Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #europe supranationale tag

HALTE AUX MASSACRES DE LA POPULATION CIVILE DU DONBASS (Sud-Est de l’Ukraine) Rassemblement samedi 5 juillet 2014 à 15H Place de la République à Paris.

5 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale

Communiqué du Comité France Donbass   vendredi 4 juillet 2014,

Communiqué du Comité France Donbass vendredi 4 juillet 2014,

HALTE AUX MASSACRES DE LA POPULATION CIVILE DU DONBASS (Sud-Est de l’Ukraine) Rassemblement samedi 5 juillet 2014 à 15H Place de la République à Paris.
http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-halte-aux-massacres-de-la-population-civile-du-donbass-sud-est-de-l-ukraine-rassemblement-samed-124077417.html

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-halte-aux-massacres-de-la-population-civile-du-donbass-sud-est-de-l-ukraine-rassemblement-samed-124077417.html

Lire la suite

Puisse la récession aux Etats-Unis nous débarrasser de l’arrogance de Washington ! Par Paul Craig Roberts

4 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Europe supranationale, #Economie

Cher(e)s maires, chèr(e)s camarades, cher(e)s ami(e)s,

Lettre hebdomadaire envoyée le vendredi en ligne ici : http://bit.ly/1qEbIQ3

Puisse la récession aux Etats-Unis nous débarrasser de l’arrogance de Washington ! Par Paul Craig Roberts

Le chiffre définitif de la croissance réelle du PIB des Etats-Unis pour le premier trimestre 2014 est tombé le 25 juin : pas de progression de 2,6%, comme l’avaient prédit en janvier les économistes qui ne savent rien, mais une baisse du PIB de 2,9%. Cette croissance négative de -2,9% est en elle-même un euphémisme car, si l’on obtient ce chiffre en déduisant l’inflation du PIB nominal, la mesure de l’inflation est minimisée. Durant les années Clinton, la Commission Boskin a truqué la mesure de l’inflation afin de tromper les bénéficiaires de l’aide sociale sur les ajustements indiciels. Quiconque achète des aliments, du carburant ou autre chose sait que l’inflation est beaucoup plus élevée que le chiffre officiel, et il se peut que la chute du PIB au premier trimestre soit trois fois supérieure au chiffre officiel. Néanmoins, la différence entre la prévision de janvier (+2,6%) et la récession à fin mars (-2,9%) est déjà importante. Tout véritable économiste (c’est-à-dire qui n’est pas rémunéré par Wall Street, le gouvernement fédéral ou l’Establishment) savait que cette prévision de +2,6% était du pipeau. Les revenus des Américains n’ont pas augmenté, à l’exception de ceux des plus riches (le fameux 1% de la population), et l’unique croissance du crédit concerne les prêts aux étudiants, alors que tous ceux qui ne peuvent trouver un emploi se tournent à tort vers « l’éducation est la solution ». Dans une économie basée sur la consommation, l’absence de croissance des revenus et du crédit signifie aucune croissance économique. L’économie des Etats-Unis ne peut pas croître parce que les grandes entreprises, poussées par Wall Street, ont délocalisé l’économie. Les produits manufacturés américains sont fabriqués à l’étranger.

Regardez les étiquettes sur vos vêtements, vos chaussures, votre vaisselle et vos casseroles, vos ordinateurs, etc. ! Les emplois américains qualifiés, comme dans l’ingénierie informatique, ont été déplacés à l’étranger. Une économie délocalisée n’est pas une économie. Tout cela s’est déroulé à la vue de tous, tandis que les comparses grassement payés du libéralisme déclaraient que les Américains étaient bénéficiaires de ce système qui donnait les emplois de la classe moyenne aux Chinois ou aux Indiens. Cela fait près de 20 ans que j’expose ces mensonges, raison pour laquelle je ne suis plus invité à m’exprimer dans les universités américaines ou devant les associations économiques américaines. Les économistes adorent l’argent qu’ils reçoivent pour mentir. Ils ne veulent surtout pas parmi eux d’une personne qui dit la vérité.

Une baisse officielle de 2,9% au premier trimestre implique une baisse du PIB pour le deuxième trimestre. Deux baisses consécutives est la définition d’une récession. Imaginez les conséquences d’une récession. Cela signifie que les années d’assouplissement quantitatif sans précédent n’ont pas réussi à ranimer l’économie. Cela veut dire que les années de déficits budgétaires keynésiens n’ont pas réussi à ranimer l’économie. Ni la politique budgétaire ni la politique monétaire n’ont marché. Alors, qu’est-ce qui pourrait ranimer l’économie ? Rien, à part le retour forcé de l’économie que les grandes entreprises anti-américaines ont déménagée à l’étranger. Mais pour se faire, il faudrait un gouvernement crédible. Malheureusement, le gouvernement américain a perdu toute crédibilité. Depuis le deuxième mandat du régime de Clinton [1996], il n’en a plus.

Aujourd’hui, personne dans le monde ne croit plus le gouvernement américain, à l’exception des Américains eux-mêmes, qui lisent et écoutent les « médias du courant dominants » et qui sont en état de mort cérébrale. La propagande de Washington règne sur les esprits des Américains, mais ne produit que railleries et mépris partout ailleurs. Puisse la récession aux Etats-Unis nous débarrasser de l’arrogance de Washington ! Les mauvaises perspectives économiques ont conduit les deux plus grands lobbies d’entreprises des Etats-Unis - la Chambre de commerce des Etats-Unis et la National Association of Manufacturers (ou ce qu’il en reste) à entrer en conflit avec la menace du régime d’Obama de nouvelles sanctions contre la Russie.

Selon Bloomberg News, à partir du 26 juin, ces groupements d’entreprises publieront des publicités dans le New York Times, le Wall Street Journal et le Washington Post s’opposant à de nouvelles sanctions contre la Russie. Les associations d’entreprises américaines disent que ces sanctions nuiront à leurs profits et entraîneront de nouveaux licenciements. Donc, les deux plus grandes associations d’entreprises des Etats-Unis, sources importantes de financement pour les campagnes électorales, ont finalement ajouté leurs voix à celles des entreprises allemandes, françaises et italiennes. Tout le monde, à part le peuple américain dont le cerveau a été lavé, sait que cette « crise en Ukraine » est entièrement l’œuvre de Washington. Les entreprises américaines et européennes demandent : « Pourquoi nos profits et nos employés devraient-ils encaisser les coups au nom de la propagande de Washington contre la Russie ? »

Obama n’a aucune réponse. Peut-être ses raclures néoconservatrices de Victoria Nuland, Samantha Powers et Susan Rice peuvent-elles trouver une réponse ? Obama peut se tourner vers le New York Times, le Washington Post, le Wall Street Journal et le Weekly Standard pour expliquer pourquoi des millions d’Américains et d’Européens devraient souffrir afin que le vol de l’Ukraine par Washington ne soit pas compromis. Les mensonges de Washington rattrapent Obama. Angela Merkel, la Chancelière allemande, a beau être la putain absolue de Washington, l’industrie allemande dit à la pute de Washington que leurs affaires avec la Russie leur importent plus que de souffrir pour le compte de l’empire washingtonien. Les chefs d’entreprises français demandent à François Hollande ce qu’il propose de faire de leurs employés au chômage s’il suit Washington. Les entreprises italiennes rappellent à leur gouvernement, dans la mesure où l’Italie en a encore un, que ces rustres d’Américains n’ont aucun goût et que les sanctions contre la Russie signifient un coup dur porté au secteur économique le plus reconnu d’Italie - ses produits de grand luxe.

Le désaccord avec Washington et les deux grands dirigeants fantoches de l’Europe se creuse. Le dernier sondage en Allemagne révèle que les trois-quarts de la population allemande rejettent les bases permanentes de l’Otan en Pologne et dans les Etats baltes. L’ancienne Tchécoslovaquie, la Slovaquie et la République Tchèque, bien qu’Etats membres de l’Otan, ont rejeté l’installation de troupes et de bases américaines et de l’Otan sur leurs territoires. Dernièrement, un ministre allemand a déclaré que pour plaire à Washington, il fallait lui faire une pipe à l’œil et ne rien attendre en retour.

Les pressions qu’exercent les crétins de Washington sur l’Otan pourraient faire voler l’organisation en éclats. Prions pour que cela se produise ! L’excuse de l’Otan pour justifier son existence a disparue avec l’effondrement de l’Union soviétique, il y a 23 ans. Pourtant, Washington a accru la présence de l’Otan bien au delà des frontières de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. A présent, l’Otan s’étend de la Baltique à l’Asie Centrale. Afin de justifier la poursuite des opérations coûteuses de l’Otan, Washington a dû se fabriquer un ennemi avec la Russie. La Russie n’a aucune intention d’être l’ennemie de Washington ou de l’Otan et l’a bien fait savoir. Mais le complexe militaro-sécuritaire de Washington, qui absorbe environ 1.000 milliards de dollars par an de l’argent des contribuables en difficulté, a besoin d’une justification pour maintenir le flux de ses profits. Malheureusement, les imbéciles à Washington ont choisi un ennemi dangereux. La Russie est une puissance nucléaire, un pays aux vastes dimensions et qui dispose d’une alliance stratégique avec la Chine.

Seul un gouvernement submergé d’arrogance et d’hubris, dirigé par des psychopathes et des sociopathes, choisirait un tel ennemi. Le président russe, Vladimir Poutine, a fait remarquer à l’Europe que la politique de Washington au Proche-Orient et en Libye est non seulement un échec complet mais qu’elle a également des retombées dévastatrices pour l’Europe et la Russie. Les fous à Washington ont renversé les gouvernements qui réprimaient les Djihadistes. A présent, les Djihadistes violents sont lâchés. Au Proche-Orient, ils sont à l’œuvre pour redessiner les frontières artificielles établies par les Anglais et les Français dans le sillage de la Première Guerre mondiale.

L’Europe, la Russie et la Chine ont des populations musulmanes et ont des raisons de s’inquiéter, maintenant que la violence libérée par Washington pourrait apporter la déstabilisation de régions entières d’Europe, de Russie et de Chine. Personne, nulle part dans le monde, n’a de raison d’aimer Washington. Personne ! Et encore moins les Américains qui sont saignés à blanc afin que Washington puisse faire étalage de sa force militaire sur toute la planète. La cote de popularité d’Obama est à un lamentable 41% et personne ne veut qu’Obama reste à son poste une fois son second mandat terminé. En contraste, les deux-tiers de la population russe veulent que Poutine reste président après 2018.

En mars, l’agence de sondages Public Opinion Research Center a publié un rapport montrant que la cote de popularité de Poutine se maintenait à 76% malgré l’agitation fomentée contre lui par les ONG russes financées par les Etats-Unis - des centaines d’institutions de la cinquième colonne que Washington a établies durant les deux dernières décennies. En plus des problèmes politiques des Etats-Unis, le dollar américain a du souci à se faire. Le dollar est maintenu à flot par des marchés financiers manipulés et la pression que Washington exerce sur ses vassaux. Ils doivent faire tourner leurs propres planches à billet afin de soutenir la valeur de la devise américaine en achetant des dollars. Pour maintenir le dollar à flot, une grande partie du monde connaîtra l’inflation monétaire. Lorsque les gens finiront par piger et se rueront sur l’or, ils s’apercevront que les Chinois ont tout pris.

Sergueï Glazyev, un conseiller de Poutine, a dit au président russe que seule une alliance contre le dollar pour qu’il s’effondre pourrait arrêter l’agression de Washington. C’est mon opinion depuis longtemps. Il ne peut y avoir de paix tant que Washington peut créer à volonté de la monnaie pour financer plus de guerres. Ainsi que le gouvernement chinois l’a déclaré, il est temps de « désaméricaniser le monde ». Le pouvoir à Washington a totalement déçu, ne produisant rien d’autre que des mensonges, de la violence, de la mort et la promesse de plus de violence. Les Etats-Unis d’Amérique n’ont d’exceptionnel que le fait que Washington a, sans aucun remords, détruit en tout ou partie sept pays depuis le début du 21ème siècle. A moins que le pouvoir à Washington ne soit remplacé par des dirigeants plus humains, la vie sur terre n’a aucun avenir.

Paul Craig Roberts a été vice-ministre des Finances sous Reagan, il a été chroniqueur et rédacteur en chef au Wall Street Journal. Foreign Policy Journal, 27 juin 2014

article original : "A New Recession and a New World Devoid of Washington’s Arrogance ?" : http://www.foreignpolicyjournal.com/2014/06/26/a-new-recession-and-a-new-world-devoid-of-washingtons-arrogance/

Les Rothschild et Rockefeller augmentent la pression sur Poutine pour déclencher un conflit. Par Benjamin Fulford

Le jeu d'échecs géopolitique se déroule entre les oligarques occidentaux et leurs gouvernements fantoches avec plusieurs grandes opérations la semaine dernière, notamment en Ukraine, au Moyen-Orient et au Royaume-Uni. Ces opérations ont, pour l'instant, visé Le Premier ministre Russe Vladimir Poutine, qui se trouve sur la défensive. Le jeu qui se joue en Ukraine, avec les forces mercenaires qui travaillent pour les Rockefeller et le syndicat du crime de la FED, est maintenant clairement une opération pour couper les exportations de gaz Russe vers l'Europe. Premièrement, le nouveau gouvernement fantoche de la FED en Ukraine a refusé de payer pour le gaz, puis, quand les Russes ont coupé le gaz, le gazoduc alimentant l'Europe a explosé (Sabotage !).

http://rt.com/news/166532-gas-pipeline-blast-ukraine/

Il s'agissait d'une réponse de la FED à une opération de la société Russe Gazprom dont les exportations en gaz sont réglées à plus de 90% en euros, roubles et les autres monnaies non-FED. Non seulement cela, mais, selon les services secrets français, le gouvernement fantoche de la FED en Ukraine a reçu des armes nucléaires et menace de les utiliser si la Russie intervient militairement contre eux. Cela signifie que les FEDs ont pris en otage le gaz pour l'Allemagne et les revenus de la Russie venant de l'étranger par des menaces de violence.

C'est presque certainement pourquoi des émeutes anti-Fed ont éclaté dans toute l'Allemagne la semaine dernière.

http://www.truthandaction.org/100-german-cities-protesting-us-federal-reserve-system/

C'est aussi pourquoi le conseiller économique de Poutine a publiquement appelé à une alliance anti-dollar.

http://voiceofrussia.com/2014_06_18/Putins-aide-proposes-anti-dollar-alliance-to-force-US-to-end-Ukraines-civil-war-8030/

Cela nous donne aussi un motif possible de l'assassinat de Richard Rockefeller, le vendredi 13 Juin. Les Rothschild, pour leur part, ont fait une opération contre l'autre grand pipeline d'exportation de gaz russe passant par l'Irak et la Syrie. L'armée djihadiste ISIS en Irak, dirigée par un prince saoudien et l'aide américaine en armes, a la capacité de couper les exportations de gaz russe à travers les terres qu'elle contrôle. Et maintenant, il s'avère que Nathaniel Rothschild a commencé à exporter du pétrole de la nouvelle nation du Kurdistan par la frontière nord d'ISIS vers Israël.

http://www.hurriyetdailynews.com/default.aspx?pageid=438&n=anglo-turkish-oil-giant-seeks-n-iraq-domination-2011-09-08

http://www.telegraph.co.uk/finance/newsbysector/energy/8583042/Nat-Rothschild-and-Tony-Hayward-raise-1.35bn-for-Vallares-oil-cash-shell-close-book-early.html

Donc, Poutine est maintenant sous la pression des 2 factions Rockefeller / Rothschild. Cela ne pourrait pas être un bon moment pour Nathaniel de voler avec de petits avions ! Les autres grands événements de la semaine dernière sont la suite de la visite au Royaume-Uni par Li Keqiang, le numéro 2 de courtier en puissance de la Chine. Lors de sa visite de la reine Elizabeth, Li, qui est probablement un membre de la famille de dragon, a montré un message écrit à la main envoyé à la reine par un autre membre de la famille de dragon, selon des sources du MI5. Une partie du message demande l'appui de la Reine pour "une campagne similaire en taille et en ambition à une guerre mondiale et que cette fois l'ennemi sera la pauvreté, l'analphabétisme, la destruction de l'environnement et tout ce qui détruit cette belle mais fragile planète que nous partageons tous." Li pour sa part, a fait un discours très sympathique lors d'une réunion combinée de l'Institut royal des affaires internationales (Chatham House) et l'Institut international d'études stratégiques de réflexion. Dans le discours Li a promis que la Chine importerait pour 2.000 milliards de $ chaque année de produits et investira 100 milliards de dollars par an à l'étranger pour les cinq prochaines années. Il a également promis que le nouveau gouvernement ferait de la protection de l'environnement et de la technologie de l'énergie nouvelle ses grandes orientations. Le discours a également expliqué en détail qu'il prévoit de fournir des résidences urbaines décentes pour 300 millions de Chinois au cours des années à venir.

http://news.xinhuanet.com/english/china/2014-06/21/c_133426262.htm

Le Baron de l'Opium James Sassoon, chef du Conseil des affaires Chine-Bretagne, a tenu un gala pour Li et les 650 personnes de son entourage au Musée d'Histoire Naturelle.

La tendance générale des discussions d'affaires était pour les Britanniques d'offrir un transfert de technologie et de savoir-faire à la Chine en échange pour la Chine de transférer de l'argent au Royaume-Uni. Le résultat de toutes les discussions de fin était que la Livre Sterling sera directement échangeable contre le Yuan chinois et Londres a été désignée comme la plus grande place financière du Yuan en dehors de la Chine, selon un agent du MI5 et d'autres sources. La réponse de la FED à ce grand mouvement anti-pétrodollar était d'utiliser leurs armées de mercenaires pour créer une menace terroriste nucléaire contre Londres.

http://rt.com/news/166128-isis-jihadists-threaten-britain/

Donc, pour résumer la situation ici, les armées de mercenaires de la FED ont coupé deux goulots d'étranglement à l'exportation de l'énergie russe, un en Ukraine et un en Irak, ce qui incite les Russes à demander une alliance internationale contre la Réserve fédérale. Les Allemands, Français, Autrichiens et d'autres ont exprimé leur soutien à cette idée. Dans le même temps, les Britanniques ont fait une grande opération en ayant le Yuan chinois qui va remplacer le dollar américain comme base pour les marchés financiers de Londres. Alors, quelle sera la prochaine étape ? L'avenir n'est pas encore écrit tellement les options sont encore possibles. Cependant, il est clair que les oligarques américains comme les Rockefeller, qui dirigent la FED et qui nous ont donné un 20e siècle avec la misère et la guerre, sont à court d'amis et d'alliés. Pour ceux d'entre vous qui pensent encore les Rockefeller sont une bande de has been, rappelez-vous qui ils sont, selon Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Rockefeller_family

Ils ont financés ou ont conduit les institutions suivantes : Le Council on Foreign Relations - David, David Jr., Nelson, John D. 3, John D. IV (Jay), Peggy Dulany, // la Fondation Rockefeller, // Rockefeller Brothers Fund. // La Commission Trilatérale - David, // Rockefeller Brothers Fund. // Le Groupe de Bilderberg - David, John D. IV. // L'Asia Society - John D. III, John D. IV, Charles, David. // Le Conseil de la population - John D. III. // Le Conseil des Amériques - David. // Le Groupe des Trente // La Fondation Rockefeller. // Le Forum économique mondial - David. // La Brookings Institution - junior. // L'Institut Peterson (Anciennement l'Institute for International Economics) - David, Monica. // Le Corps International Executive Service - David. // L'Institut des relations du Pacifique - junior. // La Société des Nations – junior. // Les Nations Unies - junior, John D. III, Nelson, David, Peggy Dulany, Rockefeller Brothers Fund. // L'Association des Nations Unies - David. Monica.

Rappelez-vous que Richard Rockefeller décédé le 13 Juin était à la tête de Médicaments Sans Frontières, un groupe qui s'est engagée à vacciner tous les enfants de moins de cinq ans dans le monde. Compte tenu de l'énorme propagande malthusienne de désinformation provenant du "Rockefeller Think Tanks" sur la nécessité de réduire la population du monde, il est difficile d'imaginer que Richard voulait vacciner tous les enfants afin d'aider à accroître la population mondiale. Les familles de la FED ont présidé à l'introduction de produits chimiques destructeurs du sperme dans les produits ménagers comme le shampooing, le savon et le dentifrice et les produits chimiques cancérigènes dans nos aliments quotidiens. Ils ont également placé dans l'establishment médical américain un tas de crétins qui donnent du poison chimique et des rayonnements nocifs aux patients atteints de cancer. Ils ont également abêtis le système d'éducation et détourné le système politique. Beaucoup d'Américains sont en colère et veulent la révolution. La semaine dernière, le gouverneur de la Louisiane a déclaré que la rébellion se préparait contre Washington tandis que le Parti républicain du Dakota du Sud a appelé à la destitution du président Obama. Les militaires et les Agences ont en leur possession une liste complète de tous les noms et adresses des membres des familles qui possèdent la Réserve Fédérale. Si quelqu'un d'autre veut savoir qui ils sont, tout ce qu'ils doivent faire, est d'aller à la bibliothèque locale et regardez-les dans un annuaire des personnalités, Qui est Qui. Voici un message à David Rockefeller : "Un vieil âge se termine et une nouvelle ère commence, il est temps de passer le flambeau avec honneur et dignité." Mettons en place de nombreuses célébrations et les annonces mondiales pour le passage à une ère de paix et d'harmonie monde.

Article original sur le site de Benjamin Fulford : Big power plays by Rothschilds, Rockellers leave Putin on the defensive and China in the middle.

http://benjaminfulford.net/2014/06/24/big-power-plays-by-rothschilds-rockellers-leave-putin-on-the-defensive-and-china-in-the-middle/

1/ Le monde change !

Ce week end, les 4, 5 et 6 juillet à Aix en Provence. Déconstruire la pensée unique.... Proposer des alternatives.

http://deconnomistes.org/

10 conseils pour changer le monde

http://ploum.net/10-conseils-pour-changer-le-monde/

2/ Quelques phrases à méditer !

Le monde déteste le changement, c'est pourtant la seule chose qui lui a permis de progresser. Charles F. Kettering

Ne doutez jamais qu'un petit groupe d'individus conscients et engagés puisse changer le monde. C'est même de cette façon que cela s’est toujours produit. Margaret Mead

Dans chacune de nos délibérations, nous devons réfléchir aux effets de nos décisions sur les sept générations à venir. Chaque réunion du conseil tribal des Iroquois commençait par le rappel de cette obligation.

3/ Articles à consulter.

A/ France – Europe.

L’après-Hollande a commencé

http://reseauinternational.net/lapres-hollande-commence/

Un nouveau PS est né - Plaidoyer pour un nouveau projet socialiste - Proposition d'un gouvernement « Hollande 4 »

http://bit.ly/UTjckQ

Pour Poutine, les États-Unis font du «chantage» à la France

http://www.lefigaro.fr/international/2014/07/01/01003-20140701ARTFIG00486-pour-poutine-les-etats-unis-font-du-chantage-a-la-france.php

La crise politique en France : vers une guerre civile ?

http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/no_program/274192856/

B/ International.

La comédie des sanctions européennes contre la Russie

http://reseauinternational.net/comedie-sanctions-europeennes-contre-russie/

Un outil de monitoring des risques critiques mis en place par le CFR (C'est quoi le CFR ? : http://fr.wikipedia.org/wiki/Council_on_Foreign_Relations)

Global Conflict Tracker - Interactive Guide to U.S. Conflict Prevention Priorities in 2014

http://www.cfr.org/global/global-conflict-tracker/p32137#!/

Le business américain se dresse contre la politique antirusse d’Obama

http://reseauinternational.net/business-americain-se-dresse-contre-politique-antirusse-dobama/

La progression de l'Otan vers l'est n'a pas pris la Russie au dépourvu

http://fr.ria.ru/presse_russe/20140627/201652305.html

Soros reconnait son implication directe dans les événements d’Ukraine

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/07/01/soros-reconnait-son-implication-directe-dans-les-evenements-dukraine/

Pourquoi Kadhafi a-t-il été assassiné?

http://blogs.mediapart.fr/blog/jocegaly/140614/pourquoi-kadhafi-t-il-ete-assassine

Entre 2012 et 2013, l’armée étasunienne est intervenue dans 49 pays africains

http://www.mondialisation.ca/entre-2012-et-2013-larmee-etasunienne-est-intervenue-dans-49-pays-africains/5389397

C/ Crise du capitalisme & réforme monétaire.

L'attaque de robots traders

https://www.youtube.com/watch?v=bTEYx4FZPFA&list=UUm5wThREh298TkK8hCT9HuA

Hallucinant : les banques centrales achètent massivement des actions

http://news360x.fr/hallucinant-les-banques-centrales-achetent-massivement-actions/

Un membre des 0,01% s'adresse à ses congénères, et s'inquiète de leur avenir.... "Les fourches arrivent.... Pour nous les ploutocrates."

(...) Montrez-moi une société inégalitaire et je vous montrerai un Etat policier. Ou une insurrection. Il n'y a pas de contre-exemple. Il n'est pas question de "si ? " mais de "quand ? " (...)

http://www.politico.com/magazine/story/2014/06/the-pitchforks-are-coming-for-us-plutocrats-108014_full.html

DETROIT – Les habitants demandent l’aide de l’ONU pour avoir accès à l’eau

http://www.focusur.fr/20140624/detroit-aide-onu-acces-eau

Croissance et dette : le retour nécessaire des Banques Centrales (Partie 2)

http://french.ruvr.ru/2014_06_27/Croissance-et-dette-le-retour-necessaire-des-Banques-Centrales-Partie-2-1742/

Bénéfice record pour les 1.000 premières banques de la planète

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/20140630trib000837664/benefice-record-pour-les-1.000-premieres-banques-de-la-planete.html

Le bal des menteurs ou la fin du système bancaire: L'analyse de Myret Zaki

https://www.youtube.com/watch?v=CET5KZ9uKBo

Existe-t-il un système d'esclavage dans le monde actuel ?

http://gerardfoucher.blogspot.fr/2014/01/e-xiste-t-il-un-systeme-desclavage-dans.html

D/ HISTOIRE

L’élaboration de la Constitution de 1958 - Entretien avec Michel Debré

http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/1958-1970-la-ve-republique/la-constitution-de-la-ve-republique/temoignages/michel-debre-lrsquoelaboration-de-la-constitution-de-1958.php

Et pour finir

Monsanto, sa vie et son empire en 3 minutes !

https://www.youtube.com/watch?v=8gJn4EhlsY0

Bien à vous

Marc Jutier - mjutier@orange.fr - facebook.com/marc.jutier - twitter.com/FCitoyenne

Lire la suite

Dépenses de SANTÉ : près de 3 milliards en moins en 2015.

4 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #SolidaritéS, #Services publics, #La santé, #La sécurité sociale, #Europe supranationale

Dépenses de SANTÉ : près de 3 milliards en moins en 2015.

La Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM) présente ce jeudi 3 juillet s'informer 25 propositions destinées à économiser 2,9 milliards d’euros en 2015. Les dépenses de santé ne devraient ainsi augmenter que de 2,1 %, progression la plus faible depuis vingt ans.

Des économies de 700 millions seraient réalisées en réduisant les dépenses consacrées aux médicaments. Ceux qui sont jugés coûteux et peu efficaces seraient retirés des prescriptions autorisées dans les hôpitaux. Le recours aux génériques serait encouragé : des pénalités financières seraient prévues pour les médecins qui utiliseraient trop souvent la mention « Non substituable ».

En évitant ou en raccourcissant les séjours à l’hôpital, 326 millions seraient économisés. 10 % des séjours de chirurgie pourraient être transférés de l’hospitalisation totale vers la chirurgie ambulatoire.

Il est proposé de réduire de 9 à 6 jours les séjours à l’hôpital pour la chirurgie orthopédique et dans 15 à 20 % des cas d’effectuer la rééducation en ville

Pour les accouchements, le séjour moyen en maternité serait réduit d’une journée, ce qui permettrait des économies de 405 millions.

D’autres mesures concerneraient la réduction du nombre des IRM des membres inférieurs et des examens précédant les anesthésies, ainsi que des économies dans le dépistage et le traitement du cancer du sein et de la dépression.

source :POI

http://www.communcommune.com/article-depenses-de-sante-pres-de-3-milliards-en-moins-en-2015-124068719.html

Lire la suite

Vous avez aimé le traité transatlantique, vous adorerez TISA !

4 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le traité Transatlantique., #Les transnationales, #Services publics, #La lutte des classes, #La mondialisation, #Europe supranationale

Vous avez aimé le traité transatlantique, vous adorerez TISA !

Mercredi 25 Juin 2014

Régis Soubrouillard - Marianne

Régis Soubrouillard - Marianne

"L'Humanité" consacre sa une du jour au nouveau traité commercial négocié par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis et la France. Prévu pour entrer en vigueur en 2015 — sauf échec des négociations — le TISA (ou Accord sur le commerce des services) vise à favoriser une libéralisation toujours plus poussée du commerce des services (santé, transports, énergie, eau, etc.). Une négociation qui se déroule dans le plus grand secret et qui enthousiasme la Chambre de commerce des Etats-Unis qui voit déjà l'Amérique mettre la main sur le marché mondial des services

 Vous avez aimé le traité transatlantique, vous adorerez TISA !

Les services publics de l’eau, de l’éducation, de la santé, des transports, mais aussi l’échange sans restriction de données. Tout est sur la table du nouvel accord commercial que négocient dans le plus grand secret, les Etats-Unis, l’Union européenne et une vingtaine d’autres Etats depuis deux ans dans les locaux de l’ambassade d’Australie à Genève.

La négociation porte sur le commerce des services et vise notamment une vaste libéralisation des services publics. Les tractations de cet Accord sur le commerce des services (ACS en français, Trade In Services Agreement en anglais) devaient rester secrètes « jusqu’à cinq ans après la conclusion d’un accord » ou la fin des négociations en cas d’échec. Wikileaks a révélé le 19 juin l’annexe du traité en préparation consacré aux services financiers auquel le quotidien l’Humanité consacre sa une et un grand dossier.

Selon l’Huma, ces révélations « soulignent, en fait, l’ampleur de l’offensive engagée par Washington, suivi par les Etats membres de l’Union européenne pour permettre aux multinationales de truster, le moment venu, le commerce des produits financiers mais aussi celui de tous les services sur les grands marchés transatlantiques et transpacifiques, dont les négociations avancent dans la plus grande discrétion ».

C’est suite à la paralysie du cycle de Doha de l’OMC qui visait un accord global sur le commerce des services (l'AGCS) qu’un groupe de pays a décidé en 2012 de démarrer des pourparlers pour un accord sur le commerce des services (l'ACS) proposé au groupe des « Really Good Friends », les « vrais bons amis ». Une simple opération de toilettage et un déménagement d’à peine quelques rues : du siège, sans doute un peu trop voyant, de l’OMC à Genève, les négociations ont été déplacées à l’ambassade d’Australie basée dans la même ville.

Le document révélé par Wikileaks, mis en ligne par Marianne (voir ci-dessous), correspond au relevé de la négociation du 14 avril dernier sur le commerce des produits financiers et vise notamment à restreindre — le Medef appréciera — la capacité d’intervention de la puissance publique et à faciliter l’autorisation des produits financiers dits « innovants », conçus pour contourner les règles bancaires et largement considérés comme responsables de la crise de 2008. La banque Lehman Brothers était leader sur ce marché des produits financiers innovants… jusqu’à sa faillite.


Un traité déjà adoré par la Chambre de commerce américaine

Entre autres joyeusetés, les firmes Internet américaines plaideraient pour une transmission sans restriction des données de leurs clients. Les grandes multinationales de services, elles, seraient favorables à l’accès sans discrimination aux marchés des pays signataires dans les mêmes conditions que les prestataires locaux, y compris l’accès aux subventions publiques (!) — autant dire la fin de toute notion de protectionnisme... Les orientations du texte s’opposent également à toute nationalisation d’un service public privatisé. En Grande-Bretagne, impossible, par exemple, de revenir sur la privatisation des chemins de fer…

Dans un communiqué diffusé en février 2014, la Chambre de commerce des Etats-Unis ne cachait pas son enthousiasme à propos des perspectives ouvertes par cette négociation : « Il ne fait pas la une des journaux mais ce nouvel accord passionnant a le potentiel d’enflammer la croissance économique américaine. Les services sont clairement une force pour les USA qui sont de loin le plus grand exportateur mondial de services. Le TISA devrait élargir l’accès aux marchés étrangers pour les industries de service. Le TISA ne fera pas les gros titres de sitôt mais sa capacité à stimuler la croissance et l’emploi aux Etats-Unis est plus que significative ». La chambre de commerce américaine évalue un marché accessible de 1400 milliards de dollars !!!

Le blog juridique Contre la courdéjà cité par Marianne au sujet du TTIP — s’était intéressé à cet accord sur le commerce des services en avril dernier relayant notamment un rapport de l’Internationale des services publics (ISP) qui exprimait ses inquiétudes sur le contenu de ces négociations.

Pour la privatisation des services publics

Selon l’étude de l’ISP (disponible à la fin de l'article), « l’ACS instaurerait un environnement plus favorable à la privatisation des services publics et entraverait la capacité des gouvernements à remunicipaliser (nationaliser) les services publics ou à en créer de nouveaux. L’accord limiterait aussi la capacité des gouvernements à légiférer dans des domaines tels que la sécurité des travailleurs, l’environnement, la protection du consommateur et les obligations de service universel » .

Seraient concernés les procédures d’autorisation et d’octroi de licences, les services internationaux de transport maritime, les services de technologie de l’information et de la communication (y compris les transferts de données transfrontaliers), l’e-commerce, les services informatiques, les services postaux et de messagerie, les services financiers, le mouvement temporaire des personnes physiques, les marchés publics de services, etc.

« L’objectif est que chaque Etat participant égale voire dépasse le plus haut niveau d’engagement qu’il a contracté dans le domaine des services lors de la signature de tout autre accord sur le commerce et l’investissement » écrit sur son blog la juriste Magali Pernin.

« La principale menace qui pèse sur les services publics provient de la clause du traitement national. Il semble que les participants au projet d’accord envisagent de retenir le principe de la "liste négative". Ainsi, l’égalité de concurrence concernerait l’ensemble des secteurs, sauf ceux qui seraient expressément exclus par l’Etat signataire, ce qui signifie que tout soutien financier apporté aux services publics devrait être soit explicitement exclu, soit également ouvert aux prestataires de services privés poursuivant un but lucratif ».

Et les négociations progressent : en avril 2014, le journal suisse Bilan écrivait qu‘« au cours de la 13e ronde de négociation, à Genève du 4 au 8 novembre [2013], les participants ont convenu que le texte de l'accord était suffisamment mûr et qu'il était possible de procéder à un échange d'offres initiales ».

Chaque pays a précisé début 2014 les secteurs qu’il souhaite inclure dans l’accord, et les modalités qu’il propose concernant « l’ouverture » à la concurrence internationale de ces secteurs, selon un cadre pré-déterminé par l’accord. Certains les ont rendus publiques, comme la Suisse. En France, pour l’instant rien à déclarer...

 Vous avez aimé le traité transatlantique, vous adorerez TISA !
Lire la suite

Au royaume des aveugles, l’accord TISA est roi…

4 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Le traité Transatlantique., #La mondialisation

Au royaume des aveugles, l’accord TISA est roi…

Vendredi 4 Juillet 2014

Kevin Erkeletyan

La semaine dernière, on apprenait, éberlué, l'existence de négociations secrètes d'un nouveau traité commercial, le Tisa, entre une cinquantaine de pays dont la France. Son but ? Favoriser la libéralisation du commerce des services. "Marianne" a remonté le fil et constaté que la plupart des responsables politiques français ont donné leur feu vert à ces négociations sans savoir véritablement de quoi il s'agissait. A moins que ce soit la philosophie libre-échangiste du Tisa qui les ait séduits ?

RUFFER/CARO FOTOS/SIPA

Ils l’ont votée, sans même savoir ce que c’était. Pire, sans même savoir qu’ils l’avaient fait. « J’ai voté ça, moi ? », s’interroge l'ex-PS Françoise Castex. « Honnêtement, je n’en sais plus rien du tout », lui emboîte l'écologiste Corinne Lepage. « Ils », ce sont la plupart des députés français du Parlement européen lors de législature précédente (2009-2014). Et « ça », c’est la résolution sur l’ouverture de négociations relatives à un accord plurilatéral sur les services. Vous savez, l’accord TISA ou ACS, ce petit projet sans importance qui prévoit l’ouverture totale et irréversible de nombreux services, y compris publics (eau, éducation, santé, transports,…), à la concurrence internationale entre les « Très bons amis des services » (sic), un sous-groupe de 48 pays membres de l’OMC, dont ceux de l’UE, le Japon, la Turquie ou les Etats-Unis.

Les négociations étaient censées rester secrètes. « Jusqu’à cinq ans après la conclusion d’un accord » ou l’éventuel échec des négociations, d’après un document Wikileaks dévoilé par l’Humanité. C’est le Conseil de l’Union européenne (UE) qui, le 18 mars 2013, alors qu'il est réuni… en session « Agriculture et pêche » a mandaté la Commission pour négocier cet accord. Le tout, sous le regard bienveillant donc de notre ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll (voir ici la liste des participants à cette petite sauterie). Contacté à plusieurs reprises, son cabinet n’a pas donné suite à nos appels. Moins timide, le Parlement a, lui, voté la résolution le 4 juillet 2013, à la grande majorité. Il s’est même « félicité de l’ouverture » de ces négociations qui vont, nous assure-t-on, « promouvoir [les] intérêts » de l’UE. Soutenu par 526 des 765 eurodéputés, et par tous les parlementaires français du PS, du centre et de l’UMP (voir en fin d'article la liste complète des votants). Seuls les élus écolos, Front de gauche et Front national ont voté contre...

« En principe, je suis très vigilante sur ces questions », assure Françoise Castex qui, elle, s'est opposée aux négociations concernant le traité transatlantique et n'a pas été réinvestie par le PS pour les élections de juin dernier. « Mais on vote beaucoup, vous savez… Parfois jusqu’à vingt ou trente textes de nature différente par jour, se défend-elle. On a des listes de vote, alors si c’est un sujet sur lequel je n’ai pas travaillé directement, je suis la liste de vote. Il se peut que je me sois trompée… » A plus d’un sens, certains députés votent de façon automatique. Et suivent les yeux bandés les consignes de leur groupe parlementaire. « Comment voulez-vous qu’un parlementaire soit au courant dans le détail de tout ce qui est en débat au Parlement ?, demande Ambroise Guellec, député européen de 2004 à 2009, passé par l'UDF. Mais c’est pareil dans toutes les Assemblées ! On n’étudie pas tout dans le détail, sauf quand il y a de vrais enjeux politiques… » Ici, pour Corinne Lepage de Cap 21, ça n’était visiblement pas le cas… « Je l’ai peut-être votée parce qu’il y avait des amendements qui me plaisaient... », essaye-t-elle sans paraître très convaincue de sa réponse.

A moins que ce ne soit à cause de cet « imaginaire du libre-échange dont les parlementaires n’arrivent pas à se sortir » dont parle l'écologiste Yannick Jadot, l’un des rares députés français à avoir voté non. « Mes collègues votent systématiquement pour le libre-échange. Ils ont beau sentir que ça ne marche plus bien, ils sont victimes d’un imaginaire extrêmement tenace qui fait qu’ils se rabattent automatiquement sur le libre-échange. Il est consubstantiel de l’imaginaire de la croissance. »

L’accord TISA, Arnaud Danjean (UMP), ne sait pas vraiment de quoi il s’agit. « Au Parlement, le travail est très cloisonné : on vote tout, mais sur la base de recommandations. » Alors il a voté « par principe d’ouverture ». « Par principe, mon groupe parlementaire est toujours ouvert aux négociations. De toute façon, les ouvrir ne préjuge en rien de leur résultat. » En bon démocrate, Arnaud Danjean a un dernier argument : celui du nombre. « Si ce texte était si dangereux que ça, ils ne seraient pas qu’une centaine à l’avoir refusé. Je veux bien qu’ils aient la science infuse mais bon… »

Mais pour Yannick Jadot, « voter en faveur de l’ouverture des négociations revient à voter le texte en l’état ». « Il n’y a pas de surprise. Quand on ouvre des négociations avec les Etats-Unis, on sait que ce n’est pas pour résoudre le problème du climat ou la condition des travailleurs. » Après lecture du texte, Françoise Castex lui trouve un avantage : « chaque partenaire reste maître de ses propres normes et peut exclure certains services de l’accord. » Même si elle reconnaît ne pas être « fondamentalement favorable au commerce des services. » « Il sera toujours temps de revenir sur la privatisation d’un service par la suite », devise-t-elle. Sauf que non : l’accord prévoit un effet cliquet qui rend la chose irréversible. « La volonté politique est toujours première, même si c’est plus difficile quand on a mis le doigt dans l’engrenage… », improvise alors Françoise Castex qui confessera finalement qu’elle « aurait pu s’abstenir ».

« Les coûts de ces accords sont largement sous-estimés, rajoute Yannick Jadot. A la fin, ce sera forcément négatif pour les services publics. Ce qu’ils veulent, c’est Bolkenstein ! L’idée c’est qu’en achetant un panneau solaire chinois, on s’offrira en même temps le service qui va avec, c’est-à-dire l’installation du panneau par un travailleur chinois. »

Cliquez sur le document pour le visionner en grand.

Cet horizon plait bien à l’ancien soixante-huitard Henri Weber, rapporteur du projet pour le groupe socialiste au Parlement européen. « Il faut jouer sur la scène mondiale !, s’enthousiasme-t-il. Alstom crève d’être une entreprise pas assez mondiale. Après, si on considère que toute forme d’ouverture au monde est ultralibérale… » Lui est pragmatique : « Nos économies se tertiarisent. Or les gains de productivité sont faibles dans ce domaine, contrairement à l’industrie. Nous devons donc être capables de nous arrimer à la croissance des émergeants. Ils ont besoin de notre savoir-faire : en France, on est les champions du monde dans le domaine des services. » Et si les services, potentiellement publics, français étaient eux-mêmes rachetés par l’étranger ? « Mais non, nous sommes des géants, nous devons arrêter d’avoir peur de notre ombre. C’est nous qui allons les bouffer ! » Néo-colonialiste mais, ouf !, encore un peu idéaliste.

Le Sénat français (voir document ci-dessus) semble avoir lui-aussi signé les yeux fermés… Le 12 mars 2013, soit six jours avant le Conseil de l'Union européenne, la commission des Affaires européennes examine « en urgence » la question de l'ouverture de ces négociations. « Honnêtement, je ne m’en souviens pas du tout. Vous parlez du traité transatlantique ? », s’étonne Simon Sutour, président de la commission des Affaires européennes du Sénat qui a, elle-même, « indiqué » au gouvernement qu’il pouvait soutenir l’ouverture des négociations ! « L’ignorance, c’est la force. » Retour orwellien en 1984.

http://www.marianne.net/Au-royaume-des-aveugles-l-accord-TISA-est-roi_a239874.html

Pour comprendre le vote qui suit. Les eurodéputés français apparaissent en gras. Sont soulignés ceux qui ont été reconduits au Parlement européen. Les votes des eurodéputés sont classés en fonction des groupes politiques auxquels ils appartiennent. A savoir :

ALDE : Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe
ECR : Conservateurs et Réformistes européens
EFD : Europe libertés démocratie
GUE/NGL : Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique
NI : Non-inscrits
PPE : Parti populaire européen
S&D : Alliance Progressiste des Socialistes & Démocrates au Parlement européen
Verts/ALE : Verts/Alliance libre européenne

>>> ILS ONT VOTÉ POUR :

ALDE : Aylward, Bearder, Bennahmias, Bennion, Bilbao Barandica, Bowles, Chatzimarkakis, Creutzmann, Davies, De Backer, Donskis, Duff, Gallagher, Gerbrandy, Goerens, Goulard, Griesbeck, Hall, Harkin, Hirsch, Hyusmenova, Ilchev, Jensen, Johansson, Kazak, Kozlík, Krahmer, Lepage, Ludford, Lyon, Løkkegaard, Manders, McMillan-Scott, Meissner, Michel, Mulder, Mănescu, Newton Dunn, Neyts-Uyttebroeck, Nicolai, Ojuland, Oviir, Panayotov, Parvanova, Paulsen, Reimers, Ries, Rinaldi, Rochefort, Rohde, Savisaar-Toomast, Schaake, Schmidt, Skylakakis, Takkula, Taylor Rebecca, Thein, Theurer, Tremosa i Balcells, Uggias, Vajgl, Verhofstadt, Watson, Weber Renate, Werthmann, Zanoni, de Sarnez, in 't Veld

ECR : Andreasen, Ashworth, Bielan, Bokros, Bradbourn, Cabrnoch, Callanan, Campbell Bannerman, Czarnecki, Deva, Eppink, Fajmon, Ford, Foster, Fox, Girling, Gróbarczyk, Hannan, Harbour, Karim, Kirkhope, Kowal, Kožušník, Legutko, McClarkin, McIntyre, Migalski, Muscardini, Nicholson, Piotrowski, Poręba, Rosbach, Stevenson, Strejček, Swinburne, Szymański, Tannock, Tomaševski, Tomašić, Tošenovský, Van Orden, Vlasák, Wojciechowski, Yannakoudakis, Zahradil, van Dalen, Češková

EFD : Belder, Bizzotto, Cymański, Fontana, Imbrasas, Messerschmidt, Morganti, Paška, Provera, Salavrakos, Salvini, Scottà, Speroni, Terho, Tzavela, Włosowicz, Ziobro

NI : Bonanini, Borghezio, Dodds, Severin, Sosa Wagner, Zamfirescu

PPE : Andrikienė, Angelilli, Antonescu, Arias Echeverría, Auconie, Audy, Bach, Bagó, Baldassarre, Balz, Bartolozzi, Bastos, Bauer, Becker, Belet, Bendtsen, Berra, Bertot, Bodu, Borissov, Borys, Boulland, Bratkowski, Brok, Buzek, Bušić, Bánki, Böge, Băsescu, Březina, Cadec, Carvalho, Casa, Casini, Caspary, Cavada, Coelho, Collin-Langen, Comi, Correa Zamora, Danjean, Dantin, Daul, De Veyrac, Delvaux, Deutsch, Deß, Dorfmann, Díaz de Mera García Consuegra, Ehler, Engel, Essayah, Estaràs Ferragut, Feio, Ferber, Fernandes, Fidanza, Fisas Ayxela, Florenz, Fraga Estévez, Franco, Gabriel, Gahler, Gallo, Gardini, Gargani, Garriga Polledo, Gauzès, Giannakou, Glattfelder, Grosch, Grossetête, Grzyb, Gräßle, Gutiérrez-Cortines, Gyürk, Gál, Gáll-Pelcz, Handzlik, Herranz García, Hibner, Higgins, Hohlmeier, Hortefeux, Hübner, Iacolino, Ibrisagic, Jahr, Jazłowiecka, Jeggle, Jiménez-Becerril Barrio, Jordan, Juvin, Jędrzejewska, Kaczmarek, Kalinowski, Kalniete, Kariņš, Kastler, Kelam, Kelly, Klaß, Koch, Kolarska-Bobińska, Korhola, Kovatchev, Kozłowski, Kratsa-Tsagaropoulou, Kuhn, Kukan, Kósa, Köstinger, La Via, Le Brun, Le Grip, Lehne, Lisek, Lope Fontagné, Luhan, Lulling, López-Istúriz White, Macovei, Maletić, Malinov, Mann, Marcinkiewicz, Marinescu, Matera, Mathieu Houillon, Mato Adrover, Matula, Mayer, Mayor Oreja, Mazej Kukovič, Mazzoni, McGuinness, Melo, Metsola, Mikolášik, Millán Mon, Mitchell, Morin-Chartier, Motti, Niculescu, Niebler, Nitras, Olbrycht, Oomen-Ruijten, Pack, Pallone, Panayotova, Papanikolaou, Patrão Neves, Peterle, Pieper, Pietikäinen, Pirker, Pitsillides, Plenković, Ponga, Posselt, Poupakis, Preda, Protasiewicz, Proust, Pöttering, Quisthoudt-Rowohl, Reul, Riquet, Rivellini, Roithová, Ronzulli, Rossi, Rübig, Salafranca Sánchez-Neyra, Sanchez-Schmid, Sartori, Sarvamaa, Saïfi, Schnellhardt, Schwab, Schöpflin, Sedó i Alabart, Seeber, Siekierski, Silvestris, Skrzydlewska, Sommer, Sonik, Stier, Stolojan, Striffler, Surján, Svensson, Szájer, Sógor, Teixeira, Theocharous, Thun und Hohenstein, Thyssen, Tsoukalas, Tőkés, Ungureanu, Urutchev, Verheyen, Vidal-Quadras, Voss, Weber Manfred, Weisgerber, Wortmann-Kool, Zalewski, Zanicchi, Zasada, Zeller, Zver, Zwiefka, Záborská, de Grandes Pascual, del Castillo Vera, van Nistelrooij, van de Camp, Łukacijewska, Őry, Šadurskis, Šuica

S&D : Alves, Andrieu, Andrés Barea, Arlacchi, Arsenis, Attard-Montalto, Ayala Sender, Badia i Cutchet, Balzani, Berlinguer, Berman, Berès, Borsellino, Borzan, Bozkurt, Boştinaru, Brzobohatá, Capoulas Santos, Caronna, Cashman, Castex, Cercas, Childers, Christensen, Cliveti, Cofferati, Correia de Campos, Cortés Lastra, Costello, Cozzolino, Creţu, Cuschieri, Cutaş, Daerden, Danellis, De Castro, De Keyser, Domenici, Droutsas, Dušek, Désir, Dăncilă, El Khadraoui, Enciu, Ertug, Estrela, Fajon, Falbr, Ferreira Elisa, Flašíková Beňová, Fleckenstein, Frigo, Garcés Ramón, García Pérez, García-Hierro Caraballo, Gardiazábal Rubial, Gebhardt, Geier, Geringer de Oedenberg, Gierek, Glante, Gomes, Groote, Gualtieri, Guerrero Salom, Guillaume, Gurmai, Gutiérrez Prieto, Göncz, Haug, Herczog, Hoang Ngoc, Howitt, Hughes, Iotova, Iovine, Irigoyen Pérez, Ivan, Jaakonsaari, Jørgensen, Kalfin, Kammerevert, Kirilov, Kleva Kekuš, Koppa, Krehl, Lange, Leinen, Liberadzki, Ludvigsson, Lyubcheva, López Aguilar, Martin David, Martínez Martínez, Maňka, McAvan, Menéndez del Valle, Merkies, Mirsky, Mizzi, Moraes, Moreira, Muñiz De Urquiza, Mynář, Neuser, Neveďalová, Obiols, Olejniczak, Padar, Paleckis, Paliadeli, Panzeri, Papadopoulou, Pargneaux, Paşcu, Perelló Rodríguez, Petrović Jakovina, Picula, Poc, Podimata, Prendergast, Prodi, Rapkay, Rapti, Riera Madurell, Rodust, Romero López, Roth-Behrendt, Rouček, Schaldemose, Sehnalová, Senyszyn, Simon, Simpson, Sippel, Siwiec, Skinner, Sophocleous, Stavrakakis, Steinruck, Swoboda, Sánchez Presedo, Tarabella, Thomas, Thomsen, Tirolien, Toia, Trautmann, Tănăsescu, Ulvskog, Valjalo, Van Brempt, Vaughan, Vergnaud, Weber Henri, Weidenholzer, Weiler, Westphal, Willmott, Zala, Zemke

Verts/ALE : Auken, Demesmaeker


>>> ILS ONT VOTÉ CONTRE :

ALDE : Vattimo

ECR : Kamiński

EFD : Agnew, Allam, Batten, Bufton, Clark, Helmer, Nattrass

GUE/NGL : Anderson, Angourakis, Bisky, Chountis, Ernst, Ferreira João, Hadjigeorgiou, Händel, Hénin, Kohlíček, Le Hyaric, Liotard, Lösing, Maštálka, Meyer, Murphy, Omarjee, Ransdorf, Rubiks, Scholz, Sousa, Søndergaard, Toussas, Triantaphyllides, Vuljanić, Wils, Zimmer, Zuber, de Jong

NI : Brons, Claeys, Ehrenhauser, Gollnisch, Griffin, Hartong, Kovács, Le Pen Marine, Martin Hans-Peter, Morvai, Mölzer, Obermayr, Sinclaire, Stadler, Stassen, Stoyanov, Zijlstra, van der Kammen

PPE : Langen, Mészáros, Rangel, Trzaskowski, Winkler Hermann, Zalba Bidegain, Šťastný

S&D : Regner

Verts/ALE : Albrecht, Alfonsi, Benarab-Attou, Besset, Bicep, Bové, Brantner, Bélier, Bütikofer, Chrysogelos, Cochet, Cohn-Bendit, Cramer, Cronberg, Delli, Eickhout, Evans, Flautre, Giegold, Grèze, Harms, Hassi, Häfner, Jadot, Joly, Keller, Kiil-Nielsen, Lambert, Lamberts, Lichtenberger, Lochbihler, Lunacek, Miranda, Romeva i Rueda, Rühle, Sargentini, Schlyter, Schroedter, Schulz Werner, Smith, Staes, Tarand, Tavares, Taylor Keith, Turmes, Zéribi, Ždanoka


>>> ILS SE SONT ABSTENUS :

EFD: Vanhecke

S&D: Kreissl-Dörfler, Leichtfried


>>> LES DÉPUTES FRANÇAIS ABSENTS :

PPE : Dati, Lamassoure, Rivasi, Roatta, Vlasto

S&D : Cottigny

GUE/NGL : Mélenchon, Vergiat

EFD : de Villiers

NI : Jean-Marie Le Pen

Lire la suite

Samir Amin fait le point sur l'Union européenne, l'ambiguïté de l'opposition d'extrême droite et la responsabilité de la gauche dite "radicale"

4 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Vendredi 4 juillet 2014

Samir Amin fait le point sur l'Union européenne, l'ambiguïté de l'opposition d'extrême droite et la responsabilité de la gauche dite "radicale"

Samir Amin

(économiste franco-égyptien, directeur du Forum du Tiers-Monde)‏

fait le point sur l'Union européenne,

l'ambiguïté de l'opposition d'extrême droite

et la responsabilité de la gauche dite "radicale"

La construction européenne a été conçue et mise en œuvre dès l’origine pour garantir la pérennité d’un régime de libéralisme économique absolu. Le traité de Maastricht (1992) renforce encore ce choix fondamental, et interdit toute autre perspective alternative. Comme le disait Giscard d’Estaing : « le socialisme est désormais illégal ». Cette construction était donc par nature anti-démocratique et annihile le pouvoir des Parlements nationaux élus, dont les décisions éventuelles doivent rester conformes aux directives du pouvoir supranational défini par la pseudo-constitution européenne.

Le « déficit de démocratie » des institutions de Bruxelles, à travers lesquelles opère la dictature néo-libérale, a été et demeure consciemment voulu. Les initiateurs du projet européen, Jean Monet et autres, n’aimaient pas la démocratie électorale et se donnaient l’objectif d’en réduire le « danger », celui d’engager une nation hors des sentiers tracés par la dictature de la propriété et du capital. Avec la formation de ce que j’appelle le capitalisme des monopoles généralisés, financiarisés et mondialisés, à partir de 1975, l’Union européenne est devenue l’instrument du pouvoir économique absolu de ces monopoles, créant les conditions qui permettent d’en compléter l’efficacité par l’exercice parallèle de leur pouvoir politique absolu. Le contraste droite conservatrice/gauche progressiste, qui constituait l’essence de la démocratie électorale évoluée, est de ce fait annihilé, au bénéfice d’une idéologie de pseudo « consensus ».

Ce consensus repose sur la reconnaissance par les opinions générales en Europe que les libertés individuelles et les droits de l’homme sont garantis, au moins dans la majorité des Etats européens sinon dans ceux de l’ex-Europe orientale, mieux qu’ailleurs dans le monde. C’est exact et à l’honneur des peuple concernés. Néanmoins la double dictature économique et politique des monopoles généralisés annihile la portée de ces libertés, privées de leur capacité de porter en avant un projet de société qui transgresserait les limites imposées par la logique exclusive de l’accumulation du capital.

Par ailleurs l’unité européenne a été popularisée avec l’argument alléchant que celle-ci conditionnait l’émergence d’une puissance économique égale à celle des Etats-Unis et autonome par rapport à celle-ci. Mais en même temps la constitution européenne combinait les adhésions à l’Union européenne et à l’OTAN, en qualité d’allié subalterne des Etats-Unis. Le nouveau projet d’intégration économique atlantique devrait dissiper les mensonges de cette propagande : le marché européen sera soumis aux décisions du plus fort, les Etats-Unis. Adieu l’indépendance de l’Europe !

Mais le régime économique libéral absolu, imposé par la constitution européenne, n’est pas viable. Sa raison d’être exclusive est de permettre la concentration croissante de la richesse et du pouvoir, au bénéfice de l’oligarchie de ses bénéficiaires, fût-ce au prix d’une austérité permanente imposée aux classes les plus nombreuses, à la régression des acquis sociaux, voire au prix de la stagnation économique. La spirale infernale de l’austérité produit pour l’ensemble européen la croissance permanente des déficits et de la dette (et non leur réduction comme le prétend la théorie économique conventionnelle, sans fondements scientifiques). Les exceptions (l’Allemagne aujourd’hui) ne peuvent l’être que parce que les autres sont, eux, condamnés à subir leur sort. L’argument avancé – « il faut faire comme l’Allemagne » – n’est pas recevable : par sa nature même le modèle ne peut pas être généralisé.

Néanmoins le pouvoir absolu exercé par les monopoles généralisés et l’oligarchie de leurs serviteurs ne permet pas sa remise en cause par les « opinions générales ». Ce pouvoir absolu est déterminé à défendre jusqu’au bout et par tous les moyens ses privilèges, ceux des oligarchies, seules bénéficiaires de la concentration sans limite de la richesse.

Les élections européennes de mai 2014 traduisent le rejet par la majorité des citoyens de « cette Europe » (sans nécessairement être conscients que « l’Europe » ne peut être autre). Avec plus de la moitié d’abstentionnistes dans le corps électoral (plus de 70% d’abstentions dans l’Est européen), 20% de votes en faveur de partis d’extrême droite se déclarant « anti-européens », les listes dites « europhobes » en tête en Grande-Bretagne et en France, 6% en faveur de partis de la gauche radicale critique de Bruxelles, cette conclusion s’impose. Certes, en contrepoint, la majorité de ceux qui ont participé au vote, se réclament toujours du (ou d’un) projet européen, pour les raisons données plus haut (« l’Europe garante de libertés et des droits ») et parce qu’ils pensent encore – avec beaucoup de naïveté – qu’une « autre Europe » (des peuples, des travailleurs, des nations) est possible, alors que la construction européenne – en béton armé – a été conçue pour annihiler toute éventualité de sa réforme.

Le vote de défiance d’extrême-droite porte en lui des dangers qu’on ne doit pas sous-estimer. Comme tous les fascismes d’hier, ses porte-paroles ne mentionnent jamais le pouvoir économique exorbitant des monopoles. Leur prétendue « défense de la nation » est trompeuse : l’objectif poursuivi est – outre l’exercice de leur pouvoir dans les différents pays concernés de l’Union européenne – le glissement de l’Union européenne de son régime actuel administré par la droite parlementaire et/ou les sociaux-libéraux à un régime nouveau géré par une droite dure. Les débats sur les origines véritables de la dégradation sociale (précisément le pouvoir des monopoles) sont transférés vers d’autres domaines (l’exploitation du bouc émissaire de l’immigration en particulier).

Mais si ce succès douteux de l’extrême droite « anti européenne » est celui qu’il est, la faute en revient à la gauche radicale (à gauche des partis du socialisme ralliés au libéralisme).

Par son manque d’audace dans la critique de l’Union européenne, par l’ambiguïté de ses propositions, qui alimentent l’illusion de « réformes possibles », cette gauche radicale n’est pas parvenue à faire entendre sa voix.

Dans le chapitre intitulé « L’implosion programmée du système européen » (1), je dessinais les lignes générales de la dégradation programmée de l’Union européenne. On aura alors une petite Europe allemande (l’Allemagne, agrandie par ses semi-colonies d’Europe orientale, allant peut-être jusqu’à l’Ukraine), la Scandinavie et les Pays-Bas attelés à cette nouvelle zone mark/euro ; la France ayant choisi son adhésion « vichyste » à l’Europe allemande (c’est le choix des forces politiques dominantes à Paris), mais peut-être tentée plus tard par un renouveau « gaulliste » ; la Grande-Bretagne prenant ses distances et affirmant encore davantage son atlantisme dirigé par Washington ; la Russie isolée ; l’Italie et l’Espagne hésitant entre la soumission à Berlin ou le rapprochement avec Londres. L’Europe de 1930, ais-je alors écris. On y va.

Source : http://www.forumdesalternatives.org...

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-samir-amin-fait-le-point-sur-l-union-europeenne-l-ambiguite-de-l-opposition-d-extreme-droite-et-123992396.html

Lire la suite

Le sabordage des gouvernements européens au sein de l’Union

3 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Le sabordage des gouvernements européens au sein de l’Union

par Thierry Meyssan

Alors que la presse européenne s’apprête à saluer la désignation de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne comme une « avancée démocratique », Thierry Meyssan dénonce le sabordage de la souveraineté des gouvernements européens sous la pression de Washington et la nomination d’un vulgaire espion états-unien.

Réseau Voltaire | 26 juin 2014

C’est un véritable sabordage auquel les gouvernements européens devraient se livrer vendredi 27 juin 2014 : le Conseil des chefs d’État et de gouvernement devrait entériner la nomination de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne au motif que son parti (le Parti populaire européen) est arrivé en tête des élections au Parlement européen.

Par voie de conséquence, le prochain président de la Commission sera l’unique personnalité élue par l’ensemble des ressortissants de l’Union, même s’il ne l’a été que par 45 % d’entre eux. Dès lors, en cas d’opposition entre lui et le Conseil, il aura beau jeu de renvoyer la chancelière allemande ou le président français à leurs petites « régions électorales » que sont les Républiques allemande et française.

Certains font remarquer que ne pas désigner le président de la Commission de cette manière, alors qu’ « on » l’avait promis, ne pourra qu’apparaître comme un déni de démocratie et découragera les électeurs.

Le mode de désignation du président de la Commission n’a pourtant jamais été discuté avant l’élection du Parlement. Nul ne sait qui a introduit cette idée qui ne figure pas dans les traités, lesquels prévoient qu’il soit élu par une majorité qualifiée de chefs d’État et de gouvernement. C’est avec beaucoup d’affront que les partisans de l’Otan présentent cette innovation comme une « avancée démocratique », confondant un scrutin électoral dépourvu d’électeurs avec la démocratie. Or, la démocratie, la seule, la vraie, c’est « Le gouvernement du Peuple, par le Peuple pour le Peuple », selon la formule d’Abraham Lincoln.

Faut-il rappeler par exemple qu’en Tchéquie, le taux de participation ne fut que de 13 % ! Et c’est avec une telle participation que l’on compte imposer aux Tchèques une personnalité au-dessus de leur gouvernement.

Seuls les anciens parlementaires eurosceptiques de l’Alliance des conservateurs et réformistes européens et nationalistes de l’Alliance européenne pour la liberté ont contesté ce processus durant la campagne électorale. Les gouvernements concernés n’ont compris le piège que trop tard. Angela Merkel prit la tête de la fronde, mais l’abandonna lorsqu’elle compara ses propres résultats à ceux de Jean-Claude Juncker, sans se préoccuper de la situation des autres chefs de gouvernement de l’Union, ni de ce qu’il adviendra à l’Allemagne après elle. Seuls le Hongrois Viktor Orban et le Britannique David Cameron restent fermement opposés à ce précédent, mais pour des raisons différentes : le président Orban pense à la situation de son petit pays dans la grande Union, tandis que le Premier ministre britannique se dirige vers un retrait de son pays hors de l’Union pour revenir à la conception européenne de Winston Churchill.

Derrière la désignation du président de la Commission, on trouve l’influence des États-Unis qui espèrent ainsi faire avancer leur agenda : limitation de la souveraineté des États alliés et création d’un vaste marché transatlantique. De ce point de vue, la personnalité de Jean-Claude Juncker est idéale. Il fut en effet contraint à la démission dans son propre pays, le Luxembourg, lorsqu’il fut démontré qu’il était un agent opératif des services secrets de l’Otan [1].

Ainsi, non seulement les chefs d’État et de gouvernement sabordent leur propre autorité, mais ils désignent au-dessus d’eux un agent du Gladio.

Les conséquences de cette nomination ne se feront pas immédiatement sentir, mais le vers est dans le fruit et lorsqu’une crise surviendra entre les différents protagonistes, il sera trop tard.

Thierry Meyssan

http://www.voltairenet.org/article184467.html

  • Votre adresse email
  • Destinataire :
  • Texte de votre message :

[1] « Gladio-Luxembourg : Juncker contraint de démissionner », Réseau Voltaire, 10 juillet 2013.

Lire la suite

ALLEMAGNE: Fractures internes à « Die Linke » prête à sacrifier le combat pour la paix, contre l'OTAN ... pour s'allier avec le SPD !

1 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Mardi 1 juillet 2014

ALLEMAGNE: Fractures internes à « Die Linke » prête à sacrifier le combat pour la paix, contre l'OTAN ... pour s'allier avec le SPD !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Ex-vitrine du PGE, Die Linke, a du plomb dans l'aile. Non seulement il n'arrive toujours pas à incarner une alternative à la social-démocratie traditionnelle, mais sa glissade droitière est de plus en plus manifeste, même sur un point central de son identité : la lutte pour la paix.

Au-delà des communistes, pour les progressistes, les militants de gauche allemands, le combat pour la paix est fondamental dans un pays où le militarisme, l'impérialisme, a toujours accompagné les pires formes de domination du capital, avec le nazisme comme forme suprême.

« Die Linke » a bien liquidé la majeure partie de l'héritage du mouvement communiste en Allemagne au profit d'une conception institutionnelle, réformiste, prompte aux alliances avec la social-démocratie, à l'adhésion à l'UE capitaliste.

Mais le combat contre la guerre, contre l'impérialisme, il semblait avoir subsisté jusque-là.

Or, quand le gouvernement allemand prend un tournant militariste, les interventions de laBundeswehr (armée allemande) se multiplient en Afrique, que la chancellerie allemande se fait active sur le Front de l'est ukrainien, les résistances de « Die Linke » à l'appel du clairon tombent.

Certes, « Die Linke » n'est pas strictement homogène sur cette question identitaire. Des fractions – essentiellement liés à des députés, dans ce parti étroitement parlementaire – se dessinent.

Un député de Linke au cœur de la reformulation de la politique étrangère militariste allemande

Le jeune loup Stefan Liebich fait partie du courant « réformateur », l'aile-droite favorable à une ré-orientation de la politique de Linke vers un accompagnement du tournant militariste de la RFA. Député, il est membre pour Linke de la Commission aux Affaires étrangères du Bundestag.

Il est par ailleurs un membre éminent de diverses ONG spécialisées dans « l'aide au développement », « les missions humanitaires », comme l'ONG « Help », liée indirectement à la chancellerie allemande mais aussi « Atlantik-Brücke » (Pont de l'Atlantique) favorisant le développement de l’atlantisme à travers les échanges entre élites américaines et allemandes.

Il y a deux semaines de cela, Liebich, a participé avec le député vert Jurgen Trittin et la SPD Hildegaard Buhlman à une rencontre visant à dresser « les perspectives d'une politique commune pour la paix », dont est sorti selon Liebich la « plausibilité » d'un accord entre les trois parti(e)s, dans l'optique d'un futur accord gouvernemental.

Liebich avait déjà contribué à la rédaction d'un texte à l'automne « Politique étrangère de Gauche : perspectives de réforme » qui avançait l'idée dans le parti de gauche de « nouvelles responsabilités internationales » pour l'Allemagne, avec un soutien à des « interventions humanitaires » à l'étranger et renforcement du « partenariat trans-atlantique » avec les États-Unis.

En janvier encore, Liebich a signé un document avec la députée verte Brugger, encourageant le développement de missions militaires allemandes à l'étranger « sous mandat international » dans une optique « humanitaire ». L'humain d'abord, à coup de bombes !

Liebich avait également soutenu le déploiement de la Bundeswehr en Méditerranée en avril dernier.

Une fraction des députés de Linke prête à soutenir une mission de la Bundeswehr à l'étranger, en Syrie !

Car les « réformateurs » ne se sont pas arrêtés aux discours, ils sont passés aux actes en avril dernier, levant un tabou de Die Linke : la question du soutien à des interventions de la Bundeswehr à l'étranger.

Ces derniers mois, l'armée allemande a accéléré la mise en œuvre de sa weltpolitik, sa politique mondiale, en venant en soutien de la France au Mali, en Centrafrique.

Elle a également acté le déploiement d'une mission militaire en Méditerranée. Une frégate avec à son bord 300 soldats censée assurer le désarmement des armes chimiques de la Syrie, en collaboration avec les États-Unis.

Usant du prétexte fallacieux de la menace des « armes chimiques », la nécessité d'une intervention humanitaire, Gregor Gysi – figure des « réformateurs », leader du PGE – avait tenté le coup de force en reniant un mot d'ordre fondateur de l'identité de Linke : « Pas de mission à l'étranger ».

Ce soutien déclaré aux manœuvres impérialistes en Syrie, à la politique belliciste de l'Allemagne, n'a pas emporté l'adhésion de la majorité des députés de « Die Linke » : 35 ont voté contre, 18 se sont abstenus et 5 ont voté pour cette mission à l'étranger, révélant une fracture à la tête du parti.

Ce n'est pas la première fois que sur la question de la paix, le parti se déchire.

Sur le soutien de la « flottille de la liberté » de solidarité avec Gaza en juin 2011, plusieurs députés de Linke avaient soutenu activement l'initiative … alors que Gysi, et une forte minorité de parlementaires dénonçaient une campagne anti-sémite, des agissements violents.

La direction de Linke avait alors proposé une motion interdisant la participation d'élus de Linke à la Flotille de la Liberté pour Gaza au nom de la lutte contre l' « anti-sémitisme ». 19 députés avaient refusé d'obéir à une telle résolution, 57 l'ont tout de même accepté

On se souvient que Gysi avait, lors du 60 ème anniversaire de l’État d’Israël, déclaré : « L’antisionisme ne peut, ou du moins ne peut plus, être une position défendable pour la gauche en général et pour le parti Die Linke en particulier ».

En mars 2012, Die Linke a même osé soutenir aux élections présidentielles Beate Klarsfeld, amie personnelle de Nicolas Sarkozy, connue pour sa défense zélée du sionisme, dans sa version la plus droitière, la plus brutalement colonialiste.

Divisions sur l'Ukraine : les « réformateurs » et Gysi en difficulté

Sur l'Ukraine, toutes les ambiguïtés délibérées, les renoncements patents, les calculs subtils de la ligne « réformatrice » sont apparus, mais n'ont pu être menés jusqu'au bout.

En effet, dans un premier temps, la direction de Linke sous la plume des centristes (de droite) Bernd Reixinger, Katja Kipping ainsi que Gregor Gysi a signé un communiqué, le 2 mars, avec une prise de position semblable à celle adoptée par le PGE.

Feignant de renvoyer dos à dos les deux belligérants, ce document lance un appel au gouvernement allemand, aux dirigeants de l'UE qui ont « un bon rôle à jouer » en faisant le pari de la diplomatie, tout en appelant le gouvernement de Kiev à « la désescalade », sans référence à la présence massive de fascistes à sa tête.

Cette position fut rapidement contestée par plusieurs députés, fidèles à certaines positions historiques « critiques » sur la paix de la formation de gauche.

Ce fut le cas notamment de Sevim Dagdelen et Sarah Wagenknecht qui ont pointé du doigt la présence de fascistes au gouvernement ukrainien, entrant en conflit violent notamment avec les députés Verts.

Cette fronde de l' « aile-gauche » de la fraction parlementaire de Linke a contraint le chef de groupe, Gregor Gysi, à ajuster le tir, révélant des interventions parlementaires, des sorties médiatiques plus critiques sur la politique occidentale, l'évolution du gouvernement ukrainien.

Son intervention au Parlement, le 13 juin, se révèle beaucoup plus équilibrée, critique envers le rôle de l'UE et de l'OTAN bien qu'il regrette surtout, dans une inspiration gorbatchevienne, qu'on n'intègre pas la Russie et l'Ukraine à une « maison commune européenne » (sic).

Cela n'a pas empêché Gysi, ainsi que la direction bi-céphale Rexinger/Kipping, à prendre publiquement leurs distances avec le député Linke Sevim Dagdelen qui avait osé dénoncer le 4 juin avec force l'hypocrisie des députés verts ainsi que du ministre social-démocrate des Affaires étrangères.

Il avait alors emprunté à Bertolt Brecht une citation fort à propos : « Celui qui ne connaît pas la vérité, celui-là n'est qu'un imbécile. Mais celui qui la connaît et la qualifie de mensonge, celui-là est un criminel ».

Car si Gysi est prêt à tout pour préserver l'unité du parti, c'est sur une ligne de « réforme de l'UE » et de l' « OTAN », ainsi que dans la perspective d'un gouvernement « rouge-rose-vert » auquel il aspire pour 2017.

Réformer l'OTAN ? La nouvelle marotte de Linke !

Ces derniers mois, Gregor Gysi a ferraillé dans le parti pour édulcorer au maximum les positions anti-impérialistes traditionnelles de la gauche allemande.

Le combat a porté sur le programme aux élections européennes. Deux objectifs atteints pour Gysi : (1) enlever l'exigence de retrait de l'Allemagne de l'OTAN ; (2) enlever l'identification de l'UE comme un « bloc militariste, néo-libéral et fondamentalement anti-démocratique ».

Ces positions supposément portées par l'aile-gauche du parti ont en réalité été effacées du programme du parti sans susciter de réel combat interne, révélant un consensus de fond derrière les postures publiques.

On se souvient que Gregor Gysi avait été pris la main dans le sac il y a cinq ans lorsque Wikileaks a révélé ses entretiens secrets avec l'ambassadeur américain à Berlin en 2009 où il le rassurait sur le caractère inoffensif des mots d'ordre de Linke, sacrifiant le concret retrait de l'Allemagne de l'OTAN à l'abstraite et irréaliste dissolution de l'OTAN.

En octobre 2013, la dirigeante du parti Katja Kipping était même allée plus loin en plein scandale des écoutes téléphoniques américaines. Elle avait alors dénoncé l'attitude des Etats-unis « qui porte des dommages irréparables à l'architecture de sécurité de l'Atlantique nord ».

Elle regrettait ensuite que Merkel se soit rendue compte trop tard que « les Etats-unis ne veulent pas d'une Europe forte » (sic) avant d'appeler de ses vœux à une transformation de l'OTAN en « un partenariat trans-atlantique pour la paix ».

L'alliance avec le SPD en 2017 : l'objectif avoué des « réformateurs » de Linke

C'est l'idée derrière les manœuvres de Gysi visant à re-centrer la politique étrangère vers le consensus militariste dominant : préparer une coalition de « gauche plurielle », « rouge-rouge-verte » pour 2017.

Selon les observateurs, la pierre d'achoppement majeure reste la politique étrangère allemande : entre le SPD et les Verts, partisans d'une politique d'adhésion pleine et entière à l'OTAN, l'UE, aux missions à l'étranger, au réarmement allemand, et Linke, supposée critique face à cette politique.

Gysi, dans un entretien récent à « Deutschlandfunk », a tenu à insister sur ce point : « nous voulons un accord sur la politique étrangère, comme sur la défense, avec nos partenaires de gauche ».

A cette fin, Gysi est prêt à voir des mirages : « Je crois que le SPD a compris que les interventions en Afghanistan, en Yougoslavie, Irak, Libye n'ont rien résolu, qu'elles ont au contraire exacerbé les tensions ».

Au moment où le ministre des Affaires étrangères SPD Steinmeier mène la politique extérieure la plus belliciste depuis un demi-siècle, où le SPD dans la « Grande coalition » avec la CDU soutient les interventions au Mali, en Syrie, en Centrafrique, c'est fort de café !

Mais dans toutes ces interviews, une question surgit inévitablement : celle de la coalition de gauche pour 2017. Gysi est toujours prudent mais pour lui,« ce n'est pas sur la question de la politique étrangère qu'il y aura le plus de désaccords ».

Une façon habile de dire qu'il suffira d'un pas réciproque (enfin un pas de Linke vers le consensus atlantiste, belliciste, surtout!) pour arriver à un accord.

Tous les yeux sont désormais tournés vers Thuringe où les élections régionales à l'automne pourraient voir l'élection d'un président de région de « Die Linke », Bodo Ramelow, élu grâce au soutien du SPD et des Verts. Une préfiguration de la « gauche plurielle » pour 2017.

Selon Gysi, ce fait « serait un moment fort pour la gauche en Allemagne ». La dirigeante verte locale, Katrin Goring-Eckardt d'un côté, a salué le travail de Gysi, évoquant un « parti qui a liquidé l'héritage du SED »pour devenir un « parti social-démocrate assumé ».

De l'autre, elle s'est dite inquiète de la position de certains députés Linke adoptant une « position pro-russe », obstacle pour elle à une coalition de gauche au niveau régional comme national.

Il convient de rappeler que le SPD gouverne actuellement le Land de Thuringe … avec les conservateurs de la CDU !

On comprend le jeu d'équilibriste de Gysi, qui se voit déjà ministre des Affaires étrangères de la RFA après avoir été apparatchik de la veille et dissident du lendemain en RDA, ajustant ses positions au gré des oppositions internes, lançant des ballons d'essai, pour orienter sa politique extérieure vers la convergence sur des positions européistes, atlantistes, militaristes du SPD et des Verts.

Mais le peuple allemand mérite beaucoup mieux que ses calculs politiciens, il a besoin d'une organisation politique révolutionnaire, de lutte qui affirme haut et fort : Plus jamais la guerre, plus jamais la renaissance du militarisme et de l'impérialisme allemands !

http://www.communcommune.com/article-allemagne-fractures-internes-a-die-linke-prete-a-sacrifier-le-combat-pour-la-paix-contre-l-ota-124032715.html

Lire la suite

Sapir et la chute du dollar

30 Juin 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

29 juin 2014 [Reprise]

La Folie-Système à marche forcée, par Philippe Grasset de DeDefensa + 1 lien :)

Pour mémoire, BAO = Bloc Américano-Occidental.

La radio La Voix de la Russie retranscrit, le 19 juin 2014, une interview de l’économiste français Jacques Sapir. Le thème de cet entretien est la question de l’évolution de la position de monnaie de réserve du dollar à la lumière des initiatives russes en développement, telles qu’elles ont été déclenchées par la crise ukrainienne. (Voir notamment le dernier texte sur cette dynamique, le 19 juin 2014.) La Voix de la Russie. «La Russie et la Chine entendent se débarrasser du dollar dans leurs transactions gazières.

Est-ce un projet viable d’après vous ?» Jacques Sapir. «Il est très clair que l’initiative que comptent prendre les gouvernements russe et chinois est quelque chose de potentiellement très important ! En effet, le dollar joue 3 rôles dans l’économie internationale, à savoir : unité de compte, car beaucoup de prix sont calculés en dollars (en particulier, dans les matières premières et pas que pour le gaz et le pétrole)… C’est aussi vrai pour le blé et différentes céréales… C’est aussi une monnaie de transactions c’est-à-dire la monnaie dans laquelle se font les règlements de ces transactions internationales… Et il est également une monnaie de réserve. Ce que voudrait changer justement cet accord entre les gouvernements russe et chinois, c’est l’usage du dollar comme monnaie de certaines transactions portant en particulier sur le gaz et le pétrole. On peut penser que cela se fera mais ça impose évidemment que le rouble soit reconnu en Chine (ce qui est déjà le cas) et que le yuan soit reconnu en Russie ce qui n’est le cas, en fait, que depuis la fin de l’année dernière où il y a eu les première cotations du yuan sur la bourse de Moscou. »

D’une manière plus large, cette démarche correspond en fait à un souci assez constant de toute une série de pays – et là ça va beaucoup plus loin que la Russie et la Chine… Ca concerne les pays du Golfe Arabo-Persique et ceux de l’Amérique Latine, producteurs des matières premières ; ces pays veulent sortir de la zone dollar pour ce qui concerne la monnaie des transactions.

Et ajoutons à cela encore un point. La plainte déposée par le gouvernement américain contre la banque française BNP-Paribas… Une plainte fondée sur le fait que des opérations contraires à la loi américaine ont été faites par cette banque alors que les succursales de cette banque n’étaient pas sises aux Etats-Unis, mais parce que l’on utilisait le dollar et parce que la chambre de compensation de dollar était aux Etats-Unis, le gouvernement américain considère que des lois américaines ont été violées. »

C’est une question juridique extrêmement complexe, mais on voit bien que ce précédent, au sens juridique du terme, ne peut qu’inquiéter toute une série de pays qui font leurs transactions en dollars et ne peut que les inciter à basculer vers d’autres monnaies de transaction.»

La Voix de la Russie. «Existe-t-il une vraie chance de créer une monnaie de réserve hormis le dollar ?»

Jacques Sapir. «C’est un très vieux problème ! Il faut se souvenir que le rôle de dollar comme monnaie de réserve avait été attaqué par le général de Gaulle en 1965-66. Et régulièrement, à chaque nouvelle crise monétaire internationale on reparle de ce problème. D’un côté, il est clair que le système actuel fondé sur un usage non pas exclusif mais très largement dominant du dollar comme monnaie de réserve n’est pas satisfaisant.

Et d’ailleurs on le voit dans la structure des réserves de change des différentes banques centrales. On voit par exemple, qu’en plus du dollar il y a l’euro mais aussi maintenant beaucoup de nouvelles monnaies : par exemple, le dollar canadien, le dollar australien et celui de Singapour, etc. Donc il existe évidemment un besoin de diversification au minimum et peut-être plus un besoin de changer le système. »

A partir de là on voit très bien dans quelle alternative nous sommes. Pour opérer un changement complet du système monétaire international, il faudrait que la situation politique soit mûre pour une conférence internationale sur le modèle de la conférence de Bretton Woods qui s’est tenue en 1944.

On peut penser qu’aujourd’hui les temps ne sont pas encore mûrs c’est-à-dire que les Etats-Unis qui bénéficient d’une certaine manière de la situation actuelle feront tout pour maintenir cette situation ou dans tous les cas pour freiner un mouvement vers le changement. »

Et donc l’autre branche de l’alternative c’est que l’on voit se développer des monnaies qui, au niveau régional, prennent de plus en plus le rôle de monnaie de réserve régionale. Je pense que c’est l’ambition de la Chine de voir la monnaie chinoise, le yuan, devenir d’ici quelques années, une monnaie de réserve au niveau de la zone Asie-Pacifique peut-être en combinaison avec le dollar australien, voire la monnaie de Singapour.

On sait qu’il y a aussi le projet de constituer le rouble en monnaie de réserve pour la zone de la CEI… Et donc on va voir très probablement émerger une multiplicité de monnaies qui vont progressivement éroder la position du dollar comme monnaie de réserve internationale.»

Dans un “commentaire” rajouté en fin d’interview, Sapir précise son point de vue, ou plutôt l’élargit en le portant au niveau de la politique et des relations internationales. Il écrit notamment : «Ainsi donc le bouleversement dans le monde de la haute finance préparé de longue date par les financiers chinois et russes va torpiller la capacité américaine de projeter ses forces armées à l’étranger.

Et comme on vit à l’époque de la Bourse mondiale, on ne donnerait pas cher pour la devise d’un Etat dont l’économie souffre des carences de stagnation (à ne citer que Detroit) et qui ne peut plus faire peur. Bref les Etats-Unis n’auront plus les moyens de rançonner le monde et de porter la guerre en Ukraine, en Irak, en Afghanistan et au Proche-Orient. A partir de ce moment-là l’histoire reprendra son cours naturel mais sans Washington qui sera relégué au rang des puissances régionales.» …

Il est vrai que l’on se trouve devant une situation qui devrait finalement apparaître comme paradoxale. Il ne fait aucun doute que les événements sont désormais en route pour une réduction qui s’avérera radicale du rôle du dollar, qui se fera dans la pression des crises politiques, des frustrations, des manœuvres, etc., autour de points de tension qui recèlent les plus grands risques d’explosions et de conflits. La chronologie et l’histoire très récente des trois derniers mois montrent évidemment que c’est un événement politique, – et nullement financier ou monétaire, voire économique, – qui a précipité ce qui doit devenir, sans aucun doute, la crise du dollar avec la perte de son statut privilégié de monnaie de réserve répandant son diktat impératif dans les relations internationales. Sans la crise ukrainienne, en effet, de telles manœuvres et une telle résolution politique (chez les Russes essentiellement) n’auraient sans doute pas été possibles.

Il a fallu un événement déstabilisant, avec la menace de pressions encore plus déstabilisantes, sinon déstructurantes (la menace des sanctions), pour conduire sinon forcer le pouvoir russe à lancer sa conversion ouvrant la voie à une dynamique de réduction sinon de dissolution de la position privilégiée du dollar. (Nous écrivons “pour conduire sinon forcer…“, parce que nous pensons qu’en l’absence d’une crise d’une telle intensité que l’ukrainienne, la Russie n’aurait pas choisi la voie qu’elle a choisie, de crainte de paraître trop dans une posture de confrontation avec ses “partenaires” du bloc BAO, des USA. Le système de l’américanisme, dans son aveuglement habituel, ne mesurera jamais la position de sûreté qu’il a perdue en poussant la Russie à la confrontation, notamment depuis la réélection de Poutine et, ouvertement, depuis le début de la crise ukrainienne.

Le système de l’américanisme n’a jamais compris durant toutes ces années, qu’il avait, avec Poutine, un centriste ouvert à une coopération équilibrée, dont l’ambition n’était nullement de défier le Système, voire de chercher à le frapper. Mais on ne peut attendre le moindre éclair de finesse dans le jugement d’un système, celui de l’américanisme, dont on peut dire sans crainte d’être démenti que «la seule chose qu’il attend de la Russie, c’est que la Russie n’existe plus» [phrase fameuse de Leonid Chebarchine, ancien chef des SR russes].)

Il nous semble par conséquent que l’épisode montre bien l’orientation décisive qu’ont pris les événements depuis la grande rupture de l’automne 2008. Il avait été alors question de la mise en cause du dollar, d’une façon assez tranchée (voir le 27 mars 2009) et pourtant sans le moindre résultat, sans la moindre réaction du côté US, sans aucun suivi du côté des accusateurs (les Chinois, mais aussi d’autres pays de même tendance, comme le Brésil de Lula). L’épisode avait finalement montré que la question du dollar, comme toutes les questions concernant la structuration financière et économique du monde sous l’influence du bloc BAO/des USA, c’est-à-dire du Système, étaient dans l’ordre du politique et nullement dans les catégories apparemment impliquées (finance, économie, etc.), et encore dans l’ordre du politique lorsque les situations principielles et ontologiques sont en jeu, – comme dans le cas de la Russie aujourd’hui.

L’épisode montre la puissance de la structure existante, autour du dollar et des autres arrangements dans d’autres domaines, structure qui renvoie au Système et qui présente la particularité d’impliquer les intérêts et la situation de ceux-là même qui pourraient s’y opposer, dans une position à la fois de victime et de complice, et cela expliquant que les tentatives pour desserrer l’étau en restant dans les domaines concernés ont jusqu’ici échoué ou même n’ont pas été sérieusement envisagées. La situation est différente, presque renversée, si l’on passe aux domaines fondamentaux. Il fallait un événement de rupture fondamentale, de l’ordre du politique le plus haut, et c’est ce qui s’est imposé avec la crise ukrainienne.

Dans cette logique, nous différons de l’analyse de Sapir pour les suites. Si le statut du dollar doit effectivement être réduit dans une sorte de dissolution diffusée par l’élargissement du rôle d’autres devises, cette opération ne se fera pas “en douceur”, loin de là et même au contraire. Les USA n’accepteront jamais d’être dépossédés de leur statut de puissance hégémonique et dominatrice, – ils le manifestent déjà en affirmant leur “exceptionnalité” au moment où ce qu’il leur reste d’exceptionnel est l’accumulation de fautes et d’erreurs réduisant à une très grande vitesse les restes de leur position qui fut effectivement exceptionnelle dans le domaine arbitraire de leur hégémonie. C’est de ce point de vue qu’il est logique d’attendre des réactions furieuses et absolument irrationnelles de leur part, et c’est en cela que la crise ukrainienne est extrêmement dangereuse et elle-même exceptionnelle ; elle ménage l’alternative qu’on a déjà vue (voir notamment le 3 mars 2014), entre la fonction de cause opérationnelle d’un conflit au plus haut niveau (spectre du nucléaire) et celle de détonateur de la phase finale de l’effondrement du Système. Il s’agit toujours de la même tendance américaniste, suivant l’équation du Système surpuissance-autodestruction, cette tendance conduisant effectivement aux deux termes de l’alternative entre la domination hégémonique et l’emportement irrémédiablement suicidaire. (Toujours la fameuse citation de Lincoln de 1838, encore rappelée le 21 mars 2014, qu’il faut toujours garder en mémoire parce qu’elle montre que le futur président, s’il était un grand politique, était d’abord un fin psychologue des événements à venir : «A quel moment, donc, faut-il s’attendre à voir surgir le danger [pour l’Amérique]? Je réponds que, s’il doit nous atteindre un jour, il devra surgir de nous-mêmes. [...] Si la destruction devait un jour nous atteindre, nous devrions en être nous-mêmes les premiers et les ultimes artisans. En tant que nation d’hommes libres, nous devons éternellement survivre, ou mourir en nous suicidant.»)

Mis en ligne le 21 juin 2014

Source : DeDefensa

En complément sur le dollar, je vous propose aussi ce billet du même site : Pour une “coalition anti-dollar”, traitant de la vision du conseiller spécial pour l’économie de Vladimir Poutine, Sergei Glaziev Notes sur la folie-Système à marche forcée 28 juin 2014 – Par quoi commencer ? Par le commencement de la séquence, c’est-à-dire ce que certains jugent être “le recul de Poutine“, ce que d’autres jugent être “la manœuvre de Poutine”. Quoi qu’il en soit, il importe de ne pas prendre ce cas avec légèreté, pas plus que les autres que nous traiterons dans ces Notes d’analyse, – la “politique insinuante” de l’UE, la politique de rupture des USA. … Il s’agit d’une dynamique générale où l’Ukraine, le détonateur de la chose, a une place importante mais qui se relativise à mesure. Elle ne rapetisse pas, non, c’est le reste, le fondamental, qui grandit avec elle en son centre, – mais centre-moteur, centre-dynamique, certainement une source d’inspiration qu’on qualifierait bien entendu de maléfique. La dynamique de ce qui est désormais un des grands axes géographiques et psychologiques de la crise générale (orientation est-ouest, champ d’application de l’aire transatlantique à l’espace eurasiatique) échappe complètement au seul aspect ukrainien. Elle appartient à la crise générale d’effondrement du Système désormais en place et en développement opérationnel. (Quelle que soit son issue, à cette crise, guerre au plus haut niveau ou enchaînement des crises constituant l’effondrement). (Ajoutons en complément que le “deuxième axe” de cet énorme phénomène de déstabilisation de ce qui forme l’essence des relations internationale se trouver bien entendu en Irak et alentour, sous la forme non pas d’une géographie linéaire mais d’une géographie tourbillonnante. Nous retenons cette formule de DEBKAFiles, par ailleurs utilisée dans notre Bloc-Notes du 27 juin 2014 : «The Iraqi battle arena is becom[ing] a veritable Babel of war. So far, six countries are involved in varying degrees: the US, Iraq, Iran, Syria, Jordan and Saudi Arabia.») Les psychologies et leur résistance En avant pour Poutine… Nous allons nous attarder à sa pseudo “reculade”, que nous qualifierions plutôt de “manœuvre tactique désespérée”, – car aujourd’hui, toutes les “manœuvres tactiques” semblent désespérées tant la dynamique que nous devons qualifier de métahistorique est en route. Observons tout de même qu’en notant cela, nous tendons vers une des interprétations parmi celles que nous allons offrir, de l’acte symbolique (le 24 juin) de Poutine demandant et obtenant de la Douma qu’elle lui retire l’autorisation d’employer les forces armées dans la crise ukrainienne. C’est un geste qui n’est que symbolique, – Poutine reste chef des armées et donc avec le pouvoir de les utiliser si la situation l’y conduit ; mais “acte symbolique” marquant dans une situation où le système de la communication domine tout. … Effectivement, le président russe a été l’objet de toutes les attentions, de toutes les interrogations, voire de toutes les suspicions, lorsqu’il a fait sa demande à la Douma. Entretemps, des “négociations”, – guillemets autorisés, – ont commencé entre représentants assez indirects de Kiev et représentants des révoltés du Donbass, alors qu’un “cessez-le-feu”, – guillemets fortement recommandés, – était établi jusqu’au 27 juin. (Il a été reconduit pour 72 heures, a annoncé le président-chocolat le 27 juin 2014.) Nous allons passer rapidement en revue quelques évaluations de commentateurs que nous connaissons, pour établir combien les interprétations diffèrent. C’est une marque de la confusion dans l’évaluation qu’on peut faire de la situation. Cette confusion se retrouve partout et trouble certains esprits, quand elle en durcit d’autres. La résistance des psychologies diffère notablement selon les psychologies, selon leur résistance aux pressions du Système… Sous l’influence du Système D’abord, et plutôt pour l’illustration accessoire de la façon dont les psychologies peuvent varier, montrer une fermeté exemplaire de type antiSystème et soudain s’affaiblir jusqu’à céder aux narrative-Système, voici MK Bhadrakumar. Son évaluation de l’attitude de Poutine, du 24 juin 2014, est indigne de ce qu’il a écrit auparavant sur le sujet. Le chroniqueur est victime dans ce cas d’une fascination qu’il éprouve épisodiquement pour la pseudo-puissance des USA. Dans son analyse, il souscrit essentiellement à la narrative-Système (US), malgré quelques réserves émises plus loin. Cela revient à dire que Poutine a cédé, à reculé, devant une interprétation-Système qui fait la part belle et fascinée à la soi-disant puissance US d’un Obama faisant sa grosse voix. Du coup, pour lui (Bhadrakumar), la narrative cousue de grossier fil blanc semble dire le vrai. «Succinctly put, Russia has begun ‘de-escalating’. This follows what appears to have been a tough phone conversation US president Barack Obama had with Putin on Monday where he apparently threatened that the West will impose the so-called ’scalpel sanctions’ on Russia — focused on Russia’s energy and arms industry — unless the Kremlin took a series of measures without further delay such as abiding by the ceasefire ordered by Kiev and halting the flow of weapons across the border into Ukraine. »In a special briefing on Friday, US state department had disclosed details of the flow of weapons, including tanks, from Russia across the border into Ukraine and hinted that the ’scalpel sanctions’ were imminent. Moscow has apparently understood that a defining moment is reaching…» Cette façon d’accepter pour argent comptant un briefing du département d’État, cette officine devenue louche à force d’élever le mensonge en pratique quasi-ontologique et qui professe que la Russie a envahi l’Ukraine russophone, détonne de façon remarquable, par exemple, avec ce commentaire du même MK Bhadrakumar, le 1er mars 2014 : «The western politicians all the way down from US President Barack Obama are being hypocritical in calling on Russia to be ‘restrained.’ Some self-restraint on their part through the recent months could well have avoided the meltdown in Ukraine that has begun. The cracks are audible, like ice cracking, as the ethnic mosaic does not seem to able to hold together anymore. [...] In sum, the West’s fifth column in western Ukraine has created an illegitimate, unconstitutional power structure in Kiev manned by people who can be trusted as ‘pro-western’ and, more importantly, viscerally ‘anti-Russian’.» La surprise de la démarche de Poutine Bien entendu, la démarche de Poutine trouve d’autres commentaires qu’une simple capitulation devant une Amérique imposant sa volonté. Car cette démarche, si l’on s’y attache un instant, apparaît comme mystérieuse et complexe et certains avouent, dans un premier jet, leur stupéfaction initiale (The Saker, le 24 juin 2014, avant de faire un long développement où il envisage différentes hypothèses : «When I heard this morning that Putin had asked the Federation Council to repeal the resolution on the use of Russian armed forces on the territory of Ukraine I was frankly baffled. Truly, I had not expected such a move…») La commentatrice française Karine Bechet-Golovko, juriste installée en Russie et qui édite un site sur la situation russe (Russiepolitic), émet plusieurs hypothèses qui nous restituent aussi bien les interprétations manœuvrières que certaines déceptions des partisans du président russe. (Le 25 juin 2014). «Et la Russie affirme clairement ne pas vouloir intervenir. Certains d’affirmer l’existence d’un plan caché de V. Poutine, de rappeler sa grande dextérité diplomatique et géopolitique. C’est vrai et espérons. Mais au-delà de l’espoir, plusieurs questions inquiètent. Sans oublier que sur place, ils n’ont pas l’air d’être trop au courant de ce soutien … »Prenons les choses sous un autre angle. Je sais, on m’a déjà dit que ces choses ne sont pas liées. Et l’on me l’a tellement répété, que j’en ai des doutes. Donc imaginons une autre version, plus cynique, soit, mais qui a aussi le droit d’exister. Dans cette version, la Russie ne fait pas le pari de la paix, elle fait le choix de la tranquillité et du développement économique. Elle en a par ailleurs aussi le droit. La Russie n’est pas obligée non plus d’endosser le rôle du preux chevalier sans peur et sans reproche. Seulement, oui, c’est moins joli, moins romantique, mais cela correspond pas mal à certaines élites en place. Et au calendrier en cours …» Le “cessez-le-feu en chocolat” et les diverses “réalités” Quoi qu’il en soit de ce “cessez-le-feu en chocolat”, on sait parfaitement qu’il n’a pas fait pour autant cesser le feu. La faute en a été aussitôt attribué, du côté du bloc BAO, aux insupportables “terroristes”-parlant-russe de la partie russophone du pays. Rien de surprenant dans ces prolongements, sinon l’installation d’une situation d’une double “réalité”, comme la décrit la même Karine Bechet-Golovko : «Et nous avons l’impression que deux réalités parallèles se mettent en place, se font concurrence. D’un côté la réalité diplomatique, celle d’un cessez-le-feu et de la rencontre de bonnes volontés, d’un autre côté la réalité crue du quotidien dans laquelle les gens continuent à se battre, à être blessés et à mourir. Comme si la volonté politique, avec le soutien médiatique, devait permettre de faire triompher une réalité sur une autre. Bref, une guerre post-moderne, sans armée régulière, avec des opérations coups de poings sans insignes et la caméra sur l’épaule…» Cette situation n’est pas nouvelle tant le jeu des différentes “réalités” est devenu courant dans notre époque, mais jamais elle n’a paru si polarisée, si frappante entre ses deux extrêmes, qu’avec la crise ukrainienne. Le déni de la situation opérationnelle et humanitaire dans le Donbass par le bloc BAO, notamment dans l’activité de ce bloc au sein du système de la communication par le biais de la presse-Système, est d’une telle puissance qu’il nourrit les surprises les plus fortes, les tensions souterraines les plus grandes, les explosions les plus inattendues, lorsque la réalité de la situation parvient à se faire entendre. Cela implique que la crise est là pour durer, pour croître et se multiplier dans ses effets, ce dont on se doutait ; le terrain de la communication ne sera certainement pas le moins sollicité, il constituera même le principal champ de la bataille… «I have to agree with several Russian analysts who have recently warned that we are in this conflict for the long run and that it would be the height of irresponsibility to assume that now it’s all over and all is well. For one thing, the Banderastani part of the Ukraine is guaranteed to explode before the end of the year (Russia will shield Novorussia from this explosion by direct aid and economic ties). Finally, the information war will now only heat up even if the purely military aspects might become less central.» (The Saker, dans le texte déjà cité.) Parole d’oligarque Pour achever de mesurer l’extrême complication du désordre ukrainien, – il y a des désordre plus “désordonnés” que d’autres, et l’ukrainien est l’un de ceux-là, sans doute le plus “performant”, – on citera cet extrait d’un texte d’Alexander Donetsky, sur Strategic-Culture.org, le 26 juin 2014. Il indique combien la fragmentation du pays que la crise a mise à jour et à nu touche également les forces dites “de Kiev”, notamment avec la présence des oligarques constitués en autant de seigneurs féodaux, ou de “seigneurs de guerre”, – on choisira l’image qui convient. La crise ukrainienne montre plus qu’aucune autre les connexions directes de la politique, de l’idéologie, de la guerre secrète, des extrémismes affichés, avec les fortunes incertaines des oligarques “profiteurs de crise”, le crime organisé, les pouvoirs parallèles.. Ici, le cas de l’oligarque Kolomoisky qui a sa fortune, sa banque, son armée, sa politique, ses projets (c’est lui qui voudrait verrouiller la frontière russo-ukrainienne d’un ouvrage composé d’une clôture électrifiée, de champs de mines, etc.) … On mesure les limites du pouvoir du président-“roi du chocolat” dans cette situation, de ce fait devenue encore plus typiquement postmoderne. «However, some of the government troops had no intention of obeying the ceasefire order. When the suspension of hostilities was announced during Poroshenko’s trip to the Donetsk region, the governor of the Dnepropetrovsk region, the oligarch Igor Kolomoisky, openly told the president that he “will never obey and his army will finish off these separatists anyway”. It was Kolomoisky who financed the creation and arming of several battalions of mercenaries (using funds from his bank, Privat) who distinguished themselves with the cruelty of their slaughter of the civilian population in many cities in the Donbass: Mariupol; Krasny Luch; Slovyansk; Schastye; and Stanitsa Luganskaya … This all goes to show that in reality Poroshenko not only has no control of the Kiev-based Maidan movement that is unwilling to either fight or release the buildings they captured six months ago, but he also has no firm grip on either the troops that were mobilized with so much effort or the regions that still profess outward loyalty to him.» “… Se préparer à la guerre” Finalement, pour en revenir à Poutine et quitter la seule crise ukrainienne pour passer à la big picture qui s’est constituée autour de cette crise, on retiendra également une dernière interprétation de son attitude. Elle est de Paul Craig Roberts, le 24 juin 2014, et elle se présente comme une approbation complète de les décisions du président russe de rechercher une issue diplomatique au travers des négociations ukrainiennes et de demander le retrait de l’autorisation d’intervenir militairement de la Douma. C’est un point d’autant plus intéressant que PCR, en une autre occurrence, au début mai, avait critiqué implicitement la position attentiste et arrangeante de Poutine … (Le 2 mai 2014 : «Will Putin sit there with his hopes awaiting the West’s good will to work out a solution while Washington attempts to engineer his fall? The time is approaching when Russia will either have to act to terminate the crisis or accept an ongoing crisis and distraction in its backyard.… [...] Yet, the Russian government spokesman again expressed the hope of the Russian government that European governments and Washington will put a stop to the military strikes and pressure the Kiev government to accommodate the protesters in a way that keeps Ukraine together and restores friendly relations with Russia. This is a false hope…») Cette fois, PCR soutient la position de Poutine. Voit-il plus d’espoir qu’au début mai ? Au contraire, son point de vue s’est largement assombri. Sa thèse est alors que Poutine doit tenter de trouver une entente, notamment et essentiellement avec des pays européens qui finiraient par comprendre le danger de la situation (la France et l’Allemagne sont citées [voir le 26 juin 2014]). Si Poutine ne réussit pas, si les Européens cités restent fermés à une telle initiative, alors ce sera la guerre, juge Paul Craig Roberts… Cela justifie sa position : il n’y a plus rien à perdre, il faut tout tenter pour détacher des Européens des USA, dont la course est celle de la guerre, tout faire pour éviter cette guerre qui risquerait grandement et évidemment d’être nucléaire. Ainsi PCR voit-il la démarche de Poutine. «Putin knows that the UK is a complete vassal puppet state, that Cameron is just as bought-and-paid-for as Blair before him. Putin’s hope for diplomacy over force rests on Germany and France. Both countries face Europe’s budget and employment woes, and both countries have significant economic relations with Russia. German business interests are a counterweight to the weak Merkel government’s subservience to Washington. Washington has stupidly angered the French by trying to steal $10 billion from France’s largest bank. This theft, if successful, will destroy France’s largest bank and deliver France to Wall Street. »If desire for national sovereignty still exists in the German or French governments, one or both could give the middle finger to Washington and publicly declare that they are unwilling for their country to be drawn into conflict with Russia for the sake of Washington’s Empire and the financial hegemony of American banks. »Putin is betting on this outcome. If his bet is a bad one and Europe fails not only Russia but itself and the rest of the world by accommodating Washington’s drive for world hegemony, Russia and China will have to submit to Washington’s hegemony or be prepared for war.» D’un “choix de civilisation” (l’UE)… Avec ce commentaire de Paul Craig Roberts, nous sortons du seul cadre de la crise ukrainienne pour embrasser tout son environnement, sa puissance fondamentale, son poids énorme de “crise haute ultime” (voir le 24 mars 2014). C’est là, dans un mouvement centripète caractéristique, à partir de la crise ukrainienne et hors d’elle, que sont nés et se développent les foyers qui font de la crise ukrainienne cette “crise haute ultime”. Hier, l’UE a signé un accord d’association avec l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie (voir Itar-TASS, le 27 juin 2014). C’est le même accord que Ianoukovitch avait refusé de signer en novembre 2013, ce qui avait fourni le détonateur de la crise ukrainienne. Cet accord fait entrer les signataires dans l’orbite de l’UE, avec un pied dans l’OTAN par le seul fait des dispositions de sécurité glissées dans l’accord sans qu’aucune des bureaucraties concernées (celles de l’UE) n’en mesure les effets, – car, précisément, ces accords, rédigés par des spécialistes de l’économie, imbriquent mécaniquement des dispositions standard dont l’effet véritable pourrait s’avérer explosif. C’est ainsi que les détonateurs de crise, ou de relance de crise, se créent subrepticement, sans réelle volonté planifiée contrairement à l’analyse générale, mais par un mécanisme de système, ou disons plus justement “du Système”… Cela, pour le côté européen, où l’on engage à des choix dont nul ne mesure les effets. Du côté russe, par contre, on comprend parfaitement la vérité de la situation. Avertis de ces accords d’association il y a quelques jours par des délégués de l’UE dépêchés expressément, dans un esprit de conciliation qui est véritablement et ingénument dans le chef de cette démarche de l’UE, le vice-ministre des affaires étrangères de Russie a laissé tomber : «C’est un choix de civilisation.» Il voulait dire par là qu’au-delà des termes économiques et de libre-échange, c’est bien une conception du monde, et une conception absolument mensongère du monde, que les trois pays rejoignent. Ce faisant, ils se trouvent placés en confrontation avec la Russie, quelles que soient leurs intentions à cet égard. Nous insistons beaucoup sur cet aspect d’automatisme, car effectivement la “puissance” de l’UE est fondée sur une vision totalement amputée du monde et, dans certains domaines essentiels et pérennes comme la sécurité et la souveraineté qui en découle, elle est totalement aveugle et semble raisonner selon les croyances les plus naïves … C’est de cette façon que les choses se passent, et nullement selon des conceptions et une vision intellectuelles élaborées. … A un autre “choix de civilisation” (les BRICS) En échange de l’avis qu’ils ont reçu de l’UE concernant les accords d’association, les Russes ont parlé à leurs interlocuteurs de la prochaine réunion des BRICS en juillet. Cette réunion apparaît d’une extrême importance, selon les Russes, et un travail intense est en cours à cet égard. Les BRICS travaillent sur deux accords fondamentaux, celui, déjà connu, d’une banque d’investissement, et celui, nouveau d’un pool de monnaies de réserve pour leurs échanges. Ce dernier point est une étape fondamentale dans la concrétisation de la dynamique de “dé-dollarisation” dont nous avons déjà beaucoup parlé (voir le 14 mai 2014 et le 19 juin 2014). La chose a été présentée avec modestie aux délégués de l’UE, – lesquels ont l’habitude de traiter avec le plus parfait mépris les initiatives russes, et en général non-bloc BAO, de cette sorte. Les Russes ont présenté ce projet comme étant le produit d’une situation qui les a forcés à y venir. Ce n’est pas à notre sens une précaution oratoire tactique mais bien une réalité … Cette attitude correspond à ce que nous écrivions le 21 juin 2014, avec pour la compréhension du texte l’extension du “système de l’américanisme” à l’ensemble du bloc BAO : «Nous écrivons “pour conduire sinon forcer…”, parce que nous pensons qu’en l’absence d’une crise d’une telle intensité que l’ukrainienne, la Russie n’aurait pas choisi la voie qu’elle a choisie, de crainte de paraître trop dans une posture de confrontation avec ses “partenaires” du bloc BAO, des USA. Le système de l’américanisme, dans son aveuglement habituel, ne mesurera jamais la position de sûreté qu’il a perdue en poussant la Russie à la confrontation, notamment depuis la réélection de Poutine et, ouvertement, depuis le début de la crise ukrainienne. Le système de l’américanisme n’a jamais compris durant toutes ces années, qu’il avait, avec Poutine, un centriste ouvert à une coopération équilibrée, dont l’ambition n’était nullement de défier le Système, voire de chercher à le frapper. Mais on ne peut attendre le moindre éclair de finesse dans le jugement d’un système, celui de l’américanisme, dont on peut dire sans crainte d’être démenti que “la seule chose qu’il attend de la Russie, c’est que la Russie n’existe plus” (phrase fameuse de Leonid Chebarchine, ancien chef des SR russes).» Le suprématisme du bloc BAO Ce que distinguent les milieux européens qui nous ont informés sur ces divers contacts avec les Russes, c’est une situation complètement bloquée d’antagonisme contre les Russes, de la part de l’UE et des USA, mais d’une façon différente. Il serait à notre sens simpliste de voir dans la situation ce qu’on dénonce habituellement comme une allégeance aveugle mais explicitement coordonnée de l’entité européenne aux USA. Il y a bien deux positions distinctes, mais caractérisées toutes les deux par une sorte de “suprématisme” commun ; on sait que ce trait psychologique constitue à nos yeux la véritable “valeur” invertie du bloc BAO, supplantant et surpassant complètement le racisme, auquel il ressemble dans ses aspects les plus vils mais dont il diffère fondamentalement, quasiment par une essence différente, par l’affirmation de la nécessité de l’abaissement, sinon de l’anéantissement de l’autre. Il faut bien se persuader que ce sentiment joue un rôle considérable dans les politiques de ces entités bureaucratiques (l’UE comme on la voit, la bureaucratie américaniste en mode de surpuissance en l’absence d’un pouvoir politique centralisateur et disposant de l’autorité d’une légitimité, – Obama n’a plus rien de tout cela). Nous rappellerons ce que nous écrivions à ce propos le 4 juin 2014 , et à propos de l’exceptionnalisme qui est le miroir conceptuel, ou de communication, de ce suprématisme, et qui touche aussi bien l’UE que les USA ; c’est bien là la force principale qui mène le bloc BAO dans cette affaire comme dans tant d’autres, – le mépris suprématiste inconscient et réflexif pour les Russes, qui est de même nature que celui éprouvé, dans une autre occurrence, pour les Iraniens. (Cela pourrait expliquer ce fait que les directions politiques du bloc BAO ne se formalisent pas vraiment quand le Premier ministre ukrainien désigne les Ukrainiens russophones de l’Est du pays de “sous-hommes”, selon un vocabulaire générique bien connu) : «Ainsi parlons-nous d’exceptionnalisme, et encore plus de suprématisme, en observant que l’UE, et donc les pays européens, ont endossé cette dialectique prédatrice caractérisant aujourd’hui l’Occident dans son entier, sous l’habit du bloc BAO en mode de surpuissance-autodestruction. On pourrait dire que le suprématisme est au racisme, dans l’échelle des délits éventuels, ce que l’assassinat prémédité systématique est à un homicide involontaire accidentel, pour ce qui est de l’intensité et de l’orientation de la psychologie gouvernant l’attitude qui en résulte. L’exceptionnalisme-suprématisme a complètement envahi l’UE, à visage découvert, véritablement comme une doctrine active de fonctionnement, dans tous les cas depuis le coup de force de novembre 2013 (négociations avec l’Ukraine). Ce qui était sur le moment le simple résultat d’une mécanique bureaucratique est devenue une sorte de doctrine activiste, fondée sur l’affirmation d’une sorte de supériorité morale, psychologique et technologique comme un équivalent postmoderniste à la supériorité raciale et ethnique des suprématismes des XIXème-XXème siècles. Il s’agit du plus récent avatar de l’extension du concept d’“occidentalisation” (que nous nommons plutôt “anglosaxonisation”) identifié par le philosophe de l’histoire et historien des civilisations Arnold Toynbee après 1945, qui s’est très fortement sophistiqué au niveau de la de la communication et de la perception que ceux qui l’éprouvent en ont, jusqu’à changer de nature pour devenir l’actuel et postmoderne exceptionnalisme-suprématisme…» Différences fraternelles ou fratricides En effet, ce suprématisme n’a plus rien de spécifiquement anglo-saxon. Il est devenu la marque d’un esprit-Système, fondé sur l’arsenal dialectique qu’on connaît bien au travers de diverses narrative, – de l’excellence en matière de “gouvernance” à la démocratie triomphante, à l’hyperlibéralisme et au marché libre, au droitdel’hommisme, au multiculturalisme et autres vertus sociétales allant jusqu’au “mariage pour tous” & Cie… A partir de ce tronc commun, l’UE et les USA diffèrent dans leurs démarches, ce qui les distingue dans leurs russophobies respectives. Les deux démarches vont dans le même sens mais sont beaucoup moins liées qu’on ne le croit ; elles ont certes souvent la vertu d’être complémentaires, de s’entendre sur des thèmes tels que les sanctions et autres moyens de coercition n’impliquant pas une attaque directe ; néanmoins, elles peuvent différer en cas de montée de la tension, comme ce pourrait être le cas face à la Russie. • L’UE pousse les matières économiques et sociétales, l’intégration par succion, par dissolution des vertus pérennes. L’UE dissout plus qu’elle ne déstructure ceux qu’elle veut absorber, elle dilue la substance de l’autre dans sa propre substance bureaucratique, régulatrice et moralisante ; elle intervient sans aucun souci des principes de souveraineté lorsqu’il s’agit du domaine sacro-saint de l’économie, en référence à la doctrine sacré de l’hyperlibéralisme, mais prétend agir hors du camp politique et de sécurité, et hors de toute polémique trop marquée. Ainsi exerce-t-elle ses pressions sur la Russie d’une façon indirecte. • Dans le cas ukrainien et face à la Russie, les bureaucraties-Système des USA avec leur incitatifs de la communication se sont durcies avec la crise ukrainienne et retrouvent totalement leurs réflexes de la Guerre froide sans le frein d’une diplomatie solide et prudente comme ce fut le cas durant la période. (Voir le 20 mars 2014.) Du coup, les techniques de l’“agression douce” ne sont plus l’essentiel de leur arsenal comme ce fut le cas contre Poutine, à partir de 2012 et jusqu’à la crise ukrainienne. Désormais, les USA agitent des menaces qui sont proches de l’ordre du militaire et certains de leurs relais de communication (un sénateur McCain, par exemple) ne se cachent plus de suivre la fameuse doctrine du regime change, avec tous les moyens du bord. Ils agissent seuls en ce sens, selon une ligne différente de l’UE et sans coordination avec elle, ce qui pourrait devenir un motif de désaccord dans des circonstances extrêmes. … C’est en effet le fond du problème, déjà abordé à diverses reprises, et encore très récemment (voir le 26 juin 2014) ; c’est évidemment le fond du problème pour les Russes et pour Poutine… Il s’agit de savoir si, dans ce cadre général, et notamment en fonction de la ligne suivie par l’UE qui pourrait différer de celle des USA, des résistances ne peuvent pas s’affirmer chez certains des membres les plus importants de l’UE. Dans ce cas, on sait que les Russes se sont découverts des alliés inattendus, membres de plein droit du Système, puisqu’il s’agit du corporate power, très hostiles à cet affrontement avec la Russie à cause de ce qui peut être perdu en matière de business pour le bloc BAO. Les patronats allemands, français et italiens, mais également des groupes du patronat US sont opposés à la politique actuelle et le disent publiquement. L’enjeu suprême Le champ ne cesse de s’ouvrir plus largement pour un affrontement direct du bloc BAO avec la Russie, avec la perception clairement affirmée que cette bataille constitue un enjeu suprême pour la “victoire” du Système. (Le Système, qui est pourtant omniprésent, ne cesse de rechercher des actes de “victoire” supplémentaires, donnant ainsi libre cours à sa surpuissance qui est aussi proche de l’autodestruction que le Capitole de la roche tarpéienne.) Cette interprétation n’est pas ouvertement développée du côté du bloc BAO parce que cet ensemble vit dans le déni de l’aspect agressivement déstructurant de sa politique, mais elle est de plus en plus implicitement admise. Du côté russe, même à des niveaux officiels proches du pouvoir, et très largement dans des milieux politiques responsables, voire dans la population elle-même, cette même interprétation est dite ouvertement et largement acceptée. Il est aujourd’hui acquis que les perspectives les plus catastrophiques sont envisagées, comme celle qu’agite Paul Craig Roberts. Il y a quelque jours encore, le 24 juin 2014, un article (de Eric Zuess, sur le Washington’s blog) évoquait les préparatifs, sous la forme d’exercices intensifs des structures militaires russes, à la possibilité d’une attaque nucléaire US (voir le 9 juin 2014). Il s’agit d’une évolution psychologique très rapide depuis que la crise ukrainienne a pris le cours qu’on lui connaît (voir le 3 mars 2014), et qui dépasse très largement la crise ukrainienne bien entendu. Du côté russe, nombre d’acteurs extérieurs prennent conscience de cet enjeu. Ils en seront encore plus instruits lors du prochain sommet des BRICS, où cet aspect fondamental de la crise sera évidemment évoqué. Cette situation d’extrême tension évolue sur le fond de la possibilité d’une issue catastrophique. Nous évoquions déjà cette situation de la psychologie, et, au-delà, de l’esprit, dans le texte cité du 3 mars 2014. Sa conclusion est toujours valable, parce qu’elle évoque cette issue catastrophique, non sous la forme de la fatalité d’un conflit mais sous la forme d’un dilemme entre cette possibilité de conflit et le destin du Système, qui est dans un état de tension maximale, avec sa tendance à basculer de sa dynamique de surpuissance à sa dynamique d’autodestruction en suscitant sa propre crise d’effondrement. «Pour le conformisme de l’historiographie-Système, la Grande Guerre est “sortie de rien”, sorte d’accident monstrueux et incompréhensible. Notre thèse est exactement le contraire, comme l’on voit dans la présentation de ‘La Grâce de l’Histoire’ (“Dans ce premier tome, on analyse la séquence historique identifiée comme la dynamique conduisant à la crise actuelle, à partir de la rupture de la fin du XVIIIe siècle avec ses trois événements fondamentaux : la Révolution américaniste (guerre d’Indépendance des USA), la Révolution française et la révolution du choix de la thermodynamique engendrant le développement industriel et technologique. Dans la dynamique de cette séquence historique, la Grande Guerre de 1914-1918 occupe une place centrale, à la fois pivot de la dynamique en question, à la fois ‘réplique sismique en amont’ annonçant notre grande crise du début du XXIe siècle…”). On comprend que ce qui nous rapproche de 1914, ce n’est pas nécessairement l’événement (la guerre) mais l’esprit d’un temps perdu dans une ivresse aveuglante et qui se trouve soudain confronté aux réalités catastrophiques de lui-même. La crise ukrainienne, et la réalisation que les pressions du Système (du bloc BAO, son factotum) peuvent conduire à l’extrême catastrophique des affaires du monde, peuvent aussi bien, grâce au ‘formidable choc psychologique’ dont nous parlons et à l’immense crainte qu’il recèle, déclencher une autre dynamique d’une puissance inouïe. Notre hypothèse à cet égard, rencontrant l’idée de la formidable puissance symbolique du centenaire de la Grande Guerre (voir le 2 janvier 2014), est que cette dynamique est celle de l’effondrement du Système dont rien, absolument rien ne réclame qu’il se fasse dans l’apocalypse nucléaire, parce qu’alors elle pourrait bien être, cette dynamique, le fruit de la panique psychologique totale naissant de la perspective soudain apparue que le risque de la guerre nucléaire existe plus que jamais…» Source : DeDefensa Lire aussi : Notes sur la métamorphose furieuse des cloportes 86 réponses

http://www.les-crises.fr/la-folie-systeme-a-marche-forcee/

Sapir et la chute du dollar
Lire la suite
Lire la suite