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Le blog de Lucien PONS

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Les mairies sont-elles tenues d’afficher le drapeau européen ? Par Magali Pernin.

6 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Le fascisme

Les mairies sont-elles tenues d’afficher le drapeau européen ?

 

Drapeau européen mairie

La question symbolique avait été au cœur du débat en 2005 lorsqu’il s’agissait d’accepter ou non la nouvelle « Constitution européenne ». Troublant les français opposés à une vision fédéraliste de l’Union européenne, le Traité de Lisbonne a choisi de mettre ces questions de côté afin de rassembler le plus large consensus.

Ainsi, la démarche « constitutionnelle » a été abandonnée et, alors que le projet de Constitution avait prévu d’institutionnaliser le drapeau européen comme symbole de l’Union Européenne, Lisbonne s’est volontairement passé de ce symbole polémique.

Seize États membres avaient manifesté leur désaccord avec l’abandon des symboles et signé une déclaration commune (n° 52), annexée au traité de Lisbonne, par laquelle ils indiquent que les symboles européens «continueront d’être, pour eux, les symboles de l’appartenance commune des citoyens à l’Union européenne et de leur lien avec celle-ci». La France ne figure pas parmi les signataires.

Dès lors, pourquoi aujourd’hui le drapeau européen continue d’être quasi-systématiquement affiché au fronton des bâtiments publics français ?

Aucune obligation juridique de pavoisement

Beaucoup pourraient penser qu’il s’agit d’une obligation posée par le droit européen. Or il n’en est rien. Nous venons de le voir : aucun traité européen ne reconnait le drapeau aux douze étoiles comme un symbole de l’Union européenne. Une telle obligation n’aurait, dès lors, aucun fondement.

En réalité, le pavoisement des édifices publics ne fait l’objet d’aucune réglementation, que ce soit au sujet du drapeau français ou de tout autre drapeau.

Seule une circulaire en date du 4 mai 1963  indique que, sur instruction du préfet, les communes sont invitées, lors des seules journées de commémoration, à arborer le seul drapeau national.

Vous aurez soin cependant de rappeler aux maires, chaque fois que vous serez saisi d’une délibération prise dans ce but, que le drapeau tricolore reste le seul emblème qu’il convient d’arborer sur les bâtiments publics pour la célébration des fêtes nationales.

La présence continue de drapeaux européens sur les façades publiques lors des cérémonies officielles avait d’ailleurs été mise en exergue par le député Nicolas Dupont-Aignan lors d’une question écrite posée en 2000. Le ministre n’avait pas répondu directement sur ce point.

La même circulaire de 1963 autorise la présence du drapeau européen en dehors des journées de commémoration. L’affichage doit toujours se faire en association avec les couleurs françaises et à condition que le drapeau européen soit placé à droite du drapeau français (source : ministère de la défense). Il ne s’agit donc là que d’une possibilité offerte au responsable du bâtiment public.

L’Assemblée nationale refuse

Cette possibilité avait été l’objet d’un vif débat en 2007 lorsque Bernard Accoyer avait proposé au bureau du Palais Bourbon d’installer un drapeau européen à côté du drapeau français (1). Le Président de l’Assemblée nationale voulait ainsi faire suite à la décision du secrétaire d’État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet. Celui-ci avait fait hisser le drapeau européen sur le toit du Quai d’Orsay. Or, lors du débat au Bureau de l’Assemblée nationale, deux députés PS et un député UMP se sont opposés à cette demande, comme nous le rapporte Jean Quatremer.

Les allocutions publiques

De la même manière, il n’existe aucune obligation de pavoisement du drapeau européen lors des allocutions publiques de personnalités politiques.

Dans un article du 20 décembre 2012, le site Quoi.info, s’interroge sur la présence systématique du drapeau européen lors des allocutions du Président français en visite à l’étranger. On y apprend qu’il s’agit là d’une coutume essentiellement française et peu suivie par les dirigeants des autres Etats européens.

Les obligations de publicité pour les projets financés par l’UE

A côté de la question du drapeau, il faut cependant noter que la seule obligation de « publicité européenne » est posée par les conditions d’accès aux subventions communautaires (FEDER et FSE).

Pour les projets de plus de 500 000 euros, la personne publique a l’obligation d’apposer un panneau aux couleurs de l’Union européenne durant toute la durée des travaux. Ce panneau doit ensuite être remplacé par une plaque permanente.

En cas de non-respect de cette obligation, la personne publique s’expose à une amende.

 

Merci d’avance à tous ceux qui publient/relaient mes articles. Merci cependant de sélectionner un extrait et de mettre le lien vers l’article original! Magali

 

(1)    Le drapeau français avait été installé par Jean-Louis Debré fin 2006.

 
 
 
 

12 Commentaires

  1.  Les mairies sont-elles tenues d'afficher le dra...

  2. La seule obligation de pavoiser le drapeau européen a été prise en 2013 pour les collèges uniquement ????

    Code de l’éducation : Article L111-1-1
    Créé par LOI n°2013-595 du 8 juillet 2013 – art. 3

    La devise de la République, le drapeau tricolore et le drapeau européen sont apposés sur la façade des écoles et des établissements d’enseignement du second degré publics et privés sous contrat. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 est affichée de manière visible dans les locaux des mêmes écoles et établissements.

    Rien pour les établissements primaires ou universitaires ????
    Quelle cohérence !

     
    •  Magali Pernin 

      Bonsoir,
      Je viens de prendre connaissance de votre commentaire et je vous remercie.
      Je n’avais pas connaissance de cette disposition.
      Celle-ci a été intégrée par les parlementaires lors de l’approbation de la loi sur la refondation de l’école de la République.

      Les sénateurs avaient voté l’ajout de l’article suivant : « Art. L. 111-1-1. – La devise de la République et le drapeau tricolore sont apposés sur la façade des écoles et des établissements d’enseignement du second degré publics et privés sous contrat. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 est affichée de manière visible dans les locaux des mêmes écoles et établissements. »

      Lors de l’examen en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, les députés ont ajouté la mention au drapeau européen.

      En seconde lecture au Sénat, Bruno Gilles avait déposé un amendement visant à la suppression de cette mention. Voici ses propos : « Afficher le drapeau européen au fronton de nos écoles ne se justifie pas encore aujourd’hui. La citoyenneté européenne n’a pas les mêmes implications puisque l’Europe ne constitue ni un État, ni un peuple, ni une nation. En fait, cette citoyenneté est en devenir. La juxtaposition du drapeau français et du drapeau européen risquerait donc de provoquer une ambiguïté chez nos jeunes élèves et de brouiller ainsi leur esprit sur la citoyenneté dans notre République. »
      Son amendement avait été rejeté.

      Source : http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/refondation_ecole_Republique.asp

       

       
  3. Pingback: Pourquoi faut-il faire tomber les drapeaux de l’Union Européenne | Vu sur les sites

  4. 13 décembre 2014 at 16:46Le sentiment d’appartenance.

  5. Lundi 1er décembre 2014, l’institut de sondage IPSOS publie un sondage explosif sur le sentiment d’appartenance.

  6. Question posée par IPSOS :

    « Avez-vous le sentiment d’être avant tout :

    français : 49 % des personnes interrogées
    citoyen du monde : 22 % des personnes interrogées
    habitant de votre région : 15 % des personnes interrogées
    européen : 14 % des personnes interrogées »

    Vous avez bien lu : le sentiment d’être européen arrive en toute dernière position, avec seulement 14 % des personnes interrogées !

    Ce sondage montre que, 57 ans après la signature du traité de Rome, la construction européenne a complètement dégoûté les citoyens français. Il montre que le XXIe siècle verra la mort de l’Union européenne, et le retour aux indépendances nationales dans chacune des 28 nations de l’UE.

    En Europe, le XXIe siècle verra le retour des Etats-nations libres et souverains.

    L’idée européenne est une idée morte.

    http://www.ipsos.fr/decrypter-societe/2014-12-01-vivre-ensemble-entre-unite-et-diversites

     
  7. Bonjour,

    La circulaire 246 du 4 mai 1963 se réfère au drapeau du conseil de l’Europe et non au drapeau de l’UE, institution qui n’a commencé son existence qu’après le traité de Maastricht en 1992. L’UE a repris le drapeau du conseil de l’Europe en 1992 et le drapeau du conseil de l’Europe contient désormais un « C » au centre. La circulaire à laquelle l’on se réfère est désormais caduque puisqu’elle ne correspond plus à l’existant.

    En revanche, la circulaire 70-416 du 27 octobre 1970 qui indique que « toutes exhibitions sur la voie publique de symboles associés au drapeau national est de nature à compromettre la sûreté et la tranquillité publique » n’est pas caduque et le trouble à l’ordre public est parfaitement codifié par l’art 431-3 du code pénal.

    Le symbole européen qui pavoise sur les frontons des bâtiments publics n’est rien d’autre qu’un symbole politique de propagande.
    C’est en outre un symbole discriminatoire envers la majorité des citoyens (55%) qui a voté « NON » au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen de Giscard.
    C’est enfin un viol des art 2 et 3 de la constitution française

    Cordialement,

     
  8. Est-on obligé d’orner, nos plaques d’immatriculations de véhicules de ce machin à étoiles ?

     
  9. Bonjour,

    Il aurait fallu commencer par définir ce qu’est un drapeau: c’est le symbole matériel d’une personnalité morale, ici de droit public. C’est un nom figuré qui représente une personnalité juridique, comme le fait sa dénomination légale.

    C’est d’autre part un signe de possession, ou de souveraineté, placé sur les bâtiment, les bateaux, les véhicules, les terrains, etc., dont la propriété est revendiquée par la personnalité représentée par le drapeau. Mettre un drapeau, c’est marquer sa souveraineté, l’enlever, c’est la retirer. C’est affirmer que cette chose ou cette institution est sous sa juridiction, son emprise.

    Le fait que le drapeau de la République française soit le drapeau bleu-blanc-rouge est un article constitutionnel, et de nombreux textes mentionnent que son apposition doit être faite sur les édifices et les possessions publiques, sur tout ce qui est national: mairies, commissariat de police, gendarmeries, écoles publiques, ministères, ambassades, bases militaires, édifices, institutions et propriétés nationales,…

    Les mairies ont aussi, de façon légale, leurs armoiries particulières déclinées en sceau et en drapeau, qui sont leur nom figuré. Les bâtiments municipaux, les documents municipaux, les véhicules et les propriétés municipales sont souvent revêtus de ces marques de propriété et de pouvoir (de police, fiscal), on peut dire aussi de souveraineté. Les villes libres étaient celles à qui était reconnu, par une charte de franchise, le droit de s’ administrer, de se défendre, d’avoir un sceau, une caisse commune, de lever des impôts et une milice, de prendre des règlements, de juger et de condamner.

    Il est donc parfaitement légal et légitime que les mairies de France arborent conjointement le drapeau municipal et celui de la France, le leur et celui de la personne morale de droit public souveraine dont elles sont une possession.

    Venons en à l’Union européenne.

    On parle par erreur de drapeau européen: il s’agit à l’origine du drapeau du Conseil de l’Europe, adopté par la suite l’Union européenne, de façon semble-t-il officieuse.

    L’Union Européenne n’est pas véritablement une personne morale de droit public international équivalente à un État ou à une fédération d’État, c’est une association d’États liés par une charte ou plus exactement des traités internationaux. Du point de vue de sa nature, ce n’est pas du tout l’équivalant des USA mais de l’OMC, de l’UNESCO, de l’OTAN, de l’ONU, de la Croix rouge internationale, de l’Union postale, etc.. Ces drapeaux représentent en général un comité qui administre l’exécution de la charte de fondation de l’Organisation et de tous ses avenants.

    Apposer le drapeau de l’Union européenne sur des édifices publics est la même chose que si on apposait le drapeau de l’OMC ou de lOTAN au fronton des mairies, des écoles, des musées nationaux, des ministères, de la Chambre des députés.

    C’est affirmer que ces organisations internationales sont souveraines sur la France.

    Apposer le prétendu drapeau de l’Union européenne c’est faire comme si l’Union européenne était un État fédéral et la France une région de cet État (comme un canton suisse ou un État des USA). C’est le rêve de certains, mais c’est objectivement faux.

    Que dirait l’Éducation nationale, que diraient les enseignants et que diraient les parents d’élèves si un directeur d’école ou un principal de collège mettait un drapeau de l’OMC ou de l’OTAN à côté du drapeau français ?

     
     
  10.  lora says:

    Bonjour,
    Je recherche une information que vous avez peut-être de 2014 ou 2015 concernant Valls qui refuse à la demande d’un député, porte-parole d’un groupement ou association, que le drapeau Français soit en pavoisement sur tout des édifices publics en permanence, écoles, administrations, etccc afin de mettre en cohérence le pays avec son identité symbolisée par un Drapeau comme dans tout les pays du monde.
    Je l’ai vu sur le net, je ne le retrouve plus?
    peut-être avez-vous cette information?
    Merci, bien cordialement,
    Lora

  11. Pingback: OUI nous avons moyen de leur imposer un référendum sur la sortie de la France de l’Union Européenne!!! – Les moutons enragés

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BHL , l'ombre de la mort.

6 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Terrorisme, #l, #La France, #Daesch, #La Yougoslavie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Europe supranationale

mercredi 5 octobre 2016

BHL , l'ombre de la mort

 

Le 29 septembre 2016 , à l'occasion des commémorations du 75ème anniversaire du massacre de 34 000 juifs à Babi Yar  , mimolette 1er (alias l'occupant de l'Elysée) , n'a rien de trouver de mieux que d'envoyer Bernard-Henry Levy comme représentant officiel source
Ce philosophe auto-proclamé , a derrière lui , une longue carrière de fauteurs de guerre et de complicités de meurtres. Pourquoi avoir choisi  une personne qui ne représente que son nombril , et quelques groupies , du genre adolescentes attardées ?

                                                             La Bosnie

En Bosnie , Bothul , pour les intimes , soutient les Bosniaque et son douteux président Alija Izetbegovic source
Une photo de BHL datant de janvier 1993 avec le président Bosniaque :

Voir aussi , ce reportage , prouvant l'implication des USA dans la guerre de Bosnie , et la complicité , au moins passive du président Bosniaque de l'époque. Allo BHL , pourquoi tu tousses ???

Toute ressemblance avec ce qui se passe en Syrie depuis 2011 n'est pas fortuit !
Il ne faut non plus oublier que notre inestimable "philosophe" a fait aussi du trafic d'arme pour la Bosnie ! source

Bien entendu , ce trafiquant d'arme , n'a jamais été inquiété par la justice , qu'elle soit internationale ou Française !

La libye

En février 2011 , lorsque débute les premiers troubles en Libye , suite aux révolutions colorées , dénommés "printemps Arabes" , nous retrouvons BHL dans le rôle de ministre de la guerre et des affaires étrangères officieux de la France. Ce va en guerre narcissique , surtout avec le sang des autres , impose sa vison des choses à Sarko l'Américain , pour attaquer la Libye source
Résultats des courses , des morts à foison , un pays ruiner , détruit et en proie à la guerre civile à cause de ce visionnaire maléfique , sans oublier le nabot Sarko et Cameron , le 1er ministre Anglais ! En prime , il ne faut s'imaginer que ces gens-là ont agi avec philanthropie , ou par humanité. Ces mots-là n'existent pas réellement chez eux , sauf pour les journaux télévisés ! source ici et l'exellent dossier dans le blog lescrises
Non seulement il n'a pas honte de son action contre la Libye et son peuple , mais il en est même fier ce raté intégral.

Et dire que ce fou dangereux souhaite la même chose pour la Syrie !

Proprement hallucinant !
Heureusement , il reste encore quelques personnes lucides en France pour remettre à sa juste place ce philosophe de pacotille

Le mythomane en "action". Pathétique et pitoyable...
 

Pour approfondir ces connaissances sur la Libye de Kadhafi loin de la doxa des médias de masse.

L'Ukraine
Début 2014 , nous retrouvons cet oiseau de mauvaise augure , à Kiev en Ukraine , pendant la pseudo révolution de la dignité. Fidèle à lui-même et sa dialectique nauséabonde , nanard nous sort le grand jeu devant un parterre de...néonazis ! Ce vautour assoiffé de sang , telle une hyène rodant autour d'un cadavre encore chaud , il va se lancer dans un discours enflammé contre la Russie et Poutine. Heureusement qu'il n'est pas à l'Elysée , car ce doux-dingue aurait envoyé la jeunesse Française mourir sur le nouveau front de l'est !L'Europe c'est la paix , mais je ne sais pas pourquoi , mais quand j'entends cet histrion , je ne lis ou entend que de l'invective , de la haine et des lendemains douloureux pour les peuples qu'il "soutient" ! source , ici et

Car malheureusement , c'est bien ce qui s'est passé : l'Ukraine et le peuple Ukrainien sont en train de devenir une base avancée de l'OTAN dans le but de rapprocher encore un peu plus ses troupes vers les frontières de la Russie. De plus , le peuple Ukrainien est aux mains d'oligarques qui ruinent littéralement leur pays pour satisfaire aux exigences de leurs parrains US et de l'UE contre les financements versé entre autres par le FMI. L'esclavage par la dette , voilà le résultat de cette révolution colorée , made in USA/Soros ! Comme si ça ne suffisait pas , le dirigeant de la junte putschiste de Kiev à lancer une guerre dans le Donbass contre la population russophone qui ne voulait pas de cette pseudo révolution , ni des néonazis de pravy sector source , ici Du bon boulot comme à chaque fois avec cette éminence grise !
Voilà le résultat dans le Donbass ! Merci Bernard !

Ici en photo avec Porochenko , l'oligarque de la junte de Kiev qui massacre des civils avec son armée et les bataillons punitifs composé de néonazi et nostalgique de Stepan Bandera dans le Donbass
 
De quels droits , et/ou avec quelle légitimité , ce philosophe autoproclamé se permet-il d'ouvrir son clape-merde sur des sujets aussi graves ?
Est-ce un écrivain de talent à la renommée internationale ? 
Un philosophe émérite ?
Un acteur talentueux ? ( quoi que , à voir ce bouffon se donner en spectacle , il ait possible qu'il est louper une grande carrière ! )
etc etc source ( non exhaustive )
Finalement , j'utilise cet amateur de tarte à crème comme une boussole : quand je ne connais pas un sujet , je vais voir ce qu'en dit Bernard , et je sais qu'il faut que je pense exactement l'inverse de sa diatribe vomitive du moment. Finalement , il n'est pas totalement inutile...mais très dangereux pour les peuples qui aspirent à vivre libre et loin de ses délires hallucinogènes source 
Sébastien Hairon volontaire bénévole à Donetsk
 
                                                  
 
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Le général Piquemal radié des cadres de l’armée.

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'armée française, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Le fascisme, #l'immigration, #l'islamisme, #Terrorisme

Le général Piquemal radié des cadres de l’armée.

  • Par lefigaro.fr
  • Publié le 05/10/2016.

Le général Piquemal radié des cadres de l’armée.

- La justice a reproché à l'ancien parachutiste d'avoir organisé une manifestation non autorisée contre la politique migratoire à Calais le 6 février dernier. Le port de son uniforme lui est désormais interdit.

Le général de corps d'armée Christian Piquemal, qui avait participé à une manifestation non autorisée contre la politique migratoire à Calais le 6 février dernier, est, selon nos informations, radié des cadres. Cette mesure disciplinaire très forte intervient comme une surprise, cinq mois après sa comparution devant le tribunal de Boulogne-sur-mer, d'autant que l'institution judiciaire l'avait finalement relaxé le 26 mai.

Le général de 2e section, à la retraite depuis seize ans, ancien parachutiste et commandant de la Légion étrangère (de 1994 à 1999), était poursuivi pour «organisation d'une manifestation non autorisée» et «participation à un attroupement qui ne s'est pas dissous après sommation». Depuis sa relaxe, le général Piquemal s'estimait «totalement blanchi», le Parquet n'ayant pas fait appel de ce jugement. Mais sur le plan administratif, une procédure disciplinaire, lancée en mars par le ministre de la Défense, vient d'aboutir à sa radiation des cadres, le devoir de réserve du militaire étant au cœur du dossier. Le général, qui l'a seulement appris mi-septembre par un courrier recommandé, avait été entendu le 14 juin par le Conseil Supérieur de l'Armée de Terre (CSAT), siégeant disciplinairement à l'Hôtel des Invalides à Paris. L'instance avait transmis son avis consultatif - non communiqué au général ni à ses deux avocats - au ministère de la Défense, et la radiation avait ensuite été prise par un décret du 23 août signé par le président de la République, le premier ministre et le ministre de la Défense.

«Le plus inacceptable pour moi, c'est d'être mis au ban de cette manière»

«Profondément indigné par cette décision injuste et injustifiée, excessive et disproportionnée», réagit-il. Le général quatre étoiles entreprend aujourd'hui une procédure de recours devant le Conseil d'État, confie-t-il au Figaro, «avant d'aller devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), si besoin». «Cette sanction est un hiatus, une anomalie grave, en totale contradiction avec ma relaxe, se scandalise-t-il. C'est le désaveu du pouvoir judiciaire par le pouvoir administratif, cela bouleverse la hiérarchie des normes juridictionnelles, c'est tout simplement du jamais-vu!». Pour ce «serviteur de l'État respecté», «patriote et combattant d'élite», admiré par son entourage, la sanction a des conséquences particulièrement «humiliantes» et «vexatoires», admet le général d'une voix blanche. Si son grade ne peut lui être retiré, le port de son uniforme lui est en revanche interdit, tout comme sa carte d'identité militaire d'officier général - en principe accordée à vie. C'est l'atteinte à ces symboles forts et ce retour forcé au statut civil qui lui «font le plus mal», plus que les autres attributs, notamment financiers, liés à son statut. «Le plus inacceptable pour moi, c'est d'être mis au ban de cette manière après avoir donné quarante années au service de la France, d'être rayé comme ça et traité comme un paria». Le 6 février, à Calais, l'arrestation et la garde à vue d'une quarantaine d'heures de cet homme de 75 ans avait créé l'émoi. Aujourd'hui, une ligue de défense se constitue. Un comité de soutien et de réhabilitation du général Piquemal est en train de se monter, composé de civils et de militaires, selon nos informations, et présidé par le général (2e section) Antoine Martinez.

Pour beaucoup de ses soutiens, cette sanction disciplinaire n'est rien d'autre qu'«un règlement de compte politique», dit l'un d'eux. «Si l'administration estime que j'ai transgressé mon devoir de réserve (valable pour tout militaire, même à la retraite, NDLR) en usant de ma liberté d'expression, analyse le général, cela veut dire une chose: c'est que ma liberté d'expression ne peut être que celle de la pensée dominante. Et si elle n'est pas conforme à la bien-pensance politique, alors elle est sanctionnée. La vérité, c'est que mon cas sert d'instrument pour faire taire la Grande Muette, car les officiers généraux s'expriment aujourd'hui beaucoup plus qu'avant. Ils veulent faire de moi un exemple pour imposer le silence dans les rangs».

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« Le marché va massacrer la Deutsche Bank jusqu’à son renflouement !! » L’édito de Charles SANNAT

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #La France, #l'Allemagne, #AMERIQUE, #La mondialisation

« Le marché va massacrer la Deutsche Bank jusqu’à son renflouement !! » L’édito de Charles SANNAT

« Le marché va massacrer la Deutsche Bank jusqu’à son renflouement !! » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Le problème avec l’odeur du sang c’est qu’elle attire les requins, les charognards et, de façon générale, tous ceux qui ne sont pas forcément pétris de bonnes attentions.

Le sang appelle le sang et cette réalité animale est également vraie sur les marchés financiers. Aujourd’hui, la dépouille à achever avant dépeçage c’est évidemment la Deutsche Bank.

Vous pourrez voir dans cet article qui est une traduction un terrible graphique qui montre peu ou prou où se trouve la Deutsche Bank aujourd’hui comparée à la situation de la « feue » Lehman Brothers… Autant dire que la ressemblance fait froid dans le dos.

Le marché continuera de pousser DB à la baisse jusqu’à son renflouement (Gundlach)

Comparaison Deutsche Bank / Lehman

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, la Deutsche Bank était quelque peu sortie des radars médiatiques en raison des soucis rencontrés par sa concurrente, Commerzbank, qui a fini par confirmer la rumeur d’un plan de licenciement portant sur près de 10 000 postes, soit 20 % de ses effectifs, et la suspension de ses dividendes. Mais le répit fut de courte durée pour DB, qui commence à voir certains de ses clients « hedge funds » retirer leurs billes… Le risque d’assister à un nouveau « Lehman » est plus que jamais d’actualité.

Un plan de sauvetage se profile-t-il ? Peut-être. Dans cet article de Zero Hedge, on apprend que Jeffrey Gundlach se méfie comme de la peste de la Deutsche Bank, un dossier devenu « trop binaire » :

« Les marchés sont paralysés alors que les investisseurs atterrés se rappellent au bon souvenir de la crise de 2008 à cause de Deutsche Bank, un établissement financier dont la taille représente la moitié de son pays d’origine, qui semble être au bord du précipice et qu’Angela Merkel refuse d’aider avant les prochaines élections allemandes. Que faire, faut-il acheter comme ils l’ont toujours fait durant ces 7 dernières années, ou vaut-il mieux attendre plus de clarté de la part des « renfloueurs-en-chef » avant d’allouer du capital à une nouvelle transaction risquée, qui pourrait bien devenir un nouveau Lehman ? Jeffrey Gundlach n’a pas arrangé les choses lorsqu’il a déclaré à Reuters que la prudence doit être de mise avec les titres de la Deutsche Bank vu qu’un plan de sauvetage gouvernemental n’est pas une impossibilité.

« Je préfère m’en tenir éloigné. C’est impossible à analyser, » a déclaré Gundlach à propos des titres Deutsche Bank et de sa dette. « C’est trop binaire.

Pour ceux qui parient contre l’action Deutsche Bank, leur tentative pourrait être futile, à moins de couvrir leurs positions short (courtes) juste avant le plus bas à venir, une stratégie que le marché cherchera activement à mettre en œuvre.

« Le marché va pousser à la baisse Deutsche Bank jusqu’à ce que les promesses de support soit faites. En cas de besoin, ils recevront de l’aide. » Et que se passera-t-il ensuite ? « Un jour, le titre Deutsche Bank bondira de 40 %, ce sera le jour du plan de sauvetage du gouvernement. Cette hausse pourrait avoir lieu en l’espace d’une minute, » a déclaré Gundlach. « Il s’agit d’un événement totalement imprévisible. »

À moins que le gouvernement décide de ne pas renflouer DB, comme l’a déclaré Merkel. Ce faisant, elle perd toute marge de manœuvre, pour des conséquences qui ne pourront être que néfastes. (…) »

La Deutsche Bank peut-elle être renflouée et les clients ruinés ?

C’est la seule question à mon sens qui vaille et je pense que la réponse sera affirmative, car oui… il y aura sauvetage et on le sait depuis des années et les marchés vont désormais achever la « bête ». Quels seront donc le contour du sauvetage ? That is the question !!

Non la Deustche Bank ne fera pas faillite, mais oui, ses actionnaires et ses clients seront mis à contribution et Angela Merkel risque de faire un exemple européen de la rigueur allemande dans la gestion d’une faillite bancaire « contrôlée » d’une banque systémique.

La probabilité pour que le gouvernement allemand, avec ou sans la BCE, sauve la banque en perdition contre la ruine des actionnaires, des porteurs obligataires et des clients dans la limite des 100 000 euros est à mon sens très forte.

Même si les banques sont encore sauvées, elles ne le seront pas exactement de la même manière que lors de la crise précédente et tous les mécanismes juridiques et techniques ont été prévus dans les législations européennes.

Normalement, c’est l’Italie qui aurait dû ouvrir le bal avec ses banques. Mais Renzi n’a pas voulu ruiner la totalité de ses citoyens avant le referendum qu’il a lancé pour le mois de novembre me semble-t-il. L’Italie n’a donc pas appliqué les dernières lois sur les « faillites » bancaires, ce qui a déclenché un fort courroux outre-Rhin, calmé par une promesse probable d’activation… après le vote !

Plus que jamais vous devez vous demander si votre banque est solide, car sur ce registre, toutes ne se valent pas et il y a de réelles différences entre elles. C’est pour cette raison que juste avant l’été j’avais consacré beaucoup de temps à étudier le bilan et la situation des banques françaises afin de savoir où mettre son argent et comment choisir la banque la plus sûre. Pour en savoir plus, c’est ici.

Sinon, sachez que tous ceux qui s’abonnent à la lettre STRATÉGIES ont également accès d’office et en cadeau aussi bien au Guide spécial placements 2016 qu’au dossier spécial « comment choisir la banque la plus sûre ? ». Plus de renseignements ici.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

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Les Déclarations de Prague du 3 juin 2008 et du Parlement Européen du 23 septembre 2008 et leurs conséquences

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #le nazisme, #La Russie, #Ukraine

Les Déclarations de Prague du 3 juin 2008

et du Parlement Européen du 23 septembre 2008

et leurs conséquences

PARTIE 1/2

Didier BERTIN -09 Mai 2011

SOCIETY FOR THE PROMOTION OF THE EUROPEAN HUMAN RIGHTS MODEL

Le contenu des Déclarations de Prague du 3 juin 2008 et du Parlement Européen du 23 septembre 2008, qui devait faire le bilan des souffrances vécues par les peuples sous les régimes communistes a finalement pris une tournure critiquable en répondant à une demande idéologique et partisane de la droite.

Depuis plus de deux ans nous avons pu constater des évolutions délétères que ces déclarations pourraient légitimer ou encourager.

Les partis de progrès doivent selon nous faire leur propre déclaration dans un cadre strictement éthique qui mentionne les aspects critiquables des régimes communistes en ne faisant aucun amalgame propagandiste et sans références historiques tronquées contrairement aux Déclarations de Prague et du Parlement Européen. Dans une seconde étape un texte sera proposé pour une nouvelle déclaration.

I-La déclaration de Prague du 3 Juin 2008

La déclaration de Prague du 3 Juin aurait dû être consacrée aux erreurs et crimes des régimes communistes des Pays européens mais a malheureusement été bien au-delà de cette mission en se livrant à une regrettable révision historique motivée par des convictions politiques dont les conséquences pourraient être regrettables.

Les lettres d’encouragement de Margaret Thatcher, de Nicolas Sarkozy, et de Zbigniew Brzezinski, partisan de l’hégémonie américaine par immixtion dans les affaires européennes, laissaient prévoir l’orientation de la déclaration de Prague et du processus qui en a résulté.

Les considérations historiques de référence qui n’étaient ni nécessaires ni justifiées ont ébranlé l’éthique européenne lorsque le Parlement européen a crû devoir faire une autre déclaration dans l’esprit de celle de Prague. L’éthique européenne avait été difficile à bâtir sur une union initiale de pays précédemment en conflit majeur.

Par son contenu, la déclaration de Prague perd le fil du bilan critique des graves erreurs, voire des crimes des régimes communistes pour devenir une déclaration politique de droite visant uniquement à porter au plus haut niveau de l’horreur les erreurs des régimes communiste.

A cette fin la Déclaration de Prague a introduit un risque de révision hâtive de la gravité des crimes du Nazis qui y ont été considérés de façon grossière comme équivalents à ceux du communisme. Il était pourtant clair et évident que les crimes Nazis représentaient le point culminant de l’horreur comme cela a été déterminé par le procès de Nuremberg et par l’ensemble des très longues procédures et investigations qui continuent encore aujourd’hui. Le procès d’un criminel de guerre doit s’est ouvert le 5 Mai à Budapest.

Cette révision indirecte des crimes Nazis n’a pu être faite que pour créer un « effet » symbolisant la forte désapprobation du communisme par les signataires de la déclaration de Prague et leurs partisans.

Il est devenu malheureusement banal de qualifier ce que l’on hait de Nazisme pour marquer l’horreur que l’on éprouve, mais cette triviale facilité de langage devient outrageante pour les victimes du Nazisme lorsqu’elle est reprise par des institutions dans des déclarations officielles.

Cette forme d’expression reprise par des institutions à la frontière du révisionnisme ou du négationnisme est contreproductive pour les détracteurs des régimes communistes. Tout se passe comme si l’on manquait d’arguments propres à la critique des régimes communistes et qu’il était nécessaire de se référer aux crimes d’un autre régime pour les qualifier. Or les régimes communistes ont engendré suffisamment d’erreurs et de crimes pour être critiqués pour ce qu’ils sont.

Cette référence donne à l’analyse des erreurs des régimes communistes une allure propagandiste au détriment des victimes des crimes du Nazisme.

Ce qui trahit la trivialité de l’analyse de la déclaration de Prague est la volonté de vouloir déclarer les crimes des régimes communistes comme équivalents à ceux des crimes Nazis alors qu’ils ne peuvent l’être par leur cadre géographique et historique, leurs faits générateurs, leurs objectifs, leurs idéologies sous-jacentes, leurs natures et les motivations de leurs instigateurs. Nous reviendrons sur cette inutile comparaison dans le paragraphe Nazisme et communisme.

Toutefois compte tenu des convictions politiques des initiateurs de la déclaration et de leurs partisans, cette simplicité d’analyse n’est pas innocente et est dangereuse par ses conséquences.

II –LES DANGEREUSES CONSEQUENCES DE LA DECLARATION DE PRAGUE

1- L’Union Européenne et la Commission Européenne

Les déclarations de Prague et du Parlement Européen ont semble-t-il déjà des effets sur les institutions européennes. Le Nazisme est perçu à présent comme un régime totalitaire parmi d’autres et est donc banalisé, en perdant de vue plus d’un demi siècle de procédures et d’investigations qui l’on consacrait comme le paroxysme de l’horreur (voir annexes 1, 2, 3, 4 et 6).

Il semble que la Commission Européenne ait à cet égard des pouvoirs restreints ou qu’elle restreigne elle-même, quant aux initiatives des Etats-membres, même si elles ne vont pas dans le sens de ce que souhaite l’Union Européenne (voir annexes 1,2 et 3). Cela est d’autant plus regrettable qu’il existe une Charte des Droits fondamentaux riche de sens mais dont l’application reste de facto à la libre initiative des Etat membres malgré les bonnes intentions du traité de Lisbonne de 2009.

En effet le Royaume Uni et la Pologne ont privé leurs citoyens du bénéfice de la Charte des Droits fondamentaux parce qu’ils l’ont demandé et que l’Union Européenne l’a accepté paradoxalement dans le cadre même du traité de Lisbonne qui avait notamment pour but d’en renforcer l’application.

2-Le Parlement Européen

De la même façon le parlement européen dans sa déclaration du 23 Septembre 2008 a refait les mêmes erreurs et raccourcis que ceux contenus dans la déclaration de Prague.

Cette déclaration de toutes façons n’engage pas légalement les pays de l’Union Européenne compte tenu des pouvoirs limités du Parlement Européen, mais reste regrettable a l’égard des pays étrangers et de leurs citoyens qui ne connaissent pas les mécanismes de fonctionnement des institutions européennes.

Aujourd’hui, le véritable Parlement Européen est l’ensemble des Parlements Nationaux et les électeurs européens ne s’y trompent pas. En effet, la déclaration du parlement Européen a simplement été transmise aux Présidents des Parlements Nationaux à titre d’information.

3- Nazisme et Communisme en bref

La déclaration de Prague mêle communisme et sa version pervertie « le Stalinisme » et omet la part de responsabilité de l’Europe due à l’offensive et à l’ostracisme dont ont été victimes les pays révolutionnaires de la part des Etats hautement conservateurs.

Cette agressivité a donné naissance à l’esprit de conquête du Premier Empire en France puis à celui de l’URSS. De plus, le concept certainement critiquable de dictature du prolétariat, sensé représentée le pouvoir donné au peuple démuni est insidieusement confondu avec celui de dictature d’un seul homme comme dans les dictatures Nazies, fascistes ou Staliniennes, en jouant sur le mot de dictature.

Après une longue période de mutisme des survivants des camps due à l’incompréhension environnante, les nombreuses procédures et les longues investigations ont permis de faire connaître de tous la réalité du Nazisme. Mais le mutisme ne recommencera pas pour valoriser les souffrances mêmes légitimes des peuples des pays de l’Est au détriment de celles des autres.

  • Le Nazisme a été le produit du racisme européen ambiant à l’époque de sa création, puisqu’il a été notamment inspiré d’ouvrages d’idéologues français et d’un anglais. Il a développé les notions de sous-hommes, de surhommes et d’espace vital pour ces derniers. Il était fondé sur la consécration au plus haut niveau de l’identité du peuple germanique.

  • Nous sommes donc loin du Communisme et de sa volonté de redonner le pouvoir aux travailleurs de toutes nationalités pour améliorer leur sort.

  • Le fondateur du Nazisme a développé l’antisémitisme à outrance mais celui-ci faisait déjà partie des traditions européennes et en particulier à l’Est.

  • Le Communisme a au contraire permis de réduire l’antisémitisme violent et de masse dans les pays de l’Est par rapport à ce qu’il était auparavant et à ce qu’il tend à redevenir.

  • Le culte de la mort et l’extermination étaient inscrits dans « Mein Kampf » en ce qui concerne les personnes en mauvaises santé et les Juifs et cela avant la conférence de Wannsee ; son auteur était persuadé qu’il était en accord avec les desseins du Seigneur et de la Nature.

  • Le Communisme ne comporte pas de telles valeurs conceptuelles.

  • Le Stalinisme qui est une version pervertie du Communisme a entrainé la mort et l’exil et l’incarcération d’un très grand nombre de personnes

  • Le Nazisme a mis au point l’industrialisation et la commercialisation, par la fourniture de services aux grandes entreprises allemandes, de l’extermination. Les méthodes de gestion et les équipements les plus performants pour l’époque ont été mis au service d’une industrie de la mort à haute productivité. L’exploitation des cadavres de Juifs en tant que matières premières pour l’industrie de fabrication d’objet de consommation a aussi été tentée.

  • Le Communisme n’a pas mené une politique industrielle et commerciale de la mort.

  • Les Nazis et leurs alliés ont déclenché un conflit mondial au cours duquel 65 millions de personnes on été tuées dont 21 millions de citoyens Soviétiques (voir annexe 6) et 63% de la population juive Européenne.

  • Le communisme n’a pas engendré une telle hécatombe. Voir annexe 4et 5

Il est t tout à fait regrettable qu’il soit nécessaire d’avoir à rappeler des choses aussi évidentes mais les signataires de la Déclaration de Prague ou du Parlement Européen n’en ont pas tenu compte.

Le Nazisme est bien le comble de l’Horreur et doit le rester à titre de référence et il n’est pas un totalitarisme comme les autre ainsi qu’on voudrait en imposer l’idée dans l’Union Européenne.

4-La Shoah et le déni de facto de la Shoah

La mise en équivalence du Communisme et du Nazisme par les déclarations de Prague et du parlement Européen a probablement pu encourager sur la base de ce même principe d’égalisation et de banalisation, certains pays de l’Est à prétendre qu’ils avaient été victimes d’un Génocide équivalent à la Shoah.

Dans certains cas cette auto-persuasion a été jusqu’au point de faire passer la Shoah au second plan et même de tenter de l’exclure de l’Histoire. La Shoah a pourtant été réalisée à 91% parmi les populations des pays de l’Est et ces pays en ont été les principaux témoins. Voir annexe 4.

  • Avec l’extermination de 6 000 000 de juifs, la Shoah a été le massacre de 63% des juifs européens (voir annexes 4 et 5) et aucun autre génocide ne lui est comparable par cette ampleur.

  • La population d’aucun pays de l’Est n’a été détruite à près des deux tiers.

  • Le pays de l’Est qui a sans doute perdu le plus grand nombre de personnes au cours de la deuxième guerre mondiale, a été l’URSS avec 21 millions de morts sur 170 millions d’habitants soit 12.4% de sa population.

La prétendue existence d’un Génocide dans les pays de l’Est équivalent à la Shoah pourrait avoir parmi d’autres, des motivations antisémites très enracinées dans ces pays malgré la presque disparitions des populations juives locales.

Nous devons aussi rappeler que la Shoah n’a été que la phase paroxystique d’un l’antisémitisme européen bimillénaire

Cette phase paroxystique d’un continuum européen, a abouti à la nécessaire création d’un refuge pour les juifs au Moyen Orient et à ce titre l’Europe a une responsabilité directe dans le conflit du Moyen-Orient aujourd’hui.

La mise en cause de l’ampleur comparée de la Shoah risque d’amplifier le conflit au moyen orient en renforçant pour les autorités israéliennes le nécessaire rôle de refuge que représente l’Etat d’Israël; l’attitude européenne issue des déclarations de Prague et du Parlement Européen pourrait disqualifier l’Union européenne dans le processus de paix au moyen orient.

Des pays de l’Est comme la Lituanie et la Hongrie peuvent trouver dans les Déclarations de Prague et du Parlement Européen un soutien dans leur prétention à avoir été victimes d’un génocide équivalent à la Shoah et à développer le concept de double-Génocide.

L’unicité de la Shoah ne se prête par son ampleur en proportion de la population juive d’Europe, à aucune équivoque.

La seule notion de double génocide qui apparaît est celle de la disparition de la mémoire après celles des êtres.

La prétendue existence d’un autre Génocide équivalent à la Shoah pourrait constituer un crime de déni de la Shoah « en tant que telle ».

5-La possible incitation à l’intolérance issue des déclarations de Prague et du Parlement

Européen dans les Pays européens de l’Est :

Lituanie

  • La Shoah a été exclue du Musée National du génocide de Lituanie et du Centre de recherche du Génocide qui lui est associé.

  • Le responsable des relations publiques du Centre de Recherche du Génocide subventionné par l’Etat lituanien est un dirigeant du Parti Néo Nazi, et l’organisateur des défilés Nazis dans Vilnius.

  • Ses déclarations sur Diena.lt sont clairement antisémites : « Les juifs jouent avec des allumettes sur un baril de poudre…, si le Gouvernement ne fait rien le peuple s’en chargera… ». Voir annexes 7, 8 et 9)

  • Un Nazisme de parade et vainqueur est de nouveau autorisé en Lituanie.

  • Ce Pays a légalisé la croix gammée en 2010 en tant que symbole national (Jugement de Klaipeda) sans aucune protestation européenne à notre connaissance sont rares. Voir annexe 7.

Hongrie

  • Alors que le gouvernement de Gauche avait en 2010 avait établi un texte de loi condamnant le déni de la Shoah, le nouveau gouvernement totalitaire de droite a au cours de la même année a supprimé le mot Shoah de ce texte pour mettre en valeur celui de Génocide qui se rapporte à celui prétendument perpétré par le régime communiste. (Voir annexe 10)

  • Le gouvernement de droite a pris des mesures totalitaires limitant la liberté d'expression et accroissant son contrôle sur les principales entités du pays.

  • La Commission Européenne reste silencieuse sur la situation en Hongrie, à notre connaissance, en contravention avec les conditions de base de la Charte des Droits de Fondamentaux. De plus la Honfrie a pu malgré ce comportement accédé à la présidence du Conseil de l’Union Européenne.

Il faut savoir que la Lituanie a un rôle influent et prépondérant sur les autres pays de l’Est en matière d’encouragement à la révision historique.

Hongrie - Lituanie et autres…

  • Depuis la chute du Communisme, les criminels de guerre de certains pays de l’Est ont pu revenir vivre leur retraite tranquillement dans leurs pays d’origine soit volontairement, soit chassés des Etats Unis lorsqu’ils ont été démasqués (Voir annexes 7 et 10).

Les déclarations de Prague et du parlement européen ne vont pas faciliter la guérison de l’antisémitisme résurgent dans les pays de l’Est qui est d’autant plus significatif que les populations juives de ces pays ont pratiquement disparues.

6-Support possible à la désinhibition de l’extrême droite en Europe comme en France ou sa

progression est substantielle.

Cette constatation est évidente et ne nécessite pas de commentaires.

7- Un Néo-Maccarthysme en Europe et le paupérisme dans les pays de l’Est de l’Union

Européenne

La déclaration de Prague accuse les Parti communistes de ne pouvoir évoluer et encourage les politiques de type Maccarthyste bannissant les Partis communistes et leurs partisans.

Cette vision de la vielle Amérique ne convient évidemment pas à l’Europe qui doit rester un espace de liberté. Des lois de type Maccarthyste bannissant le Communisme sont en vigueur dans la plupart des pays de l’Est membres de l’Union Européenne et cela en contradiction avec la Charte des Droits Fondamentaux.

Plus 20 ans après la chute du communisme, nous constatons un échec économique et social dans la majorité des pays de l’Est.

On peut considérer sept de ces 10 pays comme des pays émergents. Ces pays restent particulièrement pauvres, peu réactifs aux politiques antisociales et les services publics s’y dégradent.

La Pologne qui est le plus grand pays de l’Est de l’Union Européenne, a privé ses citoyens du bénéfice de la Charte des Droits Fondamentaux.

Ceci creuse de plus en plus la différence entre Pays de l’Est et Pays de l’Ouest contrairement à ce qui est prétendument souhaité dans la déclaration de Prague.

Le salaire brut minimal moyen en pour l’ensemble de la population des pays de l’Est de l’Union Européenne est en 2011 de 282.6 Euros (267.6 Euros, sans l’exceptionnelle petite Slovénie) et correspond à ceux de pays émergents. Le salaire brut minimum en Bulgarie et Roumanie en 2011est de 148.7 Euros en moyenne par mois, ce qui est très inférieur au salaire minimum au Brésil. Ces deux pays représentent 28% de la population des pays de l’Est de l’Union Européenne. Voir annexe 13.

8-La liberté de l’Europe reconquise grâce à l’URSS

La déclaration de Prague et celle du Parlement Européen ne laisse aucune place au fait que l’Europe doive sa liberté à l’URSS.

Sans ses 21 millions de morts dont 13 600 0000 soldats de l’Armée rouge, (voir annexe 6) au cours de la seconde guerre mondiale, l’Europe aurait difficilement pu être libérée du Nazisme.

L’armée rouge a perdu 9.4 fois plus de soldats que l’ensemble des armées alliées des autres pays, de l’ordre de 1 440 000.’(Voir annexe 6).

Sans l’intervention de l’URSS, les déclarations de Prague ou du Parlement Européen n’existeraient sans doute pas et il aurait été possible qu’après une guerre interminable les alliés aient eu à signer un armistice avec l’Allemagne.

L’espace vital allemand aurait alors englobé de nombreux pays et l’extermination du Peuple juif presque réussi en Europe, aurait pu être complètement achevée en limitant son existence à la communauté des Etats Unis.

9-YALTA

Le partage de l’Europe n’a pas été décidé par l’URSS et l’Allemagne mais par les dirigeants du Royaume Unis, des Etats Unis et de l’URSS réunis à Yalta : Winston Churchill, Franklin D. Roosevelt et Joseph Staline.

Dans un esprit fallacieux les Déclarations de Prague et du Parlement Européen lient le partage de l’Europe en différentes zones au Accords Ribbentrop –Molotov du 23 août 1939 et rompus le 22 juin 1941.

Selon les Déclarations du Prague et du Parlement européen, tout se passe comme si l’Allemagne Nazie avait gagné la Guerre en 1945 et avait divisé l’Europe avec l’URSS.

Nous sommes désolés d’avoir à rappeler des faits aussi évidents et connus de tous.

La référence au Pacte Germano-Soviétique est très significative de l’état d’esprit politique des signataires des déclarations de Prague et du Parlement européen.

10-Les relations entre l’Europe et la République Populaire de Chine

L’anticommunisme sans nuances qui se dégage de la déclaration de Prague pourrait finir par poser des problèmes diplomatiques et de tous ordres avec la Chine qui est pour le moment la seconde puissance économique mondiale avec ses 1 337 000 000 d’habitants soit 500 millions d’habitants de plus que les populations de l’Union Européenne et des Etats Unis réunis.

L’impression de la disparation du Communisme depuis la chute du bloc soviétique est fausse. Le communisme est l’idéologie de base de la Chine. Cette puissance mondiale s’est adaptée économiquement et de façon critiquable pour s’assurer une réussite sans commune mesure avec les médiocres performances de l’URSS. La Chine est aujourd’hui la deuxième puissance mondiale par la taille de son PNB d’environ 10 000 milliards de dollars.

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II-La déclaration du Parlement européen du 23 septembre 2008 et ses surprenants et

précaires signataires

1-LA DECLARATION

« Encore une fois le refus de mentionner les accords de Yalta donne une couleur partisane et foncièrement à droite, à cette déclaration »

Faisant suite à la recommandation de la déclaration de Prague, 409 députés de la sixième législature du Parlement européen sur 732 ont signé une déclaration inspirée par celle de Prague, à quelques mois de la fin de leur mandat.

Le mot Stalinisme qui semble plus approprié, a été souvent préféré au mot communisme mais se réfère in fine et de façon générique aux régimes communistes selon les termes du 3e paragraphe de cette déclaration.

La suite de la déclaration consiste en un tragique mélange entre communisme et Nazisme à l’image de la déclaration de Prague et encore une fois les accords Ribbentrop-Molotov sont mentionnés comme le fondement de la division de l’Europe comme si l’Allemagne avait gagné la guerre, en prenant soin d’ignorer ceux de Yalta, ce qui décrédibilise le Parlement Européen.

Le Parlement Européen se permet même de proposer un jour de commémoration pour les victimes du communisme, mais aussi pour celles du Nazisme et qui se réfère aux accords Ribbentrop-Molotov.

Les victimes du Nazisme sont utilisées malgré elles pour donner du poids à l’anticommunisme, alors que les communistes ont été des résistants exemplaires aux Nazis et que comme nous l’avions mentionné le Nazisme aurait pu être très difficilement défait sans l’armée rouge.

Le choix de la date de commémoration proposée est à notre avis du domaine de la provocation consciente, probablement pour l’extrême droite ou inconsciente, nous l’espérons pour les autres.

Les victimes du Nazisme deviennent dans cette déclaration une quantité négligeable alors que comme nous l’avions mentionné, la destruction de près des deux tiers du peuple juif européens, qui en est la principale victime, « en Europe et par des Européens », peut être considéré comme la simple phase paroxystique du continuum antisémite européen.

Les jours de commémoration qui servent l’intérêt des uns et rejettent celui de l’ensemble des autres ne peuvent provoquer qu’amertume et haine.

Parmi les victimes privilégiées du Nazisme on peut citer sans être exhaustif les juifs et les Tziganes si peu appréciés dans les pays de l’Est, les homosexuels, les personnes souffrantes de défaillance physique ou mentale (les souffreteux comme disait approximativement le fondateur du Nazisme), les francs-maçons, les Communistes, les Socialistes, les Soviétiques civiles et militaires, les résistants et les autres soldats alliés. Il n’est donc pas possible qu’un jour de commémoration exclut qui que soit par la définition des victimes ou par le choix du jour de commémoration et ne peut être déterminé sans l’accord de tous, sans risquer de prendre l’aspect d’un totalitarisme que l’on veut dénoncer par ailleurs.

Heureusement les déclarations du Parlement Européen n’engagent pas l’Union Européenne en raison de ses pouvoirs limités. Les déclarations du Parlement Européen sont transmises pour information, aux Présidents des Parlement Nationaux de l’Union Européenne dont l’ensemble forme pour le moment le véritable parlement Européen.

La création d’un véritable Parlement européen implique des réformes de fond concernant ses prérogatives, le mode de scrutin et la nature des représentants de sorte que le peuple européen ne s’abstienne plus dans sa grande majorité aux élections de ce parlement. Il n’est pas évident que les Etats membres désirent véritablement créer un authentique parlement européen qui leur ferait perdre une partie de leurs prérogatives.

2-ANALYSE CATEGORIELLE DES SIGNATAIRES DE LA DECLARATION DU

PARLEMENT EUROPEEN

Dans l’analyse qui va suivre nous avons mentionné par facilité de langage des noms de pays, il s’agit en réalité des députés européens de ces pays. Ces députés agissent selon leurs convictions personnelles et souvent sans discipline de groupe et ne représentent pas la position des autorités officielles de leurs pays.

Voir annexes 11et 12

2.1 - ALLEMAGNE – 99 députés - 23 Signataires

Le comportement des députés de ce pays ayant vécu dans un pays au cœur des expériences du Nazisme et du Communisme (RDA) a une signification fondamentale et constitue une référence qui aurait dû servir de guide aux autres députés.

Les députés européens allemands ont eu en connaissance de cause un comportement responsable:

  • 76 des 99 députes allemands n’ont pas signé la déclaration du 23 Septembre 2008.
  • 19 des 23 députes du SPD n’ont pas signé cette déclaration.
  • 11 des 13 députés Verts ne l’ont pas signé non plus.
  • Seuls 23 députés dont 17 de droite ont signé la déclaration.

2.2-LES PAYS DE L’EST – 204 DEPUTES SUR 732 ET 150 SIGNATAIRES

150 députés sur 204 soit 73.5% des députés des pays de l’Est ont évidemment signé cette déclaration, sans se soucier de son libellé qui va au-delà des crimes des régimes communistes, en reclassant les crimes du Nazisme.

Cette déclaration a mis en équivalence le communisme et le Nazisme et peut encourager les débordements déjà constatés dans les pays de l’Est.

Les députés des pays de l’Est avaient tout intérêt à signer cette déclaration sur une base « stratégique» et négligeant les références historiques.

Ils ont ont représenté 36.7% de l’ensemble des signataires. Toutefois on doit noter que 20 de ces 150 députes étaient des eurosceptiques et pour 75% d’entre eux, de nationalité polonaise. Les électeurs polonais ont tourné le dos à l’Europe en 2009 en s’abstenant de voter à 83%.

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« Éloge des frontières !! » L’édito de Charles SANNAT.

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La mondialisation, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #AMERIQUE, #Europe supranationale

« Éloge des frontières !! » L’édito de Charles SANNAT.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Les mondialistes ont peur… et c’est en soi une excellente nouvelle. Ils ont peur. Enfin !

Je vais donc vous livrer quelques réflexions autour de l’idée de frontière qui est devenue, au fil du temps, un gros mot que l’on n’a pas le droit de prononcer sans être immédiatement taxé de facho-nazi-mangeur-d’enfants ou de rappeler tout aussi vite à la bien-pensance « lézeuresléplusombredenotrehistoire ».

Le FMI sonne l’alarme contre la « menace » protectionniste

Voilà ce que vient de déclarer presque en panique notre Christine nationale qui représente les intérêts des grandes multinationales et du totalitarisme marchand le plus abject :

« De l’ascension de Donald Trump en passant par le Brexit, le protectionnisme a la cote sur le globe et donne des sueurs froides au FMI, qui y voit un péril majeur pour une économie planétaire en berne.

« Les pressions croissantes vers des mesures de repli constituent une menace exceptionnelle pour la croissance mondiale », résume le Fonds monétaire international dans ses nouvelles projections économiques publiées mardi. »

« Cette croissance morose, qui s’accompagne d’un chômage persistant, de salaires stagnants et d’inégalités croissantes, a désormais un coût, selon le FMI : elle nourrit un discours « accusant la mondialisation de tous les maux » et prônant le repli sur soi économique. »

La mondialisation est déflationniste… par nature !

Bossuet aimait à dire que « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » et la mondialisation en est un parfait exemple.

Nos faux naïfs de dirigeants déplorent la déflation actuelle et nous expliquent qu’il faut lutter contre elle, tout en sachant qu’elle est l’effet de cette mondialisation bâtie et construite sur un dumping social et fiscal sans précédent qui est déflationniste par définition.

La mondialisation actuelle ne vise pas la concurrence libre et non faussée mais vise bien à faire produire le plus possible par les moins-disants et les moins chers, tout en revendant de plus en plus cher aux consommateurs.

La mondialisation c’est le dumping fiscal, social, mais aussi environnemental. Nous transférons vers d’autres pays aux normes inexistantes nos industries polluantes plutôt que de payer le prix de la protection de notre environnement et de nos ressources.

Alors oui, cette mondialisation n’est ni heureuse, ni vertueuse, et rien ne nous oblige à l’accepter, à la supporter et encore moins à la soutenir sans pour autant plaider pour un retour au Moyen Âge !

La mondialisation est encore une fois comme bien souvent une idée protéiforme. La mondialisation a déjà existé à de multiples reprises dans l’histoire humaine avec ou sans frontière, avec ou sans mur entre les peuples !

Avant la Première Guerre mondiale, vous aviez l’Union latine, qui était une union monétaire avant l’heure ! Un euro d’avant l’euro, où de nombreux pays européens utilisaient les mêmes pièces d’or ayant la même taille et le même poids afin de faciliter les échanges ! À cette époque, il n’y avait strictement aucun problème de change car nous avions tous la même monnaie en or avec le même étalon et le même poids.

Cette union monétaire n’a pas empêché la guerre de 14-18 tout comme l’euro n’empêchera pas la probabilité de plus en plus forte de « guerres civiles » européennes.

Le monde entre les deux guerres est totalement mondialisé ; avec les colonies, les échanges sont nombreux, les barrières douanières faibles ou inexistantes, et la libre circulation des individus est une réalité.

L’Empire romain est un exemple de mondialisation… certes un peu forcé. Bref, il n’existe pas une forme unique et indiscutable de mondialisation, mais une multitude de choix possibles.

Refuser cette mondialisation-là, n’implique pas de devenir la Corée du Nord ! Rien n’est plus faux. Rien n’est plus réducteur et il s’agit, encore une fois, d’empêcher les gens de penser pour éviter d’avoir à aborder les véritables solutions alternatives. Oui un autre monde est possible, une autre mondialisation est envisageable et non les droits de douane, fussent-ils évoqués par un Trump, ne sont pas une sottise mais des outils de simple bon sens destinés justement à pallier des situations de dumping.

Or c’est le dumping qui est déflationniste puisqu’il vise à produire de moins en moins cher donc à faire baisser les salaires ! Des salaires qui baissent c’est moins de consommateurs solvables donc moins de croissance.

Logiquement, pour lutter contre la déflation, il faut lutter… contre la mondialisation. CQFD.

L’éloge des frontières !

Ce titre n’est pas de moi, c’est un ouvrage de Régis Debray, qui n’est pas à proprement parler un « lézeuresléplussombriste » ni un « fasciste ». Voici ce qu’il dit :

« La frontière n’est pas du tout la fermeture angoissante. La frontière est une marque de modestie. Je ne suis pas partout chez moi. Il y a une ligne au-delà de laquelle il y a d’autres personnes que je reconnais comme autres. »

Pour se définir soi-même, il faut accepter d’être différent dans le sens de ne pas être pareil ni identique aux autres. La frontière marque une limite, une souveraineté, un territoire, une histoire, et aussi… une protection.

Il n’y a rien de plus important pour un pays que ses frontières qui sont aussi ses limites géographiques. Un pays se définit par son espace.

Presque tout est frontière dans la vie. L’éducation d’un enfant vise à lui faire entendre et comprendre les frontières entre le bien et le mal, le possible et l’impossible. Toutes les limites posées, pensées ou réfléchies sont des frontières à franchir ou à ne pas franchir, jusqu’à votre porte d’entrée qui elle aussi est une frontière.

On dit même que la « frontière est ténue ». Bref. Rejeter l’idée de frontière est une absurdité de la « novlangue » et du politiquement correct qui ne vise qu’à l’abrutissement des masses.

Je remarque d’ailleurs que cela ne pense plus beaucoup dans ce pays, et que dès que quelqu’un pense, il est excommunié par ce système qui n’est au service, comme Madame Lagarde, que de ce totalitarisme marchand que nous devons combattre sans relâche et sans merci.

Nous ne risquons rien que du mieux et du bien avec des frontières. Ceux qui les redoutent sont ceux qui, aujourd’hui, se gavent sur des cadavres. Les mondialistes, les grandes multinationales, celles qui font de l’évasion fiscale à grande échelle, polluent en Inde, en Chine ou en Afrique, relâchent les produits polluants au large de la Somalie (d’où les piratages massifs, représailles de pêcheurs qui ne peuvent plus exploiter leurs réserves halieutiques), celles qui exploitent femmes et enfants au Bangladesh dans des usines cadenassées où par centaines les ouvriers meurent chaque année dans l’indifférence la plus totale.

Oui tous ces mondialistes sans foi ni loi, sans morale, ont tout à redouter du retour des frontières et de la chute de leurs bénéfices.

Enfin, à tous les idiots utiles d’extrême gauche qui, pétris de bons sentiments humanistes, pensent faire le bien, ils font en réalité le jeu des grandes multinationales en faisant là encore pression à la baisse sur les salaires d’ici sans que cela fasse augmenter les salaires de là-bas !

L’immigration est un outil aux mains d’une élite mondialisée et apatride qui se fiche comme d’une guigne du bonheur des peuples ou des gens, n’ayant d’autres ambitions que d’accumuler argent et pouvoir sur le dos des pauvres bougres.

Cette immigration incontrôlée ne peut qu’à terme faire le malheur des « déjà-là » et des « tout-juste-arrivés » et ce en dehors de toute considération de religion ou de couleur, car en économie tout est aussi question d’équilibres, toujours précaires.

Personne ne tire de bénéfices de tout cela, sauf encore une fois le « patronat » comme en Allemagne, qui peut désormais faire travailler les migrants pour… 80 euros par mois ! Oui, vous avez bien lu, 80 euros par mois. Voici de la belle exploitation, car derrière tous les sentiments humanistes dégoulinant utilisés uniquement pour fabriquer le consentement des populations, la réalité, c’est la mise en exploitation. C’est la raison pour laquelle jamais, jamais un grand communiste comme Georges Marchais n’a été favorable à l’immigration ou à la disparition des frontières, ce qui ferait aujourd’hui que Georges Marchais serait taxé de fascisme… ce qui ne manque pas de sel !

Mais ce qui est mauvais pour le totalitarisme marchand est excellent pour les peuples.

Comme Régis Debray, il est temps de proclamer haut et fort, cet « éloge aux frontières ».

Vive la France.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

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Les derniers propos de la mondialiste Lagarde ici AFP via Boursorama

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Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine.

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #l'immigration, #l'islamisme, #Terrorisme

Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine

Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine.

 

Dans deux de ses livres, Le choix de la Défaite : les élites françaises dans les années 1930 et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République 1938-1940 (Paris, Armand Colin, 2010 et 2008), Annie Lacroix-Riz, spécialiste d’histoire contemporaine et professeur à l’université Paris 7, a expliqué comment, dans les années trente, l’élite de la société française – politiciens, militaires de haut rang, industriels, banquiers, le haut clergé, etc. – a voulu et planifié l’ « étrange défaite » de 1940. C’est par le biais de cette trahison que l’élite put triompher de l’« ennemi intérieur » gauchiste, empêcher d’autres réformes politiques et surtout sociales comme celles introduites par le Front Populaire, et éliminer le système, trop démocratique à son goût, de la 3e République en faveur du régime autoritaire et collaborateur de Vichy. Ce régime choya tous les éléments de l’élite du pays, mais surtout le patronat, et tandis qu’il fut un paradis pour celui-ci, il fut un enfer pour les salariés, et pour le peuple français en général ; Annie Lacroix-Riz l’a bien démontré dans un autre ouvrage, Industriels et banquiers sous l’Occupation (Armand Colin, Paris, 2013). Or, dans une toute nouvelle étude, Les Élites françaises entre 1940 et 1944 (Armand Colin, Paris, 2016), l’historienne se penche sur un autre aspect de la saga de la couche supérieure de la société française des années trente et quarante : leur passage de la tutelle allemande à la tutelle américaine.

Les défaites subies par la Wehrmacht devant Moscou (fin 1941) et surtout Stalingrad (hiver 1942-1943) ainsi que l’entrée en guerre des États-Unis et le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (novembre 1942) firent comprendre à l’élite française que l’Allemagne perdrait la guerre et que l’inévitable victoire soviétique impliquerait fort probablement pour la France le triomphe de la Résistance, « majoritairement ouvrière et communiste », et par conséquent une épuration des collaborateurs et des changements révolutionnaires. Afin d’éviter un tel scénario, catastrophique pour eux-mêmes et pour leur ordre socio-économique, la majorité des politiciens, militaires, industriels, banquiers, et autres « gens très bien », responsables directement ou indirectement pour la trahison de 1940 et la politique collaboratrice, répressive et même meurtrière de Vichy, commencèrent à se dissocier discrètement de la tutelle allemande et à préparer un « avenir américain ». Ils espéraient que l’occupation allemande de la France serait suivie par une occupation américaine, ce qui éviterait des « désordres », mot de passe pour les changements révolutionnaires associés avec la Résistance; et dans le contexte d’une Pax Americana engendrée par une victoire américaine leurs péchés pro-nazis seraient pardonnés et oubliés, leur permettant de conserver les privilèges traditionnels et nouveaux dont ils avaient joui grâce à Vichy. Sous les auspices du nouveau tuteur américain, la France serait un « Vichy sans Vichy ».

Il était possible de rêver à tout cela parce que les leaders américains détestaient également l’idée que, après le départ des Allemands, les Résistants communistes et autres puissent prendre le pouvoir en France, y provoquer des « mutations [politiques et socio-économiques] profondes » et ouvrir la porte à l’influence soviétique. À Washington on n’avait rien contre le régime de Vichy, avec lequel on maintenait jusqu’en janvier 1943 de bonnes relations diplomatiques ; et les autorités étatsuniennes, Roosevelt en tête, espéraient longtemps que dans l’après-guerre Pétain ou un des autres dirigeants vichyssois pas trop souillés par leur germanophilie – comme Weygand ou Darlan – resterait au pouvoir en France, peut-être après un léger « replâtrage parlementaire » du système vichyssois. « L’avenir américain » fut préparé dans des négociations en Afrique du Nord, où les É.-U. avaient plusieurs consulats, en Espagne et en Suisse, où Berne fut le pied-à-terre de l’agent secret étatsunien Allen Dulles, qui y « veillait à l’avenir de la France » et de l’Europe en général.

Les Allemands étaient à la hauteur mais toléraient ces initiatives parce que l’élite du Reich préparait son propre « avenir américain », ce qui impliquait des industriels et banquiers allemands avec de bons contacts américains – y compris Dulles – et même des chefs de la SS/Gestapo. Afin de permettre à quelques-uns des plus fermes suppôts du nazisme au sein de de l’élite allemande, par exemple le banquier Hjalmar Schacht, de se poser en « résistants » quand le régime nazi s’écroulerait, on les enferma dans des camps de concentration comme Dachau, où ils étaient « entièrement séparés de la masse des détenus du camp proprement dit » et bien traités. De façon similaire, les autorités allemandes en France eurent la gentillesse d’arrêter de nombreux « collaborationnistes de premier plan » et de les « déporter » vers le Reich pour y attendre la fin de la guerre dans un confortable lieu de « détention d’honneur », par exemple des hôtels à Bad Godesberg et au Tyrol. Cette expérience devait servir de « brevet de ‘résistance’ » à ces personnages, leur permettant de poser en héros patriotiques à leur retour en France en 1945.

Tandis qu’à l’occasion du choix du tuteur allemand comme « protecteur des coffre-forts » en 1940, « un chef français compatible avec le guide allemand » se tenait déjà prêt dans les coulisses, à savoir Pétain, la sélection d’un chef français compatible avec le nouveau guide américain était nettement moins facile. Le tandem de l’élite française et les autorités américaines détestaient celui qui apparaît aujourd’hui comme un choix manifeste, à savoir Charles de Gaulle, le chef des « Français libres ». La raison ? Ils le regardaient comme un « fourrier du bolchevisme », « un simple tremplin vers le pouvoir des communistes ». Ce n’est que très tard, à savoir le 23 octobre 1944, donc plusieurs mois après le débarquement en Normandie et le début de la libération du pays, que de Gaulle fut reconnu officiellement par Washington comme chef du Gouvernement provisoire de la République française. La chose devint possible à cause de plusieurs facteurs. Primo, les Américains ont fini par se rendre compte que le peuple français ne tolérerait pas qu’après le départ des Allemands « le tout-Vichy [fût] maintenu en place ». Ils ont compris que, inversement, de Gaulle bénéficiait d’une grande popularité et du soutien d’un grande partie de la Résistance. Par conséquent, ils avaient besoin de lui pour « neutraliser les communistes au lendemain des hostilités ». Secundo, de Gaulle négocia auprès de Roosevelt afin d’adopter une politique « normale », ne menaçant aucunement « le statu-quo socio-économique » ; et il donna des gages en « repêchant » de nombreux collaborateurs vichyssois qui avaient été les favoris des Américains.  Tertio, le chef des « Français libres » avait pris ses distances avec l’Union Soviétique. C’est ainsi que le gaullisme s’est « respectabilisé » et que de Gaulle est devenu « un leader de la droite », acceptable à élite française aussi bien qu’aux Américains, les successeurs des Allemands dans le rôle de « protecteurs » des intérêts de cette élite. Or, du point de vue des nouveaux vrais maîtres de la France – et de la plupart du reste de l’Europe – il fut et resta une sorte de « rebelle » qui continua longtemps à leur causer des ennuis.

Les Élites françaises entre 1940 et 1944 est une étude surprenante, fascinante, rigoureusement et minutieusement documentée, comme les autres livres d’Annie Lacroix-Riz. De ceux-ci, il faut encore mentionner Aux origines du carcan européen (1900-1960) : La France sous influence allemande et américaine (Paris, Éditions Delga, 2014). On peut y apprendre comment, à la suite de la fin de la Seconde guerre mondiale, les États-Unis ont su consolider leur domination politique et économique de l’Europe occidentale par le biais de la création d’institutions européennes. Et ils l’ont fait en collaboration avec des élites françaises, allemandes et autres – y compris des collaborateurs vichyssois « recyclés » tels que Jean Monnet. Dans ce contexte aussi, leur ancien antagoniste, de Gaulle, leur a causé quelques ennuis.

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Belfort est préservé, mais Alstom a-t-il un avenir? Par Martine Orange

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Alstom, #Le grand banditisme

Belfort est préservé, mais Alstom a-t-il un avenir?

4 octobre 2016 | Par martine orange
Plus de 700 millions d’euros de commandes publiques vont être engagés pour sauver Belfort et ses emplois. Si ce plan permet d’assurer le maintien du site historique d’Alstom, l’avenir du groupe ferroviaire reste incertain. Alstom peut-il se maintenir seul ? L’absence de stratégie industrielle claire et le gaspillage de 3,2 milliards d’euros en rachat d’actions posent question.
 

Belfort est sauvé ! Il n’y aura pas de fermeture de site, pas de suppression d’emplois. Toute la ville a soufflé en découvrant, mardi 4 octobre, le plan gouvernemental destiné à aider le site d’Alstom après 2018. En un mois à peine, le gouvernement a bâti un programme massif pour éviter la fermeture du site historique du groupe, ainsi que la disparition de 450 emplois directs et environ 1 000 emplois indirects. Pour sauver Belfort, l’État a mis les moyens : pas moins de 700 millions d’euros vont être engagés pour l’achat de nouvelles rames TGV, sans compter les commandes à venir sur les nouveaux trains intercités.

Le sauvetage de l’usine de Belfort le vaut bien. Alors que la suppression de 5 000 postes à SFR est engagée dans l’indifférence générale, le dossier d’Alstom à Belfort menaçait de devenir un nouveau Florange à la veille de l’élection présidentielle, illustrant à nouveau le déclin industriel de la France et l’impuissance des pouvoirs publics à l’enrayer. Le gouvernement a donc mis tout en œuvre pour éteindre l’incendie qui couvait, raclant les fonds de tiroir, utilisant tous les expédients de la commande publique pour trouver une solution.

Sur les murs de Belfort © D.ISur les murs de Belfort © D.I

 

« Il faut se réjouir que les emplois soient maintenus, mais tout cela relève du bricolage industriel », n’a pu s’empêcher de commenter Benoît Hamon, candidat à la primaire socialiste sur France Inter, tandis que la droite dénonçait le « rafistolage pré-électoral ». L’ensemble des mesures prévues a de fait des allures de catalogue. Dans un premier temps, l’État va commander quinze rames de TGV (roulant à la vitesse des trains Corail) et six rames destinées à la ligne Paris-Turin-Milan, selon les annonces présentées par le secrétaire d’État à l’industrie, Christophe Sirugue, aux élus locaux. Ces commandes devraient permettre d’assurer l’activité du site de Belfort pendant au moins trois ans après 2018. D’autant que la SNCF a elle aussi été mise à contribution : elle doit passer commande de 20 locomotives de dépannage.

En accompagnement, Alstom s’est engagé à investir 40 millions d’euros d’ici à 2020 dans le développement de la production d’un nouveau modèle de locomotive hybride, avec l’aide de l’État. De plus, le groupe prévoit d’investir, avec l’aide des collectivités locales, 5 millions d’euros à Belfort dans la modernisation des ateliers de maintenance ferroviaire du site, avec l’objectif de doubler les effectifs de cette activité pour les porter à 150 personnes d’ici trois ans. Cinq millions d’investissements supplémentaires devraient être engagés pour diversifier les productions du site de Belfort, afin de lui permettre de produire d’autres types de trains mais aussi des véhicules électriques de transport en commun.

Cette rafale de commandes publiques devrait conforter non seulement le site de Belfort, mais aussi celui de La Rochelle. Tout cela afin de permettre au groupe de franchir la mauvaise passe, en attendant le TGV du futur, dont la conception doit être lancée par la SNCF et Alstom à partir de 2017 et qui doit commencer à être produit à partir de 2021. C’est en tout cas le calcul fait par le gouvernement.

Une question reste toutefois pendante : cette pluie de commandes publiques va certes sauver le site de Belfort pour les années à venir, mais est-ce suffisant pour garantir l’avenir d’Alstom ? Le groupe ferroviaire est-il encore de taille pour affronter la concurrence mondiale ?

Cette interrogation sur la solidité du groupe ferroviaire plane depuis qu’Alstom a vendu son activité énergie à General Electric en 2014. D’un seul coup, le groupe a changé de dimension : de plus de 21 milliards d’euros en 2013, son chiffre d’affaires est tombé à 6,7 milliards d’euros en 2015. Sur le site historique de Belfort, l’usine ferroviaire d’Alstom n’est plus installée que sur quelques milliers de mètres carrés, noyée dans des hectares d’usines et d’entrepôts aux couleurs de GE.

 

 

Même si le groupe a engrangé de nombreuses commandes au cours des dernières années, ses moyens semblent limités, d’autant que la commande publique partout se raréfie. La concurrence internationale devient de plus en plus rude. On y retrouve l’allemand Siemens, le canadien Bombardier, le japonais Hitachi, mais aussi les espagnols Talgo et CAF, sans parler du nouveau groupe public chinois CRRC, qui se développe à toute vitesse et fait peur à beaucoup. Parmi eux, nombreux sont ceux qui appartiennent à des conglomérats, ce qui leur permet de partager des frais de structure, de recherche, et surtout leur offre une surface financière importante. Des avantages qu’Alstom n’a plus.

Pour de nombreux observateurs, la cause est entendue. Alstom est voué à acheter ou être racheté. Dès la vente des activités énergie à GE, le président de Siemens Joe Kayser, dont l’offre de reprise avait été écartée, voyait l’avenir d’Alstom comme inéluctable et prévenait que le groupe allemand attendait son heure. « Alstom est voué à devenir une entreprise relativement petite, opérant dans le secteur du transport et devant lutter pour rester compétitive, sur un marché soumis à un processus de consolidation rapide », analysait-il dans un entretien au Figaro. Avant d’ajouter : « Dans le secteur de l’énergie, la perspective de créer un champion européen est probablement passée et Siemens devra continuer seul. Dans le secteur du transport, une consolidation entre entreprises européennes reste encore possible. »

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3,2 milliards d'euros en rachat d'actions

 

Manifestation à Belfort le 15 septembre © D.IManifestation à Belfort le 15 septembre © D.I
« Siemens n’est peut-être pas le bon candidat. Il n’a pas grand-chose à apporter à Alstom. En revanche, le rapprochement avec Bombardier aurait beaucoup plus de sens. D’autant que la question va se poser à n’importe quel gouvernement : la France a-t-elle les moyens de soutenir trois constructeurs de locomotives ? », s’interroge un banquier d’affaires. Le sujet risque de rebondir dans les semaines à venir. Car pendant que l’État distribue les commandes à Alstom pour soutenir le site d’Alstom, qu’advient-il du site de Bombardier à Crespin (Nord), qui emploie 2 000 personnes ? Quel sort sera réservé au site de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), où l’espagnol Caf produit des locomotives et des tramways ?

 

« Si l’État veut maintenir des savoir-faire, des compétences et des emplois, il aurait tout intérêt à se pencher sur le sujet et à favoriser des réorganisations, plutôt que de se laisser balloter par les circonstances et intervenir en pompier », poursuit ce banquier.

Ces logiques financières, ces grands Meccano industriels ne semblent pas de mise pour Alstom, du moins pour l’instant, à en croire Frédéric Genevrier, cofondateur de la société d’analyse financière indépendante OFG. « Les métiers ferroviaires répondent à des logiques très particulières qui ne s’exportent pas. Tout se conçoit avec les clients. La logique conglomérat n’apporte rien. Alstom n’a pas besoin de Siemens qui ne lui apporterait rien. Quant à Bombardier, ils travaillent déjà beaucoup ensemble. » Pour lui, plutôt que de spéculer sur des fusions financières, il importe de lui donner du temps pour se développer, après avoir vécu dans l’ombre des activités énergie pendant des décennies. « Alstom est un groupe en construction. Même s’il a le même nom, ce n’est plus le même groupe. Il lui faut changer d’image, faire oublier la présidence de Patrick Kron et les scandales de la corruption », dit-il.

L’ennui est que Henri Poupard-Lafarge, qui dirige cette activité depuis plus de cinq ans, ne s’explique pas sur sa stratégie industrielle. La direction du groupe ferroviaire ne dit rien de ce nouvel Alstom, de l’avenir qu’elle lui imagine. Avant l’annonce brutale de la fermeture du site de Belfort, désormais annulée, la première vraie décision, presque la seule, prise depuis la cession de l’activité d’énergie a été de racheter ses actions. Le groupe a dépensé 3,2 milliards d’euros touchés de la vente pour reprendre ses titres et les annuler pour le seul bénéfice des actionnaires, comme lorsque Alcatel s’était séparé d’Alstom en 1999 et avait exigé des milliards de dividendes exceptionnels. La décapitalisation comme illustration de l’esprit d’entreprise.

N’y avait-il vraiment pas de meilleures utilisations, à un moment où le groupe est en pleine reconfiguration ? La mobilité, le transport sont pourtant des sujets d’avenir qui intéressent tout le monde. Le groupe, après avoir été l’un des leaders technologiques dans ce domaine, s’est fait distancer tout au long des années 2000 et n’a rattrapé qu’une partie de son retard. La perte de commande de locomotives face à l’allemand Vossloh n’est pas seulement liée à un problème de prix, mais aussi de produit : les motrices allemandes sont beaucoup plus modernes et intégrées. Quels moyens pense engager le groupe pour inventer des trains, des trams, des moteurs plus confortables, plus faciles et plus économes à exploiter ? Mystère.

 

Sites de production d'Alstom en France © AlstomSites de production d'Alstom en France © Alstom
De même, puisque l’activité ferroviaire est désormais totalement autonome, ne convient-il pas de repenser son organisation industrielle ? Est-il justifié par exemple de maintenir la production de boogies en Inde, quand les sites industriels français sont en sous-production ? De même, si l’avenir de Belfort est assuré, qu’advient-il du site d’Ornans (Doubs) ? Celui-ci, qui conçoit, développe et produit des moteurs de tractions ferroviaires, emploie plus de 300 personnes. Une cinquantaine d’emplois doivent être supprimés d’ici à la fin de l’année.

 

De façon plus générale, alors que tous les industriels allemands sont en train de réfléchir à la numérisation, à la façon dont ces nouvelles technologies vont s’intégrer dans les processus industriels, changer tout de la conception à la production, a-t-on entendu la direction d’Alstom expliquer que le groupe allait profiter de ce redémarrage et de sa capacité financière pour s’emparer de ce sujet, et le mettre en œuvre pour la réalisation de ces futures commandes ? À l’image de tout le patronat français qui a délaissé l’innovation et l’industrie, Alstom préfère gémir sur les charges patronales et renvoyer le tout sur le dos de l’État.

Dans cette affaire, ce dernier est loin d’être irréprochable. Sa politique incohérente en matière de transports, privilégiant outrageusement la route au détriment du ferroviaire, plombant la SNCF de mille charges tout en lui refusant de reprendre sa dette héritée du passé, comme l’a fait le gouvernement allemand avec la Deutsche Bahn, sans parler de l’abandon en rase campagne des projets de ferro-routages, a produit des catastrophes qu’il essaie de réparer en urgence. Mais Alstom ne peut se dédouaner de tout. Maintenant que l’État s’est engagé à l’aider, il lui revient de prouver que tout ce qui est mis en œuvre se justifiait, qu’il est capable de redevenir un groupe industriel innovant, portant des visions d’avenir. Car pour l’instant, la démonstration est loin d’être faite : quand l’État met plus de 700 millions d’euros sur la table, lui en met 40 en demandant en plus l’aide des collectivités locales, après avoir dissipé 3,2 milliards d’euros rien que dans du papier boursier.

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Quelles alliances pour la "démondialisation"…. Par Jacques Cotta.

5 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La République, #Europe supranationale, #Grèce, #L'Italie., #Le socialisme, #La mondialisation, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Quelles alliances pour la "démondialisation"…. Par Jacques Cotta.

Quelles alliances pour la "démondialisation"….

Intervention faite au troisième forum «No Euro » de Chianciano Terme les 16 et 17 septembre 2016.

Par Jacques CottaActualités • Dimanche 02/10/2016 •

Chers amis,

Georges Orwell nous a appris qu’i est aisé pour mieux duper le peuple d’utiliser un mot pour son contraire. La guerre c’est la paix, la fraternité c’est l’égoïsme, et la mondialisation c’est le bonheur n’est-ce pas ? Pour aborder le thème du jour, « quelles alliances pour démondialiser », parlons d’abord rapidement de ce qu’est la mondialisation dont il s’agit de se défaire. Car « démondialiser » n’est sans doute pas ce qu’il y a de plus simple à comprendre. Par contre, le terme et son contenu sont assez simples à pervertir. La mondialisation dont on parle, c’est la mondialisation capitaliste. A travers le libre-échange, la mondialisation financière au moyen d’institutions à son service vise à assujettir l’homme, la nature, le travail à la loi exclusive du profit. C’est notre opposition au capitalisme qui nous guide à combattre le capitalisme financier et qui donne son sens à la « démondialisation ». Pour le reste, nous sommes pour l’internationalisme qui sera le genre humain. D’ailleurs ici, à Chianciamo terme, ces jours-ci, chez les étrusques, avec la présence de délégations de tous les pays d’Europe, l’internationalisme s’impose.

Le point de départ est donc le capitalisme, ses méfaits, la nécessité de rompre. Et tout le monde aspire à la voie la plus simple, la plus économique pour atteindre son objectif. Si le plus simple est l’aménagement des institutions supranationales qui pourraient de la sorte passer du service du capital à celui du travail, alors aménageons !

En d’autres termes, si le plus simple, le plus économique est la modification de l’union européenne, sa réforme, celle de la commission, des institutions qui du service de l’oligarchie pourrait passer au service des peuples, alors réformons ! C’est bien là-dessus que surfent –ou tentent de surfer- les eurosceptiques, les partisans d’une Europe sociale, les thuriféraires de la transformation de l’Europe technocratique en Europe démocratique. Ceux-ci s’accommodent de l’UE, de l’Euro, de la BCE, de la commission ou encore de l’OMC ou de l’OTAN…

Le concept de « démondialisation », aussi juste soit-il, ne permet ni bloc de forces organisées, ni une adhésion populaire.

  • Pour l’adhésion populaire, il manque de clarté et exige une approche théorique. Or, c’est l’expérience concrète qui permet d’avancer.
  • Pour un bloc de forces organisées, rares sont ceux qui n’ont pas été absorbés par le système. Pour les quelques autres, la survie de petites boutiques, de petites épiceries s’oppose de fait à la création d’une grande surface.

Le plus important est donc l’adhésion populaire pour laquelle on assiste à un paradoxe : d’une part l’intérêt général passe par la rupture avec la mondialisation capitaliste et avec ses institutions, d’autre part celle-ci ne parvient pas à s’imposer sinon qu’occasionnellement, en France en 2005, en Grande Bretagne avec le Brexit dernièrement.


Il s’agit de convaincre sur le fait essentiel que toute sauvegarde des acquis collectifs, et à fortiori toute avancée, ne peut passer que par la rupture avec la mondialisation capitaliste, avec ses institutions dont font partie l’UE, l’Euro, l’OTAN par exemple. Mettre à jour dans ce travail de persuasion pédagogique le double discours qui en fait devient un des derniers remparts de ces institutions, la nécessité par exemple « de rompre avec les traités » sans mettre en avant la condition politique incontournable pour y parvenir, à savoir la rupture avec l’UE elle-même.

Concernant le double discours, sans aller chercher en France les spécialistes à « la gauche de la gauche » qui durant tout un temps ont proclamé la « nécessité d’une Europe sociale » pour s’accommoder dans les faits de l’UE, de l’Euro, de la BCE et de la commission, nous pouvons faire un détour par la Grèce. Alexis Tsipras dont l’Europe connaît maintenant les exploits se déclare pour d’autres décisions que celles dictées par la Troïka, d’autres mesures qui permettraient de desserrer l’étau sur le peuple grec. La situation en Grèce est connue. Le taux de chômage dépasse les 25%, la misère explose, les privatisations opérées par « la gauche de la gauche » dépassent la pire des imaginations. Et dans le quotidien « le monde » en date du 9 septembre 2016, Alexis Tsipras déclare donc, je cite : « Nous sommes toujours contraints d’appliquer une stricte politique d’ajustement budgétaire (…). Nous ne constatons pas la nécessaire générosité de nos partenaires sur la question de l’allégement de la dette ». Le double discours se double là d’une hypocrisie qui n’échappe à personne. Contraint dit Tsipras, mais par qui ? Il a été élu en janvier 2015 sur un programme de rejet des mémorandums de la Troïka. En juillet 2015 ce mandat a été confirmé par référendum. Et quelques jours plus tard seulement Alexis Tsipras cédait au chantage de l’UE, de la BCE et du FMI et commençait à mettre en œuvre leurs plans, promettant d’ailleurs que chacun serait le dernier avant qu’un nouveau plus dur encore vienne frapper les grecs dans leur grande masse.

Revenons donc à l’essentiel. La question est donc de convaincre qu’il n’y a d’issue en définitive que dans la rupture avec l’UE et l’Euro. Comment faire ? Depuis des années nous mettons en relation la misère et les difficultés grandissantes subies par le peuple avec la mondialisation capitaliste, avec l’UE, l’Euro et les institutions supranationales. Si cet élément de la démonstration est nécessaire, il est de toute évidence insuffisant. Il nous revient d’indiquer aussi qu’une autre voie est possible et qu’elle passe inévitablement par la rupture nécessaire avec l’UE et l’euro.


Nous assistons à la mise en pièce des conquêtes sociales :

  • · Les droits sociaux, l’assurance maladie, les retraites, la protection contre le chômage alors qu’en 1945, lorsque la France était à genoux, elle décidait de se payer la sécurité sociale.
  • · Le bradage de tout ce qui est partagé par les membres de la communauté politique, les services publics notamment.


Tout se passe comme si cela était inévitable. Comme si nous n’avions aucune prise. Comme si les hommes politiques n’avaient d’autre choix que d’appliquer une politique dont le plus grand nombre ne comprend vraiment ni les causes, ni l’identité des fautifs, les Hollande ou Sarkozy en France, les représentants de la Troïka au pouvoir.

Créer des alliances pour « démondialiser », pour sortir de l’UE et de l’Euro, cela passe donc par un double éclairage :

  • · Le rapport entre la marche à la barbarie et la mondialisation capitaliste.
  • · Le rapport entre un programme transitoire permettant de répondre aux besoins urgents de la collectivité et de ses membres et les obstacles à la mise en place d’un tel programme, le capitalisme mondialisé.

Parmi les éléments constitutifs d’un tel programme de transition quelques éléments sont urgents et devraient être mis en avant.

a/ assurer une vie décente pour tous.

Il existe aujourd’hui en France 9 millions de pauvres selon les chiffres officiels. Je préfère pour ma part évoquer les travailleurs pauvres, car la pauvreté a une cause. Les salaires trop bas, l’absence de travail, la précarité, etc… Le travail est toujours au départ, la pauvreté n’étant jamais le produit d’un choix venant d’on ne sait où ! 9 millions donc de travailleurs pauvres.

La précarité a explosé.

Une vie décente cela signifie pouvoir se loger, se soigner, se nourrir, se vêtir, éduquer ses enfants…

Une vie décente cela signifie un principe de vie collectif dans la société, le secours apporté par la collectivité à chacun, quel que soit ses moyens… Bref, le principe fondateur de la sécurité sociale.

Au centre d’une vie décente se trouvent évidemment les services publics. Je ne développe pas…

  • Mais cela est contradictoire avec les politiques d’austérité imposée par l’UE, ses directives, ses institutions…
  • Cela est contradictoire avec le pillage des fonds publics pour payer les dettes privées.

Certains des éléments que j’évoque ci-dessus sont assez démonstratifs. Les retraites par exemples. Il faut reprendre au capital les 8 à 10% qui ont été volé au travail dans les 20 dernières années. Les objections énoncées régulièrement pour s’opposer au paiement des retraites, tel par exemple le vieillissement de la population, ne tiennent pas. Un retraité sur deux aujourd’hui donne son temps aux associations pour préserver un sens à leur vie.

  • Mais les retraites sont contradictoires avec le capitalisme mondialisé, au service exclusif duquel sont l’UE et ses institutions, qui préfère les fonds de pension, et qui produit le « chacun pour soi » au détriment de tout lien social.


Une vie décente pour tous, c’est l’eau, l’électricité, l’assainissement, les transports…. Une vie décente pour tous exige la renationalisation de ce qui est passé dans les mains d’actionnaires avides de dividendes.

  • Mais cela est contradictoire avec le capitalisme mondialisé dont les intérêts sont défendus par les directives européennes au nom de la concurrence libre et non faussée.

A ce stade nous pouvons faire comprendre aisément je crois que l’UE n’est pas fondée pour assurer un projet économique, assurer une prétendue croissance, préserver du chômage, mais bien pour imposer un modèle politique : celui que l’ancien N°2 du Medef Denis Kessler, aujourd’hui un des patrons des compagnies d’assurance, exprimait en 2007 dans un article intitulé « Adieu 1945 » : la mise en compétition des hommes les uns avec les autres contre toute aspiration à vivre ensemble.

  • Ainsi, une vie commune décente dans laquelle chacun peut préserver et développer l’estime de soi, le sens de sa propre dignité, où chacun est appelé à remplir ses devoirs sociaux et à faire valoir son mérite est contradictoire avec le capitalisme mondialisé, l’UE et les institutions à son service.

b/ Remettre l’éducation au centre des priorités

L’école est l’institution républicaine par laquelle l’idée même de république s’est consolidée en France.

Depuis 150 ans, l’école existe comme instruction permettant de développer esprit critique et raison, comme éducation permettant la formation de chacun au cadre républicain commun, celui de la citoyenneté.

Depuis 50 ans nous assistons à une accélération des réformes liquidatrices des savoirs, des programmes, du goût de l’effort, de l’humilité pour apprendre, de la notion de mérite…

Une bonne réforme à venir serait notamment d’abroger toutes celles qui se sont succédées.

  • Mais ce saccage organisé s’inscrit dans les objectifs du capitalisme mondialisé, de l’UE, de ses institutions, de l’OCDE dont certains textes, dans les années 1990-2000 indiquaient le but à atteindre : une éducation au rabais pour le plus grand nombre, peu coûteuse, une éducation améliorée, notamment dans le cadre privé, pour le petit nombre chargé d’encadrer les premiers.

c/ Affirmer l’écologie comme une priorité majeure

Il s’agit simplement du problème de la vie, de la terre…

En partant de la question écologique, ce ne sont pas que les petites fleurs qui sont concernées, mais bien le mode de production qui est à mettre en cause, la recherche du profit sans limite, le gaspillage des ressources naturelles, bref c’est la question du passage du profit à la satisfaction des besoins humains qui est posée.

  • Mais cela est contradictoire avec le capitalisme mondialisé qui repose sur les seules préoccupations de produire, consommer, jeter, sacrifier…

La question agricole est un bon exemple avec l’installation des agros managers, des hommes d’affaires, en lieu et place des exploitations à taille humaine et des paysans qui se trouvent condamnés. Une agriculture de qualité, des familles pouvant vivre de leur travail, tout le monde en comprend l’exigence…

  • Mais cela est contradictoire avec le capitalisme mondialisé…

d/ Dégager les moyens de l’œuvre collective

Evidemment la question de la propriété est posée. En opposition à la propriété privée, il ne s’agit pas de répondre comme par le passé par les formules magiques du genre propriété collective généralisée. Nous pouvons répondre au souci majoritaire qui concerne, avec la question de la propriété de l’organisation de la société, de la place que chacun peut occuper. Il est possible d’articuler la propriété privée, la propriété collective et la propriété d’état.


La propriété du produit de son travail rentre la première catégorie, la propriété privée.

La séparation entre moyen de production et salariat n’est pas satisfaisante. Sous la forme coopérative des outils de production et des structures, elle permet de définir une forme de propriété collective.

Enfin ce qui relève des secteurs stratégiques mérite d’être nationalisé.

  • Mais de toute évidence cela est contradictoire avec le capitalisme.

Un bon exemple est donné ces jours-ci par Alsthom avec l’exigence d’arrêt immédiat du plan de démantèlement de Belfort, l’exigence de la nationalisation, l’exigence d’arrêt des appels d’offre régis par l’UE.

e/ Instaurer la démocratie à tous les étages

Il s’agit d’une démocratie laïque, égalitaire, fraternelle, libertaire. Depuis des années la confiscation de toute démocratie est ressentie et impose la nécessité de combattre pour imposer le pouvoir d’en bas, le pouvoir du peuple.


Au centre de cette question, la place des communes menacées par la succession de lois sur la décentralisation depuis les années 80, les régions, les communautés de communes, les métropoles, … ce mille-feuilles contradictoire à l’exercice de la démocratie. Avec les communes se pose la place menacée des départements. Communes, départements à défendre et préserver…

  • Mais cela est contradictoire avec l’UE et l’Europe des régions, la mise en place de territoires censés permettre le développement de l’activité, des profits d’une part, de territoires déshérités et abandonnés, dignes des réserves d’indiens d’autre part.

Derrière cette question se trouve plus généralement celle de la possible régénérescence de la vie politique française.

  • Mais cela est contradictoire avec le capitalisme mondialisé dont un des outils en France est la cinquième république bonapartiste. Contradictoire avec l’exigence d’une constituante pour une proportionnelle intégrale permettant la représentation de toute la nation.

f/ La souveraineté et l’union des peuples.

Nous voilà au cœur du problème. Il n’est pas besoin de s’étendre. L’Union Européenne pour s’opposer aux aspirations légitimes et aux intérêts des peuples n’est qu’une construction politique dont l’objet est la négation de la souveraineté populaire et nationale.

Un des moyens politiques dont se dote l’UE est la destruction des Nations avec les drames humanitaires qu’elle provoque et qui sous nos yeux ne peuvent aller qu’en se développant.

Interdiction faite aux peuple de décider de leurs propres affaires et rejet dans la misère de centaines de milliers jetés sur les routes et sur les mers sont deux phénomènes étroitement liés. La résolution de la question migratoire va s’imposer de fait comme une réalité incontournable.

  • Mais cela est contradictoire avec le capitalisme mondialisé qui :

o Organise les guerres de pillage et met à genoux des pays entiers.

o Apporte son soutien à des dictateurs qui assument les basses œuvres.

o S’oppose à une politique qui permette un accueil humain et décent des populations jetées sur les routes et sur les mers.

En conclusion :


Je voudrais revenir au point de départ, « quelles alliances pour démondialiser » ?


J’ai voulu montrer que seul au point de départ un programme accessible, compréhensible, partagé, peut permettre de quitter l’incantation pour entrer dans le monde de la persuasion.

Ce programme peut permettre de mettre en relation la situation réelle, les besoins, les solutions et donc l’impossibilité de concilier avec le capitalisme mondialisé et ses institutions que sont notamment l’UE, la commission, la BCE, l’OTAN, et l’outil du capital financier que constitue l’Euro.

Quelles alliances ? Existe-t-il une autre alliance susceptible de porter un tel programme qu’une nouvelle alliance populaire faite des hommes et des femmes qui s’empareront des éléments de ce programme ? Avec deux écueils à éviter, deux raccourcis qui ne peuvent apparaître que pour ce qu’ils sont.

- Chercher au nom de la rupture avec l’UE et l’euro des alliances de droite ou de gauche. Mais que signifie aujourd’hui ce clivage ? C’est le programme qui permet de trancher, pour entrainer vers la rupture avec le capitalisme mondialisé. Or admettons que ni « droite » ni « gauche » ne se réclame de mesures allant dans le sens indiqué précédemment. Une fois encore c’est le programme qui incarne la rupture nécessaire avec le capitalisme mondialisé, donc avec ses institutions, l’UE, l’Euro, etc…

- Chercher avec la gauche de la gauche -sous prétexte que cela signifie plus à gauche- une alliance qui relève de la logique orwellienne. En effet, Jean Luc Mélenchon évoque la rupture avec les traités européens. Ce qui indiscutablement va dans le bon sens lorsqu’on a en souvenir tous les discours sur « l’Europe sociale ». Mais que signifie une telle volonté de « rupture avec les traités » si elle n’est accompagnée de sa conséquence logique, la rupture avec l’UE en tant que construction politique pour y substituer une union des nations libres choisissant de coopérer librement les unes avec les autres sur un sujet, un autre, ou plusieurs ? Encore un effort Jean Luc…

Jean Luc Mélenchon a d’ailleurs indiqué ce qu’il fallait éviter. Beaucoup ont vu une bouée de sauvetage lorsqu’il a décidé de rompre avec le PS. Mais il a fallu déchanter. En une après-midi, la messe était dite, bonne pour ceux qui acceptaient le catéchisme, hostile aux autres. Il annonçait le nouveau nom « parti de gauche », il donnait la direction, il proclamait autour de lui le parti, sa nouvelle direction, et son programme. Cela sans démarche collective, sans discussion, sans possibilité dans la confrontation de rassembler plus largement, pour arriver à des formules creuses, trompeuses, fausses sur l’essentiel, l’UE et l’Euro et aboutir à une aventure personnelle calquée sur le fonctionnement des institutions de la 5ème république.


En réalité les alliances sont à construire. Un nouveau bloc est possible que seul l’intérêt collectif peut rassembler. Ces forces n’existent pas aujourd’hui de façon organisée, mais objectivement elles peuvent se révéler, là dans un référendum –le Brexit dernièrement- là dans un conflit donné –grèves, occupations, Goodyear par exemple- là dans un colloque où nous nous retrouvons de France notamment, le Pardem par exemple et « la sociale », à cette tribune.

Jacques Cotta
Le 16 septembre
2016

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