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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #europe supranationale tag

Le système antimissile américain en Roumanie est une "menace" pour la Russie

16 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #La guerre

Le système antimissile américain en Roumanie est une "menace" pour la Russie

Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 12/05/2016

Le système antimissile américain en Roumanie est une "menace" pour la Russie

Le projet de bouclier antimissile de l'Otan, dont une partie a été inaugurée ce jeudi en Roumanie par les Américains, irrite le Kremlin qui y voit "une menace pour la sécurité de la Russie".

"Les Etats-Unis et la Roumanie font l'histoire aujourd'hui en livrant ce système à l'Otan". Le commandant des forces navales américaines en Europe et en Afrique Mark Ferguson a inauguré ce jeudi matin la mise en service du système de défense antimissile américain à Deveselu, dans sud de la Roumanie. Cette inauguration s'est déroulée en présence du secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg et de responsables américains et roumains. Lancé en 2010, le projet de bouclier antimissile de l'Otan, basé essentiellement sur la technologie américaine, vise à être intégré dans le projet plus large de déploiement progressif d'intercepteurs de missiles et de puissants radars dans l'est de l'Europe et en Turquie.

Contre la dissuasion nucléaire russe?

Ce système militaire irrite au plus haut point la Russie. "Nous le disons depuis le début, (...) nous en sommes convaincus: le déploiement du système antimissile est en soi une menace pour la sécurité de la Russie", a déclaré ce jeudi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Ce système de défense est présenté par Washington comme une protection face à l'Iran mais Moscou le considère comme dirigé contre sa dissuasion nucléaire. "Le président Poutine s'est demandé à de nombreuses reprises contre qui ce système est destiné (...) La situation avec l'Iran a drastiquement changé, mais la question reste d'actualité", a poursuivi Dmitri Peskov.

Le site de Deveselu, dont la construction entamée en 2013 a coûté environ 800 millions de dollars, est notamment formé de missiles intercepteurs de type SM-2. En juillet, il deviendra officiellement un élément du bouclier antimissile de l'Otan lors du sommet de Varsovie. Il s'agit en fait de la deuxième phase de ce projet, après le déploiement d'un radar en Turquie et de quatre navires Aegis dotés de capacités de défense antimissile à Rota, en Espagne.

La troisième phase vise la mise en place d'un système de défense antimissile en Pologne. Les travaux sur le site de Redzikowo, qui débutent vendredi, devraient être achevés fin 2018.

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Le premier ministre britannique invoque le militarisme et la guerre pour plaider en faveur de rester dans l’UE

15 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN.

Le premier ministre britannique invoque le militarisme et la guerre pour plaider en faveur de rester dans l’UE

 
Cameron

Dans un discours présenté en faveur de la «paix», tout l’argument du premier ministre David Cameron pour que la Grande-Bretagne reste dans l’Union européenne (UE) visait en fait à préparer la guerre.

Prenant la parole au British Museum lundi, le chef du Parti conservateur a énoncé ce qu’il décrit comme un «grand enjeu patriotique passionné» pour les électeurs soutenant le maintien du Royaume-Uni dans l’UE lors du référendum du 23 juin. Tout en prétendant «respecter» le point de vue des partisans du Brexit (British Exit – la sortie de l’UE par la Grande-Bretagne), il a néanmoins fait une attaque belliqueuse contre eux – surtout ceux de son propre parti – les dénonçant pour mettre en danger non seulement «l’intérêt national» de la Grande-Bretagne, mais aussi l’avenir de l’OTAN et la sécurité de l’Occident.

Cameron a fait comprendre qu’il ne parlait pas qu’au nom du Royaume-Uni, mais bien de toutes les grandes puissances impérialistes. Rappelant l’intervention publique du président Barack Obama pour un vote de maintien du Royaume-Uni dans l’UE lors de sa visite à Londres du 22 avril, Cameron a déclaré que le président américain avait «clairement» fait connaitre le point de vue de «notre principal et indispensable allié, garant de notre sécurité… comme seuls les plus vieux et meilleurs des amis le peuvent».

Le soutien au vote pour le maintien dans l’UE est «clairement la vision» de tous les «alliés» du Royaume-Uni, a-t-il déclaré, qu’il s’agisse de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Japon, ou des nouveaux partenaires commerciaux et stratégiques importants de la Grande-Bretagne que sont la Chine et l’Inde…»

Le secrétaire général de l’OTAN a déclaré qu’une Europe affaiblie et divisée serait «mauvais pour la sécurité et mauvais pour l’OTAN», a poursuivi Cameron. Au cours de la fin de semaine, les anciens chefs du renseignement britannique Sir John Sawers (MI6), et Lord Jonathan Evans (MI5), ont ajouté leurs voix aux appels lancés par les anciens chefs militaires de Grande-Bretagne pour un vote pour le maintien dans l’UE. «L’adhésion du Royaume-Uni à l’UE n’est pas qu’une question de coopération au jour le jour, c’est aussi une question de stabilité pour tout notre continent», a déclaré Sawers.

Les considérations militaires ont dominé les propos du premier ministre. Les arguments économiques présentés par ses adversaires en faveur d’un vote pour quitter l’UE ont été traités plus brièvement, Cameron les accusant de «sauter dans l’inconnu» en ne disant pas ce qui remplacerait les relations commerciales du Royaume-Uni avec l’UE.

Même si Cameron a parlé du risque de revenir «à l’ère des nationalismes concurrents en Europe» avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE, sa présentation des relations entre la Grande-Bretagne et l’Europe était entièrement centrée sur la glorification des conflits internationaux passés.

Selon Cameron, le Royaume-Uni a façonné l’histoire européenne pendant 2 000 ans, entièrement par la guerre. «Des légions de César aux guerres de Succession d’Espagne, puis des guerres napoléoniennes à la chute du mur de Berlin», la Grande-Bretagne a contribué à écrire l’histoire de l’Europe, a-t-il dit, avant de se mettre à énumérer les batailles militaires menées contre la France et l’Allemagne de 1704 à la Deuxième Guerre mondiale.

Évoquant Churchill, Cameron a parlé du «caractère du peuple britannique», de «cette nation insulaire», de «l’histoire de notre île», de combien elle est «spéciale, différente et unique», notamment pour «ne pas avoir été envahie pendant près de mille ans».

«Mon cœur bat avec fierté, a-t-il renchéri, chaque fois que j’entends le grondement du moteur d’un Spitfire», un avion utilisé pour combattre la Luftwaffe allemande durant la Deuxième Guerre mondiale.

L’exaltation du patriotisme et du militarisme britannique par Cameron n’était pas destinée qu’à la population britannique. Elle visait également à rassurer Washington que la bourgeoisie britannique reste son atout le plus précieux pour veiller à ce que l’UE continue de suivre la ligne des États-Unis, surtout en ce qui concerne le militarisme et la guerre.

Les années qui ont précédé l’entrée du Royaume-Uni dans la Communauté économique, puis européenne en 1973, ont vu les gouvernements britanniques présider «un repli constant de notre rôle dans le monde, découlant de notre faiblesse économique», a-t-il dit. La crise de Suez en 1956 – une intervention militaire britanno-française tentée en Égypte – a causé l’humiliation de la Grande-Bretagne et l’a forcée de battre en retraite suite aux instructions des États-Unis, abandonnant alors également «nos porte-avions».

«Débutant avec la transformation de notre économie par Margaret Thatcher, en 1979, nous avons alors changé de cap pour le mieux, a-t-il poursuivi. Le Royaume-Uni a en conséquence mené les guerres d’Irak, des Malouines, de l’Afghanistan et de Syrie, établissant des bases militaires permanentes dans le Golfe, effectuant des missions aériennes de maintien de l’ordre dans les Pays baltes, renouvelant sa force de dissuasion nucléaire indépendante, et construisant deux nouveaux porte-avions, les plus grands navires de guerre que la Royal Navy ait jamais mis à la mer.»

C’est le statut de membre du Royaume-Uni à l’UE, de même que de l’OTAN et du Commonwealth, et grâce aux Accords de défense des cinq puissances (Five Power Defence Arrangements) conclus notamment avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui ont permis «l’amplification» de la puissance britannique soutient Cameron.

Tel fut le préambule de sa mise en garde d’une nouvelle menace existentielle pour le continent européen. Il a demandé de façon rhétorique: «Mais est-ce que la paix et la stabilité sur notre continent sont assurées sans l’ombre d’un doute?»

Bien qu’il ait cité la menace terroriste posée par l’État islamique pour justifier un nouvel assaut sur les droits démocratiques à la grandeur de l’Europe, il a précisé que le principal danger était ce qu’il a décrit comme la «nouvelle Russie belliqueuse».

À peine 20 ans se sont écoulés depuis la guerre dans les Balkans, a-t-il dit, et, tout récemment encore, «nous avons vu des chars rouler en Géorgie et en Ukraine». Ces menaces nécessitent une «approche commune des démocraties européennes», a-t-il poursuivi, évoquant la Guerre froide et la formation de l’OTAN sous l’égide des États-Unis, contre l’Union soviétique en 1949.

La sortie du Royaume-Uni de l’UE signifierait «l’abandon des Polonais, des Tchèques, des États baltes et des autres pays d’Europe centrale et orientale qui ont langui si longtemps derrière le Rideau de fer». Ces États «voient avec consternation la perspective que la Grande-Bretagne puisse quitter l’UE. Ils regardent ce qui se passe à Moscou avec alarme et inquiétude.

«C’est le temps de soutenir la force du nombre. Maintenant est le pire moment possible pour la Grande-Bretagne de mettre tout cela en péril. Seuls nos adversaires en bénéficieraient.»

La présentation de Cameron est une distorsion de la réalité. La liquidation de l’Union soviétique par la bureaucratie stalinienne en 1991 a été le signal de la ruée des grandes puissances, les États-Unis en tête, pour récupérer l’accès aux territoires, aux matières premières, à la main-d’œuvre et aux marchés qu’elles avaient perdus suite à la Révolution d’octobre 1917.

L’éclatement de la Yougoslavie et les guerres qui ont suivi dans les Balkans dans les années 1990 ont été précipités par les puissances de l’OTAN – surtout par les États-Unis et l’Allemagne. Sous la bannière de «l’intervention humanitaire» et de «l’autodétermination des nations», ils ont encouragé les conflits intercommunautaires et bombardé la Serbie – visant à transformer les Balkans en un protectorat de facto de l’OTAN.

De la même façon en Ukraine, ce sont les États-Unis et l’Union européenne qui ont incité le putsch droitiste de 2014 à Kiev pour installer un virulent régime antirusse.

Cette course à l’encerclement, à l’affaiblissement et finalement au démembrement de la Russie se traduit par la plus grande remilitarisation qu’a connue l’Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. La semaine dernière seulement, Washington a profité de la passation de commandement de son quartier général européen basé en Allemagne pour intensifier ses provocations contre Moscou, en préparant notamment le déploiement d’un troisième groupe tactique américain constitué d’une brigade blindée près de la frontière russe et l’allocation d’encore plus de fonds pour acquérir du «matériel de guerre».

Décrivant la «Russie résurgente» comme une menace encore plus grande aux intérêts américains que le terrorisme, le général Curtis Scaparrotti nouvellement installé a déclaré que les quelque 60.000 soldats américains déployés en Europe doivent être prêts «à combattre le soir même si jamais un jour la dissuasion échouait».

Cameron s’est montré pleinement solidaire avec ces menaces contre la Russie. Il a ainsi averti que si la Grande-Bretagne n’était plus membre de l’UE, il n’y aurait aucune garantie que Washington et l’OTAN puissent continuer de compter sur un futur soutien européen dans ces provocations. Il y a un «risque réel de réponse européenne faible et de scission entre les États-Unis et l’Europe» en réponse à la crise en Ukraine, a-t-il dit. Mais la Grande-Bretagne a injecté «de l’acier dans l’action de l’Europe», veillant à l’imposition de sanctions efficaces de l’UE contre la Russie, et assurant du coup «l’unité fondamentale entre l’Europe et les États-Unis face à l’agression russe».

Le Royaume-Uni a joué le même rôle en faisant pression pour l’imposition d’un embargo pétrolier «plus dur» de l’UE contre l’Iran.

Bien qu’il ne le précise pas explicitement, les allégations de Cameron sont dirigées contre la France et l’Allemagne.

Sans le statut de membre du Royaume-Uni, il n’y aurait personne pour empêcher l’Europe de «devenir un bloc protectionniste» ou de «pousser pour l’union politique», a déclaré Cameron.

Si le vote de sortie l’emporte, le Royaume-Uni se retrouvera «isolé», alors que les dirigeants de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, «les Maltais, les Slovaques, les Tchèques, les Polonais et les Slovènes» prendront des décisions qui «auront une incidence directe sur la Grande-Bretagne» – l’implication d’un tel propos étant qu’on ne peut faire confiance à aucun d’entre eux.

Julie Hyland

Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 10 mai 2016

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Système antimissile américain en Roumanie: Moscou dénonce "une menace directe"

13 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale, #La guerre

Il est grand temps de se retirer de l’OTAN : les Américains veulent nous entraîner dans une guerre qui est à l’opposé de nos intérêts.

 

 

 

Système antimissile américain en Roumanie: Moscou dénonce "une menace directe"

BFMTV

BFMTV

La Russie a vivement critiqué ce jeudi la mise en service du système de défense antimissile américain en Roumanie, dénonçant une "menace directe" pour sa sécurité et promettant en retour de renforcer ses capacités militaires.

 

Système antimissile américain en Roumanie: Moscou dénonce "une menace directe"

"C'est une menace directe pour nous. (...) Tout ça est à 100, 200, 300, 1.000% dirigé contre nous. Ce n'est pas l'Iran mais la Russie et ses capacités de dissuasion nucléaire" qui sont visées, a fustigé le président de la commission de Défense du Parlement russe, Vladimir Komoïedov, cité par l'agence Interfax.

Aggraver la situation

"C'est un pas de plus dans l'endiguement militaire et politique de la Russie", a abondé Andreï Keline, haut-responsable du ministère russe des Affaires étrangères, ajoutant que ce déploiement "ne peut qu'aggraver la situation déjà compliquée des relations" entre la Russie et l'Otan.

Formé de missiles intercepteurs de type SM-2, ce système défensif est situé à Deveselu, dans le sud de la Roumanie, et destiné à être intégré dans le projet plus large de bouclier antimissile de l'Otan lors du sommet de Varsovie, en juillet.

Système antimissile américain en Roumanie: Moscou dénonce "une menace directe"
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Nous y voila…(49-3) par Jacques Sapir

12 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La République, #La nation ., #l'horreur économique, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le grand banditisme

Publié par Jean Lévy

 

Le suffrage universel bafoué

Le suffrage universel bafoué

 

 

RussEurope

Blog de Jacques Sapir sur la Russie et l'Europe

 

Il

 

 

Nous y voilà.

Le gouvernement a donc décidé, le mardi 10 mai, d’user de l’article 49-3 pour faire passer une loi, la loi « El Khomri » ou « Loi Travail », qui divise à ce point sa majorité qu’il n’en à plus. Cette pratique est aujourd’hui scandaleuse, car elle correspond à un détournement de l’esprit du texte, détournement qu’a acté la modification de la constitution de 2008, soit faite par François Fillon et sous la Présidence de Nicolas Sarkozy.

L’esprit de la constitution

Il faut rappeler que, dans l’esprit des « pères » de la Constitution de la Vème République, et cela va du gaulliste Michel Debré au SFIO (l’ancêtre du P « S ») Guy Mollet, cette disposition avait pour but de mettre le gouvernement à l’abri des groupes minoritaires de sa majorité. On le rappelle ici, cela correspond à ce que l’on appelle le « parlementarisme rationalisé », qui était une réaction contre l’instabilité parlementaire chronique de la IIIème et de la IVème République. Et rappelons que le Général de Gaulle gouverna en effet, au début et pendant les jours tragiques de la Guerre d‘Algérie, sur la base d’une coalition. Mais, l’usage de ce texte pour entériner une loi prise contre une partie de la majorité parlementaire du gouvernement, dans une situation ou ce dernier reniant ses engagements antérieurs et ceux du Président de la République n’était pas prévu. En cela, il y a bien détournement de la Constitution. Ou, pour user d’un autre mot, forfaiture.

On sait que, dans le cas ou une motion de censure serait votée, la logique, et la pratique (1962) voudraient que le gouvernement dissolve l’Assemblée et convoque de nouvelles élections. Sauf que, nous sommes dans l’état d‘urgence et que l’Assemblée ne peut être dissoute. Donc, cela revient à complètement vider l’article 49 de son sens initial. De caractéristique du « parlementarisme rationalisé », il devient au contraire une procédure permettant au gouvernement de contourner les débats parlementaires, c’est à dire à vider la démocratie de sa substance.

Responsabilités partagées

Or, on constate que la modification de 2008, celle faite sous Sarkozy, avait largement préparée le terrain. Cette modification spécifie la nature des textes auxquels le 49-3 pourrait être appliqués. Elle précise : « Le Premier ministre peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un projet de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale[1]» Autrement dit cette modification introduit l’idée que le 49-3 pourrait devenir une procédure courante, et non exceptionnelle dans le domaine des finances et de la sécurité sociale. Quel aveu ! Les deux versions du texte sont d‘ailleurs données à la fin de cette note.

Ce gouvernement, à la suite des précédant, ne fait donc que poursuivre dans une voie toujours plus autoritaire mais aussi toujours plus méprisante quant à l’esprit de nos institutions. Après la transformation de l’état d‘urgence en facilité de gouvernement, c’est l’utilisation de l’article 49 comme procédure commune permettant de contourner le travail législatif. Cela revient à gouverner par décrets mais sans en avoir demandé l’autorisation au Parlement.

Il convient à tous les députés épris de démocratie d’arrêter, tant qu’il en est encore temps, ce gouvernement sur sa pente funeste.

Textes de l’article 49,

avant et après la modification de 2008

Article 49 (Version de 1958)

Le Premier Ministre, après délibération du conseil des ministres, engage devant l’Assemblée nationale la responsabilité du Gouvernement sur son programme ou éventuellement sur une déclaration de politique générale.

L’Assemblée nationale met en cause la responsabilité du Gouvernement par le vote d’une motion de censure. Une telle motion n’est recevable que si elle est signée par un dixième au moins des membres de l’Assemblée nationale. Le vote ne peut avoir lieu que quarante-huit heures après son dépôt. Seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut être adoptée qu’à la majorité des membres composant l’Assemblée. Si la motion de censure est rejetée, ses signataires ne peuvent en proposer une nouvelle au cours de la même session, sauf dans le cas prévu à l’alinéa ci-dessous.

Le Premier Ministre peut, après délibération du conseil des ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un texte. Dans ce cas, ce texte est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l’alinéa précédent.

Le Premier Ministre a la faculté de demander au Sénat l’approbation d’une déclaration de politique générale.

 

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=13A05F3237DE88C3F5B62756A470659C.tpdila10v_2?idArticle=LEGIARTI000006527528&cidTexte=JORFTEXT000000571356&categorieLien=id&dateTexte=19950804

Article 49 Modifié

Le Premier ministre, après délibération du Conseil des ministres, engage devant l’Assemblée nationale la responsabilité du Gouvernement sur son programme ou éventuellement sur une déclaration de politique générale.

L’Assemblée nationale met en cause la responsabilité du Gouvernement par le vote d’une motion de censure. Une telle motion n’est recevable que si elle est signée par un dixième au moins des membres de l’Assemblée nationale. Le vote ne peut avoir lieu que quarante-huit heures après son dépôt. Seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut être adoptée qu’à la majorité des membres composant l’Assemblée. Sauf dans le cas prévu à l’alinéa ci-dessous, un député ne peut être signataire de plus de trois motions de censure au cours d’une même session ordinaire et de plus d’une au cours d’une même session extraordinaire.

Le Premier ministre peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un projet de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale. Dans ce cas, ce projet est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l’alinéa précédent. Le Premier ministre peut, en outre, recourir à cette procédure pour un autre projet ou une proposition de loi par session.

Le Premier ministre a la faculté de demander au Sénat l’approbation d’une déclaration de politique générale.

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;?idArticle=LEGIARTI000019241062&cidTexte=LEGITEXT000006071194

 

[1]https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;?idArticle=LEGIARTI000019241062&cidTexte=LEGITEXT000006071194

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Réunion exceptionnelle du RPS FIERS à Bordeaux le vendredi 13 mars 2016.

11 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #l'horreur économique, #Europe supranationale, #La nation ., #La République, #Comité pour une Nouvelle résistance

Réunion exceptionnelle du RPS FIERS à Bordeaux le vendredi 13 mars 2016

Réunion exceptionnelle du RPS FIERS à Bordeaux le vendredi 13 mars 2016.

Une rencontre intéressante à Bordeaux le vendredi 13 mai 2016

Vous suivez le mouvement social depuis plus d'un mois. La réécriture du code du travail constitue une terrible régression sociale. Cela se traduit par une levée de boucliers de toutes parts. Mardi 10 mai, le gouvernement a décidé d'en finir avec les débats parlementaires et d'imposer cette contre-réforme aux citoyens par le 49.3.

Le gouvernement doit aller vite car la libéralisation du marché du travail est attendue avec impatience par le grand patronat et la commission européenne avait indiqué très clairement au gouvernement français sa feuille de route.

Cet exemple illustre bien dans quelle situation sont plongés les gouvernements : une absence de liberté politique car en définitive ce sont les lobbies qui écrivent et imposent les lois. Les états ne sont plus souverains et les peuples subissent la loi sauvage des marchés. Telle est la portée du traité de Lisbonne.

Vendredi 13 mai 2016 le RPS-FIERS invite différents intervenants qui développeront dans plusieurs domaines les conséquences inquiétantes de cette perte de souveraineté des états et donc des peuples. La diversité des points de vue ne devrait-elle pas nous interroger sur la nature de la réponse politique à avoir, sur la ligne de défense à mettre en place?

La menace et les atteintes déjà portées à la République, à nos droits et à nos valeurs ne nous imposent-ils pas le dépassement les clivages traditionnels?

Voulons-nous oui ou non vivre dans un état souverain? dans une nation souveraine portée par un peuple souverain?

Réunion exceptionnelle du RPS FIERS à Bordeaux le vendredi 13 mars 2016.
Réunion exceptionnelle du RPS FIERS à Bordeaux le vendredi 13 mars 2016.
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Le 49.3 pour imposer la loi El Khomri est un déni de démocratie. Le passage en force du gouvernement est-il acceptable?

11 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

Le passage en force du gouvernement est-il acceptable?

Il faut agir rapidement : signer la pétition et réunions pour agir ensemble.

Par exemple la réunion de Bordeaux ce 13 mai 2016.

Bonjour.

L’usage du 49.3 afin de remplir le contrat ordonné par les banksters de l’Union Européenne m’oblige à vous importuner à nouveau. Je ne vais pas être très long, je vais me contenter de vous donner quelques informations.

1)Une pétition à signer absolument : « Soutenez la motion de censure pour que le texte sur la loi travail soit rejeté.

Le 49.3 pour imposer la loi El Khomri est un déni de démocratie. Le passage en force du gouvernement est-il acceptable?
Le 49.3 pour imposer la loi El Khomri est un déni de démocratie. Le passage en force du gouvernement est-il acceptable?

3)Un coup de gueule

Le 49.3 pour imposer la loi El Khomri est un déni de démocratie. Le passage en force du gouvernement est-il acceptable?
Le 49.3 pour imposer la loi El Khomri est un déni de démocratie. Le passage en force du gouvernement est-il acceptable?

Bien cordialement

Lucien Pons

Le passage en force du gouvernement est-il acceptable?

 

Il faut agir rapidement : signer la pétition et réunions pour agir ensemble.

 

Par exemple la réunion de Bordeaux ce 13 mai 2016.

 

 

Bonjour.

 

L’usage du 49.3 afin de remplir le contrat ordonné par les banksters de l’Union Européenne m’oblige à vous importuner à nouveau. Je ne vais pas être très long, je vais me contenter de vous donner quelques informations.

 

1)Une pétition à signer absolument : « Soutenez la motion de censure pour que le texte sur la loi travail soit rejeté.

https://www.change.org/p/d%C3%A9put%C3%A9s-socialistes-soutenez-la-motion-de-censure-pour-que-la-loitravail-ne-voit-pas-le-jour

 

 

 

 

2)Quelques remarques.

 

 

 

 

3)Un coup de gueule

 

 

 

 

 

4)Un rencontre intéressante à Bordeaux le vendredi 13 mai 2016

 

 

Vous suivez le mouvement social depuis plus d'un mois. La réécriture du code du travail constitue une terrible régression sociale. Cela se traduit par une levée de boucliers de toutes parts. Mardi 10 mai, le gouvernement a décidé d'en finir avec les débats parlementaires et d'imposer cette contre-réforme aux citoyens par le 49.3.

Le gouvernement doit aller vite car la libéralisation du marché du travail est attendue avec impatience par le grand patronat et la commission européenne avait indiqué très clairement au gouvernement français sa feuille de route.

Cet exemple illustre bien dans quelle situation sont plongés les gouvernements : une absence de liberté politique car en définitive ce sont les lobbies qui écrivent et imposent les lois. Les états ne sont plus souverains et les peuples subissent la loi sauvage des marchés. Telle est la portée du traité de Lisbonne. 

Vendredi 13 mai 2016 le RPS-FIERS invite différents intervenants qui développeront dans plusieurs domaines les conséquences inquiétantes de cette perte de souveraineté des états et donc des peuples. La diversité des points de vue  ne devrait-elle pas nous interroger sur la nature de la réponse politique à avoir, sur la ligne de défense à mettre en place? 

La menace et les atteintes déjà portées à la République, à nos droits et à nos valeurs ne nous imposent-ils pas le dépassement les clivages traditionnels? 

Voulons-nous oui ou non vivre dans un état souverain? dans une nation souveraine portée par un peuple souverain?

 

 

 

 

Bien cordialement

 

Lucien Pons

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Privatisations, libéralisation du travail : le 49.3 comme arme favorite des gouvernements français

11 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #AMERIQUE, #La République, #Les transnationales, #Terrorisme, #La lutte des classes

Privatisations, libéralisation du travail : le 49.3 comme arme favorite des gouvernements français

Le Premier ministre Manuel Valls © Charles PlatiauSource: Reuters
Le Premier ministre Manuel Valls

Alors que le gouvernement se prépare à faire usage du 49.3 pour adopter la loi El Khomri, RT France revient sur les projets de lois précédemment passé en force grâce à cet article de la Constitution.

  • Le champion toute catégorie de l’utilisation du 49.3 reste sans conteste le socialiste Michel Rocard, qui a fait adopter 28 projets de loi en trois ans tel que le changement de statut de Renault préparant ainsi sa privatisation.
  • Le 30 juin 1993, Édouard Balladur fait adopter la loi de privatisation, ouvrant la voie à l’ouverture au capital privé d’entreprises et banques autrefois sous le giron de l’Etat, telles que la BNP, ELF ou encore TOTAL. 
  • Sous le gouvernement d’Alain Juppé (deux recours) en 1996, cet article a été utilisé pour opérer le changement de statut et la privatisation de France Telecom.
  • En février 2003, Jean-Pierre Raffarin (deux recours) utilise cette procédure afin de faire passer la réforme de l’élection des conseillers régionaux. Au menu de cette loi, la hausse de 5 à 10% du seuil nécessaire pour se maintenir au second tour lors des scrutins régionaux, rendu ainsi plus difficile la représentation des petits partis politiques.
  • Le 10 février 2005, face à l’hostilité de la jeunesse et de nombreux députés au projet de loi pour l’Egalité des chances, plus connue pour sa mesure du Contrat Première Embauche, Dominique de Villepin engage la responsabilité de son gouvernement afin de faire adopter la loi. Mais le président Jacques Chirac ne la fera finalement pas appliquer.

Les dernières utilisations en date remontent à la loi Macron, le 49.3 avait alors été utilisé trois fois par le gouvernement de Manuel Valls au gré des modifications opérées par le Sénat. La Constitution permettant de d’utiliser autant de fois que nécessaire pour un même projet de loi. En appliquant cette procédure pour faire passer la loi travail, Manuel Valls deviendra le quatrième plus grand utilisateur du 49.3 de la cinquième République à égalité avec Michel Debré et Laurent Fabius.

Lire aussi : Les multiples recours au 49.3 ont déjà fait perdre la présidentielle à François Hollande

France

Privatisations, libéralisation du travail : le 49.3 comme arme favorite des gouvernements français
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Il parait que le 9 mai 2016 était aussi la journée de l'Europe. L'équation de Manuel Valls est donc : "Combien de fois peut-on appliquer le 49.3 afin de bien trahir le peuple et de le soumettre davantage à la dictature de l'Union Européenne?"

11 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Les transnationales, #Terrorisme, #La République, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

Il parait que le 9 mai 2016 était aussi la journée de l'Europe. L'équation de Manuel Valls est donc : "Combien de fois peut-on appliquer le 49.3 afin de bien trahir le peuple et de le soumettre davantage à la dictature de l'Union Européenne?"

Bonjour.

Réfléchissons un peu :

  • la loi Macron est passée avec l’article 49. 3 de la constitution.

Cette loi n’est en fait que la transcription de la feuille de route édictée par la commission européenne !

  • La loi El Khomri risque d’être rejetée par le parlement, le premier ministre va être à nouveau contraint de faire appel au fameux article 49.3 de notre constitution.

Cette loi n’est en fait que la transcription de la feuille de route édictée par la commission européenne !

http://www.coe.gouv.fr/Adoption-du-rapport-Les-reformes-des-marches-dutravail-en-Europe.html

http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/csr2016/cr2016_france_fr.pdf

Je propose que nous ayons une minute de silence pour feu notre démocratie avant que de protester vigoureusement.

Je vous propose d’avoir un peu de compassion pour ce gouvernement félon qui choisit de trahir son peuple afin d’obéir aux recommandations des transnationales et des banquiers. Hélas ce ne sont que les marionnettes tristes et désarticulées d’un théâtre d’ombre où le peuple est offert en sacrifice aux divinités du marché dont la main invisible tient le poignard pour l’assassiner. La main invisible est celle de nos élites produites par l’école républicaine qui part s’embaucher à Bruxelles sur injonction de nos dirigeants.

Je vous propose cette réflexion : je croyais que la France était un pays "démocratique" et que les élus du peuple : les députés, ceux qui siègent à l'Assemblée Nationale, (enfin... quand ils sont présents...), et qui sont payés avec l'argent des contribuables, avaient leur mot à dire sur les lois (c'est d'ailleurs pour cela qu'on les appelle "les législateurs"...).
On nous aurait donc menti ? Donc en vérité : la France est une DICTATURE, et les députés sont des godillots qui ne représentent pas le peuple. J'ai tout bon ?

Je vous propose deux citations :

  • La première est de Spinoza :

« Quand un pouvoir souverain s’est engagé à l’égard d’un autre, si plus tard le temps ou la raison lui font voir que son engagement est contraire au salut commun de ses sujets, il ne doit point l’observer ».

"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs" (Article 35 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen, et préambule de la Constitution du 24 juin 1793). La déclaration de 1793, celle de Robespierre et des Montagnards donne préséance à l’égalité et au bonheur du plus grand nombre sur la liberté.

Je vous propose une vidéo très intéressante

https://www.youtube.com/watch?v=fx35Z4Ns3zM&feature=youtu.be&t=2204

L'association "Comprenons l'Europe" présente la conférence "L'Union Européenne, un projet totalitaire ?". Présentation : Charles, administrateur du site internet solidaire et citoyen aufildesidees.org dont une partie des bénéfices est reversée à des associations.

Les citoyens ont conscience du rôle de plus en plus prépondérant qu'exerce l'Union européenne sur la vie politico-scoiale des différents pays.

Et pourtant, le fonctionnement de ses institutions est mal connu pour une majorité d'entre nous. La construction bruxelloise est plus fondée sur des croyances : la garantie de la paix, de la démocratie, de l'assurance économique (ect..) que sur des bases pragmatiques, comme la séparation des pouvoirs et sa conséquence direct sur les affaires politiques.

Pour débattre d'un projet politique, il est nécessaire d'en connaitre le fonctionnement, signeriez-vous un contrat vous engageant ainsi que la vie de vos enfants et dont vous ne savez que très peu de choses en contrepartie d'un bénéfice que rien ne garantit ?

Bien cordialement

Lucien Pons

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Chantage au terrorisme ou pourquoi l'Europe s'aplatit devant Erdogan

10 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #l'Allemagne, #L'OTAN., #La Turquie, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme

Chantage au terrorisme ou pourquoi l'Europe s'aplatit devant Erdogan

 

18 Avril 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Chantage au terrorisme ou pourquoi l'Europe s'aplatit devant Erdogan

Chose promise, chose due. Nous avions subrepticement évoqué le fait car l'info - que dis-je ? la bombe - est sortie fin mars. La machine médiatique n'en ayant évidemment pas fait écho, il est temps de s'y arrêter plus en détail.

Le roi Abdallah II de Jordanie est ce que l'on pourrait appeler un souverain relativement éclairé. Eduqué dans les meilleures écoles occidentales, partisan de la modernisation de son petit pays, pilote d'avion, ayant suivi une carrière militaire, il n'est pas l'un de ces raïs moyen-orientaux au verbe enflammé. Cela ne donne que plus de poids à ce qu'il a déclaré le 11 janvier au Congrès américain, devant un panel de sénateurs appartenant aux comités de Défense et des Affaires étrangères. Pour la petite histoire, John McCain était présent.

Abdallah a directement accusé la Turquie d'envoyer des terroristes en Europe : "Le fait que des terroristes aillent en Europe [mêlés aux réfugiés] fait partie de la politique de la Turquie". Pas étonnant que nos médias "libres" n'en aient soufflé mot...

La politique du sultan est certes inique mais somme tout logique. Dans un contexte de politique extérieure qui tourne au fiasco, il joue sa dernière carte, profitant de la naïveté droit-de-l'hommesque des eurocrates pour déverser sur le Vieux continent les petits hommes en noir de Daech, marqués par les services turcs. Le message est simple : Oups, nous avons malencontreusement laissé passer des djihadistes mais nous savons qui ils sont et pouvons vous aider à les arrêter. En échange...

En échange, c'est l'absurde accord UE-Turquie et les 6 milliards donnés au petit fuhrer d'Ankara ; en échange, c'est le silence assourdissant sur les journalistes emprisonnés, les crimes contre les Kurdes ; en échange, c'est l'invraisemblable reprise des négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'UE. Ce faisant, les eurocrates creusent évidemment leur tombe en 3D car les opinions publiques sont très massivement contre toute idée d'entrée de la Turquie ; un pas dans ce sens et leur chère UE explose. Mais une victime de chantage a-t-elle encore toute sa tête ? Le comportement erratique de nos petits eurocrates fait penser à l'Andromaque de Racine ou aux personnages dostoïevskiens, totalement perdus, prisonniers de leurs bourdes passées, ne voyant plus le bout du tunnel et s'enfonçant toujours un peu plus...

Parmi les autres révélations d'Abdallah, la confirmation que la Turquie achète le pétrole de Daech ("Absolument") et le fait qu'Erdogan "croit en une solution islamiste pour la région" : "La radicalisation est fabriquée en Turquie qui l'exporte ensuite non seulement en Syrie, mais aussi en Libye et en Somalie où elle aide les milices islamistes".

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Le château de cartes européen

10 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La Russie, #AMERIQUE, #Histoire, #Comité pour une Nouvelle résistance, #L'OTAN., #La France

Le château de cartes européen

10 Mai 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Le château de cartes européen

L'Europe américaine sera-t-elle mise à mort par ceux-là même qui étaient censés la régénérer ? L'on peut sérieusement se poser la question quand on voit le divorce grandissant entre l'UE et les pays d'Europe centrale et orientale, fers de lance de la "Nouvelle Europe" si chère aux néo-cons. Le pied droit de Washington donne des coups au pied gauche et c'est tout le système vassalique européen qui risque de tomber. On comprend qu'Obama préfère penser à autre chose en jouant au golf...

Rappelons d'abord que la construction européenne fut, dès le départ, un projet américain. Des archives déclassifiées montrent que les soi-disant "pères de l'Europe" - Schuman, Spaak ou le bien-nommé Monet - travaillaient en réalité pour les Etats-Unis. Pour Washington, il était en effet plus aisé de mettre la main sur le Vieux continent par le biais d'une structure globale noyautée de l'intérieur que de négocier pays par pays avec des dirigeants indépendants.

La chute du Mur et l'intégration à l'UE des anciennes démocraties populaires n'étaient que le cache-sexe de l'avancée de l'OTAN vers la Russie. Mieux encore, ces pays nouvellement libérés de la tutelle soviétique et férocement anti-russes pour des raisons historiques compréhensibles étaient susceptibles d'établir un nouveau rapport de force très favorable aux Etats-Unis au sein de l'UE face à certaines poussées de fièvre frondeuse toujours possibles de la "vieille Europe" (De Gaulle, Chirac et Schroeder...)

Or, au moment où les institutions européennes sont noyautées et soumises comme jamais aux désidératas US, le château de cartes est en train de s'écrouler... Ce sont d'abord les sanctions anti-russes qui ont créé une brèche. Si elles furent accueillies avec des transports de joie par la Pologne et les pays Baltes, leur réception en Hongrie, en Slovaquie et même en République tchèque fut bien plus mesurée, c'est le moins qu'on puisse dire. Première cassure au sein de la "nouvelle Europe".

Et maintenant, la question des réfugiés pourrait bien sonner l'hallali. La Pologne, pays ô combien pro-US, refuse tout à fait d'obéir aux injonctions des institutions elles aussi ô combien pro-US de Bruxelles. Diantre, Brzezinski n'avait pas prévu ça...

Varsovie, ainsi que Budapest ou Bratislava, rejettent totalement ce qu'ils considèrent comme un diktat de Bruxelles et ses menaces d'amende (250 000 euros par réfugié refusé). Les mots sont intéressants :

  • Jaroslaw Kaczynski, chef du PiS au pouvoir : "Une telle décision abolirait la souveraineté des Etats membres de l'UE. Nous refusons cela car nous sommes et serons en charge de notre propre pays".
  • Peter Szijjarto, ministre hongrois des Affaires étrangères : "La menace d'amende de la part de la Commission est du chantage pur et simple".

Notons en passant la naïveté confondante de ces dirigeants qui croyaient apparemment benoîtement que l'entrée dans l'UE allait préserver la souveraineté de leur pays...

Il n'en fallait en tout cas pas plus pour que le système se mette en branle. La mafia médiatique occidentale a glosé sur la "manifestation monstre" de... 240 000 Polonais (sur 40 millions !) contre le gouvernement et pour l'Europe. Toute ressemblance avec des événements (le Maïdan par exemple) ayant existé serait le fruit de la plus pure coïncidence.

Le fidèle lecteur de ce blog aura été prévenu avant tout le monde, dès le mois de janvier, sur la possibilité d'une révolution colorée en Pologne :

La nouveauté est que, d'arme offensive à l'assaut de l'Eurasie, la "révolution colorée" se transforme de plus en plus en moyen coercitif défensif pour faire rentrer dans le rang des pays théoriquement alliés mais qui ont de dangereuses tendances à l'émancipation. Cela en dit long sur le reflux US. Il y a une décennie, les "révolutions de couleur" visaient à encercler la Russie - Ukraine, Géorgie, Kirghizstan etc. Depuis deux ans, elles sont beaucoup moins ambitieuses et ont surtout pour objectif de colmater les brèches d'un système qui prend l'eau : Macédoine (pour empêcher le passage de l'extension du Turk Stream), Hongrie (pour tenter de mettre au pas l'électron libre Orban, peu soumis à l'UE et susceptible de se rapprocher de Poutine).

Le dernier exemple en date pourrait bien être la Pologne du PiS, parti conservateur démocratiquement élu et peu en odeur de sainteté à Washington, donc à Bruxelles. C'est notamment ce que pense un journaliste d'investigation polonais réputé, Witold Gadowski. Le parallèle avec le Maidan ukrainien est en effet troublant.

Diabolisation du gouvernement dans le caniveau les médias occidentaux, protestations de rue (pour l'instant assez légères), grandes sorties d'hommes de paille du système sur la "dictature" qui s1111111'installerait en Pologne (la palme de la crétinerie revenant à l'ancien Premier ministre belge qualifiant le PiS de "nazis"). Quand tous ces gens (dont l'inévitable Soros) se mettent à prendre des grands airs, il y a du coup d'Etat dans l'air...

Et dans un addendum le jour suivant :

Certains lecteurs doutent de la réalité d'un Maidan polonais en recourant à un argument de bon sens : le PiS étant anti-russe, quel intérêt y aurait-il pour Washington et Bruxelles à déstabiliser la Pologne ? Au premier regard, l'argument fait mouche. Au premier regard seulement...

Il y a anti-russe et anti-russe. Le PiS n'a certes aucun penchant pour Moscou, mais il n'en a pas beaucoup plus pour Bruxelles. L'anti-russisme du PiS, c'est l'anti-troyisme d'Achille face à Hector : deux ennemis déclarés, mais qui se respectent et ont une certaine estime l'un pour l'autre. Au-delà de leurs différends, Poutine et Kaczynski partagent beaucoup de valeurs : même attachement sourcilleux à leur souveraineté nationale, même conception de la société (plutôt conservatrice et religieuse, familiale avec mariage hétérosexuel) ; ils sont tous deux atterrés par ce qu'ils considèrent comme étant la décadence civilisationnelle des pays occidentaux, la perte de leurs racines, morale et culture.

Kaczynski frère avait accepté l'invitation de Poutine en 2010, une sorte de paix des braves entre deux pays souverains. Et hop, un accident d'avion tombe à point nommé pour ne pas aller plus avant dans le réchauffement des relations polono-russes. Le défunt est remplacé par le clown américano-polonais Donald (sic) Tusk, libéral malléable et gluant aux ordres directs de Washington. Le système pousse un grand ouf de soulagement...

Et voilà que ça recommence avec l'autre frère ! La récente victoire du PiS a fait sonner quelques alarmes rouges à Bruxelles et outre-Atlantique, c'est certain. Des leviers, notamment médiatiques, ont été actionnés, on le voit. Les croisés des "révolutions de couleur" sont sortis de leur retraite. Il n'est pas sûr que cela finisse en Maidan polonais, mais ne pas s'interroger relèverait d'une grande naïveté.

Redisons-le ici, rien n'est sûr, mais un lecteur averti en vaut deux. Il se pourrait qu'on approche lentement mais sûrement de l'instant T

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