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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #daesch tag

Transhumanisme: vers une civilisation humanoïde sans humanité?

2 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE, #le nazisme, #Daesch, #Répression, #Terrorisme

Transhumanisme: vers une civilisation humanoïde sans humanité?

Publié le par Thomas ROGER DEVISMES

Gentes Dames, gents Sieurs,

Bonjour.

Deux articles et une vidéo sur les menaces, relativement peu visibles actuellement, qui pèsent sur nous, ayant pour objectif le contrôle de notre cerveau.

« Le Web 4.0 sera celui du génome, et y a de quoi flipper » (Rue89)

« Transhumanisme, bienvenue au Googlistan » (Le Nouvel Économiste)

28minutes: Émission spéciale dédiée au cerveau

Gentes Dames, gents Sieurs,

Vous remerciant de votre confiance, je vous donne rendez-vous très bientôt!

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Croatie : La bête immonde sort de sa tanière. La présidente croate rend hommage aux nazis

2 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Yougoslavie, #La France, #La République, #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale, #le nazisme, #Terrorisme, #Daesch

Croatie : La bête immonde sort de sa tanière

La présidente croate rend hommage aux nazis oustachis alors qu’une version Lite du Quatrième Reich relève sa tête hideuse en Europe


 

Wayne Madsen
Wayne Madsen

Par Wayne MADSEN – Le 19 mai 2015 – Source strategic-culture

Le président de la Croatie, l’ex-secrétaire général adjoint de l’Otan pour la diplomatie publique Kolinda Grabar-Kitarovic, a décidé de rendre hommage aux nazis du régime croate nazi oustacha tués par les partisans yougoslaves à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Grabar-Kitarovic a choqué les Balkans et le reste de l’Europe en choisissant la semaine de la Victoire en Europe contre le nazisme pour honorer des nazis morts.

 

Les Oustachis, avec les Slovènes et les Serbes affiliés au régime fantoche nazi [Oustacha], ont été tués par les partisans sous le commandement du chef de la guérilla anti-fasciste Josip Broz Tito. La plupart des Oustachis ont été tués dans la ville autrichienne de Bleiburg, ainsi que dans les villes slovènes de Macelj et Tezno. Les Oustachis tentaient de fuir parmi les hordes de réfugiés poussés par les forces de Tito qui ratissaient les dernières poches de résistance nazie en Yougoslavie. Les Oustachis recherchaient la protection des forces britanniques en provenance d’Autriche. Les Oustachis étaient au courant que le dirigeant de la guérilla serbe tchetnik, le non-communiste Draza Mihailovic qui avait lutté contre les Oustachis, avait entretenu une relation particulière avec l’exécutif des opérations spéciales (SOE) et les responsables militaires britanniques, tout en coopérant avec les puissances de l’Axe (Allemagne, Italie). Cependant, les Britanniques avaient conclu un accord avec les partisans de Tito au détriment des Tchetniks et bien qu’ils n’aient pas aidé directement les Oustachis, ils ne se gênaient pas pour laisser l’Office of Strategic Services (OSS) et le Vatican exfiltrer hors de Yougoslavie certains hauts fonctionnaires oustachis dans l’opération tristement célèbre de la «Rat Line» [Filière des rats] coordonnée avec son Excellence catholique Monseigneur Krunoslav Draganovic, criminel de guerre croate.

Le Renseignement britannique avait, pendant un certain temps, joué un rôle sournois dans les Balkans. Il avait des liens avec l’opération Crna Ruka (Main Noire) dont Gavrilo Princip, l’assassin de l’archiduc autrichien Franz Ferdinand, était un membre. L’assassinat de Ferdinand par Princip en 1914 a contribué à déclencher la Première Guerre mondiale. Dans le même temps, le renseignement britannique relançait un autre groupe Main Noire en Palestine, connu sous le nom al-Kaff al-Aswad en arabe, qui a commencé à attaquer les colons juifs au moment même où le Britannique Lord Balfour promettait la Palestine aux sionistes comme future patrie juive. Les Britanniques et leurs alliés américains, la plupart du temps sous les auspices de l’Otan, continuent à jouer à des activités de renseignement dangereuses dans les Balkans.

Beaucoup des dirigeants oustachis, y compris la marionnette dictateur nazi Ante Pavelic, ont réussi à échapper aux pelotons d’exécution prévus par les partisans de Tito et ils se sont enfuis en Argentine, grâce aux passeports du Vatican préparés à la hâte avec l’autorisation du pape Pie XII. Pendant la guerre froide, Draganovic, Pavelic, et d’autres Croates ont servi comme membres exilés de l’Opération Gladio de la CIA. De 1959 à 1962, Draganovic a aidé la CIA à gérer les agents oustachis clandestins en Yougoslavie qui ont transmis à l’Ouest des renseignements sur le gouvernement Tito.

Grabar-Kitarovic a déposé des couronnes aux monuments oustachis dans les trois villes où les forces oustachi on rencontré leurs destins. Le mémorial à Bleiburg sert de point de rendez-vous pour les néo-nazis qui viennent chaque année rendre hommage aux oustachis nazis tués par les forces de Tito. Grabar-Kitarovic était accompagnée lors des cérémonies par le Premier ministre croate Zoran Milanović, un membre du Parti social-démocrate et un ancien membre de la délégation de la Croatie à l’Otan, à Bruxelles, et qui – comme tout sbire loyaliste de Soros – est un ardent promoteur de la théorie des genres et de l’insémination artificielle humaine.

Grabar-Kitarovic représente une phalange de sympathisants nazis et de nations où ils servent dans des postes ministériels parmi les pays de l’Otan en Europe de l’Est, y compris dans les trois États baltes, l’Albanie, la Hongrie, la Pologne et l’Ukraine. Le siège de l’Otan a toujours été disposé à accueillir des officiers supérieurs pro-nazis parmi son personnel, en particulier ceux du Danemark, des pays baltes, et de Belgique. Rasmussen était Premier ministre du Danemark avant de devenir Secrétaire général de l’Otan.

Les actions de Grabar-Kitarovic, au cours de la période où le monde commémorait le 70e anniversaire de la défaite des nazis, ont été condamnées dans son propre pays, ainsi que dans d’autres, y compris la Russie et la Serbie, qui ont contribué à la défaite de Hitler et de ses alliés. En avril 2015, Grabar-Kitarovic n’a pas assisté à une commémoration au camp de concentration nazi de Jasenovac où environ 83 000 personnes sont mortes des mains des oustachis. Les victimes, bien que principalement Serbes, incluaient également des Roms (Tsiganes), des Juifs, et des anti-nazis croates, dans cet ordre, principalement parce que les noms de la majorité des Roms tués n’ont jamais été inscrits.

L’intérêt de la CIA dans l’utilisation de groupes minoritaires yougoslaves menés par les nazis et les éléments néo-nazis est illustré dans la copie d’un document SECRET de diffusion restreinte, daté d’octobre 1985 intitulé Yougoslavie : Capacités de sécurité interne. Le document souligne que la décentralisation des forces de sécurité internes de la Yougoslavie, après la mort de Tito en 1980, a fourni des occasions uniques de faire cause commune avec ceux qui cherchent à fomenter des conflits ethniques ou interrégionaux dans le pays. La CIA a profité du fait que, en 1985, le réseau de sécurité de l’État yougoslave était «un éventail d’organismes régionaux et provinciaux faiblement contrôlés par le gouvernement fédéral». En d’autres termes, la Yougoslavie était une cible facile pour la pénétration par des groupes d’émigrés nazis soutenus par la CIA, en particulier les Croates et les Albanais.

Le chef oustachi Draganovic a aidé le nazi  Klaus Barbie, le boucher de Lyon, à s’exiler en Argentine à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Lorsque Barbie a demandé à Draganovic pourquoi il l’aidait à s’échapper, le prélat catholique, anticipant les opérations de renseignement occidental futures dans les Balkans et en Europe, répondit, «Nous devons maintenir une sorte de réserve morale dans laquelle nous pourrons puiser à l’avenir.»

Cette réserve morale allait plus tard être utilisée par la CIA à l’intérieur de la Yougoslavie afin de provoquer les tensions ethniques nécessaires pour faire tomber le gouvernement dirigé par un communiste. En fait, le rapport de la CIA semble savourer le fait que les Albanais du Kosovo ont été les premiers à se rebeller contre le gouvernement fédéral en 1981, un an après la mort de Tito. Le document de la CIA indique également que pour matérialiser tout mécontentement régional important, l’Armée populaire yougoslave (YPA), «l’institution nationale la moins touchée par les divisions régionales», devrait être utilisée par les forces extérieures dans l’espoir de capitaliser sur les divisions ethniques de la Yougoslavie. Les émeutes de 1981 du Kosovo, fomentées par les nationalistes albanais avaient apparemment le soutien tacite du leader communiste régional au Kosovo, ainsi que de ses deux hauts responsables de la sécurité. Ils ont été démis de leurs fonctions par le gouvernement fédéral. Un paragraphe expurgé fournit plus d’informations sur les responsables du Kosovo et pourrait inclure des détails concernant leurs contacts préalables avec l’antenne de la CIA à Belgrade. Le rapport de la CIA fait état d’une déclaration du ministre de l’Intérieur yougoslave Dobroslav Culafic en 1984 et 1985, selon laquelle «16 organisations et groupes clandestins avec 362 membres avaient été découverts» au Kosovo. L’ancien ministre de l’Intérieur, Stane Dolanc, est cité dans le rapport de la CIA comme indiquant que la direction communiste du Kosovo n’a pas informé Belgrade de l’ampleur des problèmes nationalistes albanais au Kosovo. Le rapport de la CIA décrit également des soulèvements nationalistes naissants en Croatie, en Voïvodine, et en Bosnie-Herzégovine. Il mentionne la rébellion croate de 1971, qui a vu un certain nombre de nationalistes croates demander des droits pour la langue croate et proposer l’idée d’incorporer l’Herzégovine dans une république yougoslave de Croatie.

La rébellion nationaliste croate de 1971, désormais surnommée le Printemps croate par les Sorosites [sbires de Georges Soros, NdT] et un de leurs organes virtuels, Wikipedia, a été réprimée par la force; et parmi les emprisonnés se trouvait le futur premier président de la Croatie indépendante, communiste qui vira nationaliste, Franjo Tudjman. La présidente actuelle, Grabar-Kitarovic, est un membre du parti de Tudjman, l’Union démocratique croate, considéré par beaucoup comme les successeurs des fascistes oustachis nazis. De la Croatie à l’Ukraine et de la Roumanie à la Lettonie, il y a une résurgence du nazisme en Europe, provoquée par des décennies de machinations de la CIA, du NED (National Endowment for Democracy), l’Agence américaine pour le développement international (USAID), et l’Open Society Institute de Soros. Cette résurgence pourrait être l’embryon du Quatrième Reich, version Lite, pour l’instant.

Wayne Madsen

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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Les Etats-Unis détruiront-ils l'islam de l'intérieur ?

29 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #le nazisme, #AMERIQUE, #La France, #L'OTAN.

Les Etats-Unis détruiront-ils l'islam de l'intérieur ?

Le 24 mai 2015

Interview du professeur Bassam Tahhan par Frédéric Saillot pour Eurasie Express le 24 mai 2015, au lendemain de la prise de Palmyre par l'organisation terroriste Etat islamique.

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Une révolution de couleur en Macédoine. Par Paul Craig Roberts

28 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #La France, #La République, #La Russie, #Terrorisme, #le nazisme, #Daesch, #La Yougoslavie, #Le capitalisme;

Une révolution de couleur en Macédoine

Paul Craig Roberts
Paul Craig Roberts

Par Paul Craig Roberts – Le 22 mai 2015 – Source Paulcraigroberts.org

Pendant la guerre froide, Washington avait peur que les communistes ne fomentent des manifestations et ne les fassent dégénérer en révolutions pendant que des politiciens acquis à leur cause attendaient dans les coulisses pour prendre le pouvoir et ainsi étendre l’empire soviétique. Aujourd’hui, c’est exactement ce que fait Washington.

 

Nous avons récemment assisté à une opération de ce genre en Ukraine et, maintenant, une autre semble avoir lieu en Macédoine.

La fondation National Endowment for Democracy a été créée en 1983. Son but officiel est de promouvoir la démocratie à l’étranger. Son véritable but était de fomenter des désordres en Europe de l’Est soviétique. Aujourd’hui, la NED utilise l’argent de nos impôts pour renverser les gouvernements qui ne sont pas alignés sur Washington.

La NED finance des organisations non-gouvernementales (ONG) dans les pays que Washington veut déstabiliser. Ces ONG opèrent sous couvert de promouvoir la démocratie et les droits de l’homme. Elles recrutent des meneurs parmi les étudiants idéalistes et les politiciens mécontents, et les lancent contre le gouvernement en place dont Washington souhaite réduire l’indépendance.

Les étudiants idéalistes sont tout simplement les dupes de ces ONG, et les politiciens mécontents veulent uniquement le pouvoir et ils sont prêts à servir Washington pour l’obtenir.

Selon le secrétaire d’État adjoint, Victoria Nuland, Washington a dépensé 5 milliards de dollars en Ukraine pour former des politiciens et implanter des ONG faisant office de cinquième colonne de Washington. Lorsque le président de l’Ukraine, Viktor Ianoukovitch, a refusé d’aligner l’Ukraine sur les intérêts de Washington, Washington a lâché ses cinquièmes colonnes, et le gouvernement de M. Ianoukovitch a été renversé par la violence. Malgré tous les discours de Washington sur la démocratie, le fait que le gouvernement de M. Ianoukovitch soit démocratiquement élu et que la prochaine élection doive avoir lieu seulement quelques mois plus tard, n’a pas empêché Washington de renverser Ianoukovitch [c’est même parce qu’il s’agit d’une démocratie, avec le droit de manifester, qu’ils on pu faire leur coup d’État ! NdT].

Maintenant, le même sort semble attendre l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Kirghizistan, et la Macédoine. La plupart des Américains ne savent pas où sont ces pays. L’Arménie et l’Azerbaïdjan se trouvent à l’est de la mer Caspienne et sont d’anciennes provinces de l’Union soviétique. Le Kirghizistan est une ancienne province soviétique à la frontière de la Chine. La Macédoine, lieu de naissance d’Alexandre le Grand, est une ancienne partie du nord de la Grèce, mais au XXe siècle des morceaux de la Macédoine sont passés en Bulgarie, Serbie et Albanie avant de devenir une province de Yougoslavie. Quand Washington a détruit la Yougoslavie, la Macédoine est devenue une république indépendante de deux millions d’habitants. La Macédoine est un pays enclavé, entouré par la Grèce au sud, la Bulgarie à l’est, l’Albanie à l’ouest, et au nord par le Kosovo créé par la Serbie et Washington.

Pourquoi Washington veut-il contrôler la Macédoine?

Le gouvernement macédonien a refusé de se joindre aux sanctions de Washington contre la Russie et il soutient le projet de pipeline de gaz naturel russo-turc qui livrera le gaz naturel russe à l’Europe en traversant la Turquie jusqu’à la frontière grecque.

La Grèce est pillée par l’Union européenne, le FMI et les banques néerlandaises et allemandes. Cela pousse la Grèce dans les bras de la Russie du fait que le soutien russe est la seule solution que la Grèce a trouvée pour mettre fin à l’austérité écrasante que l’UE impose au peuple grec. La Macédoine se trouve entre la Grèce et la Serbie, un pays qui ne porte pas Washington et l’UE dans son cœur, depuis la dislocation de la Serbie qui a suivi l’agression de Washington et de l’OTAN. Washington n’aime pas l’idée que l’énergie russe, sur laquelle il n’aurait aucun contrôle, soit livrée à ses États vassaux européens via les alliés de la Russie en Europe.

En prenant le contrôle de la Macédoine, Washington espère couper la Grèce de la Serbie et peut-être réussir à convaincre la Grèce de s’aligner sur le projet de pipeline de Washington qui approvisionnerait l’Europe à partir de l’Azerbaïdjan, réduisant, de ce fait, l’influence de la Russie en Europe.

La Macédoine a une minorité albanaise. L’Albanie est un vassal de Washington et un membre de l’Otan. Washington soutient les Albanais dissidents de Macédoine, les manifestants sont dans les rues, le gouvernement macédonien est accusé de corruption comme le fut le gouvernement ukrainien, et le Département d’État américain exprime son inquiétude devant la crise politique macédonienne que Washington a orchestrée.

Washington ne cesse de se gargariser avec la démocratie et les droits humains, mais n’a aucun respect ni pour l’une ni pour les autres. Le seul intérêt de ces notions pour Washington est qu’il peut s’en servir pour accuser les gouvernements qu’il veut renverser de ne pas les respecter.

Le gouvernement russe comprend ce qui se passe. Mais on ne sait pas encore si le fait d’avoir assisté sans rien faire au renversement du gouvernement ukrainien lui a servi de leçon.

Pour les Étasuniens, à la différence de Washington, la question est de savoir si la quête effrénée de l’hégémonie américaine mérite de risquer une guerre avec la Russie et la Chine. Les néo-conservateurs, qui contrôlent la politique étrangère des États-Unis d’une main de fer, croient que l’hégémonie passe au-dessus de tout. Mais les Étasuniens tirent-ils assez de plaisir par procuration du fait qu’une poignée de néoconservateurs règne en maîtres sur le monde, pour accepter le risque d’une guerre nucléaire ?

La politique d’agression pure et simple que Washington mène contre la Russie devrait inquiéter non seulement le peuple américain mais aussi le monde entier. Une guerre se prépare. Une guerre avec la Russie signifie également une guerre avec la Chine. Ce n’est pas une guerre que Washington et ses vassaux ni l’humanité en tant que telle peuvent gagner.

Paul Craig Roberts a été secrétaire adjoint au Trésor pour la politique économique et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal. Il a été chroniqueur à Business Week, Scripps Howard News Service, et Creators Syndicate. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Ses articles sur internet ont attiré l’attention mondiale. Les derniers livres de Roberts sont : L’échec du capitalisme du laissez faire et la dissolution économique de l’Occident et Comment l’Amérique fut perdue.

Traduction : Dominique Muselet pour le Saker Francophone

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Les wahhabites rêvent de passer au nucléaire (au sens propre, [si on peut dire, NdT])

28 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La guerre, #Daesch, #ISIL

Les wahhabites rêvent de passer au nucléaire (au sens propre, [si on peut dire, NdT])


Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – 22 mai 2015 – Source : Asia Times Online

La possibilité bien réelle d’un accord sur le nucléaire entre l’Iran et le P5+1 pourrait se concrétiser dans quelques semaines, soit le 30 juin.

Que fomente pendant ce temps la maison des Saoud, cette paranoïaque incurable? Mettre le grappin sur une bombe nucléaire pour faire contrepoids à la bombe iranienne fictive que Téhéran, par la voix de son guide suprême, l’ayatollah Khamenei, n’a jamais cessé de condamner comme non islamique, et qu’il ne pourrait de toute façon obtenir avec les inspections rigoureuses prévues dans l’accord définitif.

 

L’habituel ancien responsable du Pentagone a révélé dans un journal de Rupert Murdoch que la maison des Saoud s’apprêterait à se procurer une bombe nucléaire prête à l’emploi auprès du Pakistan. Le choix du journal n’est pas le fruit du hasard, quand on sait que le prince Al-Walid ben Talal est l’un des principaux actionnaires de News Corporation.

Le Pourquoi maintenant? de la fuite est l’évidence même, mais le Qui a fait ça? est plus nébuleux.

Au moment même où les wahhabites à Riyad caressent l’idée de passer au nucléaire (au sens propre), leurs frères coreligionnaires en Syrak ont lancé une offensive nucléaire (au sens figuré) et accumulent victoire après victoire sur le terrain. On n’a qu’à penser à l’attaque contre Palmyre, ce joyau dans le désert syrien datant de l’époque de la Route de la Soie, et à la chute de Ramadi, dans l’ancien triangle de la mort en Irak.

La bombe iranienne n’a jamais vraiment été un enjeu pour les administrations qui se sont succédé aux USA. Il s’agissait davantage d’un prétexte utile pour mettre en boîte, harceler, sanctionner et isoler la République islamique, l’ancien gendarme du Golfe à l’époque du chah. Le gouvernement des USA a toujours su qu’on pouvait se procurer des bombes nucléaires sur le marché noir. Que Téhéran puisse se doter d’une arme nucléaire n’avait donc aucune importance.

Il se pourrait que la maison des Saoud (pourrait étant ici le mot clé) possède déjà une bombe depuis un bon bout de temps déjà, pour faire équilibre à Israël. Elle pourrait aussi avoir payé Islamabad pour se la procurer. Mais il n’existe aucune preuve concluante.

Ce qui est sûr, c’est que la bombe iranienne (fictive) crée une convergence de vues entre la maison des Saoud, les autres sbires du Conseil de coopération du Golfe et, fait décisif, le gouvernement israélien extrémiste et fondamentaliste de Bibi Netanyahou, qui la considèrent tous comme une menace existentielle à leur survie.

Le problème, c’est que nous ne pouvons nous permettre de considérer ce genre de choses comme une simple forme de surréalisme géopolitique. Selon un mythe tenace (très populaire dans les officines à Washington), Riyad jouit d’un certain crédit auprès d’Islamabad, car la maison des Saoud a investi des milliards de dollars au cours des années 1970 dans le programme nucléaire pakistanais, pour faire contrepoids au programme nucléaire indien.

En décembre 2011 déjà, la maison des Saoud annonçait publiquement sa volonté d’obtenir une bombe nucléaire. C’est seulement lorsque des progrès sont intervenus dans les pourparlers en vue d’un accord sur le nucléaire iranien qu’elle a mis la charrue avant les bœufs en tentant d’exercer un contrôle sur la politique étrangère des USA.

Israël s’y est mêlé en novembre 2013, lorsque la BBC a publié un article à propos d’un prétendu accord nucléaire entre Riyad et Islamabad. Un ancien chef des services du renseignement militaire israélien, Amos Yadlin, disait alors que si l’Iran avait la bombe, les Saoudiens n’attendraient pas un mois. Ils ont déjà payé les coûts de la bombe et n’auraient qu’à aller au Pakistan et ramener ce qu’il faut.

Établissons un parallèle avec les propos du rusé prince Turki, l’ex-chef des services secrets saoudiens et pote d’un certain Oussama ben Laden, qui a toujours évoqué la possibilité de nucléariser la maison des Saoud. La dernière fois, c’était en avril dernier, lors de l’ASAN Plenum en Corée du Sud (NdT – Asan Institute for Policy Studies, un think tank coréen) : Ce que les Iraniens auront, nous l’aurons aussi.

Le nouveau Parrain de la bande de Riyad, le roi Salman, voulait qu’Islamabad lui fournisse des troupes pour sa guerre en cours au Yémen. Islamabad a dit non merci. En lieu et place, un accord nucléaire pourrait (pourrait étant une fois de plus le mot clé) avoir été conclu. Évidemment, aucun dirigeant de haut rang à Riyad ou Islamabad n’a confirmé quoi que ce soit.

À surveiller : la carte pakistanaise

Le roi Salman sait très bien que si EIIS/EIIL/Da’ech force un changement de régime en Syrie (ce qui est encore loin d’être gagné), la prochaine cible sera la maison des Saoud.

Il y a aussi Washington qui garde sous le boisseau, après toutes ces années, les fameuses 28 pages caviardées du rapport secret sur le 11 septembre 2001 [qui mettent en cause l’Arabie Saoudite dans l’attentat, NdT]. L’obtention d’une bombe nucléaire pourrait ainsi servir de police d’assurance aussi bien contre Washington que contre la bombe iranienne fictive.

Par delà la propagande, le fait demeure que plusieurs VIP Maîtres de l’Univers en ont soupé de la maison des Saoud dans plus d’un dossier important, à commencer par sa guerre des prix du pétrole qui décime l’industrie du gaz de schiste aux USA.

Ce qui est sûr, c’est que la maison des Saoud ne pourrait passer au nucléaire (au sens propre) sans le feu vert de Washington.

Il faut voir les choses du point de vue du Pakistan pour mieux comprendre. Le numéro un du projet nucléaire pakistanais, A.Q. Khan (avec l’appui d’Islamabad ou, à tout le moins, son assentiment), a déjà vendu de la technologie pour la fabrication d’armes nucléaires à la Corée du Nord, à l’Iran et à la Libye. Pourtant, le montant investi dans le programme nucléaire du Pakistan ne s’élève qu’à 450 millions de dollars. De nombreux analystes pakistanais attribuent ce coût peu élevé non pas à l’aide reçue de la maison des Saoud, mais bien de la Chine.

L’Iran et l’Arabie saoudite comptent parmi les principaux fournisseurs d’énergie de la Chine. L’Iran et le Pakistan seront des joueurs clés dans le projet naissant des Nouvelles Routes de la Soie mené par la Chine. Ce serait totalement insensé de la part d’Islamabad de compromettre ses relations avec Pékin en fournissant une arme nucléaire qui serait utilisée pour menacer un voisin non nucléarisé (l’Iran), qui est non seulement un allié stratégique de la Chine, mais qui jouera aussi un rôle de premier plan pour atténuer les problèmes énergétiques du Pakistan, au moyen du gazoduc Iran-Pakistan, financé en partie par (devinez qui ?) Pékin.

À surveiller : la bataille de Ramadi (version remixée)

Le wahhabisme, tel que pratiqué en Arabie saoudite, ce pays qui décapite à qui mieux mieux, est toujours et continuera d’être, la matrice idéologique de toutes les formes de salafisme djihadiste lâchées dans la nature au Moyen-Orient et au-delà. EIIS/EIIL/Da’ech, qui fait ses choux gras des médias sociaux, en est l’illustration éloquente.

À la grande consternation du monde civilisé, EIIS/EIIL/Da’ech a pris Palmyre, la perle de la Route de la Soie de jadis. L’Unesco est préoccupée. La Maison-Blanche est inquiète. Palmyre est un carrefour stratégique au centre de la Syrie, qui permettra au faux califat de lancer des attaques dans toutes les directions et de harceler les positions du gouvernement syrien dans l’axe vital Damas-Alep. Il a déjà pris le poste-frontière crucial d’al-Walid, en territoire syrien.

En outre, plus du tiers des 200 000 habitants de Palmyre sont déjà devenus des réfugiés. Des centaines ont été pris en otages. Les décapitations macabres se poursuivent. Est-ce que l’Empire du Chaos qui, en théorie, est en guerre contre le faux califat, fait quoi que ce soit pour sauver les ruines romaines inestimables de Palmyre de leur destruction, probablement imminente, par des barbares plongés dans le wahhabisme ? Bien sûr que non !

La même question se pose à Ramadi, capitale de la province d’al-Anbar, à environ 110 km à l’ouest de Bagdad, que les USA n’ont pas perdue parce qu’ils ne l’ont jamais possédée. Pendant que EIIS/EIIL/Da’ech se targuait de sa victoire par mégaphone interposé dans toutes les principales mosquées, le Pentagone décrivait le tout comme un champ de bataille fluide et contesté, en insistant sur son soutien (aux Irakiens) au moyen de la force aérienne.

Zoom sur les convois de Toyotas étincelantes des brutes du califat tout sourire faisant pétarader leurs kalachnikovs sur le champ de bataille fluide et contesté qu’ils viennent de prendre. Le Pentagone aura beau soutenir tout ce qu’il veut au moyen de la force aérienne, mais son bombardement ne nuira en rien à la fluidité. Le Pentagone est à court de cibles. EIIS/EIIL/Da’ech n’est pas une cible facile. Il mène une guérilla asymétrique et n’a aucune peine à se redéployer à la vitesse de l’éclair.

La prise de Ramadi par EIIS/EIIL/Da’ech est le fruit d’une bonne planification stratégique. Elle est symboliquement d’une grande portée, car il s’agit d’une défaite majeure non seulement pour Bagdad, mais aussi pour l’Empire du Chaos, qui dirige de l’arrière, même si Barack Obama, qui ne sait rien de rien, insiste pour dire que nous ne perdons pas la lutte contre le califat.

Le premier ministre irakien Haïder Al-Abadi a fini par saisir la situation. Il a rencontré les dirigeants des principales milices chiites, qui devront faire le gros du travail en traversant l’Euphrate pour tenter de reprendre Ramadi avant que les brutes du califat ne progressent vers la ville sainte de Kerbala, qui abrite le tombeau de l’imam Hussein, le petit-fils martyr du prophète Mahomet. Il s’agit d’une course contre la montre, car EIIS/EIIL/Da’ech pourrait aussi tenter de s’emparer des bases militaires et des dépôts d’armes irakiens se trouvant à proximité.

Quant aux cheikhs des tribus sunnites autour de Ramadi prêtes à combattre le califat, ils ne décolèrent pas, car ils attendent toujours les armes promises par Bagdad. Du reste, personne ne sait pourquoi l’armée irakienne sur place n’a pas reçu d’appui aérien. Des hélicoptères de combat auraient pu pourtant réduire en miettes bon nombre de brutes du califat.

Al-Abadi a fini par agir en levant son interdiction faite aux milices chiites d’aller combattre dans la province irréductiblement sunnite d’al-Anbar. Elles l’avaient pourtant déjà fait en obéissant à un ordre de l’ayatollah Sistani, qu’elles vénèrent.

Au même moment, le chef de la Brigade Badr et commandant en chef des milices chiites, Hadi Al-Amiri, est convaincu que reprendre Ramadi sera plus facile que faire campagne au nord de Bagdad, dans la province de Salah ad-Din, où les milices, de pair avec l’armée irakienne, ont repris Tikrit et Baïiji des mains de EIIS/EIIL/Da’ech. Dans les deux cas, le bombardement de l’Empire du Chaos a joué un rôle minime.

Al-Abadi a également rencontré à Bagdad le ministre iranien de la Défense, le brigadier général Hossein Dehqan. Il a souligné que l’Iran et l’Irak combattaient l’extrémisme terroriste (sunnite), en ajoutant que (fait crucial) nous ne soutenons pas la guerre au Yémen, ce qui place Bagdad en situation de conflit direct avec Riyad.

Il y a encore mieux. Al-Abadi s’est rendu à Moscou, où il espère recevoir un grand soutien, ainsi que des armes. Après tout, EIIS/EIIL/Da’ech compte une abondance de Tchétchènes dans ses rangs. Moscou veut réduire le califat en poussière. Mais comme ce dernier a le vent dans les voiles, la possibilité d’un renouveau djihadiste en Tchétchénie n’en devient que plus menaçante.

La table est donc mise pour la bataille de Ramadi, en version remixée. D’un côté nous avons des milices chiites, des tribus sunnites, le conseiller occasionnel des USA et l’aide discrète de l’Iran et de la Russie. De l’autre, nous avons les brutes du califat, dont bon nombre sont des mercenaires, soutenus généreusement par divers wahhabites fortunés de l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe. Pour l’Empire du Chaos, la tactique du diviser pour mieux régner demeure le nerf de la guerre.

Traduit par Daniel, relu par jj, pour Le Saker francophone

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

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Le califat voulu par les États-Unis, par Manlio Dinucci

28 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme

Le califat voulu par les États-Unis

Revenant sur les documents disponibles, Manlio Dinucci affirme que sans l’ombre d’un doute
(1) Daesh est fonctionnel à la stratégie des États-Unis au Levant
(2) la CIA arme Daesh pendant que la Coalition internationale dirigée par le Pentagone fait mine de le combattre.
Cependant, son analyse diffère de celle de Thierry Meyssan pour qui Washington a deux fers au feu et choisira au dernier moment lequel lui est le plus profitable. En effet, pour Manlio Dinucci, les États-Unis poursuivent avec détermination l’installation du chaos.
Cette différence de conclusions s’explique par le fait que le consultant Thierry Meyssan observe à la fois les opérations militaires et les tractations en cours, tandis que le géographe Manlio Dinucci se fonde exclusivement sur les rapports de force sur le terrain.

| Damas (Syrie)
 
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Pour prendre Ramadi (Irak), Daesh est arrivé en colonne, une proie facile pour d’éventuels bombardements. Mais, à la surprise générale, la Coalition internationale n’est pas intervenue. Par contre, pour prendre Palmyre (Syrie), Daesh a pris soin de se déplacer en petits groupes coordonnés, rendant impossible une opération aérienne de l’Armée arabe syrienne. À l’évidence, la Coalition internationale n’est pas sérieuse lorsqu’elle prétend combattre les jihadistes et ceux-ci le savent.

Pendant que l’Isis (Daesh) occupe Ramadi, la deuxième ville d’Irak, et le jour suivant Palmyre dans le centre de la Syrie, en tuant des milliers de civils et en en contraignant des dizaines de milliers d’autres à la fuite, la Maison-Blanche déclare « Nous ne pouvons pas nous arracher les cheveux à chaque fois qu’il y a un obstacle dans la campagne contre l’ISIL » [1].

La campagne militaire, « Inherent Resolve », a été lancée en Irak et Syrie il y a plus de neuf mois, le 8 août 2014, par les USA et leurs alliés : France, Grande-Bretagne, Canada, Australie, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Bahreïn et autres. S’ils avaient utilisé leurs chasseurs-bombardiers comme ils l’avaient fait en Libye en 2011, les forces de Daesh, opérant dans des espaces ouverts, auraient été une cible facile. Celles-ci ont au contraire pu attaquer Ramadi avec des colonnes de véhicules blindés chargés d’hommes et d’explosifs. Les USA sont-ils devenus impuissants ? Non : si Daesh avance en Irak et en Syrie, c’est parce qu’à Washington on veut justement cela.

C’est ce que confirme un document officiel de l’Agence de Renseignement du Pentagone (DIA), daté du 12 août 2012, déclassifié le 18 mai 2015 par initiative du groupe conservateur Judicial Watch dans la compétition pour les présidentielles [2]. Il rapporte que « les pays occidentaux, les États du Golfe et la Turquie soutiennent en Syrie les forces d’opposition qui tentent de contrôler les zones orientales, adjacentes aux provinces iraniennes occidentales », en les aidant à « créer des refuges sûrs sous protection internationale ». Il existe « la possibilité d’établir une principauté salafiste en Syrie orientale, et cela est exactement ce que veulent les puissances qui soutiennent l’opposition, pour isoler le régime syrien, arrières stratégiques de l’expansion chiite (Irak et Iran) ». Le document de 2012 confirme que l’Isis (Daesh), dont les premiers noyaux viennent de la guerre en Libye, s’est formé en Syrie, en recrutant surtout des militants salafistes sunnites qui, financés par l’Arabie Saoudite et d’autres monarchies, ont été approvisionnés en armes à travers un réseau de la CIA [3].

Cela explique la rencontre en mai 2013 (documentée photographiquement) entre le sénateur états-unien John McCain, en mission en Syrie pour le compte de la Maison-Blanche, et Ibrahim Al-Badri, le « calife » à la tête de Daesh [4]. Cela explique aussi pourquoi Daesh a déclenché l’offensive en Irak au moment où le gouvernement du chiite al-Maliki prenait ses distances de Washington, en se rapprochant de Pékin et Moscou.

Washington, en déchargeant la responsabilité de la chute de Ramadi sur l’armée irakienne, annonce maintenant vouloir accélérer en Irak l’entraînement et l’armement des « tribus sunnites ». L’Irak est en train d’aller dans la même direction que la Yougoslavie, vers la désagrégation, commente l’ex-secrétaire à la Défense états-unien Robert Gates. Pareil en Syrie, où USA et alliés continuent à entraîner et armer des miliciens pour renverser le gouvernement de Damas. Avec la politique du « diviser pour régner », Washington continue ainsi à alimenter la guerre qui, en 25 années, a provoqué massacres, exodes, pauvreté, au point que de nombreux jeunes ont fait des armes leur métier. Un terrain social sur lequel font prise les puissances occidentales, les monarchies qui sont leurs alliés, les « califes » qui instrumentalisent l’islam et la division entre sunnites et chiites. Un front de la guerre, à l’intérieur duquel il y a des divergences sur la tactique (par exemple sur quand et comment attaquer l’Iran), pas sur la stratégie.

Front armé par les USA, qui annoncent la vente (pour 4 milliards de dollars) à l’Arabie Saoudite de 19 autres hélicoptères, pour la guerre au Yémen, et à Israël de 7 400 autres missiles et bombes, parmi lesquelles celles anti-bunker pour l’attaque de l’Iran.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

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Le captagon, la drogue dure du "djihadisme" en Syrie

28 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #Politique étrangère, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme

Le captagon, la drogue dure du "djihadisme" en Syrie

26 mai 2015 

 

© NIKOLAY DOYCHINOV Source: Reuters Des pilules de captagon

 

 

 

 

Une pilule qui permet de combattre sans douleur et sans pitié, tels sont les effets du captagon, la drogue qui fait fureur dans les rangs des combattants djihadistes en Syrie. Au-delà, le trafic de captagon alimente aussi une économie de guerre. C'est une toute petite pilule blanche, anodine en apparence. Pourtant elle est une part importante de la guerre qui se joue actuellement en Syrie.

Le captagon, aussi connu sous le nom scientifique de Fénétylline chlorhydrate, est un psychostimulant puissant de la famille des amphétamines. Elle est tout simplement devenue la drogue quotidienne des combattants djihadistes.

 

© Hosam Katan Source: Reuters Des combattants syriens préparant leurs armes dans la banlieue d'Alep

 

Rien de très religieux donc dans cette substance créée à l'origine pour soigner les troubles de la concentration et la narcolepsie. Le captagon est interdit dans la plupart des pays, y compris en France, où il est classé comme produit stupéfiant.

 

La crise syrienne, une guerre sous psychotropes

 

Mêlé à d’autres drogues, comme du haschich, le captagon est devenu le régime de base des djihadistes sur le front syrien, selon une enquête du Time

 

Ses effets ? Rien de moins qu'une annihilation totale de la peur, de la douleur, de la faim et de la fatigue mais également de toute empathie. Autre effet avidement recherché par les membres d'Al-Nosra, les soldats de l’Armée syrienne libre (ASL) ou encore par ceux de Daesh : une euphorie intense et des vertus aphrodisiaques et hallucinogènes décuplées. 

 

Ces soldats hallucinés en deviennent insensibles à toute violence, celle qu'ils infligent comme celles qui leur est infligée. Ainsi les analyses de la bande son des vidéos de Djihadi John, du nom de ce combattant britannique chargé d’exécuter les otages, indiquent qu'il avait agi sous l’effet d'amphétamines. Des témoignages de combattants kurdes recueillis par le Time font aussi état de djihadistes qui ne finissent par succomber qu'au bout de cinq ou six balles pourtant toutes supposées mortelles. Mais cette drogue n'est pas consommée que par les seuls combattants. Les civils syriens, touchés de plein fouet par la guerre, par ses conséquences psychologiques et économiques, y ont également recours.

 

Le trafic de drogue, l'autre nerf de la guerre

 

Le trafic de captagon tient également une place non négligeable dans le financement de la guerre en Syrie, selon le dernier rapport de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). D'après l'organisme onusien, en 2014, plus de 50 millions de pilules auraient été vendues. Ce business très lucratif rapporte, selon ses estimations, 10 à 20 millions de dollars. Cette drogue s'avère en effet très rentable puisqu'il suffit de quelques milliers de dollars pour produire environ 200 000 pilules, lesquelles rapportent alors plus de 1,2 millions de dollars (un peu plus d'un million d'euros).

 

Du fait de sa position carrefour entre le Moyen-Orient et le Golfe, la Syrie est devenue la plaque tournante du trafic de captagon. Sa destination de prédilection ? L'Arabie saoudite où ce type de drogue est très demandé. La pilule de captagon, qui ne coûte donc que quelques centimes à produire, se revend à hauteur de 20 dollars, soit 18 euros, dans le royaume wahhabite.

 

© Mohamed Al-Sayaghi Source: Reuters Saisie de captagon à Sanaa, Yemen

 

Des sommes faciles à obtenir qui peuvent alors être aisément réinvesties par les groupes djihadistes dans l'achat d'armes. Des revenus qui viennent également s'ajouter à l'argent tiré par ces mêmes groupes de l'exploitation du pétrole syrien et irakien, argent estimé par l'ONU entre 850 000 et 1,65 million de dollars par jour (entre 780 000 et 1,5 millions d'euros).

 

...Trafic des antiquités et du patrimoine culturel, du pétrole, des drogues, des armes ...décidément, c'est bien une "révolution diabolique" ...ou une contre-révolution !

 

LEMONDE.FR | 25.04.06 | 15h18 • Mis à jour le 03.05.06 | 23h50

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de "Tous fichés" , mercredi 03 mai 2006

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La stratégie occidentale des escadrons de la mort

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Politique étrangère, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Terrorisme

La stratégie occidentale des escadrons de la mort


Le 23 mai 2015 – Source Russia Today

Comment et pourquoi État islamique et al-Qaida sont devenus les troupes de choc de l’impérialisme occidental.

Des membres de EI posent avec McCain. Belle photo de famille n’est ce pas ?

 

L’attentat suicide de vendredi dernier dans une mosquée chiite en Arabie saoudite revendiqué par EI (État islamique), qui a tué 21 personnes, est le résultat amer de la stratégie poursuivie par la Grande-Bretagne, les États-Unis, la France et leurs alliés du Golfe pendant les huit dernières années.

Cette stratégie, qui consiste à encourager le développement de milices anti-chiites, sectaires et très violentes, dans le but de détruire la Syrie et d’isoler l’Iran, étant elle-même une sous-stratégie dans une guerre plus globale qui cherche à affaiblir toute puissance régionale alliée des BRICS pour l’empêcher de se développer et en particulier, pour le moment, la Russie.

Cette stratégie fut d’abord révélée, en 2007, par un article de Seymour Hersh intitulé The Redirection qui montrait comment l’administration Bush collaborait avec les Saoudiens pour fournir des milliards de dollars à des escadrons de la mort sectaires dont le rôle serait de «déclencher des bombes contre le Hezbollah, Moqtada al-Sadr, l’Iran et les Syriens» selon les mots mêmes d’un fonctionnaire américain.

21 morts après l’attentat suicide contre une mosquée chiite en Arabie saoudite, ISIS revendique

D’autres preuves montrant plus précisément comment cette stratégie se développait ont depuis été révélées. La plus récente, datant de lundi dernier, se trouve dans la centaine de pages déclassifiées par la Defense Intelligence Agency (DIA) américaine à la suite de deux années de bataille juridique.

Ces documents montrent que l’apparition d’EI, loin d’être un événement imprévisible sorti de nulle part comme les médias essaient de nous le faire croire, était en réalité attendu et désiré par les États-Unis et leurs alliés, depuis au moins 2012.

Ce rapport de la DIA, à l’époque largement diffusé parmi les différentes agences de sécurité et militaires, note : «Il y a la possibilité d’établir une principauté salafiste, déclarée ou pas, dans l’est de la Syrie et c’est exactement ce que voudraient les puissances qui soutiennent l’opposition [à Assad], de manière à isoler le régime syrien qui est considéré comme fournissant une profondeur stratégique à l’expansion chiite (Irak et Iran).» Et plus loin : «Les puissances qui soutiennent l’opposition [à Assad, NdT]» sont définies comme étant «les pays occidentaux, les états du Golfe et la Turquie».

Autrement dit, une principauté salafiste, c’est-à-dire constituée de militants anti-chiites, était exactement ce que désirait l’Occident pour sa guerre, non seulement contre la Syrie mais aussi contre l’expansion chiite en Irak aussi. Il est même spécifiquement reconnu que «al-Qaida en Irak [le groupe ayant donné naissance à EI] pourrait aussi déclarer un état islamique en réunissant les différentes organisations terroristes opérant en Irak et en Syrie».

Un médecin légiste recherche des preuves sur le site de l’explosion d’une bombe dans une mosquée dans la capitale du Yémen Sanaa le 22 mai 2015. (Reuters / Khaled Abdullah)

La précision de ces documents déclassifiés est étonnante. Ils précisent non seulement que les groupes terroristes soutenus par Londres et Washington en Syrie allaient s’unir avec ceux en Irak pour créer un état islamique mais aussi les dimension exactes de cet état, en reconnaissant que les salafistes, les frères musulmans et al-Qaida en Irak sont les forces principales menant l’insurrection en Syrie et donc que les conséquences d’un tel fait seraient de «créer les conditions idéales pour qu’al-Qaida en Irak retourne à ses racines à Mossoul et Ramadi. »

Mossoul a été prise par EI en juin 2014 et Ramadi vient de tomber cette semaine.

Ces derniers mois, on a vu l’Occident et ses alliés régionaux intensifier fortement leur aide aux escadrons de la mort anti-chiites. En mars, l’Arabie saoudite a commencé à bombarder le Yémen à la suite des avancées des rebelles Houthis (chiites) dans ce pays. Les Houthis, la seule force digne de ce nom à combattre al- Qaida dans ce pays, leur avaient repris des points stratégiques et les menaçaient dans leurs derniers retranchements. C’est alors que les Saoudiens ont commencé leur bombardements, avec l’assentiment américain et anglais. Naturellement, et sans surprise, al-Qaida en a été le principal bénéficiaire, a pu respirer un peu et même reprendre certains territoires perdus comme l’important port de Mukulla, moins d’une semaine après le début des bombardements saoudiens.

Un combattant d’ISIS dans les ruines de Palmyre après la prise de contrôle de la ville

Al-Qaida a aussi marqué des points en Syrie, s’emparant, le mois dernier, de deux villes importantes dans la province d’Idlib, grâce au soutien militaire turc, qatari et saoudien. Parallèlement, la Grande-Bretagne menait la danse pour pousser à une nouvelle intervention militaire en Libye, sous le prétexte d’une «guerre contre la contrebande» qui, comme je l’ai déjà argumenté, finira par renforcer les groupes les plus vicieux impliqués dans ce trafic, c’est-à-dire EI et al-Qaida.

Pourquoi donc cette soudaine impatience de la part de l’Occident et ses alliés de renforcer son aide à al-Qaida/EI ?

A cause de la répulsion grandissante face aux activités de ces escadrons de la mort. Ne correspondant plus à l’image de vaillants résistants contre l’oppression de la dictature Assad tels qu’ils étaient décrits en 2011, leur rôle de troupes de choc dans la stratégie du divise et ruiner ne promettant plus que violence et nettoyage ethnique, était devenu de plus en plus visible. De plus, la période entre mi 2013 et mi 2014 avait été témoin d’un reflux significatif de l’avantage tactique de ces groupes.

Reflux qui a commencé en juillet 2013 avec le renversement du président égyptien Mohamed Morsi à la suite de craintes qu’il n’envoie l’armée égyptienne pour aider la rébellion syrienne. Le nouveau président égyptien a mis un terme non seulement à cette éventualité mais aussi au flux de mercenaires égyptiens vers la Syrie. L’Occident espérait intervenir dans la foulée en effectuant des raids aériens contre le gouvernement syrien, mais les tentatives de s’assurer l’accord iranien et russe n’a mené à rien et ils ont été forcés d’y renoncer.

Puis vint la chute d’Homs en mai 2014 lorsque le gouvernement syrien reprit une place forte des mains des rebelles. Les choses tournaient donc à l’avantage du gouvernement syrien. C’est alors qu’EI entra en scène et avec lui le bon prétexte pour les raids aériens qui n’avaient pu se faire l’année précédente.

Pendant ce temps, en Libye, le parti des escadrons de la mort avait perdu les élections pour la chambre des députés de juin 2014. Leur refus d’accepter cet échec entraina un nouveau chapitre dans le désastre de la Libye post-Kadhafi car ils mirent en place un pseudo gouvernement rival à Tripoli et lancèrent une guerre contre le parlement légitime. Pourtant, en conséquence du massacre d’Égyptiens par EI en Libye, l’Égypte apporta son soutien aérien au gouvernement légitime. Elle envisage même un soutien terrestre.

Perdant du terrain au Yémen, en Libye, en Égypte et en Syrie, toute la stratégie occidentale d’utilisation de salafistes armés comme outil de déstabilisation commençait à perdre de son efficacité. Dieu merci, certaines personnes à certains postes continuent à faire des plans, ceux de EI.

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone

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Pourquoi tolère-t-on le vandalisme de Daech ? Palmyre, Ninive … Daech et la légende de Gilgamesh.

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #L'OTAN., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La guerre

Pourquoi tolère-t-on le vandalisme de Daech ?

Ce vandalo-daechisme a commencé en fait avec le musée de Bagdad et le site de Babylone en 2003 que les USA avaient sur leurs listes fournies par l'UNESCO juste avant leur agression. ...Ils sont entrés dans la ville, ont protégé le ministère du pétrole mais ont laissé entrer au musée des vandales qui ont détruit quelques oeuvres pour la télé et pillé les autres ...qui se sont retrouvées sur le marché noir mondial des antiquités. Même chose ensuite en Libye puis en Irak, au Mali et en Syrie avec Daech et les autres abrutis hypocrites. Daech détruit les pays de vieille culture au profit des nouveaux riches parvenus américano-saoudites, il vandalise quelques oeuvres pour la télé et les films d'horreur, et écoule sur le marché noir mondial à prix cassé, les autres antiquités et le pétrole.

Privatisation des antiquités pour le marché mondialisé avec concurrence libre et non faussée i Daech et les autres tueurs néo-islamistes décervelés, c'est la franchise des USA et d'USraël dans la région arabe. En un jour Gaza a été plus bombardée que Daech en un an ! Alors l'hypocrisie a assez duré ! Daech, c'est USA/USraël/OTAN ! ...Il est vrai les Saoud mis au pouvoir par les Anglais avaient déjà commencé en détruisant le patrimoine historique de La Mecque et Médine...et maintenant en bombardant les vieilles mosquées datant de la période prophétique et les mausolées du Yemen.

Palmyre, Ninive … Daech et la légende de Gilgamesh

 

par Ahmad Ben Saada (Universitaire-Canada),

avec l’aimable autorisation de l’auteur et de la revue Afrique Asie (afrique-asie.fr)

La prise de la ville antique de Palmyre (Syrie), le 21 mai 2015, par l’État "islamique" trois mois après la destruction des vestiges de la cité biblique de Ninive (Irak) pose le problème de la conformité de la stratégie de Daech avec les prescriptions religieuses musulmanes notamment en ce qui concerne le legs ante-islamique.

Retour sur cette question avec l’universitaire algérien Ahmad Ben Saada (Canada)

 

La démolition n’est que l’apanage des déprédateurs, des faibles et des insignifiants.

Les compagnons du prophète appréciaient se reposer sous l’ombre des monuments pharaoniques.

«Je remercie Allah de m’avoir créé aveugle de sorte que je ne vois pas vos horribles faces.» Taha Hussein

À force de chercher l’immortalité, Gilgamesh trouva finalement la sagesse.

 

Elle est longue, la liste des dignitaires musulmans, religieux ou politiques, qui, tout au long de l’Histoire, ont contribué à découvrir et sauvegarder les trésors des cultures préislamiques, patrimoine de l’humanité. En les détruisant, les "djihadistes" détruisent leur propre identité. «Je vais présenter au monde celui qui a tout vu/ Connu la terre entière, pénétré toutes choses/ Et partout exploré tout ce qui est caché» Épopée de Gilgamesh.

 

Selon la légende, Gilgamesh était un roi terrible, sanguinaire et cruel. Mû par le désir de se mesurer au monde entier, il était impitoyable pour ses adversaires. Ce sadique souverain n’était qu’un vil tyran qui prenait plaisir à opprimer son peuple au point d’abuser de toute nouvelle mariée la nuit de ses noces. Se voulant l’égal des Dieux, Gilgamesh a longtemps poursuivi sa quête vers l’immortalité, mais en vain…

Cette histoire, «aussi vraie que le ciel est peuplé d’oiseaux et que la mer de poissons» (1), nous est parvenue par-delà les âges, sans prendre une seule ride. La plus vieille œuvre littéraire de tous les temps, gravée en caractères cunéiformes sur une douzaine de tablettes en argile.

Ce joyau de la littérature assyrienne et humaine qui date, selon les spécialistes, du XVIIIe siècle av. J.-C., fut découvert en 1853 au milieu d’une collection de près de 25.000 tablettes d’argile qui constituait la bibliothèque du roi Assurbanipal (VII siècle av. JC) .

La découverte a été réalisée lors de fouilles dirigées par Hormuzd Rassam, le plus célèbre des archéologue irakien, sur le site de l’antique Ninive, dans la banlieue de l’actuelle Mossoul. C’est d’ailleurs dans cette ville du nord de l’Irak qu’est né Rassam, dans une famille chrétienne de père irakien (né à Mossoul) et de mère syrienne (née à Alep). Avec une telle ascendance, Rassam aurait été un parfait citoyen de Daech (acronyme de «Dawla Islamiya fil Iraq wa bilad as Cham») ou, en français, l’État islamique en Irak et au Levant, le Levant (ou Cham) correspondant à l’historique «Grande Syrie». Pour autant, cependant, que les bourreaux de Daech lui aient laissé la vie sauve, car il aurait été certainement doublement jugé pour hérésie: de par sa confession chrétienne et, surtout, pour sa passion envers Ishtar, déesse assyrienne.

Les différentes fouilles menées par Hormuzd Rassam ont permis de mettre au jour plusieurs autres trésors du génie humain, dont le célèbre Cylindre de Cyrus (539 av. J.-C.) qui est considéré comme la «première charte des droits de l’homme». En 1971, ce document gravé sur un cylindre d’argile a été traduit par l’ONU en chacune de ses six langues officielles (2).

Rassam a été initié à l’assyriologie par l’illustre archéologue anglais Austen Henry Layard dont les importantes recherches à Ninive furent consignées dans Les Ruines de Ninive (Nineveh and its Remains, 1849), un vrai best-seller en son époque. Notons que ce grand cunéiformiste a fait ressurgir de la nuit des temps Nimrud (l’antique Kalhu), ville située à une trentaine de kilomètres de Mossoul.

En plus d’inestimables trésors archéologiques, Layard y découvrit la plus ancienne lentille optique jamais fabriquée de main d’homme. Cette lentille datant d’environ 3.000 ans fut examinée par l’éminent physicien écossais David Brewster. Après une minutieuse analyse, le physicien en donna une description détaillée et déclara que l’objet devait être considéré «comme destiné à être utilisé comme une lentille soit pour grossir ou pour concentrer les rayons du soleil». (3)

Que penser alors des actes barbares et «culturicides» de Daech et ses nervis? Peut-on réellement imaginer la construction d’un quelconque «État» sur les décombres des vestiges archéologiques de son propre peuple? Ou en coupant des têtes humaines et en brisant celles en pierre? Ceux-là mêmes qui veulent faire disparaître l’immense culture assyrienne ne se comportent-ils pas pire que le sanguinaire Gilgamesh?

La démolition au bulldozer du site de Nimrud ou à la massue des sculptures du musée de Mossoul est plus qu’un signe d’inculture: c’est la manifestation d’une vision rétrograde de l’être humain et de sa formidable créativité. Il faut se le dire: contrairement à l’édification, la démolition n’est que l’apanage des déprédateurs, des faibles et des insignifiants. Cette folie destructrice qui défie le bon sens est d’autant plus choquante qu’elle se déroule au cœur du croissant fertile, berceau de la civilisation humaine. Tout proche de cette ville de Mossoul d’où étaient importés vers l’Europe ces riches tissus de soie et d’or auxquels Marco Polo donna le nom de «mousseline» (originaire de Mossoul) [4].

Mossoul où est né l’immense Ziryab (789-857), un des fondateurs de la musique arabo-andalouse qui, tout jeune, émerveilla le calife abbasside Haroun al-Rachid. Vers 822, sous le règne de son fils le calife Al-Mamoun (786-833), Ziryab se rendit à Cordoue (Andalousie) où il fut accueilli avec honneur par l’émir Abderrahmane II (792-852).

Il y créa le premier conservatoire de musique d’Europe, révolutionna le chant, la musique ainsi que la mode, le raffinement et les bonnes manières, contribuant de manière incontestable à l’essor sans précédent de la civilisation arabo-musulmane dans le monde (5). De qui donc tiennent ces gens qui se sont installés à Mossoul et qui ont poussé l’offense jusqu’à dynamiter la mosquée du prophète Younes (AS), où se trouve la tombe de ce prophète connu de tous les gens du Livre (6)?

Nombre d’observateurs relient avec raison ces destructions avec celle des bouddhas de Bamiyan perpétrée en 2001 par les talibans afghans, ou celle des mausolées musulmans rasés en 2012 à Tombouctou (Mali) par le mouvement "djihadiste" Ansar Eddine (7).

Et cela aurait pu être pire. En 2012, sous l’administration du président Morsi issu de la confrérie des Frères musulmans, Morjan Salem al-Johary, un leader islamiste égyptien, avait demandé «la destruction du Sphinx et des pyramides de Giza» (8). Et des questions se posent: pourquoi les vestiges archéologiques pharaoniques sont-ils encore actuellement debout, alors que l’Égypte est islamisée depuis le VIIe siècle? Comment se fait-il que tous les dirigeants musulmans qui se sont succédés à la tête de l’Égypte, à commencer par Amr ibn al-As, son premier gouverneur, aient préservé cet inestimable patrimoine de l’humanité? Pour Al-Johary (et probablement pour tous les "djihadistes"), la réponse est simple: les vestiges étaient pratiquement couverts de sable et, à l’époque, il n’existait pas de moyens de destruction efficaces (sic!).

Ce qui est pratiquement faux dans la mesure où même si certains vestiges étaient enfouis sous le sable, les plus imposants ont toujours été visibles, même partiellement. D’ailleurs, les premières fouilles des pyramides sont attribuées au calife Al-Mamoun dont les ouvriers réussissent à pratiquer, en 820, la première ouverture de la grande pyramide de Khéops encore utilisée de nos jours (9). Ajoutons à cela que l’historien, médecin et philosophe arabe Abd al-Latif al-Baghdadi (1162-1321) fit une description détaillée des vestiges pharaoniques. Dans son ouvrage Relation de l’Égypte, considéré comme une des premières œuvres d’égyptologie, il donna moult détails sur la tête du Sphinx, son corps étant à l’époque enseveli sous le sable (10).

Okasha el-Daly, professeur d’archéologie à l’University College de Londres, précise au sujet d’Abd al-Latif qu’il était bien conscient de la valeur de monuments anciens pour étudier le passé et qu’il exprima son admiration à l’égard des dirigeants musulmans pour la préservation et la protection des artefacts et des monuments préislamiques
(11).

De son côté, l’historien égyptien Ahmed al-Makrizi (1364-1442) explique que la mutilation visible actuellement sur le visage du Sphinx est due à un fanatique soufi du nom de Mohammed Saim al-Dahr. Cet incident a été daté par Al-Makrizi vers 780 de l’hégire, c’est-à-dire entre le 30 avril 1378 et le 18 avril 1379 (12). Selon un récit rapporté par l’historien et islamologue allemand Ulrich Haarmann, Al-Dahr fut lynché par les habitants des environs, courroucés par son acte sordide. Ils l’enterrèrent par la suite près du monument qu’il avait saccagé (13).
Cette histoire confirme que non seulement il était possible de détruire les vestiges archéologiques, mais aussi que la population locale ne permettait pas qu’on vandalise impunément ce patrimoine historique.

En plus d’Abd al-Latif et Al-Makrizi, d’autres historiens arabes se sont intéressés aux trésors de l’archéologie égyptienne et en ont donné des descriptions détaillées, non sans une pointe d’émerveillement. Citons, par exemple, Al-Idrissi (mort en 1251) qui a étudié les pyramides de manière systématique et qui a minutieusement décrit l’intérieur de la grande pyramide quatre siècles avant l’astronome anglais John Greaves (1602-1652), qui ne la présenta à l’Occident qu’en 1646, dans son célèbre livre Pyramidographia (14). Et pour contredire les illuminés de Datcha, les dynamiteurs talibans, les démolisseurs d’Ansar Eddine et les "djihadistes" de l’engeance d’Al-Johary, Al-Idrisi mentionna que non seulement les Sahabas (compagnons du prophète Mohamed – SAWS) ne se sont pas attaqués aux monuments pharaoniques, mais qu’ils appréciaient se reposer sous leurs ombres (15).

Il faut reconnaître aussi qu’à travers les siècles, l’ombre des pyramides n’a pas corrompu l’islamité de l’Égypte, bien au contraire. Le «don du Nil» compte actuellement des milliers de mosquées et, surtout, la plus prestigieuse des institutions académiques dédiées aux sciences islamiques du monde, l’université Al-Azhar du Caire (fondée au Xe siècle).

Parmi les innombrables et éminentes personnalités formées par cette vénérable institution, il est intéressant de citer le «doyen de la littérature arabe», Taha Hussein. Aveugle dès son plus jeune âge, il est considéré comme un des plus importants intellectuel arabe du XXe siècle. Après avoir été écarté de son poste comme doyen de la faculté des lettres de l’université du Caire, il y revint en 1936 porté triomphalement à son bureau par des étudiants nationalistes.

Opposés à son retour, des étudiants islamistes scandèrent des slogans belliqueux, le traitant de «doyen aveugle». Il leur répondit: «Je remercie Allah de m’avoir créé aveugle de sorte que je ne vois pas vos horribles faces» (16).

En février 2013, le mémorial de Taha Hussein fut vandalisé dans la ville d’Al-Minya, et son buste a été arraché de son socle. Le forfait a été naturellement attribué aux islamistes égyptiens auprès de qui il n’a jamais été en odeur de sainteté, même de nos jours (17). Après s’être mesuré à toutes les forces de la nature, Gilgamesh se rendit à l’évidence de son inéluctable mortalité. Lui qui se voulait l’égal des dieux comprit que, pour atteindre la gloire éternelle, il fallait réaliser de grandes œuvres humaines. Ainsi, à force de chercher l’immortalité, Gilgamesh trouva finalement la sagesse.

Il est clair qu’aucun mémorial ne sera jamais érigé à la mémoire des coupeurs de têtes et des fossoyeurs de l’Histoire comme Daech et consorts, car, contrairement à Gilgamesh à la fin de son périple, ils se sont cantonnés dans des recoins de l’humanité, trop éloignés de la sagesse, de la vérité et de la sapience.

Leur seule contribution sera probablement de remplacer le mot «vandalisme» par «daechisme». Il va sans dire que le «daechisme» n’a pas pu apparaître et se développer comme une tumeur maligne à croissance fulgurante sans le soutien, l’aide et la connivence des pays occidentaux et arabes, ainsi que ceux voisins de la Syrie et de l’Irak.

Mais ça, c’est une autre histoire…

A propos
  • Ahmed Bensaada, Docteur en physique, enseignant et essayiste, est l’auteur de « Arabesque américaine: le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe » (2011), et coauteur de « La face cachée des révolutions arabes » (2012). Lauréat du prix du Premier Ministre du Canada pour l’excellence dans l’enseignement, il est aussi auteur et coauteur de nombreux ouvrages pédagogiques pour l’enseignement des sciences.
Références
  1. Jean Massin, Don Juan, Éd. Complexe, Bruxelles (1993), p. 85.
  2. Jacques Poulain, Hans-Jörg Sandkühler, Fathi Triki, Justice, droit et justification: perspectives transculturelles, Éd. Peter Lang (2010), p.146.
  3. Sir Austen Henry Layard, Discoveries Among the Ruins of Nineveh and Babylon, Éd. Harper & brothers (1871), p.167.
  4. Philippe Menard, Marco Polo. Le Devisement du monde, Tome 1, Librairie Droz (2001), p.197.
  5. FSTC «Limited, Ziryab, the Musician, Astronomer, Fashion Designer and Gastronome, Muslim Heritage», http://www.muslimheritage.com/article/ziryab-musician-astronomer-fashion-designer-and-gastronome.
  6. Nasma Réda, «Le Patrimoine irakien crie au secours», Al-Ahram Hebdo, 13 août 2014, http://hebdo.ahram.org.eg/NewsContent/1037/32/97/6601/Le-patrimoine-iraqien-crie-au-secours.aspx.
  7. Le Monde, «Mali: les islamistes rasent trois mausolées près de Tombouctou», 18 octobre 2012. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/10/18/mali-nouvelle-destruction-de-mausolees-par-les-islamistes-a-tombouctou_1777726_3212.html
  8. Cavan Sieczkowski, «Murgan Salem al-Gohary, Egyptian Jihadist, Wants Pyramids and Sphinx Destroyed», The Huffington Post, 13 novembre 2012, http://www.huffingtonpost.com/2012/11/13/pyramids-sphinx-destruction-murgan-salem-al-gohary-egyptian-jihadist_n_2121446.html?utm_hp_ref=religion.
  9. Giza Pyramid, «A Picture Tour of the Great Pyramid of Giza», http://www.gizapyramid.com/newtour2.htm.
  10. Abd al-Latif al-Baghdadi, Relation de l’Égypte, traduction française, Imprimerie impériale, Paris (1810), pp.179-180.
  11. Okasha el-Daly, Egyptology: The Missing Millennium: Ancient Egypt in Medieval Arabic Writings, Éd. Routledge (2004), p. 10.
  12. Al-Makrizi, Description topographique et historique de l’Égypte, traduction française, Éd. Ernest Leroux, Paris (1895), pp.352-353.
  13. Ulrich Haarmann, «Regional Sentiment in Medieval Islamic Egypt», The University of London’s Bulletin of the School of Oriental and African Studies (BSOAS), vol.43 (1980) p. 55-66, http://journals.cambridge.org/action/displayAbstract?fromPage=online&aid=4120372.
  14. Peter J. Ucko et T. C. Champion, The Wisdom of Egypt: Changing Visions Through the Ages, Éd. Cavendish, Londres (2003), pp. 44-45.
  15. Caleb Heart Iyer Elfenbein, Differentiating Islam: Colonialism, Sayyid Qutb, and Religious Transformation in Modern Egypt, Éd. ProQuest, Ann Harbor (2008), p.126.
  16. Djaber Asfour, «Un feuilleton qui mérite le respect (2)», Al-Ahram, 19 septembre 2011, http://digital.ahram.org.eg/articles.aspx?Serial=639076&eid=444.
  17. Nevine El-Aref, «Is nothing sacred now?», Al-Ahram Weekly, 21 février 2013, http://weekly.ahram.org.eg/News/1533/17/Is-nothing-sacred-now-.aspx.
Version en espagnol

Madaniya - Civique et citoyen. Madaniya s'honore de la responsabilité d'abriter au sein de sa rédaction des opposants démocratiques en exil en provenance des pays du Golfe, dont la contribution se fera, pour des raisons de sécurité, sous le sceau de l'anonymat, par le biais de pseudonyme. Ce site se veut un lanceur d’alerte. Il nourrit l’ambition d’assumer la fonction d’un vigile. Dénoncer et combattre l’instrumentalisation de la religion comme arme de combat politique. Prôner la neutralité de l’Etat, de même que la séparation de la religion de l’Etat. Réclamer un statut civil identique à l’ensemble des concitoyens. Promouvoir la citoyenneté et non l’appartenance communautaire.
Pour aller plus loin
Illustration

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Temple_of_Bel,_Palmyra_15.jpg

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Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition?

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #L'OTAN., #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Terrorisme

Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition?

Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition?

FIGAROVOX/TRIBUNE –

L'État islamique s'est entièrement emparé de Palmyre ce jeudi.

Hadrien Desuin, dénonce l'inaction de la coalition qui préfère sacrifier la cité antique plutôt que d'apporter son concours à Bachar al-Assad.

Ancien élève de l'École spéciale militaire de St-Cyr puis de l'École des officiers de la Gendarmerie nationale, Hadrien Desuin est titulaire d'un master II en relations internationales et stratégie sur la question des Chrétiens d'Orient, de leurs diasporas et la géopolitique de l'Égypte, réalisé au Centre d'Études et de Documentation Économique Juridique et social (CNRS/MAE) au Caire en 2005. Il a dirigé le site Les Conversations françaises de 2010 à 2012. Aujourd'hui il collabore à Causeur et Conflits où il suit l'actualité de la diplomatie française dans le monde.

Le 13 mai, l'offensive de l'État islamique débutait à Palmyre, carrefour névralgique du désert syrien et vestige antique d'une civilisation bel et bien disparue. Deux grosses larmes de crocodiles ont coulé sur les joues de Laurent Fabius et François Hollande. Une semaine plus tard, une contre-offensive djihadiste fait reculer l'armée syrienne fidèle à Bachar Al-Assad. Laquelle doit céder à nouveau le nord de la ville après l'avoir repris quelques heures. Les combats continuent, pourtant la coalition anti-Daesh emmenée par les occidentaux détourne pudiquement le regard.

Les combats continuent, pourtant la coalition anti-Daesh emmenée par les occidentaux détourne pudiquement le regard.

Elle continue de bombarder avec succès les positions djihadistes face aux kurdes, hier à Kobané et aujourd'hui à Hassaké, mais Palmyre l'indiffère. Quelques raids aériens bien guidés auraient pu stopper net les colonnes du Djihad. Mais parce que ce sont des alaouites qui résistent à la barbarie, rien ne sera fait.

L'indignation de la communauté internationale est unanime, la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova s'active pour sauver Palmyre. Jack Lang, président de l'institut du monde arabe, a pris les accents des soldats de l'an II sur Europe 1: «il faut massacrer ces massacreurs et sauver Palmyre!» Décidément ses camarades font peu de cas de nos racines gréco-latines. La culture n'a pas d'importance quand les «méchants» la défendent. Comme si l'Occident ne parvenait pas à sortir de son manichéisme pour prendre la moins mauvaise des solutions.

Cette indignation stérile s'explique aisément: la bataille de Palmyre remet en cause le dogme de l'alliance tacite entre Bachar et l'EI. C'est le conte que rabâche depuis quatre ans les chantres de «l'opposition syrienne»: Bachar et l'EI sont alliés, ils sont les deux têtes d'un même hydre bicéphale. Tandis que des combats opposent depuis des années les troupes loyalistes aux soldats du califat à Der Ez Zor, à Damas et ailleurs; tout est fait pour minimiser sinon effacer la part que prend l'armée loyaliste dans la lutte contre Daesh.

Cette indignation stérile s'explique aisément: la bataille de Palmyre remet en cause le dogme de l'alliance tacite entre Bachar et l'EI.

Une fable qui cède le plus souvent à la facilité complotiste: l'EI est une créature de Bachar Al-Assad. Conclusion imparable des derniers rêveurs du printemps arabe: pour vaincre Daesh, il faut renverser Bachar. Et si, après Palmyre, c'était l'État islamique qui renversait Bachar, le maître de Damas serait-il encore coupable?

Parce qu'on préfère sacrifier un pan entier de notre civilisation plutôt que de donner une victoire à Bachar, rien ne sera fait pour sauver Palmyre.

Soucieuse de se montrer réactive, la diplomatie française se hâte lentement. Elle a décidé de prendre une initiative bien de chez nous; Ses partenaires internationaux, dont John Kerry, sont invités le 2 juin à Paris, pour une réunion. Mais que sera Palmyre dans douze jours? Il suffit d'un ordre pour modifier la trajectoire de nos aéronefs qui bombardent l'EI de l'autre côté de la frontière syrienne. On voudrait enterrer Palmyre discrètement qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Parce qu'on préfère sacrifier un pan entier de notre civilisation plutôt que de donner une victoire à Bachar, rien ne sera fait pour sauver Palmyre. Dans une quinzaine de jours, quand nos diplomates se réuniront au quai d'Orsay, les ruines fumantes de la ville porteront d'autres stigmates que celles du temps, celles de la furie et de l'indifférence des hommes, celles des duels d'artillerie. Une deuxième fois, et quelque soit le vainqueur, Palmyre sera détruite.

Hadrien Desuin

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