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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #histoire tag

1789, la peur des nouveaux émigrés.

28 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

Mercredi 26 décembre 2012 3 26 /12 /Déc /2012 11:05

Diantre, des hordes de paysans bolcheviks feraient la chasse aux aristocrates, nous voila revenu à 1789crient de ventrus “capitaines d’industrie“, héritiers et autres MEDEF. Et alors? Sont ils nuls en histoire par ce que…

Par ce qu’en 1789  des esprits éclairés ont écrit un truc1 qui commence par ça :

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, et au bonheur de tous…

Tout ça dans un contexte simple et connu de tous : une aristocratie concentrant le pouvoir économique et donc l’argent, un aristocratie de plus en plus corrompue. Dans un contexte de crise économique et financière. C’est le contexte de 1789, et bien sûr, ça doit vous rappeler quelque chose de plus récent, voir même de très actuel.


Cette période historique, fondatrice de la Nation française est d’ailleurs l’objet de quelques films, comme celui-ci qui illustre donc le billet.

 

danton-800x400.jpg

Parisot : « On est en train de recréer un climat de guerre civile, qui s’apparente à 1789. »  On a compris son jeu: Faire peur, établir un climat de méfiance, intoxiquer le gouvernement pour arriver à ses fins.


Catherine Deneuve, qu’on a connu plus intelligente s’insurge  : “« Qu’auriez-vous fait en 1789, mon corps en tremble encore ! »Notez l’évolution sémantique importante.


Auparavant c’était ” Qu’auriez vous fait sous l’occupation?”, avec rappel des heures les plus sombres…

Désormais pour ces gens, là le pire ce n’est pas le nazisme2 et ses camps de travail et d’extermination, mais les hordes de révolutionnaire de 1789.


Le glissement des mots, le changement d’époque est remarquable. Il indique un changement de registre de la peur chez ces ventrus, elle se situe plus profondément dans l’Histoire.

Nous sommes donc en train de vivre une nouvelle version du choix que certains proposaient dans les années 30: plutôt Hitler que le Front Populaire.


On attend Deneuve en Marie Antoinette expliquer doctement et gentiment que la Révolution c’est pas bien…

Attention, tout est écrit dans les mots, les noms, c’est le propre du Martyr : le saint-homme !


 rendez-vous compte

 Depardieu” désignait, au Moyen-Âge, le lieu où l’on payait la dîme, impôt inique aboli en 1789.  Aujourd’hui, le même patronyme en est venu à symboliser la lutte d’un individu libre contre la folie coercitive de l’État couine tel un porcelet embroché le Libéral en colère. Non celui-là n’est pas doté d’un masque à gaz (qu’il fabrique) pour éviter les pets et autres remugles du pochetron. En fait ils sont quatre: Aurélien Véron, Anne Bourdu, Gaspard Koenig et Charles Beigbeder, membres dirigeants du Parti Liberal Démocrate. le truc qui existe.


Afflelou, qui n’a selon lui rien à se reprocher3  tombe dans la pensée binaire adorée par les libéraux et autres andouilles :  “On est en train de faire une guerre de tranchées, de revenir en 1789 : il faut arrêter de dire que les chefs d’entreprise sont des voleurs, des voyous, des gens malhonnêtes”


Il faut rappeler à cet andouille qu’on trouve même des petits patrons au NPA. Personne ne confond 3,5 5, ou 1000 exilés avec la totalité de la population. Sauf, sauf ces exilés d’un nouveau genre, ces nouveaux émigrés de Brunswick.  On lira des libéraux expliquer que la France c’est la Corée du nord, et qu’il faut prendre la fuite.


A ceux là, on peut le dire : Cassez vous ! allez vivre votre délire libéral, votre droit a licencier dans l’heure ailleurs où bien sûr on vous attend pour vous assister, vous aider, vous subventionner. What a surprise !  La seule différence c’est l’impôt que vous ne voulez plus payer, vous voulez “vivre de votre travail“, comme si c’était une exception … sans doute au contraire du chômeur oisif qui vole le fruit de votre dur labeur, et qui ne peut lui pas prétendre à cette option….


On lira aussi avec joie d’autres bouffons libéraux (dit de gauche, attention, espèce rare) glapissant sur leur blog chez rue89:  Pour eux la gauche adopte les postures de l’ancien régime, vous avez bien lu ! le libéral ose tout, il inverse le sens de l’histoire.


On me dira que tous ne sont pas aussi cinglés4, et que tous ne dénoncent pas le retour du servage par l’impôt. Par ce qu’en effet ceux-là dont je parle, vous expliquent que le servage est de retour. Et donc la dépendance à un seigneur ou un truc au dessus. Là dessus tout le monde est d’accord non ?


Or dans le cas d’Afflelou voilà ce que la presse nous apprend Il part s’installer Londres à la demande de son actionnaire majoritaire, le fonds d’investissement britannique Lion Capital.Où est donc la relation de domination ici ? Alors, mon petit libéral planqué chez rue89, elle est où dans ce cas  la relation de servage ? Et qui est dans ce cas l’aristocratie dominante ? La réponse est simple : Les actionnaires.


Et que dire de ces libéraux suisses qui dénoncent, tenez vous bien, l’impérialisme du gouvernement Ayrault tout en protégeant bien sûr le secret bancaire. l’argent des acteurs pétomanes ou des marchands d’arme : Cela ne fait aucune différence pour ces gens là, après tout ce ne sont que des liquidités, de la valeur, de la richesse… Tout ça en accueillant à bras ouverts les déserteurs du XXIe siècle.


Déserteurs ou émigrés?  Plutôt émigrés, oui ce sont les nouveaux émigrés de Brunswick, ceux qui perchés sur leur chaise à porteur couinaient que la France ne pouvait pas fonctionner sans eux et dictaient leur ordres .. accélérant l’Histoire d’un coup sec par ailleurs. Nos zozos devraient donc se méfier et de ne pas user de mots rappelant des périodes étrangement semblables à l’actuelle.


Sommes nous en 1788  finalement ?


La déprime collective ne précède t’elle pas une saine colère ?

 

fardeau-des-privileges.jpg

 

  1. Troll libéral, je te rappelle que tout ça prévoit la confiscation de la propriété en cas de besoin et un impôt proportionnel
  2. ou autre totalitarisme exterminateur
  3. lirehttp://www.liberation.fr/economie/01012308112-en-matiere-de-gros-sous-afflelou-fait-dans-le-flou
  4. c’est le cas, j’en connais des plus futés

Source: Politeeks

 

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Fascisme : Faut-il crier au loup ? Article repris sur le blog: "Le Petit Blanquiste".

22 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

20 décembre 2012

Fascisme : Faut-il crier au loup ?

Nous sommes en 1925. Mussolini est au pouvoir en Italie depuis 1922, mais Hitler et les nazis devront attendre encore huit ans pour y parvenir en Allemagne.

1136762578.PNGC’est le moment où, à la demande de la direction du Parti communiste, Fernand Loriot [1] publie des thèses dans lesquelles figure un important chapitre consacré à une tentative de définition du fascisme. [2]

Pour l’auteur, le fascisme est un instrument de guerre civile de la grande bourgeoisie lorsque l'appareil de contrainte et de répression de l'Etat s'avère insuffisant pour contrôler l’action révolutionnaire du mouvement ouvrier.

Afin d'entraîner derrière lui les classes moyennes et même une partie de la classe ouvrière, le fascisme se pare d'une idéologie qui exalte le sentiment patriotique, les idées d'ordre, d'autorité, de discipline dans le cadre de la société capitaliste.

Cette idéologie, au service des intérêts de classe de la bourgeoisie identifiés avec l'intérêt national, est d'essence impérialiste comme en témoigne son goût des aventures belliqueuses.

Dans le même temps, sous couleur d'entente entre le capital et le travail, le fascisme s'oppose de toutes ses forces aux luttes du mouvement ouvrier et a recours à la violence de ses organisations paramilitaires pour les briser.

Pour Fernand Loriot, dans la France de 1925, le fascisme n'existe qu'à l'état de menace.

Il existe de multiples organisations nationalistes et cléricales, mais la plupart ne présentent pas les caractères d'organisations fascistes.

Par contre, - écrit-il - il faut accorder une attention particulière aux formations à demi-occultes qui utilisent les éléments déclassés de l'après-guerre (anciens officiers, etc.) pour encadrer les classes moyennes et pour intervenir dans les conflits du travail contre les salariés. Dans certaines circonstances, le fascisme pourrait trouver là une base de recrutement et d'action.

Enfin, s'il est absurde de dire que « le fascisme est là » au risque de le provoquer, il serait aussi absurde d'ignorer sa menace.

« Mais il importe de ne pas confondre la menace avec le fait ».

L’analyse de Fernand Loriot et de ses camarades s’est trouvée largement confirmée par la réalité européenne qui devait mener à la Seconde Guerre mondiale.

Il convient de rappeler et de saluer un tel effort théorique alors que, dans la France d'aujourd'hui, le mot « fascisme » est utilisé à tort et à travers sans la moindre préoccupation de le caractériser par rapport à la réalité.

fascisme,france,parti communiste français

Paris, 1934 : Défilé de paramilitaires du mouvement "Francisme"

●●●

[1] Militant du Parti socialiste SFIO, Fernand Loriot (1870-1932) s'oppose dès 1915 à la participation de son parti aux gouvernements de guerre. En décembre 1920, il participe à la création du Parti communiste et en devient membre du premier comité directeur. A partir de 1922, il critique l'évolution du parti et rejoint finalement l'opposition interne.

[2] Ces thèses ont été publiées dans les Cahiers du bolchevisme n°18 du 1er mai 1925 (Tribune de discussion, pages 1177-1186) : http://www.marxists.org/francais/loriot/works/1925/03/lor...

Jean-Pierre Dubois

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L'ISLAM DES LUMIERES. André Miquel : "J’ai toujours ressenti une estime particulière pour Ma’Mûn, ce fils du fameux Haroun al-Rachid."

17 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

L'ISLAM DES LUMIERES



« Ce que j’ai voulu montrer, dit André Miquel, c’est l’ouverture d’un Islam trop oublié aujourd’hui. »

Plus loin, il poursuit : « J’ai toujours ressenti une estime particulière pour Ma’Mûn, ce fils du fameux Haroun al-Rachid. Au IXe siècle, alors que l’Occident chrétien peine à sortir d’une époque de troubles, ce calife de Bagdad encourage la traduction en arabe des oeuvres grecques, fonde un institut des sciences et invite ses frères à discuter des rapports entre religion et raison, débat aujourd’hui encore d’une étonnante actualité. J’ai donc voulu le faire revivre en renouant avec un genre très en honneur dans la littérature arabe classique : les maqâmât, des entretiens autour d’un sujet convenu ou sans programme préétabli. »

André Miquel : "J’ai toujours ressenti une estime particulière pour Ma’Mûn, ce fils du fameux Haroun al-Rachid."

vendredi 14 décembre 2012, par La Rédaction

André Miquel, Entretiens de Bagdad (Bayard, 2012)

***

Depuis plus d’un demi-siècle, André Miquel traduit inlassablement les plus beaux textes du patrimoine arabe, des vers de Qays, le fou d’amour de Leyla, aux Mille et une nuits, en passant par les grands géographes. Né en 1929, ce poète-écrivain-traducteur nous a permis de pénétrer des textes rares, parfois difficiles, avec toujours la même passion de transmettre.

Mais quelle place tient cet Islam raffiné qu’il aime tant dans le monde d’aujourd’hui ? Est-ce pour conjurer les démons de la violence et de l’ignorance qui accompagnent souvent le développement de la deuxième religion du monde que cet ancien professeur au Collège de France consacre à un étonnant calife du IXe siècle ses Entretiens de Bagdad (Bayard, 2012) ?

Cette ode à la sagesse et à la tolérance est-elle un rêve de poète ou le message d’un sage ? L’Islam d’André Miquel n’est-il pas trop beau pour être vrai ? Entretien autour d’une civilisation mythique, l’Islam des Lumières.

Dans votre dernier livre, vous mettez en scène le calife abbasside Ma’mûn et des sages musulmans discutant de Dieu, de l’amour et du pouvoir avec des chrétiens et des juifs. Un joli conte ?
André Miquel : Ce livre exprime ce que pour moi l’Islam pourrait être. C’est mon testament d’arabisant, après cinquante-cinq ans de carrière. J’ai toujours ressenti une estime particulière pour Ma’Mûn, ce fils du fameux Haroun al-Rachid. Au IXe siècle, alors que l’Occident chrétien peine à sortir d’une époque de troubles, ce calife de Bagdad encourage la traduction en arabe des oeuvres grecques, fonde un institut des sciences et invite ses frères à discuter des rapports entre religion et raison, débat aujourd’hui encore d’une étonnante actualité. J’ai donc voulu le faire revivre en renouant avec un genre très en honneur dans la littérature arabe classique : les maqâmât, des entretiens autour d’un sujet convenu ou sans programme préétabli.

Ma’mûn est aussi le calife qui favorisa les mu’tazilites, ces penseurs musulmans qui défendaient au nom de la raison la liberté de l’homme face à Dieu, mais qui se montrèrent d’une rare intolérance...
C’est vrai que, comme d’autres, ces penseurs ont été tentés d’imposer leur vue. Mais ils ont posé le problème essentiel : les rapports de la foi avec la raison.

Cette période est souvent désignée aujourd’hui comme l’Islam des Lumières. Mais n’est-ce pas un mythe ?
Les Lumières sont certes un phénomène occidental, directement lié à l’évolution des sciences et du christianisme. Mais ce mouvement a pu dans certains pays être orchestré ou favorisé par un pouvoir "éclairé" : Louis XV, par le relais de Madame de Pompadour, ou Frédéric II de Prusse ont fait au XVIIIe siècle ce que Ma’mûn a tenté au IXe, favoriser les sciences et les arts.
Certes, ce calife n’a pas tout inventé : les traductions des oeuvres grecques avaient commencé avant lui et le mouvement s’est amplifié du fait de l’ouverture du monde musulman à l’Iran et à l’Inde. J’ai d’ailleurs pris un peu de liberté avec la chronologie, pour les besoins de la cause, notamment quand Ma’mûn évoque l’envoi d’ambassadeurs vers la Russie, la Chine et l’Inde, qui est en fait postérieur. Ce que j’ai voulu montrer, c’est l’ouverture d’un Islam trop oublié aujourd’hui.

Vous décrivez des chrétiens et des juifs débattant librement avec le calife. Quel était leur statut dans cet Islam du IXe siècle ?
En contrepartie d’un impôt, ils restaient libres de pratiquer leur foi, avec l’assurance de la protection du pouvoir. Bien des non-chrétiens auraient sans doute souhaité bénéficier d’un statut aussi favorable dans l’Europe du temps. Est-ce que je m’en contenterais aujourd’hui ? Non. Les temps ont changé. La tolérance sous Ma’mûn demeurait effectivement un statut octroyé, et notre époque doit rêver d’autre chose, qui a pour nom fraternité. Mais il faut juger ce calife dans son contexte.

Mais vous qui êtes chrétien, n’avez-vous jamais été rejeté par les musulmans ?
Jamais. Le problème ne s’est posé ni avec mes amis, ni avec mes collègues, ni avec mes étudiants musulmans. Je savais qui ils étaient, ils savaient qui j’étais et nous nous respections. En tant que croyant chrétien, je ne peux que comprendre et respecter l’islam, cette religion qui répète inlassablement le mystère de l’unité de Dieu : Dieu est un. Mais ce que je demande, c’est qu’on me laisse imaginer cette unité à travers le mystère de la Trinité.

Dans les années cinquante, qu’est-ce qui peut intéresser un fils d’instituteurs de l’Hérault à s’intéresser à la culture islamique ?
C’est une longue histoire. Quand je suis entré à Normale Sup, j’étais désigné pour faire carrière dans les langues classiques, mais je rêvais de désert, de palmiers, de minarets. J’ai appris l’arabe par pur plaisir, puis suis parti à Damas comme boursier. Entre-temps, mon maître Régis Blachère m’a confié la traduction d’un livre de fables, Kalîla wa Dimna, d’Ibn-al-Muqaffa. Ce fut extraordinaire. Je voulais poursuivre dans cette voie, mais, parce que je n’avais pas l’agrégation d’arabe, je n’ai pas pu aller à l’institut français du Caire ou de Damas. Alors, dépité, j’ai participé à des fouilles en Éthiopie, j’ai été professeur de lycée à Clermont-Ferrand, puis j’ai travaillé à la direction des affaires culturelles du Quai d’Orsay pour l’Afrique et l’Asie.

Et comment vous retrouvez-vous en 1961 en prison au Caire ?
J’avais cru avoir vocation à être diplomate et j’ai accepté un poste de chargé de mission culturelle, en République arabe unie, celle de Nasser. Ce fut une réussite : deux mois après mon arrivée au Caire, j’étais, avec mes collègues, accusé d’espionnage, de complot contre la sûreté d’État et de tentative d’assassinat du président Nasser. Un procès monté de toutes pièces, à un moment où la guerre d’Algérie n’en finissait pas de finir... J’ai été libéré en avril 62, après que les Français ont libéré Ben Bella, le leader algérien.

Cinq mois de réflexion...
Oui, et au secret absolu, comme je l’ai raconté en 1964 dans mon livre Le repas du soir (Flammarion). Cela m’a donné le temps de conclure qu’il n’y avait pas de plus beau métier que la recherche et l’écriture. À partir de là, ma voie a été tracée : être chercheur, écrire si possible des livres compris par un public honnêtement cultivé, mais aussi me donner le temps de l’écriture libre, celle des romans, des nouvelles et de la poésie. C’est ainsi qu’après avoir été maître assistant à Aix-en-Provence en langue et civilisation arabes, je suis entré à l’École pratique des hautes études, puis j’ai enseigné à Paris VIII-Vincennes, à Paris-III, et enfin au Collège de France.

Vous avez écrit sur la littérature et la civilisation arabes, mais jamais sur la religion musulmane. Pourquoi ?
Je ne suis pas un islamologue. Ce qui m’intéresse, ce sont les hommes et la société que cette religion a modelés. J’ai voulu savoir si la poésie, et en particulier la poésie classique, participait des mêmes joies, des mêmes bonheurs et angoisses que les nôtres. Comment elle parlait de l’amour, de la mort, de l’au-delà.

Cette recherche de l’Autre dans ce qu’il a de plus intime vous a-t-elle permis de devenir "arabe" ?
Non. Il y a dans chaque culture un jardin clos absolument irréductible. Pour moi, c’est la musique. Bien sûr, je peux prendre plaisir à écouter un morceau de musique "orientale", mais elle ne me procure pas la même émotion que la mienne. J’explore donc un autre jardin, immense, ouvert sur le monde, la littérature. Les chefs-d’oeuvre, évidemment, comme Kalila, et les Mille et une nuits, que j’ai traduites avec Jamel Eddine Bencheikh pour la Pléiade.
Mais aussi la littérature qui échappe aux doctes, aux savants, celle des géographes arabes ou les Mémoires d’Oussama ibn Mounqidh, un chevalier syrien en contact avec les Templiers, qui, fait rare en son temps, a laissé une autobiographie. Lisez son portrait des Francs : c’était déjà une leçon d’ouverture aux autres.

Mais peut-on vraiment traduire dans sa véracité la poésie arabe ? On vous a accusé de transformer les oeuvres...
Il y a une sacrée différence entre le poème arabe à rime unique et le poème français. Un jour, l’idée m’est venue que cette poésie pouvait être lue comme une poésie classique française, avec son jeu de rimes et ses rythmes, de manière que le lecteur français soit dans le même contexte d’accueil qu’un Arabe le lisant dans sa langue d’origine. Évidemment, on m’a accusé de ne pas être assez fidèle au texte original. Mais je ne fais que mettre en évidence les correspondances. Quand Qays, le fou de Leyla, s’imagine avec la femme aimée, il décrit ainsi deux poissons qu’agite l’abîme de la mer. "Deux poissons dans les flots : je rêve et crois nous voir/Lorsque la vaste mer nous berce avec le soir/Je rêve, je nous vois : ma vie, ta vie, ensemble !/Je vois, je rêve, et la mort même nous rassemble." Pour traduire cela, j’ai tourné autour du pot pendant des jours et des jours, et je me suis finalement souvenu des Fleurs du mal de Baudelaire : "La mer, la vaste mer, console nos labeurs." Et j’ai traduit le "ballotter" de l’original par "bercer". Je crois avoir été dans le ton, même si je n’ai pas respecté la littéralité stricte. Je préfère une autre littéralité qui est la fidélité minimale au sens, et maximale au contexte.

Vous évoquez la beauté, la tolérance de la culture arabe. Mais cette pensée n’est-elle pas surtout une réflexion sur le déclin ?
Il y a sa part. Les Arabes ont été les maîtres du monde seulement pendant un siècle et demi, du VIIe siècle au milieu du VIIIe siècle. Ensuite, ils se sont politiquement effacés derrière les Iraniens, les Turcs, les Mongols, etc. Ces gens ont vécu dans la peur latente des invasions. Ibn Khaldoun et aussi Ibn Battûta vivent le problème de la naissance et de la mort des civilisations, même s’ils veulent croire que l’Islam, lui, ne mourra pas. Quant à l’Égyptien Suyyuti, il a écrit plus de 500 ouvrages en trente ans, tous consacrés à transmettre le patrimoine arabe. Pourquoi ? La peur obscure que cela ne se perde ? La volonté, en tout cas, de retrouver la grandeur du passé, portée par la puissance de la littérature.

Et qui peut expliquer la violence de l’Islam aujourd’hui ?
Dans le cas français, le problème est surtout celui de l’échec scolaire. Pour être un homme dans la cité, il faut d’abord avoir les moyens de réussir sa scolarité. Dans mon Hérault natal, mes parents enseignaient à des enfants dont les parents étaient parfois des immigrés espagnols. Quand ces enfants étaient bons élèves, leurs parents comme mes parents étaient fiers. C’est cela qui manque trop souvent aujourd’hui, cette fierté de part et d’autre.

La France a connu de très grands orientalistes : Henry Corbin, Louis Massignon, Jacques Berque, etc. Pourtant, l’Islam est très mal connu en France. Pourquoi, selon vous ?
Par manque d’intérêt. C’est aussi cela, notre échec. La civilisation musulmane n’est pas toujours connue des Français, ni même des musulmans. Pourtant, connaître l’héritage arabe n’empêche pas d’être français à part entière. Mais les médias ont leur part de responsabilité, non ? Les orientalistes sont trop souvent sollicités dans deux situations : pour qu’ils confortent les clichés qu’a l’Occident de l’Islam, ou pour tenter d’expliquer la situation en temps de crise. N’est-ce pas dommage ?

(14 Décembre 2012 - Propos recueillis par Catherine Golliau)

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LES BOLCHEVIQUES , DES NON-MARXISTES ?

17 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

LES BOLCHEVIQUES , DES NON-MARXISTES ?



« Julien Chuzeville s’interroge sur les raisons du glissement d’un parti que rien ne semblait porter vers le stalinisme (le droit de tendance y est notamment reconnu). Il estime que l’absence de formation marxiste est de loin à l’origine de la stalinisation et accuse les bolcheviques d’être non-marxistes. La création de l’Internationale communiste s’est donc faite sur un « malentendu », celle-ci ayant été avant tout propulsée par un Etat sur lequel le parti bolchevique exerçait sa dictature. Les fondateurs du PC désiraient un parti et une Internationale communiste et non être la filiale d’un Parti-Etat. « 

Quel a été le rôle de Fernand Loriot dans ce processus complexe de création du Parti communiste français à la croisée de plusieurs chemins ?

Que nous en dit Julien Chuzeville ?

Dimanche 16 décembre 2012

NOTE DE LECTURE : Fernand Loriot, le fondateur oublié du parti communiste L’Harmattan, 2012.

Fernand-Loriot3.jpgJulien Chuzeville consacre une biographie sur Fernand Loriot, le principal fondateur du parti communiste français. Pour cette seule raison, cette biographie est la bienvenue. Le sous titre indique d’emblée l’enjeu historico-politique, « le fondateur oublié du parti communiste ». Car il est vrai qu’il y a eu un oubli organisé par le parti communiste stalinisé pendant plusieurs décennies.

Il est utile de rappeler que le Manuel d’histoire du PCF, publié en 1964 et commandé par la direction du Parti, ignorait jusqu’au nom de Fernand Loriot dans la galerie des fondateurs. En 1970, une timide reconnaissance du PCF allait se transformer en 1980, par le biais de l’historien Jacques Girault, en une réelle identification des protagonistes, sans oublier Boris Souvarine.

 

Car si « oubli » il y a, il est voulu et il faut en chercher les racines non dans des conflits de personnes mais dans les choix politiques au tournant de l’année 1924 puis du milieu des années 1930. Le PCF a pris des chemins qui ont pu apparaître comme des revirements à 180° pour les principaux fondateurs, d’où leur éloignement ou leur mise à l’écart.

 

Julien Chuzeville a mené l’enquête pour en savoir plus sur ce personnage étonnant qu’était Fernand Loriot.

Né en 1870, il ne fait guère parler de lui avant 1915. Employé de banque puis instituteur, trésorier national de la fédération des instituteurs, élu en 1918 à la direction nationale de la  SFIO, la Section française de l’Internationale Ouvrière (le PS de l’époque), il s’engage pleinement dans la lutte pacifiste durant la guerre de 1914-18.

De là, il rencontre Lénine et est convaincu de la nécessité d’un parti véritablement révolutionnaire en France et d’une Internationale de même type.

Loriot n’est pas une poupée docile que les bolcheviques  manipulent à distance. Lorsque l’Internationale communiste est créée en mars 1919, il reçoit une correspondance lui enjoignant de constituer immédiatement un parti communiste. Mais il refuse de quitter le PS, préférant peser sur les socialistes et les gagner à sa cause.

Sa tactique est la bonne et il sera à la tête du jeune PCF en 1921 avec plus de cent mille membres. Comparons ce chiffre avec les quelques centaines d’adhérents des groupes ultra gauche de l’époque.

Mais l’évolution du parti bolchevique va influer sur le jeune PC français. Alors que Loriot s’est retiré de la vie politique et des responsabilités, il ré-intervient de temps en temps jusqu’en 1926. Par la suite, il ne reprend pas sa carte et va renouer avec le syndicalisme révolutionnaire, preuve d’une personnalité détachée de tout carriérisme.

 

Son poids politique se limite donc à la période 1915-1926. C’est un militant socialiste du rang, plutôt classique (au début du siècle, il est membre de la franc-maçonnerie, comme tout bon socialiste) dont la personnalité s’affirme dans la SFIO et passe ainsi d'un statut d'obscur adhérent à celui de dirigeant de premier plan.

Etudier Loriot, c’est étudier le passage d’un militant de la marge à celui d’un personnage incontournable. Il n’y avait rien d’inéluctable à ce que ceux qui se croyaient légitimes dans la direction de la SFIO conservent leur influence sur les masses. Loriot en était la preuve vivante. Le plus intéressant tient évidemment dans le bilan qu’on peut tirer d’une expérience de ce type. C’est en effet une réelle prouesse politique que de passer de dirigeant d’un groupuscule pacifiste à la tête d’un parti de masse en peu d’années. Mais cet aspect n’est malheureusement peu évoqué car l’auteur se concentre sur les points négatifs qui vont faciliter la stalinisation du PC.

 

Julien Chuzeville s’interroge sur les raisons du glissement d’un parti que rien ne semblait porter vers le stalinisme (le droit de tendance y est notamment reconnu). Il estime que l’absence de formation marxiste est de loin à l’origine de la stalinisation et accuse les bolcheviques d’être non-marxistes.

La création de l’Internationale communiste s’est donc faite sur un « malentendu », celle-ci ayant été avant tout propulsée par un Etat sur lequel le parti bolchevique exerçait sa dictature. Les fondateurs du PC désiraient un parti et une Internationale communiste et non être la filiale d’un Parti-Etat.

Assurément, l’auteur s’inscrit dans la critique à la fois de Rosa Luxembourg sur les questions de démocratie, mais aussi des courants de gauche contre le capitalisme d’Etat que représenterait l’URSS.

Pour Loriot, qui va au bout de ce raisonnement, ce n’est pas dans le bolchevisme que l’on doit chercher le marxisme, mais dans le syndicalisme révolutionnaire. D’où son intérêt après 1926 pour les amis de Monatte et de la Révolution prolétarienne. Logiquement, il sera favorable à l’indépendance syndicale, sera opposé à la forme-parti, etc.

On pourra s’interroger sur ce qu’aurait été une organisation formée uniquement de marxistes, si ce n’aurait pas plutôt été un groupe de cadres, forcément restreint, plutôt qu’un parti de masse.

 

L’auteur a par ailleurs consacré un texte (annexe 3) sur les rythmes politiques et sur la scission socialiste, à Tours, de décembre 1920 qui a vu la naissance du PCF.

Les communistes russes ont-ils été trop rapides dans la naissance de la IIIè Internationale ? N’ont-ils pas agi avec une certaine brutalité (télégramme de Zinoviev au congrès de Tours en 1920, exclusion des francs-maçons en 1922) dénuée de toute pédagogie en direction des socialistes ?

Les causes de la scission de décembre 1920 ne sont-elles pas à rechercher aussi dans les débats antérieurs à la guerre et qui ont, aussi, préparé le terrain de la rupture organisationnelle ?

La scission de 1920 s’est-elle faite sur de bonnes bases ? Ne fallait-il pas intégrer le courant centriste (les longuettistes) et isoler la droite du parti socialiste ? Autant de questions qui incitent à revoir l’attitude des bolcheviques dans leur volonté de scission des partis socialistes dans chaque pays.

 

On aurait aimé une analyse plus fouillée sur ses positions exactes durant toutes ses années. Loriot semblait ainsi peu intéressé aux questions d’actualité et se focalisait sur des positions de principes. Il avait été critiqué pour cela en 1920 par Souvarine qui le trouvait trop abstrait. Il lui reprochait de ne pas faire de démonstration pédagogique, pratique, expliquant nettement la différence entre réformiste, centriste et révolutionnaire.

 

La trajectoire politique de Fernand Loriot embrasse une des périodes les plus riches et controversées qui font encore débat non seulement en ce qui concerne les interprétations historiques mais aussi parce que cela fait écho avec le temps présent.

Les « temps courts » de l’histoire peuvent nous apporter bien plus que les « temps longs » sans profondeur historique.

Pour cette raison, la biographie qui lui est consacrée est un stimulant pour ceux qui veulent réfléchir sur les origines du communisme français, son dévoiement et les points sur lesquels il faudra être attentif pour ne pas reproduire le passé. François FERRETTE

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1812 - Pour la première fois de leur brève histoire, les Etats-Unis déclarent la guerre !

26 Novembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

1812 - Pour la première fois de leur brève histoire,

 Déclarées ou pas, ils n’arrêteront plus d’en faire ! Mais celle-ci sera un échec !

 

Voici 200 ans, le Président Madison déclarait la guerre à la Grande-Bretagne. Il ne  s’agissait évidemment pas d’envoyer une flotte à travers l’Atlantique à l’assaut  des iles britanniques mais simplement de s’emparer militairement de la colonie britannique du Canada restée  à l’écart de la guerre d’Indépendance.

Concrètement cette guerre très localisée qui gardera des dimensions modestes est une guerre entre les Etats-Unis et un Canada  qui n’existe pas encore. Elle s’inscrit comme un écho nord-américain à la vaste et longue guerre européenne qui fait rage et s’organise autour du face à face inexpiable entre la monarchie britannique et l’empire napoléonien.

Elle ne touche que deux Etats de l’actuelle fédération canadienne et ne se déroulera du côté des Etats-Unis que sur  la frange nord  de la zone frontalière  de ces deux Etats, mise à part  une brève expédition britannique sur Washington. Elle est petite quant à l’ampleur des forces militaires mises en œuvre par les deux belligérants, et sporadique car les troupes régulières trop peu nombreuses doivent être complétées par des supplétifs divers : volontaires, paysans engagés dans des milices entre deux récoltes et tribus indiennes …

Mais  ses causes ne sont nullement locales.

Le Canada n’est alors qu’une colonie britannique  et depuis quelques décennies seulement puisque ce n’est qu’en 1763 que le traité de Paris a mis un terme, par l’abandon du Québec, à la colonisation française. Il ne s’étend guère que jusqu’à la limite Ouest de l’actuelle  province de l’Ontario qui porte alors le nom de « Upper Canada ». Au-delà commencent les « terres inconnues ». 

Les Etats-Unis qui  en 1776 ont arraché leur indépendance à la couronne britannique ne sont encore qu’une fédération des 13 Etats de l’Est et sont engagés dans la conquête sanglante vers l’Ouest  des terres indiennes. La tâche leur a été facilitée par l’achat à Napoléon en 1801 de la Louisiane française qui libère une très large portion du territoire et évite un conflit militaire classique avec une France qui n’en a pas à l’époque les moyens. Cette guerre, non déclarée, durera un demi-siècle. Il leur restera ensuite à s’emparer des terres coloniales espagnoles.

Au départ donc une volonté des Etats-Unis nouveaux d’ajouter un chapitre à la guerre d’Indépendance en s’emparant du Canada, de parachever en quelque sorte la guerre d’Indépendance, au moment où toutes les énergies et les moyens britanniques sont consacrés à la  guerre contre la France Napoléonienne.

Bien qu’officiellement neutres les Etats-Unis soutiennent la France en guerre en lui fournissant du blé. La Grande-Bretagne qui a organisé le blocus continental entrave ce trafic. Les incidents maritimes  vont donc se multiplier entre les deux pays et le ressentiment  contre l’ancienne mère patrie est vif aux Etats-Unis. A Washington l’évolution des guerres en Europe est suivie avec attention. Or en 1812 les engagements politiques et maritimes de la Grande-Bretagne sont concentrés à la guerre  contre l’empire napoléonien, la marine britannique est mobilisée par le blocus continental et  l’armée conduite par  Wellington est en Espagne  pour aider la monarchie espagnole à chasser l’envahisseur. A Washington au Congrès les « faucons »  - l’expression qui a fait fortune commence à être employée –pensent donc que le moment est propice pour se saisir de la colonie canadienne. Dans le vocabulaire militaire contemporain on parlerait de « fenêtre de tir ». Le 18 Juin 1812, les Etats-Unis déclarent la guerre à l’Angleterre.

Mais la population peu nombreuse et dispersée de la colonie n’est pas mobilisée contre le colonisateur, qu’elle soit anglophone comme dans la province du « Upper Canada » ou francophone dans celle du « Lower Canada ». Ces deux appellations sont d’ailleurs tellement récentes  (1771) que leurs habitants dont l’unité n’est garantie que par la puissance coloniale  n’ont pas pris l’habitude de s’appeler « canadiens ». 

Il ne s’agit donc pas d’une guerre de décolonisation  mais d’une guerre d’agression.

Bien que l’aide du Royaume soit limitée en raison de la poursuite de la guerre en Europe les maigres forces locales troupes régulières et milices vont résister à l’invasion. Mais  elles vont bénéficier d’un appoint décisif : celui des tribus indiennes. Celles-ci en effet ont pu constater que les colons étasuniens ne reculeraient devant rien pour s’emparer de toutes les terres indiennes et que dans leur  violence spoliatrice ils ne tiendraient aucun compte des frontières canadiennes. Conduites par TECUMSEH, chef fédérateur des  tribus et stratège de très grande  qualité, elles vont faire alliance avec le colonisateur britannique.

 La guerre va durer deux ans. Le traité de Gand signé  en 1814 confirme les frontières entre le Canada et les Etats-Unis. Elles ne seront plus jamais remises en cause. Le Canada, colonie britannique aura  gagné dans cette guerre paradoxale son droit à une existence indépendante de son grand voisin envahissant.

Que le gouvernement canadien actuel  du Premier Ministre Harper ait tenté  d’utiliser la célébration du bicentenaire  pour accroitre une popularité en baisse  ne peut faire oublier le caractère extraordinaire de ce conflit. La mort au combat en 1813 de TECUMSEH a probablement privé les indiens du canada d’un leader historique et d’une place éminente dans le Canada nouveau.

 

Pour des détails sur cette  guerre voir

http://www.medarus.org/NM/NMTextes/nm_02_03_1812-1815.htm

 

 

-cid_4F2F44813E1548BBBEFDB1857BC8CD6F-M20E12L.jpgLes territoires en jeu

 

-cid_333701E9F1F149FDAA5220DE2D3CAD1A-M20E12L.jpgFiguration naïve de la guerre mais qui met en valeur l’intervention des indiens

 

-cid_CC8714277DC6421ABDFF042636E6B36A-M20E12L.jpgTecumseh

 

http://comaguer.over-blog.com

Au fil des jours et des lectures n°153

26.11.2012

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Les guerres de l’opium en Chine.Repris sur le blog d'Olivier Berruyer.

26 Novembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

Les guerres de l’opium en Chine (1/2)

Merci à Philippe Boulogne pour avoir synthétisé plusieurs sources sur le web en rédigeant ce billet…

Au XIXème siècle, l’Angleterre est devenue à la fin des guerres napoléoniennes la puissance montante. Elle se consacre pleinement à la mise en application à grande échelle du « free trade ». En Chine par contre, le déclin, les révoltes, une Cour impériale désunie font de l’Empire un pays en voie de décomposition.

Au-delà des escarmouches militaires de 1840-1842 et de 1858-1860 se cache en réalité une invasion rampante, sournoise et redoutable, contre laquelle la Chine va se mobiliser durant près d’un siècle afin de maîtriser une substance illégale et imposée par ses ennemis. En effet, afin de consolider leur hégémonie commerciale en Asie, les Anglais vont élaborer des réseaux de trafiquants pour inonder le marché chinois avec une drogue redoutable : l’opium.

Substance connue de longue date, elle est utilisée massivement par l’Empire Britannique comme une arme de destruction économique, politique et sociale. Cette politique machiavélique ne sera pas menée sans résistance ni réaction chinoises. Cependant, prétexte parfait pour mener deux opérations militaires victorieuses, l’opium est avant tout pour l’Occident le moyen imparable d’imposer à un Empire chinois inaccessible une série de traités que les Chinois continuent de considérer à ce jour comme honteux et scandaleux.

Les origines de l’opium

Depuis les Sumériens et la Grèce antique, l’opium est utilisé pour ses vertus curatives. Turcs et Arabes ayant importé le pavot par la route de la soie, l’opium, fabriqué à partir du pavot, est connu en Chine depuis l’époque des empereurs Tang (VIIe-Xe siècle). Mais, bien que ses propriétés narcotiques soient connues, l’opium est avant tout utilisé à des fins médicinales.

À partir du XIIIe siècle, l’opium est consommé comme drogue et sa consommation se propage rapidement. Par crainte de soulèvements, la Cour impériale chinoise n’ose l’interdire.

Dès le XVIIe siècle les Portugais en font le commerce grâce à leurs possessions en Inde. A Formose, aujourd’hui Taiwan, certains de ses habitants se mettent à mélanger l’opium au tabac et le fument ensemble. Cette pratique se propage au Fujian et au Guangdong où se développe la transformation de l’opium brut en chandoo, substance sirupeuse, débarrassée des produits indésirables et dont l’arôme est ainsi rehaussé, fumée au moyen de la pipe reprise des Hollandais. L’opium s’introduit également depuis l’Assam, Nord-Est indien, où il était fumé de longue date, ou encore par les Chinois établis dans l’actuelle Indonésie. Puisque l’usage du tabac qui allait à l’encontre des convenances et ébranlait les principes confucianistes était interdit depuis1644 en Chine, les Chinois sont enclins à trouver d’autres produits à fumer, dont l’opium. En 1729, la Cour impériale prononce son premier édit prohibant le trafic, bien que l’opium soit déjà très répandu à la Cour.

Cette drogue tirée des capsules du pavot, où réside le suc de la plante, contient de nombreux alcaloïdes : morphine, narcotine, codéine entres autres. L’opium provoque rapidement de véritables ravages dans l’élite chinoise. Les consommateurs sont des lettrés, des fonctionnaires et des intellectuels. Ils deviennent totalement dépendants et se ruinent pour se la procurer.

Pour l’empereur Jiaqing, ses gens « gaspillent leur temps et leur argent, ils échangent leur monnaie d’argent et leurs marchandises contre cette vulgaire saleté venue de l’étranger ».

Une atteinte sanitaire grave réduisait ainsi l’espérance de vie des Chinois adeptes du produit. Les fumeurs d’habitude (8 pipes par jour) mourraient dans les 5 à 6 ans, les fumeurs modestes (1 pipe par jour) après 20 ans. La plupart des opiomanes succombaient avant 50 ans.

Cette substance n’avait cependant pas encore rencontré pleinement son marché. La Compagnie des Indes de l’Empire Britannique aussi efficace que cupide va se charger de sa large diffusion.

La politique de l’Empire Britannique

Vers 1815, on assiste en Extrême-Orient à un renouveau considérable des activités commerciales européennes dominées par l’Angleterre. Singapour est fondée en 1819. Les Anglais souhaitent réaliser en Chine des bénéfices identiques à ceux qu’ils font en Inde. En pleine révolution industrielle, l’Angleterre frappe en vain depuis des années à la porte de l’Empire. Elle achète d’importantes quantités de thé (12 700 tonnes en 1720, 360 000 tonnes en 1830), que seule la Chine produisait alors. Si bien que le déficit de sa balance commerciale ne cesse de se creuser. Leur business model est pourtant innovant. Ils achètent des matières premières à bas prix et revendent au prix fort les produits de leur industrie textile ultra compétitive. Mais depuis le règne de Shunzhi au XVIIe siècle, la Chine est un marché très difficile à pénétrer. Elle exporte du thé et des soieries mais se refuse à acheter des produits occidentaux, à part quelques modestes acquisitions de laine ou de cotonnade.

Dès 1773, les Anglais avaient cependant obtenu le monopole de la vente de l’opium en Chine, activité encore très confidentielle. Pragmatiques et inventifs, ils décident alors de se lancer dans le trafic de stupéfiants à grande échelle. Ils maitrisent le produit puisque le pavot est cultivé au Bengale, au Bihâr et au Malwa, régions indiennes sous contrôle britannique. Vers 1750, les autorités coloniales de la Compagnie des Indes orientales (East India Company) en avaient introduit de force la monoculture provoquant ainsi la ruine de millions d’agriculteurs bengalis. Le gouverneur du Bengale, Warren Hasting, a bien noté la dangerosité du produit pour la société britannique et considère l’opium comme «un produit de luxe et de corruption qui ne devait être autorisé qu’à l’exportation hors des frontières anglaises ».

Pour les narco-investisseurs anglo-saxons, il ne reste donc qu’à briser ou contourner les régulations mises en place par l’administration chinoise impériale.

En 1780, la Compagnie des Indes, à laquelle l’Angleterre avait confié le monopole des transactions, ouvre un dépôt à Lark’s Bay près de Macao.

Au début du 19e siècle, le commerce illicite de l’opium devient sans surprise la principale activité entre l’Inde britannique et la Chine. De vastes réseaux se mettent alors en place dans lesquels la corruption tient une place majeure. Ces réseaux de trafiquants interviennent dans la vie économique et politique du pays puisque la distribution de la drogue est effectuée par des commerçants chinois mais également par des représentants corrompus de l’autorité impériale. L’opium en Chine permet aussi de trouver une valeur d’échange autre que le métal-argent, seul paiement agréé par les Chinois. En 1813, une caisse d’opium indien dont le prix de revient est de 240 roupies se vend 2 400 roupies en Chine. Les bénéfices sont donc considérables.

Au début des années 1820, l’objectif est atteint, la balance commerciale avec l’Occident s’est inversée au détriment de la Chine, en raison de l’importation massive d’opium. L’Angleterre libérale de Lord Henry Palmerston, Premier Ministre, est bien décidée à ouvrir sans restriction le pays non seulement à la drogue, mais aussi aux cotonnades du Lancashire et à la quincaillerie de Birmingham.

Des incidents qui se produisent pendant l’année 1821 incitent les Anglais à adopter une nouvelle tactique. Dorénavant, les bateaux convoyant l’opium stationneront à Lintin, dans la baie de Canton, les transactions se feront à Canton et les partenaires chinois du trafic, les Yaokou, viendront prendre livraison de la marchandise à bord de petites embarcations rapides appelées fast crabs.

Dans les années 1830, le pays est toujours fermé aux étrangers à l’exception d’un quartier du port de Canton. Obligation est faite aux étrangers de passer par l’intermédiaire d’une guilde des marchands, dénommée Co-hong, laquelle a la haute main sur les lieux de transaction qu’elle loue aux étrangers. Elle fournit aussi les pilotes et les interprètes. Le troc cotonnades et opium de l’Inde contre thé et soie de Chine continue son essor.

Alors que le trafic de drogue est à son apogée, les Anglais veulent se passer de ces intermédiaires et vendre directement la drogue, en contrebande, dans les ports du Nord de la Chine. Les comptoirs étrangers installés dans les ports chinois deviennent de véritables Etats dans l’Etat. Le port de Macao reste par ailleurs colonie portugaise.

Les libéraux anglais, partisans du libre-échange, y trouvent leur compte en pouvant lutter contre l’isolationnisme et forcer peu à peu l’Empire chinois à faire partie des circuits marchands mondiaux. Toutefois, la liberté de vendre et d’acheter l’opium, soulève de difficiles questions morales pour l’Angleterre puritaine qui ne sont cependant pas insurmontables vu les enjeux économiques. Grâce à l’interdit et au marché noir, les prix de l’opium et bénéfices retirés des ventes ne cessent de grimper. De plus, l’argent n’est plus déboursé par les marchands anglais, mais il leur revient abondamment car les Britanniques exigent de plus en plus de se faire payer en lingots d’argent, récupérant ainsi le précieux métal qu’ils ont cédé dans le commerce du thé. Alors qu’entre 1800 et 1820, 10 millions de liang d’argent entrent en Chine, en 1831 et 1833, 10 millions en sortent puis 30 millions entre 1851 et 1864. Le thé importé dans le Royaume de Sa gracieuse majesté Victoria permet au gouvernement d’engranger des taxes considérables, dont dépend le budget de l’État anglais et les investissements dans les colonies des Indes. La dilution des responsabilités permet de sauver la face devant l’opinion publique en occultant la nature réelle du commerce de l’opium, légal à Bombay, illégal à Canton.

Finalement, fabriqué à bas prix, l’opium se révèle un commerce bien plus juteux que le textile. En 1839, les revenus commerciaux de l’opium représentent 34% de ceux que la Couronne tire des Indes britanniques. Dès 1830, on évalue le nombre de drogués à 12,5 millions sur environ 400 millions de Chinois. Touchant d’abord les jeunes des familles riches cette consommation se propage surtout parmi la population masculine : 10-20 % des officiels du gouvernement central, 20-30 % des gouvernements locaux, 50-60 % des secrétaires privés et davantage encore au sein du personnel de service.

La progression des importations de caisses de 65 kilos donne une idée du trafic :

1762 :       200
1767 :   1 000
1817 :   4 228
1821  :   5 000
1828 : 18 000
1830 : 18 760
1832 : 20 000
1836 : 30 000
1839 : 40 000

Et très rapidement, l’abus d’opium ne détruit pas uniquement les institutions traditionnelles chinoises. Il est aussi un risque majeur pour la souveraineté de l’Empire, risque qui a cependant de longue date été identifié par les Chinois.

La réaction de l’Empire de Chine

Au début du 19ème siècle, l’empire chinois dirigé par la dynastie Mandchoue des Qing (d’origine Turco-Mongol-Toungouse) connaît un essor économique et démographique sans précédent (213 millions d’habitants en 1770, 332 en 1820, 410 en 1839), suivi cependant des premiers symptômes d’une crise économique et sociale importante. Les historiens évoquent la montée en puissance de la corruption, les excès de la centralisation et surtout les déséquilibres économiques engendrés par la concurrence défavorable entre l’économie chinoise fondée sur la monnaie argent et l’économie mondiale fondée sur la monnaie or contrôlée par les Occidentaux. La dépréciation constante de l’argent par rapport à l’or est en effet l’un des grands phénomènes dominant l’histoire de l’économie de l’Asie orientale aux XVIIIe et XIXe siècles. Cet empire à majorité Han gouverné par une minorité Mandchoue est de plus en plus difficile à contrôler. Les révoltes paysannes sont quasi-permanentes à cause de la famine, de la pression fiscale et des inégalités. Les mafias locales font régner la terreur et concentrent le pouvoir en l’absence d’un gouvernement incapable d’assumer ses responsabilités.

L’opium est donc une fragilité de plus, parfaitement identifiée par le pouvoir central. Pourtant, le pays entier est interdit aux étrangers et les importations strictement encadrées. Seul Canton reste ouvert aux commerçants étrangers, à condition qu’ils se soumettent au Co-hong, cette guilde des marchands qui fixe à son gré les prix et les volumes. Dès 1729, l’empereur Yong-Zheng a en effet promulgué un édit interdisant l’importation de la drogue. Et de 1729 à 1836, l’administration impériale a émis près de quarante décrets contre l’opium.

En 1813, l’empereur Jiaqing découvre que nombre d’eunuques et d’officiers de sa Garde se livrent à l’opiomanie. La répression s’abat sans faiblesse sur leur tête.

Mais le pouvoir impérial, déjà très faible, se révèle en fin de compte incapable de lutter contre les narcotrafiquants britanniques. Les paysans tentent de lutter contre l’invasion étrangère. Malheureusement, le pouvoir impérial ne soutient pas leur effort, s’en remettre à de simples paysans pour rétablir l’ordre eût été un aveu de son impuissance.

Trois lignes s’affrontent donc parmi les conseillers de l’empereur : mesures radicales d’interdiction, légalisation des importations ou absence de réglementation. Les partisans de la ligne dure sont minoritaires. L’empereur opte toutefois pour l’un de ses rédacteurs dont il a particulièrement apprécié le texte. Lin Tse-Hou est nommé haut-commissaire à Canton, avec mission de supprimer les sources du trafic.

 

 

Le tournant de 1839

Lin Tse-Hou, militaire et érudit, écrit à la reine Victoria pour lui demander fermement de faire cesser le trafic d’opium qui prend des proportions considérables. En réponse, «la très pure et très chrétienne reine Victoria» fait savoir que l’Angleterre ne peut abandonner une source de revenus aussi importante.

lin tse hou

La situation entre les deux puissances se dégrade rapidement : le 26 février 1839, Lin Tse-Hou ordonne de faire pendre un trafiquant chinois devant les représentations cantonaises des commerçants britanniques. Malgré l’hostilité d’une partie corrompue des élites chinoises, Lin tient bon et organise la lutte dans la ville et la province de Canton. Il fait arrêter 1700 trafiquants de drogue chinois et confisque 70 000 pipes d’opium. Il publie un arrêté où les marchands s’engagent à ne pas transporter d’opium et à laisser inspecter leurs bateaux. Cette tracasserie supplémentaire précède l’arrivée, en juillet 1839, des « 39 règles » dont les principales mesures irritent particulièrement le gouverneur Elliot, représentant de la couronne anglaise en Chine : peine de mort aux contrevenants, 18 mois accordés aux victimes pour désintoxication et peines appliquées aux étrangers ce qui viole le principe d’extra-territorialité si cher aux Anglais. Après ces multiples pressions, Elliot n’a d’autres choix que d’autoriser la remise de 20 290 caisses d’opium aux autorités chinoises. Elles sont ouvertes puis avec l’aide de la population, l’opium est réduit en pâte, délayé dans de grandes cuves installées sur les plages et jeté à la mer le 7 juin 1839. Le préjudice de deux millions de livres sterling fera l’objet de vives discussions au Parlement de Londres l’année suivante.

Dans ce contexte de lutte contre la contrebande, les Anglais doivent quitter non seulement Canton mais aussi Macao. Beaucoup d’entre eux se réfugient dans des bateaux au large. Mais ils reçoivent des renforts navals et le trafic peut reprendre rapidement dans quelques îles sous la protection de l’artillerie des frégates britanniques Volage et Hyacinthe.

L’Angleterre se prépare à une guerre que l’on sait conduite essentiellement pour protéger les intérêts des trafiquants de drogue. La destruction des caisses d’opium du 7 juin 1839 fournit le prétexte attendu pour déclencher les hostilités.

Première guerre de l’opium

Le 4 septembre 1839 a lieu la première bataille navale de la guerre de l’opium dans la rade de Hong Kong. Les navires chinois sont complètement débordés par la supériorité technique de la marine anglaise. Un autre affrontement à Chuenpi, montre la faiblesse des jonques de guerre chinoise. Lin Tse-Hou interdit le port de Canton aux navires britanniques en décembre 1839, l’empereur le soutient et décide de « fermer pour toujours » Canton aux Britanniques en janvier 1840.

Sous la pression des lobbys du textile et de l’opium, avec l’accord du Parlement, le Premier ministre Palmerston envoie une lettre au gouvernement de l’Inde afin de préparer l’escadre d’un corps expéditionnaire : 16 vaisseaux de ligne, 4 canonnières, 28 navires de transport, 540 canons et 4 000 hommes. L’état final recherché est très clair : obtenir l’indemnité pour l’opium confisqué, pour le règlement de certaines dettes des marchands du Co-Hong et pour celui des frais de l’expédition, faire ouvrir les ports de la côte, Canton, Amoy, Fuzhou, Ningbo, Shanghai au commerce britannique libéré du système du Co-hong. La mission aussi : mettre en place le blocus de Canton, contrôler les embouchures du Yang-Tsê et du fleuve Jaune afin de paralyser le commerce extérieur chinois et s’emparer de Pei-Ho, aux portes de la capitale.
L’escadre arrive donc au large de Canton en juin 1840. Un croiseur britannique bombarde Canton et occupe l’archipel voisin des Chousan : le célèbre concept de « diplomatie de la canonnière » est né. Les britanniques attaquent Canton mais sans succès, car Lin a fait planter des pieux retenus par des chaînes dans le port pour empêcher les bateaux d’accoster. Une milice efficace défend la ville.
Les Britanniques conquièrent alors une île de pêcheurs devant le delta de la rivière des Perles, juste en face de Canton, nommée « port parfumé » (Hong Kong) et en font une tête de pont. Les combats commencent réellement en juillet. Les frégates Volage et Hyacinthe défont 29 navires chinois.

Les Britanniques capturent le fort qui gardait l’embouchure de la rivière des Perles. La cour chinoise prend peur, Lin Tse-Hou tombe en disgrâce. Condamné à l’exil en Lli, lugubre région de l’Ouest à la frontière Kazakh, il est remplacé par un aristocrate, Qishan. Réhabilité en 1845, Lin Tse-Hou ne sera cependant jamais devenu le Mustafa Kemal de l’Empire Chinois, capable de stopper et défaire les Européens.
Des négociations s’engagent alors à Canton : Qishan fait démolir les fortifications de Lin, dissoudre la milice en novembre 1840 et réduire le nombre de soldats. Les Britanniques revendiquent la reprise du commerce, le remboursement des stocks d’opium détruits et Hong Kong pour sa position stratégique et son port en eaux profondes. Qishan refuse. Les Britanniques tentent de le faire plier en attaquant et s’emparant de quelques ouvrages de fortification. Qishan prend peur et accepte les revendications.

La cour chinoise pense que l’accord négocié par Qishan ne concerne que la reprise du commerce. Lorsqu’il apprend que les exigences des Européens vont bien au-delà, l’empereur décide de destituer Qishan et déclare la guerre aux Britanniques le 29 janvier 1841. L’empereur remplace Qishan par Yishan.

En 1841, sur le plan militaire, les Chinois subissent revers sur revers, sauf lors de l’engagement de milices. Yishan met plusieurs semaines à arriver à Canton. L’assaut qu’il lance contre les Britanniques est repoussé et les Chinois se replient à l’intérieur de la ville. Dans la province de Canton, les Britanniques se rendent vite maîtres des endroits stratégiques : fin 1841, prise de Chenhai, puis de Ningbo; en 1842, prise de Chapu, de Wusung, de Shanghai, de Chingkiang.

Les Britanniques veulent encore faire pression sur les Chinois afin d’obtenir d’avantage. En août 1842, une escadre britannique remonte le Yangzi Jiang jusqu’à Nankin, obligeant le gouvernement de l’empereur Tao-kouang à capituler et à signer le traité de Nankin le 29 août 1842. Le régime mandchou panique, au moment où tombe Nankin, car sa survie est en jeu. Il dépêche des négociateurs. Yishan demande l’armistice et une convocation est signée le 27 mai 1841. Elle engage les Chinois à racheter Canton pour 6 millions de dollars aux Britanniques dont un million le jour même. Mais elle repose sur un double malentendu utilisé par les diplomates britanniques : les Chinois considèrent cette action comme un prêt commercial alors que les Britanniques n’ont renoncé ni à l’indemnisation des stocks d’opium ni à Hong Kong. Ce traité donne aux Britanniques le libre commerce de l’opium, la fin de l’obligation de négocier uniquement avec les Co-Hong et surtout la concession de l’île de Hong Kong qui ne sera rétrocédée à la Chine que 155 ans plus tard, en 1997.

La victoire facile des forces britanniques affecte gravement le prestige de la dynastie Qing et contribue au déclenchement d’une très grave révolte, la rébellion Taiping (1850-1862).

Deuxième guerre de l’opium

L’insurrection des Taiping qui fait presque basculer l’Empire, est le signe que le paysan chinois ne peut plus supporter l’insuffisance et la concentration des terres, l’accroissement des charges fiscales, la dépréciation de la monnaie cuivre qui touche durement les plus pauvres, la transformation des petits exploitants en ouvriers agricoles.

En 1854, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis contactent les autorités chinoises et demandent des révisions des traités pour pénétrer sans résistance dans Canton, étendre le commerce à la Chine du Nord et le long du fleuve Yangzi, légaliser le commerce de l’opium et traiter avec la cour directement à Beijing. La cour impériale rejette toutes les demandes de révision.

Le 8 octobre 1856, des officiers chinois abordent l’Arrow, un navire anglais enregistré à Hong Kong sous pavillon britannique, suspecté de piraterie et de trafic d’opium. Ils capturent les douze hommes d’équipage et les emprisonnent. Les Britanniques demandent officiellement la relaxe de ces marins en faisant valoir la promesse par l’empereur de la protection des navires britanniques, sans succès. Les Britanniques évoquent alors l’insulte faite au drapeau britannique par les soldats de l’Empire Qing.

Ils décident d’attaquer Canton et les forts alentours. Ye Mingchen, alors gouverneur des provinces du Guangdong et du Guangxi, ordonne aux soldats chinois en poste dans les forts de ne pas résister. Les navires de guerre américains bombardent Canton. Mais population de Canton et soldats résistent à l’attaque et forcent les assaillants à battre en retraite vers Humen. Le parlement britannique exige de la Chine réparation pour l’incident de l’Arrow et demande à la France, aux États-Unis et à la Russie de participer à une intervention multinationale. La Russie seule reste à l’écart.

Le 28 décembre 1857, les flottes combinées de l’Angleterre et de la France prennent d’assaut Canton. Le 16 mars 1858, l’amiral français Rigault de Genouilly, quitte Canton avec l’escadre pour la Chine du nord. Le 20 mai 1858, agissant de concert avec les Anglais, il s’empare des forts de Ta-Kou à l’embouchure du Peï-ho dans le Petchili avant de remonter le Peï-ho jusqu’à Tien-Tsin en direction de Pékin.

Le 24 juin 1859, les forces franco-anglaises tentent de pénétrer dans Tianjin et se font refouler. Le 17 juillet 1860, ils débarquent sur le sol chinois et prennent Tianjin le 2 septembre 1860. Le 5 octobre, anglais et français campent sous les murailles de Pékin et pillent le « Palais d’été ». Le 13 octobre, Pékin tombe. Le 17 octobre, le « Palais d’été » est incendié. Le 24 octobre 1860, la Chine capitule et signe la Convention de Pékin.

Traités et suites

Le traité de Nankin, signé en août 1842 à l’issue de la première guerre de l’opium, avait déjà accordé aux Anglais des privilèges commerciaux considérables et l’île de Hongkong.

En 1860, la Convention de Pékin fait suite à une longue liste de traités qualifiés par les Chinois de « traités inégaux ». Onze ports, dont Canton, Shanghaï, Hankou et Tianjin, sont ouverts au commerce. Les droits de douane sont limités à un maximum de 5 %. Les Occidentaux ont le droit de circuler à l’intérieur du pays et acquérir des propriétés foncières sans payer plus de 2,5 % de taxes. La Grande-Bretagne acquière la presqu’île de Kowloon en 1860 et obtient en 1898 un bail de 99 ans sur les Nouveaux Territoires (952 km² constituant 80 % du territoire Hongkongais) et sur 235 îles au large de Hongkong.

Les révoltes paysannes finiront par ébranler l’empire qui devient une république le 12 février 1912, avec l’abdication du dernier empereur de Chine, Puyi, alors âgé de six ans.

À l’exception peut-être des Incas et des Indiens d’Amérique confrontés à l’alcool, les guerres de l’opium constituent un premier « modèle » de l’action d’une substance psychotrope qui se trouve imposée par une nation à une autre. Dans les années 1900, les ravages de l’opium sont considérables puisque près de 25 millions de personnes dans le monde sur 1 milliard sont consommateurs réguliers, à comparer avec la situation en 2000 où ce sont 25 millions de personnes parmi 7 milliards qui sont dépendants des drogues.

En Chine, pillages, famines, répressions, durent un siècle, de 1840 à 1949. Les chercheurs anglo-saxons évaluent le nombre des victimes dans une fourchette oscillant entre 120 et 150 millions. L’arrivée de Mao au pouvoir, avec son effroyable bilan de 80 millions de morts, ne met pas non plus fin aux souffrances des Chinois.

169 pas

En 2009, pour marquer le début de la parade militaire à l’occasion du 60ème anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, les gardes d’honneur effectuent exactement 169 pas sur la place Tiananmen.

 169 pas

Ils représentent les 169 années passées, de 1840 à 2009. « Pas à pas, les hontes de la Nation sont lavées, avec la lutte d’innombrables héros qui ont précédé notre époque » explique le Beijing News, faisant référence, entre autre, à la guerre de l’Opium. Les Chinois semblent vouloir oublier les atrocités de Mao puisqu’en 60 ans de pouvoir, le Parti Communiste « de marché » a non seulement fait de leur nation de paysans soumis et affamés, la première puissance industrielle et financière du début du XXIème siècle, mais il a aussi redonné à la Chine la fierté et la souveraineté perdue à Nankin.

P.S. Article de France 2 sur ce dernier sujet, et vidéos :

(au tout début – je suis preneur si quelqu’un trouve une meilleure vidéo sur ces 169 pas)

Ceci est aussi intéressant :

(sympas ces soldats…)

(sympas aussi ces soldates…).

Le reste de l’Histoire est à écrire…

 

Le blog d'Olivier Berruyer: http://www.les-crises.fr/les-guerres-de-l-opium-2/

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L’offensive américaine sur les banlieues françaises (Alexandre Latsa)

20 Novembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

L’offensive américaine sur les banlieues françaises (Alexandre Latsa)

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L’offensive américaine sur les banlieues françaises Alexandre Latsa

La Voix De La Russie  06/11/2012

Il n'y a pas que le Qatar qui cherche à marquer de son influence les banlieues communautarisées françaises.

Les Américains le font déjà depuis longtemps. Le débat engagé par le gouvernement Sarkozy sur l'identité nationale visait justement à en faire un sujet "tabou" dans le cadre d'une destruction lente et savamment orchestrée par certaines élites atlantistes de l'état nation qui repose sur ce pilier qu'est l'identité nationale. Hollande continue le travail de sape avec le vote des étrangers aux élections locales.

Faire croire que l'on défend l'identité nationale la France et le peuple français alors que c'est l'inverse qu'on veut les couler dans le moule d'une mondialisation économique politique culturelle "Made in USA" tel est l'objectif N°1 de l'UMPS de Sarkozy Hollande. Et pour mieux asservir la France et les Français rien de mieux que de promouvoir le FN comme seul défenseur de l'identité nationale de la France et des Français " de souche". La boucle est bouclée et les internationalistes de gôche de la gôche joue dans ce concert de destruction leur partition.

..."selon Wikileaks, dans un texte envoyé en janvier 2010 par l’ambassadeur Rivkin, on peut lire cette phrase plus que surprenante: « Nous continuerons et renforcerons notre travail avec les musées français et les enseignants pour réformer le programme d’histoire enseigné dans les écoles françaises, pour qu’il prenne en compte le rôle et les perspectives des minorités dans l’histoire de France ». De façon surprenante une loi est alors votée en France en septembre 2010. Cette loi réduit ou supprime la partie des manuels d’histoire consacrée à certains personnages historiques français ou à certains évènements de l’histoire de France,..."


"...De toute évidence, les difficultés que la France rencontre actuellement avec ses minorités sont liées au développement rapide de la communautarisation, qu’elle soit identitaire, sociale et ethnico-religieuse. Sur le territoire, des sous cultures transversales se sont développées, qui sont indépendantes voire hostiles à l’identité française..."

http://www.planetenonviolence.org/notes/L-offensive-americaine-sur-les-banlieues-francaises-Alexandre-Latsa-La-Voix-De-La-Russie_b4894007.html

  

  

L’offensive américaine sur les banlieues françaises (Partie 1)

  

 

 

 

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« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique (...) sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. ». Ces mots surprenants sont ceux du défunt président français François Mitterrand.

Ils pourraient prêter à sourire plus qu’à les prendre au sérieux, sauf pour ceux qui s’inquiètent de l’offensive du Qatar, qui vient de promettre au gouvernement français de s’occuper des quartiers défavorisés, en échange du rachat d’un peu de dette française. Pourtant les banlieues françaises ne sont pas seulement visées par le Qatar mais également par de nombreux stratèges du département d’état américain, qui ont développé une stratégie à long terme basée sur la démographie des jeunes français issus de l’immigration africaine qui implique, à terme, une prise progressive de pouvoir et d’influence en France pour ces minorités.

C’est un câble datant du 25 janvier 2007 publié par Wikileaks qui révèle cette étonnante affaire. L’ambassade américaine y affirme clairement développer une politique active de soutien et de développement envers les communautés afro-arabes de France, en visant clairement les jeunes musulmans français. Les premiers éléments de cette politique furent fixés en 2001, juste après le 11 septembre, alors qu’il semblait vital au département d'état de tenter d'améliorer l'image de l’Amérique aux yeux des musulmans d'Europe.

Mais c’est suite aux émeutes françaises de 2005, que le président Obama nomme en 2009 Charles Rivkin comme nouvel ambassadeur des États-Unis en France. Celui-ci va alors par le biais de l’ambassade développer une intense campagne de lobbying auprès de jeunes français issus de l’immigration. Cette campagne prendra différentes formes : l’organisation de voyages sponsorisés aux Etats-Unis dans le cadre de programmes politiques, des déplacements de l’ambassadeur dans des zones sensibles à forte concentration de population d’origine immigrée, l’organisation de visites de stars américaines issues de la diversité dans ces quartiers, ou encore l’organisation d’événements (politiques ou artistiques) avec des jeunes français issus de la diversité. L’ambassadeur est principalement assisté dans ses activités de lobbying en direction de ces minorités par Mark Taplin, un diplomate de carrière, spécialiste des méthodes d’influence et du soft-power. Ancien attaché de Presse adjoint en 1994 à l’ambassade américaine à Moscou il a ensuite travaillé en Ukraine, Moldavie et Biélorussie de 1999 à 2004, année de la révolution de couleur en Ukraine.

L’année suivante, en 2010, l’ambassade américaine à Paris rédige un câble dans lequel l’ambassadeur Charles Rivkin explique les activités américaines en direction des minorités. Le câble décrit la crise de la représentation nationale en France, la nécessité pour les américains de développer une stratégie pour la France, de s’engager dans un discours positif, de mettre en avant un exemple fort, lancer un programme agressif de mobilisation de la jeunesse, l’encouragement des voix modérées, une diffusion des meilleures pratiques, l’approfondissement des compréhensions du problème, et enfin le ciblage des efforts. Le câble a été traduit et il est consultable ici, il est plus qu’explicite et mérite d’être lu. Il y est clairement expliqué que l’opération n’a comme intérêt final que de faire progresser les intérêts américains en France via la prise de pouvoir progressive de jeunes français issus de la diversité. Bien sur de nombreuses associations et fondations américaines opèrent depuis longtemps pour s’assurer du soutien à l’Amérique au sein des élites françaises, que l’on pense à la très célèbre fondation Franco-américaine, au club Jean Moulin (destiné à créer un projet d’opposition au gaullisme) ou encore plus récemment au conseil national pour les visiteurs internationaux. Mais la nouveauté de cette politique de séduction est qu’elle est focalisée sur des communautés ethnico-religieuses en France et notamment sur les jeunes musulmans.

Cette activité diplomatique vise donc les élites françaises tout comme les sites internet de la communauté immigrée en France. Sont cités notamment comme relais les sites oumma et saphir, qui ont confirmé leurs bonnes relations avec l’ambassade des Etats-Unis en France (voir ici et la). Mais des personnalités publiques et politiques issues de la diversité ont également été visées, comme par exemple Rokhaya Diallo, Reda Didi (ex-responsable du mouvement socialiste écologiste français les Verts qui a notamment publié un ouvrage À nous la Franceracontant son expérience américaine). Il y a aussi Ali Soumaré (ancien candidat PS aux élections régionales), Almamy Kanouté, (militant associatif et à la tête d'une liste indépendante à Fresnes), Najat Belkacem, ancienne porte-parole de Ségolène Royal, et aujourd’hui membre du gouvernement français, ou encore Said Hammouche, fondateur du cabinet de recrutement Mozaïk RH, qui vise à favoriser la diversité dans les entreprises françaises. Enfin, le rappeur Axiom, qui a lui aussi participé à ce programme et publié un ouvrage intitulé J'ai un rêve, appelant à lancer, en France, une vraie dynamique de lutte des droits civiques, sur le modèle américain. Cette liste n’est pas exhaustive.

Plus surprenant, ce travail de lobbying des minorités cible particulièrement les musulmans français. L’ambassade américaine a par exemple contribué à lancer une association nommée Confluences, destinée à promouvoir les minorités et particulièrement la minorité musulmane dans la région lyonnaise, tout autant qu’ à lutter contre les discriminations. L’attaché culturel du consulat américain à Lyon siège au conseil d’administration de l’association. Plus récemment, c’est une maison des Etats-Unis qui a été créée, destinée à informer les Lyonnais sur l’Amérique. Notre ambassadeur est aussi fortement intéressé par les « écoles de la seconde chance » destinées à favoriser l’intégration des jeunes défavorisés, souvent issus des agglomérations cosmopolites des grandes villes françaises. Ce travail en faveur des minorités défavorisées est plus limpide lorsque l’on lit le vibrant hommage rendu à l’ancien directeur de Sciences Politiques Richard Descoings, décédé dans des circonstances sordides aux Etats-Unis au début de cette année. On sait le travail énorme fourni par Richard Descoings pour ouvrir Sciences Po à la nouvelle diversité française, et aux minorités des quartiers dits défavorisés.

Au passage, la presse française, qui a applaudi cette initiative au nom de l’égalitarisme social et républicain a curieusement passé sous silence la gestion financière catastrophique de l’établissement.

http://french.ruvr.ru/2012_11_03/France-offensive-americaine/

  

L’offensive américaine sur les banlieues françaises (Partie 2)

« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerr e permanente, une guerre vitale, une guerre économique (...) sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. » (François Mitterrand).

Les ingérences américaines prennent parfois d’autres formes : BBC News a révélé que les États-Unis avaient très largement financé un manga japonais (Manga to promote US-Japan military alliance) destiné au jeune public japonais afin de le convaincre de l'intérêt de l'alliance militaire entre les États-Unis et le Japon (et notamment le maintien de la base américaine d'Okinawa, de plus en plus contestée par la population).

A titre de comparaison, une « action culturelle » destinée à la France : En décembre 2010 est apparu aux Etats-Unis un nouveau super héros de bande dessinée appelé Nightrunner. Le personnage s’inspire de Billi Asseiah, un sunnite algérien de 22 ans immigré en France et installé à Clichy-sous-Bois. Incarnant les valeurs de justice, d'honneur et de droiture, il secourt la veuve et l'orphelin selon l'expression consacrée. Il défend aussi et surtout les intérêts de sa communauté (les musulmans) injustement attaquée. Un élément d'autant plus inquiétant que le premier épisode de la BD se déroule durant les émeutes de banlieues de 2005 en France. Accompagné par un ami, Bilal, alors âgé de 16 ans, est injustement pris à partie par la police, passé à tabac alors qu'il n'a rien fait de mal. Ensuite, son ami est abattu après avoir incendié un commissariat. Bilal devient alors Nightrunner pour rétablir l'ordre juste et démocratique. Figurant dans Annual Batman Detective Comics n" 12, nul doute que ce Batman d'un nouveau genre n'apparaisse prochainement dans les kiosques français, en particulier dans les banlieues.

En outre et toujours selon Wikileaks, dans un texte envoyé en janvier 2010 par l’ambassadeur Rivkin, on peut lire cette phrase plus que surprenante: « Nous continuerons et renforcerons notre travail avec les musées français et les enseignants pour réformer le programme d’histoire enseigné dans les écoles françaises, pour qu’il prenne en compte le rôle et les perspectives des minorités dans l’histoire de France ». De façon surprenante une loi est alors votée en France en septembre 2010. Cette loi réduit ou supprime la partie des manuels d’histoire consacrée à certains personnages historiques français ou à certains évènements de l’histoire de France, dans les programmes de certaines classes, au profit des cultures étrangères. Ainsi Clovis, Charles Martel, Hugues Capet, Louis IX, dit Saint Louis, François Ier, Louis XIII ont disparu des instructions officielles des classes de sixième et de cinquième des lycées.

Le programme des classes de sixième des lycées passe par exemple sans transition de la fin de l'Empire romain au IIIe siècle à l'empire de Charlemagne, soit une impasse de six siècles. Les « invasions barbares » des IVe et Ve siècles, pourtant fondamentales dans l'histoire de l'Europe, ne sont même plus évoquées. Louis XIV n’apparait plus sous le nom de « Roi Soleil ». La partie qui lui est consacrés s’intitule « Émergence du roi absolu ». L’étude de la Révolution et de l’Empire est abrégée afin de mieux étudier les civilisations extra-européennes à certaines périodes.

Il y a au choix des enseignants: « la Chine des Hans à son apogée », c'est-à-dire sous le règne de l'empereur Wu (140-87 avant J.-C.), ou « l'Inde classique aux IVe et Ve siècles ». Au sein de la partie « Regards sur des mondes lointains» on trouve l'empire du Ghana (VIIIe-XIIe siècles), l'empire du Mali (XIIIe-XIVe siècles), l'empire Songhaï (XIIe-XVIe siècles) ou le Monomotapa (XVe-XVIe siècles). On y trouve aussi l'étude de la naissance et du développement des traites négrières en 3 heures, alors que la totalité de l’histoire de la Révolution de 1789 et de l’Empire ne se fait qu’en 8 heures. Enfin de grandes parties de l’histoire de France sont aussi désormais optionnelles et au choix du professeur.

Ces décisions de modification des programmes scolaires ont été prises en France au nom de « l’ouverture aux autres civilisations de notre monde ».

Quelles conclusions faut-il tirer de cette activité diplomatique américaine dirigée vers les minorités françaises visibles et simultanément de ces changements de contenu des manuels scolaires français ?

Tout d’abord les américains sont dans une démarche impérialiste de promotion de leur modèle de société. Cette logique impérialiste vise à établir un modèle de société unique et une vision commune de l’histoire, en Europe et en Amérique, une Amérique dans laquelle les bébés de souche européenne ne sont déjà plus majoritaires, une Amérique dans laquelle les minorités deviendront majorité a l’horizon 2050.

Ensuite on peut douter que ce modèle de société soit applicable a la France et aux nations européennes, dont l’homogénéité ethnique et culturelle ancienne n’a été que récemment bousculée par une immigration post coloniale et majoritairement d’une autre religion, ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis ou les minorités sont très majoritairement chrétiennes.

Enfin, ces stratégies de réseaux et d’influence présentent un réel danger pour la France. L’intégration réussie des nombreuses vagues d’immigration que la France à connu dans le passé s’est toujours réalisée sans aucune revendication ethno-religieuse mais par un processus complexe d’assimilation généralement volontaire, bien différent du modèle communautaire américain, modèle qui pourtant semble se développer dans plusieurs pays européens qui connaissent une forte immigration. De toute évidence, les difficultés que la France rencontre actuellement avec ses minorités sont liées au développement rapide de la communautarisation, qu’elle soit identitaire, sociale et ethnico-religieuse. Sur le territoire, des sous cultures transversales se sont développées, qui sont indépendantes voire hostiles à l’identité française.

Pour la France, pays chrétien et européen dont l’avenir est en Europe, cette activité d’ingérence est extrêmement négative. En accroissant les sentiments communautaristes et revendicatifs de minorités ethniques et religieuses à l’égard de l’état français, les américains prennent le risque de créer des tensions qui pourraient aboutir à un point de non retour. En outre, cette agression en règle contre le modèle assimilationniste choisi par la France pourrait avoir des conséquences explosives, lorsque l’on sait que les revendications ethno-religieuses s’ajoutent à des revendications régionalistes déjà sous jacentes.

http://french.ruvr.ru/2012_11_06/93646488/

http://chiron.over-blog.org/

 

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Les Poilus, dossier. Pas de commémoration de toutes les guerres ensemble ! Article repris sur le blog d'Eva.

13 Novembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

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Pour voir les vidéos sur les Poilus,

aller directement sur mon site officiel "Chantal Dupille",

parution complète ici :

Les Poilus, dossier. Pas de commémoration de toutes les guerres ensemble !

 

  http://angely.over-blog.com/article-24692972.html

20081111_StJulien-expo-poilus_3145.jpg Verdun

 

 

N'enterrons pas

la page de nos Poilus.

Par Chantal Dupille

 

 

Ils avaient 18 ou 20 ans,

ils ont été fauchés avant même d'avoir vécu, aimé.


Les plus chanceux sont revenus - mais dans quel état ?

"Gueules cassées", esprits blessés...

C'est l'horreur de la guerre !


Le dernier poilu, Lazare Ponticelli,

a dit : "La Der des Der" !

Mais ce ne sera pas la Der des Der.

Car les canons doivent être vendus.

Alors, nos enfants seront la chair.

Comme les gosses américains

qui partent sur les champs de bataille

pour payer leurs études ou pour avoir un job.

Et puis, les multinationales de mort

réclament leur lot de victimes.

Les Financiers se frottent les mains.

Les mères pleurent,

les fiancées pleurent,

les gosses pleurent.

Les Grands n'ont cure de nos larmes !

 

Mais Verdun,

mais les Poilus

et l'atroce vie dans les tranchées,

c'est autre chose.

Ils ont enduré l'horreur

au quotidien.

Ils sont morts pour rien.

60.000 en un jour !


Les Puissants ne sont puissants

que sur le sang des peuples.

On ne meurt jamais pour la patrie,

mais pour engraisser

les vampires de la City et de Wall-Street.

 

Mais le sang des Poilus,

de nos Poilus,

de nos ancêtres,

c'est une page d'Histoire

que nous ne devons jamais oublier.

Elle est différente. Elle est unique.

Notre belle terre porte les cicatrices

du sacrifice de nos pères

partis à l'âge où ils étaient encore des enfants.


Nous n'avons pas le droit de confondre cette guerre

avec les aventures impériales et impérialistes.

Nous ne devons pas commémorer

toutes les guerres ensemble,

d'autant que cela s'achèvera sans doute

par la seule évocation des camps de la honte.


N'acceptons pas que toutes les pages d'Histoire

se réduisent à une seule,

comme on veut tuer les Nations pour n'en faire qu'une,

gérée par les gangsters de la banque.


On n'a pas le droit de réduire notre Histoire,

on n'a pas le droit de n'en faire qu'une page,

chacune est spécifique.

Et la page de nos Poilus est sans doute

la plus effroyable de toutes.


Ne tuons pas une 2e fois nos Poilus

en les ensevelissant dans un quasi oubli,

dans l'affreux magma de toutes les guerres de l'OTAN !

 

Battons-nous pour préserver l'honneur de nos Poilus,

battons-nous pour que leur sacrifice n'ait pas été vain !

 

Chantal Dupille

 

 


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C’était le dernier d’une immense cohorte, celle des 8,5 millions de soldats français de la Grande guerre : Lazare Ponticelli, dernier poilu français survivant, s’est éteint , hier, à l’âge de 110 ans.
Il était le dernier témoin direct de la « der des der ». «L’horreur de cette guerre, je ne l’ai pas oubliée, ni pour moi ni pour ceux qui sont morts. C’est pourquoi je vais le 11 novembre au monument aux morts... » Lazare Ponticelli, seul « poilu » français rescapé de la Première guerre mondiale, n’ira plus se recueillir pour ses camarades. Il est mort, hier, à l’âge de 110 ans.

 
Immigré italien arrivé à 5 ans à Paris, Lazare Ponticelli s’était engagé en août 1914 dans la Légion étrangère en « trichant sur son âge ». Il avait alors 16 ans. Il fut envoyé au front à Soissons, dans l’Argonne puis à Douaumont. D’abord affecté à creuser des fosses pour enterrer les morts, il dut ensuite construire des tranchées, avant d’être enrôlé dans le 3e régiment de chasseurs alpins italiens en 1915. Il fut envoyé combattre les Autrichiens dans le Tyrol, où il fut blessé. A son retour en France en 1921, Lazare Ponticelli créa, avec ses deux frères, une entreprise de chauffage et tuyauterie.

 

Blog de schumi76 :le bon,la brute et le truand...oui ç est bien moi !, Tchao poilu.....

Avec Lazare Ponticelli disparaît le dernier combattant en France de la guerre de 1914-1918, qui fit dix millions de morts, dont 1,4 million de soldats français : paysans, employés, instituteurs, ouvriers, Bretons ou Auvergnats, tirailleurs marocains ou sénégalais, tués sur les coteaux de la Marne, dans les tranchées de Verdun ou du Chemin des Dames. Le conflit aura aussi fait trois millions de blessés, dont un million d ’ invalides, amputés ou gazés et 15.000 « Gueules cassées » , ces soldats défigurés. La Grande Guerre, ce sont aussi des milliers de disparus ou jamais identifiés dans la boue de la Marne ou de Verdun, symbolisés par le Soldat Inconnu qui repose sous la voûte de l’Arc de Triomphe.
Il ne resterait désormais dans le monde que huit survivants de la Première guerre mondiale ayant réellement combattu, selon le recensement effectué par Frédéric Mathieu, concepteur du site spécialisé Derdesders.

 

[ Le Télégramme ]
http://bibliza.over-blog.com/article-17650816.html




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Voici une occasion de vous parler de la collection Librio/RadioFrance qui publie régulièrement des Paroles de... Dans un recueil à 2€, des témoignages d'anonymes sur des périodes clés de l'Histoire, ds récits de vie, ... L'un des premiers publiés fût justement Paroles de Poilus, en 1998.
J'aime beaucoup cette collection, je les ai presque tous : ça prend de place dans les étagères et c'est poignant à lire. c'était une belle initiative, de RadioFrance et de Librio de créer cette collection et de continuer à l'entretenir.




pdp2.jpgParoles de Poilus,
Collectif,
Ed. Librio, 1998


Mot de l'éditeur :


 Ces extraits de lettres, de journaux intimes et de récits autobiographiques sont authentiques, tendres et poignants ; ils illustrent notre mémoire collective et rendent à l'histoire sa dimension humaine. Ils avaient dix-sept ou vingt-cinq ans. Se prénommaient Gaston, Louis, René. Ils étaient palefreniers, boulangers, colporteurs, ouvriers ou bourgeois. Ils devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers... Voyageurs sans bagage, ils durent quitter leurs femmes et leurs enfants, revêtir l'uniforme mal coupé et chausser les godillots cloutés... Sur huit millions de mobilisés entre 1914 et 1918, plus de deux millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal. Plus de quatre millions subirent de graves blessures... Huit mille personnes ont répondu à l'appel de Radio France visant à collecter les lettres, jusqu'ici éparpillées, de ces Poilus. Cet ouvrage en présente une centaine. Des mots écrits dans la boue et qui n'ont pas vieilli d'un jour. Des mots déchirants, qui devraient inciter les générations futures au devoir de mémoire, au devoir de vigilance comme au devoir d'humanité...


Le dernier Poilu s'est éteint, quatre-vingt dix ans après la signature de l'Armistice. C'est toute une génération qui s'éteint. C'était la période de l'Histoire de France la pluséloignée dont on ait encore des survivants pour raconter. Aujourd'hui, il ne reste que les livres (comme celui-là), les films, les archives de guerre, ...
Quand on pense que Guillaume Apollinaire, Charles Peguy ou Ernest Hemingway ont fait cette guerre, ça nous semble vraiment loin, mais quand on apprend que le dernier Poilu vient de nous quitter, ça nous semble plus proche, c'est étrange...
Bref, voilà une funeste occasion de lire ou relire cet ouvrage, ou d'autres concernant la Première Guerre Mondiale

 

http://bibliza.over-blog.com/article-17650816.html

 

Paroles de verdun : lettres de poilus - Jean-Pierre Guéno

Paroles de verdun : lettres de poilus

Description Du 21 février au 18décembre 1916, ce fut l' " enfer de verdun ". Au jour le jour, durant ces dix longs mois, les combattants ont écrit à leur famille ou à leurs proches, et leurs lettres révèlent en direct la tragédie de cet événement. jean-pierre guéno en a réuni un florilège, qui témoigne de l'endurance de ces hommes à la boue des tranchées, à la faim, à la soif, au désespoir, et à l'incompétence des élites militaires, celle de joffre par exemple, qui fit désarmer les forts de la ville six mois avant la ruée allemande. " verdun " est une bataille à somme nulle : 301 jours d'affrontements sévères pour, au final, raccompagner les allemands à la case départ, laissant la meuse tel un immense champ voué au carnage jusqu'en novembre 1918. restent l'humanisme, la formidable bravoure des poilus, à la fois victimes et héros. jean-pierre guéno dirige les éditions radio france. la sensibilité et la finesse de son travail antérieur, paroles de poilus, se retrouve dans ce recueil de lettres qui rend hommage à leurs auteurs et les immortalise

Jean-Pierre Guéno (Auteur)

 


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Coffret 14-18 Paroles de Poilus Coffret DVD (2 disques)

http://www.editionsmontparnasse.fr/p890/Coffret-14-18-Paroles-de-Poilus-Coffret-DVD

"Paroles de Poilus" (1)

"Paroles de Poilus" (2)

"Paroles de Poilus" (3)

"Paroles de Poilus" (4)

la suite ici :

http://www.wat.tv/video/paroles-poilus-1wuum_2hheh_.html

 

 

  VIDEO SUR LE SITE

Le guide rouge de Verdun et de ses champs de bataille.

Images d'après-guerre.

http://livresanciens-tarascon.blogspot.fr/2011/11/le-guide-rouge-de-verdun-images-dapres.html


 

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Une pensée pour le million de poilus tombés au champ d'honneur et pour les 8 millions de morts qu'a fait cette première guerre mondiale. On aimerait que cette commémoration ne soit pas un tremplin, une tribune pour les opposants ou les militants politiques de tous bords ! Et puis non…

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" Tous des cons ! " aurait dit Céline qui s'y connaissait, lui aussi, avec la connerie humaine. Bien sûr, il faudrait qu'il n'y ait plus de guerre ; bien sûr, il faudrait que les gentils soient heureux et que les méchants meurent – ah, non ! Qu'ils aillent tous en prison. Quel programme !

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Violence : A peine faites-vous une faute de conduite ou encore moins, un regard à la sortie d'une boite de nuit, une pensée qui dérange et l'on vous fait un bras d'honneur, on vous insulte, on se bat avec vous. Et des fois, vous trouvez ça normal. Et des fois, vous vous battez aussi…

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Et vous voudriez quoi ? Ne pas être un exemple ? Tiens ! Une lettre du front pour vous indigner. C'est très à la mode de s'indigner… Pierre

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Karl Fritz, caporal. Argonne, le 16 Août 1916

Chers parents et chères sœurs,

Le 2, à Saint-Laurent, nous avons entendu le signal de l'alerte. On est venu nous chercher avec des véhicules, et on nous a amenés jusqu'à quelques kilomètres du front de Verdun. [...] Vous ne pouvez pas avoir idée de ce qu'on a vu là-bas. Nous nous trouvions à la sortie de Fleury, devant le fort de Souville. Nous avons passés trois jours couchés dans des trous d'obus à voir la mort de près, à l'attendre à chaque instant. Et cela, sans la moindre goutte d'eau à boire et dans une horrible puanteur de cadavres. Un obus recouvre les cadavres de terre, un autre les exhume à nouveau. Quand on veut se creuser un abris, on tombe tout de suite sur des morts. Je faisais partie d'un groupe de camarades, et pourtant chacun ne priait que pour soi. Le pire, c'est la relève, les allées et venues. A travers les feux de barrages continus. Puis nous avons traversé le fort de Douaumont, je n'avais encore jamais rien vu de semblable. Là, il n'y avait que des blessés graves, et ça respirait la mort de tous les côtés.

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En plus, nous étions continuellement sous le feu. Nous avions à peu près quarante hommes morts ou blessés. On nous a dit que c'était somme toute assez peu pour une compagnie. Tout le monde était pâle et avait le visage défait. Je ne vais pas vous en raconter davantage sur notre misère, je pense que ça suffit. Nous étions commandés par un certain adjudant Uffe. On ne l'a pas vu. Mais le Seigneur m'est venu en aide. Là-dessus, nous sommes repartis pour Spincourt où on nous a chargés sur des véhicules à destination de Grandpont, puis nous sommes revenus en deux jours à nos positions devant Chapelle, où nous sommes maintenant un peu mieux installés. Je vais écrire à Guste. Je vous embrasse de tout coeur et vous recommande à Dieu. Votre fils et frère reconnaissant. Karl



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COLLECTIF. Le Guide Rouge de Verdun et de ses champs de bataille.Verdun, chez Fremont & Fils, sd (1920). Format in-12. Ouvrage réuni par deux solides agrafes non oxydées, couverture illustrée. Publicités aux contre-plats. Cahiers bien solidaires. 112 pages. Nombreuses illustrations et photographies. Livre en bon état. 15 € + port

 


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spécial 14-18

 

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Paroles de Poilus - Vidéo Dailymotion

dailymotion.com30 janv. 2006 - 10 min
Essai libre réalisé en classe de 1ère (année 2004/2005) sur le thème de la première guerre mondiale et des poilus ...

Essai libre réalisé en classe de 1ère (année 2004/2005) sur le thème de la première guerre mondiale et des poilus. Montage effectué à l'aide de Windows Movie Maker 2 (avec des moyens archaïques donc !) mais une bonne note au final : un 20 ! :D

http://www.dailymotion.com/video/xrt8_paroles-de-poilus_creation

(conseillé par eva)

 

Affiche du film d'Emile Buhot Verdun tel que le Poilu l'a vécu (1927)

http://crdp.ac-amiens.fr/pensa/3_13_case3.php

 

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http://museevirtuelmilitaire.centerblog.net/rub-documents-premiere-guerre-.html?ii=1

 

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L’offensive de Verdun

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Guerre 1914-1918

 

 

Exposition au couvent de CLUNY EN 2011 sur 14/18

Exposition sur la grande guerre au couvent de Cluny en 2011   Petite reconstitution du champ de bataille. Verdun Les tranchées sont « labourées » par l’artillerie Les Poilus sont « hachés » par les obus, mais s’accrochent à cette terre Lorraine

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    Un poilu raconte... 1915-1918

    15 €
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    Les Poilus : La France sacrifiée

    8,40 €
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  • Poilus : Les Ders des Ders

    Poilus : Les Ders des Ders

    11,16 €
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http://dijon1900.blogspot.fr/2010/03/14-avril-1916-ouverture-du-poilus.html

 

 

  VIDEO SUR LE SITE

 

 

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Peut-être avez-vous lu "Paroles de Poilus", ce superbe livre composé de lettres de soldats à leur famille durant la première guerre mondiale ? Si ce n'est pas le cas, il faut absolument le faire pour y découvrir, loin des livres d'histoire égrenant chronologiquement des faits de guerre en exaltant l'héroïsme des combattants, le douloureux quotidien d'une génération sacrifiée, les sentiments, les peurs, les angoisses, les colères de ces hommes, parfois tout juste sortis de l'adolescence, parfois père de famille, arrachés de leurs terres pour aller servir de chair à canon.

J'ai eu envie aujourd'hui, alors que le dernier d'entre eux s'en est allé récemment, d'apporter un modeste addendum familial, sous la forme de trois cartes postales écrites durant cette sombre période par deux de mes arrières-grands-pères et adressées à chaque fois - simple coïncidence - à leurs belles-soeurs respectives. Ce sont hélas les seules traces écrites de leur main qui ont su traverser le temps en échappant aux rongeurs et à la pourriture. On y devine, malgré un ton presque badin, un peu de l'enfer qui fut le leur quatre années durant

 

http://blogborygmes.free.fr/blog/index.php/2008/05/03/948-paroles-de-poilus-addendum

 



PAROLES_DE_POILUS.JPG..

 

 

Les Poilus, dossier. Pas de commémoration de toutes les guerres ensemble !

Le bog d'Eva: http://sos-crise.over-blog.com/article-les-poilus-dossier-pas-de-commemoration-de-toutes-les-guerres-ensemble-112356311.html

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Marc Bloch L'Étrange Défaite, Paris, éd. Gallimard Folio Histoire, 1990, 326 p.

13 Novembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

Marc Bloch, L'Étrange Défaite, Paris, éd. Gallimard Folio Histoire, 1990, 326 p.

 

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Préface
Par Stanley Hoffmann
 Marc Bloch L'Étrange Défaite, Paris, éd. Gallimard Folio Histoire, 1990, 326 p.


Cinquante ans après la catastrophe de 1940, cinquante ans après la rédaction de ce que son auteur a appelé, modestement, ce " procès-verbal de l'an
40 ", le " témoignage " du grand historien, résistant mort pour la France, reste l'analyse la plus pénétrante et la plus juste des causes de la défaite… Tout le savoir accumulé n'a fait que confirmer la profondeur et l'exactitude du jugement que, tout de suite après l'effondrement, cet ancien combattant des deux guerres mondiales avait porté sur le drame national.
(p. 11)


…Ce qu'il a, le premier, démontré et démonté, c'est la cause immédiate d'une débâcle sans précédent : " l'incapacité du commandement ". La défaite de 1940 fut d'abord une défaite militaire, et elle provenait non, comme on a d'abord voulu le croire, de l'infériorité numérique des forces et des armements mis en ligne par la France et l'Angleterre, mais d'une faillite intellectuelle et d'une faillite administrative. Sur celle-ci, le témoignage du capitaine Bloch est précieux, et il a été complété par beaucoup d'études systématiques : excès de paperasse, mauvais organisation des liaisons et du renseignement, multiplication des échelons et des grades, fragmentation du haut commandement, rivalités des services et des chefs, routine d'un " dressage " qui n'a rien de commun avec la vraie discipline, peur des " histoires " et aversion pour les sanctions, dilution des responsabilités, etc.
(p. 12)


… Il s'agit de l'abrutissement provoqué par le dogme de la guerre défensive, c'est-à-dire par la " leçon " des combats de 1914-1918 érigée en doctrine, malgré toutes les différences technologiques et politiques entre les circonstances de la Première Guerre et celles de la Seconde. Ce que Bloch a mis en accusation, c'est à la fois une méthode de formation fondée sur le verbalisme et les " idées générales " (Bloch rejoint ici le mépris de Charles de Gaulle pour le dogmatisme tatillon de la pensée militaire d'après 1918) et un système de promotion qui plaça à la tête des armées françaises des vieillards incapables de remettre en cause leur interprétation de leur victoire passée, c'est-à-dire de se remettre en cause - incapables, de ce fait, de réagir comme l'avait fait Joffre après les désastres de l'été 1914. La stratégie française consistait à tout prévoir dans le détail - mais à partir d'un tout petit nombre d'hypothèses sur la stratégie adverse probable… " ce furent deux adversaires appartenant chacun à un âge différent de l'humanité qui se heurtèrent sur nos champs de bataille. Nous avons en somme renouvelé les combats, familiers à notre histoire coloniale, de la sagaie contre le fusil. Mais c'est nous, cette fois, qui jouions les primitifs. "
Pourtant Bloch savait aussi que " les états-major ont travaillé avec les instruments que le pays leur avait fournis ", et vécu dans une " ambiance psychologique qu'ils n'avaient pas tout entière créée "…
Bloch se livre à un " examen de conscience du Français " qui est l'acte d'un citoyen et d'un historien… Il est sévère pour une droite dont le défaitisme fut, " presque tout au long de notre destin ", une " constante tradition ", et qui, entre les deux guerres, passa du chauvinisme à ce que les Anglais ont nommé appeasment. Et l'historien de la France rurale est sarcastique envers le culte vichyssois du retour à la terre : " c'est seulement dans les églogues que le village fait figure d'un asile de paix " ; la " littérature du renoncement " qui, entre les deux guerres, s'en prenait à l'" américanisation " et à la machine condamnait la France au déclin : " Ce qui vient d'être vaincu en nous, c'est précisément notre chère petite ville ". (p. 12 à 14)


… Le citoyen qui parle de la sorte ne ménage personne. Ni une bourgeoisie " aigrie ", incapable de comprendre l'" élan des masses vers l'espoir d'un monde plus juste " et encline à considérer le régime politique " corrompu jusqu'aux moelles " et le peuple " dégénéré ". Ni des syndicats ouvriers (ou des syndicats de fonctionnaires) braqués sur les " petits sous ", sur " les profits du présent " auxquels se bornaient leurs regards, et sur un pacifisme incapable de distinguer " entre le meurtre et la légitime défense ". Ni les grandes écoles et les universités où régnaient les " fils de notables ", la cooptation, et aussi " routine, bureaucratie, morgue collective ". Ni un enseignement voué au bachotage et méfiant envers l'initiative et l'observation. Ni un marxisme figé, aussi hostile à toute hérésie que la pensée militaire officielle. Ni un état-major enfermé derrière " un mur d'ignorance et d'erreur ", en désaccord avec la vie politique du pays, et dont les chefs " ont estimé très tôt naturel d'être battus " . Ni un régime plus faible que méchant. Ni une politique étrangère arrogante et sans rapport avec la puissance diminuée de la nation, après l'épuisante victoire de 1918. Ni lui-même et ceux qui, comme lui, avaient " une langue, une plume, un cerveau ", mais, " par une sorte de fatalisme ", ne s'en étaient pas servi pour informer et instruire la collectivité. Fiers d'avoir été, dans leurs tâches quotidiennes, " de bons ouvriers ", ils faillirent au devoir d'être de bons citoyens, et de lutter pour cette " vertu " que la Révolution française et, avant elle, Montesquieu, avaient proclamée indispensable à tout État populaire.
(p. 14 et 15)

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1942-2012 Stalingrad, L’honneur d’un peuple. Un texte sur Agoravox.

28 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire

 

 

STALINGRAD : A QUI VONT MES PENSEES

 

« Stalingrad, symbole de l‘honneur d‘un peuple et du formidable effort qu‘il sut déployer lors de sa Grande Guerre Patriotique. Une volonté farouche qui le mènera jusqu‘à Berlin, et le 9 mai 1945 à recevoir une capitulation sans conditions de l'Allemagne nazie, saluée par mille coups de canon tirés du Kremlin.

« Ce sera alors la fin d’un cauchemar, une fin triomphale et amère, qui aura coûté à l’Armée Rouge 9 millions de morts, 18 millions de blessés, sans oublier la mort de 18 millions de civils, des milliers de villages ravagés, incendiés corps et âmes, et une somme incommensurable de souffrances et d’humiliations sous la botte nazie considérant les slaves comme des sous-hommes. Sur les 4 millions et demi de soldats qui seront faits prisonniers par les allemands seuls reviendront vivants 1 million huit cent mille soldats. »

L'auteur ajoute encore : « Hitler, comme Napoléon, devra se heurter à l’ours slave. »

L'essentiel n'est-il pas dit ?

Il n'est pas de sauveur suprême : oui, ce sont bien les peuples qui écrivent toujours leur histoire, quelles que soient les conditions qui leur sont données.

Michel Peyret. Le 28 octobre 2012.

 

Un article sur Agoravox.

   

1942-2012 Stalingrad, L’honneur d’un peuple

par Agafia samedi 27 octobre 2012 -

 

« Un soleil d’hiver brille au-dessus des tombes collectives, au-dessus des tombes improvisées. Les morts dorment sur les hauteurs des collines, près des ruines des ateliers d’usine, dans des ravins et des combes, ils dorment là où ils se sont battus et leurs tombes se dressent près des tranchées, des casemates, des murs percés de meurtrières qui n’ont pas cédé à l‘ennemi, comme un monument majestueux à la simple loyauté payée au prix du sang. Terre sainte ! »

Ainsi Vassili Grossman, juif athée, communiste désenchanté et correspondant de guerre pour le journal Krasnaïa Zvezda, fit ses adieux à Stalingrad dans un dernier article, le soir du Nouvel An, remplacé par Konstantin Simonov sur ordre du général Ortenberg. La séparation d’avec cette ville martyre, avant même la fin des combats, attrista Grossman marqué par les mois passés au cœur de cet enfer. « La ville est devenue pour moi une personne vivante » confia-t-il dans une lettre à son père.

A Stalingrad, la sculpture miraculeusement épargnée par les raids aériens, ces enfants de pierre, faisant une ronde joyeuse autour d’un crocodile, apparaissait sur fond de ruines, comme le symbole de la victoire d’un peuple uni et fier terrassant le reptile nazi au prix du sang versé et de la souffrance.



Stalingrad… Hitler qui visait les champs pétrolifères du Caucase, fut stoppé dans son élan par la ville portant le nom même de son frère-ennemi. Il y a 70 ans, l’actuelle Volgograd marqua le tournant de la guerre, et fut le symbole d’un formidable espoir dans la lutte contre l’Allemagne du IIIe Reich et la barbarie nazie. Stalingrad, symbole de l‘honneur d‘un peuple et du formidable effort qu‘il sut déployer lors de sa Grande Guerre Patriotique. Une volonté farouche qui le mènera jusqu‘à Berlin, et le 9 mai 1945 à recevoir une capitulation sans conditions de l'Allemagne nazie, saluée par mille coups de canon tirés du Kremlin.

Ce sera alors la fin d’un cauchemar, une fin triomphale et amère, qui aura coûté à l’Armée Rouge 9 millions de morts, 18 millions de blessés, sans oublier la mort de 18 millions de civils, des milliers de villages ravagés, incendiés corps et âmes, et une somme incommensurable de souffrances et d’humiliations sous la botte nazie considérant les slaves comme des sous-hommes. Sur les 4 millions et demi de soldats qui seront faits prisonniers par les allemands seuls reviendront vivants 1 million huit cent mille soldats.

Dès le début de l’opération Barbarossa, l’avancée rapide des armées allemandes en terre russe durant le tragique été 41, avec son cortège d’horreurs, de monstruosités, d’inhumanité la plus extrême, à l’encontre des civils comme envers les millions de soldats faits prisonniers, avait laissé croire au IIIe Reich que les Russes seraient balayés d’un revers de cravache. C’est méconnaître la volonté d’un Russe, méconnaître la force d’âme de ce peuple capable de tout endurer, et méconnaître l’Histoire. Hitler, comme Napoléon devra se heurter à l’ours slave.

Je laisse de côté la stratégie purement militaire, là n’est pas mon propos. Les opérations Uranus, Orage d’Hiver, Petite Saturne et Cercle concoctées par Joukov et Rokossovki piégèrent la 6e Armée de Paulus et firent ravaler sa morgue à Hitler. Les forces allemandes, roumaines et italiennes encerclées, épuisées, gelées et affamées s‘effondrèrent sous les coups de boutoir soviétiques.

Une guerre urbaine parmi les ruines que les Russes surent utiliser à leur avantage, des immeubles et des usines défendues pierre par pierre, des quartiers effondrés perdus et repris maison après maison sous le feu nourri de l’artillerie.

Dès le début de l’opération Barbarossa, l’avancée rapide des armées allemandes en terre russe durant le tragique été 41, avec son cortège d’horreurs, de monstruosités, d’inhumanité la plus extrême, à l’encontre des civils comme envers les millions de soldats faits prisonniers, avait laissé croire au IIIe Reich que les Russes seraient balayés d’un revers de cravache. C’est méconnaître la volonté d’un Russe, méconnaître la force d’âme de ce peuple capable de tout endurer, et méconnaître l’Histoire. Hitler, comme Napoléon devra se heurter à l’ours slave.





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Mes pensées vont à ces défenseurs, combattants hommes et femmes, officiers, soldats, et civils vivant terrés dans des caves, survivant à tout, mourant surtout.

 

A ces hommes, soldats et ouvriers brûlant vif plutôt que de quitter leur poste défensif, à ces téléphonistes hommes et femmes, courant sous le feu pour réparer les fils endommagés. A ces estafettes traversant la ville avec une chance de survie minime, à ces infirmières de 18 ans, la musette et le cœur en bandoulière rampant auprès des blessés et tombant sous les balles allemandes. A ces aviatrices, surnommées par les allemands "les sorcières de la nuit", volant en rase motte dans leur avion de bois et de papier, à portée de tir, et larguant leurs bombes sur les lignes ennemies. A ces sapeurs chargés de nettoyer les maisons occupés par les troupes allemandes. A ces tireurs d’élite, chasseurs de l’Oural ou sibériens ayant quitté leur lointaine taïga natale pour défendre cette ville du Sud, à tous ces soldats, comme ces fusiliers de la Garde, traversant la Volga sous les bombes, face à la ville en flammes, en route pour l’enfer. A ces officiers aussi, comme Tchouikov, Emerenko, Vatoutine, Rodimtsev, Voronov... et puis Rokossovski

Konstantin Konstantinovitch Rokossovki,

russo-polonais, soldat d’honneur talentueux, intelligent, victime des purges de 37, ayant survécu aux tortures du NKVD de Béria, et qui fut tiré de sa geôle en 40 pour pallier au manque cruel d‘officiers, victimes expiatoires de la paranoïa stalinienne. Gravement blessé devant Moscou, il sera promu commandant du front du Don par la Svatska fin 42 et désigné comme responsable de la liquidation finale de l’ennemi. Il tenta de négocier une reddition allemande, envoya par deux fois des émissaires dans les lignes allemandes afin de limiter la casse. En vain. Paulus refusa.

 

Et ce fut à l'aube du 10 janvier que l'ultime offensive "Cercle" fut lancée. A 6h05, l'ordre d'ouvrir le feu fut donné, et durant 55 minutes, 7000 canons, mortiers et katioucha roulèrent tel un tonnerre apocalyptique. D'une façon si intense, qu'un officier d'artillerie soviétique, le colonel Ignatov, déclara qu'il n'y avait que deux façons de sortir d'un pareil déchainement : mort ou fou. La 6e Armée affamée, épuisée, reçut le coup de grâce, malgré une résistance acharnée et même extraordinaire si l'on considère son état de faiblesse physique et matérielle. Acharnement qui coûta au cours des trois premiers jours de l'offensive 26 000 soldats aux armée soviétiques du front du Don, ainsi que la moitié de leurs chars.

C’est à tous ceux là, illustres ou inconnus, à qui je rend hommage, …

Et l’imposant monument juché sur le Kourgan Mamaï rappelle à tous, cette bataille historique. La Mère Patrie veille sur ses enfants tombés pour elle, il y a 70 ans. Et je les salue.

Que la terre leur soit légère

Sources :

Carnet de Guerre, Vassili Grossman

Stalingrad, Anthony Beevo

Le devoir d’un soldat, Konstanttin K. Rokossovski

La guerre n’a pas un visage de femme, Svetlana Alexievitch

  
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