries de l’armement de l’Union européenne. Heureuse initiative6. Reste désormais à savoir ce qu’en penseront nos partenaires peu enclins à faire l’Europe de la défense ailleurs que sous la forme d’un vulgaire pilier européen de l’OTAN et sous la tutelle exigeante du grand frère américain ? Même si nous ne disposons pas encore de leur réponse à cette question, nous imaginons ce qu’elle pourrait être : au mieux embarrassée, au pire dilatoire pour ne froisser personne mais surtout pour ne rien faire de très concret pour faire avancer la recherche de la solution du problème.

Mais quand est-il au juste dans la réalité ? Essayons d’aller un petit peu plus loin que les analyses aseptisées que nous servent quotidiennement nos brillants journalistes français « embedded » sous contrôle7.

LA DÉFENSE EUROPÉENNE, OTAGE DE L’ALLIANCE ATLANTIQUE

Si novateur et si attrayant soit-il, le projet tel qu’il nous est présenté par la Commission européenne, est malheureusement grevé de plusieurs hypothèques qui tiennent aux différentes logiques qui le sous-tendent.

Tout d’abord, il privilégie une logique financière à une logique politique. Il met la charrue avant les bœufs. Nous n’avons aucune précision sur le véritable dessein politique qui préside à ce qui nous est présenté à Bruxelles comme une révolution copernicienne. Robert Azevêdo, directeur général de l’Organisation mondiale pour le commerce souligne que : « L’OMC a besoin de capital politique »8.

C’est bien ce qu’il manque à l’Union européenne. Sur un sujet aussi important, il aurait été plus logique que cette décision de la Commission européenne (l’administration de l’Union) se cantonne à mettre en œuvre sur le plan technique et financier une décision éminemment politique adoptée sous forme de déclaration politique formelle par l’instance politique suprême de l’Union, à savoir le Conseil des chefs d’État et de gouvernement des 27 (l’exécutif sans le Royaume-Uni). Or, il n’en est rien. Mais, comme aurait dit Coluche dans son sketch sur les journalistes : « ne rigolez-pas, c’est avec votre pognon ! ». Les solutions aux problèmes politiques ne sont pas uniquement financières. Elles sont avant tout politiques.

Ensuite, corollaire de la précédente, il privilégie une logique institutionnelle à une logique fonctionnelle. Comme souvent dans la construction européenne, on met en place des structures couteuses sans leur assigner auparavant d’objectif politique précis. À titre d’exemple, on crée un Service européen d’action extérieure (SEAE), sorte de corps diplomatique européen (pléthorique, une authentique armée mexicaine), ayant à sa tête un haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, l’évanescente Federica Mogherini (sorte de ministre des Affaires étrangères qui parle pour ne rien dire si ce n’est réciter quelques éléments de langage de pure langue de bois) pour mettre en œuvre une politique étrangère et de sécurité commune (PSDC qui n’existe toujours pas).

Avec cette logique d’épicier, nous sommes à l’évidence plus au royaume de Franz Kafka et d’Alfred Jarry que dans celui du général de Gaulle attachée à une Europe qui fonctionne dans l’interdépendance entre ses membres et dans l’indépendance avec les États-Unis. Cette manie du millefeuille institutionnel n’est-elle pas la cause de la crise de confiance croissante entre les citoyens et les institutions européennes ?

Enfin, et c’est là que le bât blesse assurément le plus, il privilégie une logique de soumission (à l’OTAN) à une logique d’indépendance (de l’Union européenne). Dans ce domaine, comme dans tant d’autres, il faut que tout change pour que rien ne change. Tout est dit par la taiseuse Federica Mogherini qui déclare : « il n’est pas question non plus de remplacer l’OTAN » même si le plan de la Commission nous explique doctement en langage diplomatique que : « la protection de l’Europe dépendrait désormais d’une responsabilité commune se renforçant mutuellement, celle de l’OTAN et de l’UE ».

En définitive, l’Union européenne demeurerait, ce qu’elle a toujours été dans le passé, une « succursale de l’OTAN ». Comme l’a écrit un jour Régis Debray : « L’occident n’a qu’un seul numéro de téléphone en cas de crise, celui de la Maison-Blanche ». Quand la Maison-Blanche tarde à répondre, c’est l’affolement général. Le président Trump de les rassurer en réaffirmant qu’il ne les abandonnera pas et qu’il restera le chef suprême d’une organisation « obsolète » comme il l’a pourtant dit avec raison9. Tant que ce point essentiel n’aura pas été éclairci et que les 28 n’auront pas abandonné leur ambiguïté constructive en la matière (vouloir plus d’Europe dans les mots en se ruant dans la servitude de l’Amérique dans les faits), rien ne se passera et la défense européenne restera pour longtemps encore dans l’ordre des chimères. « Jouer le bon élève et le meilleur allié des États-Unis ne paie pas »10.

« La première raison de la servitude volontaire, c’est l’habitude » nous enseigne Etienne de la Boétie dans son célèbre, et trop méconnu de nos dirigeants politiques, Discours de la servitude volontaire. Est, c’est bien de cela dont il s’agit lorsqu’on évoque la problématique de la défense européenne ! Que n’a-t-on vu les membres de l’Union européenne, allongés devant leur maître, Donald Trump posant devant le nouveau bunker de l’OTAN à Evere lors du récent sommet des chefs d’État et de gouvernement du 25 mai 2017 après avoir quémandé son engagement envers l’Organisation qu’il avait auparavant qualifiée « d’obsolète » ?11?

À cette occasion, notre grand inquisiteur tweeter écarte de la photo de famille le premier ministre du Monténégro, État tout juste admis à prier dans l’église de la famille occidentale. C’est du bout des lèvres qu’il vient de leur concéder, le 9 juin 2017, son engagement à mettre en œuvre les dispositions de l’article 5 du traité de Washington en cas d’agression contre l’un de ses membres.

Mais, il attend d’eux qu’ils mettent la main au portefeuille pour augmenter leurs budgets de défense avec de l’argent qu’ils n’ont pas, pour la plupart d’entre eux. Au fond, ce n’est pas la création de ce fonds ou de tout autre bidule technocratique qui contribuera, de près ou de loin, à mettre sur pied une véritable défense européenne. Aujourd’hui, ce concept galvaudé relève encore et toujours de l’ordre de la grande illusion12, de la plaisanterie13.

Guillaume Berlat
19 juin 2017

1 Jean-Pierre Stroobants/Nathalie Guibert, Une étape décisive vers une Europe de la défense, Le Monde, Économie & Entreprise, 8 juin 2017, p. 3.
2 Éditorial, Défense européenne, la fin d’un tabou, Le Monde, 8 juin 2017, p. 25.
3 Jean-Jacques Mével, UE : un fonds pour redémarrer la politique de défense, Le Monde, 8 juin 2017, p. 8.
4 « Une Europe sûre dans un monde meilleur. Stratégie européenne de sécurité », 12 décembre 2003, disponible sur le site internet www.consilium.europa.eu/uedocs
5 Hadrien Desuin, La France atlantiste ou le naufrage de la diplomatie, Cerf éditions, 2017.
6 Bernard de Montferrand, Dialogue franco-allemand : place aux actes, le Figaro, 8 juin 2017, p. 16.
7 S.Q., Des « embedded » sous contrôle, Marianne, 9-15 juin 2017, p. 22.
8 Roberto Azevêdo (propos recueillis par Marie de Vergès), « L’OMC a besoin de capital politique », Le Monde, Économie & Entreprise, 10 juin 2017, p. 6.
9 Jack Dion, Avec le Monténégro, l’OTAN fait son marché à l’Est, Marianne, 9-15 juin 2017, p. 9.
10 Hadrien Desuin précité, p. 81.
11 Francis Demay, La fuite en avant de l’OTAN, Courrier des lecteurs, Marianne, 9-15 juin 2017, p. 53.
12 Jean-Dominique Merchet, Défense européenne, la grande illusion, Larousse, 2009.
13 Milan Kundera, La plaisanterie, Gallimard, 1968.

Source : Proche & Moyen Orient, Guillaume Berlat,  19-06-2017

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La justice donne le feu vert à la ferme des "1.000 vaches"

1 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Agriculture

La justice donne le feu vert à la ferme des "1.000 vaches"

La ferme picarde dite des "1.000 vaches", exploitation laitière industrielle à Drucat, près de l'aérodrome d'Abbeville, dans la région des Hauts-de-France, le 20 juin 2014 / © AFP/Archives / FRANCOIS LO PRESTI
Dernier épisode d'une lutte entre éleveurs et opposants à l'agriculture "productiviste" autour d'une exploitation de la Somme, la justice administrative a donné jeudi son feu vert à l'augmentation du cheptel de la ferme dite des 1.000 vaches, jusqu'ici limité par l’État à 500.

Le tribunal administratif d'Amiens en a décidé ainsi et annulé les sanctions financières prises par la préfecture à l'encontre de l'exploitant, la SCEA (Société civile d'exploitation agricole) Côte de la justice, financée par le puissant groupe régional Ramery (BTP). "C'est une victoire importante pour l'exploitation, la confirmation de ce que nous disons depuis deux ans alors que tout le monde nous riait au nez", s'est félicité Me Pierre-Étienne Bodard, avocat de la SCEA.

Cette décision ne clôt cependant pas définitivement le dossier, l’État ayant la possibilité de faire appel. La préfecture de la Somme n'a fait aucun commentaire.

Le projet était contesté localement par des détracteurs de l'agriculture industrielle, notamment l'association Novissen, qui revendique 3.000 adhérents, et la Confédération paysanne. Réélue ce mois-ci députée de la Somme, l'ex-secrétaire d’État à la Biodiversité Barbara Pompili fait partie des opposants, qui avaient mené des opérations empêchant l'entrée et la sortie de bovins et de camions.

Cette ferme géante, dont la taille envisagée est sans précédent en France, est située à Drucat, non loin d'Abbeville. Un permis d'exploitation avait été délivrée en 2013 pour un troupeau limité à 500 têtes de bétail. Ouverte en septembre 2014, la ferme compte actuellement près de 800 vaches. "Notre dossier a été construit pour 1.000 vaches, si on nous ramène à 500 vaches, ça peut être compliqué", soulignait Michel Welter, le directeur de l'exploitation.

L'enquête publique sur l'extension du cheptel s'était soldée par un avis favorable. "Face à la suppression des quotas, à la libéralisation du marché, et à la concurrence européenne, ce type de ferme est une réponse pour faire face aux importations de lait (Allemagne, Danemark)", avaient soutenu les enquêteurs.

Mais pour Ségolène Royal, alors ministre de l’Écologie, ce projet entraînait "des modifications et augmentations substantielles de plusieurs sources de pollution, notamment l’augmentation de la quantité d’effluents, l’impact sur les odeurs liées au stockage de fumier et de lisier ou l’impact lié au trafic routier supplémentaire".

La justice ne s'est pas, néanmoins, prononcé sur le fond. Le tribunal d'Amiens s'est borné à estimer que l'absence de réponse dans un délai de deux mois de la préfecture au projet d'accroissement du cheptel valait validation tacite. Il s'est appuyé sur une disposition législative selon laquelle "le silence gardé pendant deux mois par l'autorité administrative sur une demande vaut décision d'acceptation", selon le texte du jugement communiqué à l'AFP.

Or, l’État ne s'est pas manifesté autrement que par la notification en juillet 2015 de sanctions à l'encontre de l'exploitant, qui avait adressé son projet de développement à la préfecture quatre mois plus tôt. Selon le tribunal administratif, ce projet devait s'analyser comme une demande formulée à l'administration.

"La SCEA a bénéficié à l'expiration du délai de deux mois courant à compter du 16 mars 2015, soit le 16 mai 2015, d'une décision implicite d'acceptation de sa demande", écrit le juge.

Conséquence de cette décision, les amendes, sous forme d'astreinte, infligées par l’État à l'exploitant sont nulles, et l’État devra à ce titre lui rembourser 8.580 euros.

Pour Me Grégoire Frison, avocat de Novissen, "la préfecture a saboté le dossier: c'est la première ferme d'élevage et ils loupent le délai? Quand c'est des petits éleveurs, ils le respectent scrupuleusement. Depuis le début nous soupçonnons des collusions entre la préfecture et (le groupe) Ramery".

En mai 2016, Mme Royal avait demandé au préfet de la Somme une nouvelle enquête publique... qui n'a pas commencé, l’État choisissant d'attendre l'issue du contentieux par la justice administrative.



(©AFP / 29 juin 2017 19h42)
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Crève, souffre, sale pute ! Par Gideon Levy

1 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Les média, #Israël et la Palestine

Crève, souffre, sale pute !

 

Les soldats de Tsahal ont retenu la leçon du procès Azaria [1] : au lieu d’achever un « terroriste » il faut le laisser se vider de son sang tout en lui vomissant des insultes.

Il s’est encore passé quelque chose d’horrible dans les Territoires occupés mardi dernier.

Quelque chose d’encore plus révoltant que de tirer sur un terroriste blessé et à terre comme l’a fait Elor Azaria. La vidéo qui a été prise à cette occasion vous retourne le cœur…

 

 

C’est révoltant et désespérant mais aucun média en Israël n’y a prêté attention ce qui reflète bien la profondeur de l’apathie dans laquelle nous avons sombré.

Ce jour-là, un groupe de militaires se tenait autour d’une jeune Palestinienne qui se tordait de douleur sur la route en perdant son sang alors que ceux-ci faisaient une sorte de concours d’insultes les plus obscènes. Ce sont tes soldats, Israël ! Ce sont leur langage, leurs valeurs et leurs références. Aucun d’entre eux n’a offert à cette jeune fille aucune aide médicale, personne n’a pensé à faire cesser ce flot d’obscénités détestables qui volait autour d’une écolière agonisante. C’était le cadeau qu’il fallait pour compléter les célébrations du jubilé [2] – du défilé des superbes et admirables paras au Mur des lamentations jusqu’à la bestialité de cet acte au checkpoint de Mevo Dotan. Voici où nous ont conduits cinquante années d’occupation.

 

 

La vidéo nous montre une jeune Palestinienne qui avance lentement vers le checkpoint. Peut-être quelqu’un l’appelle-t-il pour lui demander de s’arrêter mais on ne peut l’entendre sur l’enregistrement. On ne voit pas ni lame ni coup de couteau non plus. Puis on voit la jeune fille s’enfuir, deux Israéliens, apparemment des soldats, la poursuivant à toute vitesse. Ce n’est que le préambule.

« Neutraliser » (c’est-à-dire tuer en hébreu) des jeunes, garçons ou filles, qui cherchent à blesser des soldats – qui savent que le plus souvent c’est au prix de leur propre vie – est devenu une sorte de routine. Dans la plupart des cas c’est ni plus ni moins qu’une exécution alors qu’il est le plus souvent possible d’arrêter les assaillants sans les tuer. Mais l’armée est héroïque quand elle est face à des jeunes filles et ses soldats savent tuer. Les militaires tirent alors pour abattre l’écolière, ce qui était attendu de leur part.

Et maintenant : la jeune fille est étendue sur la route ; les hommes armés l’entourent comme dans un rite païen, lui aboyant un flot d’injures. La vidéo ne montre que leurs corps, pas leurs visages. Parmi eux, il y a au moins un homme armé en short, portant des sandales, probablement un colon. La fille pousse des plaintes, se retourne, se tord, gémit pendant que les soldats disent : « J’espère que tu meurs, fille de pute », « Fuck you », « Crève, souffre, toi kahba (putain en arabe) ». Ils ne se comporteraient même pas comme ça devant un chien mourant. Au milieu de cette folie on peut entendre quelqu’un demander « Où est le couteau ? », « Ne la touchez pas », « Vous êtes génial » et, d’un téléphone, « Où êtes-vous ? à la maison ? ».

Elle est morte quelques heures plus tard. Elle s’appelait Nouf Iqab Enfeat, elle avait 16 ans et venait du village de Yabad, près de Jénine, en Cisjordanie. Un soldat a été légèrement blessé. Seuls des lâches peuvent tuer une écolière d’une telle façon.

Toutefois dans ce cas, l’exécution de routine a été accompagnée d’une « cérémonie de requiem ». Il faut l’avoir vu pour le croire. Pas un seul soldat avec le moindre brin de compassion ou d’humanité. On a du mal à imaginer l’ampleur de la haine des soldats de l’armée d’occupation envers la nation qu’ils dominent. Il faut voir à quel point ils ont perdu leur humanité. Comment quelqu’un peut-il être joyeux en voyant une écolière qui se meurt ? Maltraiter de cette façon quelqu’un qui souffre n’est pas moins pernicieux, maléfique que de l‘abattre.

C’est la leçon qu’on tirée les soldats de Tsahal du procès d’Elor Azaria : au lieu d’achever le « terroriste », laissez-le perdre son sang jusqu’à ce qu’il meure tout en le couvrant d’injures. Et ils l’ont fait, non par vengeance pour sa tentative de poignarder un soldat mais parce qu’avant tout c’était une Palestinienne. De toutes évidences, ils ne se seraient jamais comportés ainsi si c’était une fille de colon qui avait essayé de les attaquer.

Ce n’était pas l’attitude d’un individu isolé ; ils sont nombreux dans ce cas. Ce n’était même pas un événement extraordinaire. Ce sont vos soldats, peuple d’Israël ! Quelqu’un devrait le rappeler au chef d’état-major Gadi Eizenkot qui, pour différentes raisons est perçu comme quelqu’un qui se préoccupe de l’image de « Tsahal-armée la plus morale du monde ».

Vous avez cinq enfants, Eizenkot, que penseriez-vous de quelqu’un qui se serait comporté ainsi avec l’un des vôtres ? Qu’est-ce que n’importe quel père ou mère en Israël aurait pensé ? Est-ce que de voir un couteau dans la main d’une écolière désespérée justifie n’importe quelle sorte de comportement ? Et n’apparait-il pas clairement que c’est le fait d’envoyer nos enfants servir dans les Territoires occupés qui les transforme ainsi ?

Si les soldats de ce checkpoint ne sont pas poursuivis et punis, une chose sera alors claire : la barbarie est le vrai code moral qui a cours chez Tsahal.

Gidéon Levy | 04/06/2017

Ntd

[1] Elor Azaria a achevé d’une balle dans la tête Abdel Fattah al-Sharif, un Palestinien qui gisait sur le sol, blessé au cours de son attaque d’un soldat israélien le 24 mars 2016 près de Hébron. Arrêté par la police militaire pour meurtre, Tsahal voulait un procès exemplaire pour redorer son image après la diffusion de la vidéo de l’assassinat, largement relayée sur Internet. Face à une opinion publique israélienne considérant Azaria comme un héros, la justice ne l’a finalement condamné qu’à une peine de 18 mois de prison pour homicide involontaire…

[2] Les 50 ans de la « Guerre des 6 jours » et du début de l’occupation de la Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est et les Hauteurs du Golan syrien.

Article original: http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.793429

Source:.UJFP

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USA : Project Veritas – ‘Les médias grand public sont des menteurs, fermons-les’ — 30 juin 2017

1 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Les média

USA : Project Veritas – ‘Les médias grand public sont des menteurs, fermons-les’  — 30 juin 2017

Nous avions déjà parlé dans ces pages de l’association Project Veritas de James O’Keefe, qui s’était signalée en 2009 par la révélation d’un vaste réseau de corruption, étendu sur tout le territoire des États-Unis sous les auspices d’une association abondamment financée par les deniers publics, ACORN. Traite d’êtres humains, pédophilie, prostitution, les publications de Project Veritas étaient si accablantes qu’elles ont déclenché des poursuites judiciaires suivies d’une enquête du Congrès des USA, et en conclusion le démantèlement et la fermeture d’ACORN.

La méthode d’O’Keefe n’a rien de nouveau : la caméra cachée – d’où l’irréfutabilité de ses divulgations. Et cette fois, il a les grands médias en ligne de mire. CNN a fait les frais des premières révélations de la nouvelle série de vidéos de Project Veritas sur les « fake news » des médias institutionnels. [PUBLIE le 


Paru sur Sputnik News sous le titre Project Veritas: ‘We Want to Shut MSM Down for the Liars They Are’


Project Veritas (PV) a démarré une série éloquemment intitulée « American Pravda » destinée à réfuter les mensonges des médias grand public.

Des journalistes de Project Veritas, une association à but non lucratif, ont démarré une série informative, « American Pravda », qui dévoile l’hypocrisie et les mensonges des médias grand public. CNN (Cable News Network), a été la première chaîne d’informations à tomber dans le piège des enquêteurs de PV.Le 27 juin dernier, Project Veritas a publié des images vidéo du producteur d’émissions médicales de CNN John Bonifield, que l’association avait filmé en caméra cachée, expliquant que toute l’histoire sur les liens présumés de Trump avec la Russie était « plus ou moins un ramassis de conneries pour l’instant ».

Selon le producteur de CNN, la chaîne d’informations n’a pas de « vraie preuve géante » pour corroborer sa narrative sur la supposée collusion Trump-Russie.

Quand on lui a demandé pourquoi, dans ce cas, CNN parlait « constamment de la Russie par ci, la Russie par là », Bonifield a répondu simplement, « A cause des chiffres d’audience ».

Dans une tentative pour minimiser la portée de la révélation, la chaîne de news a dit dans une déclaration, « CNN soutient notre producteur médical John Bonifield, » et a ajouté « la diversité des opinions personnelles est ce qui fait la force de CNN, nous l’accueillons et nous y tenons. »

Toutefois, la vidéo suivante publiée par Project Veritas, le jour suivant, démontre que Bonifield n’était pas le seul à penser que la narrative de CNN sur la Russie n’est rien d’autre qu’un tas de foutaises.

L’expert politique classé à gauche de CNN Van Jones a admis devant la caméra cachée de l’enquêteur de PV que « le truc sur la Russie est un gros tas de rien du tout ».

Comme l’a déclaré le journaliste de Project Veritas, ce qui a été révélé jusqu’ici n’est que le sommet de l’iceberg.

« J’avertis les médias grand public… et CNN, je vais dire cela publiquement : nous allons sortir des informations, nous en avons après vous, nous visons la jugulaire des médias grand public, nous voulons vous faire fermer parce que vous mentez. Nous allons révéler, révéler, révéler, à chaque fois que vous mentirez ou que nous vous aurons pris la main dans le sac », a dit Stephen Gordon, le directeur de la stratégie en communications de PV.

Le problème est que les médias grand public américains ne sont en aucun cas neutres. En fait, les médias grand public s’en sont pris aux petits médias indépendants, des deux cotés de l’échiquier politique, et les ont étiquetés « fake news ».

Mais ce n’est que la moitié de l’histoire.

Stephen Gordon a attiré l’attention sur le fait que les médias grand public ont été épinglés, de façon répétée, pour leur soutien à Hillary Clinton contre son concurrent démocrate Bernie Sanders au cours de la campagne présidentielle de 2016.  « Cela n’a rien à voir avec la gauche ou la droite – les médias grand public font quasiment tous partie du réseau des élites des USA », a ajouté le stratège en communication de PV.

« Celui que les élites des USA choisissent, c’est leur choix, et tous les autres sont des ennemis », a-t-il souligné.

De plus, il semble que les médias grand public n’aient pas de scrupules à manipuler l’opinion publique, notamment sur la politique internationale.

Récemment, la chaîne RT a fait la lumière sur l’histoire d’Omran Daqneesh, un petit garçon syrien dont la journaliste de CNN Christiane Amanpour avait fait un symbole de la souffrance des civils à Alep.

Il s’est avéré que des volontaires des Casques blancs avaient manipulé le petit Omran, qui avait été blessé, pour le photographier au lieu de lui apporter les premiers secours [NdT : L’enfant est aujourd’hui en bonne santé avec ses parents et ses frères]. Les volontaires sont ensuite allés menacer son père après que la famille soit partie se cacher pour éviter toute nouvelle manipulation médiatique.

Réfutant l’affirmation des médias grand public selon laquelle Project Veritas est une association « de droite », Gordon a souligné qu’ils se considèrent non-partisans et ajoute qu’ils ont beaucoup de soutiens à gauche de l’échiquier politique, notamment chez les électeurs de Bernie Sanders.

Le projet « American Pravda » est immédiatement devenu viral.

 
 
 

(Toujours N°1 des trends Twitter, approchons du million de vues »)

Au cours du briefing de presse du mardi de la Maison-Blanche, la porte-parole adjointe de la Maison-Blanche Sarah Huckabee Sanders a encouragé le peuple américain à regarder les vidéos de Project Veritas, qui réfutent les mensonges des médias grand public.

« Franchement, tout le monde à travers le pays devrait voir ça, » a dit Sanders.

 
USA : Project Veritas – ‘Les médias grand public sont des menteurs, fermons-les’  — 30 juin 2017

(Tucker Carlson, présentateur-vedette de Fox News, la chaîne conservatrice concurrente de CNN, « Caméra cachée : des vidéos de CNN dévoilent leur campagne anti-Trump »)

Dans un commentaire sur la popularité d’« American Pravda », le journaliste de PV a remarqué que même le président des USA Donald Trump reprend les vidéos de l’association sur son Instagram personnel.

Fondé par James O’Keefe, un activiste politique conservateur, Project Veritas s’est donné la mission « d’enquêter et de révéler la corruption, la malhonnêteté, les délits d’initiés, le gâchis, les fraudes et autres fautes professionnelles autant dans les institutions publiques que privées, dans le but d’aboutir à une société plus transparente et éthique. »

« Je vais vous dire quelque chose, » dit O’Keefe dans une des vidéos d’ « American Pravda », « le changement arrive, que CNN le veuille ou non. »

(James O’Keefe, vidéo sur/avec Van Jones et le « grand tas de rien du tout », en anglais)

Traduction et note d’introduction Entelekheia

PUBLIE le 

Source: http://www.entelekheia.fr/project-veritas-medias-grand-public-menteurs-fermons/

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Multi-niveau. Rédigé par Observatus geopoliticus 

30 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie

Multi-niveau

30 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Moyen-Orient, #Russie

Une énorme partie d'échecs se joue actuellement sur plusieurs niveaux et en différents lieux, tant dans les couloirs de la Maison blanche et du Kremlin que dans la steppe désertique syro-jordanienne. Comme le dit un fidèle lecteur, il est bien difficile de s'y retrouver sur le tapis vert syrien entre les innombrables combinaisons pair-impair, rouge et noir, manque ou passe, d'autant que l'équation est encore compliquée par les traditionnels retournements et enchevêtrements moyen-orientaux. Par où commencer ?

"L'attaque chimique" n'a pas (encore ?) eu lieu et Washington plastronne. J'invente une menace imaginaire, elle ne se matérialise pas, c'est grâce à mon avertissement, applaudissez-moi. Connaissant le Donald, la gloriole gratuite à usage interne n'est certes pas à exclure. Mais toute cette affaire cache bien autre chose, et notamment les fractures béantes au sein de la nouvelle administration.

Derrière le damage control mâtiné de sauvetage de face du Pentagone, il apparaît clairement que les militaires n'étaient pas au courant de l'explosive déclaration de la Maison blanche, le Centcom allant jusqu'à dire publiquement qu'il n'a "aucune idée" des raisons qui ont conduit à cette annonce.

Fait intéressant, tout ceci est intervenu seulement trois jours après que le colonel Dillon, porte-parole de la coalition contre l'Etat Islamique, a déclaré que les Etats-Unis voyaient d'un bon oeil les efforts de l'armée syrienne et des milices pro-iraniennes dans le combat contre Daech. Des faucons (McMaster ?) voulant torpiller les ouvertures faites par les colombes ne s'y prendraient pas autrement...

Mais le panier de crabes impérial est encore plus méphistophélique. Il n'a échappé à personne que la crise a éclaté peu de temps après la visite du beau-fils Kushner en Israël. Le mari d'Ivanka (appelons-le Ivanko), qui se revendique presque ouvertement sioniste, a-t-il été chargé par Bibi la Terreur d'un message ainsi que de quelques "renseignements de première main sur une prochaine attaque chimique" - inventés - à destination du Donald ?

Pas impossible, d'autant que le président semble plus faire confiance à son gendre post-pubère qu'à ses secrétaires d'Etat aux Affaires étrangères et à la Défense. De par son amitié avec l'ambassadeur émirati à Washington, Kushner aurait par exemple eu un rôle crucial dans la tempête twittique du Donald contre le Qatar lors du conflit du Conseil de Coopération du Golfe. Au grand dam de Mattis et Tillerson, plutôt sur la ligne de Doha et qui passent leur temps à nettoyer les bêtises du gamin. On dit d'ailleurs T. Rex fatigué de voir son travail systématiquement saboté par la famille Trump et peut-être même sur la sellette. A suivre...

Ainsi donc, Ivanko aurait été mandaté par l'establishment israélien, paniqué devant la constitution de l'arc chiite, pour convaincre son beau-père de menacer Assad, menaces qui seront évidemment considérées comme un feu vert par les barbus modérément modérés ? L'hypothèse paraît plausible et séduisante, et la seconde partie de la proposition est même indiscutable. Sauf que... Quelque chose ne cadre pas tout à fait avec la première partie.

Kushner était apparemment totalement opposé à la frappe tomahawkienne d'avril :

Un passionnant article du toujours très informé Robert Parry dévoile de l'intérieur la prise de décision. Il y aurait eu une vive lutte dans les hautes sphères du pouvoir et une gêne évidente parmi la communauté du renseignement, persuadée de l'innocence d'Assad dans l'événement chimique. A la Maison Blanche, un combat à couteaux tirés eut lieu entre d'un côté Steve Bannon et Jared Kushner (!) et, de l'autre, le conseiller à la sécurité nationale, le néo-con McMaster. Finalement, Cretinho s'est rangé à l'avis de la clique de ce dernier, souhaitant alléger la pression du Deep State à son égard.

Arrêtons-nous un instant sur Kushner, gendre juif orthodoxe de Trump et sioniste fervent, qui a pourtant pris le parti de son ennemi personnel Bannon et conseillé à son beau-père de tout déballer sur la Syrie : l'intox de la Ghouta et la manip de Khan Cheikhoun la semaine dernière.

Ajoutons qu'Ivanko est également accusé par la MSN de sympathies pro-russes, ce qui, comme chacun sait, constitue de nos jours l'acte d'accusation le plus grave que peut trouver le système impérial. Non décidément, quelque chose ne colle pas. Nous parlions plus haut d'insolubles combinaisons rouge, impair et passe...

A Moscou, on ne perd en tout cas pas son temps avec de telles subtilités et promet une réponse "proportionnée" en cas d'attaque américaine suite à un éventuel nouveau false flag chimique. Lavrov, qui ne parle jamais pour ne rien dire, a donné une intéressante conférence de presse dans laquelle une phrase intrigue :

"J'espère que cette fois, les Etats-Unis prendront en compte la nécessité de vraiment lutter contre la prolifération d'armes chimiques."

Serait-ce à dire que le facétieux Sergueï accuse les USA d'avoir permis la prolifération d'armes chimiques en Syrie par le passé ? En fournissant, exemple pris au hasard bien entendu, les barbus de Khan Cheikhoun juste avant le bombardement syrien ?

Le risque d'escalade est en tout cas pris au sérieux et l'on note une forte recrudescence de cargos russes qui passent et repassent le Bosphore en faisant l'aller-retour Russie-Tartous. On imagine que ce n'est pas pour débarquer des cargaisons de chocolats...

En un temps d'incertitude sur les intentions de Washington - même la vraie presse d'information s'y perd, le d'habitude pessimiste Moon of Alabama y voyant la fin de l'aventure US, Russia Insider prédisant au contraire une attaque imminente -, il est en effet plus prudent d'accumuler les joujoux militaires pour faire face à toute éventualité.

Dans notre grand jeu Qui mettra la main sur le territoire califal ? - question qui sous-tend à vrai dire tout le conflit syrien -, les loyalistes ont marqué plusieurs dizaines de points depuis un mois, pour le plus grand malheur de l'axe israélo-saoudien. Le blitz royal vers la frontière syro-irakienne a évidemment fait sonner toutes les alarmes à Riyad et Tel Aviv, permettant l'accès à la Méditerranée pour l'Iran (et même, dans le futur, pour les routes de la Soie chinoises).

Il y a quelques heures, toute la poche à l'est de Khanasir a été libérée - les petits hommes en noir en passe d'être totalement encerclés se sont retirés -, mettant définitivement fin à la présence de Daech dans la province d'Alep et permettant la jonction stratégique entre Ithiya et Rusafa. Sur la carte, cela représente un gain énorme pour Damas :

Désormais, les bases sont jetées pour la réduction du saillant à l'est de Hama et surtout la grande offensive orientale vers Deir ez Zoor et, plus loin, vers la frontière irakienne, où les bataillons du blitz sont d'ailleurs en train d'avancer de leur côté.

C'est le moment que choisit le sultan pour lancer une attaque très sérieuse contre le canton kurde d'Afrin (une semaine d'intenses bombardements et maintenant une forte concentration de troupes) dans le but semi-avoué de faire la jonction avec l'Idlibistan, ce qui serait évidemment totalement inacceptable pour Damas et Moscou.

Où l'on constate une nouvelle fois l'invraisemblable noeud gordien de la région : les Russes sont plus ou moins alliés aux Kurdes et depuis un an aux Turcs, qui se détestent pourtant les uns les autres. L'empire américain n'est pas le seul à allier les contraires...

Des rumeurs infondées faisaient état du retrait du contingent russe de la petite base que Moscou avait établie dans la zone kurde ; en réalité, 160 soldats supplémentaires ont apparemment été envoyés en renfort pour bien montrer qu'il est hors de question de désenclaver l'Idlibistan.

Se dirige-t-on alors vers une confrontation russo-turque ? Improbable au vu du tectonique rapprochement entre Moscou et Ankara. Il se pourrait même que Poutine ait en réalité donné un feu vert tacite (et partiel) à Erdogan, histoire de calmer les ardeurs américano-saoudiennes des Kurdes de l'autre partie du Rojava, proxies que l'empire utilise pour descendre vers le sud et tenter de réduire le corridor chiite :

Al Bukamal, bientôt le dernier bastion urbain de Daech et bataille ultime de la longue guerre syrakienne ? C'est bien possible... A moins que tout n'ait déjà été réglé par de discrets envoyés dans les couloirs du pouvoir à Moscou, Washington, Damas et Téhéran, l'on pourrait assister à une détonante convergence de l'armée syrienne, des YPG kurdo-américaines, des UMP iranisées et de l'armée irakienne. Deux contre un si l'on considère, dans le meilleur des cas pour les Américains, que l'armée irakienne restera neutre : le rapport de force n'est de toute façon pas en faveur de l'empire. Le tout face à une résistance désespérée de l'EI dont ce sera le chant du cygne. Chaud devant...

De fait, des voix kurdes commencent à se faire entendre, menaçant d'interrompre l'opération pour la prise de Raqqa - sans parler d'une descente méridionale - si le sultan continue de bombarder leurs frères d'Afrin. Casse-tête pour Washington. Aux dernières nouvelles, Erdogan vient de s'entretenir au téléphone pendant trente longues minutes avec le Donald puis a appelé Poutine dans la foulée. Ce qui s'est dit vaut de l'or mais nous ne le saurons pas tout de suite...

Notons en passant, afin de montrer le degré incomparable des intrications auxquelles nous assistons en spectateur comblé, que les récents ronds de jambe kurdes aux Saoudiens wahhabites que nous avions relevé la dernière fois sont également la contrepartie de la "tolérance" de Riyad vis-à-vis des idées indépendantistes kurdes. Non pas que les grassouillets cheikhs fondamentalistes se soient soudain pris de passion pour le crypto-marxisme du Rojava mais dans un but tout ce qu'il y a de machiavélique : mettre un gros caillou dans la chaussure turque et punir Ankara pour son soutien au Qatar. Le Moyen-Orient ne changera jamais...

Revenons à notre guerre syrienne. Les possibles futures tergiversations kurdes expliquent peut-être pourquoi les Américains auraient (le conditionnel reste de mise) transféré une partie de leurs "rebelles" de la poche désormais inutile d'Al Tanaf vers le nord, dans le Rojava, avec le but évident de redescendre ensuite le long de la frontière. Pour résumer :

Si la rumeur est confirmée, et il convient d'être encore prudent, il serait amusant de voir cohabiter ne serait-ce qu'un temps les YPG kurdes et les "rebelles modérés", qui se détestent cordialement. Plus sérieusement, cela signifierait que l'empire n'a pas lâché l'affaire et a toujours pour but d'appliquer la politique israélo-saoudienne de réduction même partielle de l'arc chiite, bien que l'on parle ici seulement de quelques centaines de combattants.

Tout cela se décidera sur le terrain mais aussi dans les couloirs du pouvoir. A Washington, la discorde règne en maître, on l'a vu. Le Centcom tire dans les pattes de la Maison blanche qui torpille le Pentagone et le Département d'Etat. Quelle cabale prévaudra ? A Moscou, l'ours attend de pied ferme une éventuelle provocation chimique de l'un des clans américains (lequel ?) Ajoutez les facteurs turco-kurde et qataro-saoudien, mélangez et servez.

On le voit, le jeu sur le subtil échiquier multi-niveaux (local, régional, global) est d'une complexité extraordinaire...

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Bachar al-Assad en visite auprès des militaires russe et auprès de son peuple. Un grand chef d'état!

30 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #République, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

 

 

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Vraies niouzes

 

Au moment où Cretinho et ses Pieds Nickelés transatlantiques braillent à tous vents que Bachar al-Assad (cet affreux allié des Russes) se prépare une fois de plus à tuer des enfants syriens à coups de gaz sarin et que, quand il le fera, croyez-nous, on ne restera pas les bras croisés (niveau bac à sable, c’est vrai, et message pas du tout subliminal aux terroristes « Allez-y les mecs, on dira que c’est lui ! »), le président syrien n’est pas resté planqué dans son bunker, au contraire. Semaine de visites plutôt chargée, parfois seul, parfois en famille.

 

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Bachar al-Assad en visite « surprise » dans une base aérienne russe en Syrie

RT français27 juin 2017

 

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Le président syrien Bachar al-Assad s'est rendu dans une base militaire aérienne russe dans l'Ouest de la Syrie. Plusieurs photos et vidéos de ce déplacement qui n'avait pas été annoncé ont rapidement circulé sur internet.

Le président a visité la base russe dans la ville syrienne de Hmeymim ce 27 juin dans la matinée. La visite du chef de l'État a été confirmée par la présidence, alors que différentes photographies et vidéos commençaient à circuler sur les réseaux sociaux. 

On y voit le président syrien monter à bord d'un chasseur-bombardier russe SU-35 au sol, en compagnie de militaires russes.

 

 

Le président a aussi pu découvrir le BMPT-72, un blindé de dernière génération destiné à accompagner l'infanterie au sol. Son surnom est « Terminator 2 ».

 

9. Terminator.jpg

 

La Russie « a offert des armes et des munitions pour appuyer la Syrie dans sa lutte contre le terrorisme, [...] elle a donné son sang à [un pays] frère », a écrit Bachar al-Assad dans le livre d'or de la base, remerciant « les combattants russes et Vladimir Poutine ».

 

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En déplacement en Syrie, le chef de l'état-major russe Valéri Guerassimov s'est entretenu avec le président syrien, selon le ministère russe de la Défense.

« Ils ont discuté de la coordination des actions des forces gouvernementales syriennes et de l'aviation russe dans la lutte contre les groupes terroristes » a déclaré le ministère dans un communiqué.

 

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C'est la première visite de Bachar al-Assad à la base de Hmeymim, située à proximité de Lattaquié, sur la côte méditerranéenne du pays. La Russie a mobilisé une partie de son aviation pour soutenir les opérations de l'armée syrienne contre les différents groupes terroristes qui combattent dans la région.

Source : https://francais.rt.com/international/40269-bachar-el-ass...

 

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the real Syrian Free Press ~ War Press Info ~ Archive of Most Important Reliable Global War News

 

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Le président al-Assad et sa famille ont rendu visite à des membres blessés de l’armée dans la campagne de Hama

 

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Mardi 26 juin (2017) le président Bachar al-Assad, son épouse et leurs enfants ont rendu visite à un certain nombre de soldats blessés de l’Armée et des Forces Armées, dans leurs villages de la campagne de Hama.

 

 

Dans le village de Tal Aafar, le président al-Assad et sa famille ont rendu visite à Mohammad Ahmad Kalil, dont les blessures reçues au front lui ont valu d’être déclaré invalide à 90%, et qui a reçu des soins suivis d’un traitement du programme « Jarif al-Watan », qui l’aide aussi à mettre sur pied un projet d’élevage de moutons.

 

 

Le président al-Assad et sa famille ont également rendu visite, dans le village de Rabou, à Fatir Hassan Mansour qui a été lui aussi gravement blessé en combattant les terroristes, et qui se retrouve avec un taux d’invalidité de plus de 90%. Comme Khalil, il est aidé par Jarif al-Watan pour mettre en route un moyen de subvenir malgré tout à ses besoins.

 

 

Dans le village de Matna, le président al-Assad et sa famille ont ensuite rendu visite à Ahmad Mohammad al-Ali, qui est déjà en train d’élever du bétail grâce à l’aide du même programme. Toute la famille al-Assad a encore visité Ayham Mahmoud Dunya, qui était incapable de marcher, suite à ses blessures, mais qui, aujourd’hui, a reçu le Président sur ses pieds. Lui aussi a obtenu, du même programme, un soutien incluant des prothèses, de la chirurgie et le coup de pouce de départ pour lancer son entreprise.

 

 

Le programme Jarih al-Watan (« Blessés pour la Patrie ») a été lancé par la Présidence de la République Arabe Syrienne en 2014 pour soutenir les militaires blessés et pourvoir à leurs besoins, en particulier ceux dont les blessures les empêchent de reprendre le cours normal de leurs vies. Il fournit des prothèses aux grands blessés et les aide à se lancer dans des projets de travail compatibles avec leur état, tout en apportant son aide financière à ceux qui sont totalement infirmes. Le projet concerne tous les membres blessés de l’Armée, des Forces Armées [quelle est la différence ? ndt] et des forces de soutien.

 

[ Quand on sait comment sont traités, une fois démobilisés, les vétérans US, et ce, depuis le Vietnam, on comprend qu’ils soient de plus en plus nombreux à devenir pro-Poutine et pro-Assad. ]

 

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From the visit of President Assad and his family to the house of the injured Mohammed Ahmed Khalil

 

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Voir toutes les photos.

Source : https://syrianfreepress.wordpress.com/2017/06/27/al-assad...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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SOURCES  :

Syrian News AgencySubmitted by SyrianPatriots, Lone BearWar Press Info Network at :https://syrianfreepress.wordpress.com/2017/06/27/al-assad-and-family/ ~

Re-publications are welcome, but we kindly ask you,to facilitate the correct information's diffusion,to cite all these original links and sources.

 

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Mis en ligne le 29 juin 2017

 

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La ligne rouge de Trump

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

La ligne rouge de Trump

La ligne rouge de Trump

 
Le journaliste prix Pulitzer Seymour Hersh, une légende du journalisme d’investigation américain célèbre pour la précision obsessionnelle de ses enquêtes, a notamment mis au jour le massacre de Mỹ Lai au Vietnam en 1968, et le scandale de la torture et des violations systématiques des droits de l’homme par les Américains à Abou Ghraib, en Irak, en 2004. En 2013, à propos de l’utilisation alléguée de sarin par les forces armées d’Assad, il publiait « Whose sarin ? » (Le sarin de qui ?) sur la London Review of Books, un article aujourd’hui devenu une réference mondiale.

Au bout de plusieurs mois d’enquête auprès de ses sources de la communauté du renseignement des USA, ses conclusions : il n’y a pas eu d’attaque au gaz sarin à Khan Cheikhoun, en Syrie, de la part des forces armées d’Assad.


Par Seymour Hersh
Paru sur Die Welt sous le titre Trump‘s Red Line


Le 6 avril, le président des USA Donald Trump a autorisé une frappe de missiles Tomahawk, à l’aube, sur la base aérienne de en Syrie centrale, en représailles contre ce qu’il a appelé un attaque avec un agent neurotoxique perpétrée par le gouvernement syrien deux jours plus tôt, dans la ville tenue pas des rebelles Khan Cheikhoun. Trump a donné cet ordre malgré les avertissements de la communauté des renseignements américains selon lesquels elle n’avait aucune preuve d’utilisation d’une arme chimique par les Syriens.

 

Les renseignements disponibles clarifiaient que les Syriens avait ciblé un lieu de rencontre djihadiste, le 4 avril, en utilisant une bombe téléguidée fournie par les Russes, et équipée d’une tête conventionnelle. Les détails de l’attaque, y compris des informations sur leurs dénommée cibles de haute valeur, avaient été fournies par les Russes plusieurs jours plus tôt aux Américains et aux militaires alliés à Doha, dont la mission est de coordonner toutes les opérations aériennes américaines, alliées, russes et syriennes dans la région.

Quelques-uns des officiels militaires et de renseignements étaient particulièrement consternés par la détermination du président à ignorer les preuves. « Cela ne tient pas debout », a dit un officier à des collègues en apprenant la décision de bombarder. « Nous SAVONS qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique… les Russes sont furieux. Proclamer que nous avons les vrais renseignements et que nous savons la vérité… apparemment, que nous ayons voté pour Trump ou Clinton, peu importe. »

Quelques heures à peine après le bombardement du 4 avril, les médias du monde entier étaient saturés de photos et de vidéos de Khan Cheikhoun. Des photos de personnes mortes ou mourantes, souffrant censément d’empoisonnement aux agents neurotoxiques, ont été publiées sur les réseaux sociaux par des activistes locaux, y compris les Casque blancs, un groupe d’intervention humanitaire célèbre pour sa proximité avec l’opposition syrienne.

La provenance des photos n’était pas claire et aucun observateur international n’a encore inspecté le site, mais dans le monde entier, les populations ont immédiatement conclu à l’utilisation délibérée de l’agent neurotoxique sarin, autorisé par le président Bachar el-Assad de Syrie. Trump a approuvé cette conclusion en faisant une déclaration quelques heures après l’attaque, décrivant « l’action odieuse » d’Assad comme une conséquence de la « faiblesse et de l’irrésolution » de l’administration Obama face à ce qu’il disait être l’usage passé d’armes chimiques par la Syrie.

Au grand désarroi de nombre de membres expérimentés de son équipe de sécurité nationale, au cours des 48 heures suivantes de réunions intensives et de discussions préliminaires à des décisions, personne n’a pu faire changer Trump d’avis. Au cours d’une série d’interviews, j’ai appris l’ampleur de la déconnexion entre le président et nombre de ses conseillers militaires et officiels des renseignements, aussi bien que des officiers de terrain dans la région, qui avaient une compréhension totalement différente de la nature de l’attaque syrienne à Khan Cheikhoun. J’ai obtenu des preuves de cette déconnexion, sous la forme de transcriptions de communications en temps réel, immédiatement après l’attaque syrienne du 4 avril. Dans un processus très important préalable à une frappe appelé déconfliction, les officiers russes et américains se fournissent mutuellement des informations détaillées sur les plans de vol planifiés et les coordonnées des cibles, pour s’assurer qu’il n’y ait aucun risque de collision ou de rencontre imprévue (les Russes parlent au nom de l’armée syrienne). Ces informations sont fournies chaque jours aux avions américains AWACS qui surveillent les vols après leur décollage. Le succès de la déconfliction peut être évalué au fait qu’à ce jour, il n’y ait pas eu une seule collision, ou même un danger de collision entre les chasseurs-bombardiers supersoniques américains, alliés, russes et syriens.

Les officiers des forces aériennes russes et syriennes avaient donné des détails sur le plan de vol soigneusement établi vers, et à partir de Khan Cheikhoun le 4 avril directement, en anglais, aux contrôleurs de déconfliction à bord de l’AWACS qui patrouillait près de la frontière turque, à 60 miles plus loin au nord.

La cible syrienne à Khan Cheikhoun, comme transmis aux Américains à Doha, était décrite comme un immeuble de deux étages en parpaings dans le nord de la ville. Les renseignements russes, qui sont transmis quand il le faut avec la Syrie et les USA dans le cadre de leur combat commun contre les groupes djihadistes, avaient établi qu’une rencontre de haut niveau de leaders djihadistes allait se produire dans l’immeuble, y compris de représentants d’Ahrar al-Sham et du groupe affilié à al-Qaïda anciennement connu sous le nom de Front al-Nosra. Les deux groupes s’étaient récemment alliés, et contrôlaient la ville et ses environs. Les renseignements russes décrivaient l’immeuble en parpaings comme un centre de contrôle et de commandes qui abritait une épicerie et d’autres locaux commerciaux dans son rez-de-chaussée, avec d’autres magasins essentiels à la communauté à proximité, dont un magasin de tissus et une boutique d’électronique.

« Les rebelles contrôlent la population en contrôlant la distribution de biens dont les gens ont besoin pour vivre – la nourriture, l’eau, le gaz propane, les fertilisants pour faire pousser leurs récoltes et les insecticides pour les protéger, » m’a dit un conseiller senior de la communauté des renseignements américaine. La cave était utilisée pour stocker des roquettes, des armes et des munitions, ainsi que des produits à distribuer gratuitement à la communauté, notamment des médicaments et des décontaminants à base de chlore. Le lieu de rencontre – un QG régional – était à l’étage. « C’était un lieu de rencontre établi », a dit le conseiller senior.  « Un local de long terme sécurisé qui comprenait des armes, des communications, des dossiers et un centre de cartes d’état-major de la région. » Les Russes voulaient être sûrs de leurs informations et ont déployé un drone pendant des jours au-dessus du site pour intercepter les communications et développer ce que les services de renseignements appellent un POL (pattern of life, schéma de vie). Le but était de prendre note de ceux qui entraient et sortaient de l’immeuble et de suivre les allées et venues des armes, y compris des roquettes et des munitions.

Une des raisons du message des Russes à Washington sur la cible potentielle était de s’assurer que tout agent de la CIA ou informateur des Américains qui aurait réussi à s’infiltrer dans le commandement djihadiste serait prévenu de ne pas assister à la réunion. On m’a dit que les Russes avaient passé l’information directement à la CIA. « Ils jouaient bien le jeu, » a dit le conseiller senior. Les indications russes notaient que la réunion djihadiste venait à un moment de pressions accrues pour les insurgés : il est probable que le Front al-Nosra et Ahrar al-Sham cherchaient désespérément une ouverture dans le nouveau climat politique. Dans les derniers jours de mars, Trump et deux de ses assistants-clé en sécurité nationale – le Secrétaire d’État Rex Tillerson et l’ambassadrice à l’ONU Nikki Haley – avaient fait des déclarations selon lesquelles, dans les mots du New York Times, la Maison-Blanche avait « abandonné le but » de faire pression sur Assad pour qu’il « quitte le pouvoir, marquant un changement abrupt de la politique du Moyen-Orient qui avait guidé Obama pendant plus de cinq ans. » Le Secrétaire à la presse Sean Spicer avait dit à un briefing de presse du 31 mars qu’il y avait « une nouvelle réalité politique que nous devons accepter, » impliquant qu’Assad était là pour rester.

Les officiels russes et syriens des renseignements, qui coordonnent les opérations avec les postes de commande américains, ont clarifié que la frappe planifiée sur Khan Cheikhoun était spéciale à cause de la cible à haute valeur. « C’était un vrai changement. La mission sortait de l’ordinaire – mettez le planning à jour, » le conseiller senior m’a dit. « Tous les officiers de la région – dans l’infanterie, les Marines, les forces aériennes, la CIA et la NSA – « devaient savoir ce qui se préparait. Les Russes avaient fourni une bombe téléguidée, ce qui est une occurrence rare. Ils sont avares de leurs bombes téléguidées et les partagent rarement avec les forces aériennes syriennes. Et les Syriens ont assigné la mission à leur meilleur pilote, avec leur meilleur copilote. » Les renseignements préliminaires sur la cible, tels que fournis par les Russes, ont reçu la meilleure des notes possibles dans la communauté américaine. »

L’ordre exécutif qui gouverne les opérations militaires des USA sur le théâtre, qui a été donné par le Chef d’État-Major des armées des États-Unis, comprend des instructions qui définissent les relations entre les forces armées russes et américaines présentes en Syrie. « C’est comme un ordre d’opération – ‘voici ce que vous êtes autorisés à faire’ », a dit le conseiller. « Nous ne partageons pas de contrôle opérationnel avec les Russes. Nous ne menons pas d’opérations communes avec eux, ni d’activités de soutien à l’une des leurs opérations. Mais la coordination est autorisée. Nous nous tenons mutuellement au fait des événements et ce package comprend des échanges de renseignements. Si nous obtenons un renseignement qui pourrait aider les Russes à accomplir leur mission, c’est de la coordination ; et les Russes font de même pour nous. Quand nous obtenons un renseignement sur un centre de commandement ou de contrôle, » a ajouté le conseiller en référence à la cible de Khan Cheikhoun, « nous faisons ce que nous pouvons pour les aider à agir en conséquence ». « Ce n’était pas une attaque chimique », a dit le conseiller. « C’est une histoire fantasmagorique. Si cela avait été le cas, tous les participants au transfert, au chargement et à l’armement de la bombe – il aurait fallu la faire passer pour une bombe conventionnelle de 227 kg – auraient porté des combinaisons hazmat en cas de fuite. Il y aurait très peu de chances de survie sans cette protection. Le sarin de qualité militaire inclut des additifs conçus pour en augmenter la toxicité et la létalité. Chaque lot qui sort d’usine est maximisé pour tuer. C’est la raison pour laquelle il est produit. Le sarin n’a pas d’odeur, est invisible et la mort survient en une minute. Pas de nuage. Pourquoi produire une arme si les gens peuvent y échapper ? »

La cible a été frappée à 6h55 du matin, le 4 avril, juste avant minuit à Washington. Une évaluation des dommages de bombardement menée par l’armée des USA, plus tard, a déterminé que le chaleurs et la puissance de la bombe de 227 kg syrienne avait déclenché une série d’explosions secondaires qui auraient pu générer un gros nuage toxique qui aurait pu s’étendre sur la localité, formé par la dispersion des fertilisants, désinfectants et d’autres biens stockés dans la cave, ses effets magnifiés par la densité de l’air du matin, qui avait piégé les émanations au niveau du sol. Selon les estimations des renseignements, a dit le conseiller senior, le bombardement lui-même avait tué jusqu’à quatre leaders djihadistes, et un nombre inconnu de chauffeurs et de gardes du corps. Il n’y a aucun décompte confirmé du nombre de civils tués par les gaz toxiques diffusés par les explosions secondaires, bien que des activistes de l’opposition aient rapporté qu’il y avait eu plus de 80 morts, et que des médias comme CNN aient fait grimper l’évaluation du nombre des victimes à 92 personnes.

Une équipe de Médecins Sans Frontières, qui traitait des victimes de Khan Cheikhoun dans une clinique distante de 96 kilomètres au nord, a rapporté que « huit patients présentaient des symptômes – y compris des pupilles contractées, des spasmes musculaires et un défécation involontaire – cadrant avec une exposition à un agent neurotoxique comme le gaz sarin ou des composés similaires. » MSF a également visité d’autres hôpitaux qui avaient reçu des victimes et trouvé des patients présents « qui sentaient le chlore, ce qui suggérait qu’ils y avaient été exposés. » En d’autres termes, les preuves suggèrent qu’il y avait plus d’un produit chimique en cause dans les symptômes observés, ce qui n’aurait pas été le cas si les forces armées syriennes – comme l’ont répété les activistes de l’opposition – avait largué une bombe au sarin, qui n’a pas de puissance percussive ou de système d’allumage capable de provoquer des explosions secondaires. Les symptômes décrits, toutefois, cadrent avec la dispersion d’un mélange de produits chimiques, y compris du chlore et des organophosphates utilisés dans de nombreux fertilisants, qui peuvent provoquer des effets neurotoxiques similaires à ceux du sarin.

L’internet s’est mis en action dans les heures qui ont suivi, et des photos macabres des victimes ont envahi les réseaux et Youtube. Les services de renseignement américains ont reçu la mission d’établir ce qui s’était produit. Parmi les informations reçues, il y avait une interception de communication syrienne collectée par une nation alliée avant l’attaque. La communication interceptée, qui avait eu un gros effet sur quelques-uns des assistants de Trump, ne mentionnait pas de gaz neurotoxique ou de sarin, mais elle citait la discussion d’un général syrien sur une arme « spéciale » et sur le besoin d’un excellent pilote pour manoeuvrer l’avion d’attaque. Il se référait, comme les gens des renseignements l’avaient compris, contrairement, semble-t-il, à nombre d’assistants inexpérimentés et de membres de la famille de Trump, à la bombe fournie par les Russes, avec son système de téléguidage. « Si vous avez déjà décidé que c’était une attaque au gaz chimiques, vous verrez inévitablement une référence à une bombe de sarin dans cette discussion sur une arme spéciale, » a dit le conseiller. « Est-ce que les Syriens ont planifié l’attaque de Kahn Cheikhoun ? Absolument. Est-ce que nous avons les communications interceptées qui le prouvent ? Absolument. Est-ce qu’ils avaient prévu d’utiliser du sarin ? Non. Mais le président n’a pas dit, ‘Nous avons un problème et nous allons enquêter’. Il voulait bombarder la Syrie. »

A l’ONU le jour suivant, l’ambassadrice Haley a créé une sensation médiatique quand elle a exhibé des photos des victimes et accusé la Russie de complicité. « Combien d’enfants morts de plus faudra-t-il pour que la Russie s’en inquiète ? » a-t-elle demandé. NBC News, dans un rapport typique de leur style, le même jour, a cité des officiels américains confirmant que du gaz neurotoxique avait été utilisé et Haley a lié l’attaque directement au président Assad. « Nous savons qu’avec l’attaque d’hier, le régime barbare Assad est tombé encore plus bas, » a-t-elle dit. Il était ironique que l’Amérique se précipite pour blâmer Assad et reprocher sur complicité aux Russes, au prétexte de leur soutien aux dénégations de la Syrie quand à une utilisation de gaz neurotoxiques à Khan Cheikhoun, comme l’ambassadrice Haley et d’autres à Washington l’ont fait. « Ce dont la plupart des Américains ne se rendent pas compte, » a dit le conseiller, « est que s’il y avait eu une attaque au gaz neurotoxique autorisée par Bachar, les Russes seraient dix fois plus consternés que n’importe qui en Occident. La stratégie russe contre Daech, qui implique la coopération des Américains, aurait été détruite et Bachar serait responsable d’avoir contrarié la Russie, avec des conséquences imprévisibles pour lui. Bachar ferait ça ? Alors qu’il a presque gagné sa guerre ? C’est une blague ? »

Trump, un consommateur avide d’infos télévisées, a dit, alors que le roi Abdallah de Jordanie était assis à ses côtés dans le Bureau ovale, que ce qui s’était passé était « horrible, horrible » et un « affront terrible à l’humanité ». A la question de savoir si son administration allait changer sa politique envers le gouvernement Assad, il a répondu « Vous verrez ». Il a donné un indice de la réplique à venir dans une conférence de presse subséquente avec le roi Abdallah : « Quand vous tuez des enfants innocents, des bébés innocents – des bébés, de petits bébés – avec un gaz chimique si létal… cela dépasse beaucoup, beaucoup de lignes, au-delà d’une ligne rouge… Cette attaque sur des enfants hier, a eu un gros impact sur moi. Gros impact… il est très, très possible… que mon attitude envers la Syrie et Assad ait beaucoup changé. »

Quelques heures après avoir vu les photos, le conseiller a dit, Trump a donné des instructions à l’appareil de la défense nationale pour des représailles contre la Syrie. « Il a fait ça avant d’en parler à qui que ce soit. Les planificateurs ont ensuite demandé à la CIA et à la DIA s’il y avait des preuves selon lesquelles la Syrie avait du sarin stocké dans un aéroport à proximité ou quelque part dans la zone. Leur armée avait dû en avoir pour bombarder avec. La réponse a été, « nous n’avons aucune preuve que la Syrie détienne du sarin ou en ait utilisé, » a dit le conseiller. La CIA leur a également dit qu’il n’y avait pas de livraison résiduelle de sarin à Al-Chaayrate [la base aérienne d’où les SU-24 syriens ont décollé le matin du 4 avril] et Assad n’avait aucune raison de commettre un suicide politique. » Tous les participants, sauf peut-être le président, comprenaient aussi qu’une équipe de haut vol de l’ONU avait passé plus d’un an, après une attaque syrienne alléguée au sarin en 2013, à éliminer toutes les armes chimiques, dans une douzaine de dépôts d’armes chimiques en Syrie.

A cette étape, le conseiller a dit, les planificateurs de la sécurité nationale étaient plutôt déconcertés : « Personne ne savait d’où venaient les photos. Nous ne savions pas qui étaient les enfants ou comment ils avaient été blessés. Le sarin est très facile à détecter parce qu’il pénètre la peinture, et tout ce dont on a besoin est d’un échantillon de peinture. Nous savions qu’il y avait eu un nuage et qu’il avait atteint des gens. Mais vous ne pouvez pas vous baser là-dessus pour en conclure en toute certitude qu’Assad avait caché du sarin à l’ONU parce qu’il voulait l’utiliser à Khan Cheikhoun. » Les renseignements avaient clarifié qu’un chasseur-bombardier SU-24 des forces armées syriennes avait utilisé une arme conventionnelle pour frapper sa cible : elle n’avait pas de tête chimique. Et pourtant, il a été impossible aux experts de persuader le président de ce fait ; il avait pris sa décision. « Le président a vu les photos de petites filles empoisonnées et a déclaré que c’était une atrocité d’Assad. « C’est typique de la nature humaine. Vous sautez aux conclusions que vous voulez. Les analystes des renseignements ne discutent pas avec un président. Ils ne vont pas dire au président, « si vous interprétez les données de cette façon, je démissionne. »

Les conseillers de la sécurité nationale comprenaient leur dilemme : Trump voulait répondre à l’affront à l’humanité commis en Syrie et il ne voulait pas en être dissuadé. Ils avaient affaire à un homme qu’ils ne considéraient ni comme méchant, ni comme stupide, mais dont les limitations en matière de décisions de sécurité étaient sévères. « Tous ses proches connaissent ses tendances à agir précipitamment quand il n’a pas connaissance des faits. Il veut des briefings verbaux et des photos. C’est un risque-tout. Il peut assumer les conséquences d’une mauvaise décision dans le monde des affaires ; il ne peut perdre que de l’argent. Mais dans notre monde, des vies peuvent être perdues et il peut y avoir des dommages graves à notre sécurité s’il se trompe. On lui a dit qu’il n’y avait pas de preuves d’un implication syrienne et pourtant, Trump dit : « Allez-y. »

Le 6 avril, Trump a organisé une réunion d’officiels de la sécurité nationale dans sa résidence secondaire de Mar-a-Lago, en Floride. La réunion ne servait pas à décider quoi faire, mais comment le faire au mieux – ou, comme certains le souhaitaient, comment en faire le moins possible tout en faisant plaisir à Trump. « Le patron savait avant la rencontre qu’ils n’avaient pas de preuves, mais ce n’était pas la question, » a dit le conseiller. « La réunion portait sur ‘Voici ce que je vais faire’, et puis on lui expose les options. »

Les renseignements détenus par les USA n’avaient aucune importance. Le plus expérimenté, à la table, était le Secrétaire de la défense James Mattis, un général du corps des marines à la retraite qui jouit de la confiance du président et qui comprenait peut-être la vitesse à laquelle cela peut s’évaporer. Mike Pompeo, le directeur de la CIA dont l’agence avait répété qu’elle n’avait pas de preuves d’une bombe chimique syrienne, n’était pas présent. Le Secrétaire d’État Tillerson était admiré à l’intérieur pour sa capacité à travailler des longues heures et ses lectures avides de câbles diplomatiques et de rapports, mais il ne savait que très peu de chose sur la guerre et l’organisation d’un raid de bombardement. Les participants étaient dans une impasse, a dit le conseiller. « Le président était émotionnellement galvanisé par le désastre et il voulait des options. » Il en a eu quatre, en ordre croissant. L’option N°1 était de ne rien faire. Les participants, a dit le conseiller, comprenaient tous qu’elle était vouée à l’échec. L’option N°2 était une tape sur la main : bombarder une base aérienne en Syrie, mais seulement après avoir alerté les Russes, et à travers ces derniers les Syriens, pour éviter qu’il y ait trop de victimes. Quelques-uns des planificateurs appelaient ça « l’option gorille » : les USA allaient jeter des regards noirs et se frapper la poitrine pour faire peur et montrer leur détermination, mais ne causeraient que peu de dégâts significatifs. La troisième option était d’adopter le package de frappes qui avait été présenté à Obama en 2013, et qu’il avait fini par rejeter. Le plan impliquait un bombardement massif des principales bases aériennes syriennes et des centres de commandes et de contrôle, avec des bombardiers B1 et B52 au départ de leurs bases aux USA. L’option N°4 était la « décapitation » : éliminer Assad en bombardant son palais à Damas, ainsi que son réseau de commande et de contrôle et tous les bunkers souterrains où il aurait éventuellement pu faire retraite en cas de crise.

« Trump a éliminé l’option N°1 d’entrée, «  a dit le conseiller senior, et l’assassinat d’Assad n’a pas été envisagé. « Mais il a dit, en essence : ‘Vous êtes des militaires et je veux de l’action militaire.’ ». Le président était également initialement opposé à l’idée d’avertir les Russes avant la frappe, mais il a fini par l’accepter à contrecoeur. « Nous lui avons donné l’option Boucles d’or – ni trop chaud, ni trop froid, juste à la bonne température. » La discussion a eu ses moments de bizarrerie. Au cours de la réunion de Mar-a-Lago, Tillerson s’est demandé pourquoi le président ne pouvait tout simplement pas appeler des bombardiers B52 et pulvériser la base aérienne. On lui a répondu que es B52 étaient très vulnérables aux missiles sol-air (SAMs) dans la zone et qu’employer de tels avions aurait demandé des tirs de suppression qui pourraient tuer des défenseurs russes. « Qu’est-ce que c’est ? » a demandé Tillerson. Bien, monsieur, lui a-t-on répondu, cela veut dire qu’il nous faudrait détruire les sites de SAMs au long de la trajectoire de vol des B52, or ils sont contrôlés par des Russes, et nous nous retrouverions probablement dans une situation beaucoup plus difficile. « La leçon en était : Dieu merci, des militaires assistaient à la réunion, » a dit le conseiller. « Ils ont fait de leur mieux face à une décision qui avait déjà été prise. »

Cinquante-neuf missiles Tomahawk ont été lancés de deux destroyers de l’US Navy en service dans la Méditerranée, le Ross et le Porter, vers la base aérienne Al-Chaayrate près de Homs, une ville contrôlée par le gouvernement. La frappe a rempli sa mission dans la mesure où elle a causé aussi peu de dégâts que possible. Les missiles ont une faible charge explosive – à peu-près 100 kg de HBX, la version militaire moderne du TNT. Les réservoirs de stockage de carburant, une cible première, ont été pulvérisés, le conseiller senior a dit, déclenchant un incendie et des nuages de fumée qui ont interféré avec le système de guidage des missiles suivants. Au moins 24 des missiles ont raté leur cible et seuls quelques-uns d’entre eux ont pénétré dans les hangars, détruisant neuf avions syriens, nettement moins que n’en a annoncé l’administration Trump. On m’a dit qu’aucun des neuf n’était opérationnel : des avions aussi endommagés sont ce que les forces aériennes des USA appellent des reines de hangar. « C’étaient des agneaux sacrificiels, » a dit le conseiller senior. Le personnel important et les avions chasseurs opérationnels avaient été évacués vers des bases proches des heures avant le début du raid. Les deux pistes et les postes de stationnement des avions, qui avaient également été ciblées, étaient réparées et de nouveau opérationnelles dans les huit heures suivantes. En résumé, ce n’était pas grand-chose de plus qu’un coûteux feu d’artifice.

« C’était un spectacle monté par Trump du début jusqu’à la fin, » a dit le conseiller senior. « Quelques-uns des conseillers seniors en sécurité nationale du président ont considéré la mission comme une mauvaise décision présidentielle minimisée, qu’ils avaient l’obligation de de mener à bien. Mais je ne pense pas que notre personnel de la sécurité nationale se laissent de nouveau emporter dans une autre mauvaise décision. Si Trump avait choisi l’option 3, il y aurait peut-être eu des démissions immédiates. »

Après la rencontre, avec les Tomahawks en route, Trump a parlé à la nation à partir de Mar-a-Lago, et a accusé Assad d’avoir utilisé du gaz neurotoxique pour asphyxier « les vies d’hommes, de femmes et d’enfants sans défense. C’était une mort lente et brutale pour beaucoup… aucun enfant de Dieu ne devrait souffrir une telle horreur. » Les jours suivants ont été ses plus réussis en tant que président. L’Amérique s’est regroupée autour de son commandant en chef, comme elle le fait toujours en temps de guerre. Onze semaines après son investiture, Trump, qui avait fait campagne sur des préconisations de paix avec Assad, bombardait la Syrie sous les applaudissements des Républicains, des Démocrates et des médias.

Un célèbre présentateur de télé, Brian Williams de MSNBC, a utilisé le mot « beau » pour décrire les images des Tomahawks lancés depuis la mer. Sur CNN, Fareed Zakaria a dit, « Je pense que Donald Trump est devenu président des États-Unis. » Une revue de presse des 100 principales publications de presse américaines montre que, dans leur sillage immédiat, 39 d’entre elles ont publié des éditoriaux en faveur des frappes de missiles, y compris le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal.

Cinq jours plus tard, l’administration Trump réunissait les médias nationaux pour un briefing sur le contexte de l’opération en Syrie. L’essentiel du briefing portait sur des accusations selon lesquelles les dénégations catégoriques et répétées des Russes quant à un quelconque usage de sarin à Khan Cheikhoun étaient des mensonges, parce que le président Trump avait dit que du sarin avait été utilisé. Cette affirmation, qui n’a été ni contestée, ni disputée par l’un des reporters présents, est devenue la base de critiques subséquentes :

  • Les mensonges répétés de l’administration Trump sur l’utilisation de sarin par la Syrie a mené à une croyance généralisée dans les médias et le public américains selon laquelle la Russie a choisi de s’impliquer dans une campagne corrompue de désinformation et de dissimulation en soutien à la Syrie.
     
  • Les forces armées russes étaient hébergées, avec celles de la Syrie, dans la base d’ Al-Chaayrate (comme elles le sont à travers toute la Syrie), évoquant la possibilité selon laquelle la Russie aurait été informée de la détermination de la Syrie à utiliser du gaz sarin à Khan Cheikhoun, et n’aurait rien fait pour l’en empêcher.
     
  • L’usage allégué de gaz sarin par la Syrie et la défense de cet usage par la Russie suggéreraient fortement que la Syrie avait caché des stocks illicites de sarin à l’équipe de désarmement de l’ONU qui avait passé presque toute l’année 2014 à inspecter et à éliminer toutes les armes chimiques des 12 dépôts d’armes chimiques syriens, à la suite de l’accord entre l’administration Obama et la Russie passé après l’usage allégué, mais jamais prouvé, de gaz sarin contre une redoute militaire rebelle dans la banlieue de Damas, l’année précédente.

A sa décharge, au cours du briefing, le porte-parole avait pris soin d’employer des mots comme « pense », « suggère » et « croit » au moins dix fois pendant les 30 minutes de l’événement. Mais il a également dit que son briefing était fondé sur des données qui avaient été déclassifiées par « nos collègues de la communauté du renseignement ». Ce que le porte-parole n’a pas dit, et ne savait peut-être pas, était que l’information classifiée de la communauté soulignait que la Syrie n’avait pas utilisé de sarin dans le bombardement du 4 avril.

La presse grand public a réagi comme la Maison-Blanche l’avait espéré : les articles attaquant la dissimulation alléguée des Russes en soutien à l’utilisation de sarin par la Syrie ont dominé les informations et de nombreuses plate-formes médiatiques ont ignoré les myriades de précautions oratoires du porte-parole. Une ambiance de renouveau de la Guerre froide régnait. Le New York Times, par exemple – le plus célèbre des journaux des USA – avait titré « La Maison-Blanche accuse la Russie de dissimulation dans l’attaque chimique syrienne ». Le Times notait bien que la Russie niait tout en bloc, mais ce qui avait été décrit par le porte-parole comme « des données déclassifiées » étaient soudain devenues « un rapport déclassifié des services de renseignement ». Il n’y avait pourtant pas de rapport des services de renseignement officiel déclarant que la Syrie avait utilisé du sarin, seulement un « résumé fondé sur des données déclassifiées sur l’attaque », comme l’avait dit le porte-parole.

La crise est passée au second plan vers la fin du mois d’avril, alors que la Russie, la Syrie et les USA restaient concentrés sur l’annihilation de Daech et des milices d’al-Qaïda. Quelques-uns de ceux qui avaient travaillé sur la crise, toutefois, en ont gardé une inquiétude. « Les salafistes et djihadistes ont obtenu tout ce qu’ils voulaient avec ces manigances sur le gaz neurotoxique syrien », m’a dit le conseiller senior à la communauté du renseignement des USA en référence à une escalade des tensions entre la Syrie, la Russie et l’Amérique. « La question est, qu’est-ce qui se passe s’il y a une autre attaque au sarin sous fausse bannière, et qu’on en rejette la responsabilité sur la Syrie haïe ? Trump a fait monter les enchères et s’est mis tout seul le dos au mur avec sa décision de bombarder. Et n’imaginez pas que ces types ne soient pas en train de planifier une nouvelle fausse attaque. Trump n’aura pas d’autre choix que de bombarder de nouveau, et plus durement. Il est incapable d’admettre qu’il a fait une erreur. »

La Maison-Blanche n’a pas répondu à des questions spécifiques sur le bombardement de Khan Cheikhoun et de la base d’Al-Chaayrate. Ces questions ont été envoyées par e-mail à la Maison-Blanche le 15 juin et n’ont reçu aucune réponse.

Seymour Hersh

Traduction et note d’introduction Entelekheia
Photo Pixabay

[Update]NdT : Il semble que la question soit effectivement revenue sur le tapis. La Maison-Blanche s’accroche, comme prévu, à sa version des faits et ajoute même une deuxième couche de stupidité en prévoyant, sans aucune preuve, une « nouvelle attaque au sarin » par Assad et des représailles… et en nous entraînant tous dans le risque d’un conflit ouvert avec la Russie. Voir à ce sujet Conflagration ? Sur les Chroniques du Grand Jeu.
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France : Impliqué dans l'affaire "Business France" Emmanuel Macron en passe de démissionner

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation .

France : Impliqué dans l'affaire "Business France" Emmanuel Macron en passe de démissionner
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 Emmanuel Macron et Muriel Pénicaud à la French Tech en 2016
 

 

 

 

 

 

 

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Si le nouveau président français est aussi "vin nouveau" et adepte de l'éthique qu'il le prétend, il devrait faire mieux que son mentor François Hollande qui, accablé par son impopularité, opta l'année dernier, de ne pas se rendre ridicule en sollicitant un second mandat : Macron devrait purement et simplement démissionner comme l'ont fait il y a quelques jours, des piliers -d'obédience MoDem- de son régime (Marielle de Sarnez, Sylvie Goulard et François Bayrou) soupçonnés d'avoir  rémunéré  avec des fonds  du parlement européen des gens qui travaillaient pour leur parti. 

Selon le journal français "Libération" paru ce matin, le cabinet de Macron, du temps où il était ministre des Finances, aurait été impliqué dans une affaire de violation présumée des règles de mise en concurrence, dans l'organisation d'une soirée organisée à Las Vegas par Havas pour le compte de Business France. Une afaire au sujet de laquelle une enquête est ouverte en France.  

 

 

 

S'inspirant d'un audit réalisé par le cabinet d'audit EY (ex-Ernst & Young) qui mentionne  "que la définition exacte des besoins a pu être en partie déterminée par des personnes extérieures à Business France, en particulier le cabinet du ministre de l'Economie", Libération affirme que l'actuelle ministre du Travail, Muriel Penicaud, à l'époque directrice générale de Business France, avait «validé» certaines dépenses relatives à l'organisation de cette soirée, contournant ainsi les règles de l'agence publique qu'elle dirigeait, et qui était chargée de faire la promotion de la France auprès des investisseurs étrangers.

La dramatique de l'affaire vient du fait qu'au moment où cette affaire a été révélée, Emmanuel Macron -qui n'était pas encore président de la République- avait fermement nié la responsabilité de son entourage, allant même jusqu'à affirmer que son «ministère a[vait] toujours respecté les règles des appels d'offres et des marchés publics». Or il est clair aujourd'hui que ce n'était pas vrai.

Du coup, se pose la question de sa responsabilité. Car à moins que l'on puisse dire qu'il n'était pas au courant des menées irrégulières de son cabinet, ce qui est impensable pour un ministre et symboliquement révélateur de l'irresponsabilité d'un homme politique qui a la prétention de diriger tout un Etat, le président français devrait donner l'exemple de son sens des responsabilités en rendant le tablier. Surtout que sa ministre a admis hier qu'"Il y a eu une erreur de procédure". « J'ai immédiatement déclenché un audit, interne et externe... Il y a eu ensuite une inspection générale qui a confirmé qu'effectivement il y avait eu erreur et que d'autre part j'avais pris les bonnes mesures. Rien d'autre à dire », a-t-elle avancé pour se défendre. Non sans insister sur le fait que C'est elle qui avait « alerté le conseil d'administration », et « déclenché l'audit ». 

Vers un syndrome Bayrou

Malheureusement, les médias hexagonaux si friands d'inquisition se limitent à brocarder du menu fretin, en évitant à chaque fois d'égratigner le mammouth.

Comme Bayrou qui avait exclu de démissionner avant de prendre la porte de manière fracassante -laissant "en route" le projet de réforme de la justice française dont il était porteur-, comme Richard Ferrand qui avait envoyé paître ceux qui lui demandaient de rendre son tablier suite à l'affaire immobilière emportant conflit d'intérêt dans laquelle il était impliqué -avant d'être poussé à une démission masquée en recasement à la tête du groupe parlementaire REM- Muriel Penicaud qui est à son tour assise sur des charbons ardents,  exclut de démissionner du gouvernement. Et comme d'habitude, Le porte-parole du gouvernement français, Christophe Castaner, déclare ne pas être inquiet des conséquences de cette affaire pour sa collègue. Mais a posteriori, on ne peut s'empêcher d'imaginer que ce n'est là qu'une vaine résistance qui débouchera inéluctablement sur sa sortie du gouvernement, tandis que le nouveau Messie logé à l'Elysée suite à un hold-up politique sur fond d'OPA électoral orchestré par la mafia Rockefeller, restera, lui, intouchable, car "exempt" de tout péché.

Décidément, la France qui en voulant se tirer des "affaires" s'est jetée mains et pieds liés dans les bras d'un... banquier "d'affaires", est résolument mal... engouffrée...!


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S'inspirant d'un audit réalisé par le cabinet d'audit EY (ex-Ernst & Young) qui mentionne  "que la définition exacte des besoins a pu être en partie déterminée par des personnes extérieures à Business France, en particulier le cabinet du ministre de l'Economie", Libération affirme que l'actuelle ministre du Travail, Muriel Penicaud, à l'époque directrice générale de Business France, avait «validé» certaines dépenses relatives à l'organisation de cette soirée, contournant ainsi les règles de l'agence publique qu'elle dirigeait, et qui était chargée de faire la promotion de la France auprès des investisseurs étrangers.

La dramatique de l'affaire vient du fait qu'au moment où cette affaire a été révélée, Emmanuel Macron -qui n'était pas encore président de la République- avait fermement nié la responsabilité de son entourage, allant même jusqu'à affirmer que son «ministère a[vait] toujours respecté les règles des appels d'offres et des marchés publics». Or il est clair aujourd'hui que ce n'était pas vrai.

Du coup, se pose la question de sa responsabilité. Car à moins que l'on puisse dire qu'il n'était pas au courant des menées irrégulières de son cabinet, ce qui est impensable pour un ministre et symboliquement révélateur de l'irresponsabilité d'un homme politique qui a la prétention de diriger tout un Etat, le président français devrait donner l'exemple de son sens des responsabilités en rendant le tablier. Surtout que sa ministre a admis hier qu'"Il y a eu une erreur de procédure". « J'ai immédiatement déclenché un audit, interne et externe... Il y a eu ensuite une inspection générale qui a confirmé qu'effectivement il y avait eu erreur et que d'autre part j'avais pris les bonnes mesures. Rien d'autre à dire », a-t-elle avancé pour se défendre. Non sans insister sur le fait que C'est elle qui avait « alerté le conseil d'administration », et « déclenché l'audit ». 

Vers un syndrome Bayrou

Malheureusement, les médias hexagonaux si friands d'inquisition se limitent à brocarder du menu fretin, en évitant à chaque fois d'égratigner le mammouth.

Comme Bayrou qui avait exclu de démissionner avant de prendre la porte de manière fracassante -laissant "en route" le projet de réforme de la justice française dont il était porteur-, comme Richard Ferrand qui avait envoyé paître ceux qui lui demandaient de rendre son tablier suite à l'affaire immobilière emportant conflit d'intérêt dans laquelle il était impliqué -avant d'être poussé à une démission masquée en recasement à la tête du groupe parlementaire REM- Muriel Penicaud qui est à son tour assise sur des charbons ardents,  exclut de démissionner du gouvernement. Et comme d'habitude, Le porte-parole du gouvernement français, Christophe Castaner, déclare ne pas être inquiet des conséquences de cette affaire pour sa collègue. Mais a posteriori, on ne peut s'empêcher d'imaginer que ce n'est là qu'une vaine résistance qui débouchera inéluctablement sur sa sortie du gouvernement, tandis que le nouveau Messie logé à l'Elysée suite à un hold-up politique sur fond d'OPA électoral orchestré par la mafia Rockefeller, restera, lui, intouchable, car "exempt" de tout péché.

Décidément, la France qui en voulant se tirer des "affaires" s'est jetée mains et pieds liés dans les bras d'un... banquier "d'affaires", est résolument mal... engouffrée...!


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Agissements inhabituels des États-Unis dans le ciel de la Syrie

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

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Agissements inhabituels des États-Unis dans le ciel de la Syrie

Certaines sources syriennes ont fait part des agissements inhabituels américains dans le ciel syrien.

Selon la chaîne al-Mayadeen, ces nouveaux agissements des États-Unis ressemblent à ceux menés par eux avant leurs frappes balistiques sur la base militaire de Shayrat en Syrie, en avril dernier.

Ces sources ont confié à al-Mayadeen avoir observé, au cours de ces derniers jours, des activités d’espionnage inhabituelles des Américains au large de la Syrie, ce qui laisse penser qu’un incident aurait lieu.

De même, trois avions d’espionnage de la marine américaine ont effectué des vols au large de la Syrie.

Selon Sputnik, plusieurs sites occidentaux suivant les déplacements des avions militaires ont recensé les vols de trois avions de reconnaissance américains à proximité du littoral syrien, plus particulièrement de la base navale russe de Tartous.

Dans ce droit fil, Guennadi Gatilov, vice-ministre russe des Affaires étrangères a mis en garde les États-Unis contre tout acte unilatéral.

Les déclarations de Washington selon lesquelles Damas serait en train de préparer des « attaques chimiques », entraveront le processus des négociations d’Astana et de Genève consacrées au règlement de la crise syrienne.

« Les tentatives US visant à faire monter la tension en Syrie sont inadmissibles », a-t-il indiqué.

Il a également réitéré que pour la Russie, l’armée syrienne ne représentait aucune menace pour les experts américains.

Pour rappel, la Maison Blanche a prétendu, mardi 27 juin, dans un communiqué sans aucun document à l’appui, que le gouvernement syrien serait en train de préparer une attaque chimique.

source:http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i39750-agissements_inhabituels_des_états_unis_dans_le_ciel_de_la_syrie

 

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Syrie: l’aviation US est intervenue contre un bombardier syrien pour protéger un convoi très spécial de Daech

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Syrie: l’aviation US est intervenue contre un bombardier syrien pour protéger un convoi très spécial de Daech

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Syrie: l’aviation US est intervenue contre un bombardier syrien pour protéger un convoi très spécial de Daech

Le pilote du vieux bombardier léger syrien Sukhoï Su-22 (« Fitter ») abattu par des F/A-18E Super Hornet US pour protéger un convoi spécial d’anciens combattants de Daech (acronyme arabe péjoratif désignant l’organisation terroriste de l’État Islamique) près d’Al-Riqqa, est parvenu à s’éjecter à temps en évitant un premier missile. Il s’appelle Ali Fahd et est père de trois enfants.

Des forces spéciales de l’armée syrienne ont pénétré en pleine nuit dans la zone où l’appareil s’est abattu pour tenter de le secourir. Une opération SAR du type le plus extrême car les hordes de Daech et des mercenaires kurdes soutenus par des Navy Seals US sont aux trousses du pilote syrien.

Dans de telles conditions, les chances de survie d’Ali Fahd sont minimes selon des analystes. Cependant, tout demeure possible. Personne ne s’attendait qu’un vieil appareil comme le Su-22, destiné principalement à l’attaque au sol puisse réussir à  esquiver une première salve de missile AA (Air-Air) de dernière génération.

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Photographie non datée du pilote Ali Fahd des forces aériennes syriennes prise dans un endroit indéterminé, diffusée par l’un de ses proches sur Twitter. En arriete plan, le nez d’un Su-22

Photographie non datée du pilote Ali Fahd des forces aériennes syriennes prise dans un endroit indéterminé, diffusée par l’un de ses proches sur Twitter. En arriere plan, le nez d’un Su-22

Le mystère demeure quant à savoir pourquoi des F/A-18E US en provenance du Qatar se sont rués sur l’appareil syrien pour protéger un convoi spécial de Daech évoluant au sud de Tabaqa et fort éloigné des forces démocratiques kurdes (soutenues par les US).

Washington a justifié cet acte traduisant une extrême frustration par des règles d’engagement destinées à protéger les alliés de la coalition dont les forces démocratiques kurdes. Un prétexte qui ne tient pas du tout la route.

Selon certaines informations émanant de sources très au fait de la guerre de l’ombre en Syrie, le convoi transportait d’anciens combattants de Daech en phase de reconversion pour servir au sein des Maghawir Al-Thawra (les « commandos de la Révolution », un terme typiquement inventé par Washington) et avec eux se trouvaient deux responsables du département des opérations de la CIA et des agents arabisants du Mossad israélien.

source:https://strategika51.wordpress.com/2017/06/19/syrie-laviation-us-est-intervenue-pour-proteger-un-convoi-tres-special-de-daech/

 

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