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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #europe supranationale tag

LES PEUPLES DOIVENT-ILS PAYER POUR LA CRISE FINANCIÈRE ? Intervention de Lucien Pons au café de la démocratie à Nice le mercredi 2 juin 2010.

12 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Europe supranationale, #La nation ., #Economie

CAFÉ DE LA DÉMOCRATIE

Juin 2010

http://cafedemo.free.fr

LES PEUPLES DOIVENT-ILS PAYER POUR LA CRISE FINANCIÈRE ? Intervention de Lucien Pons au café de la démocratie à Nice le mercredi 2 juin 2010.

LES PEUPLES DOIVENT-ILS PAYER POUR LA CRISE FINANCIÈRE ?

Le tourbillon médiatique qui accompagne l'attaque sans précédent que subit la zone euro, ne permet pas de discerner les lignes forces qui agissent en coulisse, afin de piller les états et les peuples. Tout cela conduit bien évidemment à la mise sous tutelle des économies nationales. Le pire est bien sur l'abandon total de la souveraineté populaire. En effet, il faudra avant de voter le budget national, que celui-ci soit contrôlé par des instances supranationales. La commission européenne, l'euro groupe, le FMI vont donc piloter et gouverner les pays européens pour le plus grand bien des acteurs financiers florissants que sont, les banques, les assurances et les fonds spéculatifs. Rappelons en passant, qu'aucun élu de quelque pays que ce soit ne participe aux décisions prises.

Sous le prétexte de sauver la monnaie unique. Sous le prétexte de protéger les différents pays de la zone euro face à la vague montante de la spéculation financière. Les chefs d'états et de gouvernements réunis à Bruxelles, en collaboration avec la commission européenne et le FMI (encore lui!) ont mis en place des plans d'austérité. Ces décisions très graves constituent une attaque sans précédent contre le modèle social européen. L'ensemble des acquis sociaux sur ce continent est menacé. Il faudra donc se soumettre à la gouvernance mondiale pilotée par "Lémarchés". Aucune contestation n'est possible, tant sont éloignés et invisibles les donneurs d'ordres. Il va falloir abandonner notre statut de citoyens libres et égaux en droit, pour ne devenir que les sujets obéissants de sa majesté "La finance". La guerre totale que mène cette nouvelle divinité aux états souverains et aux peuples, dans le but de piller les richesses qui lui échappent encore, est terrifiante.

Elle utilise les techniques sophistiquées mises au point par les stratèges ultralibéraux, adeptes de la théorie "Du chaos destructeur". Parmi ces armes de destruction massive on peut citer:

  • La maîtrise des esprits par le biais des média dominants entièrement sous contrôle.
  • Le mécanisme de la dette.
  • Les crises financières à répétition, avec comme conséquence la capitulation des gouvernements en rase campagne face à ces barbares des temps modernes.

Les états à l'issue de la crise des "Subprimes" ont tous nationalisé les pertes et privatisé les profits. Cette mécanique mortifère développe actuellement, et en direct, la deuxième partie de cette valse macabre au bal des vampires. En effet, les différents états ont injecté des liquidités très importantes dans les banques à l'automne 2008 pour les sauver de la faillite. Ils ont tout naturellement emprunté de l'argent sur le marché et ont donc augmenté la dette de façon exponentielle. Les acteurs financiers sauvés de la faillite par la puissance publique se retournent contre elle pour le dépeçage final. Les nouveaux héros seraient donc ces "Banksters" sans foi ni loi dont le seul objectif est le pillage systématique des peuples. Ils ravagent la planète depuis une quarantaine d'années environ. La doxa ultralibérale impose partout la croyance divine en les vertus supposées du libre marché et de la libre circulation des biens et des services. La fameuse"Concurrence libre et non faussée" est l'arme idéale utilisée pour la destruction totale de tous les services publics.

Que faut-il faire?

Ø Faut-il sauver "Les marchés" et les spéculateurs, en assassinant les peuples et la démocratie?

Ø Faut-il tordre le cou à ces pirates des temps modernes qui sèment la terreur et la mort là où ils peuvent officier en toute liberté? L'exemple irakien est parfaitement éloquent à cet effet.

Une chose est absolument certaine:

Il faut retrouver la force de dire non.

Il faut retrouver le courage de bâtir un autre avenir que celui promis à nos enfants.

C'est plus que jamais indispensable.

N'oublions pas que les principaux désastres écologiques sont à imputer au capitalisme mondialisé.

N'oublions pas que :"La terre ne nous appartient pas mais que nous l'empruntons à nos enfants."

Nous avons le devoir de réagir.

Il me vient à l'esprit les paroles du Général De Gaulle dans son discours à Alger le 23 avril 1943:

« Un régime économique et social tel qu’aucun monopole et aucune coalition ne puissent peser sur l’Etat, ni régir le sort des individus, où, par conséquent, les principales sources de la richesse commune soient ou bien administrées, où, tout au moins, contrôlées par la nation, où chaque Français ait, à tout moment, la possibilité de travailler suivant ses aptitudes, dans des conditions susceptibles d’assurer une existence digne à lui et à sa famille. Un tel régime politique, social, économique, devra être conjugué avec une organisation internationale des rapports entre toutes les nations, telles que, dans un monde dont l’interdépendance est désormais la loi, chaque peuple puisse se développer suivant son génie propre et sans subir aucune oppression politique ni économique ».

Des solutions existent. Elles sont éminemment politiques.

Les élus du peuple, les partis politiques, les syndicats et tous les acteurs de la vie publique ne doivent pas démissionner devant ces bandits de grand chemin.

Les représentants de la souveraineté populaire ont l'obligation de se ressaisir et d'assumer la défense de l'intérêt général au risque de déplaire à la caste dirigeante Le courroux des puissants sera grand, la riposte est certaine. Mais la légitimité populaire peut et doit imposer à ce capitalisme financier mondialisé des règles contraignantes et pérennes.

Quelques pistes à étudier:

Ø La séparation entre les banques de dépôt et les banques d'investissement doit intervenir sans délais pour assécher les bulles spéculatives. Cette mise au pas des banques avait déjà eu lieu aux USA en 1934 dans le cadre du "New Deal", et en France après la libération dans le cadre "Du programme du Conseil National de la Résistance".

Ø La priorité doit être donnée au plein emploi avec des salaires décents. Il faut l'imposer aux puissants.

Ø L'affirmation de la souveraineté nationale, avec comme corollaire la défense de l'intérêt général, doit supplanter les dogmes libre-échangistes en vigueur aujourd'hui.

Ø La défense et le renforcement des services publics sont incontournables. D'autres axes politiques sont à mettre également en avant. Ils pourront être abordés lors de la réunion au cafédémo le mercredi 2 juin 2010.

Lucien PONS

cafedemo@free.fr

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UKRAINE - La face hideuse du nazisme, vidéo.

11 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale

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TISA TTIP le grand marché transatlantique menace les services publics

11 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le traité Transatlantique., #La nation ., #Europe supranationale, #Services publics

TISA TTIP le grand marché transatlantique menace les services publics

Le site d’information en ligne Basta mag publie l’article suivant au sujet du TISA dont nous nous faisons l’écho. L’UE mène dans le plus grand secret des négociations avec les USA pour créer un grand marché transatlantique (GMT / TTIP ) menaçant l’ensemble des conquêtes sociales et démocratiques. Droit des travailleurs, protection de l’environnement, services publics. Tout cela est menacé, alors qu’il semble que les traités prévoient même le recours à une justice privée ! Bien sûr jamais les peuples n’ont été consultés. Pire, les négociations sont secrètes reposant sur un mandat opaque de la Commission Européenne. Preuve s’il en est du caractère anti démocratique de l’UE construite par l’oligarchie capitaliste pour défendre uniquement ses intérêts et écraser la classe des travailleurs. Preuve s’il en est du ridicule de ceux qui défendaient cette UE « contrepoids » aux USA, de ceux qui s’illusionnent en croyant que l’UE peut être réformée, comme si on pouvait rendre un crocodile végétarien ! Non l’UE est une arme de destruction massive de la classe capitaliste.
C’est wikikeaks qui avait révélé une partie des documents de négociations de cet accord de libre échange. L’Humanité le 25 juin dernier en faisant sa une, titrant un on ne peut plus claire : L’accord top secret qui doit dépecer les services publics

L’accord top secret qui doit dépecer les services publics – See more at: http://www.humanite.fr/laccord-top-secret-qui-doit-depecer-les-services-publics-545491#sthash.zGVbwBW6.dpuf

L’accord top secret qui doit dépecer les services publics – See more at: http://www.humanite.fr/laccord-top-secret-qui-doit-depecer-les-services-publics-545491#sthash.zGVbwBW6.dpuf

Tisa : des syndicats du monde entier appellent à cesser ces négociations commerciales secrètes

Les réactions se multiplient du côté des syndicats depuis quelques jours pour dénoncer l’Accord sur le commerce des services (ACS, ou Tisa). Un traité en cours de négociation entre une cinquantaine de pays (lire notre enquête Tisa, ces négociations commerciales secrètes qui visent à accélérer privatisations et dérégulations). En France, le syndicat Force ouvrière (FO) déplore le silence du gouvernement concernant ces négociations, qui visent à ouvrir le « marché des services » à la concurrence internationale. Lors d’une rencontre le 1er juillet avec la secrétaire d’État chargée du Commerce extérieur, Fleur Pellerin, le syndicat lui a demandé des clarifications. FO interpellera aussi le gouvernement lors de la conférence sociale, la semaine prochaine.

Le 27 juin, le Comité syndical européen de l’éducation (CSEE), qui représente 132 syndicats d’enseignants en Europe et 11 millions de salariés du secteur éducatif, a exprimé « ses plus vives inquiétudes face à l’intention de l’Union européenne d’inclure les services d’éducation dans le cadre des négociations en cours sur l’accord de libre-échange pour le commerce des services ». Pour son directeur, Martin Rømer, il y a dans ces négociations le risque « d’intensifier les pressions visant à commercialiser et privatiser le secteur de l’éducation » et « de restreindre drastiquement la possibilité pour les États (…) de limiter l’entrée des institutions et établissement scolaires privés ou lucratifs sur leur territoire et de réglementer leurs activités ».

Un traité qui « dépasse l’entendement »

La fédération syndicale s’inquiète notamment de l’inclusion de la « clause de statu quo », dans cet accord (selon un document dévoilé par Wikileaks) : « Les gouvernements seront contraints de maintenir toutes leurs réglementations en vigueur en matière de libéralisation, si bien que leurs successeurs n’auront plus aucune possibilité d’introduire de nouvelles mesures permettant de limiter le commerce des services, analyse Martin Rømer. Cette situation est fondamentalement contraire à tout processus décisionnel démocratique »

Pour la Confédération syndicale internationale (CSI), « le projet d’accord dont débattent des représentants de gouvernements vise à affaiblir la réglementation des services financiers et à octroyer aux fonds spéculatifs, aux banques, aux compagnies d’assurance et autres prestataires financiers de nouveaux accès sur les marchés financiers » (communiqué du 27 juin). « Les gouvernements sont en train de négocier dans le plus grand secret des réglementations financières à la baisse », dénonce Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI. « Qu’ils veuillent aider les banques « trop grosses pour faire faillite » et conglomérats financiers à poursuivre leur expansion, cela dépasse l’entendement. »

L’offre de la Commission européenne

Plusieurs fédérations syndicales internationales ont appelé à cesser les négociations de l’accord Tisa : l’Internationale des services publics (qui représente 669 syndicats du secteur des services publics), UNI Global Union (900 organisations syndicales et 20 millions d’adhérents dans le monde, dans les secteurs de la santé, des médias, des télécommunications ou des finances), IndustriALL (50 millions de travailleurs de l’industrie, des mines et de l’énergie) et l’UITA (Union internationale des travailleurs de l’alimentation et de l’agriculture, 383 organisations membres). En 2013, elles avaient déjà, avec plusieurs centaines d’organisations, affirmé leur ferme opposition aux négociations, dans une lettre adressée aux ministres du Commerce des pays concernés.

Malgré les demandes répétées des syndicats et ONG pour une plus grande transparence, voire pour l’arrêt des discussions, le mandat de négociation donné à la Commission européenne n’a toujours pas été rendu public. Pour le commissaire au Commerce, Karel de Gucht, le secret sur les négociations est un choix « stratégique ». La Suisse, la Norvège et l’Islande ont pourtant publié leurs offres initiales de négociation (lire ici). Dans ces conditions, comment savoir quels seront les secteurs qui pourront être soumis aux privatisations et à la concurrence internationale ? « Dans son offre, l’UE a introduit une série d’exceptions qui lui permettent de prendre toute mesure qu’elle juge utile dans un certain nombre de secteurs, notamment l’audiovisuel, l’éducation publique, la santé publique ou l’eau », assure, dans son langage bien à elle, la Commission, interrogée par FO Hebdo. Impossible à vérifier, tant que l’offre initiale de l’Union européenne ne sera pas rendue publique.

Les services publics seront-ils protégés de toute menace de privatisation ? Là encore, réponse sibylline de la Commission : « L’UE a introduit une réserve horizontale lui permettant de sauvegarder des monopoles et des droits exclusifs d’exploitation dans le secteur public. La réserve est libellée comme suit : « les services reconnus d’utilité publique au niveau national ou local peuvent être soumis à des monopoles publics ou à des droits exclusifs octroyés à des opérateurs privés » » [1]. La transparence, c’est aussi une question de vocabulaire…

@AgnesRousseaux

http://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/tisa-ttip-grand-marche-transatlantique-menace-les-services-publics/

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Euro-fascisation : faire l’autruche ou affronter ? par Georges Gastaud

11 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation .

Euro-fascisation : faire l’autruche ou affronter ? par Georges Gastaud

Euro-fascisation : faire l’autruche ou affronter ? Montée de l’extrême droite, offensive de l’UE totalitaire contre les travailleurs, le philosophe Georges Gastaud livre ci-après une analyse politique fouillée de la situation et des perspectives politiques actuelles, mettant en évidences les dangers de l’euro-fascisation à l’œuvre.

Georges Gastaud est également secrétaire national du PRCF

Euro-fascisation : faire l’autruche ou affronter ? par Georges Gastaud

Certains mouvements progressistes, voire certaines organisations se réclamant du marxisme-léninisme, contestent l’existence en France, voire à l’échelle de l’UE, d’un dangereux processus de fascisation. Ce déni caractérisé, au moment où l’extrême droite tisse sa toile chez nous et sur tout le sous-continent, où l’UE-OTAN et ses Etats-membres se montrent de plus en plus répressifs et policiers, où la « Troïka » s’affiche comme une usine à diktats bafouant la souveraineté des peuples, où l’Empire transatlantique en plein Drang nach Osten « cherche la bagarre » avec la Russie et soutient des forces fascisantes ou carrément nazies de l’Ukraine aux Pays baltes, constitue un piège potentiellement mortel pour le mouvement populaire, communistes en tête. La première des conditions pour stopper un processus fascisant est d’en reconnaître l’existence, d’en définir la nature et l’assise sociale : c’est à cela que veut contribuer la présente analyse.

1 – Ni surestimation ni sous-estimation du processus de fascisation !

Pour le PRCF, il ne s’agit certes pas de surestimer, au stade actuel, le danger FN en France, d’autant que la lepénisation n’est qu’un aspect de l’euro-fascisation, dont l’épicentre se situe dans les centres de pouvoir et les institutions même du grand capital. Ne voir en effet que le « danger Le Pen », ce serait en effet prêter le flanc aux opérations de diversion de la social-démocratie, aux manigances des Julien Dray, S.O.S.-Racisme et autres officines manipulatrices du PS social-maastrichtien ; car le rôle de ces officines est moins de « combattre le fascisme » que de sauver le soldat Hollande, ou sa doublure Vals, en reléguant les questions sociales au second plan et en utilisant le « rassemblement bleu marine » pour faire oublier l’actuelle casse hollandienne de la Nation et des acquis sociaux : non seulement cet « anti-lepénisme » de parade serait la meilleure façon de promouvoir Marine Le Pen en la plaçant au centre de la problématique politique, mais cette diversion, typique du mitterrandisme recentré des années 80, n’aurait d’autre effet que de disculper le PS, responsable depuis l’ère Mitterrand-Jospin d’une politique euro-atlantique qui désespère le monde du travail, exaspère les patriotes républicains et ouvre en grand la voie de l’Elysée au front « national ».

Pourtant, la sous-estimation inverse ne serait pas moins dangereuse. Elle conduirait en fait à ignorer que le peuple français, comme d’autres peuples d’Europe, est actuellement pris en étau entre, d’une part, le Parti Maastrichtien Unique, ennemi de la République souveraine, laïque et indivisible (UMP, PS, UDI et, dans une large mesure Europe-Ecologie) et, d’autre part, ce que nous appelons l’U.M.’ Pen, c’est-à-dire le regroupement – d’abord sur le terrain sociétal (cf les Manifs pour tous) et xénophobe – du FN et de la droite « classique » dure ; un rassemblement bleu marial-bleu marine bordé de brun, dont le rôle ne serait nullement de sortir la France de l’euro et de l’UE ; il serait d’ouvrir une alternative pseudo-patriotique et en réalité, ultraréactionnaire, analogue au Tea Party américain, à la politique maastrichtienne avouée de l’UMPS, une politique visiblement à bout de souffle dans les couches populaires.

Certes, notre peuple est confronté à l’émergence du tripartisme, qui résulte à la fois de l’essoufflement du bipartisme UMPS et – sur le fond – de la marginalisation-dénaturation en longue période du PCF, désormais affilié au Parti de la gauche européenne, présidé par P. Laurent. Toujours est-il que désormais, trois candidats seulement (UMP, PS, FN) paraissent en position d’accéder au second tour de la présidentielle, clé de voûte du pouvoir d’Etat en France[1]. Mais ce tripartisme est largement une illusion. D’abord, répétons-le, parce que les politiques UMP et PS ne diffèrent pas qualitativement, comme on le voit au parlement européen où la droite et la social-démocratie cogèrent l’institution sans se soucier de majorité et d’opposition[2] ; ensuite parce qu’il ne faut pas gommer l’émergence des forces euro-régionalistes associées au MEDEF, type « bonnets rouges » ou indépendantistes corses, dans le cadre d’une politique patronale antifrançaise qui destitue l’échelon national au profit de l’Europe fédérale en gestation et des féodalités régionales, éventuellement « transfrontalières ».

Ensuite parce que la question est loin d’être uniquement, voire principalement, électorale. Notre pays – et l’UE elle-même – sont entrés, au moins depuis les référendums français et néerlandais grossièrement violés de 2005, dans une crise majeure du consentement politique. Au Portugal, en Espagne, en Grèce, en Bulgarie, de grandes manifestations populaires se succèdent sans trêve et le front syndical rouge de Grèce, le PAME, a même appelé les peuples d’Europe au « soulèvement » du haut de l’Acropole. Même si les organisations d’avant-garde susceptibles de diriger ces mouvements ne sont pas, ou ne sont pas encore, en capacité de diriger des insurrections menant à la rupture avec l’UE (les « quatre sorties » : de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme), la grande bourgeoisie sait bien elle, que le terrain bouge sous ses pas, et qu’il pourrait bien trembler. D’autant qu’aux marches de l’Europe, dans la partie Est de l’Ukraine, la population minière dément les prophéties sur la « mort du communisme », le drapeau rouge aux outils flotte sur la République populaire du Donbass où les mineurs communisants et les métallos antifascistes, assiégés par Kiev et par l’ « O.T.A.N(pro)nazi », revendiquent haut et fort la nationalisation des mines et le pouvoir aux soviets, envoyant aux communistes du monde entier un signal historique !

Plus « marxiste » et « léniniste » de fait que beaucoup de léninistes en titre, l’oligarchie capitaliste sait bien que « quand ceux d’en bas ne veulent plus être gouvernés comme avant et que ceux d’en haut ne peuvent plus gouverner comme avant, alors s’ouvre une période de révolution » (Lénine). Or « ceux d’en bas » consentent de moins en moins à la « construction » européenne, comme vient de le confirmer, en France et quasiment partout, l’abstention majoritaire de classe et de masse aux européennes. Quant à « ceux d’en haut », ils cherchent fébrilement, surtout en France et dans les pays dits du « Sud » européen où la social-démocratie traditionnelle (PASOK grec, PSOEespagnol, PS français…) s’est discréditée et où les partis du libéralisme classique se fissurent (crise de l’U.M.P.S.), à remettre en place des dispositifs politiques leur permettant de reprendre barre sur les classes populaires en sécession. Car « à notre époque, on ne saurait se passer des masses » (Lénine). C’est pourquoi tout le monde voit comme le soleil en plein midi que l’oligarchie européenne a décidé d’en finir avec ce que j’appellerai le complexe Jörg Hayder, du nom d’un leader néo-nazi autrichien dont la montée en puissance avait d’abord conduit à un raidissement « antifasciste » de l’UE dans les années 1990. Ces attitudes cosmétiques ne sont plus de saison. L’UE et le Conseil de l’Europe votent des résolutions – notamment l’indécent rapport Lindblatt – qui placent sur le même plan l’Allemagne nazie et la Russie soviétique (« surtout la seconde ! » eût dit Pierre Desproges !) à rebours de De Gaulle, qui déclarait loyalement en 1966 : « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération ». Aujourd’hui, l’ « eurarchie » bruxelloise fréquente sans états d’âme la droite dure flamande, qui persécute la langue française et les Belges francophones au nord de la Belgique, elle adoube le Hongrois Orban, qui se réfère au régent pronazi Horthy et elle réprime les « Rouges » ; elle soutient les dirigeants baltes – qui marginalisent les Russophones, interdisent les partis communistes, encouragent les nostalgiques baltes de la Waffen SS – ; elle « couvre » et encourage l’interdiction des symboles et des organisations communistes dans les ex-pays socialistes (Tchéquie, Roumanie, Albanie, Pologne, etc.) en attendant d’étendre l’interdit anticommuniste à toute l’Europe occidentale : car l’oligarchie sait bien, elle, contrairement à tant d’ex-communistes découragés, que le combat de classe anticapitaliste, que le mouvement des exploités vers le communisme a été, est et sera sans cesse reproduit par les contradictions même du capitalisme et qu’en conséquence, une renaissance communiste internationale se fera jour tôt ou tard sur notre continent.

Cerise noire sur ce gâteau infect, l’euro-oligarchie tient à bout de bras, avec l’appui du « démocrate » Obama et de l’OTAN. en marche vers l’Est, le gouvernement putschiste de Kiev fraichement « légitimée » par un référendum boudé par l’écrasante majorité des Russophones. Dans ce gouvernement, des nazis avérés issus du parti « Svoboda » occupent des postes-clés[3] ; les dirigeants de Kiev veulent d’ailleurs dissoudre toute forme d’opposition en interdisant à la fois le PC d’Ukraine et le « parti des régions » dont le chef de file est V. Yanoukovitch, le président légal destitué par l’émeute de l’Euro-Maïdan : bel atterrissage « pluraliste » et « antitotalitaire » en vérité pour cet Euro-Maïdan truffé d’antisémites primitifs, de russophobes préhistoriques, de cléricaux moyenâgeux et de lyncheurs anticommunistes ! En Grèce, le parlement européen tolère et finance d’ailleurs sans états d’âme des élus nazis du parti criminel Aube dorée pendant que le gouvernement de la droite classique menace d’interdire tout parti proposant de quitter l’UE, les communistes du KKE étant les premiers visés…

Quant à Herman Van Rompuy, l’actuel président du Conseil de l’Europe, il a « vendu la mèche » en montrant en quelle estime l’Empire euro-atlantique tient la démocratie, quand il a déclaré qu’il ignorait si les Européens étaient d’accord avec cela mais que, quoi qu’il en soit, l’UE s’élargirait à l’ensemble des pays de l’Est hors Russie (cf www.initiative-communiste.fr , déclaration du 12 mai 2014).

Bref, sous-estimer la fascisation, n’en pas saisir les racines de classe oligarco-monopolistiques, ne serait pas moins grave – c’est une litote – que ne l’est l’erreur inverse. Non, la fascisation n’est pas seulement un leurre ou un épouvantail politique destiné à rabattre vers la fausse gauche social-démocrate. A tout moment, si la crise du consentement politique européen et « franco-maastrichtien » s’aggrave, la fascisation, et dans ce cadre, la « lepénisation », peuvent aussi devenir « l’arme ultime » du grand capital pour préserver sa domination. Et ce sera même à coup sûr le cas si les oligarques européens jugent leur sacro-sainte « construction » euro-atlantique menacée par la « stupidité » des peuples et tout particulièrement, par le « retard insupportable » du peuple français. Quant à ceux qui « marchent à fond » dans la « dédiabolisation » du FN pratiquée par Marine Le Pen, ou qui se disent que les traditions démocratiques françaises rendent la fascisation impensable, qu’il nous soit permis de les renvoyer à la chanson de Jean Ferrat qui fit suite au coup d’Etat de Pinochet au Chili : « On a beau se dire qu’en France / On peut dormir à l’abri, / Des Pinochet en puissance / Travaillent aussi du képi ». Même si, nous y reviendrons, les « formes » et les moyens de la fascisation peuvent considérablement varier d’un pays à l’autre et d’une période historique à une autre.

2 – Fonction, formes et contenu de la fascisation

Certains camarades ou amis nous disent aujourd’hui, non sans quelque dangereuse naïveté :

  1. « Il n’y a plus de « danger » communiste, le communisme est mort, la bourgeoisie n’a plus besoin du fascisme pour « casser » le communisme ».
  2. « Où sont les bandes nazies ou les faisceaux fascistes terrorisant les gens dans les rues, comme c’était le cas dans les années 30 ? Le terrorisme fasciste n’existe pas ; d’ailleurs, le F.N. est un parti de l’ultra-droite républicaine, pas un parti fasciste » ;

D’autres personnes ou mouvements, dont certains s’affirment « républicains », vont jusqu’à affirmer que « pour finir, ce n’est pas le FN qui casse la France et la République, c’est le pouvoir UMPS » ; en clair, le FN est fréquentable au titre du patriotisme républicain. Ce raisonnement a récemment conduit les amis de N. Dupont-Aignan à soutenir une liste appuyée par le FN pour éliminer le maire PCF de Villeneuve-St-Georges.

Répondons à ces arguments et venons-en au fond sur l’essence et sur le contenu de classe profond de la fascisation.

D’abord, il est faux – et même, il est inconsciemment (espérons-le) anticommuniste – de prétendre que la fascisation est une réponse de la bourgeoisie au « danger communiste ». Dit ainsi, cela revient à faire de la Révolution d’Octobre la responsable indirecte du Troisième Reich, ou de la montée du PCF en 1936 la cause du pétainisme, ce qui est moralement et politiquement monstrueux. Au fond, que les PC se dissolvent ou s’assagissent, en un mot qu’ils « mutent » ou se « métamorphosent », et le danger fasciste disparaîtra (sic). Absurdité historique sans nom que ridiculise en France l’histoire des années 30/40. Cette histoire montre au contraire que le pic l’antifascisme a coïncidé avec la puissance du PCF, en 36 ou en 45/47, alors que l’apogée du fascisme – la conquête du pouvoir par les fascistes Pétain-Laval à l’abri des armées allemandes – a coïncidé avec la période où le PCF interdit semblait promis à l’éradication suite aux persécutions lancées par le « socialiste » Sérol et aggravée par les anticommunistes pathologiques de Vichy et par l’exécution en masse des militants communistes ou cégétistes (citadelle d’Arras, Chateaubriand, Mont Valérien, etc.).

En réalité, le fascisme et le nazisme sont des réponses brutales à la montée des luttes populaires (voir le beau film de Bertolucci « 1900 ») consécutive à l’aggravation des contradictions et des crises capitalistes. Que ces luttes prennent la forme consciente du communisme organisé et du syndicalisme rouge, ou qu’elles s’opèrent sous des bannières moins voyantes mais que la grande bourgeoisie aura toujours vite fait d’amalgamer partout au communisme. Quand la classe dominante peut faire tranquillement passer sa politique antipopulaire avec le consentement du peuple, elle préfère évidemment cette méthode qui est celle que La Boétie, l’ami de Montaigne, a depuis longtemps analysée sous le nom suggestif de « servitude volontaire ». Telle est le rôle fondamental de la démocratie bourgeoise, cette forme apparemment consensuelle et superficiellement « pluraliste » de la dictature de classe de l’oligarchie. Mais le recours à cette méthode « douce » n’est possible que lorsqu’il existe du « grain à moudre », comme le disait le « syndicaliste » André Bergeron dans les années 70. En clair, l’arme du réformisme, l’utilisation massive de la social-démocratie comme frein au combat de classe, n’est durablement efficace que lorsque la bourgeoisie impérialiste a les moyens de lâcher des « miettes » et de faire des concessions à la classe dominée de telle manière que les chefs de file réformistes du mouvement social puissent entretenir à la fois leur condition personnelle de planqués du système bénéficiant des retombées du système, et l’illusion de masse que le capitalisme (ou aujourd’hui, la « construction européenne ») peuvent être aménagés, « humanisés » et « démocratisés » de l’intérieur sans recours au combat de classe, à la révolution socialiste et à l’ « horrible » dictature du prolétariat. Bref, pour que les euro-réformistes prospèrent durablement, pour que les sociaux-démocrates au pouvoir ne se « grillent » pas en quelques mois, il faut que l’oligarchie européenne puisse de temps à autre « lâcher » ne serait-ce qu’une réformette « sociale » permettant de donner matière à l’illusion réformiste ou à l’idylle social-trotskisante des « Etats-Unis socialistes d’Europe ». Quand la crise de l’hégémonie politique et du consensus idéologique éclate sous le double impact de la crise structurelle du capitalisme mondial, de l’irrationalité délirante du système financier et du dispositif strangulatoire de l’euro[4], le consentement des masses prolétariennes et petites-bourgeoises – ce que plus largement A. Gramsci appelait l’hégémonie culturelle – tend à se fissurer. Les peuples « n’y croient plus » et le sol se dérobe sous les pieds de la grande bourgeoisie, laquelle sait parfaitement, ELLE, que la lutte des classes continue (et pour commencer, la guerre de classe enragée que le MEDEF mène au quotidien contre les conquis sociaux !) et qu’elle ne peut que s’aiguiser sous le talon de fer de l’euro-austérité à perpétuité. Bref, le réformisme traditionnel entre en crise et ses dirigeants, chefs de file du P. « S ». et de la CFDT, deviennent des adeptes de la contre-réforme avec « accompagnement » social. La contre-révolution anticommuniste se double alors d’un contre-réformisme social sur fond de contre-révolution idéologique antijacobine : et c’est particulièrement vrai d’un pays comme la France dont l’imaginaire populaire reste pénétré de l’imagerie de 1789 et aussi, bien plus dangereusement, de 1793. Un pays où, soit dit en passant, aucune grande évolution politique ne s’est jamais faite sans violence, à commencer par l’émergence de la 5ème République, née de l’insurrection militaire de février 1958[5]…

Bien entendu, autant que faire se peut, l’oligarchie préfère la méthode douce de l’inculcation dès l’école primaire des « valeurs européennes », de l’esprit d’entreprise, du tout-anglais impérial, etc. : pour proposer une image assez terrible, tant que la jeune femme exploitée a l’illusion que son souteneur « antitotalitaire » est sincèrement épris d’elle, elle tolère l’oppression et se laisse exploiter de bon cœur. Mais dès que Marianne se rebiffe, dès qu’elle refuse de « faire le taf » au seul profit de ses maîtres – en clair, dès que les luttes patriotiques pour la souveraineté, les luttes démocratiques pour les libertés et la paix, les luttes ouvrières pour l’emploi et les salaires esquissent les contours d’un possible Front de résistance antifasciste, patriotique et populaire, alors, commence pour la « demoiselle » (et la Grèce en sait quelque chose !) l’heure des passages à tabac, des diktats sans phrase de Bruxelles, bref l’heure des « tournantes » et du viol en réunion commandités par la « Troïka », si l’on peut nous passer ces images exécrables mais profondément réalistes tant la violence de classe faite aux peuples s’« agrémente » alors d’humiliations sociales, de répression antisyndicale et de viol du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Et si ça ne suffit toujours pas, la « gendarmerie européenne » en formation et en dernier recours, les forces « pré-Occupantes » de l’OTAN ne sont pas faites pour les chiens ! Là se trouvent les racines de classe capitalistes/oligarchiques de l’euro-fascisation (inégale mais partout active) de chacun de nos pays ; il serait suicidaire de les méconnaître en disant que « les communistes ne sont plus dangereux »… surtout quand on veut convaincre de la chose des militants franchement communistes qui savent parfaitement en l’occurrence qui défend les libertés et qui les détruit, qui menace vraiment et qui est franchement menacé en France et sur l’ensemble de notre sous-continent !

Dès lors les milieux dirigeants du grand capital ont avantage à laisser croître d’importantes forces populistes d’extrême droite dont le rôle est de détourner la colère populaire contre les travailleurs étrangers, les homos, les juifs, les « Roms », et bien entendu – contre les organisations franchement communistes et les syndicats « rouges » ; de telles forces provenant de l’extrême droite traditionnelle, mais aussi de plus en plus, de l’ultra-droite dite « classique »[6], constituant un RECOURS pour le maintien du système capitaliste et de son UE dans le cas où il faudrait franchir un seuil décisif dans l’usage de méthodes sanglantes, dite « contre-insurrectionnelles » contre les forces populaires avec en l’occurrence, l’UE ne s’en cache même pas, le rétablissement si nécessaire de la peine capitale. Feue la constitution européenne comportait déjà en filigranes des dispositions de cette nature, l’innovation étant aujourd’hui que, en cas de débordement d’un pouvoir national par une insurrection populaire victorieuse, l’ « Empire » (cette expression a déjà été utilisée publiquement par D. Strauss-Kahn, M. Barroso, H. Van Rompuy, pour désigner l’UE !) utiliserait sa « légitimité » supranationale pour éteindre l’incendie en recourant à la force armée européenne. Quoi de plus normal en somme pour cette Sainte-Alliance des oligarques « nationaux » dirigée contre les peuples qu’est l’actuelle UE ? Après tout, l’Union de l’Europe Occidentale et ses appendices ont été fondées pour abattre le socialisme en Europe, de même que la Sainte Alliance établie par le Traité de Vienne s’était donné la mission d’éradiquer les mouvements et les avancées issus de la Révolution démocratique-bourgeoise de 1789[7]…

Ajoutons que l’idée « les communistes ne représentent plus rien, donc que la fascisation est dénuée de sens » (sic), constitue par elle-même une grave une erreur d’appréciation. D’abord, s’il est vrai que dans un premier temps, les P.C. ont été affaiblis, non seulement par la répression qu’ils ont subie à l’Est dans le silence complice de la gauche européenne depuis les années 90[8], s’il est vrai aussi qu’à l’Ouest, certains P.C. se sont EUX-MEMES dénaturés et discrédités en cédant à l’antisoviétisme, en cautionnant l’ « eurocommunisme » et en ralliant la funeste « construction » européenne (rôle délétère de l’Italien Berlinguer, de l’Espagnol Carrillo et, pendant quelque temps hélas, à la fin des années 70, de G. Marchais), il n’en reste pas moins que le communisme n’est pas éradiqué en Europe, et encore moins en France, BIEN AU CONTRAIRE. Comme le disait Ambroise Croizat (principal maître d’œuvre, avec M. Thorez et Marcel Paul, du programme du CNR en 1945-47) en rappelant que les mots « commune » et « communisme » plongent leurs racines au plus profond de l’histoire de France, « il existe en France un noyau révolutionnaire indestructible ». En Europe, se dégageant peu à peu des rets social-maastrichtiens du PGE., un nombre grandissant de PC appelle désormais aux « quatre sorties », comme l’a fait pour sa part le PRCF depuis sa fondation en 2004. Certains PC et organisations communistes ont déjà rallié L’Initiative fondée par le KKE pour combattre l’U.E.. Le PC portugais progresse électoralement en portant une politique de « gauche patriotique et populaire » unissant le drapeau rouge frappé des outils au drapeau national rouge et vert. En France, le PRCF et d’autres forces franchement communistes travaillent – d’une manière encore invisible étant donné la chape de plomb médiatique – au regroupement des communistes en dehors de l’influence politique des dirigeants socialo-dépendants du PCF-PGE. Et surtout, qu’est-ce, sur le fond, que le « communisme », sinon « le mouvement réel qui abolit l’état de chose existant », en clair, le mouvement historique, indéracinable tant qu’existent une exploitation de classe et, conséquemment, une lutte des classes, en faveur de l’abolition du capitalisme et de l’émergence d’une société sans classes ?

Le mouvement communiste a d’ailleurs existé bien avant que ne se constituent les partis communistes, qui en sont la forme consciente et organisée. Le Manifeste du Parti communiste, publié par Engels et par Marx en 1848, commence même par la formule célèbre : « Un spectre hante l’Europe, celui du communisme ». Pourtant aucun PC n’existait encore à l’époque ! C’est que, bien plus consciente de ses intérêts de classe que ne l’est ordinairement le prolétariat, la bourgeoisie avait alors compris que le communisme était dialectiquement inscrit, comme sa négation pratique, dans les gènes de la société capitaliste : si bien que, paradoxalement – comme l’a repris J. Derrida dans Spectres de Marxl’anticommunisme a historiquement précédé le communisme organisé. Aujourd’hui, certains progressistes non communistes se croient à l’abri de la répression anticommuniste parce qu’ils ont répudié un « nom maudit » et qu’ils répudient la « caricature de socialisme » à laquelle se réduit selon eux l’Union soviétique. Mais qu’ils ne se fassent pas d’illusion. Si émergeait en France ou ailleurs un large mouvement franchement progressiste « pour les quatre sorties », les acteurs de ce mouvement deviendraient aussitôt pour la bourgeoisie – comme l’ont été successivement Fidel Castro (initialement non communiste !), Chavez et Maduro au Venezuela – les nouveaux « communistes de service » ; ils connaîtraient aussitôt triple ration d’ostracisme, de caricature, de dérision, de censure, voire de répression au sein des entreprises. C’est ce que vivent déjà aujourd’hui nombre de militants franchement communistes qui continuent en s’attirant les foudres principales de l’oligarchie, protégent de ce fait ceux qui se trouvent immédiatement sur leur droite et qui font bien rarement preuve de gratitude à l’égard de ces « maudits ». Dans une société divisée en classes, on est toujours le bolchevik de quelqu’un, comme le savent d’expérience tant de progressistes américains, italiens, anglais qui, n’ayant pas ou plus pour les protéger le « paratonnerre » d’un mouvement communiste puissant recevant les coups « pour tout le monde », font figure de « rouges » et doivent encaisser directement les coups des forces oligarchiques si timides que soient leur positionnement mâtiné d’anticommunisme et d’antisoviétisme « de gauche ». Le moment venu, soit un tel mouvement progressiste, patriotique et populaire dénonçant l’UE remplira sa mission devant le peuple en assumant l’affrontement anti-oligarchique jusqu’à la rupture révolutionnaire avec le grand capital ; dans ce cas, ce mouvement deviendra objectivement et à son insu, sur la lancée des affrontements politiques qu’il aura noblement assumés, un mouvement « philo-communiste » : et cela sous des formes neuves, bien entendu, car les formes de la révolution sociale sont toujours « l’œuvre vivante des masses », selon la parole ultime de Lénine ; c’est par ex. ce qui est arrivé à la révolution démocratique et patriotique dirigée par Fidel Castro en 1959 : le patriote cubain Castro est devenu communiste – et quel communiste ! – au fur et à mesure que se durcissait son affrontement avec l’Empire exproprié de ses latifundia cubains ; soit l’anticommunisme de confort – c’est-à-dire les tendances à s’accommoder du système que développent nécessairement les « couches moyennes » – finira par l’emporter dans le mouvement populaire ; inéluctablement alors, ce mouvement trahira ses engagements patriotico-populaires pour devenir une énième soupape de sécurité du système : c’est déjà largement le cas de Syriza en Grèce, de Die Linke en RFA, de la pseudo-« Gauche » du P.S. français, mais aussi des dirigeants du PCF-PGE, qui se sont engagés jusqu’à l’os dans la défense de l’ « euro au service des peuples » et autres mensonges social-maastrichtiens…

En outre, les AFFRONTEMENTS DE CLASSES ne peuvent que s’accentuer en Europe en en France au rythme de l’aggravation sans issue de la crise capitaliste surdéterminée par la crise interminable de l’euro et de la « dette ». La haine du rouge, du syndicaliste de classe, du militant de gauche anti-Maastricht, le flirt affiché et assumé d’une partie de la droite classique avec l’extrême droite, ne pourront donc elles aussi que se radicaliser à l’initiative d’une UE-OTAN qui, ne l’oublions jamais, a été programmée de A à Z pour abattre le camp socialiste, refouler la Russie soviétique, rendre le socialisme illégal en Europe (dixit Giscard d’Estaing). Les tendances à la fascisation sont donc totalement inhérentes à la « construction » européenne elle-même, cette machine à réduire les libertés démocratiques, à briser la souveraineté des peuples et à réprimer tout mouvement pouvant déboucher sur une issue socialiste.

Par ailleurs, on comprendra d’autant mieux l’essence du processus de fascisation que l’on cessera de pratiquer plusieurs confusions théoriques graves.

D’une part, la fascisation n’est pas le fascisme mais le mouvement vers le fascisme ; un mouvement qui se dessine et qui s’opère de l’intérieur même de la démocratie bourgeoise en crise. Tout cela a été démontré en théorie par les analyses de Maurice Thorez dans les années 30, puis par le 7ème congrès de l’Internationale communiste (il faut relire, sans hausser les épaules par préjugé anticommuniste, les interventions classiques de Georges Dimitrov, à peine sorti des geôles hitlériennes, à ce congrès historique). Ce constat a également été validé par l’expérience pratique des Fronts populaires antifascistes et de la Coalition antifasciste mondiale formée par l’Union soviétique dans la foulée de Stalingrad. Quand la crise du capital frappe, quand le consentement populaire se délite, quand le réformisme social-démocrate traditionnel se grippe et se met à tourner à l’envers (rappelons que le réformisme traditionnel se mue aujourd’hui en contre-réformisme !), alors la démocratie bourgeoise tombe le masque et révèle crûment son contenu de classe : la dictature de la bourgeoisie sur le peuple travailleur. De forme « souple » et « bonace » de la dictature bourgeoise qu’elle est ou paraît être dans les périodes ascendantes du capitalisme (un peu comme à la fin du 19ème siècle quand la bourgeoisie républicaine « jetait du lest » en légalisant les syndicats ou en séparant l’Eglise de l’Etat, etc.), elle devient de plus en plus démocratie d’apparence ou de pur apparat, « démocratie de basse intensité », osent déjà dire, sans s’en offusquer outre mesure, certains politologues qui voient ce qu’est devenue, au moins depuis l’époque de la guerre froide, la « démocratie » américaine barricadée contre le mouvement ouvrier. Déjà, les apparences du « libre choix » et du « pluralisme » ne sont même plus préservées par nos grands dirigeants « antitotalitaires » puisque partout en Europe, l’ « alternance » ne vise plus guère qu’à ajourner et qu’à conjurer l’alternative populaire et la mise en extinction de l’indépendance nationale. A l’armée, les généraux de jadis visitant la troupe ne demandaient pas, dit-on, si la soupe était bonne ou si elle était mauvaise mais seulement « si elle était bonne » ; eh bien dans l’actuelle UE, comme dans l’actuelle Franceurope pseudo-républicaine, on ne vous demande pas si vous voulez ou non « plus » de Maastricht, « plus » de constitution supranationale, « plus » d’austérité, de « décentralisation », « plus » d’anglo-américain à tous les repas, de casse des services publics et de délocalisations… ou si vous en voulez moins : quelle que soit votre réponse démocratique aux élections et aux référendums que le système est parfois forcé d’organiser, il est d’avance entendu qu’il faudra toujours « plus d’Europe », de régionalisation, de tout-anglais, de « réformes » néolibérales, etc. La phrase d’Hermann Van Rompuy évoquée plus haut (« nous le ferons quand même ») est significative de cet aspect proprement totalitaire d’un système condamné à fermer l’un après l’autre tous les espaces démocratiques qu’il avait d’abord ouverts pour « lâcher de la pression ».

Tout cela se traduit chez nous depuis des années par l’autoritarisme croissant, par l’Etat policier, par l’armée patrouillant dans les grandes gares (on n’y fait même plus attention, mais des Cubains venant en France sont choqués par ce déploiement de force permanent au « pays de la liberté »), par les « lois antiterroristes » qui, dans la « libre Angleterre », permettent d’emprisonner des suspects sans jugement et durant des années, par la proclamation à tout-va de l’état d’urgence comme l’a fait De Villepin en novembre 2005, par l’empilement des lois sécuritaires, par le musèlement des médias, par la vidéosurveillance à tout bout de champ, par l’espionnage américain omniprésent sur l’internet et par la fin, désormais banalisée, de l’idée même de correspondance privée ; aux Etats-Unis, la fascisation « douce » permise par le Patriot Act – et nullement abrogée par le « démocrate » Obama – est même allée jusqu’à légaliser la torture, ce qui met en cause un acquis juridique antérieur à la Révolution française et aux autres révolutions bourgeoises (la « question » a été abolie par Louis XVI suite aux campagnes des philosophes des Lumières !) et de plus en plus, par le musèlement de la grève et par l’encadrement « constitutionnel » du prétendu « dialogue social » à sens unique entre le patronat et les syndicats jaunes du type CFDT. Dans les entreprises, la pratique du harcèlement moral se développe, comme l’a démontré naguère le député communiste Georges Hage, président d’honneur du PRCF. ; et tous les syndicalistes de classe savent bien que ceux qui tiennent tête dans les boîtes, y compris dans les « services publics », à la différence des « syndicalistes » qui « copinent » avec les chefs, doivent s’attendre aux pires vexations – en guise de « dialogue social » entre « partenaires sociaux » égaux !

Tout cela, certes, n’est pas encore le fascisme : les menottes de la dictature de classe enserrent de plus en plus les poignets de Marianne, mais pour le moment, le sang passe encore dans nos vieux pays impérialistes qui ont encore un peu (de moins en moins !) les moyens de s’acheter la paix sociale en offrant des jouets électroniques aux jeunes et aux adultes infantilisés. Mais comme le signalait Dimitrov, les mesures de fascisation prises dans le cadre de la démocratie bourgeoise en phase régressive préparent chaque jour un peu plus les esprits, elles les habituent à l’intolérable, elles les dissuadent de résister, elles constituent l’évolution continue, « quantitative », par degrés insensibles, qui prépare le seuil décisif, le saut qualitatif du fascisme proprement dit, de la « dictature terroriste » de l’oligarchie sur les classes populaires avec la mise en sommeil de la démocratie bourgeoise suicidée sur l’autel des intérêts de classe.

D’autant que dans le même temps, les partis ultraréactionnaires fascistes ou non (encore) fascistes se développent sur des thématiques généralement xénophobes et que dans les partis de la droite « parlementaire », les orientations chauvines, la xénophobie, la « tziganophobie », l’anticommunisme, l’antisoviétisme à retardement, l’anti-syndicalisme, la haine du fonctionnaire, le machisme, le cléricalisme, « reprennent du poil de la bête » sous couvert de concurrencer l’extrême droite sur son propre terrain : on l’a vu d’une manière éclatante avec la période sarkozyste où les mesures liberticides et les attentats contre les formes les plus « sacrées » de la démocratie bourgeoise étaient quasi-quotidiennes[9]. Aux USA par ex., c’est la montée du Tea Party et la présence obsédante des néoconservateurs, lesquels fusionnent l’aile droite du parti « républicain » (archi-réactionnaire), les élus « démocrates » les plus bellicistes et l’intégrisme protestant ou sioniste dans une forme agressive, voire messianique, de pétainisme à l’américaine. Tout cela n’est pas encore le fascisme, cette mais cela crée déjà le terrain culturel et psychologique propice à l’avènement de la « dictature terroriste des éléments les plus réactionnaires du capital financier » (Dimitrov).

Ce processus de fascisation ne supprime pas les contradictions, parfois intenses, entre la droite classique et le fascisme : il les avive au contraire. Dimitrov signalait là encore que le fascisme n’arrive jamais au pouvoir sans une empoignade, parfois féroce, entre les partis fascistes proprement dits et les grands partis bourgeois « classiques », fussent-ils déjà gravement fascisés. Ainsi, après avoir été appuyés par le Vatican, les nazis allemands interdiront-ils le Zentrum catholique; Pétain interdira les partis parlementaires bourgeois laïques et non laïques qui, à l’exception du PCF., lui avaient pourtant remis les pleins pouvoirs, etc. Mais il est important de voir que la fascisation avance toujours d’abord sur ses deux pieds, l’un étant posé à l’extérieur et l’autre à l’intérieur à la démocratie bourgeoise. Si bien que ceux qui disent, « le vrai danger n’est pas le fascisme mais l’UMPS » ne saisissent pas que l’UMPS constitue par elle-même un facteur de fascisation puisqu’en détruisant toute alternative progressiste et patriotique, fût-elle sagement « réformiste », elle rabat objectivement, et parfois volontairement, sur l’extrême droite présentée comme seule alternative : le machiavélique Mitterrand, lui-même issu de l’extrême droite et du colonialisme militant, a ainsi sciemment mis Le Pen père sur orbite en 1981 : chacun sait qu’il s’agissait alors de faire diversion au « tournant de la rigueur » européiste de 1982, de masquer l’orientation stratégique du PS (détruire le PCF, combattre l’URSS aux côtés de Reagan), et rendre la droite classique inéligible en la flanquant d’un pôle extrémiste jouant le rôle d’un répulsif.

Il faut en outre concevoir historiquement le processus de fascisation. Même s’il y a actuellement un gros effort pour criminaliser le communisme et pour réhabiliter le nazisme comme un moindre mal (Courtois et Cie vont jusqu’à prétendre que Hitler était moins dangereux que Staline : quel camp eussent-ils donc choisi à Stalingrad ?), les horreurs perpétrées par Mussolini, Franco et Hitler sont telles que la grande bourgeoisie est forcée – du moins en France – de condamner en paroles les crimes sans égal du Troisième Reich. L’angle d’attaque est différent et se mène, comme nous l’avons suggéré sous l’étendard USURPE des droits de l’homme, de l’antitotalitarisme d’apparat, de l’indécente équation « communisme = hitlérisme » et « U.R.S.S. = Allemagne nazie », qui vise à diaboliser les premiers termes de ces deux équations tout en banalisant les deux seconds, et notamment en banalisant les camps d’extermination nazis. Les choses vont très vite puisque des Fabius et des B.H.L. en sont désormais à dédouaner les antisémites caractérisés du parti Svoboda en prétendant que, voyez-vous, ils ne sont pas vraiment d’extrême droite ! C’est en effet désormais au nom des « droits de l’homme » et du « devoir d’ingérence humanitaire », et non pas au nom du repartage impérialiste du monde, de la « civilisation chrétienne » et du triomphe de la « race des Seigneurs » que s’effectuent les guerres, blocus, et autres ingérences impérialistes en Syrie, en Ukraine, en Libye, etc. C’est au nom d’un libéralisme de parade – car le Capitalisme monopoliste d’Etat n’a jamais été si fort qu’aujourd’hui derrière la mythique « concurrence libre et non faussée » de l’Empire euro-atlantique – que s’installe une législation anti-ouvrière et antisyndicale, un code du travail rabougri ou inexistant, un « encadrement » de plus en plus pesant de la grève et du « dialogue social » sous constante pression patronale[10]. Bref, et sans qu’il soit question de mettre l’ensemble des militants du PS (voire ceux de l’UMP comme tels) sur le même plan que les adhérents d’un parti fasciste, la fascisation emprunte un masque « libéral », voire « social » (libéral-fascisation, social-fascisation) qui, notamment en criminalisant les grèves et l’action syndicale, OUVRIRAIT AISEMENT LA VOIE à des méthodes sanglantes si la situation sur le front des classes en lutte venait à l’exiger. Et déjà des sondages stupéfiants indiquent qu’une part croissante des Français doute de la République et rêve d’un pouvoir fort pour « faire passer les réformes ». Car c’est bien à cela que tendent les campagnes médiatiques qui vilipendent grossièrement les cheminots, les enseignants, les grévistes du spectacle, etc. en prétendant que « la France est irréformable » (sic), qu’il faut « un Etat fort », qu’une « grande coalition gauche-droite » comme en RFA (pour ratiboiser les acquis ouvriers et mettre à genoux « à la Thatcher » les derniers bastions rouges…). Et c’est alors la surenchère entre Copé, qui annonce qu’il gouvernera avec l’article 16 s’il accède au pouvoir, et Hollande, qui encourage ses ministres à « accélérer » et à gouverner par décrets pour accélérer les « réformes » de l’Etat, des services publics, etc.

Pourtant, nombre de militants progressistes, voire communistes, s’aveuglent sur cet aspect de la fascisation : pour certains, cela tient de l’aveuglement. Pour d’autres, c’est plus préoccupant ; cela signifie en fait qu’ils partagent inconsciemment ce carburant de la fascisation qu’est l’anticommunisme « de gauche » (bien souvent travesti en anti-stalinisme de confort). Ce poison idéologique est inséparable du social-impérialisme « de gôôôche » (allons casser la gueule à Saddam, à Bachar, à Mouammar, soutenons les prédations d’Israël, ne levons pas un doigt pour que cesse la strangulation économique de Cuba, renvoyons dos à dos les prédateurs de « Tsahal » et les résistants palestiniens ; et préparons-nous au conflit nucléaire avec Poutine et avec le PC chinois pendant qu’on y est !) que diffusent ou incarnent à longueur d’année Libération, le Nouvel Obs, Charlie-Hebdo, mais aussi Cohn-Bendit, Kouchner, B.-H.L. et autres gourous médiatiques omniprésents sur France-Inter, Télérama, etc. Certains de ces « progressistes » du « droit d’ingérence » vont d’ailleurs jusqu’à sympathiser niaisement avec des mouvements ultraréactionnaires et grossièrement cléricaux (du type Dalaï Lama ou secte chinoise Falungong[11] !). L’essentiel n’est-il pas de porter des coups au communisme et aux régimes « nationalistes » laïques qui, pour se garantir tactiquement des prédations de Washington, furent quelque temps les alliés militaires du camp socialiste ? Pas étonnant que les processus d’euro-fascisation restent totalement imperceptibles à ceux qui, confondant les formes idéologiques grossièrement nationalistes d’hier avec les formes actuelles de la fascisation (tantôt nationalistes, tantôt supranationalistes, tantôt… les deux), ne procèdent pas à une analyse matérialiste de son contenu et de sa fonction de classe universelle, laquelle consiste à conclure l’affrontement de classes qui procède de la crise du capitalisme par l’écrasement du mouvement ouvrier, progressiste, démocratique et réellement patriotique…

Quant à l’appréciation politique à porter sur le FN, elle doit être soigneusement pesée. D’abord la lepénisation n’est que la face émergée de la fascisation ; on ne peut la couper de ses racines de classe françaises[12], mais aussi européennes, ni du néofascisme européen « blanc ». Ce sont pourtant ces racines sanglantes que continue d’afficher sans honte la flamme tricolore (imitée du M.S.I. italien) du parti lepéniste.

Bien entendu, le jeu de Marine Le Pen est de se « dé-diaboliser » dans l’espoir d’accéder à l’Elysée ; pour cela elle aura besoin de bénéficier au second tour des voix de l’UMP radicalisée. Des convergences fortes se sont déjà tissées « en bas » lors des « manifs pour tous » et dans le slogan pré-factieux (venant de la droite) « Hollande, dégage ! ». Bien entendu, il n’est pas exclu qu’il y ait un « choc des tactiques » au sein du FN. entre Le Pen fille et le Le Pen père, la première choisissant d’attraper les mouches électorales avec du miel « républicain » en se présentant comme une néogaulliste ( !), le second restant sur une problématique fasciste, voire antisémite, plus franche et plus classique, de manière à ne pas rompre avec le noyau fasciste dur. Bien entendu, il n’est pas exclu que Marine Le Pen attende la disparition physique de son père pour rebaptiser le FN en « R.B.M. », changer de logo, marginaliser l’entourage trop voyant de Bruno Gollnisch, et surtout – si elle parvient au second tour face à un candidat du P.S. – pour tendre la main à la droite de l’UMP, notamment à la « droite forte » ; elle abandonnerait pour ce faire le thème de la sortie de l’euro – qui n’a d’ailleurs jamais été sincère chez les lepénistes[13] – et elle proposerait d’officialiser l’U.M.’ Pen pour mener une politique économique à la Thatcher (économiquement) et à la Orban (politiquement). Cela provoquerait aussitôt le regroupement, dans le futur R.B.M. ou en dehors de lui, d’un parti fasciste « décomplexé » ; en effet, il faut toujours une aile marchante clairement fasciste et « antisystème » pour tracter la fascisation ; cette recomposition de l’extrême droite servirait Mme Le Pen. On aurait alors l’équivalent un Tea Party franco-français en position de faire main basse sur le pouvoir et d’accélérer la destruction de la France en lui portant le coup de grâce du déshonneur, le terrain extraparlementaire étant occupé par les fascistes pur jus épisodiquement renforcés par les manifs de « réacs pour tous »…

Toute cette « recomposition » n’aurait rien d’anodin pour autant, rien de « républicain » ni même de « patriotique ». D’abord, avec la Le Pen brandissant le drapeau tricolore à partir de l’Elysée, il deviendrait encore plus difficile aux progressistes de défendre la nation : il est d’ailleurs faux que Le Pen père ait « du moins » servi l’idée de nation depuis les années 80 : il l’a tout au contraire salie et rendue suspecte à des millions de progressistes ; en France et dans le monde, l’arrivée de M. Le Pen à l’Elysée signerait la fin honteuse et impardonnable de la France de 89, de la Commune et du CNR. En outre, arrivant au pouvoir, la Le Pen aurait nécessairement à montrer d’emblée sa poigne contre le mouvement syndical, contre la gauche radicale et contre les banlieues-ghettos dont la révolte probable serait vite instrumentée pour réduire les libertés et militariser le pays : sans cette politique du gros bâton, la grande bourgeoisie cesserait d’ailleurs rapidement d’appuyer un F.N. qui pourrait lui coûter plus qu’il ne pourrait lui rapporter. Sans pour autant sortir de l’UE, on aurait alors une situation de guerre civile larvée ou ouverte, l’armée dans les banlieues récalcitrantes, plus certaines régions frontalières, déjà portée à l’autonomie et profitant de l’occasion pour faire sécession en se déclarant opposées au retour pseudo-jacobin de la « grande nation ».

Quant aux vrais communistes et aux progressistes républicains, ils perdraient tout espace politique puisqu’ils seraient à la fois réprimés par le pouvoir FN et rejetés par la gauche radicale, confortée dans son illusion suicidaire amalgamant « la » nation au fascisme. Bref, cet avènement de la Le Pen accélèrerait non seulement la mort de la France, mais sa faillite devant l’histoire et peut-être pour finir, sa balkanisation, sa partition – déjà dessinée par l’actuelle régionalisation – et sa mise en tutelle définitive à la yougoslave. Bref, la Le Pen au pouvoir, c’est assurément l’accentuation par d’autres moyens de la contre-révolution française et l’euro-désintégration du pays garanties, c’est la mort IRREVERSIBLE de la nation, c’est l’assurance d’un affrontement intra-national sanglant et communautarisé, dont il sera difficile de tirer quoi que ce soit de positif pour le monde du travail et les idées de progrès : alors, n’imitons pas l’aile sectaire du PC allemand qui, dans les années 1930, déclarait de façon suicidaire, aux dires de Dimitrov : « si le Troisième Reich de Hitler advient, ce sera six pieds sous terre et sous les pas du prolétariat vainqueur » (sic).

Il n’y a donc pas à choisir entre « combattre la fascisation » et combattre l’UE ; ces deux monstres politiques constituent les deux dimensions inséparables du même processus impérialiste, antinational, antirépublicain et anti-ouvrier. Il s’ensuit que la résistance à ce processus mortifère doit combattre sur deux, voire sur trois fronts : ceux qui veulent construire un « nouveau CNR » ou, pour le dire en termes plus marxistes, un Front de Résistance Antifasciste, Patriotique et Populaire (FRAPP !) pouvant ouvrir la voie au socialisme, doivent BRISER LA TENAILLE de l’UMPS, de l’U.M.’ Pen et leur alliance de revers avec les forces euro-régionalistes déterminées à dépecer la République indivisible héritée des Sans Culotte.

3 – Un nouveau CNR pour combattre sur tous les fronts

Le PRCF fut le premier, les documents en font foi, à lancer l’idée stratégique, distincte de toutes ses incarnations organisationnelles transitoires, d’un « nouveau CNR ». Cette idée est de plus en plus reprise mais elle donne lieu à des interprétations unilatérales.

Pour certains, de nouveaux Jours heureux doivent se préparer dans le cadre de l’UE, sur le mot d’ordre de l’Europe sociale, avec la gauche du PS, le Front de gauche, voire les Ecolos et certains éléments « républicains » ( ?) du MODEM.… C’est faire l’impasse, celle d’un « antilibéralisme » sans contenu, sur cette ligne de classe majeure qu’est l’acceptation ou le refus de l’UE, de l’OTAN et de l’euro. Comme l’ont déclaré au Plateau des Glières les Résistants Léon Landini et Pierre Pranchère, membres de la présidence du PRCF, « l’UE et l’euro sont antinomiques du programme du CNR ».

Pour d’autres au contraire, qui survalorisaient il y a peu la lutte électorale anti-FN, le cœur de cible d’un nouveau CNR doit être exclusivement l’UE, la fascisation n’existant pas à leurs yeux, ou bien ne concernant que l’Ukraine, le FN n’étant plus considéré comme fasciste, l’idée même de « gauche » étant reléguée au rang d’un leurre idéologique[14]. Quel terrible cadeau fait à la réaction qu’abandonner l’idée même de gauche alors que le pays tend à se droitiser, voire à s’ « ultra-droitiser » idéologiquement comme l’a montré le quasi-rejet dont a fait l’objet la grève légitime des cheminots de la part d’une grande partie de la population française confinée dans l’aigreur et le chacun-pour-soi ! Et quelle aberration de confondre la « gauche » établie, constituée non seulement du PS maastrichtien, mais des états-majors euro-formatés des confédés syndicales et d’une certaine « gauche radicale » socialo-dépendante, avec les idéaux de gauche – paix, coopération internationale, égalité entre les sexes, laïcité, République sociale, patriotisme populaire et internationalisme ouvrier, lutte pour les « Lumières » – bref, tout ce qu’incarne en France, avec leurs limites historiques évidentes, mais avec aussi leur grandeur incontestable, les noms de Jean Jaurès ou, sur un autre plan, de Jean Moulin !

Ces deux points de vue symétriques – dont l’un rejette la lutte anti-fascisation et dont l’autre refuse la lutte anti-UE – aboutissent potentiellement à neutraliser l’un et l’autre l’idée d’un nouveau CNR. Un nouveau CNR reprenant le slogan mensonger de l’Europe sociale ne pourrait en effet qu’apporter une caution de gauche usurpée à la mise à mort finale de la nation par désintégration de la France dans les « Etats-Unis d’Europe ». Comment des héritiers de la Résistance peuvent-ils ignorer que la construction du Front national de lutte pour l’indépendance de la France (mis en place par le PCF clandestin sous l’Occupation), puis le CNR historique, ont été formés pour affranchir la France de toute forme de joug étranger ? Objectivement une telle orientation rabattrait vers une social-démocratie de gauche, de type « Syriza ». Faute d’affronter l’UE, celle-ci échouerait lamentablement et il n’y aurait alors plus « sur le marché » qu’une « alternative » que je laisse à chacun le soin de deviner.

Quant à un « nouveau CNR » ignorant la résistance à la fascisation et à la lepénisation, il s’exposerait à de multiples dangers. Il resterait plus ou moins spectateur des mobilisations antifascistes et antiracistes qu’il tendrait à considérer a priori comme des leurres alors même que les fascistes frappent déjà dans les rues, que des Roms sont lynchés dans certains quartiers, que la xénophobie d’Etat bat son plein. Il offrirait prise aux attaques des groupes roses-bruns, proches du pouvoir social-libéral et de la pseudo-« gauche » atlantique, qui diffament les progressistes anti-U.E. en les accusant de complaisance envers l’extrême droite. Et surtout, un mouvement anti-UE ignorant la dimension antifasciste de son combat ne se donnerait pas les moyens de briser l’étau idéologique entre l’UMPS et l’UM’ Pen puisqu’il ne dénoncerait à fond que l’une des deux mâchoires du dispositif oligarchique. Le danger serait aussi de se couper de la mouvance communiste et progressiste continentale alors que l’UE ne peut être abattue que par une convergence de luttes intérieure et extérieure au territoire national. Or, c’est bien sous le drapeau de l’antifascisme que les mineurs du Donbass poussent la lutte nationale et qu’ils appellent, du même mouvement, à la nationalisation démocratique et socialiste des mines : de plus en plus, l’antifascisme, associé à la dénonciation claire et nette de l’Empire euro-atlantique, deviendra un « critère de convergence » des luttes puisque l’OTAN mise sur les nostalgiques du Reich pour relayer le Drang nach Osten de l’UE., pour « nettoyer » le mouvement communiste et le syndicalisme rouge, voire pour « porter l’adhésion populaire » à la « construction » européenne en crise (cf l’Euro-Maïdan et l’accord impérialiste récent avec la Moldavie). Enfin il importe que le front progressiste anti-UE en France même s’allie au front communiste paneuropéen contre l’U.E. et ses dérives fascisantes : sans quoi le mouvement pour l’affranchissement de la France n’aura pas d’assises solides dans la classe ouvrière internationale : un peu de patriotisme renie l’internationalisme, mais beaucoup y ramène… En France même, un mouvement progressiste anti-U.E. qui resterait indifférent à la fascisation ne « parlerait » pas aux travailleurs d’origine immigrée ou aux démocrates qui se sont engagés sur le terrain civique à partir de motivations antifascistes et antiracistes. Souvenons-nous au contraire de l’exemple admirable des F.T.P.-M.O.I. créés par le PCF clandestin pendant la guerre de 39-45 : les bataillons animés par Missak Manouchian, Joseph Epstein ou par les frères Roger et Léon Landini fusionnèrent l’antifascisme, l’antiracisme et la défense de l’indépendance nationale française pour écraser la « Grosses Europa » de cette époque.

Et surtout, constatons que la grande bourgeoisie lorgne à nouveau sur Vichy : les descendants du traitre Louis Renault, qui fabriquait des tanks pour le Reich pendant la guerre, ont eu antennes ouvertes sur les médias publics pour tenter leur opération de réhabilitation de ce personnage, alors que nos amis Annie Lacroix-Riz, Roger Silvain (ancien dirigeant de la CGT à Renault à Billancourt), etc. ne pouvaient même pas s’approcher des micros. On nous explique aussi aujourd’hui que le Colonel de la Roque, qui présidait la plus grande organisation d’extrême droite des années 1930, « n’était pas fasciste » et certains « historiens » à la mode promeuvent le thème odieusement glauque des « vichysso-résistants ». Quant à Pierre Pranchère et à ses camarades résistants des Maquis de Corrèze, ils ont dû beaucoup batailler pour que l’imprescriptibilité des crimes de guerre ne soit pas levée en France ; symétriquement de mode aujourd’hui de nier ou de salir carrément le « Parti des fusillés » en minimisant la contribution centrale du PCF clandestin à la lutte armée contre l’Occupant. Quoi d’étonnant à ce que les mêmes milieux européistes qui encensent la « construction européenne », la « Françallemagne », Angela Merkel et notre ancêtre à tous Karl der Grosse (Charlemagne), regardent avec une secrète indulgence ce Troisième Reich et cet « Etat français » qui, plus que tout autre, ont voulu naguère ériger la Grande Europe allemande et l’ « europ » (l’ancêtre hitlérien de l’euro !) sur les ruines fumantes de la Russie rouge et de la République « bleue » de Robespierre ?

C’est pourquoi une stratégie révolutionnaire sûre, équilibrée, de classe et de masse, héritière à la fois de la Révolution jacobine, du Front populaire et de la Résistance patriotique ET antifasciste, consiste à combattre à la fois les trois « piques » du trident antirépublicain : Parti Maastrichtien Unique, U.M.’ Pen en gestation et euro-régionalisme patronal. Pour desserrer la tenaille et briser ce trident, il faut à la fois marier la Marseillaise à l’Internationale, raviver le symbole de la Marianne au bonnet phrygien, opposer le front « rouge Marianne » en construction au rassemblement bleu marine et au drapeau clérical de l’Empire euro-atlantique ; il faut enfin – et c’est évidemment le plus difficile pour les militants issus de l’alter-mondialisme ou influencés par l’euro-trotskisme – percevoir le lien de feu et de sang entre l’euro-réhabilitation rampante du fascisme et l’euro-criminalisation galopante du communisme[15]. Là est la seule voie gagnante possible pour reconstruire à temps l’alternative populaire et progressiste.

Georges Gastaud, 26 juin 2014, 220ème anniversaire de la Victoire des armées révolutionnaires françaises à Fleurus.

Georges Gastaud est un philosophe marxiste, syndicaliste, secrétaire national du PRCF. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment Mondialisation Capitaliste et Projet Communiste, Sagesse de la Révolution, Lettre ouverte aux bons français qui assassinent la France, Essai sur la renaissance communiste, Internationalisme et Patriotisme éléments de réflexion marxistes sur la question nationale

[1] Il est faux que le cœur du pouvoir en France soit le parlement comme certains l’ont proclamé au vu de la cohabitation Chirac-Jospin de 97/2002. Certes à l’époque, Jospin dirigeait l’exécutif au nom de la majorité parlementaire, et non pas Chirac, élu du suffrage universel. Mais d’une part, la ligne politique de Jospin (privatisations, mise en place de l’euro, guerre de Yougoslavie derrière l’OTAN…) ne se distinguait pas de celle que Chirac appliquera directement dès 2002. Et surtout, c’est le président de la République qui dispose de la faculté d’exercer légalement la dictature en recourant à l’article 16 de la Constitution. Or pour les sciences politiques, le détenteur ultime du pouvoir est celui qui dispose du pouvoir de décréter l’état d’urgence et, ce qui va avec, du pouvoir de déclarer la guerre (extérieure ou intérieure). Il suit qu’en France, le vrai détenteur du pouvoir est le chef de l’Etat qui incarne sur une seule tête le mandat populaire qui, au parlement, est dispersé sur 500 élus inconnus du grand public. Et l’assujettissement du parlement au président a encore été renforcé par le quinquennat, qui place les législatives dans l’ombre des présidentielles. CQFD.

[2] Dernière illustration en date : Hollande et les autres dirigeants sociaux-démocrates européens ont voté pour le candidat conservateur Juncker à la commission européenne, c’est-à-dire pour l’homme qui a le plus fait pour consolider le rôle de paradis fiscal du Luxembourg quand il en était le Premier ministre !

[3] Il faudrait aussi parler du soutien de fait apporté aux égorgeurs djihadistes en Syrie et ailleurs. Le fond fascisant de l’impérialisme actuel a été révélé de manière crue dans les années 1980 quand Ronald Reagan et la réaction allemande brandissaient ensemble le slogan « plutôt morts que rouges » (lieber tot, als rot). Un slogan exterministe qui préparait une croisade nucléaire contre l’ « Empire du Mal » (dixit Reagan) soviétique. Cette politique maximalement réactionnaire, qui n’hésitait pas à prendre en otage la survie de l’espèce humaine pour abattre l’URSS, aurait pu déboucher sur la guerre mondiale immédiate puisque la doctrine militaire US de l’époque était ouvertement celle de la « première frappe nucléaire » (first use). Si elle n’a débouché « que » sur la contre-révolution anticommuniste des années 89/91, c’est parce que la menace de mort qui planait sur l’URSS, encore toute traumatisée par les 25 millions de morts provoquées par l’invasion nazie, a largement favorisé le social-capitulard Gorbatchev (lequel s’est contenté, sous le nom de nouvelle pensée politique, d’inverser le slogan occidental plutôt morts que rouges en un slogan pseudo-pacifiste et parfaitement contre-révolutionnaire : plutôt pas rouges que morts, en langage gorbatchévien codé : « priorité aux valeurs universelles de l’humanité sur les intérêts de classe »). Côté soviétique, cela s’est traduit par une politique néo-munichoise de désarmement militaire et idéologique unilatéral face aux exigences insatiables de Reagan, puis de Bush Senior : annexion à l’UE-OTAN centrée sur Berlin de la RDA, puis de toute l’Europe orientale, et présentement, des ex-République soviétiques occidentale (après l’Ukraine, la Moldavie, la Biélorusse, l’Arménie, la Géorgie : c’est sans fin). C’est la légitime rebuffade de Poutine, dont le pays est désormais le dos au mur face à l’UE/OTAN expansionniste, qui provoque la remontée des tendances impérialistes occidentales à l’affrontement militaire avec Moscou. D’ailleurs, dès les années 90, les dirigeants européens et atlantiques, Mitterrand inclus, soutenaient les talibans (pardon, les « combattants de la liberté ») contre l’Armée rouge et les communistes afghans.

Dès la « réunification » allemande des années 90, la RFA revancharde a donné le ton en pratiquant l’amalgame« communisme=nazisme » ; cela lui a permis à la fois de criminaliser la RDA en persécutant des centaines de milliers de communistes est-allemands (professeurs, juristes, cadres…) et de banaliser, voire de réhabiliter insidieusement le nazisme, ce rempart contre le bolchevisme (le NPD est légal en Allemagne, alors que le KPD est toujours interdit et que les monuments à Ernst Thälmann sont démontés…). Présidé par le prêtre-ouvrier communiste Désiré Marle, parrainé notamment par Henri Alleg, Margot Honecker et Mumia Abu-Jamal, le Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe (CISC, ex- Comité Honecker de solidarité internationaliste) a au contraire alerté dès le début des années 90 sur de double mouvement, allemand et paneuropéen, de criminalisation du socialisme et de banalisation du IIIème Reich. Un amalgame qui s’est effectué sur la base de l’équation dite « antitotalitaire », désormais inculquée à tous les écoliers européens, entre les nazis et les Soviétiques, entre les tortionnaires d’Auschwitz et les combattants de Stalingrad. Le CISC avertissait déjà qu’après avoir saccagé et délégitimé les acquis socialistes de la Révolution d’Octobre, la contre-révolution mondiale s’en prendrait fatalement aux avancées démocratiques liées à la Révolution française : souveraineté nationale, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sans ingérence impérialiste, laïcité, République une et indivisible s’agissant de la France, etc. Nous y sommes ! Il suffit de lire le Manifeste du MEDEF intitulé « Besoin d’aire » : l’anti-jacobinisme primaire constitue en France la continuation de l’anticommunisme et de l’antisoviétisme par d’autres moyens.

[4] De notre point de vue, la zone euro est crypto-protectionniste. Résultat avant tout d’un compromis euro-atlantique porté par l’Axe Washington-Berlin, l’euro garantit les exportations allemandes en Europe du sud tout en garantissant les USA du « made in Germany » et en laissant au dollar le rôle de monnaie mondiale. Mais ce système est instable car il tue les pays de l’Europe du sud, donc les débouchés allemands, si bien que la RFA doit se tourner vers le marché américain aux risques de nouvelles contradictions avec le suzerain US. Comment le Grand Marché Transatlantique résoudra-t-il cette contradiction sur le plan monétaire ?

[5] N’oublions pas que selon Marx, la France est le pays classique des luttes de classes menées jusqu’au bout. Jusqu’à la Révolution sans-culotte de l’An II ou à la Commune de Paris, mais aussi, en sens inverse, jusqu’aux coups bonapartistes sanglants de 1802, de 1852 ou à la répression versaillaise de la Semaine Sanglante (1871).

[6] En quoi les déclarations islamophobes de Copé sur le « pain au chocolat », ou son annonce qu’une fois parvenu au pouvoir il gouvernerait par décret en écartant le parlement et en recourant à l’article 16 de la Constitution – le situent-elles « à la gauche » du FN ? Il faudrait aussi évoquer les dérives social-fascisantes de certains dirigeants de la gauche classique, voire la doriotisation de certains ex-cadres du PCF ou de la CGT qui ont renié leur parti ou leur syndicat d’origine pour représenter le FN aux élections (ces tristes sires ont aussitôt été condamnés, faut-il le dire, par les organisations qu’ils ont ainsi tenté de compromettre)…

[7] L’U.E. de Maastricht (relancée par la contre-révolution anticommuniste des années 90) n’est pas sans rappeler la lugubre Europe contre-révolutionnaire de Metternich : car les évènements de 1989 (chute de la R.D.A.) n’ont pas seulement frappé au cœur la Révolution socialiste de 1917 ; encore une fois, la grande bourgeoisie contre-révolutionnaire de notre temps est devenue si réactionnaire qu’elle rejette une bonne partie des acquis révolutionnaires et antiféodaux qu’avait obtenus l’alliance de la jeune bourgeoisie progressiste alliée au peuple travailleur sous l’égide des Jacobins, de 1789-1794 ! Au demeurant le retour de formes féodales de pouvoir (la contre-réforme territoriale de Hollande-MEDEF reconstitue la France des duchés d’Ancien Régime !), l’alliance nauséabonde de l’Empire US avec les pétromonarchies féodalistes et esclavagistes du Golfe persique, avec les latifundistes sud-américains, etc., montre à quel point le capitalisme actuel devenu régressif renie ses origines révolutionnaires. Nous avons montré par ailleurs que l’idéologie « libérale » dont se couvre le système étatico-monopolistique actuel, est largement un leurre, de même que la fameuse « concurrence libre et non faussée ».

[8] Interdiction des symboles, du nom, voire des organisations dans quasiment tous les pays de l’Est alors que les PC au pouvoir n’ont nulle part recouru à la force au moment de la transition des années 89/91, chasse aux sorcières géante contre les fonctionnaires suspects de communisme en ex-RDA, éradication ou criminalisation de tout ce qui avait fait l’histoire des pays socialiste durant 40 ou 70 ans selon les pays, « pensions punitives » pour les retraités est-allemands de la fonction publique sciemment plongés dans l’extrême pauvreté, application rétroactive du droit ouest-allemand en ex-RDA pour « punir » les anciens dirigeants antifascistes, bref, tout ce qu’Henri Alleg, à la tête du CISC, appelait la « revanche posthume de Hitler ». A part le PRCF et le CISC, et plus occasionnellement quelques autres groupes, qui a alors défendu les « droits de l’homme » et la « liberté une et indivisible » dont les idéologues de l’antitotalitarisme nous rebattent les oreilles? Cf le livre de l’Américain MikaËl Parenti chez Delga « Le mythe des jumeaux totalitaires ».

[9] Qu’est-ce qu’un président de la République, « arbitre » de la nation au titre de la Constitution, qui préside un Congrès de l’UMP où il tourne en dérision les grèves et les syndicats ? Qu’est-ce qu’un chef d’Etat de la République laïque qui salue à Riyad « Dieu transcendant », qui fait l’éloge du curé contre l’instituteur, qui permet aux universités catholiques de délivrer des grades universitaires ? Qu’est-ce aujourd’hui qu’un Manuel Vals, véritable « Sarkozy de gauche », qui représente la France à la cérémonie de canonisation du pape Jean-Paul II en piétinant la loi organique de 1905 (« la République ne reconnaît ni ne salarie aucun culte »), etc.

[10] Désormais le schéma est bien rodé : le gouvernement bourgeois ou le patronat fixent leurs feuille de route pour le démontage des acquis, ainsi que la « marge de discussion » et le calendrier. Stéphane Sirot a bien analysé ce corsetage des relations sociales dans ses livres récents sur l’évolution du syndicalisme français.

[11] Après tout les mêmes ont bien soutenu Walesa, le syndicaliste bigot mis en avant par le Pape et par le clergé polonais pour détruire la République populaire de Pologne. Bizarrement, ceux qui défilaient alors par centaines de mille derrière la C.F.D.T. pour « défendre les ouvriers de Gdansk » contre les communistes, sont restés muets quand des millions d’ouvriers polonais ont été chassés de leurs emplois et sont devenus – comme l’étaient déjà leurs parents avant 1939 – la main-d’œuvre taillable et corvéable de l’Europe de Maastricht… Rappeler cela ne signifie nullement abdiquer le droit, voire le devoir des communistes de critiquer sur des bases marxistes les graves déviations bureaucratiques dont était affectée la « démocratie populaire » polonaise.

[12] Le F.N. est l’héritier de Versailles, de Vichy et de l’O.A.S., Louis Alliot vient de le réaffirmer ; le F.N. est aussi d’un anticommunisme paranoïaque : j’ai entendu de mes oreilles Marine Le Pen traiter France-Inter de « Radio Bolcho » alors que Guetta, Cohen et autre Legrand n’ont jamais dit QUE DU MAL de l’U.R.S.S., de Cuba, de Chavez et des communistes !

[13] Marine Le Pen est déjà « parée à virer », comme on dit dans la marine à voile. Le programme du F.N. ne prévoit pas de sortir de l’U.E. et concernant l’euro, il envisage seulement la « sortie concertée avec les 28 pays de l’euro ». Bref, Mme Le Pen ne sortira de l’euro que si les 28 pays le décident à l’unanimité, donc… si Berlin lui donne son feu vert pour cela, ce qui relève de la plaisanterie politique. Le F.N. en rébellion « nationale » contre l’Allemagne, qui donc a pu croire une fable pareille ? Mme Le Pen n’est-elle pas l’alliée, au parlement européen, du Vlaams Belang flamand, grand admirateur de la Germanie et persécuteur des Wallons et de la langue française dans tout le nord de la Belgique ?

[14] … alors que le P.S. appartient à la FAUSSE gauche et qu’il ne saurait y avoir de VRAIE droite sans, au moins potentiellement, une VRAIE gauche ! Comment pourrait-il y avoir un « vrai Pôle nord » si n’existait pas aussi – nous de le trouver, donc de le chercher ! – un VRAI Pôle sud ?

[15] … Que nous distinguons, faut-il le dire, de la très légitime discussion des thèses communistes !

Gabriac et Benedetti des JN (France)

Ayoub des JNR et Troisième voie (France)

Soral et Dieudonné(France)

nazis allemands du NPD

Nazis hongrois

Nazis suédois

Anders Behring Breivik nazi norvégien
qui a assassiné 77 jeunes sociaux-démocrates en juillet 2011 a prédit « nous sommes les premières gouttes de pluie qui annoncent l’orage », dans une lettre adressée à une prisonnière allemande néo-nazi.

violences d’État

répression policière

Dans toute l’Europe….

ils sont….

…prets

photomontage de l’artiste et militant communiste John Heartfield : Hitler la marionnette de la classe capitaliste

http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/euro-fascisation-faire-lautruche-affronter-georges-gastaud-10-juillet-2014/

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Panic button « La crise de derrière revient sur le devant… ! »

11 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie, #La mondialisation, #Politique intérieure, #Europe supranationale

Panic button « La crise de derrière revient sur le devant… ! »

« La crise de derrière revient sur le devant… ! »

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Je crois que nous ne sommes pas encore au bout de nos peines mes chers amis, mais en attendant, qu’est-ce que l’on rigole quand même !!

Oui on rigole bien parce que cela va faire presque deux ans que l’on m’explique que la reprise est définitivement là, que le pire de la crise est bien derrière nous, que tout va de mieux en mieux, que le chômage va baisser, d’ailleurs que même aux États-Unis c’est presque le plein-emploi alors si tout cela ce n’est pas une sacrée reprise je ne sais pas ce qu’il vous faut.
Alors l’or a baissé certes, mais finalement point d’effondrement comme cela fut pronostiqués par de nombreux oiseaux de mauvais augure en réalité « optimistement » béats et croyant dur comme fer à la propagande de nos États et de nos autorités économiques diverses et « avariées » chargées de remonter au cric le moral du consommateur insolvable en le priant de continuer à acheter encore plus de bidules dont il n’a pas besoin avec de l’argent qu’il n’a pas.

Bref, la crise est finie, quoique parfois quelques petites failles apparaissent dans ce tableau parfaitement mensonger et ce château de sable, ce n’est qu’une question de temps, finira par être balayé par la marée (comme tous les châteaux de sable).

USA la baisse du chômage est trompeuse, selon un dirigeant de la FED

C’est le titre d’une dépêche de l’AFP qui n’a pas fait la « une » de nos journaux préfèrant continuer à vous expliquer que tout va bien aux USA, que le chômage n’a jamais été aussi faible et que la récession de presque 3 % au premier trimestre c’est juste à cause du froid… Bien sûr.

Alors j’écris, j’explique, je détaille les chiffres (officiels) du chômage et je démontre sans problème et sans contestation possible que les chiffres du chômage ne sont pas vraiment truqués, non, ils sont mauvais, tout simplement mauvais MAIS tout le monde nous dit qu’ils sont bons… Évidemment, c’est moi qui passe pour un imbécile lors des dîners en famille car on me dit invariablement : « Mais Charles, tu racontes n’importe quoi, j’ai entendu au JT hier que le chômage américain n’avait jamais été aussi bas. » Et que voulez-vous que je fasse, moi, contre le journal du 20 heures… Rien ! Pourtant, j’indique la source (le BLS) avec le lien et tout le tremblement et… rien. Je fais la traduction du texte qui est en américain et… rien. Rien car le JT dit l’inverse de la vérité mais que voulez-vous, c’est le JT.

Alors cette fois je vais citer un membre de la FED lui-même. Oui c’est ça, un mamamouchi de la Banque centrale américaine directement lui-même de ses propres propos.

Donc selon Narayana Kocherlakota, président de l’antenne de la Réserve fédérale de Minneapolis et membre votant du Comité de politique monétaire de la FED (FOMC) :

« Si ce déclin traduit des progrès, cet indicateur pourrait bien surévaluer le degré d’amélioration du marché du travail américain. »

« La baisse du chômage depuis fin 2009 n’est pas liée au fait que davantage de chômeurs ont trouvé un emploi mais tient en grande partie au fait qu’ils ont cessé d’en chercher un. Cela est démontré par la baisse du taux d’activité qui mesure la part de la population occupant un emploi et qui est passé de 63 % avant la crise financière à 59 % actuellement. »

Et voilà, et c’est quoi moi, que je vous dit depuis des mois ?? En gros, la même chose mais remarquez, notre Narayana Kocherlakota n’a pas plus fait la « une » du JT que votre serviteur ici présent.

En Europe, où tout va mieux, la plus grosse banque portugaise est au bord de l’effondrement…

Les banques européennes sont solides, la crise est finie, le système bancaire est sain et même que l’on a fait tout plein de stress tests pour être sûr que tout va bien. Bon, évidemment, cela n’empêche pas que la plus grosse banque portugaise vacille pour cause de mauvais investissements, sans doute aussi parce qu’il y a « trop de croissance » en Europe et vraisemblablement également parce qu’il y aurait quelques menus arrangements comptables entre amis.

Du coup, comme à la belle époque, les bourses baissent (au Portugal, ça s’effondre), en gros toute l’institution est en quasi-faillite et il va falloir renflouer… mais avant de renflouer, il va falloir flouer… les épargnants qui, après, renfloueront avec ce qu’il leur restera comme con-tribuables.

Si ce n’est pas beau la vie.

Finalement, les taux d’emprunt du Portugal (le pays) commencent eux aussi à repartir à la hausse et hop ! nous revoilà avec la crise qui était soi-disant derrière nous, bien devant.

Mais tout cela, nous le savions depuis bien longtemps, ce n’était qu’une question de temps.

Préparez-vous et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »

Source pour la FED et le chômage US

Source pour la plus grosse banque du Portugal

http://www.lecontrarien.com/

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La parole est d’argent et le silence endort

11 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Economie

La parole est d’argent et le silence endort

Publié le 11 juillet 2014

Depuis la crise des banques qui a éclaté aux États-Unis en 2007/2008 et qui s’est répandue en Europe, la Troïka, composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI, s’est octroyée le mandat de résoudre la crise en Europe, pour le plus grand profit de ceux qui l’ont déclenché.

Le FMI ne peut en aucun cas faire partie de la solution vu les conséquences dramatiques des programmes d’austérité qu’il impose aux populations depuis plus de trente ans. Pourtant, nombre d’États s’acoquinent avec cette institution dans un cynisme décomplexé. Après la Grèce, l’Irlande et le Portugal, Chypre est le 4ème pays européen à passer sous la tutelle du FMI (article p.4). La Tunisie et sa « révolution » n’ont pas non plus échappé à ses griffes, tandis qu’en Ukraine, les difficultés financières sur fond de trouble politique sont une nouvelle opportunité pour l’institution d’imposer une thérapie de choc (articles p.10). Et le FMI poursuit également ses ravages plus au Sud. En témoignent dans ce numéro le Cameroun (article p.30) et, plus tragique encore, le Rwanda (article p.28).

La Troïka et les gouvernements européens qui lui sont acquis sont largement décriés dans les rues et sur les places. Massivement suivies dans leurs différentes étapes malgré le silence des médias dominants, des dizaines de milliers de personnes de tout l’État espagnol ont marché pendant des jours, voire des semaines, pour arriver à Madrid le 22 mars. Ces « Marches de la dignité », avec entre autres revendications le non paiement de la dette illégitime, l’arrêt des coupes budgétaires, des logements dignes, représentent la plus grande manifestation de l’histoire récente de l’Espagne.

La Troïka est également décriée, dans une largement moindre mesure, dans l’hémicycle. Un rapport sur les opérations du triptyque UE BCE-FMI a été voté le 13 mars au sein du Parle ment européen. S’il pointe de multiples irrégularités, dont son mandat « opaque et non transparent », en définitive ce document justifie et blanchit les actions de la Troïka1. Légitimant par là la tutelle de la Troïka, le Parlement européen agit aux antipodes des aspirations et intérêts des peuples qu’il est censé représenter.

Il est clair que les changements ne se feront pas que par les urnes. On a aussi, et surtout, besoin de changer le rapport de force à travers des mobilisations d’ampleur. De rendre visible et de grossir les rangs aux côtés de celles et de ceux qui se dressent, toujours plus nombreux-ses, contre le mode de production et de consommation actuel et opposent des alternatives, des solutions en acte pour changer réellement de société. ¡Sí, se puede !

Chypre, Tunisie, Ukraine, Europe, Afrique, etc.

A travers le monde, les politiques imposées par le FMI ou par la Troïka(Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) avec l’aide plus que coopérative des différents gouvernements, entraînent des catastrophes sociales. Au nom du remboursement de dettes, le plus souvent odieuses ou illégitimes, les choix démocratiques des populations sont niés… Sans oublier, par exemple, qu’« Au cœur du programme du FMI, il y a le démantèlement du système de subventions, qui concerne de nombreux pays africains, c’est un des objectifs du FMI depuis des années »

De cette riche livraison, je ne souligne que quelques éléments :

  • Christine Vanden Daelen souligne les effets genrés de la dette. Elle indique, entre autres, « La destruction des services publics génère une véritable substitution des obligations fondamentales de l’État vers le privé et donc vers les femmes. Désormais, ce sont elles qui doivent, via une augmentation de leur travail gratuit et invisible, assurer les tâches de soins et d’éducation délaissées par la fonction publique ». Voir aussi : Renforcer l’action collective des femmes pour changer le monde !

  • Concernant la dette publique, le CADTM complète ses propositions, entre autres sur les petits porteurs/porteuses : « A l’occasion d’une annulation de dettes publiques, il conviendra de protéger les petits épargnants qui ont placé leurs économies dans les titres publics ainsi que les salariés et les retraités qui ont vu une partie de leurs cotisations sociales (retraite, chômage, maladie, famille) placée par les institutions ou les organismes dans ce type de titres ». Et afin d’éviter la répétition de ce qui s’est produit en 2007-2008, le CADTM propose un nouveau cadre législatif intégrant : « interdiction de socialiser des dettes privées, obligation d’organiser un audit permanent de la politique d’endettement public avec participation citoyenne, imprescriptibilité des délits liés à l’endettement illégitime, nullité des dettes illégitimes, adoption d’une règle d’or qui consiste à dire que les dépenses publiques qui permettent de garantir les droits humains fondamentaux sont incompressibles et priment sur les dépenses relatives au remboursement de la dette… »

  • En complément de l’article de Renaud Duterme sur « Les racines étrangères du génocide », je rappelle son récent ouvrage : Rwanda. Une histoire volée. Dette et génocide, Éditions Tribord / CADTM 2013, De la responsabilité du FMI, de la Belgique, de la France ou de l’Église catholique…

  • « Près de la moitié des richesses mondiales est détenue par seulement 1% de la population. La richesses des 1% les plus riches s’élèvent à 110 trillions de dollars. C’est 65 fois la richesse totale de la moitié la moins riche de la population mondiale »

Sommaire

Chypre : le peuple dit non au mémorandum de la Troïka ! par le CADTM Europe

Billet d’humeur : La parole est d’argent et le silence endort : let’s build the Financial Times together par Manon Vadja

L’Union européenne face à la Tunisie et l’Ukraine : quelle aide pour quelle démocratie ? par Renaud Vivien

Le FMI poursuit sa route en Ukraine par Jérôme Duval

Dettes illégitimes en Belgique : les sauvetages bancaires par le CADTM Belgique

L’illégitimité de la dette est encore plus criante lorsqu’on est une femme ! par Christine Vanden Daelen

La proposition du CADTM concernant la dette publique par Éric Toussaint

Sortir du syndrome de Nauru par Renaud Duterme

Pour une Afrique libérée de la dette par Robin Delobel

Rwanda. Les racines étrangères du génocide par Renaud Duterme

L’audit de la dette publique camerounaise, une nécessité démocratique Interview de Jean-Marc Bikoko par Françoise Wasservogel

Puerto Rico : Crise de la dette à la caribéenne par Daniel Munevar

Première grève générale en vingt ans au Paraguay par Gustavo Zaracho

« Le FMI ne peut en aucun cas faire partie de la solution vu les conséquences dramatiques des programmes d’austérité qu’il impose aux populations depuis plus de trente ans » et comme l’écrit Eric Toussaint dans son livre Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante 2013, Au delà des individus, un système et des institutions leur permettant d’agir et les encourageant à le faire « Il faut donc obtenir à la fois que les fonctionnaires du FMI et de la BM soient redevables devant la justice pour les actes posés dans l’exercice de leurs fonctions et que les institutions en tant que telles rendent compte devant la justice pour les multiples violations des droits humains auxquelles elles se sont livrées, et continuent de se livrer, au Nord comme au Sud. »

Dernier ouvrage d’Eric Toussaint : Bancocratie, Retirer la licence bancaire aux banques coupables de crimes, poursuivre en justice leurs dirigeants et grands actionnaires

Les autres voix de la planète N°62, http://cadtm.org/Les-autres-voix-de-la-planete-no62

2ème trimestre 2014

La revue du CADTM, Liège 2014, 36 pages

Didier Epsztajn

1 Lire « Le Parlement européen questionne (à moitié) la Troïka », Fátima Martín, Jérome Duval, http://cadtm.org/Le-Parlement-europeen-questionne-a

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/author/entreleslignesentrelesmots/

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Réforme territoriale : Vous avez dit "droit d'option" ?

11 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La réforme territoriale, #La nation ., #Europe supranationale

Le Point.fr - Publié le 10/07/2014.

Réforme territoriale : Vous avez dit "droit d'option" ? Par Jérôme Cordelier

Afin d'amadouer les résistances locales, on va ouvrir le droit pour un département à changer de région. Mais pas à n'importe quel prix, loin de là.

Le gouvernement - au départ - y était hostile, le Parlement est en train de l'imposer. La réforme territoriale va faciliter le "droit d'option". Celui-ci, qui permet à un département de se séparer d'une région pour en rejoindre une autre, limitrophe, est d'ores et déjà prévu à l'article L 4122-1-1 du code général des collectivités locales. Mais les conditions de sa mise en oeuvre sont tellement draconiennes qu'il ne sert jamais. Le Sénat a voté un amendement facilitant l'opération, l'Assemblée nationale devrait suivre.

Le député rapporteur (PS) du projet de loi, Carlos Da Silva - le suppléant de Manuel Valls -, a écrit un amendement en ce sens. Le contexte est favorable : les députés avaient déjà voté un amendement déverrouillant ce droit d'option fin 2011, sur présentation des députés bretons Marc Le Fur (UMP) et François de Rugy (Verts) lors de l'examen d'un projet de loi sur l'application de l'article 11 de la Constitution. Cet article - qui allait loin dans l'ouverture de ce droit - avait alors été rejeté par le Sénat.

À consommer avec modération

Le projet de loi initial sur la réforme territoriale n'avait pas retenu de mesures sur le droit d'option. Argument : éviter les "débats sans fin". "Chaque département aurait souhaité être rattaché à telle autre région, on n'allait plus en finir", soutenait André Vallini, le secrétaire d'État chargé de ce dossier, début juin. Le 4 juillet, le gouvernement faisait volte-face. Par la voix du même André Vallini, l'exécutif se montrait favorable à un tel assouplissement.

Concession aux moult résistances locales. Et notamment aux fortes oppositions en Loire-Atlantique, en Charente et en Charente-Maritime, réclamant, respectivement, un changement de giron régional, pour un rattachement à la Bretagne pour les uns, et à l'Aquitaine pour les autres. À cela s'ajoute le désir d'élus du Territoire de Belfort de s'unir avec l'Alsace.

Assouplissement, certes, mais pas à n'importe quel prix. Un tel droit ne peut se consommer qu'avec modération... "Sinon, il pourrait entraîner des dislocations de territoires, souligne le député (UDI) de Maine-et-Loire Michel Piron, porte-parole de son groupe sur la réforme territoriale. La Picardie, par exemple, pourrait être démembrée, l'Oise rejoignant l'Ile-de-France, la Somme le Pas-de-Calais et l'Aisne la Champagne-Ardenne. On ne peut donc pas laisser un département faire sécession dans n'importe quelle condition. Il faut mesurer si cela ne risque pas de déstabiliser l'équilibre régional. Il est donc nécessaire de recueillir l'accord des deux régions."

Limitation dans le temps

Le Sénat en a voté le principe. Et, dans son amendement, Carlos Da Silva prévoit "qu'un département et deux régions contiguës puissent demander, par délibérations concordantes, une modification des limites régionales visant à inclure le département dans le territoire d'une région qui lui est limitrophe, sans autre condition". Mais avec une limitation dans le temps : ce droit serait ouvert aux collectivités candidates entre 2016 (date prévue de l'entrée en application de la nouvelle organisation régionale) et 2020 (au terme du mandat des conseillers généraux élus en décembre 2015). Et le vote serait encadré. Michel Piron a ainsi déposé deux amendements sur le sujet. Par l'un, chacune des deux régions concernées par ce changement devrait l'approuver par un vote à la majorité des deux tiers. Par l'autre, il propose de transposer la règle qui prévaut dans l'intercommunalité : dans chaque région, il faudrait soit les deux tiers des départements représentant au moins la moitié de la population, soit la moitié des départements représentant les deux tiers de la population.

Comme on le constate, s'il s'agit de déverrouiller "le droit d'option", l'opération ne peut être que chirurgicale. En tout cas, l'article prévu va beaucoup moins loin que celui initié par les députés Le Fur et Rugy en 2011. Chauds partisans d'un rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, ceux-ci souhaitaient qu'un département puisse se séparer d'une région, sans que celle-ci ait son mot à dire. Ils prévoyaient que le peuple tranche, par référendum. Risqué.

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jerome-cordelier/reforme-territoriale-vous-avez-dit-droit-d-option-10-07-2014-1845074_244.php

Réforme territoriale : Vous avez dit "droit d'option" ?
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Grandeur et misère de l’Etat social par Alain Supiot.

11 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Services publics, #La mondialisation, #La nation ., #Europe supranationale

Alain Supiot

Juriste français spécialiste du droit du travail. Professeur au collège de France
Vient de publier chez Fayard "Grandeur et misère de l’Etat social" .

La mondialisation se fait –elle au détriment de l’Etat Providence ?

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Et si le marché dominait le droit et l’État ?

11 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure, #La nation ., #Europe supranationale, #La mondialisation

Et si le marché dominait le droit et l’État ?

07/10/2014 par annamarkonova

Alain Supiot est un juriste français spécialiste du droit social et de l’État social, professeur au collège de France et auteur de “Grandeur et misère de l’Etat” (Fayard).

Et si le marché dominait le droit et l’État ?

Cliquez ici pour regarder la vidéo

"La globalisation c’est l’effacement des limites. C’est le rêve ou la fiction d’un univers qui serait sans limites, soumis à la liquidité généralisée. Dans un tel monde, le droit est perçu comme un produit sur un marché qui serait devenu total. [...] Aujourd’hui, c’est l’idée de marché qui occupe celle de "grundnorm" (norme fondamentale) en tant que modèle d’autorégulation. [...] On ne peut rien faire dans un système où on dénie l’hétéronomie du droit. Le système se boucle sur lui-même, et c’est en cela qu’il faut repenser la manière d’instituer les communautés humaines [...] sachant que l’État n’a été qu’un moment dans la très longue histoire du droit : il n’apparaît qu’au 12ème/13ème siècle en Europe…"

Afin d’en savoir plus, écoutez/regardez son très enrichissant interview à France Culture : La mondialisation se fait-elle au détriment de l’état-providence.

http://theorisk.wordpress.com/2014/07/10/et-si-le-marche-dominait-le-droit-et-letat/

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UKRAINE, Porochenko, massacre, accord d'association [un commentaire du nouveau " Bastille-République-Nations"]

11 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale

UKRAINE, Porochenko, massacre, accord d'association [un commentaire du nouveau " Bastille-République-Nations"]

A la Pyrrhus

Le 27 juin 2014, le nouveau président ukrainien, l’oligarque Petro Porochenko, a signé le traité de libre-échange avec l’Union européenne. Ce texte, paraphé en marge du Conseil européen, complète le volet politique de l’accord d’association adopté le 21 mars. Des accords analogues ont été signés également avec la Moldavie et la Géorgie. Bruxelles est donc arrivé à ses fins, du moins sur le papier. A moyen terme, ce résultat pourrait cependant s’avérer une victoire à la Pyrrhus.

Pour l’heure, le prix humain qu’en payent les Ukrainiens, en particulier dans l’Est du pays, est redoutable. Car peu avant que les stylos ne s’agitent à Bruxelles, les forces gouvernementales poursuivaient tirs d’artillerie et raids aériens contre plusieurs villes du Donbass. Cette guerre oubliée des grands médias – dont aucun n’a cette fois parlé d’un chef d’Etat « qui massacre son propre peuple » – a fait des centaines de victimes civiles et des dizaines de milliers de réfugiés. Notamment depuis les massacres d’Odessa (le 2 mai, des groupes fascisants mettaient le feu à la maison des syndicats où s’étaient réfugiés des « pro-russes », dont une quarantaine périrent brûlés vifs) et de Marioupol. A la manœuvre : moins les troupes régulières que les bataillons de la garde nationale (recrutés parmi les volontaires pro-nazis), des milices privées, ainsi que des mercenaires étrangers. Des « conseillers » du Pentagone sont officiellement présents à Kiev.

Selon les Occidentaux, l’élection présidentielle du 25 mai a conféré une légitimité au nouveau pouvoir. Pourtant, ce scrutin avait été marqué par les exactions de bandes armées qui ont imposé la terreur aux opposants, en particulier au Parti communiste. Le candidat de ce parti, qui a échappé à plusieurs attentats, a été contraint de se retirer ; ses députés ont été interdits de siéger ; ses militants sont pourchassés.

Le 18 mars, les habitants de Crimée avaient largement approuvé leur réintégration au sein de la Russie (la presqu’île avait été rattachée à l’Ukraine en 1953). En revanche, dans leur majorité, les Ukrainiens de l’Est ne semblent pas souhaiter cette voie. Mais ils redoutent d’être soumis à la férule directe d’un pouvoir pro-occidental et anti-russe, qui comprend des nostalgiques du IIIèmeReich, et qui rêve d’intégrer l’OTAN. C’est sur ce terreau que différents groupes autonomistes armés ont prospéré dans les régions orientales, sans cependant proposer d’alternative politique claire.

Et maintenant ? A supposer même que le cessez-le-feu prenne réellement corps et tienne, le sort du pays s’annonce sombre. L’arrimage à l’UE exclut désormais que l’Ukraine rejoigne l’Union eurasiatique que Moscou a commencé à constituer avec la Biélorussie et le Kazakhstan. Force est pourtant de constater que les liens de l’Ukraine avec la Russie – historiques, familiaux, mais aussi industriels issus de l’intégration au sein de l’ex-URSS – sont incomparablement plus étroits que ceux avec l’Union européenne.

Les dirigeants européens disent garder en réserve une nouvelle vague de sanctions contre la Russie, soupçonnée d’armer les « séparatistes » de l’Est. En réalité, l’UE et Kiev ont au moins autant à perdre que Moscou dans une telle escalade. Ainsi, Gazprom a coupé, le 23 juin, les fournitures de gaz à l’Ukraine, qui ne payait plus ses factures – soit un arriéré de près de 3 milliards d’euros. En outre, les dirigeants ukrainiens voulaient que soit maintenu un « prix d’ami » pour les futurs contrats, là où les Russes proposent grosso modo le tarif moyen européen, ce qui n’est déjà pas si mal à l’égard d’un pays dont le chef de la diplomatie (ensuite remercié) a publiquement traité le président russe de « connard ».

L’aide des protecteurs occidentaux devrait vite s’avérer amère. La fourniture de gaz (acheté aux Russes) par les Européens ne pourra être que limitée – et chère. Quant à l’économie ukrainienne aujourd’hui sinistrée, les prêts européens et du FMI auront un prix : restructurations industrielles drastiques, austérité, démantèlement de la protection sociale, et hausse vertigineuse du coût de l’énergie pour les ménages.

En outre, le Commissaire européen à l’Energie notait récemment que les crédits pour « sauver » la Grèce étaient… quantité négligeable comparés aux masses financières qui seront nécessaires pour soutenir l’Ukraine. Ca promet.

VANESSA IKONOMOFF

source : BRN

http://www.communcommune.com/article-ukraine-porochenko-massacre-accord-d-association-un-commentaire-du-nouveau-bastille-republique-124119800.html

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