Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #europe supranationale tag

Demandez le programme! Par régis Chamagne.

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #Macron

Demandez le programme! Par régis Chamagne.

Demandez le programme

Pendant que les principaux candidats à l’élection présidentielle jouent leur pièce de théâtre, la Commission européenne vient de publier un document qui fixe la politique qui sera menée en France, qui que soit l’élu. Il est temps de retrouver notre souveraineté populaire.

Le 22 février 2017 la Commission européenne a édité un document de travail de 89 pages qui est l’analyse de la situation des différents pays de l’UE. On peut trouver ce document sur le site « zonebourse » avec d’autres documents qui l’accompagnent. Ce document est intitulé « DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION – Rapport 2017 pour la France comprenant un bilan approfondi des mesures de prévention et de correction des déséquilibres macroéconomiques »

Ultralibéralisme en novlangue

Dans ce texte, écrit en novlangue comme il se doit, on peut y lire ce genre de phrase : « La croissance des coûts salariaux unitaires a ralenti, grâce aux allégements de la fiscalité sur le travail et à la poursuite de la modération salariale, mais la faible croissance de la productivité empêche une reprise plus rapide de la compétitivité de la France. » Ne disposant pas de dictionnaire français-novlangue, je me permets de faire la traduction moi-même. En français, cela donne : « La réglementation sur le travail est encore trop protectrice pour les salariés et les salaires sont encore trop élevés en France. » Évidemment pas les salaires des grands patrons, qui eux, progressent en moyenne d’environ 20 % chaque année.

Nous l’avons compris, la Commission européenne n’a pas l’intention d’arrêter ni même de ralentir le rouleau compresseur ultralibéral qui ramène la multitude en esclavage et détruit la fonction publique au profit de quelques-uns.

Vers la fin du mois d’avril, seront éditées les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ 2017). Puis, sera ensuite édité, sous l’égide du premier ministre, le plan national de réforme (PNR 2017), qui reprendra les analyses de la Commission contenues dans le présent document et énoncera les contre-réformes (réformes en novlangue) de l’année à venir, comme l’ont été les lois Macron ou El Khomri. Tout ceci découle de l’article 121 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). J’explique tout cela en détail dans mon livre, de la page 117 à la page 121.

Un processus de planification quasi militaire

Si l’on fait un parallèle avec le processus de planification militaire, on pourrait dire que le document présent constitue l’analyse stratégique préalable à l’élaboration des directives stratégiques, que les GOPÉ sont les directives stratégiques et que le PNR est la mise en œuvre de ces directives au niveau tactique. Le niveau stratégique est donc bien à Bruxelles, le niveau tactique à Paris. Les décideurs sont à Bruxelles, les exécutants à Paris.

Le prochain exécutant élu ne changera rien

Dans le communiqué qui accompagne ce document, on peut notamment lire ceci : « La France présente encore des déséquilibres excessifs mais un certain nombre de développements économiques et de réformes mises en œuvre laissent entrevoir qu’ils sont en cours de correction progressive. Des efforts supplémentaires restent nécessaires pour arriver à une correction durable des déséquilibres. La Commission suivra donc les développements économiques et les engagements à venir, notamment le programme national de réforme et un nouveau PNR éventuel rédigé par le nouveau gouvernement, afin d’élaborer son prochain bilan approfondi. Sur la base de ce bilan, la Commission pourrait envisager de revoir le classement de la France, de  »déséquilibres excessifs » à  »déséquilibres ». »

À l’évidence, la Commission considère comme acquis le fait que la France obéira docilement à son Maître, qui que soit le nouveau président élu. Elle admet cependant qu’il pourrait y avoir de petites mesures cosmétiques et symboliques propres à faire croire au peuple français que les décisions se prennent à Paris.

Vous demandiez le programme de Macron, il est dans le tuyau puisque la commission a posé la première pierre. Vous demandiez le programme de Fillon, il est dans le tuyau puisque la Commission a posé la première pierre. Vous demandiez le programme de Hamon, il est dans le tuyau puisque… Vous demandiez le programme de…, il est dans le tuyau. Mélenchon et Le Pen proposent des PNR qui ne suivent pas les directives (recommandations en novlangue) de Bruxelles ? Nous risquons de bien rire, jaune évidemment, quand on se souvient de l’expérience grecque.

Il n’est plus nécessaire de suivre la pièce de théâtre qui se joue en ce moment et qui se nomme campagne électorale. La politique qui sera menée en France en 2017-2018 est déjà inscrite dans le marbre de Bruxelles. Pour les curieux ou les prévoyants, il vaut beaucoup mieux lire ce document que viennent d’éditer les services de la Commission européenne.

Régis Chamagne

Lire la suite

L'immunité de Marine Le Pen levée par le Parlement européen. Journal Marianne.

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France

 
 
 

L'immunité de Marine Le Pen levée par le Parlement européen

Le Parlement européen a approuvé ce jeudi 2 mars la levée de l'immunité parlementaire de la présidente du FN, réclamée par la justice française qui lui reproche d'avoir diffusé des images d'exactions de Daech sur son compte Twitter.

Marine Le Pen n'est plus protégée. Le Parlement européen a approuvé ce jeudi 2 mars la levée de l'immunité parlementaire de la présidente du Front national, réclamée par la justice française qui lui reproche d'avoir diffusé des images d'exactions de Daech sur son compte Twitter.

Cette mesure était demandée par le parquet de Nanterre, qui a ouvert une information judiciaire à l'encontre de Marine Le Pen pour "diffusion d'images violentes".

Collard épargné à Paris

 

Bruxelles prend ainsi une décision inverse de celle du bureau de l'Assemblée nationale française, qui a rejeté le 22 février la demande de levée d'immunité parlementaire pour Gilbert Collard, dans laquelle le député apparenté FN est également accusé de "diffusion d'images violentes".

La levée d'immunité de Marine Le Pen, à effet immédiat, ne concerne que cette enquête et pas celle sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants de députés de son parti au Parlement européen (le "FN Gate"), dans laquelle la cheffe de cabinet de la candidate du FN à la présidentielle a été mise en examen.

Lire la suite

Quand la démocratie dégénère en bouffonnerie Par Bruno Guigue

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Politique étrangère, #Macron

« En marche » ?... Beuh !

« En marche » ?... Beuh !

  •  

Quand la démocratie dégénère en bouffonnerie

 

On parle beaucoup des mésaventures de M. et Mme Fillon, mais la crise conjoncturelle gravissime que traverse la droite française, en réalité, révèle surtout la perte de substance démocratique de notre système politique. Ce scandale politico-financier somme toute assez banal (si ce n’est que le principal intéressé est un candidat majeur à l’élection présidentielle) ne nous a pas appris que les élus considéraient les deniers publics comme de l’argent de poche. On le savait déjà. Il n’a pas dévoilé, non plus, l’imbrication suspecte des pouvoirs politique, médiatique, judiciaire et financier. Le phénomène est connu, et aussi ancien que la démocratie formelle, suspendue aux rapports de forces des acteurs sociaux qui se saisissent de ses procédures comme on investit un champ de bataille.

Ce que montre cette crise, c’est l’inanité d’un système où tout est suspendu au sort d’un politicien transformé par les primaires en « deus ex machina ». Que ce champion s’effondre, et tout est fini. On peut comprendre la colère des électeurs de droite, frustrés d’une représentation digne de ce nom lors d’une compétition majeure. Mais ce danger systémique est la rançon d’un régime qui fait du scrutin présidentiel la clé de voûte des institutions. Si elle lâche, tout s’effondre. Depuis la fondation de la Vème République, la vie politique a été mise en orbite autour de l’élection suprême. La compétition élyséenne en constitue l’alpha et l’oméga. L’instauration du quinquennat a accentué cette tendance, en faisant dépendre l’issue des élections législatives du verdict présidentiel.

Ce dispositif institutionnel taillé sur mesure pour le général de Gaulle fonctionne désormais à rebours de son projet initial. Destiné à souder la nation autour d’un chef élu par le peuple, il dépossède ce dernier en dévitalisant le débat démocratique. Emmanuel Macron est à la fois le théoricien et le bénéficiaire de cette politique de la terre brûlée qui évacue scrupuleusement la politique (au sens noble du terme) du débat électoral. Complètement artificielle, calquée sur les tempos instantanés et les codes débilitants de la télévision, la personnalisation du scrutin relègue les programmes au second plan. Les candidats sont lancés sur le marché comme des savonnettes, la confrontation dégénère en coups tordus, l’obsession du « buzz » supplante le débat d’idées. Le résultat final, c’est qu’on a un cheval de cirque à la place d’un cheval de course.

On pointe à juste titre la vacuité de cette joute électorale, on peste contre la débilité de ce Barnum politicien, mais on oublie généralement de souligner l’américanisation qui en est la cause. Au lieu de confronter des projets incarnés par des forces sociales organisées, la compétition présidentielle met aux prises des compétiteurs sans envergure, des bateleurs rodés à la « com » qui font des moulinets avec leurs bras en débitant des banalités. Si les électeurs sont dépolitisés, inutile de se demander pourquoi ! La crise de la politique est entretenue par le débat politique lui-même, soigneusement vidé de sa substance par les professionnels du décervelage.

Cette dégénérescence de la démocratie en bouffonnerie est d’autant plus nocive qu’elle s’accompagne d’un autre phénomène. C’est l’emprise des milieux financiers sur les médias de masse, phénomène qui semble avoir désormais atteint son maximum historique ! Dans un pays où neuf milliardaires possèdent la quasi-totalité des organes de presse, la délibération démocratique est au mieux une illusion consolatrice, au pire une vaste fumisterie. Naïfs, nous croyons que nous choisissons nos dirigeants et que ce choix est transparent. Mais deux idées fausses ne feront jamais une idée vraie. Et ce qui est sûr, c’est que cette double illusion est indispensable à la perpétuation de l’oligarchie.

La promotion d’Emmanuel Macron sur les décombres d’un fillonisme faisandé illustre à merveille ce poids des structures. La candidature du père Noël des possédants ayant explosé en plein vol, la caste lui a aussitôt trouvé un substitut. L’insoutenable légèreté de ce candidat à programme variable tient lieu de boussole d’une élection dont le résultat est programmé d’avance. La mine réjouie du jeune banquier d’affaires, très fier d’avoir gagné deux millions d’euros en deux mois en montant une OPA pour Nestlé, orne les couvertures des magazines, M. Bourdin lui sert copieusement la soupe sur Bfm, et « Le Monde » fait sa campagne grâce aux 13 millions d’euros de subventions publiques. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes de l’oligarchie. Contrôlant les médias qui formatent l’opinion, elle préside à une foire d’empoigne électorale qui distraira le bon peuple et ne lui réservera aucune mauvaise surprise.

Bruno Guigue  3 MARS 2017

Source : Bruno Guigue 

Lire la suite

Un riche touriste détroussé à Paris (et ce n’est qu’un début). LGS.

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Macron

 

Un riche touriste détroussé à Paris (et ce n’est qu’un début).

Devant la boutique Yves Saint Laurent, avenue Montaigne à Paris un avocat vénézuélien s’est fait arracher sa montre de la marque Audemars Piguet, modèle Tourbillon Concept Openworked, avec bracelet en crocodile, et valant 210 000€ » ( =15 ans de SMIC).

D’autres malfrats en bande organisée sont sur un casse fixé au 23 avril et qui frappera les esprits par son ampleur. Jouant sur la crédulité des citoyens, il s’agit de s’introduire chez eux avec le sourire avant de repartir en emportant la sécurité sociale, le canevas avec la biche dans le bois, le droit au chômage, les heures supplémentaires, la boule de verre où il neige quand on la remue, la retraite, l’avenir des enfants, les 35 heures, la soupière à médicaments, les CDI, le chemin de table au crochet, les droits syndicaux, le baromètre qui n’a jamais marché, les casques anti-coups de tonfas, et autres babioles auxquelles les gens simples sont comiquement attachés.

Leur plan ne peut échouer si les victimes sont braquées ce jour-là contre le voisin autoproclamé qui essaie de les alerter avec sa voix forte (il est sourd, ou quoi ?) et son égo surdimensionné d’insoumis.

Théophraste R. (Sous-directeur de la Brigade de détection des bateleurs et bonimenteurs médéfiens voleurs du peuple).

URL de cette brève 5352
https://www.legrandsoir.info/un-riche-touriste-detrousse-a-paris-et-ce-n-est-qu-un-debut.html
Lire la suite

La France n’a plus de politique étrangère ? Vendons notre siège au Conseil de l’ONU au Qatar. Par Jacques-Marie BOURGET du Grand Soir.

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La nation ., #Daesch, #Politique étrangère

La France n’a plus de politique étrangère ? Vendons notre siège au Conseil de l’ONU au Qatar.

L'Europe est une colonie étasunienne créée par un agent français de la CIA et un ministre de Pétain. La politique étrangère de Paris se décide à Washington. Pourquoi dépenser de l'argent en entretenant un lourd Titanic nommé Quai d'Orsay ? Il faut en faire un palace couvert d'étoiles et vendre notre voix au Conseil de l'ONU au plus offrant, à coup sûr le Qatar.

Et si, sur eBay, on mettait en vente la voix de la France au Conseil de sécurité de l’Onu ? Ça ferait des sous pour payer d’autres gardes du corps à Marine Le Pen et d’autres épouses travailleuses à François Fillon. J’ai un ami corse, expert pointilleux en achat et vente de votes, qui pourrait se charger de la transaction. On nous dit que les caisses de la France sont vides ? Très bien. Mais puisque personne, entre les candidats à la succession de Paul Deschanel, ne nous propose de faire revenir en France les 160 milliards de taxes et impôts en cavale, ce droit de suffrage à l’Onu a la qualité d’une voix en or.

Ma réflexion mérite au moins une bonne étude de marché. Il serait judicieux de la confier à Ladreit de la Charrière, un homme qui a de l’entregent, et même de l’entre-François ; qui connaît donc du monde, le monde. Les plus courageux d’entre nous, ceux qui ont perdu de jolies soirées à écouter les moulins à paroles des « primaires » l’ont constaté : pour présider la France, un programme de politique étrangère n’est pas nécessaire. C’est un peu l’option macramé au bac, larguée entre la prolongation du boulevard Saint-Germain jusqu’à la mer et la gratuité des rasoirs.

Avant, l’Europe était à l’étranger... C’est fini. Tant mieux pour l’espéranto et les citoyens du monde : maintenant l’Europe, c’est chez nous. Que vous croyez ! On a oublié de le marquer sur la carte, mais la capitale des 28 n’est ni à Bruxelles ni à Strasbourg, mais à Washington. C’est là, après 1945, que le plan d’un grand marché « libre », d’une grande colonie, a été écrit. Son nom sera Europe. Pour en maçonner les fondations, les Américains ont jadis missionné deux formidables apôtres, Jean Monnet, ami de la CIA, et Robert Schuman, ministre de Pétain, des hommes sûrs. Résultat, aujourd’hui à Bruxelles 40 000 lobbyistes, tels les petits Blancs d’Afrique, veillent au bon déroulement de l’US dessein.

À ce point vous objectez que, si l’Europe est étasunienne, en débattre est alors causer de politique étrangère ! Pas du tout. Par la magie de la mondialisation mondialisée, il se trouve que la France, c’est l’Amérique. Donc plus besoin de payer au Quai d’Orsay des diplomates, « néocons », qui ne sont que les perroquets de Washington. Fermons le Quai puisque nos choix à l’étranger, hors le sursaut Chirac-Villepin, sont ceux des Bush, Clinton, Obama et Trump aujourd’hui. Voilà une seconde économie, zéro Quai.

Sûrement têtus, vous entendez démontrer que je déraille. Puisque la France bombarde des pans entiers de la planète, c’est bien la preuve que Paris a une vraie géopolitique. À cet instant je suis étonné que vous n’ayez pas remarqué que l’Otan est un outil des États-Unis dont nous ne sommes que les mercenaires. Qu’il n’y a pas de bombe « occidentale » larguée sans un OK venu du corral washingtonien.

Exemple : quand Hollande, dans une crise de folie peu douce, entreprend de bombarder Damas, Obama dit « no » et le met au piquet (et c’est heureux). Sans juger utile d’informer le vacataire de l’Élysée que les Russes, par leurs radars et contre missiles, avaient déjà rendu le ciel de Damas impénétrable. Non, ce qui est autorisé, recommandé, c’est le farouche soutien aux oligarques néo-nazis ukrainiens. Ça, c’est le paradis assuré. D’ailleurs sur son écran raplapla, Pujadas nous le serine : « L’Ukraine, c’est vital pour l’Europe. » Traduisons : pour les États-Unis. Et pour ses milliardaires de la variété Soros, autrement dit pour Wall Street et les « révolutions » orange. Regardons ailleurs, à Riyad : quand Hollande assiste à une réunion du Conseil de commandement qui regroupe les Saoudiens et les États du Golfe, dont le but est d’écraser le Yémen, il obéit à qui, le président de la République François ?

Heureusement, en cache-sexe de la « politique » étrangère française, nous avons Bachar. Ah ! Bachar ! Celui que l’on appelle par son petit nom comme un ami – ou comme un domestique arabe – sert de cours de rattrapage, type Sciences-Po, à des députés qui prennent le Pirée pour un homme. Observons que chacun d’eux, gauche-droite, en bon godillot, a voté pour la guerre en Libye. Un choix judicieux qui nous indique une grande capacité de visionnaire.

J’allais oublier un axe fondamental, celui sur lequel la France déploie son savoir-faire comme une clématite sur un tuteur : l’Afrique. Boum le Mali ! Pan pan les terroristes ! Ouh là là ! Allez faire un peu de tourisme chez les Dogons ou visiter les Toubous et, dans la foulée, la Centrafrique comme ce n’est pas loin, vous verrez comme tout va bien en Françafrique où on ne fait pas de politique étrangère, mais des affaires. C’est sûr, vous n’en reviendrez pas.

Donc tel un « expert » invité à l’émission télévisée C dans l’air, j’en reviens à ma bonne idée : vendons notre voix à l’Onu, soyons Folamour. Je propose comme client le Qatar, sa sagesse, sa hauteur de vue, sa qualité démocratique qui sont une garantie : notre voix sera aussi bien portée que du Dior par la Cheikha.

Pourtant, espoir, le retour d’une stratégie, d’« une vision pour la France », n’est pas une illusion totalement perdue. Il suffit pour cela de confier les clés du pays à Emmanuel Macron ou à Benoît Hamon. Prenons le Proche-Orient comme exemple, le chaudron où mitonne tant d’injustice. Par rapport à Israël, le banquier Macron qui condamne la colonisation en Algérie, mais l’approuve à Gaza et Cisjordanie, « rejette l’idée que la France reconnaisse la Palestine »... Tandis que Hamon, qui lui ne trouve pas d’aspect criminel à la colonisation, « attend que les pays qui entourent Israël cessent de lui être hostiles »... Face à ces idées fortes exprimées par de tels géants, je retire ma proposition : la voix de la France n’est plus à vendre. Elle est déjà en viager.

Jacques-Marie BOURGET

Ce texte a été publié dans le mensuel Afrique Asie de mars 2017.

Normalien, cacique à l’agrégation de lettres modernes, Laurent Fabius utilise tout naturellement le mot "expertise" dans son sens anglais (LGS).

URL de cet article 31605

   

Lire la suite

Les "néocons" battus à Alep veulent toujours la peau du Hezbollah. Par Jacques-Marie BOURGET dans le Grand Soir.

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La justice

 

Les "néocons" battus à Alep veulent toujours la peau du Hezbollah.

Alors que la coalition des nouveaux impérialistes se réjouissait par avance d'un coup double à jouer en Syrie, éliminer Bachar et le Hezbollah tout en écorniflant l'Iran, voilà que l'organisation de résistance libanaise sort renforcée de la victoire d'Alep. Il faut donc abattre Nasrallah et ses troupes par un autre moyen, le vieille arme de la CPI et des "crimes de guerre". La machine est en route.

Ce qui est pénalisant dans le vieillissement ce n’est pas seulement la difficulté que l’on éprouve à lacer ses chaussures, c’est que l’on parle de moments d’histoire que personne n’a connus. Outre les amis bancals qui vous accompagnent sur le chemin du cimetière. Ainsi Geneviève Tabouis, une journaliste qui a déclamé pendant trente ans ses chroniques sur « Radio Luxembourg », ça ne vous dit rien ! Cette amie d’Eleonor Roosevelt et de Joseph Staline avait coutume de démarrer son couplet par un sonore « Attendez-vous à savoir... ».

N’étant ni l’ami de Melania Trump ni le cousin de Vladimir Poutine, je m’autorise quand même à vous lancer mon personnel « Attendez-vous à savoir... ». Attendez-vous à savoir que dans les ateliers de Washington, là où l’on forge si bien le mensonge, une grande campagne est en cours de montage. Une entreprise de première grandeur qui mobilise aussi les orfèvres israéliens, toutes les petites mains du lobby néoconservateur et les forces pures et vives de ces organisations non gouvernementales (sic) qui, par chance et goût de la démocratie, embrassent toujours les vœux de la CIA ou ceux de George Soros. C’est-à-dire la même chose.

Attendez-vous donc à savoir que le Hezbollah, pour le comportement supposé de ses soldats en Syrie, va être livré à l’accusation publique. Certains combattants de cette juste cause rêvent même de l’édification d’une CPI « spéciale », comparable à celle chargée de désigner qui a envoyé Rafic Hariri au ciel.

Lecteurs de combat, donc penseurs de l’autrement, vous avez tout de suite compris l’ambition des manipulateurs et leur enjeu : continuer par d’autres moyens, par l’arme médiatique, leur guerre perdue à Alep. Un ami sincère, un frère pourtant habitué à la magie des montreurs de lune, m’a informé de l’offensive. J’ai été surpris et même meurtri que ce combattant des toutes les libertés tombe dans le panneau : « Si, si, à Alep les miliciens du Hezbollah ont multiplié les atrocités »... Me voilà donc, une fois encore, alors que pour les connaitre je déteste les guerres, obligé de présenter le massacre comme une bagatelle. Et il l’est, si j’ose dire. La certitude est la suivante, si les disciples de Nasralla ont commis des crimes de guerre, il en va tout autant des soldats de la République Arabe de Syrie et de ces humanistes islamistes décrits sous l’alléchante banderole de « Rebelles modérés ». Sans parler des tueurs d’Al Nosra, amis de Fabius, et des barbares de Daech. La guerre est toujours un crime et l’attelage des deux mots est une tautologie.

Attendez-vous donc à ce que nos journaux, qui n’ont rien vu à redire de l’impeccable comportement des criminels de masse agissant – du bon côté – en Afghanistan, en Irak, au Kosovo, en Libye, au Yémen, vous clouent les combattants chiites libanais au pilori planétaire. Alors que Trump ressort son bâton de Guignol contre l’Iran, il est bon que ces admirateurs de l’imam Hussein ne sortent pas trop puissants de ces ruines d’Alep qui ont été aussi un tombeau pour les espoirs de l’OTAN. Comme chacun sait, et comme vous le confirmera une lecture ordinaire du Monde, en dépit de ses dizaines de têtes nucléaires, « Israël est menacé dans sa survie par les criminels du Hezbollah ». D’urgence pendons donc ces soldats chiites si cruels et dangereux. Urgence... urgence... pas si sûr puisque, dans leur soif de justice, les experts du trébuchet mondialisé seront –forcément- occupés à punir dans un tour de rôle d’autres « crimes de guerre », ceux de Kissinger, Bush, Olmert, Clinton, Netanyahou, Sarkozy, du droneur Obama et autres étalons de la démocratie. Rappelons l’incontournable doctrine du vieux maître Vergès : « Vous ne pouvez condamner Barbie sans juger Massu ».

Ayons confiance en l’instinct suicidaire de la presse qui, d’un mensonge l’autre, roule sa toile de cirque pour s’en faire un linceul. Depuis sa chaire du Collège de France, Pierre Bourdieu a fini sa vie en combattant le système des « médias-mensonges ». En chirurgien des idées il évoquait la raison d’agir des journaux, surtout ceux du gratin, vrais chiens de garde de « l’opinion », forts de leur « monopole de la violence symbolique ». Sans être un digne exégète, en parlant aujourd’hui de ces journalistes, je vais extrapoler la pensée du grand sociologue. Faut dire qu’il y a « urgences », comme on l’écrit aux portes des hôpitaux, et mon néo concept post bourdieusien est de dire maintenant que nos nouveaux journalistes détiennent le missile parfait : le « monopole de la diffamation légitime ».

Après qu’aucune star du journalisme vrai, genre Florence Aubenas, n’a été expédiée à Alep pour nous écrire le bilan de six années de guerre, soyons sûrs que les ateliers de la contrefaçon vont nous abreuver d’horribles nouvelles tirées de ce noir et récent passé. En 1999 suite à la guerre du Kosovo qui, même à « zéro mort » du côté des bons ne font pas en dentelles mais en mensonges, l’admirable Edwy Plenel – qui veut être à la presse ce que Marx fut au capital – nous a régalé d’un scoop : « sans l’intervention de l’OTAN des dizaines de milliers de kosovars auraient été exterminés dans un « génocide » ». Eh oui ! La preuve ? Plenel s’était procuré le plan « Fer à cheval », celui qui programmait, planifiait les massacres. Hélas le document d’Edwy était un faux écrit par les services secrets allemands. Zut.

Résumons. Entre des journalistes qui publient des documents façonnés et d’autres qui découvrent du gaz sarin où l’ONU n’en a pas remarqué, l’horizon médiatique est favorablement ouvert aux guerriers de l’info. Eux qui ne passent pas leur temps dans la boue ou les abris de béton mais dans les fauteuils Eames des officines « occidentales ». Celles où l’on invente les « unes » de demain.

Jacques-Marie BOURGET

Chronique publiée dans le mensuel Afrique Asie du mois de février.

URL de cet article 31497

   

Lire la suite

Etat des lieux de la géopolitique mondiale – Russie, Iran, Etats-Unis Par Youssef Hindi — 11 mars 2017

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Etat des lieux de la géopolitique mondiale – Russie, Iran, Etats-Unis

 
Vladimir Poutine avec le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei à Téhéran le 23 novembre 2015. Crédit : AFP PHOTO / ALEXEI Druzhinin)

Vladimir Poutine avec le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei à Téhéran le 23 novembre 2015. Crédit : AFP PHOTO / ALEXEI Druzhinin)

 

L’entrée de la Russie en guerre contre l’organisation Etat islamique (à partir d’octobre 2015), aux côtés de l’armée syrienne, n’a pas seulement révélé la duplicité des puissances occidentales et leur soutien aux groupes terroristes, mais elle a été aussi la traduction d’un basculement géopolitique mondiale en faveur des puissances eurasiatiques. La nouvelle donne dans les rapports de forces géopolitiques a été explicitée par le chef de la diplomatie russe Sergeï Lavrov, lors de la 53e Conférence de Munich sur la sécurité qui a eu lieu les 17, 18 et19 février 2017. Le Ministre des Affaires étrangères russe déclara durant son discours :

« Il y a dix ans, le Président de Russie Vladimir Poutine prononça un discours que beaucoup en Occident considéraient comme un défi et même une menace, bien que le message soulignât avant tout la nécessité de renoncer aux actions unilatérales et ce en faveur d’une coopération honnête basée sur le respect mutuel, le droit internationale, l’évaluation conjointe des problèmes mondiaux et la prise de décision collective. Malheureusement, les avertissements qu’il a alors émis sur les conséquences négatives d’entraver l’émergence d’un monde multipolaire sont devenus réalité.

L’Humanité est à la croisée des chemins aujourd’hui. L’ère historique qui pourrait être appelée l’Ordre post-guerre froide est arrivée à sa fin. Son principal résultat, nous le voyons, est l’échec total des institutions de la Guerre froide à s’adapter aux nouvelles réalités. Le monde n’est devenu ni « occidentalo-centrique », ni un endroit plus sûr et plus stable. Cela est évident au regard des résultats de la « démocratisation » du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et ailleurs.

L’expansion de l’OTAN a créé un niveau de tension jamais vu en Europe depuis 30 ans…

Nous rejetons catégoriquement les allégations de ceux qui accusent la Russie et les nouveaux centres d’influence mondiale de tenter de saper l’ordre libéral. Ce modèle global a été préprogrammé pour la crise dès le moment où cette vision de la mondialisation économique et politique a été conçue avant tout comme un instrument pour assurer la croissance d’un club d’élite de pays et sa domination sur tous les autres. Il est clair qu’un tel système ne pourrait durer éternellement. Les dirigeants qui ont un sens de la responsabilité doivent maintenant faire leur choix. J’espère que ce choix sera fait en faveur d’un ordre mondial démocratique et juste, d’un ordre mondial post-occidental, si vous voulez, dans lequel chaque pays développe sa propre souveraineté dans le cadre du droit international et s’efforcera d’équilibrer leurs propres intérêts nationaux avec leurs partenaires, dans le respect de l’identité culturelle, historique et civilisationnelle de chaque pays. »[i]

De toute évidence, si les responsables occidentaux se refusent à accepter le monde multipolaire, la guerre mondiale restera la seule issue.

La fin de la séquence historique du « Printemps arabe »

Le politologue Naoufel Brahimi el Mili, dans un ouvrage intitulé Le Printemps arabe : une manipulation ?[ii], démontre que les révoltes arabes furent essentiellement le fruit d’un travail de terrain via notamment la participation active de la chaîne qatari Al-Jazeera suivant le plan de remodelage du Grand Moyen-Orient (Greater Middle East initiative, 2002) – plan attribué aux néoconservateurs américains mais dont l’origine est israélienne (Plan Oded Yinon, 1982).

Le Printemps arabe, qui démarra à la fin de l’année 2010 en Tunisie – et qui, par effet de « contagion » a touché l’Egypte, puis l’Algérie et le Maroc (ces deux derniers ont néanmoins su gérer la « révolte » et l’empêcher d’aboutir, à l’inverse de la Tunisie et de l’Egypte) – ne fut pas la première des révoltes arabes qui aura profité au projet sioniste.

En effet, en 1916, sous l’impulsion britannique, les Arabes se sont révolté contre l’Empire ottoman (qui était pourtant un empire décentralisé et dont la présence en terres arabes ne se faisait pas sentir par les populations) ; soulèvement qui s’est poursuivi en 1917 en accompagnant le démantèlement de l’Empire ottoman. Les troupes arabes ont aidé les Britanniques (appuyé sur le terrain par un contingent juif) à prendre Jérusalem, participant ainsi à la création du foyer juif en Palestine, ignorant qu’ils creusaient leur propre tombe[iii].

Avec le Printemps arabe de 2010-2011, l’histoire se répète. Après l’Empire ottoman, c’est au tour des dictateurs arabes de jouer le rôle d’ennemi à abattre afin de passer au second découpage – le premier fut celui du Moyen Orient, conformément à l’accord secret de Sykes-Picot (1916) faisant suite à celui de McMahon-Hussein (1915), au lendemain de la Grande Guerre – du monde arabo-musulman (Moyen Orient élargi).

Si la révolte arabe de 1916-1917 a contribué à la création du Foyer juif en Palestine, la révolte arabe de 2010-2011 aura, pour sa part, contribué à l’avancement du projet du Grand Israël.

Les révoltes ont conduit à la chute de plusieurs gouvernements par effet domino (pour reprendre l’expression du Sheikh Imran Hosein qui annonça le Printemps arabe avec huit ans d’avance), et leur remplacement par les Frères musulmans financés par le Qatar et soutenu par les Etats-Unis[iv]. Puis, l’on a vu, à commencer par la Libye, déferler des hordes de mercenaires et d’assassins endoctrinés et financés par les deux Etats wahhabites que sont le Qatar et l’Arabie Saoudite, armés et soutenus par les Etats-Unis, Israël, la France et la Grande-Bretagne, semer le désordre, bombarder, massacrer les populations civiles en Libye, en Syrie et en Irak.

Et ce avec le soutien des Frères musulmans de toutes tendances, en Europe et ailleurs, à l’instar de Tariq Ramadan (travaillant à la fois à l’Université d’Oxford en Angleterre et au Qatar). Rien d’étonnant d’ailleurs à ce que Frère Tariq se soit, dès le déclenchement du Printemps arabe, parfaitement aligné sur la politique atlantiste, sioniste et wahhabite, appelant fallacieusement les égorgeurs de Libye et de Syrie « freedom fighters » (combattants de la liberté) ; en cela, rien ne le distingue de Bernard-Henri Levy…

De la même façon que le chef du Hamas (qui est une émanation des Frères musulmans), Khaled Mechaal[v], a quitté traîtreusement Damas (où il était exilé) au lendemain du déclenchement du Printemps arabe, pour s’installer au Qatar. Tandis qu’Ismaël Hanyié (membre du Hamas et ancien Premier Ministre de l’autorité palestinienne, 2006-2007) se rendait au Caire pour faire allégeance au gouvernement des Frères Musulmans, tout en vouant Bachar el-Assad aux gémonies.

Le Printemps arabe a eu au moins le mérite de faire tomber de nombreux masques, de révéler au grand jour l’agenda des Frères musulmans qui coïncide « curieusement » avec celui d’Israël, et de mettre en lumière la réalité des alliances géopolitiques et les accointances idéologiques d’un certain nombre d’imposteurs qui avançaient masqués.

Le rôle corrosif de ces entités terroristes a été et est encore, conformément au plan israélien Oded Yinon, d’anéantir les structures étatiques préexistantes. L’avancement de ce qu’il convient d’appeler « le printemps sioniste », a provoqué, en réaction, un renforcement de l’alliance russo-iranienne.

C’est cette alliance que les stratèges sionistes essayent de défaire depuis plusieurs années, après avoir rendu impossible toute normalisation des rapports entre les Etats-Unis et l’Iran.

Le lobby pro-israélien derrière la politique anti iranienne des USA

Donald Trump, qui n’a jamais caché, durant toute sa campagne présidentielle, sa volonté de collaborer avec la Russie de Vladimir Poutine, notamment sur le règlement du problème terroriste en Orient, a parallèlement tenu des propos hostiles à l’Iran – menaçant d’ailleurs de déchirer l’accord sur le nucléaire[vi].

Or, la principale puissance régionale stabilisatrice est l’Iran ; pays allié de la Russie et de la Syrie qu’elle aide militairement à lutter contre les groupes terroristes. Il y a donc, dans la position de Trump vis-à-vis de l’Iran, une incohérence qui ne peut pas être seulement imputable à son manque d’expertise géopolitique ; d’autant plus que son agressivité et celle de son conseiller Michael Flynn (qui a été débarqué après avoir glissé sur une peau de banane des Services de renseignements qui cherchent à amputer le nouveau président de ses principaux piliers) reste jusque-là purement verbale. De toute évidence, ce n’est que pour complaire à Israël et éviter d’avoir le lobby sioniste sur le dos que Donald Trump s’est livré à une agressivité théâtrale contre l’Iran.

Il faut, pour comprendre l’anti-iranisme des administrations américaines successives se pencher sur le lobbying israélien aux Etats-Unis.

En effet, jusqu’en 1993, les Etats-Unis n’étaient pas partisans d’une politique agressive envers l’Iran. C’est principalement sous l’influence de l’Etat hébreu que les Américains ont pris ce tournant anti-iranien. Au début de l’année 1993, alors que Bill Clinton arrive au pouvoir, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et son ministre des Affaires étrangères Shimon Pérès commencent à défendre l’idée que l’Iran constitue une menace pour Israël et les Etats-Unis. A la mi-mars 1993, le Washington Post rapportait ceci :

« Quelle que soit leur sensibilité politique, les responsables israéliens estiment qu’il est nécessaire de convaincre l’opinion et les dirigeants américains de l’urgence de mesures visant à contenir l’Iran, et que les Etats-Unis sont la seule puissance mondiale capable de prendre de telle mesure »[vii].

Les États-Unis se plièrent aux exigences israéliennes en pratiquant une politique d’endiguement (contention) de l’Iran en cernant militairement le pays par des bases militaires, tout comme ils le font avec la Russie. Robert Pelletreau, qui était secrétaire d’État adjoint en charge du Proche-Orient, déclara que cette politique d’endiguement militaire était pour l’essentiel la copie conforme d’une proposition israélienne[viii].

Cette politique, une fois mise en place, fut très critiquée pour plusieurs raisons ; une d’entre elles est que ces exigences israéliennes poussaient les États-Unis à adopter une politique d’hostilité à l’encontre de deux pays déjà antagonistes : l’Iran et l’Irak, ce qui, d’un point de vue stratégique est contre-productif[ix], mais très utile à la stratégie israélienne sur le long terme. Au sein de l’appareil d’Etat américain, des voix s’élevèrent en conséquence en faveur d’un dialogue avec l’Iran[x].

Mais pour les israéliens, cette politique d’isolement n’était pas encore satisfaisante, il fallait aller plus loin, alors Israël et son lobby aux États-Unis, se sont attaqué aux lois permettant aux entreprises américaines de commercer avec l’Iran. L’analyste Tritta Parsi rapporte à ce sujet que « à la demande du gouvernement israélien, l’AIPAC rédigea et fit circuler à Washington un mémorandum de 74 pages soutenant que l’Iran était une menace non seulement pour Israël, mais aussi pour les États-Unis et l’Occident tout entier »[xi].

En avril 1995, l’AIPAC publia un rapport intitulé « Pour un ensemble de sanctions contre l’Iran : un plan d’action »[xii]

Dans la même année, la société pétrolière américaine Conoco qui était alors au bord de signer un accord avec l’Iran pour l’exploitation des gisements pétrolifères, s’est vue empêchée de conclure : le président Clinton avait mis son véto en personne à cet accord le 14 mars 1995 et prit un décret le lendemain même pour interdire aux entreprises américaines de participer à l’exploitation des réserves pétrolières iraniennes.
Bill Clinton révéla plus tard ceci : « Un des opposants les plus efficaces au contrat avec Conoco était Edgar Bronfman Sr. », soit le très influent ancien dirigeant du Congrès juif mondial. L’AIPAC contribua aussi à torpiller l’accord[xiii].

Le fait suivant illustre assez bien le jeu subtil et pervers d’Israël, un jeu alambiqué assorti d’une authentique duplicité : bien que l’Entité sioniste ait tout fait pour que les États-Unis rompent tout rapport économique et commercial avec l’Iran, Israël ne s’est pas interdit de commercer avec son ennemi prétendument déclaré en achetant des produits iraniens via des intermédiaires[xiv].

Après avoir poussé les États-Unis à mener une politique de blocus et de sanctions économiques à l’encontre de l’Iran, les boutefeux sont passés à l’étape suivante : ils ont encouragé Washington à mener des frappes contre les installations nucléaires iraniennes et même à livrer la guerre à Téhéran ; en parallèle ils défendaient l’idée d’un changement de régime en Iran.

Depuis le début des années 1990, Israël mène des campagnes anti-iraniennes aux États-Unis ; en 1990, les dirigeants israéliens désignaient l’Iran comme leur ennemi le plus redoutable car il aurait été capable de développer un armement nucléaire, ce qui par ailleurs, serait tout à fait légitime. Un Iran menacé à la fois par Israël qui est sur-nucléarisé et par la plus grande puissance militaire mondiale, peut légitimement développer un armement atomique afin de sanctuariser son territoire et éviter ainsi de subir le même sort que l’Irak.

Israël, qui a de toute évidence pour objectif de devenir un État impérial au Proche-Orient, ne peut tolérer qu’une puissance comme l’Iran dont l’influence est croissante dans la région, se dote d’un arsenal nucléaire. Du point de vu israélien, l’Iran doit, soit tomber sous les coups d’une coalition wahhabo-américano-sioniste (l’Arabie étant automatiquement partie prenante d’une telle coalition), soit se soumettre, d’où l’idée d’un changement de régime.

Nous l’avons dit, une confrontation directe avec l’Iran est loin de faire l’unanimité aux États-Unis ; la CIA, le Département d’Etat et l’armée, étaient partisans d’un dialogue avec l’Iran. Fin février 2007, le Sunday Times rapportait :

« d’après des sources haut placées dans les cercles du renseignement et de l’armée, certains des membres les plus éminents de l’état-major américain sont prêts à présenter leur démission si la Maison-Blanche ordonne une attaque militaire contre l’Iran »[xv]

Ephraim Sneh, l’un des faucons israéliens, s’est exprimé à ce propos sans ambiguïté :

« Nous étions contre le dialogue Irano-États-Unis parce que l’intérêt des États-Unis ne coïncidait pas avec le nôtre »[xvi]

Les Iraniens, de leur côté, ont depuis le début des années 1990 tendu la main aux États-Unis et ont même proposé de travailler à l’élaboration d’un modus vivendi avec Israël[xvii]. L’Iran, sous la présidence de Rafsandjani (de 1989 à 1997) et plus encore sous Khatami (de 1997 à 2005), a constamment cherché un compromis et la paix. L’Iran n’a durci le ton – sous la présidence d’Ahmadinejad (2005-2013) – qu’après de longues années de négociations infructueuses. La radicalisation des États-Unis, sous l’Administration Bush, précède l’arrivée à la présidence iranienne d’Ahmadinejad, qui n’est en quelque sorte que la réponse à la politique d’endiguement menée par les États-Unis sous influence israélienne.

Le guide suprême iranien, l’Ayatollah Khameneï, composant avec des forces contradictoires – d’un côté les Pasdaran (Gardiens de la Révolution), nationalistes (auxquels appartient Ahmadinejad) et de l’autre, une partie du clergé (qui compte les hommes les plus riches d’Iran et dont la préoccupation est leur intérêt personnel plutôt que celui de l’Iran) et les réformateurs (comme le pro-américain Moussavi, qui s’est présenté aux élections de 2009 face à Ahmadinejad), tournés vers l’Occident –, a su adapter la politique iranienne aux circonstances, en laissant accéder à la présidence des hommes dont les profils peuvent être parfois antagonistes (Ahmadinejad/Rohani).

Après le départ d’Ahmadinejad, l’on a vu arriver le diplomate Rohani à la présidence ; il a, dès son arrivée, entamé une politique de compromis calquée sur celle de Khatami et assez éloignée de celle d’Ahmadinejad. Ceci à permis la levée des sanctions économiques et de « normaliser » temporairement les relations entre l’Iran et les États-Unis.

J’annonçais en 2015 que cette normalisation des rapports serait temporaire et qu’elle se conclurait par l’annulation de l’accord nucléaire[xviii] ; et c’est ce que nous voyons avec Donald Trump qui annonçait durant sa campagne qu’il jetterait cet accord à la poubelle. Israël s’efforce de faire revenir les Américains sur l’accord nucléaire, tout en continuant à maintenir les Etats-Unis et l’Iran dans un état conflictuel permanent[xix].

Après l’arrivée de Bush au pouvoir (en particulier durant son deuxième mandat), la politique américaine, sous l’influence d’Israël, est devenue résolument agressive, au point que le Pentagone a envoyé des missions de renseignement en territoire iranien et actualisé ses « plans de mobilisation en vue d’une invasion de l’Iran »[xx].

Bush déclara le 20 mars 2006 à Cleveland que « La menace iranienne, c’est bien entendu leur objectif déclaré de détruire notre grand allié Israël… Nous aurons recours à la force militaire pour protéger notre allié »[xxi]

Des déclarations associant « guerre contre l’Iran » et « allié israélien » (et non pas à la sécurité des Etats-Unis) à partir de là se multiplièrent ; ce qui signifiait clairement que l’Amérique irait en guerre contre un État ne le menaçant ni directement ni indirectement, simplement pour complaire à l’État hébreu. Cette maladresse a alarmé le lobby pro-israélien, car à travers les siècles, les rabbins messianistes et leurs continuateurs les messianistes athées, avancent masqués, faisant exécuter leurs plans et atteindre leurs objectifs par des puissances tierces (ce que j’ai abondamment exposé dans mon ouvrage Occident et Islam : Sources et genèse messianiques du sionisme[xxii]). Au printemps 2006, le journal Forward publiait ceci :

« Les dirigeants de la communauté juive ont instamment prié la Maison-Blanche d’éviter d’annoncer publiquement son désir de défendre Israël contre de possibles agressions iraniennes. Ce n’est pas que ces dirigeants soient opposés au recours à une intervention américaine pour protéger Israël, mais plutôt qu’ils ont peur que les déclarations publiques du président Bush ne créent l’impression que les États-Unis n’envisagent une action militaire contre l’Iran au seul profit d’Israël – ce qui pourrait amener l’opinion à attribuer aux Juifs américains la responsabilité des conséquences négatives d’une frappe américaine contre l’Iran »[xxiii].

Il serait en effet éminemment fâcheux que l’opinion publique connaisse la vérité vraie…

En avril 2006, Malcolm Hoenlein, vice-président du lobby pro-israélien La Conférence des présidents expliquait que « bien que nous appréciions beaucoup cette sollicitude, la question est de savoir s’il est vraiment opportun de lier la question iranienne à Israël »[xxiv]

Car ce sont les États-Unis qui doivent porter toute la responsabilité du désordre en Orient comme en 1991, en 2003 et demain, peut-être, celle d’une éventuelle nouvelle Guerre mondiale.

La position actuelle de Donald Trump ressemble beaucoup à la stratégie préconisée par Henry Kissinger. En effet, comme je l’expliquais dans un article du 4 septembre 2015 (La Russie, l’Europe et l’Orient[xxv]), Kissinger tente depuis plusieurs années un rapprochement de la Russie et des Etats-Unis, en contrepartie d’un découplage de Moscou d’avec Téhéran. Le 11 mai 2014, sur CNN, Kissinger déclarait qu’il ne fallait pas isoler la Russie, parce « qu’il est dans l’intérêt de tous qu’elle soit maintenue dans le système international ».

En 2008, Kissinger, avait de la même façon publiquement tendu la main à la Russie… sur le dos de l’Iran qu’il désignait comme « un danger pour le monde environnant », c’est-à-dire pour Israël représentant la totalité du monde environnant. Kissinger s’est d’ailleurs entretenu avec Vladimir Poutine en 2009 et en janvier 2012, deux mois avant sa réélection à la présidence de Russie[xxvi].

Cette subtile stratégie sioniste vis-à-vis de la Russie échappait à l’époque aux analystes, mais comme nous le verrons plus bas, la nouvelle donne géopolitique fait apparaître clairement le jeu israélien et valide l’analyse que j’en faisais en 2015.

Le renforcement de l’alliance russo-iranienne

L’hiver terroriste dont a immédiatement accouché le Printemps arabe a été un révélateur de la nature et de la finalité de ces pseudo-révoltes pour la « liberté » et la « démocratie ».

La contagion terroriste et l’affaiblissement de l’Etat syrien sous la poussée daechienne a contraint la Russie à s’impliquer directement sur le terrain.

L’aggravation de la guerre contre le terrorisme et la pression occidentaliste contre la Russie a radicalisée la diplomatie de la Fédération de Russie vis-à-vis de l’Occident ; parallèlement, la nouvelle donne géopolitique a renforcé l’alliance stratégique entre la Russie et l’Iran.

Ceci a fait échouer, comme je l’annonçais, la stratégie d’Henri Kissinger consistant à découpler la Russie et l’Iran en proposant aux Russes de les intégrer au système international. Poutine n’est pas tombé dans ce piège. Déjà en avril 2015 le président russe autorisait la livraison de missiles défensifs S-300 à l’Iran ; livraison que Dimitri Medvedev avait bloquée durant sa présidence (2008-2012). A cette livraison des S-300 à l’Iran, Israël a réagi en annonçant l’envoie d’armes en Ukraine afin d’alimenter le feu[xxvii] qui couve après les accords de cessez-le feu de Minsk II (12 février 2015) ; Vladimir Poutine avait alors mis en garde Israël contre les livraisons d’armes à Kiev.

Mon analyse de la stratégie sioniste que proposait Henri Kissinger vis-à-vis de la Russie a été confirmée il y a quelques jours par le grossier Benjamin Netanyahou le 5 mars 2017. Le Premier ministre israélien, qui s’apprêtait à se rendre à Moscou, a déclaré qu’il allait tenter de convaincre jeudi (9 mars) Vladimir Poutine d’empêcher une présence militaire iranienne permanente en Syrie :

« L’Iran tente de s’établir de façon permanente en Syrie au travers d’une présence militaire terrestre et maritime et d’ouvrir progressivement un front sur le plateau du Golan », et il ajouta « Je ferai part au président Poutine de l’opposition ferme d’Israël à une telle possibilité. J’espère que nous parviendrons à trouver des arrangements pour éviter des frictions possibles entre nos forces, comme nous l’avons fait jusqu’à maintenant. »[xxviii]

Si Vladimir Poutine a toujours ménagé Israël en raison de l’influence qu’exerce les pro-israéliens à la tête de l’Etat russe – Alexandre Douguine expliquait à ce propos, en septembre 2013, que « la guerre fait rage autour de Vladimir Poutine. Il subit une forte pression des fonctionnaires libéraux, pro-américains et pro-israéliens, qui sont dans son entourage. Ils tentent de le convaincre de rester neutre (par rapport à la guerre en Syrie). Un homme, Vladimir Poutine, et une large majorité de la population russe qui le soutient sont d’un côté, et l’entourage de Poutine constitue une cinquième colonne de l’Occident. Cela signifie que Poutine est seul. Il a le peuple avec lui, mais pas l’élite politique. L’Occident active tous ses réseaux au sein de l’élite politique russe pour peser sur la décision de Poutine. C’est une guerre invisible qui se déroule actuellement.[xxix] – », la situation proche-orientale et les menaces contre la Russie ainsi que l’exacerbation des tensions Est/Ouest, renforce sans doute, à l’intérieur de l’appareil d’Etat russe, Vladimir Poutine, les nationalistes et les eurasistes, face aux libéraux, aux occidentalistes et aux pro-israéliens.

De même qu’en Iran, les Gardiens de la Révolution (les Pasdaran) et plus largement les conservateurs – face à l’hostilité de Trump et sa volonté de déchirer l’accord nucléaire négocié et conclu par les libéraux pro-américains iraniens (représentés par le président Rohani) – voient leur position renforcée au sein de l’appareil d’Etat en Iran.

Il y a donc fort à parier que Netanyahou ne convaincra pas Poutine de s’opposer à la « présence » iranienne en Syrie, ce qui irait à l’encontre des intérêts même de la Russie et de la stabilisation de la Région qui dépend en bonne partie de l’Iran. Si Poutine doit ménager Israël, il n’en demeure pas moins que Netanyahou doit prendre toutes les précautions possibles pour ne pas provoquer des frictions, voire une opposition frontale entre la Russie et Israël, dont les intérêts et la politique, au Proche-Orient, sont diamétralement opposés ; ce que l’évolution de la situation en Syrie met clairement en évidence.

Le basculement définitif de la géopolitique mondiale, dont la Grande Syrie (le Sham) est le pivot et le révélateur, clarifiera de façon nette les alliances et les deux camps qui s’affrontent.

Par Youssef Hindi | 10 mars 2017

[i] Lire la retranscription complète du discours : http://www.mid.ru/en/press_service/minister_speeches/-/asset_publisher/7OvQR5KJWVmR/content/id/2648249

[ii] Edité en 2012, éditions Max Milo.

[iii] Voir : Youssef Hindi, Occident et Islam : Sources et genèse messianiques du sionisme, Sigest, 2015.

[iv] L’Administration américaine a soutenu les Frères musulmans durant 
les élections présidentielles égyptiennes de 2012 et le président élu (destitué un an plus tard) Mohamed Morsi. Morsi a fait ses études et a vécu aux Etats-Unis, et détient par ailleurs la nationalité étasunienne. Il a notamment travaillé en tant qu’ingénieur à la NASA. Lire le très intéressant article sur les rapports qu’entretien le frère de Barak Obama, Malik Obama, avec les saoudiens et les Frères musulmans : http://www. solidariteetprogres.org/actualites-001/freres-obama-protecteurs-terrorisme-islamique-saoudien-10481.html

[v] Le portrait élogieux de Mechaal qu’a dressé le journal Le Monde après sa trahison, est tout à fait significatif : Khaled Mechaal, chef du Hamas, homme aux multiples vies, 07/12/2012.

[vi] Voir : Le Point, « Iran : l’accord sur le nucléaire menacé par Trump », 15/01/2017.

[vii] David Hoffman, « Israel Seeking to Convinces U.S. That West Is Threatened by Iran », Washington Post, 13 mars 1993.

[viii] Tritta Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit., p. 402. Cité par Walt et Mearsheimer, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, 2007, La Déouverte, p. 315.

[ix] Voir : Walt et Mearsheimer, op.cit. p. 316.

[x] Zbigniew Brzezinski et Brent Scowcroft, Differential Containment : American Policy Toward Iran and Iraq, Report of an Independent Study Group on Gulf Stability and Security, Council on Foreign Relations, New York, 1997, p. 5-32 ; et Gary Sick, « Rethinking Dual Containment », Survival, 40, n° 1, printemps 1998. Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 316.

[xi] Trita Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit. p. 305. Cité par Walt et Mearsheimer, Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, p. 316.

[xii] AIPAC, « Comprehensive U.S. Sanctions against Iran : A Plan for Action », Washington, DC, 2 avril 1995.

[xiii] Walt et Mearsheimer, op. cit. p. 317.

[xiv] Tritta Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit., pp. 308, 311, 329-330. Voir : Walt et Mearsheimer, op. cit. p. 317.

[xv] Michael Smith et Sarah Baxter, « U.S. Generals Will Quits if Bush Orders Iran Attack », Sunday Times, Londres, 25 février 2007.

[xvi] Cité dans Trita Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit. p. 403. Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 320.

[xvii] Walt et Mearsheimer, op.cit. p. 314.

[xviii] Youssef Hindi, Occident et Islam – Tome I : Sources et genèse messianiques du sionisme, chap. IV : Géopolitique et stratégie du sionisme, 2015, Sigest.

[xix] Voir les déclarations du ministre des Affaires étrangères britanniques Philipp Hammond rapportées par le site d’information franco-israé- lien Aalyaexpress-News.com, Grande-Bretagne : « Israël veut un état permanent de confrontation avec l’Iran », 16/07/2015.

[xx] Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 325.

[xxi] « President Discusses War on Terror and Operation Iraqi Freedom », 
Cleveland, Ohio, White House, Office of the Press Secretary, 20 mars 2006.

[xxii] Voir : Youssef Hindi, Occident et Islam – Tome I : Sources et genèse messianiques du sionisme, 2015, Sigest.

[xxiii] Ori Nir, « Groups to Bush ». Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 325.

[xxiv] Cité dans James D. Besser et Larry Cohler-Esses, « Iran-Israel Linkage by Bush Seen As Threat »

[xxv] http://www.geopolintel.fr/article970.html

[xxvi] Source : http://fr.rian.ru/world/20120120/193093922.html

[xxvii] Sputnik, Poutine met Israël en garde contre les livraisons d’armes à Kiev, 18 avril 2015.

[xxviii] Le Figaro, Netanyahou veut convaincre Poutine de contrer l’axe Iran-Syrie, 5 mars 2017.

[xxix] Voir l’interview d’Alexandre Douguine : http://manuelochsenreiter.com/blog/2013/9/6/what-will-russia-do

 

Lire la suite

Mensonges et légitimation dans la construction nationale en Ukraine (2005-2010), par Delphine Bechtel

10 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Ukraine, #le nazisme, #Europe supranationale

Source : ELH Revues, Delphine Bechtel, Octobre 2012

Résumé

Depuis son indépendance, et surtout à partir de la présidence de Viktor Iouchtchenko, l’Ukraine s’est construit un nouveau grand récit historique, appelé à fonder la grandeur héroïque de sa nation. Le mensonge ici se décline en un déni du caractère multiculturel de sa population (aux dépens en particulier de ses composantes juives et polonaises) et, concernant la part de l’Ukraine dans les événements de la Seconde Guerre mondiale, en un révisionnisme alimenté par la propagande nationaliste précédemment développée par un certain nombre d’intellectuels de la diaspora.

Plan

– La construction d’un récit nationaliste galicien en Ukraine occidentale
– L’historiographie comme entreprise étatique : les stratégies de légitimation scientifique de l’OUN/UPA
– La présidence Iouchtchenko, un passé difficile à effacer ?
  • 1 L’historiographie ukrainienne est celle d’une nation jeune, en pleine construction, dont l’histoire est discontinue et fortement liée à l’histoire russe, polonaise et, pour certaines régions, autrichienne, hongroise, tchécoslovaque, etc. Depuis l’indépendance, en 1991, les historiens s’évertuent à produire un grand narrative de la nation, la faisant remonter, en l’absence de véritable continuité chronologique, géographique et étatique, à la Rous’ kiévaine, puis à la principauté de Galicie, passant ensuite aux Cosaques zaporogues, aux deux tentatives éphémères d’indépendance en 1918-1919, et enfin à l’invasion allemande de l’URSS en juin 1941.
  • 1 C’est ainsi qu’on appelle en russe la Seconde Guerre mondiale.
  • 2 David Marples, Heroes and Villains : Creating National History in Contemporary Ukraine, Budapest/Ne (…)

2Cette production historiographique a pris naissance dès le tournant des années 1990 dans le berceau du nationalisme ukrainien, à Lviv, la capitale de l’Ukraine occidentale, avant de s’étendre progressivement au centre du pays et à la capitale, Kiev. Durant la présidence de Viktor Iouchtchenko (2005-2010), notamment, a été menée jusque par les plus hautes instances du pouvoir une relecture de l’histoire dont le but était, face à l’ancienne épopée soviétique de la « Grande Guerre patriotique1 », de créer un récit de l’histoire nationale fondé sur des stratégies d’héroïsation et de victimisation2 des seuls Ukrainiens ethniques et occultant la composante multiculturelle du pays, et de retracer les « efforts de libération » et de construction de l’État ukrainien. Cela n’est pas allé sans un certain révisionnisme, concernant notamment les périodes sombres de l’histoire, comme la Seconde Guerre mondiale.

La construction d’un récit nationaliste galicien en Ukraine occidentale

  • 3 Delphine Bechtel, « Lemberg/Lwów/Lvov/Lviv : identités d’une “ville aux frontières imprécises” », (…)

3Depuis les années 1990, les intellectuels et les édiles de Lviv, capitale de la région historique de Galicie (l’ancienne Lemberg autrichienne, puis la Lwów polonaise de l’entre-deux-guerres), ont entrepris de réinventer le passé de leur région. L’appellation « Galicie », tombée en désuétude sous l’ère soviétique, a été réinvestie avec une réactivation folklorique du mythe habsbourgeois (ouverture de cafés « viennois », marques de produits alimentaires faisant référence à la tradition « galicienne »). Ce particularisme s’est exprimé notamment à travers la revue Yi (nommée d’après la lettre ï, qui distingue l’alphabet ukrainien de l’alphabet russe), dirigée par Taras Vozniak et financée par la Fondation Heinrich Böll, qui a défendu dans les années 2000 une version douce du nationalisme local, consacrant plusieurs numéros tant aux conflits qu’à la réconciliation polono-ukrainienne et judéo-ukrainienne. Vozniak veut œuvrer en faveur d’une intégration rapide de l’Ukraine à l’Europe et a soutenu l’idée de faire de Lviv la « Strasbourg de l’Europe centrale de l’Est » et la capitale culturelle d’une Ukraine tournée vers l’Occident3.

4Dans cette région, berceau du nationalisme ukrainien, rurale et ukrainophone (contrairement à l’est du pays, industriel et russophone), gréco-catholique (contrairement à l’Est orthodoxe) et nationaliste (contrairement à l’Est, culturellement plus lié à la Russie), les fidèles de l’OUN (Organisation des nationalistes ukrainiens), mouvement ukrainien terroriste, fasciste, xénophobe et antisémite fondé en 1929, et de sa branche combattante l’UPA (Armée insurrectionnelle ukrainienne) se réveillent. Le parti UNA-UNSO (Assemblée nationale ukrainienne / Organisation national-socialiste ukrainienne), parti nationaliste ouvertement pronazi qui s’est renommé Svoboda (Liberté) après sa dissolution en 2004, et ses sbires bottés brandissant des drapeaux rouges et noirs évoquant les couleurs nazies défilent régulièrement lors des manifestations locales. Son leader, Oleh Tiahnybok, également élu député en 2002 au sein de la coalition Notre Ukraine de Iouchtchenko, dont il est l’un des soutiens, mène régulièrement campagne avec les slogans « L’Ukraine aux Ukrainiens » et « Dehors les Moscovites et les Juifs ».

  • 4 Aux élections locales de 2010, le parti Svoboda a obtenu entre 20 % et 30 % des voix en Galicie et  (…)

5Depuis les élections locales de 2009 et 2010, Svoboda dispose d’une influence déterminante dans les conseils régionaux de Lviv et de Ternopil4, tandis que les discours et les thématiques nationalistes ont gagné droit de cité dans toute la région. D’autant qu’un certain nombre de députés de l’ancienne UNA-UNSO siègent désormais sous l’étiquette d’autres partis, comme Andriy Shkil, réélu plusieurs fois député de Lviv dans le Bloc Ioulia Tymochenko. Cette radicalisation de la vie politique locale et l’acceptabilité croissante des thèses nationalistes extrémistes se sont vite traduites par la décision des conseils municipaux de la région de renommer des rues en l’honneur de nationalistes ukrainiens de l’OUN/UPA et d’ériger des monuments à ces leaders fascistes, impliqués dans la purification ethnique de la Galicie (les massacres de Polonais en 1942-1943 en Volhynie et en Galicie, ainsi que la collaboration avec les nazis dans l’anéantissement des Juifs).

6Ainsi, le musée d’Histoire de la ville de Lviv présente depuis 2006 une exposition dédiée aux « efforts de libération du peuple ukrainien » qui glorifie en réalité les bataillons Nachtigall et Roland, composés d’Ukrainiens embrigadés par les nazis, qui ont marché sur Lviv en juin 1941 en portant l’uniforme de la Wehrmacht, et la division SS-Galizien, constituée de volontaires ukrainiens ayant prêté serment à Hitler en 1943. Les théoriciens du fascisme ukrainien, tel Dmytro Dontsov, ainsi que les leaders de l’OUN/UPA, notamment Stepan Bandera et Roman Shukhevytch, deux fascistes et criminels de guerre notoires, sont célébrés à Lviv comme des figures de la quête d’indépendance ukrainienne. Relèvent particulièrement de la désinformation et du négationnisme les changements délibérés des légendes qui accompagnent les photos historiques et les objets exposés : les appellations allemandes ont disparu au profit de traductions ukrainiennes anodines, et le terme « SS » est carrément supprimé. Ainsi les bataillons Nachtigall et Roland apparaissent désormais sous la dénomination « Division des nationalistes ukrainiens », tandis que la division SS-Galizien devient l’inoffensive « Première Division ukrainienne », faisant croire à l’existence d’une armée ukrainienne indépendante des nazis. L’uniforme exposé a de surcroît été expurgé des galons, têtes de mort et insignes SS, tandis qu’une mention en petits caractères indique qu’il s’agit d’une « reconstitution ». C’est tout le passé collaborationniste de l’Ukraine que l’on cache ici aux visiteurs, afin de rendre acceptable l’héroïsation de criminels de guerre ayant collaboré avec les nazis.

Vitrine du musée d’Histoire de la ville de Lviv
Uniforme de la SS-Galizien sans les galons et insignes de la SS, présenté comme une « reconstitution ».
À l’arrière-plan : affiche de propagande antisoviétique et antisémite de 1943, publicité en ukrainien pour l’enrôlement dans la SS : « Venez combattre le bolchevisme dans les rangs de la Division galicienne ».
© Delphine Bechtel, 2007

  • Parallèlement, une véritable invention de l’histoire héroïque nationale se met en place, comme le démontre le complexe mémoriel inauguré en 2007 au cimetière Lytchakiv, à Lviv. Dominant l’ancien cimetière des défenseurs polonais de Lwów morts en combattant les indépendantistes ukrainiens en 1918-1919, les autorités locales ont construit un immense mausolée, avec un ensemble de stèles commémoratives aux « combattants pour la liberté » de l’Ukraine, ceux de 1918-1919, puis de 1941-1945 comme le bataillon Nachtigall et la SS-Galizien. Cette dernière est commémorée par une tombe du soldat inconnu, la seule au monde qui soit dédiée à un soldat de la SS5.

Stèle à la mémoire de la division SS-Galizien, cimetière Lytchakiv, Lviv
Inscription visible sur cette face de la colonne : « 1re Division “Galicie” ». Le mot « SS » a disparu de l’appellation.
© Delphine Bechtel, 2007

Tombe du soldat inconnu de la division SS-Galizien, cimetière Lytchakiv, Lviv
Inscription : « Ici repose un combattant inconnu de la Division “Galicie”, qui a donné sa vie pour la liberté du peuple ukrainien à la bataille de Brody en juillet 1944 ». La division SS-Galizien est ici commémorée comme unité ayant combattu l’Armée rouge, notamment à travers la bataille de Brody (petite ville de Galicie, à 80 % juive à l’époque – c’est la ville natale de Joseph Roth), où l’armée allemande encerclée subit une cuisante défaite.
© Delphine Bechtel, 2007

  • Comme dans les manuels d’histoire récents, on cherche à accréditer les « dates clés » de la construction de l’État ukrainien : l’éphémère indépendance de 1918-1919, puis l’« Acte du 30 juin 1941 », par lequel Yaroslav Stetsko, un des dirigeants de l’OUN proche de Bandera, proclama l’indépendance – proclamation inattendue et annulée une semaine plus tard par les nazis6.

9S’inscrivant davantage dans la tradition du martyrologe, des monuments commémoratifs aux victimes des persécutions staliniennes ont été dressés devant les prisons des rues Zamarstynivska et Lonskoho, où le NKVD avait fait abattre plus de 3 000 détenus en juin 1941, juste avant l’invasion allemande. Les Ukrainiens ethniques y sont montrés comme les seules victimes du stalinisme, alors que les déportations et la soviétisation forcée ont touché en premier lieu les élites polonaises et les Juifs. Plus encore, nulle part ne sont mentionnés les pogromes sanglants du mois de juillet 1941, perpétrés notamment par la milice et les nationalistes ukrainiens, qui ont fait près de 7 000 morts à Lviv, justement sur le terrain de ces mêmes prisons, et plusieurs dizaines de milliers en Ukraine occidentale.

  • 7 Rossolinski-Liebe, art. cit. (notre traduction).

10Si la ville de Lviv a pu être justement caractérisée à la fois de « jungle mémorielle » et de « palimpseste mémoriel7 » au vu de la valse des monuments qui a accompagné les nombreux bouleversements étatiques qu’elle a traversés, elle est aujourd’hui placée sous le signe d’une ukrainisation de plus en plus radicale et d’une politique de commémoration sélective, voire délibérément tronquée.

L’historiographie comme entreprise étatique : les stratégies de légitimation scientifique de l’OUN/UPA

  • 8 On désigne par ce mot, qui signifie en ukrainien « extermination par la faim », la grande famine qu (…)

11Tout cela n’aurait pas été possible sans la politique mémorielle menée au plus haut niveau de l’État depuis la révolution orange et l’élection du président Iouchtchenko. Ce dernier a poursuivi tout au long de son mandat une politique d’ukrainisation et de nationalisation du pays qui s’appuie sur les vues des milieux de la diaspora ukrainienne liés à l’OUN/UPA tout comme sur celles des néonationalistes d’Ukraine occidentale. Pour étayer sa politique de construction mémorielle, il s’est doté d’un appareil étatique : en 2005, il fonde l’Institut pour la mémoire nationale, créé sur le modèle de l’institut éponyme en Pologne, dont le but est de diffuser l’interprétation officielle de l’histoire. En premier lieu, par une loi de 2006, la Grande Famine ukrainienne est érigée au rang de génocide et tout négationnisme en la matière constitue désormais une infraction à la loi. L’Holodomor8, souvent appelé « holocauste », supplante le génocide des Juifs dans le discours victimaire officiel. Des chiffres fantaisistes allant jusqu’à dix millions de morts ukrainiens sont cités, tandis qu’est occultée la dimension transversale de cette Grande Famine stalinienne, qui s’est étendue jusqu’à la Volga et au Kazakhstan.

  • 9 Décrets présidentiels d’octobre 2007 no 966/2007 relatif à la commémoration du 65e anniversaire de  (…)

12Mais il s’agit surtout de fonder un discours héroïque : depuis 2005, lors des commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale, Iouchtchenko met sur un pied d’égalité les vétérans de l’Armée rouge et ceux qu’il appelle « les combattants pour la liberté » de l’Ukraine. Il octroie aux vétérans de l’UPA des décorations ainsi que l’accès à une pension d’ancien combattant, et réhabilite Roman Shukhevytch, chef du bataillon Nachtigall et de l’UPA, en lui décernant fin 2007 le titre de « héros de l’Ukraine »9.

  • 10 Volodymyr Viatrovytch, Stavlennia OUN do evreiiv : Formuvannia pozytsii na tli katastrofy, Lviv, MS (…)
  • 11 « Lehenda pro Nachtigall » (en ukrainien), reproduit sur la page <memorial.kiev.ua/content/view/539 (…)
  • 12 Voir « Security Service of Ukraine reveals documents that unmask Soviet myths about the OUN », Den’(…)
  • 13 John-Paul Himka, « True and False Lessons from the Nachtigall Episode », Brama, <www.brama.com/news (…)

13Trois institutions officielles collaborent sous la présidence de Iouchtchenko à l’entreprise de blanchiment de l’OUN/UPA : l’Institut pour la mémoire nationale, le Centre pour l’étude du mouvement de libération, établi en 2002 à Lviv et dirigé par l’historien Volodymyr Viatrovytch, et surtout le SBU, le Service de la Sécurité d’État, qui a remplacé le KGB et a hérité de ses archives, sur lesquelles il dispose d’un monopole. Les trois institutions se soutiennent et se corroborent mutuellement, fonctionnant grâce à un réseau de jeunes historiens acquis à la cause de l’OUN/UPA. Viatrovytch est l’un des plus actifs : en 2006, il publie un livre fondé sur des citations tronquées qui dénie tout antisémitisme au sein de l’OUN10 ; en 2007, il tente de réhabiliter la mémoire du bataillon Nachtigall en faisant remonter la « légende autour de Nachtigall », c’est-à-dire l’accusation de massacres, notamment de pogromes, à une tentative soviétique pour déstabiliser le gouvernement Adenauer dans les années 196011. En 2008, Oleksandr Ishchuk, un autre jeune historien travaillant aux archives du SBU, déterre un texte qui exonérerait l’OUN de toute implication dans les pogromes : d’après cette « chronique » datée du 4 juillet 1941, la Gestapo aurait invité les Ukrainiens à en commettre un à Lviv, mais l’OUN aurait interdit à ses membres d’y participer12. Toutefois, selon l’historien ukraino-américain John-Paul Himka, ce document, comme bien d’autres, a probablement été écrit après 1943, à un moment où l’organisation, sentant le vent tourner, avait donné l’ordre d’expurger et de trafiquer ses archives afin de donner l’impression que c’étaient les Allemands et les Soviétiques qui étaient coupables d’actes antisémites, et non les Ukrainiens13.

  • 14 Pour plus de détails, voir Grzegorz Rossolinski-Liebe, « Celebrating Fascism and War Criminality in (…)

14Il faut rappeler que, depuis des décennies, une vaste œuvre de propagande est menée par des idéologues des milieux ukrainiens immigrés notamment au Canada, en Angleterre et en Allemagne, qui vise à présenter l’histoire de l’OUN/UPA comme celle d’organisations démocratiques, pro-occidentales, voire philosémites. Parmi les plus connus, Mykola Lebed’, ancien leader de l’OUN et fondateur de l’UPA, recruté par la CIA (qui ne répugnait pas à incorporer d’anciens nazis et fascistes), dont les archives ont été récemment transférées au Harvard Ukrainian Institute, avait détruit et redactylographié tous les originaux des années de guerre, procédant ainsi à une falsification à grande échelle ; l’équipe réunie à Toronto autour du vétéran de l’UPA Petro Potichnyj a pour sa part publié dans la longue série de volumes Litopys UPA les chroniques (soigneusement expurgées de toute mention d’antisémitisme) de l’UPA. Pour parler de la France, mentionnons Volodymyr Kosyk, docteur en histoire de l’université Paris-I – Sorbonne (!) et vice-directeur de l’Université ukrainienne libre de Munich, auteur d’un ouvrage paru en 1986 à Paris, L’Allemagne national-socialiste et l’Ukraine, qui réussit le tour de force de ne pas receler un mot sur la collaboration ou la destruction des Juifs d’Ukraine. Citons encore Petro Myrtchuk, ancien de l’OUN, dont les pamphlets nationalistes suintent l’antisémitisme primaire14. On n’hésite pas à recourir à la mystification pour présenter l’UPA comme philosémite : ainsi, le même Myrtchuk publie la pseudo-autobiographie de Stella Krentsbakh, une Juive ukrainienne qui aurait dû sa survie à l’UPA, texte qui s’est révélé être un faux mais reste fréquemment cité.

  • 15 Propos tenus par Valentyn Nalyvaytchenko, président du SBU, dans « KGB provoked Ukrainian-Jewish co (…)

15Dans le sillage de ces travaux de la diaspora, des publications et des colloques sont organisés en Ukraine afin de prouver que les Ukrainiens et les Juifs combattaient côte à côte contre le totalitarisme et le régime communiste, et que les atrocités qui ont été reportées par les témoins juifs seraient en réalité le fait du KGB, lequel aurait envoyé des agents soviétiques déguisés en Ukrainiens pour tuer des Juifs15 !

  • 16 Voir le décret présidentiel du 23 janvier 2009 relatif à la déclassification, la publication et l’é (…)
  • 17 Tarik C. Amar, Ihor Balyns’kyi, Yaroslav Hrytsak (dir.), Strasti za Banderoiu, Kyiv, Hrani-T ; voir (…)

16Enfin, en décembre 2008, le directeur de l’Institut pour la mémoire nationale, Ihor Ioukhnovskyi, attèle ses historiens à la tâche la plus ardue : la réhabilitation du chef de l’OUN lui-même, l’extrémiste fasciste Stepan Bandera. Dans ce but, Iouchtchenko déclassifie en janvier 2009 une nouvelle fournée de documents sur l’OUN/UPA conservés au SBU16 et, fin janvier 2010, juste avant de quitter le pouvoir, décerne le titre de « héros de l’Ukraine » à Bandera. Entre-temps, les historiens ont rivalisé pour célébrer le nouveau héros, à tel point que la désinformation, la manipulation des sources, le négationnisme et même la légitimation de massacres finissent par obtenir droit de cité, y compris dans les milieux universitaires. Témoigne des errances de l’époque le volume Strasti za Banderoiu (Les passions autour de Bandera), édité en 2010 par un collectif d’historiens – dont Tarik Amar et Yaroslav Hrytsak, de Lviv –, qui juxtapose sans commentaire des textes de pure idéologie glorifiant le leader fasciste et d’autres, plus nuancés17. En offrant un forum et une plate-forme respectables à ce type d’opinion antidémocratique, les deux historiens de Lviv, eux-mêmes modérés, cautionnent et légitiment hélas un discours xénophobe et dangereux.

La présidence Iouchtchenko, un passé difficile à effacer ?

17Voulant ancrer l’identité ukrainienne dans un récit héroïque fondé sur des faits d’armes et réhabiliter les chefs de guerre liés à l’OUN/UPA, Iouchtchenko a tenté de faire reconnaître des narrations historiques empreintes d’idéologie, de nationalisme ethnique, de xénophobie, et d’ériger en héros des personnages suspects et criminels. Cette tentative a échoué, ne serait-ce que parce que la moitié orientale du pays, russophone et au passé lié aux partisans soviétiques et à l’Armée rouge, l’a refusée. Les conseils municipaux de villes comme Kharkiv, Donetsk ou Lugansk ont réagi vivement contre les mesures présidentielles, et à Kharkiv, Simferopol, Sumy, etc., ont été érigés, en signe de protestation, des monuments aux victimes de l’UPA, comme il en existe aussi beaucoup en Pologne. La politique mémorielle de Iouchtchenko a donc divisé le pays en deux, isolé l’Ukraine de ses voisins et de l’Europe, et décrédibilisé la recherche et les milieux académiques ukrainiens, tout en les subordonnant à des institutions d’État chargées de produire une version gouvernementale de l’histoire.

18Certes, le nouveau président, Viktor Yanoukovytch, a annulé le titre de héros de l’Ukraine décerné à Bandera et à Shukhevytch, a fait retirer le qualificatif de génocide à la Grande Famine, a renvoyé Ioukhnovskyi et Viatrovytch de leurs postes et a placé les instituts de recherche et le SBU sous l’autorité du nouveau pouvoir.

19Toutefois, ces mesures, également antidémocratiques par ailleurs, n’effacent pas le mal fait durant l’ère de la présidence orange. L’extrême droite progresse fortement en Ukraine ; le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, qui se déploient jusque sur les terrains de football, où les supporters du club Karpaty Lviv arborent des drapeaux nazis, s’étalent à ciel ouvert. L’ouest du pays s’est encore radicalisé et vote désormais pour le parti Svoboda plutôt que pour les partis orange, déconsidérés par la faillite du président sortant et l’incarcération de Ioulia Tymochenko.

  • 18 Voir « Petition by historians in response to detention of their colleague Ruslan Zabily », <khpg.or (…)
  • 19 Per A. Rudling, Jared McBride, « Ukrainian Academic Freedom and Democracy under Siege », The Algeme (…)

20En face, Yanoukovytch remet de l’ordre de manière autoritaire, allant jusqu’à intimider les chercheurs nationalistes : Ruslan Zabilyi, à l’époque directeur du musée de la prison « Tiurma na Lonskoho » à Lviv, a ainsi été soumis en septembre 2010 à une garde à vue musclée de quatorze heures par le SBU, qui lui a confisqué son ordinateur18. Certes. Mais, d’un autre côté, Svoboda jouit d’une toute-puissance et d’une impunité totale : n’a-t-il pas réussi à empêcher une série de conférences de l’historien polonais Grzegorz Rossolinski-Liebe, qui vient d’achever à l’université de Hambourg une thèse sur Bandera et qui était invité en Ukraine par l’ambassade d’Allemagne et la Fondation Heinrich Böll pour parler de Bandera en tant que fasciste19 ? Quand des centaines d’extrémistes de Svoboda ont entouré l’ambassade en brandissant des panneaux traitant le jeune historien de « fasciste », « nazi », « ukrainophobe » et le comparant à… Goebbels, il y eut très peu de réactions de la part de la communauté scientifique ukrainienne et même internationale. Des jeunes chercheurs ont été intimidés, menacés de perdre leur bourse ou leur soutien institutionnel s’ils signaient la pétition en sa faveur. Personne n’ose se mesurer à Svoboda, qui gagne sur tous les plans, reléguant la critique de Bandera au rang d’une « provocation » allemande ou, comme on l’a prétendu bien à tort, d’une bravade d’un historien fantasque qui serait à la solde du Parti des régions, le parti de Yanoukovytch.

21L’entreprise de blanchiment de l’OUN/UPA et des périodes les plus noires de l’histoire ukrainienne se poursuit dans les milieux de l’émigration, et même dans les départements d’études ukrainiennes des universités d’outre-Atlantique, comme à Harvard, où Viatrovytch a trouvé un refuge comme chercheur invité. En Ukraine occidentale, les mentalités n’ont pas changé et se sont même trouvées confortées par les ennuis que le nouveau régime fait subir aux nationalistes. Dans le même temps, la recherche continue d’être assujettie au pouvoir, dans une Ukraine de plus en plus poutinisée ou rien d’approchant la liberté et l’indépendance de la recherche et de l’histoire n’existera avant longtemps…

NOTES

1 C’est ainsi qu’on appelle en russe la Seconde Guerre mondiale.

2 David Marples, Heroes and Villains : Creating National History in Contemporary Ukraine, Budapest/New York, Central European University Press, 2007.

3 Delphine Bechtel, « Lemberg/Lwów/Lvov/Lviv : identités d’une “ville aux frontières imprécises” », Diogène, no 210, 2005, p. 73-84. Voir Yi, no 29, Genius loci. Leopolis. Lviv. Lemberg. Lwów, 2003.

4 Aux élections locales de 2010, le parti Svoboda a obtenu entre 20 % et 30 % des voix en Galicie et un tiers des sièges au conseil municipal de Lviv.

5 Voir Grzegorz Rossolinski-Liebe, « Der Raum der Stadt Lemberg in den Schichten seiner politischen Denkmäler », Kakanien Revisited, 2009, accessible à partir de la page <www.kakanien.ac.at/beitr/fallstudie/GRossolinski-Liebe1/?page=2&alpha=r>, cons. août 2012.

6 Malgré les bonnes volontés collaborationnistes de Stetsko et des autres dirigeants de l’OUN face à l’invasion allemande, à laquelle ils participèrent, malgré leur antisémitisme et leur vision d’un État ukrainien fasciste sur le modèle de la Slovaquie de Tiso ou de la Croatie de Pavelic, l’indépendance de l’Ukraine ne correspondait pas aux projets d’Hitler.

7 Rossolinski-Liebe, art. cit. (notre traduction).

8 On désigne par ce mot, qui signifie en ukrainien « extermination par la faim », la grande famine qui fit entre 3 et 5 millions de victimes en Ukraine en 1932-1933.

9 Décrets présidentiels d’octobre 2007 no 966/2007 relatif à la commémoration du 65e anniversaire de la création de l’UPA ; no 958/2007 relatif à la remise de décorations de l’État ukrainien aux participants à la lutte de libération nationale ; no 965/2007 relatif à l’octroi du titre de héros de l’Ukraine à R. Shukhevytch.

10 Volodymyr Viatrovytch, Stavlennia OUN do evreiiv : Formuvannia pozytsii na tli katastrofy, Lviv, MS, 2006.

11 « Lehenda pro Nachtigall » (en ukrainien), reproduit sur la page <memorial.kiev.ua/content/view/539/149/>, déc. 2007, cons. 21 août 2012.En 1959, lors du procès de Theodor Oberländer, référent allemand de Shukhevytch dans la Wehrmacht et alors ministre en RFA, l’Union soviétique, par le biais de la RDA, a rendu publics des documents sur les atrocités commises par les membres de l’OUN.

12 Voir « Security Service of Ukraine reveals documents that unmask Soviet myths about the OUN », Den’, <www.day.kiev.ua/en/article/day-after-day/security-service-ukraine-reveals-documents-unmask-soviet-myths-about-oun>, 12 févr. 2008, cons. 21 août 2012. Sur les pogromes, voir Delphine Bechtel, « Les pogroms en Galicie, 1941 : des pages blanches de l’histoire à une histoire en pointillés ? », dans Luba Jurgenson, Alexandre Prstojevic (dir.), Des témoins aux héritiers : l’écriture de la Shoah et la culture européenne, Pétra, 2012, p. 111-130 ; John-Paul Himka, « The Lviv Pogrom of 1941 : The Germans, Ukrainian Nationalists, and the Carnival Crowd », Canadian Slavonic Papers/Revue canadienne des slavistes, vol. 53, no 2-4, 2011, p. 209-244.

13 John-Paul Himka, « True and False Lessons from the Nachtigall Episode », Brama, <www.brama.com/news/press/2008/03/080319himka_nachtigall.html>, 19 mars 2008, cons. 21 août 2012.

14 Pour plus de détails, voir Grzegorz Rossolinski-Liebe, « Celebrating Fascism and War Criminality in Edmonton. The Political Myth and Cult of Stepan Bandera in Multicultural Canada », Kakanien Revisited, 29 déc. 2010, accessible à partir de la page <www.kakanien.ac.at/beitr/fallstudie/GRossolinski-Liebe2/?page=2&alpha=r>, cons. 21 août 2012 ; Per A. Rudling, « The OUN, the UPA and the Holocaust : A Study in the Manufacturing of Historical Myths », Carl Beck Papers in Russian & East European Studies, no 2107, 21 déc. 2011.

15 Propos tenus par Valentyn Nalyvaytchenko, président du SBU, dans « KGB provoked Ukrainian-Jewish conflits : SBU publicised documents », <www.axisglobe.com/article.asp?article=1533>, cons. janv. 2010 (des trois liens vers cette information, tous ont été désactivés depuis – signe de la mystification ?), et Oleksandr Ishchuk ; cf. Sofia Grachova, « Unknown Victims : Ethnic-Based Violence of the World War II Era in Ukrainian Politics of History after 2004 », Daniyliw Lecture2008, <www.ukrainianstudies.uottawa.ca/pdf/Danyliw08%20Grachova%20Paper.pdf>, cons. 21 août 2012.

16 Voir le décret présidentiel du 23 janvier 2009 relatif à la déclassification, la publication et l’étude de documents d’archives liés au combat pour la libération nationale ukrainienne, aux répressions politiques et au Holodomor en Ukraine.

17 Tarik C. Amar, Ihor Balyns’kyi, Yaroslav Hrytsak (dir.), Strasti za Banderoiu, Kyiv, Hrani-T ; voir également la critique du livre par Franziska Bruder, <defendinghistory.com/strasti-za-banderoju-%E2%80%98bandera-passion%E2%80%99-by-franziska-bruder/25453>, 20 nov. 2010, cons. 21 août 2012.

18 Voir « Petition by historians in response to detention of their colleague Ruslan Zabily », <khpg.org/en/index.php?id=1284550630>, 15 sept. 2010, cons. 21 août 2012.

19 Per A. Rudling, Jared McBride, « Ukrainian Academic Freedom and Democracy under Siege », The Algemeiner, <www.algemeiner.com/2012/03/01/ukrainian-academic-freedom-and-democracy-under-siege/>, 1er mars 2012, cons. 21 août 2012.

Source : ELH Revues, Delphine Bechtel, Octobre 2012

Lire la suite

Vladimir Boukovski, un ex-soviétique parle de l’UE : « J’ai vécu votre avenir et ça n’a pas marché ».

9 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La dette, #l'horreur économique, #Terrorisme

Un ex-soviétique parle de l’UE : « J’ai vécu votre avenir et ça n’a pas marché »

Un écrivain et ancien dissident soviétique nous explique ici les similitudes frappantes qui existent entre l'ex URSS dans laquelle il a souffert et l'actuelle Union Européenne dans laquelle nous n'avons pas fini de souffrir.

Et c'est vrai que ces ressemblances sont frappantes, et s'accroîtront encore. Cette Europe nous est vendue sous un bel emballage, de grandes phrases et de grands mots, mais ce n'est pas un cadeau.

Ou alors un cadeau empoisonné.

Nous n'avons rien gagné avec cette Europe, ni pouvoir d'achat, ni emploi, ni sécurité, ni paix. Le bonheur encore moins.

Mais nous avons perdu notre liberté et notre pouvoir de décider de notre avenir. 80% de nos lois sont maintenant décidées à Bruxelles, et à part les rares qui veulent sortir de l'Europe (ils sont quelques-uns à le dire, mais un seul a vraiment l'intention de le faire), tous les candidats actuels n'ont d'autre programme que les GOPE décidés par des commissaires non élus à Bruxelles, de dociles esclaves du mondialisme et des multinationales. Ceux qui vous disent qu'on va la réformer vous mentent : elle n'est pas réformable sans l'accord des 27, ce qui est une impossibilité mathématique. Quant à ceux qui vous promettent un référendum, souvenez-vous de de qu'on a fait de notre vote en 2005, ne les croyez pas. 

Cette Europe finira par s'effondrer, sans doute rapidement, bien avant d'atteindre les 73 ans de l'URSS quand elle a fini par mourir dans la douleur, et notre intérêt est de la quitter au plus vite avant que la baraque ne nous tombe sur la tête : plus nous prendrons les devants, mieux nous organiserons cette sortie, et moins elle ressemblera à un sauve-qui-peut et à une débâcle.

Vous avez toutes les cartes en main pour le faire.

Doctorix.

JPEG Voici donc le discours très pertinent de cet ex-dissident soviétique, Vladimir Boukovski (que vous pourrez écouter dans une vidéo en fin d'article, si vous préférez : j'ai juste retranscrit ses propos).

"Il est très étonnant qu'après avoir enterré un monstre, l'URSS, on en construit un autre, tout à fait semblable, l'Union Européenne.

Qu'est-ce au juste que l'Union Européenne ?

Nous y répondrons peut-être en examinant l'URSS.

L'URSS était gouvernée par 15 personnes non élues, qui se nommaient entre elles et n'avaient de compte à rentre à personne.

L'Union Européenne est gouvernée par deux douzaine de personnes qui se sont choisies entre elles, qui se réunissent à huis-clos, ne rendent de comptes à personne, et qui sont indélogeables.

On pourrait dire que l'UE a un parlement élu. Bien. L'URSS avait aussi une sorte de parlement : le soviet suprême.

Ils approuvaient sans discussion les décision du politburö, tout comme au parlement européen, où le temps parole de chaque groupe est limité, et est souvent de moins d'une minute par intervenant.

Dans l'UE, il y a des centaines, des milliers d'eurocrates avec des salaires faramineux, du personnel, des serviteurs, des bonus et des privilèges, une immunité judiciaire à vie, simplement mutés d'un poste à un autre, quoiqu'ils fassent ou ne fassent pas bien.

N'est-ce pas exactement comme le régime soviétique ?

L'URSS a été créée par la contrainte et souvent par l'occupation armée.

L'UE se crée, certes non pas par la force armée, mais par la contrainte et la pression économique.

Pour continuer d'exister, l'URSS s'est étendue toujours plus. 

Dès qu'elle a cessé de s'étendre, elle a commencé à s'effondrer.

Et je pense qu'il en sera de même pour l'UE.

On nous a dit que le but de l'URSS était de créer une nouvelle entité historique : le peuple soviétique, et qu'il fallait oublier nos nationalités, nos traditions et nos coutumes. 

C'est la même chose avec l'UE, semble-t-il. Ils ne veulent pas que vous soyez anglais ou français, ils veulent que vous soyez tous une nouvelle entité historique : les européens.

Faire disparaître vos sentiments nationaux et vous forcer à vivre en communauté multinationale.

73 ans de ce système en URSS ont abouti à plus de conflits ethniques que nulle part ailleurs dans le monde.

L'une des grandes ambitions de l'URSS était de détruire l'Etat-Nation. Et c'est exactement ce que nous voyons en Europe aujourd'hui.

Bruxelles veut engloutir les Etats-Nations pour qu'ils cessent d'exister.

Le système soviétique était corrompu de la tête aux pieds et il en est de même pour l'UE.

La corruption endémique que nous voyions dans la vieille URSS a fleuri en UE.

Ceux qui s'y opposent ou qui la dénoncent sont réduits au silence ou punis. Rien ne change. En URSS, nous avions le goulag. Je pense qu'on l'a aussi dans l'UE. 

Un goulag intellectuel nommé le "politiquement correct".

Quand quelqu'un veut dire ce qu'il pense, sur des sujets de race ou de genre, ou si ses opinions diffèrent de celles approuvées, il sera ostracisé.

C'est le début du goulag, le début de votre perte de liberté. 

En URSS, on pensait que seul un Etat Fédéral éviterait la guerre.

On nous raconte exactement la même chose dans l'UE. 

Bref, la même idéologie et les mêmes systèmes.

L'UE est le vieux modèle soviétique servi à la sauce occidentale. 

Mais j'insiste, comme l'URSS, l'Union Européenne porte en elle les germes de sa propre perte. 

Hélas, quand elle va s'écrouler, car elle s'écroulera, elle laissera derrière elle une immense destruction et de gigantesques problèmes économiques et ethniques. 

Le vieux système soviétique n'était pas réformable, l'Union Européenne non plus.

Mais il y a une alternative à être gouverné par ces deux douzaines de responsables auto-proclamés à Bruxelles, ça s'appelle l'indépendance.

Vous n'êtes pas obligés d'accepter ce qu'ils ont planifié pour vous.

Après tout, on ne vous a jamais demandé si vous vouliez les rejoindre.

J'ai vécu dans votre futur et ça n'a pas marché."

 

 

Voilà, ce récit est d'autant plus poignant qu'il raconte des événements vécus de l'intérieur de l'URSS, et que l'auteur nous observe depuis l'extérieur, avec ce regard lucide que nous n'avons plus, noyés que nous sommes par la propagande. Constatons l'échec, constatons la dictature, et tirons-en les conséquences : sortons-nous de là en vitesse.

Et n'allez pas croire que le communisme est l'ennemi du capitalisme : il en est le but suprême, au travers du Nouvel ordre Mondial :

"La volonté des Rockefeller et de leurs alliés est de créer un gouvernement mondial combinant supercapitalisme et communisme sous un même toit, le tout sous leur contrôle. – le membre du Congrès des Etats-Unis Larry McDonald"

 Le vieux Rockefeller n'en fait pas mystère : dans ses mémoires publiées en 2006, on peut lire page 405.

"Quelques-uns croient même que nous faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les intérêts des Etats-Unis, nous appelant ma famille et moi des « internationalistes » et nous accusant de conspirer avec d’autres pour construire une structure politique et économique globale plus intégrée – un monde uni, si vous voulez.

Si c’est là l’accusation, je plaide coupable et j’en suis fier. »

Et pour finir, cette autre citation :

Le “Nouvel Ordre Mondial” planifié par les Rockefeller sera une dictature globale. Les conservateurs l’appelleront socialisme ou communisme ; les gens de gauche l’appelleront fascisme. L’étiquette ne fait absolument aucune différence. Ce sera l’archipel du Goulag à l’échelle planétaire.

C'est ici qu'il faut comprendre que l'Europe est une création américaine, dont vous venez de lire la finalité. Le piège se referme, sortons-nous de là avant qu'il ne soit trop tard.

Lire la suite

62 % des jeunes en France prêts à une « révolte de grande ampleur », par Yannis Ladghem.

8 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Terrorisme

 

62 % des jeunes en France prêts à une « révolte de grande ampleur »

 
 

Se considérant comme « sacrifiée » et « perdue », 62% des jeunes en France seraient prêts à se révolter selon l’enquête « Génération What ? »

Plus de six jeunes Français sur dix (62 %) seraient prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur dans les prochains mois, selon l’enquête « Génération What ? » réalisée auprès de 210 000 personnes âgées de 18 à 35 ans. Quelle que soit leur situation professionnelle, une majorité de jeunes serait tentée par cette éventualité. Cependant, cette envie de révolte concerne davantage les jeunes intérimaires (66 %), les chômeurs (63 %), les CDD, les stagiaires et les jeunes en contrats aidés (61 %) que les étudiants (60 %) et les jeunes en CDI (54 %).

Pessimisme chez les jeunes

L’enquête révèle des avis plutôt pessimistes quant à leurs perspectives d’avenir. En effet, 33% d’entre eux sont persuadés qu’ils ne connaîtront que la crise économique tout au long de leur vie. La promesse de l’élévation sociale de génération en génération est brisée : 45% des sondés pensent que leur vie sera plus difficile que celle de leurs parents, et que celle de leurs propres enfants sera pire encore (43%). Un pessimisme plus prononcé chez les chômeurs et jeunes intérimaires qui n’arrivent pas à se projeter dans leurs avenirs.« L’état du monde, et de la société française notamment, leur inspirent un certain défaitisme au niveau collectif » déclare Anne Muxel, directrice de recherche au centre de recherches de Science Po. Ce pessimisme est lié à un manque de confiance et même d’une méfiance envers la société, le système et les politiques.

En effet, à l’approche des élections présidentielles 2017, le rejet est total puisque 99 % des jeunes pensent que les hommes politiques sont corrompus, et 63 % « tous corrompus » ! 87 % n’ont pas confiance dans les responsables politiques et les médias de masse qu’ils jugent « manipulateurs ». L’idée que « c’est la finance qui dirige le monde » reçoit l’accord de 93 % des jeunes. Le système éducatif est jugé durement : pour 68 %, il « ne donne pas sa chance à tous » et pour 87 %, il « n’est pas efficace pour entrer sur le marché du travail ».

nuit-debout-meme-si-on-echoue-ce-qui-se-passe-ici-ne-rendra-pas-la-societe-plus-mochem321946

Quelques points positifs…

Le pessimisme collectif des jeunes « est tempéré par un optimisme sur leur capacité personnelle à s’en sortir », explique Anne Muxel. En effet, 63 % adhèrent à l’idée que « quand on veut on peut ». « Les jeunes pensent trouver un certain nombre d’échappatoires et de solutions face à cette société bloquée, jusqu’à envisager de partir : 70 % se disent disponibles pour faire leur vie hors de France », souligne la sociologue.

En outre, ils font encore confiance aux organisations humanitaires (à 63 %). Et ils sont 82 % à approuver l’idée d’un service civil obligatoire en lien avec les questions humanitaires, sociales et environnementales. Par conséquent, leur première préoccupation (52 %) est devenue l’environnement et le souci de l’écologie qui a gagné 19 points en trois ans allant même jusqu’à dépasser l’accès à l’emploi (45 %).

Autre point encourageant, les jeunes disent vouloir s’engager et agir pour le futur.

Une envie de révolte

Pas de travail, ou bien sous-qualifié. Difficulté à se loger ou à faire des plans sur le long terme sans l’indispensable CDI. Désillusion envers les études, qui ne sont plus la clef vers l’emploi désiré. Des inégalités qui ne cessent de s’accroître. Ceci explique le pourcentage élevé de personnes prêtes à mener une révolution.

Les jeunes en ont assez des hommes politiques, habités par l’argent et les intérêts plutôt que par le peuple et ses besoins. Les jeunes en ont assez des politiques soumis et dirigés telles des marionnettes par les lobbies et groupuscules financiers. Les jeunes en ont assez de la gérontocratie au pouvoir qui n’est pas en phase avec les attentes de la jeunesse. Les jeunes en ont assez d’être constamment braqués par ces « chaines d’informations » voulant formater l’opinion publique.

La liste est encore longue. Aucune différence entre les différents parties, aucun programme crédible, sincère et réalisable, toujours les mêmes aux pouvoirs, des mensonges à répétition et des politiques corrompus et coupables : le temps passe et la situation ne s’améliore pas et cela pourrait nous conduire tout droit vers un possible « Printemps Français ».

expertfinaud_indignesisrael_stephanehessel
Lire la suite