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Le blog de Lucien PONS

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Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole. Par Galil Agar

26 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #l'islamisme

Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole.  Par Galil Agar

Depuis Septembre 2015, la compagnie israélo-états-unienne Afek exploite le pétrole du plateau du Golan, territoire libano-syrien occupé et colonisé par le régime sioniste (1) depuis près d’un demi-siècle. Le conseil de sécurité de l’ONU a toujours souligné « l’inadmissibilité » de cette occupation. Cependant, depuis la découverte de ces ressources, la pression diplomatique du régime de Tel-Aviv en faveur d’une reconnaissance officielle de l’annexion de ces territoires a augmenté. À la guerre de l’eau que se livrent dans le Golan les puissances frontalières depuis des décennies se surajoute désormais une guerre pour le pétrole. La pression militaire a elle aussi monté d’un cran sur le plateau, remettant en question la neutralité longtemps affichée du régime israélien dans le conflit syrien.

Derrière Genie Oil & Gas, Effi Eitam, Dick Cheney, Rupert Murdoch, Jacob Rothschild et Larry Summers
 Les champs pétroliers et gaziers qu’Israël envisage d’exploiter le long des côtes méditerranéennes sont disputés par le Liban, Chypre et la Turquie  Largement tributaire de régions aussi instables que le Caucase pour l’importation d’hydrocarbures, le régime israélien est en quête permanente de diversification de ses fournisseurs.  Les négociations en cours concernant les champs gaziers du Léviathan et de Tamar, dans la mer Méditerranée, pourraient s’avérer longues et délicates. Pour l’heure, 40 % du pétrole israélien est importé d’Azerbaïdjan, un petit État jonglant sans cesse entre les influences russes, turques et occidentales pour assurer sa pérennité.  L’homme de Tsahal et du Likoud à la tête de Genie Israel  L’exploration des ressources du Golan est donc vitale pour Israël. C’est pourquoi elle a été confiée à un ancien militaire, coutumier des coteries

Les champs pétroliers et gaziers qu’Israël envisage d’exploiter le long des côtes méditerranéennes sont disputés par le Liban, Chypre et la Turquie Largement tributaire de régions aussi instables que le Caucase pour l’importation d’hydrocarbures, le régime israélien est en quête permanente de diversification de ses fournisseurs. Les négociations en cours concernant les champs gaziers du Léviathan et de Tamar, dans la mer Méditerranée, pourraient s’avérer longues et délicates. Pour l’heure, 40 % du pétrole israélien est importé d’Azerbaïdjan, un petit État jonglant sans cesse entre les influences russes, turques et occidentales pour assurer sa pérennité. L’homme de Tsahal et du Likoud à la tête de Genie Israel L’exploration des ressources du Golan est donc vitale pour Israël. C’est pourquoi elle a été confiée à un ancien militaire, coutumier des coteries

Largement tributaire de régions aussi instables que le Caucase pour l’importation d’hydrocarbures, le régime israélien est en quête permanente de diversification de ses fournisseurs.

Les négociations en cours concernant les champs gaziers du Léviathan et de Tamar, dans la mer Méditerranée, pourraient s’avérer longues et délicates. Pour l’heure, 40 % du pétrole israélien est importé d’Azerbaïdjan, un petit État jonglant sans cesse entre les influences russes, turques et occidentales pour assurer sa pérennité.

L’exploration des ressources du Golan est donc vitale pour Israël. C’est pourquoi elle a été confiée à un ancien militaire, coutumier des coteries de la politique coloniale. Ancien ministre des infrastructures nationales, puis du logement et de la construction sous Ariel Sharon (2001–2003), militant de la fondation d’un Grand Israël, membre fondateur du parti Le foyer juif classé à l’extrême droite du Likoud, Effi Eitam, réside lui-même dans la colonie de Nov, sur le Golan. Il est président de Genie Israel, dont l’Afek est une filiale.

Le destin d’Eitam est de longue date lié à celui du Golan. Il s’est fait un nom durant la guerre du Kippour, repoussant les tanks syriens de la base de Nafah en 1973. Il s’est confronté au Hezbollah dès la guerre du Liban de 1982.

Effi Eitam, gardien du sanctuaire pétrolier du Golan, vétéran des guerres coloniales à la droite de Netanyahou

Effi Eitam, gardien du sanctuaire pétrolier du Golan, vétéran des guerres coloniales à la droite de Netanyahou

En 1988, le ministre de la défense Yithzak Rabin le charge de frapper des militants palestiniens. Il fait briser les os du jeune prisonnier palestinien Ayyad Aqel, frappé à mort. À partir des années 2000, il se fait connaître par des frasques verbales propulsant sa carrière politique naissante. Démissionnaire de l’armée, il appelle à l’assassinat d’Arafat, de Marwan Barghouti, à l’exclusion des arabes du système politique israélien, qualifiant les arabes israéliens de « cancer ». Il a cordialement invité les États-Unis à bombarder les sites nucléaires iraniens.

En 2008, sa faction politique Ahi fusionne avec le Likoud. En 2009–2010, il est mandaté en tant qu’ « émissaire spécial » de Netanyahou sur les campus états-uniens afin de promouvoir le programme de la « caravane pour la démocratie » sponsorisée par le Fonds National Juif. Eitam est donc un artisan du « néosionisme » armé le plus virulent en Israël, et du resserrement des liens entre Israël et l’élite anglo-saxonne à l’international.

De gauche à droite et de haut en bas : Mary Landrieu ( ex sécurité intérieure ) , Rupert Murdoch, Larry Summers , James Woolsey ( ex CIA ) , Dick Cheney, Jacob Rothschild , Bill Richardson (ex gouv. du Nouveau-Mexique ) et Michael Steinhart ( spéculateur professionnel ) ont tous des intérêts dans Genie Oil & Gas

De gauche à droite et de haut en bas : Mary Landrieu ( ex sécurité intérieure ) , Rupert Murdoch, Larry Summers , James Woolsey ( ex CIA ) , Dick Cheney, Jacob Rothschild , Bill Richardson (ex gouv. du Nouveau-Mexique ) et Michael Steinhart ( spéculateur professionnel ) ont tous des intérêts dans Genie Oil & Gas

Le projet d’exploitation du pétrole dans le Golan pourrait être un élément de ce resserrement. Genie Israel est elle-même une filiale de Genie Oil & Gas, dont la société mère est Genie Energy Limited. Comme le rapporte le nouvelobs, on trouve parmi les noms des membres du Conseil Consultatif Stratégique de Genie Oil & Gas ceux de l’empereur de la presse anglophone, notamment propriétaire de Fox News Rupert Murdoch, et du vice-président de l’administration Bush Dick Cheney.

Le banquier britannique Jacob Rothschild et Larry Summers, ancien secrétaire états-unien au trésor (1999–2001), ancien président de l’université de Harvard (2001–2006) et ténor des gouvernements démocrates de Bill Clinton à Obama, sont également de la partie.

Carmel Winery, la cave fondée par E. de Rothschild exploitant les domaines du Golan

Carmel Winery, la cave fondée par E. de Rothschild exploitant les domaines du Golan

Notons que le lointain aïeul de Jacob, le baron Edmond de Rothschild, avait dès les années 1891 à 1894, acheté 150 km² de terres dans le plateau du Golan. Ces terres sont aujourd’hui de fructueux domaines vinicoles.

Environ 3000 hectares sont exploités par Israël pour la culture du vin dans le Golan. Ce qui correspond à un tiers de la production israélienne. Le régime sioniste y produit également une huile d’olive très réputée. 40 % de la consommation de viande des Israéliens provient des élevages du Golan.

1967–2016 : remplacement des populations et annexion diplomatique

Les acquisitions des « pionniers » de l’époque d’Edmond de Rothschild en témoignent, les vues des organisations sionistes sur le plateau du Golan ne datent pas d’hier. Suite aux négociations de septembre 1923 cependant, le Golan est intégralement rattaché au mandat français de Syrie.

La mer de Galilée ( ou lac de Tibériade ) et le Jourdain émanant du Golan constituent les principales réserves d’eau de la région

La mer de Galilée ( ou lac de Tibériade ) et le Jourdain émanant du Golan constituent les principales réserves d’eau de la région

En 1946, deux ans avant l’acte de naissance d’Israël, la Syrie déclare son indépendance et la plus grande partie du Golan devient syrien. Dans les années 1950, la Syrie occupe les fermes de Chebaa, au Nord du Golan, revendiquées par le Liban. Dès 1953, Israël détourne les cours d’eau irriguant les pays arabes afin de s’approvisionner. En réponse à cette entreprise, la Syrie détourne le cours du Jourdain dans les années 1960.

Elle s’oppose alors au plan Johnston initié par les États-Unis pour développer des infrastructures hydrauliques dans la vallée du Jourdain en faveur de l’approvisionnement d’Israël. Un grave conflit s’ensuit entre Israël, la Jordanie et la Syrie, de 1964 à 1967.

Les guerres successives d’Israël contre les États arabes ont déterminé les conditions d’occupation du Golan

Les guerres successives d’Israël contre les États arabes ont déterminé les conditions d’occupation du Golan

Durant la guerre des six jours en 1967, Israël prend possession du Sinaï, de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et d’une grande partie du Golan, dont les fermes de Chebaa, toujours revendiquées par le Liban. Pour éviter un bain de sang, les autorités syriennes appellent les 120 000 civils et les 30 000 soldats sous leur autorité dans le Golan à « abandonner leurs habitations et leurs propriétés » .

Parmi ces civils, on compte des Turkmènes, des Circassiens (ayant souvent opté pour la nationalité syrienne) et environ 10 000 Palestiniens. Environ 7000 Druzes (minorité arabophone et musulmane) habitant le territoire décident de rester dans le Golan. La majorité d’entre eux refuse néanmoins la citoyenneté israélienne. Tsahal implante 35 avant-postes occupés par des fermiers-soldats, protégeant six nouvelles colonies.

Durant la guerre du Kippour de 1973, déclenchée par la Syrie et l’Égypte pour récupérer leurs territoires, l’armée israélienne pousse son offensive sur 30 km à l’intérieur du territoire syrien. Damas, à 40 km des positions de Tsahal, est alors à portée de tir.

Sous la pression internationale, un armistice est signé, mais pas de traité de paix. Depuis 1973, Israël et la Syrie sont donc toujours en guerre. La FNUOD (Force des Nations Unies chargée d’Observer le Dégagement), établit une zone de séparation de laquelle Tsahal est priée de s’extraire.

Golan Netanyahou syrie liban pétrole Israël Afek Genie annexion colonie tsahal al nosra Netanyahou et son gouvernement en terrain illégalement conquis sur le plateau du Golan le 17.04.16. Une première depuis la guerre des 6 jours

Golan Netanyahou syrie liban pétrole Israël Afek Genie annexion colonie tsahal al nosra Netanyahou et son gouvernement en terrain illégalement conquis sur le plateau du Golan le 17.04.16. Une première depuis la guerre des 6 jours

Le 14 décembre 1981, Israël annexe la totalité du plateau du Golan. Cette annexion se déroule dans le cadre de l’invasion du Liban du Sud entamée en 1978 par le régime sioniste, se concluant en 1982 par l’occupation de l’intégralité du Liban. Le Liban reste occupé par Israël jusqu’en 2000.

Le conseil de sécurité de l’ONU condamne formellement la violation flagrante du droit international dans le Golan, sans se donner les moyens de s’opposer physiquement aux velléités expansionnistes du régime israélien. Dans les années 2000, Ariel Sharon déclare sa volonté d’aménagement structurel du territoire du Golan. En 2016, on y compte environ 30 000 occupants Israéliens 22 000 Druzes dont 10 % ayant opté pour la nationalité israélienne. Cette population est répartie dans 35 colonies.

L’ONU a condamné l’occupation du Golan par la résolution 417, mais du point de vue israélien, l’annexion a pris une dimension constitutionnelle en 1981, par la proclamation de la loi dite des hauteurs du Golan. Dimanche 17 avril 2016, pour la première fois depuis la guerre des six jours, le gouvernement israélien dans son intégralité s’est réuni sur le plateau du Golan pour sa réunion hebdomadaire.

À cette occasion, Netanyahou a déclaré :

« Le temps est venu pour la communauté internationale de comprendre la réalité et surtout deux éléments de base : d’abord, quoiqu’il arrive la frontière ne va pas bouger et deuxièmement, il est grand temps, après 50 ans, que le monde reconnaisse enfin que le Golan restera sous souveraineté israélienne pour toujours. »

Le 21 avril 2016, il rencontrait Vladimir Poutine à Moscou et répétait à cette occasion :

« Avec ou sans accord, le plateau du Golan restera dans le territoire souverain [d’Israël] »

Quelques jours plus tôt, s’entretenant avec John Kerry, il déclarait que la Syrie devait « oublier le Golan».

Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole.  Par Galil Agar

Selon une source proche du renseignement israélien (Debkafile) citée par la militante franco-syrienne anti-Assad Hala Kodmani dans Libération (17.04.16), l’offensive diplomatique de Netanyahou viserait à neutraliser un accord préalable entre Poutine et Obama, destiné à restituer le Golan à la Syrie à l’issue du conflit (quel qu’en soit le vainqueur).

Netanyahou a pleinement conscience que du point de vue du droit international, les ressources du Golan ne pourront jamais revenir à Israël. C’est pourquoi il souhaite forcer les grandes puissances à reconnaître la légitimité de cette annexion avant la fin de la guerre. Il sait que ni la Russie ni les États-Unis ni l’ONU ne pourraient imposer par la force une décision quelconque au régime sioniste, et tente donc de leur faire admettre bon gré mal gré que la concession du Golan à Israël serait un moindre mal.

De ce point de vue, les attaques répétées d’al-Nosra contre les forces internationales de la FNUOD, chargées de veiller au maintien d’une zone tampon entre les territoires colonisés par l’occupant israélien et la frontière syrienne, convergent incidemment avec les orientations du projet expansionniste du gouvernement israélien.

Une pression militaire décuplée
Le mercredi 28 janvier 2015, Tsahal a tué un casque bleu espagnol de la FINUL

Le mercredi 28 janvier 2015, Tsahal a tué un casque bleu espagnol de la FINUL

Durant l’année 2013 en effet, des enlèvements de soldats de la FNUOD se sont multipliés sur le territoire du Golan. De ce fait, le Canada, le Japon et l’Autriche retirent leurs troupes de la Force d’Observation, durant cette année. L’Autriche retire ses soldats à cause des dangers relevant du conflit syrien, mais également en raison de son désaccord avec la France et le Royaume-Uni concernant le financement et l’armement des factions rebelles syriennes.

La zone tampon maintenue par les casques bleus de la FNUOD (en rouge) était censée contenir l’occupation israélienne dans le Golan. Depuis le départ de la FNUOD, forcé par les agressions d’al-Nosra, Tsahal a carte blanche dans la région…

La zone tampon maintenue par les casques bleus de la FNUOD (en rouge) était censée contenir l’occupation israélienne dans le Golan. Depuis le départ de la FNUOD, forcé par les agressions d’al-Nosra, Tsahal a carte blanche dans la région…

La Russie propose alors de fournir 300 soldats afin de remplacer les forces retirées. La proposition est refusée par l’ONU, au motif que les membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU ne peuvent envoyer des hommes dans le cadre du mandat de la FNUOD.

Le 28 août 2014, 45 casques bleus fidjiens sont capturés, respectant l’ordre leur ayant été donné de ne pas résister aux miliciens d’al-Nosra. Des soldats philippins pris dans l’embuscade décident quant à eux de ne pas suivre cet ordre et ripostent. Ils sont alors soutenus par une brigade irlandaise. Les 45 soldats fidjiens sont libérés le 10 septembre 2014. Le Qatar, principal mécène d’al-Nosra, aurait payé la faction rubis sur l’ongle : 25 millions de dollars en échange de la libération des casques bleus.

Le 15 septembre 2014, le personnel de la FNUOD évacue ses positions dans le Golan. Trois jours plus tard, le Times of Israel publie un article sur les projets d’exploration de l’Afek. Le permis d’exploration attribué à l’Afek par les autorités israéliennes date d’avril 2013.

Le Qatar aurait payé 25 millions de dollars à al-Nosra pour la libération des casques bleus en 2014

Le Qatar aurait payé 25 millions de dollars à al-Nosra pour la libération des casques bleus en 2014

Selon l’article du Times Of Israel, un permis de l’administration régionale aurait été réitéré dès le 11 septembre 2014, le lendemain de la libération des soldats fidjiens, prévoyant des prospections dès le 28 septembre. L’évacuation de la FNUOD aura permis à la compagnie pétrolière de s’exécuter dans les plus brefs délais et à l’abri des regards.

Il est à noter qu’avant d’être les cibles de l’enlèvement du 28 août, les soldats de la FNUOD avaient fourni des rapports détaillés aux membres du conseil de sécurité de l’ONU décrivant des rencontres quotidiennes entre Tsahal et al-Nosra, comptabilisant 59 réunions entre le 1er mars et le 31 mai 2014. Que faut-il en déduire concernant les rapports entre Tsahal et al-Nosra ?

Comme les Druzes du Golan, les casques bleus de la FNUOD ont observé, avant leur évacuation, des réunions quotidiennes entre les milices de Tsahal et les factions d’al-Nosra

Comme les Druzes du Golan, les casques bleus de la FNUOD ont observé, avant leur évacuation, des réunions quotidiennes entre les milices de Tsahal et les factions d’al-Nosra

Depuis mars 2015 et la publication du Wall Street Journal notamment relayée par le média israélien i24News, il ne fait plus aucun doute que plusieurs centaines de combattants d’al-Nosra aient été soignés en Israël. Les Druzes, massacrés par les combattants d’al-Nosra, ne peuvent tolérer cette situation qu’ils dénoncent depuis les habitations du Golan où ils sont particulièrement exposés. Le 24 juin 2015, des Druzes israéliens excédés ont tiré sur deux ambulances circulant dans le Golan, tuant un Syrien, présumé rebelle. Israël assume d’ailleurs officiellement son soutien aux « rebelles syriens » depuis l’été 2015.

N’étant plus observée par la FNUOD après l’évacuation, Tsahal se sent pousser des ailes. Dès le 23 Septembre 2014, l’armée israélienne abat un bombardier Soukhoï Su-24 de l’armée syrienne au-dessus du Golan, déclarant qu’il aurait pénétré de 800 mètres dans l’espace aérien contrôlé par Israël.

Israël cible particulièrement les chefs de la résistance dans le Golan. Jihad Moughnieh sous le portrait de son père Imad, respectivement assassinés  en janvier 2015 dans le Golan et en 2008 à Damas. Samir Kantar, assassiné en décembre 2015 dans la banlieue de Damas

Israël cible particulièrement les chefs de la résistance dans le Golan. Jihad Moughnieh sous le portrait de son père Imad, respectivement assassinés en janvier 2015 dans le Golan et en 2008 à Damas. Samir Kantar, assassiné en décembre 2015 dans la banlieue de Damas

Le 18 janvier 2015, des tirs de missile israéliens ont coûté la vie à 6 combattants iraniens et 6 combattants libanais près de Quneitra dans la région des fermes de Chebaa. Dans sa riposte aux représailles du Hezbollah survenues le mercredi 28 janvier, Tsahal a tué un casque bleu espagnol de la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban). Les morts du 18 janvier comprenaient Mohammed Issa, responsable du dossier Irak-Syrie pour le Hezbollah, ainsi que Jihad Moughnieh, responsable du Hezbollah pour le Golan Syrien, fils d’Imad Moughnieh, haut commandant du Hezbollah, ayant lui-même trouvé la mort dans un attentat à la voiture piégée commis par le Mossad et la CIA à Damas en 2008.

Ces assassinats ciblés s’inscrivent clairement dans une stratégie israélienne consistant à profiter du chaos syrien pour « décapiter » le Hezbollah, son principal adversaire dans le Golan et donc le principal obstacle à l’exploitation des forages. En témoigne l’assassinat de Samir Kantar, Libanais Druze, chef de la résistance syrienne pour la libération du Golan, Dimanche 20 décembre 2015. Selon le Hezbollah, Kantar participait à une réunion visant l’organisation d’une coalition irano-libano-syrienne pour la reconquête du Golan, inspirée de la résistance à Israël dans le Sud-Liban lorsqu’il a été assassiné. L’immeuble dans lequel se tenait la réunion a été pulvérisé À plusieurs reprises, le Mossad avait tenté de l’assassiner en territoire syrien. Les leaders Druzes de Syrie, parfois réticents quant aux positions du Hezbollah, ont vivement dénoncé cet assassinat. Le nombre de victimes demeure inconnu. L’immeuble dans lequel se tenait la réunion a été intégralement pulvérisé.

L‘assassinat de Mustafa Badreddine, successeur et cousin d’Imad Moughnieh, s’inscrit également dans cette logique de déstabilisation du Hezbollah. Comme Samir Kantar, il a été pulvérisé par un raid aérien dans la banlieue de Damas, le 13 mai 2016.

Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole.  Par Galil Agar

De manière paradoxale, alors que des membres du gouvernement israélien ont officialisé l’alliance avec les factions anti-Assad, notamment dans le Golan, Israël persiste à proclamer sa neutralité dans le conflit syrien. Pourtant, des incursions dans le territoire syrien en provenance d’Israël, semblables à celle ayant scellé le sort de Mustafa Badreddine, sont récurrentes.

Dans la nuit du 27 au 28 avril 2013, l’aviation israélienne largue des bombes dans la banlieue de Damas, avant de survoler le palais de Bachar al-Assad. Elle réitère dans la nuit du 3 au 4 mai, puis cible de nouveau la banlieue de Damas le 5 mai 2013. Le 18 mars (en riposte à une attaque dans le Golan) et le 7 décembre 2014, de nouveaux bombardements ont lieu en territoire syrien. Puis de nouveau le 24 avril 2015 vers Qalamoun dans les montagnes, le 29 juillet près de Quneitra dans le Golan, le 20 août à plusieurs reprises dans le Golan.

Les bombardements israéliens ont repris le 18 février 2016 au sud de Damas, puis le 25 juillet, de nouveau à Quneitra. Le 22 août 2016, Quneitra a de nouveau été bombardée par Israël. Au moins 9 bombardements en 3 ans, voilà qui fait beaucoup pour un gouvernement affichant sa neutralité… Nul doute que la découverte d’hydrocarbures aura rajouté une pression supplémentaire dans le Golan, expliquant en partie la récurrence des frappes dans cette région.

Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole.  Par Galil Agar

Le Liban aussi est attaqué. Le 20 décembre 2015, après la mort de Samir Kantar, Tsahal a répondu à la riposte libanaise en tirant plusieurs obus dans le sud du pays. Dans l’après-midi, l’aviation israélienne a survolé Beyrouth et la côte, violant délibérément la souveraineté du Liban.

Toujours en représailles à l’assassinat de Samir Kantar, une faction du Hezbollah portant son nom a détruit un véhicule militaire israélien lundi 4 janvier 2016. Tsahal a riposté en bombardant deux villages du Sud-Liban.

Le 17 février 2016, le professeur israélo-états-unien Amitai Etzioni, ancien conseiller du président Jimmy Carter, publiait une tribune dans laquelle il suggérait de raser Beyrouth. Cette tribune n’est parue ni dans une revue satirique, ni dans un bulletin du Likoud, mais dans le journal de gauche Haaretz. Cette proposition n’avait malheureusement rien d’une plaisanterie. Ce serait pour Etzioni, la manière la plus sûre de se débarrasser du Hezbollah. Il a peut-être oublié que le Hezbollah était né précisément à cause d’une agression israélienne contre le Liban en 1982…

Du haut du Golan occupé, Netanyahou a lui-même admis la récurrence de ces frappes, lors d’un passage des troupes en revue le 11 avril 2016 :

« Nous agissons quand nous devons agir, y compris ici, de l’autre côté de la frontière, avec des dizaines de frappes destinées à empêcher le Hezbollah d’obtenir des armes pouvant changer le rapport de force »

Pour justifier ces frappes, il sort la carte de la légitime défense et de l’inversion des valeurs. Il affirme que c’est la Syrie qui

Golan : USA-Israël–Syrie-Liban, nouvelle guerre du pétrole.  Par Galil Agar

occupe le Golan, et que les forces de l’armée loyaliste comme de l’opposition syrienne menacent son intégrité territoriale… Pourtant, il devient de plus en plus clair, même pour les lecteurs de médias de masse comme La Croix, Libération, L’Express, Francetv, le nouvelobs, Vice News, I24News… que certains groupes djihadistes servent de sous-traitants à Tsahal dans la protection des territoires occupés par le régime sioniste dans le Golan. Israël ne veut pas d’une médiation des casques bleus dans le Golan, mais ne dit pas non à une zone tampon gérée par les émanations d’al-Nosra, comme le suggèrent les politologues Ofer Zalzberg et Cyril Roussel relayés par l’Express.

Selon le journaliste palestinien Abdel Badri Atwan, cette stratégie serait avalisée par les pays arabes opposés au régime d’Assad, sponsors officiels des factions terroristes, décidés à livrer l’intégralité Golan à Israël en échange de ses bons services, dans leur perspective commune d’affaiblissement du Hezbollah, de l’Iran et du régime syrien.

La guerre des six jours a causé la mort de 14 000 à 24 000 personnes. La guerre du Kippour a causé la mort de 13 000 personnes. L’actuel conflit syrien a déjà causé la mort de 290 000 à 400 000 personnes.

Galil Agar

(1) Nota bene. Sur le concept de « régime sioniste » et sur la notion d’objectivité :

L’emploi de l’expression « régime sioniste » peut faire débat. Une telle expression ne nuit-elle pas à l’exigence d’objectivité (terme usité à tort pour parler d’impartialité) , souvent considérée comme la pierre angulaire de l’éthique en terme d’information ? Ne rebutera-t-elle pas certains lecteurs en apportant à cet article un parfum de soupçon ? N’aurait-il pas été plus sage d’opter sobrement pour l’appellation d’origine contrôlée « État d’Israël » ?

La notion de « régime » renvoie ici à l’usage qu’en firent les néoconservateurs des années Bush Jr., (mauvais ?) élèves du philosophe Leo Strauss. Selon eux, il existerait de bons et de mauvais régimes. L’observateur critique ne doit pas s’abstenir de porter des jugements de valeur sur la nature de ces régimes, et les « bons » régimes doivent se donner les moyens de combattre les mauvais. C’est à partir de cet axiome qu’a été fondée la logique de propagande dont l’ « axe du mal » fut le pivot. Cette logique est lourdement sous-entendue lorsque les systèmes politiques iranien, syrien, autrefois irakien, sont qualifiés de « régimes » à longueur de journaux télévisés : régimes malfaisants dont les peuples doivent être libérés. Soit, prenons « les neo-cons » au mot. Ne nous abstenons pas de porter de porter des jugements de valeurs sur la nature des régimes politiques.

Qu’en est-il du sionisme ? Rien de plus contradictoire que les différents usages de ce terme. « Un sioniste est un individu qui désire ou soutient la création d’un État juif en terre d’Israël qui serait, dans le futur, l’État du peuple juif » écrit le romancier francophone israélien Avraham Yehoshua. Cette définition élude à nos yeux une donnée essentielle. Le sionisme ne comprend pas simplement la perspective de la création d’un État, mais aussi celle de son expansion continue par les moyens de la colonisation. L’expansion et la colonisation ne sont pas des dommages collatéraux. Ils sont au cœur du projet sioniste. L’ expansion territoriale est vitale pour Israël afin d’assurer sa survie énergétique. C’est la thèse principale du présent article. Le sionisme y est donc compris comme perspective d’expansion par l’occupation et la colonisation des territoires ainsi que par l’exploitation de leurs ressources. Évidemment, cette définition ne prétend pas au consensus. Elle s’assume ici dans sa subjectivité.

Cette velléité d’expansion comporte un volet idéologique et théologique. Elle vise la restauration du Grand Israël, s’étendant du Nil à l’Euphrate. Cette visée n’est un secret pour personne. Elle tire sa source d’une promesse faite par Yahvé au peuple hébreu dans l’ancien testament (Genèse XV, 18-21). Elle est mentionnée noir sur blanc dans L’État des Juifs de Theodor Herzl (1896). Elle est assumée publiquement, régulièrement et sans complexe aucun par les dirigeants actuels de l’État hébreu. Elle s’est manifestée dans les années 1980 par la publication du plan Oded Yinon, du nom de son rédacteur, fonctionnaire du ministère israélien des affaires étrangères. Ce plan envisage la balkanisation des États arabes frontaliers d’Israël en prévision de la constitution du Grand Israël. L’expression « régime sioniste » désigne donc ici le système politique œuvrant sciemment depuis Tel Aviv à l’établissement impérial du Grand Israël en s’octroyant les moyens, l’apparence et la légitimité d’un État moderne doté des ornements coutumiers d’un système parlementaire. L’État d’Israël est ici compris comme le costume d’apparat du régime sioniste.

Le romancier Avraham Yehoshua est régulièrement présenté par les médias français comme un artisan du processus de paix. Le 22 Novembre 2012, lors d’un entretien accordé au quotidien italien La Republicca, ce pacifiste a appelé Israël à « cesser de fournir de l’électricité et de la nourriture » à Gaza, enjoignant son gouvernement d’interagir avec l’enclave palestinienne comme avec un pays en guerre. Lorsque vous évoquez les plans d’expansion, c’est-à-dire de conquête, d’occupation et de colonisation constitutifs du projet sioniste, publiquement assumés par l’élite au pouvoir en Israël, un sioniste est un individu qui vous répond qu’Israël est un petit état démocratique cerné par de grands ennemis totalitaires, que chaque jour d’existence de cet état est un nouveau miracle et qu’Israël a le droit de se défendre.

(102)

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L’étrange cas d’un nazi devenu tueur à gages israélien… [Haaretz]

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #l'Allemagne, #le nazisme, #Chroniques du fascisme ordinaire, #Comité pour une Nouvelle résistance

Incroyable information issue du plus grand journal israelien…

Source : Haaretz, le 27/03/2016

Otto Skorzeny, l’une des meilleures recrues du Mossad, était un ancien lieutenant des Waffen-SS et l’un des SS préférés d’Hitler.

Otto Skorzeny | Credit: Wikimedia Commons / Kurt Alber

Otto Skorzeny | Credit: Wikimedia Commons / Kurt Alber

Le 11 septembre 1962, un savant allemand disparut. Les faits étaient simples : Heinz Krug s’était rendu à son travail mais il n’était jamais rentré chez lui.

La police de Munich disposait d’un seul élément important : les fréquents allers-retours de Krug au Caire. C’était l’un de ces dizaines d’experts nazis en fusées aux services desquels l’Égypte avait recours pour développer un armement sophistiqué.

HaBoker, journal israélien maintenant disparu, prétendit, de façon surprenante, avoir l’explication : les Égyptiens avaient kidnappé Krug pour l’empêcher de faire affaire avec Israël.

Par cette révélation un peu maladroite, cependant, Israël essayait de dissuader les enquêteurs de fouiller trop profondément pour élucider cette disparition, même si ceux-ci n’auraient jamais pu retrouver le savant de 49 ans.

Nous pouvons maintenant le révéler, en nous fondant sur des interviews avec d’anciens officiers du Mossad et avec des Israéliens qui ont accès aux archives secrètes de ce service depuis un demi-siècle, Krug a été assassiné pour intimider les chercheurs allemands qui travaillaient pour l’Égypte, et ce meurtre faisait partie d’un complot des services de renseignement israéliens.

En outre, la révélation la plus abasourdissante, c’est celle de l’identité de l’agent du Mossad qui a tiré les coups de feu mortels : Otto Skorzeny, l’une des meilleures recrues du service d’espionnage israélien, était un ancien lieutenant-colonel au sein de la Waffen-SS et l’un des chefs préférés d’Hitler. Le Führer, en effet, l’avait décoré de la médaille militaire la plus prestigieuse, la croix de chevalier de la croix de fer, pour avoir dirigé l’opération de sauvetage qui avait soustrait son ami Mussolini à ses ravisseurs.

Mais c’était avant. Dès 1962, selon nos sources — qui ne nous ont parlé que contre la promesse de ne pas voir leur identité révélée — Skorzeny avait un autre employeur. Le récit de la façon dont cela est arrivé est l’une des histoires les plus intéressantes, tenues secrètes à ce jour, des archives du Mossad, l’agence dont le nom entier, traduit de l’hébreu, signifie : « Institut pour le renseignement et les missions spéciales ».

Otto Skorzeny avec Mussolini qu'il vient de libérer - 12 septembre 1943. Credit: Wikimedia Commons /Toni Schneiders

Otto Skorzeny avec Mussolini qu’il vient de libérer – 12 septembre 1943. Credit: Wikimedia Commons /Toni Schneiders

Il faut, tout d’abord, pour comprendre cette histoire, savoir que le Mossad pensait devoir, en priorité, empêcher les chercheurs allemands qui collaboraient alors au programme de fusée de l’Égypte de continuer dans cette voie. Pendant plusieurs mois avant sa mort, en effet, Krug, tout comme d’autres Allemands qui travaillaient à la construction de fusées en Égypte, avait reçu des messages menaçants. Quand ils étaient en Allemagne, on leur téléphonait au milieu de la nuit, leur enjoignant d’abandonner le programme égyptien. Quand ils se trouvaient en Égypte, ils recevaient des lettres piégées et plusieurs d’entre eux avaient été blessés par ces explosions.

Krug, justement, était quasiment le premier sur la liste des cibles du Mossad.

Lors de la guerre qui s’était terminée 17 ans plus tôt, Krug faisait partie de l’équipe de superstars à Peenemünde, centre de recherche de l’armée, sur la côte de la mer Baltique, où des chercheurs allemands travaillaient pour Hitler et le troisième Reich. L’équipe, dirigée par Wernher von Braun, était fière d’avoir conçu les fusées qui, lors du Blitz, avaient presque vaincu l’Angleterre. Ils avaient de plus larges ambitions, et cela incluait des missiles qui pourraient avoir une beaucoup plus grande portée, une exactitude encore plus précise et un pouvoir de destruction plus important.

Selon les informations du Mossad, dix ans après la fin de la guerre, von Braun avait invité Krug et d’autres anciens collègues à le rejoindre en Amérique. Ce savant, dont le passé nazi avait été pratiquement gommé, dirigeait un programme de développement de missiles pour les États-Unis. Il était même devenu l’un des pères du programme d’exploration de l’espace de la NASA. Krug fit un autre choix, apparemment plus lucratif : il rejoignit en Égypte des chercheurs du groupe de Peenemünde, menés par le professeur allemand Wolfgang Pilz, qu’il admirait énormément. Ils allaient concevoir un programme de missiles secret pour ce pays arabe.

Selon les Israéliens, Krug ne pouvait pas ignorer qu’Israël, où tant de survivants de l’holocauste avaient trouvé refuge, était la cible visée par la capacité militaire de ses nouveaux maîtres. Pour un nazi convaincu, ce serait là une occasion de continuer la sinistre mission d’extermination des juifs.

Krug, cependant, était rendu fou par les coups de téléphone et les lettres de menaces. Ses collègues et lui savaient que les Israéliens en étaient à l’origine. C’était évident. En 1960, des agents israéliens avaient kidnappé, au fin fond de l’Argentine, Adolf Eichmann, l’un des principaux organisateurs de l’holocauste. Les Israéliens avaient, à la surprise générale, amené clandestinement ce nazi à Jérusalem, où il avait été jugé. Il avait été pendu le 31 mai 1962.

Que Krug songe que lui aussi, peut-être, allait se faire attraper par le Mossad n’était pas déraisonnable. C’est pour cela qu’il demanda de l’aide à un héros nazi, qui passait pour le meilleur des meilleurs au temps de la splendeur d’Hitler.

Otto Skorzeny (deuxième à partir de la gauche), 3 octobre 1943. Credit: Wikimedia Commons

Otto Skorzeny (deuxième à partir de la gauche), 3 octobre 1943. Credit: Wikimedia Commons

Le jour de sa disparition, selon de nouveaux renseignements émanant de sources dignes de foi, Krug quitta son bureau pour rencontrer Skorzeny, l’homme qui, d’après lui, serait son sauveur.

Skorzeny, qui avait alors 54 ans, n’était ni plus ni moins qu’une légende. Un soldat impétueux et inventif qui avait grandi en Autriche, célèbre pour sa longue balafre sur la joue gauche, conséquence d’une joute d’escrime un peu trop fougueuse dans sa jeunesse, et qui avait fini par devenir lieutenant-colonel dans la Waffen-SS. Grâce à ses exploits comme commandant de guérilla, il avait été remarqué par Hitler qui le voyait comme un homme capable de se surpasser au-delà de ce qu’on peut imaginer et que rien n’arrêtait dans l’accomplissement de sa mission.

Par ses exploits pendant la guerre, le colonel galvanisait les Allemands et inspirait aux ennemis de l’Allemagne un certain respect. Les renseignements militaires américain et britannique appelaient Skorzeny « l’homme le plus dangereux d’Europe ».

Krug contacta Skorzeny en espérant que ce grand héros, qui vivait alors en Espagne, arrive à trouver le moyen d’assurer la sécurité des chercheurs.

Les deux hommes se trouvaient dans la Mercedes blanche de Krug et s’éloignaient de Munich par le nord quand Skorzeny déclara qu’il avait recruté trois gardes du corps. Ils étaient juste dans la voiture derrière, dit-il, et ils allaient les accompagner dans un endroit sûr, dans la forêt, pour bavarder. C’est à ce moment et à cet endroit que Krug fut assassiné, sans avoir été mis en accusation ni condamné. L’homme qui appuya sur la détente n’était autre que le célèbre héros nazi. Les services d’espionnage israéliens avaient réussi à faire d’Otto Skorzeny un agent secret de l’État juif.

Après que Krug eut été tué, les trois israéliens versèrent de l’acide sur son corps, attendirent un moment avant de l’enterrer dans un trou qu’ils avaient creusé auparavant. Ils recouvrirent alors cette tombe improvisée de chaux vive, pour que les chiens policiers et les animaux sauvages ne flairent jamais la piste de restes humains.

La troïka qui avait coordonné cette exécution judiciaire était dirigée par un futur premier ministre, Yitzhak Shamir, qui était alors le chef de l’unité des opérations spéciales du Mossad. Il y avait aussi Zvi « Peter » Malkin, qui s’était attaqué à Eichmann en Argentine et qui, plus tard, allait se faire une place dans le monde de l’art en tant que peintre new-yorkais. C’est Yosef « Joe » Raanan, le responsable des services de renseignement en Allemagne, qui supervisait de loin l’opération. Tous trois avaient perdu de nombreux membres de leur famille lors de ce génocide barbare de 6 millions de juifs, étendu à tout un continent, qu’Eichmann, entre autres, avait organisé.

Otto Skorzeny (à gauche) et Adrian von Folkersam (à droite) à Budapest, 16 octobre 1944. Credit: Wikimedia Commons

Otto Skorzeny (à gauche) et Adrian von Folkersam (à droite) à Budapest, 16 octobre 1944. Credit: Wikimedia Commons

Israël avait des motivations claires en travaillant avec un homme comme Skorzeny, il s’agissait de se rapprocher autant que possible des nazis qui aidaient l’Égypte à fomenter un nouvel holocauste.

Les méthodes du Mossad pour protéger Israël et les juifs ne suivent pas de règles établies d’avance. Les espions de ce service ont fait fi des lois de beaucoup de pays, quand ils ont agi dans le but d’éliminer les ennemis d’Israël : les terroristes palestiniens, les chercheurs iraniens, et même un inventeur d’armement canadien, Gerald Bull, qui travaillait pour Saddam Hussein jusqu’à ce que quelques balles n’interrompent sa carrière, à Bruxelles, en 1990. Les agents du Mossad à Lillehammer, en Norvège, ont même tué un serveur marocain qu’on soupçonnait, à tort, d’être le cerveau derrière le massacre, en 1972, de 11 israéliens aux Jeux olympiques de Munich par le groupe terroriste Septembre noir. Ahmed Bouchikhi a été assassiné en 1973 alors qu’il sortait d’un cinéma, en compagnie de son épouse, qui était enceinte. Le gouvernement israélien a ensuite versé un dédommagement à sa veuve, sans toutefois admettre officiellement sa responsabilité. Cette mission bâclée a retardé d’autres exécutions du Mossad, mais elle n’y a pas mis fin.

Pour se rendre aux endroits imprévus où accomplir ces invraisemblables missions, le Mossad s’est parfois trouvé obligé d’avoir des associés peu ragoûtants. Quand les Israéliens devaient conclure des alliances à court terme, ils étaient prêts, comme dit le proverbe, à danser avec le diable si cela semblait nécessaire.

Mais pourquoi donc Skorzeny travaillait-il avec le Mossad ?

Il était né à Vienne, en juin 1908, dans une famille bourgeoise, fière que certains de ses membres aient servi dans l’armée de l’empire austro-hongrois. Depuis son tout jeune âge, il s’était montré intrépide, hardi et doué d’un talent certain pour inventer des fables emberlificotées qui lui permettaient de duper les autres. C’était là des caractéristiques essentielles pour un officier de commando en temps de guerre et sûrement aussi des qualités très appréciées par le Mossad.

Il avait adhéré à l’antenne autrichienne du parti nazi en 1931, alors qu’il avait 23 ans, il avait servi dans ses milices armées, les SA, et il adulait Hitler. Le Führer avait été élu chancelier en 1933 avant de s’emparer de l’Autriche en 1938. Quand il avait envahi la Pologne et que la Seconde Guerre mondiale avait éclaté, Skorzeny avait abandonné son entreprise de construction et s’était engagé non dans l’armée régulière, la Wehrmacht, mais dans la division SS Leibstandarte qui servait, en quelque sorte, de garde du corps à Hitler.

Dans des mémoires rédigés après la guerre, il a raconté ses années de service en qualité de SS comme s’il n’avait fait que voyager, sans quasiment jamais verser le sang, dans la Pologne, la Hollande et la France occupées. Ses activités ne pouvaient pas avoir été aussi anodines que son livre le laissait entendre. Il avait participé à des batailles en Russie et en Pologne et les Israéliens pensaient sûrement qu’il avait très probablement été impliqué dans l’extermination des juifs. Les Waffen-SS, après tout, n’étaient pas l’armée régulière, c’était le bras armé du parti nazi et de son plan génocidaire.

Otto Skorzeny, en Poméranie, rendant visite au 500ème bataillon de parachutistes, février 1945. Credit: Wikimedia Commons

Otto Skorzeny, en Poméranie, rendant visite au 500ème bataillon de parachutistes, février 1945. Credit: Wikimedia Commons

Sa mission la plus célèbre et la plus audacieuse, il l’avait accomplie en septembre 1943 à la tête de commandos qui volaient dans des planeurs dépourvus de moteurs pour aller porter secours, dans une station de montagne haut perchée, à l’ami et allié d’Hitler, le dictateur fasciste Mussolini, récemment déposé. Il l’avait enlevé à ses ravisseurs dans des conditions impossibles.

C’est cette équipée qui valut à Skorzeny sa promotion au grade de lieutenant-colonel et à celui de contrôleur opérationnel des forces spéciales d’Hitler. Le Führer le récompensa aussi par un tête-à-tête de plusieurs heures, en plus de la médaille de chevalier si convoitée. Cependant c’est loin d’être son seul exploit.

En septembre 1944, au moment où le dictateur de la Hongrie, l’amiral Miklos Horthy, un allié des nazis, allait demander la paix à la Russie alors que les puissances de l’Axe commençaient à s’effondrer, Skorzeny se rendit à Budapest, à la tête d’un contingent des Forces spéciales, pour kidnapper Horthy et remplacer son gouvernement par un régime à la ligne plus dure, celui du mouvement fasciste des croix fléchées qui, pour sa part, se mit à assassiner ou à déporter dans des camps de concentration des dizaines de milliers de juifs hongrois qui avaient jusque-là réussi à survivre.

En 1944 aussi, Skorzeny choisit 150 soldats, dont certains parlaient un anglais assez bon voire excellent, pour mettre en œuvre un plan hardi qui visait à repousser les Alliés après leur débarquement en Normandie, le jour J du débarquement. Les Alliés avançant sur le territoire français, Skorzeny fit endosser à ses hommes des uniformes étasuniens pris sur des prisonniers et leur fournit des tanks américains pour qu’ils attaquent et plongent dans la confusion les troupes alliées derrière leurs propres lignes.

Cette mystification, d’une grande hardiesse, à laquelle il faut ajouter le vol des biens des soldats américains, valut à Skorzeny, après la fin de la guerre, deux années d’interrogatoires, d’emprisonnement et de procès. Les juges militaires alliés finirent cependant par l’acquitter en 1947. Une fois de plus, il fut présenté dans les gros titres des journaux du monde entier comme l’homme le plus dangereux d’Europe. Il savoura sa célébrité et publia ses mémoires traduites dans de nombreuses langues et éditions, y compris celle des Greenhill Books « Skorzeny special missions: the autobiography of Hitler’s commando ace » (Les missions spéciales de Skorzeny : l’autobiographie du meilleur chef commando d’Hitler). Dans ses ouvrages, il brodait de façon hyperbolique sur la réalité des faits tout en minimisant incontestablement ses contacts avec les plus sanguinaires des dirigeants nazis. Il évoquait ses conversations avec Hitler en présentant le dictateur comme un stratège militaire bienveillant et prévenant.

Il y a cependant beaucoup de choses que Skorzeny n’a pas dévoilées, y compris la façon dont il a échappé aux autorités militaires américaines qui l’avaient retenu après son acquittement. Les procureurs réfléchissaient à sa mise en accusation devant les tribunaux de Nuremberg, mais il réussit à s’enfuir lors d’un transfert, grâce à l’aide présumée de soldats SS qui auraient endossé des uniformes de la police militaire américaine.

La fuite de Skorzeny aurait pu être facilitée aussi par l’organisation qui a précédé la CIA, le Bureau des services spéciaux, pour lequel il a un peu travaillé après la guerre. On peut noter qu’on lui a permis de s’installer en Espagne, un paradis pour les vétérans nazis, avec la protection du Généralissime Francisco Franco. Dans les années qui suivirent, il a collaboré, en tant que conseiller, avec le Président Peron d’Argentine et le gouvernement égyptien. C’est à cette époque qu’il s’est lié d’amitié avec les officiers égyptiens qui dirigeaient le programme des missiles et employaient des experts allemands.

Otto Skorzeny, témoin aux procès de Nuremberg, attendant dans une cellule, 24 novembre 1945. Credit: Wikimedia Commons

Otto Skorzeny, témoin aux procès de Nuremberg, attendant dans une cellule, 24 novembre 1945. Credit: Wikimedia Commons

En Israël, une équipe du Mossad se mit au travail pour trouver le lieu où il serait le plus facile de tuer Skorzeny. Le chef de l’agence, Isser Harel, avait toutefois un plan plus hardi. Au lieu de le tuer, il voulait l’attraper dans ses filets.

Les officiers du Mossad savaient depuis un certain temps que pour cibler les chercheurs allemands, ils avaient besoin d’un homme à l’intérieur du groupe ciblé. En fait, le Mossad avait besoin d’un nazi.

Les Israéliens ne trouveraient jamais un nazi en qui ils pourraient avoir confiance, mais ils pensaient à un nazi sur qui ils pourraient compter, quelqu’un de sérieux et de déterminé qui aurait, dans le passé, exécuté des plans risqués, et qui saurait garder des secrets. La décision, à première vue bizarre, de recruter Skorzeny ne fut pas facile à prendre, d’un point de vue personnel, cette tâche étant dévolue à Raanan, né lui aussi à Vienne, et qui avait échappé de peu à l’holocauste. Après que les nazis eurent envahi son pays en 1938, ce juif autrichien, qui s’appelait alors Kurt Weisman, fut envoyé, à l’âge de 16 ans, en Palestine. Sa mère et son frère cadet restèrent en Europe et périrent.

Comme beaucoup de juifs en Palestine, il rejoignit les rangs de l’armée britannique, dans l’espoir d’aider à renverser l’Allemagne, et il servit dans la Royal Air Force. Après la création de l’État d’Israël en 1948, il prit, comme beaucoup, un nom hébreu et, devenu Joe Raanan, il fit partie des premiers pilotes de la toute petite armée de l’air de cette nouvelle nation. Le jeune homme fut nommé rapidement commandant de base aéronautique et, plus tard, chef du renseignement de l’armée de l’air.

Le CV exceptionnel de Raanan, y compris son travail dans la RAF dans le service de la guerre psychologique, suffit à attirer l’attention de Harel, qui le recruta dans le Mossad en 1957. Quelques années plus tard, il fut envoyé en Allemagne pour y diriger les opérations secrètes avec ordre de se concentrer sur les savants allemands qui travaillaient en Égypte. Ainsi, c’est Raanan qui dut concevoir et commander l’opération destinée à établir un contact avec Skorzeny, le célèbre chef des commandos nazis.

L’espion israélien eut du mal à surmonter son dégoût, mais quand il lui en fut donné l’ordre, il rassembla une équipe qui partit en Espagne pour « collecter des renseignements avant d’agir. » Ses membres observèrent Skorzeny, sa villa, son bureau et ses habitudes quotidiennes. Il y avait avec eux une Allemande de 28-29 ans qui n’était pas un véritable agent à plein temps du Mossad, mais « une assistante ». On appelait ce genre de personnes en hébreu « saayani » si c’était une femme et « saayan » si c’était un homme. Cette jeune femme était, en quelque sorte, figurante dans un film pompeusement mélodramatique, jouant n’importe quel rôle demandé, une saayani faisant souvent semblant d’être la petite amie d’un combattant clandestin du Mossad.

Des rapports internes du Mossad révélèrent plus tard qu’elle s’appelait Anke, qu’elle était jolie, vive et aimait beaucoup flirter. Voilà qui était parfait pour le travail dont il s’agissait, on allait jouer au couple.

Un soir des premiers mois de 1962, Skorzeny, prospère, doué d’un certain charme viril en dépit de sa balafre, se trouvait dans un bar huppé de Madrid en compagnie de sa femme, nettement plus jeune que lui, Ilse von Finckenstein. Une vraie nazie à n’en pas douter, elle aussi : elle était la nièce de Hjalmar Schacht, le talentueux ministre des Finances d’Hitler.

Ils savouraient des cocktails et se détendaient quand le barman les présenta à un couple germanophone qu’il venait de servir. La femme était jolie et avait dans les 28-29 ans et son compagnon, un homme élégant, avait, lui, près de 40 ans. Ils dirent être des touristes allemands et évoquèrent l’histoire pénible qui leur était arrivée : on venait de les dépouiller complètement dans la rue.

Leur allemand était parfait, même si l’homme avait un léger accent autrichien, qui rappelait celui de Skorzeny. Ils donnèrent leur nom, de faux noms, il s’agissait, en fait, d’un agent du Mossad dont l’identité ne peut pas encore être révélée et son « assistante », Anke.

Ils prirent quelques verres de plus, puis on commença à flirter sans retenue, et la femme de Skorzeny ne tarda pas à inviter le jeune couple, qui avait tout perdu, argent, passeports et bagages, à passer la nuit dans leur somptueuse villa. Le charme des nouveaux-venus opérait de façon irrésistible, c’était comme si les deux couples étaient liés par un désir réciproque. Après qu’ils eurent pénétré dans la maison, toutefois, au moment crucial où ce flirt espiègle avait atteint le point où le moment semblait arrivé de passer à l’étape suivante, Skorzeny, cet hôte si charmant, braqua un révolver sur le jeune couple et déclara : « Je sais qui vous êtes et je sais pourquoi vous êtes là. Vous êtes des agents du Mossad et vous êtes venus pour me tuer. »

Le jeune couple ne broncha pas. L’homme déclara : « Vous avez à moitié raison. Nous sommes effectivement du Mossad mais si nous étions venus pour vous tuer, vous seriez mort depuis des semaines. »

« Ou peut-être, dit Skorzeny, c’est moi qui vais juste vous tuer. »

Anke intervint : « Si vous nous tuez, ceux qui nous suivent ne vont pas se donner la peine de prendre un verre avec vous. Vous ne verrez même pas leur visage avant qu’ils ne vous fassent sauter la cervelle. Nous vous demandons seulement de nous aider. »

Après une longue minute qui sembla une heure, Skorzeny, le révolver toujours braqué sur le jeune couple, demanda cependant : « Quel genre d’aide ? Vous avez besoin qu’on vous aide pour quelque chose ? » L’officier du Mossad, dont maintenant encore les collègues ne dévoilent pas l’identité, dit à Skorzeny qu’Israël avait besoin de renseignements et était prête à le payer grassement.

Le chef de commando préféré d’Hitler se tut quelques instants, réfléchit, et surprit l’israélien en disant : « L’argent ne m’intéresse pas, j’en ai suffisamment. »

L’homme du Mossad fut encore plus étonné d’entendre Skorzeny évoquer ce qu’il voulait réellement : « J’ai besoin que Wiesenthal enlève mon nom de sa liste. » Simon Wiesenthal, le célèbre chasseur de nazis basé à Rome, l’avait mis sur sa liste de criminels de guerre, mais voilà que l’accusé soutenait n’avoir commis aucun crime.

L’israélien ne croyait pas aux protestations d’innocence des officiers supérieurs nazis, mais le recrutement d’un espion exige des mensonges opportuns et des subterfuges. « O.K., dit-il, ce sera fait. On va s’en occuper. »

Skorzeny finit par baisser son arme et les deux hommes se serrèrent la main, l’agent du Mossad cachant son dégoût.

« Je savais que cette histoire à propos de l’attaque dont vous aviez été victime était fausse, dit Skorzeny, avec le sourire fanfaron d’un professionnel du renseignement. Je savais que c’était juste une couverture. »

L’étape suivante consista à le faire venir en Israël. Son agent traitant du Mossad, Raanan, organisa un voyage secret à Tel Aviv où Skorzeny fut présenté à Harel. Le nazi fut interrogé et reçut aussi des instructions et des recommandations plus spécifiques. Pendant cette visite, on fit visiter à Skorzeny Yad Vashem, le musée de Jérusalem, dédié à la mémoire des 6 millions de juifs victimes de l’holocauste. Le nazi resta silencieux et se conduisit avec respect. Il y eut un instant étrange quand un survivant de la guerre pointa son doigt en la direction de Skorzeny et le traita de « criminel de guerre ».

Raanan, excellent acteur comme se doivent d’être tous les espions, sourit à cet homme et répondit calmement : « Non, vous faites erreur. C’est un membre de ma famille, qui est lui-même un survivant des camps. »

Naturellement, beaucoup dans le renseignement israélien se posèrent des questions sur la réalité et l’apparente facilité du recrutement de ce célèbre soldat dévoué à son pays. Est-ce parce qu’il se souciait tant de son image qu’il avait exigé d’être rayé de la liste des criminels de guerre ? Skorzeny indiqua que se trouver sur la liste faisait de lui une cible. En coopérant avec le Mossad, il s’achetait une assurance-vie.

Le nouvel agent semblait donner des preuves de sa totale fiabilité. Comme les Israéliens le demandaient, il partit pour l’Égypte et dressa une liste détaillée des savants allemands et de leurs adresses.

Il fournit aussi les noms de nombreuses sociétés écrans européennes qui vendaient et livraient des composants destinés aux projets militaires de l’Égypte, comme la firme de Heinz Krug à Munich, Intra.

Raanan continua à être le responsable de l’opération contre les savants allemands, mais il réserva la tâche de rester en contact avec Skorzeny à deux de ses meilleurs agents, Rafi Eitan et Avraham Ahituv.

Rafi Eitam a été l’un des personnages les plus extraordinaires du renseignement israélien. Il a gagné le surnom « M. Kidnapping » pour son rôle dans l’enlèvement d’Eichmann et d’autres hommes recherchés par les agences de sécurité israéliennes. Il a aussi aidé Israël à se procurer ce qu’il fallait pour son programme nucléaire secret. Il a été au centre d’un scandale dans les années 80 en recrutant Jonathan Pollard, ce juif américain qui s’était mis à espionner le gouvernement de son pays.

Après une vie dans l’ombre, ce personnage, qui a surpris par son originalité, est devenu en 2006, à l’âge de 79 ans, député, à la tête d’un parti qui représente les personnes âgées.

« Oui, j’ai rencontré Skorzeny et j’ai été son agent traitant, » nous a-t-il confirmé récemment. Comme d’autres vétérans du Mossad, il a refusé de nous donner plus de détails de façon officielle.

Ahituv, né en Allemagne en 1930, s’est trouvé, lui aussi, impliqué dans de nombreuses opérations clandestines tout autour du monde. De 1974 à 1980, il a dirigé le service de sécurité intérieure, le Shin Bet, dont les archives recèlent aussi de nombreux secrets et qui a souvent mené des projets conjointement avec le Mossad.

Les agents du Mossad ont effectivement essayé de persuader Wiesenthal d’enlever Skorzeny de sa liste de criminels de guerre, mais le chasseur de nazis a refusé. Alors le Mossad, avec son chutzpah (toupet) habituel, a rédigé une fausse lettre, censée avoir été écrite par Wiesenthal et adressée à Skorzeny où il est spécifié que Skorzeny est disculpé.

Skorzeny a continué à surprendre les Israéliens par l’intensité de sa coopération. Pendant un voyage en Égypte, il a même envoyé par la poste des colis remplis d’explosifs, et une bombe fabriquée par des israéliens a tué cinq Égyptiens sur le site militaire consacré aux fusées, Factory 333, où travaillaient des savants allemands.

La campagne d’intimidation a été couronnée de succès : la plupart des Allemands ont quitté l’Égypte. Israël n’a cessé sa violence et ses menaces, toutefois, que lorsqu’une de ses équipes a été arrêtée en Suisse, en train d’exercer des pressions verbales sur la famille d’un savant allemand. Un homme du Mossad et un savant autrichien qui travaillait pour Israël ont été jugés. Par chance, le juge suisse a compris la peur d’Israël devant le programme de fusées égyptien. Les deux hommes ont été reconnus coupables d’avoir proféré des menaces, mais ils ont été remis aussitôt en liberté.

Le Premier ministre, David Ben Gourion, cependant, a conclu que toute cette publicité était désastreuse pour l’image d’Israël et surtout qu’elle pouvait nuire à un accord passé avec l’Allemagne de l’ouest pour des ventes d’armes.

Harel a envoyé sa lettre de démission, qu’à son extrême surprise, Ben Gourion a acceptée. Le nouveau directeur du Mossad, le commandant du renseignement de l’armée, le Général Meir Amit, a renoncé à poursuivre les nazis ou à les intimider.

Amit a « réveillé » Skorzeny au moins une fois encore. Le chef des services secrets voulait explorer la possibilité de négociations secrètes de paix et il a demandé au nazi payé par Israël d’organiser une rencontre avec un haut responsable égyptien, mais cela n’a rien donné.

Skorzeny n’a jamais expliqué les raisons exactes pour lesquelles il avait aidé Israël. Dans son autobiographie, on ne trouve ni le mot « Israël » ni même le mot « juif ». Certes il a eu l’assurance-vie qu’il cherchait, le Mossad ne l’a pas assassiné.

Il avait aussi un goût très prononcé pour l’aventure et l’idée de faire un travail secret avec des espions fascinants, même si c’était des juifs, devait agir comme un aimant pour l’homme à qui ses équipées risquées avaient valu la croix de fer décernée par Hitler. Skorzeny était tout à fait le genre d’homme que les tueries rajeunissaient et ragaillardissaient, du moins en avait-il l’impression.

Il est possible que les regrets et le besoin de rédemption aient aussi joué un rôle. Les psychologues du Mossad n’y croyaient pas, mais peut-être a-t-il regretté ce qu’il avait fait pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sans doute a-t-il été motivé par la combinaison de tous ces facteurs et peut-être même d’autres, mais Otto Skorzeny a emporté son secret dans la tombe. Il est mort d’un cancer, à 67 ans, à Madrid, en juillet 1975.

Il a eu deux enterrements : l’un dans une église de la capitale espagnole et l’autre pour enterrer ses cendres dans la concession familiale à Vienne. Des dizaines de vétérans allemands et leurs épouses, qui n’ont pas hésité à faire le salut nazi et à entonner quelques-uns des chants préférés d’Hitler, ont assisté à ces deux cérémonies. Figuraient en bonne place quatorze des médailles de Skorzeny, sur la plupart desquelles on ne pouvait manquer de remarquer des croix gammées noires.

Au service de Madrid, il y avait un homme que, dans la foule, personne ne connaissait, mais qui, par habitude, essayait de cacher son visage autant qu’il le pouvait. C’était Joe Raanan qui, à cette époque, était devenu un homme d’affaires israélien prospère.

Ce n’est pas le Mossad qui avait envoyé Raanan aux obsèques de Skorzeny, c’est lui qui avait décidé de s’y rendre et à ses propres frais. C’était l’hommage personnel d’un soldat né en Autriche à un autre, et d’un vieil agent traitant au meilleur, mais plus méprisable, agent qui n’ait jamais été sous ses ordres.

Dan Raviv, un correspondant de CBS News à Washington, et le journaliste israélien Yossi Melman sont les co-auteurs de cinq livres qui traitent de l’espionnage israélien et des agences de sécurité.

Source : Haaretz, le 27/03/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

11 réponses à L’étrange cas d’un nazi devenu tueur à gages israélien… [Haaretz]

Commentaires recommandés

noDJ Le 25 juillet 2016 à 02h14
 
 

Pas si étonnant que cela. Entre psychopathes ont se comprend.

Après la guerre les américains ont exfiltrés plus de 1500 scientifiques allemands, lors de l’ opération Paperclip. Un des résultats fut le Projet MK-ultra, M pour Mind, K pour Kontrol (en all.), sans doute le plus horrible de tous. Pour créer une dissociation cognitive permettant une meilleure programmation mentale, on expérimenta le LSD, les éléctrochocs, et autres tortures y compris le viol, et ce, même sur des enfants orphelins.

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Après l’arrestation hier à Lyon de militants anti-colonialistes, solidaires avec le peuple palestinien, samedi 23 juillet 2016, par UJFP Lyon

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Palestine libre

 

http://www.ujfp.org/spip.php?article5067

 

Après l’arrestation hier à Lyon de militants anti-colonialistes, 

 

solidaires avec le peuple palestinien

 

samedi 23 juillet 2016 par UJFP Lyon

Communiqué de la section lyonnaise de l’UJFP

La section lyonnaise de l’Union Juive Française pour la Paix - UJFP - tient à exprimer son indignation après l’arrestation d’une cinquantaine de militants pacifistes, solidaires du combat des Palestiniens au prétexte qu’ils portaient des tee-shirts où était inscrit : Free Palestine, Israël Apartheid et BDS Boycott Israël.

Affirmations politiques exactes, désignant la nature du régime israélien, la nature des crimes commis, le sens de notre combat.

Malgré les efforts du gouvernement israélien pour masquer ses crimes, ceux du gouvernement français complice et ceux du CRIF - agent israélien en France - il n’est plus possible d’ignorer la nature et l’ampleur des crimes israéliens commis à l’encontre du peuple palestinien tout entier :

  • Crime d’apartheid, crimes d’occupation, crime de blocus illégal de la Bande de Gaza.
  • Crimes commis en toute impunité, avec la complicité active des gouvernements occidentaux, celle de la France particulièrement.

L’UJFP Lyon tient à assurer nos camarades anti-colonialistes, arrêtés puis relâchés, de notre entière solidarité. À affirmer que leur combat est également le nôtre.

Que celui-ci s’inscrit dans la longue tradition anticolonialiste du peuple français ; combat aujourd’hui essentiel pour tous ceux épris de justice et de paix, ici et là bas.

La Campagne BDS est en plein essor, est prise en main par des pans de plus en plus nombreux de la société civile française. À ce titre et justement, elle fait de plus en plus peur à Israël et à ses complices.

Unis, nous sommes les plus forts, aucune pression israélienne, du gouvernement français ou du CRIF, ne peut inverser le cours et le développement de la Campagne BDS. Nous gagnerons !

L’UJFP Lyon le 23 juillet 2016

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http://www.enfantsdepalestine.org/article/des-dizaines-de-membres-du-parlement-europeen-appellent-l-ue-a-soutenir-le-droit-de-boycotter

Des dizaines de membres du parlement européen appellent l’UE à soutenir le droit de boycotter

Soumis par abnah le ven, 22/07/2016 - 18:19

Plus de 30 membres du parlement ont appelé la Haute Représentante de l’UE, Federica Mogherini, à prendre des mesures assurant la liberté d’expression pour le mouvement à direction palestinienne pour la justice et l’égalité Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) et à reconnaître Omar Barghouti, un cofondateur du mouvement BDS, comme un défenseur des droits humains.

Alors que les opinions des signataires sont diverses sur le mouvement BDS, ils ont exprimé leur inquiétude à propos des « tentatives croissantes de faire taire et de réprimer les partisans du BDS » et appelé l’UE à « garantir qu’elle n’introduira pas de mesures visant à limiter la liberté d’expression concernant le Moyen Orient et le BDS ».

Ayant échoué à masquer le soutien croissant et l’impact du mouvement BDS dans l’ensemble de la société civile, Israël a lancé une campagne anti-démocratique sans précédent pour faire taire la parole palestinienne et mettre le soutien au BDS hors la loi.

Les attaques provoquées par Israël contre le mouvement BDS opèrent par des pressions sur les gouvernements, les législateurs et les responsables pour  combattre les activités BDS par des mesures répressives qui représentent une menace aux libertés civiles et politiques en général.

Les 32 parlementaires signataires ont exprimé leur inquiétude concernant les attaques ciblées, par Israël, de militants soutenant les droits palestiniens par le BDS  et appelé l’UE à « reconnaître en Omar Barghouti un défenseur des droits humains et accorder, à lui et aux autres défenseurs des droits humains Palestiniens, Israéliens et internationaux, protection et assistance appropriées.

Aneta Jerska, la coordinatrice de la Coordination Européenne des Comités et Associations pour la Palestine (ECCP) a déclaré :

“Il est vraiment stimulant de voir qu’un nombre croissant de députés se positionnent clairement en défense du droit des acteurs de la société civile à promouvoir le BDS, comme question de conscience, de libre expression et de moyen non-violent d’expression politique ».

Riya Hassan, Chargée de Campagne pour l’Europe du Comité National palestinien du BDS, la plus vaste coalition d’organisations palestiniennes qui dirige et soutient le mouvement BDS, a dit :

« Cette lettre montre que le soutien au droit des citoyens et des organisations à prendre part au mouvement BDS continue d’augmenter en Europe, tout comme il augmente autour du monde. Il y a une préoccupation croissante à propos des attaques en cours contre la démocratie pour aider à protéger Israël des critiques et de ses responsabilités.

« Il est grand temps que l’UE écoute les appels des sociétés civiles palestiniennes et européennes et mette fin à sa complicité avec les violations du droit international et des droits humains par Israël. L’UE doit adhérer à ses propres obligations, protéger la liberté d’expression et de réunion politique des citoyens et assurer la protection des défenseurs palestiniens des droits humains ».

Cette lettre fait écho à la montée des appels de la société politique et civile européenne à protéger la liberté d’expression des militantEs et des organisations impliquées dans l’activité BDS pour les droits palestiniens.

Plus de 350 organisations européennes des droits humains, syndicats, églises et partis politiques, ont appelé l’Union Européenne à défendre le droit des citoyens et des organisations à boycotter Israël en réponse à son occupation et aux violations des droits palestiniens.

Des représentants des gouvernements suédois, irlandais et hollandais ont défendu publiquement le droit de promouvoir et de mener campagne pour les droits palestiniens, selon de droit international, par le BDS.

Pour la lettre et la liste des signataires.

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http://www.reperes-antiracistes.org/2016/07/campagnes-bds-boycott-desinvestissement-sanctions-declaration-du-pcf.html

Campagnes BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) : Déclaration du PCF

23 Juillet 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes

Campagnes BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) : Déclaration du PCF

Suite à un texte diffusé par le Crif faisant état de l’audition par sa commission « Relations avec les élus » d’une conseillère communiste de Paris, des affirmations sans fondement ont circulé sur les réseaux sociaux quant à la position du Parti communiste français sur les campagnes BDS et à la nature et les objectifs de ces campagnes.

Le PCF tient à rappeler et réaffirmer son soutien sans équivoque depuis son origine à la campagne BDS International et à l’Appel de 2005 lancé par les partis politiques, syndicats, associations, coalitions et organisations palestinien(ne)s représentant les trois parties intégrantes du peuple de la Palestine : réfugiés palestiniens, Palestiniens sous occupation et citoyens palestiniens d’Israël.

Encore le 4 juin dernier, le PCF a publié une vidéo appelant à la mobilisation populaire pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens ->https://www.youtube.com/watch?v=HbiW3xJUNOg)] et rappelant le sens de son engagement aux côtés des démocrates et progressistes israéliens et palestiniens pour le respect du droit international, l’arrêt de la colonisation et de l’occupation israéliennes, la reconnaissance de l’Etat palestinien dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale, la libération de Marwan Barghouthi et de tous les prisonniers politiques palestiniens, la levée du blocus de Gaza, la destruction du Mur, le retour des réfugiés palestiniens et la coexistence pacifique entre Palestiniens et Israéliens.

Les forces progressistes et démocratiques israéliennes telles que le Parti communiste israélien, Breaking the Silence, La Paix maintenant, de nombreuses personnalités, y compris de droite et des membres de l’Etat-Major, appellent en Israël à mettre fin à l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens, au respect des accords internationaux et à un règlement diplomatique pacifique d’une situation dont les gouvernements successifs israéliens, mais particulièrement celui de Benjamin Netanyahu, portent la responsabilité.

De nombreux militants communistes français participent aux actions pacifiques de BDS France, dont le PCF n’est pas signataire, et sont poursuivis en vertu des circulaires Mercier et Alliot-Marie qui criminalisent l’action militante pacifiste et insultent les militants de la paix les accusant d’antisémitisme. Ce sont ces circulaires et l’interdiction du boycott citoyen qui sont illégales, pas l’action non violente des militants de la paix engagés pour la solution à deux Etats. Engagé à leurs côtés pour leur relaxe, le PCF milite pour l’abrogation de ces circulaires adoptées sous la présidence Sarkozy.

Ces dernières années, l’Union européenne qui, elle-même, au regard du droit et des conventions internationales, « ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur les territoires occupés par le pays depuis juin 1967 qui sont le plateau du Golan, la bande de Gaza et la Cisjordanie y compris Jérusalem-Est », a exclu les produits issus des colonies illégales israéliennes de l’accès aux financements européens.

Cette position est la seule et unique position du PCF, elle est au coeur de son engagement pour la paix, la fraternité entre les peuples et la solidarité internationale.

Parti communiste français

 

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ISRAËL utiliserait le DIME, une ARME particulièrement EFFROYABLE

23 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #Palestine libre, #AMERIQUE, #l'ONU

Publié par El Diablo

 

Le chirurgien norvégien Erik Fosse montre les brûlures à la cuisse d'un blessé amputé. Les effets du DIME. Photo : Pierre Barbancey

Le chirurgien norvégien Erik Fosse montre les brûlures à la cuisse d'un blessé amputé. Les effets du DIME. Photo : Pierre Barbancey

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Gaza (Territoires palestiniens), envoyé spécial de l'Humanité, Pierre Barbancey

EXCLUSIF. Selon un chirurgien norvégien venu aider ses confrères à Gaza, l’armée israélienne lance des bombes DIME. Les blessures provoquées sont quasiment incurables et conduisent généralement à l’amputation. Nous l’avons constaté à l’hôpital al-Chifa de Gaza.

L’aviation israélienne pilonne sans relâche la bande de Gaza depuis bientôt une semaine. Le bilan s’alourdit de jour. Dimanche, à la mi-journée, 166 Palestiniens avaient été tués dont plus de la moitié serait des civils, selon l’Office de coordination des Nations unies pour les affaires humanitaires (OCHA). Un déluge de feu sans précédent.
Comme si cela ne suffisait pas,
Israël utiliserait à nouveau – comme cela a été le cas au Liban Sud en 2006 et à Gaza lors de l’offensive menée fin 2008 début 2009 – une arme redoutable, baptisée DIME pour Dense Inert Metal Explosive. C’est ce qu’a affirmé ce dimanche une équipe de chirurgiens qui travaillent et opèrent sans relâche à l’hôpital al-Chifa de Gaza city. Parmi eux, un praticien norvégien, professeur à Oslo, Erik Fosse, arrivé vendredi. « Nous opérons jour et nuit, souligne-t-il. Beaucoup de bombardements sur les maisons ont lieu durant la nuit. Nous avons beaucoup de familles qui arrivent ici, avec des blessés beaucoup touchés par des éclats ou parce qu’ils ont été ensevelis sous les décombres. Nous avons également des patients qui présentent des blessures dues à l’utilisation d’armes anti-personnels. Nous en avons vu touchés par des armes conventionnelles, qui présentaient des lésions provenant d’éclats. C’est ce que l’on voit dans toutes les guerres. Il faut souligner qu’à Gaza les gens sont très affaiblis par sept ans de blocus et quand ils sont blessés les effets sont plus graves. Mais il y aussi, comme en 2008/2009, des patients touchés par les bombes DIME qui sont tirées par des drones. Ils transportent ces petites bombes qui ont un effet spécial sur les victimes. »

Devant le lit d’un blessé lors d’une attaque visant semble-t-il le chef de la police de Gaza lui aussi gravement blessé - alors que 18 autres personnes ont trouvé la mort à la sortie d’une mosquée et 15 ont été blessées, samedi soir -, le professeur Fosse montre les brûlures caractéristiques de cette arme qui marquent le corps. « En général, les membres inférieurs sont touchés, ce qui est le cas ici », insiste-t-il en soulevant le drap. L’homme a perdu la jambe droite et se trouve entre la vie et la mort. Son visage est en partie brûlé. Il respire difficilement.

« Nous vivons une énorme catastrophe humanitaire. Une catastrophe qui n’est pas naturelle mais créée par des hommes. »

Mis au point au début des années 2000 par les laboratoires de l’US Air Force, le DIME est une munition à base d’une enveloppe en fibres de carbone contenant un explosif mélangé à un alliage de métaux lourds et de poudre de tungstène avec du cobalt, du nickel ou du fer. Les blessures provoquées sont quasiment incurables et conduisent généralement à l’amputation. Le DIME provoque des dommages très importants sur la matière vivante et les tissus mous (le derme, les muscles et les os). Une arme particulièrement utilisée lors des guerres asymétriques officiellement pour éviter les dommages collatéraux. Une arme qui n’est pas interdite mais dont les effets sont atroces. Samedi soir, à Gaza, on a malheureusement vérifié qu’entre la théorie d’une « bombe propre » (quel oxymore) et la pratique il y a un gouffre qui s’appelle la mort de civils.

Erik Fosse sait de quoi il parle. Lors de l’offensive « Plomb durci » en 2008/2009, il était déjà venu, avec d’autres médecins étrangers, prêter main forte à ses collègues palestiniens à qui il tient à rendre hommage pour le dévouement sans faille. A l’époque, il avait courageusement dénoncé l’utilisation du DIME. « Peu de gens survivent, rappelle-t-il. Cet homme devait être un peu éloigné du point d’impact, c’est ce qui l’a sauvé. Mais si un enfant est touché par ce type de bombe, vous pouvez être sûr qu’il a été visé. J’ai vu personnellement deux enfants ces derniers jours touchés de cette manière. » Et Erik Fosse de lancer un cri d’alarme : « Nous vivons une énorme catastrophe humanitaire. Une catastrophe qui n’est pas naturelle mais créée par des hommes. »

SOURCE:

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Après le putsch, un soldat turc décapité par des islamistes hystériques pro-Erdogan

18 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Turquie, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 Après le putsch, un soldat turc décapité par des islamistes hystériques pro-Erdogan
 

 

Suite à l’article de Jean Patrick Grumberg « Turquie : vidéo surréaliste de l’arrestation de soldats dans les bureaux de CNN Istanbul », voici … une autre vidéo sur le sort réservé à un soldat par les adorateurs d’Erdogan.

La vidéo sur les sévices infligés au soldat turc et sa décapitation est apparue sur le web et sur YouTube avant d’être enlevée. La nouvelle a été diffusée par divers quotidiens internationaux dont The Independent, le Mirror, la BBC, mais en France, aucun journaliste n’a fait son travail d’information : protéger l’islam est la priorité absolue des médias, et si le prix à payer est de désinformer les Français, c’est un prix à payer très très acceptable.

Les images montrent un soldat décapité, gisant dans une marre de sang, entouré des fidèles du sultan au comble de l’hystérie. D’autres images circulent exhibant des soldats qui s’étaient pourtant rendus, battus à sang par des islamistes armés de matraques, super excités, hurlant « allahou akbar ».

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Ces mêmes islamistes qu’Erdogan avait appelé à descendre dans la rue pour « sauver » son gouvernement “démocratiquement élu”, qui, aujourd’hui, n’a plus rien de démocratique. Comme dit un confrère, « Erdogan a évité un coup d’Etat, et il fait un coup d’Etat ».

Erdogan n’a rien à envier à feu Pinochet. Je n’ose imaginer ce que ce malade va faire subir à ces soldats. Et dire que la Turquie fait partie de l’OTAN, qu’elle aspire à devenir membre de l’UE, et qu’il se trouve des dirigeants européens pour lui ouvrir les bras !

Des rumeurs étranges circulent sur ce coup d’Etat avorté, dont Erdogan en ressort plus fort que jamais. Désormais, le sultan a devant lui la voie aplanie vers l’instauration de la République présidentielle via la modification probable de la Constitution, qu’il souhaite ardemment depuis son élection « démocratique » à la présidence de la Turquie.

Personne au Parlement n’osera refuser sa voix à celui qui se présente comme le paladin de la liberté et de la « démocratie » contre la dictature des baïonnettes. Il va pouvoir imposer sa république présidentielle – en enlevant le pouvoir aux militaires, qui depuis Atatürk sont les garants de la Constitution – et en s’arrogeant tous les droits.

N’oublions pas que le président turc, favorable à l’extension de ses prérogatives, a cité l’Allemagne nazie comme un exemple de régime présidentiel efficace. Question de démocratie et d’Etat de Droit, cela promet un bel avenir sous une dictature islamo-nazie à la turque.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Rosaly pour Dreuz.info.

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Le Likoud a fait son entrée au “Parlement” Européen

7 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #La paix, #Palestine libre, #Europe supranationale

Israël se situe, géographiquement parlant, sur le continent asiatique, mais “l’État juif” auto-proclamé n’a de cesse d’affirmer son caractère “européen” chaque fois que l’occasion lui en est donnée. Ainsi, il a été admis à prendre part au “Concours Eurovision de la Chanson” depuis 1973, et la “Israeli Broadcasting Authority” (Autorité Israélienne de Radiodiffusion) est membre de la “European Broadcasting Union” (Union Européenne de Radio-Télévision) depuis 1957. Les clubs de football israélien ont commencé à disputer les compétitions européennes en 1991, et Israël est devenu membre de l'UEFAen 1994.

Mais, dans le domaine politique, ce qui est plus important encore et qui semble passer inaperçu aux yeux des médias, c’est le désir apparent de Tel Aviv de devenir un État européen à part entière.

En mars de cette année, une délégation du Likoud a visité Strasbourg à l’invitation du groupe des "European conservatives and Reformists" (ECR) du Parlement Européen. Selon le Jerusalem Post, la délégation a exposé les positions du Likoud devant 15 députés européens du groupe ECR et un accord a été passé qui lui permet de devenir un des “membres régionaux”, ce qui autorisera des représentants du Likoud à assister aux réunions du groupe ECR, et permettra au parti israélien d’influer sur ses prises de positions.

Dans un délai d’un an, le Likoud deviendra à part entière un “parti allié” du groupe des “European Conservatives and Reformists” du Parlement européen, ce qui devrait intensifier les relations entre l’Europe et le parti au pouvoir en Israël. Le groupe ECR a décidé que le Likoud peut dès à présent avoir le statut d’observateur en son sein, et qu’une délégation de membre du ECR sera reçue en Israël par le Likoud en octobre.

Eli Hazan, directeur général adjoint du Likoud chargé des relations internationales et publiques, a indiqué qu’il conduira les membres du Parlement Européen au mémorial de Yad Vashem, au “Menachem Begin Heritage Center”, le quartier général du Likoud, et dans des “communautés de Samarie”, c’est-à-dire des colonies juives en Cisjordanie occupée (en utilisant la terminologie géographique biblique adoptée par les sionistes).

“Ceci est un pas significatif, parce qu’alors que nous vivons une époque de boycotts d’Israël, le Likoud va être intégré dans un groupe qui exerce du pouvoir en Europe”, a dit Eli Hazan. “Quand des motions anti-israéliennes sont débattues au Parlement Européen, nous serons désormais en mesure d’envoyer à titre officiel des membres du Likoud pour défendre Israël devant les membres du Parlement”, a-t-il ajouté.

Eli Hazan dirigeait la délégation, dans laquelle se trouvaient des maires, des membres de conseils régionaux et des conseillers des dirigeants du Likoud. Aucun parlementaire israélien n’en faisait partie, car la coalition au pouvoir en Israël ne dispose que de 61 sièges sur 120 à la Knesset.

L’ECR a été fondée par des membres du Parti conservateur britannique et compte 75 députés appartenant à 17 pays, ce qui en fait le troisième plus important groupe au sein du Parlement européen. Il est officiellement allié au parti "islamiste" AKP (au pouvoir en Turquie), au Parti Républicain (USA), et à des partis conservateurs et pro-OTAN en Australie, au Canada, au Maroc et en Nouvelle-Zélande.

La réunion entre l’ECR et le Likoud a fait suite à une rencontre entre Eli Hazan et des dirigeants de l’ECR à Londres, ce qui n’est probablement pas une coïncidence. En effet, un reportage télévisé de 2009, “Dispatches: Inside Britain’s Israel Lobby”, avait mis en évidence que 80% des dirigeants du parti de David Cameron sont membres des “Conservative Friends of Israel”. “Le lobby pro-israélien dans ce pays est le plus puissant des lobbies. Il n’y a rien qui puisse les atteindre”, déclarait un homme politique britannique dans ce reportage.

Avant les élections de l’année dernière, le quotidien Haaretz avait publié un article sous le titre “David Cameron est-il le Premier ministre le plus pro-israélien de tous les temps?". Et le journal israélien faisait observer que “Le Royaume Uni n’est peut-être plus un acteur de premier plan sur la scène internationale, mais le premier ministre a toujours été en mesure de travailler discrètement en faveur de l’État juif”.

Durant une visite en Israël l’année dernière, Came­ron avait prononcé un discours devant la Knesset, au cours duquel il avait évoqué son arrière-arrière-grand-père, un banquier juif qui avait émigré d’Allemagne. Ce lien familial lui donne, avait-il assuré, “un certain sens de connexion” avec le peuple israélien, dont il avait salué “le parcours extraordinaire” et l’histoire parsemée de persécutions.

Dans son allocution, David Cameron avait juré de se tenir “épaule contre épaule” avec ce qu’il avait décrit comme “un État vulnérable” pour faire face au terrorisme, en dépit du fait qu’Israël est la puissance militairement dominante dans la région, qui est la seule qui détient l'arme nucléaire. “Nous sommes avec vous”, avait dit en hébreu le Premier ministre britannique.

Mon ascendance juive est relativement limitée, mais je ressens juste un certain sens de connexion. Du lexique de mon grand, grand-père Emile Levita, un Juif qui a émigré d’Allemagne en Grande-Bretagne il y a 150 ans à l’histoire de mon ancêtre Elie Levita qui a écrit ce qui est considéré comme le premier roman jamais écrit en yiddish" , a-t-il ajouté.

Même si la généalogie juive du Premier Ministre britannique est “relativement limitée”, les services discrètement rendus par son parti à l’État sioniste peuvent avoir un impact non négligeable sur ses relations bilatérales avec l’Union Européenne.

Malgré cela, seul le Jerusalem Post a jusqu’ici jugé digne d’intérêt cet épisode des efforts du Likoud pour tisser des liens de plus en plus étroits avec l’Europe, ce qui laisse les coudées franches aux Israéliens pour poursuivre leurs efforts pour tenter de contrer la montée en puissance constante de la campagne BDS et la menace pourtant de plus en plus improbable d’un boycott par l’UE.

Article traduit et adapté par Luc Delval – publié le 29/4/16 par le site pourlapalestine.be

Version originale: Likud Becomes a Regional Member of the European Parliament (Counterpunch)

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Le Likoud a fait son entrée au “Parlement” Européen

7 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #Palestine libre, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine

 

Le Likoud a fait son entrée au “Parlement” Européen

Par Maidhc Ó'Cathail

Mondialisation.ca, 04 mai 2016

counterpunch.org 27 avril 2016

 

Analyses: LA PALESTINE   

 

vote-likud

Israël se situe, géographiquement parlant, sur le continent asiatique, mais “l’État juif”auto-proclamé n’a de cesse d’affirmer son caractère “européen” chaque fois que l’occasion lui en est donnée. Ainsi, il a été admis à prendre part au “Concours Eurovision de la Chanson” depuis 1973, et la “Israeli Broadcasting Authority” (Autorité Israélienne de Radiodiffusion) est membre de la “European Broadcasting Union” (Union Européenne de Radio-Télévision) depuis 1957. Les clubs de football israélien ont commencé à disputer les compétitions européennes en 1991, et Israël est devenu membre de l’UEFA en 1994.

Mais, dans le domaine politique, ce qui est plus important encore et qui semble passer inaperçu aux yeux des médias, c’est le désir apparent de Tel Aviv de devenir un État européen à part entière.

En mars de cette année, une délégation du Likoud a visité Strasbourg à l’invitation du groupe des “European conservatives and Reformists” (ECR) du Parlement Européen. Selon le Jerusalem Post, la délégation a exposé les positions du Likoud devant 15 députés européens du groupe ECR et un accord a été passé qui lui permet de devenir un des “membres régionaux”, ce qui autorisera des représentants du Likoud à assister aux réunions du groupe ECR, et permettra au parti israélien d’influer sur ses prises de positions.

Dans un délai d’un an, le Likoud deviendra à part entière un “parti allié” du groupe des “European Conservatives and Reformists” du Parlement Européen, ce qui devrait intensifier les relations entre l’Europe et le parti au pouvoir en Israël. Le groupe ECR a décidé que le Likoud peut dès à présent avoir le statut d’observateur en son sein, et qu’une délégation de membre du ECR sera reçue en Israël par le Likoud en octobre.

Eli Hazan, directeur général adjoint du Likoud chargé des relations internationales et publiques, a indiqué qu’il conduira les membres du Parlement Européen au mémorial de Yad Vashem, au “Menachem Begin Heritage Center”, le quartier général du Likoud, et dans des “communautés de Samarie”, c’est-à-dire des colonies juives en Cisjordanie occupée (en utilisant la terminologie géographique biblique adoptée par les sionistes).

Ceci est un pas significatif, parce qu’alors que nous vivons une époque de boycotts d’Israël, le Likoud va être intégré dans un groupe qui exerce du pouvoir en Europe”, a dit Eli Hazan. “Quand des motions anti-israéliennes sont débattues au Parlement Européen, nous serons désormais en mesure d’envoyer à titre officiel des membres du Likoud pour défendre Israël devant les membres du Parlement”, a-t-il ajouté.

Eli Hazan dirigeait la délégation, dans laquelle se trouvaient des maires, des membres de conseils régionaux et des conseillers des dirigeants du Likoud. Aucun parlementaire israélien n’en faisait partie, car la coalition au pouvoir en Israël ne dispose que de 61 sièges sur 120 à la Knesset.

L’ECR a été fondée par des membres du Parti conservateur britannique et compte 75 députés appartenant à 17 pays, ce qui en fait le troisième plus important groupe au sein du Parlement Européen. Il est officiellement allié au parti AKP (au pouvoir en Turquie), au Parti Républicain (USA), et à des partis en Australie, au Canada, au Maroc et en Nouvelle Zélande.

La réunion entre l’ECR et le Likoud a fait suite à une rencontre entre Eli Hazan et des dirigeants de l’ECR à Londres, ce qui n’est probablement pas une coïncidence. En effet, un reportage télévisé de 2009, “Dispatches: Inside Britain’s Israel Lobby”, avait mis en évidence que 80% des dirigeants du parti de David Cameron sont membres des “Conservative Friends of Israel”. “Le lobby pro-israélien dans ce pays est le plus puissant des lobbies. Il n’y a rien qui puisse les atteindre”, déclarait un homme politique britannique dans ce reportage.

Avant les élections de l’année dernière, le quotidien Haaretz avait publié un article sous le titre “David Cameron est-il le Premier ministre le plus pro-israélien de tous les temps?”. Et le journal israélien faisait observer que “Le Royaume Uni n’est peut-être plus un acteur de premier plan sur la scène internationale, mais le premier ministre a toujours été en mesure de travailler discrètement en faveur de l’État juif”.

Durant une visite en Israël l’année dernière, Came­ron avait prononcé un discours devant la Knesset, au cours duquel il avait évoqué son arrière-arrière-grand-père, un banquier juif qui avait émigré d’Allemagne. Ce lien familial lui donne, avait-il assuré, “un certain sens de connexion” avec le peuple israélien, dont il avait salué “le parcours extraordinaire” et l’histoire parsemée de persécutions.

Dans son allocution, David Cameron avait juré de se tenir “épaule contre épaule” avec ce qu’il avait décrit comme “un État vulnérable” pour faire face au terrorisme, en dépit du fait qu’Israël est la puissance militairement dominante dans la région, qui est la seule qui détient l’arme nucléaire. “Nous sommes avec vous”, avait dit en hébreu le Premier ministre britannique.

Mon ascendance juive est relativement limitée, mais je ressens juste un certain sens de connexion. Du lexique de mon grand, grand-père Emile Levita, un Juif qui a émigré d’Allemagne en Grande-Bretagne il y a 150 ans à l’histoire de mon ancêtre Elie Levita qui a écrit ce qui est considéré comme le premier roman jamais écrit en yiddish” , a-t-il ajouté.

Même si la généalogie juive du Premier Ministre britannique est “relativement limitée”, les services discrètement rendus par son parti à l’État sioniste peuvent avoir un impact non négligeable sur ses relations bilatérales avec l’Union Européenne.

Malgré cela, seul le Jerusalem Post a jusqu’ici jugé digne d’intérêt cet épisode des efforts du Likoud pour tisser des liens de plus en plus étroits avec l’Europe, ce qui laisse les coudées franches aux Israéliens pour poursuivre leurs efforts pour tenter de contrer la montée en puissance constante de la campagne BDS et la menace pourtant de plus en plus improbable d’un boycott par l’UE.

 Maidhc Ó’Cathail

Version originale: Likud Becomes a Regional Member of the European Parliament(Counterpunch)

Article traduit et adapté par Luc Delval – publié le 29/4/16 par le site pourlapalestine.be

La source originale de cet article est counterpunch.org

Copyright © Maidhc Ó'Cathailcounterpunch.org, 2016

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http://www.aurdip.fr/le-nombre-des-enfants-palestiniens-1872.html

Le nombre des enfants palestiniens dans les prisons israéliennes monte en flèche

29 avril |Charlotte Silver pour The Electronic Intifada |Traduction JPP pour l’AURDIP |Rapports

en English

 

Israël s’est enfoncé un peu plus dans l’ignoble cette année : il a arrêté et emprisonné sa plus jeune détenue, Dima al-Wawi, âgée de 12 ans, la condamnant à près de cinq mois de prison.

Dima a été arrêtée en février parce qu’elle se serait approchée avec un couteau de la colonie de Karmei Tzur, dans le sud de la Cisjordanie occupée. Toutes les colonies d’Israël sont illégales en vertu du droit international.

Elle a déclaré qu’elle avait eu l’intention de poignarder un garde de la sécurité, mais l’incident n’a donné lieu à aucune blessure.

Israël a libéré Dima dimanche, après qu’elle eut purgé la moitié de sa peine, sa famille ayant fait appel avec succès contre sa mise en détention sur la base que la loi israélienne interdit l’incarcération des enfants de moins de 14 ans.

Mais cette année, Israël a aussi atteint de nouveaux sommets, en incarcérant un bien plus grand nombre d’enfants palestiniens de 12 à 15 ans, rendant l’emprisonnement de Dima inquiétant non pas tant par sa nouveauté que par son extrême banalité.

Fin décembre 2015, 116 enfants palestiniens de 12 à 15 ans étaient détenus en détention militaire israélienne, onze fois plus que l’année précédente.

Au total, ce sont 440 enfants âgés de moins de 18 ans qui sont actuellement retenus en détention militaire, c’est le nombre le plus élevé depuis que l’armée israélienne a commencé à publier ses statistiques en 2008, et c’est près de deux fois et demi le nombre d’emprisonnés d’il y a un an.

Selon Defense for Children Internatinal – Palestine (DCI-P, Défense internationale des enfants – section Palestine), aucun autre pays au monde ne poursuit systématiquement des centaines d’enfants devant les tribunaux militaires chaque année.

DCI-P documente minutieusement les tendances alarmantes dans l’incarcération israélienne des enfants dans un nouveau rapport, No Way to Treat Child (Ce n’est pas une façon de traiter un enfant), qui relate en détails l’ampleur avec laquelle Israël a avili les droits des enfants qui se trouvent sous son régime militaire.

Les chercheurs ont rassemblé 429 témoignages sous serment entre janvier 2012 et décembre 2015.

Le rapport révèle que dans 97 % des cas, aucun parent, aucun avocat, ne furent présents durant les interrogatoires et que dans 88 % des cas, les enfants ne furent même pas informés de la raison de leur arrestation.

Enchaînées

Après une sévère censure en 2013, pour son traitement des enfants palestiniens dans les tribunaux militaires, par le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance, l’UNICEF, et le Comité des Nations-Unies sur les droits de l’enfant, Israël a fait plusieurs tentatives pour se refaire une image sur la façon dont il traite les enfants palestiniens.

Israël a modifié ses ordonnances militaires pour l’interdiction d’arrêter les mineurs en pleine nuit, de bander les yeux des enfants et de les retenir avec des chaînes et des menottes.

Mais comme DCI-P le documente, ces pratiques sont toujours largement utilisées.

En outre, en novembre 2015, le parlement d’Israël, la Knesset, a amendé la loi sur la Jeunesse afin d’instaurer des peines minimales obligatoires pour les enfants suspectés d’être impliqués dans des jets de pierres, et pour augmenter les peines maximales pour les enfants qui jettent des pierres sur un véhicule en mouvement.

« En vertu du cadre juridique militaire », indique le rapport, « tout soldat ou policier est autorisé à arrêter les personnes, même des enfants, sans mandat, quand ils soupçonnent que la personne a commis un acte violant l’une des "infractions à la sécurité" dans la loi militaire israélienne. »

« La plupart des enfants sont arrêtés sur des soupçons, sans mandat d’arrêt. Il y a peu, voire aucun, contrôle indépendant sur ces arrestations », ajoute le rapport.

En attendant, selon DCI-P, Israël soutient qu’il n’est pas obligé d’étendre la législation internationale sur les droits de l’homme - qui inclut les protections énoncées dans la Convention relative aux droits de l’enfant - aux enfants palestiniens vivant en Cisjordanie occupée ; un argument qui a été rejeté par la Cour internationale de Justice et plusieurs organismes traitant des droits de l’homme aux Nations-Unies.

Le cas de Dima est emblématique des nombreuses violations documentées par DCI-P. Elle a été interrogée sans la présence de ses parents ou d’un avocat, et lors de ses séances au tribunal, elle avait les pieds enchaînés.

Elle a aussi été condamnée après qu’elle eut accepté un arrangement avec l’accusation, avec l’aveu d’une tentative d’homicide volontaire et de la possession illégale d’un couteau. Plus de 99 % des dossiers de DCI-P se terminent par la conclusion d’un arrangement.

À son retour de prison dimanche, Dima a dit que son seul répit durant son épreuve de deux mois et demi, fut d’avoir eu l’autorisation de jouer avec d’autres filles incarcérées.

Mais cela est révélateur d’une tendance inquiétante : bien que toujours minoritaire, le nombre des fillettes palestiniennes dans les prisons israéliennes atteint lui aussi de nouveaux sommets – elles sont douze à partir de février.

Des aveux sous la contrainte

« Alors que le nombre des arrestations d’enfants grandit en pleine escalade de la violence ces derniers mois, grandit aussi le nombre de cas où les normes internationales de protection de l’enfance sont violées », déclare Human Rights Watch, dans son dernier rapport sur la maltraitance des enfants palestiniens placés en détention.

Les rapports de DCI-P comme de Human Rights Watch démontrent que dans le système militaire israélien, le statut des Palestiniens en tant qu’enfants cède la place à leur statut de criminel présumé, justifiant ainsi le déni de toute une foule de protections qui devraient s’appliquer aux mineurs selon les normes internationales et même parfois, selon la législation israélienne.

La maltraitance systématique des enfants, depuis leur arrestation au beau milieu de la nuit en les arrachant à leurs parents, jusqu’à leur infliger des sévices physiques, a pour but d’obtenir des aveux sous la contrainte.

Bashir, 17 ans, qui fut convoqué pour interrogatoire, a dit à DCI-P, « (l’officier israélien qui m’interrogeait) m’a donné des coups de pieds deux fois dans les jambes, des coups de poing deux fois dans le ventre et trois fois sur la tête, et il criait, "tu ferais mieux d’avouer parce que je n’arrêterai pas de te battre, sauf si tu avoues" ».

DCI-P rapporte que 27,5 % des enfants ont subi une certaine forme de violence physique durant l’interrogatoire.

« La principale philosophie de l’interrogatoire est d’exercer autant de pression possible sur la personne interrogée et de maintenir sa résistance au niveau le plus bas possible », déclare Ayed Abu Eqtaish, directeur du programme de responsabilisation de DCI-P, dans Detaining Dreams (Détention des rêves), un nouveau court documentaire (ci-dessus), produit par l’organisation.

DCI-P écrit, « Les séances d’interrogatoire sont utilisées comme premier moyen pour recueillir des preuves contre les enfants ».

Le documentaire présente une interview de quatre adolescents qui furent arrêtés au printemps 2014, et sévèrement battus durant leur arrestation et les interrogatoires qui suivirent.

Abed, qui avait 14 ans à l’époque de son arrestation, se rappelle qu’il fut enchaîné à un mur, ses pieds touchant à peine le sol, pendant que les soldats lui portaient des coups sur le corps : « Il est arrivé un moment où tout ce que je ressentais était douleur ».

Un système de contrôle

DCI-P souligne que les changements « cosmétiques » à la législation militaire israélienne ne peuvent pas lutter comme il le faudrait contre la maltraitance des enfants dans le système judiciaire militaire, parce que « le système sert les intérêts de contrôle de l’occupation », plutôt que les intérêts de l’administration de la justice.

« La résistance de l’armée israélienne à mettre en œuvre un processus d’assignation pour les mineurs palestiniens ou d’autres changements pratiques pour s’opposer à la violence et aux sévices semble indiquer un conflit inhérent au sein du système judiciaire militaire entre la quête de justice et la légalisation du contrôle de la population palestinienne qui vit sous l’occupation militaire ».

 

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http://www.europalestine.com/spip.php?article11822

4 mai 2016

La « Brigade Juive », digne rejeton de la mafia franco-israélienne (photos)

A l’heure où commence à Paris le procès d’une bande d’escrocs franco-israéliens, dont le meneur est un ami intime de Netanyahou, on voit bien le lien avec les méthodes mafieuses, en France, des voyous de la dite « Brigade Juive », nouvel avatar de la « Ligue de Défense Juive », telles que le vol de données privées, N° de compte bancaire, avec la bénédiction du patron du CRIF Roger Cukierman.



Au Palais de Justice de Paris, on juge depuis lundi une douzaine d’accusés (dont la plupart sont absents, tranquillement réfugiés en Israël), responsables présumés d’une vaste opération de fraude à la TVA qui leur a permis de voler au bas mot 1,7 milliard d’euros (et jusqu’à près de 3 milliards d’euros, selon le site Mediapart), autrement autant que l’ensemble du trafic de drogue annuel dans l’hexagone.

L’affaire relève du tribunal correctionnel, bien qu’elle soit assortie d’une série de cadavres d’hommes français et israéliens, victimes de règlements de compte liés au partage de l’énorme butin engrangé par la fraude à la TVA sur les « droits de polluer » en 2008-2009.

L’inculpé-clé du procès parisien s’appelle Arnaud Mimran : ses liens « amicaux », pour ne pas dire plus, avec le chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahou et le député franco-israélien Meyer Habib, ci-devant vice-président du CRIF, sont avérés, bien que contre toute évidence, les intéressés cherchent aujourd’hui à démentir.

(L’escroc Mimran et Netanyahu faisant bombance sur la Côte d’Azur)

(Habib et Mimran)

Rien de tout cela ne gêne apparemment l’honorable Cukierman, à qui le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve ira prêter allégeance lundi prochain en tant « qu’ami du CRIF ».

Non, ce qui préoccupe le représentant du lobby israélien en France, ce ne sont pas les turpitudes de ses coreligionnaires délinquants, c’est plutôt le développement de la campagne BDS, dont CAPJPO-EuroPalestine est partie prenante.

Et cela vient de conduire Cukierman à commettre un faux pas : d’ordinaire, quand on lui met sous le nez les exactions (violences, ratonnades, vols …) des bandes fascistes juives, il a l’habitude de répondre que « le CRIF ne connaît pas ces gens-là ».

Mais le président du CRIF n’a pu résister à la tentation de profiter lui aussi de l’opération de piratage-hackage dont notre association a été la cible ces derniers jours, la « Brigade Juive » se vantant d’avoir « capturé » de nombreuses données privées concernant notre association, bancaires par exemple.

Comme on peut le voir ci-dessous, la « Brigade Juive » présente une première pièce de son « butin », les coordonnées de notre compte bancaire à la BNP Paribas


Et le receleur de données volées Cukierman rebondit aussitôt, écrivant aux dirigeants de la BNP Paribas, pour leur demander la fermeture de notre compte !

Inutile de le dire, ces menaces n’auront pas d’effet sur notre détermination à poursuivre la dénonciation du régime d’apartheid israélien et à soutenir la résistance du peuple palestinien à l’oppression.

Des plaintes ont été déposées, avec tous les éléments que nous avons déjà pu recueillir sur les auteurs.

L’une d’entre elles vise aussi un de ces terroristes qui s’est livré dimanche 1er mai à une agression physique sur l’un de nos militants à Paris, devant témoins, et dont la police connait désormais l’identité.

SOLIDARITÉ FINANCIÈRE

Et puisque ces terroristes s’amusent à diffuser nos numéros de comptes bancaires, nous en profitons pour en appeler à votre solidarité financière pour l’ensemble de nos activités militantes et pour les procédures judiciaires que nous engageons contre eux.

Merci d’avance pour les dons que vous nous ferez parvenir à :

  • CAPJPO-EuroPalestine,

16 bis rue d’Odessa, 75014 Paris

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE DE CAPJPO-EUROPALESTINE

Nous comptons également sur la présence de nous nos adhérent(e)s le dimanche 29 mai à 13 H à l’occasion de notre assemblée générale annuelle à Paris.

CAPJPO-EuroPalestine

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Le boycott d’Israël n’est pas de l’antisémitisme, par Eric Hazan.

6 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Antifascisme

Le boycott d’Israël n’est pas de l’antisémitisme

D’un côté, il y a ceux qui défendent un Etat juif tout puissant ; de l’autre, des partisans d’un Etat commun où Juifs et Arabes vivraient en égaux. Entre les deux, la question de la souveraineté d’Israël.*

D’après Manuel Valls, «l’antisionisme est tout simplement le synonyme d’antisémitisme». Ce propos n’est pas surprenant de la part d’un homme politique pour lequel«l’état d’urgence, c’est l’Etat de droit», et qui entend lutter contre le chômage en facilitant les licenciements. Mais sérieusement, qu’est-ce au juste que «l’antisionisme ?» Il y a deux réponses possibles.

  • La première, celle des dîners du Crif, repose sur deux assertions successives : l’Etat d’Israël parle au nom des Juifs du monde entier ; par conséquent, être «antisioniste», critiquer la politique israélienne, c’est dénigrer non seulement le gouvernement israélien, mais la population du pays et l’ensemble de tous les Juifs - c’est de l’antisémitisme. Cette façon de voir occulte deux points essentiels : la grande majorité des Juifs vivent ailleurs qu’en Israël et parmi eux, nombreux sont ceux qui n’approuvent pas sa politique ; d’autre part, critiquer un gouvernement ne signifie nullement que l’on accuse la population du pays. Non, condamner la politique coloniale d’Israël n’a rien à voir avec l’antisémitisme.
  • La deuxième réponse à la question qu’est-ce que «l’antisionisme ?» est d’ordre historique. Au début du XXe siècle, quand Theodor Herzl invitait les Juifs d’Europe à partir pour la Palestine, beaucoup d’entre eux s’y opposaient, notamment les ouvriers révolutionnaires polonais du Bund. Ils étaient antisionistes, les seuls peut-être à avoir mérité ce terme qui n’a plus guère de sens aujourd’hui.

Par la suite, dans l’entre-deux-guerres, la présence juive en Palestine étant un fait accompli, plusieurs intellectuels juifs de grand renom comme Hannah Arendt, Martin Buber ou Gershom Scholem dirent et écrivirent que cette présence ne pouvait plus être remise en cause, mais qu’il fallait surtout éviter que s’établisse une souveraineté juive sur la Palestine.

En octobre 1947, alors que le statut de la Palestine était encore en discussion à l’ONU, Arendt prit la parole devant la commission internationale chargée d’éclairer l’Assemblée générale, et plaida en faveur d’une fédération, d’un Etat binational sur le territoire de la Palestine mandataire.

Aujourd’hui, les termes du débat sont les mêmes. Il y a d’un côté

  • ceux qui défendent un Etat juif souverain, le plus puissant et le plus homogène possible, qui travaille à judaïser tout le territoire de la Palestine historique en maintenant en sujétion ses habitants non juifs, les Palestiniens d’Israël et ceux des Territoires occupés.
  • Et de l’autre côté, il y a ceux pour lesquels les quelque 11 millions d’êtres humains habitant entre le Jourdain et la mer ont tous le droit de vivre en égaux dans un Etat commun. (On peut laisser de côté la solution des deux Etats, fiction destinée à faire accepter le statu quo). Pour ceux, Juifs ou Arabes, qui soutiennent la création d’un tel Etat, la présence juive en Palestine ne se discute plus depuis longtemps, c’est la souveraineté juive qui est le cœur du litige. Le boycott d’Israël est pour eux un moyen d’en finir avec cette souveraineté. Les accuser de vouloir la «destruction d’Israël», d’être des antisémites, c’est utiliser une fois de plus Auschwitz pour légitimer la politique coloniale du gouvernement israélien.

Le boycott n’est pas une arme contre les Juifs israéliens. Bien au contraire, il les aide à faire un jour partie intégrante de la région du monde où leurs aînés ont été autrefois conduits, à quitter leurs habits de colons pour devenir des égaux vivant enfin en paix dans un pays réconcilié.

Eric Hazan

A lire aussi:

“Un Etat commun entre le Jourdain et la mer”

d’Eric Hazan et Eyal Sivan. Editions la fabrique.

Une plaidoirie d’un 60 pages. 14 €

Sommaire: 1) Le partage au lieu de la partition.

2) Qui a intérêt à maintenir le mythe de deux Etats ?

3) Un vrai Etat palestinien n’est pas possible.

4) Un Etat juif viable à long terme n’est pas possible non plus.

5) Les arguments contre l’Etat commun: bonne et mauvaise foi.

6) L’idée d’Etat commun ne sort pas d’un chapeau.

7) Thèses sur l’Etat commun.

http://www.liberation.fr/debats/2016/05/04/le-boycott-d-israel-n-est-pas-de-l-antisemitisme_1450552

D’un côté, il y a ceux qui défendent un Etat juif tout puissant ; de l’autre, des partisans d’un Etat commun où Juifs et Arabes vivraient en égaux. Entre les deux, la question de la souveraineté d’Israël.*

D’après Manuel Valls, «l’antisionisme est tout simplement le synonyme d’antisémitisme». Ce propos n’est pas surprenant de la part d’un homme politique pour lequel«l’état d’urgence, c’est l’Etat de droit», et qui entend lutter contre le chômage en facilitant les licenciements. Mais sérieusement, qu’est-ce au juste que «l’antisionisme ?» Il y a deux réponses possibles.

  • La première, celle des dîners du Crif, repose sur deux assertions successives : l’Etat d’Israël parle au nom des Juifs du monde entier ; par conséquent, être «antisioniste», critiquer la politique israélienne, c’est dénigrer non seulement le gouvernement israélien, mais la population du pays et l’ensemble de tous les Juifs - c’est de l’antisémitisme. Cette façon de voir occulte deux points essentiels : la grande majorité des Juifs vivent ailleurs qu’en Israël et parmi eux, nombreux sont ceux qui n’approuvent pas sa politique ; d’autre part, critiquer un gouvernement ne signifie nullement que l’on accuse la population du pays. Non, condamner la politique coloniale d’Israël n’a rien à voir avec l’antisémitisme.
  • La deuxième réponse à la question qu’est-ce que «l’antisionisme ?» est d’ordre historique. Au début du XXe siècle, quand Theodor Herzl invitait les Juifs d’Europe à partir pour la Palestine, beaucoup d’entre eux s’y opposaient, notamment les ouvriers révolutionnaires polonais du Bund. Ils étaient antisionistes, les seuls peut-être à avoir mérité ce terme qui n’a plus guère de sens aujourd’hui.

Par la suite, dans l’entre-deux-guerres, la présence juive en Palestine étant un fait accompli, plusieurs intellectuels juifs de grand renom comme Hannah Arendt, Martin Buber ou Gershom Scholem dirent et écrivirent que cette présence ne pouvait plus être remise en cause, mais qu’il fallait surtout éviter que s’établisse une souveraineté juive sur la Palestine.

En octobre 1947, alors que le statut de la Palestine était encore en discussion à l’ONU, Arendt prit la parole devant la commission internationale chargée d’éclairer l’Assemblée générale, et plaida en faveur d’une fédération, d’un Etat binational sur le territoire de la Palestine mandataire.

Aujourd’hui, les termes du débat sont les mêmes. Il y a d’un côté

  • ceux qui défendent un Etat juif souverain, le plus puissant et le plus homogène possible, qui travaille à judaïser tout le territoire de la Palestine historique en maintenant en sujétion ses habitants non juifs, les Palestiniens d’Israël et ceux des Territoires occupés.
  • Et de l’autre côté, il y a ceux pour lesquels les quelque 11 millions d’êtres humains habitant entre le Jourdain et la mer ont tous le droit de vivre en égaux dans un Etat commun. (On peut laisser de côté la solution des deux Etats, fiction destinée à faire accepter le statu quo). Pour ceux, Juifs ou Arabes, qui soutiennent la création d’un tel Etat, la présence juive en Palestine ne se discute plus depuis longtemps, c’est la souveraineté juive qui est le cœur du litige. Le boycott d’Israël est pour eux un moyen d’en finir avec cette souveraineté. Les accuser de vouloir la «destruction d’Israël», d’être des antisémites, c’est utiliser une fois de plus Auschwitz pour légitimer la politique coloniale du gouvernement israélien.

Le boycott n’est pas une arme contre les Juifs israéliens. Bien au contraire, il les aide à faire un jour partie intégrante de la région du monde où leurs aînés ont été autrefois conduits, à quitter leurs habits de colons pour devenir des égaux vivant enfin en paix dans un pays réconcilié.

Eric Hazan

A lire aussi:

“Un Etat commun entre le Jourdain et la mer”

d’Eric Hazan et Eyal Sivan. Editions la fabrique.

Une plaidoirie d’un 60 pages. 14 €

Sommaire: 1) Le partage au lieu de la partition.

2) Qui a intérêt à maintenir le mythe de deux Etats ?

3) Un vrai Etat palestinien n’est pas possible.

4) Un Etat juif viable à long terme n’est pas possible non plus.

5) Les arguments contre l’Etat commun: bonne et mauvaise foi.

6) L’idée d’Etat commun ne sort pas d’un chapeau.

7) Thèses sur l’Etat commun.

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Comment les États-Unis ont couvert le rôle des Saoudiens dans le 11 Septembre, par Paul Sperry Mots-clefs : Mots-clefsAttentats du 11/09/2001 Commentaire(s) 3 commentaires Imprimer Share Le New York Post est un des plus anciens (ou, selon les critères, le plus ancien) journaux américains, encore publié de nos jours. Il a été créé en 1801. Sa ligne éditoriale est conservatrice. Il tire à près de 700 000 exemplaires… Ca chauffe bien une opinion publique… Source : Paul Sperry, New York Post, le 17/04/2016 nyp Dans son rapport sur les “28 pages”, toujours censurées, impliquant le gouvernement saoudien dans le 11-Septembre, “60 Minutes”, le week-end dernier, a dit que le rôle des Saoudiens dans les attaques a été sous-évalué pour protéger la délicate alliance de l’Amérique avec le royaume riche en pétrole. C’est vraiment un euphémisme. En réalité, l’implication du royaume a été délibérément dissimulée aux plus hauts niveaux de notre gouvernement. Et cette dissimulation va bien au-delà d’enfermer les 28 pages du rapport saoudien dans une chambre forte du sous-sol du Capitole américain. Les enquêtes ont été étouffées. Les complices ont été laissés tranquilles. Les agents responsables de l’enquête que j’ai interviewés à la Joint Terrorism Task Forces [l’unité de lutte contre le terrorisme du FBI, NdT] à Washington et à San Diego, la base avancée de certains pirates de l’air saoudiens, mais aussi les détectives du Département de police du comté de Fairfax (Virginie) qui ont enquêté sur plusieurs pistes concernant le 11 Septembre, disent que pratiquement toutes les routes mènent à l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington, et au consulat saoudien à Los Angeles. Et pourtant, encore et toujours, il leur a été demandé de ne pas remonter ces pistes. L’excuse en général était “l’immunité diplomatique”. Ces sources disent que les pages manquantes du rapport d’enquête du Congrès sur le 11 Septembre – qui comprennent le chapitre entier concernant “le soutien étranger aux pirates de l’air du 11-Septembre” – détaille “les preuves incontestables” réunies par la CIA et le FBI de l’assistance des Saoudiens pour au moins deux des pirates de l’air saoudiens qui étaient installés à San Diego. Certaines informations ont fuité des documents, y compris une frénésie d’appels téléphoniques avant le 11 Septembre entre un des soutiens saoudiens des pirates de l’air à San Diego et l’ambassade d’Arabie saoudite, et le transfert ensuite de quelque 130 000 dollars d’un compte du prince Bandar, ambassadeur saoudien, à un autre soutien saoudien des pirates de l’air à San Diego. Prince Bandar Photo: Reuters Prince Bandar Un enquêteur qui travaillait avec la Joint Terrorism Task Forces de Washington s’est plaint qu’au lieu d’enquêter sur Bandar, le gouvernement américain l’a protégé – littéralement. Il dit que le département d’État a assigné un détachement de sécurité pour protéger Bandar pas seulement à l’ambassade, mais aussi à sa résidence à McLean, en Virginie. La source a ajouté que l’équipe opérationnelle voulait incarcérer un certain nombre d’employés de l’Ambassade, “mais l’ambassade s’est plainte auprès du Procureur” et leurs visas diplomatiques ont été révoqués à titre de compromis. L’ancien agent du FBI John Guandolo, qui a travaillé sur les affaires liées au 11 Septembre et à al-Qaïda pour le bureau de Washington, affirme que Bandar aurait dû être un suspect clé dans l’enquête sur le 11-Septembre. “L’ambassadeur saoudien a financé deux des pirates de l’air du 11 Septembre via une tierce personne,” a affirmé Guandolo. “Il devrait être traité comme un suspect terroriste, tout comme les autres membres de l’élite saoudienne que le gouvernement américain connaît comme finançant actuellement le djihad mondial.” Mais Bandar a la haute main sur le FBI. Après sa rencontre avec le président Bush à la Maison-Blanche le 13 septembre 2001, où les deux vieux amis de famille ont partagé des cigares sur le balcon Truman, le FBI a effacé de la liste des terroristes à surveiller des dizaines d’officiels saoudiens de différentes villes, y compris au moins un membre de la famille d’Oussama ben Laden. Au lieu d’enquêter sur les Saoudiens, les agents du FBI ont servi d’escorte de sécurité pour eux, même si à cette période on savait déjà que 15 des 19 pirates de l’air étaient des citoyens saoudiens. a772_bandar_bush_cheney_2050081722-8697 « Le 13 septembre 2001, le Prince Bandar est reçu sur le balcon Truman de la Maison-Blanche par George W. Bush, Dick Cheney et Condoleezza Rice – probablement pour aider des Saoudiens à fuir les États-Unis… » “Le FBI a été empêché par la Maison-Blanche d’auditionner les Saoudiens que nous voulions entendre,” dit l’ancien agent du FBI Mark Rossini, qui a participé à l’enquête sur al-Qaïda et les pirates de l’air. La Maison-Blanche “les a tirés d’affaire”. De plus, Rossini déclare qu’il a été dit au bureau qu’aucune citation à comparaître ne pouvait être utilisée pour produire des preuves liant au 11 Septembre les Saoudiens suspects sur le départ. Le FBI a dès lors gelé les enquêtes locales qui conduisaient aux Saoudiens. “Le FBI s’est bouché les oreilles à chaque fois que nous mentionnions les Saoudiens,” affirmait Roger Kelly, ancien lieutenant de police du comté de Fairfax. “C’était trop politique pour y toucher.” Kelly, qui a dirigé le Centre de renseignement régional, ajoutait : “Vous pouviez enquêter sur les Saoudiens, mais les Saoudiens étaient ‘hors de portée’.” Photo: AP Photo: AP Même Anwar al-Awlaki, le conseiller spirituel des pirates de l’air, nous a échappé. En 2002, le religieux financé par les Saoudiens, détenu à l’aéroport JFK pour fraude au passeport, a seulement été remis à la garde d’un “représentant de l’Arabie saoudite.” Il a fallu attendre 2011 pour qu’Awlaki soit amené devant la justice – en raison d’une attaque de drone de la CIA. Étrangement, “le rapport de la commission sur le 11 Septembre”, qui a suivi l’enquête du Congrès, ne cite jamais l’arrestation et la remise en liberté d’Awlaki, et ne mentionne Bandar qu’en passant, son nom enterré dans les notes en bas de page. Deux avocats de la commission qui enquêtaient sur le réseau de soutien saoudien des pirates de l’air se sont plaints que leur supérieur, le directeur opérationnel Philip Zelikow, les a empêchés d’émettre des citations à comparaître et de mener des auditions des suspects saoudiens. John Lehman, membre de la commission sur le 11 Septembre, s’est intéressé aux liens entre les pirates de l’air et Bandar, sa femme et le bureau des affaires islamiques de l’ambassade. Mais à chaque fois qu’il a essayé d’obtenir des informations sur ce point, il a reçu une fin de non-recevoir de la Maison-Blanche. “Ils refusaient de déclassifier quoi que ce soit en rapport avec l’Arabie saoudite,” selon Lehman cité dans le livre “The Commission”. Les États-Unis ont-ils sabordé l’enquête sur le soutien étranger au 11 Septembre pour protéger Bandar et les autres membres de l’élite saoudienne ? “Les choses qui auraient dû être faites à l’époque ne l’ont pas été,” affirmait Walter Jones, élu républicain de Caroline du Nord, qui a déposé un projet de loi demandant au président Obama de déclassifier les 28 pages. “J’essaie de vous donner une réponse sans être trop explicite.” Un réformateur saoudien avec une connaissance directe de l’implication de l’ambassade est plus coopératif. “Nous avons fait un allié d’un régime qui a aidé à financer les attaques,” affirmait Ali al-Ahmed de l’Institut pour les affaires du Golfe basé à Washington. “Je veux dire, soyons réalistes.” Source : New York Post, le 17/04/2016 Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source. ==================================== En bonus, lettre de bin Sultan au président de la Commission d’enquête sur le 11 Septembre… sultan-1 sultan-2 3 réponses à Comment les États-Unis ont couvert le rôle des Saoudiens dans le 11 Septembre, par Paul Sperry DUGUESCLIN Le 29 avril 2016 à 02h52 Afficher/Masquer Selon Paul Sperry, les officiels saoudiens ont été protégés, alors qu’ils auraient du au contraire faire l’objet d’une enquête concernant une éventuelle implication. Mais l’Arabie Saoudite par princes interposés et leurs protégés wahhabites (qui sont leur bras armé) aurait-elle pris le risque d’un tel attentat qui aurait pu se retourner gravement contre elle? Si les princes d’Arabie Saoudite par wahhabites interposés ont, supposément, permis les attentats, ils ne pouvaient le faire que contre des garanties, ce qui pourrait expliquer leur protection. Si c’est le cas, qui aurait donné ces garanties aux princes concernant l’attentat qui a permis la “guerre du Golfe” souhaitée et programmée par les Etats-Unis? Le 11/09 a bel et bien été le facteur déclenchant nécessaire à la mise en oeuvre de cette politique de soumission des pays du Golfe par des bombardements et des embargos.

29 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Le grand banditisme, #Les média, #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Le New York Post est un des plus anciens (ou, selon les critères, le plus ancien) journaux américains, encore publié de nos jours. Il a été créé en 1801. Sa ligne éditoriale est conservatrice. Il tire à près de 700 000 exemplaires

Ca chauffe bien une opinion publique…

Source : Paul Sperry, New York Post, le 17/04/2016

nyp

Dans son rapport sur les “28 pages”, toujours censurées, impliquant le gouvernement saoudien dans le 11-Septembre, “60 Minutes”, le week-end dernier, a dit que le rôle des Saoudiens dans les attaques a été sous-évalué pour protéger la délicate alliance de l’Amérique avec le royaume riche en pétrole.

C’est vraiment un euphémisme.

En réalité, l’implication du royaume a été délibérément dissimulée aux plus hauts niveaux de notre gouvernement. Et cette dissimulation va bien au-delà d’enfermer les 28 pages du rapport saoudien dans une chambre forte du sous-sol du Capitole américain. Les enquêtes ont été étouffées. Les complices ont été laissés tranquilles.

Les agents responsables de l’enquête que j’ai interviewés à la Joint Terrorism Task Forces [l’unité de lutte contre le terrorisme du FBI, NdT] à Washington et à San Diego, la base avancée de certains pirates de l’air saoudiens, mais aussi les détectives du Département de police du comté de Fairfax (Virginie) qui ont enquêté sur plusieurs pistes concernant le 11 Septembre, disent que pratiquement toutes les routes mènent à l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington, et au consulat saoudien à Los Angeles.

Et pourtant, encore et toujours, il leur a été demandé de ne pas remonter ces pistes. L’excuse en général était “l’immunité diplomatique”.

Ces sources disent que les pages manquantes du rapport d’enquête du Congrès sur le 11 Septembre – qui comprennent le chapitre entier concernant “le soutien étranger aux pirates de l’air du 11-Septembre” – détaille “les preuves incontestables” réunies par la CIA et le FBI de l’assistance des Saoudiens pour au moins deux des pirates de l’air saoudiens qui étaient installés à San Diego.

Certaines informations ont fuité des documents, y compris une frénésie d’appels téléphoniques avant le 11 Septembre entre un des soutiens saoudiens des pirates de l’air à San Diego et l’ambassade d’Arabie saoudite, et le transfert ensuite de quelque 130 000 dollars d’un compte du prince Bandar, ambassadeur saoudien, à un autre soutien saoudien des pirates de l’air à San Diego.

Prince Bandar Photo: Reuters

Prince Bandar

Un enquêteur qui travaillait avec la Joint Terrorism Task Forces de Washington s’est plaint qu’au lieu d’enquêter sur Bandar, le gouvernement américain l’a protégé – littéralement. Il dit que le département d’État a assigné un détachement de sécurité pour protéger Bandar pas seulement à l’ambassade, mais aussi à sa résidence à McLean, en Virginie.

La source a ajouté que l’équipe opérationnelle voulait incarcérer un certain nombre d’employés de l’Ambassade, “mais l’ambassade s’est plainte auprès du Procureur” et leurs visas diplomatiques ont été révoqués à titre de compromis.

L’ancien agent du FBI John Guandolo, qui a travaillé sur les affaires liées au 11 Septembre et à al-Qaïda pour le bureau de Washington, affirme que Bandar aurait dû être un suspect clé dans l’enquête sur le 11-Septembre.

L’ambassadeur saoudien a financé deux des pirates de l’air du 11 Septembre via une tierce personne,” a affirmé Guandolo. “Il devrait être traité comme un suspect terroriste, tout comme les autres membres de l’élite saoudienne que le gouvernement américain connaît comme finançant actuellement le djihad mondial.”

Mais Bandar a la haute main sur le FBI.

Après sa rencontre avec le président Bush à la Maison-Blanche le 13 septembre 2001, où les deux vieux amis de famille ont partagé des cigares sur le balcon Truman, le FBI a effacé de la liste des terroristes à surveiller des dizaines d’officiels saoudiens de différentes villes, y compris au moins un membre de la famille d’Oussama ben Laden. Au lieu d’enquêter sur les Saoudiens, les agents du FBI ont servi d’escorte de sécurité pour eux, même si à cette période on savait déjà que 15 des 19 pirates de l’air étaient des citoyens saoudiens.

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« Le 13 septembre 2001, le Prince Bandar est reçu sur le balcon Truman de la Maison-Blanche par George W. Bush, Dick Cheney et Condoleezza Rice – probablement pour aider des Saoudiens à fuir les États-Unis… »

Le FBI a été empêché par la Maison-Blanche d’auditionner les Saoudiens que nous voulions entendre,” dit l’ancien agent du FBI Mark Rossini, qui a participé à l’enquête sur al-Qaïda et les pirates de l’air. La Maison-Blanche “les a tirés d’affaire”.

De plus, Rossini déclare qu’il a été dit au bureau qu’aucune citation à comparaître ne pouvait être utilisée pour produire des preuves liant au 11 Septembre les Saoudiens suspects sur le départ. Le FBI a dès lors gelé les enquêtes locales qui conduisaient aux Saoudiens.

Le FBI s’est bouché les oreilles à chaque fois que nous mentionnions les Saoudiens,” affirmait Roger Kelly, ancien lieutenant de police du comté de Fairfax. “C’était trop politique pour y toucher.”

Kelly, qui a dirigé le Centre de renseignement régional, ajoutait : “Vous pouviez enquêter sur les Saoudiens, mais les Saoudiens étaient ‘hors de portée’.”

Photo: AP

Photo: AP

Même Anwar al-Awlaki, le conseiller spirituel des pirates de l’air, nous a échappé. En 2002, le religieux financé par les Saoudiens, détenu à l’aéroport JFK pour fraude au passeport, a seulement été remis à la garde d’un “représentant de l’Arabie saoudite.”

Il a fallu attendre 2011 pour qu’Awlaki soit amené devant la justice – en raison d’une attaque de drone de la CIA.

Étrangement, “le rapport de la commission sur le 11 Septembre”, qui a suivi l’enquête du Congrès, ne cite jamais l’arrestation et la remise en liberté d’Awlaki, et ne mentionne Bandar qu’en passant, son nom enterré dans les notes en bas de page.

Deux avocats de la commission qui enquêtaient sur le réseau de soutien saoudien des pirates de l’air se sont plaints que leur supérieur, le directeur opérationnel Philip Zelikow, les a empêchés d’émettre des citations à comparaître et de mener des auditions des suspects saoudiens.

John Lehman, membre de la commission sur le 11 Septembre, s’est intéressé aux liens entre les pirates de l’air et Bandar, sa femme et le bureau des affaires islamiques de l’ambassade. Mais à chaque fois qu’il a essayé d’obtenir des informations sur ce point, il a reçu une fin de non-recevoir de la Maison-Blanche.

Ils refusaient de déclassifier quoi que ce soit en rapport avec l’Arabie saoudite,” selon Lehman cité dans le livre “The Commission”.

Les États-Unis ont-ils sabordé l’enquête sur le soutien étranger au 11 Septembre pour protéger Bandar et les autres membres de l’élite saoudienne ?

Les choses qui auraient dû être faites à l’époque ne l’ont pas été,” affirmait Walter Jones, élu républicain de Caroline du Nord, qui a déposé un projet de loi demandant au président Obama de déclassifier les 28 pages. “J’essaie de vous donner une réponse sans être trop explicite.”

Un réformateur saoudien avec une connaissance directe de l’implication de l’ambassade est plus coopératif.

Nous avons fait un allié d’un régime qui a aidé à financer les attaques,” affirmait Ali al-Ahmed de l’Institut pour les affaires du Golfe basé à Washington. “Je veux dire, soyons réalistes.”

Source : New York Post, le 17/04/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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En bonus, lettre de bin Sultan au président de la Commission d’enquête sur le 11 Septembre…

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réponse à Comment les États-Unis ont couvert le rôle des Saoudiens dans le 11 Septembre, par Paul Sperry

  1. DUGUESCLIN Le 29 avril 2016 
     

    Selon Paul Sperry, les officiels saoudiens ont été protégés, alors qu’ils auraient du au contraire faire l’objet d’une enquête concernant une éventuelle implication.
    Mais l’Arabie Saoudite par princes interposés et leurs protégés wahhabites (qui sont leur bras armé) aurait-elle pris le risque d’un tel attentat qui aurait pu se retourner gravement contre elle?
    Si les princes d’Arabie Saoudite par wahhabites interposés ont, supposément, permis les attentats, ils ne pouvaient le faire que contre des garanties, ce qui pourrait expliquer leur protection. Si c’est le cas, qui aurait donné ces garanties aux princes concernant l’attentat qui a permis la “guerre du Golfe” souhaitée et programmée par les Etats-Unis? Le 11/09 a bel et bien été le facteur déclenchant nécessaire à la mise en oeuvre de cette politique de soumission des pays du Golfe par des bombardements et des embargos.

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Interview – Bahar Kimyongür : «L’Algérie connaît mieux que quiconque les ravages du wahhabisme»

20 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme

Interview – Bahar Kimyongür : «L’Algérie connaît mieux que quiconque les ravages du wahhabisme»

 
Bahar Kimyongür. D. R.
Bahar Kimyongür. D. R.

Algeriepatriotique : La France vient de remettre au prince héritier des Al-Saoud la Légion d’honneur tandis que la Belgique décore le président Erdogan de l’Ordre de Léopold. De hautes distinctions pour deux pays qui soutiennent le terrorisme. Comment expliquez-vous que l’Occident récompense ainsi le soutien au terrorisme ?
Bahar Kimyongür :
Elites occidentales et monarchies du Golfe font partie du même monde. Nos rois et leurs rois ont les mêmes objectifs, les mêmes intérêts, la même (im)moralité. Les dirigeants français et belges veulent entretenir de bons rapports avec leurs amis, leurs clients et leurs alliés stratégiques. Ils sont prêts aux pires compromissions pour satisfaire leurs intérêts personnels. Comme l’a d’ailleurs écrit le conseiller de Hollande pour le Moyen-Orient David Cvach, «c’est le moment d’acheter des actions MBN», initiales de Mohammed Ben Nayef. Le chef de la patrie des droits de l’Homme achète les faveurs de tortionnaires, de bourreaux et de criminels de guerre et vice-versa. C’est le contraire qui aurait été surprenant. Nos dirigeants nous font passer la pilule en arguant que les régimes saoudien et erdoganien luttent contre le terrorisme alors que ces deux régimes sont les principaux sponsors du terrorisme au Moyen-Orient. On dit que l’argent n’a pas d’odeur. L’argent que le prince Mohammed Ben Nayef a offert à Hollande en a bien une : l’odeur du sang des victimes du terrorisme.
Il fut un temps où l’Occident avait fait le pari de greffer l’islam turc, dit islam modéré et libéral, sur le monde arabe. Cependant, l’implication directe d’Erdogan dans les conflits internes de l’Irak, de l’Egypte, du Liban et de la Syrie a fait de lui l’homme le plus détesté de la région. Comment expliquez-vous son passage de réformateur éclairé à dictateur ?
Erdogan a toujours été un insatiable dictateur. Au début, il devait cacher son jeu, s’appuyer sur la confrérie Gülen, draguer l’élite intellectuelle, composer avec des forces politiques et des acteurs économiques concurrents, séduire l’Union européenne, surfer sur la cause palestinienne comme il l’a fait face à Shimon Peres au Forum économique de Davos. Il a dû pratiquer la taqiyya,la ruse, pour gravir les échelons et s’emparer des pleins pouvoirs. Si sa popularité convertie en victoires électorales retentissantes et l’appui international que le réseau des Frères musulmans lui a prodigué ont trahi son tempérament de fier-à-bras, c’est surtout la tape dans le dos de Barack Obama qui a fait d’Erdogan un faucon du Moyen-Orient. L’administration Obama a poussé Erdogan à s’impliquer dans la guerre contre Al-Assad lorsque le gouvernement syrien a commencé à vaciller face à l’insurrection islamiste tout comme les administrations Carter et Reagan poussèrent Saddam Hussein à affronter l’Iran de Khomeiny. Les pressions américaines sur Erdogan pour qu’il s’implique dans le conflit syrien ont été révélées par le journal Sabah,un média pro-Erdogan qui fait état d’une réunion entre le leader turc et le directeur de la CIA Leon Panetta en mars 2011. La mission de Panetta fut de convaincre Erdogan de lâcher Al-Assad et c’est ce qui se produisit. Erdogan a fini par accueillir l’ASL, la Coalition nationale syrienne (CNS) puis, en toute logique, les terroristes de la terre entière. Toutes ces forces combattent par procuration pour le compte d’Erdogan qui, lui-même, combat en Syrie par procuration pour le compte des Etats-Unis. Finalement, Erdogan est certes un dictateur, mais il reste un simple exécutant aux ordres de Washington et un intermédiaire entre les Etats-Unis et la galaxie Daech-Nosra-Ahrar-ASL.
«Daech disparaîtra quand Al-Assad s'en ira», a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, en visite en France, il y a quelques jours. Est-ce un aveu indirect que le groupe terroriste est actionné et soutenu par l'Arabie Saoudite ?
Le régime wahhabite est conscient que sa doctrine est en adéquation et donc en concurrence directe avec Daech. Il constate non sans crainte que la sympathie de la population sunnite saoudienne envers Daech grandit. La monarchie redoute Daech à domicile. Par contre, cette même monarchie voit Daech comme un moindre mal en Syrie, au Yémen ou en Irak tant que ce groupe combat les Etats, les idéologies ou les communautés jugées hostiles : Syrie laïque, Iran chiite, minorités alaouite, chrétienne ou zaydite. Il y a une instrumentalisation évidente de Daech de la part du régime saoudien. Lors de la prise de Mossoul par Daech, certains médias saoudiens proches du pouvoir se réjouissaient du triomphe de la «révolution sunnite» contre Maliki le chiite. Le nombre de Saoudiens chez Daech, dont des membres de l’armée saoudienne de haut rang, est une illustration parmi d’autres de la proximité idéologique et stratégique qui existe entre Daech et les Saoud. Les guerres du régime saoudien contre l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen constituent un soutien indirect à Daech dans la région. Si les Saoud avaient réellement voulu le bien du peuple yéménite, ils se seraient alliés aux Houthis et aux troupes de Saleh contre Daech et Al-Qaïda. Eh bien, non ! Le roi Salmane préfère se concentrer sur l'anéantissement des seules forces yéménites qui résistent contre les deux groupes terroristes les plus barbares de notre siècle.
La Tunisie fait face, depuis l’année passée, à des attaques terroristes sur son sol, la dernière étant l’attaque de Ben Guerdane. L’arsenal découvert et le nombre de terroristes impliqués dans l’opération renseignent sur l’existence de cellules terroristes sur le sol tunisien. Le triomphalisme des Tunisiens ne risque-t-il pas d’avoir un effet néfaste sur la lutte contre le terrorisme ?
Au lendemain d’un événement aussi traumatisant que l’opération djihadiste de Ben Guerdane, le triomphalisme peut s’avérer utile pour souder le peuple tunisien autour de son armée. Mais le gouvernement tunisien devra veiller à ne pas sombrer dans l’ivresse du succès, car le djihadisme tunisien n’est pas près de se tarir. Près de 5 000 Tunisiens combattent en Syrie et plus d’un millier en Libye. La Tunisie est de plus en plus fréquemment le théâtre d’attaques terroristes d’ampleur : attentat du musée de Bardo, de Sousse, explosion dans un bus militaire à Tunis. Sans oublier les assassinats ciblés contre des militants laïcs et de gauche comme Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Le sanctuaire terroriste libyen est aux portes de la Tunisie. La guerre du peuple tunisien contre Daech est donc loin, très loin d’être finie.
Avez-vous des échos sur la situation qui prévaut en Syrie ?
Depuis l’intervention russe, les terroristes n’ont plus remporté de victoire. Les raids qu’ils lancent contre l’armée syrienne finissent en Bérézina. Damas est solidement sécurisée. Les quartiers d’Alep occupés par les terroristes sont en passe d’être repris par l’armée. La province de Latakia a été entièrement libérée. A Deraa, les groupes terroristes sont en recul. Palmyre se transforme en cimetière pour Daech. Restent les provinces d’Idlib sous la férule d’Al-Nosra et puis Raqqa et Deirezzor, deux provinces quasi entièrement occupées par Daech. Sur le front nord, les Forces démocratiques syriennes (FDS) chapeautées par les Kurdes YPG, sont parvenues à chasser Daech de la province de Hassaké et avancent face à Daech dans le nord de la province d’Alep. L’annonce par le président Poutine du retrait prochain de ses troupes du front syrien indique que la Syrie est à même d’affronter les reliquats terroristes. Cela dit, l’armée syrienne continuera d’être appuyée dans les airs par Moscou. Au sol, elle le sera par les miliciens des Forces de défense nationale (NDF), par Téhéran, par le Hezbollah libanais, par des volontaires afghans et irakiens chiites, par des volontaires internationaux arabes sunnites (Garde nationale arabe), par des tribus syriennes sunnites (Shaïtat, Maghawir), par des ex-rebelles mobilisés dans l'Armée de la loyauté, par les Brigades Baath, par les forces kurdes (YPG), par les Druzes du Bouclier de la nation, par les brigades assyriennes (Sotoro)... Parallèlement, de timides initiatives de réconciliation voient le jour en marge des négociations de Genève tandis que l’étau se desserre autour de certaines zones acquises aux forces anti-gouvernementales, permettant l’accès aux convois humanitaires. Cinq ans après le début de la contre-révolution syrienne, on peut enfin croire en la fin du cauchemar.
L’Algérie a refusé de participer à la guerre au Yémen et de classer le Hezbollah comme organisation terroriste. Reste-t-elle le seul bastion contre l’hégémonisme saoudien après l’écroulement de l’Irak, de la Libye et de la Syrie ?
L’Algérie connaît mieux que quiconque le colonialisme occidental et le terrorisme djihadiste. Le peuple algérien a subi ces deux fléaux durant deux décennies et a fini par les vaincre : 1954-1962 et de 1991 à 2002. Elle connaît mieux que n’importe quel pays musulman les ravages idéologiques et culturels du wahhabisme au sein du monde islamique et les valeurs sacrées et universelles de la résistance incarnées dans le monde islamique par le Hezbollah. Même durant les moments les plus critiques de la crise syrienne, l’Algérie n’a jamais caché ses sympathies envers le peuple syrien, son gouvernement et son armée tout en insistant sur la nécessité de trouver une solution politique à la crise syrienne. Cette position respectueuse de la souveraineté nationale syrienne a valu à l’Algérie d’être continuellement attaquée par le régime saoudien. Plusieurs pays arabes ont plus ou moins poursuivi leurs relations avec la Syrie, notamment l’Egypte, la Tunisie et Oman. Mais seule l’Algérie a assumé sa solidarité avec fermeté. Malgré les pressions saoudiennes et occidentales, l’Algérie entretient d’excellentes relations avec l’Iran, détruisant par la même occasion tous les clichés sur la soi-disant guerre entre monde sunnite et monde chiite. L’Algérie, en tant que capitale du tiers-mondisme, est restée fidèle à son histoire. C’est tout à son honneur. Le peuple syrien résistant lui en est infiniment reconnaissant.


Interview réalisée par Mohamed El-Ghazi
Bahar Kimyongür a fait l’objet d’un mandat d'arrêt international lancé par le régime islamiste d’Ankara à son encontre.

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