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Le blog de Lucien PONS

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L’élimination d’Abou Bakr Al Baghdadi signe l’éradication complète du Cercle de Tall Affar, le noyau turkmène fondateur de Daech. Par René Naba.

27 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

L’élimination d’Abou Bakr Al Baghdadi signe l’éradication complète du Cercle de Tall Affar, le noyau turkmène fondateur de Daech

 

L’élimination d’Abou Bakr Al Baghdadi par un raid russe sur Raqqa, Nord de la Syrie, le 25 Mai 2017, si elle était confirmée, signerait l’éradication complète du cercle de Tall ‘Affar, le noyau turkmène fondateur de l’État Islamique.

Pivot de Daech, ultime survivant du Cercle de Tall’Affar et du camp de Bucca, sud de l’Irak, la disparition du Calife Ibrahim revêtirait certes une lourde signification par sa portée symbolique. Mais ce désastre ne saurait remettre en cause le projet de restauration du Califat islamique, en dépit des défaites majeures subies par l’organisation djihadiste, ni de ses lourdes pertes en vies humaines, en dépit de sa politique suicidaire menée à l’encontre des minorités sous son emprise, les Chrétiens et les Yazédis qu’il s’est aliéné par les persécutions qu’il leur a fait subir, plutôt que de les amadouer.

La chute probable de Mossoul, selon toute vraisemblance, va relancer les tensions inter communautaires, exacerbées par une hyper fragmentation de la société irakienne du fait de quinze ans de guerres intestines. Elle pourrait inciter Daech à compenser la perte territoriale de son califat en terre arabe par un plus fort ciblage européen. Une «branche européenne» de Daech aurait d’ailleurs été créée à cet effet, constituée de près de 5.000 volontaires auparavant engagés dans les combats en Syrie et en Irak.

1 – Le cercle de Tall’Affar

Le cercle de Tall’Afar, noyau dur de Daech, était dirigé par Abou Ali Al Anbari, de son vrai nom Ala’ Qodrache, Turkmène originaire de Tell’Afar.
Le «cercle de Tall’Afar» tire son nom de la ville du Nord-Ouest de l’Irak, qui abritait durant l’embargo international contre l’Irak (1990-2003), un des sites d’où étaient déployés les batteries de la défense anti aérienne pour la neutralisation des avions des forces de coalition de l’Opération «Northern Watch 1», chargée de faire respecter les zones d’exclusion aérienne faisant suite à l’embargo décidé par l’ONU.

Située à 45 km à l’Ouest de Mossoul, dans la province de Ninive et à 60 km de la frontière syrienne, elle est peuplée d’environ 170.000 habitants, arabes sunnites, kurdes, turkmènes et chiites. L’édifice était chapeauté par les Turkmènes du «Cercle de Tell’Afar», sous la direction d’Abou Ali Al Anbari, qui en verrouillait les principales articulations.

Les cadres irakiens ont joué un rôle déterminant dans la définition de cette idéologie, résultant d’un double impératif: Disposer d’un gisement humain sunnite apte au combat tout en maintenant la cohésion d’un groupe hétéroclite traversé par des courants contradictoires.

A – Les principaux membres du cercle

SAMIR Al KHALFAOUI (Hajji Bakr), de même que ses camarades du parti Baas, étaient des laïcs, mais ont souhaité tirer leur légitimité de Dieu. «La domination des peuples doit être exercée par une élite ultra-minoritaire, car son objectif est de servir les intérêts supérieurs… «Pour ce faire, elle doit tirer sa légitimité de Dieu ou de la grandeur de l’Histoire». Dixit cet ancien cadre supérieur baasiste.

Partant du principe que les croyances religieuses extrémistes ne suffisaient pas à elles seules à forger la victoire, la synthèse doctrinale a visé à concilier les tendances contradictoires du groupement, débouchant sur la formulation de la théorie de l’«État Islamique».

L’empressement à proclamer le Califat répondait au souci de couper la voie à tout retour en arrière. Durant leur incarcération, pendant trois ans (2005-2008), les conciliabules se sont déroulées d’une manière intensive entre prisonniers irakiens des camps américains et ont visé à faire connaissance d’abord, à se jauger ensuite, à se faire confiance et à réduire leurs divergences, enfin.
Parmi les participants à ce cénacle carcéral insolite figuraient deux généraux, huit colonels, deux commandants, ainsi que Cheikh Ibrahim Awad Al Badri, le futur calife.

Deux généraux Adnane Al Bibaloui et Ibrahim Al Habbani. Huit Colonels (Samir Ben Hamad Al Khalfaoui, Adnane Najm, Fahd Al Afari, Assi Al Obeidi, Fadel Al Ayssawi, Mohannad Al Latif Al Soueidy, Nabil Al Mouayin). Deux commandants (Mayssara Al Joubouri et Adnane Al Hayali) ainsi que Cheikh Ibrahim Awad Al Badr.

Au terme de trois ans de conciliabules, les participants sont convenus de se retrouver à leur sortie de prison pour la poursuite de leur action d’une manière concertée.

2 – Le camp de Bucca

Le camp de Bucca, sud de l’Irak, était un centre de détention aménagé par les Américains pour y incarcérer leurs adversaires et ennemis durant leur occupation de l’Irak. Il comprenait 24 baraquements, chaque baraquement contenait 1.000 prisonniers, soit au total 24.000 prisonniers.
Dix sept des vingt cinq dirigeants de Da’ech, en charge des opérations en Irak et en Syrie, ont séjourné à la prison de Bucca entre 2004 et 2011. Ibrahim Awad Al Badri, alias Abou Bakr Al Baghdadi, a été détenu de 2006 à 2008.

Situé près du port d’Oum Qasr, dans le sud de l’Irak, le camp de Bucca avait été aménagé par les américains lors de la 1 ère Guerre d’Irak (1990-1991). Il sera employé également comme camp de prisonniers dès 2003 par les forces britanniques en Irak.

Après le scandale de la prison d’Abou Ghraib, en 2004, les conditions de détention se sont améliorées. Abandonnée en 2009, elle devrait être transformée en pôle de développement économique avec l’implantation d’hôtels, et de dépôts logistiques pour l’industrie pétrolière.

Samir Al Khalfaoui, alias Hajji Bakr, prisonnier de 2006 à 2008 au camp de Bucca, puis transféré à la prison d’Abou Ghraib, a été tué à Tall Rifaat à Alep en Janvier 2014. Il a transposé au djihad son expérience acquise sous le régime de Saddam Hussein, clonant l’EI sur le modèle de l’appareil sécuritaire baasiste, hérité de la STASI, la police allemande de l’ex RDA.

Les documents manuscrits découverts au domicile de Samir Al Khalfaoui, à son décès, révèlent que dans sa conception, l’EI n’était pas un groupement religieux mais sécuritaire. Nationaliste, selon le qualificatif du journaliste irakien Hachem Al Hachem, Samir AL Khalfaoui était un ancien officier de la base aérienne irakienne de Habbaniyah, expert en logistique.

Le général Adnane Biblaoui est l’initiateur du plan de conquête de Mossoul. Tué lors de l’assaut, la conquête de Mossoul lui a été dédiée et la bataille porte son nom, en sa mémoire.

La biographie des principaux dirigeants de l’état Islamique (Abou Mouss’ab Al Zarkaoui, Abou Omar Al Baghdadi, Abou Bakr Al Baghdadi, Adnane Biblaoui, Hajji Bakr.) Sur ce lien: http://www.madaniya.info/2014/09/15/daech-des-hijras-illusoires-aux

Propos d’un dirigeant de Da’ech: «Nous étions convenus de nous retrouver à notre sortie de prison. Notre mode de liaison était simple. Nos CV étaient inscrits sur l’élastique retenant nos sous-vêtements. Tout y figurait, le numéro du portable, le lieu d’habitation. Tout le monde est revenu de détention en 2009. Nous avons repris alors nos conciliabules». Fin de citation (Cf. «Les conditions d’allégeance et de gouvernance». Centre d’Études des mouvements islamiques (Al Harakate Al Islamiyah lil Dirassate).

Les Arabes avaient la haute main sur l’Information, notamment les syrien tel Taha Sobhi Falaha (Abou Mohamad Al Adanani), en sa qualité de porte-parole de l’EI. Malgré la fusion opérée entre arabes et étrangers, l’élément irakien est demeuré toutefois prédominant dans les postes les plus élevés et les plus sensibles.

Ibrahim Al Badri, alias Abou Bakr Al Baghdadi, a réussi à moderniser son groupement en s’appuyant, sur le plan militaire, sur le bloc des anciens officiers de l’armée irakienne, notamment Samir Al Khalfaoui et Abdel Rahman Al-Biblaoui. La branche militaire est ainsi devenue une forte armée régulière cohérente et professionnelle.

Le chef de l’EI a réussi en outre à tirer profit des expertises des Arabes et des étrangers, notamment les personnes originaires du Golfe à l’exemple des saoudiens Omar Al Qahtani et Osmane Nasser Al Assiry, du bahreini Turki ben Moubarak, alias Turki Al Benghali et le tchétchène Abou Omar Al Shishani ainsi qu’Abou Hammam Al Atrabi.

En dépit de cette infrastructure et de l’organigramme dont il s’est doté, le groupement n’a cessé de se comporter en organisation de type milicienne où règnent le désordre et le clientélisme.

L’EI est subdivisé en 18 circonscriptions administratives réparties entre la Syrie et l’Irak, mais l’aménagement du territoire n’a pas pour autant mis un terme aux dysfonctionnements tant les provinces de même que les administrations souffraient de désorganisation.

Le chef de Da’ech réussira néanmoins à compenser ces insuffisances en confiant les postes clés à des hommes de confiance qui réussiront à maintenir la cohérence du groupe, en l’occurrence le bloc des anciens officiers de l’armée irakienne, qui seront placés à tous les niveaux de responsabilité, dans tous les domaines (sécurité, militaire, organisation, élaboration de nouvelles méthodes de combat et la planification des nouveaux raids).

3- Ibrahim Awad Al Bakri: Abou Bakr Al Baghdadi, une usurpation d’identité

L’identité d’emprunt qu’il s’est attribué en s’autoproclamant Calife (en arabe le successeur) emporte usurpation de légitimité: Abou Bakr Al Baghdadi Al Husseini Al Qoraychi se décline ainsi :

Abou Bakr est le prénom du premier Calife en 632.Le plus fidèle compagnon de Mohamed repose aux côtés de la tombe du prophète à Médine. Baghdadi, celui qui est originaire de Bagdad, évoque la lignée des califes Abbassides (descendants d’Abbas, l’oncle de Mohamed). Husseini, évoque le martyre du petit fils du Prophète, tombé en 680 à Karbala en Irak, adulé des chiites.

Sur le plan rituel, le nouveau calife Ibrahim, de son nom de guerre Abou Bakr Al Baghdadi, cumule pouvoir politique et spirituel avec autorité sur l‘ensemble des musulmans de la planète. Une posture qui le hisse au rang de supérieur hiérarchique du Roi d’Arabie, le gardien des lieux saints de l’Islam La Mecque et Médine, d’Ayman Al Zawahiri, le successeur d’Oussama Ben Laden à la tête d’Al Qaida, du président de la confédération mondiale des oulémas sunnites, Youssef Al Qaradawi, le télé prédicateur de l’Otan. Ah la belle audience califale en perspective.

Né en 1971, dans la ville de Samarra, il rejoint à 32 ans l’insurrection en Irak peu après l’invasion américaine de l’Irak, en 2003. Capturé, détenu et torturé dans la plus grande prison américaine en Irak, le Camp Buca pendant cinq ans, sud de l’Irak, il sera annoncé comme mort, en octobre 2005, par les forces américaines. Mais, à la surprise générale, Abou Bakr al-Baghdadi, réapparaîtra, en mai 2010, à la tête de l’État islamique en Irak (EII). Depuis 2011, Il est classé comme «terroriste» par les États Unis.

4 – La galaxie Dae’ch (ISIS EIIL)

Présent en Syrie et en Irak, le groupe islamiste ultra-radical «l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL ou ISIS en anglais), dont l’acronyme en arabe est Daech, a été fondé en 2013 sur les bases de l’État islamique en Irak (EII), à la faveur des combats de Syrie et des dérives Djihadistes.

La galaxie avait été mise sur orbite, en 2006, avec la fusion de plusieurs groupes djihadistes irakiens et de tribus sunnites, sous la houlette du Prince Bandar Ben Sultan, ancien chef des services de renseignements saoudiens et d’Izzat Ibrahim ad Doury, ancien vice-président du Conseil de la révolution irakienne et successeur de Saddam Hussein à la tête du parti Baas, depuis son entrée en clandestinité.

Au-delà des baasistes, Izzat ad Douzy, chef de l’Armée de la voie de Nakchabandi, une confrérie soufie qu’avaient embrassée, selon ses adeptes, les compagnons du Prophète ainsi que le premier calife. L’appellation est toutefois trompeuse, car si les soufis sont théoriquement pacifiques, les Nakchabandi d’Irak ont fourni de redoutables officiers de renseignements, civils et militaires, sous le règne de Saddam Hussein. Après la chute de ce dernier, ils ont régulièrement mené des opérations conjointes avec Al-Qaida.

Selon les estimations des experts, l’EIIL comptait entre 5000 à 6000 combattants en Irak et 6000 à 7000 en Syrie. Sa zone d’influence s’étendait du nord de la Syrie, notamment depuis son quartier général à Raqqa, jusqu’au centre de l’Irak.

5- La stratégie de l’ISIS

L’EIIL cherche surtout à fonder un État Islamique au Proche-Orient fondé sur la Chariah (législation islamique) et effacer ainsi les frontières issues du colonialisme franco- britannique, les accords Sykes Picot. Le déploiement de l’ISIS révèle toutefois que son zone d’influence coïncide avec les gisements de pétrole syriens et irakiens.

En avril 2013, Abou Bakr al-Baghdadi, alors chef de l’État islamique en Irak, a annoncé la fusion de son groupe avec le Front al-Nosra, une branche d’Al-Qaïda active en Syrie, pour créer l’EIIL. Le Front al-Nosra a toutefois refusé cette alliance et, en février 2014, le chef d’Al-Qaïda, Aymane Al-Zawahiri, officialisera sa rupture avec l’EIIL en lui demandant de quitter la Syrie. Les deux groupes opèrent des lors de façon séparée, se faisant même la guerre en Syrie.

Le groupe djihadiste se finance via trois sources principales, le pétrole, les prises d’otages, un commerce plus lucratif que le pétrole, en ce que la rançon peut atteindre plusieurs dizaines de millions de dollars, enfin, les donations des princes du Golfe, des princes, qui soutiennent le groupe sunnite face aux chiites et aux athées.

6- Les combattants en Syrie et en Irak

La Syrie comptait de 100.000 à 120.000 djihadistes, dont 7.000 à 10.000 étrangers, repartis en un millier de formations combattantes, selon une déclinaison ethnico religieuse tribale, reflet des clivages politico sociales du pays et de leurs parrains respectifs, opérant au sein de PC conjoint, sur fond de violentes rivalités et d‘une opposition instable, selon les estimations de la prestigieuse institution «The Brookings Institution», dont le centre régional à Doha (Qatar), «Brookings Doha Center Report» publiées à la mi-mai 2014 dans son rapport périodique: «Syria Military Landscape Mai 2014», sous la plume de Charles Lester.

La ventilation de ces djihadistes en fonction de leur nationalité et de leur provenance a été établie par Soufan Group, un centre d’études turc, proche de la Confrérie des Frères Musulmans et figure sur ce lien: http://www.soufangroup.com/foreign-fighters-in-syria/

7- Le rôle contre productif de l’opposition off shore pétromonarchique

Une opposition instable et cupide: «La concurrence pour les subsides notamment auprès des associations caritatives pétro monarchiques a favorisé la division et la dispersion. Le style de vie des opposants en exil a suscité des moqueries en ce qu’il leur était reproché leur goût pour les hôtels cinq étoiles, occultant la dure réalité syrienne, indique le rapport Brookings Doha Center Report dont ci joint les extraits de ce document de 50 pages.

…..«Le chef de l’Armée Syrienne Libre, pendant cette période a assumé un rôle de «Public Relations» et l’échec de l’opposition off shore pro occidentale a favorisé la montée en puissance de l’extrémisme, dont les Frères Musulmans, constituaient la force la plus modérée.

Par «Le Manifeste d’Alep», le 24 septembre 2013, onze organisations parmi les plus puissantes ont refusé la tutelle de la coalition de l’opposition syrienne, soutenue par les pays occidentaux et les pétro monarchies arabes. Cinquante groupements, réunis sous l’autorité de Mohamad Allouche, fonderont alors «Jaych Al Islam», assumant un rôle axial en Syrie.

Le Front Islamique

Sept groupements fédérés au sein de ce front disposent de 60.000 combattants en Syrie et constituent la plus importante formation militaire du pays. Trois de ces formations -Ahrar As Cham (les hommes libres du levant), Soukour As Cham (Les Aigles du Levant) et Jaych al Islam (l’Armée de l’Islam)- opèrent en coordination étroite avec Al Qaida, via Jobhat an Nosra.

«Le Front Islamique est un acteur décisif dans la dynamique de l’opposition en raison de sa capacité d’impulser l’orientation idéologique du soulèvement. Il constitue la relève radicale d’Al Qaida sur le plan idéologique et son but ultime est la création d’un Etat islamique en Syrie, point de départ de la guerre de libération d’Al Qods (Jérusalem) et la Palestine.

8 – Les défaites militaires à l’arrière plan d’une hécatombe des chefs djihadistes.

Mais l’anéantissement du noyau turkmène ne saurait mettre un terme un projet de restauration d’un califat islamique, en dépit des défaites majeures subies sur le terrain par l’organisation djihadiste, ni des pertes en vies humaines.

A – Les défaites militaires de Daech

Depuis début 2015, Daech a subi d’importants revers tant en Irak qu’en Syrie, sous les coups de butors conjugués mais non coordonnées de l’alliance occidentale et de leurs supplétifs kurdes tant en Syrie qu’en Irak, d’une part, et d’autre part, les forces gouvernementales syriennes et irakiennes et leurs alliés en Syrie, –la Russie, l’Iran et le Hezbollah libanais–, en Irak, Al Hachd Al Cha’abi, la mobilisation, une milice majoritairement chiite.

Ci joint une chronologie des revers

Janvier 2015, la cité antique de Palmyre a été reprise par l’armée syrienne En quinze mois, selon les calculs de l’IHS Conflict Monitor, les pertes territoriales de Daech dépasseraient les 25%, et, 40 pour cent selon les forces américaines. Palmyre marque le début de la fin de Daech sur le plan militaires

  • 26 janvier 2015: Kobané. L’État islamique est chassé de cette ville frontalière de la Turquie par les Unités de protection du peuple kurde (YPG).
  • 31 mars 2015: Tikrit. Reprise de ce bastion de l’ancien président Saddam Hussein, à 160 km au nord de Bagdad. Téhéran et Washington se sont impliqués dans cette bataille et dans la reconquête de ce chef-lieu majoritairement sunnite.
  • 6-13 novembre 2015: Sinjar: L’EI contrôlait cette ville depuis août 2014, se livrant à de multiples exactions contre la minorité yazidie, qui constitue la majorité de sa population.
  • 8 décembre 2015: Ramadi. Ville sunnite à 100 km à l’ouest de Bagdad, Ramadi est le chef-lieu de la grande province d’Al-Anbar, frontalière de la Syrie. Elle avait été conquise le 17 mai 2015 par l’EI après une vaste offensive et une retraite chaotique des forces irakiennes.
  • 24 mars 2016: Mossoul: L’armée syrienne, appuyée au sol par le Hezbollah libanais et les forces spéciales russes et soutenue par l’aviation russe, entre dans la ville antique de Palmyre, à 205 km à l’est de Damas, prise par l’EI le 21 mai 2015. De l’autre côté de la frontière, l’armée irakienne, soutenue par des milices et l’aviation de la coalition internationale, lance une offensive pour reprendre Mossoul, deuxième ville du pays (nord).
  • 27 mars 2016: Palmyre L’armée syrienne reprend la totalité de la ville de Palmyre après plusieurs jours de combats. Les djihadistes se replient notamment vers leurs fiefs de Raqqa et Deir Ezzor plus au nord.
  • 21 Décembre 2016: Le bastion djihadiste d’Alep est tombé aux mains des forces gouvernementales syriennes, mettant un coup d’arrêt au plan de partage de la Syrie.

Au delà du cercle de Tall affar, décimé, 10 des principaux figures de proue de la nébuleuse djihadiste ont été éliminés en six ans de guerre en Syrie et en Irak, dont voici le décompte:

  • Zohrane Alllouche, chef de Jaych Al Islam, tué dans un raid de l’aviation syrienne le 25 décembre 2015.
  • Hassan Abboud, (Abou Abdallah Al Hamaoui), fondateur d’Ahrar Al Cham (les Hommes Libres du Levant), dont le mouvement a été décapité avec l’élimination de 40 de ses dirigeants lors d’un ténébreux attentat à l’automne 2014
  • Omar Al Shishani, le responsable militaire de Daech
  • Djamil Raadoun, chef du Soukour Al Ghab (Les Faucons de la Forêt), assassiné en Turquie même, l’autre parrain du djihadisme salafiste.
  • Abdel Rahman Kaddouli (de son nom de guerre Hjaji Imam), N°2 de Daech et son ministre des finances, tué par un raid aérien américain en Irak le 25 mars 2016.
  • Abou Hayjja Al Tounsi, dirigeant militaire de Daech, tué le 31 mars 2016, par un drone américain à Raqqa (Syrie)
  • Abou Firas Al Soury (de son vrai nom Radwane Al Nammous), porte-parole d’Al Nosra
  • Deux dirigeants de premier plan de Daech : Abou Mohammed Al-Adnani et Waêl Adil Hassan Salman Fayad. Seul Syrien au sein de la direction de Daech, Al-Adnani, né en 1977 dans la province d’Idlib, était considéré comme le «ministre des attentats» du groupe et le chef de ses opérations extérieures.

Vétéran du djihad et porte-parole du groupement terroriste, Taha Sobhi Fallaha (le vrai nom d’Al Adanani) a été tué dans un raid aérien visant la ville d’Al Bab, le dernier bastion de l’EI dans la région d’Alep, le 30 août 2016. Quant à Waêl Adil Hassan Salman Fayad, ministre de l’Information du groupe Etat islamique, il a été tué dans un bombardement aérien de la coalition anti djihadiste le 7 septembre près de Raqqa en Syrie, soit une semaine après son compère Al Adnani.

Enfin, les chefs du «Front du Fatah Al Cham», la nouvelle mouture de Jabhat An Nosra:

  • Abou Omar Saraqeb, chef militaire de ce groupement et son adjoint Abou Mouslam Al Chami, mi septembre 2016, tués dans leur PC alors qu’ils préparaient un plan de reconquête d’Alep. Alors qu’il était à la tête de Jabhat An Nosra, Abou Omar Saraqeb avait conquis au début de la guerre Idlib et Jisr Al Choughour.

Quant à l’hécatombe politique des faiseurs de la guerre de Syrie, du côté occidental, impressionnante, –d’Hillary Clinton, à David Cameroun, à François Hollande, Laurent Fabius, Manuel Valls, à l’Emir du Qatar et Bandar Ben Sultan, le chef des ténèbres djihadistes–, est à lire sur ce lien:

Et l’hécatombe des intellectoïdales français, «les idiots utiles du terrorisme islamique» sur ce lien:

POUR ALLER PLUS LOIN
ILLUSTRATION

Capture d’écran d’une video de propagande diffusée le 5 juillet 2014 par al-Furqan Media montrant Abou Bakr al-Baghdadi à Mossoul lors de la proclamation du califat / AL-FURQAN MEDIA/AFP/Archives

Source : Madaniya, René Naba, 22-06-2017

René Naba

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l'AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l'information, membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme et de l'Association d'amitié euro-arabe. Auteur de "L'Arabie saoudite, un royaume des ténèbres" (Golias), "Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français" (Harmattan), "Hariri, de père en fils, hommes d'affaires, premiers ministres (Harmattan), "Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David" (Bachari), "Média et Démocratie, la captation de l'imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l'Association d'amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l'Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l'Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.

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Badia. Le 24 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

25 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Badia

24 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Depuis des siècles, l'aride steppe syro-jordanienne ne vit passer que troupeaux et bergers. Qui eût cru qu'elle serait un jour le point focal du grand échiquier eurasiatique ? Le contrôle sur la frontière irako-syrienne et le devenir de l'arc chiite qui en découle doivent y être pour quelque chose...

En l'état actuel des choses, le magistral blitz loyaliste du 9 juin a profondément changé la future donne moyen-orientale, au détriment des Saoudiens et des Israéliens, donc de l'empire américain ou de ce qu'il en reste. Ayant de la suite dans les idées, l'armée syrienne et les milices chiites pro-gouvernementales ont enclenché la marche avant :

Selon certaines sources, les loyalistes ont pris 85 km de frontière et ne seraient plus qu'à 12 km du T2. Objectif : le noeud stratégique et frontalier d'Al Boukamal / Al Qaïm sur l'Euphrate, que d'aucuns prétendent être la nouvelle capitale officieuse de l'Etat Islamique après l'encerclement désormais complet de Raqqa par les forces kurdes, la libération très prochaine de Mossoul et l'impossibilité répétée pour les petits hommes en noir de venir à bout de Deir ez Zoor.

Al Bukamal, bientôt le dernier bastion urbain de Daech et bataille ultime de la longue guerre syrakienne ? C'est bien possible... A moins que tout n'ait déjà été réglé par de discrets envoyés dans les couloirs du pouvoir à Moscou, Washington, Damas et Téhéran, l'on pourrait assister à une détonante convergence de l'armée syrienne, des YPG kurdo-américaines, des UMP iranisées et de l'armée irakienne. Deux contre un si l'on considère, dans le meilleur des cas pour les Américains, que l'armée irakienne restera neutre : le rapport de force n'est de toute façon pas en faveur de l'empire. Le tout face à une résistance désespérée de l'EI dont ce sera le chant du cygne. Chaud devant...

La position de faiblesse stratégique des Etats-Unis, dont les proxies "modérés" semblent définitivement bloqués dans la coquille vide d'Al Tanaf, explique peut-être la dernière provocation en date. Jeudi, un avion de la coalition US a effectué un bombardement sur une position daéchique dans la région de Palmyre, assistant de facto les loyalistes qui avancent lentement mais sûrement dans la zone.

Si l'empire voulait aider Assad, ça se saurait. Il s'agit bien évidemment ici d'une bravade vis-à-vis de Moscou qui a cadenassé le ciel syrien à l'ouest de l'Euphrate après l'incident du Su-22. Message subliminal : Puisqu'on aide l'armée syrienne contre l'EI, vous seriez mal inspirés de nous descendre... On imagine que pendant quelques secondes, les officiers russes du système de défense anti-aérien ont été placés dans une expectative assez troublante. Rien de bien méchant en soi, c'est simplement le petit jeu d'agaceries qui continue.

Au Kremlin, on se doit de garder la tête froide - ce qui ne devrait pas être trop difficile pour le judoka joueur d'échecs. La situation sur le terrain est éminemment favorable, ce n'est pas le moment de gober les grossiers hameçons américains.

Si la mort du "calife Ibrahim" se confirme, ce serait une énorme victoire en terme de relations publiques (d'où le silence assourdissant de la MSN occidentale qui a fait le strict minimum sur ce sujet pourtant ô combien médiatique). Pendant que l'Idlibistan est à nouveau le théâtre de bisbilles intra-barbues, l'armée syrienne avance partout : outre les fronts déjà mentionnés ci-dessus, la route Ithriya-Resafa devrait bientôt être contrôlée, créant un appétissant kotel daéchique qui commence d'ailleurs à être réduit.

Le 4+1 est en pleine bourre tandis que le Conseil de Coopération du Golfe n'en finit pas de s'enfoncer dans la crise. L'ultimatum de 10 jours (dont la fermeture de la base turque !) lancé par l'Arabie saoudite et ses alliés au Qatar est évidemment inacceptable pour Doha et ne peut qu'être refusé. Si un conflit ouvert reste tout de même improbable à ce stade, une guerre froide de quelques années est tout à fait possible au sein de la filiale moyen-orientale du camp autoproclamé du Bien, ce qui met Washington dans un embarras extrême.

A Moscou et à Téhéran, au contraire, le sourire va jusqu'aux oreilles. Aussi, dans le contexte actuel, tout le jeu pour l'ours consiste à montrer les dents sans utiliser ses griffes, en se laissant simplement porter par le vent de l'Histoire. Nul doute que d'autres provocations auront lieu, auxquelles il faudra ne pas répondre tout en grognant assez fort pour qu'elles ne se répètent pas trop souvent.

A l'instant, Israël a d'ailleurs bombardé des positions syriennes dans l'extrême-sud alors que l'armée est aux prises avec Al Qaeda. Réaction infantile, sur un théâtre secondaire faut-il préciser, de Bibi ben Laden, impuissant devant la reconstitution de l'arc chiite.

 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/06/badia.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Victorieuse Syrie, par Bruno Guigue

24 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

Victorieuse Syrie, par Bruno Guigue

 Victorieuse Syrie, par Bruno Guigue
 
 

Armée syrienne arborant le drapeau de l’Etat syrien à deux étoiles. Crédit photo Sputnik


Comme par un matin calme, le paysage s’éclaircit peu à peu en Syrie. Partout à l’offensive, l’armée nationale a reconquis des milliers de kilomètres carrés de territoire à l’est d’Alep, de Homs et de Damas. Elle s’apprête à reprendre le contrôle intégral des frontières syro-jordanienne et syro-irakienne, traditionnelles voies de transit des mercenaires venus dévaster le berceau de la civilisation pour une poignée de pétrodollars. En restaurant la souveraineté de l’Etat sur le sol national, cette courageuse armée de conscrits inflige un camouflet à tous ceux qui rêvaient de détruire cet Etat récalcitrant, à tous ceux qui voulaient le mettre en charpie parce qu’il osait déjouer leurs plans néo-coloniaux.

Victorieuse sur le plan militaire depuis la libération d’Alep, la Syrie souveraine l’emporte aussi sur le plan politique. Le temps paraît lointain où “Le Monde diplomatique” pouvait prédire, sans craindre le ridicule, l’exil doré de la famille Assad quelque part en Sibérie. Ses adversaires, le président syrien les a vus défiler, qui psalmodiaient les mêmes stupidités sur un pays dont ils ignoraient tout. A en croire les Occidentaux, le départ de Bachar Al-Assad devait être un “préalable” à la solution de la crise. En réalité, c’était tout le contraire. La résistance de l’Etat syrien dont le président est la clé de voûte exigeait son maintien. Là où tant d’autres auraient pris la poudre d’escampette, le chef est resté à son poste, et il a bien fait.

Fervent admirateur d’Al-Qaida, Laurent Fabius estimait que le chef de l’Etat syrien “ne méritait pas d’être sur terre”. Mauvaise pioche ! Car si M. Fabius cultive son éthylisme mondain au Conseil constitutionnel, M. Assad, lui, est toujours aux commandes à Damas. Son armée élimine la nébuleuse de groupes sectaires dont l’ancien ministre espérait le triomphe, et le peuple syrien goûte l’espoir renaissant d’une issue à la guerre. Ce qui est frappant avec les dirigeants occidentaux, c’est leur tendance à parler trop vite. Pendant six ans, leur presse aux ordres répétait comme un mantra l’effondrement imminent du régime syrien. Heureusement pour les journalistes, ils ne sont pas payés au résultat.

Pour comprendre les raisons de cette résistance à une offensive internationale sans précédent, il suffisait de consulter des sources fiables et d’exercer son jugement critique. Les officines de propagande avaient beau prétendre qu’un peuple unanime se dressait contre le tyran, on pouvait voir sur “Al-Mayadeen”, en mars et octobre 2011, de gigantesques rassemblements populaires en faveur du “gouvernement et des réformes”. Clamant sa fidélité à l’Etat nationaliste laïc et son rejet de la charia wahhabite, la foule inondait les rues de Damas, Alep, Tartous et ailleurs. Mais les médias occidentaux préféraient braquer leurs caméras vers des attroupements de barbus en les faisant passer pour un soulèvement populaire.

Des faits majeurs, indispensables à l’intelligence des événements, ne firent donc l’objet d’aucune narration, tandis qu’on nous proposait une narration des “faits” qui consistait à les fabriquer pour les besoins de la cause. Les “rebelles modérés” massacraient les familles des fonctionnaires baasistes, par exemple, et ces horreurs étaient imputées à une armée nationale dont il était entendu qu’elle “tire sur les civils”. Les “neocons” de Washington étant à la manoeuvre, ce genre de supercherie était pourtant plus que prévisible. “Pendant que vous parlez de la réalité que nous produisons, nous produisons une nouvelle réalité”, disait Karl Rove, conseiller de George W. Bush et apôtre distingué du “chaos constructif”.

Heureusement, vient un moment où l’épreuve des faits dissipe les mensonges les plus grossiers. Difficile de répéter les sornettes habituelles lorsque les populations fuient manifestement les zones rebelles, l’armée reconquiert peu à peu le territoire national et le gouvernement syrien, à l’évidence, bénéficie du soutien sans faille de ses alliés. Après avoir renoncé à la formule rituelle sur le “régime aux abois”, la presse occidentale a fini par proscrire son ironie coutumière sur les “victoires en trompe-l’oeil” de Damas. Pour se divertir, il aurait fallu conserver les centaines d’articles expliquant que les Russes et les Iraniens allaient “lâcher Bachar” et que c’était cuit pour le “despote”. Seul Jean-Pierre Filiu, tel un disque rayé, s’obstine à dire qu’il n’y a “plus d’armée syrienne”, mais on se demande sur quelle planète il habite.

Victorieuse sur le plan militaire face aux milices takfiristes, soutenue par la majorité du peuple syrien qui veut en finir avec cette tragédie, confortée par un jeu d’alliances qui penche en sa faveur, la Syrie souveraine entrevoit le bout du tunnel. L’impérialisme n’ayant pas l’habitude de lâcher le morceau, la route sera encore longue, mais l’évolution favorable de la “guerre du désert” laisse augurer une accélération des événements. Combat d’arrière-garde mené par une puissance en déclin, les provocations militaires US n’y changeront rien. La dernière agression, qui a vu un SU-22 syrien abattu par un F-16 près de Raqqa, a eu pour seul effet de torpiller les velléités de coopération russo-américaine contre Daech, Moscou ayant annoncé que tout aéronef étranger serait dorénavant ciblé par la DCA russe.

Cette provocation a aussi incité les Iraniens à effectuer leur premier tir de missile en territoire syrien contre Daech, l’implication militaire de Téhéran ayant fait preuve d’une discrétion qui n’est plus de mise dès lors que le bras de fer avec Washington atteint un seuil critique. En réalité, cette montée des tensions sert Damas, qui condamne fermement la présence occidentale sur le territoire national, et dont l’allié russe joue sa crédibilité à chaque provocation US. Même s’ils prennent Raqqa, les alliés arabo-kurdes des Etats-Unis vont se retrouver le bec dans l’eau, et l’armée syrienne y retournera sous peu. Bientôt chassé de ses pseudo-capitales (Mossoul et Raqqa), privé de ses voies de ravitaillement, pris en tenailles par les forces irakiennes et syriennes, Daech est en mauvaise posture.

Mais ce n’est pas tout. Une enquête du “Wall Street Journal” vient de donner de précieuses informations sur le soutien d’Israël aux rebelles syriens qui assurent la garde rapprochée du Golan occupé. Peu préoccupé par le sort de ces supplétifs, le journal de la finance new-yorkaise ironise sur le “cash” touché par les chefs de milices. Lorsque Damas en aura fini avec Daech, ces collaborateurs de l’occupant auront du souci à se faire. Quant aux pseudo-défenseurs de la cause palestinienne qui réclamaient des armes pour la “rébellion syrienne”, ils ont l’air malin. “Provoquer la chute de Bachar al-Assad est le meilleur moyen de protéger Israël”, écrivait Hillary Clinton. Après six années de mensonges, les masques tombent. La Syrie a affronté l’envahisseur sioniste en 1948-49, 1967, 1973 et 1982, et elle n’a jamais capitulé. Aujourd’hui, l’heure de vérité approche, mais on sait déjà qui a gagné la partie.

Bruno Guigue | 22 juin 2017

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Macron à Las Vegas : la ministre Pénicaud dans la tourmente après une perquisition

23 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #Daesch, #l'horreur économique

Macron à Las Vegas : la ministre Pénicaud dans la tourmente après une perquisition

Macron à Las Vegas : la ministre Pénicaud dans la tourmente après une perquisition
Hamilton/REA

La ministre du Travail pourrait être mise en cause car Business France, qu’elle a présidé, a, sans appel d’offres, confié l’organisation d’une soirée avec Emmanuel Macron à Havas.

Le temps de la justice n’est pas celui de la vie politique… Alors qu’Edouard Philippe est en train de remanier son équipe, un membre du gouvernement est de nouveau mis dans l’embarras. Le nom de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, est en effet cité dans un dossier délicat. Deux perquisitions conduites ce mardi viennent remettre cette histoire sous les projecteurs. Au centre des soupçons : une soirée organisée par Havas en janvier 2016 lors d’un déplacement d’Emmanuel Macron au CES de Las Vegas, grand-messe mondiale de la high-tech, lorsqu’il était encore ministre de l’Économie.

Le coût de cet événement s’était élevé à 381.759 euros, selon le Canard Enchaîné qui avait mis le doigt sur le problème en mars dernier. Business France, organisme lié à Bercy, est soupçonné d’avoir missionné Havas pour l’organisation de la soirée, sans appel d’offres. Alors que l’hebdomadaire évoquait une opération montée à la demande du cabinet d’Emmanuel Macron, ses proches démentaient toute implication du ministre. “C’est un dysfonctionnement de Business France”, affirmait alors Michel Sapin, son successeur. “Emmanuel Macron, son cabinet et le ministère étaient totalement hors de cause”.

Vraiment ? L’affaire pourrait finalement rattraper le président de la République, plusieurs mois après les révélations du Canard Enchaîné. Car la directrice générale de Business France au moment des faits n’est autre que Muriel Pénicaud, aujourd’hui ministre du Travail. Des perquisitions ont été conduites ce mardi dans les bureaux de l’organisme à Paris et au siège de Havas, dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte mi-mars pour favoritisme, complicité et recel de favoritisme.

acron à Las Vegas : la ministre Pénicaud dans la tourmente après une perquisition

Macron à Las Vegas : la ministre Pénicaud dans la tourmente après une perquisition

Macron à Las Vegas : la ministre Pénicaud dans la tourmente après une perquisition
Hamilton/REA

La ministre du Travail pourrait être mise en cause car Business France, qu’elle a présidé, a, sans appel d’offres, confié l’organisation d’une soirée avec Emmanuel Macron à Havas.

Le temps de la justice n’est pas celui de la vie politique… Alors qu’Edouard Philippe est en train de remanier son équipe, un membre du gouvernement est de nouveau mis dans l’embarras. Le nom de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, est en effet cité dans un dossier délicat. Deux perquisitions conduites ce mardi viennent remettre cette histoire sous les projecteurs. Au centre des soupçons : une soirée organisée par Havas en janvier 2016 lors d’un déplacement d’Emmanuel Macron au CES de Las Vegas, grand-messe mondiale de la high-tech, lorsqu’il était encore ministre de l’Économie.

Le coût de cet événement s’était élevé à 381.759 euros, selon le Canard Enchaîné qui avait mis le doigt sur le problème en mars dernier. Business France, organisme lié à Bercy, est soupçonné d’avoir missionné Havas pour l’organisation de la soirée, sans appel d’offres. Alors que l’hebdomadaire évoquait une opération montée à la demande du cabinet d’Emmanuel Macron, ses proches démentaient toute implication du ministre. “C’est un dysfonctionnement de Business France”, affirmait alors Michel Sapin, son successeur. “Emmanuel Macron, son cabinet et le ministère étaient totalement hors de cause”.

Vraiment ? L’affaire pourrait finalement rattraper le président de la République, plusieurs mois après les révélations du Canard Enchaîné. Car la directrice générale de Business France au moment des faits n’est autre que Muriel Pénicaud, aujourd’hui ministre du Travail. Des perquisitions ont été conduites ce mardi dans les bureaux de l’organisme à Paris et au siège de Havas, dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte mi-mars pour favoritisme, complicité et recel de favoritisme.

Business France avait d’ailleurs reconnu un dysfonctionnement. “Il est apparu ultérieurement que, au vu des délais, le choix d’un prestataire capable de prendre en charge l’organisation de l’événement aux Etats-Unis (...) avait été fait selon une procédure pouvant potentiellement être affectée d’irrégularité”, avait admis l’établissement public en mars. Muriel Pénicaud sera-t-elle la prochaine ministre sur le départ ? "Absolument pas", a répondu Christophe Castaner mercredi sur Europe 1. "Business France a passé un marché, une commande, il y a eu une irrégularité. Muriel Pénicaud, qui était directrice générale, a provoqué immédiatement un audit, puis une inspection générale. Puis l'inspection générale a validé un accord, et c'est elle qui a donné cette information, donc je ne suis pas inquiet sur les conséquences de cette information", a affirmé le porte-parole du gouvernement.
 
 
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Selon un rapport des Nations unies, Israël soutient les groupes jihadistes en Syrie. Par Stefano Mauro.

23 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch, #Terrorisme

Selon un rapport des Nations unies, Israël soutient les groupes jihadistes en Syrie

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Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a récemment exprimé ses préoccupations au sujet des contacts entre les soldats de l’armée israélienne et les combattants de différents groupes djihadistes dans le sud de la Syrie (province de Deraa) et dans les hauteurs du Golan.

Dans rapport produit par l’ONU le 8 juin, Antonio Guterres a mis l’accent sur la montée progressive des contacts entre les deux parties, contacts vérifiés par les observateurs de l’ONU situés dans le Golan.

Les observateurs ont documenté au moins 16 rendez-vous entre les forces israéliennes et les milices « rebelles » dans les zones frontalières qui incluent « le mont Hermon, la zone de Quneitra et les hauteurs du Golan » dans la période qui va de mars 2017 jusqu’au mois dernier. Le rapport poursuit en disant que « pour la période entre mars et mai, il y a eu de nombreuses rencontres entre l’armée israélienne et les militants djihadistes, le long de la frontière avec des échanges d’armes, de médicaments et de matériel militaire ».

Ces derniers jours, même le journal Wall Street Journal a rapporté qu’« Israël continue à fournir et à soutenir  différents groupes rebelles engagés dans la lutte contre Assad et ses alliés russes, iraniens et libanais » afin de maintenir une zone tampon près de ses frontières.

Selon le journal étasunien, en 2016, Israël a créé une unité spéciale qui a eu pour mission de distribuer l’aide israélienne aux différents groupes. L’aide consistait en « armes, munitions et salaires à donner aux djihadistes ».

Interviewé par le WSJ, le porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan, ou Chevaliers du Golan, (groupe lié à Al-Qaida), Motassam al Golani, a remercié Tel-Aviv pour avoir combattu à leurs côtés : indirectement, en fournissant armes et, directement, avec l’aviation et le soutien de l’artillerie. Le même Al Golani est venu déclarer que « s’il n’y avait pas Israël, on ne pourrait jamais tenir tête à l’armée syrienne de Bashar Al Assad ».

La chaîne Russia Today (RT) a repris la nouvelle et a interviewé d’autres militants. Le chef d’un autre groupe djihadiste dans le Golan, Abou Sahib, a déclaré : « à titre de commandant, je perçois un salaire annuel de 5 000 dollars versé par Israël ». Au cours de l’entretien, le chef du groupe a indiqué que la collaboration avec Tel-Aviv continue depuis 2013 et a joué un rôle crucial pour continuer à s’opposer à l’armée loyaliste d’Assad dans toute la région, vu qu’« Israël continue d’envoyer des armes et de l’argent pas seulement à notre groupe, mais à tous les groupes rebelles dans le Golan ».

Selon les autorités de Damas, le rapport de l’ONU « confirme ce que nos agences de presse ont longtemps soutenu ». À plusieurs reprises, en effet, les troupes loyalistes avaient confisqué des armes aux rebelles en provenance d’Israël ou avaient documenté le transport des djihadistes blessés dans les hôpitaux israéliens. Damas, dans un communiqué officiel, a ajouté que « les réseaux djihadistes qu’Israël maintient en Syrie, en fournissant des armes, sont les mêmes terroristes qui commettent des attentats en Europe ».

Officiellement, le gouvernement Netanyahou a démenti les accusations sur le financement des groupes takfiristes, les qualifiant comme « fausses ». Il semblerait, cependant, que l’ancien ministre israélien des Affaires militaires, Moshe Yaalon, soit plus crédible. Il y a quelques mois, le ministre avait déclaré que Daesh « avait présenté ses excuses pour avoir attaqué par erreur Israël pour la première fois », en admettant tacitement l’alliance avec des groupes liés à la galaxie salafiste.

 

Source originale: Nenanews

Traduit de l’italien par Stefano Mauro pour Investig’Action

Source: Investig’Action

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Urgent Syrie - La frontière atteinte ! MAJ. Rédigé par Observatus geopoliticus . Le 9 Juin 2017 .

20 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Urgent Syrie - La frontière atteinte ! MAJ

9 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Si l'information est confirmée, c'est un séisme. Les forces loyalistes auraient doublé les rebelles pro-US et atteint la frontière irakienne, coupant l'herbe sous le pied aux plans américano-israélo-saoudiens visant à rompre l'arc chiite.

Plusieurs sources corroborent la nouvelle (ici ou ici) et le ministère russe de la Défense semble l'accréditer. Un site pro-rebelle va dans le même sens, quoique de mauvaise grâce :

Si elle est confirmée, cette offensive éclair est un coup de poignard pour Riyad et Tel Aviv et pèsera d'un grand poids dans les recompositions d'après-guerre.

Dans le dernier billet, nous nous interrogions :

Plus généralement, on peut se demander ce qu'attend l'armée syrienne pour lancer la grande offensive vers Deir ez Zoor, dans les tuyaux depuis des semaines. C'est le grand jalon de la course vers l'est et le contrôle de la frontière irakienne. Or l'avance y est pour l'instant lente, les loyalistes semblant se concentrer partout ailleurs (...)

Au sud, dans la région d'Al Tanaf justement, l'armée syrienne reprend aux rebelles pro-US des territoires qui paraissent secondaires. Certes, on comprend la logique qui prévaut : Al Tanaf est le dernier point proche de la frontière jordanienne où passent les hommes de paille américains. Ensuite, c'est la frontière avec l'Irak contrôlée de l'autre côté par les Unités de Mobilisation Populaire (UMP) chiites irakiennes. Que Damas parvienne à sceller la frontière syro-jordanienne jusqu'à Al Tanaf et les rebelles, n'ayant plus de base arrière ni de ravitaillement, disparaîtront comme neige au soleil.

M'enfin, l'urgence semble tout de même être Deir ez Zoor où l'armée syrienne vient encore de résister difficilement à une puissante attaque de Daech durant une semaine

A la lumière des événements de ce jour, on comprend mieux alors la tactique : fixer les proxies pro-US dans des combats sans intérêt près de la frontière jordanienne pour mieux les doubler beaucoup plus à l'est vers la frontière irakienne. Les Américains n'ont apparemment rien vu venir. Hannibal et Napoléon applaudissent des deux mains...

Et maintenant ? L'armée syrienne est en première ligne face à Daech. Washington et ses rebelles perdront toute légitimité s'ils l'attaquent dans son dos, s'alliant de facto et au grand jour à l'EI. Pour bien enfoncer le clou, les Russes mettent la pression depuis quelques jours et accusent les Américains de ne pas combattre les djihadistes. Le Kremlin préparait-il le terrain ? Connaissant les stratèges russes, on peut le penser. Quant à l'empire, il se retrouve dans une complète impasse...

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MAJ - C'est confirmé et le ? du titre est remplacé par un ! Pour la première fois depuis 2014, l'armée syrienne atteint la frontière irakienne. Le blitz a contourné les deux bases américaines et pris complètement de revers les proxies US, apparemment avec la présence de forces spéciales russes pour dissuader tout bombardement intempestif :

Désormais, la carte est celle-ci, qui change considérablement le visage de la guerre et le futur de la paix :

La jonction est faite avec les Unités de Mobilisation Populaires chiites - où l'on se rappelle la visite à Damas il y a trois semaines de l'émissaire de Bagdad et les déclarations il y a quelques jours du Premier ministre irakien évoquant la coopération avec le gouvernement syrien pour sécuriser la frontière.

Les arpents de désert occupés par les rebelles jordano-US deviennent une coquille vide. Rentreront-ils à Amman ou resteront-ils pour peser (légèrement) sur l'après-guerre ? Les Américains conserveront-ils leurs deux petites bases en territoire syrien pour ajouter de la confusion au règlement du conflit ? On voit mal l'intérêt mais avec l'empire, sait-on jamais...

L'objectif est désormais le poste-frontière d'Al Bukamal-Al Qaim sur l'Euphrate. On se rappelle que ce lieu avait été le point de parachutage par Washington d'un groupe rebelle l'année dernière, opération qui s'était soldée par un fiasco. Des rapports non confirmés font d'ors et déjà état de la retraite de Daech d'Humaymah et de l'aéroport T2. Le Hezbollah peut se frotter les mains, lui qui pourra faire passer tout ce qu'il veut d'Iran au Liban...

Tel Aviv qui pleure, Téhéran qui rit. Et que dire du grassouillet Seoud qui voit s'effondrer son monde... Corridor sunnite nord-sud : RIP. Qatar et CCG : RIP. Isolement de l'Iran : RIP.

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MAJ 2 - Les loyalistes ne perdent pas de temps et fortifient leurs positions nouvellement acquises sur la frontière irakienne :

La MSN occidentale est étrangement muette. Seul Le Temps suisse a évoqué hier l'importance stratégique de la zone, de manière pertinente mais avec retard et sans encore prendre en compte le blitz loyaliste vers la frontière. Sur Al Jazeera, le ton est presque favorable aux "troupes syriennes et ses alliés luttant contre l'EI" (la crise saoudo-qatarie est passée par là...) Quant à la presse de l'opposition syrienne de salon, elle fait grise mine (ici ou ici). On notera l'invraisemblable hypocrisie consistant à dénoncer le mouvement loyaliste comme empêchant la "lutte contre Daech". Ah d'accord...

De l'autre côté, les UMP auraient fait la jonction avec l'armée syrienne (pas tout à fait confirmé encore). Désormais, l'objectif est de remonter ensemble sur Al Bukamal pour étendre le contrôle sur la frontière (polygone rouge) :

 

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Suites syriennes. Rédigé par Observatus geopoliticus. Le 12 Juin 2017 .

20 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Suites syriennes

12 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

A tout seigneur, tout honneur. La sensationnelle percée loyaliste sur la frontière irakienne est consolidée et différentes milices pro-gouvernementales et/ou chiites affluent. Qassem Soleimani, l'Arsène Lupin du Moyen-Orient, s'est même payé d'une visite surprise dans la zone :

Où l'on voit d'ailleurs le visage de quelques Hazaras chiites d'Afghanistan, semble-t-il. Le puissant général iranien y a rencontré des officiers de l'armée syrienne, des Unités de Mobilisation Populaires irakiennes et du Hezbollah. Arc chiite, quand tu nous tiens ; de quoi donner quelques sueurs froides à Tel Aviv et à Riyad...

A noter que de modernes T90 russes apparaissent sur les vidéos, ce qui indique la priorité que Damas et plus généralement le 4+1 donne à ce nouveau front :

Selon certaines sources rebelles, les loyalistes auraient d'ailleurs déjà avancé contre Daech le long de la frontière :

Game over pour les proxies US, ensablés dans leur coquille vide et qui commencent d'ailleurs déjà à sentir à l'étroit. C'est avec un sourire ironique que les Dieux de la guerre accueillent la nouvelle d'une bataille rangée entre les gardes-frontière jordaniens et un petit groupe de rebelles qui a essayé de passer en force à... Al Tanaf ! Amman qui, fortement cornaquée par Washington, ne voyait pas d'inconvénients à laisser des combattants passer en Syrie est apparemment bien plus pointilleuse quand les "modérés" font le chemin inverse...

En parlant de loups qui s'entre-dévorent, les zones de désescalade concoctées par Moscou ont exactement ce rôle : saucissonner le barbuland est une grande tradition russe et les événements récents ne font pas exception. Dernières perles en date :

  • dans l'Idlibistan, l'ingrate Hayat Tahrir al-Cham (Al Qaeda) a déboulé sur un groupe de l'ASL qui lui avait pourtant fourni moultes armes US dans le passé. Si un accord bancal de cessation des hostilités vient d'être conclu, nul doute qu'il volera en éclat dès le prochain coup de fusil.
  • Dans la nordiste Al Bab, théoriquement occupée par les Turcs rappelons-le, le dernier clash inter-rebelles a fait une quinzaine de morts. Cette ville si chèrement conquise par le sultan est le théâtre d'affrontements quasi-quotidiens. Pas étonnant dans ces conditions que des dizaines de combattants de l'opération ottomane Bouclier de l'Euphrate désertent et rejoignent les rangs de l'armée syrienne.

Mise à part Deraa où les loyalistes ont l'excuse de faire la guerre à Al Qaeda, non concernée par les accords, le cessez-le-feu tient à peu près en Syrie utile, permettant à Damas de redéployer ses troupes contre l'EI vers l'est :

En Syrie, 2016 fut marquée du sceau septentrional (Alep, Al Bab). Désormais, les regards se tournent vers l'Orient où la grande explication devrait avoir lieu cette année.

Nous y sommes. C'est une attaque générale sur plusieurs axes contre le califat daéchique :

Au nord, que de chemin parcouru depuis la prise de la base aérienne de Jirah. Les Tiger forces sont depuis quelques jours entrés dans le gouvernorat de Raqqa, en contournant Taqba tenue par les Kurdes. La descente vers le sud ressemble parfois à une promenade de santé. L'objectif est à terme de faire jonction avec la future avancée à l'est de Hama où les sukhois russes s'en donnent à coeur joie :

Les renforts se concentrent dans la région de Palmyre où l'armée grignote la base territoriale de l'EI qui fait tout de même preuve d'une très grande résilience. Le moins que l'on puisse dire est que, contrairement aux autres fronts, ça n'avance pas beaucoup à l'est de la cité de Zénobie. Or c'est principalement de là que viendra la ruée pour libérer Deir ez-Zoor, qui repousse assez héroïquement depuis des années assaut après assaut.

A moins que la ville stratégique ne soit libérée depuis l'est via le magistral blitz évoqué au début, puis la remontée de la frontière syro-irakienne et enfin la remontée de l'Euphrate, armée syrienne et UMP irakiennes main dans la main...

 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/06/suites-syriennes.html

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Syrie. Fini de jouer ! Rédigé par Observatus geopoliticus 

20 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme, #Daesch

Fini de jouer

19 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Pour la deuxième fois, et sans doute la dernière, la Russie a annulé son accord avec les Etats-Unis sur la prévention d'incidents aériens dans le ciel syrien. On se rappelle qu'une rupture avait déjà eu lieu en avril après la vrai-fausse attaque de tomahawks sur la base de Chayrate, ce qui avait fort troublé le Pentagone à l'époque.

Moscou remet ça et il y a des chances pour que ça dure plus longtemps cette fois. Concrètement, les communications sont coupées avec le Centcom et tout avion US à l'ouest de l'Euphrate sera suivi et considéré comme une cible potentielle. Cela ne signifie pas qu'il sera automatiquement descendu mais les Américains y réfléchiront désormais à deux fois avant de jouer les cowboys du désert. Ils auront les S400 rivés sur eux...

Car, après les trois bombardements de cohortes loyalistes dans le sud de mai-juin autour d'Al Tanaf, c'est une nouvelle provocation états-unienne qui est à l'origine de la crise. Hier, un F18 de l'USS George HW Bush, sis en Méditerranée, a survolé le territoire syrien avec la bénédiction russe (on imagine que le prétexte était le bombardement de positions de l'EI) pour finalement abattre un sukhoi 22 syrien au sud de Tabqa. Ce n'est pas la première fois que l'aigle roule l'ours, c'est peut-être la dernière. Moscou a immédiatement qualifié l'événement d'acte d'agression et logiquement suspendu l'accord.

Pour être tout à fait honnête, le jet en question n'avait peut-être pas décollé pour pulvériser du Daech mais bombardait des positions kurdes, même si les rapports sont contradictoires. Car devant l'inexorable avancée de l'armée syrienne et des milices pro-gouvernementales vers l'est, le système impérial est entré en mode panique et a lancé les Kurdes, désormais à peu près vendus aux intérêts américains et saoudiens (voir le Rojava proto-marxiste faire des ronds de jambe au régime wahhabite fondamentaliste des Seoud n'est pas la moindre des ironies de cette guerre...) Objectif : tenter de bloquer la progression loyaliste qui contourne Tabqa par le sud et ouvre la porte du grand est. De sérieux échanges de tir ont eu lieu.

Peine perdue. Les Tiger forces ne se sont pas arrêtées en si bon chemin et ont enlevé sans coup férir le carrefour stratégique de Resafa, tout près du lieu du crash du jet. Désormais, toutes les routes ou presque mènent à Deir ez Zoor... Avant cela, le saillant daéchique sera scellé puisque des troupes avancent également à partir d'Ithriya pour faire la jonction.

En filigrane : l'arc chiite, évidemment. Cette problématique était l'une des causes majeures de la guerre syrienne et sera à sa conclusion (la question des pipelines pétromonarchiques, elle, a été évacuée). Désormais, la MSN impériale s'en émeut ouvertement.

Et pour bien montrer qu'il est partie prenante de toute cette affaire, l'Iran a déversé à partir de son territoire une volée de missiles à moyenne portée Zolfaqar sur l'EI à Deir ez-Zoor. L'attaque ayant suivi de peu l'incident du sukhoi, il n'aura échappé à personne que le message subliminal s'adressait aux Américains et à leurs supplétifs kurdes et "modérés".

Trois grands fronts loyalistes se mettent en place dans la marche vers la frontière : nord - centre - sud.

Au nord, on l'a vu, l'armée avance rapidement. Plutôt que de se mêler de la bataille de Raqqa, elle serait bien avisée de continuer droit sur Deir ez-Zoor, empêchant par-là même toute retraite aux petits hommes en noir.

Au centre, à partir de Palmyre, la marche est plus lente quoique réelle. La résilience de Daech y est plus forte qu'ailleurs et se concentre désormais devant Soukhna, dernier grand verrou avant Deir ez-Zoor.

Au sud, le magistral blitz a, nous l'avons montré plusieurs fois, coupé l'herbe sous le pied de Washington dont les proxies sont maintenant bloqués dans le désert. L'envoi de batteries de missiles à Al Tanaf peut aussi bien être une opération de com' visant à sauver la face que les prémices d'une dangereuse et absurde escalade voulue par certains Follamour. A voir...

Mattis, le bulldog à cernes du Pentagone, a fait quelques confidences il y a une semaine sur l'offensive éclair Damas-Moscou vers la frontière. Des soldats russes étaient bien présents et les généraux américains ne s'attendaient pas à cela. Dans ce même article du toujours excellent Moon of Alabama, on peut lire que la Russie fait actuellement débarquer en Syrie des équipements de pontage en vue de traverser l'Euphrate.

De fait, des infos non encore confirmées font état d'une progression le long de la frontière syro-irakienne. De l'autre côté, les Unités de Mobilisation Populaire chiites suivent le mouvement (flèches roses) tandis que leurs consoeurs du nord descendent vers le sud. La grande jonction devrait se faire à Al Qaïm, sur l'Euphrate. Jour de deuil à Riyad et à Tel Aviv...

Fait intéressant, l'EI a lancé une attaque surprise contre les kurdes dans le nord-est (rectangle noir). Or, depuis que les "modérés" d'Al Tanaf sont coincés, c'est le seul point sur lequel l'empire pouvait encore appuyer pour tenter d'amincir au maximum le corridor chiite est-ouest. Si l'offensive daéchique prend de l'ampleur, on pourrait assister à un reflux des hommes de paille US vers le nord pendant que les UMP irakiennes et les loyalistes syriens continueraient au contraire leur marche et consolideraient leur prise en main de la frontière.

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Gérard Chaliand : « Le prestige de Daech n’est plus aussi grand »

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #Daesch, #Le fascisme

Source : La Croix, Marianne Meunier, 04/04/2017

ENTRETIEN Malgré des attentats hors de sa base en Irak et en Syrie, Daech est affaibli, selon Gérard Chaliand, géostratège et spécialiste de l’étude des conflits armés.

Les pays d’expansion sont rares, excepté l’Afghanistan.

Opération anti-Daech dans la province de Nangarhar en Afghanistan, le 26 juin 2016. / Rahman Safi

Peut-on parler d’expansion de Daech vers de nouveaux territoires, en Asie et en Afrique notamment ?

Gérard Chaliand : Disons qu’il y a une gesticulation dans ce sens, comme l’a très bien illustré récemment la menace de déstabilisation de la Chine par des combattants de Daech issus de la minorité ouïgoure.

Mais ce sont avant tout des opérations de communication. Organiser des attentats spectaculaires à droite et à gauche pour montrer que l’on existe toujours ne revient pas pour autant à constituer de nouveaux fronts. Et dans tous les cas, aucun front n’est possible avant la bataille de Rakka.

Quels pourraient être ces nouveaux territoires en cas de chute de Rakka ?

G. C. : Une expansion au Sahel me paraît peu probable car la région est sous-peuplée. Elle n’offrirait pas à Daech la possibilité d’un contrôle de la population.

Le cas du Nigeria me paraît improbable lui aussi, car ses combattants y seraient des étrangers absolus. Il leur faudrait des acteurs locaux pour faire propagande. En fait, les perspectives sont plutôt en Asie.

À quels pays pensez-vous en particulier ?

G. C. : Il y a eu des attentats à Djakarta, mais ils ne révèlent pas une lame de fond. L’Indonésie se développe et affiche une croissance économique qui constitue une réponse majeure à l’islamisme. Quant à la Malaisie, l’islamisme ne s’y apparente pas à l’islamisme radical de type wah-habite. C’est un islamisme ultranationaliste que les dirigeants utilisent pour marginaliser les minorités chinoises.

C’est surtout en Afghanistan qu’il faut regarder, Daech y fait de nombreux progrès par rapport aux talibans. Plusieurs conditions sont réunies : il y a un gouvernement soutenu par l’étranger, des forces étrangères, qui certes ne combattent pas, un niveau d’instruction très faible, une économie délabrée. Il faut aussi penser au Bangladesh, un pays de plus de 150 millions d’habitants où l’islamisme progresse dans un contexte de croissance économique dérisoire.

Quels sont les liens entre Daech au Levant et Daech en Afghanistan ?

G. C. : Il y a des liens idéologiques et humains, Daech envoyant en Afghanistan un certain nombre de cadres organisateurs. Mais l’essentiel des ressources humaines sont locales. Pour ce qui est des armes, il est possible de s’en procurer sur place. Quant aux fonds, ils viennent en général du Golfe.

Quel est l’avenir de Daech ?

G. C. : Il est loin d’être extraordinaire. En Irak et en Syrie, Daech a démontré les capacités de résistance et la détermination à mourir de ses militants. Il a sauvé son aura, prouvant qu’il n’est pas un tigre de papier. Mais la bataille de Mossoul et celle qui se profile à Rakka sont de sévères défaites qui détruisent deux éléments essentielles : la prétention à la territorialisation, qui était la grande innovation de Daech, et la disparition symbolique de la frontière entre l’Irak et la Syrie, héritée des accords Sykes-Picot (signés entre la France et le Royaume-Uni en 1916, NDLR).

La disparition du « calife », Abou Bakr al-Baghdadi, qui arrivera peut-être un jour, serait aussi une autre défaite. Ainsi, le prestige de Daech n’est plus aussi grand qu’à l’été 2014, où la victoire paraissait au bout du fusil.

Faut-il donc comprendre les actions qu’il mène en Asie comme autant de tentatives de rebond après les revers enregistrés en Irak et en Syrie ?

G. C. : Oui, il cherche à sauter d’un damier sur l’autre pour signifier son ubiquité et la vivacité de son idéologie. Effectivement, cette idéologie n’est pas morte et continue d’animer un certain nombre de personnes, mais c’est une minorité. Et sur le long terme, Daech n’a aucun programme économique. Or, pour venger, comme il le propose, l’humiliation historique faite à ceux qui ont perdu la place qu’ils occupaient, il lui faut produire de la croissance économique.

Recueilli par MARIANNE MEUNIER
 
 
 
 
Source : La Croix, Marianne Meunier, 04/04/2017
 
 
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Gérard Chaliand : «En Syrie, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal»

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Gérard Chaliand : «En Syrie, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal»

Gérard Chaliand : «En Syrie, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal»
Gérard Chaliand (capture)
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spécialiste des relations internationales Gérard Chaliand esquisse un début de réponse et de réflexion pour RT France.

RT France : Que va changer l'implication militaire russe en Syrie ?

Gérard Chaliand (G.C.) : Cela ne va pas changer le problème mais cela va contenir et affaiblir les divers mouvements djihadistes, lesquels ne se limitent pas d'ailleurs seulement à Daesh. Il y a d'abord le fameux Front al-Nosra, qui est le représentant d'Al-Qaïda localement. Il y a ensuite une nébuleuse qui comporte presqu'une dizaine de mouvements, et qui porte le nom de Jaish al Fatah (Armée de la victoire ou de la conquête). Ces deux mouvements sont soutenus par la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite, ce qui est une alliance circonstancielle assez exceptionnelle. Le fait que la Russie s'engage militairement, malgré les apparences, rend service aux Etats-Unis et à toutes les chancelleries occidentales. La Russie va faire un effort que nous ne faisons pas suffisamment. Cela va aussi forcer les Américains à être plus présents. Quant à l'argument que cette implication russe renforce Bachar el-Assad, selon moi, la question est de déterminer qui est l'ennemi principal. La réponse est simple : ce sont les islamistes.

En savoir plus : Poutine sur les frappes en Syrie : on lutte contre le terrorisme par anticipation

RT France : Que pensez du timing entre l'ouverture d'une enquête pour crime de guerre contre Bachar el-Assad et le ballet diplomatique renforcé à l'ONU autour de la question syrienne ?

G.C. : Il y a là une étrange coïncidence. On tente de montrer que la vraie menace est Bachar el-Assad alors qu'il faudrait sérieusement s'occuper d'affaiblir les islamistes. D'ailleurs de ce côté-là on ne fait pas le travail nécessaire. Quand on regarde le nombre et la fréquence des bombardements en ce moment en Syrie par la coalition occidentale, c'est environ dix fois moins que ce qui a été fait au Kosovo en 1999. C'est en-dessous de ce qui serait nécessaire.

L'obsession française de dire que Bachar el-Assad est l'adversaire absolu a été aussi une erreur

RT France : Comment jugez-vous la position française en Syrie? Vous semble-t-elle cohérente, équilibrée ?

G.C. : Je trouve qu'on a mis beaucoup de temps à intervenir en Syrie. Quand on s'est décidé à le faire, le prétexte de légitime défense était un peu tiré par les cheveux. On aurait pu aisément comprendre que notre adversaire combattu en Irak ne l'était pas en Syrie, alors que les frontières n'existent plus entre ces deux pays. Et l'obsession française de dire que Bachar el-Assad est l'adversaire absolu a été aussi une erreur. Après tout, on le recevait avec le tapis rouge jadis. Le problème n'est pas Bachar el-Assad, qui ne veut pas faire d'attentats sur le sol européen. C'est là l'agenda des autres. Il ne faut pas se tromper d'adversaire. Ce mélange de moral et de realpolitik n'est pas très bon.

La Libye a été une énorme bêtise.

RT France : La France a-t-elle encore une politique arabe ? Ces dernières années, elle semble s'être résumée à des bombardements, en Libye, en Irak et maintenant en Syrie...

G.C. : La Libye a été une énorme bêtise. Le Conseil de sécurité avait délivré un mandat pour défendre la population de Benghazi. Nous l'avons dépassé et nous avons été jusqu'à faire liquider un président, ce qui évidemment n'était pas du tout dans le mandat. Si les Chinois ou les Russes avaient fait cela, on aurait crié à l'intolérable. A l'illégalité totale. Quatre ans plus tard on voit les dégâts collatéraux que cela a entraîné, dans le Sahel notamment.

RT France : Les amitiés françaises avec les monarchies arabes ou même l'alignement sur les Etats-Unis n'ont-ils pas enfermé la diplomatie française ?

G.C : Est-ce vraiment une diplomatie? On est avec ceux qui peuvent nous acheter, avec ceux qui peuvent nous payer. Le dos au mur, on est content d'avoir vendu les navires russes aux Saoudiens, car ce sont eux qui ont payé pour les Egyptiens en réalité. On vend des Rafales, et voilà tout. Ce n'est pas une diplomatie, ce sont des affaires. En échange de ce qu'on nous achète, nous faisons des choses qu'on n'aurait pas imaginé à l'époque de Charles de Gaulle. La France, en 40 ans a dégringolé de statut.

RT France : Vous dites que Daesh sera défait et qu'il s'agit là surtout d'une vaste entreprise de communication qui n'a pas forcément de ressources militaires solides. Pourquoi ?

G.C. : Militairement Daesh est modeste. Ils sont 25 000 combatttants sérieux. Daesh contrôle de fait une région sous-peuplée : un triangle désertique entre Raqqa, Palmyre et Deir el Zor. Quand on nous dit qu'il contrôle un territoir grand comme la Grande-Bretagne, ce n'est pas si simple. C'est une zone que je connais bien. Ce qui compte vraiment en Syrie d'un point de vue stratégique est la région côtière et ses 200 kilomètres à l'intérieur des terres : là sont les zones urbaines peuplées.

Ils ne se sont pas illustrés par des succès militaires, mais par leur présence médiatique par le contrôle des réseaux sociaux. Par une théâtralisation de l'horreur, ils ont réussi à être dans tous les médias occidentaux, qui, avec une obligeance imbécile ont relayé leur propagande en boucle. En Israël par exemple, quand il y a un attentat, on ne montre pas les cadavres car on ne veut pas déstabiliser les esprits.

https://francais.rt.com/opinions/7628-gerard-chaliand-syrie

 

 

 

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