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Le blog de Lucien PONS

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La responsabilité des récitants de mantras – La liberté de la presse en question. Le 03 janvier 2017 par Chems Eddine Chitour

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les média

La responsabilité des récitants de mantras – La liberté de la presse en question


 
La responsabilité des récitants de mantras – La liberté de la presse en question.  Le 03 janvier 2017 par Chems Eddine Chitour

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/01/P170102-09.jpg

Il n'y a pas de presse au sens professionnel du terme

Il n’y a pas de presse au sens professionnel du terme

«Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi!» John Swinton, célèbre journaliste, le 25 septembre 1880, lors d’un banquet à New York quand on lui propose de porter un toast à la liberté de la presse (Labor’s Untold Story, de Richard O. Boyer and Herbert M. Morais, 1955/1979.)

Comment perdurent les conflits créés par les hommes? On peut invoquer mille et une raisons! Dans cette réflexion nous allons zoomer sur l’immense responsabilité du quatrième pouvoir qui est celui de l’information. C’est un fait! Il n’y a pas de presse libre; un exemple nous est donné par le journal Le Monde qui fut un journal de référence il y a bien longtemps. Dans un éditorial intitulé: «Syrie: le crime de trop appelle une riposte» appelant au meurtre et à la curée, Natalie Nougayrede du Journal Le Monde, ne laisse aucune place au doute. Ses références à prendre comme du pain béni sont occidentales. Poursuivant la technique du boutefeux, elle incite à la fierté: «La crédibilité des pays occidentaux, qui avaient parlé à des degrés divers de «ligne rouge», est en jeu…Un autre exemple sous la plume de la même boutefeux: «Iran: bombarder ou pas?» Madame Nougayrede s’empare de l’imaginaire des lecteurs, en leur imposant de fait sa certitude; il faut bombarder l’Iran, mais quand? Enfin, on ne peut pas ne pas citer la fascination de la journaliste pour Bernard-Henri Lévy et son épopée dans le lynchage d’El Gueddafi. Mais ce journal n’est pas le seul média français se livrant à la désinformation outrageuse. La radio RTL (1ère radio) rivalise avec le journal Le Monde, car en plus d’abêtir les auditeurs, elle se complaît dans la collaboration avec l’impérialisme occidental, dominé par le système anglo-saxon.

Le mensonge érigé en dogme du magister dixit

Le très puissant New York Times symbolise bien l’année médiatique difficile des médias occidentaux. Ses dirigeants ont même appelé à se remettre en question L’année écoulée s’est montrée difficile pour les médias de masse occidentaux. Entre prévisions erronées, crédibilité entachée et manque de confiance de la part de la population, certains ont même appelé à se remettre en question. «Les médias d’information ont largement manqué ce qui se passait autour d’eux…» Cette analyse de Jim Rutenberg, médiateur du très célèbre New York Times, au lendemain de l’élection de Donald Trump, est à l’image de l’année médiatique de bon nombre de titres de presse occidentaux. Que ce soit à propos du Brexit, de l’élection présidentielle américaine ou des chances de François Hollande de faire un second mandat, 2016 s’est montrée cruelle pour les médias mainstream. La réalité a balayé la plupart de leurs prévisions au sujet de ces grands événements qui ont marqué l’année. Mais plus que ces analyses ratées, c’est au niveau même de la couverture de certains sujets comme la bataille d’Alep qu’ils sont critiqués. Le niveau de défiance de la population occidentale envers ses médias atteint désormais des sommets.» (1)

Alep, tombeau du mainstream?

La libération de la seconde ville de Syrie par l’armée de Bachar el-Assad et ses alliés a été l’un des événements les plus marquants de cette fin d’année. Avant que Damas annonce le 22 décembre avoir repris le contrôle de la totalité de la ville, de nombreux médias occidentaux ont accusé l’armée arabe syrienne d’avoir commis des exactions sur les civils d’Alep-Est. La ville aurait été «en flammes», noyée sous les bombardements des avions syriens et russes et la majorité de la presse occidentale plaignait le sort des «rebelles modérés» en passe de perdre la bataille. La machine médiatique en marche a cependant été freinée à plusieurs reprises par des voix discordantes de plus en plus nombreuses. Notamment celle de l’humanitaire français Pierre Le Corf, «Beaucoup de médias ont diffusé des scènes de massacres, […] des gens brûlés vivants», a-t-il déclaré à Sputnik le 14 décembre, ajoutant qu’«en étant ici je n’ai jamais entendu parler de ça. J’ai entendu parler de ça dans les médias. […] Ça me semble difficile à vérifier.» Visiblement agacé par les publications de l’humanitaire montrant des gens heureux de la libération de la ville, plusieurs médias ont attaqué sa crédibilité, l’accusant d’être à la solde du «régime syrien». (1)

De même, la journaliste indépendante canadienne Eva Bartlett a beaucoup fait réagir après son intervention lors d’une conférence de presse organisée par la mission syrienne auprès de l’ONU. Répondant à la question d’un journaliste norvégien, elle avait fait voler en éclat la rhétorique des médias mainstream sur la Syrie. Elle avait notamment évoqué le manque de crédibilité des sources des journalistes occidentaux comme l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) ou les fameux Casques blancs et avait nié les accusations d’une partie de la presse qui voulait que l’armée de Bachar el-Assad ait commis des crimes sur des civils. (2)

Vanessa Beeley, journaliste indépendante britannique, a également fait parler d’elle en démontant le mythe des Casques blancs. Présentés par une partie de la presse comme une ONG humanitaire, ils ont même été pressentis pour obtenir le prix Nobel de la paix. «Il y a des preuves du soutien aux terroristes en Syrie par ‘les Casques blancs »».

Les mensonges assumés et têtus des médias français

Dans le paysage audiovisuel français aussi, certaines voix bravent la doxa sur la Syrie. Le 21 décembre, Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) était l’invité d’Yves Calvi sur LCI. Dénonçant «une falsification de l’information qui est énorme» concernant Alep, il a tenu à livrer quelques éclaircissements: «Il y a un tiers des quartiers d’Alep, seulement un tiers, qui sont victimes des bombardements, et – j’insiste – c’est un tiers de la ville où des djihadistes dangereux sont présents et ce sont ces djihadistes qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens et sur le reste de la ville ce dont on ne parle jamais.» «On se fait rouler dans la farine avec Alep?», s’était même interrogé Yves Calvi qui tenta de se distancer de la réalité qu’il a contribué à marteler en boucle. Le dernier coup dur à la version dominante sur Alep est venu d’une actrice et réalisatrice bolivienne de retour d’un séjour de huit mois en Syrie pour tourner un documentaire. (..) Sur CNN le 21 décembre, elle est également revenue sur les tweets de Bana, la petite fille syrienne qui racontait son quotidien d’enfant à Alep-Est c’est juste impossible. J’ai été sur place… franchement… il n’y a pas d’Internet, spécialement dans cette partie d’Alep, il n’y a pas d’électricité depuis plus de 85 jours, je ne pense pas qu’elle était à Alep. Montrez-moi une vraie vidéo du moment où elle est exfiltrée d’Alep-Est.»(4)

L’intellectuel Alain de Benoist n’y va par quatre chemins: Il dénonce une douce complicité. Il écrit: «La grande majorité des journalistes est sincère. Ils sont persuadés d’être toujours dans le vrai parce qu’ils sont victimes de stratégie de persuasion qu’ils relaient. L’immense majorité adhère à la vulgate, libérale libertaire, ce mélange d’idéologie des droits de l’homme de convenance, d’antiracisme, de progressisme, mais de révérence au marché du politiquement correct. Ils en reprennent tous les mantras, unanimismes à condamner le populisme, le protectionnisme, l’identité, la souveraineté, tous persuadés que les hommes sont partout les mêmes et que leur avenir est de convenir au grand marché mondial. Le métier de journaliste n’est pas facile, il demande de l’humilité et non un surcroit de prétention.» (5)

Un exemple d’enfumage même des plus grands journaux? «Reprenant sans pincettes un rapport du FBI, le très sérieux Washington Post a assuré que le piratage d’une centrale électrique du Vermont avait été organisé par la Russie. Le problème? La fameuse centrale a indiqué… qu’elle n’avait pas été hackée. Sans prendre la précaution de vérifier l’information, venue de supposition des services de renseignements américains, le journal n’hésite pas à relayer le commentaire incendiaire du gouverneur démocrate de l’Etat du Vermont, Peter Shumlin, qui qualifie Vladimir Poutine de «l’un des plus gros voyous du monde», conclut, un brin hâtivement: «Cet épisode devrait souligner le besoin urgent pour notre gouvernement fédéral [américain] de pourchasser vigoureusement et de mettre un terme à ce genre d’ingérence russe.»(6)

La fabrication de la normalité

C’est par ces mots que C.J. Hopkins définit le sacerdoce de la presse mainstream qui s’invente des fausses nouvelles contre lesquelles elle doit lutter: Il écrit: «Vers la mi-novembre, à la suite de la défaite d’Hillary Clinton les autoproclamés Gardiens de la Réalité, mieux connus sous le nom de médias tenus par le monde des affaires, ont lancé une campagne mondiale de marketing contre le maléfique et perfide fléau des «fausses nouvelles». Cette campagne a maintenant atteint le stade de l’hystérie. Les médias de l’ensemble de l’Empire diffusent quotidiennement des avertissements terrifiants sur la menace imminente et existentielle contre nos libertés, la menace des«fausses nouvelles».(…) Qui est derrière cette menace de «fausses nouvelles»? Eh bien, Poutine naturellement, mais pas seulement Poutine. (…) Heureusement pour nous, les médias d’entreprise sont à fond sur la piste de cette bande de scélérats. Comme vous le savez sans doute, le Washington Post a publié récemment un sensationnel article qui diffame sans vergogne des centaines de publications alternatives (comme celle que vous lisez) en les traitant de «camelots de la propagande russe». (…) Une foule de publications dangereusement extrémistes, comme CounterPunch, The Intercept, Rolling Stone, The Nation, The New Yorker, Fortune Magazine, Bloomberg et US News & World Report, ont fustigé le Washington Post pour ses pratiques journalistiques «bâclées», «douteuses» ou de bas niveau. L’obsession actuelle des médias à l’égard des «fausses nouvelles» cache le fait qu’il n’y a pas de «vraie nouvelle» et produit simultanément «de vraies nouvelles», ou plutôt leur apparence. (7)

Les citoyens s’informent lucidement d’une façon alternative

Ariane Walter a, à sa façon, décrit le combat des sans-dents pour une vraie information. «2016 a été l’année la plus surprenante, la plus folle, la plus prometteuse. Les grands prédateurs qui dirigent et saignent notre monde se sont pris claque sur claque. Les réseaux sociaux qui sont la voix des sans-dents, ont été tellement vifs, actifs, drôles, puissants, que la clique agonisante, dans un dernier gargouillis, balbutie qu’elle veut les interdire! Dans les merveilleux souvenirs de 2016, nous avons d’abord, débordant des poubelles de l’Histoire, les têtes des médias dits les merdias, qui ont pris une saucée mémorable. Ils prévoyaient un «non» au Brexit. Ce fut un «Oui». Ils prévoyaient Clinton, ce fut Trump. Ils prévoyaient Juppé, ce fut Fillon. (…) Quelle belle année, avec au pied de la guillotine les têtes de Clinton, Obama, Cameron, Sarkozy, Juppé, Renzi, Hollande!!! (…)Parce que nous le voulons, parce que nous le disons, parce que les myriades de barques de notre humanité humaine sont prêtes à voler tant 2016 a été si surprenante, si drôle, si prometteuse, si quantique dans son explosion irrépressible et libre!! 2017, pupuce, tu as un sacré héritage!» (8).

Et en Algérie?

Avons-nous une presse libre? Avons-nous une presse professionnelle, Mon sentiment après avoir contribué modestement à l’émergence de la presse «libre» est qu’il n’y a pas de presse au sens professionnel du terme. Il n’y a pas de presse libre. A des degrés divers et pour des raisons diverses notre presse ne peut pas dire ce qui est dans un sens ni dans l’autre. Certaines fois l’action du gouvernement – même si elle est constructive, ne trouve pas grâce à ses yeux. D’autre fois c’est le contraire c’est «la pommade» sans retenue. S’agissant de l’appréciation de la situation internationale, en règle générale, il n’y a pas de mon point de vue d’analyse objective il y a un suivisme sans un minima de critiques, l’exemple de la situation en Syrie est symptomatique, pratiquement tous les journaux dits «libres» et de réputation répercutent la doxa occidentale participant ce faisant au formatage des imaginaires algériens dans le sens des médias mainstream allant jusqu’à répercuter des expressions toutes faites comme le mot «boucher» pour qualifier Assad, selon la lexicologie des BHL, des Fabius et les mantras concernant les élucubrations de l’Osdh qui fait une comptabilité macabre au jour le jour (150 morts par jour pendant 2000 jours) bien embusqué à Londres.

De l’autre côté, les journaux arabophones, ont en règle générale une opinion différente certaines fois justes, mais souvent pour des raisons idéologiques ou religieuses!

Enfin il y a les journaux du pouvoir condamnés à être des laudateurs sans état d’âme et ne pas sortir des clous. Le journaliste Pulitzer, fondateur du prix du même nom, fondé en 1917 recommande d’être sans pitié pour les escrocs:

«Il n’est pas un crime, pas un truc, pas un sale coup, pas une escroquerie, pas un vice qui ne perdure sans le secret qui l’entoure. Exposez ces faits au grand jour, décrivez-les, attaquez-les, ridiculisez-les dans la presse et tôt ou tard l’opinion publique les chassera. La publicité n’est peut-être pas la seule chose nécessaire, mais c’est une chose sans laquelle toutes les autres démarches resteront vaines.»

Le sociologue Pierre Bourdieu professeur au Collège de France recommandait pour sa part de donner la parole aux citoyens: «Il serait temps que les journalistes apprennent à reconnaître qu’un propos peut être très important intellectuellement ou politiquement, lors même qu’il émane d’un simple citoyen inconnu ou isolé, ou, au contraire, tout à fait insignifiant, lors même qu’il émane d’un homme politique «important» ou d’un porte-parole autorisé d’un «collectif», ministère, Église ou Parti.» Pour sa part et dans un hommage à Wilfred Burchett T.D. Allman écrit: «Le journalisme véritablement objectif non seulement rapporte correctement les faits, mais en tire leur véritable signification. Il résiste à l’épreuve du temps. Il est validé non seulement par des «sources sûres», mais aussi par le déroulement de l’Histoire.

C’est un journalisme qui, dix, vingt ou cinquante ans après les faits, tient encore la route et donne un compte-rendu honnête et intelligent des évènements.»

Tout est dit.

Pr Chems Eddine CHITOUR

1.https://francais.rt.com/international/31575-2016-annee-noire-pour-medias-mainstream
2.https://francais.rt.com/france/30697-quand-inrocks-pensent-denoncer-video-complotiste-se-font-recadrer-lecteurs…

La responsabilité des récitants de mantras – La liberté de la presse en question.  Le 03 janvier 2017 par Chems Eddine Chitour


3.https://francais.rt.com/opinions/27507-soutien-terroristes-casques-blancs…
4.https://francais.rt.com/international/31459-actrice-bolivienne-retour-syrie-met-a-mal-version-medias-occidentaux-alep…
5.http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/ici-les-journalistes-ne-sont-pas-les-victimes-de-la-censure-mais-les-vecteurs,264005
6.http://reseauinternational.net/le-washington-post-publie-la-fausse-histoire-dune-centrale-americaine-soi-disant-hackee-par-moscou/#ZZF2aGg4PwKzjg2O.99
7.C.J. Hopkins http://lesakerfrancophone.fr/la-fabrication-de-la-normalite
8.Ariane Walter https://www.legrandsoir.info/2016-l-annee-quantique.html

Chems Eddine Chitour

Professeur à l'Ecole Polytechnique d'Alger

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L’hécatombe de la guerre de Syrie, six ans après son déclenchement. Par René NABA. Partie II

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #l'horreur économique, #Israël et la Palestine

L’hécatombe de la guerre de Syrie, six ans après son déclenchement. Par René NABA.

Partie II 

L’hécatombe de la guerre de Syrie, six ans après son déclenchement. Par René NABA. Partie II

La Turquie

Indice prémonitoire ? Deux des plus grands conjurés de Syrie, la France et la Turquie, -ses anciens équarrisseurs-, porteront les stigmates de la guerre, symboliquement, le même jour à la sixième année du conflit, la France, avec le carnage de Nice du 14 juillet 2016 et la Turquie avec le coup d’état anti-Erdogan, le lendemain.

Ployant sous le souffle du boulet, Recep Tayyib Erdogan a dû auparavant sacrifier deux des plus proches collaborateurs, -Abdullah Gûl et Ahmet Davutoglu-, victimes de la boulimie du sultan ottoman, alors que la Turquie, fer de lance de la guerre contre la Syrie, est désormais en proie à une guérilla interne, victime à la fois de la recrudescence de l’irrédentisme kurde et des coups de butoir de Daech, leur pupille vindicatif.

Le contre-coup d’état d’Erdogan a débouché sur le bilan suivant : 18. 000 personnes placées en détention, parmi elles, 9.677 officiellement arrêtées et attendent de passer en jugement et 50. 000 passeports confisqués.
66.000 employés du secteur public, dont 43. 000 dans l’enseignement, ont été limogés, une centaine d’établissements scolaires fermés et les médias durement muselés.

130 médias ont été interdits, 89 mandats d’arrêts émis contre des journalistes. 45 journaux, 16 chaînes de télévision, 3 agences de presse, 15 magazines, 23 stations de radio et 29 maisons d’édition fermés dans le pays.
Des journalistes compatissants ont même été jusqu’à déplorer la solitude de la Turquie face à son environnement hostile, constitué, selon eux, d’une brochette d’«états voyous», d’états sans foi ni loi : la Russie, l’Iran, l’Irak et la Syrie.

C’est oublier un peu vite le statut privilégié de la Turquie, membre de l’OTAN, unique pays musulman d’ailleurs membre de l’alliance atlantique et sa sentinelle avancée sur le flanc sud de la Russie. C’est occulter son partenariat stratégique avec Israël, unique pays musulman, là aussi, disposant d’un tel statut, à tout le moins publiquement, de même que son rôle de base arrière du djihadisme planétaire dans la guerre de Syrie.

L’impunité, enfin, dont elle jouit du fait du génocide arménien ou encore sa féroce répression des Kurdes de Turquie.

Machiavélique, manipulateur, un tantinet démagogue, Reccep Tayyip Erdogan avait inauguré son règne par une diplomatie néo-ottomane se proposant d’aboutir à «zéro problème» avec son voisinage arabe. Au terme de treize ans de règne sans partage, le nouveau Sultan se retrouve avec «zéro ami» dans son environnement hostile et une foultitude de problèmes dans son homeland sur fond d’irrédentisme kurde et de politique vindicative de Da’ech, son ancien pupille.

En 2015-2016, Istanbul et Ankara ont été secouées par une série d’attentats qui ont fait près de 300 morts, des centaines de blessés et créé un climat de forte insécurité. Depuis juin 2015, la Turquie est régulièrement le théâtre d’attentats terroristes meurtriers qui ont tué au moins 200 personnes. Les deux derniers en date ont visé Istanbul, l’aéroport Atatürk, le 28 juin 2016, puis six mois plus tard, la discothèque Reina, le 1er janvier 2017, lors de la soirée du nouvel an, faisant 39 tués, dont 16 étrnagers et 69 blessés.

L’isolement de la Turquie a conduit Erdogan a renoué dans des conditions humiliantes avec Israël, sans la levée du blocus de Gaza, fragilisant la branche palestinienne des Frères Musulmans, en accentuant le discrédit de son chef politique Khaled Mecha’al, placé, désormais, inéluctablement, sur un siège éjectable.

L’Arabie Saoudite : 30 attentats Da’ech en 2015, soit un attentat tous les 12 jours

En tête du palmarès morbide sur le plan arabe figure l’Arabie Saoudite, l’incubateur du djihadisme salafiste et destructeur du Monde arabe, avec trois morts sur le tapis ainsi que la dilapidation du patrimoine financier du Royaume en même temps que la puissance économique arabe.

À la trappe, le roi Abdallah, Saoud Al Faysal, l’inamovible ministre saoudien des Affaires étrangères pendant quarante ans et tenant d’une ligne dure de la diplomatie islamiste, enfin le Prince Bandar Ben Sultan, le cappo di tutti cappi du djihadisme planétaire, le grand vaincu de la guerre de Syrie, en traitement médical prolongé s’apparentant à un meurtre politique symbolique.

Le royaume saoudien, lui, est embourbé dans le marécage yéménite dans une guerre dérivative à son combat contre son pupille Daech, promu au rang d’ennemi N°1 d’une bonne fraction de la planète, dont il subit impitoyablement les coups de butoir. 30 attentats rien qu’en 2015, soit un attentat tous les douze jours.

Mieux, la fin du Ramadan 2016 a été saluée par trois attentats notamment contre le consulat américain à Djaddah, le 4 juillet, le jour de la fête nationale américaine, contre une mosquée chiite à Qoteif, en zone chiite, ainsi que devant un barrage de sécurité à proximité du sanctuaire de La Mosquée du Prophète à Médine, à l’heure de l’Iftar, le repas quotidien qui marque la rupture du jeune. Ces attentats qui ont fait 4 morts et 5 blessés sont intervenus à quelques semaines du début du grand pèlerinage annuel de La Mecque et témoignent de la porosité des services de sûreté saoudiens.

Le Qatar : Waddah Khanfar (Palestine), Youssef Al Qaradawi (Egypte) et Ahmad Al Assir (Liban)

Deuxième dans l’ordre des vaincus arabes, le peit wahhabite, le Qatar, avec la démission forcée sur ordre de leur parrain américain des deux démiurges du «printemps arabe», l’émir du Qatar, Cheikh Khalifa Ben Hamad Al Thani, Air and Field Marshall de la campagne de Tripolitaine et de la Cyrénaique, et son cousin et premier ministre, Cheikh Hamad Ben (HBJ), le tandem qui se proposait de faire de Bab-Amro, banlieue de Homs, en Février 2012, le «Stalingrad du Moyen-orient».

Dans la même fournée des trappés de l’histoire, le voltigeur en chef du Qatar, le prédicateur de l’Otan, Cheikh Youssef Al Qaradawi et le néo-islamiste Waddah Khanfar, Directeur de la chaîne «Al-Jazira», dégagé de son poste aussitôt sa sale besogne accomplie pour pantoufler au Conseil d’administration de l’«Open Society» du milliardaire George Soros.

Au passif du Qatar aussi, le cheikh salafiste libanais Ahmad Al Assir voué à couper, depuis son faux fief de Saida, le ravitaillement stratégique du Hezbollah vers la zone frontalière libano-israélienne.

L’homme de paille du Qatar a été piteusement intercepté à l’aéroport de Beyrouth alors qu’il tentait d’échapper à la justice vers le Nigeria, après avoir tendu une embuscade à l’armée libanaise, tuant lui et ses compagnons près de 30 soldats, soit autant que la totalité des pertes de l’armée libanaise face à Israël,en 70 ans d’hostilité.

La Confrérie des Frères Musulmans

La Confrérie des Frères Musulmans, le plus ancien parti pan-arabe, qui échoue pour la troisième fois de son histoire aux portes du pouvoir, avec le dégagement sans ménagement de Mohammad Morsi (Égypte), au terme d’un an de pouvoir et condamné depuis lors à la prison à vie.

Avec au titre de dommage collatéral, la mise en échec du duo tunisien Rached Ghannouchi et Mouncef Marzouki, la caution laïque d’un gouvernement néo islamiste ainsi que le discrédit politique du chef politique du Hamas, Khaled Mech’al, pour son alignement sectaire sur la frange la plus obscurantisme de l’Islam politique et sa quête d’un refuge à Doha, à 30 km de la plus importante base américaine du Tiers monde la Base du Centcom.

L’imposture de Tawakol Karmane

L’offensive collective du pacte sunnite de la contre-révolution arabe sous l’égide de l’Arabie Saoudite, en mars 2015, a révélé en outre l’imposture de la passionaria de la révolution yéménite, Tawakol Karmane, Prix Nobel de la Paix, première femme arabe proche de la confrérie des Frères Musulmans, à bénéficier de cette distinction, cas unique dans l’histoire du Monde.

Bénéficiaire des subsides de «National Endowment For Democracy» dans les trois ans qui ont précédé le «printemps arabe», Tawakol est la sœur de Safa Karmane, journaliste d’Al Jazira, le fer de lance de la guerre médiatique des Frères Musulmans pour la conquête du pouvoir lors du «printemps arabe».

La lauréate a en effet fait des offres de service aux Saoudiens pour faire office de «passerelle entre la jeunesse saoudienne et le gouvernement de Riyad», sans la moindre objection sur le statut des femmes en Arabie saoudite, l’un des plus restrictifs de la planète ; sans la moindre contrepartie concernant le statut des femmes yéménites dont 57 % sont des analphabètes, vivant sous la loi patriarcale du mariage forcé.

L’opposition off shore syrienne

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/01/bourhane-ghalioun.jpg

bourhane-ghaliounGrande perdante de cette épreuve de force, l’opposition syrienne off-shore, qui se proposait sous impulsion occidentale d’être la relève d’une «Syrie démocratique, pluraliste et laïque», a été phagocytée par l’inconsistance de ses meneurs, leurs querelles d’ego, leur cupidité et leur extrême servilité à l’égard de leurs anciens colonisateurs.

 

Exit les binationaux franco-syriens Bourhane Ghalioune, le premier président de la coalition islamo-atlantiste de l’opposition syrienne et sa porte-parole, Basma Kodmani, de même que bon nombre de dirigeants de l’Armée Syrienne Libre (ASL) notamment Abdel Kader Tlass de la brigade Farouk à la réputation sulfureuse, Ryad Al Assaad et Souheil Idriss

Malgré le budget de propagande de près de 4 millions de dollars alloué par le ministère britannique de la défense pour bonifier depuis la Turquie l’image des djihadistes via «Innovative Communications and Strategies, Inco str».

Malgré les colossaux contrats d’armement consentis par les pétromonarchies attribués à la France pour acheter sa consciente et accréditer l’image que les zombies criminogènes de la branche syrienne d’Al Qaida «Jabhat An Nosra» étaient éminemment fréquentables.

Qu’un universitaire français, par ailleurs auteur du «Malaise arabe», Bourhane Ghalioune, parachuté par la France à la tête de l’opposition off shore syrienne, fasse joujou, aux premiers jours du soulèvement anti-assad, avec un fusil mitrailleur, en compagnie du porte-parole d’un groupement djihadiste terroriste en Syrie, Mohammad Al Adanani, résume à lui seul la mystification occidentale et l’imposture des révolutionnaires du «printemps arabe» en Syrie.

Le dévoiement des figures de proue de la contestation progressiste arabe : Michel Kilo et Azmi Bishara

Deux figures de proue de la contestation progressiste arabe, Michel Kilo, ancien prisonnier politique en Syrie et Azmi Bishara, ancien député palestinien du parlement israélien, tous deux anciens communistes, ont opéré une reconversion spectaculaire faisant allégeance au Roi Dollar et aux vertus lubrifiantes des pétro-dollars.

Icône défraîchie de l’opposition syrienne, Michel Kilo, l’ancien pensionnaire des geôles du pouvoir baasiste mutera en commensal du prince Bandar, avant la carbonisation de l’ancien chef du djihadisme planétaire.

Membre de la Knesset (1996-2007), Azmi Bishara, issu d’une famille chrétienne palestinienne, membre fondateur du parti BALAD- farouche défenseur de la laïcité par opposition au concept d’«État juif»- se ralliera, lui, à la frange la plus obscurantiste de l’Islam, l’Islam wahhabite.

Azmi Bishara se fourvoiera en public, en direct, depuis les écrans de la chaîne du Qatar Al Jazira, en suggérant au présentateur du journal, hors antenne mais micros ouverts, de négliger les troubles de Jordanie, à l’époque violents, pour se focaliser sur la Syrie, exclusivement sur la Syrie, «aux événements prometteurs», avait-il prédit depuis son exil pétrodollarisé de Doha.

Boudé désormais par l’intelligentzia arabe, Azmi Bishara s’est replié sur son nouveau fief, pays le plus antinomique de la laïcité qu’il préconisait contre Israël, pour diriger le nouveau porte-voix de la principauté, le journal «The New Arab» (Les Nouveaux Arabes), qu’il souhaite façonner sans doute à son image : Reptile et Servile.

Autre dommage collatéral : La chaîne Al Jazira passée en trois mois du rôle prescripteur de l’hémisphère sud au lanceur d’alerte des menées atlantistes contre le Monde arabe. Avec à la clé le licenciement de 1.200 de ses employés.

Du côté djihadiste, Ad Patres, 10 des figures de proue de la nébuleuse :

  • Zohrane Alllouche, chef de Jaych Al Islam, tué dans un raid de l’aviation syrienne le 25 décembre 2015
  • Hassan Abboud, (Abou Abdallah Al Hamaoui), fondateur d’Ahrar Al Cham (les Hommes Libres du Levant), dont le mouvement a été décapité avec l’élimination de 40 de ses dirigeants lors d’un ténébreux attentat à l’automne 2014
  • Omar Al Shishani, le responsable militaire de Daech
  • Djamil Raadoun, chef du Soukour Al Ghab (Les Faucons de la Forêt), assassiné en Turquie même, l’autre parrain du djihadisme salafiste.
  • Abdel Rahman Kaddouli (de son nom de guerre Hjaji Imam), N°2 de Daech et son ministre des finances, tué par un raid aérien américain en Irak le 25 mars 2016.
  • Abou Hayjja Al Tounsi, dirigeant militaire de Daech, tué le 31 mars 2016, par un drone américian à Raqqa (Syrie)
  • Abou Firas Al Soury (de son vrai nom Radwane Al Nammous), porte-parole d’Al Nosra
  • Deux dirigeants de premier plan de Daech : Abou Mohammed Al-Adnani et Waêl Adil Hassan Salman Fayad. Seul Syrien au sein de la direction de Daech, Al-Adnani, né en 1977 dans la province d’Idlib, était considéré comme le «ministre des attentats» du groupe et le chef de ses opérations extérieures. Vétéran du djihad et porte-parole du groupement terroriste, Taha Sobhi Fallaha (de son vai nom) a été tué dans un raid aérien visant la ville d’Al Bab, le dernier bastion de l’EI dans la région d’Alep, le 30 août 2016. Quant à Waêl Adil Hassan Salman Fayad, ministre de l’Information du groupe Etat islamique, il a été tué dans un bombardement aérien de la coalition anti djihadiste le 7 septembre près de Raqqa en Syrie, soit une semaine après son compère Al Adnani.

Enfin, les chefs du «Front du Fatah Al Cham», la nouvelle mouture de Jabhat An Nosra :-Abou Omar Saraqeb, chef militaire de ce groupement et son adjoint Abou Mouslam Al Chami, mi septembre 2016, tués dans leur PC alors qu’ils préparaient un plan de reconquête d’Alep. Alors qu’il était à la tête de Jabhat An Nosra, Abou Omar Saraqeb avait conquis au début de la guerre Idlib et Jisr Al Choughour.

Liban

Wissam Al Hassan, la dague sécuritaire du dispositif saoudo américain au Moyen-Orient, chef de la section des informations des Forces de Sécurité Intérieures Libanaises du Liban et chouchou des Français, a lui aussi, été carbonisé, à la manière de son mentor Rafic Hariri, dans un attentat le 19 octobre 2012, dans ce qui apparaît comme une réplique contre le dynamitage du Quartier Général syrien commis quatre mois plus tôt à Damas.

Son patron Saad Hariri, le planqué de Beyrouth, a été, lui, caramélisé par sa gestion hasardeuse du patrimoine familial. Et son empire médiatique ébranlé, notamment son fleuron européen, Radio Orient, en état de quasi faillite.

Sous l’impulsion de Saad Hariri, la criminalisation du Hezbollah :

À l’instigation de Saad Hariri, furieux d’avoir été débarqué sans ménagement de son poste de premier ministre, des parlementaires américains d’origine libanaise, -Nick Rahhal, Charles Boustany et Darrel Issa- ont entrepris de criminaliser le Hezbollah, en 2011, par l’adoption par le congrès du HATA (Hezbollah Accountability Act), sur le modèle de la Syrian Accountability Act, adopté, lui, neuf ans plus tôt.
Deux textes législatifs américains adoptés dans le vain espoir de faire pression sur la formation chiite et son allié syrien en vue de les contraindre à souscrire à son retour au pouvoir à Beyrouth et se conformer à l’ordre saoudo américain.

Intervenu près d’un an avant la mise sur pied de la coalition de l’opposition syrienne off-shore, sous la houlette franco turque, la pression diplomatique du clan Hariri a été aiguillonnée notamment par un autre parlementaire américano-libanais, proche du lobby sioniste aux États-Unis, Anthony Nicy ainsi que par Walid Farès, ancien cadre dirigeant des milices chrétiennes libanaises durant la guerre civile libanaise (1975-1990) et recyclé aux États-Unis en tant que conseiller auprès de la commission de la lutte anti-terroriste au sein du sénat américain et conseiller diplomatique de Donald Trump. (Cf. Le journal libanais Al Akhbar en date 24 juin 2011)

Mais six ans après le déclenchement de la guerre de Syrie, Saad Hariri paraît abandonné par ses protecteurs saoudiens, en état de quasi faillite, déconsidéré auprès de ses électeurs, alors que le Royaume saoudien ploie sous la menace d’une arme de destruction massive la Loi Jasta votée par le Congrès américain ouvrant la voie à des poursuites contre l’Arabie pour sa responsabilité présumée dans le raid taliban contre les symboles de l’hyperpuissance américaine (11 septembre 2001) et dont les indemnités compensatoires sont estimées à trois trillions de dollars.

Buvant la coupe jusqu’à la lie, l’ancien chef de file du camp saoudo américain au Liban a dû ployer sous les fourches caudines de son rival, le Hezbollah, souscrivant à l’élection du candidat du parti chiite à la présidence libanaise, le général Michel Aoun, signant par là même un revers diplomatique majeur de ses anciens parrains saoudiens, au delà de leurs mentors communs, les pays occidentaux.

De quoi vous ôter l’envie de mener une dolce vita tapageuse sur la Riviera française.

René Naba


 
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L’hécatombe de la guerre de Syrie, six ans après son déclenchement. Par René NABA. Partie I

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Turquie, #Israël et la Palestine, #Le Liban

L’hécatombe de la guerre de Syrie, six ans après son déclenchement. Par René NABA.
 
L’hécatombe de la guerre de Syrie, six ans après son déclenchement. Par René NABA. Partie I

«Saladin ! Réveille-Toi Nous sommes revenus ! Le petit fils de Godefroy de Bouillon est devant toi, où sont les tiens ?»

Proclamation du Général Gouraud entrant à cheval à Damas et piétinant le catafalque du tombeau de Saladin à l’intérieur de la Mosquée des Ommeyyades.

Cet exergue est dédié à la cohorte des supplétifs binationaux franco-syriens engagés corps et âmes dans une entreprise de destruction de leur patrie d’origine afin de les inciter à cambrer l’échine dans un sursaut de dignité.

«La psychiatrie arabe devra un jour s’attacher prioritairement à interpréter cette singulière prédisposition des binationaux franco-syriens à se dévouer pour une fonction supplétive de deux pays (France-Turquie) à l’origine du démembrement de leur partie d’origine, Alexandrette (Syrie).

Les Arabes n’ont pas vocation à être des éternels harkis, ni à configurer leur pensée en fonction des besoins stratégiques de leurs prescripteurs occidentaux. Libres aux occidentalistes d’amplifier les mots d’ordre de leurs employeurs, mais il est impératif pour les Arabes de développer une pensée fondée sur les intérêts à long terme du Monde arabe. Wa Ou’zira Man Anzar». RN.

In Memoriam

François Hollande a abordé, en Janvier 2017, la phase crépusculaire de son mandat quinquennal en renonçant à briguer un second mandat, dans une démarche qui a été perçue comme une capitulation en rase campagne du foudre de guerre de Syrie, alors que la «bête noire de la France en Syrie», le président Bachar Al Assad, demeure en poste, aux commandes de son pays, sans la moindre perspective d’un dégagement immédiat, sans la moindre garantie d’une promesse de dégagement

En six ans de guerre, l’homme qui devait tomber tous les quinze jours, «l’homme qui ne méritait pas de vivre sur terre», a vu bon nombre de ses ennemis résolus, déraper vers les oubliettes de l’histoire, alors que le nouveau déploiement russe sur le littoral syrien a brisé le monopole des airs et de la navigation en Méditerranée, détenu jusque là par le camp atlantiste.

En dix sept ans de pouvoir, dont six de guerre, Bachar Al Assad, en un vieux remake de la guerre d’Irak, a assisté au trépas politique de ses principaux ennemis : Mohammad Morsi (Égypte), Rached Ghannouchi (Tunisie), l’Emir du Qatar, Khalifa Ben Hamad Al Thani, George Bush Jr, Condoleeza Rice, -les artisans de la Syrian Accountability Act (2002)- déclenchant le compte à rebours de la guerre contre la Syrie-, Barack Obama et Hillary Clinton (États-Unis), Tony Blair et David Cameroun (Royaume Uni), François Hollande et Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Manuel Valls et Laurent Fabius, le petit télégraphiste des Israéliens exfiltré vers le Conseil Constitutionnel en guise de congélation définitive de toute vie politique, ainsi que le Général Manaf Tlass, Chef de la garde présidentielle syrienne, le camarade d’enfance du président syrien, le trophée exfiltré des Français transformé en «four médiatique de la France», dans la guerre psychologique contre la Syrie ; enfin son collègue le commandant Abdel Kader Tlass, chef de la brigade Farouk du Front Islamique de Syrie, de sinistre réputation, artisan de la destruction de Homs dans la désastreuse bataille de Bab Amro, février 2012, qui sonna le glas des ambitions françaises en Syrie.

Sans parler des gardes chiourmes de l’opposition off shore syrienne, Robert Ford (Etats Unis) et Eric Chevallier (France).

Et sur le plan militaire, le général David Petraeus, emporté par une opération embedded, son poulain, le chef des djihadistes, le prince saoudien Bandar Ben Sultan, de même que sa roue dentée libanaise Wissam Al Hassan, et son poulain Omar Al Shishani, le chef militaire de Daech, longtemps opérationnel dans le nord de Syrie, enfin, dernier et non le moindre, l’«Armée Syrienne Libre», en voie de réanimation par des anesthésistes turcs.

Pour aller plus loin sur ce sujet, le remake de la guerre d’Irak.

Sur la réalité de la guerre de Syrie

L’implosion d’Hillary Clinton

Sur le bûcher de ses vanités, Hillary Clinton s’est consumée. Par sa cupidité, son avidité et son ambition dévorante, celle qui se rêvait la «Première Dame» élue à la magistrature suprême américaine, aura été, paradoxalement, la plus haïe des aspirants démocrates à la Maison Blanche, infligeant à son parti le plus retentissant camouflet de l’histoire électorale américaine, le sinistrant en même temps qu’elle défigurait l’image de l’Amérique.

Que son directeur de campagne, John Podesta, ait été en même temps un conseiller en communication de l’Arabie saoudite, qu’elle ait mis à profit ses responsabilités à la tête du département d’état pour ponctionner au profit de la Fondation Clinton les bienfaiteurs de sa future campagne, -à l’instar du Maroc, ou du Qatar-, donne la mesure de la confusion d’intérêts qui s’est établie dans l’exercice de ses fonctions, en même temps que son sentiment d’impunité.

Hormis l’Arabie saoudite, qui avait tout misé sur Billary (le tandem Bill et Hillary Clinton) pour se sortir du guêpier yéménite et syrien, et du Maroc, dont il espérait de ses contributions un infléchissement de la position des États Unis en sa faveur sur la question du Sahara occidental, le Monde arabe ne regretta pas la défaite de Hillary Clinton, elle, l’alliée souterraine de la Confrérie des Frères Musulmans dans la séquence dite du «printemps arabe», de la yéménite Tawakol Karman Prix Nobel de la Paix 2011) de la pakistanaise Huma Abeedin, sa conseillère occulte, toutes deux membres de la confrérie, elle, qui a outrepassé le mandat des Nations Unies sur la Libye, en tandem avec les philo sionistes Nicolas Sarkozy et le botuliste Bernard Henry Lévy.

En pleine campagne de Libye, débarquant à l’improviste à Tripoli pour y sonner l’Hallali en vue de la mise à mort du Colonel Mouammar Al Kadhafi, sans égard pour les destructions qu’elle vient d’imposer à la Libye, elle aura ce terme d’une indécence méprisante à l’égard de sa future victime : «We came, We saw and He died», dit elle en s’esclaffant de son rire caquetant et sociopathe si reconnaissable.

Six ans après, la malédiction de Kadhafi a frappé Hillary, qui lui renvoie d’outre tombe, tel un effet boomerang, sa sentence morbide. «We came, We Saw, SHE DIED». Triste fin pour Hillary Clinton, en retraite forcée anticipée aux cachetons de ménagère dévalués.

Le naufrage de David Cameroun : Du «chaos constructeur au KO destructeur» et «de la Grande Bretagne à la petite Angleterre ?

Dommage collatéral de la destruction de la Libye et de la Syrie, dont il aura été l’un des grands coordonnateurs, David Cameron passera dans l’histoire comme le pire premier ministre britannique depuis la fin de la II me Guerre Mondiale (1939-1945), le responsable du BREXIT, la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne, premier cas de suicide en Mondovision d’un cynique qui aura sacrifié le destin de son pays et vraisemblablement de l’Europe pour sa survie politique.

Pour David Cameron, la Libye et la Syrie auront été ce que l’Irak a été pour Tony Blair, le «caniche britannique de George Bush jr»: Une tache indélébile. Son point de fragmentation.

Pathétique épilogue d’une parfaite illustration du «splendide isolement des élites», coupées des réalités du monde commun qui les entoure dans une solidarité des surclasses globales, développant une sorte d’irresponsabilité et d’immaturité qui les prive de toute forme de «sensibilité pour les grands devoirs historiques», selon l’expression du philosophe anglais Christopher Lasch.

Plate-forme de reconquête de l’Europe et de sa libération du joug nazi lors de la 2eme Guerre mondiale (1939-1945), le Royaume Uni, en un retournement tragique, se retrouve au terme de quarante ans de cohabitation houleuse au sein de l’Union européenne, au ban de l’Europe.

Pitoyable épilogue d’un parcours erratique généré par la médiocrité du leadership européen, de la cécité de la technostructure bruxelloise, sur fond de récession économique, de xénophobie, de gabegie, de démagogie et de populisme.

Le «chaos constructeur» qu’il a voulu imposer à ses anciens colonisés lui revient en pleine figure, tel un boomerang, sous forme d’un «K O destructeur». Juste châtiment pour l’un des grands responsables, au même titre que la France et la Turquie, du chaos généré par l’interventionnisme frénétique néo-colonialiste européen contre le Monde arabe, du phénomène djihadiste qu’il a parrainé, et du flux migratoire du sud de la Méditerranée qu’il a généré vers l’Europe en crise systémique ; l’élément déclencheur du réflexe d’autodéfense identitaire-sécuritaire et du vote xénophobe en Europe.

À l’origine des grands maux du Monde arabe, -la création du «Foyer National Juif en Palestine», l’intronisation de la dynastie wahhabite sur les Lieux Saints de l’Islam (La Mecque et Médine) et de la dynastie hachémite en Jordanie, par ailleurs un des grands artisans de la balkanisation du Monde arabe avec les accords Sykes Picot (1916)-, le Royaume Uni, juste retour des choses, subit à son tour le spectre de sa décomposition avec les tendances séparatistes en Écosse et en Irlande du Nord.

Cent ans après sa proclamation, la «Malédiction de la Promesse Balfour» frappe le Royaume Uni du fait de son machiavélisme éhonté et de ses déboires répétitifs en terre arabe dans la séquence du «printemps arabe». Cent ans après, la Grande Bretagne pourrait céder la place à la petite Angleterre. Sic transit Gloria Mundi.

Le paradoxe français : Principale usine occidentale à produire des terroristes et principale victime du terrorisme islamiste

Un massacre à la tronçonneuse digne d’une séquence du film de Quentin Tarantino : Les principaux dirigeants français du désastre de Syrie ont été projetés vers les oubliettes de l’histoire, à l’automne 2016. Tous d’un coup, dans un magistral coup de pied populaire à leur auguste postérieur : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Manuel Valls, auparavant Laurent Fabius. Pour solde de tout compte.

Engagée dans une sarabande mortifère -Toulouse-Montauban (2012), Charlie Hebdo, Isère et Paris-Bataclan en 2015, puis Nice et Saint Etienne du Rouvray, banlieue de Rouen, en 2016, la France s’est propulsée, paradoxalement, au rang peu envieux de «principale usine occidentale à produire des terroristes», selon l’expression du politologue américain William McCants et de principale victime du terrorisme islamiste.

Unique pays au Monde à avoir donné quitus à l’organisation terroriste «Jabhat an Nosra», qui «fait du bon travail en Syrie», unique pays au Monde à avoir décerné la Légion d’Honneur au prince héritier d’un Royaume incubateur du djihadisme takfiriste éradicateur, la France, circonstance aggravante, est aussi l’un des rares pays au Monde à gratifier d’un poste envié le responsable d’un des désastres majeurs de son histoire contemporaine : Le ronfleur des forums internationaux.

Promouvoir à l’un des postes les plus prestigieux de la République, le Conseil Constitutionnel, un homme passible de poursuites pénales pour apologie du terrorisme, donne la mesure de la déflagration mentale de la nomenklatura française, particulièrement la caste des apparatchiks socialistes.

Sur fond de somnolence sur son nouveau perchoir, Laurent Fabius, le plus capé des hiérarques socialistes, mais le plus présomptueux aussi de tous les protagonistes occidentaux, est désormais à l’abri des séquelles de la décomposition du Parti Socialiste dont il aura été l’un des grands fossoyeurs. Piètre consolation pour un parcours de désolation. Un champ de ruines politique et moral.

À défaut d’éternité, faute d’immortalité, Laurent Fabius aura droit à une postérité au rabais, une postérité par défaut, sans panache, par sa promotion abjecte du djihadisme, donnant quitus à «Jabhat an Nosra» de ses turpitudes. «Fanfan, le fanfaron» traînera comme un boulet ses fanfaronnades, comme la marque des stigmates hideux des turpitudes de la technostructure française et de la caste politico-médiatique.

Dans ses deux composantes néo gaulliste atlantiste et socialo philo sioniste, la France passera à la postérité comme l’un des grands perdants de la campagne de Syrie. Un désastre comparable par ses effets à long terme à l’expédition de Suez, en 1956, contre le chef de file mythique du nationalisme arabe, Gamal Abdel Nasser.

De Charlie Hebdo, en janvier 2015, à Saint Etienne du Rouvray, juillet 2016, le terrorisme islamiste a fait 236 morts en France en 18 mois.

Alain Juppé, le rescapé français du naufrage syrien, l’homme à qui Sergueï Lavrof, ministre russe des Affaires étrangères, a raccroché au nez le téléphone, terme ultime d’une conversation houleuse, pensait développer une approche moins arrogante du conflit syrien, conséquence de sa mésaventure avec son homologue russe et des déboires de la France en Syrie dont elle était son mandataire colonial. Mais là aussi le couperet tomba et la tête de Juppé roula.

Le 14 juillet 2015, l’accord international sur le nucléaire iranien a achevé de déconsidérer la France, particulièrement son ministre des Affaires étrangères, le petit télégraphiste des Israéliens dans cette affaire. Le 14 juillet 2016, le carnage de Nice dans le prolongement du Bataclan et de Charlie Hebdo, a plongé la France dans la stupéfaction et discrédité durablement la politique wahhabite de la France, substitut à sa traditionnelle politique arabe. Au vu de ces événements, «Bastille Day», sous l’ère des néo conservateurs socialistes français, paraît devoir exercer une fonction traumatique dans l’imaginaire français.

Fin de la partie I .

(A suivre)
 

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Alep est réunifiée. Les masques tombent. Partie II

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Le capitalisme;, #Terrorisme, #Daesch

Partie II.

Alep est réunifiée. Les masques tombent

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/01/Alep-2-6f439-1728x800_c.jpg

Alep est réunifiée. Les masques tombent

Le quatrième pouvoir remis en question.

L’expression « quatrième pouvoir » avait été attribuée à la presse et aux médias car ils exerçaient un contre-pouvoir face aux trois pouvoirs incarnant l’État.

Les médias mainstream actuels n’incarnent plus un contre-pouvoir car ils font partie du système dont ils dépendent financièrement.

  • La publicité est une part importante du financement des médias. Cela a deux conséquences.
    • 1. Il ne peut y avoir de sujets nuisant aux intérêts des annonceurs.
    • 2. Comme les recette publicitaires sont calculées en fonction des ventes ou de l’audimat, les médias ont davantage intérêt à sortir des sujets accrocheurs qui font vendre plutôt que des analyses de fond plus critiques. N’oublions pas que le lecteur ou l’auditeur moyen aime à être rassuré dans ses convictions et que la vérité lui importe peu, elle le dérange même.
  • Une autre part non négligeable des aides vient de l’État. Il est difficile de mordre la main qui vous nourrit.
  • Les grands médias appartiennent à des milliardaires. Qui peut penser que les journalistes sont libres d’écrire des articles contraires aux intérêts de leur patron ?

Il faut ajouter que les journalistes, les chroniqueurs et les hommes politiques vivent dans un microcosme coupé de la réalité dans lequel ils se persuadent en boucle.

Leur présentation de la guerre en Syrie aura été particulièrement déformée. C’est uniquement un point de vue partisan qui est présenté.

Ce sont les médias alternatifs en ligne qui sont maintenant devenus le véritable contre-pouvoir. C’est pour cela qu’ils subissent une campagne de diffamation pour chercher à les discréditer. On voudrait les traiter de complotistes alors que bien au contraire, ce sont eux qui dénoncent les complots.

Le système a même publié les noms de plus de 200 sites sensés nous désinformer ix. Je ne peux que les remercier de nous fournir cette précieuse liste de sites où nous ne manquerons pas de trouver des analyses et des informations alternatives.

Il faut cependant remarquer que cette liste inclut des sites fantaisistes ou des lanceurs de PSYOP que tout lecteur attentif décèlera aisément. Cette méthode d’amalgamer du sérieux et du farfelu pour discréditer les informations honnêtes est bien connue et elle est d’une malveillance crasse.

Les enfants d’Alep.

Nous devrions avoir la même compassion pour tous les enfants du monde qui meurent à cause de la responsabilité d’adultes que celle que les médias mainstream en ont eu pour les enfants d’Alep qui sont morts dans cette guerre.

La mort d’enfants est toujours inacceptable mais dans le cas des enfants tués à Alep, pourquoi ne pose-t-on pas la bonne question. Que faisaient ces enfants en zone de guerre alors que des couloirs humanitaires étaient ouverts vers la destination du choix de leurs parents ?

Cette question des enfants d’Alep a été instrumentalisée à des fins politiques pour discréditer les armées russe et syrienne. Les journalistes occidentaux sont complices de cette machination.

Je ne crois pas un seul instant en leur sincérité quand ils évoquent ce drame.

S’ils veulent parler de morts d’enfants, je leur propose trois sujets qu’ils n’évoquent jamais et qui ont été ou qui sont autrement plus dramatiques.

  • L’embargo sur la Syrie lui interdit d’acheter des médicaments de première nécessité et il est responsable de la mort de milliers d’enfants syriens tous les ans.
  • Madeleine Albright reconnaît la responsabilité des États-Unis dans la mort de cinq cents mille (oui, vous avez bien lu 500 000) enfants irakiens. Elle estime, avec regrets, que cela en valait la peine x. Si ce n’était pas si dramatique, on en rirait vu la situation actuelle de l’Irak.
  • D’après l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), six millions d’enfants (6 000 000) de moins de cinq ans, soit au minimum 30 000 fois plus qu’à Alep, meurent chaque année dans le monde des suites directes ou indirectes de la faim xi. Il y a un responsable qui se nomme le système économique libéral qui préfère cultiver les terres pour produire des agrocarburants (3,1 % de la consommation mondiale du carburant des transports routiers) et qui s’interdit de réquisitionner les surplus agricoles.

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/01/enfants-faim-5b03f.jpg

6 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent tous les ans dans le monde à cause de la malnutrition

6 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent tous les ans dans le monde à cause de la malnutrition

Maintenant que les journalistes mainstream sont au courant, on attend avec impatience leurs reportages sur le sujet.

Ce que vous ne devez pas savoir.

  • Brita Hagi Hassan, un maire d’Alep sorti d’un chapeau de magicien est le énième scoop médiatique des rebelles islamistes et est en même temps un illustre inconnu dans sa ville. Il aurait été élu (par qui ?) en 2013 à la présidence du Conseil civil d’Alep (qui sert à quoi ?). Après le dernier hôpital, le denier clown, le dernier pédiatre, le dernier maire, à une semaine près, nous aurions connu le dernier Père Noël d’Alep.
  • J’espère que les journalistes mainstream ont remarqué que l’Arabie Saoudite n’accueille pas de réfugiés syriens. Les Saoudiens ont pourtant des infrastructures permanentes près de La Mecque pouvant accueillir 3 millions de personnes et elles ne servent qu’une fois par an lors du Hadj. Auraient-ils peur d’une contagion révolutionnaire ?
  • L’armée de l’air syrienne ne lance pas des frappes aériennes contre les objectifs terroristes comme les aviations occidentales. Elle largue des barils d’explosifs. Qui va nous expliquer la différence entre des bombes et des barils d’explosifs ? Une bombe n’est-elle pas par définition un baril d’explosifs ?
  • La Syrie serait peuplée de sunnites, de chrétiens, d’alaouites, de chiites et de diverses autres minorités religieuses. Ensemble, d’après les experts de plateaux de TV, ils formeraient 100 % de la population. Il n’y aurait donc pas d’athées en Syrie ? Il y a quelques années, la principale opposition au baasisme était le parti communiste syrien et il n’y a pas plus athée qu’un marxiste.
  • Comme tout le monde semble l’ignorer, la Syrie a une constitution. La nouvelle constitution de 2012 est même exemplaire et unique dans la région xii. Une éventuelle négociation avec les rebelles « modérés » ne peut amener que plus de références à la charia et éloignerait la constitution syrienne des standards occidentaux. C’est pourtant la voie que favorisent les Occidentaux et leurs alliés régionaux. Je pose une question très simple : est-ce que les Européens ou les Américains seraient heureux d’avoir plus de charia dans leur constitution ? Je crois que la réponse est non. Alors, de quel droit veut-on l’imposer aux Syriens ?
  • Plus de trois ans après le drame du bombardement chimique sur la Ghouta orientale, aucune preuve irréfutable de la responsabilité de Bachar al-Assad ou de l’AAS n’a été produite. Le principal argument présenté par les Occidentaux est que la Syrie était seule à posséder des armes chimiques or cela a été démenti par un témoignage de première importance. Il s’agissait de Carla Del Ponte xiii qui affirmait trois mois plus tôt que les rebelles avaient utilisé des gaz innervant dans le nord de la Syrie. Une étude du prestigieux MIT a aussi démontré que les roquettes improvisées qui sont responsables du massacre n’avaient pas la portée suffisante pour avoir été tirés à partir des lignes syriennes xiv. C’est comme si on possédait des fusils de précision récents et qu’on s’était mis en tête de s’enfoncer dans les lignes ennemie pour tirer avec un vieux mousquet. Cette étude a été publiée sur le site de l’université et sur celui de Tesla international. Il n’y a jamais eu d’étude infirmant ce rapport. Carla Del Ponte a depuis été priée de se taire.
  • Les médias mainstream ont produit une abondante littérature sur la situation à Alep Est sans y avoir le moindre reporter pour la bonne et simple raison qu’un journaliste occidental en zone islamiste est un journaliste sans tête. Les reportages en zone gouvernementale sont rares parce que les journalistes répugnent à y aller pour des raisons politiques. En général, les journalistes traitant du sujet résident à Beyrouth ou en Turquie et ils reçoivent leurs informations de correspondants locaux dont ils ne peuvent garantir l’impartialité.
  • Les casques blancs ont disparu avec l’arrivée de la neige à Alep. De héros chouchoutés par les occidentaux, ils sont devenus d’obscurs détrousseurs de cadavres. Encore faut-il parfois regarder RT pour l’apprendre xv

Conclusion.

Contrairement à ce qu’affirment les Occidentaux, une victoire militaire des forces loyalistes est possible en Syrie. Il suffit d’une rupture des aides financières xviet militaires des parrains actuels de la rébellion djihadiste et du départ ou de la mise hors de combat des dizaines de milliers de mercenaires étrangers.

Le président élu des États-Unis, conseillé par Michael Flynn, semble décidé à en finir avec l’État islamique et avec les autres groupes terroristes.

La Turquie essaie de tirer son épingle du jeu en acceptant une solution négociée avec le maintien provisoire de Bachar al-Assad mais elle n’a pas beaucoup d’atouts dans son jeu et n’a pas encore de position très claire.

L’Arabie saoudite, le principal fauteur de troubles qui veut exporter son wahhabisme dans la région et bien au-delà, va entrer dans une période difficile. Ses déficits budgétaires sont du niveau de ceux de l’Ukraine et il n’y a pas de perspectives d’amélioration. Les coupes dans les dépenses vont immanquablement créer des troubles dans le pays xvii.

Les 28 millions de saoudiens n’acceptent la dynastie des Saoud que parce que la redistribution des revenus du pétrole leur permet d’atteindre un des plus haut niveau de vie dans le monde. Les autorités religieuses peuvent devenir un recours contre les abus de la famille royale en cas de détérioration de la situation économique.

De plus, la prise de pouvoir actuelle par le clan des Soudairi xviii ne va pas tarder à provoquer une réaction du clan des Chammar xix qui sont écartés du pouvoir malgré qu’il représentent la plus importante tribu de la région. Le succession du roi Salmane, atteint de la maladie d’Alzheimer, ne se fera pas sans heurt et ce sera un dossier à tenir à l’œil parce que la sécurité énergétique européenne actuelle et les cours actuellement bas du pétrole dépendent en grande partie du Golfe.

L’ONU et son secrétaire général Ban Ki-Moon auront démontré leur incapacité à influer sur le dossier syrien. Sous l’influence des ONG droits-de-l’hommistes occidentales, l’ONU aura failli à sa mission de défendre un de ses membres contre une déstabilisation menée de l’étranger.

L’Union Européenne et la France en particulier sont complètement marginalisées. La politique étrangère de la France est un fiasco dont elle aura difficile à se relever.

Les États-Unis de Donald Trump ne tarderont pas à trouver un accord avec la Russie, l’actuel maître du jeu dans la région. Le monde unipolaire est mort et il faudra dorénavant composer avec d’autres puissances et tenir compte de leurs intérêts vitaux.

L’importance de l’arrivée de Rex Tillerson, un homme dont la carrière est liée au monde du pétrole, au Secrétariat d’État n’a pas encore été bien évaluée par les médias.

Cela indique que les enjeux énergétiques vont devenir prioritaires avec des changements d’alliance probables.

A mon avis, les pays du Golfe vont perdre de leur influence et vont être remplacés par d’autres acteurs pour l’approvisionnement en pétrole de l’Europe. L’immense potentiel de l’est de la méditerranée sera développé dès que la crise syrienne sera résolue. Les pays bénéficiaires de cette nouvelle donne seront Chypre, Israël, la Grèce, la Syrie et la Turquie. Ils profiteront du tarissement des gisements de la mer du Nord.

La Ligue arabe, sous l’influence de la diplomatie du dollar saoudienne, ne se relèvera pas rapidement de cet échec. Elle a été impuissante à éviter les guerres civiles et elle se retrouve divisée comme jamais.

Israël a tenu un rôle ambigu et son rôle dans le drame syrien est encore à étudier. Depuis l’intervention russe, il semble que les Israéliens ont mis un bémol à leurs interventions en Syrie

Il faut aussi mentionner deux autres perdants de ce conflit. Deux groupes qui n’auront pas fait les bons choix dans leur alliance.

  • Le Hamas dont le président Khaled Meechal en s’alliant avec les pays du Golfe a trahi le pays qui l’avait accueilli.
  • Le PKK et le YPG syrien qui auront été instrumentalisés par les États-Unis et qui n’obtiendront ni l’unification ni l’indépendance espérée pour le Kurdistan.

Bachar al Assad bénéficiera de l’aura du vainqueur et se maintiendra. Il serait quand-même préférable qu’il cède la présidence pour favoriser une réconciliation nationale même s’il ne fait aucun doute qu’il serait largement réélu en cas d’élection présidentielle anticipée.

Vu le prestige de l’armée syrienne, une solution à l’égyptienne n’est pas à exclure dès que les armes se seront tues. Il y a des généraux qui se sont distingué pendant cette guerre et notamment le major-général Souheil al-Hassan xx dit « Le Tigre ».

Il reste une question en suspens. Qui financera la reconstruction de la Syrie ?

La Syrie avait une économie saine avec très peu de dettes avant la guerre. Ses actuelles réserves d’hydrocarbures, si elles étaient exploitées, devraient lui permettre de ne pas dépendre des aides occidentales.

Selon les accords signés, la mise en exploitation des gisements offshores syriens revient à la Russie mais il faut tenir compte de l’ensemble du gisement et les États-Unis de Donald Trump vont bien se placer pour exploiter les autres zones qui sont tout aussi prometteuses.

Quand je disais que l’arrivée de Rex Tillerson à la tête du Département d’État doit encore être mesurée à l’aune d’une nouvelle stratégie étasunienne de l’énergie…

Pierre 

————————————————-

i « Printemps arabe » ! Quelle expression mal choisie pour un mouvement qui n’a apporté que la division, la mort et le chaos dans le monde arabe.

ii Le baasisme est un mouvement nationaliste qui prône l’unité du monde arabe. C’est un mouvement socialiste non marxiste. http://www.universalis.fr/encyclopedie/baath-ba-th-baas/

iii Le Qatar était intéressé par une entente avec la Syrie pour permettre le passage d’un gazoduc destiné à approvisionner l’Europe.

iv On ne peut savoir si Bachar al-Assad qui a fait ses études en Grande Bretagne aurait pu accepter cet accord s’il était libre de ses décisions. C’est le Commandement régional du Parti Baas qui détient le pouvoir réel en Syrie et celui-ci est sous l’influence des militaires qui ont fait leur formation en Russie (ou en Union soviétique).

v Je n’utilise pas le terme « régime » dans un sens péjoratif. Je l’emploie dans le sens « manière de gouverner et d’administrer un État » ce qui est le sens qu’en donnent les dictionnaires. http://www.toupie.org/Dictionnaire/Regime.htm

vi Roland Dumas ne peut être considéré comme un mythomane. Il est scandaleux que les médias mainstream occidentaux ne prennent pas ce document en compte pour expliquer la guerre en Syrie. https://www.youtube.com/watch?v=BH9SHxetO1I

vii « C’est la raison pour laquelle le gouvernement des États-Unis a été au tribunal pour défendre le droit des femmes et des filles de porter le hijab et de punir ceux qui le leur refusent.  » Extrait du discours de Barack Obama. http://www.lapaixmaintenant.org/Discours-d-Obama-au-Caire-texte

viii « Le pacte du Quincy » est un accord fondamental entre les États-Unis et le roi Ibn Séoud qui permettra aux États-Unis de contrôler le commerce du pétrole et de faire du dollar la devise mondiale de référence. https://www.herodote.net/14_fevrier_1945-evenement-19450213.php

ix http://www.propornot.com/p/the-list.html

x https://www.youtube.com/watch?v=lbLCY4iHDRE&feature=youtu.be

xi http://www.fao.org/french/newsroom/news/2002/9703-fr.html

xii Il est regrettable qu’il n’existe pas de traduction en français sur Internet de cette constitution à part celle du Réseau Voltaire. http://www.voltairenet.org/article173036.html

xiiihttp://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/06/les-rebelles-syriens-ont-utilise-du-gaz-sarin-selon-carla-del-ponte_3171289_3218.html

xiv http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-syrie-et-le-rapport-du-mit-147902

xv https://www.youtube.com/watch?v=DT7adMyWCbg

xvi Les rebelles islamistes et les mercenaires des brigades internationales djihadistes perçoivent des soldes en dollars. Une partie de cet argent provient de trafics divers et de rackets mais le principal est payé soit par des pays du Golfe, soit par des associations islamistes qui recueillent les dons de riches personnalités de cette même région.

xvii En 2011, pour se prémunir des effets du « printemps arabe »dans le royaume, le roi Abdallah annonça l’octroi d’aides diverses à la population pour un montant total de 130 milliards de dollars. http://www.sciencespo.fr/ceri/sites/sciencespo.fr.ceri/files/art_sl.pdf Les difficultés budgétaires actuelles sont la cause d’un revirement et un mécontentement populaire n’est pas à exclure.

xviii Le roi Salmane et les deux princes appelés à lui succéder font parties du clan des Soudairi.

xix La tribu des Chammar représente environ 4 millions de personnes et est une des plus importantes du Moyen-Orient. Feu le roi Abdallah faisait partie de la tribu des Chammar.

xx https://fr.wikipedia.org/wiki/Souheil_al-Hassan

 

source: http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/alep-est-reunifiee-les-masques-188121

Envoyé par Byblos


Fin de l'article

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Alep est réunifiée. Les masques tombent. Partie I

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Le capitalisme;, #Terrorisme, #Daesch, #La Russie

Alep est réunifiée. Les masques tombent

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Alep est réunifiée. Les masques tombent

La guerre en Syrie n’est pas finie mais le peuple syrien peut voir l’avenir avec optimisme. Les rebelles islamistes renforcés par les brigades internationales djihadistes, ces bandits de grand chemin qui tuent, violent et volent en toute impunité, ne prendront pas le pouvoir en Syrie et n’imposeront pas la loi du coran dans tout le pays.

Rappel de l’origine de la guerre en Syrie.

Que ceux qui croient que le peuple syrien s’est spontanément révolté contre le gouvernement de leur pays en 2011 se détrompent. Les Syriens, dans leur grande majorité, craignaient qu’un « printemps arabe » i ne vit le jour en Syrie. Ils pouvaient voir les résultats de ces troubles en Tunisie, en Libye et surtout en Égypte et ils savaient que les conséquences seraient pires si cela advenait chez eux.

Sous l’initiative de Bachar al-Assad et sous la pression occidentale, la Syrie se dirigeait vers un abandon progressif de la doctrine socialiste baasiste iiet s’orientait vers le libéralisme qui devait l’intégrer dans le système globalisé mondial qui semblait devoir inéluctablement s’imposer en ce début de XXIe siècle.

La conséquence de ce bouleversement en Syrie fut l’émergence de ce qu’on appelle une société à deux vitesses.

Il y avait d’un côté, une bourgeoisie urbaine qui tirait profit de l’ouverture libérale et de l’autre, une campagne qui souffrait d’être laissée à elle-même et dont les habitants venaient grossir le prolétariat urbain en s’installant dans les banlieues des grandes villes. Les grandes sécheresses des années précédant la révolte instrumentalisée des campagnes de 2011 favorisa aussi cet exode.

C’est une situation tout-à-fait habituelle dans un contexte de passage d’une économie conservatrice-protectrice vers une économie libérale et c’est une constante depuis le XVIIIe siècle.

Une présidence syrienne autoritaire mais ouverte à l’économie libérale pouvait très bien convenir aux puissances occidentales mais il fallait alors aussi que la Syrie changeât d’alliance.

C’est Nicolas Sarkozy et le Qatar iii qui furent chargés de cette mission.

Dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée, Nicolas Sarkozy invita Bachar al-Assad à participer aux festivités du 14 juillet 2008 à Paris.

Avec le Partenariat oriental qui devait arrimer six pays d’Europe orientale et du Caucase à l’Occident et lancé à l’initiative de la Pologne et de la Suède en 2009, l’Union pour la Méditerranée devait faire du pourtour de cette mer une totale zone d’influence occidentale.

Ce fut un échec, Bachar al-Assad iv refusa de rompre l’alliance de son pays avec la Russie, l’Iran et le Hezbollah.

C’est à partir de ce moment que s’ourdit un véritable complot contre le régime syrien v dont Roland Dumas a révélé le premier l’existence dans une vidéo célèbre vi. Cela se passait en Angleterre mais nous savons grâce aux révélations de WikiLeaks que le Département d’État sous la direction d’Hillary Clinton était à l’initiative d’une conspiration pour renverser Bachar al-Assad.

Cela faisait partie de la doctrine « Obama », le « Leading from behind », qui consiste à ne plus déployer de troupes étasuniennes pour occuper le terrain et à déléguer les interventions directes à des pays alliés en ne fournissant que les assistances techniques et militaires.

Les Occidentaux avaient la conviction que le régime syrien ne tiendrait pas longtemps devant une révolte populaire.

Plusieurs puissances régionales préparèrent le terrain pour une rapide prise de pouvoir en Syrie .

  • L’Arabie Saoudite qui avait progressivement pris le contrôle des mosquées du sud du pays se servit de ses nombreux imams salafistes pour faire des prêches incendiaires contre le régime laïc syrien responsable selon eux de la détérioration des conditions de vie des populations les moins aisées.
  • Le nord de la Syrie fut « travaillé » de la même manière par les Frère musulmans soutenus par la Turquie et le Qatar.
  • Les réseaux sociaux s’adressaient à la bourgeoisie urbaine laïque pour l’inciter à manifester pour la libération des prisonniers politiques et pour le pluralisme politique.

Les deux principales zones d’influence furent ainsi bien réparties et la future partition de la Syrie se dessinait clairement. Un Sud salafiste sous influence saoudienne, un Nord aux mains des Frères musulmans proches de la Turquie et un éventuel réduit alaouite sur la côte méditerranéenne.

Il manquait l’étincelle et elle viendra de Deera où de jeunes adolescents furent molestés par la police pour avoir taguer des slogans hostiles au régime. Il est évident que n’importe quel autre prétexte aurait pu servir pour lancer une révolte, tous les éléments avaient été mis en place.

Des milliers de manifestants, parfois encadrés par des hommes armés, déambulèrent dans les rues des banlieues tous les vendredis après la prière de midi en ce début 2011.

Ces manifestations furent contrebalancées par des défilés rassemblant des centaines de milliers de personnes à Damas et dans d’autres villes de Syrie qui venaient en soutien au gouvernement syrien. Ces défilés furent ignorés par les médias occidentaux. Cette comparaison entre les nombres de manifestants indique que les opposants étaient minoritaires et que la lutte armée qu’ils entamaient était illégitime.

Les reportages « bidons » des chaînes de TV satellitaires qatarie (Al-Jazeera) et saoudienne (Al-Arabiya) vinrent semer le trouble et la sédition en Syrie et ils furent relayés sans vérification par les médias mainstream occidentaux.

Dès les premières victimes civiles, les chefs d’États occidentaux, la France en tête, exigèrent le départ du président Assad avant toute négociation comme si la Syrie était une de leurs colonies.

On peut dire à présent que ce fut la plus grande et la plus longue manipulation des esprits de tous les temps et une tache indélébile qui marquera à jamais la crédibilité des journalistes et des experts de plateaux de télévision.

Le rôle plus qu’incohérent des États-Unis.

 

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220px-Barack_Obama_at_Cairo_University_cropped-418beC’est un président sans expérience internationale qui arriva à la tête des États-Unis en 2009. Barack Obama avait été élu sur base d’un programme de désengagement militaire des États-Unis en Irak et en Afghanistan et sur la promesse de fermer le camp de prisonniers de Guantánamo.

 

 

L’espoir qu’il suscita alors avait été ponctué la même année par un Prix Nobel de la Paix.

Son discours du Caire du 4 juin 2009, « A new Beginning », marque un tournant politique après les années W Bush qui avait fait de la lutte contre Al-Qaïda une excuse pour une occupation militaire de la région.

Ce discours de Barack Obama, un véritable éloge à l’islam, marque une volonté d’alliance entre les États-Unis et le monde islamique en ne mettant en exergue que les côtés positifs de la civilisation islamique et en omettant ce qui est négatif et notamment ce qui concerne le statut de la femme et les châtiments corporels. Ce discours avait d’ailleurs été très critiqué par des mouvements féministes vii.

Avec le recul, on comprend mieux que sa doctrine consistait à un rapprochement politique avec l’islamisme « modéré » représenté par les Frères musulmans et les salafistes saoudiens. C’est le retour à l’alliance de 1945 viii qui fut provisoirement malmenée après le 9/11.

Pourquoi l’État islamique est combattu par les États-Unis .

L’objectif de l’État islamique est la création d’un califat qui reformerait le pays de Cham historique (Bilad al-Cham) qui allait de l’ouest de l’Irak à la Méditerranée.

Ce projet de califat islamiste est contraire au projet étasunien de découpage de la région en petites entités ouvertes au libéralisme, sans poids politique et sous l’influence de puissants alliés des États-Unis. Il est aussi contraire aux intérêts des saoudiens pour qui un califat mettrait leur légitimité comme gardien des deux principaux lieux saints de l’Islam en question.

D’un autre côté, les États-Unis voulaient la chute du pouvoir syrien actuel et l’EI pouvait être un des instruments pour y arriver.

Le jeu trouble des États-Unis consiste pour le moment à secrètement aider l’EI en Syrie et à mollement le combattre à Mossoul.

Il faut souligner que l’EI est né grâce à une mauvaise estimation des États-Unis en Irak.

Il faut revenir en 2007 quand le général David Petraeus a présenté son nouveau plan, le « Surge ».

Il s’agissait de former des milices chargées de maintenir l’ordre dans la partie sunnite de l’Irak de façon à faire baisser la violence et à préparer une partition du pays. Ce plan reçut le soutien saoudien parce qu’il confiait la sécurité des zones sunnites à des sunnites. C’est le ralliement de ces milices souvent composées d’anciens soldats de Saddam Hussein à des idéologues qaïdistes qui a formé l’ossature de l’EI.

C’est pour cela qu’on dit souvent que les États-Unis sont à la base de la création de l’EI vu que ce sont des instructeurs étasuniens qui ont formé les soldats de l’EI.

Le libération d’Alep. Est-ce Stalingrad… ou Koursk ?

Jusqu’en juillet 2012, la ville d’Alep était restée à l’écart de l’agitation qui secouait le pays. Les multiples tentatives de soulèvements populaires se soldèrent toutes par des échecs au point qu’il y avait très peu de forces armées dans la ville.

Quand, en coordination avec un assaut sur Damas, 2000 rebelles venant de la province investirent Alep, l’armée fut prise par surprise et ne put résister. Les quartiers orientaux majoritairement peuplés de sunnites et le quartier historique tombèrent très vite. Des renforts militaires envoyés d’urgence par le gouvernement syrien arrivèrent à temps pour empêcher la prise de l’ouest de la ville.

La ville restera divisée avec l’Est sous la coupe de multiples milices qui imposèrent leur loi et l’ouest qui mena une vie normale sous la protection de l’armée arabe syrienne mais perturbée par les coupures d’électricité et d’eau ainsi que par les bombardements que leur imposèrent les forces rebelles.

Avec 400 à 600 mille habitants ayant fui les islamistes et s’étant réfugiés à l’Ouest, la partie occidentale de la ville comptait environ 1,6 million d’habitants. Il ne restait que 200 à 250 mille habitants à l’Est mais les médias mainstrean continuaient à en parler comme s’il s’agissait de la partie essentielle d’Alep. Nous ne vîmes presque pas de reportages des TV occidentales de la partie de la ville tenue par les troupes loyalistes.

Les 2000 rebelles du départ furent renforcés par de nouveaux rebelles islamistes issus de la province et par des brigades internationales djihadistes. Ils finirent par former des groupes hétéroclites de plus d’une dizaine de milliers de combattants qui s’installèrent avec leurs familles dans les logement laissés vacants.

C’est pour cela qu’on peut dire que les récentes évacuations (cinquante mille personnes) ne concernait que très minoritairement des habitants alépins d’origine.

La défaite militaire des rebelles islamistes est sévère. Ils ont perdu des chefs et beaucoup de leurs meilleurs éléments dans la bataille ainsi que leur matériel lourd.

L’arrivée au pouvoir de nouveaux dirigeants occidentaux les privera de soutien politique.

De l’avis des experts militaires, la défaite d’Alep marque un tournant et les forces loyalistes et leurs alliés ont maintenant la possibilité de rester à l’initiative jusqu’à la défaite finale des djihadistes.

Tous les férus d’histoire savent que ce n’est pas la bataille de Stalingrad qui a marqué le début de la débâcle nazie mais bien la bataille de Koursk. C’est pour cela que je pense que la défaite d’Alep est le Koursk des islamistes.

 

source: http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/alep-est-reunifiee-les-masques-188121

Envoyé par Byblos


Fin de la partie I.

A suivre

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Bachar Al-Assad aux Tunisiens : vos terroristes ne vous seront pas rendus.

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

Bachar Al-Assad aux Tunisiens : vos terroristes ne vous seront pas rendus

 

2 Janvier 2016

 

C’est ce qu’a déclaré le président syrien à l’attention des pays exportateurs de djihadistes, dont principalement la Tunisie, devenu après la « révolution du jasmin » premier pays pourvoyeur en main d’œuvre terroriste, le second pays côté occidental étant la France.

 
Le président syrien Bachar Al-Assad.
Le président syrien Bachar Al-Assad.
Selon les médias officiels syriens, le président Bachar Al-Assad a récemment déclaré que « les terroristes faits prisonniers par l’armée syrienne ne seront pas livrés à leurs pays d’origine afin qu’ils n’y reproduisent pas ce qu’ils ont fait en Syrie », et selon d’autres sources, « afin qu’ils ne détruisent pas leurs propres nations ». En d’autres termes, la terre qu’ils ont souillé et sinistré par leurs crimes abominables sera leur tombeau.

Dès janvier 2011, après avoir ébloui le monde par leur « civisme » et leur « éducation », les Tunisiens ont été les premiers à prendre le large, les uns vers Lampedusa, où ils ont laissé un souvenir affligeant, les autres en direction de la Syrie via la Turquie, devenue la plaque tournante du terrorise islamiste mondial. Au bout d’une année (janvier 2011 à janvier 2012), ce qui n’était d’abord qu’un phénomène spontané, essentiellement dû à l’écroulement de l’Etat national, est devenu une stratégie politique de l’Etat collabo, inféodé au Qatar qui est le principal soutien financier, logistique et médiatique de l’Internationale islamo-terroriste.

C’est effectivement sous la présidence de l’usurpateur Moncef Marzouki et le premier ministère du mercenaire de John McCain, Hammadi Jebali, que des centaines de jeunes tunisiens ont été recruté, endoctriné, formé puis expédié en Syrie pour abattre le « régime » de Bachar Al-Assad. Plusieurs réseaux associatifs et politico-mafieux, notamment l’association « Hourriya wa insâaf » qui est dirigée par Imen Trigui, se sont constitués sur l’ensemble du territoire tunisien et des millions de dollars ont été versés par le Qatar et l’Arabie Saoudite dans des comptes anonymes d’Ennahdha et du CPR. Les candidats au martyr était d’autant plus important que leur mission barbare en terre syrienne n’était pas gratuite : salaire de base 3000 dollars, outre l’assouvissement à volonté de leurs plus bas instincts criminels et sexuels.

Selon un article du New York Times publié le 26 septembre 2015 sur la base des services de renseignement américains ( !), près de 30 000 djihadistes étrangers se seraient rendus en Syrie et en Irak depuis 2011. Sur ces 30 000 terroristes étrangers venus de 100 pays différents y compris européens, les Tunisiens arrivent en tête avec un contingent de 3000 terroristes. Le 11 octobre 2015, le Washington Post a mis en ligne une carte assez saisissante indiquant les différentes origines des étrangers rejoignant les rangs djihadistes en Syrie. Premier pays pourvoyeur : la Tunisie (3200 criminels), devant l’Arabie Saoudite (2500), la Jordanie (2089), le Maroc (1500), le Liban (890)… et la France (498) ! Mi-septembre 2015, Manuel Valls avait estimé à 1.880 le nombre de Français enrôlés dans les filières djihadistes dans le monde, dont 491 se trouveraient en Syrie et en Irak et 133 auraient été éliminés par l’armée arabe syrienne.

Le 24 juin 2014, le ministre tunisien de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, estimait à 2400 le nombre de djihadistes partis de Tunisie. Selon ce ministre compromis, 80% d’entre eux combattraient dans les rangs de l’organisation Etat islamique. Tandis que le reste aurait rejoint les rangs d’Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, qui est considérée par certains Américains et Français comme étant la plus « modérée » parmi les unités islamistes armées !

Pourtant, d’après un rapport de l’ONU daté de juillet 2015, il y aurait 5600 terroristes tunisiens éparpillés entre la Syrie, l’Irak et la Libye. Selon Damas et sur la base de témoignages des victimes syriennes récemment libérées du joug islamo-fasciste, les Tunisiens n’impressionnaient pas uniquement par leur nombre mais aussi par leur sauvagerie inégalée. Ils l’emportent ainsi sur les Afghans et surtout sur les Tchétchènes dont la sinistre réputation n’est plus à démontrer.

Depuis que Poutine a pris les choses en main en Syrie en dévoilant au passage l’implication des Turcs, des Qataris et des Saoudiens, et la compromission des Américains et des Britanniques, les daechiens tunisiens fuient les territoires syriens par centaines, soit en direction du pays de Bouazizi et du prix Nobel, soit vers la Libye pour rejoindre leurs frères en secte. Ainsi, près de 800 dangereux terroristes ont pu revenir en Tunisie et disparaître dans la nature.   
 
Pour certains mercenaires des droits de l’homme dont Radhia Nasraoui, Samia Abbou et Naziha Réjiba, les terroristes de retour en Tunisie doivent être bien traités et bénéficier d’un procès équitable. Pour celui qui les a expédié en Syrie, Rached Ghannouchi, ils doivent être pardonnés et retourner à la vie normale. Pour nous, en éliminant physiquement ces daechiens ainsi d’ailleurs que la « racaille » française, Bachar Al-Assad rendra un énorme service aux peuples tunisien et français. C’est qu’aucune thérapie n’est possible avec des psychopathes qui ont déjà égorgé au non d’Allah.
     
Mounir Chalabia    
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Il n’y aura pas de partition de la Syrie . Par Sharmine Narwani

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Il n’y aura pas de partition de la Syrie


 

Le conflit est trop grand en Syrie pour qu’elle reste unifiée, et la désagrégation du pays est inévitable – les Etats-Unis et l’OTAN la proclament de leurs vœux. Sharmine Narwani, experte du Moyen-Orient, démonte cette argumentation point par point.

Il n’y aura pas de partition de la Syrie . Par Sharmine Narwani

 

© Omar Sanadiki Source: Reuters
Les partisans de Bachar el-Assad célèbrent la libération d’Alep

En février, quand Alep-Est contenait encore plein de combattants formés en Occident, alliés à Al-Qaïda, la question a été posée au président syrien Bashar el-Assad : «Pensez-vous pouvoir reprendre le contrôle sur tout le territoire syrien 

Il avait alors répondu positivement : «C’est un objectif que nous cherchons à atteindre sans aucune hésitation. Il n’y a pas de sens pour nous de dire que nous allons en abandonner une partie [du territoire syrien].»

Mais ce n’est pas le cas des hommes politiques occidentaux.

D’abord, c’est le secrétaire d’Etat américain John Kerry qui a informé de façon évasive la Commission des relations étrangères du Sénat que l’administration de Barack Obama pouvait avoir un plan B pour la Syrie : «Il se peut qu’il soit bientôt trop tard pour préserver l’intégrité de la Syrie, si nous attendons plus longtemps.»

Ensuite, James Stavridis, ancien commandant suprême de l’OTAN et chef du commandement européen des Etats-Unis a écrit un article pour Foreign Policy, intitulé Il est l’heure de considérer sérieusement la partition de la Syrie, dans lequel il indiquait : «La Syrie en tant que nation est de plus en plus une fiction.»

Puis, le directeur de la CIA John Brennan a rejoint le chœur : «Tant de sang a été versé, je ne sais pas si nous serons en mesure de revenir à [une Syrie unifiée] de mon vivant.»

Mais dorénavant, la cuisante défaite des combattants soutenus par l’Occident à Alep-Est a rebattu les cartes concernant l’idée de la désintégration de la Syrie. Les néo-conservateurs frénétiques et les interventionnistes libéraux insistent sur l’idée de «partition» – faisant peu de cas de cinq années de pronostics erronés assurant que «Assad allait partir».

Mais Bachar el-Assad comprend quelque chose que les analystes occidentaux, les journalistes et les hommes politiques n’arrivent pas à saisir. Les alliés de la Syrie dans cette guerre – l’Iran, le Hezbollah, l’Irak, la Russie, la Chine – n’ont maintenu que deux lignes rouges tout au long du conflit :

la première est que Bachar el-Assad ne peut être destitué que par une élection nationale, par une majorité de Syriens.

La seconde est l’intégrité de la Syrie.

Leur logique est simple. Le changement de régime, le retraçage des frontières, les combats de mercenaires par procuration, diviser pour régner… les vieux trucs de l’hégémonie occidentale devaient cesser d’être utilisés en Syrie. Sinon, ils trouveraient à qui répondre à Moscou, Pékin et Téhéran.

En bref, un nouvel ordre mondial devrait apparaître sur les cendres du conflit syrien et pour cela, les alliés devront soigneusement contrecarrer les objectifs de l’OTAN et du Conseil de coopération du Golfe et maintenir à tout prix l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Etat syrien.

Le changement calculé dans l’équilibre du pouvoir

En 2013 on pouvait déjà prédire la formation d’une nouvelle alliance au Moyen-Orient, focalisée sur la sécurité et visant à combattre la menace djihadiste qui fait rage en Syrie et dans les pays voisins.

Il était déjà clair à l’époque que les guerres irregulières menées par les djihadistes et leurs puissants donateurs étrangers allaient forces ces quatre pays – le Liban, la Syrie, l’Irak et l’Iran – à coopérer dans le domaine militaire et politique pour éradiquer de leurs territoires les groupes terroristes influencés par les wahhabites.

L’«Arc de sécurité» serait formé d’une façon qui permettrait de protéger l’intégrité territoriale de ces quatre pays, et, en parallèle, adopter une vision du monde convergente qui ouvrirait la voie vers un nouveau système sécuritaire au Moyen-Orient.

Aujourd’hui, le Liban et l’Iran partagent des frontières sûres avec respectivement la Syrie et l’Irak. Les combattants, les conseillers militaires, les services de renseignement, les transferts d’armes de ces quatre pays sont en jeu, avec une coordination accrue et efficace sur terre et dans les airs.

La Russie et la Chine ont pesé «de toutes leurs forces» dans ce nouveau développement – soit au Conseil de sécurité de l’ONU, soit par des moyens militaires et financiers ou par des actions diplomatiques. Outre cela, galvanisées par la lutte féroce autour de la Syrie, Téhéran, Moscou et Pékin ont promu un nouvel ordre mondial multilatéral après lequel ils couraient – en assurant leur propre sécurité régionale, en renforçant les alliances globales, en en établissant de nouvelles et en créant des institutions politiques, financières et sécuritaires afin d’en finir avec celles contrôlées par l’Occident.

Après le succès de l’«Arc de sécurité» dans la lutte contre les groupes extrémistes, il a paru nécessaire pour ces trois Etats voisins d’impliquer d’autres participants dans cette nouvelle architecture de sécurité régionale – l’Egypte, la Turquie et la Jordanie – chacun d’entre eux pour des motivations différentes.

Mais de nouveaux adhérents pourraient rejoindre cette zone de sécurité, essentiellement parce qu’ils comprennent qu’un gouvernement central affaibli et la fragmentation de la Syrie déborderait dans leurs pays et y créerait des conditions similaires : chaos, instabilité, terrorisme.

Egypte : Sous la direction du Président Abdel Fattah al-Sissi, l’Egypte s’est détournée de ses mécènes saoudites, qui étaient, aux côtés du Qatar et de la Turquie, les principaux sponsors de l’extrémisme en Syrie et en Irak. Plus tôt cette année, Sissi a commencé à se détourner des alliés traditionnels de l’Egypte en Occident et dans la région, en ouvrant la porte à des relations approfondies dans les domaines politique, militaire et économique avec la Syrie, l’Iran, la Russie et la Chine.

Le docteur Christina Lin, professeur de l’Ecole des études internationales avancées de l’Université John Hopkins, explique : «Contrairement à Washington, Sissi considère Assad comme un rempart laïque s’érigeant à l’extrémisme islamique dans le Levant. Si Assad venait à être renversé, le Liban et la Jordanie suivraient, et l’Egypte ne veut pas finir comme la Libye à se faire dépecer entre les Frères musulmans et autres islamistes.»

Au cours de ces derniers mois, l’Egypte visait un dégel diplomatique à l’égard de l’Iran et une coopération militaire avec la Syrie, en se disputant publiquement avec l’Arabie saoudite. Outre cela, elle a été invitée par la Russie et par l’Iran à s’asseoir à la table des pourparlers de paix. Tandis qu’en arrière-plan, la Chine lance en Egypte un projet d’investissement en infrastructures, à hauteur de 60 milliards de dollars, dans un pays à court d’argent.

Turquie : Pour la Syrie, il n’y avait pas de bête noire plus grosse que la Turquie – le sponsor, l’exécuteur et l’organisateur du militantisme djihadiste qui traverse sa frontière sud dans une Syrie déchirée par la guerre. Mais le conflit syrien, à son tour, a estropié et épuisé la Turquie, en entrainant des attaques terroristes dans ses villes, en relançant le conflit «kurde», en isolant son président imprévisible, Recep Tayyip Erdogan, en paralysant son économie et en déclenchant des troubles politiques internes.

Alors, quand les Russes ont soi-disant averti Erdogan du coup d’Etat manqué de cet été – que les Turcs estiment être initié pas les Etats-Unis – l’orientation politique du président turc a commencé à se retourner, et il a commencé à avancer vers une série de compromis avec l’Iran et la Russie sur le conflit syrien. Le premier grand geste d’Erdogan envers Téhéran et Moscou était de débarrasser Alep d’une partie de ses combattants, en permettant ainsi aux forces alliées de la Syrie de concentrer leur pouvoir militaire sur les groupes affiliés à Al-Qaïda qui tenaient l’enclave Est.

A la suite de la libération d’Alep, les Turcs, les Iraniens et les Russes se sont rencontrés pour déterminer une autre série d’objectifs, y compris un cessez-le-feu au niveau national – une démarche qui a laissé de côté les alliés occidentaux d’Erdogan, soulignant le fait que personne n’a vraiment besoin des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou de la France à la table syrienne des négociations.

Jordanie : Pendant la majeure partie du conflit syrien, les intérêts de la Jordanie ont été bousculés par d’encombrants parrains qui ont transformé le Royaume hachémite en un centre d’opérations clandestines des services secrets occidentaux, des agents du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et des centres de formation des rebelles. Mais ces dernières années, le roi Abdullah de Jordanie a été contraint de s’occuper de son pays, financièrement exsangue par les conséquences engendrées de l’afflux massif de réfugiés syriens et par une explosion terrifiante du radicalisme intérieur. Du coup, la Jordanie a discrètement échangé des informations avec les autorités syriennes pour affaiblir le militantisme dans le sud de la Syrie et a fini par fermer sa frontière commune.

Le roi lui-même s’est engagé dans une sortie de navette diplomatique frénétique entre la Russie et la Chine, afin d’obtenir des investissements et une légitimité politique, pour que la Jordanie se trouve dans une position confortable pour suivre l’exemple de ses plus grands voisins, tandis que la tendance régionale des renversements de pouvoir tourne très nettement en faveur de la Syrie.

Ce sont les vainqueurs qui définissent l’avenir, non les vaincus

La libération d’Alep-Est des combattants alliés à Al-Qaïda, est un tournant décisif dans la guerre contre la Syrie. Les principales régions les plus peuplées et à l’infrastructure la plus développée, qui vont du nord au sud la partie ouest du pays, sont maintenant en majorité contrôlées par le gouvernement.

De plus, la libération d’Alep sert de rampe de lancement pour supprimer le corridor vital qui va de la Turquie à Mossoul, qui fournit combattants, équipements militaires et armes à Daesh depuis des années. Les troupes syriennes et leurs alliés seront maintenant capables de virer plein est, vers l’Euphrate, afin de couper cette ligne de vie entre la Turquie et l’Etat islamique.

Avec les points névralgiques de l’ouest syrien sécurisés et les combattants djihadistes sérieusement diminués dans le sud, seules les régions du nord-est posent un défi – mais ces régions sont occupées en majorité par Daesh, où les batailles finales seront menées pour mettre en déroute le groupe terroriste.

Alors, qui exactement les Américains veulent-ils diviser, et pourquoi ?

Les récentes guerres en Afghanistan, en Irak au Yémen et en Libye démontrent clairement qu’une autorité centrale faible ne crée que du vide politique et sécuritaire dans lequel les extrémistes se précipitent pour le remplir. Le président élu des Etats-Unis, Donald Trump, a déclaré lui-même qu’il préférait le règne d’hommes forts plutôt que l’instabilité qui prévaut lors des conflits de changement de régime. Ce sont l’Etat islamique et Al-Qaïda qui bénéficient essentiellement du démembrement de la Syrie – et toutes les parties au conflit en sont conscientes.

Les pays de l’«Arc de sécurité» et leurs alliés peuvent éradiquer de manière compétente le terrorisme sur leur sol. La Turquie et les Etats-Unis restent cependant des points de friction majeurs, luttant toujours, contre leurs propres intérêts sécuritaires, pour réclamer leurs droits sur des bandes de territoire du nord-est qui présentent à leurs yeux un intérêt stratégique.

Ce qui est amusant au passage, c’est de voir les intérêts opposés de deux alliés de l’OTAN. Le «projet kurde» des Etats-Unis a fait fuir Erdogan vers les Iraniens et les Russes pour leur demander de l’aide. C’est vraiment ironique que les efforts continus de l’Occident visant à semer la discorde entre les acteurs régionaux, les sectes et les groupes ethniques, puissent se retourner d’un seul coup par le soutien que les Américains fournissent aux nationalistes kurdes. Il n’y a pas de meilleur moyen d’assurer la solidarité entre Arabes, Iraniens et Turcs, que la perspective de l’unification de l’Etat kurde. Même la menace de l’Etat islamique n’en a pas été capable.

Après la victoire d’Alep, Assad s’est de nouveau prononcé sur la partition : «C’est l’espoir de l’Occident et de certains pays dans la région. Si vous regardez la société d’aujourd’hui, la société syrienne est plus unifiée qu’elle ne l’était avant la guerre. Il est hors de question que les Syriens l’acceptent – je parle maintenant d’une grande majorité de Syriens. Après presque six années [de conflit], je peux vous dire que la majorité des Syriens n’accepteront rien de lié à une désintégration – bien au contraire.»

Il a raison. Pour plus de 70% de Syriens habitant dans des régions contrôlées par le gouvernement, la volonté de continuer la guerre est nulle – et c’est ce que la partition impliquerait : encore des conflits. En outre, non seulement les Syriens, mais tous les pays de l’Arc de sécurité et leurs partenaires sont déterminés plus que jamais à se protéger, en éradiquant le terrorisme qui demeure dans des poches internes à leurs territoires. Comme Assad – et une grande partie de l’Europe aujourd’hui – ils savent que vous n’éliminerez jamais une menace à votre sécurité si vous ne l’écrasez pas et ne préservez pas l’Etat.

Dans le contexte sécuritaire, la partition est hors de question. Dans le contexte militaire, une partition forcée exigera l’engagement de troupes plus puissantes que les armées syrienne, russe, iranienne, égyptienne et du Hezbollah réunies – ce qui est impossible. Dans le contexte politique, la volonté internationale pour une partition «imposée», est nulle.

Donc non, il n’y aura pas de partition de la Syrie.

Sharmine Narwani | 31 déc. 2016

Article original: https://www.rt.com/op-edge/372142-us-russia-syria-partition-turkey/

Source: https://francais.rt.com/opinions/31587-il-aura-pas-partition-syrie

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Regard sur la Syrie du 30 décembre 2016 en direct de Damas par Ayssar Midani (vidéos)

2 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie, #Terrorisme

Regard sur la Syrie du 30 décembre 2016 en direct de Damas par Ayssar Midani (vidéos)

 

 

Bonjour

Regard sur la Syrie du 30 décembre 2016 en direct de Damas par Ayssar Midani

Neuvime SitRep (rapport de situation) pour la Syrie par Madame Ayssar Midani depuis Damas !!!

http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/ayssar-midani-syrie-sitrep-no9-du-71795

Informez-vous et forgez votre opinion en croisant les informations. Les grands médias ont tous la même narrative, est-ce bien raisonnable.

Cordialement

Lucien Pons

 

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Cessez-le-feu en Syrie signé par les jihadistes à l’exception d’al-Qaïda et de Daesh. Réseau Voltaire

2 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Cessez-le-feu en Syrie signé par les jihadistes à l’exception d’al-Qaïda et de Daesh

Réseau Voltaire | Damas (Syrie)

 

 

Réseau Voltaire — Un cessez-le-feu a été conclu en Syrie, annoncé le président russe Vladimir Poutine, en présence de ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense. La Russie et la Turquie s’en sont portées garants. La République islamique d’Iran qui a participé à l’élaboration de l’accord se tient discrètement en réserve.

Trois documents ont été signés par la République arabe syrienne et sept groupes rebelles, dont Ahrar al-Cham.
Le premier prévoit un cessez-le-feu (excluant al-Qaïda et Daesh) sur l’ensemble du territoire à partir de ce soir, jeudi 29 décembre 2016, à minuit heure locale.


Le second précise les mesures visant au respect de la trêve et au déploiement des forces russes.


Le troisième définit les conditions des négociations de paix qui se tiendront à Astana (Kazakhstan). L’Iran et Égypte seront associés à ces négociations et les États-Unis pourront s’y joindre une fois le président élu Donald Trump investi (c’est-à-dire après le 20 janvier 2017).

En parrainant cet accord avec la République islamique d’Iran, la Turquie —membre de l’Otan— a renoncé à son ambition de devenir le leader du monde sunnite et s’est éloignée des États-Unis.

La Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution a annoncé qu’elle soutenait cet accord.

Au début du mois, le Qatar s’est retiré de la guerre contre la Syrie. Il est entré au capital de Rosneft, la plus grande société au monde, et a lié sa politique énergétique à celle de la Russie.

Cet accord est en discussion depuis un mois. Les parties qui s’y opposent ont tenté de le faire échouer en assassinant l’ambassadeur de Russie à Ankara, puis en bombardant les 28 et 29 décembre l’ambassade de Russie à Damas.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ne participent pas à ce cessez-le-feu. Washington a été accusé par le président Erdoğan de continuer à soutenir Al-Qaïda et Daesh, ce que l’ambassade US à Ankara a démenti. Cependant, le président sortant Barack Obama a signé, le 23 décembre, la loi fiscale de Défense autorisant la livraison d’armes à l’« opposition » (sic) en Syrie.

L’Arabie saoudite, qui n’a pas commenté l’accord, a annoncé venir en aide aux réfugiés syriens. Le royaume devrait distribuer de l’aide humanitaire, exclusivement à partir des mosquées qu’elle a installées dans les camps de réfugiés.

Le président Poutine a donné ordre à son ministre de la Défense de réduire la présence militaire russe en Syrie. Cependant, la Russie poursuivra son action contre le terrorisme (al-Qaïda et Daesh).

La guerre contre la Syrie a coûté la vie à au moins 300 000 Syriens. Elle a été planifiée par les États-Unis et leurs partenaires de l’Otan, et financée par les monarchies du Golfe.

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Cette gauche qui sert de supplétif à l’OTAN par Bruno Guigue.

2 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #le nazisme, #Les média

Cette gauche qui sert de supplétif à l’OTAN par Bruno Guigue.

Cette gauche qui sert de supplétif à l’OTAN

 

Désolé pour M. Julien Salingue et ses petits camarades, mais un communiste syrien qui contribue à la défense de son pays vaudra toujours mieux qu'un gauchiste français qui fantasme sur la révolution en buvant des demis au Quartier Latin.

A de rares exceptions près (Jean-Luc Mélenchon, le PRCF), le moins qu'on puisse dire est que la gauche française pratique le déni de réalité sur la Syrie. Depuis 2011, c'est impressionnant. Elle a tout avalé. Avec gourmandise. Un véritable festin de couleuvres ! Elle s'est d'abord fiée à des sources douteuses (OSDH) dont elle a répété en boucle les chiffres invérifiables et les affirmations gratuites. Bonne fille, elle a accrédité la narration ridicule du boucher-de-Damas-qui-massacre-son-peuple. Elle a gobé cul sec le false-flag de l'attaque chimique comme si elle ingurgitait une vulgaire fiole onusienne de M. Powell. Elle est tombée, enfin, dans le panneau d'une propagande humanitaire à deux vitesses qui fait le tri, sans vergogne, entre les bonnes et les mauvaises victimes.

Cet aveuglement stupéfiant, la gauche française le doit d'abord à son indécrottable posture morale. Une grille de lecture manichéenne a anesthésié son esprit critique, elle l'a coupée du monde réel. Voulant absolument identifier des bons (rebelles) et des méchants (Assad), elle s'interdit de comprendre un processus qui se déroule ailleurs que dans le ciel des idées. Quand on désigne les protagonistes d'une situation historique en utilisant des catégories comme le bien et le mal, on donne congé à toute rationalité. « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre », disait justement Spinoza. On peut certes avoir des préférences, mais lorsque ces préférences inhibent la pensée critique, ce ne sont plus des préférences, ce sont des inhibitions mentales.

La deuxième raison de cet aveuglement tient à un déficit abyssal d'analyse politique. La gauche française n'a pas voulu voir que le rapport de forces, en Syrie, n'était pas celui qu'elle espérait. Elle a reconstruit le récit des événements à sa guise pour donner corps à son fantasme d'une révolution arabe universelle qui balaierait le « régime de Damas » comme elle avait balayé les autres, en méconnaissant ce qui faisait précisément la singularité de la situation syrienne. Ceux qui se vantent de connaître leurs classiques auraient dû appliquer la formule par laquelle Lénine définissait le marxisme : « l'analyse concrète d'une situation concrète ». Au lieu de se plier à cet exercice d'humilité devant le réel, l'extrême-gauche, notamment, a cru voir ce qu'elle avait envie de voir.

Abusée par sa propre rhétorique, elle misait sur une vague révolutionnaire emportant tout sur son passage, comme en Tunisie et en Egypte. Mauvaise pioche ! Privée de toute base sociale consistante dans le pays, la glorieuse « révolution syrienne » n'était pas au rendez-vous. Véritable farce sanglante, une contre-révolution menée par des desperados accourus de 110 pays a pris sa place. La nature ayant horreur du vide, cette invasion du berceau de la civilisation par des hordes de mercenaires décérébrés a tenu lieu, dans l'imaginaire gauchiste, de révolution prolétarienne. Le NPA ne s'est pas aperçu de l'énormité de cette confusion. Il n'a pas vu que les rassemblements populaires les plus imposants, en 2011, étaient en faveur de Bachar Al-Assad. Il a écarté d'un revers de la main la position du parti communiste syrien qui, tout en critiquant le gouvernement, se range à ses côtés pour défendre la nation syrienne contre ses agresseurs.

Poussant le déni de réalité jusqu'aux frontières de l'absurde, le NPA, au lendemain de la libération d'Alep, se déclare encore solidaire de la « révolution syrienne ». Mais le secrétaire général du parti communiste syrien, Ammar Bagdash, lui avait répondu par anticipation en septembre 2013 : « En Syrie, à la différence de l’Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n’aurait pas pu résister en comptant seulement sur l’armée. Elle a résisté parce qu’elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l’alliance avec l’Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu’il deviendra clair qu’il existe d’autres voies ».

Désolé pour M. Julien Salingue et ses petits camarades, mais un communiste syrien qui contribue à la défense de son pays vaudra toujours mieux qu'un gauchiste français qui fantasme sur la révolution en buvant des demis au Quartier Latin. Incapable de comprendre ce qui se passait sur place, l'extrême-gauche française est victime du théâtre d'ombres qu'elle a elle-même dressé. Faute d'entendre ce que lui disaient les marxistes du cru, elle a joué à la révolution par procuration sans voir que cette révolution n'existait que dans ses rêves. Mais il est difficile d'admettre en 2016 qu'on s'est complètement fourvoyé depuis 2011.

Une fois de plus, écoutons Ammar Bagdash : « Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d’Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l’armée que dans l’autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d’infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multi-partisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenues. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. »

Cette insurrection armée conduite par des groupes extrémistes, les communistes syriens l'ont parfaitement analysée, mais la gauche française l'a ignorée. Elle a fait comme si elle n'existait pas, comme si elle était une invention de la propagande baassiste. Comment l'admettre, en effet ? Que les gentils révolutionnaires soient passés à l'action violente dès le printemps 2011 contredisait la narration dominante ! Il fallait, pour les besoins de la cause, préserver le mythe d'une opposition démocratique et non-violente. Le récit des événements fut purgé, en conséquence, de ce qui pouvait en altérer la pureté imaginaire. La violence des allumés du wahhabisme fut masquée par un déluge de propagande. Preuve factuelle d'un terrorisme qui était le vrai visage de cette révolution-bidon, ce déchaînement de haine fut effacé des écrans-radar.

De même, cette « gauche » bien-pensante a hypocritement détourné le regard lorsque les feux de la guerre civile furent attisés par une avalanche de dollars en provenance des pétromonarchies. Pire encore, elle a fermé les yeux sur la perversité de puissances occidentales qui ont misé sur l'aggravation du conflit en encourageant la militarisation de l'opposition, tandis qu'une presse aux ordres prophétisait avec délices la chute imminente du « régime syrien ». Sans vergogne, cette gauche qui se dit progressiste s'est laissé enrôler par les gouvernements d'un Occident à l'impérialisme rapace. Elle a calqué sa lecture partiale du conflit sur l'agenda otanien du « changement de régime » exigé par les néo-cons depuis 2005. Comme l'a écrit Hillary Clinton, Washington voulait renverser Assad pour aider Israël dans son affrontement avec l'Iran ! Mais cette circonstance ne semble pas troubler les pro-Palestiniens du NPA.

L'histoire ne fait pas de cadeaux. Elle retiendra que la gauche française a servi de supplétif à l'OTAN dans cette entreprise avortée de destruction d'un Etat souverain sous le prétexte fallacieux des droits de l'homme. Cette imposture de gauche, bien sûr, n'exonère pas la droite française de ses propres responsabilités, tout aussi écrasantes et criminelles sous Nicolas Sarkozy, dans l'aveuglement volontaire au drame syrien. Mais le moins qu'on puisse dire est qu'il y a une imposture de gauche, sur la Syrie, qui aura fait des dégâts considérables. Courage, M. Mélenchon, vous avez du pain sur la planche !

 

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