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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #europe supranationale tag

La France aurait-elle scellé son destin en mai 1968?

17 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation

17/04/2016

La France aurait-elle scellé son destin en mai 1968?

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Voici un article qui avait été mis en ligne le 31 janvier 2010 et qui a été repris par différents sites dont celui-ci:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article497

Son auteur, Morgan Sportès, revient sur les événements de Mai 1968 et propose un éclairage qui, selon lui, aurait été masqué par les médias.

A la lecture de son propos, force est de constater que celles et ceux qui appellent de leurs voeux une France forte sinon souveraine, ont certes de nombreux adhérents mais autant de souci à se faire.

Car qui s'oppose à la volonté de toute puissance -ou peu s'en faut- s'expose à quelque déconvenue...

L'espoir fait vivre, dit le proverbe. 

Certes!

Et l'art d'en user n'échappe pas à qui promet ce qui semble bel et bien s'être enlisé dans les sables de l'Histoire.

 

 

Commentaire

Pour bien illustrer les propos de l'article où il est dit que De Gaulle, visionnaire, a rapatrié son or, pendant que la BNS bradait le nôtre à vil prix aux yankees, je vous rappelle que Saddam Hussain a signé son arrêt de mort, le jour où il avait annoncé sa volonté de vendre le pétrole irakien en euros! Ne jamais oublier que l'Empire du chaos veut nous imposer sa fausse monnaie qu'il imprime par wagons. Je rappelle à ceux qui réfléchissent par eux-mêmes que la seule et unique valeur financière est l'or! Le dollar vaut le prix du papier et l'encre qui est dessus. Et at last but not least, la FED, "banque centrale" yankee est une banque privée, qui appartient entre autres aux Rothschilds, Rockefeller et autres J.P. Morgan! N'attendez pas que les merdias mainstream vous en parlent...

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La trahison suprême, l'OTAN : des bases en France, voire plus ? PAR HELENE NOUAILLE, LE 16 AVRIL 2016

17 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #trahisons, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La mondialisation, #L'OTAN., #Terrorisme

La trahison suprême, l'OTAN : des bases en France, voire plus ? PAR HELENE NOUAILLE, LE 16 AVRIL 2016

Bonjour.

Le 7 avril 2016, le gouvernement français a franchi un pas décisif dans sa totale soumission à l’Empire anglo-saxon.

J’ai déjà envoyé plusieurs messages sur cette trahison.

C’est curieux comme l’anti-France a gagné nos zélites . C’est vrai qu’ils sont souvent formées outre atlantique, c’est plus facile. Il suffit ensuite d’écarter ceux qui ne sont pas dans l’infamante servilité et le tour est joué.

Pourtant notre pays a réussi à redresser la tête à la Libération déjà puis durant la période gaulliste.

Depuis 1970, nos dirigeants n’ont eu de cesse de nous fondre dans le giron atlantique contre l’avis du peuple.

Quel est donc ce tropisme caractéristique des décideurs français qui consiste à préférer l’étranger à la France ! En 1940 déjà, la classe dirigeante avait fait le choix de la honte ; « l’étrange défaite » de Marc Bloch donne des pistes utiles pour comprendre. C’est vrai que la formule « Mieux vaut Hitler que le Front Populaire » a fait florès chez les dirigeants (politiques, économiques, …) de l’époque.

L’atlantisme assumé de nos dirigeants actuels conduit aux mêmes trahisons.

Le retour total dans l’OTAN a des conséquences très graves quant à notre souveraineté militaire et à notre indépendance tout simplement.

Qu’en sera-t-il de notre armée républicaine dont la mission est la défense de notre territoire et de nos intérêts ?

Qu’en sera-t-il de notre dissuasion nucléaire ? Sera-t-elle donnée à l’OTAN ?

Qu’en sera-t-il de nos industries stratégiques de défense ? Hélas la dérive est actée, la prédation d’Alstom par Général Electric en est seulement la partie visible.

Le texte ci-dessous d’Hélène Nouaille est très intéressant pour prendre la mesure de la trahison des zélites.

D’autres liens sont donnés sur ce même sujet.

En PJ vous aurez le texte sur le scandale d’Alstom.

Bien cordialement.

Lucien Pons

OTAN : des bases en France, voire plus ?

Par Hélène Nouaille le 16 avril 2016

La trahison suprême, l'OTAN : des bases en France, voire plus ? PAR HELENE NOUAILLE, LE 16 AVRIL 2016

Que reste-t-il aujourd’hui des réserves – de la ferme opposition – exprimées par François Hollande en avril 2008, quand il invitait à l’Assemblée les députés à voter une motion de censure contre la réintégration, voulue par le président Sarkozy, de la France dans l’OTAN ?

(1) «  Pourquoi mettre fin aujourd’hui à un choix stratégique décidé en 1966 par le général de Gaulle et maintenu par tous les présidents de la République ? » demandait-il. Une décision qu’il définissait comme « fâcheuse et inopportune ». Fâcheuse « pour les intérêts de la France dont le statut d’allié singulier des Etats-Unis est un marqueur de sa politique internationale ». Inopportune parce que, au-delà du « pur symbole » évoqué par Nicolas Sarkozy, « il y a des symboles qui fondent une politique et lui donnent son autorité ». Et qu’il s’agit de « préserver la spécificité de la France sur la scène internationale. Pas seulement de la France, mais aussi de l’Europe » – au moment « où l’OTAN change d’identité ».

« L’OTAN devient le bras armé d’un bloc occidental dont la mission principale est de défendre partout ses valeurs. Une sorte de substitut à l’ONU permettant aux Etats-Unis de ne pas agir seuls. Cette dérive avait été, jusque-là, rejetée par la France hostile à l’idée d’un gendarme d’un monde occidental bien pensant. Elle est acceptée aujourd’hui par le chef de l’Etat lorsqu’il lie, dans son discours de Washington, l’avenir de nos valeurs à celui de l’Alliance. Or la France est bien plus qu’un pays occidental. C’est un pays européen et original. Et si notre pays reste l’allié et l’ami des Etats-Unis, ami ne veut pas dire soumis, et allié ne veut pas dire aligné ». Il s’agit bien, ajoutait François Hollande, d’une « rupture dans le consensus sur l’OTAN établi dans notre pays depuis 1966 ».

Or, « dans toute démocratie digne de ce nom, de tels arbitrages auraient été rendus après un vaste débat public et un vote solennel du Parlement ».

Est-ce bien le même homme qui, devenu président, après une très discrète consultation ministérielle début janvier 2014 (2), saisissait le Conseil de l’Atlantique Nord d’une demande, qui n’a d’anodin que l’apparence, d’adhésion à un Protocole qui définit le statut juridique des quartiers généraux de l’OTAN et de leur personnel sur le territoire des alliés, donc sur le nôtre ? Ce protocole a été signé à Paris en 1952 et ne nous concernait plus depuis le 30 mars 1966, précisément. La demande française est acceptée à l’unanimité par le Conseil le 21 janvier 2015. Avant même cette acceptation, un projet de loi avait été déposé au Sénat par Laurent Fabius le 4 janvier 2015 (3), puis, une procédure accélérée ayant été engagée le 9 mars, voté le 15 mars, transmis le même jour à l’Assemblée où il était voté le 7 avril dernier. Pas de « vaste débat public » ni de «  vote solennel » – Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, étant occupé ailleurs, le texte était défendu par la Secrétaire d’Etat à l’égalité réelle ( ?), Ericka Bareigts, aidée par le rapporteur de la commission des Affaires étrangères, Guy-Michel Chauveau (député PS de la Sarthe) qui s’efforçaient de plaider (4) que le texte « qui est avant tout technique », et « harmonisera les règles et procédures administratives liées à l’accueil de personnel de l’OTAN » ne traduit pas un « infléchissement de notre position au sein de l’OTAN » .

Or le texte de ce protocole, qui a été signé en français en en anglais (5), désigne clairement son objet : pour les Etats de l’Alliance, « des quartiers généraux pourront être établis sur leurs territoires par des accords particuliers conclus en vertu du Traité de l’Atlantique Nord ».

Et ces quartiers généraux, dont le statut et celui de leur personnel est défini par le texte, sont «  subordonnés à un quartier général suprême », qui est celui de l’OTAN, dont le patron est depuis toujours un général américain – aujourd’hui le général Philip Breedlove. La loi votée le 7 avril en quasi catimini ouvre donc la possibilité de l’apparition sur le sol français de bases sous commandement américain – ce qui est en totale contradiction avec le choix que général de Gaulle signifiait le 7 mars 1966 au président américain Lyndon Johnson « de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation habituelle qui est faite de son ciel » (voir le document ci-dessous). Et en totale contradiction avec la position que défendait François Hollande en 2008. Ce qui embarrassait la secrétaire d’Etat le 7 avril dernier, puisqu’elle précisait : «  Il n’existe que deux quartiers généraux suprêmes (de l’OTAN) ; aucun n’est en France. L’un est situé à Mons, en Belgique : commandement des opérations. L’autre à Norfolk, aux Etats-Unis (…). Il n’y a pas non plus de quartier général militaire international subordonné à un quartier général suprême sur le territoire de la France et aucun projet d’en installer un » (4).

Sauf que dans la foulée, Guy-Michel Chauveau précisait qu’on y avait bien pensé : «  A l’avenir, si la France le demandait, certaines structures situées en France pourraient, si nécessaire, faire l’objet d’une décision dite d’activation par le Conseil de l’Atlantique Nord, à l’unanimité. En l’état, pourraient être concernés le quartier général du Corps de réaction rapide de France, situé à Lille ; le quartier général du Corps de réaction rapide européen, situé à Strasbourg ; le quartier général de la force aéromaritime française de réaction rapide, situé à Toulon ; le centre d’excellence qu’est le centre d’analyse et de simulation pour la préparation aux opérations aériennes, localisé à Lyon-Mont Verdun ». Et le député n’hésitait pas à détourner le sens du rapport rendu par l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine (1997-2002) au président de la République en novembre 2012 « sur les conséquences du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, sur l’avenir de la relation transatlantique et les perspectives de l’Europe de la Défense ».

« Vous connaissez les conclusions de ce rapport ».

Or, oui, nous les connaissions, le rapport est public (6). Et si nous savons lire, aussi bien le rapport d’Hubert Védrine que son audition à la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées au Sénat, le 27 novembre 2012 (7), son propos est très nuancé. L’effet diplomatique de ce retour, qui n’avait que trois ans ? «  Pour de nombreux pays dans le monde, à commencer par les BRICS, mais aussi d’autres émergents, les arabes, les africains, qui le croyaient ou jugeaient utiles de le dire, la non-participation de la France au commandement militaire intégré de l’OTAN était devenue le symbole de ce que la France était l’alliée des Etats-Unis, mais pas alignée sur eux selon la formule consacrée, et donc la promesse d’une ligne française potentiellement autonome par rapport aux Etats-Unis en politique étrangère. Alors, alignement ou pas ? Aux yeux du monde non occidental, la question reste posée au-delà des premières preuves du maintien d’une capacité de pensée autonome, et l’appréciation est suspendue aux faits à venir » (page 24 du PDF).

Quel va être l’effet du « fait » de se mettre en position d’abandonner l’exercice entier de sa souveraineté sur son territoire ? Quelle image donne ici la France ?

Et pour nos armées ? Pour l’autonomie de la pensée stratégique de la France, ce pays « original » vanté par François Hollande en 2008 ? « Notre vigilance doit s’exercer aussi sur le risque de « phagocytage » conceptuel et théorique. Il faudra que notre armée préserve sa capacité propre d’analyse des menaces, de réflexion et de prévision sur les scénarios et même de planification, ce qui a été le cas jusqu’ici, sans s’en remettre aux structures de l’OTAN, ou européennes. Il ne faudrait pas que l’affectation aux postes de responsabilité de l’OTAN devienne le seul aboutissement possible d’une carrière militaire française réussie (…). Plus généralement, pour le ministère de la Défense, pour le ministère des Affaires étrangères, il s’agit d’influencer utilement la pensée de l’OTAN, mais pas de se fondre dans celle-ci. C’est un risque à terme, pas immédiat mais réel, à prendre en compte » écrivait Hubert Védrine en 2012 (page 19 du PDF), insistant encore sur la vigilance à exercer «  sur les enjeux industriels et technologiques ». Et sur la nécessité de définir une « politique industrielle française, et européenne » en veillant à ne pas se faire « cannibaliser » par le complexe militaro-industriel américain (page 20 du PDF). Ici aussi, le danger se précise.

La « rupture dans le consensus sur l’OTAN établi dans notre pays depuis 1966 » qu’évoquait François Hollande en 2008 se confirmerait-elle sous son propre mandat ?

D’autant qu’une autre des questions qu’évoquait Hubert Védrine en 2012 va revenir au premier plan lors du prochain sommet de l’OTAN, les 8 et 9 juillet à Varsovie : celle du futur de la dissuasion nucléaire. Evoquée au sommet de l’OTAN à Chicago en mai 2012, elle se résumait à la « mention selon laquelle l’Alliance atlantique restait une alliance militaire défensive, et une alliance nucléaire et que la défense anti-missile balistique » voulue par les Américains « était compatible avec la dissuasion nucléaire » française (7). Nous avions évoqué la question ici (8) en mai 2012 et noté les conditions posées alors par François Hollande (la défense anti-missile « ne peut pas être un substitut à la dissuasion nucléaire mais un complément », « nos industriels doivent être directement intéressés » et « le dialogue avec la Russie doit être maintenu »).

Or, comme le relève Nathalie Guibert dans le Monde du 13 avril dernier (9), « pour l’Otan, c’est le sommet de tous les pièges possibles, ceux de la division, de la surenchère, ou de la fuite en avant », parce qu’il faudra affronter « les questions lourdes » que les alliés « avaient mises de côté ces dernières années ».

Faut-il croire que le président Hollande, qui évoquait avec tant de chaleur « l’indépendance de la France » en 2008 a choisi sans le dire « l’alignement » sur les Etats-Unis ? Et s’il en était ainsi, comme le laisse soupçonner la manœuvre si discrète qu’il a cautionnée le 7 avril dernier – lui qui reprochait au président Sarkozy sa « désinvolture vis-à-vis du Parlement », saura-t-il, dans le domaine vital du nucléaire militaire, défendre nos intérêts ? Comment pourrait-il renier ce, disait-il, «  qui a permis, au-delà des majorités politiques ou des Présidents successifs, de rassembler les Français sur les grandes orientations de notre politique étrangère et qui a permis à notre pays d’être respectés par la communauté internationale » ?

Que, d’abord, chacun soit conscient de ce qui se passe, et des enjeux en cause, qui ne sont ni techniques, ni anodins. C’est de notre avenir, de notre sécurité, de la maîtrise de notre destin singulier qu’il s’agit. « Il n’appartient pas au président de la République de décider seul de notre politique étrangère et de défense. Le domaine réservé ne peut être un domaine exclusif » disait enfin François Hollande.

Prenons-le au mot.

Hélène Nouaille 

La lettre de Léosthène, le 16 avril 2016, n° 1105/2016 – http://www.leosthene.com


 Document :

Lettre du président de la République, Charles de Gaulle, au président américain, Lyndon Johnson, annonçant le retrait de la France de la structure militaire intégrée de l’OTAN (7 mars 1966)

Cher Monsieur le Président,

Notre Alliance atlantique achèvera dans trois ans son premier terme. Je tiens à vous dire que la France mesure à quel point la solidarité de défense ainsi établie entre quinze peuples libres de l’Occident contribue à assurer leur sécurité, et, notamment, quel rôle essentiel jouent à cet égard les Etats-Unis d’Amérique. Aussi, la France envisage-t-elle, dès à présent, de rester, le moment venu, partie du Traité signé à Washington le 4 avril 1949. Cela signifie, qu’à moins d’événements, qui au cours des trois prochaines années, viendraient à changer les données fondamentales des rapports entre l’Est et l’Ouest, elle serait, en 1969 et plus tard, résolue, tout comme aujourd’hui, à combattre aux côtés de ses alliés au cas où l’un d’entre eux serait l’objet d’une agression qui n’aurait pas été provoquée.

Cependant, la France considère que les changements accomplis ou en voie de l’être, depuis 1949, en Europe, en Asie et ailleurs, ainsi que l’évolution de sa propre situation et de ses propres forces, ne justifient plus, pour ce qui la concerne, les dispositions d’ordre militaire prises après la conclusion de l’alliance soit en commun sous la forme de conventions multilatérales, soit par accords particuliers entre le gouvernement français et le gouvernement américain.

C’est pourquoi la France se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN. Il va de soi que pour l’application de ces décisions, elle est prête à régler avec les gouvernements alliés, et, en particulier, avec celui des Etats-Unis, les mesures pratiques qui les concernent. D’autre part, elle est disposée à s’entendre avec eux quant aux facilités militaires à s’accorder mutuellement dans le cas d’un conflit où elle s’engagerait à leurs côtés, et quant aux conditions de la coopération de ses forces et des leurs, dans l’hypothèse d’une action commune, notamment en Allemagne.

Sur tous ces points, cher monsieur le président, mon gouvernement va donc prendre contact avec le vôtre. Mais afin de répondre à l’esprit d’amicale franchise qui doit inspirer les rapports entre nos deux pays, et, permettez-moi de l’ajouter, entre vous et moi, j’ai tenu, tout d’abord, à vous indiquer personnellement pour quelles raisons, dans quel but et dans quelles limites la France croit devoir, pour son compte, modifier la forme de notre alliance sans en altérer le fond.

Je vous prie de bien vouloir agréer, cher monsieur le président, l’assurance de ma très haute considération et l’expression de mes très cordiaux sentiments.

Charles de Gaulle

Vidéo :

Extrait de la conférence du 21 février 1966 : le général de Gaulle explique la position de la France par rapport à l’OTAN (INA, 7’39)
http://www.ina.fr/video/I04329970

Notes :

(1) Site du parti socialiste, le 8 avril 2008, Intervention de François Hollande à l’Assemblée nationale, Motion de censure
http://discours.parti-socialiste.fr/2008/04/08/intervention-de-francois-hollande-motion-de-censure-mardi-8-avril-2008/

(2) Gouvernement.fr, le 4 janvier 2014, Compte-rendu du conseil des Ministres, Accession de la France au protocole sur le statut des quartiers généraux militaires internationaux crées en vertu du Traité de l’Atlantique Nord
http://www.gouvernement.fr/conseil-des-ministres/2016-01-04/accession-de-la-france-au-protocole-sur-le-statut-des-quarti

(3) Sénat, objet du texte et étapes de la discussion, OTAN : accession de la France au protocole sur le statut des quartiers généraux
http://www.senat.fr/dossier-legislatif/pjl15-286.html

Pour les curieux : Etude d’impact du Protocole :
http://www.senat.fr/leg/etudes-impact/pjl15-286-ei/pjl15-286-ei.html

Et rapport de Jacques Gautier sur le protocole OTAN (9 mars 2016) :
http://www.senat.fr/rap/l15-457/l15-4571.pdf

(4) Assemblée nationale, séance du jeudi 7 avril 2016, Accession de la France au protocole sur le statut des quartiers généraux militaires internationaux créés en vertu de l’OTAN, Discussion, après engagement de la procédure accélérée, d’un projet de loi adopté par le Sénat
http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2015-2016/20160171.asp#P766245

Pour les curieux : Rapport Le Bris/Vitel sur le rôle de l’OTAN (3 février 2016)
:http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-info/i3472.pdf

(5) OTAN, le 28 août 1952, Protocole sur le statut des quartiers généraux militaires internationaux créés en vertu du Traité le l’Atlantique Nord
http://www.nato.int/cps/en/natohq/official_texts_17300.htm ?selectedLocale=fr

(6) Hubert Védrine, le 14 novembre 2012, Rapport pour le Président de la République française sur les conséquences du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, sur l’avenir de la relation transatlantique et les perspectives de l’Europe de la Défense
http://www.rpfrance-otan.org/Le-rapport-Vedrine

(7) Audition de M. Hubert Védrine à la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat le 27 novembre 2012
http://www.rpfrance-otan.org/Audition-de-M-Hubert-Vedrine-a-la

(8) Léosthène n° 759/2012 du 23 mai 2012, Le nouveau président, l’OTAN et la défense de la France
Le Sommet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), qui s’est tenu ce week-end, les 20 et 21 mai à Chicago (Illinois), réunissait les 28 pays de l’alliance et leurs invités. Le président François Hollande étrennait, accompagné entre autres de son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et de Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances, le difficile exercice de la défense des choix de la France en matière de positionnement stratégique. On sait que François Hollande, après s’être vivement opposé en avril 2008 au retour de la France dans ce commandement, voulu par Nicolas Sarkozy, a simplement indiqué souhaiter faire établir une « évaluation » des bénéfices annoncés par l’ancien président, excluant de revenir à la situation antérieure s’il s’interrogeait sur la « raison d’être » de l’organisation.

(9) Le Monde, le 13 avril 2016, Nathalie Guibert, La dissuasion nucléaire au menu du prochain sommet de l’OTAN
http://www.lemonde.fr/international/article/2016/04/12/la-dissuasion-nucleaire-au-menu-du-prochain-sommet-de-l-otan_4900522_3210.html

Léosthène, Siret 453 066 961 00013 France APE 221E ISSN 1768-3289
Directeur de la publication : Yves Houspic (yhouspic@gmail.com)
Directrice de la rédaction : Hélène Nouaille (helene.nouaille@free.fr)
Copyright©2016. La Lettre de Léosthène. Tous droits réservés

 

D'autres liens.

D’autres éléments :

Ni vu ni connu, Hollande veut réintégrer pleinement la France dans l'Otan

http://lucien-pons.over-blog.com/2016/04/ni-vu-ni-connu-hollande-veut-reintegrer-pleinement-la-france-dans-l-otan.html#ob

La France est sous domination otannienne, elle va donc être obligée de suivre l’escalade meurtrière contre la Russie voulue par les Etats-Unis.

http://lucien-pons.over-blog.com/2016/04/ukraine-bataillon-aidar-les-vrais-defenseurs-de-la-patrie-sous-titres-francais.html

Goebbels revient régner sur l’Europe. Mort de la puissance souveraine française.

http://lucien-pons.over-blog.com/2016/04/goebbels-revient-regner-sur-l-europe-mort-de-la-puissance-souveraine-francaise.html

COMITATO NO GUERRA NO NATO. VIDEO DELL'INCONTRO ALLA CAMERA DEL LAVORO DI MILANO.

https://www.youtube.com/watch?v=tRpudhnUky4

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L'UE adopte la directive controversée sur le "secret des affaires"

16 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Le grand banditisme

L'UE adopte la directive controversée sur le "secret des affaires"

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Sur les 652 eurodéputés présents à Strasbourg, 503 se sont prononcés en faveur de cette directive, 131 contre et 18 se sont abstenus.
Sur les 652 eurodéputés présents à Strasbourg, 503 se sont prononcés en faveur de cette directive, 131 contre et 18 se sont abstenus. (Crédits : VINCENT KESSLER)
{C}
La directive européenne sur la protection du "secret des affaires" a été adoptée à une large majorité jeudi par le Parlement européen, au grand dam de journalistes, de lanceurs d'alerte, d'ONG et de syndicalistes, échaudés par le scandale des "Panama Papers".
{C}

"En plein scandale des Panama Papers, l'urgence n'était pas de protéger les secrets d'affaires, mais bien les lanceurs d'alerte." dénonce déjà jeudi, Pascal Durand, eurodéputé des Verts et porte-parole sur les questions de transparence et de démocratie.

Lancée fin 2013 par le commissaire européen au Marché intérieur, le Français Michel Barnier, cette directive vise à instaurer un socle juridique européen pour lutter notamment contre l'espionnage industriel et protéger l'innovation. Mais elle a provoqué une levée de boucliers de nombreuses organisations syndicales et ONG européennes, inquiètes pour le respect des libertés fondamentales. Une pétition, lancée sur change.org par la journaliste de France 2 Elise Lucet, a notamment recueilli 530 000 signatures. Mercredi, elle exhortait sur Twitter les députés européens à rejeter la directive.

 

 "Défendre notre compétitivité"

Sur les 652 eurodéputés présents à Strasbourg, 503 se sont prononcés en faveur de cette directive, 131 contre et 18 se sont abstenus.

"Lutter contre l'espionnage économique et industriel, le pillage dont sont victimes nos entreprises européennes, protéger notre innovation et notre recherche, défendre notre compétitivité européenne, tels sont les principaux objectifs", avait défendu mercredi devant ses pairs l'eurodéputée française PPE (droite et centre-droit) Constance Le Grip, rapporteuse du projet.

 

 Selon elle, ce texte "équilibré (...) protège à la fois le savoir-faire des professionnels, le patrimoine immatériel des entreprises, mais aussi les libertés fondamentales et l'exercice du métier de journaliste et des activités des lanceurs d'alertes". Sur ces deux derniers points, même son de cloche du côté de Sylvie Guillaume, eurodéputée PS du Sud-Est.

 

Avec cette directive, "il s'agit de promouvoir la confiance des milliers d'entreprise, la plupart des PME, qui innovent tous les jours", avait aussi plaidé mercredi le commissaire européen à l'Elargissement, l'Autrichien Johannes Hahn.

Scandales sanitaires

Mais les eurodéputés Verts étaient farouchement opposés à ce texte et ont réclamé en vain au moins le report du vote. "Ce texte va rendre de facto plus difficile la tâche des lanceurs d'alerte et des journaux", s'est emporté Philippe Lamberts, coprésident du groupe Verts-ALE juste avant le vote. Principal reproche des détracteurs: la directive européenne "fait porter la charge de la preuve sur les lanceurs d'alerte et pas sur les entreprises", selon Philippe Lamberts.

Pour Michèle Rivasi, vice présidente Verts-ALE, "cette directive qui élargit de manière inconsidérée la définition du secret d'affaires risque d'avoir un impact négatif sur l'accès à l'information pourtant crucial dans les domaines sanitaires et de l'environnement. Des logiciels truqués de Volkswagen au tabac, en passant par l'amiante ou les denrées alimentaires, les scandales sanitaires ne manquent pourtant pas pour démontrer le caractère fondamental de la transparence aussi bien pour les consommateurs que pour le travail scientifique indépendant."

L'adoption de cette directive survient en effet quinze jours avant l'ouverture du procès, le 26 avril à Luxembourg, du lanceur d'alerte Antoine Deltour, à l'origine des révélations "LuxLeaks". Antoine Deltour et deux autres hommes, dont le journaliste français Edouard Perrin, sont inculpés pour avoir divulgué des centaines de documents confidentiels sur le traitement fiscal des multinationales installées au Luxembourg.

Ces documents concernaient des rescrits fiscaux accordés par l'administration et négociés par la firme PwC pour le compte de ses clients.

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Comment le discours médiatique a mis à mort le peuple syrien. Par Sharmine Narwani

16 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Turquie, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Comment le discours médiatique a mis à mort le peuple syrien

Par Sharmine Narwani le 31 mars 2016

La journaliste libanaise Sharmine Narwani, une des meilleures analystes de la situation au Moyen-Orient.

La journaliste libanaise Sharmine Narwani, une des meilleures analystes de la situation au Moyen-Orient.

Le 23 mars 2011, au tout début de ce qu’on appelle désormais le «conflit syrien», deux jeunes hommes – Sa’er Yahya Merhej et Habeel Anis Dayoub – ont été abattus dans la ville de Deraa, au sud de la Syrie.

Merhej et Dayoub n’étaient ni des civils, ni des opposants au gouvernement du président syrien Bachar el-Assad. C’étaient des soldats de l’armée régulière, l’Armée Arabe Syrienne (AAS).

Abattus par des tireurs inconnus, Merhej et Dayoub furent les premiers des quatre-vingt-huit soldats tués dans toute la Syrie pendant le premier mois du conflit – à Deraa, Lattaquié, Douma, Banias, Homs, Mouadamiya, Idlib, Harasta, Soueïda, Tell Kalakh et dans la banlieue de Damas.

Selon la commission d’enquête indépendante de l’Onu chargée d’enquêter en Syrie, en mars 2012, le total des membres de l’AAS tués au cours de la première année du conflit s’élevait à 2569. A la même époque, selon l’ONU, le nombre total de tous les décès dus à la violence politique en Syrie s’élevait à 5000.

Ces chiffres brossent un tableau complètement différent des événements de Syrie. Ceux-ci n’ont rien à voir avec le conflit que nous décrivent les gros titres des journaux – ne serait-ce qu’au vu de la relative égalité du nombre de morts des deux côtés, qui suggère que le gouvernement n’a pas employé une force démesurée pour désamorcer la violence.

Mais la mort de Merhej et Dayoub a été passée sous silence. Pas un seul média occidental n’a consacré un de ses gros titres à leur sort – ou à celui des autres soldats tués. Ces morts ne correspondaient tout simplement pas au « discours » occidental sur les révolutions arabes et ne cadraient pas avec les objectifs politiques des gouvernements occidentaux.

Le Printemps arabe a fourni aux responsables politiques US [et français, ndlr] une occasion unique de se débarrasser des gouvernements hostiles du Moyen Orient. La Syrie, principal État arabe de l’Axe de la Résistance dont le leader est l’Iran, était leur cible numéro un.

Pour obtenir un changement de régime en Syrie, les thèmes du Printemps arabe devaient être manipulés adroitement – et il fallait donc que des Syriens meurent.

Il fallait simplement que le dictateur «tue son propre peuple» – et le reste suivrait.

Comment les paroles tuent

Dès le mois de mars 2011, les principaux médias occidentaux se mirent à décliner les quatre thèmes clés d’une campagne qui allait monter en puissance au cours des mois suivants :

– Le Dictateur tue son “propre peuple”.

– Les protestations sont “pacifiques”.

– L’opposition est “désarmée”.

– Ceci est une “révolution”.

Les gouvernements pro-occidentaux de Tunis et d’Égypte venaient d’être renversés l’un après l’autre au cours des deux mois précédents –et donc le ‘modèle’ de changement de régime de type Printemps Arabe, impulsé par la base, était déjà présent dans l’imaginaire de la région. Ces quatre ‘discours’, soigneusement formulés, qui avait acquis un sens en Tunisie et en Égypte, faisaient maintenant partie de l’arsenal dont on pouvait se servir pour délégitimer et ébranler tout gouvernement contre lequel il serait utilisé.

Mais pour exploiter au mieux tout leur potentiel en Syrie, il fallait que les Syriens descendent en masse dans la rue, et il fallait que des civils meurent victimes de la brutalité des forces de sécurité. Pour le reste, la large batterie de médias étrangers et locaux qui souscrivaient à ce discours sur le “Printemps Arabe” auraient tôt fait de le transformer en “révolution”.

De la fumée s’élève du faubourg de Erbeen à Damas le 29 janvier 2012 © HO / Reuters

De la fumée s’élève du faubourg de Erbeen à Damas le 29 janvier 2012 © HO / Reuters

Pourtant les protestations n’ont pas démarré en Syrie comme elles l’avaient fait en Tunisie et en Égypte. Pendant les premiers mois, on a constaté des rassemblements de centaines de personnes, pour la plupart – parfois de quelques milliers – qui exprimaient divers degrés de mécontentement politique. La plupart de ces rassemblements étaient habituellement précédés de prêches provocateurs dans des mosquées sous influence wahhabite, ou de morts violentes qui incitaient des foules en colère à se rassembler à l’occasion de funérailles publiques.

Un membre d’une famille de notables de Deraa m’a expliqué qu’il existait une certaine incertitude quant à l’identité de ceux qui tuaient des habitants de sa ville – le gouvernement ou des “groupes occultes”. Il explique qu’à l’époque, l’opinion des citoyens de Deraa était partagée :

Certains pensaient que le régime tuait plus de gens pour les arrêter et les prévenir d’avoir à arrêter de manifester et de se rassembler. D’autres pensaient que des milices occultes voulaient que ça continue, parce que s’il n’y avait pas de funérailles, les gens n’auraient plus de raison de se rassembler.

Avec l’avantage du recul, voyons ce qu’il en est de ces discours sur la Syrie, cinq ans après le début du conflit :

Nous savons maintenant que plusieurs milliers de membres des forces de sécurité syriennes ont été tués la première année suivant le 23 mars 2011. Nous savons donc aussi que l’opposition était “armée” dès le début du conflit. Nous avons des documents visuels montrant des hommes armés entrant en Syrie depuis le Liban en avril et mai 2011. Nous savons par les témoignages d’observateurs impartiaux que des hommes armés prenaient pour cible des civils dans des actes de terrorisme et que les « protestations » n’étaient pas toutes “pacifiques”.

La mission de la Ligue Arabe a mené une enquête d’un mois en Syrie et a conclu :

“A Homs, à Idlib et à Hama, la mission des observateurs a constaté des actes de violence commis sur des membres des forces gouvernementales et des civils, entraînant des décès et des blessures en plusieurs occasions. Elle cite comme exemple un attentat à la bombe contre un autobus transportant des civils, tuant huit personnes et en blessant de nombreuses autres, y compris des femmes et des enfants, et un autre sur un train transportant du gas-oil. Dans un autre incident à Homs, un bus de la police a explosé, tuant deux policiers. Un oléoduc et plusieurs petits ponts ont aussi été détruits”.

Le père Frans van der Lugt, un prêtre hollandais résidant depuis de nombreuses années en Syrie, qui a été tué en avril 2014 à Homs, a écrit en janvier 2012:

“Dès le début, les mouvement de protestation n’étaient pas purement pacifiques. Dès le début j’ai vu des manifestants armés qui défilaient dans les manifestations tirer les premiers sur la police. Très souvent la violence des forces de sécurité était une réaction contre la violence brutale des rebelles armés.”

Quelques mois plus tôt, en septembre 2011, il avait noté :

Dès le début il y a eu le problème des groupes armés, qui font aussi partie de l’opposition… L’opposition de la rue est beaucoup plus forte que toute autre opposition. Et cette opposition est armée et emploie fréquemment la violence brutale, dans le seul but d’en rejeter la responsabilité sur le gouvernement.”

De plus, nous savons maintenant que, quelle qu’ait été la situation en Syrie, ceci n’était pas une “révolution populaire.” L’armée arabe syrienne est restée intacte, même après que la presse eut fait état de défections massives. Des centaines de milliers de Syriens ont continué à défiler dans des manifestations de soutien au président sans que la presse en fasse état. Les institutions étatiques, comme les élites du gouvernement ou du monde des affaires sont largement restés loyales à Assad. Les groupes minoritaires – alaouites, chrétiens, Kurdes, Druzes, chiites, et le Parti Baas , en majorité sunnite – n’ont pas rejoint l’opposition au gouvernement. Et les grandes agglomérations rassemblant la majorité de la population urbaine sont restées sous le contrôle de l’État, à quelques exceptions près.

Au bout du compte, une authentique “révolution” n’a pas de centres opérationnels en Jordanie et en Turquie. Pas plus qu’une révolution “populaire” n’est financée, armée et appuyée par le Qatar, l’Arabie Saoudite, les USA, le Royaume-Uni et la France.

La fabrication d’un “discours médiatique” pour obtenir des avantages géopolitiques

Le manuel 2010 d’instruction sur la guerre non-conventionnelle destiné aux forces spéciales US (en anglais, 2010 US military’s Special Forces Unconventional Warfare manual ) stipule :

“L’objectif des efforts des USA dans le domaine de la guerre non-conventionnelle est d’exploiter les faiblesses politiques, militaires, économiques et psychologiques d’une puissance hostile en développant et en soutenant des forces de résistance pour atteindre les objectifs stratégiques des USA… Dans l’avenir prévisible, les forces des USA seront principalement engagées dans des opérations de guerre irrégulière.”

En 2006 un câble secret émanant du Département d’État US révèle que le gouvernement de Assad était dans une position plus forte, tant au plan intérieur que régional, que les années précédentes, et suggère des façons de l’affaiblir : “Voici notre résumé des faiblesses potentielles et les moyens qui peuvent permettre de les exploiter…” Suit une liste de “faiblesses” – politiques, économiques, ethniques, religieuses, militaires, psychologiques – et les “actions” recommandées sur la façon de les “exploiter”.

Ceci est important. La doctrine US sur la guerre non-conventionnelle pose en principe que les populations des États hostiles comprennent généralement des minorités actives qui, respectivement, s’opposent ou apportent leur soutien à leur gouvernement, mais, pour qu’un “mouvement de résistance ” réussisse, il faut qu’il convainque une fraction importante des “couches intermédiaires, non-partisanes de la population” de se retourner contre ses dirigeants. Selon le manuel (je cite ici abondamment un de mes articles précédents):

Pour amener les “couches intermédiaires, non-partisanes de la population” à soutenir une insurrection, la doctrine de la guerre non-conventionnelle recommande la “création d’une ambiance où le mécontentement est amplifié par la propagande et des menées politiques et psychologiques destinées à discréditer le gouvernement.”

A mesure que le conflit s’amplifie, il faut “intensifier la propagande; et préparer psychologiquement la population à la rébellion.”

Il faut commencer par une “agitation” aux plans local et national – organisation de boycotts, de grèves, et autres efforts pour donner l’impression d’un mécontentement de la population. Ensuite vient l’“infiltration d’organisateurs et de conseillers étrangers et l’apport de propagande, de matériel, d’argent, d’armes et d’équipement étrangers. ”

Le stade suivant des opérations consisterait à établir des “organisations de type front national [p.e. le Conseil National Syrien] et des mouvements de libération [p.e. l’Armée Syrienne Libre]” qui conduiraient des secteurs plus larges de la population à accepter “un niveau accru de sabotage et de violence politique” – et à encourager la formation d’ “individus ou de groupes capables de mener à bien des actes de sabotage dans les centres urbains”.

Dans de précédents articles, un an après le début de la crise, j’ai parlé de l’emploi en Syrie de méthodes de guerre irrégulière soutenues depuis l’étranger – alors que le discours de l’immense majorité des médias tournait autour du “dictateur qui tue son propre peuple”, de protestations “pacifiques”, de l’opposition majoritairement “désarmée”, de la “révolution populaire,” et de milliers de “civils”, cibles exclusives des forces de sécurité étatiques.

Est-ce que ces récits ont tous été fabriqués ? Les images que nous avons vues étaient-elles toutes mises en scène? Ou bien a-t-il suffi de forger certaines choses – parce que la “perception” des vastes couches intermédiaires de la population, une fois déterminée, allait créer naturellement sa propre dynamique menant au changement de régime ?

Et nous, dans cette région, que faisons-nous de cette information alarmante qui nous apprend que des guerres se mènent contre nous – et que ce sont nos propres populations qui font office de chair à canon au service d’intérêts étrangers ?

Créer notre propre “règle du jeu”

Le jeu des discours peut se jouer à deux.

La première leçon à apprendre est que les idées et les objectifs peuvent être façonnés, modelés, affinés et utilisés avec une grande efficacité.

La seconde leçon est que nous devons créer plus de médias et de canaux de distribution de l’information indépendants pour propager nos valeurs le plus largement possible.

Les gouvernements occidentaux peuvent compter sur une armée ridiculement servile de journalistes sycophantes, à l’Ouest et dans notre région du monde, pour nous asséner leur propagande de jour comme de nuit. Nous n’avons pas besoin de les égaler en nombre d’individus ou de titres – nous pouvons aussi avoir recours à nos propres stratégies pour battre en brèche leurs campagnes de désinformation. Les journalistes occidentaux qui publient de façon répétée des informations fausses, erronées ou nocives qui mettent des vies en péril doivent se voir interdits d’accès dans notre région.

Ceux-là ne sont pas des journalistes – je préfère les appeler des combattants des médias – et ils ne méritent pas les libertés dont jouissent les vrais professionnels des médias. Si, pendant la première année du conflit syrien, ces journalistes occidentaux avaient remis en question les prémisses des quatre éléments de discours mentionnés plus haut, est-ce que plus de 250 000 Syriens seraient morts à ce jour ? Est-ce que la Syrie serait détruite, est-ce que 12 millions de Syriens seraient sans abri ? Et même, est-ce que Daech existerait ?

Liberté d’expression ? Non, merci – pas si nous devons mourir au nom des impératifs sécuritaires de pays étrangers.

La Syrie a changé le monde. Elle a fait entrer les Russes et les Chinois (BRICS) dans la mêlée et a modifié l’ordre mondial qui, d’un ordre unilatéral, est devenu un ordre multilatéral – du jour au lendemain. Et elle a amené un groupe d’États-clés de la région à faire cause commune pour former maintenant le pivot d’un ‘Arc de Sécurité’ depuis le Levant jusqu’au Golfe Persique. D’immenses opportunités s’offrent à nous pour remodeler le monde et le Moyen-Orient selon nos propres aspirations. Les nouvelles frontières ? Nous les tracerons nous-mêmes, nous les habitants de la région. Les terroristes ? Nous les vaincrons nous-mêmes. Les ONG ? Nous créerons les nôtres, avec nos propres citoyens et en fonction de nos propres objectifs. Les oléoducs ? Nous déciderons nous-mêmes où les poser.

Mais commençons à construire ces nouveaux discours avant que l’ ‘Autre’ vienne occuper la place vide.

Une mise en garde. La pire chose que nous puissions faire est de perdre notre temps à rejeter les discours des étrangers. Cela ferait de nous des « rejectionnistes » (partisans du rejet systématique) dans leur jeu. Et cela ne peut que donner vie à leur jeu. Ce qu’il nous faut, c’est créer notre propre jeu – avec un vocabulaire riche de notre propre discours – qui définisse qui nous sommes, quelles sont notre histoire et nos aspirations, en partant de nos propres réalités, politique, économique et sociale. Que ce soit l’ ‘Autre’ qui rejette notre discours, qu’il devienne lui-même le ‘rejectionniste’ dans notre jeu… et qu’il lui donne vie.

Sharmine Narwani | 24 mars 2016

Traduction en italien: http://arretsurinfo.ch/la-narrazione-che-ha-ucciso-il-popolo-siriano/

Article original en anglais: https://www.rt.com/op-edge/336934-syria-war-conflict-narrative/

Traduit en français par Jaques Boutard: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=17579

URL: http://arretsurinfo.ch/comment-le-discours-mediatique-a-mis-a-mort-le-peuple-syrien/

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Syrie : Vers une victoire politique et militaire du gouvernement Assad ?

16 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch

Syrie : Vers une victoire politique et militaire du gouvernement Assad ?

Par Karine Bechet-Golovko le 15 avril 2016

CREDIT « AFP PHOTO / HO / SANA

CREDIT « AFP PHOTO / HO / SANA

Le Président syrien, envers et malgré la communauté internationale, continue à défendre les intérêts de son pays. Ça marche et ça énerve. Non seulement, l’armée régulière syrienne est sur le point de reprendre Alep aux mains du groupe terroriste Al-Nusra, mais les élections législatives organisées hier ont provoqué l’engouement de la population et l’ire de la coalition américaine. Le mirage du «Gouvernement de transition», doux euphémisme pour une gouvernance étrangère, s’éloigne et le réarmement des terroristes modérés est à nouveau à l’ordre du jour occidental.

Dans l’ensemble, le processus de paix progresse plutôt bien en Syrie. Selon le dernier rapport du groupe de réconciliation, diffusé en français, sur le site du ministère de la Défense russe :

Accords préliminaires d’adhésion au cessez-le-feu ont été atteints avec représentants d’une cité dans la province de Homs.
Le nombre de villes où les accords de réconciliation ont été signés – 61. Un accord de réconciliation a été conclu avec un leader d’une formation armée qui est active dans la province d’Alep.
Le nombre des groupes armés qui ont adhéré au cessez-le-feu est 50. En général, le cessez-le-feu est observé dans la majorité des provinces de la Syrie.

L’aide humanitaire est largement distribuée. Rien que dans la région de Deir-ez-Zor, depuis janvier, l’aviation russe, avec l’aide de l’armée syrienne, a largué au bas mot 300 tonnes d’aide humanitaire. Dans la province Deraa, 600 familles ont pu recevoir de l’aide humanitaire.

Les villes libérées des terroristes se reconstruisent petit à petit.
Par exemple, communiqué du 12 avril :

Une réunion de travail a eu lieu dans le Centre russe pour la réconciliation avec les dirigeants de l’administration de la cité Al-Qaryatayn (province de Homs). On a discuté les problèmes concernant la restauration de l’infrastructure de la ville et l’aide humanitaire aux habitants qui retournent à leurs maisons.
La formation des convois humanitaires pour les habitants des deux cités dans la province de Homs est poursuivie.
Dans la ville Al-Qaryatayn libérée des terroristes, administration a restauré 800 mètres des lignes électriques au cours des dernières 24 heures. Les sapeurs ont nettoyé 2.4 hectares du territoire. Les habitants locaux ont commencé la reconstruction des maisons.

Pour autant, les combats continuent et les groupes terroristes font encore des victimes :

Les formations de Ahrar ash-Sham ont continué des bombardements des cités Sandran, Beït-Smaïra et Kermel par mortiers et LRM improvisés.

Les combattants de l’organisation terroriste de Jabhat al-Nusra continuent les bombardements des cités et des positions des troupes gouvernementales axés sur l’arrêt du cessez-le-feu dans les provinces d’Alep, Homs et Lattaquié.

Dans la province de Homs, les cités Ard-al-Jaburinne, Mzan et Skalbia ont été attaquées par mortiers et LRM improvisés. Sept civils ont été tués, 27 ont reçu des blessures de gravité différente.

Le contexte montre une évolution positive de la situation, allant dans le sens d’un retour de l’État. L’armée d’Assad, avec l’appui de la Russie lorsque c’est nécessaire, continue le combat contre les groupes terroristes, qui ne sont pas concernés par le cessez-le-feu. Rappelons que Alep est tenu par le groupe al-Nusra. Même s’il plaisait tant à l’ancien ministre des Affaires étrangères français, L. Fabius, il n’en est pas moins un groupe terroriste qui n’a rien de modéré.

Or, si Assad reprend la ville, il restera peu de chances pour les extrémistes de reprendre l’avantage, et le projet occidental dans la région risque d’être mis à mal. Pour éviter cette défaite qui se profile, les États-Unis ont livré aux groupes terroristes des systèmes anti-chars et anti-aériens. Mais ils ne sont pas les seuls à livrer des armes, notamment des bateaux chargés d’armements soviétiques ou issus de l’espace post-soviétique ont été identifiés. Les chargements venaient de Bulgarie, de Roumanie, de Jordanie…

L’on appréciera également l’appel des États-Unis à la Russie pour qu’elle fasse pression sur Assad afin qu’il cesse unilatéralement les combats à Alep. Alep qui est tenu, je le répète, par les terroristes de al-Nusra. Tout cela parce que l’armée peut également toucher d’autres combattants, qui ne sont pas d’al-Nusra. Et en effet, c’est possible, les combattants passant d’un groupe à l’autre, en fonction des salaires ou autres avantages promis. Ce qui montre bien, par ailleurs, le caractère totalement irréaliste de la distinction entre gentils terroristes et méchants terroristes.

L’autre élément qui déstabilise la coalition américano-centrée, est celle des élections législatives en Syrie. La presse française compare même Assad à un autiste, qui se moque de la réalité autour de lui. En effet, comment un chef d’État peut-il mettre l’intérêt national au-dessus de la volonté de la communauté internationale ? Enfin, d’une partie de celle-ci. C’est un crime de lèse-majesté. Il faut effectivement être au minimum autiste pour se comporter de la sorte…

Afin de maintenir une légitimité des institutions administratives syriennes, élément fondamental pour la stabilité étatique et donc pour la lutte contre le terrorisme qui a dévoré le pays, Assad a décidé de maintenir le calendrier électoral. Les Syriens se sont déplacés en masse pour voter, acte civique de résistance au terrorisme, cri pour une normalisation de leur vie. Malgré les menaces des terroristes, malgré le rejet de la communauté internationale, ils se sont déplacés pour leur pays.

Et par là même, ils ont repoussé la question de la mise en place d’un gouvernement de transition, question largement soutenue par les États-Unis et l’opposition syrienne mise en place par l’Arabie saoudite. Car un gouvernement temporaire permet de minimiser le poids d’Assad, sinon de l’écarter du pouvoir, et présente également l’intérêt d’une gouvernance assurée par la communauté internationale, dans ses intérêts propres. Avec tout le danger que cela présente pour le pays, comme l’expérience l’a déjà montré partout où elle a été mise en place.

Donc, forcément, face à cette défaite tant sur le plan politique que militaire de la coalition américaine, le fameux plan B ressurgit. La porte-parole américaine à l’ONU parle le l’échec du processus de paix en Syrie, le Wall Street Journal annonce la décision de réarmer l’opposition.

Et l’Allemagne suit. Et la France, et l’Angleterre. Personne ne veut de ces élections, trop nationales. Personne ne veut d’une paix qui sorte de la zone d’influence de cet Occident imbus de son propre vide. Et le véritable visage de nos valeurs contemporaines occidentales sort en plein jour : si ce n’est pas à nos conditions et dans notre intérêt, on préfère vous voir mourir.

Nous sommes très loin de l’humanisme qui caractérisait, il n’y a pas si longtemps, nos sociétés.

Karine Bechet-Golovko | 14 avril 2016

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Les Européens en ont assez de l’interventionnisme américain. Par Ron Paul

16 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Ukraine, #La Russie

Les Européens en ont assez de l’interventionnisme américain. Par Ron Paul

Les Européens en ont assez de l’interventionnisme américain

Par Ron Paul le 14 avril 2016

Ron Paul est membre du Congrès Américain, où il représente le 14° District du Texas, et a la réputation d’être un des principaux défenseur des libertés. Il est l’avocat à Washington d’un gouvernent limité, d’une fiscalité très faible, de marchés libres, et d’un retour à des pratiques monétaires saines fondées sur une monnaie gagée sur un actif réel. Il fut candidat à l’élection présidentielle américaine de 2008.

Le Premier ministre ukrainien, M. Yatsenyuk, a démissionné dimanche, quatre jours seulement après que les Hollandais ont voté contre l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne. Ces deux évènements indiquent clairement que le coup organisé par les Etats-Unis en Ukraine n’a pas offert au pays la liberté et la démocratie promises. Ils suggèrent également un profond mécontentement des Européens face à l’interventionnisme de Washington.

Selon les gouvernements des Etats-Unis et de l’Union européenne – chose qu’ont beaucoup répété les médias grand public – le peuple ukrainien s’est soulevé de sa propre volonté en 2014 pour se débarrasser d’un gouvernement corrompu et allié de Moscou, pour venir rejoindre le camp pro-occidental. Selon ces gens, le personnel du gouvernement américain qui a distribué des cookies et est entré en scène à Kiev pour pousser le peuple à renverser leur gouvernement n’a rien eu à voir avec ce coup.

Quand la Vice-secrétaire d’Etat américaine, Victoria Nuland, a été filmée se vantant des 5 milliards de dollars dépensés par le gouvernement des Etats-Unis pour « promouvoir la démocratie » en Ukraine, elle ne voulait absolument pas dire que les Etats-Unis avaient eu quoi que ce soit à voir avec la chute du gouvernement d’Ianoukovitch. Quand elle a été filmée en train de dire à l’ambassadeur américain à Kiev que le Premier ministre Yatsenyuk était le choix des Etats-Unis, elle n’a absolument pas sous-entendu que les Etats-Unis avaient interféré avec les affaires internes de l’Ukraine. Les néo-conservateurs considèrent encore les rumeurs d’une implication des Etats-Unis comme une « théorie de la conspiration ».

Je ne doute pas que l’ancien gouvernement était corrompu. La corruption est l’apanage des gouvernements. Mais selon Transparency International, la corruption du gouvernement ukrainien est aujourd’hui similaire à ce qu’elle était avant le coup. L’intervention américaine a donc échoué à régler le problème, et le gouvernement installé par les Etats-Unis tombe aujourd’hui en ruines. Le chaos que traverse l’Ukraine peut-il être qualifié de nouvelle réussite de Washington ?

Mais venons-en au vote hollandais. Le rejet du projet de l’Union européenne d’accueillir l’Ukraine parmi ses rangs démontre le niveau de frustration et de colère en Europe face à l’interventionnisme de Washington dans les affaires politiques de la région aux dépends de la sécurité et de la prospérité des Européens. Les autres pays membres de l’Union européenne n’ont même pas osé organiser un référendum sur la question.

Bruxelles soutient l’intervention des Etats-Unis au Proche-Orient, et des centaines de milliers de réfugiés qui cherchent à échapper aux bombardements accablent aujourd’hui l’Europe. Les gens doivent payer toujours plus de taxes pour venir en aide aux victimes des politiques de Washington.

Bruxelles défend les projets de changement de régime en Ukraine, et les citoyens européens entendent dire qu’ils devront porter le fardeau de la transformation d’une cause désespérée en un pays digne des standards établis par l’Europe. Combien coûterait-il à l’Europe d’adopter l’Ukraine en tant que membre ? Personne n’ose le dire. Mais les Européens en ont assez de voir leur dirigeants respecter les demandes de Washington et de se retrouver à en payer les frais.

La colère monte, et il est impossible de savoir jusqu’où la situation pourra aller. En juin prochain, le Royaume-Uni votera sur la question d’une possible sortie de l’Union européenne. La campagne de sortie allie des conservateurs, des populistes et des progressistes. Peu importe ce qui en ressortira, ce vote sera d’une grande importance. Les Européens en ont assez de voir leurs dirigeants de Bruxelles détruire leur sécurité financière et politique en cautionnant l’interventionnisme de Washington. Personne n’oserait appeler ces récentes interventions des réussites, et les Européens le savent.

D’une manière ou d’une autre, l’empire des Etats-Unis touche à sa fin. Reste à savoir ce qui manquera en premier : l’argent ou les alliés. Mieux vaudrait pour les Américains de demander à ce que prennent fin ces politiques le plus tôt possible.

Ron Paul, le 11 avril 2016

Source: http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-les-europeens-en-ont-assez-de-l-interventionnisme-americain.aspx?article=8304980968H11690&redirect=false&contributor=Ron+Paul.&mk=2

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De la sortie de l’Euro à la reconstruction de l’économie française par Jacques Sapir

11 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #la liberté

De la sortie de l’Euro à la reconstruction de l’économie française par Jacques Sapir

Euro et reconstruction de l’économie française

 

De la sortie de l’Euro à la reconstruction de l’économie française

 

Une sortie, ou une dissolution, de la zone Euro marquerait une rupture fondamentale avec le contexte économique, mais aussi le contexte institutionnel qui domine en France depuis le début des années 1990. Si l’Euro a eu des effets directs extrêmement nocifs sur l’économie française, ses effets indirects ont été probablement encore plus nocifs et ont été multipliés par l’effet dépressif général joué par la zone Euro[1]. La France n’a pas été épargnée par le second choc des années 1990, choc qui correspond à la mise en place de l’Union économique et monétaire symbolisée par l’euro. Il a été marqué par la stagnation des salaires réels liées au chômage de masse de la fin de cette première phase, qui sera relayé par la politique dite du « franc fort[2] » pour réunir les conditions d’entrée dans la zone euro. Cette politique a provoqué environ un million de chômeurs supplémentaires en France et ce avant même que l’Euro ne devienne une réalité.

Cela implique qu’une sortie de l’Euro ne prend sens que si on aboutit à un changement radical de l’ensemble du cadre économique. En effet, si l’effet direct de la sortie de l’Euro serait important[3], mais limité dans le temps, la fin de la monnaie unique permettrait aussi, et peut-être surtout, de reconstruire un cadre économique qui serait orienté vers la croissance. Ce cadre doit poser la question de la ré-industrialisation de la France comme une priorité car les emplois industriels ont un effet d’entraînement extrêmement fort sur l’ensemble des autres emplois. Cela implique que la sortie de l’Euro ne peut être considérée uniquement du point de vue de la monnaie. Quelle que soit l’importance pour la France de retrouver sa monnaie, et donc de pouvoir le cas échéant piloter son taux de change, la fin de la monnaie unique est surtout importante parce qu’elle permettrait d’élaborer une nouvelle stratégie économique[4].

 

  1. L’enjeu de la stratégie économique

 

Cet enjeu renvoie à la question de l’intégration générale de la politique monétaire dans une stratégie économique globale. L’effet d’une dissolution de l’Euro sera d’entraîner certaine monnaie à se déprécier et d’autres aux contraires à s’apprécier. On aura des effets positifs sur les pays dépréciant leur monnaie et des effets négatifs sur les pays connaissant une forte appréciation. L’élasticité, de la demande et de l’offre, doit donc être étudiées attentivement. On sait, par expérience, que cette élasticité n’est pas identique entre les pays, et qu’elle n’est pas stable mais dépend de l’ampleur de la dépréciation (ou de l’appréciation) de la monnaie. De ce point de vue, deux dépréciations de 10% ne sont pas équivalentes à une dépréciation de 20%. Il convient donc de préciser les ordres de grandeur de ces mouvements. Par ailleurs, si le volume de la demande peut décroitre dans un pays connaissant une forte appréciation de sa monnaie (l’Allemagne), le niveau monétaire de cette demande se réduira moins que le volume, en raison de l’effet d’appréciation.

 

Ampleur des dépréciations monétaires dans le cas d’une dissolution de la zone Euro

  Dépréciation Dépréciation

 

relative à l’Allemagne sans contrôle

Dépréciation par rapport à la France (avec contrôle).
France -20,0% -40,0% 0
Espagne -17,5% -37,5% +2,5%
Portugal -12,5% -32,5% +7,5%
Italie -27,0% -57,0% -7,0%
Grèce -25,0% -55,0% -5,0%
Allemagne (avec contrôle) 0,0%   +20,0%
Allemagne (sans contrôle) + 20,0% 0  

 

L’internationalisation du secteur bancaire et assurancielle français est aujourd’hui importante, avec larges engagements sur l’Italie, sur la Belgique, et dans une bien moindre mesure sur l’Espagne. Mais, une sortie de l’Euro par la France entraînerait en fait un éclatement de cette zone. La conclusion est que pour l’ensemble du secteur financier français les pertes ne devraient pas excéder 5 milliards d’Euros (actuels). Il importera donc, pour pouvoir réaliser une gestion globale du secteur financier des effets d’une sortie de l’Euro, de procéder à une nationalisation temporaire de ce secteur (banques et assurances). Or, ce qui caractérisait bien le contexte financier de 1948 à 1975 c’était au contraire l’existence d’une forte réglementation. Le système bancaire résultait de la loi du 2 décembre 1945, loi qui instaurait la spécialisation bancaire (sur le modèle du Glass-Steagal Act des Etats-Unis de 1933[5]) et qui nationalisait les principaux établissements dédiés à la collecte des dépôts, c’est à dire 4 établissements, le Crédit lyonnais, la Société générale, le Comptoir national d’escompte de Paris et la BNCI[6]. La Banque de France, déjà placée sous l’autorité de l’Etat, fut alors formellement nationalisée elle aussi. La Banque de Paris et des Pays-Bas fut nationalisée au début de 1946. Avec une sortie de l’Euro, il faudrait revenir sur le statut d’indépendance de la Banque de France et en faire l’un des instruments de la politique économique, tout en lui gardant une autonomie dans le choix des instruments utilisés.

La garantie des dépôts bancaires (en monnaie nationale), pour les particuliers comme pour les entreprises, et ce sans limite de somme doit être réaffirmée. Ceci n’est pas entièrement satisfaisant du point de vue d’une analyse en termes de justice sociale. Mais, ici encore, ce qui prime est bien la notion de « confiance ». De ce point de vue, une garantie pour la totalité des dépôts apparaît plus apte a convaincre la population de l’engagement du gouvernement à assurer la stabilité du secteur financier plutôt qu’un système certes théoriquement plus juste mais bien plus complexe à mettre en œuvre de garanties différenciées. De ce point de vue la « justice » des mesures dépendra en réalité de leur capacité à engendrer la confiance. La possibilité d’une nationalisation temporaire du système bancaire doit être envisagée. Ici encore, il est certain que des mesures différenciées, nationalisation pour certains établissements, contrôles pour d’autres, seraient en théorie justifiées et sans doute plus adaptées. Mais, la différence entre le monde théorique et le monde réel est que dans ce dernier apparaissent des « frictions » qui compromettent les mesures en apparence les meilleures mais aussi les plus complexes. Il conviendra de faire simple et robuste. C’est pourquoi, la nationalisation temporaire de l’ensemble des banques et des assurances, le temps de procéder à une séparation entre les activités de dépôts et les activités spéculatives, sera très probablement la mesure la plus robuste et susceptible de produire les effets les plus positifs.

Cette politique monétaire se caractérisera donc par une dé-financiarisation de l’économie, ou plus précisément par le cantonnement des activités financières au financement des activités productives. Elle permettra la mise en place d’une planification stratégique qui se donnera pour objectif de créer les conditions d’un développement des activités privées (avec le développement des services publics qui constituent actuellement un facteur majeur d’attractivité de l’économie française), mais aussi de développer des activités dont le taux de rentabilité est initialement faible mais qui sont potentiellement fortement rentable. Ceci impliquera la mise en place d’une politique industrielle qui ne se limiterait pas aux conditions de concurrence. Ces activités pourraient se situer dans le domaine des biotechnologies, dans l’économie de la transition énergétique et dans l’exploitation systématique du domaine maritime français.

Mais, la sortie de l’Euro impliquera l’adoption d’un régime de contrôle des capitaux (mais pas de contrôle des changes). Dans ce régime, les Banques Centrales adopteront des « cibles » de taux de change réel pour la période suivant la sortie de l’Euro. Le contrôle des capitaux aura pour but d’éviter que les marchés financiers ne commencent à « jouer » sur les cours des monnaies. Ce contrôle doit restreindre les mouvements des capitaux de court et très court terme, tout en laissant libre les mouvements de long terme qui correspondent à des flux d’investissement. Compte tenu du fait que pratiquement la totalité des mouvements de capitaux sont gérés électroniquement, la mise en place de ces contrôles serait en réalité bien plus facile aujourd’hui qu’elle ne l’avait été dans les années 1980. La sortie de l’Euro rendrait ainsi possible la mise en place d’une politique que l’on appelle la « répression financière ». Le terme de « Répression Financière » est en réalité mal choisi. On réprime des individus ou des populations mais pas un phénomène général, comme les institutions financières. Derrière ce terme se cache un a-priori normatif en faveur d’une sphère financière dérégulée ou plus exactement dérèglementé. Ce terme exprime en réalité une préférence pour le « tout marché » dans le domaine financier. En fait, l’alternative à la « répression financière » est la « répression salariale », telle qu’elle est mise en œuvre en France depuis plus de vingt-cinq ans. Si l’on veut sortir de cette logique de « répression salariale » pour mettre en œuvre un partage de long terme des gains de productivité, il est impératif d’introduire la « répression financière ».

Une fois ces politiques mises en place, il deviendrait possible, si un accord politique se dessinait entre certains pays de l’ex-zone Euro, d’aboutir à une « Co-fluctuation » des taux de change, avec des révisions périodiques (tous les ans) pour tenir compte de la détérioration ou de l’amélioration du taux de change réel (soit le taux nominal corrigé de l’inflation et de la productivité). En fait, il serait possible d’aboutir à un système monétaire « européen » (ou sur une partie de l’Europe) qui respecterait les spécificités nationales en matière de modèle social et de modèle productif, qui garantirait la flexibilité nécessaire pour que chaque pays puisse s’ajuster en cas de crise et qui dans le même temps serait relativement stable par rapport à l’extérieur. Nous aurions l’équivalent du Système Monétaire Européen mais sans les inconvénients qu’il avait à l’époque[7]. L’explicitation d’un objectif en matière de taux de change réel pour les Banques Centrales, combiné à des objectifs en matière d’inflation (avec la définition d’un taux d’inflation structurel) et d’un objectif en matière de stabilité du système bancaire et financier donnerait à la fois une flexibilité bien plus importante à ce nouveau système et imposerait un dialogue constant entre l’autorité politique et la Banque Centrale. Les mesures économiques et financières qu’il faudra donc techniquement mettre en œuvre dans le cas d’une dissolution de la zone Euro dessinent en réalité un mécanisme plus souple et plus robuste que la monnaie unique, et ceci sans les aspects dépressionnaires qui sont connus à cette monnaie unique.

 

2. Les leçons du modèle de financement de l’après-guerre

Cette politique et ce système de financement s’inspirent de ce qui fut adopté par la France au sortir de la seconde guerre mondiale et qui constitue aujourd’hui encore une référence pour certains pays. Cela revient à poser le problème de savoir quelle politique monétaire peut-on avoir quand on est dans une situation ou les taux d’intérêts sont très faibles, voire nuls[8]. C’est bien ici l’expérience particulière des instruments quantitatifs (plafonds de réescompte, volume des effets à taux bonifiés, admission de certains effets au réescompte de la Banque de France) qui interpelle le chercheur[9].

Mais, il est aussi important de noter que ces instruments n’ont pu être efficace que parce que la France exerçait sa souveraineté sur le domaine financier et avait disposé de filtres, les contrôles de capitaux et les contrôles de change, entre la sphère financière internationale et la sphère financière nationale. Cette dernière ne fut jamais complètement isolée des relations financières internationales. Ce système s’apparente plus à une forme de protectionnisme financier et non d’autarcie. La parité du Franc dut d’ailleurs être plusieurs fois réajustées durant cette période. On doit ici souligner que cette idée de « protectionnisme financier » connaît aujourd’hui un retour en grâce à la suite de la crise financière internationale de 2007-2011[10].

Le paradoxe entre l’existence d’une situation dite de « répression financière », que l’on associe en général avec un faible développement des institutions financières, et la présence d’une forte croissance, qui se traduit non seulement par un développement quantitatif mais aussi qualitatif de la France, apparaît comme évident quand on regarde l’histoire économique de la France durant ce qu’il est convenu d’appeler les « 30 glorieuses »[11]. La croissance de la France apparaît très forte durant ces années, et n’est égalée que par la croissance de l’Italie. En fait, la croissance française a été, en moyenne, supérieure à la croissance allemande, mais aussi à celle des Etats-Unis et de la Grande Bretagne. La littérature en langue anglaise portant sur cette période ignore les structures de financement très particulières qui furent employées à cette époque[12]. Mais, il est aussi remarquable que, dans leur étude importante sur cette période, trois auteurs majeurs français l’ignorent tout aussi autant[13]. Pourtant, l’importance de ces structures pour la croissance a été largement décrite et étudiée[14]. Des auteurs ont insisté en particulier sur la dépendance de la croissance par rapport aux institutions financières[15].

Rappelons en les principales caractéristiques. Le système bancaire fut à cette époque obligé de détenir des obligations du gouvernement pour permettre au gouvernement de budget de financer les déficits à un faible coût; le développement des marchés boursiers était faible et il fut en pratique découragé. Le système bancaire devait faire face à des plafonds de taux d’intérêt, plafonds qui étaient fixés par l’Etat, afin d’éviter la concurrence avec le secteur public de collecte de fonds. Si les banques de dépôts avaient été nationalisées elles bénéficiaient d’une très large autonomie dans leur gestion quotidienne. Ce système n’était possible que dans la mesure où le gouvernement détenait ou contrôlait les principales banques nationales et les institutions financières (Caisse des Dépôts, Crédit National[16] etc.). Par ailleurs, il convient de signaler que le transfert des actifs à l’étranger avait été limité par l’imposition de contrôles des capitaux[17]. Inutile de dire que ces traits étaient communs dans l’Europe de l’Ouest mais aussi au Japon et en Asie du Sud-Est à l’époque (et même jusqu’aux année 1990 pour le Japon et l’Asie[18]) et qu’ils caractérisent toujours de nombreux pays en développement. Ces mécanismes s’intègrent dans ce qui fut appelé la « planification à la française », et il aboutit à la fois à la constitution d’anticipations convergentes chez les différents acteurs économiques et à la capacité de l’Etat de diriger le flux de financement et de créer certaines de ces anticipations.

De nouvelles institutions de réglementation et le Conseil National du Crédit[19] furent donc créés à partir de 1945 afin de veiller à ce que l’attribution de crédit serve en priorité les industries ou les secteurs considérés comme des priorités nationales. Le CNC pouvait influencer la politique des taux d’intérêt et du réescompte de la Banque de France[20]. Si le CNC ne fixait pas directement des volumes de crédit suivant les différents secteurs de l’économie, il pouvait cependant influencer de manière importante la répartition des capitaux entre ces secteurs[21]. L’idée étant qu’une planification fonctionnant par incitations et concertation est naturellement plus efficace qu’une planification fonctionnant uniquement par la contrainte. Mais, l’élément de contrainte était cependant présent dans certaines des mesures prises par le CNC. Le rôle du CNC ne peut se comprendre que si l’on a en mémoire le mouvement de nationalisation du crédit de l’époque[22]. Cela signifie que l’État a dû organiser un réseau d’institutions publiques et privées ainsi que les organismes de contrôle qui garantissent que le crédit serve bien à financer les priorités économiques et sociales nationales[23].

L’idée de base était que les industriels français puissent recevoir suffisamment de crédit pour investir et d’accroître leur productivité et la croissance[24]. Une forte croissance n’est possible qu’avec des gains de productivité importants. La part de la l’industrie dans le PIB « par origine » s’est ainsi accrue de 9 points (18% à 27%) entre 1950 et 1977. Or, cette progression se fait alors que dans le même temps la production agricole se développe elle aussi très fortement. Cette période peut donc bien être considérée comme celle de la modernisation qualitative et pas seulement de la croissance quantitative de la France. Le taux d’investissement traduit lui aussi les effets de ce système de financement particulier. Il était tombé autour de 15% du PIB en 1952-1953, et il remonta jusqu’à atteindre 25% en 1974[25]. Cette forte croissance du taux d’investissement ne se fit pas au prix d’une forte restriction de la consommation des ménages. Au contraire, celle-ci se développa de plus en plus rapidement dans les années 1950et 1960[26].

Ce système institutionnel produisit des résultats spectaculaires[27]. Eric Monnet les décrit dans plusieurs publications[28]. Ainsi, le taux marginal d’efficacité du capital est-il positivement corrélé avec les crédits alloués[29]. Or, d’un strict point de vue de la théorie néo-classique (ou théorie dite « standard »), on aurait du s’attendre à ce que l’efficacité marginale du capital diminue avec l’accroissement de l’investissement[30]. Que cela n’ait pas été le cas indique que l’on se trouve, durant toute cette période (1945-1975) dans une situation où les rendements sont croissants. Mais, l’une des conséquences d’une telle situation est que les fonctionnements traditionnels de marché ne peuvent plus s’imposer. La présence de rendements croissants est d’ailleurs l’un des facteurs classiques de l’échec de marché.

Le système de financement largement contrôlé par l’Etat, ce que l’on appelle la « répression financière », a donc eu des conséquences positives pour le développement et la modernisation de l’économie française. On peut considérer qu’en réalité il n’y avait pas d’autres solutions aux problèmes posés tant par la reconstruction du pays après les destructions de la guerre que par l’impératif de développement et d’industrialisation qui s’est imposé à une grande partie de l’élite et de la population française. Ces leçons sont aussi confirmées par la trajectoire des pays de l’Asie du Sud-Est[31], et en particulier, le Japon, la Corée du Sud et Taiwan. Ces pays ont, eux aussi, utilisé peu ou prou des mesures fortement réglementaires, des instruments quantitatifs du crédit, et une forte intervention de la puissance publique[32]. Ces diverses expériences confirment que la préservation de la souveraineté économique, mais aussi monétaire, est bien un élément décisif dans la mise en place de politiques favorables au développement économique et social. Ces politiques s’adossent très souvent à un fort sentiment patriotique dans la société du pays considéré[33].

Ceci confirme les travaux de Dani Rodniki[34]. Les différents auteurs qui ont travaillés sur le développement économiques des pays d’Asie soulignent cinq conditions préalables qui ont contribué au succès de l’Asie de l’Est[35]: une politique de crédit qui devrait viser à atteindre les externalités positives plutôt que d’aider sans conditions industries en déclin, le fait que les entreprises doivent jouir d’une indépendance managériale sans interventions des créanciers et dans le cas des entreprises publiques que ces dernières ne doivent recevoir que des instructions générales de l’Etat et être libre de leurs choix de gestion, que l’Etat doit veiller à ce que les prêts sont remboursés, que la communication entre intervention publique et le secteur privé est effectivement essentielle et notamment la collecte et la diffusion de l’information sur les marchés, et que les taux d’intérêt réels devraient être positifs (ce qui nécessite une stabilité du taux d’inflation). Il faut noter ici que, dans le cas de la France, les taux d’intérêts réels furent très bas, et même, dans un certains nombre de cas, négatifs, pendant une partie de cette période. Il est donc possible que cette dernière condition ne soit pas nécessaire. Les périodes dans lesquelles le taux d’intérêt réel a été négatif, ou pratiquement proche de 0, ont été celles où la part de l’autofinancement dans le financement des investissements a été historiquement la plus élevée. De fait, dans le cas français, ce fut bien la situation qui a prédominé dans les années d’après-guerre[36]. En fait, l’une des conditions absolument essentielle est que la politique de financement soit pensée et intégrée comme une partie prenante de la politique de développement, et qu’elle soit à son service[37].

 

Cependant, pour obtenir ce renversement de la politique de financement, et cette mise au service de la croissance de la population et du bien-être de la population, il est impératif de sortir du cadre de l’Euro qui, aujourd’hui, impose au contraire une situation dite de « financiarisation » à l’économie française. Une sortie de l’Euro pour appliquer le même type de politique économique que dans la zone Euro n’a qu’un intérêt limité. Au contraire, si la sortie de l’Euro aboutit à cette transformation générale de la politique économique et de ses instruments, elle devient la condition initiale pour que la France rompe avec le chômage de masse et la faible croissance qui la minent depuis maintenant près de trente ans.

 

Notes

[1] Bibow J., « Global Im balances, Bretton Woods II and Euroland’s Role in All This », in J. Bibow et A. Terzi (dir.), Euroland and the World Economy: Global Player or Global Drag?, New York (N. Y.), Palgrave Macmillan, 2007.

[2] Sur cette politique, F. Lordon, Les Quadratures de la politique économique, Albin Michel, 1997.

[3] Blanchard O. et D. Leigh, « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers », IMF Working Paper, WP/13/1, FMI, Washington D.C., 2013. A. J. Auerbach et Y. Gorodnichenko « Measuring the Output Responses to Fiscal Policy », American Economic Journal: Economic Policy 2012, Vol. 4, n° 2, pp 1–27

[4] Ce point est développé dans Sapir J., P. Murer et C. Durand, Les scénarii de dissolution de l’Euro, Fondation ResPublica, Paris, septembre 2013.

[5] Le Glass-Steagall Act, qui fut voté le 16 juin 1933, était typique de ce que l’on a appelé la réglementation prohibitionniste. Il organisait le système bancaire américain en distinguant soigneusement les activités de « crédit » des activités de « marchés » en réaction aux désordres financiers qui avaient provoqué la crise de 1929. Ses deux auteurs ont été le sénateur de Virginie Carter Glass, qui en tant que secrétaire d’État au trésor avait créé la Réserve fédérale en 1913, et le représentant de l’Alabama Henry B. Steagall, alors président du Comité aux affaires bancaires et monétaires de la Chambre des représentants.

[6] Bloch-Lainé F. et J. Bouvier, (1986), La France restaurée 1944-1954, Paris, Fayard.

[7] Sapir J., Faut-il sortir de l’Euro ?, Le Seuil, Paris, 2012.

[8] Monnet E., (2016), ‘Monetary policy without interest rates – The French experience with quantitative controls (1948 to 1973)’ in Rue de la Banque newsletter de la Banque de France, n°17, janvier.

[9] Margairaz M., (1991) L’État, les finances et l’économie. Histoire d’une conversion, 2 tomes, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France. Bruguière M, (1992) Pour une renaissance de l’histoire financière XVIIIe-XIXe siècle, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France.

[10] Stiglitz J.E. (2010), ‘Risk and Global Economy Architecture: Why Full Financial Integration May Be Undesirable’ in American Economic Review, vol. 100, n°2, (May 2010), pp. 388-392.

[11] Carré, J., Malinvaud, E. & Dubois, P. (1972), La croissance française , un essai d’analyse

économique causale de l’après-guerre, Le Seuil, Paris

[12] Crafts, N. F. R. & Toniolo, G. (1996), Economic growth in Europe since 1945, Cambridge

University Press. Eichengreen, B. J. (2006), The European Economy Since 1945: Coordinated Capitalismand Beyond, Princeton University Press. Eichengreen, B. & Ritschl, A. (2009), ‘Understanding west German economic growth inthe 1950s’, Cliometrica, Vol. 3(3), pp. 191-219

[13] Carré, J., Malinvaud, E. & Dubois, P. (1972), La Croissance française , un essai d’analyse

économique causale de l’après-guerre, op.cit..

[14] Rousseau, P. L. & Sylla, R. (2001), ‘Financial systems, economic growth, and globalization’,

NBER Working Paper Series, Cambridge, MA., No. 8323

[15] Rajan, R. G. & Zingales, L. (1998), ‘Financial dependence and growth’, in The American

Economic Review vol. 88, n°(3), pp. 559-586 et Rousseau, P. L. (2002), ‘Historical perspectives on financial development and economic growth’, National Bureau of Economic Research, Cambridge, MA., Working Paper Series No. 9333

[16] Crédit national 1919-1969, Paris, Havas-Conseil, 1969. Le Crédit National fut constitué en 1920, pour servir la reconstruction des régions dévastées par la 1ère guerre mondiale.

[17] Wilson, J. S. G., (1957), French banking structure and credit policy., Bell, Londres ; Loriaux, M. M. (1991), France after hegemony, op.cit..

[18] Wade, R. (1992), Governing the Market, Princeton University Press.

[19] Le CNC fut un organisme créé en 1945, lors de la nationalisation de la Banque de France. Le Conseil National du Crédit détenait un pouvoir réglementaire sur l’appareil bancaire français et pouvait donner son avis sur toutes les structures concernant la distribution du crédit. Par la loi bancaire du 29 janvier 1984, il a été dessaisi de ses attributions réglementaires au profit du Comité de la réglementation bancaire et du Comité des établissements de crédit. La loi du 2 décembre 1945 « relative à la nationalisation de la Banque de France et des grandes banques et à l’organisation du crédit » a créé le Conseil national du crédit (CNC) et a défini ses fonctions.

[20] Andrieu, C. (1984), ‘A la recherche de la politique du crédit, 1946-1973’, in Revue Historique, vol. 271, n°(2), pp. 377-417

[21] Wilson, J. S. G., (1957), French banking structure and credit policy., op.cit.

[22] Andrieu, C. (1984), ‘A la recherche de la politique du crédit, 1946-1973’, Revue Historique, vol.

271, n°(2), pp. 377-417. Feiertag, O. (2006), Wilfrid Baumgartner : Un grand commis des finances à la croisée des pouvoirs, Comité pour l’Histoire économique et financière, Paris. Margairaz, M. (1991), L’Etat, les finances et l’économie : histoire d’une conversion, 1932-1952, op.cit..

[23] Kuisel, R. F. (1983), Capitalism and the state in modern France: renovation and economic

management in the twentieth century, Cambridge University Press, Cambridge – New York (édition o. Nord, P. G. (2010), France’s New Deal: From the Thirties to the Postwar Era, Princeton University Press Princeton, NY.

[24] Bouvier, J. (1979), L’investissement et son financement en France, 1945-1952, in Actes du

colloque: Le rôle des capitaux publics dans le financement de l’Europe occidentale, Bruylant, Bruxelles

[25] Guillaumont-Jeanneney S., (1992), « La politique monétaire française pendant la présidence du général de Gaulle », in De Gaulle en son siècle, Plon, La Documentation française, tome III, p. 74-93

[26] Bouvier J. et F. Caron (1982), in Braudel F. et E. Labrousse (edits.), Histoire économique et sociale de la France, PUF, 1982, book III, p. 1177 and ssq.

[27] Guillaumont-Jeanneney S., (1969), Politique monétaire et croissance économique en France 1950-1966, Paris, Colin.

[28] Monnet E., (2013), Financing a Planned Economy: Institutions and Credit Allocation in the French Golden Age of Growth (1954-1974), BEHL WORKING PAPER SERIES, WP-2013-02, Berkeley CA. Idem, (2014), “Monetary policy without interest rates. Evidence from France’s Golden Age (1948-1973) using a narrative approach”, in American Economic Journal: Macroeconomics , Octobre, Vol. 6, n°(4), pp. 137–169.

[29] Monnet E., (2013), Financing a Planned Economy: Institutions and Credit Allocation in the French Golden Age of Growth (1954-1974), op.cit., p. 8-9.

[30] Berrebi E et G. Abraham-Frois, (1995), Instabilité, Cycles et Chaos, Economica, Paris.

[31] Deyo F.C., (éd.), (1987), The Political Economy of the New Asian Industrialism, Cornell University Press, Ithaca, (NY.).

[32] Amsden A.H, (1994), ‘Why Isn’t the Whole World Experimenting with the East Asian Model To Develop?’ in World Development ,vol.22, n°4.

[33] Marshall B.K. (1967), Capitalism and Nationalism in Pre-War Japan. The Ideology of the Business Elite, 1868-1941, Stanford University press, Syanford, (Ca.). Yoshino M.Y. (1968), Japan’s Managerial System: Tradition and Innovation, MIT Press, Cambridge, (Mass.).

[34] Rodrik, D., Grossman, G. & Norman, V. (1994), ), ‘Getting interventions right: How South

Korea and Taiwan grew rich’, in Economic Policy vol. 10, n°(20), pp. 55-107.

[35] Vittas, D. & Cho, Y. J. (1995), Credit policies : lessons from east asia, Technical report,

The World Bank, Washington DC, Wade, R. (1992), Governing the Market, op.cit.. Arestis, P. & Demetriades, P. (1997), ‘Financial development and economic growth: assessing the evidence’, in The Economic Journal vol. 107, n°(442), pp. 783-799. Calomiris, C. W. & Himmelberg, C. P. (1995), Government credit policy and industrial performance : Japanese machine tool producers, 1963-91, Technical report, The World Bank, Washington DC.

[36] Villa P., « Productivité et accumulation du capital en France depuis 1896 », Document de recherches, INSEE, Paris, 1992.

[37] Okimoto D, T.Sugano, F.B.Weinstein, (1984), Competitive Edge , Stanford University Press, Stanford, CA. Amsden A. (1989), Asia’s Next Giant: South Korea and Late Idustrialization, Oxford University Press, Oxford et New York.

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« Panama Papers » : la riposte de Poutine

11 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale

« Panama Papers » : la riposte de Poutine

Jeanne de Baylan / le 6 avril 2016

La Russie vit décidément à l’heure des décrets salvateurs. Vladimir Poutine a annoncé qu’il allait déclassifier de nombreuses archives portant des « noms très intéressants » et signer le décret dans la foulée.

Ces fameux Panama Papers qui n’en finissent plus de faire couler de l’encre ont été accueillis sans broncher par des centaines de médias mondialistes. Ceux qui ont reçu des subventions de la Fondation Soros et de la Fondation MacArthur, leurs propriétaires, et autres parties impliquées pensaient qu’ils participaient à une chasse à la bête. Sans s’en rendre compte, ils étaient en pleine partie de ping-pong, tant était grande leur naïveté. Ils ont diffusé ces documents dans 80 pays via 400 journalistes grassement stipendiés. Seulement voilà, la liste comprend une personne du Foreign Intelligence Service of the Russian Federation (CBP en russe) et plusieurs centaines de membres de la Direction générale des renseignements (GRU) de l’État-Major des Forces Armées russes. Et ils vont être punis, pas eux, mais leurs patrons.

Le président russe a décidé de frapper en déclassifiant des documents s’étalant entre 1930 et 1989. En ajoutant calmement : « Pour autant que j’en sache, selon les informations fournies par les agences chargées des archives, ces documents font état de noms très intéressants, des documents qui surprendront la société… » Il va y en avoir des cadavres politiques dans notre Vieille Europe…

Une agression qui se transforme en vraie souricière…

Source : http://www.fort-russ.com/2016/04/putin-to-declassify-documents-that-bear.html 5 avril 2016

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Indépendance des Chercheurs: Macron, travail, manifestations, capital, réseaux...

11 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le socialisme, #La finance dérégulée, #Le syndicalisme, #La lutte des classes

Indépendance des Chercheurs: Macron, travail, manifestations, capital, réseaux...

Articles d'Indépendance des Chercheurs :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/04/05/marx-travail-societe-robots-emplois-humains-51542.html

Marx, travail, société, robots, emplois humains...

Le 5 avril 2016 a été une nouvelle journée de manifestations contre le projet de loi sur le travail dont l'Assemblée Nationale a entrepris l'examen. Sur les options avancées par les députés, La Chaîne Parlementaire rapporte « Loi Travail : les 61 principes de la commission Badinter retirés ». En même temps, France TV Info écrit « Loi Travail : comment une manifestation de lycéens parisiens a viré à la bataille rangée », faisant état de rien de moins que 130 arrestations. Que penser d'une telle politique en matière de déploiement de la police ? En même temps, une question aussi essentielle que celle des conséquences pour l'emploi des applications de l'informatique, de l'intelligence artificielle et de la robotique est systématiquement escamotée par les organisateurs des manifestations. Pour quelle raison, et pourquoi une telle absence de débat transparent en la matière alors que la propagande pour les robots bat son plein ? Si les représentants des multinationales et du patronat défendent très ouvertement la robotique, les organisations syndicales évitent de les contredire et « en échange » font miroiter aux travailleurs la semaine de 30 heures. La logique, très primaire, ainsi répandue auprès des salariés est en somme : « Plus il y aura de robots, et moins on travaillera. Les robots sont donc une bonne chose. Veillons, tout simplement, à obtenir des réductions appropriées de la durée du travail ». En clair, un partage programmé du chômage comme ce fut déjà le cas avec les 35 heures il y a seize ans. Mais précisément, quel est le bilan de cette opération ? Nos articles « Loi El Khomri, manifestations... et silence sur les robots » (I) et (II), et ceux qui les ont précédé sur ce blog, ont déjà rappelé la lourde facture en matière de prestations sociales, de santé, de droits des travailleurs et des secteurs populaires... qui a fait suite aux marchandages autour des 35 heures. Une réalité que les propagandistes d'une société robotisée où « on travaillera de moins en moins » ignorent systématiquement. Pire, des discours qui se prétendent de la « gauche de la gauche » vont jusqu'à se référer à Karl Marx pour justifier cette capitulation devant la robotique développée et gérée par les capitalistes. L'évolution vers une société sans travail serait, dit-on, conforme à la doctrine marxiste. Qu'en est-il vraiment ? La réalité est, précisément, diamétralement opposée comme le met en évidence une simple lecture de la Critique du programme de Gotha.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/04/05/marx-travail-societe-robots-emplois-humains-51542.html ]


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/04/09/macron-travail-manifestations-capital-reseaux-51546.html

Macron, travail, manifestations, capital, réseaux...

Le 9 avril est une nouvelle journée de manifestations contre le projet de loi sur le travail de Myriam El Khomri. Malheureusement, les communiqués appelant à des mobilisations persistent à garder le silence sur la robotique et ses dangers. Pourtant, l'automatisation incontrôlée du travail est une réelle source de chômage indissociable dans ses objectifs de la loi El Khomri. Car, même si le patronat cherche à faire travailler au maximum les salariés qu'il a déjà embauchés, il évite autant que possible de procéder à des embauches et l'automatisation, intelligence artificielle et robotique comprises, constituent une partie croissante de son arsenal quotidien. Au-delà du « patronat », les milieux financiers et les grandes multinationales soutiennent clairement la robotique en tant que remplaçant des emplois humains. En même temps, la fondation d'un mouvement politique par Emmanuel Macron a donné lieu à de nombreux commentaires dans des médias, y compris sur le lien entre le domicile légal de ce mouvement et le directeur de l'Institut Montaigne (un think tank). Mais l'article du 7 avril « Macron, de Castries, Bilderberg... et les citoyens » sur le blog L'Enigme Bogdanoff souligne une circonstance que les médias semblent ignorer ou avoir oubliée : le président de l'Institut Montaigne et PDG d'AXA Henri de Castries est en même temps l'actuel président des rencontres de Bilderberg. Précisément, Macron a participé à la rencontre de Bilderberg de 2014 (avant d'être nommé ministre), et l'actuel directeur de l'Institut Montaigne à celle de 2015. A son tour, Myriam El Khomri s'est publiquement félicitée de la création du mouvement En marche par Emmanuel Macron. Quant à François Hollande, il ne semble point contrarié par une telle annonce. Alors que les mobilisations actuelles restent très puissantes, et que le mouvement Nuit Debout a vu le jour, il paraît indispensable de mettre fin à tous les silences qui font obstacle à une information complète des citoyens et à une véritable réflexion collective nécessaire à la poursuite des mobilisations actuelles.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/04/09/macron-travail-manifestations-capital-reseaux-51546.html ]


et du blog L'Enigme Bogdanoff :

https://blogs.mediapart.fr/lenigme-bogdanoff/blog/070416/macron-de-castries-bilderberg-et-les-citoyens

Macron, de Castries, Bilderberg... et les citoyens

L'annonce de la création récente par Emmanuel Macron du mouvement politique « En marche » fait le tour des médias. Mediapart rapporte que le nouveau mouvement a pour adresse légale le domicile du directeur de l'Institut Montaigne, think tank présidé par le PDG d'AXA Henri de Castries. Mais on oublie en général de souligner que de Castries est aussi l'actuel président des rencontres de Bilderberg.

[la suite, sur le lien https://blogs.mediapart.fr/lenigme-bogdanoff/blog/070416/macron-de-castries-bilderberg-et-les-citoyens ]


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Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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