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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #israel - palestine - moyen-orient tag

L’appel au secours de Norman Finkelstein

8 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La France, #Israël - palestine - Moyen-Orient

L’appel au secours de Norman Finkelstein

 
Norman Finkelstein, universitaire américain, auteur et conférencier internationalement reconnu, qui a produit des livres et articles remarquables sur la Palestine et sur le lobby israélien aux Etats-Unis, et a sacrifié sa carrière et sa passion d’enseignant à la cause, est actuellement victime d’une campagne de harcèlement et nous demande notre soutien.

Source : http://www.europalestine.com/spip.php?article13486
 
 
Bonjour. 

Je m’appelle Norman Finkelstein. 

La plupart des gens me connaissent comme un défenseur des droits des Palestiniens. Mais toutes les injustices ne sont pas d’envergure historique et mondiale. Parfois, nous devons nous battre pour le petit gars qui se fait baiser. Aujourd’hui, je vous demande votre aide pour la défense d’un pauvre immigrant Guyanais qui a réussi sa vie.

Je risque la prison pour mon soutien à l’un de mes anciens étudiants, le Dr Baldeo, lui-même la proie d’un terrible racket de la part de deux avocats rapaces de New York, dénommés Michael Chetkof et Allyson Burger, qui piègent et soumettent au chantage les immigrants musulmans qui ont réussi.

Il y a un an de cela environ, un de mes anciens étudiants, le Dr Rudolph Baldeo, m’a contacté. Immigrant pauvre, il a réussi grâce à son acharnement, en assistant à mes cours du soir, à passer de commis d’entrepôt à pédiatre. Mais il n’a jamais oublié d’où il venait. Chaque année, il a mis de côté plusieurs semaines pour se mettre bénévolement au service des démunis. Il m’a accompagné en Afrique du Sud, où il a traité des enfants orphelins atteints du Sida. Il m’a accompagné en Cisjordanie, où il a traité des enfants palestiniens blessés par balle par des soldats israéliens. Il travaillait de 60 à 80 heures par semaine, afin d’économiser de l’argent pour ses trois enfants et payer les études qui leur ont permis de devenir médecins à leur tour.

 
 
Le Dr Baldeo soignant bénévolement des orphelins atteints du SIDA en Afrique
 
Mais en avril 2016, la catastrophe a frappé. Il est tombé entre les griffes de deux avocats sans scrupules nommés Allyson Burger et Michael Chetkof. Ils avaient tourné en cercle au-dessus de leur proie : de carrure chétive, il a la peau sombre, il est musulman, et son anglais n’est pas parfait. La cible parfaite. Ils ont inventé le Grand mensonge, selon lequel il aurait commis « d’innombrables » actes de « violence indescriptible » [contre son ex-épouse, prétendument révélés après 27 ans de mariage]. Ceci sans la moindre preuve, sans aucune trace de plainte, aucun certificat médical, aucun affidavit de témoins oculaires.

J’ai promis de ne pas l’abandonner. Jour après jour, je me suis assis avec lui et ses avocats. Jour après jour, je me suis rendu avec lui à la Cour. Nuit après nuit, j’ai lu et relu le dossier de la Cour. J’étais vraiment choqué. C’était un coup monté transparent !

Mais je fus impuissant face au crime qui se déroulait. Le duo de vautours assermentés l’a intimidé, harcelé. Ils l’ont humilié, dégradé. Le vendredi 4 août, il a succombé. Il a perdu sa maison et les économies de toute sa vie. Je lui ai fait une promesse solennelle : la vérité sera faite et les coupables seront punis.

Maintenant, les Vautours le soumettent à un odieux chantage pour me faire taire. Lorsque Chetkof et Burger ont découvert que j’écrivais un article dénonçant cette extorsion, ils ont menacé le Dr Baldeo, et m’ont fait arrêter suite à mon action de tractage devant leur bureau de Long Island.

 
 
A présent, une ordonnance de la Cour a été rendue contre moi, ce qui veut dire que je risque une longue peine de prison. Mais si je labandonne à son heure de grand besoin, je trahirai tout ce que j’ai défendu durant ma vie.

Bien sûr, je ne procèderai à aucune négociation de peine, et ne plaiderai bien évidemment pas coupable. Si on doit en arriver là, j’irai en prison et ferai une grève de la faim jusqu’à la dernière extrémité, au prix même de ma vie. Je ne crains rien ni personne du moment que j’ai la Vérité et la Justice à mes côtés. J’ai déjà passé une nuit très désagréable en prison et menotté à cause de ces avocats-rapaces. Mais je n’arrêtais pas de me dire : ‘Si mon Père et ma Mère ont pu survivre cinq ans dans les camps de la mort d’Hitler, je peux bien survivre à une prison merdique et infecte de Long Island.’ 

Si vous êtes aussi scandalisé que moi par ces tactiques de chantage, je vous invite instamment à SIGNER ET PARTAGER CETTE PETITION : https://www.change.org/p/supreme-court-appellate-division-disbar-michael-chetkof-and-allyson-burger-for-perjury-and-blackmail-750c9ecc-9119-44c4-9bda-cdce30abd24e

Vous pouvez me contacter à cette adresse : NormFinkelstein@gmail.com »
 
 
Norman Finkelstein et le Dr Baldeo face aux avocats-rapaces Michael Chetkof et Allyson Burger
 
CAPJPO-EuroPalestine

Voir également les autres articles de Norman Finkelstein relatifs à cette affaire :

Michael Chetkof, Allyson Burger : ARRETEZ LE CHANTAGE !

Michael Chetkof : le déjeuner à 30 000 dollars, par Norman Finkelstein (1)

Tract distribué par le Professeur Norman Finkelstein devant le bureau des « avocats-vautours », pour lequel il a été arrêté et a passé une nuit en prison

Lettre de Norman Finkelstein après sa remise en liberté

A venir :

Allyson Burger : l’outrecuidance monstrueuse d’une ânesse bâtée (2)

Michael Chetkof, Allyson Burger : nouveau rebondissement (3)

Michael Chetkof et Allyson Burger : le duo draculéen de sangsues frappe encore
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Une insoutenable européanisation du chantage à l’antisémitisme. Par le bureau national de l'UJFP.

19 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #Les média, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Une insoutenable européanisation du chantage à l’antisémitisme

Le Parlement européen a voté à une très large majorité, le jeudi 1er juin, une nouvelle résolution sur l’antisémitisme. Il va sans dire que nous déplorons, une fois encore, la singularisation de l’antisémitisme vis-à-vis des autres formes de racisme. D’elles pas un mot, alors que, par exemple, l’islamophobie sévit partout en Europe et que la rromophobie tue. Mais il y a plus grave. A y regarder de plus près, ce n’est pas tant d’antisémitisme que de limitation de la liberté de parole et de criminalisation de la critique d’Israël qu’il s’agit.

La résolution, par le biais du paragraphe 2, fait sienne les critères proposés par la très sioniste Alliance internationale de la mémoire de l’holocauste (International Holocaust Remembrance Alliance, IHRA) pour définir l’antisémitisme. Si celle-ci reconnaît que l’antisémitisme, c’est la haine du Juif en tant que juif, le paramètre de la définition ne s’arrête pas là. « Nier au peuple juif (sic) le droit à l’autodétermination, en prétendant par exemple que l’existence de l’État d’Israël est une entreprise raciste » relèverait de l’antisémitisme. « Avoir deux poids deux mesures en demandant de l’Etat d’Israël un comportement que l’on attend ni ne demande de n’importe quelle autre nation démocratique (sic) [1] » ? Antisémitisme !

Le Royaume-Uni et l’Autriche ont récemment adopté cette définition, et les effets catastrophiques n’ont pas tardé à se faire sentir. C’est notamment sur cette base qu’a failli être annulée il y a une dizaine de jours la Palestine Expo 2017 de Londres qui aura bien lieu début juillet [2].

En France aussi, la petite musique qui amalgame insidieusement la moindre critique d’Israël et/ou du sionisme à de l’antisémitisme bat son plein. Pas besoin de la définition de l’IHRA pour cela ! Et pourtant, si le vote de cette résolution au Parlement européen n’a aucune valeur juridique contraignante, il contribue à renforcer ce climat nauséabond où la parole critique à l’encontre d’Israël est bâillonnée et criminalisée. Ce vote, c’est une attaque sournoise contre la liberté d’expression de la part de la seule institution démocratique de l’Union européenne.

A l’exception notable de la Gauche unitaire européenne (GUE/NGL) et des Verts, tous les groupes parlementaires ont écouté plus ou moins religieusement les doléances des lobbies hyperactifs pro-israéliens – au premier rang desquels, l’IHRA et le Congrès juif européen – qui ont finalement réussi à obtenir gain de cause après une longue et coûteuse bataille. Mais ne nous y trompons pas, cette résolution ne s’est pas obtenue que sous la pression. Il s’agit d’un vote d’adhésion. Elle a été approuvée à une large majorité comprenant une alliance pas si hétéroclite qu’elle n’en a l’air au premier abord : de l’aile droite de la social-démocratie à l’extrême droite souverainiste et antisémite, tous, à de rares exceptions près, ont voté en faveur de la résolution.

Sans un accord idéologique tacite fondé sur une islamophobie plus ou moins assumée et le choix stratégique néoconservateur du soutien indéfectible à Israël, une telle alliance aurait été inconcevable. Il suffit de prendre la peine de gratter le vernis des bonnes intentions de cette résolution pour que se laisse apercevoir sa véritable raison d’être, qui ne fait d’ailleurs que peu de cas de la situation des Juifs en Europe. Il faut rappeler qu’il n’y a pas de politique d’état antisémite en Europe, et que ce vote vise clairement à empêcher non pas l’antisémitisme réel mais la critique politique légitime d’un État, de sa politique et de son régime.

Le vote de cette résolution nous rappelle, qu’ici comme en Europe, le droit à la critique d’Israël fait partie de la liberté d’expression politique en général – un acquis aussi précieux que fragile qu’il nous faut défendre à tout prix.

Le Bureau national de l’UJFP, le 2 juin 2017

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Un défi géopolitique pour Israël. Par Sharmine Narwani

11 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Un défi géopolitique pour Israël

 
 

Ce fût une dure semaine pour Tel-Aviv. Une situation qui lui était autrefois favorable – la balance du pouvoir dans la région, a subitement changé en sa défaveur, alors même que ses adversaires font d’importants gains stratégiques à la frontière.

Au cœur du conflit : l’obsession d’Israël quant au renforcement du pouvoir de l’Iran dans la région. L’accord nucléaire de 2015, mettant fin à l’isolement de la République Islamique, fût une réelle gifle pour le gouvernement israélien, mais ce qui le déstabilisa encore plus fût la succession de victoires politiques et militaires par le gouvernement de Bachar el-Assad et de ses alliés du Hezbollah.

Israël a donc envoyé ses diplomates aux États-Unis et en Russie pour tenter de récupérer des leviers perdus sur le terrain.

Ceux-ci sont revenus de Washington les mains vides, incapables d’obtenir une garantie que les troupes iraniennes et ses affiliations resteront hors du Sud de la Syrie, là où les États-Unis ont établis une zone de désescalade près de la frontière israélienne.

Le président israélien Benjamin Netanyahou n’a pas réussi à conclure quoi que ce soit lors de ses entretiens avec le président russe Vladimir Poutine. Les rapports russes décrivant ces entretiens dépeignent un Netanyahou « agité », « émotif » se faisant répondre en des termes incertains par un Poutine calme : « L’Iran est l’allié stratégique de la Russie dans la région ». A Netanyahou, Poutine réserva ce qui pourrait se comparer à quelques miettes : « Israël est aussi un important partenaire de la Russie au Moyen-Orient ».

Le premier ministre israélien et d’autres fonctionnaires hauts placés sont aussitôt passés à l’offensive après cet entretien, en promettant qu’ils allaient « se défendre par tous les moyens » contre les visées de l’Iran en Syrie, menaçant même de détruire les palais d’Assad à Damas.

Mais les Russes n’ont pas oublié qu’après le dernier entretien entre Netanyahou et Poutine en mars, Israël avait immédiatement lancé plusieurs frappes contre leurs alliés en sol syrien, une d’entre elle ayant frappé dangereusement près des troupes russes.

Cette fois-ci, il semblerait que Poutine se soit décidé à tracer une limite claire aux actions d’Israël à la suite de l’entretien avec Netanyahou, les Russes annonçant d’emblée l’existence d’un système défense aérienne unifié avec la Syrie « capable de détruire des cibles dans un rayon de 400 km à une altitude de plus de 35 km ».

Pourtant, les menaces israéliennes n’ont pas cessé. Ainsi, comment expliquer la présente panique d’Israël? Et pourquoi celle-ci s’est amplifiée si rapidement?

LIBAN :

Le Hezbollah, Les Forces Armées Libanaises (FAL) et les Forces Armées Syriennes (FAA) ont clôt la semaine dernière un chapitre long de plusieurs années ; celui de l’occupation de l’Est du Liban par ISIS (Daech) et le satellite d’Al-Qaeda : Al-Nosra. Les trois alliés ont déclenché une guerre éclair, désintégrant Al Nosra en 6 jours, et l’Etat islamique en 9 jours – cela incluant le temps de négociation.

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah a surnommé cette victorieuse opération anti-terroriste «  la Seconde Libération » – la première étant la libération du Liban occupé par les troupes israéliennes en 2000.

Dans les années précédant cette bataille, le Hezbollah et la FAL ont coordonné des initiatives anti-terroristes au Liban, dans un effort de coopération sans précédent, ceux-ci outrageant autant les Israéliens que les Américains. En effet, la Maison Blanche fournit de l’armement et des formations aux forces de la LAF, mais considèrent la résistance libanaise comme étant un groupe terroriste, même si le Hezbollah fait partie du Parlement et du Cabinet libanais.

La reprise de la frontière stratégique entre le Liban et la Syrie a permis au Hezbollah de redéployer les troupes présentes vers d’autres zones de combat  – incluant la frontière avec Israël. Mais surtout, ce combat abouti à la première reconquête complète d’une frontière syrienne par les FAA depuis le début de la crise en Syrie.

« L’ennemi, a annoncé Nasrallah après le combat (en parlant d’Israël), pleure maintenant ses orphelins et prend conscience de la défaite de ses alliés et de leurs projets en Syrie. »

SYRIE

Le chef du Hezbollah pourrait avoir raison sur ce point. À l’exception du bastion d’ISIS dans l’Est de la Syrie, où les groupes terroristes viennent de perdre des milliers de kilomètres carrés au profit de la SAA et de ses alliés, les terroristes occupent toujours un dernier petit territoire près des hauteurs du Golan occupées par les Israéliens. Ce territoire dans le sud-ouest de la Syrie est aussi le refuge de plusieurs autres groupes terroristes, dont al-Nusra, dont les combattants blessés ont été soignés par les médecins israéliens pendant une bonne partie du conflit.

Les Israéliens ont rarement attaqués Al-Nosra et ISIS, bien que des douzaines de leurs frappes contre les forces alliées à la Syrie aient été signalées. Le ministre de la défense israélienne Moshe Yaalon, a fait les titres de la presse après avoir déclaré en 2016 : « S’il me fallait choisir entre les Iraniens ou l’État Islamique en Syrie, je choisis l’État Islamique ». Certaines communautés israéliennes ont appuyé cette opinion – un récent rapport d’un groupe défendait qu’il fallait maintenir ISIS en place afin de « ralentir la quête iranienne d’hégémonie dans la région ». Étant donné l’obsession d’Israël de contenir l’influence de l’Iran, ce n’est peut-être pas surprenant que la récente série de victoire contre ISIS ait déclenché l’alarme à Tel-Aviv.

Empirant la déception d’Israël, l’accord de désescalade entre les États-Unis et la Russie empêche maintenant toute action belliqueuse contre les forces alliées de la Syrie près de Quneitra ( le Golan syrien), Daraa et As Suwayda – régions maintenant contrôlées par les alliés russes de la Syrie.

JORDANIE

Un centre de désescalade a récemment été instauré à Amman, au Sud du pays, ce qui devrait forcer les Jordaniens à sécuriser et à régulariser leur frontière Nord, commune avec la Syrie. Plus tôt cet été, les Jordaniens étaient partie prenante de l’alliance principalement constituée d’États sunnites voulant écraser l’influence de l’Iran dans la région, alliance dirigée par les Saoudiens (et supportée par Israël). À cette époque, la Jordanie a bruyamment insisté pour que des combattants appuyés par l’Iran s’éloignent de sa frontière avec la Syrie. Mais aujourd’hui, l’alliance sunnite, « l’OTAN arabe », s’est embourbée dans un conflit interne (inter-CCG), et les Jordaniens semblent se réaligner à l’idée de désescalade régionale lancée par la Russie, la Turquie et bien sûr, l’Iran.

Les termes de cette entente de désamorçage régionale entre la Russie et les États-Unis sont secrets, mais les rumeurs disent qu’ils ne contiennent aucune clause spécifique pouvant diminuer le rôle de l’Iran, du Hezbollah ou de leurs milices alliées en Syrie.

Cela signifie qu’Israël ne peut plus compter sur les groupes armés sunnites afin d’obstruer le contrôle gouvernemental sur le Sud du pays. Cela signifie aussi que la Jordanie, qui a rouvert sa douane frontalière de Trebil avec l’Irak la semaine dernière, est maintenant en voie d’ouvrir la douane frontalière de Nasib vers la Syrie. Les revenus commerciaux résultant de ces décisions pourraient contribuer à regarnir les coffres de la Jordanie d’une somme se chiffrant entre 1 et 2 milliards $ – un argument de poids pour encourager les Jordaniens à collaborer avec la Syrie.

TURQUIE

La « diversification » de la politique extérieure jordanienne se réalisa directement après une visite du Président turc Recep Tayyip Erdogan à la ville d’Amman, lui qui fût l’un des plus virulents critiques de Bachar el-Assad, et un important fournisseur d’armes et de combattants islamistes destinés à alimenter le conflit syrien.

Erdogan est maintenant du côté des Russes et des Iraniens, après avoir brièvement manœuvré à l’intérieur de « l’OTAN arabe » saoudien dirigé contre l’Iran. Des médias jordaniens rapportent même que le président turc s’est offert pour coordonner la médiation avec l’Iran afin d’apaiser la méfiance de la Jordanie envers le projet de zone de désescalade.

Comment expliquer ce revirement de situation?

Même si Erdogan n’a pas explicitement approuvé qu’Assad allait finalement diriger la Syrie, ou que les Iraniens auraient un rôle actif au Sud de sa frontière, deux événements régionaux subits ont adoucis ses positions et l’ont ramené dans l’orbite Russie/Iran.

Le premier est la crise majeure ayant englouti les États membres du Conseil  de coopération du Golfe (CCG), ayant comme noyau la discorde opposant l’Arabie Saoudite, les EAU et le Bahreïn au Qatar. Tout comme son allié turc, le Qatar fût un supporteur important des Frères Musulmans, et mène une politique étrangère diversifiée, et ouverte aux relations politiques et économiques avec l’Iran.

La bisbille au CCG a exacerbé les divisions déjà présentes dans la région, qui opposaient jusqu’à récemment deux camps, soit les Pro-Iran et les Pro-Saoudiens. Maintenant, la Turquie et le Qatar forment une troisième équipe et tempèrent ainsi la pression exercée par les Saoudiens et les Émirats Arabes Unis sur avec l’Iran et ses alliés en se réengageant avec eux.

Le deuxième élément décisif est l’appui inconditionnel de Washington envers les combattants des Forces Démocratiques Syriennes dans le nord de la Syrie. Erdogan a insisté auprès des américains pour qu’ils abandonnent leur support à ces kurdes, qui sont en fait une affiliation syrienne du Parti Travailliste Kurde (PKK) en Turquie, une organisation considérée comme étant un groupe terroriste tant par Ankara que par Washington.

Les Américains ont  ignoré les demandes d’Erdogan, malgré le fait que les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont démontré leur intention d’occuper et de fédérer tout le Nord de la Syrie – de l’Irak à la Méditerranée – soit tout le long de la frontière turque.

À propos de cet enjeu, Ankara partage maintenant  une cause commune avec Téhéran, Bagdad et Damas, puisqu’ils sont tous catégoriquement opposés aux aspirations nationalistes des Kurdes. Ce réalignement s’opère alors qu’un référendum d’indépendance kurde est prévu pour la fin septembre en Irak, projet auquel les quatre capitales s’opposent. Israël, qui entretient des liens serrés avec le gouvernement kurde d’Erbil est, à date, le seul pays qui supporte ce référendum. Le Kurdistan est un enjeu stratégique pour Tel Aviv. En effet, la création d’une entité fédérale kurde en Syrie et en Irak signifierait le morcellement et l’affaiblissement de ces États arabes. Tout aussi important, la présence d’un micro-état kurde dans la région agirait comme un obstacle géographique compliquant l’accès d’Israël à l’Iran.

Ainsi, le nouveau partenariat turque avec la Russie et l’Iran contribue non seulement à la stabilité de l’État syrien mais complique également le désir d’Israël de voir s’accomplir le projet de l’indépendance kurde.

HAMAS

« L’axe de la Résistance » était un groupe de quatre : Iran, Syrie, Hezbollah et Hamas. Par la suite, des divergences en Syrie menèrent à isoler le Hamas du groupe – jusqu’à maintenant. De nouveaux objectifs émanant des chefs du Hamas priorisent d’entretenir des relations neutres avec les États souverains de la région et de réinstaurer la coopération et le financement provenant de la République islamique.

La semaine dernière, le chef du politburo du Hamas à Gaza, Yahya Senwar, a annoncé que « l’Iran est le plus grand fournisseur des bridgades d’Ezzedine al-Qassam (l’aide militaire du Hamas) en terme de support financier et d’armement » puis a déclaré avec optimisme : « la crise syrienne se terminera, ce qui ouvrira la possibilité de rétablir les relations avec le pays ».

Pour Israël, cela signifie que la mésentente entre la bande de Gaza dirigée par le Hamas et l’Iran est terminée et qu’ainsi le flot d’armes et de support au groupe de résistance palestinien sera rétabli incessamment.

Ces événements aux frontières ouest, nord et est d’Israël ont – en quelques semaines seulement – soudainement brouillés les cartes géopolitiques autrefois en faveur de Tel Aviv. Il y a à peine quelques années, la Syrie était désintégrée, l’Irak fragmentée, le Liban écartelé et Gaza luttait seule pour sa survie.

Aujourd’hui, la probabilité que l’Iran bénéficie d’un corridor ininterrompu entre ses frontières et le territoire occupé du Golan sont plus grandes que jamais auparavant. L’axe de la Résistance a acquis d’inestimables gains en expérience militaire depuis les six dernières années, tant en Syrie qu’en Irak en au Liban – le plus important étant qu’ils ont accomplis cela en coordonnant les troupes, le renseignement et les tactiques militaires à partir d’un seul centre de commandement. Cela est une première historique pour celle alliance. De plus, elle bénéficie désormais, en politique internationale, de l’appui de deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, soit la Russie et la Chine. Les Russes ont maintenant une expérience significative en terme de collaboration militaire avec trois membres de cet axe, et les Chinois sont prêts à étendre leur vision commerciale à ces États de l’ouest de l’Asie, avec l’Iran comme terminal pour les pipelines de gaz et de pétrole.

Alors que ces pays vont de l’avant en détruisant le terrorisme et en reconstruisant leurs infrastructures et leurs sociétés, les Israéliens seront laissés à eux-mêmes. Mais alors que les options se raréfient, celle militaire semble avoir une popularité grandissante. C’est cette option – le bâton – à laquelle les Israéliens sont attirés le plus aisément, et dans cette optique une guerre d’agression contre le Liban et Gaza -ou de nouvelles frappes contre la Syrie- ne semblent pas hors de question.

Le Hezbollah continue de demander qu’on lui retourne ce qu’il reste des territoires libanais occupés par les Israéliens, les fermes de Sheeba et la colline de Kfachourba alors que la Syrie, une fois remise sur pied, fera de même avec le Golan. Les deux le feront à partir de leur position renforcée dans ce nouveau Moyen-Orient.

Néanmoins, la question persiste : l’État d’Israël admettra-t-il qu’il évolue dans un nouvel environnement?

Sharmine Narwani | 6/9/2017 | American Conservative

Sharmine Narwani est une analyste spécialisée en géopolitique du Moyen-Orient.

Traduit de l’anglais par Gabriel Larose pour Arrêt sur Info

Source: http://arretsurinfo.ch/un-defi-geopolitique-pour-israel/

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Le secret le plus mal gardé de la guerre syrienne qui pourrait devenir le cauchemar d’Israël

4 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Une intéressante analyse à prendre, comme toujours, avec esprit critique et recul.

Source : Middle East Eye, Richard Silverstein, 30-06-2017

Photo : des soldats israéliens participent à un entraînement militaire sur le plateau du Golan occupé par Israël, près de la frontière israélo-syrienne, le 22 mars 2017 (AFP)

Oui, Israël soutient les rebelles syriens, mais pas seulement sur les plans financier et humanitaire : Israël espère que les rebelles serviront de tampon contre l’EI ou le Hezbollah, une stratégie qui pourrait facilement se retourner contre lui

Plus tôt ce mois-ci, le Wall Street Journal a publié l’interview d’un commandant rebelle syrien et d’une demi-douzaine de combattants, qui ont confirmé le secret le plus mal gardé du conflit syrien : Israël soutient directement les factions rebelles syriennes au moyen d’une aide humanitaire et financière.

L’implication d’Israël « est bien plus profonde et plus coordonnée qu’on le pensait et inclut le financement direct des combattants de l’opposition près de sa frontière depuis des années », indiquait l’article.

« Israël s’est tenu à nos côtés de manière héroïque », a déclaré Moatasem al-Golani, porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan, au Wall Street Journal

« Israël s’est tenu à nos côtés de manière héroïque », a déclaré Moatasem al-Golani, porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan, au Wall Street Journal. « Nous n’aurions pas survécu sans l’aide d’Israël. »

Selon le rapport, Israël donne 5 000 dollars chaque mois à Fursan al-Joulan – ou Chevaliers du Golan –, que le groupe utilise pour payer les salaires des combattants et acheter des armes et des munitions pour ses campagnes contre le gouvernement d’Assad dans le Golan syrien.

Je n’avais jamais entendu parler de Fursan al-Joulan auparavant. Un site en ligne consacré à la documentation du conflit syrien décrit un certain « Fouj al-Joulan » comme une milice du Golan alliée au régime d’Assad qui se consacre à la protection des villages druzes dans la région. Bien que les noms se ressemblent, il est peu probable qu’il s’agisse du même groupe, surtout que le commandant de Fouj al-Joulan, Majid Himoud, est un ennemi implacable d’Israël, que les Israéliens ont essayé d’assassiner par deux fois.

Comptant environ 400 combattants, Fursan al-Joulan semble être une milice locale. Celle-ci est sans doute affiliée à un groupe islamiste plus vaste comme al-Nosra ou al-Qaïda, mais je n’ai pas été en mesure de le déterminer. Le Wall Street Journal indique clairement qu’il n’est pas affilié à l’Armée syrienne libre, ce qui augmente la probabilité que Fursan al-Joulan soit un groupe islamiste. Il est également tout à fait possible qu’il y ait d’autres groupes, peut-être nombreux, qu’Israël aide pareillement.

Dans une vidéo de septembre 2014 publiée par Ahrar al-Sham, des combattants de l’opposition syrienne capturent une position du gouvernement syrien à Khan Arnabeh, près de la frontière est de Quneitra avec Israël sur le plateau du Golan (AFP/YouTube)

Le 22 juin, le correspondant principal en matière de sécurité militaire de Yediot Achronot, Alex Fishman, a confirmé le rapport du journal et en a exploré la motivation :

« Une partie non négligeable des rebelles syriens dans le Golan ont adopté l’idéologie salafiste extrême de Jabhat al-Nosra, une ramification d’al-Qaïda […] Le point de vue israélien est que les opinions extrémistes religieuses des rebelles syriens sont moins pertinentes [que leurs capacités à combattre les ennemis des Israéliens – l’Iran et le Hezbollah]. Israël est persuadé que ce qui les [les rebelles] intéresse avant tout est la survie ; et qu’il est possible d’acheter leur loyauté grâce à une aide matérielle qui contribue à garantir leur propre sécurité. »

« L’article du Wall Street Journal donne l’impression qu’Israël n’examine pas toujours les idées de ses alliés tant qu’il obtient une profitable sécurité réciproque. Selon le point de vue d’Israël, l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Et si Jabhat al-Nosra se bat contre l’EI dans le sud du Golan, et chacun d’eux se bat à son tour contre le Hezbollah et l’armée syrienne dans la région de Deraa, tant mieux. »

Ce mode d’interaction basé sur la réciprocité peut fonctionner pour Israël à court terme, mais l’histoire de la région regorge de semblables alliances temporaires qui se sont rapidement transformées en hostilité pure et simple lorsque les circonstances ont changé. Un ancien allié peut facilement et rapidement devenir le pire des ennemis.

Et en fait, les biens, l’expérience et les compétences transmises pendant l’alliance permettent à l’ancien allié de devenir un ennemi encore plus redoutable (pensez simplement aux Moudjahidines-Talibans en Afghanistan). Un certain nombre d’acteurs en Syrie, de l’EI à al-Nosra, pourraient, à un moment futur, décider qu’Israël est une cible plus facile que leurs anciens ennemis. Cette alliance de commodité à court terme pourrait facilement devenir un golem cauchemardesque qu’Israël aura lui-même créé.

Ce que veut Israël

Ces nouveaux rapports confirment plusieurs années de mes propres rapports qui documentaient une vaste intervention israélienne dans le conflit syrien, y compris de nombreuses attaques aériennes contre le Hezbollah et les convois d’armes iraniens, le bombardement d’un avion syrien qui s’était aventuré de quelques mètres dans le Golan occupé par Israël, les assassinats de commandants du Hezbollah et iraniens, les largages d’équipement aux unités d’al-Nosra alliées à al-Qaïda et les briefings directs entre les officiers de l’armée israélienne et les commandants rebelles.

Israël veut une Syrie divisée. Il veut un pays divisé par des conflits ethniques et religieux afin de pouvoir dominer le Golan et protéger sa frontière nord

Tout cela a démenti les fausses affirmations répétées dans les médias (y compris dans cet article de WSJ) selon lesquelles Israël est un parti neutre dans le conflit – ce dont Israël voudrait persuader le monde. Au contraire, il y est profondément impliqué et cherche à affaiblir ou à renverser Bachar al-Assad car les ennemis d’Israël, le Hezbollah et l’Iran, sont les principaux alliés du président syrien.

Je m’attends à ce que l’escalade israélienne se poursuive étant donné qu’Assad et ses alliés sont en train de prendre le dessus. Ils repoussent l’EI dans l’est de la Syrie et, une fois que ce sera fait, il est très possible qu’Assad puisse porter son attention vers l’ouest, notamment le Golan, pour consolider ses acquis territoriaux. Le véritable test interviendra à ce moment-là.

Israël veut une Syrie divisée. Il veut un pays divisé par des conflits ethniques et religieux afin de pouvoir dominer le Golan et protéger sa frontière nord. Jusqu’où est-il disposé à aller pour empêcher Assad d’y réaffirmer son contrôle total ?

Le président Bachar al-Assad salue le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à Damas en janvier 2014 (AFP/SANA)

Israël a eu de nombreuses occasions de négocier un accord de paix avec Bachar al-Assad et, plus tôt encore, avec son père. Il a tourné le dos à chacun de ces efforts. Il ne veut pas d’un accord avec Assad.

Pour éviter une confrontation politique interne avec les forces nationalistes concernant la restitution du Golan, le gouvernement de droite d’Israël préfère conserver sa conquête illégale du Golan et le statu quo. Pour ce faire, il faut continuer à semer la discorde et les équipées militaires dans le Golan.

Coup de semonce

De nombreuses escalades de mauvais augure dans le conflit syrien se sont produites ces derniers jours. L’Iran a annoncé avoir tiré des missiles depuis son territoire avec pour objectif des positions de l’EI dans l’est de la Syrie. Cela signifierait que le progrès technique des forces iraniennes est tel qu’elles sont désormais capables d’atteindre des cibles à des centaines de kilomètres de là. La dernière fois qu’elles ont attaqué un ennemi au-delà des frontières de cette manière était pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980.

L’attaque au missile de l’Iran est un avertissement à peine voilé adressé aux Saoudiens : tout comme nous pouvons atteindre l’EI en Syrie, nous pouvons vous atteindre à Riyad

Des sources militaires anonymes israéliennes ont affirmé que chacun des sept missiles qui avaient été tirés ont manqué leur cible, plusieurs n’ayant même pas atterri en Syrie. Cependant, en dehors de sources anonymes, les Israéliens n’ont rien fourni pour étayer leurs allégations. Il serait dans l’intérêt d’Israël de répandre des affirmations fallacieuses discréditant la prouesse militaire de son principal rival régional.

L’Iran a expliqué que l’attaque antimissile était une vengeance par rapport à une attaque terroriste récente perpétrée par des Kurdes iraniens à Téhéran et que l’EI a revendiquée. Puisque l’Iran a également accusé l’Arabie saoudite de l’attentat, qui a tué dix-sept personnes, en majorité des civils, l’attaque aux missiles est un avertissement à peine voilé adressé aux Saoudiens : « tout comme nous pouvons atteindre l’EI en Syrie, nous pouvons vous atteindre à Riyad ».

Ou comme le correspondant d’Al Jazeera l’a déclaré : « Et, bien sûr, nous devons considérer cela dans un contexte géopolitique plus large : il sera très intéressant d’observer la réaction de pays comme l’Arabie saoudite, les États-Unis et Israël parce que l’Iran montre qu’il peut riposter et le fera. »

Photo prise par le Corps des Gardiens de la révolution islamique iranienne montrant un missile balistique lancé lors d’un test dans un lieu tenu secret (AFP)

Le 18 juin, un avion de combat américain a abattu dans la campagne de Raqqa un avion de guerre syrien qui avait bombardé un objectif proche des forces rebelles syriennes soutenues par les États-Unis. L’armée américaine affirme que la cible était les Forces démocratiques syriennes (que les troupes du régime syrien avaient chassées de la ville), tandis que le régime prétend qu’il s’agissait de l’EI. L’aviation américaine a également abattu au moins deux drones pro-régime syrien.

Peur de la victoire d’Assad

Tout cela s’inscrit dans le cadre du succès croissant d’Assad qui reprend le territoire qui était autrefois contrôlé par l’EI. Les États-Unis, en attaquant les avions de guerre syriens, tentent d’entraver les efforts d’Assad. Dans les faits, cela signifie que la politique américaine reflète largement celle d’Israël. L’administration Trump semble elle aussi ne pas vouloir d’une Syrie unie, et préférer une Syrie divisée en cantons ethniques.

L’ultimatum lancé au Qatar afin qu’il mette fin à ses relations avec l’Iran et le Hezbollah est un exemple de la manière dont les répercussions de ce qui se passe en Syrie pourraient créer un tsunami dans tout le Moyen-Orient

L’allié russe d’Assad a réagi avec colère à l’attaque des États-Unis et a annulé les efforts critiques de désescalade visant à empêcher les différentes forces qui se battent en Syrie de s’attaquer accidentellement (les agents américains ont depuis indiqué qu’une ligne de désescalade est toujours en opération). En outre, la Russie a annoncé que toute autre attaque américaine contre l’aviation syrienne pourrait entraîner un conflit direct avec la Russie.

Tout cela fait partie d’une escalade américaine de sa propre implication qui a consisté à bombarder un convoi militaire du gouvernement syrien, une mosquée, et maintenant cela. De toute évidence, l’administration Trump dirige l’armée vers une démonstration de force dans cette arène.

Le problème est qu’il s’agit d’un champ de bataille très fréquenté et que de nombreuses parties sont impliquées, notamment la Russie. L’avion que l’armée américaine a abattu était un bombardier Sukhoï russe, par exemple. Il suffira d’une erreur commise en une fraction de seconde pour que cela se transforme en un bain de sang majeur qui pourrait entraîner les principales parties au conflit bien plus loin qu’elles le voudraient.

La nouvelle alliance

La Syrie n’est qu’une fraction d’un terrain de jeu plus large dans la région où les forces sunnites, financées par l’Arabie saoudite et les États du Golfe, sont confrontées au pouvoir chiite sous l’égide de l’Iran et du Hezbollah.

Au fur et à mesure que la coalition sunnite perd de son influence en Syrie, cette rivalité s’est déplacée vers des endroits nouveaux et même plus dangereux. L’ultimatum lancé au Qatar afin qu’il mette fin à ses relations avec l’Iran et le Hezbollah est un exemple de la manière dont les répercussions de ce qui se passe en Syrie pourraient créer un tsunami dans tout le Moyen-Orient.

Une alliance croissante entre l’Arabie saoudite et Israël ajoute encore un autre élément combustible au mélange. Les deux semblent avoir envie de se mesurer à l’Iran. Quand ils étaient des acteurs séparés, le danger d’un tel conflit était plus faible.

Alors que ces deux pays s’unissent contre un ennemi commun, les entraves sont considérablement réduites, sans oublier que l’ascension d’un jeune prince saoudien impétueux et ambitieux qui s’est montré bien trop empressé à embourber son royaume dans des interventions étrangères accroît encore plus le danger d’un tel scénario.

– Richard Silverstein est l’auteur du blog « Tikum Olam » qui révèle les excès de la politique de sécurité nationale israélienne. Son travail a été publié dans Haaretz, le Forward, le Seattle Times et le Los Angeles Times. Il a contribué au recueil d’essais dédié à la guerre du Liban de 2006, A Time to speak out (Verso) et est l’auteur d’un autre essai dans une collection à venir, Israel and Palestine: Alternate Perspectives on Statehood (Rowman & Littlefield).

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation

Source : Middle East Eye, Richard Silverstein, 30-06-2017

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Cela fait trois ans qu’Israël soutient ses mercenaires d’al-Qaeda . Par Moon of Alabama — 25 juin 2017

1 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Daesch, #Les transnationales, #le nazisme, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Les média

 Cela fait trois ans qu’Israël soutient ses mercenaires d’al-Qaeda .  Par Moon of Alabama — 25 juin 2017

Le tir de mortier était, comme d’habitude, un appel d’al-Qaeda pour qu’Israël leur apporte un soutien militaire.

En réaction, Israël va frapper les positions de l’armée syrienne en 3,2,1…

 

 Cela fait trois ans qu’Israël soutient ses mercenaires d’al-Qaeda .  Par Moon of Alabama — 25 juin 2017
 Cela fait trois ans qu’Israël soutient ses mercenaires d’al-Qaeda .  Par Moon of Alabama — 25 juin 2017

 

Les forces aériennes israéliennes attaquent l’armée syrienne après que des projectiles sont tombés sur le plateau du Golan


Al-Qaïda a attaqué un poste de l’armée arabe syrienne (AAS) à Madinat al-Baath (carte) près du plateau du Golan occupé par Israël. Al-Qaïda a demandé un soutien militaire israélien en lançant des mortiers vers des espaces vides du territoire occupé par Israël. La Force de défense israélienne a répondu à leur demande en détruisant deux tanks de l’armée arabe syrienne. Deux soldats syriens ont été tués. L’armée syrienne a résisté et l’attaque d’Al-Qaeda sur sa position a échoué.

C’était très facile à prévoir. Israël soutient Al-Qaïda dans la région depuis au moins 2014. La combine de demande de soutien militaire par mortier d’al-Qaïda interposé est en place depuis au moins trois ans. En octobre 2014, la Force des Nations Unies pour l’observation du dégagement (FNUOD), qui couvrait encore la zone, a écrit ceci au Conseil de sécurité de l’ONU:

Le 23 juin [2014], Israël a ciblé neuf postes de l’armée syrienne avec des tanks et des avions après qu’un tir de mortier provenant du côté syrien a tué un civil israélien, la veille. Selon Israël, la plupart de ces incidents sont dus à des tirs égarés résultant des combats en Syrie. Israël a déclaré que les groupes d’opposition armés en étaient probablement les auteurs, mais que ses forces avaient tiré sur les positions militaires syriennes pour souligner que la Syrie était responsable de la sécurité de son côté de la ligne de cessez-le-feu.

Les observateurs de l’ONU ont mentionné les « drapeaux noirs » que les « rebelles » utilisaient. Les « rebelles » dans cette région sont les forces d’al-Qaïda. Ce stratagème de « demande de soutien militaire par mortier interposé » s’est répété encore et encore. L’argument israélien est une insulte à la logique: « Il revient à l’armée syrienne de maintenir al-Qaïda hors de la région par conséquent nous répondons aux tirs « égarés » d’al-Qaeda en détruisant l’armée syrienne ».

Mais les médias « occidentaux » et israéliens n’ont jamais mentionné ni analysé ce schéma pourtant évident.  Et cela, alors même que cette performance théâtrale se répète encore et encore. Ils mentent et se contentent de colporter l’histoire fallacieuse du « tir égaré » alors même qu’il est clair qu’il s’agit d’un soutien militaire coordonné avec et pour Al-Qaïda. Depuis des années, ils cachent au public le soutien israélien à Al-Qaïda et sa participation active à la guerre syrienne. La preuve, Haaretz pour la première fois aujourd’hui (!) titre : Analyse – La lente et sinueuse ingérence d’Israël dans la guerre civile en Syrie. Cette « lente ingérence », que Haaretz décrit et analyse comme un phénomène nouveau, a commencé il y a au moins trois ans et elle a été tout sauf lente et sinueuse. Il s’agit d’un soutien total des terroristes et cela depuis le début.

Le Wall Street Journal, avec lui aussi trois ans de retard, a rapporté la semaine dernière qu’Israël avait mis en place une unité spéciale de l’armée pour conseiller, former, soutenir et contrôler Al-Qaïda dans la région du Golan: Israël apporte une aide secrète aux rebelles syriens

Israël paie même les salaires d’al-Qaïda:

La personne qui est au courant de l’aide d’Israël a confirmé que de l’argent passait à travers la frontière, mais elle a dit qu’il était versé dans un but humanitaire. Cependant, les rebelles interrogés ont déclaré qu’ils utilisaient l’argent pour payer les salaires des combattants et pour acheter des armes et des munitions – l’armée israélienne a refusé de commenter leurs assertions.

Israël veut s’accaparer et occuper de grands pans de territoires syriens et agrandir ainsi la partie du plateau du Golan qu’il s’est déjà annexée illégalement. C’est pourquoi il finance Al-Qaeda et le soutient militairement. Les articles des médias dominants sur le sujet ont au moins trois ans de retard. Pourquoi commencent-t-il à en parler maintenant? Haaretz et le WSJ ont-ils eu la permission ou reçu la consigne de le faire ? Et dans quel but?en plus de la partie du plateau du Golan qu’il occupe illégalement. C’est pourquoi il finance Al-Qaeda et le soutient militairement. Les articles des médias dominants sur le sujet ont au moins trois ans de retard. Pourquoi commencent-t-il à en parler maintenant? Haaretz et le WSJ ont-ils eu la permission ou reçu la consigne de le faire ? Et dans quel but?

Par Moon of Alabama |  24 juin 2017

Article original: http://www.moonofalabama.org/2017/06/israeli-fire-support-for-its-al-qaeda-mercenaries-started-three-years-ago.html#more

Source: http://arretsurinfo.ch/cela-fait-trois-ans-quisrael-soutient-ses-mercenaires-dal-qaeda/

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Crève, souffre, sale pute ! Par Gideon Levy

1 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Les média, #Israël et la Palestine

Crève, souffre, sale pute !

 

Les soldats de Tsahal ont retenu la leçon du procès Azaria [1] : au lieu d’achever un « terroriste » il faut le laisser se vider de son sang tout en lui vomissant des insultes.

Il s’est encore passé quelque chose d’horrible dans les Territoires occupés mardi dernier.

Quelque chose d’encore plus révoltant que de tirer sur un terroriste blessé et à terre comme l’a fait Elor Azaria. La vidéo qui a été prise à cette occasion vous retourne le cœur…

 

 

C’est révoltant et désespérant mais aucun média en Israël n’y a prêté attention ce qui reflète bien la profondeur de l’apathie dans laquelle nous avons sombré.

Ce jour-là, un groupe de militaires se tenait autour d’une jeune Palestinienne qui se tordait de douleur sur la route en perdant son sang alors que ceux-ci faisaient une sorte de concours d’insultes les plus obscènes. Ce sont tes soldats, Israël ! Ce sont leur langage, leurs valeurs et leurs références. Aucun d’entre eux n’a offert à cette jeune fille aucune aide médicale, personne n’a pensé à faire cesser ce flot d’obscénités détestables qui volait autour d’une écolière agonisante. C’était le cadeau qu’il fallait pour compléter les célébrations du jubilé [2] – du défilé des superbes et admirables paras au Mur des lamentations jusqu’à la bestialité de cet acte au checkpoint de Mevo Dotan. Voici où nous ont conduits cinquante années d’occupation.

 

 

La vidéo nous montre une jeune Palestinienne qui avance lentement vers le checkpoint. Peut-être quelqu’un l’appelle-t-il pour lui demander de s’arrêter mais on ne peut l’entendre sur l’enregistrement. On ne voit pas ni lame ni coup de couteau non plus. Puis on voit la jeune fille s’enfuir, deux Israéliens, apparemment des soldats, la poursuivant à toute vitesse. Ce n’est que le préambule.

« Neutraliser » (c’est-à-dire tuer en hébreu) des jeunes, garçons ou filles, qui cherchent à blesser des soldats – qui savent que le plus souvent c’est au prix de leur propre vie – est devenu une sorte de routine. Dans la plupart des cas c’est ni plus ni moins qu’une exécution alors qu’il est le plus souvent possible d’arrêter les assaillants sans les tuer. Mais l’armée est héroïque quand elle est face à des jeunes filles et ses soldats savent tuer. Les militaires tirent alors pour abattre l’écolière, ce qui était attendu de leur part.

Et maintenant : la jeune fille est étendue sur la route ; les hommes armés l’entourent comme dans un rite païen, lui aboyant un flot d’injures. La vidéo ne montre que leurs corps, pas leurs visages. Parmi eux, il y a au moins un homme armé en short, portant des sandales, probablement un colon. La fille pousse des plaintes, se retourne, se tord, gémit pendant que les soldats disent : « J’espère que tu meurs, fille de pute », « Fuck you », « Crève, souffre, toi kahba (putain en arabe) ». Ils ne se comporteraient même pas comme ça devant un chien mourant. Au milieu de cette folie on peut entendre quelqu’un demander « Où est le couteau ? », « Ne la touchez pas », « Vous êtes génial » et, d’un téléphone, « Où êtes-vous ? à la maison ? ».

Elle est morte quelques heures plus tard. Elle s’appelait Nouf Iqab Enfeat, elle avait 16 ans et venait du village de Yabad, près de Jénine, en Cisjordanie. Un soldat a été légèrement blessé. Seuls des lâches peuvent tuer une écolière d’une telle façon.

Toutefois dans ce cas, l’exécution de routine a été accompagnée d’une « cérémonie de requiem ». Il faut l’avoir vu pour le croire. Pas un seul soldat avec le moindre brin de compassion ou d’humanité. On a du mal à imaginer l’ampleur de la haine des soldats de l’armée d’occupation envers la nation qu’ils dominent. Il faut voir à quel point ils ont perdu leur humanité. Comment quelqu’un peut-il être joyeux en voyant une écolière qui se meurt ? Maltraiter de cette façon quelqu’un qui souffre n’est pas moins pernicieux, maléfique que de l‘abattre.

C’est la leçon qu’on tirée les soldats de Tsahal du procès d’Elor Azaria : au lieu d’achever le « terroriste », laissez-le perdre son sang jusqu’à ce qu’il meure tout en le couvrant d’injures. Et ils l’ont fait, non par vengeance pour sa tentative de poignarder un soldat mais parce qu’avant tout c’était une Palestinienne. De toutes évidences, ils ne se seraient jamais comportés ainsi si c’était une fille de colon qui avait essayé de les attaquer.

Ce n’était pas l’attitude d’un individu isolé ; ils sont nombreux dans ce cas. Ce n’était même pas un événement extraordinaire. Ce sont vos soldats, peuple d’Israël ! Quelqu’un devrait le rappeler au chef d’état-major Gadi Eizenkot qui, pour différentes raisons est perçu comme quelqu’un qui se préoccupe de l’image de « Tsahal-armée la plus morale du monde ».

Vous avez cinq enfants, Eizenkot, que penseriez-vous de quelqu’un qui se serait comporté ainsi avec l’un des vôtres ? Qu’est-ce que n’importe quel père ou mère en Israël aurait pensé ? Est-ce que de voir un couteau dans la main d’une écolière désespérée justifie n’importe quelle sorte de comportement ? Et n’apparait-il pas clairement que c’est le fait d’envoyer nos enfants servir dans les Territoires occupés qui les transforme ainsi ?

Si les soldats de ce checkpoint ne sont pas poursuivis et punis, une chose sera alors claire : la barbarie est le vrai code moral qui a cours chez Tsahal.

Gidéon Levy | 04/06/2017

Ntd

[1] Elor Azaria a achevé d’une balle dans la tête Abdel Fattah al-Sharif, un Palestinien qui gisait sur le sol, blessé au cours de son attaque d’un soldat israélien le 24 mars 2016 près de Hébron. Arrêté par la police militaire pour meurtre, Tsahal voulait un procès exemplaire pour redorer son image après la diffusion de la vidéo de l’assassinat, largement relayée sur Internet. Face à une opinion publique israélienne considérant Azaria comme un héros, la justice ne l’a finalement condamné qu’à une peine de 18 mois de prison pour homicide involontaire…

[2] Les 50 ans de la « Guerre des 6 jours » et du début de l’occupation de la Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est et les Hauteurs du Golan syrien.

Article original: http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.793429

Source:.UJFP

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Le gazoduc israélo-européen à venir est un désastre. Par Gilad Atzmon

1 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #La Turquie, #Grèce

Le gazoduc israélo-européen à venir est un désastre

Le gazoduc israélo-européen à venir est un désastre.  Par Gilad Atzmon

Le 7 juin la presse Cypriote a rapporté qu’un grand nombre de forces spéciales israéliennes ont pris part à un exercice militaire conjoint avec les forces chypriotes

La vidéo israélienne suivante montre une brigade de commando israélienne d’élite engagée dans des routines militaires agressives autour de la chaîne de montagnes Troodos de Chypre.

 

 

Comment cela a t’il pu se produire ? Comment est-ce que les Chypriotes, connus pour leur soutien à la cause palestinienne, sont devenus des membres d’une province israélienne ?La réponse: un gazoduc Israël-Europe

Début avril, on a appris la proposition d’un gazoduc sous-marin de 2000 km connectant les champs gaziers de Gaza et de Chypre avec la Grèce et possiblement l’Italie.

L’accord de gazoduc entre Israël, l’Italie, Chypre et la Grèce laisse hors du coup les Turcs et les Palestiniens. Tandis que Gaza doit faire face à une crise énergétique avec son électricité réduite à moins de trois heures par jour ; Israël vise à engranger des milliards de dollars d’une source assez importante de gaz naturel sise sur la côte de Gaza et bel et bien en territoire palestinien, dans les eaux territoriales palestiniennes (en assumant que cela existe…)

Yuval Steinitz, le ministre de l’énergie d’Israël, s’est félicité de ce projet de gazoduc s’attendant à ce qu’il soit opérationnel en 2025 et le qualifiant de “commencement d’une très belle amitié entre nos quatre pays méditerranéens”. Bien entendu, il manque des nations dans cet accord et il est facile de s’apercevoir que tout cela représente une recette pour un désastre: le gazoduc et les installation gazières sont des cibles aisées. La région est une poudrière. Chypre est en train de mettre en péril sa souveraineté. L’île pourrait bien devenir sous peu, le champ de bataille pour quelques entités globalistes sans foi ni loi et sans pitié.

Les dirigeants de Chypre sont en train de comprendre qu’ils sont devenus une province d’Israël s’ils veulent d’un gazoduc qui distribue le gaz naturel volé aux Palestiniens. Et comme révélé dans la vidéo, Chypre est maintenant protégée par son “grand-frère” israélien. Les manœuvres conjointes israélo-chypriotes se sont tenues pour envoyer un message aux Turcs et à qui de droit dans la région quant aux conséquences militaires brutales auxquelles ils devront faire face pour toute intervention dans leur projet de vol de gaz.

Gilad Atzmon | Juin 19, 2017  

Article original:  http://www.gilad.co.uk/writings/2017/6/19/jerusalem-nicosia-and-ww3

Traduit de l’anglais par Résistance

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Selon un rapport des Nations unies, Israël soutient les groupes jihadistes en Syrie. Par Stefano Mauro.

23 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch, #Terrorisme

Selon un rapport des Nations unies, Israël soutient les groupes jihadistes en Syrie

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Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a récemment exprimé ses préoccupations au sujet des contacts entre les soldats de l’armée israélienne et les combattants de différents groupes djihadistes dans le sud de la Syrie (province de Deraa) et dans les hauteurs du Golan.

Dans rapport produit par l’ONU le 8 juin, Antonio Guterres a mis l’accent sur la montée progressive des contacts entre les deux parties, contacts vérifiés par les observateurs de l’ONU situés dans le Golan.

Les observateurs ont documenté au moins 16 rendez-vous entre les forces israéliennes et les milices « rebelles » dans les zones frontalières qui incluent « le mont Hermon, la zone de Quneitra et les hauteurs du Golan » dans la période qui va de mars 2017 jusqu’au mois dernier. Le rapport poursuit en disant que « pour la période entre mars et mai, il y a eu de nombreuses rencontres entre l’armée israélienne et les militants djihadistes, le long de la frontière avec des échanges d’armes, de médicaments et de matériel militaire ».

Ces derniers jours, même le journal Wall Street Journal a rapporté qu’« Israël continue à fournir et à soutenir  différents groupes rebelles engagés dans la lutte contre Assad et ses alliés russes, iraniens et libanais » afin de maintenir une zone tampon près de ses frontières.

Selon le journal étasunien, en 2016, Israël a créé une unité spéciale qui a eu pour mission de distribuer l’aide israélienne aux différents groupes. L’aide consistait en « armes, munitions et salaires à donner aux djihadistes ».

Interviewé par le WSJ, le porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan, ou Chevaliers du Golan, (groupe lié à Al-Qaida), Motassam al Golani, a remercié Tel-Aviv pour avoir combattu à leurs côtés : indirectement, en fournissant armes et, directement, avec l’aviation et le soutien de l’artillerie. Le même Al Golani est venu déclarer que « s’il n’y avait pas Israël, on ne pourrait jamais tenir tête à l’armée syrienne de Bashar Al Assad ».

La chaîne Russia Today (RT) a repris la nouvelle et a interviewé d’autres militants. Le chef d’un autre groupe djihadiste dans le Golan, Abou Sahib, a déclaré : « à titre de commandant, je perçois un salaire annuel de 5 000 dollars versé par Israël ». Au cours de l’entretien, le chef du groupe a indiqué que la collaboration avec Tel-Aviv continue depuis 2013 et a joué un rôle crucial pour continuer à s’opposer à l’armée loyaliste d’Assad dans toute la région, vu qu’« Israël continue d’envoyer des armes et de l’argent pas seulement à notre groupe, mais à tous les groupes rebelles dans le Golan ».

Selon les autorités de Damas, le rapport de l’ONU « confirme ce que nos agences de presse ont longtemps soutenu ». À plusieurs reprises, en effet, les troupes loyalistes avaient confisqué des armes aux rebelles en provenance d’Israël ou avaient documenté le transport des djihadistes blessés dans les hôpitaux israéliens. Damas, dans un communiqué officiel, a ajouté que « les réseaux djihadistes qu’Israël maintient en Syrie, en fournissant des armes, sont les mêmes terroristes qui commettent des attentats en Europe ».

Officiellement, le gouvernement Netanyahou a démenti les accusations sur le financement des groupes takfiristes, les qualifiant comme « fausses ». Il semblerait, cependant, que l’ancien ministre israélien des Affaires militaires, Moshe Yaalon, soit plus crédible. Il y a quelques mois, le ministre avait déclaré que Daesh « avait présenté ses excuses pour avoir attaqué par erreur Israël pour la première fois », en admettant tacitement l’alliance avec des groupes liés à la galaxie salafiste.

 

Source originale: Nenanews

Traduit de l’italien par Stefano Mauro pour Investig’Action

Source: Investig’Action

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Syrie. Fini de jouer ! Rédigé par Observatus geopoliticus 

20 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme, #Daesch

Fini de jouer

19 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Pour la deuxième fois, et sans doute la dernière, la Russie a annulé son accord avec les Etats-Unis sur la prévention d'incidents aériens dans le ciel syrien. On se rappelle qu'une rupture avait déjà eu lieu en avril après la vrai-fausse attaque de tomahawks sur la base de Chayrate, ce qui avait fort troublé le Pentagone à l'époque.

Moscou remet ça et il y a des chances pour que ça dure plus longtemps cette fois. Concrètement, les communications sont coupées avec le Centcom et tout avion US à l'ouest de l'Euphrate sera suivi et considéré comme une cible potentielle. Cela ne signifie pas qu'il sera automatiquement descendu mais les Américains y réfléchiront désormais à deux fois avant de jouer les cowboys du désert. Ils auront les S400 rivés sur eux...

Car, après les trois bombardements de cohortes loyalistes dans le sud de mai-juin autour d'Al Tanaf, c'est une nouvelle provocation états-unienne qui est à l'origine de la crise. Hier, un F18 de l'USS George HW Bush, sis en Méditerranée, a survolé le territoire syrien avec la bénédiction russe (on imagine que le prétexte était le bombardement de positions de l'EI) pour finalement abattre un sukhoi 22 syrien au sud de Tabqa. Ce n'est pas la première fois que l'aigle roule l'ours, c'est peut-être la dernière. Moscou a immédiatement qualifié l'événement d'acte d'agression et logiquement suspendu l'accord.

Pour être tout à fait honnête, le jet en question n'avait peut-être pas décollé pour pulvériser du Daech mais bombardait des positions kurdes, même si les rapports sont contradictoires. Car devant l'inexorable avancée de l'armée syrienne et des milices pro-gouvernementales vers l'est, le système impérial est entré en mode panique et a lancé les Kurdes, désormais à peu près vendus aux intérêts américains et saoudiens (voir le Rojava proto-marxiste faire des ronds de jambe au régime wahhabite fondamentaliste des Seoud n'est pas la moindre des ironies de cette guerre...) Objectif : tenter de bloquer la progression loyaliste qui contourne Tabqa par le sud et ouvre la porte du grand est. De sérieux échanges de tir ont eu lieu.

Peine perdue. Les Tiger forces ne se sont pas arrêtées en si bon chemin et ont enlevé sans coup férir le carrefour stratégique de Resafa, tout près du lieu du crash du jet. Désormais, toutes les routes ou presque mènent à Deir ez Zoor... Avant cela, le saillant daéchique sera scellé puisque des troupes avancent également à partir d'Ithriya pour faire la jonction.

En filigrane : l'arc chiite, évidemment. Cette problématique était l'une des causes majeures de la guerre syrienne et sera à sa conclusion (la question des pipelines pétromonarchiques, elle, a été évacuée). Désormais, la MSN impériale s'en émeut ouvertement.

Et pour bien montrer qu'il est partie prenante de toute cette affaire, l'Iran a déversé à partir de son territoire une volée de missiles à moyenne portée Zolfaqar sur l'EI à Deir ez-Zoor. L'attaque ayant suivi de peu l'incident du sukhoi, il n'aura échappé à personne que le message subliminal s'adressait aux Américains et à leurs supplétifs kurdes et "modérés".

Trois grands fronts loyalistes se mettent en place dans la marche vers la frontière : nord - centre - sud.

Au nord, on l'a vu, l'armée avance rapidement. Plutôt que de se mêler de la bataille de Raqqa, elle serait bien avisée de continuer droit sur Deir ez-Zoor, empêchant par-là même toute retraite aux petits hommes en noir.

Au centre, à partir de Palmyre, la marche est plus lente quoique réelle. La résilience de Daech y est plus forte qu'ailleurs et se concentre désormais devant Soukhna, dernier grand verrou avant Deir ez-Zoor.

Au sud, le magistral blitz a, nous l'avons montré plusieurs fois, coupé l'herbe sous le pied de Washington dont les proxies sont maintenant bloqués dans le désert. L'envoi de batteries de missiles à Al Tanaf peut aussi bien être une opération de com' visant à sauver la face que les prémices d'une dangereuse et absurde escalade voulue par certains Follamour. A voir...

Mattis, le bulldog à cernes du Pentagone, a fait quelques confidences il y a une semaine sur l'offensive éclair Damas-Moscou vers la frontière. Des soldats russes étaient bien présents et les généraux américains ne s'attendaient pas à cela. Dans ce même article du toujours excellent Moon of Alabama, on peut lire que la Russie fait actuellement débarquer en Syrie des équipements de pontage en vue de traverser l'Euphrate.

De fait, des infos non encore confirmées font état d'une progression le long de la frontière syro-irakienne. De l'autre côté, les Unités de Mobilisation Populaire chiites suivent le mouvement (flèches roses) tandis que leurs consoeurs du nord descendent vers le sud. La grande jonction devrait se faire à Al Qaïm, sur l'Euphrate. Jour de deuil à Riyad et à Tel Aviv...

Fait intéressant, l'EI a lancé une attaque surprise contre les kurdes dans le nord-est (rectangle noir). Or, depuis que les "modérés" d'Al Tanaf sont coincés, c'est le seul point sur lequel l'empire pouvait encore appuyer pour tenter d'amincir au maximum le corridor chiite est-ouest. Si l'offensive daéchique prend de l'ampleur, on pourrait assister à un reflux des hommes de paille US vers le nord pendant que les UMP irakiennes et les loyalistes syriens continueraient au contraire leur marche et consolideraient leur prise en main de la frontière.

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Troupes turques Au Qatar.

13 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Les transnationales, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Troupes turques

Par Halil Celik

Mondialisation.ca, 11 juin 2017

 

 

 

 

 

 

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Après qu’une coalition des émirats du Golfe persique dirigée par l’Arabie saoudite a présenté un ultimatum au Qatar, lundi, et a bloqué son économie, le parlement turc a approuvé deux accords militaires avec le Qatar, permettant des déploiements de l’armée turque au Qatar. Les forces turques formeront également la gendarmerie qatarienne.

Dans le cadre d’un accord signé entre Ankara et Doha en 2015, Ankara construit déjà une base militaire au Qatar, où 500 à 600 soldats turcs y seront stationnés. L’installation pourrait accueillir jusqu’à 3000 soldats.

Le projet de loi a été porté au parlement par le parti de la justice et du développement (AKP) en Turquie, juste après que le président turc Recep Tayyip Erdogan ait critiqué les sanctions saoudiennes contre le Qatar. S’exprimant lors d’un dîner du mardi 6 juin, Erdogan a déclaré : « Je veux dire clairement que nous désapprouvons les sanctions contre le Qatar. »

Le projet de loi a été adopté avec 240 voix pour et 98 contre, avec l’appui des députés de l’AKP et du fascisant Nationalist Movement Party (MHP).

Cependant, le parti populaire républicain (CHP) pro-Union européenne (UE) a critiqué le projet de loi pour son « timing ». Le vice-président du groupe parlementaire CHP, Levent Gok, a déclaré que son parti était prêt à soutenir le gouvernement chaque fois que ses politiques profitent aux gens. Il a demandé : « Est-ce que c’était vraiment nécessaire d’élever l’affaire Qatari, du centième au premier rang des priorités ? »

Le gouvernement turc a clairement indiqué qu’il se met du côté du Qatar contre les sanctions diplomatiques et commerciales et la menace d’une intervention militaire de cinq pays arabes : l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Yémen. Ils ont accusé Doha de soutenir le terrorisme et d’avoir une attitude « douce » à l’égard de l’Iran. Les émirats du Golfe avaient déjà rappelé leurs ambassadeurs qui étaient au Qatar en 2014, en raison du soutien de ce pays aux Frères musulmans.

Comme en 2011, quand les forces armées saoudiennes ont envahi le Bahreïn pour intervenir contre des manifestations de masse peu de temps après que les luttes révolutionnaires de la classe ouvrière en Égypte ont renversé Hosni Moubarak, l’Arabie saoudite pourrait intervenir militairement au Qatar si elle avait un soutien tacite de Washington. La décision turque indique cependant clairement qu’une telle intervention pourrait impliquer l’Arabie saoudite dans une confrontation militaire directe avec la Turquie.

Les relations apparemment bonnes de la Turquie avec l’Arabie saoudite et les autres émirats du Golfe se sont considérablement détériorées depuis que Washington et les puissances européennes ont soutenu un coup militaire en Égypte qui a renversé le président Mohamed Morsi. Morsi est membre des Frères musulmans, soutenue par la Turquie et le Qatar.

Le mouvement saoudien contre le Qatar est une extension de l’agression américaine contre l’Iran, visant à fouetter le petit émirat, qui a des liens économiques avec l’Iran, conformément à la politique de Trump sur le Moyen-Orient. Mardi, Trump a écrit sur Twitter : « C’est tellement bon de voir la visite en Arabie saoudite avec le Roi et 50 pays porter déjà ses fruits. Ils ont dit qu’ils prendraient une ligne dure contre le financement de l’extrémisme, et toutes les références indiquaient le Qatar. Peut-être que ce sera le début de la fin de l’horreur de terrorisme ! »

Au cours de son premier voyage à l’étranger en mai, Trump est allé à Riyad et a donné à l’Arabie saoudite son plein soutien, et a accusé l’Iran de soutenir le terrorisme et ajoutant que les États arabes ne devraient pas laisser les « terroristes trouver un sanctuaire sur leurs sols ».

Suite à l’attaque agressive de l’Arabie saoudite contre le Qatar, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a appelé son homologue qatari Khalid bin Mohammad Al Attiyah. Mattis a réaffirmé qu’il n’y avait pas eu de changement dans la coopération militaire entre les États-Unis et le Qatar, dont la base aérienne d’Al-Udeid abrite le siège central du commandement central des États-Unis et quelque 10 000 soldats américains. Néanmoins, un conflit a clairement éclaté sur la politique du golfe Persique entre la Turquie et le gouvernement Trump.

Le danger d’une guerre régionale majeure au Moyen-Orient croît rapidement, au milieu des tensions profondes entre Washington et les puissances européennes sur les politiques de Trump, y compris en Iran, l’intervention de l’OTAN en Syrie et le conflit saoudo-qatari. En passant au soutien du Qatar pour contrer l’Arabie saoudite, Ankara s’appuie, au mimimum, sur l’assentiment tacite des puissances européennes.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a déjà accusé le président des États-Unis de susciter des conflits au Moyen-Orient et de risquer une « nouvelle spirale de vente d’armes », disant que l’isolement du Qatar « est une politique complètement erronée et certainement pas la politique de l’Allemagne ».

Il semble que la Turquie coordonne sa politique avec le président français nouvellement élu, Emmanuel Macron, qui est un allié proche de Berlin. Macron a appelé le dirigeant du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad al-Thani, le lendemain du jour où l’Arabie Saoudite a émis ses menaces et, selon les informations de la presse, a déclaré que la France avait l’intention de maintenir la stabilité dans le golfe Persique et de parler à toutes les parties impliquées. Macron a également téléphoné à Erdogan le même jour pour discuter de la crise dans le golfe Persique.

Les puissances européennes sont à maintes reprises entrées en conflit avec Washington alors qu’elles cherchent à rétablir les relations commerciales avec l’Iran. La société énergétique française Total veut exploiter l’important champ gazier de South Pars, le plus grand du monde, qui est partagé entre l’Iran et le Qatar.

La Turquie et le Qatar ont également hésité à participer au dernier embargo international imposé par Washington à l’Iran en 2008, que la Turquie a enfreint à plusieurs reprises. Pour le moment au moins, la Turquie et le Qatar s’opposent à des sanctions sévères ou à d’éventuelles mesures militaires contre l’Iran, ce qui aurait au minimum un effet dévastateur sur leurs propres économies.

Mercredi, le même jour que les attaques jumelles ont visé le parlement iranien et le sanctuaire de l’Ayatollah Khomeini à Téhéran, le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, a visité Ankara pour échanger ses vues sur les derniers développements dans la région. « Il y a des développements inquiétants dans la région pour nous. Nous devons avoir un échange étroit d’idées avec la Turquie concernant ces incidents », a déclaré Zarif aux journalistes, avant de rencontrer son homologue turc et Erdo&;an.

La garde révolutionnaire iranienne a accusé l’Arabie saoudite et l’administration Trump pour les attentats terroristes, déclarant : « Cette attaque terroriste s’est produite une semaine seulement après la rencontre entre le président américain et les dirigeants arriérés [saoudiens] qui soutiennent les terroristes. Le fait que l’État islamique ait revendiqué sa responsabilité prouve qu’ils ont été impliqués dans cette attaque brutale. »

Le même jour, Reza Nourani, responsable de l’Union nationale des produits agricoles de l’Iran, a déclaré que l’Iran était prêt à fournir au Qatar tous les produits alimentaires dont le pays arabe a besoin. « Compte tenu de l’apparition de tensions dans les relations du Qatar avec les États arabes, il est possible [pour l’Iran] de satisfaire toutes les demandes de produits agricoles du Qatar », a-t-il déclaré.

Selon le journal iranien Tasnim, les négociations entre l’Iran et le Qatar sont en cours et « une décision sur les exportations alimentaires sera finalisée d’ici la semaine prochaine ».

Halil Celik et Alex Lantier

Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 9 juin 2017

La source originale de cet article est wsws.org

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