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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #europe supranationale tag

"LA DETTE" le documentaire - non censuré + Bonus Etienne CHOUARD

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #Terrorisme, #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique

"LA DETTE" le documentaire - non censuré + Bonus Etienne CHOUARD

 
Ajoutée le 5 mars 2017

« En janvier 2012, il y a deux ans, je vous avais signalé (sur le blog) un film qui allait sortir, intitulé "LA DETTE", pour lequel les réalisateurs (Nicolas et sa petite famille, bien sympas) étaient passés à la maison (durant l'été 2011) pour évoquer les enjeux et les mécanismes de la création monétaire et de la dette publique.

Ce film a d'abord tourné dans les réseaux militants, avec succès.
Après un an, en 2013, il a été décidé de distribuer le film LA DETTE en salle, comme les vrais films.
Mais à cette occasion, sans doute par peur des calomnies des talibantifas, "on" a retiré tous les passages du père Chouard : sur le site du film, plus la moindre trace de nos entretiens... ni dans la bande-annonce... ni dans les interviews... ni dans les bonus du DVD... gommé, le Chouard, vaporisé... :-)

On avait déjà vu une autre censure de mon travail (différente cependant) avec le (bon) film "Dédale, un fil vers la démocratie". » Etienne Chouard

La DETTE, le documentaire
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Vous allez enfin savoir pourquoi les caisses de l'Etat sont vides... et où l'argent public s'est volatilisé...

Soyons francs. Jusqu’ici, la dette de la France ne nous avait jamais empêchés de dormir. Mais depuis quelques années, les discours politiques ont fait de cette question du remboursement de la dette une telle obsession, qu’il a bien fallu y regarder d’un peu plus près. Faut-il privatiser les services publics, vendre notre patrimoine, réduire les salaires, travailler plus longtemps, moins rembourser les médicaments, fermer des hôpitaux et des écoles, augmenter la TVA, les impôts, les taxes en tout genre...

POUR REMBOURSER LA DETTE ? QUELLE DETTE ?

La réduction de la dette est aujourd'hui au centre de toute la politique économique et sociale de notre gouvernement. L'argument semble irréfutable, il faut réduire les dépenses pour payer la dette, sinon c'est la faillite. Personne ne peut souhaiter la faillite.

Les sacrifices qu'il va falloir faire pour payer cette dette méritent néanmoins qu'on s'attarde sur la logique de l'argument, pour en vérifier la solidité. D'abord de quelle dette parle-t-on? Qui doit à qui ? Combien ?

Il a fallu reprendre les manuels d’économie, retenir des chiffres, des ordres de grandeur. Notre table de nuit s’est peu à peu couverte d’ouvrages aux titres improbables sur la dette et la monnaie. Mais en réalité le sujet est vite devenu passionnant car derrière le problème de la dette se cache celui de l’argent et de sa création par les banques.


UNE QUESTION D'ARGENT

En fait, les attaques contre la dette des pays de l’Union Européenne posent la question du financement de ces pays et de leurs économies. Les Etats ont besoin d’argent. Et doivent l’acheter à des taux de plus en plus élevés. Depuis la fin des trente glorieuses, le système bancaire s’est peu à peu privatisé et aujourd’hui contrairement à une idée fréquemment répandue, l’Etat ne peut pas créer de la monnaie, il doit l'emprunter sur le marché.

On prête donc de l'argent à l'Etat, contre intérêt. Et ces intérêts varient, de 1,5 à 5 % mais parfois jusqu'à 20% ou plus selon les croyances du marché et les publications des agences de notation.


LA FAILLITE ?


En 2012, avec le montant des intérêts accumulés depuis 30 ans, la dette atteindrait plus de 1800 milliards d’euros. C’est ce que l’Etat français devrait rembourser pour retrouver des comptes équilibrés. Mais le peut-il vraiment ?
Chaque année, l’Etat rembourse péniblement 50 milliards d’Euros d'intérêts. C'est la totalité de ce que rapporte l'impôt sur le revenu des français.

Cette somme est versée chaque année aux banques et aux créanciers de la France. A ce rythme, l'Etat n'aura pas fini de payer en 2030 en espérant qu’aucune crise ne vienne aggraver les dépenses ni augmenter les taux auxquels la France peut emprunter aujourd’hui. Ce qui est fort improbable… En incluant le remboursement du capital, la dette est devenue le premier poste de dépense de l'Etat : 100 milliards d'euros au total sont engloutis chaque année au paiement de la dette. Une hémorragie permanente d'argent public vers un petit nombre de créanciers. Pendant ce temps, les villes, les régions, les administrations et de plus en plus de particuliers, sont dans un état proche sinon avéré de surendettement. Il n'y aura bientôt plus d'argent...

Après la Grèce, l’Irlande, l’Espagne ou l'Italie, la France est sur la liste des victimes de la dette.

Mais alors pourquoi les Etats ont-ils donné aux banques le pouvoir de créer la monnaie s'ils pouvaient la faire eux-même ?

Vaste question... à laquelle vous saurez bientôt répondre grâce au film que vous pouvez commander en DVD. Alors c'est parti, vous allez bientôt en savoir davantage que la plupart des "experts" en économie...

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Les habits neufs de l’aliénation. Par André Bellon  

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le fascisme, #l'horreur économique

  Les habits neufs de l’aliénation

Les habits neufs de l’aliénation

Par André Bellon  |  6 septembre 2017     → 

Le dogme est de retour, plus insidieux qu’autrefois car il se coule dans les déguisements inattendus de la raison. L’Homme peut-il résoudre cette aporie ?

Le néolibéralisme, nouvelle idéologie de la pensée économique, se pare, en effet, des attributs qui caractérisent traditionnellement la science. Ainsi, des économistes tels que Kydland et Prescott, prix Nobel [1] 2004, appellent à enserrer dans des règles incontournables une démocratie jugée trop soumise à l’incertitude. De nouveaux grands inquisiteurs dénoncent les hérétiques et fulminent contre eux des anathèmes. Le livre intitulé Le Négationnisme économique : et comment s’en débarrasser [2] ? dessine ainsi les bûchers modernes au nom de la science.

L’esprit critique

Le développement de ces thèses s’est fait avec le soutien plus ou moins assumé des forces dites « de gauche ». La phrase honteuse de François Mitterrand, « Contre le chômage, on a tout essayé » fut prononcée dans le cadre d’un discours politique qui se voulait rassembleur sur la base d’une « France unie » autour d’un discours européen commun. La mondialisation sert de justification à l’extension universelle de cette pensée présentée comme une vérité.

Mais, comme le rappelle Alain Supiot [3], « les véritables scientifiques savent que les lois découvertes par les sciences de la nature sont inhérentes aux phénomènes observés, alors que celles qui donnent ordre et sens à la vie humaine sont nécessairement postulées. Les scientistes, au contraire, croient trouver dans une science fétichisée les vraies lois qui régiraient l’humanité et s’emploient à les faire régner ». En présentant la mondialisation comme un fait de nature et non comme une construction humaine contestable, les principales forces politiques ont fermé la discussion sur les politiques menées.

Paradoxalement donc, des méthodes dites scientifiques détruisent l’esprit critique qui est pourtant la base fondamentale de la science [4]. Méthode ou apparence ? S’interroge-t-on sur la manière dont sont conçus les chiffres qui abreuvent le public, par exemple le taux de « prélèvements obligatoires » [5], véritable épouvantail des faux débats de plateaux télévisés ?

Méthode ou vocabulaire ? Je repense souvent à Horace, ce personnage d’Eugène Labiche qui déclare à un parvenu plutôt méprisant : « Nous avons de par le monde une bande de petits poseurs… sérieux, graves, avec de grands mots dans la bouche… ça étonne les imbéciles » [6].

Certes le monde est complexe, pour reprendre une formule largement répandue. Mais la complexité doit-elle être le paravent d’un refus d’analyser ou d’une renonciation à comprendre ? Doit-elle in fine servir à empêcher toute contestation ?

La mythification de la complexité aboutit à magnifier les experts, nouvelle élite censée porter la vérité. Que des experts soient utiles pour éclairer la décision publique, pour aider aux choix démocratiques, va de soi. Mais éclairer ne veut pas dire choisir. Car l’expertise se présente de plus en plus comme le substitut à l’échange et à la confrontation des arguments. Elle permet trop souvent d’empêcher la contestation. On est loin du « débat libre et raisonné » proposé par Condorcet. L’esprit critique se méfie des évidences, il questionne, il cherche, il se confronte aux autres, il construit une pensée. A l’inverse, la vision dominante aujourd’hui tend à imposer des a priori.

Dans sa Tour, en Gironde, au plafond de son bureau, sur les poutres du plafond, Montaigne avait fait peindre des maximes, généralement tirées de la Bible. L’une d’elles est particulièrement d’actualité : « Malheur à vous qui vous pensez sages ! [7] ». Peut-on revenir à ce précepte ? Le peut-on, alors que les médias jouent un rôle très négatif en simplifiant à outrance les enjeux, en déséquilibrant la parole publique au profit de la pensée dominante, en plaçant sur le même plan simples témoignages et travaux scientifiques ? Qui plus est, l’absence de critique résulte également de l’évolution des contenus enseignés dans les écoles : la diminution des horaires de philosophie n’est-elle pas un signe de ce refus d’analyse ?

On ne s’étonnera pas, dans ce contexte, de la propagation du complotisme et des intox (fake news). Une société qui a désappris à réfléchir et à débattre est particulièrement vulnérable à ces phénomènes et démunie pour les combattre. Mais, au fond, l’irréalisme du complotisme n’est-il pas le miroir de l’irréalisme du discours dominant ? Au-delà de ces considérations, c’est la conception même de l’être humain qui est en jeu. Car l’esprit critique est le fondement de l’humanisme qui donne au citoyen le rôle de décideur dans la Cité, à l’homme la maîtrise de son propre destin.

Défaite de la volonté

Pour sa part, la pensée dominante magnifie les émotions au détriment de la raison [8]. Elle se caractérise par une justification des démissions face aux défis extraordinaires d’un tournant historique profond. Loin de mobiliser les volontés, elle privilégie les remords et les condamnations sans conséquences. Non seulement les porte-parole les plus écoutés dégoulinent de bonne conscience, mais ils croient, de plus, faire œuvre novatrice en ressassant les mêmes prêches.

Ainsi, on ne peut plus évoquer la République sans s’indigner des abominations de la colonisation, la nation sans s’apitoyer sur les malheurs de la guerre, le peuple sans évoquer les débordements de violence. Dans le panthéon des personnages historiques, la victime a remplacé le héros. Parmi les symboles de cette dérive, évoquons le choix consternant du monument érigé à Paris pour représenter le général Dumas, père de notre grand écrivain, né esclave et devenu héros de la Révolution [9]. Alors qu’un projet du sculpteur sénégalais Ousmane Sow représentant la force et la fonction du général avait été proposé, la mairie de Paris a inauguré, le 4 mai 2009, une énorme chaîne d’esclave. Ainsi, un symbole de la fraternité révolutionnaire, de la promotion républicaine, de la volonté nationale, est-il réduit à son ancienne condition servile.

L’Histoire ne peut alors plus mobiliser une volonté collective. L’analyse de la Révolution française, considérée par le grand écrivain mexicain Carlos Fuentes comme « la meilleure révolution du millénaire [10] », n’est présentée qu’au travers des violences, conduisant par exemple Jean-François Copé à déclarer qu’il régnait « en France, une ambiance malsaine de nuit du 4 Août [11] », anathème porté contre l’abolition des privilèges, symbole historique jusqu’alors consensuel.

Nombre d’intellectuels dits « de gauche » se laissent aller à ces facilités. Ainsi, François Ewald et Dominique Lecourt s’indignent-ils publiquement que, « sous la Terreur, [les révolutionnaires] éliminaient les scientifiques eux-mêmes (Bailly, Condorcet, Lavoisier) » parce qu’ils voulaient « rabaisser l’arrogance du savant que son savoir distinguait trop du peuple des sans-culottes [12] ». Analyse stupide quand on connaît la fascination scientiste de la Révolution et le rôle qu’a joué, sous la Convention, le comité des savants avec Berthollet, Chaptal, Lakanal, Monge.

Ces déclarations ne seraient jamais que des interjections anecdotiques absurdes si l’invasion du politiquement correct ne formatait pas les pensées des citoyens, si les lois mémorielles ne restreignaient pas la liberté de pensée au bénéfice des juges, si le champ du débat n’était pas, par ces biais, réduit à la peau de chagrin.

Notre propos n’est pas de justifier la violence. Mais la volonté de ne regarder l’histoire, ou du moins les moments que l’on choisit de condamner [13], qu’au travers des violences, est totalement contraire à toute utilisation de la raison. Il ne reste à l’homme, ramené à une condition de pécheur, qu’à demander l’absolution.

La démocratie

Ce sont alors la volonté, la souveraineté populaire, le suffrage universel, en un mot la démocratie, qui sont attaqués. On ne compte plus les déclarations ramenant le suffrage universel à sa caricature au travers d’allégations plus ou moins subtilement discutables. Ainsi, anathème commode, le suffrage universel aurait créé Hitler [14]. Que le suffrage universel soit bafoué, ou que le mépris du suffrage soit amplifié par des institutions antidémocratiques, est une évidence que le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen a particulièrement éclairée. Mais en quoi cela remet-il en cause son principe ?

Les attaques contre le suffrage universel sont, en fait, des attaques contre la raison humaine présentée comme dangereuse ou antisociale. Ainsi, la volonté fort répandue de promouvoir le tirage au sort est une insulte à la particularité, à la parcelle de souveraineté que porte tout être humain. Au nom de l’égalité, on promeut par ce biais l’uniformité, comme si tous les individus étaient interchangeables. Ce n’est sans doute pas par hasard que les thuriféraires d’une telle idée proposent que les heureux gagnants de cette loterie soient entourés par des experts qui vont guider leur réflexion. Coucou, les revoilà !

L’histoire de la République est évidemment contradictoire. Rappeler ceux qui se sont battus pour ses valeurs essentielles, pour la libération de l’humanité et la démocratie, ne peut être que salutaire. C’est Jean Jaurès qui souhaitait amplifier l’œuvre républicaine et déclarait : « Ceux qui prévoient la prise de possession brusque du pouvoir et la violence faite à la démocratie, ceux-là rétrogradent au temps où le prolétariat était réduit à des moyens factices de victoire [15] ». C’est Pierre Mendès France qui, votant contre le traité de Rome, proclamait son refus « de la délégation des pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique [16] ».

Nous sommes loin de telles pensées. Aujourd’hui, loin de chercher à identifier et résoudre les conflits, la vie politique cherche à imposer des consensus, à empêcher l’expression des divergences fondamentales, bref à marginaliser le rôle créatif de l’esprit critique dans la vie publique.

Demain n’est pas fatal

C’est donc la place et le rôle mêmes de l’Homme qui doivent être le cœur du débat aujourd’hui. C’est de lui que doit émaner le pouvoir car c’est la seule manière de faire face efficacement aux défis de ce moment dramatique. C’est dans cette logique que l’élection aux États généraux de 1789 avait été précédée par l’élaboration des cahiers de doléances.

Une telle perspective ne saurait émaner des institutions actuelles. Elle doit être construite par les citoyens, en même temps qu’elle construit les citoyens. Et, tout particulièrement, la présidentielle, élection particulièrement aliénante, ne peut rebâtir la citoyenneté. La logique du scrutin présidentiel est personnalisante et destructrice de la liberté de pensée. En acceptant les moyens, elle privilégie le « faire » par rapport au « penser ».

La reconstruction démocratique doit être un travail philosophique autour de la liberté. Il ne saurait évidemment être lié à un extérieur autoritaire qui enserre la pensée en même temps qu’il donne plus ou moins les réponses. Il doit, de plus, se construire de la façon la plus décentralisée possible pour affirmer la place et la force des initiatives les plus locales possibles. La commune, aujourd’hui massacrée par les pouvoirs successifs, nationaux autant qu’européens, peut être la base de cette dynamique. C’est dans un tel cadre que les initiatives associatives nombreuses peuvent trouver une capacité de synergie.

L’objectif démocratique peut trouver ainsi sa réalisation car une telle démarche allie la liberté de l’individu à la recherche de l’intérêt général. Notre époque n’est plus à la présentation de solutions clefs en main, mais à la reconnaissance de la volonté humaine sur son propre destin.

 

 

Illustration : Affichette de la Révolution française, entre 1789 et 1794

 

Notes

[1] Il s’agit du prix de la Banque de Suède en sciences économiques, en mémoire d’Alfred Nobel, généralement appelé prix Nobel d’économie.

[2] Pierre Cahuc et André Zylberberg, Le Négationnisme économique : et comment s’en débarrasser, Flammarion, Paris, 2017.

[3] Alain Supiot, L’Esprit de Philadelphie. La justice sociale face au marché total, Seuil, Paris, 2010.

[4] André Bellon, « Science sans critique », La Jaune et la Rouge, août-septembre 2015.

[5] Censée représenter la part de la richesse nationale affectée aux agents publics, cette expression désigne le rapport entre un chiffre d’affaires et une valeur ajoutée, ce qui n’a aucun sens.

[6]  Les Vivacités du capitaine Tic, acte II, scène 6.

[7] Jérémie, V.

[8] Lire Anne-Cécile Robert, « La stratégie de l’émotion », Le Monde diplomatique, février 2016.

[9] Sur cette place du général Catroux étaient érigées avant la guerre les statues des trois générations : le général ; son fils Alexandre Dumas ; et son petit-fils, l’auteur de La Dame aux camélias. Celle du général fut détruite par les Allemands sous l’occupation.

[10] Carlos Fuentes, « Ma révolution préférée », Le Monde, 23 septembre 1999.

[11] France Inter, 20 juillet 2010.

[12] Lire François Ewald et Dominique Lecourt, « Les OGM et les nouveaux vandales », Le Monde, 4 septembre 2001.

[13] Faut-il rappeler que la semaine sanglante de liquidation de la Commune par Thiers, ou même la répression du mouvement ouvrier de 1848 firent plus de morts que la Terreur ?

[14] Hitler, en dépit de résultats très importants, n’a jamais été majoritaire seul. Ce sont des alliances avec d’autres partis très présentables, ainsi que le soutien de la bourgeoisie allemande, qui lui ont donné les pleins pouvoirs.

[15] Jean Jaurès, « Question de méthode », article-préface du 17 novembre 1901 au Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels.

[16] Discours de Pierre Mendès France à l’Assemblée nationale le 18 janvier 1957.

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Le Maire confirme la vente de 10 milliards d'euros d'actifs détenus par l'État

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #Economie, #alstom

Le Maire confirme la vente de 10 milliards d'euros d'actifs détenus par l'État

Le Maire confirme la vente de 10 milliards d'euros d'actifs détenus par l'État

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Dans un entretien à Ouest-France à paraître mercredi, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a confirmé que l'Etat allait céder pour 10 milliards d'euros d'actifs qui serviront à crée un fonds de "l'innovation de rupture", fonds souhaité par le président Emmanuel Macron.

Début juillet, Bercy avait déjà fait comprendre qu'une série d'actifs seraient cédés par l'Etat pour financer l'innovation. Pour l'essentiel, ce devrait être des participations minoritaires dans des entreprises du secteur concurrentiel c'est-à-dire non stratégiques.

Pour rappel, la France dispose, selon le rapport du Compte Général de l'Etat 2016, de 1817 participations financières pour un montant de 262,7 milliards d'euros. Dans le détail, 137,5 milliards d'euros correspondent à des valeurs relatives à des entités contrôlées par l'Etat - comme EDF, la Poste ou SNCF mobilités - et 125,2 milliards d'euros concernent des entités non contrôlées par l'Etat. On compte parmi celles-ci Engie, Orange, Renault, Dexia ou encore Alstom.

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Le système Bancaire de A à Z

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #l'horreur économique

Le système Bancaire de A à Z

Un documentaire sur le fonctionnement du système bancaire

Ajoutée le 18 nov. 2012

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Comprendre la dette publique (en quelques minutes). Par MrQuelquesMinutes

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La finance dérégulée, #l'horreur économique

Comprendre la dette publique (en quelques minutes). Par MrQuelquesMinutes

Ajoutée le 28 sept. 2011

 

Site internet: www.mrquelquesminutes.fr/#dettepublique_video Apprenez en quelques minutes ce qu'est la création monétaire par le crédit, le système des réserves fractionnaires, et l'article 123 du traité de Lisbonne... sans lesquels il est impossible de comprendre l'origine des dettes publiques et privées qui ravagent l'ensemble des pays développés.

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L'impossible révolte des peuples d'occident, une vidéo.

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales

 L'impossible révolte des peuples d'occident.
13 janvier 2015

Pourquoi et comment les peuples occidentaux sont-ils manipulés pour éviter toute révolte? Société de divertissement, abrutissement de la population, contrôle de...s médias, contrôle de la monnaie, parodie de démocratie,...
Cet extrait (8 mns) reprend cette problématique point par point et surtout, il fait le lien entre ces éléments, il les met en perspective pour expliquer cette manipulation collective.
A voir et à partager en masse!!!

"La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans mur dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage ou, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l'amour de leur servitude " - Le meilleur des mondes (Aldous Huxley)

Lien vers le documentaire intégral:
www.youtube.com/watch?v=syAkdb_TDyo

D'autres vidéos, extraits, informations, bibliographie et liens:
www.inter-agir.fr

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    Parler du pays : la leçon de Macron à la presse! Macron engueule les journalistes. Par Daniel Schneidermann

    5 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #La mondialisation, #La République, #Les média, #Ecole

    Parler du pays : la leçon de Macron à la presse

    Macron engueule les journalistes, 149e épisode. "Les journalistes ont un problème, lance le président à des reporters télé de l'émission Complément d'enquête (France 2), qui l'interpellent au cours de la rituelle visite de rentrée dans une école de Forbach (Moselle). Ils s'intéressent trop à eux-mêmes, et pas assez au pays. Les journalistes ne m'intéressent pas. C'est les Français qui m'intéressent. Ca fait cinq minutes que vous me parlez, et vous ne me parlez que de problèmes de communication". Ce sévère remontage de bretelles fait l'objet d'une dépêche AFP. C'est dire si la profession tout entière est colère.

    Un instant, on aurait presque envie de se ranger du côté du politique malmené par la vanité du harcèlement médiatique. En effet, à propos de la rentrée scolaire, sujet du jour, les journalistes auraient plus utilement pu questionner Macron sur les bourgades, comme Sartilly-Baie-Bocage (Manche) (1) ou Saint-Jeure-d'Ay (Ardèche) (2) dans lesquelles la rentrée a été perturbée par la suppression de contrats aidés, qui assuraient la sécurité des élèves. Ou encore sur ces écoles, comme à Vaulx-en-Velin (Rhône) où l'effort portant sur le dédoublement de certaines classes de CP a retiré des moyens aux autres classes. Nul doute que sur ces questions importantes, portant sur les authentiques problèmes du pays, et garanties sans aucun narcissisme journalistique, Macron se serait prêté de bonne grâce aux interviews les plus percutantes.

    Ce n'est pas la première offensive (3) de Macron, depuis son élection (4), contre la futilité des medias. Après avoir tenté de choisir les journalistes qui l'accompagneraient dans ses déplacements, le président a laissé transpirer l'intention que son mouvement, La République en Marche, fonde son propre media, tourné, lui, vers le pays profond. Il a d'ailleurs commencé. Comme tous les chefs d'Etat modernes, Emmanuel Macron poste sur Twitter des vidéos de ses activités publiques. Ainsi, quelques instants après avoir ainsi tancé les journalistes pour cause de narcissisme professionnel, il postait sur Twitter la vidéo ci-dessous, dont on appréciera la haute valeur informative sur le pays, ses énergie, et son espérance.

    Tant qu'à faire, et s'il faut vraiment choisir, on préfère encore les images des journalistes.

    Certains clients de courrier électronique bloquent l'accès direct aux liens. Aussi, vous trouverez ci dessous et en clair l'ensemble des adresses web de ce présent message :

    (1) http://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/rentree-scolaire-reportee-sartilly-n-assurera-pas-scolarite-eleves-1318153.html

    (2) http://www.francetvinfo.fr/societe/education/refondation-de-l-ecole/classes-fermees-reforme-du-cp-fin-des-contrats-aides-du-calvados-a-la-reunion-les-couacs-de-la-rentree-scolaire_2356215.html

    (3) https://www.arretsurimages.net/articles/2017-05-18/En-souhaitant-choisir-ses-journalistes-l-Elysee-fache-la-presse-id9874

    (4) https://www.arretsurimages.net/articles/2017-08-24/Quand-Macron-ne-fuyait-pas-du-tout-les-journalistes-id10120

    Daniel Schneidermann

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    Terrorisme : le doigt et la Lune Par Caroline Galactéros

    3 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La finance dérégulée, #Daesch, #La Turquie

    Terrorisme : le doigt et la Lune


    Par Caroline Galactéros − Le 27 août 2017 − Source galacteros.over-blog.com

    Résultats de recherche d'images pour « attentat barcelone »
    fr.sputniknews.com

    La terreur ne prend pas de vacances. Levallois-Perret, Marseille, Barcelone, Cambrils, Turku, jusqu’à Surgut en Sibérie… Les plages se vident, les enfants font leurs cartables et taillent leurs mines pour apprendre, grandir, aimer la vie et les autres…, tandis que les islamistes affûtent leurs poignards, bourrent leurs sacs à dos d’explosifs, se ceinturent de Semtex ou de pâte à modeler, louent des camionnettes ou empruntent des voitures pour les détruire. Chacun va donc faire ses devoirs et les services de police et de renseignement feront ce qu’ils peuvent – ce qui n’est pas rien mais ne peut tout –, modernes Sisyphes d’un monde occidental qui s’étourdit dans le déni. Combien d’attentats déjoués en vérité ? Combien à venir ? Doit-on s’y habituer, comme certains responsables politiques osent nous y inviter, comme on accepte sans broncher qu’un cambriolage ait lieu en France toutes les deux minutes ?

     

    Le terrorisme « fait-il partie de notre vie », chacun devant vaquer à ses affaires dans une indifférence désabusée, espérant échapper aux prochaines rafales par des calculs de probabilité rassurants ? Croit-on sérieusement qu’en ignorant le défi qui nous est lancé, en le minorant, en réduisant la menace à des passages à l’acte d’individus psychiatriquement atteints – dans un tiers de cas nous répète-t-on désormais à l’envi –, on va faire disparaître la menace et lasser l’adversaire qui nous laissera en paix ? L’accent mis sur la maladie mentale est une inquiétante défausse. Cette tentation du politique grandit à mesure que se manifeste l’ampleur du phénomène et que monte le sentiment d’impuissance des pouvoirs publics.

    Que des individus fragiles ou même malades agissent de manière mimétique par rapport au modus operandi des terroristes, certes, mais 120 bonbonnes de gaz ont été retrouvées en Espagne pour faire exploser la Sagrada Familia et d’autres monuments ! Ce sont désormais les symboles les plus éclatants de la chrétienté en déroute qui sont ciblés en Europe même, et non plus seulement dans le lointain Orient. Ce sont les dirigeants européens qui « sont dans le gaz » ! À moins que leur calcul implicite ne soit plus cynique encore : notre mode de vie, le choix de nier les problèmes pour ne pas devoir les traiter, suppose un certain ratio de pertes humaines, en quelque sorte incompressible, qu’il faut accepter et faire admettre d’une manière ou d’une autre à nos concitoyens, « parce que nous le valons bien » et qu’on s’en sortira… Fermez le ban.

    Une guerre que nous ne voulons pas voir

    Refusons cette coupable inhibition. Prenons nos responsabilités. La première d’entre elles est la lucidité : chaque attentat n’est pas l’expression d’une violence exceptionnelle, incompréhensible voire inévitable, mais scande une étape sanglante supplémentaire dans une guerre qui nous a été déclarée et que nous ne voulons pas voir.

    On ne fait d’ailleurs pas davantage le lien – sans être taxé de racisme ou d’islamophobie primitive – entre cette « problématique sécuritaire », qui rythme désormais tragiquement notre quotidien, et la vague migratoire qui inonde l’Europe, gonfle en silence, charriant dans son écume d’innombrables malheureux, mais aussi moult individus dangereux, et des centaines de milliers d’autres dont on sait très bien qu’ils sont en train de faire changer notre continent de nature… et de culture. Réfugiés économiques ou politiques, migrants, demandeurs d’asile, légitimement fondés à venir en Europe ou pas, est-ce finalement la question ? Évidemment non.

    Cet exode massif programmé n’est pas le fruit d’un odieux « complot » mais celui d’un enchaînement de circonstances, d’intérêts, et aussi de (nos) décisions politiques folles. Il est surtout une calamité que chacun pressent, mais que nul n’ose dénoncer sans honte et surtout sans s’exposer à la vindicte « d’élites » confites dans l’aveuglement et la repentance délirante… Nos politiques, pour la plupart complaisants et démagogues, pratiquent l’omerta trans-partisane et refusent de traiter sérieusement cet immense péril. Eux aussi espèrent passer entre les gouttes jusqu’au prochain scrutin… Et puis, s’ils devenaient courageux, il leur faudrait encourir l’opprobre du chœur des vierges aux yeux crevés et l’impopularité immédiate, se montrer durs, forcément injustes, oser traiter des nombres et non plus des destins particuliers, imposer des devoirs et restreindre des « droits », traiter « le local » avant « le global », le national avant l’universel. Pas très valorisant ni valorisable électoralement parlant. Il leur faudrait surtout cesser d’invoquer l’Europe, dont chacun sait qu’elle ne peut rien, car elle n’est que la somme des volontés de ses États membres… et donc de leur absence. Aussi préfèrent-ils maquiller le danger manifeste en aubaine pour l’emploi ou la diversité…

    En plein délire, en plein déni

    On nage donc en plein délire et surtout en plein déni. Même Angela Merkel, maîtresse de l’Europe au grand cœur, réalise désormais amèrement le prix de sa naïveté. R. T. Erdogan vient de lui donner une cinglante leçon d’ingérence et poursuit son chantage à l’ouverture des vannes migratoires. Cela lui a rapporté beaucoup déjà. Désormais, il va plus loin encore. La chancelière critique l’évolution autocratique de son pouvoir et renvoie l’intégration de la Turquie dans l’UE aux calendes grecques ? Il appelle publiquement contre elle les Turcs d’Allemagne à ne pas voter pour la CDU ou ses alliés dans quelques semaines. Cela ne changera probablement pas sensiblement l’issue du vote. Certes, mais il y a plus de trois millions de Turcs en Allemagne et c’est là encore voir la paille et non la poutre. Car le signal est limpide : les communautés musulmanes d’Europe sont devenues, bon gré mal gré, les vecteurs d’une entreprise de déstabilisation progressive du Vieux Continent aux fins de sa submersion politico-culturelle et de sa subversion idéologico-religieuse. Ces chevaux de Troie, activés par d’habiles leaders d’influence locaux ou lointains, peuvent à tout moment prendre le mors aux dents et jeter à terre leurs piètres cavaliers sans éperons ni étriers.

    Rappelons, pour éviter tout malentendu ou procès d’intention, que les Français de confession musulmane sont dans leur immense majorité les cibles, les otages, les victimes d’une instrumentalisation politique extérieure, exactement comme les populations civiles d’un pays en guerre. Ils sont la matière première semi-consciente d’une entreprise globale de subversion d’un ordre ancien qui se structure dans l’indifférence générale. Le gros de ces populations est pacifique, travaille, et pratique (ou pas) un islam modéré, c’est-à-dire compatible avec les lois de notre République. Car la question n’est pas, rappelons-le aussi, d’adapter la République aux religions et communautés présentes sur le sol français, mais de définir la marge possible d’expression et de pratique de ces religions dans la seule mesure où elles ne remettent pas en péril les lois, pratiques et équilibres de la République ni la cohésion nationale, et cela dans le respect du cadre historico-politique d’un pays d’histoire et de culture chrétiennes multiséculaires. En toute rigueur, cela suppose, très spécifiquement pour l’islam, qui est par essence un système politico-religieux holistique et ne reconnaît pas la primauté de la loi des hommes sur celle de Dieu, une réforme intellectuelle sérieuse (sur le plan de l’exégèse même du Coran) et en tout cas une constriction, une compression du domaine légitime et légal d’expression et d’observance de la foi musulmane en France.

    Plus immédiatement encore, cela impose aux autorités françaises d’exiger des représentants des Français musulmans (et non des « musulmans de France » !) un grand « ménage » dans les mosquées et les associations et de les appuyer dans cette œuvre de salut public, afin de nous débarrasser de tous les imams salafistes et agents prosélytes prêcheurs de haine et de régression. Car c’est en ces lieux, où se mêlent ignorance, ingérences et pressions extérieures, que s’exprime le rapport de force politico-religieux et que l’on sent la volonté de faire progressivement plier la République devant le poids démographique et électoral croissant d’une communauté de plus en plus réduite à son identité confessionnelle. Or, là est le drame. Car la confessionnalisation de la violence politique, que l’Occident a sciemment encouragée notamment depuis le tournant du siècle, gangrène désormais le monde entier et a transformé, en France, des parents inoffensifs et travailleurs, des enfants revendicatifs et des petits-enfants remplis de haine envers leurs pays nourriciers en une arme à double détente par destination.

    Confessionnalisation

    Pour en revenir à l’attitude de la Turquie, l’appel du néo-Sultan à la désobéissance civique et surtout à l’obéissance à une appartenance communautaire politico-religieuse supérieure transcende l’autorité du pays d’installation et la méprise ouvertement. Cela se passe aujourd’hui en Allemagne. Mais il y aura d’autres appels. Car il sera de plus en plus facile d’activer ces masses humaines globalement insérées, mais en fait désincarnées de la chair nationale d’États en décomposition, et de les mobiliser contre leurs pays d’accueil au service d’un dessein plus vaste. Dans les mosquées ou sur les réseaux sociaux. Question d’opportunité, de mûrissement communautaire et d’affadissement perçu de la volonté d’appareils d’États déliquescents et craintifs.

    Cela rappelle fortement une autre situation, celle de la Bosnie-Herzégovine en 1991, avec l’instrumentalisation tragique de la nationalité confessionnelle des « Musulmans de Bosnie » (avec un grand M), invention de Tito en 1968 pour mieux dominer Serbes et Croates en introduisant un troisième larron dans leur face à face conflictuel. Rebaptisés « Bosniaques », majoritaires en nombre par rapport aux catholiques croates et orthodoxes serbes, les Musulmans de Bosnie (« ethniquement » serbes ou croates !) virent dans l’implosion de l’ancienne Fédération yougoslave – après celle de l’URSS et la réunification allemande – l’occasion inespérée d’une émancipation politique et d’une domination communautaire sous le couvert de conquête démocratique. On connaît la suite…

    La confessionnalisation de la revendication politique, économique et sociale est un engrenage extrêmement dangereux. Le jour venu, en France, en Allemagne ou ailleurs en Europe, ceux qui n’ont pas même encore conscience de cette part de leur identité, quand on leur intimera l’ordre de choisir, pourraient adopter tout naturellement cette forme de « nationalité sans nation », conforme à ce qu’est l’Islam, un système politico-religieux total. Des voisins vivant jusque-là en bonne intelligence autour d’un socle national laïque commun se définiraient alors tout à coup autrement, comme des ennemis prêts à se déchirer. Impossible, improbable ? Délirant ? À voir. Ou plutôt à ne pas voir. Nous devons conjurer ce péril terrifiant, cette dynamique destructrice et faire en sorte que ceci n’arrive pas.

    Que faire alors ? Au moment crucial de poser un diagnostic, il faut prendre garde à un leurre redoutable : le « discours d’expert » sur le terrorisme. Il a évidemment ses vertus : il cherche des explications – souvent des excuses -, décompose les modus operandi, fait des liens, remet en perspective, essaie d’anticiper. Il permet aussi d’expurger une frayeur et un dégoût qui nous saisissent devant le caractère apparemment irrationnel, indiscriminé, injustifiable des cibles de ces « voyous barbares », brebis égarées de la mondialisation transformées en « loups solitaires » ou en meutes morbides. Mais ce discours coupe aussi artificiellement le symptôme du mal. Il fait comme si le terrorisme était un phénomène en soi, qu’il suffisait de bien analyser et de combattre pour le circonscrire et l’éradiquer. Comme dans un jeu vidéo.

    Or, il faut s’interroger : ces brebis sont-elles égarées ou, au contraire, se sentent-elles (re)mises sur La Voie ? C’est la vraie question. Celle qui nous gêne tant, nous terrifie même, car elle met en échec tout notre référentiel. On leur a, dit-on, « lavé le cerveau », pour les lancer, décérébrées et désespérées, contre d’innocents civils ou des représentants de l’autorité, pour faire trembler dans les chaumières et provoquer la sidération progressive d’une nation qui se défait et sa paralysie avant sa reddition ultime. Est-ce si sûr ? N’est-ce que cela ? Ne peut-on penser que ces individus, pour la plupart, s’engagent en toute connaissance de cause dans un combat en fait très cohérent à leurs yeux, qui leur paraît absolument valable et louable ? Ils échappent, par leur sacrifice (le don de leur vie biologique), à la confusion que nos démocraties hyper-individualistes ont opérée entre vie et existence. La vie, tout à la fois souffle et commandement divin, traverse les corps et les justifie, inscrit l’individu dans un dessein transcendant, appelle comme un salut sa mort terrestre au service d’une cause, d’un sens, et le démarque ainsi des « infidèles » prisonniers d’une « existence » réduite à leur pure matérialité biologique et surtout à un matérialisme déspiritualisé… C’est là, on en conviendra, une puissante réponse à la perte de repères spirituels et moraux que fait subir la modernité occidentale à ses enfants les moins aptes à la mobilité mentale et sociale.

    Mais en Occident, nous confondons depuis longtemps déjà vie et vivant. C’est précisément ce que l’on appelle la modernité. Nous sommes de ce fait quasi incapables de reconnaître une quelconque validité à un tel « délire ». Car il défie notre idole absolue : « le progrès », essentiellement technique et technologique, entré désormais en complète symbiose avec le marché. Admettre que ce que nous considérons comme un « égarement » régressif et pathologique dans l’acte terroriste est, aux yeux des acteurs de cette terreur, l’aboutissement d’une quête spirituelle que le monde d’ici-bas ne peut assouvir nous est proprement impensable. Car cela revient à admettre que certains individus, élevés au bon lait de la modernité occidentale et souvent loin de toute misère sociale ou intellectuelle, rejetteraient en toute connaissance de cause et en bloc les étalons lumineux de l’Occident consumériste. Un Occident qui se prétend toujours référent ultime du progrès humain, veut éradiquer toute idée même de mystère ou de destinée, et vogue désormais béatement vers les rivages prometteurs du transhumanisme, sa nouvelle idole, bien décidé à remettre Dieu à sa place pour offrir tout seul l’immortalité et l’omniscience à l’homme…

    Attention ! Que l’on me comprenne bien ! Je ne justifie évidemment rien. C’est exactement l’inverse. Tout combat commence par l’évaluation froide et la plus ouverte possible de l’adversaire. Notre difficulté est que nous sommes incapables d’une grille de lecture lucide sans autocomplaisance. La « conversion du regard » indispensable pour comprendre le fonctionnement de l’autre (non pour l’excuser) nous est inaccessible. Car nous confondons les deux et nous nous fermons intellectuellement de peur d’excuser l’inexcusable en comprenant. Or, le fait de considérer comme de simples fous déséquilibrés ou délirants les auteurs d’attentats nous prive d’un regard à la mesure de la menace que leur élan destructeur fait peser sur notre monde développé.

    Ces individus ne versent pas dans le salafisme parce qu’ils sont mal insérés socialement ou économiquement dans nos sociétés. On peut être pauvre, marginalisé ou inculte sans prendre les armes pour égorger son prochain. La source de l’islamisme violent et de son expression terroriste n’est donc pas sociale (chômage, désinsertion, etc.), pas plus qu’elle ne relève du dérèglement mental ou de « l’égarement » religieux. Elle est PO-LI-TIQUE ! Le religieux est ici massivement instrumentalisé, avec un franc succès, auprès de ses cibles (les masses musulmanes) comme auprès de ses victimes (les populations non musulmanes et les systèmes politiques des États ciblés). Il sert de leurre à une offensive géante qui essaime de manière virale dans des esprits fragiles ou structurés. Une offensive politique donc, mais appuyée, justifiée par la radicalité structurelle d’une Foi qui opère la symbiose totale entre le terrestre et le spirituel et offre donc une cohérence. Le moteur du « sacrifice » consenti et de l’action destructrice des agents de la terreur est infiniment puissant car il est cohérent. C’est en conséquence non une désorientation, mais une réorientation radicale qui les meut.

    Refuser de concevoir cette cohérence intime retrouvée, et nier la globalité du défi qui nous est lancé appauvrit notre analyse et notre capacité de riposte. Réduire la lutte antiterroriste à une « guerre asymétrique » est séduisant mais indigent. « Tuer des terroristes », comme vient de le dire modestement Donald Trump à propos de la nouvelle « stratégie américaine » en Afghanistan, n’a aucune chance, jamais, de mettre fin au terrorisme. On peut faire cela jusqu’à la fin des temps. Car le véritable théâtre de cette guerre globale est sans frontières. Ce sont le communautarisme et le confessionnalisme présents au cœur même de nos propres Nations qui sont nos véritables ennemis. Et personne ne veut les voir ni les combattre autrement qu’à mots couverts. On les laisse prospérer, quand on ne les encourage pas.

    Dès lors, la concentration de l’attention politique sur la dimension militaire de ce qui n’est qu’un pan, un mode d’action d’une stratégie globale, nous fait manquer l’essentiel. Le terrorisme n’est que l’autre nom de la guérilla, technique de combat vieille comme le monde. Ce n’est pas une fin en soi ni une absurdité, c’est l’un des moyens mis au service d’une entreprise d’ordre révolutionnaire, au long cours, tous azimuts, qui se joue simultanément au loin et chez nous. Une entreprise qui rassemble de nombreux acteurs qui jouent sur les faiblesses et la pusillanimité des démocraties modernes, sur leur renoncement à l’autorité, à la sélection, à la punition. Une entreprise qui vise le renversement de l’ordre politique occidental et son remplacement par un ordre politico-religieux dont le référent unique serait l’islam sunnite dans sa pureté originelle, pour lequel la Foi, la Loi et le Droit ne font qu’un, et qui tient les catégories occidentales de la modernité politique et sociale, sa rationalité et les concepts de liberté ou d’égalité pour des pêchés mortels contre Allah lui-même.

    En conséquence, la focalisation sur les modus operandi de la terreur comme le discours actuel sur le recul (réel) du groupe État islamique ou de ses avatars, effectivement engagé dans une phase de déterritorialisation en Syrie et en Irak, qui tirerait pathétiquement ses dernières cartouches en inspirant encore quelques consciences troublées réduites à des modes d’action primitifs (le camion ou la voiture lancée dans la foule, les attaques au couteau, etc.) sont donc séduisants, rassurants…, mais parfaitement insuffisants. Ce récit transpire la peur et le renoncement. Un story telling complaisant qui laisse penser, à l’ennemi notamment, que c’est gagné, que l’on est incapable de lui opposer ne serait-ce qu’une claire conscience de ce qu’il est et veut véritablement. Il faut dire que le renoncement est dans l’air du temps : il y a quelques jours, il s’est bien trouvé une « experte » pour expliquer doctement à la radio que l’empoisonnement des œufs au fipronil était comparable à l’effet d’un café où nagerait une mouche : désagréable mais toujours buvable ! De la même façon que nous devons nous débarrasser de tous ces poisons qui posent un problème de santé publique colossal, mais ne font parler d’eux que lorsqu’il y a quelques « blessés » ou morts non camouflables, nous devons éradiquer sans pitié l’engeance islamiste qui empoisonne graduellement le corps de la nation mais dont on ne réalise la nocivité que lorsqu’elle nous frappe spectaculairement. Mais nos démocraties sont fortes nous dit-on, pleines de « résilience ». « Nous n’avons pas peur » et ne changerons pas d’un iota notre attitude collective ni individuelle. C’est là que le bât blesse. Car il faut tout changer.

    En premier lieu, il faut cesser de sous-estimer l’ennemi et comprendre la nature et l’ampleur de la guerre qui nous est menée. Le terrorisme n’est, nous l’avons dit, que l’un des modes d’action d’une guerre de nature révolutionnaire à finalité idéologico-religieuse qui nous est faite à très grande échelle en profitant du lent dépérissement des États depuis 1990, de l’hyper-mondialisation et de l’idéologie ultra-individualiste qui l’accompagne. La question du « complot » et de la folie américaine initiale du financement massif de l’islamisme contre l’URSS, celle de « la vengeance » du monde arabo-musulman sont sans intérêt. Stupidité stratégique, complot ou pas, une dynamique imperturbable s’accélère et accule progressivement les régimes démocratiques pris au piège de leurs propres « valeurs » et utopies et surtout de l’effet boomerang de leur égalitarisme tant porté aux nues qu’il a fini par dissoudre la cohésion nationale.

    En second lieu, il faut en finir avec cette culture de l’excuse implicite dans nos démocraties schizophrènes, qui ont intégré la repentance à un point tel qu’elles se sentent coupables d’être et d’offrir le gîte, le couvert, le savoir, la sécurité à ceux qui les méprisent, les haïssent et les frappent.

    En troisième lieu, il faut rompre le pacte avec le Diable conclu par complaisance et surtout ignorance par des politiques de tous bords. J’explique depuis longtemps, et reste convaincue, que l’incohérence entêtée d’une ligne diplomatique qui nous fait, contre quelques contrats ou prébendes, soutenir des États suppôts directs ou indirects du salafisme et mécènes d’un prosélytisme religieux qui déstructure nos nations entretient un cercle vicieux redoutable et nous asservit en profondeur. Comment ne pas voir non plus l’absurdité, l’irresponsabilité d’une politique au petit pied, sans vision, qui nous a conduits à abattre des États autoritaires mais laïcs au nom de la démocratie et de la protection des populations, alors que nous tenons un discours permanent sur la vertu de la laïcité pour la coexistence paisible des diverses croyances autour d’un socle national partagé ? Il est vrai que notre antienne est de plus en plus formelle, car dans les faits, nous laissons dépérir ce socle et confortons le communautarisme dans nos villes et banlieues au nom même d’une liberté qui masque un autorenoncement à l’autorité de l’État et à l’imposition d’un référentiel commun. Nos politiques avalent depuis des lustres, le nez bouché et en mettant un cierge, la potion amère des associations musulmanes d’obédiences diverses qui leur promettent paix sociale, soutien électoral ou financements en échange de l’acceptation de leur implantation locale « au service des habitants ». Il est urgent de redécouvrir les vertus de la verticalité. L’horizontalité noie les responsabilités, accentue les réflexes de défausse, transforme les libertés offertes en violence et finalement creuse les disparités. C’est un paradoxe qu’il faut enfin regarder en face.

    La guerre qui nous est faite est certes asymétrique, évidemment, puisque nos armées constituées et formatées pour le combat de haute intensité font face à des commandos, des individus, des milices qui les harcèlent au long cours avec des ruptures de rythme incessantes. Mais il faut bien comprendre que la négation obtuse du lien entre ce qui se passe au loin et ce qui se passe sur le territoire national nous affaiblit. Engager une contre-offensive crédible requiert une détermination et une vision globales et déjà une remise au diapason républicain de communautés entières, elles-mêmes « travaillées » au corps et au cœur comme la pâte à modeler de la domination future.

    J’entends déjà les cris d’orfraie ! Catastrophisme ! Raisonnement fasciste, islamophobe ! Il est impossible, illégal, illégitime, antirépublicain d’engager une telle résistance ! À nous la méthode Coué, l’incantation extatique sur « le vivre ensemble », la danse de la pluie ! Mais « le vivre ensemble » ne se décrète pas. Il se fait respecter. Mais notre République se meurt à force de s’offrir repentante, à ceux qui veulent l’abattre. Mais la résilience ne suffit pas. Mais les fleurs et les bougies sont indécentes. Mais voir les familles des victimes elles-mêmes dénoncer les photos terrifiantes de leurs proches en morceaux signe un inquiétant déni de réalité. Plus de corps, plus de mort ? Plus de danger ? L’euphémisation du réel est impardonnable. On peut le comprendre d’un parent perdu par le chagrin de la perte d’un être aimé, pas d’un État qui doit protéger ses concitoyens.

    Car c’est une guerre globale mais soigneusement « perlée » qui nous est faite. Le rythme des attentats, leur occurrence en salves sporadiques et étendues géographiquement en témoignent. Un rythme suffisamment régulier pour maintenir la pression et faire grandir la peur dans la population, mais insuffisamment massif encore pour déclencher la fureur populaire et contraindre les pouvoirs publics à l’action martiale. Le risque est pourtant grand, à moyen terme, de la procrastination régalienne. C’est donc l’ennemi qui donne le tempo. Il peut décider d’en changer et monter en intensité subitement. Sommes-nous prêts ? Et puis, les moutons pourraient cesser d’accepter leur sacrifice aléatoire et se rebeller ; sans berger, décider de se défendre seuls, en dressant quelques chiens. Et là, ce serait la fin de la République et de l’État de droit. Et l’irruption de la guerre civile.

    Caroline Galactéros

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    Charlie, la caricature et « l’islamophobie » par Jacques Sapir · 25 août 2017

    27 Août 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #La République, #Daesch, #Terrorisme

    Charlie, la caricature et « l’islamophobie »

    La « une » de Charlie-Hebdo du 23 août a fait jaser. Au-delà des réaction épidermiques – et tout journal de caricatures provoque des réactions épidermiques – il faut s’interroger sur ce qui pousse une partie des gens qui se disaient « Charlie » en janvier 2015 à renier leurs convictions et à critiquer ce journal[1]. Par quelle hypocrisie ce qui était licite hier ne le serait-il plus aujourd’hui ?[2]

    Non que le fait de publier des caricatures vous mette au-delà de toute critique. Mais il convient de ne pas oublier ce qu’est la fonction d’une caricature : de dire des choses sous le couvert de l’exagération, de l’outrance, d’un mauvais goût parfaitement assumé. On peut ne pas aimer. Mais, à vouloir se constituer en censeur des « bonnes mœurs », de la « décence » supposée d’un journal, on prend une bien mauvaise pente. Et cette pente révèle, en réalité, des choses bien plus obscures.

     

    De l’utilité du mauvais goût

    Il n’y a rien, dans cette couverture, de nouveau dans le « style » Charlie. Plaisanter des religions a toujours été le fonds de commerce des caricaturistes. Et pour une « une » qui met en cause l’islam, on ne compte plus celles qui brocardaient le catholicisme, ou le judaïsme. C’est affaire de goût, mais aussi de tradition. La France a une longue tradition de la caricature ; elle date d’avant même la révolution de 1789, et les combats menés pour cette liberté de caricature ont été nombreux. Cette tradition, qu’on s’en revendique ou qu’elle insupporte, fait partie de notre culture politique, voire de notre culture tout court. Pourquoi donc, cette semaine, une telle levée de boucliers ?

    On critique l’islam. Et après ? On n’a pas entendu les personnes qui aujourd’hui s’offusquent, quand ce journal avait critiqué les autres religions. Pourtant, de leur propre point de vue, ces critiques étaient toutes aussi contestables. Une religion particulière aurait-elle donc des droits que les autres n’ont pas en France ? Si l’on critique les religions, on les critique toutes. Aucune religion ne peut exiger en République de statut particulier.

    On dira alors que c’est faire preuve de « mauvais goût » que de se livrer à cette critique systématique des religions. Que l’on se rappelle donc la une du prédécesseur de Charlie, le défunt Hara-Kiri Hebdo qui lui valut son interdiction : « bal tragique à Colombey : un mort ». C’était au lendemain de l’annonce de la mort du Général de Gaulle. Cette interdiction avait scandalisé à l’époque. On peut aussi trouver qu’il est de mauvais goût de plaisanter sur des morts, quels qu’ils soient. Mais c’est un pur jugement personnel, et nul n’est obligé d’acheter un journal. Rappelons cependant que le droit à l’outrance, et donc au mauvais goût, fait partie intégrante de la liberté d’expression.

    La culture politique, dont le droit à la caricature est un exemple et une expression, constitue un invariant de court terme. Nul ne peut prétendre impunément s’en dissocier ou la rejeter sans s’exposer lui-même à un phénomène de rejet.

    Nous ne nous définissons pas par des croyances religieuses

    En réalité, on veut nous obliger à nous définir selon des croyances religieuses, des signes d’appartenances, et cela aboutit en réalité à briser le « peuple ». C’est très précisément le piège que nous tendent les terroristes, que ce soient ceux qui ont assassinés les journalistes de Charlie-Hebdo en janvier 2015 ou ceux de Barcelone, en passant par ceux du Bataclan et du 14 juillet à Nice. Ces terroristes veulent nous ramener au temps des communautés religieuses se combattant et s’entre-tuant.

    D’autres alors y ajouterons des communautés ethniques. Il n’est pas innocent que, dans le même temps que Charlie Hebdo publiait cette « une », se tenait le fameux « camp décolonial » interdit aux « blancs ». La logique identitaire est ici à l’œuvre, et les identitaires les plus radicaux ne sont peut-être pas ceux qui organisent les apéros « pinard-saucisson »…En tous les cas, c’est en réalité exactement la même logique qui est à l’œuvre, et la condamnation doit alors frapper TOUS ces mouvements identitaires ou n’en frapper aucun. L’affirmation identitaire et narcissique fait toujours le lit du fondamentalisme.

    Si nous cédons donc sur ce point, si nous acceptons de nous nous définir selon des croyances religieuses, nous nous engageons vers un chemin conduisant à la pire des barbaries. La confusion dans laquelle se complet une grande partie de l’élite politique française, est ici tragique et lourde de conséquences. Les attaques contre les musulmans (comme celles contre les juifs, les chrétiens, les bouddhistes, etc…) sont inqualifiables et insupportables. Mais, on a le droit de critiquer, de rire, de tourner en dérision, et même de détester TOUTES les religions. Et si l’on est choqué par des caricatures, si l’on ne peut supporter le mauvais goût, on n’achète pas le journal dans lesquelles elles sont publiées, un point c’est tout.

    Quel sens pour le « retour du religieux » ?

    Le « retour du religieux » est en réalité un phénomène profondément contradictoire. Il y a d’un côté la volonté –respectable – de certains de trouver un sens à notre destin. Le retour du religieux se vit ici comme une aventure personnelle. Mais il y a aussi, et il ne faut pas le nier, la dimension d’imposer des valeurs individuelles à l’ensemble de la société. Autrement dit de transformer des valeurs en principes ce qui est toujours le commencement des grands crimes.

    Or, la société résiste à cette tentative d’imposer des valeurs homogènes car elle est elle-même hétérogène. Dès lors, ces individus entrent en guerre contre leur propre société. C’est le début de l’intégrisme, bien représenté dans l’ensemble des religions. Les valeurs que l’on prétend alors porter sont en conflit direct avec les comportements des personnes qui les portent. Les intégristes de toute obédience donnent une image haïssable des valeurs qu’ils prétendent porter. À chaque acte de ségrégation, à chaque acte d’intolérance, à chaque bombe, à chaque acte terroriste, c’est bien le contraire des valeurs des religions qui est mis en avant.

    En fait, derrière l’apparence d’une montée de la religiosité, c’est en réalité à une montée des affirmations identitaires et narcissiques que l’on assiste. Les crispations autour des tabous alimentaires et vestimentaires, sur les signes extérieurs (comme la question du voile chez les musulmans) ont avant tout pour but d’identifier brutalement une communauté, de la séparer du reste de la population et de l’enfermer sur des références mythifiées pour le plus grand profit de quelques uns. Ces pratiques, en produisant des mouvements de réactions, font en réalité progresser la division des individus entre eux au lieu d’y mettre fin. Dans la quête de la pureté, et toute religion distingue le « pur » de « l’impur », il ne peut y avoir de mouvement collectif, si ce n’est de petites communautés en proie aux réactions violentes d’autres communautés. On croit ainsi se protéger de l’anomie et l’on s’y précipite tête baissée.

    Le narcissisme forcené se révèle à chaque étape de ce que l’on veut nous présenter comme une lutte émancipatrice et qui n’est qu’une parade des intérêts individuels de certains. Car, la constitution de communautés divisant le peuple aboutira toujours à asseoir le pouvoir de certains sur ces mêmes communautés. La communauté en réalité opprime là ou le peuple libère. C’est la raison fondamentale pour laquelle il faut s’opposer fermement et sans concessions aux divers communautarismes.

     

    Retour vers la barbarie

    Pourquoi donc ce retour en arrière dans le religieux ? Pourquoi y-a-t-il des voix qui, face aux victimes des crimes de janvier 2015, s’élèvent pour dire « ils ne l’ont pas volé », et qui de fait demandent implicitement le rétablissement de l’ignoble délit de blasphème ? On ne l’a pas trop dit à l’époque, mais une partie – assurément minoritaire – de la population a fêté ces assassinats. Nous sommes donc confrontés aujourd’hui à une pression de mouvements divers qui veulent nous entraîner vers la barbarie. Ces mouvements ne sont pas seulement les groupements de la mouvance salafiste. Ces derniers maintiennent les adeptes dans une ignorance et un refus du monde extérieur qui les rend faciles à identifier et à combattre. Ces mouvements incluent aussi la mouvance des « Frères musulmans », qui accepte de se plier en apparence aux règles de la république et de la démocratie mais pour mieux les rejeter. Cette mouvance constitue aujourd’hui un danger plus grand et plus radical pour la République que les divers groupes salafistes. C’est elle qui devrait concentrer les efforts de ceux qui luttent pour éviter à notre société de basculer vers la barbarie. Tel est le sens de l’article que vient de publier Céline Pina dans Le Figaro.

    Mais, ceci n’épuise pas la question de ce grand « bond en arrière » que nous connaissons aujourd’hui. Si les salafistes et la mouvance « frériste » ont cette importance c’est pour une raison simple : parce que l’on récuse cette idée fondamentale de la souveraineté comme base de la démocratie. On a en effet oublié que la contrepartie de cette égalité politique à l’intérieur des frontières était le respect de ces dites frontières. L’existence et le respect des frontières constituent un élément déterminant de la démocratie. C’est l’existence de frontières, de la séparation entre un national et un étranger, qui fonde d’ailleurs l’article 4 du Préambule de la Constitution, celui qui établit le droit d’Asile[3]. Or, si une communauté politique n’est plus maîtresse de son destin, il ne peut y avoir de démocratie en son sein. Et, en conséquence, on ne peut y déterminer un « bien commun ». On est alors immanquablement conduit à rechercher un autre ciment à cette communauté, et c’est ici que l’on retrouve la religion. On peut constater que le développement actuel du fondamentalisme religieux n’est que la traduction des effets de la mondialisation. Mais constater un phénomène ne signifie pas l’accepter, et encore moins s’en réjouir. Que tous ceux qui entonnent des discours béats sur les prétendues beautés d’une mondialisation qu’ils voudraient heureuse sachent que c’est cette dernière qui produit, de manière naturelle et permanente, la montée des fondamentalismes religieux. Vouloir combattre le fondamentalisme implique donc de penser une forme de démondialisation.

     

    Sans souveraineté pas de solidarité

    La mise en cause, sournoise ou directe, de la souveraineté du peuple ouvre ainsi toute grande la porte à sa dissolution et à sa reconstitution sous la forme de communautés, que ces dernières soient religieuses ou ethniques. Il ne peut y avoir de peuple, il faut le rappeler, que par la laïcité qui renvoie à la sphère privée des divergences sur lesquelles in ne peut y avoir de discussions. Or, sans peuple, il ne peut y avoir de base à construction politique de la souveraineté populaire.

    La distinction entre sphère privée et sphère publique est ici fondamentale à l’exercice de la démocratie. Ce principe est inclut d’ailleurs dans notre Constitution : la République ne reconnaît nulle religion et nulle race. Tel est le sens de l’article premier du préambule de notre Constitution, repris du préambule de la Constitution de 1946, et écrit au sortir de la guerre contre le nazisme[4]. Or, nous sommes donc confrontés aujourd’hui à un défi absolu : la République ou la guerre civile, la guerre de tous contre tous. Les événements tragiques, de janvier 2015 ont conduit à bien des contorsions idéologiques. On a immédiatement affirmé que les auteurs de ces crimes de n’étaient que des enfants perdus issus de la désespérance. Soit ; mais tous les enfants en souffrance, tous les enfants perdus, ne prennent pas nécessairement les armes pour tuer leurs prochains. L’existence d’une souffrance sociale est difficilement contestable, mais elle ne justifie ni n’explique le passage à l’acte terroriste. Il y a bien eu, aussi, une idéologie terroriste à l’œuvre, et le fait que cette idéologie ait une base religieuse semble poser problème à certains.

    Il faut donc rappeler à tous et à chacun ce que signifient les mots de culture politique, et pourquoi il ne peut y avoir qu’une culture politique sur un espace donné. La culture politique est le langage commun que nous utilisons pour communiquer les uns avec les autres, et même, souvent, pour nous disputer. Sans langage commun, sans principes organisateurs admis par tous, il ne peut y avoir d’espace politique, et en conséquence, il ne peut y avoir de peuple.

     

    Sur la prétendue « islamophobie »

    On entend depuis beaucoup le fameux discours « ne faisons pas d’amalgame, ne tombons pas dans « l’islamophobie » ». Mais, qu’entend-on par là ? On remarquera que, depuis les attentats de janvier 2015, la société française a été d’un très grand calme. Assurément, des actes ont été commis contre des lieux de cultes musulmans. Mais, ils sont dans leur immense majorité restés bénins. Ce calme de la société française est un facteur d’espoir et montre à quel point dans notre pays il y a une attitude raisonnée, et ce même chez les plus grands contempteurs de l’islam.

    Que signifie donc «islamophobie » ? S’il s’agit de dire que tous les musulmans ne sont pas des terroristes, que l’islamisme n’est pas l’islam, c’est une évidence, qu’il convient de répéter, mais qui ne fait guère avancer le débat. S’il s’agit de dire, et c’est hélas bien plus rare, que des populations de religion musulmanes sont très souvent les premières victimes de l’islamisme, c’est aussi une autre évidence. Et il convient de l’affirmer haut et fort. S’il s’agit, enfin, de dire que la montée de l’islamisme est le fruit de la destruction du nationalisme arabe, et que ce nationalisme arabe fut combattu, de Nasser à Saddam, par les Etats-Unis et les puissances occidentales, voilà qui constitue une vérité qui est largement oubliée[5]. Ces trois affirmations constituent trois éléments essentiels d’un discours non pas tant contre l’islamophobie mais affirmant des vérités qui sont aujourd’hui essentielles à dire dans les pays occidentaux.

    Mais, le discours sur l’islamophobie peut aussi avoir un autre sens, et celui-ci bien plus contestable. A vouloir combattre une soi-disant « islamophobie » on peut aussi préparer le terrain à une mise hors débat de l’Islam et des autres religions. C’est une erreur grave, dont les conséquences pourraient être terribles. Elle signe la capitulation intellectuelle par rapport à nos principes fondateurs. Non que l’Islam soit pire ou meilleur qu’une autre religion. Mais il faut ici affirmer que toute religion relève du monde des idées et des représentations. C’est, au sens premier du terme, une idéologie. A ce titre, toute religion est critiquable et doit pouvoir être soumise à la critique et à l’interprétation. Cette interprétation, de plus, n’a pas à être limitée aux seuls croyants. Le droit de dire du mal (ou du bien) du Coran comme de la Bible, de la Thora comme des Evangiles, est un droit inaliénable sans lequel il ne saurait y avoir de libre débat. Un croyant doit accepter de voir sa foi soumise à la critique s’il veut vivre au sein d’un peuple libre et s’il veut que ce peuple libre l’accepte en son sein.

    Ce qui est par contre scandaleux, ce qui est criminel, et ce qui doit être justement réprimé par des lois, c’est de réduire un être humain à sa religion. C’est ce à quoi s’emploient cependant les fanatiques de tout bord et c’est cela qui nous sépare radicalement de leur mode de pensée. Parce que, en descendants de la Révolution française, nous considérons que la République ne doit distinguer que le mérite et non le sexe, ou un appartenance communautaire, il est triste de voir une partie de la gauche suivre en réalité les fondamentalistes religieux sur le chemin de la réduction d’un homme à ses croyances.

     

    Centralité de la laïcité

    La laïcité n’est pas un supplément d’âme à la République. Elle en est en réalité le ciment[6]. Il n’est pas anodin que l’un des grands penseurs de la souveraineté, Jean Bodin, qui vécut au XVIème siècle dans l’horreur des guerres de religion, ait écrit à la fois un traité sur la souveraineté[7] et un traité sur la laïcité[8].

    Il convient de bien comprendre ce lien étroit qui unit la notion de souveraineté à celle de laïcité. La souveraineté implique la définition d’un souverain. Une fois établie que la « chose publique » ou la Res Publica est le fondement réel de ce souverain, comme nous y invite Jean Bodin, il nous faut définir le « peuple » qui exercera, soit directement soit par l’entremise de formes de délégation, cette souveraineté. C’est bien pourquoi la question de la souveraineté est aussi centrale, car elle implique la définition de la communauté politique qui l’exerce.

    Nous savons ce qu’est une crise économique, et nous mesurons tous les jours ce que peut être une crise sociale. Ces crises engendrent un profond sentiment d’insécurité[9]. Mais il y a dans la situation actuelle quelque chose de plus, tant quantitativement que qualitativement. Nous découvrons désormais ce que peut être une crise de la Nation, ce moment particulier où l’on sent le sol qui se dérobe sous nos pieds, où ce que l’on pensait être garanti est brutalement remis en cause. De ce sentiment découle celui de l’insécurité culturelle qui, se combinant à l’insécurité sociale, produit ce qu’un auteur appelle le « malaise identitaire »[10]. Derrière le symptôme, il y a bien une réalité, et c’est cette réalité qu’il nous faut tenter de comprendre.

    C’est la souveraineté qui rend audible l’injonction de solidarité, entre les personnes et les régions sur un territoire donné. Que l’on abdique cette souveraineté et cette solidarité se défait[11]. En affirmant que le peuple est le seul détenteur de la souveraineté, la Révolution de 1789 a achevé la construction politico-juridique qui fut commencée sous le moyen-âge. Mais, il faut se souvenir qu’elle ne l’a pas créé. La notion de souveraineté est bien antérieure à la Révolution. Ce mouvement de retour doit aussi permettre de distinguer le véritable internationalisme, autrement dit une pensée qui se situe « entre les nations » car elle en reconnaît l’importance et cherche à dégager des causes communes et à organiser des compromis, et une pensée qui nie les nations, et en réalité nie aussi la démocratie et qui contribue alors à ce principe de destruction des Etats qui engendre la barbarie.

     

     

    La crise de la Nation, est aussi une crise de l’Etat. Elle laisse les citoyens démunis et sans pouvoir pour peser sur la situation. Il en est ainsi car ils sont privés du pouvoir de faire et de modifier les lois et par là même ils sont privés du pouvoir d’organiser collectivement leur propre futur. « Il n’y a d’irrémédiable que la perte de l’Etat » a dit un roi de France[12] en des temps anciens, mais qui semblent aujourd’hui étrangement, et tragiquement, proches.

    Quand Henri IV fit cette déclaration devant les juges de Rouen, car un Parlement à l’époque était une assemblée de juges, il voulait faire comprendre qu’un intérêt supérieur s’imposait aux intérêts particuliers et que la poursuite par les individus de leurs buts légitimes ne devait pas se faire au détriment du but commun de la vie en société. En redonnant le sens de la Nation, il mit fin à la guerre civile.

     

    NOTES

    [1] Comme cet ancien ministre « socialiste » qui aurait mieux fait de se taire… http://www.europe1.fr/politique/stephane-le-foll-critique-la-une-de-charlie-hebdo-et-ses-dangereux-amalgames-3417203

    [2] http://static.aws.la-croix.com/Religion/Laicite/Attentats-Catalogne-une-Charlie-Hebdo-cree-controverse-2017-08-23-1200871429?from_univers=lacroix

    [3] Cet article 4 énonce : « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ». http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946.5077.html

    [4] Le texte est le suivant : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ». http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946.5077.html

    [5] Voir Sapir J., « Le tragique et l’obscène », note publiée sur le carnet RussEurope le 25 septembre 2014, http://russeurope.hypotheses.org/2841

    [6] Poulat E. Notre Laïcité, ou les religions dans l’espace public, Bruxelles, Desclées de Bouwer, 2014.

    [7] Bodin J., Les Six Livres de la République, (1575), Librairie générale française, Paris, Le livre de poche, LP17, n° 4619. Classiques de la philosophie, 1993.

    [8] Bodin J., Colloque entre sept sçavants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591, désormais Heptaplomeres.

    [9] Castel R., L’insécurité sociale. Qu’est-ce qu’être protégé ?, Paris, Le Seuil et La République des Idées, 2003.

    [10] Bouvet L., L’insécurité culturelle. Sortir du malaise identitaire français, Paris, Fayard, 2015.

    [11] Guilluy C., La France périphérique. Comment on sacrifie les classes populaires, Paris, Flammarion, 2014.

    [12] Discours de Henri IV au Parlement de Rouen en 1597.

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    "la différence entre un homme politique et un homme d'Etat est la suivante: le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération" James Freeman Clarke

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