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Le blog de Lucien PONS

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L'on attend toujours les félicitations occidentales pour la libération de Palmyre. Par Karine Bechet Golovko.

8 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

lundi 6 mars 2017

 

L'on attend toujours les félicitations occidentales pour la libération de Palmyre

 
 
 
La semaine dernière a été marquée par un grand évènement: l'armée syrienne, avec l'appui aérien russe, a pu libérer pour la deuxième fois la ville symbolique de Palmyre. Pourtant, cette bonne nouvelle n'a étrangement pas provoqué d'euphorie, plutôt une surprenante réaction ironique face à ce qui est une défaite importante pour Daech.
 

 
En 2015, les extrémistes de Daech s'emparent de la ville de Palmyre, le joyau du désert. Après une importante campagne, l'armée syrienne avec l'aide de l'armée russe réussissent à libérer la ville en mars 2016. Pour célébrer cette victoire contre la barbarie, un grand concert est organisé. Mais ensuite, la bataille d'Alep occupe toutes les énergies et des groupes islamistes sont gentiment sortis de Mossoul, facilitant la reprise de Palmyre par les extrémistes en décembre. La semaine dernière, après une longue progression, les forces syriennes reprennent tout d'abord la ville Antique, puis libère la ville elle-même.
 
Cette nouvelle est très importante, car la première occupation de la ville par les extrémistes avait causé des destructions difficiles à réparer, importance soulignée par la directrice de l'UNESCO
« La protection du site archéologique de Palmyre est à la fois un enjeu culturel majeur, et un impératif pour la sécurité, la paix et le redressement de tout un pays. » a déclaré la Directrice générale. « Ce patrimoine a traversé les millénaires, il représente un ferment d’unité et d’identité pour le peuple syrien. Sa préservation est inséparable de la protection des vies humaines et fait partie intégrante de la réponse à une situation humanitaire d’extrême urgence. Il doit être laissé en dehors du conflit. »
Une importance telle ... que le silence des Etats occidentaux est assourdissant. La seule réaction notable est celle de la France et de la Grande Bretagne qui présentent à l'ONU une résolution voulant conduire à l'adoption de sanctions contre le régime d'Assad, accusé d'avoir utilisé des armes chimiques contre les populations civiles. Cette résolution est soutenue par les Etats Unis, mais la Russie et la Chine y opposent leur véto estimant les preuves apportées contre le régime syrien insuffisantes, alors que celles apportées contre Daech existent et ne sont pas prises en compte. Cet échange diplomatique intervient le 28 févier, alors que l'armée syrienne se rapproche de Palmyre et que sa libéraiton est quasiment acquise. Le calendrier est ici intéressant. Il permet également de communiquer sur l'affrontement entre les Etats Unis et la Russie, bloquant toute possibilité de coopération, même en matière de lutte contre le terrorisme. Car l'ambassadrice américaine reprend la vieille liturgie de l'Administration Obama et envisage même la possibilité d'adopter des sanctions en dehors du cadre de l'ONU:
« La Chine et la Russie ont fait un choix scandaleux et indéfendable aujourd'hui, a-t-elle dit après le vote. C'est un triste jour pour le Conseil de sécurité quand les membres commencent à trouver des excuses à d'autres Etats membres qui tuent leur propre peuple ». « Le monde est sans aucun doute plus dangereux », a conclu Nikki Haley.
Quant à l'opposition syrienne, qui est censée discuter du processus de paix et devrait donc être satisfaite de voir reculer ce qui doit être leur ennemi commun, à savoir les groupes terroristes, les déclarations de son porte-parole laissent perplexe. Selon Nasser al-Hariri:
Le régime et l'EI « sont tous les deux des terroristes.
C'est une position qui ne présage rien de bon pour des négociations de paix. Et il persiste en mettant sur le même pied le régime d'Assad qui lutte contre le terrorisme et Daech, un groupe extrémiste:
« On dirait un épisode de Tom et Jerry, ironise de son côté l’opposition syrienne en évoquant le sort de la cité, tombée deux fois aux mains des djihadistes et reprise deux fois par le régime. « Doit-on féliciter le président Bachar Al-Assad pour la reprise de Palmyre ? Si nous le faisons, il nous faudra aussi féliciter Daech s’ils reprennent une nouvelle fois la ville à l’avenir »
La presse française a une position très simple: soit elle présente les faits bruts, sans auncune interprétation en se cachant comme elle le peut derrière une pseudo neutralité, soit elle cache très mal son ironie, comme dans cet article du Monde dont la déclaration de Hariri est tirée. L'on notera aussi les titres très tendancieux de certains journaux:
 


 
 
Toujours est-il que les forces extrémistes ont été repoussées à plus de 20 km de la ville et que le drapeau syrien a pu remplacer celui de l'état islamique. Cette victoire a eu un effet significatif sur les militaires syriens, dont le moral est au plus haut pour continuer la libération de leur pays. Ce qui, finalement, est le plus important. Mais il est regrettable que les pays occidentaux tiennent une position si hypocrite, qui frise le soutien au terrorisme.
 
 
 
 
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PIERRE LE CORF DIT TOUTE LA VÉRITÉ SUR LA SYRIE, LA FRANCE ET LES RÉFUGIÉS [ALEP 1.03.17] . Par Bertrand Rivière.

8 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Turquie

PIERRE LE CORF DIT TOUTE LA VÉRITÉ SUR LA SYRIE, LA FRANCE ET LES RÉFUGIÉS [ALEP 1.03.17]   

Depuis Alep, je partage juste quelques mots et je vous lis cette lettre que j’ai écrite à Mr le Président François Hollande qu'il a reçue et lue, pour ceux qui n’aiment pas lire. Egalement un message que j'avais reçu du Quai D'Orsay m'invitant à quitter le pays et à cesser de transmettre des contenus sur internet, sur les médias. Je n’aime pas jouer les activistes qui enfoncent des portes ouvertes mais le mensonge est trop gros et j’avoue avoir du mal à le digérer, pas après tout ce que j’ai et chacun ici a vu et vécu. On continue de s’accrocher ici et de faire au mieux, jour après jour pour améliorer la vie et l’espoir. J’ai en ce moment même 150 gamins et familles avec moi, quand je les regarde vivre, rigoler, ça efface tout le reste, mais ce combat est pour eux et je ne veux pas que nous détruisions tout ce en quoi ils croient, et même si ce n’est pas moi qui vais changer le monde ni ne suis là pour vous convaincre, j’espère au moins vous pousser à réfléchir avec vos coeurs, à vous poser les bonnes questions et être ceux qui de par le nombre pourront changer les choses
La lettre et des dizaines de témoignages https://www.facebook.com/notes/pierre...
Nous dirons que c’est une vidéo, qui, au pire, comme la lettre, comme tous les témoignages de Syriens, médias, servira d’archive pour le temps qui passe. Le temps qui vous démontrera à quel point on vous a trompés pour légitimer cette guerre qui a commencé à s'inviter chez nous. Voilà qu'Alep a été presque totalement effacé des médias, mais la vie et la guerre continuent ici même si elle ne fait plus la une des journaux que vous ouvrez le matin dans le métro. Les gens continuent de souffrir de la situation que nous avons construite.
Personne ne nous a consultés quant aux sanctions contre le peuple Syrien et le financement de groupes armés. Si vous tiquez pour 500 000€ d’emploi fictif pour celui-ci ou celle-là (qui n'est que du grain à moudre pour vous garder occupés) je n’arrive pas à comprendre comment, sinon la boulimie d’informations, vous ne pouvez pas tiquer pour des milliards détournés pour faire la guerre, déstabiliser le pays de ceux que vous retrouvez maintenant devant vos porches, dans vos rues. Ils font désormais partie de vos quotidiens, il ne s’agit pas seulement de leur donner à manger, leur donner un toit, de la chaleur, ils avaient tout ça déjà, rendez-leur la paix et la possibilité de se reconstruire.
We are superheroes : https://www.facebook.com/heroesworldt...

 

PIERRE LE CORF DIT TOUTE LA VÉRITÉ SUR LA SYRIE, LA FRANCE, LES CASQUES BLANCS ET LES RÉFUGIÉS [ALEP 1.03.17] https://gaideclin.blogspot.com/2017/0...

https://www.youtube.com/watch?v=1QtfI3H2oZ0&feature=youtu.be

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Maestria dans le nord syrien. Le 3 Mars 2017 , rédigé par Observatus geopoliticus 

4 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme, #La Turquie

Maestria dans le nord syrien

3 Mars 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Si le conflit syrien n'est pas avare de surprises, les rebondissements de ces deux derniers jours laissent franchement rêveur...

Dans le nord, nous en étions restés aux prémices du conflit entre Kurdes et Turcs, ces derniers étant bloqués dans leur marche vers le sud par l'armée syrienne et les YPG kurdes de Manbij. Affronter ouvertement Damas (donc Moscou) n'étant pas du tout dans les plans du sultan, la solution Manbij s'imposait (flèche verte), faisant d'une pierre deux coups : expulser les Kurdes de l'ouest de l'Euphrate et s'ouvrir une porte vers Raqqa.

Sauf que... Les Kurdes ne l'entendent évidemment pas du tout de cette oreille et, nous avions commencé à en parler, les Américains non plus, qui avaient fait savoir qu'ils continueraient à soutenir le Conseil militaire de Manbij. Nous en étions là quand a débuté une cascade d'événements aux implications extrêmement importantes.

Hier, des vidéos ont commencé à circuler, montrant l'établissement d'une petite base des forces spéciales US à Manbij. Message subliminal : si vous attaquez les Kurdes, vous nous attaquez. Avouez que voir les Américains assaillis par leur allié de l'OTAN et les rebelles "modérés" de l'ASL, pourtant armés et financés par Washington pendant des années, ne manquerait pas de sel...

Quelques heures plus tard, une nouvelle encore plus incroyable tombait : via les bons offices de Moscou, les Kurdes de Manbij ont passé un accord avec Damas, rétrocédant à l'armée syrienne une partie de leur gains territoriaux à l'ouest de l'Euphrate afin de constituer une zone tampon les séparant des Turcs et de leurs proxies.

On le voit, la partie hachurée sur la carte mettrait définitivement les Kurdes à l'abri des menées turques. Erdogan a dû frôler l'attaque cardiaque quand il a appris la nouvelle... Car à moins d'attaquer l'armée syrienne, donc d'entrer ouvertement en guerre contre Damas (et, derrière, Moscou et Téhéran), l'aventure néo-ottomane du sultan est terminée.

Pour Assad, c'est le deal parfait : les loyalistes récupèrent gratuitement et sans combattre une zone sur laquelle il n'auraient pu mettre la main militairement, zone qui les amène haut dans le nord, vers la frontière turque et le Rojava desquels ils avaient été expulsés depuis des années. C'est aussi une reconnaissance tacite par les Kurdes qu'une fois les combats terminés, ils ne demanderont pas l'indépendance mais se contenteront d'une autonomie.

Quant aux Kurdes eux-mêmes, s'ils laissent quelques villages sans importance à l'armée syrienne, leur présence à Manbij est actée et sanctuarisée. Un accord gagnant-gagnant sur le dos d'Erdogan qui doit l'avoir très mauvaise.

L'épisode porte la marque Poutine et ce n'est peut-être pas un hasard si le communiqué du PYD kurde est le suivant : "Pour protéger Manbij, nous avons transféré, après avoir mis sur pied une nouvelle alliance avec la Russie, aux forces armées syriennes toute la zone entre nous et les gangs affiliés à la Turquie [les fameux modérés si chers au système impérial]".

Vlad le judoka a encore frappé. Nous expliquions il y a deux ans :

Plusieurs biographes de Poutine ont montré à quel point le judo est, pour lui, bien plus qu'un sport : une philosophie de vie, qu'il applique dans de nombreux domaines, particulièrement en géopolitique. Utiliser la force et la précipitation de l'adversaire pour mieux le retourner et le mettre à terre. Le maître du Kremlin n'est jamais aussi redoutable que lorsqu'il fait d'abord un pas en arrière ; attendez-vous à vous retrouver assez vite le nez sur le tatami. Ippon.

Le nord syrien est un cas d'école. Utiliser le sultan pour expulser Daech, puis utiliser à nouveau son inévitable agressivité envers les Kurdes pour apparaître comme le sauveur, faisant remettre d'un trait de plume à son protégé de Damas des zones qu'il ne pouvait même pas rêver de reprendre un jour... Comment dit-on maestria en russe ?

Cerise sur le gâteau, ce rebondissement est également le signe évident d'une entente américano-russe, au moins ponctuelle. Le jour où l'on apprend que des forces spéciales US s'établissent à Manbij (voir plus haut) pour soutenir les Kurdes, ceux-ci appellent l'armée syrienne à l'aide. Comme l'écrit le Figaro, seul journal de la MSN à avoir succinctement rapporté l'info :

Cette annonce est une surprise totale car ce serait la première fois que des combattants soutenus par Washington sont d'accord pour rétrocéder des territoires aux forces du président Bachar al-Assad.

Allons plus loin : les troupes syriennes protégeront maintenant de facto les troupes américaines ! Si l'on nous avait dit ça il y a six mois... Evidemment, rien de tout cela n'eut été possible sans le tremblement de terre provoqué par l'élection de Trump et la redirection de la politique extérieure états-unienne subséquente.

Ces incroyables développements nous feraient presque oublier que l'armée syrienne a repris Palmyre...

 
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[Vidéo] Dr. Daniele Ganser – Pourquoi la France veut-elle la guerre? Par Claire Schieffer, le 28 février 2017

2 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Les média

[Vidéo] Dr. Daniele Ganser – Pourquoi la France veut-elle la guerre?

Expert en histoire des ressources énergétiques et activiste pour la paix, Daniele Ganser est habitué à rassembler lors de ses conférences dans le monde germanophone plusieurs centaines de spectateurs, mais se heurte à la frilosité du public français. Pourquoi cette réticence française face aux discours pacifistes qui, outre-Rhin, semble conquérir un public toujours plus nombreux ? Ne serait-ce pas dû, en partie, à l’absence de médias réellement indépendants en France, quand des groupes comme Lagardère et Dassault sont liés à la diffusion de l’information dans l’hexagone ? Le silence inhabituel des intellectuels français est-il seulement lié à la situation actuelle d’état d’urgence ? Le professeur suisse place finalement ses espoirs dans la jeunesse d’aujourd’hui, qui s’informe par d’autres canaux que les médias officiels et ne veut plus entendre ce discours belligérant.

 

 

Voir aussi:  http://arretsurinfo.ch/video-interview-de-daniele-ganser-guerres-manipulees-et-terrorisme-detat/

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Syrie: des scientifiques allemands démasquent les positions des médias mainstream

9 Février 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les média, #ISIL

Syrie: des scientifiques allemands démasquent les positions des médias mainstream

Syrie: des scientifiques allemands démasquent les positions des médias mainstream

© Sputnik. Michail Alaedine
 
 

Dans leur déclaration commune, un groupe de professeurs allemands se sont prononcés contre les positions des médias mainstream occidentaux sur la Syrie et le rôle de la Russie et de l'Iran dans le conflit qui secoue depuis près de six ans ce pays proche-oriental, rappelant où cette guerre civile plonge ses racines.

Les membres du conseil scientifique de l'organisation Attac Deutschland, qui s'oppose aux processus de globalisation, constatent dans leur Déclaration sur la guerre en Syrie que la Russie et l'Iran « ont d'abord épuisé toutes les chances de parvenir à un règlement politique du conflit » et ce n'est qu'après qu'ils ont eu recours à une intervention armée.

Le Renversement d'Assad était planifié depuis 2001

 

Les scientifiques qui ont apposé leurs signatures au bas du document, rappellent que, d'après les déclarations de l'ancien commandant des forces de l'Otan en Europe Wesley Clark, tout de suite après les attentats du 11 septembre les États-Unis avaient décidé de renverser les autorités dans sept pays, y compris en Syrie.

 

Depuis 2005 ont été mis en place des conditions dans le but d'atteindre cet objectif, dont « d'innombrables actions médiatiques propagandistes visant le pouvoir d'Assad » et « le financement et la formation d'une armée de djihadistes », qualifiés dans les médias mainstream d'« opposition modérée ».

« Cependant, la majeure partie des forces armées de cette opposition s'apparentaient au système d'Al-Qaïda et aux islamistes radicaux du Front al-Nosra que les médias américains eux-mêmes qualifiaient jusque-là d'organisations terroristes.

 

Or, ce sont ces mêmes groupes qu'on envisageait d'employer pour renverser les autorités syriennes et iraniennes, dit le texte de la déclaration.

 

La Russie ne s'est pas ingérée dans la situation en Syrie tant qu'il s'agissait d'un conflit interne. Moscou n'a pris parti pour le gouvernement syrien que lorsque l'organisation terroriste Daech a réussi par le biais de la « terreur et avec le soutien militaire et logistique des services spéciaux américains, saoudiens et turcs à prendre le contrôle de larges territoires du nord de l'Irak, y compris la ville de Mossoul ».

Attaque de sarin et désarmement chimique

 

Les auteurs de la déclaration considèrent que si en août 2013 le président américain de l'époque Barack Obama a pris la décision surprise d'ajourner une frappe sur la Syrie c'est parce qu'il avait compris qu'il serait impossible de prouver l'implication de Damas dans l'attaque chimique perpétrée à Gouta. Les échantillons de sarin prélevés par des experts ont montré que les substances toxiques ne provenaient pas des arsenaux de l'armée syrienne.

 

Le président US a alors emprunté le plan B: il n'y aura pas de frappes si Assad accepte de détruire tous ses arsenaux d'armes chimiques sous le contrôle de l'Onu.

« Au bout du compte, c'est la Russie (…) qui a profité grâce à son habilité diplomatique de ce changement de cap pour détruire tous les arsenaux d'armes chimiques syriennes avec le concours des États-Unis et la surveillance des Nations unies », est-il indiqué. Toutefois, regrettent les auteurs du document, les médias mainstream n'ont même pas cité cet exemple de la politique pacifiste de Moscou.

« Assad ne peut pas partir »

 

La Russie et l'Iran ont déployé tous leurs efforts pour apporter une solution politique à la crise syrienne, écrivent les auteurs du rapport, rappelant un grand nombre d'initiatives de cessez-le-feu à Alep. Les scientifiques blâment les pays occidentaux et surtout les groupes armés qui ont rejeté toutes les négociations avec le président Bachar el-Assad, posant son départ comme préalable à tout dialogue.

 

Et pourtant, estiment-ils, n'importe que homme politique raisonnable et avisé aurait compris qu'Assad ne peut pas quitter son poste, même s'il le souhaite lui-même.

« Assad représente toutes les confessions et minorités ethniques de Syrie, notamment les alaouites, les chrétiens, les Yézidis et autres — ils soutiennent le régime d'Assad (…) et espèrent qu'il ne cédera pas ses positions et ne libérera pas le champ à Daech qui exterminera inévitablement toutes les minorités religieuses et les alaouites ».

Bonnes et mauvaises bombes

Les auteurs du rapport portent leur attention sur les victimes civiles. D'après leur point de vue, la couverture de ce sujet dans les médias mainstream se caractérise par une étroitesse de vue ainsi que par une position antirusse.

« Bien que nous soyons opposés à une juxtaposition du nombre de morts des deux côtés, suite à une couverture unidimensionnelle et antirusse de ce sujet et à la propagande des médias occidentaux, il convient de rappeler que depuis le mois d'août 2014, 40 000 civils irakiens ont péri sous les bombes de la coalition internationale menée par les États-Unis, soit au moins quatre fois plus qu'à Alep. 15 000 personnes ont trouvé la mort rien qu'à Mossoul », stipule le document.

 

Et d'ajouter que « depuis 1980 les États-Unis à eux seuls ont attaqué, occupé ou bombardé 14 États musulmans. Au cours des deux derniers centenaires, aucun pays musulman n'a jamais attaqué un État occidental ».

 

Ce sont l'Iran et la Russie qui portent toujours le chapeau des coupables, même lors de l'évacuation des groupes armés d'Alep. Mais lorsque des extrémistes ont mis le feu à huit bus syriens, les médias mainstream ont mangé leur langue.

Politique fatale de renversement de pouvoirs

 

Les scientifiques sont extrêmement étonnés par le fait que les médias mainstream non seulement ne critiquent pas, mais ne disent pas un seul mot sur la politique « fatale de renversement de régimes au Proche et Moyen-Orient, menée par les États-Unis ».

 

Et pourtant, les « États manqués », terreaux fertiles pour le terrorisme et principale source du flux de migrants vers l'Europe sont les conséquences de la politique de Washington.

En conclusion, les auteurs du rapport se disent préoccupés par l'émergence d'« une nouvelle guerre froide entre l'Occident et la Russie » et exhortent toutes les institutions civiles à prendre part au débat politique et main dans la main avec les partisans du pacifisme à préconiser des moyens de prévention des conflits et des guerres.

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Panique à bord. Rédigé par Observatus geopoliticus 

7 Février 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme

Panique à bord

7 Février 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Quel spectacle, mes aïeux... Le système impérial et ses relais médiatiques sont passés du mode panique au mode hystérique. Il faut dire que le Donald donne jour après jour un bon coup de pied dans la fourmilière, tout en sachant mener sa barque avec habileté. Jusqu'ici, il a louvoyé avec astuce, changeant de cap mais évitant les écueils de la table rase, donnant quelques miettes au Deep State pour que celui-ci ne se dresse pas uniformément contre lui.

En Syrie, une nouvelle est passée totalement inaperçue : il y a deux jours, l'aviation US a effectué un raid sur Idlib, tuant un commandant d'Ahrar al-Cham. On comprend que la presstituée ait préféré garder le silence : ce groupe salafiste était lyriquement considéré comme "modéré" il y a encore deux mois. Autre occupant de la Maison blanche, autres moeurs...

Puisque nous y sommes, restons un instant en Syrie. A Idlib, donc, la division barbue que nous annoncions a eu lieu autour des deux grands pôles rebelles - Al Qaida (dont la fédération s'appelle désormais Hayat Tahrir al-Cham) et Ahrar al-Cham. Si les combats fratricides ont plus ou moins momentanément cessé, le divorce est acté :

Les groupes modérés sont... nulle part ! La MSN occidentale est... muette.

Un peu plus à l'est, Al Bab est en vue. Nous ne parlons pas des Turcs et de leurs alliés qui la contemplent depuis de très longs mois sans pouvoir la prendre et qui rament pour s'imposer dans les villages environnants - le dernier en date s'appelle Bzaah, qui a changé huit fois de main ! Non, c'est l'armée syrienne qui approche à grande vitesse d'Al Bab par le sud :

C'est la dèche pour Daech, les petits hommes en noir al-babiens étant en passe d'être coupés du reste de leur territoire. Mais la question à un million concerne évidemment la "rencontre" entre l'armée loyaliste et le duo ASL-Turcs, mortels ennemis d'hier. Certes, tout cela a forcément été préparé en amont lors des discussions Poutine-Erdogan, mais il y a un monde entre les corridors du pouvoir et la réalité du terrain, et les haines tenaces ne s'effacent pas du jour au lendemain. Les généraux syriens font d'ors et déjà monter la pression, se disant prêts à en découdre avec l'ASL et les Turcs si nécessaire. Ambiance, ambiance...

Plus au sud, Wadi Barada a été libéré fin janvier. Rappelez-vous, le blocage et l'empoisonnement de son eau par les rebelles délicieusement modérés mettait en danger les cinq millions de Damascènes dans le silence assourdissant de nos médias. Le danger de catastrophe humanitaire est désormais écarté. Enfin, après des semaines de combats autour de l'aéroport stratégique T4 et le reflux de l'EI, Palmyre sera bientôt à nouveau en vue et des troupes d'élite sont déployées pour avancer vers la cité antique.

Après cette longue parenthèse syrienne, revenons à Washington où le changement de direction de Trump met le système impérial en émoi. Et ce n'est pas la crise ukrainienne qui le rassurera.

Sous Barack à frites, le schéma était simplissime. S'asseyant sur les accords de Minsk, Kiev lançait une offensive, les séparatistes pro-russes répondaient et le camp occidental accusait invariablement Moscou. Sentant maintenant le vent tourner, la junte ukrainienne a, sans doute conseillée par McCainistan, voulu forcer la main du Donald en faisant brusquement monter la pression fin janvier à Avdeïevka.

Elle a dû être déçue... Si l'ambassadrice américaine à l'ONU a (mollement) sauvé les apparences et donné quelque chose à grignoter au parti de la guerre, le changement de ton ne trompe pas et chacun s'en aperçoit (ici ou ici). Lors de la conversation téléphonique entre Trump et Porochenko, aucune condamnation ni critique de la Russie, rien n'accusant Moscou d'être à l'origine de la flambée de violence comme c'était habituellement le cas. Poroclown en a avalé son chocolat de travers...

Tout cela a évidemment le don d'exaspérer le système impérial, encore plus furibond depuis l'incroyable remarque de Trump :

Neuneu : - Vladimir Poutine est un tueur

Donald : - Pensez-vous que notre pays soit si innocent ?

A ma connaissance, c'est la première fois qu'un président américain se permet cet examen de conscience. Quel gouffre d'avec le nationalisme exacerbé et autres transes sur la nation indispensable des Bush Sr et Jr, Obama ou Clinton... Sans surprise, l'Etat profond a frisé l'attaque d'apoplexie et les cris d'orfraie ont retenti d'un bout à l'autre du pays. Quant à la présentatrice de CNN, elle en avait presque la larme à l'oeil ! Le Figaro, à ma connaissance le seul en France à avoir rapporté intégralement la nouvelle, a pour une fois fait preuve d'un brin d'objectivité. Après avoir évoqué le décalage - doux euphémisme - de Trump avec la classe politique en général et les caciques Républicains en particulier, le canard continue :

Toutefois, une enquête publiée vendredi par le New York Times montre bien qu'il n'est peut-être pas tant que ça en décalage avec l'électorat républicain, pour qui la menace islamique radicale éclipse la menace russe. Interrogé sur l'endroit du monde qui représente pour lui la principale menace pour les États-Unis, l'électorat démocrate place à l'inverse la Corée du Nord en tête, suivie immédiatement par la Russie. Mais l'électorat républicain mentionne après la Corée du Nord une longue liste de pays musulmans, avant de citer la Russie, selon cette enquête.

On fait la même enquête en France en Allemagne ou en Angleterre ? Enième illustration du chiasme entre l'establishment occidental et les peuples qu'il est sensé représenter...

Pas de quoi réfréner le New York Times qui nous pond une histoire sur l'empoisonnement d'un opposant inconnu par le grand méchant Poutine, histoire de mettre le Donald en difficulté sur son commentaire. Le Spiegel allemand tombe dans le scabreux, la journaloperie se déchaîne (notez les nombreuses contre-vérités factuelles d'Amanpour) et Soros est au bord de la crise de nerf. La palme revient toutefois à une obscure membre du Congrès, la désormais inoubliable Maxine Waters pour qui Poutine est en train d'envahir... la Corée ! Eh oui, vous ne le saviez pas, moi non plus, c'est le parti Démocrate qui nous l'apprend :

Bien sûr, mémère Maxine ne semble plus avoir toute sa tête et son entourage, quelque peu embarrassé, a dû la mettre gentiment au lit après cet immortel épisode. Mais c'est symbolique de notre époque où vous pouvez raconter tout et (absolument) n'importe quoi si vous appartenez au camp du Bien. Et plus ce dernier coule, plus il devient hystérique...

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Trump défend à nouveau Poutine, au désespoir des Républicains

7 Février 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch

Trump défend à nouveau Poutine, au désespoir des Républicains

  • Par ,  L
«Je le respecte», mais «ça ne veut pas dire que je vais m'entendre avec lui», a déclaré Donald Trump au sujet de Vladimir Poutine. Sur l'image, des poupées russes des deux présidents à Saint-Petersbourg en Russie.

«Je le respecte», mais «ça ne veut pas dire que je vais m'entendre avec lui», a déclaré Donald Trump au sujet de Vladimir Poutine. Sur l'image, des poupées russes des deux présidents à Saint-Petersbourg en Russie. Crédits photo : Dmitri Lovetsky/AP

VIDÉO - «Pensez-vous que notre pays soit si innocent?», a répondu le président américain au sujet des crimes supposés du président russe, dans une interview à la chaîne Fox News, suscitant la colère de son propre camp.

Le président américain Donald Trump a défendu une nouvelle fois Vladimir Poutine devant l'opinion publique américaine, montrant qu'il ne renonçait pas à trouver des accords avec le président russe sur les affaires de la planète. Une nouvelle flambée des combats entre forces ukrainiennes et séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine a contraint la semaine dernière l'administration américaine à critiquer Moscou et à promettre le maintien des sanctions internationales qui visent la Russie.

Mais dimanche, dans une interview diffusée sur Fox News avant le démarrage du très populaire Super Bowl, le président américain a défendu une nouvelle fois sa volonté de chercher à réchauffer les relations avec son homologue russe.

«Je le respecte», mais «ça ne veut pas dire que je vais m'entendre avec lui», a-t-il dit.» C'est un leader dans son pays, et je pense qu'il vaut mieux s'entendre avec la Russie que l'inverse», a-t-il ajouté.

Et au journaliste qui lui objectait que Vladimir Poutine était un «tueur», Donald Trump a invité de manière surprenante l'Amérique à un examen de conscience. «Beaucoup de tueurs, beaucoup de tueurs. Pensez-vous que notre pays soit si innocent?», a-t-il demandé, sans expliciter sa pensée. Cette dernière réflexion a immédiatement suscité une salve de critiques, y compris dans son propre camp où Vladimir Poutine fait souvent figure de repoussoir. «Je ne pense pas qu'il y ait aucune équivalence entre la manière dont les Russes se comportent et la manière dont les États-Unis se comportent», a déclaré Mitch McConnell, le chef de file des républicains au Sénat. «C'est un ancien du KGB, un voyou, élu d'une manière que beaucoup de gens ne trouvent pas crédible», a-t-il renchéri.

Quant au néoconservateur Marc Rubio, sénateur républicain de Floride, et rival de Donald Trump lors de la primaire du Grand Old Party, il a tweeté: «Quand est-ce qu'un activiste démocrate a été empoisonné par le parti Républicain, ou vice-versa? Nous ne sommes pas comme Poutine».

L'électorat républicain préoccupé par Daech plutôt que par Poutine

Dans son interview à Fox News, le président américain a aussi expliqué dans quel domaine il aimerait particulièrement se mettre d'accord avec Moscou: «Si la Russie nous aide dans le combat contre (le groupe) État islamique (…) et contre le terrorisme islamique à travers le monde, c'est une bonne chose».

Donald Trump a demandé au Pentagone de lui fournir, d'ici la fin février, un plan pour accélérer la campagne contre l'EI, qui n'a que trop traîné en longueur selon lui. Or, les militaires américains ne cachent pas que l'attitude de Moscou sera déterminante pour préparer l'ultime bataille contre le groupe terroriste, la conquête de sa capitale autoproclamée Raqqa. La coalition ne peut pas par exemple lancer l'offensive sur la ville sans avoir une idée de ce que sera le statut de la ville libérée - un débat dans lequel la Russie joue un rôle clef.

En cherchant un rapprochement avec le maître du Kremlin, Donald Trump est en décalage, voire en opposition avec nombre de caciques républicains, comme John McCain, l'ancien candidat républicain à la présidentielle de 2008, qui ne perd pas une occasion de dénoncer la menace russe.

Toutefois, une enquête publiée vendredi par le New York Times montre bien qu'il n'est peut-être pas tant que ça en décalage avec l'électorat républicain, pour qui la menace islamique radicale éclipse la menace russe. Interrogé sur l'endroit du monde qui représente pour lui la principale menace pour les États-Unis, l'électorat démocrate place à l'inverse la Corée du Nord en tête, suivie immédiatement par la Russie. Mais l'électorat républicain mentionne après la Corée du Nord une longue liste de pays musulmans, avant de citer la Russie, selon cette enquête.


Voir aussi - «Il y a de bonnes chances que je ne m'entende pas avec Poutine» déclarait Trump:

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Une « révolution de couleur » est en cours aux Etats-Unis. Le Saker.

2 Février 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Terrorisme, #Le grand banditisme, #Daesch, #le nazisme, #Les média

Une « révolution de couleur » est en cours aux Etats-Unis

A “color revolution” is under way in the United States


Saker US

Par le Saker – Le 28 janvier 2017 – Source The Saker

C’est une plaisanterie russe : « Question : pourquoi ne peut-il y avoir de révolution de couleur aux États-Unis ? Réponse : parce qu’il n’y a pas d’ambassade américaine aux États-Unis. »

C’est peut-être drôle, mais c’est faux dans les faits : je pense qu’il y a en ce moment même une tentative de révolution de couleur aux États-Unis.

Politico semble éprouver le même sentiment.  Voyez leur dernière couverture :

Lettre du monde arabe: Amérique, tu ressembles à un pays arabe en ce moment. Bienvenue au club.

Alors que je prédisais que Les États-Unis sont à la veille d’affronter la pire crise de leur histoire en octobre dernier, un mois avant les élections, je dois admettre que je suis surpris et stupéfié par l’ampleur de la lutte que nous voyons se dérouler sous nos yeux. Il est clair maintenant que les néocons ont déclaré la guerre à Trump et certains, comme Paul Craig Roberts, croient que Trump leur a maintenant rendu la pareille. J’espère sincèrement qu’il a raison.

Considérons un exemple parlant.

Les agences de renseignement américaines mènent maintenant des enquêtes sur leur propre patron ! Oui, selon de récents rapports, le FBI, la CIA, l’Agence de la sécurité nationale et le département du Trésor enquêtent sur les conversations téléphoniques entre le Général Flynn et l’ambassadeur russe Serguei Kislyk. Selon Wikipedia, le Général Flynn est l’ancien

  • Directeur de l’agence de renseignement du ministère de la Défense.
  • Membre du centre de commandement opérationnel conjoint pour le renseignement, la surveillance et la reconnaissance.
  • Président de la Direction du renseignement militaire.
  • Directeur adjoint du Renseignement national.
  • Officier supérieur du renseignement au commandement des opérations spéciales conjointes.

Il est aussi le conseiller de Trump à la sécurité nationale. Autrement dit, ses compétences en matière de sécurité sont à des hauteurs stratosphériques et il deviendra bientôt le patron de tous les services de renseignement étasuniens. Et pourtant ces mêmes services de renseignement enquêtent sur lui pour ses contacts avec l’ambassadeur russe. C’est absolument extraordinaire. Même dans la vieille Union soviétique, le KGB censément tout puissant n’avait pas le droit d’enquêter sur un membre du Comité central du Parti communiste sans autorisation spéciale du Politburo (une grave erreur, à mon avis, mais peu importe). Cela signifie en gros que les 500 plus hauts membres de l’État soviétique ne pouvaient pas du tout faire l’objet d’enquêtes du KGB. En outre, la subordination du KBG au parti était telle que pour les affaires criminelles courantes, il lui était interdit d’enquêter sur un membre de la nomenklatura soviétique tout entière, environ 3 millions de personnes (une erreur encore plus grave !).

Mais dans le cas de Flynn, plusieurs agences de sécurité américaines peuvent décider d’enquêter sur un homme qui, selon toutes les normes, devrait être considéré au moins parmi les cinq responsables les plus élevés des États-Unis et qui a clairement la confiance du nouveau président. Et cela ne provoque aucun scandale, apparemment.

Dans la même logique, les agences à trois lettres devraient également enquêter sur Trump pour ses conversations téléphoniques avec Vladimir Poutine.

Si elles se mettent à y penser, elles pourraient bien le faire bientôt…

C’est totalement fou parce que c’est la preuve que la communauté américaine du renseignement est devenue une bande de voyous et prend maintenant ses ordres auprès des néocons et de leur État profond et non de la présidence, et que ces agences agissent maintenant contre les intérêts du nouveau président.

Pendant ce temps, les foules de Soros ont déjà choisi une couleur : le rose. Nous sommes maintenant témoins de la « pussyhat revolution » comme l’explique ce site. Et si vous pensez que ce n’est qu’une petite frange de féministes cinglées, vous vous trompez totalement. Pour les vraies folles féministes, l’allusion « subtile » à propos de leur « révolution du minou » est trop subtile, alors elles préfèrent rendre leur déclaration moins ambiguë, comme le montre l’image à droite.

Tout cela serait assez drôle, d’une manière un peu nauséabonde, je suppose, si les médias, le Congrès et Hollywood n’étaient pas totalement derrière ces « 100 jours de résistance à Trump », qui ont commencé par une – citation – « soirée de danse queer » devant la maison de Mike Pence.

Ce serait plutôt désopilant, n’était tout le sérieux avec lequel les médias dominants traitent ce qui serait autrement des « manifestations » assez pathétiques.

Regardez comment la tête qui parle de MCNBS rapporte béatement cet événement :

Moore dit à la minute 2:00 qu’il « célébrera le fait qu’Obama est toujours le président des États-Unis » et la journaliste prostituée lui répond : « Oui, il l’est » non pas une fois, mais deux.

De quoi parlent-ils ? Du fait qu’Obama est toujours le président !

Comment se fait-il que la Sécurité intérieure et le FBI n’enquêtent pas sur MCNBC et Moore pour rébellion et sédition ?

Jusqu’à présent, les manifestations n’ont pas été trop importantes, mais elles se sont déroulées dans diverses villes américaines et elles ont été bien couvertes par les médias :

Ne vous y trompez pas, ces manifestations ne sont pas plus spontanées que celles qui se sont déroulées en Ukraine. Quelqu’un paie pour tout cela, quelqu’un l’organise. Et ils utilisent toute leur réserve de trucs. Un exemple encore.

Rappelez-vous le joli visage de Nayirah, l’infirmière koweïtienne qui a dit au Congrès qu’elle avait été témoin de soldats irakiens arrachant les bébés des couveuses (et qui s’est révélée plus tard être la fille de Saud Al-Sabah, l’ambassadeur du Koweït aux États-Unis) ? Vous souvenez-vous du joli visage de Neda, morte en direct à la télévision en Iran ? Eh bien, permettez-moi de vous présenter Bana Alabe, qui a écrit une lettre au président Trump et bien sûr les médias s’en sont emparés et aujourd’hui, elle est « le visage des enfants syriens ».

Une petite Syrienne écrit une lettre à Trump: « Vous devez faire quelque chose pour les enfants de Syrie », écrit cette petite fille célèbre pour ses tweets envoyés d’Alep.

Vous voulez une autre preuve ?

D’accord, cliquez ici et jetez un œil sur un échantillon de caricatures et de dessins humoristiques anti-Trump compilés par l’excellent Colonel Cassad. Certains sont tout à fait remarquables. Je n’en choisis que deux dans cette collection écœurante.

À gauche: « Moi, Donald John Trump, j’affirme solennellement que je suis mon propre homme. » À droite: « Un jour tout cela sera à toi, mon fils! »

Le premier accuse clairement Trump d’être dans les mains de Poutine. Le second fait de Trump l’héritier d’Adolf Hitler et suggère fortement qu’il pourrait vouloir réactiver Auschwitz. Traduit en langage clair, cela envoie un double message : Trump n’est pas le président légitime des États-Unis et il est le mal ultime.

Cela va bien au-delà du style de satire dont les précédents présidents ont toujours fait l’objet.

Mon but, en énumérant les exemples ci-dessus, est de suggérer ce qui suit : loin d’avoir accepté leur défaite, les néocons et l’État profond américain ont décidé, comme ils le font toujours, de doubler la mise et aujourd’hui ils s’embarquent dans une « révolution de couleur » de grande envergure qui ne finira qu’avec la destitution, le renversement ou la mort de Donald Trump.

L’une des caractéristiques les plus étonnantes de cette révolution de couleur contre Trump est le fait que ceux qui sont derrière ne veulent rien savoir des dommages que leur guerre inflige à l’institution qu’est le président des États-Unis et, en réalité, aux États-Unis dans leur ensemble. Ce préjudice est en effet immense et le résultat est là : le président Trump court un énorme risque d’être renversé et son seul espoir de survie est de frapper dur et vite.

L’autre élément étonnant est le vilain rôle que joue la Grande-Bretagne dans ce processus : les pires saletés contre Trump ont toujours trouvé finalement leur origine directement au Royaume-Uni. Pourquoi ? C’est simple. Vous souvenez-vous comment, au moins formellement, la CIA et la NSA n’avaient pas le droit d’espionner les citoyens américains tandis que le MI6 et le GCHQ britanniques n’avaient pas le droit d’espionner les citoyens britanniques ? Les deux côtés ont trouvé une manière aisée de s’en sortir : la CIA et la NSA espionnaient les Britanniques, le MI6 et le GCHQ espionnaient les Américains, et ils ont simplement échangé leurs données entre « partenaires » (il semble que depuis l’arrivée au pouvoir d’Obama, toutes ces mesures soient devenues obsolètes et que maintenant tout le monde soit libre d’espionner qui bon lui semble, y compris leurs propres nationaux). Les néocons américains et l’État profond étasunien recourent maintenant aux services spéciaux britanniques pour produire un flot d’ordures contre Trump qu’ils rapportent ensuite comme des « renseignements » susceptibles d’être utilisés par le Congrès comme base d’une enquête. Sympathique, simple et efficace.

La conclusion est la suivante : le président Trump court l’immense danger d’être renversé et son unique espoir de survie est de frapper dur et vite.

Peut-il le faire ?

Jusqu’à présent, j’ai suggéré plusieurs fois que Trump traite les néocons américains de la même manière que Poutine avait traité les oligarques en Russie : les attraper sur des accusations d’évasion fiscale, de corruption, de conspiration, d’entrave à la justice, etc. Toutes ces bonnes choses que l’État profond pratique depuis des années. Le Pentagone et les agences à trois lettres sont probablement les institutions les plus corrompues de la planète et comme elles n’ont jamais été contestées pour leur corruption, sans parler d’être punies, elles doivent être devenues extraordinairement satisfaites d’elles-mêmes et de la manière dont elles agissent, comptant fondamentalement sur la Maison Blanche pour les sauver en cas de problème. L’arme principale de ces cercles est le grand nombre de lois sur le maintien du secret qui les protègent du regard du public et du Congrès. Mais ici, Trump peut utiliser sa carte la plus puissante : le général Flynn qui, en tant qu’ancien directeur de la DIA et actuellement conseiller à la sécurité nationale auprès du président, pourra accéder à tout. Et si ce n’est pas le cas, il peut l’imposer, si nécessaire en envoyant des forces spéciales pour garantir la « collaboration ».

Je commence cependant à penser que ça ne suffira peut-être pas. Trump a une arme encore plus puissante qu’il peut lancer contre les néocons : le 9/11.

Que Trump l’ait su avant ou non, il est maintenant conseillé par des gens comme Flynn qui doivent savoir depuis des années que le 9/11 était un boulot venu de l’intérieur. Et si le nombre effectif de gens directement impliqués dans l’opération du 9/11 elle-même est relativement petit, celui des gens qui ont placé toute leur crédibilité morale et politique dans le récit officiel sur le 9/11 est immense. Permettez-moi de le dire ainsi : alors que le 9/11 était une opération de l’État profond américain (probablement sous-traitée pour son exécution aux Israéliens), la totalité du « marais » de Washington a été depuis lors « complice après coup » en aidant à maintenir la dissimulation. Si c’est amené à la lumière, des milliers de carrières politiques vont s’effondrer et se carboniser dans le scandale.

Le 9/11 a été un crime collectif par excellence.  Quelques hommes l’ont effectivement perpétré, mais ensuite des milliers, probablement des dizaines de milliers de gens ont utilisé leur position pour assurer le camouflage et empêcher toute véritable enquête. Ils sont TOUS coupables d’entrave à la justice. En ouvrant une nouvelle enquête sur le 9/11, une enquête dirigée par le département de la Justice et PAS par le Congrès, Trump pourrait, littéralement, placer un « pistolet politique » sur la tempe de chaque politicien et le menacer de presser sur la gâchette s’il ne renonce pas immédiatement à sa tentative de le renverser. Pour cela, ce dont Trump a besoin, c’est d’un homme en qui il a confiance à 100% et loyal à 100% à la direction du FBI, un homme avec « des mains propres, une tête froide et un cœur brûlant » (pour reprendre l’expression du fondateur de la police secrète soviétique, Félix Dzerjinsky). Cet homme se retrouvera immédiatement physiquement en danger, il devra donc faire preuve d’un grand courage personnel et d’une forte détermination. Et, bien sûr, cet « homme » pourrait être une femme (un équivalent du procureur russe, Natalia Poklonskaia).

Je comprends parfaitement que le danger de ce que je suggère, utiliser « l’arme du 9/11 », sera de provoquer, évidemment, une énorme contre-attaque des néocons et de l’État profond. C’est là le nœud de l’affaire : ceux-ci sont déjà à fond dans leur tentative de destitution, de renversement ou d’assassinat de Donald Trump. Et, comme Poutine l’a dit une fois dans une interview : « Si vous savez qu’une bataille est inévitable, frappez le premier ! . »

Vous pensez que tout cela est exagéré ? Prenez en compte ce qui est en jeu.

Premièrement, à tout le moins, la présidence de Trump elle-même : les néocons et l’État profond américain ne laisseront pas Trump appliquer ses promesses de campagne et son programme. Au lieu de quoi, ils saboteront, ridiculiseront et déformeront tout ce qu’il fait, même si c’est une grande réussite.

Deuxièmement, il semble que le Congrès ait maintenant un prétexte pour ouvrir plusieurs enquêtes sur Donald Trump. Si c’est le cas, il sera facile au Congrès de faire chanter Trump et de le menacer en permanence de représailles politiques s’il ne « respecte pas le programme ».

Troisièmement, la persécution frénétique de Trump par les néocons et l’État profond affaiblit l’institution de la présidence. Par exemple, la toute dernière idée folle lancée par quelques politiciens est d’« interdire au président des États-Unis de recourir aux armes nucléaires sans l’autorisation du Congrès, excepté lorsque les États-Unis sont soumis à une attaque nucléaire ». D’un point de vue technique, c’est un non-sens, mais cela envoie le signal suivant au reste de la planète : « Nous, au Congrès, croyons qu’on ne peut pas faire confiance à notre commandant en chef en matière d’armes nucléaires. » Peu importe qu’ils fassent confiance à Hillary à propos de ces mêmes armes et peu importe que Trump n’utilise que des armes conventionnelles pour déclencher de toute façon une guerre nucléaire mondiale (par exemple par une attaque conventionnelle sur le Kremlin), ce qu’ils disent est que le président des États-Unis est un fou auquel on ne peut pas faire confiance. Comment pourrait-il ensuite s’attendre à être pris au sérieux sur quelque sujet que ce soit ?

Quatrièmement, pouvez-vous seulement imaginer ce qu’il se passera si les forces anti-Trump réussissent ? Non seulement la démocratie sera totalement et définitivement mise en pièces aux États-Unis, mais les risques de guerre, y compris nucléaire, seront incontrôlables.

Il y a beaucoup plus en jeu ici que la seule petite politique américaine.

Chaque fois que je pense à Trump et chaque fois que je regarde les informations, je reviens à la même pensée angoissée : Trump aura-t-il l’intelligence de réaliser qu’il est soumis à une attaque et aura-t-il le courage de riposter assez fort ?

Je ne sais pas.

Je place beaucoup d’espoir dans le général Flynn. J’ai confiance dans le fait qu’il comprend parfaitement le film et sait exactement ce qu’il se passe. Mais je ne suis pas sûr qu’il ait assez de pouvoir sur le reste des forces armées pour les maintenir du bon côté en cas de crise. Généralement, le militaire « classique » n’aime pas les gens du renseignement. Mon espoir est que Flynn ait des alliés fidèles dans les SOCOM (les forces spéciales) et le JSOC (Joint Special Operations Command, le commandement central des forces spéciales) puisque ce sont eux qui à la fin auront le dernier mot sur qui occupe la Maison Blanche. La bonne nouvelle ici est que contrairement aux militaires classiques, les forces spéciales et les gens du renseignement sont en général très proches et ont l’habitude de travailler ensemble (les forces militaires régulières n’aiment pas non plus les forces spéciales). Les SOCOM et le JSOC sauront aussi s’assurer que la CIA n’ait pas un comportement de voyou.

Enfin, mon plus grand espoir est que Trump recoure à la même méthode que celle utilisée par Poutine contre les élites russes : le soutien du peuple. Mais pour cette tâche, Twitter n’est tout simplement pas assez efficace. Trump doit prendre le « chemin de RT » et ouvrir sa propre chaîne de télévision.  Bien sûr, ce sera très difficile et prendra du temps, et il pourrait devoir commencer par une chaîne uniquement sur Internet, mais tant qu’il y a assez d’argent, il peut y arriver. Et, tout comme RT, il faut qu’elle soit multi-nationale, politiquement diverse (avec y compris des personnalités opposées à l’Empire qui ne soutiennent pas Trump) et qu’elle inclue des célébrités.

Une des nombreuses erreurs commises par Ianoukovitch en Ukraine est qu’il n’a pas osé utiliser les instruments légaux du pouvoir pour stopper les néo-nazis. Au niveau où il les a utilisés, ce fut un désastre (comme lorsque les flics anti-émeute ont battu les manifestants étudiants). Après avoir écouté quelques interviews de Ianoukovitch et de ses proches pendant ces heures cruciales, il semble qu’il ne se sentait tout simplement pas le droit moral de recourir à la violence pour museler la rue. Nous ne saurons jamais si c’étaient les principes moraux ou la lâcheté fondamentale qui le retenaient, mais ce qui est certain c’est qu’il a trahi son peuple et son pays lorsqu’il a refusé de défendre la vraie démocratie et a laissé la « rue » se charger de remplacer la démocratie par l’ochlocratie (la loi de la foule). Bien sûr, la véritable ochlocratie n’existe pas, toutes les foules sont toujours contrôlées par des forces en coulisses qui les déchaînent juste le temps nécessaire pour atteindre leurs objectifs.

Les forces qui tentent actuellement de destituer, renverser ou assassiner le président Trump sont un danger évident et actuel pour les États-Unis en tant que pays et pour la République fédérale des États-Unis. Elles sont, pour utiliser un terme russe, un type d’opposition « anti-système » qui ne veut pas accepter le résultat des élections et s’oppose, en refusant ce résultat, à l’ensemble du système politique.

Je ne suis pas citoyen des États-Unis (je le pourrais mais je refuse par principe cette citoyenneté parce que je refuse de prêter le serment d’allégeance) et la seule loyauté que je dois à ce pays est celle d’un invité : ne jamais lui nuire délibérément en quoi que ce soit et obéir à ses lois. Et pourtant, cela me révulse de voir à quel point il a été facile de retourner des millions d’Américains contre leur propre pays. J’écris beaucoup sur la russophobie sur ce blog, mais je vois aussi une « américanophobie » ou une « USophobie » profondément ancrée dans les paroles et les actes de ceux qui disent aujourd’hui que Trump n’est pas leur président. Pour eux, leur micro-identité de « progressiste » ou de « gay » ou d’« afro-américain » compte plus que les principes fondamentaux sur lesquels ce pays a été construit. Quand je vois ces foules de détracteurs de Trump, je vois une haine pure et farouche, non de l’Empire anglo-sioniste ou d’une ploutocratie déguisée en démocratie, mais une haine de ce que j’appellerais l’« Amérique simple » ou l’« Amérique de tous les jours » – les gens simples parmi lesquels je vis depuis de nombreuses années et que j’ai appris à respecter et à apprécier et dont les fans de Clinton pensent que ne sont que des « déplorables ».

Cela m’étonne de voir que les pseudo-élites étasuniennes éprouvent autant de haine, de mépris et de peur à l’égard des masses américaines que les pseudo-élites russes en éprouvent à l’égard des masses russes (l’équivalent russe des « déplorables » de Hillary serait un mot difficile à prononcer pour les anglophones, « быдло », quelque chose comme « troupeau », « lumpen » ou « populace »). Cela me surprend de voir que les mêmes personnes qui ont diabolisé Poutine pendant des années diabolisent maintenant Trump en recourant exactement aux mêmes méthodes. Et si leur propre pays doit s’effondrer dans leur lutte contre les gens ordinaires – qu’il en soit ainsi ! Ces élites auto-proclamées n’auront aucun scrupule à détruire le pays qu’elles ont parasité et exploité pour leurs propres intérêts de classe. Elles ont fait exactement la même chose à la Russie il y a exactement 100 ans, en 1917. J’espère qu’elles ne s’en tireront pas de nouveau à bon compte en 2017.

The Saker

L’article original est paru sur The Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

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Syrie : La Sorbonne en guerre contre la liberté d’expression ! Oar Jean-Claude Antakli.

2 Février 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les média, #Terrorisme

Syrie : La Sorbonne en guerre contre la liberté d’expression !

Par : Antakli Jean-claude Publié le : 28/01/17

 

Lettre ouverte au public, aux médias, aux politiques, au Collectif pour la Syrie, et à tous mes confrères supposés participer au Colloque de la Sorbonne ce samedi 28 Janvier 2017.

Syrie : La Sorbonne en guerre contre la liberté d’expression ! Oar Jean-Claude Antakli.

 

L’histoire de la Vème République a été probablement secouée par de nombreux scandales, mais jamais la liberté d’expression n’a été autant menacée que sous ce quinquennat, qui aura contribué jusqu’au bout à boycotter toutes les initiatives destinées à apaiser, à réconcilier, à témoigner, à écouter et à débattre librement, ouvertement avec le public afin d’aider la Syrie et les Syriens à sortir enfin d’une guerre infernale qui aura duré 2000 jours, pourquoi ?

Le 28 Novembre 2016 devait avoir lieu un Colloque au Mémorial de Caen sous l’égide du Collectif pour la Syrie avec la participation d’une vingtaine de personnalités (écrivains, journalistes, chercheurs, ambassadeurs, anciens directeurs des services de Renseignements ainsi que de nombreux responsables de centres de recherches. Cet événement après avoir été validé par la Direction du Mémorial, la voilà qui au dernier moment sur de simples rumeurs dues aux mauvaises langues et sous une pression politique sans précédent l’annule à la grande stupéfaction de tous les intervenants !

Après les indignations d’usage, le Collectif pour la Syrie reporte ce même Colloque au 28 Janvier 2017 mais cette fois-ci à la Sorbonne sous l’égide de l’Académie de Géopolitique de Paris et du Mensuel Afrique Asie. Deux mois plus tard, le même scénario se reproduit avec les mêmes protagonistes qui prétendent êtres les amis de la Syrie, alors qu’ils ont contribué insidieusement à sa destruction, et les mêmes directives qui viennent d’en haut pour nous annoncer à travers la lettre du Président du Collectif pour la Syrie, leurs condoléances !

J’ai le grand regret et l’amertume de vous informer que le colloque intitulé «La Syrie en guerre» qui devait se tenir le 28 janvier 2017 à l’Université Paris Sorbonne vient d'être annulé sur décision du Président de cette institution phare, qui, après avoir donné son accord à la tenue de ce colloque il y a plusieurs semaines vient d'annuler cet évènement au dernier moment.

Le débat interdit
L’Académie de Géopolitique de Paris, le Collectif pour la Syrie et la Mensuel Afrique Asie voulaient organiser un débat apaisé sur le désastre syrien, pour essayer d’identifier des solutions capables d’alléger les souffrances des Syriens. Les conditions d’échange constructif étaient mises en place.
La Présidence de Paris Sorbonne en charge de l’amphithéâtre Descartes, dit avoir pris cette décision pour des raisons « diplomatiques et sécuritaires ».
Les services de Paris Sorbonne disent avoir été alertés « par des réseaux sociaux », sans autre précision, sur le fait que ce colloque réunissait « des militants d'extrême-droite bien connus et partisans de Bachar Al Assad ».
La Présidence de Paris 4 Sorbonne aurait tout de même été intellectuellement honnête de vérifier ces assertions avant de prendre cette décision. Des pressions du plus haut niveau ont été exercées.
A cela s’ajoutent les propos diffamatoires et les affirmations calomnieuses répandus par un obscur groupuscule nommé « Mémorial 99 » assisté par une faction dite « Souria Houria ». Des faux programmes avec des faux participants ont circulé suite à des actes de piratage informatique.
Cette décision d’annulation déshonore les responsables institutionnels français ayant cédé à leurs pressions. Elle déshonore Paris 4 Sorbonne également. Cela me paraît constituer une grave menace pour la liberté d'expression. Cette décision d’annulation du Colloque déshonore tous ceux qui ont participé à la prendre.

Tout participant, y compris ces bien-pensants de la censure, pouvait venir s'y exprimer et faire valoir librement son point de vue.
La décision du Président de la Sorbonne, après celle déshonorante et honteuse du Directeur du Mémorial de Caen (qui avait annulé le Colloque du 26 novembre 2016), constitue clairement une nouvelle manifestation de la censure qui sévit à nouveau dans le pays de Voltaire. Quelle tristesse !

Les mots fonts désormais peur.
Il fut un temps où on se battait pour que l’autre puisse s’exprimer librement même si on était en désaccord avec son point de vue.
« Ce n’était pas les fascistes qui avaient fait sombrer la République de Weimar mais le manque de démocrates », disait non sans raison Richard Von Weizsäcker, Président de la République Fédérale Allemande de 1984 à 1994.Gardons présent à l’esprit cette leçon d’histoire. Docteur Anas Alexis Chebib Président du Collectif pour la Syrie.

N’ayant pas pu joindre le Président de l’Université de la Sorbonne pour lui exprimer mon indignation et ma réprobation, je me suis tourné vers le Docteur Chebib pour lui témoigner ma solidarité, comme tous les intervenants mais pour lui exprimer aussi ma réserve de reporter encore et encore une énième fois un Colloque qui avait toute sa place, toute sa raison d’être dans ce qui restait comme espace de liberté dans notre pays...

Comment se résigner et démissionner face à des loups déterminés, à des lâches rôdés, sans donner le sentiment qu’ils ont gagné, eux qui s’inscrivent parfaitement dans ce que Georges Orwell dénonçait à son époque : « Dans ces temps de tromperie universelle dire la vérité est un acte révolutionnaire »

Tromperie universelle, nous y sommes jusqu’au cou avec les mensonges devenus vérités, les calomnies transformées en argumentaires de diplomatie et de sécurité, auxquels s’ajoutent les appuis politiques d’hier comme ceux d’aujourd’hui. Tous endossent une responsabilité collective dans le (Massacre des Innocents en Syrie). Que dire des voix suspectes qui s’élèvent bruyamment contre les crimes contre l’humanité, alors que leurs mains sont ensanglantées et que leur indignation camoufle leur propagande de diversion !

Au nom de la liberté d’expression, le Président Hollande lors des attentats de Charlie Hebdo a réussi à mobiliser 50 pays avec leurs représentants. Des centaines de milliers de français ont défilés dans les rues de Paris en solidarité avec les familles des victimes....

Aujourd’hui je suis à me demander s’il n’existe pas deux poids et deux mesures, selon que l’on soit journaliste à Charlie Hebdo, et où on peut en toute liberté sans aucune censure (liberté d’expression oblige), diffamer, humilier, provoquer, caricaturer le Coran, le prophète Mahomet, ironiser sur la virginité de la Ste Vierge jusqu’à demander symboliquement bien entendu, qu’elle écarte les cuisses pour s’assurer de sa virginité !

SI ironiser sur une telle croyance qui touche 1 milliard et demi de chrétiens, mais aussi un milliard et demi de musulmans, qui eux aussi croient fermement à la virginité de ce qu’ils appellent avec beaucoup de ferveur (Sayidatina Mariam) (Notre-Dame), ressort du domaine de la liberté d’expression, alors la censure du colloque doit être dénoncée haut et fort.

Avant de conclure, je joins quelques extraits des réactions soulevées par mes confrères, dont les analyses auraient pu contribué à marquer l’histoire de ce colloque d’une pierre blanche qui s’ouvre au moment même où se tient la Conférence d’Astana, où tous les syriens après tant de souffrance savaient besoin d’entendre parler plus tôt de paix, d’espérance et de réconciliation. Quelle leçon leur a-t-on donné avec tous ces règlements de comptes attisés par la haine, a convoitise, celle qui anime encore et toujours les marchands d’armes avec leurs spéculateurs qui comme des vautours guettent les futurs marchés du siècle qui survolent les cadavres encore chauds de tant de martyrs !

 

  1. Alain Chouet Ancien Directeur de la DGSE.

 

Chers tous, C'était malheureusement prévisible.

Je suis bien placé pour le savoir depuis ma conférence de juin 2012 devant l'IHEDN et ma participation à l'émission "Un œil sur la planète" de la réalisatrice Samah Soula qui m'ont également valu les foudres de la "bien-pensance" germanopratine ainsi que l'ostracisme des médias parisiens. précise qu'en ce qui me concerne je n'ai pas d'affinité avec l'extrême droite et que j'ai été écarté de mes fonctions en 2002 sous le soupçon, d'ailleurs infondé, d'appartenance au P.S.

Je constate chaque jour qu'en matière de presse et d'expression francophone, je n'ai - tout comme Fabrice Balanche et d'autres - aucun problème à m'exprimer sur le sujet en Suisse, en Belgique au Québec, au Liban, en Tunisie ou au Maroc et à dialoguer sereinement avec des gens qui ne partagent pas forcément mes analyses. Ce n'est malheureusement plus possible en France. Comme son nom l'indique, le "gauchisme de combat" à l'origine de ces interdictions en chaîne est d'abord une violence intellectuelle qui - au vu des propos tenus par ses zélateurs - ne demande qu'à se transformer en violence physique.

Dommage pour "le pays des lumières"...Amitiés et solidarité. Alain Chouet

 

2) Richard Labévière,

Chers Amis,

Dans tous les cas de figures, cette réunion doit avoir lieu d'une manière ou d'une autre. Dernièrement, et malgré les pressions, le CF2R d’Éric Denécé a pu organiser un colloque assez corrosif mais scientifique sur l'Arabie saoudite et le wahhabisme. Ensemble, avec les moyens et les réseaux dont nous disposons, nous sommes parfaitement en mesure de résister à ce retour intolérable de la censure dans notre pays. Je reste, bien-sûr, disponible à toutes espèces de suivi de notre entreprise commune et nécessaire. Richard Labévière Rédacteur en chef de prochetmoyen-orient.ch

 

3) Alain Corvez,

  1. trouve que c'est un excellent moyen pour faire connaître ce déni de démocratie, et la façon dont les institutions se couchent devant les intimidations de groupes qui ne représentent qu'eux-mêmes et ce que le Quai d'Orsay leur attribue. Le pouvoir vient de changer aux EUA en faveur de plus de vérité et, dans trois mois en France, je pense, il en sera de même : ces groupes seront alors réduits à leur triste réalité.

Alain Corvez Conseiller en stratégie international 2 avenue du général Balfourier

75016 Paris.

 

4) Jean Marie Schléret, Merci cher Alain Chouet, dont la clairvoyance a gêné l’establishment depuis les débuts des conflits en Syrie. Précieuse réaction qu’il faut faire connaître. Merci à tous ceux qui réagissent en faisant corps autour de notre président. Le collectif pour la Syrie parviendra à montrer à quel point il avait tracé dès 2012 la voie pour mettre un terme à la destruction de ce berceau de l’humanité. Amitiés à chacun...et bien d’autres réactions en chaînes vont suivre....

 

5) Patricia Lalonde : Eh bien je suis contente d'apprendre que je fais partie de l'Extrême droite française sous prétexte que je n'adhère pas à la politique Etrangère de la France au MO. Il ne me reste plus qu'à déchirer ma carte du PR et de l'UDI. Vive la liberté d'expression !

Pour toutes ces raisons je pense, je signe et je persiste que ce Colloque aurait dû avoir lieu coûte que coûte à n’importe quel lieu de Paris, quitte à camper sous la Tour Eiffel pour faire entendre les voix, celles qu’on a étouffées en Syrie et celles qu’on est en train d’étouffer en France ! Ne comptez pas sur moi pour que ma voix reste dans le désert !

 

Jean Claude Antakli écrivain-biologiste. Ex-Correspondant de l’Est-Républicain. Auteur d’Itinéraire d’un Chrétien d’Orient (5 ème édition), Le silence de Dieu ! Syrie, une guerre sans nom ! Et Syriapocalypse. 4 Livres, 15 ans d’écriture pour un seul et même combat celui de la vérité, de la liberté et de la paix.

 

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