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Le blog de Lucien PONS

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vendredi 30 décembre 2016. 35 diplomates russes expulsés: démagogie dangereuse d'un président en phase terminale . Par Sébastien Hairon

31 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre

vendredi 30 décembre 2016
 

35 diplomates russes expulsés: démagogie dangereuse d'un président en phase terminale

 
Hier soir, Barack Obama annonçait l'expulsion de 35 diplomates russes et de leurs familles sous les 72H00 Le Figaro
Ce président finissant, prix Nobel de la paix (sic !!!), comme tout digne locataire  de la maison blanche, aura contribué par sa nuisance mortifère, à semer le chaos un peu partout sur la planète (hormis l'accord avec l'Iran) Iris
Ce pays qui passe son temps à espionner et voler les autres pays, toujours donneur de leçon, compte pas moins de 17 agences de renseignement ! Plus de 100 000 personnes travaillent pour elles, pour un budget officiel de 68 milliards de dollars ! A titre de comparaison, la France a 6 agences et emploie 13 000 personnes France Info
Nous en sommes là aujourd'hui, un président en fin de mandat, expulse des diplomates pour sois-disant la fameuse affaire des emails piratés du parti démocrate. Le problème c'est qu'aucunes preuves tangibles de l'implication des services russes n'est prouvé. Obama et les agences américaines, parlent de hackers qui seraient russes, toujours sans preuves, et même si cela était certifié de manière factuelle, encore faudrait-il faire le lien avec un quelconque service d'espionnage russe. La présomption d'innocence n'existe pas dans ce pays considéré comme le phare de la démocratie occidental ? Visiblement, l'ampoule doit-être grillée, comme les neurones de ce triste sire...
Vendredi (le 30/12/2016), la Russie va légitimement répondre à ces expulsions et à ces accusations ridicules des USA en expulsant aussi à son tour des diplomates Américains.

                                                      L'espionnage "made in USA"

Car ce pays sûr de lui-même et dominateur, est une fois encore, n'est pas vraiment le mieux placé pour accuser les autres et faire ses leçons de morale telle une vierge effarouchée. Car dans ce domaine, les états-unis sont une sommité en matière d'espionnage. Aucun secteur n'échappe à cette pieuvre tentaculaire: économique, militaire, culturel, scientifique etc
Rappelons-nous des affaires d'espionnage de la NSA concernant les dirigeants de pays alliés (traduire par pays soumis) Le Monde Quand on lit cet article du monde, on croit "rêver", ou plutôt cauchemarder ! Entre le-j'en-foutisme d'une partie du personnel politique, volontaire ou pas, et l'incompétence des services, la boucle est bouclée. Le clou du spectacle avec les "réactions" de Hollande, Fabius et Ayrault (premier ministre de l'époque) sont dignes d'un sketch, pathétique et marquant par là même et de manière définitive, la soumission de la France aux USA. Nous n'avons plus d'indépendance monétaire (euro, BCE et loi du 3 janvier 1973  Atlantico ), plus d'indépendance militaire (OTAN), plus de frontière (Schengen). De mon point de vue, la France, techniquement, n'est plus un pays malheureusement, mais une province d'un empire néfaste et belliqueux.
Humiliation suprême, quand l'ambassadrice des USA refusera de venir à l'assemblée nationale pour discuter avec une commission traitant des relations (sado-maso ?) entre la France et son pays Le Figaro
 
Mais bon, soyons rassurés, Barack oblabla à juré que plus jamais son pays nous espionnera ! Quelle sinistre blague ! Le Monde
Aujourd'hui les USA demandent carrément aux personnes désireuses de voyager dans leur pays, de fournir(optionnellement, mais aujourd'hui, qui n'a pas un compte facebook, instagram, twitter etc ce qui peut être considéré comme suspect pour celui qui ne le remplira pas) La servilité esclavagiste dans toute sa splendeur I-Télé
Le domaine industriel n'échappe pas non plus à la rapacité sans faim des Américains. Avec leur planche à billet via la FED qui imprime à tour de bras de la monnaie de singe (que la Chine, le Japon, Belgique, France etc achète via les bons du trésor US !), les USA font leurs emplettes comme au monopoly, et nous voles "légalement", avec la complicité affligeante de naïveté, des dirigeants de ces entreprises les fleurons  de notre industrie  Atlantico Alstom , Alcatel, entres autres sont tombés dans l'escarcelle américaine pour notre plus grand malheur et surtout pour notre indépendance Les Echos Atlantico
Dans le chapitre militaire et industriel, récemment nous avons eu droit à la révélation du vol de documents concernant les plans de sous-marins Français dernièrement vendu à l'Australie. Comme par hasard, ces informations sont révélées 3 mois après ce gigantesque contrat qui doit rapporter 34 milliards d'euro à la France. Un hasard aussi si les fuites proviennent d'Australie, grand allié des USA Le Monde
N'oublions pas non la trahison de Hollande dans la non-vente des mistral, avec comme d'habitude lorsqu'ils peuvent nuire à nos intérêts économiques, les pressions inadmissibles de Obama sur ce contrat entre 2 pays censés être souverain. La fin de cet article du Parisien est explicite en une seule phrase sur l'ingérence de ces gens-là contre notre pays et son économie.
Les dirigeants des USA et l'état profond qui se cache derrière la marionnette de la maison blanche sont des tricheurs, des menteurs, des manipulateurs et in fine des voleurs. Alors que l'UE, cette entité technocratique dirigée par des pantins au service des USA, qui ne sont élus par personne, "négocie" depuis plusieurs mois un traité transatlantique entre les états-unis et ses laquais de l'Union Européenne. Sauf qu'en lisant cet article de Libération , nous comprenons vite qui va sortir gagnant de ces sois-disant "négociations" ! Imaginez un peu : une multinationale pourra attaquer en justice un état si elle estime que les règles du pays sont trop contraignantes pour son business. Devinez où se trouve ce tribunal ? A Washington bien entendu ! Wikipédia

                                                        L'ingérence des USA en géopolitique

Obama accusant sans même le début d'une preuve la Russie d'ingérence lors des élections du 8 novembre aux USA, prêterait presque à sourire, si ce pays n'avait jamais pratiqué ce don elle accuse les autres. Car en matière d'ingérence, c'est tout même l'hôpital qui se moque de la charité ! Nous ne comptons plus les trop nombreux pays qui ont subi et qui subissent encore l'ingérence des démons-unis dans leurs affaires internes.

Un des derniers en date, la Syrie n'en finit pas d'enterrer ces morts suite à l'ingérence de ces gens-là. Certes, pour la Syrie, ils ne sont pas les seuls, la France, malheureusement, et d'autres pays sont aussi impliqués dans la destruction de ce pays et le massacre de son peuple par des terroristes financés, soutenus, et entraînés par par ces fauteurs de guerre.

D'ailleurs, c'est bizarre, mais pendant l'opération "bordure protectrice" en Palestine occupée, nos fameux moralisateurs ne se sont jamais offusqués du très grand nombre de civils tués par l'armée d'israHELL. En 51 jours 2100 personnes sont mortes, 18 000 maisons complètement détruites et 90 000 l'ont été partiellement. ça ne les a pas empêchés de dormir à ce que je sache La Croix France 24

Idem au Yemen ! Visiblement, un hôpital Yeménite n'a pas la même valeur, qu'un hôpital prit en otage par des terroristes lors de l'occupation d'Alep-est. Les bédouins ventripotents de l'Arabie Saoudite peuvent même bombarder une cérémonie funéraire, pas de soucis pour eux, ils ont le feu vert de Washington. J'avais écris un article sur le sujet il y a quelques mois en arrière à ce sujet ici

Nous avons eu la Somalie, avec l'opération "restore hope" en 1993, avec un fiasco militaire comme seuls les militaires américains savent le faire, mais aussi malheureusement, des morts par milliers suite à cette ingérence TV5

Bien entendu, comment oublier le Sud-est asiatique ravagé par ces psychopathes, amoureux de la gâchette et du tapis de bombes sur les zones civils.  L'utilisation du napalm et l'épandage massif  d'agent orange sur le Vietnam continu de provoquer des ravages parmi la population Euronews
La vidéo qui suit est vivement déconseillé aux âmes sensibles
Ce sont les mêmes, toujours sans apporter aucunes preuves, qui accuse Assad d'utiliser des armes chimiques...Sans commentaires.
N'oublions pas le Laos qui a reçu, lui aussi, son quota de bombes modérés de la part de la "glorieuse" US air force France Info

Idem pour le Cambodge qui prendra son lot de tapis de bombes Ina

L'Amérique Centrale et du Sud et ses innombrables coup d'état fomentée par la C.I.A pour mettre des militaires ou et des pantins à la solde de Washington pour contrer les mouvements populaires et progressistes dans ces pays-là
Le Chili dont émergera le sinistre Pinochet et sa sanglante dictature Libération
L'Argentine et la dictature des militaires lors de l'opération Condor Rtbf
Le Nicaragua n'a pas échappé à la "bonté" de l'oncle Sam avec un soutien militaire aux contras Le Monde Diplomatique
La Colombie, toujours soumit aux ordres de l'US army avec l'occupation de son territoire Le Figaro
Le Venezuela, dont Washington fait tout pour se débarrasser des dirigeants qui ne lui plaisent pas ! L'humanité
 Je pourrais aussi vous parler de l'Ukraine ici , de l'Irak ici , de l’Afghanistan ici , de la Serbie etc etc
Il y aurait encore tant à écrire sur les méfaits de ces gens-là.
Nous vivons une époque dangereuse. Une époque où l'empire américain se lézarde de plus en plus, où son hégémonisme est légitimement contesté par un nombre croissant de pays. Son économie est en faillite, son système électoral est contesté au sein même de sa société civile par ceux-là mêmes qui en faisaient la promotion jusqu'au gadin de leur pouliche proprement rejeter lors du scrutin du 8 novembre. Des conflits inter-ethniques sans fin. Une pollution catastrophique avec les opérations de recherche et d'exploitations de gaz et de pétrole de schiste.
Il faut toujours se méfier d'un animal blessé et acculé, c'est là qu'il est le plus dangereux. Ce n'est clairement pas le moment de baisser la garde face à cette dictature oligarchique. Puisse faire que 2017 soit l'année de l'accélération de la chute de Washington et de l'arrivée d'une nouvelle ère pour les peuples voulant vivre en paix et en harmonie avec les autres.

Sébastien Hairon, volontaire bénévole à Donetsk (DNR)

                                                                   Besoin de votre aide

Je vous envoi un S.O.S, car j'ai besoin de votre soutien. Même le plus petit don me sera d'un précieux secours dans ce combat. Car malheureusement et de tout temps , l'argent reste le nerf de la guerre. Je vous remercie pour votre soutien et vos messages d'amitiés. Cordialement.
Cet argent m'aidera , par exemple à payer le loyer de l'appartement (6000 roubles/90 euros) , les charges ( eau, électricité , gaz et internet 565 roubles/9 euros ) 
Sébastien Hairon.
Mon compte bancaire pour pouvoir me faire un don , même le plus petit , il me sera d'un grand secours
 
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La rage des médias occidentaux contre Poutine : La bataille de la vérité. Par Chems Eddine Chitour

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme, #Les média

La rage des médias occidentaux contre Poutine : La bataille de la vérité

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/12/Putin_propaganda-400x275-1728x800_c.jpg

La rage des médias occidentaux contre Poutine : La bataille de la vérité

«L’armée russe met très longtemps à sceller sa monture, mais ensuite plus aucune armée au monde ne peut l’arrêter.»

Citation d’un général prussien

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Depuis quelques jours nous sommes confrontés à une deuxième bataille qui est celle de la fausse information diffusée en boucle par tous les médias qui n’arrêtent pas de raconter des mensonges sur la réalité de la situation à Alep. Le camp occidental dans sa version obamienne et hollandaise livre une ultime bataille, celle de désigner la Russie comme bouc émissaire et de désigner le gouvernement légitime de la Syrie comme bourreau de son peuple. Un constat: les médias se déjugent sans fausse honte, mais ont des difficultés à prendre les virages de la réalité. On aurait voulu présenter des cohortes de hères mourant de faim, de froid et que voit-on des cars où les réfugiés montent calmement, des voitures avec des enfants qui ne semblent ni mourir de faim ni de froid faisant même en riant le V de la victoire en face de la caméra occidentale qui aurait voulu capter autre chose. N’ayant rien à se mettre sous la dent, les médias recrutent des journalistes «libres» qui sont payés proportionnellement au déversement de fiel sur le pouvoir.

En fait et comme entendu sur la chaîne LCI, le journaliste qui sévit avec sa phrase élimée: «Ainsi va le monde» interviewant un expert sur la situation de l’après-Alep comme il la voyait, «les Français dit-il ne voulant pas de Bachar». Cette phrase m’a intrigué, elle dénote du fait que le logiciel colonial est toujours ancré dans la tête de ces «saigneurs». Les gueux, les faibles n’ont pas à discuter les ordres de l’Occident symbolisé par l’Empire et justement les vassaux qui -on l’aura compris- font les matamores avec les faibles, mais sont toujours ser(viles) avec l’Empire.

Cette fin de l’année 2016 a vu la fin de l’Empire dans sa version dicteur de la norme. On a beau arguer que le monde a changé, que les peuples relèvent la tête et ont une égale dignité. Le coup de baroud est donné par l’acharnement sur Poutine tout en faisant preuve d’un silence quasi religieux s’agissant de Mossoul où les coalisés ne savent pas comment s’en sortir – c’est-à-dire en définitive faire coup double, sauver Daesh et lui permettre de prospérer en Syrie- eux qui avaient prévu de donner une porte de sortie aux combattants de Daesh pour qu’ils aillent sur Raqua. Les brigades chiites irakiennes ont vite verrouillé cet accès et la situation semble s’éterniser depuis quatre mois.

Les officiers de l’Otan faits prisonniers

 «On apprend que plus de 110 officiers de l’Otan ont été capturés dans un bunker des terroristes Al-Nosra à Alep. Selon des rapports concordants sortant d’Alep ce 16 décembre 2016, au moins 14 officiers militaires de la coalition de l’Empire anglo-sioniste ont été capturés par les forces spéciales syriennes ce matin dans un bunker terroriste d’Al-Qaïda/Al-Nosra à Alep Est. Mais selon Veterans ToDay, le nombre d’officiers capturés serait supérieur à 110. VT donne les chiffres suivants: Américains 22, Britanniques 16, Français 21, Israéliens 7, Turcs 62.» (1)

La liste est très incomplète. Que devaient-ils faire avec des terroristes qu’ils ont «officiellement dénoncés?». En attendant, un silence assourdissant des médias sans honneur sur la Syrie et ce sujet en dit long sur le côté explosif de l’affaire si elle se répandait plus largement… Les médias enragés quand il s’agit de diaboliser sans preuve Assad se font d’un silence assourdissant quand il s’agit de signaler la présence illégale des officiers de l’Otan et même de l’Arabie saoudite et du Qatar dans un bunker à Alep et si tout le tintamarre était de faire exfiltrer ces mercenaires qui ne peuvent pas invoquer la convention de Genève sur les prisonniers de guerre. Ils serviront vraisemblablement de monnaies d’échange et on peut penser que la réunion du Conseil de sécurité à huis clos va débattre aussi de cela, car mettre de l’humanitaire comme s’entête à le demander Obama par Hollande interposé est irréalisable pour l’ambassadeur russe aux Nations unies.

Poutine: l’âme damnée de Obama

Vladimir Poutine reste l’homme le plus puissant du monde, devant Donald Trump et Angela Merkel, selon le classement 2016 du magazine Forbes. A 64 ans, le président russe remporte le classement du magazine américain pour la quatrième année consécutive. «Depuis son pays natal jusqu’en Syrie en passant par les élections américaines, le dirigeant russe continue à parvenir à ses fins», estime Forbes. (2)

Le moins que l’on puisse dire est que Poutine dérange les dirigeants occidentaux. On se souvient comment il avait fait la leçon à Sarkozy au dernier G8 auquel il a participé: Morceaux choisis: «Dans un documentaire diffusé ce jeudi, le journaliste Nicolas Hénin raconte les coulisses d’une rencontre en 2007 entre Nicolas Sarkozy, et Vladimir Poutine. Un face-à-face au cours duquel l’homme fort de la Russie aurait si violemment humilié son homologue français que celui-ci était apparu chamboulé lors de son point presse.»

«Vladimir Poutine userait de méthodes d’intimidation face à ses homologues, ne se privant pas de les remettre à leur place quand leur attitude lui déplaît, voire de les humilier. L’homme qui en fait les frais dans cet extrait est le nouveau président français d’alors, Nicolas Sarkozy.» «Selon le compte rendu que dresse le journaliste Nicolas Hénin d’un tête-à-tête en 2007 entre les deux dirigeants dans Le mystère Poutine, le chef de l’Etat français, qui à l’époque a pris ses fonctions depuis peu, commence par expliquer sur un ton assuré à Vladimir Poutine qu’avec lui, «on va parler des sujets qui fâchent». Les centaines de morts en Tchétchénie? «Inadmissible», lâche le locataire de l’Elysée. Anna Politkovskaïa, la journaliste russe assassinée? «Inadmissible». D’après les sources de Nicolas Hénin, le président russe aurait d’abord répondu par un silence. Malaise dans la pièce. L’homme fort de Moscou aurait ensuite entrepris de rappeler à Nicolas Sarkozy de ne pas trop jouer les insolents.» (3)

«Bon alors je vais t’expliquer. Tu vois, ton pays, il est comme ça», lui aurait-il dit, mimant un petit écart avec ses mains. «Mon pays, il est comme ça», aurait-il poursuivi, écartant cette fois largement ses bras. Alors maintenant, de deux choses l’une, ou bien tu continues sur ce ton et je t’écrase. Ou alors tu arrêtes de parler comme ça et tu verras. Tu viens juste de devenir Président de la France mais je peux faire de toi le roi d’Europe», lui aurait-il lancé, dans un discours ponctué d’insultes et de propos humiliants. Selon le journaliste, Nicolas Sarkozy serait ressorti complètement «éberlué» de cette rencontre. Comme «K.-O. debout». Choqué au point de paraître encore tout chamboulé, bien que souriant, lors du point presse.» (3)

On reproche à Poutine pourquoi il a tenu tête à la normalisation voulue par l’Empire après la reddition en rase campagne de Gorbatchev à qui on a donné le hochet du prix Nobel. C’est un fait que les Etats-Unis de Fukushima pensaient que c’était la fin de l’Histoire, notamment en installant Eltsine qui a achevé de dépecer la Russie en la confiant aux oligarques. Avec Poutine qui a une haute idée de la grande Russie de Pierre le Grand, de Catherine II celle qui avait pensionné Voltaire venu se ressourcer.

Comme l’écrit Merzak Tigrine:

«Pour sa dernière sortie médiatique à la Maison-Blanche, le président Barack Obama a mis en garde son successeur républicain, Donald Trump, contre l’intention de Vladimir Poutine d’affaiblir les États-Unis comme il fait avec l’Europe. Vladimir Poutine est au centre des préoccupations de la Maison-Blanche, notamment après que le FBI a conforté la CIA dans ses conclusions sur une intervention de la Russie dans l’élection américaine. C’est ce qui ressort des déclarations de Barack Obama lors de sa conférence de presse vendredi soir en sa qualité de président des États-Unis. Il a promis d’envoyer un “message clair” à la Russie après les cyber-attaques qui ont perturbé l’élection américaine. (…)La Russie « est un pays plus petit, un pays plus faible », a lancé Barack Obama dans une formule qui devrait à coup sûr faire bondir son homologue russe, « mais ils peuvent nous affecter si nous oublions qui nous sommes », a-t-il ajouté.” M. Poutine peut nous affaiblir, comme il tente d’affaiblir l’Europe, si nous commençons à admettre l’idée qu’il est acceptable d’intimider la presse, ou d’enfermer les dissidents”, a souligné le président américain. (…)Dans la foulée, il a aussi révélé avoir demandé directement en septembre, en marge d’un sommet du G20 en Chine, à Vladimir Poutine de “cesser” les cyberattaques, au risque de ´´conséquences sérieuses s’il ne le faisait pas”. Réagissant à ces accusations, Moscou a riposté par la voix du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en marge du déplacement de Vladimir Poutine à Tokyo. ” Il faut soit cesser d’en parler, soit apporter enfin des preuves. Sinon, tout ça est plus qu’indécent”, a-t-il déclaré (4).

Le sacerdoce de Poutine

Dans cette affaire, personne ne parle des méfaits de la NSA qui espionne tout le monde, à commencer par les portables des vassaux (Merkel). Ariane Walter résume magistralement à la fois les combines de l’Occident devant ce personnage qui ne veut pas rentrer dans le rang et dans le mouvement, elle décrit avec délice les avancées de Poutine et sa méthode pour éviter les pièges.

«Je dois avouer écrit-elle, que je reste assez stupéfaite de ce que j’ai vu, en consacrant quatre longues heures de ma soirée, à deux documentaires sur Poutine. ‘Le mystère Poutine” et ‘Poutine, le nouvel empire”. Après les évènements d’Alep et le concert de pleureuses hystériques made in Soros, on pouvait s’attendre au pire, mais non. La grâce du sujet a dépassé les lourdeurs d’une intention propagandiste qui n’a pu tenir ses promesses.» (5)

Ariane Walter nous décrit comment les médias ont traité l’itinéraire de Poutine L’enfance du héros. (..) Poutine, comme Macron, a eu une institutrice dévouée qui, nous dit-on, l’a sauvé des mauvais quartiers, mais il ne l’a pas épousée ce qui détermine deux destins très différents! L’émission explique comment cet être, au demeurant fade et soumis, finit par être remarqué pour ces deux qualités et placé au pouvoir par les oligarques qui comptaient en faire leur marionnette. Surprise. Poutine mouche un oligarque et lui demande de lui rendre son stylo! Le présent du dictateur. On l’attendait, on l’a. La Tchétchénie avec cette accusation non prouvée du rôle de la FSB dans trois attentats à Moscou, les médias muselés et fermement, les assassinats de journalistes, les témoignages à charge. Main de fer dans un gant de velours. Ceci existe. C’est une réalité. Mais le documentaire a l’honnêteté de montrer comment Poutine a sauvé la Russie du marasme Eltsinien».(5)

«Poutine le nouvel empire» va alors être la divine surprise. D’une part par la qualité de ses intervenants, en particulier Hubert Védrine et Hélène Carrère d’Encausse, et surtout par son propos: de l’Histoire et non de la propagande de basse Amérique. Avec cette étude passionnante d’un destin tellement inattendu, forgé par les circonstances. Passionnant d’apprendre comment cet homme, favorable à l’Union européenne au début de sa carrière, va être traité comme une merde par le cartel capitaliste et, sentant la menace infinie de l’Otan, entamera, le couteau sous la gorge, pour ne pas devenir un nouveau Kadhafi, une partie d’échecs qui le place très haut dans l’Histoire de notre monde. J’ai un peu l’impression que Védrine et d’Encausse sont amoureux de Poutine..!» (5).

Poutine est entré dans l’Histoire des débuts d’un autre monde au moment où Hollande, notre clown de service, s’apprêtait à aller bombarder la Syrie. De graves accusations étaient portées contre Assad, que la suite a révélées fausses: l’utilisation de gaz sarin contre sa population. Le fil rouge avait été franchi! Et c’est là que Poutine, soutenu par le pape (!) a fait cette proposition: qu’Assad se débarrasse de tout son arsenal chimique! Proposition acceptée par les Etats-Unis dans un monde de menteurs où tout est ruse et trahison. C’est à ce moment-là que pour beaucoup d’entre nous, Poutine est sorti de son armure de dictateur infréquentable pour devenir un sauveur. Merci Poutine. En face de lui, une clique qui avait laissé faire le 11 septembre pour ne pas dire, ce qui sera révélé demain, qu’elle l’a organisé. Et ce n’était sans doute pas le premier crime auquel l’Etat profond mettait la main à la pâte. N’est-ce pas JFK?» Le peuple et les faiseurs d’argent qui font plus leur beurre en temps de paix qu’en temps de guerre. Sans oublier les États-Uniens qui, comme Snowden, au FBI et ailleurs, connaissaient le dessous des cartes et en avaient assez d’être dirigés par des fous!» (5).

«(…) Le petit blondinet conclut Anne Walker,  de Saint-Petersbourg a brusquement sorti de son sac des armes qui prouvaient qu’en cas de conflit nucléaire il ne resterait pas grand chose, en quelques minutes, des plus grandes villes des États-Unis. (…) Cette année le Père Noël ne va pas se fatiguer pour ses cadeaux. Nous avons déjà reçu le Brexit, la fin de Ceta et de Tafta, la défaite de Clinton, l’élimination de Hollande, de Juppé, de Sarkozy, de Renzi, la victoire d’Alep!!! Au coeur de toutes ces victoires, Poutine. Etudier la savante partie d’échecs qu’il a menée est un régal. Comment, boudé, humilié, menacé il a continué son chemin et fini par faire la conquête de tous les peuples. Poutine et la Crimée, Poutine et la Syrie, Poutine et les élections aux États-Unis. A-t-il hacké ces élections? S’il ne l’a pas fait, c’est un imbécile. Et il ne l’est pas. (…) Seul bémol à ses triomphes, la présence, en face de lui d’ennemis faibles, démasqués et haïs. Conquérir tous les peuples quand on a pour adversaires Hollande, Merkel, Cameron, et la clique Obama, c’est quand même facile.» (5)

Coup de tonnerre ! L’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie

Alors que chacun présageait un apaisement dans la situation à Alep et partant la résolution globale du transfert des habitants d’Alep retenus en otage, notamment par l’acceptation conditionnelle de la Russie, d’observateurs  avec le postulat : «  La Syrie une et indivisible avec le gouvernement actuel légitime, voilà qu’une mauvaise nouvelle s’abat sur la communauté humaine, l’assassinat du diplomate russe Andreï Korlov  à Ankara : Qui a intérêt à mettre de l’huile sur le feu ? Pour qui roulent les commanditaires de cet assassinat et on nous dit que l’assassin  a été abattu Ce qui va compliquer considérablement l’enquête. Des écrits se font jour pour rappeler qu’il y a un siècle à deux années près, l’assassinat de l’archiduc autrichien à  Sarajevo par un anarchiste serbe  donnait le coup d’envoi de la plus grande boucherie du XXe siècle . Là encore il est heureux que Vladimir Poutine « calme le jeu » en  affirmant que cet assassinat ne doit pas le détourner de son objectif  la recherche de la paix. Pour les citoyens du monde, et pour avoir démontré jusqu’à présent son sang froid dans pas mal de conflits et provocations en tout genre, le président russe mérite le prix Nobel de la paix de 90 % de la planète et plus si on compte aussi tout ceux qui sont épris de paix  dans le monde occidental. [ voir http://reseauinternational.net/poutine-prix-nobel-de-la-paix-2013/ (note RI) ]

On le voit, Poutine est le digne héritier des héros de l’Union Soviétique que sont le peuple et ses généraux, tels que Guiorgui Joukov l’officier général le plus décoré de l’histoire de l’Union soviétique qui réussit à terrasser l’ordre nazi avec des généraux et non des moindres comme Von Paulus à Stalingrad,. Poutine est aussi l’héritier du maréchal Koutouzov celui qui battit la grande armée de Napoléon et amena la Berezina devenue par la suite une expression signifiant la débâcle. Le général prussien a mille fois,  raison. Il est à craindre que l’Occident ne tire pas suffisamment les leçons de l’Histoire et il n’a pas compris que le barycentre lui a définitivement échappé au profit d’un multilatéralisme de l’apaisement et du soleil pour tous.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

1.http://numidia-liberum.blogspot.com/2016/12/au-moins-14-officiers-de-lotan-captures.html

2.http://www.bfmtv.com/international/classement-forbes-poutine-homme-le-plus-puissant-du-monde-devant-trump-1070988.html

3.http://www.bfmtv.com/international/comment-sarkozy-s-est-fait-humilier-par-poutine-en-2007-au-point-qu-il-semblait-ivre-1071168.html

4.Merzak Tigrine http://www.liberte-algerie.com/international/obama-met-en-garde-contre-poutine-260629

5.Ariane Walter https://www.legrandsoir.info/poutine-un-ovni-sur-france-2.html


 
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Les mauvais perdants (et ce qu’ils ont peur de perdre)
. Par Diana Johnstone

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie

 
Les mauvais perdants (et ce qu’ils ont peur de perdre)

 

Si la campagne présidentielle 2016 aux États-Unis fut une honte nationale, la réaction des perdants offre un spectacle plus triste encore. Hillary Clinton et son camp sont incapables d’admettre leur défaite.

Pourquoi ça ?

Parce que leur grand projet d’imposer l’hégémonie de l’Amérique "exceptionnelle" au monde entier, en renversant les régimes récalcitrants l’un après l’autre, paraît menacé par l’outsider Donald Trump. Celui-ci s’est prononcé contre la politique de « changement de régime », réalisation dont Hillary se vantait depuis son rôle essentiel dans la destruction de la Libye de Kadhafi. L’ensemble de l’establishment occidental, composée en gros d’idéologues néo-conservateurs, d’interventionnistes libéraux, de la haute finance, de l’OTAN, ainsi que de la plupart des dirigeants médiatiques et politiques des États-Unis et de l’Union Européenne, sont tous engagés à refaçonner le Moyen-Orient pour satisfaire Israël et l’Arabie Saoudite et à démolir l’impertinente Russie. Ils ont par conséquent été saisis d’une panique hystérique à l’idée que leur projet commun de globalisation puisse être saboté par un intrus imprévisible.

Le désir exprimé par Donald Trump d’améliorer les relations avec la Russie contredit la volonté de Hillary Clinton de « faire payer la Russie » pour sa mauvaise conduite au Moyen-Orient et ailleurs. Si le nouveau président tient ses promesses, cela pourrait constituer un coup sérieux au renforcement militaire de l’OTAN sur les frontières de la Russie, entrainant des pertes sérieuses pour l’industrie américaine de l’armement qui prévoit de gagner des milliards de dollars en vendant des armes superflues aux alliés de l’OTAN sous prétexte de la prétendue « menace russe ».

Les craintes du parti de la guerre sont peut-être exagérées. Les premiers choix de collaborateurs de Trump laisse prévoir une survie probable de la prétention des États-Unis à être la nation "exceptionnelle" et indispensable. Mais les priorités pourraient changer. Et ceux qui sont habitués à un règne absolu ne peuvent tolérer que celui-ci soit remis en cause.

Les mauvais perdants d’en haut



Les membres du Congrès, les grands médias, la CIA et jusqu’au président Obama se sont ridiculisés, et la nation avec eux, en affirmant que la cabale clintonienne a perdu l’élection à cause de Vladimir Poutine. Dans la mesure où le reste du monde pourrait prendre ces pleurnicheries au sérieux, cela devrait augmenter encore le prestige déjà considérable de Poutine. L’idée qu’un piratage moscovite de quelques messages internes au parti démocrate puisse faire perdre le candidat favori du puissant establishment étatsunien ne peut que signifier que la structure politique des États-Unis est si fragile que quelques révélations de courriels peuvent provoquer son effondrement. Un gouvernement notoirement connu pour fouiner dans les communications privées du monde entier, ainsi que pour renverser des gouvernements les uns après les autres par des moyens moins subtils et dont les agents se sont vantés d’avoir manipulé les Russes en 1996 pour faire réélire le totalement impopulaire Boris Eltsine, semble maintenant réduit à pleurer, « maman, Vlady joue avec mes jouets de piratage ! »


 Il serait normal que les Russes préfèrent un président des États-Unis qui écarte ouvertement la possibilité de déclencher une guerre contre la Russie. Cela ne fait pas de la Russie « un ennemi », c’est juste un signe de bon sens. Cela ne signifie pas que Poutine soit assez naïf pour imaginer que Moscou puisse décider du résultat de l’élection avec quelques tours de passe-passe.

Tout ce spectacle misérable n’est rien d’autre que la poursuite de la russophobie exploitée par Hillary Clinton pour distraire de ses propres scandales multiples. En tant que pire perdante dans l’histoire électorale américaine, il lui faut blâmer la Russie, plutôt que de reconnaître qu’il ne manquait pas de raisons pour la rejeter.

La machine de propagande a trouvé une réponse aux informations gênantes : elles sont fausses. Cette fois-ci, les conspirationnistes de Washington sont en train de se surpasser. Les geeks russes étaient supposés savoir qu’en révélant quelques messages internes du Comité national démocrate, ils pouvaient assurer l’élection de Donald Trump. Quelle formidable prescience !

Obama promet des représailles contre la Russie pour avoir traité les États-Unis comme les États-Unis traitent, disons, le Honduras (et même la Russie elle-même jusqu’à ce que Poutine y mette un terme). Poutine a rétorqué que pour autant qu’il sache, les États-Unis n’étaient pas une république bananière, mais une grande puissance capable de protéger ses élections. Ce que Washington est en train de nier avec véhémence. Les mêmes médias qui ont affirmé l’existence des « armes de destruction massive » de Saddam transmettent à présent cette théorie du complot absurde avec tout le sérieux du monde.


En dénonçant ce « complot » russe sans donner de preuves, la CIA se départit de la discrétion habituelle des services de renseignement lorsqu’ils se soupçonnent mutuellement de manoeuvres, car le but du récit actuel est de convaincre le public américain que l’élection de Trump est illégitime, dans l’espoir vain d’abord de gagner le collège électoral, puis de paralyser sa présidence en le qualifiant d’agent de Poutine.

Les mauvais perdants d’en bas



Les mauvais perdants au sommet savent au moins ce qu’ils font et ont un but. Les mauvais perdants d’en bas expriment des émotions sans objectifs clairs. Appeler à « la résistance » comme si le pays venait d’être envahi par des extraterrestres n’est qu’une fausse auto-dramatisation. Le système électoral américain est archaïque et bizarre, mais Trump a joué le jeu selon les règles. Il a fait campagne pour remporter les Etats pivots, et non une majorité populaire, et c’est ce qu’il a obtenu.

Le problème n’est pas Trump mais un système politique qui réduit le choix de l’électorat à deux candidats détestés, soutenus par de grandes fortunes.

Quoiqu’ils pensent ou ressentent, les manifestants de rue anti-Trump, plutôt jeunes, créent une image d’enfants gâtés d’une société de consommation hédoniste qui piquent des crises lorsqu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent. Bien sûr, certains sont véritablement préoccupés pour leurs amis immigrants illégaux et craignent leur déportation (ce qui se faisait déjà sous Obama). Il reste possible d’organiser leur défense. Il est probable que la plupart des manifestants auraient préféré Bernie Sanders, mais que cela leur plaise ou non, leurs protestations sont la continuation des thèmes dominants de la campagne négative de Hillary Clinton. Elle a joué sur la peur. En l’absence de tout programme économique pour répondre aux besoins de millions d’électeurs qui ont montré leur préférence pour Sanders, et de ceux qui se tournèrent vers Trump tout simplement à cause de sa vague promesse de créer des emplois, sa campagne a exagéré la portée des déclarations les plus politiquement incorrectes de Trump, créant l’illusion que Trump était un raciste violent dont le seul programme était de susciter la haine. Pire encore, Hillary a stigmatisés des millions d’électeurs favorables à Trump comme « un panier de déplorables, racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes – tout ce que vous voulez ». Ces remarques ont été faites à un rassemblement LGBT, dans le cadre de sa politique identitaire pour gagner les voix des minorités en stigmatisant la majorité blanche – qui elle-même est en passe de devenir minoritaire. La prémisse des politiques identitaires est que les minorités ethniques et sexuelles sont opprimées et donc moralement supérieures à la majorité blanche, qui est l’oppresseur implicite. C’est cette tendance à trier les gens selon des catégories moralement distinctes qui divise la population, tout autant —sinon plus — que les hyperboles de Trump sur les immigrants mexicains ou musulmans. Elle a servi à convaincre un grand nombre de gens dévoués au politiquement correct à considérer la classe ouvrière blanche des régions du centre des États-Unis comme des envahisseurs ennemis qui menaceraient de les envoyer tous dans des camps de concentration.


Effrayés par ce que Trump est accusé de vouloir faire, ses adversaires d’en bas ont tendance à ignorer ce que ses adversaires d’en haut sont en train de faire. La dernière trouvaille de la campagne Clinton, à savoir rejeter la faute de sa défaite sur les « fausses nouvelles », soi-disant inspirées par l’ennemi russe, est une facette de la tendance croissante de vouloir censurer Internet, d’abord pour pédophilie, ou antisémitisme, et prochainement sous prétexte de combattre les « fausses nouvelles » — c’est-à-dire celles qui vont à l’encontre de la ligne officielle. Cette menace contre la liberté d’expression est bien plus grave que les saillies machistes de Trump que la campagne Clinton a bruyamment gonflées pour créer le scandale.

Il est normal et souhaitable que se développe une opposition politique aux mesures réactionnaires de la future administration Trump. Mais une telle opposition devrait s’atteler à définir les enjeux et fixer des objectifs précis, au lieu d’exprimer un rejet global sans résultat pratique.

La réaction anti-Trump hystérique est incapable de saisir les implications de la campagne qui vise à blâmer Poutine pour la défaite de Hillary. Les anti-Trump veulent-ils la guerre avec la Russie ? J’en doute. Mais ils ne veulent pas reconnaître que malgré tout, la présidence Trump présente une occasion d’éviter la guerre avec la Russie. Ceci est une fenêtre d’opportunité qui se refermera brutalement si l’establishment clintonien et le parti de la guerre obtiennent gain de cause. Qu’ils en soient conscients ou non, les manifestations de rue aident cet establishment à délégitimer Trump et à saboter le seul élément vraiment positif dans son programme : la paix avec la Russie.

Ajustements dans la liste des ennemis



Par leurs choix fatalement erronés au Moyen-Orient et en Ukraine, les dirigeants à Washington ont mis les États-Unis dans une trajectoire de collision avec la Russie. Incapable d’admettre que les États-Unis ont parié sur le mauvais cheval en Syrie, le Parti de la Guerre ne voit pas d’autre choix que de diaboliser et de « punir » la Russie, au risque en fin de compte d’avoir recours aux arguments décisifs du vaste arsenal nucléaire du Pentagone. La propagande anti-russe a dépassé les niveaux extrêmes de la guerre froide. Presque tout le monde s’y met, en rivalisant d’inventivité. Qu’est-ce qui peut mettre un terme à cette folie ? Qu’est ce qui peut servir à créer des attitudes et des relations normales envers cette grande nation qui aspire avant tout à être simplement respectée et à promouvoir le droit international basé sur la souveraineté nationale ? Comment les États-Unis peuvent-ils faire la paix avec la Russie ?

Il est clair que dans l’Amérique capitaliste et chauvine il n’y a aucune chance de passer à une politique de paix en nommant mon ami l’excellent pacifiste David Swanson aux relations extérieures américaines, aussi souhaitable que cela puisse être.

De façon réaliste, la seule façon dont l’Amérique capitaliste puisse faire la paix avec la Russie est en développant les affaires capitalistes. C’est ce que Trump propose de faire.

Face aux réalités, un peu de réalisme est utile. Le choix du patron de Exxon, Rex W. Tillerson, comme secrétaire d’État est la meilleure démarche possible pour mettre fin à la course actuelle vers la guerre avec la Russie. A ce stade, le slogan américain pour la paix ne peut être que « Faites les affaires, pas la guerre ».

Mais la « résistance » à Trump ne soutiendra probablement pas cette politique pragmatique en faveur de la paix. Cette politique se heurte déjà à une opposition au Congrès, chez des Démocrates et des Républicains avides de guerre. Au lieu de soutenir la détente, en criant « Trump n’est pas mon président ! », les gauchistes désorientés renforcent par inadvertance cette opposition, qui est pire que Trump.

Éviter la guerre avec la Russie ne transformera pas Washington en un havre de douceur et de lumière. Trump est dotée d’une personnalité agressive, et les personnalités opportunistes et agressives de l’establishment, notamment ses amis pro-Israëliens, vont l’aider à retourner l’agressivité des États-Unis vers d’autres cibles. L’attachement de Trump à Israël n’a rien de nouveau, mais semble particulièrement intransigeant. Dans ce contexte, les mots extrêmement durs de Trump envers l’Iran sont de mauvais augure, et il faut espérer que son rejet déclaré des guerres de « changements de régime » s’appliquera ici comme ailleurs. La rhétorique anti-chinoise de Trump ne promet rien de bon, mais à la longue il n’y a pas grand chose que lui ou les États-Unis puissent faire pour empêcher la Chine de redevenir la « nation indispensable » qu’elle était pendant la majeure partie de sa longue histoire. Des accords commerciaux plus stricts ne conduiront pas à l’Apocalypse.

L’échec de l’élite intellectuelle



La triste image des Américains d’aujourd’hui comme de mauvais perdants, incapables d’affronter la réalité, doit être attribuée en partie à l’échec éthique de la « génération 1968 » des intellectuels. Dans une société démocratique, le premier devoir des hommes et des femmes ayant le temps, le goût et la capacité d’étudier avec rigueur la réalité est de partager leurs connaissances et compréhension avec ceux qui ne disposent pas de tels privilèges. La génération des intellectuels dont la conscience politique a été temporairement éveillée par la tragédie de la guerre du Vietnam aurait dû reconnaître que leur devoir était d’utiliser leur position pour éduquer le peuple américain sur l’histoire et les réalités du monde que Washington se proposait de redessiner. Mais l’actuelle phase du capitalisme hédoniste offre aux intellectuels de bien plus grandes opportunités de réussite en manipulant les masses qu’en les éduquant. Le marketing de la société de consommation a même contribué au développement de la politique identitaire en ciblant le marché des jeunes, le marché gay, et ainsi de suite. Une masse critique d’universitaires « progressistes » s’est retirée dans le monde abstrait du post-modernisme, et a fini par diriger l’attention des jeunes sur la bonne manière de réagir à la sexualité des autres ou d’élargir leur conception du « genre ». De telles élucubrations ésotériques alimentent le syndrome de « publier ou périr » et permettent aux universitaires en sciences humaines d’éviter le moindre sujet qui pourrait être jugé critique du militarisme croissant des États-Unis ou des dérives du monde « globalisé » dominé par la haute finance. La controverse la plus aigue qui secoue aujourd’hui le monde universitaire est de savoir qui doit utiliser quelles toilettes.

Si les snobs intellectuels peuvent ricaner avec une telle auto-satisfaction sur les pauvres "déplorables" des régions qu’ils ne voient que d’en haut en prenant l’avion d’une côte des États-Unis à l’autre, c’est parce qu’ils ont eux-mêmes ignoré leur devoir social primaire qui est de chercher la vérité et de la partager. Gronder des inconnus pour leurs attitudes supposées « mauvaises » tout en donnant l’exemple social de la course à la promotion personnelle effrénée ne peut que produire cette réaction anti-élite appelée « populisme ». Trump est la revanche de ceux qui se sentent manipulés, oubliés et méprisés. Quels que soient ses défauts, il était le seul choix qui leur était offert pour exprimer leur révolte dans une élection pourrie. Les États-Unis sont profondément divisés idéologiquement, ainsi que sur le plan économique. Les États-Unis sont menacés, non pas par la Russie, mais par leurs propres divisions internes et l’incapacité des Américains non seulement à comprendre le monde, mais à se comprendre entre eux.

Diana Johnstone

Traduction VD pour le Grand Soir avec probablement moins de fautes et de coquilles que d’habitude pour cause de relecture et corrections.

 
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Syrie : Message des habitants de Ma’loula aux respectables membres du Congrès américain… Le 06 septembre 2013

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL

Syrie : Message des habitants de Ma’loula aux respectables membres du Congrès américain…

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Syrie : Message des habitants de Ma’loula aux respectables membres du Congrès américain…

Tribune libre Byblos

 

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Ma’loulaMesdames et Messieurs,

 

Permettez-nous de vous apprendre ce qui s’est passé aujourd’hui dans notre ville de Ma’loula [1], avant de vous rappeler ce qu’elle signifie.

À quatre heures du matin, heure de Damas, les gangs armés de la prétendue Armée Syrienne Libre [ASL], les terroristes de , et les meurtriers de l’État islamique d’ et du Levant, ont attaqué notre ville paisiblement installée dans le Djebel Qalamoun, puis ont entrepris le saccage de ses monastères, de ses églises et de ses icônes historiques, avant d’exiger de tous les habitants de se convertir à l’Islam !

Oui, c’est ce qui est arrivé à l’aube de ce jour dans notre petite ville de Ma’loula. Les gangs armés se sont répandus partout, exposant toute leur artillerie sur la place après avoir interdit tous les accès aux .

Ces actes criminels, ce saccage systématique de villes chrétiennes, ce terrorisme frappant leurs habitants, font partie d’un plan global visant à déplacer les chrétiens de leurs patries depuis les origines [2]. C’est ce que nous venons de vivre alors que l’Etat est toujours fort. Qu’est-ce qui nous arrivera si jamais ce n’est plus le cas, une fois que les Forces US nous auront bombardés ?

Ce qui attend les chrétiens de nos villes et villages, aux mains de l’organisation terroriste Jabhat al-Nosra et de ses semblables, est tout simplement terrifiant…  Pouvons-nous espérer que toutes les terribles agressions subies par les monastères et églises de la chrétienté telles celles qui ont eu lieu à Ghassanieh, à Saint Siméon, à l’Église de la ceinture à Homs… finiront par réveiller un tant soit peu la conscience du monde pour qu’il reconnaisse le crime terroriste commis à l’encontre de la Syrie [3] [4] ?

Nous n’aborderons même pas les perpétrés dans toutes les villes et tous les villages où cohabitent ceux que vous désignez par « minorités », puisque vous en connaissez tous les détails !

Mesdames et Messieurs, permettez que nous vous rappelions l’Histoire de Ma’loula qui remonte à des milliers d’années, à l’époque araméenne où elle dépendait du Royaume de Homs, à l’époque romaine quand elle s’appelait Celeokoboles, à l’époque byzantine lorsqu’à partir du IVe siècle elle est devenue le centre d’un épiscopat de première importance qui a duré jusqu’au XVIIe siècle.

Permettez-nous de vous parler du « Monastère de Mar Sarkis » [5] construit au IVe siècle après JC et conçu selon la simple architecture de l’époque des premiers martyrs, Saint Sarkis étant l’un des cavaliers d’origine syrienne exécuté sous le règne du roi Maximanus en l’an 297 après JC ; monastère qui était resté intact jusqu’ici !

Permettez-nous de vous parler du « monastère de Mar Taqla » [6] où sont conservés les restes de Saint Thècle, fille d’un prince Séleucide et élève de Saint-Paul. Un lieu bien visible de toute la petite ville et où l’eau est à jamais de « l’eau bénite ». Un lieu élevé face à la caverne où elle s’était réfugiée après avoir échappé à la persécution des Romains. Un lieu qui depuis ces temps reculés est resté un symbole de la spiritualité et un témoignage de la vie des saints. Des religieuses en prenaient grand soin ainsi que des pèlerins venus de tous les horizons. De là, ils pouvaient contempler les refuges troglodytiques où les premiers chrétiens jeûnaient, méditaient et priaient; preuve, s’il en fallait, que Ma’loula est une ville monastique d’où l’on prie Dieu, le jour comme la nuit.

C’est Ma’loula… Ce lieu célèbre de où une fissure ouverte dans la montagne se remplit ou se vide d’eau en fonction des saisons, et où les pèlerins venaient chercher la bénédiction, la guérison et la pureté depuis la nuit des temps !

Les habitants de Ma’loula

05/09/2013

Texte traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Texte original : Al-tayyar

 

http://www.tayyar.org/Tayyar/News/PoliticalNews/ar-LB/maaloula-pb-1630838827.htm#.UihWC5oqCXM.facebook

 

Notes :

[1] Syrie : le village chrétien de Maaloula attaqué par des rebelles islamistes

http://www.france24.com/fr/20130905-syrie-al%20nosra-village-chretien-maaloula-attaque-rebelles-islamistes

[2] Le Président Sarkozy au Patriarche maronite : « Que les chrétiens de Syrie et du Liban émigrent pour l’Europe, ils n’ont plus leur place au Proche Orient »

http://www.silviacattori.net/article2394.html

 [3] Syrie : Juppé « en faveur d’une intervention » même sans le mandat de l’ONU

http://lci.tf1.fr/politique/syrie-juppe-en-faveur-d-une-intervention-meme-sans-le-mandat-de-8259196.html

[4]  Syrie: Alain Juppé ne défend pas les minorités… il fabrique des révolutions

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29676

[5] Ma’loula – Le couvent Saint Serge ( Mar Sarkis )

http://www.levoyageur.net/photo-1607.html

[6] La Syrie, un pays historiquement Chretien ou il faisait bon vivre, il y a encore peu

http://lesamisdejesus.forumactif.org/t5786-la-syrie-un-pays-historiquement-chretien-ou-il-faisait-bon-vivre-il-y-a-encore-peu


 
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Une tentative de coup d’État contre Trump . Par Alexander Mercouris

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #ACTUALITE, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #Les transnationales, #Les média

Une tentative de coup d’État contre Trump. 


Par Alexander Mercouris – Le 11 Décembre 2016 – Source The Duran

 

Le dernier rapport de la CIA impliquant la Russie, pour les fuites concernant la convention démocrate et Podesta, n’est fondé sur aucune preuve. Venant quelques semaines avant l’inauguration de Donald Trump, il s’avère plutôt être une dangereuse interférence de la communauté du renseignement américain dans le processus politique américain.

À la lumière des allégations de la CIA, que des responsables de l’administration Obama ont allégrement répandues de façon anonyme dans les médias, prétendant que la Russie a aidé matériellement Donald Trump à remporter l’élection présidentielle américaine, je répéterai ce que j’ai écrit le 31 octobre 2016.

 

Notez bien que cela a été écrit une semaine avant les élections présidentielles américaines, et que le titre de l’article était Hillary Clinton vient de placer une bombe sous la démocratie américaine.

De loin, l’acte le plus irresponsable et dangereux qu’Hillary Clinton ait commis est d’accuser une puissance étrangère – la Russie – d’ingérence dans l’élection afin de l’empêcher de gagner, et d’imposer Donald Trump au peuple américain.

C’est dangereux et irresponsable à tellement de niveaux, qu’il est difficile de savoir par où commencer.

Premièrement, ce n’est pas vrai. Il n’y a aucune preuve que Donald Trump soit un agent russe ou ait des liens avec la Russie, ou même que la Russie le soutienne. Tous les «éléments de preuve» cités pour prouver qui il est et ce qu’il a fait – comme la citation erronée d’un seul commentaire de Poutine et les prétentions au sujet de prétendues connexions de Trump avec le monde des affaires russe – se sont avérées si peu convaincantes, que même Hillary Clinton a cessé d’en parler.

Deuxièmement, cela pollue le système politique américain d’utiliser les agences du gouvernement pour diffuser cette fausse histoire.

J’ai déjà exprimé mes propres doutes sur le fait que la Russie soit derrière les fuites concernant la convention démocrate et Podesta. Craig Murray – un ancien ambassadeur britannique qui (contrairement à moi) est un ami personnel de Julian Assange – a fini par dire qu’il sait à 100%, comme un fait, que la Russie n’est pas derrière ces fuites (voir ici).

Craig Murray est un homme d’une intégrité éprouvée qui, en tant qu’ancien diplomate de haut rang, a traité des documents de renseignement classifiés et qui sait donc séparer les faits de la fiction. S’il dit qu’il est à 100% sûr que la Russie n’est pas responsable des fuites, étant donné les sources auxquelles il a accès, qui sont assez bonnes pour moi, cela devrait l’être pour toute personne raisonnable.

Ce que cela signifie, c’est que la récente déclaration des services de renseignement américains, selon laquelle la Russie est à l’origine des fuites, est fausse. J’ai déjà discuté du langage profondément manipulateur utilisé dans cette déclaration, ce qui prouve en fait que le renseignement américain n’a pas les preuves pour étayer ce qu’il dit.

J’ai également déjà souligné ce fait sans précédent pour les renseignements américains, de s’immiscer dans une élection américaine de cette façon.

Maintenant que nous avons la confirmation de Craig Murray que l’affirmation de la responsabilité russe pour les fuites, comme faite dans la déclaration, est fausse, nous pouvons juger encore plus clairement du côté profondément malhonnête de cette déclaration.

La grande question est de savoir ce qui a convaincu le renseignement américain de faire cette déclaration. D’après tout ce que nous savons, le soupçon doit être qu’Hillary Clinton et sa campagne, presque certainement avec l’aide de hauts fonctionnaires de l’administration Obama, ont en quelque sorte convaincu les services de renseignement américains de publier cette déclaration, afin de faire osciller l’élection en sa faveur.

Si oui, il faut dire clairement que l’utilisation des services de renseignement du pays pour répandre une fausse histoire, afin de vaincre un adversaire politique lors d’une élection démocratique, est bien pire que ce que Richard Nixon a jamais fait, que ce soit pendant la campagne électorale de 1972 ou à tout autre moment de sa carrière.

Troisièmement, ces fausses affirmations sur la Russie corrompent le débat public, ce qui rend presque impossible une discussion approfondie sur les relations vitales entre les États-Unis et la Russie – une superpuissance nucléaire.

Le résultat est que les positions «réalistes» qui sont maintenant associées à Donald Trump – qui ont une histoire longue et respectable dans la politique étrangère américaine (c’était la politique de John F. Kennedy dans les mois précédant son assassinat, de Lyndon Johnson, de Nixon et Kissinger, de Ronald Reagan dans son second mandat, et de George HW Bush) – ne sont plus prises au sérieux, puisqu’elles sont associées à un homme qui a été désigné comme traître.

Quatrièmement, ces affirmations fausses compliquent les relations avec la Russie presque au-delà de la raison.

Comment Donald Trump ou Hillary Clinton peuvent-ils maintenant négocier avec Poutine, lorsque le premier a été publiquement accusé d’être son agent et l’autre est présenté comme le président qu’il a essayé d’arrêter ? Comment – si Hillary Clinton devient présidente et essaie de conclure un accord avec Poutine – l’expliquera-t-elle à ses partisans, après tout ce qu’elle a dit à son sujet ?

Cinquièmement, le point le plus dangereux de tous, faire cette affirmation complètement fausse revient à placer une bombe sous la légitimité de celui qui va être le prochain président des États-Unis.

Si cette personne est Donald Trump, alors il devra faire face au fait qu’il est le candidat qu’Hillary Clinton, sa campagne, la plupart de l’establishment politique, presque tous les médias et la communauté du renseignement américain ont affirmé publiquement que la Russie avait aidé à gagner.

Comment, dans ce cas, si Trump gagne, pourrait-il, en tant que président, commander le respect et la loyauté de la bureaucratie de politique étrangère, de la communauté du renseignement, de l’armée, des médias et du Congrès, alors qu’on leur dit qu’il est le candidat préféré, et très probablement l’agent, d’une puissance étrangère ? Ne verraient-ils pas cela comme leur devoir de le gêner et de lui désobéir à chaque instant, afin de l’empêcher de vendre le pays à ses marionnettistes étrangers ?

Comment Trump va-t-il se défaire de cette suspicion qui entachera sa présidence dès le premier jour, s’il est élu, que ce n’est que grâce à l’aide de la Russie (jusqu’au piratage des machines à voter) qu’il a gagné et qu’il n’est donc pas le vrai choix du peuple américain ? Trump n’aurait-il pas à craindre d’éventuelles procédures de mise en accusation, dans le cas où il commettrait la moindre erreur, avec beaucoup d’Américains estimant que toute mesure serait justifiée pour enlever un président qu’on leur présente comme l’agent d’un pouvoir hostile ?

Cette dernière histoire circulant dans le rapport de la CIA sur le rôle de la Russie dans l’élection confirme chaque point ci dessus.

Pour être bien clair, la CIA n’apporte rien de nouveau. Elle ne prétend pas que la Russie a piraté les machines à voter et a manipulé les votes parce que, malgré les efforts de Jill Stein et Hillary Clinton pour trouver des preuves de cela dans le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie, aucune preuve n’a été trouvée.

L’affaire tout entière repose entièrement sur l’allégation que la Russie était derrière les fuites démocrates. Toutefois, aucune preuve nouvelle n’a été fournie, pas plus qu’avant les élections, pour la simple raison qu’aucune preuve de ce genre n’existe.

J’ai déjà souligné que le langage manipulateur dans la déclaration faite par la communauté de renseignement lors de la campagne présidentielle accusant la Russie d’être à l’origine des fuites des courriels démocrates confirmait qu’aucune preuve contre la Russie n’existait.

J’ai également demandé ce que le FBI – l’organisme compétent pour déterminer cette question – pensait des «preuves» sur lesquelles les services de renseignement américains s’appuyaient et si on les leur avait montré. Il s’est ensuite avéré que l’on avait présenté ces preuves au FBI et qu’il a ensuite refusé de cosigner la déclaration.

Il s’avère maintenant que la CIA n’a en réalité aucun élément de preuve à l’encontre de la Russie, que l’affaire entière contre la Russie n’est basée que sur des soupçons et que certaines sections de la communauté de renseignement américaine commencent à avoir des doutes. Tout cela est confirmé par le passage suivant de l’article du Washington Post sur ce rapport de la CIA.

«La présentation de la CIA aux sénateurs au sujet des intentions de la Russie n’a pas réussi à obtenir un soutien formel par les 17 agences de renseignement. Un haut fonctionnaire américain a déclaré qu’il y avait des désaccords mineurs entre les agents du renseignement au sujet de l’évaluation de l’agence, en partie parce que certaines questions demeuraient sans réponse.

Par exemple, les agences de renseignement ne disposent pas d’information spécifique montrant que des fonctionnaires du Kremlin «ont dirigé» les individus identifiés pour qu’ils transmettent les emails démocrates à WikiLeaks, a déclaré un autre haut responsable américain. Ces acteurs, selon le fonctionnaire, étaient «un niveau» en dessous du gouvernement russe, plutôt que des employés du gouvernement. Moscou a par le passé utilisé des intermédiaires pour participer à des opérations de renseignement sensibles, pour avoir une possibilité de dénégation.

Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, a déclaré dans une interview à la télévision que le «gouvernement russe n’est pas la source».

Les «individus identifiés» – qui ne sont pas des fonctionnaires du gouvernement russe – ne sont évidemment pas identifiés, mais le placement prudent du nom de Julian Assange à la fin de ce passage semble être destiné à suggérer qu’il est l’un d’eux. Si oui, alors même insinuer que Julian Assange puisse être «‘un niveau’ en dessous du gouvernement russe» est une insulte et un mensonge.

Quoi qu’il en soit ce passage confirme que les «individus identifiés» – quels qu’ils soient – ne sont pas des fonctionnaires du gouvernement russe et – puisqu’on les appelle «intermédiaires» – qu’ils n’ont aucun lien confirmé avec lui. En effet, la formulation suggère qu’ils peuvent même ne pas être russes.

En mettant tout cela de côté, Donald Trump n’a évidemment pas gagné les élections en raison de l’aide de la Russie, et le rapport de la CIA est loin de dire qu’il l’a fait.

Comme je l’ai déjà dit, Donald Trump a gagné parce qu’Hillary Clinton était un mauvais candidat et parce qu’un grand nombre d’Américains croient qu’il va améliorer leur vie.

La déclaration de la CIA montre cependant ce que risque d’affronter Donald Trump.

La campagne Hillary Clinton a déjà exercé de fortes pressions auprès des électeurs du Collège électoral pour qu’ils transfèrent leur soutien à Hillary Clinton. Bien que cette campagne ait apparemment rencontré peu de succès, la CIA et les médias continuent à être de son côté, tout comme avant les élections, la communauté de renseignement américaine essayait d’aider Hillary Clinton à gagner.

Dans les deux cas, la méthode utilisée est la même : la diffusion de fausses histoires et la paranoïa sur la Russie. La fausse histoire est que Donald Trump est en quelque sorte l’agent de la Russie, transformant toute mesure pour l’empêcher de devenir président en un devoir patriotique.

Je n’ai pas besoin de souligner que c’est jouer avec le feu. Jamais auparavant, dans l’histoire américaine, il n’y eut de campagne orchestrée contre un président élu pour l’empêcher d’être investi. Jamais auparavant la communauté du renseignement des États-Unis ne s’est engagée dans une telle campagne.

Bien que je m’attende à ce que cette tentative échoue, personne ne devrait douter de l’énorme colère des dizaines de millions de personnes qui ont voté pour Donald Trump, si son investiture échouait.

Bien que je m’attende à ce que cette tentative échoue et que Donald Trump soit investi président le 20 janvier 2017, il ne fait aucun doute que la campagne pour le déstabiliser, en le peignant comme un agent russe, continuera après son investiture.

La seule façon d’arrêter cette campagne est qu’il renonce publiquement à sa politique de rapprochement envers la Russie, comme certains le demandent déjà.

Indépendamment de ce qui arrivera finalement, il est à la fois sinistre et sans précédent, pour les renseignements américains, de s’immiscer dans le processus politique américain de cette façon.

Comme je l’ai dit à la fin de mon article du 31 octobre 2016, la république américaine vit des temps sombres. Peut-être, parce que la situation politique à Washington commence à porter la marque de ce qui, dans d’autres pays, serait appelé un environnement de pré coup d’état, cela explique-t-il pourquoi Donald Trump choisit de s’entourer de généraux.

Alexander Mercouris

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

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Quand on parle du monstre… Par Jean-Marie Bourget

22 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La lutte des classes, #La paix, #Amérique Latine, #Les média

Quand on parle du monstre…

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Quand on parle du monstre…

Tant pis, à mon âge avec une vie mal faite derrière moi, je peux vous le confier au risque de me retrouver devant la Cour Pénale Internationale : j’ai admiré Castro. Admiré sans réserve. Pas comme mon ami Régis Debray qui n’a pas été nul dans l’éloge, et même émouvant. Mais qui a émis les réserves habituelles, comme les suspects arrêtés par le commandant Renault dans le film Casablanca. Des mots parachute qui vous évitent le pilori. Le problème de Régis, pourtant grand croyant et souvent grand crédule, est d’être parfois un « in-fidèle », de ne pas aller jusqu’au bout alors qu’il le devrait, de lâcher la cause en route.

Comme on abandonne dans le col parce que le boyau est crevé et que soudain, coup de mou et faute de rustines, on se demande si la vie vaut la peine d’être vécue l’humanité étant dégueulasse. L’esprit de révolution est comme la pierre ponce, il s’use. Et il use. Régis est passé à une autre pierre, un autre Pierre où Jésus a bâti son Eglise. Dommage, mais admirons le salut final du dernier des Mohicans : il a toujours le goût à la liberté et refuse la vie au caviar proposée par les petits maîtres de la sociale démocratie française.

La mort du Leader maximo nous a permis de savoir qu’il y a toujours du fidèle en lui. Et je ne peux oublier une soirée heureuse, avec un retour à la case départ, celle qui précède « Révolution dans la Révolution ». Autour d’une table parisienne, dans un titre à la Alexandre Dumas nous étions réunis « Cinquante ans après ». Régis s’est retrouvé là ému, en militant prodigue rentré à la base pour honorer celui qui fût un temps son maître, Jacques Vergés. C’est l’avocat ami de Mao et rédacteur en chef, qui l’avait, pour la revue « Révolutions », expédié en première patrouille sur les terres explosives de l’Amérique du Sud.

Si, parlant de Castro je vous parle de Debray c’est par commodité. Car évoquer aujourd’hui en France le suprême barbu est une entreprise impossible pour qui n’a pas d’outil, de toise, de cadran. Equipé on plonge alors dans le bazar du temps pour retrouver un étalon, un échantillon témoin. Avons-nous rêvé que nous, et des millions d’autres, aimions Castro ? Sommes-nous seuls « rouges-bruns » survivants de cette admiration devenue honteuse ? Pour nous pincer, nous réveiller, j’ai donc convoqué Régis, le vrai expert devenu plus crédible en homme du réel qui porte des costumes balzaciens. Il est notre témoin de moralité. A la barre de l’histoire il comparait pour dire aux incroyants qu’il est vrai que nous avons été fous, que nous n’étions pas seuls et avions raison de l’être.

Si dans un pays de liberté agonisante, la France où Chomsky est interdit de parole, je sonne le rassemblement de ceux qui ont accompagné Fidel, c’est par peur de ne pas être cru. Oui nous avons supporté avec lui, et portons encore l’utopie d’un monde plus juste. Une idée qui se sent maintenant seule comme une petite vieille la nuit sur un banc du Métro. Sur les écrans des télévisions on voit ces maîtres d’hôtel chargés de servir la vérité bien chaude, nous affirmer qu’avoir une émotion à l’annonce de la mort de l’ami du Che est grandement coupable.

La preuve, dès qu’un politicien se montre -et nous n’en manquons pas, ce sont des gibiers de saison- il est assommé d’une question unique : « que pensez-vous des propos de Ségolène Royal sur Fidel Castro ? ». Disparu le vrai débat, l’œuvre et l’homme Fidel n’ont pas d’importance. Ne pas introduire l’idée contagieuse qu’hors le vin le rouge puisse être bon. Ce qui compte, c’est de demander à Bayrou, le Commandante du Béarn, ce qu’il pense des justes paroles sorties naturellement de la bouche innocente d’une ministre linotte : « Cuba n’est pas une dictature ».

Cette impossibilité de dire un mot positif, fut-il orphelin, sur l’œuvre de Castro -sauf à être un nouveau Faurisson- est un indicateur. Un indice scientifique comme celui qui mesure les marées. Puisqu’il est impossible de dire « Castro » sans recevoir de tomates, cela signifie que nos libertés sont mortes. Avec elles notre imaginaire et le devoir du contradictoire, du doute.

Je m’explique. Le droit de vomir Castro étant acquis et gravé dans les livres par la bande des Courtois, le gang des « Nouveaux » philosophes et autres techniciens de surface comme Enthoven, est-il possible d’introduire une nuance de Mandela dans le vert olive ? Non. L’affaire est pliée. Dire que Castro a mis un continent debout, et même un et demi en comptant l’Afrique, qu’il a rendu les frères de son île à l’état d’hommes, c’est postuler à l’opprobre. Celle d’une Cour de magistrats mondialisés qui tient open bar à La Haye. Voilà l’état de notre liberté. Et son emprisonnement dans la cellule de la pensée néo conservatrice, droit-de-l’hommiste, pourrait ne pas être grave… Il faudrait, pour un nano gramme d’optimisme, sentir pousser des lutteurs capables de cisailler ses barreaux. Bien non. Il n’y a pas grand monde.

Il n’y a plus de lutteurs, ils ont rendu leurs paquetages à la globalisation. Restent des naufragés de Facebook communiquant entre eux comme des tôlards, en faisant du tam-tam dans les tuyaux, qui osent dirent les gros mots : « Fidel… je resterai fidèle ». Car, pour la pensée Pujadas, celle qui compte comme devant un guichet banque dans ce temps qui tourne le dos à l’espérance pour embrasser Wall Street, Castro avec « ses camps » est devenu un peu Hitler. Et Kissinger un Prix Nobel combattant pour la démocratie. Ainsi va la nouvelle histoire écrite par la sociale démocratie de France made in Washington. Celle qui envoie des gendarmes, à propos du contenu de son cours sur la Russie délivré en collège, poser des questions à un professeur breton.

Je pense qu’il serait souhaitable que les fabricants de jeux pour enfants nous facilitent la tâche. Qu’ils inventent une tablette sur laquelle, dès que les petits doigts pianotent l’icône Castro, ils reçoivent une petite décharge électrique. Le logiciel devra laisser de l’espace « libre » afin que cette gégène, l’enfer de l’histoire, puisse regrouper tous les monstres en une correcte haine. Ainsi notre monde deviendra juste et nos enfants heureux.

Ne dites plus « non passaran », puisque les éradicateurs sont passés en piétinant nos raisons de vivre. Fidel tu as eu raison de mourir, ce monde n’est plus pour nous.

Jacques-Marie Bourget

source: http://prochetmoyen-orient.ch/quand-on-parle-du-monstre/


 
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Lettre ouverte à Raphaël Glucksmann. Par Hélène Richard-Favre

21 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Ukraine, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #Daesch, #Les média

21/12/2016

Lettre ouverte à Raphaël Glucksmann

 

Monsieur,

 

Sur votre compte Twitter, vous avez appelé à un rassemblement, ce 19 décembre 2016, Place Igor Stravinsky à Paris.

Avoir des opinions, nourrir des convictions, rien de plus légitime mais les défendre de manière aveugle, c’est prendre le parti d’intérêts et cautionner les non-dits qui les accompagnent.

C’est, dès lors, faire la part belle à la propagande.

Aussi, Monsieur Glucksmann, les criminels que vous dénoncez sont-il vraiment ceux qu’il vous plaît de mettre en avant tandis que de longue date, la menace a plané sur la Syrie?

Près de 400.000 morts plus tard et autant d’actes terroristes et d’assassinats, on préfère persister et signer des actes d’accusation contre ceux que l’Occident bien-pensant a décrétés coupables.

La Russie de Poutine ou de quiconque n’est pas à l'origine de l’horreur qui frappe la Syrie, pas davantage ne l’a-t-elle été de la guerre en Ukraine.

L’installation d’un gazoduc auquel le gouvernement syrien s’est opposé et l’exploitation de gaz de schiste contre lequel s’est levé le Donbass ont eu, en grande partie pour conséquences, les guerres fratricides que l’on sait.

Dénoncées par nombre de personnalités ou autres organisations humanitaires du monde occidental, elles ont été le plus souvent commentées de manière partiale et partielle pour privilégier l’émotion sélective. 

Alors, quand prévaut la désinformation relayée au-delà des médias, sur un lieu chargé de mémoire comme l’est la Place Igor Stravinsky à Paris, c’est non seulement l’humanité et l’humanisme que l’on prend en otage mais la culture et l’Histoire.

Merci de votre attention,

Hélène Richard-Favre

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« Pourquoi rejeter le progrès est moderne ! C’est un devoir humaniste » L’édito de Charles SANNAT

21 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #La mondialisation, #le nazisme, #Les média, #Ecole, #Services publics, #La santé

  « Pourquoi rejeter le progrès est moderne ! C’est un devoir humaniste » L’édito de Charles SANNAT
 

« Pourquoi rejeter le progrès est moderne ! C’est un devoir humaniste » L’édito de Charles SANNAT

Le progrès est en marche et il est fort probable que nous ayons plus de chance en nous y adaptant qu’en espérant qu’il s’arrête.

Certains lecteurs me disent que je manifeste apparemment une grande réticence au changement et que je ne comprends rien.

Il ne faut pas confondre réticence au changement ou au progrès et préservation de l’humanisme et de l’humanité.

Je m’explique.

La technique & l’humanisme

Il y a deux volets dans le progrès. Le premier c’est nos gadgets techniques. Ils restent des gadgets. Ils changent plus ou moins notre quotidien, ils sont plus ou moins « novateurs » ou plus ou moins utiles, ils ont des effets secondaires importants ou faibles… Bref, c’est de la technique et cela relève essentiellement de l’intendance.

Il y a l’autre volet, les impacts humains. Les changements que ces progrès opèrent sur nous et parfois en nous. Celles et ceux qui ont lu quelques philosophes grecs en dehors de l’école et avec de la maturité, ceux qui ont lu quelques pensées d’empereurs romains, savent à quel point depuis 3 ou 4 000 ans finalement, l’homme n’a pas changé.

Nous n’avons pas changé d’un seul poil. Nos sciences, nos gadgets, nos appareils, nos réseaux, et prochainement le cerveau planétaire auquel quelques grands malades de transhumanistes veulent nous brancher par des implants technologiques afin de réaliser le rêve nazi du mythe du surhomme ou de l’homme amélioré ou encore augmenté (peu importe les termes) n’ont pas changé la nature profonde de l’homme. Pire, la technologie, en réalité, ne nous donne pas le meilleur humain.

La technologie, mise au service du totalitarisme marchand, des profits et de la consommation de masse, en réalité diminue l’homme, elle exacerbe ce qu’il y a de plus mauvais dans l’être humain.

Solitude, enfermement, peur de l’autre, absence de lien, sont les conséquences de la télévision et de la violence véhiculée, des jeux vidéo ou des réseaux sociaux. De la « technologie ».

Jalousie, frustration, envie, égoïsme, haine de l’autre, orgueil mais aussi luxure sont les conséquences de la société de consommation. Du totalitarisme marchand.

L’un et l’autre forment un cocktail détonant de déshumanisation.

L’alibi Arte

Oui mais « à la télé il y a aussi Arte »… C’est ce que j’appelle l’alibi Arte. À cette question, posez une autre question : « Quelle est la dernière chose que tu as vu sur Arte et à quelle fréquence regardes-tu cette chaîne ? »

Évidemment que de la technologie peut sortir le meilleur en termes purement théoriques et si nous étions dans un monde parfait.

Le problème c’est que, dans la vraie vie, le métier de TF1 défini par son ancien PDG c’était bien de « vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola », pas à éduquer, élever les masses ou les informer pour qu’elles rentrent de plain-pied dans le monde dit de la « connaissance » !

Une fois que nous avons évacué cet « alibi Arte », que reste-t-il de la technologie actuelle ?

Nos sociétés deviennent-elles moins violentes ? NON.

Nos sociétés génèrent-elles plus de bonheur ? NON.

Nos sociétés créent-elles du lien social ? NON.

Nos sociétés sont-elles ouvertes ? Oui… et en train de se fermer sous vos yeux.

Notre monde est-il en paix ? NON, il n’y a jamais eu autant de conflits.

Plus nous avons de technologie, moins nous avons de liberté, moins nous avons de sécurité, plus nous avons et vivons de violences, de guerres et de conflits. Nous sommes seuls, isolés, tous devant nos écrans, abrutis, coupés du monde et tout simplement de la vie.

Nos pensées se résument désormais à des émoticônes, des hiéroglyphes modernes certes mais qui restent des simples dessins disant si je suis triste ou content, si je rigole ou pas, c’est le degré 0 de la langue, le degré 0 du langage, le degré 0 de l’écriture et donc le degré 0 de la pensée.

Il n’y a plus la possibilité d’exprimer une pensée complexe et construite, abstraite. Plus nous avons de tablettes, moins nous avons d’intelligence et d’humanité.

Plus nous avons de tablettes, de drones, de robots et autres technologies, plus nous devenons stupides et bêtes.

On nous explique que le progrès c’est plus d’intelligence… C’est faux !

Pour le moment, le progrès c’est une entreprise massive d’abrutissement des masses.

Alors oui, moi aussi j’ai un portable, un ordinateur, mais je veux les considérer uniquement comme des outils. Oui, c’était mieux avant et il ne faut pas avoir peur de le dire, pas pour rejeter les progrès qui, de toutes les façons, s’imposeront à nous, mais pour les dompter et les mettre au service de notre humanité et de notre humanisme.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait Rabelais… qui a vécu dans les années 1500… Ce n’est donc pas tout jeune et pourtant, il avait déjà tout compris.

J’aime le progrès, les sciences, les découvertes, profondément, totalement. Mais ce progrès technique sans le volet philosophique et humaniste, croyez-moi, ne vaut strictement rien.

Le progrès sans âme, sans amour, sans intelligence, sans humanité, sera au mieux une succession de gadgets, au pire, les outils de notre propre perte collective.

Si nous voulons que le progrès soit une chance, alors il faudra le dompter. Le dompter cela veut dire savoir accepter de voir croître certains progrès et avoir aussi la volonté farouche d’en faire décroître d’autres et de les refuser.

Je terminerai juste en vous disant que ce que je vous dis là est une évidence que toutes les éminences de la Silicon Valley ont parfaitement assimilée.

L’école Waldorf bannit de sa pédagogie pour les enfants des cadres de Google et autres Amazon ou Apple, tous les écrans, tablettes, iPad et autres télévisions jusqu’au lycée… et après, les limitations restent très fortes. Si vous ne me croyez pas, lisez cet article de Libération ici.

Les plus technophiles savent faire décroître la technologie et la mettre de côté pour préserver l’humanisme de leurs enfants.

J’espère que vous comprenez enfin à quel point toute cette technologie, ces prôôôgrès, dont on nous rebat les oreilles, n’en sont pas. Ce sont des outils de contrôle des masses, des outils de contrôle social, ils sont des moyens de lobotomiser les foules.

La technologie que l’on vous offre est la ruine de l’âme, mais les élites, elles, en préservent leurs propres enfants.

Je ne suis donc pas réfractaire au changement, je n’ai juste aucune illusion sur ce qu’il est : la négation même de notre intelligence, de nos capacités et de notre humanité. Il est conçu comme un asservissement.

Ci-dessous le clip de Moby. C’est moderne, et ça dit en musique la même chose que moi.

Le progrès technique n’est pas une fin en soi. Le véritable progrès, le véritable chemin est celui de la sagesse humaine, de la domination de nos passions. Il y a des progrès qui en réalité empêchent cette évolution humaine, cette révolution humaniste. Le progrès nous fait perdre les lumières. Il faut donc savoir l’accepter pour partie. Avoir la force de le rejeter sur d’autres aspects.

Dans tous les cas, il ne doit pas nous faire perdre de vue l’essentiel. L’essentiel c’est comme le disait Saint-Exupéry, que l’on ne voit bien qu’avec le cœur. N’oubliez pas l’amour.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
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 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

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Michel Raimbaud: En Syrie et ailleurs, contre le parti de la guerre et la loi de la jungle, reconstruire une paix fondée sur le droit international

21 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La Russie, #Terrorisme, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

La loi de la jungle

Le monde d’aujourd’hui est en grand danger de guerre, comme il ne l’a jamais été. Il traverse une crise globale.

On entend beaucoup parler d’une nouvelle guerre froide, qui nous ramènerait au vieil affrontement de jadis entre le « monde libre », ancêtre de « l’Axe du Bien », et le « bloc totalitaire », baptisé « Axe du Mal » par George Bush, un affrontement qui s’était conclu par la victoire de l’Amérique sur le communisme. La disparition de l’URSS en 1991, que Vladimir Poutine qualifie de « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle », allait provoquer l’avènement du fameux « moment unipolaire américain » de sinistre mémoire : un moment bien plus court que prévu pour l’Empire atlantique qui le croyait éternel, beaucoup trop long pour le reste de la planète, y compris et notamment pour ses déshérités.

« Le plus puissant empire que la terre ait jamais porté »« plus puissant que Rome », va être durant vingt ans (1991/2011) l’hyperpuissance, indispensable et unique, s’arrogeant la vocation de dominer le monde, au nom d’un messianisme inspiré de l’Ancien et du Nouveau Testament à la fois. La volonté divine supposée, c’est-à-dire le bon plaisir du nouveau maître du monde, se substituera au droit international. Et c’est sur les décombres de cette légalité que va se construire l’ordre impérial américain, autour d’un centre « civilisé », qui s’érigera en « communauté internationale », tentant de gérer la planète, y compris une périphérie d’États voyous ou préoccupants.

Le club Elisabeth Arden (Washington, Londres, Paris) prétend depuis un quart de siècle incarner la « communauté internationale ». C’est un directoire inspiré par ce parti de la guerre dont les adeptes peuplent « l’État profond » des pays d’Occident et d’ailleurs. Certains parlent du « complexe militaro-industriel » et de ses annexes ; d’autres l’appellent le « courant néoconservateur ». Ce « parti » impérial belliqueux, interventionniste et bigot, met en œuvre, au nom de Dieu, une politique systématique d’agression, d’ingérence, de destruction, une politique criminelle. Le soi-disant objectif serait d’imposer la paix, la démocratie et les droits de l’homme dans le monde, arabo-musulman notamment, y compris et surtout par la force, puisque c’est la vocation divine de l’Empire de faire le Bien et de réprimer le Mal (notons au passage que tel est l’intitulé de la police religieuse du régime wahhabite d’Arabie saoudite). L’OTAN constitue le bras armé de ce parti de la guerre, donc celui de l’Empire atlantique.

Les dirigeants atlantistes avancent à l’ombre des faux drapeaux de la démocratie, de la justice, de la morale et du droit. Ils diabolisent les pays qui font obstacle à leurs ambitions en les reléguant dans la géhenne des États « préoccupants » ayant vocation à être dépecés en entités « démocratiques » : en bref, les « États voyous ». Ce concept a joué un rôle essentiel dans la stratégie américaine plusieurs décennies durant, et c’est en jouant de cet épouvantail que les États-Unis ont violé et détruit systématiquement le droit international.

Ce droit est fondé sur la Charte des Nations unies qui, dans son article 51, attribue au seul Conseil de sécurité le pouvoir de prendre les mesures adéquates qu’il juge nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Mais les néocons de Washington se moquent de la légalité onusienne. Seules comptent les menaces contre les intérêts américains, qui rendent nécessaires « des interventions militaires directes ». Pour eux, le fondement du droit n’est pas la Charte de l’ONU, mais la Constitution américaine. Selon Noam Chomski, « ce mépris de la primauté du droit est profondément enraciné dans la culture et les pratiques américaines ».

La doctrine néoconservatrice, « degré zéro de la pensée politique », a un fondement simple : la guerre froide est terminée, mais les États-Unis conservent la responsabilité de protéger le monde face aux « États voyous ». Dans les années 1970, Nixon (cf. « la théorie du fou ») jugeait souhaitable que l’Amérique soit dirigée par « des cinglés au comportement imprévisible, disposant d’une énorme capacité de destruction, afin de créer ou renforcer les craintes des adversaires ». Les annales de la stratégie US démontrent que ces appréciations ne sont pas des vues de l’esprit.

En août 1990, Washington et Londres décrètent que l’Irak est un Etat voyou, et ce ne sera que l’un des premiers d’une longue liste… Le Soudan, l’Afghanistan, la Somalie, la Palestine, la Yougoslavie, l’Iran ou l’Ukraine et quelques autres suivront, dont la Syrie (en 2011).

Robert McNamara, ex-secrétaire américain à la Défense (de 1961 à 1968), peut estimer en juin 2000 (The International Herald Tribune) que les États-Unis sont devenus un « État voyou ». Noam Chomski fera de même au début des funestes « printemps arabes », constatant que son pays « se place au-dessus du droit international ».

Le parti de la guerre

Le monde de 2016 n’est plus celui de la guerre froide, mais il est également différent de ce qu’il était en 2011.

Comme tous les adages où il est question de guerre et de paix, la locution latine bien connue « Si vis pacem, para bellum » (« Si tu veux la paix, prépare la guerre » en français) est ambiguë, évoquant le concept de paix armée. C’est la devise de l’École de guerre (France), la devise de la marine de guerre britannique. Ce pourrait bien être la devise de l’OTAN. Les Romains qui, dit-on, se disaient harcelés par les Barbares, décidèrent d’aller porter la guerre chez les-dits Barbares afin de les « distraire » et de pouvoir jouir dans leur Empire de la fameuse « paix romaine ». Certains esprits cyniques affirment qu’il faut comprendre en fait : « Si tu veux la paix ici chez toi, fais la guerre là-bas chez les autres. » C’est le sens que donnent à la locution les dirigeants et penseurs du parti de la guerre.

L’affrontement d’aujourd’hui oppose un camp de la paix et le parti de la guerre. Le camp de la paix se réfère aux principes du Droit international, au règlement des crises par la négociation et à la perspective d’un monde multipolaire, tandis que le parti de la guerre prospère sur les ruines de la légalité onusienne, imposant le chaos et la loi de la jungle, cherchant en toute occasion à imposer ses vues par la force. Qu’il s’agisse des guerres du Moyen-Orient, des menaces de conflit nucléaire, de l’implosion à venir du système financier, de la crise des réfugiés ou des autres drames qui affligent la planète, il ne faut jamais chercher bien loin pour retrouver les faucons prêts à tout pour préserver l’hégémonie atlantiste, au besoin par la guerre, et empêcher que le monde ne change de base. Pour concilier les beaux principes et les nobles valeurs d’une part, les guerres d’agression, les comportements criminels d’autre part, la théorie du chaos a réponse à tout.

Or, « lancer une guerre d’agression (…) est non seulement un crime international ; c’est le crime international suprême, ne différant des autres crimes de guerre que parce qu’il contient en lui-même le mal accumulé de tous les autres », avait décrété le Tribunal de Nuremberg, qui savait de quoi il parlait.

Le débat sur l’éthique dans les relations internationales est pipé. Conviction réelle pour les uns, écran de fumée pour les autres, la référence à la légalité n’a pas la même valeur pour les deux camps. Les diplomates ne peuvent faire de miracles s’ils n’ont que des dossiers indéfendables à défendre, du mauvais côté de l’Histoire. Ils ne peuvent être constructifs s’ils sont au service de dirigeants destructeurs, acharnés à entretenir la guerre et à saper la diplomatie.

Maître de l’Empire, l’Amérique est la première responsable des crimes, des destructions, des exactions rappelées précédemment. Obama se félicite d’avoir évité le pire en août 2013, en renonçant à déclencher des frappes punitives (?) sur la Syrie suite à l’affaire des armes chimiques. En fait, cette décision de « rompre avec les règles du jeu » semble avoir été inspirée par sa volonté d’affirmer son pouvoir face aux états-majors, aux services et aux think tanks, influencés et financés par l’Arabie et d’autres pays du Moyen-Orient et la plupart travaillant pour leurs bailleurs de fonds arabes et pro-israéliens.…Rien en tout cas qui puisse inciter les peuples du Grand Moyen-Orient à contredire Paul Craig Roberts, ancien Secrétaire adjoint US au Trésor, lorsqu’il écrit de sa plume au vitriol (blog de la résistance, 12 janvier 2016) : « Unique au milieu des pays de la Terre, le régime US est l’organisation criminelle la plus achevée de l’histoire humaine. »

Malgré ses sourires et ses beaux discours, Obama a allumé ou entretenu plus de conflits que George W. Bush et il est à la tête d’un État responsable de la mort de millions d’enfants et d’adultes, de la destruction d’États et de sociétés entières, de dizaines de millions de vies brisées, sans même remonter aux centaines de milliers de victimes d’Hiroshima et Nagasaki. Ayant continué à mettre à feu et à sang le Grand Moyen-Orient, il aura contribué plus que quiconque à la prolifération nucléaire, notamment en Europe, et à la relance d’une politique d’agression contre la Russie et la Chine. Des paroles pleines de paix, mais des actes de guerre comme s’il en pleuvait.

L’avenir n’est pas réjouissant

Soutenue par le lobby sioniste, les Saoudiens et les pays du Golfe, par les marchands de canon, les groupes financiers, et candidate favorite de l’État profond néoconservateur, Hillary Clinton, ex-secrétaire d’État d’Obama, a un lourd passé de va-t-en-guerre et d’extrémiste, ayant joué un rôle actif dans l’embrasement de tous les conflits et toutes les guerres depuis un quart de siècle, de la Yougoslavie et du Kosovo à la Libye et la Syrie, en passant par l’Ukraine et le Honduras. Championne des « changements de régime », elle est frénétiquement anti-syrienne, anti-iranienne, anti-Hezbollah, anti-russe et anti-chinoise. Elle est frénétiquement pro-israélienne.

Paradoxalement, il existe des gens sages outre-Atlantique pour souhaiter que Donald Trump soit élu, son isolationnisme étant susceptible de détourner Washington de son interventionnisme belliqueux.

Les vassaux de l’Empire, européens, moyen-orientaux ou autres, sont complices et co-responsables de tous les malheurs évoqués précédemment. Il est de notoriété publique que la France et ses alliés de l’OTAN, ayant pour référence privilégiée le Qatar, l’Arabie, la Turquie et Israël, n’ont cessé de jouer un rôle moteur dans le « crime international suprême » que sont les guerres d’agression : c’est le cas en Syrie comme ce fut le cas en Libye. Ce soutien est multiforme et assumé : fermeture des ambassades, sanctions, soutien actif à l’opposition armée, y compris terroriste, activisme au Conseil de sécurité, envoi de forces spéciales en violation flagrante du droit international (juin 2016), tolérance à l’égard des djihadistes partant en Syrie…

Le bilan actuel pour la Syrie

En 2011, vient le tour de la Syrie, qui est visée par l’Empire de longue date, à la fois par les plans de démantèlement israélo-américains et par les mesures ou déclarations qui se succèdent depuis 2001. Nous n’entrerons pas dans les détails, ici et maintenant…

L’État syrien ne s’est pas écroulé, comme l’escomptaient les « amis ». Il paie les salaires et les retraites de ses fonctionnaires sans défaillance et ses institutions sont en place, son calendrier constitutionnel étant respecté tant bien que mal. Son armée nationale, appuyée par les alliés russes, iraniens et libanais (du Hezbollah), a résisté à une agression alliant les grandes puissances occidentales aux régimes fondamentalistes du Moyen-Orient ainsi qu’aux dizaines de milliers de mercenaires de cent nationalités.

La Syrie est détruite aux deux tiers, après cinq ans de violence sauvage durant lesquels elle a servi de champ d’expérimentation à toutes les ressources du « chaos créateur ». Un pays jadis prospère, autosuffisant, sans endettement, dont les services publics fonctionnaient, où l’éducation et la santé étaient gratuites, est en ruines. Ses infrastructures (écoles, hôpitaux, centres sociaux, routes…) sont détruites. Pour parvenir à ce résultat, il a fallu que tous les agresseurs « amis de la Syrie » aident les terroristes de l’opposition armée à casser une bonne partie du pays.

Les sanctions multiformes ont entamé le tissu national syrien, soudé par une tolérance « laïque » exemplaire, sans réussir à le déstructurer. Le but de ce politicide était (et est toujours) de démoraliser les populations, tout en leur donnant l’illusion que l’Occident est là pour les « sauver du tyran qui les massacre » et accueillir les réfugiés et les transfuges.

Pour la seule année juillet 2011/juillet 2012, l’Union européenne lancera dix-sept trains de sanctions économiques et financières, de même que les États-Unis, le Canada, l’Australie…. Les sanctions diplomatiques seront décidées dès l’automne 2011, après le veto russo-chinois au projet de résolution inspiré du précédent libyen.

Le bilan humain est très lourd. Avec 300 ou 400 000 morts (dont au moins 130 000 soldats de l’armée régulière), plus d’un million handicapés, 14 millions de réfugiés ou déplacés internes (soit plus d’un Syrien sur deux), le tissu national est déchiré, fragilisé par la prolifération des groupes armés et par l’invasion des mercenaires accourus pour le djihad, ainsi que par certaines revendications ethniques.

Les dégâts matériels sont immenses. Pour la seule Syrie, des estimations récentes évaluent à 300 milliards le coût des destructions et pillages. Bernard Cornut, expert en Moyen-Orient, écrit le 11 mars 2016 : « Vu qu’il est de plus en plus connu et avéré que plusieurs pays, y compris la France, les USA, la Grande-Bretagne, et bien sûr le Qatar, l’Arabie, la Turquie ont soutenu et financé des groupes rebelles armés dans le but affirmé et partagé de changer le régime, et notamment de faire partir le Président en place, ces pays, voire d’autres que la Syrie connaît, sont tous coresponsables à divers degrés des dommages encourus par la Syrie, estimés récemment à 1000 milliards de dollars. » Et de conclure : « Ils devront donc faire face à des actions en justice internationale de la Syrie pour qu’elle obtienne des indemnités de guerre légitimes. » Il propose de créer « une taxe sur le pétrole et le gaz, qui serait affectée à un fonds d’indemnisation des victimes et de reconstruction de la Syrie, à gérer par l’ONU ».

Le terrible bilan enregistré en Irak – un million et demi de morts, dont 500 000 enfants – est là pour rappeler que les sanctions sont une arme de destruction massive, utilisée avec un total cynisme par les « maîtres du monde ». Pour Madeleine Albright, « cela en valait la peine ». Les bouleversements des années passées (selon Ahmed Ben Saada, expert canadien) ont généré, pour « les seuls printemps arabes », 1,5 million de morts et blessés, plus de 15 millions de réfugiés et déplacés (en fait 18 ou 19 en incluant les guerres d’Irak, NDLR). Il aurait coûté à l’ensemble des pays arabes des pertes de 833 milliards de dollars (300 milliards pour la Syrie), dont plus de la moitié en infrastructures diverses et en sites archéologiques ou historiques. Ajoutons à ces dévastations pharaoniques, financées par les États pétroliers à coups de dizaines de milliards, d’autres centaines de milliards de dollars « gelés » (en d’autres termes « volés ») par les sanctions (plus de 700 milliards pour la Libye).

Politiquement, le sort de la Syrie n’est pas scellé, la realpolitik ne tardant jamais à se rappeler au bon souvenir des analystes trop optimistes. Les opposants djihadistes armés ont du mal à se faire passer pour des négociateurs : leurs états de service les enverraient plus facilement vers la Cour pénale internationale que vers les annuaires diplomatiques. Mais les mentors occidentaux leur trouvent des vertus : leurs protégés ne sauraient négocier en position de faiblesse. Il leur faut de temps à autre un cessez-le-feu pour se refaire. Qu’ils violent la trêve est sans importance, puisque le responsable est le « régime » de Bachar al-Assad. Le cercle vicieux peut s’auto-entretenir, les politiciens, les journalistes, les intellectuels occidentaux étant parties prenantes, à quelques exceptions près, à la conspiration du mensonge.

La situation militaire sur le terrain pèse lourd dans la balance diplomatique. En cette fin juin 2016, il est manifeste que l’OTAN, en toute illégalité, met en place dans le nord de la Syrie un dispositif dont la finalité – combattre Daech – ressemble à une mauvaise plaisanterie ou à une nouvelle guerre.

Pour une sortie de crise : rebâtir la paix dans le respect du droit

Pour rebâtir la paix dans le respect du droit, il faut reconstruire la légalité et retrouver les principes onusiens (souveraineté des États, non-ingérence, obligation de négocier pour régler les conflits) en introduisant un nouveau paradigme : les BRICS peuvent être ce nouveau paradigme, qui tend à instaurer un style de relations nouvelles respectueux des souverainetés et mutuellement profitables.

La reconstruction ne saurait être conçue dans le schéma classique : un pool de bailleurs de fonds, émanation de l’Occident, et une Syrie réceptrice à la merci du bienfaiteur qui l’a détruite. L’Amérique et l’OTAN ne font pas bon ménage avec les sorties de crise puisqu’elles en sont les instigatrices. C’est pourquoi le projet lancé par la Chine, intitulé « les Nouvelles Routes de la Soie : une ceinture et une route », répond aux attentes de nombreux pays, près de 70 à ce jour. Ne revenons pas sur la présentation de notre collègue chinois.

Ce projet, qui intègre dans un vaste ensemble de coopération économique « gagnant/gagnant » une bonne partie du Grand Moyen-Orient, notamment la Syrie et ses voisins (l’Iran, le Liban, l’Irak), ainsi que ses alliés (la Russie, la Chine), est de nature à bousculer les équilibres régionaux, à réorienter les échanges et à briser la logique Nord dominant/Sud dominé. Au total, 900 projets et des financements envisagés au niveau de 900 milliards de dollars, comme le rappelle Helga Zepp-LaRouche.

Il prévoit de reconstruire la Syrie détruite sur des bases nouvelles, respectant sa liberté de choix et hors de toute menace. Il vise à lui assurer à terme un environnement plus stable, l’Asie du Sud-Ouest étant structurée autour de deux corridors (avec des rôles majeurs pour l’Iran, l’Irak, la Syrie, l’Arabie saoudite et la Turquie), qu’il s’agisse du corridor ferroviaire (cf. l’axe lancé en 2011), du corridor autoroutier (allant de Urumqi au Proche-Orient) ou du corridor maritime débouchant sur la Méditerranée par Suez.

De son côté, l’Institut Schiller propose un projet s’inscrivant dans la même perspective : « La Nouvelle route de la soie devient le Pont terrestre mondial » mise également sur un changement des règles du jeu au niveau de l’économie mondiale, tout en réservant une place spécifique à la reconstruction de l’Asie du Sud-Ouest, ravagée par la guerre et les conflits depuis un quart de siècle, mais détenant un énorme potentiel de développement et des ressources naturelles et humaines immenses, qui expliquent pour les géopoliticiens les convoitises des pays eurasiatiques et des Empires de la mer.

Ce projet fait écho à la Stratégie des cinq mers annoncée par le président Bachar al-Assad en 2004 pour la création d’un réseau d’infrastructures entre la Méditerranée, l’océan Indien, la mer Rouge, la mer Caspienne et la mer Noire, visant à faire de cette zone stratégique charnière une zone d’échanges entre les trois continents de l’Ancien Monde.

Il faudra bien sûr reconstruire :

  1. Encore faut-il que les groupes terroristes soutenus par l’Occident et ses alliés cessent de détruire. Il suffirait pour cela que les résolutions existantes du Conseil de sécurité soient appliquées.
  2. Il n’y aura pas de perspectives sans la levée immédiate des sanctions qui visent à casser un peuple et son pays.
  3. La solution ne consiste pas à accueillir en Europe les réfugiés que l’on a d’une façon ou d’une autre créés en alimentant la guerre d’agression et le djihad en Syrie.
  4. D’autre part, la lutte contre Daech est certes une priorité, mais n’est pas une fin en soi, car elle ne réglera pas tous les problèmes de la Syrie, notamment son devenir d’État-nation résistante.

Il appartient au peuple syrien et à lui seul de décider de son destin, sans ingérence étrangère. C’est ce principe de souveraineté que rappelle le président chinois Xi Jin Ping, clamant haut et fort que l’ère unipolaire est révolue et que le monde est désormais multipolaire. Vladimir Poutine se place lui aussi dans le cadre de la légalité internationale et soutient l’État syrien et « les forces armées du président Al Assad qui sont les seules à combattre réellement l’État Islamique ». Les décisions d’intervention du Président russe suscitent la colère des Occidentaux, agacés des références appuyées au droit international qu’ils violent.

Source : Institut Schiller, Michel Rimbaud, 05-07-2016

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13 réponses à Michel Raimbaud: En Syrie et ailleurs, contre le parti de la guerre et la loi de la jungle, reconstruire une paix fondée sur le droit international

Commentaires recommandés

Fritz Le 21 décembre 2016 à 03h12
 
 

Cette conférence prononcée devant M. et Mme LaRouche – et devant Jacques Cheminade, candidat aux présidentielles de 1995 et 2012 – a le mérite de retracer dans son ampleur le choix qui s’offre à nous : persister dans l’ubris occidentale ou bien adopter une politique de coopération et de reconstruction dans le respect du principe de souveraineté.

Avec son droit d’ingérence, ses guerres d’agression, ses soutiens aux rébellions armées ou terroristes, l’Occident (= l’Amérique et ses valets) s’est couvert d’ignominie. Si le droit international n’est pas un vain mot, les Bush senior et junior, Clinton mari et femme, Blair, Cameron, Obama, Chirac, Sarkozy, Hollande et j’en passe, doivent être traduits devant un tribunal de Nuremberg.

Un bémol : la référence “de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament à la fois” qui justifierait la prétention occidentale de dominer le monde me semble improbable. “A quoi servirait-il à un homme de conquérir le monde s’il venait à perdre son âme ?”

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Ce nouvel ordre mondial qui se met en place... Par Observatus geopoliticus

20 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #L'OTAN., #Ukraine, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Ce nouvel ordre mondial qui se met en place...

20 Décembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus

La piteuse tentative de vrai-faux putsch de la CIA et du parti de la guerre a échoué, Trump a officiellement été nommé président. La rébellion des Grands électeurs n'a pas eu lieu malgré l'hystérie de dernière minute sur le "piratage" des élections par le méchant Vladimir. Dernière humiliation, c'est même l'hilarante qui a enregistré quelques défections !

Le Donald a désormais les mains libres pour engager le changement tectonique de la politique étrangère US. Rapprochement avec la Russie, rupture des relations djihadisto-américaines, peut-être même prise de distance avec les pétromonarchies... on comprend que le système impérial ait le blues. Toutefois, les bisbilles trumpo-chinoises et trumpo-iraniennes sont une sûre indication que le Grand jeu persistera, quoique à un degré moindre. Dans ce nouvel ordre à tendance multipolaire qui se met doucement en place, la Russie occupera sans doute une place centrale, devenant l'intermédiaire incontournable des relations entre Washington, Pékin et Téhéran. Au centre de l'Eurasie comme au centre de la diplomatie mondiale : l'empire du milieu façon rosskaia.

La prudence n'étant jamais superflue, Moscou vient d'accepter l'ouverture d'une "ambassade" du mouvement sécessionniste californien. Pour l'instant, le groupe en question est plus folklorique que son équivalent texan, mais il pourra toujours servir un jour ou l'autre, ne serait-ce que pour troller Washington si besoin était.

Ambassade justement, le premier diplomate russe en Turquie a, comme chacun sait, été assassiné dans une galerie d'art aux cris d'Allahu Akbar et d'Alep sera vengée. La réaction d'Ankara a été à la hauteur, donnant l'impression qu'Erdogan tient à la réconciliation russo-turque comme à la prunelle de ses yeux, rapprochement que le Kremlin ne remet pas en question. Poutine :

"Il est clair que ce meurtre est une provocation dans le but de saboter la normalisation des relations entre les deux pays ainsi que le processus de paix en Syrie promu par la Russie, la Turquie, l'Iran et d'autres pays. La réponse ne peut être que le renforcement de la lutte anti-terroriste : les bandits vont le sentir."

Chose intéressante, la presse turque, désormais fidèle porte-voix du sultan, a accusé les Etats-Unis d'être derrière la tuerie via, sans surprise, le mouvement güléniste. Ca vaut ce que ça vaut sur le fond, mais c'est une nouvelle brique au mur sans cesse grandissant qui sépare Washington et Ankara et qui participe, là encore, au remodèlement de l'ordre mondial.

Et puis il y a Berlin où mémère Merkel récolte une nouvelle fois la tempête qu'elle a semée. Le Néerlandais Wilders, déjà en tête de tous les sondages dans son pays, n'hésite pas (vos mains sont couvertes de sang). Difficile de lui donner tort sur ce point, tellement la naïveté de la grosse Bertha est confondante.

Nul doute qu'ailleurs en Europe, les partis dits "populistes" vont encore engranger, s'approchant doucement mais sûrement du pouvoir. Il ne nous appartient pas ici d'analyser le bien-fondé ou non de leur programme ; contentons-nous simplement de rappeler que cet anti-système est le cauchemar de l'empire en Europe et met en péril tout l'édifice qu'il a patiemment construit durant des décennies : construction européenne, OTAN, rupture avec la Russie, soumission aux pétromonarchies etc. La couverture il y a quelques semaines de The Economist, parangon du système impérial, ne s'y trompe pas :

Terreur sur la ville, ils arrivent...

Un dernier mot sur la Syrie où la MSN s'est à nouveau ridiculisée après la prise d'Alep. Les "crimes jamais vus depuis la Seconde Guerre Mondiale" et autre "humanité qui s'effondre" (chapeau à celui qui a trouvé la formule, il aura bien mérité de rejoindre Goebells au Hall of Fame de la Propagandastaffel) ont fait un retentissant flop. Rien n'y a fait : ni les messages d'activistes bien connus transformés en appels désespérés de civils ni les photos truquées (la police égyptienne a d'ailleurs arrêté l'un de ces artistes qui prenait ses clichés d'enfants aléppins sous les bombes à... Port Saïd !)

L'on sent d'ailleurs un découragement général des officines médiatiques, comme en témoigne le reportage étonnamment honnête et pertinent de France 2 il y a quelques jours. Pour ceux qui ne l'auraient pas vu :

 

Sur le front de la guerre syrienne, après un petit temps de pause, la campagne loyaliste va monter en puissance. Assad convoque des dizaines de milliers de réservistes, vraisemblablement pour occuper les sites conquis (Alep) et libérer ainsi les bataillons professionnels qui iront bientôt porter le fer à Idlib et/ou Palmyre. Par ailleurs, selon un journal russe, Poutine va envoyer en Syrie des forces d'élite tchétchènes. Tiens, tiens, nous en évoquions la possibilité l'année dernière... Officiellement, la mission consisterait à garder les bases russes, ce qui est ridicule. Opérations de renseignement voire opérations de combat contre les takfiris, voilà qui semble bien plus probable. Les barbus n'ont pas fini de perdre leurs poils...

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