Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #daesch tag

La “stratégie” US en Syrie se désagrège. Article repris sur Dedefensa

17 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Ukraine, #Europe supranationale, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch

La “stratégie” US en Syrie se désagrège

On tiendra pour singulièrement important, par sa vigueur, sa précision, sa décision, la clarté de son propos en même temps que l’excellence de ses arguments techniques et stratégiques, l’article de Robbin Laird et de Ed Timberlake, dans Breaking Defense le 16 octobre 2015. Le titre (Obama Must Act On Syria Or Putin Runs The Show) pourrait se dire comme ceci : Obama doit vite, très vite aller à Canossa, s’il veut encore figurer dans les évènements qui s’annoncent, en Syrie et dans la région et sauver ce qui peut encore l’être de la position stratégique des USA. Il doit accepter la stratégie russe et accepter la proposition russe d’une vaste coalition anti-Daesh, agissant dans un cadre légal qui ne peut être que celui de la coopération avec Assad puisqu’il s’agit du gouvernement légal de la Syrie. Les raisons avancées pour recommander un tel virage stratégique se résument clairement à un point : la perte du leadership politique stratégique et même moral des USA dans cette région et, d’une façon plus vaste, au niveau international en général ; c’est-à-dire, pour les USA, le drame consommé de l’effondrement de ce qu’ils prétendent encore être leur hégémonie stratégique et leur exceptionnalisme “moral”, – l’un n’allant pas sans l’autre selon leurs propres conceptions.

Laird-Timberlake se montrent très laudatifs pour les conceptions et les capacités du président russe Poutine. Dans une de leurs remarques, ils n’hésitent pas à ridiculiser une des fameuse affirmations du secrétaire d’Etat Kerry, infatigable porteur d’eau de la narrative jusque-là en vogue à Washington : “Pour le secrétaire d’État John Kerry observant l’action de la Russie durant la crise ukrainienne, Poutine devait être apprécié comme un dirigeant du XIXe siècle. En réalité, Poutine utilise la puissance militaire conformément aux normes du XXIe siècle, – comme complément et outil d’une stratégie d’influence et d’une stratégie de positionnement politique” (« For Secretary of State John Kerry when looking at Russia’s actions in the Ukraine, Putin was declared to be so 19th century. In reality, Putin is using military power in a 21st century way – to support a strategy of influence and strategic positioning. »)

Comme on le voit, Laird et Timberlake, qui sont de formation deux analystes venus du monde universitaire militaire (US Naval Academy), ne parlent pas que de quincaillerie. Leur argument militaire et stratégique s’appuie donc sur une base très solide, impliquant la “moralité internationale” (très prisé dans la narrative BAO elle-même) et le droit international, plaçant l’argumentation générale directement dans le domaine de la communication, c’est-à-dire la sortant du cadre spécialisé qui est celui des deux auteurs au départ. Deux points sont ainsi mis en évidence, dont le premier vient de s’imposer.

• L’énorme masse de documents que The Intercept vient de publier sur la “stratégie des drone”, ou “stratégie de l’assassinat”, fait entrer l’acte de l’administration Obama dans ce domaine dans la catégorie des “crimes contre l’humanité”. Cela place la Russie et Poutine dans une position dominante dévastatrice dans la “guerre de la communication” et affaiblit dramatiquement l’administration Obama. En quelque sorte, s’il n’y a pas rapidement entente, la Russie se trouverait dans une position où elle aura le “droit moral“ sinon le “devoir moral” de détruire les drones US opérant en Syrie, ce qui représenterait une terrible défaite stratégique et de communication à la fois pour les USA.

«There is a clear and present danger of miscalculation, which needs to guide US and our allies to work directly with the Russians in the deconfliction of air space. We need as well to come to terms with the end of the latest age of unmanned aerial vehicles. Not only are the Russians putting our UAVs in risk, but the information war is being lost to Russia as new documents have been leaked which put the United States into a moral abyss. With the publication of what The Intercept has called the Drone Wars, “US drone operations in Somalia, Yemen, and Afghanistan, including the mechanism of targeting suspects slated for assassination” have been highlighted as virtual crimes against humanity, which provides the Russian leader with more than enough apparent justification to operate in the Syrian airspace to deal with US drones operating in Syrian airspace. »

• Laird et Timberlake ajoutent alors l’argument du droit qui prend toute sa force à la lumière des révélations sur la “stratégie de l’assassinat” qui affaiblit dramatiquement Obama/le bloc BAO. L’“incohérence stratégique” consistant à dénier toute légitimité à Assad, et même à chercher à le liquider, se révèle dans toute sa catastrophique vérité-de-situation depuis que les Russes interviennent en Syrie. Les Russes peuvent tout faire, sans la moindre entrave, et ils ne s’en privent pas, avec une efficacité redoutable, parce qu’ils en ont légalement le droit, ayant été appelés à le faire par le gouvernement légal de la Syrie. Dans les conditions nouvelles que nous connaissons, ce qui paraissait négligeable à nos stratéges-BAO, de Fabius à Cameron, devient essentiel : Poutine expose par contraste avec son activité leur totale illégitimité et leur totale illégalité dans le chef de leur mépris pour l’argument de la légalité du gouvernement Assad, qui s’aoutent à leur complète inefficacité et leur incohérence stratégique. “C’est du lourd”, c’est-à-dire que l’argument pèse désormais d’un poids écrasant, et le fait même que Laird-Timberlake l’avancent comme ils le font en est la preuve... A côté de cela, les jérémiades et les anathèmes furieux des avocats de l’affectivisme, neocons et R2P, se désagrègent à vue d’œil.

« Putin is backing a sitting government, that of Assad. One should remember that the bias in the UN Charter is to support sitting governments and that Russian claims that Western strikes in Syria are illegal under the UN charter is not just hyperbole. Russian actions in support of Assad also expose the incoherence of the “other side” supporting the mishmash of opponents of Assad, ranging from ISIL, to the legitimate opponents of Assad. With a well-defined military force on the ground, namely those of Assad, and in support of the legitimate government of Syria, Russian airpower can rely on those Syrian forces to help find and mark targets, and can prosecute Assad’s enemies as well as ISIL. With no lawyers in their OODA (Observe, Orient, Decide, Act) loop, Russian pilots are not constrained by the OOLDA (Observe, Orient, Legally Review, Decide, and Act) loop which limits the effectiveness of Western airpower. »

Cet article est important parce qu’il vient de deux spécialistes de formation militaire, au crédit impeccable, – notamment Robbin Laird. La publication qui le met en ligne, dans le conseil d’administration de laquelle Laird est présent, fait partie d’une nouvelle génération de publications spécialisées dans la stratégie et le domaine militaire et de l’armement, qui s’est installée sur l’internet. Ces sites (Breaking Defense mais aussi DefenseOne) sont très puissants, avec une audience et une influence importantes, et considérés comme des voix de grande influence dans la communauté de sécurité nationale des USA. Ils sont beaucoup moins “idéologisés” que les stratèges en chambre type-neocons, de Kagan à Krauthammer, qui règnent dans les pages-commentaires de la presse-Système générale, qui appuient leurs exigences impératives et hystériques sans cesse répétées sur une extraordinaire série d’erreurs catastrophiques qu’ils ont soutenues sinon provoquées depuis le 11 septembre 2001, comme si l’incompétence absolue était devenue la recommandation suprême pour se faire entendre. Il ne fait guère de doute que Laird-Timberlake parlent au nom d’une partie importante de cette communauté de sécurité nationale, du côté de la communauté du renseignement et du côté du Pentagone et des militaires (au-dessus de la tête du stupidissime Ashton Carter, jusqu’à ce jour l’un des plus médiocres, sinon le plus médiocre secrétaire à la défense qu’aient eu les USA).

L’article Laird-Timberlake n’apparaît pas comme un éclair dans un ciel bleu (ou plutôt comme un rayon de soleil dans un ciel encombré de nuages extrêmement bas). Depuis quelques jours, les articles US, surtout de spécialistes reconnus, reconnaissent que la campagne russe en Syrie est impressionnante d’efficacité et de brio (voir Dave Majimdar, dans The National Interest), et par conséquent idem pour la stratégie russe (voir Dov S. Zakheim). Il est à noter de ce point de vue que, dans un passage rapide de leur article, Laird-Timberlake reprennent l’argument de Zakheim selon lequel les relations dans la circonstance entre la Russie et Israël, malgré l’intervention russe ou justement à cause de l’intervention russe, sont nombreuses et constantes au contraire des relations des USA avec Israël ; cela renforce l’idée qu’effectivement Israël est en train de se poser des questions fondamentales sur sa stratégie générale, notamment pour ce qui concerne l’identité de son principal “allié extérieur”.

D’une façon générale, l’article montre une exaspération profonde, qui est train de gagner beaucoup de terrain et très vite à Washington, à propos de l’“incohérence stratégique” qui sert aujourd’hui de “stratégie” aux USA. De ce point de vue, c’est directement Obama qui est en cause, avec son indécision tactique et chronique, son habileté de communication qui ne produit qu’impuissance et paralysie, son incapacité d’assumer toute l’autorité dont il dispose et la perte accélérée de légitimité qui en résulte. Lorsque Laird-Timberlake écrivent “le président George W. Bush avait affirmé en 2001 qu’il avait regardé Poutine au fond des yeux et qu’il “avait pu ainsi ressentir ce qu’était son âme”. Il est clair que Poutine a fait la même chose avec Obama...”, – on peut penser qu’ils se référeraient à ce que vient de dire Poutine. Alors que la remarque de Bush était très laudative pour Poutine, celle de Poutine serait bien méprisante pour Obama, – ou plutôt, marquant l’extrême déception du président russe qui a beaucoup essayé avec Obama, – si l’on considère effectivement que cette remarque de Poutine, notée dans le Journal dde.crisis de PhG comme si peu ordinaire par rapport au langage diplomatique réduit à la narrative en vogue, concerne effectivement Obama : «...un Poutine dit qu’il semble que “certains de nos partenaires” ont “de la bouillie [de maïs ?] en guise de cerveau” ou quelque chose d’approchant (“‘It seems to me that some of our partners have mush for brains,’ commented Putin”), tout cela sur un ton amical et un peu ironique... »

Voici donc le texte de Laird-Timberlake, que nous nous permettons de reproduire parce qu’il est marqué par une exceptionnelle clarté de langage, une force de conviction clairement argumenté, tout cela qui tranche si radicalement avec les textes type “bouillie de maïs” encombré de lieux communs et de phrases toutes-faites qu’on trouve sous les plumes épuisées par tant de vilenies mensongères des avocats de la guerre et du “il faut liquider Assad”. La sottise de l’argument finit par épuiser la psychologie, même des plus endurants et des plus hystériques parmi ces “avocats de la guerre”, ou warmongers, si bien qu’on peut parler à leur propos de “fatigue psychologique” autant qu’on peut parler de “fatigue stratégique” pour la politique des USA, épuisée par tant de catastrophes. Laird-Timberlake sont présentés de dette façon : « Robbin Laird, a defense consultant, is a member of the Breaking Defense Board of Contributors and owner of the Second Line of Defense website. Ed Timberlake, a graduate of the US Naval Academy and former Marine squadron commander, works with Laird. »

Obama Must Act On Syria Or Putin Runs The Show

The U.S. and its allies must immediately engage at the strategic, diplomatic and tactical military levels in Syria and Iraq. The focus for that action should be uncomplicated; defeat ISIL while supporting the Kurds in reshaping our position in Iraq; put the Iran nuclear agreement in the rear view mirror.

There is a clear and present danger of miscalculation, which needs to guide US and our allies to work directly with the Russians in the deconfliction of air space. We need as well to come to terms with the end of the latest age of unmanned aerial vehicles. Not only are the Russians putting our UAVs in risk, but the information war is being lost to Russia as new documents have been leaked which put the United States into a moral abyss. With the publication of what The Intercept has called the Drone Wars, “US drone operations in Somalia, Yemen, and Afghanistan, including the mechanism of targeting suspects slated for assassination” have been highlighted as virtual crimes against humanity, which provides the Russian leader with more than enough apparent justification to operate in the Syrian airspace to deal with US drones operating in Syrian airspace.

Russia has had a significant stake in Syria for a long time, and Syria is part of Putin’s Mediterranean resurgence. For Secretary of State John Kerry when looking at Russia’s actions in the Ukraine, Putin was declared to be so 19th century. In reality, Putin is using military power in a 21st century way – to support a strategy of influence and strategic positioning.

In the face of Russian strategy in Syria, the lack of clarity in U.S. strategy and the use of the U.S. military to support strategic incoherence is leaving it exposed. Disregarding the warnings of recently retired head of Air Combat Command, Gen. Mike Hostage, that the US should not fly UAVs in contested airspace, these vulnerable assets now face Russian aviation in a potential face off. Either these assets have to be removed for their own protection, or pilots must fly to protect them and engage the Russians in a World War I-style of warfare equivalent to shooting down observation balloons. There are clear limits to relying on UAV technologies except in unique circumstances, namely air dominance and clear strategic purpose.

President George W. Bush claimed he had looked into Putin’s eyes in 2001 and “was able to get a sense of his soul.” Clearly, Putin has done this with Obama, and his Syrian actions are playing off of what Putin sees as the Obama strategy which includes a pro-Iranian stance, an alienation of Israel, a pro-Baghdad Iraq policy, and a very weak “air campaign” burdened with more lawyers than airstrikes.

Putin is backing a sitting government, that of Assad. One should remember that the bias in the UN Charter is to support sitting governments and that Russian claims that Western strikes in Syria are illegal under the UN charter is not just hyperbole. Russian actions in support of Assad also expose the incoherence of the “other side” supporting the mishmash of opponents of Assad, ranging from ISIL, to the legitimate opponents of Assad. With a well-defined military force on the ground, namely those of Assad, and in support of the legitimate government of Syria, Russian airpower can rely on those Syrian forces to help find and mark targets, and can prosecute Assad’s enemies as well as ISIL. With no lawyers in their OODA (Observe, Orient, Decide, Act) loop, Russian pilots are not constrained by the OOLDA (Observe, Orient, Legally Review, Decide, and Act) loop which limits the effectiveness of Western airpower.

To be clear, this is not about “ground forces” versus “airpower” since all operations are now air-enabled. This is about crafting a clear strategy within which military assets can be used. Putin is clearing the decks to expand his influence in the region in the face of Western strategic incoherence and their lack of strategic operational clarity.

Putin went to Paris recently and cut a deal with Ukraine to take Ukraine off the table for the moment. Putin is trying to put the lid on Syria, which would be supported by many Europeans since this could provide relief from Europe’s refugee crisis. Putin has met with the Israel leader and the Israeli military as well and they have discussed the way ahead in the region. While President Obama is giving the cold shoulder to Netanyahu, Putin welcomed the Israeli leader to discuss the region and the way ahead on security arrangements.

The Russians have deployed missile defense systems around their main operating base, deterring Western air forces. To be clear, there is little doubt that these defenses could be destroyed if needed, but what is the point? The Iranians are getting the point, that strategy-led military operations in support of a legitimate government in Syria – however brutal – makes the Russians a key player that must be dealt with, especially one which can deal with Europe and Israel at the same time.

Putin has put in play calibrated military force supporting a strategy since the Crimean takeover. In contrast, the Obama Administration has put in play an incoherent military operation against ISIL without clear allies on the ground. Putin’s clearly defined actions only enhances the opportunities for the Russians to influence events and shape outcomes. Simply opposing Putin will get the U.S. nowhere. The Obama administration must recognize how the game has already changed and the approach to counter-insurgency which the U.S. has followed for a decade, along with attachment to UAV-enabled ground operations, has been overtaken by events.

There is a clear need to get on with the strategic task of deconflicting the Western and Russian air forces operating in the murky border regions of Iraq and Syria, notably with the ISIL operating with fluidity within the “borderless” region from their point of view. It should not be forgotten that European air forces have been engaged in vigorous operations as the Russians test them over the Baltic and North Sea regions. They already have some sense of what the current Russian air operations are all about. Air forces such as the RAF have already made it clear that they will not tolerate any direct threat to their forces as well in Iraq.

Putin has clearly put his marker down to be a player and kingmaker in the region. For Putin, Russian airpower is a key instrument in his strategy, one not constrained by the OOLDA loop.

Lire la suite

La tentation turque d’un piège à ours en Syrie

12 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #Politique étrangère, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL

La tentation turque d’un piège à ours en Syrie

M.K. Bhadrakumar

Par M.K. Bhadrakumar – Le 6 octobre 2015 – Source mkbhadrakumar

Les deux incidents, deux jours de suite le week-end dernier, impliquant les aviations militaires turque et russe opérant dans le nord de la Syrie ont mis en avant la seule forme fatidique que pourrait prendre le conflit syrien dans les prochains mois. La Turquie y apparaît comme la seule puissance régionale pouvant vraiment transformer la Syrie en un bourbier pour la Russie, comme celui que le Pakistan a créé contre les Soviets en Afghanistan dans les années 1980.

 

Comme pour le Pakistan (qui avait déjà commencé à entretenir des groupes islamistes afghans depuis les années 1970, bien avant le début de l’intervention soviétique), la Turquie aussi a trois ou quatre ans d’avance dans ses relations avec les groupes extrémistes en Syrie (dont État islamique). Ces groupes islamistes ont aussi le potentiel d’être regroupés comme les fameux Sept de Peshawar du djihad afghan des années 1980. A condition, bien sûr, que le président turc Recep Erdogan choisisse de suivre le chemin abrupt tracé par le dictateur pakistanais de l’époque, le général Zi ul-Haq.

Le fera-t-il ou pas ? Tel est la question à laquelle Moscou va tenter de trouver une réponse dans les semaines et mois qui suivent. Considérons donc ce qui suit.

Un official turc anonyme a prétendu vendredi que le système radar du pays avait allumé un avion russe survolant le nord de la Syrie. Si tel est le cas, cela représente sans aucun doute, une provocation inutile et inamicale de la part de la Turquie. Et puis, le jour suivant, un SU-30 russe a violé l’espace aérien turc, forçant Ankara à envoyer ses chasseurs. Évidemment la Turquie a été furieuse face à cet affront (des élections parlementaires ont lieu le 1er novembre) et a protesté auprès des Russes qui, bien sûr, ont rapidement clarifié la situation en disant qu’il y avait eu une erreur de navigation.

Puis encore, le jour suivant, ce fut au tour d’un MIG-29 non identifié d’être allumé pendant plus de 5 minutes quand deux F- 16 turcs étaient en train de patrouiller la frontière avec la Syrie. Cela ressemble beaucoup à une tentative de la part des deux bords de tester les nouvelle règles du jeu imposées par l’intervention russe qui vient de totalement changer les rapports de force en Syrie.

La Russie vient de montrer doucement, fermement, mais clairement que ses avions allaient survoler tout l’espace aérien syrien même celui proche de la frontière turque. La Russie vient de remettre frontalement en question la règle mise en place de façon unilatérale par la Turquie consistant à menacer de descendre tout avion militaire syrien survolant l’espace aérien proche de la frontière turque.

Cette règle turque avait permis, jusqu’à maintenant, aux rebelles syriens d’agir en toute impunité dans une large portion de territoire du nord de la Syrie, sans craindre d’attaque aérienne de la part de Damas. La Russie a sommairement mis fin à ce privilège profitant à Ankara. La Russie est, simultanément, en train de renforcer le système de défense aérien syrien pour empêcher l’aviation militaire turque de survoler son espace aérien. En bref, les incidents du week-end ont contraint Ankara à accepter cette nouvelle réalité, elle ne pourra plus violer l’espace aérien syrien sans en payer le prix.

D’ailleurs, Israël est dans la même galère que la Turquie, aidant clandestinement al-Qaida à agir en Turquie, lançant des attaques aériennes injustifiées sur des cibles situées au milieu de la Syrie, violant systématiquement la souveraineté de l’état syrien. Israël aussi est blême face aux lignes rouges tracées par la Russie en Syrie dans le but de faire cesser les interférences israéliennes dans les affaires syriennes. Israël est furieux envers Moscou, comme la Turquie, mais n’a pas d’autres choix que de respecter les règles du jeu russe.

Erdogan est en visite à Bruxelles (où est situé le quartier général de l’Otan) et à Paris, dans ce qui ressemble à une tentative de reconstruire les liens endommagés avec l’Europe et de sonder la France pour créer une opinion favorable à la mis en place d’une zone de sécurité et un espace aérien fermé en Syrie. La Turquie ne se confrontera pas à la Russie toute seule et toute tentative turque de s’opposer aux initiatives russes en Syrie ne se feront que dans le cadre d’une action stratégique occidentale pour contrer l’influence grandissante de Moscou au Moyen Orient.

Dans ce cas, tout dépend de l’attitude américaine. À partir de ce que l’on peut voir actuellement, le président Obama concentre plutôt les ressources américaines sur les problèmes majeurs du Moyen Orient élargi, la lutte contre État islamique et le problème afghan. L’Europe aussi ne peut se permettre de plonger dans un grand jeu pour la Syrie alors que les réfugiés s’accumulent à ses frontières, annonçant déjà ce qui se passerait si le conflit syrien empirait. Il est évident que l’Europe a finalement une convergence d’intérêts en matière de sécurité avec la Russie dans sa campagne pour détruire État islamique et les autres groupes extrémistes sévissant en Syrie.

En conclusion, il est peu probable que la Syrie devienne un bourbier de type afghan pour les Russes. Pendant la guerre froide, les USA ont brillamment réussi à soulever les islamistes radicaux contre le communisme. Mais, de nos jours, la Russie a su tisser différents liens avec les musulmans du Moyen-Orient. La diplomatie russe a été particulièrement active en Arabie saoudite, dans les Émirats arabes unis, ainsi qu’au Caire et à Amman. L’Égypte et la Jordanie se sont visiblement rapprochées de la Russie en ce qui concerne la question syrienne.

Et surtout, les liens étroits de Moscou avec les dirigeants kurdes syriens (qui aident le mouvement séparatiste PKK en Turquie) peuvent servir de garantie aux Russes au cas où Ankara voudrait poser un piège à ours en Syrie. Car alimenter la rébellion devient ainsi une stratégie pouvant être utilisée autant par la Russie que par la Turquie. (Voir a ce sujet l’interview par un vieil ami, Amberin Zaman, du dirigeant kurde syrien Salih Muslim qui nous fait bien comprendre le problème kurde auquel est confronté la Turquie.)

En résumé, si un Kurdistan se formait en Syrie (au coté de celui existant déjà dans le nord de l’Irak) l’inviolabilité actuelle des frontières turques sur sa face sud, kurde, n’existera plus et cet espace ressemblera à la ligne de Durand séparant le Pakistan de l’Afghanistan, une zone de non-droit qui sera comme un poignard planté en permanence dans le cœur turc.

La priorité de Erdogan sera donc de s’assurer une bonne place à la table des négociations de paix en Syrie. Il fera de son mieux pour éviter l’émergence d’une nouvelle entité kurde dans son voisinage, ce qui est déjà le scénario en train de se dérouler. Le principal défi de Erdogan est de convaincre la Russie et les USA de canaliser l’aspiration des Kurdes syriens à la création d’une région autonome kurde dans le nord de la Syrie, en échange de sa participation active comme fantassin de Washington et Moscou dans leur lutte contre État Islamique.

Il faudra donc bien que, finalement, Erdogan commence à dialoguer avec le Kremlin. En fait, ce dialogue n’a pas vraiment pris fin. Sa relation personnelle avec le dirigeant russe est toujours vivante. Poutine aussi a fait de grands efforts pour encourager Erdogan à regarder vers l’est. A la différence des puissances occidentales, la Russie ne s’est jamais mêlée des affaires intérieures turques. Si Erdogan réussi à remporter les élections de novembre et parvient à transformer le système politique turc en un système présidentiel, Poutine ne fera que l’en féliciter et trouvera même quelques satisfactions d’avoir un ami à Ankara, risquant d’être président à vie, et avec lequel il pourra faire de bonnes affaires pour le bénéfice de chacun.

M.K. Bhadrakumar

Notes du Saker Francophone

Effectivement la bonne humeur dans les relations russo-turques est vite revenue puisque le 9 octobre le vice-premier ministre turc, Numan Kurtulmus, vient de déclarer : «La Turquie et la Russie sont liées par d’étroites relations politiques et économiques. Depuis de longues années, nous vivons en paix et en bons voisinage. Ces relations ne doivent pas être sacrifiées à des intérêts politiques en Syrie

Cet analyse de Bhadrakumar et sa validation par le vice premier ministre turc démontrent, une fois de plus, que les analyses de nos experts de la presse de référence, qui prétendent à longueur d’articles que la Turquie, membre de l’Otan, va se fâcher toute rouge contre la Russie, ne voient toujours pas plus loin que le bout de leurs fantasmes.

Traduit par Wayan, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

Lire la suite

Coalition vs Russie en Syrie : le jeu des cinq erreurs

12 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La France, #Politique étrangère, #Daesch, #ISIL, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE

Coalition vs Russie en Syrie : le jeu des cinq erreurs


Par Oleg Denejka – Le 6 octobre 2015 – Source Fort Russ

La première semaine de l’engagement des forces aériennes russes contre État islamique en Syrie est déjà derrière nous. Et la première chose qui saute aux yeux est l’efficacité dont l’aviation russe a fait preuve au combat. On pourrait dire que la Russie a commencé à se battre sans préparation ou, comme l’on dit dans la Navy, au pied levé. Mais même les premières sorties des avions russes sur les positions de État islamique ont montré qu’ils n’y allaient pas sur une décision soudaine du Kremlin, prise sous la pression des événements. L’intervention russe en Syrie a été mise au point depuis un moment, au plus tard au début de l’été, et de nombreux indices nous le prouvent. Tout d’abord, l’impact des frappes russes.

Tirer en plein dans la cible

Dès le premier jour – comptons du 30 septembre, 15:00 au 1er octobre, 15:00 – 28 sorties ont été menées, dont 8 sorties nocturnes. Résultat : au moins 12 des cibles visées ont été totalement détruites. Compte tenu que plusieurs de ces sorties étaient des reconnaissances et du soutien, visant à couvrir les groupes d’assaut, nous constatons une efficacité rare dans l’aviation moderne. Et ce qui est remarquable, c’est que les Russes n’ont eu aucune perte. Pas même une rayure sur la peinture de leurs avions.

Ces derniers jours, les frappes ont continué à être aussi efficaces, et les Russes n’ont toujours pas enregistré la moindre perte. Or les unités de État islamique, qui aujourd’hui sont devenues une véritable armée grâce à l’aide et au soutien américain, ont des équipements sol-air plutôt efficaces, pris sur l’armée irakienne.

Tirer, mais surtout ne pas faire de mal

Comme l’on dit : tout est relatif. La Russie n’a pas commencé la guerre en Syrie, d’autres s’en sont bien chargés, ceux-là même qui ont lancé des opérations aériennes contre État islamique (mis hors-la-loi en Russie sur décision de la Cour suprême). Et quel a été le résultat ?

La coalition anti-terroriste menée par les États-Unis, qui comprenait également Bahreïn, la Jordanie, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite [en tout 62 pays !, NdT], a attaqué les positions d’État islamique durant toute une année. Coïncidence à noter, la coalition a lancé sa première frappe aérienne fin septembre… 2014.

Pendant tout ce temps, selon un rapport du Pentagone, la coalition a réalisé plus de 2 000 sorties, surtout en Irak. Au prix d’énormes efforts, la coalition a réussi à chasser les militants d’État islamique hors de Bagdad, militants qui étaient séparés de leurs avant-gardes de 300 kilomètres environ, et a récupéré à peu près le tiers du territoire irakien capturé par les terroristes.

Pendant cette période, les pertes d’État islamique sont estimées au mieux à 20 000 personnes et une centaine de chars, de canons auto-portés et de véhicules blindés divers. En gros, pas plus de 2 soldats tués et 0,05 véhicules de combat détruits par sortie. Et chaque sortie ne coûte pas moins de 50 000 dollars. Aucun objectif significatif pour les terroristes n’a été détruit, et pas un de leurs chefs n’a été touché.

Un monde de contrastes : les cinq différences

Alors, où est la différence ? Pourquoi les actions de la coalition, menées par la première armée du monde, dont la force la plus importante est justement l’aviation, ont-elle été si peu efficaces ?

1. – Les États-Unis ont négocié la mise sur pied de cette coalition anti-terroriste depuis longtemps avec leurs futurs alliés.

Il y a eu beaucoup de rhétorique, une propagande massive, et l’encre des documents officiels était à peine sèche que les actions commençaient. Dès les premières heures, il était devenu clair que les forces coalisées n’avaient aucun plan détaillé d’opérations, étaient très mal coordonnées, et plus important encore, n’avaient qu’une vague idée de ce qu’elles affrontaient.

Ce pari a été tenu plus pour des raisons psychologiques, l’idée étant de démoraliser les combattants d’État islamique, mais pas de leur causer des pertes importantes. Résultat d’un renseignement insuffisant, l’essentiel des frappes coalisées a eu lieu sur de petites cibles, insignifiantes, qui ont même été manquées dans certains cas. Ce sont les civils qui ont trinqué.

Et la propagande habituelle des États-Unis et de leurs alliés continue. Un exemple : le 3 octobre, une frappe chirurgicale [sur un hôpital, humour noir ?, NdT] de l’Otan en Afghanistan a détruit l’hôpital de Médecins Sans Frontières, près de Kunduz.

La destruction, par un drone américain, de deux bulldozers appartenant de toute évidence aux troupes d’État islamique est considérée comme un succès. L’armée russe a longuement et soigneusement préparé son intervention, se concentrant avant tout sur le côté militaire plutôt que sur la politique et la propagande.

Cela concerne d’abord les activités de renseignement. La Russie a élargi ses contacts militaires avec ses alliés, a créé un vaste réseau de renseignement, comme on a pu le comprendre d’après la précision et l’efficacité de ses frappes. Bien avant le début de leur intervention, les forces russes et leurs alliés ont établi une liste de cibles, classées par ordre d’importance, de priorités et d’effets négatifs possibles sur les militants d’État islamique. Avec, comme but, leur éradication.

2. – Si vous examinez la tactique de l’armée américaine depuis l’opération Tempête du Désert, vous ne verrez pas beaucoup de changements. Les Américains continuent à tout miser sur des frappes aériennes massives, lancées à distance de sécurité, souvent sans même entrer dans la zone couverte par les défenses anti-aériennes de l’ennemi, grâce à l’emploi de coûteuses munitions de précision. Récemment, on a beaucoup parlé de la guerre des drones. Les deux n’ont qu’une faible efficacité et entraînent de fréquentes erreurs dans l’identification des cibles.

Mêmes remarques, pour les nouveaux équipements et les nouvelles armes. Le choix d’envoyer des armes magiques – le F-22 Raptor et le F-35 Lightning II – n’est pas justifié. D’un coût extrêmement élevé en développement et en opérations, ces avions sont nus et incomplets. De plus, ils sont prévus pour affronter une armée ennemie équivalente, et non des groupes de terroristes. Pour ces systèmes d’armes, il n’y a tout simplement pas de cibles en opérations anti-terroristes.

Plus précisément, si, il y a une cible, mais il faut la chercher, cette cible n’est pas sur le champ de bataille. Nous y reviendrons. En fait la coalition combat avec les armes et la technologie des années 1970. Les Américains et leurs alliés ont échoué à s’adapter aux tactiques des terroristes, et ils espèrent bien confier la guerre à d’autres.

En entrant pour la seconde fois en Irak, avec une continuité maniaque, les Américains ont refait les mêmes erreurs que la première fois, erreurs qu’ils répètent aussi en Afghanistan. Et toujours, ils nous resservent les mêmes tactiques en Irak, en Libye et en Syrie, ils ratissent. L’armée russe, elle, a montré combien elle pouvait apprendre vite des campagnes du passé, et qu’elle pouvait en tirer les conclusions qui s’imposent.

Rappelons-nous seulement la guerre d’août 2008 en Ossétie du Sud. Les Russes avaient perdu six avions : trois Su-25, deux Su-24 et un Tu-22M3. Si le Su-25 est un avion d’attaque au sol, qui vole au-dessous de Mach-1 et opère à des altitudes basses, ce qui le rend très vulnérable, le Su-24 et le Tu-22 sont des bombardiers supersoniques, avec tout ce qu’il faut pour venir à bout des défenses sol-air de l’ennemi. Pour seulement cinq jours de combats, de telles pertes sont tout simplement un désastre.

Désormais, les forces aériennes russes, et notamment les forces aérospatiales, ont abordé la question beaucoup plus sérieusement et ont réfléchi, non seulement à leurs erreurs, mais aussi aux erreurs des partenaires occidentaux. Elles ont de nouveaux avions, comme le bombardier d’appui aérien rapproché Su-34, le Su-35 et le Su-25, qui ont été considérablement modifiés. Concernant les toutes dernières munitions développées pour ces avions, l’accent n’est pas mis sur la quantité de technologies coûteuses et dernier cri, mais sur l’efficacité optimale, à un coût raisonnable et pour une adaptation aux guerres modernes de basse intensité.

Ce sont ces armes qui sont aujourd’hui au Moyen-Orient. De plus, l’armée russe a accordé une attention particulière aux moyens de communication pour la guerre électronique et le renseignement. Il y avait dans ce domaine des faiblesses qui ont été relevées durant le conflit sud-ossète en 2008, quand les postes de commandement communiquaient souvent entre eux par téléphone portable. Maintenant, la possibilité qu’État islamique intercepte les communications radio a été prise en compte dès la planification des sorties.

3. – La coalition occidentale n’est pas très sensible au choix des objectifs, et se préoccupe rarement de la question. Finalement, les pilotes tirent sur tout ce qui bouge, essaient de se débarrasser rapidement de leurs munitions et de ressortir au plus vite de la zone des combats sans faire de bavures. Les pilotes n’aiment pas le risque, les analyses et le renseignement pour faire des rapports de pertes. Et le Pentagone préfère suivre la ligne de moindre résistance : pour écrire un rapport bien noté, il faut trouver une foule, si possible en turbans, et mieux encore, hurlant «Allahou akbar», et frapper.

Les terroristes, eux, sont totalement insensibles à de telles tactiques, et de telles pertes d’une manière générale, et cela ne donne donc pas de résultats tangibles. C’est ce que nous voyons, en pratique. Les Russes estiment avec raison que poursuivre de simples soldats armés de fusils, comme le fait l’aviation de la coalition, est stupide et vain. Ils ont choisi une autre tactique – trouver les points faibles de l’armée d’État islamique. Comme dans toute armée qui a les caractéristiques d’une force militaire organisée, c’est l’infrastructure qui joue le rôle principal, dont dépendent la logistique, le renseignement, les communications et la chaîne de commandement (ils sont, soit dit en passant, de très haut niveau dans l’armée d’État islamique).

C’est pourquoi les premières frappes ont été ciblées sur les bunkers de commandement, les dépôts d’armes, les points de contact. En particulier, la fabrique d’explosifs au nord de Homs a été un des premiers objectifs à être détruit, puis un nœud de communications et un poste de commandement dans la même province, ainsi qu’un parking où étaient regroupés des T-55 camouflés. Cela a provoqué la panique et beaucoup plus de désertions dans les rangs des terroristes.

Et maintenant l’armée gouvernementale syrienne s’apprête à s’emparer de Palmyre, toujours tenue par État islamique. Avant cela, les positions d’État islamique ont été bombardées sans résultats par l’aviation coalisée pendant presque un mois.

4. – Chaque action de politique étrangère des États-Unis et de leurs alliés est précédée de gesticulations spectaculaires à but publicitaire. Du coup, lorsque les États-Unis se décident à y aller, même les Zoulous du KwaZoulou-Natal connaissent leurs intentions.

C’est un fait. La Russie n’a pas fait tout un spectacle de ses opérations militaires et celles-ci n’ont pas été accompagnées de discours-fleuves au sujet de la menace terroriste globale. C’est pourquoi la décision russe de lancer des frappes aériennes sur les positions d’État islamique en Syrie a fait l’effet d’une bombe.

Et ce, au sens propre et au sens figuré. Le matin du 1er octobre, moins d’un jour après le début de l’opération, les médias internationaux occidentaux ont éructé un torrent d’indignations – l’exigence que la Russie arrête tout et ne cible pas les malheureux terroristes modérés.

5. – Et maintenant, le plus important pour la fin. Les forces de la coalition ne veulent tout simplement pas mener une quelconque action décisive contre État islamique, qu’elles ont suscité, ni contre les autres terroristes. La crise au Moyen-Orient profite à la Russie. Notamment, parce qu’il est très important pour elle de revenir dans la région en tant qu’acteur de premier plan. Le moment et le lieu ont été choisis avec beaucoup de succès.

Oleg Denejka

Article original en russe publié dans Warfiles.ru et

Traduit du russe par Soviet Bear

Lire la suite

«Vladimir Poutine a une stratégie claire» par le général Jean-Claude Allard.

12 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL

«Vladimir Poutine a une stratégie claire»

International - Général Jean-Claude Allard, directeur de recherche à l'IRI-S (Institut de Relations Internationales et Stratégiques)

«Vladimir Poutine a une stratégie claire»
«Vladimir Poutine a une stratégie claire»

L'OTAN dénonce une escalade de la Russie et l'accuse de ne pas bombarder des positions de Daech mais de l'armée syrienne libre. Peut-on mesurer l'implication réelle de la Russie ?

Il faudrait revenir en amont. Le président Obama avait dit en janvier «je n'ai pas de stratégie». Il n'en a pas parce qu'il n'arrive pas, et les Occidentaux avec lui, à éclaircir la situation et à poser les bonnes questions. En stratégie, on se pose une question : de quoi s'agit-il ? Et Poutine a répondu clairement : il s'agit de combattre l'islamisme parce qu'il se répand au Moyen-Orient via l'État islamique et d'autres groupes ; au Maghreb et en Afrique ; en Asie centrale et dans les franges sud de la Russie voire en Chine. Donc Poutine a répondu à cette question à laquelle l'Occident à des difficultés à répondre car tout s'imbrique. On sait très bien dès le départ que des groupes islamistes sont soutenus par des alliés de l'Occident comme la Turquie ou les pays du Golfe, ce qui pose un problème.

La 2e question qu'on se pose en stratégie : qu'est ce qui unit ou peut diviser mon ennemi ? En apparence, certains disent que les islamistes sont déjà divisés : Al Nostra, Daech, etc. Ce qu'il faut se poser comme question c'est aussi qu'est-ce qui les unit ? Et c'est l'idéologie islamiste qui est la plus forte et qui a été valorisée par l'État islamique.

Si l'on se rappelle, Al Qaïda c'était «je suis contre l'Occident à coup d'attentats». L'État islamique c'est «je construis une entité islamique dans laquelle je vais appeler ensuite tous les musulmans.»

La stratégie d'Abou Bakr al-Baghdadi, le calife, est simple. Il l'a énoncée à Mossoul dans la grande mosquée en 2014 : unifier le monde islamique dans un califat ; et conquérir Rome c'est-à-dire le monde occidental. Il veut restaurer le califat dans le territoire mythique d'el-Cham qui correspond à l'Irak et à la Syrie – ce qu'il a fait en partie – avec deux capitales alternatives Bagdad et Damas…

Il faut avoir tout cela à l'esprit pour déterminer le centre de gravité de l'État islamique qui est Damas. Si les islamistes conquièrent Damas, il y aura une onde de choc mondiale. Damas serait, militairement parlant, impossible à reprendre car il faudrait y aller par des combats terrestres. Or il y a 4 millions d'habitants au sein desquels se fondraient des islamistes…

Quels objectifs pour Poutine ?

Je pense que Poutine veut certes protéger Assad, les mers chaudes et son influence au Moyen-Orient, mais il veut surtout donner un coup d'arrêt à l'islamisme qui mite le sud de la Russie, avant que la chute de Damas ne renforce le calife al-Baghdadi et permette à tous les groupes islamistes de rejoindre l'État islamique.

Face à la stratégie claire de Poutine, quelle peut être la position de l'Occident, de l'OTAN et de la France en particulier ?

On a du mal à voir parce que tous ces pays n'arrivent pas à se poser les bonnes questions et ne répondent toujours pas à la fameuse question de Foch de quoi s'agit-il ? En 2013, on se demandait s'il fallait punir Bachar pour l'utilisation d'armes chimiques, mais ce n'est pas une vision politique. Les avions russes ont fait récemment une brève incursion dans l'espace aérien turc et l'OTAN fait une réunion pour discuter de ça… De mon point de vue, ce n'est pas sérieux.

Poutine a réussi à mettre en place un système de coordination entre les gouvernements irakien, iranien et syrien. Il a mis en place une tactique qui coordonne une attaque au sol de l'armée syrienne et des frappes aériennes, chose que n'a jamais pu faire l'OTAN. D'une part parce que les Kurdes ne veulent pas sortir de leurs frontières naturelles et d'autre part parce que l'armée irakienne sunnite défaite à Mossoul est incapable d'agir. Aujourd'hui, les Kurdes se demandent si finalement il ne vaudrait pas mieux travailler avec la Russie, car c'est le seul pays qui a une vision claire.

C'est la première fois que des troupes russes et américaines sont sur le même théâtre d'opération. Est-ce un risque ? Certains évoquent une 3e guerre mondiale.

Quand on évoque la 3e guerre mondiale on imagine que les États-Unis vont se battre contre la Russie et vice-versa. C'est de la folie. Il faut que l'OTAN et les États-Unis conservent leurs nerfs. Je crois que derrière tout cela, il y a quand même des discussions. Les États-Unis ont envie de discuter avec la Russie qui finalement fait le job qu'on leur demandait de faire depuis longtemps…

Il faut que tout le monde garde son calme. Si l'objectif est de vaincre l'islamisme, il faut utiliser les moyens et les alliés ad hoc.

Lire la suite

Ukraine. Le Ministère de l'intérieur collabore avec Daech [sous-titres français]

11 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #Daesch, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Ukraine. Le Ministère de l'intérieur collabore avec Daech [sous-titres français]

Bonjour.

Avec le temps et avec la résistance acharnée des opprimés, la politique de l’Empire du mal (pardon de l’Empire du bien !) devient de plus en plus visible et se révèle au grand jour. Les oripeaux de la narrative otannienne concernant la Syrie du boucher Assad et concernant « les révolutionnaires » d’Ukraine (installés au pouvoir après le coup d’état du 21 février 2014, ces révolutionnaires issus des clans bandéristes des partis nazis d’Ukraine ont semé la terreur pour s’emparer du pouvoir guidés en cela par les USA dont la représentante Victoria Nuland a été très active à Maïdan) volent en éclat pour laisser éclater la vérité. Il faut souligner que l’Union Européenne soumise à la puissance américaine à fait sa part du sale boulot.

Nous savions que des groupes terroristes islamistes tchétchènes exfiltrés de Syrie opéraient dans le Donbass pour normaliser cette région. Mais l’information ci-dessous vaut la peine d’être connue et relayée, le ministère de l’intérieur ukrainien invite Daesch à se venger des russes qui combattent en Syrie. Ils avaient l’intention de publier la liste des militaires ainsi que les adresses de leurs familles afin de venger les terroristes. Apprenant cela Ramzan Kadyrov, Président de la Tchétchénie, a publié également un communiqué semblable à l’égard des nazis au pouvoir à Kiev. Il semblerait que cette information ait été prise au sérieux car l’annonce a été retirée et aucun nom n’a été publié. Malgré cela, des officiels confirment leur soutien aux terroristes islamistes qui sévissent en Syrie pour le compte de l’Empire atlantique.

L’information :

Un haut fonctionnaire ukrainien, conseiller du ministère de l’Intérieur, député de la Verkhovna Rada (parlement ukrainien) Anton Gueraschenko, a partagé sur sa page Facebook un message de l'un de ses «amis» et a appelé à réunir les informations permettant aux combattants de Daech de se venger des militaires russes qui combattent en Syrie,. Pour cela une rubrique spéciale sera créée sur le site ukrainien de délation. La majorité des amis d’Anton Gerachtchenko sur Facebook ont soutenu cette idée, la qualifiant de «géniale» et «efficace». Mais tout le monde n’a pas été aussi motivé par cet appel.
«Anton [Gueraschenko] soutient déjà l’Etat islamique ?», «L’Ukraine a-t-elle déjà résolu ses problèmes à elle ?», «Anton Gerachtchenko, t’es fou ?», lui ont écrit certains utilisateurs dans leurs commentaires.
Le site Mirotvorets (Pacificateur), soutenu par le conseiller du ministère ukrainien de l’Intérieur, publie des informations très détaillées sur toutes les personnes qui contestent les autorités ukrainiennes : journalistes, activistes, députés et, bien sûr, milices populaires de l’est du pays. Toutes ces personnes sont qualifiées de «terroristes» et de «partisans de la fédéralisation».
Plus d'info sur le site "Mirotvorets"

https://www.youtube.com/watch?v=xruzv...

Bien cordialement

Lucien Pons

Lire la suite

Jean-Pierre Chevènement: « L’élimination d’Assad ouvrirait les portes de Damas à Daech »

11 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Politique étrangère, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #Daesch, #ISIL, #L'OTAN.

« L’élimination d’Assad ouvrirait les portes de Damas à Daech »

Par Vincent Tremolet de Villers le 08 octobre 2015

Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro, 3 octobre 2015. Propos recueillis par Vincent Tremolet de Villers.

LE FIGARO : Malgré les tensions entre Barack Obama et Vladimir Poutine, l’idée d’une coalition internationale contre l’État islamique progresse…

Jean-Pierre CHEVÈNEMENT : Cette coalition, c’est une évidence, est nécessaire, même si elle rencontre des difficultés. Tous les pays sont concernés, à commencer par les pays musulmans, qui paient le plus lourd tribut à Daech. Qu’est-ce que Daech? Ce n’est pas, comme on l’entend souvent, un phénomène né en Syrie. C’est en Irak qu’al-Baghdadi a commencé par proclamer son califat, dans les régions occidentales dont la population sunnite s’est sentie rejetée par la politique sectaire du gouvernement al-Maliki. C’est ensuite que le soi-disant État islamique s’est étendu en Syrie, en profitant du vide politique créé par la guerre civile. Avant de former une coalition, il faut définir l’objectif politique ; celui-ci ne saurait être que le rétablissement des États dans leurs frontières historiques fixées il y a près d’un siècle, mais en rendant ces États vivables pour leurs populations.

À Téhéran, où je suis allé il y a une semaine, j’ai plaidé pour un Irak fédéral auprès des responsables iraniens que j’ai rencontrés – notamment M. Velayati (ministre des Affaires étrangères d’Iran de 1981 à 1997 et conseiller du Guide, M. Ali Khamenei, pour les questions internationales, NDLR). On ne pourra venir à bout de Daech que si on le sépare des populations. En Syrie, il faut d’abord rétablir la paix, et ensuite donner la parole au peuple syrien. Vouloir imposer un ordre inverse n’a pas de sens. La coalition dont on parle doit être aussi large que possible. Les grandes puissances d’abord – États-Unis et Russie au premier chef -, les puissances régionales ensuite – Iran, Turquie, pays arabes, et bien entendu les gouvernements irakien et syrien, quoi qu’on en pense.

Dans un premier temps, il faudra créer un état-major commun, permettant le partage du renseignement, la coordination des frappes aériennes, et j’ajoute enfin et surtout le contrôle des frontières. Il faut soumettre le soi-disant État islamique à un rigoureux blocus. Deux problèmes se posent: celui de la Turquie, qui est plus préoccupée par le PKK que par l’EI, et celui de la force arabe, qui doit impliquer à la fois l’Arabie saoudite et l’Égypte. Dans ce Moyen-Orient compliqué, gardons-nous des idées simples. On créera le mouvement en marchant.

Le sort de Bachar el-Assad divise la communauté internationale…

S’agissant de Bachar, nous sommes prisonniers d’une erreur initiale commise au moment de l’éclosion des révolutions arabes. Le mot d’ordre «Bachar el-Assad doit partir» était inapproprié à la situation spécifique de la Syrie. Nous avons rompu nos relations avec Damas en mars 2012 sous M. Juppé… M. Fabius n’a pas corrigé la trajectoire… Dès le mois de juin 2012, j’ai fait part au président de la République et au ministre des Affaires étrangères de ma perplexité – et c’est une litote – en plaidant pour que la France cherche plutôt à jouer un rôle de médiation dans la guerre civile syrienne.

Aujourd’hui, je ne vois pas comment l’élimination d’Assad n’aboutirait pas à ouvrir les portes de Damas à Daech. Les frappes opérées par la coalition internationale dirigée par les États-Unis ont montré leur insuffisance. Les alliés «modérés» n’existent pas. L’«Armée de la conquête» qui tient Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, c’est surtout al-Nosra, une filiale d’al-Qaida. Voulons-nous donner la Syrie à al-Qaida plutôt qu’à Daech? Toute politique, pour avoir du sens, doit partir des réalités.

Dans la crise syrienne, que vous inspire la position de la diplomatie française ?

On ne comprend pas cette surenchère, on ne voit pas à quoi cette position «à l’ouest de l’Ouest», comme j’ai eu l’occasion de le dire à la tribune du Sénat, en septembre 2013, peut conduire, sinon à l’isolement de la France. Il me semble que nous sommes prisonniers du mythe des révolutions arabes. En 2011, la France devait se défendre de l’accusation de complaisance envers les régimes autoritaires tunisien et égyptien. Aujourd’hui, notre diplomatie me paraît en porte-à-faux. Que Bachar soit un dictateur brutal est une évidence, mais il ne faut pas mélanger morale et politique. L’enfer est pavé de bonnes intentions. Il faut toujours en revenir à Pascal: «Qui veut faire l’ange fait la bête.» Le véritable humanisme consiste à éliminer Daech dans les délais les plus courts. Il est nécessaire d’établir clairement les priorités. Comme disait Jaurès, «si on veut aller à l’idéal, il faut d’abord commencer par comprendre le réel».

En un an, Vladimir Poutine est revenu au centre du jeu diplomatique.

Je déplore la russophobie qui aveugle la plupart des commentateurs, aussi bien sur le dossier ukrainien que sur le dossier syrien. Vladimir Poutine n’est pas un enfant de chœur, mais c’est un réaliste. Il soutient Assad parce que la Russie est engagée dans la lutte contre le terrorisme djihadiste depuis près de vingt ans, que ce soit au Caucase, en Asie centrale ou dans sa capitale même, où ont eu lieu de terribles attentats. Poutine a une ligne claire. Pour moi, il n’y a pas de guerre contre le terrorisme qui tienne si les objectifs ne sont pas clairement définis au préalable. À partir de là, il faut les atteindre, de la manière la moins gesticulatoire possible. Sinon, on fait le jeu du terrorisme qu’on prétend combattre.

On reproche aux Russes qui ont commencé à frapper de ne pas viser l’État islamique…

Le secrétaire d’État américain s’interroge, en effet, mais les Russes ont démenti. Raison supplémentaire de mieux coordonner les frappes…

Faut-il une intervention au sol en Syrie ?

Nous devons éviter de rentrer dans le jeu de Daech, qui ne veut rien tant qu’une guerre de civilisations, entre les musulmans ralliés à sa bannière et l’Occident tout entier engagé dans une nouvelle croisade. L’éradication de l’EI est d’abord l’affaire des peuples concernés. Il faut aider les Irakiens et les Syriens qui le veulent à se débarrasser de Daech. Bien sûr, on peut les aider à travers des forces militaires, locales de préférence, au besoin soutenues par les grandes puissances dès lors qu’il y aurait un mandat clair de l’ONU. On peut imaginer des opérations coup de poing, ponctuelles et temporaires, avec une relève par les forces locales ou régionales. Le travail de planification militaire reste à faire. Aujourd’hui je ne suis pas favorable à une opération au sol non préparée dont les objectifs seraient confus. Le risque d’enlisement est évident. On apprend dans les écoles militaires que l’idée de manœuvre commande le reste. Pour le moment, je ne la vois pas.

L’accord iranien bouscule la stratégie «sunnite» du gouvernement…

La France n’est pas et ne doit pas être engagée dans une guerre de religion entre sunnites et chiites. Elle doit être une puissance de médiation. L’accord nucléaire avec l’Iran est un bon accord, conforme au traité de non-prolifération nucléaire. Que l’Iran ait retrouvé une position dominante dans la région est le résultat des deux guerres menées en 1991 et 2003 contre l’Irak, qui servait de verrou pour le monde arabe face à l’Iran. Aujourd’hui, l’Irak, majoritairement chiite, est largement dans l’orbite iranienne. Là encore il faut tenir compte des réalités, l’Iran est un grand pays qui vient du fond de l’histoire, il pourrait être demain un grand émergent. Sa population est nombreuse et éduquée. J’ai trouvé de bonnes dispositions à Téhéran vis-à-vis de la France. La visite que leur a rendue Laurent Fabius le 29 juillet a été utile. En retour, M. Rohani viendra à Paris début novembre. Il y a un moment propice pour reprendre des relations à un haut niveau qui correspondent à notre intérêt mutuel. Nous avons intérêt à ce que le président Rohani réussisse, car il symbolise pour la majorité de la population et pour la jeunesse iranienne l’ouverture et la reprise de relations normales avec les pays occidentaux.

Les Israéliens sont très inquiets…

S’agissant d’Israël, l’accord lui donne des garanties certaines en matière des délais qui seraient nécessaires à la construction d’une arme nucléaire de la part des Iraniens ; dans ce cas, fortement improbable, il y aurait réversibilité des sanctions à leur encontre. Il n’y a pas d’alternative à cet accord. Qui voudrait ajouter encore une guerre à celles qui ravagent déjà le Moyen-Orient? Israël a tout intérêt à normaliser ses relations avec l’Iran comme avec l’ensemble de la région, qui pour le moment a surtout besoin d’être pacifiée, et dont Israël n’est plus le premier souci. Bien sûr, la France reste fortement attachée à la sécurité d’Israël, mais celle-ci ne sera jamais mieux garantie que lorsque le peuple palestinien pourra, lui aussi, jouir du droit à disposer d’un État qui lui appartient comme à tout autre peuple.

La faiblesse de l’Europe face à la crise des réfugiés vous préoccupe-t-elle ?
Dans une Europe à 28, cette faiblesse est inévitable. Là aussi, on ne peut pas faire comme si l’UE n’était pas faite de 28 nations, et comme si quelques fonctionnaires pouvaient imposer de Bruxelles des quotas permanents et contraignants. Les effets d’annonce du ministre allemand de l’Intérieur, puis de la chancelière, n’ont pas été anticipés correctement. Mais Mme Merkel est arrivée à une conclusion saine: il faut d’abord éteindre le conflit en Syrie, et pour cela, ainsi qu’elle l’a déclaré, parler avec tout le monde, y compris avec Assad. Car que représentent 300.000 réfugiés syriens en Europe par rapport aux 4 millions qui se trouvent dans les trois pays contigus, Turquie, Jordanie et Liban?

Le mieux que l’on puisse faire pour ces malheureux serait de leur permettre de regagner leur pays afin de participer à sa reconstruction. Le mécanisme d’accueil mis en place est acceptable dans l’urgence afin de venir en aide aux réfugiés qui avaient gagné les côtes européennes. Pour autant, il ne saurait être pérennisé: c’est un dispositif de crise, rien de plus. Enfin, on ne peut pas nier, ce que la Commission européenne a tendance à faire, que chaque pays a ses spécificités (taux de chômage, démographie, richesse par habitant, situation politique intérieure, etc.). Pour le reste, il n’y a pas de solution aux questions de l’immigration en dehors du codéveloppement avec les pays sources. Je ne suis pas partisan de faire le jeu du FN en agitant ces questions de manière démagogique.

Michel Onfray est attaqué par une partie de la gauche au motif qu’il «ferait le jeu du Front national». Il ne cache pas la sympathie qu’il vous porte. Que vous inspire cette polémique?

Je suis pour la liberté d’expression, et trouve intolérable qu’on veuille faire taire un homme comme Michel Onfray, dont la culture, l’intelligence et la générosité font honneur à notre pays. On peut ne pas partager toutes ses vues. Michel Onfray critique une politique qui, depuis trois décennies, a cessé de se définir d’abord à l’aune des intérêts du peuple français. C’est son droit, et même son devoir, s’il le pense. Le débat de fond doit vivre. C’est en tuant le débat qu’on fait le jeu du FN!

Propos recueillis par Vincent Tremolet de Villers | 3 octobre 2015
Source : http://www.chevenement.fr/L-elimination-d-Assad-ouvrirait-les-portes-de-Damas-a-Daech_a1758.html

Lire la suite

Syrie : un rapport du MIT devrait conduire Laurent Fabius devant la CPI à La Haye et devant la Haute Cour en France.

11 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Daesch, #ISIL, #L'OTAN.

11 octobre 2015

Syrie : un rapport du MIT devrait conduire Laurent Fabius devant la CPI à La Haye et devant la Haute Cour en France.

Une étude du MIT, le prestigieux Massachussets Institute of Technology, publiée le 14 janvier dernier, affirme que le massacre chimique du 21 août 2013 sur la Goutha orientale syrienne, a été perpétré depuis une zone rebelle. Rédigé par Richard Lloyd, ancien inspecteur de l’ONU et spécialiste des missiles, et Theodore Postol, professeur au MIT, le document de 23 pages prouve que les attaques chimiques ont tout simplement été lancées depuis une zone tenue par les rebelles syriens. Pour étayer leurs propos, les deux experts américains ont étudié des « centaines » de photos et de vidéos d’ogive, de restes de roquettes, d’impacts sur le sol, et de barils contenant le gaz sarin, publiées sur Internet. Cela leur a permis d’établir le volume de gaz sarin utilisé, la portée des missiles, leur direction ainsi que l’endroit d’où ils ont été tirés.
Et c’est notamment la question de la portée des missiles qui apparaît primordiale. Les missiles utilisés semblent être des Grad, une arme bas de gamme, possédant une portée de 2 à 5 kilomètres avec des armes conventionnelles, et dont l’imprécision est assez importante. Cette analyse est partagée par Ake Sellström, l’inspecteur en chef de l’ONU en Syrie.

Ce chiffre de 2 à 5 km remet totalement en cause le rapport américain, dont John Kerry, le secrétaire d’état américain, a fait la pierre angulaire de la politique américaine. C’est la nouvelle fiole de Colin Pauwels brandit à la veille de l’attaque sur l’Irak. Ce rapport met en effet, l’origine de l’attaque au cœur de la zone encore contrôlée par le régime légal de Syrie, à plus de… dix kilomètres. C’est donc techniquement impossible.
Le rapport des services secrets français était encore plus grossier et plus ignoble, car il publiait des photos montrant des cadavres d’enfants. Enfants qui se sont révélés être ceux de fidèles alaouites du régime de Bachar-Al Assad, enlevés à Lattaquié et assassinés par les amis de Laurent Fabius. Sans le coup de maître de la diplomatie russe, et l’intelligence du pouvoir syrien qui accepta immédiatement de confier ses armes chimiques à l’ONU, la Hollandie menait l’Europe dans une nouvelle guerre, illégale au regard du Droit International, et rasait son ancien protectorat sous les bombes. Les avions de l’armée de l’air avaient déjà décollé, quand les USA ont sifflé a fin de la partie…

Dans un état de droit, l’enquête du M.I.T aurait dû faire la une de toute la presse hexagonale. Quand la diplomatie d’un pays est prise en flagrant délit de manipulation et de mensonge à ce point, nous sommes dans une affaire d’état. Ce n’est pas une démission de Laurent Fabius qui serait en jeu, mais bel et bien un procès pour haute-trahison et complicité de meurtres. Il est certain que les services français savaient que les auteurs des attaques à l’arme chimique étaient du côté rebelle.
La Turquie avait arrêté sur son sol des cellules terroristes avec des futs de gaz sarin. Un journaliste enlevé par les Djihadistes, Pierre Piccinin, avait averti, dès sa libération en septembre 2013, que ses geôliers revendiquaient la responsabilité du massacre. L’armée syrienne a maintes fois rendu public les témoignages de rebelles arrêtés, avouant avoir transporté des cargaisons suspectes. Mais rien, rien n’a filtré dans la presse française. Aujourd’hui encore, il n’y a que le Point qui publie le rapport du MIT. Pour autant, le seul a osé le remettre en cause n’est autre que… Laurent Fabius. C’est celui qui a le plus à perdre. La Cour Pénale Internationale a autorité pour juger de sa culpabilité. Avec les princes saoudiens et qataris, il est comptable de chaque mort causée par les rebelles islamistes en Syrie, par l’appui financier, technique et politique qu’il a apporté à la pseudo-rébellion syrienne. Une enquête internationale devrait faire toute la lumière sur les raisons qui ont motivé ce soutien inconditionnel à des assassins de masse clairement identifiés. Et si l’une de ses raisons est une action sur ordre d’un pays tiers ou par proximité intellectuelle avec lui, alors la France devra elle-même le juger pour haute trahison. Il serait en effet temps que la France juge ces hommes politiques qui ont d’autres allégeances que les seuls intérêts du peuple français. Elle retrouverait ainsi sa place, au premier rang du concert des Nations.

Prorussia, 24/02/2014

http://www.prorussia.tv/Syrie-un-rapp

Lire la suite

Le désordre mondial Par Ghassan Kadi

10 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #AMERIQUE, #La France, #Europe supranationale, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #L'OTAN.

Le désordre mondial

Par Ghassan Kadi – Le 3 octobre 2015 – Source thesaker.is

Le récent discours du président Poutine à l’Assemblée générale des Nations unies a révélé au reste du monde l’ampleur des mensonges et de l’inefficacité de l’Occident. De plus, l’initiative militaire russe en Syrie qui a suivi presque immédiatement ce discours a laissé tous les ennemis de la Syrie dans une impasse, confus et pantois.

Simultanément, le secrétaire d’État Kerry dit qu’il veut coopérer avec la Russie tandis que les autres responsables états-uniens se disent préoccupés par le rôle de cette dernière et demandent l’arrêt de son intervention militaire. Israël est très préoccupé par le couvre-feu imposé par les Russes à son aviation dans le ciel syrien. Pour ajouter aux malheurs d’Israël, quelques fuites indiquent que le Hezbollah a reçu de l’Iran des missiles anti-aériens sol-air SA-22 de dernière génération. La Turquie est furieuse parce que la Russie aurait attaqué l’Armée syrienne libre (FSA dans son sigle anglais). Les Saoudiens demandent que la Russie cesse son assaut, et tous les soi-disant islamistes protégés souhaitent que les Russes soient ramenés en Russie dans des linceuls pour rejouer ce qui s’est passé en Afghanistan.

La Russie démontre clairement qu’il n’y a aucune différence entre l’une ou l’autre des forces armées illégitimes qui opèrent en Syrie et qu’elle est là pour soutenir l’armée syrienne et le gouvernement élu, indépendamment de ce que l’Occident et ses partisans disent, veulent ou pensent.

Lavrov ne pouvait pas l’exprimer plus crûment lorsqu’il a dit que «s’il ressemble à un terroriste, s’il marche comme un terroriste, s’il combat comme un terroriste, c’est un terroriste, non ?»

En fait, on peut être presque certain que les premières attaques russes ont délibérément frappé autant de groupes différents que possible dans le but, pour la Russie, d’envoyer le message clair qu’elle ne fait aucune distinction entre les divers groupes terroristes et qu’elle a l’intention de tous les détruire.

Le président Poutine a fait une remarque très subtile lorsqu’il a dit que les combattants étrangers en Syrie ne devraient pas être autorisés à rentrer chez eux. Logiquement, cela implique qu’il pensait qu’ils seraient tous tués ou capturés.

L’intervention militaire russe est indéniablement un acte sans précédent, qui marque le véritable début d’une nouvelle ère géopolitique. C’est un pas beaucoup plus important que les diverses étapes qui ont précédemment signalé la fin de l’ère du Nouvel ordre mondial. [US NWO, NdT]

La fin de l’hégémonie du Nouvel ordre mondial était déjà apparue clairement en Ukraine, puis en septembre 2013, en Méditerranée occidentale [pour empêcher le bombardement de la Syrie, NdT], indiquant que l’Amérique n’est plus le leader mondial incontesté.

L’ancienne nation syrienne était destinée à être le lieu où cette nouvelle phase historique de la géopolitique a émergé et où un changement fondamental a été imposé.

Lorsque nous utilisons le terme imposé, nous devons définir la nature de cette imposition, parce que les présidents Poutine et Assad imposent le droit international et les accords bilatéraux ; contrairement à la multitude de coalitions menées par les États-Unis, qui ont envahi des pays pour renverser leurs gouvernements légitimes, piller leurs ressources et leurs infrastructures et détruire leurs économies.

Donc les États-Unis sont maintenant pris entre le marteau et l’enclume. Pour la première fois depuis très longtemps, ils sont contraints d’admettre qu’ils ne sont plus l’unique superpuissance mondiale. En outre, ils se retrouvent à devoir accepter qu’un développement international majeur s’est produit en Syrie contre leur volonté et qu’ils sont incapables de l’arrêter.

Mais l’acceptation par l’Amérique du nouveau statu quo et l’abolition du Nouvel ordre mondial post-URSS n’est pas le principal dilemme auquel elle doit faire face. Aux yeux des politiciens américains bellicistes, la question principale est d’affronter les conséquences. Si l’Amérique devait rester assise et regarder la Russie mettre en œuvre ses propres résolutions en Syrie, alors cette position reviendrait à accepter la défaite.

Accepter sa défaite est quelque chose d’énorme que l’Amérique n’a pas l’habitude de faire. Pour elle, accepter la défaite est une affaire sérieuse qui pourrait amener des politiciens bellicistes à se lancer dans de gros paris et de dangereuses manœuvres .

Il n’y a pas très longtemps, je me suis demandé ce que pourrait faire une Amérique désespérée, et j’ai écrit un article intitulé How Far Will A Desperate America Go ? [Jusqu’où ira une Amérique désespérée ?]. J’y examinais hypothétiquement quelques scénarios potentiels et j’y envisageais quelques réactions, mais l’initiative russe en Syrie a redistribué toutes les cartes, plongeant l’Amérique dans une situation où elle pourrait devoir lutter non seulement pour sa survie, non seulement pour sa taille, mais aussi pour son impunité et sa capacité à prendre des décisions indépendantes.

En effet, de nombreux observateurs considèrent que les actions de l’Amérique en Ukraine visaient à punir la Russie pour le rôle qu’elle a joué en Syrie jusqu’en 2013. Nous devons garder à l’esprit que si c’est vrai, ç’aurait été en représailles des deux missiles américains visant la Syrie et abattus par les Russes au-dessus de la Méditerranée orientale. Comparé à ce que fait la Russie aujourd’hui, la destruction de deux missiles est une peccadille, dérisoire et insignifiante.

Là est la question : l’Amérique a-t-elle déclenché le chaos ukrainien dans le but de punir la Russie simplement pour avoir abattu deux missiles américains destinés à frapper la Syrie ? Alors, jusqu’où est-elle prête à aller pour punir la Russie parce que celle-ci bombarde les cellules terroristes en Syrie, révélant ainsi l’impuissance de l’Amérique ?

Un tel scénario est effrayant, c’est peu de le dire, et c’est peut-être le seul souci relatif à la manière dont l’intervention russe en Syrie peut devenir scabreuse.

Hormis une confrontation ouverte avec la Russie en Syrie, l’Amérique ne peut pas, de façon réaliste, faire grand chose pour entraver la Russie. Les acolytes régionaux de l’Amérique au Moyen-Orient, y compris Israël, ne sont pas en position de se dresser contre la Russie. Ergodan a été rendu totalement impuissant et les Saoudiens sont profondément empêtrés. De plus, même avant le début de l’assaut russe, le cocktail anti-syrien avait déjà volé en éclats et chacun de ses fragments a continué en solo à récupérer des morceaux dans la poursuite de ses propres intérêts et de sa survie.

Washington doit être en effervescence, dans l’agitation et la confusion. Les décideurs et les conseillers politiques, les stratèges et les experts recherchent sans doute toutes les solutions alternatives, mais ils doivent trouver tous les choix très difficiles, parce qu’ils n’ont pas trop d’options. Si l’Amérique opte pour laisser la Russie faire sa part en Syrie, elle pourrait laisser faire avec l’idée qu’elle peut facilement allumer un autre foyer ailleurs et/ou raviver l’incendie en Ukraine et causer ainsi des problèmes à la Russie. Mais cela ne règle que la moitié de la question parce que, à moins que l’Amérique ne réussisse à stopper l’initiative russe en Syrie, elle sera considérée comme ayant accepté sa défaite.

La Russie tente de restaurer un ordre mondial universellement accepté basé sur l’ONU, mais l’Amérique a encore le pouvoir de créer un nouveau désordre mondial. Le fait que les auteurs de la politique américaine soient assez fous pour aller dans cette direction sera déterminé par de nombreux facteurs, y compris savoir qui tiendra la barre après Obama. Nous pouvons bien critiquer Obama, nous le faisons et le devons, mais il est très possible que le nouveau président américain fasse ressembler George W. Bush à Mère Teresa. C’est peut-être une bonne raison pour que la Russie agisse rapidement en Syrie avant que quelque fou furieux conservateur ne remporte la prochaine élection présidentielle aux États-Unis.

Maintenant, la Russie dirige la manœuvre. La conspiration menée par les États-Unis en Ukraine s’est déjà retournée contre elle en Crimée, augmentant le butin des russes.

Le président Poutine comprend bien la mentalité américaine. Il sait que les Américains sont des fiers-à-bras et il sait comment s’y prendre avec eux.

Les fiers-à-bras n’acceptent pas qu’on les voie vaincus. Par conséquent, les Américains doivent pouvoir accepter de voir leur fierté rabaissée, avec un minimum de dommages, si la diplomatie russe parvient à leur trouver une porte de sortie qui leur permette de sauver la face.

Après tout, la reddition des armes chimiques en 2013 était un édulcorant négocié par les Russes que l’Amérique a avalé sans hésitation. La différence entre les événements de 2013 et ceux d’aujourd’hui est que l’événement des deux missiles américains abattus par la Russie en 2013 était resté en coulisse et n’était connu que de quelques-uns. L’Amérique n’était pas partie la queue entre les jambes parce que l’événement est resté ignoré aux yeux du monde. Mais actuellement on voit tout et quelle que soit l’ordonnance prescrivant la potion magique qui sauvera la face des États-Unis, elle sera clairement écrite en cyrillique pour le reste du monde.

Ghassan Kadi

Traduit par Diane, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

Lire la suite

L’Occident craint le succès de la Russie en Syrie – pas son échec

10 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #La France, #Politique étrangère, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #le nazisme, #Daesch, #ISIL

L’Occident craint le succès de la Russie en Syrie – pas son échec


Alexander Mercouris
Alexander Mercouris

Par Alexander Mercouris – Le 5 octobre 2015 – Source Russia Insider

C’est exactement ce que l’Occident craignait en Tchétchénie.

A tous égards, c’est comme la réponse occidentale à la campagne russe en Tchétchénie en 1999. Dans les semaines qui ont suivi le début de cette campagne, les experts occidentaux ont émis une série d’affirmations et de prédictions.

 

Ils soutenaient que l’aviation russe bombardait des civils et accusaient le gouvernement russe de crimes de guerre. Ils disaient que l’action militaire russe radicaliserait la population, la dresserait contre la Russie. Ils prédisaient davantage d’attaques terroristes contre la Russie et prédisaient sa défaite.

Toutes ces affirmations et ces prédictions se sont révélées fausses.

La population locale n’était pas radicalisée. Au contraire, elle soutenait le rétablissement du gouvernement régulier et la défaite du djihadisme et du terrorisme. Les gens qui combattent aujourd’hui le djihadisme et le terrorisme dans le Caucase sont principalement des membres de la population locale.

La campagne militaire russe n’a pas échoué. Au contraire, elle a réussi, si bien qu’aujourd’hui la Tchétchénie est pacifique et stable.

Quant à la guerre qui provoque davantage de terrorisme djihadiste contre la Russie, le terrorisme djihadiste contre la Russie a commencé avant que la campagne militaire soit lancée.

C’est le terrorisme qui a incité la Russie à lancer la campagne, et il a constamment diminué depuis lors.

Nonobstant la fausseté avérée des affirmations qu’ils ont faites au début de la campagne russe en Tchétchénie en 1999, et l’échec complet de leurs prédictions, les mêmes experts occidentaux s’occupent maintenant d’émettre les mêmes affirmations et prédictions au début de la campagne aérienne russe en Syrie.

De nouveau ils prétendent que l’armée de l’air russe bombarde des civils –même si la preuve fait défaut, c’est le moins qu’on puisse dire. Une fois de plus, ils disent que les bombardements russes vont radicaliser la population et la dresser contre la Russie. Une fois de plus ils menacent la Russie avec un terrorisme djihadiste accru, et prédisent l’échec de la campagne aérienne russe.

Je ne suis pas prophète. Je ne sais pas comment cela va tourner.

Je demande cependant pourquoi on devrait s’attendre à ce que ceux qui ont eu tort auparavant aient raison cette fois.

Il me semble que les experts occidentaux font la même erreur aujourd’hui à propos de la Syrie que celle qu’ils ont commise auparavant à propos de la Tchétchénie.

Ils supposent avec témérité que les populations locales préfèrent le terrorisme et le djihadisme violent à la paix et à un gouvernement normal.

Ils fantasment sur l’existence d’une troisième force composée de gens qui s’opposent au gouvernement et de ceux qui le combattent et auxquels ils s’opposent aussi .

Que cette troisième force n’ait aucune existence hormis dans leur imagination a été confirmé en Tchétchénie, comme cela s’est confirmé au Vietnam, et c’est indubitablement vrai en Syrie aujourd’hui. Les États-Unis l’admettent.

Le dernier sondage en Syrie et en Irak met en évidence l’étendue de leur erreur.

Il montre un soutien très faible à État islamique en Irak et un faible soutien en Syrie.

Il montre des majorités écrasantes de Syriens et d’Irakiens rejetant le sectarisme, qui veulent que leurs pays restent unis et qui croient qu’État islamique est une créature des États-Unis.

Il montre une très forte conviction que les conditions en Syrie étaient meilleures avant la guerre.

Étant donné le danger qu’il y a à parler contre État islamique dans les zones qu’il contrôle, le sondage sous-estime presque certainement l’ampleur de l’opposition qu’il suscite.

Il montre une claire majorité de Syriens soutenant une position identique, pour l’essentiel, à celle du gouvernement russe : la fin de la guerre, la défaite des terroristes djihadistes, le retour à des conditions de vie pacifiques et des négociations sans conditions préalables entre les diverses factions en Syrie.

Ce qui souligne la véritable crainte des experts occidentaux.

Ce n’est pas que la Russie échoue en Syrie, aggravant la situation. Comme en Tchétchénie, leur véritable crainte est que la Russie réussisse, et améliore la situation.

Alexander Mercouris

Article original publié par Sputnik

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

Lire la suite

La Russie part en campagne pour écraser les Forces d’Al-Qaïda de la CIA

6 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #Le fascisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #La France, #Daesch, #ISIL, #Israël - palestine - Moyen-Orient

La Russie part en campagne pour écraser les Forces d’Al-Qaïda de la CIA

Arabie saoudite Crises/guerres Droit international Etats-Unis Irak Iran Qatar Russie Syrie Turquie
 
 

russie - sukoi

 

Avec quelques 125 frappes en trois jours, la campagne de bombardements russe poursuit sa progression. Les médias américains sont maintenant obsédés par l’idée que la Russie utilise peut-être des bombes « muettes » au lieu des « bombes barils » syriennes. C’est leur nouveau thème de propagande. Mais les vidéos de la base aérienne russe montrent qu’au moins une partie des avions sont armés de bombes KAB-500S-E guidées par satellite (GLONAST) qui sont des bombes «intelligentes» très précises. (D’autres photos et vidéos de la base aérienne russe montrent que la base est très confortable avec ses quartiers climatisées, sa tente mess, ses Gulaschkanonen (cuisines roulantes, ndt), sa boulangerie, sa blanchisserie etc. Cette base n’est pas une installation temporaire improvisée.)

De plus, en quoi est-il plus humain de tuer les gens avec une bombe précise qu’avec une «bombe stupide» ou une «bombe baril » ? Gaza a été bombardée par les Israéliens avec des bombes intelligentes (made in USA). Cela n’a pas conduit à moins de destructions ou de tueries. La bombe saoudienne (made in USA) qui vient d’être larguée sur un mariage au Yémen en assassinant 130 personnes, était aussi une bombe «intelligente» et elle est tombée exactement là où on voulait qu’elle tombe.

La plupart du temps, les Russes ont bombardé, comme je l’ai décrit plus tôt, le couloir qui mène à la frontière turque et qui est aux mains d’al-Qaïda, d’Ahrar Al Shams et des mercenaires de la CIA. Ils ont également bombardé Raqqa, la capitale syrienne de l’État islamique, et tué une douzaine de combattants. En réponse, l’État islamique a annulé la prière du vendredi à Raqqa, craignant apparemment que toute l’assemblée des combattants ne soit bombardée.

Amusant. Les États-Unis ont affirmé pendant toute l’année dernière qu’ils bombardaient sérieusement l’État islamique. Mais les prières du vendredi n’avaient jamais été annulées auparavant. Peut-on en conclure que l’État islamique ne croyait pas ce que disaient les États-Unis, mais craint maintenant que les Russes ne fassent réellement ce qu’ils disent ?

L’armée de l’air syrienne s’était abstenue de larguer des bombes près de la frontière turque, craignant, à juste titre, que la Turquie n’abatte un avion syrien. Mais la Russie peut maintenant le faire. Le bombardement au sol est maintenant réalisé par des avions d’attaque au sol construits pour ça, les Su-24, Su-25 et Su-34 et qui sont couverts par des avions de chasse Su-30M armés de missiles R-27 air-air de moyenne à longue portée, extrêmement véloces qui volent au-dessus d’eux. Ils abattraient tout avion turc qui tenterait d’attaquer les bombardiers russes. C’est juste pour être sûr qu’il ne vienne pas une idée idiote à  M. Erdogan.

La campagne aérienne est également bien coordonnée avec les forces gouvernementales syriennes sur le terrain. Voilà un extrait d’un article payant du Wall Street Journal :

[D]es milliers de rebelles se sont regroupés dans plusieurs enclaves au nord de Homs, dans des villes comme al-Rastan et Talbiseh. Des avions de guerre russes ont frappé des cibles civiles et militaires dans ces deux villes et dans cinq villages environnants, a déclaré Rashid al-Hourani, un officier de l’armée syrienne de la région qui a fait défection aux rebelles en 2012.

Il a déclaré que les frappes aériennes avaient été suivies d’un barrage de tirs d’artillerie à partir de plusieurs positions proches où des milices chiites et alaouites pro-régime ainsi qu’un groupe soutenu par l’Iran connu sous le nom de Brigade Ridha, s’étaient massées au cours des derniers jours.

L’armée syrienne va bientôt attaquer en coordination avec l’armée de l’air russe et va essayer de reprendre le nord du territoire, le long de l’autoroute M4 et M5. Cela permettrait de lancer une attaque plus large jusqu’à la frontière turque. Des renforts de troupes au sol en provenance d’Iran, d’Irak et du Hezbollah sont en chemin ou déjà arrivés. Nous assistons à la préparation d’une bataille plus importante.

Le Guardian lance la rumeur que les Etats du Golfe vont contrecarrer le mouvement russe en fournissant davantage d’armes:

Le mouvement de la Russie risque clairement d’être contrecarré par les pays qui soutiennent les rebelles. Selon un analyste indépendant, cette tentative aurait peut-être déjà commencé, avec les Qataris qui envoient — avec l’accord de l’Arabie saoudite — des avions remplis d’armes à des bases aériennes turques. « Je m’attends à un énorme afflux d’armes dans le nord pour tenter d’enrayer toute attaque terrestre du régime », a déclaré l’analyste.

« Les enjeux sont très élevés. »

Et les avions russes volent très haut. La plupart volent habituellement au-dessus de 5000 mètres et aucun missile de défense aérienne portatif (MANPAD) ne peut les atteindre. Les gens qui sont bombardés ne voient, ni n’entendent même pas les avions qui arrivent. Cela va changer avec les attaques de l’armée syrienne, et un soutien au sol plus direct sera nécessaire, mais les avions qui seront alors utilisés sont des Su-25 et Su-34 construits à cet effet et qui ont des cockpits blindés.

La base aérienne russe est protégée par une défense aérienne moderne installée au sol et sur les navires russes qui se trouvent dans la mer toute proche. Elle est protégée sur le terrain par environ 1250 marines russes. Elle contiendrait des munitions et autres fournitures pour au moins trois mois. Personne ne risque de prendre cette base et la campagne de la Russie à la légère. Pour s’y attaquer, il faudrait des forces très importantes et cela entraînerait presque inévitablement une guerre plus large avec la Russie qui est une superpuissance nucléaire. La Syrie est la sœur de la Russie (vidéo) et elle sera défendue.

L’administration Obama a donc décidé qu’elle n’interférerait pas avec les attaques russes contre les mercenaires de la CIA et leurs frères d’armes d’al-Qaïda. On trouve bien quelques déclarations inquiètes et provocatrices mais c’est juste des rodomontades.

Mais les candidates pour les prochaines élections présidentielles ne sont pas aussi avisées. Toutes les deux, Hillary Clinton et Carly Fiorina, ont appelé à la création pas les Etats-Unis d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie du Nord ce qui engendrerait évidemment une guerre avec la Russie et de ses alliés. Ces deux femmes veulent attaquer les forces russes pour défendre Al-Qaïda !

Note: Le pays qui doit décider qui vole ou non sur la Syrie est la Russie. Chers électeurs américains, s’il vous plaît ne laissez plus jamais ces maniaques s’approcher du pouvoir.

Les mercenaires de la CIA en Syrie – 10 000 hommes entraînés, armés et payés grâce à un  programme secret – coopèrent directement avec al-Qaïda et les terroristes du genre d’Ahrar Al Shams. Le NYT le reconnaît enfin dans ces deux articles aujourd’hui. Le premier dit:

Les combattants avançant sur ce front [nord] ne venaient pas de l’Etat islamique, mais de l’armée de conquête, un groupe qui comprend une filiale d’Al-Qaïda connue sous le nom de Front Nusra et d’autres groupes islamistes, ainsi que plusieurs groupes plus laïques qui ont été secrètement armés et entraînés par les États-Unis.

Le second article est consacré à l’armée de conquête:

L’alliance se compose d’un certain nombre de factions souvent islamistes, dont le Front Nusra, la filiale syrienne d’Al-Qaïda; Ahrar al-Sham, un autre grand groupe; et les factions rebelles plus modérées qui ont reçu en secret des armes des services de renseignement des États-Unis et de leurs alliés. 

Les groupes qui se battent ensemble dans l’armée de conquête partagent évidemment leurs armes, leurs munitions et d’autres fournitures. Ils ont aussi très probablement des idéologies similaires. La CIA, sous Obama, le général Petraeus et Brennan,  arment sciemment Al-Qaïda en Syrie et depuis un bon moment. Le NYT avait souligné, l’année dernière, que les mercenaires de la CIA travaillaient avec les islamistes, mais cet article était lénifiant et présentait cette collaboration comme quelque chose de peu d’importance. Il est également tout à fait étonnant que, dans entre l’article de 2014 et le deux article d’aujourd’hui, aucun article du NYT sur la Syrie n’ait mentionné cette collaboration. Le NYT s’est au contraire concentré sur la clownerie du Pentagone des « cinq rebelles modérés » qui était une simple diversion.

Le Pentagone fait semblant de ne rien savoir des personnes touchées par les bombardements russes sur les positions d’Al-Qaïda:

Q: McCain dit qu’ils ont frappé les rebelles soutenus par la CIA. Vous, les gars, vous avez sans doute les mêmes infos. Savez-vous si c’est vrai ou pas ? Où tout cela en est-il? 

COL. WARREN: Eh bien – encore une fois, Tom, je dirais que nous ne pensons pas qu’ils appartenaient à ISIL. Vous savez, qui soutient qui, vous savez, c’est… — Je ne vais pas entrer là-dedans. Non, je ne vais pas parler de ça, surtout qu’il s’agit de… — vous savez, ce n’est même pas d’une agence du Département de la Défense dont il s’agit là..

Je prends cela comme une confirmation.

Les Israéliens reconnaissent maintenant aussi qu’ils travaillent avec al-Qaïda:

Nusra et quelques milices locales sont en charge de la plus grande partie de la frontière de 100 km avec Israël du côté syrien du plateau du Golan. Au cours des dernières années, Nusra a légèrement édulcoré son idéologie militante sous l’influence du Qatar et de l’Arabie saoudite qui lui apportent un appui financier.

Nusra est en contrôle de la plus grande partie de la frontière, mais a respecté jusqu’à présent l’accord tacite de ne pas retourner ses armes contre l’Etat juif.

Nusra contrôle la frontière parce qu’Israël l’a aidé en tirant sur l’armée syrienne chaque fois que Nusra en avait besoin. L’article du Jerusalem Post, que je viens de citer, est également intéressant par rapport au fameux plan d’Odet Yinon car il confirme que le renseignement militaire israélien préside à la fragmentation des nations du Moyen-Orient en petites entités dirigées par des seigneurs de guerre :

Il y a quelques années, la communauté du renseignement a commencé à réévaluer la réalité chaotique qui émergeait au Moyen-Orient. Sur des plans élaborés par le Département de la recherche du MI, on peut voir que les états sont remplacés par des organisations… 

C’est aussi ce qui est prévu pour la Syrie. Mais avec la coalition qui se forme maintenant pour reprendre les territoires syriens, ce plan pourrait bien échouer.

Moon of Alabama

Article original : http://www.moonofalabama.org/2015/10/russias-campaign-to-snuff-off-cias-al-qaeda-forces.html

Traduction : Dominique Muselet

Source: http://arretsurinfo.ch/la-russie-part-en-campagne-pour-ecraser-les-forces-dal-qaida-de-la-cia/

Lire la suite