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Le blog de Lucien PONS

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Wahhabisme et sionisme : une sainte alliance contre l’Iran

26 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #ISIL, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La mondialisation, #Daesch, #Terrorisme, #Je suis Charlie?

18 avril 2015

Wahhabisme et sionisme : une sainte alliance contre l’Iran

Mohamed EL BACHIR

Un nouveau front : le Yémen

Avec l’entrée en scène on ne peut plus active de l’Arabie Saoudite, un nouveau front s’est ajouté aux champs de bataille en cours depuis plusieurs années au Moyen-Orient : le front du Yémen. Le résultat immédiat est que ce petit pays est transformé en une « boule de feu » (formule de la chaîne libanaise Almayadeen) risquant d’embraser l’ensemble de la région. Il faut dire que le terrain, le décor propice à la frénésie du royaume wahhabite, a été rapidement installé :

- le 21 mars, retrait du dernier contingent américain, composé notamment d’une centaine de commandos des forces spéciales. Ces forces étaient stationnées sur la base aérienne Al-Anad, dans le sud du Yémen et avaient pour double mission : combattre Al-Qaeda dans la péninsule Arabique (Aqpa) et former des unités antiterroristes de l’armée yéménite.

- le 25 mars, claironne l’ambassadeur saoudien à Washington, une coalition de pays de la région du Golfe, emmenée par l’Arabie Saoudite, intervient (sacrifions au mot étrangement médical mais consacré) au Yémen. En effet, dans la nuit du 25 au 26 mars, des bombardements aériens sont effectués sur la ville d’Aden pour repousser l’offensive de la rébellion houthiste d’obédience chiite, alliée à une partie de l’armée yéménite, restée fidèle à l’ancien Président Ali Abdellah Saleh.

Voulant donner à son intervention une motivation religieuse, à savoir le renforcement du camp sunnite, l’Arabie Saoudite a adressé un appel au Pakistan et à la Turquie pour élargir la coalition, composée, pour l’heure, de pays arabes. Les autorités de Ryadh sont d’autant plus tentées d’utiliser le paravent du « schisme sunnite-chiite » qu’elles savent qu’à la frontière irano-pakistanaise couve une rébellion de la minorité iranienne sunnite.

Pour le moment ni le Pakistan, ni la Turquie n’ont donné suite à la demande saoudienne. Les tractations diplomatiques en cours entre, d’une part, la Turquie et l’Iran et, d’autre part, entre le Pakistan et l’Iran, vont plutôt dans le sens de l’apaisement et de la recherche d’une solution politique du conflit au Yémen. La diplomatie iranienne emprunte résolument ce chemin même si le Gardien de la Révolution, l’ayatollah Khamenai ne mâche pas ses mots, lui qui assure l’Arabie Saoudite qu’elle risque gros, que ses turpitudes l’amèneraient à « mordre la poussière au Yémen » et perdre son équilibre intérieur.

Le déclenchement de l’opération « tempête de la fermeté » vise l’écrasement de la rébellion « Ansarullah » afin de l’empêcher d’atteindre Bab El Mandeb qui, comme le détroit d’Ormuz, constitue le point de passage du pétrole du Golfe. Que les Ansarullah accèdent au Bab El Mandeb, et c’est la remise en cause de toute la stratégie saoudienne de production de 10 millions de barils de pétrole par jour pour mettre en difficulté l’économie de la Russie, de l’Iran et... de l’Algérie.

Cette « tempête » est en fait le prolongement des conflits qui se déroulent en Irak et en Syrie. La guerre contre Ansarullah a pour but de porter un coup à l’influence iranienne au Yémen tout comme l’invasion puis la prise de Mossul par Daech était destinée à briser l’axe Téhéran-Bagdad -Damas. (1)

A ce stade du conflit, on ne peut s’empêcher tout de même de noter un fait curieux : la fameuse coalition internationale ne fait plus parler d’elle ni en Irak ni en Syrie, elle « sommeille » donc et laisse ainsi une large liberté d’action à Daech en Irak et au Front El Nosra en Syrie. Sur les deux fronts terrestres, les forces en présence face aux organisations terroristes demeurent, d’une part, l’armée irakienne soutenue par les forces spéciales iraniennes, et, d’autre part, l’armée syrienne soutenue par le Hezbollah.

Un même ennemi « Chiite ou Perse »

Sitôt qu’on a commencé à envisager la conclusion d’un accord pour le moment tout hypothétique sur le nucléaire iranien, on a vu dans un même élan, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu et le chef de la diplomatie saoudienne Saoud Al-Fayçal monter au créneau pour, le premier, nous mettre en garde contre » un accord à Lausanne (qui) ouvrirait la voie à un Iran nucléaire, et nous avertir qu’Israël ferait « tout » pour défendre sa sécurité, le second, nous assurer que les grandes puissances "court-circuitent les intérêts des États de la région en faisant miroiter à l’Iran des bénéfices dont il ne pourra pas jouir sans qu’il coopère avec les pays de la région.’’

La similitude est en effet de plus en plus manifeste entre les lectures géo-stratégiques du rôle de l’ Iran faites, d’un côté, par les tenants du Wahhabisme en tant que doctrine religieuse servant de sous-bassement idéologique à l’Arabie saoudite et, de l’autre, par le sionisme en tant qu’idéologie fondatrice de l’État d’Israël.

Cette similitude dans la vision de l’Iran n’est pas le fruit du hasard, elle correspond à à une convergence stratégique qui a eu le temps de s’affermir comme en témoignent les propos tenus par Shimon Péres en 2010 : à la question ’’ Le Proche-Orient fait-il face à de nouveaux dangers ?’’ posée par Laurent Zecchini, journaliste du Monde, l’homme d’État israélien répond :’’Oui, car nous sommes confrontés à de nouvelles ambitions. Les Perses veulent de nouveau contrôler le Proche-Orient. Que ce soit pour des motifs religieux importe peu…’’ et concernant les pays arabes, il ajoute ’’... La plupart des Arabes en sont profondément préoccupés. Ils ont peur d’une agression de l’Iran, et ils ne savent pas quoi faire... Israël n’est plus le principal problème pour eux, c’est l’Iran, qui utilise le conflit israélo-arabe comme une excuse pour ses ambitions...Ils ne le diront jamais ouvertement bien sûr. Mais aujourd’hui, les contacts secrets sont plus importants que les contacts diplomatiques.’’ (2)

Et au Moyen-Orient, les accords secrets sont légion, à commencer par ceux-là mêmes qui ont donné naissance aux drames que vivent les peuples de la région, à savoir les accords Sykes-Picot.

Pour l’un, un islam dévoyé, et pour l’autre, un nouvel Amalek...

Hier comme aujourd’hui, tous les conflits qui ont ébranlé et meurtri le Moyen-Orient ont un même lieu de convergence : le Liban. Pays qui est en définitive le témoin dans tous les sens du terme de tout ce que vit la région, de ses souffrances, de ses contradictions, mais aussi fort heureusement de ses espoirs.

Le 17 septembre 1978, le Président égyptien Anouar Sadate et le Premier ministre israélien Menahem Begin signent deux documents dont la référence est la résolution 242 des Nations unies d’octobre 1967 : le premier, un traité portant sur le « cadre de paix au Proche-Orient », le second document scellait la « conclusion d’un traité de paix » entre Israël et l’Égypte. Contre ce traité de paix prônant la « normalisation » avec Israël s’est constitué un front du refus arabe composé de l’Irak, la Syrie, la Libye et l’Algérie.

Un front du refus dont la faiblesse a éclaté au grand jour en 1982 puisque le « cadre de paix au Proche-Orient » a été inauguré par l ’’ Opération Paix en Galilée’’, déclenchée le 6 juin par Israëlet qui s’est conclue par l’occupation du Liban. Mis à part les éternelles diatribes anti- israéliennes, les dirigeants arabes ont été d’une passivité pour le moins déconcertante face à la destruction et à l’occupation du Sud Liban, à l’exode de la direction de l’OLP et à l’ignoble massacre dans le camp palestinien de Sabra et Chatila, commis par des collaborateurs libanais avec la bénédiction de l’occupant israélien. Le retrait israélien de 2002 est le fruit de la résistance libanaise et non celui du fameux « cadre de paix au Proche-Orient » égypto-israélien. Mais il faut l’admettre, le fer de lance de cette résistance était dans sa majorité chiite et incarné par le Hezbollah. D’où l’aura et la sympathie politique dont a rapidement bénéficié le Hezbollah au sein des couches populaires à majorité arabe sunnite, du Maroc à l’Irak. Avec sa victoire sur Israël, le Hezbollah donnait l’exemple à suivre pour libérer les autres territoires occupés.

La guerre que lui fera encore Israël quatre ans plus tard, en juillet 2006, dans le but de détruire ses capacités militaires a été tacitement approuvée par les monarchies, l’Égypte et la Turquie, bref, les puissances régionales sunnites. Une fois de plus, de cette confrontation le Hezbollah sort grandi, augmentant l’inquiétude des dirigeants de ces pays traditionnellement dits modérés et en passe de revêtir un nouvel habit dans le cadre d’une éventuelle reconfiguration géopolitique de la région. Une offensive idéologico-religieuse en direction des couches populaires sunnites a donc été menée pour discréditer le Hezbollah via les médias et les prêches dans les mosquées . Elle semble avoir eu quelque succès : le Hezbollah a perdu en effet de sa notoriété et est perçu, certes à tort, comme un simple exécutant des visées iraniennes et vecteur d’un ’’islam dévoyé’’.

Il ne faut pas oublier par ailleurs que, sur le plan militaire, la C.I.A et d’autres organismes de renseignement américains financent des groupes politico-militaires anti-Hezbollah et encouragent l’infiltration de groupes armés sunnites et de prédicateurs salafistes avec l’aide de l’Arabie Saoudite. (3) A cet égard, les déclarations de Jeffrey D. Feltman, assistant de l’ancienne secrétaire d’Etat américaine, Condoleeza Rice, et responsable du bureau des affaires du Proche-Orient, et de Daniel Benjamin, coordinateur du bureau de lutte contre le terrorisme sont sans ambiguïté :’’Les Etats-Unis continuent de prendre très au sérieux les menaces que le Hezbollah fait peser sur les Etats-Unis, le Liban, Israël et l’ensemble de la région.’’(4)

Le plus significatif reste la reconnaissance officielle de l’aide directe apportée par les Etats-Unis aux forces libanaises qui luttent contre le Hezbollah.’’Les Etats-Unis fournissent une assistance et un appui à tous ceux qui, au Liban, travaillent pour créer des alternatives à l’extrémisme et réduire l’influence du Hezbollah dans la jeunesse. (...) A travers l’USAID et la Middle East Partnership Initiative (MEPI), nous avons contribué depuis 2006 à hauteur de plus de 500 millions de dollars à cet effort… Depuis 2006, notre aide totale au Liban a dépassé le milliard de dollars…’’ (4).

Les Etat-Nations ennemis du Néo-libéralisme

Pour les pouvoirs sunnites, la lecture religieuse du conflit qui les oppose à l’Iran et à ses alliés syriens, irakiens et libanais permet de voiler les véritables enjeux stratégiques qui secouent la région. Enjeux qui entraînent l’opposition des Etats-Nations et des forces politiques, jaloux de leur souveraineté politique et économique et dont l’Iran est le fer de lance, au projet de formation d’un ensemble régional néo-libéral sous l’égide de l’impérialisme occidental.

Au Liban, cela se traduit par la confrontation, pour l’instant politique entre, d’une part, l’Alliance du 8 mars dont les deux composantes principales sont le Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun et le Hezbollah et d’autre part, l’Alliance du 18 mars dont la composante principale est sunnite et est soutenue par l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Turquie, tous les trois pro-occidentaux.C’est en ce sens que le Liban est la pierre angulaire de ce qui se joue sur le plan stratégique et idéologique au Moyen-Orient et au-delà, dans le monde arabe.

Pour l’État d’Israël, en vue de justifier le danger que représente l’Iran, la référence religieuse est également présente en des termes bibliques comme l’exprimait clairement le Premier ministre israélien Benyamin Netannyahou à Auschwitz, le 28 janvier 2010 :’’Nous nous souviendrons toujours de ce que nous a fait l’Amalek nazi, et nous n’oublierons pas de nous tenir sur nos gardes face au nouvel Amalek qui apparaît au devant de l’histoire, et menace à nouveau d’exterminer les juifs. Nous ne prendrons pas les choses à la légère en nous faisant croire qu’il s’agit d’intimidations en l’air.’’ (5)

A n’en pas douter, les « contacts secrets » dont parlait Shimon Péres demeurent d’actualité et visent l’édification du «  nouveau Moyen-Orient » cher à l’ancien Président G.Bush. Un nouveau Moyen-Orient dont l’avènement ne peut être envisagé sans, d’une part, la neutralisation des « fauteurs de troubles régionaux » que sont l’Iran, le Hezbollah et le Hamas et, d’autre part, sans vassaliser, voire morceler la Syrie. Dans un Moyen-Orient ainsi conçu, la question palestinienne trouverait, du moins les stratèges US et israélien l’espèrent, une réponse acceptable pour l’État d’Israël,enfin rasséréné, une fois intégré politiquement et économiquement tel un « petit Occident » moyen-oriental.

M. El Bachir

(1) http://www.mondialisation.ca/de-la-prison-abu-al-gharib-a-lavenement-de-daech/5409971

(2) Laurent Zecchini : Le Monde du 9/03/10

(3) La polémique sur Hezb al-Tahrir devra attendre la réunion du Conseil des ministres http://www.lorientlejour.com/article/666658/La_polemique_sur_Hezb_al-T...

(4) http://blog.mondediplo.net/2010-06-30-500-millions-de-dollars-contre-l...

URL de cet article 28423
http://www.legrandsoir.info/wahhabisme-et-sionisme-une-sainte-alliance-contre-l-iran.html

 

 Mohamed EL BACHIR

25/01 Bas les masques ! Je ne suis pas Charlie

30/10 De la prison Abu al Gharib à l’avènement de Daech

09/08 Impunité pour un Etat pas comme les autres

10/06 Après DSK, une victime : la démocratie française

 

 

 

LEMONDE.FR | 25.04.06 | 15h18 • Mis à jour le 03.05.06 | 23h50

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de "Tous fichés" , mercredi 03 mai 2006

Le courrier électronique est-il discret ou non ?

Jacques Henno : Non. Tout courrier électronique qui circule sur Internet peut être intercepté par des tiers qui le veulent. On estime par exemple que la majorité du courrier électronique échangé dans le monde transite par les Etats-Unis. On est à peu près sûr que la NSA (National Security Agency), l'agence de surveillance électronique américaine, intercepte les courriers électroniques qui transitent par les Etats-Unis.

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Le chat, la souris et les systèmes anti-missiles

25 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #le nazisme, #Terrorisme

Le chat, la souris et les systèmes anti-missiles


Le 19 avril 2015 – Source DEBKAfile

DEBKAfile est un site très proche des renseignements militaires israéliens, basé à Jérusalem. Il est spécialisé dans les commentaires et les analyses sur le terrorisme, l’espionnage, la sécurité nationale, militaire et les relations internationales, avec un accent particulier sur le Moyen-Orient [wikipédia]

Poutine avertit Israël : la vente d’armes à l’Ukraine pourrait déclencher la vente de S-300 russes à la Syrie

Radar du S-300

L’avertissement du président russe Vladimir Poutine adressé à Israël contre la vente d’armes à Kiev – en réponse aux missiles de défense aérienne S-300 fournis à l’Iran par la Russie – ajoute une dimension européenne en plaçant Israël directement au cœur du litige qui oppose Moscou aux États-Unis au sujet de l’Ukraine. La menace implicite du dirigeant russe de répliquer en fournissant le même système de lancement de missiles à la Syrie qu’à l’Iran renvoie à un autre litige entre, d’un côté, la Russie et, de l’autre, les États-Unis et Israël, à savoir, le conflit syrien.

Alors que les critiques du gouvernement de Netanyahou soulignent la querelle avec l’administration Obama au sujet de la question nucléaire iranienne, ils oublient la coopération militaire intense entre les États-Unis et Israël dans deux régions vitales du conflit, la Syrie et l’Ukraine. Cette relation n’a pas échappé à Poutine.

Les comptes rendu des services de renseignement déposés sur son bureau du Kremlin révèlent que non seulement les États-Unis et Israël (et la Jordanie) arment les forces rebelles dans le sud de la Syrie, mais qu’ils collaborent en vue de fournir à l’armée ukrainienne des armes pour briser sa confrontation incendiaire avec les séparatistes pro-Russes.

Au cours de la quinzaine écoulée, des milliers de conseillers militaires des États-Unis, du Canada, de France, du Royaume-Uni et d’Allemagne ont été envoyés en Ukraine pour former l’armée nationale. Les jours prochains, ce sont 290 officiers et soldats de la 173 e brigade aéroportée américaine qui sont attendus.

Les sources militaires de DEBKAfile révèlent que les arrivants se rassemblent au centre de formation de l’armée ukrainienne de Yavoriv, près de Lvov. Ce centre a été choisi comme point de rassemblement et de lancement des forces d’intervention occidentales et de l’OTAN dans le conflit ukrainien en raison de sa proximité de la Pologne.

Les escadrons aériens étatsuniens et britanniques qui y sont stationnés depuis quelques mois sont suffisamment proches pour assurer une couverture aérienne au centre de Yavoriv. Des militaires étatsuniens et britanniques sont également en poste en Pologne, disponibles pour prêter main forte aux Ukrainiens et apaiser les craintes des états baltes suite à l’annexion de la Crimée par la Russie en mars dernier.

Poutine a averti Washington à plusieurs reprises que fournir à Kiev des armes offensives aurait pour conséquence des mesures similaires de la part de la Russie, mesures susceptibles de nuire aux intérêts étatsuniens en Europe et ailleurs dans le monde. Il a tenté de faire passer cet avertissement par l’intermédiaire de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français François Hollande, ainsi que lors de la rencontre du Secrétaire d’État John Kerry avec le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov. Moscou, indique le message d’avertissement, n’épargnerait pas les intérêts des États-Unis après ce que Poutine considère comme les assauts de l’administration Obama contre la sécurité nationale de la Russie, au travers de l’absorption progressive de l’Ukraine par l’OTAN et de la fourniture d’armes offensives pour la campagne de Kiev contre les séparatistes pro-Russes.

La levée de l’embargo sur les missiles de défense aérienne S-300 destinés à l’Iran a été le premier pas du dirigeant russe en vue d’enfoncer le clou, mais ses représailles ne s’arrêteront sans doute pas là. Les missiles de défense aérienne n’ont pas encore été expédiés en Iran, mais si le président Barack Obama s’entête à fournir une assistance militaire étendue au gouvernement ukrainien, Poutine compte fournir des S-300 non seulement à l’Iran, mais également à la Syrie.

Le samedi 18 avril, le président russe s’est refusé à répondre lorsqu’il lui a été demandé si Moscou s’était abstenu d’envoyer des missiles S-300 à la Syrie à la demande d’Israël. Il n’en demeure pas moins qu’il a mentionné la Syrie dans la foulée, lorsqu’il a averti Israël de ne pas fournir des armes au gouvernement Ukrainien. Il a alors déclaré que cette initiative serait « contre-productive » pour les efforts de paix en Ukraine orientale.

La veille à Washington, Obama a déclaré qu’il était surpris que la Russie ait suspendu la vente de missiles à l’Iran aussi longtemps. Le président étatsunien a relevé que Poutine avait précédemment suspendu la vente «à notre demande. Franchement, je suis surpris que cela ait tenu aussi longtemps, étant donné que la vente de ces armes défensives n’était pas empêchée par des sanctions». Le président étatsunien a choisi l’Ukraine pour son épreuve de force avec le président russe. Poutine, cependant préfère relever le gant en Iran et en Syrie.

Traduit par Gilles Chertier pour le Saker Francophone.

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Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme,...

25 Avril 2015 , Rédigé par Lucien Pons Publié dans #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #Afrique

Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme,...

Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #Afrique

http://lucien-pons.over-blog.com/2015/04/charlie-et-l-afrique-temoignage-d-un-general-francais-de-retour-du-mali.html

25 avril 2015

« Charlie » et l’Afrique… Témoignage d’un général français de retour du Mali

Par le général Pierre Michel Joana (revue de presse : marechalunjour.unblog.fr – 23/02/15)*

Merci pour ce moment (5 février 2015)

Je viens de rentrer d’une semaine à Bamako, où j’ai travaillé avec des Maliens, des Nigériens et des Mauritaniens, sur des questions de lutte anti-terrorisme. J’étais accompagné là-bas par une collègue belge et un collègue espagnol.

Dans le petit hôtel « le Campagnard », où nous étions logés et où se déroulaient nos réunions, la télévision, comme souvent en Afrique était allumée toute la journée. La chaîne France 24, chaîne chargée de faire connaître le rayonnement de la France, diffusait plusieurs fois par jour, un petit clip d’une minute où l’on pouvait voir toute une succession de personnes, de toutes origines ethniques, portant une pancarte « je suis Charlie ». A la fin, ça devenait énervant, même pour moi. Cela l’était encore plus pour mes amis africains. Depuis la parution du dernier numéro de Charlie Hebdo, vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, à des collectionneurs opportunistes et à des gens sincères, encore sous le coup de l’émotion, les Musulmans d’Afrique noire sont de moins en moins Charlie et de plus en plus Coulibaly.

Ils ne sont pas pour autant complices des djihadistes, dont ils subissent tous les jours les atrocités, dans l’indifférence générale de tous les Charlies, partis depuis en vacances de neige, mais ils n’aiment pas que l’on se moque de leur Prophète.

Évidemment, ils ne sont pas assez développés, ni instruits, ni tolérants, pour apprécier à leur juste valeur les subtilités de la laïcité à la française, de la liberté d’expression et du droit au blasphème germanopratin. Moi non plus d’ailleurs, mais c’est normal étant donné que j’ai passé toute ma vie à essayer, comme «l’adjudant Kronenbourg, soldat à la solde du grand capital», de défendre mon pays et de permettre à ceux de Charlie, qui au fond, me haïssaient, de le faire en toute liberté.

Il n’empêche que grâce à tous ces bien-pensants, les trois abrutis qui ont assassiné les journalistes de Charlie Hebdo, puis les clients du magasin casher de la porte de Vincennes, ont atteint leur but au-delà de tout ce qu’ils avaient pu imaginer dans leurs petites têtes de crapules, rattrapées par la foi.

Le chef d’état du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, doit, rappelons-le, son élection à l’appui du Président du Haut Conseil Islamique de son pays, l’Imam wahhabite Mahmoud Dicko. Il a, je suppose, dû être fortement convaincu de venir à Paris le 11 janvier, pour manifester sa solidarité au nom de ce qu’il doit à la France et à ses amis socialistes. Il est désormais complétement discrédité. Son peuple, depuis la parution du dernier Charlie, lui reproche sa complicité avec les blasphémateurs.

France 24 le lui rappelle toutes les deux heures.

Le chef d’état du Niger, Mahamadou Issoufou, de la même obédience, et en difficulté face à son opposition, mais aussi face à la menace venant de Libye, du Mali et de Boko Haram, a également dû être convaincu par les conseillers de l’Elysée qu’il serait bien qu’il vienne aussi défiler à Paris. Que pourrait-il refuser à Paris dans la situation où il se trouve ? Manque de chance, depuis la sortie de la dernière caricature du Prophète, son peuple l’assimile aux blasphémateurs, aux Chrétiens, aux blancs, aux occidentaux, donc aux Français. Le peuple a d’ailleurs réagi plus violemment qu’au Mali. Les manifestations ont fait plus de dix morts, tous musulmans. 25 églises ont été détruites, le centre culturel français de Zinder également, ainsi que le restaurant « le Toulousain » de Niamey. C’est dans ce petit restaurant, tenu par un Français, qu’avaient été enlevés, par les djihadistes en janvier 2011, deux jeunes Français retrouvés morts le lendemain par nos forces spéciales, près de la frontière malienne. Au Niger aussi, France 24 rappelle toutes les deux heures que nous sommes Charlie.

Et deux de chute, Messieurs les Présidents.

Dans la rue à Bamako, certains vous disent qu’ils sont Coulibaly. Il faut dire que ce patronyme est plus courant là-bas que celui de Charlie.

Coulibaly de France, tu n’es pas mort pour rien.

Ma collègue Belge, qui s’était aventurée de l’autre côté de la rue, devant l’Institut National de Formation Judiciaire de Bamako, où un certain Moussa Coulibaly (encore un) avait fort bien organisé une formation sur « les menaces terroristes pesant sur le Sahel et les moyens d’y faire face », avec notre appui, a été prise à partie par un septuagénaire en boubou, affichant une belle barbe blanche de notable. Ce dernier s’est proposé à deux fois de la gifler, la prenant pour une Française. Il déclarait avoir servi dans l’armée française, et reprochait à notre pays de tout manipuler au Mali, et en particulier son Président, qu’il qualifiait de marionnette. Il lui a annoncé que tout cela finirait très mal pour nous. C’est la première fois, en 45 ans de fréquentation de l’Afrique noire, que je constate ce type de menace, surtout de la part d’un vieil homme qui n’avait rien d’un fou, et s’exprimait très clairement.

Bravo Charlie.

J’ai longuement discuté avec un officier de gendarmerie Nigérien, amoureux de la France et des philosophes français. Comme Musulman, il ne comprenait pas que l’on puisse continuer à soutenir ceux qui avaient humilié son prophète. Il sortait de cette affaire, très admiratif des Américains, qui avaient refusé de montrer à la télévision la caricature du dernier Charlie.

Merci France 24.

J’ai également longuement discuté avec un serveur de mon petit hôtel. Il était licencié en histoire et avait passé plusieurs années en Côte d’Ivoire, où il connaissait très bien tous les anciens petits chefs rebelles, désormais au pouvoir. Il ne m’a pas vraiment dit ce qu’il avait fait là-bas. Il avait renoncé à trouver un poste dans l’éducation nationale malienne, ou dans une autre administration, car la corruption est telle qu’il est impossible pour un pauvre gars comme lui de pouvoir être retenu. Il a conclu son propos en disant que son seul recours désormais était Dieu (lire Allah). D’après l’officier de gendarmerie nigérien, cet homme est mur pour basculer.

Encore un effort Charlie.

Un officier de gendarmerie français m’a dit qu’il avait demandé aux deux femmes qui travaillent à son domicile de venir désormais voilées, car on leur avait lancé des cailloux pour les punir de travailler chez lui.

Bravo la France.

J’ai aussi rencontré un officier français à la retraite, installé au Mali depuis plus de vingt ans, marié à une Malienne, et qui m’a confié que sa femme, musulmane, avec laquelle il avait deux enfants, chrétiens, passait, depuis peu, beaucoup plus de temps à faire ses prières.

Continue Charlie.

Ils croient tous là-bas que nous sommes Charlie. Du coup ils sont de plus en plus Coulibaly et en arrivent à admirer les Américains. C’est un comble.

Bref, j’ai passé une excellente semaine.

Merci pour ce moment.

Photo : Militaire français en opération au Mali

Source : http://marechalunjour.unblog.fr/2015/02/23/france-afrique/

http://marechalunjour.a.m.f.unblog.fr/files/2015/02/merci-pour-ce-moment.pdf

http://www.les-crises.fr/charlie-et-lafrique-temoignage-dun-general-francais-de-retour-du-mali/

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« Charlie » et l’Afrique… Témoignage d’un général français de retour du Mali.

25 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #Afrique

« Charlie » et l’Afrique… Témoignage d’un général français de retour du Mali

Par le général Pierre Michel Joana (revue de presse : marechalunjour.unblog.fr – 23/02/15)*

Merci pour ce moment (5 février 2015)

Je viens de rentrer d’une semaine à Bamako, où j’ai travaillé avec des Maliens, des Nigériens et des Mauritaniens, sur des questions de lutte anti-terrorisme. J’étais accompagné là-bas par une collègue belge et un collègue espagnol.

Dans le petit hôtel « le Campagnard », où nous étions logés et où se déroulaient nos réunions, la télévision, comme souvent en Afrique était allumée toute la journée. La chaîne France 24, chaîne chargée de faire connaître le rayonnement de la France, diffusait plusieurs fois par jour, un petit clip d’une minute où l’on pouvait voir toute une succession de personnes, de toutes origines ethniques, portant une pancarte « je suis Charlie ». A la fin, ça devenait énervant, même pour moi. Cela l’était encore plus pour mes amis africains. Depuis la parution du dernier numéro de Charlie Hebdo, vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, à des collectionneurs opportunistes et à des gens sincères, encore sous le coup de l’émotion, les Musulmans d’Afrique noire sont de moins en moins Charlie et de plus en plus Coulibaly.

Ils ne sont pas pour autant complices des djihadistes, dont ils subissent tous les jours les atrocités, dans l’indifférence générale de tous les Charlies, partis depuis en vacances de neige, mais ils n’aiment pas que l’on se moque de leur Prophète.

Évidemment, ils ne sont pas assez développés, ni instruits, ni tolérants, pour apprécier à leur juste valeur les subtilités de la laïcité à la française, de la liberté d’expression et du droit au blasphème germanopratin. Moi non plus d’ailleurs, mais c’est normal étant donné que j’ai passé toute ma vie à essayer, comme «l’adjudant Kronenbourg, soldat à la solde du grand capital», de défendre mon pays et de permettre à ceux de Charlie, qui au fond, me haïssaient, de le faire en toute liberté.

Il n’empêche que grâce à tous ces bien-pensants, les trois abrutis qui ont assassiné les journalistes de Charlie Hebdo, puis les clients du magasin casher de la porte de Vincennes, ont atteint leur but au-delà de tout ce qu’ils avaient pu imaginer dans leurs petites têtes de crapules, rattrapées par la foi.

Le chef d’état du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, doit, rappelons-le, son élection à l’appui du Président du Haut Conseil Islamique de son pays, l’Imam wahhabite Mahmoud Dicko. Il a, je suppose, dû être fortement convaincu de venir à Paris le 11 janvier, pour manifester sa solidarité au nom de ce qu’il doit à la France et à ses amis socialistes. Il est désormais complétement discrédité. Son peuple, depuis la parution du dernier Charlie, lui reproche sa complicité avec les blasphémateurs.

France 24 le lui rappelle toutes les deux heures.

Le chef d’état du Niger, Mahamadou Issoufou, de la même obédience, et en difficulté face à son opposition, mais aussi face à la menace venant de Libye, du Mali et de Boko Haram, a également dû être convaincu par les conseillers de l’Elysée qu’il serait bien qu’il vienne aussi défiler à Paris. Que pourrait-il refuser à Paris dans la situation où il se trouve ? Manque de chance, depuis la sortie de la dernière caricature du Prophète, son peuple l’assimile aux blasphémateurs, aux Chrétiens, aux blancs, aux occidentaux, donc aux Français. Le peuple a d’ailleurs réagi plus violemment qu’au Mali. Les manifestations ont fait plus de dix morts, tous musulmans. 25 églises ont été détruites, le centre culturel français de Zinder également, ainsi que le restaurant « le Toulousain » de Niamey. C’est dans ce petit restaurant, tenu par un Français, qu’avaient été enlevés, par les djihadistes en janvier 2011, deux jeunes Français retrouvés morts le lendemain par nos forces spéciales, près de la frontière malienne. Au Niger aussi, France 24 rappelle toutes les deux heures que nous sommes Charlie.

Et deux de chute, Messieurs les Présidents.

Dans la rue à Bamako, certains vous disent qu’ils sont Coulibaly. Il faut dire que ce patronyme est plus courant là-bas que celui de Charlie.

Coulibaly de France, tu n’es pas mort pour rien.

Ma collègue Belge, qui s’était aventurée de l’autre côté de la rue, devant l’Institut National de Formation Judiciaire de Bamako, où un certain Moussa Coulibaly (encore un) avait fort bien organisé une formation sur « les menaces terroristes pesant sur le Sahel et les moyens d’y faire face », avec notre appui, a été prise à partie par un septuagénaire en boubou, affichant une belle barbe blanche de notable. Ce dernier s’est proposé à deux fois de la gifler, la prenant pour une Française. Il déclarait avoir servi dans l’armée française, et reprochait à notre pays de tout manipuler au Mali, et en particulier son Président, qu’il qualifiait de marionnette. Il lui a annoncé que tout cela finirait très mal pour nous. C’est la première fois, en 45 ans de fréquentation de l’Afrique noire, que je constate ce type de menace, surtout de la part d’un vieil homme qui n’avait rien d’un fou, et s’exprimait très clairement.

Bravo Charlie.

J’ai longuement discuté avec un officier de gendarmerie Nigérien, amoureux de la France et des philosophes français. Comme Musulman, il ne comprenait pas que l’on puisse continuer à soutenir ceux qui avaient humilié son prophète. Il sortait de cette affaire, très admiratif des Américains, qui avaient refusé de montrer à la télévision la caricature du dernier Charlie.

Merci France 24.

J’ai également longuement discuté avec un serveur de mon petit hôtel. Il était licencié en histoire et avait passé plusieurs années en Côte d’Ivoire, où il connaissait très bien tous les anciens petits chefs rebelles, désormais au pouvoir. Il ne m’a pas vraiment dit ce qu’il avait fait là-bas. Il avait renoncé à trouver un poste dans l’éducation nationale malienne, ou dans une autre administration, car la corruption est telle qu’il est impossible pour un pauvre gars comme lui de pouvoir être retenu. Il a conclu son propos en disant que son seul recours désormais était Dieu (lire Allah). D’après l’officier de gendarmerie nigérien, cet homme est mur pour basculer.

Encore un effort Charlie.

Un officier de gendarmerie français m’a dit qu’il avait demandé aux deux femmes qui travaillent à son domicile de venir désormais voilées, car on leur avait lancé des cailloux pour les punir de travailler chez lui.

Bravo la France.

J’ai aussi rencontré un officier français à la retraite, installé au Mali depuis plus de vingt ans, marié à une Malienne, et qui m’a confié que sa femme, musulmane, avec laquelle il avait deux enfants, chrétiens, passait, depuis peu, beaucoup plus de temps à faire ses prières.

Continue Charlie.

Ils croient tous là-bas que nous sommes Charlie. Du coup ils sont de plus en plus Coulibaly et en arrivent à admirer les Américains. C’est un comble.

Bref, j’ai passé une excellente semaine.

Merci pour ce moment.

Photo : Militaire français en opération au Mali

Source : http://marechalunjour.unblog.fr/2015/02/23/france-afrique/

http://marechalunjour.a.m.f.unblog.fr/files/2015/02/merci-pour-ce-moment.pdf

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Comment vaincre le terrorisme : cessons de commettre les sept mêmes erreurs

25 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #ISIL, #Daesch

 

Billet du Washington’s Blog

Sept propositions pour mettre un coup de frein aux actions terroristes

Au lendemain des attentats barbares de Paris, il y a une question que tout le monde se pose : comment faire pour empêcher le retour de tels actes ?

Pour certains il faudrait renforcer l’action militaire dans les pays musulmans… accroître la surveillance… ou restreindre encore plus les libertés civiles.

Pourtant, quoi qu’en disent nos analystes et commentateurs, les méthodes pour prévenir les futures attaques n’ont rien d’un mystère…

Pour commencer, arrêtons de jouer aux pompiers pyromanes.

I. Arrêtons de renverser les modérés et d’armer les fanatiques

Je sais que l’idée va paraître étrange, mais si nous voulions stopper le terrorisme, nous devrions peut être… tenez-vous prêts… arrêter de l’encourager.

Je fais ici référence au fait que nous armons les extrémistes les plus violents au Moyen-Orient, dans le cadre d’une stratégie géopolitique très bête qui consiste à renverser les leaders politiques qui pour une raison ou une autre nous déplaisent (voir section 3 pour plus de détails). Voyez ceci, ceci, ceci, ceci et ceci. Et comme par hasard on s’attaque toujours à des régimes modérés qui jusque là étaient des facteurs de stabilité pour la région car ils empêchaient les djihadistes de s’y implanter.

En effet, les auteurs des attentats contre Charlie Hebdo rentraient apparemment tout juste de Syrie où ils avaient combattu aux cotés des terroristes. C’est là qu’ils ont pu, directement ou indirectement, bénéficier de l’aide américaine en termes d’armes et d’entraînement.

Je répète : si nous voulons arrêter le terrorisme, cessons de lui venir en aide.

II. Arrêtons de soutenir les dictatures qui financent les terroristes

C’est l’Arabie Saoudite qui finance le plus les terroristes islamistes radicaux.

Nous savons que les saoudiens ont financé Daesh et plusieurs autres groupes terroristes violents. D’après les déclarations sous serment d’un membre de la commission d’enquête et du co-président de l’enquête du Congrès sur le 11 septembre, c’était le gouvernement saoudien qui était derrière les pirates de l’air impliqués dans les attentats. (voir à ce sujet la section VII pour plus de détails)

D’autre part, l’Arabie Saoudite est le berceau historique du mouvement islamiste le plus radical au monde, le salafisme. (Daesh et Al Qaida s’en revendiquent tous les deux).

En outre, les saoudiens, avec l’aide des États-Unis, financent les “madrassas”, écoles coraniques dans lesquelles est propagé l’islam radical.

Et pourtant, depuis 70 ans, les États-Unis fournissent aux saoudiens une aide militaire, par le biais de renseignements collectés par la NSA, et plus généralement toute autre forme d’assistance.

Pour finir, selon les meilleurs spécialistes américains du terrorisme, notre soutien aux régimes brutaux et tyranniques du Moyen-Orient comme l’Arabie Saoudite est une des principales motivations des terroristes de la région.

Ainsi, si nous arrêtions de soutenir la maison des saoudes et les autres tyrannies du monde arabe, nous gagnerions sur deux tableaux à la fois :

(1) D’une part nous affaiblirons les principaux soutiens du terrorisme

Et…

(2) D’autre part, nous enlèverons aux terroristes une de leur principales motivations : notre soutien affiché aux régimes les plus brutaux et les plus répressifs du Moyen-Orient

III Cessons nos quêtes impérialistes pour le pétrole du Moyen-Orient

Depuis soixante ans les États-Unis n’ont cessé d’orchestrer des changements de régime pour renverser les leaders arabes gênants. Ça a été le cas en Syrie en 1949, en Iran en 1953, deux fois en Irak et en Afghanistan, puis en Turquie, en Libye… et dans d’autres pays riches en pétrole.

En 1991, les néoconservateurs ont une fois de plus fomenté des changements de régime partout au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Certains hommes politiques américains de premier plan ont reconnu que l’enjeu de la guerre en Irak était le pétrole, pas la lutte contre le terrorisme (des documents en provenance de Grande-Bretagne le confirment). Les guerres contre le terrorisme sont en réalité surtout des guerres pour les ressources naturelles comme le gaz naturel. Ou pour forcer les derniers récalcitrants à se convertir aux systèmes du pétrodollar et de la banque centrale privée.

Pour l’armée américaine, les attaques terroristes contre les États-Unis seraient “un prix dérisoire à payer pour le maintien de notre statut de superpuissance” :

C’est un officier haut gradé appartenant à l’état-major des armées qui a confié au directeur du contre-terrorisme au département d’état, Sheehan, qu’il a entendu plus d’une fois ses collègues qualifier les attaques terroristes “d’un prix bien dérisoire à payer pour le maintien de notre statut de superpuissance”.

Des experts en sécurité conservateurs comme libéraux, reconnaissent que faire la guerre au Moyen-Orient affaiblit la sécurité aux États-Unis et alimente le terrorisme. Voyez ceci, ceci, ceci, ceci, ceci, ceci, ceci et ceci.

Parmi eux, James K. Feldman, ancien professeur d’analyse décisionnelle et d’économie à l’Institut Technologique de l’Armée de l’Air et à l’Ecole des Etudes Avancées de stratégie aérienne, et d’autres experts qualifient l’occupation militaire américaine dans les pays étrangers comme étant la principale cause du terrorisme. Le professeur Robert A. Pape de l’université de Chicago, spécialiste en sécurité internationale, partage le même avis.

Bien que nous ayons mené les guerres les plus longues et les plus coûteuses de notre histoire, nous sommes moins en sécurité aujourd’hui et faisons face à des attentats toujours plus nombreux.

Souvenez-vous, Al-Qaïda n’était même pas présente en Irak jusqu’a l’invasion américaine.

Si nous voulons stopper le terrorisme, nous devons cesser de renverser les dirigeants du Moyen-Orient et d’envahir leurs pays pour s’accaparer du pétrole.

IV. Stoppons les assassinats de civils innocents par des drones

Selon des responsables haut placés de la CIA, les frappes par des drones alimentent le terrorisme (et voyez ceci).

C’est la CIA, agence chargée des frappes de drones, qui a elle-même dit au président Obama que les morts causées par les drones peuvent inciter au terrorisme.

Si nous voulons arrêter de créer de nouveaux terroristes, nous devons arrêter les frappes au moyen de drones.

V. Arrêtons la torture

Les meilleurs experts en matière de terrorisme et des techniques d’interrogatoire sont d’accord pour dire que la torture fabrique des terroristes.

En effet, les leaders de Daesh ont justifié leurs actes par la pratique de la torture par les autorités américaines. (Et l’un des terroristes français a dit qu’il travaillait pour Daesh.)

Encore une fois, nous avons un exemple très récent : le terroriste parisien Cherif Kouachi a dit lors de son procès en 2005 qu’il n’était pas un musulman radical jusqu’à ce qu’il découvre l’existence de la torture des prisonniers irakiens par les américains à la prison d’Abu-Ghraib en Irak.

Vous l’aurez deviné : si nous voulons arrêter de créer de nouveaux terroristes, nous devons également arrêter la torture… définitivement.

VI. Arrêtons la surveillance de masse

Pour les meilleurs experts en sécurité il ne fait pas de doute que la surveillance de masse nous rend PLUS vulnérables aux terroristes. Arrêtons-la.

VII. Arrêtons d’étouffer l’affaire du 11 Septembre

Même si notre gouvernement reconnait qu’une puissance étrangère était impliquée dans les attentats du 11 septembre… l’identité de cette dernière fait débat.

Comme le 11 septembre a été la plus importante attaque terroriste dans l’histoire des États-Unis sur laquelle reposent toutes nos stratégies de sécurité nationale, nous ne pourrons pas stopper le terrorisme tant que toute la lumière n’est pas faite dans cette affaire et l’identité de l’état responsable de l’attaque n’est pas établie.

Beaucoup de responsables américains au sommet de l’étatchefs militaires, agents des services de renseignement et membres de la commission d’enquête – ne sont pas satisfaits, encore aujourd’hui, des résultats de l’enquête sur le 11 Septembre.

Le co-président de la commission d’enquête du Congrès sur le 11 septembre, Bob Graham, et le membre de la commission d’enquête et ex-sénateur Bob Kerrey demandent soit de créer “une commission d’enquête permanente“, soit de mener une nouvelle enquête pour enfin connaître toute la vérité.

Selon le co-président de la commission d’enquête du Congrès sur le 11 septembre et ex-chef du Comité sénatorial sur le renseignement (Bob Graham), l’attentat de Paris, Daesh, et d’autres formes de terrorisme sont le résultat du refus d’affronter l’Arabie Saoudite et de rendre public la partie du rapport d’enquête qui démontre son implication dans cet attentat.

Les présidents de la commission d’enquête sur le 11 septembre, Ron Paul, et nombreux autres hommes politiques américains ont eux aussi appelé à la déclassification de ce rapport.

Encore une fois, chacun peut avoir sa petite idée sur les acteurs derrière le 11 septembre. Mais tant que nous ne sauront pas toute la vérité, les attaques terroristes continueront.

Nous devons être lucides

Nous entendons les défenseurs de la politique actuelle du gouvernement nous dire : “nous devons faire quelque chose pour arrêter les terroristes !”

Certainement…

Mais nous devons également cesser de faire les sept choses évoquées plus haut qui ne font que les encourager. Nous devons arrêter de continuer à nous voiler la face.

Malheureusement notre establishment ne veut pas changer de cap… il tire un pouvoir et une influence immenses de nos actuelles stratégies de guerre contre la terreur.

Par exemple, le complexe militaire s’enrichit par la guerre… donc la guerre sans fin est une caractéristique – pas un dysfonctionnement – de notre politique étrangère.

Les histoires de torture n’ont été que des prétextes pour justifier nos interventions militaires.

La surveillance de masse sert surtout à s’octroyer des avantages économiques et diplomatiques, et à étouffer la contestation.

Le soutien que nous accordons aux chefs musulmans les plus radicaux n’est qu’une affaire de pétrole et de pouvoir… “un prix dérisoire à payer” pour continuer à asseoir notre domination sur le monde.

Dans une étude faite en 2008 par l’un des principaux conseillers auprès de l’armée américaine – la Rand Corporation – et publiée sous le titre “Comment en finir avec les groupes terroristes : manuel de lutte contre Al-Qaïda“, nous trouvons la confirmation de ce que les experts ont dit et répété depuis des années : la guerre contre le terrorisme affaiblit en réalité la sécurité nationale (voir ceci, ceci et ceci).

Voici un extrait d’un communiqué de presse à propos de cette étude :

“Les terroristes doivent être perçus et décrits comme des criminels, pas des “combattants de la guerre sainte” et notre analyse suggère que la réponse au terrorisme ne se trouve pas sur le champ de bataille.”

Nous, le Peuple, devons nous lever et exiger que nos dirigeants assoiffés de pouvoir cessent de faire des choses qui leur donnent plus de pouvoir… mais qui, à coup sûr, feront de nous, la population civile, une cible de plus en plus large des terroristes.

Source : Washington’s Blog, le 10/01/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

 

 

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Des monstres psychopathes dirigent "l'Empire du Bien", le triste résultat: Ces enfants syriens ont perdu leur mère.

22 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La mondialisation, #L'OTAN., #Daesch, #ISIL, #le nazisme, #Le capitalisme;, #Les transnationales

Des monstres psychopathes dirigent "l'Empire du Bien", le triste résultat: Ces enfants syriens ont perdu leur mère.

Des monstres psychopathes dirigent "l'Empire du Bien". Pourquoi restons-nous sans protester? En 2003 un vaste mouvement pour la paix, aujourd'hui plus rien! Où sont passés les manifestants? Sont-ils tous convaincus que la seule façon d'aider les populations est d'envoyer des tapis de bombes pour leur apporter la paix. De plus les hordes sauvages nazis en Ukraine répandent la terreur et la mort sans une protestation des ONG droits de l'hommisme, quelle honte. Ces mêmes organisations humanitaires sont également complices de l’installation des hordes sauvages takfiris en Irak, en Libye, en Syrie, au Yémen pour le plus grand bonheur de... La population civile est laissée à l'abandon. Honte à Washington, honte à Bruxelles, honte à la France, honte à nous-mêmes qui n'osons protester pour exiger la justice et le respect des personnes.
Lucien Pons

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Les naufrages en Méditerranée, Clausewitz, et la mondialisation. RUPTURES. Le 21 avril 2015

22 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #La mondialisation, #La guerre, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #le nazisme

Les naufrages en Méditerranée,

Clausewitz, et la mondialisation

Le 21 avril 2015
 

Les dirigeants de l’UE se sont sentis tenus de réagir. Une réunion d’urgence des ministres des Vingt-huit – de l’Intérieur et des Affaires étrangères – s’est tenue lundi (20 avril) à Luxembourg. Un sommet extraordinaire est convoqué pour jeudi, où devraient être présents chefs d’Etat et de gouvernement.

Dix mesures ont été mises en avant lundi, où il a d’abord été question de « renforcer la solidarité européenne ». Parmi les idées évoquées figure le lancement d’une « opération civilo-militaire » visant à « capturer et détruire les navires utilisés par les trafiquants ».

Combattre le trafic d’êtres humains, l’intention est certes légitime. A condition toutefois que cela ne dissimule pas la volonté de passer sous silence les causes des drames à répétition, et les responsabilités afférentes. Celles-ci ne sont pourtant pas très difficiles à cerner et à établir.

Il y a d’abord les facteurs fondamentaux : nul – ou presque – ne quitte son pays, sa patrie, sa famille, ses amis, sa langue, sa culture, sans y être contraint. En l’occurrence : par la misère, par la guerre – voire les deux, qui vont si souvent ensemble. Or la misère, la faim, le dénuement, ne tombent pas du ciel, a fortiori dans le continent africain, qui regorge de richesses naturelles. Au colonialisme d’hier a succédé la mise sous tutelle économique de pays entiers avec comme mots-clés : pillage, dette, libre échange. La volonté de domination politique est allée de pair, y compris par des moyens militaires.

Quant à la guerre, cela fait un quart de siècle – depuis la disparation de l’URSS, en réalité – que le camp occidental n’a eu de cesse de mettre en œuvre une stratégie qui a déstabilisé une vaste zone allant du Maghreb à l’Asie centrale, avec le Moyen-Orient comme épicentre.

L’Irak, l’Afghanistan, l’Irak encore, et aujourd’hui, par « opposition » armée interposée, la Syrie : les campagnes successives menées par les troupes, les bombardiers voire les drones américains ou européens ont transformé des pays entiers en champs de ruine.

A ces facteurs structurels s’ajoute un élément particulièrement explosif : le tragique sort de la Libye, en passe de devenir un « Etat failli », où des milices, bandes et clans rivaux s’affrontent sans fin, pour le plus grand malheur de la population.

Ce chaos généralisé était prévisible dès lors qu’à Paris et à Londres, épaulés par Washington, on décida d’en finir avec le colonel Kadhafi – naturellement pour « défendre les droits de l’Homme ». Le lynchage dont fut victime celui-ci, permis par les raids occidentaux, donna en quelque sort le signal de la déliquescence de l’Etat.

Les stratèges occidentaux tentés par la stratégie du chaos se découvrent aujourd’hui en apprentis-sorciers, impuissants à maîtriser les forces qu’ils comptaient manipuler. Les conséquences en sont multiples sur toute la région : de l’espace (et les armes) laissés à Al-Qaïda et autre « Etat islamique », jusqu’à l’épanouissement des filières de trafic de main d’œuvre.

On prendra donc avec la plus extrême réserve les larmes bruxelloises. D’autant que le patronat européen, et ses filiales nationales, se frottent les mains discrètement : les rescapés de l’enfer ne constitueront-ils pas une main d’œuvre bienvenue pour peser sur le « coût du travail » ? Et favoriser ainsi un « marché du travail » plus flexible ?

Les flux migratoires (moyennant quelques « bavures collatérales », comme on dit à l’OTAN) comme poursuite des réformes structurelles par d’autres moyens ? Clausewitz à l’heure de la mondialisation, en quelque sorte.

 

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VIDEO. Regardez l'entretien intégral de Bachar Al-Assad à France 2

20 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La mondialisation, #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #Israël - palestine - Moyen-Orient

VIDEO. Regardez l'entretien intégral de Bachar Al-Assad à France 2

Une première pour une télévision française : après quatre ans de conflit, Bachar Al-Assad, le président de la république arabe syrienne, a accordé un entretien à David Pujadas pour France

Quatre ans après le début de la guerre en Syrie, le président Bachar Al-Assad
répond pour la première fois aux questions d’une télévision française. Un entretien réalisé dimanche 19 avril à Damas par David Pujadas, et diffusé lundi 20 avril dans le 20 heures de France 2.

Bachar Al-Assad revient sur sa responsabilité dans le conflit, la répression, les bombardements contre les civils. Il réfute ainsi l'utilisation "d'armes aveugles" et explique que "les armes utilisées contre les terroristes sont des armes qui nécessitent de viser" et que ce sont "les gouvernement occidentaux" qui ont inventé "l'utilisation d'armes chimiques et du chlore."

"L'Etat islamique est né en Irak sous controle américain"

Sur l'organisation Etat islamique, le président syrien explique que "l'EI est né en Irak sous controle américain et que c'est le chaos syrien" qui les a amenés dans son pays. Autre responsable pour le président syrien, "le régime français qui considérait l'Etat islamique comme des modérés". Quant aux jihadistes français partis en Syrie, le président syrien dit "n'en avoir aucun dans ses prisons".

Interrogé sur d'éventuels liens entre les services de renseignements syriens et français, il a répondu : "Il y a des contacts, mais il n'y a pas de coopération.(...) Nous sommes prêts au dialogue mais comment établir un dialogue avec un régime qui soutient les terroristes et pourquoi faire? (...) Le principal message qui doit être adressé [à François Hollande] doit l'être par le peuple français. Les sondages en France montrent bien le message que Hollande devrait écouter davantage. A savoir qu'il est le président le plus impopulaire depuis les années 1950. Il devrait s'occuper de ses citoyens et les protéger des terroristes qui viennent en France (...) Quand on parle de terrorisme, ce que vous avez vécu n'est que la partie émergée de l'iceberg."

Enfin Bachar Al-Assad revient sur les circonstances de la mort, en 2012 à Homs, du reporter de France 2, Gilles Jacquier.

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"Pour être fier d'être français, il faudrait déjà avoir de la mémoire"

20 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La mondialisation, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #La finance dérégulée, #La lutte des classes, #Europe supranationale, #Daesch

"Pour être fier d'être français, il faudrait déjà avoir de la mémoire"

Entretien de Jean-Pierre Chevènement accordé à Marianne, vendredi 17 avril 2015. Propos reccueillis par Alexis Lacroix.

 
"Pour être fier d'être français, il faudrait déjà avoir de la mémoire"
Marianne : La France ne mérite t-elle pas d'être aimée, car elle est le lieu par excellence où se déploie l'idée républicaine ?
Jean-Pierre Chevènement :
Aujourd'hui, il est banal de se dire républicain, mais la cohérence même du concept échappe à la plupart. « La République est un grand acte de confiance », disait Jaurès. Or, aujourd'hui, les citoyens n'ont plus confiance dans l'intégrité des responsables politiques, et les responsables politiques ont perdu leur confiance dans le civisme des citoyens. J'ai été beaucoup attaqué pour avoir souligné qu'en matière de politique économique européenne la droite et la gauche conduisaient des politiques également désastreuses. Bien entendu, des différences existent entre ces deux familles politiques, mais les dirigeants qui sont issus de l'une comme de l'autre acceptent identiquement le corset européen qui limite leur marge d'action, y compris en dehors de l'économie. Un exemple lourd de sens : en Ukraine, les Européens, sous l'influence d'une partie des responsables américains, de Joe Biden à la CIA, se laissent entraîner à un affrontement qui eût été et serait encore parfaitement évitable avec la Russie. Ils conditionnent la levée des sanctions à l'application stricte des accords de Minsk dont la partie ukrainienne refuse de mettre en œuvre le volet politique (élections locales, révision constitutionnelle en vue de décentraliser le pays). On nous a dit : « L'Europe, c'est la paix ! » Ne serait-ce pas la guerre froide, et même parfois la guerre chaude, avec cette volonté purement idéologique d'exporter ses normes pour, ultérieurement, frayer la voie à l'Otan ? Pour remonter le courant, la France et l'Allemagne ont inventé le « format Normandie », mais celui-ci ne nous affranchit pas des décisions prises à 28. Or, l'européisme conduit à l'inféodation, c'est-à-dire à l'effacement de la France.
 
 
Est-ce vraiment l'Europe qui a découragé les Français d'aimer la France ? N'est-ce pas plutôt le fait que l'identité française soit devenue une « identité malheureuse » ?
Je rejoins cette analyse, car, pour être fier d'être français, il faudrait déjà avoir de la mémoire. Et connaître notre histoire. Savoir nous mouvoir dans la longue durée est une aptitude que nous avons perdue. Il faut dire que les technologies, notamment numériques, concourent à l'hyperindividualisme libéral, au court-termisme et à la dictature de l'émotion, bref à un « évidement » de la démocratie, comme l'a bien montré Marcel Gauchet. En fait, deux phénomènes se conjuguent : l'européisme, dans sa fonction anesthésiante, est la conséquence de l'effondrement de la France – un effondrement qui, avant d'être civilisationnel, est politique. Après la Première Guerre mondiale, la France n'a plus trouvé dans la Russie un allié de revers ; les États-Unis, retournant à l'isolationnisme, ont refusé d'honorer la garantie donnée par Wilson à Clemenceau ; et l'Allemagne, restée en vertu du principe d'autodétermination contenu dans les 14 points de Wilson, la puissance principale en Europe, a choisi, avec Hitler, de surenchérir sur sa défaite de 1918. La manifestation du 11 janvier a montré que l'idée républicaine s'est diffusée très largement dans le corps social. Deux cent vingt-six ans après la Révolution de 1789, tout ce qui a contribué à l'isolement et à l'effacement progressifs de notre pays sur la scène européenne n'a pas porté atteinte aux « ressorts » essentiels de notre nation.

Justement, sortons-nous d'une longue séquence d'autodépréciation ?
Cela me paraît vraisemblable, mais la bataille n'est pas gagnée : les tenants du french bashing ne désarment pas. Le 11 janvier, avec les 47 chefs d'Etat et de gouvernement étrangers venus témoigner leur solidarité au peuple français, a constitué un sursaut magnifique, empreint de dignité, confirmant l'attachement des Français à la liberté ainsi que la permanence du rayonnement de notre pays. Le défi que nous jette le terrorisme djihadiste est une menace de longue durée. Il faut armer la République pour en triompher. Les valeurs qu'elle représente doivent être traduites en actes. Rien ne sera possible tant qu'on ne rebattra pas les cartes de la construction européenne. Le cadenassage européen par des textes néolibéraux à valeur quasi constitutionnelle (Acte unique, Maastricht, Lisbonne) nous prive de notre liberté d'action. L'européisme, en renvoyant la France a un passé dépassé, sape l'estime de nous-mêmes sans laquelle notre peuple, pas plus que tout autre, ne pourrait continuer son histoire. Contre cette tendance à l'amnésie généralisée, contre toutes les doctrines de la désappartenance et de la table rase, nous devons renouer avec la longue durée de notre histoire et travailler à sa transmission active. La redécouverte du politique, si elle a lieu, sera la résultante des chocs inévitables qui nous attendent. Avant 1940, Aragon « conchi[ait] l'armée française », mais après le traumatisme de l'occupation nazie, il célébrait « [s]a France »'. Tout n'est donc peut-être pas perdu si nous savons bâtir une alternative républicaine pour en finir avec le néolibéralisme.

Source : Marianne.
 
Rédigé par Chevenement.fr le Lundi 20 Avril 2015
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Presse israélienne : Yémen : Israël change de jeu‏

13 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #AMERIQUE, #Daesch, #ISIL, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Les transnationales

Publié par Jean Lévy

Presse israélienne : Yémen : Israël change de jeu‏

La guerre au Yémen 

 

Pour qui ? Pourquoi ?

 

Dans un rapport, le quotidien israélien, Yediot Aharonot,... reconnaît ouvertement que la guerre menée par l'Arabie saoudite au Yémen s'inscrit dans le cadre des intérêts d'Israël, qu'il existe des intérêts communs entre le régime de Tel-Aviv, l'Arabie saoudite et certains Etats du Golfe arabo-persique et qu'une occasion favorable s'est présentée pour l'exploitation de la stratégie vitale de la sécurité israélienne.

Dans un article publié sur son site Internet, le Centre des études arabes, al-Mostaghbalia, passe au crible les illusions des dirigeants des Saoud dans leurs aventurismes au Yémen. Dans les milieux de Washington, il a été révélé au grand jour que l'agression de l'Arabie saoudite contre le Yémen avait été programmée depuis des mois en collaboration avec les Etats-Unis, mais qu'elle avait été lancée au terme des consultations, au cours des dernières semaines, avec les Américains et certains pays de la région dont Riyad a annoncé la participation à la coalition va-t-en guerre. D'autant que les troupes pakistanaises étaient en passe de s'engager dans des combats au sol au Yémen après les récentes évolutions sur le terrain, ayant intensifié les inquiétudes quand au démantèlement des forces locales liées à l'Arabie et censées renforcer la position de l'ancien président yéménite démissionaire.

Dans l'optique de l'Arabie saoudite et de ses alliés, le Yémen s'est placé sur une voie, susceptible de constituer un pilier axial dans des combats contre Israël. Cet évènement est survenu après l'échec du régime des Frères musulmans à Khartoum et l'arrêt, via la Mer rouge, de l'acheminement des aides logistiques destinées à la poursuite de la Résistance sur les territoires palestiniens occupés.

Les analystes israéliens ont averti les dirigeants politiques de Tel-Aviv qu'ils devraient s'inquiéter pour le Yémen, indiquant que l'Arabie saoudite y a échoué et que c'est l'Iran qui a remporté la victoire. Le quotidien Israël al-Youm a fourni, à ce sujet, l'analyse la plus explicite, écrivant que les commandos pakistanais s'étaient positionnés pour soutenir les Saoudiens. Qui pourra s'imaginer que le détroit stratégique de Bab el Mandeb pourrait être placé sous la domination des Iraniens? Dans ce contexte, le quotidien Times Of Israël juge Washington comme étant responsable des évènements alarmants au Yémen, prévenant que l'opération militaire de l'Arabie saoudite ne serait très probablement pas décisive. Selon ce quotidien, la responsabilité du désarroi de l'Arabie saoudite, de la Jordanie et de l'Egypte ne vient pas de l'Iran, mais en premier lieu de Washington.

Alex Fishman, analyste militaire du quotidien israélien Yediot Aharonot estime ouvertement que la guerre de l’Arabie saoudite s’inscrit dans le cadre des intérêts d’Israël, qu'il existe des intérêts communs entre le régime de Tel-Aviv, l'Arabie saoudite et certains Etats du Golfe arabo-persique, et qu'une occasion favorable s'est présentée pour l'exploitation de la stratégie vitale de sécurité israélienne. Il souligne que les Saoudiens s’étaient préparés, au cours des dernières semaines, pour affronter les Houthis, en déployant, en coordination avec les Américains, leurs forces maritimes et terrestres, tout au long des frontières avec le Yémen.

Le recours de l’Arabie saoudite à une intervention militaire directe au Yémen est en contradiction avec sa méthode traditionnelle d’intervention au moyen du soft power ou d'une intervention organisée en coulisse dans les évolutions de la région, en utilisant son excédent budgétaire provenant des richesses pétrolières. La dynastie des Saoud s’appuyait traditionnellement sur les Etats-Unis et les Etats de la région pour faire face à ce qu’elle considérait comme une menace pour sa sécurité. En effet, elle fait toujours usage des forces des autres pays pour assurer sa propre sécurité, au point qu’elle avait installé en permanence les forces pakistanaises et d’autres pays sur son territoire, sans compter les forces américaines et occidentales toujours présentes en Arabie saoudite.

Reste à savoir pourquoi l’Arabie saoudite a décidé de jouer un rôle régional plus sérieux et de se lancer dans un tel aventurisme pour pouvoir compenser ce qu’elle nomme le retrait du rôle des Etats-Unis et de leurs forces dans les guerres de l’Afghanistan et de l’Irak. Ces facteurs ont fait que Washington ne réponde pas favorablement aux demandes et exigences de ses alliés, notamment l’Arabie saoudite d’intervenir militairement pour renverser le gouvernement syrien.

Le recours de l’Arabie saoudite à une telle action sans précédent s’explique par de multiples raisons :

-         L’Arabie saoudite considère son offensive comme une démarche préventive pour assurer sa domination et restaurer son influence de jadis au Yémen, cherchant à annihiler la possibilité pour ce pays de se transformer en un gouvernement souverain ayant des positions et des décisions indépendamment des velléités de Riyad, d’autant que les forces dont le rôle et la position se sont renforcés à l’intérieur du Yémen, comme les Houthis et le Congrès populaire de l'ancien président Saleh et quelques autres tribus sunnites, ont principalement des approches en contradiction avec les politiques de l’Arabie saoudite et de l’Occident.

-         Les autorités saoudiennes estiment qu’elles ne peuvent plus miser exclusivement sur l’intervention américaine ou de l’Occident pour assurer leur survie, en cas des défis internes ou externes menaçant le royaume ; Or, pour réduire ces possibilités, elles se trouvent dans l’obligation d’entraver la création de toute souveraineté autre que la leur dans leur sphère d’influence, notamment dans le pays voisin qu’est le Yémen.

-         Au cours des dernières années, l’Arabie saoudite a réussi, au moyen de ses richesses et de ses instruments de propagande, à déclencher des troubles interreligieux entre sunnites et chiites, à tenter de transformer le conflit historique arabo-israélien en un conflit passif irano-arabe. Et pourtant, ce pays a échoué dans ses politiques générales dans la région, à savoir créer des tensions et des agitations interconfessionnelles, notamment en Syrie et en Irak. En outre, après la transformation de Daesh en une menace voisine pour l’Arabie, l’alimentation par elle de ces approches intercommunautaires et sectaires se retourne contre ce pays lui-même.

-         La tentative désespérée de l’Arabie saoudite de créer des différends interconfessionnels explicites sous prétexte de contrer l’influence grandissante de l’Iran, qui, selon les estimations de Riyad, s’est étendue jusqu’au Yémen, signifie que ce pays cherche, dans une ultime tentative, de collecter ses dernières cartouches, pour sauver la face et compenser ses politiques avortées dans la région. Et dans ce contexte, il s’est engagé dans un aventurisme périlleux qui pourrait, pour la première fois, étendre les affrontements jusqu’à l’intérieur de l’Arabie, d’autant qu’une implication dans une guerre d’usure très coûteuse avec le Yémen n’est pas non plus exclue.

-         Les dirigeants saoudiens ne peuvent pas réduire ou anéantir les effets psychiques et matériels du renforcement de la place régionale de l’Iran et de ses alliés dans le camp de l’axe de la Résistance, après la victoire de l’Iran dans les négociations nucléaires. Il n’y a l’ombre d’un doute que cette évolution enverra des signaux à Riyad, ce qui témoigne de la consolidation de la position des forces opposées à l’agression saoudienne contre le Yémen.

-         Il paraît que l’Arabie saoudite, en déclenchant la guerre au Yémen, chercherait à prendre en main un rôle de commandement régional. A noter qu’au cours des dernières années, ce pays a tenté, par des moyens financiers et en utilisant le potentiel des lieux sacrés, de s’arroger ce rôle. Ces tentatives ne se réaliseront pas facilement en raison notamment des complexités actuelles pour les pays régionaux rivaux tels l’Egypte et la Turquie. Le régime saoudien réalisera bientôt que l’absence de forces actives liées à Riyad à l’intérieur du Yémen, ainsi que la réticence des Etats de la coalition à s’engager dans des combats au sol et l’incapacité de l’Arabie à utiliser ses forces terrestres de façon efficiente et constante plongeront Riyad dans une véritable crise qui la poussera en fin de compte à reculer.

Autre point qui mérite réflexion, c’est la position de l’Autorité autonome palestinienne à Ramallah. La direction palestinienne de Ramallah a hâtivement apporté son soutien à l’agression de l’Arabie saoudite sous prétexte de garantir l’intégrité territoriale du Yémen et de soutenir la légitimité dans ce pays. A ce sujet, le porte-parole de l’Autorité autonome palestinienne, Nabil Abou Rodeina, a déclaré : « La tempête de fermeté fera entrer le Moyen-Orient dans une nouvelle phase décisive dont le nom principal est l’alignement national arabe qui redonnera la vie aux nations de la région". Par ailleurs, le groupe terroriste d’al-Qaïda au Yémen a rejeté l’ingérence étrangère dans ce pays et Daesh aussi, par crainte de voir ses combattants tuer par ses protecteurs financiers, a été sur la même longueur d’ondes.

Le rôle en coulisse des Etats-Unis dans l’agression contre le Yémen

Après l’évacuation de son personnel diplomatique et de ses forces spéciales des bases du Yémen, l’administration américaine, redoutant d’être accusée de fuite par ses adversaires internes et ses alliés régionaux, a trouvé bon de soutenir l’action militaire saoudienne contre le Yémen. Or, depuis des mois, les autorités de Riyad demandaient avec insistance aux Américains de lancer une opération militaire commune au Yémen pour stabiliser le pouvoir lié à Riyad à Sanaa. Mais après que l’Arabie saoudite eut mis à son ordre du jour, le plan de formation d’une coalition avec le participation de certains pays arabes outre le Pakistan, les Etats-Unis se sont dérobés à leur responsabilité d’intervention directe dans cette attaque. Dans ce cadre, l’administration Obama s’est accordée avec l’octroi des aides logistiques et de renseignements et la mise en place d’un comité de planification conjoint à Riyad avec la participation de 12 membres américains.

Les calculs de Washington consistent à ne pas vexer son allié inquiet et mécontent des politiques régionales américaines, d’autant que l’inquiétude des Saoudiens persiste quant à la poursuite des négociations entre Washington et Téhéran sur le programme nucléaire iranien. En outre, le déclenchement d’une guerre de procuration limitée aboutira à la hausse de la vente des armements américains à l’Arabie saoudite et aux gouvernements d’une nouvelle coalition.

Néanmoins, la position de l’establishment américain n’est pas restée à l’abri des critiques internes. En effet, on reprochait à Washington d’avoir perdu l’avantage de commandement dans la gestion de la crise yéménite. Dans ce contexte, John Alterman, l’un des hauts responsables du Centre d’études internationales et stratégiques, proche de la Maison blanche, a constaté que la décision de l’administration américaine d’avoir apporté un soutien logistique et de renseignement à l’Arabie sans participation aux frappes aériennes, montre que l’Amérique garde ouverte la porte du dialogue avec les Houthis pour pouvoir parvenir à une méthode susceptible de régler la crise, de la meilleure façon possible.

L’une des réactions les plus importantes concernait le rapport du journal New York Times intitulé « L’énigme des objectifs et des alliances américaines au Moyen-Orient ». Selon ce rapport, en dépit des difficultés auxquelles se voit confrontée l’administration américaine en rapport avec le chaos actuel dans la plupart des pays du Moyen-Orient, les Etats-Unis continueront toujours de s’impliquer dans de nouveaux affrontements dans la région. Sur cette base, l’administration Obama soutient l’action militaire menée par l’Arabie contre le Yémen pour vaincre les Houthis soutenus par Téhéran, au moment où le risque d’escalade de conflits régionaux avec l’Iran reste bien réel.

Bien entendu, en Irak et en Syrie, les Etats-Unis combattent dans les rangs de l’Iran dans la lutte contre le groupe de Daesh et ont mené des raids aériens en soutien à l’opération de libération de Tikrit, soutenue par Téhéran. Dans ce droit fil, les Etats-Unis sont en lice avec l’Iran pour prendre en main le commandement de cette opération. Dans de telles conditions, l’administration Obama négocie la conclusion d’un accord avec l’Iran sur la levée des sanctions économiques, en contrepartie des restrictions dans son programme nucléaire, ce qui n’a pas manqué de susciter l’inquiétude de l’Arabie saoudite et d’Israël.

Toujours selon le New York Times, l’administration américaine a entrepris de grands efforts pour préserver la structure complexe des alliances vulnérables et les différents terrains de conflit, 4 ans après le début des "révolutions" arabes. Or, les chances de parvenir à la démocratie, qui pendant un laps de temps limité, étaient visibles du point de vue éthique dans toutes les dimensions de la région, se sont envolées en éclat, se substituant à des options fanatiques et inacceptables pour ennemis et alliés, pour remplir le vide du pouvoir. Ceci étant dit, les affrontements actuels entre un ensemble d’acteurs internes et de forces régionales se poursuivent, sur fond de concurrence pour créer une nouvelle donne régionale ou dominer à maxima une partie de la région.

Citant Tamara Koffman Wits, ex-responsable au Département d’Etat américain, le journal new yorkais écrit que les politiques actuelles de l’administration Obama s’assimilent à une énigme, laissant entrevoir l’absence de politiques coordonnées au sein de ce gouvernement. Elles révèlent aussi au grand jour le degré de complexité des guerres du pouvoir dans la région. Wits souligne que le chaos régnant dans la région donne plus de motivation et de champ d’action aux rivaux régionaux pour s’impliquer dans la guerre du pouvoir. En plus, la vitesse du cours des évènements dans la région a suscité des critiques virulentes à l’égard de l’administration Obama, accusée de manquer une stratégie à long terme envers les évolutions de la région.

Les adversaires de l’administration américaine sont d’avis que les Etats-Unis, en choisissant leurs avocats et alliés censés agir sur la base de leurs intérêts, ont délibérément attisé le feu du chaos dans la région. Le renforcement des groupes terroristes et la multiplication des occasions d’implication dans des conflits, malgré la volonté des Américains, s’inscriraient dans ce cadre. Selon ces groupes, il y a peu de temps, le gouvernement américain soutenait le Yémen, le considérant comme un exemple réussi de ses attaques dans la lutte contre le terrorisme. Mais le gouvernement soutenu par les Etats-Unis à Sanaa, a très vite échoué et les tentatives contre al-Qaïda se sont arrêtées pour une durée indéterminée.  

Peter Harling, éminent spécialiste des crises internationales, est d’avis que l’administration américaine parle du soutien aux évolutions politiques pour former des gouvernements au Yémen, en Syrie, en Irak et dans d’autres pays, mais ses attitudes contribuent au contraire à l’effondrement des gouvernements centraux dans ces pays. Ainsi, dans tous ces pays, le pouvoir des forces locales telles Daesh s’est renforcé pour remplir le vide actuel, alors que ces groupes ne possèdent pas le crédit et les ressources financières suffisantes pour créer l’unité au sein de la population ou régner dans le pays.

Selon Harling, Washington continue en tout cas de propager ce mensonge que les groupes internes à sa solde seraient en mesure de constituer un gouvernement d’unionLes forces occidentales ont besoin de suggérer, ajoute-t-il, que la situation n’est pas mauvaise pour ne pas être obligées d’admettre leur défaite et d’endosser la responsabilité de leurs positions. Dans ces conditions, l’agression militaire de l’Arabie saoudite contre les Houthis a intensifié les inquiétudes quant au déclenchement d’une guerre par procuration entre les grandes puissances dans la région du Moyen-Orient. On ne sait pas pour autant si l’Iran ripostera directement à cette attaque, menée par une coalition des gouvernements sunnites. Toutefois, certains analystes du Moyen-Orient sont d’avis que les Houthis ne sont pas au service de l’Iran, mais agissent indépendamment.

Par ailleurs, les autorités américaines ont récemment annoncé que les Etats-Unis étudieraient la question de l’équipement de l’Arabie saoudite en avions dotés de radars pour alerte immédiate et des opération de ravitaillement des avions de combat pour participer à l’opération « la Tempête de la fermeté ». Les responsables du Pentagone ont déclaré que cette question serait sur la table et ferait l’objet des études. La Maison blanche avait déjà fait savoir que le président américain, Barack Obama, avait autorisé l’octroi des aides logistiques et de renseignements à l’opération militaire des Saoudiens au Yémen. Aussi, Washington a-t-il chargé 12 de ses militaires de former un comité de coordination avec les gouvernements membres de la coalition impliqués dans la guerre contre le Yémen.

Le général Stephen Warren, un porte-parole du Pentagone, déclare à ce sujet que le rôle des Américains consisterait en premier lieu à ne pas fermer les lignes de convergence entre les Etats-Unis et les pays du Golfe arabo-persique.

Certaines sources au Pentagone ont annoncé ensuite que la marine américaine avait accepté la demande de l’Arabie saoudite de sauver 2 pilotes de ce pays des eaux du Golfe d’Aden après le crash de leur chasseur F-15 dans la région.

Le commandant des forces américaines au Moyen-Orient estime que l’armée US, en dépit des violences et de l’instabilité au Yémen, continuera de coopérer avec ses partenaires du Golfe et européens pour garantir l’ouverture du détroit stratégique de Bab el Mandeb sur la navigation commerciale. Lors d’une réunion du Sénat, le général Lloyd Austin a declare: « Tout en coopérant avec nos partenaires au sein du Conseil de coopération du Golfe persique, nous œuvrons pour garantir l’ouverture de des détroits (Babel Mandeb et Hormuz) ». « Nos intérêts fondamentaux consistent à garantir une navigation commerciale livre via ces deux détroits », a-t-il réitéré.

Le porte-parole du Département d’Etat américain a pour sa part précisé que John Kerry s’était entretenu avec son homologue iranien de la situation au Yémen, lors d’une rencontre le 26 mars, avant de retourner à la table des négociations nucléaires à Lausanne en Suisse. Jef Ratky a indiqué que M. Kerry et Mohammad Javad Zarif avaient examiné lors d’une réunion bilatérale la crise du Yémen. Il a pourtant nuancé que cette question n’était pas au menu des discussions de Lausanne, axées sur le programme nucléaire iranien. Selon le porte-parole du Département d’Etat américain, lors de cette entrevue, Kerry et son homologue iranien ont passé en revue les évolutions du Yémen, qui ne constituaient pas, a-t-il souligné, l’axe des négociations. Un haut responsable, présent dans l’équipe négociatrice américaine à Lausanne, a de son côté, affirmé que la question yéménite n’avait eu aucun impact sur les négociations nucléaires.

 

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