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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #israel - palestine - moyen-orient tag

Israël, principal fournisseur d’armes pour les groupes armés rebelles en Syrie

10 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #La France, #Daesch, #Terrorisme, #ISIL, #le nazisme

 

Israël, principal fournisseur d’armes pour les groupes armés rebelles en Syrie

 colonisabilité ...

Pour savoir comment l’entité sioniste œuvre en Syrie, et à quel point elle agit dans ce pays ravagé par la guerre depuis 4 années, ile ne faut surtout pas écouter les propos des officiels ou des medias israéliens qui nous rabattent les oreilles avec leurs allégations d’aide humanitaire pour les blessés dans le sud de la Syrie.

Le rôle d’Israël est beaucoup plus important : en tête, celui de fournir des armes à toutes les milices qui combattent en Syrie, toutes tendances confondues, par le biais d’un  personnage clé: Mendi al-Safadi.

L’ampleur de ce rôle a été révélé grâce à la mine d’informations obtenue par un haker professionnel qui est parvenu à pirater l’ordinateur personnel de Safadi, et diffusées par le journal libanais al-Akbar.


Recruter des agents femmes


Auparavant, ce haker avait réussi à implanter « un espion électronique » de type trojan dans l’ordinateur personnel de l’un des dirigeants de la milice wahhabite takfiriste Daesh (état islamique) en Irak. Il s’est avéré qu’il entretenait des liens avec Safadi, en lui décrivant les détails de la vie en Syrie.

Le nom de Safadi se trouvait aussi dans d’autres données piratées de l’ordinateur d’un autre dirigeant de Daesh le chef religieux pour la wilayat de Raqqa, cheikh Omar al-Hajji (connu sous le pseudonyme Omar Ghouraba). Celui-ci avait dans ses archives une lettre de la part d’un certain cheikh Ahmad qui relayait les renseignements qui lui sont parvenues d’un certain Abdel Ghafour al-Hadiri de la ville d’Alep, sur l’existence d’un réseau de renseignements en Turquie, dirigé par un officier israélien, Moti Cohen. « Le druze israélien Moudi Safadi, est son délégué sécuritaire », selon la lettre.

Ce réseau avait pour mission de recruter des agents, majoritairement des femmes, et de participer à des rencontres secrètes en Turquie et en Jordanie avec la participation d’officiers américains et israéliens.    

 

Espionnage et trafic d'armes 

Pour ceux qui ne connaissent pas Moudi Safadi, il est bon de rappeler qu’il est druze syrien, originaire de la ville Majdal Chams dans le Golan syrien occupé.

Israélien de nationalité  (parfaitement consentant à tel point qu’il a changé son prénom arabe Mouzer), il est le directeur du bureau du Premier ministre israélien, travaille dans le département de la Technologie des informations et des services ainsi que dans la Knesset.

Il a été chargé officiellement par le gouvernement de Netanyahou du dossier des relations avec les groupuscules armés œuvrant en Syrie..

Mis à part son activisme politique et d’intelligence, il travaille dans le commerce des armes et possède de nombreuses sociétés commerciales dans plusieurs pays du monde.

Il préside l’association « des Druzes pour Israël » et fait partie des amis très proches de l’extrémiste fanatique israélien Baruch Marzel qui commémore chaque année le massacre perpétré dans la mosquée d’Ibrahim à al-Khalil Hébron contre 29 fidèles palestiniens en 1994.


Ses archives piratées qui comptent des documents, et des messageries reflètent l’effort immense qu’il déploie dans le dossier syrien, à plusieurs niveaux, sécuritaires, politiques, médiatiques…


Daesh, Nosra, Syriens, Libanais, saoudiens, turcs...

Il entretient de bonnes relations avec de nombreuses personnalités syriennes, civiles ou militaires qui vivent en Syrie, au Liban ou ailleurs ainsi qu’avec des hommes politiques libanais et des Libanais vivant à l’étranger. Il s’entretient souvent avec eux via skype ou viber.

Il connait même des dirigeants de la branche d’Al-Qaïda en Syrie, le front al-Nosra et de la milice wahhabite takfiriste Daesh (Etat islamique).

Mais une activité principale ressort de ses archives : celle de fournir des armes à toutes les milices qui œuvrent sur le sol syrien toutes tendances confondues, et d’être liées d’une façon ou d’une autre  à toutes les autres transactions d’armements qui sont conclues.

L’un de ses documents est une transaction d’armements qu’Israël a tenté de conclure dans la capitale tchèque pour le compte des milices Front islamique (la coalition qui comptait comme colonne vertébrale la milice pro saoudienne Jaïch al-Islam dirigée par Zahrane Allouche) , Ajnad al-Cham (proche d’Al-Qaïda) et le front al-Nosra. Il est mentionné dans ce document que ce dernier a refusé de conclure cette transaction en dehors du sol syrien, et insisté pour qu’elle se passe via les conseils militaires pour mieux contrôler le prix.

Une messagerie révèle un accord entre une partie israélienne et une autre syrienne pour la conclure via la frontière syro-jordanienne. Alors que Safadi insiste pour que les négociations sur les détails aient lieu à Prague où se trouve le siège de l’une de ses sociétés.

Les dossiers de Safadi montrent que le financement des groupuscules syriens armés provient du Qatar et des donateurs saoudiens. Quant à la liaison entre le Nosra et le Qatar, elle se fait via un certain Mohammad al-Khatib, connu sous le pseudonyme Clinton, et avec lequel il entretient des liens très étroits.

Dans les données enregistrées sur le Viber de Safadi, figure un autre syrien, Oussama al-Hurr (le libre) lequel négocie aussi avec les Israéliens des transactions d’armes, au nord de la Syrie. Il est également question d’une dame, Oum Abad qui est particulièrement active dans ces affaires.

D’après ces informations, il existe aussi des commerçants gouvernementaux qui fournissent, en plus des armes acheminées des camps de formation (non identifiés),  des passeports européens pour faciliter les déplacements et le transport des armes.

Dans ses documents, on constate qu’il parfaitement au courant des pourparlers entre des parties jordaniennes et d’autres saoudiennes pour conclure des transactions d’armes pour la Syrie.

L’un des documents rend compte d’une transaction d’armements américains pour le compte d’un groupuscule armé, comprenant entre autre des commandes de missiles TOW, d’anti aériens et d’anti char de type stinger , des jumelles de nuit thermiques, et que Safadi a promis de procurer d’Israël.

Dans un entretien via Skype avec un agent au sobriquet Joundallah, une allusion est faite à un certain Yasin Sanverdi, chargé de transactions d’armements entre Israël et des groupuscules armés syriens.

Dans un autre entretien avec un certain Ahmad Ferzat , celui-ci lui assure avoir des armements de qualité made in USA . Et lorsque Safadi lui demande s’il est possible d’en fournir à Daesh, il lui répond que « Daesh est prêt pour en acheter».

Directement après, Safadi contacte un certain Yushi Copervacer pour lui dire qu’il avait fixé un rendez-vous avec le syrien Adnan Sello.

 

Intervention directe

On constate d’après les données fournies par l’ordinateur de Safadi que certaines de ses activités relèvent de l'intervention israélienne directe dans les évènements syriens.

Ses documents comptent un brouillon sur « la création d’une armée pour renverser le régime syrien ». 

De plus, il s’intéresse particulièrement à l’une des milices de l’Armé syrienne libre (ASL),  Brigade al-Fourqane. Celle-ci «  contrôle des passages clandestins à proximité de la citadelle Jandal sur le versant de la montage al-Seikh (Mont Haramon) , pour le compte d’Israël », selon les écrits de Safadi.

Dans l’une de ses messageries, il met au courant l’un de ses agents dans un groupuscule armé que les forces de la coalition ont bombardé un siège de la milice « al-Mouetazz bi-llah », et dont la localisation s’est faite grâce à l’implantation d’une puce électronique dans des marchandises qui lui ont été envoyées à travers un commerçant.

On découvre aussi que des délégués israéliens se trouvent dans la ville de Deraa au sud de la Syrie ainsi que sur le sol jordanien.

 

Liaison amoureuse  


Et pour clore le tout, la cerise sur le gateau: les dossiers de Safadi dévoilent sa relation amoureuse avec une opposante syrienne, qui avait été candidate à la présidence de la Coalition de l’opposition syrienne.

Mis à part les propos amoureux qu'ils s'échangeaint, elle lui faisait part entre autre des conflits qui éclataient entre les membres de l’opposition, et les duperies  qu’ils se dressaient les uns contre les autres.        

 

LEMONDE.FR | 25.04.06 

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de "Tous fichés" , mercredi 03 mai 2006

 

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Le conflit au Yémen, des pistes pour comprendre.

8 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #L'OTAN., #La mondialisation, #La guerre, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #Terrorisme

Bonjour.

Je vous transmets un message de Bruno Drewski | Maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).

Il s’agit d‘un document expliquant le conflit au Yémen.

En PJ vous trouverez le dossier complet.

Cordialement

Lucien PONS

Bonjour.

Je vous transmets un message de Bruno Drewski | Maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).

Il s’agit d‘un document expliquant le conflit au Yémen.

En PJ vous trouverez le dossier complet.

Cordialement

Lucien PONS

Je vous fais suivre le bouquin sur le Yémen en PDF de la revue Géostratégiques qui pourrait vous intéresser dans la mesure où c'est un sujet mal connu et que le drame des bombardements d'hôpitaux, de sites archéologiques, de sillots de blés et d'autres objectifs civils que ce peuple est en train de vivre dans le silence assourdissant des gros médias qui savaient hypocritement nous faire pleurer sur la Libye et sur la Syrie est devenu intenable. Et qu'il faut bien comprendre l'enjeu stratégique d'un pays stratégique, dont les Saoud ont volé la moitié du territoire, la province de l'Asir, et qui a eu l'impudence d'accepter qu'un mouvement déclaré chiite prenne le pouvoir sans l'accord de Riyad et avec l'assentiment d'une armée largement sunnite.

Pour l'histoire de l'hypocrisie des Saoud, il faut rappeler que quand la monarchie "chiite" du Yémen a été renversée dans les années 1960 par un pouvoir républicain, les Saoud ont soutenu militairement avec les USA l'imam "chiite" contre les républicains soutenus militairement par l'Egypte de Nasser, sunnite. Aujourd'hui ils prétendent soutenir les sunnites contre les chiites. Alors assez de leur hypocrisie et de leurs mensonges badigeonnés de religion à l'américaine.

En fait, les guerres du Yémen ont prouvé que les monarchies conservatrices s'opposent à tout mouvement populaire au Yémen, qu'il soit d'essence chiite, sunnite ou laïque, plus encore s'il rassemble les trois, ce qui est le cas actuellement, et soutiennent tout mouvement de soumission conservatrice, qu'il soit d'essence chiite, sunnite ou laïque.

Bruno Drewski

Message du 06/07/15 17:25
De : "Strategique" <strategique@orange.fr>
A : "strategique" <strategique@orange.fr>
Objet : Géo 45

Chers tous bonjour,

J’ai le plaisir de vous adresser ci- joint, le numéro 45 de Géostratégiques intitulé Le Yémen : victime collatérale de la crise systémique arabe, suivant le sommaire ci-dessous.

Nous serons ravis de recevoir vos commentaires, remarques et/ou objections qui ne feront qu’enrichir davantage notre travail.

Je vous souhaite de bonnes vacances et une bonne lecture

Sommaire

La crise yéménite au sein de l’échiquier arabe, Ali Rastbeen

Daech, Yémen et Moyen-Orient, Général (2S) Henri Paris

Guerre au Yémen, quelles en sont les véritables causes ? Olivier Hanne, Thomas Flichy de La Neuville Yémen, théâtre d’opposition des puissances régionales, Youssef Hindi

Yémen. Erreur stratégique de l’Arabie saoudite et faute contre le berceau de l’arabisme, Colonel Alain Corvez

Les aspects juridiques de l’intervention militaire au Yémen, Elie Hatem

L’intervention saoudienne au Yémen et le droit international, Pierre-Emmanuel Dupont.

La demande d’Hadi d’une intervention saoudienne au Yémen se fonde-t-elle sur une base constitutionnelle ou légitime ? Ali Al-Yaqoobi

L’Arabie saoudite, prochaine victime du renversement du monde : vers une guerre de mille ans pour la Mecque ?, Jean-Maxime Corneille

Les crimes de guerre et la situation humanitaire au Yémen, Mohamed Al-Shami

Le silence des occidentaux face à la guerre de l’Arabie saoudite et d’Al-Qaïda contre la nation yéménite, Jean-Michel Vernochet.

Yémen : à quand l’« Arabie heureuse » ? Claude Duval, Alexandra Trzeciak

Le zaydism Mouvement théologique et politique, Latéfa Boutahar

Le mouvement Ansar Allah Houthi : quel projet politique pour le Yémen ? Fayçal Jalloul

Du Yémen à la Libye : quelle solution au conflit Libyen ? Rodrigue Nana Ngassam

L’entretien de Géostratégiques Ambassadeur Michel Raimbaud

Une évolution positive des cultures libérales et des politiques démocratiques dans des États musulmans du monde méditerranéen, Roger Tebib.

Bien cordialement
Ali RASTBEEN
Président de l’Académie de Géopolitique de Paris
Tél : 01 48 20 14 89
Fax : 01 48 20 82 63
www.academiegeopolitiquedeparis.com
www.strategicsinternational.com

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Syrie: Daesh offre des esclaves sexuelles aux gagnants d'un concours de mémorisation du Coran

8 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #le nazisme

Syrie: Daesh offre des esclaves sexuelles aux gagnants d'un concours de mémorisation du Coran

Le 07/07/2015

Des femmes de la communauté yézidie, en Irak, en janvier 2015. (photo d'illustration) - Safin Hamed - AFP

Des femmes de la communauté yézidie, en Irak, en janvier 2015. (photo d'illustration) - Safin Hamed - AFP

Pour fêter le ramadan, Daesh a lancé un concours de mémorisation du livre saint de l'islam, le Coran. Les trois finalistes se verront offrir une esclave sexuelle.

{C} {C}

Daesh ne recule devant aucune horreur. A l'occasion du mois sacré de ramadan, qui a débuté le 18 juin dernier, le groupe jihadiste a lancé un concours de mémorisation du Coran, dont les principaux gagnants se verront récompensés par... des esclaves sexuelles, rapporte le site Business Insider. Des femmes réduites à la condition d'esclaves sexuelles pour les jihadistes dans la province syrienne d'Al-Baraka, seront donc utilisées comme des prix.

Les prix: une femme ou de l'argent

Généralement originaires de la communauté yézidie, persécutée par Daesh, ces femmes forcées d'assouvir les besoins sexuels des combattants ont été capturées en Irak. Ainsi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, 300 Yézidies ont été enlevées en 2014 et vendues aux membres de Daesh.

Pour remporter le concours, les participants doivent retenir les chapitres les plus violents du Coran, spécialement sélectionnés pour cette occasion. La remise des "récompenses" est prévue pour le premier jour de la fête de l'Aïd-el-Fitr, qui marque la fin du ramadan, et qui est prévue aux alentours du 18 juillet. Les trois premiers gagnants se verront remettre une esclave sexuelle chacun, tandis que les participants classés de la quatrième à la dixième place recevront de l'argent. Le quatrième touchera ainsi 100.000 livres syriennes, soit environ 413 euros.

Dans un rapport publié en mars dernier, les Nations Unies font état de "violences sexuelles systématiques" perpétrées par Daesh contre les femmes de la minorité Yazidie, avec des victimes âgées de 8 à 35 ans.

Par A.S.

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Washington est incapable d’empêcher l’Armageddon. Par Dr. Paul Craig Roberts

4 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #La Russie

Washington est incapable d’empêcher l’Armageddon

Par Dr. Paul Craig Roberts

Mondialisation.ca, 30 juin 2015

 

 

Discours de Paul Craig Roberts à la conférence sur la crise Europe / Russie à Delphes, Grèce, 20-21 juin 2015

 

Les États-Unis ont poursuivi leur quête d’impérialisme depuis le début de leur histoire, mais c’est l’effondrement soviétique de 1991 qui a permis à Washington de comprendre que le monde lui appartient.

 

L’effondrement de l’Union Soviétique a entraîné la montée des néoconservateurs au pouvoir et de leur influence au sein du gouvernement américain. Les néoconservateurs ont interprété l’effondrement soviétique comme le choix de l’Histoire d’un « capitalisme démocratique américain » comme Nouvel Ordre Mondial.

 Choisi par l’Histoire comme le pays exceptionnel et indispensable, Washington revendique le droit et la responsabilité d’imposer son hégémonie sur le monde. Les néoconservateurs considèrent leur plan comme trop important pour être contraint par des lois nationales et internationales ou par les intérêts des autres pays. En effet, en tant que Puissance Unique, Washington est requis par la doctrine néoconservatrice d’empêcher la montée d’autres pays qui pourraient restreindre la puissance américaine.

Paul Wolfowitz, un néoconservateur de premier plan, a écrit la doctrine Wolfowitz peu de temps après l’effondrement soviétique. Cette doctrine est la base de la politique étrangère et militaire des États-Unis.

  

La doctrine stipule :

« Notre premier objectif est d’empêcher la réémergence d’un nouveau rival, que ce soit sur le territoire de l’ancienne Union Soviétique ou ailleurs, qui constituerait une menace de l’ordre de celle posée auparavant par l’Union Soviétique. Ceci est une considération dominante qui sous-tend la nouvelle stratégie de défense régionale et exige que nous nous efforcions d’empêcher toute puissance hostile de dominer une région dont les ressources, sous contrôle consolidé, seraient suffisantes pour créer une puissance mondiale « .

Notez que le « premier objectif » de Washington n’est pas la paix, ni la prospérité, ni les droits de l’homme, ni la démocratie, ni la justice. Le « premier objectif » de Washington est l’hégémonie mondiale. Seul le très confiant révèle de manière aussi flagrante son objectif.

En tant qu’ancien membre du Comité de la Guerre Froide sur le Danger Présent, je peux expliquer ce que les mots de Wolfowitz signifient. La « menace posée précédemment par l’Union Soviétique » était la capacité de l’Union Soviétique à bloquer l’action américaine unilatérale dans certaines régions du monde. L’Union Soviétique était une contrainte sur l’action unilatérale des États-Unis, pas partout mais dans certains endroits. Toute contrainte sur Washington est considérée comme une menace.

Une « puissance hostile » est un pays avec une politique étrangère indépendante, comme les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) l’ont proclamé. L’Iran, la Bolivie, l’Équateur, le Venezuela, l’Argentine, Cuba, la Syrie et la Corée du Nord avancent également une politique étrangère indépendante.

Washington ne peut tolérer autant d’indépendance. Comme le président russe Vladimir Poutine l’a récemment déclaré, « Washington ne veut pas de partenaires. Washington veut des vassaux. »

La doctrine Wolfowitz exige de Washington qu’il se dispense ou qu’il renverse les gouvernements qui ne soumettent pas à sa volonté. Ceci est le « premier objectif. »

 L’effondrement de l’Union Soviétique a amené à ce que Boris Eltsine devienne le président d’une Russie démembrée. Washington s’est habitué à la soumission de Eltsine et s’est lui-même absorbé dans ses guerres au Moyen-Orient, attendant de Vladimir Poutine qu’il perpétue la vassalité de la Russie.

 Cependant, lors de la 43e Conférence de Munich sur la politique de sécurité, M. Poutine a déclaré: « je considère que le modèle unipolaire est non seulement inacceptable mais aussi impossible à tenir dans le monde d’aujourd’hui. »

Poutine a poursuivi en disant :

« Nous voyons un mépris croissant des principes fondamentaux du droit international, et les normes juridiques indépendantes sont, de fait, devenues de plus en plus proches des systèmes juridiques d’un État. Un Etat et, bien sûr, d’abord et avant tout les États-Unis, ont outrepassé leurs frontières nationales dans tous les sens du terme. Ceci est visible dans les mesures économiques, politiques, culturelles et éducatives qu’ils imposent aux autres nations. Eh bien, qui aime cela ? Qui est heureux avec cela ? »

Lorsque Poutine a publié ce défi fondamental à la Puissance Unique américaine, Washington était préoccupé par son manque de succès dans ses invasions de l’Afghanistan et de l’Irak. La mission n’était pas un succès.

En 2014, il était venu à l’attention de Washington, tandis qu’ils faisaient sauter mariages, funérailles, anciens du village et matchs de football des enfants au Moyen-Orient, que la Russie était devenue indépendante du contrôle de Washington et présentait un formidable défi pour la puissance unilatérale de Washington. Poutine a bloqué l’invasion de la Syrie planifiée par Obama et le bombardement de l’Iran.

La montée indéniable de la Russie a recentré Washington du Moyen-Orient vers les vulnérabilités de la Russie.

L’Ukraine, longtemps un élément constitutif de la Russie et par la suite l’Union soviétique, a été séparée de la Russie dans le sillage de l’effondrement soviétique suite aux manœuvres de Washington. En 2004, Washington avait essayé de capturer l’Ukraine pendant la Révolution Orange, qui échoué à remettre l’Ukraine dans les mains de Washington. Par conséquent, selon la Secrétaire d’État Adjoint néocon Victoria Nuland, Washington a dépensé 5 milliards de dollars sur la décennie suivante pour le développement d’organisations non gouvernementales ukrainiennes (ONG) qui pourraient être appelées dans les rues de Kiev et pour la formation de leaders politiques ukrainiens prêts à représenter les intérêts de Washington.

 Washington a lancé son coup d’Etat en Février 2014 avec des manifestations orchestrées qui, par l’ajout de violences, ont entraîné le renversement et la fuite du gouvernement démocratiquement élu de Victor Ianoukovitch. En d’autres termes, Washington a détruit la démocratie dans un nouveau pays par un coup d’état avant que la démocratie ne puisse prendre racine.

 La démocratie ukrainienne ne signifiait rien pour Washington. Washington avait l’intention de se saisir de l’Ukraine afin de créer un problème de sécurité pour la Russie et aussi pour justifier les sanctions contre « l’agression russe » dans le but de rompre les relations économiques et politiques croissantes de la Russie avec l’Europe. Washington craignait que ces relations puissent saper la mainmise de Washington sur l’Europe.

Les sanctions sont contraires aux intérêts de l’Europe. Néanmoins les gouvernements européens ont satisfait aux intentions cachées de Washington. La raison m’a été expliquée il y a plusieurs décennies par le Docteur Président du comité de thèse, qui est devenu secrétaire adjoint à la Défense pour les affaires de sécurité internationale. J’ai eu l’occasion de lui demander comment Washington a réussi à faire agir des gouvernements étrangers dans l’intérêt de Washington plutôt que dans l’intérêt de leur propre pays. Il m’a répondu, « l’argent. » Je lui ai dit, « vous voulez dire aide étrangère? ». Il a répondu, « non, nous donnons des sacs remplis d’argent aux politiciens. Ils nous appartiennent. C’est de nous qu’ils répondent ».

 Le journaliste allemand Udo Ulfkotte a récemment écrit un livre, Journalistes corrompus, dans lequel il a indiqué que, comme lui auparavant, tous les journalistes européens importants travaillent comme agents de la CIA.

 Cela ne me surprend pas. La situation est identique aux États-Unis.

Alors que l’Europe devient un appendice de Washington, un ensemble d’Etats vassaux, l’Europe rend possible la quête hégémonique de Washington au point même d’être entraînée dans un conflit avec la Russie dans une « crise » qui est entièrement une création de propagande de Washington.

 Les médias déguisent la réalité. Pendant le régime Clinton, six sociétés dites méga-médias ont été autorisées à acquérir 90% de la presse américaine, TV, radio, et de divertissement ; une concentration qui a détruit la diversité et l’indépendance. Aujourd’hui, les médias à travers le monde occidental servent de ministères de la propagande pour Washington. Les médias occidentaux sont le Ministère de la Vérité de Washington. Gerald Celente, le prévisionniste de tendances, appelle les médias occidentaux « presstitutes, » une combinaison de « prostituées » et de « presse ».

Aux États-Unis, la Russie et Poutine sont diabolisés 24h sur 24. Chaque émission nous alerte sur « la menace russe. » Même les expressions du visage de Poutine sont analysées psychologiquement. Poutine est le nouvel Hitler. Poutine nourrit l’ambition de recréer l’empire soviétique. Poutine a envahi l’Ukraine. Poutine va envahir les Etats baltes et la Pologne. Poutine est une menace du niveau d’Ebola et de l’État Islamique. Les experts américains de la Russie, tels que Stephen Cohen, déclarent que les faits sont rejetés car « apologistes de Poutine. » Tous ceux qui osent s’excuser de la propagande anti-Poutine et anti-russe sont accusés d’être des « apologistes de Poutine », à l’instar des sceptiques du 11 septembre qui ont été rejetés comme des « théoriciens du complot ». Dans le monde occidental, les chercheurs de vérité sont diabolisés avec Poutine et la Russie.

Le monde devrait noter qu’aujourd’hui, en ce moment, la vérité est la présence la plus malvenue dans le monde occidental. Personne ne veut l’entendre à Washington, Londres, Tokyo, ou dans l’une des capitales politiques de l’empire de Washington.

 La majorité de la population américaine a sombré dans la propagande anti-russe, tout comme ils ont cru aux « armes de destruction massive  de Saddam Hussein », « l’utilisation d’armes chimiques par Assad contre son propre peuple, » les armes nucléaires iraniennes, « les mensonges sans fin à propos de Kadhafi », le 11 septembre, les chaussures explosives, les vestes piégées, les bombes dans les shampoings et les bouteilles d’eau. Il y a toujours un nouveau mensonge pour maintenir le facteur peur dans le camp des guerres sans fin de Washington et des mesures d’un état policier qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres.

> La crédulité du public a permis à Washington d’établir les bases d’une nouvelle guerre froide ou d’une frappe nucléaire préventive contre la Russie. Certains néoconservateurs préfèrent la dernière alternative. Ils pensent qu’une guerre nucléaire peut être gagnée, et ils demandent, « Quel est le but des armes nucléaires si elles ne peuvent pas être utilisés? ».

La Chine est l’autre puissance montante que la doctrine Wolfowitz exige de limiter. « Le pivot vers l’Asie » de Washington crée de nouvelles bases navales et aériennes pour contrôler la Chine et perpétuer l’hégémonie de Washington dans la mer de Chine méridionale.

Tout cela pour dire que la position de Washington est non négociable. Washington n’a aucun intérêt au compromis avec la Russie ou la Chine. Washington n’a aucun intérêt dans les faits. L’offre de Washington est la suivante: « Vous pouvez faire partie de notre nouvel ordre mondial comme nos vassaux, mais pas autrement. »

 Les gouvernements européens et, bien sûr, le petit roquet qu’est le gouvernement britannique, sont complices dans cette déclaration de guerre implicite contre la Russie et la Chine. Si on en vient à la guerre, les Européens devront payer le prix ultime pour la trahison de leurs dirigeants comme Merkel, Cameron et Hollande, pendant que l’Europe cessera d’exister.

La guerre avec la Russie et la Chine est au-delà des capacités de Washington. Toutefois, si « l’ennemi » diabolisé ne succombe pas à la pression en acceptant le leadership de Washington, la guerre sera inévitable. Washington a lancé une attaque. Comment Washington peut reculer ? N’attendez pas d’entendre le régime américain dire « nous avons fait une erreur, trouvons une solution ». Tous les candidats annoncés pour la présidence américaine est engagé envers l’hégémonie américaine et la guerre.

Washington considère que la Russie peut être isolée de l’Occident et que cet isolement va motiver les éléments sécularisés et occidentalisés en Russie, qui désirent faire partie de l’Occident, dans une opposition plus active contre Poutine. Le Saker appelle ces Russes les « intégrationnistes atlantistes ».

Après deux décennies d’infiltration de la Russie par les ONG de la cinquième colonne de Washington, le gouvernement russe a enfin pris des mesures pour réglementer les centaines d’ONG financées par l’occident à l’intérieur de la Russie et qui composent la subversion de Washington du gouvernement russe. Cependant, Washington espère toujours utiliser les sanctions pour provoquer assez de perturbation de la vie économique en Russie pour être en mesure d’envoyer des manifestants dans les rues. Le changement de régime, comme en Ukraine, est l’un des outils de Washington. En Chine, les États-Unis ont organisé les émeutes « étudiantes » de Hong Kong, en espérant qu’elles se propagent en Chine, et Washington soutient l’indépendance de la population musulmane dans la province chinoise qui borde le Kazakhstan.

Le problème avec un gouvernement qui contrôle une idéologie est que l’idéologie et non la raison dirige l’action du gouvernement. Alors que la majorité des populations occidentales manquent d’intérêt à rechercher des explications indépendantes, les populations n’imposent pas de contrainte sur les gouvernements.

Pour comprendre Washington, allez en ligne et lisez les documents néoconservateurs et leurs prises de position. Vous verrez un programme au-dessus de la loi, la morale, la compassion, et le sens commun. Vous verrez un programme du mal.

Qui est le secrétaire d’état adjoint de M. Obama dans la partie ukrainienne du monde ? C’est la néoconservatrice Victoria Nuland, qui a organisé le coup d’Etat ukrainien, qui a placé le nouveau gouvernement fantoche, qui est mariée à un néoconservateur encore plus extrême Robert Kagan.

Qui est le conseiller d’Obama à la sécurité nationale ? C’est Susan Rice, une néoconservatrice.

Qui est l’ambassadeur d’Obama à l’ONU? C’est Samantha Power, une néoconservatrice.

Maintenant, intéressons-nous vers les intérêts matériels. L’agenda néoconservateur de l’hégémonie mondiale sert le puissant complexe militaire / de sécurité dont le budget annuel d’un billion de dollars dépend de la guerre, chaude ou froide.

L’objectif caché de l’hégémonie américaine sert les intérêts de Wall Street et des méga-banques. L’impérialisme financier américain se propage à la mesure de la puissance et de l’influence de Washington. Il en va de même pour les sociétés pétrolières américaines et les sociétés agro-alimentaires américaines telles que Monsanto.

L’hégémonie de Washington signifie que les sociétés américaines obtiennent le droit de piller le reste du monde.

 Le danger de l’idéologie néoconservatrice est qu’elle est en parfaite harmonie avec des intérêts économiques forts. Aux États-Unis la gauche s’est rendue impuissante. Elle croit tous les mensonges gouvernementaux fondamentaux qui ont donné à l’Amérique un état policier incapable de produire un leadership alternatif. La gauche américaine, pour le peu qu’il en reste, croit en la version gouvernementale du 11 septembre pour des raisons émotionnelles. La gauche anti-religieuse croit en la menace posée à la liberté de pensée par une Russie chrétienne. La gauche, convaincue que les Américains sont racistes, croit aux explications du gouvernement sur l’assassinat de Martin Luther King.

 La gauche accepte la fable évidente du gouvernement sur le 11 septembre, car il est émotionnellement important pour la gauche américaine que les peuples opprimés ripostent. Pour la gauche américaine, il est émotionnellement satisfaisant que le Moyen-Orient, longtemps opprimé et exploité par les Français, les Britanniques et les Américains, ait frappé en retour et humilié la puissance unique dans l’attaque du 11 septembre.

 Ce besoin émotionnel est si puissant pour la gauche qu’il les aveugle sur l’improbabilité que quelques Saoudiens, qui ne savaient même pas piloter des avions, aient pu déjouer non seulement le FBI, la CIA et la NSA, qui espionne le monde entier, mais aussi l’ensemble des 16 agences de renseignement américaines et les agences de renseignement des états vassaux américains de l’OTAN et du Mossad israélien, qui a infiltré toutes les organisations terroristes y compris celles créés par Washington lui-même.

On ne sait comment, ces Saoudiens ont aussi réussi à déjouer le NORAD, la sécurité des aéroports, provoquant quatre échecs de sécurité en une heure le même jour. Ils ont réussi à empêcher, pour la première fois, l’US Air Force d’intercepter les avions détournés. Le contrôle du trafic aérien a, on ne sait comment, perdu sur son radar les avions de ligne détournés. Deux avions de ligne se sont écrasés, un dans la campagne de Pennsylvanie et l’autre sur le Pentagone, sans laisser de débris. Le passeport du responsable de l’attaque, Mohammed Atta, a été stipulé comme le seul élément intact retrouvé dans les débris des tours du World Trade Center. L’histoire du passeport était si absurde qu’elle a dû être modifiée.

Ce récit invraisemblable n’a pas fait soulever un seul sourcil dans les médias presse et TV occidentaux si bien dressés.

 La droite est obsédé par l’immigration des peuples à peau foncée, et le 11 septembre est devenu un argument contre l’immigration. La gauche attend que les opprimés ripostent contre leurs oppresseurs. La fable du 11 septembre survit car elle sert les intérêts de la gauche autant que la droite.

Je peux vous dire avec certitude que si la sécurité nationale américaine avait totalement échoué comme présenté dans l’explication officielle du 11 septembre, la Maison Blanche, le Congrès, les médias auraient hurlé pour une enquête. Des têtes seraient tombées dans les agences qui ont permis un tel échec de la sécurité nationale de l’état. L’embarras qu’une superpuissance puisse si facilement être attaquée et humiliée par une poignée d’Arabes agissant indépendamment de toute agence de renseignement aurait créé un tel tollé qu’ils auraient du rendre des comptes.

Au lieu de cela, la Maison Blanche s’est opposée à toute enquête pendant un an. Sous la pression des familles qui ont perdu des membres de leur famille dans les tours du World Trade Center le 11 septembre, la Maison Blanche a créé une commission politique composée de politiciens contrôlés par la Maison Blanche. La commission s’est assise et a écouté le récit du gouvernement et l’a écrit. Cela n’est pas une enquête.

 Aux États-Unis, la gauche se concentre à diaboliser Ronald Reagan, qui n’avait absolument rien à voir avec tout cela. La gauche déteste Reagan parce qu’il a dû utiliser une rhétorique anti-communiste afin de garder sa base électorale tandis qu’il cherchait à mettre fin à la guerre froide face à l’opposition du puissant complexe militaro / sécuritaire.

Est-ce que la gauche est plus efficace en Europe? Pas que je sache. Regardez la Grèce par exemple. Le peuple grec s’est fait enfoncer par l’UE, le FMI, les banques allemandes et néerlandaises, et les fonds spéculatifs de New York. Pourtant, lorsqu’il leur a été présenté un candidat promettant de résister au pillage de la Grèce, les électeurs grecs lui ont donné à peine 36% des voix, suffisamment pour former un gouvernement mais pas assez pour avoir une influence auprès des créanciers.

> Après avoir paralysé leur gouvernement avec un si faible soutien électoral, le peuple grec enfonce encore l’impuissance de leur gouvernement en demandant à rester dans l’UE. Si quitter l’UE n’est pas une menace crédible, le gouvernement grec perd tout pouvoir de négociation.

> De toute évidence, la population grecque a subi un lavage de cerveau si profond sur la nécessité de faire partie de l’UE qu’elle est prête à être économiquement dépossédée plutôt que de quitter l’UE. Ainsi, les Grecs ont perdu leur souveraineté et leur indépendance. Un pays sans sa propre devise n’est pas, et ne peut pas être, un pays indépendant.

> Dès que les intellectuels européens ont apposé leur signature à l’UE, ils ont soumis les nations à la vassalité, à la fois aux bureaucrates de l’UE et à Washington. Par conséquent, les pays européens ne sont pas indépendants et ne peuvent pas exercer une politique étrangère indépendante.

> Leur impuissance signifie que Washington peut les conduire à la guerre. Pour bien comprendre l’impuissance de l’Europe jetons à oeil à la France. Le seul leader en Europe digne de ce nom est Marine Le Pen. A peine prononcé, je suis immédiatement dénoncé par la gauche européenne comme un fasciste, un raciste, et ainsi de suite. Cela montre immédiatement la réponse conditionnée de la gauche européenne.

 Ce n’est pas moi qui partage les vues de Le Pen sur l’immigration. C’est le peuple français. Le parti de Le Pen a remporté les dernières élections européennes. Le Pen est synonyme de l’indépendance française de l’UE. La majorité des Français se considèrent comme français et veulent rester français avec leurs propres lois et coutumes. Seule Le Pen parmi les politiciens européens a osé déclarer qu’à l’évidence: « Les Américains nous conduisent à la guerre ! ».

 Malgré le désir français pour l’indépendance, les Français vont élire le parti de Le Pen à l’UE mais ne lui donneront pas les votes pour gouverner la France. Les Français renient leur propre indépendance parce qu’ils sont fortement conditionnés par le lavage de cerveau, en grande partie venu de la gauche, et ont honte d’être racistes, fascistes, et tout autre épithète attribué au parti politique de Le Pen, un parti qui prend position pour l’indépendance de la France.

La gauche européenne, jadis une force progressiste, même révolutionnaire, est devenue une force réactionnaire. Il en est de même aux États-Unis. Je dis cela comme l’un des contributeurs populaires de Counterpunch.

 L’incapacité même d’intellectuels à reconnaître et à accepter la réalité signifie que les oppositions aux néoconservateurs ne sont présentes nulle part, sauf en Russie et en Chine. L’Occident est incapable d’empêcher l’Armageddon.

Tout dépend de la Russie et de la Chine, car Washington a formulé le dilemme de telle manière que pour éviter l’Armageddon, la Russie et la Chine doivent accepter de devenir des vassaux.

Je ne crois pas que cela se produira. Pourquoi des gens qui se respectent ne soumettraient à un Occident corrompu?

L’espoir repose sur Washington pour qu’il provoque la rébellion chez ses vassaux européens en les poussant trop fort au conflit avec la Russie. L’espoir que les pays européens soient contraints à une politique étrangère indépendante semble aussi être la base de la stratégie du gouvernement russe.

Peut-être que les intellectuels peuvent aider à faire concrétiser cet espoir. Si les politiciens européens venaient à rompre avec l’hégémonie de Washington et au lieu de cela venaient à représenter les intérêts européens, Washington serait privé de couverture pour ses crimes de guerre. Les agressions de Washington seraient limitées par une politique étrangère européenne indépendante. La destruction du modèle néoconservateur de puissance unique serait alors visible, même à Washington, et le monde deviendrait un endroit plus beau et plus sûr.

Paul Craig Roberts


 

Choc de civilisation ou choc des ignorances : La réalité des choses

Par Chems Eddine Chitour

Mondialisation.ca, 02 juillet 2015

 

 

«La barbarie n’appartient pas à la préhistoire de l’humanité, elle est l’ombre qui l’accompagne à chaque pas.»

Alain Finkielkraut

 

Le spectre de la peur est agité suite à l’attentat dans des conditions troubles en Isère (France) . Le Premier ministre Manuel Valls a évoqué la lutte contre le terrorisme, employant le terme de «guerre de civilisation» lors de l’émission Le «Grand Rendez-vous» d’Europe 1-ITele-Le Monde. Il a cependant précisé: «Ce n’est pas une guerre entre l’Occident et l’islam.» «Nous ne pouvons pas perdre cette guerre parce que c’est au fond une guerre de civilisation. C’est notre société, notre civilisation, nos valeurs que nous défendons» «Ce n’est pas une guerre entre l’Occident et l’islam», a-t-il insisté. Cette «bataille se situe aussi, et c’est très important de le dire, au sein de l’islam. Entre d’un côté un islam aux valeurs humanistes, universelles, et de l’autre un islamisme obscurantiste et totalitaire qui veut imposer sa vision à la société». (1)

 Est-ce la réalité? Les citoyens français pour certains de confession musulmane sont montrés du doigt et des amalgames peuvent être faits par ceux qui ne veulent pas la paix en France.

Les réactions de la classe politique

A droite justement, c’est l’euphorie. La formule de «guerre de civilisation» n’a rien d’anodin. Et elle avait été utilisée, après les attentats de janvier à Paris et au Danemark en février, par Nicolas Sarkozy. L’ancien chef d’Etat expliquait que les attentats relevaient «d’une guerre déclarée à la civilisation. Au parti Les Républicains on se réjouit que le Premier ministre utilise ce terme, estimant que Manuel Valls fait désormais preuve de «réalisme». Cependant, la formule n’a pas fait mouche parmi les centristes ou au Front national. «Ce n’est pas une guerre de civilisation, c’est une guerre de la barbarie contre la civilisation.»

 «Je ne partage pas cette vision héritée de George W. Bush», déclare le député PS Pascal Cherki, Julien Dray (PS) fustige «l’amalgame idéologique» de Manuel Valls L’emploi de la notion de guerre de civilisation par Manuel Valls fait craindre au secrétaire national du PS qu’elle encourage une division encore accrue de la société française «Il n’y a pas de guerre de civilisation’. ´´Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde´´, disait Camus», cite Julien Dray. «Il faut éviter la peur. Parce que chacun va assimiler son voisin à un djihadiste présupposé, chacun va assimiler toute une communauté à une menace. Le moment aujourd’hui, implique de savoir raison garder. Parce que les premières victimes du djihadisme, ce sont d’abord les communautés musulmanes dans différents pays», Pour combattre le salafisme, j’ai besoin des musulmans, et de toute la communauté française rassemblée». Pour le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. «Manuel Valls a raison: les fanatiques islamistes veulent la guerre de civilisation.»

Les réactions indignées des « concernés » par les amalgames

 Pour Abdellah Zekri président de l’Observatoire de lutte contre l’islamophobie.:

«Ces propos sont inqualifiables et insoutenables. Il a parlé dernièrement d’islamofascisme et là, il récidive. Manuel Valls parle de guerre de civilisation, il faut qu’il définisse et explique contre quelle civilisation il veut faire la guerre. Avec ses dires, il a choqué les musulmans de France et à travers le monde. S’il veut combattre Daech et le terrorisme, il a besoin des musulmans qui pensent que l’islam est une religion de paix et de tolérance. Je pense que le président de la République devrait se prononcer à propos des déclarations de son Premier ministre pour essayer de ramener l’apaisement. (…) »(3)

 « Il y a, certes, des lieux de culte salafistes et des salafistes qui sont présents en France. Le Premier ministre et son ministre de l’Intérieur passent leur temps à dire qu’il y a 150 lieux de prières tenus par les salafistes. Qu’est-ce qu’ils attendent pour fermer ces lieux et pour expulser ces gens chez eux? (…) La France et les USA ont une part de responsabilité dans ce terrorisme latent qui est en train de déstabiliser certains pays et la première victime est le monde musulman et non le monde européen. (…) C’est plutôt le comportement de certains musulmans de France qui est choquant. Est-il juste qu’ils prient tarawih sur la voie publique avec des haut-parleurs alors qu’aucune église n’est autorisée à organiser les messes selon le rite chrétien dans un pays musulman?» (3)

Le Choc des civilisations

 Il est usage de croire que le lit de la croisade néo- conservatrice de Bush a été légitimée par toute une littérature  qui s’est fixée d’abord un but pour l’Amérique Celui d’une reconquête du monde à travers d’une étude celle du PNAC ( Project for New American Century), Projet pour un Nouveau Siècle Américain. . Ensuite, il fallu ensuite trouver des idéologues capables d’expliquer le nouveau monde après la chute de l’URSS, et de ce fait chercher un nouvel adversaire seul capable d relancer la machine de guerre américain. C’est à cette époque qu’on on entend parler du Choc des civilisations. L’ennemi était tout trouvé, il tombait du ciel, l’islam fut le Nouveau Satan de rechange qui remplace l’Empire du mal selon l’expression de Ronald Reagan à propos de l’Union Soviétique. La croisade était donc dans l’air. Bush n’a fait qu’exécuter les ordres de ses conseillers pour la plupart de plus sionistes.

 Le Choc des civilisations (The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order) est le titre d’un ouvrage de l’Américain Samuel Huntington, professeur à Harvard, paru en 1996 Le projet de Huntington est d’élaborer un nouveau modèle conceptuel pour décrire le fonctionnement des relations internationales après l’effondrement du bloc soviétique à la fin des années 1980. Il s’appuie sur une description géopolitique du monde fondée non plus sur des clivages idéologiques «politiques», mais sur des oppositions culturelles plus floues, qu’il appelle «civilisationnelles», dans lesquelles le substrat religieux tient une place centrale, et sur leurs relations souvent conflictuelles. Après la guerre froide, le modèle bipolaire n’est plus pertinent pour expliquer la nature des relations internationales et d’autres modèles ont émergé. Le modèle le plus célèbre est celui de Francis Fukuyama qui a avancé la thèse de la fin de l’histoire, il défend l’idée que la progression de l’histoire humaine, envisagée comme un combat entre des idéologies, touche à sa fin avec le consensus sur la démocratie libérale qui tendrait à se former après la fin de la Guerre froide». (4)

  «Mais pour Huntington si le monde est devenu différent après la chute du mur, il n’est pas devenu pacifique et l’harmonie n’est qu’une illusion déjà rencontrée à la fin de la Première Guerre mondiale avec le concept de «der des der» qui n’a pas empêché la montée du fascisme et des nationalismes ayant débouché sur la Seconde Guerre mondiale qui elle-même a engendré la guerre froide.(…) Pour Huntington, les civilisations ont toutes pour origine une grande religion qui en a formé le socle moral et politique». (4)

La débâcle du Monde arabe n’est pas liée à l’Islam

Il y a quelques années, déjà je tenais  à propos des Arabes un jugement sans concession qui n’a pas pris un pli  «Depuis la chute de l’empire soviétique, écrivais-je en 2009 il est apparu que la guerre froide, n’ayant plus raison d’être, des idéologues américains ont cherché et trouvé comment donner un leadership à l’Amérique.  Ceci a donné lieu après l’invasion de l’Irak, à l’avènement d’un «Nouvel ordre mondial» à des floraisons d’étude. Cela va de «La Fin de l’histoire» de Francis Fukuyama, à Samuel Huntington avec «Le Clash des civilisations» qui désigne le péril vert et le péril jaune comme adversaires de la civilisation judéo-chrétienne. L’Islam, «Le tiers exclu de la révélation abrahamique» est le bouc émissaire des maux actuels de l’Occident. Une étude de The Pew Forum on religion & public life sur les musulmans du monde, intitulée Mapping the Global Muslim Population est édifiante. Si l’on compte 1,57 milliard de musulmans (23% de la population mondiale), l’Asie représente la plus grande proportion d’entre eux, soit plus de 60% du total. Les quatre pays les plus peuplés de musulmans sont, dans l’ordre: l’Indonésie (202 millions), le Pakistan (174 millions), l’Inde (160 millions) et le Bangladesh (145 millions). Le pays arabe le plus peuplé de musulmans n’arrive qu’en cinquième position, c’est l’Egypte (78 millions). L’Afrique du Nord et le Proche-Orient ne comptent que 315 millions de musulmans (20% du total), suivis de l’Afrique subsaharienne (240 millions) (5)

 «Quels sont les rêves secrets des Musulmans? Un ouvrage important écrit par John L. Esposito, un des meilleurs spécialistes américains de l’Islam, et Dalia Mogahed, une analyste Who speaks for Islam? What a billion muslims really think («Qui parle au nom de l’Islam?»). Alain Gresh, qui le présente, écrit: «Cet ouvrage s’appuie sur une très large enquête d’opinion, à travers plus de 35 pays et plus de 90% des 1,3 milliard de musulmans. «Les musulmans n’ont pas une vision monolithique de l’Occident. Ils jugent les différents pays en fonction de leur politique, pas de leur culture ou de leur religion. Leur principal rêve est de trouver du travail, pas de s’engager dans le djihad. Ceux qui approuvent des actes de terrorisme sont une minorité et cette minorité n’est pas plus religieuse que le reste des musulmans. Ce que les musulmans admirent le plus dans l’Occident, c’est sa technologie et la démocratie; ce que les musulmans condamnent le plus en Occident, c’est la «décadence morale» et la rupture avec les valeurs traditionnelles (dans des proportions similaires à celles des… Américains). Les femmes musulmanes veulent à la fois des droits égaux et le maintien de la religion dans la société alors qu’elles admirent certains aspects de l’Occident, elles n’adoptent pas toutes les valeurs de l’Occident. La majorité ne veut pas que les dirigeants religieux aient un rôle direct dans l’élaboration des Constitutions, mais est favorable à ce que la loi religieuse soit une source de la législation. Pour beaucoup, l’Islam ‘est une boussole mentale et spirituelle qui donne un sens à la vie, les guide et leur donne de l’espoir.» (5)

 «Les auteurs montrent les changements de la situation des femmes depuis quelques décennies, avec leur intégration massive dans l’éducation (notamment au niveau de l’université). Elles veulent toutes plus de droits et notamment l’égalité juridique avec les hommes, le droit de vote en dehors de toute pression familiale, la possibilité de travailler à n’importe quel poste en fonction de leur qualification (c’est notamment le cas de 76% des Saoudiennes). Pourtant, quand on leur demande si adopter les valeurs occidentales ferait avancer leur cause, seules 12% des femmes indonésiennes, 20% des Iraniennes et 18% des Turques sont d’accord. Elles pensent que l’attachement à leurs valeurs spirituelles et morales est un élément important dans les progrès que leur situation doit connaître. ‘Travailler pour le progrès des femmes en s’appuyant sur la charia plutôt qu’en l’éliminant est un thème qui renaît dans les sociétés musulmanes contemporaines’ (…) ‘.» (5)

La réalité du monde: le grand échiquier

 Une toute autre thèse que celle de Huntington et qui a été le bréviaire des néoconservateurs sionistes est celle de Zbigniew Brezinski dans son ouvrage «Le Grand échiquier».  La finalité est la même , mais  comme nous allons le lire , l’analyse  de Brezinski est beaucoup plus fine,  voire même prophétique tant il est vrai que ce qu’il écrivait presque à la même époque en  1997, que Huntington est entrain de se réaliser

Pour Gérard Chalian directeur du Centre d’étude des conflits, qui a préfacé l’ouvrage de Brezinski, :

> «Le choc des civilisations est un thème ancien. À la veille de la Première Guerre mondiale, lorsque l’Europe dominait le monde, celle-ci s’inquiétait déjà du «péril jaune». Pourtant, depuis deux siècles au moins, l’histoire était faite par les «Blancs» et leurs rivalités constituaient, tant en Europe qu’outre-mer. L’essentiel des relations internationales. De 1792 à 1945, militairement, la supériorité des Européens est quasi absolue comme le montre aussi bien l’expédition de Bonaparte en Egypte que le recul continu de l’Empire ottoman. Seul le Japon, en empruntant les techniques occidentales, parvient en 1905 à battre la Russie. Aujourd’hui, le retour sur la scène internationale de ce qu’on appelait le tiers-monde ramène l’attention sur des civilisations tenues, hier encore, pour négligeables sur le plan des rapports de force.» (6)

 «En désignant désormais les civilisations comme les protagonistes de l’histoire, Samuel Huntington semble oublier que le triomphe persistant de l’idée occidentale de l’Etat-nation établit des divisions et des rivalités à l’intérieur même des civilisations. N’est-ce point toute l’histoire de l’Europe depuis au moins le XVIIIe siècle? Comment peut-on considérer l’islam comme un adversaire global dans un monde où s’opposent la Syrie et l’Irak, l’Arabie saoudite et l’Iran, le Maroc et l’Algérie? Où même cinquante années d’antagonisme aigu avec Israël n’ont pu susciter l’unité arabe autrement que de façon circonstancielle?» (6)

«Les États-Unis ne sont-ils pas, depuis longtemps déjà, les alliés de la Turquie, de l’Indonésie, du Pakistan, de l’Egypte, de la Jordanie? L’inimitié de l’ Irak, de la Libye ou du Soudan et de quelques mouvements extrémistes, suffisent-ils à fonder une hostilité structurelle avec l’islam? Hier fondé sur la race (péril jaune), le fantasme aujourd’hui s’est transposé sur le religieux. Quant aux confucéens, personne n’ignore les antagonismes multiséculaires entre le Viêtnam et la Chine ou plus récemment entre la Corée et le Japon. Le livre de Samuel Huntington a certes d’autres vertus, mais sa thèse centrale repose sur cet amalgame. Rien de tel chez Zbigniew Brezinski. Les Etats-Unis règnent comme superpuissance unique et l’avenir se joue sur la scène eurasiatique où ils sont pour une durée indéterminée en position d’arbitre. Aucun Etat ne pourra au cours des 30 prochaines années disputer aux Etats-Unis la suprématie dans les quatre dimensions de la puissance: militaire, économique, technologique et culturelle.» (6)

C’était il y a  presque 20 ans depuis, l’ascension fulgurante de la Chine a suscité des inquiétudes à Washington, parce que la Chine est une menace pour ses voisins et pour les intérêts nationaux américains. L’ancienne secrétaire d’État, Hillary Clinton, avait déclaré avec raison «La politique future sera décidée en Asie, pas en Afghanistan ou en Irak, et les États-Unis seront en plein coeur des évènements», Magazine Foreign Policy.

> L’impasse radicale du modèle néolibéral

Parler de guerre de civilisation dénote une méconnaissance réelle des grands enjeux du monde. Le vrai problème qu’on occulte est un problème de prédation planétaire. Tout est bon pour créer le chaos. Si Daesh prospère c’est que quelque part on le laisse faire et on l’encourage d’une façon indirecte quand le pétrole irakien à 30 dollars en Turquie à des intermédiaires européens. Le vrai problème c’est que nous allons vers  un chaos voulu, entretenu, encouragé, structuré pour que les personnes, notamment du Sud, passent leur temps à chercher ce qu’elles sont plutôt qu’à aller à la conquête de la science.

 C’est en fait le capitalisme triomphant qui fait son miel du malheur du monde et principalement de l’Islam arabe, les autres Islam qui représentent plus de 80% ne sont pas concernés. Parler de guerre de civilisation ne veut rien dire car les valeurs de la tolérance, de liberté, les droits humains ne sont pas qu’occidentales et peuvent être revendiquées par tous les citoyens du monde. Comment ne pas donner crédit à un rapport secret «le rapport Lugano», conçu par des experts américains. Dans cette apocalypse annoncée et qui selon le juste mot de Susan George, les experts sont les légionnaires de la mondialisation, il est recommandé aux grands de ce monde, de favoriser dans les pays vulnérables l’émiettement identitaire et la fragmentation, de telle façon «à ce que les intéressés passent plus de temps à se demander ce qu’ils sont que de se mettre au travail».(7)

 Il n’y a pas de mon point de vue de choc des civilisations. Par contre, il y a un choc des ignorances surtout dans le fait de refuser d’écouter cette communauté qu’on veut à tout prix monolithique, coupable et qui doit passer son temps à s’excuser à s’aplatir en vain. N’en déplaise aux boutefeux pour la plupart qui émargent au CRIF et qui veulent arriver au grand remplacement à l’envers tel que suggéré par Eric Zemmour, les musulmans en France sont d’abord des citoyens français à part entière; l’Islam de France ou encore l’Islam gallican pour reprendre la belle expression de Jacques Berque pourrait être un référent si le temps lui est donné, à travers une formation adéquate en phase avec les lois de la République, de pouvoir graduellement contribuer par un discours du vrai  islam maghrébin depuis quatorze siècles fait d’empathie et de tolérance à contribuer à la sérénité de la République et non pas à cette atmosphère où le voisin basané est frappé de suspicion… Les cités ou ghettos, le chômage et l’assistanat, l’huile sur le feu pour tout ce qui y trouvent leur compte dans la marginalisation de ces Français entièrement à part,    sont autant de vecteurs d’émiettement de la République qui devrait prouver encore et toujours sa forte volonté intégratrice et prôner plus que jamais le désir d’être ensemble pour constituer Une nation,  qui doit être selon Ernest Renan, quelque soient les circonstances, notamment dans les situations difficiles,  un plébiscite de tous les jours

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Notes

1.Anne-Laëtitia Béraud http://www.20minutes.fr/politique/1641275-20150628-quand-manuel-valls-utilise-terme-guerre-civilisation#xtor=RSS-176

2.http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/couacs/2015/06/28/25005-20150628ARTFIG00154-guerre-de-civilisation-julien-dray-fustige-l-amalgame-ideologique-de-manuel-valls.php

 3.http://www.tsa-algerie.com/20150629/ france-manuel-valls-a-choque-les-musulmans/

4.Le choc des civilisations; Encyclopédie Wikipédia

 5.Chems Chitour: http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-la-debacle-du-monde-arabe-l-islam-est-il-responsable-37991378.htmll

 6.Gérard Chalian: Préface de l’ouvrage de Zbigniew Brezinski: «le Grand échiquier»

7.http://www.monde-diplomatique.fr/2000/ 05/GEORGE/2263

Les USA sur le point d’entreprendre l’invasion de la Syrie. Les décideurs de Washington appellent à la division, à la destruction et à l’occupation militaire de la Syrie

Par Tony Cartalucci

Mondialisation.ca, 02 juillet 2015

 

À l’insu du grand public, ce ne sont pas les politiciens élus qui sont à l’origine des politiques qui lient leur destinée à celui de la nation ou à la sphère géopolitique. Ce sont plutôt les groupes de réflexion financés par la grande entreprise et les grands financiers – des équipes de décideurs non élus qui transcendent les élections et qui produisent des documents servant ensuite de fondement aux dispositions législatives qui reçoivent l’aval des « législateurs » et qui sont aussi repris et répétés ad nauseam par les grands médias.

 Un document de politique de ce genre a été récemment produit par le tristement célèbre groupe de réflexion US Brookings Institution, document intitulé Deconstructing Syria: Towards a regionalized strategy for a confederal country [Déconstruction de la Syrie : vers une stratégie régionale pour la création d’un pays confédéré]. Cette conspiration à découvert, signée et datée, visant à diviser, à détruire, puis à occuper progressivement une nation souveraine située à des milliers de kilomètres des rives de l’Amérique illustre de manière peu rassurante à quel point l’impérialisme moderne demeure dangereux et tenace, même en ce 21e siècle.

Le groupe armé État islamique (EI) comme prétexte : les USA ont versé des milliards de dollars à des « modérés » qui n’existent pas

 Les auteurs de ce document admettent ouvertement que les USA ont fourni des milliards de dollars pour armer et entraîner des militants qui ont servi à alimenter un conflit dévastateur aux proportions de plus en plus régionales. Ils admettent que les USA maintiennent des opérations en Jordanie et en Turquie, membre de l’OTAN, afin d’injecter encore plus d’armes, d’argent liquide et de combattants dans ce conflit déjà catastrophique, et qu’ils devraient même élargir leurs opérations.

Ils relatent ensuite l’ascension du prétendu « État islamique » (EI), sans toutefois expliquer la provenance de son financement et de ses armes. Le lecteur comprendra sans peine que si les États‑Unis ont engagé des milliards de dollars en argent comptant, en armement et en entraînement pour soutenir sur de multiples fronts de prétendus « modérés » qui, en somme, n’existent pas sur le champ de bataille, un soutien étatique plus grand encore serait requis pour la création et le maintien d’e l’EI et du Front al‑Nosra d’al‑Qaida qui, de l’aveu même de la Brookings Institution, dominent sans conteste l’« opposition ».

En réalité, les lignes d’approvisionnement d’e l’EI conduisent tout droit aux zones opérationnelles US en Turquie et en Jordanie, car c’est bien l’Ei et al‑Qaida que l’Occident prévoyait utiliser avant même que le conflit n’éclate en 2011, et sur lesquels il a depuis fondé sa stratégie – y compris la plus récente étape de la campagne.

 

Image : Au dire de tous, y compris des groupes de réflexion et des grands médias occidentaux, le territoire du groupe armé État islamique englobe des corridors qui vont jusqu’à la Turquie, membre de l’OTAN, et jusqu’à la frontière de la Jordanie, alliée des USA. Ces deux pays hébergent un personnel militaire US considérable ainsi que des contingents de la CIA et des forces spéciales. Il va de soi que l’EI est une création et un prolongement de l’Occident qui subsiste grâce au flux constant de fournitures provenant de ces deux bases d’opération.

L’invasion US de la Syrie

Après avoir armé et financé une armée de terroristes d’al‑Qaida occupant littéralement la superficie d’une région entière, les États‑Unis prévoient maintenant profiter du chaos qui en résulte pour justifier ce qu’ils recherchent depuis le début du conflit, alors qu’il était devenu évident que le gouvernement syrien n’allait ni capituler ni s’effondrer – soit l’établissement de zones tampons aujourd’hui qualifiées par la Brookings Institution de « zones sécuritaires».

Une fois créées, ces zones accueilleront des forces armées US, qui occuperont littéralement des territoires syriens saisis, nettoyés par des alliés interposés, dont des groupes kurdes et des bandes de combattants d’al‑Qaida dans le Nord, et des milices terroristes étrangères opérant le long de la frontière jordano‑syrienne dans le Sud. La Brookings Institution va même jusqu’à admettre que plusieurs de ces zones seraient créées par des extrémistes, mais que les critères de « pureté idéologique » seraient en quelque sorte « abaissés ».

Image : L’Occident n’a que légèrement voilé son soutien à al‑Qaida et à l’EI à un grand public impressionnable. Dans les milieux politiques, les propos concernant l’utilisation d’al‑Qaida pour diviser et détruire les ennemis de Wall Street partout dans le monde sont animés et enthousiastes.

> Les États‑Unis supposent que lorsqu’ils se seront approprié ce territoire et que des troupes US y seront stationnées, l’Armée arabe syrienne n’osera pas attaquer de crainte de provoquer une réaction militaire US directe contre Damas. Dans son document, la Brookings Institution affirme ce qui suit (c’est nous qui soulignons) :

 L’idée serait d’aider les éléments modérés à établir des zones sécuritaires fiables à l’intérieur de la Syrie lorsqu’ils seraient en mesure de le faire. Les forces étasuniennes, de même que les forces saoudiennes, turques, britanniques, jordaniennes et autres forces arabes, agiraient comme soutiens, non seulement à partir des airs, mais par la suite au sol, et ce, par l’intermédiaire des forces spéciales. La stratégie mettrait à profit le terrain désertique ouvert de la Syrie, qui permettrait la création de zones tampons où serait surveillé tout signe d’attaque ennemie au moyen d’outils technologiques, de patrouilles et autres méthodes pour la mise en place desquelles les forces spéciales externes pourraient venir en aide aux combattants syriens locaux.

Si Assad était assez bête pour menacer ces zones, et même s’il parvenait en quelque sorte à forcer le retrait des forces spéciales externes, il perdrait sans doute sa puissance aérienne au cours des frappes de représailles qui s’ensuivraient, menées par ces mêmes forces, ce qui priverait ses militaires de l’un des seuls avantages dont ils bénéficient par rapport à l’EI. Il serait donc peu probable qu’il le fasse.

> En un seul énoncé, la Brookings Institution admet que le gouvernement syrien n’est pas engagé dans une guerre contre son peuple, mais contre l’« Etat islamique » (EI). Il est évident que la Brookings Institution, les politiciens et autres stratèges partout en Occident se servent de la menace que représente l’EI combinée à celle d’une intervention militaire directe comme levier devant finalement leur permettre d’envahir le territoire syrien pour se l’approprier entièrement. 

L’invasion pourrait réussir, mais pas au profit des alliés interposés des USA

 Le plan tout entier suppose de la part des États‑Unis d’abord la capacité de s’approprier ces « zones » et de s’y maintenir et, ensuite, celle de les articuler en régions autonomes fonctionnelles. Des tentatives similaires de « construction de nations » par les USA sont aujourd’hui visibles en Afrique du Nord dans l’État en déroute qu’est devenue la Libye, voisine sud‑est de la Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Somalie… la liste est longue.

> La folie de ce plan, tant par les tentatives de recourir pour le mettre en œuvre à une crédibilité non existante et à la force militaire, que du fait de ceux qui sont suffisamment bêtes pour faire confiance à un pays qui a laissé dans son sillage à l’échelle de la planète une bande de destruction et d’États en déroute allant du Vietnam du Sud à la Libye, aller-retour, ne peut être qualifiée que de monumentale.

> Il est presque certain que cette stratégie peut servir à achever la destruction de la Syrie. Elle ne peut toutefois pas servir à réaliser l’une ou l’autre des promesses que feront les États‑Unis, quelles qu’elles soient, pour obtenir la coopération des divers acteurs nécessaires à sa réussite.

>

 Image : « Libérée » par les USA et par l’OTAN, la Libye est sous la domination d’al‑Qaida, qui s’est récemment rebaptisée elle‑même EI. Les allégations des décideurs US selon lesquelles leur invasion progressive de la Syrie se traduira par quelque chose de différent pour les Syriens sont à tout le moins malhonnêtes.

 Il existe assurément des mesures que la Syrie, ses alliés l’Iran et le Hezbollah, de même que la Russie, la Chine et d’autres nations qui subissent les menaces hégémoniques occidentales peuvent prendre pour empêcher les forces US de s’approprier et de conserver des parties du territoire syrien et de réaliser ce qui constitue essentiellement une lente invasion. Déjà, les USA ont utilisé comme prétexte la présence de leurs propres hordes d’ISIS pour se livrer à des opérations militaires sur le territoire syrien, ce qui, comme prévu, a conduit à l’étape suivante d’invasion progressive.

 Une augmentation des forces de maintien de la paix non otanaises en Syrie pourrait en définitive faire échec aux plans de l’Occident. La présence d’Iraniens, de Libanais, de Yéménites, d’Afghans ou d’autres forces partout en Syrie, particulièrement en bordure de la « zone » que les USA s’efforcent de créer, pourrait placer ces derniers devant l’éventualité d’une confrontation multinationale pour laquelle ils n’ont ni la volonté politique ni les ressources nécessaires.

 En dernière analyse, la capacité de la Syrie et de ses alliés à opposer une force de dissuasion suffisante à l’agression US en Syrie, et ce, tout en coupant les lignes logistiques utilisées par les USA pour approvisionner ISIS et d’autres groupes terroristes actifs en Syrie et en Irak, sera déterminante pour la survie de la Syrie.

Tony Cartalucci

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L'Egypte, sur la voie de la "Syrisation".

4 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #Terrorisme, #le nazisme, #L'OTAN., #AMERIQUE

L'Egypte, sur la voie de la "syrisation"?

IRIB- Le célèbre journaliste arabe, Abdel Bari Atwan,

prédit, dans son plus récent article, l'émergence d'un nouvel Irak, d'un nouveau Yémen, voire, de nouvelles Syrie et Libye, en Egypte. Dans son article, l'auteur revient sur les 15 attaques terroristes, qui ont visé les forces de sécurité, au Sinai.

"Le Caire est sur le pointde devenir un nouvel Alep ...Les explosions terroristes secouent la ville, les voitures piégées tuent le Procureur général Hicham Barakat, l'homme qu'on croyait le mieux protégé et huit de ses compagnons. Les F-16 égyptiens bombardent le Sinaï, et 70 efectifs de sécurité se font massacrer par les terroristes ... Tout ceci montre que le Sinaï n'a rien moins d'un Kobané ou même d'un Falloujah. Il n'est pas impossible de se lever, un matin, et d'entendre la mise à exécution du verdicte de mort émis contre Morsi ou le Chef des Frère musulmans, Mohammad Badih. L'Egypte marche, très  rapidement, sur les pas de la Syrie, de la Libye, du Yémen et de l'Irak. Or, l'exécution de Morsi ne fera qu'attiser les tensions et le terrorisme, en Egypte, cette voie est sombre et conduira droit l'Egypte vers l'abîme, ôtant toute possibilité d'une sortie du marasme économique. Nasser a réprimé les Frères, il a exécuté leur Chef, Seyyed Qotb, mais il a fait tout ceci, sur fond de réformes économiques et agraires très importantes et bien réussies. Or, l'actuel contexte ne prête, nullement, à ce genre de manoeuvre. Sadate, au contraire, s'est rallié aux Frères contre la gauche et les nationalistes, pour combattre Israël et libérer le Sinaï. Mais les alliances de l'actuel gouvernement sont opaques. On ne sait qui coopère avec qui ..Fort malheureusement,  Israël ne figure pas au nombre des ennemis de Sissi. Or, le vrai danger, qui menace l'Egypte, ne vient pas des Frères, mais de Daech, qui contrôle la quasi tonalité du Sinaï.
Daech est, aussi, sur le point d'étendre son influence, dans toutes les directions. Il va sans dire que ceux qui ont tué le Procureur général méritent un châtiment. Mais pensons, un instant, aux conséquences des verdicts de mort que ce procureur allait s'apprêter à mettre à exécution....La mort des dizaines de chefs fréristes aurait pu mettre le feu à toute l'Egypte, avec, en toile de fond, des milliers de partisans des Frères armés et prêts à en découdre avec l'armée!!! Mais Sissi peut-il sauver l'Egypte, via les pétrodollars saoudiens, des armements russes, américains ou la guerre contre les Frères musulmans? Non. L'Egypte a besoin d'une troisième voie. Celle de la solidarité nationale, de la réconciliation, et ce, en prévision de l'effusion du sang à venir. Cette troisième solution passe par l'armée égyptienne, une armée, qui est la seule garante de la sécurité de l'Egypte.....

 

LEMONDE.FR | 25.04.06 | 15h18 • Mis à jour le 03.05.06 | 23h50

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de "Tous fichés" , mercredi 03 mai 2006

 

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Chronique de Syrie, juin 2015.

28 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Terrorisme, #L'OTAN., #AMERIQUE, #le nazisme

Chronique de Syrie, juin 2015

Chronique de Syrie, juin 2015.

Les événements en Syrie ont évolué ces dernières semaines conformément au scenario prévu dans les colonnes de Sputnik auparavant.

Ce scénario envisageait une nouvelle réalité sur le terrain, nouvelle réalité qui s’est confirmée par un équilibre des forces renouvelé entre les différents acteurs du conflit.

Au sud du pays, l’offensive des rebelles continue le long d’un axe grand sud allant de Quneitra à la province de Sweida en passant par Daraa. Ce front sud, composé de plusieurs milliers de soldats, concentre principalement son offensive sur la ville de Quneitra en escomptant ainsi établir une connexion avec les périphéries sud et sud-ouest de la capitale, Damas.

Autour de Damas justement, le Hezbollah poursuit son nettoyage des monts Qalamoun, au nord de la capitale, afin d’assécher les routes d’approvisionnement vers l’est de la capitale (vers la Gouta orientale) ainsi que les flux de combattants (comme on peut le voir sur cette carte). L’opération vise également à sanctuariser la zone frontière avec le Liban, depuis laquelle nombre d’attaques ont été lancées par des djihadistes ces derniers mois.

Evolution du front sur le mont Qalamoun

Evolution du front sur le mont Qalamoun

 

Au centre du pays, dans la province d’Idlib, le long corridor terrestre sous contrôle de l’Armée syrienne a été peu à peu réduit à néant (voir carte ici), le front se stabilisant le long de la frontière de la province et le long de la pleine du Ghab. On se souvient qu’entre 200 et 300 soldats et civils s’étaient retrouvés pris au piège dans l‘hôpital de Jisr al-Shughour, tombé aux mains des rebelles djihadistes. Après avoir tenu un mois de siège et d’attentats-suicides, les forces syriennes ont réussi à organiser une opération d’évacuation d’une grande partie des survivants de l’hôpital, dont le récit est digne d’un roman de science-fiction.

Corridor d’Idlib, juin 2015

Corridor d’Idlib, juin 2015

Corridor d’Idlib, juin 2015

Corridor d’Idlib, juin 2015

Cette prise de contrôle quasi-totale de la province d’Idlib a été possible militairement par des livraisons de matériel militaire plus sophistiqué à l’opposition, mais aussi et surtout par l’afflux d’un très grand nombre de combattants étrangers (principalement du monde russophone d’Asie). On note également le soutien actif de la Turquie, que ce soit sur le plan militaire ou logistique, notamment via la livraison d’armes, ce qui a déclenché un scandale politique national au royaume d’Erdogan.

A l’est du pays, la zone sous contrôle et au contact avec l’Emirat a connu un nouveau développement tragique. Au milieu du mois de mai, Daesh lançait une gigantesque opération militaire lui permettant de prendre le contrôle de la ville de Palmyre au prix de combat coûtant la vie à plus d’une centaine de soldats loyalistes. Après la prise de contrôle de la cité antique, le groupe y a massacré plusieurs centaines de civils suspectés d’avoir des liens avec le pouvoir syrien, créant un sentiment mitigé de peur, de doute et une volonté lâche d’intervenir avec plus de fermeté contre la nébuleuse terroriste en relançant le débat consistant à savoir s’il ne fallait pas soutenir Assad « contre » l’Etat islamique.

Cette victoire a eu des conséquences terribles pour le régime tant sur le plan psychologique que stratégique: elle a totalement isolé les positions loyalistes à Deir-Ez-Zor, laissé le vide du désert entre les positions de l’EI et les villes de Homs et Hama sous contrôle du régime et enfin permis à l’EI de prendre le contrôle des champs pétroliers situés a proximité de la ville et 80% des ressources énergétiques de Syrie.

Au nord du pays, les forces kurdes continuent leurs offensives et ont réussi à unifier une large bande de territoire tout au nord du pays, le long de la frontière avec la Turquie, en prenant majoritairement des positions de l’Etat islamique, comme on peut le voir en jaune sur cette carte. Les forces kurdes, lourdement appuyées par la coalition militaire internationale, ont ainsi infligé leurs premières pertes sévères aux djihadistes et peut-être initié un certain ralentissement de leur expansion, du moins dans le nord du pays.

Situation militaire en Syrie, juin 2015

Situation militaire en Syrie, juin 2015

Dans la zone d’Alep, seconde ville du pays, principalement sous contrôle des loyalistes, et au sein de laquelle vivent près de deux millions de civils, la situation est critique. La ville fait face à une menace d’encerclement par le nord, où Daesh affronte les rebelles pour le contrôle de la dernière route d’approvisionnement militaire de Turquie (après avoir perdu les autres face aux forces kurdes) mais aussi par le sud, ce qui menacerait la dernière voie d’approvisionnement du régime. Alep va-t-elle connaître des prochains mois terribles? On peut malheureusement l’imaginer.

Et maintenant?

Au fur et à mesure que la situation évolue, la stratégie d’Assad consistant à maintenir des avant-postes en zones hostiles au nord et à l’est du pays s’avère couteuse en hommes mais également risquée d’un point de vue stratégique pour le régime.

Pour le pouvoir syrien, la bataille d’Alep devrait dans les prochains mois s’avérer cruciale afin de prouver sa capacité à garder la main sur la majorité habitée du territoire syrien, tout en protégeant les millions de civils qui y résident. A ce titre, les avancées de l’EI vers la zone centrale menacent directement l’axe central du pays, soit l’axe Damas — Hama — Lattaquié, colonne vertébrale du pouvoir aujourd’hui.

Le régime va-t-il se replier sur cette zone ou au contraire lancer un assaut pour:— Reprendre Palmyre (que l’EI a entièrement minée, craignant une offensive de l’armée) et donc le contrôle de la route de Deir Ez-Zor.
— Accentuer son effort militaire sur Alep.
Et ainsi affirmer sa volonté de présence/puissance sur l’est et le nord du pays?

Beaucoup dépendra de l’Iran, dont des responsables militaires ont récemment promis de grandes surprises en Syrie, et rappelé que Téhéran et le Hezbollah seraient au côté de Damas « jusqu’au bout ».

Alexandre Latsa

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150627/1016681707.html

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Le califat voulu par les États-Unis, par Manlio Dinucci.

14 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #le nazisme, #Terrorisme

Le califat voulu par les États-Unis

Revenant sur les documents disponibles, Manlio Dinucci affirme que sans l’ombre d’un doute
(1) Daesh est fonctionnel à la stratégie des États-Unis au Levant
(2) la CIA arme Daesh pendant que la Coalition internationale dirigée par le Pentagone fait mine de le combattre.
Cependant, son analyse diffère de celle de Thierry Meyssan pour qui Washington a deux fers au feu et choisira au dernier moment lequel lui est le plus profitable. En effet, pour Manlio Dinucci, les États-Unis poursuivent avec détermination l’installation du chaos.
Cette différence de conclusions s’explique par le fait que le consultant Thierry Meyssan observe à la fois les opérations militaires et les tractations en cours, tandis que le géographe Manlio Dinucci se fonde exclusivement sur les rapports de force sur le terrain.

| Damas (Syrie)
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Pour prendre Ramadi (Irak), Daesh est arrivé en colonne, une proie facile pour d’éventuels bombardements. Mais, à la surprise générale, la Coalition internationale n’est pas intervenue. Par contre, pour prendre Palmyre (Syrie), Daesh a pris soin de se déplacer en petits groupes coordonnés, rendant impossible une opération aérienne de l’Armée arabe syrienne. À l’évidence, la Coalition internationale n’est pas sérieuse lorsqu’elle prétend combattre les jihadistes et ceux-ci le savent.

Pendant que l’Isis (Daesh) occupe Ramadi, la deuxième ville d’Irak, et le jour suivant Palmyre dans le centre de la Syrie, en tuant des milliers de civils et en en contraignant des dizaines de milliers d’autres à la fuite, la Maison-Blanche déclare « Nous ne pouvons pas nous arracher les cheveux à chaque fois qu’il y a un obstacle dans la campagne contre l’ISIL » [1].

La campagne militaire, « Inherent Resolve », a été lancée en Irak et Syrie il y a plus de neuf mois, le 8 août 2014, par les USA et leurs alliés : France, Grande-Bretagne, Canada, Australie, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Bahreïn et autres. S’ils avaient utilisé leurs chasseurs-bombardiers comme ils l’avaient fait en Libye en 2011, les forces de Daesh, opérant dans des espaces ouverts, auraient été une cible facile. Celles-ci ont au contraire pu attaquer Ramadi avec des colonnes de véhicules blindés chargés d’hommes et d’explosifs. Les USA sont-ils devenus impuissants ? Non : si Daesh avance en Irak et en Syrie, c’est parce qu’à Washington on veut justement cela.

C’est ce que confirme un document officiel de l’Agence de Renseignement du Pentagone (DIA), daté du 12 août 2012, déclassifié le 18 mai 2015 par initiative du groupe conservateur Judicial Watch dans la compétition pour les présidentielles [2]. Il rapporte que « les pays occidentaux, les États du Golfe et la Turquie soutiennent en Syrie les forces d’opposition qui tentent de contrôler les zones orientales, adjacentes aux provinces iraniennes occidentales », en les aidant à « créer des refuges sûrs sous protection internationale ». Il existe « la possibilité d’établir une principauté salafiste en Syrie orientale, et cela est exactement ce que veulent les puissances qui soutiennent l’opposition, pour isoler le régime syrien, arrières stratégiques de l’expansion chiite (Irak et Iran) ». Le document de 2012 confirme que l’Isis (Daesh), dont les premiers noyaux viennent de la guerre en Libye, s’est formé en Syrie, en recrutant surtout des militants salafistes sunnites qui, financés par l’Arabie Saoudite et d’autres monarchies, ont été approvisionnés en armes à travers un réseau de la CIA [3].

Cela explique la rencontre en mai 2013 (documentée photographiquement) entre le sénateur états-unien John McCain, en mission en Syrie pour le compte de la Maison-Blanche, et Ibrahim Al-Badri, le « calife » à la tête de Daesh [4]. Cela explique aussi pourquoi Daesh a déclenché l’offensive en Irak au moment où le gouvernement du chiite al-Maliki prenait ses distances de Washington, en se rapprochant de Pékin et Moscou.

Washington, en déchargeant la responsabilité de la chute de Ramadi sur l’armée irakienne, annonce maintenant vouloir accélérer en Irak l’entraînement et l’armement des « tribus sunnites ». L’Irak est en train d’aller dans la même direction que la Yougoslavie, vers la désagrégation, commente l’ex-secrétaire à la Défense états-unien Robert Gates. Pareil en Syrie, où USA et alliés continuent à entraîner et armer des miliciens pour renverser le gouvernement de Damas. Avec la politique du « diviser pour régner », Washington continue ainsi à alimenter la guerre qui, en 25 années, a provoqué massacres, exodes, pauvreté, au point que de nombreux jeunes ont fait des armes leur métier. Un terrain social sur lequel font prise les puissances occidentales, les monarchies qui sont leurs alliés, les « califes » qui instrumentalisent l’islam et la division entre sunnites et chiites. Un front de la guerre, à l’intérieur duquel il y a des divergences sur la tactique (par exemple sur quand et comment attaquer l’Iran), pas sur la stratégie.

Front armé par les USA, qui annoncent la vente (pour 4 milliards de dollars) à l’Arabie Saoudite de 19 autres hélicoptères, pour la guerre au Yémen, et à Israël de 7 400 autres missiles et bombes, parmi lesquelles celles anti-bunker pour l’attaque de l’Iran.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

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État islamique : le génocide dont l’Occident est complice

14 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Daesch, #ISIL, #le nazisme, #Terrorisme

État islamique : le génocide dont l’Occident est complice

État islamique : le génocide dont l’Occident est compliceComment a-t-quelques semaines et Mouammar Kadhafi en quelques mois alors que l’État islamique ne subit que des défaites épisodiques, voire quand il ne remporte pas de franches victoires ? En moins d’une semaine sont tombées Ramadi, une des capitales de province d’Irak, et Palmyre, cette oasis au nord-est de Damas qui abrite les ruines monumentales d’une grande ville qui fut l’un des plus importants foyers culturels du monde antique.

Combiner ces deux fronts et l’emporter à chaque fois aura été un véritable coup gagnant pour le calife autoproclamé Abou Bakr al-Baghdadi. Arrêté presque par erreur en 2004, ce dernier passera dix mois dans les geôles étasuniennes en Irak avant d’être relâché. Il est aujourd’hui au faîte de sa gloire. Et même si ses djihadistes ont connu récemment des pertes après avoir engagé une majeure partie de leurs forces, ils ont aussi dispersé des adversaires plutôt coriaces : des milices chiites et le Hezbollah, qui soutiennent Bagdad et Damas, ont été soumis à une si rude épreuve que le premier ministre irakien Haïder al-Abadi est allé solliciter la Russie en vue de se faire livrer des armes au plus tôt.

La situation urge en effet. Malgré les raids de la coalition dirigée par les États-Unis, l’État islamique a repris plus de la moitié du territoire syrien, soit près de 90.000 km2. L’Oncle Sam, après l’invasion de 2003, n’a en fait jamais contrôlé l’Irak. Il s’est contenté d’assurer la surveillance du territoire, sans jamais véritablement sortir des casernes ou de la fameuse Green Zone. Concrètement, les Occidentaux ont disparu du paysage de l’ancienne Mésopotamie, laissant prospérer le chaos qu’ils ont contribué à instaurer. Les djihadistes terrorisent aujourd’hui non seulement les populations mais administrent des villes entières comme Raqqa, extrayant même du pétrole tout en en faisant commerce. Falloujah est à ce titre devenue un symbole pour l’État islamique. C’est là en effet que tout a commencé pour ce dernier. Il y gère tous les aspects de la vie quotidienne. Les djihadistes ont mis en place une administration, une justice. Les rues sont nettoyées tous les jours… L’organisation dirigée par Abu Bakr el-Baghdadi a le sens de l’organisation. Elle fournit ainsi des denrées de première nécessité aux commerçants comme la farine ou le riz pour les vendre à des prix cassés. Elle aurait également mis en place un système pour payer les propriétaires de générateurs électriques, assurant de facto le courant dans les quartiers de la ville qui en étaient jusque-là privés. Ce modèle serait appliqué dans toutes les zones syriennes et irakiennes tombées sous le contrôle de l’EI, signe d’une volonté de rassurer et de gagner la sympathie des populations locales et des plus démunis. Les djihadistes peuvent en effet se permettre ces largesses… car ils sont riches. Selon les estimations des services de renseignement américains rendues publiques en septembre 2014, l’État islamique engrangerait jusqu’à trois millions de dollars quotidiennement, ce qui en fait l’une des organisations terroristes les plus riches de l’histoire.

Magnanimes d’un côté, les djihadistes sont impitoyables de l’autre. L’État islamique pourrait ainsi avoir commis des crimes contre l’humanité, crimes de guerre et de génocide en Irak, selon un rapport de l’ONU publié fin mars. Ce rapport dit avoir les preuves qui « suggèrent fortement » que l’EI a perpétré un génocide contre la communauté yézidie avec l’intention de la détruire en tant que groupe. Ce n’est pas tout : les disciplines du calife al-Baghdadi ont également infligé un traitement brutal à d’autres groupes ethniques, indique le rapport, notamment les chrétiens, les Kurdes et les Mandéens.

S’il existait vraiment un choc des civilisations entre l’Occident et le monde islamique, on pourrait dire que les Américains et les Occidentaux seraient tombés à pieds joints dans le piège tendu par l’État islamique et ses alliés sunnites (lesquels comprennent les monarchies du Golfe et la Turquie).

Loin de faire plier le djihadisme, les guerres menées par l’Occident depuis l’ère Bush l’ont au contraire renforcé en multipliant ses foyers. Le mode d’action militaire n’est pas remis en cause alors que ses fréquents dégâts collatéraux attisent la haine à l’égard de ceux qui bombardent. Ces guerres contre le terrorisme s’attaquent aux effets et non aux causes. Personne ne songe à fonder cette lutte sur les origines du djihadisme, ni sur les raisons qui le perpétuent, pas plus que ne sont vraiment remis en cause ces alliés qui instrumentalisent le djihadisme ou qui en font le lit. Les pressions sur l’Arabie saoudite, le Qatar ou la Turquie, lorsqu’il y en a, sont insuffisantes ou trop timorées. Les États-Unis et l’Europe ont quasiment laissé agir leurs alliés régionaux, comme en Syrie où le principal soutien concret à la rébellion a été celui de ces acteurs régionaux, concourant ainsi à la prédominance des groupes islamistes et djihadistes. Et les Occidentaux reprochent aux rebelles encore «  modérés  », très affaiblis, leur coordination sur le terrain avec le Front al-Nosra.

Loin d’avoir un regard objectif sur la situation, Washington continue de se méfier de l’Iran tout en vouant une confiance pour le moins totale dans la monarchie saoudienne. C’est entre les colonnes de Palmyre, qui n’avaient jamais connu de destruction importante en trois mille ans, que se déroule aujourd’hui une véritable tragédie : une sorte de génocide culturel, historique et humain dont l’Occident est beaucoup plus complice que victime.

Capitaine Martin

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Daesh. Jason Hirthler : « L’Algérie est une autre cible africaine de l’Occident. »

13 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Afrique, #Daesch, #ISIL, #L'OTAN., #Terrorisme

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Jason Hirthler : « L’Algérie est une autre cible africaine de l’Occident. »

Posté le 12 juin 2015

Jason Hirthler

Jason Hirthler

Mohsen Abdelmoumen : Quelle est votre analyse de la situation actuelle en Syrie et en Irak avec la montée en puissance de Daesh ?

Jason Hirthler : Les États-Unis ont présenté la montée de Daesh comme une grave menace pour la stabilité du Moyen-Orient et une juste cause pour l’intervention humanitaire. En fait, ce sont les États-Unis et leurs alliés saoudiens, jordaniens et turcs qui ont facilité la montée de Daesh et le Front Al Nosra. Les deux sont des descendants d’Al-Qaïda et ont malheureusement bénéficié de la formation, du financement et des armes de l’Occident. Parmi les autres sources, l’excellent essai de Seymour Hersh, « La Redirection » de 2007, détaille le plan Bush d’utiliser le radicalisme sunnite pour atteindre ses objectifs régionaux. Obama semble avoir continué cette politique. De même, les récentes révélations de documents secrets de la Defense Intelligence Agency (DIA) confirment que l’Occident prévoyait non seulement la montée de Daesh, mais l’a également facilité activement. On doit aussi se demander si les capitulations stupéfiantes de l’armée irakienne à Mossoul – où des centaines de milliers de soldats bien armés ont simplement abandonné leurs armes face à quelques trente mille extrémistes plus que douteusement armés – n’étaient en réalité que des actes de lâcheté ou si l’armée suivait les ordres en fuyant et en abandonnant à dessein de grands arsenaux aux extrémistes.

Pourquoi l’Occident entretiendrait-il activement des armées extrémistes au Moyen-Orient? Parce qu’il en a besoin pour exécuter sa vieille stratégie de destruction du croissant chiite qui va de Beyrouth à Téhéran en passant par Damas. Washington reconnaît que s’il veut établir une hégémonie incontestée dans la région et exercer un contrôle sur ses ressources de pétrole et de gaz naturel, il a besoin de détruire le collier des nations rebelles et anti-impérialistes incluant le Hezbollah du Liban, la Syrie et l’Iran. L’Irak est aussi une menace depuis que le renversement de Saddam Hussein a engagé le pays vers un rapprochement politique et idéologique avec l’Iran. La Russie, favorable à la Syrie et à l’Iran, doit également être marginalisée par des sanctions économiques sévères et une guerre par procuration en Ukraine qui va saper les ressources qu’elle pourrait autrement diriger vers le Moyen-Orient.

Daesh et Al Nosra sont les forces de procuration que l’Occident peut utiliser pour renverser Bachar al Assad à Damas et séparer efficacement le Hezbollah de Téhéran. Cela représenterait une avance tactique vers le but ultime d’isoler l’Iran, qui peut ensuite être plus facilement puni. Jusqu’à présent, les armées extrémistes font des progrès vers Damas et Bagdad. Et l’émergence d’une « principauté » sunnite entre les deux serait un résultat acceptable pour l’Occident.

Du point de vue de la vision à long terme, le tournant du siècle du plan néo-conservateur pour renverser sept pays en cinq ans est en retard, mais il est toujours en cours d’exécution par l’administration Obama (supposée représenter l’élément libéral de la société américaine). Une fois l’Iran isolé, il peut être contraint à la soumission d’une façon ou une autre. L’accord nucléaire avec Téhéran édifié sous le prétexte absurde que l’Iran tente désespérément de construire une bombe, est utile dans la mesure où il retarde la menace de guerre, mais le but ultime est de désarmer les rivaux de Washington afin qu’ils soient plus facilement punis.

Comment expliquez-vous l’échec de la coalition menée par les Etats-Unis face aux terroristes de Daesh ?

Je ne pense pas que Washington soit particulièrement intéressé à stopper Daesh. Écoutez les généraux iraniens qui se plaignent que les États-Unis n’ont guère contribué à la lutte contre Daesh à Ramadi. Regardez les capitulations étranges et inexplicables de l’armée irakienne devant Daesh, abandonnant d’énormes quantités d’armes aux radicaux. Ces groupes ont bénéficié de zones de sécurité à la frontière turque, la Turquie étant un allié de l’OTAN. Daesh est essentiellement une armée de procuration nécessaire à l’Occident qui en a besoin dans sa quête pour renverser le gouvernement Assad en Syrie.

L’acte délicat des relations publiques exécuté par l’Occident doit convaincre les opinions publiques occidentales qu’il se bat pour arrêter Daesh et ses cruautés moyenâgeuses barbares, alors même qu’il travaille pour permettre à Daesh de détruire les Chiites et leurs alliés à Bagdad et à Damas. Jusqu’à présent, l’illusion s’est installée dans l’esprit du public.

L’Arabie saoudite vient de mettre l’Algérie sur une liste noire, l’accusant de financer le terrorisme. Pensez vous que le royaume saoudien qui arme et finance le terrorisme international peut donner des leçons à l’Algérie qui vient de neutraliser un groupe terroriste très dangereux, qui combat le terrorisme depuis des années et qui a été la première à demander la criminalisation du payement des rançons aux terroristes ?

Non, l’Arabie saoudite n’a rien à apprendre à personne, sauf comment écraser les soulèvements populaires en interne et en externe (le Bahreïn et le Yémen viennent à l’esprit), et la façon de propager efficacement l’évangile de l’extrémisme à travers le Moyen-Orient. Les Etats-Unis, dans leur campagne prétendument morale contre Daesh, sont aidés, naturellement, par l’Arabie saoudite, fondement de l’extrémisme wahhabite et principale exécutante de punitions médiévales elle-même. Elle décapite des femmes pour prostitution et d’autres pour sorcellerie. Elle interdit aux femmes de quitter leur domicile sans escorte masculine. Son système juridique est coranique. Et pourtant, elle reste l’un de nos meilleurs alliés régionaux. Ceci est un bon baromètre de la valeur réelle que Washington attribue aux droits humains. L’Algérie est une autre cible africaine de l’Occident, comme la Libye auparavant. Toute nation stratégiquement importante qui n’adhère pas à l’hégémonie occidentale est sur liste noire, sous une forme ou une autre. L’autodétermination n’est pas autorisée dans le système impérial.

Comment analysez-vous le recul des luttes sociales dans les pays occidentaux, malgré la crise économique et les mesures ultralibérales qui produisent plus d’austérité et de chômage ?

Il y a un excès de richesses matérielles en Occident. Il y a beaucoup de confort et de divertissements qui distraient les Occidentaux de s’engager plus directement dans la vie politique. Nous avions un état d’esprit communautaire issu de la solidarité de la classe ouvrière. L’esprit de groupe était plus fort que l’individualisme au cours de l’ère du New Deal. La souffrance collective était reconnue et des solutions communes ont été obtenues grâce à la puissance de l’action collective. Mais grâce à 100 ans de campagnes anti-ouvrières menées par le capital et 40 ans de propagande néolibérale sur la responsabilité personnelle, la solidarité ouvrière a presque disparu. Les gens sont devenus atomisés et ne sont plus reliés par des intérêts de classe. Plus personne n’est dans un syndicat désormais. Personne n’a le temps de creuser les nouvelles sous les reportages superficiels de CNN, FOX, NPR, et le New York Times, qui tous tendent à ressasser comme des perroquets le récit de l’anti-travail et de la responsabilité personnelle. Ils sont la propriété du grand capital qui préfère le travail pas cher, la déréglementation et de faibles impôts – plusieurs des objectifs du néolibéralisme.

Si la conscience de la classe ouvrière est morte, elle a été remplacée par la conscience des consommateurs. Le passage économique en Amérique de la production et l’exportation vers l’importation et la consommation a changé notre conscience collective. Nous ne nous considérons plus comme une classe de travailleurs et de citoyens, mais comme une mer de consommateurs individuels. Nous vivons pour consommer. L’industrie de la carte de crédit a été rechargée pour fournir plus de crédit aux consommateurs déjà endettés, l’idéal pour consommer davantage de biens et de services. Et la dette et le confort matériel financé par l’emprunt sont efficaces pour désamorcer et réorienter la colère populaire.

Dans ce type d’environnement, il y a peu d’appétit pour la révolution. Et les médias aident à conserver cette voie. Le chômage est sous-estimé en excluant du taux de chômage ceux qui ont renoncé à chercher du travail en désespoir de cause. Le taux réel est beaucoup plus élevé, mais les médias mentionnés plus haut maintiennent un rythme régulier dans le battement de tambour avec des chiffres et des prévisions optimistes. On nous dit sans cesse que le chômage est en baisse, même quant il monte. On nous dit que l’économie se redresse même si les revenus font du sur-place. On nous dit que l’inflation est faible alors même que les prix montent. On nous dit que tous nos emplois perdus sont remplacés bien que nous ayons échangé un plein-temps riche en avantage pour un travail à temps partiel avec le minimum vital, sans avantages, un travail à bas salaire. On nous dit que nous nous battons pour la liberté au Moyen-Orient, quand nous nous battons pour renverser des gouvernements élus démocratiquement. Avec ce genre de récit historique faussé rebattu dans notre conscience chaque jour, il est difficile pour les gens de contester l’opinion reçue, de creuser pour la vérité et de trouver des dissidents ayant les mêmes idées auxquels se joindre.

La seule exception jusqu’ici semble être la communauté afro-américaine qui a organisé un certain nombre de soulèvements en réponse aux injustices commises par notre force de police militarisée. Les Noirs ont répondu avec colère, de grandes protestations, et la destruction épisodique. Bien sûr, comme toujours, c’est la communauté noire qui souffre le plus. La majorité de leur richesse a été balayée pendant la Grande Récession et des millions d’hommes noirs possèdent un casier judiciaire douteux, ce qui, dans ce pays, rend le vote et l’obtention d’un emploi exceptionnellement ardus. Un taux de chômage élevé, des bas salaires, et la répression étatique – ces trois maux forment une bonne recette pour le mécontentement civil.

Mais peut-être n’y a-t-il pas suffisamment de gens à avoir été licenciés, brutalisés par l’Etat, ou ayant fait faillite pour qu’une rébellion à grande échelle prenne racine. Soit ça, soit nous subissons si bien la propagande, nous sommes si bien endoctrinés, que nous n’allons tout simplement pas défendre nos droits alors même qu’ils nous sont enlevés. Dans un sens, cette dernière image est plus exacte, puisque les classes ouvrières ont été dans une guerre de classe pendant 40 ans et que beaucoup n’en sont même pas encore conscients. Nous avons une vague croyance que des temps difficiles sont une conséquence inévitable de la mondialisation, comme Tom Friedman du NY Times le prêche souvent.

Comment expliquez-vous la montée des medias alternatifs et les réseaux sociaux, pensez-vous qu’ils puissent rivaliser avec les médias de masse ?

L’Internet continue de représenter un grand espoir pour les gens. De mon expérience, l’accès à une pensée alternative est dix fois supérieure à ce qu’elle était il y a deux décennies. Les faits qui exposent les mensonges d’Etat sont bons à prendre, mais ils sont encore invisibles pour beaucoup qui ne connaissent pas les meilleurs URL à taper dans leurs navigateurs. Ils ne savent pas, dans l’océan de l’Internet, où rechercher de l’information digne de confiance sur la politique étrangère américaine, sur l’économie d’austérité, et ainsi de suite. Mais je crois que la connaissance se répand. Avec un peu de chance, des contradicteurs au Congrès comme Bernie Sanders et Elizabeth Warren, qui se sont rendu malades par les trahisons de leur propre parti, vont gagner en visibilité au cours du cycle électoral 2016. Ils seront certainement dans les médias alternatifs, et les réseaux comme RT (Russia Today) sont un antidote utile contre la propagande des médias dominants qui traitent déjà la candidature d’Hillary Clinton davantage comme un couronnement que comme une campagne.

Quels sont vos futurs projets, pouvez-vous nous en parler ?

Je prépare une collection de mes meilleurs essais et un nouvel écrit à publier dans un proche avenir. L’accent sera mis la politique étrangère américaine, toujours contextualisée dans les grandes ambitions impériales de Washington. Il inclura également un volet légèrement moins important sur la propagande des médias et l’impact de l’économie néolibérale à l’intérieur et à l’étranger.

Interview réalisée par Mohsen Abdelmoumen

Qui est Jason Hirthler ?

Jason Hirthler est un écrivain américain, vétéran de l’industrie des médias numériques et commentateur politique. Il est un collaborateur régulier deCounterpunch et Dissident Voice et publie périodiquement dans State of Nature et autres publications progressistes. Il participe également aux débats dans diverses chaînes de télévision dont CrossTalk de RT (Russia Today), Channel 5de Saint-Pétersbourg, Press TV, et ailleurs.

Published in Oximity, June 12, 2015:https://www.oximity.com/article/Jason-Hirthler-L-Alg%C3%A9rie-est-une-1

In Whatsupic:http://fr.whatsupic.com/sp%C3%A9ciale-monde/jason-hirthler52872734.html

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L’opposition syrienne a demandé une intervention israélienne en Syrie

13 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #AMERIQUE, #Le grand banditisme, #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #le nazisme

L’opposition syrienne a demandé une intervention israélienne en Syrie

 

L’opposition syrienne a réclamé l’intervention israélienne en Syrie, a révélé le site d’information israélien Walla, sans indiquer sa source.

Cette demande a été exprimée lors d’une rencontre entre un haut-responsable israélien non gouvernemental et des membres de l’opposition syrienne dans un pays occidental, entre 2012 et 2014 grâce à la médiation d’un dirigeant occidental « non officiel »,.


Selon le site, il n’y avait pas d’objectif précis à ces rencontres, mais les opposants syriens ont demandé une intervention militaire israélienne en Syrie contre le gouvernement syrien, l’Iran et le Hezbollah, et une « intervention humaine » pour secourir les miliciens blessés et les soigner dans l’entité sioniste.

C’est à partir de 2012 à peu près qu’il est question de miliciens du sud de la Syrie ayant été pris en charge par les Israéliens, selon de ombreux rapports.

« Sans aucun doute il y a des intérêts communs entre Israël et l’opposition syrienne, mais cette opposition ne dispose d’une force réelle sur le terrain », a indique une source informée de la teneur des discussions.

L’opposant Kamal Labawani est celui qui s’est fait le plus remarquer par ses appels incessants à recourir à Israël. Il s’y est même rendu pour participer à une rencontre pour la lutte contre le terrorisme.
D’autres opposants le font également, mais plus discrètement.

L'intervention israélienne aux miliciens en Syrie ne s'est certes pas limitée aux soins médicaux. Israël a plusieurs fois bombardé des positions syriennes militaires, avec l'aide de datas fournis par des agentes intérieurs. Des rapports journalistiques ont fait état de la présence des membres des services de renseignements israéliens dans la cellule d'opérations qui commanditent les attentats terroristes au sud de la Syrie.     

 

LEMONDE.FR | 25.04.06 | 

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