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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #israel - palestine - moyen-orient tag

Le PDG d’Orange remet les pendules à l'heure israélienne

9 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La paix, #Les transnationales

Stéphane Richard, PDG d’Orange. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Stéphane Richard, PDG d’Orange. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Contre l'avis de toutes les ONG, la France est opposée au boycott d’Israël. Laurent Fabius l'a rappelé. "S’il appartient au président du groupe Orange de définir la stratégie commerciale de son entreprise, la France est fermement opposée au boycott d’Israël", a écrit dans un communiqué le ministre des Affaires étrangères.

 

Stéphane Richard, PDG d’Orange, l'est aussi...désormais. Les pressions ont eu raison de lui. Ce samedi 6 juin, il a remis les pendules à l'heure en déclarant qu'Orange est présent en Israël pour y rester », démentant ainsi tout désengagement. Et au cas où le message ne serait pas entendu, Stéphane Richard a accepté dimanche 7 juin de répondre favorablement à l'invitation du gouvernement israélien de se rendre sur place afin d'« apporter toutes les précisions nécessaires pour mettre un terme à cette polémique et y réaffirmer l'engagement du groupe ».

La polémique était née jeudi dernier alors que le patron d'Orange se trouvait au Caire, en Égypte. M. Richard avait déclaré que, s’il le pouvait, il déciderait dès « demain » le retrait d’Orange d’Israël, semblant faire écho aux appels au boycott lancés contre Israël par les partisans de BDS. Le PDG, ajoutant souhaiter, « dès que cela est possible contractuellement », la fin de l’accord de licence de marque qui lie sa compagnie à l’israélienne Partner.

Dans un rapport publié récemment, des organisations, parmi lesquelles la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), mettaient en cause les profits réalisés par Partner dans les colonies. « Elle a construit et possède une centaine d’antennes sur des terres privées palestiniennes confisquées, offre ses services aux colons et à l’armée israélienne, et tire profit des restrictions à l’économie palestinienne », expliquait le rapport.

Les déclarations de M. Richard ont été perçues en Israël comme une volonté du groupe de quitter le pays. Dans les heures qui ont suivi les propos de M. Richard, les médias israéliens se sont enflammés. Le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a tout de suite exigé une clarification de Paris, qui ne s'est pas fait attendre.

L’affaire Orange s’inscrit dans un contexte plus large, l’isolement d’Israël et la dynamique dont bénéficie le mouvement « BDS », « boycott, désinvestissement, sanctions ». Lancé en 2005 par une centaine d'associations palestiniennes, l'appel BDS a pour objectifs la fin de l’occupation et l’obtention de droits égaux pour les Arabes israéliens. Longtemps, le gouvernement israélien a méprisé ceux qui voulaient porter atteinte à ses intérêts et placer Israël sur le banc des accusés.

L'affaire d'Orange pourrait bien marquer un tournant. Les militants en faveur du boycott en sont persuadés. A voir les réactions du gouvernement israélien, il semblerait que lui aussi...

Nadir Dendoune

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La stratégie occidentale des escadrons de la mort

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Politique étrangère, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Terrorisme

La stratégie occidentale des escadrons de la mort


Le 23 mai 2015 – Source Russia Today

Comment et pourquoi État islamique et al-Qaida sont devenus les troupes de choc de l’impérialisme occidental.

Des membres de EI posent avec McCain. Belle photo de famille n’est ce pas ?

 

L’attentat suicide de vendredi dernier dans une mosquée chiite en Arabie saoudite revendiqué par EI (État islamique), qui a tué 21 personnes, est le résultat amer de la stratégie poursuivie par la Grande-Bretagne, les États-Unis, la France et leurs alliés du Golfe pendant les huit dernières années.

Cette stratégie, qui consiste à encourager le développement de milices anti-chiites, sectaires et très violentes, dans le but de détruire la Syrie et d’isoler l’Iran, étant elle-même une sous-stratégie dans une guerre plus globale qui cherche à affaiblir toute puissance régionale alliée des BRICS pour l’empêcher de se développer et en particulier, pour le moment, la Russie.

Cette stratégie fut d’abord révélée, en 2007, par un article de Seymour Hersh intitulé The Redirection qui montrait comment l’administration Bush collaborait avec les Saoudiens pour fournir des milliards de dollars à des escadrons de la mort sectaires dont le rôle serait de «déclencher des bombes contre le Hezbollah, Moqtada al-Sadr, l’Iran et les Syriens» selon les mots mêmes d’un fonctionnaire américain.

21 morts après l’attentat suicide contre une mosquée chiite en Arabie saoudite, ISIS revendique

D’autres preuves montrant plus précisément comment cette stratégie se développait ont depuis été révélées. La plus récente, datant de lundi dernier, se trouve dans la centaine de pages déclassifiées par la Defense Intelligence Agency (DIA) américaine à la suite de deux années de bataille juridique.

Ces documents montrent que l’apparition d’EI, loin d’être un événement imprévisible sorti de nulle part comme les médias essaient de nous le faire croire, était en réalité attendu et désiré par les États-Unis et leurs alliés, depuis au moins 2012.

Ce rapport de la DIA, à l’époque largement diffusé parmi les différentes agences de sécurité et militaires, note : «Il y a la possibilité d’établir une principauté salafiste, déclarée ou pas, dans l’est de la Syrie et c’est exactement ce que voudraient les puissances qui soutiennent l’opposition [à Assad], de manière à isoler le régime syrien qui est considéré comme fournissant une profondeur stratégique à l’expansion chiite (Irak et Iran).» Et plus loin : «Les puissances qui soutiennent l’opposition [à Assad, NdT]» sont définies comme étant «les pays occidentaux, les états du Golfe et la Turquie».

Autrement dit, une principauté salafiste, c’est-à-dire constituée de militants anti-chiites, était exactement ce que désirait l’Occident pour sa guerre, non seulement contre la Syrie mais aussi contre l’expansion chiite en Irak aussi. Il est même spécifiquement reconnu que «al-Qaida en Irak [le groupe ayant donné naissance à EI] pourrait aussi déclarer un état islamique en réunissant les différentes organisations terroristes opérant en Irak et en Syrie».

Un médecin légiste recherche des preuves sur le site de l’explosion d’une bombe dans une mosquée dans la capitale du Yémen Sanaa le 22 mai 2015. (Reuters / Khaled Abdullah)

La précision de ces documents déclassifiés est étonnante. Ils précisent non seulement que les groupes terroristes soutenus par Londres et Washington en Syrie allaient s’unir avec ceux en Irak pour créer un état islamique mais aussi les dimension exactes de cet état, en reconnaissant que les salafistes, les frères musulmans et al-Qaida en Irak sont les forces principales menant l’insurrection en Syrie et donc que les conséquences d’un tel fait seraient de «créer les conditions idéales pour qu’al-Qaida en Irak retourne à ses racines à Mossoul et Ramadi. »

Mossoul a été prise par EI en juin 2014 et Ramadi vient de tomber cette semaine.

Ces derniers mois, on a vu l’Occident et ses alliés régionaux intensifier fortement leur aide aux escadrons de la mort anti-chiites. En mars, l’Arabie saoudite a commencé à bombarder le Yémen à la suite des avancées des rebelles Houthis (chiites) dans ce pays. Les Houthis, la seule force digne de ce nom à combattre al- Qaida dans ce pays, leur avaient repris des points stratégiques et les menaçaient dans leurs derniers retranchements. C’est alors que les Saoudiens ont commencé leur bombardements, avec l’assentiment américain et anglais. Naturellement, et sans surprise, al-Qaida en a été le principal bénéficiaire, a pu respirer un peu et même reprendre certains territoires perdus comme l’important port de Mukulla, moins d’une semaine après le début des bombardements saoudiens.

Un combattant d’ISIS dans les ruines de Palmyre après la prise de contrôle de la ville

Al-Qaida a aussi marqué des points en Syrie, s’emparant, le mois dernier, de deux villes importantes dans la province d’Idlib, grâce au soutien militaire turc, qatari et saoudien. Parallèlement, la Grande-Bretagne menait la danse pour pousser à une nouvelle intervention militaire en Libye, sous le prétexte d’une «guerre contre la contrebande» qui, comme je l’ai déjà argumenté, finira par renforcer les groupes les plus vicieux impliqués dans ce trafic, c’est-à-dire EI et al-Qaida.

Pourquoi donc cette soudaine impatience de la part de l’Occident et ses alliés de renforcer son aide à al-Qaida/EI ?

A cause de la répulsion grandissante face aux activités de ces escadrons de la mort. Ne correspondant plus à l’image de vaillants résistants contre l’oppression de la dictature Assad tels qu’ils étaient décrits en 2011, leur rôle de troupes de choc dans la stratégie du divise et ruiner ne promettant plus que violence et nettoyage ethnique, était devenu de plus en plus visible. De plus, la période entre mi 2013 et mi 2014 avait été témoin d’un reflux significatif de l’avantage tactique de ces groupes.

Reflux qui a commencé en juillet 2013 avec le renversement du président égyptien Mohamed Morsi à la suite de craintes qu’il n’envoie l’armée égyptienne pour aider la rébellion syrienne. Le nouveau président égyptien a mis un terme non seulement à cette éventualité mais aussi au flux de mercenaires égyptiens vers la Syrie. L’Occident espérait intervenir dans la foulée en effectuant des raids aériens contre le gouvernement syrien, mais les tentatives de s’assurer l’accord iranien et russe n’a mené à rien et ils ont été forcés d’y renoncer.

Puis vint la chute d’Homs en mai 2014 lorsque le gouvernement syrien reprit une place forte des mains des rebelles. Les choses tournaient donc à l’avantage du gouvernement syrien. C’est alors qu’EI entra en scène et avec lui le bon prétexte pour les raids aériens qui n’avaient pu se faire l’année précédente.

Pendant ce temps, en Libye, le parti des escadrons de la mort avait perdu les élections pour la chambre des députés de juin 2014. Leur refus d’accepter cet échec entraina un nouveau chapitre dans le désastre de la Libye post-Kadhafi car ils mirent en place un pseudo gouvernement rival à Tripoli et lancèrent une guerre contre le parlement légitime. Pourtant, en conséquence du massacre d’Égyptiens par EI en Libye, l’Égypte apporta son soutien aérien au gouvernement légitime. Elle envisage même un soutien terrestre.

Perdant du terrain au Yémen, en Libye, en Égypte et en Syrie, toute la stratégie occidentale d’utilisation de salafistes armés comme outil de déstabilisation commençait à perdre de son efficacité. Dieu merci, certaines personnes à certains postes continuent à faire des plans, ceux de EI.

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone

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Pourquoi tolère-t-on le vandalisme de Daech ? Palmyre, Ninive … Daech et la légende de Gilgamesh.

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #L'OTAN., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La guerre

Pourquoi tolère-t-on le vandalisme de Daech ?

Ce vandalo-daechisme a commencé en fait avec le musée de Bagdad et le site de Babylone en 2003 que les USA avaient sur leurs listes fournies par l'UNESCO juste avant leur agression. ...Ils sont entrés dans la ville, ont protégé le ministère du pétrole mais ont laissé entrer au musée des vandales qui ont détruit quelques oeuvres pour la télé et pillé les autres ...qui se sont retrouvées sur le marché noir mondial des antiquités. Même chose ensuite en Libye puis en Irak, au Mali et en Syrie avec Daech et les autres abrutis hypocrites. Daech détruit les pays de vieille culture au profit des nouveaux riches parvenus américano-saoudites, il vandalise quelques oeuvres pour la télé et les films d'horreur, et écoule sur le marché noir mondial à prix cassé, les autres antiquités et le pétrole.

Privatisation des antiquités pour le marché mondialisé avec concurrence libre et non faussée i Daech et les autres tueurs néo-islamistes décervelés, c'est la franchise des USA et d'USraël dans la région arabe. En un jour Gaza a été plus bombardée que Daech en un an ! Alors l'hypocrisie a assez duré ! Daech, c'est USA/USraël/OTAN ! ...Il est vrai les Saoud mis au pouvoir par les Anglais avaient déjà commencé en détruisant le patrimoine historique de La Mecque et Médine...et maintenant en bombardant les vieilles mosquées datant de la période prophétique et les mausolées du Yemen.

Palmyre, Ninive … Daech et la légende de Gilgamesh

 

par Ahmad Ben Saada (Universitaire-Canada),

avec l’aimable autorisation de l’auteur et de la revue Afrique Asie (afrique-asie.fr)

La prise de la ville antique de Palmyre (Syrie), le 21 mai 2015, par l’État "islamique" trois mois après la destruction des vestiges de la cité biblique de Ninive (Irak) pose le problème de la conformité de la stratégie de Daech avec les prescriptions religieuses musulmanes notamment en ce qui concerne le legs ante-islamique.

Retour sur cette question avec l’universitaire algérien Ahmad Ben Saada (Canada)

 

La démolition n’est que l’apanage des déprédateurs, des faibles et des insignifiants.

Les compagnons du prophète appréciaient se reposer sous l’ombre des monuments pharaoniques.

«Je remercie Allah de m’avoir créé aveugle de sorte que je ne vois pas vos horribles faces.» Taha Hussein

À force de chercher l’immortalité, Gilgamesh trouva finalement la sagesse.

 

Elle est longue, la liste des dignitaires musulmans, religieux ou politiques, qui, tout au long de l’Histoire, ont contribué à découvrir et sauvegarder les trésors des cultures préislamiques, patrimoine de l’humanité. En les détruisant, les "djihadistes" détruisent leur propre identité. «Je vais présenter au monde celui qui a tout vu/ Connu la terre entière, pénétré toutes choses/ Et partout exploré tout ce qui est caché» Épopée de Gilgamesh.

 

Selon la légende, Gilgamesh était un roi terrible, sanguinaire et cruel. Mû par le désir de se mesurer au monde entier, il était impitoyable pour ses adversaires. Ce sadique souverain n’était qu’un vil tyran qui prenait plaisir à opprimer son peuple au point d’abuser de toute nouvelle mariée la nuit de ses noces. Se voulant l’égal des Dieux, Gilgamesh a longtemps poursuivi sa quête vers l’immortalité, mais en vain…

Cette histoire, «aussi vraie que le ciel est peuplé d’oiseaux et que la mer de poissons» (1), nous est parvenue par-delà les âges, sans prendre une seule ride. La plus vieille œuvre littéraire de tous les temps, gravée en caractères cunéiformes sur une douzaine de tablettes en argile.

Ce joyau de la littérature assyrienne et humaine qui date, selon les spécialistes, du XVIIIe siècle av. J.-C., fut découvert en 1853 au milieu d’une collection de près de 25.000 tablettes d’argile qui constituait la bibliothèque du roi Assurbanipal (VII siècle av. JC) .

La découverte a été réalisée lors de fouilles dirigées par Hormuzd Rassam, le plus célèbre des archéologue irakien, sur le site de l’antique Ninive, dans la banlieue de l’actuelle Mossoul. C’est d’ailleurs dans cette ville du nord de l’Irak qu’est né Rassam, dans une famille chrétienne de père irakien (né à Mossoul) et de mère syrienne (née à Alep). Avec une telle ascendance, Rassam aurait été un parfait citoyen de Daech (acronyme de «Dawla Islamiya fil Iraq wa bilad as Cham») ou, en français, l’État islamique en Irak et au Levant, le Levant (ou Cham) correspondant à l’historique «Grande Syrie». Pour autant, cependant, que les bourreaux de Daech lui aient laissé la vie sauve, car il aurait été certainement doublement jugé pour hérésie: de par sa confession chrétienne et, surtout, pour sa passion envers Ishtar, déesse assyrienne.

Les différentes fouilles menées par Hormuzd Rassam ont permis de mettre au jour plusieurs autres trésors du génie humain, dont le célèbre Cylindre de Cyrus (539 av. J.-C.) qui est considéré comme la «première charte des droits de l’homme». En 1971, ce document gravé sur un cylindre d’argile a été traduit par l’ONU en chacune de ses six langues officielles (2).

Rassam a été initié à l’assyriologie par l’illustre archéologue anglais Austen Henry Layard dont les importantes recherches à Ninive furent consignées dans Les Ruines de Ninive (Nineveh and its Remains, 1849), un vrai best-seller en son époque. Notons que ce grand cunéiformiste a fait ressurgir de la nuit des temps Nimrud (l’antique Kalhu), ville située à une trentaine de kilomètres de Mossoul.

En plus d’inestimables trésors archéologiques, Layard y découvrit la plus ancienne lentille optique jamais fabriquée de main d’homme. Cette lentille datant d’environ 3.000 ans fut examinée par l’éminent physicien écossais David Brewster. Après une minutieuse analyse, le physicien en donna une description détaillée et déclara que l’objet devait être considéré «comme destiné à être utilisé comme une lentille soit pour grossir ou pour concentrer les rayons du soleil». (3)

Que penser alors des actes barbares et «culturicides» de Daech et ses nervis? Peut-on réellement imaginer la construction d’un quelconque «État» sur les décombres des vestiges archéologiques de son propre peuple? Ou en coupant des têtes humaines et en brisant celles en pierre? Ceux-là mêmes qui veulent faire disparaître l’immense culture assyrienne ne se comportent-ils pas pire que le sanguinaire Gilgamesh?

La démolition au bulldozer du site de Nimrud ou à la massue des sculptures du musée de Mossoul est plus qu’un signe d’inculture: c’est la manifestation d’une vision rétrograde de l’être humain et de sa formidable créativité. Il faut se le dire: contrairement à l’édification, la démolition n’est que l’apanage des déprédateurs, des faibles et des insignifiants. Cette folie destructrice qui défie le bon sens est d’autant plus choquante qu’elle se déroule au cœur du croissant fertile, berceau de la civilisation humaine. Tout proche de cette ville de Mossoul d’où étaient importés vers l’Europe ces riches tissus de soie et d’or auxquels Marco Polo donna le nom de «mousseline» (originaire de Mossoul) [4].

Mossoul où est né l’immense Ziryab (789-857), un des fondateurs de la musique arabo-andalouse qui, tout jeune, émerveilla le calife abbasside Haroun al-Rachid. Vers 822, sous le règne de son fils le calife Al-Mamoun (786-833), Ziryab se rendit à Cordoue (Andalousie) où il fut accueilli avec honneur par l’émir Abderrahmane II (792-852).

Il y créa le premier conservatoire de musique d’Europe, révolutionna le chant, la musique ainsi que la mode, le raffinement et les bonnes manières, contribuant de manière incontestable à l’essor sans précédent de la civilisation arabo-musulmane dans le monde (5). De qui donc tiennent ces gens qui se sont installés à Mossoul et qui ont poussé l’offense jusqu’à dynamiter la mosquée du prophète Younes (AS), où se trouve la tombe de ce prophète connu de tous les gens du Livre (6)?

Nombre d’observateurs relient avec raison ces destructions avec celle des bouddhas de Bamiyan perpétrée en 2001 par les talibans afghans, ou celle des mausolées musulmans rasés en 2012 à Tombouctou (Mali) par le mouvement "djihadiste" Ansar Eddine (7).

Et cela aurait pu être pire. En 2012, sous l’administration du président Morsi issu de la confrérie des Frères musulmans, Morjan Salem al-Johary, un leader islamiste égyptien, avait demandé «la destruction du Sphinx et des pyramides de Giza» (8). Et des questions se posent: pourquoi les vestiges archéologiques pharaoniques sont-ils encore actuellement debout, alors que l’Égypte est islamisée depuis le VIIe siècle? Comment se fait-il que tous les dirigeants musulmans qui se sont succédés à la tête de l’Égypte, à commencer par Amr ibn al-As, son premier gouverneur, aient préservé cet inestimable patrimoine de l’humanité? Pour Al-Johary (et probablement pour tous les "djihadistes"), la réponse est simple: les vestiges étaient pratiquement couverts de sable et, à l’époque, il n’existait pas de moyens de destruction efficaces (sic!).

Ce qui est pratiquement faux dans la mesure où même si certains vestiges étaient enfouis sous le sable, les plus imposants ont toujours été visibles, même partiellement. D’ailleurs, les premières fouilles des pyramides sont attribuées au calife Al-Mamoun dont les ouvriers réussissent à pratiquer, en 820, la première ouverture de la grande pyramide de Khéops encore utilisée de nos jours (9). Ajoutons à cela que l’historien, médecin et philosophe arabe Abd al-Latif al-Baghdadi (1162-1321) fit une description détaillée des vestiges pharaoniques. Dans son ouvrage Relation de l’Égypte, considéré comme une des premières œuvres d’égyptologie, il donna moult détails sur la tête du Sphinx, son corps étant à l’époque enseveli sous le sable (10).

Okasha el-Daly, professeur d’archéologie à l’University College de Londres, précise au sujet d’Abd al-Latif qu’il était bien conscient de la valeur de monuments anciens pour étudier le passé et qu’il exprima son admiration à l’égard des dirigeants musulmans pour la préservation et la protection des artefacts et des monuments préislamiques
(11).

De son côté, l’historien égyptien Ahmed al-Makrizi (1364-1442) explique que la mutilation visible actuellement sur le visage du Sphinx est due à un fanatique soufi du nom de Mohammed Saim al-Dahr. Cet incident a été daté par Al-Makrizi vers 780 de l’hégire, c’est-à-dire entre le 30 avril 1378 et le 18 avril 1379 (12). Selon un récit rapporté par l’historien et islamologue allemand Ulrich Haarmann, Al-Dahr fut lynché par les habitants des environs, courroucés par son acte sordide. Ils l’enterrèrent par la suite près du monument qu’il avait saccagé (13).
Cette histoire confirme que non seulement il était possible de détruire les vestiges archéologiques, mais aussi que la population locale ne permettait pas qu’on vandalise impunément ce patrimoine historique.

En plus d’Abd al-Latif et Al-Makrizi, d’autres historiens arabes se sont intéressés aux trésors de l’archéologie égyptienne et en ont donné des descriptions détaillées, non sans une pointe d’émerveillement. Citons, par exemple, Al-Idrissi (mort en 1251) qui a étudié les pyramides de manière systématique et qui a minutieusement décrit l’intérieur de la grande pyramide quatre siècles avant l’astronome anglais John Greaves (1602-1652), qui ne la présenta à l’Occident qu’en 1646, dans son célèbre livre Pyramidographia (14). Et pour contredire les illuminés de Datcha, les dynamiteurs talibans, les démolisseurs d’Ansar Eddine et les "djihadistes" de l’engeance d’Al-Johary, Al-Idrisi mentionna que non seulement les Sahabas (compagnons du prophète Mohamed – SAWS) ne se sont pas attaqués aux monuments pharaoniques, mais qu’ils appréciaient se reposer sous leurs ombres (15).

Il faut reconnaître aussi qu’à travers les siècles, l’ombre des pyramides n’a pas corrompu l’islamité de l’Égypte, bien au contraire. Le «don du Nil» compte actuellement des milliers de mosquées et, surtout, la plus prestigieuse des institutions académiques dédiées aux sciences islamiques du monde, l’université Al-Azhar du Caire (fondée au Xe siècle).

Parmi les innombrables et éminentes personnalités formées par cette vénérable institution, il est intéressant de citer le «doyen de la littérature arabe», Taha Hussein. Aveugle dès son plus jeune âge, il est considéré comme un des plus importants intellectuel arabe du XXe siècle. Après avoir été écarté de son poste comme doyen de la faculté des lettres de l’université du Caire, il y revint en 1936 porté triomphalement à son bureau par des étudiants nationalistes.

Opposés à son retour, des étudiants islamistes scandèrent des slogans belliqueux, le traitant de «doyen aveugle». Il leur répondit: «Je remercie Allah de m’avoir créé aveugle de sorte que je ne vois pas vos horribles faces» (16).

En février 2013, le mémorial de Taha Hussein fut vandalisé dans la ville d’Al-Minya, et son buste a été arraché de son socle. Le forfait a été naturellement attribué aux islamistes égyptiens auprès de qui il n’a jamais été en odeur de sainteté, même de nos jours (17). Après s’être mesuré à toutes les forces de la nature, Gilgamesh se rendit à l’évidence de son inéluctable mortalité. Lui qui se voulait l’égal des dieux comprit que, pour atteindre la gloire éternelle, il fallait réaliser de grandes œuvres humaines. Ainsi, à force de chercher l’immortalité, Gilgamesh trouva finalement la sagesse.

Il est clair qu’aucun mémorial ne sera jamais érigé à la mémoire des coupeurs de têtes et des fossoyeurs de l’Histoire comme Daech et consorts, car, contrairement à Gilgamesh à la fin de son périple, ils se sont cantonnés dans des recoins de l’humanité, trop éloignés de la sagesse, de la vérité et de la sapience.

Leur seule contribution sera probablement de remplacer le mot «vandalisme» par «daechisme». Il va sans dire que le «daechisme» n’a pas pu apparaître et se développer comme une tumeur maligne à croissance fulgurante sans le soutien, l’aide et la connivence des pays occidentaux et arabes, ainsi que ceux voisins de la Syrie et de l’Irak.

Mais ça, c’est une autre histoire…

A propos
  • Ahmed Bensaada, Docteur en physique, enseignant et essayiste, est l’auteur de « Arabesque américaine: le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe » (2011), et coauteur de « La face cachée des révolutions arabes » (2012). Lauréat du prix du Premier Ministre du Canada pour l’excellence dans l’enseignement, il est aussi auteur et coauteur de nombreux ouvrages pédagogiques pour l’enseignement des sciences.
Références
  1. Jean Massin, Don Juan, Éd. Complexe, Bruxelles (1993), p. 85.
  2. Jacques Poulain, Hans-Jörg Sandkühler, Fathi Triki, Justice, droit et justification: perspectives transculturelles, Éd. Peter Lang (2010), p.146.
  3. Sir Austen Henry Layard, Discoveries Among the Ruins of Nineveh and Babylon, Éd. Harper & brothers (1871), p.167.
  4. Philippe Menard, Marco Polo. Le Devisement du monde, Tome 1, Librairie Droz (2001), p.197.
  5. FSTC «Limited, Ziryab, the Musician, Astronomer, Fashion Designer and Gastronome, Muslim Heritage», http://www.muslimheritage.com/article/ziryab-musician-astronomer-fashion-designer-and-gastronome.
  6. Nasma Réda, «Le Patrimoine irakien crie au secours», Al-Ahram Hebdo, 13 août 2014, http://hebdo.ahram.org.eg/NewsContent/1037/32/97/6601/Le-patrimoine-iraqien-crie-au-secours.aspx.
  7. Le Monde, «Mali: les islamistes rasent trois mausolées près de Tombouctou», 18 octobre 2012. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/10/18/mali-nouvelle-destruction-de-mausolees-par-les-islamistes-a-tombouctou_1777726_3212.html
  8. Cavan Sieczkowski, «Murgan Salem al-Gohary, Egyptian Jihadist, Wants Pyramids and Sphinx Destroyed», The Huffington Post, 13 novembre 2012, http://www.huffingtonpost.com/2012/11/13/pyramids-sphinx-destruction-murgan-salem-al-gohary-egyptian-jihadist_n_2121446.html?utm_hp_ref=religion.
  9. Giza Pyramid, «A Picture Tour of the Great Pyramid of Giza», http://www.gizapyramid.com/newtour2.htm.
  10. Abd al-Latif al-Baghdadi, Relation de l’Égypte, traduction française, Imprimerie impériale, Paris (1810), pp.179-180.
  11. Okasha el-Daly, Egyptology: The Missing Millennium: Ancient Egypt in Medieval Arabic Writings, Éd. Routledge (2004), p. 10.
  12. Al-Makrizi, Description topographique et historique de l’Égypte, traduction française, Éd. Ernest Leroux, Paris (1895), pp.352-353.
  13. Ulrich Haarmann, «Regional Sentiment in Medieval Islamic Egypt», The University of London’s Bulletin of the School of Oriental and African Studies (BSOAS), vol.43 (1980) p. 55-66, http://journals.cambridge.org/action/displayAbstract?fromPage=online&aid=4120372.
  14. Peter J. Ucko et T. C. Champion, The Wisdom of Egypt: Changing Visions Through the Ages, Éd. Cavendish, Londres (2003), pp. 44-45.
  15. Caleb Heart Iyer Elfenbein, Differentiating Islam: Colonialism, Sayyid Qutb, and Religious Transformation in Modern Egypt, Éd. ProQuest, Ann Harbor (2008), p.126.
  16. Djaber Asfour, «Un feuilleton qui mérite le respect (2)», Al-Ahram, 19 septembre 2011, http://digital.ahram.org.eg/articles.aspx?Serial=639076&eid=444.
  17. Nevine El-Aref, «Is nothing sacred now?», Al-Ahram Weekly, 21 février 2013, http://weekly.ahram.org.eg/News/1533/17/Is-nothing-sacred-now-.aspx.
Version en espagnol

Madaniya - Civique et citoyen. Madaniya s'honore de la responsabilité d'abriter au sein de sa rédaction des opposants démocratiques en exil en provenance des pays du Golfe, dont la contribution se fera, pour des raisons de sécurité, sous le sceau de l'anonymat, par le biais de pseudonyme. Ce site se veut un lanceur d’alerte. Il nourrit l’ambition d’assumer la fonction d’un vigile. Dénoncer et combattre l’instrumentalisation de la religion comme arme de combat politique. Prôner la neutralité de l’Etat, de même que la séparation de la religion de l’Etat. Réclamer un statut civil identique à l’ensemble des concitoyens. Promouvoir la citoyenneté et non l’appartenance communautaire.
Pour aller plus loin
Illustration

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Temple_of_Bel,_Palmyra_15.jpg

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Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition?

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #L'OTAN., #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Terrorisme

Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition?

Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition?

FIGAROVOX/TRIBUNE –

L'État islamique s'est entièrement emparé de Palmyre ce jeudi.

Hadrien Desuin, dénonce l'inaction de la coalition qui préfère sacrifier la cité antique plutôt que d'apporter son concours à Bachar al-Assad.

Ancien élève de l'École spéciale militaire de St-Cyr puis de l'École des officiers de la Gendarmerie nationale, Hadrien Desuin est titulaire d'un master II en relations internationales et stratégie sur la question des Chrétiens d'Orient, de leurs diasporas et la géopolitique de l'Égypte, réalisé au Centre d'Études et de Documentation Économique Juridique et social (CNRS/MAE) au Caire en 2005. Il a dirigé le site Les Conversations françaises de 2010 à 2012. Aujourd'hui il collabore à Causeur et Conflits où il suit l'actualité de la diplomatie française dans le monde.

Le 13 mai, l'offensive de l'État islamique débutait à Palmyre, carrefour névralgique du désert syrien et vestige antique d'une civilisation bel et bien disparue. Deux grosses larmes de crocodiles ont coulé sur les joues de Laurent Fabius et François Hollande. Une semaine plus tard, une contre-offensive djihadiste fait reculer l'armée syrienne fidèle à Bachar Al-Assad. Laquelle doit céder à nouveau le nord de la ville après l'avoir repris quelques heures. Les combats continuent, pourtant la coalition anti-Daesh emmenée par les occidentaux détourne pudiquement le regard.

Les combats continuent, pourtant la coalition anti-Daesh emmenée par les occidentaux détourne pudiquement le regard.

Elle continue de bombarder avec succès les positions djihadistes face aux kurdes, hier à Kobané et aujourd'hui à Hassaké, mais Palmyre l'indiffère. Quelques raids aériens bien guidés auraient pu stopper net les colonnes du Djihad. Mais parce que ce sont des alaouites qui résistent à la barbarie, rien ne sera fait.

L'indignation de la communauté internationale est unanime, la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova s'active pour sauver Palmyre. Jack Lang, président de l'institut du monde arabe, a pris les accents des soldats de l'an II sur Europe 1: «il faut massacrer ces massacreurs et sauver Palmyre!» Décidément ses camarades font peu de cas de nos racines gréco-latines. La culture n'a pas d'importance quand les «méchants» la défendent. Comme si l'Occident ne parvenait pas à sortir de son manichéisme pour prendre la moins mauvaise des solutions.

Cette indignation stérile s'explique aisément: la bataille de Palmyre remet en cause le dogme de l'alliance tacite entre Bachar et l'EI. C'est le conte que rabâche depuis quatre ans les chantres de «l'opposition syrienne»: Bachar et l'EI sont alliés, ils sont les deux têtes d'un même hydre bicéphale. Tandis que des combats opposent depuis des années les troupes loyalistes aux soldats du califat à Der Ez Zor, à Damas et ailleurs; tout est fait pour minimiser sinon effacer la part que prend l'armée loyaliste dans la lutte contre Daesh.

Cette indignation stérile s'explique aisément: la bataille de Palmyre remet en cause le dogme de l'alliance tacite entre Bachar et l'EI.

Une fable qui cède le plus souvent à la facilité complotiste: l'EI est une créature de Bachar Al-Assad. Conclusion imparable des derniers rêveurs du printemps arabe: pour vaincre Daesh, il faut renverser Bachar. Et si, après Palmyre, c'était l'État islamique qui renversait Bachar, le maître de Damas serait-il encore coupable?

Parce qu'on préfère sacrifier un pan entier de notre civilisation plutôt que de donner une victoire à Bachar, rien ne sera fait pour sauver Palmyre.

Soucieuse de se montrer réactive, la diplomatie française se hâte lentement. Elle a décidé de prendre une initiative bien de chez nous; Ses partenaires internationaux, dont John Kerry, sont invités le 2 juin à Paris, pour une réunion. Mais que sera Palmyre dans douze jours? Il suffit d'un ordre pour modifier la trajectoire de nos aéronefs qui bombardent l'EI de l'autre côté de la frontière syrienne. On voudrait enterrer Palmyre discrètement qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Parce qu'on préfère sacrifier un pan entier de notre civilisation plutôt que de donner une victoire à Bachar, rien ne sera fait pour sauver Palmyre. Dans une quinzaine de jours, quand nos diplomates se réuniront au quai d'Orsay, les ruines fumantes de la ville porteront d'autres stigmates que celles du temps, celles de la furie et de l'indifférence des hommes, celles des duels d'artillerie. Une deuxième fois, et quelque soit le vainqueur, Palmyre sera détruite.

Hadrien Desuin

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Vladimir Poutine propose d’offrir son aide militaire à l’Irak pour combattre l’Etat islamique

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme

Vladimir Poutine propose d’offrir son aide militaire à l’Irak pour combattre l’Etat islamique

Le 22 mai 2015

Vladimir Poutine propose d’offrir son aide militaire à l’Irak pour combattre l’Etat islamique
MOSCOU – La Russie a offert son aide militaire à l’Irak afin de combattre les djihadistes de l’Etat islamique qui ont enregistré ces derniers jours plusieurs succès sur le terrain, notamment à Ramadi dans l’ouest irakien, mais également en Syrie avec la prise de Palmyre.

Cette proposition a été faite par Vladimir Poutine au Premier ministre irakien chiite Haïdar al Abadi lors d’une visite de ce dernier à Moscou, jeudi.

Les avancées de l’Etat islamique ont mis en lumière les limites des frappes aériennes menées en Irak et en Syrie par des coalitions internationales sous commandement américain.

« Nous élargissons notre coopération dans le domaine de la technologie militaire », a déclaré le président russe en préambule aux entretiens avec Abadi au Kremlin.

Vladimir Poutine a rappelé que l’Iran était « un partenaire ancien et fiable dans la région ».

« Nos relations se développent avec énormément de succès. Nos entreprises travaillent dans votre pays et nous parlons d’investissements se chiffrant en milliards de dollars », a poursuivi le chef de l’Etat russe.

La présence d’entreprises russes impliquées dans l’économie irakienne date de plusieurs décennies, à l’époque où Saddam Hussein dirigeait le pays.

Moscou s’était opposé à l’intervention militaire américaine en 2003 qui avait conduit à la chute du dirigeant irakien et ouvert une ère de troubles violents.

S’exprimant avant l’entrevue entre Abadi et Poutine, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait précisé que la Russie allait mettre en oeuvre tous ses efforts pour vaincre l’Etat islamique.

« Nous travaillons à développer des relations dans tous les domaines, y compris la coopération militaro-technique, la coopération économique et la coopération dans les secteurs du pétrole et du gaz », a dit Lavrov.

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Syrie : la cité antique de Palmyre sous la menace de l'Etat islamique... "Nous prions Dieu que l'armée syrienne les repousse."

16 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Culture, #Daesch, #Terrorisme, #ISIL, #La France, #La République, #La nation ., #Politique étrangère

Publié par Jean Lévy

pour y constater les dégâts entraînés par les combats. Certaines colonnes ont été abîmées par des tirs de roquette" lors de combats en fin d'année dernière, raconte le directeur du musée de Palmyre, Khalil Al-Hariri. Une route a déjà été ouverte par l'armée au milieu du site, et dans la nécropole, plusieurs tombeaux ont été endommagés.

 

 

 

 

 

 

 

Placé en 2013 dans la liste du patrimoine en péril

La valeur historique de cette oasis, située à environ 240 km au nord-est de Damas, est inestimable, car elle abrite les ruines monumentales d'une grande cité qui fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique. Son architecture unit les techniques gréco-romaines aux traditions locales et aux influences de la Perse."Le site a déjà souffert de quatre années de conflit, du pillage. Il représente un irremplaçable trésor pour le peuple syrien et pour le monde", précise la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova.

La cité antique de Palmyre (Syrie), le 14 mai 2014. 

La cité antique de Palmyre (Syrie), le 14 mai 2014.  (JOSEPH EID / AFP)

 

Aujourd'hui nommé Tadmor, ce site a été placé en 2013 sur la liste de l'Unesco du patrimoine mondial en péril. La progression des terroristes n'augure rien de bon. Par le passé, plusieurs vidéos de propagande ont été diffusées par l'Etat islamique, dans lesquelles des militants mettent à sac les cités historiques de Ninive, Nimrod, Hatra ou encore de Khorsabad. "Nous savons ce qu'ils vont faire. L'expérience l'a montré (...), il y aura un crime s'ils s'en emparent", a prévenu Maamoun Abdoulkarim.

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« Révolution colorée » en Macédoine: un moyen de saper le Turkish Stream?

14 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #Europe supranationale, #Grèce, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #le nazisme

« Révolution colorée » en Macédoine: un moyen de saper le Turkish Stream?

« Révolution colorée » en Macédoine: un moyen de saper le Turkish Stream?

Selon un expert serbe, l’attaque terroriste contre la Macédoine ferait partie de la politique américaine appelée à exercer des pressions sur l’Europe.

L’escalade de la violence en Macédoine serait un moyen américain de saper la réalisation du projet de gazoduc Turkish Stream destiné à transporter du gaz russe en Turquie et en Europe, a déclaré mardi à Sputnik l’analyste politique serbe Dusan Prorokovic.

Les événements de Kumanovo « sont plutôt liés au gazoduc Turkish Stream et à la défaite des Etats-Unis en Ukraine qu’aux missions régionales albanaises. On instrumentalise les Albanais pour entraver la construction du Turkish Stream et exercer des pressions américaines sur l’Europe en provoquant un nouveau conflit dans les Balkans. L’idée d’une Grande Albanie redevient populaire, mais elle restera +lettre morte+ sans le soutien de l’Otan », a noté M.Prorokovic.

Les combats dans la ville macédonienne de Kumanovo, à la frontière avec le Kosovo, ont fait neuf morts dont un civil et huit policiers, et plus de 40 blessés dont 37 policiers les 9 et 10 mai derniers. Les autorités macédoniennes ont déclaré que le groupe armé qui a attaqué Kumanovo avait été dirigé par cinq Kosovars et que les terroristes préparaient une série d’attaques contre des édifices publics, des usines et des civils. Selon la police macédonienne, les assaillants de Kumanovo étaient des anciens membres de l’Armée de libération du Kosovo (UCK).

« Les Albanais ne sont ici qu’un instrument, ces événements ont une portée plus globale. La ville de Kumanovo a été retenue pour sa situation géostratégique. Cet endroit permet d’étendre le conflit vers le sud de la Serbie. Cette ville se trouve aussi non loin du Kosovo-Metohija qui peut servir de lieu d’organisation logistique de ces opérations », a ajouté l’expert.

Selon M.Prorokovic, « on n’a pas procédé à la démilitarisation de l’UCK ni au Kosovo ni en Macédoine, bien que ce soit un point clé de l’accord de 1999 de Kumanovo qui a mis fin à l’agression de l’Otan contre la Yougoslavie. La communauté internationale n’a donc pas réalisé sa mission. Les services secrets occidentaux n’ont pas réagi à l’attaque du 9 mai dernier à Kumanovo. Cela montre que ces événements répondaient à leurs intérêts ».

Le maire de Kumanovo, Zoran Damjanovski, a déclaré à Sputnik que les autorités avaient reçu des avertissements sur la préparation de l’attaque contre la ville dix jours avant l’incident. « Il y a un mois, nous avons appris que des terroristes avaient attaqué un poste de contrôle à Lipkovo (…). Nous avons appris que des gens en uniforme se promenaient dans la ville et les policiers en étaient informés. C’est leur zone de responsabilité et ce sont eux qui doivent répondre de comment l’attentat de Kumanovo a été organisé. Mais les mobiles des terroristes ne sont pas clairs. Ils n’ont formulé aucune revendication. Il s’agit d’une organisation qui ne bénéficie de soutien d’aucun parti macédonien ni d’aucun pays voisin », a indiqué M.Damjanovski.La Russie a exprimé sa préoccupation suite à l’incident armé de Kumanovo. « Nous sommes préoccupés par les manifestations antigouvernementales en Macédoine. Les mesures prises par les organes judiciaires et les autorités permettent d’éviter l’escalade des violences. Mais le fait que plusieurs mouvements et ONG d’opposition soutenus par l’Occident ont opté pour la +logique de la rue+ et le scénario de la +révolution colorée+ est lourd de conséquences. Ce choix peut être aggravé par les tensions interethniques en Macédoine, un pays multiethnique, et dans les pays voisins qui ont été le théâtre de conflits sérieux à la fin des années 1990 et au début des années 2000″, a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

http://fr.sputniknews.com/international/20150512/1016047668.html#ixzz3a02gmXE6

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François Hollande au pays des terroristes

14 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #le nazisme, #AMERIQUE, #L'OTAN.

François Hollande au pays des terroristes

10685365_1002985329712533_5323365430269085093_nFrançois Hollande a donc fait une petite visite en Arabie Saoudite et au Qatar. Il aurait même été autorisé à prendre la parole devant l’assemblée des pays du Golfe. Mais ce même François Hollande a refusé sa présence à la commémoration à Moscou de la victoire contre le nazisme, au motif d’une soi-disant agression de la Russie en Ukraine. C’est donc qu’il choisit ses destinations avec soin en mettant en avant des motivations politiques, voire idéologiques !

Il faut donc bien chercher les motivations intimes qui président à ce voyage. On dit que ce sont les affaires, la vente des fameux Rafale, la perspective de contrats de centrales nucléaires et d’autres choses encore. Bref, il serait motivé par « l’emploi en France ». Balivernes ! Le même « homme d’affaires » refuse la livraison de bateaux commandés et payés par la Russie pour des motifs fumeux et applique des « sanctions » qui mettent en difficulté ce même emploi en France ! Là encore, il y a un choix politique !

Notre président est donc ravi de se trouver au pays des terroristes. C’est son choix… Mais ceux qui, actuellement, bombardent le Yémen, arment en matériels de guerre et en idéologie les terroristes de Daesh, Al-Qaïda et autres barbares sont alors ses amis. Tout comme ceux qui, d’ailleurs, détruisent l’Irak et la Syrie avec une sanguinaire violence…

Ce François Hollande vient nous expliquer qu’il fait la guerre au terrorisme mais, dans les faits réels, il le soutient. La guerre qu’il mène en réalité est une guerre contre les peuples, à commencer contre son propre peuple, le peuple de France, où il organise une surveillance généralisée pour se préparer à frapper.

Il dit porter les valeurs des droits de l’homme, de la démocratie et de l’égalité entre les hommes et les femmes. Mais où sont les droits de l’homme, la démocratie et l’égalité hommes-femmes en Arabie Saoudite, au Qatar ou dans les autres pays du Golfe ? En Arabie Saoudite, on décapite au sabre ! Selon l’hebdomadaire L’Express, 87 condamnés à mort ont été exécutés en 2014 (selon un décompte effectué par l’AFP) et 79 l’avaient été les deux années précédentes.

Notre cher Laurent Fabius n’est pas en reste : « notre coopération passe à la vitesse supérieure », a t-il déclaré ! Alors, quelles vont être les cibles de ces Rafale vendus au Qatar ? L’Iran ? Damas ? Le Yémen ?

Ces guerres, après le désastre de la Libye, ont pourtant vu s’inverser le rapport de force. Un puissant « axe de la résistance » a vu le jour, allant de l’Iran jusqu’à la Syrie en passant par le Hezbollah, l’Irak, la Palestine. Sans compter les liens particuliers qui unissent désormais la Russie et la Chine

L’Arabie Saoudite bombarde le Yémen, mais aucun de ses objectifs de guerre ne sont atteints. La monarchie absolue contrôlée par les Saoud se livre en revanche au massacre aérien du peuple sans défense du Yémen. Écoutez ce qu’en dit Hassan Nasrallah :

D.R.

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Des missiles français "Milan"aux mains d'Al-Nosra

10 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Des missiles français "Milan"aux mains d'Al-Nosra

 
Des missiles français "Milan"aux mains d'Al-Nosra {C}
 
IRIB- Les forces de la Résistance libanaise ont saisi des équipements des terroristes du Front Al-Nosra, parmi lesquels on remarque des missiles français "Milan".
Selon la chaîne de télévision Al-Mayadeen, l'armée syrienne et les forces de la Résistance libanaise, qui poursuivent leur avancée, sur les hauteurs de Qalamoun, ont repris des régions, prenant, également, en main le contrôle des positions du Front Al-Nosra, sur les hauteurs d'Erssal al-Ward. Les terroristes de ce Front qui ont, aussitôt, rebroussé chemin, ont abandonné des équipements militaires, parmi lesquels, des missiles français "Milan", des missiles de moyenne portée, transportables et des missiles anti-char, qui sont fabriqués par la compagnie "Euromissile", dans la commune de Fontenay-aux-Roses. 
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08 mai : d'un fascisme à l'autre... Déclarations de guerre du nouveau gouvernement fasciste de Netanyahou.

10 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Palestine libre, #La mondialisation, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Le fascisme

08 mai : d'un fascisme à l'autre...

Ci-dessous, deux articles.

Cordialement

Paul Monmaur

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http://www.europalestine.com/spip.php?article10630

8 mai 2015

Déclarations de guerre du nouveau gouvernement fasciste de Netanyahou

Netanyahou vient de nommer comme ministre de la justice une représentante de l’extrême droite israélienne qui appelle sans fard au génocide des Palestiniens, tandis que le ministre de la défense, Moshe Yaalon, vient de promettre de tuer davantage de civils palestiniens et n’écarte pas la possibilité de lancer une bombe atomique sur l’Iran.

Pas question de la moindre négociation de paix avec les Palestiniens, a promis Ayelet Shaked, une députée du parti d’extrême droite HaBayit HaYehudi (“Foyer Juif”), qui vient d’être nommée ministre de la justice par Netanyahou et qui avait appelé au génocide du peuple palestinien cet été.

Le 1er juillet 2014, l’avocate et parlementaire Ayelet Shaked avait posté sur sa page Facebook, un appel à "ne pas se contenter de tuer les terroristes palestiniens, mais la totalité du peuple palestinien qui est notre ennemi". "Il faut détruire ce peuple, y compris ses vieillards et ses femmes, ses villes et ses villages, ses propriétés et ses infrastructures", avait-elle affirmé dans un "post" qui avait reçu des milliers de "like" et avait été abondamment partagé.

Quant au boucher Moshe Yaalon, qui fait office de ministre de la défense au sein du gouvernement israélien, il vient de promettre "de tuer davantage de civils palestiniens et menace de réserver à l’Iran le même sort qu’à Hiroshima et Nagasaki."

Prenant la parole à Jérusalem, à l’occasion d’une conférence du groupe Shurat HaDin* Moshe Yaalon a déclaré qu’il s’attaquerait à la totalité de la population civile lors de toute offensive à venir contre Gaza ou le Liban.

"Nous frapperons également les enfants, comme nous l’avons fait à Gaza", a-t-il déclaré, en soulignant qu’Israël avait prévenu Ben Ki-Moon dès juillet 2013 de son intention de bombarder tout le quartier de Shujaiya, à Gaza, notamment.

"Quand à l’Iran, même si nous n’en sommes pas encore là, si des frappes chirurgicales ne nous paraissent pas adaptées, nous n’hésiterons pas à faire ce qu’ont fait les Américains à Hiroshima et Nagasaki, causant 200.000 victimes sur lesquelles personne n’a pleuré".

Quant à "la menace constituée par le mouvement de boycott d’Israël, BDS", Moshe Yaalon a promis "un nouvel arsenal de lois pour le combattre dans le monde entier".

Il a rappelé que ce mouvement l’a empêché de se rendre dans plusieurs pays de crainte d’être arrêté pour crimes de guerre. "Cela fait 10 ans que je préfère ne pas mettre les pieds au Royaume-Uni, ou en Espagne, même si nous avons réussi à faire changer la législation de ces deux pays en matière de compétence universelle concernant les crimes de guerre et crimes contre l’humanité".

"Et c’est quand même un scandale que nous soyons désormais obligés de mettre en garde nos soldats contre le fait de se rendre à Londres. Ce n’est pas juste".

*Shurat HaDin, est un groupe d’avocats israéliens qui se propulse pour engager des poursuites judiciaires dans le monde entier, afin de défendre les crimes israéliens face à des personnes ou associations qui défendent les droits du peuple palestinien. En Australie, ils avaient attaqué en justice le Pr. Jake Lynch qui avait refusé de parrainer un chercheur israélien dans son université de Sydney. Mais Jale Lynch avait gagné, forçant le lobby israélien à lui payer des dommages et intérêts.

Source : http://mondoweiss.net/2015/05/netanyahu-palestinians-government
et Electronic Intifada

CAPJPO-EuroPalestine

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http://www.palestine-solidarite.org/analyses.plate-forme_charleroi-palestine.070515.htm

Le nouveau ministre israélien de la Justice,
une candidate génocidaire

Plate-forme Charleroi-Palestine


Photo: D.R.

Jeudi 7 mai 2015

« Elles doivent mourir, et leurs maisons doivent être détruites de telle sorte qu’elles ne puissent plus abriter de terroristes. Elles sont toutes des ennemies, et leur sang devrait être sur nos mains. C’est aussi valable pour les mères des terroristes morts ».
Ayelet Shaked (députée du parti "Le Foyer Juif")

Le nouveau gouvernement israélien, le quatrième formé par Benjamin Netanyahou, est le plus droitier qui ait jamais gouverné Israël.

Un symbole éloquent de ce nouveau glissement vers l'extrême-extrême-droite (sans Avigdor Lieberman !) est l'attribution du portefeuille de la Justice et de la présidence de la Commission des lois de la Knesset (parlement israélien) au parti fasciste de Naftali Bennett, "Le Foyer Juif". Et, au sein de ce parti, celle qui hérite de ce portefeuille n'est pas n'importe qui : il s'agit de Ayelet Shaked, députée qui en juillet 2014, pendant que l'armée israélienne se livrait à un massacre aveugle de civils, avait lancé via Facebook un vibrant appel à l'extermination de toutes les mères palestiniennes, et à vrai dire de la totalité de la population, vieillards et enfants compris.

C'est le 1er juillet, un jour avant qu'un jeune Palestinien de Jérusalem soit enlevé par des extrémistes sionistes et brûlé vif, que Ayelet Shaked avait proclamé que "la totalité du peuple palestinien est l'ennemi" et avait appelé à sa destruction "y compris les vieillards et les femmes, ses villes et ses villages, ses propriétés et ses infrastructures". En d'autres termes, un génocide accompagné d'une guerre d'anéantissement digne de "l'opération Barbarossa".

Cet appel au génocide des Palestiniens était extrait d'un article de l'ancien journaliste d'extrême-droite Uri Elitzur, devenu un des leaders du mouvement des colons, qui est devenu une force politique extrêmement puissante en Israël.

Ce "post" sur Facebook avait rapidement été "liké" et partagé un bon millier de fois avant d'être supprimé par Ayelet Shaked, mais pas assez vite pour qu'il ne soit pas préalablement archivé. Des propagandistes sionistes ont par la suite tenté de faire croire que ce texte immonde n'a jamais existé, mais en vain : sur le web le crime laisse presque toujours des traces.

On pouvait donc lire sous la signature de la nouvelle ministre israélienne de la Justice (traduction via le site anglophone Mondoweiss) :

« Le peuple palestinien nous a déclaré la guerre, et nous devons y répondre par la guerre. Pas une opération, pas un mouvement lent, pas une action de bassa intensité, pas une escalade contrôlée, pas une destruction d'infrastructures terroristes, pas d'exécutions ciblées. Ca suffit, les références obliques. C'est la guerre. Les mots ont un sens. C'est la guerre. Pas une guerre contre la terreur, pas une guerre contre des extrémistes, pas même une guerre contre l'Autorité Palestinienne. Tout cela aussi ce sont des moyens de fuir la réalité. C'est une guerre entre deux peuples. Qui est l'ennemi ? Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, c'est eux qui ont commencé.

Je ne sais pas pourquoi il est si difficile pour nous de définir la réalité avec les mots simples que le langage met à notre disposition. Pourquoi devons-nous inventer chaque semaine un nouveau nom pour la guerre, juste pour éviter d'appeler les choses par leur nom ? Qu'y a-t-il de si horrible au fait de comprendre que la totalité du peuple palestinien est l'ennemi ? Toute guerre met aux prises deux peuples,et dans toute guerre le peuple qui a déclenché les hostilités, ce peuple-là, est l'ennemi. Une déclaration de guerre n'est pas un crime de guerre. Y répondre par la guerre n'est certaine pas un crime. Pas plus que l'utilisation du mot "guerre", non plus qu'une désignation sans ambiguité de l'ennemi.

Au contraire : la moralité de la guerre (oui, une telle chose existe) est basée sur l'hypothèse qu'il existe des guerres dans ce monde, et que la guerre n'est pas l'état normal des choses, et que dans les guerres l'ennemi est habituellement l'ensemble d'une population, y compris les vieillards et les femmes, ses citésd et ses villages, ses propriétés et ses infrastructures. »

Il faut, à ce stade et puisque Ayelet Shaked insiste pour dire que "les mots ont un sens", évidemment rappeler qu'il n'y a jamais eu de "guerre" entre Israël et les Palestiniens. Pour qu'il y ait une guerre entre deux parties, il faut qu'entre elles existe sinon une égalité, du moins une commune mesure de forces. Entre Israël, dont l'armée est l'une des mieux pourvues en armements de dernière génération (en grande partie aux frais des contribuables des Etats-Unis) et les Palestiniens qui ne possèdent ni aviation, ni blindés, ni artillerie lourde, et dont les "missiles" sont pour une large partie bricolés avec des bouts de tuyau de récupération, il ne peut être question de guerre. Il y a d'une part une force écrasante qui commet des massacres, et de l'autre une résistance qui essaie tout juste de ne pas disparaître et de maintenir un espoir d'avenir.

La nouvelle ministre, adepte donc du génocide des Palestiniens et de la guerre d'anéantissement total, poursuivait :

« Et la moralité de la guerre sait qu'il n'est pas possible de ne pas blesser des civils ennemis. Elle ne condamne pas la Royal Air Force britannique, qui a bombardé et totalement détruit la ville allemande de Dresde, ou les avions U.S. qui ont détruit les villes de Pologne et réduit la moitié de Budapest en ruines, villes dont les habitants n'avaient jamais fait quoi que ce soit contre l'Amérique, mais qui devaient être détruites pour gagner la guerre contre le démon. La morale de la guerre ne requiert pas que la Russie ait été traînée devant la Justice pour le bombardement et la destruction de villes et de faubourgs en Tchétchénie. Elle ne dénonce pas l'action les forces de maintien de la paix de l'ONU pour la mort de centaines de civils en Angola, pas plus que les forces de l'OTAN pour avoir bombardé le Belgrade de Milosevic, alors que la ville était habitée par un million de civils, vieillards, bébés, femmes et enfants.

La morale de la guerre admet comme correct dans son principe, et non seulement politiquement, ce que l'Amérique a fait en Afghanistan, y compris les bombardements massifs de zones densément peuplées, y compris la création de ce fait d'un flot de centaines de milliers de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre, dont des milliers n'ont aucun foyer vers lequel ils puissent retourner un jour. »

Ici, on fera simplement remarquer à Ayelet Sheked - qui établit une sorte de catalogue de crimes de guerres passés pour en tirer comme leçon qu'ils justifient ceux du futur (elle oublie opportunément les bombardements nucléaires d'Hiroshima et Nagasaki) - qu'une des singularités des bombardements démentiels sur Gaza était que les populations civiles n'avaient aucune possibilité de fuir, puisque le territoire de 6 à 12 km de large, totalisant 360 km², est pratiquement hermétiquement bouclé par l'armée d'occupation depusi des années (et on ne voit pas comment 1,5 million de personnes pourraient fuir par quelques tunnels artisanaux, sans nulle part où aller que le territoire ennemi ou lamer où rôdent ses patrouilleurs qui tirent à vue…). Cette criminelle revendiquée poursuivait encore :

« Et, dans notre guerre, c'est encore sept fois plus correct, car les soldats ennemis se dissimulent parmi la population, et ne peuvent combattre que grâce au soutien de celle-ci. Derrière chaque terroriste il y a une douzaine d'hommes et de femmes sans le soutien de qui il ne pourrait mener à bien son activité terroriste. Les acteurs de cette guerre sont ceux qui font de l'incitation dans les mosquées, qui écrivent des pamphlets pour les écoles, qui fournissent des abris, qui procurent des véhicules et tous ceux qui les honorent des leurs donnent leur soutien moral. Tous ceux-là sont des ennemis combattants, et leur sang retombera sur toutes leurs têtes. Maintenant, cela inclura les mères des martyrs, qui les expédient vers l'enfer avec des fleurs et des baisers. Elles devraient suivre leurs fils, rien ne serait plus juste. Elles le doivent, et les maisons dans lesquelles elles ont élevé ces serpents doivent être anéanties,, sans quoi d'autres serpents encore y grandiront. »

On voit ici le procédé classique de l'animalisation de l'ennemi, dont l'humanité est ainsi niée, et dont la destruction en tant que nuisible est exemptée de toute culpabilité.

Inutile de préciser que Sheked est férocement opposée à tout accord de paix avec l'Autorité Palestinienne sur base des "frontières" de 1967, un tel accord ne pouvant selon elle être autre chose qu'un "suicide national" pour Israël.

Elle se situe donc dans le droit fil de la vision politique de Naftali Bennett, qui alors qu'il était ministre de l'économie en 2013, avait déclaré au journal Yediot Aharonot : "si vous attrapez des terroristes, vous devez simplement les tuer". Et au journaliste qui objectait que c'est illégal,Bennet avait rétorqué : "j'ai tué beaucoup d'Arabes dans ma vie. Je ne vois pas où est le problème" (voir ICI).

Voilà donc qui Netanyahou (qui d'ailleurs ne vaut pas mieux) porte au pouvoir avec son nouveau gouvernement (qui n'aura qu'une majorité d'une seule voix au parlement, ce qui va donner à chaque parlementaire une sorte der droit de véto sur à peu près tout).

Le prochain qui parle de "processus de paix" ou de "solution à deux Etats", que faire sinon lui coller une tarte à la crème sur la gueule ?

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