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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #israel - palestine - moyen-orient tag

La blague du jour : Hollande donne ses instructions à Poutine

5 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #Terrorisme, #L'OTAN.

La blague du jour : Hollande donne ses instructions à Poutine

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© Inconnu
Poignée de mains entre Vladimir Poutine et François Hollande le 2 octobre 2015 à l’Élysée
« Ce que j'ai rappelé au président Poutine, c'est que les frappes doivent concerner Daesh et uniquement Daesh. » (François Hollande, 2 octobre 2015).

On s'amusera de l'effet qu'a très certainement produit cette injonction péremptoire faite par le président français à son homologue russe à l'issue de leur tête-à-tête du vendredi 2 octobre à l'Élysée. Passé l'éclat de rire, on s'étonnera de ce curieux distinguo qui exclut de fait toute une partie de la mouvance islamique extrême gangrenant la Syrie. Que l'on sache, le Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Quaïda sévissant au nord-ouest du pays, ne se différencie guère, en matière d'horreurs, de son frère ennemi Daesh.
 

Commentaire : Ah ben zut alors, on pensait le contraire quand le possible parkinsonien Fabius nous serinait qu'« ils font du bon boulot ».
 

Une armée rebelle fantôme

Dans la guerre de communication qui bat naturellement son plein en cette période de conflit pour la prééminence géopolitique au Moyen-Orient, l'élément de langage déployé par la coalition sous égide américaine est que l'armée russe a bombardé des positions tenues par des forces amies, formées et équipées par le Pentagone.

Les "rebelles amis" du Pentagone, parlons-en : le plan initial de Washington prévoyait de former et d'équiper un effectif d'environ 5.000 rebelles par an pendant trois ans. À l'heure qu'il est, le Pentagone recense en tout et pour tout deux groupes de respectivement 54 et 70 combattants, et n'est assuré que de la présence réelle d'une dizaine d'entre eux sur le terrain des opérations.

Mieux, toujours selon le Pentagone (relayé par l'AFP ), ceux-là viennent d'avouer avoir refourgué au Front al-Nosra 25 % du matériel militaire que leur avait obligeamment fourni l'Oncle Sam, cela comme droit de passage dans le secteur. Sûr que le régime de Bachar el-Assad doit trembler devant une telle armée de bras cassés. Sûr qu'ils constituaient à eux dix la cible la plus urgente à éliminer pour Poutine et ses avions Sukhoi SU-30 SM.

Comme le souligne Robert Fisk , correspondant sur place de The Independent, les rebelles "modérés" ne sont guère qu'un miroir aux alouettes servi aux citoyens-lambda par une propagande occidentale complètement déjantée :
« Les rebelles modérés soutenus par l'Occident ne jouent qu'un rôle marginal parmi les combattants de l'opposition syrienne. Robert Ford, l'ancien ambassadeur américain en Syrie, longtemps partisan de ceux-là, a reconnu cette année qu'en réalité "les gens que nous avons soutenus se sont pas en mesure de tenir le terrain face au Front al-Nosra". Pourtant, la politique occidentale continue de prétendre qu'il y a encore une alternative "modérée" à Assad, dont les forces n'en finiraient pas de décliner. »
Incohérence contre stratégie

Si les citoyens-lambda peuvent ignorer les tenants et les aboutissants d'une situation scabreuse de conflit, il en va tout autrement d'un président en exercice, fût-ce François Hollande. C'est à coup sûr en pleine connaissance de cause que celui-ci s'est une nouvelle fois livré à une de ses ineffables tartarinades. Dès lors, la bouffonnerie devient vite malodorante. En couvrant ouvertement tout un pan de la mouvance islamiste (le Front al-Nosra), François Hollande montre qu'il sacrifie à la politique de la terre brûlée pratiquée par le maître américain.
 

Commentaire : N'oublions pas qu'Hollande voulait, récemment, limiter le recours au droit de veto au Conseil de sécurité : c'est vrai ça, si on peut plus massacrer en toute impunité, où va la France ?
 

Pulsion suicidaire, aveu d'impuissance, illustration d'une incommensurable bêtise ? Ce qui ressort de cette lamentable histoire, c'est que la Russie, comme elle l'avait déjà fait en 2013 en dissuadant les forces de l'Otan de bombarder le régime syrien, est bel et bien en train de marquer des points décisifs dans la maîtrise du Moyen-Orient, en faisant montre, comme le note Philippe Grasset sur son blog Dedefensa , d'une volonté "gaullienne" qui fait tant défaut au président français :
- Vladimir Poutine obéit à une stratégie là où ses adversaires agissent de façons erratiques et incohérentes (ces bombardements aveugles qui depuis un an n'ont jamais empêché l'État islamique de progresser) et sous des prétextes exclusivement narratifs ("guerre préventive", "légitime défense"...) ;

- le maître du Kremlin veille à rester dans une stricte légalité : il répond à une demande d'aide officielle du seul gouvernement légitime actuel de la Syrie (quoi qu'on pense du "dictateur" en place) et consulte son Parlement avant d'agir ;

- il réaffirme la claire supériorité de son pays, tant dans le domaine politique que militaire, assuré qu'il est du soutien de ses alliés chinois et iranien.
Avec les Russes, écrit Philippe Grasset, « la guerre, c'est vraiment la guerre », pas un spectacle médiatique façon Grand-Guignol, ni une rhétorique fumeuse colportée par un valet de comédie.

Commentaire : Pour le plaisir, proposons la photo de l'évènement et observons la tête de Poutine en train de regarder Hollande :
 
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© Kremlin/AFP

 
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Les forces aériennes russes ont frappé 10 cibles de Daesh en Syrie au cours des dernières 24 heures

4 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #La Russie, #AMERIQUE, #La France, #Terrorisme, #Europe supranationale, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Les forces aériennes russes ont frappé 10 cibles de Daesh en Syrie au cours des dernières 24 heures

© Maxim Blinov Source: RIA NOVOSTI
 

Le ministère russe de la Défense a déclaré avoir attaqué 10 sites terroristes en Syrie et détruit des dépôts d’armes, des centres d’entrainements et leur infrastructure lors des 20 sorties aériennes qui ont eu lieu au cours des dernières 24 heures.

Selon les informations fournies par le ministère de la Défense russe, des avions de combat Sukhoï SU-34, SU-24M et SU-25 ont réussi à détruire des camps terroristes dans la province syrienne d’Idleb.

«Au cours des dernières 24 heures, des avions SU-34, SU-24M et SU-25 ont effectué 20 sorties. Dix sites d'infrastructures des terroristes de l'EI ont été frappés», a fait savoir le ministère qui a également publié des vidéos montrant les forces aériennes russes en train de bombarder leurs objectifs.

Frappe aérienne sur un camp djihadistes dans la province d’Idleb

Frappe chirurgicale sur un dépôt d’armes près de Jisr al-Choghour

Frappe aérienne sur des positions terroristes et un dépôt d’armes

Frappe aérienne contre un centre de commandement de l’EI

ENG العربية ESP РУС DE RT francais 22:05 à Paris, 4 octobre 2015 Actualité France International Economie Opinions Vidéos Photos Les forces aériennes russes ont frappé 10 cibles de Daesh en Syrie au cours des dernières 24 heures 4 oct. 2015, 12:25 © Maxim Blinov Source: RIA NOVOSTI Le ministère russe de la Défense a déclaré avoir attaqué 10 sites terroristes en Syrie et détruit des dépôts d’armes, des centres d’entrainements et leur infrastructure lors des 20 sorties aériennes qui ont eu lieu au cours des dernières 24 heures. Selon les informations fournies par le ministère de la Défense russe, des avions de combat Sukhoï SU-34, SU-24M et SU-25 ont réussi à détruire des camps terroristes dans la province syrienne d’Idleb. «Au cours des dernières 24 heures, des avions SU-34, SU-24M et SU-25 ont effectué 20 sorties. Dix sites d'infrastructures des terroristes de l'EI ont été frappés», a fait savoir le ministère qui a également publié des vidéos montrant les forces aériennes russes en train de bombarder leurs objectifs. Frappe aérienne sur un camp djihadistes dans la province d’Idleb Frappe chirurgicale sur un dépôt d’armes près de Jisr al-Choghour Frappe aérienne sur des positions terroristes et un dépôt d’armes Frappe aérienne contre un centre de commandement de l’EI Une bombe de precision détruit quatre postes de commandement de Daesh à Jisr al-Choghour

ENG العربية ESP РУС DE RT francais 22:05 à Paris, 4 octobre 2015 Actualité France International Economie Opinions Vidéos Photos Les forces aériennes russes ont frappé 10 cibles de Daesh en Syrie au cours des dernières 24 heures 4 oct. 2015, 12:25 © Maxim Blinov Source: RIA NOVOSTI Le ministère russe de la Défense a déclaré avoir attaqué 10 sites terroristes en Syrie et détruit des dépôts d’armes, des centres d’entrainements et leur infrastructure lors des 20 sorties aériennes qui ont eu lieu au cours des dernières 24 heures. Selon les informations fournies par le ministère de la Défense russe, des avions de combat Sukhoï SU-34, SU-24M et SU-25 ont réussi à détruire des camps terroristes dans la province syrienne d’Idleb. «Au cours des dernières 24 heures, des avions SU-34, SU-24M et SU-25 ont effectué 20 sorties. Dix sites d'infrastructures des terroristes de l'EI ont été frappés», a fait savoir le ministère qui a également publié des vidéos montrant les forces aériennes russes en train de bombarder leurs objectifs. Frappe aérienne sur un camp djihadistes dans la province d’Idleb Frappe chirurgicale sur un dépôt d’armes près de Jisr al-Choghour Frappe aérienne sur des positions terroristes et un dépôt d’armes Frappe aérienne contre un centre de commandement de l’EI Une bombe de precision détruit quatre postes de commandement de Daesh à Jisr al-Choghour Des avions de combats procèdent à trois frappes aériennes contre un poste de commandement et un dépôt d’armes près de la ville de Ma’arrat al-Numan

Le 2 octobre, des avions de combat russes Su-34 stationnés en Syrie avaient déjà attaqué 12 cibles de Daesh à Raqqa.

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En Syrie, Chinois et Tchétchènes attendent leur tour.

4 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #Terrorisme, #le nazisme, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient

En Syrie, Chinois et Tchétchènes attendent leur tour

3 Octobre 2015 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Chine, #Moyen-Orient, #Russie, #Etats-Unis

En Syrie, Chinois et Tchétchènes attendent leur tour

La bataille qui se préparait suspendait non seulement Démétrius et Ptolémée, mais aussi tous les autres princes, dans l'attente des événements qui devaient en être la suite et qui étaient fort incertains. Toutefois, chacun pensait que le succès ne se bornerait pas à rendre le vainqueur maître de la Syrie, mais qu'il en ferait le plus puissant des rois.

Ces paroles de Plutarque, narrant une bataille d'il y a 23 siècles, pourraient être écrites aujourd'hui tant l'humanité, les pays et les peuples reproduisent à l'infini les mêmes schémas. Si les généraux d'Alexandre ont laissé la place à Poutine, Obama, Xi, Erdogan ou Rouhani, la Syrie demeure la pierre angulaire. L'histoire à la remorque de la géographie et de la stratégie en quelque sorte...

Et il s'en passe des choses passionnantes sur cette pierre angulaire ! La grande, l'étonnante nouvelle du jour est la probable participation chinoise aux frappes russes. D'après Debka, site israélien proche du Mossad et généralement très bien informé, Pékin a fait savoir à Moscou que ses chasseurs-bombardiers J15, à bord du porte-avion Liaoning actuellement au large des côtes syriennes, se joindraient bientôt aux Sukhois. Internationalisation de la coalition russe, donc sa légitimation (beaucoup plus difficile pour les officines occidentales de faire du Xi-bashing que du Poutine-bashing). Voilà qui va donner des sueurs glacées aux Euro-atlantiques...

Comme si ça ne suffisait pas, Bagdad aurait formellement proposé aux Russes d'utiliser la base d'Habbaniyah pour leur campagne aérienne contre l'EI et autres djihadistes. Là où cela devient franchement pittoresque, c'est que les Russes partageraient cette base avec... les Américains ! Le lieu est en effet également utilisé par les forces états-uniennes pour leurs opérations. Je ne sais pas si le facétieux premier ministre irakien mesure l'ironie de la chose mais cela risque de faire grincer quelques dents parmi les pilotes de l'US Air Force. Moscou n'a pas encore donné sa réponse et doit actuellement peser le pour et le contre.

- Avantage : une enclave militaire en Irak, au coeur du Moyen-Orient, après celles de Tartous et Lattaquié en Syrie ; aucun dirigeant russe n'aurait pu rêver pareille occasion. En passant, une nouvelle gifle aux Américains, la signification étant à peu près celle-ci : vous avez été incapables d'assurer la défense de l'Irak, faites-nous place maintenant. Le message risque de se répercuter longtemps dans les chancelleries moyen-orientales...

- Inconvénient : l'intervention russe prendrait une tout autre ampleur et coûterait beaucoup plus cher. Vladimirovitch a déjà un peu de mal à convaincre l'opinion publique russe, majoritairement hostile, de la nécessité d'intervenir en Syrie, alors l'Irak...

On attend la réponse du Kremlin avec impatience, mais une chose est sûre : c'est un possible game changer supplémentaire au Moyen-Orient, qui en compte déjà beaucoup ces derniers jours.

Est-ce donc un hasard si le bourrage de crâne reprend de plus belle dans la presse aux ordres (chut, ne tirons pas sur une ambulance) occidentale ? Les propagandistes ne sont certes pas à une contradiction près. Les journaux nous expliquaient la semaine dernière que les Etats-Unis n'avaient réussi à former que quelques rebelles syriens modérés et arrêtaient par conséquent leur programme qui tournait au fiasco. Et là, soudain, les mêmes journaux nous affirment sans rire que les Russes ont retrouvé en 24 h, pour les bombarder, ces fameux groupes de "rebelles modérés" que tout le monde cherchait depuis des années... Pitoyable de bêtise.

Dans le flot de désinformation, quelques lumières tout de même, par exemple dans la presse espagnole ou israélienne. Ces analyses des différents groupes syriens montrent bien que les "rebelles modérés" sont à peu près inexistants. Désormais, la Syrie est grosso modo divisée en quatre, le reste n'étant que quantité négligeable :

  • le régime Assad
  • les Kurdes au nord
  • l'Etat Islamique
  • Al Nosra seule ou Al Nosra + autres mouvances djihadistes au sein de l'Armée de la conquête (rappelons qu'Al Nosra est tout simplement Al Qaeda en Syrie, organisation sur laquelle pleurent à chaude larme les Occidentaux en ce moment)

L'article du Jérusalem Post est également intéressant à un autre titre, car il confirme ce que plusieurs observateurs (dont votre serviteur) avançaient, à savoir la collusion entre Israël et Al Qaeda sur les hauteurs du Golan.

Les Russes, eux, n'ont cure de cette guéguerre de l'information ; ils laissent aux Américains les gesticulations médiatiques pour se concentrer sur le réel. Leurs bombardements sur l'Etat Islamique sont suffisamment sérieux pour que le calife autoproclamé, Al Bagdadi, annule la prière du vendredi dans sa capitale Raqqa, ce qui n'était curieusement jamais arrivé en un an de frappinettes de la coalition occidentale.

Les avions russes ont également multiplié les frappes sur Al Qaeda, notamment près de la frontière turque. C'est intéressant car, après avoir vu plusieurs de ses avions être abattus par la DCA turque, la chasse syrienne n'osait plus s'aventurer aussi haut, laissant les djihadistes faire à peu près ce qu'ils voulaient dans la province d'Idlib. Les bombardiers russes sont escortés par des S-30 pour bien s'assurer qu'aucune tentation stupide ne passe par la tête d'Erdogan qui semble avoir reçu le message 5/5.

Apparemment, les premiers effets des bombardements se font déjà sentir si l'on en croit le commandement militaire russe, pourtant peu habitué au lyrisme triomphaliste : "Des militants quittent les zones sous leur contrôle. Selon nos renseignements, il y a une certaine panique et des désertions dans leurs rangs".

Tout semble donc se passer comme sur des roulettes et, si tant est qu'il le décide, Poutine a peut-être déjà la solution pour l'éventuelle intervention terrestre qui fait si peur à son opinion publique. Le leader de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov a demandé à Vladimirovitch de lui permettre d'aller avec ses forces spéciales combattre l'Etat Islamique sur son terrain. Ce ne sont pas des paroles en l'air ; cela fait des années que Kadyrov veut en découdre avec les wahhabites et autres djihadistes, responsables de la mort de son père. L'on se souvient de son discours assez hallucinant fin décembre 2014 devant 10 000 rudes guerriers tchétchènes :

Nous allons prouver au monde que nous, Tchétchènes, sommes l'infanterie de Vladimir Poutine. Nous sommes prêts à défendre la Russie et accomplir n'importe quelle mission de combat. L'ennemi de la Russie, nous le confronterons où qu'il soit, y compris dans la propre tanière. Vive notre grande patrie la Russie ! Vive notre leader national, Vladimir Poutine ! Allah Akbar !

Une intervention tchétchène au sol contre l'EI serait assez populaire en Tchétchénie même et passerait sans doute mieux dans le reste de l'opinion russe. Toutefois, il serait intéressant de voir comment s'entendront Iraniens, Tchétchènes et Hezbollah... Nous n'en sommes pas encore là : place pour l'instant aux avions chinois.

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De l’Arabie Saoudite, la Russie, l’Iran, la Syrie, Cuba et de l’orwellisation du monde

3 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La France, #Europe supranationale, #Terrorisme, #le nazisme, #Daesch

Publié par Jean Lévy

 

De l’Arabie Saoudite, la Russie, l’Iran, la Syrie, Cuba et de l’orwellisation du monde

« Ce fut plutôt un choc pour Winston de découvrir, à propos d’une remarque faite par hasard, qu’elle ne se souvenait pas que l’Océania, il y avait quatre ans, était en guerre contre l’Estasia et en paix avec l’Eurasia. Il est vrai qu’elle considérait toute la guerre comme une comédie. Mais elle n’avait apparemment même pas remarqué que le nom de l’ennemi avait changé »,

1984, Georges Orwell (merci au blog d’Olivier Berruyer pour la retranscription)

 
 
 
1984 est sans doute le premier livre de politique que j’ai lu. Dans ce roman, le pouvoir réécrit constamment l’histoire et change d’ennemi, l’Océania affrontant tour à tour l’Estasia puis l’Eurasia, en effaçant toute trace du précédent conflit. Un parallèle troublant avec l’actualité internationale récente.
 
Des méchants et des gentils
 
Les dernières années ont de quoi donner le tournis. Il y a deux ans, il était entendu que la Russie, l’Iran et Bachar el-Assad étaient sans doute les pires méchants de la planète. Vladimir Poutine était coupable d’avoir envahi l’Ukraine, l’Iran, de préparer une bombe atomique et le régime Syrien, de massacrer son peuple. Et Cuba était toujours dans les limbes du blocus imposé par les Etats-Unis.
 
Mais en quelques mois, la situation a complètement changé. Cuba a été reconnu par les Etats-Unis. Un accord a été trouvé avec l’Iran, offrant de juteuses perspectives d’affaires. Et le développement de Daech, qui contrôle une large partie de l’Irak et de la Syrie semble devoir imposer aux dirigeants de la planète de se rabibocher avec la Russie, et même en partie avec Bachar el-Assad pour faire barrage aux islamistes.
 
Ce jeune saoudien sera-t-il cruxifié par nos amis de Riyad ?
 
Ces 180° diplomatiques sont quelques peu perturbants. Même si le pragmatisme peut être une vertu dans les relations internationales (après tout, la Russie communiste a joué un rôle majeur pour battre les nazis), les récentes fluctuations amènent tout de même à se poser des questions sur les choix de nos dirigeants. On pourrait aussi questionner notre rapport à certaines monarchies pétrolières, au premier rang desquelles l’Arabie Saoudite.
N’est-il pas inconfortable, a minima, pour ne pas dire très choquant moralement, de voir que tant de dirigeants des grandes démocraties de la planète sont allés à l’enterrement de l’ancien roi d’un pays dont les règles permettent de décapiter, puis crucifier pour un simple délit d’opinion. Ne franchissons-nous pas la compromission avec des valeurs fondamentales ?
 
La guerre, enjeu de communication
 
 

En outre, ce qui est extrêmement troublant avec ce ballet des méchants et des gentils planétaires  c’est que la guerre est largement devenue un enjeu de communication. On peut se souvenir de l’instrumentalisation des frappes aériennes dans l’Irak de Saddam Hussein par les Etats-Unis de Bill Clinton, un moyen de faire oublier les affaires personnelles qu’affrontait le président. Puis, frappée le 21 septembre 2001, Washington était intervenue bien rapidement, et sans véritable justification en Afghanistan et en Irak, au prix de centaines de milliers de mort pour des raisons qui avaient plus à voir avec de la communication qu’avec une véritable raison diplomatique.

Avec l’Irak et l’Iran qui oscillent entre méchant et gentil depuis quatre décennies, il est difficile de ne pas voir un effarant parallèle avec le roman d’Orwell.

 
Cela ne veut pas dire qu’il y a un grand complot, que les Etats-Unis par exemple, manipuleraient la planète avec leur trop souvent sinistre balet géopolitique. Marc Rameaux, dans plusieurs papiers très intéressants, a très bien expliqué les dynamiques qui peuvent aboutir à croire à des complots quand il n’y a pourtant que des jeux de circonstances.
Des sociétés aussi complexes que les nôtres produisent aussi une histoire de notre vie commune, des courants de fond d’opinion qui peuvent pousser nos dirigeants à prendre de telles décisions, sans qu’un grand dessein d’ensemble les ait motivées a priori. Mais cela amène à se demander jusqu’où nos sociétés pourraient prendre la direction du roman de Georges Orwell, aussi lentement soit-il. Certaines lois liberticides n’en deviennent que plus inquiétantes.
 

En réalité, j’ai surtout l’impression que nos dirigeants, à force de vouloir réagir, sans prendre le temps de réfléchir et d’agir, finissent par être balottés par les évènements, sans prendre la moindre perspective. D’où sans doute les revirements effarants de nos diplomaties depuis deux ans…

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Une semaine à Damas. Rencontre avec la députée syrienne Maria Saadeh - Propos recueillis par Arthur Herlin.

3 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La République, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #le nazisme, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Publié par Jean Lévy

 

La députée syrienne Maria SaadehL

La députée syrienne Maria SaadehL

COMITE VALMY

Architecte de profession, Maria Saadeh est députée de la circonscription de Damas et Sednaya. Elle a été élue après un an de conflit. Elle est plus déterminée que jamais à sensibiliser l’opinion française au calvaire qu’endure son peuple.

 

Aleteia : Pourquoi avoir choisi soudain de devenir députée du parlement Syrien alors que rien ne vous y destinait ?

Maria Saadeh : En tant que citoyenne et femme syrienne j’estime que vos gouvernements n’ont pas le droit de sélectionner qui peut représenter ou non la Syrie. Pour cette raison j’ai estimé qu’il fallait que je rentre au parlement pour avoir une tribune légale afin de parler au nom du peuple syrien et refléter au mieux la réalité et pour transmettre un message à l’occident : « vous avez commis une grande erreur, en détruisant notre état, notre histoire et notre patrimoine ».

 

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’être élue au service d’un régime dictatorial ?

Ce sont les occidentaux qui se permettent de juger que notre société est sous une dictature. Les Syriens quant à eux, les premiers concernés, sont loin de penser cela. Ce n’est pas du droit des occidentaux de proclamer que c’est un régime dictatorial. Seuls nous, Syriens, vivons au quotidien dans la société syrienne, il n’y a que nous qui sommes en mesure de juger le gouvernement syrien. Il n’y a que nous qui avons connu la situation avant la guerre et maintenant et qui pouvons donner notre avis sur la situation politique du pays. La Syrie est le berceau des civilisations, de l’Histoire et des religions, c’est une terre qui appartient à l’humanité toute entière et aujourd’hui nous devons faire face à la monstruosité. Sous le prétexte de s’attaquer au régime, vos gouvernements détruisent le patrimoine de l’humanité.

 

Etiez-vous engagée politiquement avant la crise que traverse aujourd’hui la Syrie ?

Non pas du tout, je n’exerçais absolument aucune responsabilité politique avant la guerre. Je suis architecte, j’ai travaillé en France, et dans toute l’Europe. C’était une grande surprise pour moi de voir cet occident qui respecte sur son territoire la civilisation et le patrimoine, s’attaquer à notre intégrité. J’ai donc été élue il y a quatre ans lors des dernières élections parlementaires qui ont eu lieu un an après le début de la guerre. Les prochaines seront organisées dans quelques mois.

 

Quand vous faisiez partie de la société civile, aviez-vous des choses à reprocher au gouvernement syrien ?

Bien sûr, j’avais de nombreux points de désaccords avec le gouvernement. Mais nous n’en sommes plus là, la question qui se pose aujourd’hui n’est plus d’être d’accord ou non avec le gouvernement. Le problème actuellement c’est que nous sommes confrontés à une guerre internationale contre l’Etat syrien. Nous voulons protéger notre intégrité, nos maisons, notre souveraineté et nous mettrons tout en œuvre pour servir cet objectif. Le gouvernement a commis beaucoup de fautes par le passé et lorsque je prends la parole au parlement lors des débats, je m’adresse à lui en toute franchise. Je critique aussi les médias syriens qui ne donnent pas assez la parole à la société civile, en particulier celle qui s’oppose au gouvernement. Nous sommes maintenant en guerre, il est vrai, mais c’est une occasion de créer une nouvelle Syrie, une Syrie qui porte toutes les voix syriennes qui peuvent profondément reconstruire une société plus stable et plus égalitaire.

 

Maria Saadeh

Au début de la crise Syrienne, qui manifestait pour réclamer une société plus « démocratique » ?

Laissez-moi vous donner un exemple, et vous jugerez. Comme architecte j’avais un chantier et des ouvriers sous ma responsabilité. Au début de la crise et des manifestations, mes ouvriers avaient abandonnés leur poste. J’ai finalement compris que les islamistes déjà présents, les payaient pour manifester : pour une heure ils touchaient 500 livres syriennes tandis que les organisateurs eux, recevaient 1000 ou 2000 livres syriennes. Cela représente plus d’une journée de travail ! Vous imaginez donc quel succès cela a rencontré.

 

Certains d’entre eux manifestaient tout de même sincèrement…

Oui bien sûr, beaucoup de jeunes en particulier réclamaient un avenir différent. Ils croyaient participer une révolution populaire, mais ils se sont très vite rendu compte qu’ils étaient manipulés.

 

Quels résultats ont découlé de votre rencontre avec le Pape en 2013 ?

Le Pape est le personnage qui représente au mieux la paix dans le monde, on sait très bien qu’une action de sa part peut avoir d’immenses répercussions sur ce qu’il se passe en Syrie. N’avait-il pas refusé catégoriquement que l’OTAN bombarde la Syrie il y a deux ans ? Il sait que l’enjeu ne concerne pas seulement les Syriens mais l’humanité toute entière. Quelques temps après l’avoir rencontré, le Vatican a organisé une veillée pour le peuple Syrien, j’ose imaginer que c’est une conséquence de mon entretien avec lui.

 

Vous êtes chrétienne, quel est la position des chrétiens de Syrie face au gouvernement plus largement face à la guerre ?

Avant toute chose, je ne représente pas les chrétiens en Syrie. Nous sommes un Etat laïc, je représente donc tous les syriens, bien au-delà de leurs confessions. Tout le peuple syrien est confronté à la même guerre.

 

Quelle est votre position face à l’engagement de la Russie dans votre pays ?

Nous avons une grande relation historique avec l’occident, mais aujourd’hui le peuple syrien ne se fait plus d’illusion quant à l’attitude extrêmement agressive de l’occident. Dans le même temps, la Syrie ne peut pas affronter seule cet ennemi redoutable qu’est l’Etat islamique, elle doit trouver de nouveaux partenaires, la Russie en est un. Tous les états qui sont volontaires pour participer à l’effort de guerre sont les bienvenus.

 

Un gouvernement de transition peut-il aider à la réconciliation ou bien faut-il que Bashar Al-Assad reste coûte que coûte à la tête de l’Etat syrien ?

 

Bashar Al-Assad ne doit quitter ses responsabilités qu’après une décision populaire du peuple syrien et de lui seul. Son départ, si départ il y a, ne doit en aucun cas être le résultat de pressions issues de l’extérieur de la Syrie.

 

Les Syriens ont-ils vraiment les leviers institutionnels pour changer de dirigeant s’ils le décident ?

Pendant les élections présidentielles, le peuple syrien a fait son choix. Il y avait des concurrents à Bashar Al-Assad, des opposants reconnus. Si de nouveaux opposants veulent se déclarer, qu’ils le fassent ! Nous vivons aujourd’hui une occasion de changement, il faut la saisir. Tout le monde peut participer à la reconstruction de la Syrie, de ses maisons comme de son Etat.

 

Propos recueillis par Arthur Herlin.
28 septembre 2015

Source :
Aleteia

 

 

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Syrie : Cette fois, c’en est bien fini de l’arnaque des rebelles triés sur le volet

29 Septembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La Russie, #L'OTAN., #La France, #Daesch, #ISIL, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme

Syrie : Cette fois, c’en est bien fini de l’arnaque des rebelles triés sur le volet

Moon of Alabama
Moon of Alabama

Le 22 septembre 2015 – Source: Moon of Alabama

Voilà, ci-dessous, ce qui a été rapporté hier dans le London Times. Bizarrement, aucun grand média américain n’en a fait état :

« La tentative américaine de relancer son programme – très critiqué – de formation de rebelles a essuyé un nouveau revers, hier, quand un deuxième lot de combattants formés en Occident a été détenu par d’autres groupes rebelles dans le nord de la Syrie.»

 

«Environ 70 combattants du groupe formé par les Américains, connu sous le nom de 30e Division, sont entrés en Syrie par le poste frontalier de Bab al-Salama au nord d’Alep dans un convoi lourdement armé de 12 véhicules couverts par l’aviation étasunienne, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.»

Le groupe sélectionné par le Pentagone aurait été détenu par un groupe turkmène parrainé par la Turquie. Toutes sortes de folles rumeurs sur le sort du groupe se sont succédées tout au long de la journée d’hier, mais on sait maintenant ce qu’il en est. Le groupe, que le Pentagone a minutieusement sélectionné, agréé et formé, n’a pas été arrêté du tout, il a changé de camp aussitôt arrivé en Syrie :

«Les rebelles entrainés par le Pentagone auraient trahi les États-Unis et remis leurs armes à une filiale d’al-Qaïda aussitôt entrés en Syrie.

Des sources ont indiqué lundi que des combattant de la Division 30 s’étaient rendus et avaient remis toutes leurs armes, à Jabhat al-Nusra, en Syrie.»

***

«Une bonne claque [en pleine figure] pour l’Amérique […] Le nouveau groupe de la Division 30, qui est entré hier, a remis toutes ses armes à Jabhat al-Nusra après avoir obtenu des assurances sur sa sécurité», a tweeté Abu Fahd al-Tunisi, qui prétend être un membre de la filiale d’Al-Qaïda.

[Le tsar de la guerre contre État islamique d’Obama, le général Allen, vient d’être renvoyé, probablement à cause de l’incident décrit ci-dessus. C’est le génie qui a donné toute latitude à la Turquie pour bombarder les Kurdes, en échange de l’accès à la base aérienne d’Incirlik en Turquie. (le nullissime général Petraeus en disgrâce pourrait-il le remplacer?)]

Le leader du groupe formé, payé et équipé par les États-Unis a publié un texte (en arabe) donnant les six raisons pour lesquelles il a changé de camp.

Mais selon un article assez bizarre du Washington Post, l’administration réfléchit déjà à une nouvelle stratégie pour remplacer celle qui consiste à infiltrer des combattants triés sur le volet, et qui a échoué :

«L’administration envisage de fournir des armes et des munitions à un éventail plus large de groupes rebelles en Syrie et d’assouplir ses critères de sélection, augmentant, de ce fait, l’implication de l’Amérique dans la guerre civile en cours.»

Donc, alors que les rebelles triés sur le volet passent à al-Qaida, la solution est d’assouplir les critères de sélection.

Mais c’est justement sans ou avec très peu de sélection que la CIA a payé, formé et équipé 10 000 combattants anti-syriens depuis le début de 2012. La plupart de ces combattants ont, comme le groupe formé par le Pentagone, vendu leurs armes et leurs munitions aux djihadistes ou les ont rejoints. La sélection n’est donc pas du tout indispensable. Dans un communiqué d’AP sur les 14 civils syriens tués par les bombardements rebelles, hier, on peut lire :

«La coalition rebelle, connue sous le nom d’alliance de l’Armée de conquête, comprend la branche d’al-Qaida en Syrie, le Front Nusra et le groupe extrémiste Jund al-Aqsa, et elle est soutenue par la Turquie et l’Arabie saoudite

Reuters a publié, hier, un communiqué pour tenter de redorer l’image des djihadistes salafistes d’Ahrar al-Shams :

«Fortement soutenu par le voisin de la Syrie la Turquie, Ahrar al-Sham (les Hommes libres de Syrie) ont joué un rôle important tout au long des quatre années de guerre civile en Syrie – peut-être même le plus grand rôle de tous les groupes d’insurgés en dehors de État islamique.»

***

«Sous sa nouvelle direction, il essaie de se différencier d’al-Qaïda, suscitant la colère du Front Nusra et d’autres extrémistes. Mais son passé lié à al-Qaïda explique qu’Ahrar al-Sham ait toujours une relation spéciale avec le Front Nusra.

» Les rebelles, à l’intérieur de la Syrie, disent qu’Ahrar al-Sham a fourni beaucoup d’armes à Nusra. On ne sait pas s’il continue de le faire.

» Un ancien combattant de Nusra, qui a maintenant cessé la lutte, dit que Nusra et Ahrar avaient autrefois des relations étroites.

» Tout ce que je sais c’est que Nusra voit Ahrar comme leur source d’armes, en particulier dans certaines batailles», a-t-il dit.

Le Pentagone a soigneusement trié sur le volet les quelques mercenaires qu’il a envoyés en Syrie et ils ont rapidement rejoint Nusra. S’il passait, de même, au crible Ahrar als-Shams, son appréciation serait sûrement tout aussi positive. Toute l’histoire des rebelles triés sur le volet est une arnaque, la preuve en est que les États-Unis et leurs alliés n’ont jamais cessé d’approvisionner les islamistes non triés sur le volet qui luttent contre l’État syrien laïque .

Mais la fête est peut-être finie pour Ahrar. Le groupe est actuellement approvisionné avec amour par la Turquie, mais demain, le président turc Erdogan doit rencontrer le président russe, Vladimir Poutine.

Poutine vient de déployer une énorme quantité de matériel et de personnel en Syrie pour éradiquer les islamistes. Leur quantité pourrait bien augmenter et se transformer en un corps expéditionnaire entièrement équipé de quelques 15 000 soldats. La Russie est alliée à l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Hezbollah dans l’alliance «4 + 1» et coordonne la lutte depuis un quartier général commun. La reconnaissance russe est active partout sur le champ de bataille syrien et ses renseignements, ainsi que de nouvelles armes, aident déjà le gouvernement syrien à attaquer avec succès les concentrations d’État islamique à Raqqa et Palmyre, tuant des dizaines de combattants.

La Turquie dépend du gaz russe pour plus de 30 % de ses besoins en énergie primaire. Erdogan a le projet ambitieux de faire de la Turquie une plus importante plaque tournante de l’énergie en participant au projet d’un nouveau gazoduc russe, d’un montant de 11,4 milliards d’euros. Mais le gaz ne continuera à couler en toute sécurité dans les pipelines russes que si celui qui approvisionne État islamique, Ahrar Al Shams et Jabhat al-Nusra en armes turques se tarit. Erdogan devra choisir lequel de ces deux pipelines correspond le mieux à ses intérêts.

Si Erdogan décide de continuer à approvisionner les islamistes que la Russie a décidé de combattre, il va mettre son pays en position très dangereuse. La Russie pourrait, par exemple, fournir secrètement les Kurdes qui combattent l’État turc dans l’est de la Turquie. Quels succès pourraient-ils remporter s’ils recevaient une quantité infinie d’armes russes modernes?

Je pense que le jeu de M. Erdogan est terminé. La Russie a décidé de mettre fin à la guerre que les États-Unis et leurs alliés mènent contre la Syrie. Elle utilisera tous les moyens dont une grande nation dispose pour soutenir ses positions. Les zones d’exclusion aériennes occidentales, ou leur protection des régions tenues par l’opposition en Syrie, ne sont plus que du pipeau. Le génie Petraeus, qui a lancé le programme de mercenaires de la CIA qui a approvisionné Nusra et État islamique, vient à nouveau de dire ceci, entre autres absurdités :

«Nous pourrions, par exemple, dire à Assad qu’il doit cesser d’utiliser des bombes-barils. Et que, s’il continue, nous empêcherons la Force aérienne syrienne de voler», a-t-il décrété. «Nous en avons les moyens.»

Les États-Unis en ont les moyens à condition d’être prêts à sacrifier nombre de leurs pilotes. Le pays qui peut décider d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie est la Russie. Les nouveaux systèmes de défense aérienne S-300 et S-400, qu’on voit maintenant à Lattaquié, s’assurent que rien ne vole dans l’espace aérien de Syrie sans l’accord des Russes (!).

Traduction: Dominique Muselet

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Hollande refuse d'intégrer Bachar al-Assad dans la lutte contre l'Etat Islamique.

29 Septembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Daesch, #ISIL, #Terrorisme

François Hollande

s'oppose à l'Assemblée des Nations Unis

à toute coopération avec le président Bachar al-Assad pour éradiquer les terroristes de L'EI

Cette semaine, à l'Assemblée des Nations unies, une négociation devrait s'ouvrir sur la constitution d'une coalition internationanale pour éradiquer les terroristes de l'EI.

Au-delà des frappes aériennes menées par les Etats-Unis,d'une part, et la France, d'autre part, se développe l'idée que ces interventions limitées ne peuvent atteindre le but de libérer la région de l'emprise meurtrière de l'Etat islamique. Et qu'il serait nécessaire de prévoir des "troupes au sol".

Mais les Occidentaux rejettent, en ce qui concerne leurs armées, tout engagement de cette nature. L'échec des expéditions en Afghanistan et en Irak pèse lourd. Aussi, les Etats-Unis comme la France ont envisagé une intervention armée des Etats de la région, en premier lieu de l'Arabie saoudite et de la Turquie. Mais celles-ci, qui veulent se débarasser du voisinage d'un Etat laïc (et en partie chiitte), aident massivement les terroristes islamiques dans la lutte que ceux-ci mènent contre le gouvernement syrien de Bachar al-Assad. En effet, Riyad et Ankara ouvrent grandes leurs frontières afin d'acheminer les armes sophistiquées contre le régime légal de Bachar et permettent l'envoi massif de mercenaires étrangers au profit d'EI.

Comment envisager alors une intervention au sol ?

La Russie, par la voie de Vladimir Poutine, propose une autre solution : il faut constituer une vaste coalition qui intégrerait l'Iran et le pouvoir syrien. L'appui du gouvernement de Damas devrait aller de soi, puisque ses troupes mènent depuis des années le combat sur le terrain contre les terroristes de l'EI.

Etats-Unis et Grande-Bretagne hésitent.

La chancelière allemande, Angela Merkel, souhaite "dialoguer avec le président syrien Bachar al-Assad" dans la recherche d'une solution au conflit syrien

Mais la France de Hollande et de Fabius monteaux créneaux contre cette stratégie de bon sens. Pour eux, l'ennemi essentiel c'est Bachar !

Pourquoi cette attitude du gouvernement français ?

Depuis le début du conflit en Syrie, les dirigeants du PS, Fabius en premier, réclament la tête du président syrien, jugé l'adversaire prioritaire à abattre. Que valent, dans ces conditions, les propos officiels des dirigeants français contre "le terrorisme qui menace notre pays" ? Ce ne sont pas, aux dires mêmes de président de la République française et de son ministre des affaires Etrangères, les soldats de Damas qui organisent les attentats en France...

Et pourtant chacun se souvient des déclarations de Laurent Fabius.

Ce dernier ne déclarait-il pas déjà en août 2012 :

« Je suis conscient de la force de ce que je suis en train de dire : Mr Bachar el-Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre ».

Et Laurent Fabius ne confirmait-il pas, ce 27 septembre, son refus d'intégrer le gouvernement syrien dans le processus de paix qui va se discuter à l'ONU :

"Le président Bachar al Assad ne pourra jouer aucun rôle dans le cadre d'une future transition politique en Syrie car il n'aurait aucune crédibilité aux yeux de son peuple après quatre ans de conflit dont une bonne partie des victimes est imputable au régime de Damas", a déclaré hier à New York le chef de la diplomatie française.

Si cette attitude devait conduire à l'échec les négociations qui vont s'ouvrir sous l'égide des Nations Unies, les Français seraient à même de se poser la question : pour quels intérêts travaille le gouvernement de François Hollande ?

Sa proximité et celle de Laurent Fabius envers l'Etat d'Israël et de sa politique est-elle la seule motivation d'un pouvoir qui, rappelons-le, pointait sur Damas les canons de ses navires et se préparait, le 30 août 2013; à lancer ses fusées...ce qui aurait entrainé la France dans une troisième guerre mondiale ?

Le gouvernement français va-t-il persévérer dans ce sens ?

Si oui, quel crédit lui accorder lorsqu'il dénonce "le terrorisme" des fanatiques de EI comme une menace mortelle pour notre pays, alors qu'il refuse le moyen de l'éradiquer ?

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Un avion de combat israélien abattu par les forces syriennes au dessus du Golan

23 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme, #AMERIQUE

Le 23 août 2015

Un avion de combat israélien abattu par les forces syriennes au dessus du Golan

Publié le 23 août 2015 par Strategika51

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Des unités de la défense aérienne du territoire relevant de la III division de l’armée syrienne ont ouvert le feu, vendredi 21 août 2015, sur des avions de combat israéliens menant des raids contre des positions militaires et civiles en territoire syrien. D’après des informations publiques, un avion de combat israélien aurait été abattu par un système de la DCA syrienne au dessus du Golan. Les médias israéliens et leurs relais mondiaux demeurent silencieux à ce sujet.

Les avions israéliens ont ciblé à plusieurs reprises consécutives des positions militaires syriennes, dont notamment des unités de la 90e et de la 68e brigades à Qunaïtra et la grande périphérie de Damas mais également des régiments de la III division blindée et de la garde républicaine du dispositif défensif méridional de la capitale syrienne.

Depuis les raids aériens israéliens ayant visé un centre de recherches en agronomie que les israéliens avaient publiquement accusé d’abriter un réacteur nucléaire, l’armée syrienne s’abstenait de riposter aux fréquentes attaques aériennes israéliennes dont les plus spectaculaires ont eu lieu pour venir en aide à des factions de la rebellion syrienne dans le conflit en cours. Il semble que les règles d’engagement de l’armée syrienne aient connu un changement significatif induit par un apport qualitatif en équipement ou en soutien tactique assuré par de tierces parties.

La Syrie a explicitement laissé entendre qu’elle ripostera à toute nouvelle agression israélienne sur son territoire au lendemain d’un raid aérien israélien sur Damas où des bombes non-conventionnelles de nature inconnue ont été larguées sur le mont Qassioun surplombant la ville, abritant les forces d’élite de l’armée syrienne. Depuis lors la DCA syrienne est systématiquement entrée en action pour abattre des dizaines de drones israéliens soutenant les rebelles au sol.

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Les forces spéciales du SAS britannique déguisés en “rebelles de l’EIIL” combattent Assad en Syrie

6 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #Terrorisme, #le nazisme, #AMERIQUE, #Europe supranationale

Les forces spéciales du SAS britannique déguisés en “rebelles de l’EIIL” combattent Assad en Syrie

Les forces spéciales du SAS britannique déguisés en “rebelles de l’EIIL” combattent Assad en Syrie

 

Le tableau sur le terrain syrien commence à être complet. Jusqu’ici, outre les terroristes eux-mêmes, dont la diversité des noms et des groupes ne sert qu’à brouiller les cartes, on ne parlait que de la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Qatar, la France, Israël et les Etats-Unis, mais presque jamais de la Grande Bretagne. Si l’on se réfère à la Libye, on a accusé les Etats-Unis, l’OTAN et beaucoup la France, mais, là aussi, on mentionnait à peine la Grande Bretagne, alors que l’on sait que c’est elle qui a préparé le terrain des mois avant même que Sarkozy n’arrive au pouvoir. Le Royaume Uni n’ayant pas l’habitude de travailler pour les beaux yeux des autres, il serait peut-être temps de revoir tout ce que les analystes racontent sur les guerres dites étatsuniennes ou Otanesques. RI

***

Le 2 Août, le journal britannique du Sunday Express titrait “Le SAS se déguise en combattants de l’EI dans la guerre secrète contre les djihadistes”:

“Plus de 120 membres appartenant au régiment d’élite se trouvent actuellement dans le pays ravagé par la guerre, secrètement déguisés en noir et faisant flotter les drapeaux de l’EIIL”, ils sont engagés dans ce qui est appelé l’Operation Shader: attaquer des cibles syriennes sous le prétexte de combattre l’EIIL.

Il se peut que des forces commandos américaines et des éléments de la CIA soient impliqués de la même manière. Pendant la guerre d’Obama en Libye, la Grande-Bretagne a déployé des centaines de ses membres des Special Forces Support Group (SFSG) parachutistes, tirés de ses personnels du SAS (Special Air Service) et du SBS (Special Boat Service).

Environ 800 Royal Marines et 4000 Marine américains (NdT: “Marines” = fusiliers marins) se tenaient en renfort, prêts à intervenir le cas échéant.

Cette dernière révélation intervient deux semaines après avoir appris que le premier ministre David Cameron avait approuvé l’an dernier que les avions britanniques rejoignent ceux des Etats-Unis pour bombarder la Syrie malgré le rejet du parlement britannique en Août 2013.

Une partie de cette opération secrète de terrain est sous commandement américain, les unités “smash” voyageant dans des camions pick-up, capables de lancer des mini-drones pour scanner le terrain afin d’y repérer des cibles d’attaque.

Plus de 250 spécialistes britanniques (et peut-être américains) sont impliqués à fournir un soutien de transmission et de communication, a expliqué le Sunday Express.

Le ministre de la défense britannique Michael Fallon a dit que “nos actions et nos capacités de surveillance libèrent d’autres pays pour frapper en Syrie.

Les forces du SAS britannique sont en Arabie Saoudite pour entraîner des terroristes anti-Assad avec des opérateurs américains qui font la même chose également en Turquie, en Jordanie au Qatar et probablement en Israël.

Les Etats-Unis et la GB affirment n’entraîner que les soi-disants rebelles “modérés” (NdT: ce qui n’est qu’une fiction totale et fait partie de la propagande de guerre pour maintenir l’opinion publique…), ce qui n’est qu’un écran de fumée pour cacher leur implication directe avec les terroristes de l’EIIL, entraînés, armés et financés depuis l’étranger, passés au travers des frontières en Syrie pour lutter contre Assad, maintenant avec un soutien aérien anglo-americano-canadien ainsi que les commandos de soutien au sol.

Le Sunday Express a cité un ancien général de l’armée britannique, David Richards, disant “les chars entreront en action” dans les opérations de la GB en Syrie.

Un article séparé discutait des frappes aériennes américaines qui défendaient les terroristes de l’EIIL servant d’infanterie pour les Américains contre Assad.

Le Wall Street Journal a rapporté ce qui apparaît être un prélude évident à une opération Libye 2.0, affirmant faussement qu’Obama a autorisé des frappes aériennes contre les forces syriennes si elles attaquent les rebelles “modérés” (et non-existant) soutenus par les Etats-Unis.

Indépendamment, un média turc a rapporté que le président Ergogan a dit que Poutine pourrait s’être affaibli concernant Assad et qu’il pourrait l’abandonner.

Obama a dit qu’il était “encouragé par le fait que Mr Poutine l’avait appelé fin Juin et avait pris l’initiative de cet appel au sujet de la Syrie.

Je pense qu’ils ont l’impression que le régime d’Assad est en train de perdre le contrôle de toujours plus de terrain en Syrie et que la perspective d’une prise en main djihadiste ou une déroute du régime syrien ne sont pas imminentes mais deviennent une plus grande menace de jour en jour. Ceci nous offre une opportunité d’avoir une conversation sérieuse avec eux.

Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dimitri Peskov, a dit que les deux leaders ont discuté du combat contre le terrorisme, spécifiquement contre l’État Islamique.

La position russe est bien connue”, a t-il expliqué. “Elle a été réitérée par Poutine pendant sa conversation avec Obama. Elle n’a pas changé.

Poutine est opposé à toute interférence extérieure de quelques nations que ce soient dans les affaires intérieures des autres. Il soutient le droit souverain des Syriens et des autres peuples de choisir leurs propres leaders et législateurs.

Le conseiller de Poutine Youri Oushakov a dit que “le leadership actuel de la Syrie est une des véritables forces luttant effectivement et confrontant réellement l’EI.

Absolument rien n’indique un amoindrissement du soutien russe pour le président Assad.

Stephen Lendman

url de l’article: http://www.globalresearch.ca/british-sas-special-forces-dressed-up-as-isis-rebels-fighting-assad-in-syria/5466944

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

https://resistance71.wordpress.com/2015/08/05/guerre-par-procuration-en-syrie-des-forces-du-sas-britannique-et-specops-americaines-combattent-avec-leiil-contre-le-regime-dassad/

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ISRAËL, UNE PLAIE AU CŒUR DU PROCHE ET DU MOYEN-ORIENT (partie 1) Par Panthéa Kian, militante politique iranienne, membre du Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).

1 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #ISIL, #Daesch, #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le M'PEP

ISRAËL, UNE PLAIE AU CŒUR DU PROCHE ET DU MOYEN-ORIENT (partie 1)

Par Panthéa Kian, militante politique iranienne, membre du Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).

Le 30 juillet 2015.

Pour la troisième fois consécutive, Benyamin Netanyahou, le leader du Likoud (droite nationaliste), gagne en mars 2015 les élections législatives. Il disposera ainsi d’une nouvelle période de 5 ans à la tête du gouvernement. Les électeurs israéliens, en majorité des colons surtout de la dernière génération arrivés des pays d’Europe de l’Est, ont affirmé une fois de plus leur volonté de poursuivre la colonisation illégale des terres palestiniennes et le refus de la reconnaissance du droit palestinien à son État souverain sur les terres reconnues par les Accords d’Oslo. Occupation et agression militaire, répression policière et apartheid contre le peuple palestinien, maintien du Proche-Orient en état de guerre permanente : ce sont là les choix d’une majorité d’Israéliens faits par l’élection de Benyamin Netanyahou. Le bilan économique et social d’une décennie de gouvernement Netanyahou est pourtant exécrable. La disparité des revenus dans la société israélienne, en forte augmentation depuis le milieu des années 90, a atteint des sommets. En termes d’inégalités, elle n’a d’équivalents dans le monde « avancé » qu’aux États-Unis. Alors qu’une extraordinaire concentration des richesses se trouve du côté de 1% de la population, la pauvreté relative a plus que doublé en deux décennies pour atteindre 21%. La pauvreté infantile a plus que quadruplé sur la même période pour se situer à 28% et plus.

(…)


Adhérez au Parti de l’émancipation du peuple (ex-M'PEP) !

Pour imprimer le bulletin d’adhésion, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/IMG/pdf/bulletin_adhesion2015-parti.p
df

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