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Le blog de Lucien PONS

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THÉORIE DU COMPLOT – INFO OU INTOX ? par Jean Martin. Comité Valmy.

27 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La guerre, #le nazisme, #Daesch, #Antifascisme, #Les Antifafs., #Terrorisme, #Je suis Charlie?

THÉORIE DU COMPLOT – INFO OU INTOX ? par Jean Martin. Comité Valmy.

THÉORIE DU COMPLOT – INFO OU INTOX ?
par Jean Martin

vendredi 24 avril 2015, par Comité Valmy

 Statue de Prométhée devant le Rockrfeller Center, New York.

THÉORIE DU COMPLOT – INFO OU INTOX ?

« Un français sur deux croit à la théorie du complot », assurait une enquête en 2013 (1). Ce qui ferait 30 millions de Français estimant que « ce n’est pas le gouvernement qui gouverne la France, on ne sait pas en réalité qui tire les ficelles ». La majorité (2/3) des sondés désigne la finance internationale, puis des pays étrangers, des groupes secrets comme les francs-maçons, et 20 % certains groupes religieux. La triste théorie du complot d’avant guerre a-t-elle refait surface ?

 

Mais d’abord, que recouvre cette expression ? La définition du complot, explique l’économiste Étienne Chouard dans une interview (2), ne fait pas débat : « Manoeuvre secrète contre l’intérêt général en faveur de certains intérêts particuliers qui s’entendent en cachette pour obtenir un avantage, un privilège. » Notons ses cinq composants intrinsèques :
1.La taille réduite du groupe d’initiés (si toute la population est au parfum, ce n’est plus un complot) ;
2.Le secret, qui ne doit pas transpirer sous peine de menacer le projet et les conjurés ;
3.L’action concertée du groupe, qui permet de préparer un plan et d’assembler les moyens d’agir pour 4. Nuire ou 5. Prendre un pouvoir, un privilège.

 

Secret, nuisance et préméditation

La notion de secret offre deux avantages. Protéger les conspirateurs d’une sanction judiciaire et bénéficier de l’effet de surprise pour mener le projet à son terme, en n’éveillant nulle défense qui le déjouerait. On peut ensuite choisir de se dévoiler ou de rester dans l’ombre, ou éventuellement de transférer à d’autres la responsabilité du méfait. L’agression sous fausse bannière false flag) est un classique des opérations secrètes.

 

La notion de nuisance est fondamentale.

Les nobles sentiments inclinent peu au complot. sauf pour actes de résistance à l’oppression injuste, comme sous l’Occupation.

 

Faire sauter une voie ferrée nécessitait une conspiration de résistants coordonnant leurs efforts sous le sceau du secret. Ce que nous appellerions aujourd’hui acte de résistance était qualifié de complot terroriste par Vichy. Subjectivité du jugement.

 

Mais l’histoire tend à montrer une permanence dans les penchants particuliers des concepteurs de complots. Leurs instincts formeraient un panier de mobiles égotistes. En priorité, un attrait démesuré pour le pouvoir et l’argent (selon l’adage : « plus le diable en a, plus le diable en veut »), auquel s’ajoutent : orgueil, haine, violence, cruauté, sexe, cupidité, goût pour la stratégie, démesure, refus des limites et mensonge. Enfin, une action spontanée, non préparée par ses auteurs, ne peut être qualifiée de complot. Cela s’apparente à la préméditation que recherche un magistrat : elle aggrave l’acte, transformant le meurtre, accidentel, en assassinat volontaire. Cette préméditation transforme la couleur d’un événement et constitue le point charnière sur lequel les complotistes basculent dans l’accusation d’une personne ou d’un groupe.

 

Un concept dégradant

« Théorie du complot » signifie qu’un complot est imaginé, non avéré, et demeure une théorie. Il n’existerait. pas. Cette expression appliquée systématiquement porte en soi un sens dévalorisant : chacun de ses trois mots est négatif. Elle discrédite. Elle disqualifie le messager au lieu d’étudier son message.

 

En effet, le terme « complot » ne flatte pas son auteur. Nul militaire ne se dira comploteur. Il réalise plutôt une « opération secrète », une mission, une prise de pouvoir, un putsch. Alors qu’un complot porte une charge sémantique dégradante, est puni par la loi, en tout cas quand il est démasqué.

 

De même, la « théorie », séparée de la pratique, inspire la déconnexion du réel. Le fou vit en théorie, dans ses idées coupées du monde. Ainsi, celui qui suppose un complot est-il plus facilement assimilé à un paranoïaque.

 

Même l’article « du » joue son rôle pernicieux. Si l’expression disait : théorie DES complots, elle supposerait l’existence de plusieurs complots. Ou alors, avec théorie DE complot, elle ne désignerait qu’un seul cas. Il s’agirait alors d’une thèse pour expliquer un événement précis.

 

Or, l’expression parle de la théorie DU complot, comme pour le qualifier de théorique dans son essence. La nature même du complot, selon cette expression, devient fictive, inexistante. Une théorie fait seulement l’objet de croyances, comme la foi en un dogme religieux. D’où l’expression « d’adeptes de la théorie du complot ». Le terme « adepte » désigne notamment les membres d’une secte. Les complotistes ne sont jamais appelés « enquêteurs formulant une hypothèse de complot ».

 

Plus pernicieux encore : l’expression porte des relents de l’esprit antisémite d’avant guerre avec sa ritournelle de complot judéo maçonnique. Ce raccourci peut se traduire aujourd’hui par : « Tu dénonces un complot, c’est donc que tu soutiens l’idée qu’il y a, au-dessus de nos vies, le complot des complots, un gouvernement mondial. »

 

Ce procédé disqualifiant fut utilisé pour réduire au silence ceux qui posaient des questions sur les attentats du 11 septembre 2001, en déroulant la caricature : complotiste = négationniste= antisémite.

 

À qui profite cette expression ?

Cette communication dévalorisant les complotistes profite aux stratégies de pouvoir qui veulent protéger leurs mainmises et leurs projets ; banques, lobbies militaro-industriel, pharmaceutique, pétrochimique ou nucléaire, hommes de l’ombre, politiciens corrompus, etc.

 

Elle ne profite pas à ceux qui défendent l’information et la liberté de chacun, comme le fit Nicolas Forissier, responsable de l’audit interne d’UBS France. Sa mission : faire respecter la loi bancaire française. En 2008, il décèle des pratiques illégales d’évasion fiscale. Il « en parle à ses supérieurs, aux autorités de tutelle, à toutes les administrations compétentes en la matière. On m’ écoute, mais on ne fait rien. Le résultat, c’est que je suis licencié pour mensonge, faute grave avec mise à pied. Tout simplement parce que j’ai dénoncé ce comportement illicite de la banque », dit-il.

 

Nicolas Forissier est donc un « lanceur d’alerte », comme Edward Snowden ou Daniel Ellsberg. Dans un système vertueux, il serait un héros. Mais il ne reçoit aucun soutien. « J’ai peur parce que je ne suis absolument pas protégé. J’étais une victime et on m’a traité comme un coupable. Les services d’État qui devaient me protéger ont fait exactement l’inverse puisque j’ai été placé sous surveillance. De grands services d’État le savent et j’en ai la preuve. C’est extrêmement difficile de se battre seul face à de gros groupes privés surpuissants et des administrations d’État. J’ai eu peur pour ma vie et j’ai peur pour ma famille. »

 

Un système criminogène

Dans son dernier livre, Le Nouveau Capitalisme criminel (éditions Odile Jacob, 2014),Jean-François Gayraud, essayiste et commissaire divisionnaire, montre que le capitalisme, financiarisé, mondialisé et dérégulé à l’excès, est devenu criminogène, tant il offre désormais d’opportunités et d’incitations aux déviances frauduleuses.

 

L’éditeur résume : « C’est ce qu’indique la dimension criminelle qu’ont prise certaines crises financières, au Japon, en Albanie, en Espagne ou encore au Mexique et en Colombie. C’est ce qu’implique l’extension du trading de haute fréquence, qui permet de négocier à la nanoseconde des milliers d’ordres de Bourse. Et c’est enfin ce qu’induit le blanchiment d’argent sale à travers les narcobanques. [ … ] sur les marchés financiers, le crime est parfois si systématique qu’il en devient systémique dans ses effets, De curieuses coopérations et hybridations se nouent ainsi entre criminels en col blanc, gangsters traditionnels et hommes politiques corrompus. »

 

Du côté des comploteurs

Les banques ont pris le pouvoir de créer et vendre de l’argent qu’elles ne possèdent pas. Elles peuvent, par l’hypothèque, saisir une habitation payée à 99 %, mais dont la dernière mensualité ne serait pas honorée.

 

On a trop d’exemples de la puissance bancaire saignant les ménages et les entreprises par l’usure, mentant et volant (cf. NEXUS n° 95, « Ils font trembler les banques »), Mais quelles banques sont condamnées en justice, quand toutes pourraient tomber pour délit d’usure et faillite frauduleuse ?

 

Depuis les années 1990, des pratiques mafieuses s’installent dans la pratique bancaire. Qui les dénoncera ? Les banques possèdent une large part de la presse française : Le Monde, banque Lazard (Matthieu Pigasse). Libération appartenait à Édouard de Rothschild, qui vient de le revendre au magnat de la téléphonie Patrick Drahi. La presse de l’est de la France – Les Dernières Nouvelles d’Alsace, Le Progrès, le Dauphiné libéré, L’Est républicain, l’Alsace, Le Bien public, Le Journal de Saône-et-Loire, Vosges matin, Le Journal de la HauteMarne - a été rachetée par le Crédit Mutuel (groupe EBRA).

 

Vieux comme le monde

Les complots s’étalent sous nos yeux depuis l’origine de l’humanité. Il y en a plein les familles, les tribunaux, la politique, l’économie, les cimetières. Ils jalonnent la destinée humaine. Il est donc singulier d’utiliser, pour une pratique constante des hommes, un terme qui laisse penser que son auteur délire.

 

« Qu’est-ce que l’histoire sinon une fable sur laquelle tout le monde est d’accord ? » s’interrogeait Napoléon Bonaparte.

 

Déjà au IVème siècle av. J.-C., Aristote écrivait : « Il est aussi dans l’intérêt d’un tyran de garder son peuple pauvre, pour qu’il ne puisse pas se protéger par les armes, et qu’il soit si occupé à ses tâches quotidiennes qu’il n’ait pas le temps pour la rébellion » (in la Politique).

 

Vingt-quatre siècles plus tard, le président étasunien Roosevelt (1932-1945) affirmait : « En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi. » Alors, cherchons un vrai gros complot.

 

Ceci est un hold-up !

De nos jours, le plus gros complot avéré est celui de la banque. La Federal Reserve (FED) des États-Unis n’est ni fédérale ni une réserve. C’est une banque privée qui met en échec le dollar monnaie d’État que voulait le président]ackson, principal opposant à une banque privée. Possible raison de son assassinat manqué. Quand l’agresseur lui colle deux pistolets sur le ventre, ils s’enrayent, sauvant le président. L’enquête révélera que ce criminel était en lien avec des banquiers internationaux. Jackson considère son opposition aux financiers comme sa réalisation majeure, d’où l’épitaphe sur sa pierre tombale : « J’ai tué la banque. » Le président Lincoln a eu moins de chance, assassiné après avoir lutté pour nationaliser le dollar.

 

Docteur Jekyll

En 1910, la création de la FED se prépare lors d’une rencontre secrète de neuf jours sur Jekyll Island, au large de l’état de Géorgie. Cette île appartient à de richissimes New-Yorkais, dont J.-P. Morgan (caricaturé dans le Monopoly) et William Rockefeller. Ils sont représentés dans cette réunion, ainsi que la dynastie Rothschild, par le très actif Allemand Paul Warburg, représentant de Kuhn, Loeb & Cie. S’y trouvent aussi le sénateur Nelson Aldrich, alors responsable de la commission monétaire du sénat, beau-père deJohn D. Rockefeller, A. P. Andrew (sous-directeur du Trésor américain), Frank A. Vanderlip (National City Bank of New York), Charles D. Norton, (président de la first National Bank of New York dominée par Morgan), Henry P. Davison (partenaire senior deJ.-P. Morgan), et Benjamin Strong (représentant officiel de J.-P. Morgan & Cie). Tous ces hommes vont définir les grandes lignes de l’actuel système de la Réserve Fédérale.

 

Pourquoi le secret ? L’un d’eux, Vanderlip, écrira plus tard : « Éventer le secret du rassemblement de notregroupe en particulier et de nos travaux équivalait à anéantir toute chance que le Congrès vote la loi sur le comportement des banques. »

 

La loi est votée trois ans plus tard, en 1913. Ces banquiers prennent ainsi le pouvoir de créer le dollar. Ils vendent ensuite ce service à l’État fédéral américain en lui facturant des intérêts. C’est l’argent-dette, une arnaque.

 

L’impôt sur le revenu est créé la même année, il couvre exactement le montant des intérêts bancaires.

 

Suivant en cela rigoureusement le précepte de Karl Marx : « Pour obtenir le contrôle total, deux ingrédients sont essentiels : une banque centrale, et un impôt progressif, pour que les gens ne s’en rendent pas compte. »

 

Mariage du super capitalisme et du communisme

L’arnaque est titanesque, elle perdure depuis plus d’un siècle. Certes, mais la planche à billets ruine une monnaie, on apprend ça à l’école.

 

Exact, et c’est pour cela que le dollar ne vaut quasiment plus rien. Mais les mêmes ont préparé l’après-dollar. Ils préparent en secret depuis dix ans la communauté monétaire qui le remplacera : l’amero, en ayant déjà signé l’accord rassemblant Canada, ÉtatsUnis et Mexique, et en cherchant à l’étendre à toute l’Amérique latine.

 

Ces banquiers peuvent créer autant d’argent qu’ils veulent sans jamais figurer dans les classements des hommes les plus riches de la planète. Qui pourrait d’ailleurs chiffrer leurs comptes en banque ? Ils les alimentent à leur guise, puisque c’est leur monnaie dans leur banque.

 

Un congressiste américain va encore plus loin dans l’accusation. Lawrence Patton McDonald (1935-1983) estime que « le but des Rockefeller et de leurs alliés est de créer un gouvernement mondial unique combinant le supercapitalisme et le communisme sous la même bannière, et sous leur contrôle. [ … ] Est-ce que j’entends par là qu’il s’agit d’une conspiration ? Oui en effet.]e suis convaincu qu’il y a un tel complot, d’envergure internationale, en planification depuis plusieurs générations, et de nature incroyablement maléfique. » Malheureusement, il est tué dans l’attaque d’un vol de la Korean Airlines.

 

Merci Pompidou !

Comment expliquer la décision hallucinante en France d’imiter en 1973 l’arnaque américaine et de soumettre le pays au pouvoir bancaire privé ? Le président Pompidou, directeur de la banque Rothschild entre 1954 et 1958, signe cette loi scélérate.

 

Comme tous les États qui abandonnent leur création monétaire au profit de banquiers privés, la France découvre le chômage, mécaniquement lié à la création monétaire.

 

Est-ce un hasard si l’économie et l’histoire ne sont pas enseignées ainsi à l’école ? Honoré de Balzac assurait qu’« il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où se trou vent les véritables causes des événements ».

 

Plus brutal, Adolf Hitler : « Répétez un mensonge assez fort et assez longtemps et les gens le croiront. » Il ajoute que « le terrorisme est la meilleure arme politique, puisque rien ne fait reagir davantage les gens que la peur d’une mort soudaine ». Parole d’expert.

 

Et le 11 Septembre ?

Les attentats du 11 septembre 2001 ont été le résultat d’un complot terrifiant. Dans tout acte criminel, une enquête cherche les coupables. Mais le gouvernement Bush a d’abord désigné Ben Laden responsable de ce complot avant de céder à la pression de familles de victimes et d’ouvrir une enquête, plus d’un an après. Ben Laden n’a pas été inculpé par le FBI, et lorsque le gouvernement publie son rapport final le 22 juillet 2004, on découvre que l’effondrement de la troisième tour, le WTC 7, n’est pas mentionné alors qu’elle est tombée le même jour, en totalité, sans pour-tant avoir été percuté par un avion.

 

Insatisfaites par les réponses du gouvernement, les familles des victimes ont financé sur leurs deniers des enquêtes dont les résultats sont diffusés dans le monde entier sur des sites très fournis comme ReOpen911 ou Consensus 911.

 

Un sondage New York Times/CBS News du 14 octobre 2006 révèle que huit Américains sur dix doutent de la version gouvernementale. Faire part d’un tel doute est empêché dans les grands médias français. Ceux qui le font se voient chassés d’un paysage médiatique qui bafoue la liberté d’expression, dont il se drape, en théorie.

 

Sur un sujet si crucial, nous observons une cruelle défaillance journalistique en France, l’absence de débat contradictoire et ce fait curieux : les détracteurs de la version Bush sont attaqués, diffamés, disqualifiés.

 

Attentats de Paris

« La France ne le sait pas. Nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui. Une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. » François Mitterrand

 

La France vient de vivre à son tour l’horreur terroriste en janvier avec les attentats de Paris. L’expression « Patriot Act à la française » apparaît dans les bouches des politiques. Première à l’avoir l’utilisée, Valérie Pécresse sur Europe 1 : « Il faudra bien entendu un Patriot Act à la française. Il faut une réponse ferme et globale. » Une proposition très contestée. Valérie Pécresse a fait une marche arrière maladroite, prétendant ignorer ce que comporte cette loi d’exception installée aux États-Unis après le 11 Septembre.

 

Cette loi martiale américaine jette la suspicion sur toute la population, autorise à emprisonner et à torturer n’importe qui, sans jugement, et même d’assassiner des cibles civiles par drones sur le territoire national. Un climat de Disneyland fasciste évoquant le roman d’anticipation de George Orwell : 1984.

 

Dans le sens de cette expansion impérialiste, un journaliste américain de premier plan, le Dr Paul Craig Roberts, ex-secrétaire adjoint au Trésor dans l’administration Reagan et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, a osé se demander si « Washington a ressuscité l’Opération Gladio, qui consistait en des bombes que la CIA faisait exploser contre des cibles européennes après guerre, dont Washington accusait les communistes, pour détruire leur influence dans les élections européennes. Exactement comme on laissait croire au monde que les communistes étaient derrière les attaques terroristes des opérations Gladio, les musulmans sont accusés des attaques contre le magazine satirique français. La question romaine est toujours : À qui cela profite-t-il ? La réponse est : pas la France, pas les musulmans, mais l’hégémonie étasunienne dans le monde. C’est cela qu’entretient la CIA. Cette hégémonie est la politique étrangère néoconservatrice imposée des États-Unis. »

 

Un propos auquel semble adhérer une partie significative de la population française (3).

Un autre témoignage pourrait valider l’accusation du Dr Roberts. Peu avant sa mort, L’ancien président François Mitterrand s’est livré à une confession surprenante, mais peu relayée par la presse. Dans le livre de Georges-Marc Benamou, Le Dernier Mitterrand, l’ex-chef de l’État s’exprimait ainsi : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. »

 

K.-O. debout

D’où une stratégie politique aussi brutale peut-elle venir ? En 2007, Naomi Klein publiait La Stratégie du choc. Décryptage : un traumatisme collectif, une guerre, un coup d’État, une catastrophe naturelle, une attaque terroriste plongent chaque individu dans un état de choc.

 

Après le choc, nous redevenons des enfants, désormais plus enclins à suivre les leaders qui prétendent nous protéger. L’une des personnes à avoir bien compris ce phénomène, c’est Milton Friedman, Prix Nobel d’économie en 1976.

 

Friedman soutenait la vision ultra-libérale de la société (où le marché et le profit régissent la vie dans tous ses aspects) selon laquelle plus rien ne protège l’individu contre les forces de prédation économique. Ses idées furent impopulaires, car elles entraînent chômage et hausse des prix. Il conseilla aux hommes politiques d’imposer, immédiatement après une crise, des réformes économiques douloureuses avant que les gens n’aient le temps de se ressaisir.

 

Il qualifie cette méthode de « traitement de choc économique », reformulé par Naomi Klein en « stratégie du choc ».

 

Invasions programmées

Aaron Russo, producteur et réalisateur à Hollywood, se confie en 2007 dans une interview, six mois avant de mourir d’un cancer de la vessie. Il y rapporte ses longues discussions avec Nick Rockefeller, qui l’appréciait et voulait le faire entrer dans son cercle.

 

Onze mois avant les attentats du 11 septembre 2001, raconte-t-il, « Nick m’a dit qu’un événement allait se produire [ … ] et qu’à partir de cet événement nous (les États-Unis) allions envahir l’Afghanistan, construire des pipelines pour amener le pétrole de la mer Caspienne, que nous allions envahir l’Irak pour prendre le contrôle du pétrole au Moyen-Orient et pouvoir nous implanter là-bas et intégrer cette région dans un nouvel ordre mondial et qu’ensuite nous irions nous occuper de Chavez, au Venezuela ainsi que de l’Iran. Je me rappelle qu’il me disait qu’on verrait des soldats fouiller des grottes à la recherche des responsables, en Afghanistan, au Pakistan et dans toutes ces régions-là. Il y aurait alors une guerre contre le terrorisme où il n’y aurait pas de véritable ennemi. Tout cela ne serait qu’une mystification. Ce serait une façon pour le gouvernement de contrôler les Américains (4). »

 

Nick Rockefeller lui aurait aussi affirmé que ses projets pour l’avenir étaient de réduire la population mondiale de moitié et de remplacer la monnaie de papier par des puces sous-cutanées où seraient stockées toutes les informations personnelles. Tout cela étant une manière détournée de contrôler ce que Nicholas Rockefeller a désigné comme les « serfs », les « esclaves », en parlant de la population mondiale.

 

Il évoque aussi l’émancipation des femmes comme étant une duperie. Ce mouvement n’aurait pour finalité rien d’autre que de doubler le nombre de contribuables et de demandeurs d’emploi, mais aussi de réduire l’influence familiale sur chaque enfant qui finira, par la présence restreinte des parents, par s’attacher indirectement de préférence à l’État.

 

J’entends des voix

Parmi les récits de complot encore plus fictionnels, voici la technologie du Voice to skull (voix dans le crâne). « Je reçois des commentaires désagréables sur mes propres pensées. Et je ne suis pas le seul. La première fois que ça m ‘est arrivé, je me suis regardé dans le miroir, en plein dans les yeux, en me demandant : cela vient-il vraiment de se passer ? Mais j’ai découvert que d’autres voisins souffraient du même phénomène. » Randall Rigger témoigne vivre cela peu de temps après avoir subi une chimiothérapie. Ses voisins se sont plaints de maux identiques dans la Johnson valley, soit environ trois cents personnes harcelées par des voix projetées dans leur tête. Sur la commune a été dressé un grand panneau : « Harcèlement électronique = torture », avec le lien du site créé pour dénoncer le phénomènes (5). Ils ont monté une association de défense « Freedom from Covert Harassment and Surveillance (6) » « pour le droit d’être laissé tranquille ».

 

Randall estime que « des puces sous-cutanées fonctionnant avec l’électricité du corps ont été implantées chez certains. Un numéro de téléphone est attribué, ces numéros sont traités par un ordinateur qui traduit vos pensées. Cette technologie est aux mains de l’armée depuis plus de soixante ans. »

 

Hélas, ces puces existent, spécialité de l’entreprise américaine VeriChip : pucer les humains pour les suivre par satellite, stocker toutes les informations sur eux et leur permettre de payer à distance. Des tests réalisés en boîte de nuit espagnole ont offert ce moyen de paiement bionique à des habitués. Le reportage télévisé complaisant n’a posé aucune question de santé ni de protection de la vie privée.

 

Puces, nanotechnologies, bases de données personnelles, vaccins, médecines naturelles, mouvements pour la démocratie, une ère de résistance nouvelle a commencé. Et si tout cela n’était que théories ? Retournez votre carte d’identité. Derrière la photo, sur la gorge, un rond blanc : une puce RFID. Identification par radiofréquences. Qui a décidé d’en mettre une là, et pour quoi faire ?

 

Pas pour les fainéants

« Seuls les plus petits secrets ont besoin d’être protégés. Les plus gros sont gardés par l’incrédulité publique », expliquait le Canadien Marshall McLuhan (1911-1980), professeur de littérature et théoricien de la communication.

 

Témoignages, citations, événements, lapsus… par la nature secrète des stratégies de pouvoir, le peuple n’a accès qu’à des pièces de puzzle éparses des intrigues politiques. Chercher à comprendre un événement est un réflexe qui déjoue la peur, la fainéantise, la bêtise, l’intérêt, la soumission … Ainsi, les enquêteurs, journalistes et scientifiques élaborent-ils des hypothèses à vérifier. L’amateur peut les suivre sur ce chemin semé d’embûches, au risque d’une fausse théorie.

 

Alors certes, certaines agacent quand elles se chargent de haine, qui enfante violence et malheur. Mais un peuple exploité et trompé peut ressentir une frustration, un sentiment d’injustice générant la colère et la haine, par exemple devant l’emprise violente des maîtres de l’argent. Si la haine se transforme en révolte, la répression se trouve légitimée, renforçant la tyrannie.

 

D’autres théories agacent par leur bêtise. Des raccourcis de raisonnement sans rigueur, déductions hâtives, analyses de vidéos floues… Mais c’est respecter la liberté d’expression que d’autoriser l’ignorant à s’exprimer. Cela demande patience et tolérance tant certains sont énervants de certitude. En particulier quand le discours heurte nos valeurs.

 

De plus, questionner l’exercice du pouvoir politique est un principe démocratique.

Questionner l’événement, c’est le propre du journaliste, du policier, du juge. Questionner la vie, c’est un principe spirituel, scientifique, artistique. Questionner le coeur, c’est le propre du psychologue ou de l’amoureux.

 

Alors oui, un esprit qui échafaude une théorie de complot sort du système et met en doute le pouvoir en place. Mais vouloir penser par soi-même, faire son chemin, ça énerve certains. Mais qui ?

 

Jean Martin

Notes 1.lepoint.fr, 04/05/13.
2.« les gros malins de la théorie du Complot », YouTube.
3.lepoint.fr, 04/05/13.
4.www.youtube.com/watch ?v=owXtjrWACLg 5.www.areyoutorgeled.com
6.www.freedomfchs.com

Sources :
http://www.nexus.fr – N°97. Mars, avril 2015

http://citoyenlibre.nonalaguerre.com/ ?p=4889

5 mars 2015

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Wahhabisme et sionisme : une sainte alliance contre l’Iran

26 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #ISIL, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La mondialisation, #Daesch, #Terrorisme, #Je suis Charlie?

18 avril 2015

Wahhabisme et sionisme : une sainte alliance contre l’Iran

Mohamed EL BACHIR

Un nouveau front : le Yémen

Avec l’entrée en scène on ne peut plus active de l’Arabie Saoudite, un nouveau front s’est ajouté aux champs de bataille en cours depuis plusieurs années au Moyen-Orient : le front du Yémen. Le résultat immédiat est que ce petit pays est transformé en une « boule de feu » (formule de la chaîne libanaise Almayadeen) risquant d’embraser l’ensemble de la région. Il faut dire que le terrain, le décor propice à la frénésie du royaume wahhabite, a été rapidement installé :

- le 21 mars, retrait du dernier contingent américain, composé notamment d’une centaine de commandos des forces spéciales. Ces forces étaient stationnées sur la base aérienne Al-Anad, dans le sud du Yémen et avaient pour double mission : combattre Al-Qaeda dans la péninsule Arabique (Aqpa) et former des unités antiterroristes de l’armée yéménite.

- le 25 mars, claironne l’ambassadeur saoudien à Washington, une coalition de pays de la région du Golfe, emmenée par l’Arabie Saoudite, intervient (sacrifions au mot étrangement médical mais consacré) au Yémen. En effet, dans la nuit du 25 au 26 mars, des bombardements aériens sont effectués sur la ville d’Aden pour repousser l’offensive de la rébellion houthiste d’obédience chiite, alliée à une partie de l’armée yéménite, restée fidèle à l’ancien Président Ali Abdellah Saleh.

Voulant donner à son intervention une motivation religieuse, à savoir le renforcement du camp sunnite, l’Arabie Saoudite a adressé un appel au Pakistan et à la Turquie pour élargir la coalition, composée, pour l’heure, de pays arabes. Les autorités de Ryadh sont d’autant plus tentées d’utiliser le paravent du « schisme sunnite-chiite » qu’elles savent qu’à la frontière irano-pakistanaise couve une rébellion de la minorité iranienne sunnite.

Pour le moment ni le Pakistan, ni la Turquie n’ont donné suite à la demande saoudienne. Les tractations diplomatiques en cours entre, d’une part, la Turquie et l’Iran et, d’autre part, entre le Pakistan et l’Iran, vont plutôt dans le sens de l’apaisement et de la recherche d’une solution politique du conflit au Yémen. La diplomatie iranienne emprunte résolument ce chemin même si le Gardien de la Révolution, l’ayatollah Khamenai ne mâche pas ses mots, lui qui assure l’Arabie Saoudite qu’elle risque gros, que ses turpitudes l’amèneraient à « mordre la poussière au Yémen » et perdre son équilibre intérieur.

Le déclenchement de l’opération « tempête de la fermeté » vise l’écrasement de la rébellion « Ansarullah » afin de l’empêcher d’atteindre Bab El Mandeb qui, comme le détroit d’Ormuz, constitue le point de passage du pétrole du Golfe. Que les Ansarullah accèdent au Bab El Mandeb, et c’est la remise en cause de toute la stratégie saoudienne de production de 10 millions de barils de pétrole par jour pour mettre en difficulté l’économie de la Russie, de l’Iran et... de l’Algérie.

Cette « tempête » est en fait le prolongement des conflits qui se déroulent en Irak et en Syrie. La guerre contre Ansarullah a pour but de porter un coup à l’influence iranienne au Yémen tout comme l’invasion puis la prise de Mossul par Daech était destinée à briser l’axe Téhéran-Bagdad -Damas. (1)

A ce stade du conflit, on ne peut s’empêcher tout de même de noter un fait curieux : la fameuse coalition internationale ne fait plus parler d’elle ni en Irak ni en Syrie, elle « sommeille » donc et laisse ainsi une large liberté d’action à Daech en Irak et au Front El Nosra en Syrie. Sur les deux fronts terrestres, les forces en présence face aux organisations terroristes demeurent, d’une part, l’armée irakienne soutenue par les forces spéciales iraniennes, et, d’autre part, l’armée syrienne soutenue par le Hezbollah.

Un même ennemi « Chiite ou Perse »

Sitôt qu’on a commencé à envisager la conclusion d’un accord pour le moment tout hypothétique sur le nucléaire iranien, on a vu dans un même élan, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu et le chef de la diplomatie saoudienne Saoud Al-Fayçal monter au créneau pour, le premier, nous mettre en garde contre » un accord à Lausanne (qui) ouvrirait la voie à un Iran nucléaire, et nous avertir qu’Israël ferait « tout » pour défendre sa sécurité, le second, nous assurer que les grandes puissances "court-circuitent les intérêts des États de la région en faisant miroiter à l’Iran des bénéfices dont il ne pourra pas jouir sans qu’il coopère avec les pays de la région.’’

La similitude est en effet de plus en plus manifeste entre les lectures géo-stratégiques du rôle de l’ Iran faites, d’un côté, par les tenants du Wahhabisme en tant que doctrine religieuse servant de sous-bassement idéologique à l’Arabie saoudite et, de l’autre, par le sionisme en tant qu’idéologie fondatrice de l’État d’Israël.

Cette similitude dans la vision de l’Iran n’est pas le fruit du hasard, elle correspond à à une convergence stratégique qui a eu le temps de s’affermir comme en témoignent les propos tenus par Shimon Péres en 2010 : à la question ’’ Le Proche-Orient fait-il face à de nouveaux dangers ?’’ posée par Laurent Zecchini, journaliste du Monde, l’homme d’État israélien répond :’’Oui, car nous sommes confrontés à de nouvelles ambitions. Les Perses veulent de nouveau contrôler le Proche-Orient. Que ce soit pour des motifs religieux importe peu…’’ et concernant les pays arabes, il ajoute ’’... La plupart des Arabes en sont profondément préoccupés. Ils ont peur d’une agression de l’Iran, et ils ne savent pas quoi faire... Israël n’est plus le principal problème pour eux, c’est l’Iran, qui utilise le conflit israélo-arabe comme une excuse pour ses ambitions...Ils ne le diront jamais ouvertement bien sûr. Mais aujourd’hui, les contacts secrets sont plus importants que les contacts diplomatiques.’’ (2)

Et au Moyen-Orient, les accords secrets sont légion, à commencer par ceux-là mêmes qui ont donné naissance aux drames que vivent les peuples de la région, à savoir les accords Sykes-Picot.

Pour l’un, un islam dévoyé, et pour l’autre, un nouvel Amalek...

Hier comme aujourd’hui, tous les conflits qui ont ébranlé et meurtri le Moyen-Orient ont un même lieu de convergence : le Liban. Pays qui est en définitive le témoin dans tous les sens du terme de tout ce que vit la région, de ses souffrances, de ses contradictions, mais aussi fort heureusement de ses espoirs.

Le 17 septembre 1978, le Président égyptien Anouar Sadate et le Premier ministre israélien Menahem Begin signent deux documents dont la référence est la résolution 242 des Nations unies d’octobre 1967 : le premier, un traité portant sur le « cadre de paix au Proche-Orient », le second document scellait la « conclusion d’un traité de paix » entre Israël et l’Égypte. Contre ce traité de paix prônant la « normalisation » avec Israël s’est constitué un front du refus arabe composé de l’Irak, la Syrie, la Libye et l’Algérie.

Un front du refus dont la faiblesse a éclaté au grand jour en 1982 puisque le « cadre de paix au Proche-Orient » a été inauguré par l ’’ Opération Paix en Galilée’’, déclenchée le 6 juin par Israëlet qui s’est conclue par l’occupation du Liban. Mis à part les éternelles diatribes anti- israéliennes, les dirigeants arabes ont été d’une passivité pour le moins déconcertante face à la destruction et à l’occupation du Sud Liban, à l’exode de la direction de l’OLP et à l’ignoble massacre dans le camp palestinien de Sabra et Chatila, commis par des collaborateurs libanais avec la bénédiction de l’occupant israélien. Le retrait israélien de 2002 est le fruit de la résistance libanaise et non celui du fameux « cadre de paix au Proche-Orient » égypto-israélien. Mais il faut l’admettre, le fer de lance de cette résistance était dans sa majorité chiite et incarné par le Hezbollah. D’où l’aura et la sympathie politique dont a rapidement bénéficié le Hezbollah au sein des couches populaires à majorité arabe sunnite, du Maroc à l’Irak. Avec sa victoire sur Israël, le Hezbollah donnait l’exemple à suivre pour libérer les autres territoires occupés.

La guerre que lui fera encore Israël quatre ans plus tard, en juillet 2006, dans le but de détruire ses capacités militaires a été tacitement approuvée par les monarchies, l’Égypte et la Turquie, bref, les puissances régionales sunnites. Une fois de plus, de cette confrontation le Hezbollah sort grandi, augmentant l’inquiétude des dirigeants de ces pays traditionnellement dits modérés et en passe de revêtir un nouvel habit dans le cadre d’une éventuelle reconfiguration géopolitique de la région. Une offensive idéologico-religieuse en direction des couches populaires sunnites a donc été menée pour discréditer le Hezbollah via les médias et les prêches dans les mosquées . Elle semble avoir eu quelque succès : le Hezbollah a perdu en effet de sa notoriété et est perçu, certes à tort, comme un simple exécutant des visées iraniennes et vecteur d’un ’’islam dévoyé’’.

Il ne faut pas oublier par ailleurs que, sur le plan militaire, la C.I.A et d’autres organismes de renseignement américains financent des groupes politico-militaires anti-Hezbollah et encouragent l’infiltration de groupes armés sunnites et de prédicateurs salafistes avec l’aide de l’Arabie Saoudite. (3) A cet égard, les déclarations de Jeffrey D. Feltman, assistant de l’ancienne secrétaire d’Etat américaine, Condoleeza Rice, et responsable du bureau des affaires du Proche-Orient, et de Daniel Benjamin, coordinateur du bureau de lutte contre le terrorisme sont sans ambiguïté :’’Les Etats-Unis continuent de prendre très au sérieux les menaces que le Hezbollah fait peser sur les Etats-Unis, le Liban, Israël et l’ensemble de la région.’’(4)

Le plus significatif reste la reconnaissance officielle de l’aide directe apportée par les Etats-Unis aux forces libanaises qui luttent contre le Hezbollah.’’Les Etats-Unis fournissent une assistance et un appui à tous ceux qui, au Liban, travaillent pour créer des alternatives à l’extrémisme et réduire l’influence du Hezbollah dans la jeunesse. (...) A travers l’USAID et la Middle East Partnership Initiative (MEPI), nous avons contribué depuis 2006 à hauteur de plus de 500 millions de dollars à cet effort… Depuis 2006, notre aide totale au Liban a dépassé le milliard de dollars…’’ (4).

Les Etat-Nations ennemis du Néo-libéralisme

Pour les pouvoirs sunnites, la lecture religieuse du conflit qui les oppose à l’Iran et à ses alliés syriens, irakiens et libanais permet de voiler les véritables enjeux stratégiques qui secouent la région. Enjeux qui entraînent l’opposition des Etats-Nations et des forces politiques, jaloux de leur souveraineté politique et économique et dont l’Iran est le fer de lance, au projet de formation d’un ensemble régional néo-libéral sous l’égide de l’impérialisme occidental.

Au Liban, cela se traduit par la confrontation, pour l’instant politique entre, d’une part, l’Alliance du 8 mars dont les deux composantes principales sont le Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun et le Hezbollah et d’autre part, l’Alliance du 18 mars dont la composante principale est sunnite et est soutenue par l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Turquie, tous les trois pro-occidentaux.C’est en ce sens que le Liban est la pierre angulaire de ce qui se joue sur le plan stratégique et idéologique au Moyen-Orient et au-delà, dans le monde arabe.

Pour l’État d’Israël, en vue de justifier le danger que représente l’Iran, la référence religieuse est également présente en des termes bibliques comme l’exprimait clairement le Premier ministre israélien Benyamin Netannyahou à Auschwitz, le 28 janvier 2010 :’’Nous nous souviendrons toujours de ce que nous a fait l’Amalek nazi, et nous n’oublierons pas de nous tenir sur nos gardes face au nouvel Amalek qui apparaît au devant de l’histoire, et menace à nouveau d’exterminer les juifs. Nous ne prendrons pas les choses à la légère en nous faisant croire qu’il s’agit d’intimidations en l’air.’’ (5)

A n’en pas douter, les « contacts secrets » dont parlait Shimon Péres demeurent d’actualité et visent l’édification du «  nouveau Moyen-Orient » cher à l’ancien Président G.Bush. Un nouveau Moyen-Orient dont l’avènement ne peut être envisagé sans, d’une part, la neutralisation des « fauteurs de troubles régionaux » que sont l’Iran, le Hezbollah et le Hamas et, d’autre part, sans vassaliser, voire morceler la Syrie. Dans un Moyen-Orient ainsi conçu, la question palestinienne trouverait, du moins les stratèges US et israélien l’espèrent, une réponse acceptable pour l’État d’Israël,enfin rasséréné, une fois intégré politiquement et économiquement tel un « petit Occident » moyen-oriental.

M. El Bachir

(1) http://www.mondialisation.ca/de-la-prison-abu-al-gharib-a-lavenement-de-daech/5409971

(2) Laurent Zecchini : Le Monde du 9/03/10

(3) La polémique sur Hezb al-Tahrir devra attendre la réunion du Conseil des ministres http://www.lorientlejour.com/article/666658/La_polemique_sur_Hezb_al-T...

(4) http://blog.mondediplo.net/2010-06-30-500-millions-de-dollars-contre-l...

URL de cet article 28423
http://www.legrandsoir.info/wahhabisme-et-sionisme-une-sainte-alliance-contre-l-iran.html

 

 Mohamed EL BACHIR

25/01 Bas les masques ! Je ne suis pas Charlie

30/10 De la prison Abu al Gharib à l’avènement de Daech

09/08 Impunité pour un Etat pas comme les autres

10/06 Après DSK, une victime : la démocratie française

 

 

 

LEMONDE.FR | 25.04.06 | 15h18 • Mis à jour le 03.05.06 | 23h50

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de "Tous fichés" , mercredi 03 mai 2006

Le courrier électronique est-il discret ou non ?

Jacques Henno : Non. Tout courrier électronique qui circule sur Internet peut être intercepté par des tiers qui le veulent. On estime par exemple que la majorité du courrier électronique échangé dans le monde transite par les Etats-Unis. On est à peu près sûr que la NSA (National Security Agency), l'agence de surveillance électronique américaine, intercepte les courriers électroniques qui transitent par les Etats-Unis.

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Le chat, la souris et les systèmes anti-missiles

25 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #le nazisme, #Terrorisme

Le chat, la souris et les systèmes anti-missiles


Le 19 avril 2015 – Source DEBKAfile

DEBKAfile est un site très proche des renseignements militaires israéliens, basé à Jérusalem. Il est spécialisé dans les commentaires et les analyses sur le terrorisme, l’espionnage, la sécurité nationale, militaire et les relations internationales, avec un accent particulier sur le Moyen-Orient [wikipédia]

Poutine avertit Israël : la vente d’armes à l’Ukraine pourrait déclencher la vente de S-300 russes à la Syrie

Radar du S-300

L’avertissement du président russe Vladimir Poutine adressé à Israël contre la vente d’armes à Kiev – en réponse aux missiles de défense aérienne S-300 fournis à l’Iran par la Russie – ajoute une dimension européenne en plaçant Israël directement au cœur du litige qui oppose Moscou aux États-Unis au sujet de l’Ukraine. La menace implicite du dirigeant russe de répliquer en fournissant le même système de lancement de missiles à la Syrie qu’à l’Iran renvoie à un autre litige entre, d’un côté, la Russie et, de l’autre, les États-Unis et Israël, à savoir, le conflit syrien.

Alors que les critiques du gouvernement de Netanyahou soulignent la querelle avec l’administration Obama au sujet de la question nucléaire iranienne, ils oublient la coopération militaire intense entre les États-Unis et Israël dans deux régions vitales du conflit, la Syrie et l’Ukraine. Cette relation n’a pas échappé à Poutine.

Les comptes rendu des services de renseignement déposés sur son bureau du Kremlin révèlent que non seulement les États-Unis et Israël (et la Jordanie) arment les forces rebelles dans le sud de la Syrie, mais qu’ils collaborent en vue de fournir à l’armée ukrainienne des armes pour briser sa confrontation incendiaire avec les séparatistes pro-Russes.

Au cours de la quinzaine écoulée, des milliers de conseillers militaires des États-Unis, du Canada, de France, du Royaume-Uni et d’Allemagne ont été envoyés en Ukraine pour former l’armée nationale. Les jours prochains, ce sont 290 officiers et soldats de la 173 e brigade aéroportée américaine qui sont attendus.

Les sources militaires de DEBKAfile révèlent que les arrivants se rassemblent au centre de formation de l’armée ukrainienne de Yavoriv, près de Lvov. Ce centre a été choisi comme point de rassemblement et de lancement des forces d’intervention occidentales et de l’OTAN dans le conflit ukrainien en raison de sa proximité de la Pologne.

Les escadrons aériens étatsuniens et britanniques qui y sont stationnés depuis quelques mois sont suffisamment proches pour assurer une couverture aérienne au centre de Yavoriv. Des militaires étatsuniens et britanniques sont également en poste en Pologne, disponibles pour prêter main forte aux Ukrainiens et apaiser les craintes des états baltes suite à l’annexion de la Crimée par la Russie en mars dernier.

Poutine a averti Washington à plusieurs reprises que fournir à Kiev des armes offensives aurait pour conséquence des mesures similaires de la part de la Russie, mesures susceptibles de nuire aux intérêts étatsuniens en Europe et ailleurs dans le monde. Il a tenté de faire passer cet avertissement par l’intermédiaire de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français François Hollande, ainsi que lors de la rencontre du Secrétaire d’État John Kerry avec le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov. Moscou, indique le message d’avertissement, n’épargnerait pas les intérêts des États-Unis après ce que Poutine considère comme les assauts de l’administration Obama contre la sécurité nationale de la Russie, au travers de l’absorption progressive de l’Ukraine par l’OTAN et de la fourniture d’armes offensives pour la campagne de Kiev contre les séparatistes pro-Russes.

La levée de l’embargo sur les missiles de défense aérienne S-300 destinés à l’Iran a été le premier pas du dirigeant russe en vue d’enfoncer le clou, mais ses représailles ne s’arrêteront sans doute pas là. Les missiles de défense aérienne n’ont pas encore été expédiés en Iran, mais si le président Barack Obama s’entête à fournir une assistance militaire étendue au gouvernement ukrainien, Poutine compte fournir des S-300 non seulement à l’Iran, mais également à la Syrie.

Le samedi 18 avril, le président russe s’est refusé à répondre lorsqu’il lui a été demandé si Moscou s’était abstenu d’envoyer des missiles S-300 à la Syrie à la demande d’Israël. Il n’en demeure pas moins qu’il a mentionné la Syrie dans la foulée, lorsqu’il a averti Israël de ne pas fournir des armes au gouvernement Ukrainien. Il a alors déclaré que cette initiative serait « contre-productive » pour les efforts de paix en Ukraine orientale.

La veille à Washington, Obama a déclaré qu’il était surpris que la Russie ait suspendu la vente de missiles à l’Iran aussi longtemps. Le président étatsunien a relevé que Poutine avait précédemment suspendu la vente «à notre demande. Franchement, je suis surpris que cela ait tenu aussi longtemps, étant donné que la vente de ces armes défensives n’était pas empêchée par des sanctions». Le président étatsunien a choisi l’Ukraine pour son épreuve de force avec le président russe. Poutine, cependant préfère relever le gant en Iran et en Syrie.

Traduit par Gilles Chertier pour le Saker Francophone.

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Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme,...

25 Avril 2015 , Rédigé par Lucien Pons Publié dans #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #Afrique

Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme,...

Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #Afrique

http://lucien-pons.over-blog.com/2015/04/charlie-et-l-afrique-temoignage-d-un-general-francais-de-retour-du-mali.html

25 avril 2015

« Charlie » et l’Afrique… Témoignage d’un général français de retour du Mali

Par le général Pierre Michel Joana (revue de presse : marechalunjour.unblog.fr – 23/02/15)*

Merci pour ce moment (5 février 2015)

Je viens de rentrer d’une semaine à Bamako, où j’ai travaillé avec des Maliens, des Nigériens et des Mauritaniens, sur des questions de lutte anti-terrorisme. J’étais accompagné là-bas par une collègue belge et un collègue espagnol.

Dans le petit hôtel « le Campagnard », où nous étions logés et où se déroulaient nos réunions, la télévision, comme souvent en Afrique était allumée toute la journée. La chaîne France 24, chaîne chargée de faire connaître le rayonnement de la France, diffusait plusieurs fois par jour, un petit clip d’une minute où l’on pouvait voir toute une succession de personnes, de toutes origines ethniques, portant une pancarte « je suis Charlie ». A la fin, ça devenait énervant, même pour moi. Cela l’était encore plus pour mes amis africains. Depuis la parution du dernier numéro de Charlie Hebdo, vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, à des collectionneurs opportunistes et à des gens sincères, encore sous le coup de l’émotion, les Musulmans d’Afrique noire sont de moins en moins Charlie et de plus en plus Coulibaly.

Ils ne sont pas pour autant complices des djihadistes, dont ils subissent tous les jours les atrocités, dans l’indifférence générale de tous les Charlies, partis depuis en vacances de neige, mais ils n’aiment pas que l’on se moque de leur Prophète.

Évidemment, ils ne sont pas assez développés, ni instruits, ni tolérants, pour apprécier à leur juste valeur les subtilités de la laïcité à la française, de la liberté d’expression et du droit au blasphème germanopratin. Moi non plus d’ailleurs, mais c’est normal étant donné que j’ai passé toute ma vie à essayer, comme «l’adjudant Kronenbourg, soldat à la solde du grand capital», de défendre mon pays et de permettre à ceux de Charlie, qui au fond, me haïssaient, de le faire en toute liberté.

Il n’empêche que grâce à tous ces bien-pensants, les trois abrutis qui ont assassiné les journalistes de Charlie Hebdo, puis les clients du magasin casher de la porte de Vincennes, ont atteint leur but au-delà de tout ce qu’ils avaient pu imaginer dans leurs petites têtes de crapules, rattrapées par la foi.

Le chef d’état du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, doit, rappelons-le, son élection à l’appui du Président du Haut Conseil Islamique de son pays, l’Imam wahhabite Mahmoud Dicko. Il a, je suppose, dû être fortement convaincu de venir à Paris le 11 janvier, pour manifester sa solidarité au nom de ce qu’il doit à la France et à ses amis socialistes. Il est désormais complétement discrédité. Son peuple, depuis la parution du dernier Charlie, lui reproche sa complicité avec les blasphémateurs.

France 24 le lui rappelle toutes les deux heures.

Le chef d’état du Niger, Mahamadou Issoufou, de la même obédience, et en difficulté face à son opposition, mais aussi face à la menace venant de Libye, du Mali et de Boko Haram, a également dû être convaincu par les conseillers de l’Elysée qu’il serait bien qu’il vienne aussi défiler à Paris. Que pourrait-il refuser à Paris dans la situation où il se trouve ? Manque de chance, depuis la sortie de la dernière caricature du Prophète, son peuple l’assimile aux blasphémateurs, aux Chrétiens, aux blancs, aux occidentaux, donc aux Français. Le peuple a d’ailleurs réagi plus violemment qu’au Mali. Les manifestations ont fait plus de dix morts, tous musulmans. 25 églises ont été détruites, le centre culturel français de Zinder également, ainsi que le restaurant « le Toulousain » de Niamey. C’est dans ce petit restaurant, tenu par un Français, qu’avaient été enlevés, par les djihadistes en janvier 2011, deux jeunes Français retrouvés morts le lendemain par nos forces spéciales, près de la frontière malienne. Au Niger aussi, France 24 rappelle toutes les deux heures que nous sommes Charlie.

Et deux de chute, Messieurs les Présidents.

Dans la rue à Bamako, certains vous disent qu’ils sont Coulibaly. Il faut dire que ce patronyme est plus courant là-bas que celui de Charlie.

Coulibaly de France, tu n’es pas mort pour rien.

Ma collègue Belge, qui s’était aventurée de l’autre côté de la rue, devant l’Institut National de Formation Judiciaire de Bamako, où un certain Moussa Coulibaly (encore un) avait fort bien organisé une formation sur « les menaces terroristes pesant sur le Sahel et les moyens d’y faire face », avec notre appui, a été prise à partie par un septuagénaire en boubou, affichant une belle barbe blanche de notable. Ce dernier s’est proposé à deux fois de la gifler, la prenant pour une Française. Il déclarait avoir servi dans l’armée française, et reprochait à notre pays de tout manipuler au Mali, et en particulier son Président, qu’il qualifiait de marionnette. Il lui a annoncé que tout cela finirait très mal pour nous. C’est la première fois, en 45 ans de fréquentation de l’Afrique noire, que je constate ce type de menace, surtout de la part d’un vieil homme qui n’avait rien d’un fou, et s’exprimait très clairement.

Bravo Charlie.

J’ai longuement discuté avec un officier de gendarmerie Nigérien, amoureux de la France et des philosophes français. Comme Musulman, il ne comprenait pas que l’on puisse continuer à soutenir ceux qui avaient humilié son prophète. Il sortait de cette affaire, très admiratif des Américains, qui avaient refusé de montrer à la télévision la caricature du dernier Charlie.

Merci France 24.

J’ai également longuement discuté avec un serveur de mon petit hôtel. Il était licencié en histoire et avait passé plusieurs années en Côte d’Ivoire, où il connaissait très bien tous les anciens petits chefs rebelles, désormais au pouvoir. Il ne m’a pas vraiment dit ce qu’il avait fait là-bas. Il avait renoncé à trouver un poste dans l’éducation nationale malienne, ou dans une autre administration, car la corruption est telle qu’il est impossible pour un pauvre gars comme lui de pouvoir être retenu. Il a conclu son propos en disant que son seul recours désormais était Dieu (lire Allah). D’après l’officier de gendarmerie nigérien, cet homme est mur pour basculer.

Encore un effort Charlie.

Un officier de gendarmerie français m’a dit qu’il avait demandé aux deux femmes qui travaillent à son domicile de venir désormais voilées, car on leur avait lancé des cailloux pour les punir de travailler chez lui.

Bravo la France.

J’ai aussi rencontré un officier français à la retraite, installé au Mali depuis plus de vingt ans, marié à une Malienne, et qui m’a confié que sa femme, musulmane, avec laquelle il avait deux enfants, chrétiens, passait, depuis peu, beaucoup plus de temps à faire ses prières.

Continue Charlie.

Ils croient tous là-bas que nous sommes Charlie. Du coup ils sont de plus en plus Coulibaly et en arrivent à admirer les Américains. C’est un comble.

Bref, j’ai passé une excellente semaine.

Merci pour ce moment.

Photo : Militaire français en opération au Mali

Source : http://marechalunjour.unblog.fr/2015/02/23/france-afrique/

http://marechalunjour.a.m.f.unblog.fr/files/2015/02/merci-pour-ce-moment.pdf

http://www.les-crises.fr/charlie-et-lafrique-temoignage-dun-general-francais-de-retour-du-mali/

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« Charlie » et l’Afrique… Témoignage d’un général français de retour du Mali.

25 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #Afrique

« Charlie » et l’Afrique… Témoignage d’un général français de retour du Mali

Par le général Pierre Michel Joana (revue de presse : marechalunjour.unblog.fr – 23/02/15)*

Merci pour ce moment (5 février 2015)

Je viens de rentrer d’une semaine à Bamako, où j’ai travaillé avec des Maliens, des Nigériens et des Mauritaniens, sur des questions de lutte anti-terrorisme. J’étais accompagné là-bas par une collègue belge et un collègue espagnol.

Dans le petit hôtel « le Campagnard », où nous étions logés et où se déroulaient nos réunions, la télévision, comme souvent en Afrique était allumée toute la journée. La chaîne France 24, chaîne chargée de faire connaître le rayonnement de la France, diffusait plusieurs fois par jour, un petit clip d’une minute où l’on pouvait voir toute une succession de personnes, de toutes origines ethniques, portant une pancarte « je suis Charlie ». A la fin, ça devenait énervant, même pour moi. Cela l’était encore plus pour mes amis africains. Depuis la parution du dernier numéro de Charlie Hebdo, vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, à des collectionneurs opportunistes et à des gens sincères, encore sous le coup de l’émotion, les Musulmans d’Afrique noire sont de moins en moins Charlie et de plus en plus Coulibaly.

Ils ne sont pas pour autant complices des djihadistes, dont ils subissent tous les jours les atrocités, dans l’indifférence générale de tous les Charlies, partis depuis en vacances de neige, mais ils n’aiment pas que l’on se moque de leur Prophète.

Évidemment, ils ne sont pas assez développés, ni instruits, ni tolérants, pour apprécier à leur juste valeur les subtilités de la laïcité à la française, de la liberté d’expression et du droit au blasphème germanopratin. Moi non plus d’ailleurs, mais c’est normal étant donné que j’ai passé toute ma vie à essayer, comme «l’adjudant Kronenbourg, soldat à la solde du grand capital», de défendre mon pays et de permettre à ceux de Charlie, qui au fond, me haïssaient, de le faire en toute liberté.

Il n’empêche que grâce à tous ces bien-pensants, les trois abrutis qui ont assassiné les journalistes de Charlie Hebdo, puis les clients du magasin casher de la porte de Vincennes, ont atteint leur but au-delà de tout ce qu’ils avaient pu imaginer dans leurs petites têtes de crapules, rattrapées par la foi.

Le chef d’état du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, doit, rappelons-le, son élection à l’appui du Président du Haut Conseil Islamique de son pays, l’Imam wahhabite Mahmoud Dicko. Il a, je suppose, dû être fortement convaincu de venir à Paris le 11 janvier, pour manifester sa solidarité au nom de ce qu’il doit à la France et à ses amis socialistes. Il est désormais complétement discrédité. Son peuple, depuis la parution du dernier Charlie, lui reproche sa complicité avec les blasphémateurs.

France 24 le lui rappelle toutes les deux heures.

Le chef d’état du Niger, Mahamadou Issoufou, de la même obédience, et en difficulté face à son opposition, mais aussi face à la menace venant de Libye, du Mali et de Boko Haram, a également dû être convaincu par les conseillers de l’Elysée qu’il serait bien qu’il vienne aussi défiler à Paris. Que pourrait-il refuser à Paris dans la situation où il se trouve ? Manque de chance, depuis la sortie de la dernière caricature du Prophète, son peuple l’assimile aux blasphémateurs, aux Chrétiens, aux blancs, aux occidentaux, donc aux Français. Le peuple a d’ailleurs réagi plus violemment qu’au Mali. Les manifestations ont fait plus de dix morts, tous musulmans. 25 églises ont été détruites, le centre culturel français de Zinder également, ainsi que le restaurant « le Toulousain » de Niamey. C’est dans ce petit restaurant, tenu par un Français, qu’avaient été enlevés, par les djihadistes en janvier 2011, deux jeunes Français retrouvés morts le lendemain par nos forces spéciales, près de la frontière malienne. Au Niger aussi, France 24 rappelle toutes les deux heures que nous sommes Charlie.

Et deux de chute, Messieurs les Présidents.

Dans la rue à Bamako, certains vous disent qu’ils sont Coulibaly. Il faut dire que ce patronyme est plus courant là-bas que celui de Charlie.

Coulibaly de France, tu n’es pas mort pour rien.

Ma collègue Belge, qui s’était aventurée de l’autre côté de la rue, devant l’Institut National de Formation Judiciaire de Bamako, où un certain Moussa Coulibaly (encore un) avait fort bien organisé une formation sur « les menaces terroristes pesant sur le Sahel et les moyens d’y faire face », avec notre appui, a été prise à partie par un septuagénaire en boubou, affichant une belle barbe blanche de notable. Ce dernier s’est proposé à deux fois de la gifler, la prenant pour une Française. Il déclarait avoir servi dans l’armée française, et reprochait à notre pays de tout manipuler au Mali, et en particulier son Président, qu’il qualifiait de marionnette. Il lui a annoncé que tout cela finirait très mal pour nous. C’est la première fois, en 45 ans de fréquentation de l’Afrique noire, que je constate ce type de menace, surtout de la part d’un vieil homme qui n’avait rien d’un fou, et s’exprimait très clairement.

Bravo Charlie.

J’ai longuement discuté avec un officier de gendarmerie Nigérien, amoureux de la France et des philosophes français. Comme Musulman, il ne comprenait pas que l’on puisse continuer à soutenir ceux qui avaient humilié son prophète. Il sortait de cette affaire, très admiratif des Américains, qui avaient refusé de montrer à la télévision la caricature du dernier Charlie.

Merci France 24.

J’ai également longuement discuté avec un serveur de mon petit hôtel. Il était licencié en histoire et avait passé plusieurs années en Côte d’Ivoire, où il connaissait très bien tous les anciens petits chefs rebelles, désormais au pouvoir. Il ne m’a pas vraiment dit ce qu’il avait fait là-bas. Il avait renoncé à trouver un poste dans l’éducation nationale malienne, ou dans une autre administration, car la corruption est telle qu’il est impossible pour un pauvre gars comme lui de pouvoir être retenu. Il a conclu son propos en disant que son seul recours désormais était Dieu (lire Allah). D’après l’officier de gendarmerie nigérien, cet homme est mur pour basculer.

Encore un effort Charlie.

Un officier de gendarmerie français m’a dit qu’il avait demandé aux deux femmes qui travaillent à son domicile de venir désormais voilées, car on leur avait lancé des cailloux pour les punir de travailler chez lui.

Bravo la France.

J’ai aussi rencontré un officier français à la retraite, installé au Mali depuis plus de vingt ans, marié à une Malienne, et qui m’a confié que sa femme, musulmane, avec laquelle il avait deux enfants, chrétiens, passait, depuis peu, beaucoup plus de temps à faire ses prières.

Continue Charlie.

Ils croient tous là-bas que nous sommes Charlie. Du coup ils sont de plus en plus Coulibaly et en arrivent à admirer les Américains. C’est un comble.

Bref, j’ai passé une excellente semaine.

Merci pour ce moment.

Photo : Militaire français en opération au Mali

Source : http://marechalunjour.unblog.fr/2015/02/23/france-afrique/

http://marechalunjour.a.m.f.unblog.fr/files/2015/02/merci-pour-ce-moment.pdf

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Comment vaincre le terrorisme : cessons de commettre les sept mêmes erreurs

25 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #ISIL, #Daesch

 

Billet du Washington’s Blog

Sept propositions pour mettre un coup de frein aux actions terroristes

Au lendemain des attentats barbares de Paris, il y a une question que tout le monde se pose : comment faire pour empêcher le retour de tels actes ?

Pour certains il faudrait renforcer l’action militaire dans les pays musulmans… accroître la surveillance… ou restreindre encore plus les libertés civiles.

Pourtant, quoi qu’en disent nos analystes et commentateurs, les méthodes pour prévenir les futures attaques n’ont rien d’un mystère…

Pour commencer, arrêtons de jouer aux pompiers pyromanes.

I. Arrêtons de renverser les modérés et d’armer les fanatiques

Je sais que l’idée va paraître étrange, mais si nous voulions stopper le terrorisme, nous devrions peut être… tenez-vous prêts… arrêter de l’encourager.

Je fais ici référence au fait que nous armons les extrémistes les plus violents au Moyen-Orient, dans le cadre d’une stratégie géopolitique très bête qui consiste à renverser les leaders politiques qui pour une raison ou une autre nous déplaisent (voir section 3 pour plus de détails). Voyez ceci, ceci, ceci, ceci et ceci. Et comme par hasard on s’attaque toujours à des régimes modérés qui jusque là étaient des facteurs de stabilité pour la région car ils empêchaient les djihadistes de s’y implanter.

En effet, les auteurs des attentats contre Charlie Hebdo rentraient apparemment tout juste de Syrie où ils avaient combattu aux cotés des terroristes. C’est là qu’ils ont pu, directement ou indirectement, bénéficier de l’aide américaine en termes d’armes et d’entraînement.

Je répète : si nous voulons arrêter le terrorisme, cessons de lui venir en aide.

II. Arrêtons de soutenir les dictatures qui financent les terroristes

C’est l’Arabie Saoudite qui finance le plus les terroristes islamistes radicaux.

Nous savons que les saoudiens ont financé Daesh et plusieurs autres groupes terroristes violents. D’après les déclarations sous serment d’un membre de la commission d’enquête et du co-président de l’enquête du Congrès sur le 11 septembre, c’était le gouvernement saoudien qui était derrière les pirates de l’air impliqués dans les attentats. (voir à ce sujet la section VII pour plus de détails)

D’autre part, l’Arabie Saoudite est le berceau historique du mouvement islamiste le plus radical au monde, le salafisme. (Daesh et Al Qaida s’en revendiquent tous les deux).

En outre, les saoudiens, avec l’aide des États-Unis, financent les “madrassas”, écoles coraniques dans lesquelles est propagé l’islam radical.

Et pourtant, depuis 70 ans, les États-Unis fournissent aux saoudiens une aide militaire, par le biais de renseignements collectés par la NSA, et plus généralement toute autre forme d’assistance.

Pour finir, selon les meilleurs spécialistes américains du terrorisme, notre soutien aux régimes brutaux et tyranniques du Moyen-Orient comme l’Arabie Saoudite est une des principales motivations des terroristes de la région.

Ainsi, si nous arrêtions de soutenir la maison des saoudes et les autres tyrannies du monde arabe, nous gagnerions sur deux tableaux à la fois :

(1) D’une part nous affaiblirons les principaux soutiens du terrorisme

Et…

(2) D’autre part, nous enlèverons aux terroristes une de leur principales motivations : notre soutien affiché aux régimes les plus brutaux et les plus répressifs du Moyen-Orient

III Cessons nos quêtes impérialistes pour le pétrole du Moyen-Orient

Depuis soixante ans les États-Unis n’ont cessé d’orchestrer des changements de régime pour renverser les leaders arabes gênants. Ça a été le cas en Syrie en 1949, en Iran en 1953, deux fois en Irak et en Afghanistan, puis en Turquie, en Libye… et dans d’autres pays riches en pétrole.

En 1991, les néoconservateurs ont une fois de plus fomenté des changements de régime partout au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Certains hommes politiques américains de premier plan ont reconnu que l’enjeu de la guerre en Irak était le pétrole, pas la lutte contre le terrorisme (des documents en provenance de Grande-Bretagne le confirment). Les guerres contre le terrorisme sont en réalité surtout des guerres pour les ressources naturelles comme le gaz naturel. Ou pour forcer les derniers récalcitrants à se convertir aux systèmes du pétrodollar et de la banque centrale privée.

Pour l’armée américaine, les attaques terroristes contre les États-Unis seraient “un prix dérisoire à payer pour le maintien de notre statut de superpuissance” :

C’est un officier haut gradé appartenant à l’état-major des armées qui a confié au directeur du contre-terrorisme au département d’état, Sheehan, qu’il a entendu plus d’une fois ses collègues qualifier les attaques terroristes “d’un prix bien dérisoire à payer pour le maintien de notre statut de superpuissance”.

Des experts en sécurité conservateurs comme libéraux, reconnaissent que faire la guerre au Moyen-Orient affaiblit la sécurité aux États-Unis et alimente le terrorisme. Voyez ceci, ceci, ceci, ceci, ceci, ceci, ceci et ceci.

Parmi eux, James K. Feldman, ancien professeur d’analyse décisionnelle et d’économie à l’Institut Technologique de l’Armée de l’Air et à l’Ecole des Etudes Avancées de stratégie aérienne, et d’autres experts qualifient l’occupation militaire américaine dans les pays étrangers comme étant la principale cause du terrorisme. Le professeur Robert A. Pape de l’université de Chicago, spécialiste en sécurité internationale, partage le même avis.

Bien que nous ayons mené les guerres les plus longues et les plus coûteuses de notre histoire, nous sommes moins en sécurité aujourd’hui et faisons face à des attentats toujours plus nombreux.

Souvenez-vous, Al-Qaïda n’était même pas présente en Irak jusqu’a l’invasion américaine.

Si nous voulons stopper le terrorisme, nous devons cesser de renverser les dirigeants du Moyen-Orient et d’envahir leurs pays pour s’accaparer du pétrole.

IV. Stoppons les assassinats de civils innocents par des drones

Selon des responsables haut placés de la CIA, les frappes par des drones alimentent le terrorisme (et voyez ceci).

C’est la CIA, agence chargée des frappes de drones, qui a elle-même dit au président Obama que les morts causées par les drones peuvent inciter au terrorisme.

Si nous voulons arrêter de créer de nouveaux terroristes, nous devons arrêter les frappes au moyen de drones.

V. Arrêtons la torture

Les meilleurs experts en matière de terrorisme et des techniques d’interrogatoire sont d’accord pour dire que la torture fabrique des terroristes.

En effet, les leaders de Daesh ont justifié leurs actes par la pratique de la torture par les autorités américaines. (Et l’un des terroristes français a dit qu’il travaillait pour Daesh.)

Encore une fois, nous avons un exemple très récent : le terroriste parisien Cherif Kouachi a dit lors de son procès en 2005 qu’il n’était pas un musulman radical jusqu’à ce qu’il découvre l’existence de la torture des prisonniers irakiens par les américains à la prison d’Abu-Ghraib en Irak.

Vous l’aurez deviné : si nous voulons arrêter de créer de nouveaux terroristes, nous devons également arrêter la torture… définitivement.

VI. Arrêtons la surveillance de masse

Pour les meilleurs experts en sécurité il ne fait pas de doute que la surveillance de masse nous rend PLUS vulnérables aux terroristes. Arrêtons-la.

VII. Arrêtons d’étouffer l’affaire du 11 Septembre

Même si notre gouvernement reconnait qu’une puissance étrangère était impliquée dans les attentats du 11 septembre… l’identité de cette dernière fait débat.

Comme le 11 septembre a été la plus importante attaque terroriste dans l’histoire des États-Unis sur laquelle reposent toutes nos stratégies de sécurité nationale, nous ne pourrons pas stopper le terrorisme tant que toute la lumière n’est pas faite dans cette affaire et l’identité de l’état responsable de l’attaque n’est pas établie.

Beaucoup de responsables américains au sommet de l’étatchefs militaires, agents des services de renseignement et membres de la commission d’enquête – ne sont pas satisfaits, encore aujourd’hui, des résultats de l’enquête sur le 11 Septembre.

Le co-président de la commission d’enquête du Congrès sur le 11 septembre, Bob Graham, et le membre de la commission d’enquête et ex-sénateur Bob Kerrey demandent soit de créer “une commission d’enquête permanente“, soit de mener une nouvelle enquête pour enfin connaître toute la vérité.

Selon le co-président de la commission d’enquête du Congrès sur le 11 septembre et ex-chef du Comité sénatorial sur le renseignement (Bob Graham), l’attentat de Paris, Daesh, et d’autres formes de terrorisme sont le résultat du refus d’affronter l’Arabie Saoudite et de rendre public la partie du rapport d’enquête qui démontre son implication dans cet attentat.

Les présidents de la commission d’enquête sur le 11 septembre, Ron Paul, et nombreux autres hommes politiques américains ont eux aussi appelé à la déclassification de ce rapport.

Encore une fois, chacun peut avoir sa petite idée sur les acteurs derrière le 11 septembre. Mais tant que nous ne sauront pas toute la vérité, les attaques terroristes continueront.

Nous devons être lucides

Nous entendons les défenseurs de la politique actuelle du gouvernement nous dire : “nous devons faire quelque chose pour arrêter les terroristes !”

Certainement…

Mais nous devons également cesser de faire les sept choses évoquées plus haut qui ne font que les encourager. Nous devons arrêter de continuer à nous voiler la face.

Malheureusement notre establishment ne veut pas changer de cap… il tire un pouvoir et une influence immenses de nos actuelles stratégies de guerre contre la terreur.

Par exemple, le complexe militaire s’enrichit par la guerre… donc la guerre sans fin est une caractéristique – pas un dysfonctionnement – de notre politique étrangère.

Les histoires de torture n’ont été que des prétextes pour justifier nos interventions militaires.

La surveillance de masse sert surtout à s’octroyer des avantages économiques et diplomatiques, et à étouffer la contestation.

Le soutien que nous accordons aux chefs musulmans les plus radicaux n’est qu’une affaire de pétrole et de pouvoir… “un prix dérisoire à payer” pour continuer à asseoir notre domination sur le monde.

Dans une étude faite en 2008 par l’un des principaux conseillers auprès de l’armée américaine – la Rand Corporation – et publiée sous le titre “Comment en finir avec les groupes terroristes : manuel de lutte contre Al-Qaïda“, nous trouvons la confirmation de ce que les experts ont dit et répété depuis des années : la guerre contre le terrorisme affaiblit en réalité la sécurité nationale (voir ceci, ceci et ceci).

Voici un extrait d’un communiqué de presse à propos de cette étude :

“Les terroristes doivent être perçus et décrits comme des criminels, pas des “combattants de la guerre sainte” et notre analyse suggère que la réponse au terrorisme ne se trouve pas sur le champ de bataille.”

Nous, le Peuple, devons nous lever et exiger que nos dirigeants assoiffés de pouvoir cessent de faire des choses qui leur donnent plus de pouvoir… mais qui, à coup sûr, feront de nous, la population civile, une cible de plus en plus large des terroristes.

Source : Washington’s Blog, le 10/01/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

 

 

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Des monstres psychopathes dirigent "l'Empire du Bien", le triste résultat: Ces enfants syriens ont perdu leur mère.

22 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La mondialisation, #L'OTAN., #Daesch, #ISIL, #le nazisme, #Le capitalisme;, #Les transnationales

Des monstres psychopathes dirigent "l'Empire du Bien", le triste résultat: Ces enfants syriens ont perdu leur mère.

Des monstres psychopathes dirigent "l'Empire du Bien". Pourquoi restons-nous sans protester? En 2003 un vaste mouvement pour la paix, aujourd'hui plus rien! Où sont passés les manifestants? Sont-ils tous convaincus que la seule façon d'aider les populations est d'envoyer des tapis de bombes pour leur apporter la paix. De plus les hordes sauvages nazis en Ukraine répandent la terreur et la mort sans une protestation des ONG droits de l'hommisme, quelle honte. Ces mêmes organisations humanitaires sont également complices de l’installation des hordes sauvages takfiris en Irak, en Libye, en Syrie, au Yémen pour le plus grand bonheur de... La population civile est laissée à l'abandon. Honte à Washington, honte à Bruxelles, honte à la France, honte à nous-mêmes qui n'osons protester pour exiger la justice et le respect des personnes.
Lucien Pons

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Les naufrages en Méditerranée, Clausewitz, et la mondialisation. RUPTURES. Le 21 avril 2015

22 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #La mondialisation, #La guerre, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #le nazisme

Les naufrages en Méditerranée,

Clausewitz, et la mondialisation

Le 21 avril 2015
 

Les dirigeants de l’UE se sont sentis tenus de réagir. Une réunion d’urgence des ministres des Vingt-huit – de l’Intérieur et des Affaires étrangères – s’est tenue lundi (20 avril) à Luxembourg. Un sommet extraordinaire est convoqué pour jeudi, où devraient être présents chefs d’Etat et de gouvernement.

Dix mesures ont été mises en avant lundi, où il a d’abord été question de « renforcer la solidarité européenne ». Parmi les idées évoquées figure le lancement d’une « opération civilo-militaire » visant à « capturer et détruire les navires utilisés par les trafiquants ».

Combattre le trafic d’êtres humains, l’intention est certes légitime. A condition toutefois que cela ne dissimule pas la volonté de passer sous silence les causes des drames à répétition, et les responsabilités afférentes. Celles-ci ne sont pourtant pas très difficiles à cerner et à établir.

Il y a d’abord les facteurs fondamentaux : nul – ou presque – ne quitte son pays, sa patrie, sa famille, ses amis, sa langue, sa culture, sans y être contraint. En l’occurrence : par la misère, par la guerre – voire les deux, qui vont si souvent ensemble. Or la misère, la faim, le dénuement, ne tombent pas du ciel, a fortiori dans le continent africain, qui regorge de richesses naturelles. Au colonialisme d’hier a succédé la mise sous tutelle économique de pays entiers avec comme mots-clés : pillage, dette, libre échange. La volonté de domination politique est allée de pair, y compris par des moyens militaires.

Quant à la guerre, cela fait un quart de siècle – depuis la disparation de l’URSS, en réalité – que le camp occidental n’a eu de cesse de mettre en œuvre une stratégie qui a déstabilisé une vaste zone allant du Maghreb à l’Asie centrale, avec le Moyen-Orient comme épicentre.

L’Irak, l’Afghanistan, l’Irak encore, et aujourd’hui, par « opposition » armée interposée, la Syrie : les campagnes successives menées par les troupes, les bombardiers voire les drones américains ou européens ont transformé des pays entiers en champs de ruine.

A ces facteurs structurels s’ajoute un élément particulièrement explosif : le tragique sort de la Libye, en passe de devenir un « Etat failli », où des milices, bandes et clans rivaux s’affrontent sans fin, pour le plus grand malheur de la population.

Ce chaos généralisé était prévisible dès lors qu’à Paris et à Londres, épaulés par Washington, on décida d’en finir avec le colonel Kadhafi – naturellement pour « défendre les droits de l’Homme ». Le lynchage dont fut victime celui-ci, permis par les raids occidentaux, donna en quelque sort le signal de la déliquescence de l’Etat.

Les stratèges occidentaux tentés par la stratégie du chaos se découvrent aujourd’hui en apprentis-sorciers, impuissants à maîtriser les forces qu’ils comptaient manipuler. Les conséquences en sont multiples sur toute la région : de l’espace (et les armes) laissés à Al-Qaïda et autre « Etat islamique », jusqu’à l’épanouissement des filières de trafic de main d’œuvre.

On prendra donc avec la plus extrême réserve les larmes bruxelloises. D’autant que le patronat européen, et ses filiales nationales, se frottent les mains discrètement : les rescapés de l’enfer ne constitueront-ils pas une main d’œuvre bienvenue pour peser sur le « coût du travail » ? Et favoriser ainsi un « marché du travail » plus flexible ?

Les flux migratoires (moyennant quelques « bavures collatérales », comme on dit à l’OTAN) comme poursuite des réformes structurelles par d’autres moyens ? Clausewitz à l’heure de la mondialisation, en quelque sorte.

 

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VIDEO. Regardez l'entretien intégral de Bachar Al-Assad à France 2

20 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La mondialisation, #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #Israël - palestine - Moyen-Orient

VIDEO. Regardez l'entretien intégral de Bachar Al-Assad à France 2

Une première pour une télévision française : après quatre ans de conflit, Bachar Al-Assad, le président de la république arabe syrienne, a accordé un entretien à David Pujadas pour France

Quatre ans après le début de la guerre en Syrie, le président Bachar Al-Assad
répond pour la première fois aux questions d’une télévision française. Un entretien réalisé dimanche 19 avril à Damas par David Pujadas, et diffusé lundi 20 avril dans le 20 heures de France 2.

Bachar Al-Assad revient sur sa responsabilité dans le conflit, la répression, les bombardements contre les civils. Il réfute ainsi l'utilisation "d'armes aveugles" et explique que "les armes utilisées contre les terroristes sont des armes qui nécessitent de viser" et que ce sont "les gouvernement occidentaux" qui ont inventé "l'utilisation d'armes chimiques et du chlore."

"L'Etat islamique est né en Irak sous controle américain"

Sur l'organisation Etat islamique, le président syrien explique que "l'EI est né en Irak sous controle américain et que c'est le chaos syrien" qui les a amenés dans son pays. Autre responsable pour le président syrien, "le régime français qui considérait l'Etat islamique comme des modérés". Quant aux jihadistes français partis en Syrie, le président syrien dit "n'en avoir aucun dans ses prisons".

Interrogé sur d'éventuels liens entre les services de renseignements syriens et français, il a répondu : "Il y a des contacts, mais il n'y a pas de coopération.(...) Nous sommes prêts au dialogue mais comment établir un dialogue avec un régime qui soutient les terroristes et pourquoi faire? (...) Le principal message qui doit être adressé [à François Hollande] doit l'être par le peuple français. Les sondages en France montrent bien le message que Hollande devrait écouter davantage. A savoir qu'il est le président le plus impopulaire depuis les années 1950. Il devrait s'occuper de ses citoyens et les protéger des terroristes qui viennent en France (...) Quand on parle de terrorisme, ce que vous avez vécu n'est que la partie émergée de l'iceberg."

Enfin Bachar Al-Assad revient sur les circonstances de la mort, en 2012 à Homs, du reporter de France 2, Gilles Jacquier.

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"Pour être fier d'être français, il faudrait déjà avoir de la mémoire"

20 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La mondialisation, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #La finance dérégulée, #La lutte des classes, #Europe supranationale, #Daesch

"Pour être fier d'être français, il faudrait déjà avoir de la mémoire"

Entretien de Jean-Pierre Chevènement accordé à Marianne, vendredi 17 avril 2015. Propos reccueillis par Alexis Lacroix.

 
"Pour être fier d'être français, il faudrait déjà avoir de la mémoire"
Marianne : La France ne mérite t-elle pas d'être aimée, car elle est le lieu par excellence où se déploie l'idée républicaine ?
Jean-Pierre Chevènement :
Aujourd'hui, il est banal de se dire républicain, mais la cohérence même du concept échappe à la plupart. « La République est un grand acte de confiance », disait Jaurès. Or, aujourd'hui, les citoyens n'ont plus confiance dans l'intégrité des responsables politiques, et les responsables politiques ont perdu leur confiance dans le civisme des citoyens. J'ai été beaucoup attaqué pour avoir souligné qu'en matière de politique économique européenne la droite et la gauche conduisaient des politiques également désastreuses. Bien entendu, des différences existent entre ces deux familles politiques, mais les dirigeants qui sont issus de l'une comme de l'autre acceptent identiquement le corset européen qui limite leur marge d'action, y compris en dehors de l'économie. Un exemple lourd de sens : en Ukraine, les Européens, sous l'influence d'une partie des responsables américains, de Joe Biden à la CIA, se laissent entraîner à un affrontement qui eût été et serait encore parfaitement évitable avec la Russie. Ils conditionnent la levée des sanctions à l'application stricte des accords de Minsk dont la partie ukrainienne refuse de mettre en œuvre le volet politique (élections locales, révision constitutionnelle en vue de décentraliser le pays). On nous a dit : « L'Europe, c'est la paix ! » Ne serait-ce pas la guerre froide, et même parfois la guerre chaude, avec cette volonté purement idéologique d'exporter ses normes pour, ultérieurement, frayer la voie à l'Otan ? Pour remonter le courant, la France et l'Allemagne ont inventé le « format Normandie », mais celui-ci ne nous affranchit pas des décisions prises à 28. Or, l'européisme conduit à l'inféodation, c'est-à-dire à l'effacement de la France.
 
 
Est-ce vraiment l'Europe qui a découragé les Français d'aimer la France ? N'est-ce pas plutôt le fait que l'identité française soit devenue une « identité malheureuse » ?
Je rejoins cette analyse, car, pour être fier d'être français, il faudrait déjà avoir de la mémoire. Et connaître notre histoire. Savoir nous mouvoir dans la longue durée est une aptitude que nous avons perdue. Il faut dire que les technologies, notamment numériques, concourent à l'hyperindividualisme libéral, au court-termisme et à la dictature de l'émotion, bref à un « évidement » de la démocratie, comme l'a bien montré Marcel Gauchet. En fait, deux phénomènes se conjuguent : l'européisme, dans sa fonction anesthésiante, est la conséquence de l'effondrement de la France – un effondrement qui, avant d'être civilisationnel, est politique. Après la Première Guerre mondiale, la France n'a plus trouvé dans la Russie un allié de revers ; les États-Unis, retournant à l'isolationnisme, ont refusé d'honorer la garantie donnée par Wilson à Clemenceau ; et l'Allemagne, restée en vertu du principe d'autodétermination contenu dans les 14 points de Wilson, la puissance principale en Europe, a choisi, avec Hitler, de surenchérir sur sa défaite de 1918. La manifestation du 11 janvier a montré que l'idée républicaine s'est diffusée très largement dans le corps social. Deux cent vingt-six ans après la Révolution de 1789, tout ce qui a contribué à l'isolement et à l'effacement progressifs de notre pays sur la scène européenne n'a pas porté atteinte aux « ressorts » essentiels de notre nation.

Justement, sortons-nous d'une longue séquence d'autodépréciation ?
Cela me paraît vraisemblable, mais la bataille n'est pas gagnée : les tenants du french bashing ne désarment pas. Le 11 janvier, avec les 47 chefs d'Etat et de gouvernement étrangers venus témoigner leur solidarité au peuple français, a constitué un sursaut magnifique, empreint de dignité, confirmant l'attachement des Français à la liberté ainsi que la permanence du rayonnement de notre pays. Le défi que nous jette le terrorisme djihadiste est une menace de longue durée. Il faut armer la République pour en triompher. Les valeurs qu'elle représente doivent être traduites en actes. Rien ne sera possible tant qu'on ne rebattra pas les cartes de la construction européenne. Le cadenassage européen par des textes néolibéraux à valeur quasi constitutionnelle (Acte unique, Maastricht, Lisbonne) nous prive de notre liberté d'action. L'européisme, en renvoyant la France a un passé dépassé, sape l'estime de nous-mêmes sans laquelle notre peuple, pas plus que tout autre, ne pourrait continuer son histoire. Contre cette tendance à l'amnésie généralisée, contre toutes les doctrines de la désappartenance et de la table rase, nous devons renouer avec la longue durée de notre histoire et travailler à sa transmission active. La redécouverte du politique, si elle a lieu, sera la résultante des chocs inévitables qui nous attendent. Avant 1940, Aragon « conchi[ait] l'armée française », mais après le traumatisme de l'occupation nazie, il célébrait « [s]a France »'. Tout n'est donc peut-être pas perdu si nous savons bâtir une alternative républicaine pour en finir avec le néolibéralisme.

Source : Marianne.
 
Rédigé par Chevenement.fr le Lundi 20 Avril 2015
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