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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #europe supranationale tag

Déclaration de Pascal Chauvet, Président du mouvement politique RPS FIERS au soir du premier tour des législatives.

16 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Déclaration de Pascal Chauvet, Président du mouvement politique RPS FIERS au soir du premier tour des législatives.

QUE PENSER DES RÉSULTATS DU PREMIER TOUR DES LÉGISLATIVES ?

D'abord, le taux d'abstention le plus élevé de toute la Vème république : plus d'un Français sur deux n'a pas pris part au vote, c'est à dire plus de 24 millions de citoyens. Sans compter les non inscrits ou mal inscrits (environ 10 millions au dernier recensement), ce qui fait au total 34 millions de citoyens en âge de voter qui se sont détournés des urnes. C'est une tendance qui a démarré après le référendum de Maastricht et qui perdure et progresse depuis les années 93... La perte de souveraineté monétaire avait ouvert les yeux à presque la moitié des Français. Le non respect du vote lors du référendum contre la constitution européenne (TCE) a renforcé ce sentiment. Les élections présidentielles qui viennent de se dérouler constituent un cas d'école de fabrication de l'opinion par les médias et les groupes financiers. On peut les considérer, à ce titre, comme illégitimes. Le dicton populaire prend tout son sens : "Les politiques changent mais la politique reste!" S'en étonner ? Non, car c'est le strict plan programmé par l'Union européenne mise en place par les EUA, même si nous avons cru aux belles paroles d'une Europe sociale et d'une Europe de la Paix. La montée en puissance des inégalités, de la pauvreté, des conflits et des budgets de guerre doit nous ramener du rêve à la réalité, et au plus vite, si possible !!!

Car les Français qui se sont exprimés :

- savent-ils qu'ils ont voté pour la disparition de notre nation, notre nation qui protège notre peuple depuis plus de deux cent ans, le commandement de nos armées étant confié à l’Allemagne ?

- savent-ils qu'ils se sont prononcés pour la disparition de la Sécurité sociale, des hôpitaux publics, du salaire minimum, du Code du travail et de tous les services publics ?

- savent-ils qu'ils ont voté pour la fin du salariat et l’Ubérisation de la société, la baisse des salaires et des retraites, et la concurrence de tous contre tous ?

- savent-ils qu'ils vont engager les pays d'Europe dans des guerres aux confins de l'Oural, voire plus loin au Venezuela ? Nos armées sont déjà en place...

La France est maintenant promise au même sort que la Grèce : être « aidée » au même titre que les pays sous-développés et devenir des sous-citoyens germaniques.

N’oublions pas pourtant que l’Allemagne a aujourd’hui beaucoup plus de pauvres que la France, - même le dernier rapport du FMI du 15 Mai 2017 s'en est ému et a alerté.

A cause du CETA (traité de commerce entre le Canada et l'Union européenne), nos PME, artisans, commerçants et agriculteurs vont être mis en concurrence directe avec les multinationales nord américaines. On imagine aisément que beaucoup vont mettre la clé sous la porte. Sans oublier le triste sort fait à l'agriculture bio et le contenu de nos assiettes et celles de nos enfants dans les cantines scolaires. Les sociétés d'extraction et d'exploitation des huiles et gaz de schistes n'attendent que le feu vert du Parlement français (Le Parlement européen a déjà donné son accord).

 

Notre président banquier, représentant officiel de la finance internationale, a réussi son coup d’état, bien aidé par les médias, tous propriétés des multimilliardaires, mais bien aidé également par les électeurs qui ont soit voté pour leur pire ennemi, soit ne sont pas allés voter au premier tour.

La société qui nous est promise par notre président va être la société du plus fort qui va écraser les plus faibles, alors que la société humaine, et à fortiori celle du pays des Lumières, de la révolution, de la commune, de 1936 et du CNR, se doit d’être solidaire et fraternelle (Devise de notre République).

Je remercie tous les électeurs qui ont voté pour moi et pour les autres candidats souverainistes ; ils sont les seuls à ne pas avoir agi comme des moutons qu’on mène à l’abattoir. Ils sont également les seuls à avoir compris que sans la Souveraineté du peuple, on peut élire qui on veut dans n’importe quelle élection, on aura toujours la même politique qui sera mise en place, celle de la dictature de l’oligarchie de l’UE au service des milliardaires esclavagistes.

Je ne suis propriétaire d’aucun vote, mais j’appelle nos concitoyens à faire barrage aux candidats « godillots » de monsieur Macron qui nous promettent, vous l’avez bien compris, le pire pour l’avenir, le pire et malheureusement de façon irréversible.

J’appelle également tous les patriotes, tous ceux qui portent fièrement le drapeau tricolore, symbole de notre histoire, tous ceux qui chantent la Marseillaise, tous ceux qui veulent que notre nation existe encore, tous ceux qui veulent que le peuple puisse décider de son destin, tous ceux qui sont fiers des conquis sociaux de notre peuple et de notre classe ouvrière, à s’unir, en dehors de tout clivage d’appareils ou d’égos, en dehors de clivages dépassés, gauche-droite ou libéraux-sociaux.

J’appelle à l’union de tous ceux qui veulent la souveraineté du peuple, une politique d’émancipation humaine, l’autodétermination des peuples et un internationalisme à visage humain et protecteur de notre planète ; c’est maintenant une urgence.

Le temps des atermoiements est révolu, ou alors, les changements, mortifères pour l’humanité, seront sinon irréversibles, bien difficiles à inverser.

Pascal CHAUVET,
Président du RPS FIERS

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La France est engagée dans une opération militaire contre le Venezuela ....

14 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #Le capitalisme;, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Amérique Latine, #L'armée française

Dans la liste des pays participants on trouve aussi les Pays-Bas ( !), le Canada, la France ( !), le Royaume-Uni ( !), le Mexique et des pays des Caraïbes, outre les Etats-Unis.

Au travers de leurs « territoires d’outre-mer » ou colonies, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas sont partie prenante de ces nouvelles manœuvres militaires visant à intervenir au Venezuela. Et la Belgique ? elle risque d’être mêlée à cette opération maritime, du fait de la quasi-totale intégration de sa marine militaire avec celle des Pays-Bas, dans le cadre de l’OTAN.

C'est vrai que la France n'a plus de ministère de la défense nationale mais un ministère des armées entièrement dévoué à l'OTAN à travers l'intégration  (la dissolution) dans l'Union Européenne. 

 

· http://www.telesurtv.net/news/EE.UU.-inicia-ejercicios-militares-frente-a-costas-venezolanas-20170607-0014.html" fb-xfbml-state="rendered">16

El ejercicio Tradewinds 2017 incluye la participación de 18 naciones asociadas al Comando Sur y aproximadamente 2.500 militares.

El Comando Sur de Estados Unidos inició este martes un ejercicio militar con la participación de 18 naciones asociadas y cerca de 2.500 militares en la isla de Barbados, 1,078 kilómetros de Venezuela .

La organización militar informó que el denominado Tradewinds 2017 es un "ejercicio multinacional de seguridad y respuesta a los desastres marítimos en el Caribe" y cuenta con la participación de Antigua y Barbuda, Bahamas, Barbados, Belice, Dominica, República Dominicana, Granada, Guayana, Haití, Jamaica, San Cristóbal y Nieves, Surinam, San Vicente y las Granadinas, Trinidad y Tobago, así como personal militar de EE.UU., Canadá, Francia, México y el Reino Unido.

Según el jefe del Comando Sur de los Estados Unidos, Kurt W. Tidd, estas maniobras militares permiten garantizar la seguridad de la región. Sin embargo, la fuerza militar ha sido acusada de intervencionista y de amenazar a gobiernos de la región, como el de Venezuela.

En abril, Kurt W. Tidd presentó un informe al Senado en el que advertía que Venezuela podría ser un elemento "desestabilizador" para la región.

Las declaraciones del funcionario han sido rechazadas por el Gobierno de Venezuela y se suman a otras acciones de Estados Unidos para ejercer presión sobre Venezuela, incluyendo las sesiones de la Organización de Estados Americanos (OEA) en las que intentan aplicar la Carta Interamericana a este país.

Además sigue vigente la declaración de Venezuela como una "amenaza a la seguridad Nacional de los Estados Unidos", que busca justificar una intervención extranjera, tal como ha dicho en reiteradas ocasiones el Gobierno venezolano.

http://www.telesurtv.net/export/sites/telesur/img/multimedia/2017/06/07/distancia_entre_barbados_y_venezuela_01_google_maps.jpg_1300905210.jpg

>> Gobierno venezolano responsabiliza a EE.UU. por terrorismo

Las maniobras militares se componen de dos fases. Tradewinds Fase I que está en Barbados desde el 6 al 12 de junio, y la Fase II que se realizará en Trinidad y Tobago (a unos 600 kilómetros de las costas venezolanas) desde el 13 al 17 de junio.

 

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Voici l’histoire véritable derrière la crise qui se déroule au Qatar

13 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La mondialisation

Voici l’histoire véritable derrière la crise qui se déroule au Qatar

http://www.independent.co.uk/voices/qatar-crisis-economy-diplomatic-links-torn-middle-east-russia-hacking-real-story-robert-fisk-a7778616.html

(This Is The Real Story Behind The Crisis Unfolding In Qatar)

Par Robert Fisk

Seules les pièces de Shakespeare peuvent s’approcher de décrire une telle traîtrise – les comédies, bien sûr.

Juin 11, 2017 "Information Clearing House" La crise du Qatar prouve deux choses : l’infantilisation continue des états arabes, et l’effondrement total de l’unité musulmane sunnite soi-disant créée par la présence grotesque de Donald Trump au sommet saoudien, il y a deux semaines.

Après avoir promis de combattre jusqu’à la mort « la terreur » chiite iranienne, l’Arabie saoudite et ses copains les plus proches se sont ligués contre un de leur voisins, le plus riche, le Qatar, pour être une origine de la « terreur .» Seules les pièces de Shakespeare peuvent s’approcher de décrire une telle traîtrise – les comédies, bien sûr.

Parce que, vraiment, il y a quelque chose de grandement fantastique au sujet de cette parodie. Les citoyens du Qatar ont certainement contribué à Isis. Mais il en va de même pour les citoyens d’Arabie saoudite.

Aucun Qatari n’a volé dans les avions du 9/11 à New York et Washington. Tous sauf quatre des 19 tueurs étaient saoudien. Bin Laden n’était pas un Qatari. Il était un Saoudien.

Mais Bin Laden a favorisé la chaîne al-Jazeera du Qatar avec ses émissions personnelles, et c’est al-Jazeera qui a essayé de donner une moralité fallacieuse aux desperados d’al-Qaeda/ Jabhat al-Nusrah de Syrie en offrant à leurs dirigeants des heures de temps d’antenne gratuites pour expliquer quelle sorte de groupe modéré, aimant la paix, ils sont.

L’Arabie saoudite coupe les liens ave le Qatar au sujet de liens avec la terreur.

Premièrement, débarrassons-nous simplement des séquences hystériquement drôles de cette histoire. Je vois que le Yémen brise les liens aériens avec le Qatar. Un grand choc pour le pauvre émir du Qatar, le Cheikh Tamim bin Hamad al-Thani, alors que le Yémen – sous bombardement constant par ses anciens copains, saoudiens et des Emirats – n’a plus le moindre avion de ligne utilisable pour créer, et encore moins briser un lien aérien.

Les Maldives ont aussi brisé les relations avec le Qatar. Pour sûr, ceci n’a rien à voir avec la promesse récente saoudienne d’une facilité de prêt de $300 millions aux Maldives, la proposition d’une compagnie immobilière d’investir $100 millions dans un hôtel familial aux Maldives et une promesse par des intellectuels islamiques saoudiens de dépenser $100.000 dans 10 mosquées de « classe mondiale » aux Maldives. Et ne mentionnons pas le nombre relativement grand d’adeptes d’Isis et autres Islamistes qui sont arrivés pour combattre pour Isis en Irak et en Syrie venant, eh bien, des Maldives.

Maintenant, l’Emir quatari n’a pas assez de troupes pour défendre son petit pays si les Saoudiens décidaient de requérir qu’il demande que leur armée entre au Qatar pour restaurer la stabilité – comme les Saoudiens avaient persuadé le Roi du Bahreïn de le faire, en 2011. Mais le Cheikh Tamim espère sans aucun doute que la base aérienne militaire massive US au Qatar dissuadera une telle générosité saoudienne.

Quand j’avais demandé à son père, le Cheikh Hamad (plus tard déposé de manière peu charitable par Tamim) pourquoi il ne foutait pas les Américains hors du Qatar, il avait répliqué : « Parce que si je le faisais, mes frères arabes m’envahiraient. »

Tel père, tel fils, je suppose. Dieu bénisse l’Amérique.

Tout ceci a commencé – c’est ce qu’on est supposé croire – avec un soi-disant hacking de l’Agence d’information Qatar, qui avait produit certaines remarques peu flatteuses mais fâcheusement vraies par l’émir du Qatar sur la nécessité de maintenir une relation avec l’Iran. Le Qatar a nié la véracité de l’histoire. Les Saoudiens ont décidé qu’elle était vraie et diffusent le contenu sur leur propre réseau de télévision d’état normalement banal (et immensément ennuyeux). L’émir arriviste, disait le message, était allé trop loin cette fois-ci. Les Saoudiens ont décidé de la politique dans le Golfe, pas le minuscule Qatar. N’est-ce pas ce qu’a prouvé la visite de Donald Trump ?

Mais les Saoudiens avaient d’autres problèmes qui les préoccupent. Le Koweït, loin de couper les relations avec le Qatar, agit maintenant comme un conciliateur entre le Qatar et les Saoudiens et les Emirats. L’émirat de Dubaï est très proche de l’Iran, a des dizaines de milliers d’expatriés iraniens et suit à peine l’exemple de courroux anti-Qatar d’Abu Dhabi.

Oman avait même mis en place des manœuvres navales conjointe avec l’Iran, il y a deux mois. Le Pakistan, il y a longtemps avait décliné d’envoyer une armée pour aider les Saoudiens au Yémen, parce que les Saoudiens demandaient des soldats exclusivement sunnites et pas de soldats chiites ; l’armée pakistanaise était compréhensiblement indignée de réaliser que l’Arabie saoudite essayait de sectariser son personnel militaire. L’ancien commandant de l’armée du Pakistan, le Général Raheel Sharif, est supposé être sur le point de démissionner comme chef de l’Alliance musulmane sponsorisée par les Saoudiens pour combattre « la terreur ».

Cinq choses à savoir au sujet du premier stade de la Coupe du monde en 2022 au Qatar.

Le Président –maréchal al-Sissi d’Egypte a hurlé contre le Qatar pour son soutien aux Frères musulmans égyptiens – et le Qatar soutient effectivement le groupe maintenant interdit que Sissi prétend faussement faire partie d’Isis – mais significativement l’Egypte, bien que bénéficiaire de millions saoudiens, n’a pas non plus l’intention de fournir ses propres troupes pour appuyer les Saoudiens dans leur guerre catastrophique au Yémen. De plus, Sissi a besoins de ses soldats égyptiens à domicile pour résister aux attaques d’Isis et maintenir, avec Israël, le siège de la Bande palestinienne de Gaza.

Mais si on regarde un peu plus loin, il n’est pas difficile de voir ce qui préoccupe vraiment les Saoudiens. Le Qatar maintient aussi des liens tranquilles avec le régime d’Assad. Il a aidé à assurer la libération de nonnes chrétiennes syriennes aux mains de Jabhat al-Nusrah et a aidé à libérer des soldats libanais aux mains d’Isis en Syrie occidentale. Quand les nonnes ont émergé de captivité, elles ont remercié à la fois Bashar al-Assad et le Qatar.

Et il y a des soupçons croissants dans le Golfe que le Qatar a des ambitions beaucoup plus grandes : de financer la reconstruction de la Syrie post-guerre. Même si Assad restait président, la dette de la Syrie au Qatar placerait la nation sous le contrôle économique du Qatar.

Et cela donnerait au minuscule Qatar deux récompenses en or. Cela donnerait au pays un empire pour égaler son empire médiatique al-Jazeera. Et cela étendrait sa largesse aux territoires syriens, que beaucoup de compagnies pétrolières aimeraient utiliser comme une route de pipeline depuis le Golfe vers l’Europe via la Turquie, ou via des pétroliers du port syrien de Lattakia.

Pour les Européens, une telle route réduirait les chances de chantage du pétrole russe, et rendrait les routes par mer du pétrole moins vulnérables si les vaisseaux ne devaient pas passer par le Golfe d’Hormuz.

Des grappillages si riches pour le Qatar - ou pour l’Arabie saoudite, bien sûr, si les suppositions des deux émirs Hamad et Tamim sur le pouvoir US, s’avèrent sans valeur. Une force militaire saoudienne au Qatar permettrait à Riad d’enfourner tout le gaz liquide dans l’émirat.

Mais sûrement, « l’anti-terreur » des Saoudiens aimant la paix - oublions pour un moment le coupage de tête – n’envisagerait jamais un tel destin pour un autre frère arabe.

Alors, espérons que pour le moment, les routes du Qatar Airways soient les seules parties du corps politique qatari à être coupées.

Cet article a d’abord été publié par The Independent

 

D’où les supporters d’ISIS tweetent-ils.

Lieux principaux déclarés par des utilisateurs de Twitter soutenant Isis en 2015

 

 

Voici l’histoire véritable derrière la crise qui se déroule au Qatar
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Troupes turques Au Qatar.

13 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Les transnationales, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Troupes turques

Par Halil Celik

Mondialisation.ca, 11 juin 2017

 

 

 

 

 

 

http://www.mondialisation.ca/wp-content/uploads/2017/06/Qatar-Turquie-400x320.jpg

Après qu’une coalition des émirats du Golfe persique dirigée par l’Arabie saoudite a présenté un ultimatum au Qatar, lundi, et a bloqué son économie, le parlement turc a approuvé deux accords militaires avec le Qatar, permettant des déploiements de l’armée turque au Qatar. Les forces turques formeront également la gendarmerie qatarienne.

Dans le cadre d’un accord signé entre Ankara et Doha en 2015, Ankara construit déjà une base militaire au Qatar, où 500 à 600 soldats turcs y seront stationnés. L’installation pourrait accueillir jusqu’à 3000 soldats.

Le projet de loi a été porté au parlement par le parti de la justice et du développement (AKP) en Turquie, juste après que le président turc Recep Tayyip Erdogan ait critiqué les sanctions saoudiennes contre le Qatar. S’exprimant lors d’un dîner du mardi 6 juin, Erdogan a déclaré : « Je veux dire clairement que nous désapprouvons les sanctions contre le Qatar. »

Le projet de loi a été adopté avec 240 voix pour et 98 contre, avec l’appui des députés de l’AKP et du fascisant Nationalist Movement Party (MHP).

Cependant, le parti populaire républicain (CHP) pro-Union européenne (UE) a critiqué le projet de loi pour son « timing ». Le vice-président du groupe parlementaire CHP, Levent Gok, a déclaré que son parti était prêt à soutenir le gouvernement chaque fois que ses politiques profitent aux gens. Il a demandé : « Est-ce que c’était vraiment nécessaire d’élever l’affaire Qatari, du centième au premier rang des priorités ? »

Le gouvernement turc a clairement indiqué qu’il se met du côté du Qatar contre les sanctions diplomatiques et commerciales et la menace d’une intervention militaire de cinq pays arabes : l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Yémen. Ils ont accusé Doha de soutenir le terrorisme et d’avoir une attitude « douce » à l’égard de l’Iran. Les émirats du Golfe avaient déjà rappelé leurs ambassadeurs qui étaient au Qatar en 2014, en raison du soutien de ce pays aux Frères musulmans.

Comme en 2011, quand les forces armées saoudiennes ont envahi le Bahreïn pour intervenir contre des manifestations de masse peu de temps après que les luttes révolutionnaires de la classe ouvrière en Égypte ont renversé Hosni Moubarak, l’Arabie saoudite pourrait intervenir militairement au Qatar si elle avait un soutien tacite de Washington. La décision turque indique cependant clairement qu’une telle intervention pourrait impliquer l’Arabie saoudite dans une confrontation militaire directe avec la Turquie.

Les relations apparemment bonnes de la Turquie avec l’Arabie saoudite et les autres émirats du Golfe se sont considérablement détériorées depuis que Washington et les puissances européennes ont soutenu un coup militaire en Égypte qui a renversé le président Mohamed Morsi. Morsi est membre des Frères musulmans, soutenue par la Turquie et le Qatar.

Le mouvement saoudien contre le Qatar est une extension de l’agression américaine contre l’Iran, visant à fouetter le petit émirat, qui a des liens économiques avec l’Iran, conformément à la politique de Trump sur le Moyen-Orient. Mardi, Trump a écrit sur Twitter : « C’est tellement bon de voir la visite en Arabie saoudite avec le Roi et 50 pays porter déjà ses fruits. Ils ont dit qu’ils prendraient une ligne dure contre le financement de l’extrémisme, et toutes les références indiquaient le Qatar. Peut-être que ce sera le début de la fin de l’horreur de terrorisme ! »

Au cours de son premier voyage à l’étranger en mai, Trump est allé à Riyad et a donné à l’Arabie saoudite son plein soutien, et a accusé l’Iran de soutenir le terrorisme et ajoutant que les États arabes ne devraient pas laisser les « terroristes trouver un sanctuaire sur leurs sols ».

Suite à l’attaque agressive de l’Arabie saoudite contre le Qatar, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a appelé son homologue qatari Khalid bin Mohammad Al Attiyah. Mattis a réaffirmé qu’il n’y avait pas eu de changement dans la coopération militaire entre les États-Unis et le Qatar, dont la base aérienne d’Al-Udeid abrite le siège central du commandement central des États-Unis et quelque 10 000 soldats américains. Néanmoins, un conflit a clairement éclaté sur la politique du golfe Persique entre la Turquie et le gouvernement Trump.

Le danger d’une guerre régionale majeure au Moyen-Orient croît rapidement, au milieu des tensions profondes entre Washington et les puissances européennes sur les politiques de Trump, y compris en Iran, l’intervention de l’OTAN en Syrie et le conflit saoudo-qatari. En passant au soutien du Qatar pour contrer l’Arabie saoudite, Ankara s’appuie, au mimimum, sur l’assentiment tacite des puissances européennes.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a déjà accusé le président des États-Unis de susciter des conflits au Moyen-Orient et de risquer une « nouvelle spirale de vente d’armes », disant que l’isolement du Qatar « est une politique complètement erronée et certainement pas la politique de l’Allemagne ».

Il semble que la Turquie coordonne sa politique avec le président français nouvellement élu, Emmanuel Macron, qui est un allié proche de Berlin. Macron a appelé le dirigeant du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad al-Thani, le lendemain du jour où l’Arabie Saoudite a émis ses menaces et, selon les informations de la presse, a déclaré que la France avait l’intention de maintenir la stabilité dans le golfe Persique et de parler à toutes les parties impliquées. Macron a également téléphoné à Erdogan le même jour pour discuter de la crise dans le golfe Persique.

Les puissances européennes sont à maintes reprises entrées en conflit avec Washington alors qu’elles cherchent à rétablir les relations commerciales avec l’Iran. La société énergétique française Total veut exploiter l’important champ gazier de South Pars, le plus grand du monde, qui est partagé entre l’Iran et le Qatar.

La Turquie et le Qatar ont également hésité à participer au dernier embargo international imposé par Washington à l’Iran en 2008, que la Turquie a enfreint à plusieurs reprises. Pour le moment au moins, la Turquie et le Qatar s’opposent à des sanctions sévères ou à d’éventuelles mesures militaires contre l’Iran, ce qui aurait au minimum un effet dévastateur sur leurs propres économies.

Mercredi, le même jour que les attaques jumelles ont visé le parlement iranien et le sanctuaire de l’Ayatollah Khomeini à Téhéran, le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, a visité Ankara pour échanger ses vues sur les derniers développements dans la région. « Il y a des développements inquiétants dans la région pour nous. Nous devons avoir un échange étroit d’idées avec la Turquie concernant ces incidents », a déclaré Zarif aux journalistes, avant de rencontrer son homologue turc et Erdo&;an.

La garde révolutionnaire iranienne a accusé l’Arabie saoudite et l’administration Trump pour les attentats terroristes, déclarant : « Cette attaque terroriste s’est produite une semaine seulement après la rencontre entre le président américain et les dirigeants arriérés [saoudiens] qui soutiennent les terroristes. Le fait que l’État islamique ait revendiqué sa responsabilité prouve qu’ils ont été impliqués dans cette attaque brutale. »

Le même jour, Reza Nourani, responsable de l’Union nationale des produits agricoles de l’Iran, a déclaré que l’Iran était prêt à fournir au Qatar tous les produits alimentaires dont le pays arabe a besoin. « Compte tenu de l’apparition de tensions dans les relations du Qatar avec les États arabes, il est possible [pour l’Iran] de satisfaire toutes les demandes de produits agricoles du Qatar », a-t-il déclaré.

Selon le journal iranien Tasnim, les négociations entre l’Iran et le Qatar sont en cours et « une décision sur les exportations alimentaires sera finalisée d’ici la semaine prochaine ».

Halil Celik et Alex Lantier

Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 9 juin 2017

La source originale de cet article est wsws.org

Copyright © Halil Celik, wsws.org, 2017

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[Vidéo] Ordre mondial, conflits et géopolitique avec Gérard Chaliand

13 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #Le Nouvel Ordre Mondial, #Etat, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #l'horreur économique

Une passionnante vidéo d’un de nos grands géopolitologues.

N’hésitez pas à mettre en commentaires ses citations que vous jugerez les plus intéressantes…

Source : Youtube, Gérard Chaliand, 25-04-2017

Interview réalisée sur Buenos Aires, Argentine en avril 2017 par François Soulard – Forum Démocratique Mondial.

Source : Youtube, Gérard Chaliand, 25-04-2017

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La casse de l’Etat-nation France, parallèle avec l’informatique. Par David Pauchet - Union Populaire Républicaine

13 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #l'horreur économique

La casse de l’Etat-nation France, parallèle avec l’informatique

Le graphe de dépendances

Qu’est-ce qu’un graphe de dépendances?
En informatique, tout passe par des appels de fonctions (ou équivalent).
Par exemple: lorsque l’on se connecte à internet pour aller acheter des marchandises en ligne, alors un orchestrateur général détermine ce qu’il faut afficher, puis délègue à d’autres entités la récupération des informations nécessaires pour l’affichage de chaque section.
Si l’on recherche une liste de produits à acheter (par exemple un aspirateur), alors une entité va rechercher dans une base de données les aspirateurs en vente, ou bien se connecter à différents revendeurs. Un module à part entière peut avoir à calculer le prix de chaque élément, lequel module devra appeler une fonction de calcul de taxes en fonction du pays, lequel devra peut-être faire appel à des modules spécialisés avec des calculs spécifiques pour certains pays, etc.
La complexité est telle que l’on peut vite représenter un programme informatique sous la forme d’un gigantesque arbre d’appels:
Il peut arriver que le modèle ne soit plus satisfaisant pour répondre de manière efficace à de nouveaux besoins. Alors il s’agit de refondre l’arbre d’appels pour l’implémenter différemment.
Or que se passe-t-il si l’on veut supprimer le noeud rouge dans le graphe ci-dessus, si l’on estime qu’il est désuet ? Il faut deux choses:
  • Que les noeuds appelants (le point mauve au-dessus du point rouge) cesse de faire appel aux services du noeud en question
  • Reporter le travail que faisait le noeud à supprimer vers d’autres noeuds, typiquement en amont ou en aval (sur l’exemple, faire faire le même travail au noeud mauve appelant, ou à l’un des 11 noeuds-fils situés en-dessous du noeud rouge)

Le démantèlement de l’Etat-nation “France”

L’objectif de la Commission européenne et de l’oligarchie qui lui est liée, est de faire disparaître à terme les Etats-nations de l’Union européenne, pour n’avoir que la couche supranationale (et dictatoriale) qu’est l’UE. C’est une fin nécessaire pour l’oligarchie euroatlantiste, car cela permet de s’assurer qu’aucun Etat-nation d’envergure ait les moyens de s’opposer à sa politique. Revoir à ce sujet la conférence sur les euro-régions.
Comment donc faire disparaître à petit feu l’Etat-nation “France” ?
C’est là que nous pouvons dresser un parallèle avec la suppression d’un noeud d’un arbre d’appels: il faut casser les dépendances et redonner les responsabilités de la France à d’autres entités.

Casser les dépendances

Historiquement, la France s’est construite au travers de 3 niveaux administratifs:
  • la commune, dirigée par le maire qui est l’élu préféré des Français, proche d’eux
  • le département, hérité de la Révolution française et représentant l’égalité des Français
  • la nation
Ces dernières dizaines d’années, ont été rajoutées ces couches ayant vocation à remplacer les précédentes:
  • les intercommunalités, ou les regroupements forcés de communes
  • la région
  • l’Union européenne
Un excellent exemple de casse de dépendances peut être vue avec:
Voilà donc, du point de vue de la réforme territoriale, comment l’on en revient au graphe de dépendances, et à la suppression à terme du noeud “France”.
Voyons maintenant le deuxième point: comment transférer les responsabilités de l’Etat-nation à d’autres instances.

Transférer les missions régaliennes vers le supranational

Les armées
De par l’article 42 du Traité de l’Union européenne (TUE), la défense de l’Union européenne passe par l’OTAN. Dès lors, il n’y a plus de diplomatie ou de vision stratégique indépendante : cela dépend de Washington.
A noter que l’Europe de la Défense est en train de renaître de ses cendres par l’action de l’ultraeuropéiste ministre des Armées Sylvie Goulard: http://www.lemonde.fr/idees/article... .
Les forces de police
Connaissez-vous l’Eurogendfor ?
C’est la force de gendarmerie européenne, instituée par un traité entre plusieurs pays européens. Cette force est indépendante des gouvernements et peut donc agir sans contrôle aucun des nations où elle opère. Elle n’obéit qu’à la Commission européenne: http://www.eurogendfor.org/francais .
La justice
Il y a primauté des décisions de la cour de justice européenne (CJUE) sur les décisions prises par les instances juridiques françaises.

Exemples d’autres transferts

Les remboursements de santé
Le directeur de cabinet du ministère de la santé, Gilles de Margerie, est un assureur. C’est donc le parfait CV pour mettre en oeuvre les GOPE en matière de santé. Celles-ci demandent de renforcer les économies sur le dos de la Sécurité sociale, qui devient année après année de moins en moins efficace et de moins en moins universelle, au profit des mutuelles privées.
La casse du code du travail national
La loi-travail 2e du nom arrive pour l’été, toujours sur injonction des GOPE.
Entre autres, on y trouve la possibilité pour les accords d’entreprise de primer sur les accords de branche nationaux. C’est donc le début de la fin d’un droit du travail centralisé par la France.
Négociations commerciales à l’OMC
Au sein de l’UE, ce ne sont plus les nations qui ont le pouvoir de négociation commerciale à l’OMC, mais c’est l’UE au nom de tous - d’ailleurs bien souvent avec des négociateurs de l’UE qui pensent avant tout à l’intérêt de leur pays plutôt qu’à l’intérêt général d’un peuple européen qui n’existe pas.
Vente du patrimoine national
Sous couvert d’économies pour remplir un puits sans fonds du déficit public qui ne pourra être résolu que via les recettes générées par la sortie de l’UE, notre patrimoine national est vendu année après année. En 2015, c’était par exemple un appel d’offres pour faire un hôtel au sein du château de Versailles.
Bref ces quelques exemples parmi une multitude montrent que l’on vide petit à petit la France de ce qui la constitue. A terme, quand la coquille sera vide, la France ne sera plus.

Casser les ciments nationaux : territoire, culture, Histoire, solidarité, symboles de la France

La disparition de la France est aussi préparée sur de nombreux autres terrains : tout ce qui fait le ciment national est attaqué:
  • Intégrité territoriale menacée par les montées des régionalismes (cf. conférence sur les euro-régions encore une fois)
  • Culture américanisée au détriment de la culture française - et des autres cultures du monde
  • L’Histoire de France au collège malmenée: Clovis, Saint Louis ou François Ier, Henri IV, Louis XIV ou Napoléon qui n’y sont plus enseignés
  • Le mot même “France” (ou le “F”) supprimé des entreprises dès qu’il y a une occasion : France Telecom devenu Orange, GDF-Suez devenu Engie, ErDF devenu Enedis, etc.
  • Les symboles de la République décousus ; je prends ici pour exemple le logo de la Gendarmerie nationale qui a perdu son historique et ses couleurs bleu-blanc-rouge pour être remplacé par un logo complètement aseptisé et sans intérêt
Ancien logo
 
Nouveau logo
 
 
 
 
 
 
 

Que faire ?

En informatique, quand un programme marche mal, que tout part à vau-l’eau pour parvenir à intégrer à la fois de nouveaux besoins et garantir une stabilité du logiciel, il ne faut pas hésiter à repenser toute la conception, quitte à changer drastiquement la manière de modéliser la problématique.
En politique, le constat est bien que tout part à vau-l’eau en France, et que l’UE nous mène vers le désastre. Par contre, aucun parti ne repense drastiquement les hypothèses de base pour savoir si elles sont toujours valides - à savoir, le maintien dans l’UE est-il vraiment dans notre intérêt ?
Tous les partis éludent la question, sauf un, l’UPR, qui est le seul à proposer la sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN.
Résistez pour sauver votre pays, et donc votre culture, vos acquis sociaux, votre langue, votre solidarité nationale, votre industrie, votre agriculture, votre patrimoine, votre avenir.

Les 11 et 18 juin, votez UPR !

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Syrie : vent de panique dans le camp israélo-américain par PressTV.

13 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Syrie : vent de panique
dans le camp israélo-américain
par PressTV.

lundi 12 juin 2017, par Comité Valmy

Voir en ligne : Les forces armées accomplissent la 1ère phase de leurs opérations militaires dans le désert syrien - Agence SANA

Syrie : vent de panique dans le camp israélo-américain

Le fait que les forces syriennes aient fini par atteindre les frontières syro-irakiennes constitue une évolution géopolitique de taille qui va changer très rapidement la donne stratégique dans la région.

 

L’expert iranien en géopolitique, Hadi Mohamadi, revient sur la fulgurante avancée des forces armées syriennes et l’acquis très important qu’elles ont réalisé vendredi dans l’ouest du désert de Syrie à savoir la reprise du contrôle des frontières communes avec l’Irak. Selon l’expert, cette "prise" est importante sur un double plan : d’abord, elle permet l’ouverture d’un corridor terrestre reliant l’Iran au Liban, aux portes d’Israël. Ensuite, le corridor en question permet une présence militaire permanente dans le Levant, région qui inclut la Syrie, le Liban, mais aussi la Palestine et la Jordanie. Cette présence est consolidée dans le contexte où Daech est sur la pente du déclin en Irak et en Syrie et que ses sponsors cherchent par tous les moyens possibles et imaginables à lui trouver un remplaçant.

 

Les soldats syriens et leurs alliés atteignent la localité d’Al-Tanf, le 9 juin 2017. ©Al-Alam

Que deviendra Daech ? C’est la question...La réponse définira l’avenir même du Moyen-Orient. La prise du contrôle des frontières syro-irakiennes est donc un enjeu majeur qui jette réellement de l’ombre sur la victoire en demi-teinte qu’a été pour Daech et ses sponsors, le double attentat terroriste de Téhéran. Les milieux militaires en Israël évoquent depuis quelques jours avec crainte, " des photos du commandant en chef de la force Qods, le général Soleimani" qui sont accrochées dans les localités frontalières syro-irakiennes.

 

La victoire stratégique de vendredi s’est produite alors que les Américains s’étaient emparés de la localité d’Al-Tanf, y installant leurs forces spéciales. Buvant le calice jusqu’à la lie, ils s’étaient mis à larguer des tracts à l’adresse de l’armée syrienne et du Hezbollah, les mettant en garde contre toute "tentative destinée à s’approcher d’un périmètre de sécurité" qu’ils avaient eux-mêmes mis en place et qui incluait effectivement Al-Tanf et son point de passage frontalier avec l’Irak. Indifférents à ces mises en garde qui relèvent ni plus ni moins de la violation de l’intégrité territoriale de la Syrie, l’axe de la Résistance a suivi toutefois ses plans. Et rien n’a pu les faire reculer : ni les trois frappes aériennes US qui ont visé leurs positions depuis le 19 mai, ni les menaces et les pressions politiques et sécuritaires.

 

Jeudi les unités de la DCA de la Résistance ont intercepté un drone de reconnaissance US sans que le pilote s’en aperçoive. Une fois les images publiées, les experts militaires ont réagi : Al-Manar qui a interrogé le général de brigade à la retraite Hicham Jaber, l’a cité en ces termes : « À travers cette interception, l’Iran a indiqué très clairement aux Américains qu’il est là et qu’il surveille attentivement tous les agissements des forces spéciales US à Al-Tanf (point de passage frontalier syro-irakien, NDLR) ainsi que les opérations aériennes américaines dans le Nord syrien. L’Iran veut faire comprendre aux Américains qu’il est en Syrie et qu’il compte agir. Sur cette base, l’équation syrienne comme la concevaient les Américains n’est plus d’actualité. » Les analystes militaires israéliens sont eux aussi allés de leur commentaire : Ehud Yaari, expert des questions militaires de la chaîne 2 de la télévision israélienne, a estimé : « Le message qu’ils (les Iraniens) nous envoient est le suivant : nous sommes capables de viser les Américains dans leur base même à Al-tanf. Nous ne resterons donc pas les bras croisés face aux frappes américaines. » Selon cet expert, Israël a bien compris le sens du message de l’Iran et il en va de même pour Washington. Une confrontation USA-Israël/Iran n’est pas du tout à écarter".

 

Al-Tanf atteint

Ce fut dans ce contexte que les unités de l’armée syrienne et le Hezbollah sont arrivées ce vendredi 9 juin sur les frontières communes de la Syrie avec l’Irak, au nord-est du passage d’Al-Tanf, une région qui fait partie du désert de Palmyre. Brandissant le drapeau national syrien alors qu’ils se tenaient sur la ligne de démarcation des frontières syro-irakienne, les forces de "la Résistance" ont remporté une victoire clé. Dans la foulée, le ministère russe de la Défense a déclaré que les forces alliées à l’armée syrienne ont réussi à libérer 105 km² des régions frontalières avec la Jordanie. Le commandant en chef des forces armées russes en Syrie a aussi annoncé que l’armée syrienne y avait construit 9 points de contrôle.

 

La tuerie du 7 juin de Daech à Téhéran, défendue implicitement par le président américain et certains des membres du Congrès, vient d’être en partie vengée, et beaucoup plus rapidement que prévu ...

 

10 juin 2017

PressTV 

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« L’atlantisme et le sionisme sont les deux mamelles des néocons » par Michel Raimbaud

13 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République

 

« L’atlantisme et le sionisme
sont les deux mamelles des néocons »
par Michel Raimbaud

samedi 10 juin 2017, par Comité Valmy

« L’atlantisme et le sionisme
sont les deux mamelles des néocons »

À l’occasion de la réédition actualisée de « Tempête sur le Grand Moyen-Orient » (1), nous avons rencontré Michel Raimbaud. L’ancien diplomate, qui écrit avec des convictions en s’appuyant sur des faits bien documentés, insiste sur le façonnement en cours du Moyen-Orient, et plus vastement du monde, entrepris par les néoconservateurs américains, avec la complicité des élites occidentales.

 

Pourquoi crier au « conspirationnisme » lorsque l’on est saisi par la clarté du grand dessein annoncé urbi et orbi par ses propres promoteurs ? Cela fait longtemps que Michel Raimbaud, écrivain habité par la passion de l’État, sincère, engagé et aux accents volontiers gaulliens, ne prête plus d’attention aux chiens de garde de l’establishment qui le snobent. Ancien ambassadeur de France en Mauritanie, au Soudan et au Zimbabwe, et bien connu des lecteurs d’Afrique Asie, ce fin connaisseur du monde arabe et de l’Afrique a servi comme diplomate dans de nombreux pays (avec un long passage au Brésil), avant de diriger l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Tout reste d’actualité dans Tempête au Moyen-Orient, ouvrage dans lequel il dénonce les funestes « policides » orchestrés par les néoconservateurs américains et occidentaux ayant débouché sur le démantèlement du Soudan, de la Somalie, de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye et, aujourd’hui, de la Syrie.

Revenons sur l’affaire des « bombardements chimiques » d’Idlib, en Syrie, en avril dernier. Pourquoi ne criez-vous pas avec les loups sur la responsabilité du régime syrien ?

Nous nous trouvons face à une redite de l’affaire Colin Powell de 2003 en Irak et de la séquence de l’été 2013 en Syrie (attaque de la Ghouta). Je n’entrevois que deux explications possibles : ou bien ce sont les rebelles qui ont utilisé les armes chimiques en appliquant la technique familière du false flag (faux pavillon), maquillant par la suite les photos des enfants. Ces enfants n’auraient-ils pas été tués puis « soignés » par ces escrocs de l’humanitaire que l’on nomme les « casques blancs », autrement dit des associés du Front Al-Nosra, la franchise syrienne d’Al-Qaïda ? Sinon, comment expliquer que les injections, à en croire certaines vidéos, semblent factices, le niveau du liquide demeurant inchangé du début à la fin de la piqûre de « réanimation » ? Si ces cadavres d’enfants morts, soigneusement alignés comme à une parade pour les besoins de la propagande, avaient été gazés, il eût été bien imprudent de s’exposer avec eux sans précaution.

Ou bien, s’il s’agit d’un bombardement de l’armée syrienne sur ce dépôt, cela veut dire que le gaz appartenait aux rebelles. Car on sait qu’en Syrie le démantèlement de l’arsenal des armes chimiques et bactériologiques a eu lieu sous contrôle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), après les inspections onusiennes.

Un mensonge de plus donc ?

La ficelle est bien grosse. Les mensonges sont légion dans le cas syrien, tellement nombreux qu’il s’avère difficile de les « traiter » tous. C’est une conséquence typique des théories que j’ai étudiées dans mon livre, à savoir les stratégies mises en œuvre par Washington : le chaos innovateur, la théorie du fou et le false flag, autant d’intox dont les mécanismes ont été démontés, notamment par Michel Collon. En définitive, si « complotisme » il y a, ce sont les comploteurs eux-mêmes qui aiment les complots puisqu’ils en sont les auteurs, et non pas ceux qui les dénoncent, systématiquement qualifiés de « complotistes » afin de les discréditer par avance. Dans un ordre d’idées proche, les régimes takfiristes qui financent les « révolutions » chez leurs voisins espèrent ainsi faire oublier leur nature profondément réactionnaire.

Il y avait déjà un certain cynisme de la part des intellectuels américains au temps où l’on pérorait sur le contenu de la fiole qu’avait brandie Colin Powell au Conseil de sécurité de l’Onu en 2003. Ils disaient : « L’Amérique est le plus grand empire qui ait jamais existé sur Terre, discutez et critiquez telle ou telle de nos actions si vous voulez, nous, pendant ce temps, nous créons des réalités nouvelles et nous faisons l’Histoire ! » Effectivement, pendant que tout le monde disserte : les idiots utiles, les médias, les universitaires et la classe politique rivalisant en bêtise tout en maintenant une omerta faramineuse sur les faits, les neocons façonnent effectivement cette Histoire dont nous sommes les témoins. Cela participe à un enfumage qui ne nous donne pas le loisir d’anticiper les mauvais coups que préparent ces néocons. Que répondez-vous aux accusations de connivence entre Moscou et Washington ?

Il n’y a pas de connivence entre la Russie et les États-Unis. Si les Russes jouent la carte de la diplomatie, c’est pour trouver une solution politique. Je m’étonne également que le communiqué tripartite publié par Damas, Moscou et Téhéran au lendemain de l’attaque américaine du 4 avril sur la base aérienne de Shayrat, en Syrie, n’ait pas été divulgué dans les médias mainstream. Ce communiqué se voulait un cinglant avertissement adressé à l’administration Trump, rappelant les fondamentaux : respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité de la Syrie, et son droit de reprendre le contrôle de l’ensemble de son territoire.

Concernant l’hésitation du président Obama en 2013 qui, finalement n’a pas donné l’ordre d’attaquer, je me souviens avoir été parmi les rares personnes à être persuadées qu’il n’y aurait pas de frappes…

Qu’est-ce qui a freiné Obama ?

Obama n’est pas un personnage limpide. C’était sa façon à lui de s’affirmer en ne bombardant pas. Non pas qu’il soit revenu à de meilleurs sentiments, car il était suffisamment bien informé par ses renseignements pour connaître la vérité, mais parce qu’il voulait marquer son pouvoir présidentiel face au think tank collectif qui l’entourait – c’est ce qu’il affirme dans une interview en forme de testament.

J’évoque souvent « l’État profond néoconservateur » pour « expliquer » ce qui, sinon, pourrait paraître inexplicable. À mes yeux, ce concept est d’une importance fondamentale. Devenu populaire, il est une réalité visible, voire très voyante, depuis la fin de la guerre froide. Il se réfère à la doctrine dominante qui crée une symbiose idéologique entre les décideurs, les acteurs, les faiseurs d’opinions dans tous les secteurs de la vie publique et tous les cercles de pouvoir (politiques, diplomates, hiérarchie judiciaire, élites intellectuelles, journalistes, milieux d’affaires, communautés diverses, lobbies, etc.).

Né dans le camp républicain qui est son berceau et ancré sur le double messianisme religieux du judaïsme et des Églises protestantes dites « Églises d’éveil », l’État profond néoconservateur s’est solidement implanté dans les rangs démocrates, avant de trouver des terreaux favorables dans toutes les terres d’Occident et dans les États les plus improbables. La France est loin d’échapper à la règle, tant est grande l’idolâtrie des élites vis-à-vis de tout ce qui vient d’Amérique et le lien de vassalité que celles-ci ont intériorisé durant les décennies passées.

À Paris, les quartiers généraux et/ou les bastions de cet « État profond » sont divers et variés : non seulement au Quai d’Orsay où sévit la « secte » ou la « meute » néocon, mais aussi à Matignon, à l’Élysée et dans les rouages de la société et les arcanes du pouvoir. Les élites parisiennes sont depuis des années cooptées dans le fameux programme des « Young Leaders » de la fondation franco-américaine. On chercherait en vain un clivage entre droite et gauche « de gouvernement ».

Comment avez-vous observé l’évolution de la trajectoire des néoconservateurs français depuis le Quai d’Orsay ? Comment et quand ont-ils essaimé ?

Historiquement, les origines du néoconservatisme remontent à la création des États-Unis, à l’arrivée des « Pilgrim Fathers », ces Pères fondateurs, pour l’essentiel des protestants fuyant l’Europe pour des raisons religieuses et se référant à la Bible plutôt qu’au Nouveau Testament. En vertu du messianisme qui les inspirait, ils pensaient que Dieu les avait guidés vers l’Amérique afin qu’ils deviennent le nouveau peuple élu. Notez le parallèle avec le sionisme… Du reste, les groupes ou lobbies chrétiens sionistes s’inscrivent dans cette tradition. Les premiers migrants en Amérique se référaient à la pensée de Cromwell, imprégnée de mystique sioniste. Mais il faut attendre l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan dans les années 1980 pour que cette mystique trouve sa traduction politique dans le néoconservatisme, une traduction associée à la promotion du néolibéralisme et à la fin de la détente.

C’est sous le mandat de Reagan que l’on assiste au retour de la confrontation contre l’URSS, encouragé par la Britannique Margareth Thatcher et le pape Jean-Paul II. Si l’équilibre de la terreur les empêche alors d’agir en transgressant les règles du jeu, les neocons (on ne les connaît pas encore sous cette appellation) ont les coudées franches à partir des années 1990-1991, après l’implosion de l’URSS et la disparition du « bloc communiste ». À noter que Donald Trump est le produit plus ou moins inavoué de cet establishment (malgré ses affirmations) puisqu’il semble considérer Reagan comme un père spirituel et se réfère volontiers aux Pères fondateurs de l’Amérique.

Trump a pourtant fondé son discours de campagne en s’opposant aux élites de Wall Street afin d’engranger des soutiens dans l’Amérique profonde…

S’il a été élu par le « petit peuple » et par « l’Amérique profonde » contre l’establishment, il ne pourra pas résister longtemps aux pulsions de l’État profond. Très isolé face aux élites, il en a bien eu besoin sitôt élu. Au passage, le fait qu’il bombarde la Syrie dès son début de mandat fait de lui un « président normal », et cela deux jours à peine après avoir fait une proposition de reprise de contact à Bachar al-Assad par l’intermédiaire d’une congressiste américaine (démocrate) chargée par Trump lui-même de transmettre un message en ce sens au président syrien. Voilà la théorie du chaos remise en application : elle correspond à dire tout et son contraire.

Il n’est pas évident pour les Américains de gérer cette théorie du chaos, qui paraît très anglo-saxonne, en ce sens qu’elle permet d’associer toutes les ambiguïtés, selon une méthode que l’on retrouve dans le langage des ONG, dans les discours du FMI, dans le style des politiques et diplomates américains : mélanger le passé et le présent, les affaires importantes et les détails, la réalité et la fiction. Cela ouvre beaucoup de possibilités aux prestidigitateurs du droit, aux manipulateurs de valeurs, aux magiciens maîtres de l’Univers. C’est également une illustration de la « théorie du fou » inventée par Kissinger au temps de Nixon : les États-Unis ont vocation à être les maîtres du monde et entendent le rester ; pour effrayer leurs ennemis, ils doivent projeter l’impression que l’Amérique est, en partie du moins, gouvernée par des dirigeants cinglés ou imprévisibles.

La ligne Trump représente un archétype de la « théorie du chaos innovateur » mise en œuvre selon les normes de la théorie du fou. Le président « flexible » est un pur produit de l’école néoconservatrice, fondée sur le double messianisme protestant et juif, évoqué précédemment. Dans ce contexte, notons que l’alliance avec les islamistes djihadistes n’est pas circonstancielle, mais naturelle, les islamistes radicaux se réclamant également d’une mission divine, afin d’éradiquer tout ce qui s’écarte de leur conception de l’islam et recréer in fine un califat, un État islamique fondé sur la charia (la loi coranique interprétée à leur façon).

Vous ne m’avez toujours pas dit à quand remonte la pénétration du néoconservatisme dans les arcanes du pouvoir français.

La première manifestation de leur apparition en France remonte, me semble-t-il, au lendemain de la chute de l’URSS et à la signature du traité de Maastricht en 1992. François Mitterrand n’était pas néoconservateur, mais son entourage l’était en bonne partie, ou faisait du néoconservatisme sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir.

La seconde manifestation intervient à mon sens avec la crise affectant les relations franco-africaines en 1994, marquée par la dévaluation inopinée du franc CFA de 50 % sous la pression conjointe de la Banque Mondiale et du FMI. L’héritage gaullien, déjà ébréché, va dès lors être dilapidé de plus en plus ouvertement, la France renonçant de facto – en le niant – aux attributs de sa souveraineté. Dans la foulée du baroud d’honneur du duo Chirac-Villepin en 2003 concernant l’opposition de la France à la guerre en Irak, le président Chirac va s’affoler et multiplier des concessions inutiles, allant au-devant des sollicitations de Washington. Le retour au commandement intégré de l’Otan se fera en douce ; il ne restera plus qu’à l’afficher politiquement, ce qui sera chose faite dès le début du mandat de Sarkozy.

Paris appuiera ainsi les sanctions contre la Syrie promulguées par le Congrès américain par le biais du Syrian Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act en décembre 2003. La France sera en quelque sorte chargée de « gérer » pour le compte de Washington le dossier de la détérioration programmée des relations avec Damas. Le levier libanais (à la suite à l’assassinat du premier ministre Rafiq Hariri, ami de Chirac) sera utilisé pour convaincre Paris d’assurer cette mission : jusque-là assez bonnes, les relations franco-syriennes vont dès lors se dégrader brutalement. Elles ne s’en remettront pas, malgré une brève embellie sous l’ère Sarkozy.

La pénétration du courant néocon s’accompagne d’une opération de casse menée contre les diplomates du Quai d’Orsay, tenu pour pro-arabe : le cadre d’Orient, les arabisants et les islamisants en premier lieu sont ciblés. Cette offensive qui ne dit pas son nom emprunte deux biais : on disperse les experts de la région dans des zones géographiques éloignées du monde arabe, et on recrute pour les postes clés des énarques et technocrates formatés. À cela s’ajoute les saignées budgétaires consécutives et incessantes, le recours à des contractuels, l’ubérisation, autant d’éléments qui ont définitivement sapé notre action diplomatique et notre rayonnement à l’international. Au vu de l’ampleur des missions d’un « Département » (comme on l’appelle), régalien par excellence, le budget du ministère des Affaires étrangères a toujours été relativement modeste, ne dépassant pas 1 % du PIB. Depuis un quart de siècle, on ne parle plus que d’austérité !

Qu’est-ce qui motive les diplomates néocons de la « secte » du Quai d’Orsay à poursuivre cette politique, selon vous ?

Le suivisme, l’atlantisme et le sionisme, qui sont pour ainsi dire synonymes.

Dans le cas du dossier nucléaire iranien, l’équipe de Laurent Fabius n’était-elle pas motivée par la défense de l’intérêt national en freinant des quatre fers l’acquisition de la bombe par Téhéran qui affaiblirait les positions de la France dans la région ?

Non. Cela faisait partie des rôles délégués à la France et aux Européens par Washington. Le dossier du nucléaire iranien, dont le programme remonte à l’époque du chah, a été fabriqué par les ancêtres des neocons américains dans le cadre du projet « Atome pour la paix ». Il avait toujours fait l’objet de l’unanimité nationale en Iran ; tout le monde trouve ça très bien et personne en Occident n’y a trouvé à redire jusqu’à la révolution islamique. Le dossier a ressurgi dans la foulée de l’occupation de l’Irak. Après la guerre irano-irakienne (politique du double endiguement), puis la première et la seconde guerre d’Irak qui ont mis ce pays à terre, les États-Unis ont délégué à la France, au Royaume-Uni et à l’Allemagne la gestion du dossier. En cela, il me semble que l’ancien président Khatami s’est engouffré dans un piège, d’où la rupture actée par son successeur Ahmadjinehad.

En 2006, le dossier est transféré de l’Agence internationale de l’énergie atomique au Conseil de sécurité des Nations unies, dont les cinq membres permanents sont des « puissances nucléaires légales ». Ce qui va accentuer la pression sur Téhéran et dévoiler les objectifs cachés de la « négociation nucléaire ». La signature de l’accord « historique » en juillet 2014 n’a pas réglé le différend de fond entre l’Iran et ses quatre interlocuteurs occidentaux (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne).

Les néoconservateurs sortent-ils fragilisés par l’élection de Donald Trump ?

Non, au contraire, car il est leur meilleur représentant. Trump s’est fait élire sans le soutien des élites. Mais une fois au pouvoir, il ne peut se contenter de l’appui des cowboys ou des mormons. Or, depuis des lustres, les élites américaines, tous partis confondus, sont néoconservatrices. Trump a dû aller puiser dans le même réservoir où aurait pioché Hillary Clinton (État profond, Goldman Sachs…) si elle avait été élue. Trump n’a pas d’autres choix que d’obtempérer aux desiderata de l’État profond américain. Il suffit de voir ses choix en ce qui concerne ses ministres et collaborateurs (au sein de l’establishment) et ses décisions, notamment en politique étrangère. En Syrie et Russie, par exemple.

En France, l’atlantisme et le sionisme sont désormais les deux mamelles des néocons. Cette adhésion a commencé avec Chirac, puis s’est finalisée avec Sarkozy qui parlait de « retour au bercail » pour justifier la réintégration pleine et entière de nos forces au sein du commandement intégré de l’Otan. Pour ce qui est de Hollande, je ne vous apprends rien en vous disant que les socialistes ont un ADN européiste, sioniste et colonialiste qui remonte au minimum à Guy Mollet (sous la IVe République). Ce n’est nullement une légende. Durant son deuxième mandat, Mitterrand aura cette déclaration de fossoyeur : « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir. » Petit à petit, cette idée a gagné du terrain au Quai d’Orsay et dans « l’État profond », y compris à l’Université, sensible aux sirènes de l’Amérique, de l’Europe, de l’Otan, de la globalisation et de ses succursales diverses.

On a bien vu dans la campagne présidentielle française que l’Europe était relayée à un rang subalterne. Un grand nombre de candidats ont rivalisé dans leurs discours prosouverainistes. Cet idéal vend-il encore ?

 

L’Europe n’est pas une idée populaire, contrairement à ce qu’affirment les illusionnistes du « rêve européen ». Les candidats ont souvent promis de « renégocier » les traités européens, ce qui est un leurre à usage électoral. À toutes les élections, on nous a fait la même promesse. De mon point de vue, l’Europe est la prison de la France. Ce n’est pas nous qui décidons. Allons même plus loin : nous nous indignons que les décisions nous concernant soient prises à Bruxelles, alors qu’en réalité c’est en Amérique que tout se décide. Nos élites du mainstream se satisfont de ce statut de « territoire » à la Massachusetts, auquel la France a été réduite. Mais alors, à quoi bon payer et entretenir cette administration bruxelloise tentaculaire et si onéreuse qui prend ses ordres à Washington ?

La réédition de votre livre connaît un vif succès. Pourtant, vos détracteurs ne vous épargnent pas dans la véhémence de leurs attaques…

 

Je reprends à mon compte ce proverbe chinois : « Quand le sage montre la Lune, l’imbécile montre le doigt. » J’écris en fonction de mes convictions. La thèse que je développe est bien documentée et rend compte des réalités, de l’enchaînement d’événements qui autrement resteraient incompréhensibles. Elle me semble beaucoup mieux acceptée et comprise en cet an VII de la « tempête sur le Grand Moyen-Orient » qu’il y a deux ans. En effet, rien dans les évolutions constatées n’est venu démentir ce qui était inscrit dans la première édition, au niveau du Moyen-Orient, du Grand Moyen-Orient de George W. Bush, au sein de l’islam et en ce qui concerne l’ordre du monde dont la mutation se dessine sous nos yeux. Autant de sujets qui font l’objet de mon ouvrage.*

 

Michel Raimbaud
9 juin 2017

Propos recueillis par Tigrane Yégavian

(1) Tempête sur le Grand Moyen-Orient, Michel Raimbaud, 2e édition enrichie et remise à jour, Éd. Ellipses, 716 p., 28 euros.

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Normandie Niemen - Les ailes de la fraternité

12 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #La guerre, #La Russie, #L'OTAN., #L'armée française, #AMERIQUE

samedi 9 mai 2015

Normandie Niemen - Les ailes de la fraternité

 

Ce film raconte l'histoire du régiment « Normandie Niemen » , formation aérienne de l'armée de l'air Française ayant combattu l'Allemagne nazie au cours de la seconde guerre mondiale sur le front de l'Est de 1943 à 1945.
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Les Confessions d'un assassin financier - John Perkins

12 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Les transnationales

Les Confessions d'un assassin financier - John Perkins

Les Confessions d'un assassin financier - Révélations sur la manipulation des économies du monde par les États-Unis est la traduction en français du livre Confessions of an Economic Hit Man écrit par John Perkins et publié en 2004. Perkins y relate sa carrière dans la firme de consultants Chas. T. Main (en) de Boston. Avant d'être engagé par la firme, l'auteur affirme avoir passé une entrevue pour un travail à la National Security Agency (NSA). Perkins affirme que cette entrevue a servi de test pour devenir ce qu'il nomme un « assassin économique » (economic hit man). Selon Perkins, il a commencé à écrire Confessions of an Economic Hit Man dans les années 1980.

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