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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #europe supranationale tag

Une vague en trompe l’œil ? par Jacques Sapir

12 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Macron

Analyse à chaud de Jacques Sapir.

Pour ma part je retiens :

1/ évidemment la très forte abstention, surtout des jeunes et des catégories qui souffrent le plus :

2/ la difficulté à analyser finement les résultats des partis. En effet, si les Français ont voté “comme ils le souhaitaient” au 1er tour de la présidentielle, il y a un biais énorme pour les législatives, peu rappelé. Quand vous êtes électeur FN à Paris, vous allez voter au 1er tour de la Présidentielle pour votre candidate – peu importe qu’au final elle ne fasse que 10 % à Paris. Mais pour les législatives, votre vote est inutile, car il n’y a aucune chance qu’un candidat FN l’emporte à Paris : beaucoup d’électeurs FN ne vont donc pas voter, d’où la forte baisse constatée par rapport à la présidentielle. Idem pour les électeurs France Insoumise (pourquoi l’électeur FI a Neuilly va-t-il aller faire la queue ?). Bien sûr, ceci est trop profond pour certains “philosophes”…

3/ l’injustice délirante de notre mode de scrutin qui aboutit à des résultats clairement non-démocratiques à ce stade. Mais nous en reparlerons la semaine prochaine.

4/ pour conclure sur “la vague” macronienne (pas vu dans les médias) :

P.S. N’oubliez pas de venir discuter de tout ceci à notre afterwork de ce vendredi (avec déclinaison en province)

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Une vague en trompe l’œil ?, par Jacques Sapir

Source : Le blog de Jacques Sapir, 11/06/2017

Le premier tour des élections législatives s’est caractérisé par une très faible participation. Le taux d’abstention dépasse les 51%. A titre de comparaison il convient de rappeler que l’abstention avait été de 36% en 2002, de près de 40% en 2007 et de 43% en 2012. Nous sommes devant un (triste) record historique. Ceci indique que les électeurs sont largement insatisfaits par l’offre politique qui leur était présentée. Et peut-être, plus profondément, qu’ils ont voulu protester contre le hold-up auquel s’est livré notre Président, Emmanuel Macron, avec la connivence d’une partie de la presse, au détriment de la démocratie. Dans le même temps, ces élections ont été marquées par ce que les commentateurs qualifient eux-mêmes de « vague » au profit du parti du Président, un parti qui devrait largement remporter la majorité absolue au parlement lors du 2ème tour.

Alors que le taux d’abstention avait été bas pour l’élection présidentielle, plus d’un électeur sur deux se sont mis en position d’objection de conscience, tant par rapport à la force politique dominante, c’est à dire le parti du Président, que par rapport aux institutions. Ce fait décrédibilise un peu plus ces dernières, et fragilise la légitimité du Président et de son gouvernement. Cette « vague » pourrait bien s’avérer être un trompe-l’œil.

Un succès paradoxal ?

Ainsi, ce premier tour semble annoncer une large majorité pour le Président et à son parti La République en Marche. Il faudra néanmoins, attendre le second tour pour mesurer l’ampleur de ce phénomène, mais les projections faites sur la base des résultats du 1ertour annoncent une majorité de 390 à 450 sièges, sur les 577 que compte l’Assemblée. Ainsi, avec 32% des voix, La République en Marche pourrait obtenir entre 70% et 75% des sièges. C’est un succès majeur, mais un succès que vient immédiatement mettre en doute la très faible participation.

Si ce résultat se confirme, Emmanuel Macron pourra donc mettre en œuvre sa politique, et en particulier les réformes sociales qu’il a annoncées. Diverses fuites concernant ces réformes sociales qui pourraient donc être décidées dès cet été commencent à soulever une légitime émotion[1]. Le gouvernement s’en est ému, qui veut attaquer en justice les auteurs de ces « fuites »[2], alors qu’il avait commencé par affirmer que ces documents ne représentaient pas la position du gouvernement. Comprenne donc qui pourra…

Outre la méthode utilisée – les ordonnances – c’est bien le contenu de ces réformes qui pose aujourd’hui problème. Mais, ces réformes en réalité sont cohérentes avec les choix européens, et mêmes européistes, du Président. En fait, elles reprennent nombre des recommandations de l’Union européennes. On voit que ce qu’il y a en surplomb au-dessus de ces réformes, c’est bien la question de l’Union européenne et celle de l’Euro. Les adversaires du président Macron et de son parti seront confrontés rapidement à de réelles questions de cohérence.

Cohérence tactique d’abord : vont-ils considérer que l’adversaire principal est le parti du Président, ou vont-ils persister à penser qu’il y a un réel danger « extrémiste » en France, un danger qui serait représenté tant par la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon que par le Front National de Marine le Pen ? De cela dépendent les consignes de désistement. Mais, ces mêmes adversaires d’Emmanuel Macron seront aussi confrontés à un problème de cohérence politique. Soit ils acceptent les présupposés du Président, et ils seront en difficultés pour contester ces futures réformes, soit ils s’opposeront de manière cohérente et conséquente aux prémices de ces dernières, et ils pourront, alors, articuler une véritable critique du programme social d’Emmanuel Macron.

Le piège des législatives

On voit bien ici le piège qui a été tendu aux partis traditionnels par les responsables de La République en Marche, le parti du Président, un piège qui – pour l’instant – a réussi à camoufler les divers scandales dont des dirigeants de ce parti sont la cause. Ce piège a fonctionné en deux temps.

Tout d’abord, il s’est agi de présenter LREM comme un mouvement (et non un parti) appelé à « renouveler » la classe politique française, et à établir de nouveaux standards d’éthiques. Qu’en réalité ce mouvement soit bien un parti, et un parti rassemblant nombre des recalés de la politique française, qu’il s’agisse du parti de François Bayrou ou qu’il s’agisse des socialistes qui se sont recasés dans LREM avec gourmandise ne semble pas avoir dérangé les communicants embauchés à grand frais par Emmanuel Macron. Que ces vieilles ganaches de la politique française se soient révélées tout aussi coupables des mêmes manquement à l’éthique, ou à la loi, comme le montre les affaires qui se sont succédées, de Bayrou à Richard Ferrand, en passant par Marielle de Sarnez, ne semble pas non plus avoir beaucoup dérangé ces mêmes communicants. Il y a bien eu un mouvement du type « sortez les sortants » qui a massivement bénéficié à LREMmême si, sur ce point, on peut penser que l’importance de l’abstention dans ce premier tour des élections législatives montre que les électeurs n’ont pas été entièrement dupes.

Mais cela n’est qu’un aspect du piège. Un autre réside dans la manière dont les communicants de LREM ont réussi à construire une fiction, celle d’une opposition entre l’extrémisme et les gens « raisonnables », dans le but d’isoler ceux qui représentaient une véritable alternative au hold-up électoral d’Emmanuel Macron. De fait, dans les partis qui se partageaient traditionnellement le pouvoir, on cherche désormais à se présenter comme une opposition « constructive » au nouveau Président. Chez les survivants du parti dit socialiste, on n’hésite pas à s’afficher dans certains cas comme « majorité présidentielle ». Quant aux Républicains, que l’échec de leur candidat naturel, François Fillon a plongé dans un profond désarroi, ils hésitent entre un ralliement ouvert à LREM(ce qui est d’ores et déjà le cas du Premier-ministre, Edouard Philippe, de Bruno Le Maire et Gérald Darmanin) et une forme d’opposition molle que porte l’inexistant François Baroin, promu par défaut chef de ce parti. D’ailleurs, les membres de ce parti partagent nombre des convictions, en particulier dans le domaine économique et social, avec Emmanuel Macron.

Ce double piège va fonctionner de manière redoutable en raison du code électoral français. Lors du second tour, les hésitations des uns et des autres, le refus d’avoir des règles de désistement claires en faveur du candidat d’opposition le mieux placé, vont probablement aboutir à ce qu’un parti qui a obtenu à peine plus de 30% des suffrages pourra disposer de plus de 70% des députés.

Les réformes qui viennent

C’est une situation qui est potentiellement grave en raison de la nature des réformes qu’Emmanuel Macron veut faire rapidement adopter, et de cela il ne s’en est pas caché. Pourtant, l’ampleur de l’abstention, l’une des plus importantes depuis une vingtaine d’année, montre bien qu’il n’y a aucune adhésion de masse à la politique voulue par Emmanuel Macron, et dont il a délégué l’exécution à un transfuge des Républicains choisi comme Premier-ministre.

Ces réformes, quelles sont-elles ? Le gouvernement entretient le flou sur cette question, et dément, en tout ou partie, les révélations qui ont été publiées dans la presse ces derniers jours. Mais, d’un autre côté, ces mêmes révélations sont tout à fait dans la logique de ce qu’avait déclaré Emmanuel Macron avant son élection.

Le point principal est certainement l’abandon des règles nationales, voire des règles de branches dans un certain nombre d’activité, pour donner la priorité aux accords d’entreprises. Ces accords d’entreprises pourraient décider des motifs de licenciements, du niveau des salaires, du temps de travail (et donc des heures supplémentaires) ou encore laisser le choix à l’entreprise d’user des CDD. De fait, cela aboutirait à créer une Code du Travail « à la carte » pour l’employeur. Par ailleurs, les indemnités de licenciements seraient plafonnées. Ces accords pourraient, sans que cela nécessite un accord des syndicats, être soumis directement à l’approbation des salariés de l’entreprise. De même, une grande réforme de l’assurance chômage est prévue conduisant à une couverture dite « universelle ». Mais, c’est une réforme qui, pour l’OFCE, aboutira dans les faits à baisser les indemnités chômage. En effet, les allocations de toutes les personnes ayant des trous dans leur parcours, comme par exemple avec quelques jours de battement entre 2 CDD, seraient ainsi diminuées. Cette diminution pourrait ainsi potentiellement concerner de 20% à 50% des demandeurs d’emplois, son ampleur dépendant alors des paramètres retenus, paramètres qui ne sont pas encore fixés[3]. Enfin, le gouvernement prévoit de supprimer une partie des cotisations sociales (ce qui augmenterait techniquement les salaires) en recourant à une augmentation importante de la CSG, augmentation qui est évaluée aujourd’hui à environ 21 milliards d’Euros, soit 1% du PIB, et qui serait payée par les retraités au-dessus de 1200 euros de pension de retraite.

Si la procédure des ordonnances est bien utilisée, alors ces réformes pourraient être adoptées dès le mois de septembre 2017. Ces réformes, on peut le constater à travers les projets qui ont « fuité » depuis ces derniers jours, aggravent considérablement la déjà très néfaste loi « Travail » dite aussi Loi El-Khomri.

Au-delà du tour de passe-passe sur les cotisations et la CSG, on voit bien que toutes ces mesures tendent d’une part à fragiliser la positions des salariés face aux employeurs, et c’est le produit de la logique de la négociation dans l’entreprise et non de la négociation collective, et d’autre part à faire baisser le niveau des salaires. La fragilisation de la position des salariés provenant de l’émiettement des négociations entreprises par entreprises aura des implications importantes sur les conditions de travail. Or ces dernières se sont déjà dégradées depuis ces dernières années. La possibilité pour les entreprises de déterminer dans les faits la durée légale du travail entrainera une baisse des heures supplémentaires, qui – à son tour – entrainera une perte de salaire pour les employés. La possibilité pour les entreprises de fixer les motifs de licenciements et le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif vont donner aux entreprises la possibilité d’exercer un chantage et à la baisse des salaires (compte tenu de l’existence d’une important volant de chômeurs) et à la dégradation des conditions de travail.

Les conséquences de l’Union européenne ?

En apparence, ces réformes ont une justification. Les écarts de salaire minimum au sein de l’Union européenne sont énormes [4] : de 9 à 1 entre la France et la Roumanie et la Bulgarie, de 3,5 à 1 entre la France et la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie, de 2 à 2,5 pour 1 par rapport à l’Espagne, au Portugal ; Le salaire minimum français est supérieur de 10% au niveau de celui du Royaume-Uni et de l’Allemagne mais de plus ces derniers pays ont des dispositions qui permettent aux entreprises, sous certaines conditions, d’embaucher sous le plafond légal. Et ceci ne concerne que les pays qui ont une loi fixant un salaire minimum, ce qui n’est pas le cas de l’Italie et de la Finlande. Bien entendu, le fait que la productivité du travail soit particulièrement élevée en France compense, en partie, ces écarts. Mais en partie seulement.

Avec le « marché unique », mais aussi la liberté totale des capitaux, les grandes entreprises peuvent développer dans les pays où le coût du travail est très bas des usines dont la productivité se rapproche rapidement de celle des usines en France. Dès lors, une première constatation s’impose : le « marché unique », qui est l’un des piliers de l’Union européenne, produit une logique de course au « moins disant/moins coûtant » qui se propage dans l’ensemble de l’UE. Si les entreprises bénéficient de cette course, les salariés sont bien entendu les premiers perdants.

Cette logique du « marché unique » aurait cependant pu être compensée par des mouvements de taux de change, produisant une réévaluation des pays où les coûts sont bas, et une dépréciation des monnaies des pays où les coûts (corrigés par la productivité) sont hauts. Mais, un tel mécanisme ne peut exister à partir du moment où existe la « monnaie unique », c’est à dire l’Euro. L’Euro interdit toute modification des taux de changes pour compenser les déséquilibres structurels. Par ailleurs, les taux d’inflation sont assez différents entre les pays de la zone Euro (l’Union Economique et Monétaire). De ce fait, on constate que l’Euro à conduit à l’existence d’un écart de 20% à 25% entre l’Allemagne (qui est la grande bénéficiaire de l’Euro) et la France ou l’Italie [5]. Il a d’ailleurs était montré que le niveau de dépréciation qu’impliquerait une sortie de l’Euro entraînerait des effets très positifs sur les économies, avec un surcroît de croissance équivalent à 1% par -10% de dépréciation [6]. Ainsi, et cela sans mobiliser d’autres ressources, la croissance de l’économie française monterait à 4% par an (1,2% + 2,8%).

Le résultat est là : quand on ne peut pas jouer sur le taux de change pour corriger des déséquilibres importants il ne reste plus qu’à faire baisser les salaires. Telle est la logique, à peine cachée, des réformes que nous proposent tant Emmanuel Macron que son Premier-ministre Edouard Philippe. Ces réformes visent à « adapter » la France aux exigences de l’UE. Elles impliquent que le centre de décision n’est plus à Paris mais à Bruxelles, voire à Berlin.

Quelle opposition au Parlement ?

On comprend alors la nécessité d’une forte opposition au Parlement, tout d’abord pour chercher à faire annuler les aspects les plus scandaleux de ces réformes, puis, par la suite, pour pouvoir demander des comptes au gouvernement. N’oublions pas, en effet, que l’un des rôles du Parlement, outre de légiférer, est d’exercer un contrôle à posteriori sur l’action du gouvernement. Cela implique des députés qui soient indépendants de ce même gouvernement.

Car, n’en doutons pas, ces réformes ne changeront rien. Ces mesures seront évidemment profitables pour les entreprises et leurs actionnaires. Mais, elles se traduiront par une compression de la demande solvable en France. Or, la demande solvable est aussi comprimée chez nos voisins, de l’Allemagne à l’Espagne, en passant par l’Italie et le Portugal. Si les profits des entreprises vont profiter de ces réformes, le niveau général d’activité va quant à lui décliner. En effet, le volume de production dépend des anticipations quant à la demande, et de leur mouvement soit à la hausse, soit à la baisse. Si les entreprises anticipent une stagnation, voire une contraction de cette demande, elles utiliseront les moyens crées par ces réformes pour licencier encore un peu plus. Ce que va provoquer cette vague de réformes que le gouvernement et le Président entendent rapidement mettre en œuvre, ce sera donc une hausse des profits, une baisse de la demande entraînant de nouveaux licenciements qui, à leur tour feront baisser la demande, entraînant encore plus de licenciements. Le gouvernement, confronté à cette situation, proposera certainement des nouvelles réformes, aggravant encore plus la situation, au début de 2019…

Rarement un gouvernement ne s’est apprêté à mettre en œuvre une telle politique de classe. Or, cela n’est aujourd’hui dénoncé que par les deux partis que la presse, pour une fois largement rassemblée dans son soutien à Emmanuel Macron, présente comme « extrémiste » : la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, et le Front National. Mais, ces deux partis sont dans une position de faiblesse dans ces élections.

Le Front National paye la détestable image que Marine le Pen a donnée d’elle-même dans la dernière semaine de campagne de l’élection présidentielle. Si elle a reconnue son échec lors du débat face à Emmanuel Macron, rien n’a été dit sur les ambigüités qui ont précédées ce même débat, et qui ont cassé la dynamique qui se faisait jour immédiatement après le 1er tour de l’élection présidentielle. Cela explique le relativement mauvais score, avec seulement 14% des voix, bien loin de celui obtenu au 1er tour de l’élection présidentielle. Quant à la France Insoumise, elle est pilonnée par une large partie de la presse, transformé pour l‘occasion en simple organe de propagande. La haine envers Jean-Luc Mélenchon qui se révèle au travers des articles est un cas d’école de comment on cherche à influencer l’électeur en jouant non pas sur son raisonnement mais sur la carte des peurs les plus primitives. Cela explique certainement que la France Insoumise soit, elle aussi, avec 11% des suffrages, loin de retrouver le score de Jean-Luc Mélenchon au soir du 1er tour de l’élection présidentielle.

Et pourtant, le nombre d’électeurs qui s’étaient portés au 1er tour sur ces deux candidats était de très loin supérieur à celui qu’avait réuni sur son nom Emmanuel Macron. C’est cette réalité qui, en fait, inspire aux soutiens de notre Président cette haine ardente contre ceux qui pourraient s’opposer à lui, mais aussi – et ceci est autrement plus efficace que la haine – cette politique visant à peindre ces oppositions sous les traits de l’extrémisme. Il est aujourd’hui patent que cette politique a relativement fonctionné, car ce qui fait la force d’Emmanuel Macron n’est pas le mouvement qui le porte, mouvement somme toute fort réduit, mais bien la division des forces qui s’opposent à lui et à sa néfaste politique.

La règle du jeu

Le système électoral français a ceci de particulier qu’il pénalise très durement la division, quand celle-ci se présente comme irréconciliable. Les résultats du premier tour des élections législatives ne traduit nulle « vague » en faveur des candidats soutenus, directement ou indirectement, par Emmanuel Macron. Les suffrages qui se sont portés sur les candidats qui s’opposent de la manière la plus cohérent et la plus conséquente à la ligne d’Emmanuel Macron sont du même ordre que ceux qui se sont portés en faveur des candidats soutenant cette ligne. Et pourtant, ces mêmes résultats laissent prévoir un succès historique pour La République en Marche au soir du second tour, le 18 juin. A l’opposé, la France Insoumise n’est créditée que de 8 à 18 députés, soit au plus 3% alors qu’elle a réuni 11% des voix, et le Front National entre 1 et 5 députés, soit moins de 1%, alors qu’il a fait 14% des suffrages. Cette situation porte un grave préjudice aux institutions. Elle accrédite l’idée que le « pays légal », que représentent les députés, n’est pas représentatif du « pays réel ». Mais, cette situation traduit aussi certaines des incohérences des opposants à Emmanuel Macron.

Dans la semaine qui sépare le 1er du 2ème tour les forces d’opposition à Emmanuel Macron auront donc à faire un choix. Considèrent-elles que l’ennemi principal, pour reprendre une formule consacrée, est représenté par les candidats de LREM, et en ce cas sont-elles prêtent à en tirer les conséquences, ou bien considèrent elles que le discours tenu par la presse est bien pertinent, que l’extrémisme est bien une menace en France, et cèderont-elles à la division ? Si tel devait être le cas, la crédibilité et la légitimité de ces forces pour s’opposer aux projets de « réformes » du gouvernement, aux ordonnances qui nous sont promises, serait bien entendu des plus réduites.

[1] http://www.leparisien.fr/politique/exclusif-le-plan-de-macron-pourreformer-le-travail-04-06-2017-7017384.php#xtor=AD-1481423553 et http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/06/07/reforme-du-code-du-travail-pasd-agenda-cache-assure-la-ministre-du-travail_5139834_823448.html

[2] http://www.liberation.fr/france/2017/06/09/le-gouvernement-porte-plainte-apres-les-revelations-de-liberation-sur-le-code-du-travail_1575675

[3] http://www.capital.fr/economie-politique/assurance-chomage-version-macron-un-chambardement-qui-ne-ferait-pas-que-des-heureux-1223893

[4] Je cite ici des chiffres d’Eurostat en salaire brut.

[5] IMF, 2016 EXTERNAL SECTOR REPORT, International Monetary Fund, juillet 2016, Washington DC, téléchargeable à : http://www.imf.org/external/pp/ppindex.aspx

[6] IMF, World Economic Outlook, Octobre 2015, Washington DC, chap. 3. Adresse : http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2015/02/

Source : Le blog de Jacques Sapir, 11/06/2017

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L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis (4/4)

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis (4/4)


Par Paul Fitzgerald et Elizabeth GouldLe 10 mai 2017 – Source The Saker

Page de garde de l’édition de 1550 du Prince de Machiavel et de La Vita di Castruccio Castracani da Luca

Partie 4 – L’étape finale de la prise de contrôle des élites machiavelliennes sur l’Amérique

De Trotsky à Burnham, de Burnham à Machiavel et de Machiavel au néoconservatisme, le cercle de l’impérialisme britannique se referme

L’affirmation récente de la Maison Blanche de Trump, selon laquelle Damas et Moscou diffusaient des « faux récits » pour induire le monde en erreur sur l’attaque au gaz du 4 avril à Khan Chaykhoun est une nouvelle étape dangereuse, dans la guerre de propagande sur les « fausses nouvelles » lancée dans les derniers jours de l’administration Obama. C’est une étape dont les profondes racines, plongeant dans la Quatrième Internationale communiste de Trotsky, doivent être comprises avant de décider si la démocratie américaine peut être restaurée.

Brouillant les pistes des responsabilités d’une façon jamais vue depuis le sénateur McCarthy au sommet de la Peur rouge dans les années 1950, le Countering Disinformation and Propaganda Act [Loi sur la lutte contre la désinformation et la propagande], signé sans fanfare par Obama en décembre 2016, a officiellement autorisé une bureaucratie chargée de la censure, comparable seulement au Ministère de la Vérité décrit par George Orwell dans son roman 1984. Nommé The Global Engagement Center, [Centre d’engagement mondial], le but officiel de cette nouvelle bureaucratie est de « reconnaître, comprendre, mettre en lumière et contrer la propagande étatique et non étatique étrangère et les efforts de désinformation visant à saper les intérêts de sécurité nationale des États-Unis ». Le but réel de ce cauchemar orwellien est de déformer tout ce qui conteste le récit pro-guerre néoconservateur de Washington et d’intimider, harceler et emprisonner quiconque tente de le faire. Comme cela a été montré par le tir de missiles Tomahawk du président Trump sur une base aérienne du gouvernement syrien, c’est une recette pour la guerre mondiale et, qu’on le veuille ou non, cette guerre a déjà commencé.

Cette dernière attaque contre le récit prétendument faux de la Russie nous ramène en 1953 et aux débuts de la guerre culturelle entre l’Est et l’Ouest. Ses racines sont liées au Congrès pour la liberté culturelle, au passage de James Burnham de la Quatrième Internationale de Trotsky au conservatisme et à la montée des machiavelliens néoconservateurs comme force politique. Comme l’ouvrage de James Burnham, The Struggle for the World, le soulignait, la Troisième Guerre mondiale avait déjà commencé avec la révolte des marins grecs dirigée par les communistes de 1944. Dans la pensée manichéenne de Burnham, l’Occident était assiégé. La politique d’endiguement de la Guerre froide, menée par George Kennan, n’était pas différente de la politique d’apaisement de Neville Chamberlain. La détente avec l’Union soviétique revenait à se rendre. La paix n’était qu’un masque de la guerre et cette guerre serait menée par la politique, la subversion, le terrorisme et la guerre psychologique. L’influence soviétique devait être combattue dans la mesure du possible. Cela signifiait subvertir l’Union soviétique et ses intermédiaires et, si nécessaire, saper également les démocraties occidentales.

La véritable ironie des efforts déployés actuellement par Washington pour monopoliser la « vérité » et attaquer les récits alternatifs, ne manifeste pas seulement un mépris flagrant de la vraie liberté de parole. La véritable ironie est que tout le « Manifeste de la liberté » utilisé par les États-Unis et la Grande-Bretagne depuis la Deuxième Guerre mondiale n’a jamais été libre ; c’était un mélange du programme exhaustif de guerre psychologique tirée du Psychological Strategy Board (PSB) de la CIA [Bureau de stratégie psychologique], menée tant contre les amis que les ennemis.

La CIA en viendrait à voir l’ensemble du programme commencer avec la conférence de Berlin de 1950, comme un point de repère dans la Guerre froide, non seulement pour assurer le contrôle de la CIA sur la gauche non communiste et les intellectuels « libres » de l’Occident, mais pour permettre à la CIA de priver secrètement les Européens et les Américains de leur propre culture politique, d’une telle manière qu’ils ne la connaîtraient jamais vraiment.

Comme l’historien Christopher Lasch l’a écrit en 1969, à propos de la cooptation par la CIA de la gauche américaine, « l’État moderne […] est un moteur de propagande, fabriquant des crises tout en affirmant être le seul instrument capable de les traiter efficacement. Cette propagande, pour réussir, exige la coopération d’écrivains, d’enseignants et d’artistes, non pas comme des propagandistes payés ou des opportunistes de la censure d’État, mais comme des intellectuels ‘libres’, capables de contrôler leurs propres instances et d’imposer des normes acceptables de responsabilité au sein des diverses professions intellectuelles ».

La clé pour tourner ces intellectuels « libres » contre leurs propres intérêts était le programme doctrinal de la CIA pour la transformation culturelle occidentale contenue dans le document PSB D-33/2. Le PSB D-33/2 prédit « un mouvement intellectuel à long terme pour briser les schémas doctrinaux mondiaux » en « créant la confusion, le doute et la perte de confiance » afin d’« affaiblir objectivement l’attrait intellectuel de la neutralité et prédisposer ses adhérents à l’esprit occidental » ; « prédisposer les élites locales à la philosophie défendue par les planificateurs », tandis qu’utiliser les élites locales « aiderait à masquer l’origine américaine de l’effort, de manière à ce qu’il apparaisse comme un développement local».

En se déclarant comme un antidote au totalitarisme communiste, un critique interne du programme, l’officier du PSB Charles Burton Marshall a vu le PSB D-33/2 lui-même comme effroyablement totalitaire, interposant « un large système doctrinal » qui « accepte l’uniformité comme substitut à la diversité », embrassant « tous les champs de la pensée humaine – tous les champs des intérêts intellectuels, de l’anthropologie aux créations artistiques, à la sociologie et à la méthodologie scientifique », concluant : « C’est presque aussi totalitaire que l’on puisse être. »

L’élitisme machiavellien de Burnham se cache dans tous les coins d’ombre du document. Comme l’a raconté Frances Stoner Saunder, dans son livre The Cultural Cold War, « Marshall a également exprimé son désaccord par rapport à la dépendance du PSB à l’égard de ‘théories sociales irrationnelles’ qui soulignaient le rôle d’une élite d’une manière ‘qui rappelle Pareto, Sorel, Mussolini, etc.’ Ne sont-ce pas là les modèles utilisés par James Burnham dans son livre The Machiavellians? Peut-être y avait-il une copie à portée de main, lorsque le PSB D-33/2 était en cours de rédaction. Plus vraisemblablement, James Burnham lui-même était utilement à portée de main. »

Burnham était plus que seulement à portée de main, lorsqu’il s’est agi d’implanter secrètement une philosophie fasciste d’élitisme extrême dans l’orthodoxie américaine de la Guerre froide. Avec The Machiavellians, Burnham avait composé le manuel qui a tissé ensemble la vieille gauche trotskyste et une élite anglo-américaine de droite. La descendance politique de cette union volatile serait appelée néoconservatisme, dont la mission secrète serait de renverser partout l’influence russe/soviétique. Sa mission cachée serait de réaffirmer une domination culturelle britannique sur l’Empire anglo-américain et de la maintenir grâce à la propagande.

Le secret Service de recherche sur l’information du ministère des Affaires étrangères britannique et du Commonwealth, connu comme l’IRD, travaillait très assidûment à cette tâche depuis 1946.

Rarement cité dans le contexte des opérations secrètes financées par la CIA, l’IRD a servi d’unité propagandiste anticommuniste secrète de 1946 à 1947. Selon Paul Lashmar et James Oliver, les auteurs de Britain’s Secret Propaganda War [La guerre propagandiste secrète de la Grande-Bretagne], « la vaste entreprise de l’IRD avait un seul objectif : diffuser sans cesse sa propagande (c’est-à-dire un mélange de mensonges intégraux et de faits déformés) parmi les journalistes de premier plan qui travaillaient pour des agences et des magazines importants, y compris Reuters et la BBC, ainsi que toutes les chaînes accessibles. Il a travaillé à l’étranger pour discréditer les partis communistes d’Europe occidentale, qui pourraient accéder à une partie du pouvoir par des moyens totalement démocratiques, et dans le pays pour discréditer la Gauche britannique ».

L’IRD devait devenir une machine de désinformation auto-réalisatrice pour l’extrême-droite de l’élite internationale du renseignement, offrant à la fois des informations fabriquées et distordues aux organes de presse « indépendants », puis en utilisant l’histoire ainsi blanchie comme « preuve » de la validité de la fausse information. Une telle entreprise de premier plan instaurée grâce à l’argent de la CIA a été le Forum World Features, administré à un moment donné par l’acolyte de Burnham, Brian Rossiter Crozier. Décrit par le biographe de Burnham, Daniel Kelly comme un « analyste politique britannique », le légendaire Brian Crozier a fonctionné en réalité pendant plus de cinquante ans comme l’un des principaux propagandistes et agents secrets de Grande-Bretagne.

Si l’on est aujourd’hui choqué par le jugement rapide, biaisé, partial et xénophobe qui accuse la Russie d’avoir influencé l’élection présidentielle de 2016, il n’est pas nécessaire de chercher plus loin que dans le placard des plans de Brian Crozier. Comme un officier de l’armée américaine qui a participé à la première guerre en Afghanistan en 1982 nous l’a dit, les États-Unis n’avaient pas besoin de « preuve que les Soviétiques utilisaient des gaz toxiques » et ils n’ont pas besoin de preuves contre la Russie aujourd’hui. Crozier pourrait être décrit le mieux comme un croyant rêveur, un dangereux impérialiste qui met ses rêves en scène les yeux ouverts. Du début de la Guerre froide à sa mort en 2012, Crozier et son protégé Robert Moss ont fait de la propagande au nom des dictateurs militaires Francisco Franco et Augusto Pinochet, ont mis sur pied des organisations privées de renseignement pour déstabiliser des gouvernements au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique latine et en Afrique, et ont travaillé à délégitimer des politiciens en Europe et en Grande-Bretagne, considérés comme insuffisamment anti-communistes. Le mandat de son Institut pour l’étude du conflit (ISC dans son sigle anglais), instauré en 1970, était de révéler la prétendue campagne de subversion mondiale du KGB et de publier des histoires diffamant quiconque les remettait en question comme un crédule, un traître ou un espion communiste. Crozier considérait The Machiavellians comme ayant eu une influence formatrice essentielle dans son propre développement intellectuel, et il a écrit en 1976 : « En effet, c’est ce livre, par dessus tous les autres, qui m’a enseigné comment [c’est Crozier qui souligne] penser la politique. » La clé de la pensée de Crozier était la distinction opérée par Burnham entre le sens « formel » du discours politique et le sens « réel », un concept qui n’était bien sûr compris que par les élites. Dans un article de 1976, il s’émerveillait de la façon dont la compréhension de la politique par Burnham couvrait 600 ans et comment l’usage du « formel » pour dissimuler le « réel » n’était pas différente de celle utilisée par « l’esprit médiéval probablement éclairé » de Dante Alighieri. « Le fait est aussi valable aujourd’hui qu’il l’était dans les temps anciens et au Moyen Âge à Florence, ou en 1943. Une majorité écrasante d’auteurs et d’orateurs politiques continuent à utiliser la méthode de Dante. Selon le degré d’obscurcissement requis (par les circonstances ou par le caractère d’une personne), le divorce entre le sens formel et le sens réel est plus ou moins absolu. »

Mais Crozier était plus qu’un simple penseur stratégique. Crozier était un agent secret politique de haut niveau, qui a utilisé le talent de Burnham pour obscurcir les choses et son expérience de la Quatrième Internationale pour saper la détente et mettre en scène le recul de l’Union soviétique.

Lors d’une réunion secrète dans une banque de la City de Londres en février 1977, il a même breveté une organisation de renseignement opérationnel privée connue comme la 6e Internationale (6I), pour reprendre là où Burnham avait abandonné ; politiser et bien sûr privatiser bon nombre de sales coups que la CIA et d’autres services de renseignement ne pouvaient plus se permettre d’être pris en train de faire. Comme il l’explique dans son livre de mémoires Free Agent, le nom 6I avait été choisi « parce que la Quatrième Internationale s’était divisée. La Quatrième Internationale était celle des trotskystes, et lorsqu’elle s’est divisée, cela a signifié que sur le papier il y avait cinq Internationales. Dans le jeu des nombres, nous constituerions la Sixième Internationale, ou la ‘6I’ ».

La collaboration de Crozier avec de nombreux « employés du Congrès compétents et diligents » ainsi qu’avec « le remarquable général Vernon (‘Dick’) Walters, récemment retraité de son poste de directeur adjoint du Renseignement central […] » a cimenté la montée des néoconservateurs. Lorsque Carter a cédé au Groupe B et au complot du néoconservateur Zbigniew Brzezinski, son conseiller à la Sécurité nationale, pour tromper les Soviétiques et les attirer dans leur Vietnam en Afghanistan, cela a accompli la mission de Burnham et livré le monde aux machiavelliens, sans que personne n’en soit plus sage. Lorsque George Orwell écrivait, dans son livre Second Thoughts on James Burnham « Ce que Burnham se souciait principalement de montrer [dans The Machiavellians] est qu’une société démocratique n’a jamais existé et, pour autant qu’on puisse le voir, n’existera jamais. La société est par nature oligarchique, et le pouvoir de l’oligarchie repose toujours sur la force et la fraude… Le pouvoir peut parfois être gagné et conservé sans violence, mais jamais sans fraude. »

Aujourd’hui, le traité politique de Dante, De Monarchia, utilisé par Burnham pour expliquer sa compréhension médiévale de la politique, pourrait être heureusement remplacé par la Divine comédie du même Dante, une comédie paranoïaque pleines d’erreurs, dans laquelle la porte de l’enfer s’ouvre devant chacun et devant tous, y compris les élites, peu importe leur statut. Ou, comme ils disent en Enfer, Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate. Vous qui entrez ici, laissez toute espérance.

Paul Fitzgerald and Elizabeth Gould sont les auteurs de Invisible History: Afghanistan’s Untold Story, Crossing Zero The AfPak War at the Turning Point of American Empire et The Voice. Leurs sites : invisiblehistory et grailwerk

Sources :

Part 1: American Imperialism Leads the World Into Dante’s Vision of Hell
Part 2: How Neocons Push for War by Cooking the Books
Part 3: How the CIA Created a Fake Western Reality for ‘Unconventional Warfare’
Part 4: The Final Stage of the Machiavellian Elites’ Takeover of America

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker francophone

 

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L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis (3/4)

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La Russie, #Terrorisme, #La guerre, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les transnationales

L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis (3/4)


Par Paul Fitzgerald et Elizabeth GouldLe 10 mai 2017 – Source The Saker

« Les effets maléfiques de la presse quotidienne moderne » – Puck, magazine américain 1888

 

Partie 3 – Comment la CIA a créé une fausse réalité occidentale pour la « guerre non conventionnelle »

L’idéologie étrange, psychologiquement conflictuelle et politiquement créatrice de division, communément appelée néoconservatisme, peut revendiquer de nombreux parrains. Irving Kristol, le père de William Kristol, Albert Wohlstetter, Daniel Bell, Norman Podhoretz viennent immédiatement à l’esprit et il y en a beaucoup d’autres. Mais à la fois dans sa théorie et dans sa pratique, le titre de père fondateur du programme néoconservateur d’une guerre sans fin qui domine la pensée de la Défense et la politique étrangère américaines pourrait être attribué surtout à James Burnham.

Ses écrits des années 1930 ont fourni un vernis intellectuel oxfordien raffiné au Parti socialiste des travailleurs et, en tant que conseiller proche du communiste révolutionnaire Léon Trotsky et de sa Quatrième Internationale, il a appris les tactiques et les stratégies d’infiltration et de subversion politique de première main. Burnham s’est révélé dans son rôle d’« intellectuel trotskyste » jouant de sales tours à ses ennemis politiques, en concurrençant les mouvements marxistes, en détournant leur loyauté et en pillant leurs meilleurs talents.

Burnham a renoncé à son allégeance à Trotsky et au marxisme sous toutes ses formes en 1940, mais il emporterait avec lui leurs tactiques et leurs stratégies d’infiltration et de subversion et transformerait leur méthode du matérialisme dialectique pour l’utiliser contre eux. Son ouvrage de 1941, The Managerial Revolution, lui apportera célébrité et fortune, et l’établira comme un prophète politique astucieux, sinon tout à fait précis, relatant l’émergence d’une nouvelle classe de l’élite technocratique. Son ouvrage suivant, The Machiavellians, marque son éloignement de l’idéalisme marxiste au profit d’un réalisme très cynique et souvent cruel, dans sa croyance en l’inévitable échec de la démocratie et la montée de l’oligarchie. En 1943, il mettra tout cela dans une note pour le Bureau américain des services stratégiques, l’OSS, dans lequel son anti-stalinisme trotskyste trouvera sa voie dans la doctrine de l’agence. Et dans son livre de 1947, The Struggle for the World, Burnham développera sa dialectique de confrontation/d’antagonisme contre l’Union soviétique en une politique permanente, apocalyptique de guerre sans fin. En 1947, la transformation de James Burnham, passé d’un communisme radical à un conservatisme partisan du Nouvel Ordre mondial américain, était complète. Son Struggle for the World avait effectué un tournant français sur la révolution communiste permanente de Trotsky et l’avait transformée en un plan de bataille permanent, en faveur d’un empire américain mondial. Tout ce qu’il fallait pour compléter la dialectique de Burnham était un ennemi permanent, et cela exigera une campagne psychologique sophistiquée pour maintenir la haine de la Russie en vie pendant des générations.

L’ascension des Machiavelliens

En 1939, Sidney Hook, collègue de Burnham à l’Université de New York et son camarade philosophe marxiste, avait contribué à fonder un Comité anti-stalinien pour la liberté culturelle comme élément d’une campagne contre Moscou. Pendant la guerre, Hook avait aussi abandonné le marxisme et, comme Burnham, il s’est retrouvé en quelque sorte dans l’étreinte chaleureuse de la communauté américaine du renseignement de droite, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale. Hook était considéré par le Parti communiste comme un traître et une « vipère contre-révolutionnaire » pour ses activités et, en 1942, il transmettait des informations sur ses camarades au FBI.

La vente des vertus de la culture américaine aux élites européennes appauvries et dépossédées était fondamentale pour construire l’empire américain après la guerre et les écrits précoces de Burnham ont été la source d’inspiration à partir desquelles serait construite une nouvelle contre-culture de la « Liberté ». En tant que vétérans de la guerre trotskyste interne, Burnham and Hook étaient experts dans l’art de l’infiltration et de la subversion, et avec The Machiavellians : Defenders of Freedom de Burnham comme modèle, ils ont entrepris de peindre en couleurs sombres tout ce que faisaient ou disaient les Soviétiques.

Comme Burnham l’exprimait clairement dans ses Machiavellians, sa conception de la Liberté signifiait autre chose que la liberté intellectuelle ou les libertés définies par la Constitution américaine. Ce qu’elle signifiait vraiment était la conformité et la soumission. La Liberté de Burnham ne s’appliquait qu’aux intellectuels (les machiavelliens) désireux de dire au peuple la dure vérité sur les réalités politiques impopulaires auxquelles il faisait face. C’étaient les réalités qui inaugureraient le meilleur des mondes de la classe des entrepreneurs s’engageant à refuser aux Américains la démocratie même dont ils pensaient jouir déjà. Comme Orwell l’observait en 1946 dans ses Second Thoughts, à propos des croyances machiavelliennes de Burnham : « Le pouvoir peut parfois être gagné ou maintenu sans violence, mais jamais sans fraude, parce qu’elle est nécessaire pour utiliser les masses… »

En 1949, la CIA s’occupait activement à tromper les masses en soutenant secrètement la gauche soi-disant non communiste et se comportait comme si elle n’était que l’émanation spontanée d’une société libre. En mettant la gauche au service de son empire en expansion, la CIA exécutait un tournant français en son sein, en y choisissant les meilleurs et les plus brillants, ce qu’a institutionnalisé la création de l’État de sécurité nationale. Assisté par le Département britannique de recherche et d’information, l’IRD, la CIA a recruté d’anciens agents de désinformation soviétiques formés avant la guerre, qui avaient organisé des groupes activistes non communistes à Moscou, et les a mis au travail. Comme Frances Stoner Saunders l’écrit dans son livre, The Cultural Cold War [La Guerre froide culturelle], « ces anciens propagandistes en faveur des Soviétiques ont été recyclés, blanchis de toute tache de communisme, accueillis par les stratèges gouvernementaux qui voyaient dans leur conversion une occasion à ne pas manquer de saboter la machine de propagande soviétique dont ils avaient autrefois huilé les rouages ».

De son propre aveu, la stratégie de la CIA de promotion de la gauche non communiste deviendrait le fondement théorique des opérations politiques anti-communistes de l’Agence pendant les deux décennies suivantes. Mais la guerre culturelle, où tous les coups étaient permis contre le communisme soviétique, a sérieusement commencé en mars 1949, lorsqu’un groupe d’éminentes personnalités de la littérature et des arts se sont rassemblées à l’hôtel Waldorf Astoria à New York, pour une une conférence « culturelle et scientifique » de soutien à la paix parrainée par les Soviétiques. Sydney Hook et James Burnham étaient déjà activement impliqués dans le recrutement d’adhérents pour contrer les efforts du Bureau d’information communiste de Moscou (Cominform) visant à influencer l’opinion occidentale. La conférence du Waldorf leur a donné l’occasion de se livrer à des coups tordus dont ils auraient seulement pu rêver.

Des manifestants organisés par une coalition droitière de groupes catholiques et par la légion américaine ont chahuté les hôtes à leur arrivée. Des nonnes catholiques ont prié à genoux pour les âmes des athées présents. Rassemblés dans une suite du dixième étage, une bande d’anciens trotskystes et communistes conduits par Hook ont intercepté le courrier de la conférence, falsifié les communiqués de presse officiels et publié des tracts exigeant des orateurs qu’ils avouent leur passé communiste.

Finalement, la conférence est devenue un théâtre de l’absurde que Hook et Burnham utiliseraient pour vendre Frank Wisner au Bureau de la coordination politique de la CIA et pour démarrer la campagne de propagande.

Le Congrès pour la liberté culturelle : coûte que coûte 1

S’appuyant sur le pouvoir inexploité de la Quatrième Internationale, la campagne a débuté le 26 juin 1950, au Titania Palace dans Berlin occupé. Nommé d’après l’idée de Hook de 1939 d’une commission culturelle, le « Manifeste de la liberté » en quatorze points du Congress for Cultural Freedom (Congrès pour la liberté culturelle) visait à identifier l’Occident avec la liberté. Et puisque tout ce qui concerne l’Occident était dit libre, libre, libre, il allait sans dire que tout ce qui venait de l’Union soviétique ne l’était pas.

Organisée par Burnham et Hook, la délégation américaine représentait un who’s who des intellectuels américains de l’après-guerre. Les billets pour Berlin étaient payés par le Bureau de la coordination politique de Wisner, au travers d’organisations de premier plan ainsi que par le Département d’État, qui aidaient à organiser le voyage, les dépenses et la publicité. Selon l’historien de la CIA Michael Warner, le financeur de la conférence considérait que l’argent était bien dépensé avec un représentant du ministère de la Défense la qualifiant de « guerre non conventionnelle optimale ».

Burnham constituait la liaison essentielle entre le bureau de Wisner et une intelligentsia passant avec aisance de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. Burnham trouvait que le Congrès était un endroit où fulminer, non seulement contre le communisme, mais aussi contre la gauche non communiste et en a laissé beaucoup se demander si ses positions n’étaient pas aussi dangereuses pour la démocratie libérale que le communisme. Selon Frances Stoner Saunders, des membres de la délégation britannique trouvaient que la rhétorique sortant du Congrès était un signe profondément troublant des choses à venir. « Hugh Trevor-Roper était horrifié par le ton provocateur… ‘Il y a eu un discours très violent et en effet presque hystérique de Franz Borkenau. Il a parlé en allemand et je regrette de dire que pendant que je l’écoutais, que j’entendais les approbations bruyantes de l’immense auditoire, j’ai pensé, eh bien, que c’étaient les mêmes personnes qui, il y a sept ans, approuvaient probablement de la même manière les mêmes dénonciations allemandes du communisme lancées par le Dr. Goebbels au Palais des sports. Et j’ai pensé, eh bien, à quel genre de gens nous identifions-nous ? Cela a été le plus grand choc pour moi. Il y a eu un moment pendant le Congrès où j’ai compris que nous avions été invités à convier Belzébuth pour vaincre Staline’. »

Le Congrès pour la liberté culturelle n’avait pas besoin de Belzébuth, il l’avait déjà sous la forme de Burnham, Hook et Wisner et, en 1952, ce n’était que le début. Burnham a travaillé sans relâche pour que Wisner légitime le Congrès comme une plateforme pour les machiavelliens aux côtés d’anciens communistes et même de nazis, y compris le général SS Reinhard Gehlen et son unité de renseignement de l’armée allemande qui avait été introduite dans la CIA après la guerre, intacte. E. Howard Hunt, « plombier » du Watergate, célèbre pour ses coups tordus à la CIA, a évoqué Burnham dans ses mémoires : « Burnham était consultant de l’OPC sur presque tous les sujets intéressant notre organisation […] Il avait de très nombreux contacts en Europe et, en raison de son passé trotskyste, il faisait autorité sur les partis communistes locaux et étrangers et les organisations importantes. »

En 1953, Burnham est de nouveau appelé par Wisner à dépasser le communisme pour aider à renverser le Premier ministre démocratiquement élu, Mohammed Mossadegh, à Téhéran, apparemment parce que Wisner pensait que le plan nécessitait « une touche de machiavélisme ». Mais la plus grande contribution de Burnham en tant que Machiavel devait encore venir. Son livre, The Machiavellians: Defenders of Freedom deviendrait le manuel de la CIA pour remplacer la culture occidentale par une doctrine alternative de conflit sans fin dans un monde d’oligarques et finalement ouvrir les portes d’un Enfer duquel il serait impossible de revenir.

Paul Fitzgerald et Elizabeth Gould

L’article original est paru sur Truthdig

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker francophone

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  1. Jeu de mots intraduisible, jouant sur le nom de Hook et l’expression « by hook or by crook », coûte que coûte ou par n’importe quel moyen. ↩
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Syrie : Comment les médias mensonges refusent de reconnaitre leurs manipulations basées sur des « fake news ». Par Silvia Cattori

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Syrie : Comment les médias mensonges refusent de reconnaitre leurs manipulations basées sur des « fake news »

 

Les médias traditionnels, qui durant 6 ans ont trompé le public en lui livrant sur la Syrie une information mensongère – propagée par l’OSDH et les Casques blancs, des ONG liées notamment au groupe terroriste al-Nosra – tentent maintenant de discréditer tout témoignage qui les met en cause [*] en diffamant les témoins et en accusant « les médias pro-Assad« .

On peut voir, ci-dessous, comment Le Monde et France culture tentent de se défausser en prétendant que Omrane, « est devenu, aujourd’hui, un outil de propagande du gouvernement de Bashar el-Assad« .

Voir, en pied de page, la réponse de Moscou aux accusations des  médias [**]. [ASI]

 


Omrane, le petit Syrien sauvé des décombres d’Alep, réapparaît sur les médias du régime

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Luc Vinogradoff

L’enfant et son père sont apparus dans plusieurs médias pour défendre le régime et accuser les rebelles d’avoir voulu les instrumentaliser.

 

Extraits

Manipulation et capital médiatique

On peut douter que la succession de quatre interviews en à peine quelques jours, lors desquelles les mêmes propos sont répétés et les mêmes accusations lancées, ait été organisée sans l’aval, ou même l’impulsion de Damas. Les informations sur la guerre diffusées par les médias officiels syriens sont en effet étroitement contrôlées par le régime. Les autres médias – russes, iraniens, libanais – peuvent être considérés comme bienveillants envers Damas.

« LA SITUATION ME FAIT DIRE QU’ILS ONT PROBABLEMENT ÉTÉ CONTRAINTS »

« Ils sont dans une zone sous contrôle du gouvernement et c’est un gouvernement dont on sait qu’il arrête et torture ceux qui le critiquent, opine la chercheuse Valerie Szybala, du Syria Institute. La situation me fait dire qu’ils ont probablement été contraints. »

Mais avant même sa réapparition médiatique, le petit Omrane avait déjà été instrumentalisé. Pendant que les opposants au régime médiatisaient son sort, Bachar Al-Assad disait à une télévision suisse que la photo « n’était pas réelle et avait été retouchée », qu’elle « faisait partie de la publicité de ces casques blancs ».

On peut considérer cela comme une réponse à John Kirby, porte-parole du département d’Etat américain, qui avait baptisé à la même époque Omrane de « vrai visage » de la guerre syrienne.

Aujourd’hui, les médias pro-Assad tentent de récupérer pour la Syrie et ses alliés l’image de la famille Daqneesh et son capital médiatique. Dans la foulée de toutes ces interviews, l’ambassade russe au Royaume-Uni, qui ne renonce jamais à l’ironie, s’est par exemple félicitée, de façon très sérieuse, que « le garçon syrien dont l’image avait été exploitée par les médias propagandistes pour empêcher la libération d’Alep soit en bonne santé. C’est pour cela que la Russie se bat ».

Lire l’article entier sur Le Monde.fr

 


Souffrance et instrumentalisation en Syrie

Par Thomas CLUZEL – 08.06.2017

Source: France culture

«Venez voir la réalité» : Moscou met une journaliste de CNN au défi de rencontrer le «garçon d’Alep»

 
 
Syrie : Comment les médias mensonges refusent de reconnaitre leurs manipulations basées sur des « fake news ».  Par Silvia Cattori
© AFP / Ruptly Source: AFP
A gauche, la journaliste vedette de CNN Christiane Amanpour. A droite, le petit Omran Daqneesh jouant au ballon.

Le ministère russe des Affaires étrangères a proposé à la journaliste américaine Christiane Amanpour de CNN de rencontrer le «garçon d’Alep» dont elle avait utilisé la photo devenue virale pour critiquer les actions militaires de Moscou en Syrie.

Tout le monde se souvient de cette fameuse photo du petit garçon assis à l’arrière d’une ambulance, blessé et recouvert de cendres à la suite d’une frappe aérienne, dans la ville syrienne d’Alep. Le cliché avait été pris par les controversés Casques blancs opérant en Syrie et était devenu viral dans le monde entier en quelques heures.

Les principaux médias occidentaux avaient massivement repris la photo du petit garçon, qui répond au nom d’Omran Daqneesh, pour décrire la souffrance des populations civiles à Alep, à l’époque divisée entre les forces pro-gouvernementales et rebelles, théâtre de combats meurtriers.

La journaliste vedette de CNN Christiane Amanpour avait notamment utilisé cette photo lors de son entretien en octobre 2016 avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, afin d’interroger ce dernier sur le soutien de la Russie aux forces du prédisent syrien Bachar el-Assad dans le conflit qui déchire le pays depuis 2011.

«Que répondez vous aux civils, qui demandent seulement de ne pas être bombardés en permanence ?», avait demandé la journaliste à Sergueï Lavrov. Puis, montrant au chef de la diplomatie russe la fameuse photo du garçon, elle avait ajouté : «C’est un crime de guerre, monsieur.»

Mais récemment, l’histoire du petit Omran Daqneesh a refait surface dans les médias aux quatre coins du monde, après le témoignage de sa famille auprès de certains journalistes, dont ceux de l’agence vidéo affiliée à RT, Ruptly. Le père du garçon, Mohammad Kheir Daqneesh a notamment accusé les Casques blancs d’avoir utilisé sa famille à des fins de propagande.

Moscou propose à Christiane Amanpour de se rendre sur place pour voir la réalité des faits

Le 7 juin, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a mis au défi Christiane Amanpour de se rendre sur place, à Alep, afin de rencontrer la famille du garçon dont elle s’était servie de la photo pour critiquer les opérations militaires de Moscou dans le conflit syrien.

«Elle pourrait avoir assez de courage, d’éthique professionnelle journalistique et de conscience humaine pour aller au bout de l’histoire. Qu’elle se rende en Syrie, à Alep, qu’elle trouve ce garçon et sa famille et s’entretienne avec eux de manière honnête, sans toutes ces mises en scène si propres à CNN», a déclaré Maria Zakharova.

Puis, s’adressant directement à Christiane Amanpour, la porte-parole du Kremlin a ajouté : «Vous pourrez poser toutes vos questions, même les plus difficiles et produire un véritable reportage sur ce qui est arrivé à ce garçon, ainsi que sur la façon dont les médias américains ont instrumentalisé sa photo, son histoire et plus généralement, le destin même de la Syrie depuis des années.»

En résumé, Maria Zakharova a estimé que les médias traditionnels, notamment CNN, avaient été pris «en flagrant délit» d’instrumentalisation de l’image du «garçon d’Alep» et devraient en porter la responsabilité.

La rédactrice en chef de RT Margarita Simonyan a proposé sa collaboration afin d’organiser une entrevue entre Christiane Amanpour et la famille d’Omran Daqneesh, directement à Alep.

«La prochaine fois, Christiane Amanpour et tout autre journaliste de CNN pourront venir avec nous sur le terrain. S’ils ont le courage de parler à ce garçon et à sa famille», a-t-elle déclaré.

Russia Today | 8 juin 2017

Lire aussi : Le photographe du petit garçon d’Alep serait en lien avec les rebelles décapitateurs d’enfants

«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep

Source: https://francais.rt.com/international/39401-venez-voir-realite-moscou-met-journaliste-cnn-au-defi-de-rencontrer-garcon-alep


 

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Syrie : l'émission d'Envoyé Spécial chez les terroristes et leurs supports

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #le nazisme, #l'horreur économique

Syrie : l'émission d'Envoyé Spécial chez les terroristes et leurs supports

 
09 juin 2017
Par : 
Axel Kaça

France 2 et son émission « Envoyé Spécial » ont diffusé jeudi 8 juin un reportage intitulé « Bachar : un ami encombrant ».

Voici le résumé de France 2: «C’est une épine dans le pied du nouveau Président Macron, son dossier le plus brûlant sur la scène internationale : Bachar Al-Assad, l’ex-ami de la France, est devenu le cauchemar de notre diplomatie. Au nom de la lutte contre la menace terroriste, peut-on pactiser avec un dictateur qui a mis son pays à feu et à sang ? Faut-il renouer avec lui et en faire notre allié dans le combat contre Daech ?

Ce documentaire inédit de 52 minutes, le "Document de Complément d’enquête", réunit les acteurs majeurs qui se sont heurtés au "casse-tête Bachar" : Laurent Fabius, Alain Juppé, Claude Guéant, Jean-Yves Le Drian mais aussi des agents du renseignement et d’anciens amis d'Al-Assad. Ils revisitent vingt ans de relations sulfureuses avec l’homme fort de Damas, vingt ans d’illusions et de paris perdus.

Dans cette enquête, François Hollande revient sur les frappes françaises avortées contre le régime syrien en 2013. L’occasion, selon le président sortant, d’en finir avec le “régime du tyran Bachar“. » Nous sommes plongés directement dans le thème, la continuation de la propagande « anti Bachar ». Tout commence par une scène de François Hollande ou celui-ci nous explique que le maintien au pouvoir du président syrien « n’est pas un échec personnel » puisqu’il « a tout fait pour qu’il puisse y avoir une solution en Syrie » , « que Bachar Al-Assad soit considéré comme un problème et non pas comme une solution » et qu’il « a tout fait pour punir ce régime qui faisait des atrocités et qu’il en fait encore ». L’ancien président français a effectivement tout fait pour faire tomber la république syrienne, en soutien aux nombreux groupes islamistes qui n’ont semé que misère et chaos partout où ils passaient.

Ensuite, retour en arrière. On nous montre comment Bachar Al-Assad se retrouva à devoir prendre des responsabilités politiques suite au décès de son frère ainé Bassel Al-Assad et qu’il héritera du « lourd héritage de son père, le général Haffez Al-Assad, l’incarnation du vieux despote, qui durant 30 ans a bâti par la terreur une des dictatures les plus fermées au monde ». Il lui est également reproché d’avoir mis en échec la révolte islamiste à Hama en 1982 qui aurait fait « 30.000 morts ». Rien que ça…

Le reportage expose la relation entre Jacques Chirac et Bachar Al-Assad. Le jeune président apparait alors comme quelqu’un sans expérience, peu impressionnant et facilement manipulable par Jacques Chirac qui le « prend sous son aile » jusqu'à l'événement qui marquera une grande fracture entre les deux pays: l’assassinat du 1er ministre libanais de l’époque Rafiq Hariri, le 14 février 2005, à Beyrouth. Les « soupçons se tournent alors vers le maitre de Damas », « devenu un paria, un criminel aux yeux de la communauté internationale » jusqu’en 2007 quand Nicolas Sarkozy deviendra le nouveau président français et renouera le dialogue car « il s’est mis en tête de convertir les dictateurs du monde arabe à la démocratie et aux marchés ». La phrase est forte et met clairement en avant l’objectif de l’empire: soumettre les derniers bastions de résistance dans le monde arabe.

S’en suit une exposition des allées et venues des représentants des deux pays l’un chez l’autre, « le dictateur opère son grand retour en Occident », « l’heure de la revanche a sonné pour Bachar ». Le président Assad est accusé d’avoir fait de nombreuses promesses sur l’évolution de la Syrie, promesses qu’il n’aurait jamais tenues. « Bachar joue la proximité avec le président français et le charme opère ». Frédéric Mittérand parle de « la technique de Bachar, la courtoisie anglo-saxonne » et le définit comme « charmant, prévenant et attentif ». Tout cela est décrit comme « un numéro bien rodé », « le grand jeu pour occidentaux », le « dictateur » serait donc un manipulateur et cherche à blanchir son image de « tyran » car « pendant ce temps tout les opposants sont emprisonnés même les plus modérés et sont torturés ». Quelques images également sur les contrats entre les deux pays pour d’immenses projets d'investissements qui ne verront jamais le jour car « Bachar impose que les contrats passent par les entreprises de son cousin », c’est « la corruption du gouvernement et du clan Assad ».

Nous arrivons en 2011, date des premiers événements de ce qui deviendra par la suite, une longue guerre. « En Syrie, après quarante ans sous la dictature des Assad le peuple sent venir son heure », nous avons à nouveau le droit à la fameuse histoire des enfants arrêtés et torturés pour avoir tagué sur un mur, « c’est le début des protestations qui en quelques semaines s’étendent ville par ville à travers tout le pays » et Bachar « ordonne à ses troupes de tirer sur les manifestants au début pacifiques ». Le gouvernement français se persuade que Assad devra partir et que ce n’est qu’une question de semaines.

Le reportage accorde quelques mots à Eric Chevalier, ancien ambassadeur de France à Damas de 2009 à 2012 qui nous raconte ce qu’il disait au gouvernement français depuis Damas: « Il y a un régime qui est fort et qui ne donne pas du tout l’impression de vouloir céder et avec une unité du système militaire et sécuritaire qui semble assez forte et on a dit qu’il y a des facteurs de résistance qui font, qu’il nous semble que Bachar ne tombera probablement ni rapidement ni facilement » et lorsque le journaliste lui demande ce qu’on lui a répondu, « évidemment cela crée un peu de surprise parce que les gens sont dans le sentiment qu’il y a eu la Tunisie, Ben Ali est tombé, il y a eu l’Egypte, Moubarak est tombé, Khadafi n’est plus là et qu’il y a un mouvement de l’histoire qui est en train de se produire et qui est inéluctable aussi pour Bachar ».

Le journaliste du Figaro Georges Malbrunot dit clairement que « Eric chevalier n’est plus audible à Paris. on l’appelle, on lui dit « on en a marre de tes télégrammes, on ne veut plus entendre ce discours, Bachar Al-Assad doit tomber, Bachar Al-Assad va tomber». Monsieur Chevalier parle à demi-mot, mais ce qu’il dit apparait comme évident. La France ne veut aucunement tenir compte de la réalité du terrain et veut à tout prix la chute de la république arabe syrienne, alors que celle-ci fait face à des groupes jihadistes. 2012, François Hollande prend place à l’Elysée, comme son prédécesseur il reconnait le « Conseil National Syrien » comme seul représentant légitime du peuple syrien et soutient sans conditions les troupes de « l’armée syrienne libre » en livrant des armes « en étant sur qu’elles aillent entre de bonnes mains » dit-il. 2013, « les rebelles sont aux portes de Damas et Bachar est prêt à tout pour les écraser » nous dit-on.

Nous avons le droit, une fois de plus au « massacre de la Ghouta » le 21 aout 2013, un « bombardement au gaz Sarin » imputé au président syrien, sans la moindre preuve. Lors de cet entretien, François Hollande dit « que nous avons tous les éléments pour punir le régime et Bachar Al-Assad ». Jean Yves le Drian parle lui de « la ligne rouge internationale qui a été franchie ». Le reportage nous rappelle alors que la France a pris en main une coalition pour entrer en guerre contre le régime syrien avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Finalement Cameron fut contraint d’abandonner le projet et Obama en fit de même. « La punition » contre le « régime syrien » avec cinq missiles devant s’abattre sur Damas n’aura pas lieu.

2014, le groupe Daesh s’empare de vastes territoires de la Syrie. Le reportage a le culot de dire que le groupe terroriste a réussi à « enrôler des centaines d’européens déçus de l’inaction de leurs gouvernements face à Bachar Al-Assad », et pourquoi ne pas en faire des héros libérateurs ?!

Le reportage met alors en avant la bêtise de la diplomatie française révélant que celle-ci ne sait pas qui choisir entre combattre Daesh et/ou combattre le « régime syrien » car affaiblir Daesh c’est aider le pouvoir syrien. Assad en profiterait alors pour lancer « une guerre des images » et « se poser en rempart face a Daesh ». Eric Pelletier journaliste au « Parisien » qualifie cela de « piège tendu par Assad ».

Les aviations syriennes et russes sont alors accusées de bombarder essentiellement les « rebelles » et « d’épargner les positions de Daesh, ennemi si utile pour Assad » et Bassma Kodmani, opposante syrienne rajoute: « la présence de Daesh renforce le régime, aujourd’hui lorsque Daesh occupe un territoire ceux qui le combattent ce n’est pas le régime, le régime s’en va quand Daesh arrive, le régime intervient même parfois pour permettre à Daesh de prendre des territoires ». C’est ignoble de dire des tels mensonges, quand, chaque jour de jeunes soldats de l’armée loyaliste combattent et meurent face à Daesh.

Le reportage se conclut par une voix-off nous disant « qu’à lui seul le dictateur aura provoqué le chaos dans son pays désormais réduit en partie à un tas de ruines ». Le service public français a une fois de plus montré à quel point il peut aller dans l’ignominie, dans la propagande la plus abjecte et mensongère contre le président légitime syrien soutenu par une très grande majorité de son peuple.

Le pays est dans cette situation à cause de l’ingérence systématique de nombreux pays, y compris la France, qui ont choisi pour alliés contre le peuple syrien des personnes qu’ils qualifient de terroristes chez eux mais de rebelles "modérés" en Syrie.

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Commentaires sur facebook : 

Claire Bobin ; Ce soir France 2 passe un envoyé spécial à charge contre le Président syrien et la Syrie, documentaire rempli de propagande et de mensonges !!! Honteux on peut mieux les contrer quand on les observe... ils ont détourné des images, des propos, une voix off masquait les dialogues ...ils tentent vraiment tout pour nous cacher leurs crimes nos va-t'en-guerre de l'UE !

Axelle Bertrand : Claire Bobin c'est fait je viens de regarder le reportage d'envoyé spécial. Un ensemble de vérités transformées en pièges machiavéliques, de mensonges et de morceaux choisis détournés du discours d'origine. Et les gouvernements Français présentés comme des représentants inlassables des droits de l'homme sans buts lucratifs. Et la conclusion à vomir: Bachar Al Assad est le seul responsable de ce chaos en Syrie faisant des milliers de morts. Voilà ce qui farcit le cerveau des européens à longueur d'années. Les médias mensonges : une arme de destruction massive.

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«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep — 07 juin 2017

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La finance dérégulée, #La guerre, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Le fascisme, #l'horreur économique

«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep

«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep  — 07 juin 2017

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Omran Daqneesh arborant un drapeau syrien. © Capture d’écran @j_alashkar 


Omran Daqneesh, l’enfant dont la photo a été érigée comme symbole par les opposants à Bachar el-Assad, vit maintenant avec son père dans la ville libérée. Dans un entretien, celui-ci a dénoncé l’exploitation de l’image de son fils.

Près d’un an après la diffusion de la photo de l’enfant syrien sonné dans une ambulance à Alep, des journalistes de l’agence russe Ruptly sont allés à sa rencontre et se sont entretenus avec lui et son père, dont le soutien au gouvernement syrien n’a pas été ébranlé par les drames vécus par sa famille.

«Je m’appelle Omran Daqneesh, et j’ai quatre ans», a déclaré l’enfant souriant. Son père, Mohammad Kheir Daqneesh, a affirmé à Ruptly que sa famille s’était retrouvée «dans la tourmente» à cause des rebelles et de l’exploitation de leurs problèmes à des fins de «propagande».

Lors de la journée fatidique,  quand sa maison a été touchée, Mohammad Daqneesh s’est mis à la recherche de son fils. Lorsqu’il a enfin réussi à le retrouver, des rebelles étaient déjà en train de le filmer, rapporte-t-il.

@Xerxes92005 Omran’s dad tells how « rebels » traded w/blood of his son & how he was offered money 2 do interviews & attack the govt via @j_alashkar

Le père assure que «les rebelles ont saisi l’opportunité de filmer [sa] famille» alors que lui et ses proches sortaient de la maison.

«Ils ont pris Omran pour lui prodiguer les premiers soins, mais avant ça ils l’ont fait s’asseoir pour pouvoir le photographier. Pourquoi cette photographie ? Parce qu’elle a été utilisée pour exploiter [mon fils], comme s’il avait été visé», s’est indigné Mohammad Daqneesh, avant de dénoncer l’organisation des Casques blancs.

«Ils travaillent avant tout avec la presse, c’est un outil qu’ils utilisent. Ils travaillent ensemble […] pour faire des photographies qui appellent à l’émotion», a-t-il ajouté.

«Nous n’avions rien demandé. Et en plus de tout ça, [les rebelles] m’ont envoyé des menaces, des menaces sans fondements, car je n’ai rien fait de mal. Je n’ai pas conspiré contre le pays, je ne reçois pas de dollars pour faire du mal à mon pays», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait dû raser la tête de son fils et changer son nom afin qu’il ne soit pas reconnu.

«Grâce à Dieu, maintenant la situation s’améliore, l’armée progresse et nous sommes de retour dans nos foyers», a-t-il conclu.

La bataille militaire pour la libération d’Alep, bastion de l’opposition, s’est soldée par la victoire de l’armée arabe syrienne appuyée par son allié russe à la fin de l’été 2016.

RT – 7 juin 2017

Lire aussi : Le photographe du petit garçon d’Alep serait en lien avec les rebelles décapitateurs d’enfants

Source: https://francais.rt.com/international/39366-photo-a-ete-utilisee-pour-omran

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Déclaration du Comité Valmy Face à la dictature néo-pétainiste du régime de Macron Bâtir un front patriotique de progrès

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation ., #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Daesch, #le nazisme, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Déclaration du Comité Valmy
Face à la dictature néo-pétainiste
du régime de Macron
Bâtir un front patriotique de progrès

jeudi 8 juin 2017, par Comité Valmy

Déclaration du Comité Valmy

Face à la dictature néo-pétainiste du régime de Macron

Bâtir un front patriotique de progrès

Le Comité Valmy, considérant que l’élection d’Emmanuel Macron n’a pas été démocratique, qu’elle a été préfabriquée par une manipulation politico-médiatique massive de notre peuple et par l’appareil de l’Etat profond, déclare que le résultat de cette élection présidentielle manque de légitimité. Cette élection a pu à juste titre être analysée comme « la forme la plus élaborée du coup d’État » 1), comme le résultat d’un « putsch sans soldats » 2). Notre Comité approuve le contenu de ces analyses et leur formulation.

 

Le résultat de cette élection, issue d’une manipulation de l’opinion publique, n’est nullement le triomphe annoncé par les médias aux ordres. Il doit être relativisé. Si Macron a été élu avec 66% des suffrages exprimés, les abstentions se chiffraient à 25%, les blancs et nuls à 12%. Cela réduit le score de Macron au second tour à 43% des inscrits (dont encore 43% de vote rejet contre Marine Le Pen. Donc en réalité, seulement 24,51% des inscrits ont voté pour lui par conviction) - contre 18% des inscrits au premier tour. Au regard du caractère massif des moyens (notamment étatiques et médiatiques) utilisés pour orchestrer la tromperie des citoyens, cela ne présente rien d’extraordinaire.

 

Cette élection truquée illustre un changement profond de la nature de notre société, qui n’est plus démocratique ni véritablement républicaine. Les européistes de l’UMPS et leurs alliés, après avoir choisi la servitude volontaire en rejetant l’indépendance nationale et la souveraineté populaire, en arrivent maintenant à abandonner, par étapes, les derniers vestiges de la démocratie qui subsisteraient encore dans notre pays. Ils entendent détruire la République une, indivisible et souveraine, pour s’intégrer dans l’Europe fédérale des Länder, selon la volonté de l’impérialisme allemand.

 

Le Comité Valmy estime qu’il a été établi en France une forme de dictature néo-pétainiste au service de l’oligarchie financière de l’Europe atlantiste, germano-américaine et des occidentalistes. Cette aggravation, par les nouveaux collabos, de la trahison nationale et cette mise en cause de la démocratie ainsi que des libertés démocratiques rendent plus urgente que jamais la relance de la politique de rassemblement des patriotes et des souverainistes. Cette démarche est l’une des principales raisons d’être du Comité Valmy, depuis plus de 25 ans. Dans notre pays, il existe de fait deux camps antagonistes :

 

 Le camp des fédéralistes maastrichtiens du PS de l’UMP/PR et de leurs alliés, d’une part,


 Celui des républicains progressistes, des patriotes (qui sont aussi des anti-impérialistes conséquents et les véritables internationalistes) d’autre part. C’est le camp du peuple laborieux et de la Nation, celui du rétablissement de la démocratie ; il combat le pouvoir de l’oligarchie financière qui a vassalisé la France.

 

La ligne de fracture, la contradiction principale, ne se situe pas actuellement dans le clivage gauche-droite, mais oppose de façon inconciliable les forces fidèles à la Nation aux forces atlantistes, occidentalistes et à l’ensemble des collabos européistes.

 

Le Comité Valmy dénonce particulièrement la volonté exprimée par Macron d’intervenir militairement au Moyen-Orient et ailleurs, en dépit des lois internationales et de la Charte de l’ONU. Nous disons Non à la guerre et militons pour que la France défende la Paix, respecte la légalité internationale ainsi que la souveraineté des autres Nations.

 

De nouveau, le Comité Valmy appelle à la constitution, pas à pas, d’un rassemblement des forces patriotiques et authentiquement républicaines, des progressistes et des anti-impérialistes dans un Front Patriotique de Progrès. L’un des axes essentiels de ce rassemblement étant l’énoncé, clair et sans ambiguïté, d’une volonté commune de la sortie de l’euro et de l’Union européenne, qui est non réformable.

 

Dans le domaine des législatives qui approchent il faut mettre tout en œuvre pour empêcher que se constitue une majorité parlementaire autour de Macron et de sa République En Marche. Pas une voix démocratique ne doit aller, dès le premier tour, aux candidats qui s’en revendiquent ou qui se préparent à s’y rallier. L’objectif est de tenter de bloquer tout candidat favorable à Macron en soutenant son adversaire, quel qu’il soit, pour faire obstacle au danger mortifère que le Président compte regrouper sur son nom. Il en va de notre Etat-nation, de la survie de la France elle-même, de son indépendance et de sa souveraineté.

 

Comité Valmy
le 26 mai 2017

Notes :
1 et 2 - Un putsch sans soldats - Général (2s) Henri Roure
http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article8599

Sur son blog, Régis de Castelnau, avocat, exprime une opinion semblable : « Emmanuel Macron doit en premier lieu son élection à une forme de coup d’État, qui a impliqué la haute fonction publique, les médias et le grand capital. » …

http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article8598

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La paix, c’est la guerre ; l’obéissance rend libre . Par Régis Chamagne

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Le fascisme

La paix, c’est la guerre ; l’obéissance rend libre

Les GOPÉ 2017 (grandes orientations pour les politiques économiques) ont été publiées récemment par nos Maîtres de la Commission européenne, en vertu de l’article 121 du TFUE (traité sur le fonctionnement de l’Union européenne) que je décrypte dans mon livre « Relève-toi ».

Ce texte est relativement court – il compte 9 pages dont 6 pages substantielles – et j’invite chacune et chacun à le télécharger à cette adresse et à le lire intégralement.

Il est écrit dans le style très particulier des fonctionnaires européens, en novlangue ultralibérale. Il commence par l’analyse de la situation sous l’angle ultralibéral, celui de l’argent comptable. Par exemple, on dira que les dépenses de santé coûtent trop cher, mais on ne relèvera jamais qu’un système de santé nationalisé produit beaucoup plus de santé publique par franc dépensé qu’un système privé à l’américaine. Consécutivement à l’analyse, il présente les contre-réformes que nos Maîtres de Bruxelles attendent de leurs vassaux parisiens en des termes positifs. j’ai retenu quelques exemples pour cet article.

Morceaux choisis

(3) En particulier, la France se caractérise par un faible niveau de compétitivité et une dette publique élevée et en augmentation, dans un contexte de faible croissance de la productivité.

En novlangue de Bruxelles, faible compétitivité signifie salaires trop élevés et dette publique est à rattacher à services publics.

(9) Les économies découlant des revues de dépenses pourraient être nettement augmentées si les domaines de dépenses examinés étaient élargis et si une stratégie pluriannuelle était mise en œuvre afin que les possibilités d’économies identifiées se traduisent par des mesures budgétaires concrètes.

Cela signifie que Bruxelles exige une baisse des investissements publics sur le long terme. Les deux éléments de la phrase sont importants : investissements publics et long terme.

(10) De récentes évaluations suggèrent également que le regroupement de tous les dispositifs de réduction du coût de la main-d’œuvre et leur transformation en réductions permanentes des cotisations sociales permettraient d’optimiser leurs effets sur l’emploi et l’investissement.

Cela signifie que Bruxelles exige une réduction des salaires en France, en particulier de la part des salaires dédiée aux cotisations sociales. Cette part des salaires que les salariés ne perçoivent pas directement car elle est gelée pour assurer leurs retraites et leur protection sociale. Ces mesures engendreront donc naturellement une baisse des retraites et de la protection sociale via le système de sécurité sociale. Cela dit, on pourrait penser que ceci pourrait profiter aux PME. Il n’en est rien. Souvenons-nous que l’an dernier, dans les GOPÉ 2016, la Commission constatait qu’il y avait trop de PME en France. Leur sort sera réglé par l’imposition de normes qu’elles ne pourront pas payer et par un alourdissement de leur environnement administratif. Cette mécanique insidieuse et implacable est déjà à l’œuvre et elle s’intensifie. Posez la question aux patrons de PME.

(13) La mauvaise performance des personnes nées en dehors de l’UE tire le taux d’emploi global vers le bas et représente une sous-utilisation chronique de la main-d’œuvre.

On pourrait penser qu’il s’agit d’une intention humaniste et égalitaire. Point du tout. Il s’agit ni plus ni moins que de faire pression sur les salaires en employant des travailleurs étrangers qui accepteraient d’être sous-payés. C’est ce que dénonçait le PCF (Parti communiste français) dans les années 1970. C’est ce que dénonçait Jean Jaurès en son temps.

(14) En outre, dans le contexte actuel de chômage élevé, le coût du travail au salaire minimum risque de restreindre les perspectives d’emploi des personnes peu qualifiées.

Ici, les choses sont dites sans ambiguïté, il faut baisser le SMIC.

Structurellement vôtre

Un des mots qui revient le plus souvent, tout au long de cette prose absconse, est le mot structurel. Pour la Commission européenne, les mesures de baisse salariale, de réduction d’impôt aux entreprises, de baisse des cotisations de sécurité sociale, de mise en concurrence des salariés, et cætera, ne doivent pas être passagères, elles doivent s’inscrivent dans le long terme, c’est-à-dire qu’elles doivent structurer la société française, en espérant bien évidemment que l’on ne puisse pas revenir à une politique sociale… Jusqu’à la prochaine révolution.

Les conclusions de Bruxelles : le résultat de la soumission

À la toute fin de ces GOPÉ, nos Maîtres font la synthèse de ce qu’ils attendent de leurs dociles esclaves parisiens. Je vous livre in extenso ce résumé. À lire soigneusement et lentement. À décrypter méticuleusement avec un dictionnaire de traduction de la novlangue en langue française.

RECOMMANDE que la France s’attache, au cours de la période 2017-2018, à:

1. se conformer à la recommandation du conseil du 10 mars 2015 au titre de la procédure concernant les déficits excessifs. Poursuivre ensuite une politique budgétaire conforme aux exigences du volet préventif du pacte de stabilité et de croissance, qui se traduise par d’importants efforts budgétaires pour 2018. Lors de l’adoption de mesures, il convient de prendre en considération l’objectif d’une orientation budgétaire qui contribue aussi bien à conforter la reprise actuelle qu’à garantir la viabilité des finances publiques de la France. Réexaminer de manière exhaustive les postes de dépenses dans le but de réaliser des gains d’efficacité qui se traduisent par des réductions de dépenses ;

2. consolider les mesures de réduction du coût du travail afin d’optimiser leur efficacité de manière budgétairement neutre et d’accroître leurs effets sur l’emploi et l’investissement; élargir l’assiette globale de l’impôt et poursuivre la mise en œuvre de la diminution prévue du taux nominal de l’impôt sur les sociétés ;

3. améliorer l’accès au marché du travail des demandeurs d’emploi, notamment les travailleurs les moins qualifiés et les personnes issues de l’immigration, y compris en revoyant le système d’enseignement et de formation professionnels; veiller à ce que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec la création d’emplois et la compétitivité ;

4. poursuivre la réduction des charges réglementaires pesant sur les entreprises, y compris en poursuivant le programme de simplification; continuer à lever les barrières à la concurrence dans le secteur des services, y compris dans les services aux entreprises et les professions réglementées; simplifier les programmes de soutien public à l’innovation et en améliorer l’efficience.

Régis Chamagne

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Affrontement au Bilderberg 2017 par Thierry Meyssan

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La finance dérégulée, #l'horreur économique

Affrontement au Bilderberg 2017

Alors que le président Trump semble avoir plus ou moins réglé ses problèmes d’autorité intérieure, le conflit se déplace au sein de l’Otan : Washington plaide contre la manipulation du terrorisme, tandis que Londres n’entend pas abandonner un outil si efficace pour son influence. Le Groupe de Bilderberg, initialement organisé comme une caisse de résonance de l’Alliance, vient d’être le théâtre d’un difficile débat entre partisans et adversaires de l’impérialisme au Moyen-Orient.


Cet article a été rédigé le 4 juin 2017. Il ne mentionne donc pas l’actuelle crise diplomatique au Moyen-Orient même si celle-ci en confirme les hypothèses. Deux camps commencent à se former : d’un côté le Qatar et le Royaume-Uni, déjà officiellement soutenus par l’Iran, la Turquie et le Hamas ; de l’autre l’Arabie saoudite et les États-Unis déjà soutenus par le Bahreïn, l’Égypte, les Émirats arabes unis, Israël, la Libye (gouvernement de Baïda), les Maldives, Maurice et le Yémen (gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi).

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Il n’existe aucune photographie de la réunion du Groupe de Bilderberg dont les travaux sont confidentiels. La sécurité de la rencontre n’est pas assurée par le FBI, ni par la police de Virginie, mais par une milice privée et directement par l’Otan.

Le Groupe de Bilderberg a été créé, en 1954, par la CIA et le MI6 pour soutenir l’Alliance atlantique. Il s’agissait de réunir des personnalités du monde économique et médiatique avec des responsables politiques et militaires de manière à sensibiliser la société civile face au « péril rouge ». Loin d’être un lieu de décision, ce club très fermé a historiquement été un forum où les anciens devaient rivaliser de fidélité à Londres et Washington et les plus jeunes montrer que l’on pouvait avoir confiance en eux contre les Soviétiques [1].

C’est lors de la réunion annuelle de 1979 que Bernard Lewis révéla aux présents le rôle des Frères musulmans contre le gouvernement communiste afghan. L’islamologue britano-israélo-états-unien y avait alors proposé d’étendre la « guerre pour la Liberté » (sic) à toute l’Asie centrale.

C’est en 2008, c’est-à-dire deux ans et demi à l’avance, que Basma Kodmani (la future porte-parole de l’opposition syrienne) et Volker Perthes (le futur conseiller de Jeffrey Feltman pour la capitulation totale et inconditionnelle de la Syrie [2]) y expliquèrent tout l’intérêt de soutenir les Frères musulmans pour dominer le Moyen-Orient. Ils soulignèrent la « modération » de la Confrérie face à l’Occident et le contraste offert par le souverainisme « extrémiste » de l’Iran et de la Syrie [3].

Et c’est en 2013 que le leader du patronat allemand, Ulrich Grillo, y plaida pour l’organisation d’une migration massive de 800 000 travailleurs syriens vers les usines allemandes [4].

Le Bilderberg 2017

Le Groupe de Bilderberg vient de tenir son meeting 2017, du 1er au 4 juin, aux États-Unis. Contrairement à l’habitude, les 130 participants n’ont pas tous défendu le même projet. Au contraire, suite aux interventions de Donald Trump au sommet arabo-islamo-US et à l’Otan [5], la CIA et le MI6 ont organisé le premier jour un débat opposant les partisans de la lutte contre l’islamisme à ses soutiens. Il s’agissait bien entendu soit de trouver un compromis entre les deux camps, soit de prendre acte des dissensions et de ne pas les laisser détruire l’objectif initial de l’Alliance : la lutte contre la Russie [6].

Côté anti-islamisme (c’est-à-dire opposé non pas à la religion musulmane, mais à l’islam politique façon Sayyid Qutb), on relevait la présence du général H. R. McMaster (conseiller national de sécurité du président Trump) et de son experte Nadia Schadlow. McMaster est un stratège reconnu dont les théories ont été vérifiées sur le champ de bataille. Schadlow a surtout travaillé sur la manière de transformer les victoires militaires en réussites politiques. Elle s’est beaucoup intéressée à la restructuration des mouvements politiques dans les pays vaincus. Elle devrait prochainement publier un nouveau livre sur la lutte contre le radicalisme islamique.

Côtés pro-islamisme, on notait pour les États-Unis la présence de John Brenan (ancien directeur de la CIA) et de ses ex-subordonnés Avril Haines et David Cohen (financement du terrorisme). Pour le Royaume-Uni, Sir John Sawers (ancien directeur du MI6 et protecteur de longue date de la Confrérie) et le général Nicholas Houghton (ancien chef d’état-major qui prépara le plan d’invasion terrestre de la Syrie). Pour la France, le général Benoît Puga (ancien chef de l’état-major de l’Élysée et commandant des Forces spéciales en Syrie) et Bruno Tertrais (stratège néo-conservateur du ministère de la Défense). Enfin, pour le secteur privé, Henry Kravis (directeur du fonds de placement KKR et trésorier officieux de Daesh) et le général David Petraeus (co-fondateur de Daesh).

Et comme si ce déséquilibre n’était pas suffisant, les organisateurs avaient prévu la présence d’experts capables de justifier l’injustifiable comme celle du professeur Niell Fergusson (historien du colonialisme britannique).

Le possible renversement des alliances

Il faudra un peu de temps avant de savoir ce qui s’est dit au cours de cette réunion et pour comprendre les conclusions que les uns et les autres en auront tirées. Cependant nous pouvons d’ores et déjà constater que Londres pousse à un changement de paradigme au Moyen-Orient. Si le modèle du « printemps arabe » (reproduction de la « révolte arabe de 1916 » organisée par Lawrence d’Arabie pour remplacer l’empire ottoman par l’empire britannique) est abandonné, le MI6 espère créer une nouvelle entente sur la base de l’islamisme politique.

De fait, alors que Washington a renouvelé son alliance avec l’Arabie saoudite et l’a convaincue de rompre avec la Confrérie en échange de 110 milliards de dollars d’armement [7], Londres pousse à une entente entre l’Iran, le Qatar, la Turquie et les Frères musulmans. Si ce projet devait être poursuivi, on assisterait à l’abandon du conflit sunnite/chiite et à la création d’un « croissant de l’islam politique » allant de Téhéran, à Doha, Ankara, Idleb, Beyrouth et Gaza. Cette nouvelle donne permettrait au Royaume-Uni de maintenir son influence dans la région.

La seule chose qui semble faire consensus entre les Alliés est la nécessité d’abandonner le principe d’un État jihadiste. Tous admettent qu’il faut faire rentrer le diable dans sa boîte. C’est-à-dire d’en finir avec Daesh, quitte à ce que certains continuent avec Al-Qaïda. C’est pourquoi, inquiet pour sa survie, le Calife auto-proclamé a fait secrètement parvenir un ultimatum à Downing Street et à l’Élysée.

Choisir son camp

On verra dans les prochains mois si le retournement de l’Arabie saoudite est bien réel. Ce serait une bonne nouvelle pour les Syriens, mais une mauvaise pour les Yéménites (que le monde occidental ignorerait alors). Il offre la possibilité au roi Salman de faire évoluer le wahhabisme d’une secte fanatique en une religion normale. D’ores et déjà le soudain conflit qui oppose Riyad à Doha à propos de l’Iran se double d’une polémique sur la possible parenté entre le fondateur de la secte, Mohammed ben Abdelwahhab, et la dynastie qatarie des Al-Thani ; une prétention qui a enragé les Séoud.

Le projet de l’« islam politique » consiste à unir les Frères musulmans aux Khomeinistes. Il implique que l’Iran, voire le Hezbollah, substitue cette problématique à la lutte anti-impérialiste. S’il devait voir le jour, il conduirait certainement l’Iran à se retirer de Syrie. La Maison-Blanche le prend très au sérieux et s’y prépare avec effroi. Donald Trump a déjà désigné Téhéran comme son nouvel ennemi dans son discours de Riyad et il vient de nommer Michaël D’Andrea (qui organisa l’assassinat d’Imad Mougniyeh à Damas, en 2008) comme responsable de la section iranienne de la CIA [8].

La Russie s’était préparée à une éventuelle nouvelle donne au Moyen-Orient. Elle a ainsi poursuivi son ambition d’accéder aux « eaux chaudes » en soutenant la Syrie et de pouvoir circuler à travers les détroits des Dardanelles et du Bosphore (indispensables pour entrer en Méditerranée) en se rapprochant de son adversaire héréditaire, la Turquie. Toutefois, à terme, l’islam politique ne pourra que lui causer des problèmes dans le Caucase.

Comme toujours lorsque les joueurs battent leurs cartes, chacun doit se positionner. Le Royaume-Uni défend son Empire, la France sa classe dirigeante et les États-Unis son peuple. Au Moyen-Orient certains se battront pour leur communauté, d’autres pour leurs idées. Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples. Ainsi, l’Iran pourrait suivre l’idéal de l’imam Khomeiny en confondant la fin et les moyens. Ce qui était au départ une révolution anti-impérialiste menée avec la force de l’islam pourrait se muer en une simple affirmation de l’usage politique de cette religion.

Les conséquences dans le reste du monde

Le MI6 et la CIA ont pris un grand risque en invitant un non-atlantiste à la réunion du Bilderberg 2017. L’ambassadeur de Chine, Cui Tiankai, qui ne devait intervenir que le quatrième jour du séminaire, a donc pu évaluer dès le premier jour les positions de chaque membre de l’Otan.

D’un côté Pékin mise sur la collaboration de Donald Trump, l’ouverture des États-Unis à sa Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), et le développement de toutes ses routes commerciales. De l’autre, il espère que le Brexit se traduira par une alliance économique et financière avec Londres [9].

L’ambassadeur Cui, qui fut le directeur du Centre de recherche politique du ministère chinois des Affaires étrangères, pourrait donc apparemment se satisfaire d’une simple destruction de Daesh. Mais il n’est pas sans savoir que ceux qui ont organisé le Califat pour couper la « route de la soie » en Irak et en Syrie, puis la guerre en Ukraine pour couper la « nouvelle route de la soie », se préparent préventivement à ouvrir un troisième front aux Philippines et un quatrième au Venezuela pour couper d’autres projets de communication.

De ce point de vue, la Chine, qui comme la Russie a intérêt à soutenir Donald Trump ne serait-ce que pour prévenir le terrorisme dans son propre pays, s’interrogera sur les possibles conséquences à long terme d’une hégémonie britannique dans le « croissant de l’islam politique ».

[2] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[3] Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, Thierry Meyssan, Editions Demi-lune, 2017.

[4] « Comment l’Union européenne manipule les réfugiés syriens », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 mai 2016.

[5] « Trump avance ses pions », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 30 mai 2017.

[6] « La réunion 2017 du Groupe de Bilderberg », Réseau Voltaire, 1er juin 2017.

[7] « Donald Trump contre le jihadisme », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 mai 2017.

[8] « La CIA prépare des opérations secrètes dures contre l’Iran », Réseau Voltaire, 3 juin 2017.

[9] « Le Brexit redistribue la géopolitique mondiale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juin 2016.

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