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Le blog de Lucien PONS

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De la parade au cimetière Situation sur le front du Donbass au 26 août 2016. Par Erwan Castel.

27 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La guerre, #le nazisme

De la parade au cimetière

 Situation sur le front du Donbass au 26 août 2016.

 
 
 
 
Le 24 août, jour de l'indépendance ukrainienne,  Kiev a surtout démontré sa dépendance à une russophobie haineuse et stupide, en bombardant 695 fois le territoire de la République de Donetsk, notamment dans le secteur de Yasinovataya où l'armée ukrainienne exerce depuis le mois de mars une offensive rampante destinée à isoler Gorlovka et menacer Makeevka. 
 
L'autorité de la République de Donetsk, face à ces attaques désormais ouvertes et grandissante a lancer ce soir là une alerte à destination de l'OSCE pour signifier que Kiev avait franchi la limite. Le lendemain d'ailleurs le Président Zakharchenko a confirmé qu'il s'agissait de le dernière alerte entendez par là "avertissement" donné et que désormais toute prochaine attaque ukrainienne se verra sanctionner par une riposte destructrice des forces armées républicaines.


La dérive terroriste de l'armée ukrainienne
 
Ce ras le bol qui intervient après plus de 2 mois de bombardements meurtriers quotidiens et intensifs des territoires habités de la République (700 tirs en moyenne par jour) est également provoqué par l'engagement des ukrainiens dans des modes opératoires ouvertement terroristes. Après l'opération en Crimée, l'attentat manqué contre le Président de la République de Lugansk, c'est au tour de Donetsk d'être la cible d'unités spéciales cherchant à saboter ou assassiner au coeur de la République. En quelques jours la RPD a subi :
 
  • Des sabotages sur les réseaux de téléphonie mobile.
  • Des attaques ciblées sur les stations de filtration d'eau potable 
  • Une tentative d'assassinat sur le Président Zakharchenko
  • L'explosion d'une bombe qui a tué une personne le 25 août
  • Un attentat à l'explosif dans un bureau de recrutement de Kirovky le 26 août soir
Kiev, qui bombarde déjà sans vergogne les populations civiles du Donbass depuis 2014, semble ici vouloir faire prendre à sa stratégie criminelle un chemin ouvertement terroriste, dont le but évident est de décapiter l'appareil politico-militaire des Républiques et de faire fuir sa population des zones urbaines. 
 

Et toujours et encore des renforts envoyés vers le Donbass
 
L'armée ukrainienne ne cesse de se renforcer sur le front du Donbass, et là où il y a quelques mois n'étaient repérés que quelques blindés et pièces d'artillerie, tenant discrètement et prudemment leurs positions au delà des lignes de contact, nous pouvons observer aujourd'hui de véritables concentrations d'unité d'assaut qui se sont positionnées au plus près de la ligne de front.
 
Un nouvel exemple de cette accumulation de matériels dont la quantité et l'attitude dépassent celle d'une stratégie défensive mais révèlent une intention agressive imminente, sont ces unités qui au sortir du défilé du 24 août 2016 à Kiev (journée de l'indépendance" ont directement pris le chemin de la guerre vers le Donbass... 
 
Les services de renseignements des Républiques collectent chaque jour de nouvelles informations en provenance des unités d'observations déployées sur le front, des territoires occupées par les ukrainiens, ou des communications officielles ou privées interceptées, il en ressort que de nombreuses unités font route vers le front, tandis que les rotations vers l'arrière sont limitées au maximum, et surtout que les réapprovisionnement logistiques sont multipliés 
 
"Les matériels ukrainiens capturés (dans les chaudrons en 2014-2015) nous ont beaucoup aidé. Nous sommes heureux que Piotr Porochenko nous envoie aujourd'hui un complément de véhicules de combat, qui à terme, seront nôtre. Il y a en effet une grande demande, d'envoyer un peu plus BTR des années quatre-vingt, et de BMP-2, et c'est une bonne décision de Porochenko. Le char T-72 est également une bonne affaire. Mais, s'il n'y a a pas de T-72, du T-64 fera l'affaire parce que une fois brûlés ils nous donne plus de ferraille. Blague mise à part, c'est la vérité, Porochenko envoie du matériel sur le front et la quantité est certainement plus importante que les chiffres annoncés. En réalité, elle est deux fois supérieure. L'ukraine se prépare à lancer des combats sur une  grande échelle."
 
Alexandre Zakharchenko, Président de la République Populaire de Donetsk


Quel scénario d'offensive ukrainienne est envisageable ?
 
Aujourd'hui, même si toute la ligne de front est concernée par les bombardements de l'armée ukrainienne, cette dernière semble concentrer ses efforts sur le secteur Nord de la République, entre le Secteur Nord Est de Gorlovka au Nord et le Secteur Nord-Est de Donetsk au Sud.
 
 
Gorlovka est en effet un problème majeur pour Kiev car cette ville, qui par sa taille représente un objectif important, fait office de bouclier Nord pour le ville de Donetsk et surtout pour Debaltcevo, ce carrefour routier et ferroviaire situé entre les 2 Républiques du Donbass. La violence des combats qui se sont déroulés pendant l'hiver 2014-2015 dans ce secteur attestent de son importance stratégique, et Kiev sait que ni Donetsk, ni Lugansk ne peuvent se permettre d'y perdre du terrain et y jetteront en cas d'offensive le maximum de leurs forces.
 
L'armée ukrainienne a donc relancé depuis le mois de juin à partir de ses positions une espèce d'offensive statique qui en exerçant une pression croissante avec son artillerie et des attaques localisées oblige les forces républicaines à renforcer leurs positions et leurs réserves dans le secteur. Si un assaut blindé dans une zone urbaine semble improbable, en revanche une conquête de Yasinovataya par les ukrops étirerait le front par le Nord de Makkeevka, coupant l'axe Donetsk/Gorlovka et mobilisant ainsi plus de forces républicaines en première ligne, prélevés sur les forces de réserve.

Cette stratégie pourrait se résumer par "pousser sur la porte pour entrer par la fenêtre". reste à savoir par où les ukrainiens chercherait à contourner les forces concentrées sur ce secteur Nord à contenir la pression
L'axe d'offensive au Sud de Donetsk semble le plus propice, en terme de faisabilité, car au Nord, la proximité des forces républicaines augmenterait le risques de nouveaux "chaudrons"




Une nouvelle nuit de bombardements important sur la République de Donetsk
 


En attendant, la pression sur le secteur Nord du front continue et même s'intensifie chaque jour. 

Ainsi dans la nuit du 26 au 27 août l'armée ukrainienne a réalisé des bombardements massifs sur les quartiers périphériques de Donetsk, frappant délibérément des lieux de vie civile comme le puits de ventilation minier de Chelyuskintsev à Staromikhaïlovka, ou l'école maternelle Ubarevicha à Makeevka.

Ces bombardements ont été réalisés par l'artillerie lourde, les mortiers et les véhicules blindés (chars et BMP) et l'armée de Kiev


A noter également une nouvelle explosion qui a frappé les locaux d'un bureau de recrutement de l'armée, rue Kuprin dans le district de Kirovsky au Sud de Donetsk. l'engin explosif muni d'un dispositif de mise à feu retardée était posé sur le rebord de la fenêtre du commissariat militaire.

Du côté de la République de Lugansk, les opérations ukrainiennes de bombardements du front ont connu cette nuit une augmentation sensible avec notamment 2 heures de pilonnage sur le secteur de Stanista Luganskaya et Igoro au Nord de Lugansk.

 
Quelques uns des bombardements ukrainiens de la soirée du 26 août 2016
 

La stratégie de la terreur menée par Kiev depuis 2 ans est donc bel et bien en train de franchir une nouvelle étape au coeur des Républiques de Donetsk et Lugansk 

Pendant ce temps là Moscou a déclenché un "exercice" d'alerte maximale inopiné pour l'ensemble de ses forces armées de la zone Sud. Je ne crois pas au hasard dans ce domaine et imagine que Vladimir Poutine envoie un message fort à Porochenko, pour le dissuader de "franchir le Rubicon"...

 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
 
 
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L’unification européenne divise les Européens : Comment séparer les peuples en les forçant à s’unir, par Diana Johnstone

27 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #l'horreur économique, #AMERIQUE, #Le grand banditisme

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Paris.

L’unification de l’Europe a engendré de nouvelles et profondes divisions à l’intérieur de ce bloc. La plus notable de ces fractures, c’est celle qui a eu lieu entre le peuple et ses dirigeants politiques.

Le 23 juin, le vote majoritaire des Britanniques en faveur de la sortie de l’UE a révélé la profondeur de la division entre la nouvelle classe dominante qui prospère dans ce monde globalisé sans frontière, et tous les autres qui doivent subir des politiques qui détruisent les emplois, réduisent les prestations sociales, diminuent les salaires et rejettent les coutumes nationales surannées – au premier rang desquelles les choix démocratiques – tout cela pour que les premiers puissent investir leurs capitaux partout dans le monde sans courir aucun risque.

En fait, les clivages ne sont pas aussi nets. Les choix politiques ne correspondent jamais entièrement aux intérêts économiques et l’idéologie intervient pour estomper les divisions entre les classes. La mondialisation n’est pas simplement un processus d’intégration économique réglementé par les afflux de capitaux qui, dans les pays occidentaux, accroît l’opposition entre les riches et les pauvres. C’est aussi une idéologie puissante, qui fonde ses certitudes morales sur des leçons simplistes tirées des guerres mondiales du XXème siècle : elle est sous-tendue par l’idée qu’à l’origine des guerres se trouve essentiellement une attitude mentale appelée « racisme » qui s’exprime dans le nationalisme des États nations. Cette idéologie recueille une adhésion semi-religieuse grâce à sa référence à l’Holocauste qui, considère-t-on, a prouvé la validité du raisonnement. Par conséquent, pour le bénéfice de l’humanité, on se doit d’effacer les frontières nationales en acceptant une immigration sans limite, afin de fonder, partout dans le monde, une société multiculturelle où les différences à la fois coexistent et cessent d’avoir de l’importance.

C’est là une idée utopiste aussi peu corroborée par les faits que le rêve soviétique de créer un « nouvel homme » qui travaillerait volontairement, d’une façon désintéressée, pour le bénéfice de tous. De la même façon, selon cette théorie, des dispositions économiques et institutionnelles peuvent changer en bien la psychologie de l’être humain. Et surtout le brassage multiculturel, conséquence de l’immigration encouragée par cette idéologie, est censé provoquer l’amour universel. Il y a même des lois nationales qui punissent les expressions présumées de « haine ». On juge que l’UE est l’expérience la plus avancée de cette Utopie mondiale. Ceux qui la soutiennent, comme le gourou politique français Jacques Attali, la voient comme une avancée irréversible de civilisation. Pour ses chantres fanatiques, la pensée même de supprimer l’UE équivaudrait à un retour à l’Âge de pierre.

Un chœur d’européistes pousse de grands cris, la fin du monde est imminente, et la responsable c’est la classe ouvrière britannique trop stupide et trop raciste pour apprécier à sa juste valeur le merveilleux monde globalisé que l’élite européenne lui prépare. L’un des plus rapides à prendre la plume a été le propagandiste hystérique Bernard-Henri Lévy qui a craché son venin dans les pages du Monde et d’autres journaux bien-pensants. BHL a débité sans réfléchir toute sa gamme d’insultes pour fustiger le vote LEAVE qu’il considère comme la victoire de la démagogie, de la xénophobie, de l’extrême droite et de l’extrême gauche, de la haine des immigrants, du nationalisme stupide, de la violence de la haine, du déchaînement de la foule, de la stupidité des gens de gauche, de ces ivrognes d’hooligans, des forces des ténèbres contre la civilisation et même des nains de jardin contre Michel-Ange. Beaucoup d’autres ont dit la même chose, sans autant de verbiage.

On s’est beaucoup lamenté et on a beaucoup grincé des dents, en alléguant surtout que c’était seulement le racisme qui avait motivé le vote LEAVE, le racisme étant la seule raison possible pour laquelle on pourrait s’opposer à une immigration massive et non réglementée. Mais il y a, en fait, d’autres raisons.

En réalité, la majorité des électeurs de la classe ouvrière peuvent être opposés à l’immigration illimitée pour une question d’intérêt économique. Depuis qu’avec l’extension de l’UE aux pays de l’Est il a été mis fin aux contrôles d’immigration pour les ressortissants des anciens pays communistes, des centaines de milliers de travailleurs originaires de Pologne, de Lituanie et d’autres pays d’Europe de l’Est sont arrivés massivement en Grande-Bretagne et ont rejoint une importante population immigrée issue des pays du Commonwealth établie depuis longtemps. C’est un fait pur et simple que l’immigration de masse fait baisser le niveau des salaires d’un pays. Une étude de l’Université de Glasgow montre, statistiques à l’appui, qu’à mesure que l’immigration augmente, le niveau des salaires baisse par rapport aux bénéfices, sans oublier l’augmentation du chômage.

Ceux qui trouvent agréable de voyager à travers l’Europe sans avoir à s’arrêter aux frontières ni changer leur argent et qui aiment la grande diversité culturelle peinent à comprendre l’angoisse de ceux qui n’ont ni diplômes supérieurs, ni relations familiales ni aptitude pour les langues étrangères et qui se sentent marginalisés dans leur propre pays. Bien sûr, certains de ces derniers aiment probablement les nains de jardin. Cependant, on ne peut pas convaincre des millions de gens d’avoir comme seule perspective dans la vie de se sacrifier pour la gloire du Marché Mondialisé.

En outre, quel que soit leur statut social, beaucoup en Grande-Bretagne ne supportent pas l’idée de renoncer à leur démocratie parlementaire traditionnelle, afin d’obéir à des Directives et des Régulations rédigées à Bruxelles sans aucune discussion publique.

Les Britanniques

La grande surprise et l’indignation des européistes en voyant les Britanniques choisir la sortie est étrange si l’on considère que les Britanniques n’ont jamais vraiment eu l’impression d’être entrés dans l’Europe. Quand je travaillais comme attaché de presse au Parlement européen, j’ai constaté que les seuls journalistes vraiment présents et intéressés par le sujet étaient les Britanniques, toujours avidement à l’affût du dernier en date des règlements ou des dispositions absurdes que la bureaucratie de Bruxelles refilait en douce à ses États membres. Les médias britanniques s’intéressaient à l’UE parce qu’ils la détestaient. C’était si drôle de la ridiculiser. Les autres médias européens ne s’intéressaient généralement pas à ces réglementations, c’était ennuyeux et tout le monde s’en moquait. Seule exception : quelques Allemands sérieux qui faisaient leur métier.

Dans les années 80, Margaret Thatcher a forcé l’UE à revoir ses dispositions en exigeant « je veux qu’on me rende mon argent ». Le Royaume-Uni n’a pas appliqué le traité de Schengen sur la libre circulation des personnes. Il a refusé l’euro et gardé la livre sterling. Plus profondément, les Anglais, insulaires, ont toujours eu le sentiment très fort de ne pas appartenir au « continent » et ils se sont aussi montrés particulièrement sensibles au tristement célèbre « déficit démocratique » de l’Union européenne, qui abandonne à la bureaucratie de Bruxelles le pouvoir de légiférer.

La Grande-Bretagne étant insulaire, par nature, avec un état d’esprit éloigné de ceux des Européens du continent, il est trop tôt pour s’attendre à ce que d’autres États membres de l’UE suivent l’exemple britannique. En effet, certaines des populations maintenant les plus eurosceptiques étaient, dans le passé, les plus enthousiastes, particulièrement la France et l’Italie, et il est délicat de faire un virage à 180 degrés. Pour les membres fondateurs comme la France, l’Italie, le Benelux et l’Allemagne, la rupture serait beaucoup plus dramatique. Néanmoins, même dans ces principaux pays de l’Euro-zone, le désenchantement vis-à-vis de l’Union européenne s’accroît rapidement. Le Brexit est perçu comme un signal d’alerte. Ainsi la classe dominante occidentale va se hâter d’essayer de consolider la forteresse OTAN-EU. Le Washington Post s’est vite prononcé pour un « renforcement de l’OTAN ». Voilà qui annonce probablement des dénonciations plus véhémentes encore, si tant est que ce soit possible, de Poutine et de la « menace russe ». Rien de tel, dit-on, qu’une menace extérieure pour rapprocher les peuples.

Et après ?

Malheureusement, ce référendum n’a pas marqué une rupture nette et l’on se trouve en présence de deux menaces. D’abord, le statut de l’UE exige, pour qu’un pays se retire, que s’enclenche un processus long et compliqué, une question d’années ; ensuite, il n’existe pas de force politique capable de guider la Grande-Bretagne durant ce processus. En conséquence, la classe politique se trouve encore plus éloignée du peuple qu’elle devrait représenter.

Le paysage politique britannique est un champ de ruines. Le Premier ministre conservateur, David Cameron, a appelé au référendum pour des raisons de politique intérieure. Il ne s’était pas rendu compte que, si on leur en donnait l’occasion, les Britanniques voteraient pour quitter le navire. Son nom est maintenant conspué à travers toute l’Europe et il est condamné pour sa décision stupide d’avoir laissé voter le peuple sur l’UE. Cameron a annoncé sa démission, mais son gouvernement traîne les pieds pour s’engager dans le processus de retrait. Certains exigent même qu’on ignore les résultats du référendum ou qu’on en organise un autre jusqu’à ce que le peuple vote comme il le doit, procédure utilisée à la suite de précédents référendums dont les résultats étaient en défaveur de l’UE. Pendant ce temps, les dirigeants de l’UE exigent que Londres se dépêche de sortir, afin qu’ils puissent travailler à consolider l’édifice.

Le Parti pour l’indépendance du Royaume Uni de Nigel Farage, qui a fait campagne pour la sortie de l’UE, ne s’occupe que de cette question, n’a pas de programme et n’aspire pas à gouverner. L’ancien maire de Londres, Boris Johnson, s’est positionné pour prendre la direction du parti en prônant le Brexit, mais la plupart des membres de son propre parti ne le prennent pas au sérieux et lui aussi ralentit la procédure de sortie.

La situation du Parti travailliste est critique. Jeremy Corbyn a été élu à la tête du parti grâce à la rébellion des militants de base qui exprimaient ainsi un vif désir du peuple de voir le parti plus à gauche, tendance similaire à celle du mouvement de Bernie Sanders dans les primaires du parti démocrate. Il a toujours rencontré l’opposition des Blairistes qui dominent encore l’appareil du parti et la représentation parlementaire. Dans cette situation inconfortable, Corbyn, un homme courtois, a essayé d’exercer ce qui se veut une forme de leadership pluriel et écoute toutes les opinions. Cette souplesse l’a déjà conduit à échouer à défendre vigoureusement les membres du parti faussement accusés d’« antisémitisme » par des fanatiques pro-israéliens. Maintenant les Blairistes blâment Corbyn pour ce qu’ils considèrent comme la catastrophe du Brexit. Tout est censé être la faute de Corbyn qui n’aurait pas soutenu assez énergiquement le REMAIN.

Effectivement, Corbyn n’a pas soutenu le REMAIN avec beaucoup de vigueur, certains disent d’ailleurs qu’il était effectivement en faveur du LEAVE, mais qu’il se pliait à la majorité des cadres du parti. Cette concession, si c’en était une, n’a pas empêché les Blairistes d’exiger la démission de Corbyn de son poste de chef du parti. Des pétitions circulent aussi bien pour que contre lui.

On n’a pas, et c’est le problème, contrebalancé la caricature standard des électeurs du Brexit présentés comme des racistes à l’esprit borné, voire des protofascistes, par l’explication du profond rejet de l’UE. Cette organisation constitue, en effet, un déni de démocratie et elle est sous la coupe autoritaire d’une élite pro mondialisation contente d’elle, qui affiche un mépris total pour ce que peut réellement vouloir le peuple.

Il n’existe pas, en Grande-Bretagne, de parti politique qui soit, un tant soit peu, préparé à se détourner de la mondialisation, de plus en plus discréditée et désavouée, afin de conduire à une vraie alternative démocratique.

Source : CounterPunch, le 29/06/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Alex Jones appelle les Américains à réclamer des comptes à leur gouvernement sur la marche à la guerre avec la Russie et la Chine

27 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #L'OTAN., #La guerre, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch

Alex Jones appelle les Américains à réclamer des comptes à leur gouvernement sur la marche à la guerre avec la Russie et la Chine

Oscar Platt – Russia Insider 20 août 2016

 

« La décision dépend de nous tous et il nous faut en débattre sérieusement. Les mondialistes ne veulent pas que ce débat ait lieu. »

 

20. Alex Jones.png

 

Il est du bon côté sur cette question, et il s’adresse à un très large public.

Jones fait vraiment un excellent travail à présenter la réalité des choses.

Il termine son exposé par un appel au peuple américain, le pressant de tenir son gouvernement pour responsable des politiques néo-conservatrices insanes qui le mènent à la guerre.

Jones a un très large public : ici, il parle de 28 millions de gens.

Et il conclut sur cet appel :

« Je suis Alex Jones et je vous demande à tous de réfléchir aux faits, de peser les preuves et de décider :

Si avoir 50.000 armes nucléaires sur cette planète est vraiment sans danger.

Si amasser des troupes à la frontière russe est vraiment une bonne idée ?

Si c’est une bonne idée de financer ISIS et Al Qaeda.

La décision dépend de nous tous, et il nous faut en débattre sérieusement. Les mondialistes ne veulent pas que ce débat ait lieu. Mais nous sommes là justement pour le mettre de force au premier plan et au centre de nos affaires… exactement comme nous l’avons fait sur la fraude électorale, comme nous l’avons fait sur les OGM et comme nous l’avons fait sur notre gouvernement qui finance ISIS.

Sur tous les fronts, Infowars est à la pointe de l’épée, parce que nous avons 28 millions de spectateurs et d’auditeurs qui, comme vous, sont vigilants et impliqués.

Mes amis, il est temps d’agir et d’arrêter une IIIe Guerre Mondiale ! »

 

Vidéo sous-titrée en français

Pour lire les sous-titres en anglais, cliquer à côté de la roue dentée.

Transcription aussi peu infidèle que possible :

C’est Poutine qui parle :

Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ?

On sait chaque année ce qui va se passer et ils savent que nous le savons.

Il n’y a qu’à vous qu’ils racontent ces histoires et vous y croyez. Vous les racontez à vos compatriotes. et personne ne voit l’imminence du danger.

C’est ça qui m’inquiète : comment pouvez-vous ne pas voir que le monde est entraîné vers une catastrophe irréversible ?

C’est ça le problème ! Mais ils font comme s’il ne se passait rien. Je ne sais même plus comment vous atteindre.

« Poutine va essayer de déstabiliser l’Ukraine mais les Ukrainiens veulent rester indépendants. »

Pourquoi vous mêlez-vous de nos affaires ? Mêlez-vous de ce qui vous regarde ! Occupez-vous de vos affaires à vous !

« Mr. Trump a déclaré qu’il est prêt à rétablir de bonnes relations avec la Russie… » Et alors, qu’y a-t-il de mal à ça ? Nous sommes d’accord. Pas vous ?

Alex Jones :

Ces dernières années, on a vu toute une bande d’experts en géopolitique d’historiens, de statisticiens, d’hommes d’état venir nous avertir que le monde se précipite vers un conflit armé majeur entre les États-Unis et la Russie et que le climat actuel dans le monde est très semblable à ce qu’il était avant la première et la deuxième guerre mondiale.

Ces six derniers mois, Vladimir Poutine a donné plusieurs conférences de presse pour avertir le monde que, sous prétexte de se défendre, l’Ouest installe des armes nucléaires offensives tout le long de la frontière russe.

J’ai étudié les faits. Je sais qu’il y a deux ans, George Soros s’est vanté sur CNN d’avoir persuadé la majorité du Département d’État de renverser le gouvernement élu d’Ukraine.

Interview Soros-CNN :

– À propos de l’Ukraine, une chose que beaucoup de gens savent, c’est que durant les révolutions de 1989, c’est vous qui avez financé quantités de groupes dissidents en Europe de l’Est, en Pologne et en république tchèque. Êtes-vous en train de faire la même chose en Ukraine ?

– Disons que j’ai créé une fondation en Ukraine avant que l’Ukraine ne devienne indépendante de la Russie. Et depuis, cette fondation fonctionne et joue un rôle important dans les événements récents.

Alex Jones :

Maintenant, en Ukraine de l’Est, qui a toujours fait partie de la Russie en Crimée, c’est-à-dire à la frontière de la Russie nous avons des armées de pays membres de l’OTAN, qui se battent contre des troupes russes. Et les pertes russes ont été élevées.

La semaine dernière encore, Vladimir Poutine est venu nous dire, à une conférence de Presse, que Kiev était en train de lancer une guerre asymétrique qu’il qualifie de terroriste et, qu’on soit pour ou contre la Russie ou Poutine, ou qu’on soit simplement neutre ça devrait être une information majeure aux États-Unis. Voici un extrait de cette conférence de Presse

Vladimir Poutine :

« Il est exact que nos forces spéciales ont déjoué la tentative d’un groupe de sabotage infiltré qui appartient aux services d’espionnage du ministère de la Défense ukrainien et qui cherche à pénétrer en Crimée. Au vu de ces événements, il est devenu sans objet de rencontrer les autorités ukrainiennes actuelles au format Normandie.

Nous avons eu des pertes à la suite de ces opérations. Nous ne pouvons pas faire semblant d’ignorer la mort de nos soldats du fait de ces opérations.

Je voudrais m’adresser à nos partenaires américains et européens :

Il est aujourd’hui définitivement évident que les autorités actuelles de Kievn n’entendent pas résoudre les problèmes par la voie des négociations, mais qu’elles ont choisi de recourir au terrorisme. Cela ne devrait pas nous étonner. Ce genre d’actions n’a pas d’autre objectif que d’abuser le peuple ukrainien et détourner son attention de la situation économique désastreuse du pays et des conditions misérables dans lesquelles vivent la plupart d’entre eux. »

Alex Jones :

Et voilà où on en est, deux ans après que George Soros et le département d’État se soient vantés d’avoir renversé le gouvernement élu d’Ukraine, pendant que l’OTAN et les forces de l’ouest s’entassent à la frontière Russe, que la Russie y masse 40.000 hommes en état d’alerte imminente et que Poutine dit : « plus de réunion ni de pourparlers avec l’Ukraine, vous attaquez des citoyens russes à Urist ».

, plus de comptes rendus dans les journaux ! Si ce n’est pour dire que je suis un agent russe ou que ce n’est qu’une guerre de l’information, ou que Donald Trump est vendu à Poutine.

Non ! Nous sommes vendus au sens commun, à la décence et au besoin urgent d’éviter une guerre nucléaire.

Et je vois les e-mails qui arrivent dans les commentaires, sur « la guerre de l’information que mène une minorité »… qu’on entend dire que je sème la terreur parce que je crains un conflit général…

Oui, je suis inquiet ! De savoir que l’Ouest finance Al-Qaïda, qu’ISIS s’empare du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Je suis malade de voir notre gouvernement créer des milliers de trillions de dollars de faux produits dérivés pour acheter le monde.

Je déplore de voir la fondation Clinton accepter de l’argent de dictateurs du Moyen-Orient qui oppriment les femmes et les homosexuels.

Je suis navré par l’attitude de laisser-faire de nos élites, mais ce qui m’angoisse encore davantage c’est l’attitude générale de la population américaine.

Parce que des gens que je connais personnellement m’ont dit : « Alex, on entend parler d’une guerre nucléaire depuis 1960 ! Ce n’est qu’un épouvantail. Ça n’arrivera jamais. »

Et le New-York Times plaisante en disant que nous voulons juste nous faire peur.

Nous sommes capables de détruire la vie plusieurs fois sur cette planète. Nous avons mis la main sur un feu de Prométhée qui peut soit nous emmener dans les étoiles, soit faire de cette planète entière une seule tombe géante.

J'ai trois enfants. J'étudie la géopolitique. Je cherche à construire un monde meilleur. Je désire la paix avec la Chine et la Russie. Je ne veux pas la guerre et je vois nos propres dirigeants nous dire de ne pas nous tracasser à propos de la guerre alors que ce sont eux qui ont donné des réacteurs nucléaires à la Corée du Nord et les secrets des missiles ICBM à la Chine dans les années 1990. Les mêmes personnes qui nous disent de ne pas nous tracasser à propos de tout ça sont celles qui mènent le monde au bord de l'extinction. Et pas que l'humanité !

Récemment nous avons vu la Haye prendre parti contre les Chinois à propos de la mer de Chine méridionale, et nous avons vu la Chine prendre en retour un ton très agressif et menacer le monde d'une guerre.

Que vous souteniez ou non le parti communiste chinois, je vous parle ici en tant que patriote américain pour vous rappeler que nous avons, des porte-avions en train de provoquer ouvertement depuis deux mois la marine chinoise en mer de Chine méridionale, et que les quotidiens et le président chinois disent que la guerre avec les États Unis est imminente. Mais je vois mille fois plus d’informations sur un athlète US en Amérique du Sud, aux jeux olympiques, qui a peut-être menti en disant qu'il avait été dévalisé…

C'est la Chine, l’histoire importante, pas ça ! Aux infos on apprend qu’il y a un trou de plus de 6 trillions de dollars [ 60 milliards de milliards $ ] au Pentagone. La dernière fois que CBS News a annoncé qu'il manquait 2 trillions [ 20 milliards de milliards ] c’était la veille du 11 septembre 2001. Vous avez vu ce qui est arrivé et ce n'est que le commencement de ce dont je veux vous parler.

Toute l'« élite » est en train de se faire construire des forteresses blindées et on pense même qu’en Nouvelle Zélande ils se les construisent sous terre. Ils font élever des murs énormes – du palais d’Hillary à celui de Zuckerberg – autour de leurs résidences. Ils agissent comme si c'était la fin du monde , tout en vous disant de ne pas vous en faire. Et vous, vous êtes un complotiste si vous dites que Poutine parle d'une guerre nucléaire.

Nous vivons des temps déments et tout ce que je fais c’est tirer la sonnette d'alarme et vous dire : « Jusqu'à présent nous n'avons pas eu de guerre nucléaire mais nous sommes très près d’en avoir une. Bon sang, ayons un débat là dessus au lieu de nous demander si oui ou non un type de l'équipe olympique a menti en disant qu’il s’est fait détrousser. »

Discutons des vrais problèmes, ici, ouvertement !

« Je suis Alex Jones et je vous demande à tous de réfléchir aux faits, de peser les preuves et de décider :

Si avoir 50.000 armes nucléaires sur cette planète est vraiment sans danger.

Si amasser des troupes à la frontière russe est vraiment une bonne idée.

Si c’est une bonne idée de financer ISIS et Al Qaeda.

La décision dépend de nous tous, et il nous faut en débattre sérieusement. Les mondialistes ne veulent pas que ce débat ait lieu. Mais nous sommes là justement pour le mettre de force au premier plan et au centre de nos affaires… exactement comme nous l’avons fait sur la fraude électorale, comme nous l’avons fait sur les OGM et comme nous l’avons fait sur notre gouvernement qui finance ISIS.

Sur tous les fronts, Infowars est à la pointe de l’épée, parce que nous avons 28 millions de spectateurs et d’auditeurs qui, comme vous, sont vigilants et sont impliqués.

Mes amis, il est temps d’agir et d’arrêter une Troisième Guerre Mondiale ! »

Source : http://russia-insider.com/en/alex-jones-analyzes-uss-marc...

Traduction et sous-titres de la vidéo : Anna S. pour A.S.I.

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Corbyn vient de jeter une bombe de vérité sur la clique des va-t-en guerre, par Carlyn Harvey

27 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Europe supranationale, #La guerre

Corbyn vient de jeter une bombe de vérité sur la clique des va-t-en guerre

Carlyn Harvey – ICH – The Canary 20 août 2016

 

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Ce 18 août, la raison pour laquelle l’establishment trouve Corbyn si dangereux s’est révélée dans toute sa clarté. Répondant à une question sur la défense, lors d’un débat contradictoire à la direction du Labour, il a refusé de justifier les actions de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), s’engageant en revanche à créer « un monde où il n’y ait pas besoin de faire la guerre ».

Pour des millions de citoyens de par le monde, c’est une excellente nouvelle. Mais pour ceux dont le seul but est de soutenir les pouvoirs en place et les industries si lucratives dont ils dépendent, les vues de Corbyn sont un vrai désastre.

Voulez-vous faire partie de notre gang ?

Dans le cours de ce débat, une question a été posée à Corbyn et à son collègue Owen Smith [L’autre candidat à la direction du Labour, NdT] à propos de la Russie :

–  Comment réagiriez-vous, en tant que Premier ministre, à une violation, par Vladimir Poutine, de la souveraineté d’un pays membre de l’OTAN ?

Corbyn a répondu :

On devrait d’abord faire en sorte qu’une telle chose n’arrive pas. C’est-à-dire qu’on devrait avoir au préalable établi une bonne base de dialogue avec les Russes, en leur demandant de respecter les frontières et en  respectant les leurs. La première chose que nous essayerions de faire, serait d’en arriver à une démilitarisation entre la Russie et l’Ukraine, et aux autres frontières entre la Russie et l’Europe de l’Est.

Ce que nous ne pouvons pas permettre, c’est l’accroissement exponentiel de troupes des deux côtés de ces frontières, qui ne peut conduire qu’à des dangers de plus en plus grands. Dans l’état actuel des choses, tout cela ressemble furieusement à une politique de guerre froide. Il nous faut collaborer avec la Russie, nous engager à démilitariser cette région, de façon à éviter que de mortels dangers se concrétisent.

L’OTAN a été créée en 1949, dans le sillage de la Deuxième guerre mondiale. Elle a été créée, d’emblée, contre la Russie. Il s’agissait d’établir une alliance capable de défier « l’ours » rouge, partout où c’était jugé nécessaire. Mais, une fois le mur de Berlin tombé et l’Union Soviétique dissoute, les tensions avec la Russie ont diminué, et l’OTAN, décidée à justifier la permanence de son existence, est passée à d’autres objectifs.

À présent, les tensions de la guerre froide sont de retour et, comme le dit Corbyn, il y a « un accroissement exponentiel de troupes » le long de la frontière russe. Le 10 février, par exemple, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg annonçait que :

Les ministres de la Défense de l’OTAN se sont mis d’accord sur une présence accrue dans la partie orientale de l’Alliance. 

Ceci est le jargon de l’OTAN pour désigner une augmentation massive de sa présence militaire dans six pays qui touchent directement le territoire de la Russie. Le Royaume Uni y participe avec cinq navires de guerre et un nombre considérable de militaires. Cette annonce faisait suite à celle du président US Barack Obama, décidant de quadrupler les dépenses militaires de la superpuissance en Europe à hauteur de 3,4 milliards de dollars.

À peu près à la même époque, le secrétaire US à la Défense, Ashton Carter expliquait que « l’environnement sécuritaire d’aujourd’hui » est « dramatiquement différent » de ce qu’il était au cours des deux décennies passées. Pendant les 25 dernières années, notait Carter, la défense US s’est surtout concentrée sur les « forces insurgées » comme les Taliban et certains groupes extrémistes. Mais maintenant, les États-Unis passent à la vitesse supérieure « en revenant à une compétition entre grandes puissances », avec des « ennemis haut de gamme » tels que la Russie et la Chine.

L’OTAN est à l’avant-garde de cette « compétition entre grandes puissances ».

Jouez selon nos règles ou sortez du jeu.

Comme la plupart des joueurs qui comptent des deux côtés de la « compétition » ont empilé de considérables stocks d’armes nucléaires, toute escalade des tensions aboutira en effet ce que « les mortels dangers [que nous courons] se concrétisent ». C’est la crainte que Vladimir Poutine lui-même a exprimée, lorsqu’il s’est adressé récemment à la presse étrangère :

« Vos populations n’ont pas l’air d’avoir conscience du danger pourtant imminent. C’est là ce qui m’inquiète ! Comment ne comprenez-vous pas que le monde est entraîné vers une catastrophe irréversible ? »

Corbyn a estimé que le « dialogue », la « démilitarisation » et la « collaboration » sont exactement les tâches auxquelles nous devons nous atteler, afin qu’aucune violation de souveraineté ne se produise pour commencer. Il prône la prévention des hostilités plutôt que des efforts pour y remédier une fois qu’elles ont éclaté.

Mais ce genre de tactiques ne semble pas vraiment faire partie des règles du jeu de l’OTAN. Au contraire, des mails récemment divulgués du commandant suprême en retraite de l’OTAN Philip Breedlove montrent qu’il a sciemment comploté autant qu’il le pouvait pour vaincre la répugnance du président Obama à faire grimper les tensions militaires en Ukraine.

Et Stoltenberg, dans son annonce au sujet de l’accroissement de troupes aux frontières de la Russie a tenu à mettre l’accent sur le principe de l’OTAN, selon lequel « une attaque contre un allié est une attaque contre tous les alliés », et que « l’Alliance toute entière y répondra »

C’est ce principe qui veut que tous les membres soient prêts à agir militairement si l’un d’entre eux se voit menacé qui a fait l’objet du débat à la direction du Labour. Et Smith a docilement répondu, en parfait accord avec la politique de l’OTAN :

Nous porterions secours au pays membre de l’OTAN ; c’est la matière même des accords de l’OTAN. Ce serait le boulot de la Grande Bretagne, au cas où un pays membre serait envahi, c’est évident. Mais ce serait calamiteux et nous ne devrions jamais avoir à en arriver là.

Nous devons travailler diplomatiquement pour nous assurer que l’agression russe – et je pense qu’il s’est agi de rien moins que cela – que l’expansionnisme et l’agression militaire de ces dernières année par Poutine soit endiguée.

Quel pourra être le succès de la « diplomatie », dès lors qu’on n’entend discuter que de « l’agression de la Russie » ? C’est une éventualité plutôt difficile à imaginer. Et si Smith croit vraiment que « nous ne devrions jamais avoir à en arriver là », il semble bien que la prévention soit le seul moyen d’y parvenir.

Une entreprise explosive

Réinterrogé avec insistance sur la question de savoir s’il est prêt à entreprendre une action militaire qui s’avérerait nécessaire, Corbyn, a conclu :

Je n’ai pas envie de faire la guerre. Ce que je veux, c’est faire en sorte que dans le monde où nous vivons, il n’y ait pas besoin de faire la guerre, où cela ne soit pas nécessaire. Et y parvenir est possible.

Après des décennies d’interventions militaires qui ont laissé la quasi-totalité du Moyen Orient en ruines, qui ont propulsé le terrorisme wahhabite sur la scène mondiale et qui ont érodé la confiance dans les communautés de tout l’hémisphère occidental, il ne faut pas s’étonner que l’assistance ait éclaté en applaudissements enthousiastes.

 

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Mais les gens au pouvoir n’aiment pas ça du tout. Lord West, ex-ministre travailliste de la Sécurité et chef de la Royal Navy, a dit que les propos tenus par Corbyn étaient « absolument effrayants ». Le député travailliste Wes Streeting a, pour sa part, affirmé qu’il s’agissait d’« une grossière trahison de toutes les valeurs internationalistes du Labour ».

On pourrait pourtant estimer qu’il est justement du plus pur internationalisme de prôner une solution diplomatique à tous les conflits qui menacent non seulement les pays de l’OTAN mais tous les citoyens de tous les pays du monde, qui risquent d’en faire les frais. Mais ce n’est pas ainsi qu’on voit les choses dans les milieux que fréquente Streeting.

Certains pourraient même considérer qu’il est « absolument effrayant »  de ne pas essayer de convaincre l’OTAN – seule alliance militaire dont le Royaume Uni fasse partie – d’épuiser toutes les solutions pacifiques avant de se lancer dans des actions militaires.

Les médias de masse peuvent bien, s’ils veulent, donner libre cours à leur servilité légendaire en piaillant que Corbyn est « allé trop loin », et invoquer les mânes de Clement Atlee, fondateur de l’Alliance, dans leurs anathèmes.

Le monde d’aujourd’hui est un endroit très différent de celui où Atlee a négocié. Après les incessantes interventions des dernières années, il faut que nos furieuses démangeaisons militaires (et celles des autres) soient maîtrisées, si nous voulons qu’il y ait la moindre espérance de paix mondiale.

La vraie question géopolitique à l’ordre du jour n’est pas « qui va dominer le monde » mais « qui va le sauver ».

Impliquez-vous !

Agissez avec la Coalition Stop the War

Soutenez les Anciens Combattants pour la Paix, qui se battent maintenant pour que des solutions pacifiques soient trouvées aux problèmes du monde.

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Carlyn Harvey écrit sous un pseudonyme. Son vrai nom est Tracy Keeling. Elle est anglaise et travaille depuis des années dans l’éducation et le théâtre. Elle a une certaine expérience en tant qu’écrivain de fiction et, à ce titre, elle a été frappée par la capacité créatrice dont les médias de masse font preuve dans leurs reportages. Tracy pense qu’il y a comme un consensus de masse aussi dans les fables qu’ils servent au public du Royaume Uni, et elle trouve que celui-ci a nettement besoin de voix alternatives. C’est à quoi s’efforce Le Canari (The Canary) et elle est ravie d’y participer.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article45321.htm 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

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Pourquoi Corbyn a raison à propos de l’OTAN, par Chris Nineham

27 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #La Russie, #Europe supranationale, #AMERIQUE

Pourquoi Corbyn a raison à propos de l’OTAN

Chris Nineham – ICHStop the War 20 août 2016

 

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Chris Nineham, George Galloway et Jeremy Corbyn

 

Il est assez inquiétant que les propos de Jeremy Corbyn sur la politique étrangère aient pu être jugés sujet à controverse, estime Chris Nineham.

Si on prend un peu de recul, on trouve assez inquiétant que les propos de Jeremy Corbyn aient pu être jugés en quoi que ce soit sujets à controverse. Corbyn s’est exprimé sur deux questions, une générale et l’autre plus immédiate. En gros, il souhaite une politique étrangère telle que « nous vivions dans un monde où il n’y ait pas besoin de faire la guerre ». Dans quel genre de milieux cela peut-il être sujet à controverse ? Deuxièmement, et en rapport évidemment direct avec ce qui précède, il veut éviter la guerre avec la Russie.

Interrogé [dans un débat récent à la direction du Labour, NdT] sur d’éventuelles interventions russes, il a refusé de dire que la Grande Bretagne volerait au secours de la nation membre de l’OTAN qui se trouverait agressée, préférant se concentrer sur les mesures diplomatiques et politiques susceptibles d’éviter un scénario de ce genre et expliquant : « Nous ne pouvons pas permettre l’accroissement exponentiel d’une présence militaire qui va conduire à une situation catastrophique incroyablement dangereuse. »

On peut présumer que la plupart des gens sains d’esprit soutiendraient des démarches actives pour éviter d’entrer en guerre avec la Russie. Une telle guerre serait encore plus calamiteuse que celles générées par le chapelet de désastres britanniques en matière de politique extérieure que furent et que sont l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie.

Sa critique implicite de la politique de l’OTAN en Europe de l’Est est, elle aussi, tout à fait justifiée. Le sommet de l’OTAN de juillet dernier, à Varsovie, s’est prononcé pour une stratégie de la corde raide à l’égard de la Russie, décrétant le déploiement supplémentaire de quatre bataillons multinationaux qui vont stationner par rotation en Pologne et dans trois pays baltes : la Lithuanie, La Lettonie et l’Estonie. En tout, 4.000 hommes de plus y seront déployés, dont 650 en provenance de Grande Bretagne et 1.000 des États-Unis.

Ceci a été précédé, dans les premiers mois de l’année, par les plus importants jeux de guerre [on dit aussi « grandes manœuvres », NdT] occidentaux en Europe de l’Est depuis la guerre froide, impliquant 31.000 hommes et des milliers de véhicules de 24 pays. Même les partisans de l’OTAN ont été quelque peu gênés par cette débauche. On cite la réflexion d’un attaché à la Défense d’une ambassade européenne à Varsovie qui a dit « redouter un scénario cauchemardesque… un incident… les Russes se méprenant ou feignant de se méprendre sur ce qu’ils pourraient voir comme une action offensive ».

Après ce sommet, l’ex-Premier ministre soviétique  Gorbatchev a donné une idée de l’opinion qui prévaut en Russie : « Toute la rhétorique de Varsovie hurle l’envie de déclarer la guerre à la Russie. Ils ne font que parler de défense, et préparent dans la réalité des opérations offensives ».

Bien entendu, les dirigeants de l’OTAN présentent cette escalade historique d’envergure comme réactive. Mais leur prétention n’est tout simplement pas soutenable. Depuis l’instant même où l’URSS s’est effondrée, les puissances de l’OTAN n’ont cessé de pousser leur avancée vers l’Est, principalement dans les régions que la Russie considère à bon droit comme vitales pour sa sécurité. Depuis 1991, douze pays de la région ont été intégrés à l’OTAN. Dès 2008, on a promis à la Géorgie et à l’Ukraine qu’elles en feraient partie, en dépit des avertissements répétés du gouvernement russe qu’amener l’OTAN à ses frontières ne pourrait que provoquer une crise sécuritaire internationale majeure.

Les dirigeants russes – Poutine inclus – ont essayé de trouver un accommodement sécuritaire avec l’Ouest dès les années 1990. C’est l’expansionnisme de l’OTAN vers l’Est et les prises de décision unilatérales de l’Occident partout ailleurs – en particulier à l’égard de la Libye – qui ont fait monter de plus en plus la tension.

Les arguments de Corbyn sur l’OTAN sont de bon sens et soutenus par les faits. Ce qui pose réellement problème dans les milieux du pouvoir en place, c’est que Jeremy Corbyn est déterminé à rompre avec l’alignement sans réserve du Royaume Uni sur les priorités de Washington, alignement qui vient d’être vertement condamné par le Rapport Chilcot.

Plutôt que de se contenter d’exprimer ses regrets sur l’Irak, il a fait des excuses au nom du parti travailliste, pour ce que la plupart des gens considèrent comme une décision désastreuse. Davantage même – et c’est ce qui fait si fort grincer certaines dents – il se prépare à tirer les conclusions du chaos des quinze dernières années, pour véritablement agir en conséquence.

Irrationnel, n’est-ce pas ? Ne vaudrait-il pas mieux continuer à se mettre la tête dans le sable, ignorer le passé et plonger l’avenir dans toujours plus de désordres ?

Chris Nineham est un militant politique anglais, né en 1962. Il est un des membres fondateurs de la coalition Stop the War au Royaume Uni, et a été un des principaux organisateurs de la grande Manifestation du 15 février 2003 contre la guerre d’Irak en Grande Bretagne. Il fait partie de la direction de Globalise Resistance, le réseau anti-mondialisation qui s’est manifesté à diverses reprises, à Gênes et alleurs. Chris Nineham est l’auteur de The People Versus Tony Blair et de Capitalism and Class Consciousness : the ideas of Georg Lukács.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article45321.htm

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades.

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La Suède, nous devons prendre nos distances vis-à-vis de l’OTAN si nous voulons éviter le guerre.

27 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La guerre, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale

Nous devons prendre nos distances vis-à-vis de l’OTAN si nous voulons éviter le guerre

Leif Elinder, Anders Romelsjö et Martin Gelin –

I.C.H. 20 août 2016

 

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Publié en suédois sur Göteborgsposten, traduit en anglais par Siv O'Neall. - Titre original : “Vi måste fjärma oss från Nato om vi vill slippa krig”

 

Le risque de guerre nucléaire n’a jamais été plus grand, et c’est partiellement parce que l’OTAN a réarmé les pays qui entourent la Russie. Pourtant, ces pays sont sûrs d’être eux aussi des cibles, si Poutine décide de riposter. Voilà ce qu’écrivent trois médecins suédois, dans un article qui a paru sur Göteborgsposten, le vendredi 12 août.

Pendant la crise des missiles cubains, le président Kennedy avait discuté avec ses conseillers les différentes options qui s’offraient à lui. L’une était de lancer une attaque limitée sur des bases anti-missiles soviétiques. On escomptait que Moscou accepterait cette réaction, au lieu de riposter d’une façon dont le résultat serait la dévastation aussi bien des États-Unis que de l’Union Soviétique.

De 1950 aux années 1980, il y a eu une doctrine de stratégie militaire appelée MAD (Destruction Mutuellement Assurée). MAD signifiait que si une grande puissance attaquait l’autre en premier, il serait toujours possible que la nation attaquée rendît les coups. Cette possibilité de frappe en retour a longtemps servi de dissuasion suffisante.

La sécurité relative qu’offrait la doctrine MAD n’existe plus. Les États-Unis et la Russie s’accusent aujourd’hui mutuellement et ouvertement de constituer une « menace existentielle ». L’équilibre, dans la stratégie militaire, devient de plus en plus inégal.

 

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Le réarmement nucléaire des États-Unis et l’encerclement de la Russie par l’OTAN ont créé une situation hautement précaire et dangereuse. Il devient de plus en plus difficile de résister aux avantages d’une « première frappe ». Avec le soutien de l’OTAN, la Roumanie et la Pologne sont en train d’installer un nouveau système robotique de défense appelé « Aegis ashore ». Le président Poutine a averti les deux pays qu’en cas de conflit ils seraient ses premières cibles. Les inquiétudes de la Russie quant à une première attaque destinée à la désarmer semblent réelles. Si ces inquiétudes sont fondées, nous ne pouvons pas le savoir. Mais les arrière-pensées et les intentions de chaque superpuissance sont absolument cruciales pour notre sécurité.

Les risques n’ont jamais été plus grands.

L’ex-secrétaire à la Défense US William Perry a mis le monde en garde : les risques d’une guerre nucléaire sont aujourd’hui plus grands que jamais. Et le sont pour les raisons suivantes :

La rupture de l’engagement pris lors de la dissolution de l’URSS (en 1990) de ne jamais étendre l’OTAN.

- Le nombre de pays membres de l’OTAN est passé, depuis, de 13 à 28.

- L’intervention illégale de l’OTAN en Yougoslavie (1999) et la création non moins illégale d’un Kosovo indépendant.

- La dénonciation unilatérale du TNP (Traité de non-prolifération des armes nucléaires) en 2001 par les États-Unis.

- L’installation de bases « anti-missiles » en Roumanie et en Pologne (voi ci-dessus), qui sont très facilement reprogrammables en bases d’attaque robotisées.

- La modernisation du système d’armement nucléaire US qui a coûté un trillion (douze zéros) de dollars.

- Le coup d’État illégal fomenté et soutenu par les USA (2014) en Ukraine.

- La supériorité militaire stratégique de l’OTAN en termes de possibilités de recourir à une « première frappe ».

- La démonisation de Vladimir Poutine, par comparaison systématique avec Hitler (Un « Hitler » n’est pas quelqu’un avec qui on puisse négocier, mais quelqu’un qui doit être éliminé.)

Les analystes américains indépendants en matière de sécurité tels que VIPS (Anciens Agents de Renseignement Professionnels pour la Santé Mentale) considèrent les jeux de guerre de l’OTAN dans le voisinage immédiat de la Russie comme extrêmement provocateurs et dangereux. De plus en plus d’hommes politiques européens prennent publiquement leurs distances avec la politique agressive de l’OTAN. Par exemple le Premier ministre grec Tsipras, le ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier et le président français François Hollande. [?? NdT]

Effets opposés

L’OTAN est globalement fort. L’OTAN dépense, en armes, dix fois plus d’argent que la Russie. Beaucoup de pays s’imaginent que devenir membre de l’OTAN est un gage de sécurité. Mais quand un équilibre militaire est asymétrique, les conséquences logiques sont inversées. Si les USA et l’OTAN décident de frapper « préemptivement » la Russie à partir des bases encerclant la Russie, les chefs de l’armée russe n’auront pas le temps de réagir.

 

 La Russie a fait savoir clairement qu’une telle situation ne serait pas tolérée. Par conséquent, la Russie applique présentement une doctrine qui prévoit une frappe nucléaire avec des restrictions (« Concept de Désescalade »). L’avantage supposé de cette doctrine est qu’une première attaque limitée rendra une guerre tous azimuts moins probable. En ne répondant pas [à une frappe qui serait limitée à des pays d’Europe, NdT ] les États-Unis éviteront le risque d’une extension du conflit à leur propre territoire. Franchement, est-ce qu’un président des États-Unis voudra risquer de voir dévaster son propre territoire sous prétexte de punir les Russes d’une première frappe sur des bases européennes ?

La situation militaire stratégique est donc extrêmement instable. Des pays voisins de la Russie ont permis l’installation de bases de l’OTAN sur leur sol, au risque de plus en plus grand de devenir eux-mêmes les objectifs d’une première frappe. Le résultat de l’élection présidentielle US, quelle qu’en soit l’issue, ne peut être d’aucun secours.

Des causes et des effets

Si les politiciens occidentaux sont incapables de faire la différence entre des causes et des effets, entre une provocation et une réaction, les conséquences peuvent être dévastatrices. La Russie se trouve face à trois solutions possibles, en termes de rapports avec l’OTAN :

1) Céder, se laisser faire, et accepter de devenir vassale des USA

2) Attendre qu’une première frappe de l’OTAN la neutralise.

3) Frapper la première, avec des armes nucléaires tactiques, certaines bases « anti-missiles » européennes constituant pour elle une menace directe, en escomptant que les USA ne répliqueront pas pour ne pas risquer une contre-attaque sur leur territoire. (Donald Trump a déjà fait comprendre que les USA ne s’engageront pas militairement de façon inconditionnelle pour protéger leurs alliés de l’OTAN.)

 

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Navire russe lance-missiles

 

Le président Poutine a fait savoir que c’est le troisième scénario que la Russie envisage aujourd’hui. L’unique détail qui ne soit pas sûr est « quand ». Le seul perdant assuré, dans tous les cas de figure, sera l’Europe.

Le rapprochement entre la Suède et l’Otan a augmenté le risque, pour notre pays, d’être entraîné dans une guerre. Pour cette raison, il est particulièrement important – pour la Suède et pour les autres pays d’Europe – de soutenir toutes les initiatives allant dans le sens d’une détente et d’un désarmement, et d’ainsi créer une opinion publique qui exige que nous prenions nos distances d’avec l’OTAN

Leif Elinder, Anders Romelsjö et Martin Gelin sont trois médecins suédois, qui militent dans le Mouvement pour la Paix.

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article45320.htm

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

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Lettre à Manuel Valls: La FRANCE ne sera PAS CHARIA-COMPATIBLE ! [par André Gerin]

26 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #l'islamisme, #Europe supranationale, #La nation ., #La République, #Terrorisme

Publié par El Diablo

 

 

André Gerin,  député communiste de la 14e circonscription du Rhône de 1993 à 2012.

André Gerin, député communiste de la 14e circonscription du Rhône de 1993 à 2012.

ON NOUS COMMUNIQUE LE TEXTE SUIVANT:

 

Madame, Monsieur,

Je viens d'adresser le courrier ci-dessous à Manuel Valls, Premier ministre. 

Je lui demande de légiférer contre le burkini. Il est temps d'éradiquer l'idéologie islamiste. La majorité des français en a marre. 

Cordialement

André GERIN

**********

Monsieur le Premier Ministre,

 

Nous assistons actuellement à une nouvelle tentative de remise en cause de la laïcité par la multiplication de burkinis dans certains territoires de l’hexagone. En réaction, certains maires ont pris des arrêtés municipaux pour interdire le port de ce vêtement dans l’espace public. Vous leur avez d’ailleurs déclaré votre soutien. Prendre le temps nécessaire au service de la République et de la laïcité est une excellente prérogative.
 
A l’instar du voile intégral, la lutte contre l’idéologie islamiste fait partie des priorités nationales. Oui, la République doit faire preuve de fermeté et se défendre. C’est ma conviction intime. Car, à moins d’être frappé de cécité, la question du burkini vient s’ajouter à la longue liste des coups portés à l’identité de la France et aux valeurs républicaines. Ils sont le résultat de notre aveuglement, d’accommodements, voire même de complicités.
 
Depuis l’affaire du foulard de Creil en 1989, nous avons vu se développer le foulard à l’école, les prières de rues, l’exercice d’une pression pour que des repas halal soient servis dans les cantines scolaires, l’apartheid sexuel dans les piscines, le sexisme qui mène à une vie infernale pour les jeunes filles dans certains quartiers et le port, de plus en plus visible, de longues abayas noires ou brunes.

Le burkini quant à lui, s’est invité dans l’actualité estivale. Il constitue un désordre dans l’espace public. Cette nouvelle bataille politique a reçu la désapprobation de la grande majorité des citoyens de notre pays. Devant leur ras-le-bol, nous devons leur répondre. Ils ne veulent pas, à juste titre, voir la France devenir charia-compatible.

Il est temps et grand temps d’éradiquer cette gangrène islamiste.

Les français veulent avoir la certitude que le gouvernement mettra tout en œuvre pour empêcher cette prolifération qui empoisonne leur vie quotidienne. Sachant que la loi d’octobre 2010 sur l’interdiction du voile intégral est, hélas, appliquée à dose homéopathique, le doute est donc permis sur l’action gouvernementale.

Une fois de plus, nous sommes confrontés à un islam politique, dans sa conquête de l’espace public, qui tente d’instrumentaliser nos droits individuels, en portant de nouveaux coups à notre République. Il est plus que temps d’agir et de stopper cette prolifération. L’interdiction du burkini s’impose dans tous les lieux de baignade. Je pense qu’une loi fondée sur l’ordre et la sécurité publiques peut être envisagée.

Il est possible de porter notre action à plusieurs niveaux, en complétant la loi sur l’interdiction du voile intégral d’une part et d’autre part, en proposant, sans plus attendre des arrêtés préfectoraux, voire même des décrets au niveau ministériel. Car le « marquage au corps » peut être perçu comme une atteinte au principe d’égalité (principe inscrit dans le préambule de la Constitution)

« Nul ne peut se présenter dans un lieu qui accueil du public et qui pratique des activités de loisirs et de baignade, dans une tenue à caractère religieux ». C’est un principe que nous devrions affirmer. Il soulagerait de nombreux maires qui prennent de lourdes responsabilités difficiles à tenir, à travers des arrêtés municipaux, compte-tenu des fortes incertitudes juridiques. Dans le contexte actuel, ne pas laisser-faire est très important, pour appréhender ces nouvelles offensives de l’islamisme.

Aussi, nous avons besoin de faire appel aux français de confession musulmane, dans cette lutte contre toute forme d’extrémisme. Ils devraient se démarquer résolument de toute interprétation visant à nier l’égalité hommes/femmes. C’est également un appel afin qu’ils utilisent, sans modération, les valeurs de la République et le principe de laïcité.

C’est un noble et difficile combat politique que nous avons à mener. Contre vents-et-marées, sans répit, sans a priori partisan, avec courage et fermeté, nous devons prendre toutes les mesures qui s’imposent.

A l’instar du voile intégral, le port du burkini, exige de faire preuve de neutralité religieuse. Montrer son visage et son corps dans une tenue décente, conforme aux mœurs et aux traditions, à notre art de vivre à la française n’est pas négociable.

Tels sont, monsieur le Premier ministre, les réflexions et propositions que je voulais vous faire partager dans cette période cruciale pour la France. D’autant que j’ai apprécié votre implication résolue, au cours de la mission d’information parlementaire sur le voile intégral que j’ai eu l’honneur de présider.

Je souhaite que ces propositions puissent contribuer à l’utilité de l’action du gouvernement.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération.



André GERIN

député-maire honoraire de Vénissieux

 

SOURCE:

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CE QUE DISAIT ET ÉCRIVAIT LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS SUR « L’EUROPE » DE 1947 A 1980.

26 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La nation .

CE QUE DISAIT ET ÉCRIVAIT LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS SUR « L’EUROPE » DE 1947 A 1980.
CE QUE DISAIT ET ÉCRIVAIT LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS SUR « L’EUROPE » DE 1947 A 1980.

par François Asselineau

 

I – UN LIVRE QUI FAIT FOI

La meilleure façon de rendre compte avec objectivité de l’analyse que le Parti communiste français faisait de la « construction européenne » dans les années 1947-1980 est à coup sûr de rappeler ce qu’en disaient ses principaux  responsables pendant toute cette période.

Pour cela, un livre intitulé Europe, la France en jeu, simplifie considérablement le travail de recherche. Écrit par un collectif de responsables communistes à la fin 1978 et publié au début de 1979, ce livre a été préfacé par Maxime Gremetz, à l’époque membre du Bureau Politique et du Secrétariat du Parti communiste français. On ne peut donc pas trouver preuve plus convaincante de la position officielle du Parti Communiste Français sur la question européenne à la fin des années 1970

PARTIE 1 : LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS SUR « L’EUROPE » DES ANNÉES 1947-1980  I – UN LIVRE QUI FAIT FOI : Europe, la France en jeu - Enfant de la guerre froide - parrain -

Europe, la France en jeu

Ouvrage collectif de D. Debatisse, S. Dreyfus, G. Laprat et G. Streif, paru début 1979 aux Éditions Sociales – très proches du Parti Communiste Français -, cet ouvrage réalisé dans la perspective des élections européennes de la même année, fut préfacé par Maxime Gremetz. Lequel fut d’ailleurs élu député européen de 1979 à 1986.

Maxime Gremetz préfacier de l’ouvrage - PARTIE 1 : CE QUE DISAIT ET ÉCRIVAIT LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS SUR « L’EUROPE » DE ANNÉES 1947 A 1980  I – UN LIVRE QUI FAIT FOI : Europe, la France en jeu

Maxime Gremetz, préfacier de l’ouvrage. Né en 1940, ce fils de bûcheron né dans une famille de 9 enfants, s’engagea au Parti communiste français à 15 ans. Ouvrier métallurgiste, élu au Conseil général de la Somme en 1970, responsable communiste de la Fédération de la Somme, il fut élu au Comité central du Parti Communiste Français en 1973, puis au Bureau politique en 1976 et enfin au Secrétariat du Parti Communiste Français en 1979, date à laquelle il signa la préface de l’ouvrage évoqué ici.

Député de la 1ère circonscription de la Somme de 1978 à 1981, puis de 1986 à 1988, et enfin de 1993 à 2011, il s’est progressivement séparé du PCF, dans des conditions de plus en plus conflictuelles. Il a été réélu député le 17 juin 2007 avec 59,3 % des voix sans l’investiture du PCF, qui avait même présenté un candidat contre lui. Il en a démissionné le 16 mai 2011 et, après divers faits divers, est désormais en rupture complète avec son parti d’origine. Conçu et rédigé dans la perspective des premières élections européennes, cet ouvrage commence par dresser un panorama historique assez circonstancié de la construction européenne depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Il en profite pour rappeler les principales analyses qu’en ont faites les dirigeants communistes, ainsi que les actions qu’ils déclenchèrent en conséquence.

Pour l’objet que je me suis fixé, je crois donc spécialement judicieux de faire une longue citation de cette introduction, et plus précisément de sa seconde moitié, allant des pages 18 à 23, qui concerne l’histoire de la prétendue « construction européenne » à partir de la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Je n’ai donc pas repris la première moitié de cette introduction qui décrit sommairement la genèse de « l’idée européenne » depuis Charlemagne, et notamment au XIXe siècle, selon le point de vue intéressant de l’analyse marxiste.

II – EXTRAIT DE L’INTRODUCTION : PAGES 18 A 23

Je n’ai pas retranché un seul mot à l’extrait qui suit. Les seules modifications que j’y ai apportées ont été de surligner en gras quelques passages et d’insérer des encarts photographiques assortis de commentaires pour rappeler aux lecteurs qui étaient Maurice Thorez, Jean Kanapa, Guy Mollet et Jacques Duclos.

EUROPE, LA FRANCE EN JEU, Éditions Sociales, 1979, Préface de Maxime Gremetz pages 18 à 23

Enfant de la guerre froide

Le 19 septembre 1946, Winston Churchill lance à l’université de Zurich son appel pour les États-Unis d’Europe, en fait à la division de l’Europe en blocs antagonistes.

Le 12 mars 1947, Truman se prononce devant le Congrès en faveur de l’aide à l’Europe pour, dit-il, endiguer la subversion communiste.

Le 5 mai suivant, les ministres communistes français sont révoqués par le président du Conseil de l’Europe de l’époque, le socialiste Paul Ramadier. À quelques semaines près, le même phénomène se produit en Belgique et en Italie.

Le « parrain »

Le 6 juin, le général Marshall annonce le lancement de son plan « d’aide » à l’Europe. L’objectif était triple : assurer l’influence américaine dans les pays d’Europe et combattre celle de l’Union soviétique ; briser les mouvements démocratiques des pays européens ; ouvrir des débouchés à l’industrie américaine en crise et faire de l’Europe, sortie exsangue de la guerre, son principal client. Étant entendu que les pays qui acceptaient l’aide devaient « s’abstenir d’un élargissement et d’une modernisation rapide de l’industrie ou d’une large mécanisation de l’agriculture ».

Dans ces limites, économiques et politiques, les États-Unis apportaient leur soutien total à une « communauté européenne » avec laquelle ils pourraient entretenir des relations de suzerain à vassal.

Léon Blum, envoyé à Washington pour examiner les propositions américaines, se porte garant, à son retour, du désintéressement des États-Unis… Alors que Maurice Thorez déclare en juin 1947, à Strasbourg : « Les capitalistes américains ont en vue d’étendre leur hégémonie sur l’Europe et le monde entier… La recherche des débouchés pour leurs marchandises coïncide avec la volonté de s’assurer des bases politiques à travers le monde. »

D’emblée, le Parti communiste français s’était prononcé contre cette politique de blocs. Déjà, dans un discours à Rouen, le 4 août 1946, Maurice Thorez déclarait : « La sécurité française ne peut être fondée sur la formation de blocs antagonistes, mais sur l’entente étroite et la collaboration sincère entre tous les peuples, grands et petits. »

Maurice Thorez 1900 - 1964 secrétaire général Parti Communiste Français 1930 1964 gouvernement Libération, ministre Fonction publique 1945 à 1947 vice-président Conseil vice-Premier ministre 1947. Staline, Palmiro Togliatti, communisme Europe occidentale l’après-Seconde Guerre mondiale, ouvrier dirigeant grands partis France Secrétaire général stalinien.  Tous ceux qui l’ont connu - même des non-communistes - soulignent par ailleurs sa clarté d’expression, son sens de la synthèse, et sa très vaste érudition, Philippe Robrieux, son biographe de référence, soulignant même qu’il aurait pu être professeur d’université et qu’il tenait à conserver toujours du temps pour la lecture et l’étude.  Lors de sa mort, de Gaulle lui rendit cet hommage : « À une époque décisive pour la France, le Président Maurice Thorez a, à mon appel, et comme membre de mon gouvernement, contribué à maintenir l’unité nationale.»

Maurice Thorez

Maurice Thorez (1900 – 1964) a été secrétaire général du Parti Communiste Français de 1930 jusqu’à sa mort en 1964, et membre du gouvernement à la Libération, comme ministre de la Fonction publique de 1945 à 1947 et vice-président du Conseil (équivalent à l’époque de vice-Premier ministre) en 1947.Vouant une admiration inconditionnelle à Staline, Maurice Thorez reste, avec l’Italien Palmiro Togliatti, l’une des plus grandes figures du communisme en Europe occidentale de l’après-Seconde Guerre mondiale, celle d’un ouvrier devenu dirigeant d’un des plus grands partis de France devenu le type le plus achevé du Secrétaire général stalinien.

Tous ceux qui l’ont connu – même des non-communistes – soulignent par ailleurs sa clarté d’expression, son sens de la synthèse, et sa très vaste érudition, Philippe Robrieux, son biographe de référence, soulignant même qu’il aurait pu être professeur d’université et qu’il tenait à conserver toujours du temps pour la lecture et l’étude.

Lors de sa mort, Charles de Gaulle lui rendit cet hommage : « À une époque décisive pour la France, le Président Maurice Thorez a, à mon appel, et comme membre de mon gouvernement, contribué à maintenir l’unité nationale.»

Réanimer l’Allemagne

À ces fins, une nécessité s’imposait et malgré les engagements souscrits solennellement, les États-Unis et les bourgeoisies européennes allaient reconstituer la puissance économique et militaire de l’Allemagne (RFA).

Le temps n’est plus au respect des traités interdisant la reconstitution des konzernsallemands et prohibant la mise en place d’une armée allemande. Les États-Unis avaient choisi de faire de l’Allemagne occidentale le principal rempart de l’Occident face à l’Union soviétique, sur le plan militaire, mais aussi en reconstituant sa puissance économique. C’est l’époque où les dirigeants des konzerns sont libérés des prisons alliées – quand ils y étaient !

Le statut d’occupation contrôlé par une autorité spéciale interalliée et qui imposait à l’Allemagne des limites strictes de production d’acier, base de toute capacité industrielle militaire allemande, fut systématiquement violé, grâce aux États-Unis qui intervenaient régulièrement pour le relèvement des plafonds de production.

Le Pacte atlantique

En 1949, à Washington, sont mis surpied le Pacte atlantique et son organisation militaire intégrée : l’OTAN. Le premier commandant suprême des forces alliées en Europe est, bien sûr, un Américain, le général Eisenhower. En 1951, devant le Congrès américain et parlant de la future Europe intégrée qu’il appuie sans réserve, il précisera : « Quelle nation est plus capable et mieux préparée que les États-Unis pour en assurer le commandement ? »

Ainsi, « dès ses premiers pas, la construction de l’Europe revêt des traits bien particuliers. Au nom de l’unité européenne, elle organisait la division du continent européen. Au nom de l’Europe « libre », elle regroupait les seuls États européens capitalistes. Au nom de l’Europe pacifique, elle organisait un bloc militaire agressif dirigé contre la partie socialiste de l’Europe. Dès sa naissance, enfin, elle portait la tare de l’atlantisme, c’est-à-dire du leadership américain ». [Source : J. Kanapa et J. Denis : Pour ou contre l’Europe ? Éditions sociales, 1969]

Jean Kanapa  Proche de Jean-Paul Sartre, philosophie, Parti Communiste Français La Nouvelle Critique. L’Humanité Cuba Moscou, Waldeck Rochet Georges Marchais, Comité central   stalinien 1950, Printemps de Prague 1968 modernisation du PCF.  « socialisme à la française » dictature du prolétariat, abandon Parti Communiste Français « rapport Kanapa » - force dissuasion nucléaire française 1977.Jean Kanapa (1921-1978). Proche de Jean-Paul Sartre, agrégé de philosophie, il adhéra au Parti Communiste Français en août 1944, puis fonda et dirigea pendant une dizaine d’années la revue La Nouvelle Critique. Correspondant de L’Humanité à Cuba puis Moscou, il devint conseiller de Waldeck Rochet puis de Georges Marchais, membre du Comité central puis du Bureau politique jusqu’à sa mort.

Après avoir été un ardent stalinien dans les années 1950, il prit progressivement ses distances d’avec le modèle soviétique, condamna l’écrasement du Printemps de Prague en 1968 et devint le partisan d’une modernisation du PCF. Il fut le théoricien du « socialisme à la française » et l’artisan de l’abandon de la notion de dictature du prolétariat, abandon décidé par le Parti Communiste Français lors de son Congrès de 1976. C’est aussi lui qui suscita – avec le « rapport Kanapa » – le ralliement du Parti Communiste Français à la force de dissuasion nucléaire française en 1977.

Naissance de l’intégration

C’est sous ces auspices que furent jetées les premières pierres de l’intégration européenne. Celle-ci touchait deux domaines clés, le charbon et l’acier d’une part, les problèmes militaires d’autre part.

La CECA

Un banquier, « le plus américain des hommes d’affaires français » comme l’appelle le journaliste Claude Bourdet, dirigeait à cette époque les tout nouveaux services du plan gouvernement français : Jean Monnet. C’est sous son impulsion que furent mis en place les premiers organismes européens.

Le 9 mai 1950, Robert Schumann proposait au nom du gouvernement français de « mettre en commun les productions de base, d’instituer une ‘’Haute Autorité nouvelle dont les décisions lieront la France, l’Allemagne et les pays qui y adhèreront’’ ». Cette « Autorité » devait être supranationale, précisait Robert Schuman devant l’Assemblée nationale le 25 juillet 1950.

La conjuration

Les conditions d’élaboration de ce plan éclairent son contenu. Il a été préparé dans le plus grand secret par une équipe restreinte, sans consultation du Parlement ni même de la quasi-totalité du gouvernement. J. Monnet appelle, dans ses Mémoires, cette équipe d’un nom évocateur : les conjurés. « Neuf personnes au total étaient dans le secret… Nous étions bien résolus à mener toute l’opération en dehors des voies diplomatiques officielles. Le secret fut total, à une exception près. »

Cette « exception » fut, comme par hasard, Dean Acheson, le secrétaire d’État américain…

Bien sûr, les États-Unis appuyaient la manœuvre puisque la production allemande d’acier était libérée, comme ils le souhaitaient depuis longtemps, et que l’Allemagne occidentale était ainsi définitivement liée au bloc atlantique. Le secret était cependant partagé par quelques-uns. Jean-Monnet raconte : « Nous ne pouvions faire état de ces assurances et de celle que nous donnaient personnellement les dirigeants des charbonnages, et nous les laissâmes protester que nous avions disposé d’eux arbitrairement. »

Un an plus tard, le traité instituant la communauté européenne du charbon et de l’acier était signé par la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. La « Haute autorité », supranationale, est nommée. À sa tête, Jean-Monnet. Le deuxième membre français désigné par le gouvernement, Léon Daum, est, bien sûr, un des principaux dirigeants de l’industrie sidérurgique…

Aussitôt le Département d’État américain envoie un télégramme : « les États-Unis ont l’intention de donner à la communauté du charbon et de l’acier un fort appui, justifié par l’importance de l’unification politique et économique de l’Europe. »

Tels étaient les parrains de l’Europe des Six : les Américains, les monopoles industriels les plus puissants de l’époque, les tenants du réarmement allemand.

Hommes d’État français, américains, allemands, juraient que c’était le seul moyen d’enterrer définitivement le vieux contentieux franco-allemand, de garantir enfin la paix. L’histoire de la Communauté européenne de défense (C.E.D.) montre le crédit qu’il fallait accorder à ces déclarations.

La CED

On avait redonné à l’Allemagne Thyssen et Krupp, il fallait lui redonner une armée.

La pression des États-Unis s’accroît sur les Alliés. La France dépend, à cette époque, presque entièrement des crédits américains. On ne compte plus les voyages outre-Atlantique de Léon Blum ou de Jean Monnet pour réclamer des rallonges financières.

Les États-Unis lancent un véritable ultimatum : la République fédérale allemande doit prendre sa part de la « défense du monde libre ».

Refaire directement une armée allemande soulevait trop d’opposition en France. Alors naît le projet d’une Communauté européenne de défense. Pas d’armée « allemande », pour sauver les apparences, mais une armée « européenne » intégrant, en fait, une armée allemande reconstruite. C’est la proposition faite par Pleven le 24 octobre 1950 devant l’Assemblée nationale.

Une large opposition se fait jour en France. La SFIO est divisée, de nombreux socialistes – dont Guy Mollet – appuient le projet de la CED.

Guy Mollet,  François Mitterrand 1966 socialistes SFIO, Washington, bêtes noires du Parti Communiste Français années 50, les gaullistes. première élection présidentielle suffrage universel, décembre 1965, le Parti Communiste Français candidat soutint François Mitterrand gauche ballottage Charles de Gaulle, refusé de faire campagne élu dès le premier tour.Guy Mollet, ici à gauche avec François Mitterrand à droite (photo prise en 1966). Les socialistes de la SFIO, très largement inféodés à Washington, étaient les bêtes noires du Parti Communiste Français dans les années 50, bien davantage que ne l’étaient les gaullistes. Cependant, à la première élection présidentielle au suffrage universel, en décembre 1965, le Parti Communiste Français décida de ne pas présenter de candidat et soutint François Mitterrand dès le 1er tour, qui devint ainsi le candidat unique de la gauche et parvint à mettre en ballottage Charles de Gaulle, qui avait orgueilleusement refusé de faire campagne en pensant qu’il serait élu dès le premier tour.

Au second tour, François Mitterrand reçut le désistement de tous les autres candidats, y compris du candidat discrètement soutenu par les Américains Jean Lecanuet, et y compris le candidat de l’extrême droite, Jean-Louis Tixier-Vignancour, et des partisans de l’OAS. Bernard Antony (Romain Marie), Christian Baeckeroot, Michel Collinot, Roger Holeindre, Pierre Sergent, Jean-Pierre Stirbois, et bien sûr Jean-Marie Le Pen, en leur nom propre ou au nom de leur organisation, appelèrent à voter Mitterrand.Mitterrand fut battu au second tour ( avec 45,5 % contre 54,5 % pour de Gaulle), mais cela lui permit de prendre la tête de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), qui regroupait la gauche non communiste (essentiellement la SFIO, le Parti radical, la CIR et divers clubs), et ultérieurement de prendre la tête du nouveau Parti socialiste à partir de 1971.

La Une de L’Humanité après le rejet de la Communauté Européenne de Défense (CED) le 30 août 1954 par une alliance de fait entre gaullistes et communistes.

La Une de L’Humanité après le rejet de la Communauté Européenne de Défense (CED) le 30 août 1954 par une alliance de fait entre les gaullistes et les communistes.

En mai 1952, le congrès de la SFIO vote une motion sur la CED : « C’est pourquoi le parti, qui approuve la création d’une armée européenne unifiée, ouverte à toutes les nations démocratiques et soumise à un pouvoir politique européen démocratiquement contrôlé, estime que l’Allemagne doit pouvoir y participer. » Le chancelier allemand Adenauer parlait plus clairement : « Notre raison d’adhérer à la Communauté européenne est qu’elle paraît être le meilleur moyen, sinon le seul, de récupérer les provinces perdues de l’Est. » Les communistes combattirent résolument le projet. « Nous sommes prêts avec tous les Français quels qu’ils soient – nous disons bien quels qu’ils soient – qui, comme nous, ne veulent pas d’une nouvelle Wehrmacht, à participer à toutes les actions politiques qui peuvent et doivent être organisées par une puissante campagne à travers la France », déclarait Jacques Duclos en octobre 1953. L’appel fut entendu. La mobilisation la plus large de toutes les forces patriotiques, des communistes aux gaullistes du RPF, permit de faire échec au projet.La Communauté européenne de défense fut finalement repoussée par le Parlement français en 1954. Jacques Duclos 1896 1975, Maurice Thorez Benoît Frachon. Responsable du Parti communiste clandestin l’Occupation (1940-1944), secrétaire général intérim PCF, maladie Maurice Thorez 1950 à 1953, mouvement communiste international Komintern et Kominform. l’appui de l’Union soviétique, appels contre la guerre d’Indochine l’impérialisme américain. manifestation interdite contre général américain Ridgway propagande communiste guerre bactériologique Corée Ridgway la peste. incarcéré prison de la Santé.Jacques Duclos (1896-1975) fut pendant plus de 35 ans l’un des principaux dirigeants du Parti communiste Français, aux côtés de Maurice Thorez et Benoît Frachon. Responsable du Parti communiste clandestin pendant l’Occupation (1940-1944), il fut même secrétaire général par intérim du PCF, en raison de la maladie de Maurice Thorez de 1950 à 1953, et était très impliqué dans la vie du mouvement communiste international (Komintern et Kominform). C’est sous son autorité et avec l’appui de l’Union soviétique, que furent lancés des appels contre la guerre d’Indochine menée par son pays et contre ce qu’il appelait déjà l’impérialisme américain. Il s’illustra dans l’organisation d’une manifestation interdite contre la venue à Paris du général américain Ridgway que la propagande communiste accusait de mener une guerre bactériologique en Corée (« Ridgway la peste »). À cette occasion, il fut incarcéré quelques jours à la prison de la Santé.

En 1968, année du Printemps de Prague, il approuva l’invasion de la Tchécoslovaquie par les armées du Pacte de Varsovie et demeura fidèle à la ligne conservatrice du parti communiste d’Union soviétique.

À l’élection présidentielle anticipée de 1969, échaudé par les événements de mai 68 où le Parti Communiste Français et la CGT avaient sauvé de Gaulle très certainement sur instruction de Moscou, le Parti Communiste Français décida à ne pas rééditer l’expérience de 1965 et de présenter son propre candidat. Ce fut Jacques Duclos, qui réalisa d’ailleurs un très bon score (21,27 %). Il est resté célèbre pour avoir appelé au vote blanc ou à l’abstention au second tour, en disant des deux candidats restés en lice au second tour (Georges Pompidou et Alain Poher) que c’était « Blanc bonnet ou Bonnet blanc ». En évitant ainsi que des voix communistes ne se reportent sur le très centriste, très europhile et très américanophile Alain Poher, le Parti Communiste Français contribua donc à assurer la victoire de Georges Pompidou, très probablement, là aussi, avec le plein assentiment, sinon l’instruction, de Moscou.

———————————- Fin de l’extrait des pages 18 à 23.———————————-

Ayant ainsi cité une large partie de l’introduction, je crois tout aussi utile de citer la conclusion de cet ouvrage, plus brève, qui va des pages 245 à 248.

III – EXTRAIT DE LA CONCLUSION : PAGES 245 à 248

Comme précédemment, je n’ai pas retranché un seul mot à cet extrait. Les seules modifications que j’y ai apportées ont été de surligner en gras quelques passages et d’insérer un encart photographique assortis de commentaires pour rappeler aux lecteurs ce que fut « l’Appel de Cochin » signé par Jacques Chirac en décembre 1978.

EUROPE, LA FRANCE EN JEU, Éditions Sociales, 1979, Préface de Maxime Gremetz pages 245 à 248

CONCLUSION

Une nouvelle et grande bataille pour la France est engagée. Au-delà des illusions et des limites, de la technocratie et du juridisme, l’affaire est simple : va-t-on, au nom de l’Europe, accepter que se poursuive un inqualifiable gâchis de ressources matérielles et humaines de notre pays, laisser les bureaux bruxellois rayer d’un trait industries et régions entières, tolérerque les grandes options nationales soient décidées ailleurs qu’en France et que notre peuple se voit privé de la liberté de décider de son sort, bref, va-t-on laisser la France perdre sa substance, son âme, son identité ?

Ou est-on déterminé à garantir à notre pays sa souveraineté politique et son intégrité économique, à lui donner la maîtrise de son développement, à reconnaître aux Français le droit inaliénable de choisir leur avenir, à faire de la France une grande nation indépendante et ouverte à la coopération amicale avec tous, à façonner une image progressiste de l’Europe ?

Le choix, pour les communistes, ne souffre aucune ambiguïté. Une fois encore, et dès la première heure, ils ont manifesté leur ardent attachement à cette liberté essentielle qu’est l’indépendance nationale.

Ils ont exigé, et obtenu, que la loi française interdise tout glissement supranational de la prochaine Assemblée européenne élue au suffrage universel.

Ils ont combattu toute forme d’ingérence étrangère dans la vie politique française, y compris l’intrusion de l’argent européen dans le financement de la campagne électorale.

Ils se sont élevés contre l’établissement d’un super impôt européen, directement prélevé par les autorités européennes au mépris des assemblées élues françaises.

Ils ont témoigné leur inlassable solidarité avec la paysannerie française qui, depuis des années, fait les frais des abandons giscardiens à Bruxelles.

Ils n’ont cessé, avec les sidérurgistes de Lorraine comme du Nord, les ouvrières du textile des Vosges, les travailleurs des chantiers navals de la Ciotat, de dénoncer la responsabilité flagrante des choix européens du pouvoir dans le démantèlement de leurs industries.

Ils ont rappelé combien l’alignement derrière les visées de Washington, l’alliance préférentielle et inégale avec la RFA, étaient synonymes pour la France d’abaissement national.

Ils ont alerté, enfin, l’opinion française devant les conséquences d’un élargissement de la CEE aux trois pays méditerranéens, alibi pour un dessaisissement de la souveraineté politique de notre pays et l’accentuation du marasme économique et social.

Dès à présent, l’écho de cette campagne est profond. Au moment où ces lignes sont écrites, des évolutions politiques significatives, à peine perceptibles lors de la mise en chantier de ce livre, sont intervenues. Qu’au lendemain de Noël, un responsable politique français, partisan inconditionnel de longue date de l’intégration européenne, doive déclarer qu’il n’y a pas dehonte à se dire européen, voilà qui est parlant… Le ton est nouveau mais bien compréhensible.

C’est que le passif de l’Europe est lourd, ses politiques actuelles douloureuses, et ses projets inquiétants. Il est clair que tout ceux qui souhaitaient faire de la campagne électorale européenne une « fête » cachent mal leur dépit. L’Europe est perçue toujours mieux pour ce qu’elle est. L’ampleur de la crise et l’imminence de nouvelles menaces, jointes aux larges explications des communistes, y sont pour beaucoup. Tout semble montrer que l’opinion n’est pas prête à prendre pour argent comptant l’imagerie d’Épinal avec laquelle, du gouvernement au Parti socialiste, on nous présentait ce remède miracle appelé Europe.

Il sera bien malaisé aux tenants de la supranationalité de rééditer l’opération de 1957, où l’Europe donnait lieu aux promesses les plus mirobolantes. Ne leur en déplaise, les temps ont changé.

Dès aujourd’hui s’exprime avec une force particulière dans le midi de la France un large mouvement refusant de faire de cette région une zone assistée, voire sous-développée, proclamant que ce n’est pas le midi qu’il faut défaire mais l’Europe qu’il faut refaire.

Dès aujourd’hui, comme à Denain ou à Longwy, des dizaines de milliers de sidérurgistes manifestent derrière des calicots proclamant : « Ils veulent faire l’Europe en cassant la France. »

Dès aujourd’hui, dans des milieux politiques et sociaux divers, se précise l’idée que le 10 juin prochain, c’est bel et bien l’indépendance de la France qui est en jeu.

Le comportement récent du RPR, n’hésitant pas, comme le fit Jacques Chirac début décembre, à fustiger le « parti de l’étranger » à l’œuvre à la direction des affaires publiques, témoigne – au-delà d’évidentes préoccupations partisanes – de l’ampleur, de la profondeur de ce mouvement de refus des projets européens du pouvoir. À sa manière, il tend à rappeler qu’à d’autres moments de notre histoire, chaque fois qu’il s’est agi de s’opposer aux partisans de la capitulation et à l’idéologie du renoncement national, des patriotes d’opinions les plus diverses surent faire converger leurs forces pour que vive la France.

La campagne des élections européennes est mal partie, clame la grande presse. Tout cela n’est que faux débat, se lamentent les européistes de tous bords. Un tel dépit est révélateur : un grand rassemblement populaire et national se dessine dans le pays. Il sera susceptible de faire échec aux ambitions antinationales Giscard d’Estaing dès lors qu’il se développera suffisamment. On peut compter sur les communistes pour y contribuer.

Ces derniers, dans le même temps, refusant l’étiquette d’antieuropéens dont d’aucuns les affublent volontiers, rappelleront que, pour eux, l’Europe, la seule Europe qui vaille se fera dans la coopération volontaire de nations souveraines. Lieu d’entente et d’amitié entre les peuples, de solidarité entre les travailleurs, elle pourra compter sur une France forte et libre.

Décembre 1978

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Syrie : pas d’ISIS à Hasaka, mais des soldats américains qui "conseillent" aux Kurdes d’attaquer l’armée syrienne ?

26 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Terrorisme

Syrie : pas d’ISIS à Hasaka, mais des soldats américains qui "conseillent" aux Kurdes d’attaquer l’armée syrienne ?

Soldats américains en Syrie qui portaient des insignes de la milice kurde syrienne YPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soldats américains en Syrie qui portaient des insignes de la milice kurde syrienne YPG

 

 

COMITE VALMY

par Moon of Alabama

 

Hier, une bagarre a éclaté entre les troupes de l’Armée arabe syrienne (AAS) et les forces kurdes locales, dans la ville majoritairement kurde de Hasakah au nord-est de la Syrie. Hasakah, qui compte environ 200 000 habitants, abrite une garnison de l’Armée arabe syrienne (AAS) depuis des années. Il y a une certaine inimitié entre les Kurdes et les soldats, mais le calme règne habituellement.

 

Il y a eu déjà eu des heurts, mais c’était des rivalités locales entre les Forces de défense nationales auxiliaires syriennes et des minorités arabes locales (chrétiennes) et des gangs qui forment une force de sécurité intérieure kurde sous le nom d’Asayish. Ces combats se terminaient habituellement au bout d’un jour ou deux quand les adultes des deux camps réglaient le désaccord sur tel ou tel point de contrôle ou voie d’accès.

 

L’État islamique (en gris sur la carte) a autrefois menacé Hasakah mais le danger est maintenant écarté.

Carte via ISW

Hier, une nouvelle bagarre a éclaté, mais cette fois, elle a pris un tour sérieux. L’armée de l’air syrienne a été appelée pour contrecarrer des attaques directes contre la garnison de l’AAS et les quartiers des minorités :

 

Des avions de combat du gouvernement syrien ont bombardé des parties de la ville de Hasaka tenues par les kurdes au nord-est du pays, jeudi, pour la première fois en cinq ans de guerre civile, selon la milice kurde syrienne YPG (Unités de protection du peuple) et un groupe de surveillance....

 

Le gouvernement syrien a encore des points d’ancrage dans les villes de Qamishli et Hasaka, toutes les deux situées dans le gouvernorat de Hasaka, qui coexistent largement pacifiquement avec les parties du territoire tenues par les YPG.

 

La cause de la flambée de cette semaine n’est pas claire.

...

Xelil dit que l’artillerie des forces gouvernementales a bombardé des districts kurdes de Hasaka, et qu’il y a eu des affrontements violents dans la ville.

 

L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, qui suit la guerre à travers un réseau de militants, a déclaré que des avions de combat avaient ciblé les positions des forces de sécurité kurdes dans le nord-ouest et le nord-est de la ville de Hasaka.

 

Il semble que ces combats aient éclaté à cause de l’arrivée, pour une raison inconnue, de troupes américaines à Hasakah. L’armée américaine se plaintmaintenant que ses troupes aient essuyé des tirs de l’armée de l’air syrienne :

 

Les frappes aériennes syriennes ont eu lieu au nord-est de la ville de Hasaka, un endroit où les affrontements au sol entre les combattants kurdes des YPG et les forces du régime syrien ont augmenté. Il y avait là un petit nombre d’agents spéciaux américains agissant comme conseillers des YPG lorsque les frappes aériennes syriennes ont commencé.

 

Après que les Su-24 syriens ont commencé à frapper, les États-Unis ont immédiatement contacté les Russes, a dit Davis qui a précisé que l’aviation américaine rétorquerait si les forces de la coalition étaient attaquées.

 

Les Russes ont expliqué que ce n’était pas eux qui avaient effectué ces frappes et les États-Unis ont envoyé précipitamment des avions de chasse pour protéger les Américains et leurs alliés.

 

Quand les avions des Etats-Unis et de la coalition sont arrivés, les jets syriens étaient partis.

 


-  Pourquoi les troupes américaines, qui n’ont aucun fondement juridique pour être en Syrie, se trouvent-elles dans la ville de Hasakah ou dans sa région ?

-  Qui « conseillent-t-elles ? Et dans quel but ?

-  Pourquoi les rares conflits locaux s’enveniment-ils juste au moment où les troupes américaines arrivent dans la région ?

 

Les Etats-Unis ont la chutzpah* « d’avertir » les Syriens de ne pas défendre leurs propres troupes sur leur propre sol :

 

Des nouvelles patrouilles aériennes de combat américaines ont été envoyées sur la zone, hier, et l’ont survolée aujourd’hui aussi.

 

Davis a dit que les Syriens seraient « bien avisés » de ne pas interférer avec les forces de la coalition sur le terrain à l’avenir.

 

Les forces gouvernementales syriennes sont attaquées par les troupes kurdes qui sont « conseillées » par les forces spéciales américaines. Et, si l’on en croit le porte-parole américain, les forces de l’air syriennes n’ont pas le droit de les défendre ? Qu’est-ce que cela a à voir avec « la lutte contre ISIS » dans l’est de la Syrie, qui est soi-disant la seule raison pour laquelle les troupes américaines sont en Syrie ?

 

L’armée de l’air syrienne est revenue à Hasakah aujourd’hui et a continué de bombarder la position à partir de laquelle l’armée syrienne est attaquée. Ils ne seraient pas là sans l’accord des Russes. Est-ce que l’armée des Etats-Unis veut entamer le combat contre l’armée de l’air syrienne et ses alliés russes ?

 

Les YPG kurdes disent qu’ils évacuent actuellement les civils de certains quartiers de la ville. Ils semblent s’attendre à un conflit prolongé.

 

Tout mouvement contre l’armée syrienne à Hasakah sera attentivement examiné par Ankara. La Turquie craint, avec raison, que les États-Unis ne soutiennent l’objectif kurde d’une entité nationale kurde à cheval sur la Syrie et l’Irak. Ce qui mettrait en danger la Turquie du fait de sa propre grosse minorité kurde.

 

Si les Kurdes expulsent les forces syriennes de Hasakah avec le soutien des Etats-Unis, la Turquie saura que toutes les assurances américaines de ne pas œuvrer contre les intérêts de son allié turc sont mensongères. Cela augmentera l’animosité turque, déjà profonde, contre les États-Unis et cela accélérera ses démarches en vue d’une alliance avec la Russie et l’Iran.

 

Note : culot en Hébreu

Moon of Alabama
19 août 2016

Traduction : Dominique Muselet

Tag(s) : #Impérialisme
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Syrie: la France pourrait être derrière le massacre à l'arme chimique de Ghouta. Par Karine Béchet Golovko

25 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #l'horreur économique, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Politique étrangère, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

jeudi 25 août 2016

Syrie: la France pourrait être derrière le massacre à l'arme chimique de Ghouta

 
Les rebelles modérés soutenus par les USA utilisent des gaz toxiques à Alep
 
L'insistance avec laquelle la France et le Etats Unis veulent à tout prix imputer au régime d'Assad l'utilisation d'armes chimiques contre la population syrienne est étrange. Partant du principe que l'attaque est la meilleure des défenses, l'on s'interroge sur la déclaration du représentant syrien à l'ONU accusant les services de renseignement français d'être derrière la barbarie de Ghouta, qui a permis de justifier l'opération en Syrie.
 

 
Le 21 août 2013, du gaz sarin est utilisé dans l'oasis de Ghouta, faisant plus d'un millier de morts et blessés parmi la population civile. L'arsenal chimique syrien a ensuite été détruit, la France et les Etats Unis ont immédiatement attribué cet acte ignoble au régime d'Assad et ont pu ainsi justifier la furture intervention militaire en Syrie.
 
Comme l'écrit le journal Le Point:
Bachar el-Assad est en revanche incriminé par deux synthèses des services de renseignements américains et français, publiées respectivement le 30 août et le 3 septembre 2013, pour ainsi justifier publiquement des frappes occidentales à venir. "La simultanéité de l'attaque, dans des endroits différents, réclame un savoir-faire tactique indéniable que seul le régime syrien possède", assure encore aujourd'hui Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques à la Fondation pour la recherche stratégique.
Or, le rapport de l'ONU du 12 décembre 2013 n'a "pu" établir les responsabilités, autrement dit n'a pu imputer l'acte au régime d'Assad. Et pour cause, en février 2014, un rapport du Massachusets Institut of Technology aux Etats Unis affirme lui sans aucun doute que le régime syrien n'est pour rien dans cette attaque chimique, mais il est passé sous silence en France et Fabius maintient la responsabilité d'Assad. En effet:
 
Un ancien inspecteur de l'ONU et spécialiste des missiles, Richard Lloyd, et un professeur du MIT, Theodore Postol, avaient conclu que l’attaque chimique n’avait pu être lancée que depuis une zone tenue par les milices de l’opposition.
Or, cette opposition est soutenue par les Etats Unis et la France. La presse également tient le cap:
 


C'est alors que deux évènements se croisent ces derniers jours. L'ONU rend un nouveau rapport sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie:
 
Au terme d’un an de travail, une enquête conjointe des Nations unies (ONU) et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a déterminé qu’en Syrie, les forces du président syrien Bachar Al-Assad s’étaient rendues coupables de deux attaques toxiques et l’organisation Etat islamique (EI) d’une troisième.
Dans 6 autres cas, les responsabilités "n'ont pu être établies". Soit. Nous avons pris l'habitude des "rapports d'enquête" et des "commissions indépendantes", ce qui ne peut être prouvé officiellement signifie simplement que ça n'entre pas dans la vision nécessaire du monde .
 
A cette occasion, justement, le représentant syrien à l'ONU accuse les services français d'avoir organisé le massacre de Ghouta, pour masquer un autre massacre que venait de commettre la fameuse "opposition modérée". Cette information est diffusée par la presse britanique, dans The Independant, étrangement elle n'est pas reprise par la presse française. Selon Bachar Al-Jaafari:
«L'utilisation d'armes chimiques dans la région de Damas était destinée à empêcher Oke Selstrem [chef du groupe des inspecteurs] de se rendre à Alep, car la France savait qui avait utilisé des armes chimiques à Alep. Ils voulaient empêcher Oke Selstrem d'atteindre Alep par tous les moyens, de ce fait, ils ont utilisé des armes chimiques à Damas, avec l'implication du renseignement français»
Evidement, la France considère ces accusations comme absurdes et maintient ses accusations contre Assad. Pourtant, les dernières attaques chimiques menées en Syrie, par les "rebels modérés" à Alep ne soulèvent pas l'opinion internationale qui préfère s'accrocher au portrait du petit Omrane photographié par un "rebelle" qui maîtrise bien l'art de la décapitation, mais une trentaine de morts et de blessés, bien réels, ne seront que des dégâts collatéraux. Ils ont eu la malchance d'être massacré par les "gentils", ceux qui sont soutenus par la coalition américaine, donc rien à voir, on circule:
Les militants du mouvement Nour al-Din al-Zenki ont tiré plus de sept obus sur le marché local d'al-Awamid dans la vieille ville d'Alep, dans le but de forcer l'armée gouvernementale à arrêter les opérations militaires sur la ville et d'obtenir un nouvel instrument de pression. "J'étais près de l'endroit où l'un des obus a été largué. Une autre bombe a été larguée sur le marché d'Al-Awamid. Quelques minutes plus tard, je suffoquais et j'avais des nausées, j'ai été soigné sur place, puis transporté à l'hôpital. Cela a sauvé ma vie"
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