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Le blog de Lucien PONS

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Quel programme d’urgence face à la crise ? Éric TOUSSAINT, Damien MILLET.

14 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Quel programme d’urgence face à la crise ?

Éric TOUSSAINT, Damien MILLET.

 En accord avec les exigences du FMI, les gouvernements des pays européens ont fait le choix d’imposer à leurs peuples des politiques de stricte austérité, avec des coupes claires dans les dépenses publiques : licenciements dans la fonction publique, gel voire baisse des salaires des fonctionnaires, réduction de l’accès à certains services publics vitaux et de la protection sociale, recul de l’âge de l’accès à la retraite… Le coût des prestations des services publics augmente (transports, eau, santé, éducation…). Le recours à des hausses d’impôts indirects particulièrement injustes, notamment la TVA, s’accroît. Les entreprises publiques du secteur concurrentiel sont massivement privatisées. Les politiques de rigueur mises en place sont poussées à un niveau jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Les effets de la crise sont ainsi décuplés par des prétendus remèdes, qui visent surtout à protéger les intérêts des détenteurs de capitaux. L’austérité aggrave nettement le ralentissement économique et a déclenché l’effet boule de neige : vu la faible croissance, quand elle existe, la dette publique croît de manière mécanique. Comme l’écrit Jean-Marie Harribey, le triptyque Austérité salariale + Austérité monétaire + Austérité budgétaire donne leur formule du triple A.

Mais les peuples supportent de moins en moins l’injustice de ces réformes marquées par une régression sociale de grande ampleur. En termes relatifs, ce sont les salariés, les chômeurs et les foyers les plus modestes qui sont mis le plus à contribution pour que les États continuent d’engraisser les créanciers. Et parmi les populations les plus touchées, les femmes occupent le premier rang, car l’organisation actuelle de l’économie et de la société patriarcale fait peser sur elles les effets désastreux de la précarité, du travail partiel et sous-payé [1]. Directement concernées par les dégradations des services publics sociaux, elles paient le prix fort. La lutte pour imposer une autre logique est indissociable de la lutte pour le respect absolu des droits des femmes. Esquissons les grandes lignes de ce que nous voulons pour cette autre logique.

La réduction du déficit public n’est pas un but en soi. Dans certaines circonstances, il peut être utilisé pour relancer l’activité économique et réaliser des dépenses afin d’améliorer les conditions de vie des victimes de la crise. Une fois l’activité économique relancée, la réduction des déficits publics doit se faire non pas en réduisant les dépenses sociales publiques, mais par la hausse des recettes fiscales, en luttant contre la grande fraude fiscale et en taxant davantage le capital, les transactions financières, le patrimoine et les revenus des ménages riches. Pour réduire le déficit, il faut aussi réduire radicalement les dépenses entraînées par le remboursement de la dette publique dont la partie illégitime doit être annulée. La compression des dépenses doit aussi porter sur le budget militaire ainsi que sur d’autres dépenses socialement inutiles et dangereuses pour l’environnement. En revanche, il est fondamental d’augmenter les dépenses sociales, notamment pour pallier les effets de la dépression économique. Il faut également accroître les dépenses dans les énergies renouvelables et dans certaines infrastructures comme les transports en commun, les établissements scolaires, les installations de santé publique. Une politique de relance par la demande publique et par la demande de la majorité des ménages génère également une meilleure rentrée des impôts. Mais au-delà, la crise doit donner la possibilité de rompre avec la logique capitaliste et de réaliser un changement radical de société. La nouvelle logique à construire devra tourner le dos au productivisme, intégrer la donne écologique, éradiquer les différentes formes d’oppression (raciale, patriarcale…) et promouvoir les biens communs.

Pour cela, il faut construire un vaste front anticrise, tant à l’échelle européenne que localement, afin de réunir les énergies pour créer un rapport de force favorable à la mise en pratique de solutions radicales centrées sur la justice sociale et climatique.

1. Stopper les plans d’austérité, ils sont injustes et approfondissent la crise

Mettre fin aux mesures antisociales d’austérité constitue une priorité absolue. Par la mobilisation dans la rue, sur les places publiques, par la grève, par le refus des impôts et taxes impopulaires, il faut forcer les gouvernements à désobéir aux autorités européennes et abroger les plans d’austérité.

2. Annuler la dette publique illégitime

La réalisation d’un audit de la dette publique effectué sous contrôle citoyen, combinée, dans certains cas, à une suspension unilatérale et souveraine du remboursement de la dette publique, permettra d’aboutir à une annulation/répudiation de la partie illégitime de la dette publique et de réduire fortement le reste de la dette.

Tout d’abord, il n’est pas question de soutenir les allégements de dette décidés par les créanciers, notamment à cause des sévères contreparties qu’ils impliquent. Le plan de réduction d’une partie de la dette grecque mis en pratique à partir de mars 2012 est lié à l’application d’une dose supplémentaire de mesures piétinant les droits économiques et sociaux de la population grecque et la souveraineté du pays [2]. Selon une étude réalisée par la Troïka, malgré la réduction de dette concédée par les créanciers privés, l’endettement public de la Grèce atteindra 164% du PIB en 2013 ! [3]. Il faut donc dénoncer l’opération de réduction de la dette grecque telle qu’elle a été menée, et y opposer une alternative : l’annulation de dette, c’est-à-dire sa répudiation par le pays débiteur, est un acte souverain unilatéral très fort.

Pourquoi l’État endetté doit-il réduire radicalement sa dette publique en procédant à l’annulation des dettes illégitimes ? D’abord pour des raisons de justice sociale, mais aussi pour des raisons économiques que tout un chacun peut comprendre et s’approprier. Pour sortir de la crise par le haut, on ne peut pas se contenter de relancer l’activité économique grâce à la demande publique et à celle des ménages. Car si on se contentait d’une telle politique de relance combinée à une réforme fiscale redistributive, le supplément de recettes fiscales serait siphonné très largement par le remboursement de la dette publique. Les contributions qui seraient imposées aux ménages les plus riches et aux grandes entreprises privées seraient largement compensées par la rente qu’ils tirent des obligations d’État dont ils sont de très loin les principaux détenteurs et bénéficiaires (raison pour laquelle ils ne veulent pas entendre parler d’une annulation de dette). Il faut donc bel et bien annuler une très grande partie de la dette publique. L’ampleur de cette annulation dépendra du niveau de conscience de la population victime du système de la dette (à ce niveau, l’audit citoyen joue un rôle crucial), de l’évolution de la crise économique et politique et surtout des rapports de force concrets qui se construisent dans la rue, sur les places publiques et sur les lieux de travail au travers des mobilisations actuelles et à venir. Dans certains pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et la Hongrie, la question de l’annulation de la dette est une question de la plus grande actualité. Pour l’Italie, la France, le Belgique, elle est en passe de le devenir. Et bientôt, le thème sera un point central du débat politique dans le reste de l’Europe.

Pour les nations d’ores et déjà soumises au chantage des spéculateurs, du FMI et d’autres organismes comme la Commission européenne, il convient de recourir à un moratoire unilatéral du remboursement de la dette publique. Cette proposition devient populaire dans les pays les plus touchés par la crise. Un tel moratoire unilatéral doit être combiné à la réalisation d’un audit citoyen des emprunts publics, qui doit permettre d’apporter à l’opinion publique les preuves et les arguments nécessaires à la répudiation de la partie de la dette identifiée comme illégitime. Comme l’a montré le CADTM dans plusieurs publications, le droit international et le droit interne des pays offrent une base légale pour une telle action souveraine unilatérale.

L’audit doit aussi permettre de déterminer les différentes responsabilités dans le processus d’endettement et d’exiger que les responsables tant nationaux qu’internationaux rendent des comptes à la justice. Dans tous les cas de figure, il est légitime que les institutions privées et les individus à hauts revenus qui détiennent des titres de ces dettes supportent le fardeau de l’annulation de dettes souveraines illégitimes car ils portent largement la responsabilité de la crise, dont ils ont de surcroît profité. Le fait qu’ils doivent supporter cette charge n’est qu’un juste retour vers davantage de justice sociale. Il est donc important de dresser un cadastre des détenteurs de titres afin d’indemniser parmi eux les citoyens et citoyennes à faibles et moyens revenus.

Si l’audit démontre l’existence de délits liés à l’endettement illégitime, leurs auteurs devront être sévèrement condamnés à payer des réparations et ne devront pas échapper à des peines d’emprisonnement en fonction de la gravité de leurs actes. Il faut demander des comptes en justice à l’encontre des autorités ayant lancé des emprunts illégitimes.

En ce qui concerne les dettes qui ne sont pas frappées d’illégitimité selon l’audit, il conviendra d’imposer un effort aux créanciers en termes de réduction du stock et des taux d’intérêt, ainsi que par un allongement de la période de remboursement. Ici aussi, il sera utile de réaliser une discrimination positive en faveur des petits porteurs de titres de la dette publique qu’il faudra rembourser normalement. Par ailleurs, la part du budget de l’État destinée au remboursement de la dette devra être plafonnée en fonction de la santé économique, de la capacité des pouvoirs publics à rembourser et du caractère incompressible des dépenses sociales. Il faut s’inspirer de ce qui avait été fait pour l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale : l’accord de Londres de 1953 qui consistait notamment à réduire de 62 % le stock de la dette allemande stipulait que la relation entre service de la dette et revenus d’exportations ne devait pas dépasser 5 % [4]. On pourrait définir un ratio de ce type : la somme allouée au remboursement de la dette ne peut excéder 5 % des recettes de l’État. Il faut également adopter un cadre légal afin d’éviter la répétition de la crise qui a débuté en 2007-2008 : interdiction de socialiser des dettes privées, obligation d’organiser un audit permanent de la politique d’endettement public avec participation citoyenne, imprescriptibilité des délits liés à l’endettement illégitime, nullité des dettes illégitimes, adoption d’une règle d’or qui consiste à dire que les dépenses publiques qui permettent de garantir les droits humains fondamentaux sont incompressibles et priment sur les dépenses relatives au remboursement de la dette… Les pistes alternatives ne manquent pas.

3. Pour une juste redistribution de la richesse

Depuis 1980, les impôts directs n’ont cessé de baisser sur les revenus les plus élevés et sur les grandes entreprises. Ces centaines de milliards d’euros de cadeaux fiscaux ont pour l’essentiel été orientées vers la spéculation et l’accumulation de richesses de la part des plus riches.

Il faut combiner une réforme en profondeur de la fiscalité dans un but de justice sociale (réduire à la fois les revenus et le patrimoine des plus riches pour augmenter ceux de la majorité de la population) avec son harmonisation sur le plan européen afin d’empêcher le dumping fiscal [5] Le but est une augmentation des recettes publiques, notamment via l’impôt progressif sur le revenu des personnes physiques les plus riches (le taux marginal de l’impôt sur le revenu peut tout à fait être porté à 90 % [6], l’impôt sur le patrimoine à partir d’un certain montant et l’impôt sur les sociétés. Cette augmentation des recettes doit aller de pair avec une baisse rapide du prix d’accès aux biens et services de première nécessité (aliments de base, eau, électricité, chauffage, transports publics, matériel scolaire…), notamment par une réduction forte et ciblée de la TVA sur ces biens et services vitaux. Il s’agit également d’adopter une politique fiscale qui favorise la protection de l’environnement en taxant de manière dissuasive les industries polluantes.

Plusieurs pays peuvent s’associer pour adopter une taxe sur les transactions financières, notamment sur les marchés des changes, afin d’augmenter les recettes des pouvoirs publics, de limiter la spéculation et de favoriser la stabilité des taux de change.

4. Lutter contre les paradis fiscaux

Les différents sommets du G20 ont refusé, malgré leurs déclarations d’intention, de s’attaquer réellement aux paradis judiciaires et fiscaux. Une mesure simple afin de lutter contre les paradis fiscaux (qui font perdre chaque année aux pays du Nord, mais également à ceux du Sud, des ressources vitales pour le développement des populations) consiste pour un Parlement à interdire à toutes les personnes physiques et à toutes les entreprises présentes sur son territoire de réaliser quelque transaction que ce soit passant par des paradis fiscaux, sous peine d’une amende d’un montant équivalent. Au-delà, il faut éradiquer ces gouffres noirs de la finance, des trafics criminels, de la corruption, de la délinquance en col blanc. Les grandes puissances, qui les cautionnent depuis des années, en ont tout à fait les moyens.

La grande fraude fiscale prive la collectivité de moyens considérables et joue contre l’emploi. Des moyens publics conséquents doivent être alloués aux services des finances pour lutter efficacement et en priorité contre la fraude organisée par les grandes entreprises et les ménages les plus riches. Les résultats doivent être rendus publics et les coupables lourdement sanctionnés.

5. Remettre au pas les marchés financiers

La spéculation à l’échelle mondiale représente plusieurs fois les richesses produites sur la planète. Les montages sophistiqués la rendent totalement incontrôlable. Les engrenages qu’elle suscite déstructurent l’économie réelle. L’opacité sur les transactions financières est la règle. Pour taxer les créanciers à la source, il faut les identifier. La dictature des marchés financiers doit cesser. Il convient d’interdire la spéculation sur les titres de la dette publique, sur les monnaies, sur les aliments [7]. Les ventes à découvert [8] et les Credit Default Swaps doivent être également interdits. Il faut fermer les marchés de gré à gré de produits dérivés qui sont de vrais trous noirs, échappant à toute réglementation et à toute surveillance.

Le secteur des agences de notation doit également être strictement réformé et encadré. Il doit être interdit aux agences de notation de noter les États. Loin d’être l’outil d’une estimation scientifique objective, ces agences sont structurellement parties prenantes de la mondialisation néolibérale et ont déclenché à plusieurs reprises des catastrophes sociales. En effet, la dégradation de la note d’un pays peut impliquer une hausse des taux d’intérêt que l’État doit payer pour réussir à emprunter sur les marchés financiers. De ce fait, la situation économique du pays concerné se détériore. Le comportement moutonnier des spéculateurs décuple les difficultés qui pèseront encore plus lourdement sur les populations. La forte soumission des agences de notation aux milieux financiers fait de ces agences un acteur majeur au niveau international, dont la responsabilité dans le déclenchement et l’évolution des crises n’est pas assez mise en lumière par les médias. La stabilité économique des pays européens a été placée entre leurs mains, sans garde-fous, sans moyens de contrôle sérieux de la part de la puissance publique, c’est pourquoi il faut leur interdire de continuer à nuire.

Afin d’interdire d’autres manœuvres de déstabilisation des Etats, il faut restaurer un contrôle strict des mouvements de capitaux.

6. Transférer sous contrôle citoyen les banques et les assurances au secteur public

À cause des choix qu’elles ont faits, la plupart des banques font face à une situation d’insolvabilité et non à une crise passagère de liquidités. La décision des banques centrales de leur accorder un accès illimité au crédit sans leur imposer un changement des règles du jeu aggrave le problème.

Il faut revenir aux fondamentaux. Les banques doivent être considérées comme des services publics, du fait, précisément, de leur importance et de l’effet dévastateur que leur mauvaise gestion peut avoir sur l’économie. Le métier de la banque est trop sérieux pour être confié à des banquiers privés. Comme elle utilise de l’argent public, bénéficie de garanties de la part de l’État et rend un service de base fondamental à la société, la banque doit devenir un service public.

Les États doivent retrouver leur capacité de contrôle et d’orientation de l’activité économique et financière. Ils doivent également disposer d’instruments pour réaliser des investissements et financer les dépenses publiques en réduisant au minimum le recours à l’emprunt auprès d’institutions privées. Pour cela, il faut exproprier sans indemnisation les banques pour les socialiser en les transférant au secteur public sous contrôle citoyen.

Dans certains cas, l’expropriation des banques privées peut représenter un coût pour l’État en raison des dettes qu’elles ont pu accumuler et des produits toxiques qu’elles ont conservés. Le coût en question doit être récupéré sur le patrimoine général des grands actionnaires. En effet, les sociétés privées qui sont actionnaires des banques et qui les ont menées vers l’abîme tout en faisant de juteux profits détiennent une partie de leur patrimoine dans d’autres secteurs de l’économie. Il faut donc faire une ponction sur le patrimoine général des actionnaires. Il s’agit d’éviter au maximum de socialiser les pertes. L’exemple irlandais est emblématique, la manière dont la nationalisation d’Irish Allied Banks a été effectuée est inacceptable car elle s’est faite aux dépens de la population.

L’option que nous défendons implique l’élimination du secteur bancaire capitaliste, tant dans le crédit et l’épargne (banques de dépôt) que dans le domaine de l’investissement (banques d’affaire ou d’investissement). Dans cette option, il ne resterait que deux types de banques : des banques publiques avec un statut de service public (sous contrôle citoyen) et des banques coopératives de taille modérée.

Même si son état de santé est moins médiatisé, le secteur des assurances est aussi au cœur de la crise actuelle. Les grands groupes d’assurance ont mené des opérations aussi risquées que les banques privées avec lesquelles nombre d’entre eux sont étroitement liés. Une grande partie de leurs actifs est constituée de titres de la dette souveraine et de produits dérivés. A la recherche du maximum de profit immédiat, ils ont spéculé dangereusement avec les primes payées par les assurés, avec l’épargne récoltée sous la forme d’assurance vie ou de cotisations volontaires en vue d’une retraite complémentaire. L’expropriation des assurances permettra d’éviter une débâcle dans ce secteur et protègera épargnants et assurés. Cette expropriation des assurances doit aller de pair avec une consolidation du système de retraite par répartition.

7. Socialiser les entreprises privatisées depuis 1980

Une caractéristique de ces trente dernières années a été la privatisation de nombre d’entreprises et services publics. Des banques au secteur industriel en passant par la poste, les télécommunications, l’énergie et les transports, les gouvernements ont livré au privé des pans entiers de l’économie, perdant au passage toute capacité de régulation de l’économie. Ces biens publics, issus du travail collectif, doivent revenir dans le domaine public. Il s’agira de créer de nouvelles entreprises publiques et d’adapter les services publics selon les besoins de la population, par exemple pour répondre à la problématique du changement climatique par la création d’un service public d’isolation des logements.

8. Réduire radicalement le temps de travail pour garantir le plein emploi et adopter une politique des revenus pour réaliser la justice sociale

Répartir autrement les richesses est la meilleure réponse à la crise. La part destinée aux salariés dans les richesses produites a nettement baissé depuis plusieurs décennies, tandis que les créanciers et les entreprises ont accru leurs profits pour les consacrer à la spéculation. En augmentant les salaires, non seulement on permet aux populations de vivre dignement, mais on renforce aussi les moyens qui servent au financement de la protection sociale et des régimes de retraite.

En diminuant le temps de travail sans réduction de salaire et en créant des emplois, on améliore la qualité de vie des travailleurs, on fournit un emploi à celles et ceux qui en ont besoin. La réduction radicale du temps de travail offre aussi la possibilité de mettre en pratique un autre rythme de vie, une manière différente de vivre en société en s’éloignant du consumérisme. Le temps gagné en faveur des loisirs doit permettre l’augmentation de la participation active des personnes à la vie politique, au renforcement des solidarités, aux activités bénévoles et à la création culturelle.

Il faut également relever significativement le montant du salaire minimum légal, des salaires moyens et des allocations sociales. En revanche, il faut fixer un plafond très strict pour les rémunérations des dirigeants des entreprises, qu’elles soient privées ou publiques, rémunérations qui atteignent des sommets absolument inacceptables. Il s’agit d’interdire les bonus, les stock-options, les retraites « chapeau » et autres avantages injustifiés dérogatoires. Il convient d’instaurer un revenu maximum autorisé. Nous recommandons un écart maximum de 1 à 4 dans les revenus (comme le recommandait Platon voici environ 2400 ans) avec une globalisation de l’ensemble des revenus d’une personne afin de les soumettre à l’impôt.

9. Des emprunts publics favorables à l’amélioration des conditions de vie, à la promotion des biens communs et rompant avec la logique de destruction environnementale

Un État doit pouvoir emprunter afin d’améliorer les conditions de vie des populations, par exemple en réalisant des travaux d’utilité publique et en investissant dans les énergies renouvelables. Certains de ces travaux peuvent être financés par le budget courant grâce à des choix politiques affirmés, mais des emprunts publics peuvent en rendre possibles d’autres de plus grande envergure, par exemple pour passer du « tout automobile » à un développement massif des transports collectifs, fermer définitivement les centrales nucléaires et leur substituer des énergies renouvelables, créer ou rouvrir des voies ferrées de proximité sur tout le territoire en commençant par le territoire urbain et semi-urbain, ou encore rénover, réhabiliter ou construire des bâtiments publics et des logements sociaux en réduisant leur consommation d’énergie et en leur adjoignant des commodités de qualité.

Il faut définir de toute urgence une politique transparente d’emprunt public. La proposition que nous avançons est la suivante : 1. la destination de l’emprunt public doit garantir une amélioration des conditions de vie, rompant avec la logique de destruction environnementale ; 2. le recours à l’emprunt public doit contribuer à une volonté redistributive afin de réduire les inégalités. C’est pourquoi nous proposons que les institutions financières, les grandes entreprises privées et les ménages riches soient contraints par voie légale d’acheter, pour un montant proportionnel à leur patrimoine et à leurs revenus, des obligations d’État à 0 % d’intérêt et non indexées sur l’inflation, le reste de la population pourra acquérir de manière volontaire des obligations publiques qui garantiront un rendement réel positif (par exemple, 3%) supérieur à l’inflation. Ainsi si l’inflation annuelle s’élève à 3%, le taux d’intérêt effectivement payé par l’Etat pour l’année correspondante sera de 6%. Une telle mesure de discrimination positive (comparable à celles adoptées pour lutter contre l’oppression raciale aux États-Unis, les castes en Inde ou les inégalités hommes-femmes) permettra d’avancer vers davantage de justice fiscale et vers une répartition moins inégalitaire des richesses.

10. Questionner l’euro

Le débat sur la sortie de l’euro pour une série de pays comme la Grèce est tout à fait nécessaire. Il est clair que l’euro est une camisole de force pour la Grèce, le Portugal ou encore l’Espagne. Si nous n’y accordons pas la même attention qu’aux autres propositions d’alternatives, c’est que le débat traverse et divise tant les mouvements sociaux que les partis de gauche. Notre préoccupation centrale est de rassembler sur le thème vital de la dette en laissant de côté temporairement ce qui nous divise.

11. Une autre Union européenne bâtie sur la solidarité

Plusieurs dispositions des traités qui régissent l’Union européenne, la zone euro et la BCE doivent être abrogées. Par exemple, il faut supprimer les articles 63 et 125 du traité de Lisbonne interdisant tout contrôle des mouvements de capitaux et toute aide à un État en difficulté. Il faut également abandonner le Pacte de stabilité et de croissance. Le MES (Mécanisme européen de stabilité) doit être éliminé. Au-delà, il faut remplacer les actuels traités par de nouveaux dans le cadre d’un véritable processus constituant démocratique afin d’aboutir à un pacte de solidarité des peuples pour l’emploi et l’environnement.

Il faut revoir complètement la politique monétaire ainsi que le statut et la pratique de la BCE. L’incapacité du pouvoir politique à lui imposer de créer de la monnaie est un handicap très lourd. En créant cette BCE au-dessus des gouvernements et donc des peuples, l’Union européenne a fait un choix désastreux, celui de soumettre l’humain à la finance, au lieu de l’inverse.

Alors que de nombreux mouvements sociaux dénonçaient des statuts trop rigides et profondément inadaptés, la BCE a été contrainte de changer son fusil d’épaule au plus fort de la crise en modifiant en urgence le rôle qui lui a été octroyé. Malheureusement, elle a accepté de le faire pour de mauvaises raisons : non pas pour que les intérêts des peuples soient pris en compte, mais pour que ceux des créanciers soient préservés. C’est bien la preuve que les cartes doivent être rebattues : la BCE et les banques centrales des Etats doivent pouvoir financer directement des États soucieux d’atteindre des objectifs sociaux et environnementaux qui intègrent parfaitement les besoins fondamentaux des populations.

Aujourd’hui, des activités économiques très diverses, comme l’investissement dans la construction d’un établissement hospitalier ou un projet purement spéculatif, sont financées de manière similaire. Le pouvoir politique doit imposer des coûts très différents aux uns et aux autres : des taux bas doivent être réservés aux investissements socialement justes et écologiquement soutenables, des taux très élevés, voire rédhibitoires quand la situation l’exige, pour les opérations de type spéculatif, qu’il est également souhaitable d’interdire purement et simplement dans certains domaines.

Une Europe bâtie sur la solidarité et la coopération doit permettre de tourner le dos à la concurrence et à la compétition, qui tirent « vers le bas ». La logique néolibérale a conduit à la crise et révélé son échec. Elle a poussé les indicateurs sociaux à la baisse : moins de protection sociale, moins d’emplois, moins de services publics. La poignée de ceux qui ont profité de cette crise l’ont fait en piétinant les droits de la majorité des autres. Les coupables ont gagné, les victimes paient ! Cette logique, qui sous-tend tous les textes fondateurs de l’Union européenne, doit être battue en brèche. Une autre Europe, axée sur la coopération entre États et la solidarité entre les peuples, doit devenir l’objectif prioritaire. Pour cela, les politiques budgétaires et fiscales doivent être non pas uniformisées, car les économies européennes présentent de fortes disparités, mais coordonnées pour qu’enfin émerge une solution « vers le haut ». Des politiques globales à l’échelle européenne, comprenant des investissements publics massifs pour la création d’emplois publics dans des domaines essentiels (des services de proximité aux énergies renouvelables, de la lutte contre le changement climatique aux secteurs sociaux de base), doivent s’imposer. Une autre politique passe par un processus coordonné par les peuples afin d’adopter une Constitution pour construire une autre Europe.

Cette autre Europe démocratisée doit œuvrer pour imposer des principes non négociables : renforcement de la justice fiscale et sociale, choix tournés vers l’élévation du niveau et de la qualité de vie de ses habitants, désarmement et réduction radicale des dépenses militaires, choix énergétiques durables sans recours au nucléaire, refus des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle doit aussi résolument mettre fin à sa politique de forteresse assiégée envers les candidats à l’immigration, pour devenir un partenaire équitable et véritablement solidaire à l’égard des peuples du sud de la planète. Le premier pas dans ce sens doit consister à annuler la dette du tiers-monde de manière inconditionnelle. L’annulation de la dette est décidément un dénominateur commun à toutes les luttes qu’il est urgent de mener au Nord comme au Sud.

Damien Millet – Eric Toussaint
CADTM Belgique
www.cadtm.org

Damien Millet (professeur de mathématique, porte-parole du CADTM France www.cadtm.org ) et Eric Toussaint (docteur en sciences politiques, président du CADTM Belgique, membre du Conseil scientifique d’ATTAC France). Damien Millet et Eric Toussaint ont dirigé le livre collectif La Dette ou la Vie, Aden-CADTM, 2011, qui a reçu le Prix du livre politique à la Foire du livre politique de Liège en 2011.

Dernier livre en date : Damien Millet et Éric Toussaint, AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012.

[1] Christiane Marty, « Impact de la crise et de l’austérité sur les femmes : des raisons de s’indigner et se mobiliser », www.cadtm.org/Impact-de-la-crise-et-de-l

[2] Voir http://www.cadtm.org/Le-CADTM-denonce-la-campagne-de

[3] Voir Les Echos, http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/reuters_00432669-la-dette-grecque-ne-sera-pas-viable-avant-2030-ue-fmi-301254.php. Voir également Reuters, http://www.reuters.com/article/2012/03/13/us-eurozone-greece-debt-idUSBRE82C0FM20120313

 

[4] Éric Toussaint, Banque mondiale, le coup d’Etat permanent, CADTM-Syllepse-Cetim, 2006, chapitre 4.

[5] Pensons à l’Irlande qui pratique un taux de seulement 12,5 % sur les bénéfices des sociétés. En France, le taux réel d’imposition des entreprises du CAC 40 n’est que de 8%...

[6] Signalons que ce taux de 90 % avait été imposé aux riches à partir de la présidence de Franklin Roosevelt aux États-Unis dans les années 1930. En France, il avait été décidé en 1924, puis à la veille de la seconde guerre mondiale.

[7] Damien Millet et Éric Toussaint, La Crise, quelles crises ?, Aden-CADTM, 2010, chapitre 6.

[8] Les ventes à découvert permettent de spéculer sur la baisse d’un titre en vendant à terme ce titre alors qu’on n’en dispose même pas. Les autorités allemandes ont interdit les ventes à découvert alors que les autorités françaises et celles d’autres pays sont opposées à cette mesure.

URL de cet article 16934
http://www.legrandsoir.info/quel-programme-d-urgence-face-a-la-crise.html
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Déchirons les traités européens et reprenons le chemin de la liberté.

13 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Vendredi 8 juin 2012

Drapeau européen en feuLe traité de Maastricht (1992), en ôtant aux principaux États européens le droit de battre leur propre monnaie (avec la création de l’euro), mais aussi en voulant assurer une « convergence économique » de ses signataires et en établissant une politique de défense commune, a été à l’origine de l’Union européenne en tant qu’organe politique.

 

Le traité d’Amsterdam (1997) dépossède ces États-Nations d’une partie de leurs droits régaliens puisqu’il établit une politique étrangère de sécurité commune… tout en créant « un espace de liberté, de sécurité et de justice » avec la libre circulation des personnes sans contrôle aux frontières.

 

Le traité de Nice (2001) définit l’Union comme une « communauté de droit ».

 

Le traité de Lisbonne (2007) a constitué quant à lui le point d’orgue de la trahison, avec cette « Constitution européenne » que nous Français (mais aussi les Néerlandais) avions rejetée par référendum en 2005. Pourtant, un État membre se voit reconnaître officiellement le droit de quitter l’Union européenne (article 49 A). Pour cela, il devra d’abord notifier son intention au conseil européen. Enfin, à la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négociera et conclura avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union.

 

On croit rêver. Un État souverain n’a pas besoin de négocier, de réviser, de s’accorder, de se perdre en palabres ! Il déchire les traités qui portent atteinte à son indépendance nationale.

 

Or, une commission non élue a arraché la souveraineté des peuples, a désintégré les États, a lié le destin de ces derniers à la dette tout en dépouillant leurs économies en imposant la monnaie de personne.

 

Si l’Europe des banquiers et de l’euro est à l’agonie, donnons-lui le coup de grâce et libérons-nous de cette caricature d’Europe unie. Et restituons pour de bon la souveraineté du peuple français.

 

Capitaine Martin

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Taux d'intérêts records, banques dégradées, l'Espagne peine à s'en sortir.

12 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

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Taux d'intérêts records, banques dégradées, l'Espagne peine à s'en sortir


MADRID - Taux d'intérêts records, abaissement de la note de 20 banques en deux jours, l'Espagne peine à sortir de l'ornière en dépit de l'annonce d'un plan de sauvetage de ses banques, signe de doutes persistants sur la capacité de la zone euro à surmonter la crise.

Le plan européen, susceptible de mobiliser jusqu'à 100 milliards d'euros, n'a eu un effet positif que très éphémère sur les marchés lundi.

Le taux de référence à 10 ans de l'Espagne a atteint mardi un plus haut depuis la création de la zone euro, à 6,756% contre 6,487% lundi soir.

Ces records signifient des taux prohibitifs pour l'Etat pour se financer sur le marché et une augmentation mécanique de la dette.

La situation de l'Espagne est finalement pire que la semaine dernière, a indiqué Nordine Naam, stratégiste obligataire chez Natixis, soulignant que les inquiétudes ont redoublé en raison des zones d'ombres du plan.

Les investisseurs se demandent qui du Fonds de secours de la zone euro (FESF) ou du Mécanisme européen de stabilité (MES) va émettre les nouveaux titres de la dette pour recapitaliser les banques espagnoles.

Le secteur bancaire espagnol reste l'une des grandes sources d'inquiétude des marchés, car il est fragilisé depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.

Les banques espagnoles accumulaient dans leurs bilans pour 184 milliards d'euros d'actifs immobiliers problématiques (à la valeur incertaine) fin 2011, soit 60% de leur portefeuille.

L'agence d'évaluation financière Fitch a d'ailleurs abaissé mardi la note de crédit à long terme de 18 banques espagnoles, après dégradation la veille de celle des deux plus grandes, Santander et BBVA.

Cette décision n'est pas liée au plan d'aide mais elle est la suite logique de la dégradation de la note de l'Espagne le 7 juin de trois crans, à BBB.

Elle s'explique aussi toutefois par des portefeuilles de crédits de certaines banques qui pourraient encore se dégrader, précise l'agence dans un communiqué.

Cela est particulièrement vrai pour les banques dont les crédits accordés sont très exposés au secteur de la construction ou qui ont une base peu solide, ajoute le communiqué.

La dégradation traduit essentiellement les mêmes inquiétudes que celles qui ont eu un impact sur la note souveraine espagnole. En particulier, l'Espagne devrait rester en récession toute cette année et en 2013 contrairement aux attentes antérieures qui prévoyaient une légère amélioration en 2013, ajoute Fitch.

Parmi les 18 banques concernées, figure CaixaBank, troisième banque du pays en termes de capitalisation et en cours de fusion avec Banca Civica fortement exposée au secteur de la construction, qui perd deux crans, à BBB.

Banco Popular, quatrième banque par capitalisation qui a affimé lundi ne pas avoir besoin du plan d'aide, perd un cran, à BBB-.

Quant à la note de Bankia, qui fait l'objet d'un sauvetage public de 23,5 milliards d'euros, elle est également abaissée d'un cran, à BBB.

L'agence Standard & Poor's (S&P) a elle annoncé lundi qu'elle maintenait la note souveraine de l'Espagne, BBB+.

Sa concurrente Moody's avait abaissé le 17 mai la note de crédit de long terme de 16 banques espagnoles, dont BBVA et Santander, en raison des difficultés de l'économie et du secteur financier en général, des problèmes des finances publiques, et d'un accès restreint aux financements.


(©AFP / 12 juin 2012 18h48) goldman-sachs-vampire-squid.jpg

 

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Projection du film "La stratégie du choc", le 18 juin 2012 dans l'amphithéatre de la salle des associations à Nice, place Garibaldi.

12 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

 

Bonjour.

 

L'association "Comité pour un Nouvelle Résistance-CNR" organise le lundi 18 juin 2012 de 18h30 à 21h la projection du film de Naomi Klein: "La stratégie du choc. La montée du capitalisme du désastre". L'évènement aura lieu dans l'amphithéâtre de la maison des associations à Nice, place Garibaldi. Un débat suivra la projection.

La crise de la dette souveraine plonge le vieux continent dans cette politique ultralibérale qui détruit tout sur son passage. On a du mal a comprendre la pertinence des changements opérés tant ils semblent parfois erratiques. Le film a le mérite de bien présenter les rouages de cette technique de prise de contrôle du monde.

 

Venez nombreux! Faites passer l'information! Il est très important de percer à jour les stratégies employées afin de mieux les combattre.

 

Dans la période actuelle,  la cure d'austérité ultralibérale, préparée de main de maître par quelques cercles d'influence, mais aussi par des cabinets regroupant toutes sortes d'experts, semble être la seule solution.  De grands gourous, épaulés par des avocats d'affaires, sont chargés d'étudier le meilleur moyen de détruire définitivement les acquis sociaux, particulièrement ceux issus du "Conseil National de la Résistance". N'oublions pas que le CNR, après la seconde guerre mondiale, dans une France ruinée, a réussi à imposer au grand patronat des réformes sociales de grande ampleur. Pour les gros capitalistes, l'acceptation d'alors, venait du fait qu'ils avaient sans doute contribué à la débâcle de 1940 et s'étaient joyeusement et massivement lancés dans la collaboration, afin de faire de bonnes affaires.

 

Aujourd'hui la donne a changé. La France est bien sûr, beaucoup plus riche, mais les prédateurs actuels ont gagné la bataille des idées. Ils ont réussi à imposer la doxa ultralibérale comme le seul cadre de pensée possible. Cette victoire est acquise en grande partie grâce à un matraquage médiatique sans précédent et cela depuis une trentaine d'années environ.

 

La guerre totale que livre le grand capital aux peuples pour les dépouiller, utilise toutes les armes possibles, par exemple: la dette, la crise financière, les traités européens, etc... En effet, la crise financière est arrivée opportunément pour obliger les états à s'endetter massivement auprès des financiers afin de sauver les banques. Cette dette contractée auprès des usuriers des temps modernes, est utilisée par ceux qui ont été sauvés de la faillite, afin d'alimenter la spéculation dans le seul but d'assurer à ces voleurs de grand chemin de confortables bénéfices. Dans ce braquage de haut vol, le rôle des agences de notation est déterminant pour désigner les proies que vont dépecer les barbares de la finance. Ils sont tous fin prêts pour dévaster les biens publics, seule richesse de ceux qui n'ont rien.

 

S’il y a une chose que je sais, c’est que les 1 % [les plus riches] aiment les crises. Quand les gens sont paniqués et désespérés, que personne ne semble savoir ce qu’il faut faire, c’est le moment choisi par eux pour faire passer leurs listes de vœux: privatiser l’éducation, la santé,  la Sécurité Sociale, mettre en pièces les services publics, se débarrasser des dernières mesures contraignantes pour les entreprises. Et ils appellent cela les réformes structurelles indispensables!

 

C'est bien là la marque de leur extrême perversité, appeler réforme les régressions sociales majeures, qu'ils souhaitent imposer coûte que coûte à la population désemparée! Prendre l'habit du juste pour se comporter en terrible prédateur! S'installer dans le discours du "Conseil National de la Résistance" tout en avouant cyniquement que le seul but est de détruire tous les acquis issus de la LIBERATION! C'est du grand art et cela s'appelle l'ultralibéralisme.

 

Naomi Klein a très bien décrit ce processus dans son excellent livre: "La Stratégie du Choc-la montée du capitalisme du désastre".

Un exemple parmi beaucoup d'autres, l'équipe  de Georges W Bush a profité de la destruction de La Nouvelle-Orléans lors de la tempête qui a dévasté La Louisiane pour tout privatiser! Les logements sociaux détruits ont été remplacés par des logements de standing. La spéculation sur la misère a été à son apogée! Aucun secours n'a été apporté aux gens les plus démunis. La FEMA après avoir été restructurée par Dick Cheyney, a été incapable de remplir sa mission.

Partout dans le monde où se produit de grandes catastrophes et où les grands capitalistes sont aux commandes, le même scénario sont utilisés. L'Europe est actuellement aux mains de ces gens là, on voit bien les perspectives qui s'annoncent, la captation de toutes les richesses. Lorsque les catastrophes ne sont pas au rendez-vous on les provoque! La crise de la dette souveraine en est l'exemple le plus accompli! Soit les peuples réagissent et reprennent les rênes des mains de ces voyous, soit l'alignement sur la misère mondiale va partout devenir la règle!

 

 

Devant ces actes de piraterie, et devant cette guerre sans merci deux choix s'offrent à  chacun de nous:

  • Soit accepter d'aller à l'abattoir, tout habillé de peur, mais résigné. Espérant toutefois que notre tour viendra le plus tard possible, allant même envisager de pouvoir passer entre les gouttes.
  • Soit refuser l'inacceptable. Avec comme slogan, celui des résistants d'hier et d'aujourd'hui qui ont lancé en 2004 l'appel du CNR. Ce slogan doit claquer comme un coup de fouet, c'est: Résister c'est créer, Créer c'est résister 

 

 

Une façon de résister est de participer à la soirée du lundi 18 juin 2012 .  Il nous faut affirmer haut et fort à cette occasion les valeurs fondatrices de notre vivre ensemble.

  

 Le RDV du lundi 18 juin 2012 à 18h30 a été publié sur nice.demosphere.eu,    http://nice.demosphere.eu/node/462
Son titre est : Projection-Débat du film "La stratégie du choc".

  

  

En espérant vous rencontrer à cette occasion.

  

  

Bien cordialement.

 

Lucien PONS. Président de l'association: "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR

 

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Le pouvoir bancaire et ses vassaux gouvernementaux. Le cas espagnol.

11 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

 pouvoir bancaire et ses vassaux gouvernementaux

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Par Charles-André Udry

Le «nettoyage des banques» est, depuis des mois, un des vrais tests pour le gouvernement du Parti Populaire de Mariano Rajoy et de l’oligarchie espagnole, ainsi que pour ses «partenaires» européens. Le secteur bancaire occupe une place importante en Espagne, suite à un fort processus de concentration-centralisation et à une transnationalisation prononcée de ses principaux acteurs. Fin 2011, le bilan des banques se situe à hauteur de quelque 330% du PIB (Neue Zürcher Zeitung, 9 mai 2012). Ladite exposition des créanciers (banques pour l’essentiel) au secteur de la construction et de l’immobilier s’élève à 338 milliards d’euros (405,6 milliards de CHF), dont 176 à 184 milliards sont «problématiques», selon les dires de la Banque d’Espagne (Wall Street Journal, 8 mai 2012; Les Echos, 8 mai 2012, El Pais, 9 mai 2012). 

Dit autrement: il s’agit officiellement de prêts «douteux» – dans le langage courant on parle de «gens douteux» – aux constructeurs et aux promoteurs immobiliers, les ex-faiseurs de miracles, il y a encore cinq ans. Sont inclus de même des biens immobiliers acquis par les banques suite à des «défauts de paiements». Comprenez: des salariés à qui des appartements ont été vendus et qui ne peuvent faire face au paiement des intérêts hypothécaires, sans parler même du remboursement du principal. Par dizaines de milliers, ces «propriétaires» ont été éjectés de «leur» appartement… mais doivent néanmoins s’acquitter de leur dette, même si elle est un peu «accommodée».

Il faut replacer ce sauvetage des banques dans un contexte où la chute de la production industrielle – un des facteurs qui nourrissent le chômage, avec ses effets désastreux sur les revenus des salarié·e·s et de leurs familles – continue depuis octobre 2011 à des taux mensuels (par rapport à l’année précédente) oscillant entre -3% et -7,5% (en mars 2012).

Le banquier politique et le politique banquier

Une dimension du sauvetage des banques révèle l’intrication entre ce secteur et le pouvoir d’Etat. Il y a plusieurs années que nous insistons sur la mutation qui s’est opérée dans la hiérarchie des instances gouvernementales et étatiques. La première place a été acquise, depuis les années 1980, par les ministères de finances et les banques centrales. Cela s’est accentué dans le cadre de l’Union européenne (UE). Aujourd’hui, avec la crise de la «dette publique» – qui n’est pas publique, faut-il le répéter, mais celle du système bancaire et d’assurance? – s’est imposée une superposition éclatante entre imposants banquiers et «techniciens gouvernementaux». C’est ce qu’illustrent les Mario Monti (Italie), Lucas Papadémos (Grèce) ou encore Luis de Guindos Jurado en Espagne. Dans l’opération de sauvetage du système bancaire espagnol ce trait fort ressort avec netteté.

Rodrigo Rato, le patron de Bankia – la quatrième banque du pays, fruit plus que mûr du mariage de sept caisses d’épargne, dont l’avenir est, lui, aussi douteux que leur union était louche –, fournit une illustration de cette machinerie. Né en 1949, il est le fils de deux familles fort riches des Asturies, incarnées par son père Ramon Rato et sa mère Aurora Figaredo. Son père fut ministre de l’économie et un des grands banquiers de l’Espagne (El Pais, 8 mai 2012). Dressé par les jésuites, il fera ses études à l’Université Complutense de Madrid  et à Berkley. Il adhère à 30 ans à l’Alliance populaire (AP), dont il sera l’un des dirigeants, puis au Parti Populaire (PP), la formation unifiée et créée par le franquiste Manuel Fraga, «disparu».

De septembre 2003 à avril 2004, il préside le gouvernement de José Maria Aznar, dont il a été le ministre de l’Economie d’avril 2000 à avril 2004. Il l’avait déjà été de 1996 à 2000, toujours sous Aznar; tout en ayant eu la tâche de deuxième vice-président du gouvernement de mai 1996 à 2003. Dans ces fonctions, il a été le régent de la «bulle immobilière»  dont les explosions, en ricochet, ont frappé finalement Bankia.

Dans un premier temps, il a mené sa carrière internationale en tant que «représentant» de l’Espagne auprès de la Banque mondiale (BM), de la Banque interaméricaine de développement (BID), de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) ou comme représentant du ministère de l’Economie au sein de l’UE.  Il poursuivit son ascension au FMI. En effet, il succéda en tant que directeur général à l’Allemand Horst Köhler de la CDU, après la brève période d’intérim assumée par l’Etatsunienne Anne Krueger (mars-juin 2004). R. Rato fut couronné le 7 juin 2004 et démissionna le 31 octobre 2007. Il va se recycler rapidement dans la Banque Lazard à Londres, avec deux continents comme champ de bataille dont il connaissait bien le terrain grâce à ses attributions précédentes: l’Europe et l’Amérique latine.

En décembre 2009, il entre à Caja Madrid, dont il prend les rênes en janvier 2010. Quelques mois plus tard, il annonce la fusion de cette entité – qui surnageait sur un coussin de créances hypothécaires hypothétiques et suspectes – avec d’autres caisses percées: Bancaja, Caja de Canarias, Caixa Laietana, et les Cajas d’Avila, de La Rioja et de Segovia. Avec l’effronterie propre à sa caste – assurée de cette immunité que Dieu alloue, sans limite de crédit, à ses vrais siens – il parie sur ses réseaux et son lustre pour: déminer la bombe à retardement que constitue la gestion clientélaire et d’aigrefin de ces cajas;stabiliser la pile vacillante des prêts hypothécaires; faire silence sur les plus que maigres entrées de dépôts des épargnants. Ainsi est mis en place le mécano Bankia (avec une participation dominante de Caja Madrid, 52,06%, et de Bancaja, 37,7%) et  Banco Financiero y des Ahorro (BFA). Début mai 2012, Rodrigo Rato osait encore affirmer qu’aucun sauvetage de l’Etat n’était nécessaire; une sorte de proclamation provocatrice dans l’atmosphère de Kriegspiel qui règne entre requins de la banque et intrigants du gouvernement Rajoy.

Les «marchés» – les investisseurs – n’étaient pas sans savoir que l’exposition aux actifs immobiliers n’était pas neutralisée par les initiatives de Rato et ses adjoints. La fermeture de 20% des agences relevait d’un léger maquillage, en termes comptables. Cependant pas en termes d’emplois: 16% du personnel sera licencié. Puis une opération, bien nommée de ségrégation, est mise en place en avril 2011. Traduisons: un tri et une allocation des actifs les plus toxiques sont effectués dans la «maison mère»: la BFA. Elle a été construite, sur la base d’un système de mutualisation et d’auto-protection, en décembre 2010. Elle commence à être active le 1er janvier 2011. On y retrouve les cajas. BFA est l’actionnaire majoritaire de Bankia. Cette dernière non seulement dispose d’un réseau en Espagne, mais est active à l’échelle internationale: Lisbonne, Dublin, Milan, Londres, Munich, Vienne, Miami, Pékin et Shanghai. Une carte de visite qui ne suffit pas à rassurer «les marchés», au contraire. L’action de Bankia, du 2 août 2011 au 8 mai 2012, a dévissé de 3,9 euros à 2,375 euros, soit une chute de 39%. L’exposition à des actifs véreux de Bankia se monte à 31,8 milliards.

Deloitte allume la mèche

La mèche a été allumée par la société d’audit Deloitte, une des quatre grandes transnationales d’audit aux côtés de PricewaterhouseCoopers (PwC), Ernst&Young et KPGM. Deloitte éclaire la faille dans son rapport d’audit (El Pais, 9 mai 2012). En effet, dans le bilan 2011 de BFA est comptabilisée une participation dans Bankia pour une valeur de 12 milliards d’euros. Selon la valeur de marché (le prix de l’action à la Bourse), cette participation est estimée à 2 milliards. Une légère différence. Même si, selon les normes comptables en vigueur et du fait que BFA ne pensait pas céder de suite ses actions Bankia sur le marché, il était possible d’attribuer à cette participation une valeur de 8,5 milliards. Mais une déduction minimale de 3,5 milliards dans le bilan relevait de la nécessité. Or, si l’on met côte à côte les gains de BFA, soit 41 millions d’euros, et la perte à enregistrer, soit 3500 millions, une difficulté arithmétique saute aux yeux.

Une solution était suggérée par Deloitte: mettre à zéro le patrimoine de BFA, la maison mère de Bankia, et pour ne pas déshabiller totalement BFA, transformer la participation préférentielle de l’Etat espagnol en capital de BFA. Mais cela reviendrait à la nationalisation à 100% de BFA. Une fois de plus s’offre l’image de la prise d’otage qu’opèrent les banques: un sauvetage contraint, mais sans contrepartie. Ce qui justifie, de notre point de vue, très concrètement, l’exigence politique et stratégique – dans la crise durable présente du capitalisme – d’une nationalisation-déprivatisation du secteur bancaire, pour en faire un pôle public unique de financement, qui ne soit pas mis en concurrence avec des grands cachalots privés, ceux qui ne font qu’une bouchée d’un requin.

Une autre solution se profile: attribuer à Bankia  des fonds publics, sans aucune «intervention de l’Etat»(La Vanguardia, 9 mai 2012). Autrement dit, canaliser vers Bankia des revenus de l’ensemble des salarié·e·s contribuables qui subissent une attaque sans précédent contre le salaire social: salaire direct, indirect, allocations diverses, éducation, santé, crèches, etc. Nous y reviendrons car la décision concrète en la matière doit être prise ce vendredi 11 mai. A moins que la crise s’accélérant «sur les marchés», comme symptôme d’une crise du système bancaire, la nationalisation soit choisie, avant,  comme intervention d’urgence.

De Rato à Goirigolzarri

Rodrigo Rato sera remplacé par un honnête homme: José Ignacio Goirigolzarri, né à Bilbao en 1954. Il a quitté la grande banque BBVA – dont il fut un des poissons pilote pour son expansion aux Etats-Unis et en Amérique latine – après 30 ans de bons et loyaux services. Sa sortie, aidée par le grand patron de BBVA, s’est effectuée il y a 32 mois. Il a reçu une retraite chapeau de 61 millions d’euros, de quoi attendre un nouveau mandat après avoir signé une clause de confidentialité et de non-concurrence. La Banque d’Espagne et le gouvernement «ont fait pression pour qu’il accepte» (El Pais, 8 mai 2012).

Rato ne semblait pas très disposé à quitter le poste de pilotage de Bankia.  Entre gens bien élevés et donc se méfiant comme il est de règle dans ce milieu, José Ignacio Goirigolzarri a exigé tous les pouvoirs. Il les a obtenus.

Ce genre d’affrontements est un reflet de ceux qui ont cours au sein même du PP et de l’oligarchie régnante, placée sous les coups d’une crise d’une force qui n’était pas nécessairement prévue dans tous ses contours. Ce tremblement de terre bancaire provoque des secousses non seulement dans les cercles dirigeants du «monde de la finance», mais aussi dans ceux coextensifs dudit champ politique et du bloc social aux commandes. Des commandes dédoublées dans l’«espace européen» où les tours de contrôle hésitent sur les couloirs à faire emprunter à des gros-porteurs dont les  trains d’atterrissage sont peu fiables, malgré des procédures autoritaires qui s’affinent: celles du Mécanisme européen de stabilité (MES) et du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’UE (TSCG).

Le Costa-Concordia bancaire espagnol a besoin d’un capitaine solide. Mais, les tréfonds de la finance de marché sont plus que vicieux et imprévisibles. Une crise d’illiquidité dans le système bancaire peut éclater, sans prévenir, et mettre à genoux l’oligarchie bancaire qui, elle, prendra la société en otage, avec une violence froide et déterminée.

L’heure d’une dénonciation de la prise d’otage par les banques

Le «sauvetage» de Bankia – sous une forme ou une autre – met en lumière la gravité de la crise bancaire systémique à l’œuvre en Espagne et ailleurs. Passons sur la façon dont les bilans de Bankia et d’autres institutions ont été et sont frisés. A juste titre, Les Echos (9 mai 2012)  insiste sur une donnée, outre la crise grecque et son extension possible au Portugal et à l’Irlande: les «investisseurs s’interrogent déjà sur la situation des autres établissements et sur les moyens de l’Espagne pour en aider d’autres [que Bankia et BFA]. Comment le gouvernement pourrait-il trouver l’argent nécessaire en pleine crise?» François Duhen, stratégiste chez CM-CIC, constate succinctement: «L’Espagne n’est pas au bout de ses problèmes.» Quant aux analystes de Barclays, dans un article titré «Pourquoi la crise de l’euro se fait toujours plus complexe», ils affirment: «Le système bancaire ibérique aura besoin à court terme de 100 milliards de liquidités et, dans l’hypothèse où ce serait l’Etat qui doit mettre tout l’argent, la dette publique irait gicler à 100% du PIB et  l’effort d’austérité budgétaire aura été fait en vain.» (24Ore/Il Sole, 9 mai 2012)

Entre les lignes de différents articles de la presse économique ressort une autre interrogation euphémisée: quel sera le «degré d’acceptabilité sociale et politique» que va manifester la population face à cette socialisation des pertes d’une dette bancaire, présentée comme étant publique et «justifiant» de ce fait la mise en joue des salarié·e·s? C’est  ici que la «crise grecque» acquiert un écho européen au travers du refus massif de la régression sociale et existentielle.

Or, les banques espagnoles, ces derniers mois, ont réussi le tour de force de récolter des fonds (actions et obligations convertibles) auprès de «petits épargnants», certes une minorité de la population, et de fonds de pension, ainsi que de vendeurs d’assurances vie.

Selon la Banque d’Espagne, les fonds récoltés au quatrième trimestre 2011 sont supérieurs de quelque 8 milliards d’euros à ceux acquis au même trimestre de 2010. Cette moisson – grâce  un blitz-marketing – a permis, en partie, de camoufler plus longtemps les pertes sous-comptabilisées dans les bilans des banques.

La crise de Bankia – avec le lot de «scandales» qui vont faire surface – peut porter un coup aux fleurons du système bancaire espagnol. D’où la nervosité enregistrée et les affrontements secs sur les parquets cirés et les moquettes moelleuses. Ce d’autant plus que l’image de la maîtrise du système bancaire a été largement diffusée depuis trois ans, malgré le désastre gigantesque de l’effondrement immobilier, c’est-à-dire de la crise de surproduction de logements.

Comment se fait-il qu’aucune des grandes banques espagnoles n’ait annoncé une perte dans ses résultats annuels depuis le début de la crise financière de 2008 (plus exactement datant de 2007), dont la quatrième phase est en cours?

Le sauvetage de Bankia marque une nouvelle étape socio-politique en Espagne. La dénonciation de la dette et l’objectif d’une nationalisation-déprivatisation des banques deviennent un chaînon nécessaire d’une lutte contre les politiques d’austérité. C’est-à-dire contre le chômage et la dégradation historique du salaire social, envisagé comme le prix de la reproduction élargie, sur la durée d’une vie, de la force de travail collective du salariat, à partir des standards établis dans les années 1970-1980. Ce à quoi devrait s’ajouter, à partir de coordinations sectorielles de résistances et de luttes, une perspective européenne, socialiste et démocratique. Cette dernière peut poser, sous en angle de solidarité de classe, la question d’une reconquête souveraine de droits expropriés qui traduisaient la nécessaire satisfaction de besoins sociaux et d’une véritable sécurité, qui est d’abord d’ordre social. (9 mai 2012)


100 milliards d’euros pour sauver l’Espagne



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LA RÉCESSION S’INSTALLE DANS TOUTE LA ZONE EURO.

5 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

 

Quelques nouvelles de l’Eurodélire

LA RÉCESSION S’INSTALLE DANS TOUTE LA ZONE EURO

On vient d’apprendre, ce 5 juin 2012, que selon le cabinet d’analyse privé Markit :

1)- L’activité du secteur privé a subi en mai 2012 sa plus forte contraction en mai dans la zone euro depuis près de trois ans.

2)- Ce résultat laisse augurer une BAISSE TRIMESTRIELLE du PIB de la zone euro de l’ordre de 0,5 % au deuxième trimestre.

3)- Cette récession pourrait être encore plus sévère en cas de résultats décevants en juin.

4)- Le malaise économique se généralise à tous les grands pays de la zone euro.

5)- La conjoncture se détériore à « un rythme alarmant en Espagne, en Italie et désormais également en France ».

LA CONSOMMATION S’EFFONDRE EN ZONE EURO

On a également appris ce matin que les ventes de détail dans toute la zone euro ont plongé de -1% en avril par rapport à mars, enregistrant leur plus fort repli depuis décembre et attestant de la morosité des consommateurs.

Et encore s’agit-il des données officielles de l’office européen de statistiques Eurostat.

En un an, l’indice des ventes a spectaculairement baissé de -2,5% dans la zone euro.

UN FINANCIER ÉTHIOPIEN FAIT LA FINE BOUCHE
SUR LA SITUATION FINANCIÈRE PORTUGAISE

Signe des temps, que l’on jugera attristant ou cocasse selon son humeur, c’est désormais le ressortissant de l’un des pays les plus pauvres de la planète – l’Éthiopie – qui vient donner des conseils de bonne gestion aux autorités portugaises.

Dans un entretien au quotidien Diario economico publié aujourd’hui, l’Éthiopien Abebe Selassié, qui représente le FMI sous la tutelle duquel a été placé le Portugal, a en effet déclaré : « Il n’y a pas encore suffisamment de confiance. Mais au fur et à mesure que le programme (d’ajustement) produira des résultats, le Portugal sera en mesure de revenir sur les marchés. Cela va être difficile. »

L’ESPAGNE, AU BORD DU GOUFFRE, RÉCLAME « DAVANTAGE D’EUROPE »…

Les « bonnes nouvelles » n’arrivant jamais seules, le ministre espagnol du Budget, M. Cristobal Montoro, vient d’affirmer que l’Espagne « ne peut techniquement pas faire l’objet d’un sauvetage », en faisant allusion à la taille du pays, quatrième économie de la zone euro.

Il a également dressé ce constat sans appel, qui résonne comme un appel au secours d’un navire en perdition : « Le niveau record actuel des taux d’emprunt de l’Espagne lui ferme l’accès aux marchés financiers »

La seule solution à cette catastrophe que voit M. Montoro réside donc, comme à chaque fois, dans la fuite en avant : il faut « davantage d’Europe ».

Mais « davantage d’Europe », qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Le ministre espagnol du Budget a eu la gentillesse de le préciser : il faut un « mécanisme européen qui permettrait aux banques espagnoles d’être recapitalisées ».

Comme c’est joliment dit ! Le « mécanisme européen » signifie qu’au bout du compte ce sont les contribuables allemands, français, néerlandais, qui devraient sortir des dizaines de milliards d’euros pour renflouer les banques espagnoles.

Bon prince, M. Cristobal Montoro a annoncé que l’Espagne serait prête en contrepartie à « renoncer en partie à sa souveraineté budgétaire ». Ce qui revient, non seulement à saboter son propre poste ministériel, ce qui est assez comique, mais surtout à supprimer le principe même de la démocratie, ce qui est beaucoup moins drôle.

Car le B-A-BA de la démocratie, c’est que c’est un système où le peuple choisit des représentants qui décident des recettes fiscales et des dépenses. Si le Budget est décidé par des instances non élues, ce n’est plus une démocratie ; et si ces instances sont de surcroît étrangères, ce n’est plus un pays souverain mais une colonie.

L’ALLEMAGNE NE BOUGE PAS SA POSITION D’UN IOTA

C’est cette dernière et charmante perspective que les autorités allemandes font aussi semblant de privilégier.

Le ministre allemand des Finances, M. Wolfgang Schäuble, l’a dit et redit, et il vient encore de le répéter dans un entretien publié ce 5 juin dans le quotidien économique Handelsblatt : l’Allemagne estime qu’avant de parler d’euro-obligations ou d’union bancaire, ce qu’il faut c’est une véritable union budgétaire dans toute la zone euro :

Les autorités allemandes privilégient d’autant plus cette « union budgétaire » que la logique ultime de l’euro revient, en définitive, à confier justement aux autorités de Berlin le pouvoir de décider des budgets nationaux de tous les pays de la zone euro. Ce qui est assez logique puisque c’est l’Allemagne qui supporte de plus en plus le risque monétaire explosif de la monnaie commune.

Fort heureusement, les Allemands, qui ont les pieds sur terre, se rendent bien compte qu’un tel projet est profondément irréaliste : seuls les dirigeants des pays latins (France, Espagne, Italie,…), qui ont le réflexe culturel de se gargariser hâtivement de formules ronflantes sans réfléchir à leurs effets réels, peuvent entonner cette ritournelle de « l’union budgétaire » sur l’air des lampions.

C’est pourquoi le ministre allemand des Finances a encore répété que « de telles mesures ne peuvent être que l’aboutissement d’un long processus d’intégration et non son prélude », ce qui est une remarque ô combien sensée.

Comme l’avait précisé son porte-parole la semaine dernière : « Nous ne voyons pas comment de telles réflexions pourraient aider à surmonter la crise à court terme ».

Dans son entretien au Handelsblatt, M. Schäuble a répété cette position, en montrant pour la énième fois que le gouvernement allemand n’en changera pas : la seule solution passe par la rigueur : « il n’y a pas de chemin facile pour la Grèce ou l’Espagne et les pays touchés ne peuvent pas éviter les réformes pour redevenir compétitifs ».

Façon de renvoyer le ministre du Budget espagnol dans les cordes.

CONCLUSION : UBU-EURO

Ces scènes ubuesques de l’euro-délire ne seraient pas complète sans l’habituelle cerise sur le gâteau : les agences de presse nous annoncent qu’il va se tenir aujourd’hui « une conférence téléphonique des ministres des Finances du G7 » et que, comme de juste, « les investisseurs en espèrent des mesures aptes à rassurer les marchés ».

Bigre ! Les « investisseurs » auraient-ils déjà oublié que les patrons respectifs des ministres des finances du G7 en question se sont déjà rassemblés voici quinze jours au G8 de Camp David, et qu’il n’en est strictement rien ressorti de neuf et de concret ? Comment pourrait-il en être autrement puisque leurs positions antagonistes sont déjà publiques, connues et archi-connues ?

En bref, le sketch de l’euro continue.

Il finirait par être presque drôle s’il n’avait pas pour conséquence l’appauvrissement rapide des peuples d’Europe et la destruction concomitante de tout leur appareil économique et industriel.

 

http://www.u-p-r.fr/actualite/europe/quelques-nouvelles-de-l-eurodelire

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La dette : une arme contre les travailleurs et contre les peuples. Déclaration du Front Syndical de Classe.

4 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

 
Bonjour.
 
Cet article du Front Syndical de Classe date du 31octobre 2011, mais le trouve d'une parfaite actualité, à l'heure où les puissances d'argent veulent nous imposer la rigueur. Etre informer, briser la pensée unique permettent de mieux Résister.
L. PONS
 
 
Vendredi 4 novembre 2011

 

Déclaration du Front Syndical de Classe

 

"Ils" s’adressent à nous comme à des débiles sans mémoire !

"Vous avez vécu au-dessus de vos moyens !"

"Vous vous êtes trop soigné !"

"Vous avez bénéficié de trop de protection sociale !"…

 

Et le temps est venu du sang et des larmes et demain, après les cures draconiennes d’austérité, ça ira mieux.

Cela fait 40 ans qu'ils nous font vivre en crise, qu'ils nous promettent que la rigueur d'aujourd'hui fera les emplois de demain, que l'Europe assurera la prospérité une fois les sacrifices passés. 40 ans qu'ils promettent la "sortie du tunnel" comme le jurait Raymond Barre, premier ministre dans les années 1970 et « meilleur économiste de France »  !

 

Mais ce sont les mêmes qui trinquent depuis toutes ces années de restrictions salariales en plans sociaux et en licenciements, de privatisations en casse de tous les acquis sociaux, de délocalisations en régions industrielles transformées en déserts économiques. Pour la jeunesse ? La précarité généralisée!

Et ce sont les mêmes qui en profitent, gros actionnaires du CAC 40 et tous leurs experts auto-proclamés grassement payés pour expliquer au peuple qu'il faut se serrer la ceinture tandis que les profits explosent. Champagne pour les uns, potion amère pour les autres.

 

Pour imposer ces politiques et ces mesures contre les travailleurs, ils invoquaient hier la crise des matières premières, la concurrence internationale, les coûts salariaux…

 

Aujourd’hui ce sont la dette, les déficits publics et le sauvetage de leur sacro-saint Euro qu’ils martèlent !

Et c’est au nom de leur "nécessaire" réduction pour sauver leur monnaie et leurs compagnies bancaires qu’ils veulent nous imposer la pire des régressions sociales depuis la fin de la deuxième guerre mondiale !

 

En mentant de manière éhontée !

 

Ce que veulent tous les gestionnaires du système, de Sarkozy à Merkel en passant par les socialistes Zapatero et Papandréou, c’est continuer et aggraver cette orientation. Si possible avec notre accord en nous faisant croire qu’il n’y a pas d’autres choix et que nous mettons nos propres enfants qui sont en danger !

 

Mais pour obtenir notre accord, ils mentent, ils ne nous informent pas correctement !

Ils misent sur la complexité des mécanismes économiques et financiers pour paralyser notre sens critique, et font donner sur tous les grands médias, télé, radios, presse régionale les "experts économiques" qui n’ont pas vu venir la crise et qui continuent à pérorer en nous faisant la leçon !

 

Matraquage  mensonger!

 

 

Parce que la dette n’est pas d’abord le résultat de dépenses publiques et sociales excessives !

Au contraire des dépenses spéculatives, des transactions financières qui ne créent aucune véritable richesse, qui ne rendent aucun service sauf aux spéculateurs, les dépenses de santé, d’éducation, de fonctionnement et de développement des services publics participent au contraire à la richesse nationale, à la croissance économique et à l’emploi et elles rendent effectivement service à la population !

L’accroissement de la dette résulte essentiellement en schématisant :

 

  1. de la privatisation de la création et de la gestion monétaire par les banques privées (il faut savoir par exemple qu’actuellement les banques empruntent auprès de la Banque Centrale Européenne autour de 1,5% alors que les mêmes banques prêtent ensuite aux Etats à des taux qui vont de 2,3 à 3, 4, 5 et bien plus !!!)

 

  1. dans la dernière période du renflouement massif des banques au nom de leur crise des subprimes (des centaines de milliards) !

 

 

  1. des politiques fiscales massivement en faveur des plus riches et des grandes entreprises (bouclier fiscal, niches fiscales, exonérations diverses, utilisation des paradis fiscaux …) mais aussi des privatisations qui ont massivement appauvri l' Etat.

 

Au dernier sommet européen de Bruxelles, au lieu bien sûr de s’attaquer à ces véritables causes de la dette et de s’en prendre donc à la domination du capital financier, les décisions prises (« réduction » de la dette grecque associée à la "recapitalisation" des banques…) laissent intactes les causes mêmes de la crise qui au final résident dans la paupérisation massive des classes populaires et des couches moyennes et de l’accumulation considérable de la richesse entre les mains d’une infime minorité !

 

La preuve :

- du côté des peuples c’est l’inquiétude quant à l’avenir à l’annonce de la rigueur et de la récession qui pointe, les plans de rigueur aggravant le fonctionnement de l’économie et aggravant les déficits publics qu’ils prétendent combattre ! LA situation dramatique du peuple grec préfigure ce qui se prépare à l'échelle de l'Union européeenne.

- du côté des « marchés », le lendemain de ce sommet, c’est l’euphorie, la « confiance » est à son comble : les titres des banques ont été plébiscités par les investisseurs: à Paris, BNP Paribas a grimpé de 16,92%, Crédit Agricole de 21,96% et Société Générale de 22,54%. A Londres, Barclays a bondi de 17,58% et Royal Bank of Scotland (RBS) de 10,05%. Même tendance à Milan où Intesa Sanpaolo gagnait 10,09% et UniCredit 7,49%.

On sauve les banques, on tue les peuples, voilà la réalité !

Au niveau de l’Union Européenne, ils veulent empêcher tout choix dans les budgets nationaux (ce qu’ils appellent la Règle d’or !) et ce avant la fin 2012, clôturant ainsi le verrouillage néolibéral dans lequel ils enferment les peuples pour mettre en place un véritable empire sous domination du capital allemand dans lequel les travailleurs sont jetés les uns contre les autres.

 

Pour les travailleurs, pour les peuples il n’y a donc pas d’autre voie libératrice que le refus de cette politique et que l’engagement de la lutte pour les revendications immédiates, contre les fermetures d’entreprise, pour l’augmentation des salaires … et pour des changements politiques qui s’en prennent vraiment à la domination des puissants et des marchés financiers et à tous leurs plans anti-sociaux et anti-démocratiques.

 

Comme en 36 pour l’obtention des congés payés, comptons d’abord sur nos propres forces et sur l’action indépendante de la classe ouvrière !

 

Banksters nous ne vous devons rien !

La confiance des peuples OU la confiance des marchés financiers, il faut choisir !

 

Le Front Syndical de Classe

31 octobre 2011

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Législatives 2012 dans le Var (3ème circonscription) : Un grand résistant soutient Jacques Nikonoff et André Bertrand.

3 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

nikonoff-bertrand.pngLa profession de foi en PDF

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leon-landini01.jpg

 

Léon Landini est né le 9 avril 1926 au Muy (VAR). Il est président de l’Amicale des anciens FTP-MOI des Bataillons Carmagnole et Liberté. Il était officier FTP-MOI pendant la Résistance. ses décorations : Officier de la Légion d’Honneur, Médaille de la Résistance, décoré par l’Union Soviétique. Il est actuellement président du Pôle de Renaissance Communiste en France.

Le 28 mai 2012

« Aujourd’hui, c’est pour moi un honneur que d’apporter tout mon soutien à la candidature de Jacques Nikonoff, porte-parole national du M’PEP, et son suppléant André Bertrand, considérant que dans les circonstances présentes ils sont les seuls dans la 3e circonscription du var à se battre pour la défense des acquis du programme du Conseil National de la Résistance.

Ils ont le courage de combattre à la fois la réaction fascisante et raciste, ainsi que l’Union Européenne du grand capital et d’unir le drapeau rouge au drapeau tricolore, pour sortir notre pays de la prison qu’est l’Union Européenne et pour faire vivre au présent les principes du Conseil National de la Résistance. »

Biographie de Léon Landini

Le 12 octobre 1942, alors que la Côte d’Azur n’était pas encore occupée, j’ai participé entre Saint-Raphaël et Cannes, au déraillement d’un train de marchandise allemand. J’avais à cette époque là 16 ans et demi.

J’ai adhéré du Parti Communiste Français en novembre 1942.

Je suis président de l’Amicale des Anciens FTP-MOI des bataillons Carmagnole et Liberté. Unité de laquelle Charles Tillon (Commandant en chef de tous les FTP français), a déclaré : « Un des plus beaux fleurons, si ce n’est le plus beau fleuron de la Résistance Armée française ».

Mes états de service pendant la Résistance mentionnent une quarantaine d’ennemis abattus. Sabotage de 300 véhicules allemands en réparation dans des garages français. J’ai participé à la destruction de plusieurs usines travaillant pour l’occupant. J’ai également participé à une quarantaine de déraillements.

Les premières bombes contre les troupes d’occupation italienne entre Marseille et Vintimille furent déposées à Saint-Raphaël et j’ai participé à chacune des ces opérations militaires.

Arrêté à Lyon le 25 juillet 1944, torturé par Barbie, je suis Grand Mutilé de Guerre.

Je suis issu d’une famille de résistants et militants communistes, comme le démontrent les lignes ci-dessous.

Mon père Aristide, ancien FTP-MOI, interné de la Résistance, carte de combattant Volontaire de la Résistance, a été arrêté, en compagnie de mon frère Roger, en mai 1943 à Saint-Raphaël par les carabiniers italiens. Tous les deux furent effroyablement torturés.

Mon frère Roger, commandant FTP-MOI, Médaille de la Résistance, Interné de la Résistance, invalide de guerre suite aux blessures endurées pendant sont arrestation, a fait dérailler 8 wagons de marchandise dans la gare de triage de Fréjus-Plage en décembre 1940. Ce qui fut probablement un des tout premiers déraillements effectué par le Résistance française. Il fut arrêté en mai 1943 en même temps que mon père.

Ils s’évadèrent tous deux en novembre 1943 au cours de leur déportation en Allemagne.

Ma sœur Mimi, Ancienne FTP-MOI, Chevalier de la Légion d’Honneur, Chevalier dans l’Ordre National du Mérite, Carte de Combattant Volontaire de la Résistance, a été pendant 37 ans la secrétaire générale du groupe des députés Communistes à l’Assemblée Nationale.

Ma sœur Lina, Ancienne FTP-MOI, Carte de Combattant Volontaire de la Résistance.

En octobre 1962, aux funérailles de mon frère Roger à Saint-Raphaël, un millier de personnes l’ont accompagné à sa dernière demeure. Devant le corbillard il y avait le drapeau rouge de la section PCF de Saint-Raphaël. Une rue de Saint-Raphaël porte désormais son nom. La plaque de la rue a été dévoilée par Charles Tillon, Marie-Claude Vaillant-Couturier et Pierre Villon, que le bureau National du PCF avait spécialement détaché à cet effet. Il était le secrétaire de section du PCF de Saint-Raphaël.

Léon LANDINI

Texte repris sur le blog de Eldiablo.
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Jacques Delpla aux grecs : « Si vous faites défaut sauvagement, nous vous abandonnerons aux Turcs ; à vous de choisir. »

3 Juin 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Je suis tombé de ma chaise vendredi, en lisant dans un grand journal national une tribune de Jacques Delpla.

Économiste français, de tendance libérale, il a été conseiller économique auprès de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Économie et des Finances. Il a été chef économiste chez Barclays puis conseiller chez BNP Paribas. Et surtout, il est membre du Conseil d’Analyse Économique, qui conseille le Premier Ministre.

J’avais déjà été étonné par Christine Lagarde la semaine dernière, mais alors là, dans la série “on vit une époque formidable”, je suis de plus en plus épaté chaque jour qui passe…

Je n’aime pas trop polémiquer, mais il y a des propos ignobles et intolérables, et “intolérable”, ce n’est pas simplement s’indigner 5 secondes…

Je vous livre comme d’habitude la chronique telle quelle, puis la commenterai – n’hésitez pas à la diffuser…

dessin humour cartoon

Sauver le soldat grec… contre les Folamours

 Gardons les Grecs dans l’euro ! C’est l’intérêt bien compris de tous. Ceux qui conjecturent sur les bienfaits d’un « Grexit » parlent bien légèrement. Ils sont prêts à appuyer sur un bouton aux conséquences inconnues et probablement extrêmement graves, comme des docteurs Folamour prêts à jeter l’Europe dans l’apocalypse nucléaire.

L’intérêt des Grecs est clair : hors de l’euro, ils perdraient tous les financements internationaux, leurs banques seraient en faillite. Hors de l’euro, l’ajustement serait bien pire que dans l’euro. Les Grecs, à cause de leur mauvaise gestion passée, de leur perte massive de compétitivité, ont aujourd’hui le choix entre toboggan avec airbags (programme de réformes et austérité actuels) et saut en parachute sans parachute (sortie de l’euro).

Plus grave, une sortie de l’euro et une faillite générale impliqueraient probablement un effondrement de la société grecque. La Grèce, où les divisions historiques de la Guerre civile de 1946-1949 demeurent, risque fort de sombrer dans le chaos social et politique. Qui ira alors faire du tourisme dans un pays anarchique, sans loi et sans ordre ? Personne !

Cela signifie que, s’ils sortent de la zone euro, les Grecs risquent de subir une dévaluation plus proche de 90 % que de 50 %. Que deviendrait un pays, déjà mal géré, avec une police et une armée non payées ?

C’est ici que les Grecs doivent arrêter leur politique à courte vue. Hors de l’euro, en faillite, incapable de payer son armée et ses fournitures militaires, la Grèce deviendrait une proie tentante pour son grand voisin turc. Qui peut assurer qu’un gouvernement turc autre que l’actuel ne serait tenté d’envahir l’ensemble de Chypre, les îles du Dodécanèse et la Thrace ?

Ce jour-là, ce sera une promenade de santé militaire pour les Turcs, face à un état en faillite et à une armée en débandade. Le gouvernement grec appellera alors à l’aide. En vain. Pourquoi les gouvernements de l’Union européenne interviendraient- ils en faveur d’un pays qui leur aurait fait massivement défaut, qui a menacé l’euro d’explosion, et qui a renié toutes ses promesses envers l’UE ? Je doute fort qu’après un défaut massif et unilatéral de la Grèce sur l’argent prêté par les contribuables allemands ou français, ceux-ci décident de se porter au secours de la Grèce.

Malheureusement, les Allemands sont aujourd’hui hostiles aux Grecs.Mais pas les Français qui, depuis 1974, ont été les grands alliés européens de la Grèce. Si les Grecs mettaient en oeuvre la politique de défaut unilatéral du Syriza, ils seraient alors tout seuls, sans allié, en faillite, face à une Turquie qui saura tout des faiblesses et de l’isolement de la Grèce…

Comme je le dis à mes amis grecs : « Si vous faites défaut sauvagement sur les créances de la France, nous vous abandonnerons aux Turcs ; à vous de choisir. » 

L’intérêt de la France, de l’Allemagne et de l’UE est aussi d’éviter à tout prix une sortie de la Grèce de la zone euro. Premièrement, l’Europe que nous avons bâtie depuis 1945 est l’Europe de la paix et de la prospérité. Que deviendrait notre projet européen si, à la première crise importante, nous rejetions le membre le plus faible de la famille et le laissions s’enfoncer dans le chaos économique et politique, voire dans la guerre ? Voulons-nous d’une Somalie dans les Balkans ?

Deuxièmement, il est temps que les partisans du « Grexit » regardent une carte de la région. La Grèce est proche de crises géopolitiques actuelles ou probables : Syrie, Liban, Israël-Palestine, Égypte, Libye, sans parler de l’ex-Yougoslavie…

Nous – Europe et États-Unis –  avons besoin d’une Grèce stable et solide comme havre de stabilité dans la région et comme notre porte-avions politique, civil et militaire pour assurer la paix, la pacification maritime et aérienne de la Méditerranée orientale, sans parler du contrôle de l’immigration illégale.

La crise de Libye en 2011 a montré que pour cela nous ne pouvions pas compter sur l’Allemagne ; nous ne devons pas perdre la Grèce.

Tout le monde va devoir faire des efforts et des concessions.

Jacques Delpla – 01/06/2012

Imaginons…

Noyés par les médias sous une masse permanente d’images, l’esprit finit par se soumettre insidieusement à un formatage mental. Il est souvent important de rebattre les cartes, en changeant les protagonistes, pour bien analyser une situation.

Imaginons donc que Jack Delflat, économiste américain membre du Conseil économique du président Obama vienne de déclarer :

Plus grave, une destruction de l’euro et une faillite générale impliqueraient probablement un effondrement de la société française. La France, où des divisions sociales marquées demeurent (souvenons-nous des émeutes de 2005), risque fort de sombrer dans le chaos social et politique. […]

C’est ici que les Français doivent arrêter leur politique à courte vue. Hors de l’euro, en faillite, incapable de payer son armée et ses fournitures militaires, la France deviendrait une proie tentante pour son grand voisin allemand. Qui peut assurer qu’un gouvernement allemand autre que l’actuel ne serait tenté d’envahir l’Alsace et la Lorraine ? Et de rebâtir des camps d’extermination ?

Ce jour-là, ce sera de nouveau une promenade de santé militaire pour les Allemands, face à un État en faillite et à une armée en débandade. Le gouvernement français appellera alors à l’aide. En vain. Pourquoi les gouvernements occidentaux interviendraient- ils en faveur d’un pays qui leur aurait fait massivement défaut, qui aura fait exploser l’euro, et qui a renié toutes ses promesses envers le FMI ? Je doute fort qu’après un défaut massif et unilatéral de la France sur l’argent prêté par les contribuables américains, ceux-ci décident de se porter au secours de la France.

Malheureusement, les Anglais sont aujourd’hui hostiles aux Français. Mais pas les Américains qui, depuis 1944, ont été les grands alliés de la France. Si les Français mettaient en oeuvre la politique de défaut unilatéral, ils seraient alors tout seuls, sans allié, en faillite, face à une Allemagne qui saura tout des faiblesses et de l’isolement de la France…

Comme je le dis à mes amis français : « Si vous faites défaut sauvagement sur les créances des États-Unis, nous vous abandonnerons aux Allemands ; à vous de choisir. »

Bien évidemment, si j’avais été encore plus cruel, j’aurais pu écrire :

Comme je le dis à mes amis juifs : « Si vous faites défaut sauvagement sur les créances de la France, nous vous abandonnerons aux Allemands ; à vous de choisir. »

Décryptage

Gardons les Grecs dans l’euro !

Dormez tranquille, ils n’ont aucune intention de partir – juste de cesser de payer… Et comme on ne peut légalement les en exclure…

C’est l’intérêt bien compris de tous.

Je reste sans voix devant la force d’une telle argumentation, de nature à faire pâlir Keynes dans sa tombe…

Ceux qui conjecturent sur les bienfaits d’un « Grexit » parlent bien légèrement. Ils sont prêts à appuyer sur un bouton aux conséquences inconnues et probablement extrêmement graves,

C’est sans doute vrai.

Mais juste, j’estime que ceux qui “conjecturent sur les bienfaits d’un maintien de la Grèce parlent bien légèrement. Ils sont prêts à appuyer sur un bouton aux conséquences inconnues et probablement extrêmement graves” de la même façon.

“comme des docteurs Folamour prêts à jeter l’Europe dans l’apocalypse nucléaire.”

Ouaouh, l’apocalypse nucléaire – chapeau bas. Petit joueur que je suis, j’aurais pour ma part plutôt employé une expression plus mesurée du genre peste bubonique, cancer des testicules, 24 heures de concert non stop de Mireille Mathieu…

Mais, puisqu’il parle des docteurs Folamour, j’aimerais qu’on interroge tous les docteurs Folamour qui ont soutenu une folie telle qu’une monnaie unique sans pays unique – surtout les économistes. Où ont été les alertes sur les risques majeurs liés à unir des zones économiques profondément divergentes sans aucune volonté de transferts inter-nationaux.

J’imagine que M. Delpla ne voit aucune gène à ce qu’un parti, non pas d’extrême droite, mais nazi, sans aucune exagération, ait fait son entrée au Parlement grec, et que celui-ci comprenne une vingtaine de députés SS. J’imagine que c’est pour lui un épiphénomène, tout comme 25 % de chômage dans la population et 50 % chez les jeunes.

Bref, que tout ceci n’est en rien “une explosion nucléaire” pour les grecs…

L’intérêt des Grecs est clair : hors de l’euro, ils perdraient tous les financements internationaux, leurs banques seraient en faillite.

Mooui, c’est vrai.

Mais s’ils perdent 300 Md€ de dette, ça se regarde… Après une banque centrale peut recapitaliser les banques, et mon Dieu, il y a encore beaucoup de patrimoines à taxer en Grèce…

Hors de l’euro, l’ajustement serait bien pire que dans l’euro.

Purééééeee mais quelle finesse d’argumentation – je ne sais que répondre devant tant d’intelligence analytique…

Amis Grecs, soyez heureux dans votre misère, puisqu’on vous dit que cela pourrait être pire (hmmm, pensez aux enfants du Niger….)

Les Grecs, à cause de leur mauvaise gestion passée, de leur perte massive de compétitivité, ont aujourd’hui le choix entre toboggan avec airbags (programme de réformes et austérité actuels) et saut en parachute sans parachute (sortie de l’euro).

Ah, la petite touche d’humour bienvenue.

Je pense ici à Alexandros, 60 ans, électricien grec, qui a perdu son magasin dans la Crise. Il a essayé de travailler comme électricien dans un navire, mais il a de nouveau perdu son emploi.

Il s’est pendu mercredi dernier dans un jardin public dans la banlieue d’Athènes de Nikaia.

J’imagine que cela rentre dans les accidents de toboggan.

“Plus grave,”

Oui, jusqu’à présent c’était de la grosse poillade…

“, une sortie de l’euro et une faillite générale impliqueraient probablement un effondrement de la société grecque.”

C’est tout ?

Le raisonnement est toujours tiré d’une étude approfondie des entrailles de poulets ?

“La Grèce, où les divisions historiques de la Guerre civile de 1946-1949 demeurent, risque fort de sombrer dans le chaos social et politique.

Ah, une brève de comptoir, là… “Ginette, une suze pour msieur depla steplé !”

Qui ira alors faire du tourisme dans un pays anarchique, sans loi et sans ordre ? Personne !”

Rôôô, c’est mignon, on dirait du Sarkozy dans le texte. Manque néanmoins l’inénarrable “je vais vous le dire mâme Chabot”

“Cela signifie que, s’ils sortent de la zone euro, les Grecs risquent de subir une dévaluation plus proche de 90 % que de 50 %.”

Hmmm, intéressant. J’étais justement en Grèce en septembre dernier (magnifique pays au demeurant, je recommande). Cela m’a couté dans les 500 € pour une semaine. Vous m’indiquez donc que je pourrai y retourner pour 50 à 100 € ? Et pour vous (au delà du délire total de l’anarchie), cela ne boosterait pas le tourisme grec et n’apporterait pas une forte croissance du coup ?

Mais rassurez-moi, vous êtes bien “économiste” ?

En fait, comme la plupart, vous n’avez au fond q’une peur, immense. Que la Grèce quitte l’euro, qu’elle souffre pendant 1 an (c’est inévitable), et qu’ensuite son économie se redresse rapidement, ce qui est probable – ils se sont remis du 3e Reich, ils se remettront bien de l’euro…

Cela ferait alors apparaître au grand jour l’erreur manifeste que représente pour ces pays l’euro, et pousserait donc beaucoup de pays à sortir. D’où ce genre de tribune.

“Que deviendrait un pays, déjà mal géré, avec une police et une armée non payées ?”

Bon, faut arrêter avec le côté “mal géré”, ça fait deux fois. Mal gérée, la Grèce ? Evidemment. Mais quand on fait partie du Conseil d’analyse économique d’un pays avec 1 800 Md€ de dette publique qui fonce droit vers une restructuration de ses dettes, je pense qu’on se doit d’avoir la morgue modeste…

Et sinon, c’est quoi ce délire de police non payée ? Avec une banque centrale à sa main, vous avez déjà vu un Etat ne pas payer sa police svp ?

“C’est ici que les Grecs doivent arrêter leur politique à courte vue.

Bah oui, ils sont cons ces Grecs ! 5 ans qu’ils souffrent le martyre, et ils veulent déjà arrêter, petits joueurs va !

Hors de l’euro, en faillite, incapable de payer son armée et ses fournitures militaires,

1/ Un État n’est jamais “en faillite”, cela n’existe pas. Il cesse de payer ses créanciers au pire. Cf Russie 1998 et Argentine 2001

2/ pour l’incapacité à payer ses fonctionnaires, je répète, avec une banque centrale qui émet des drachmes, où est le problème, à part un peu ou moyennement d’inflation (puisque sans les intérêts de la dette, la Grèce est déjà proche de l’équilibre). A ce niveau, faites attention, on pourrait vous accuser de pure manipulation.

la Grèce deviendrait une proie tentante pour son grand voisin turc. Qui peut assurer qu’un gouvernement turc autre que l’actuel ne serait tenté d’envahir l’ensemble de Chypre, les îles du Dodécanèse et la Thrace ?”

Une minute, je relis.

la Grèce deviendrait une proie tentante pour son grand voisin turc. Qui peut assurer qu’un gouvernement turc autre que l’actuel ne serait tenté d’envahir l’ensemble de Chypre, les îles du Dodécanèse et la Thrace ?”

Une dernière fois

la Grèce deviendrait une proie tentante pour son grand voisin turc. Qui peut assurer qu’un gouvernement turc autre que l’actuel ne serait tenté d’envahir l’ensemble de Chypre, les îles du Dodécanèse et la Thrace ?”

Ah oui.

Non, franchement, là, faut aller consulter d’urgence.

Et puis aller chercher l’ogre Turc, il faut avoir un rare niveau d’indécence la plus élémentaire. Et ceci tombe pour moi sous le coup de l’incitation à la haine entre les peuples.

“Ce jour-là, ce sera une promenade de santé militaire pour les Turcs, face à un état en faillite et à une armée en débandade.”

Cela me laisse sans voix.

Mais c’est sûr qu’un Français est bien placé pour donner ce genre d’analyse : 4 guerres face à l’Allemagne, 3 de perdues avec occupation de la capitale et la 4e c’est passé très près.

Le gouvernement grec appellera alors à l’aide.

Bien fait les Grecs, niark niark !

En vain.

Niquééééééééés les Grecs, niark niark !

Pourquoi les gouvernements de l’Union européenne interviendraient- ils en faveur d’un pays qui leur aurait fait massivement défaut, qui a menacé l’euro d’explosion,

Purée, c’est vachement solide l’euro alors, si un petit machin comme la Grèce le fait exploser…

D’ailleurs, on devrait remplacer nos sous-marins nucléaires par des Grecs, ça semble plus puissant…

“et qui a renié toutes ses promesses envers l’UE ?”

Ce que vous appelez “promesse”, c’est le papelard signé par un gouvernement fantoche à notre botte, que nous avons imposé en remplacement du précédent qui voulait consulter le peuple par référendum, c’est bien ça ?

Si au lieu de délirer avec je ne sais quoi (et je ne veux pas savoir), vous ouvriez un livre de Droit, vous y découvririez la notion jurisprudentielle de “soutien abusif”, survenant lorsqu’un prêteur prête à un emprunteur en sachant que celui-ci est insolvable. Les juges condamnent alors le prêteur à subir toutes les pertes en cas de défaut, l’emprunteur est délié. On est en général dans une forme “d’abus de faiblesse”.

En l’espèce, non, les Grecs ne nous doivent rien, car ils sont insolvables. Nous avons été simplement trahis par nos gouvernements qui ont déversé sur la Grèce des dizaines de milliards pour sauver le secteur privé, au détriment de notre intérêt général. C’est à eux qu’il faut demander des comptes, pas aux Grecs.

“Je doute fort qu’après un défaut massif et unilatéral de la Grèce sur l’argent prêté par les contribuables allemands ou français, ceux-ci décident de se porter au secours de la Grèce.”

Je suis très triste de lire ça en 2012.

“L’Europe c’est la paix”, qu’ils disaient…

Malheureusement, les Allemands sont aujourd’hui hostiles aux Grecs. Mais pas les Français qui, depuis 1974, ont été les grands alliés européens de la Grèce. Si les Grecs mettaient en oeuvre la politique de défaut unilatéral du Syriza, ils seraient alors tout seuls, sans allié, en faillite, face à une Turquie qui saura tout des faiblesses et de l’isolement de la Grèce…

Voici le numéro des Urgences psychiatrie : 01 40 47 04 XX

Comme je le dis à mes amis grecs : « Si vous faites défaut sauvagement sur les créances de la France, nous vous abandonnerons aux Turcs ; à vous de choisir. »

Je la remets :

Comme je le dis à mes amis grecs : « Si vous faites défaut sauvagement sur les créances de la France, nous vous abandonnerons aux Turcs ; à vous de choisir. »

1/ vous dites quoi à vos ennemis grecs ?

2/ il vous reste des amis grecs après ça ?

3/ “Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge !” [Voltaire]

4/ par chance, après ce papier, nous ne serons pas amis.

L’intérêt de la France, de l’Allemagne et de l’UE est aussi d’éviter à tout prix une sortie de la Grèce de la zone euro.

Toujours ces pseudo-affirmations d’autorité, c’est usant.

“Premièrement, l’Europe que nous avons bâtie depuis 1945 est l’Europe de la paix et de la prospérité. “

LOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOL

Si vous n’étiez pas aveuglé, vous reliriez votre papier, et effaceriez cette phrase honteuse.

La paix ? Mais les politiques ahurissantes et inconséquentes depuis 25 ans sont en train de la détruire sous nos yeux !

JAMAIS la HAINE n’a été aussi forte sur notre continent, et nous n’avons rien vu, avec les Docteurs Folamour qui jour après jour contractent des dettes qui ne pourront être remboursées et vont semer les pires germes.

JAMAIS la coopération n’a été aussi misérable, la fraternité aussi insignifiante, l’humanisme aussi absent.

Les politiques d’austérité actuelles entraînent la misère et la montée des extrémismes sur notre continent – et ce n’est qu’un début…

Et les fauteurs de guerre viennent encore nous seriner avec la Paix ?

“Que deviendrait notre projet européen si, à la première crise importante, nous rejetions le membre le plus faible de la famille et le laissions s’enfoncer dans le chaos économique et politique, voire dans la guerre ? Voulons-nous d’une Somalie dans les Balkans ?”

Heu j’ai révé ou cela fait 3 ans que la Grèce s’enfonce dans le chaos, et que nous n’avons pas levé le moindre doigt ?

Mais si c’est si important, si un départ de la Grèce c’est 1 000 Md€ de coût, mais qu’attendez vous pour crier au monde, à la place de tels misérables textes, qu’il faut d’urgence abandonner nos créances sur la Grèce et prendre nos 200 Md€ de pertes partagées pour résoudre le problème ? Qu’attendez vous par parler le langage de la Vérité et pas celui des formules creuses – puisque c’est si important ?

Deuxièmement, il est temps que les partisans du « Grexit » regardent une carte de la région. La Grèce est proche de crises géopolitiques actuelles ou probables : Syrie, Liban, Israël-Palestine, Égypte, Libye, sans parler de l’ex-Yougoslavie…

Nous – Europe et États-Unis – avons besoin d’une Grèce stable et solide comme havre de stabilité dans la région et comme notre porte-avions politique, civil et militaire pour assurer la paix, la pacification maritime et aérienne de la Méditerranée orientale, sans parler du contrôle de l’immigration illégale.

Havre de stabilité ????

La crise de Libye en 2011 a montré que pour cela nous ne pouvions pas compter sur l’Allemagne ; nous ne devons pas perdre la Grèce.

Purée, il va nous fâcher avec l’Allemagne maintenant !!!!!!!!!! Heeeeeeeeeeeeelp….

De quoi, car l’Allemagne n’a pas envie de jouer à bombarder tous les pays ? Et la Syrie, il faut aussi la bombarder ? Et L’Iran ? Et la Corée du Nord ? Et La Chine ? La Russie ?

Tout le monde va devoir faire des efforts et des concessions.

Jacques, vous n’êtes peut-être pas un mauvais bougre.

Mais de grâce, il y a tant à faire avec l’économie.

Laissez donc la géopolitique et la diplomatie aux grandes personnes…

Épilogue

Bien évidemment, j’imagine que comme pour Mme Lagarde, rien ne se passera – les sanctions en cas de faute grave, c’est seulement bon pour le petit peuple – néoféodalisme oblige…

 

Le blog d'Olivier Berruyer:SOS crises.

 Vous pouvez lire l'article ici : http://www.les-crises.fr/jacques-delpla-grecs/

papaparalysos

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