Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #daesch tag

"Les Casques blancs" financés par GB/USA participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens par Moon of Alabama

6 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie, #ISIL

"Les Casques blancs" financés par GB/USA participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens
par Moon of Alabama

mercredi 4 janvier 2017, par Comité Valmy

"Les Casques blancs" financés par GB/USA participent
au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens

Le blocus de l’eau de Wadi Barada qui assoiffe 5 millions de personnes à Damas prend une tournure intéressante. L’organisation des Casques blancs financée par les États-Unis et le Royaume-Uni semble y être directement impliquée. Cela augmente le soupçon que le blocage illégal de l’eau que subissent les civils de Damas fait partie d’une campagne organisée par les États-Unis. La campagne a pour but de saboter le fonctionnement des services publics dans les zones tenues par le gouvernement en représailles pour la libération de d’Alep-Est.

 

Comme nous l’avons écrit hier :

 

Après la libération de la partie orientale de la ville d’Alep par les forces gouvernementales syriennes, les rebelles locaux et les habitants de la vallée de la rivière Barada étaient prêts à se réconcilier avec le gouvernement syrien. Mais les Takfiris d’al-Qaida ne le voulaient pas et ils ont pris la relève. Depuis, la zone est sous le contrôle total d’Al-Qaïda et donc en dehors du récent accord de cessez-le-feu.

 

Le 22 décembre, l’approvisionnement en eau de Damas a été soudainement contaminé par du diesel et n’est plus consommable. Le lendemain, les forces gouvernementales syriennes ont lancé une opération pour reprendre la zone et reconstituer les réserves d’eau.

 

Des photos et une vidéo diffusées sur les médias sociaux (qui ont depuis été enlevées mais que j’ai vues quand elles ont été postées) montrait l’installation de traitement de l’eau truffée d’explosifs. Le 27 décembre, l’installation a explosé et a été en partie détruite.

 

Le gouvernement syrien est prêt à envoyer des équipes pour réparer les installations pour que les millions de civils de Damas puissent avoir de l’eau. Mais l’accès au site leur est refusé et l’armée syrienne tente maintenant de chasser Al-Qaïda et ses alliés de la zone.

 

Curieusement, certains groupes « civils » ont offert au gouvernement syrien de le laisser accéder au site aujourd’hui à plusieurs conditions (pas agréables) :

 

Hassan Ridha @sayed_ridha - 2:10 AM - 3 jan 2017

Déclaration de Wadi Barada : nous laisserons des équipes réparer la source d’eau si l’Armée arabe syrienne et le Hezbollah cessent d’attaquer, si le siège est levé et si le cessez-le-feu est surveillé par des observateurs internationaux
[pièce jointe]

 

EHSANI2 @ EHSANI22 - 6:43 AM - 3 jan 2017

L’opposition offre de marchander l’accès à la source d’eau pour #Damas contre l’arrêt des opérations militaires de l’armée [pièce jointe]

 

Voici la pièce jointe aux deux tweets. Notez qui l’a signée :

Regardez les logos des organismes qui ont signé. Vous reconnaîtrez probablement celui qui est au milieu de la deuxième rangée. Le voici agrandi :

 

Et voici l’original de ce logo copié directement sur le site Web de l’organisation de défense civile syrienne alias les Casques blancs :

 

Les organisations qui offrent de lever le blocus de l’eau de Damas pensent évidemment qu’elles ont le pouvoir de le faire. On peut donc penser qu’elles sont aussi responsables du maintien du blocus. Elles doivent également avoir des relations intimes avec les combattants d’al-Qaïda qui occupent actuellement les installations d’eau endommagées.

 

Les Casques blancs créés et payés par les gouvernements américain et britannique sont en train de bloquer de manière « neutre, impartiale et égale pour tous les Syriens » l’approvisionnement en eau de 5 millions de Syriens à Damas. Des militaires américains et des officiers de la CIA dirigent les « QG d’opérations » en Jordanie et en Turquie qui mènent l’insurrection.

 

Cela augmente le soupçon que le blocus fait partie d’une réponse organisée par les ennemis de la Syrie à la récente libération d’Alep-Est. Comme je l’ai dit hier :

 

Cette coupure d’eau fait partie d’une stratégie plus large, apparemment coordonnée, visant à priver toutes les zones tenues par le gouvernement de services publics. Il y a deux jours, l’Etat islamique a fermé un important accès à l’eau d’Alep sur l’Euphrate. Les poteaux électriques à haute tension des lignes qui alimentent Damas ont été détruits et l’accès en a été refusé aux équipes de réparation, contrairement à ce qui se passait auparavant. L’approvisionnement en gaz de certaines parties de Damas est également coupé.

 

Même après 14 jours de crise de l’eau à Damas, aucun média « occidental » ne souffle mot du blocus imposé par al-Qaïda à 5 millions de Syriens. Nous pouvons être sûrs qu’ils n’écriront pas un mot sur les millions de civils à Damas pris illégalement en otages par leur organisation de propagande préférée, les Casques blancs.

 

Moon of Alabama
3 janvier 2017

Traduction : Dominique Muselet

Lire la suite

« Les Casques blancs » participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens. Par Moon of Alabama

5 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie

« Les Casques blancs » participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens

 
 
 
 

Le 22 décembre, l’approvisionnement en eau de Damas a été soudainement contaminé par du diesel et n’est plus consommable.

« Les Casques blancs » participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens.  Par Moon of Alabama

 

« Les Casques blancs » financés par GB/USA participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens

Le blocus de l’eau de Wadi Barada qui assoiffe 5 millions de personnes à Damas prend une tournure intéressante. L’organisation des Casques blancs financée par les États-Unis et le Royaume-Uni semble y être directement impliquée. Cela augmente le soupçon que le blocage illégal de l’eau que subissent les civils de Damas fait partie d’une campagne organisée par les États-Unis. La campagne a pour but de saboter le fonctionnement des services publics dans les zones tenues par le gouvernement en représailles pour la libération d’Alep-Est.

Comme nous l’avons écrit hier:

Après la libération de la partie orientale de la ville d’Alep par les forces gouvernementales syriennes, les rebelles locaux et les habitants de la vallée de la rivière Barada étaient prêts à se réconcilier avec le gouvernement syrien. Mais les Takfiris d’al-Qaida ne le voulaient pas et ils ont pris la relève. Depuis, la zone est sous le contrôle total d’Al-Qaïda et donc en dehors du récent accord de cessez-le-feu.

Le 22 décembre, l’approvisionnement en eau de Damas a été soudainement contaminé par du diesel et n’est plus consommable. Le lendemain, les forces gouvernementales syriennes ont lancé une opération pour reprendre la zone et reconstituer les réserves d’eau.

Des photos et une vidéo diffusées sur les médias sociaux (qui ont depuis été enlevées mais que j’ai vues quand elles  ont été postées) montrait l’installation de traitement de l’eau truffée d’explosifs. Le 27 décembre, l’installation a explosé et a été en partie détruite.

Le gouvernement syrien est prêt à envoyer des équipes pour réparer les installations pour que les millions de civils de Damas puissent avoir de l’eau. Mais l’accès au site leur est refusé et l’armée syrienne tente maintenant de chasser Al-Qaïda et ses alliés de la zone.

Curieusement, certains groupes « civils » ont offert au gouvernement syrien de le laisser accéder au site aujourd’hui à plusieurs conditions (pas agréables):

 

« Les Casques blancs » participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens.  Par Moon of Alabama

Plus grand

Regardez les logos des organismes qui ont signé. Vous reconnaîtrez probablement celui qui est au milieu de la deuxième rangée. Le voici agrandi :

« Les Casques blancs » participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens.  Par Moon of Alabama

Et voici l’original de ce logo copié directement sur le site Web de l’organisation de défense civile syrienne alias les Casques blancs :

« Les Casques blancs » participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens.  Par Moon of Alabama

Les organisations qui offrent de lever le blocus de l’eau de Damas pensent évidemment qu’elles ont le pouvoir de le faire. On peut donc penser qu’elles sont aussi responsables du maintien du blocus. Elles doivent également avoir des relations intimes avec les combattants d’al-Qaïda qui occupent actuellement les installations d’eau endommagées.

Les Casques blancs créés et payés par les gouvernements américain et britannique sont en train de bloquer de manière « neutre, impartiale et égale pour tous les Syriens » l’approvisionnement en eau de 5 millions de Syriens à Damas. Des militaires américains et des officiers de la CIA dirigent l’insurrection depuis les « QG d’opérations » en Jordanie et en Turquie.

Cela augmente le soupçon que le blocus fait partie d’une réponse organisée par les ennemis de la Syrie à la récente libération d’Alep-Est. Comme je l’ai dit hier:

Cette coupure d’eau fait partie d’une stratégie plus large, apparemment coordonnée, visant à priver toutes les zones tenues par le gouvernement de services publics. Il y a deux jours, l’Etat islamique a fermé un important accès à l’eau d’Alep sur l’Euphrate. Les poteaux électriques à haute tension des lignes qui alimentent Damas ont été détruits et l’accès en a été refusé aux équipes de réparation, contrairement à ce qui se passait auparavant. L’approvisionnement en gaz de certaines parties de Damas est également coupé.

Même après 14 jours de crise de l’eau à Damas, aucun média « occidental » ne souffle mot du blocus imposé par al-Qaïda à 5 millions de Syriens. Nous pouvons être sûrs qu’ils n’écriront pas un mot sur les millions de civils à Damas pris illégalement en otages par leur organisation de propagande préférée, les Casques blancs. [En effet nos médias n’en ont pas parlé, ndlr]

Moon of Alabama | Janvier 03, 2017

Original: http://www.moonofalabama.org/2017/01/usuk-paid-white-helmets-help-blocking-water-to-5-million-thirsty-syrians.html#more

Traduction de l’anglais par Dominique Muselet

Source: http://arretsurinfo.ch/les-casques-blancs-participent-au-blocus-de-leau-qui-assoiffe-5-millions-de-syriens/

Lire la suite

L'entourage de Fillon prend ses distances avec l'escapade syrienne de Mariani. Le Figaro.

5 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère

L'entourage de Fillon prend ses distances avec l'escapade syrienne de Mariani

Le raïs syrien, Bachar el-Assad et le député des Français de l'étranger, Thierry Mariani, lors d'une précédente visite.

Le raïs syrien, Bachar el-Assad et le député des Français de l'étranger, Thierry Mariani, lors d'une précédente visite. Crédits photo : HO/AFP

VIDÉO - Le député filloniste se rend à Alep ce jeudi avec deux autres parlementaires. Les proches du candidat tiennent à préciser qu'il n'est en rien concerné par cette «initiative personnelle».

François Fillon ne veut pas être lié de près ou de loin à l'initiative explosive de l'un de ses soutiens. L'ancien ministre Thierry Mariani est attendu jeudi en Syrie. Il y séjournera jusqu'à dimanche. Accompagné des députés Nicolas Dhuicq (LR) et de Jean Lassalle (ex-MoDem), Thierry Mariani est attendu à Alep. Dans la deuxième ville de Syrie, reprise aux rebelles par les forces du régime, les trois élus célébreront, vendredi, le Noël arménien. Sur place, «des rencontres avec des personnalités de sensibilités différentes sont prévues», assure Jean Lassalle.

Un rendez-vous avec Bachar el-Assad est également envisagé à Damas. Puis la petite délégation prendra lundi la route pour Beyrouth, la capitale libanaise distante de quelques dizaines de kilomètres. Là, le nouveau président Michel Aoun devrait les recevoir. Le général maronite est un allié de Bachar el-Assad et du Hezbollah.

L'ensemble du séjour est organisé par l'association SOS Chrétiens d'Orient, réputée proche du régime syrien. Ferme soutien de la Russie, Thierry Mariani est un habitué des voyages en Syrie. Lors de la reprise d'Alep par l'armée de Bachar el-Assad, il se félicitait d'ailleurs de cette reconquête auprès du Figaro: «Ceux qui combattent le terrorisme devraient s'en féliciter».

 

Mais l'entourage de François Fillon ne veut pas qu'une poignée de main entre le député et le raïs syrien soit utilisée par ses concurrents à l'élection présidentielle. Le 15 décembre dernier, en pesant chaque mot, le candidat de la droite a estimé qu'il était impératif de mettre le régime syrien autour de la table des négociations. Pas question de voir cette position brouillée alors que l'ancien premier ministre est déjà attaqué sur son projet de réforme de la sécurité sociale. «C'est une initiative individuelle qui n'engage que Thierry Mariani», prévient Bruno Le Maire auprès du Figaro. L'ancien ministre, qui représente Fillon pour les questions internationales, insiste: «Thierry Mariani fait librement son travail de parlementaire mais il n'est porteur d'aucun message de François Fillon qui n'est aucunement engagé» par ce déplacement. Même son de cloche du côté de Thierry Solère, le porte-parole du candidat: «C'est une initiative personnelle qui n'est pas dictée par François Fillon. Il n'est pas associé à cette démarche». «Il faut manier la diplomatie parlementaire avec précaution», glisse par ailleurs le député LR.

Signe de la prudence des fillonistes, la délégation comptera de nombreux absents. Valérie Boyer, très proche du candidat, qui s'était rendue à un déplacement similaire en mars 2016, n'a pas souhaité participer à celui-ci. «Le but de ce voyage est de témoigner un signe de soutien et compassion à la population syrienne et de faire remonter un message à l'ensemble des responsables politiques français», observe Thierry Mariani. «Quel que soit le candidat qui gagnera, il faudra ré-ouvrir notre représentation diplomatique à Damas (...) Bachar el-Assad est un acteur encore plus incontournable qu'il y a quelques mois», complète l'ancien ministre.


Le candidat à l'élection présidentielle, Jean Lassalle

Le candidat à l'élection présidentielle, Jean Lassalle Crédits photo :

Lassalle: «J'ai absolument besoin de comprendre par moi-même»

Dans la délégation qui va se rendre en Syrie jeudi, se trouvera un candidat à l'élection présidentielle. «J'ai absolument besoin de comprendre par moi-même comment un drame d'une telle ampleur peut se produire», explique Jean Lassalle. L'élu des Pyrénées-Atlantiques assure que s'il se trouve face à Bachar el-Assad, il «posera, avec les formes, toutes les questions (qu'il) pense indispensables à poser». «C'est quand même Assad et la Russie qui portent les coups les plus durs» à l'Etat islamique, juge Jean Lassalle. «Je suis conscient de l'action réelle de ceux qui m'accompagnent et de l'image qui est la leur. Il y a que des coups à prendre en y allant. Mais si on n'aime pas les coups, alors on ne fait pas de politique. Si je ne vais pas en Syrie, alors je fais quoi? Je reste chez moi et je deviens un commentateur à la télévision?», s'interroge le candidat.

Lire la suite

Entretien avec Jacques-Marie Bourget , écrivain, journaliste et grand reporter : « Le monde occidental a entraîné les Syriens dans un piège ». Écrit par Khaled Zeghmi.

4 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Daesch

lundi, 02 janvier 2017 06:20

Entretien avec Jacques-Marie Bourget , écrivain, journaliste et grand reporter : « Le monde occidental a entraîné les Syriens dans un piège » 

Écrit par  Khaled Zeghmi.
 
Entretien avec Jacques-Marie Bourget , écrivain, journaliste et grand reporter : « Le monde occidental a entraîné les Syriens dans un piège »
 

Ecrivain, journaliste et grand reporter français ayant notamment travaillé pour des journaux et magazines tels que le Canard enchaîné, Paris Match ou L’Express, et collaborant aujourd’hui avec Mediapart et Afrique Asie,

Jacques-Marie Bourget, spécialiste des pays en conflits du Moyen-Orient, tout particulièrement de la question palestinienne dont il est lui-même l’une des victimes, après avoir été grièvement blessé par un tir de fusil M-16, revient pour nous dans cet entretien sur la libération de la ville d’Alep par les forces gouvernementales syriennes et l’entrée en vigueur du cessez le feu dans les différentes villes de Syrie. Il aborde également le traitement médiatique des conflits de la région par les grands médias français, mais aussi le rôle des dirigeants de son pays -de gauche comme de droite- dans l’aggravation de la situation en Syrie.

Reporters : La crise syrienne, et plus particulièrement les derniers développements dans la ville d’Alep, préoccupe aujourd’hui la « communauté internationale ». Quelle est votre point de vue sur la question ? Et que représente, selon vous, la libération (ou la chute, c’est selon) de la partie Est d’Alep pour la suite du conflit ?
Jacques-Marie Bourget : On ne peut parler avec froideur d’un événement aussi douloureux. Dire des « vérités » sur ce drame ce n’est pas oublier ou mépriser les victimes. Ayant, comme reporter, assisté à tant de guerres, je connais le prix du sang, celui que l’on n’évalue jamais dans les communiqués diplomatiques ou de presse. Le monde occidental a entraîné les Syriens dans un piège. Voilà près de vingt ans que les Etats-Unis et son allié Israël, tentent d’obtenir un changement de régime en Syrie. C’est-à-dire l’éclatement d’un pays qui ne peut rester tout entier sans avoir à sa tête un régime en béton. Les Occidentaux rêvent depuis longtemps de démembrer le Moyen-Orient. Mission assez facile puisque nous trouvons-là, dans des frontières tracées par les pays colons l’Angleterre et la France, une myriade de groupes religieux et ethniques où les thèmes de divisions sont multiples. Si des « printemps arabes » ont bien existé, leur vie fut brève. Je veux dire la révolte initiale et légitime de populations vivant dans des conditions économique et de liberté indignes. Cette rébellion a été brève puisque tout de suite prise en main par des « ONG » américaines qui, elles, marchent aux consignes données par Washington et Wall Sreet. Je veux parler des machines de guerre pilotées par le milliardaire George Soros, par Madeleine Albright, avec parapluie de la CIA. Ce sont eux les parrains des « révolutions » Orange expérimentées en Serbie, puis en Géorgie avant de mettre en place un régime corrompu en Ukraine. C’est cette médecine qui a été appliquée à la Tunisie, en Egypte, en Libye et en Syrie. On alimente une juste révolte, on lui donne un coup de main. Puis, quand le pouvoir, lâché par Washington, vacille, on met en place un « processus électoral » dont on sait qu’il va porter au pouvoir les Frères Musulmans, puisque c’est la seule force politique organisée. C’est le schéma utilisé en Syrie pour abattre Bachar Al-Assad. Mais ici la résistance du régime a été si farouche que la répétition de ce qui s’est passé en Egypte et en Tunisie n’a pas fonctionné. Pire, ce sont Al Qaïda et Daech qui ont pris la place de révoltés. Alors que faire ? Accepter de livrer une Syrie brisée à un Califat ? Choix impossible pour des démocrates, et pour les voisins de la Syrie, c’est-à-dire la Russie et l’Iran, puisqu’Israël s’accommode bien d’un islamisme « radical » qui ne lui veut aucun mal. Il fallait donc qu’Alep soit débarrassée de ses djihadistes. Et c’est ce que Bachar et ses alliées ont fait. J’allais dire ils n’avaient pas le choix. Observons que parmi les supporteurs de Bachar on trouve le Parti Communiste syrien. Ce PC qui a tant souffert de la police de la famille Assad a compris que, sans le maintien en place de ce dernier avatar de la dynastie, c’était la mort et la disparition du pays.


Le parti pris clair, et le manque flagrant d’objectivité de l’ensemble des grands medias français (mais aussi d’autres pays, arabes notamment) dans le traitement de la crise syrienne suscite l’incompréhension La presse est-elle «libre» dans le traitement de la situation en Syrie ?
On avait cru comprendre, après les mensonges de Bush en Irak, mensonges reproduits et amplifiés par la presse, qu’une page allait se tourner. Il n’en est rien. On a les mêmes mensonges, les mêmes vidéos « dramatiques » tournées non pas à Alep, mais dans un décor en Irak. On a les « casques blancs » pris au sérieux et mis en scène. Des « journalistes citoyens » (comme si les autres ne l’étaient pas) qui ne sont rien d’autres que des djihadistes équipés de caméras et de relais Facebook. On possède les mots utiles, par exemple le journaliste doit parler de l’usage de gaz de combat, de « barils d’explosif ». Ce fameux gaz sarin, imaginé par le journal Le Monde, n’a jamais été lancé par les troupes de Bachar. C’est ce que démontrent, jusqu’à aujourd’hui, les enquêtes de l’ONU. Pour ce qui est des « barils », ça fait une image, elle est terrible, mais ces armes de fortune, si je peux dire, sont moins dangereuses qu’un bon missile ou une bombe acheté à la France ou à l’Amérique. La presse a réussi à convaincre une bonne partie du public que ces terroristes, ceux qui sont venus mitrailler, écraser des civils en Europe, que ces « rebelles syriens », étaient subitement des martyrs qu’il fallait protéger. C’est incompréhensible. Mais la presse française est moribonde, sans doute étouffée par ses mensonges.


Quelle serait votre commentaire sur l’action politique française (de gauche comme de droite) concernant la crise syrienne ?
Nicolas Sarkozy qui était, à la demande de l’émir du Qatar, devenu l’ami de Bachar a joué un grand rôle dans le départ de la guerre. Sarkozy a puni Bachar pour son refus de valider le tracé d’un pipeline, en Syrie, celui qui devait favoriser la passe du gaz du Qatar plutôt que celui venu d’Iran. C’est un des éléments. Une guerre a toujours une raison économique. Après cela, Hollande a pris le pas rythmé par Washington et Netanyahou. Le « droit » et même le « devoir d’ingérence » a été le libre passeport : il fallait écraser le tyran. Dans le même temps, Hollande embrassait les princes de la monarchie dictatoriale d’Arabie pour broyer le Yémen… Subitement les « droits de l’homme » étaient alors priés de rester au vestiaire. Imaginez qu’Hollande a voulu entrainer Obama dans un bombardement de Damas ! Heureusement, après un test, les Américains se sont rendu compte que les défenses russes, installées en Syrie, étaient telles que toute attaque était très dangereuse sinon vaine. Hollande est le portrait craché de ce Mitterrand qui, en Algérie, a actionné la guillotine ou fait donner le canon contre les villages, et fermé les yeux sur la torture.


Depuis quelques années la question palestinienne est totalement absente dans les médias occidentaux (et français), en tant que journaliste, et auteur de plusieurs ouvrages sur la Palestine, comment expliquez-vous cette situation ?
La question palestinienne est morte en même temps que les tours de Manhattan se sont écroulées. La cause, dans les discours de l’Occident, s’est confondue avec les attaques terroristes. En Europe la défense de la Palestine est devenue la bataille, presque exclusive de l’islamisme, des relais du Hamas. Tout cela conduit à une confusion, Palestine, Hamas, djihad, barbus : tous dans le même sac ! En France on a pu lire dans la presse qu’en écrasant Ghaza, Israël « nous protégeait du terrorisme ». Aujourd’hui, contre les islamistes violents, on demande aux militaires et policiers, de prendre modèle sur Israël. On confond état de droit et colonisation. Et le soi-disant sursaut d’Obama, juste avant son départ, n’est qu’un geste de comédie.


Selon vous que pourrait changer l’arrivée d’une nouvelle administration aux Etats-Unis sur la question palestinienne ?
Trump ? Je n’en sais rien. Il est ultra réactionnaire. Il ne connait rien outre le béton et les femmes blondes. Tout dépend de ses « conseillers ». Je pense que la période va être terrible. Qu’elle va faire naître un nouveau radicalisme au sein du mouvement national palestinien, ou ce qu’il en reste. Les Palestiniens sont dans leur droit, et sont irréductibles. Trump veut le chaos ? Il va l’avoir en boomerang.


Vous êtes vous-même une victime du conflit au Moyen Orient, quelle est votre situation aujourd’hui ? Pourrions-nous avoir un commentaire de votre part sur le rejet de votre plainte par la Cour de cassation.
En octobre 2000 j’ai été la victime, à Ramallah, d’un tir volontaire d’un soldat israélien. Très gravement touché au poumon par une balle de M16, je suis un miraculé. J’ai lancé un procès contre Israël… Faute de collaboration la justice française a été contrainte de capituler. J’ai ensuite lancé une procédure pour obtenir la reconnaissance de ma situation de victime. Après un succès en Cour d’appel, j’ai perdu en Cassation. Il sera dit que j’ai souffert d’un tir sans être pour autant victime… Dans l’indifférence quasi générale de la profession et des politiciens, je continue de me battre. Ce qui, par parenthèse, coûte une fortune.


Vous dites que de nouveaux développements juridique et politique ont joué en votre défaveur, que voulez-vous dire par des ‘’développements politiques’’ ?
Disons qu’en France je suis tracé, « suivi » par les organismes du renseignement sioniste, mon compte Facebook est chaque jour décortiqué. Mon dossier est « signalé », ce qui veut dire que, pour me donner raison, il faut des juges indépendants et courageux.


Quelles sont pour vous les prochaines étapes, porterez-vous l’affaire à d’autres juridictions ? (européennes ou internationales)
Si je dois perdre lors d’une nouvelle procédure d’appel… J’irai devant le Cour européenne. Si je suis encore en vie. 

Lire la suite

Bassam TAHHAN Eveil Critique n 6 ~ 2 janvier 2017

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie

Bassam TAHHAN Eveil Critique n 6 ~

 

Ajoutée le 2 janv. 2017

Chronique "Eveil Critique" n°6.
Intitulé de l'émission :
"Arméniens de Syrie, les laissés-pour-compte"

Le géopolitologue et islamologue franco-syrien, Bassam Tahhan, en collaboration avec Eveil Français TV, propose une analyse d'un sujet de fond pour éclairer la réflexion du téléspectateur.

Lire la suite

La responsabilité des récitants de mantras – La liberté de la presse en question. Le 03 janvier 2017 par Chems Eddine Chitour

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les média

La responsabilité des récitants de mantras – La liberté de la presse en question


 
La responsabilité des récitants de mantras – La liberté de la presse en question.  Le 03 janvier 2017 par Chems Eddine Chitour

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/01/P170102-09.jpg

Il n'y a pas de presse au sens professionnel du terme

Il n’y a pas de presse au sens professionnel du terme

«Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi!» John Swinton, célèbre journaliste, le 25 septembre 1880, lors d’un banquet à New York quand on lui propose de porter un toast à la liberté de la presse (Labor’s Untold Story, de Richard O. Boyer and Herbert M. Morais, 1955/1979.)

Comment perdurent les conflits créés par les hommes? On peut invoquer mille et une raisons! Dans cette réflexion nous allons zoomer sur l’immense responsabilité du quatrième pouvoir qui est celui de l’information. C’est un fait! Il n’y a pas de presse libre; un exemple nous est donné par le journal Le Monde qui fut un journal de référence il y a bien longtemps. Dans un éditorial intitulé: «Syrie: le crime de trop appelle une riposte» appelant au meurtre et à la curée, Natalie Nougayrede du Journal Le Monde, ne laisse aucune place au doute. Ses références à prendre comme du pain béni sont occidentales. Poursuivant la technique du boutefeux, elle incite à la fierté: «La crédibilité des pays occidentaux, qui avaient parlé à des degrés divers de «ligne rouge», est en jeu…Un autre exemple sous la plume de la même boutefeux: «Iran: bombarder ou pas?» Madame Nougayrede s’empare de l’imaginaire des lecteurs, en leur imposant de fait sa certitude; il faut bombarder l’Iran, mais quand? Enfin, on ne peut pas ne pas citer la fascination de la journaliste pour Bernard-Henri Lévy et son épopée dans le lynchage d’El Gueddafi. Mais ce journal n’est pas le seul média français se livrant à la désinformation outrageuse. La radio RTL (1ère radio) rivalise avec le journal Le Monde, car en plus d’abêtir les auditeurs, elle se complaît dans la collaboration avec l’impérialisme occidental, dominé par le système anglo-saxon.

Le mensonge érigé en dogme du magister dixit

Le très puissant New York Times symbolise bien l’année médiatique difficile des médias occidentaux. Ses dirigeants ont même appelé à se remettre en question L’année écoulée s’est montrée difficile pour les médias de masse occidentaux. Entre prévisions erronées, crédibilité entachée et manque de confiance de la part de la population, certains ont même appelé à se remettre en question. «Les médias d’information ont largement manqué ce qui se passait autour d’eux…» Cette analyse de Jim Rutenberg, médiateur du très célèbre New York Times, au lendemain de l’élection de Donald Trump, est à l’image de l’année médiatique de bon nombre de titres de presse occidentaux. Que ce soit à propos du Brexit, de l’élection présidentielle américaine ou des chances de François Hollande de faire un second mandat, 2016 s’est montrée cruelle pour les médias mainstream. La réalité a balayé la plupart de leurs prévisions au sujet de ces grands événements qui ont marqué l’année. Mais plus que ces analyses ratées, c’est au niveau même de la couverture de certains sujets comme la bataille d’Alep qu’ils sont critiqués. Le niveau de défiance de la population occidentale envers ses médias atteint désormais des sommets.» (1)

Alep, tombeau du mainstream?

La libération de la seconde ville de Syrie par l’armée de Bachar el-Assad et ses alliés a été l’un des événements les plus marquants de cette fin d’année. Avant que Damas annonce le 22 décembre avoir repris le contrôle de la totalité de la ville, de nombreux médias occidentaux ont accusé l’armée arabe syrienne d’avoir commis des exactions sur les civils d’Alep-Est. La ville aurait été «en flammes», noyée sous les bombardements des avions syriens et russes et la majorité de la presse occidentale plaignait le sort des «rebelles modérés» en passe de perdre la bataille. La machine médiatique en marche a cependant été freinée à plusieurs reprises par des voix discordantes de plus en plus nombreuses. Notamment celle de l’humanitaire français Pierre Le Corf, «Beaucoup de médias ont diffusé des scènes de massacres, […] des gens brûlés vivants», a-t-il déclaré à Sputnik le 14 décembre, ajoutant qu’«en étant ici je n’ai jamais entendu parler de ça. J’ai entendu parler de ça dans les médias. […] Ça me semble difficile à vérifier.» Visiblement agacé par les publications de l’humanitaire montrant des gens heureux de la libération de la ville, plusieurs médias ont attaqué sa crédibilité, l’accusant d’être à la solde du «régime syrien». (1)

De même, la journaliste indépendante canadienne Eva Bartlett a beaucoup fait réagir après son intervention lors d’une conférence de presse organisée par la mission syrienne auprès de l’ONU. Répondant à la question d’un journaliste norvégien, elle avait fait voler en éclat la rhétorique des médias mainstream sur la Syrie. Elle avait notamment évoqué le manque de crédibilité des sources des journalistes occidentaux comme l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) ou les fameux Casques blancs et avait nié les accusations d’une partie de la presse qui voulait que l’armée de Bachar el-Assad ait commis des crimes sur des civils. (2)

Vanessa Beeley, journaliste indépendante britannique, a également fait parler d’elle en démontant le mythe des Casques blancs. Présentés par une partie de la presse comme une ONG humanitaire, ils ont même été pressentis pour obtenir le prix Nobel de la paix. «Il y a des preuves du soutien aux terroristes en Syrie par ‘les Casques blancs »».

Les mensonges assumés et têtus des médias français

Dans le paysage audiovisuel français aussi, certaines voix bravent la doxa sur la Syrie. Le 21 décembre, Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) était l’invité d’Yves Calvi sur LCI. Dénonçant «une falsification de l’information qui est énorme» concernant Alep, il a tenu à livrer quelques éclaircissements: «Il y a un tiers des quartiers d’Alep, seulement un tiers, qui sont victimes des bombardements, et – j’insiste – c’est un tiers de la ville où des djihadistes dangereux sont présents et ce sont ces djihadistes qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens et sur le reste de la ville ce dont on ne parle jamais.» «On se fait rouler dans la farine avec Alep?», s’était même interrogé Yves Calvi qui tenta de se distancer de la réalité qu’il a contribué à marteler en boucle. Le dernier coup dur à la version dominante sur Alep est venu d’une actrice et réalisatrice bolivienne de retour d’un séjour de huit mois en Syrie pour tourner un documentaire. (..) Sur CNN le 21 décembre, elle est également revenue sur les tweets de Bana, la petite fille syrienne qui racontait son quotidien d’enfant à Alep-Est c’est juste impossible. J’ai été sur place… franchement… il n’y a pas d’Internet, spécialement dans cette partie d’Alep, il n’y a pas d’électricité depuis plus de 85 jours, je ne pense pas qu’elle était à Alep. Montrez-moi une vraie vidéo du moment où elle est exfiltrée d’Alep-Est.»(4)

L’intellectuel Alain de Benoist n’y va par quatre chemins: Il dénonce une douce complicité. Il écrit: «La grande majorité des journalistes est sincère. Ils sont persuadés d’être toujours dans le vrai parce qu’ils sont victimes de stratégie de persuasion qu’ils relaient. L’immense majorité adhère à la vulgate, libérale libertaire, ce mélange d’idéologie des droits de l’homme de convenance, d’antiracisme, de progressisme, mais de révérence au marché du politiquement correct. Ils en reprennent tous les mantras, unanimismes à condamner le populisme, le protectionnisme, l’identité, la souveraineté, tous persuadés que les hommes sont partout les mêmes et que leur avenir est de convenir au grand marché mondial. Le métier de journaliste n’est pas facile, il demande de l’humilité et non un surcroit de prétention.» (5)

Un exemple d’enfumage même des plus grands journaux? «Reprenant sans pincettes un rapport du FBI, le très sérieux Washington Post a assuré que le piratage d’une centrale électrique du Vermont avait été organisé par la Russie. Le problème? La fameuse centrale a indiqué… qu’elle n’avait pas été hackée. Sans prendre la précaution de vérifier l’information, venue de supposition des services de renseignements américains, le journal n’hésite pas à relayer le commentaire incendiaire du gouverneur démocrate de l’Etat du Vermont, Peter Shumlin, qui qualifie Vladimir Poutine de «l’un des plus gros voyous du monde», conclut, un brin hâtivement: «Cet épisode devrait souligner le besoin urgent pour notre gouvernement fédéral [américain] de pourchasser vigoureusement et de mettre un terme à ce genre d’ingérence russe.»(6)

La fabrication de la normalité

C’est par ces mots que C.J. Hopkins définit le sacerdoce de la presse mainstream qui s’invente des fausses nouvelles contre lesquelles elle doit lutter: Il écrit: «Vers la mi-novembre, à la suite de la défaite d’Hillary Clinton les autoproclamés Gardiens de la Réalité, mieux connus sous le nom de médias tenus par le monde des affaires, ont lancé une campagne mondiale de marketing contre le maléfique et perfide fléau des «fausses nouvelles». Cette campagne a maintenant atteint le stade de l’hystérie. Les médias de l’ensemble de l’Empire diffusent quotidiennement des avertissements terrifiants sur la menace imminente et existentielle contre nos libertés, la menace des«fausses nouvelles».(…) Qui est derrière cette menace de «fausses nouvelles»? Eh bien, Poutine naturellement, mais pas seulement Poutine. (…) Heureusement pour nous, les médias d’entreprise sont à fond sur la piste de cette bande de scélérats. Comme vous le savez sans doute, le Washington Post a publié récemment un sensationnel article qui diffame sans vergogne des centaines de publications alternatives (comme celle que vous lisez) en les traitant de «camelots de la propagande russe». (…) Une foule de publications dangereusement extrémistes, comme CounterPunch, The Intercept, Rolling Stone, The Nation, The New Yorker, Fortune Magazine, Bloomberg et US News & World Report, ont fustigé le Washington Post pour ses pratiques journalistiques «bâclées», «douteuses» ou de bas niveau. L’obsession actuelle des médias à l’égard des «fausses nouvelles» cache le fait qu’il n’y a pas de «vraie nouvelle» et produit simultanément «de vraies nouvelles», ou plutôt leur apparence. (7)

Les citoyens s’informent lucidement d’une façon alternative

Ariane Walter a, à sa façon, décrit le combat des sans-dents pour une vraie information. «2016 a été l’année la plus surprenante, la plus folle, la plus prometteuse. Les grands prédateurs qui dirigent et saignent notre monde se sont pris claque sur claque. Les réseaux sociaux qui sont la voix des sans-dents, ont été tellement vifs, actifs, drôles, puissants, que la clique agonisante, dans un dernier gargouillis, balbutie qu’elle veut les interdire! Dans les merveilleux souvenirs de 2016, nous avons d’abord, débordant des poubelles de l’Histoire, les têtes des médias dits les merdias, qui ont pris une saucée mémorable. Ils prévoyaient un «non» au Brexit. Ce fut un «Oui». Ils prévoyaient Clinton, ce fut Trump. Ils prévoyaient Juppé, ce fut Fillon. (…) Quelle belle année, avec au pied de la guillotine les têtes de Clinton, Obama, Cameron, Sarkozy, Juppé, Renzi, Hollande!!! (…)Parce que nous le voulons, parce que nous le disons, parce que les myriades de barques de notre humanité humaine sont prêtes à voler tant 2016 a été si surprenante, si drôle, si prometteuse, si quantique dans son explosion irrépressible et libre!! 2017, pupuce, tu as un sacré héritage!» (8).

Et en Algérie?

Avons-nous une presse libre? Avons-nous une presse professionnelle, Mon sentiment après avoir contribué modestement à l’émergence de la presse «libre» est qu’il n’y a pas de presse au sens professionnel du terme. Il n’y a pas de presse libre. A des degrés divers et pour des raisons diverses notre presse ne peut pas dire ce qui est dans un sens ni dans l’autre. Certaines fois l’action du gouvernement – même si elle est constructive, ne trouve pas grâce à ses yeux. D’autre fois c’est le contraire c’est «la pommade» sans retenue. S’agissant de l’appréciation de la situation internationale, en règle générale, il n’y a pas de mon point de vue d’analyse objective il y a un suivisme sans un minima de critiques, l’exemple de la situation en Syrie est symptomatique, pratiquement tous les journaux dits «libres» et de réputation répercutent la doxa occidentale participant ce faisant au formatage des imaginaires algériens dans le sens des médias mainstream allant jusqu’à répercuter des expressions toutes faites comme le mot «boucher» pour qualifier Assad, selon la lexicologie des BHL, des Fabius et les mantras concernant les élucubrations de l’Osdh qui fait une comptabilité macabre au jour le jour (150 morts par jour pendant 2000 jours) bien embusqué à Londres.

De l’autre côté, les journaux arabophones, ont en règle générale une opinion différente certaines fois justes, mais souvent pour des raisons idéologiques ou religieuses!

Enfin il y a les journaux du pouvoir condamnés à être des laudateurs sans état d’âme et ne pas sortir des clous. Le journaliste Pulitzer, fondateur du prix du même nom, fondé en 1917 recommande d’être sans pitié pour les escrocs:

«Il n’est pas un crime, pas un truc, pas un sale coup, pas une escroquerie, pas un vice qui ne perdure sans le secret qui l’entoure. Exposez ces faits au grand jour, décrivez-les, attaquez-les, ridiculisez-les dans la presse et tôt ou tard l’opinion publique les chassera. La publicité n’est peut-être pas la seule chose nécessaire, mais c’est une chose sans laquelle toutes les autres démarches resteront vaines.»

Le sociologue Pierre Bourdieu professeur au Collège de France recommandait pour sa part de donner la parole aux citoyens: «Il serait temps que les journalistes apprennent à reconnaître qu’un propos peut être très important intellectuellement ou politiquement, lors même qu’il émane d’un simple citoyen inconnu ou isolé, ou, au contraire, tout à fait insignifiant, lors même qu’il émane d’un homme politique «important» ou d’un porte-parole autorisé d’un «collectif», ministère, Église ou Parti.» Pour sa part et dans un hommage à Wilfred Burchett T.D. Allman écrit: «Le journalisme véritablement objectif non seulement rapporte correctement les faits, mais en tire leur véritable signification. Il résiste à l’épreuve du temps. Il est validé non seulement par des «sources sûres», mais aussi par le déroulement de l’Histoire.

C’est un journalisme qui, dix, vingt ou cinquante ans après les faits, tient encore la route et donne un compte-rendu honnête et intelligent des évènements.»

Tout est dit.

Pr Chems Eddine CHITOUR

1.https://francais.rt.com/international/31575-2016-annee-noire-pour-medias-mainstream
2.https://francais.rt.com/france/30697-quand-inrocks-pensent-denoncer-video-complotiste-se-font-recadrer-lecteurs…

La responsabilité des récitants de mantras – La liberté de la presse en question.  Le 03 janvier 2017 par Chems Eddine Chitour


3.https://francais.rt.com/opinions/27507-soutien-terroristes-casques-blancs…
4.https://francais.rt.com/international/31459-actrice-bolivienne-retour-syrie-met-a-mal-version-medias-occidentaux-alep…
5.http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/ici-les-journalistes-ne-sont-pas-les-victimes-de-la-censure-mais-les-vecteurs,264005
6.http://reseauinternational.net/le-washington-post-publie-la-fausse-histoire-dune-centrale-americaine-soi-disant-hackee-par-moscou/#ZZF2aGg4PwKzjg2O.99
7.C.J. Hopkins http://lesakerfrancophone.fr/la-fabrication-de-la-normalite
8.Ariane Walter https://www.legrandsoir.info/2016-l-annee-quantique.html

Chems Eddine Chitour

Professeur à l'Ecole Polytechnique d'Alger

Lire la suite

L’hécatombe de la guerre de Syrie, six ans après son déclenchement. Par René NABA. Partie II

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #l'horreur économique, #Israël et la Palestine

L’hécatombe de la guerre de Syrie, six ans après son déclenchement. Par René NABA.

Partie II 

L’hécatombe de la guerre de Syrie, six ans après son déclenchement. Par René NABA. Partie II

La Turquie

Indice prémonitoire ? Deux des plus grands conjurés de Syrie, la France et la Turquie, -ses anciens équarrisseurs-, porteront les stigmates de la guerre, symboliquement, le même jour à la sixième année du conflit, la France, avec le carnage de Nice du 14 juillet 2016 et la Turquie avec le coup d’état anti-Erdogan, le lendemain.

Ployant sous le souffle du boulet, Recep Tayyib Erdogan a dû auparavant sacrifier deux des plus proches collaborateurs, -Abdullah Gûl et Ahmet Davutoglu-, victimes de la boulimie du sultan ottoman, alors que la Turquie, fer de lance de la guerre contre la Syrie, est désormais en proie à une guérilla interne, victime à la fois de la recrudescence de l’irrédentisme kurde et des coups de butoir de Daech, leur pupille vindicatif.

Le contre-coup d’état d’Erdogan a débouché sur le bilan suivant : 18. 000 personnes placées en détention, parmi elles, 9.677 officiellement arrêtées et attendent de passer en jugement et 50. 000 passeports confisqués.
66.000 employés du secteur public, dont 43. 000 dans l’enseignement, ont été limogés, une centaine d’établissements scolaires fermés et les médias durement muselés.

130 médias ont été interdits, 89 mandats d’arrêts émis contre des journalistes. 45 journaux, 16 chaînes de télévision, 3 agences de presse, 15 magazines, 23 stations de radio et 29 maisons d’édition fermés dans le pays.
Des journalistes compatissants ont même été jusqu’à déplorer la solitude de la Turquie face à son environnement hostile, constitué, selon eux, d’une brochette d’«états voyous», d’états sans foi ni loi : la Russie, l’Iran, l’Irak et la Syrie.

C’est oublier un peu vite le statut privilégié de la Turquie, membre de l’OTAN, unique pays musulman d’ailleurs membre de l’alliance atlantique et sa sentinelle avancée sur le flanc sud de la Russie. C’est occulter son partenariat stratégique avec Israël, unique pays musulman, là aussi, disposant d’un tel statut, à tout le moins publiquement, de même que son rôle de base arrière du djihadisme planétaire dans la guerre de Syrie.

L’impunité, enfin, dont elle jouit du fait du génocide arménien ou encore sa féroce répression des Kurdes de Turquie.

Machiavélique, manipulateur, un tantinet démagogue, Reccep Tayyip Erdogan avait inauguré son règne par une diplomatie néo-ottomane se proposant d’aboutir à «zéro problème» avec son voisinage arabe. Au terme de treize ans de règne sans partage, le nouveau Sultan se retrouve avec «zéro ami» dans son environnement hostile et une foultitude de problèmes dans son homeland sur fond d’irrédentisme kurde et de politique vindicative de Da’ech, son ancien pupille.

En 2015-2016, Istanbul et Ankara ont été secouées par une série d’attentats qui ont fait près de 300 morts, des centaines de blessés et créé un climat de forte insécurité. Depuis juin 2015, la Turquie est régulièrement le théâtre d’attentats terroristes meurtriers qui ont tué au moins 200 personnes. Les deux derniers en date ont visé Istanbul, l’aéroport Atatürk, le 28 juin 2016, puis six mois plus tard, la discothèque Reina, le 1er janvier 2017, lors de la soirée du nouvel an, faisant 39 tués, dont 16 étrnagers et 69 blessés.

L’isolement de la Turquie a conduit Erdogan a renoué dans des conditions humiliantes avec Israël, sans la levée du blocus de Gaza, fragilisant la branche palestinienne des Frères Musulmans, en accentuant le discrédit de son chef politique Khaled Mecha’al, placé, désormais, inéluctablement, sur un siège éjectable.

L’Arabie Saoudite : 30 attentats Da’ech en 2015, soit un attentat tous les 12 jours

En tête du palmarès morbide sur le plan arabe figure l’Arabie Saoudite, l’incubateur du djihadisme salafiste et destructeur du Monde arabe, avec trois morts sur le tapis ainsi que la dilapidation du patrimoine financier du Royaume en même temps que la puissance économique arabe.

À la trappe, le roi Abdallah, Saoud Al Faysal, l’inamovible ministre saoudien des Affaires étrangères pendant quarante ans et tenant d’une ligne dure de la diplomatie islamiste, enfin le Prince Bandar Ben Sultan, le cappo di tutti cappi du djihadisme planétaire, le grand vaincu de la guerre de Syrie, en traitement médical prolongé s’apparentant à un meurtre politique symbolique.

Le royaume saoudien, lui, est embourbé dans le marécage yéménite dans une guerre dérivative à son combat contre son pupille Daech, promu au rang d’ennemi N°1 d’une bonne fraction de la planète, dont il subit impitoyablement les coups de butoir. 30 attentats rien qu’en 2015, soit un attentat tous les douze jours.

Mieux, la fin du Ramadan 2016 a été saluée par trois attentats notamment contre le consulat américain à Djaddah, le 4 juillet, le jour de la fête nationale américaine, contre une mosquée chiite à Qoteif, en zone chiite, ainsi que devant un barrage de sécurité à proximité du sanctuaire de La Mosquée du Prophète à Médine, à l’heure de l’Iftar, le repas quotidien qui marque la rupture du jeune. Ces attentats qui ont fait 4 morts et 5 blessés sont intervenus à quelques semaines du début du grand pèlerinage annuel de La Mecque et témoignent de la porosité des services de sûreté saoudiens.

Le Qatar : Waddah Khanfar (Palestine), Youssef Al Qaradawi (Egypte) et Ahmad Al Assir (Liban)

Deuxième dans l’ordre des vaincus arabes, le peit wahhabite, le Qatar, avec la démission forcée sur ordre de leur parrain américain des deux démiurges du «printemps arabe», l’émir du Qatar, Cheikh Khalifa Ben Hamad Al Thani, Air and Field Marshall de la campagne de Tripolitaine et de la Cyrénaique, et son cousin et premier ministre, Cheikh Hamad Ben (HBJ), le tandem qui se proposait de faire de Bab-Amro, banlieue de Homs, en Février 2012, le «Stalingrad du Moyen-orient».

Dans la même fournée des trappés de l’histoire, le voltigeur en chef du Qatar, le prédicateur de l’Otan, Cheikh Youssef Al Qaradawi et le néo-islamiste Waddah Khanfar, Directeur de la chaîne «Al-Jazira», dégagé de son poste aussitôt sa sale besogne accomplie pour pantoufler au Conseil d’administration de l’«Open Society» du milliardaire George Soros.

Au passif du Qatar aussi, le cheikh salafiste libanais Ahmad Al Assir voué à couper, depuis son faux fief de Saida, le ravitaillement stratégique du Hezbollah vers la zone frontalière libano-israélienne.

L’homme de paille du Qatar a été piteusement intercepté à l’aéroport de Beyrouth alors qu’il tentait d’échapper à la justice vers le Nigeria, après avoir tendu une embuscade à l’armée libanaise, tuant lui et ses compagnons près de 30 soldats, soit autant que la totalité des pertes de l’armée libanaise face à Israël,en 70 ans d’hostilité.

La Confrérie des Frères Musulmans

La Confrérie des Frères Musulmans, le plus ancien parti pan-arabe, qui échoue pour la troisième fois de son histoire aux portes du pouvoir, avec le dégagement sans ménagement de Mohammad Morsi (Égypte), au terme d’un an de pouvoir et condamné depuis lors à la prison à vie.

Avec au titre de dommage collatéral, la mise en échec du duo tunisien Rached Ghannouchi et Mouncef Marzouki, la caution laïque d’un gouvernement néo islamiste ainsi que le discrédit politique du chef politique du Hamas, Khaled Mech’al, pour son alignement sectaire sur la frange la plus obscurantisme de l’Islam politique et sa quête d’un refuge à Doha, à 30 km de la plus importante base américaine du Tiers monde la Base du Centcom.

L’imposture de Tawakol Karmane

L’offensive collective du pacte sunnite de la contre-révolution arabe sous l’égide de l’Arabie Saoudite, en mars 2015, a révélé en outre l’imposture de la passionaria de la révolution yéménite, Tawakol Karmane, Prix Nobel de la Paix, première femme arabe proche de la confrérie des Frères Musulmans, à bénéficier de cette distinction, cas unique dans l’histoire du Monde.

Bénéficiaire des subsides de «National Endowment For Democracy» dans les trois ans qui ont précédé le «printemps arabe», Tawakol est la sœur de Safa Karmane, journaliste d’Al Jazira, le fer de lance de la guerre médiatique des Frères Musulmans pour la conquête du pouvoir lors du «printemps arabe».

La lauréate a en effet fait des offres de service aux Saoudiens pour faire office de «passerelle entre la jeunesse saoudienne et le gouvernement de Riyad», sans la moindre objection sur le statut des femmes en Arabie saoudite, l’un des plus restrictifs de la planète ; sans la moindre contrepartie concernant le statut des femmes yéménites dont 57 % sont des analphabètes, vivant sous la loi patriarcale du mariage forcé.

L’opposition off shore syrienne

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/01/bourhane-ghalioun.jpg

bourhane-ghaliounGrande perdante de cette épreuve de force, l’opposition syrienne off-shore, qui se proposait sous impulsion occidentale d’être la relève d’une «Syrie démocratique, pluraliste et laïque», a été phagocytée par l’inconsistance de ses meneurs, leurs querelles d’ego, leur cupidité et leur extrême servilité à l’égard de leurs anciens colonisateurs.

 

Exit les binationaux franco-syriens Bourhane Ghalioune, le premier président de la coalition islamo-atlantiste de l’opposition syrienne et sa porte-parole, Basma Kodmani, de même que bon nombre de dirigeants de l’Armée Syrienne Libre (ASL) notamment Abdel Kader Tlass de la brigade Farouk à la réputation sulfureuse, Ryad Al Assaad et Souheil Idriss

Malgré le budget de propagande de près de 4 millions de dollars alloué par le ministère britannique de la défense pour bonifier depuis la Turquie l’image des djihadistes via «Innovative Communications and Strategies, Inco str».

Malgré les colossaux contrats d’armement consentis par les pétromonarchies attribués à la France pour acheter sa consciente et accréditer l’image que les zombies criminogènes de la branche syrienne d’Al Qaida «Jabhat An Nosra» étaient éminemment fréquentables.

Qu’un universitaire français, par ailleurs auteur du «Malaise arabe», Bourhane Ghalioune, parachuté par la France à la tête de l’opposition off shore syrienne, fasse joujou, aux premiers jours du soulèvement anti-assad, avec un fusil mitrailleur, en compagnie du porte-parole d’un groupement djihadiste terroriste en Syrie, Mohammad Al Adanani, résume à lui seul la mystification occidentale et l’imposture des révolutionnaires du «printemps arabe» en Syrie.

Le dévoiement des figures de proue de la contestation progressiste arabe : Michel Kilo et Azmi Bishara

Deux figures de proue de la contestation progressiste arabe, Michel Kilo, ancien prisonnier politique en Syrie et Azmi Bishara, ancien député palestinien du parlement israélien, tous deux anciens communistes, ont opéré une reconversion spectaculaire faisant allégeance au Roi Dollar et aux vertus lubrifiantes des pétro-dollars.

Icône défraîchie de l’opposition syrienne, Michel Kilo, l’ancien pensionnaire des geôles du pouvoir baasiste mutera en commensal du prince Bandar, avant la carbonisation de l’ancien chef du djihadisme planétaire.

Membre de la Knesset (1996-2007), Azmi Bishara, issu d’une famille chrétienne palestinienne, membre fondateur du parti BALAD- farouche défenseur de la laïcité par opposition au concept d’«État juif»- se ralliera, lui, à la frange la plus obscurantiste de l’Islam, l’Islam wahhabite.

Azmi Bishara se fourvoiera en public, en direct, depuis les écrans de la chaîne du Qatar Al Jazira, en suggérant au présentateur du journal, hors antenne mais micros ouverts, de négliger les troubles de Jordanie, à l’époque violents, pour se focaliser sur la Syrie, exclusivement sur la Syrie, «aux événements prometteurs», avait-il prédit depuis son exil pétrodollarisé de Doha.

Boudé désormais par l’intelligentzia arabe, Azmi Bishara s’est replié sur son nouveau fief, pays le plus antinomique de la laïcité qu’il préconisait contre Israël, pour diriger le nouveau porte-voix de la principauté, le journal «The New Arab» (Les Nouveaux Arabes), qu’il souhaite façonner sans doute à son image : Reptile et Servile.

Autre dommage collatéral : La chaîne Al Jazira passée en trois mois du rôle prescripteur de l’hémisphère sud au lanceur d’alerte des menées atlantistes contre le Monde arabe. Avec à la clé le licenciement de 1.200 de ses employés.

Du côté djihadiste, Ad Patres, 10 des figures de proue de la nébuleuse :

  • Zohrane Alllouche, chef de Jaych Al Islam, tué dans un raid de l’aviation syrienne le 25 décembre 2015
  • Hassan Abboud, (Abou Abdallah Al Hamaoui), fondateur d’Ahrar Al Cham (les Hommes Libres du Levant), dont le mouvement a été décapité avec l’élimination de 40 de ses dirigeants lors d’un ténébreux attentat à l’automne 2014
  • Omar Al Shishani, le responsable militaire de Daech
  • Djamil Raadoun, chef du Soukour Al Ghab (Les Faucons de la Forêt), assassiné en Turquie même, l’autre parrain du djihadisme salafiste.
  • Abdel Rahman Kaddouli (de son nom de guerre Hjaji Imam), N°2 de Daech et son ministre des finances, tué par un raid aérien américain en Irak le 25 mars 2016.
  • Abou Hayjja Al Tounsi, dirigeant militaire de Daech, tué le 31 mars 2016, par un drone américian à Raqqa (Syrie)
  • Abou Firas Al Soury (de son vrai nom Radwane Al Nammous), porte-parole d’Al Nosra
  • Deux dirigeants de premier plan de Daech : Abou Mohammed Al-Adnani et Waêl Adil Hassan Salman Fayad. Seul Syrien au sein de la direction de Daech, Al-Adnani, né en 1977 dans la province d’Idlib, était considéré comme le «ministre des attentats» du groupe et le chef de ses opérations extérieures. Vétéran du djihad et porte-parole du groupement terroriste, Taha Sobhi Fallaha (de son vai nom) a été tué dans un raid aérien visant la ville d’Al Bab, le dernier bastion de l’EI dans la région d’Alep, le 30 août 2016. Quant à Waêl Adil Hassan Salman Fayad, ministre de l’Information du groupe Etat islamique, il a été tué dans un bombardement aérien de la coalition anti djihadiste le 7 septembre près de Raqqa en Syrie, soit une semaine après son compère Al Adnani.

Enfin, les chefs du «Front du Fatah Al Cham», la nouvelle mouture de Jabhat An Nosra :-Abou Omar Saraqeb, chef militaire de ce groupement et son adjoint Abou Mouslam Al Chami, mi septembre 2016, tués dans leur PC alors qu’ils préparaient un plan de reconquête d’Alep. Alors qu’il était à la tête de Jabhat An Nosra, Abou Omar Saraqeb avait conquis au début de la guerre Idlib et Jisr Al Choughour.

Liban

Wissam Al Hassan, la dague sécuritaire du dispositif saoudo américain au Moyen-Orient, chef de la section des informations des Forces de Sécurité Intérieures Libanaises du Liban et chouchou des Français, a lui aussi, été carbonisé, à la manière de son mentor Rafic Hariri, dans un attentat le 19 octobre 2012, dans ce qui apparaît comme une réplique contre le dynamitage du Quartier Général syrien commis quatre mois plus tôt à Damas.

Son patron Saad Hariri, le planqué de Beyrouth, a été, lui, caramélisé par sa gestion hasardeuse du patrimoine familial. Et son empire médiatique ébranlé, notamment son fleuron européen, Radio Orient, en état de quasi faillite.

Sous l’impulsion de Saad Hariri, la criminalisation du Hezbollah :

À l’instigation de Saad Hariri, furieux d’avoir été débarqué sans ménagement de son poste de premier ministre, des parlementaires américains d’origine libanaise, -Nick Rahhal, Charles Boustany et Darrel Issa- ont entrepris de criminaliser le Hezbollah, en 2011, par l’adoption par le congrès du HATA (Hezbollah Accountability Act), sur le modèle de la Syrian Accountability Act, adopté, lui, neuf ans plus tôt.
Deux textes législatifs américains adoptés dans le vain espoir de faire pression sur la formation chiite et son allié syrien en vue de les contraindre à souscrire à son retour au pouvoir à Beyrouth et se conformer à l’ordre saoudo américain.

Intervenu près d’un an avant la mise sur pied de la coalition de l’opposition syrienne off-shore, sous la houlette franco turque, la pression diplomatique du clan Hariri a été aiguillonnée notamment par un autre parlementaire américano-libanais, proche du lobby sioniste aux États-Unis, Anthony Nicy ainsi que par Walid Farès, ancien cadre dirigeant des milices chrétiennes libanaises durant la guerre civile libanaise (1975-1990) et recyclé aux États-Unis en tant que conseiller auprès de la commission de la lutte anti-terroriste au sein du sénat américain et conseiller diplomatique de Donald Trump. (Cf. Le journal libanais Al Akhbar en date 24 juin 2011)

Mais six ans après le déclenchement de la guerre de Syrie, Saad Hariri paraît abandonné par ses protecteurs saoudiens, en état de quasi faillite, déconsidéré auprès de ses électeurs, alors que le Royaume saoudien ploie sous la menace d’une arme de destruction massive la Loi Jasta votée par le Congrès américain ouvrant la voie à des poursuites contre l’Arabie pour sa responsabilité présumée dans le raid taliban contre les symboles de l’hyperpuissance américaine (11 septembre 2001) et dont les indemnités compensatoires sont estimées à trois trillions de dollars.

Buvant la coupe jusqu’à la lie, l’ancien chef de file du camp saoudo américain au Liban a dû ployer sous les fourches caudines de son rival, le Hezbollah, souscrivant à l’élection du candidat du parti chiite à la présidence libanaise, le général Michel Aoun, signant par là même un revers diplomatique majeur de ses anciens parrains saoudiens, au delà de leurs mentors communs, les pays occidentaux.

De quoi vous ôter l’envie de mener une dolce vita tapageuse sur la Riviera française.

René Naba


 
Lire la suite

L’hécatombe de la guerre de Syrie, six ans après son déclenchement. Par René NABA. Partie I

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Turquie, #Israël et la Palestine, #Le Liban

L’hécatombe de la guerre de Syrie, six ans après son déclenchement. Par René NABA.
 
L’hécatombe de la guerre de Syrie, six ans après son déclenchement. Par René NABA. Partie I

«Saladin ! Réveille-Toi Nous sommes revenus ! Le petit fils de Godefroy de Bouillon est devant toi, où sont les tiens ?»

Proclamation du Général Gouraud entrant à cheval à Damas et piétinant le catafalque du tombeau de Saladin à l’intérieur de la Mosquée des Ommeyyades.

Cet exergue est dédié à la cohorte des supplétifs binationaux franco-syriens engagés corps et âmes dans une entreprise de destruction de leur patrie d’origine afin de les inciter à cambrer l’échine dans un sursaut de dignité.

«La psychiatrie arabe devra un jour s’attacher prioritairement à interpréter cette singulière prédisposition des binationaux franco-syriens à se dévouer pour une fonction supplétive de deux pays (France-Turquie) à l’origine du démembrement de leur partie d’origine, Alexandrette (Syrie).

Les Arabes n’ont pas vocation à être des éternels harkis, ni à configurer leur pensée en fonction des besoins stratégiques de leurs prescripteurs occidentaux. Libres aux occidentalistes d’amplifier les mots d’ordre de leurs employeurs, mais il est impératif pour les Arabes de développer une pensée fondée sur les intérêts à long terme du Monde arabe. Wa Ou’zira Man Anzar». RN.

In Memoriam

François Hollande a abordé, en Janvier 2017, la phase crépusculaire de son mandat quinquennal en renonçant à briguer un second mandat, dans une démarche qui a été perçue comme une capitulation en rase campagne du foudre de guerre de Syrie, alors que la «bête noire de la France en Syrie», le président Bachar Al Assad, demeure en poste, aux commandes de son pays, sans la moindre perspective d’un dégagement immédiat, sans la moindre garantie d’une promesse de dégagement

En six ans de guerre, l’homme qui devait tomber tous les quinze jours, «l’homme qui ne méritait pas de vivre sur terre», a vu bon nombre de ses ennemis résolus, déraper vers les oubliettes de l’histoire, alors que le nouveau déploiement russe sur le littoral syrien a brisé le monopole des airs et de la navigation en Méditerranée, détenu jusque là par le camp atlantiste.

En dix sept ans de pouvoir, dont six de guerre, Bachar Al Assad, en un vieux remake de la guerre d’Irak, a assisté au trépas politique de ses principaux ennemis : Mohammad Morsi (Égypte), Rached Ghannouchi (Tunisie), l’Emir du Qatar, Khalifa Ben Hamad Al Thani, George Bush Jr, Condoleeza Rice, -les artisans de la Syrian Accountability Act (2002)- déclenchant le compte à rebours de la guerre contre la Syrie-, Barack Obama et Hillary Clinton (États-Unis), Tony Blair et David Cameroun (Royaume Uni), François Hollande et Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Manuel Valls et Laurent Fabius, le petit télégraphiste des Israéliens exfiltré vers le Conseil Constitutionnel en guise de congélation définitive de toute vie politique, ainsi que le Général Manaf Tlass, Chef de la garde présidentielle syrienne, le camarade d’enfance du président syrien, le trophée exfiltré des Français transformé en «four médiatique de la France», dans la guerre psychologique contre la Syrie ; enfin son collègue le commandant Abdel Kader Tlass, chef de la brigade Farouk du Front Islamique de Syrie, de sinistre réputation, artisan de la destruction de Homs dans la désastreuse bataille de Bab Amro, février 2012, qui sonna le glas des ambitions françaises en Syrie.

Sans parler des gardes chiourmes de l’opposition off shore syrienne, Robert Ford (Etats Unis) et Eric Chevallier (France).

Et sur le plan militaire, le général David Petraeus, emporté par une opération embedded, son poulain, le chef des djihadistes, le prince saoudien Bandar Ben Sultan, de même que sa roue dentée libanaise Wissam Al Hassan, et son poulain Omar Al Shishani, le chef militaire de Daech, longtemps opérationnel dans le nord de Syrie, enfin, dernier et non le moindre, l’«Armée Syrienne Libre», en voie de réanimation par des anesthésistes turcs.

Pour aller plus loin sur ce sujet, le remake de la guerre d’Irak.

Sur la réalité de la guerre de Syrie

L’implosion d’Hillary Clinton

Sur le bûcher de ses vanités, Hillary Clinton s’est consumée. Par sa cupidité, son avidité et son ambition dévorante, celle qui se rêvait la «Première Dame» élue à la magistrature suprême américaine, aura été, paradoxalement, la plus haïe des aspirants démocrates à la Maison Blanche, infligeant à son parti le plus retentissant camouflet de l’histoire électorale américaine, le sinistrant en même temps qu’elle défigurait l’image de l’Amérique.

Que son directeur de campagne, John Podesta, ait été en même temps un conseiller en communication de l’Arabie saoudite, qu’elle ait mis à profit ses responsabilités à la tête du département d’état pour ponctionner au profit de la Fondation Clinton les bienfaiteurs de sa future campagne, -à l’instar du Maroc, ou du Qatar-, donne la mesure de la confusion d’intérêts qui s’est établie dans l’exercice de ses fonctions, en même temps que son sentiment d’impunité.

Hormis l’Arabie saoudite, qui avait tout misé sur Billary (le tandem Bill et Hillary Clinton) pour se sortir du guêpier yéménite et syrien, et du Maroc, dont il espérait de ses contributions un infléchissement de la position des États Unis en sa faveur sur la question du Sahara occidental, le Monde arabe ne regretta pas la défaite de Hillary Clinton, elle, l’alliée souterraine de la Confrérie des Frères Musulmans dans la séquence dite du «printemps arabe», de la yéménite Tawakol Karman Prix Nobel de la Paix 2011) de la pakistanaise Huma Abeedin, sa conseillère occulte, toutes deux membres de la confrérie, elle, qui a outrepassé le mandat des Nations Unies sur la Libye, en tandem avec les philo sionistes Nicolas Sarkozy et le botuliste Bernard Henry Lévy.

En pleine campagne de Libye, débarquant à l’improviste à Tripoli pour y sonner l’Hallali en vue de la mise à mort du Colonel Mouammar Al Kadhafi, sans égard pour les destructions qu’elle vient d’imposer à la Libye, elle aura ce terme d’une indécence méprisante à l’égard de sa future victime : «We came, We saw and He died», dit elle en s’esclaffant de son rire caquetant et sociopathe si reconnaissable.

Six ans après, la malédiction de Kadhafi a frappé Hillary, qui lui renvoie d’outre tombe, tel un effet boomerang, sa sentence morbide. «We came, We Saw, SHE DIED». Triste fin pour Hillary Clinton, en retraite forcée anticipée aux cachetons de ménagère dévalués.

Le naufrage de David Cameroun : Du «chaos constructeur au KO destructeur» et «de la Grande Bretagne à la petite Angleterre ?

Dommage collatéral de la destruction de la Libye et de la Syrie, dont il aura été l’un des grands coordonnateurs, David Cameron passera dans l’histoire comme le pire premier ministre britannique depuis la fin de la II me Guerre Mondiale (1939-1945), le responsable du BREXIT, la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne, premier cas de suicide en Mondovision d’un cynique qui aura sacrifié le destin de son pays et vraisemblablement de l’Europe pour sa survie politique.

Pour David Cameron, la Libye et la Syrie auront été ce que l’Irak a été pour Tony Blair, le «caniche britannique de George Bush jr»: Une tache indélébile. Son point de fragmentation.

Pathétique épilogue d’une parfaite illustration du «splendide isolement des élites», coupées des réalités du monde commun qui les entoure dans une solidarité des surclasses globales, développant une sorte d’irresponsabilité et d’immaturité qui les prive de toute forme de «sensibilité pour les grands devoirs historiques», selon l’expression du philosophe anglais Christopher Lasch.

Plate-forme de reconquête de l’Europe et de sa libération du joug nazi lors de la 2eme Guerre mondiale (1939-1945), le Royaume Uni, en un retournement tragique, se retrouve au terme de quarante ans de cohabitation houleuse au sein de l’Union européenne, au ban de l’Europe.

Pitoyable épilogue d’un parcours erratique généré par la médiocrité du leadership européen, de la cécité de la technostructure bruxelloise, sur fond de récession économique, de xénophobie, de gabegie, de démagogie et de populisme.

Le «chaos constructeur» qu’il a voulu imposer à ses anciens colonisés lui revient en pleine figure, tel un boomerang, sous forme d’un «K O destructeur». Juste châtiment pour l’un des grands responsables, au même titre que la France et la Turquie, du chaos généré par l’interventionnisme frénétique néo-colonialiste européen contre le Monde arabe, du phénomène djihadiste qu’il a parrainé, et du flux migratoire du sud de la Méditerranée qu’il a généré vers l’Europe en crise systémique ; l’élément déclencheur du réflexe d’autodéfense identitaire-sécuritaire et du vote xénophobe en Europe.

À l’origine des grands maux du Monde arabe, -la création du «Foyer National Juif en Palestine», l’intronisation de la dynastie wahhabite sur les Lieux Saints de l’Islam (La Mecque et Médine) et de la dynastie hachémite en Jordanie, par ailleurs un des grands artisans de la balkanisation du Monde arabe avec les accords Sykes Picot (1916)-, le Royaume Uni, juste retour des choses, subit à son tour le spectre de sa décomposition avec les tendances séparatistes en Écosse et en Irlande du Nord.

Cent ans après sa proclamation, la «Malédiction de la Promesse Balfour» frappe le Royaume Uni du fait de son machiavélisme éhonté et de ses déboires répétitifs en terre arabe dans la séquence du «printemps arabe». Cent ans après, la Grande Bretagne pourrait céder la place à la petite Angleterre. Sic transit Gloria Mundi.

Le paradoxe français : Principale usine occidentale à produire des terroristes et principale victime du terrorisme islamiste

Un massacre à la tronçonneuse digne d’une séquence du film de Quentin Tarantino : Les principaux dirigeants français du désastre de Syrie ont été projetés vers les oubliettes de l’histoire, à l’automne 2016. Tous d’un coup, dans un magistral coup de pied populaire à leur auguste postérieur : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Manuel Valls, auparavant Laurent Fabius. Pour solde de tout compte.

Engagée dans une sarabande mortifère -Toulouse-Montauban (2012), Charlie Hebdo, Isère et Paris-Bataclan en 2015, puis Nice et Saint Etienne du Rouvray, banlieue de Rouen, en 2016, la France s’est propulsée, paradoxalement, au rang peu envieux de «principale usine occidentale à produire des terroristes», selon l’expression du politologue américain William McCants et de principale victime du terrorisme islamiste.

Unique pays au Monde à avoir donné quitus à l’organisation terroriste «Jabhat an Nosra», qui «fait du bon travail en Syrie», unique pays au Monde à avoir décerné la Légion d’Honneur au prince héritier d’un Royaume incubateur du djihadisme takfiriste éradicateur, la France, circonstance aggravante, est aussi l’un des rares pays au Monde à gratifier d’un poste envié le responsable d’un des désastres majeurs de son histoire contemporaine : Le ronfleur des forums internationaux.

Promouvoir à l’un des postes les plus prestigieux de la République, le Conseil Constitutionnel, un homme passible de poursuites pénales pour apologie du terrorisme, donne la mesure de la déflagration mentale de la nomenklatura française, particulièrement la caste des apparatchiks socialistes.

Sur fond de somnolence sur son nouveau perchoir, Laurent Fabius, le plus capé des hiérarques socialistes, mais le plus présomptueux aussi de tous les protagonistes occidentaux, est désormais à l’abri des séquelles de la décomposition du Parti Socialiste dont il aura été l’un des grands fossoyeurs. Piètre consolation pour un parcours de désolation. Un champ de ruines politique et moral.

À défaut d’éternité, faute d’immortalité, Laurent Fabius aura droit à une postérité au rabais, une postérité par défaut, sans panache, par sa promotion abjecte du djihadisme, donnant quitus à «Jabhat an Nosra» de ses turpitudes. «Fanfan, le fanfaron» traînera comme un boulet ses fanfaronnades, comme la marque des stigmates hideux des turpitudes de la technostructure française et de la caste politico-médiatique.

Dans ses deux composantes néo gaulliste atlantiste et socialo philo sioniste, la France passera à la postérité comme l’un des grands perdants de la campagne de Syrie. Un désastre comparable par ses effets à long terme à l’expédition de Suez, en 1956, contre le chef de file mythique du nationalisme arabe, Gamal Abdel Nasser.

De Charlie Hebdo, en janvier 2015, à Saint Etienne du Rouvray, juillet 2016, le terrorisme islamiste a fait 236 morts en France en 18 mois.

Alain Juppé, le rescapé français du naufrage syrien, l’homme à qui Sergueï Lavrof, ministre russe des Affaires étrangères, a raccroché au nez le téléphone, terme ultime d’une conversation houleuse, pensait développer une approche moins arrogante du conflit syrien, conséquence de sa mésaventure avec son homologue russe et des déboires de la France en Syrie dont elle était son mandataire colonial. Mais là aussi le couperet tomba et la tête de Juppé roula.

Le 14 juillet 2015, l’accord international sur le nucléaire iranien a achevé de déconsidérer la France, particulièrement son ministre des Affaires étrangères, le petit télégraphiste des Israéliens dans cette affaire. Le 14 juillet 2016, le carnage de Nice dans le prolongement du Bataclan et de Charlie Hebdo, a plongé la France dans la stupéfaction et discrédité durablement la politique wahhabite de la France, substitut à sa traditionnelle politique arabe. Au vu de ces événements, «Bastille Day», sous l’ère des néo conservateurs socialistes français, paraît devoir exercer une fonction traumatique dans l’imaginaire français.

Fin de la partie I .

(A suivre)
 

Lire la suite

Alep est réunifiée. Les masques tombent. Partie II

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Le capitalisme;, #Terrorisme, #Daesch

Partie II.

Alep est réunifiée. Les masques tombent

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/01/Alep-2-6f439-1728x800_c.jpg

Alep est réunifiée. Les masques tombent

Le quatrième pouvoir remis en question.

L’expression « quatrième pouvoir » avait été attribuée à la presse et aux médias car ils exerçaient un contre-pouvoir face aux trois pouvoirs incarnant l’État.

Les médias mainstream actuels n’incarnent plus un contre-pouvoir car ils font partie du système dont ils dépendent financièrement.

  • La publicité est une part importante du financement des médias. Cela a deux conséquences.
    • 1. Il ne peut y avoir de sujets nuisant aux intérêts des annonceurs.
    • 2. Comme les recette publicitaires sont calculées en fonction des ventes ou de l’audimat, les médias ont davantage intérêt à sortir des sujets accrocheurs qui font vendre plutôt que des analyses de fond plus critiques. N’oublions pas que le lecteur ou l’auditeur moyen aime à être rassuré dans ses convictions et que la vérité lui importe peu, elle le dérange même.
  • Une autre part non négligeable des aides vient de l’État. Il est difficile de mordre la main qui vous nourrit.
  • Les grands médias appartiennent à des milliardaires. Qui peut penser que les journalistes sont libres d’écrire des articles contraires aux intérêts de leur patron ?

Il faut ajouter que les journalistes, les chroniqueurs et les hommes politiques vivent dans un microcosme coupé de la réalité dans lequel ils se persuadent en boucle.

Leur présentation de la guerre en Syrie aura été particulièrement déformée. C’est uniquement un point de vue partisan qui est présenté.

Ce sont les médias alternatifs en ligne qui sont maintenant devenus le véritable contre-pouvoir. C’est pour cela qu’ils subissent une campagne de diffamation pour chercher à les discréditer. On voudrait les traiter de complotistes alors que bien au contraire, ce sont eux qui dénoncent les complots.

Le système a même publié les noms de plus de 200 sites sensés nous désinformer ix. Je ne peux que les remercier de nous fournir cette précieuse liste de sites où nous ne manquerons pas de trouver des analyses et des informations alternatives.

Il faut cependant remarquer que cette liste inclut des sites fantaisistes ou des lanceurs de PSYOP que tout lecteur attentif décèlera aisément. Cette méthode d’amalgamer du sérieux et du farfelu pour discréditer les informations honnêtes est bien connue et elle est d’une malveillance crasse.

Les enfants d’Alep.

Nous devrions avoir la même compassion pour tous les enfants du monde qui meurent à cause de la responsabilité d’adultes que celle que les médias mainstream en ont eu pour les enfants d’Alep qui sont morts dans cette guerre.

La mort d’enfants est toujours inacceptable mais dans le cas des enfants tués à Alep, pourquoi ne pose-t-on pas la bonne question. Que faisaient ces enfants en zone de guerre alors que des couloirs humanitaires étaient ouverts vers la destination du choix de leurs parents ?

Cette question des enfants d’Alep a été instrumentalisée à des fins politiques pour discréditer les armées russe et syrienne. Les journalistes occidentaux sont complices de cette machination.

Je ne crois pas un seul instant en leur sincérité quand ils évoquent ce drame.

S’ils veulent parler de morts d’enfants, je leur propose trois sujets qu’ils n’évoquent jamais et qui ont été ou qui sont autrement plus dramatiques.

  • L’embargo sur la Syrie lui interdit d’acheter des médicaments de première nécessité et il est responsable de la mort de milliers d’enfants syriens tous les ans.
  • Madeleine Albright reconnaît la responsabilité des États-Unis dans la mort de cinq cents mille (oui, vous avez bien lu 500 000) enfants irakiens. Elle estime, avec regrets, que cela en valait la peine x. Si ce n’était pas si dramatique, on en rirait vu la situation actuelle de l’Irak.
  • D’après l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), six millions d’enfants (6 000 000) de moins de cinq ans, soit au minimum 30 000 fois plus qu’à Alep, meurent chaque année dans le monde des suites directes ou indirectes de la faim xi. Il y a un responsable qui se nomme le système économique libéral qui préfère cultiver les terres pour produire des agrocarburants (3,1 % de la consommation mondiale du carburant des transports routiers) et qui s’interdit de réquisitionner les surplus agricoles.

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/01/enfants-faim-5b03f.jpg

6 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent tous les ans dans le monde à cause de la malnutrition

6 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent tous les ans dans le monde à cause de la malnutrition

Maintenant que les journalistes mainstream sont au courant, on attend avec impatience leurs reportages sur le sujet.

Ce que vous ne devez pas savoir.

  • Brita Hagi Hassan, un maire d’Alep sorti d’un chapeau de magicien est le énième scoop médiatique des rebelles islamistes et est en même temps un illustre inconnu dans sa ville. Il aurait été élu (par qui ?) en 2013 à la présidence du Conseil civil d’Alep (qui sert à quoi ?). Après le dernier hôpital, le denier clown, le dernier pédiatre, le dernier maire, à une semaine près, nous aurions connu le dernier Père Noël d’Alep.
  • J’espère que les journalistes mainstream ont remarqué que l’Arabie Saoudite n’accueille pas de réfugiés syriens. Les Saoudiens ont pourtant des infrastructures permanentes près de La Mecque pouvant accueillir 3 millions de personnes et elles ne servent qu’une fois par an lors du Hadj. Auraient-ils peur d’une contagion révolutionnaire ?
  • L’armée de l’air syrienne ne lance pas des frappes aériennes contre les objectifs terroristes comme les aviations occidentales. Elle largue des barils d’explosifs. Qui va nous expliquer la différence entre des bombes et des barils d’explosifs ? Une bombe n’est-elle pas par définition un baril d’explosifs ?
  • La Syrie serait peuplée de sunnites, de chrétiens, d’alaouites, de chiites et de diverses autres minorités religieuses. Ensemble, d’après les experts de plateaux de TV, ils formeraient 100 % de la population. Il n’y aurait donc pas d’athées en Syrie ? Il y a quelques années, la principale opposition au baasisme était le parti communiste syrien et il n’y a pas plus athée qu’un marxiste.
  • Comme tout le monde semble l’ignorer, la Syrie a une constitution. La nouvelle constitution de 2012 est même exemplaire et unique dans la région xii. Une éventuelle négociation avec les rebelles « modérés » ne peut amener que plus de références à la charia et éloignerait la constitution syrienne des standards occidentaux. C’est pourtant la voie que favorisent les Occidentaux et leurs alliés régionaux. Je pose une question très simple : est-ce que les Européens ou les Américains seraient heureux d’avoir plus de charia dans leur constitution ? Je crois que la réponse est non. Alors, de quel droit veut-on l’imposer aux Syriens ?
  • Plus de trois ans après le drame du bombardement chimique sur la Ghouta orientale, aucune preuve irréfutable de la responsabilité de Bachar al-Assad ou de l’AAS n’a été produite. Le principal argument présenté par les Occidentaux est que la Syrie était seule à posséder des armes chimiques or cela a été démenti par un témoignage de première importance. Il s’agissait de Carla Del Ponte xiii qui affirmait trois mois plus tôt que les rebelles avaient utilisé des gaz innervant dans le nord de la Syrie. Une étude du prestigieux MIT a aussi démontré que les roquettes improvisées qui sont responsables du massacre n’avaient pas la portée suffisante pour avoir été tirés à partir des lignes syriennes xiv. C’est comme si on possédait des fusils de précision récents et qu’on s’était mis en tête de s’enfoncer dans les lignes ennemie pour tirer avec un vieux mousquet. Cette étude a été publiée sur le site de l’université et sur celui de Tesla international. Il n’y a jamais eu d’étude infirmant ce rapport. Carla Del Ponte a depuis été priée de se taire.
  • Les médias mainstream ont produit une abondante littérature sur la situation à Alep Est sans y avoir le moindre reporter pour la bonne et simple raison qu’un journaliste occidental en zone islamiste est un journaliste sans tête. Les reportages en zone gouvernementale sont rares parce que les journalistes répugnent à y aller pour des raisons politiques. En général, les journalistes traitant du sujet résident à Beyrouth ou en Turquie et ils reçoivent leurs informations de correspondants locaux dont ils ne peuvent garantir l’impartialité.
  • Les casques blancs ont disparu avec l’arrivée de la neige à Alep. De héros chouchoutés par les occidentaux, ils sont devenus d’obscurs détrousseurs de cadavres. Encore faut-il parfois regarder RT pour l’apprendre xv

Conclusion.

Contrairement à ce qu’affirment les Occidentaux, une victoire militaire des forces loyalistes est possible en Syrie. Il suffit d’une rupture des aides financières xviet militaires des parrains actuels de la rébellion djihadiste et du départ ou de la mise hors de combat des dizaines de milliers de mercenaires étrangers.

Le président élu des États-Unis, conseillé par Michael Flynn, semble décidé à en finir avec l’État islamique et avec les autres groupes terroristes.

La Turquie essaie de tirer son épingle du jeu en acceptant une solution négociée avec le maintien provisoire de Bachar al-Assad mais elle n’a pas beaucoup d’atouts dans son jeu et n’a pas encore de position très claire.

L’Arabie saoudite, le principal fauteur de troubles qui veut exporter son wahhabisme dans la région et bien au-delà, va entrer dans une période difficile. Ses déficits budgétaires sont du niveau de ceux de l’Ukraine et il n’y a pas de perspectives d’amélioration. Les coupes dans les dépenses vont immanquablement créer des troubles dans le pays xvii.

Les 28 millions de saoudiens n’acceptent la dynastie des Saoud que parce que la redistribution des revenus du pétrole leur permet d’atteindre un des plus haut niveau de vie dans le monde. Les autorités religieuses peuvent devenir un recours contre les abus de la famille royale en cas de détérioration de la situation économique.

De plus, la prise de pouvoir actuelle par le clan des Soudairi xviii ne va pas tarder à provoquer une réaction du clan des Chammar xix qui sont écartés du pouvoir malgré qu’il représentent la plus importante tribu de la région. Le succession du roi Salmane, atteint de la maladie d’Alzheimer, ne se fera pas sans heurt et ce sera un dossier à tenir à l’œil parce que la sécurité énergétique européenne actuelle et les cours actuellement bas du pétrole dépendent en grande partie du Golfe.

L’ONU et son secrétaire général Ban Ki-Moon auront démontré leur incapacité à influer sur le dossier syrien. Sous l’influence des ONG droits-de-l’hommistes occidentales, l’ONU aura failli à sa mission de défendre un de ses membres contre une déstabilisation menée de l’étranger.

L’Union Européenne et la France en particulier sont complètement marginalisées. La politique étrangère de la France est un fiasco dont elle aura difficile à se relever.

Les États-Unis de Donald Trump ne tarderont pas à trouver un accord avec la Russie, l’actuel maître du jeu dans la région. Le monde unipolaire est mort et il faudra dorénavant composer avec d’autres puissances et tenir compte de leurs intérêts vitaux.

L’importance de l’arrivée de Rex Tillerson, un homme dont la carrière est liée au monde du pétrole, au Secrétariat d’État n’a pas encore été bien évaluée par les médias.

Cela indique que les enjeux énergétiques vont devenir prioritaires avec des changements d’alliance probables.

A mon avis, les pays du Golfe vont perdre de leur influence et vont être remplacés par d’autres acteurs pour l’approvisionnement en pétrole de l’Europe. L’immense potentiel de l’est de la méditerranée sera développé dès que la crise syrienne sera résolue. Les pays bénéficiaires de cette nouvelle donne seront Chypre, Israël, la Grèce, la Syrie et la Turquie. Ils profiteront du tarissement des gisements de la mer du Nord.

La Ligue arabe, sous l’influence de la diplomatie du dollar saoudienne, ne se relèvera pas rapidement de cet échec. Elle a été impuissante à éviter les guerres civiles et elle se retrouve divisée comme jamais.

Israël a tenu un rôle ambigu et son rôle dans le drame syrien est encore à étudier. Depuis l’intervention russe, il semble que les Israéliens ont mis un bémol à leurs interventions en Syrie

Il faut aussi mentionner deux autres perdants de ce conflit. Deux groupes qui n’auront pas fait les bons choix dans leur alliance.

  • Le Hamas dont le président Khaled Meechal en s’alliant avec les pays du Golfe a trahi le pays qui l’avait accueilli.
  • Le PKK et le YPG syrien qui auront été instrumentalisés par les États-Unis et qui n’obtiendront ni l’unification ni l’indépendance espérée pour le Kurdistan.

Bachar al Assad bénéficiera de l’aura du vainqueur et se maintiendra. Il serait quand-même préférable qu’il cède la présidence pour favoriser une réconciliation nationale même s’il ne fait aucun doute qu’il serait largement réélu en cas d’élection présidentielle anticipée.

Vu le prestige de l’armée syrienne, une solution à l’égyptienne n’est pas à exclure dès que les armes se seront tues. Il y a des généraux qui se sont distingué pendant cette guerre et notamment le major-général Souheil al-Hassan xx dit « Le Tigre ».

Il reste une question en suspens. Qui financera la reconstruction de la Syrie ?

La Syrie avait une économie saine avec très peu de dettes avant la guerre. Ses actuelles réserves d’hydrocarbures, si elles étaient exploitées, devraient lui permettre de ne pas dépendre des aides occidentales.

Selon les accords signés, la mise en exploitation des gisements offshores syriens revient à la Russie mais il faut tenir compte de l’ensemble du gisement et les États-Unis de Donald Trump vont bien se placer pour exploiter les autres zones qui sont tout aussi prometteuses.

Quand je disais que l’arrivée de Rex Tillerson à la tête du Département d’État doit encore être mesurée à l’aune d’une nouvelle stratégie étasunienne de l’énergie…

Pierre 

————————————————-

i « Printemps arabe » ! Quelle expression mal choisie pour un mouvement qui n’a apporté que la division, la mort et le chaos dans le monde arabe.

ii Le baasisme est un mouvement nationaliste qui prône l’unité du monde arabe. C’est un mouvement socialiste non marxiste. http://www.universalis.fr/encyclopedie/baath-ba-th-baas/

iii Le Qatar était intéressé par une entente avec la Syrie pour permettre le passage d’un gazoduc destiné à approvisionner l’Europe.

iv On ne peut savoir si Bachar al-Assad qui a fait ses études en Grande Bretagne aurait pu accepter cet accord s’il était libre de ses décisions. C’est le Commandement régional du Parti Baas qui détient le pouvoir réel en Syrie et celui-ci est sous l’influence des militaires qui ont fait leur formation en Russie (ou en Union soviétique).

v Je n’utilise pas le terme « régime » dans un sens péjoratif. Je l’emploie dans le sens « manière de gouverner et d’administrer un État » ce qui est le sens qu’en donnent les dictionnaires. http://www.toupie.org/Dictionnaire/Regime.htm

vi Roland Dumas ne peut être considéré comme un mythomane. Il est scandaleux que les médias mainstream occidentaux ne prennent pas ce document en compte pour expliquer la guerre en Syrie. https://www.youtube.com/watch?v=BH9SHxetO1I

vii « C’est la raison pour laquelle le gouvernement des États-Unis a été au tribunal pour défendre le droit des femmes et des filles de porter le hijab et de punir ceux qui le leur refusent.  » Extrait du discours de Barack Obama. http://www.lapaixmaintenant.org/Discours-d-Obama-au-Caire-texte

viii « Le pacte du Quincy » est un accord fondamental entre les États-Unis et le roi Ibn Séoud qui permettra aux États-Unis de contrôler le commerce du pétrole et de faire du dollar la devise mondiale de référence. https://www.herodote.net/14_fevrier_1945-evenement-19450213.php

ix http://www.propornot.com/p/the-list.html

x https://www.youtube.com/watch?v=lbLCY4iHDRE&feature=youtu.be

xi http://www.fao.org/french/newsroom/news/2002/9703-fr.html

xii Il est regrettable qu’il n’existe pas de traduction en français sur Internet de cette constitution à part celle du Réseau Voltaire. http://www.voltairenet.org/article173036.html

xiiihttp://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/06/les-rebelles-syriens-ont-utilise-du-gaz-sarin-selon-carla-del-ponte_3171289_3218.html

xiv http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-syrie-et-le-rapport-du-mit-147902

xv https://www.youtube.com/watch?v=DT7adMyWCbg

xvi Les rebelles islamistes et les mercenaires des brigades internationales djihadistes perçoivent des soldes en dollars. Une partie de cet argent provient de trafics divers et de rackets mais le principal est payé soit par des pays du Golfe, soit par des associations islamistes qui recueillent les dons de riches personnalités de cette même région.

xvii En 2011, pour se prémunir des effets du « printemps arabe »dans le royaume, le roi Abdallah annonça l’octroi d’aides diverses à la population pour un montant total de 130 milliards de dollars. http://www.sciencespo.fr/ceri/sites/sciencespo.fr.ceri/files/art_sl.pdf Les difficultés budgétaires actuelles sont la cause d’un revirement et un mécontentement populaire n’est pas à exclure.

xviii Le roi Salmane et les deux princes appelés à lui succéder font parties du clan des Soudairi.

xix La tribu des Chammar représente environ 4 millions de personnes et est une des plus importantes du Moyen-Orient. Feu le roi Abdallah faisait partie de la tribu des Chammar.

xx https://fr.wikipedia.org/wiki/Souheil_al-Hassan

 

source: http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/alep-est-reunifiee-les-masques-188121

Envoyé par Byblos


Fin de l'article

Lire la suite

Alep est réunifiée. Les masques tombent. Partie I

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Le capitalisme;, #Terrorisme, #Daesch, #La Russie

Alep est réunifiée. Les masques tombent

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/01/Alep-2-6f439-1728x800_c.jpg

Alep est réunifiée. Les masques tombent

La guerre en Syrie n’est pas finie mais le peuple syrien peut voir l’avenir avec optimisme. Les rebelles islamistes renforcés par les brigades internationales djihadistes, ces bandits de grand chemin qui tuent, violent et volent en toute impunité, ne prendront pas le pouvoir en Syrie et n’imposeront pas la loi du coran dans tout le pays.

Rappel de l’origine de la guerre en Syrie.

Que ceux qui croient que le peuple syrien s’est spontanément révolté contre le gouvernement de leur pays en 2011 se détrompent. Les Syriens, dans leur grande majorité, craignaient qu’un « printemps arabe » i ne vit le jour en Syrie. Ils pouvaient voir les résultats de ces troubles en Tunisie, en Libye et surtout en Égypte et ils savaient que les conséquences seraient pires si cela advenait chez eux.

Sous l’initiative de Bachar al-Assad et sous la pression occidentale, la Syrie se dirigeait vers un abandon progressif de la doctrine socialiste baasiste iiet s’orientait vers le libéralisme qui devait l’intégrer dans le système globalisé mondial qui semblait devoir inéluctablement s’imposer en ce début de XXIe siècle.

La conséquence de ce bouleversement en Syrie fut l’émergence de ce qu’on appelle une société à deux vitesses.

Il y avait d’un côté, une bourgeoisie urbaine qui tirait profit de l’ouverture libérale et de l’autre, une campagne qui souffrait d’être laissée à elle-même et dont les habitants venaient grossir le prolétariat urbain en s’installant dans les banlieues des grandes villes. Les grandes sécheresses des années précédant la révolte instrumentalisée des campagnes de 2011 favorisa aussi cet exode.

C’est une situation tout-à-fait habituelle dans un contexte de passage d’une économie conservatrice-protectrice vers une économie libérale et c’est une constante depuis le XVIIIe siècle.

Une présidence syrienne autoritaire mais ouverte à l’économie libérale pouvait très bien convenir aux puissances occidentales mais il fallait alors aussi que la Syrie changeât d’alliance.

C’est Nicolas Sarkozy et le Qatar iii qui furent chargés de cette mission.

Dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée, Nicolas Sarkozy invita Bachar al-Assad à participer aux festivités du 14 juillet 2008 à Paris.

Avec le Partenariat oriental qui devait arrimer six pays d’Europe orientale et du Caucase à l’Occident et lancé à l’initiative de la Pologne et de la Suède en 2009, l’Union pour la Méditerranée devait faire du pourtour de cette mer une totale zone d’influence occidentale.

Ce fut un échec, Bachar al-Assad iv refusa de rompre l’alliance de son pays avec la Russie, l’Iran et le Hezbollah.

C’est à partir de ce moment que s’ourdit un véritable complot contre le régime syrien v dont Roland Dumas a révélé le premier l’existence dans une vidéo célèbre vi. Cela se passait en Angleterre mais nous savons grâce aux révélations de WikiLeaks que le Département d’État sous la direction d’Hillary Clinton était à l’initiative d’une conspiration pour renverser Bachar al-Assad.

Cela faisait partie de la doctrine « Obama », le « Leading from behind », qui consiste à ne plus déployer de troupes étasuniennes pour occuper le terrain et à déléguer les interventions directes à des pays alliés en ne fournissant que les assistances techniques et militaires.

Les Occidentaux avaient la conviction que le régime syrien ne tiendrait pas longtemps devant une révolte populaire.

Plusieurs puissances régionales préparèrent le terrain pour une rapide prise de pouvoir en Syrie .

  • L’Arabie Saoudite qui avait progressivement pris le contrôle des mosquées du sud du pays se servit de ses nombreux imams salafistes pour faire des prêches incendiaires contre le régime laïc syrien responsable selon eux de la détérioration des conditions de vie des populations les moins aisées.
  • Le nord de la Syrie fut « travaillé » de la même manière par les Frère musulmans soutenus par la Turquie et le Qatar.
  • Les réseaux sociaux s’adressaient à la bourgeoisie urbaine laïque pour l’inciter à manifester pour la libération des prisonniers politiques et pour le pluralisme politique.

Les deux principales zones d’influence furent ainsi bien réparties et la future partition de la Syrie se dessinait clairement. Un Sud salafiste sous influence saoudienne, un Nord aux mains des Frères musulmans proches de la Turquie et un éventuel réduit alaouite sur la côte méditerranéenne.

Il manquait l’étincelle et elle viendra de Deera où de jeunes adolescents furent molestés par la police pour avoir taguer des slogans hostiles au régime. Il est évident que n’importe quel autre prétexte aurait pu servir pour lancer une révolte, tous les éléments avaient été mis en place.

Des milliers de manifestants, parfois encadrés par des hommes armés, déambulèrent dans les rues des banlieues tous les vendredis après la prière de midi en ce début 2011.

Ces manifestations furent contrebalancées par des défilés rassemblant des centaines de milliers de personnes à Damas et dans d’autres villes de Syrie qui venaient en soutien au gouvernement syrien. Ces défilés furent ignorés par les médias occidentaux. Cette comparaison entre les nombres de manifestants indique que les opposants étaient minoritaires et que la lutte armée qu’ils entamaient était illégitime.

Les reportages « bidons » des chaînes de TV satellitaires qatarie (Al-Jazeera) et saoudienne (Al-Arabiya) vinrent semer le trouble et la sédition en Syrie et ils furent relayés sans vérification par les médias mainstream occidentaux.

Dès les premières victimes civiles, les chefs d’États occidentaux, la France en tête, exigèrent le départ du président Assad avant toute négociation comme si la Syrie était une de leurs colonies.

On peut dire à présent que ce fut la plus grande et la plus longue manipulation des esprits de tous les temps et une tache indélébile qui marquera à jamais la crédibilité des journalistes et des experts de plateaux de télévision.

Le rôle plus qu’incohérent des États-Unis.

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/01/220px-Barack_Obama_at_Cairo_University_cropped-418be.jpg

220px-Barack_Obama_at_Cairo_University_cropped-418beC’est un président sans expérience internationale qui arriva à la tête des États-Unis en 2009. Barack Obama avait été élu sur base d’un programme de désengagement militaire des États-Unis en Irak et en Afghanistan et sur la promesse de fermer le camp de prisonniers de Guantánamo.

 

 

L’espoir qu’il suscita alors avait été ponctué la même année par un Prix Nobel de la Paix.

Son discours du Caire du 4 juin 2009, « A new Beginning », marque un tournant politique après les années W Bush qui avait fait de la lutte contre Al-Qaïda une excuse pour une occupation militaire de la région.

Ce discours de Barack Obama, un véritable éloge à l’islam, marque une volonté d’alliance entre les États-Unis et le monde islamique en ne mettant en exergue que les côtés positifs de la civilisation islamique et en omettant ce qui est négatif et notamment ce qui concerne le statut de la femme et les châtiments corporels. Ce discours avait d’ailleurs été très critiqué par des mouvements féministes vii.

Avec le recul, on comprend mieux que sa doctrine consistait à un rapprochement politique avec l’islamisme « modéré » représenté par les Frères musulmans et les salafistes saoudiens. C’est le retour à l’alliance de 1945 viii qui fut provisoirement malmenée après le 9/11.

Pourquoi l’État islamique est combattu par les États-Unis .

L’objectif de l’État islamique est la création d’un califat qui reformerait le pays de Cham historique (Bilad al-Cham) qui allait de l’ouest de l’Irak à la Méditerranée.

Ce projet de califat islamiste est contraire au projet étasunien de découpage de la région en petites entités ouvertes au libéralisme, sans poids politique et sous l’influence de puissants alliés des États-Unis. Il est aussi contraire aux intérêts des saoudiens pour qui un califat mettrait leur légitimité comme gardien des deux principaux lieux saints de l’Islam en question.

D’un autre côté, les États-Unis voulaient la chute du pouvoir syrien actuel et l’EI pouvait être un des instruments pour y arriver.

Le jeu trouble des États-Unis consiste pour le moment à secrètement aider l’EI en Syrie et à mollement le combattre à Mossoul.

Il faut souligner que l’EI est né grâce à une mauvaise estimation des États-Unis en Irak.

Il faut revenir en 2007 quand le général David Petraeus a présenté son nouveau plan, le « Surge ».

Il s’agissait de former des milices chargées de maintenir l’ordre dans la partie sunnite de l’Irak de façon à faire baisser la violence et à préparer une partition du pays. Ce plan reçut le soutien saoudien parce qu’il confiait la sécurité des zones sunnites à des sunnites. C’est le ralliement de ces milices souvent composées d’anciens soldats de Saddam Hussein à des idéologues qaïdistes qui a formé l’ossature de l’EI.

C’est pour cela qu’on dit souvent que les États-Unis sont à la base de la création de l’EI vu que ce sont des instructeurs étasuniens qui ont formé les soldats de l’EI.

Le libération d’Alep. Est-ce Stalingrad… ou Koursk ?

Jusqu’en juillet 2012, la ville d’Alep était restée à l’écart de l’agitation qui secouait le pays. Les multiples tentatives de soulèvements populaires se soldèrent toutes par des échecs au point qu’il y avait très peu de forces armées dans la ville.

Quand, en coordination avec un assaut sur Damas, 2000 rebelles venant de la province investirent Alep, l’armée fut prise par surprise et ne put résister. Les quartiers orientaux majoritairement peuplés de sunnites et le quartier historique tombèrent très vite. Des renforts militaires envoyés d’urgence par le gouvernement syrien arrivèrent à temps pour empêcher la prise de l’ouest de la ville.

La ville restera divisée avec l’Est sous la coupe de multiples milices qui imposèrent leur loi et l’ouest qui mena une vie normale sous la protection de l’armée arabe syrienne mais perturbée par les coupures d’électricité et d’eau ainsi que par les bombardements que leur imposèrent les forces rebelles.

Avec 400 à 600 mille habitants ayant fui les islamistes et s’étant réfugiés à l’Ouest, la partie occidentale de la ville comptait environ 1,6 million d’habitants. Il ne restait que 200 à 250 mille habitants à l’Est mais les médias mainstrean continuaient à en parler comme s’il s’agissait de la partie essentielle d’Alep. Nous ne vîmes presque pas de reportages des TV occidentales de la partie de la ville tenue par les troupes loyalistes.

Les 2000 rebelles du départ furent renforcés par de nouveaux rebelles islamistes issus de la province et par des brigades internationales djihadistes. Ils finirent par former des groupes hétéroclites de plus d’une dizaine de milliers de combattants qui s’installèrent avec leurs familles dans les logement laissés vacants.

C’est pour cela qu’on peut dire que les récentes évacuations (cinquante mille personnes) ne concernait que très minoritairement des habitants alépins d’origine.

La défaite militaire des rebelles islamistes est sévère. Ils ont perdu des chefs et beaucoup de leurs meilleurs éléments dans la bataille ainsi que leur matériel lourd.

L’arrivée au pouvoir de nouveaux dirigeants occidentaux les privera de soutien politique.

De l’avis des experts militaires, la défaite d’Alep marque un tournant et les forces loyalistes et leurs alliés ont maintenant la possibilité de rester à l’initiative jusqu’à la défaite finale des djihadistes.

Tous les férus d’histoire savent que ce n’est pas la bataille de Stalingrad qui a marqué le début de la débâcle nazie mais bien la bataille de Koursk. C’est pour cela que je pense que la défaite d’Alep est le Koursk des islamistes.

 

source: http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/alep-est-reunifiee-les-masques-188121

Envoyé par Byblos


Fin de la partie I.

A suivre

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 > >>