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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #histoire tag

Livres. Relève-toi de Régis Chamagne.

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #La France

Aux éditions Astrée

Relève-toi, aux éditions Astrée, le dernier livre de Régis Chamagne

Ce livre, « Relève-toi », veut inviter le peuple français à reprendre son destin en main, à recouvrer sa souveraineté populaire et à sauver la France. Il est composé de trois parties, de trois cris.

Un cri d’amour

Les Français doivent commencer par s’aimer, en tant que peuple, et aimer la France. Pour cela il faut se connaître. C’est l’objet de la première partie : rompre avec cette classe médiatique et politicienne qui nous inocule depuis des décennies le poison de la culpabilité et de la haine de l’Histoire de France. La diversité des structures familiales en France fait qu’il n’y a pas un peuple français mais cent, ce qui explique notre propension à nous diviser. Mais notre géographie – un hexagone presque parfait, d’une incroyable diversité, d’une grande richesse et d’une immense beauté – nous invite à vivre ensemble et à nous inventer un destin commun. Là est résumée toute la problématique de l’Histoire de France. Le Général de Gaulle écrivait : « Toute notre histoire, c’est l’alternance des immenses douleurs d’un peuple dispersé et des fécondes grandeurs d’une nation libre groupée sous l’égide d’un État fort. »

Un cri de colère

Mais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, un projet impérial, caché au peuple français, est à l’œuvre. Petit à petit, de façon très subtile, voire sournoise, une dictature européenne s’est mise en place. Elle a retiré tout pouvoir de décision aux citoyens français. Nous avons le choix de désigner nos élus mais pas celui de décider de notre politique. Évidemment, toute la classe médiatique et politicienne est complice, par consentement ou par ignorance. Cette deuxième partie décrypte soigneusement toute cette mécanique, preuves à l’appui, et dresse un constat sans appel, à l’opposé de la pensée unique et des discours politiquement corrects.

Un cri d’espoir

Mais la flamme de l’espérance ne doit pas s’éteindre car le salut est au bout du chemin, à condition d’en avoir la volonté et l’envie, à condition que le peuple français, une fois de plus dans son Histoire, dépasse ses contradictions et se regroupe autour d’un l’impératif sacré : sauver la France ! C’est l’objet de cette troisième partie : donner des pistes, stimuler les énergies, susciter l’envie de mener le combat de libération nationale. Alors, si nous réussissons, nos enfants et petits-enfants pourront de nouveau grandir et vivre dans une France belle et généreuse au service de l’humanité.

Régis Chamagne

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Etat des lieux de la géopolitique mondiale – Russie, Iran, Etats-Unis Par Youssef Hindi — 11 mars 2017

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Etat des lieux de la géopolitique mondiale – Russie, Iran, Etats-Unis

 
Vladimir Poutine avec le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei à Téhéran le 23 novembre 2015. Crédit : AFP PHOTO / ALEXEI Druzhinin)

Vladimir Poutine avec le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei à Téhéran le 23 novembre 2015. Crédit : AFP PHOTO / ALEXEI Druzhinin)

 

L’entrée de la Russie en guerre contre l’organisation Etat islamique (à partir d’octobre 2015), aux côtés de l’armée syrienne, n’a pas seulement révélé la duplicité des puissances occidentales et leur soutien aux groupes terroristes, mais elle a été aussi la traduction d’un basculement géopolitique mondiale en faveur des puissances eurasiatiques. La nouvelle donne dans les rapports de forces géopolitiques a été explicitée par le chef de la diplomatie russe Sergeï Lavrov, lors de la 53e Conférence de Munich sur la sécurité qui a eu lieu les 17, 18 et19 février 2017. Le Ministre des Affaires étrangères russe déclara durant son discours :

« Il y a dix ans, le Président de Russie Vladimir Poutine prononça un discours que beaucoup en Occident considéraient comme un défi et même une menace, bien que le message soulignât avant tout la nécessité de renoncer aux actions unilatérales et ce en faveur d’une coopération honnête basée sur le respect mutuel, le droit internationale, l’évaluation conjointe des problèmes mondiaux et la prise de décision collective. Malheureusement, les avertissements qu’il a alors émis sur les conséquences négatives d’entraver l’émergence d’un monde multipolaire sont devenus réalité.

L’Humanité est à la croisée des chemins aujourd’hui. L’ère historique qui pourrait être appelée l’Ordre post-guerre froide est arrivée à sa fin. Son principal résultat, nous le voyons, est l’échec total des institutions de la Guerre froide à s’adapter aux nouvelles réalités. Le monde n’est devenu ni « occidentalo-centrique », ni un endroit plus sûr et plus stable. Cela est évident au regard des résultats de la « démocratisation » du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et ailleurs.

L’expansion de l’OTAN a créé un niveau de tension jamais vu en Europe depuis 30 ans…

Nous rejetons catégoriquement les allégations de ceux qui accusent la Russie et les nouveaux centres d’influence mondiale de tenter de saper l’ordre libéral. Ce modèle global a été préprogrammé pour la crise dès le moment où cette vision de la mondialisation économique et politique a été conçue avant tout comme un instrument pour assurer la croissance d’un club d’élite de pays et sa domination sur tous les autres. Il est clair qu’un tel système ne pourrait durer éternellement. Les dirigeants qui ont un sens de la responsabilité doivent maintenant faire leur choix. J’espère que ce choix sera fait en faveur d’un ordre mondial démocratique et juste, d’un ordre mondial post-occidental, si vous voulez, dans lequel chaque pays développe sa propre souveraineté dans le cadre du droit international et s’efforcera d’équilibrer leurs propres intérêts nationaux avec leurs partenaires, dans le respect de l’identité culturelle, historique et civilisationnelle de chaque pays. »[i]

De toute évidence, si les responsables occidentaux se refusent à accepter le monde multipolaire, la guerre mondiale restera la seule issue.

La fin de la séquence historique du « Printemps arabe »

Le politologue Naoufel Brahimi el Mili, dans un ouvrage intitulé Le Printemps arabe : une manipulation ?[ii], démontre que les révoltes arabes furent essentiellement le fruit d’un travail de terrain via notamment la participation active de la chaîne qatari Al-Jazeera suivant le plan de remodelage du Grand Moyen-Orient (Greater Middle East initiative, 2002) – plan attribué aux néoconservateurs américains mais dont l’origine est israélienne (Plan Oded Yinon, 1982).

Le Printemps arabe, qui démarra à la fin de l’année 2010 en Tunisie – et qui, par effet de « contagion » a touché l’Egypte, puis l’Algérie et le Maroc (ces deux derniers ont néanmoins su gérer la « révolte » et l’empêcher d’aboutir, à l’inverse de la Tunisie et de l’Egypte) – ne fut pas la première des révoltes arabes qui aura profité au projet sioniste.

En effet, en 1916, sous l’impulsion britannique, les Arabes se sont révolté contre l’Empire ottoman (qui était pourtant un empire décentralisé et dont la présence en terres arabes ne se faisait pas sentir par les populations) ; soulèvement qui s’est poursuivi en 1917 en accompagnant le démantèlement de l’Empire ottoman. Les troupes arabes ont aidé les Britanniques (appuyé sur le terrain par un contingent juif) à prendre Jérusalem, participant ainsi à la création du foyer juif en Palestine, ignorant qu’ils creusaient leur propre tombe[iii].

Avec le Printemps arabe de 2010-2011, l’histoire se répète. Après l’Empire ottoman, c’est au tour des dictateurs arabes de jouer le rôle d’ennemi à abattre afin de passer au second découpage – le premier fut celui du Moyen Orient, conformément à l’accord secret de Sykes-Picot (1916) faisant suite à celui de McMahon-Hussein (1915), au lendemain de la Grande Guerre – du monde arabo-musulman (Moyen Orient élargi).

Si la révolte arabe de 1916-1917 a contribué à la création du Foyer juif en Palestine, la révolte arabe de 2010-2011 aura, pour sa part, contribué à l’avancement du projet du Grand Israël.

Les révoltes ont conduit à la chute de plusieurs gouvernements par effet domino (pour reprendre l’expression du Sheikh Imran Hosein qui annonça le Printemps arabe avec huit ans d’avance), et leur remplacement par les Frères musulmans financés par le Qatar et soutenu par les Etats-Unis[iv]. Puis, l’on a vu, à commencer par la Libye, déferler des hordes de mercenaires et d’assassins endoctrinés et financés par les deux Etats wahhabites que sont le Qatar et l’Arabie Saoudite, armés et soutenus par les Etats-Unis, Israël, la France et la Grande-Bretagne, semer le désordre, bombarder, massacrer les populations civiles en Libye, en Syrie et en Irak.

Et ce avec le soutien des Frères musulmans de toutes tendances, en Europe et ailleurs, à l’instar de Tariq Ramadan (travaillant à la fois à l’Université d’Oxford en Angleterre et au Qatar). Rien d’étonnant d’ailleurs à ce que Frère Tariq se soit, dès le déclenchement du Printemps arabe, parfaitement aligné sur la politique atlantiste, sioniste et wahhabite, appelant fallacieusement les égorgeurs de Libye et de Syrie « freedom fighters » (combattants de la liberté) ; en cela, rien ne le distingue de Bernard-Henri Levy…

De la même façon que le chef du Hamas (qui est une émanation des Frères musulmans), Khaled Mechaal[v], a quitté traîtreusement Damas (où il était exilé) au lendemain du déclenchement du Printemps arabe, pour s’installer au Qatar. Tandis qu’Ismaël Hanyié (membre du Hamas et ancien Premier Ministre de l’autorité palestinienne, 2006-2007) se rendait au Caire pour faire allégeance au gouvernement des Frères Musulmans, tout en vouant Bachar el-Assad aux gémonies.

Le Printemps arabe a eu au moins le mérite de faire tomber de nombreux masques, de révéler au grand jour l’agenda des Frères musulmans qui coïncide « curieusement » avec celui d’Israël, et de mettre en lumière la réalité des alliances géopolitiques et les accointances idéologiques d’un certain nombre d’imposteurs qui avançaient masqués.

Le rôle corrosif de ces entités terroristes a été et est encore, conformément au plan israélien Oded Yinon, d’anéantir les structures étatiques préexistantes. L’avancement de ce qu’il convient d’appeler « le printemps sioniste », a provoqué, en réaction, un renforcement de l’alliance russo-iranienne.

C’est cette alliance que les stratèges sionistes essayent de défaire depuis plusieurs années, après avoir rendu impossible toute normalisation des rapports entre les Etats-Unis et l’Iran.

Le lobby pro-israélien derrière la politique anti iranienne des USA

Donald Trump, qui n’a jamais caché, durant toute sa campagne présidentielle, sa volonté de collaborer avec la Russie de Vladimir Poutine, notamment sur le règlement du problème terroriste en Orient, a parallèlement tenu des propos hostiles à l’Iran – menaçant d’ailleurs de déchirer l’accord sur le nucléaire[vi].

Or, la principale puissance régionale stabilisatrice est l’Iran ; pays allié de la Russie et de la Syrie qu’elle aide militairement à lutter contre les groupes terroristes. Il y a donc, dans la position de Trump vis-à-vis de l’Iran, une incohérence qui ne peut pas être seulement imputable à son manque d’expertise géopolitique ; d’autant plus que son agressivité et celle de son conseiller Michael Flynn (qui a été débarqué après avoir glissé sur une peau de banane des Services de renseignements qui cherchent à amputer le nouveau président de ses principaux piliers) reste jusque-là purement verbale. De toute évidence, ce n’est que pour complaire à Israël et éviter d’avoir le lobby sioniste sur le dos que Donald Trump s’est livré à une agressivité théâtrale contre l’Iran.

Il faut, pour comprendre l’anti-iranisme des administrations américaines successives se pencher sur le lobbying israélien aux Etats-Unis.

En effet, jusqu’en 1993, les Etats-Unis n’étaient pas partisans d’une politique agressive envers l’Iran. C’est principalement sous l’influence de l’Etat hébreu que les Américains ont pris ce tournant anti-iranien. Au début de l’année 1993, alors que Bill Clinton arrive au pouvoir, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et son ministre des Affaires étrangères Shimon Pérès commencent à défendre l’idée que l’Iran constitue une menace pour Israël et les Etats-Unis. A la mi-mars 1993, le Washington Post rapportait ceci :

« Quelle que soit leur sensibilité politique, les responsables israéliens estiment qu’il est nécessaire de convaincre l’opinion et les dirigeants américains de l’urgence de mesures visant à contenir l’Iran, et que les Etats-Unis sont la seule puissance mondiale capable de prendre de telle mesure »[vii].

Les États-Unis se plièrent aux exigences israéliennes en pratiquant une politique d’endiguement (contention) de l’Iran en cernant militairement le pays par des bases militaires, tout comme ils le font avec la Russie. Robert Pelletreau, qui était secrétaire d’État adjoint en charge du Proche-Orient, déclara que cette politique d’endiguement militaire était pour l’essentiel la copie conforme d’une proposition israélienne[viii].

Cette politique, une fois mise en place, fut très critiquée pour plusieurs raisons ; une d’entre elles est que ces exigences israéliennes poussaient les États-Unis à adopter une politique d’hostilité à l’encontre de deux pays déjà antagonistes : l’Iran et l’Irak, ce qui, d’un point de vue stratégique est contre-productif[ix], mais très utile à la stratégie israélienne sur le long terme. Au sein de l’appareil d’Etat américain, des voix s’élevèrent en conséquence en faveur d’un dialogue avec l’Iran[x].

Mais pour les israéliens, cette politique d’isolement n’était pas encore satisfaisante, il fallait aller plus loin, alors Israël et son lobby aux États-Unis, se sont attaqué aux lois permettant aux entreprises américaines de commercer avec l’Iran. L’analyste Tritta Parsi rapporte à ce sujet que « à la demande du gouvernement israélien, l’AIPAC rédigea et fit circuler à Washington un mémorandum de 74 pages soutenant que l’Iran était une menace non seulement pour Israël, mais aussi pour les États-Unis et l’Occident tout entier »[xi].

En avril 1995, l’AIPAC publia un rapport intitulé « Pour un ensemble de sanctions contre l’Iran : un plan d’action »[xii]

Dans la même année, la société pétrolière américaine Conoco qui était alors au bord de signer un accord avec l’Iran pour l’exploitation des gisements pétrolifères, s’est vue empêchée de conclure : le président Clinton avait mis son véto en personne à cet accord le 14 mars 1995 et prit un décret le lendemain même pour interdire aux entreprises américaines de participer à l’exploitation des réserves pétrolières iraniennes.
Bill Clinton révéla plus tard ceci : « Un des opposants les plus efficaces au contrat avec Conoco était Edgar Bronfman Sr. », soit le très influent ancien dirigeant du Congrès juif mondial. L’AIPAC contribua aussi à torpiller l’accord[xiii].

Le fait suivant illustre assez bien le jeu subtil et pervers d’Israël, un jeu alambiqué assorti d’une authentique duplicité : bien que l’Entité sioniste ait tout fait pour que les États-Unis rompent tout rapport économique et commercial avec l’Iran, Israël ne s’est pas interdit de commercer avec son ennemi prétendument déclaré en achetant des produits iraniens via des intermédiaires[xiv].

Après avoir poussé les États-Unis à mener une politique de blocus et de sanctions économiques à l’encontre de l’Iran, les boutefeux sont passés à l’étape suivante : ils ont encouragé Washington à mener des frappes contre les installations nucléaires iraniennes et même à livrer la guerre à Téhéran ; en parallèle ils défendaient l’idée d’un changement de régime en Iran.

Depuis le début des années 1990, Israël mène des campagnes anti-iraniennes aux États-Unis ; en 1990, les dirigeants israéliens désignaient l’Iran comme leur ennemi le plus redoutable car il aurait été capable de développer un armement nucléaire, ce qui par ailleurs, serait tout à fait légitime. Un Iran menacé à la fois par Israël qui est sur-nucléarisé et par la plus grande puissance militaire mondiale, peut légitimement développer un armement atomique afin de sanctuariser son territoire et éviter ainsi de subir le même sort que l’Irak.

Israël, qui a de toute évidence pour objectif de devenir un État impérial au Proche-Orient, ne peut tolérer qu’une puissance comme l’Iran dont l’influence est croissante dans la région, se dote d’un arsenal nucléaire. Du point de vu israélien, l’Iran doit, soit tomber sous les coups d’une coalition wahhabo-américano-sioniste (l’Arabie étant automatiquement partie prenante d’une telle coalition), soit se soumettre, d’où l’idée d’un changement de régime.

Nous l’avons dit, une confrontation directe avec l’Iran est loin de faire l’unanimité aux États-Unis ; la CIA, le Département d’Etat et l’armée, étaient partisans d’un dialogue avec l’Iran. Fin février 2007, le Sunday Times rapportait :

« d’après des sources haut placées dans les cercles du renseignement et de l’armée, certains des membres les plus éminents de l’état-major américain sont prêts à présenter leur démission si la Maison-Blanche ordonne une attaque militaire contre l’Iran »[xv]

Ephraim Sneh, l’un des faucons israéliens, s’est exprimé à ce propos sans ambiguïté :

« Nous étions contre le dialogue Irano-États-Unis parce que l’intérêt des États-Unis ne coïncidait pas avec le nôtre »[xvi]

Les Iraniens, de leur côté, ont depuis le début des années 1990 tendu la main aux États-Unis et ont même proposé de travailler à l’élaboration d’un modus vivendi avec Israël[xvii]. L’Iran, sous la présidence de Rafsandjani (de 1989 à 1997) et plus encore sous Khatami (de 1997 à 2005), a constamment cherché un compromis et la paix. L’Iran n’a durci le ton – sous la présidence d’Ahmadinejad (2005-2013) – qu’après de longues années de négociations infructueuses. La radicalisation des États-Unis, sous l’Administration Bush, précède l’arrivée à la présidence iranienne d’Ahmadinejad, qui n’est en quelque sorte que la réponse à la politique d’endiguement menée par les États-Unis sous influence israélienne.

Le guide suprême iranien, l’Ayatollah Khameneï, composant avec des forces contradictoires – d’un côté les Pasdaran (Gardiens de la Révolution), nationalistes (auxquels appartient Ahmadinejad) et de l’autre, une partie du clergé (qui compte les hommes les plus riches d’Iran et dont la préoccupation est leur intérêt personnel plutôt que celui de l’Iran) et les réformateurs (comme le pro-américain Moussavi, qui s’est présenté aux élections de 2009 face à Ahmadinejad), tournés vers l’Occident –, a su adapter la politique iranienne aux circonstances, en laissant accéder à la présidence des hommes dont les profils peuvent être parfois antagonistes (Ahmadinejad/Rohani).

Après le départ d’Ahmadinejad, l’on a vu arriver le diplomate Rohani à la présidence ; il a, dès son arrivée, entamé une politique de compromis calquée sur celle de Khatami et assez éloignée de celle d’Ahmadinejad. Ceci à permis la levée des sanctions économiques et de « normaliser » temporairement les relations entre l’Iran et les États-Unis.

J’annonçais en 2015 que cette normalisation des rapports serait temporaire et qu’elle se conclurait par l’annulation de l’accord nucléaire[xviii] ; et c’est ce que nous voyons avec Donald Trump qui annonçait durant sa campagne qu’il jetterait cet accord à la poubelle. Israël s’efforce de faire revenir les Américains sur l’accord nucléaire, tout en continuant à maintenir les Etats-Unis et l’Iran dans un état conflictuel permanent[xix].

Après l’arrivée de Bush au pouvoir (en particulier durant son deuxième mandat), la politique américaine, sous l’influence d’Israël, est devenue résolument agressive, au point que le Pentagone a envoyé des missions de renseignement en territoire iranien et actualisé ses « plans de mobilisation en vue d’une invasion de l’Iran »[xx].

Bush déclara le 20 mars 2006 à Cleveland que « La menace iranienne, c’est bien entendu leur objectif déclaré de détruire notre grand allié Israël… Nous aurons recours à la force militaire pour protéger notre allié »[xxi]

Des déclarations associant « guerre contre l’Iran » et « allié israélien » (et non pas à la sécurité des Etats-Unis) à partir de là se multiplièrent ; ce qui signifiait clairement que l’Amérique irait en guerre contre un État ne le menaçant ni directement ni indirectement, simplement pour complaire à l’État hébreu. Cette maladresse a alarmé le lobby pro-israélien, car à travers les siècles, les rabbins messianistes et leurs continuateurs les messianistes athées, avancent masqués, faisant exécuter leurs plans et atteindre leurs objectifs par des puissances tierces (ce que j’ai abondamment exposé dans mon ouvrage Occident et Islam : Sources et genèse messianiques du sionisme[xxii]). Au printemps 2006, le journal Forward publiait ceci :

« Les dirigeants de la communauté juive ont instamment prié la Maison-Blanche d’éviter d’annoncer publiquement son désir de défendre Israël contre de possibles agressions iraniennes. Ce n’est pas que ces dirigeants soient opposés au recours à une intervention américaine pour protéger Israël, mais plutôt qu’ils ont peur que les déclarations publiques du président Bush ne créent l’impression que les États-Unis n’envisagent une action militaire contre l’Iran au seul profit d’Israël – ce qui pourrait amener l’opinion à attribuer aux Juifs américains la responsabilité des conséquences négatives d’une frappe américaine contre l’Iran »[xxiii].

Il serait en effet éminemment fâcheux que l’opinion publique connaisse la vérité vraie…

En avril 2006, Malcolm Hoenlein, vice-président du lobby pro-israélien La Conférence des présidents expliquait que « bien que nous appréciions beaucoup cette sollicitude, la question est de savoir s’il est vraiment opportun de lier la question iranienne à Israël »[xxiv]

Car ce sont les États-Unis qui doivent porter toute la responsabilité du désordre en Orient comme en 1991, en 2003 et demain, peut-être, celle d’une éventuelle nouvelle Guerre mondiale.

La position actuelle de Donald Trump ressemble beaucoup à la stratégie préconisée par Henry Kissinger. En effet, comme je l’expliquais dans un article du 4 septembre 2015 (La Russie, l’Europe et l’Orient[xxv]), Kissinger tente depuis plusieurs années un rapprochement de la Russie et des Etats-Unis, en contrepartie d’un découplage de Moscou d’avec Téhéran. Le 11 mai 2014, sur CNN, Kissinger déclarait qu’il ne fallait pas isoler la Russie, parce « qu’il est dans l’intérêt de tous qu’elle soit maintenue dans le système international ».

En 2008, Kissinger, avait de la même façon publiquement tendu la main à la Russie… sur le dos de l’Iran qu’il désignait comme « un danger pour le monde environnant », c’est-à-dire pour Israël représentant la totalité du monde environnant. Kissinger s’est d’ailleurs entretenu avec Vladimir Poutine en 2009 et en janvier 2012, deux mois avant sa réélection à la présidence de Russie[xxvi].

Cette subtile stratégie sioniste vis-à-vis de la Russie échappait à l’époque aux analystes, mais comme nous le verrons plus bas, la nouvelle donne géopolitique fait apparaître clairement le jeu israélien et valide l’analyse que j’en faisais en 2015.

Le renforcement de l’alliance russo-iranienne

L’hiver terroriste dont a immédiatement accouché le Printemps arabe a été un révélateur de la nature et de la finalité de ces pseudo-révoltes pour la « liberté » et la « démocratie ».

La contagion terroriste et l’affaiblissement de l’Etat syrien sous la poussée daechienne a contraint la Russie à s’impliquer directement sur le terrain.

L’aggravation de la guerre contre le terrorisme et la pression occidentaliste contre la Russie a radicalisée la diplomatie de la Fédération de Russie vis-à-vis de l’Occident ; parallèlement, la nouvelle donne géopolitique a renforcé l’alliance stratégique entre la Russie et l’Iran.

Ceci a fait échouer, comme je l’annonçais, la stratégie d’Henri Kissinger consistant à découpler la Russie et l’Iran en proposant aux Russes de les intégrer au système international. Poutine n’est pas tombé dans ce piège. Déjà en avril 2015 le président russe autorisait la livraison de missiles défensifs S-300 à l’Iran ; livraison que Dimitri Medvedev avait bloquée durant sa présidence (2008-2012). A cette livraison des S-300 à l’Iran, Israël a réagi en annonçant l’envoie d’armes en Ukraine afin d’alimenter le feu[xxvii] qui couve après les accords de cessez-le feu de Minsk II (12 février 2015) ; Vladimir Poutine avait alors mis en garde Israël contre les livraisons d’armes à Kiev.

Mon analyse de la stratégie sioniste que proposait Henri Kissinger vis-à-vis de la Russie a été confirmée il y a quelques jours par le grossier Benjamin Netanyahou le 5 mars 2017. Le Premier ministre israélien, qui s’apprêtait à se rendre à Moscou, a déclaré qu’il allait tenter de convaincre jeudi (9 mars) Vladimir Poutine d’empêcher une présence militaire iranienne permanente en Syrie :

« L’Iran tente de s’établir de façon permanente en Syrie au travers d’une présence militaire terrestre et maritime et d’ouvrir progressivement un front sur le plateau du Golan », et il ajouta « Je ferai part au président Poutine de l’opposition ferme d’Israël à une telle possibilité. J’espère que nous parviendrons à trouver des arrangements pour éviter des frictions possibles entre nos forces, comme nous l’avons fait jusqu’à maintenant. »[xxviii]

Si Vladimir Poutine a toujours ménagé Israël en raison de l’influence qu’exerce les pro-israéliens à la tête de l’Etat russe – Alexandre Douguine expliquait à ce propos, en septembre 2013, que « la guerre fait rage autour de Vladimir Poutine. Il subit une forte pression des fonctionnaires libéraux, pro-américains et pro-israéliens, qui sont dans son entourage. Ils tentent de le convaincre de rester neutre (par rapport à la guerre en Syrie). Un homme, Vladimir Poutine, et une large majorité de la population russe qui le soutient sont d’un côté, et l’entourage de Poutine constitue une cinquième colonne de l’Occident. Cela signifie que Poutine est seul. Il a le peuple avec lui, mais pas l’élite politique. L’Occident active tous ses réseaux au sein de l’élite politique russe pour peser sur la décision de Poutine. C’est une guerre invisible qui se déroule actuellement.[xxix] – », la situation proche-orientale et les menaces contre la Russie ainsi que l’exacerbation des tensions Est/Ouest, renforce sans doute, à l’intérieur de l’appareil d’Etat russe, Vladimir Poutine, les nationalistes et les eurasistes, face aux libéraux, aux occidentalistes et aux pro-israéliens.

De même qu’en Iran, les Gardiens de la Révolution (les Pasdaran) et plus largement les conservateurs – face à l’hostilité de Trump et sa volonté de déchirer l’accord nucléaire négocié et conclu par les libéraux pro-américains iraniens (représentés par le président Rohani) – voient leur position renforcée au sein de l’appareil d’Etat en Iran.

Il y a donc fort à parier que Netanyahou ne convaincra pas Poutine de s’opposer à la « présence » iranienne en Syrie, ce qui irait à l’encontre des intérêts même de la Russie et de la stabilisation de la Région qui dépend en bonne partie de l’Iran. Si Poutine doit ménager Israël, il n’en demeure pas moins que Netanyahou doit prendre toutes les précautions possibles pour ne pas provoquer des frictions, voire une opposition frontale entre la Russie et Israël, dont les intérêts et la politique, au Proche-Orient, sont diamétralement opposés ; ce que l’évolution de la situation en Syrie met clairement en évidence.

Le basculement définitif de la géopolitique mondiale, dont la Grande Syrie (le Sham) est le pivot et le révélateur, clarifiera de façon nette les alliances et les deux camps qui s’affrontent.

Par Youssef Hindi | 10 mars 2017

[i] Lire la retranscription complète du discours : http://www.mid.ru/en/press_service/minister_speeches/-/asset_publisher/7OvQR5KJWVmR/content/id/2648249

[ii] Edité en 2012, éditions Max Milo.

[iii] Voir : Youssef Hindi, Occident et Islam : Sources et genèse messianiques du sionisme, Sigest, 2015.

[iv] L’Administration américaine a soutenu les Frères musulmans durant 
les élections présidentielles égyptiennes de 2012 et le président élu (destitué un an plus tard) Mohamed Morsi. Morsi a fait ses études et a vécu aux Etats-Unis, et détient par ailleurs la nationalité étasunienne. Il a notamment travaillé en tant qu’ingénieur à la NASA. Lire le très intéressant article sur les rapports qu’entretien le frère de Barak Obama, Malik Obama, avec les saoudiens et les Frères musulmans : http://www. solidariteetprogres.org/actualites-001/freres-obama-protecteurs-terrorisme-islamique-saoudien-10481.html

[v] Le portrait élogieux de Mechaal qu’a dressé le journal Le Monde après sa trahison, est tout à fait significatif : Khaled Mechaal, chef du Hamas, homme aux multiples vies, 07/12/2012.

[vi] Voir : Le Point, « Iran : l’accord sur le nucléaire menacé par Trump », 15/01/2017.

[vii] David Hoffman, « Israel Seeking to Convinces U.S. That West Is Threatened by Iran », Washington Post, 13 mars 1993.

[viii] Tritta Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit., p. 402. Cité par Walt et Mearsheimer, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, 2007, La Déouverte, p. 315.

[ix] Voir : Walt et Mearsheimer, op.cit. p. 316.

[x] Zbigniew Brzezinski et Brent Scowcroft, Differential Containment : American Policy Toward Iran and Iraq, Report of an Independent Study Group on Gulf Stability and Security, Council on Foreign Relations, New York, 1997, p. 5-32 ; et Gary Sick, « Rethinking Dual Containment », Survival, 40, n° 1, printemps 1998. Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 316.

[xi] Trita Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit. p. 305. Cité par Walt et Mearsheimer, Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, p. 316.

[xii] AIPAC, « Comprehensive U.S. Sanctions against Iran : A Plan for Action », Washington, DC, 2 avril 1995.

[xiii] Walt et Mearsheimer, op. cit. p. 317.

[xiv] Tritta Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit., pp. 308, 311, 329-330. Voir : Walt et Mearsheimer, op. cit. p. 317.

[xv] Michael Smith et Sarah Baxter, « U.S. Generals Will Quits if Bush Orders Iran Attack », Sunday Times, Londres, 25 février 2007.

[xvi] Cité dans Trita Parsi, « Israeli-Iranian Relations », art. cit. p. 403. Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 320.

[xvii] Walt et Mearsheimer, op.cit. p. 314.

[xviii] Youssef Hindi, Occident et Islam – Tome I : Sources et genèse messianiques du sionisme, chap. IV : Géopolitique et stratégie du sionisme, 2015, Sigest.

[xix] Voir les déclarations du ministre des Affaires étrangères britanniques Philipp Hammond rapportées par le site d’information franco-israé- lien Aalyaexpress-News.com, Grande-Bretagne : « Israël veut un état permanent de confrontation avec l’Iran », 16/07/2015.

[xx] Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 325.

[xxi] « President Discusses War on Terror and Operation Iraqi Freedom », 
Cleveland, Ohio, White House, Office of the Press Secretary, 20 mars 2006.

[xxii] Voir : Youssef Hindi, Occident et Islam – Tome I : Sources et genèse messianiques du sionisme, 2015, Sigest.

[xxiii] Ori Nir, « Groups to Bush ». Voir : Walt et Mearsheimer op.cit. p. 325.

[xxiv] Cité dans James D. Besser et Larry Cohler-Esses, « Iran-Israel Linkage by Bush Seen As Threat »

[xxv] http://www.geopolintel.fr/article970.html

[xxvi] Source : http://fr.rian.ru/world/20120120/193093922.html

[xxvii] Sputnik, Poutine met Israël en garde contre les livraisons d’armes à Kiev, 18 avril 2015.

[xxviii] Le Figaro, Netanyahou veut convaincre Poutine de contrer l’axe Iran-Syrie, 5 mars 2017.

[xxix] Voir l’interview d’Alexandre Douguine : http://manuelochsenreiter.com/blog/2013/9/6/what-will-russia-do

 

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Mensonges et légitimation dans la construction nationale en Ukraine (2005-2010), par Delphine Bechtel

10 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Ukraine, #le nazisme, #Europe supranationale

Source : ELH Revues, Delphine Bechtel, Octobre 2012

Résumé

Depuis son indépendance, et surtout à partir de la présidence de Viktor Iouchtchenko, l’Ukraine s’est construit un nouveau grand récit historique, appelé à fonder la grandeur héroïque de sa nation. Le mensonge ici se décline en un déni du caractère multiculturel de sa population (aux dépens en particulier de ses composantes juives et polonaises) et, concernant la part de l’Ukraine dans les événements de la Seconde Guerre mondiale, en un révisionnisme alimenté par la propagande nationaliste précédemment développée par un certain nombre d’intellectuels de la diaspora.

Plan

– La construction d’un récit nationaliste galicien en Ukraine occidentale
– L’historiographie comme entreprise étatique : les stratégies de légitimation scientifique de l’OUN/UPA
– La présidence Iouchtchenko, un passé difficile à effacer ?
  • 1 L’historiographie ukrainienne est celle d’une nation jeune, en pleine construction, dont l’histoire est discontinue et fortement liée à l’histoire russe, polonaise et, pour certaines régions, autrichienne, hongroise, tchécoslovaque, etc. Depuis l’indépendance, en 1991, les historiens s’évertuent à produire un grand narrative de la nation, la faisant remonter, en l’absence de véritable continuité chronologique, géographique et étatique, à la Rous’ kiévaine, puis à la principauté de Galicie, passant ensuite aux Cosaques zaporogues, aux deux tentatives éphémères d’indépendance en 1918-1919, et enfin à l’invasion allemande de l’URSS en juin 1941.
  • 1 C’est ainsi qu’on appelle en russe la Seconde Guerre mondiale.
  • 2 David Marples, Heroes and Villains : Creating National History in Contemporary Ukraine, Budapest/Ne (…)

2Cette production historiographique a pris naissance dès le tournant des années 1990 dans le berceau du nationalisme ukrainien, à Lviv, la capitale de l’Ukraine occidentale, avant de s’étendre progressivement au centre du pays et à la capitale, Kiev. Durant la présidence de Viktor Iouchtchenko (2005-2010), notamment, a été menée jusque par les plus hautes instances du pouvoir une relecture de l’histoire dont le but était, face à l’ancienne épopée soviétique de la « Grande Guerre patriotique1 », de créer un récit de l’histoire nationale fondé sur des stratégies d’héroïsation et de victimisation2 des seuls Ukrainiens ethniques et occultant la composante multiculturelle du pays, et de retracer les « efforts de libération » et de construction de l’État ukrainien. Cela n’est pas allé sans un certain révisionnisme, concernant notamment les périodes sombres de l’histoire, comme la Seconde Guerre mondiale.

La construction d’un récit nationaliste galicien en Ukraine occidentale

  • 3 Delphine Bechtel, « Lemberg/Lwów/Lvov/Lviv : identités d’une “ville aux frontières imprécises” », (…)

3Depuis les années 1990, les intellectuels et les édiles de Lviv, capitale de la région historique de Galicie (l’ancienne Lemberg autrichienne, puis la Lwów polonaise de l’entre-deux-guerres), ont entrepris de réinventer le passé de leur région. L’appellation « Galicie », tombée en désuétude sous l’ère soviétique, a été réinvestie avec une réactivation folklorique du mythe habsbourgeois (ouverture de cafés « viennois », marques de produits alimentaires faisant référence à la tradition « galicienne »). Ce particularisme s’est exprimé notamment à travers la revue Yi (nommée d’après la lettre ï, qui distingue l’alphabet ukrainien de l’alphabet russe), dirigée par Taras Vozniak et financée par la Fondation Heinrich Böll, qui a défendu dans les années 2000 une version douce du nationalisme local, consacrant plusieurs numéros tant aux conflits qu’à la réconciliation polono-ukrainienne et judéo-ukrainienne. Vozniak veut œuvrer en faveur d’une intégration rapide de l’Ukraine à l’Europe et a soutenu l’idée de faire de Lviv la « Strasbourg de l’Europe centrale de l’Est » et la capitale culturelle d’une Ukraine tournée vers l’Occident3.

4Dans cette région, berceau du nationalisme ukrainien, rurale et ukrainophone (contrairement à l’est du pays, industriel et russophone), gréco-catholique (contrairement à l’Est orthodoxe) et nationaliste (contrairement à l’Est, culturellement plus lié à la Russie), les fidèles de l’OUN (Organisation des nationalistes ukrainiens), mouvement ukrainien terroriste, fasciste, xénophobe et antisémite fondé en 1929, et de sa branche combattante l’UPA (Armée insurrectionnelle ukrainienne) se réveillent. Le parti UNA-UNSO (Assemblée nationale ukrainienne / Organisation national-socialiste ukrainienne), parti nationaliste ouvertement pronazi qui s’est renommé Svoboda (Liberté) après sa dissolution en 2004, et ses sbires bottés brandissant des drapeaux rouges et noirs évoquant les couleurs nazies défilent régulièrement lors des manifestations locales. Son leader, Oleh Tiahnybok, également élu député en 2002 au sein de la coalition Notre Ukraine de Iouchtchenko, dont il est l’un des soutiens, mène régulièrement campagne avec les slogans « L’Ukraine aux Ukrainiens » et « Dehors les Moscovites et les Juifs ».

  • 4 Aux élections locales de 2010, le parti Svoboda a obtenu entre 20 % et 30 % des voix en Galicie et  (…)

5Depuis les élections locales de 2009 et 2010, Svoboda dispose d’une influence déterminante dans les conseils régionaux de Lviv et de Ternopil4, tandis que les discours et les thématiques nationalistes ont gagné droit de cité dans toute la région. D’autant qu’un certain nombre de députés de l’ancienne UNA-UNSO siègent désormais sous l’étiquette d’autres partis, comme Andriy Shkil, réélu plusieurs fois député de Lviv dans le Bloc Ioulia Tymochenko. Cette radicalisation de la vie politique locale et l’acceptabilité croissante des thèses nationalistes extrémistes se sont vite traduites par la décision des conseils municipaux de la région de renommer des rues en l’honneur de nationalistes ukrainiens de l’OUN/UPA et d’ériger des monuments à ces leaders fascistes, impliqués dans la purification ethnique de la Galicie (les massacres de Polonais en 1942-1943 en Volhynie et en Galicie, ainsi que la collaboration avec les nazis dans l’anéantissement des Juifs).

6Ainsi, le musée d’Histoire de la ville de Lviv présente depuis 2006 une exposition dédiée aux « efforts de libération du peuple ukrainien » qui glorifie en réalité les bataillons Nachtigall et Roland, composés d’Ukrainiens embrigadés par les nazis, qui ont marché sur Lviv en juin 1941 en portant l’uniforme de la Wehrmacht, et la division SS-Galizien, constituée de volontaires ukrainiens ayant prêté serment à Hitler en 1943. Les théoriciens du fascisme ukrainien, tel Dmytro Dontsov, ainsi que les leaders de l’OUN/UPA, notamment Stepan Bandera et Roman Shukhevytch, deux fascistes et criminels de guerre notoires, sont célébrés à Lviv comme des figures de la quête d’indépendance ukrainienne. Relèvent particulièrement de la désinformation et du négationnisme les changements délibérés des légendes qui accompagnent les photos historiques et les objets exposés : les appellations allemandes ont disparu au profit de traductions ukrainiennes anodines, et le terme « SS » est carrément supprimé. Ainsi les bataillons Nachtigall et Roland apparaissent désormais sous la dénomination « Division des nationalistes ukrainiens », tandis que la division SS-Galizien devient l’inoffensive « Première Division ukrainienne », faisant croire à l’existence d’une armée ukrainienne indépendante des nazis. L’uniforme exposé a de surcroît été expurgé des galons, têtes de mort et insignes SS, tandis qu’une mention en petits caractères indique qu’il s’agit d’une « reconstitution ». C’est tout le passé collaborationniste de l’Ukraine que l’on cache ici aux visiteurs, afin de rendre acceptable l’héroïsation de criminels de guerre ayant collaboré avec les nazis.

Vitrine du musée d’Histoire de la ville de Lviv
Uniforme de la SS-Galizien sans les galons et insignes de la SS, présenté comme une « reconstitution ».
À l’arrière-plan : affiche de propagande antisoviétique et antisémite de 1943, publicité en ukrainien pour l’enrôlement dans la SS : « Venez combattre le bolchevisme dans les rangs de la Division galicienne ».
© Delphine Bechtel, 2007

  • Parallèlement, une véritable invention de l’histoire héroïque nationale se met en place, comme le démontre le complexe mémoriel inauguré en 2007 au cimetière Lytchakiv, à Lviv. Dominant l’ancien cimetière des défenseurs polonais de Lwów morts en combattant les indépendantistes ukrainiens en 1918-1919, les autorités locales ont construit un immense mausolée, avec un ensemble de stèles commémoratives aux « combattants pour la liberté » de l’Ukraine, ceux de 1918-1919, puis de 1941-1945 comme le bataillon Nachtigall et la SS-Galizien. Cette dernière est commémorée par une tombe du soldat inconnu, la seule au monde qui soit dédiée à un soldat de la SS5.

Stèle à la mémoire de la division SS-Galizien, cimetière Lytchakiv, Lviv
Inscription visible sur cette face de la colonne : « 1re Division “Galicie” ». Le mot « SS » a disparu de l’appellation.
© Delphine Bechtel, 2007

Tombe du soldat inconnu de la division SS-Galizien, cimetière Lytchakiv, Lviv
Inscription : « Ici repose un combattant inconnu de la Division “Galicie”, qui a donné sa vie pour la liberté du peuple ukrainien à la bataille de Brody en juillet 1944 ». La division SS-Galizien est ici commémorée comme unité ayant combattu l’Armée rouge, notamment à travers la bataille de Brody (petite ville de Galicie, à 80 % juive à l’époque – c’est la ville natale de Joseph Roth), où l’armée allemande encerclée subit une cuisante défaite.
© Delphine Bechtel, 2007

  • Comme dans les manuels d’histoire récents, on cherche à accréditer les « dates clés » de la construction de l’État ukrainien : l’éphémère indépendance de 1918-1919, puis l’« Acte du 30 juin 1941 », par lequel Yaroslav Stetsko, un des dirigeants de l’OUN proche de Bandera, proclama l’indépendance – proclamation inattendue et annulée une semaine plus tard par les nazis6.

9S’inscrivant davantage dans la tradition du martyrologe, des monuments commémoratifs aux victimes des persécutions staliniennes ont été dressés devant les prisons des rues Zamarstynivska et Lonskoho, où le NKVD avait fait abattre plus de 3 000 détenus en juin 1941, juste avant l’invasion allemande. Les Ukrainiens ethniques y sont montrés comme les seules victimes du stalinisme, alors que les déportations et la soviétisation forcée ont touché en premier lieu les élites polonaises et les Juifs. Plus encore, nulle part ne sont mentionnés les pogromes sanglants du mois de juillet 1941, perpétrés notamment par la milice et les nationalistes ukrainiens, qui ont fait près de 7 000 morts à Lviv, justement sur le terrain de ces mêmes prisons, et plusieurs dizaines de milliers en Ukraine occidentale.

  • 7 Rossolinski-Liebe, art. cit. (notre traduction).

10Si la ville de Lviv a pu être justement caractérisée à la fois de « jungle mémorielle » et de « palimpseste mémoriel7 » au vu de la valse des monuments qui a accompagné les nombreux bouleversements étatiques qu’elle a traversés, elle est aujourd’hui placée sous le signe d’une ukrainisation de plus en plus radicale et d’une politique de commémoration sélective, voire délibérément tronquée.

L’historiographie comme entreprise étatique : les stratégies de légitimation scientifique de l’OUN/UPA

  • 8 On désigne par ce mot, qui signifie en ukrainien « extermination par la faim », la grande famine qu (…)

11Tout cela n’aurait pas été possible sans la politique mémorielle menée au plus haut niveau de l’État depuis la révolution orange et l’élection du président Iouchtchenko. Ce dernier a poursuivi tout au long de son mandat une politique d’ukrainisation et de nationalisation du pays qui s’appuie sur les vues des milieux de la diaspora ukrainienne liés à l’OUN/UPA tout comme sur celles des néonationalistes d’Ukraine occidentale. Pour étayer sa politique de construction mémorielle, il s’est doté d’un appareil étatique : en 2005, il fonde l’Institut pour la mémoire nationale, créé sur le modèle de l’institut éponyme en Pologne, dont le but est de diffuser l’interprétation officielle de l’histoire. En premier lieu, par une loi de 2006, la Grande Famine ukrainienne est érigée au rang de génocide et tout négationnisme en la matière constitue désormais une infraction à la loi. L’Holodomor8, souvent appelé « holocauste », supplante le génocide des Juifs dans le discours victimaire officiel. Des chiffres fantaisistes allant jusqu’à dix millions de morts ukrainiens sont cités, tandis qu’est occultée la dimension transversale de cette Grande Famine stalinienne, qui s’est étendue jusqu’à la Volga et au Kazakhstan.

  • 9 Décrets présidentiels d’octobre 2007 no 966/2007 relatif à la commémoration du 65e anniversaire de  (…)

12Mais il s’agit surtout de fonder un discours héroïque : depuis 2005, lors des commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale, Iouchtchenko met sur un pied d’égalité les vétérans de l’Armée rouge et ceux qu’il appelle « les combattants pour la liberté » de l’Ukraine. Il octroie aux vétérans de l’UPA des décorations ainsi que l’accès à une pension d’ancien combattant, et réhabilite Roman Shukhevytch, chef du bataillon Nachtigall et de l’UPA, en lui décernant fin 2007 le titre de « héros de l’Ukraine »9.

  • 10 Volodymyr Viatrovytch, Stavlennia OUN do evreiiv : Formuvannia pozytsii na tli katastrofy, Lviv, MS (…)
  • 11 « Lehenda pro Nachtigall » (en ukrainien), reproduit sur la page <memorial.kiev.ua/content/view/539 (…)
  • 12 Voir « Security Service of Ukraine reveals documents that unmask Soviet myths about the OUN », Den’(…)
  • 13 John-Paul Himka, « True and False Lessons from the Nachtigall Episode », Brama, <www.brama.com/news (…)

13Trois institutions officielles collaborent sous la présidence de Iouchtchenko à l’entreprise de blanchiment de l’OUN/UPA : l’Institut pour la mémoire nationale, le Centre pour l’étude du mouvement de libération, établi en 2002 à Lviv et dirigé par l’historien Volodymyr Viatrovytch, et surtout le SBU, le Service de la Sécurité d’État, qui a remplacé le KGB et a hérité de ses archives, sur lesquelles il dispose d’un monopole. Les trois institutions se soutiennent et se corroborent mutuellement, fonctionnant grâce à un réseau de jeunes historiens acquis à la cause de l’OUN/UPA. Viatrovytch est l’un des plus actifs : en 2006, il publie un livre fondé sur des citations tronquées qui dénie tout antisémitisme au sein de l’OUN10 ; en 2007, il tente de réhabiliter la mémoire du bataillon Nachtigall en faisant remonter la « légende autour de Nachtigall », c’est-à-dire l’accusation de massacres, notamment de pogromes, à une tentative soviétique pour déstabiliser le gouvernement Adenauer dans les années 196011. En 2008, Oleksandr Ishchuk, un autre jeune historien travaillant aux archives du SBU, déterre un texte qui exonérerait l’OUN de toute implication dans les pogromes : d’après cette « chronique » datée du 4 juillet 1941, la Gestapo aurait invité les Ukrainiens à en commettre un à Lviv, mais l’OUN aurait interdit à ses membres d’y participer12. Toutefois, selon l’historien ukraino-américain John-Paul Himka, ce document, comme bien d’autres, a probablement été écrit après 1943, à un moment où l’organisation, sentant le vent tourner, avait donné l’ordre d’expurger et de trafiquer ses archives afin de donner l’impression que c’étaient les Allemands et les Soviétiques qui étaient coupables d’actes antisémites, et non les Ukrainiens13.

  • 14 Pour plus de détails, voir Grzegorz Rossolinski-Liebe, « Celebrating Fascism and War Criminality in (…)

14Il faut rappeler que, depuis des décennies, une vaste œuvre de propagande est menée par des idéologues des milieux ukrainiens immigrés notamment au Canada, en Angleterre et en Allemagne, qui vise à présenter l’histoire de l’OUN/UPA comme celle d’organisations démocratiques, pro-occidentales, voire philosémites. Parmi les plus connus, Mykola Lebed’, ancien leader de l’OUN et fondateur de l’UPA, recruté par la CIA (qui ne répugnait pas à incorporer d’anciens nazis et fascistes), dont les archives ont été récemment transférées au Harvard Ukrainian Institute, avait détruit et redactylographié tous les originaux des années de guerre, procédant ainsi à une falsification à grande échelle ; l’équipe réunie à Toronto autour du vétéran de l’UPA Petro Potichnyj a pour sa part publié dans la longue série de volumes Litopys UPA les chroniques (soigneusement expurgées de toute mention d’antisémitisme) de l’UPA. Pour parler de la France, mentionnons Volodymyr Kosyk, docteur en histoire de l’université Paris-I – Sorbonne (!) et vice-directeur de l’Université ukrainienne libre de Munich, auteur d’un ouvrage paru en 1986 à Paris, L’Allemagne national-socialiste et l’Ukraine, qui réussit le tour de force de ne pas receler un mot sur la collaboration ou la destruction des Juifs d’Ukraine. Citons encore Petro Myrtchuk, ancien de l’OUN, dont les pamphlets nationalistes suintent l’antisémitisme primaire14. On n’hésite pas à recourir à la mystification pour présenter l’UPA comme philosémite : ainsi, le même Myrtchuk publie la pseudo-autobiographie de Stella Krentsbakh, une Juive ukrainienne qui aurait dû sa survie à l’UPA, texte qui s’est révélé être un faux mais reste fréquemment cité.

  • 15 Propos tenus par Valentyn Nalyvaytchenko, président du SBU, dans « KGB provoked Ukrainian-Jewish co (…)

15Dans le sillage de ces travaux de la diaspora, des publications et des colloques sont organisés en Ukraine afin de prouver que les Ukrainiens et les Juifs combattaient côte à côte contre le totalitarisme et le régime communiste, et que les atrocités qui ont été reportées par les témoins juifs seraient en réalité le fait du KGB, lequel aurait envoyé des agents soviétiques déguisés en Ukrainiens pour tuer des Juifs15 !

  • 16 Voir le décret présidentiel du 23 janvier 2009 relatif à la déclassification, la publication et l’é (…)
  • 17 Tarik C. Amar, Ihor Balyns’kyi, Yaroslav Hrytsak (dir.), Strasti za Banderoiu, Kyiv, Hrani-T ; voir (…)

16Enfin, en décembre 2008, le directeur de l’Institut pour la mémoire nationale, Ihor Ioukhnovskyi, attèle ses historiens à la tâche la plus ardue : la réhabilitation du chef de l’OUN lui-même, l’extrémiste fasciste Stepan Bandera. Dans ce but, Iouchtchenko déclassifie en janvier 2009 une nouvelle fournée de documents sur l’OUN/UPA conservés au SBU16 et, fin janvier 2010, juste avant de quitter le pouvoir, décerne le titre de « héros de l’Ukraine » à Bandera. Entre-temps, les historiens ont rivalisé pour célébrer le nouveau héros, à tel point que la désinformation, la manipulation des sources, le négationnisme et même la légitimation de massacres finissent par obtenir droit de cité, y compris dans les milieux universitaires. Témoigne des errances de l’époque le volume Strasti za Banderoiu (Les passions autour de Bandera), édité en 2010 par un collectif d’historiens – dont Tarik Amar et Yaroslav Hrytsak, de Lviv –, qui juxtapose sans commentaire des textes de pure idéologie glorifiant le leader fasciste et d’autres, plus nuancés17. En offrant un forum et une plate-forme respectables à ce type d’opinion antidémocratique, les deux historiens de Lviv, eux-mêmes modérés, cautionnent et légitiment hélas un discours xénophobe et dangereux.

La présidence Iouchtchenko, un passé difficile à effacer ?

17Voulant ancrer l’identité ukrainienne dans un récit héroïque fondé sur des faits d’armes et réhabiliter les chefs de guerre liés à l’OUN/UPA, Iouchtchenko a tenté de faire reconnaître des narrations historiques empreintes d’idéologie, de nationalisme ethnique, de xénophobie, et d’ériger en héros des personnages suspects et criminels. Cette tentative a échoué, ne serait-ce que parce que la moitié orientale du pays, russophone et au passé lié aux partisans soviétiques et à l’Armée rouge, l’a refusée. Les conseils municipaux de villes comme Kharkiv, Donetsk ou Lugansk ont réagi vivement contre les mesures présidentielles, et à Kharkiv, Simferopol, Sumy, etc., ont été érigés, en signe de protestation, des monuments aux victimes de l’UPA, comme il en existe aussi beaucoup en Pologne. La politique mémorielle de Iouchtchenko a donc divisé le pays en deux, isolé l’Ukraine de ses voisins et de l’Europe, et décrédibilisé la recherche et les milieux académiques ukrainiens, tout en les subordonnant à des institutions d’État chargées de produire une version gouvernementale de l’histoire.

18Certes, le nouveau président, Viktor Yanoukovytch, a annulé le titre de héros de l’Ukraine décerné à Bandera et à Shukhevytch, a fait retirer le qualificatif de génocide à la Grande Famine, a renvoyé Ioukhnovskyi et Viatrovytch de leurs postes et a placé les instituts de recherche et le SBU sous l’autorité du nouveau pouvoir.

19Toutefois, ces mesures, également antidémocratiques par ailleurs, n’effacent pas le mal fait durant l’ère de la présidence orange. L’extrême droite progresse fortement en Ukraine ; le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, qui se déploient jusque sur les terrains de football, où les supporters du club Karpaty Lviv arborent des drapeaux nazis, s’étalent à ciel ouvert. L’ouest du pays s’est encore radicalisé et vote désormais pour le parti Svoboda plutôt que pour les partis orange, déconsidérés par la faillite du président sortant et l’incarcération de Ioulia Tymochenko.

  • 18 Voir « Petition by historians in response to detention of their colleague Ruslan Zabily », <khpg.or (…)
  • 19 Per A. Rudling, Jared McBride, « Ukrainian Academic Freedom and Democracy under Siege », The Algeme (…)

20En face, Yanoukovytch remet de l’ordre de manière autoritaire, allant jusqu’à intimider les chercheurs nationalistes : Ruslan Zabilyi, à l’époque directeur du musée de la prison « Tiurma na Lonskoho » à Lviv, a ainsi été soumis en septembre 2010 à une garde à vue musclée de quatorze heures par le SBU, qui lui a confisqué son ordinateur18. Certes. Mais, d’un autre côté, Svoboda jouit d’une toute-puissance et d’une impunité totale : n’a-t-il pas réussi à empêcher une série de conférences de l’historien polonais Grzegorz Rossolinski-Liebe, qui vient d’achever à l’université de Hambourg une thèse sur Bandera et qui était invité en Ukraine par l’ambassade d’Allemagne et la Fondation Heinrich Böll pour parler de Bandera en tant que fasciste19 ? Quand des centaines d’extrémistes de Svoboda ont entouré l’ambassade en brandissant des panneaux traitant le jeune historien de « fasciste », « nazi », « ukrainophobe » et le comparant à… Goebbels, il y eut très peu de réactions de la part de la communauté scientifique ukrainienne et même internationale. Des jeunes chercheurs ont été intimidés, menacés de perdre leur bourse ou leur soutien institutionnel s’ils signaient la pétition en sa faveur. Personne n’ose se mesurer à Svoboda, qui gagne sur tous les plans, reléguant la critique de Bandera au rang d’une « provocation » allemande ou, comme on l’a prétendu bien à tort, d’une bravade d’un historien fantasque qui serait à la solde du Parti des régions, le parti de Yanoukovytch.

21L’entreprise de blanchiment de l’OUN/UPA et des périodes les plus noires de l’histoire ukrainienne se poursuit dans les milieux de l’émigration, et même dans les départements d’études ukrainiennes des universités d’outre-Atlantique, comme à Harvard, où Viatrovytch a trouvé un refuge comme chercheur invité. En Ukraine occidentale, les mentalités n’ont pas changé et se sont même trouvées confortées par les ennuis que le nouveau régime fait subir aux nationalistes. Dans le même temps, la recherche continue d’être assujettie au pouvoir, dans une Ukraine de plus en plus poutinisée ou rien d’approchant la liberté et l’indépendance de la recherche et de l’histoire n’existera avant longtemps…

NOTES

1 C’est ainsi qu’on appelle en russe la Seconde Guerre mondiale.

2 David Marples, Heroes and Villains : Creating National History in Contemporary Ukraine, Budapest/New York, Central European University Press, 2007.

3 Delphine Bechtel, « Lemberg/Lwów/Lvov/Lviv : identités d’une “ville aux frontières imprécises” », Diogène, no 210, 2005, p. 73-84. Voir Yi, no 29, Genius loci. Leopolis. Lviv. Lemberg. Lwów, 2003.

4 Aux élections locales de 2010, le parti Svoboda a obtenu entre 20 % et 30 % des voix en Galicie et un tiers des sièges au conseil municipal de Lviv.

5 Voir Grzegorz Rossolinski-Liebe, « Der Raum der Stadt Lemberg in den Schichten seiner politischen Denkmäler », Kakanien Revisited, 2009, accessible à partir de la page <www.kakanien.ac.at/beitr/fallstudie/GRossolinski-Liebe1/?page=2&alpha=r>, cons. août 2012.

6 Malgré les bonnes volontés collaborationnistes de Stetsko et des autres dirigeants de l’OUN face à l’invasion allemande, à laquelle ils participèrent, malgré leur antisémitisme et leur vision d’un État ukrainien fasciste sur le modèle de la Slovaquie de Tiso ou de la Croatie de Pavelic, l’indépendance de l’Ukraine ne correspondait pas aux projets d’Hitler.

7 Rossolinski-Liebe, art. cit. (notre traduction).

8 On désigne par ce mot, qui signifie en ukrainien « extermination par la faim », la grande famine qui fit entre 3 et 5 millions de victimes en Ukraine en 1932-1933.

9 Décrets présidentiels d’octobre 2007 no 966/2007 relatif à la commémoration du 65e anniversaire de la création de l’UPA ; no 958/2007 relatif à la remise de décorations de l’État ukrainien aux participants à la lutte de libération nationale ; no 965/2007 relatif à l’octroi du titre de héros de l’Ukraine à R. Shukhevytch.

10 Volodymyr Viatrovytch, Stavlennia OUN do evreiiv : Formuvannia pozytsii na tli katastrofy, Lviv, MS, 2006.

11 « Lehenda pro Nachtigall » (en ukrainien), reproduit sur la page <memorial.kiev.ua/content/view/539/149/>, déc. 2007, cons. 21 août 2012.En 1959, lors du procès de Theodor Oberländer, référent allemand de Shukhevytch dans la Wehrmacht et alors ministre en RFA, l’Union soviétique, par le biais de la RDA, a rendu publics des documents sur les atrocités commises par les membres de l’OUN.

12 Voir « Security Service of Ukraine reveals documents that unmask Soviet myths about the OUN », Den’, <www.day.kiev.ua/en/article/day-after-day/security-service-ukraine-reveals-documents-unmask-soviet-myths-about-oun>, 12 févr. 2008, cons. 21 août 2012. Sur les pogromes, voir Delphine Bechtel, « Les pogroms en Galicie, 1941 : des pages blanches de l’histoire à une histoire en pointillés ? », dans Luba Jurgenson, Alexandre Prstojevic (dir.), Des témoins aux héritiers : l’écriture de la Shoah et la culture européenne, Pétra, 2012, p. 111-130 ; John-Paul Himka, « The Lviv Pogrom of 1941 : The Germans, Ukrainian Nationalists, and the Carnival Crowd », Canadian Slavonic Papers/Revue canadienne des slavistes, vol. 53, no 2-4, 2011, p. 209-244.

13 John-Paul Himka, « True and False Lessons from the Nachtigall Episode », Brama, <www.brama.com/news/press/2008/03/080319himka_nachtigall.html>, 19 mars 2008, cons. 21 août 2012.

14 Pour plus de détails, voir Grzegorz Rossolinski-Liebe, « Celebrating Fascism and War Criminality in Edmonton. The Political Myth and Cult of Stepan Bandera in Multicultural Canada », Kakanien Revisited, 29 déc. 2010, accessible à partir de la page <www.kakanien.ac.at/beitr/fallstudie/GRossolinski-Liebe2/?page=2&alpha=r>, cons. 21 août 2012 ; Per A. Rudling, « The OUN, the UPA and the Holocaust : A Study in the Manufacturing of Historical Myths », Carl Beck Papers in Russian & East European Studies, no 2107, 21 déc. 2011.

15 Propos tenus par Valentyn Nalyvaytchenko, président du SBU, dans « KGB provoked Ukrainian-Jewish conflits : SBU publicised documents », <www.axisglobe.com/article.asp?article=1533>, cons. janv. 2010 (des trois liens vers cette information, tous ont été désactivés depuis – signe de la mystification ?), et Oleksandr Ishchuk ; cf. Sofia Grachova, « Unknown Victims : Ethnic-Based Violence of the World War II Era in Ukrainian Politics of History after 2004 », Daniyliw Lecture2008, <www.ukrainianstudies.uottawa.ca/pdf/Danyliw08%20Grachova%20Paper.pdf>, cons. 21 août 2012.

16 Voir le décret présidentiel du 23 janvier 2009 relatif à la déclassification, la publication et l’étude de documents d’archives liés au combat pour la libération nationale ukrainienne, aux répressions politiques et au Holodomor en Ukraine.

17 Tarik C. Amar, Ihor Balyns’kyi, Yaroslav Hrytsak (dir.), Strasti za Banderoiu, Kyiv, Hrani-T ; voir également la critique du livre par Franziska Bruder, <defendinghistory.com/strasti-za-banderoju-%E2%80%98bandera-passion%E2%80%99-by-franziska-bruder/25453>, 20 nov. 2010, cons. 21 août 2012.

18 Voir « Petition by historians in response to detention of their colleague Ruslan Zabily », <khpg.org/en/index.php?id=1284550630>, 15 sept. 2010, cons. 21 août 2012.

19 Per A. Rudling, Jared McBride, « Ukrainian Academic Freedom and Democracy under Siege », The Algemeiner, <www.algemeiner.com/2012/03/01/ukrainian-academic-freedom-and-democracy-under-siege/>, 1er mars 2012, cons. 21 août 2012.

Source : ELH Revues, Delphine Bechtel, Octobre 2012

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[Vidéo] Dr. Daniele Ganser – Pourquoi la France veut-elle la guerre? Par Claire Schieffer, le 28 février 2017

2 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Les média

[Vidéo] Dr. Daniele Ganser – Pourquoi la France veut-elle la guerre?

Expert en histoire des ressources énergétiques et activiste pour la paix, Daniele Ganser est habitué à rassembler lors de ses conférences dans le monde germanophone plusieurs centaines de spectateurs, mais se heurte à la frilosité du public français. Pourquoi cette réticence française face aux discours pacifistes qui, outre-Rhin, semble conquérir un public toujours plus nombreux ? Ne serait-ce pas dû, en partie, à l’absence de médias réellement indépendants en France, quand des groupes comme Lagardère et Dassault sont liés à la diffusion de l’information dans l’hexagone ? Le silence inhabituel des intellectuels français est-il seulement lié à la situation actuelle d’état d’urgence ? Le professeur suisse place finalement ses espoirs dans la jeunesse d’aujourd’hui, qui s’informe par d’autres canaux que les médias officiels et ne veut plus entendre ce discours belligérant.

 

 

Voir aussi:  http://arretsurinfo.ch/video-interview-de-daniele-ganser-guerres-manipulees-et-terrorisme-detat/

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Comment les Anglo-saxons créèrent le nazisme à Versailles. Par Nicolas Bonnal

29 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La République, #La guerre, #le nazisme

Comment les Anglo-saxons créèrent le nazisme à Versailles

Le traité de Versailles est vécu ou présenté comme un Diktat par de nombreux Allemands


Nicolas BonnalPar Nicolas Bonnal – Le 23 janvier 2017 – Source sputniknews

Nous sommes en 1920. Le sociologue Thorstein Veblen rédige dans une revue de sociologie un compte-rendu assez aigre du livre spécieux de JM Keynes sur les Conséquences de la paix à Versailles, ce compte-rendu peut être consulté ici.

Publié en 1919 sur les brisées d’un démentiel traité, le livre est un succès, et il est pro-allemand et anti-français ; il est même antisémite selon notre maître Murray Rothbard 1. Mais il est à la mode, comme Keynes dont les théories sur le déficit budgétaire auront ruiné l’Occident en ce début de siècle. Keynes est aussi celui qui nous a fait le coup de l’or comme relique barbare… Il serait aujourd’hui partisan de l’abolition du cash.

Le génial texte de Thorstein Veblen découvert par Preparata explique dès 1920 donc la Deuxième Guerre mondiale. Il fallait, explique Veblen, « rétablir un régime réactionnaire en Allemagne et l’établir en rempart contre le bolchévisme ».

Discours d'Adolf Hitler au Reichstag, en avril 1941
Pourquoi l’establishment anglo-américain favorisa le nazisme © WIKIPEDIA

Allemagne nazie contre Russie soviétique ? Guido Giacomo Preparata a donné la réponse : on l’a voulu. On, c’est l’établissement anglo-américain qui se permet de concevoir et de placer ses ennemis à dessein. L’Allemagne fut donc préservée à dessein en 1918-1919 pour attaquer le jour venu la Russie. Les élites basculent avant Brzezinski dans le fascisme géostratégique. Pour Preparata l’hostilité germano-russe est la pierre d’angle de l’édifice anglo-saxon pour dominer le monde. On comprend Merkel.
Veblen en 1920 est pro-bolchévique (Preparata non, il pense que le bolchévisme est aussi un animal domestiqué !). Il écrit que l’on préserve une Allemagne impériale et militaire sous un vernis parlementaire, et que ce noble barbarisme a un but : la destruction de l’URSS. Preparata, lui, va plus loin et décrit dans Conjuring Hitler (qui attend son traducteur) la conspiration — certes compliquée et risquée ! — pour établir le communisme en Russie puis le militarisme en Allemagne. Le 4 février 1933 Hitler réunit son état-major et parle de la future agression. La suite s’appelle Barbarossa et fera quarante millions de morts. L’anglophilie des nazis ne se démentira pas. On se déclare la guerre, mais on ne la fait pas (Quigley).

Je cite des extraits de Veblen (merci à Hervé pour sa traduction) :

Hitler à Paris
Qui a trahi la France en mai 40 ? © WIKIPEDIA/ DAS BUNDESARCHIV

« Cette tâche difficile, mais impérative, de supprimer le bolchevisme, à laquelle se trouvait dès le début confronté ce Conclave, ne participe pas à l’analyse de M. Keynes sur les conséquences à attendre du traité. Pourtant, il est assez évident maintenant que les exigences de la campagne de ce Conclave contre le bolchevisme russe ont façonné l’élaboration du Traité jusqu’ici au-delà de toute autre considération. »

Veblen évoque une guerre clandestine contre la Russie (les sanctions…) et il explique pourquoi la Russie fait peur aux oligarques et aux négociateurs occidentaux :

« Il faut remarquer, donc, que le bolchevisme est une menace pour la propriété. Dans le même temps, l’ordre économique et politique actuel repose sur cette propriété. La politique impérialiste des grandes puissances, y compris de l’Amérique, considère également le maintien et l’extension de cette propriété comme le but principal et permanent de tout leur trafic politique ».

Et on est prêt à ne plus respecter le libéralisme pour la sauver cette propriété. En termes plus modernes cela s’appellera le fascisme. C’est ce fascisme que l’on impose aujourd’hui aux Européens pour garantir les droits des possédants, des banquiers et des plus grosses entreprises transnationales. Mais le peuple aura encore son mot à dire ici ou là.

La peur du bolchévisme russe explique tout selon Veblen :

La Parade de la Victoire du 24 juin 1945
La Russie libre face au retour du fascisme en Occident © SPUTNIK

« Le bolchevisme est une menace pour la nue-propriété ; et à la lumière des événements en Russie soviétique, il est devenu évident, point par point, que seule la suppression définitive du bolchevisme et de toutes ses œuvres, à tout prix, pourrait rendre le monde sûr pour cette démocratie des droits de la propriété sur laquelle sont établis les ordres politiques et civils existants. Il est donc devenu le premier souci de tous les gardiens de l’ordre existant d’éradiquer le bolchevisme à tout prix, sans égard pour le droit international. »

Éradiquer le bolchévisme ! Éradiquer la Russie ! Mais comment ? En utilisant l’Allemagne, comme aujourd’hui d’ailleurs (Merkel semble orpheline : déclarera-t-elle seule la guerre à Trump et à la Russie, sans oublier la Chine ?). L’Allemagne vaincue doit être préservée pour constituer ce rempart contre la Russie.

Il faut donc être doux et indulgent avec cette Allemagne :

« Une indulgence notable, équivalant une sorte de négligence collusoire, a caractérisé jusqu’ici les rapports des puissances avec l’Allemagne. »

Angela Merkel
Angela Merkel enfin mise à nu © REUTERS/ FABRIZIO BENSCH/FILES

Veblen ne croit pas au bluff des réparations – que l’Allemagne ne paiera d’ailleurs jamais. Et Preparata rappelle que l’Allemagne sera refinancée et rééquipée par le plan du banquier Dawes en 1923. Veblen souligne le but et la patience aussi de notre élite anglo-saxonne :

« Comme il aurait semblé tout à fait probable auparavant, les stipulations touchant l’indemnité allemande se sont révélées provisoires et provisoires seulement – si elles ne se sont pas plutôt caractérisées comme un bluff diplomatique, destiné à gagner du temps, à détourner l’attention durant cette période de réhabilitation nécessaire et exigeant une certaine patience pour rétablir un régime réactionnaire en Allemagne et l’ériger en un rempart contre le bolchevisme. »

Il faut donc garder le militarisme prussien, la botte allemande, l’empire knouto-germanique dont a parlé un demi-siècle plus tôt le grand penseur et anarchiste russe Bakounine :

« … l’Allemagne ne doit pas être paralysée au point de laisser l’establishment impérial affaibli matériellement dans sa campagne contre le bolchevisme à l’étranger ou le radicalisme à la maison.

Les raisons cachées de la russophobie en Europe
Les raisons cachées de la russophobie en Europe © WIKIPEDIA/ HENRY MÜHLPFORDT

Par conséquent, il ne saurait être permis de détourner une partie de ces revenus gratuits des propriétaires allemands pour secourir ceux qui ont souffert de la guerre que ces propriétaires avaient déplacée dans les pays Alliés. »

On épargnera les responsables de la Guerre et on châtie les victimes ; comme dans la crise bancaire de 2008 finalement.

Veblen observe froidement :

« … les hommes d’État des puissances victorieuses ont pris le parti des propriétaires allemands coupables de cette guerre contre leur population… Les dispositions conservatrices que le traité prévoit pour indemniser les victimes de guerre n’ont été appliquées jusqu’à présent qu’avec une indulgence judicieusement gérée, marquée par un biais partisan indubitable en faveur du statu quo ante de l’Allemagne impériale. »

Sans inquiéter personne, Hitler sera condamné à neuf mois de prison pour tentative de coup d’État, toujours en 1923 quand les USA de Dawes et de ce bon Coolidge financent et rééquipent leur obéissante colonie. Et le vieil Hindenburg sera élu président de cette triste république de Weimar en 1925.

La suite on la connait, mais on aimerait bien ne pas la répéter.

Nicolas Bonnal

Bibliographie

Jacques Bainville — La paix de Versailles (sur Uqac.ca)
John Maynard Keynes — Les conséquences économiques de la paix (1919)- sur Uqac.ca
Guido Giacomo Preparata — Conjuring Hitler — How Britain and America made the Third Reich (Pluto Press)
Murray Rothbard — Keynes, the Man (Mises.org)
Thorstein Veblen — Review of John Maynard Keynes, The economic consequences of the Peace, Political Science Quarterly, 35, pp. 465-472

 
  1. Rothbard cite le texte de Keynes sur le représentant français Klotz qui demandait des comptes aux Allemands qui avaient dévasté notre France pendant quatre ans. Il en dit long sur ce qui va se passer vingt ans plus tard en Europe. On le cite en anglais pour le plaisir : « He leant forward and with a gesture of his hands indicated to everyone the image of a hideous Jew clutching a money bag. His eyes flashed and the words came out with a contempt so violent that he seemed almost to be spitting at him. The anti-Semitism, not far below the surface in such an assemblage as that one, was up in the heart of everyone (p.34). »
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Déploiement de troupes aux frontières de la Russie : passage en revue des larbins des USA. Par Sébastien Hairon.

20 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #Ukraine, #La nation ., #Terrorisme, #le nazisme

jeudi 19 janvier 2017

Déploiement de troupes aux frontières de la Russie : passage en revue des larbins des USA

 
Il y a peu je vous parlais de l'arrivée des troupes d'occupations américaines débarquant en Allemagne

Mais, en  plus de ces occupants venant des USA, ses complices participent eux-aussi à jeter de l'huile sur le feu en envoyant des troupes et du matériel en Europe de l'Est aux frontières de la Russie.

                                                                             Le Canada

Fidèle caniche de Washington ( mais en la matière, la France depuis l'ère Sarkosy l'a largement dépassé), Ottawa ne pouvait pas ne pas en être.
Dans le cadre de l'opération reassurance, le Canada envoie :
une frégate de classe  Halifax, la St-John's, composé de 225 membres d'équipage, d'un rayon d'action de 7100 miles. Son armement de bord comprend 24 torpilles, 16 missiles mer/air, 8 missiles de surface, un canon de 57mm, un canon de 20mm et six mitrailleuses de calibre 12,7mm.
Cette frégate dispose d'un pont d'envol pour l'hélicoptère qu'elle a à son bord. Il s'agit d'un CH-124 sea king.
Ce navire a été mit en service en 1996.

Dans le cadre de son engagement au sein de l'o.t.a.n, le Canada enverra 450 soldats et des blindés en Lettonie au printemps 2017 Metro
En Ukraine (opération unifier), 200 soldats sont présents depuis le 14 septembre 2015, pour former leurs homologues Ukrainiens à tuer des russophones dans le Donbass. La vidéo qui suit est plus que parlante...De très nombreux civils ont déjà été victimes de snipers Ukrainiens, dont certains sont certainement passés dans ces centres d’entraînements.

Ottawa participe à l'occupation de l'Europe avec ses troupes et contribue par sa présence militaire à la déstabilisation de la paix chez nous. Au lieu vouloir jouer les gros bras en Europe de l'Est, le gouvernement de Trudeau ferait mieux de moderniser ses casernes qui tombent en ruine Radio-Canada Les 350 millions de dollars engagés dans cette occupation en Lettonie seraient effectivement plus utiles ailleurs que dans cette aventure militaire Radio-Canada
Cette vidéo m'a bien fait rire ! Le même constat peut s'appliquer à de nombreuses autres armées Occidentales, en particulier, celle des USA.    
                                                                      
                                                                        L'Italie      


140 soldats seront envoyés en Lettonie au printemps 2017 Euronews Ces hommes seront intégrés et commandés par le Canada en y intégrant le bataillon dont l'ossature principale sera composée de troupes d'Ottawa.

                                                                        La France

La France va envoyer 300 soldats en Estonie au printemps 2017. Les troupes de ce contingent seront fournie par 130 hommes du 2ème régiment d'infanterie de marine originaire du Mans, du personnel du 6ème régiment du génie d'Angers et du 11ème régiment d'artillerie de marine de Rennes se joindront aux Manceaux. Au niveau du matériel, cinq chars Leclerc, 13 véhicules blindés de combat d'infanterie feront partie de cette expédition. Ouest-France
 

A noter qu'entre le 28 août 2016 et le 5 janvier, 4 mirages 2000-5 opéraient en Lituanie dans le cadre de l'opération "Baltic air policing 2016"
Les troupes Françaises engagées en 2017 en Estonie seront sous commandement Britannique. En 2018, elles se déploieront en Lituanie sous commandement Allemand !
Sortons vite de l'otan, de l'ue et retrouvons nos francs et notre indépendance !

                                                                             Les Pays-Bas

L'armée de l'air Néerlandaise a remplacé les mirages 2000 français le 5 janvier dans le cadre de l'opération "Baltic air policing". Quatre F-16 fighting falcon joueront les flics du ciel pour le compte de l'otan pendant environ 4 mois. 45eNord
En plus de ses avions, les Bataves mettront à disposition de l'otan, des troupes au sein du bataillon sous commandement Allemand en Lituanie. Ils arriveront au mois de mars. Ministère de la défense des Pays-Bas

                                                                     L'Allemagne

L'Allemagne qui commandera le bataillon en place en Lituanie enverra pour sa part 500 hommes, comptera 200 véhicules dont 26 chars léopard 2 Rtbf

                                                                      La Belgique

Sous commandement Germanique, la Belgique dépêchera en Lituanie une compagnie du train de 90 hommes. Ministère de la défense Belge

                                                                 La Grande-Bretagne

Les britanniques enverront 800 hommes, des drones et des chars challengers 2 en Estonie Sott

Les forces Françaises seront donc sous commandement Anglais !
En plus de cet engagement terrestre, la royale air force enverra plusieurs typhons en Roumanie sur la base de Mihail Kogalniceanu pendant 3 mois de l'été 2017. Ministère de la défense Britannique

Voilà les principaux protagonistes, complices et serviles larbins des USA dans leur tentative de déstabilisation de l'Europe. L'OTAN ne sert que les intérêts des lobbys de l'armement et l'économie Américaine jouant sur une peur fantasmée de l'improbable invasion par l'armée russe d'un pays-tiers. Le seul envahisseur dans ce lamentable remake des pires heures de la guerre froide, provient de ce pays arrogant, belliqueux, et envahissant, à savoir les démons-unis ! Partout où passent les troupes de l'oncle Sam, les pays trépassent, et les demandes de concessions dans les cimetières grimpent en flèche !

Yankees go home !

Parallèlement à l'arrivée de ces troupes d'occupation en Europe de l'Est, des manœuvres de l'OTAN, exercice Bison Drawsko 2017,  ont commencé le 11 janvier en Allemagne et en Pologne.

Ces gesticulations auront lieu jusqu'au 24 février. Les Pays-Bas fourniront le gros des troupes, avec pas moins de 3600 hommes et 600 véhicules. Rien que pour ce pays, il a fallu 29 trains et 1000 wagons pour acheminer le matériel en Pologne. C'est le plus grand exercice auquel participent les Bataves depuis les 15 dernières années Ministère de la défense des Pays-Bas
900 hommes et leur matériel participeront aussi à ces manœuvres issus de 6 autres pays : l'Allemagne, la Pologne, l'Estonie, le Canada,  la Belgique et bien entendu les USA.
panzers Allemands (bataillon 414) à l'embarquement ! Destination la Pologne...comme au "bon vieux temps" ?
Source des vidéos ici

Comme nous pouvons le constater, l'OTAN continue et continuera à jeter de l'huile sur le feu et à provoquer la Russie cette année par des gestes clairement inamicaux, contrairement à ses déclarations selon lesquelles elle serait une organisation œuvrant pour la paix ! Pas certain que ce type de plaisanterie d'un goût douteux arrache ne serait-ce qu'un début de sourire aux peuples Libyen ou Serbe. Les communiqués que je viens de lire pendant les deux jours et demi où j'ai travaillé sur cet article sont une parfaite illustration et une mise en pratique de la pensée Orwellienne.
La guerre c'est la paix !
La résistance n'est pas un droit, mais un devoir !

Sébastien Hairon volontaire bénévole à Donetsk (DNR)

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Sébastien Hairon.
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Le deuil peut-il teinter de rose les œillets d’Avril au Portugal ? Par Pedro da Nóbrega

10 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #l'horreur économique

 
Le deuil peut-il teinter de rose les œillets d’Avril au Portugal ?

 

  
Pedro da Nóbrega
 

 

La multiplication des panégyriques en cours à l’occasion du décès de Mario Soares, ancien secrétaire général du PS portugais, ancien ministre des Affaires Étrangères des gouvernements de la Révolution des Œillets, ancien Premier ministre et Président du Portugal, doit-elle obligatoirement comprendre un moment œcuménique d’amnésie sur le rôle qu’aura joué ce personnage politique dans l’évolution du pays depuis la libération des 48 ans de dictature fasciste par le biais de la Révolution des Œillets entamée par l’action des militaires du Mouvement des Forces Armées le 25 avril 1974 ?

Car si l’histoire retiendra son rôle de premier plan dans l’histoire du Portugal depuis la chute du régime fasciste, le moins que l’on puisse écrire est que son action a non seulement suscité des fortes contestations de la part de ceux qui précisément ont été des acteurs de cette révolution comme elle n’a jamais mérité de sa part un quelconque début d’autocritique.

Il aura tout fait pour empêcher que cette révolution puisse entraîner des transformations sociales, économiques et politiques permettant au peuple de prendre son destin en main, d’abord à l’occasion d’un processus de décolonisation laissant l’initiative aux mouvements de libération des pays concernés puis lors d’un processus politique à même de libérer le pays des tutelles économiques qu’il subissait depuis si longtemps.

C’est d’ailleurs en tant que ministre des Affaires Étrangères du gouvernement provisoire qu’il imposera, sur injonction des USA, la présence de l’UNITA à la conférence d’Alvor au Portugal en janvier 75 sur l’accession à l’indépendance de l’Angola, alors que ce mouvement qui est né de la collaboration avec l’armée coloniale portugaise pendant le conflit contre le MPLA, mouvement historique de libération, n’était même pas reconnu comme mouvement de libération par l’O.U.A., avec le résultat tragique pour le peuple angolais qui en résultera.

Il n’a jamais non plus hésité à présenter le Général Spinola, ancien Commandant du corps expéditionnaire de l’armée coloniale portugaise en Guinée, premier Chef de la Junte de Salut National, mise en place le 25 avril 1974 pour remplacer le pouvoir fasciste comme un grand chef militaire opposé au dernier Président du Conseil fasciste, Marcelo Caetano le successeur de Salazar, et comme un homme du 25 avril. Or Spinola, membre par le passé de la « División Azul » ayant combattu aux côtés des nazis sur le front soviétique, n’a jamais été lié aux Mouvements des Capitaines. S’il est devenu Chef de la Junte de Salut National, c’est par le biais d’un compromis entre le Mouvement des Forces Armées, auteur du mouvement militaire ayant mis fin au fascisme et qui lui préférait le Général Costa-Gomes , et les dirigeants de la dictature. Lorsque son interlocuteur avait l’outrecuidance de rappeler les liens de Spinola avec l’extrême-droite et ses tentatives de coup d’État contre la Révolution des Œillets, notamment le 11 mars 1975, SOARES ne s’embarrassait pas en répondant « qu’il ne sait pas s’il a tenté ou non un coup d’État et encore moins s’il avait des relations avec l’extrême-droite » alors que ces faits sont historiquement avérés. Mais il a sans ambages affirmé « Spinola a été un grand chef militaire, d’un courage exemplaire d’ailleurs. »

Lorsqu’il était questionné sur ses liens privilégiés avec Frank CARLUCCI, ambassadeur des USA nommé juste après le 25 avril 1974 et haut fonctionnaire notoire de la CIA, il avait le culot de dire qu’il n’en savait rien : « Les attaques des communistes contre Carlucci ont été totalement inutiles. Quant à être ou pas de la CIA, je ne saurais le dire, cela ne m’a d’ailleurs jamais intéressé. » Des faits pas même contestés pourtant.

C’est le même Soares qui n’hésitait pas à traiter, lors d’un meeting contre la Révolution à Lisbonne le 19 juillet 1975, la direction du Parti Communiste Portugais « d’irresponsables et de cercle de paranoïaques » ainsi que les dirigeants de la grande centrale syndicale portugaise, la CGTP-Intersindical, d’être aussi un « repaire d’irresponsables que ne représentent pas le peuple portugais. » Lui aussi qui avouait que « lors du moment le plus difficile du Processus Révolutionnaire, Monsieur le Patriarche nous a aidés, j’ai d’ailleurs sollicité plusieurs audiences qu’il nous a accordés, certaines d’ailleurs secrètes. » Quand l’on sait quel a pu être le rôle contre la Révolution des Œillets de la hiérarchie catholique portugaise de l’époque, voilà qui se passe de commentaires.

Il est vrai qu’il n’hésitait pas à se targuer des excellentes relations qu’il entretenait avec Manuel Fraga Iribarne, franquiste notoire ainsi qu’avec Adolfo Suarez, autre néo-franquiste notoire.

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_15091.jpg

Portrait officiel de Mário Soares en Président de la République, réalisé en 1992 par Júlio Pomar et placé dans la Galerie des Portraits officiels du Musée de la Présidence

Après avoir réussi à inverser le cours historique de la Révolution avec le Coup d’État du 25 Novembre 1975, il s’est méticuleusement investi dans la remise en cause de ses grandes conquêtes sociales comme la Réforme Agraire, les nationalisations et les droits des travailleurs notamment. Il aura été à ce titre le maître d’œuvre de l’adhésion du Portugal à la C.E.E., ancêtre de l’actuelle Union Européenne. Cela lui permettra, après une défaite aux législatives de 1985, d’être élu Président de la République en 1986 pour deux mandats successifs, sachant que le Président de la République au Portugal n’a pas le rôle de chef de l’exécutif qu’il a en France.

Là encore quelques citations de l’intéressé s’imposent :

« J’ai décidé de présenter ma candidature aux présidentielles en 1986, tout en ayant conscience d’avoir mené au gouvernement une politique impopulaire mais nécessaire, courant le risque de perdre les élections ! »

« Pour le Portugal, l’adhésion à la CEE représentait une option fondamentale vers un futur de progrès et de modernité. »

Les Portugais, confrontés à des politiques sociales de plus en plus dures et injustes justifiées soi-disant au nom de l’Union Européenne apprécieront sans aucun doute ces oracles lénifiants. Qu'il s'agisse des retraités obligés de survivre dans la misère, des jeunes contraints de s'expatrier pour essayer de trouver une planche de survie après s'être épuisés à force de contrats précaires, de tous les citoyens morts de n'avoir pu être pris en charge par un Service National de Santé sinistré malgré l'extrême dévouement de personnels pressés jusqu'au citron, de tous ceux qui se gèlent dans les établissements d'enseignement du pays depuis qu'ils ne sont plus chauffés, ils sont nombreux les Portugais à apprécier tout le sel, si tant est qu'il leur en reste pour agrémenter leur rata, de ces propos.

À propos justement de l’entrée dans l’Union Européenne, il ne dira rien sur la soumission aux logiques de marché du capital des forces politiques qu’il a mené, avec d’autres, pas un mot sur la responsabilité des dirigeants politiques, dont lui-même, dans cette évolution. Il gardera silence sur la complicité avérée de la social-démocratie et de la droite européenne dans ce processus d’éloignement des centres de décision des mécanismes de contrôle démocratique dont le rôle joué par Jean-Claude Juncker, actuel Président de la Commission Européenne pourtant mouillé jusqu’au cou dans le scandale LuxLeaks, n’est qu’une des tristes illustration.

Alors, un peu de décence malgré tout ne saurait nuire dans ce cortège funèbre qui n’est pas obligé de virer au funeste.

 

 

Merci à Tlaxcala
Source: http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=19642
Date de parution de l'article original: 09/01/2017
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l'Union Europénne finance (11,4 milliards) les néo-nazis de Kiev, Par Julia Cerisi.

8 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #Ukraine, #le nazisme, #l'horreur économique, #Je suis Charlie?

2015, Hollande au 70° anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz.

2015, Hollande au 70° anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz.

l'UE finançant (11,4 milliards) les néo-nazis de Kiev, tortures, enlèvements, terreur, guerre, 10 000 morts; magouilles financières, mafieux cupides, la France les invitant au Sénat à Paris( tueur Goncharenko), ou à Bruxelles ( néo-nazi Parubyi) au Parlement : tapis rouge; l'ambassade de France envoyant des petites couvertures pour réchauffer les pieds des punisseurs néo-nazis AZOV à Dniepropetrov...sk...Hollande recevant à l'Elysée le génocidaire Porochenko et visitant le camp d'Auschwitz avec lui... UE : Bande de collabos !!! Pétainistes !!! A vomir !!!
Photo : Hollande et le génocidaire Porochenko, chef d'état d'un gouvernement néo-nazi, célébrant de façon complice le 27 Janvier 2015 la soixantième année de la libération du camp d'Auschwitz !!! ( Ne travestissons pas l'histoire : Le camp d'Auschwitz a été libéré par la 100e division (général Krasavine) de la 60e armée du Front de Voronej de l'Armée rouge RUSSE le 27 Janvier 1945.

 

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Les U.S.A débarquent encore en Europe pour attaquer la Russie ! Par Olivier Renault

8 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #Ukraine, #La guerre, #La paix

Les U.S.A débarquent encore en Europe pour attaquer la Russie !

 

Les U.S.A débarquent encore en Europe pour attaquer la Russie !

De nouveau, depuis le déploiement des premiers soldats et chars, hélicoptères, avions de guerre, de l’OTAN en Europe centrale et à la frontière avec la Russie, du printemps et de l’été 2016 (suite à la conférence de l’OTAN à Varsovie), les Etats-Unis débarquent du matériel lourd de guerre dans le port allemand de Bremerhaven. Les premiers navires de guerre pour l’année 2017 déchargent de nouveau des tanks et des armes. L’Allemagne, pays non souverain depuis la Première Guerre Mondiale et surtout depuis la Seconde Guerre Mondiale, qui vient de s’autoriser de pouvoir déclarer légalement la guerre à un Etat souverain, assure, grâce à son gouvernement collaborateur (l’Allemagne est un pays occupé-le peuple allemand n’est pas souverain), la logistique et l’encadrement des troupes U.S sur l’Europe centrale. Au même moment le commandement militaire russe retire ses forces militaires maritimes et de terre de la Syrie pour consolider son front occidental.

Un troisième bateau U.S arrive ce dimanche.

Des containers, des voitures militaires, chars, sont entreposés, de nouveau, dans une zone de sécurité devant le port de Bremerhaven et attendent d’être transportés sur les pays baltes, sur la Pologne, donc en direction de la frontière russe. Dimanche 8 janvier 2017 un nouveau transporteur de guerre U.S doit décharger ses armes et ses soldats. Un front est donc ouvert et surtout renforcé contre la Russie des frontières entre l’Estonie et la Lettonie mais aussi à partir de la Pologne et de l’Ukraine contre la Russie. L’Allemagne, qui n’est plus l’Allemagne du peuple allemand, est l’organisateur de ce déploiement pour les Etats-Unis. Depuis la conférence de l’OTAN de l’été 2016, Berlin est devenue le chef militaire des opérations pour les pays baltes en ayant obtenu une base militaire en Lituanie, pays situé juste à côté de la Russie avec Kaliningrad qui reste aux yeux de Berlin Königsberg.

4000 soldats U.S.

Une brigade de chars avec 4000 soldats va être déployée sur l’Europe de l’Est durant ce mois de janvier 2017. Les troupes armées des pays occupés par l’OTAN (Lituanie, Lettonie, Estonie, Pologne, Ukraine, Allemagne…) vont devoir effectuer des exercices avec les soldats américains. Depuis mai 2016 les troupes locales s’entraînent à la guerre en envisageant une invasion de l’armée russe. L’outil de propagande de l’OTAN laisse publier des articles dans les journaux locaux pour préparer mentalement la population à une guerre en déclarant que c’est la Russie qui menace leurs pays !

Berlin autorise l’Allemagne à mener une guerre d’agression !

Le premier janvier 2017 la loi allemande vient d’être changée pour, dans le silence des média officiels français, mener ouvertement dans sa politique, dans ses médias, avec son armée, une guerre contre un autre Etat. Un novum quand on connaît le statut particulier de l’Allemagne depuis la Seconde Guerre Mondiale surtout que l’Allemagne n’a jamais signé de traité de paix ! La loi § 80 StGB (du Code pénal) interdisant à l’Allemagne de mener une guerre a été retirée ce premier janvier 2017. Déjà durant les bombardements de la Serbie autorisés par l’ancien ministre des Affaires étrangères, Joschka Fischer, Grünen (écolos!), sans avoir obtenu le feu vert de l’ONU, Berlin avait mené la guerre contre un autre Etat souverain (La Serbie) pour le compte des U.S.A et de l’OTAN par l’emploi de fausses accusations ! Le premier décembre 2016 le Bundestag avait légiféré sur la suppression du § 80 StGB. Berlin, peut donc être utilisée, comme vecteur de déclaration de guerre contre la Russie pour l’OTAN. C’est aussi pour cette raison que la Bundeswehr a obtenu le commandement militaire des troupes de l’OTAN pour les pays baltes avec une base. Faut-il rappeler que la base de Ramstein est le centre militaire des drones qui sont pilotés en Irak, en Syrie par les Etats-Unis et donc aussi sur le front russe ?

Olivier Renault

source: http://novorossia.today/les-u-s-a-debarquent-encore-en-europe-pour-attaquer-la-russie/

 

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/les-u-s-a-debarquent-encore-en-europe-pour-attaquer-la-russie/#hq5JSfybZJB8UQcC.99

 

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