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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #daesch tag

Des rebelles syriens “modérés” ont décapité un enfant. Re-publication de cet article du 22 juillet 2016 par Les Crises.

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #AMERIQUE, #La France, #L'OTAN., #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #l'horreur économique, #Terrorisme, #Daesch, #La Russie

[Re-publication de cet article du 22 juillet 2016]

Étrangement, cela n’a pas trop fait la Une des médias (ils ont mis 4 heures pour faire de timides billets en fond de site)…

Bref, la barbarie à l’état pur…

J’en parle pour mieux montrer la propagande en cours depuis des mois sur les “rebelles modérés” en Syrie, dont nous avons parlé à de multiple reprises…

À comparer également au traitement médiatique de la mort du petit Aylan en septembre 2015…

RIP petit bonhomme

Source : Le Figaro, AFP, 20-07-2016

Une vidéo diffusée hier sur les réseaux sociaux montre des combattants rebelles décapitant un jeune garçon après l’avoir capturé près d’Alep, dans le nord de la Syrie. La vidéo montre le garçon étendu à l’arrière d’un camion et un combattant qui commence à le décapiter avec un petit couteau.

Un autre combattant crie: “Nous ne laisserons personne à Handarat”, localité située au nord d’Alep et où les rebelles et les forces du régime syrien s’affrontent.  Dans cette zone d’Handarat se situe un camp de réfugiés palestinien qui a été largement abandonné au cours des années.  L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG basée en Grande-Bretagne, a confirmé que la vidéo montrait des combattants rebelles.

Dans une vidéo antérieure, l’enfant était assis à l’arrière d’un camion avec des combattants qui l’accusaient d’être un membre des brigades Al-Qods, un groupe palestinien se battant au côté du régime du président syrien Bachar al-Assad.

Notez que la journaliste n’a pas écrit ”l’enfant était assis à l’arrière d’un camion avec des ”mercenaires islamistes” qui l’accusaient d’être un membre des brigades Al-Qods, un groupe palestinien se battant aux côtés de l’armée loyaliste sous l’autorité du gouvernement syrien”

Amnesty International a déclaré dans un rapport publié en juillet que des rebelles islamistes et djihadistes actifs en Syrie étaient coupables de crimes de guerre, les accusant d’être responsables “d’une effrayante vague d’enlèvements, de tortures et d’exécutions sommaires”.  L’organisation humanitaire a nommé dans ce rapport cinq groupes rebelles opérant dans le nord de la Syrie, parmi lesquels le groupe islamiste Noureddine Zinki.

Selon l’OSDH, les rebelles que l’on voit sur la vidéo montrant la décapitation d’un enfant sont des combattants de Noureddine Zinki. Le groupe rebelle a publié un communiqué dans lequel il affirme que cette décapitation est “une erreur individuelle qui ne représente pas la politique générale du groupe”. “Les personnes qui ont commis cette infraction ont été arrêtées et remises” à une commission d’enquête, ajoute Noureddine Zinki.

Tu m’étonnes – abrutis de combattants… qui ont filmé !

D’après Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, “le jeune garçon n’a pas plus de 13 ans, il a été capturé mardi dans la région d’Handarat, mais les faits ont eu lieu dans une zone d’Alep tenue par les rebelles, le quartier Al-Machad pour être précis.” M. Abdel Rahmane n’a pas été en mesure de dire si le garçon était un Palestinien ni s’il était un enfant-soldat.

Source : Le Figaro, AFP, 20-07-2016

C’était bien un Syrien…

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Syrie. Des rebelles vont enquêter suite à la décapitation d’un enfant

Source : Ouest France, 20-07-2016

Suite à une vidéo montrant la décapitation d'un enfant, les rebelles syriens ont assuré mené une enquête interne. | Infographie Ouest France

Suite à une vidéo montrant la décapitation d’un enfant, les rebelles syriens ont assuré mené une enquête interne. | Infographie Ouest France

Un groupe rebelle soutenu par les États-Unis a annoncé mercredi mener une enquête après la diffusion d’une vidéo montrant la décapitation d’un jeune garçon par un homme identifié comme appartenant à son mouvement.

Les images d’un combattant découpant au couteau la tête du garçon atteignent le niveau d’atrocité de celles qu’a diffusées l’État islamique au cours des trois dernières années.

D’autres images montrent le garçon avant sa mort, à l’arrière d’un pick-up et des hommes l’accusant d’appartenir à un groupe de Palestiniens combattant au côté des forces de Bachar al Assad.

Enquête de Washington

« Voici un prisonnier de la Brigade Quds. Ils n’ont plus d’hommes, alors ils nous envoient des enfants », dit l’un des hommes. « Ce sont tes chiens, Bachar, les enfants de la brigade Quds », lance un autre homme.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ces hommes appartiennent au Mouvement Nouraldine al Zinki, un groupe rebelle qui a reçu des équipements américains, notamment des missiles TOW.

Un porte-parole du département d’État a dit que Washington enquêtait sur « ces informations répugnantes » et que ses livraisons d’équipements seraient suspendues si les faits étaient avérés.

Dans un communiqué, Nouraldine al Zinki a dénoncé une « atteinte aux droits de l’homme »ne représentant ni sa politique ni ses pratiques. Il dit avoir formé un comité chargé d’enquêter. « Tous ceux qui ont participé à cette violation ont été arrêtés et remis au comité pour les besoins de son enquête. »

Source : Ouest France, 20-07-2016

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“Moi, je suis tout simplement curieux: avez-vous vu et êtes-vous au courant du fait qu’un groupe soutenu par les Etats-Unis a décapité un enfant? “, a demandé sans détour Matthew Lee, journaliste de l’Associated Press (AP) connu pour ses questions parfois gênantes mais perspicaces, à Mark Toner.

“Non. Merci. Bien sûr. Nous l’avons vue, mais ne pouvons pas le confirmer. Il nous faut plus d’informations”, a balbutié M. Toner en réponse, ajoutant qu’autant qu’on ait compris ces annonces non confirmées, l’armée syrienne libre a mis en place une commission spéciale pour enquêter sur l’incident, que ceux qui y ont été éventuellement impliqués sont interpellés et qu’il s’agit apparemment du groupe Nour al-Din al-Zenki (“si je ne me trompe pas”)…

L’incertitude a fidèlement gagné M. Toner dans la suite.

“Est-ce que ça influera de telle ou telle façon sur le soutien que les États-Unis apportent à ce groupe ou à l’Armée syrienne libre?”, continuait d’interroger le journaliste, infatigable.

“Bien, nous sommes d’avis… Si, évidemment, ce que vous avez dit, ces informations selon lesquelles l’incident a eu lieu, sont confirmées, ainsi que le fait que le groupe est vraiment impliqué, je crois que nous pourrons… prendre une pause”, a déclaré — ou plutôt marmonné?— le porte-parole. (Source)

 

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Le meurtre a eu lieu à Mashhad, à environ 40 km. à l’Ouest d’Alep.

Il a également été dit qu’il avait apparemment reçu un traitement médical avant d’être saisi, en notant que l’une photographie montre une perfusion intraveineuse dans son bras.

Sa soeur, identifiée comme “Zoze Aisa”, a dit qu’elle était en colère et bouleversée que les gens dépeignent son frère Abdullah comme Palestinien.

Harakat Nour al-Din al-Zenki est parmi les groupes rebelles qui auraient reçu un soutien financier et militaire de différents pays , y compris la Turquie, le Qatar et d’autres pays du Golfe, selon le rapport d’Amnesty

Le groupe est également signalé comme ayant reçu le soutien d’un organisme de coordination connu sous le commandement d’opération du Nord (mieux connu sous son acronyme MOM turc), qui a été créé par les alliés des États-Unis dont la France, le Qatar, l’ Arabie Saoudite, Turquie, les Émirats Arabes Unis et le Royaume-Uni en 2014, selon Amnesty.

Mais le financement de Nurredin Zinki aurait été arrêté en septembre 2015 après avoir uni leurs forces avec deux groupes accusés d’enlèvement de deux travailleurs humanitaires italiens.

Son interrogatoire est visible ici.

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La vidéo de l’horreur est ici, si vous avez le cœur bien accroché, mais je vous la déconseille.

Voir aussi l’article du journal The Telegraph

P.S. Vous noterez que nos médias en ont parlé :

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Contrairement à ce que pensent certains, les médias cachent peu de choses, la propagande chez nous est bien plus subtile. Les médias en parlent, mais très peu, pas en une, et pas plus d’une journée, sans suivre le devenir du sujet, ou réagir entre eux.

Et en l’espèce, ils ne montrent pas les images, même floutées, ou, comme L’Obs, c’est mélangé avec autre chose.

Quand ils veulent, ils font mousser un sujet – vois Aylan en 2015 [EDIT : ou Omrane en 2016] : là, ils ont fait le boulot…

La question à se poser n’est jamais : “Les médias en ont-ils parlé ? ” (car c’est généralement le cas), mais : “Les médias ont il fait leur boulot, à savoir l’information a-t-elle bien atteint ma conscience ?” (bref, puis-je ne parler avec mon beau-frère le week-end prochain, car il sera au courant).

Sur les informations importantes, les médias doivent avoir une obligation de résultat, pas de moyen !

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Tiens grâce à Internet, on a identifié plusieurs des assassins – et ce sont des commandants du groupe en question : Muhammed Ma’yuf et Omar Salkhu…

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Un rebelle modéré posant devant un drapeau de Daech, tout va bien :

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Comment dit le focialiste déjà ? (Paris-Match le 2 juillet 2015)

Ben si.

 

 

102 réponses à Des rebelles syriens “modérés” ont décapité un enfant

Commentaires recommandés

bluetonga Le 22 juillet 2016 à 02h59
 
 

Hélas, comme je l’ai mentionné sur un autre fil, le petit Abdullah (10, 12 ans?), extirpé de force de l’hôpital où il était soigné (d’où l’intraveineuse à son bras), terrorisé puis décapité au couteau sous les lazzis et encouragements des soudards qui l’ont enlevé, pour avoir commis le crime d’être le fils d’un combattant d’en face, ne jouira pas de la même popularité médiatique que le petit Aylan, 5 ans, noyé au cours d’une tentative de migration clandestine et photogéniquement échoué sur la plage, pour le plus grand profit de la cause des migrants/réfugiés.

Soit dit en passant, on peut comprendre que les parents d’Aylan aient voulu fuir un pays où arrive ce qui est arrivé à Abdullah.

Vous là-bas, nos dirigeants qui occupez les strapontins, qui avez orchestré tout ça, les complices, votre digestion sera-t-elle seulement légèrement perturbée ce soir? Ou comme disait Poutine : “vous rendez-vous seulement compte de ce que vous avez fait”?

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Lettre ouverte aux charlatans de la révolution syrienne. Par Bruno Guigue.

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #Les Antifafs.

Lettre ouverte aux charlatans de la révolution syrienne. Par Bruno Guigue

Par Bruno Guigue le 13 mai 2016

Double attentat, en mai 2012 à Damas, revendiqué par le groupe terroriste al-Nosra qui a fait plus de 60 morts et près de 400 blessés. Photo: D.R.

Double attentat, en mai 2012 à Damas, revendiqué par le groupe terroriste al-Nosra qui a fait plus de 60 morts et près de 400 blessés. Photo: D.R.

Au moment où un dirigeant historique de la résistance arabe libanaise, en Syrie, vient de mourir sous les coups de l’armée sioniste, j’adresse cette lettre ouverte aux intellectuels et militants de « gauche » qui ont pris parti pour la rébellion syrienne et croient défendre la cause palestinienne tout en rêvant de la chute de Damas.

Vous nous disiez, au printemps 2011, que les révolutions arabes représentaient un espoir sans précédent pour des peuples subissant le joug de despotes sanguinaires. Dans un excès d’optimisme, nous vous avons écoutés, sensibles à vos arguments sur cette démocratie miraculeusement naissante et à vos proclamations sur l’universalité des droits de l’homme. Vous aviez presque réussi à nous persuader que cette protestation populaire qui emporta les dictateurs tunisien et égyptien allait balayer la tyrannie partout ailleurs dans le monde arabe, en Libye comme en Syrie, au Yémen comme à Bahreïn, et qui sait où encore.

        Lettre ouverte aux charlatans de la révolution syrienne. Par Bruno Guigue.

Mais cette belle envolée lyrique laissa rapidement paraître quelques failles. La première, béante, apparut en Libye. Adoptée par le conseil de sécurité pour secourir des populations civiles menacées, une résolution de l’ONU se transforma en chèque en blanc pour la destitution manu militari d’un chef d’Etat devenu encombrant pour ses partenaires occidentaux. Digne des pires moments de l’ère néoconservatrice, cette opération de « regime change » accomplie pour le compte des USA par deux puissances européennes en mal d’affirmation néo-impériale aboutit au désastre dont la malheureuse Libye continue de payer le prix. L’effondrement de ce jeune Etat unitaire livra le pays aux ambitions effrénées des factions et des tribus, sciemment encouragées par les convoitises pétrolières des charognards occidentaux.

Il y avait pourtant de bonnes âmes, parmi vous, pour accorder des circonstances atténuantes à cette opération, comme il y en avait, davantage encore, pour exiger qu’un traitement analogue fût infligé au régime de Damas. Car le vent de la révolte qui soufflait alors en Syrie semblait valider votre interprétation des événements et donner une justification a posteriori au bellicisme humanitaire déchaîné contre le potentat de Tripoli. Pourtant, loin des médias « mainstream », certains analystes firent observer que le peuple syrien était loin d’être unanime, que les manifestations antigouvernementales se déroulaient surtout dans certaines villes, bastions traditionnels de l’opposition islamiste, et que la fièvre sociale de couches paupérisées par la crise n’entraînerait pas pour autant la chute du gouvernement syrien.

Ces avertissements de bon sens, vous les avez ignorés. Comme les faits ne correspondaient pas à votre narration, vous les avez triés comme bon vous semble. Là où des observateurs impartiaux voyaient une polarisation de la société syrienne, vous avez voulu voir un tyran sanguinaire assassinant son peuple. Là où un regard dépassionné permettait de discerner les faiblesses, mais aussi les forces de l’Etat syrien, vous avez abusé de rhétorique moralisante pour instruire à charge le procès d’un gouvernement qui était loin d’être le seul responsable des violences. Vous avez vu les nombreuses manifestations contre Bachar Al-Assad, mais vous n’avez pas vu les gigantesques rassemblements de soutien au gouvernement et aux réformes qui emplirent les rues de Damas, Alep et Tartous. Vous avez dressé la comptabilité macabre des victimes du gouvernement, mais vous avez oublié celles des victimes de l’opposition armée. A vos yeux, il y avait de bonnes et de mauvaises victimes, des victimes qui méritent qu’on en parle et des victimes dont on ne veut pas entendre parler. Délibérément, vous avez vu les premières, tout en vous rendant aveugles aux secondes.

Manifestation pro Assad

Manifestation pro Assad

Au même moment, ce gouvernement français, dont vous critiquez volontiers la politique intérieure pour entretenir l’illusion de votre indépendance, vous a donné raison sur toute la ligne. Curieusement, la narration du drame syrien qui était la vôtre coïncidait avec la politique étrangère de M. Fabius, chef d’œuvre de servilité mêlant l’appui inconditionnel à la guerre israélienne contre les Palestiniens, l’alignement pavlovien sur le leadership américain et l’hostilité recuite à l’égard de la résistance arabe. Mais votre mariage ostensible avec le Quai d’Orsay ne sembla pas vous gêner. Vous défendiez les Palestiniens côté cour, et vous dîniez avec leurs assassins côté jardin. Il vous arriva même d’accompagner les dirigeants français en visite d’Etat en Israël. Vous voilà embarqués, complices, pour assister au spectacle d’un président qui déclare qu’il « aimera toujours les dirigeants israéliens ». Mais il en fallait plus pour vous scandaliser, et vous avez repris l’avion avec le président, comme tout le monde.

Vous aviez condamné à juste titre l’intervention militaire américaine contre l’Irak en 2003. La vertu roborative du bombardement pour la démocratie vous laissait froids, et vous doutiez des vertus pédagogiques des frappes chirurgicales. Mais votre indignation à l’égard de cette politique de la canonnière version « high tech » s’avéra étrangement sélective. Car vous réclamiez à cor et à cri contre Damas, en 2013, ce que vous jugiez intolérable dix ans plus tôt contre Bagdad. Une décennie a suffi pour vous rendre si malléables que vous voyiez le salut du peuple syrien, désormais, dans une pluie de missiles de croisière sur ce pays qui ne vous a rien fait. Reniant vos convictions anti-impérialistes, vous avez épousé avec enthousiasme l’agenda de Washington. Sans vergogne, non seulement vous applaudissiez par avance aux B 52, mais vous repreniez la propagande US la plus grotesque, dont le précédent irakien et les mensonges mémorables de l’ère Bush auraient dû vous immuniser.

        Lettre ouverte aux charlatans de la révolution syrienne. Par Bruno Guigue.

Pendant que vous inondiez la presse hexagonale de vos inepties, c’est un journaliste américain, enquêteur hors pair, qui mit en pièces le pitoyable « false flag » destiné à rendre Bachar-Al-Assad responsable d’une attaque chimique dont aucune instance internationale ne l’a accusé, mais que les expertises du Massachussets Institute of Technology et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, en revanche, ont attribuée à la partie adverse. Ignorant les faits, les travestissant au besoin, vous avez joué à cette occasion votre misérable partition dans cette cacophonie de mensonges. Pire encore, vous continuez de le faire. Alors qu’Obama lui-même laisse entendre qu’il n’y a pas cru, vous vous obstinez à réitérer ces sornettes, comme des chiens de garde qui aboient après la disparition de l’intrus. Et pour quel motif ? Pour justifier le bombardement, par votre propre gouvernement, d’un petit Etat souverain dont le tort principal est de refuser l’ordre impérial. Pour venir en aide à une rébellion syrienne dont vous avez sciemment masqué le véritable visage, accréditant le mythe d’une opposition démocratique et laïque qui existe seulement dans les salons des grands hôtels de Doha, de Paris ou d’Ankara.

BHL et Fabius

BHL et Fabius

Cette « révolution syrienne », vous l’avez donc exaltée, mais vous avez pudiquement détourné les yeux de ses pratiques mafieuses, de son idéologie sectaire et de ses financements troubles et douteux. Vous avez soigneusement occulté la haine interconfessionnelle qui l’inspire, cette aversion morbide pour les autres confessions directement inspirée du wahhabisme qui en est le ciment idéologique. Vous saviez que le régime baassiste, parce qu’il est laïque et non confessionnel, constituait une assurance-vie pour les minorités, mais vous n’en aviez cure, allant même jusqu’à qualifier de « crétins » ceux qui prenaient la défense des chrétiens persécutés. Mais ce n’est pas tout. A l’heure du bilan, il restera encore cette ultime ignominie : vous avez cautionné la politique d’un Laurent Fabius pour qui Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaida, « fait du bon boulot ». Tant pis pour les passants déchiquetés dans les rues de Homs ou les alaouites de Zahra assassinés par les rebelles : à vos yeux, ils ne sont que du menu fretin.

Entre 2011 et 2016, les masques tombent. Vous vous réclamez du droit international, mais vous applaudissez à sa violation contre un Etat souverain. Vous prétendez promouvoir la démocratie pour les Syriens, mais vous êtes devenus les fourriers du terrorisme qu’ils endurent. Vous dites que vous défendez les Palestiniens, mais vous êtes dans le même camp qu’Israël. Lorsqu’un missile sioniste s’abat sur la Syrie, n’ayez crainte : il ne frappera jamais vos amis. Grâce à Israël, grâce à la CIA, et grâce à vous, ces courageux rebelles vont continuer à préparer l’avenir radieux de la Syrie sous l’emblème du takfir. Le missile sioniste, lui, va tuer un des dirigeants de cette résistance arabe que vous avez trahis.

Bruno Guigue | 13 mai 2016

Bruno Guigue est un haut fonctionnaire, essayiste et politologue français né à Toulouse en 1962. Ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA. Professeur de philosophie et chargé de cours en relations internationales dans l’enseignement supérieur. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident (L’Harmattan, 2002).

Bruno Guigue est un haut fonctionnaire, essayiste et politologue français né à Toulouse en 1962. Ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA. Professeur de philosophie et chargé de cours en relations internationales dans l’enseignement supérieur. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident (L’Harmattan, 2002).

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L’axe Moscou-Ankara-Téhéran, à marche forcée, par le site dedefensa

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch

L’axe Moscou-Ankara-Téhéran, à marche forcée

L’axe Moscou-Ankara-Téhéran, à marche forcée

Une deuxième interview en huit jours du ministre des affaires étrangères turc Cavusoglu montre un durcissement de la position turque vis-à-vis du bloc-BAO (OTAN, USA) et, par conséquent, une dialectique de plus en plus chaleureuse pour un rapprochement de type “stratégique” (coopération des armements) avec la Russie. (D’une façon générale, le ministre turc parle de la Russie parce qu’il s’adresse à un canal de communication russe [Sputnik.News, RT en relais, repris par divers médias dont ZeroHedge.com], mais son discours embrasse également, indirectement, les relations avec l’Iran, – où Erdogan doit se rendre la semaine prochaine, – et à la lumière de la nouvelle situation russo-iranienne.)

Les déclarations de Cavusoglu montre une très forte insatisfaction à propos des relations de la Turquie avec le bloc-BAO, notamment vis-à-vis de l’OTAN qui semble poursuivre une politique de rupture des liens de coopération avec la Turquie. Il s’agit de faits concrets, concernant la coopération en matière de défense, notamment “les transferts de technologies et les investissements” : « It seems to us that NATO members behave in an evasive fashion on issues such as the exchange of technology and joint investments. Turkey intends to develop its own defense industry and strengthen its defense system... » cela induit nécessairement une réaffirmation beaucoup plus concrète et immédiate de l’idée d’une coopération en profondeur avec la Russie dans le domaine des armements (« In this sense, if Russia were to treat this with interest, we are ready to consider the possibility of cooperation in this sector »)

(Notre perception à ce point et avant de poursuivre sur le sujet principal abordé ici [l’axe Moscou-Ankara-Téhéran] est que l’attitude de l’OTAN vis-à-vis de la Russie se manifeste essentiellement depuis le putsch-avorté du 15 juillet et manifeste rien de moins que l’insatisfaction courroucée de l’Organisation que le coup n’ait pas réussi, et cette insatisfaction à l’encontre du pouvoir qui a résisté à cette attaque “entre pays-frères” de l’Alliance. D’une certaine façon, c’est comme si l’OTAN sermonnait la Turquie : “Mais comment est-il possible que vous n’ayez pas laissé ce putsch réussir, puisqu’il correspond à un réalignement qui doit être fait ? ”... Nous caricaturons à peine ; nous pensons qu’effectivement la pensée-Système est à ce point d’aveuglement et d’absurdité. Il suffit de reprendre ce que nous écrivions hier à propos du bloc-BAO, de l’attribuer avec encore plus de force à l’OTAN qui représente la machinerie archétypique de ce vide absolu, et de bien préciser, avec toute l’insistance possible, qu’il s’agit de la pensée-Système et du Système : « Le [Système/l’OTAN] est devenu stratégiquement autiste, intellectuellement plongé dans une totale impuissance conceptuelle. Il semble ne plus savoir qu’une chose, c’est le décompte presque indifférent de ses erreurs, de ses aveuglements, des énormes changements qui se produisent à ses dépens, du chaos qui s’installe sur ses propres territoires... » Dans de telles conditions, il est normal [le “new normal”, comme dirait Soros] que l’OTAN “punisse” la victime du putsch qu’elle a largement contribué à organiser, pour avoir résisté et finalement fait échouer l’opération.)

Pour ce qui concerne les trois pays dont nous parlons, il s’agit d’un pas de trois qui se déroule en ce moment, avec trois partenaires, ou trois danseurs effectivement qui évoluent ensemble sur une musique dont ils ne sont pas les compositeurs et à laquelle ils doivent s’adapter avec le plus de justesse et de grâce. (La musique est très postmoderne, une sorte de musique sérielle des erreurs et des inversions que ne cesse de produire le Système, par le relais des acteurs principaux du bloc-BAO, certes.) Les trois acteurs organisent donc plusieurs pas de deux pour se rôder, avant d’arriver à la composition coordonnée entre trois : ce fut d’abord Ankara-Moscou (Erdogan à Saint-Petersbourg) puis Moscou-Téhéran (le déploiement des forces ariennes russes à la base du lieu-dit Noji, proche d’Hamadan) ; maintenant, on doit avoir un pas de deux Ankara-Téhéran, avec la visite programmée d’Erdogan en Iran la semaine prochaine. Sputnik.News a un article du 18 août, qui étudie les perspectives de ce pas de trois que d’aucuns pourraient commencer à se risquer à désigner comme une alliance (« Alliance Between Russia, Turkey, Iran on Syria Taking Shape »).

« Turkey is considering a coalition with Russia and Iran against terrorists in Syria. President Recep Tayyip Erdogan will soon visit Tehran to discuss the issue. The visit is also expected to normalize ties between Turkey and Iran, the two powers seeking dominance in the region. Next week, Erdogan will visit Tehran to discuss a Russia-Turkey-Iran coalition to fight terrorism in Syria, Fars news agency reported.

A coalition between Russia, Turkey and Iran on Syria is theoretically possible but hard to work out in practice, Alexander Sotnichenko, an expert in Russian-Turkish relations, said. “Such an alliance between the key players is crucial for the peaceful settlement in the Middle East. At the same time, Turkey on the one hand and Russia and Iran on the other hand still support different sides of the Syrian conflict. The recent developments in Aleppo show that Ankara is still supporting terrorists,” Sotnichenko told the Russian online newspaper Vzglyad. [...] At the same time, it is premature to say that Erdogan could break up with NATO. “NATO is a deeply integrated military and technological alliance. In turn, Moscow cannot provide the similar level of partnership to Turkey,” he said.

» Stanislav Tarasov, head of the Middle East-Caucasus think tank, underscored that the West is now leaving Turkey alone with serious challenges, including the attempted coup and refugee crisis. “It’s no surprise that Erdogan is looking for partners in Russia and Iran,” he said. Tarasov also pointed out that despite numerous tensions between Ankara and Tehran they have a common stance on the Kurdish problem. The idea is to preserve the territorial integrity of both Turkey and Iran. Currently, the Kurdish problem is one of the most important issues for Ankara. In order to resolve it, Erdogan may turn to Tehran.

» Tarasov also assumed that Erdogan could easily abandon ties with Daesh and end support for terrorist groups in Syria. “The current domestic situation in Turkey is threatening Erdogan’s power. The Turkish president would go to all lengths to stay in power,” the analyst concluded. »

Les divers facteurs affectant les trois pays concernés, ainsi que le champs d’action apparent de leur alliance (la Syrie, ou comment résoudre le conflit qui en est à sa cinquième années) sont des données conjoncturelles. La partie qui se joue, ou le ballet qui s’exécute sous nos yeux, répond à une dynamique générale bien plus puissante, qui ne laisse guère de choix aux uns et aux autres. On a déjà envisagé cet aspect des choses, particulièrement pour Erdogan vis-à-vis des Russes (voir les 6 août et 12 août)... Malgré les arrière-pensées des uns et des autres, les intérêts nationaux, les tendances manœuvrières et manipulatrices (surtout de la part d’Erdogan), “le rouge est mis” depuis le putsch-avorté du 15 juillet.

L’événement a affirmé, d’une façon opérationnelle et symbolique à la fois, que la politique-Système que le bloc-BAO exécute au nom du Système est dans un mode définitivement incontrôlable et passe désormais par la recherche de toutes les façons possibles de l’élimination des acteurs qui constituent des obstacles à sa mission de dissolution et de néantisation du théâtre de la Syrie et de ses alentours. Le plus fragile et le plus vulnérable de ces acteurs est Erdogan, dont la politique et la tendance à la manipulation ne cessent d’alimenter le désordre au sein de la machinerie de la politique-Système dont il a pourtant prétendu souvent faire partie. L’attitude de l’OTAN à l’égard de la Turquie ne laisse aucun doute : le coup du 15 juillet ayant échoué, une autre tentative aura lieu aussitôt que possible, jusqu’à l’élimination d’Erdogan, et en attendant une pression extrême est exercée sur lui, de la part de la même OTAN ainsi conduite à la politique absurde pour elle de pousser la Turquie vers une attitude anti-otanienne qui présage d’une rupture gravissime. Pour cette raison générale et dans ces circonstances, le président turc n’a plus beaucoup d’espace pour manœuvrer, et encore moins pour manipuler. Sa seule porte de sortie réside dans l’alliance avec ses deux puissants voisins, la Russie au Nord et l’Iran au Sud. De leurs côtés, la Russie et l’Iran, en meilleures positions, n’en sont pas moins convaincus que l’alliance avec la Turquie doit être recherchée par tous les moyens, pour former cet axe de verrouillage de la Syrie et, d’une façon générale, de toute la région.

Nous ne parlons certainement pas, ici, d’un projet d’alliance classique, éventuellement pour régler un conflit (la Syrie) selon une issue satisfaisante, pour ensuite établir une certaine hégémonie permettant la stabilisation de la région. C’est bien entendu le but affiché d’une telle entreprise, et d’ailleurs d’une façon absolument logique. Pourtant, s’il n’y avait que cela, nous serions beaucoup moins catégoriques sur la possibilité effective de réaliser cette alliance, parce que l’analyse impliquerait effectivement qu’il reste de l’espace pour les manipulateurs pour se manifester, – cela, pour Erdogan en premier. Mais ce n’est pas du tout la situation qui règne actuellement, dans tous les cas depuis le 15 juillet d’une manière effective ; aussi s’agit-il d’un rassemblement nécessaire, évidemment de facture antiSystème, auquel sont forcés ces trois pays pour résister à la poussée totalement déstructurante et dissolvante de la politique-Système qui se produit d’elle-même puisqu’elle est produite par le Système, dans un moment que l’on connaît bien, que nous avons déjà décrit, qui est celui d’un vide du pouvoir dans le bloc-BAO avec de nombreuses perspectives de chaos internes, et particulièrement les perspectives extrêmement dangereuses et risquées, et totalement imprévisibles, des élections présidentielles USA-2016.

Par conséquent, il y a de très fortes chances que l’axe Moscou-Ankara-Téhéran se fasse, et se fasse vite, et il ne s’agira pourtant de rien qui ressemble à une victoire ou à une promesse de victoire, puisqu’il s’agira d’un acte antiSystème. S’il se fait, si aucun putsch-bis activé par l’OTAN et quelques “États parallèles” de Washington n’a lieu à Ankara, – quoique ce pourrait être un échec de plus qui accélèrerait encore plus, paradoxalement, le processus de résistance décrit, – il s’agira effectivement d’un acte de résistance (antiSystème) contre le Système dans la dynamique de surpuissance maximale où il se trouve aujourd’hui. Ce jugement n’est évidemment pas pour discréditer l’opération en train de se faire, ni la diminuer, bien au contraire ; cette opération est essentielle, comme tout acte de résistance, dans la mesure où elle contribue à pousser cette dynamique surpuissance jusqu’à son régime maximal, là où la surpuissance se transforme en autodestruction... Il s’agit simplement de comprendre de quoi il s’agit, d’en mesurer les limites mais surtout les enjeux, et d’en peser les capacités.

Ainsi et de même, de ce point de vue, nous ne retirons aucun des termes laudatifs que nous avons développés pour caractériser l’opération russe de déploiement en Iran et de partenariat stratégique avec Téhéran, ni son caractère historique par rapport aux grandes tendances russes. Comme l’alliance en devenir que nous évoquons, il s’agit d’actes stratégiques qui sont remarquables et doivent être appréciés comme tels... Ce sont leurs effets qu’il faut pondérer décisivement par rapport à la forme du combat en cours, et surtout par rapport à la puissance de l’adversaire qui ne peut être défini ni géographiquement, ni stratégiquement, ni politiquement, parce qu’il s’agit d’un Système, d’une civilisation en cours d’effondrement, – c’est-à-dire une dynamique qui nous frappe tous autant que nous en sommes les acteurs, qui n’est pas seulement un adversaire mais également le cadre général de nos activités qu’il faut pourtant pousser vers son autodestruction. Il s’agit donc simplement de bien comprendre de quoi il est question et d’écarter la facilité des jugements fractionnels et rationnels habituels, de forme politique ou stratégique, qui privent nécessairement le jugement général qu’il faut hausser de l’influence de l’intuition d’un outil essentiel de compréhension du cours tumultueux, torrentiel et tempétueux des choses.

Mis en ligne le 19 août 2016 à 10H12.

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Syrie - Daesh - Révélations incroyables sur France Inter !

20 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Syrie - Daesh - Révélations incroyables sur France Inter !

Ajoutée le 27 nov. 2015

Il y a quelques semaines, nous aurions du aller chercher de telles informations sur les chaînes russes, pour se faire alors dénigrer. Et pourtant, après une catastrophe parfois tout change! Du moins c'est l'impression qu'on peut avoir aujourd'hui...

Tout en parlant "d'erreurs" pour rester correct, les révélations faites lors de cette émission sur France Inter sont stupéfiantes! C'est à croire que, paradoxalement, c'est sous l'état d'urgence que les médias se libèrent... ou que le gouvernement nous prépare un 180 degrés géopolitique...

Pour les plus curieux, l'émission complète et sa retranscription pour apprendre aussi les raisons bassement économiques du soutien de la défunte ligue "démocratique anti-Assad": http://www.les-crises.fr/france-inter... .

Encore un effort les gars, il reste encore l'Ukraine! (S. Gobert à virer?)
http://www.youtube.com/playlist?list=... .
http://sans-langue-de-bois.eklablog.f...

Autres vidéos sur la Syrie:

Syrie - Quand l'entêtement devient un crime:
http://www.youtube.com/watch?v=huCDdl...

Syrie - "Opposition modérée" - Après les attentats de Paris ça vous concerne:
http://www.youtube.com/watch?v=puP7nK...

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Syrie: la bataille d'Alep pousse la coalition américaine à la faute. Par Karine Bechet Golovko

6 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch

vendredi 5 août 2016

Syrie: la bataille d'Alep pousse la coalition américaine à la faute

 


Alors que toute la machine occidentale s'est mise en marche pour "sauver Alep des forces d'Assad et de l'aviation russe", une étrange Fondation pour les droits des prisonniers exige la fin des combats à Alep et la libération de prisonniers dans les geôles d'Assad pour rendre les corps des soldats russes tués lors du crash de l'hélicoptère humanitaire dans les environs d'Alep. Leurs revendications et l'appellation  de cette "Fondation" ressemble à s'y méprendre à une opération de com. Mais qui irait beaucoup trop loin. La cause étant désespérée.
 

 
Alep est un point stratégique dans la lutte contre Assad. Si les groupes extrémistes formés, armés et soutenus par l'Occident perdent à Alep, cette pseudo opposition risque de perdre la Syrie et Assad en ressortira vainqueur. Ce qui est inacceptable dans le jeu américain, tant le Président Obama que le Secrétaire d'état Kerry l'ont suffisament répété.
 
Or, les pauvres "rebelles" sont en train de perdre du terrain contre les forces d'Assad. La machine médiatique tourne pourtant à la limite de la surchauffe. Sans revenir sur ce monument de journalisme que fut le JT de France 2, l'on appréciera également, par exemple, l'opération de réhabilitation et d'humanisation de ces terroristes lancée par BFM et le journal Le Monde.
 
Si l'on prend BFM, un reportage nous explique ceci:
Donc, pour que ce soit bien clair: ce sont les forces d'Assad et les russes qui encerclent des populations civiles pacifistes, juste parce qu'elles sont opposées au régime en place. Il ne s'agit pas du tout de groupes terroristes Al nusra et autres qui s'emparent du territoire et des populations pour y installer le Califat de la terreur. Et le reportage montre des visages de pauvres "résistants", qui souffrent presque pour sauver leur pays de la dictature. Digne d'Hollywood, de l'émotion pas chère, digérable instantanément.
 
Dans la même veine, l'on notera un magnifique article du journal le Monde, toujours très en forme, intitulé: 
Bataille d’Alep : comment la rébellion syrienne joue sa survie 
Pour ceux qui auraient des doutes, ces "rebels" sont très fréquentables, pour preuve ils viennent le 28 juillet de quitter Al Quaïda ... certes pour des raisons stratégiques. Même le Secrétaire d'état américain a déclaré que ça ne change rien, ils restent la liste des organisations terroristes. Au fait, il s'agit des groupes islamistes:
La majeure partie sont islamistes, comme le groupe salafiste nationaliste Ahrar Al-Sham, et le Front Fateh Al-Sham, nouveau nom du Front Al-Nosra. 
Mais c'est vrai que Al-Nosra fait du bon travail, comme le rappelait L. Fabius alors ministre des affaires étrangères. Détail intéressant, ces "rebels" sont dans la région d'Idlib, vous savez, la région dans laquelle l'hélicoptère russe apportant l'aide humanitaire est tombé, descendu par ces "rebelles modérés" d'Al-Nosra. Rappelons aussi que les très modérés et fréquentables combattants de l'armée syrienne libre les avaient justement appelés à s'unir pour lutter contre Assad. 
 
Et tous ces modérés ont descendu l'hélicoptère humanitaire russe. 5 morts, 5 corps. C'est alors que l'agence d'information Reuters lance une information particulièrement choquante: un groupe appelé en anglais General Foundation for Prisoners' Affairs accepte de rendre les corps des 5 russes tués en échange de prisionniers d'Assad (sans préciser encore lesquels ni combien) et de l'arrêt des combats à Alep.
 
Cela ressemble à une mauvaise plaisanterie. Une organisation de défense des droits de prisonniers qui débarque, dans la droite ligne des scénarios bien connus d'implantation de la démocratie. Sauf qu'ils négocient des corps de soldats étrangers, corps détenus par Al-Nosra.
 
Information dérangeante. C'est certainement pour cela qu'à part Reuters, cette information n'a pas été reprise. Le raté est trop évident, le coup a été mal préparé. Un organisme dit de cette fameuse et sacrosainte "société civile" qui défend évidemment les droits des détenus, mais faisant du chantage aux cadavres, négociant des coprs détenus par un groupe terroriste, pour obtenir des résultats correspondant aux revendications de la "coalition américaine démocratique" et de l'ONU. Un mariage contre nature. Quoi que ...
 
Laissons encore quelque temps aux médias pour nous faire oublier que ce sont ces barbares qui décapitent, violent, massacrent, réduisent à l'esclavage. Qu'ils ne sont pas plus d'opposition - sinon à la démocratie - qu'ils ne sont modérés. A nous de ne pas oublier.
 
 
 
 
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Les hurlements nationalistes et guerriers du général Allen, soutien d'Hillary Clinton.

6 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La guerre, #Europe supranationale, #La Russie, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme

Les hurlements nationalistes et guerriers du général Allen, soutien d'Hillary Clinton (str Fr) .

FULL: General John Allen (ret. USMC) - Democratic National Convention
- General John Allen (ret. USMC), former Commander, International Security Assistance Forces, and Commander, United States Forces in Afghanistan.
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Alep: le siège va-t-il se briser ?

5 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #La Turquie

  • L\\\'armée syrienne encercle totalement l\\\'est d\\\'Alep.

Al-Qaïda en Syrie et ses associés mènent actuellement une attaque de grande envergure au sud-ouest de la ville d’Alep.

Leur objectif est d’ouvrir un corridor entre les zones rurales d’Idlib/Alep qu’ils occupent et les zones encore contrôlées par Al-Qaïda qui sont assiégées à l’est d’Alep. Entre 5 000 et 10 000 combattants d’Al-Qaïda, qui utilisent des équipements fournis par les Américains, prennent part à la bataille. Sur le papier, certains de ces combattants sont des « modérés », mais en réalité, tous ces groupes se sont maintenant engagés à appliquer la charia et donc à bannir toutes les minorités. Ils ont fait quelques progrès contre les forces gouvernementales, mais les forces aériennes syriennes et russes les bombardent férocement.

L’état-major général russe sait et dit depuis le mois d’avril qu'al-Qaïda en Syrie (alias Front al-Nosra ou Fateh al-Sham) et les différents groupes terroristes planifient une attaque de grande envergure contre Alep. Un commandant d’al-Qaïda a, en effet, confirmé que l’attaque était planifiée depuis longtemps dans une harangue à ses combattants avant l’assaut actuel.

Cela jette une nouvelle lumière sur les négociations interminables que le secrétaire d’Etat Kerry a imposées, pendant des mois, à son collègue russe. Les Etats-Unis tentaient de protéger al-Qaïda contre les attaques russes et syriennes alors même que les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies demandaient l’éradication d’al-Qaïda et de Daech. Ensuite, les Etats-Unis ont « offert » à la Russie de se battre collectivement contre al-Qaïda, sous commandement étasunien. Nous avons qualifié cette offre d’insensée et de fourbe. Tous ces verbiages, on le voit maintenant, ne servaient qu’à gagner du temps pour permettre à al-Qaïda de préparer l’attaque qu’ils viennent de lancer.

Une autre tentative pour gagner du temps, qui a échoué celle-là, a été de changer le nom du Front al-Nosra en Fateh al-Sham. Certains médias « occidentaux » ont dit que le groupe s’était séparé d’al-Qaïda, mais il s’agissait, au contraire, de la fusion d’al-Qaïda central et de Nosra/al-Qaïda en Syrie sous un nouveau nom. Les sponsors qataris d’al-Qaïda avaient exigé ce changement de nom pour pouvoir convaincre, au grand jour, les gouvernements « occidentaux » et leur opinion publique qu'al-Qaïda en Syrie était composée de « rebelles modérés ». Mais l’imposture a échoué. Le stratagème était trop visible pour être pris au sérieux. Le soutien « occidental » d’al-Qaïda va devoir se poursuivre secrètement et modérément.

Si cette attaque était repoussée, les énormes pertes que al-Qaïda subirait pourraient la faire renoncer à l’option de la guerre ouverte de style militaire. Si al-Qaïda réussit à vaincre l’armée arabe syrienne, cette dernière aura besoin d’importants renforts de forces terrestres pour reprendre l’initiative.

Mais les Etats-Unis ont compris que leur projet de changement de régime allait échouer quelle que soit l’issue de la bataille. Ils proposent maintenant de diviser la Syrie. La Syrie et tous ses voisins sont contre. Cela n’arrivera pas, mais Washington peut causer d’énormes dégâts avant de se rendre à l’évidence. La Russie peut et doit empêcher d’aussi importantes manœuvres américaines d’ingénierie sociale.

Par ailleurs, la Russie doit maintenant décider si elle veut assez intensifier son engagement pour sortir de l’impasse actuelle. Avec le temps qui passe, une impasse devient coûteuse et peut, à tout moment, tourner brusquement en défaite. Il est clair que jusqu’à présent les Américains ne négociaient pas sérieusement. Ils ne faisaient que gagner du temps pour permettre de grandes attaques contre le gouvernement syrien. La Russie doit choisir entre quitter complètement la Syrie ou intensifier suffisamment ses efforts pour vaincre les terroristes de façon décisive. Ce n'est pas une décision facile.

Aujourd’hui, des terroristes ont abattu un hélicoptère russe en Syrie. Le corps sanglant du pilote mort a été traîné dans la boue par des dingues locaux qui ont filmé la scène et ont posté la vidéo, tout fiers. Si le gouvernement russe avait besoin d’un prétexte officiel pour revenir en Syrie, il en a un maintenant. Aujourd’hui, également, Daech a menacé d’attaquer la Russie à l’intérieur de ses frontières. Voilà une autre bonne raison de revenir en force en Syrie. Il faut noter que la Russie est déjà extrêmement contrariée par le climat irrationnel d’hostilité qui règne contre elle à Washington DC. Il aura des conséquences.

Le Guide suprême iranien a affirmé récemment que l’accord nucléaire avec les Etats-Unis était un échec. Les Etats-Unis ne l’ont pas respecté au final. L’argent iranien est toujours bloqué dans les comptes contrôlés par les Etats-Unis et aucune banque internationale ne veut faire des affaires avec l’Iran, car les Etats-Unis menacent de les pénaliser. Selon le Guide iranien, il faut en conclure qu’un accord n’est possible avec les Etats-Unis sur aucune question locale au Moyen-Orient et que toutes les négociations avec eux sont une perte de temps. Cette nouvelle position officielle pourrait enfin faire sauter les limites sur le déploiement iranien en Syrie. Pourquoi prendre la peine de se limiter puisque les Etats-Unis n’en tiennent pas compte ?

La manière dont la situation en Syrie va évoluer à partir de maintenant dépend en grande partie de la Turquie. La Turquie est en train de changer de politique étrangère et de se tourner vers la Russie, l’Iran et la Chine. Mais jusqu’où cet éloignement de « l’Occident » ira et s’il s’assortira également d’un revirement complet sur la Syrie n’est pas encore clair. Si la Turquie bloque vraiment ses frontières et, avec elles, l’approvisionnement des terroristes, la guerre contre la Syrie pourrait se terminer en un an ou deux. Si l’approvisionnement (secret) continue, la guerre pourra se poursuivre pendant de nombreuses années. Dans les deux cas, un plus grand soutien (renforts en troupes, etc.) du gouvernement syrien par ses alliés réduirait considérablement le temps que la guerre prendrait encore (et les dégâts). Rien que cela justifierait les efforts supplémentaires des alliés de la Syrie.

L’avenir dira si Téhéran et Moscou sont d’accord avec cette conclusion.

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article7433

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Vaincre la haine christianophobe, en France et en Syrie Par Bruno Guigue

1 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #l'islamisme, #Daesch, #Arabie Saoudite

Vaincre la haine christianophobe, en France et en Syrie

Par Bruno Guigue – le 26 juillet 2016 – Arrêt sur Info

 Des CRS devant l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray

Des CRS devant l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray

Assassiner un prêtre catholique dans son église, c’est frapper cruellement la France, la tétaniser par l’horreur du crime commis. Mais c’est aussi la frapper au plus profond, la blesser, à travers la communauté catholique, dans une de ses traditions spirituelles les plus anciennes. Avec l’ignoble attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, une France qui était déjà meurtrie le 14 juillet vient de subir de plein fouet la haine sectaire, antichrétienne, des émules de Daech.

Les chrétiens d’Orient en savent quelque chose : cette vindicte meurtrière ne fabrique pas ses ennemis au hasard. Au Moyen-Orient, les communautés religieuses minoritaires dressent un obstacle symbolique sur les pas du projet totalitaire mené sous l’emblème de la charia wahhabite. Le pseudo-califat de Mossoul y exige une sanglante épuration confessionnelle qui frappe les chrétiens, les yézidis, les chiites, mais aussi les Kurdes, dont le sunnisme d’inspiration soufie est également suspect à leurs yeux.

 

Si le djihadisme est (notamment) christianophobe, c’est parce que son idéologie sectaire de matrice saoudienne est circulaire : tous ceux qui, en raison de leur confession, sont naturellement enclins à la tiédeur envers l’entreprise purificatrice s’exposent à en faire les frais. Cette règle d’intolérance est valable partout, en France comme au Moyen-Orient. Elle est constitutive de l’entreprise d’asservissement dont Daech est l’avatar contemporain, et l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, après tant d’autres, est l’application de cette doctrine mortifère.

Si les informations communiquées par les enquêteurs sont exactes, l’un des auteurs de ce meurtre, connu des services de police, aurait été refoulé par la Turquie à la fin de l’année 2015 lors d’une tentative de pénétration en Syrie. Ce candidat au djihad n’ayant pu exercer sa violence meurtrière au pays de Cham, il l’a donc déchaînée en France. Frustré de sa dose d’hémoglobine sur le théâtre syrien, il s’est offert une compensation à domicile. Difficile, une fois de plus, de nier le rapport entre la terreur qui s’abat sur nos têtes et la politique moyen-orientale de nos dirigeants.

Avec cet aller-retour France-Turquie, le crime du 26 juillet fournit une illustration saisissante de l’effet boomerang entretenu par une politique française particulièrement perverse. Car les petites frappes du djihad ont été encouragées par le discours officiel à mener leur sanglante équipée en Syrie, et elles y sont parties par centaines, la fleur au fusil, pour tuer en masse les partisans de Bachar-le-boucher, pour reprendre l’expression de Jean-Pierre Filiu, principal conseiller du président français et ministre officieux de cette propagande de guerre contre un État souverain.

Ces desperados de la terreur, les Syriens de toutes confessions en subissent les exactions depuis 2011, et notamment les chrétiens du quartier de Bab Touma, à Damas, où les obus de mortier en provenance de la zone rebelle font régulièrement leur lot de victimes, jusque dans l’enceinte du Lycée français Charles-de-Gaulle ! Mais les rebelles de l’armée de l’islam font partie de l’opposition prétendument modérée reconnue par nos dirigeants, et ils bénéficient du précieux soutien de l’Arabie saoudite, ce pays allié de la France où le culte chrétien est rigoureusement interdit.

Cela n’empêchera pas un exécutif français complètement schizophrène, totalement cynique, ou les deux à la fois, de condamner le crime christianophobe en France au moment où il le cautionne en Syrie en déroulant le tapis rouge devant des chefs rebelles couverts de sang. Manifestement, il s’avère incapable de répondre à la crise gravissime que traverse notre pays autrement que par la persévérance dans une double absurdité, politique et militaire.

En diabolisant l’État syrien, le gouvernement français contribue à prolonger la prolifération du nid de serpents puisqu’il affaiblit la principale force qui l’affronte courageusement sur le terrain. Simultanément, il se livre à des bombardements aériens militairement ineptes qui ont pour principal effet, en tuant des civils, d’alimenter la haine de la France. Pour faire échouer cette tentative de déstabilisation de la société française, ni les discours compassionnels ni les mouvements de menton mussoliniens ne suffiront. Ce qu’il faut, c’est changer radicalement de politique et s’allier avec ceux qui combattent le terrorisme au lieu de distribuer des médailles à ceux qui le financent.

Bruno Guigue

Article original publié dans Arrêt sur Info

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Un homme dépassé. par Jacques Sapir.

30 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #l'islamisme, #Daesch, #Politique étrangère, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Jacques Sapir est directeur d’Études à l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales, dirige le Centre d'Études des Modes d'Industrialisation (CEMI-EHESS), le groupe de recherche IRSES à la FMSH

Un homme dépassé

© Clodagh KilcoyneSource: Reuters
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Dans un discours prononcé après l'attentat de Rouen, François Hollande «se voulait martial» ; un discours qui fait «plus penser à Paul Reynaud (nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts) qu’à de Gaulle», estime l'économiste Jacques Sapir.

Le président de la République a fait, hier soir, une courte allocution télévisée à la suite du crime atroce commis par deux djihadistes, l’un et l’autre fichés «S» en l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray. L’instant était particulièrement solennel. Les mots utilisés par François Hollande sont importants. On connaît en effet la formule «le style c’est l’homme». Et ces mots, comme ce style, sont révélateurs des manques et des limites du personnage.

Сe nouveau crime appelait d’autres mots et les français attendaient autre chose

«Françaises, Français,

Un prêtre, le père Jacques HAMEL, un homme plein de bonté, a été sauvagement assassiné, égorgé dans une église à Saint-Étienne-du-Rouvray, au milieu de ses fidèles, eux-mêmes pris en otage. Les deux terroristes ont été abattus par la police. Je salue le courage de ces policiers qui sont intervenus dans un délai très court.

Cet acte abominable est une nouvelle épreuve pour la Nation alors que nous portons encore le deuil des 84 victimes de l’attentat de Nice et que Paris, l’année dernière, avait été si durement frappée

Si l’attaque de cette déclaration porte bien la solennité du moment, si François Hollande nous a épargné le «mes chers concitoyens» d’usage depuis Jacques Chirac, les deux paragraphes qui suivent retombent dans l’un des travers du président actuel. L’usage du registre compassionnel pose problème. Non que la compassion ne soit une valeur hautement respectable. Mais ce nouveau crime appelait d’autres mots et les français attendaient autre chose. On ne peut, en effet, rester en permanence dans ce registre. Il le dit lui-même, ce crime survient après celui de Nice. Et, déjà, l’attentat de Nice était l’attentat de trop, celui qui exige des autorités un autre discours. Les dirigeants qui ont fait l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, Churchill, de Gaulle, ont-ils usés et abusés du registre compassionnel ? Ce passage révèle en réalité la profonde inadéquation tant du discours que du personnage de François Hollande dans la situation actuelle. Et le mot cruel, mais hélas si juste, de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de François Hollande revient à la mémoire : capitaine de pédalo. Nous n’exigeons pas de tout dirigeant qu’il se hisse à la hauteur de ses illustres prédécesseurs. Mais les Français sont en droit d’attendre que ceux qui n’en sont pas capables cèdent la place à ceux qui – eux – sauront faire face à cette situation à la fois dramatique et exceptionnelle.

Est-ce par peur que le président a évité le mot laïcité ?

«Les catholiques de France et du monde sont meurtris, mais ce sont tous les Français, quelles que soient leurs convictions et leur confession, qui se sentent atteints au fond d’eux-mêmes. Attaquer une église, tuer un prêtre, c’est profaner la République qui garantit la liberté de conscience. C’est semer l’effroi car ce que veulent les terroristes, c’est nous diviser, nous séparer, nous opposer, nous déchirer.»

Le président de la République ici se trompe, soit par ignorance – ce qui est peu probable – soit à dessein, ce qui est pire. La République garantit la liberté des cultes, dans le cadre de la laïcité et non la seule «liberté de conscience » qui est un principe restrictif au regard de la laïcité. Ce que les djihadistes et leurs complices dans une fraction de l’Islam politique remettent en cause c’est bien la laïcité. C’était ce mot, devenu un marqueur politique important, qu’il fallait employer. Le fait qu’il ne l’ait pas été soulève alors des questions fondamentales : est-ce par peur que le président a évité ce mot ou bien est-ce pour signifier qu’il entend reculer de la laïcité, qui – on le rappelle – implique le cantonnement des religions dans la sphère privée vers la notion de simple «tolérance» qu’implique la «liberté de conscience» ? Est-ce qu’il ne se souvient donc pas que la République est dite «laïque» dans notre Constitution ?

Honte à notre Président d’avoir choisi des mots qui laissent à penser qu’il est prêt à reculer

En parlant de «conscience», François Hollande se place sur le versant individuel. Or, ce qui est mis en cause par ce crime, c’est un principe d’action collective, la laïcité. La laïcité est un principe d’organisation politique alors que la tolérance est une valeur individuelle. Rappelons que quand Bodin se décide à écrire le Colloque des sept savants ou Heptaplomeres (Bodin J., Colloque entre sept savants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591, désormais Heptaplomeres), sa conclusion tient en trois points : il faut que nous restions ensemble plutôt que de retourner chacun dans sa communauté religieuse ; il nous faut travailler au bien commun ; il faut limiter la religion à la sphère privée. Ces points sont essentiels. Ils définissent le périmètre de la République sur la question religieuse. Reculer sur ces points, c’est reculer sur les principes les plus fondamentaux. Honte à notre président d’avoir choisi des mots qui laissent à penser qu’il est prêt à reculer.

Le Président prend le contrepied de ceux qui, chez les «Républicains», appellent à des actes d’exception

«Face à cette menace qui n’a jamais été aussi grande en France comme en Europe, le gouvernement fait preuve d’une détermination absolue dans la lutte contre le terrorisme. Il mobilise tous les moyens humains et matériels, avec une présence à un niveau jamais atteint sous la Ve République de nos policiers, de nos gendarmes et de nos militaires sur l’ensemble de notre territoire.

Le gouvernement applique et appliquera avec la plus extrême fermeté les lois que nous avons fait voter et qui donnent à la justice, aux préfets, aux forces de l’ordre et aux services de renseignement la capacité d’agir, amplifiée par la prolongation et le renforcement de l’état d’urgence.

Mais je le dis clairement, restreindre nos libertés, déroger à nos règles constitutionnelles n’apporterait pas d’efficacité dans la lutte contre le terrorisme et affaiblirait à coup sûr la cohésion si précieuse de notre Nation.»

Le président prend ici le contrepied de ceux qui, chez les «Républicains», appellent à des actes d’exception. Il est vrai que la situation, pour grave qu’elle soit, ne le nécessite pas. Mais, quand bien même elle le nécessiterait, cela ne signifierait pas la fin de la démocratie et de la République. On sait que les études de cas proposées dans l’ouvrage de David Dyzenhaus, The Constitution of Law, aboutissent, à une critique du positivisme. Cette dernière est fondamentale. Elle permet de comprendre comment l’obsession pour la rule by law (i.e. la légalité formelle) et la fidélité au texte tourne bien souvent à l’avantage des politiques gouvernementales quelles qu’elles soient. A quelques reprises, l’auteur évoque ses propres analyses des perversions du système légal de l’Apartheid (Dyzenhaus D, Hard Cases in Wicked Legal Systems. South African Law in the Perspective of Legal Philosophy, Oxford, Clarendon Press, 1991) en rappelant que cette jurisprudence avilissante tenait moins aux convictions racistes des juges sud-africains qu’à leur «positivisme» ( Dyzenhaus D., The Constitution of Law. Legality In a Time of Emergency, op.cit., p. 22).

L’état de droit n’est pas l’alpha et l’oméga de la République. Il faut par contre se demander si les lois existantes ont été appliquées avec la rigueur nécessaire. Et, sur ce point, qu’il nous soit permis d’en douter.

«Notre pays doit éviter les surenchères, les polémiques, les amalgames, les suspicions. Notre pays fait la guerre. Une guerre à l’extérieur – c’est le sens des décisions que j’ai prises en Syrie et en Irak –, fait la guerre à l’intérieur en lutte contre la radicalisation, en traquant les individus djihadistes, en éradiquant les réseaux criminels et nous continuerons.»

L’état d’urgence est aujourd’hui bien plus un acte de communication qu’un acte de nécessité

Le président reprend le thème de la guerre. Mais ce n’est pas une guerre que la France mène mais bien deux. On ne reviendra pas ici sur les errements de notre intervention en Irak ou en Syrie. Ce qui est fait devrait l’être différemment. Mais, dans notre pays, les mesures d’urgences qui s’imposent n’ont pas été prises. On les rappelle car elles sont simples :

  • Interdiction du financement étranger direct des lieux de culte et associations cultuelles.
  • Contrôle par le ministère de l’Intérieur des prêches et expulsion des prédicateurs refusant les principes figurant dans le préambule de la Constitution (et en particulier de l’article premier du préambule de notre Constitution), ainsi que ceux appelant à la haine (et ceci sans entrer dans les arguties théologiques qu’impliquerait une interdiction spécifique des mosquées «salafistes» ; la République n’a pas à prendre partie entre courants et chapelles au sein d’une religion).
  • Interdiction aux Français étant allés combattre dans une organisation terroriste et génocidaire de revenir sur le territoire national. Cette mesure de bannissement, qui n’implique pas la perte de la nationalité, aurait pu être employée contre l’un des auteurs du crime de Saint-Etienne-du-Rouvray.

Ces mesures ne nécessitent pas l’état d’urgence et peuvent être prises dans le cadre législatif normal. Elles montrent que l’état d’urgence est aujourd’hui bien plus un acte de communication qu’un acte de nécessité.

«C’est dans la persévérance que nous l’emporterons. Je vous dois aussi cette vérité, cette guerre sera longue. Ce qui est visé, c’est notre démocratie. Elle est la cible, elle sera notre bouclier. C’est notre unité qui fait notre force.

Alors, Françaises, Français, faisons bloc, c’est ainsi que nous gagnerons la guerre contre la haine et contre le fanatisme car je vous l’assure, cette guerre, nous la gagnerons. Vive la République et vive la France !»

Le président se veut martial. Hélas, les mots, comme le ton utilisé, font plus penser à Paul Reynaud (Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts) qu’à ceux de de Gaulle ou de Churchill. Certes, on devine que François Hollande n’est ni l’un ni l’autre. Mais on peut légitimement se demander s’il est à sa place.

Du même auteur : Cinq questions sur Nice

Sourcerusseurope.hypotheses.org

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Cinq questions sur Nice, par Jacques Sapir.

30 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #l'islamisme, #Daesch

Cinq questions sur Nice

Source: AFP
 

Les mesures de sécurité, l'état d'urgence et la décision de supprimer les images de l'attentat du 14 juillet, cet attentat qui a reposé tout un nombre de questions. L'économiste Jacques Sapir essaie d’y répondre.

 

I. Quelles étaient les mesures de sécurité adoptées pour le feu d’artifice du 14 juillet à Nice ?

C’est le journal Libération qui a lancé le débat dans un article du 21 juillet. Cet article a suscité une riposte violente du ministre de l’Intérieur, M. Bernard Cazeneuve, parlant d’un « complot » ourdi par ce journal. Or, ce qui est mis en cause est cette partie du communiqué du 16 juillet : «La mission périmétrique était confiée pour les points les plus sensibles à des équipages de la police nationale, renforcés d’équipages de la police municipale. C’était le cas notamment du point d’entrée du camion, avec une interdiction d’accès matérialisée par le positionnement de véhicules bloquant l’accès à la chaussée. Le camion a forcé le passage en montant sur le trottoir.» En fait, il apparaît que seuls deux policiers municipaux assuraient le contrôle du périmètre au point où le camion du meurtrier est entré dans la partie piétonne de la promenade des anglais. Aucune chicane en béton n’était déployée, ni à cet endroit ni 370 mètres plus loin, là où se trouvaient la patrouille de quatre hommes de la police nationale. Or, de telles chicanes avaient été utilisées auparavant, et en particulier lors de l’Euro-2016. Il est clair qu’il y a de sérieuses différences entre ce que dit le ministère de l’Intérieur et la réalité. Pourquoi le ministère de l’intérieur ne veut-il pas le reconnaître ?

II. Etaient-elles raisonnablement suffisantes ?

Cette question surgit au regard des mesures prises pour l’Euro-2016. Il semble que l’événement sportif ait été mieux sécurisé que le 14 Juillet. Pourquoi ? Les autorités disposaient elles d’informations les amenant à penser que la menace avait baissé ? Sinon, comment expliquer que l’on ait baissé la garde ? On sait que les forces de sécurité étaient (et sont) dans un état d’épuisement avancé. Dans ces conditions, n’était-il pas de l’autorité du maire et du préfet d’interdire un événement que l’on ne pouvait sécuriser convenablement ? Ou bien a-t-on pensé qu’en matière de relations publiques la mort de badauds pesait moins que celles de supporters ?

L’indécence du gouvernement n’en est que plus évidente

III. Le Secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement demande que cessent toutes les critiques contre « les services administratifs de l’Etat ». Est-ce justifié ?

La déclaration de J-M Le Guen pose un véritable problème de morale et de politique. Quand il affirme : «Je veux bien qu’on aille sur ce terrain-là, mais dans ce cas, il n’y a plus d’État de droit dans le pays. Si un certain nombre de journalistes, de commentateurs, de responsables politiques mettent en cause le fonctionnement de la justice et des services administratifs de l’État, alors c’est une thèse qui est extrêmement dangereuse pour la démocratie», il met en cause en réalité la démocratie. Dans une situation bien plus grave, en pleine guerre de 1914-1918, Clémenceau, alors président du Conseil, dans un célèbre discours avait eu des mots plus justes et plus dignes : «Je dis que les républicains ne doivent pas avoir peur de la liberté de la presse. N’avoir pas peur de la liberté de la presse, c’est savoir qu’elle comporte des excès. C’est pour cela qu’il y a des lois contre la diffamation dans tous les pays de liberté, des lois qui protègent les citoyens contre les excès de cette liberté. Je ne vous empêche pas d’en user. Il y a mieux : il y a des lois de liberté dont vous pouvez user comme vos adversaires ; rien ne s’y oppose ; les voies de la liberté vous sont ouvertes ; vous pouvez écrire, d’autres ont la liberté de cette tribune […] De quoi vous plaignez-vous ? Il faut savoir supporter les campagnes ; il faut savoir défendre la République autrement que par des gesticulations, par des vociférations et par des cris inarticulés. Parlez, discutez, prouvez aux adversaires qu’ils ont tort et ainsi maintenez et gardez avec vous la majorité du pays qui vous est acquise depuis le 4 septembre

Il tint ce discours alors que les troupes allemandes occupaient une partie de notre territoire, alors que des Français mourraient par centaines chaque jour. Il est clair que les membres de ce gouvernement perdent leurs nerfs. Mais 84 personnes, elles ont perdu la vie. L’indécence du gouvernement n’en est que plus évidente. Ce n’est donc pas seulement Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur qui devrait démissionner mais bien l’ensemble du gouvernement.

IV. Pourquoi la justice ordonne-t-elle à la mairie de Nice de détruire les images de l’attentat ?

La justice évoque le souci «d’éviter la diffusion non contrôlée de ces images» et en particulier le risque que ces images ne soient utilisées sur des sites djihadistes. La sous-direction antiterroriste de la Police Judiciaire (SDAT) réclame donc l’effacement complet des enregistrements pris entre le 14 juillet 22h30 et le 15 juillet 18 heures pour toutes les caméras ayant une vue sur la scène de l’attentat et tout particulièrement pour les six caméras surveillant la Promenade des Anglais qui ont filmé en direct l’attentat du 14 juillet. Or, cette demande est pour le moins surprenante dans le contexte de la polémique suscitée par les conditions de sécurité. L’avocat de la ville de Nice Philippe Blanchetier, a réagi vigoureusement, citant notamment «la polémique sur la nature du dispositif policier» le soir de l’attaque et déplorant dans une déclaration à l’agence Reuters : «C’est la première fois de ma vie que je vois une réquisition aux fins d’effacement de preuves […] L’argument avancé de risque de fuite ne tient pas.» Si ce fait devait être avéré, il serait particulièrement grave et mettrait en cause l’ensemble de l’action gouvernementale.

Ce gouvernement doit impérativement démissionner pour que la vérité soit faite et pour que l’on passe du registre de la communication à celui de l’action

V. Lors du débat sur la prolongation de l’état d’urgence des déclarations ont été faites par des membres de l’opposition quant à une interdiction du «salafisme». Cela correspond-il aux besoins de la situation ?

L’état d’urgence, décrété dans la nuit du 13 novembre, acte de souveraineté, a fini par être dangereusement galvaudé. Cela vient d’une incapacité à nommer l’ennemi. Au lieu de s’engager dans la prolongation de l’état d’urgence, on aurait pu, et dû, prendre des mesures simples comme :

  • L’interdiction du financement étranger direct des lieux de culte et associations cultuelles.
  • Le contrôle par le ministère de l’Intérieur des prêches et l’expulsion des prédicateurs refusant les principes figurant dans le préambule de la Constitution, ainsi que ceux appelant à la haine.
  • L’interdiction aux Français étant allés combattre dans une organisation terroriste et génocidaire de revenir sur le territoire national.

Ces mesures ne nécessitent pas l’état d’urgence. Elles peuvent être prises dans le cadre législatif normal. Elles montrent que l’état d’urgence est aujourd’hui bien plus un acte de communication qu’un acte de nécessité. Ce sont de tels comportements, de la part du gouvernement comme de la part d’une partie de l’opposition qui mettent en péril la démocratie et qui témoignent d’une perte totale de légitimité.

 

Les questions posées appellent des réponses claires, et sans ambiguïté. Mais, ce n’est pas ce gouvernement qui est en mesure de les donner. Il doit impérativement démissionner pour que la vérité soit faite et pour que l’on passe du registre de la communication à celui de l’action.

Du même auteur : Retour sur l’attentat de Nice

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