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Le blog de Lucien PONS

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Catalogne, Christiane Chavane vous aide à démêler le vrai de l'intox dans cette intrigue espagnole ...

9 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #Espagne, #Catalogne

Christiane Chavane vous aide à démêler le vrai de l'intox dans cette intrigue espagnole ...

 
 
Un peu de réinformation est utile parce que notre presse pro-destruction des états pour instauration d’un gouvernement européen macroniste est en train de nous mentir à un point inimaginable. Rien de tel que de partir de faits réels, de les sortir de leur contexte et de n’interviewer qu’un seul parti pour tromper le public.
Pire : j’ai tenté de lire un certain nombre de journaux espagnols dont je n’avais pas l’adresse internet directe : les moteurs de recherche français me renvoient systématiquement sur des articles en Français réécrits par le Point ou Courrier International qui sont à cent lieux des articles d’origine. Il m’a fallu ruser et galérer pour trouver les sites des journaux.

Il est évident que si la presse française prend fait et cause pour le catalanisme, c’est que cela fait partie de l’agenda européen « sorosien » porté par Macron : une myriade de petits états inconsistants avec chacun son dialecte, chapeautés par une Europe… germanisée puisque curieusement le seul état de l’agenda qui n’était pas dépecé était l’Allemagne (un de mes amis a vu la carte 2012 dont le découpage français était bizarrement identique à celui de la réforme Valls). Du coup si les indépendantistes gagnent et ouvrent la boite de Pandore, ce sera le retour au 7e siècle, mais compte tenu de la démographie et des migrations, nous n’aurons plus le Saint Empire Romain Germanique, nous aurons le Grand Califat Européen dirigé par un barbu germanophone. Ce doit être pour ça que le Barça, largement sponsorisé par le Qatar, a pris fait et cause pour l’indépendance alors que les joueurs sont pour la plupart non catalans.

Que s’est-il passé en Catalogne ? Reprenons les choses au début et recadrons les d’abord un peu.
Historiquement la Catalogne est en Espagne. A l’époque de la Reconquista sa position nordiste lui a permis de servir de base pour récupérer les territoires arabisés. Elle a totalement intégré le royaume d’Espagne au XIIe siècle par le mariage du Comte de Barcelone avec la reine d’Aragon, sachant que plus tard Aragon et Castille seraient réunis par Isabel et Ferdinand, les rois Catholiques. Il y a bien eu des soubresauts dus à des guerres de succession, mais d’indépendance significative et durable, aucune. Si le Catalan, dérivé de l’occitan, se parle en Catalogne, il n’empêche que tous les Catalans parlent l’Espagnol, même quand ils font semblant du contraire, alors que seuls 60% pratiquent le Catalan, avec en plus des variantes selon la zone.

Economiquement c’est une région riche, mais contrairement à ce que racontent les Catalans, le temps où la région était le seul moteur de la locomotive Espagne est révolu depuis longtemps. Avec 16% de la population la Catalogne génère 20% du PIB. C’est bien, mais c’est quand même loin de vouloir dire qu’ils sont indispensables au pays. Mais les clichés ont la vie dure. Et rien ne dit que si la Catalogne met les voiles les entreprises ne vont pas se délocaliser. Vu la gestion locale, c’est même très probable. Valence a même une belle carte à jouer pour reprendre le trafic du port de Barcelone.

Les Basques et les Catalans ont vécu l’enfer sous Franco. Arguant de ça, les indépendantistes qui gèrent la région depuis 40 ans, généralement avec les socialistes mais depuis les dernières élections avec l’extrême gauche, ont victimisé les Catalans, et ont tout fait pour générer en eux une haine de l’Espagne inouïe : réécriture de l’histoire, laissant croire que la Catalogne avait été colonisée par Franco ou presque, obligation du Catalan et même interdiction pour les commerçants d’afficher en Espagnol, apprentissage de l’Espagnol comme langue étrangère… des méthodes dictatoriales qui ont partiellement porté leurs fruits, et quiconque se met en travers de ce chemin est directement traité de franquiste. Des méthodes qui rappellent d’ailleurs celles des salafistes pour endoctriner les musulmans. Rien de nouveau sous le soleil. Le culte de la suprématie du Catalan sur les autres Espagnols qui ressemble à celui de la suprématie de la religion d’Allah… ou d’autres du même niveau. Il y a quand même eu un retour de bâton dans les années 90, et l’Espagnol a de nouveau été reconnu et enseigné comme langue officielle, mais le mal est profond.

Notons qu'il n'y a rien de mieux que d'enfermer les gens dans un ghetto linguistique pour les empêcher de fuir. C'est presque aussi efficace qu'un mur de Berlin et ça n'a pas besoin de gardes.

Il va sans dire que 40 ans de gestion socialo-indépendantiste ont entraîné une corruption monstrueuse. L’ancien président Jordi Pujol a évité la prison de justesse (On a eu peur d’en faire un martyre) pour des malversations non négligeables. Par ailleurs la gabegie, le nombre pléthorique de fonctionnaires et le clientélisme ont joué à fond. La Catalogne a la chance d’avoir un fort tissu industriel, et cela lui a permis de ne pas trop en souffrir. Contrairement au Pays Basque elle n’a pas obtenu l’autonomie fiscale, gageons que s’ils l’avaient eu les impôts auraient grimpé en flèche et signifié la fin de l’industrialisation, ils auraient sans aucun doute copié le magnifique modèle français. Ne pouvant pas le faire ils se sont contentés d’endetter la région très lourdement. On peut évidemment dire qu’il est injuste que l’état espagnol récupère les impôts catalans à son profit et fasse des péréquations pour aider des régions plus pauvres, mais rien ne prouve que si l’argent restait en Catalogne, il ne servirait pas à autre chose qu’à engraisser une oligarchie de dirigeants et de protégés et à faire du clientélisme… Ou plutôt tout le laisse à penser.

L’état central a repris à son compte la dette catalane au moment de la crise, mais ça n’a pas suffi. Fraîchement élu, Monsieur Puigdemont, successeur d’Arturo Mas, a demandé à Mariano Rajoy une rallonge pour boucler son budget et ce dernier l’a envoyé promener. Il semble que ce soit cela qui a poussé Puigdemont à réclamer l’indépendance et organiser un référendum unilatéral. Du moins c’est la partie émergée de l’iceberg, car je me suis laissée dire par une source dont la fiabilité reste à démontrer que les dirigeants de la Generalitat auraient planqué des sommes considérables dans des banques Andorranes et Suisses afin de préparer l’indépendance, et qu'Andorre s’est engagé à en finir avec le secret bancaire en 2018, donc très bientôt, donc à fournir aux autorités européennes les informations sur les comptes des clients, ce qui aurait poussé ces messieurs à se mettre à l’abri en vitesse. Est-ce vrai ou pas, je ne sais pas, mais ça pourrait bien expliquer cette précipitation.
Notons qu’aujourd’hui, avec l’arrivée de Podemos qui fait la chasse aux touristes mais aime les migrants, au point d’avoir refusé de sécuriser les Ramblas comme le demandait Madrid, non seulement la Catalogne est pourrie par la gabegie, mais en plus elle s’islamise.

ET LE REFERENDUM DANS TOUT ÇA ?

Puigdemont et ses comparses Podemos organisent en douce une séance au parlement catalan où ils sont SEULS et tous votent un référendum catalano-catalan, en décrétant que si le oui l’emporte même avec un seul votant, la Catalogne prendra le large.

Le souci c’est que l’Espagne est un état de droit. A la mort de Franco, lorsque Juan Carlos (le nouveau champion du monde de voile en classe 6mJI pour ceux qui suivent) a pris le pouvoir, il a créé une monarchie constitutionnelle et la constitution qui prévoit une large liberté pour les différentes provinces est claire et nette. Cette constitution a été acceptée par tous les Espagnols, Basques et Catalans inclus. Elle prévoit que tout référendum qui permettrait l’émancipation d’une région nécessite un scrutin NATIONAL. La raison est logique : il y a des Catalans partout en Espagne et des non Catalans en Catalogne. Nous passions du franquisme à la démocratie, les Espagnols n’allaient pas refuser ça. En plus c’est normal. C’est même tellement normal que les gouvernements espagnols successifs n’ont jamais reconnu ni le Kosovo ni la Crimée.

Donc Puigdemont est hors la loi. La cour suprême de justice de Catalogne lui a interdit le référendum et a pris les mesures adéquates pour l’empêcher. Il s’est entêté et a contourné toutes les règles. La juge a donc demandé que la police et la Guardia Civil interviennent pour empêcher le scrutin. Vous trouverez ci-joint une vidéo montrant à quel point ce scrutin, organisé par des gens qui n’ont que le mot « démocratie » à la bouche, était vérolé. Listes électorales en fonction du nom catalan ou non, bourrage d’urnes, non organisation là où le non pouvait l’emporter, dénonciation et chantage sur les non possibles, votes multiples et sans contrôle (même des enfants), caillassage des forces de l’ordre (ah oui il y a eu des violences des deux côtés mais bizarrement on n’en retient qu’un)… La vidéo ICI est édifiante et celle qui suit nous montre le « pacifisme » des « indépendantistes ».

Alors on me dit : mais Rajoy n’avait qu’à les laisser faire et organiser lui même, au moins on aurait eu des garanties. Pourquoi cette violence ? Les indépendantistes ont gagné au jeu de l’image.

Mais voilà : Rajoy n’a pas le choix. Il ne peut PAS laisser faire un référendum illégal, parce que le garant de la constitution ce n’est pas lui, c’est le roi. Et pour organiser un vrai référendum UNILATERAL, il faudrait que le roi accepte et qu’une modification de la constitution se fasse, ce qui n’est pas gagné d’avance… Et le roi refusera, son rôle n’étant pas de morceler le pays qu’il a reçu en héritage. Il a des comptes à rendre devant l’histoire.
Alors il n’y a qu’une solution : réprimer le coup d’état catalan.

Que va – t-il se passer maintenant ? Selon la Vanguardia la plus grande probabilité est une nouvelle élection régionale. ¡Veremos!
 
 
Mardi 3 Octobre 2017


 
Serge Federbusch
Serge Federbusch

 
1.Posté par aurelien le 03/10/2017 19:43
Franchement Rajoy n' a pas été malin, il avait cas laissé faire, et surtout appuyé là où ça fait mal:
- avec notamment la part de responsabilité des élus indépendantistes dans les attentats de Barcelone pour ne pas avoir suivis les consignes national et aussi leur bienveillance à l'égard des salafistes dans toute la région,
- enfin les mettre au défi sur plan économique car aucun grand pays Européens ne soutiendra leur initiative de peur d'un retour de bâton (la France avec la corse, la bretagne sans parler du pays catalan, l'Italie avec la ligue du Nord, la Belgique avec les Flamands, l'Allemagne avec la Bavière, la Grande-Bretagne avec l’Écosse) et les rétorsions sans pitié, les USA ne voient pas cela d'un bon oeil, et je vois mal Poutine s'enflammer pour ce projet donc il ne resterai qu'éventuellement la Chine (mais avec le Tibet...) pour les soutenir discrètement ou les salafistes du golfe (faut pas compter sur les turcs): Super progrès démocratique pour les catalans !
Au final, j'ai l'impression que Rajoy n'a pas été malin et qu'il faut aller au combat avec les indépendantistes mais sans envoyé l'armée ou les flics (c'est la dernière chose à faire!).
 
 
2.Posté par Patrick le 04/10/2017 07:53
Cette épisode catalan frise le délire pationel.

Chacun met dans ce referendum ses peurs paniques. A gauche comme à droite, "complot communiste", "complot immigrationniste", "complot capitaliste", "complot européen" , on a pas encore le "complot juifs" encore que la variante Soros s'en rapproche.

La question est très simple, OUI ou NON les résidents résidents catalans ont ils le DROIT de voter sereinement à un referendum pour décider du rôle de l'état espagnol en catalogne.

Evidemment oui, et dans le cas contraire cela risque de se finir en pugilats entre les extrémistes des 2 bords avec une population prise en otage.
 
 
3.Posté par Nitram le 04/10/2017 08:59
Petit conseil à destination de Christiane Chavane concernant les moteurs de recherche pour ne pas basculer dans la paranoïa complotiste de désinformation : allez dans les paramètres du moteur de recherche et changez les paramètres de langues des pages pour qu'il ne vous renvoie pas systématiquement sur des pages françaises! Incluez l'espagnol et faite votre recherche en espagnol dans votre cas....
 
 
4.Posté par Macquet le 04/10/2017 10:34
"Elle a totalement intégré le royaume d’Espagne au XIIe siècle par le mariage du Comte de Barcelone avec la reine d’Aragon, sachant qu’Aragon et Castille étaient déjà unis depuis Isabel et Ferdinand, les rois Catholiques" Sic ! Ferdinand et Isabelle ont été unis en 1469, soit au XVème et non au XIIème...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_le_Catholique

Quant à l'appartenance de la Catalogne à l' "Espagne", rien n'est plus discutable, tout comme la notion d' "Espagne" est elle-même discutable au moins autant que la notion de "France", en dehors de l'empire des Francs (Frank-reich). Les divers royaumes, comtés et autres duchés ont en effet fort varié... à ce compte, Naples est "espagnole" !!!

exemple https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_Ier_d%27Aragon
 
 
5.Posté par Christiane Chavane le 04/10/2017 12:21
@macquet : j'ai vu l'erreur trop tard. J'ai fait corriger entre temps. Quant à discuter pendant des heures de comment se fonde une nation, Espagne et France ont depuis des siècles une certaine unité, l'unité italienne et allemande sont plus récentes, une langue commune et des traditions communes. les Catalans, qu'ils le veuillent ou non, ont les mêmes habitudes de vie que les autres Espagnols, particularisme qui n'est partagé ni par la France ni par le Portugal. Maintenant on peut dire que tout ça est de la fiction, et revenir aux duchés, comtés et autres principautés du moyen âge, avec chacun sa monnaie, ses règles, ses impôts, sa petite armée, ses petits despotes locaux, noyés dans une Europe qui deviendra une vraie tour de Babel (déjà à 28 !) et facile à cueillir comme un fruit mûr pour tous les apprentis califes.
@nitram : il y a d'autres parades. En fait je vais directement sur yahoo.es au lieu de yahoo.fr. Mais sur le principe je trouve inadmissible que le moteur de recherche français ne me renvoie que sur des articles non pas traduits mais réécrits, alors qu'il y a six mois j'avais directement la bonne page en Espagnol.
 
 
6.Posté par vu de sirius le 04/10/2017 12:53
Oui, M Macquet, tout peut être discuté, même l'appartenance de la République de Montmartre à la République Française...grotesque... et ces fous indépendantistes qui veulent se "libérer" de Madrid mais rester dans le giron bruxellois...c'est contradictoire (délicat euphémisme). Quant on voit que leurs meilleurs soutiens en Europe sont des gens comme M Farage ou alors l'extrême -gauche marxiste...sans commentaire...
 
 
7.Posté par xc le 04/10/2017 19:10
@Patrick le 04/10/2017 07:53
L'indépendance de la Catalogne impacte toute l'Espagne. Il ne serait pas normal que seuls les Catalans se prononcent. D'autant qu'ils ne sont tout de même pas, par rapport aux autres Espagnols, comme les Algériens par rapport à nous à l'époque coloniale, par exemple.
D'ailleurs, la métropole aussi a été consultée par référendum au sujet de l'indépendance de l'Algérie.
 
 
8.Posté par macquet le 04/10/2017 20:02
Je n'ai jamais compris en quoi une autorisation de sécession empreinte de Liberté, et marque de Liberté, pourrait être à solliciter de la part de ceux que l'on quitte (sauf à avoir volontairement contracté à leur égard une dette qui serait alors à acquitter, bien évidemment - puisque Liberté = Responsabilité). Celui qui prend la Liberté de partir n'a en rien à en demander l'autorisation, ce me semble: il reste maître de sa décision, non ? Quant au giron bruxellois, il reste bien éloigné et rien n'indique pour l'heure (inexistence d'une UE politique) qu'il pèsera(it) autant que le giron bien plus proche de Madrid => contradiction, vraiment ?

Les coutumes catalanes ne sont guère éloignées de celles des autres provinces du royaume d' Espagne, sans doute (encore que... cf Euzkadi et Galicia, où les sons de la gaïta rappellent tant ceux de la bombarde bretonne et du biniou !!!), mais le sont-elles plus des autres provinces méditerranéennes proches (cf par exemple les costumes et danses, au delà des idiomes), que ces provinces soient "espagnoles" (Baléares, Communauté valencienne), "italiennes" ou "françaises".

Quel pays de l'ex-Yougoslavie regrette vraiment l'indépendance obtenue (chèrement il est vrai), de l' Autriche, de l'Empire ottoman, puis de la Serbie ? Qui regrette la fin de l'empire ottoman, et de l'empire tsariste, relayé par la tyrannie stalinienne et son hégémonie sur les peuples conquis par les armes (cf la maison du KGB à Vilnius par exemple...) ?

Pourquoi donc le modèle allemand ou mieux encore helvétique, ne serait-il pas à suivre ? Et en quoi les villes franches (affranchies) médiévales, regroupées volontairement le cas échéant en ligue(s), ne seraient-elles pas préférables à un colbertisme (jacobinisme, bonapartisme, autres avatars d'une centralisation franque dont Charles le Grand marqua l'apogée ) qui ne vise qu'à assoir la tyrannie d'un pouvoir central (cf La Boëtie sur la servitude volontaire) ?
 
 
9.Posté par Franck Boizard le 05/10/2017 07:06 (depuis mobile)
Il y a tout un tas de raisons qui justifient qu’ un référendum d’indépendance d’une région se fasse sur le pays entier (rappelons que ce fut le cas en France pour l’indépendance algérienne).

Entre autres, c’est le seul moyen d’établir une légitimi
 
 
10.Posté par macquet le 05/10/2017 23:01
Lesquelles ("un tas de raisons") svp Franck ?

Un esclave qui se libère doit-il demander son autorisation à son maître ? Quels contrats express (obligeant leurs signataires) ont-ils donc été signés, les sous entendus et autres âneries telles que pseudo contrats d'adhésion n'ayant aucune valeur légitime, voire juridique ?

Si les Bretons avançaient que leur pays n'a été rattaché qu'à la couronne de France par leur duchesse Anne, que cette couronne a disparu, et que donc ils sont libres de se séparer de cette France fille du royaume, quels arguments (en dehors des colonnes infernales...!!!) seriez vous donc en mesure de leur apporter en contradiction ?

Depuis quand un vaincu (Catalogne) demande-t-il l'autorisation de s'affranchir de son vainqueur (Espagne, en particulier franquiste: cf la guerre d' Espagne) ?

Pourquoi des républicains devraient-ils se soucier de l'avis d'un roi, et plus encore s'y plier ?

Une constitution, ça se change... qu'importe-t-il le plus: une constitution déjà ancienne (droits acquis...), ou la volonté d'un peuple (adaptation au réel du jour, et sans doute du futur) ?
 
 
11.Posté par macquet le 05/10/2017 23:20
En mai 2017, Macron a été élu avec 43,61 % des inscrits, dans un scrutin autorisé et donc sans aucun empêchement.
Le référendum en Catalogne, interdit par Madrid, a donné 38,64 % (0,92 x 0,42) de oui, dans les conditions que l'on connaît.
Et, dans c es conditions, Macron serait légitime (il est légal) quand les partisans du oui (illégal) ne le seraient pas ???
Depuis quand en démocratie les lois s'imposeraient-elles à un peuple alors que c'est au contraire le peuple qui fait la loi ? Il m'apparaît donc ainsi que refuser le oui à ce référendum, c'est comme refuser le oui au Brexit, et refuser le non au référendum de 2005 (certes qui oublie que Sarko a habilement (?) manoeuvré pour transformer ce non en oui, aidé en cela par toute la classe politicienne).
 
 
12.Posté par Christiane Chavane le 06/10/2017 09:56
@macquet
Un rérérendum avec bourrage d'urnes et aucun contrôle ne vaut rien. Il y a eu hier à Barcelone un énorme défilé d'anti-indépendantistes, la presse française a montré des indépendantistes au premier rang et pour faire croire qu'ils étaient nombreux on apercevait la foule de manifestants dans le lointain, on voyait à peine en regardant bien qu'ils portaient des drapeaux non catalans mais espagnols. Quant à la constitution, en 1978 les Catalans ont été ceux qui l'ont votée avec le plus d'enthousiasme. Oui ils se sont battus contre Franco, ils se sont aussi battus entre eux. C'est précisément pour ça qu'ils ont accepté cette comstitution qui tournait le dos au franquisme. Ils voudraient la remplacer par le chavezisme ?
 
 
13.Posté par macquet le 06/10/2017 10:15
Veuillez me permettre de vous proposer cet article: https://www.causeur.fr/independance-catalogne-madrid-barcelone-puigdemont-146999?utm_source=Envoi+Newsletter&utm_campaign=012b826d69-Newsletter&utm_medium=email&utm_term=0_6ea50029f3-012b826d69-57272433

Valls, ce Catalan socialiste revendiquant avec la plus grande fermeté son appartenance à la gauche, exprimait chez Bourdin ce matin sa volonté de conserver une UE d'états-nations, au contraire d'une UE de régions et de villes. Pour ma part, libéral et même libertarien, c'est évidemment ce fédéralisme et ce nouveau type de "ligues"/réseaux que j'appelle de mes voeux (ce que vous aurez sans doute compris) car je les vois comme seuls moyens de laisser s'exprimer ce principe essentiel: la Liberté.
 
 
14.Posté par macquet le 06/10/2017 12:36
@CC: je regrette fort de ne pas lire de réponse(s) à mes questions dans votre commentaire, dont je vous remercie cependant (vous pointez un aspect du référendum (contrôle de validité) qui en effet pose problème: au moins autant que les conditions qui lui ont été faites par un autoritarisme centralisateur qui n'a rien à envier à celui d'un Philippe V ou d'un Franco..., ou d'un Chavez !!!). Vous en référez encore et toujours à une constitution dont je vous ai pourtant écrit qu'elle était modifiable (surtout après 40 ans et dans des conditions ayant considérablement changé !!!), et à un roi dont la tête pourrait fort bien être coupée: d'où un roi tiendrait-il quelque autorité ? Ecrit plus rapidement, qu'importent vos références à qui veut autre chose et les considère donc comme nulles et non avenues ?
 
 
15.Posté par Christiane Chavane le 09/10/2017 11:37
@macquet
Je n'ai pas encore répondu parce que je ne viens pas tous les jours sur l'article. Par ailleurs vos questions sont nombreuses mais vont toutes dans le même sens. Je ferai donc une remarque globale : il y a 40 ans que les indépendantistes catalans divisent les résidents Catalans et non Catalans en falsifiant l'histoire. L'état central était trop occupé avec la violence de l'ETA pour intervenir, pas besoin de violence supplémentaire. Mais la Catalogne n'est pas un territoire occupé. Il n'est pas sous tutelle de l'état central. La Constitution espagnole donne une très grande autonomie à toutes les régions, ce n'est pas la France. C'est d'ailleurs ce qui a permis à la clique de Puigdemont, Mas, Pujol et une association appelée ANC (association des nationalistes catalans) de tisser leur toile pendant 40 ans. Malheureusement la clique en question n'est ni libérale ni libertarienne. Politiquement ils seraient plutôt classés Rad-Soc. En revanche ce sont de vrais escrocs, qui s'octroient des commissions occultes de 3% sur chaque marché public. Un référendum bidonné comme celui-ci, avec ou sans police, n'offre aucune garantie, et pour cause. Que dire des Catalans non indépendantistes, de souche, qui sont ainsi pris en otage ? N'ont ils pas le droit à la parole ? Que veut dire 42% de votants alors qu'il était facile de voter 3 ou 4 fois, que dans certains villages il y avait plus de votants que d'habitants, que des indépendantistes de toute l'Europe sont venus poser leur bulletin ? Oui une constitution ça se change, en France nous avons l'habitude. Un roi ça se décapite, nous nous avons un président roi pour 5 ans, c'est plus facile à virer et pourtant ça fait 40 ans qu'on a les mêmes andouilles. Mais je ne connais aucune constitution qui prévoit le morcelage du pays en micro-états. La Constitution espagnole de 1978 a été validée par le peuple et ce sont les Catalans qui ont été les plus enthousiastes. Oui elle est modifiable, et elle passerait alors par un référendum dans tout le pays, pas juste en Catalogne. Maintenant regardez ce qui se passe : Sabadell, banque dont le siège est à Sabadell, village du fondateur de la banque, donc plus Catalan c'est dur à trouver : Sabadell met son siège à Alicante. LaCaixa, plus grosse caisse d'épargne et 1e banque de Catalogne, fuit à Valence. 3 des plus grosses PME locales fondées par des Catalans dont el laboratoire Almirall déménagent leur siège social. Les grosses fortunes s'en vont. Vous pensez que ces gens craignent un état plus libre ? En fait ils savent à qui ils ont affaire ! Le Venezuela bis, ça ne les branche pas. Quitter un état de droit, avec ses imperfections, pour une dictature mafieuse, ça ne donne pas envie. Ne resteront en Catalogne que les cas sociaux, les salafistes et les trop nombreux fonctionnaires.
 
 
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Catalogne, le viol de la démocratie. Par F.MAN (Le Saker)

9 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #Espagne, #Catalogne

Le viol de la démocratie


Par F.MAN – Le 1er octobre 2017

Image associée

Aujourd’hui dimanche 1er octobre. Je regarde à la télé et dans les journaux en ligne les événements en cours de développement en Catalogne, le référendum sur l’indépendance en provenance d’Espagne. Je n’ai qu’une chose à dire : c’est un VIOL de la DÉMOCRATIE dans son expression la plus pure.

Mais ne me méprenez pas, les victimes de ce VIOL ne sont pas le « peuple catalan », mais les citoyens espagnols et l’Espagne.

La Catalogne a été toujours une Région avec un caractère différent de celui du reste de l’Espagne, avec une langue différente. mais cela ne signifie pas que les Catalans sont complètement différents, qu’ils sont étrangers à l’Espagne, ou qu’ils parlent exclusivement le catalan. La langue historiquement espagnole a été la langue de la majorité (ou du moins en parité) en catalogne depuis la fin du XVIIe ou le XVIIIe siècle. C’était et c’est la langue principale des grandes villes, si vous ne me croyez pas, visitez Barcelone (qui représente 60% des Catalans) et dites-moi quelles langues entendez-vous dans la rue, probablement plus l’espagnol que le catalan.

Lorsque la démocratie a été réinstallée après la dictature de Franco, les pères de la Constitution espagnole et les forces politiques en général ont adopté des textes (en tant que mesure de générosité et en tenant compte du fait que certaines langues et identités régionales avaient été « réprimées » et censurées) pour permettre à la Catalogne et à d’autres régions une certaine autonomie gouvernementale, devenir autonomes (d’où le nom «Autonomies») et gérer certaines compétences du gouvernement central telles que la santé, la police et l’éducation, entre autres. L’Espagne est un État fédéral « de facto », bien plus que l’Allemagne ou les États-Unis, c’est seulement que le nom ne le dit pas, mais c’est ce qu’il est.

Ces dernières années spécialement en Catalogne, le gouvernement local a initié une politique de différenciation basée principalement sur l’idée selon laquelle les Catalans sont meilleurs que les Espagnols, que tout ce qui leur arrive de mal est du fait des Espagnols. Que les Espagnols sont des colons et des occupants étrangers, en d’autres termes l’ennemi. Ils ont également suivi une politique très dure de limitation de l’utilisation et de l’expression de la langue espagnole. La majorité de la population a toujours parlé en espagnol (entre 65 à 70% dans le passé). La Catalogne a enregistré un énorme afflux d’immigration espagnole interne venant d’autres régions. Vous devez regarder le noms des personnes pour voir cela. Aujourd’hui, les pourcentages d’utilisation de l’espagnol sur les aspects quotidiens et à la maison ont été réduits, mais après 30 ans ou plus, on en est encore à plus de 50%.

Ils ont poursuivi le développement de leurs idées nationalistes et socialistes. On dirait que la plupart des journalistes, politiciens et analystes du monde entier ont manqué ce fait : qu’ils ont une idéologie NATIONALE SOCIALISTE (aka NAZIE), en oubliant les résultats de la dernière expérience national-socialiste au siècle dernier.

Dans le même temps, ils suivent (depuis environ 30 ans à l’heure actuelle) un plan de lavage de cerveau des jeunes à travers les écoles régionales, qu’ils contrôlent totalement. Il est presque interdit aux enfants de la population hispanophone de recevoir une éducation dans leur langue maternelle (peu importe que l’espagnol soit la langue officielle, et un droit pour tous les citoyens espagnols de l’apprendre, ou que la population hispanophone ait toujours été la majorité). Si vous voulez que votre enfant étudie en espagnol, vous devez l’envoyer dans une école privée, sinon les élèves reçoivent à peine deux ou trois heures par semaine de classes d’espagnol d’un très faible niveau. En fait, ils font simplement aux autres ce qu’ils dénoncent comme des abus contre eux.

Ils ont de fait développé une nouvelle génération d’indépendantistes dans ces mêmes écoles. Ils ont éloigné de ces écoles et des universités presque tous les enseignants et les professeurs qui n’acceptent pas leurs thèses et leurs idéologies. Ils l’ont également fait dans la police régionale, dans le système des soins de santé et dans toute autre branche de la fonction publique qu’ils contrôlent (Ils le font sur un critère de sélection principal, le parlé catalan surtout si vous voulez travailler dans un poste de service public, des juges aux concierges. Avec comme résultat que vous n’avez pas le meilleur, la personne la plus qualifiée pour un poste, mais sans doute quelqu’un qui parle catalan et qui est un sympathisant ou proche de leur idéologie.)

Non seulement cela, ils ont beaucoup investi en « changeant l’Histoire », créant des mythes pour une nation qui n’a jamais existé, effaçant 500 ans d’histoire commune atteignant parfois  des extrêmes ridicules (parfois je pense que les Catalans sont aux Espagnols ce que les Ukrainiens sont aux Russes, en raison de leur négation de la réalité et des faits, les inventant ou déformant autant que nécessaire selon les besoins de leur agenda nationaliste. Les Catalans sont devenus assez habiles sur ce point jusqu’à dire que Cervantes et Cristophe Colomb étaient des Catalans, qu’il existait autrefois un Royaume de Catalogne, ou que la Guerre civile a été une guerre entre l’Espagne et la Catalogne, tout cela résonnant comme des mensonges abjects).

Ils ont toujours obtenu ce qu’ils voulaient parce que le gouvernement espagnol avait vraiment besoin de leur soutien, peu importe la couleur ou la tendance, de droite ou de gauche. Il a toujours eu besoin du soutien des députés catalans (ou des nationalistes basques) pour avoir plus de stabilité. Conséquence, à nouveau, de la générosité des pères fondateurs de la constitution, il a été permis, avec un pourcentage minimum requis à une élection nationale de 3%, d’être élu à la Chambre des représentants (l’habitude est de 5% en Europe). Il n’aurait pas été possible pour les Basques, par exemple, d’obtenir un député à Madrid, et les Catalans auraient eu la moitié ou moins de ce qu’ils obtiennent habituellement (devenant ainsi insignifiants au Parlement). Pendant plus de 30 ans, ces députés nationalistes ont été les « sales gosses » du Parlement, en bénéficiant toujours, à force de chantage, du besoin d’être les partenaires nécessaires, leur donnant beaucoup plus de possibilités qu’ils n’auraient pas dû avoir. Tout cela pour favoriser une coexistence productive mutuelle (après 40 ans, il semble que cela n’ait été productif ou stable que pour eux) en paix et en démocratie.

Les résultats de cette générosité sont aujourd’hui dans les médias. Ils ont ce qu’ils veulent.

Premièrement : ils ont une nouvelle classification nationaliste (concernant les noms et les prénoms espagnols, ceux dont les familles vivent là-bas depuis moins d’une génération). Alors qu’ils sont totalement espagnols sauf concernant l’idéologie et la langue, ils se sont fait totalement laver le cerveau, au point de changer de nom et de prénom pour être plus purs que les Catalans, parce que ces derniers seraient meilleurs, plus forts, plus beaux, etc. Vous voyez le modèle ici? Le Peuple élu. Changer Peuple avec Race et cela nous ramène à de sombres souvenirs du milieu du XXe siècle (si vous ne me croyez pas, regardez leur idéologie). En un mot, ils doivent être les privilégiés.

Deuxièmement : ils se présentent toujours comme la victime. On dit toujours : « Nous avons une plus grande autorité morale, parce que, nous sommes opprimés et réprimés. L’Espagne nous vole. Nous n’avons pas de véritable liberté d’expression et, bien sûr, pas de véritable démocratie… La Catalogne n’est pas l’Espagne… bla, bla, bla. » Mais la réalité est qu’ils sont ceux qui veulent être mis en valeur, au dessus du reste des citoyens. Ce sont eux qui ne respectent pas les lois, la constitution que 75% des Catalans ont approuvée dans les années 1970. Ils ont fait cela depuis des années, ignorant les arrêtés de la Cour suprême (des tribunaux régionaux, nationaux ou de l’UE, peu importe, s’ils n’aiment pas le jugement d’une Cour, ils l’ignorent) enfreignant le Principe de la Constitution qui dit que tous les citoyens espagnols sont égaux en vertu de la loi. Bien sûr, ils croient qu’ils sont meilleurs et sont tous au-dessus de la loi (je dois dire que c’est largement dû à la permissivité du gouvernement à Madrid, que c’est comme un père avec son enfant instable, rebelle et gâté nommé Catalogne. Cet enfant ne peut être corrigé, instruit ou discipliné, car il est politiquement incorrect de lui dire assez, cela suffit ou de lui donner une fessée. Cet enfant a maintenant 40 ans, et il maltraite son père en sachant que rien ne se changera. En fait il veut maintenant tuer son père et s’en aller avec l’argent).

Troisièmement : ils accusent leurs victimes de leurs propre crimes (particulièrement  nos petites gens exceptionnelles). En utilisant les techniques de propagande nazie les plus éprouvées et les plus fiables, ils répètent le mensonge encore et encore jusqu’à ce que le mensonge devienne une vérité. Les problèmes qu’ils ont en raison de leur corruption, de leur inefficacité, de leur mauvaise gestion, de leur incapacité et parfois de la simple bêtise sont toujours de la faute des autres (lire ici les Espagnols) qui leur donne carte blanche pour continuer. Les droits qu’ils demandent pour eux, ils les refusent aux autres. Encore une fois, il trouve gré de faire un référendum pour se séparer de l’Espagne, mais qu’en est-il du Val d’Aran qui veut faire un référendum pour sa Sécession de la Catalogne ou de la ville de Barcelone… La démocratie, ce n’est que lorsque les résultats du vote favorisent mon point de vue. Sinon, ce n’est pas la démocratie. Alors essayons de nouveau.

Les mensonges deviennent la vérité dans l’esprit de ces moutons châtrés qui n’ont jamais pensé par eux-mêmes, qui regardent les médias mainstream, qui ne lisent pas ou ne connaissent pas l’Histoire de l’Espagne ou qui ne sont tout simplement pas autorisés à regarder les faits. Si vous ne connaissez pas les faits, vous ne pouvez pas vous constituer un bon avis, vous ne pouvez pas prendre la bonne décision. Ils ont réussi à faire croire leurs mensonges au monde entier, qui l’a avalé tout cru.

Quatrièmement : ils ont compris que les Espagnols normaux ont commencé à les haïr après 40 ans de chantage, pensant : laissons les partir et bonne chance. Ils veulent un divorce : on trouve un accord et au revoir. Mais ils oublient que sans l’Espagne (peu importe ce que leurs politiciens corrompus et ineptes disent, des politiciens si stupides qu’ils ont commencé à croire à leurs propres mensonges il y a longtemps), ils sont un État non viable. Parce que si vous partez, nous devons partager la dette de l’État (la dette catalane compte pour, au moins, 25% de la dette extérieure de l’Espagne. La Catalogne, maintenant, représente moins de 17% du PIB de l’Espagne – chaque année il est plus petit – avec environ 15% de la population, très loin de ce 25% du PIB du XXe siècle. Bien sûr, ils continuent à dire qu’ils nourrissent ces feignasses d’Espagnols, mais le fait est que c’est exactement le contraire) et bien sûr il n’y aura plus d’argent pour vos délires venant de Madrid, plus d’argent pour les retraites, les soins de santé, les investissements et les subventions dès que vous serez un autre pays (ce qu’ils gardent bien caché, quand ils ne mentent pas). À certains égards, une grande partie des Espagnols ont marre de ces 40 ans de chantage. Au cours de ces années, plus de 10 000 entreprises ont quitté la Catalogne pour d’autres régions d’Espagne, toutes les multinationales qui y ont leur siège vont quitter le « Nouveau Pays » dès qu’il sera indépendant car la Catalogne serait de facto hors de l’UE. Cela bien sûr, ils ne le mentionnent pas, et ils ne sont qu’un marché de 7 millions contre 37 pour le reste de l’Espagne, sans parler du reste de l’UE. Ils vivent dans un monde alternatif, où tout le mal vient de l’Espagne, et tout le bien sera là dès la séparation de cette Espagne perfide. Comme de bons enfants gâtés, ce n’est que je, moi, le mien, moi-même… le reste du monde n’a pas d’importance.

J’ai lu un commentaire dans un journal aujourd’hui… Il dit que le Sexe et la Démocratie sont plutôt « fun ».

Mais pour que l’affaire soit « fun », vous avez besoin du consentement de l’autre partie. Si vous le faites sans son consentement, avec force et violence et contre la volonté de l’autre, c’est un VIOL.

Ce dimanche 1er octobre 2017, la démocratie Espagnole a été violée sous les applaudissements du monde entier par un enfant égoïste, immature et pourri gâté, âgé de 40 ans, nommé Catalogne.

F.MAN

Caricaturiste pour thesaker.is et lesakerfrancophone.fr sous le nom de plume F.MAN (si vous êtes intéressé par les sketches, faites-le moi savoir),il parle quatre langues et pense beaucoup.

Il s’agit d’un travail original, un article d’opinion. Désolé, mais je ne peux pas continuer avec les mensonges que les nationalistes catalans vomissent dans le monde, et encore moins de voir le monde l’avaler tout cru!

Note du Saker Francophone

Ce texte ne représente pas l'avis de l'équipe du Saker Francophone mais celui d'un Espagnol en colère, qui nous dessine de bien belles caricatures sur la globalisation et exprime aujourd'hui son ressentiment. Il est certain qu'un catalan séparatiste aurait un point de vue très différent sur le même sujet.

Si on prend un peu de recul, il faut avoir en mémoire que la boîte de Pandore a été ouverte par l'armée américaine et l'OTAN au Kosovo où, pour des raisons géostratégiques, les Serbes du Kosovo, région historiquement serbe, ont été épurés ethniquement permettant à l'armée US d'installer une gigantesque base (Camp Bondsteel) pour contrôler le sud des Balkans en ce servant des Bosniaques comme armée supplétive.

Puis les Russes ont profité de la porte ouverte pour récupérer récemment sans coup férir la Crimée, là avec l'aval de la population par un référendum. En Syrie, les Israéliens et les USA font danser aux Kurdes la danse de l'indépendance pour couper l'axe chiite. On peut aussi parler des tentations sécessionnistes en Écosse ou en Italie, en Californie, au sud du Brésil. Et en France, l'idée couve aussi dans certaines régions.

Est-ce que ce sont les signes avant-coureurs des tendances à une décroissance forcée après le Peak Oil de pétrole conventionnel de 2008 et la crise financière à la même date? Cela a réveillé les vieilles querelles enfouies sous la cendre mais qui n'attendaient que l'affaiblissement des anciens pouvoirs pour se réveiller. Il ne faut pas non plus négliger l'utilisation de ces tensions pour des agents extérieurs dans le cadre de la guerre hybride, l'UE qui veut ses euro-régions, et il faut donc s'attendre à tes tensions du côté français des Pyrénées autour de ce projet. Du côté des USA, il y a la volonté inverse cette fois de garder l'Espagne unie dans le cadre de l'OTAN. Quid de la Chine et de la Russie, recours des pays qui refusent la domination impériale? L'Espagne pourrait-elle à terme basculer dans une alliance de revers?

Les indépendantistes de tout poil vont devoir faire très attention de ne pas pactiser avec les diables qui rôdent dans l'ombre pour ne pas y perdre leur âme. Le Grand Jeu est un jeu dangereux où il faut une longue cuillère et où les bons sentiments ne suffisent pas.

Notre blog n'a pas de point de vue sur la question, se contentant d'observer encore une fois les souffrances exprimées des deux côtés et l'utilisation politique qui en est faite. Au mieux, on vous renvoie à l'excellent article de dedefensa sur l'inconnaissance – en remplaçant "climat" par "Catalogne".

Liens

Côté réactions françaises, il a les pour :

La situation a déjà fait réagir Jacques Sapir, victime récemment d’un censure qui ne dit pas son nom.

Les points de vue sur la question sont très tranchés.

les contre :

Macron

où plus sérieusement

« Independence Day… La dislocation d’un État de la zone euro en direct » L’édito de Charles SANNAT

et les au-dessus : 

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

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[Vidéo] Dans le ventre de l’hôpital, par Arte. Source : Arte, Jérôme le Maire

7 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique

Au bloc opératoire de l’hôpital Saint-Louis, à Paris, le “burn out” menace à tous les échelons. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, le réalisateur Jérôme le Maire a su capter le mal-être général des soignants.

Le réalisateur Jérôme le Maire a passé deux ans au sein de la très réputée unité chirurgicale de l’hôpital Saint-Louis, l’un des grands établissements parisiens. Pendant un an, sans filmer, il s’est familiarisé avec l’ensemble du personnel qui travaille à flux tendu dans les quatorze salles d’opération du bloc, chacune accueillant huit à dix interventions par jour au fil d’une organisation très complexe. Il a ensuite tourné seul, toute une année, au cœur de ce collectif professionnel chevronné, qui tient chaque jour entre ses mains la vie et la mort des patients. D’une intervention qui voit fuser les noms d’oiseaux à des réunions de crise où se déversent des doléances concurrentes, il capte un mal-être général qui, des aides-soignantes aux chirurgiens, “déborde, déborde, déborde”, comme le planning que les gestionnaires du service n’ont de cesse de vouloir “optimiser”. Entre deux prises de bec, les protagonistes confient leurs états d’âme ou leurs réflexions et s’accordent à reconnaître, en dépit de leurs différends, une commune origine à la pathologie qui les affecte tous. “Les conditions de travail se sont dégradées mais le travail, lui, ne doit pas se dégrader”. Car même si les patients semblent se réduire à la partie tranchée et recousue de leur anatomie, ces soignants n’oublient jamais la responsabilité extrême qui est la leur. La direction diligente alors un audit sur la qualité de vie au travail, qui se recentre bientôt sur l’analyse des “process” et de leur “efficience”…

Urgence

Cette fascinante tragi-comédie humaine dévoile au profane ce qu’il ne voit jamais d’ordinaire : la souffrance de ceux qui soignent, d’abord, mais aussi la réalité crue d’une salle d’opération, car le réalisateur y est accueilli comme un membre de la famille, devant qui on n’a pas besoin de cacher le linge sale. S’il pointe des causes maintes fois dénoncées par les syndicats – augmentation continue de la charge de travail, gestion technocratique imposée d’en haut, atomisation d’équipes autrefois soudées…–, Jérôme le Maire, en laissant s’exprimer des points de vue contradictoires, met aussi en évidence la complexité du problème. Ce portrait intensément vivant d’un hôpital au bord de la crise de nerfs se veut plus largement la métaphore d’un monde du travail ravagé par la perte de sens et désormais en état d’urgence, selon le livre de Pascal Chabot qui l’a inspiré, “Global burn-out”.

Source : Arte, Jérôme le Maire, 02-10-2017

Dans le ventre de l’hôpital – ARTE

Source : Arte, Youtube, 02-10-2017

Source : Arte, Youtube, 02-10-2017

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La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite: une "industrie idéologique" . Fondation RES PUBLICA.

6 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Daesch, #Le fascisme, #Politique étrangère, #l'horreur économique

La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite: une "industrie idéologique" . Fondation RES PUBLICA.

La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite: une "industrie idéologique"

 
 
 

Note de lecture du livre de Pierre Conesa, "Dr. Saoud et Mr Jihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite" (Robert Laffont : 2016), par Baptiste Petitjean, directeur de la Fondation Res Publica.
Pierre Conesa, dans son dernier ouvrage, propose un décryptage inédit de la politique étrangère du Royaume d’Arabie saoudite. Au service d’un projet planétaire de propagation du « salafisme-wahhabisme », cette dernière a également pour objectif de préserver le règne de la maison des Saoud. Néanmoins, la diplomatie religieuse saoudienne s’inscrit dans un contexte de rivalités régionales exacerbées, menaçant de déboucher sur une « guerre de religions » au sein même du monde musulman [1].

 
Les rouages de la diplomatie religieuse saoudienne
Face à la montée des nationalismes arabes soutenus par l’Union Soviétique et incarnés par le président égyptien Nasser, le Royaume d’Arabie saoudite met en place dès le début des années 60 un système idéologique totalitaire ayant pour double objectif d’assurer la propagation de l’islam dans sa version wahhabite, étroitement liée au salafisme selon Pierre Conesa, et la sauvegarde du règne des Al Saoud, dont « les intérêts […] s’articulent avec ceux de la famille Al-Shaikh d’Abd al-Wahhab, le fondateur du wahhabisme, pour mettre sur pied un projet commun qui aboutira à l’instauration du régime » (page 27). Cette convergence se concrétise avec le pacte du Najd adopté en 1744 : les oulémas de la tribu d’Abd al-Wahhab, les Al-Shaikh, soutiennent le régime, qui en échange s’engage à propager l’islam dans sa version wahhabite. Ainsi on comprend que la diplomatie religieuse nait en même temps que le Royaume. Les chancelleries occidentales y voient quant à elle « la barrière parfaite contre le socialisme » (page 20).

En 1979, année charnière dans le déploiement planétaire de ce système, l’Arabie Saoudite fait l’expérience d’un « polytraumatisme » (page 39): en février, c’est la victoire de révolution chiite en Iran et l’ayatollah Khomeyni s’empare de l’islam politique, de l’anti-impérialisme et de l’antiaméricanisme ; en novembre, c’est l’occupation de la Grande Mosquée de La Mecque par des fondamentalistes islamistes qui secoue le Royaume ; et enfin en décembre l’URSS lance l’invasion de l’Afghanistan, déstabilisant l’allié historique des Etats-Unis depuis le pacte du Quincy de février 1945 qui garantit à la puissance américaine l’accès au pétrole du Royaume, en échange d’une protection militaire de la dynastie des Al Saoud.

Aujourd’hui, il s’agit d’étudier le régime saoudien à la lumière de trois éléments principaux : son rôle dans la propagation d’un islam fondamentaliste, le wahhabisme ; le retour de l’Iran sur la scène régionale et internationale ; et les difficultés internes liées à la crise du prix du pétrole. Les deux derniers aspects expliquent largement qu’au cours des années 2000, « la gestion de la diplomatie religieuse saoudienne [évolue] finalement pour répondre à des défis de stabilité intérieure plutôt que sous la pression internationale » [page 138].

« L’Arabie saoudite a constitué avec le temps une ‘industrie idéologique’, selon l’expression de Kamel Daoud […] entre le puissant soft power à l’américaine et le savoir-faire propagandiste du système communiste » (page 21). En effet, Pierre Conesa montre que la diplomatie religieuse saoudienne est « un hybride du système américain par la multiplicité des mécanismes et l’étroite coopération entre actions publique et privée, mais aussi du système soviétique par son idéologie totalitaire à la fois révolutionnaire et conservatrice [mais toujours adaptable ajoute plus loin Pierre Conesa], portée par un corps de commissaires politiques idéologiquement formés », les oulémas wahhabites (page 98). C’est cette combinaison qui donne au Royaume une capacité d’intervention globale qui correspond à une diplomatie d’influence (soft power, usage sophistiquée de la puissance selon Joseph Nye) financée par les pétrodollars et caractérisée par la mise en place de politiques publiques spécifiques, la création de grandes organisations internationales, et le soutien à différentes ONG, fondations privées, universités et médias traditionnels et nouveaux.

Au cœur du soft power saoudien : la LIM et l’OCI
Le roi Faysal, souhaitant mettre en place la stratégie panislamiste contre le panarabisme, développe la diplomatie religieuse avec l’aide des Frères musulmans réfugiés venus d’Egypte, et crée toute une série de structures nationales et internationales en miroir de celles voulues par Nasser (page 40). Nous retiendrons ici deux institutions qui permettent de mieux cerner la diplomatie d’influence saoudienne : la Ligue Islamique Mondiale (LIM) et l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). La LIM est une Organisation non gouvernementale (ONG) reconnue par l’ONU et elle est le véritable bras armé de la diplomatie religieuse du royaume : elle vise tout simplement à soutenir l’islam dans la monde, dans sa version wahhabite. Créée en pleine « guerre froide arabe » (page 99), elle est le miroir de la Ligue Arabe mise en place par Nasser en 1956. La LIM est présente dans 120 pays et contrôle 50 grands lieux de culte en Europe, dont la mosquée de Mantes-la-Jolie. Elle joue aussi un rôle consulaire dans les pays où Riyad n’a pas d’ambassade, et peut parfois se substituer, dans les faits, à la diplomatie officielle (page 100). Elle est dotée d’un budget exceptionnel de 5 milliards de dollars par an, chiffre qui grimpe à 7 milliards de dollars en moyenne annuelle en intégrant les dons royaux directs ou les contributions privées, ce qui correspond aux importations saoudiennes d’armement. Pierre Conesa décortique également l’organisation de la LIM et son déploiement à travers le monde : dans tous les pays où la Ligue est présente est créé un Bureau de l’organisation de la Ligue islamique mondiale, habilité à financer des projets de construction de mosquées et des centres islamiques. La LIM, à travers ses différents bureaux, est donc un acteur « qui accompagne les initiatives diplomatiques saoudiennes » (page 107). L’auteur précise qu’en France, pays laïc, « la Ligue profite de l’absence de politique publique pour financer mosquées, écoles et centres culturels » (page 115). Alex Alexiev, chercheur du Center for Security Policy, qualifie le soft power idéologique saoudien de « plus importante campagne de propagande jamais montée dans le monde entier » (page 123).

Quant à l’OCI (devenue Organisation de la Coopération Islamique en 2011), elle est une structure permanente interétatique créée en septembre 69 et qui compte aujourd’hui 57 Etats membres et dispose d’une délégation permanente à l’ONU. Elle est la seule organisation interétatique confessionnelle, et affiche, au rang de ses objectifs principaux, la promotion de la coopération dans les domaines économiques, sociaux, culturels et scientifiques entre les Etats membres (grâce notamment à la Banque islamique de développement, acteur essentiel), mais aussi la sauvegarde des lieux saints de l’islam et le soutien de la cause palestinienne dans le conflit israélo-palestinien.

L’Arabie saoudite, un acteur clé dans la guerre de religions au sein du monde musulman [2]
Pierre Conesa met en parallèle les actions religieuses d’autres grands acteurs comme la Turquie, avec la politique souvent trop vite qualifiée de néo-ottomane d’Erdogan, le Qatar, ses immenses moyens et son action anti-saoudienne, le Pakistan et ses innombrables activistes et enfin l’Iran, puissance chiite régionale incontournable dans la crise syrienne et la lutte contre Daesh. Ces rivalités – prémisses de guerre internes à l’islam, dans lesquelles les pays occidentaux n’ont d’ailleurs aucune légitimité à intervenir – se développent sur des terrains de manœuvre de plus en plus nombreux, on pense évidemment à la guerre au Yémen, où l’Arabie saoudite et l’Iran se mènent une guerre par procuration. Par ailleurs, l’aspect psychologique ne saurait être négligé selon l’auteur : alors que, dans les années 1960, le sentiment d’encerclement pour le régime saoudien venait du triomphe du panarabisme, les soulèvements du Printemps arabe, porteurs d’un effet domino en Egypte, en Syrie, en Tunisie, au Yémen, auxquels il faut ajouter le retour de l’Iran sur la scène régionale et internationale, ont réactivé cette perception. « Les grands équilibres régionaux (ou les grands déséquilibres) ne peuvent plus être gérés sans l’Iran. Riyad a de bonnes raisons de s’inquiéter de la normalisation des relations, difficile mais en cours, entre Washington et Téhéran après la signature de l’accord sur le nucléaire [3]. En effet, celui-ci reconnait à la République islamique le statut de ‘pays du seuil’ » (page 250). Cela conduit Pierre Conesa à conclure que le seul souci « de l’action religieuse de Riyad […] est de ghettoïser la population musulmane partout où cela est possible autour de la conception wahhabite-salafiste de l’islam tout en tentant de contrer une hypothétique influence chiite » (page 221).

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[1] Voir les actes du colloque de la Fondation Res Publica du 31 mars 2014 « Guerres de religions dans le monde musulman ? »
[2] Voir l’étude cartographique commandée par la Fondation Res Publica, « Guerres de religion dans le monde musulman »
[3]Le livre de Pierre Conesa est paru avant l’élection de Donald Trump, qui semblait souhaiter remettre en cause l’accord sur le programme nucléaire iranien.

Pour se procurer le livre > "Dr. Saoud et Mr Jihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite", Pierre Conesa (Robert Laffont : 2016)

Pierre Conesa est membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica.

Conseils de lecture : Arabie Saoudite - L'incontournable, de Jacques-Jocelyn Paul (Riveneuve ; janvier 2016)
 
 
Fondation Res Publica I Jeudi 5 Octobre 2017
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Syrie : Réponse à Michel Duclos… par Richard Labévière

6 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère

Syrie : Réponse à Michel Duclos… par Richard Labévière

Source : Proche & Moyen Orient, Richard Labévière, 24-09-2017

Fondée en 1978 par Raymond Aron qui craignait de voir arriver la gauche au pouvoir, la revue Commentaire s’est dernièrement spécialisée dans la publication des idéologues de l’école néo-conservatrice française. Un genre… Après Gérard Araud, qui tweetait que l’élection de Donald Trump annonçait la fin du monde – mais qui est toujours en poste à Washington -, notre ancien ambassadeur à Damas (2006 – 2009) à son tour trouve refuge dans la revue néo-libérale1 de Jean-Claude Casanova. Commentaire lui a demandé de « donner son sentiment » sur la Syrie… Le terme est plutôt approprié, puisqu’avec l’article de Michel Duclos (MD) – Notre ami Bachar al-Assad -, nous sommes bien dans l’affect amour-haine, dans l’immédiateté, les approximations, sinon les contre-sens historiques !

Reprenons ligne à ligne cette contribution pour en déconstruire les affabulations, non pas qu’elle mérite la notoriété des Essais de Montaigne, mais parce qu’elle constitue un beau spécimen de sophisme. Face à ce « tour de passe-passe », Spinoza explique bien dans l’Ethique que « les idées fausses et inadéquates s’enchaînent aussi nécessairement que les idées justes et adéquates », autrement dit l’erreur et la bêtise génèrent leurs propres rationalités qu’il s’agit de mettre à jour et de déconstruire. Dans sa Réponse à John Lewis2, Louis Althusser explique bien qu’une réponse n’est valable que si elle porte sur un processus dont il s’agit de dévoiler l’intention, l’énergie vitale et la méthode. Voyons cela !

PARADIGME ET ESSENTIALISME

En guise d’introduction, Michel Duclos commence par attribuer – de manière indifférenciée – l’assassinat de l’ambassadeur de France à Beyrouth Louis Delamare (1981), la mort de Michel Seurat (1986), celles de nos soldats du Drakkar (1983) et des victimes de l’attentat de la rue des Rosiers (1982) aux… services spéciaux de la Syrie d’Hafez al-Assad, père de Bachar. Il raccroche ces différents événements, dont il fait une même « séquence », au « massacre » de Hama (1982), sans rappeler qu’il s’agissait d’une riposte à une tentative de coup d’Etat des Frères musulmans qui venaient d’égorger une trentaine d’élèves-officiers de l’Armée de l’air3. Cet amalgame veut justifier son intertitre : « un paradigme immuable », selon lequel le gouvernement syrien actuel serait meurtrier par « essence », depuis la prise de pouvoir d’Hafez al-Assad en 1970.

Reprenons ! Effectivement, Louis Delamare a bien été assassiné par les Panthères roses (appellation liée à la couleur de leurs uniformes) de Rifaat – frère d’Hafez -, au lendemain de la réception de Yasser Arafat à la Résidence des Pins par Claude Cheysson, alors ministre des Affaires étrangères à la réputation propalestinienne. Le message de Damas était parfaitement clair : la France ne doit pas favoriser l’installation d’un émirat palestinien (sunnite) aux portes d’une Syrie principalement dirigée par les Alaouites (de filiation chi’ite). Dans le contexte de la guerre civilo-régionale du Liban, cette méthode de communication était malheureusement courante ! Le relever ne saurait en justifier les crimes, mais cette méthode correspondait alors aux lois et périls de la guerre du Liban.

Pour ce qui concerne l’enlèvement de Michel Seurat et sa mort en captivité après une longue hépatite B, ainsi que celle de nos soldats écrasés dans l’effondrement de leur état-major du Drakkar, les historiens ont montré qu’il s’agissait d’autre chose. Commis par des groupes chi’ites pro-iraniens (avant la création officielle du Hezbollah qui interviendra plus tard), ces attentats constituaient autant de représailles tandis que la France avait engagé six Super-Etendard – sous cocarde irakienne -, mais pilotés par des pilotes français contre les lignes de défense iraniennes dans le contexte d’une guerre Irak-Iran extrêmement meurtrière qui a duré de 1980 à 1988. Washington, Londres et Paris avaient alors poussé Saddam Hussein à ouvrir les hostilités contre une révolution islamique dont on craignait qu’elle ne gagne d’autres pays de la région. Quant à l’attentat de la rue des Rosiers, comme celui de la rue Copernic, les pistes les plus sérieuses ramènent invariablement aux tueurs d’Abou Nidal et ses commanditaires les plus variés.

Suit aussitôt un autre mythe : celui de l’instrumentalisation du terrorisme par Bachar al-Assad. Bien-sûr, comme tous les pays de la région, la Syrie aussi pratique – peu ou prou – ce sport inavouable au plus près de ses intérêts. Encore une fois, il ne s’agit pas de justifier mais d’essayer de comprendre ! Mais lorsque MD affirme que Bachar al-Assad a libéré des jihadistes en juin 2011 pour mettre en péril les « opposants nationalistes », il opère un double contresens. Ces libérations ont bien eu lieu. Grande protectrice des jihadistes, l’Arabie saoudite en avait fait la condition sine qua non pour la poursuite des pourparlers de Genève engagés sous l’égide des Nations unies.

Afin de permettre la poursuite de ces négociations, Moscou demanda alors expressément au gouvernement syrien de libérer ces meurtriers. Quant aux « opposants nationalistes », leur existence a été des plus éphémères. Ces derniers ont été marginalisés dès l’été 2011 pour laisser le champ libre à des factions jihadistes sous l’égide des Frères musulmans – soutenus par Doha – et des Salafistes – clients de Riyad – qui ont accaparé la quasi-totalité des moyens opérationnels de la rébellion armée en Syrie.

Quant à la livraison syrienne du leader kurde Öcalan à Ankara, elle s’explique, là-encore, par des contraintes de realpolitique régionale relativement compréhensibles au vu des intérêts syriens. Sous la plume de MD, elle s’inscrit dans la grande mythologie récurrente de « nos alliés kurdes » contre l’organisation « Etat islamique » et la résurgence de la question de l’indépendance du Kurdistan d’Irak, soutenue par Bernard Kouchner et Benjamin Netanyahou !

Au passage, MD s’étonne aussi que Damas soutienne « le camp d’un groupe terroriste palestinien d’un autre âge (le FPLP-CG) ». De fait, Damas soutient aussi d’autres organisations palestiniennes. Nombre de Palestiniens, habitants le camp de réfugiés de Yarmouk (banlieue sud de Damas) ont pris fait et cause pour la défense de la Syrie historique. A l’évidence, l’ignorance dont MD fait preuve sur le dossier ne l’autorise certes pas à juger des Palestiniens qui n’attendaient rien des Accords d’Oslo, ni de la pseudo-médiation américaine sur cette question bloquée par Tel-Aviv depuis le début des années 2000 !

Enfin, dans son insistance à vouloir affirmer une continuité d’« essence » morbide entre la Syrie d’Hafez al-Assad et celle de son fils Bachar, MD déplore l’intervention de « parrains étrangers » comme la Russie et le Hezbollah libanais. L’intervention militaire de ce dernier dans les Jurd de Qalamoud, Qoussair et Yabroud a sans conteste empêché Dae’ch et Jabhat al-Nosra de conquérir Tripoli et de disposer ainsi d’une façade méditerranéenne. En palliant aux insuffisances entretenues, notamment par Tel-aviv, de l’armée nationale libanaise, le Hezbollah a, sans doute, sauvé l’intégrité territoriale et politique du Pays du Cèdre. Quant au rôle de la diplomatie et de l’armée russes, qui correspond à un partenariat diplomatique et stratégique ancien et connu, nous renvoyons MD à la lecture du prochain livre de Maria Khodynskaïa-Golenichtcheva – Alep, la guerre et la diplomatie – à paraître le 20 octobre prochain aux éditions Pierre-Guillaume de Roux. Cette lecture salutaire du premier livre en français, écrit par une diplomate russe – expliquant les raisons, les objectifs et l’évolution du soutien russe à la Syrie – devrait lui apprendre pas mal de choses…

Evidemment, les ingérences de l’Arabie saoudite, du Qatar, des Etats-Unis et de services spéciaux britanniques et français armant des factions jihadistes obsédées par le renversement du gouvernement syrien a visiblement échappé à notre auteur si soucieux des souverainetés nationales.

DESASTRE FRANCAIS

Dans son deuxième paragraphe « Une perspective française », MD attribue – sans surprise – l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri aux services syriens. La rédaction de prochetmoyen-orient.ch a beaucoup travaillé la question, estimant que l’ami de Jacque Chirac avait été vraisemblablement tué par des Syriens, certes, mais pas par ceux que l’on croit.

A la mort d’Hafez al-Assad, Abdel Halim Khadam est devenu président par intérim du 10 juin au 17 juillet 2000, puis vice-président avant de faire brusquement défection et de s’installer avec sa famille à Paris. Plusieurs sources autorisées soupçonnent ce grand dignitaire sunnite d’avoir préparé un coup d’Etat contre Bachar avec l’aide de Ghazi Kanaan (ancien chef des services syriens au Liban) et de plusieurs généraux de l’armée syrienne. Avec l’appui de plusieurs services étrangers, ce cercle pro-saoudien aurait monté l’assassinat de Rafic Hariri, persuadé qu’un tel événement permettrait le renversement de Bachar al-Assad et leur prise de pouvoir. Certes, l’histoire reste à écrire, mais dans tous les cas de figures, MD devrait observer sur cette affaire une prudence, un tantinet plus diplomatique.

Quelques lignes plus loin, il écrit que les Russes ne connaissent la Syrie qu’au travers du « seul prisme des services de sécurité ou de la coopération militaire ». Nouveau flagrant délit d’ignorance, MD ne connaît visiblement pas les écrits de l’académicien russe Alexeï Mikhaïlovitch Vassiliev, ni rien des études syriennes que l’on doit à « l’école Primakov », du nom de cet ancien haut responsable du KGB surnommé le « Kissinger russe ». Spécialiste des Proche et Moyen-Orient, il a formé des générations d’islamologues, parmi lesquels ceux qui conseillent actuellement Sergueï Lavrov.

Un peu plus loin encore, notre ignorant récidiviste affirme qu’en « onze ans de règne, Bachar n’avait procédé à aucune réforme de nature politique ou sociale ». Faux et archifaux ! Conseillère d’Etat et directrice de l’ENA (2000-2002), Marie-France Bechtel a mené une mission d’études pour la réforme de l’administration syrienne. Plusieurs de ses recommandations avaient commencé à être mises en œuvre, notamment dans le secteur bancaire, avant d’être interrompues par la guerre civile. MD devrait lire aussi – Quand la Syrie s’éveillera – paru aux éditions Perrin en janvier 2011.

Conclusion du paragraphe : « Bachar s’est contenté d’ajouter une dimension affairiste omniprésente à partir de 2005 », avant d’affirmer encore un peu vite que « le régime bassiste est un régime alaouite ». Sur l’affairisme, élargissons le spectre aux pays de la région, notamment ceux du Conseil de coopération du Golfe (CCG), voire jusque sous nos yeux en commençant par le Luxembourg et notre président de la Commission européenne… Quant au « régime alaouite », rappelons seulement que le général Ali Mamlouk – numéro deux du gouvernement – est sunnite pur sucre et que de nombreuses personnalités chrétiennes, druzes et arméniennes occupent des postes de responsabilité.

Par contre, pas un mot sur la fermeture de notre ambassade à Damas en mars 2012 – sur ordre d’Alain Juppé – ni sur les conséquences de cette décision en matière de renseignement et de lutte contre le terrorisme. Dans le paragraphe suivant, MD écrit : « si le régime a paru parfois collaborer avec les services occidentaux tout en continuant en sous-main à alimenter le terrorisme, c’est qu’il ne croyait pas pouvoir scier la branche sur laquelle il était assis. Pourquoi en irait-il différemment aujourd’hui ? »

INGRATITUDE CARACTERISEE

Sur le renseignement, MD ferait mieux de s’abstenir. Un seul exemple : entre les deux tours de l’élection présidentielle française de 2007, la DST a pu arrêter un fou furieux en train de remplir d’explosifs des extincteurs qu’il s’apprêtait à déposer dans des bus de Nancy. Cette interpellation s’est effectuée grâce à des informations transmises – en ligne directe – par les barbouzes syriennes. D’autres cas concrets peuvent êtres cités. Malheureusement, cette coopération s’est interrompue de mars 2012 jusqu’à aujourd’hui, notre ambassade à Damas restant désespérément fermée !

En 2006, lorsqu’il a été nommé ambassadeur à Damas, MD arrivait de New York et savait à peine reconnaître la Syrie sur une carte. D’après ses collègues les plus proches, « il ne connaissait strictement rien au monde arabe et des cadres de la DGSE sont venus spécialement au Quai d’Orsay pour le déniaiser à plusieurs reprises, d’autant que la relation diplomatique bilatérale s’est fortement distendue depuis la mort de Rafic Hariri en février 2005 ». Une fois en poste, nos anges gardiens des services extérieurs n’ont cessé de lui rendre moult services, notamment pour répondre à des questions politiques posées par Nicolas Sarkozy auxquelles il était parfaitement incapable de répondre… A cette époque, MD a très bien compris l’importance et la toute-puissance des services spéciaux syriens, de même que la nécessité d’entretenir avec ces appareils d’Etat les meilleures relations.

L’auteur de ces lignes a rencontré MD à Damas à plusieurs reprises. Comparé au flamboyant Bernard Emié, qui officiait – tous azimuts avec succès – à Beyrouth (actuellement à la tête de la DGSE), MD rasait les murs, appliquant ses instructions à la lettre dans une grisaille confondante des plus ennuyeuses. Le moins que l’on puisse dire est qu’il a visiblement oublié un peu vite les « coups de main » des services français comme ceux de leurs homologues syriens. Comme le bon sens, la reconnaissance du ventre n’est pas la chose la mieux partagée au monde…

Plus tardive, sa révélation néo-conservatrice semble être due à des considérations de carrière : coller sans discernement à la ligne pro-saoudienne de Laurent Fabius permettait d’obtenir, à coup sûr, un prochain poste. Très logiquement, car devenu expert des missions les plus périlleuses, MD sera nommé à… Berne en 2012, tout près de la fosse aux ours !

SUITE A LIRE DANS LIBERATION ET LE MONDE

En effet, la suite et la chute du papier de MD ne sont que pâles reprises des perles propagandistes, régulièrement égrenées par Libération et Le Monde, bulletins officiels de la bobologie droits-de-l’hommiste : seul « le régime Assad a précipité des millions de Syriens sur les routes de l’exil » ; l’armée syrienne ne compte plus seulement que « 20 000 hommes » ; « les services de sécurité assurent un minimum de cohérence » ; la « rébellion nationale », dont MD ne dit rien de concret (et pour cause !), « paraît à peu près défaite ». Comment se fait-il ? A l’évidence, MD croit encore aujourd’hui qu’Alep était assiégée par l’armée gouvernementale syrienne et défendue par cette introuvable « rébellion nationale » !

Sans surprise, la conclusion de ce pensum consiste encore et toujours à réclamer le départ de Bachar al-Assad, comme si les différentes réunions d’Astana I, II, III, IV, V et VI n’avaient jamais eu lieu, comme si le représentant spécial des Nations unies – l’excellent Staffan de Mistura – n’avait rien fait, comme si c’était à la France de décider l’avenir politique de la Syrie ! Avec ce papier, Commentaire ne brille pas vraiment sur le plan de l’excellence géopolitique.

Une consolation toutefois : cette fois-ci, MD nous a épargné les citations élogieuses du roman de sa propre compagne dont il accompagnait régulièrement les laborieuses dissertations.

Le 14 mars 2016, prochetmoyen-orient.ch avait relevé plusieurs passages de cet improbable roman dans une note du Centre d’analyse et de prévision du Quai (CAP) rédigée par MD. L’ouvrage n’est en fait qu’une compilation de télégrammes diplomatiques (TD) relatant la défection de Moustapha Tlass (fils de l’ancien ministre de la Défense d’Hafez al-Assad) et son exfiltration de Syrie par les services spéciaux français. Ce n’est pas toujours en famille qu’on fait le meilleur travail, toujours est-il qu’on peut se demander pourquoi – et en vertu de quels soutiens – MD s’est retrouvé bombardé à la tête de l’Académie diplomatique de l’Aga Khan.

Aux personnes peu familières des cercles très fermés de notre diplomatie, cette réponse pourrait paraître excessive. En fait elle reste très en-deçà d’une réalité monopolisée par la pensée unique. La dernière livraison de Commentaire n’est pas un accident et confirme cette unanimité bêlante, qui des quotidiens, hebdomadaires aux radios, télévisions, think-tanks et réseaux numériques a-sociaux, reproduit la doxa d’une mondialisation merveilleuse. Sur la Syrie, les voix discordantes n’ont pas droit de cité et sont proprement censurées. Oui, la censure est de retour dans notre pays, c’est un fait malheureusement !

Enfin, il faut avoir pu mesurer l’arrogance de MD et celle de ses clones pour se rendre compte à quel point celle-ci est proportionnelle à une ignorance crasse et abyssale ! En dernière instance, on ne peut pas ne pas se demander qui sont ces gens pour prendre ainsi en otage la voix de la France ? Néanmoins, bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière

1 Commentaire, numéro 159 – automne 2017.
2 Louis Althusser : Réponse à John Lewis. Editions François Maspero, 1973.
3 A propos de la riposte de Hama contre les Frères musulmans, l’idéologie dominante avance toujours un bilan de 25 à 30 000 morts sans préciser les sources et la méthode permettant d’atteindre ce chiffre. Les experts et historiens sérieux avancent un tout autre bilan de 3 à 4000 victimes.

Source : Proche & Moyen Orient, Richard Labévière, 24-09-2017

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L’entrée en vigueur du CETA: un scandale démocratique, par Jacques Sapir

5 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La finance dérégulée, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le fascisme

Jacques Sapir

Jacques Sapir

Source : Russeurope, Jacques Sapir, 22-09-2017

Le traité de libre-échange avec le Canada, ce que l’on appelle le CETA, est donc entré en application le jeudi 21 septembre. Il montre de manière éloquente que les Etats se sont laissés dessaisir de leur souveraineté et qu’un nouveau droit, indépendant du droit de ces mêmes Etats et non soumis à un quelconque contrôle démocratique, est en train de s’imposer.

Le CETA constitue ce que l’on appelle un « traité de libre-échange ». Mais, en réalité, il s’attaque aux normes non-tarifaires que pouvaient prendre un certain nombre d’Etat, en particulier pour protéger leur population en matière de pollution. Sur ce point, il est à craindre que le CETA n’organise une course au démantèlement de ces normes protectrices. A cela s’ajoute le risque induit par le mécanisme de protection des investisseurs contenu dans le traité. Le CETA, en effet, crée un système de protection de ces investisseurs entre l’Union européenne et le Canada qui, par l’institution d’un tribunal d’arbitrage leur permettrait de poursuivre un État (ou une décision de l’Union européenne) si une décision publique prise par cet Etat était de nature à compromettre les « attentes légitimes en terme de retour sur investissement ». Autrement dit, c’est un mécanisme, que l’on appelle la clause ISDS (ou RDIE) qui sert essentiellement de protection des bénéfices futurs. Et ce mécanisme est à sens unique : un État ne pourra pas, lui, poursuivre une entreprise privée dans le cadre ainsi prévu. On constate alors que le CETA va permettre aux investisseurs d’attaquer des décisions politiques s’ils estiment qu’elles vont à l’encontre de leurs intérêts. Cette procédure, qui pourrait s’avérer très coûteuse pour les Etats, aura un effet dissuasif dans le cas d’une simple menace de procès. A cet égard, rappelons qu’en 2011, le Québec recula sur l’interdiction d’un composant d’herbicide, dont on suspectait les effets cancérigènes, et qui était commercialisé par Dow Chemical, car cette dernière société était déterminée à porter l’affaire devant les tribunaux.

Il y a ensuite un problème de réciprocité ; il est bien beau de dire que ce traité ouvre les marchés publics canadiens aux entreprises européennes, mais le marché de l’UE est déjà ouvert aux entreprises canadiennes. Il suffit de regarder la disproportion entre les populations pour savoir qui est vainqueur. Au delà, il y a le problème plus général du libre-échange, ou plus précisément de l’interprétation du Libre-échange que l’on trouve dans ce traité. Il fait la part belle aux intérêts des firmes multinationales, intérêts qui ne sont pas précisément ceux des consommateurs ni ceux des travailleurs.

Les menaces que le CETA fait peser concernent donc la santé publique, mais aussi, et c’est une évidence, la souveraineté. Mais, ce traité menace, aussi, la démocratie. Quand il fut finalement voté par le Parlement européen, au sein des députés français, quatre groupes ont voté contre, le Front de Gauche, les écologistes de EELV, le Parti Socialiste et le Front National. Une alliance peut-être pas si étrange que cela quand on connaît les problèmes que soulève ce traité. Il est en fait significatif qu’il ait été rejeté par les délégations de 3 de 5 pays fondateurs de la Communauté Economique Européenne, et par les pays représentant les 2ème et 3ème économies de la zone Euro. Pourtant, ce traité a été ratifié au Parlement européen, le 15 février 2017 et il doit être ratifié par différents parlements nationaux. Or, il est considéré comme applicable en partie dès avant sa ratification par les Parlements nationaux. Le CETA a donc été adopté de manière provisoire et partielle le 21 septembre 2017, sur les volets de compétences exclusives à l’UE, excluant temporairement certains volets de compétences partagées nécessitant le vote des pays membres de l’UE, comme la question des tribunaux d’arbitrage ou de la propriété intellectuelle. Mais, environ 90 % des dispositions de l’accord seront appliquées. Cela pose un véritable problème de démocratie politique. De même, si un pays rejetait la ratification du CETA, ce dernier n’en continuerait pas moins à s’appliquer pendant trois ans. On le voit, tout a été fait pour que ce traité soit élaboré et appliqué en dehors de la vérification et de la volonté des peuples.

Dans les fait, ce traité n’est pas, en réalité, ce que l’on qualifie d’habitude de traité de « libre-échange ». Il s’agit d’un traité qui vise essentiellement à imposer des normes, normes qui ont été décidées pour et par les entreprises multinationales, aux divers parlements des pays membres de l’Union européenne. Si l’on avait voulu une démonstration de la nature profondément anti-démocratique de l’UE on ne se s’y serait pas pris autrement.

Cela pose un problème tant de démocratie que de légitimité pour ceux qui se sont fait les chantres de ce traité. On sait qu’en France un seul candidat à l’élection présidentielle, M. Emmanuel Macron, avait pris ouvertement position pour le CETA. L’un de ses principaux soutiens, Jean-Marie Cavada, avait lui aussi voté pour l’adoption du traité au Parlement européen. On voit donc se profiler dans l’élection présidentielle, et ce n’est pas nouveau dans notre histoire, le fameux « parti de l’étranger » que dénonçait en son temps (précisément le 6 décembre 1978) Jacques Chirac depuis l’hôpital Cochin…[1]

Nicolas Hulot, avant que d’être nommé ministre dans le gouvernement d’Edouard Philippe, avait pris des positions nettes, et opposées, au CETA. Son maintien au gouvernement, dans ces conditions, vaut reniement. Certes, le ministre de la Transition écologique (sic), n’a pas dissimulé une forme de déception, ce vendredi matin, sur Europe 1. Il a reconnu que nombre des risques potentiels contenus dans le traité avait été identifiés par la commission d’évaluation nommée par Edouard Philippe en juillet dernier. Mais il a ajouté : « …le processus était tellement lancé que, à moins d’un incident diplomatique avec le Canada, ce que nous ne souhaitions pas, c’était difficile » d’enrayer son entrée en vigueur ». On ne saurait mieux décrire les mécanismes d’irréversibilité qui ont été sciemment construit avec ce traité. Rappelons aussi que, avant d’être nommé ministre de la Transition écologique, l’ancien animateur TV avait estimé à plusieurs reprises que le CETA n’était pas «climato-compatible». On mesure, sur ce point, la taille de la couleuvre, voire du véritable boa, qu’il a dû avaler…

Or, Emmanuel Macron s’est posé, depuis son élection, en défenseur tout à la fois de l’écologie et de la planète en reprenant, et détournant, le slogan de Donald Trump « Make the Planet Great Again ». Il a réitéré ces propos, que ce soit aux Nations-Unies ou lors de son voyage aux Antilles à la suite de l’ouragan « Irma ». Mais, il faut bien ici constate que son engagement pro-CETA et sa soumission aux règles de l’Union européenne, qui a pourtant pris un retard dramatique sur la question des perturbateurs endocriniens, montre que, décidément, ce n’est pas l’écologie qui le motive et que cette dernière n’est qu’un prétexte à des effets de communication du plus mauvais goût et de très mauvais aloi.

Il faut donc avoir une pleine conscience de ce que signifie l’application du CETA, mais aussi des dangers que ce dernier fait peser que la souveraineté nationale, la démocratie et la sécurité du pays.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

 

Réponses à L’entrée en vigueur du CETA: un scandale démocratique, par Jacques Sapir

Commentaires recommandés

Toff de Aix Le 05 octobre 2017 
 
 

Hier je regardais une interview d’Alain Denault sur Là-bas si j’y suis, avec Aude Lancelin. Il a bien insisté sur le fait que les états, autant que les politiques qui les dirigent et les citoyens qui leur sont subordonnés d’ailleurs, ont abdiqué leur souveraineté sur pratiquement tous les plans. Le plan idéologique, économique, mais aussi politique, et au final le plan historique même. Il distingue en effet plusieurs types de souverainetés(ce qui diffère de la conception de M. Sapir), mais au final le résultat est le même : une prise de contrôle de l’économie, de la politique et du destin des individus par les multinationales. Ces dernières étant la forme ultime d’évolution de l’aberration néo libérale.

Le but étant de tout régenter sur les principaux plans… L’ultime frontière à conquérir étant l’idéologie, qu’il s’agit désormais d’imposer dans les consciences. Un glissement de “TINA” vers 1984 : il ne leur suffit plus d’avoir notre abandon de mauvaise grâce, il leur faut désormais notre pleine et entière adhésion. Macron est un avatar parmi d’autres de cette ultime évolution : il exige que nous adhérions à son “projet”,car nous l’aurions élu et il est “légitime”. Perversion de l’argument de légitimité, qui au final vise à détruire l’expression démocratique.

Au final, le “prooooojet” mortifère des 0,1% va s’appliquer… Du moins l’escomptent-ils. C’est sans compter sur un minuscule grain de sable, qui fera tout dérailler : si les peuples ne se révoltent pas de façon globale, les écosystèmes ne le supporteront plus très longtemps, et quelque part c’est tant mieux !

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« Independence Day… La dislocation d’un État de la zone euro en direct » L’édito de Charles SANNAT

5 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Espagne

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Comme j’ai pu déjà le dire, l’histoire souvent se déroule assez lentement pendant des périodes de stabilité relative pouvant sembler longues, puis brutalement l’histoire s’accélère.

C’est une de ces accélérations que nous vivons aujourd’hui avec la crise politique sans précédent qui secoue l’Espagne et la menace d’explosion, une explosion qui peut potentiellement s’avérer catastrophique aussi bien pour la péninsule ibérique que pour le reste de l’Europe. Enfin, disons plutôt pour le reste des pays européens, eux-aussi menacés par les tentations séparatistes de certaines régions.

La stratégie européenne ? Détruire les États pour faire exister l’Europe fédérale

Cela fait des années pour ne pas dire des décennies que l’Europe politique poursuit son rêve d’existence et de puissance. Pour rendre réelle l’existence de cet État européen utopique, il faut évidemment éradiquer les États.

C’est ce qui est consciencieusement fait depuis 40 ans avec ce que l’on appelle la « construction européenne ».

Derrière la construction européenne se cache la destruction des États.

Pour détruire les États, c’est l’euro, l’immigration, le dumping fiscal et social qui ont été utilisés de même que l’élargissement de l’Union. Petit à petit, à force de traités, la souveraineté des pays a été anéantie.

Parallèlement, il a toujours existé la volonté de la part de l’Europe de favoriser l’indépendantisme des grandes régions pour casser définitivement les nations.

Ce que vous voyez à l’œuvre en Espagne est évidemment une bénédiction pour l’Europe dont il faut se méfier du pseudo-silence qui est en réalité un piège politique redoutable.

L’Europe s’oppose à toute violence, garante qu’elle est de la démocratie !

Cette position politique d’une perfidie inouïe est en réalité un piège politique majeur.

En effet, en s’opposant à toute violence d’État, à savoir la violence pratiquée par Madrid pour éviter la sécession de la Catalogne, l’Europe en réalité prive Madrid, au nom de la démocratie, de tout pouvoir et moyens d’action coercitifs à l’égard des Catalans et des indépendantistes qui restent une minorité agissante et bruyante, mais une minorité tout de même !

Toutes celles et ceux qui sont pour la Catalogne indépendante sont pour le fascisme financier le plus abject.

Tous les bien-pensants de la « démocrassie » qui bêlent comme des ânes pour la Catalogne sont les utiles des riches !

Les indépendantistes sont la négation même de toute générosité et je vais vous dire pourquoi.

Parce que l’indépendantisme catalan se nourrit de l’idée que seuls les Catalans, « êtres supérieurs », savent, eux, travailler, bosser, et produire des richesses, par rapport au reste de l’Espagne peuplé d’abrutis et de fainéants (clin d’œil à notre maréchal jupitérien à nous qu’on a).

Les Catalans seraient donc bien plus riches sans le reste de l’Espagne.

Et vous savez quoi ?
C’est vrai !

Oui les Catalans seraient plus riches sans le reste de l’Espagne.

Ce serait la même chose pour les Italiens du Nord sans les Italiens du Sud.

Pour les Parisiens du 16e sans le reste de Paris, et pour tous les parisiens sans le reste de la France.

Suivant ce raisonnement d’un cynisme financier hallucinant, toutes les régions riches, donc, auraient vocation à devenir indépendantes des régions pauvres.

Or, les pays sont fondés, basés, sur des unions de transfert.

Les riches paient pour les pauvres.

C’est la base de tout impôt et de tout système redistributif.

C’est d’ailleurs ce dispositif qui fait défaut à l’euro pour rendre la zone euro fonctionnelle. Il faudrait que les « riches » allemands paient pour tous les autres pauvres.

Mais plus personne ne veut payer et d’ailleurs l’Europe, pour casser, les États cassent leurs sources de financement en organisant, comme je vous l’ai dit, le dumping fiscal.

Ceux qui défendent donc l’indépendance de la Catalogne sont les idiots utiles du système totalitaire marchand incarné par Bruxelles et les europathes.

Il n’y a pas plus injuste que cette idée. Il n’y a pas plus abjecte que cette Europe qui déclenche la fureur des peuples pour mieux exister, quitte à tuer et à devenir sanglante.

Cette Europe n’est plus la paix.

Sous vos yeux, cette Europe devient la guerre.

N’oubliez jamais qu’aucun État ne s’est jamais créé sans guerre et sans violence. C’est une règle historique intangible et il en sera de même pour l’Europe fédérale.

Ce qui se passe sous vos yeux est sans pareil. Vous en serez, nous en serons et nous en sommes déjà les victimes anonymes.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

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« Indépendance » de la Catalogne : derrière les apparences, quels enjeux cachés ? Le journal RUPTURES.

3 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La mondialisation, #Catalogne, #Espagne

« Indépendance » de la Catalogne : derrière les apparences, quels enjeux cachés ?

Référendum Catalogne

Le référendum organisé le 1er octobre par les autorités de Catalogne en vue de décréter l’indépendance de cette région a été très largement entravé par le gouvernement espagnol. Cette initiative avait en effet été jugée inconstitutionnelle, et donc interdite. L’utilisation des forces de police pour appliquer cette décision a soulevé, en France notamment, de nombreux commentaires et réactions.

L’émotion est, comme toujours, mauvaise conseillère. Analyser rationnellement faits et les enjeux est donc nécessaire.

Tout d’abord, quoiqu’on pense de la tentation indépendantiste, le sort de la Catalogne ne peut être en aucune manière comparé – sauf ignorance crasse ou pyramidale mauvaise foi – à la situation qui prévalait dans l’Algérie du temps de la colonisation, à celle qui soumet aujourd’hui encore le peuple palestinien au joug de l’occupation israélienne, ou encore à celle qui maintient le Sahara occidental sous le régime colonial marocain.

C’est aux Espagnols – à eux seuls, mais à tous les Espagnols – de décider de l’avenir de leur pays

Il faut ensuite rappeler l’essentiel : c’est aux Espagnols – à eux seuls, mais à tous les Espagnols – de décider de l’avenir de leur pays. Car la sécession de la Catalogne n’aurait pas seulement des conséquences majeures sur les habitants de Barcelone ou de Gérone, mais tout autant sur ceux de Madrid ou de Cordoue.

C’est la raison pour laquelle la constitution adoptée en 1978 (y compris très massivement par les électeurs catalans) prévoit que c’est à l’ensemble du pays de décider de l’éventuel départ d’une partie de son territoire. Une disposition qui est du reste en vigueur (sous forme référendaire, parlementaire ou autre) dans la plupart des pays du monde.

Le principe affirmant que c’est à la population dans son entier, et non à une partie d’entre elle, de trancher sur une indépendance est notamment nécessaire pour éviter une dérive mortifère. Car dans l’hypothèse (au demeurant peu probable) où une majorité de résidents catalans choisirait l’indépendance, qui pourra empêcher une sous-région (une province ou une comarque) de proclamer qu’elle n’entend pas faire partie du nouvel Etat, et faire sécession à son tour (éventuellement pour rejoindre l’Espagne) ? Et cette scissiparité peut continuer à l’infini, aboutissant à un inimaginable émiettement de micro-Etats.

Talon de fer de Madrid ?

En outre, nul n’est fondé, de l’extérieur, à porter de jugement de valeur sur la légitimité des aspirations autonomistes catalanes. Celles-ci existent, et ont partie liée avec l’histoire. Mais force est en revanche de constater que la Généralité dispose déjà d’une large autonomie dans nombre de secteurs, hors défense et politique étrangère. Et l’on reste tout de même perplexe devant l’affirmation que les Catalans seraient opprimés sous le talon de fer de Madrid, comme certains, en France et en Europe, tentent d’en accréditer l’idée.

Ce serait plutôt les Catalans adversaires de l’indépendance qui ont, ces dernières années, fait profil bas. Ces derniers (qui représenteraient tout de même 49% de la population contre 41%, si l’on en croit une récente étude… d’un organisme dépendant des autorités pro-indépendantistes de Barcelone) sont, eux, sous pression.

Que ce soit dans le cadre personnel ou professionnel, les partisans de l’unité de l’Espagne ont de moins en moins la vie facile. L’affirmation du catalan comme langue dominante provoque couramment des discriminations à l’embauche contre ceux qui ne pratiquent pas cette langue. Pour ne rien dire du climat d’intolérance, de menaces voire de violences qui s’est déployé contre les adversaires de l’indépendance durant la campagne.

Préoccupations sonnantes et trébuchantes

Enfin, il convient de noter qu’une fois passées les affirmations émotionnelles et identitaires, le seul argument concret a trait au domaine financier et fiscal : la dynamique (mais très endettée) économie catalane pourrait être libérée du poids des transferts injustes vers Madrid…

Cela s’inscrit dans un courant qui voit plusieurs régions en Europe mettre en avant des préoccupations sonnantes et trébuchantes. En substance : on en a assez d’être plombé par la solidarité nationale en faveur de régions à la traîne. C’est notamment les cas de la Flandre dont les dirigeants considèrent la Wallonie comme un poids mort assisté. C’est aussi ce qui fait le ciment des partisans de l’indépendance d’une « Padanie » (Nord de l’Italie) « plumée » par « Rome la voleuse ». Et même les dirigeants écossais avaient mis en avant le fait qu’ils s’en sortiraient bien mieux tout seuls grâce à leurs avantages (dont, naguère, le pétrole).

Les charmes de « l’Europe des régions »

Bien sûr, les uns comme les autres prennent soin de rappeler qu’ils entendent rester au sein de l’Union européenne. Ils n’hésitent pas, pour ce faire, à se draper plus ou moins discrètement dans les charmes de « l’Europe des régions » qui verrait les Etats s’effacer au profit des instances communautaires ; celles-ci se satisfaisant alors du foisonnement des identités régionales, dès lors qu’elles verraient se renforcer leurs prérogatives politiques.

Ce schéma soulève cependant pas mal de contradictions. Car nombre de dirigeants nationaux pourraient être confrontés à un nombre croissant de revendications de ce type. Dès lors, à Bruxelles – où l’on n’a guère envie de voir s’ouvrir des batailles supplémentaires entre Etats membres – on reste très prudent face à cette boîte de Pandore en puissance.

« Nous sommes des citoyens européens, nos droits et libertés ont été violés » – Carles Puigdemont

N’empêche : le dirigeant catalan Carles Puigdemont a enfoncé le clou dès le soir du 1er octobre : « nous sommes des citoyens européens, nos droits et libertés ont été violés ». Et de marteler que la Catalogne est devenue « un dossier qui concerne l’Europe ».

L’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, la figure la plus emblématique des fédéralistes européens, a immédiatement repris la balle au bond : évoquant les violences policières, il a jugé urgent de « condamne(r) énergiquement ce qui s’est passé ce jour en Catalogne ». Quant à l’indépendantiste flamand Bart de Wever (dont le parti est un pilier du gouvernement belge), il a déclaré : « qui refuse l’appel à une médiation internationale ignore la démocratie ».

Le vrai débat devrait porter sur le concept même de peuple

En réalité, la véritable démocratie devrait désormais imposer que les Espagnols, et les Catalans en leur sein, puissent débattre réellement de leur avenir.

Mais aussi que surgisse, dans tous les pays, un débat sur le concept même de peuple : selon que l’on en a une conception politique, ou bien ethno-culturelle, les réponses ne seront pas les mêmes…

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Projection de -et débat sur- « La violence sociale » ; animé à NICE ce vendredi 13 10 2017 par Jacques Cotta

3 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le socialisme

Projection de -et débat sur- « La violence sociale » . 

 

Animé à NICE ce vendredi 13 10 2017  par Jacques Cotta

Projection de -et débat sur- « La violence sociale » ; animé à NICE ce vendredi 13 10 2017  par Jacques Cotta

Projection/débat sur « la violence sociale » animée par Jacques Cotta

Ce vendredi 13 octobre 2017 à NICE

 

L’association Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR organise une projection-débat « dans le secret de la violence sociale » animée par Jacques Cotta, auteur du documentaire projeté.

 

La conférence aura lieu le vendredi 13 octobre 2017 de 18h à 21h, dans l’amphithéâtre de la « Maison des Associations » de la place Garibaldi à Nice.

 

Avec la crise économique qui n’en finit plus, le marché de l’emploi n’a jamais été aussi incertain. Les délocalisations et les licenciements boursiers sont de plus en plus nombreux. La liquidation pure et simple de notre industrie s’accélère. Le dernier exemple est l’annonce de la fusion acquisition de ce qui reste d’Alstom par l’allemand Siemens qui veut s’imposer comme leader sur le marché. Cette nouvelle catastrophe économique et industrielle - après le bradage en 2015 à la multinationale américaine Général Electric de sa partie la plus importante concernant l’indépendance de la France – signe la disparition rapide de notre indépendance.

 

L’exemple de la liquidation de Goodyear est aussi dans nos mémoires. Même Emmanuel Macron s’est déplacé auprès des ouvriers en plein désarroi lors de la campagne des présidentielles pour les assurer de son soutien et de sa compassion.

Les intérêts financiers - grâce à l’abdication de la puissance publique et avec l’arme de destruction massive que constitue la dette - finissent par dévaster notre système économique. Ils détruisent ainsi notre modèle social issu de la Résistance. Les conditions d’emploi des salariés se dégradent. Les salaires sont à la baisse, les retraites et plus généralement la protection sociale sont attaquées.

 

C’est tout notre édifice social qui est en voie d’explosion.

Peut-on éviter cette précarité et les drames humains qu’elle provoque ?

Quelles décisions prendre ?

Comment sauver et développer les acquis sociaux qui concernent des millions de Français ?

L’union européenne impose la rigueur à tous les états. Il est prévu que la flexibilité de l’emploi deviendra la norme. Seul le CDD sera proposé. La précarité sera généralisée.

 

Il faut être armé pour affronter les régressions à venir. Les plans de licenciements boursiers, les délocalisations et l’explosion du chômage nécessitent une bonne connaissance théorique pour essayer d’infléchir le cours de l’histoire. Essayons de lever la tête pour remettre la dimension humaniste au cœur du débat.

Les enjeux sont considérables, ils dépassent les choix de société et touchent les choix de civilisation.

Dans la période trouble que nous vivons, il est important de connaître le dessous des cartes.

 

Comme l’indique une citation bien connue : "Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ".

Pensons aussi à l’effet Dracula. En effet si le célèbre vampire est en pleine lumière, il n’a d’autre choix que de se terrer dans un trou noir, il ne supporte pas la lumière.

Jacques COTTA étaye son analyse par des exemples concrets issus de ses enquêtes dans de nombreuses entreprises françaises.  

 

Jacques COTTA, journaliste et écrivain, a réalisé de nombreux films d’investigation dont «Front National, la nébuleuse » (7 d’or). En charge de la série de documentaires « Dans le secret de… » sur France2 il est notamment l’auteur de « 7 millions de travailleurs pauvres », « La face cachée des temps modernes » (Fayard, 2006), « Riches et presque décomplexés » (Fayard, 2008), « Qui veut la peau des services publics ? » (2011), « Un CDD sinon rien » (2012), « Dans le secret du crime financier » (2013) , « Dans le secret du Mont de Piété » (2013), « Dans le secret du burn out » (2015), « Dans le secret de la violence sociale » (2016).

 

ATTENTION : la ville de Nice nous impose que vous nous adressiez préalablement votre inscription à cette soirée. Merci de voir les modalités pratiques dans le document joint.

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Les élections allemandes ruinent les rêves européens de Macron

26 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #La République

Les élections allemandes ruinent les rêves européens de Macron

Les espoirs douchés du président français

Journée noire pour Emmanuel Macron. Dimanche 24 septembre, le président français encaisse la déconvenue de ses troupes aux élections sénatoriales ; il doit aussi constater que le résultat du scrutin qui se déroulait en Allemagne est exactement celui qu’il redoutait. En pire.

Le maître de l’Elysée ambitionne en effet de « refonder l’Europe » et entend piloter cela avec Berlin en faisant valoir ses propositions « audacieuses ». Or le formation du futur gouvernement outre-Rhin va être longue et laborieuse. Et très probablement déboucher sur un programme allant à l’encontre de sa vision pour l’avenir de l’UE, et de la zone euro en particulier.

La première caractéristique est la déculottée infligée aux deux grands partis qui formaient la coalition sortante

Trois caractéristiques se dégagent du scrutin allemand, marquées par une participation record de 76,2% (+ 4,7% par rapport à 2013). La première est la déculottée infligée aux deux grands partis qui formaient la coalition sortante : pris ensemble, les chrétiens-démocrates (CDU et CSU) et les sociaux-démocrates (SPD) rassemblent à peine plus d’un électeur sur deux ; depuis la fondation de la République fédérale, et jusque dans les années 2000, la proportion variait entre 70% et 80%. La tendance à la chute concomitante des deux formations théoriquement opposées remonte à 2009.

La CDU doit se contenter de 33% des suffrages, soit 8,6 points de moins qu’il y a quatre ans. Son parti-frère bavarois dégringole, lui, de plus de dix points. Certes, même si elle obtient son plus bas score depuis 1949, la formation de la chancelière reste en tête, et celle-ci va rempiler pour un quatrième mandat.

Mais cette « victoire » a un goût de désaveu : sa politique d’accueil de plus d’un million de migrants a laissé des traces profondes. Mais pas seulement : dans un pays réputé pour sa bonne santé économique, une part croissante de la population connaît la précarité, voire la nécessité de cumuler plusieurs petits boulots. La pauvreté, y compris des enfants, ainsi que parmi les retraités, a progressé ces dernières années. Et les investissements publics sont au plus bas (éducation, infrastructures…).

La déculottée du SPD est pire encore : il tombe à 20,5% soit 5,2 points de moins qu’en 2013. Il faut remonter à… 1890 pour trouver un niveau inférieur (19,3%), à l’exception des années 1932-1933. A l’évidence, les sociaux-démocrates payent le prix de leur participation au gouvernement d’Angela Merkel.

Le troisième parti « traditionnel » de la RFA, les (ultra-)Libéraux du FDP, opère en revanche une résurrection : avec 10,7% (+6 points), il entre à nouveau au Bundestag d’où il avait été chassé en 2013, faute d’avoir franchi la barre des 5%. La personnalité de son leader de 38 ans, Christian Lindner, a certainement attiré vers lui des couches supérieures, jeunes et urbaines, après une campagne très « marketing » basée sur son image d’homme des technologies du futur et de la modernité.

Avec respectivement 9,2% et 8,9%, la formation Die Linke (dite « gauche radicale ») et les Verts connaissent une grande stabilité (+ 0,6 et + 0,5 point). A noter cependant que la première baisse de plus de 5 points en ex-Allemagne de l’Est qui constituait pourtant son point fort initial.

Forte poussée de l’AfD

Mais la deuxième caractéristique du scrutin est incontestablement la forte poussée de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), un parti anti-immigration souvent qualifié de « populiste », et au sein duquel certaines sympathies d’extrême-droite se font jour. Avec 12,6% des suffrages, l’AfD fait une entrée fracassante au Parlement et y devient la troisième force, provoquant stupeur et consternation des médias et dirigeants politiques traditionnels. Fondé en 2013 sur la base d’une opposition à la monnaie unique, cette formation avait recueilli 4,7% en septembre 2013.

Depuis, la crise des réfugiés a changé sa priorité (et ses dirigeants). L’AfD confirme ainsi une tendance – particulièrement dans l’Est du pays – qui s’était dessinée dans les élections régionales successives depuis un an, alors même que celle-ci semblait être endiguée.

Troisième trait majeur du scrutin : avec cinq partis représentés au Bundestag, dont deux – l’AfD et Die Linke – ont été déclarés hors course pour participer à une majorité gouvernementale, la nouvelle configuration parlementaire annonce des négociations complexes et laborieuses pour former une coalition majoritaire, bien plus qu’elles ne l’ont jamais été dans l’histoire de la République fédérale.

le SPD a, dès son piètre résultat connu, fait savoir qu’il ne rempilerait pas dans une nouvelle « grande coalition »

Et ce, d’autant que le SPD a, dès son piètre résultat connu, fait savoir qu’il ne rempilerait pas dans une nouvelle « grande coalition » avec la CDU. Officiellement, pour empêcher l’AfD de devenir le premier parti d’opposition, ce qui lui donnerait d’importants privilèges ; en réalité, la gifle historique subie a imposé comme une évidence une « cure d’opposition » pour tenter de se refaire une santé.

Dès lors, une seule coalition permet arithmétiquement d’atteindre la majorité absolue des 709 sièges du Bundestag : sous la direction des chrétiens-démocrates, elle associerait les Libéraux et les Verts. Avant le scrutin, ces deux formations avaient écarté cette configuration totalement inédite, faisant valoir qu’elles étaient à l’opposé sur de nombreux sujets clé : l’Europe, l’énergie, l’immigration… Lors de la soirée électorale, le ton avait quelque peu changé.

Mais, alors qu’Angela Merkel espérait être en position d’arbitrer entre différents partenaires possibles en faisant jouer la concurrence entre eux, elle se retrouve avec deux partis, aux exigences souvent opposées, qui lui sont simultanément nécessaires pour former sa future majorité. Et c’est sans compter la complexité supplémentaire que représente la CSU, le parti frère bavarois souvent classé à la droite de la CDU, qui ne manquera pas de poser ses propres exigences, d’autant plus fortes que dans ce Land réputé prospère, l’AfD lui a taillé des croupières.

Autant dire que les tractations pour définir un programme de gouvernement, et accessoirement la répartition des portefeuilles, pourraient bien s’éterniser. A supposer qu’elles aboutissent, le nouvel exécutif quadripartite risque d’être particulièrement fragile, à l’opposé de la sacro-sainte « stabilité » tant prisée par les milieux dirigeants d’outre-Rhin. Déjà, d’aucuns n’excluent pas que la législature ne tienne pas le terme normal de quatre ans.

Vents défavorables à l’Europe

C’est tout cela qui désespère l’Elysée. Car au-delà des jeux tactiques de la politique allemande, tout indique que le futur gouvernement Merkel sera plus que réticent à la « refondation européenne » qu’Emmanuel Macron aurait voulu impulser de concert avec Berlin. Certes, les Verts sont des pro-UE inconditionnels, mais ils risquent de peser peu face à la conjonction de vents défavorables à l’européisme.

D’une part, le résultat du scrutin va renforcer lesdits « conservateurs » au sein de la CDU, qui prôneraient plutôt « l’Allemagne d’abord » que la grande aventure européenne. D’autre part, le FDP a opéré un virage sur ce dossier, au point d’être parfois qualifié d’« eurosceptique » : il refuse en tout cas toute hypothèse de budget de la zone euro (mise en avant par M. Macron) qui ferait peser des dettes d’autres pays (dont la France) sur les finances allemandes.

Enfin, le score de l’AfD (dont plus d’un tiers des électeurs étaient précédemment des abstentionnistes) vient rappeler à toute la classe politique que l’intégration européenne toujours plus poussée (de la libre circulation à l’euro) se heurte à des résistances populaires fortes, quand bien même leur expression est confuse ou ambiguë. Et ce n’est pas la contreperformance de Martin Schulz, qui présidait l’europarlement il y a quelques mois encore et symbolisait à ce titre « l’idéal européen », qui démentira cette tendance.

Les élections allemandes viennent de rappeler rudement les dirigeants européens à la réalité

Le cauchemar du président français ne fait peut-être que commencer. Le 15 octobre, ce sera aux Autrichiens de voter. Le FPÖ – généralement classé dans les populistes eurosceptiques – se voit promettre un score important, alors même que le jeune chef de la droite classique fait campagne en citant le Premier ministre hongrois, honni à Bruxelles, comme un modèle. Pour ne rien dire des élections italiennes prévues en 2018, où le Mouvement Cinq étoiles garde le vente en poupe.

Bref, les dirigeants européens avaient cru voir dans l’élection d’Emmanuel Macron et l’endiguement du « populiste » néerlandais Geert Wilders, le début d’un nouveau départ pour l’Union européenne. Les élections allemandes viennent de les rappeler rudement à la réalité.

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