Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #europe supranationale tag

Le déni démocratique, un article de Pierre Lévy.

13 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

  austeriteLe déni démocratique

Le compte à rebours électoral emplit désormais l’espace médiatique d’un tintamarre assourdissant. Depuis quinze mois il est vrai, le bruit de fond de la « campagne » est allé croissant, sans guère de répit. Le message implicite est que la course à l’Elysée constitue une échéance capitale – « la mère de toutes les batailles » selon la bulle médiatico-politique, qui s’y prépare en réalité depuis cinq ans.

 

On peut cependant douter de cette importance, si l’on se place du point de vue du peuple, et des conséquences, directes ou indirectes, que ce dernier peut raisonnablement attendre des résultats des uns ou des autres.

 

S’il n’y avait qu’une seule remarque à faire quant au scrutin qui s’approche, elle tiendrait en un rappel de principe : l’élection présidentielle est, dans son essence même, un événement intrinsèquement anti-démocratique, tant par son statut que par ses effets. L’analyse est loin d’être nouvelle. Elle avait été produite dès 1962, lorsque le Général de Gaulle décida de modifier en ce sens la constitution alors vieille de quatre ans.

 

Le moins qu’on puisse dire est que les dangers alors dénoncés se sont confirmés, en réalité bien au-delà de ce qui avait été prédit. Quoiqu’on pense du chef de l’Etat de l’époque, au moins avait-il taillé cette réforme à sa mesure. Avec ses successeurs, la pérennité de l’élection présidentielle au suffrage universel a institutionnalisé l’effacement progressif de la démocratie, réduite désormais à un simulacre pervers.

 

Ainsi, si l’on prend l’exemple des deux candidats actuels jugés susceptibles d’accéder (ou de rester) à la magistrature suprême, l’on assiste à un spectacle burlesque ou affligeant, qui voit les équipes de campagne transformées en laboratoires marketing lançant « une proposition par jour », dont chacun sait, y compris une large part de leurs partisans respectifs, qu’aucune n’a quelque rapport que ce soit avec ce qui sera fait au lendemain du scrutin. En fait de « pouvoir du peuple », on nous sert plutôt les jeux du cirque – mais sans le pain.

 

Plus précisément : quelque soit le nom du vainqueur au soir du second tour, celui-ci n’aura été choisi, lors du premier tour, que par moins du quart des électeurs inscrits (dans l’hypothèse, très loin d’être acquise, où le score du champion aura atteint les 30%, et la participation 80%). Ce premier tour est en effet celui où l’on est censé exprimer une préférence politique. Encore cette proportion d’un sur quatre ne tient elle pas compte des votes « tactiques », ou déterminés par des circonstances (on vote pour tel ou tel, non qu’on le préfère, mais pour le mettre en meilleure position pour la course finale, ou pour « dégager » tel autre).

 

Bref, dans le « meilleur » des cas, plus de trois citoyens sur quatre, en réalité certainement beaucoup plus, ne seront pas « représentés » à l’Elysée. On aurait tort de considérer ce constat comme seulement « théorique » ou abstrait, car le scrutin présidentiel détermine la vie politique nationale, bien au-delà de la présidence de la République. A fortiori depuis que Lionel Jospin a aggravé jusqu’à la caricature cette dérive institutionnelle en introduisant le quinquennat à la place du septennat, avec comme conséquence d’installer les législatives dans la foulée de la présidentielle, réduisant la désignation des « représentants du peuple » à un sous-produit de la bataille suprême.

 

Le « vice » du système n’est donc pas seulement qu’il encourage le « pouvoir personnel », comme l’on disait en 1962. Plus fondamentalement, le déni démocratique que constitue la course à l’Elysée structure et contamine toute la vie politique nationale sur une base frelatée. Précisons que la règle qui n’autorise que deux candidats pour le second tour a joué un rôle crucial dans la « bipolarisation », une « bipolarisation » d’autant plus redoutable que les deux forces majeures partagent désormais des conceptions politiques communes, conformément au schéma européen dominant.

 

 

 

Parmi les citoyens de sensibilité ou d’engagement progressiste, il en est de nombreux qui partagent peu ou prou cette critique du scrutin. Bien souvent cependant, une fois cette pétition de principe affirmée ou admise, l’étape suivante du raisonnement s’énonce ainsi : les choses étant ce qu’elles sont, autant profiter de l’occasion pour « peser ».

 

Raisonner ainsi revient à considérer que le déni démocratique est irréversible, qu’on ne reviendra pas « en arrière », et qu’il faut bien se contenter de « faire avec ». D’ailleurs, ne nous serine-t-on pas que « les Français sont particulièrement attachés à cette élection » ? Peu contestent cette affirmation puisque désormais ici-bas, les sondages d’opinion valent certitude sans réplique.

 

On pourrait pourtant attirer l’attention sur un point : cette fois à nouveau, glisser un bulletin dans l’urne le 22 avril reviendra, qu’on le veuille ou non, à conforter l’ancrage, l’apparence de légitimité, et finalement la pérennité de ce type de scrutin, avec les conséquences délétères évoquées. A chacun de juger si ce raisonnement de principe est négligeable au regard des résultats attendus du vote. Il faut que ceux-ci soient bien considérables pour assumer cette récurrente schizophrénie qui pourrait ainsi s’énoncer : cette élection est inepte, mais j’y participe cependant.

 

 

 

Mais quels sont donc ces résultats espérés ? Selon l’expérience, la sensibilité ou l’humeur de chacun, les espoirs peuvent être immenses ou fort modestes, les illusions prégnantes, ou lucidement écartées.

 

C’est dans ce contexte qu’on peut s’intéresser à ce que de très nombreux médias ont nommé « le phénomène Mélenchon ». Ce n’est pas faire injure à l’ancien sénateur que de constater qu’en l’espace de quelques semaines, il s’est vu accorder les privilèges des feux de la rampe. Cette surexposition médiatique soudaine n’est sans doute pas étrangère à quelques arrière-pensées tactiques (ou stratégiques) de grands patrons de presse jusqu’à présent peu adeptes de « l’insurrection citoyenne ». Mais il serait absurde de négliger une dynamique bien réelle.

 

Incontestablement, différents facteurs ont concouru à enclencher celle-ci. La personnalité du candidat, et ses talents : oratoire, certes, mais aussi d’intelligence politique et de capacité à entendre et exprimer (fût-ce partiellement et à éclipse) une vraie sensibilité populaire (en la matière, le contraste avec la dernière décennie de ses alliés actuels ne pouvait jouer qu’en sa faveur…).

 

D’autre part, ce qui paraît émerger de sa campagne est une opposition radicale au capitalisme ultralibéral, un refus de se soumettre aux « contraintes » économiques érigées en dogme sacré depuis un quart de siècle, une ambition sociale proclamée. Si l’on voulait être taquin, on remarquerait qu’il est encore loin d’atteindre la tonalité quasi-insurrectionnelle que déploya François Mitterrand au congrès d’Epinay (1971). Plus sérieusement, il est incontestable que ce langage mobilise une partie, certes encore modeste mais manifestement grandissante, de la colère voire de l’exaspération populaires.

 

Cependant, il faut aussi citer l’envers de la médaille. Trois aspects retiennent en particulier l’attention.

 

D’abord, la sensibilité écologique est de plus en plus affirmée, et son opposition personnelle à l’énergie nucléaire, dramatique en elle-même, n’est que la partie immergée de l’iceberg, si l’on ose dire.

 

Certes, des considérations tactiques peuvent entrer en ligne de compte, mais, hélas, il est probable qu’il s’agisse bien des convictions réelles : intégration du discours consensuel vantant le « développement durable », la préservation des ressources de la planète, la sauvegarde de l’environnement – et pourquoi pas l’harmonie homme-nature, tant qu’on y est. Il affirme même : « je m’interdis le mot croissance ». Le candidat a en outre fièrement inventé le concept de « règle verte », transposition écologique de ladite « règle d’or » des économistes libéraux prônant la réduction de la dette : l’axiome consiste ici à asséner qu’il faut minimiser (voire « rembourser ») l’empreinte écologique de l’activité humaine. Règle d’or, règle verte – dans les deux cas, l’argument est le même : il faudrait « préserver les générations futures », « ne pas faire peser sur nos enfants nos comportements irresponsables d’aujourd’hui ».

 

On ne dira jamais assez à quel point cette idéologie postmoderne concentre les dimensions les plus régressives et réactionnaires de la pensée dominante. La démonstration sort cependant du cadre de ces quelques remarques.

 

Le deuxième élément a trait à la politique internationale. Certes, le champion du Font de gauche avait fait preuve de courage en refusant de s’associer à l’hystérie droit-de-l’hommiste lorsque la Chine était visée, notamment sur l’affaire tibétaine. Certes, son refus de diaboliser le socialisme cubain, et sa sympathie pour les régimes progressistes latino-américains étaient plutôt de bon augure. Las, là où Hugo Chavez et ses pairs ont dénoncé d’emblée et à juste titre hier l’agression occidentale en Libye, et aujourd’hui l’ingérence brutale en Syrie, force est de constater que le candidat n’a pas vraiment échappé aux poncifs dénonçant les « massacres ».

 

Le 18 mars 2011, il affirmait ainsi, à l’unisson de la quasi-totalité de la classe politique : « je soutiens la révolution libyenne » ; et rappelait son vote en faveur d’une motion au parlement européen demandant à l’ONU d’« intervenir militairement pour aider la révolution libyenne » (en réalité, une véritable contre-révolution). On sait (et on pouvait d’emblée prévoir) que le bras armé de ce sauvetage révolutionnaire engagé par Nicolas Sarkozy et David Cameron fut l’OTAN – une organisation dont le candidat propose, à bon droit, qu’on en sorte.

 

Notons enfin – et c’est le troisième aspect – qu’il ne propose nullement, en revanche, que la France se retire de l’organisation siamoise de l’OTAN (par sa naissance, ses inspirateurs, ses principes, son périmètre, et l’interchangeabilité constante de ses dirigeants) que constitue l’Union européenne. Même la sortie de l’euro est violemment rejetée, une position qui fait s’effondrer la cohérence opérationnelle du projet « antilibéral » qu’il promeut (cf. infra).

 

 

 

Mais en réalité, au risque de surprendre, tout cela est sans grande importance quant à la question : si je veux absolument passer par l’isoloir, qui choisir, qui ne pas choisir ? Si l’on tient vraiment à se poser cette question, alors il faut au moins tenter une réponse hors de tout affect, autrement dit qui exclut de soupeser les « bons » et les « mauvais » points, les aigreurs ou les indulgences, les sympathies ou les antipathies, les avals ou les griefs.

 

D’un point de vue matérialiste, la seule question qui vaille serait : quelles sont les conséquences prévisibles découlant du renforcement de tel ou tel mouvement électoral ? Il est alors nécessaire de suivre un raisonnement le plus rigoureux possible.

 

Que se passera-t-il au lendemain des élections ? Si le suspense est insoutenable quant au nom du futur vainqueur, on se console en sachant que la politique qu’il mènera ne comporte, elle, aucune incertitude : le nouvel élu lancera un plan d’austérité de bien plus grande ampleur que ceux déjà administrés.

 

Il ne s’agit pas là d’une prévision ou d’une hypothèse probable. Mais d’une certitude, inscrite dans les chiffres du déficit budgétaire français, et dans la lettre des dispositions européennes déjà en vigueur – en particulier les sanctions du Pacte de stabilité renforcé (« six-pack »). Cette perspective vaut quelque soit le verdict des électeurs (ainsi que l’avait aimablement précisé la Commission européenne aux électeurs irlandais, puis portugais ; pour la France, par délicatesse, c’est seulement implicite).

 

Dans l’hypothèse où l’actuel maître de l’Elysée est reconduit, nul ne peut avoir de doute sur la suite de ses intentions.

 

Mais si c’est « la gauche » ? La suite est la même, que les amis de Jean-Luc Mélenchon participent au gouvernement désigné par François Hollande, qu’ils n’y participent pas (hypothèse peu vraisemblable eu égard à la fascination qu’exercent les ors de la République sur la Place du Colonel Fabien, au prétexte qu’il faut être « à l’intérieur » pour influer sur les événements), voire que l’ancien sénateur accède lui-même à la magistrature suprême (hypothèse à peine plus vraisemblable que la précédente). Car personne ne peut imaginer un instant que la Commission européenne, fût-ce en maugréant, tienne un discours du genre : puisque les électeurs français l’ont décidé, et que, même, certains l’ont fait de manière plus massivement radicale que prévu, nous acceptons ne serait-ce que d’assouplir les exigences inscrites dans les traités et les directives.

 

Et du côté du Conseil européen ? Les vingt-six chefs d’Etat ou de gouvernement « partenaires » de la France, seront-ils tentés par un sursaut démocratique donnant acte au peuple français de son verdict électoral ? Poser la question, c’est y répondre. Dans le meilleur des cas, les pays actuellement dirigés par un socialiste – c’est-à-dire les poids lourds de l’UE : la Belgique, le Danemark et qui sait la Slovaquie – oseront suggérer à leurs pairs, indulgence suprême, d’accorder à Paris deux mois supplémentaires pour « tenir ses engagements ».

 

Jean-Luc Mélenchon exigera alors du nouveau président français qu’il « désobéisse à l’Europe ». Même s’il était juché sur 15% des suffrages voire plus, on n’est pas absolument certain qu’il obtiendra gain de cause de la part de l’actuel maire de Tulle. Notons cependant que cette « désobéissance européenne », désormais évoquée par le candidat du Front de gauche, est nouvelle, et plutôt sympathique (d’ailleurs, elle inquiète et fait enrager les dirigeants du Pcf, selon Jacques Nikonoff). Mais la vraie question reste : désobéir, mais jusqu’où ?

 

Car nul ne doit douter de la volonté de toutes les institutions européennes réunies – Conseil, Commission, « Parlement », et, in fine Cour de justice – de poursuivre le bras de fer jusqu’à la mise en place de sanctions financières croissantes. Les mécanismes ont été tout récemment renforcés, au point d’être quasi-automatiques, et d’application du reste bien plus large que le seul domaine budgétaire – et ce, sans même attendre l’entrée en vigueur aléatoire du projet de traité dit TSCG. Selon l’actuel droit européen, toute réforme économique et sociale susceptible d’avoir des conséquences « sur la zone euro dans son ensemble » (par exemple l’augmentation des salaires) est par exemple soumise à autorisation préalable de l’Union.

 

Que le carcan réglementaire européen ait récemment été resserré (dans la foulée de la crise des dettes) au point de ne laisser aucune marge de manœuvre à un gouvernement qui voudrait sortir de l’épure, voilà qui n’a guère été mis en avant par les grands médias. Or, nous en sommes là.

 

Il y a évidemment une ultime porte – et une seule : prendre la décision politique de s’affranchir des règles du club ; c’est-à-dire, en bon français, en sortir. Un jour ou l’autre, ce sera bien la voie qu’il faudra emprunter. Elle suppose cependant deux conditions : la volonté des dirigeants du pays de s’engager sur ce chemin ; et un mouvement populaire d’ampleur littéralement sans précédent pour appuyer ce choix et s’assurer de sa mise en œuvre.

 

Pour l’heure, ni le candidat du PS, ni son homologue du Front de gauche n’ont jamais ne serait-ce qu’évoqué cette perspective… si ce n’est pour la rejeter sur le mode vade retro Satanas. Quant au mouvement populaire, il est certainement potentiellement plus audacieux que les dirigeants cités. Il souffre cependant d’un petit handicap : aucun parti représenté à l’Assemblée nationale n’a jamais osé évoquer cette perspective, a fortiori accepté de porter politiquement cette exigence.

 

A l’évidence, aucune des deux conditions qui permettraient d’assumer jusqu’au bout ladite « désobéissance européenne » n’est donc remplie. La conclusion s’impose d’elle-même : à supposer que des velléités de s’échapper des contraintes imposées se manifestent, leurs initiateurs seront immanquablement « ramenés à la raison », de gré (le plus probablement) ou de force (le cas échéant).

 

C’était déjà l’Europe, via « la pressions des pairs » (en l’occurrence plus particulièrement de Berlin) qui avait supervisé la « pause » de 1982 décrétée par Jacques Delors, alors ministre de François Mitterrand ; le retour à l’orthodoxie d’un Jacques Chirac élu en mai 1995, après avoir, quelques semaines durant, flatté une politique volontariste contre la « fracture sociale » ; et la reddition de Lionel Jospin acceptant le Pacte de stabilité en octobre 1997, quatre mois après l’avoir dénoncé dans sa campagne.

 

Et pourtant à ces dates, l’UE ne disposait pas de moyens juridiques aussi précis, intrusifs et contraignants que ceux qui viennent d’être mis en place.

 

 

 

La critique habituellement opposée à cette démonstration est qu’elle ferait l’impasse sur le possible développement d’un puissant mouvement populaire susceptible de changer la donne. Cette objection mérite d’être examinée.

 

Car il n’est pas niable que si se développaient, au lendemain des élections (et vite, car le plan d’austérité sera exigé avant la fin mai, le calendrier de la Commission n’est pas un secret), des grèves massives paralysant le pays, et des manifestations rassemblant des millions de salariés, cela ne serait pas sans peser sur le nouveau pouvoir, lui permettant (ou l’obligeant à) une certaine fermeté. Mais ce rapport de forces ne peut influer que dans le cadre national. Les dirigeants européens ne changeraient pas pour autant leur fusil d’épaule. C’est même la raison d’être la plus fondamentale de l’intégration européenne : déconnecter les centres de décision politique de la volonté des peuples (en niant la souveraineté de ceux-ci).

 

L’on est dès lors ramené à la problématique précédemment évoquée. Ou l’on se libère de la tutelle, ou l’on est condamné à être ramené dans le « droit chemin ». Faute de force ou de dirigeant politique assumant la première option de manière conséquente (permettant ainsi au peuple de s’en emparer), c’est hélas la seconde qui prévaudra. Car il n’y a dans ce contexte, aucune échappatoire, aucune voie médiane possible. Ne serait-ce que parce que les dirigeants européens eux-mêmes n’ont pas le choix. Seraient-ils tentés de transiger, de tolérer que la France tienne bon sur ses propres choix, ce serait tout l’édifice européen qui s’effondrerait. Accepter une exception reviendrait à tuer les règles qu’ils ont imposées avec tant de persévérance depuis cinq décennies

 

La brutalité avec laquelle les plans de régression à peine imaginables ont été imposés à la Grèce – malgré des mobilisations populaires massives, parfois quasi-insurrectionnelles – donne une idée de l’intransigeance avec laquelle l’oligarchie européenne accueillerait tout semblant de désobéissance de la France, dont la place dans l’économie communautaire est autrement plus stratégique.

 

En réalité, le plus probable est qu’une victoire de la « gauche », même avec une puissante dimension « radicale » (à supposer que ce qualificatif soit justifié), s’accompagne d’une forte attente, vite transformée en un certain attentisme.

 

Piège redoutable : plus la dynamique pré-électorale Mélenchon est forte, plus elle est porteuse de désenchantement dès lors que les espoirs se heurteront au mur européen évoqué. Ensuite, on ne connaît que trop les avatars successifs du désenchantement : désillusion, démobilisation, résignation. Un résultat très précisément inverse de celui tant rêvé à travers une sorte de pensée magique : celle-ci stipule qu’une dynamique croissante qui se cristalliserait dans les urnes pourrait enclencher un mouvement dont on espère – sans trop savoir comment, et pour cause – qu’il balaierait les obstacles sur son passage.

 

Certes, l’histoire ne se déroule jamais comme il est prévu. Il n’est en la matière aucun déterminisme qui permettrait d’édicter des certitudes absolues. Faute de mieux, la raison impose donc de réfléchir en termes de probabilités, et de se fonder sur l’expérience.

 

Cette dernière renvoie du reste un constat : dans l’histoire de la cinquième République (et l’on pourrait aisément élargir le propos), les mouvements sociaux les plus marquants (indépendamment même de leur succès ou non) se sont tous déroulés quand la droite était au pouvoir, de mai-juin 1968 jusqu’à la mobilisation de 2010 contre la réforme des retraites, en passant par 1995, le CIP, le CPE…

 

On ne peut certes en déduire qu’un mouvement d’ampleur est impossible sous la « gauche », et encore moins que la présence de la droite au pouvoir entrainerait automatiquement des résistances résolues. Mais on ne peut pour autant balayer ce constat d’un revers de main, voire refuser même de l’évoquer, au prétexte qu’il peut mener à des conclusions quelque peu inconfortables ou dérangeantes.

 

Sans doute faudrait-il en revanche s’interroger sur le lien élections-démocratie (*). Plus ces deux notions s’éloignent dans la réalité, jusqu’à devenir étrangère l’une à l’autre, plus la pensée dominante tente d’imposer un signe d’égalité factice (en France et dans le monde). L’expérience populaire opère heureusement une dissociation. Montrer à quel point les deux termes tendent aujourd’hui à devenir antinomiques est probablement la meilleure contribution qui soit à la lucidité collective. Et donc la garantie la plus efficace contre de redoutables désillusions.

 

 

 

 

(*) Du moins si l’on s’en tient au sens originel de ce concept, qui tend désormais, par glissements successifs à dériver vers des significations pour le moins surprenantes. Une très sérieuse analyse évoquait ainsi récemment « la démocratisation de l’usage de la cocaïne »…

rubrique-19410

Lire la suite

La prétendue "dette" est une arnaque !

12 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

432317 274473192623036 129474087122948 719957 1250242338 n1
La prétendue "dette"
 
est une arnaque.

Quel candidat de gauche
 
osera le

prouver ?

  
 
(Les riches volent 600 Milliards par an aux impôts !)
 
 
    Bonjour à toutes et à tous,
 
Je vous invite à regarder l'indispensable vidéo de moins de quatre minutes au lien ci-dessus. Elle est extraite du soir 3 d'hier soir (10 avril 2012) et prouve qu'en France, les riches volent au moins 600 Milliards d'Euros par an aux impôts.

J'ai déjà prouvé dans mon article sur la loi Rothschild que la dette est une arnaque ; et qu'il ne faut donc pas la "rembourser". Mais, si on voulait la rembourser quand même, il suffirait de faire payer leurs impôts aux riches qui fraudent.

Cette vidéo prouve qu'on en a les moyens et qu'en seulement trois ans la dette serait "remboursée" aux banques arnaqueuses qui ont "prêté" du fric à l'État français ; puisque les riches volent au moins 600 Milliards d'Euros par an aux impôts français, et que la "dette" est de 1800 Milliards d'Euros.

En fait, il faut refuser de payer la "dette" et faire quand même payer leurs impôts aux riches, pour redistribuer l'argent aux pauvres en finançant de vrais services publics, de vraies retraites, de vraies indemnités de chômage, une vraie sécu, de vraies augmentations de salaires, etc.

Re-nationalisation totale de tous les services publics ! Et d'ailleurs, qu'est-ce qu'un service public ? :

http://mai68.org/spip/spip.php?article503

Bien à vous,
do
http://mai68.org/spip

La loi Rothschild, cause de l'endettement de la France

Georges Pompidou a été le directeur général de la banque Rothschild ; il en était le valet, il n'est par conséquent pas étonnant qu'il ait fait cette loi du 3 janvier 1973 qui interdit à l'État français de battre monnaie et qui a endetté la France d'une façon structurelle et incommensurable auprès de banques privées comme la banque Rothschild. Ceci est expliqué d'une façon très facile à comprendre au lien suivant :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1245

L'INFLATION, C'EST ROBIN DES BOIS :

Il faut quitter l'Euro et l'Europe, puis supprimer la loi Rothschild pour que la France recouvre son droit de battre monnaie ; ce qui nous permettra non seulement de régler définitivement le problème de la dette, mais aussi de faire tourner la planche à billets, pour jouer sur l'inflation afin d'appauvrir les riches pour enrichir les pauvres. Voici la démonstration :

http://mai68.org/spip/spip.php?article3376

399785 265676486821138 100001363671692 647782 279637595 n

 

Europe : la parole aux peuples 
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Par
PAUL ARIÈS Directeur du Sarkophage et rédacteur en chef de Zindigné-e-s ! 
ETIENNE BALIBAR 
Philosophe ALAIN CAILLÉ Sociologue THOMAS COUTROT Coprésident d’Attac
PIERRE KHALFA 
Coprésident de la Fondation Copernic 
ARIANE MNOUCHKINE 
Artiste
DOMINIQUE MÉDA Sociologue PATRICK VIVERET 
Philosophe

http://www.liberation.fr/monde/2012/04/10/europe-la-parole-aux-peuples_810760

La crise de l’euro risque de déboucher sur l’effondrement de la construction européenne. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont imposé un nouveau traité ou «Pacte budgétaire» dans l’espoir de rassurer les marchés financiers en instituant une «règle d’équilibre budgétaire» à caractère quasi constitutionnel. Mais, loin d’éloigner le danger, ce traité va l’aggraver.

Il va en effet accélérer le processus de paupérisation aujourd’hui engagé, dont la Grèce est la pointe avancée. Avec la «troïka» (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), les gouvernements ont choisi de réduire partout les dépenses publiques, de baisser les salaires et d’augmenter les impôts indirects qui pèsent surtout sur les revenus des classes populaires. Loin de conduire à une réduction des déficits, le Pacte budgétaire, en généralisant ces politiques dépressives menées simultanément dans toute l’Europe, va aggraver le chômage, la pauvreté, les difficultés de logement, le délabrement des services publics et in fine les déficits. En laissant aux marchés financiers le monopole du financement de ces déficits, le Pacte leur laisse également un pouvoir de chantage sans cesse accru. Le Pacte budgétaire portera enfin un rude coup à la perspective de la transition écologique. Celle-ci suppose en effet d’importants investissements publics, que l’austérité budgétaire, la récession et le dogmatisme de la Banque centrale européenne vont rendre durablement impossibles.

C’est aussi la démocratie qui est mise à mal par ce nouveau traité. Les technocrates de la Commission seront seuls maîtres du calcul de ce mystérieux «déficit structurel» - concept éminemment controversé chez les économistes - qui ne devra pas dépasser 0,5%. Les sanctions contre les pays contrevenants seront désormais quasi automatiques, coupant court  à tout débat. La Commission et tout Etat qui le souhaitera pourront traîner un autre Etat devant la Cour européenne de justice pour le contraindre à réduire plus vite ses déficits. La troïka pourra imposer ses «conditionnalités» à tout pays en difficulté et, comme en Grèce, au Portugal et en Espagne, réduire les salaires, institutionnaliser la précarité et abolir la négociation collective. Cette orientation inacceptable peut déboucher sur l’effondrement de l’Union européenne et le chacun pour soi. Pour notre part nous voulons une sortie par le haut : une Europe qui s’affranchirait de la tutelle des marchés financiers. Une Europe qui se doterait d’un vrai budget grâce à une fiscalité redistributive. Une Europe qui établirait des règles et un calendrier de convergence sociale vers le haut. Une Europe qui s’engagerait résolument dans la transition écologique en aidant les pays du Sud à faire de même. Une Europe où la démocratie retrouverait droit de cité au lieu d’être étouffée par l’impitoyable et absurde discipline des marchés.

Pour ouvrir cette perspective, il faut d’abord un mouvement de fond des sociétés européennes. Une puissante mobilisation citoyenne transeuropéenne pourrait résulter de la convergence des mobilisations syndicales, associatives, d’Indignés, d’audit citoyen des dettes publiques. La ratification du Pacte budgétaire doit intervenir avant la fin 2012. Elle peut et doit être l’occasion pour les peuples de s’emparer de ces questions et de décider directement. C’est pourquoi nous nous prononçons pour un référendum, partout où ce sera possible, sur les choix européens qui permettra de mener un débat approfondi, à commencer par la France. Il ne s’agit pas de rejouer le match de 2005 : la crise financière et celle de l’euro ont redistribué les cartes, comme en témoigne l’engagement, pour la première fois, de la Confédération européenne des syndicats contre un traité européen. Il s’agit plutôt de dire deux choses : non, nous n’acceptons pas ce Pacte budgétaire qui enfonce l’Europe dans son échec ; oui, nous voulons initier, avec les peuples européens qui le souhaitent, une construction alternative. Nous ne voulons pas du repli national ; mais nous n’acceptons pas non plus les abandons de souveraineté démocratique au bénéfice de la finance sous prétexte qu’ils serviraient le projet européen.

Au cas où la majorité issue des élections de mai et juin n’engagerait pas l’organisation de ce vaste débat démocratique dont la France et l’Europe ont tant besoin, nous prendrons l’initiative de proposer à la société civile d’organiser en France un référendum d’initiative citoyenne autour de ces questions. Pour que des millions de citoyens s’engagent avec nous dans ce débat et commencent à se réapproprier ensemble l’avenir de l’Europe.

 

 384499 320070614692215 100000678381250 1040634 212-copie-1

 

Lire la suite

Sauvons le peuple grec de ses sauveurs.

12 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

395843 323854417647168 100000678381250 1050254 647236960 nSauvons le peuple grec de ses sauveurs

 

Au moment où un jeune Grec sur deux est au chômage, où vingt cinq mille SDF errent dans les rues d’Athènes, où trente pour cent de la population est tombée sous le seuil de pauvreté, où des milliers de familles sont obligées de placer leurs enfants pour qu’ils ne crèvent pas de faim et de froid, où nouveaux pauvres et réfugiés se disputent les poubelles dans les décharges publiques, les « sauveurs » de la Grèce, sous prétexte que les Grecs « ne font pas assez d’efforts », imposent un nouveau plan d’aide qui double la dose létale administrée. Un plan qui abolit le droit du travail, et qui réduit les pauvres à l’extrême misère, tout en faisant disparaître du tableau les classes moyennes.

 

Le but ne saurait être le « sauvetage » de la Grèce : sur ce point, tous les économistes dignes de ce nom sont d’accord. Il s’agit de gagner du temps pour sauver les créanciers tout en menant le pays à une faillite différée. Il s’agit surtout de faire de la Grèce, avec la collaboration active de sa propre classe dirigeante, le laboratoire d’un changement social qui, dans un deuxième temps, se généralisera à toute l’Europe. Le modèle expérimenté sur les Grecs est celui d’une société sans services publics, où les écoles, les hôpitaux et les dispensaires tombent en ruine, où la santé devient le privilège des riches, où les populations vulnérables sont vouées à une élimination programmée, tandis que ceux qui travaillent encore sont condamnés aux formes extrêmes de la paupérisation et de la précarisation.

 

Mais pour que cette offensive du néolibéralisme puisse arriver à ses fins, il faut instaurer un régime qui fait l’économie de droits démocratiques les plus élémentaires. Sous l’injonction des sauveurs, on voit donc s’installer en Europe des gouvernements de technocrates qui font fi de la souveraineté populaire. Il s’agit d’un tournant dans les régimes parlementaires où l’on voit les « représentants du peuple » donner carte blanche aux experts et aux banquiers, abdiquant leur pouvoir décisionnel supposé. Un coup d’Etat parlementaire en quelque sorte, qui fait aussi appel à un arsenal répressif amplifié face aux protestations populaires. Ainsi, dès lors que les députés ont ratifié la convention dictée par la troïka (l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international), diamétralement opposée au mandat qu’ils avaient reçu, un pouvoir dépourvu de légitimité démocratique aura engagé l’avenir du pays pour trente ou quarante ans.

 

Parallèlement l’Union européenne s’apprête à constituer un compte bloqué où serait directement versée l’aide à la Grèce afin qu’elle soit employée uniquement au service de la dette. Les recettes du pays devraient être en « priorité absolue » consacrées au remboursement de créanciers, et, si besoin est, directement versées à ce compte géré par l’Union européenne. La convention stipule que toute nouvelle obligation émise dans son cadre sera régie par le droit anglais, qui engage des garanties matérielles, alors que les différends seront jugés par les tribunaux du Luxembourg, la Grèce ayant renoncé d’avance à tout droit de recours contre une saisie décidée par ses créanciers. Pour compléter le tableau, les privatisations sont confiées à une caisse gérée par la troïka, où seront déposés les titres de propriété de biens publics. Bref, c’est le pillage généralisé, trait propre du capitalisme financier qui s’offre ici une belle consécration institutionnelle. Dans la mesure où vendeurs et acheteurs siégeront du même côté de la table, on ne doute guère que cette entreprise de privatisation soit un vrai festin pour les repreneurs (qu’ils soient grecs ou étrangers)…

 

Or toutes les mesures prises jusqu’à maintenant n’ont fait que creuser la dette souveraine grecque et, avec le secours de sauveurs qui prêtent à des taux usuraires, celle-ci a carrément explosé en approchant des cent soixante dix pour cent d’un PIB en chute libre, alors qu’en 2009 elle n’en représentait encore que cent vingt pour cent. Il est à parier que cette cohorte de plans de sauvetage – à chaque fois présentés comme « ultimes » – n’a eu d’autre but que d’affaiblir toujours davantage la position de la Grèce de sorte que, privée de toute possibilité de proposer elle-même les termes d’une restructuration, elle soit réduite à tout céder à ses créanciers sous le chantage de « la catastrophe ou l’austérité ».

 

L’aggravation artificielle et coercitive du problème de la dette a été utilisée comme une arme pour prendre d’assaut une société  entière. C’est à bon escient que nous employons ici des termes relevant du domaine militaire : il s’agit bel et bien d’une guerre conduite par les moyens de la finance, de la politique et du droit, une guerre de classe contre la société entière. Et le butin que la classe financière compte arracher à « l’ennemi », ce sont les acquis sociaux et les droits démocratiques, mais au bout du compte, c’est la possibilité même d’une vie humaine. La vie de ceux qui ne produisent ou ne consomment pas assez au regard des stratégies de maximisation du profit, ne doit plus être préservée.

 

Ainsi, la faiblesse d’un pays pris en étau entre la spéculation sans limites et les plans de sauvetage dévastateurs, devient la porte dérobée par où fait irruption un nouveau modèle de société conforme aux exigences du fondamentalisme néo libéral.

 

Modèle destiné à toute l’Europe et plus si affinités. C’est le véritable enjeu et c’est pour cela que défendre le peuple grec ne se réduit pas à un geste de solidarité ou d’humanité abstraite : l’avenir de la démocratie et le sort des peuples européens sont en question. Partout la « nécessité impérieuse » d’une austérité « douloureuse, mais salutaire » va nous être présentée comme le moyen d’échapper au destin grec, alors qu’elle y mène tout droit.

 

Devant cette attaque en règle contre la société, devant la destruction des derniers îlots de la démocratie, nous appelons nos concitoyens, nos amis français et européens à s’exprimer haut et fort. Il ne faut pas laisser le monopole de la parole aux experts et aux politiciens. Le fait qu’à la demande des dirigeants allemands et français en particulier la Grèce soit désormais interdite d’élections peut-il nous laisser indifférents ? La stigmatisation et le dénigrement systématique d’un peuple européen ne mériteraient-ils pas une riposte ? Est-il possible de ne pas élever sa voix contre l’assassinat institutionnel du peuple grec ? Et pouvons-nous garder le silence devant l’instauration à marche forcée d’un système qui met hors la loi l’idée même de solidarité sociale ?

 

Nous sommes au point de non-retour. Il est urgent de mener la bataille des chiffres et la guerre des mots pour contrer la rhétorique ultralibérale de la peur et de la désinformation. Il est urgent de déconstruire les leçons de morale qui occultent le processus réel à l’œuvre dans la société. Il devient plus qu’urgent de démystifier l’insistance raciste sur la « spécificité grecque », qui prétend faire du caractère national supposé d’un peuple (paresse et roublardise à volonté) la cause première d’une crise en réalité mondiale. Ce qui compte aujourd’hui ne sont pas les particularités, réelles ou imaginaires, mais les communs : le sort d’un peuple qui affectera tous les autres.

 

Bien des solutions techniques ont été proposées pour sortir de l’alternative « ou la destruction de la société ou la faillite » (qui veut dire, on le voit aujourd’hui : « et la destruction et la faillite »). Toutes doivent être mises à plat comme éléments de réflexion pour la construction d’une autre Europe. Mais d’abord il faut dénoncer le crime, porter au grand jour la situation dans laquelle se trouve le peuple grec à cause des « plans d’aide » conçus par et pour les spéculateurs et les créanciers. Au moment où un mouvement de soutien se tisse autour du monde, où les réseaux d’Internet bruissent d’initiatives de solidarité, les intellectuels français seraient-ils donc les derniers à élever leur voix pour la Grèce ? Sans attendre davantage, multiplions les articles, les interventions dans les médias, les débats, les pétitions, les manifestations. Car toute initiative est bienvenue, toute initiative est urgente.

 

Pour nous, voici ce que nous proposons : aller très vite vers la formation d’un comité européen des intellectuels et des artistes pour la solidarité avec le peuple grec qui résiste. Si ce n’est pas nous, ce sera qui ? Si ce n’est pas maintenant, ce sera quand ?

 

Premiers signataires

 

Vicky Skoumbi (rédactrice en chef de la revue Aletheia, Athènes), Michel Surya (directeur de la revue « Lignes », Paris), Dimitris Vergetis (directeur de la revue Aletheia, Athènes), Giorgio Agamben, Diamanti Anagnostopoulou, Enzo Apicella, Albena Azmanova, Daniel Alvara,Alain Badiou, Jean-Christophe Bailly, Etienne Balibar, Fernanda Bernardo, David Berry, Sylvie Blocher, Laura Boella, Carlo Bordini, Hervé le Bras, Roberto Bugliani, Daniela Calabro, Claude Cambon, Maria Elena Carosella, Barbara Cassin, Bruno Clément, Danielle Cohen-Levinas, Christiane Cohendy, Yannick Courtel, Martin Crowely, Rolf Czeskleba-Dupont, Michel Deguy, Michel Didelot, Didier Deleule, Claire Denis, Georges Didi-Huberman, Costas Douzinas, Riccardo Drachi-Lorenz, Marie Ducaté, Leili Echghi, Les Economiste Atterrés, Roberto Esposito, Camille Fallen, Celine Flecheux, Chiara Frugoni, Ivetta Fuhrmann, Enzo Gallori, Jean-Marie Gleize, Francesca Isidori, Clio Karabelias, Jason Karaïndros, Stathis Kouvelakis, Pierre-Philippe Jandin, Fréderic Lordon, Jeremy Leaman, Jérôme Lèbre, Marie-Magdeleine Lessana, Jacques Lezra, Gianna Licchetta, Marco Mamone Capria Jean-Clet Martin, Pr. Jobst Meyer, Pierre Murat, Jean-Luc Nancy, Maurizio Neri, Gloria Origgi, Marco Palladini, Timothy Perkins, Matthaios Petrosino, Nicola Predieri, Stefano Pippa, Philippe Rahme, Jacques Rancière, Haris Raptis, Judith Revel, Elisabeth Rigal, Franco Romanò, Avital Ronell, Jacob Rogozinski, Alessandro Russo, Hugo Santiago, Ingo Schmidt, Beppe Sebaste, Giacomo Sferlazzo, Amalia Signorelli, Michèle Sinapi, Maria Giulia Soru, Benjamin Swaim, Bruno Tackels, Enzo Traverso, Gilberte Tsaï, Catherine Velissaris, Frieder Otto Wolf

  !cid F867EE9090DE43EF969F2A3852AA39C2@freetel

Repris sur le blod du FSC http://www.frontsyndical-classe.org/article-sauvons-le-peuple-grec-de-ses-sauveurs-103039071.htmlDSCN2691-copie-1
Lire la suite

LA STRATÉGIE DE LA PEUR, STRATÉGIE DES CLASSES DOMINANTES.

7 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

dd

390945_254306291291491_100001363671692_622119_1266-copie-2.jpgLA STRATÉGIE

 

 

DE LA PEUR,

 

 

STRATÉGIE

 

 

DES CLASSES

 

 

DOMINANTES.

 

Bonjour.

 

Lors du rassemblement du 16 mai 2010 au plateau des Glières, j'ai eu la chance d'entendre une parole forte, la parole du juge Serge Portelli, (Vous trouverez ci-après plus d'informations le concernant). Vous trouverez l'intégralité de son intervention sur le site du CRHA.

Ce qui m'avait profondément interpellé était le concept suivant: "Nous ne sommes plus en démocratie, nous ne sommes pas encore dans une dictature (état policier), nous sommes dans un état limite..". Serge Portelli empruntait là un terme à la psychiatrie. Lorsqu’elle désigne "l'état limite" qui sépare l'intention de commettre une action grave au passage à l'acte, ce moment où tout peut basculer.

Il a réaffirmé à cet effet une valeur majeure du Conseil National de la Résistance,  la liberté. 

Il ne peut pas y avoir de progrès social sans liberté.

 

L'idéologie qui prévaut aujourd'hui est basée sur la peur. La peur de l'autre, la peur des jeunes, la peur des roms, la peur de l'islam, la peur du terrorisme, etc...

Chaque peur déclenchée dans le corps social est utilisée pour restreindre les libertés fondamentales. Les innombrables fichiers, les tests ADN, les répressions inquiétantes de toutes les manifestations non autorisées. La débauche de moyens sécuritaires pour chaque manifestation autorisée. La débauche de moyens sécuritaires pour chaque déplacement du chef de l'état. La débauche de moyens sécuritaires pour certains évènements sportifs. Il est fréquent de constater pour les matches de football  une débauche de moyens de sécurité, jusqu'aux hélicoptères qui surveillent les agissements des foules. Tout ceci s'impose à nous peu à peu. Il nous semble naturel de renoncer à nos droits fondamentaux et à notre liberté pour assurer la sécurité. Le rouleau compresseur médiatique et ce déploiement de force  ont imposé à nos cerveaux reptiliens les comportements attendus : la peur, la soumission et le renoncement.

 

Heureusement des résistances existent. Il est primordial pour le pouvoir en place d’éradiquer ces îlots de contestation et de liberté. On ne voit plus la violence avec laquelle sont réprimés certains syndicalistes courageux qui défendent le bien commun. Il convient pour les tenants de cette idéologie de briser les résistances et de mettre au pas les fortes têtes. L’exemple le plus emblématique est je pense celui de Xavier Matthieu.

 

Naomi Klein dans son livre"La stratégie du choc" analyse l'idéologie ultralibérale qui impose aux peuples par la peur le capitalisme du désastre. Elle expose clairement les modes opératoires mis en place pour faire accepter aux personnes toutes les régressions voulus par cette oligarchie mondiale.

 

 

Cordialement.

 

Lucien PONS.

 

  264358 1811195688621 1501877810 31506647 1505526 n

 

 

 Je vous propose pour illustrer mes propos deux éléments qui mettent en évidence la montée de la peste brune.

 

  •  Un message du M'PEP. Lors de l'université d'automne,  cette question avait été évoquée lors d'une conférence du juge Portelli.

 

Message du  Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP),  6 avril 2012.

Pour accéder aux vidéos de Michèle Dessenne et Serge Portelli, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/spip.php?article2553

La politique sécuritaire orchestrée par le gouvernement français depuis des années s’articule avec la stratégie de la peur organisée par les classes dirigeantes. Leur objectif est de faire taire le peuple, de réduire sa capacité de rébellion, d’affaiblir l’impact des luttes syndicales pour détruire plus vite les acquis sociaux et régner en maître. Précarisation, paupérisation, chômage, dépolitisation amoindrissent la potentialité de résistance sociale, organisent la concurrence de tous contre tous, la division et le communautarisme. Fichage, surveillance, multiplication des gardes à vue, promulgation de lois et de décrets scélérats, centres de détention pour les étrangers, reconduite à la frontière pour satisfaire aux quotas annuels, désignation de populations dangereuses, retour à des pratiques d’enfermement « des fous », détricotage méthodique des services publics, politique du résultat et du chiffre et affaiblissement des corps de fonctionnaires ouvrent une période « grise » comme la qualifie Serge Portelli.

Ceci n’est pas le fruit du hasard ou d’un dérapage mais le résultat d’une idéologie. Celle, portée notamment par Nicolas Sarkozy, président-PDG d’un État « commercial ». Insidieusement, nous assistons à la création de sous-hommes, définis comme dangereux, des citoyens ennemis de l’intérieur pour les « héros d’aujourd’hui » que seraient les grands capitaines d’industrie et les  rois de la finance, les « risqueurs modernes ». Face à cette offensive, dans cette période grise qui pourrait devenir brune, il est du devoir de chacun d’être vigilant, résistant et combattant. S’attaquer frontalement à l’idéologie déployée en France mais aussi au plan européen et mondial n’est pas une tâche secondaire, ni un supplément d’âme. Analyser pour déconstruire l’idéologie sur laquelle se déploie le libéralisme économique, s’appuyer sur l’héritage des valeurs de la Révolution française, de la République, de la Résistance, constitue une étape indispensable à la reprise en main par le peuple de son devenir et à la transformation sociale.

  • Introduction par Michèle Dessenne
    Directrice d’une société coopérative ouvrière de production en Île-de-France dans le secteur de la communication, membre d’Escoop (Économie solidaire et coopérative), porte-parole nationale du M’PEP, ancienne secrétaire générale et membre fondatrice d’Attac.
  • Suivie de l’intervention et des réponses de Serge Portelli
    Magistrat , vice-président du tribunal de Paris, président de la 12e Chambre correctionnelle, ancien conseiller auprès du président de l’Assemblée nationale et doyen des juges d’instruction au tribunal de Créteil, membre du Syndicat de la magistrature.

Ces vidéos ont été tournées lors de l’Université d’automne du M’PEP du 11 au 13 novembre 2010 à Luc-en-Diois (26).

 

  374285_239159126153107_100001770649973_546365_209445217_n.jpg

  • La stratégie de la peur appliquée aux manifestants de la place Syntagma à Athènes après le suicide du pharmacien de 77 ans le 4 avril 2012.

Grèce / Hier soir place Syntagma - Athènes, le 6 avril 2012.

Où cela va-t-il s'arrêter ? La colère monte devant le parlement,  place Syntagma à Athènes.



Le 04.04.2012 environ deux milles personnes se sont réunis place Syntagma à  Athènes pour commémorer le suicide le jour même de cet homme de 77 ans en  face du parlement. 

Cet homme s'étant donné la mort par en laissant une lettre : 

"Le gouvernement d'occupation de Tsolakoglou* a supprimé ma capacité de  survie qui se basait sur une retraite digne que j'ai moi même payé (sans  l'aide de l'état) durant 35 ans. 

Compte tenu du fait que mon âge ne me permet pas de réagir individuellement  de façon dynamique (bien que si un autre grec prenait une Kalashnikov je  l'aurais suivi), je ne peux pas trouver d'autre solution à part une fin  digne avant d'être obligé de chercher dans les poubelles pour me nourrir. 

Je pense que les gens sans avenir, vont un jour prendre les armes et vont  pendre sur la place public de Syntagma les traîtres, comme les Italiens  l'ont fait avec Mussolini en 1945." 

Autour d'un arbre en contrebas du parlement des centaines de bougies sont  posées au sol et des messages sont accrochés à l'arbre et aux alentour. 

Cette manifestation spontanée emplie de colère a commencé devant le  parlement par des cris de personnes de tout ages, des cris de désespoir  laissés sans réponse. La réponse fût donnée quelques heures plus tard  par  des coups des gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants. Une jeune  fille est au sol, les yeux clos, une poignée de manifestants arrivent pour  l'aider, parmi eux l'équipe sanitaire, présente sur place pour venir en  aide aux manifestants blessés. Tous sont repoussés au début par la police  qui ne prend visiblement pas cette histoire au sérieux. La colère monte, la  jeune fille a les clos, certains hurlent qu'il lui faut de l'aide, l'équipe  sanitaire est en colère elle aussi. 

Les cris fusent les gens courent et la peur est montée chez une bonne  partie des gens qui s'extraient de la manifestation, la colère prend le  dessus chez d'autres qui s'emparent de pierres pour riposter aux violences  policière. Le riot commence, la police riposte et provoque. La plupart des  policiers sont très jeunes, une vingtaine d'années et on se croirait dans  un jeu de "cap ou pas cap".  Plusieurs policiers font signes aux jeunes de  lancer des pierres pour voir s'ils sont cap'. Provocation qui amplifie la  colère de tous les manifestants. Pour finir, la police montre une bonne  fois pour toute qu'elle est cap' et  repoussés jusque dans les rues de  Monastiraki une centaine de manifestants se voit forcée de courir pour  échapper aux forces de l'ordre qui les pourchasse. Pourquoi ? Pour un  rassemblement commémoratif. Pour demander pourquoi, pour demander une  réponse, pour hurler que ce système a assassiné cet homme. 

Seuls sont restés une centaine de personne, pour la plupart âgées autour de  l'arbre, lieux symbolique que la police n'a pas eu ordre d'attaquer. La  manifestation s'est ternie après l'attaque des forces de l'ordre. La  circulation a repris une demie heure après, le camion poubelles est venue  ramasser les cadavres de bombes de gaz et les poubelles jonchant le sol.  Une heure plus tard les passants ne pouvaient se douter de rien. Rien ne  s'était passé. 

Même scénario en beaucoup plus violent le 05.05.2012 ou environ mille  manifestants se sont réunis spontanément place Syntagma aux alentours de  18H. La police cette fois n'a pas tardé à repousser les manifestants très  violemment, en prenant même des initiatives personnelles de tabasser  quelques personnes pour l'exemple, aux yeux de tous et des caméras. La peur est montée et une grosse partie des gens sont partis. 

Arrestation publique au beau milieu de la rue commerciale d'Athènes : 

Même scénario que la veille pour les vétérans qui se sont retrouvés à  devoir reprendre la même rue et courir pour échapper aux forces de l'ordre  qui cette fois avaient probablement eu l'ordre de semer la peur, encore  plus que la veille. Les "delta" (police à motos) ont barrés la route à une  partie des manifestants. Certains ce sont alors réfugiés dans le café le  plus proche. La police est entrée dans le café donnant l'ordre aux  manifestants d'en sortir. La plupart, effrayés, se plaquent contre le mur  du fond. La police choisit treize personnes qu'elle sort manu militari du  café et fait asseoir au sol en chaîne les uns derrière les autres puis  encercle. Arrestation publique au beau milieu de la rue commerciale  d'Athènes. Un groupe de manifestants et journalistes se réunit alors autour  des treize. La police fait "circuler" les touristes les promeneurs,  intimide et effraye le reste des gens autour. Le message est clair "vous  pouvez aussi être arrêté à n'importe quel moment et être mis au sol,  menotté et emmené au commissariat sous prétexte que vous étiez là" Et cela  marche, effectivement, les gens prennent peur, la police feinte de charger  ceux qui restent à regarder la scène pour finalement embarquer les treize. 

La police replie et le reste des manifestants en très petit nombre se  redirigent vers la place Syntagma, lessivés. 

 Les rues sont nettoyées aussitôt et la circulation reprend, les gardes  reprennent leur balai chorégraphique devant le parlement et restent une  centaine de personne devant l'arbre à pleurs. 

Une centaine de personnes, dont beaucoup de personnes âgées qui se désespèrent. 

Il se trouve qu'une personne que je connais personnellement a fait parti  des treize  arrêtés. Française étudiant le droit à Athènes elle s'est  retrouvée être dans ce café puis mise au sol et emmenée au commissariat  avec dix autres personnes. Pour quels motifs ? Inconnus. 

Devant le commissariat une trentaine de personnes et deux avocats attendent  des nouvelles des treize arrêtées. "Pour le moment on ne sait pas si elle  est là, on ne sait pas pour combien de temps ni pourquoi" nous disent les  agents devant le commissariat, derrière les barrières (on n'entre pas dans  le commissariat sans autorisation ici). Après une heure et demie onze sont  libérés et deux attendaient encore lorsque j'ai quitté les lieux à minuit  et demi. 

La tristesse était de mise après cette soirée, tristesse qui se  transformera sans doute demain en colère. Où cela va-t-il s'arrêter ?  Après avoir vu la hargne de la police et les décision personnelle de  tabasser pour l'exemple tandis qu'en haut, sur le balcon du parlement  regardent la scène des hommes en cravates, ces gens autour de l'arbre qui  comprennent cette situation et ne s'en sentent probablement pas si  éloignée, cette chasse aux immigrés quotidiennes pour les envoyer en camp  de travail, cette misère qui grandit dans les rues, je me demande ou cela  va-t-il s'arrêter ?


La Grèce est en tous les cas le laboratoire de l'Europe. 

Et bientôt, à qui le tour ? 

Laura 

Site national : http://www.audit-citoyen.org/

 

beglitis2.jpg

Lire la suite

Dans Marianne-2: Europe, les traders siffleront bientôt la fin de la récré.

6 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

317869 242263065829147 100001363671692 595199 1551913181 nJeudi 5 Avril 2012. 
 
Contrairement à ce que prétend le président sortant, la crise est toujours là. Selon l'économiste Jacques Sapir, elle éclatera à nouveau cet été, peut-être même avant. Après avoir diagnostiqué les raisons de ce rebond de la crise des dettes souveraines, Jacques Sapir s'engage et affirme que les principaux candidats n'y sont pas préparés et semblent dans le déni de réalité.
(Des traders au siège de la bourse new-yorkaise, le 2 avril - Richard Drew/AP/SIPA)
Depuis le début de cette semaine, les opérateurs des marchés financiers signifient à tout le monde que la crise de l’euro est toujours d’actualité. Le mercredi 4 avril, l’Espagne a placé avec beaucoup de difficultés un emprunt d’un peu plus de 2,5 milliards avec des taux qui sont passés de 3,38% à 4,42%. La décote sur le marché secondaire de cet emprunt implique un taux d’intérêt de revente de ces titres à 4,8%. Encore ne s’agit-il que de titres à court terme. Les obligations à dix ans espagnoles, qui étaient tombées au début du mois de mars à 5%, sont aujourd’hui à 5,7%. 
Les difficultés financières contre lesquelles se débat le pays sont, bien entendu, la cause de cette situation. L’Espagne est dans l’incapacité d’atteindre les objectifs de déficit budgétaire qui lui ont été fixés à la fin de l’année dernière. Pire, elle n’a limité qu'à 8% son déficit pour 2011 qu’au prix d’impayés qu’il lui faudra soit consolider dans son budget (d’où un déficit supplémentaire) soit laisser courir, mais avec le risque que ces impayés ne provoquent à leur tour des impayés sur les impôts de la part des entreprises. 
Bien entendu, la contagion est immédiatement apparue. Les taux à dix ans italiens, qui étaient redescendus à 4,8% au début du mois de mars, sont aujourd’hui remontés à 5,4%. 
En fait, le phénomène de baisse générale des taux que l’on observait depuis début janvier, et qui était le produit de l’injection massive de liquidités par la Banque centrale européenne (BCE) au profit des banques commerciales (489 milliards en décembre 2011 et 529 milliards en mars, à 1% d’intérêt), s’est arrêté. La BCE a accru son bilan de 30% en quatre mois, mais pour un résultat des plus limités. Le mouvement de hausse des taux a repris.
LA PERMANENCE DE LA CRISE
Il y a à cela plusieurs raisons. Tout d’abord, le fait, fondamental, que la crise que l’Espagne et l’Italie connaissent (avec la Grèce et le Portugal) n’est pas une simple crise de liquidité mais bien une crise de solvabilité. Pour la résoudre, il faudrait que ces pays retrouve le chemin de la croissance. Mais ils en sont bien loin. 
L’Espagne, qui a une dette publique encore relativement réduite (69% en 2011) voit son économie s’effondrer. On y annonce une contraction de -1,7% de la production, mais il ne fait guère de doute que celle-ci soit plutôt comprise entre -2,5% et 3%. Le chômage y atteint 23,6% de la population active au 1er mars 2012. Ceci a provoqué une contraction des recettes budgétaires. Le déficit sera donc, en 2012, très supérieur aux 6% annoncés. 
L’Italie est avant tout malade de sa dette accumulée (120 % du PIB). Même avec des taux moyens sur cette dette qui sont faibles, elle doit débourser tous les ans une part importante de son PIB. La croissance étant en berne (les prévisions pour le PIB de 2012 indiquent -1,7% et -1% pour 2013), il est clair que les recettes seront moindres que prévues. Le budget italien sera donc encore en déficit pour de nombreuses années, et ce quels que soient les efforts du Premier ministre, Mario Monti. 
Ensuite, les crédits accordés par la BCE n’ont eu aucun effet pour les particuliers. Les banques continuent de mettre en œuvre une forte contraction du crédit. L’argent à bon marché qu’elles obtiennent leur a servi à acheter des titres d’Etats, qu’elles se sont empressées d’apporter à la « prise en pension » à la BCE. Le résultat est que le bilan de cette dernière a à la fois fortement augmenté, mais s’est aussi qualitativement détérioré. En fait, avec plus de la moitié de son actif constitué des mauvaises dettes, la BCE s’est transformée en une immense caisse de défaisance. De plus, on constate désormais que les effets de ces injections de crédit sur les dettes souveraines sont terminés. Le nouveau directeur, Mario Draghi, en est conscient et cherche par tous les moyens à éviter une recapitalisation massive qui poserait des problèmes politiques insolubles.
ET LA PERMANENCE DU DÉNI
Les affirmations péremptoires de Nicolas Sarkozy, pour qui la crise est aujourd’hui du passé, semblent bien dérisoires. Mais le discours de son adversaire socialiste, François Hollande, est tout aussi caractéristique de ce déni de la réalité. Il se contente d’affirmer sa volonté de « renégocier » le traité européen du 9 décembre pour y inclure un volet (purement déclaratoire et en aucun cas coercitif) sur la croissance. L’un et l’autre vivent dans le déni de réalité, notre Président parce qu’il en a besoin sous peine de devoir reconnaître l’échec de sa politique, et son adversaire socialiste parce qu’il veut éviter d’évoquer cette réalité. Or, et on le sait bien, le maintien de la zone euro ne pourra avoir comme conséquences que le démantèlement du droit du travail et de la protection sociale [1]. Pour faire passer cette bien amère pilule, on commence à évoquer des solutions aux antipodes de la démocratie. C’est Michel Rocard lui-même qui évoquait, le 2 mars dernier, l’hypothèse d’une dictature militaire pour faire avaler au peuple grec la purge préconisée par la zone euro [2]. 
Quatre candidats, chacun à leur manière, tentent de ramener le débat là ou il devrait être. François Bayrou est l’un d’entre eux, mais il ne propose rien que rigueur, rigueur et encore rigueur, alors que l’on sait que face aux problèmes de l’heure, celle-ci est non seulement inefficace mais en réalité contre-productive. Qu’il médite donc sur la politique menée par le chancelier Brüning en Allemagne de 1930 à 1932. Marine Le Pen agite aussi ce problème, mais elle le fait sans méthode. Elle propose un référendum sur l’euro alors que c’est sur le Mécanisme européen de stabilité (MES) qu’il faudrait impérativement voter. Nicolas Dupont-Aignan a pour lui la cohérence, et le fait d’avoir anticipé de longue date les problèmes que nous connaissons. Mais il se heurte au mur de la crédibilité politique. 
Reste Jean-Luc Mélenchon, dont le programme logiquement ferait exploser la zone euro, mais qui se garde bien d’évoquer cette perspective. Ce faisant, il laisse planer une ambiguïté. Ira-t-il jusqu’au bout ou, devant les conséquences évidentes de l’application des mesures qu’il avance, reculera-t-il au dernier moment, tout comme le fit François Mitterrand en 1983 ?
L’HEURE DES CHOIX
La crise, elle, est toujours là. Comme ces feux de tourbes que l’on croit éteints et qui ressurgissent plus virulents encore qu’avant, elle éclatera à nouveau parce que rien n’est réglé et rien ne peut l’être dans le cadre fixé en décembre et janvier dernier. Elle éclatera donc à nouveau, sans doute cet été, et peut-être même avant. Il nous faut, pour l’affronter, des perspectives claires. Jean-Luc Mélenchon et ses alliés sont devant une responsabilité historique : celle de devoir soit plier l’échine, soit épouser pleinement la cause de la souveraineté nationale qui se combine et non s’oppose à l’internationalisme comme le dit un jour Jaurès : « Un peu d’internationalisme écarte de la Nation, beaucoup y ramène. » Mais s’il choisit la seconde voie, celle du courage, alors se posera la question des alliances. L’hégémonie, concept gramscien dont il est friand, impose aussi d’être construite et non pas simplement postulée. Elle est politique tout autant qu’idéologique. Pour être à la hauteur de la situation historique qui est la notre, il devra abandonner ses habits d’homme d’une gauche trop traditionnelle et accepter de revêtir ceux du père de la Nation, s’il veut sauver la République et nous défaire des bastilles que nous préparent tant la droite que les socialistes. 
Pour l’instant il hésite. Qu’il le sache : le temps n’attend pas.
Du même auteur
Photovolcaïque : l'innovation ne suffit pas pour être compétitif
Georges Sarre: pourquoi Sarkozy a échoué en matière de sécurité
Les Calanques, ses plages, son eau claire et... son exploitation pétrolière
[1] N. Doisy, Politoscope n°3, CHEUVREUX – CA Crédit Agricole Groupe, 8 mars 2012. 
[2] « On est dans l'imbécilité politique collective », interview de Michel Rocard par Libération , 2 mars 2012.

 

400328 340179476007335 100000458560095 1282351 637596968 n

Lire la suite

Athènes, suicide sur la place Syntagma. Témoignage de Panagiotis Grégoriou.

6 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

jeudi 5 avril 2012

http://www.athensnews.gr/portal/1/54660

Hier, un retraite (pharmacien) de 77 ans s'est tire une balle dans la tête sur la place Syntagma.
Il a laisse une lettre ou il accuse les politiciens corrompus qui nous ont vendus, compare avec l'occupation nazie etc...
La presse française en fait état mais :Dit n'avoir pas le texte de sa dernière lettre qui n'a pas été communiquée
par la police.Or, la voici.
La presse française ne mentionne pas les gaz lacrymogènes ni les charges policieres contre les citoyens venus rendre un dernier hommage, se recueillir et déposer des fleurs et des ex-voto devant le cyprès .
 
Sur le blog de Panagiotis Grigoriou.

http://greekcrisisnow.blogspot.fr/2012/04/le-nom-du-mort.html#more



«Le gouvernement d’occupation de Tsolakoglou (*) a littéralement anéanti tous mes moyens de subsistance, qui consistaient en une retraite digne, pour laquelle j’ai cotisé pendant 35 ans, (sans aucune contribution de l'État). Mon âge, ne me permet plus d’entreprendre une action individuelle plus radicale (même si je n’exclus pas que si un grec prenait une kalachnikov je n’aurais pas été le deuxième à suivre), je ne trouve plus d’autre solution qu’une mort digne, ou sinon, faire les poubelles pour me nourrir. Je crois qu’un jour les jeunes sans avenir, prendront les armes et iront pendre les traîtres du peuple, sur la place Syntagma, comme l’ont fait en 1945 les Italiens pour Mussolini, sur la Piazzale Loreto, à Milan ».
Lettre manuscrite du pharmacien retraité âgé de 77 ans qui a mis fin à ses jours sur une pelouse de la place Syntagma le 4 avril 2012.
(source : kathimerini.gr)
[* Le général Georgios Tsolakoglou, signataire de l'armistice avec les forces allemandes, fut le premier chef de gouvernement grec sous l’Occupation, nommé par les nazis (30/04/1941-02/12/1942). Son nom en Grèce est synonyme de « collaborateur »].
Rapidement durant toute la journée du 4 avril, la nouvelle du suicide sur la place de la Constitution a fait son chemin. À part les médias, la rue a été aussi un vecteur essentiel de la nouvelle et surtout de sa portée. Car c'est précisément ce vecteur essentiel qui est créateur de lien politique.
De bouche à oreille et en mouvement perpétuel. Dans la rue et en plein air fertilisant les idées et formant les consciences. C'est ainsi que nous avons pris connaissance de sa dernière lettre, tout comme nous avons aussi appris que ces dernières 24 heures, cinq autres personnes ont «opté» pour le suicide en Grèce. Inlassablement, et de la même manière, « virements automatiques définitifs », imposés par le régime bancocrate. Le dernier suicide connu, alors tard dans la soirée de ce 4 avril, fut celui d'un homme de 38 ans en Crète, un albanais vivant et travaillant chez nous depuis longtemps, père de deux enfants, chômeur de longue durée, il s'est jeté du balcon de son domicile.
À Athènes, c'est à partir de midi que le suicide du matin, a pris de l'ampleur dans le syllogisme collectif. Dans un bistrot du centre ville, un jeune homme s'est montré gêné, car « le malheureux aurait pu se suicider chez lui ». Aussitôt, une femme a répliqué en rappelant « que cet acte, est d'abord un acte politique, au-delà de son aspect tragique, car cet homme s'est suicidé pour nous et pour nous faire réagir, sur cette même place des manifestations, devant le Parlement ». Le jeune homme a compris.
J'ai senti la portée de cet acte, se transformer en fait politique majeur au fil des heures. À midi déjà, des gens étaient sur place, puis, dans l'après midi et vers le soir, des centaines de personnes redevenaient des témoins actifs du temps présent. Des manifestants lycéens et étudiants se sont rendus devant le monument du soldat inconnu (entre la place et le Parlement), tandis qu'au même moment, les premières compagnies de MAT (CRS) se précipitèrent sur la place.
Au pied du cyprès, des anonymes ont déposé des bouquets de fleurs, des cierges et des dizaines de messages manuscrits appelant notamment « Au soulèvement du peuple » « Soulevez-vous, son sort sera le sort de nous tous », « Salopards gouvernants, un jour nous vous suiciderons » , « Le sang du peuple va vous noyer », « La liberté ou la mort », « Vengeance » , pouvait-on lire sur ces messages écrits, le maître-mot n'étant plus « l'indignation » mais « la vengeance ».
Le soir la place s'est remplie davantage. Notre police prétorienne, œuvrant pour les occupants, intérieurs et extérieurs, a chargé comme d'habitude, Parmi les citoyens passés à tabac par les policiers, il y avait une jeune journaliste de la chaine ANT-1. Puis, il y a eu des interpellations, et tout cet usage de la chimie habituelle. Alchimies encore, du régime bancocrate. Les politiciens ont peur de la rue et nous le savons. Dans l'air du temps, il y a aussi les élections, d'ailleurs toujours hypothétiques, enfermant pourtant, les représentations des partis de gauche dans un carcan tristement étriqué. Un vieil homme que j'ai rencontré sur la place vers 21h, alors très ému, les larmes aux yeux, s'est adressé à un groupe de jeunes ainsi : « pour une révolution, il faut du sang, prenez les armes et tuez-les ».
Ce jeudi matin sur la place Syntagma, il y avait encore l'odeur de la chimie policière mais aussi celle de la vie, la notre. Nous étions là, autour du cyprès, porteur désormais de nos messages et surtout du sien. « Ce n'est pas un suicide, c'est un assassinat politique », puis ce nouveau graffiti sur le marbre : « Le nom du mort devait être Papandréou, le nom du mort devait être Samaras, le nom du mort devait être Karatzaferis... ».
Par la radio (real-FM), on apprend qu'hier également, une retraitée a mis fin à ses jours en Italie. « Je ne pouvais plus vivre, d'une retraite amputée ainsi », tel fut son ultime message.
Décidément, les messages ainsi ultimes se multiplient à travers l'Eurozone. Notre pharmacien étant un enfant des temps de l'occupation et de la famine de 1941, il a bien détecté l'odeur de l'époque et le vent mauvais. L'occupation revient, et pas seulement que dans les stéréotypes. Peu importe si c'est autrement. L'éditorialiste Trangas (real-FM), tient Madame Merkel pour responsable de cette nouvelle mauvaise Europe, mais sur la place Syntagma on se disait que c'est plutôt l'Union Européenne qu'il faut briser. « Eh Grecs, l'U.E. est en train de nous tuer », a crié un homme devant le cyprès.
Les membres d'une équipe de documentaristes venus d'Allemagne se sont confiés il y a quelques jours à un de mes amis : « cette Europe est morte, elle fait du mal à tout le monde », c'est dommage, je n'ai pas pu les rencontrer.
Jeudi midi, Athènes sous une pluie fine, douceur.

 

Le blog de Grigoriou Panagiotis: Greek Crisis.

 

http://greekcrisisnow.blogspot.fr/2012/04/le-nom-du-mort.html#more

 

http://greekcrisisnow.blogspot.fr/2012/04/le-nom-du-mort.html#more

Le cyprès - place de la Constitution 4 avril à midi
Le cyprès - place de la Constitution 4 avril dans l'après-midi
Place de la Constitution 4 avril au soir
Athènes - devant la Faculté de Droit - 4 avril 2012
Soir du 4 avril




"Vengeance" Place de la Constitution 4 avril au soir
"Le nom du mort devait être Papandréou..." - graffiti sur marbre - Place de la Constitution 5 avril 2012 au matin
 "Ce n'est pas un suicide, c'est un assassinat politique" - 5 avril 2012
Autour du cyprès - place de la Constitution 5 avril au matin
Loukanikos - place de la Constitution - 4 avril 2012
Lire la suite

Carlos Ghosn et Sarkozy main dans la main pour la délocalisation totale de Renault.

5 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

 

logo-FSC.jpg

 

En 2011, pendant plusieurs mois, les travailleurs des fonderies du Poitou à Châtellerault ont mené avec succès une lutte exemplaire contre la fermeture de cette fonderie ex-filiale de Renault, ouverte en 1978 pour remplacer les fonderies de Billancourt.

 

Le 11 avril, le tribunal de commerce de Nanterre va examiner quel avenir pour cet outil qui est à la pointe de la technologie. Le cabinet chargé de l'expertise démontre irrévocablement comment la direction de Montupet (propriétaire du site) et la direction de Renault son principal client se sont mis d'accord pour créer une situation de faillite et préparer une délocalisation en Bulgarie. La CGT au cours d'une conférence de presse a demandé que le tribunal se prononce pour le maintien du site et, comme il y a deux ans pour la SBFM à Lorient, que la fonderie du Poitou réintègre le groupe Renault.

Le collectif « Front Syndical de Classe » de Renault est sur la même position sauf que nous mettons sur la table que la direction de Renault multiplie les initiatives pour démanteler le groupe et le met régulièrement sur le devant de la scène nationale : suicides de cadres, affaire d'espionnage contre des cadres dirigeants, implantation de l'usine de Tanger au détriment de l'usine de Douai... :  cette direction doit être remplacée par une direction recevant mandat du pouvoir politique (qui avec 15% du capital est le principal actionnaire) de recentrer Renault sur sa base nationale en réintégrant les productions dans les sites nationaux. Nous disons enfin au sujet de la voiture électrique qu'on nous présente depuis des années comme la solution miracle pour sauver l'automobile en France et qui doit sortir cette année : au delà du prix démentiel qu'elle affiche, où sont les structures publiques de rechargement ? Cela rappelle les milliers de stations bio-carburants qui devaient permettre de suppléer la crise du pétrole !    

 

Renault, une des pièces maîtresses du dispositif industriel national, est en danger de disparition ; en 2011, seulement 20% des véhicules Renault vendus en France ont été produits sur les sites nationaux.

La situation est sans appel : si les pouvoirs publics ne prennent pas pour Renault des mesures de remplacement comme ils ont pu le faire dans le passé, ils seront l'artisan de la fin d'un groupe industriel mythique, comme les dirigeants de l’époque portent la responsabilité de l’affaiblissement mortel de la sidérurgie française.

 

Le collectif Front Syndical de Classe Renault

Lire la suite

Le suicide d'un retraité grec, terrible symbole avant l'élection. OÙ VA LA GRÈCE ?

5 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

387118 241252422596878 100001363671692 591389 1644424287 nLe suicide d'un retraité grec, terrible symbole avant l'élection

Le suicide d'un retraité grec devant le Parlement est devenu en moins de 24 heures le symbole des souffrances causées par la politique d'austérité imposée à la Grèce par ses bailleurs de fonds internationaux.
Dimitris Christoulas, pharmacien à la retraite de 77 ans, s'est tiré une balle dans la tête mercredi devant le Parlement grec, en plein centre d'Athènes.
D'après des témoins, il a crié "j'ai des dettes, je n'en peux plus", avant de passer à l'acte. Selon un passant, il a également dit: "Je ne veux pas laisser mes dettes à mes enfants."
Une note retrouvée dans une poche de son manteau met en cause la classe politique et les milieux financiers. "Je préfère choisir une fin digne, plutôt que fouiller dans les poubelles à la recherche de ma subsistance", a-t-il écrit. (voir )
Le suicide hautement symbolique de ce pharmacien a aussitôt déclenché une vague de sympathie dans le pays.
Une marche a été organisée en sa mémoire et des anonymes ont déposé des bougies, des fleurs et des notes manuscrites condamnant la crise, sur les lieux du suicide, place Syntagma. "Qui sera le prochain ?", pouvait-on lire sur un billet.
"Quand des gens aussi dignes que lui en arrivent à un tel point, il faut absolument apporter une réponse", a déclaré Costas Lourantos, président de l'Association des Pharmaciens de l'Attique.
"C'est horrible, nous n'aurions pas dû en arriver là. Les députés devraient être punis pour ça", dit Anastassia Karanika, une retraitée de 60 ans.
"MARTYR"
Pour le quotidien populaire conservateur Eleftheros Typos, Dimitris Christoulas est un "martyr pour la Grèce".
Il a agi avec "un symbolisme politique profond" qui pourrait "choquer la société grecque, le monde politique, et réveiller leurs consciences", à moins d'un mois des élections législatives, écrit le journal.
Les petits partis opposés aux mesures d'austérité ont réagi avec colère.
"Ceux qui auraient dû se suicider, et auraient dû le faire depuis longtemps, ce sont les hommes et les femmes politiques qui ont décidé en toute connaissance de cause de mettre ce pays et ses citoyens dans cette situation", a déclaré Panos Kammenos, un député conservateur qui a fondé récemment le parti anti-austérité des "Grecs indépendants".
Les deux grands partis de coalition, la Nouvelle démocratie et le Pasok, ont exprimé leur tristesse. ce qui leur a été reproché par certains de leurs adversaires politiques.
"Honte à eux. Les complices de la souffrance et du désespoir du peuple grec (...) devraient au moins se taire face aux terribles conséquences de la crise du capitalisme et de leurs politiques", a déclaré le parti communiste KKE.


UN MAUVAIS SIGNAL
Depuis plusieurs mois, ce sont les petits partis qui profitent le plus dans les sondages de l'opposition de la population à la politique d'austérité menée par la coalition au pouvoir.
La Nouvelle démocratie et le Pasok remporteraient à eux deux moins de 40% des voix, selon les sondages. Or, la dispersion des voix au profit des petits partis risque de les empêcher d'obtenir assez de sièges au parlement pour former une nouvelle coalition, et de faire obstacle au nouveau plan de sauvetage accordé par la zone euro et le FMI.
La Grèce doit s'imposer toujours plus d'austérité budgétaire pour assainir ses finances publiques dans le cadre de ce nouveau plan de sauvetage censé lui éviter un défaut désordonné sur sa dette publique.
L'opposition de la population aux coupes dans les salaires et les retraites ne fait qu'augmenter. Le taux de chômage est au niveau record de 21%, deux fois plus que la moyenne dans la zone euro.
Selon la Fondation pour la recherche économique et industrielle (IOBE), l'institut d'analyse le plus réputé du pays, l'économie grecque se contractera de 5% cette année et un actif sur cinq sera au chômage, ce qui compliquera les efforts d'Athènes pour réduire son déficit budgétaire.

  316519 187428954659458 100001770649973 405793 1434655 n

OÙ VA LA GRÈCE ?

Des violentes manifestations se sont déroulées dans la nuit de mercredi à jeudi 5 avril 2012 dans le centre d'Athènes, à la suite du suicide d'un retraité. Les manifestations ont démarré après qu'un pharmacien retraité de 77 ans se soit suicidé d'une balle dans la tête près d'une bouche de métro à une heure de pointe mercredi matin.
Une lettre expliquant son suicide a été trouvée dans la poche de cet homme. Il y expliquait son acte par la crise,
disant ne pas vouloir être un fardeau financier pour ses enfants après que le gouvernement ait réduit sa pension. "Je n'ai pas trouvé d'autre solution qu'une mort digne avant de devoir fouiller les poubelles pour y chercher de la nourriture".
Alors que depuis le début des cures d'austérité il y a deux ans, le nombre de suicides a augmenté de 20% en Grèce, le Premier ministre grec Lucas Papademos n'a rien trouvé d'autre à dire qu'il ne fallait pas en faire un débat national. Cette crise n'ayant pas de solution dans ce système, le débat national finira pas s'imposer plus tôt qu'on ne le pense, en Grèce comme dans d'autres pays dans la même situation.
En France la percée inattendue de Jean Luc Mélenchon, est le signe que les français sont de plus en plus conscients de la gravité de la situation, et qu'ils n'attendent pas d'en être au point où en sont les grecs pour commencer à réagir.
Diffusé par :
SAVAMAL
Le journal des mauvaises nouvelles qui appuie là où ça fait mal
http://savamal.blogs.midilibre.com

  310566 236351309753656 100001363671692 576928 1690333441 n

En Grèce, la faim s’établit

par Gerd Höhler

Les paroles d’encouragement de la politique ont pour de nombreux Grecs un ton cynique. Après trois ans de récession et d’innombrables mesures d’austérité, ils sont découragés et accablés. La faim et le désespoir se déploient.

Athènes. Sotiris Panagopoulos recompte  son argent. Mais il n’y en aura pas plus pour autant. 599,95 euros: Avec ça il devra dans les quatres prochaines semaines entretenir sa femme et ses deux enfants en bas âge. «Comment va-t-on y arriver?» demande cet homme de 35 ans désespérément. 320 euros sont réservés pour la location, en plus il faudra payer les factures d’eau et d’électricité. «En fait, il ne nous reste qu’à peine sept euros par jour pour vivre.» Il y a cinq mois, il a perdu son travail de plombier. L’entreprise a fait faillite d’un jour à l’autre, 23 personnes se sont retrouvées dans la rue.
Panagopoulos n’est pas le seul qui, en ce matin pluvieux, va chercher son allocation chômage à l’agence de l’emploi de Perama. La file d’attente s’allonge chaque mois. Perama se situe à une petite heure à l’ouest d’Athènes sur le golfe Saronique, autrefois, la ville était le centre de l’industrie de la construction navale grecque. Aujourd’hui, ce lieu de 25 000 habitants détient le record du taux de chômage en Grèce: environ 60%. La plupart des entreprises ont des pro-
blèmes depuis des années, parce qu’elles ne peuvent plus concurrencer les grands chantiers navals d’Asie. La récession a fait le reste.
«Ici, rien ne fonctionne plus», déclare Panagiotis Kosmas. Il est dans son snack près d’une station de bus et attend la clientèle. Mais la plupart des portes des fabriques ici sur la rive sont verrouillées depuis longtemps. On n’entend plus que quelques voix de travailleurs, les coups de leurs marteaux et le chuintement du chalumeau dans les quelques chantiers navals qui restent. Kosmas déclare que «Perama meurt à petit feu». Il veut partir de son snack et chercher un nouvel emplacement pour sa cabane.
Les Grecs en troisième année de crise: un peuple découragé et désespéré, accablé par toujours plus de mesures d’austérité. Depuis le début de la crise, l’économie s’est dégradée de presque 15%. Selon l’institution des statistiques de l’UE, Eurostat, déjà 28% des Grecs entre 18 et 64 ans vivent au seuil de la pauvreté. Selon un sondage, une PME sur quatre craint de devoir fermer son entreprise «prochainement».
La société grecque atteint la limite de ses possibilités. Du moins, cela vaut pour les plus pauvres et pour la couche moyenne. Car les Grecs ne sont pas tous assommés – devant les clubs de nuit sur la Iera Odos, la voie sacrée, et les cafés de plage onéreux dans le faubourg de Vouliagmeni, on trouve toujours les gros véhicules tout terrain.
Les Etats de la zone euro et le FMI ont déjà versé 73 milliards d’euros à Athènes depuis mai 2010, maintenant, 130 milliards d’euros sont de nouveau mis à disposition dans le cadre du deuxième plan de sauvetage. Quand les chefs de gouvernement des Etats de l’UE se réuniront une nouvelle fois à Bruxelles, ils souligneront à nouveau l’importance de l’encouragement à la croissance dans les pays membres. Toutefois, ils ne décideront pas de mesures concrètes.

«Nous faisons face à une crise humanitaire – ici dans notre propre pays»

La plupart des Grecs n’ont pas le sentiment que l’aide leur rende service. Ils en ont assez des espoirs qui ne se réalisent pas et des promesses des politiciens qui garantissent l’arrêt proche de l’effondrement économique. L’ancien ministre des Finances Giorgos Papakonstantinou a promis il y a deux ans, qu’«à la fin 2011», l’économie va croître de nouveau. En fait, le déclin est toujours plus rapide, la performance économique a baissé de presque 7% l’année dernière. On disait que l’année 2012 serait l’année du tournant. Ceci se révèle être déjà aujourd’hui une illusion.
Nikitas Kanakis, de la section grecque de l’organisation humanitaire «Médecins du monde», est quotidiennement confronté aux destins qui se cachent derrière ces chiffres. Depuis la fondation, il y a 22 ans, les 600 membres ont aidé dans environ 50 pays au monde. Maintenant, ils se concentrent sur la Grèce. Ils s’occupent dans quatre villes des permanences médicales dans lesquelles les personnes nécessiteuses peuvent être traitées gratuitement. Le point brûlant est la métropole du chômage Perama.
«Nous faisons face à une crise humanitaire – ici dans notre propre pays», déclare le docteur Kanakis. Pendant la guerre d’Irak, son organisation a envoyé 150 camions de biens humanitaires à Bagdad. L’année dernière, elle a encore envoyé six containers remplis de denrées alimentaires par bateau en Ouganda. «Maintenant, nous avons besoin de tous les aliments ici», raconte Kanakis.
Chaque jour, il y a de plus en plus de gens qui viennent à la permanence médicale de Perama. Celui qui devient chômeur en Grèce, perd aussi après un an son assurance-maladie d’Etat. Mais les êtres humains qui viennent quotidiennement en grand nombre voir les «Médecins du monde», n’ont pas seulement besoin d’assistance médicale. «De plus en plus de visiteurs ne demandent pas de médicaments, mais ils ont faim et demandent instamment quelque chose à manger», rapporte Kanikis. Ce qui se passe dans son pays est «choquant et honteux», dit-il.

La plus grande soupe populaire d’Athènes

Ce qui est honteux également pour un pays de l’UE, ce sont les scènes qui se déroulent dans la rue du Pirée à Athènes au numéro 35, un vieil établissement de deux étages. Derrière la porte en bois bleue se trouve la plus grande soupe populaire d’Athènes. La file d’attente pour une soupe chaude aux haricots ou une assiette de pâtes augmente quotidiennement. Presque 15 000 personnes sont nourries quotidiennement dans les cuisines de soupe populaire d’Athènes. En outre, l’Eglise orthodoxe approvisionne dans tout le pays 250 000 personnes dans le besoin. «Ensemble, nous pouvons y arriver»: Avec ce slogan, on fait appel dans les supermarchés grecs aux dons alimentaires, une action de la station de radio Skai. A côté des caisses se trouvent des bacs, dans lesquels ceux qui ont encore assez peuvent laisser des conserves, de l’huile d’olive, des pommes de terre, des pâtes ou du riz pour les repas des pauvres.

«Mâchez le plus longtemps possible vos aliments» – conseils du temps de l’Occupation allemande de 1941–1944

«Les recettes de la faim» – c’est ainsi que s’intitule un livre qui commence à devenir un best-seller en Grèce. De plus en plus de Grecs paient volontairement les 12,90 euros que coûte ce volume – beaucoup dans l’espoir d’économiser de l’argent en le lisant. L’historienne Eleni Nikolaidou a écrit ce livre. «L’idée m’est venue en lisant par hasard dans un journal datant des années de guerre, un article intitulé ‹c’est ainsi qu’on récolte des miettes de pain›», raconte l’écrivain. Pendant 18 mois, Nikolaidou a examiné les archives des journaux grecs des années 1941–1944, période de l’Occupation allemande.
Elle a rassemblé des recettes qui permettent de nourrir tant bien que mal une famille dans des conditions très difficiles. «Mâchez vos aliments le plus longtemps possible afin que l’estomac ressente le rassasiement plus lontemps», est un des conseils.
Durant l’hiver 1941/42, 300 000 personnes sont mortes de faim et de froid en Grèce, parce que les Allemands avaient confisqué tous les combustibles et denrées alimentaires. La situation n’est pas encore aujourd’hui aussi désespérée qu’elle l’était à cette époque. Mais pour la première fois depuis la fin de la guerre, un Grec sur cinq est au chômage. Chez les adolescents, un jeune sur deux est sans emploi. Les ruines calcinées et les façades noires de suie, qui rappellent les graves troubles d’il y a deux semaines, laissent entrevoir la violence potentielle qui se cache derrière cette statistique.

Sortir de l’UE

Selon le baromètre politique récent, neuf Grecs sur dix considèrent leur pays sur la mauvaise voie. La Grèce aborde sa cinquième année de récession. Comme la performance économique diminue continuellement, les taux de déficits et de dettes augmentent. C’est pourquoi le ministre des Finances augmente à nouveau les impôts et comprime le budget encore davantage pour satisfaire aux mesures d’épargne dictées par les créanciers internationaux. Ainsi, il retire au circuit économique encore plus d’argent et pousse le pays plus profond dans la récession. Cette année, le PIB baissera probablement de 5%.     •

Source: Handelsblatt du 21/3/12
(Traduction Horizons et débats)

Aperçu des mesures d’austérité grecques (en euros)

576 millions

Economies dans les dépenses de médicaments

  • 537 millions

Réductions des fonds pour la santé et les retraites; 500 millions sont issus du budget d’une nouvelle organisation nationale, qui doit garantir l’approvisionnement de base dans le système de santé, 15 millions issus du fond de la société de télécommunication OTE und 21 millions issus d’un fond d’un fournisseur d’électricité public

400 millions

Coupes dans le budget de la défense, 300 millions en renonçant à de nouveaux achats et 100 millions pour les coûts en cours

400 millions

Réductions des investissements publics

386 millions

Réductions des retraites principales et complémentaires

205 millions

Réductions des charges salariales pour le personnel

200 millions

Economies des dépenses administratives des ministères

86 millions

Réductions du budget du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, avant tout en supprimant des subventions

80 millions

Réductions dans le système éducatif, entre autre 39 millions d’économies sur les salaires d’enseignants de remplacement dans les écoles grecques de l’étranger tout comme 10 millions dans la promotion de la recherche et de la technologie

70 millions

Réductions des aides pour les campagnes électorales

66 millions

Coupes dans le budget du ministère des Finances en diminuant les retraites

59 millions

Réductions de la promotion communale

50 millions

Suppression des heures supplémentaires des médecins dans les hôpitaux d’Etat

43 millions

Réductions des allocations pour les familles ayant plus de trois enfants

25 millions

Réductions du budget pour la culture et le tourisme

3 millions

Réducti



http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3256


Lire la suite

Le suicide d'un retraité en plein coeur d'Athènes bouleverse le pays. La Grèce en deuil (04.04.2012) (8 φωτογραφίες)

5 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Le suicide d'un retraité en plein coeur d'Athènes bouleverse la Grèce.

La Grèce en deuil (04.04.2012) (8 φωτογραφίες)

474267 3670077274761 1359741555 3452205 1345946962 oLa Grèce en deuil (04.04.2012) (8 φωτογραφίες)
La Grèce en deuil : Aujourd’hui la société grecque est en deuil. Un deuil douloureux et silencieux (silencieux en apparence). Ce matin, un citoyen grec, âgé de 77 ans (un pharmacien retraité), vient de se suicider à la place Syntagma (connue, dernièrement, comme la place des indignés) qui se trouve devant le Parlement grec, un Parlement dirigé, dans sa majorité actuelle, par la troïka [UE, BCE et FMI]. Ce citoyen grec, avant de tirer une balle dans la tête, il a laisse un message manuscrit en expliquant qu’il a le droit de mourir avec dignité avant de commencer …. à chercher de la nourriture dans les poubelles qui se trouvent dans les rues d’Athènes. Le peuple d’Athènes se précipite silencieux pour déposer des fleurs et des messages manuscrits à l’endroit de la tragédie ….. Ce suicide tragique fait tourner la page de la soi-disant crise financière….et à partir d’aujourd’hui, les vrais assassins et les instigateurs ne pourront plus dormir tranquillement…

 

la-grece-en-deuil-le-4-04-2012-jpg

 

ATHENES - Le suicide d'un septuagénaire qui s'est tiré une balle dans la tête en pleine rue d'Athènes a suscité l'émoi des Grecs qui ont spontanément manifesté sur les lieux du drame et fait réagir l'ensemble de la classe politique face à une manifestation du désespoir provoqué par la crise. 

Le pharmacien à la retraite âgé de 77 ans a mis fin à ses jours à quelques mètres du parlement grec, sur une pelouse de la place Syntagma, théâtre depuis deux ans des manifestations contre l'austérité draconienne imposée au pays. 

Il est tragique qu'un de nos concitoyens ait mis fin à ses jours. Dans ces moments difficiles pour notre société, gouvernement et citoyens, nous devons soutenir les gens qui se trouvent dans la détresse, a indiqué le Premier ministre Lucas Papademos dans un communiqué. 

Mobilisées via les réseaux sociaux, environ un millier de personne a afflué sur les lieux du drame en début de soirée. Au pied d'un cyprès, elles ont déposé des bouquets de marguerites ou d'anémones, des cierges et des dizaines de messages manuscrits appelant notamment au soulèvement du peuple. 

Soulevez-vous, son sort sera le sort de nous tous, Que cette mort soit la dernière de citoyens innocents. J'espère que les prochaines victimes seront les politiciens traîtres, pouvait-on lire sur ces notes. 

La plupart des manifestants, silencieux et émus, refusaient de parler aux médias mais certains scandaient le mot Assassins. La police a bouclé l'avenue longeant le parlement. 

Le drame est intervenu peu avant 09H00 locales (06H00 GMT), en pleine heure de pointe à l'ouverture des bureaux et commerces. 

Une lettre manuscrite a été découverte dans une des poches de la victime, a indiqué la police, mais sans en dévoiler le contenu. Selon les diverses versions avancées par les médias, il y accusait le gouvernement de l'avoir privé de ressources, l'assimilant à l'exécutif mis en place par les occupants nazis en 1941. 

Le retraité était par ailleurs atteint d'un cancer du pancréas, selon une source policière. Le porte-parole du gouvernement Pantélis Kapsis a souligné que les circonstances précises de cette tragédie humaine n'étaient pas encore connues. 

Selon les médias, plusieurs témoins ont entendu l'homme crier qu'il ne voulait pas léguer de dettes à ses enfants, sans que la police ne confirme ce récit. 

Plusieurs études ont rendu compte ces derniers mois d'une augmentation des dépressions et suicides en Grèce, où la crise économique et sociale a fait bondir le taux de chômage, chuter salaires et retraites, paupérisant des pans entiers de la population. 

A l'image de ses voisins du Sud, la Grèce affiche toutefois un taux de suicide beaucoup plus bas que les pays du nord de l'Europe. 

Alors que des élections législatives anticipées sont attendues début mai dans le pays, ce drame a fait réagir l'ensemble de la classe politique qui y voit le signe du désespoir et de la dépression de la population grecque. 

Je suis ébranlé, malheureusement ce n'est pas la première victime, nous avons un taux record de suicides. Il faut faire sortir les Grecs du désespoir, a déclaré Antonis Samaras, le chef de la Nouvelle-Démocratie (conservateur) qui mène dans les sondages. 

De son côté, le parti communiste a appelé les coupables et les responsables du désespoir du peuple grec à se taire devant les résultats abominables de la crise capitaliste. 

Plus mesuré, Evangélos Vénizélos, chef des socialistes du Pasok, parti majoritaire dans le gouvernement de coalition et artisan du deuxième prêt international accordé récemment au pays, a estimé que les commentaires politiques n'ont pas leur place après cet incident choquant. Il faut réfléchir à la situation du pays et faire preuve de solidarité et de cohésion. 

En Italie également sous le coup d'une sévère cure d'austérité, un maçon poursuivi pour fraude fiscale à Bologne (nord) et un Marocain de Vérone (nord) qui n'était plus payé depuis des mois se sont immolés par le feu la semaine dernière. 

 

Source: Romandie

 

"Ce n'est pas un suicide, mais un homicide avec préméditation"

 

 

http://www.wikistrike.com/article-grece-se-suicider-en-place-publique-plutot-que-de-manger-dans-les-poubelles-102851119.html

381105_317711841594759_100000678381250_1034402_802195879_n.jpg
Repris sur le blog de Jacques Tourteaux
Lire la suite

Oui aux langues régionales, patrimoine commun de la Nation - Non au tout-Anglais impérial

4 Avril 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Déclaration de la direction nationale du PRCF

 

 du 31 mars 2012.

 

 

 Ce samedi 31 mars 2012, une série d’associations, certaines très bien intentionnées et d’autres franchement séparatistes et antirépublicaines, vont manifester pour l’adoption par la France de la « Charte européenne des langues minoritaires ». Il s’agit d’un texte européen maintes fois recalé par le conseil constitutionnel et qui a originellement été inspiré par les milieux hégémonistes de l’Allemagne capitaliste (ceux-là même qui ont annexé la RDA en niant totalement sa spécificité et sa mémoire, qui ont poussé à l’éclatement de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie en favorisant les ethno-nationalismes et qui poussent maintenant à l’éclatement de la Belgique sur des bases linguistiques), dont le but est de prendre appui sur la diversité des langues européennes pour détruire les Etats nationaux, faire éclater les Etats multinationaux et  redécouper l’Europe sur des bases ethno-linguistiques.

 

L'adoption d’un texte aussi réactionnaire (sous ses airs « libertaires ») serait catastrophique pour la République française une et indivisible héritée de la Révolution française dans la mesure où cette Charte (terme féodal contraire à l’idée même de constitution républicaine) conduirait de cent façons à aggraver la « reconfiguration des territoires » exigée par le MEDEF dans son manifeste présidentiel « Besoin d’airEs » (Mme Parisot y exige ouvertement un « changement de patrie », d’ultimes  « transferts de souveraineté » de la France vers les « Etats-Unis d’Europe », et son but proclamé est d’en finir avec les conventions collectives nationales pour négocier les contrats de travail et les diplômes à deux niveaux également défavorables aux travailleurs, les euro-régions et l’Europe supranationale dominée par Berlin).

 

Bien entendu, le candidat François Hollande (capitale : Maastricht) s’est prononcé, comme sa pâle doublure verte Eva Joly, pour la ratification de ce texte anticonstitutionnel qui aboutirait à re-féodaliser en douceur le territoire français, à désofficialiser la langue française (« langue de la République » au titre de l’article II de la constitution), à diviser les travailleurs d’une région donnée (un fonctionnaire devra-t-il parler corse ou flamand pour être muté à Ajaccio ou à Dunkerque ? C’est la mort de l’Education « nationale » et de la fonction publique d’Etat), à diviser les travailleurs selon l’  « ethnie » réelle ou supposée. Tout cela bien sûr, en proposant hypocritement de rayer le mot « race » de la constitution alors que Hollande s’apprête à aggraver l’euro-ethnicisation du territoire réclamée par les grands féodaux qui s’autoproclament illégalement « présidents de région » alors qu’ils ne sont officiellement que présidents des conseils régionaux.

 

A l’arrière-plan il y a le dés-établissement de la langue française, de plus en plus ciblée par le MEDEF et par l’UE, qui veulent lui substituer, non pas le breton, l’occitan ou le basque, - tout cela n’est qu’un habillage pour dés-officialiser le français - ; le but inavouable est de substituer à la langue de Molière le TOUT-ANGLAIS patronal, qui constitue « LA langue de l’entreprise et des affaires » aux dires du Baron Seillière, ex-président du syndicat patronal européen.

 

 

Bref on se sert actuellement du cheval de Troie de la Charte européenne pour faire en réalité le lit du « Ramina-Globish » globalitaire qui aura tôt fait d’avaler à la fois le français, les langues régionales et les autres langues nationales du monde, quand il aura réussi à affaiblir encore et encore la langue française, laquelle reste encore, avec l’exception culturelle française, un verrou mondial contre la mainmise totale de l’American way of life. Il faut savoir en effet qu’en violation totale du prétendu « Etat de droit » français, l’anglais est en train d’avaler la « com », la « pub », la chanson, le cinéma, mais aussi l’enseignement public de la maternelle à l’université avec l’aide des collabos linguistiques du gouvernement « français », Chatel et Pécresse en tête. Amis du français, des langues régionales, des langues de l’immigration, mais aussi de la langue de Shakespeare, ne vous trompez pas d’adversaires. On n’en est plus au traumatisant « il est interdit de cracher par terre et de parler breton » d’autrefois, aujourd’hui, les cadres de la CFE-CGC en sont à organiser un colloque dans notre pays pour faire respecter le droit élémentaire de travailler en français en France et d’en finir avec l’embauche préférentielle par les grosses entreprises « françaises » de cadres supérieurs « English mother tongue » (de langue maternelle anglaise). N’aidons pas l’oppression linguistique mondiale de demain en combattant l’oppression linguistique d’hier dont l’auteur ne fut pas « la langue française », mais la bourgeoisie (1) !

 

 

 

Dans ces conditions le PRCF :

 

a) Salue tous les défenseurs de la langue française qui portent actuellement un combat d’intérêt national et international (il faut en finir avec cet aveuglement qui consiste à dénoncer la prétendue « uniformisation jacobine » en France tout en fermant les yeux sur l’uniformisation du monde entier selon les normes anglo-saxonnes, au prix de la destruction de toute la diversité culturelle MONDIALE et européenne) et qui sont honteusement censurés par les médias angliciseurs et par la plupart des « présidentiables » ;

 

 

b) Salue tous les défenseurs sincères des langues régionales, qui sont un bien commun de la nation qu’il est possible d’enseigner avec les moyens nécessaires dans le cadre du service public d’éducation et sans casser l’officialité de notre langue commune, qui est aussi celle de la francophonie mondiale.

 

 

c) Dénonce à la fois la honteuse politique linguistique du gouvernement Sarkozy, fourrier n°1 du tout-anglais, et la position délétère de Hollande et de la plupart des prétendues « présidents de région » (pour la plupart membres du PS) qui, par démagogie et par volonté d’accroître leur pouvoir féodal à l’échelle locale, soutiennent la revendication ethno-linguistique portée par la « charte européenne » quand ils ne soutiennent pas de facto des sécessionnistes qui s’abritent derrière les revendications linguistiques pour « reconfigurer les territoires » sur des bases ethnico-transfrontalières comme c’est de plus en plus le cas en Bretagne, en Catalogne française, dans les Pyrénées-Atlantiques et dernièrement en Alsace où les trois collectivités territoriales dominées par l’UMP ont fusionné dans le but de tourner l’Alsace vers « l’espace germano-suisse ». A bas le « dé-(maas)tricotage de la République française oui à l’union de combat de la classe ouvrière et du peuple de France pour une République sociale, souveraine, laïque et démocratique en marche vers le socialisme !

 

d) Appelle les militants du mouvement ouvrier et républicain à s’engager contre la destruction en cours du français, premier service public de France et de la francophonie internationale; de fortes tensions encore peu visibles visent à organiser un démantèlement ethno-linguistique du pays; sous des prétextes de « gauche », ce démantèlement inspiré par l’Union Européenne et par le MEDEF et récupérant les mouvements sécessionnistes vise en réalité à détruire les acquis nationaux du peuple français, à aggraver les divisions dans la classe ouvrière, à donner le pouvoir absolu aux féodalités financières et politiciennes sous l’égide du nouvel Empire européen dominé par Berlin et par ses bons amis du CAC 40 .

  

 

e) Invite les progressistes sincèrement attachés à la diversité des langues sur notre sol et ailleurs à exiger que l’Education nationale rende à l’enseignement du français les moyens considérables qui lui ont été supprimés depuis trente ans par les contre-réformes successives ((Haby, Allègre, Fillon, Darcos, Chatel…)

 

 

f) là où une demande suffisante existe, exigeons que les principales langues de l’immigration puissent être enseignées dans les établissements publics dans un cadre laïque, en disputant cet enseignement aux milieux communautaristes et intégristes .

  

 

g) à contester le monopole de l’anglais dans l’enseignement des langues vivantes de la maternelle à l’université en exigeant que l’allemand, l’italien, le russe, etc. retrouvent toute leur place dans un enseignement réellement tourné vers la diversité culturelle de la France, de l’Europe et du monde.

 

(1) En URSS, le russe fut enseigné partout comme langue de communication entre les peuples, mais partout l’enseignement primaire fut initialement mis en place dans la langue nationale du pays et ce furent les linguistes bolchéviques qui créèrent de toutes pièces des grammaires, des lexiques, des alphabets pour permettre cet enseignement en créant les littératures kirghizes, sibériennes, etc

Texte repris sur le blog d'Eldiablo: http://eldiablo.over-blog.org/article-oui-aux-langues-regionales-patrimoine-commun-de-la-nation-non-au-tout-anglais-imperial-102800183.html

Lire la suite