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Le blog de Lucien PONS

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Brexit : « Quittons cette Europe dont les tares ont atteint des dimensions effrayantes ». Par Mohamed BELAALI.

3 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #La guerre

Brexit : « Quittons cette Europe dont les tares ont atteint des dimensions effrayantes »

Quel plaisir de voir les chiens de garde du capital (médias, Banque centrale européenne, FMI, Banque mondiale, Commission européenne etc. etc.) aboyer et se lamenter à longueur de jour et de nuit depuis ce fameux vendredi 24 juin 2016. Le peuple anglais vient de leur infliger une sacrée raclée. Ils sont furieux et inconsolables. Quel pitoyable spectacle donnent-ils lorsque leurs intérêts de classe sont menacés. Autour d’eux, tout n’est qu’agitation et affolement. Le choix de ces vilains britanniques « est un véritable big bang contraire à l’avis de presque tous les experts, à la raison économique et au souhait des autres Européens. L’incroyable s’est produit. Les Britanniques veulent quitter l’Union européenne (UE) » (1). La valeur de la livre sterling chute, le Royaume-Uni perd son triple A, les marchés financiers sont désorientés, les bourses dégringolent, les actions des banques et des compagnies d’assurance s’effondrent. La panique s’est emparée de la City. Les traders ne dorment plus. « Le quartier d’affaires londonien est groggy, choqué, anéanti, après les résultats du vote qui scellent la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne » (2). La Banque d’Angleterre va injecter des milliards de livres pour consoler les marchés financiers. La Banque centrale suisse va elle aussi intervenir sur les marchés de change pour stabiliser le franc suisse. L’Association bancaire internationale demande aux responsables politiques de clarifier la situation.

Les journalistes, les experts, les politologues et les sociologues déferlent sur les plateaux de télévision exprimant sans retenue leur haine et leur mépris pour la volonté du peuple anglais. Pour tout ce beau monde, l’avenir du Royaume-Unis est sombre. « Tout cela va avoir de sales conséquences » (3), « les agriculteurs britanniques devront dire adieu à une enveloppe de 4 milliards d’euros d’aide » (4) ; bref en dehors de l’Union européenne point de salut !

Les hommes politiques regrettent une décision douloureuse car « les Britanniques par référendum ont décidé de quitter l’Union européenne. C’est un choix douloureux et je le regrette profondément » déclarait François Hollande (5). Jean-Claude Junker président de la Commission européenne, Martin Schulz président du parlement européen, Donald Tusk président du Conseil européen, eux aussi, regrettent cette décision douloureuse (6). Ils savent qu’il leur sera difficile, pour l’instant, de faire voter à nouveau les anglais comme ils l’ont fait dans le passé avec les autres peuples. Mais ils peuvent très bien bloquer le processus de sortie.Tant que les mécanismes de l’article 50 du traité de Lisbonne ne sont pas enclenchés, le Royaume-Uni reste membre de l’Union. Précisons que ce fameux article 50 est rédigé de manière telle que toute sortie volontaire d’un État membre devient difficile. Ainsi tout est fait pour que la volonté des peuples qui désirent quitter l’Union européenne soit contournée ou ignorée. Toute l’histoire de l’Union n’est que mépris et trahison des volontés des peuples. « Les Irlandais devront revoter » déclarait avec force Nicolas Sarkozy le 15 juillet 2008 après le rejet par le peuple irlandais du Traité de Lisbonne qui reprenait l’essentiel d’un autre traité rejeté lui aussi par les français et les néerlandais en 2005. On consulte les peuples non pas pour qu’ils expriment leur propre volonté mais celle des gouvernements. La démocratie bourgeoise n’est qu’un concept creux sans contenu réel. Les gouvernements sont là pour servir les intérêts de la classe qu’ils représentent. Les classes dominantes l’utilisent comme instrument idéologique au service exclusif de leurs intérêts. L’Union européenne et toutes les institutions qui gravitent autour d’elle sont un exemple éloquent de ce déni de démocratie. L’Union européenne a systématiquement rejeté avec force et mépris la volonté des peuples exprimée démocratiquement à plusieurs reprises. Les peuples danois, français, néerlandais et irlandais ont rejeté par référendum le traité de Maastricht, le projet de traité constitutionnel et le traité de Lisbonne en 1992, en 2005 et en 2008. Mais cette volonté populaire a tout simplement été ignorée. Sa réaction épidermique et agressive contre les résultats du référendum du 5 juillet 2015, où le peuple grec a rejeté par une majorité écrasante (61,31 %) les nouvelles mesures d’austérité, montre combien il lui est insupportable d’accepter le moindre processus permettant aux peuples de s’exprimer. Tous les référendums ont été perdus par l’Union européenne. Dès qu’elle donne la parole aux peuples, la réponse est invariablement la même : NON !

Bertolt Brecht disait dans un de ses poèmes :
« (…)Le peuple, par sa faute, a perdu
La confiance du gouvernement
E ce n’est qu’en travaillant doublement
Qu’il pourra la regagner.
Ne serait-il pas plus simple
Pour le gouvernement
De dissoudre le peuple
Et d’en élire un
autre ? » (7)

L’Union invoque le rôle des partis racistes et xénophobes dans le triomphe du « out » britannique. Belle manière pour occulter sa propre responsabilité dans cette débâcle. Elle oublie un peu vite que ces courants politiques sont, non seulement au Royaume-Uni, mais dans toute l’Union européenne ses propre créatures. Impuissantes à surmonter les crises à répétition du capitalisme, les bourgeoisies européennes ont instrumentalisé ces forces du passé, qui veulent faire tourner la roue de l’histoire en arrière, pour maintenir vaille que vaille l’accumulation et la concentration de la richesse entre les mêmes mains. Démagogie, racisme, xénophobie, islamophobie et identité nationale sont les ingrédients essentiels utilisés par les classes dominantes pour mieux détourner les classes populaires des vrais problèmes qui les rongent au quotidien : chômage de masse, précarité, destruction des services publics, suppression progressive des libertés privées et publiques etc. Ces thèses nauséabondes remplacent en quelque sorte le vide des programmes des gouvernements et des partis qui les soutiennent. Leur fuite en avant dans les politiques ultra-libérales d’austérité ne fera qu’aggraver la situation économique et sociale d’une Europe déjà ravagée par le chômage et la pauvreté. L’Union européenne ressemble à ces magiciens qui ne maîtrisent plus les forces maléfiques qu’ils ont eux mêmes créées !

L’Union européenne et toutes ses institutions ne sont pas réformables. Les politiques économiques, dont l’austérité n’est qu’une dimension parmi d’autres, sont intimement liées à la nature de classe de l’Union. Les intérêts des oppresseurs et ceux des opprimés sont irrémédiablement antagonistes. C’est une illusion de croire que l’Europe, telle qu’elle est construite, va se métamorphoser par on ne sait quel miracle en une Europe démocratique, sociale, solidaire, écologique et tutti quanti. Cette idée de vouloir réformer l’Europe de l’intérieur est non seulement erronée mais dangereuse. Rester dans l’Union et la zone euro pour les réformer de l’intérieur ne peut que prolonger encore la souffrance que connaissent aujourd’hui des millions de travailleurs européens et consolider un peu plus la dictature du capital. Il faut donc rompre définitivement avec cette hideuse Europe qui a transformé les travailleurs en véritables esclaves travaillant sans relâche sous les ordres des créanciers, spéculateurs, usuriers et autres parasites du monde entier.

Il faut se saisir du « Brexit » comme d’une opportunité pour mobiliser les travailleurs et les progressistes de toute l’Europe afin de commencer l’édification d’une autre Europe, celle du progrès, de la prospérité et de la paix entre les peuples. Il faut briser cette construction méprisante et arrogante qui nous condamne à l’austérité perpétuelle. Il faut quitter cette Europe dont les tares ont atteint des dimensions effrayantes. Il est urgent de changer de bord, de sortir au plus vite de cette longue nuit et marcher vers un jour nouveau, vers une Europe nouvelle.

Mohamed Belaali

»» http://www.belaali.com/2016/06/brexit-quittons-cette-europe-dont-les-t...

(1) http://www.courrierinternational.com/article/vu-dallemagne-brexit-un-desastre-pour-angela-merkel

(2) http://tempsreel.nouvelobs.com/brexit/20160624.OBS3292/un-suicide-economique-apres-le-brexit-la-city-se-reveille-en-panique.html

(3) http://www.liberation.fr/planete/2016/06/24/brexit-tout-cela-va-avoir-de-sales-consequences_1461959

(4) http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/06/25/20002-20160625ARTFIG00015-sept-consequences-economiques-a-retenir-sur-le-brexit.php

(5) http://www.elysee.fr/declarations/article/declaration-a-la-suite-du-referendum-britannique/

(6) http://europa.eu/rapid/press-release_STATEMENT-16-2329_fr.htm

(7) Bertolt Brecht « La solution ».

URL de cet article 30578
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Sapir, Onfray, Chevènement, tigres de papier du souverainisme

3 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #Economie, #La nation ., #La République, #AMERIQUE

Sapir, Onfray, Chevènement, tigres de papier du souverainisme

Sapir, Onfray, Chevènement, tigres de papier du souverainisme

Par Bruno Guigue le 01 juillet 2016

« Brexit : vingt intellectuels* eurocritiques lancent un appel pour un nouveau traité », tel est le titre d’une tribune publiée par « Le Figaro » du 30 juin. Ce texte signé par Jacques Sapir, Michel Onfray et Jean-Pierre Chevènement rend un hommage appuyé au « peuple britannique » qui a « exprimé souverainement sa volonté de rester maître des décisions qui le concernent. » Car « ce vote courageux et massif » est « une claque pour la dérive technocratique dans laquelle l’Union européenne actuelle s’est laissé enfermer ». Et « tout montre que dans la plupart des pays européens, les citoyens n’acceptent plus d’être gouvernés par des instances non élues, fonctionnant en toute opacité ».

Fort bien, mais lisons plutôt la suite. « Le vote britannique peut être une chance : il doit être l’occasion de réorienter la construction européenne, en articulant la démocratie qui vit dans les nations avec une démocratie européenne qui reste à construire ».

Et nos intellectuels, pour finir, demandent la réunion d’une conférence qui aurait pour objet « la renégociation des traités sur les trois questions cruciales dont la méconnaissance a conduit à l’affaissement de l’actuelle construction européenne : la souveraineté, c’est-à-dire la démocratie et l’indépendance stratégique. »

En somme, les signataires saluent ostensiblement le courage du peuple britannique, mais ils ne manifestent nullement l’intention de suivre son exemple. Ils tressent des couronnes au « Brexit », mais ils suggèrent à nos dirigeants l’artifice permettant de faire l’économie d’un « Frexit ». Au lieu d’inviter les Français à la même intrépidité, ces héros par procuration laissent aux Britanniques le privilège d’avoir ouvert une brèche qu’ils rêvent de refermer. Coïncidence troublante, cette tribune est parue le jour même où Alain Juppé déclare sur Bfm/Tv : « On peut craindre un Frexit, et c’est pourquoi je suis hostile à un référendum ».

Il faut croire que « Frexit » et « référendum » sont des termes d’une parfaite obscénité, car ils ne figurent pas dans la tribune précitée de nos « intellectuels eurocritiques ». Prolixe en projets de « réorganisation », « refondation » ou « réorientation » de l’Europe, ce texte oublie l’essentiel : qui décide de l’appartenance à l’UE ? Alors qu’on devrait demander au peuple français s’il veut y rester avant d’envisager de la réformer, on préfère mettre la charrue avant les bœufs. Ce faisant, on exclut le peuple du processus, on fait comme s’il n’existait pas. Au lieu d’organiser sans délai l’exercice de la souveraineté, on la court-circuite.

Une conférence des chefs de gouvernement de l’UE jouit-elle d’une légitimité supérieure à celle du peuple français ? Nos intellectuels le pensent, puisqu’ils omettent de poser la question principielle de la volonté populaire. « Il faut rendre à la souveraineté populaire et à la démocratie leurs droits dans une Europe confédérale qui serait faite de l’entente et de la coopération entre les nations », disent-ils. Mais l’acte fondateur de cette souveraineté ayant été passé par pertes et profits, que vaudra cette restitution des « droits de la démocratie » dans « une Europe confédérale » qui n’a jamais existé ? Et puis, est-on sûr que le peuple en veuille vraiment, si l’on s’obstine à ne pas lui poser la question ?

C’est pourquoi les propositions qui émaillent ce texte, insignifiantes, ressemblent au filet d’eau tiède qui se remet à couler, invariablement, à chaque crise communautaire. On y lit le projet, par exemple, d’une « réorganisation profonde des compétences et, le cas échéant, du mode de désignation des institutions européennes (Conseil, Commission, Parlement, Cour de justice, BCE) ». Oui, mais pour quoi faire ? Qu’est-ce que la démocratie y gagnera ? On attend la réponse. Il faudrait aussi, dit-on, « outiller le Conseil européen où vit la légitimité démocratique en le dotant des services capables de préparer et exécuter ses décisions ». Mais ce même Conseil avalise depuis trente ans les injonctions ultra-libérales de la Commission. Croit-on vraiment qu’il s’en affranchira si on augmente le nombre de ses fonctionnaires ?

Au demeurant, cette consolidation de l’exécutif est équivoque, car on ne sait si elle vise à favoriser un surcroît d’intégration ou à border les prérogatives des Etats-membres. Comme le propos est conceptuellement flou, le moins qu’on puisse dire est qu’il demeure politiquement mou. Moyennant quelques réformes, toute l’architecture institutionnelle de l’UE, en tout cas, est promise à une remarquable longévité. Le texte mentionne la Banque centrale européenne, par exemple, mais sans mettre en question une indépendance statutaire, exigée par le dogme monétariste, qui en fait le levier des politiques d’austérité. Croit-on sérieusement conserver la BCE tout en évacuant l’orthodoxie financière qui en est le principe fondateur ?

Cet irréalisme brouillon reflète la contradiction insoluble dans laquelle s’enferrent les signataires, prompts à diagnostiquer le mal mais apeurés à l’idée du remède. Faute de vouloir l’administrer, ils se contentent de soins palliatifs et s’obstinent à prolonger l’agonie d’une Union européenne dont ils ne veulent pas voir qu’elle est condamnée. Qu’est-ce que l’UE ? Historiquement contingent, cet artefact supranational a été construit sur une idée fausse, il s’est maintenu grâce à une supercherie et il périra à cause de l’aveuglement des élites qui l’ont imposé. L’idée fausse est le préjugé selon lequel le marché autorégulé peut créer un espace de prospérité. La supercherie est celle qui consiste à flouer la souveraineté au nom de cette idée fausse. L’aveuglement des élites consiste à croire que cette supercherie passera définitivement inaperçue.

Des signataires de cette tribune, on pouvait sans doute attendre autre chose que cette contribution insipide à la soupe européiste. En occultant la question principielle du référendum, ils passent par-dessus-bord les principes démocratiques dont ils se réclament. Tigres de papier d’un souverainisme attiédi, ils fuient devant le verdict populaire, s’effraient du tumulte des urnes en colère et se rangent derrière nos dirigeants dans cet appel pathétique, expression d’un déni de la réalité qui fait irrésistiblement penser aux cabris chers au général de Gaulle :

« Nous avons la conviction qu’il appartient à la France de lancer cette grande initiative qui proposera de remettre l’Union européenne sur ses pieds. Les peuples européens et pas seulement le nôtre, l’attendent. Nous faillirions à notre devoir de citoyens français mais aussi d’Européens si nous n’agissions pas pour que la France se porte aux avant-postes de cette grande tâche ».

Bruno Guigue | 01 juillet 2016

Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue, professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire et chargé de cours en relations internationales à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002 », et d’une centaine d’articles.

* Liste des signataires: Marie-Françoise Bechtel, Guillaume Bigot, Jean-Pierre Chevènement, Gabriel Colletis, Éric Conan, Franck Dedieu, Alain Dejammet, Éric Delbecque, Jean-Pierre Gérard, Christophe Guilluy, Loïc Hennekinne, Paul Jorion, Jean-Michel Naulot, Michel Onfray, Natacha Polony, Jean-Michel Quatrepoint, Emmanuel Lévy, Benjamin Masse-Stamberger, Claude Revel, Henri Sterdyniak, Jacques Sapir, Paul Thibaud.

Crédit photo: Le Figaro

Source: http://arretsurinfo.ch/sapir-onfray-chevenement-tigres-de-papier-du-souverainisme/

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Yves Sintomer : “La démocratie devient un spectacle, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses”

1 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #AMERIQUE, #Terrorisme

Yves Sintomer : “La démocratie devient un spectacle, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses”

Michel Abescat

Yves Sintomer : “La démocratie devient un spectacle, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses”

Professeur de science politique à Paris 8, Yves Sintomer interroge notre système démocratique actuel, où citoyens et élus n'ont plus prise sur les décisions importantes. Et avertit : si on ne redonne pas du pouvoir au peuple, on court à la catastrophe.

L'Europe est en crise, rejetée ou ignorée par les peuples, dominée par la technocratie et les lobbies économiques et financiers. Les politiques ont perdu toute crédibilité, l'abstention atteint des sommets. Sommes-nous entrés dans l'ère la « post-démocratie », théâtre vidé de sa substance, quand les véritables décisions sont prises en coulisses, à l'écart de la scène publique ? Et comment allons-nous en sortir ? En cédant aux tentations autoritaires ou en réinventant la démocratie ? Autant de questions posées par Yves Sintomer, professeur de science politique à l'université Paris 8, dans un article que vient de publier l'excellente Revue du Crieur. Entretien.

Qu'entend-on exactement par « post-démocratie » ?

Le terme a été inventé, au début des années 2000, par un universitaire anglais, Colin Crouch. Selon lui, les régimes politiques occidentaux auraient vécu le pic de leur démocratisation un peu avant la Deuxième guerre mondiale pour les Etats-Unis, et dans les décennies qui l'ont immédiatement suivie pour les autres. Puis, la situation se serait peu à peu dégradée. Aujourd'hui, nous serions ainsi entrés dans l'ère de la post-démocratie : les institutions démocratiques demeurent évidemment, avec des élections libres, des partis politiques en compétition, un Etat de droit, la séparation des pouvoirs etc. Mais les décisions les plus importantes sont prises ailleurs, dans d'autres cadres : ceux des grandes firmes internationales, des agences de notation ou des organismes technocratiques comme la Banque mondiale. Bref, la mondialisation économique et le capitalisme financier auraient, pour une bonne part, vidé la démocratie de sa substance.

Dans cette optique, la démocratie devient une sorte de leurre ?

Elle devient un spectacle, avec ses acteurs, ses récits et ses intrigues installés sur le devant de la scène, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses. Un exemple éclatant est celui des élections grecques de 2015. Syriza est porté au pouvoir sur la foi d'un programme de rupture avec la politique d'austérité libérale de ses prédécesseurs et à peine élu se trouve contraint à renoncer à ses projets. Qu'importe le choix des citoyens grecs, les véritables décisions sont prises ailleurs. De même, le rejet, par référendum, du projet de constitution européenne par les Français et les Néerlandais en 2005 a-t-il été suivi du traité de Lisbonne qui en reprenait sans vergogne les principales dispositions. Là encore qu'importe le vote des citoyens.

“Si elle ne s’engage pas dans des réformes d’ampleur, l’Union européenne doit s’attendre à des catastrophes dans les années qui viennent.”

Plus précisément, comment s'exerce alors le pouvoir en post-démocratie ?

Les décisions des acteurs privés que sont les entreprises, investir ici ou là en fonction des opportunités, ont toujours eu un impact sur l'économie d'une région ou d'un pays. Mais avec le développement de la mondialisation et du capitalisme financier, cette influence est démultipliée. Les firmes multinationales deviennent des acteurs majeurs, suffisamment puissants pour exercer une pression directe sur les Etats, en les poussant à la concurrence fiscale et sociale. Ceux-ci sont par ailleurs de plus en plus dépendants des marchés financiers, et des évaluations des agences de notation. L'intégration croissante, régionale et européenne, diminuent enfin les marges de manœuvre de l'Etat-nation, cadre dans lequel s'était jusqu'ici développé la démocratie.

C'est ainsi qu'aujourd'hui, à Bruxelles, des autorisations de mise sur le marché de médicaments, de produits industriels ou de l’agro-industrie sont effectuées par des agences indépendantes des Etats, la plupart du temps hors de tout contrôle démocratique. Dans ce monde de la post-démocratie se côtoient des experts, des lobbyistes, des professionnels de la finance qui, chaque jour, prennent des décisions fondamentales hors de la scène publique.

Ce sont souvent les mêmes qui travaillent tantôt pour l'Etat, les grandes institutions ou les multinationales...

Le resserrement de la sphère des élites est un phénomène majeur. En France notamment, où le taux de porosité entre le monde politique, la haute administration et le secteur privé est particulièrement fort. Les membres de cette élite sortent des mêmes grandes écoles, se connaissent et se côtoient, passent d'un secteur à l'autre au gré de leurs carrières. Ils sont très largement coupés de l'expérience sociale de la majorité de la population. Auparavant, à l'époque où les partis de masse étaient encore puissants, des personnes d'origines sociales diverses pouvaient encore accéder à des responsabilités politiques importantes et apporter ainsi un autre regard, une autre expérience. Ce n'est plus le cas.

L'Union européenne n'est-elle pas un bon exemple de la post-démocratie ?

C'est évident. L'Union européenne s'est créée sur une méfiance explicite vis-à-vis des peuples, ses fondateurs estimant qu'il fallait d'abord construire une Europe des sages, des technocrates, de l'élite politique éclairée. Le consentement populaire venait dans un second temps pour couronner l'entreprise. Le scénario a fonctionné un moment, les sondages ont montré que l'édification européenne bénéficiait d'un soutien assez large. Et puis, peu à peu, au fur et à mesure que montait la défiance vis-à-vis des élites, les crises économiques successives ont installé un sentiment d'insécurité, l'Europe apparaissant de moins en moins protectrice, sur le plan social en particulier. A juste titre, car l'Union est devenue un des bastions de la dérégulation financière et des politiques néo-libérales, et malgré le fait que les dirigeants nationaux font bien souvent passer l’Europe pour responsable de politiques qu’ils appellent eux-aussi de leurs vœux. Le Brexit démontre que ce système est largement à bout de souffle. C’est une sonnette d’alarme : si elle ne s’engage pas dans des réformes d’ampleur, l’Union européenne doit s’attendre à des catastrophes dans les années qui viennent.

“Il n'y a jamais eu d'âge d'or de la démocratie.”

Comment se situe le rôle de l'Etat dans le contexte post-démocratique ?

L'Etat se prétend l'incarnation de l'intérêt général. De manière plus réaliste, il est le lieu où se confrontent les demandes sociales et où s’élaborent des compromis. Dans les décades qui ont suivi la guerre, les couches populaires étaient organisées à travers des partis, des syndicats, des associations suffisamment puissants pour contrebalancer d'autres intérêts, notamment ceux des entreprises et des couches sociales supérieures qui ont toujours eu un accès privilégié à l'Etat. Cet équilibre, aujourd'hui, est rompu. Parce que ces partis et syndicats sont affaiblis, mais surtout parce que les rapports de force se jouent de moins en moins à l'échelle nationale. Les Etats sont ainsi beaucoup plus sensibles aux pressions de l'extérieur, en particulier celles des firmes transnationales et des marchés dont ils favorisent les intérêts pour s'attirer leurs bonnes grâces en matière d'investissement et d'emploi.

D'où la désillusion actuelle vis-à-vis des politiques ?

L'intérêt de cette notion de post-démocratie est de mettre un nom sur un sentiment largement répandu : l'impression que le vote ne change pas grand-chose, que les élites de droite comme de gauche conduisent des politiques similaires, qu'elles n'écoutent pas les gens ordinaires. Cette méfiance par rapport au système politique est justifié. A condition toutefois de se garder d'idéaliser le passé. La « démocratie maximale », comme l'appelle Colin Crouch, celle que nous avons connue dans les années d'après-guerre, s'est certes dégradée sur des points fondamentaux que nous venons d'évoquer. Mais il ne faut pas oublier qu'il n'y avait alors qu'entre 1 et 5% de femmes au Parlement, que les droits démocratiques ne concernaient que les colonisateurs, et pas les colonisés, que les partis politiques, en particulier le parti communiste, qui était en France le principal parti ouvrier, étaient organisés de manière extrêmement hiérarchisée, avec un degré de discipline qu'on ne tolèrerait plus aujourd'hui. Il n'y a jamais eu d'âge d'or de la démocratie.

“La multiplication des mécanismes de démocratie participative, référendum, tirage au sort, est un signe de cette dynamique qui contrebalance le système représentatif.”

La notion de post-démocratie a le mérite de pointer la crise de la démocratie représentative libérale. Est-il possible de l'amender pour repartir sur de nouvelles bases ?

Je pense que c'est utopique. Les démocraties libérales sont entrées dans une période de crise généralisée, et la centralité du gouvernement représentatif classique appartient au passé. L'ordre mondial est bouleversé, l'Europe se provincialise. Imaginer que l'on puisse poursuivre comme avant moyennant quelques aménagements me paraît illusoire, on le voit bien à l'échelle de l'Union européenne, mais aussi à celle des Etats qui doivent faire face à une nouvelle montée des périls : les crises des réfugiés liées aux nouveaux courants migratoires, le terrorisme, mais aussi la progression des forces xénophobes à l'œuvre dans toute l'Europe. L'Autriche a bien failli élire un président d'extrême droite. En Europe de l'Est, une série de pays, la Pologne, la Hongrie, ont restreint les libertés démocratiques. Sans changements sérieux, à la fois économiques, sociaux et politiques, le scénario d'une dérive autoritaire, en Europe, ne peut être exclu. La France, à cet égard, est directement concernée. Le Front national ne cesse de progresser, une nouvelle xénophobie centrée sur la population musulmane se développe dangereusement, celle-ci devient un bouc émissaire idéal et la laïcité, le masque d'un communautarisme d'Etat orienté contre une minorité qui est vue comme ethnique et religieuse à la fois. La rhétorique sécuritaire prend une importance croissante à gauche comme à droite, la prolongation de l'état d'urgence, suite aux attentats, normalise une restriction des libertés publiques. Nous finissons par nous habituer à voir des militaires se promener dans nos villes, en particulier dans la capitale.

L'avènement d'un régime autoritaire en France vous paraît possible ?

Oui. Comme n'importe quel pays, la France a des qualités et des défauts du point de vue démocratique, mais nous avons une tradition assez paternaliste de la République, constituée de cette idée qu'il faut non seulement protéger les personnes, mais aussi les protéger contre elles-mêmes. Et cette idée est susceptible de multiples interprétations autoritaires.

Dans votre article de la Revue du Crieur, vous n'excluez pas, fort heureusement, le scénario d'une « démocratisation de la démocratie » pour sortir de l'impasse actuelle...

Nous vivons la fin d'un cycle historique. Cela ne signifie pas que demain les élections telles que nous les connaissons vont être supprimées et remplacées par de nouvelles formes de démocratie entièrement inédites. Mais des transformations sociales de grande ampleur bousculent le système représentatif né des révolutions du XVIIIe siècle et profondément transformé au XXe avec l'avènement des partis de masse. En termes d'éducation par exemple. Au XIXe siècle, la différence était immense entre la masse des paysans qui n'allait guère au-delà de l'école primaire et les grands propriétaires terriens qui les représentaient au Parlement. Aujourd'hui, le niveau d'éducation des responsables politiques n'est pas aussi différent de celui de la majorité des citoyens. En termes d'information et de communication entre les individus, Internet, les réseaux sociaux, ont également bouleversé les modes de socialisation. Il n'est donc pas étonnant que le régime représentatif soit en crise.

Mais cela ne signifie pas pour autant que la démocratie soit, comme l'affirme Colin Crouch, inéluctablement en déclin. Elle s'exprime au contraire de multiples manières. Jamais il n'y a eu autant de monde dans les associations, de fortes mobilisations sociales interviennent régulièrement, des mouvements du type Occupy, les Indignés en Espagne ou Nuit debout en France, tendent à modifier le centre de gravité du débat politique. A l'échelle internationale, des coalitions d'acteurs de la société civile, des ONG écologistes, des réseaux de villes se mobilisent contre le réchauffement climatique, font bouger les lignes, parviennent à infléchir les logiques néolibérales. Sans eux, nous n'aurions pas connu le succès, certes tout relatif, de la COP 21. La multiplication, à l'échelle locale mais aussi nationale, des mécanismes de démocratie participative, référendum, tirage au sort, comme cela a déjà été expérimenté en Colombie britannique, en Islande ou en Irlande, est un autre signe de cette dynamique démocratique à l'œuvre aujourd'hui, qui contrebalance le système représentatif.

“Il ne faut pas attendre un grand soir, ni une élection qui changerait tout, mais une série d'avancées menées par des acteurs qui dessineront d'autres possibles.”

A ce propos, que pensez-vous du succès du référendum chez les candidats de la primaire à droite et de la proposition d'Arnaud Montebourg de désigner les sénateurs par tirage au sort ?

Je ne suis pas dupe, évidemment, des effets de manche des campagnes électorales, mais il me semble positif que certaines décisions fondamentales soient tranchées par l'ensemble des Français et pas simplement par leurs représentant élus. A condition d'éviter le défaut majeur du référendum à la française qui vient toujours du haut, pour légitimer, de façon plébiscitaire, l'orientation politique du gouvernement en place. C'est lui qui décide à quel moment, et sur quel thème, on va consulter les électeurs – voire quels électeurs on va consulter, en ciblant un territoire réputé plus favorable au pouvoir en place comme cela a été le cas pour le référendum de Notre-Dame-des-Landes. Le véritable enjeu est de développer le référendum d'initiative populaire à valeur décisionnelle. Le peuple, dira-t-on, peut se tromper. Certes, mais les représentants politiques aussi.

Les jeux politiciens pèsent sur les référendums comme ils pèsent sur le jeu électoral, on l’a bien vu avec les partisans du Brexit britannique, une cause que l’ancien maire de Londres a embrassée dans le seul but de succéder à David Cameron. C’est notamment pour cela que le recours au tirage au sort peut être utile. C'est un vieux principe démocratique, longtemps combiné aux élections, et qui revient aujourd’hui dans des milliers d’expériences, y compris à l’échelle nationale comme en Irlande où le mariage pour tous a été adopté suite à un amendement constitutionnel proposé par une assemblée majoritairement tirée au sort. Celui-ci permet de désigner des assemblées représentatives sociologiquement de l'ensemble de la population. C'est important à une époque où les élites politiques se recrutent pour la plupart dans la même classe sociale.

Le deuxième avantage du tirage au sort est de réduire la compétition pour le pouvoir. Il ne s'agit pas de l'éliminer, la politique c'est cela aussi, mais quand elle n’est que cela, le tirage au sort peut en neutraliser certains effets. Diversifier les modes de recrutement des assemblées permanentes ou ponctuelles en couplant élection et tirage au sort, consulter le peuple par référendum sur certaines questions essentielles, associer les acteurs organisés de la société civile aux décisions, autant de pistes pour « démocratiser la démocratie ».

Si l'épuisement actuel de la démocratie est dû à la puissance du capitalisme financier, n'est-ce pas aussi à elle qu'il faut s'attaquer ?

Sa prédominance est en effet un obstacle majeur à la démocratie. Mais regardons ce qui s'est passé au siècle dernier quand les Etats sociaux ont vu le jour. Ils sont nés de la conjonction de forces multiples : des mouvement révolutionnaires, des patrons comme Henry Ford qui ont compris l'intérêt qu'ils avaient à bien payer leurs ouvriers pour qu'ils puissent acheter leurs produits, des hommes d'Etat qui ont pris la mesure des effets des lois sociales sur la cohésion et la force de leur pays. C'est ce genre de conjonction qui peut voir à nouveau le jour demain. Des multinationales qui, pour soigner leur image ou se placer sur des créneaux émergents de l'économie verte, appuieront des transformations qualitatives. Des décisions qui, sous la pression d'Etats de la taille de la Chine ou des Etats-Unis, ou encore de l'Union européenne, parviendront à réguler l'évasion fiscale, par exemple. Des mouvements de mobilisation, coordonnés à l'échelle mondiale, comme on le voit déjà dans le domaine de la protection de l'environnement. Il ne faut pas attendre un grand soir, ni une élection qui changerait tout, mais une série d'avancées menées par des acteurs qui, en coopération ou de manière conflictuelle, dessineront d'autres possibles. Il y aura des crises et des régressions, mais l'avenir n'est pas forcément bloqué.

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Exclusif : ce qui n’a pas été dit sur la visite de Rached Ghannouchi en France

30 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #Daesch

Exclusif : ce qui n’a pas été dit sur la visite de Rached Ghannouchi en France

 

26 Juin 2016

 

Le chef des Frères musulmans tunisiens a été reçu en grande pompe en France pour consolider les relations islamo-socialistes et rendre compte à l’ancienne puissance coloniale de l’état démocratique de la Régence islamique. En dépit des efforts du « sherpa de Ghannouchi » à Paris, la presse française ne s’est pas beaucoup intéressée au chef des intégristes « modérés ». Pas même Le Monde, le quotidien le plus islamophile de France. Par-delà les déclarations conventionnelles, TS vous révèle les véritables objectifs de cette visite officielle et dévoile les noms des acteurs Tunisiens et Français qui l’ont planifié et piloté.

 
Le chef des intégristes "modérés" avec l'ex ami de la Tunisie, Jean-Claude Bartolone.
Le chef des intégristes "modérés" avec l'ex ami de la Tunisie, Jean-Claude Bartolone.
Muni d’une invitation officielle du Quai d’Orsay, c’est à sa demande et sous son insistance que Rached Ghannouchi, avec l’aval de Béji Caïd Essebsi, a effectué sa visite officielle en France, du 21 au 24 juin 2016. Malgré le refus de François Hollande et d’Emmanuel Valls -dont on connait l’aversion à l’égard de l’islamisme- de le recevoir, le calife effectif de Tunisie peut s’estimer heureux : sa « diplomatie populaire » est une réussite, de l’aveu même de son jeune lieutenant, l’ex vendeur de sandwich merguez à Paris, devenu richissime après la « révolution » de la pauvreté, Houcine Jaziri.

Principaux planificateurs et organisateurs de ce voyage « officiel », l’ambassadeur de France en Tunisie, François Gouyette, qui va bientôt quitter Tunis pour Ryad, le très discret Habib Mokni, « ambassadeur » d’Ennahdha en France et principal relais entre celle-ci et l’Iran, et le non moins discret Emmanuel Dupuy, un lobbyiste français qui dirige un certain nombre d’associations dont l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE).

Le jour de son arrivée, le chef des intégristes « modérés » a été reçu par la plus prolétaire des socialistes français, Madame Elisabeth Guigou, députée et présidente de la commission des Affaires étrangères au sein du parlement français. A ce titre, elle lui a organisé dans une salle de l’Assemblée nationale une rencontre avec une quinzaine de personnalités, notamment quelques députés de gauche et de droite, lors de laquelle il a pu exposer sa nouvelle vision de « l’islam politique », sa conception de la démocratie et sa stratégie dans le renforcement des relations franco-tunisiennes.

Deux jours après, et à l’issu d’un détour par le MEDEF, une autre réunion semblable, où le mercantilisme se conjugue au droit-de-l’hommisme, au présent, au futur et à l’impératif, a été organisé par l’IPEMED, que préside le mari d’Elisabeth, Jean-Louis Guigou. A l’instar de son épouse, cet ancien professeur spécialiste en aménagement du territoire était pourtant un ami de la Tunisie qu’il visitait régulièrement du temps où elle était souveraine et que son taux de croissance oscillait entre 4% et 6%. Le véritable chef de l’Etat-islamo-mafieux qu’est devenu la Tunisie, qu’il a hypothéqué au Qatar et dont il a vidé les caisses en moins de cinq ans, a appelé les quelques hommes d’affaires présents à la réunion de l’IPEMED de venir investir en Tunisie.

Au Quai d’Orsay, là où Laurent Fabius avait déjà reçu d’anciens membres d’Al-Qaïda recyclés dans l’opposition « démocratique » syrienne, ainsi que l’ex terroriste libyen Abdelhakim Belhadj, le chef des Frères musulmans tunisiens a eu droit à un accueil aussi chaleureux qu’intéressé. Dans un entretien d’une heure, Rached Ghannouchi a exposé à Jean-Marc Ayrault la mutation idéologique d’Ennahdha à la suite de son dernier congrès, ainsi que la composition du futur gouvernement tunisien qui sera annoncée à la fin du mois de Ramadan en assurant le patron du Quai d’Orsay que les « hommes de la France » y seront bien représentés, notamment Kamel Jendoubi, Ahmed Néjib Chebbi et surtout Mustapha Ben Jafaar, qui tient absolument au portefeuille des Affaires étrangères tunisiennes.

En montrant sa prédisposition à « donner un coup de main » aux autorités françaises qui ne savent plus comment s’y prendre, celui qui avait incité des milliers de jeunes tunisiens à aller faire le djihad en Syrie s’est dit prêt à collaborer dans le programme dit de déradicalisation et de sensibilisation de la jeunesse française au « véritable islam » ! Il a défendu ses Frères en secte Egyptiens en affirmant que « la dictature militaire est pire que celle qui régnait sous Hosni Moubarak ».

Sachant l’importance de l’Algérie pour la France, Rached Ghannouchi s’est dit par ailleurs soucieux de la guerre de succession à Bouteflika. Evoquant un plan de relève qatari, approuvé par les Etats-Unis, Rached Ghannouchi a prétendu que « la jeune démocratie tunisienne sera toujours fragile tant que le voisin algérien ne sera pas stabilisé » !

Malgré un rendez-vous manqué avec Alain Juppé, qui s’est fait remplacer par Hervé Gaymard pour ne pas trop se compromettre comme en février 2011, lorsqu’il a publiquement blanchi les islamistes tunisiens, la journée du 23 juin a été tout aussi fructueuse pour le chef de l’intégrisme « modéré » et la délégation qui l’accompagnait. Il a d’abord été reçu par le président de l’Assemblée nationale, le socialiste originaire de Tunisie, Claude Bartolone, ensuite, au Palais du Luxembourg, par le sénateur des Républicains, Jean-Pierre Raffarin.

En dépit des efforts du « sherpa de Ghannouchi », un certain Emmanuel Dupuy (voir l’article de LBR), la moisson médiatique a été plutôt mince. A part un passage sur Radio Soleil, une antenne périphérique parisienne, et un autre sur France 24, Rached Ghannouchi n’a eu droit qu’à une interview arrangée dans l’édition papier du Figaro du 23 juin 2016, dans laquelle le chef de l’intégrisme « modéré » a laissé échapper cette vérité : « L’Etat tunisien n’est pas laïque » !

Nebil Ben Yahmed   
 
 
Rached Ghannouchi avec Elisabeth Guigou.
Rached Ghannouchi avec Elisabeth Guigou.
 
 
 
Rached Ghannouchi et sa délégation, reçu au Quai d'Orsay par Jean-Marc Ayrault.
Rached Ghannouchi et sa délégation, reçu au Quai d'Orsay par Jean-Marc Ayrault.
 
 
 
Jean-Pierre Raffarin, recevant au Sénat le chef des Frères musulmans Tunisiens.
Jean-Pierre Raffarin, recevant au Sénat le chef des Frères musulmans Tunisiens.
 
 
 
Rached Ghannouchi et Jean-Pierre Raffarin.
Rached Ghannouchi et Jean-Pierre Raffarin.
 
 
 
Le très socialiste Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret, raccompagnant son invité de marque.
Le très socialiste Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret, raccompagnant son invité de marque.
 
 
 
Jean-Claude Bartolone, l'ami très fèdèle de la Tunisie, posant avec Ghannouchi et sa délégation.
Jean-Claude Bartolone, l'ami très fèdèle de la Tunisie, posant avec Ghannouchi et sa délégation.
 
 
 
Ghannouchi et ses lieutenants dans les locaux de l'Assemblée nationale pour parler de la démocratie islamique, du modèle tunisien, de géopolitique, des droits de l'homme...et du business !
Ghannouchi et ses lieutenants dans les locaux de l'Assemblée nationale pour parler de la démocratie islamique, du modèle tunisien, de géopolitique, des droits de l'homme...et du business !
 

Commentaires

1.Posté par Farhat le 26/06/2016 
Quelle honte ..Je rêve . Le symbole de l'islamisme reçu en fanfare en France . Je veux bien croire à la politique ambiguë des socialistes mais pas avec autant de médiocrité et de mépris vis æ vis de ses militants de plus en plus déçu par la politique de la France d'une façon générale .
Cette honte est double et là je m'adresse au chef de gouvernement tunisien Habib Essid pour lui dire
S'il a déjà démissionné ou pas ..??
 
 
2.Posté par KANZARI le 27/06/2016 
GANNOUCHI RACHED est L'ange de l'apocalypse de la Tunisie:

Afin de mieux cerner qui est le chef du parti Ennhada séduisant 30% de l'électorat tunisien, l'Observatoire de l'islamisationa révèle les écrits passés de Ghannouchi, dont certains jusqu'alors indisponibles en langue française, afin que les journalistes et politiques aient matière à réflexion :

Sur l'apostasie:

Rached Ghannouchi a écrit en 1993 dans un livre : « L’apostasie, est le reniement [de l’islam] après qu’on l’a embrassé de plein gré ; un reniement, ou les formes lui ressemblant, des constantes de l’islam, tels ses dogmes, ses charia et ses rituels… Comme porter atteinte à la dignité de Dieu ou à la dignité du Prophète, l’autorisation de braver les interdits [de la charia] ou la négation des devoirs religieux, etc. Des versets du Coran ont énoncé à plusieurs endroits le caractère affreux de ce crime, et menacé quiconque s’en rend coupable du plus atroce des supplices, sans toutefois édicter une peine précise ici-bas. Quant à la tradition, la sunna, elle a exigé la mise à mort [conformément au hadith] : « Tuez quiconque change de religion. » » (Rached Ghannouchi, Les libertés publiques dans l’État islamique, Centre d’Études de l’Unité Arabe, Beyrouth, 1993, p. 48).

Sur la charia comme "source principale de legislation" :

« Comment ne pas stipuler l’islamité d’un chef [de l’Etat], dont la tâche essentielle est d’accomplir la religion, d’orienter la politique de l’Etat dans les limites de l’islam, d’éduquer l’umma selon l’islam, d’être son imam pour la prière, de la prêcher ex cathedra […] et d’être pour elle l’exemple à imiter ? Le Coran a tranché. Il a stipulé que le souverain devait être musulman : « Ô vous qui avez cru ! Obéissez à Dieu, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le pouvoir » (sourate IV, verset
59). Il est absurde, et cela revient à demander l’impossible, de demander à un non musulman d’assumer le dépôt [la magistrature suprême], de veiller sur la religion et la gestion des affaires d’ici-bas – ce qui est la fonction du chef de l’Etat –, et nous, dit M. Ghannouchi, pour la clarification théorique, nous affirmons l’islamité du chef de l’Etat. Car au niveau pratique, le pouvoir islamique que nous réclamons se trouve dans les pays islamiques, et la majorité de ceux qui y habitent sont des musulmans. [Et M. Ghannouchi d’ajouter, dans une note de bas de page : « Il est à noter que la plupart des constitutions arabes, y compris la constitution tunisienne, ont stipulé l’islamité du chef de l’Etat, il s’agit en effet d’une stipulation abusive et vide de contenu, tant que ces constitutions ne contiennent pas d’articles imposant la charia comme source principale de toute législation, et tant qu’elles ne contiennent pas non plus d’institutions constitutionnelles contrôlant la constitutionalité des lois. Aussi bien le chef de l’Etat lui-même et le degré de son engagement à respecter, dans sa vie publique et privée, la loi et les normes morales, pour ne pas donner le mauvais exemple de ce qui ne plaît ni à Dieu, ni à ses créatures soumises. »] (Rached Ghannouchi, Les libertés publiques dans l’État islamique, Centre d’Études de l’Unité Arabe, Beyrouth, 1993, p. 54)

Sur la laïcité :

A une question d’un quotidien algérien : « Quelle est la place de la laïcité dans la société islamique ? », M. Ghannouchi répond : « La société islamique est fondée sur l’interprétation des valeurs organisant la vie des individus et des communautés. De plus, elle organise le côté spirituel de ces derniers. C’est pourquoi on ne saurait concevoir de société islamique laïque, ou de musulman laïc que si ce n’est en renonçant à ce qui est essentiel en islam. Car la foi en Dieu n’est pas essentielle en islam ; l’essentiel, c’est la foi en l’unicité de Dieu. Par conséquent, toute législation qui s’inspire d’autres sources pourrait porter atteinte à cette unicité. Une société ne saurait être islamique qu’à condition de ne pas être laïque et d’accepter l’unicité de Dieu. » (Interview accordée par M. Ghannouchi au quotidien algérien Algérie actualité du 12 octobre 1989).


Les critiques émises par M. Ghannouchi à l’encontre des anciens manuels de philosophie pour le baccalauréat :

« L’enseignement de la philosophie devient, si nous ne définissons pas notre appartenance culturelle, non seulement inutile pour traiter les problèmes dont nous souffrons, mais aussi un élément de sabotage et de destruction dans le domaine psychologique et social, comme c’est le cas aujourd’hui [1989]. » (Rached Ghannouchi, « La génération perdue », revue Forqan, février 1989, Casablanca).

Ghannouchi et le psychopathe Youssef El-Qaradhawi :

Sur le site internet Ashihab, Ghannouchi a donné une interview où il encense un cheikh connu pour enseigner le meurtre des apostats et des homosexuels, partisan des attentats du Hamas contre des civils israeliens, en le qualifiant ainsi : "le savantissime prédicateur le cheikh Youssef El-Qaradhawi" (R. Ghannouchi, « J’ai voué ma vie à la défense de la liberté », interview conduite par Ala Iddin Al-Rachi, 5 octobre 2005).

Youssef El-Qaradhawi, ami intime de Said Ramadan (père de Tariq mort en 1995) est sûrement le cheikh contemporain le plus influent du monde sunnite. Voici ce qu'a affirmé Qaradawi le 28 janvier 2009 sur Al-Jazeera TV:

"Tout au long de l'histoire, Allah a imposé aux [Juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. Avec tout ce qu'il leur a fait - et bien qu'ils [les Juifs] aient exagéré les faits -, il a réussi à les remettre à leur place. C'était un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des musulmans. (…) Pour conclure mon discours, je voudrais dire que la seule chose que j'espère est qu'à l'approche de la fin de mes jours, Allah me donne l'occasion d'aller sur la terre du djihad et de la résistance, même sur une chaise roulante. Je tirerai sur les ennemis d'Allah, les Juifs, et ils me lanceront une bombe dessus et ainsi, je clorai ma vie en martyr. Loué soi Allah, Roi de l'univers. Que la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous."

M. Ghannouchi est membre du Conseil européen de la fatwa et de la recherche que Qaradhawi préside, institution de production juridique de l'Union des organisations islamiques d'Europe, dont l'UOIF est la branche française. Vu l’âge et la santé chancelante de Qaradhawi, Ghannouchi est devenu le président de fait.

Sur une visite de Jean-Paul II :

A propos de la visite officielle du Pape Jean Paul II en Tunisie en Avril 1996, M. Ghannouchi écrivit : « Ce qui me transperce le coeur aussi que le coeur d tout Tunisien c’est que la visite du chef d l’Eglise catholique coïncide avec la réception du représentant commercial de l’entité sioniste à Tunis ; que comprennent les Tunisien de tout cela ? Peuvent-ils chasser de leurs esprits qu’il y a une invasion croisée et sioniste de leur pays ? » (R.Ghannouchi, l’hebdomadaire islamiste marocain ARRAYA du 23
Avril 1996).

Feuille éparse par ABDDELWAHEB 
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« Plan général de sauvetage des banques de 40 milliards d’euros en Italie !! » L’édito de Charles SANNAT

29 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Economie, #Le capitalisme;, #Les transnationales

« Plan général de sauvetage des banques de 40 milliards d’euros en Italie !! » L’édito de Charles SANNAT

« Plan général de sauvetage des banques de 40 milliards d’euros en Italie !! » L’édito de Charles SANNAT
« Plan général de sauvetage des banques de 40 milliards d’euros en Italie !! » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Voici un article passionnant du grand journaliste économique Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph qui revient sur ce qu’il se passe dans le secteur bancaire italien, victime collatérale du Brexit et de la chute des marchés financiers.

Depuis vendredi, les actions bancaires sont malmenées, surtout les européennes. Comme l’écrit Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph, le gouvernement italien est en état d’alerte et devrait bientôt intervenir :

« L’Italie est en train de préparer un plan de renflouement de 40 milliards d’euros de son système financier alors que les actions bancaires se sont effondrées à la Bourse de Milan suite aux secousses du Brexit qui ont ébranlé les marchés européens.

Un groupe de travail spécial du gouvernement italien suit les événements heure après heure, s’engageant à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité des banques. « L’Italie fera tout ce qui est nécessaire pour rassurer les gens, » a déclaré le Premier ministre Matteo Renzi.

« Il s’agit du moment de vérité que nous avons longtemps attendu. Nous ignorions juste que ce serait le Brexit qui allait lâcher l’éléphant, » a déclaré un banquier italien de premier plan.

Les actions des banques se sont effondrées pour une seconde session consécutive : Sanpaolo a chuté de 12,5 %, Banka MPS de 12 %, Mediobana de 10,4 % et Unicredit de 8 %. Les organismes de crédit ont perdu un tiers de leur valeur depuis le référendum tenu au Royaume-Uni.

« Lorsque le Royaume-Uni éternue, l’Italie s’enrhume. Il s’agit du maillon faible de la chaîne européenne, » a déclaré Lorenzo Codogno, ancien directeur général du Trésor italien et désormais employé de LC Macro Advisors.

L’Italie est la première victime sérieuse de la contagion du Brexit ainsi qu’un rappel que les destins économiques de la Grande-Bretagne et de l’Europe sont étroitement liés. Morgan Stanley a averti dans un nouveau rapport que le PIB de la zone euro se contracterait presque autant que celui de la Grande-Bretagne en cas de « scénario à haut stress ».

Les autorités italiennes étudient la recapitalisation directe des banques par l’État, qui serait financée par une émission obligataire spéciale. Elles souhaitent également un moratoire des règles sur le renflouement interne et sur l’annulation des émissions obligataires, ce qui est impossible en vertu de la loi européenne. M. Renzi a soulevé en urgence ce sujet à l’occasion d’une réunion avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande au sommet sur le Brexit qui s’est tenu ce lundi à Berlin.

« Il doit y avoir une suspension des règles de renflouement interne (bail-in) et des règles sur les aides d’État au plus haut niveau politique de l’UE, sinon je ne vois pas comment cela pourrait fonctionner, » a déclaré M. Codogno.

Contrairement à la crise de la dette de la zone euro de 2011-2012, il n’y a pas encore de soucis sérieux sur les marchés de la dette souveraine. La BCE plafonne de facto les taux avec son assouplissement quantitatif.

Le niveau de stress de cet épisode se mesure via la santé des banques privées. L’indice des titres bancaires Euro STOXX s’est effondré de moitié, depuis juillet dernier, pour tester désormais des niveaux atteints au pire de la crise de la dette. Les titres des banques britanniques ont également plongé depuis le Brexit sans pour autant atteindre un risque systémique jusqu’à présent. Cette baisse reflète principalement les craintes de récession ainsi que la perte d’accès potentielle au marché européen.

Les banques italiennes, talon d’Achille de la zone euro

Les banques italiennes sont le talon d’Achille du système financier de la zone euro. Les crédits non performants y atteignent 18 % depuis la récession engendrée par la crise de 2008.

La nouvelle réforme concernant le renflouement interne a empiré les choses et pris les autorités européennes par surprise. L’objectif était de protéger les contribuables en s’assurant que les créditeurs supportent en priorité le gros des pertes en cas de problèmes avec une banque, mais la réforme a été mal conçue si bien qu’elle a provoqué un désamour pour les actions bancaires. La banque d’Italie a demandé la refonte complète des règles de bail-in.

Aujourd’hui, il est quasi impossible pour les banques italiennes d’augmenter leur capital. Elles sont prises en étau alors que la BCE demande simultanément de respecter des critères de capitalisation toujours plus sévères, allant jusqu’à demander parfois des injections de capitaux 3 à 4 fois. M. Codogno a déclaré que la BCE déstabilise involontairement les banques européennes dans sa tentative trop zélée de rendre les banques européennes plus sûres.

L’Italie est désormais paralysée par la structure de la zone euro. Les analystes affirment qu’elle a désespérément besoin d’un plan de sauvetage bancaire à l’américaine, comme ce fut fait en 2008 avec le TARP (Troubled Asset Relief Program, programme de rachats des actifs toxiques des banques). C’est cependant interdit dans la zone euro.

Le gouvernement a introduit en début d’année un fonds de sauvetage de 5 milliards d’euros, baptisé Atlante, mais il fut principalement alimenté par les banques et bien insuffisant pour faire face aux événements. (…)

L’étranglement bancaire est devenu politiquement explosif en Italie après que des milliers de petits épargnants furent ruinés par la faillite de 4 banques régionales en fin d’année dernière. Ils furent traités en tant que « porteurs d’obligations juniors », même si la plupart d’entre eux étaient de simples épargnants qui ne comprenaient pas ce que la banque faisait avec leur argent.

Renzi pourrait être forcé de prendre les choses en main pour mettre en place un plan de sauvetage national unilatéral du système bancaire italien en désobéissant ainsi à l’Union européenne, à moins qu’il n’obtienne des concessions de Bruxelles. Ceux qui le connaissent bien affirment qu’il ne descendra pas en enfer au nom de la pureté idéologique européenne. »

Non les banques ne sont pas solides, elles sont des colosses aux pieds d’argile !

Encore une fois, il ne faut pas céder ni à la panique et à la peur, bien mauvaises conseillères, mais pas plus à la fiction imaginaire du tout va bien et nous ne risquons rien !

La vérité est évidemment quelque part entre les deux.

L’histoire humaine n’est pas façonnée par les moyennes alors que toute notre gestion patrimoniale est basée sur l’analyse de ces moyennes. L’histoire humaine s’écrit avec des événements majeurs, par des successions de chocs « hors moyenne », hors « statistique ». De façon récente, c’était le cas avec les attentats du 11 septembre, ou encore la faillite de la banque Lehman Brothers, sans oublier le Brexit de la semaine dernière.

Ces événements constituent au choix, des « cygnes noirs », comme l’a théorisé Nassim Taleb, ou des chocs systémiques qui remettent en cause les théories, les croyances, ou encore les « moyennes » en bouleversant les grands équilibres, et c’est ce que j’ai tenté d’expliquer dans l’émission Écorama.

Il est évident que nous sommes dans une période financière charnière où de très nombreuses crises rentrent en résonance, les unes et les autres augmentant considérablement les risques dits « systémiques ».

C’est à cela que vous devez vous préparer avec constance, sans écouter les benêts béats qui prédisaient déjà depuis 3 ans l’effondrement des cours de l’or et son retour vers 0 alors que nous assistons au phénomène inverse – et ce n’est pas faute de l’avoir dit.

Je n’ai pas de boule de cristal, j’ai simplement du bon sens et une analyse indépendante et je prends grand soin d’éliminer le « bruit » de fond de la propagande bien-pensante euthanasiant la pensée. Dès lors, les choses sont plus claires et plus compréhensibles.

Il va y avoir des morts dans le système bancaire. La question est de savoir comment une Europe en décomposition et où on ne peut pas dire qu’il règne une grande harmonie politique va gérer la situation… A priori, cela sera de plus en plus mauvais car il n’y aura pas plus d’Europe malgré ce que l’on nous dit, mais chaque fois un peu moins.

C’est la raison pour laquelle je vais consacrer tout mon temps du mois de juillet à la rédaction de ce numéro hors série sur les banques que j’offrirai à tous les abonnés à ma lettre STRATÉGIES. Vous êtes nombreux à attendre des éléments précis de réflexion pour vous aider à trouver la ou les meilleures banques. Je vous demande 3 semaines de patience car il y a du travail pour vous mettre tout ça en forme. Vous pouvez d’ores et déjà vous abonner ici.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

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Remarques sur les médias du 24 juin et des jours subséquents.

29 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE

 

C'était le bon temps

C'était le bon temps

De Philippe Arnaud

Depuis la victoire du Brexit, je constate, dans les médias, une volonté systématique de dévaloriser, de déconsidérer, de ridiculiser le vote des Britanniques en faveur de la sortie de leur pays de l'U.E. et d'essayer de tourner, par tous les stratagèmes, la volonté populaire et ce afin de garder le Royaume-Uni dans l'U.E.

1. L'évocation de la "gueule de bois" (L'Express, le Huffington Post), comme si les Britanniques avaient voté sous l'emprise d'une soûlerie nationale, et qu'ils se rendaient compte, à l'instar de quelqu'un qui est dessoûlé, que, durant cette période d'ébriété, ils ont commis quelque chose d'irrémédiable, comme de pousser leur enfant par la fenêtre ou de violer une femme. Il y a quelque chose de profondément méprisant à assimiler les partisans du Brexit à des alcooliques, à des ivrognes, incapables de se contrôler et qui font n'importe quoi...

1.1. Une variante de cet état d'esprit est, comme je l'ai entendu au journal de France 2 de 13 h de ce jour (lundi), rapportant le propos d'un ministre de David Cameron favorable au Brexit, est de dire que les partisans du Brexit "n'ont pas de plan B". Ou même, carrément, qu'ils n'ont pas de plan tout court. Autrement dit, les partisans du Brexit sont des gens qui ne se gouvernent que par instinct, par antipathie, et qui sont incapables de mesurer les conséquences de leurs actes.

2. L'évocation des "jeunes" qui ont voté Brexit, comme le fait Marie Drucker, de France 2, à une jeune femme de 25 ans (qui parle excellemment le français) et qui lui demande : "Comment peut-on avoir 25 ans, avoir vécu en Europe, et rejeter l'Europe ?". Question qui recèle deux présupposés non avoués (ou non avouables) :

A. Quand on est jeune (c'est-à-dire, implicitement, pour la modernité, le progrès, l'intelligence, le dynamisme, les idées nouvelles), on ne peut être que pour l'Europe. Sous-entendu : ceux qui sont contre l'Europe sont donc réputés vieux, routiniers, peureux, inintelligents, peu instruits, peu cultivés, conservateurs, ploucs...

B. Quand on voit tout ce qu'a apporté l'Europe aux Européens, et notamment aux jeunes, ce serait de la dernière ingratitude de la rejeter.

2.1. A côté de ce ressort (qui dit : "les partisans du Brexit sont des gens sans cervelle"), un autre ressort est utilisé : celui de la peur. Ainsi, à 13 h, sur France 2, un micro-trottoir était-il fait sur les salariés (petits, moyens ou grands) de la City, grande place financière, qui s'inquiétaient de perdre leur emploi, ou de voir leur banque d'affaire (HSBC par exemple), délocaliser ses bureaux à Francfort, à Bruxelles, à Luxembourg ou à Paris. Comme si ceux qui travaillent à la City étaient représentatifs des salariés britanniques. Comme si les partisans du Brexit n'avaient pas, eux aussi, des motivations honorables, et, surtout, des motivations "positives"...

3. L'évocation des 3,8 millions de signatures en faveur d'une pétition pour un nouveau référendum - espéré, cette fois-ci en faveur de l'Europe. Cette demande d'un nouveau référendum rappelle fâcheusement les précédents des Irlandais et des Danois, qui avaient initialement voté non à l'adhésion européenne, et qu'on a fait revoter jusqu'à ce que leur vote soit oui. Auquel cas, leur décision a été réputée irrévocable.

4. Enfin, on commence à voir poindre les divers stratagèmes par lesquels les milieux pro-européens, les gouvernements, les institutions de Bruxelles vont essayer d'ignorer, de tourner ou de rendre ineffective la décision démocratique des Britanniques :

- D'abord la date de la démission de David Cameron... annoncée en septembre ! C'est-à-dire dans un délai de trois mois, suffisant pour "savonner la planche" à tout successeur qui serait partisan du Brexit (comme Boris Johnson) et compliquer la tâche de séparation. [Alors que, je le rappelle, le référendum sur la réforme du Sénat et de la régionalisation, qu'avait lancé le général de Gaulle, et auquel les Français répondirent non le 27 avril 1969, entraîna la démission de ce même général de Gaulle le 28 avril 1969, soit exactement 24 heures plus tard ! On ne saurait mieux dire que David Cameron joue la montre, ou que, vis-à-vis de ses compatriotes, il témoigne de la plus mauvaise volonté... ou de la plus grande mauvaise foi !].

- Puis les diverses précisions sur le fait que la sortie de l'Union demandera au minimum deux ans - et pourra traîner jusqu'à dix ans, ainsi que les déclarations de la chancelière Merkel disant "que rien n'était pressé" (autrement dit que les institutions européennes, comme l'Allemagne, vont multiplier tant les obstacles juridiques - et on peut faire confiance aux bureaucrates de Bruxelles pour les trouver) - que les obstacles pratiques (changement de normes techniques, paiement d'énormes indemnités) - pour empêcher effectivement les Britanniques de concrétiser leur décision.

- Enfin l'évocation des parlementaires britanniques qui, conservateurs et travaillistes confondus, étaient tous pour le "Remain" (autrement dit le "Rester" dans l'Europe), c'est-à-dire qui professent une opinion diamétralement opposée à celle de la majorité de leurs compatriotes, et dont on sent qu'ils vont freiner des quatre fers la sortie du Royaume-Uni de l'Union. [La situation est d'ailleurs identique à celle de la France, où les parlementaires étaient tous favorables au Oui au TCE, et l'ont montré ultérieurement, en votant à la majorité le traité de Lisbonne en février 2008, en violation de la décision exprimée majoritairement par leurs concitoyens le 29 mai 2005].

- Au cours du pouvoir personnel de Louis-Napoléon Bonaparte (devenu, plus tard, Napoléon III), à savoir entre le coup d’État du 2 décembre 1851 et le renversement de l'empire, le 4 septembre 1870, le chef de l’État - président puis empereur - organisa trois plébiscites, en 1851, 1852 et 1870, tous largement remportés, quoique de façon moins forte pour le dernier, notamment, grâce aux voix des communes rurales. Et Honoré Daumier a admirablement décrit l'esprit des gouvernants (et des possédants) par un dessin paru dans Le Charivari du 30 avril 1870, où l'on voit deux ouvriers qui s'adressent à un bourgeois en lui demandant : "M'sieur l'Maire, quoi donc que c'est qu'un bibiscite ?". Et le maire (costume, gilet et haut de forme) de répondre : "C'est un mot latin qui veut dire oui"...

- Autrement dit, on n'écoute la réponse du peuple que pour autant qu'elle corresponde à celle de ses maîtres : la situation a-t-elle changé beaucoup changé entre 1870 et 2016 ?


Philippe Arnaud, AMD Tours

 
 
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Plus de 120 millions d’Européens au bord de la pauvreté

29 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;

Plus de 120 millions d’Européens au bord de la pauvreté

LINFO.RE – créé le 12.09.2015

Plus de 120 millions d’Européens au bord de la pauvreté

La pauvreté est encore un problème persistant dans tout le territoire européen. Selon un rapport du groupement d’ONG, Oxfam, 123 millions d’Européens, dont onze millions de Français pourraient rapidement basculer dans la pauvreté.

Les statistiques inquiétantes sur la pauvreté en Europe
Le groupement d’ONG Oxfam tire la sonnette d’alarme sur le nombre d’Européens qui pourraient tomber dans la plus grande pauvreté. Ils sont actuellement 123 millions "exposés au risque de pauvreté", selon le rapport publié par l’organisation. Ce serait surtout la tendance à la hausse du nombre de personnes qui risquent à tout moment un possible basculement, qui inquiète l’association Oxfam. Le chiffre du seuil de pauvreté européenne était à 116 millions en 2008. Une hausse de 5% a été enregistrée entre 2009 et 2013 dans plusieurs pays de l’Union européenne. Parmi ces pays, il y a notamment l’Italie et le Royaume-Uni, mais aussi la Hongrie et bien sûr la Grèce.

La pauvreté en France
Selon ces statistiques, la France compte onze millions de personnes qui, sans être statistiquement pauvres, ont un risque réel de basculer rapidement en dessous du seuil national. Il est à noter que le seuil de pauvreté défini par l’Insee est égal à 60% du revenu médian, soit 977 euros pour 2015. Le nombre de Français qui flirtent avec le seuil de pauvreté correspond à 9% du total européen. Le plus inquiétant, c’est que huit millions de Français vivent actuellement en dessous de cette limite. Le territoire de l’Hexagone n’a jamais réussi à réduire ce chiffre peu importe son contexte de croissance, depuis dix ans.

Des Européens plus riches que d’autres
Outre cette statistique des personnes au bord du seuil de pauvreté, le groupe Oxfam pointe du doigt les inégalités de détention

des richesses. Le chiffre sur ces contrastes de richesses s’accroît de plus en plus. Le rapport indique qu’un pour cent (1%) des plus riches européens possèdent environ un tiers de la richesse totale. A l’opposé, les 40% les plus modestes détiennent 1% de cette même richesse. En clair, 7 millions d’Européens sont largement plus riches que 662 millions d’autres.

Pourquoi une telle inégalité de richesses ?
Les causes de cette inégalité de richesses sont l’austérité, l’évasion fiscale ainsi que les choix politiques biaisés. "Les régimes fiscaux et les politiques des États sont conçus pour profiter à une minorité", accuse d’ailleurs le groupement d’ONG Oxfam.

Toujours d’après l’association, ces chiffres démontrent des directives fiscales peu concluantes et aussi un manque de pertinence des systèmes fiscaux dans de nombreux pays d’Europe. Le manque de redistribution est d’ailleurs très remarqué dans ces pays, incluant la France. "La principale recette fiscale française, c’est la TVA qui n’est pas redistributive, certaines analystes prétendent qu’elle a même l’effet inverse, et dont le poids est bien supérieur à l’impôt sur le revenu. Côté cotisation, on peut citer la CSG qui, hormis les minima sociaux et certaines retraites, n’est pas non plus progressive", indique d’ailleurs Philippe Crevel, économiste et secrétaire général du Cercle de l’Épargne.

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Athlétisme: le drapeau russe interdit de JO

29 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #Le sport, #AMERIQUE, #Europe supranationale

Athlétisme: le drapeau russe interdit de JO
Athlétisme: le drapeau russe interdit de JO

Athlétisme: le drapeau russe interdit de JO

Le Conseil de l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF), le 17 juin, a pris une décision sans précédent: il a sanctionné collectivement toute la fédération russe d'athlétisme, sans faire la part entre sportifs propres et dopés. Le drapeau russe ne pourra flotter aux JO de Rio, ce qui semble faire le bonheur des d...ifférentes fédérations occidentales - il sera plus facile d'avoir des médailles. Le dernier mot appartient au Comité international olympique qui pourrait autoriser la participation de certains sportifs russes à certaines conditions.

L'IAAF a pris une décision sans précédent dans l'histoire des JO, voire du sport. Alors que le dopage est un problème mondial et récurrent, l'on ne peut faire la liste des scandales de dopage tant elle est longue, c'est la première fois que toute une équipe nationale est santionnée. Comme équipe. Recourant à la responsabilité collective, parce qu'ils sont russes. Alors qu'en la matière la responsabilité individuelle est de mise.

Surprenant. Ils n'ont pas améliorés leur système, les résultats des contrôles de dopage ne sont pas fiables? Intéressant, il faudrait alors sanctionner l'Agence anglaise antidopage UKAD qui depuis novembre et le début du scandale médiatique lancé par le journaliste allemand Seppelt s'occupe du contrôle du dopage des sportifs russes. Peut être cette agence n'est-elle pas efficace?

Car ne l'oublions pas, comme le déclarait Seppelt, juge et procureur tout à la fois, ses films ayant tenu place et lieu d'enquête objective, les russes n'ont aucune raison d'être fiers de leur pays.

Sebastian Coe, le président de l'IAAF, a bien précisé les choses:
Aucun athlète ne compétitionnera sous le drapeau russe. (...) Des athlètes qui ne sont pas testés dans le système russe, mais dans des systèmes qui ont des programmes antidopage efficaces » pourront faire valoir leur cas sur une base individuelle. (...) Ces athlètes seraient autorisés à concourir sous la bannière olympique, comme « athlètes indépendants ». Le système russe a « abandonné » ses athlètes et « on ne peut pas conclure qu'ils sont dans un système sécuritaire pour pouvoir participer à des compétitions internationales »

Bref, le système est fautif, donc il faut sortir les sportifs russes du système sportif russe et s'ils renient leur drapeau et acceptent de concourir sous le drapeau olympique, on pourra faire preuve de grandeur d'âme. J'ai l'impression d'être face à une nouvelle inquisition ...

Au fait, certaines paroles n'ont bizarrement pas été traduites dans la presse française. Ainsi, S. Coe précise bien:

"Les athlètes qui n'étaient pas liés au système russe, ceux qui par exemple se sont entraînés à l'étranger, pour ceux-là une décision favorables peut être envisageable"

L'important est bien de couper le lien entre l'athlète et le pays qu'il représente, la Russie ne méritant manifestement pas ses athlètes aux yeux de l'IAAF. Bref, cela n'a plus rien à voir avec la lutte contre le dopage, dommage.

Pour autant de grands athlètes russes, et jamais contrôlés positifs, comme Elena Isinbaeva, double championne olympique à la perche déclare que cette décision reposant sur une responsabilité collective est inadmissible et viole les droits de l'homme, ce qu'elle contestera devant la justice. Il est impensable pour elle de participer aux JO sous un autre drapeau, ne regardera même pas ce qui s'y passe:
Personne ne nous a défendu. J'ai de sérieux doutes quant à l'intention de l'IAAF de défendre les intérêts des athlètes propres. L'on nous accuse de ce dont nous ne sommes pas coupables. Je pense que cette discrimination des russes est avant tout fondée sur la nationalité, parce que nous venons de Russie.

Pour sa part, l'autre champion olympique, jamais contrôlé positif, Andrey Silnov (saut en hauteur) a également déclaré ne pas aller aux JO:

"Pour moi, c'est une question de principe. Si je me retrouve aux JO, je ne vais pas concourir sous un quelconque drapeau olympique ou autre. Je me présente au nom de mon pays, la Fédération de Russie, Je ne vois aucun sens à particper aux JO sous les couleurs olympiques, je suis patriote de mon pays et si mon équipe nationale n'y va pas, moi non plus."

En attendant, la situation est claire. Qu'il y ait un problème de dopage, c'est fortement possible. Et pas uniquement en Russie, c'est un problème généralisé. Mais que la Russie soit sanctionnée comme pays, que l'équipe nationale porte une responsabilité collective, c'est une première. Et la russophobie ambiante qui frise l'hystérie n'y est pas étrangère.

PS: Puisque la télévision remplace la justice et fait pression de manière beaucoup plus efficace, rappelons que la veille, juste avant de rendre sa décision quant à la suspension de l'équipe nationale russe d'athlétisme, la BBC a sorti, par hasard (le hasard faisant bien les choses) un film mettant en cause la probité du président de l'IAAF, Sebastian Coe, justement en lien avec la Russie:

La chaîne de télévision affirme que le Britannique de 59 ans a été élu l'an dernier grâce aux voix rassemblées par le fils de son prédécesseur Lamine Diack, Papa Massata Diack, sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour son rôle dans le scandale du dopage en Russie.

Oui, ce sont des méthodes de mafieux.

http://sd58.ru/dogovor-mezhdu-uefa-i-rusada-priostanovlen/
http://russiepolitics.blogspot.ru/2016/06/seppelt-le-hero-agressif-de-la.html
http://ici.radio-canada.ca/sports/Jeux-Olympiques/2016/06/17/002-dopage-russie-athletisme-iaaf-suspension-jeux-olympiques-rio-exemptions.shtml
http://ria.ru/sport/20160617/1449073176.html
http://tass.ru/sport/3377899
http://www.sovsport.ru/news/text-item/910463
http://ici.radio-canada.ca/sports/PlusSports/2016/06/16/008-bbc-sebastian-coe-athletisme-critiques-documentaire.shtml
http://russiepolitics.blogspot.fr/2016/06/athletisme-le-drapeau-russe-interdit-de.html

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Erdogan s'excuse auprès de Moscou pour l'avion russe abattu par les Turcs

29 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La Turquie, #La Russie, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Erdogan s'excuse auprès de Moscou pour l'avion russe abattu par les Turcs

International

Un bombardier russe Sukhoi Su-24, à Latakia en Syrie, identique à celui abattu par l'armée turque - ALEXANDER KOTS - KOMSOMOLSKAYA PRAVDA/AFP/Archives
Un bombardier russe Sukhoi Su-24, à Latakia en Syrie, identique à celui abattu par l'armée turque

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est excusé pour l'avion militaire russe abattu par la Turquie en 2015, un incident qui a provoqué une crise majeure entre les deux pays, et appelé à restaurer les relations bilatérales, a annoncé le Kremlin lundi.

"Le dirigeant turc a exprimé sa sympathie et ses sincères condoléances à la famille du pilote russe tué et il s'est excusé", a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, ajoutant qu'Erdogan a dit vouloir "faire tout son possible pour restaurer les relations traditionnellement amicales entre la Turquie et la Russie".

 
Dans un communiqué, le Kremlin a ensuite précisé avoir reçu un message de Recep Tayyip Erdogan dans lequel le président turc assure qu'Ankara "n'a jamais souhaité ou eu l'intention d'abattre un avion militaire russe". Ces excuses viennent confirmer la volonté d'apaisement de la part d'Ankara à l'égard de Moscou, alors que les relations entre les deux pays étaient pratiquement rompues. Mi-juin, une première lettre de M. Erdogan à Vladimir Poutine avait constitué le premier contact connu entre les deux hommes depuis l'incident. La nouvelle lettre envoyée lundi par Recep Tayyip Erdogan précise que "la Russie est, pour la Turquie, un ami et un partenaire stratégique", explique le Kremlin dans son communiqué. "Je veux une fois encore exprimer ma sympathie et mes condoléances à la famille du pilote russe, et je dis +excusez-nous+", poursuit M. Erdogan, cité dans le communiqué du Kremlin. Un communiqué du porte-parole du président turc, Ibrahim Kali, cité par l'agence officielle Anadolu, a cité M. Erdogan dans les mêmes termes et ajouté que "la Turquie et la Russie sont d'accord pour prendre les mesures nécessaires afin d'améliorer au plus vite les relations bilatérales". Le 24 novembre 2015, un bombardier russe Su-24 avait été abattu par l'aviation turque près de la frontière syrienne, provoquant la mort du pilote, tué alors qu'il retombait en parachute après s'être éjecté. Son navigateur avait lui été secouru à l'issue d'une opération des forces spéciales après une première tentative avortée qui avait coûté la vie à un soldat d'infanterie de marine russe. La Turquie affirme que l'avion était entré dans son espace aérien et avait été averti "dix fois en cinq minutes", tandis que Moscou assure que le Su-24 survolait le territoire syrien et n'avait pas été mis en garde avant d'être touché.

Cet incident, qualifié de "coup de poignard dans le dos" par le président Poutine, a provoqué une crise aiguë dans les relations entre les deux pays.

Moscou a adopté une série de mesures de rétorsion -- allant de l'abrogation des facilités de visa à un embargo alimentaire -- à l'encontre de ce pays jusqu'alors considéré comme un partenaire privilégié, la Turquie accusant en échange Moscou de se comporter "comme une organisation terroriste" en Syrie, où les deux pays défendent des intérêts opposés.

Moscou soutient le président syrien Bachar al-Assad dont Ankara encourage activement la chute en soutenant des groupes rebelles.

Selon le communiqué publié par le Kremlin, M. Erdogan a ajouté que le "citoyen turc dont le nom est associé à la mort du pilote russe est visé par une enquête judiciaire". Le quotidien turc Hurriyet assure toutefois qu'Alparslan Celik, accusé d'avoir mitraillé le pilote russe et placé en détention préventive début avril, a été libéré lundi de prison.

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La pétition truquée pour un nouveau referendum en Grande Bretagne. Par Karine Bechet Golovko.

28 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La finance dérégulée, #Comité pour une Nouvelle résistance

mardi 28 juin 2016

La pétition truquée pour un nouveau referendum en Grande Bretagne

 
 Дэвид Кэмерон — Премьер-министр Великобритании
 
Le Brexit fait peur, très peur. Et plus encore à l'extérieur qu'à l'intérieur de la Grande Bretagne, car comme l'écrit le Guardian, la pétition pour un second referendum concernant la sortie du pays de l'UE est ... truquée. N'importe qui peut la signer. Le Parlement a immédiatement déjà pu annuler des dizaines de milliers de signatures. Avis aux tenants de la manipulation démocratique bon ton.   La Grande Bretagne sortira de l'UE, car cela est nécessaire. Pour qui et pour quoi, autres questions.
 

 
Le Brexit continue a faire parler de lui, car il semblerait qu'une grande partie des acteurs internationaux ne l'aient pas sérieusement envisagé et se sentent pris au piège. Ou trompés. La réaction est alors assez simple: il faut le refaire. Et pour cela les outils de la pseudo-démocratie post-moderne, à savoir ces fameuses pétitions pour tout et pour rien sans aucun contrôle, ni aucune logique sont un instrument idéal.
 
Pour la signer, il suffit d'entrer sur le site, d'y inscrire un nom, dire que l'on a la nationalité britannique et c'est parti. Donc n'importe qui peut le faire, comme l'a fait Marion Maréchal-Le Pen, et il est possible de voter plusieurs fois.
 
Seulement, lorsque'il s'agit d'une personne du FN, la presse française s'empresse de minimiser l'impact. Or, le très british Guardian, lui-même lance la bombe: la pétition est manipulée. Du coup, la presse évite la question, ou bien, comme dans Les Echos, insiste sur les trois millions et fait semblant de ne pas comprendre:
Une pétition en ligne adressée au Parlement britannique réclame ainsi l'organisation d'un deuxième référendum dans la foulée du vote qui a sorti la Grande-Bretagne de l'Union européenne. Dimanche 26 juin au matin, elle atteint plus de trois millions de signataires . (...) Le Parlement britannique a affirmé qu'il menait des investigations pour repérer toute fraude à la signature dans cette pétition, rapporte la BBC.
 
En effet, quelques fraudes ... Et ainsi, comme l'écrit le Guardian, le Parlement a immédiatement annulé 77 000 signatures. Oui, quelques fraudes ... L'enquête continue.
 
Voici ce qu'écrit le Guardian: 
Normalement, seule la signature des personnes ayant la nationalité britannique ne devrait être décomptée. Or, c'est impossible. On voit des signatures de partout à travers le monde, d'Islande, des Iles Caïmans, de Tunisie ... Et dans certains cas, les signatures venant de ces pays dépassent même le nombre d'habitants officiellent vivant dans le pays. 
 
A moins que les anglais n'aient clandestinement envahis ces pays ...
 
Par exemple, l'Etat du Vatican fut très actif. Plus de 39 000 soi-disant résidents de cette Cité-Etat ont signé la pétition, quand la population totale des résidents est d'environ 800  personnes ...
 
Twitter a explosé de messages de personnes n'ayant pas la citoyenneté britannique qui ont signé cette pétition. Par exemple:
 
I just signed 2nd EU Referendum Petition   from Australia (I'm not a UK citizen), anyone in the world can do it it seems!?
 
Bref, vive la démocratie mondialisée en action. Cela montre que ces mécanismes post-modernes n'ont strictement aucune valeur, il ne s'agit que de mécanismes de manipulation de l'opinion publique et de pression sur les Etats, bien loin des logiques démocratiques. Vous voulez votez? Pour cela vous avez des referendums, des élections. Mais c'est vrai, il faut sortir de son canapé et laisser son ordi, sa tablette ou son téléphone et se déplacer physiquement. Beaucoup moins glamour, mais réel.
 
Devant le Parlement britannique, D. Cameron a formellement exclu la possibilité d'un second referendum, ce que publie The Independant. Il faut maintenant réaliser la volonté populaire, même si des risques existent pour la Grande Bretagne. Ce qui ne veut pas dire non plus tourner le dos à l'Europe et au reste du monde.
 
De ce côté, la question est réglée. La Grande Bretagne va sortir de l'UE, même si beaucoup ont du mal à le concevoir. Car il existe manifestement des forces intérieures (et peut être extérieures) qui estiment nécessaire, cette fois, de soutenir - ou d'utiliser -  la volonté populaire. Je ne pense pas que la Grande Bretagne tout d'un coup devienne le héraut de la défense des intérêts nationaux ou de la souveraineté, elle n'a jamais tenu ce rôle et n'a aucune raison pour le faire à l'avenir, mais elle sait très bien défendre son intérêt propre.
 
Finalement, comme le disait disait la propagande Vichyiste à l'époque, Vive L'Europe. Espèrons que l'histoire ne se répètera pas totalement.
 
 
 
 
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