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Le blog de Lucien PONS

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Bachar Al-Assad aux Tunisiens : vos terroristes ne vous seront pas rendus.

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

Bachar Al-Assad aux Tunisiens : vos terroristes ne vous seront pas rendus

 

2 Janvier 2016

 

C’est ce qu’a déclaré le président syrien à l’attention des pays exportateurs de djihadistes, dont principalement la Tunisie, devenu après la « révolution du jasmin » premier pays pourvoyeur en main d’œuvre terroriste, le second pays côté occidental étant la France.

 
Le président syrien Bachar Al-Assad.
Le président syrien Bachar Al-Assad.
Selon les médias officiels syriens, le président Bachar Al-Assad a récemment déclaré que « les terroristes faits prisonniers par l’armée syrienne ne seront pas livrés à leurs pays d’origine afin qu’ils n’y reproduisent pas ce qu’ils ont fait en Syrie », et selon d’autres sources, « afin qu’ils ne détruisent pas leurs propres nations ». En d’autres termes, la terre qu’ils ont souillé et sinistré par leurs crimes abominables sera leur tombeau.

Dès janvier 2011, après avoir ébloui le monde par leur « civisme » et leur « éducation », les Tunisiens ont été les premiers à prendre le large, les uns vers Lampedusa, où ils ont laissé un souvenir affligeant, les autres en direction de la Syrie via la Turquie, devenue la plaque tournante du terrorise islamiste mondial. Au bout d’une année (janvier 2011 à janvier 2012), ce qui n’était d’abord qu’un phénomène spontané, essentiellement dû à l’écroulement de l’Etat national, est devenu une stratégie politique de l’Etat collabo, inféodé au Qatar qui est le principal soutien financier, logistique et médiatique de l’Internationale islamo-terroriste.

C’est effectivement sous la présidence de l’usurpateur Moncef Marzouki et le premier ministère du mercenaire de John McCain, Hammadi Jebali, que des centaines de jeunes tunisiens ont été recruté, endoctriné, formé puis expédié en Syrie pour abattre le « régime » de Bachar Al-Assad. Plusieurs réseaux associatifs et politico-mafieux, notamment l’association « Hourriya wa insâaf » qui est dirigée par Imen Trigui, se sont constitués sur l’ensemble du territoire tunisien et des millions de dollars ont été versés par le Qatar et l’Arabie Saoudite dans des comptes anonymes d’Ennahdha et du CPR. Les candidats au martyr était d’autant plus important que leur mission barbare en terre syrienne n’était pas gratuite : salaire de base 3000 dollars, outre l’assouvissement à volonté de leurs plus bas instincts criminels et sexuels.

Selon un article du New York Times publié le 26 septembre 2015 sur la base des services de renseignement américains ( !), près de 30 000 djihadistes étrangers se seraient rendus en Syrie et en Irak depuis 2011. Sur ces 30 000 terroristes étrangers venus de 100 pays différents y compris européens, les Tunisiens arrivent en tête avec un contingent de 3000 terroristes. Le 11 octobre 2015, le Washington Post a mis en ligne une carte assez saisissante indiquant les différentes origines des étrangers rejoignant les rangs djihadistes en Syrie. Premier pays pourvoyeur : la Tunisie (3200 criminels), devant l’Arabie Saoudite (2500), la Jordanie (2089), le Maroc (1500), le Liban (890)… et la France (498) ! Mi-septembre 2015, Manuel Valls avait estimé à 1.880 le nombre de Français enrôlés dans les filières djihadistes dans le monde, dont 491 se trouveraient en Syrie et en Irak et 133 auraient été éliminés par l’armée arabe syrienne.

Le 24 juin 2014, le ministre tunisien de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, estimait à 2400 le nombre de djihadistes partis de Tunisie. Selon ce ministre compromis, 80% d’entre eux combattraient dans les rangs de l’organisation Etat islamique. Tandis que le reste aurait rejoint les rangs d’Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, qui est considérée par certains Américains et Français comme étant la plus « modérée » parmi les unités islamistes armées !

Pourtant, d’après un rapport de l’ONU daté de juillet 2015, il y aurait 5600 terroristes tunisiens éparpillés entre la Syrie, l’Irak et la Libye. Selon Damas et sur la base de témoignages des victimes syriennes récemment libérées du joug islamo-fasciste, les Tunisiens n’impressionnaient pas uniquement par leur nombre mais aussi par leur sauvagerie inégalée. Ils l’emportent ainsi sur les Afghans et surtout sur les Tchétchènes dont la sinistre réputation n’est plus à démontrer.

Depuis que Poutine a pris les choses en main en Syrie en dévoilant au passage l’implication des Turcs, des Qataris et des Saoudiens, et la compromission des Américains et des Britanniques, les daechiens tunisiens fuient les territoires syriens par centaines, soit en direction du pays de Bouazizi et du prix Nobel, soit vers la Libye pour rejoindre leurs frères en secte. Ainsi, près de 800 dangereux terroristes ont pu revenir en Tunisie et disparaître dans la nature.   
 
Pour certains mercenaires des droits de l’homme dont Radhia Nasraoui, Samia Abbou et Naziha Réjiba, les terroristes de retour en Tunisie doivent être bien traités et bénéficier d’un procès équitable. Pour celui qui les a expédié en Syrie, Rached Ghannouchi, ils doivent être pardonnés et retourner à la vie normale. Pour nous, en éliminant physiquement ces daechiens ainsi d’ailleurs que la « racaille » française, Bachar Al-Assad rendra un énorme service aux peuples tunisien et français. C’est qu’aucune thérapie n’est possible avec des psychopathes qui ont déjà égorgé au non d’Allah.
     
Mounir Chalabia    
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Il n’y aura pas de partition de la Syrie . Par Sharmine Narwani

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Il n’y aura pas de partition de la Syrie


 

Le conflit est trop grand en Syrie pour qu’elle reste unifiée, et la désagrégation du pays est inévitable – les Etats-Unis et l’OTAN la proclament de leurs vœux. Sharmine Narwani, experte du Moyen-Orient, démonte cette argumentation point par point.

Il n’y aura pas de partition de la Syrie . Par Sharmine Narwani

 

© Omar Sanadiki Source: Reuters
Les partisans de Bachar el-Assad célèbrent la libération d’Alep

En février, quand Alep-Est contenait encore plein de combattants formés en Occident, alliés à Al-Qaïda, la question a été posée au président syrien Bashar el-Assad : «Pensez-vous pouvoir reprendre le contrôle sur tout le territoire syrien 

Il avait alors répondu positivement : «C’est un objectif que nous cherchons à atteindre sans aucune hésitation. Il n’y a pas de sens pour nous de dire que nous allons en abandonner une partie [du territoire syrien].»

Mais ce n’est pas le cas des hommes politiques occidentaux.

D’abord, c’est le secrétaire d’Etat américain John Kerry qui a informé de façon évasive la Commission des relations étrangères du Sénat que l’administration de Barack Obama pouvait avoir un plan B pour la Syrie : «Il se peut qu’il soit bientôt trop tard pour préserver l’intégrité de la Syrie, si nous attendons plus longtemps.»

Ensuite, James Stavridis, ancien commandant suprême de l’OTAN et chef du commandement européen des Etats-Unis a écrit un article pour Foreign Policy, intitulé Il est l’heure de considérer sérieusement la partition de la Syrie, dans lequel il indiquait : «La Syrie en tant que nation est de plus en plus une fiction.»

Puis, le directeur de la CIA John Brennan a rejoint le chœur : «Tant de sang a été versé, je ne sais pas si nous serons en mesure de revenir à [une Syrie unifiée] de mon vivant.»

Mais dorénavant, la cuisante défaite des combattants soutenus par l’Occident à Alep-Est a rebattu les cartes concernant l’idée de la désintégration de la Syrie. Les néo-conservateurs frénétiques et les interventionnistes libéraux insistent sur l’idée de «partition» – faisant peu de cas de cinq années de pronostics erronés assurant que «Assad allait partir».

Mais Bachar el-Assad comprend quelque chose que les analystes occidentaux, les journalistes et les hommes politiques n’arrivent pas à saisir. Les alliés de la Syrie dans cette guerre – l’Iran, le Hezbollah, l’Irak, la Russie, la Chine – n’ont maintenu que deux lignes rouges tout au long du conflit :

la première est que Bachar el-Assad ne peut être destitué que par une élection nationale, par une majorité de Syriens.

La seconde est l’intégrité de la Syrie.

Leur logique est simple. Le changement de régime, le retraçage des frontières, les combats de mercenaires par procuration, diviser pour régner… les vieux trucs de l’hégémonie occidentale devaient cesser d’être utilisés en Syrie. Sinon, ils trouveraient à qui répondre à Moscou, Pékin et Téhéran.

En bref, un nouvel ordre mondial devrait apparaître sur les cendres du conflit syrien et pour cela, les alliés devront soigneusement contrecarrer les objectifs de l’OTAN et du Conseil de coopération du Golfe et maintenir à tout prix l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Etat syrien.

Le changement calculé dans l’équilibre du pouvoir

En 2013 on pouvait déjà prédire la formation d’une nouvelle alliance au Moyen-Orient, focalisée sur la sécurité et visant à combattre la menace djihadiste qui fait rage en Syrie et dans les pays voisins.

Il était déjà clair à l’époque que les guerres irregulières menées par les djihadistes et leurs puissants donateurs étrangers allaient forces ces quatre pays – le Liban, la Syrie, l’Irak et l’Iran – à coopérer dans le domaine militaire et politique pour éradiquer de leurs territoires les groupes terroristes influencés par les wahhabites.

L’«Arc de sécurité» serait formé d’une façon qui permettrait de protéger l’intégrité territoriale de ces quatre pays, et, en parallèle, adopter une vision du monde convergente qui ouvrirait la voie vers un nouveau système sécuritaire au Moyen-Orient.

Aujourd’hui, le Liban et l’Iran partagent des frontières sûres avec respectivement la Syrie et l’Irak. Les combattants, les conseillers militaires, les services de renseignement, les transferts d’armes de ces quatre pays sont en jeu, avec une coordination accrue et efficace sur terre et dans les airs.

La Russie et la Chine ont pesé «de toutes leurs forces» dans ce nouveau développement – soit au Conseil de sécurité de l’ONU, soit par des moyens militaires et financiers ou par des actions diplomatiques. Outre cela, galvanisées par la lutte féroce autour de la Syrie, Téhéran, Moscou et Pékin ont promu un nouvel ordre mondial multilatéral après lequel ils couraient – en assurant leur propre sécurité régionale, en renforçant les alliances globales, en en établissant de nouvelles et en créant des institutions politiques, financières et sécuritaires afin d’en finir avec celles contrôlées par l’Occident.

Après le succès de l’«Arc de sécurité» dans la lutte contre les groupes extrémistes, il a paru nécessaire pour ces trois Etats voisins d’impliquer d’autres participants dans cette nouvelle architecture de sécurité régionale – l’Egypte, la Turquie et la Jordanie – chacun d’entre eux pour des motivations différentes.

Mais de nouveaux adhérents pourraient rejoindre cette zone de sécurité, essentiellement parce qu’ils comprennent qu’un gouvernement central affaibli et la fragmentation de la Syrie déborderait dans leurs pays et y créerait des conditions similaires : chaos, instabilité, terrorisme.

Egypte : Sous la direction du Président Abdel Fattah al-Sissi, l’Egypte s’est détournée de ses mécènes saoudites, qui étaient, aux côtés du Qatar et de la Turquie, les principaux sponsors de l’extrémisme en Syrie et en Irak. Plus tôt cette année, Sissi a commencé à se détourner des alliés traditionnels de l’Egypte en Occident et dans la région, en ouvrant la porte à des relations approfondies dans les domaines politique, militaire et économique avec la Syrie, l’Iran, la Russie et la Chine.

Le docteur Christina Lin, professeur de l’Ecole des études internationales avancées de l’Université John Hopkins, explique : «Contrairement à Washington, Sissi considère Assad comme un rempart laïque s’érigeant à l’extrémisme islamique dans le Levant. Si Assad venait à être renversé, le Liban et la Jordanie suivraient, et l’Egypte ne veut pas finir comme la Libye à se faire dépecer entre les Frères musulmans et autres islamistes.»

Au cours de ces derniers mois, l’Egypte visait un dégel diplomatique à l’égard de l’Iran et une coopération militaire avec la Syrie, en se disputant publiquement avec l’Arabie saoudite. Outre cela, elle a été invitée par la Russie et par l’Iran à s’asseoir à la table des pourparlers de paix. Tandis qu’en arrière-plan, la Chine lance en Egypte un projet d’investissement en infrastructures, à hauteur de 60 milliards de dollars, dans un pays à court d’argent.

Turquie : Pour la Syrie, il n’y avait pas de bête noire plus grosse que la Turquie – le sponsor, l’exécuteur et l’organisateur du militantisme djihadiste qui traverse sa frontière sud dans une Syrie déchirée par la guerre. Mais le conflit syrien, à son tour, a estropié et épuisé la Turquie, en entrainant des attaques terroristes dans ses villes, en relançant le conflit «kurde», en isolant son président imprévisible, Recep Tayyip Erdogan, en paralysant son économie et en déclenchant des troubles politiques internes.

Alors, quand les Russes ont soi-disant averti Erdogan du coup d’Etat manqué de cet été – que les Turcs estiment être initié pas les Etats-Unis – l’orientation politique du président turc a commencé à se retourner, et il a commencé à avancer vers une série de compromis avec l’Iran et la Russie sur le conflit syrien. Le premier grand geste d’Erdogan envers Téhéran et Moscou était de débarrasser Alep d’une partie de ses combattants, en permettant ainsi aux forces alliées de la Syrie de concentrer leur pouvoir militaire sur les groupes affiliés à Al-Qaïda qui tenaient l’enclave Est.

A la suite de la libération d’Alep, les Turcs, les Iraniens et les Russes se sont rencontrés pour déterminer une autre série d’objectifs, y compris un cessez-le-feu au niveau national – une démarche qui a laissé de côté les alliés occidentaux d’Erdogan, soulignant le fait que personne n’a vraiment besoin des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou de la France à la table syrienne des négociations.

Jordanie : Pendant la majeure partie du conflit syrien, les intérêts de la Jordanie ont été bousculés par d’encombrants parrains qui ont transformé le Royaume hachémite en un centre d’opérations clandestines des services secrets occidentaux, des agents du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et des centres de formation des rebelles. Mais ces dernières années, le roi Abdullah de Jordanie a été contraint de s’occuper de son pays, financièrement exsangue par les conséquences engendrées de l’afflux massif de réfugiés syriens et par une explosion terrifiante du radicalisme intérieur. Du coup, la Jordanie a discrètement échangé des informations avec les autorités syriennes pour affaiblir le militantisme dans le sud de la Syrie et a fini par fermer sa frontière commune.

Le roi lui-même s’est engagé dans une sortie de navette diplomatique frénétique entre la Russie et la Chine, afin d’obtenir des investissements et une légitimité politique, pour que la Jordanie se trouve dans une position confortable pour suivre l’exemple de ses plus grands voisins, tandis que la tendance régionale des renversements de pouvoir tourne très nettement en faveur de la Syrie.

Ce sont les vainqueurs qui définissent l’avenir, non les vaincus

La libération d’Alep-Est des combattants alliés à Al-Qaïda, est un tournant décisif dans la guerre contre la Syrie. Les principales régions les plus peuplées et à l’infrastructure la plus développée, qui vont du nord au sud la partie ouest du pays, sont maintenant en majorité contrôlées par le gouvernement.

De plus, la libération d’Alep sert de rampe de lancement pour supprimer le corridor vital qui va de la Turquie à Mossoul, qui fournit combattants, équipements militaires et armes à Daesh depuis des années. Les troupes syriennes et leurs alliés seront maintenant capables de virer plein est, vers l’Euphrate, afin de couper cette ligne de vie entre la Turquie et l’Etat islamique.

Avec les points névralgiques de l’ouest syrien sécurisés et les combattants djihadistes sérieusement diminués dans le sud, seules les régions du nord-est posent un défi – mais ces régions sont occupées en majorité par Daesh, où les batailles finales seront menées pour mettre en déroute le groupe terroriste.

Alors, qui exactement les Américains veulent-ils diviser, et pourquoi ?

Les récentes guerres en Afghanistan, en Irak au Yémen et en Libye démontrent clairement qu’une autorité centrale faible ne crée que du vide politique et sécuritaire dans lequel les extrémistes se précipitent pour le remplir. Le président élu des Etats-Unis, Donald Trump, a déclaré lui-même qu’il préférait le règne d’hommes forts plutôt que l’instabilité qui prévaut lors des conflits de changement de régime. Ce sont l’Etat islamique et Al-Qaïda qui bénéficient essentiellement du démembrement de la Syrie – et toutes les parties au conflit en sont conscientes.

Les pays de l’«Arc de sécurité» et leurs alliés peuvent éradiquer de manière compétente le terrorisme sur leur sol. La Turquie et les Etats-Unis restent cependant des points de friction majeurs, luttant toujours, contre leurs propres intérêts sécuritaires, pour réclamer leurs droits sur des bandes de territoire du nord-est qui présentent à leurs yeux un intérêt stratégique.

Ce qui est amusant au passage, c’est de voir les intérêts opposés de deux alliés de l’OTAN. Le «projet kurde» des Etats-Unis a fait fuir Erdogan vers les Iraniens et les Russes pour leur demander de l’aide. C’est vraiment ironique que les efforts continus de l’Occident visant à semer la discorde entre les acteurs régionaux, les sectes et les groupes ethniques, puissent se retourner d’un seul coup par le soutien que les Américains fournissent aux nationalistes kurdes. Il n’y a pas de meilleur moyen d’assurer la solidarité entre Arabes, Iraniens et Turcs, que la perspective de l’unification de l’Etat kurde. Même la menace de l’Etat islamique n’en a pas été capable.

Après la victoire d’Alep, Assad s’est de nouveau prononcé sur la partition : «C’est l’espoir de l’Occident et de certains pays dans la région. Si vous regardez la société d’aujourd’hui, la société syrienne est plus unifiée qu’elle ne l’était avant la guerre. Il est hors de question que les Syriens l’acceptent – je parle maintenant d’une grande majorité de Syriens. Après presque six années [de conflit], je peux vous dire que la majorité des Syriens n’accepteront rien de lié à une désintégration – bien au contraire.»

Il a raison. Pour plus de 70% de Syriens habitant dans des régions contrôlées par le gouvernement, la volonté de continuer la guerre est nulle – et c’est ce que la partition impliquerait : encore des conflits. En outre, non seulement les Syriens, mais tous les pays de l’Arc de sécurité et leurs partenaires sont déterminés plus que jamais à se protéger, en éradiquant le terrorisme qui demeure dans des poches internes à leurs territoires. Comme Assad – et une grande partie de l’Europe aujourd’hui – ils savent que vous n’éliminerez jamais une menace à votre sécurité si vous ne l’écrasez pas et ne préservez pas l’Etat.

Dans le contexte sécuritaire, la partition est hors de question. Dans le contexte militaire, une partition forcée exigera l’engagement de troupes plus puissantes que les armées syrienne, russe, iranienne, égyptienne et du Hezbollah réunies – ce qui est impossible. Dans le contexte politique, la volonté internationale pour une partition «imposée», est nulle.

Donc non, il n’y aura pas de partition de la Syrie.

Sharmine Narwani | 31 déc. 2016

Article original: https://www.rt.com/op-edge/372142-us-russia-syria-partition-turkey/

Source: https://francais.rt.com/opinions/31587-il-aura-pas-partition-syrie

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Regard sur la Syrie du 30 décembre 2016 en direct de Damas par Ayssar Midani (vidéos)

2 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie, #Terrorisme

Regard sur la Syrie du 30 décembre 2016 en direct de Damas par Ayssar Midani (vidéos)

 

 

Bonjour

Regard sur la Syrie du 30 décembre 2016 en direct de Damas par Ayssar Midani

Neuvime SitRep (rapport de situation) pour la Syrie par Madame Ayssar Midani depuis Damas !!!

http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/ayssar-midani-syrie-sitrep-no9-du-71795

Informez-vous et forgez votre opinion en croisant les informations. Les grands médias ont tous la même narrative, est-ce bien raisonnable.

Cordialement

Lucien Pons

 

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Cessez-le-feu en Syrie signé par les jihadistes à l’exception d’al-Qaïda et de Daesh. Réseau Voltaire

2 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Cessez-le-feu en Syrie signé par les jihadistes à l’exception d’al-Qaïda et de Daesh

Réseau Voltaire | Damas (Syrie)

 

 

Réseau Voltaire — Un cessez-le-feu a été conclu en Syrie, annoncé le président russe Vladimir Poutine, en présence de ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense. La Russie et la Turquie s’en sont portées garants. La République islamique d’Iran qui a participé à l’élaboration de l’accord se tient discrètement en réserve.

Trois documents ont été signés par la République arabe syrienne et sept groupes rebelles, dont Ahrar al-Cham.
Le premier prévoit un cessez-le-feu (excluant al-Qaïda et Daesh) sur l’ensemble du territoire à partir de ce soir, jeudi 29 décembre 2016, à minuit heure locale.


Le second précise les mesures visant au respect de la trêve et au déploiement des forces russes.


Le troisième définit les conditions des négociations de paix qui se tiendront à Astana (Kazakhstan). L’Iran et Égypte seront associés à ces négociations et les États-Unis pourront s’y joindre une fois le président élu Donald Trump investi (c’est-à-dire après le 20 janvier 2017).

En parrainant cet accord avec la République islamique d’Iran, la Turquie —membre de l’Otan— a renoncé à son ambition de devenir le leader du monde sunnite et s’est éloignée des États-Unis.

La Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution a annoncé qu’elle soutenait cet accord.

Au début du mois, le Qatar s’est retiré de la guerre contre la Syrie. Il est entré au capital de Rosneft, la plus grande société au monde, et a lié sa politique énergétique à celle de la Russie.

Cet accord est en discussion depuis un mois. Les parties qui s’y opposent ont tenté de le faire échouer en assassinant l’ambassadeur de Russie à Ankara, puis en bombardant les 28 et 29 décembre l’ambassade de Russie à Damas.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ne participent pas à ce cessez-le-feu. Washington a été accusé par le président Erdoğan de continuer à soutenir Al-Qaïda et Daesh, ce que l’ambassade US à Ankara a démenti. Cependant, le président sortant Barack Obama a signé, le 23 décembre, la loi fiscale de Défense autorisant la livraison d’armes à l’« opposition » (sic) en Syrie.

L’Arabie saoudite, qui n’a pas commenté l’accord, a annoncé venir en aide aux réfugiés syriens. Le royaume devrait distribuer de l’aide humanitaire, exclusivement à partir des mosquées qu’elle a installées dans les camps de réfugiés.

Le président Poutine a donné ordre à son ministre de la Défense de réduire la présence militaire russe en Syrie. Cependant, la Russie poursuivra son action contre le terrorisme (al-Qaïda et Daesh).

La guerre contre la Syrie a coûté la vie à au moins 300 000 Syriens. Elle a été planifiée par les États-Unis et leurs partenaires de l’Otan, et financée par les monarchies du Golfe.

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Cette gauche qui sert de supplétif à l’OTAN par Bruno Guigue.

2 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #le nazisme, #Les média

Cette gauche qui sert de supplétif à l’OTAN par Bruno Guigue.

Cette gauche qui sert de supplétif à l’OTAN

 

Désolé pour M. Julien Salingue et ses petits camarades, mais un communiste syrien qui contribue à la défense de son pays vaudra toujours mieux qu'un gauchiste français qui fantasme sur la révolution en buvant des demis au Quartier Latin.

A de rares exceptions près (Jean-Luc Mélenchon, le PRCF), le moins qu'on puisse dire est que la gauche française pratique le déni de réalité sur la Syrie. Depuis 2011, c'est impressionnant. Elle a tout avalé. Avec gourmandise. Un véritable festin de couleuvres ! Elle s'est d'abord fiée à des sources douteuses (OSDH) dont elle a répété en boucle les chiffres invérifiables et les affirmations gratuites. Bonne fille, elle a accrédité la narration ridicule du boucher-de-Damas-qui-massacre-son-peuple. Elle a gobé cul sec le false-flag de l'attaque chimique comme si elle ingurgitait une vulgaire fiole onusienne de M. Powell. Elle est tombée, enfin, dans le panneau d'une propagande humanitaire à deux vitesses qui fait le tri, sans vergogne, entre les bonnes et les mauvaises victimes.

Cet aveuglement stupéfiant, la gauche française le doit d'abord à son indécrottable posture morale. Une grille de lecture manichéenne a anesthésié son esprit critique, elle l'a coupée du monde réel. Voulant absolument identifier des bons (rebelles) et des méchants (Assad), elle s'interdit de comprendre un processus qui se déroule ailleurs que dans le ciel des idées. Quand on désigne les protagonistes d'une situation historique en utilisant des catégories comme le bien et le mal, on donne congé à toute rationalité. « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre », disait justement Spinoza. On peut certes avoir des préférences, mais lorsque ces préférences inhibent la pensée critique, ce ne sont plus des préférences, ce sont des inhibitions mentales.

La deuxième raison de cet aveuglement tient à un déficit abyssal d'analyse politique. La gauche française n'a pas voulu voir que le rapport de forces, en Syrie, n'était pas celui qu'elle espérait. Elle a reconstruit le récit des événements à sa guise pour donner corps à son fantasme d'une révolution arabe universelle qui balaierait le « régime de Damas » comme elle avait balayé les autres, en méconnaissant ce qui faisait précisément la singularité de la situation syrienne. Ceux qui se vantent de connaître leurs classiques auraient dû appliquer la formule par laquelle Lénine définissait le marxisme : « l'analyse concrète d'une situation concrète ». Au lieu de se plier à cet exercice d'humilité devant le réel, l'extrême-gauche, notamment, a cru voir ce qu'elle avait envie de voir.

Abusée par sa propre rhétorique, elle misait sur une vague révolutionnaire emportant tout sur son passage, comme en Tunisie et en Egypte. Mauvaise pioche ! Privée de toute base sociale consistante dans le pays, la glorieuse « révolution syrienne » n'était pas au rendez-vous. Véritable farce sanglante, une contre-révolution menée par des desperados accourus de 110 pays a pris sa place. La nature ayant horreur du vide, cette invasion du berceau de la civilisation par des hordes de mercenaires décérébrés a tenu lieu, dans l'imaginaire gauchiste, de révolution prolétarienne. Le NPA ne s'est pas aperçu de l'énormité de cette confusion. Il n'a pas vu que les rassemblements populaires les plus imposants, en 2011, étaient en faveur de Bachar Al-Assad. Il a écarté d'un revers de la main la position du parti communiste syrien qui, tout en critiquant le gouvernement, se range à ses côtés pour défendre la nation syrienne contre ses agresseurs.

Poussant le déni de réalité jusqu'aux frontières de l'absurde, le NPA, au lendemain de la libération d'Alep, se déclare encore solidaire de la « révolution syrienne ». Mais le secrétaire général du parti communiste syrien, Ammar Bagdash, lui avait répondu par anticipation en septembre 2013 : « En Syrie, à la différence de l’Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n’aurait pas pu résister en comptant seulement sur l’armée. Elle a résisté parce qu’elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l’alliance avec l’Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu’il deviendra clair qu’il existe d’autres voies ».

Désolé pour M. Julien Salingue et ses petits camarades, mais un communiste syrien qui contribue à la défense de son pays vaudra toujours mieux qu'un gauchiste français qui fantasme sur la révolution en buvant des demis au Quartier Latin. Incapable de comprendre ce qui se passait sur place, l'extrême-gauche française est victime du théâtre d'ombres qu'elle a elle-même dressé. Faute d'entendre ce que lui disaient les marxistes du cru, elle a joué à la révolution par procuration sans voir que cette révolution n'existait que dans ses rêves. Mais il est difficile d'admettre en 2016 qu'on s'est complètement fourvoyé depuis 2011.

Une fois de plus, écoutons Ammar Bagdash : « Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d’Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l’armée que dans l’autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d’infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multi-partisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenues. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. »

Cette insurrection armée conduite par des groupes extrémistes, les communistes syriens l'ont parfaitement analysée, mais la gauche française l'a ignorée. Elle a fait comme si elle n'existait pas, comme si elle était une invention de la propagande baassiste. Comment l'admettre, en effet ? Que les gentils révolutionnaires soient passés à l'action violente dès le printemps 2011 contredisait la narration dominante ! Il fallait, pour les besoins de la cause, préserver le mythe d'une opposition démocratique et non-violente. Le récit des événements fut purgé, en conséquence, de ce qui pouvait en altérer la pureté imaginaire. La violence des allumés du wahhabisme fut masquée par un déluge de propagande. Preuve factuelle d'un terrorisme qui était le vrai visage de cette révolution-bidon, ce déchaînement de haine fut effacé des écrans-radar.

De même, cette « gauche » bien-pensante a hypocritement détourné le regard lorsque les feux de la guerre civile furent attisés par une avalanche de dollars en provenance des pétromonarchies. Pire encore, elle a fermé les yeux sur la perversité de puissances occidentales qui ont misé sur l'aggravation du conflit en encourageant la militarisation de l'opposition, tandis qu'une presse aux ordres prophétisait avec délices la chute imminente du « régime syrien ». Sans vergogne, cette gauche qui se dit progressiste s'est laissé enrôler par les gouvernements d'un Occident à l'impérialisme rapace. Elle a calqué sa lecture partiale du conflit sur l'agenda otanien du « changement de régime » exigé par les néo-cons depuis 2005. Comme l'a écrit Hillary Clinton, Washington voulait renverser Assad pour aider Israël dans son affrontement avec l'Iran ! Mais cette circonstance ne semble pas troubler les pro-Palestiniens du NPA.

L'histoire ne fait pas de cadeaux. Elle retiendra que la gauche française a servi de supplétif à l'OTAN dans cette entreprise avortée de destruction d'un Etat souverain sous le prétexte fallacieux des droits de l'homme. Cette imposture de gauche, bien sûr, n'exonère pas la droite française de ses propres responsabilités, tout aussi écrasantes et criminelles sous Nicolas Sarkozy, dans l'aveuglement volontaire au drame syrien. Mais le moins qu'on puisse dire est qu'il y a une imposture de gauche, sur la Syrie, qui aura fait des dégâts considérables. Courage, M. Mélenchon, vous avez du pain sur la planche !

 

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Les menaces occidentales à la Russie [Vidéo]

1 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch

Les menaces occidentales à la Russie [Vidéo]

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/01/obama-war-640x333-1728x800_c.jpg

Les menaces occidentales à la Russie [Vidéo]

Les révélations sur les menaces des dirigeants occidentaux à la Russie, par le porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères de Russie. On a après ça du mal à vouloir croire que le vol 154 des Choeurs de l’Armée Rouge s’est crashé « accidentellement »… entre autres!

Il faut une fois encore rendre hommage à Vladimir Poutine pour sa retenue, parfois d’ailleurs incomprise par le Peuple Russe qui le soutient pourtant à près de 90%. Après de telles provocations et menaces, tout autre Président aurait entrainé le monde dans la guerre. Les dirigeants occidentaux qui ne jurent que par la disparition de Vladimir Poutine feraient bien de comprendre que son remplaçant n’aura pas forcément le même ardent désir de Paix.

Et quand on pense que celui qui se prétend « le leader du monde libre », responsable de toutes ces manipulations et provocations, a été nommé « Prix Nobel de la Paix », on comprend mieux l’état de délabrement total et de folie du monde occidental actuel.

https://tvs24.ru/cumulus/videos/141/menaces-occidentales-la-russie/

source: https://rusreinfo.ru/fr/2016/12/les-menaces-occidentales-a-la-russie-video/


 
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Lettre ouverte aux «défenseurs des droits de l’homme» à propos d’Alep. Par Jean Bricmont

31 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN., #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme, #Les média

© Khalil Ashawi Source: Reuters – Alep, Syrie, décembre 2016

© Khalil Ashawi Source: Reuters – Alep, Syrie, décembre 2016

 

 

 Des «tartuffes», des «hypocrites», des «salauds»… L’essayiste belge Jean Bricmont ne mâche pas ses mots, en s’indignant des intérêts réels de ceux qui prétendent défendre les droits de l’homme en Syrie.


Tout d’abord, ceci n’est pas une attaque contre les droits de l’homme, comme idéal à atteindre, et le titre complet de l’article devrait être: «Lettre ouverte à ceux qui invoquent sélectivement les droits de l’homme pour justifier la politique d’ingérence des puissances occidentales dans les affaires intérieures des autres pays.»

En effet, la seule question qui mérite d’être discutée à propos de l’affaire syrienne, ce n’est pas la situation sur le terrain (qui est sans doute compliquée), mais la légitimité de la politique d’ingérence des États-Unis et de leurs «alliés», c’est-à-dire des Européens, de la Turquie et des États du Golfe, dans ce pays.

Depuis des décennies, l’idée de base du droit international, à savoir l’égale souveraineté des États et la non ingérence d’un État dans les affaires intérieures d’un autre a été systématiquement battue en brèche, au point d’être pratiquement oubliée, par les partisans du «droit d’ingérence humanitaire» (voir «Massacres à Alep : lettre à un camarade qui s’obstine à justifier l’injustifiable» de Julien Salingue, qui ne mentionne nulle part le droit international, comme exemple frappant de cet oubli dans la «gauche radicale». Salingue reproche en fait aux Occidentaux de ne pas avoir fourni plus d’armes aux rebelles c’est-à-dire de ne pas avoir violé ce droit plus encore qu’ils ne l’ont fait).

Le principe de non ingérence rend illégal tout ce que font les États-Unis un peu partout dans le monde: pas seulement les invasions «préventives», mais aussi les achats d’élections, les armements de rebelles, ou les sanctions et embargos unilatéraux.

Il faut peut-être rappeler les raisons sur lesquelles se fondent les principes du droit international. Tout d’abord, Il y a la leçon tirée de la Seconde Guerre mondiale. C’est l’usage par l’Allemagne de la politique des minorités en Tchécoslovaquie et en Pologne qui a été à l’origine de la guerre, politique qui a encore été amplifiée lors de l’invasion de l’Union soviétique. Cette politique a eu, à la fin de la guerre, des conséquences catastrophiques pour les minorités qui avait été utilisées par les Allemands.

C’est en partie pour cela que les vainqueurs, qui ont rédigé la charte de l’ONU, ont voulu «protéger l’humanité du fléau de la guerre» en rendant illégale la politique d’ingérence.

La politique de non ingérence a encore été renforcée par la décolonisation des années 1950 – 1970. La dernière chose que les pays issus de cette décolonisation souhaitaient, c’était que les anciennes puissances coloniales s’ingèrent dans leurs affaires intérieures.

C’est pourquoi le rejet de la politique d’ingérence fait la quasi unanimité des pays du Sud. On lit, par exemple, dans la résolution adoptée lors du sommet des pays non alignés, à Kuala Lumpur en février 2003, peu avant l’invasion de l’Irak, que : «Les chefs d’Etats ou de gouvernement réaffirment l’engagement du mouvement pour renforcer la coopération internationale afin de résoudre les problèmes internationaux ayant un caractère humanitaire en respectant pleinement la charte des Nations unies et, à cet égard, ils réitèrent le rejet par le mouvement des pays non-alignés du soi-disant «droit» d’intervention humanitaire qui n’a aucune base dans la charte des Nations unies ou dans le droit international.»

Par ailleurs, l’ingérence ne peut évidemment se faire que des pays forts à l’égard des pays faibles ; c’est donc une légitimation de la force brute.

Cependant, tous les États forts ne sont pas égaux entre eux. Imaginons un instant que la politique d’ingérence soit admise comme nouveau principe du droit international. Que se passerait-il si la Russie entendait renverser le gouvernement saoudien à cause des «violations des droits de l’homme» dans ce pays? Ou si la Chine décidait d’envoyer des troupes en Israël pour y «protéger les Palestiniens»? On aboutirait rapidement à une guerre mondiale.

Pour comprendre le caractère «inacceptable» de la politique d’ingérence quand il est appliqué à des pays puissants, il suffit de penser aux cris d’orfraie que pousse l’establishment américain suite au soi-disant piratage par les Russes de certains emails rendus publics par Wikileaks. Notons au passage que la réalité de ce piratage reste à prouver et que, même s’il l’était, l’authenticité des emails n’est pas contestée, ce qui signifie que ce piratage aurait simplement permis d’informer le public américain de certaines manoeuvres de leurs dirigeants, ce qui est une peccadille comparé aux interventions américaines en Amérique latine, au Moyen-Orient ou en Indochine.

Les conséquences de la politique d’ingérence sont multiples et catastrophiques. Il y a évidemment les millions de morts dus aux guerres américaines (l’étude suivante arrive à un total de 1,3 million de victimes, rien que pour la «guerre à la terreur»). Mais il ne faut pas s’imaginer que les pays victimes d’ingérence ne vont pas réagir, ne vont pas établir les alliances, et ne vont pas tenter de se défendre en se durcissant sur le plan interne. Quand les États-Unis sont attaqués le 11 septembre 2001, ils prennent des mesures de sécurité et de surveillance sans précédent et surtout, ils se lancent dans l’invasion de deux pays. Comment imaginer que la Syrie, l’Iran, Cuba, la Russie ou la Chine ne vont pas prendre des mesures répressives pour se protéger de la subversion? On entre ainsi dans une logique de guerre sans fin. En effet, après être intervenu en Ukraine et en Syrie, les Occidentaux entrent en conflit avec la Russie et la Chine à cause des mesures que ces pays prennent face à ces interventions. Loin d’être une source de paix, le Conseil de sécurité de l’ONU devient, à cause de la politique d’ingérence, le lieu de toutes les acrimonies.

Dans le cas de la Syrie, si, comme il le semble, l’insurrection finit par être vaincue, on ne pourra que constater que la politique d’ingérence, à travers l’armement des rebelles, n’a fait que prolonger les souffrances de la population de ce malheureux pays. Les «défenseurs des droits de l’homme» qui ont appuyé cette politique d’ingérence, portent une lourde responsabilité dans cette tragédie.

Bien que les droits de l’homme soient une idée libérale et que le libéralisme s’oppose en principe au fanatisme, les «défenseurs des droits de l’homme» actuels sombrent souvent dans le fanatisme: on nous met en garde contre une influence russe en Europe parfaitement imaginaire (comparons un instant l’influence commerciale, culturelle, intellectuelle, diplomatique des États-Unis et de la Russie en Europe) et on nous incite à ne pas consulter les «médias du Kremlin». Dans toute guerre, et le soutien aux insurgés en Syrie est une guerre, la première victime est la vérité. N’importe quel esprit vraiment libéral irait consulter la «propagande» de l’autre camp, sans nécessairement la croire sur parole, mais afin de contre-balancer celle à laquelle il est constamment soumis.

Sans même écouter la «propagande russe», qui va s’intéresser à l’étude: «Possible Implications of Faulty US Technical Intelligence in the Damascus Nerve Agent Attack of August 21, 2013» ? Cette étude, réalisée par un ancien inspecteur de l’ONU, Richard Lloyd et un Professeur de Science, Technologie et Sécurité nationale du MIT, Theodore A. Postol, montre que l’attaque au gaz près de Damas en août 2013, qui a failli provoquer une attaque en règle contre la Syrie, ne pouvait pas être le fait du gouvernement syrien. On imagine mal des personnes aussi importantes mentir délibérément pour «soutenir Assad» ou être incompétentes sur des questions de physique relativement élémentaires.

Les «défenseurs des droits de l’homme» se demandent aussi si, après Alep, il est encore possible de discuter avec Poutine. Mais la guerre à la terreur, y compris l’invasion de l’Irak, n’a jamais empêché personne de discuter avec les Américains, malgré les centaines de milliers de morts que cette guerre a provoquées. Au contraire, après 2003, la France s’est d’avantage intégrée dans l’OTAN et a suivi les États-Unis plus fidèlement que jamais.

De plus, les «défenseurs des droits de l’homme» européens sont dans une situation particulièrement absurde: en effet, si l’on prend, par exemple, l’affaire de l’usage des gaz en 2013, attribué au gouvernement syrien, il y avait un large accord en France pour intervenir. Mais en l’absence d’une intervention américaine, une intervention purement française s’est avérée impossible. Les «défenseurs des droits de l’homme» européens en sont réduit à implorer les Américains: «Faites la guerre, pas l’amour !» Mais comme ceux-ci souffrent de «war fatigue» et ont élu un président en principe opposé aux interventions, il ne reste plus aux «défenseurs des droits de l’homme» européens que de faire accepter par leurs peuples des dépenses militaires gigantesques pour créer un rapport de force qui rende crédible la politique d’ingérence. Bonne chance !

Finalement, parmi les défenseurs des droits de l’homme, il faut distinguer entre les bonnes âmes et les belles âmes.

Les bonnes âmes mettent en garde leur «amis» contre l’idée de «soutenir» le boucher, le criminel, l’assassin de son peuple, Bachar el Assad. Mais c’est ne rien comprendre à la position anti-ingérence.

Des Etats peuvent soutenir d’autres Etats en leur donnant des armes et de l’argent. Mais de simples individus, ou des mouvements sociaux, comme un mouvement de la paix, ne le peuvent pas. Cela n’a, par conséquent, aucun sens de dire que, lorsque des individus s’expriment, quand ils le peuvent dans notre société, c’est-à-dire de façon marginale, pour critiquer la politique d’ingérence, ils «soutiennent» telle personne ou tel régime, à moins de considérer que tous ceux qui ne souhaitent pas que la Russie intervienne en Arabie saoudite ou la Chine en Palestine «soutiennent» le régime saoudien ou la colonisation israélienne.

Les anti-impérialistes soutiennent une autre politique étrangère pour leurs pays, ce qui est très différent.

Dans toutes les guerres, il y a une propagande massive en faveur de celles-ci. Comme les guerres ou les ingérences actuelles sont justifiées au nom des droits de l’homme, il est évident que la propagande va se concentrer sur la dénonciation des «violations des droits de l’homme» dans les pays ciblés par l’interventionnisme.

Par conséquent, tous ceux qui s’opposent à cette politique d’ingérence se doivent de fournir toutes les informations qui permettent de contrer cette propagande, comme par exemple l’étude sur l’usage des gaz en 2013 mentionnée plus haut, ou les témoignages discordants concernant le situation à Alep aujourd’hui. Il est remarquable de voir Julien Salingue, co-animateur du site de critique des médias Acrimed, répéter le récit dominant sur la Syrie, sans aucune distance critique. Mais si les médias mentent et déforment en ce qui concerne la France, pourquoi ne le feraient-ils pas encore bien plus lorsqu’il s’agit de pays étrangers, comme la Syrie et la Russie, où les choses sont plus difficiles à vérifier ? De nouveau, sans faire appel aux sources russes, Salingue pourrait lire, par exemple, l’avis de l’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne en Syrie, qui contredit le récit médiatique dominant sur Alep.

Cette critique de la propagande ne signifie nullement un «soutien» à un régime ou l’autre, au sens où ce régime serait dans l’absolu souhaitable dans un monde libéré de la politique d’ingérence.

Les bonnes âmes veulent «sauver Alep», «ont honte de l’inaction de la communauté internationale» et veulent «faire quelque chose». Mais faire quoi? La seule suggestion pratique qui est avancée serait d’établir en Syrie une «no fly zone» qui empêcherait l’aviation russe d’aider l’armée syrienne. Mais cela serait une violation de plus du droit international, la Russie étant invitée en Syrie par le gouvernement légal et internationalement reconnu de ce pays pour l’aider dans le combat contre le terrorisme. La situation de la Russie en Syrie n’est pas, juridiquement parlant, différente de celle de la France lorsqu’elle a été invitée au Mali pour y combattre les islamistes (qui se trouvaient là suite à la guerre en Libye, mais passons). De plus, intervenir militairement en Syrie impliquerait soit une guerre avec la Russie, soit que ce pays accepte d’être vaincu sans combattre. Qui veut parier sur cette deuxième possibilité?

Pour illustrer l’hypocrisie des bonnes âmes, comparons la situation en Syrie et au Yémen. Dans ce dernier pays, l’Arabie Saoudite commet de nombreux massacres, en violation claire du droit international. Si vous vous indignez parce qu’on ne fait rien en Syrie, pourquoi vous-même ne faites-vous rien pour le Yémen? De plus, il y a une grande différence entre ces deux situations. Dans le cas de la Syrie, intervenir militairement risquerait d’entraîner une guerre avec la Russie. Dans le cas du Yemen, il suffirait sans doute, pour faire pression sur l’Arabie Saoudite, de suspendre les livraisons d’armes occidentales à ce pays. Bien sûr, vous êtes parfaitement conscient du fait que vous êtes incapables d’arrêter les livraisons d’armes à l’Arabie Saoudite. Mais alors, à quoi rime votre indignation concernant la Syrie ?

Les belles âmes, par contre, sont contre toutes les guerres, toutes les violences. Elles condamnent : Assad et Poutine, bien sûr, mais aussi Obama, l’Union européenne, l’OTAN, tout le monde. Elles dénoncent, elles allument des bougies et éteignent des lumières. Elles témoignent, parce que se taire serait «être complice».

Elles ne se rendent pas compte que, sur le terrain, en Syrie, personne, ni gouvernement ni rebelles, ne savent qu’elles existent et, s’ils étaient au courant de leur existence, ils se moqueraient complètement de leurs indignations, condamnations, et éclairages de bougies. Pour paraphraser ce que disait Staline à propos du Vatican, les «défenseurs des droits de l’homme», combien de divisions?

Ceci ne veut pas dire que les bonnes âmes et les belles âmes n’ont aucun effet. Elles en ont un, mais ici : empêcher toute politique étrangère alternative, qui serait fondée sur la diplomatie et le respect de la charte des Nations unies. Seule une telle politique pourrait favoriser la paix dans le monde, l’équilibre et d’égalité entre les nations et, en fin de compte, faire aussi réellement avancer la cause des droits d’homme. Mais la diabolisation par les «défenseurs des droits de l’homme» d’Assad et de Poutine, ainsi que de tous ceux qui voudraient ne fut-ce que parler avec eux, rend une telle alternative impossible.

Pour les «défenseurs des droits de l’homme», le réalisme politique et les conséquences de leurs actions n’ont aucune importance ; l’important c’est de montrer que l’on fait partie du «camp du bien». Vous vous imaginez être libres, tout en suivant fidèlement les injonctions des médias dominants qui vous indiquent, à chaque moment, la crise qui requiert votre indignation.

Si j’avais la moindre illusion sur la lucidité que vous pouvez avoir à propos des conséquences de vos actions, je dirais que votre politique est criminelle, à cause des conséquences tragiques qu’elle a pour l’Europe et le monde ; mais comme je n’en ai aucune, je me limiterai à vous traiter de tartuffes, ou pour utiliser l’expression de Sartre, de «salauds».

Jean Bricmont | 29 déc. 2016

Lire aussi: «Les Etats-Unis fournissent délibérément des armes aux extrémistes en Syrie»

Lutte anti-propagande aux USA : l’Occident ressemble à la caricature qu’il fait de la Russie

Charniers civils à Alep : le discours officiel servi à la population européenne est «monomaniaque»

Source: https://francais.rt.com/opinions/31480-lettre-ouverte-defenseurs-droits-homme-alep

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La Syrie, Astana et le basculement du monde par Bruno Guigue

31 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #ISIL, #Daesch

La Syrie, Astana et le basculement du monde
par Bruno Guigue

vendredi 30 décembre 2016, par Comité Valmy

La Syrie, Astana et le basculement du monde

Depuis la libération d’Alep, les événements se précipitent. Des négociations inter-syriennes ont été menées sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie. Elles ont abouti le 29 décembre à un triple accord entre le gouvernement syrien et sept groupes de l’opposition armée. « Trois documents ont été signés », a déclaré le président russe. Le premier instaure « un cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire syrien ». Le deuxième définit « les mesures visant à contrôler le respect de la trêve ». Le troisième est une « déclaration sur la volonté des parties en conflit de lancer des négociations de paix ».

 

Certes, on objectera à juste titre que cet accord n’instaure dans l’immédiat qu’un fragile cessez-le-feu. Il peut être remis en cause à tout moment, les terroristes d’Al-Qaida et de Daech en sont exclus, et il ne règle pas, au fond, la crise syrienne ouverte au printemps 2011. Il n’empêche que cette signature, fruit de tractations entre des parties qui ne se parlaient plus, marque une nouvelle avancée en vue d’un règlement politique du conflit, une semaine à peine après la victoire de l’armée arabe syrienne dans la deuxième ville du pays.

 

L’avenir dira si cette étape était décisive, mais on peut déjà en tirer trois enseignements.

Le premier, c’est que rien ne vaut une victoire militaire pour remettre les pendules à l’heure. La débandade des « rebelles » d’Alep-Est après un mois de combats valide la stratégie syrienne de reconquête territoriale. Les cinq premières villes du pays sont désormais sous le contrôle du gouvernement : Damas, Alep, Homs, Lattaquié et Hama. Toutes les combinaisons échafaudées en Occident et dans les pays du Golfe pour imposer le départ de Bachar Al-Assad, que ce soit comme « préalable » ou comme « résultat » d’une transition politique, se brisent sur cette réalité comme une coque vermoulue sur des récifs côtiers.

 

La victoire militaire de l’armée syrienne et de ses alliés, en réalité, conforte l’initiative russe en faveur d’une solution politique. En position de faiblesse, les groupes armés non affiliés à Daech ou Al-Qaida vont devoir choisir entre une fuite en avant qui liera leur sort à ces jusqu’au-boutistes ou une négociation avec un Etat syrien qui les chasse, peu à peu, des principales agglomérations du pays. L’attitude de ces groupes est l’une des inconnues qui pèseront sur la suite des événements, mais il est significatif qu’ils aient choisi, sans doute à contre-cœur, la solution négociée.

 

Le deuxième enseignement, c’est l’éviction spectaculaire des Etats-Unis, éjectés comme des malpropres d’une scène syrienne où ils ont additionné les mensonges, les coups bas et les échecs à répétition. Pour la première fois dans l’histoire contemporaine, la négociation sur un conflit majeur est engagée sans Washington, qui doit se résoudre à faire tapisserie pendant que Moscou mène la danse. Discrédités par une politique erratique, les USA sont condamnés à approuver un processus qu’ils n’ont jamais cherché à promouvoir tout en prétendant le contraire. En attendant, ils se voient contraints de mettre une sourdine à leurs jérémiades sur les « crimes de guerre » et la « barbarie russe ».

 

Cette mise en orbite de la Maison-Blanche est d’autant plus cruelle que son principal allié dans la région, la Turquie, y a participé activement. Pour Ankara, mieux vaut un adversaire avec qui on peut négocier (Moscou) qu’un allié félon qui vous fait des enfants dans le dos (Washington). Les USA paient leur ambiguïté lors de la tentative de coup d’Etat en Turquie, mais aussi le soutien opportuniste accordé aux Kurdes de Syrie. M. Poutine, dont la retenue lors de l’affaire du Soukhoï abattu a porté ses fruits, n’eut qu’à tendre la main à son homologue turc pour que la géographie et l’économie, facteurs objectifs de convergence turco-russe, prennent le dessus.

 

L’admission de la Turquie dans le club des parrains de la paix en Syrie est un coup de maître. Mais Moscou a aussi contracté une police d’assurance du côté de Doha. En lui concédant une participation au capital de la compagnie pétrolière nationale Rosneft, Moscou achète la neutralité du Qatar. Ce pacte de circonstance devrait contribuer à la tiédeur de l’Arabie saoudite, à son tour, pour une rébellion en déroute. Revirement turc, défection qatarie, isolement saoudien, le dispositif clintonien du « regime change » en Syrie s’effondre comme un château de cartes. Donald Trump a proclamé son intention d’en finir avec ces lubies néo-conservatrices. A croire qu’il avait anticipé la suite des événements !

 

Le dernier enseignement, enfin, est lié au lieu même des futures négociations de paix. Capitale futuriste du Kazakhstan construite en 1997, Astana est au cœur de cet arc de puissance géopolitique dont Moscou est l’artisan inlassable face aux prétentions occidentales à régenter la planète. C’est à travers le territoire kazakh que passent les oléoducs qui acheminent, vers la Chine, le gaz en provenance des gisements de la Caspienne. Premier producteur mondial d’uranium, le Kazakhstan est un allié stratégique de la Russie et son partenaire essentiel dans les domaines-clé de la modernité économique (nucléaire, spatial, hydrocarbures).

 

Ce pays asiatique majoritairement musulman est membre de l’Union eurasienne et de l’Organisation de coopération de Shanghaï. En plein développement, proche de la Russie, il est le symbole des nouveaux équilibres du monde. C’est à Astana que les négociations de paix commenceront en janvier, précédant celles de Genève en février. Les deux processus ne sont pas contradictoires, affirme la diplomatie russe. Staffan de Mistura, délégué spécial de l’ONU pour la Syrie, sourit pour la forme. Mais quel symbole ! Détrônée par la capitale kazakhe, la cité helvétique n’est plus le centre de l’activité diplomatique. Les Russes l’ont déplacé à l’Est, au cœur d’une Eurasie qui est le siège des puissances de demain.

 

Bruno Guigue
30 décembre 5016

Bruno Guigue, ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA, Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue, professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire, chargé de cours en relations internationales à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

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CONFIRMATION : le crash de l'avion russe Tu-154 a été causé par une attaque radio-électronique

31 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

mardi 27 décembre 2016

 

CONFIRMATION : le crash de l'avion russe Tu-154 a été causé par une attaque radio-électronique

 
 
Nous avons vu, dans notre article C’est la CIA qui a causé la chute catastrophique de l’avion russe en Mer Noire , que cette chute est due à une attaque radio-électronique commanditée par la CIA. Selon l’expert russe Alexandre Artamonov, les exécutants pourraient être des navires français qui étaient présents en Mer Noire.
 
Un avion de la Défense russe se dirigeant à Khmeimim, base aérienne russe en Syrie, est tombé après le décollage dans les eaux territoriales russes. Les musiciens et les journalistes se trouvant à bord ont tous péri dans cet accident. Aucun rescapé, comme toujours lorsqu'il s'agit d'une catastrophe aérienne... Ces lignes qui ont fait le tour du monde ne reflètent pas vraiment tout le dramatisme de ce qui est en train de se jouer dans le bassin de la mer Noire.
Il se trouve que l'avion en question a été en « grande visite », comme disent les avionneurs, en septembre dernier ce qui veut dire que tous les systèmes - avionique, propulseurs, hydraulique - ont été mis en révision. Qui plus est, cet avion desservait une commande spéciale : les musiciens de l'ensemble de musiciens Alexandrov (Chœur de l'Armée Rouge), les ballerines qui s'y sont associées et les journalistes de la grande chaîne de télévision devant participer aux festivités du Nouvel An organisées par la Défense russe pour le corps expéditionnaire russe en Syrie. Vous pouvez bien imaginer que l'appareil aurait dû être bichonné jusqu'au dernier boulon. Mais voilà qu'il tombe sans raison apparente, un peu comme si c'était dans le Triangle de Bermudes.
Il est à dire que le désastre est arrivé juste après le décollage les 3 moteurs s'étant arrêtés simultanément parce que le Tupolev est tombé dans un total silence - tel que les observateurs de passage se trouvant sur la berge, à une distance d'1,5 km, ont entendu le bruit de l'eau qui se refermait sur la coque engloutie. L'épave gît à une profondeur de 50-70 mètres avec les débris qui se sont dispersés à une très grande distance à cause du courant qui est particulièrement fort dans cet endroit et une mer hivernale démontée. Tout ça pour dire qu'il serait difficile de retrouver les boîtes noires qui, dans ce type d'avion, ne sont pas encore pourvus de balises électroniques. Difficile, mais possible puisqu'une équipe de plongée faisant plus d'un millier de personnes est déjà sur place pour travailler dans les conditions particulièrement éprouvantes.
Les avions tombent, hélas, et assez régulièrement, mais la bizarrerie de ce dernier crash a été remarquée par plus d'un observateur. Non seulement l'avion était dans un état excellent et le vol étroitement surveillé, mais, qui plus est, l'équipage n'a donné aucune alerte par radio. La tour de contrôle a pu juste constater la disparition du Tupolev. Point, à la ligne.
Ayant passé plus de 15 ans dans l'aviation civile et militaire, je suis en droit de dire qu'il s'agit d'un cas rarissime - beaucoup plus rare que la disparition de l'avion de ligne Malaysian Airlines dont l'épave n'a jamais été découverte ni aucune hypothèse viable sur le crash avancé. Quoi qu'il en soit, un grand nombre de professionnels militaires russes estiment qu'aucune raison logique n'aurait pu mener à un tel dénouement tragique. D'aucuns avancent l'hypothèse d'un missile de croisière ou d'un missile antiaérien portable de type « Stinger ». Il est cependant sûr que si ça avait eu lieu, on aurait dû enregistrer l'impact et l'éclair au moment de la déflagration sans parler du suivi du tracé du missile qui eût pu être réalisé par les moyens de surveillance de la mer Noire. Donc une telle éventualité de tir terroriste est fort peu probable.
Reste la dernière version des faits qui, à bien y réfléchir, n'est pas si futuriste que ça. Depuis très longtemps, les Russes parlent de leurs armes ultra-sophistiquées dans le domaine de la défense anti-aérienne et du brouillage électronique. Les moyens de la guerre électronique seraient tellement sophistiqués que le passage d'un seul avion russe au-dessus d'un croiseur américain qui était d'ailleurs en mer Noire à ce moment-là, a provoqué le blocage de tous les systèmes électroniques y compris la liaison avec le satellite et les systèmes d'armements embarqués [1].
Le croiseur a dû même rebrousser chemin pour revenir à Istanbul.
Cette information prouve, de façon éloquente, que l'on peut très bien bloquer l'avionique de bord avec les moyens de guerre radio-électronique qui peuvent servir d'arme offensive.
Si les Russes l'ont fait, il serait logique de supposer que l'OTAN a à sa disposition les armements de même type. Un groupe aéronaval américain est actuellement localisé en mer Noire et a été même renforcé de plusieurs bâtiments. Deux bâtiments de guerre français « Dupuy- De-Lôme », le meilleur d'ailleurs dans le domaine de la lutte radio-électronique et « Le Chevalier Paul » croiseraient également dans le même périmètre.
Il est extrêmement difficile de repérer un faisceau radio-électronique dirigé [2].
Et quand bien même les Russes réussissent à démêler l'écheveau, auraient-ils le courage de faire porter le chapeau à l'OTAN ?
Il est également vrai que s'il s'agit d'une acte ennemi (l'usage d'un bâtiment de guerre n'a rien d'un acte terroriste mais équivaut à des hostilités ouvertes entre les États), le moment a été très bien choisi. Non seulement la date est symbolique : c'était Noël hier (c'est vrai que les Russes orthodoxes le fêtent selon le calendrier julien plutôt le 7 janvier, mais une partie d'Églises orthodoxes le fait bien le 25). En plus, l'avion appartenait à la Défense russe et le Chœur de l'Armée Rouge est le symbole même de l'armée russe. Enfin, dernière chose à dire, la catastrophe s'est passée au moment du départ d'Obama qui crache le feu à propos de l'avènement de Donald Trump et de l'éventuelle amélioration des relations avec la Russie.
Inna Novikova: Gloating over death is always an act of savagery. 59512.jpeg










 


Le symbolisme a forcément un rôle a joué. On n'a pas oublié la tempête diplomatique qu'avait déchaînée le concert donné par l'orchestre russe dirigé par le très célèbre Guerguiyev dans le théâtre antique de Palmyre, juste après la libération de la cité antique. De tout temps les symboles ont leur force et leur mysticisme : faire tomber un avion militaire avec le Chœur de l'Armée Rouge qui s'est envolée pour célébrer le Nouvel An après la libération d'une grande partie de la Syrie est plus que symbolique.
Quant aux moyens mis à exécution, je considère que la piste mentionnée serait à prendre en considération.
Et si la France en sait quelque chose, on ne serait pas étonné par le laquais de l'Élysée qui, à la différence de la majorité des chefs de l'État (y compris les Américains), s'est bien gardé d'exprimer ses condoléances au Kremlin se limitant juste à un bref message de la part de l'ambassadeur à Moscou. S'agit-il juste d'un acte cynique ou y a-t-il là matière à réflexion ?
 
Alexandre Artamonov
Alexandre ArtamonovDocteur ès sciences sociales à l’Institut Catholique de Paris, DEA de littérature générale et comparée à Paris 3 (Sorbonne Nouvelle) et DEA en aéronautique militaire et civile au CEDS IHEDN (Promotion 1995), Alexandre Artamonov est l’un des animateurs des émissions FM sur les fréquences de la Radio Spoutnik à Paris, chef de Service radio en français de MIA « Rossiya Segodnya » et observateur politique à ses heures perdues.
 
Source : http://www.pravdafrance.com/authored/26-12-2016/1303914-RUSSIA-0/
 
 
[2] C’est la CIA qui a causé la chute catastrophique du Tupolev russe
 
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Les Occidentaux déçus : ils croyaient que Poutine était sur l'avion abattu
 
 
 
Mise à jour du 28/12
 
Voici ce que publie La Pravda du 28/12 (extrait) :
 
...Cet accident correspond aux propos de John Kirby, (contre-amiral de la Marine des États-Unis, il est porte-parole du département de la Défense des États-Unis) qui a déclaré que la Russie perdrait plus d'avions si elle n'arrêtait pas ses opérations en Syrie.
....
 
 
Des transpondeurs, des transpondeurs et des systèmes de communication remarquables peuvent être expliqués comme suit. Le navire de reconnaissance français Dupuy de Lomé est entré dans la mer Noire à la veille de la tragédie. Le navire peut envoyer une forte impulsion pour désactiver tous les équipements électroniques à bord de l'avion. Israël recourt à cette pratique contre les avions russes en Syrie. Il a été signalé que les corps des victimes de l'accident Tu-154 portaient des gilets de sauvetage. Par conséquent, l'équipage avait le temps d'avertir les passagers, mais pas les agents de contrôle de vol.
Dans ce cas, il s'agit d'une guerre de l'OTAN plutôt que d'un acte de terrorisme....

 
 
 
Le général Sergey Bainetov, chef du Service de sécurité aérienne du ministère russe de la Défense, qui dirige un comité d'Etat chargé d'enquêter sur les raisons de l'accident, n'a pas exclu la possibilité d'un acte terroriste à bord de l'avion.
 
"Un acte de terreur n'est pas nécessairement une explosion", a-t-il dit.

Mise à jour le 29/12 :

Le site officiel russe RusRéinfo – Agence Russe de Ré-Information

reprend notre analyse.

TU-154: Une attaque électronique?


Selon des sources internes, les enquêteurs qui travaillent sur le crash du vol TU-154 qui transportait les « Choeurs de l’Armée Rouge » envisagent très sérieusement qu’une attaque par des moyens électroniques et électromagnétiques ait été à l’origine de la chute de l’avion.
Il est notoire que la Russie a développé des moyens d’attaques dans ce domaine, comme elle l’a montré en avril 2014 lorsque un simple survol par des jets Russes du bâtiment « USS Donald Cook » en Mer Noire avait bloqué tous ses équipements électriques. Le Donald Cook avait dû se faire remorquer pour rentrer à son port d’attache.
Il est donc tout a fait probable que l’OTAN et les Etats-Unis aient développé le même type d’armes.
On notera que des navires français sont positionnés dans la Mer Noire, dont le bâtiment « Dupuy de Lome »spécialisé dans les mesures radio électroniques. Dans l’Etat Major Russe on fait remarquer que le message de « condoléances » de la France n’a été transmis que par l’ambassadeur à Moscou, alors que la plupart des autres pays l’ont fait par leurs Présidents. Une manière de signer le crime?
Il sera quoiqu’il en soit très difficile de prouver une telle attaque, tout au moins sera-t’il possible de réfuter les autres hypothèses. Dans un tel cas de figure, cette attaque qui, selon un très haut responsable Russe, « nous atteint dans ce que nous avons de plus cher » devrait alors provoquer des « faits inexpliqués » touchant certains pays occidentaux dans les semaines à venir.
Hannibal GENSERIC

La guerre radio-électronique et le crash du Tu-154

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