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Le blog de Lucien PONS

israel - palestine - moyen-orient

CAPJPO - EuroPalestine: Israël, l’éternelle victime (un excellent article à ne pas manquer) ; Plus de 2000 enfants palestiniens arrêtés en 2015...: L’Autorité Palestinienne réprime les manifestants

4 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Politique étrangère, #La paix, #Palestine libre, #Israël et la Palestine

Israël, l’éternelle victime (un excellent article à ne pas manquer) ; Plus de 2000 enfants palestiniens arrêtés en 2015...: L’Autorité Palestinienne réprime les manifestants

Que devraient faire les Israéliens ? S’ils n’aiment pas l’idée de vivre dans un pays à majorité arabe, ils peuvent aller ailleurs ou s’y faire et, s’ils choisissent de rester, qu’ils se comportent en immigrants plutôt qu’en colonisateurs...

...Israël devrait libérer tous les prisonniers palestiniens, abolir toutes les lois qui octroient au peuple juif des droits exclusifs en Palestine, abolir les lois qui interdisent aux Palestiniens de revenir sur leur terre, et débloquer les milliards de dollars qui seront nécessaires pour payer des réparations aux réfugiés et à leurs descendants. Israël devrait alors appeler à des élections libres, une personne une voix, où tous ceux qui vivent dans la Palestine mandataire voteraient à titre d’égaux. Voilà ce qu’Israël devrait faire. "

Ci-dessous, deux articles dont "Israël, l'éternelle victime..." qui apporte la solution au problème israélo-palestinien ; la seule qui soit humaniste, honorable et viable. Ne pas manquer de lire et à diffuser largement !

Cordialement

Paul Monmaur

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http://www.europalestine.com/spip.php?article11394

 

2 janvier 2016

Israël, l’éternelle victime : Miko Peled répond à cette propagande

 

Depuis des décennies, Israël justifie tous ses crimes en proclamant : "On n’a pas le choix". Miko Peled, opposant israélien qui vit désormais aux Etats-Unis, répond à cet argument éculé dans le Herald Tribune. Merci à Michel Guys pour la traduction de cet article.


"Israël est attaqué par des pays arabes qui veulent sa destruction : que voulez-vous qu’Israël fasse ? Des soldats israéliens sont attaqués au couteau par des terroristes palestiniens : que voulez-vous qu’ils fassent ? L’Iran dispose d’un potentiel nucléaire et souhaite effacer Israël de la carte : que voulez-vous qu’Israël fasse ? Le Hamas est déterminé à tuer des civils israéliens, alors : que voulez-vous qu’Israël fasse ? La liste est sans fin des choses qui ne laissent pas d’autre choix à Israël que de s’armer, d’attaquer, de tuer des Palestiniens. C’est donc sans espoir et il n’y a aucune raison d’attendre un changement.

C’est juste épatant. Et c’est la réplique à laquelle ont eu recours les dirigeants israéliens depuis qu’elle a été forgée officiellement, vers 1956, par le général Moshe Dayan (bien qu’à l’occasion, des sionistes y ait eu recours déjà auparavant) pour justifier n’importe quel crime commis par l’état d’Israël. Moshe Dayan, c’est ce criminel de guerre inepte et lâche, rendu célèbre par son bandeau. Il était connu aussi pour voler des antiquités et courir la gueuse (on raconte que, s’entendant dire que les appétits sexuels insatiables de Moshe Dayan devenaient embarrassants, Ben Gourion aurait répondu : « Et alors ? Le roi David était aussi un coureur de jupons et c’était un grand roi »). C’est comme chef d’état-major de l’armée israélienne que Dayan a eu recours à cette excuse du « que voulez-vous que nous fassions ? », dans un inoubliable et éloquent panégyrique qu’il avait prononcé avant l’attaque de l’Égypte par Israël en 1956.

Dayan alimentait la peur et un sens du destin lorsqu’il décrivait les réfugiés dans la Bande de Gaza comme « attendant de nous massacrer et de répandre notre sang » parce que, comme Dayan le reconnaissait lui-même, « nous avons pris leur terre et en avons fait la nôtre ». Mais, expliquait-il, nous l’avons fait parce que nous n’avions pas le choix ou « qu’aurions-nous dû faire ? » après des milliers d’années d’exil et de persécutions sans fin ; après le génocide nazi, nous voilà revenus mais nous devons toujours vivre par l’épée et toujours tenir fermement cette épée, car dussions-nous relâcher cette prise, ces Arabes assoiffés de sang y verraient un signe de faiblesse et le sang juif inonderait les rues. Autrement dit, peut-être ces Arabes assoiffés de sang qui nous regardent de derrière les portes de Gaza sont-ils fondés à nous haïr mais nous n’avons pas le choix. C’est notre destin de vivre toujours par l’épée.

Et c’est bien commode !

Les crimes commis par Israël le sont parce qu’Israël n’a pas le choix. Dans une interview donnée il y a quelques années par un responsable des interrogatoires des services de renseignement israéliens, celui-ci décrivait comment, dans des hôpitaux israéliens, des médecins fermaient les yeux quand les agents venaient torturer, à l’hôpital, des blessés « suspectés de terrorisme ». Il décrivait comment ces agents « tiraient un peu sur les tubes » et qu’aussitôt, « les Arabes se mettaient à parler ». Puis il ajoutait que bien sûr personne ne pense que c’est bien mais que devrions-nous faire ? Il justifiait la torture la plus immorale et la plus horrible contre des personnes hospitalisées – avec des médecins regardant ailleurs pendant que les agents font leur petite besogne – avec cette même excuse sans gêne : « que voulez-vous qu’Israël fasse ? »

Au cours du mois d’octobre 2015, alors que j’étais à Jérusalem, j’ai regardé un programme d’information à la télévision israélienne. On y interviewait le député palestinien au parlement israélien Mohammad Baraka, de la Liste Unifiée, troisième plus grand parti au parlement israélien. Lui aussi s’est vu demander : « Que devrait faire un soldat quand il voit s’approcher de lui un Palestinien brandissant un couteau ? » Lorsque Baraka a commencé à parler de l’occupation, il a été interrompu au motif que ce qu’il disait était hors de propos et qu’il devait s’en tenir à la question. Autrement dit, l’occupation israélienne en Palestine n’a rien à voir avec tout ça mais « que voulez-vous que fasse un soldat ? » Dites, je vous prie, que ce que font les soldats israéliens est justifié, que tuer des Palestiniens en nombre est acceptable parce que « que voulez-vous qu’Israël fasse ? » À la télévision israélienne, les Palestiniens sont toujours invités pour se faire tourner en bourrique ou être tenus de la fermer.

Le nettoyage ethnique de la Palestine était justifié parce que les Juifs n’avaient pas le choix. Le lent génocide du peuple palestinien est justifié parce qu’Israël n’a pas le choix, tuer des milliers de Gazaouis se justifie parce qu’Israël n’a pas le choix, et ainsi de suite. Les médias américains ont poussé la chose un pas plus loin en y joignant : « Nous ferions de même », comme si cela ajoutait du poids à l’argument du « que voulez-vous qu’Israël fasse ? »

Peut-être est-il temps de penser sérieusement à cette question et d’examiner si elle a une réponse. Que devrait faire un soldat ? Foutre le camp des villes et villages palestiniens et alentours. Démanteler, en partant, le mur et tous les points de contrôle. Que devrait faire Israël avec les roquettes tirées de Gaza ? Lever le siège de Gaza, démanteler le mur et les points de contrôle qui s’y trouvent, et laisser au peuple de Gaza la liberté à laquelle il a droit. Que devraient faire les Israéliens ? S’ils n’aiment pas l’idée de vivre dans un pays à majorité arabe, ils peuvent aller ailleurs ou s’y faire et, s’ils choisissent de rester, qu’ils se comportent en immigrants plutôt qu’en colonisateurs. (Cette distinction importante m’a été précisée par mon neveu Guy Elhanan).

Quant à la question la plus large : « que devrait faire Israël ? » Israël devrait libérer tous les prisonniers palestiniens, abolir toutes les lois qui octroient au peuple juif des droits exclusifs en Palestine, abolir les lois qui interdisent aux Palestiniens de revenir sur leur terre, et débloquer les milliards de dollars qui seront nécessaires pour payer des réparations aux réfugiés et à leurs descendants. Israël devrait alors appeler à des élections libres, une personne une voix, où tous ceux qui vivent dans la Palestine mandataire voteraient à titre d’égaux. Voilà ce qu’Israël devrait faire. "

Miko Peled*

American Herald Tribune, 28 décembre 2015

(Traduction de l’anglais : Michel Ghys)

http://ahtribune.com/religion/303-in-memory-of-december-27.html

  • Ecrivain et militant né à Jérusalem, fils du général Matti Peled et frère de Nurit Peled qui a perdu sa fille dans un attentat kamikaze, Miko Peled soutient la création d’un seul Etat démocratique sur toute la Palestine, ainsi que la campagne BDS.

 

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http://www.europalestine.com/spip.php?article11393

1er janvier 2016

Plus de 2000 enfants palestiniens arrêtés en 2015 par Israël : L’adolescence brisée

L’arrestation, la détention et la torture des enfants palestiniens par l’occupant israélien n’ont jamais été aussi fréquentes que pendant cette année 2015, avec une hausse de 72 % par rapport à l’année précédente. Les traumatismes qui découlent des raids aux domicile de ces enfants, de leur rafle dans la rue, de leur isolement aux mains de bourreaux qui les brutalisent et les menacent sont difficilement imaginables. Samah Jabr, psychiatre palestinienne,* explique comment le développement social et psychologique de ces enfants est ainsi suspendu.

"Le parlement israélien a récemment approuvé une loi qui permet de faire condamner à jusqu’à 20 années de prison les Palestiniens qui lancent des pierres, qui sont généralement des mineurs. Cette mesure a été suivie par une loi qui permettrait l’emprisonnement des enfants palestiniens dès l’âge de 12 ans s’ils étaient reconnus coupables d’infractions violentes avec une « motivation nationaliste ».

En tant que praticienne, je suis souvent confrontée à des adolescents dont le développement social et psychologique a été suspendu par l’expérience des détentions politiques. J’observe que beaucoup parmi ces jeunes sont devenus angoissés et déprimés à la suite de cette expérience, tandis que d’autres manifestent un stoïcisme et ne parviennent plus à exprimer la moindre émotion.

« Majed » ( les noms ont été changés) est un garçon de 14 ans ; il a été arrêté 14 fois et souvent frappé sauvagement en détention. Une fois, les forces israéliennes lui ont cassé des dents et infligé un certain nombre de blessures à la tête. Majed a été dirigé sur ma clinique par une sœur aînée qui venait de terminer l’école de médecine. Elle a expliqué qu’il n’écoutait personne à la maison, qu’il ne respectait plus ses professeurs et que fréquemment il manquait l’école. À la place, il fréquentait des hommes de 30 ou 40 ans et il allait avec eux passer des heures dans des cafés. J’ai trouvé en Majed un adolescent qui vivait un développement hypertrophique de son statut en tant que héros, au risque de compromettre d’autres domaines du développement de sa personnalité.

Ce profil d’anciens détenus adolescents est typique. Moins fréquemment, nous voyons des réactions comme celles de Mufeed, en qui l’expérience de la détention a causé une destruction plus profonde, au moins en ce qui concerne l’image qu’il a de son père. Mufeed a affirmé : « Le gardien de la prison était meilleur que mon père : il m’a donné des cigarettes à fumer ».


Majed et Mufeed ne sont que deux parmi les 700 jeunes Palestiniens qui sont arrêtés chaque année. La moyenne d’âge à l’arrestation est de 15 ans et la moyenne de la durée de leur détention en prison est de 147 jours. Quatre-vingt-dix pour cent de ces mineurs sont considérés avoir été exposés à des expériences traumatisantes, et 65 % d’entre eux ont développé des troubles psychiatriques. Pour ces mineurs et adolescents, l’expérience de l’arrestation se superpose à une enfance déjà rendue difficile en raison de l’occupation israélienne, sous laquelle les services sociaux et les systèmes d’aides à l’éducation sont faibles, l’alimentation et les soins médicaux insuffisants, et la violence politique endémique.

Partout, l’adolescence se caractérise par un mouvement accéléré vers l’indépendance sociale et une formation de l’identité, ainsi que par la vulnérabilité émotionnelle et un comportement impulsif. Cependant, le contexte de l’occupation aggrave les risques et les conséquences pour les adolescents palestiniens. Certains jeunes trouvent que les dangers inhérents à la résistance sont plus stimulants qu’une soumission passive à l’oppression. De tels jeune gens s’identifient et forment un tout avec la souffrance de la communauté en tant que groupe, et ils cherchent à se donner un statut spécial en agissant en son nom. Pendant que les adolescents partout ailleurs peuvent idéaliser et prendre pour modèle des stars de médias, certains adolescents palestiniens magnifient les combattants de la liberté, tel le personnage de Muhannad Elhalaby, lui qui a vaincu son sentiment d’impuissance en se saisissant de l’arme d’un colon israélien et en tuant deux colons au beau milieu des attaques contre la mosquée.

La réalité de la détention est une histoire d’horreur, d’impuissance et d’humiliations pour les mineurs. Il est coutumier que des dizaines de soldats armés et leurs chiens investissent la maison familiale au beau milieu de la nuit, interrompant le sommeil de tout le quartier et démontrant à travers leur agression démesurée que la résistance n’a pas de sens. Le père de l’enfant est mis sous la pression de menaces pour qu’il remette son garçon aux soldats, et souvent il le fait, malgré les supplications de la mère et des frères et sœurs en larmes.

Arrachés de la sorte à son lit chaud, le garçon se trouve exposé à un désarroi inutile et à une violence physique alors qu’il est emporté vers une destination inconnue, souvent pour une raison tout aussi inconnue. Comme d’habitude, il est menotté cruellement et a les yeux bandés, incapable tout ce temps de communiquer, ou de comprendre ceux qui crient sur lui en hébreu. Il est giflé, tabassé à coups de pied, coups de poing, bousculé alors qu’il est immobilisé et rendu complètement inoffensif. Puis, sans aucune présence d’un avocat ou d’un parent à ses côtés, il est interrogé pendant une période qui peut varier de quelques heures à quelques semaines, privé des moyens pour répondre à ses besoins physiologiques comme se nourrir, boire, aller aux toilettes et dormir. Il est exposé à une chaleur ou à un froid excessifs, contraint à l’horreur d’être présent quand d’autres sont torturés, et mis tout nu avant d’être soumis à son tour aux mêmes procédures.

Ceux qui l’interrogent le culpabilisent en brandissant des menaces contre les membres de sa famille : « Nous allons faire venir ta mère et tes sœurs ici » et « Nous allons démolir ta maison ». En laissant l’horreur faire son chemin dans l’imagination de l’enfant, l’interrogateur peut jouer avec un gant en caoutchouc tout en racontant au mineur « Si tu nous dis pas les noms de tes amis qui lancent des pierres, quelque chose de vraiment vilain va t’arriver à toi ». Les interrogateurs souvent menacent, « Je vais te mettre dans la salle numéro quatre, là où les gens entrent sur leurs deux jambes, et en ressortent à quatre pattes ».

Les jeunes détenus s’entendent souvent dire par les interrogateurs qu’ils ont déjà été informés par leurs amis ou voisins à leur sujet, et beaucoup craquent alors devant ce mensonge ; ils finissent par signer leur nom sur des documents en hébreu qu’ils sont incapables de lire.

Beaucoup de ces enfants et adolescents se rappellent ces moments surtout avec des sentiments insupportables de honte. Les jeunes sont alors relégués à l’isolement et à l’incertitude, à l’intérieur d’un environnement pénitentiaire hostile, où le passage du temps et les processus de la vie sont gelés. Là, leurs attachements humains sont détruits, sachant que rares sont les familles qui réussissent à obtenir la permission de visiter leur enfant.

En mars 2013, au cours d’une période d’un calme politique relatif, le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (UNICEF) a décrit les mauvais traitements sur les mineurs palestiniens détenus dans les centres de détention militaires israéliens comme « généralisés, systématiques et institutionnalisés ». L’UNICEF a étudié le système judiciaire militaire israélien et y a trouvé la preuve de « traitements ou châtiments cruels, inhumains et dégradants » Il existe des rapports de circonstances dans lesquels des chiens ont été utilisés pour attaquer des enfants ; où des enfants et des adolescents ont été sexuellement violés ; et où des jeunes ont été forcés d’accomplir ou d’assister à des actes qui dégradent leurs symboles religieux.

Le processus d’arrestation des mineurs cible l’avenir de la nation palestinienne. C’est une agression contre le corps, la personnalité, le système de valeurs, les espoirs et les rêves des jeunes Palestiniens, rendant leurs familles dysfonctionnelles et brisant les liens de leur relation avec leur communauté.

Beaucoup de ces mineurs ressortent de prisons incapables d’apprendre à l’école ou d’exercer une profession. À leurs yeux, leurs parents et professeurs sont dévalorisés en tant que personnes d’autorité. Leur confiance en leurs amis et voisins est brisée. Leur propre communauté ne peut leur faire davantage confiance, car il aura été dit à d’autres enfants qu’ils ont été mis en cause par eux devant leurs tortionnaires. Ils vivent dans la crainte constante et réaliste d’une autre détention. Et pour les membres de leur famille, l’arrestation du mineur est souvent extrêmement traumatisante ; ils se sentent coupables de n’avoir pas réussi à le protéger et ainsi, d’en être arrivés en effet à être incapables de guider le mineur sur un chemin sûr de l’enfance à l’âge adulte.

Incapables d’évoluer, laissés sans éducation et sans les conseils de la famille, de nombreux adolescents ainsi ne parviennent pas à développer une identité d’adulte mature et à facettes multiples. L’ex-détenu se cramponne à son identité comme prisonnier. Ces jeunes sont enlisés dans des limbes perpétuels, incapables de revenir à l’innocence de l’enfance ou d’aller de l’avant comme un adulte fonctionnel.

Un sentiment d’inefficacité s’infiltre souvent chez les praticiens qui soignent ces jeunes. Les conséquences psychologiques de l’arrestation d’un mineur ne se prêtent pas au diagnostic de leur étiquetage, pathologie et médicalisation. Ces jeunes ont besoin que nous agissions en tant que témoins, que nous en soyons solidaires et que nous les accompagnions, eux et leurs familles, pour explorer la signification de leur expérience. Notre objectif est de les aider à intégrer cette signification dans leur vie présente et leurs projets d’avenir.

Hippocrate a dit aux médecins, il y a 25 siècles, que nous ne sommes pas souvent en mesure de guérir, que nous sommes parfois en mesure de soigner ; mais que nous sommes toujours en mesure de procurer un réconfort. Nous, praticiens, nous ne pouvons pas libérer ces enfants des prisons israéliennes, mais nous pouvons réussir à les libérer de leur prison intérieure alors qu’ils reviennent dans notre communauté.

Samah Jabr est une psychiatre et psychothérapeute jérusalémite qui se préoccupe du bien-être de sa communauté, bien au-delà des questions de santé mentale.

Impliquez-vous dans la création du long-métrage documentaire, « Derrière les fronts », un film d’Alexandra Dols sur les conséquences psychologiques de l’occupation israélienne. (1)

Article original : https://www.middleeastmonitor.com/articles/middle-east/23031-arrested-adolescence-on-the-interrupted-development-of-palestinian-minors-in-prison

Traduction : JPP pour les Amis de Jayyous

(1)« Derrière les fronts, résistance et résilience en Palestine »

Participez à la création du documentaire DERRIÈRE LES FRONTS, sur les conséquences psychologiques de l’occupation israélienne. Pour soutenir le projet : voir à la source :http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/derriere-les-fronts-resistance-et-resilience-en-palestine

  • Née à Jérusalem-Est, elle vit à Shufat en banlieue de Jérusalem et travaille en Cisjordanie. Issue de la première promotion en médecine de l’université palestinienne d’Al Quds (Jérusalem), elle est l’une des vingt psychiatres pratiquant actuellement en Cisjordanie.

CAPJPO-EuroPalestine

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La Turquie va-t-elle fermer ou supprimer sa frontière avec la Syrie ?

3 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La République, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch, #Terrorisme

La Turquie va-t-elle fermer ou supprimer sa frontière avec la Syrie ?


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Le 28 novembre 2015 – Source Moon of Alabama

Il y a de nouveaux développements inquiétants sur le terrain aux abords de la Syrie. Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré hier que la Russie était prête à fermer la frontière turco-syrienne 

 

Lavrov a rappelé que le président français, François Hollande, avait déjà proposé de prendre des mesures spécifiques pour fermer la frontière turco-syrienne.

« Cette proposition a notre entier soutien. Nous sommes tout à fait prêts à collaborer à des mesures concrètes, en liaison avec le gouvernement syrien, » a-t-il dit. « Nous sommes convaincus que la fermeture de la frontière, nous faciliterait grandement la tâche d’éradiquer le terrorisme sur le territoire syrien.»

Afficher l'image d'origineLa Russie prend toutes les mesures nécessaires pour y parvenir. Six ou sept zones de regroupement de camions citernes situées près des postes-frontières au nord d’Alep ont été bombardées, ces derniers jours. Les chauffeurs et les propriétaires des camions vont maintenant y réfléchir à deux fois avant d’entamer le voyage transfrontalier. A Lattaquié, l’armée syrienne et ses alliés repoussent les mercenaires « turkmènes » de la Turquie de l’autre côté de la frontière, en Turquie. Des forces kurdes de l’Est soutenues par l’aviation russe progressent vers le corridor d’Alep, le long de la frontière.

Le lendemain de la déclaration de Lavrov, les États-Unis annoncent tout à coup qu’eux aussi pressent la Turquie de fermer sa frontière. Mais cette annonce est peut être fausse :

L’administration Obama presse la Turquie de déployer des milliers de soldats supplémentaires le long de sa frontière avec la Syrie pour boucler une bande de terre de 100 km le long de la frontière qui, selon les responsables américains, est utilisée par État islamique pour faire entrer et sortir des combattants étrangers de la zone de guerre.

Les États-Unis n’ont pas officiellement précisé le nombre de soldats nécessaires. Les officiels du Pentagone estiment qu’il en faudrait au moins 30 000 pour fermer la frontière du côté turc, pour une plus large opération humanitaire. Rien que pour boucler une seule section de ce tronçon il en faudrait 10 000 ou plus, selon un officiel.

On ne sait pas comment la Turquie va réagir à la déclaration des États-Unis.

Nous ne savons pas si les États-Unis parlent sérieusement. Nous savons que les États-Unis sont complices du trafic de pétrole de l’État islamique avec la Turquie et qu’ils gèrent les transferts d’armes aux rebelles « modérés » à travers la frontière turco-syrienne. Je doute que leur attitude sur ces deux questions ait changé.

Mais la Turquie déplace des troupes vers la frontière :

La Turquie a déployé des chars, des véhicules blindés supplémentaires et d’autres armes le long de sa frontière avec la Syrie, samedi, après qu’un jet militaire russe a été descendu par les Forces armées turques, ce qui a accru les tensions entre les deux pays.

Un convoi de camions militaires, venant de provinces turques occidentales a apporté, en les remorquant, des véhicules blindés et 20 chars à la 5e division blindée, dans la province frontalière de Gaziantep.

La veille, un autre groupe de chars a été déployé le long de la frontière turque avec la Syrie.

Afficher l'image d'origine

Les tanks ne sont pas très utiles pour fermer les frontières. Cela nécessite de l’infanterie, et beaucoup. Mais les tanks sont très efficaces pour combattre les forces d’un autre État. On a aussi entendu dire que la Turquie avait déployé un système de brouillage électronique ASELSAN Koral à la frontière. Cela pourrait sans doute brouiller la défense aérienne russe en Syrie ou pourrait aveugler les avions de chasse russes. Un tel système a été utilisé pour aveugler électroniquement l’armée syrienne et désactiver ses radios lorsque les « modérés » sont arrivés en trombe de Turquie et ont conquis Idleb, plus tôt cette l’année.

Personnellement, je crois que les déploiements turques actuels sont offensifs, ça ne ressemble pas à des préparatifs pour fermer une frontière.

La Syrie affirme que les livraisons d’armes turques aux rebelles ont augmenté et qu’on a tiré sur ses soldats depuis le territoire turc :

« Nous avons des informations indiquant que le gouvernement turc a récemment accru son soutien aux terroristes et augmenté ses livraisons d’armes, de munitions et d’équipement nécessaires à la poursuite de leurs actes criminels », a déclaré l’armée dans un communiqué. …

Le commandement de l’armée syrienne affirme aussi que des armes ont été livrées dans des cargaisons que la Turquie prétend être de l’aide humanitaire. Il précise également que les armes ont été fournies en échange d’antiquités syriennes et irakiennes pillées et de pétrole vendu à bas prix. …

Selon le communiqué syrien, la Turquie a également tiré un certain nombre d’obus de mortier vers des positions de l’armée syrienne, vendredi soir, depuis l’autre côté de la frontière avec la province de Lattaquié au nord-ouest de la Syrie.

Il se peut que la Turquie cesse d’attaquer la Syrie et ferme vraiment sa frontière. La fourniture d’armes aux « modérés » diminuerait alors sensiblement. Si la Turquie se contente d’attendre sans rien faire, la Russie fera ce qu’elle a déjà commencé à faire. Elle bombardera tous les camions citernes et tous les véhicules qui traverseront la Syrie.

Mais peut-être que la Turquie va vouloir l’en empêcher et qu’elle va essayer de faire peur à la Russie pour l’éloigner de la frontière et envahir la Syrie pour créer une « zone de sécurité» et attaquer Alep et d’autres villes syriennes à partir de là. C’est une mauvaise idée. Cela ne marchera pas, l’issue en sera sanglante et cela dégénérera sans doute en une plus grande guerre. On se demande si Obama va donner le feu vert à ce projet-là et s’il est en train de promettre son soutien au «modéré» Erdogan.

PS: Voilà peut-être un bon livre: La sale guerre contre la Syrie

Traduit par Dominique Muselet

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Les Rockefeller de Raqqa: comment le pétrole de État islamique arrive en Israël.

3 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch, #La France, #La Russie, #terr

Les Rockefeller de Raqqa: comment le pétrole de État islamique arrive en Israël


Par Al-Araby Al-Jadeed – Le 26 novembre 2015 – Source al-Araby

Raqqa's Rockefellers: How Islamic State oil flows to Israel

Le pétrole produit par le groupe État islamique lui permet d’épancher sa soif de sang. Mais comment est-il extrait, transporté et vendu ? Qui l’achète, et comment arrive-t-il en Israël?

 

Le pétrole qui vient des champs contrôlés par le groupe État islamique a fait l’objet d’une nouvelle enquête d’al-Araby Al-Jadeed. L’or noir qu’il extrait, transporte et vend, est une véritable planche de salut pour le groupe armé. Mais qui l’achète ? Qui finance les forces brutales et meurtrières qui ont conquis des pans entiers d’Irak et de Syrie ? Comment le pétrole passe-t-il du sol aux citernes, et qui en tire profit tout au long du chemin ?

Ce sont les millions de dollars de recettes pétrolières qui permettent au groupe État islamique de développer et d’administrer les vastes zones qu’il contrôle et où vivent environ cinq millions de civils. EI vend du pétrole irakien et syrien, à très bas prix, aux réseaux et aux mafias de contrebande kurdes et turcs, qui le revendent sous le label du gouvernement régional du Kurdistan. Il est alors le plus souvent transporté de Turquie en Israël par des intermédiaire qui connaissent ou ignorent sa provenance réelle, selon al-Araby.

Le groupe État islamique a dit à al-Araby qu’il ne vendait pas intentionnellement du pétrole à Israël ; selon lui, c’est le fait des intermédiaires qui l’acheminent sur les marchés internationaux.

Les champs de pétrole

Tout autour des champs de pétrole contrôlés par EI au nord de l’Irak et en Syrie orientale, il y a des panneaux qui disent: «Photographies strictement interdites sous peine de mort». Ils sont signés de EI. Ces champs de pétrole sont exploités sept à neuf heures par jour, du coucher au lever du soleil, et la production est en grande partie contrôlée par les ouvriers et les ingénieurs irakiens qui étaient précédemment en fonction et que EI a gardé en poste après avoir conquis le territoire.

EI est éminemment tributaire de ses revenus pétroliers. Ses autres revenus, tels que les dons et les rançons des kidnappings ont diminué au fil du temps. Les employés des champs de pétrole de EI et leurs familles sont bien traités, parce qu’ils sont très importants pour la survie financière du groupe. La capacité d’extraction pétrolière de EI s’est encore accrue en 2015 grâce aux machines hydrauliques et aux pompes électriques qu’ils ont trouvées sur les champs pétroliers d’Allas et d’Ajeel situés près de la ville irakienne de Tikrit, lorsqu’ils en ont pris le contrôle.

Le groupe s’est également approprié le matériel d’une petite société de pétrole asiatique qui exploitait un champ près de la ville irakienne de Mossoul avant que EI n’envahisse la zone, en juin dernier. La production pétrolière de EI en Syrie se concentre principalement sur les champs de pétrole de Conoco et d’al-Taim, à l’ouest et au nord-ouest de Deir Ezzor, et en Irak le groupe exploite les champs d’al-Najma et d’al-Qayara près de Mossoul.

Le groupe utilise des champs pétrolifères moins importants d’Irak et de Syrie pour les besoins énergétiques locaux. Selon les estimations basées sur le nombre de camions citernes qui quittent l’Irak, et sur les sources d’al-Araby dans la ville turque de Sirnak, à la frontière avec l’Irak, à travers laquelle le pétrole de contrebande transite, EI produit une moyenne de 30 000 barils par jour dans les champs du pétrole irakiens et syriens qu’il contrôle.

La route de l’exportation

C’est un colonel des services de renseignement irakien souhaitant garder l’anonymat pour des raisons de sécurité qui a renseigné Al-Araby sur la façon dont EI achemine le pétrole de contrebande. L’information a été vérifiée par des officiels de sécurité kurdes, des employés du poste de frontière d’Ibrahim Khalil entre la Turquie et le Kurdistan irakien, et un officiel d’une des trois compagnies pétrolières qui font le commerce du pétrole de contrebande de EI. Le colonel irakien, qui travaille avec des enquêteurs américains sur les moyens de stopper les flux de financement du terrorisme, a décrit à Al-Araby toutes les étapes par lesquelles passe le pétrole de contrebande, depuis son extraction dans les champs de pétrole irakiens jusqu’à sa destination ultime – notamment le port d’Ashdod, en Israël.

«Le pétrole est extrait et chargé, puis les camions citernes quittent la province de Ninive en direction du nord de la ville de Zakho, à 88 km au nord de Mossoul, a déclaré le colonel. (Zakho est une ville kurde au Kurdistan irakien, à la frontière avec la Turquie.) Quand les camions de EI arrivent à Zakho – normalement par groupes de 70 à 100 – ils sont accueillis par les mafias du pétrole de contrebande, un mélange de Kurdes syriens et irakiens, en plus de quelques Turcs et d’Iraniens, a continué le colonel. La personne en charge du chargement de pétrole le vend au plus offrant», a-t-il ajouté.

La concurrence entre les bandes organisées est acharnée, et l’assassinat de chefs de mafia est courant. Le plus offrant paie cash (en dollars américains) une somme qui va de 10 à 25 % de la valeur du pétrole et le reste est payé plus tard, selon le colonel.

Les chauffeurs passent leurs camions à d’autres chauffeurs qui ont les permis et les papiers nécessaires pour traverser la frontière turque avec leur chargement, selon l’officier du renseignement irakien. Et les premiers chauffeurs repartent avec des camions vides vers les zones contrôlées par EI. Selon le colonel, ces opérations se déroulent généralement à divers endroits de la périphérie de Zakho. On décide du lieu exact par téléphone. Avant de traverser les frontières, les mafias transfèrent le pétrole brut à des raffineries rudimentaires privées, où le pétrole est chauffé 1 et à nouveau chargé sur des camions pour lui faire passer le poste frontière d’Ibrahim Khalil en Turquie.

Il est nécessaire de procéder à ce raffinage rudimentaire, selon le colonel, parce que les autorités turques n’autorisent pas le pétrole brut à traverser la frontière sans une licence délivrée par le gouvernement irakien. La première étape de raffinage est nécessaire pour obtenir des documents qui attestent que le pétrole brut est maintenant un sous-produit du pétrole qui a le droit de passer la frontière. Selon l’officier de renseignement, les autorités frontalières reçoivent de gros pots de vin des gangs de contrebande irakiens locaux et des raffineries privées.

Une fois en Turquie, les camions vont à Silopi, où le pétrole est remis à une personne connue sous les pseudos de Dr Farid, Farid Hajji ou oncle Farid. Oncle Farid, qui a la cinquantaine, bénéficie de la double nationalité israélo-grecque. Il circule dans une Jeep Cherokee noire, généralement accompagné de deux gardes du corps. Comme il est dangereux de prendre l’oncle Farid en photo, on en a fait un portrait-robot.

Une fois en Turquie, il n’y a plus moyen de distinguer le pétrole de EI du pétrole vendu par le Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) : les deux sont vendus comme du pétrole illégal, de source inconnue ou non autorisée. Les compagnies qui achètent le pétrole du GRK achètent également le pétrole de contrebande de EI, selon le colonel.

En route pour Israël

Après avoir payé les chauffeurs, les intermédiaires et les pots de vin, le profit de EI est de 15 à 18 dollars américains le baril. Le groupe fait actuellement 19 millions de dollars de profit par mois en moyenne, selon l’officier du renseignement. Oncle Farid a une licence d’import-export qui lui permet de négocier des accords entre les mafias de contrebande qui achètent le pétrole à EI et les trois compagnies pétrolières qui exportent le pétrole vers Israël.

Al-Araby a les noms de ces sociétés et le détail de leurs opérations illégales. Une de ces sociétés bénéficie également du soutien d’un responsable occidental de très haut niveau. Les entreprises se battent pour acheter le pétrole de contrebande et le transférer en Israël via les ports turcs de Mersin, Dortyol et Ceyhan, selon le colonel.

  1.  
Les Rockefeller de Raqqa: comment le pétrole de État islamique arrive en Israël.

Selon Al-Araby, l’oncle Farid n’est pas le seul à faire ce trafic, mais il est, de loin, le trafiquant le plus influent et le plus efficace. Un document rédigé par George Kioukstsolou et Dr Alec D Coutroubis, deux ingénieurs maritimes de l’Université de Greenwich, suit la piste du pétrole via le port de Ceyhan, et montre une certaine corrélation entre les succès militaires de EI et les pointes du trafic pétrolier dans ce port.

En août, le Financial Times a rapporté qu’Israël a acheté jusqu’à 75 % de son pétrole au Kurdistan irakien. Plus d’un tiers de ces importations passent par le port de Ceyhan.

Kioukstsolou a dit à al-Araby Al-Jadeed que la corruption semble être surtout pratiquée par les intermédiaires et les petits trafiquants – et pas tellement par les multinationales ni les gouvernements. Selon un officiel européen appartenant à une compagnie pétrolière internationale, qui a rencontré al-Araby dans une capitale du Golfe, Israël raffine le pétrole seulement une ou deux fois, car il ne possède pas de raffineries sophistiquées. Il exporte le pétrole dans les pays méditerranéens – où le pétrole «gagne un statut semi-légitime» – au prix de 30 à 35 dollars le baril.

«Le pétrole est vendu, en l’espace d’un jour ou deux, à un certain nombre d’entreprises privées, la plus grosse partie allant à une raffinerie italienne détenue par l’un des actionnaires les plus importants d’un club de football italien [dont nous tairons le nom] où le pétrole est raffiné et utilisé localement, a ajouté l’officiel européen du pétrole. Israël est d’une manière ou d’une autre devenu le distributeur de pétrole de EI. Sans les Israéliens, la plus grande partie du pétrole produit par EI ne sortirait pas d’Irak, Syrie et Turquie. Même les trois compagnies ne pourraient pas s’en procurer si elles ne disposaient pas d’un acheteur en Israël», a déclaré ce responsable de l’industrie pétrolière. Selon lui, la plupart des pays évitent d’acheter ce type de pétrole de contrebande, malgré son prix attrayant, en raison des implications juridiques et de la guerre en cours contre le groupe État islamique.

Livraison et règlement

Al-Araby a découvert que EI a plusieurs moyens de recevoir le règlement de son pétrole de contrebande – comme tous les réseaux criminels internationaux.

Premièrement, il reçoit un paiement en espèces, allant de 10 à 25 % de la valeur du pétrole, lors de la vente aux gangs criminels opérant autour de la frontière turque.

Deuxièmement, les paiements des sociétés de courtage pétrolier sont déposés sur un compte en banque turc appartenant à un Irakien lambda, par quelqu’un comme Oncle Farid, puis transférés à Mossoul et Raqqa, et blanchis à travers un certain nombre de sociétés de change.

Troisièmement, avec l’argent du pétrole, il achète des voitures qui sont exportées vers l’Irak, où elles sont vendues par des agents de EI à Bagdad et dans les villes du sud, et les fonds sont rapatriés au trésor de guerre de EI.

La réponse de EI

Quelques heures avant la conclusion de cette enquête, al-Araby a pu joindre par Skype un proche de EI à Raqqa, la capitale autoproclamée du califat en Syrie. «Pour être honnête, l’organisation [EI] vend du pétrole depuis les territoires du califat, mais ne cherche pas à le vendre à Israël, ni à qui que ce soit, a-t-il dit. Elle produit et vend le pétrole via des intermédiaires, et ce sont les compagnies qui décident ensuite à qui elles le vendent.»

Traduit par Dominique Muselet

  1. Les trois étapes du raffinage (http://www.planete-energies.com/fr/medias/decryptages/les-trois-etapes-du-raffinage)
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Les US et la malédiction de l’ONU – Ban Ki-moon condamne la position américaine sur la Syrie et approuve Poutine.

11 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La France, #Politique étrangère, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL

Publié par Jean Lévy

 

 

Réseau International

 

Arrivant en fin de mandat, et jusqu'alors bridé et tributaire des États-Unis aussi bien par sa dernière et finale réélection comme SG, mais aussi pour l'appui politique et financier de cette puissance mondiale, Ban Ki-moon se lâche sur la Syrie et sur le rôle "trouble" des USA.
Parallèlement, dans son rapport au Conseil de Sécurité de l'ONU, le Dr. al-Jafaari, Représentant des Nations Unies en Syrie, donne une version très différente de celle habituellement livrée par les autorités nationales et les médias supplétifs bien-pensants.
 
Il sera intéressant de voir comment et si nos dirigeants politiques va-en-guerre (contre Assad) vont traduire ces observations du terrain par un organisme international neutre et apolitique ...

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Monsieur le Président,

 

« La folie c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent », disait Einstein. Mais, soixante ans après son décès, certains gouvernements ne semblent pas avoir intégré cette vérité et persistent à commettre les mêmes fautes sur la base des mêmes calculs erronés s’attendant, à chaque fois, à des résultats différents.

Il est prouvé que l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures des États ne mène qu’à leur destruction, engendrant opportunément les crises humanitaires et le chaos, les transformant en usines de fabrication d’extrémistes et de terroristes.

C’est exactement ce qui s’est passé quand ils ont détruit l’Irak, la Libye et d’autres pays. C’est exactement ce qui se passe depuis qu’ils nous ont expédié Daech, Jabhat al-Nosra, Khorassan et d’autres encore ; le terrorisme possédant désormais un État ou un Khalifat, comme certains se plaisent à le qualifier.

Malgré cela, les mêmes gouvernements ayant enfreint la logique qui veut que les mêmes causes produisent les mêmes effets, insistent à appliquer la même recette empoisonnée en Syrie et à user des mêmes slogans mensongers, en dépit des dévastations consécutives à leur ingérence, dont l’ampleur est reconnue par tous, y compris les planificateurs. Témoin en est la dernière sortie de l’ex-premier ministre de Grande Bretagne, Tony Blair, nous avouant vingt-deux ans après l’invasion de l’Irak par les États-Unis qu’elle s’était fondée sur des « informations fausses » [2] et mensongères.

Et nous voici, quatorze années après l’attaque terroriste sur le World Trade Center à New York, bien obligés de constater que les stratégies appliquées dans le cadre de la « Guerre contre le terrorisme » ont créé cent Ben Laden au lieu d’un, et des dizaines d’organisations ayant adopté l’idéologie d’Al-Qaïda dans plusieurs pays au lieu d’une seule en Afghanistan, le terrorisme s’étant propagé jusqu’aux pays de ses créateurs et promoteurs.

Monsieur le Président,

La situation humanitaire en Syrie revient à ce même constat, étant donné que certains gouvernements prétendent vouloir y remédier en continuant de refuser la priorité à la lutte contre le terrorisme, en poursuivant leurs mesures économiques coercitives et unilatérales contre le peuple syrien, en dénigrant le rôle du gouvernement syrien jusqu’à décliner toutes ses offres de coordination aussi bien dans le domaine de l’assistance humanitaire que dans le domaine de sa guerre contre le terrorisme. Tant et si bien qu’au bout de bientôt cinq années, il est clair pour tout le monde que la situation et les souffrances du peuple syrien ont empiré au point qu’une partie de ce peuple a été obligée de se déplacer, voire à émigrer.

Par conséquent, si nous voulons vraiment obtenir des résultats positifs et permanents en matière de situation humanitaire en Syrie, il faudrait faire quelques pas dans ce sens.

  • Le premier pas consisterait à nous concentrer sur la raison principale ayant engendré cette situation, c’est-à-dire sur l’émergence et la propagation du phénomène terroriste, toujours soutenu de l’étranger, en appliquant les résolutions contraignantes du Conseil de sécurité 2170, 2178 et 2199, relatives à ce sujet, en coordination et avec la pleine coopération du gouvernement syrien.

L’obstination de ceux dont le seul souci est de diffamer le gouvernement syrien, le président syrien et l’armée syrienne, préférant la coopération avec le démon terroriste à la collaboration avec l’État syrien pour le combattre, est absurde et sans aucun rapport avec les règles de la pensée et du comportement, ou avec les principes des sciences politiques et stratégiques.

Une absurdité qui s’est soldée par l’expédition de dizaines de milliers de mercenaires terroristes étrangers en Syrie et en Irak, à partir de plus d’une centaine de pays ; ceci, selon neuf rapports issus de ce respecté Conseil et des Comités de lutte contre le terrorisme qui lui sont rattachés [3].

En effet, Daech, Jabhat al-Nosra et leurs sœurs, ne sont pas venues du vide, mais de ceux qui les ont adoptées, financées, entraînées, facilitant leur transport dans les aéroports et aux frontières, leur offrant tous les visas nécessaires, les aidant à écouler le pétrole et les antiquités volés par l’intermédiaire de médiateurs turcs. Ceux-là ne peuvent être qualifiés d’« opposition syrienne armée non étatique ». Ceux-là relèvent du « terrorisme international » !

Par conséquent, il faut mettre fin à ce type d’expressions inexactes, tout autant qu’aux pratiques de certains gouvernements qui continuent à financer, armer et entraîner ces terroristes.

On ne peut parler de mettre fin aux souffrances des Syriens, et donc à la crise humanitaire en Syrie, en gardant le silence sur les agissements de la Turquie et de la Jordanie qui continuent à faire de leurs territoires des lieux de résidence et de passage pour mercenaires terroristes étrangers.

On ne peut parler de mettre fin aux souffrances des Syriens en affichant sa préférence pour des régimes tels ceux de l’Arabie Saoudite, du Qatar et d’autres, qui soutiennent ouvertement et très généreusement ces mêmes terroristes, au lieu de renforcer les fonds du « Plan de réponse humanitaire ». Un plan qui n’a été financé qu’à hauteur de 35 % en dépit de tous les congrès spectaculaires tenus ici ou là dans ce but, tandis que les États-Unis déclarent avoir dépensé un demi-milliard de dollars sur le « Programme d’entrainement de l’opposition syrienne modérée », dont seuls cinq éléments seraient restés à leur disposition, les autres étant passés dans le camp des terroristes d’Al-Nosra, qui a confisqué les armes et équipements qu’ils leur avaient gracieusement fournis. Un demi-milliard de dollars qui aurait suffi à combler une large part du déficit de financement de l’assistance humanitaire prévue.

  • Le deuxième pas consisterait à soutenir la guerre contre le terrorisme qui aidera à résoudre la crise humanitaire en Syrie tout en contribuant à accélérer la solution politique, laquelle devra reposer sur le dialogue entre Syriens et sous direction syrienne, sans aucune ingérence étrangère de telle sorte que soient garanties la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de la Syrie ; ceci, selon le contenu de la déclaration de Genève, de toutes les résolutions du Conseil de sécurité relatives à la Syrie, et avant tout selon les dispositions de la Charte des Nations Unies et des principes du droit international.

Monsieur le Président,

À ce sujet, j’aimerais rappeler que le gouvernement syrien a annoncé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères au sein même de l’Assemblée générale des Nations Unies, son consentement à participer aux « Groupes de travail » proposés par l’émissaire de l’ONU en Syrie, M. Staffan de Mistura, et ceci parce que nous croyons en la nécessité d’une solution politique.

Le problème réside dans l’acharnement de certaines parties à faire échouer le processus politique et à parier sur l’étranger, exactement comme ce fut le cas avec l’initiative de M. de Mistura consistant à « geler » les zones de combats à Alep, et avant cela lors des pourparlers de la Conférence de Genève 2, et encore avant avec le plan de Kofi Annan. Ce qui ne les empêche pas de prétendre injustement que le gouvernement syrien rejette la solution politique, alors que vous devez vous rappeler qu’ils ont refusé ces initiatives.

Et voilà que le dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies, lequel est le vingtième de la série rendant compte tous les trente jours de l’application des résolutions 2139 / 2165 / 2191 par toutes les parties du conflit en Syrie, est une fois de plus partial et politisé avec nombre de lacunes et d’inexactitudes.

En réponse, nous avons adressé hier une lettre à la Présidence du Conseil de sécurité et aussi au Secrétaire général, mais je me contenterai de souligner ici que ce rapport a omis de rendre compte des bombardements aériens par ladite « Coalition » [Coalition internationale d’une soixantaine de pays menée par les USA pour combattre l’EI ou Daech ; NdT] de civils innocents et de diverses infrastructures en Syrie : routes, ponts, raffineries de pétrole, écoles, hôpitaux…

Ces attaques n’ont même pas épargné l’unique centrale électrique qui nourrit la ville d’Alep, ni un centre pour enfants nécessitant des soins spéciaux dans la ville de Raqqa, centre détruit et des dizaines de ses enfants pensionnaires tués ! Tout ceci, sous le prétexte de s’attaquer à Daech, alors qu’après plus d’une année de leur guerre contre cette organisation, nous n’avons assisté qu’à l’augmentation du nombre de ces terroristes expédiés de l’étranger et à l’expansion de leurs zones d’occupation.

Devant un tel rapport du Secrétaire général, la question qui s’impose est pourquoi le Secrétaire général a-t-il eu recours à des sources anonymes qui ne cherchent manifestement qu’à pêcher en eaux troubles et à perturber l’effort conjoint de la Russie et de la Syrie qui se battent contre le terrorisme de Daech, Jabhat al-Nosra et d’autres organisations terroristes ; la Russie étant intervenue à la demande du gouvernement syrien et en conformité avec les dispositions de la Charte des Nations Unies et du droit international, ce qui a mené au recul des groupes terroristes de plus d’une région qu’ils contrôlaient jusqu’ici ?

Monsieur le Président,

Pour conclure, je rappellerai que l’expression « Groupes armés non étatiques » pour désigner des terroristes est, à elle seule, un scandale, car la carte du terrorisme en Syrie la contredit tout autant que les rapports de vos sous-comités de lutte contre le terrorisme.

Je ne donnerai que quelques exemples :

  • À Alep, ceux qui sont décrits comme « Groupes d’opposition armés non étatiques » correspondent en réalité au groupe Jaïch al-Fateh [Armée de la Conquête], créé par les Services secrets turcs, et qui comprend des factions de Jabhat al-Nosra et de Ahrar al-Cham, depuis que ces derniers ont déclaré leur allégeance aux premiers. En d’autres termes et puisque 1+1=2, Jaïch al-Fateh n’est autre que Jabhat al-Nosra, laquelle figure sur la « Liste des organisations terroristes des Nations Unies ».
  • Dans le Rif-Damas, c’est surtout Jaïch al-Islam [Armée de l’Islam] qui sévit. Il est financé par les Services secrets saoudiens et comprend des Tchétchènes et d’autres mercenaires étrangers originaires du Caucase ou d’autres pays. Il a déclaré son allégeance à Daech. Par conséquent, nous avons affaire, ici aussi, à une entité terroriste.
  • Sur le front sud, Liwaa al-Yarmouk [Brigade d’al-Yarmouk] est dirigée par la cellule d’opération MOK située à Amman en Jordanie. Elle compte 8000 salafistes jordaniens dans ses rangs et des milliers d’autres terroristes [4][5]. Ceci sans oublier les terroristes de Jabhat al-Nosra occupant une bonne partie de la ligne de démarcation côté syrien du Golan occupé, dont les blessés sont ouvertement remis sur pieds dans les hôpitaux israéliens bien qu’il soit notoirement connu que ce sont eux qui ont attaqué les Forces de l’UNFOD et enlevé tout un groupe de ses soldats philippins et fidjiens.

Tous ceux-là seraient donc résumés par l’expression sans cesse répétée « Groupes armés non étatiques » tout au long du rapport du Secrétaire général des Nations Unis ? Tous ceux-là n’auraient donc rien à voir avec des mercenaires terroristes étrangers ?

Merci, Monsieur le Président

Dr Bachar al-Jaafari

Représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies

Source : Vidéo Al-Ikhbariya [Syrie]

https://www.youtube.com/watch?v=H75gQQqUt6w

 Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal

Notes :

[1] Rapport du Secrétaire général sur l’application des résolutions 2139 (2014), 2165 (2014) et 2191 (2014) du Conseil de sécurité

http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=S/2015/813

[2] Tony Blair : En Irak, les renseignements étaient faux

https://www.youtube.com/watch?v=7nsuwLTPTs0

[3] Action de l’ONU contre le terrorisme

http://www.un.org/fr/terrorism/securitycouncil.shtml

[4] La très pro-israélienne Brigade des martyrs de Yarmouk fait allégeance à l’Etat Islamique et endoctrine les enfants

http://www.medias-presse.info/la-tres-pro-israelienne-brigade-des-martyrs-de-yarmouk-fait-allegeance-a-letat-islamique-et-endoctrine-les-enfants/36027

[5]Talking to the Yarmouk Martyrs Brigade

http://www.syriadeeply.org/articles/2015/10/8476/talking-yarmouk-martyrs-brigade/

 

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Troisième semaine de l’intervention russe en Syrie : le retour de la diplomatie

29 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'ONU, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme

Troisième semaine de l’intervention russe en Syrie : le retour de la diplomatie

Troisième semaine de l’intervention russe en Syrie : le retour de la diplomatie

La fin du droit international et de la diplomatie

La fin de la Guerre froide avait été accueillie comme une nouvelle ère de paix et de sécurité, dans laquelle les épées seraient transformées en charrues, les anciens ennemis en amis, et où le monde assisterait à une nouvelle aurore d’amour universel, de paix et de bonheur. Bien sûr, rien de tout cela n’est arrivé. Ce qui est arrivé est que l’Empire anglosioniste s’est convaincu lui-même qu’il avait gagné la Guerre froide et que dorénavant, il devait gérer le monde. Sur la planète toute entière, pas moins. Et pourquoi pas ? Il avait construit partout entre 700 et 1 000 bases militaires (cela dépend de votre définition de la base) dans le monde entier et avait divisé l’ensemble du globe en différentes zones sous sa responsabilité exclusive appelées centres de commandement. La dernière fois qu’un pouvoir avait poussé la mégalomanie assez loin pour distribuer diverses parties de la planète à différents commandements, il s’agissait de la Papauté en 1494, avec son fameux – et infâme – Traité de Tordesillas.

Pour rendre ce point totalement clair, l’Empire a décidé de faire un exemple et a déchaîné sa puissance contre la minuscule Yougoslavie. La Yougoslavie, membre fondateur du Mouvement des non-alignés, a été vicieusement attaquée et disloquée, provoquant une immense vague de réfugiés, des Serbes pour la plupart, que le monde démocratique et civilisé a choisi d’ignorer. En outre, l’Empire a déclenché encore une autre guerre, cette fois en Russie, que le régime Eltsine semi-comateux a menée contre ce qui deviendrait plus tard un élément essentiel d’al-Qaïda, ISIS et Daesh : les wahhabites en Tchétchénie. De nouveau, plusieurs centaines de milliers de réfugiés invisibles ont résulté de cette guerre, mais ils ont aussi été largement ignorés par le monde démocratique et civilisé, en particulier les Russes ethniques. Il a fallu une décennie à la Russie pour écraser enfin cette insurrection wahhabite-takfirie, mais finalement, la Russie l’a emporté. A ce moment, les Anglo-sionistes tournaient leur attention ailleurs : les États profonds des États-Unis et d’Israël ont projeté et exécuté conjointement l’opération sous fausse bannière du 11/9, qui leur a donné l’excuse parfaite pour déclarer une guerre mondiale contre le terrorisme, et a fondamentalement donné aux Anglo-sionistes un permis de tuer mondial à la James Bond 007, sauf que dans ce cas, la cible n’était pas une personne, mais des pays entiers.

Nous savons tous ce qui a suivi : l’Irak, l’Afghanistan, les Philippines, la Somalie, l’Éthiopie, le Soudan, le Yémen, le Mali, le Pakistan, la Syrie, la Libye, l’Ukraine – les États-Unis étaient en guerre partout, officiellement ou secrètement. Le spectre allait de la (tentative) d’invasion totale d’un pays (l’Afghanistan) au soutien à divers groupes terroristes (l’Iran, la Syrie) et au financement intégral et à l’organisation d’un régime nazi (l’Ukraine). Les États-Unis ont aussi donné leur plein appui aux wahhabites dans leur longue croisade contre les chiites (Royaume d’Arabie Saoudite, Bahreïn, Yémen, Syrie, Iran). Ce que toutes ces guerres avaient en commun est qu’elles étaient complètement illégales – les États-Unis et n’importe quelle coalition des volontés ad hoc devenant un substitut acceptable pour remplacer le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Ici encore, il est important de rappeler à tout le monde – et notamment à ces musulmans qui se réjouissaient du bombardement des Serbes – que tout cela a commencé avec la destruction totalement illégale de la Yougoslavie, suivie par un bombardement encore plus illégal de la Serbie.

Bien sûr, l’Empire a aussi souffert quelques défaites humiliantes : en 2006, le Hezbollah a infligé à Israël ce qui pourrait bien être l’une des défaites militaires les plus humiliantes dans l’Histoire moderne, tandis qu’en 2008, une toute petite armée d’héroïques combattants ossètes, soutenue par un contingent militaire russe relativement modeste (seule une toute petite partie de l’armée russe était impliquée), n’a fait qu’une bouchée de l’armée géorgienne entraînée et financée par les États-Unis : la guerre était finie en quatre jours. Pourtant, dans l’ensemble, la première décennie du XXIe siècle a vu le triomphe de la loi de la jungle sur le droit international et une justification totale du vieux principe selon lequel force fait loi.

En toute logique, c’étaient aussi les années où la diplomatie états-unienne a fondamentalement cessé d’exister. La seule fonction restante des diplomates états-uniens était de poser des ultimatums, «Conformez-vous, sinon…» et l’Empire cessait simplement de négocier à propos de quoi que ce soit. Des diplomates chevronnés et sophistiqués comme James Baker étaient remplacés soit par des psychopathes comme Madelaine Albright, Hillary Clinton et Samantha Power, soit par des médiocres sans personnalité comme John Kerry et Susan Rice. Après tout, quel degré de sophistication doit avoir quelqu’un pour menacer, intimider ou imposer des ultimatums ? Les choses allaient si mal que les Russes se sont plaints du manque de professionnalisme de leurs partenaires diplomatiques états-uniens.

Quant aux pauvres Russes, avec leur insistance pathétique pour que les règles du droit international soient respectées, ils semblaient incurablement ringards. Je ne parlerai même pas des politiciens européens ici. Ils ont été caractérisés à merveille par le maire de Londres, Boris Johnson, qui les a surnommés «une indolente couche de gelée d’invertébrés protoplasmique».

Mais ensuite, quelque chose a changé. Radicalement.

L’échec de la force

Subitement, tout est allé de mal en pis. Chaque victoire des États-Unis se transformait en quelque sorte en défaite : de l’Afghanistan à la Libye, chaque succès des Etats-Unis se métamorphosait d’une manière ou d’une autre en une situation où la meilleure option, sinon la seule, était de proclamer la victoire et partir. Ce qui soulève la question évidente : que s’est-il passé?

La première conclusion qui s’impose est que les forces états-uniennes et leurs soi-disant alliés ont très peu d’endurance. Alors qu’elles sont raisonnablement compétentes pour envahir un pays [sans véritable résistance, NdT], elles perdent ensuite rapidement le contrôle sur la plus grande partie de celui-ci. C’est une chose d’envahir un pays, mais c’en une tout autre de l’administrer, sans même parler de le reconstruire. Il s’avère que les coalitions des volontés dirigées par les États-Unis ont été incapables de faire quoi que ce soit.

Deuxièmement, il est devenu évident que l’ennemi qui était prétendument vaincu n’avait fait qu’entrer dans la clandestinité et attendait des temps meilleurs pour revenir se venger. L’Irak en est le parfait exemple : loin d’être vraiment vaincue, l’Armée irakienne a (judicieusement) choisi de se dissoudre et de revenir sous la forme d’une énorme insurrection sunnite qui s’est elle-même progressivement transformée en État islamique. Mais l’Irak n’était pas un cas isolé. La même chose s’est produite à peu près partout.

Certains objecteront que les États-Unis ne se soucient pas de contrôler un pays ou de le détruire tant que les autres en face n’arrivent pas à gagner. Je ne suis pas d’accord. Oui, les États-Unis préféreront toujours la destruction d’un pays à une victoire pure et simple de l’autre camp, mais cela ne signifie pas que les États-Unis ne préfèrent pas contrôler un pays, si c’est possible. Autrement dit, lorsqu’un pays sombre dans le chaos et la violence, ce n’est pas une victoire des États-Unis, mais plus certainement une perte pour eux.

Ce que les Etats-Unis n’ont pas compris, c’est que la diplomatie rend l’usage de la force plus efficace. Premièrement, une diplomatie prudente permet de construire une large coalition de pays désireux de soutenir une action collective. Ensuite, la diplomatie rend aussi possible de réduire le nombre de pays qui s’opposent ouvertement à l’action collective. Quelqu’un se rappelle-t-il que la Syrie a effectivement envoyé des soldats pour soutenir les troupes états-uniennes contre Saddam Hussein dans l’opération Tempête du désert ? C’est sûr, ils n’ont pas fait une grande différence, mais leur présence donnait aux États-Unis la tranquillité d’esprit nécessaire sur le fait que la Syrie ne s’opposerait pas, du moins ouvertement, à leur politique. En obtenant des Syriens qu’ils soutiennent Tempête du désert, James Backer a rendu très difficile aux Irakiens de prétendre que c’était une coalition anti-arabe, anti-musulmane ou même anti-baathiste et il a fait apparaître Saddam Hussein comme totalement isolé (même lorsque les Irakiens ont commencé à tirer des missiles sur Israël). Deuxièmement, la diplomatie rend possible de réduire la masse globale de soldats utilisés parce que la surenchère immédiate n’est pas nécessaire pour montrer à l’ennemi que vous êtes sérieux. Troisièmement, la diplomatie est l’instrument nécessaire pour gagner la légitimité et la légitimité est essentielle lors qu’on est engagé dans un conflit prolongé. Enfin, le consensus qui émerge d’un effort diplomatique couronné de succès empêche l’érosion rapide du soutien de l’opinion publique à un engagement militaire. Mais tous ces facteurs ont été ignorés par les USA dans la GMCT (Guerre mondiale contre le terrorisme) et les révolutions du Printemps arabe qui ont maintenant tourné court.

Un triomphe diplomatique pour la Russie

Cette semaine a vu un véritable triomphe diplomatique pour la Russie, culminant dans les négociations multilatérales de vendredi à Vienne, qui réunissaient les ministres des Affaires étrangères de Russie, des États-Unis, de la Turquie et de l’Arabie Saoudite. Le fait que cette rencontre se soit déroulée après la visite de Assad à Moscou indique clairement que les mécènes de Daesh et al-Qaïda sont maintenant contraints de négocier selon les termes de Moscou. Comment est-ce arrivé?

Ainsi que je l’ai répété comme un mantra depuis le commencement de l’opération russe en Syrie, les forces militaires russes effectivement envoyées en Syrie sont très modestes. Oui, elles sont très efficaces, mais elle restent très petites. En fait, les membres de la Douma russe ont annoncé que les coûts de toute l’opération entreront probablement dans le budget normal de la Défense qui a des fonds destinés à la formation. Toutefois, ce que les Russes ont réalisé avec cette petite intervention est plutôt surprenant, non seulement en termes militaires, mais surtout en termes politiques.

Non seulement l’Empire a dû accepter (très à contrecœur) que Assad reste au pouvoir dans un avenir prévisible, mais la Russie construit graduellement mais inexorablement une véritable coalition régionale qui est prête à combattre Daesh du même côté que les forces du gouvernement syrien. Même avant que ne débute l’opération de la Russie, celle-ci avait le soutien de la Syrie, de l’Iran, de l’Irak et du Hezbollah. Il y a aussi des signes évidents que les Kurdes sont fondamentalement d’accord pour travailler avec la Russie et Assad. Vendredi, il a été annoncé que la Jordanie coordonnerait aussi certaines actions militaires pas encore spécifiées avec la Russie et qu’un centre de coordination spécial serait établi à Amman. Il y a aussi des rumeurs très insistantes selon lesquelles l’Égypte rejoindra également la coalition dirigée par la Russie. Il y a aussi des signes que la Russie et Israël, s’ils ne travaillent pas ensemble, du moins ne travaillent pas l’un contre l’autre : les Russes et les Israéliens ont installé une ligne spéciale pour se parler directement au niveau militaire. Le résultat est celui-ci : indépendamment de la sincérité des différentes parties, chacun dans la région ressent maintenant une forte pression pour au moins ne pas paraître opposé à l’effort russe. Cela, en soi, est un immense triomphe pour la diplomatie russe.

L’arme secrète de Poutine : la vérité

La situation actuelle est bien sûr totalement inacceptable pour la puissance hégémonique mondiale : non seulement la coalition de 62 pays dirigée par les Etats-Unis a réussi à lancer 22 000 frappes (si ma mémoire est bonne) sans aucune preuve à montrer, mais la coalition russe, comparativement plus petite, est parvenue à faire dérailler complètement l’Empire et à réduire tous ses plans à néant. Et l’arme la plus extraordinaire de Poutine dans sa guerre par procuration avec les États-Unis n’était même pas militaire, mais consistait simplement à dire la vérité.

A la fois dans son discours aux Nations Unies et, cette semaine, son intervention à la Conférence du club Valdaï, Poutine a fait ce qu’aucun autre dirigeant mondial n’avait jamais osé faire auparavant : il a ouvertement traité le régime états-unien d’incompétent, d’irresponsable, de menteur, d’hypocrite et d’une arrogance sans borne. Cette sorte d’irrespect sacrilège public a eu un impact énorme dans le monde entier, parce qu’au moment où Poutine prononçait ces mots, tout le monde ou presque savait que c’était parfaitement vrai.

Les États-Unis traitent tous leurs alliés comme des vassaux (voir le discours de Valdaï) et ils sont le principal coupable de toutes les terribles crises auxquelles le monde doit faire face (voir le discours des Nations Unies). Ce que Poutine a fait est de dire, au fond, l’Empereur est nu. En comparaison, le discours boiteux d’Obama était comiquement pathétique. Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui est un retournement spectaculaire. Après des décennies passées sous le principe voulant que force fait loi prôné par les États-Unis, nous nous retrouvons subitement dans une situation où aucune action militaire n’est d’aucune utilité pour un président Obama assiégé : à quoi peuvent servir 12 porte-avions lorsque vous ressemblez personnellement à un clown ?

Après 1991, il semblait que l’unique superpuissance était si puissante et impossible à arrêter qu’elle n’avait pas besoin de s’embêter avec des choses aussi dérisoires que la diplomatie ou le respect du droit international. Oncle Sam se sentait comme s’il était le dirigeant unique, la puissance hégémonique planétaire. La Chine n’était qu’un grand Wal-Mart, la Russie une station-service et l’Europe un caniche obéissant (cette dernière appréciation est hélas tout à fait vraie). Le mythe de l’invincibilité des États-Unis n’était précisément que cela, un mythe : depuis la Seconde Guerre Mondiale, les USA n’ont pas remporté une seule vraie guerre (Grenade et Panama ne comptent pas). En fait, l’armée américaine a fait encore pire en Afghanistan que la 40e Armée soviétique, sous-entraînée, sous-équipée, sous-alimentée et sous-financée qui, au moins, a maintenu toutes les grandes villes et les routes principales sous contrôle soviétique et qui a réalisé quelques développements significatifs dans l’infrastructure civile du pays (que les États-Unis utilisent encore en 2015). Le mythe de l’invincibilité des États-Unis ne s’est toutefois écrasé réellement que lorsque la Russie y a mis un terme en 2013 en empêchant un assaut états-unien sur la Syrie par une combinaison de moyens diplomatiques et militaires. Oncle Sam était livide, mais ne pouvait rien faire hormis fomenter un coup d’État à Kiev et lancer une guerre économique contre la Russie, dont aucun des deux n’a réussi à atteindre son but.

Quant à Poutine, au lieu d’être découragé par tous les efforts américains, il a invité Assad à Moscou.

La visite de Assad à Moscou, un nouveau signe de l’impuissance des États-Unis

La visite de Assad, cette semaine, est tout à fait extraordinaire. Non seulement les Russes ont réussi à faire sortir Assad de Syrie pour se rendre à Moscou et retour sans que la communauté pléthorique des services de renseignement américains ne remarque rien, mais contrairement à la plupart des chefs d’État, Assad a parlé en face à face à certains des hommes les plus puissants de Russie.

Tout d’abord, Assad a rencontré Poutine, Lavrov et Shoigu. Ils ont parlé en tout trois heures (ce qui, en soi, est tout à fait remarquable). Ils ont été ensuite rejoints par Medvedev pour un dîner privé. Devinez qui les a rejoints ? Mikhail Fradkov, le chef du Service de renseignement extérieur russe, et Nikolai Patrouchev, le président du Conseil de sécurité russe.

Normalement, les chefs d’État ne rencontrent pas personnellement des hommes comme Fradkov ou Patrouchev et envoient à la place leurs propres experts. Dans ce cas, cependant, le sujet débattu était suffisamment important pour 1) faire venir Assad personnellement au Kremlin et 2) rassembler tous les meilleurs joueurs du Kremlin autour de la même table pour une discussion personnelle avec Assad.

A l’évidence, aucun mot n’est sorti de cette rencontre, mais deux théories principales circulent à propos de ce qui a été discuté.

La première soutient qu’on a dit à Assad en termes non équivoques que ses jours étaient comptés et qu’il devrait partir.

La seconde dit l’exact contraire : qu’on a fait venir Assad pour lui signaler, ainsi qu’aux États-Unis, qu’il avait le plein soutien de la Russie.

Je ne crois pas que ni l’une ni l’autre soit correcte, mais la seconde théorie est à mon avis probablement plus près de la vérité. Après tout, si le but était de dire à Assad qu’il doit partir, un simple coup de téléphone aurait suffi, vraiment. Peut-être une visite de Lavrov. Quant à soutenir Assad, cela entrerait directement en contradiction avec ce que les Russes ont toujours dit : ils ne soutiennent pas Assad en tant que personne, bien qu’ils le reconnaissent comme le seul président légitime de la Syrie, mais ils soutiennent le droit du peuple syrien d’être le seul à décider qui doit être au pouvoir en Syrie. Et cela, d’ailleurs, est quelque chose que Assad lui-même a aussi accepté (selon Poutine). De même, Assad a également accepté de travailler avec des forces d’opposition, qui ne sont pas Daesh, désireuses de combattre contre l’État islamique aux côtés de l’armée syrienne (là encore selon Poutine).

Non, tandis que je crois que la rencontre entre Assad et Poutine était, au moins en partie, un message aux États-Unis et aux autres soi-disant amis de la Syrie leur indiquant que leur plan Assad doit partir avait échoué, je crois aussi que le but principal de la réunion derrière des portes closes avec tous les dirigeants importants de Russie était quelque chose d’autre : je fais le pari que ce qui a été discuté était une alliance importante et à long terme entre la Russie et la Syrie qui ferait formellement revivre le type d’alliance que la Syrie avait avec l’Union Soviétique par le passé. Alors que je ne peux que spéculer sur les termes exacts d’une telle alliance, je parie que ce plan, probablement coordonné avec l’Iran, a deux aspects principaux :

  1. une composante militaire : Daesh/État islamique doit être écrasé,
  2. une composante politique : la Syrie ne sera pas autorisée à tomber sous le contrôle américain.

Considérant que l’opération militaire russe est supposée par la plupart des experts russes être achevée en trois mois environ, nous avons affaire à un plan distinct, à moyen et long terme, qui exigera que l’armée syrienne soit reconstruite tandis que la Russie, l’Iran et l’Irak coordonnent en commun la lutte contre Daesh. Et, en effet, il a été annoncé vendredi que l’Irak avait autorisé l’armée russe à frapper Daesh sur le territoire irakien. Il semble évident que l’opération russe a agi comme un catalyseur pour une région paralysée par l’hypocrisie et l’incompétence des États-Unis et que les jours de Daesh sont comptés.

Trop tôt pour se réjouir, mais quand même un moment décisif

Pourtant, il est beaucoup trop tôt pour se réjouir. Les Russes ne peuvent pas tout faire eux-mêmes, et il incombera aux Syriens et à leurs alliés de combattre Daesh, dans chaque petite ville l’une après l’autre. Seules des bottes sur le terrain libéreront vraiment la Syrie de Daesh et seul le vrai islam sera en mesure de vaincre l’idéologie takfiri. Cela prendra du temps.

En outre, il serait irresponsable de sous-estimer la détermination et la capacité de l’Empire à empêcher la Russie de paraître le vainqueur – c’est quelque chose que l’ego impérial états-unien, cultivé pendant des siècles d’hubris et d’ignorance impériale, ne sera jamais capable de tolérer. Après tout, comment la nation indispensable peut-elle accepter que le monde n’ait absolument pas besoin d’elle et que d’autres puissent même s’opposer ouvertement à elle et l’emporter ? Nous pouvons nous attendre à ce que les États-Unis fassent tout ce qui est en leur pouvoir (encore immense) pour tenter de contrecarrer et de saboter toute initiative russe ou syrienne.

Pourtant, les récents événements sont le signe que l’ère de la force fait loi a pris fin et que la notion voulant que les États-Unis soient une nation indispensable ou la puissance hégémonique mondiale a perdu toute crédibilité. Après des décennies dans l’obscurité, la diplomatie internationale et le droit international redeviennent enfin pertinents. J’ai l’espoir que ce soit le début d’un processus qui verra les États-Unis suivre la même évolution que tant d’autres pays (y compris la Russie) ont subie dans le passé : après avoir été un empire, redevenir un pays normal. Hélas, quand je regarde la course à la présidence 2016, j’ai le sentiment que ce sera encore un très long processus.

The Saker

Article original publié par The Unz Review:

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francopohone

Photo: Assad, Patrouchev, Fradkov, Lavrov, Medvedev, Poutine, Shoigu

source: http://lesakerfrancophone.net/troisieme-semaine-de-lintervention-russe-en-syrie-le-retour-de-la-diplomatie/

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Mais à quoi jouent les États-Unis ?

19 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #L'OTAN., #Politique étrangère, #Daesch, #Terrorisme

Mais à quoi jouent les États-Unis ?
Mais à quoi jouent les États-Unis ?
 
Elle est belle, cette Amérique et ses vassaux français et britanniques qui veulent répéter leurs dramatiques erreurs d’Afghanistan, d'Irak et de Libye. Nous aurions préféré garder en mémoire l'Amérique du D-Day…

On vient d’apprendre que les fameux pick-up japonais équipés de canons et utilisés par l’État islamique comme leur principale force de frappe avaient été achetés par les États-Unis pour être livrés à l’opposition syrienne, laquelle s’est empressée d’en faire bénéficier Daech. Selon les médias turcs, 5.000 voitures neuves seraient arrivées dans le califat via la Turquie, et je ne mentionne même pas les 2.300 véhicules blindés Humvee que les barbares ont saisi chez l’armée irakienne lors de la prise de Mossoul.

Mais ce n’est pas tout ! Plus récemment encore, Mgr Hindo, archevêque syro-catholique de Hassaké-Nisibi, une ville au nord-est de la Syrie, a affirmé que les Américains concentraient leur action non pas sur Daech mais bien sur l’armée syrienne régulière

 (agence de presse américaine CNS, citée par Valeurs actuelles et La Croix). Cet archevêque a, par contre, témoigné de l’efficacité des frappes russes qui, dans son secteur, « ont fait fuir les terroristes dans l’empressement, avec 20 véhicules, en abandonnant 20 autres ». Il a souligné que la stratégie américaine était « inefficace et ambiguë », ajoutant « qu’elle [était] faite pour la galerie ». 

Mgr Hindo accuse aussi l’aviation américaine d’avoir permis l’enlèvement de centaines de chrétiens dans la nuit du 23 au 24 février dans la vallée du Khabour. « Les avions ont survolé la zone pendant longtemps sans intervenir, laissant le champ libre aux militants. » Cette vallée, forte de 35 villages chrétiens construits par la France en 1920, comptait 35.000 habitants. Ils ne sont plus que 3.000 !

Et de déplorer que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ne parlent que d’attaquer Daech, sans vraiment le faire, mais pas le Front Al-Nosra et les autres milices liées à Al-Qaïda, à qui ils continuent de livrer des armes.

Le Front Al-Nosra qui vient d’offrir 3 millions d’euros à celui qui leur apportera la tête ensanglantée de Bachar el-Assad, que « la coalition des pervers » veut à tout prix tuer ou exiler pour le remplacer par un homme qui leur ouvrira les champs de pétrole et de gaz, et permettra à l’Arabie saoudite d’exporter son or noir via les pipelines aujourd’hui fermés. Le sort des chrétiens, des chiites et, en général, de ce peuple qui n’en peut plus de mourir sur un territoire dévasté n’est pas leur première préoccupation, n’est-ce pa, Laurent Fabius ?

Elle est belle, cette Amérique et ses vassaux français et britanniques qui veulent répéter leurs dramatiques erreurs d’Afghanistan, d’Irak et de Libye. Nous aurions préféré garder en mémoire l’Amérique du D-Day…

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Du Qatar en France aux Kurdes bombardés : non, l’hypocrisie ne paie pas ! Par Françoise Compoint.

19 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale

Du Qatar en France aux Kurdes bombardés : non, l’hypocrisie ne paie pas ! Par Françoise Compoint.

Du Qatar en France aux Kurdes bombardés : non, l’hypocrisie ne paie pas !

Le 18 octobre 2015.

Depuis l’introduction de la loi constitutionnelle numéro 2007-238 du 23 février 2007, la notion de haute trahison n’existe plus. C’est ainsi que l’on est arrivé à rayer d’un trait de plume un des piliers juridiques et éthiques de la Constitution de 1958 qui est ni plus ni moins que le texte fondateur de la Vème République. Tout en continuant à vivre au rythme de cette République gaulliste, la France n’adhère plus aux normes éthiques qui la caractérisaient et qui permettaient, jusqu’à nouvel « ordre », de juger un Président dont les actes relèveraient de la trahison. Pour autant, est-ce qu’un chef d’Etat ne peut plus être démis aujourd’hui de ses fonctions ? Non, il le pourrait éventuellement, mais en cas d’incompétence manifeste. Allez savoir comment et par qui est-ce que ce degré de manifestation est défini. Ce qui est patent, c’est que le peuple ne participe pas à cette définition. Si demain François Hollande passe au-dessous de la barre des 5% d’opinion favorable, l’Elysée n’en changerait pas pour autant de maître.

Quand la presse alternative française, nationale ou nationiste, condamne la politique UMP-iste puis PS-iste du « Tout-Qatar », on l’accuse de conspirationnisme aggravé car islamophobe. Comme si le Qatar, cette immense base militaire américaine à l’idéologie a priori mouvante mais au fond wahhabite, était représentatif du monde musulman dans son ensemble. Le Qatar veut projeter une image détournée de sa véritable nature en proposant un trompe-l’oeil associé à ce que certains hauts dignitaires occidentaux qualifient d’islam des Lumières alors donc que lesdites Lumières sont le fait des modèles baasistes que la Syrie, malencontrueusement contrariée par la Russie dans son processus de démocratisation genre pax americana, incarne par excellence. Un poète qatari critique de l’Emir est condamné à perpétuité : qu’importe, c’est l’affaire du Qatar … enfin, tant qu’il n’est pas décapité puis crucifié comme risquerait de l’être le pauvre opposant saoudien Ali al-Nimr ! Assad se fait réélire ? Le projet du gazoduc qatari passant par Homs et Lattaquié ne le rend pas enthousiaste ? Assad est à virer, idéal démocratique oblige !

Le problème, c’est que l’hypocrisie des alliés conjoncturels de la France est celui de ses dirigeants. On comprend mieux pourquoi al-Nosra, créature qatarie avérée, faisait du bon boulot selon M. Fabius. Qui ne connaît pas les liens intimes de Doha avec les socialistes? Le ministre des Affaires étrangères français y a bien entendu sa place d’honneur. On comprend mieux le sens profond de cette pièce cornélienne jouée par la Coalition anti-EI sachant, de un, qu’al-Nosra, selon le juste terme de M. de Villiers, est le cousin germain de l’EI, de deux, que la majeure partie des 22 de cette preuse Coalition est partagée entre l’envie d’en finir avec un Etat embryonnaire dont la volonté de puissance menace la sécurité de l’Europe et l’envie de continuer à l’utiliser contre Assad.

La position du Qatar semble floue. Difficile à cerner surtout par rapport à la Syrie baasiste que Doha soutenait jusqu’à la fin des années 2000 contre le tandem Egypte/Arabie Saoudite avant de se ranger sous la bannière anti-chiite de Riyad. En fait, le point fort du Qatar, c’est de savoir « se placer du bon côté de l’Histoire » comme le constate Nabil Ennasri, auteur de l’« Enigme du Qatar ». Si opportuniste soit-il, le Qatar a une idéologie que la France, à l’image de l’UE, n’a pas. Il n’est pas choquant qu’une monarchie wahhabite crée et finance des chaînes comme Al-Jazeera. Il semble autrement plus étrange que la France ait envisagé le lancement de cette chaîne à la renommée sulfureuse sur son territoire avec des prédicateurs salafistes comme Cheikh Youssouf al Qardawi dont la haine des régimes arabo-musulmans laïcs n’a d’égal que sa haine du Juif. Hollande avait lancé l’opération Serval au Mali. Or, il est bien connu que les djihadistes d’Ansar Dine sont entraînés aux frais de Doha. On pourrait étaler le même type de paradoxes sur plusieurs pages mais je pense que c’est inutile l’essentiel ayant été établi. On se demande maintenant, ces faits à l’appui, comment est-ce que les élites politiques françaises, cela depuis 2005, s’évertuent à vendre la France à une monarchie wahhabite ? Car le terme « vendre » est bien approprié. De PSG livré à un prix dérisoire et des injections considérables dans la Bourse de Paris aux tentatives de s’investir dans le capital d’Aeronautic Defence and Space company ou, pis encore, dans celui du géant nucléaire Areva, le Qatar s’invite non seulement dans le sport ou l’immobilier mais aussi, ces derniers temps, dans des secteurs hautement stratégiques dont dépend directement la sécurité et de la France, et de l’Europe dans son ensemble. Qu’en serait-il si le Qatar mettait la main sur l’immense potentiel nucléaire français ? Rien qu’a y songer, on en ferait des cauchemars.

Au stade où nous en sommes, mâcher ses mots est un crime. Une lâcheté. Stratégiquement parlant, la politique du « Tout-Qatar » porte atteinte à la sécurité de la France que ses élites politiques vendent à une monarchie soutenant Al-Nosra, les Frères musulmans et Ansar Dine (la liste n’est pas exhaustive). En cas de conflit entre l’univers salafiste qui tend à s’élargir et l’UE aux portes grandes ouvertes, qui est-ce que le Qatar va soutenir ? Lorsque Philippe Cohen et Marc Endeweld de Marianne décrivent la manière dont s’exerce le « soft power » qatari en France, on ne puit que leur donner raison ! Investir, acheter, racheter – autant de moyens pour mieux s’infiltrer à un niveau idéologique. Cela, Doha excelle à le faire. C’est bien Al-Jazeera qui avait galvanisé des foules encore crédules à l’époque en faisant miroiter les bienfaits des fameux printemps arabes. La Tunisie avait alors appris à quel point est-ce que le jasmin pouvait être nauséabond. En investissant dans les banlieues françaises, chaudes non point parce que musulmanes mais parce qu’en bien des points salafo-communautaristes, le Qatar s’immisce astucieusement dans les zones grises délictieuses du paysage français. Pour ne citer qu’un exemple parmi d’autres, Mezri Haddad, philosophe et ancien ambassadeur tunisien, se tue à le répéter. Il sait de quoi il parle lui et sans doute bien mieux que nous autres Européens avec nos repères d’Européens.

Il faut donc voir bien au-delà des investissements qataris dans Vinci, Bouygues, Suez et Casino et affronter la réalité. Le Qatar est bien gentil d’aider l’UMP-PS à gérer ses banlieues mais il serait bien plus naturel qu’il aide l’UE à gérer la crise migratoire qui l’inonde en recevant les musulmans persécutés du Moyen-Orient.

Non seulement le Qatar est fort d’une idéologie bien définie mais en plus il sert ses intérêts nationaux qui n’ont pas de frontières l’islamisme étant expansionniste par définition. Au passage, il parvient à combler ses intérêts économiques. Qu’en est-il de la France ? Du réalisme de ses dirigeants ? Leur politique n’est qu’un mélange d’hypocrisie et de surréalisme desservant les intérêts nationaux qu’ils prétendent défendre. La politique islamiste qatarie est quant à elle réaliste et opportunément hypocrite. Je vous laisse apprécier la différence. Lorsque l’OTAN a bombardé, dimanche 11 octobre, les positions kurdes dans la province d’Alep, c’est une mine à retardement qu’il a posé … en Europe. Oui, bien dans les frontières de l’UE les Américains n’ayant pas grand-chose à perdre du fait de leur position géographique, du fait qu’ils se soient remis à jouer la carte kurde à la fois contre Ankara et Assad – c’est à se demander quels pays de l’OTAN ont bombardé les Kurdes d’Alep – et du fait que leur véritable relation à l’EI apparaît de plus en plus trouble. Comme preuve a contrario, on pourrait mentionner le refus de Washington de soutenir la création d’un comité de sauvetage des pilotes abattus par l’EI. Serait-ce parce que le projet appartient au Kremlin ou parce que le Pentagone a la certitude que le sort horrible du pilote jordanien capturé fin décembre 14 ne sera jamais celui d’un pilote US ? Je me garde bien de dire « de tout pilote de la Coalition » puisque le pilote en question qui a été brûlé vif devant les caméras de Daesh faisait partie de la Coalition.

S’il est vrai que les USA mènent une politique étrangère totalement criminelle et parfois idiote, le suivisme de l’UE est quant à lui totalement dénué de logique et suicidaire. Faisant le lit du salafisme tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, elle est vouée à tomber dans un double piège qui annonce l’ « affrontement eschatologique » évoqué par l’écrivain Guillaume de Thieulloy mais avec ce seul et crucial rectificatif qu’il ne s’agirait alors pas d’un affrontement contre l’islam mais contre sa déviation parachevée d’un « isme ». L’hypocrisie ne paie pas et il faudra bien, volens nolens, s’en rendre compte un jour. Peut-être que ce jour-là ou le jour qui suivra une expiation collective dont personne ne voudrait, le crime de haute trahison sera enfin rétabli.

Françoise Compoint

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A quoi jouent les Américains ?

17 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La France, #La Turquie, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

A quoi jouent les Américains ?

A quoi jouent les Américains ?

Washington joue un jeu bien dangereux, soufflant le chaud et le froid. On pensait que les Etats-Unis avaient mangé leur chapeau et cherchaient la sortie depuis l’intervention russe. En quelques jours, Obama avait mis fin au grotesque programme d’entraînement de rebelles modérés visant à combattre l’EI (disaient-ils) après que le Pentagone eut avoué qu’il avait formé… attention… roulements de tambour… 5 combattants (qui ont d’ailleurs immédiatement été attrapés par Al Nosra). La maison Blanche avait également promis de ne pas mener une guerre par proxy interposé contre la Russie en Syrie. Bref, on pensait que les Américains, lassés du fiasco de leur politique syrienne, étaient revenus de leurs vieilles lunes. Apparemment pas…

Un inquiétant article du New York Times nous apprend que les missiles anti-char de fabrication américaine TOW affluent en Syrie, fournis par les Saoudiens avec le consentement US, à destination des terroristes modérés si chers à l’Occident. L’article cite des commandants rebelles : « Nous recevons ce que nous demandons en un laps de temps très court. Nous pouvons en avoir autant que nous voulons ». Un officiel fondamentaliste saoudien l’avait annoncé la semaine dernière et, pour une fois, les amis du gouvernement français ont tenu parole. Notons d’ailleurs la parfaite mauvaise foi du wahhabite : « Les bénéficiaires seront l’Armée de la conquête, l’Armée syrienne libre et le Front Sud, mais pas Al Nosra (= Al Qaeda) ni l’Etat Islamique ». Etant donné que le principal groupe de l’Armée de la conquête est Al Nosra, nous sommes en plein foutage de g….., mais les Saoudiens ont l’habitude.

Cette évolution de l’armement des terroristes modérés explique peut-être que, malgré les intenses bombardements russes, parfois au prix d’acrobaties assez invraisemblables, la grande offensive de l’armée syro-hezbollo-iranienne patine un peu. Certes, des progrès ont été réalisés, du terrain reconquis, mais aucune victoire stratégique n’a encore eu lieu. Ne restent plus aux Russes qu’à intensifier encore leurs bombardements, ce qu’ils ne vont pas se priver de faire étant donné que ça leur permet également d’éliminer des djihadistes tchétchènes qui ne rentreront donc pas au bercail [le chef d’Ahrar al Sham, groupe syrien modéré d’entre tous, était donc un Tchétchène, ce qu’ont l’air de trouver tout à fait normal les chancelleries occidentales…]

Les Américano-saoudiens semblent avoir choisi le chemin de l’escalade du conflit, ce qui est encore confirmé par les propos très agressifs de Carter, le chef du Pentagone, ou le refus de Washington de rencontrer une délégation russe menée par le premier ministre Medvedev afin de coordonner les stratégies des deux Grands en Syrie. Tant que vous bombardez nos petits amis d’Al Qaeda et affidés, on vous cause pas.

Quelle mouche pique donc les Américains ? Quelles que soient les raisons de cette névrose, elle ne manque pas d’inquiéter. D’ailleurs, l’article du New York Times, étonnant d’honnêteté pour cette publication néo-conservatrice, se fait l’écho de ce malaise. Il y est écrit noir sur blanc ce que tout le monde sait – les « rebelles modérés » ne sont pas nombreux et alliés à des groupes djihadistes au premier rang desquels on retrouve Al Qaeda – et, à lire entre les lignes, on y découvre une incompréhension de la voie suivie par l’administration américaine. Un éditorial du même journal va même encore plus loin et propose de s’allier à Moscou pour se partager le travail : les Russes tapent sur Al Qaeda (nouvel aveu que les rebelles modérés n’existent pas) et les Etats-Unis sur l’EI. Décidément, il se passe quelque chose de pas net dans les sphères du pouvoir US si même un journal aussi russophobe que le New York Times en vient à faire ce genre de proposition. La lecture des centaines de commentaires est également intéressante : c’est un déluge de critiques envers la folle politique américaine de soutien aux djihadistes en Syrie, ce qui n’est pas sans rappeler la fronde d’une partie de l’armée US en 2013 quand il était question de bombarder Assad (la fameuse campagne « I will not fight for Al Qaeda in Syria » sur les réseaux sociaux). Question subsidiaire : la mafia médiatique européenne, qui doit tomber des nues et suer à grosses gouttes après avoir lu les aveux du temple du néo-conservatisme US, va-t-elle suivre le mouvement et enfin présenter honnêtement la situation en Syrie ?

Reste à savoir ce que va faire la Russie, et dans une moindre mesure l’Iran, si Ankara, Riyad et Washington persistent à chercher la confrontation en armant les terroristes modérés. Une conflagration mondiale entre Russes et Américains est bien sûr exclue, mais Poutine a plusieurs cartes en main pour refroidir Turcs et Saoudiens.

A Ankara, le sultan craint plus que tout un soutien russe aux Kurdes. Voilà qui est justement susceptible d’amener Erdogan à la raison : si tu continues à fournir Al Qaeda et consorts, je ferai de même avec tes meilleurs ennemis du PKK et des YPG. Avec le doublement du Nord Stream, Moscou n’a presque plus besoin du Turk Stream (c’est même peut-être en prévision de l’intervention en Syrie que Poutine a changé son fusil d’épaule et privilégié la route nord).

Quant aux Saoudiens, il existe une possibilité formidable à tous les sens du terme, bien que très hypothétique pour l’instant. C’est une idée qui avait traversé l’esprit de votre serviteur il y a quelques semaines mais qu’il avait chassée tellement elle lui paraissait énorme… jusqu’à ce qu’elle réapparaisse dans la conclusion d’un article passionnant du site spécialisé Oil Price. L’article lui-même s’attache aux causes énergétiques du conflit syrien, dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises ici. Les pays du Golfe (dont le Qatar et son projet de méga-gazoduc) voulaient faire transiter leurs fabuleuses ressources en hydrocarbures vers l’Europe, le tout sous contrôle américain, ce qui aurait eu pour effet de marginaliser considérablement la Russie. Passer par l’Irak saddamique puis chiite étant impossible, la seule voie pour les pipelines du Golfe était la Syrie, pays à majorité sunnite qui ne ferait aucune difficulté une fois Bachar renversé.

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Assad ne l’entendait pas de cette oreille, qui mettait une contre-proposition sur la table : un tube « chiite » Iran-Iraq-Syrie. De quoi donner une crise d’urticaire aux cheikhs du Golfe et à leur allié américain. Quatre ans après, Riyad, Doha et Washington n’ont pas abandonné l’idée bien que le projet paraisse maintenant bien compromis (même si Assad perdait finalement, l’EI est devenu totalement incontrôlable).

Mais revenons à notre idée, géniale, diabolique, colossale en réalité. Nous avons vu il y a quelques jours comment la coalition irano-irako-syro-russe pourrait, avec l’aide des Kurdes au nord, mettre fin à l’EI. Notons d’ailleurs au passage qu’à l’est, les Irakiens commencent à avancer et ont quasiment réussi à tuer le calife grâce au centre de renseignement commun mis sur pied avec Téhéran, Moscou et Damas (ce n’est certes pas sur les Américains que Bagdad pouvait compter pour trouver les cibles de l’EI…)

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Cher lecteur, que voyez-vous sur cette carte ? Entre la poussée Syrie-Iran-Hezbollah à l’ouest, kurde au nord et Irak-Iran à l’est, le tout soutenu par l’aviation russe, l’Etat Islamique serait cerné et n’aurait plus qu’une échappatoire : vers le sud, vers… l’Arabie Saoudite !

Ô divin retour à l’envoyeur, renvoi du monstre à son créateur… Riyad prend les choses suffisamment au sérieux pour ériger une frontière électronique. Mais si cet amusant gadget peut stopper quelques djihadistes égarés dans le désert, que fera-t-il face à des (dizaines de) milliers de fanatiques surarmés et désespérés ? Gageons que les bombes US retrouveront soudain toute leur efficacité mais sera-ce suffisant ?

Si l’EI entre en Arabie Saoudite, c’est tout le fragile édifice de la monarchie moyenâgeuse wahhabite qui explose. Et avec elle les prix du pétrole. Pour Poutine, ce serait un incroyable triple coup : s’allier aux Kurdes et ravaler la Turquie au rang de faire-valoir, détruire la maison des Seoud et faire enfin grimper les prix du pétrole à des niveaux jamais atteints. Nous n’en sommes pas (encore ?) là…

http://chroniquesdugrandjeu.over-blog.com/2015/10/a-quoi-jouent-les-americains.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Que se passe-t-il en Syrie? : Le prélude à une troisième guerre mondiale? Par Chems Eddine Chitour

17 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La France, #Europe supranationale, #La Russie, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL

Que se passe-t-il en Syrie? : Le prélude à une troisième guerre mondiale? Par Chems Eddine Chitour

Que se passe-t-il en Syrie? : Le prélude à une troisième guerre mondiale?

L’intervention extérieure agressive a entraîné, au lieu de réformes, la destruction pure et simple des institutions étatiques et du mode de vie lui-même. En lieu et place du triomphe de la démocratie et du progrès règnent la violence, la misère et les catastrophes sociales, tandis que les droits de l’homme, y compris le droit à la vie, ne sont appliqués nulle part(…)»

Vladimir Poutine à la tribune des Nations unies 28.09.2015

Les évènements se précipitent au Moyen-Orient et beaucoup de Cassandre annoncent une possible troisième guerre mondiale. On sait que l’unique objectif de Washington et de ses vassaux en Syrie est de destituer Bachar Al-Assad et de le remplacer par une marionnette américaine capable de mettre en oeuvre le plan de Qatar Petroleum (soutenu par l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et les Etats-Unis), pour remplacer le russe Gazprom sur le marché européen du gaz naturel et du pétrole brut. C’est l’opposition de Bachar Al-Assad à ce plan qui a déclenché l’utilisation de forces extérieures et la guerre civile de la Syrie. Tout ne marcha pas comme prévu et la Syrie n’est pas la Libye.

La stratégie de Poutine

On dit que Poutine est un joueur d’échecs qui a une revanche à prendre sur ceux aux Etats-Unis et en Europe vassale qui le prenaient pour quantité négligeable au point de faire des rodomontades et de sanctionner la Russie pour avoir refusé d’avoir une Otan à ses portes – en Ukraine ou en Ossétie. Par trois fois Poutine joue et met en échec l’Occident qui l’a exclu du G7. Souvenons-nous de l’Ossétie et de l’amateurisme du Géorgien Sakashvili! Souvenons-nous de la façon élégante avec laquelle il a fait que la Crimée rejoigne le bercail russe!

Souvenons-nous enfin, de la façon avec laquelle il a pu imposer une zone tampon avec l’Ukraine! Le dernier coup d’échecs est la stratégie-éclair avec laquelle il a retapé les bases de Lattaquié et de Tartous et y a amené rapidement une flotte impressionnante et opérationnelle.

Le commentaire suivant est édifiant: «Dix-huit mois après la prise de contrôle de la Crimée, au terme d’une opération militaire éclair, le Kremlin a réussi un nouveau coup de maître: prendre de court toutes les puissances impliquées en déclenchant une intervention militaire dont il s’avère qu’elle a été préparée de longue date. Gravité et confusion: les deux mots peuvent aussi résumer la réunion de l’Otan qui s’est tenue jeudi 8 octobre à Bruxelles. «Nous assistons à une escalade inquiétante», a estimé le secrétaire général de l’Alliance atlantique. Vladimir Poutine s’est réinstallé au centre d’un grand jeu diplomatique. L’intervention militaire de Moscou marque un basculement, (…) Pour la première fois depuis les guerres d’Indochine ou d’Afghanistan, deux coalitions militaires internationales se défient sur le territoire d’un même pays. D’un côté, celle menée par les États-Unis et qui revendique le soutien d’une soixantaine de pays, même si dans les faits, une demi-douzaine d’États participent aux opérations. De l’autre, cette nouvelle coalition annoncée par Vladimir Poutine à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU il y a trois semaines.» (1)

«Tous les éléments sont ainsi en place pour une escalade militaire incontrôlée, qui pourrait conduire à une déflagration dans tout le Moyen-Orient. Appuyé par une diplomatie russe qui connaît parfaitement cette région et a su démontrer son efficacité, Vladimir Poutine a fait le choix d’accélérer en toute connaissance de cause, convaincu que le moment était venu d’enfermer dans un piège la coalition américaine pour imposer une solution politique intégrant ses conditions. Mais il ne s’agit là que d’une des nombreuses raisons de cette intervention militaire inédite. Une démonstration militaire au nez et à la barbe de l’Otan et des Etats-Unis.
La puissance militaire russe est de retour. Moscou fait la démonstration qu’il est capable de projeter une force d’intervention importante à des milliers de kilomètres de son territoire. A en croire Moscou, mais aussi Damas, tout serait différent cette fois, l’aviation russe intervenant de manière coordonnée avec les forces au sol de l’armée syrienne et lui apportant ainsi une puissance décisive. Porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova ne disait pas autre chose le 6 octobre: «Ce qui est très important, c’est que nous coordonnons notre action avec l’armée syrienne. C’est un point fondamental. Vous ne pouvez pas combattre l’État islamique sans coordonner vos efforts avec ceux qui le combattent au sol. Et en Syrie, c’est l’armée syrienne qui le combat. C’est pour avoir refusé cette coordination que l’intervention de la coalition [américaine] est inefficace.» (1)

«Les frappes russes s’étant concentrées ces premiers jours dans le nord-ouest de la Syrie, entre Alep et Homs, là où l’armée de Bachar al-Assad est la plus menacée, elles permettent au régime syrien de retrouver des marges de manoeuvre et d’éviter de nouvelles défaites et pertes de territoire. Moscou prend ainsi sa revanche contre l’hyperpuissance militaire américaine et met l’Otan face à ses contradictions et à son impuissance. Impuissance vérifiée, puisque l’Otan n’a su ni prévenir ni sanctionner l’incursion d’avions de chasse russes dans l’espace aérien turc en milieu de semaine, pas plus qu’elle ne sait comment répondre à l’intervention en Syrie. (…) Ce retour militaire de la Russie s’accompagne d’un projet politique plus vaste. Vladimir Poutine l’a exposé devant l’Assemblée générale des Nations unies le 28 septembre, dans un discours s’en prenant frontalement aux États-Unis mais aussi à ces Européens ayant déclenché, entre autres, la guerre en Libye et le renversement de Kadhafi, après le désastre afghan et irakien.» (1)

« Répétant son soutien au régime syrien, «seul légitime», et à Bachar al-Assad, accusant l’«opposition dite modérée» syrienne de n’être qu’un faux nez de l’État islamique et des groupes terroristes, le président russe met depuis en scène une coalition alternative.
Trosième raison: le soutien à Assad mais, au-delà, le renforcement des intérêts russes dans la région avec, au passage, une alliance renouvelée avec l’Iran. «Il y a ce qu’on appelle la légitimité des autorités étatiques. Nous ne pouvons pas jouer sur les mots à des fins de manipulation. Nous sommes tous différents et nous devons le respecter.» C’est l’argumentaire résumé par Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères: «Nous avons vu ce qui s’est passé en Libye. Nous avons vu le colonel Kadhafi d’abord démonisé puis éliminé, et nous avons vu le résultat. Si je vous propose les deux scénarios suivants, lequel choisissez-vous? Renverser un dirigeant qui n’était certainement pas un ange ou préserver un pays et un peuple, empêcher un État de devenir un trou noir du terrorisme? Je suis sûre que vous choisirez la deuxième option.» (1)

Riyadh prêt à coopérer avec Moscou pour sauvegarder l’unité de la Syrie

Renversement d’alliance: le pire ennemi d’Al Assad veut le sauver. L’Arabie Saoudite et la Russie ont confirmé qu’elles poursuivaient les mêmes buts en Syrie, a annoncé le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. «Nous travaillons avec l’Arabie Saoudite sur la question syrienne depuis plusieurs années. Aujourd’hui, le président a confirmé que les buts que l’Arabie Saoudite et la Russie poursuivent en Syrie coïncident», a déclaré le chef de la diplomatie russe après une rencontre avec le ministre de la Défense de l’Arabie Saoudite Mohammed ben Salmane Al Saoud.

Curieusement, on apprend que les Américains veulent abattre les avions russes, ils s’appuient sur les Saoudiens. Valentin Valescu écrit à ce sujet : «Contre les avions russes Su-25 qui volent souvent sous l’altitude de 5000 mètres pour les missions d’appui rapproché, les missiles portatifs américains FIM-92 Stinger, produits sous licence par Roketsan (Turquie), sont très efficaces. Les officiels saoudiens ont déjà répondu à la demande américaine, affirmant avoir livré cette semaine aux rebelles islamistes, encore un lot de systèmes de missiles antichars américains BGM-71 TOW, pour stopper l’offensive de l’armée nationale syrienne.

En fait ce n’est pas pour sauver l’unité de la Syrie que la monarchie saoudienne est prête à coopérer avec la Russie, mais pour sauver le trône menacé de l’intérieur (contestation des chiites du Sud pétrolier – région de Qatif) et de l’extérieur (résistance patriotique des Houtis yéménites contre l’invasion des Saoud).

Un nouvel acteur pour le Moyen-Orient

Il semble que l’influence américaine soit sur le déclin. La Russie s’implique au Moyen-Orient. Grâce à l’opération en Syrie, l’influence russe dans le Proche-Orient est sans précédent. «L’influence américaine et son implication dans les affaires de la région traversent une période de déclin sans précédent depuis la Seconde Guerre Mondiale», estime l’ancien ambassadeur américain en Afghanistan, en Syrie, en Irak, au Liban, au Koweït et au Pakistan Ryan Crocker. Les alliés des Etats-Unis dans le Proche-Orient sont inquiets et optent souvent pour un compromis avec la Russie, souligne le Wall Street Journal (WSJ). C’est notamment le cas d’Israël, qui a refusé de soutenir la résolution proposée par les Etats-Unis à l’Assemblée générale de l’ONU, concernant la Crimée, et qui ne critique pas actuellement les frappes russes en Syrie. Bien que la Maison-Blanche essaye de contester le déclin de ses forces, les événements de ces dernières semaines, notamment le «gambit syrien» russe, font que la Russie est actuellement encore plus puissante dans le Proche-Orient que dans les années 1970-1980. «M. Poutine aspire à une sorte de dominance conjointe avec les Etats-Unis dans le Proche-Orient et il a presque réussi», estime Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique à Paris. Plusieurs forces dans la région, surtout l’Irak et les Kurdes, sont désenchantées par l’incapacité des Etats-Unis de contrer le groupe terroriste Etat islamique et saluent donc l’opération russe en Syrie.»(2)

Le basculement vers un nouveau statut quo : Un reshaping du Moyen Orient

«Pour Paul Craig Roberts: «Le monde commence à se rendre compte qu’un bouleversement dans les affaires du monde était en train de se passer le 28 septembre, lorsque le président Poutine de la Russie a déclaré dans son discours à l’ONU que la Russie ne peut plus tolérer la politique vicieuse, stupide et vouée à l’échec de Washington qui a déclenché le chaos qui s’est déversé sur le Moyen- Orient et maintenant l’Europe. Deux jours plus tard, la Russie a pris la situation militaire en main en Syrie et a commencé la destruction des forces de l’Etat islamique. (…) L’afflux de populations indésirables est en train de sensibiliser les Européens sur le coût élevé de la mise en oeuvre de la politique étrangère des États-Unis. Les conseillers ont dit à Obama que l’idiotie de la politique des néoconservateurs menace l’Empire de Washington en Europe. En effet, les Russes ont déjà établi de facto une zone d’exclusion aérienne. Poutine, sans aucune menace verbale, ni aucune insulte, a résolument changé l’équilibre des puissances, et le monde le sait. Si Obama avait un peu de bon sens, il écarterait de son gouvernement les abrutis néoconservateurs qui ont dilapidé la puissance de Washington, et il se concentrerait plutôt à conserver l’Europe en travaillant avec la Russie pour détruire, au lieu de le parrainer, le terrorisme au Moyen-Orient qui envoie des vagues de réfugiés en Europe.» (3)

Justement on apprend que comme conséquence de cette nouvelle donne, l’Alliance occidentale s’effrite: l’Union Européenne abandonne les Etats-Unis dans leur tentative de renversement d’Assad. Nous lisons dans la contribution suivante : l’Europe est envahie de réfugiés provenant des campagnes de bombardement en Libye et en Syrie, qui ont créé un état fantoche en Libye, et qui menacent de provoquer la même chose en Syrie. La pression exercée sur le régime syrien qui combat l’Etat islamique doit être éliminée. Le public européen est opposé aux frappes américaines, qui ont provoqué l’exode de réfugiés vers l’Europe. Les dirigeants européens commencent à se désolidariser de leur alliance avec les Etats-Unis.»(4)

Le spectaculaire jeu d’échecs syrien

Tout s’est joué en été , on sait qu’il y avait deux camps qui à des degrés divers voulaient faire partir Al Assad, même jusqu’à aller insinuer comme l’a fait Fabius qu’Al Assad ne méritait pas de vivre. Nous étions alors, tout près d’un scénario à la Kadhafi aux mains du tandem BHL-Sarkozy, de Cameron et de l’Otan. Il a fallu qu’ Obama annonce qu’il n’est pas prêt à risquer la vie des Gis voire même à s’embourber en Syrie pour que le chevalier sans peu et sans reproche avale son chapeau et éteigne les moteurs de ses mirages prêts à aller en découdre en Syrie. En face, la force tranquille de la Chine et surtout de la Russie, bloquent au Conseil de Sécurité toute velléité de voter une zone d’exclusion aérienne comme ce fut le cas pour la Libye où les Occidentaux ne respectèrent par les termes de la résolution. Il faut y ajouter la détermination de l’Iran à aider le pouvoir syrien.

Nous lisons la contribution suivante qui explique cette gigantesque partie d’échecs. : « Jusqu’à l’intervention de Poutine à l’ONU le 28 septembre et l’intervention russe en Syrie, deux équipes de jeu se faisaient face: d’un côté, Assad et la faction chiite comprenant l’Iran et le Hezbollah, de l’autre, la coalition internationale qui, côté syrien, se contentait de donner quelques claques aux islamistes du fait qu’elle est essentiellement concentrée sur Daesh.
La stratégie US en Syrie était d’armer les «terroristes modérés» qui se battent à la fois contre Daesh et contre Assad sans succès, Dans le même temps, l’Iran a poussé ses pions dans le petit jeu d’échecs personnel (…) l’Iran profite de la faiblesse de Assad pour s’introduire profondément dans les couloirs du pouvoir syrien. (…) Poutine est assis à sa propre table de jeu, face à l’Otan qui veut l’obliger à rejoindre la coalition anti-Daesh en Irak et à laisser tomber la Syrie (…) Pour Poutine comme pour Assad, si une intervention militaire russe en Syrie doit avoir lieu, c’est maintenant ou jamais. Dont acte. (…) Selon Justin Bronk, analyste de recherche au Royal United Services Institute: «Les forces russes maintenant en place rendent parfaitement évident que tout type de zone d’exclusion aérienne sur le modèle libyen imposé par les États-Unis et leurs alliés est désormais impossible, à moins que la coalition ne soit en fait prête à abattre des avions russes.» (5)

L’énigme Erdogan

La Turquie semble être sans boussole, elle combat les Kurdes, la Syrie mais soutient Daesh qui la ravitaille en pétrole. Elle se plaint de la Russie et attend l’aide de l’Otan en vain. La réunion de l’Otan a réaffirmé la solidarité inter pays de l’Otan mais sans plus.

«Erdogan n’a toujours pas compris, lit-on sur le site Réseau Voltaire, que l’Otan n’a jamais été au service de ses membres. L’Organisation a une raison d’être, c’est l’hégémonie anglo-saxonne dirigée militairement par les Etats-Unis. Si la cause turque peut servir l’impérialisme atlantique, il les verra débarquer sans qu’il ait à les solliciter, sinon il n’aura que de belles paroles et des sourires avenants. Dès le premier jour de bombardement, l’aviation russe a tué des officiers turcs illégalement déployés sur le sol syrien. En réalité, la Russie mène la guerre contre l’armée turque qui continue à encadrer des groupes terroristes sur le sol syrien et fournit un refuge et une assistance aux jihadistes qui fuient les bombardements russes.» (6)

Y aura t-il une troisième guerre mondiale ?

Il semble heureusement, qu’aucun des camps ne veut l’escalade pour le moment. Le Pentagone a annoncé que la Russie et les Etats-Unis étaient prêts à reprendre des discussions sur la sûreté de l’espace aérien en Syrie, où les deux pays sont engagés dans des opérations militaires distinctes. Au lendemain des premières frappes russes, de hauts responsables civils et militaires américains s’étaient déjà entretenus par vidéoconférence avec leurs homologues russes sur les moyens d’éviter des incidents entre les aviations des deux pays.

Peut-être qu’après tout il n’y aura pas de troisième guerre. Ce qui est sûr c’est que la solution aux problèmes du Moyen-Orient passe par le Kremlin et Téhéran. Les rodomontades des valets européens seront des scories de l’histoire.

1. Site Médiapart, http://forumdesdemocrates.over-blog.com/2015/10/moyen-orient-analyse-syrie-les-quatre-raisons-de-l-escalade-russe-09-octobre-2015-par-francois-bonnet-dix-huit-mois-apres-la-crimee

2. http://fr.sputniknews.com/international/20151010/1018748586/proche-orient-influence-dominance-usa-russie-frappes.html#ixzz3oLemE9F7

3. http://reseauinternational.net/nous-sommes-a-un-tournant-decisif-dans-lequilibre-des-puissances/

4.http://reseauinternational.net/lalliance-occidentale-seffrite-lunion-europeenne-abandonne-les-etats-unis-dans-leur-tentative-de-renversement-dassad/

5. http://reseauinternational.net/le-spectaculaire-jeu-dechecs-syrien/

6. http://www.voltairenet.org/article188985.html

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/227456-le-prelude-a-une-troisieme-guerre-mondiale.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

http://chemseddine.over-blog.com/2015/10/que-se-passe-t-il-en-syrie-le-prelude-a-une-troisieme-guerre-mondiale.html

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Syrie. La bataille d’Idlib a commencé

17 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #La France, #Politique étrangère, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL

Syrie. La bataille d’Idlib a commencé.

Le 17 octobre 2015 par Valentin Vasilescu

Syrie. La bataille d’Idlib a commencé

De l’Ouest du gouvernorat d’Alep jusqu’au Nord du gouvernorat de Hama s’étend un dispositif compact de plusieurs groupes de rebelles islamiques : ASL, Jaish al-Fatah, al-Nusra Front (branche syrienne d’Al-Qaïda), DAECH, etc… L’Armée syrienne a décidé tout d’abord d’isoler la ville d’Alep et de commencer le nettoyage de la zone Hama-Idlib des rebelles pour prévenir toute attaque contre la province de Lattaquié à l’Ouest, où se trouve la base aérienne de la Russie. Par conséquent, la zone située entre Hama et Idlib, mais plus particulièrement la ville d’Idlib et ses environs, sera le lieu où très probablement se déroulera la bataille la plus acharnée du théâtre des opérations militaires en Syrie.terrorist-islamic-map

Il est à noter qu’au début de 2014, l’armée syrienne avait presque réussi à prendre le contrôle de la route de Damas-Alep. L’apparition de l’Etat Islamique et l’offensive de ce groupe dans l’est et le nord de la Syrie avaient alors obligé l’armée syrienne à transférer des forces importantes dans le centre du pays pour stopper l’avancée du groupe terroriste. S’étant heurté à la résistance de l’armée syrienne, l’EI, qui disposait de milliers de Pick-up Toyota armés de mitrailleuses, s’étaient réorienté vers l’Ouest et le nord de l’Irak.

Le mystère des milliers de camionnettes Toyota de l’EI

Le Front al-Nusra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, a déployé des forces supplémentaires pour renforcer sa ligne défensive au nord du gouvernorat de Hama. Après la visite du chef de la CIA, John Brennan, en Arabie Saoudite la semaine dernière, les Saoudiens ont livré au moins 500 missiles américains antichars BGM-71 TOW et des munitions en Syrie. Dans le Nord du gouvernorat de Hama, les groupes rebelles ont créé des dizaines de points de résistance sur un front de 30 km sur l’axe Nord-Sud. Ces points de résistance sont placés dans des bâtiments ou sur des hauteurs dominantes et sont équipés de pièces d’artillerie et de missiles antichars BGM-71 TOW. Dans ces circonstances, deux bataillons de la 85ème Brigade mécanisée syrienne, équipés de systèmes russes Shtora-1 (qui brouillent le faisceau laser ou infrarouge du système de guidage des missiles antichars), ont commencé à encercler Rastan, au sud de la ville de Hama.

La Russie teste d’autres nouvelles armes en Syrie

D’autres sous-unités de la 10ème Division blindée de l’armée syrienne ont pris le contrôle des hauteurs au nord de Hama, récupérant trois localités (Ahaya, Al-Mughayr et Markabat).hama-idlib-map

Des avions Su-25 SM et des hélicoptères Mi-24 russes ont lancé, durant quelques jours d’affilée, des attaques sur les points de résistance de rebelles islamistes, situés à quelques kilomètres à l’ouest de Khan Sheikhoun. À l’heure actuelle, la 76ème Brigade syrienne de chars concentre ses forces au nord du gouvernorat de Hama pour la conquête de la ville de Khan Sheikhoun, du côté des collines de Sukayk.

 

La ville de Khan Sheikhoun, située dans le sud du gouvernorat d’Idlib, est un point stratégique sur la route de Damas-Alep (M-5). L’armée syrienne, qui s’en était retirée au printemps 2014, s’efforce maintenant de la reconquérir. L’Armée syrienne a massivement utilisé des lance-roquettes et dit avoir détruit des véhicules blindés et des camionnettes armées de mitrailleuses chez les rebelles.

C’est seulement maintenant que l’armée syrienne engage ses forces dans le combat, n’ayant été, jusqu’ici, qu’au stade de la mise en place et de test des rebelles islamistes. L’objectif étant d’engager un combat de courte durée, il fallait découvrir les points faibles des rebelles et préparer la création d’une profonde brèche dans leur dispositif. Pendant ce temps, l’armée syrienne pouvait attendre que les bombardements de l’aviation russe sur les points de résistance des rebelles islamistes fassent leur effet.

Valentin Vasilescu

Traduction Avic – Réseau International

http://www.ziaruldegarda.ro/in-siria-batalia-pentru-idleb-a-inceput/

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