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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #israel - palestine - moyen-orient tag

Pierre Stambul, arrêté comme un terroriste pour ses prises de position

13 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme, #la liberté

Pierre Stambul, arrêté comme un terroriste pour ses prises de position

Une véritable honte! Prendre position contre Israël serait donc véritablement dangereux en France, même si l’on est soi-même juif. Dans ce pays, certains groupuscules comme la LDJ peut posséder des armes en toute tranquillité même si c’est de manière totalement illégale, par contre militer pour la paix et ne pas soutenir Israël peut couter cher, déplorable…

C’est aujourd’hui à 1h30 du matin que le Raid a débarqué au domicile de notre camarade Pierre Stambul, co-Président de l’Union Juive Française pour la paix.
 
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Les forces de police ont utilisé le protocole pour neutralisation de terroriste retranché armé : portes cassées, et devant les habitants pacifiques réveillés recherche immédiate de caches d’armes.
Faisant évidemment chou blanc, le Raid n’en a pas moins appelé la police nationale qui a emmené Pierre menotté.
A cette heure, Pierre n’est toujours pas relâché.
Tout porte à croire que cette mise en scène dont on ne sait qui est à l’origine vise à empêcher Pierre d’assurer l’intervention prévue ce soir à Toulouse par l’UJFP et le comité BDS (Boycott, Désinvestissement Sanctions tant que Israël ne se conforme pas au droit international).
Cette intervention grotesque et scandaleuse doit faire l‘objet d’une protestation unanime de toutes les personnes attachées aux droits humains.
Le Bureau National de l’UJFP le 09-06-2015 à 10h20
 
Source: Ujfp.org
Dernière minute, une évolution sur le sujet avec Pierre Stambul qui a été libéré, il aurait été victime d’un ex-membre de la LDJ auquel nous refusons de faire la moindre publicité ici même si nous n’en pensons pas moins.

 

 
Dernière minute, une évolution sur le sujet avec Pierre Stambul qui a été libéré, il aurait été victime d’un ex-membre de la LDJ auquel nous refusons de faire la moindre publicité ici même si nous n’en pensons pas moins.
Dernière minute: Pierre Stambul, libéré, témoigne.A une heure du matin, le téléphone fixe sonne très longuement. Je finis par décrocher et ça raccroche.

 

 

Je pense tout de suite à Ulcan et je fais le choix malheureux de laisser le téléphone décroché.

A 3 h 50, j’entends plein de voix et mon nom. Je sors en slip sur le seuil.

Le RAID me tombe dessus à une dizaine. Menotté une heure, un peu violenté.

Sarah que je suis censé avoir assassiné est là, ça ne les calme pas.

Le commissariat du 8ème arrondissement prend le relai.

J’aurai 7 h de garde à vue avec un seul interrogatoire où je parlerai de ce qui est arrivé à Pessi et Jean-Guy, de Ulcan, des menaces de la LDJ et de JSS nerws. Je sors sans excuse avec plusieurs portes défoncées chez mon proprio qui a été très bien.

Ils m’ont pris les empreintes digitales mais pas l’ADN.

Ulcan ne gagnera pas, on part à Toulouse dans un petit moment.

NEWS ‪#‎Important‬ Pierre Stambul, de l’UJFP, à été arrêté cette nuit par le raid. Il est actuellement en garde à vue au commissariat du 8 ème, avenue d’haifa (Marseille) avec Sarah qui elle ne semble pas être en garde à vue. Alertez au maximum : Cela s’est passé à l’aube. Faites circuler largement l’information. Appelez le commissariat, la préfecture et le quai d’Orsay. On de doit plus tolérer la moindre attaque. On compte sur vous !

Cette arrestation n’arrive pas par hasard puisque Pierre Stambul devait donner ce soir une conférence à Toulouse “Antisémitisme/ antisionisme : à qui profite l’amalgame ?”.

La question désormais est : à qui profite l’arrestation de Pierre Stambul et la non-tenue de sa conférence ?

De Michèle Alliot-Marie à Bernard Cazeneuve et Manuel Carlos Valls, c’est la continuité dans la confusion intéressée entre antisionisme et antisémitisme!

Dernière minute 10h20

Selon nos informations, le RAID serait intervenu le 9 juin à 1h30 au domicile de Pierre Stambul et de sa compagne.

Ils ont cassé les accès de la maison après avoir bouclé le quartier.

Pierre aurait été ligoté sur une chaise et sa compagne collée au mur.

Les hommes du RAID prétendaient chercher des armes!

Ils ont même demandé à sa compagne si son homme la battait!!!

L’un des intervenants aurait murmuré quelque chose comme “on s’est fait bananés”, comprenant sans doute qu’ils avaient été menés en bateau par le même genre d’ultra-sioniste qui déjà s’en était pris à Jean-Guy Greilsamer à Paris.

Cependant, la gendarmerie a emmené Pierre Stambul à 5 h du matin au commissariat du 8e arrondissement de Marseille situé…rue de Haïfa -ça ne s’invente pas-!

Sa compagne se trouve devant le commissariat.

Il est toujours en garde à vue cependant que la mobilisation s’organise.

A Strasbourg rassemblement à 19 h place d’Austerlitz à l’appel de UJFP Union juive française pour la paix, ATMF, Association des travailleurs magrhébins de France, IJAN, International jewish antizionist network…

La guerre que mènent les dirigeants israéliens contre le peuple palestinien n’est ni raciale, ni religieuse, ni communautaire.
C’est une guerre coloniale.

Il faut dire les mots sur ce que subissent les Palestiniens : occupation, colonisation, discriminations, apartheid, nettoyage ethnique, crimes de guerre.
A la base de cette situation insupportable, il y a une idéologie, le sionisme. C’est une théorie de la séparation qui proclame que Juifs et non-Juifs ne peuvent pas vivre ensemble. Les sionistes ont toujours eu comme projet d’expulser les Palestiniens ou d’en faire les “Indiens” du Proche-Orient, parqués dans leurs réserves et privés de tout droit.

Les sionistes instrumentalisent l’antisémitisme en considérant que toute critique d’Israël est antisémite. C’est leur ultime défense pour continuer à violer le droit international.
Le sionisme n’est pas seulement criminel contre les Palestiniens. Il est suicidaire pour les Juifs. Il s’est construit contre toutes les traditions juives laïques ou religieuses. Il manipule l’histoire, la mémoire et les identités juives. En prétendant représenter tous les Juifs, il favorise les confusions. Il ne combat pas l’antisémitisme. Il le favorise.

Pour toutes ces raisons, l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) soutient totalement l’appel palestinien au BDS (Boycott – Désinvestissement – Sanctions) contre l’Etat d’Israël et ses revendications : fin de l’occupation et de la colonisation, égalité des droits, droit au retour des réfugiés. L’UJFP participe activement aux actions de BDS-France et dénonce comme scandaleuses toutes les tentatives de criminalisation du BDS.

Pierre Stambul, coprésident de l’UJFP , fils de résistants déportés, donnera un point de vue juif contre le sionisme et l’apartheid au cours de la réunion publique.

Cette réunion est organisée par l’UJFP Toulouse et soutenue par BDS France Toulouse.

http://www.ujfp.org/spip.php?article4174

Communiqué de l’UJFP

http://www.ujfp.org/spip.php?article4204

Archives

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/78171

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/81587

Source: Blogs.mediapart.fr

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Les Patriarches d’Antioche contre l’effondrement de la Syrie. Par Radio Vatican le 11 juin 2015

11 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme

UN APPEL
DES CINQ PATRIARCHES D'ANTIOCHE RÉUNIS A DAMAS
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Les Patriarches d’Antioche contre l’effondrement de la Syrie

Les Patriarches d’Antioche réunis à Damas. 
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Un appel de Damas contre l’effondrement de la Syrie. Les cinq patriarches d’Antioche, réunis le 8 juin 2015 dans la capitale syrienne, ont lancé un vibrant appel contre la désagrégation de la Syrie. Ils ont réclamé la fin du soutien des puissances globales et régionales aux djihadistes de Daech, le prétendu « Etat islamique« . La seule voie à suivre pour tenter de sortir de la crise syrienne est celle d’une « solution politique« , ont-ils déclaré dans un message rapporté par l’agence d’information vaticane Fides.
 
Les cinq patriarches ont été accueillis chaleureusement par les chrétiens syriens. Une foule nombreuse s’était réunie dans la vieille ville de Damas.Les Syriens appelés à défendre l’unité du pays

 

Ils ont réaffirmé l’urgence de faire obstacle à toute idéologie intégriste au travers d’une éducation religieuse adéquate, dans une perspective « soutenue également par la très grande majorité des musulmans« . Le document invite les Syriens à défendre l’unité de la Syrie et leur droit à « déterminer librement leur avenir, en dehors de toute ingérence étrangère« .

Les cinq patriarches ont par ailleurs vivement condamné « les desseins racistes et confessionnels, étrangers à notre culture » qui alimentent les campagnes de nettoyage ethnique et religieux mises en œuvre dans différentes zones du Proche-Orient. Ils s’alarment de la multiplication des enlèvements, notamment d’hommes d’Eglise, comme le père Jacques Mourad ou les évêques orthodoxes d’Alep.

10/06/2015

Source: http://fr.radiovaticana.va/news/2015/06/10/les_patriarches_dantioche_contre_leffondrement_de_la_syrie/1150595

 

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La politique étrangère de la France en Syrie: "une forme de suicide spirituel".

11 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #le nazisme, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Politique étrangère, #Terrorisme

11/06/2015

"Une forme de suicide spirituel"

 

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Tels sont les propos que tient Jean-François Colossimo au micro de Jean-Jacques Bourdin.

Vibrant, il faut le dire, le journaliste, en fin d'émission, lance une dernière question à ce spécialiste des questions chrétiennes:

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/jean-francois-colo...

Et puis, dans l'article ci-dessous, Jean-François Colossimo persiste et signe.

Il dénonce l'interventionnisme gribouille de la France qui arme des égorgeurs et pratique la politique de la chaise vide par l'absence de protection qu'elle offre aux Chrétiens d'Orient.

Dans ce sens et à ses yeux, la Russie a tout son rôle à jouer face à l'humanitarisme inconséquent qui tient lieu désormais de politique étrangère à la France et aux pays de l'Union européenne.

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/06/10/31002-20150610ARTFIG00377-colosimo-pour-le-pape-l-ennemi-prioritaire-est-le-djihadisme-et-non-la-russie.php

Il va de soi que lorsque l'on considère inutile de voir figurer la christianophobie dans le plan d'Etat français*, que l'on propose de supprimer des fêtes chrétiennes du calendrier civil*, se soucier des Chrétiens d'Orient dont Jean-François Colossimo rappelle le rôle essentiel qu'ils ont joué dans notre Histoire, apparaît vain à certains aspirants-maîtres-du-monde.

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/04/18/christianophob...
 
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2013/07/08/temp-8bc9e6e69...
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Document déclassifié : Les USA misaient sur l’Etat islamique dès 2012 pour déstabiliser la Syrie

9 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #AMERIQUE, #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre

Chacun caractérisera  ce  régime selon sa propre conception de la morale politique : le personnel politique des Etats Unis d'Amérique est financé, sponsorisé, corrompu par les firmes privées, essentiellement  la sphère militaro-, pétrolière (mais aussi agrochimique, …). Et cela nous pourrit la vie sur la planète Terre. Ainsi du chancre de Daesh et autres mélanges de sectes soi-disant islamiques qui a été imposé au peuple syrien par les industries, essentiellement  militaire, pétrolière américaines, grâce à ces marionnettes qui constituent  le personnel politique des Etats Unis d'Amérique. Désespérant pour l’Humanité.

 

Bien cordialement,

Guy Martin

 

 

De : Envoyé : lundi 8 juin 2015

déclassifié : Syrie - les USA misaient sur l¹Etat islamique dès 2012 ...

 

Document déclassifié : Les USA misaient sur l’Etat islamique dès 2012 pour déstabiliser la Syrie - France-Irak Actualité

 

 

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« Pour les pays occidentaux, ceux du Golfe, et la Turquie [qui] tous soutiennent l’opposition [syrienne]… la possibilité existe d’établir de façon officielle ou pas une principauté salafiste dans l’est de la Syrie (Hasaka et Der Zor) , et c’est exactement ce que veulent les pouvoirs qui appuient l’opposition, de façon à isoler le régime syrien… »

 

France-Irak Actualité

France-Irak Actualité

Analyses, informations et revue de presse. La situation en Irak, au Proche-Orient et du Golfe arabe à l'Atlantique.

 

Document déclassifié : Les USA misaient sur l’Etat islamique dès 2012 pour déstabiliser la Syrie

Publié par Gilles Munier sur 27 Mai 2015, 05:38am

Catégories : #Etat islamique

Document déclassifié : Les USA misaient sur l’Etat islamique dès 2012 pour déstabiliser la Syrie

Revue de presse: Il Fatto Quotidiano - 25/5/15*

Defense Intelligence Agency : « Établir une principauté salafiste en Syrie », et faciliter la naissance d’un État islamique « pour isoler le régime syrien »

Analyse d’un document déclassifié de la DIA

Le lundi 18 mai 2015, le groupe conservateur de surveillance du gouvernement, Judicial Watch, a publié une sélection de documents déclassifiés obtenus après procès contre le Département américain de la Défense et le Département d’État américains.

Pendant que les médias grand public se focalisaient sur la gestion par la Maison-Blanche de l’attaque contre le consulat américain à Benghazi, un document circulant à la DIA en 2012 admettait l’existence d’un plan bien plus large (big picture), à savoir qu’un « État islamique » était le bienvenu dans l’est de la Syrie, afin d’influencer les politiques occidentales dans la région.

Voici ce que contient ce document stupéfiant :

« Pour les pays occidentaux, ceux du Golfe, et la Turquie [qui] tous soutiennent l’opposition [syrienne]… la possibilité existe d’établir de façon officielle ou pas une principauté salafiste dans l’est de la Syrie (Hasaka et Der Zor) , et c’est exactement ce que veulent les pouvoirs qui appuient l’opposition, de façon à isoler le régime syrien… »

Le rapport de la DIA, précédemment classifié « SECRET//NOFORN » et daté du 12 août 2012, était bien connu parmi les services de renseignement, dont le Centcom, la CIA, le FBI, la DHA, la NGA, le Département d’État, et bien d’autres encore.

Ce document prouve que dès l’année 2012, le renseignement US prévoyait la montée d’un État islamique en Irak et au Levant (ISIS, ou EIIL en français), mais au lieu de présenter ce groupe terroriste comme un ennemi, ce rapport le définissait comme un atout stratégique pour les USA.

De nombreux analystes et journalistes ont détaillé depuis longtemps le rôle des agences de renseignement occidentales dans la formation et l’entrainement de l’opposition armée en Syrie, mais nous avons là la confirmation venant du plus haut niveau interne des Agences US de la théorie selon laquelle, fondamentalement, les gouvernements occidentaux voient l’EIIL comme leur propre outil pour provoquer un changement de régime en Syrie. C’est ce que montre par A+B ce document.

Les éléments factuels, les vidéos, ainsi que les récents aveux de hauts responsables impliqués dans cette affaire (comme Robert Ford, l’ancien ambassadeur en Syrie, ici et ici) ont apporté la preuve que le soutien matériel par la CIA et le Département d’État des terroristes de l’EIIL sur le champ de bataille syrien remontait au moins à 2012 / 2013 (pour avoir un exemple clair d’élément factuel, voir le rapport britannique Conflict Armamant Research qui retrace l’origine des roquettes antichars Croates récupérées par l’EIIL à travers un programme conjoint CIA/Arabie Saoudite, et se basant sur des numéros de série identifiés).

Le rapport de la DIA tout juste déclassifié résume en ces points la situation de l’ISI (qui s’appelait EIIL en 2012) et qui allait devenir l’ISIS :

  • Al-Qaïda mène l’opposition en Syrie
  • L’Occident s’identifie avec l’opposition
  • L’établissement d’un État islamique naissant n’est devenu réalité que grâce à l’insurrection syrienne (il n’est pas fait mention du retrait de troupes US depuis l’Irak comme facteur déclenchant pour la montée de l’État islamique, point de discorde entre de nombreux politiciens et commentateurs ; voir la section 4.D ci-dessous)
  • L’établissement d’une « principauté salafiste » dans l’Est de la Syrie est « exactement » ce que veulent les pouvoirs étrangers qui soutiennent l’opposition (les pays occidentaux, ceux du Golfe, et la Turquie) de façon à affaiblir le gouvernement d’Assad.
  • Il faudrait des « zones de repli » ou « abris » dans les régions conquises par les rebelles islamiques sur le modèle libyen (ce qui se traduit par les fameuses « No-Fly Zones » comme la première étape de la « guerre humanitaire » ; voir 7.B)
  • L’Irak est vu comme une possibilité d’extension chiite (voir 8.C)
  • Un État islamique sunnite serait préjudiciable à un « Irak unifié » et pourrait « faciliter le renouvellement d’éléments terroristes provenant de tout le monde arabe, qui se dirigeraient vers l’arène irakienne. » (voir la dernière ligne non censurée dans le document PDF)

Voici quelques extraits des 7 pages du rapport déclassifié de la DIA (les caractères en gras sont de mon fait).

R 050839Z AUG 12

THE GENERAL SITUATION:

A. INTERNALLY, EVENTS ARE TAKING A CLEAR SECTARIAN DIRECTION.

B. THE SALAFIST [sic], THE MUSLIM BROTHERHOOD, AND AQI ARE THE MAJOR FORCES DRIVING THE INSURGENCY IN SYRIA.

C. THE WEST, GULF COUNTRIES, AND TURKEY SUPPORT THE OPPOSITION; WHILE RUSSIA, CHINA AND IRAN SUPPORT THE REGIME.

3. (C) Al QAEDA – IRAQ (AQI):… B. AQI SUPPORTED THE SYRIAN OPPOSITION FROM THE BEGINNING, BOTH IDEOLOGICALLY AND THROUGH THE MEDIA

4.D. THERE WAS A REGRESSION OF AQI IN THE WESTERN PROVINCES OF IRAQ DURING THE YEARS OF 2009 AND 2010; HOWEVER, AFTER THE RISE OF THE INSURGENCY IN SYRIA, THE RELIGIOUS AND TRIBAL POWERS IN THE REGIONS BEGAN TO SYMPATHIZE WITH THE SECTARIAN UPRISING. THIS (SYMPATHY) APPEARED IN FRIDAY PRAYER SERMONS, WHICH CALLED FOR VOLUNTEERS TO SUPPORT THE SUNNI’S [sic] IN SYRIA.

7. (C) THE FUTURE ASSUMPTIONS OF THE CRISIS:

A. THE REGIME WILL SURVIVE AND HAVE CONTROL OVER SYRIAN TERRITORY.

B. DEVELOPMENT OF THE CURRENT EVENTS INTO PROXY WAR: …OPPOSITION FORCES ARE TRYING TO CONTROL THE EASTERN AREAS (HASAKA AND DER ZOR), ADJACENT TO THE WESTERN IRAQI PROVINCES (MOSUL AND ANBAR), IN ADDITION TO NEIGHBORING TURKISH BORDERS. WESTERN COUNTRIES, THE GULF STATES AND TURKEY ARE SUPPORTING THESE EFFORTS. THIS HYPOTHESIS IS MOST LIKELY IN ACCORDANCE WITH THE DATA FROM RECENT EVENTS, WHICH WILL HELP PREPARE SAFE HAVENS UNDER INTERNATIONAL SHELTERING, SIMILAR TO WHAT TRANSPIRED IN LIBYA WHEN BENGHAZI WAS CHOSEN AS THE COMMAND CENTER OF THE TEMPORARY GOVERNMENT.

8.C. IF THE SITUATION UNRAVELS THERE IS THE POSSIBILITY OFESTABLISHING A DECLARED OR UNDECLARED SALAFIST PRINCIPALITY IN EASTERN SYRIA (HASAKA AND DER ZOR), AND THIS IS EXACTLY WHAT THE SUPPORTING POWERS TO THE OPPOSITION WANT, IN ORDER TO ISOLATE THE SYRIAN REGIME, WHICH IS CONSIDERED THE STRATEGIC DEPTH OF THE SHIA EXPANSION (IRAQ AND IRAN)

8.D.1. …ISI COULD ALSO DECLARE AN ISLAMIC STATE THROUGH ITS UNION WITH OTHER TERRORIST ORGANIZATIONS IN IRAQ AND SYRIA, WHICH WILL CREATE GRAVE DANGER IN REGARDS TO UNIFYING IRAQ AND THE PROTECTION OF ITS TERRITORY.

Source: Defense Intelligence Agency: “Establish a Salafist Principality in Syria”, Facilitate Rise of Islamic State “In Order to Isolate the Syrian Regime”, par Brad Hoff (Global Research - 22/5/15)

Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

Un extrait du document déclassifié:

 
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La prévisible défaite de la France au Moyen-Orient

9 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Israël et la Palestine, #ISIL, #Daesch, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE

La prévisible défaite de la France au Moyen-Orient

par Thierry Meyssan

Alors que la signature de l’accord entre Washington et Téhéran se rapproche, Thierry Meyssan retrace et analyse la politique de François Hollande au Proche-Orient de soutien aux monarchies du Golfe et à l’apartheid israélien. De manière incontestable, il montre que cette politique, contraire aux valeurs de la République et aux intérêts de la Nation, sert exclusivement les ambitions personnelles de quelques individus et du groupe social qu’ils représentent.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 8 juin 2015

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Le 6 juillet 2012, le criminel de guerre Abou Saleh (Brigade Farouk) était l’invité spécial du président François Hollande (le jeune homme de face, assis sur le côté de la tribune, à la droite de la photo). Il avait dirigé l’Émirat islamique de Baba Amr et fait égorger en public plus de 150 personnes.

Élu en mai 2012 président de la République française, François Hollande aura imposé à son pays une orientation de politique étrangère entièrement nouvelle. Le fait qu’il se soit présenté comme un homme de gauche a masqué aux yeux de ses concitoyens que ce haut-fonctionnaire tournait le dos aux intérêts de la Nation, à son histoire et à sa culture, et plaçait l’État au service d’un groupuscule de grands bourgeois néo-conservateurs.

Le changement du printemps 2012

Alors que durant sa campagne électorale, il avait semblé ouvert à toutes les analyses, s’entourant de plusieurs groupes de réflexion concurrents, il devait mettre bas son masque dès sa prise de fonction, le 15 mai. Ainsi plaçait-il son mandat sous les auspices de Jules Ferry. Avec subtilité, il affirmait honorer le fondateur de l’école laïque et obligatoire et non pas le théoricien socialiste de la colonisation. Pourtant, la laïcité de Ferry ne visait pas à garantir la liberté de conscience, mais à extirper les enfants des mains de l’Église catholique et à les former, sous l’autorité des « hussards noirs », pour en faire la chair à canon de ses expéditions coloniales.

Le 6 juillet, il réunissait à Paris une coalition d’États auto-proclamés « Amis de la Syrie », pour saboter l’accord de Genève et relancer la guerre contre la Syrie. Symboliquement, il saluait les « démocrates » (sic) du Conseil national syrien, une organisation fantoche composée par le Qatar en s’appuyant sur la société secrète des Frères musulmans. Il se pavanait aux côtés du criminel de guerre Abou Saleh qui avait dirigé l’Émirat islamique de Baba Amr et fait décapiter plus de 150 de ses compatriotes. Il prononçait alors un discours, écrit en anglais par ses mentors, puis traduit en français.

Dans la foulée, le 22 juillet, il affirmait solennellement que la France était comptable des crimes commis par le gouvernement illégitime de Philippe Pétain envers les citoyens juifs. En d’autres termes, le haut-fonctionnaire Hollande posait la supériorité de l’État sur la République.

J’écrivais alors que François Hollande, prenant la succession de Philippe Pétain, avait offert la France aux puissants du moment et renouait avec la politique coloniale [1]. Considérant que mon exil politique m’avait fait perdre le sens de la mesure, beaucoup décidèrent d’ignorer ce qu’ils considéraient comme une outrance.

Aussi ai-je été soulagé en lisant le dernier ouvrage du démographe Emmanuel Todd, Qui est Charlie ?, dans lequel il s’emploie à analyser comment et pourquoi l’électorat actuel du Parti socialiste est l’héritier des « Maréchalistes » [2]. J’ai toujours éprouvé une forte admiration pour cet intellectuel qui est parvenu à montrer l’impact inconscient des systèmes familiaux sur l’histoire. Étant étudiant en sciences politiques, j’avais dévoré sa thèse montrant que la division du monde durant la Guerre froide correspondait en réalité aux structures familiales des peuples. Cartes à l’appui, il observe qu’aujourd’hui, l’électorat du Parti socialiste, largement déchristianisé, a perdu ses repères et se replie sur lui-même. Il avait déjà analysé le ralliement de la classe dirigeante autour du culte de l’euro, c’est-à-dire de la loi du plus fort dans l’espace européen. Il conclue que le Parti socialiste a vendu le pays à l’étranger avec l’approbation d’un électorat de possédants.

Jacques Audibert, François Hollande et le général Benoît Puga en réunion à l’Élysée.

L’équipe de François Hollande

Le changement de politique étrangère voulu par le président de la République s’appuie sur une analyse simple : les États-Unis ayant moins besoin du pétrole du Golfe ont annoncé leur intention de faire pivoter leur dispositif militaire vers l’Extrême-Orient. En soutenant Washington à la manière d’un Tony Blair sur la scène internationale, François Hollande pourrait prendre la place que les États-Unis laissent vacante dans le Golfe et bénéficier d’argent facile.

C’est en toute logique que le Qatar —c’est-à-dire Exxon-Mobil, la société des Rockefeller— a largement financé la campagne électorale de François Hollande [3]. Ce don illégal au regard du droit français ayant été négocié par Laurent Fabius, M. Hollande, une fois élu, le désigna ministre des Affaires étrangères malgré leur vieille rivalité.

La cour effectuée par François Hollande auprès de ses généreux mécènes du Golfe s’accompagne d’un soutien appuyé à l’État d’Israël. On se souvient que le président Charles De Gaulle avait rompu avec cet État colonial, en 1967, affirmant que la France, qui s’était alliée avec lui pour contrôler le Canal de Suez et lutter contre l’indépendance de l’Algérie, ne pouvait plus le faire une fois qu’elle avait renoncé à son Empire. Le président Hollande choisit, au contraire, de déclarer en hébreu lors de son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv, en novembre 2013 : « Tamid écha-èr ravèr chèl Israël, je suis votre ami et je le serai toujours » [4].

Pour mettre en œuvre son virage, le président a constitué une équipe autour de deux personnalités d’extrême-droite : son chef d’état-major privé, le général Benoît Puga, et son conseiller diplomatique, Jacques Audibert.

Le général Benoît Puga est un ancien de « la coloniale » (infanterie de Marine). Chrétien lefebvriste, il ne fait pas mystère de son admiration de l’ancien archevêque de Dakar et de sa détestation de la Révolution française. Entre deux messes à Saint Nicolas-du-Chardonnet, il a dirigé les Opérations spéciales et le Renseignement militaire. Il avait été nommé à l’Élysée par le président Nicolas Sarkozy et, fait sans précédent pour cette fonction, a été incorporé dans son cabinet par son successeur.

Jacques Audibert est souvent qualifié par ses anciens collaborateurs d’« Américain avec un passeport français », sa dévotion à l’impérialisme états-unien et au colonialisme israélien étant bien plus grande que son respect pour la République française. Il a joué un rôle central dans le blocage durant des années des négociations 5+1 avec l’Iran. Il espérait être nommé représentant permanent de la France à l’Onu, mais a finalement rejoint le président Hollande à l’Élysée.

Lorsqu’il était directeur des Affaires politiques au Quai d’Orsay, Jacques Audibert a systématiquement éliminé les diplomates arabisants en commençant par les plus compétents. Les plus prestigieux ont été exilés en Amérique latine. Il s’agissait certes d’éliminer tout soutien aux Palestiniens pour satisfaire les colons israéliens, mais aussi et surtout d’en terminer avec des siècles de « politique arabe de la France » de manière à laisser tomber les alliés traditionnels et à se rapprocher des milliardaires du Golfe, malgré leurs dictatures et leur fanatisme religieux.

Cette évolution, aussi surprenante soit elle, correspond à ce que François Hollande avait annoncé, il y a plusieurs années. Reçu le 30 novembre 2005 par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), il avait alors déclaré, selon le procès-verbal de séance : « Il y a une tendance qui remonte à loin, ce que l’on appelle la politique arabe de la France et il n’est pas admissible qu’une administration ait une idéologie. Il y a un problème de recrutement au Quai d’Orsay et à l’ENA et ce recrutement devrait être réorganisé » [5].

Le fond de la pensée Hollande

François Hollande a exprimé le fond de sa pensée en évoquant la Résistance. Il a défini ce concept lors de la panthéonisation de quatre grandes figures de la Résistance française, le 27 mai dernier, en excluant les communistes de son hommage.

La Résistance française a inspiré des États et des milices qui, aujourd’hui, disent non à l’occupation de leur terre et à la soumission à un régime d’apartheid. En hommage à leurs prédécesseurs français, ils ont défini leur alliance comme l’« Axe de la Résistance ».

Mais aux Palestiniens, François Hollande a dénié le droit de résister et, dans la droite ligne de l’armistice de 1940 les a enjoints de « négocier » (sic). Il a fait qualifier le Hezbollah de « terroristes » par l’Union européenne, comme Philippe Pétain fit condamner Charles De Gaulle à mort pour « terrorisme » [6]. Il a livré la guerre aux Syriens et a imposé un siège économique aux Iraniens.

Après le président israélien Shimon Peres par vidéo-conférence, François Hollande a été le second chef d’État non-musulman invité à une séance du Conseil de coopération du Golfe.

François Hollande et les dictateurs du Golfe

Durant les trois dernières années, la France a bénéficié du soutien d’Hillary Clinton et du général David Petraeus pour les États-Unis, d’Exxon-Mobil et de son État privé le Qatar, et enfin de la famille des Séoud et de l’État privé auquel elle a donné son nom d’« Arabie saoudite ».

La France a pu ainsi lancer une seconde guerre contre la Syrie et l’Irak en déplaçant des dizaines de milliers de mercenaires venus du monde entier, dont quelques milliers de Français. Elle porte ainsi une responsabilité primordiale dans les centaines de milliers de morts qui ont endeuillé le Levant. Bien sûr, tout cela a été fait sous couvert d’aide humanitaire à des populations martyrisées.

Officiellement, cette politique n’a pas encore donné ses fruits. La Syrie est toujours en guerre et il est impossible d’en exploiter le gaz, bien que les « Amis de la Syrie » (sic) se le soient déjà répartis, en juin 2012 [7]. Par contre,
la France a reçu une commande de 3 milliards de dollars en armement de l’Arabie saoudite pour l’Armée libanaise. Il s’agissait de remercier les Libanais de ne pas avoir enregistré les aveux de Majed el-Majed, l’agent de liaison entre l’Arabie saoudite et al-Qaïda et de remercier les Français de mener la guerre contre la Syrie [8].
la France a vendu 24 Rafale au Qatar pour 6,3 milliards d’euros.

Mais ces méga-contrats ne profiteront pas à la France :
les Israéliens ont opposé un veto à la vente au Liban d’armes capables de leur résister. La France n’a donc été autorisée qu’à fournir pour 700 millions de dollars d’uniformes, de véhicules de service et d’armes de poing. Les 2,3 milliards restants seront des armes dépassées fabriquées en Allemagne de l’Est.
le Qatar a certes acheté des Rafales, mais a exigé en échange que le gouvernement contraigne Air-France a abandonner certaines de ses lignes les plus profitables à Qatar Airways.

De toute manière, même si ces contrats avaient été honnêtes, ils n’auraient jamais remplacé ceux qui ont été perdus par l’acharnement de Jacques Audibert contre toutes sociétés françaises travaillant avec l’Iran, tel Peugeot ou Total, ni par celui du général Benoît Puga pour faire détruire toutes les usines françaises installées en Syrie.

Le 30 juin, malgré l’opposition de Benjamin Netanyahu et de François Hollande, et leurs multiples tentatives de sabotage, John Kerry et Mohammad Javad Zarif devraient signer d’une part un accord multi-parties sur le nucléaire et, d’autre part, un accord bilatéral de cessez-le-feu régional.

L’accord Washington-Téhéran

Malgré les efforts de l’équipe Hollande en général et de Jacques Audibert en particulier, l’accord négocié entre les États-Unis et l’Iran devrait être signé le 30 juin 2015. On se reportera à mes articles antérieurs sur les conséquences de ce texte [9]. D’ores et déjà, il apparaît que les deux grands perdants seront le peuple palestinien et la France. Le premier parce que plus personne ne défendra son droit inaliénable au retour et la seconde parce qu’elle aura associé son nom à trois ans d’injustice et de massacres dans cette région.

Cette semaine, le 2 juin, le secrétaire d’État adjoint, Antony Blinken, est venu co-présider à Paris une réunion des 22 États membres de la Coalition internationale anti-Daesh. Contrairement à ce qu’en a dit la presse française, il ne s’agissait pas d’organiser la riposte militaire aux chutes de Ramadi et de Palmyre ; le Pentagone n’a pas besoin de réunir ses alliés pour savoir ce qu’il doit faire. Non, le sujet était de faire avaler son chapeau au ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et de lui faire accepter l’accord irano-états-unien. Ce qu’il a été contraint de faire.

La signature de l’accord était menacée par la chute de Palmyre qui coupe la « route de la soie », c’est-à-dire la voie de communication entre l’Iran d’un côté, la Syrie et le Hezbollah de l’autre [10]. Dans le cas où Palmyre resterait aux mains des jihadistes (c’est-à-dire des mercenaires luttant contre l’« Axe de la Résistance » [11]), Téhéran ne pourrait pas transporter son gaz et l’exporter vers l’Europe et n’aurait donc aucun intérêt à s’entendre avec Washington.

Le secrétaire d’État adjoint Antony Blinken a donc informé l’assistance qu’il avait autorisé l’« Axe de la Résistance » à amener en Syrie des troupes fraîches pour vaincre Daesh. Il s’agit en l’occurrence de 10 000 Gardiens de la Révolution, qui viendront renforcer l’Armée arabe syrienne avant le 30 juin. Jusqu’ici les Syriens se défendaient seuls, uniquement avec le Hezbollah libanais et le PKK turc, mais sans troupes russes ou iraniennes, ni milices irakiennes.

Antony Blinken a également informé ses interlocuteurs qu’il avait été conclu avec la Russie un accord autorisant la tenue d’une conférence de paix sur la Syrie, sous les auspices des Nations unies au Kazakhstan. Il a exigé que Laurent Fabius signe une déclaration finale acceptant le principe d’un gouvernement syrien désigné par « consentement mutuel » entre l’actuelle coalition au pouvoir (Baas et PSNS) et ses différentes oppositions, qu’elles soient à Paris ou à Damas.

Après s’être fait remonter les bretelles, M. Fabius a ravalé son slogan « Bachar doit partir », a admis que le président el-Assad terminerait le mandat pour lequel son peuple l’a largement élu, et s’est piteusement rabattu sur un « Monsieur Bachar (sic) ne sera pas l’avenir de la Syrie ».

Dans trois semaines, le roi devrait être nu. En signant ensemble, Washington et Téhéran réduiront à néant les calculs de François Hollande, du néoconservateur Jacques Audibert et du néo-fasciste Benoît Puga.

Thierry Meyssan

[1] « La France selon François Hollande », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 30 juillet 2012.

[2] La majorité des Français qui soutinrent l’armistice de Philippe Pétain n’étaient pas des fascistes, mais des « Maréchalistes ». Traumatisés par la boucherie de 14-18, ils se réfugiaient derrière l’autorité du vainqueur de Verdun pour justifier leur refus de combattre l’envahisseur nazi.

[3] « François Hollande négocie avec l’émir de Qatar », Réseau Voltaire, 31 janvier 2012.

[4] « Déclaration de François Hollande à son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv », par François Hollande, Réseau Voltaire, 17 novembre 2013.

[5] « France : le Parti socialiste s’engage à éliminer les diplomates pro-arabes », par Ossama Lotfy, Réseau Voltaire, 9 janvier 2006.

[6] « L’UE assimile la Résistance libanaise à du terrorisme », Réseau Voltaire, 22 juillet 2013.

[7] « Les « Amis de la Syrie » se partagent l’économie syrienne avant de l’avoir conquise », par German Foreign Policy, Horizons et débats (Suisse), Réseau Voltaire, 14 juin 2012.

[8] « Le silence et la trahison qui valaient 3 milliards de dollars », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 janvier 2014.

[9] Voir notamment : « Que deviendra le Proche-Orient après l’accord entre Washington et Téhéran ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 mai 2015.

[10] « La chute de Palmyre renverse l’équilibre géopolitique au Levant », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 25 mai 2015.

[11] « Les jihadistes au service de l’impérialisme », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 1er juin 2015.

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Cisjordanie: Orange, la colonisation, Netanyahou et Fabius 08 juin 2015 | Par René Backmann de Médiapart.

9 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Politique étrangère, #La paix

Cisjordanie: Orange, la colonisation, Netanyahou et Fabius

|  Par René Backmann

Orange est associé à la compagnie israélienne de télécommunications Partner, qui opère dans les Territoires palestiniens occupés. Se disant « prêt à abandonner » ces liens, le PDG du groupe français a dû faire marche arrière sous les pressions du gouvernement israélien et de Laurent Fabius, qui oublie les engagements constants de la France.

« Les liaisons dangereuses d’Orange dans le Territoire palestinien occupé » : c’est le titre d’un rapport publié au début du mois dernier par cinq ONG et deux syndicats (il est à lire ici). Dans ce document de cinquante pages, ces organisations (1) révélaient que le groupe de télécommunications français Orange, dont l’État détient 25,05 % des parts, était lié avec l’entreprise israélienne Partner qui possède 208 antennes et installations diverses dans des colonies israéliennes de Cisjordanie, illégales au regard du droit international.

Partner a construit des antennes sur des terres palestiniennes confisquées, expliquaient les auteurs du rapport, offre ses services aux colons et à l’armée et contribue à assurer la viabilité économique et le maintien des colonies au détriment des Palestiniens. Par sa présence, constatait le document, Partner contribue aussi à perpétuer une situation considérée comme illégale par la communauté internationale. Le tout en violation du droit international et des droits humains.

Stéphane Richard, PDG d'Orange.Stéphane Richard, PDG d'Orange. © (dr)

En conclusion de leur document, les organisations signataires recommandaient donc à Orange d’« exiger de Partner de ne pas opérer dans les colonies israéliennes dans le territoire palestinien occupé pour éviter de contribuer au maintien d’une situation jugée illégale par la communauté internationale » et, en cas d’échec, d’« interrompre sa relation d’affaires avec Partner et d’émettre une déclaration publique par laquelle l’entreprise marque clairement sa volonté d’éviter de contribuer à la viabilité économique et au maintien des colonies israéliennes ».

Orange avait d’abord répondu en assurant qu’il n’était pas « opérateur en Israël », et qu’il ne détenait aucune action ou droit de vote de Partner. Le contrat existant permettant à Partner d’utiliser « la marque et l’image d’Orange en échange d’une redevance », avait expliqué l’entreprise française, avait été « signé par le propriétaire de l’époque et transmis à France Télécom en 2000 lors de l’acquisition de la marque ». Ce qui ressemblait fort à un dégagement en touche.  

Mercredi dernier, changement de stratégie d’Orange. En visite au Caire, le PDG Stéphane Richard indique être « prêt à abandonner demain matin » les liens avec Partner « sans exposer Orange à des risques énormes » sur le plan légal ou financier. Le lendemain, confirmation : Orange annonce par un communiqué sa décision de cesser « à terme » sa relation avec Partner, tout en précisant que cette décision « n’a aucune motivation politique et relève d’une volonté d’avoir la maîtrise totale de sa marque ». Rappelant qu’il est lié à Partner par un accord expirant en 2025, Orange ajoute qu’il respectera « strictement les accords existants ».

En Israël, où la campagne internationale « boycott, désinvestissement, sanctions » (BDS) est considérée comme une menace diplomatique majeure, la décision d’Orange est reçue – et traitée – comme une agression.

« Je dois avouer avoir été surprise par ces informations, qui ne me semblent pas raisonnables pour une entreprise de la taille d’Orange, réplique dans une lettre à Stéphane Richard la ministre israélienne des affaires étrangères, Tzipi Hotovely. Je suis confiante dans le fait que ces informations ne reflètent pas les intentions de votre compagnie. Et vous prie donc de clarifier cette question le plus vite possible. » « J’appelle le gouvernement français à rejeter publiquement les déclarations et les agissements malheureux d’une compagnie dont il est en partie propriétaire », exige de son côté le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, manifestement furieux. Il accuse Orange de participer à un « drame absurde », celui dans lequel une démocratie « respectueuse des droits de l’homme », exposée aux « menaces sécuritaires », est confrontée « aux condamnations systématiques et aux tentatives de boycott. On ne pardonnera pas ce drame absurde… ».

Est-ce le poids de cette menace ? Le lendemain, Laurent Fabius déclare que la France est « fermement opposée au boycott d’Israël ». Puis l’entourage de François Hollande affirme à l’AFP que « la France n’est pas dans une action sur le boycott qui puisse avoir la moindre ambiguïté. Un industriel a le droit de choisir ses partenaires en Israël. Orange veut continuer à travailler. C’est à Orange et à Orange seul de déterminer avec qui ». Comprenne qui pourra.

Entretemps, Stéphane Richard a rectifié sa stratégie. Ou son discours. « Orange est présent en Israël pour y rester », déclare le PDG, qui affirme « regretter sincèrement » la « controverse » née de ses propos et proclame « Nous aimons Israël. »

En d’autres termes, une fois de plus, le gouvernement israélien a réussi l'un de ses tours de passe-passe diplomatiques favoris : transformer une mesure étrangère – en l’occurrence un projet de mesure – parfaitement licite, contre sa politique de colonisation illégale, en une agression contre Israël. C’est-à-dire faire surgir le mot boycott lorsqu’il s’agit, comme ici, d’agir conformément au droit international en cessant de soutenir l’occupation. Qu’il ait été assisté dans cette besogne par le ministre français des affaires étrangères est consternant.

Peut-être faut-il rappeler que sur l’occupation des territoires palestiniens par Israël, la position officielle de la France est pourtant assez claire. Comme l’ONU et l’Union européenne, elle ne « reconnaît pas la souveraineté d’Israël » sur ces territoires et « ne les considère pas comme faisant partie intégrante du territoire d’Israël ». Au cours de sa première visite présidentielle dans les territoires occupés en novembre 2013, François Hollande avait d’ailleurs rappelé « l’illégalité de la colonisation » et demandé son « arrêt total et définitif ».

Quant au ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, sa signature figure, avec celles de quinze autres ministres des affaires étrangères européens, au bas d’une lettre adressée le 13 avril 2015 à Federica Mogherini, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères. Dans cette lettre, il est rappelé que « l’expansion des colonies israéliennes illégales dans les Territoires palestiniens occupés, et autres territoires occupés depuis 1967, menace la perspective d’un accord de paix juste et définitif ». Cette lettre avait pour but de rappeler à Mme Mogherini que les directives de juillet 2013 sur l’identification des produits des colonies « doivent être appliquées, conformément à la politique constante de l’UE qui vise à la préservation de la solution à deux États ».

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(1)  Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire), Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Ligue des droits de l’homme (LDH), Al-Haq (défense des droits de l’homme en Palestine), Association France-Palestine Solidarité (AFPS), CGT, Union syndicale « Solidaires ».

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Le PDG d’Orange remet les pendules à l'heure israélienne

9 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La paix, #Les transnationales

Stéphane Richard, PDG d’Orange. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Stéphane Richard, PDG d’Orange. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Contre l'avis de toutes les ONG, la France est opposée au boycott d’Israël. Laurent Fabius l'a rappelé. "S’il appartient au président du groupe Orange de définir la stratégie commerciale de son entreprise, la France est fermement opposée au boycott d’Israël", a écrit dans un communiqué le ministre des Affaires étrangères.

 

Stéphane Richard, PDG d’Orange, l'est aussi...désormais. Les pressions ont eu raison de lui. Ce samedi 6 juin, il a remis les pendules à l'heure en déclarant qu'Orange est présent en Israël pour y rester », démentant ainsi tout désengagement. Et au cas où le message ne serait pas entendu, Stéphane Richard a accepté dimanche 7 juin de répondre favorablement à l'invitation du gouvernement israélien de se rendre sur place afin d'« apporter toutes les précisions nécessaires pour mettre un terme à cette polémique et y réaffirmer l'engagement du groupe ».

La polémique était née jeudi dernier alors que le patron d'Orange se trouvait au Caire, en Égypte. M. Richard avait déclaré que, s’il le pouvait, il déciderait dès « demain » le retrait d’Orange d’Israël, semblant faire écho aux appels au boycott lancés contre Israël par les partisans de BDS. Le PDG, ajoutant souhaiter, « dès que cela est possible contractuellement », la fin de l’accord de licence de marque qui lie sa compagnie à l’israélienne Partner.

Dans un rapport publié récemment, des organisations, parmi lesquelles la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), mettaient en cause les profits réalisés par Partner dans les colonies. « Elle a construit et possède une centaine d’antennes sur des terres privées palestiniennes confisquées, offre ses services aux colons et à l’armée israélienne, et tire profit des restrictions à l’économie palestinienne », expliquait le rapport.

Les déclarations de M. Richard ont été perçues en Israël comme une volonté du groupe de quitter le pays. Dans les heures qui ont suivi les propos de M. Richard, les médias israéliens se sont enflammés. Le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a tout de suite exigé une clarification de Paris, qui ne s'est pas fait attendre.

L’affaire Orange s’inscrit dans un contexte plus large, l’isolement d’Israël et la dynamique dont bénéficie le mouvement « BDS », « boycott, désinvestissement, sanctions ». Lancé en 2005 par une centaine d'associations palestiniennes, l'appel BDS a pour objectifs la fin de l’occupation et l’obtention de droits égaux pour les Arabes israéliens. Longtemps, le gouvernement israélien a méprisé ceux qui voulaient porter atteinte à ses intérêts et placer Israël sur le banc des accusés.

L'affaire d'Orange pourrait bien marquer un tournant. Les militants en faveur du boycott en sont persuadés. A voir les réactions du gouvernement israélien, il semblerait que lui aussi...

Nadir Dendoune

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La stratégie occidentale des escadrons de la mort

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Politique étrangère, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Terrorisme

La stratégie occidentale des escadrons de la mort


Le 23 mai 2015 – Source Russia Today

Comment et pourquoi État islamique et al-Qaida sont devenus les troupes de choc de l’impérialisme occidental.

Des membres de EI posent avec McCain. Belle photo de famille n’est ce pas ?

 

L’attentat suicide de vendredi dernier dans une mosquée chiite en Arabie saoudite revendiqué par EI (État islamique), qui a tué 21 personnes, est le résultat amer de la stratégie poursuivie par la Grande-Bretagne, les États-Unis, la France et leurs alliés du Golfe pendant les huit dernières années.

Cette stratégie, qui consiste à encourager le développement de milices anti-chiites, sectaires et très violentes, dans le but de détruire la Syrie et d’isoler l’Iran, étant elle-même une sous-stratégie dans une guerre plus globale qui cherche à affaiblir toute puissance régionale alliée des BRICS pour l’empêcher de se développer et en particulier, pour le moment, la Russie.

Cette stratégie fut d’abord révélée, en 2007, par un article de Seymour Hersh intitulé The Redirection qui montrait comment l’administration Bush collaborait avec les Saoudiens pour fournir des milliards de dollars à des escadrons de la mort sectaires dont le rôle serait de «déclencher des bombes contre le Hezbollah, Moqtada al-Sadr, l’Iran et les Syriens» selon les mots mêmes d’un fonctionnaire américain.

21 morts après l’attentat suicide contre une mosquée chiite en Arabie saoudite, ISIS revendique

D’autres preuves montrant plus précisément comment cette stratégie se développait ont depuis été révélées. La plus récente, datant de lundi dernier, se trouve dans la centaine de pages déclassifiées par la Defense Intelligence Agency (DIA) américaine à la suite de deux années de bataille juridique.

Ces documents montrent que l’apparition d’EI, loin d’être un événement imprévisible sorti de nulle part comme les médias essaient de nous le faire croire, était en réalité attendu et désiré par les États-Unis et leurs alliés, depuis au moins 2012.

Ce rapport de la DIA, à l’époque largement diffusé parmi les différentes agences de sécurité et militaires, note : «Il y a la possibilité d’établir une principauté salafiste, déclarée ou pas, dans l’est de la Syrie et c’est exactement ce que voudraient les puissances qui soutiennent l’opposition [à Assad], de manière à isoler le régime syrien qui est considéré comme fournissant une profondeur stratégique à l’expansion chiite (Irak et Iran).» Et plus loin : «Les puissances qui soutiennent l’opposition [à Assad, NdT]» sont définies comme étant «les pays occidentaux, les états du Golfe et la Turquie».

Autrement dit, une principauté salafiste, c’est-à-dire constituée de militants anti-chiites, était exactement ce que désirait l’Occident pour sa guerre, non seulement contre la Syrie mais aussi contre l’expansion chiite en Irak aussi. Il est même spécifiquement reconnu que «al-Qaida en Irak [le groupe ayant donné naissance à EI] pourrait aussi déclarer un état islamique en réunissant les différentes organisations terroristes opérant en Irak et en Syrie».

Un médecin légiste recherche des preuves sur le site de l’explosion d’une bombe dans une mosquée dans la capitale du Yémen Sanaa le 22 mai 2015. (Reuters / Khaled Abdullah)

La précision de ces documents déclassifiés est étonnante. Ils précisent non seulement que les groupes terroristes soutenus par Londres et Washington en Syrie allaient s’unir avec ceux en Irak pour créer un état islamique mais aussi les dimension exactes de cet état, en reconnaissant que les salafistes, les frères musulmans et al-Qaida en Irak sont les forces principales menant l’insurrection en Syrie et donc que les conséquences d’un tel fait seraient de «créer les conditions idéales pour qu’al-Qaida en Irak retourne à ses racines à Mossoul et Ramadi. »

Mossoul a été prise par EI en juin 2014 et Ramadi vient de tomber cette semaine.

Ces derniers mois, on a vu l’Occident et ses alliés régionaux intensifier fortement leur aide aux escadrons de la mort anti-chiites. En mars, l’Arabie saoudite a commencé à bombarder le Yémen à la suite des avancées des rebelles Houthis (chiites) dans ce pays. Les Houthis, la seule force digne de ce nom à combattre al- Qaida dans ce pays, leur avaient repris des points stratégiques et les menaçaient dans leurs derniers retranchements. C’est alors que les Saoudiens ont commencé leur bombardements, avec l’assentiment américain et anglais. Naturellement, et sans surprise, al-Qaida en a été le principal bénéficiaire, a pu respirer un peu et même reprendre certains territoires perdus comme l’important port de Mukulla, moins d’une semaine après le début des bombardements saoudiens.

Un combattant d’ISIS dans les ruines de Palmyre après la prise de contrôle de la ville

Al-Qaida a aussi marqué des points en Syrie, s’emparant, le mois dernier, de deux villes importantes dans la province d’Idlib, grâce au soutien militaire turc, qatari et saoudien. Parallèlement, la Grande-Bretagne menait la danse pour pousser à une nouvelle intervention militaire en Libye, sous le prétexte d’une «guerre contre la contrebande» qui, comme je l’ai déjà argumenté, finira par renforcer les groupes les plus vicieux impliqués dans ce trafic, c’est-à-dire EI et al-Qaida.

Pourquoi donc cette soudaine impatience de la part de l’Occident et ses alliés de renforcer son aide à al-Qaida/EI ?

A cause de la répulsion grandissante face aux activités de ces escadrons de la mort. Ne correspondant plus à l’image de vaillants résistants contre l’oppression de la dictature Assad tels qu’ils étaient décrits en 2011, leur rôle de troupes de choc dans la stratégie du divise et ruiner ne promettant plus que violence et nettoyage ethnique, était devenu de plus en plus visible. De plus, la période entre mi 2013 et mi 2014 avait été témoin d’un reflux significatif de l’avantage tactique de ces groupes.

Reflux qui a commencé en juillet 2013 avec le renversement du président égyptien Mohamed Morsi à la suite de craintes qu’il n’envoie l’armée égyptienne pour aider la rébellion syrienne. Le nouveau président égyptien a mis un terme non seulement à cette éventualité mais aussi au flux de mercenaires égyptiens vers la Syrie. L’Occident espérait intervenir dans la foulée en effectuant des raids aériens contre le gouvernement syrien, mais les tentatives de s’assurer l’accord iranien et russe n’a mené à rien et ils ont été forcés d’y renoncer.

Puis vint la chute d’Homs en mai 2014 lorsque le gouvernement syrien reprit une place forte des mains des rebelles. Les choses tournaient donc à l’avantage du gouvernement syrien. C’est alors qu’EI entra en scène et avec lui le bon prétexte pour les raids aériens qui n’avaient pu se faire l’année précédente.

Pendant ce temps, en Libye, le parti des escadrons de la mort avait perdu les élections pour la chambre des députés de juin 2014. Leur refus d’accepter cet échec entraina un nouveau chapitre dans le désastre de la Libye post-Kadhafi car ils mirent en place un pseudo gouvernement rival à Tripoli et lancèrent une guerre contre le parlement légitime. Pourtant, en conséquence du massacre d’Égyptiens par EI en Libye, l’Égypte apporta son soutien aérien au gouvernement légitime. Elle envisage même un soutien terrestre.

Perdant du terrain au Yémen, en Libye, en Égypte et en Syrie, toute la stratégie occidentale d’utilisation de salafistes armés comme outil de déstabilisation commençait à perdre de son efficacité. Dieu merci, certaines personnes à certains postes continuent à faire des plans, ceux de EI.

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone

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Pourquoi tolère-t-on le vandalisme de Daech ? Palmyre, Ninive … Daech et la légende de Gilgamesh.

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #L'OTAN., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La guerre

Pourquoi tolère-t-on le vandalisme de Daech ?

Ce vandalo-daechisme a commencé en fait avec le musée de Bagdad et le site de Babylone en 2003 que les USA avaient sur leurs listes fournies par l'UNESCO juste avant leur agression. ...Ils sont entrés dans la ville, ont protégé le ministère du pétrole mais ont laissé entrer au musée des vandales qui ont détruit quelques oeuvres pour la télé et pillé les autres ...qui se sont retrouvées sur le marché noir mondial des antiquités. Même chose ensuite en Libye puis en Irak, au Mali et en Syrie avec Daech et les autres abrutis hypocrites. Daech détruit les pays de vieille culture au profit des nouveaux riches parvenus américano-saoudites, il vandalise quelques oeuvres pour la télé et les films d'horreur, et écoule sur le marché noir mondial à prix cassé, les autres antiquités et le pétrole.

Privatisation des antiquités pour le marché mondialisé avec concurrence libre et non faussée i Daech et les autres tueurs néo-islamistes décervelés, c'est la franchise des USA et d'USraël dans la région arabe. En un jour Gaza a été plus bombardée que Daech en un an ! Alors l'hypocrisie a assez duré ! Daech, c'est USA/USraël/OTAN ! ...Il est vrai les Saoud mis au pouvoir par les Anglais avaient déjà commencé en détruisant le patrimoine historique de La Mecque et Médine...et maintenant en bombardant les vieilles mosquées datant de la période prophétique et les mausolées du Yemen.

Palmyre, Ninive … Daech et la légende de Gilgamesh

 

par Ahmad Ben Saada (Universitaire-Canada),

avec l’aimable autorisation de l’auteur et de la revue Afrique Asie (afrique-asie.fr)

La prise de la ville antique de Palmyre (Syrie), le 21 mai 2015, par l’État "islamique" trois mois après la destruction des vestiges de la cité biblique de Ninive (Irak) pose le problème de la conformité de la stratégie de Daech avec les prescriptions religieuses musulmanes notamment en ce qui concerne le legs ante-islamique.

Retour sur cette question avec l’universitaire algérien Ahmad Ben Saada (Canada)

 

La démolition n’est que l’apanage des déprédateurs, des faibles et des insignifiants.

Les compagnons du prophète appréciaient se reposer sous l’ombre des monuments pharaoniques.

«Je remercie Allah de m’avoir créé aveugle de sorte que je ne vois pas vos horribles faces.» Taha Hussein

À force de chercher l’immortalité, Gilgamesh trouva finalement la sagesse.

 

Elle est longue, la liste des dignitaires musulmans, religieux ou politiques, qui, tout au long de l’Histoire, ont contribué à découvrir et sauvegarder les trésors des cultures préislamiques, patrimoine de l’humanité. En les détruisant, les "djihadistes" détruisent leur propre identité. «Je vais présenter au monde celui qui a tout vu/ Connu la terre entière, pénétré toutes choses/ Et partout exploré tout ce qui est caché» Épopée de Gilgamesh.

 

Selon la légende, Gilgamesh était un roi terrible, sanguinaire et cruel. Mû par le désir de se mesurer au monde entier, il était impitoyable pour ses adversaires. Ce sadique souverain n’était qu’un vil tyran qui prenait plaisir à opprimer son peuple au point d’abuser de toute nouvelle mariée la nuit de ses noces. Se voulant l’égal des Dieux, Gilgamesh a longtemps poursuivi sa quête vers l’immortalité, mais en vain…

Cette histoire, «aussi vraie que le ciel est peuplé d’oiseaux et que la mer de poissons» (1), nous est parvenue par-delà les âges, sans prendre une seule ride. La plus vieille œuvre littéraire de tous les temps, gravée en caractères cunéiformes sur une douzaine de tablettes en argile.

Ce joyau de la littérature assyrienne et humaine qui date, selon les spécialistes, du XVIIIe siècle av. J.-C., fut découvert en 1853 au milieu d’une collection de près de 25.000 tablettes d’argile qui constituait la bibliothèque du roi Assurbanipal (VII siècle av. JC) .

La découverte a été réalisée lors de fouilles dirigées par Hormuzd Rassam, le plus célèbre des archéologue irakien, sur le site de l’antique Ninive, dans la banlieue de l’actuelle Mossoul. C’est d’ailleurs dans cette ville du nord de l’Irak qu’est né Rassam, dans une famille chrétienne de père irakien (né à Mossoul) et de mère syrienne (née à Alep). Avec une telle ascendance, Rassam aurait été un parfait citoyen de Daech (acronyme de «Dawla Islamiya fil Iraq wa bilad as Cham») ou, en français, l’État islamique en Irak et au Levant, le Levant (ou Cham) correspondant à l’historique «Grande Syrie». Pour autant, cependant, que les bourreaux de Daech lui aient laissé la vie sauve, car il aurait été certainement doublement jugé pour hérésie: de par sa confession chrétienne et, surtout, pour sa passion envers Ishtar, déesse assyrienne.

Les différentes fouilles menées par Hormuzd Rassam ont permis de mettre au jour plusieurs autres trésors du génie humain, dont le célèbre Cylindre de Cyrus (539 av. J.-C.) qui est considéré comme la «première charte des droits de l’homme». En 1971, ce document gravé sur un cylindre d’argile a été traduit par l’ONU en chacune de ses six langues officielles (2).

Rassam a été initié à l’assyriologie par l’illustre archéologue anglais Austen Henry Layard dont les importantes recherches à Ninive furent consignées dans Les Ruines de Ninive (Nineveh and its Remains, 1849), un vrai best-seller en son époque. Notons que ce grand cunéiformiste a fait ressurgir de la nuit des temps Nimrud (l’antique Kalhu), ville située à une trentaine de kilomètres de Mossoul.

En plus d’inestimables trésors archéologiques, Layard y découvrit la plus ancienne lentille optique jamais fabriquée de main d’homme. Cette lentille datant d’environ 3.000 ans fut examinée par l’éminent physicien écossais David Brewster. Après une minutieuse analyse, le physicien en donna une description détaillée et déclara que l’objet devait être considéré «comme destiné à être utilisé comme une lentille soit pour grossir ou pour concentrer les rayons du soleil». (3)

Que penser alors des actes barbares et «culturicides» de Daech et ses nervis? Peut-on réellement imaginer la construction d’un quelconque «État» sur les décombres des vestiges archéologiques de son propre peuple? Ou en coupant des têtes humaines et en brisant celles en pierre? Ceux-là mêmes qui veulent faire disparaître l’immense culture assyrienne ne se comportent-ils pas pire que le sanguinaire Gilgamesh?

La démolition au bulldozer du site de Nimrud ou à la massue des sculptures du musée de Mossoul est plus qu’un signe d’inculture: c’est la manifestation d’une vision rétrograde de l’être humain et de sa formidable créativité. Il faut se le dire: contrairement à l’édification, la démolition n’est que l’apanage des déprédateurs, des faibles et des insignifiants. Cette folie destructrice qui défie le bon sens est d’autant plus choquante qu’elle se déroule au cœur du croissant fertile, berceau de la civilisation humaine. Tout proche de cette ville de Mossoul d’où étaient importés vers l’Europe ces riches tissus de soie et d’or auxquels Marco Polo donna le nom de «mousseline» (originaire de Mossoul) [4].

Mossoul où est né l’immense Ziryab (789-857), un des fondateurs de la musique arabo-andalouse qui, tout jeune, émerveilla le calife abbasside Haroun al-Rachid. Vers 822, sous le règne de son fils le calife Al-Mamoun (786-833), Ziryab se rendit à Cordoue (Andalousie) où il fut accueilli avec honneur par l’émir Abderrahmane II (792-852).

Il y créa le premier conservatoire de musique d’Europe, révolutionna le chant, la musique ainsi que la mode, le raffinement et les bonnes manières, contribuant de manière incontestable à l’essor sans précédent de la civilisation arabo-musulmane dans le monde (5). De qui donc tiennent ces gens qui se sont installés à Mossoul et qui ont poussé l’offense jusqu’à dynamiter la mosquée du prophète Younes (AS), où se trouve la tombe de ce prophète connu de tous les gens du Livre (6)?

Nombre d’observateurs relient avec raison ces destructions avec celle des bouddhas de Bamiyan perpétrée en 2001 par les talibans afghans, ou celle des mausolées musulmans rasés en 2012 à Tombouctou (Mali) par le mouvement "djihadiste" Ansar Eddine (7).

Et cela aurait pu être pire. En 2012, sous l’administration du président Morsi issu de la confrérie des Frères musulmans, Morjan Salem al-Johary, un leader islamiste égyptien, avait demandé «la destruction du Sphinx et des pyramides de Giza» (8). Et des questions se posent: pourquoi les vestiges archéologiques pharaoniques sont-ils encore actuellement debout, alors que l’Égypte est islamisée depuis le VIIe siècle? Comment se fait-il que tous les dirigeants musulmans qui se sont succédés à la tête de l’Égypte, à commencer par Amr ibn al-As, son premier gouverneur, aient préservé cet inestimable patrimoine de l’humanité? Pour Al-Johary (et probablement pour tous les "djihadistes"), la réponse est simple: les vestiges étaient pratiquement couverts de sable et, à l’époque, il n’existait pas de moyens de destruction efficaces (sic!).

Ce qui est pratiquement faux dans la mesure où même si certains vestiges étaient enfouis sous le sable, les plus imposants ont toujours été visibles, même partiellement. D’ailleurs, les premières fouilles des pyramides sont attribuées au calife Al-Mamoun dont les ouvriers réussissent à pratiquer, en 820, la première ouverture de la grande pyramide de Khéops encore utilisée de nos jours (9). Ajoutons à cela que l’historien, médecin et philosophe arabe Abd al-Latif al-Baghdadi (1162-1321) fit une description détaillée des vestiges pharaoniques. Dans son ouvrage Relation de l’Égypte, considéré comme une des premières œuvres d’égyptologie, il donna moult détails sur la tête du Sphinx, son corps étant à l’époque enseveli sous le sable (10).

Okasha el-Daly, professeur d’archéologie à l’University College de Londres, précise au sujet d’Abd al-Latif qu’il était bien conscient de la valeur de monuments anciens pour étudier le passé et qu’il exprima son admiration à l’égard des dirigeants musulmans pour la préservation et la protection des artefacts et des monuments préislamiques
(11).

De son côté, l’historien égyptien Ahmed al-Makrizi (1364-1442) explique que la mutilation visible actuellement sur le visage du Sphinx est due à un fanatique soufi du nom de Mohammed Saim al-Dahr. Cet incident a été daté par Al-Makrizi vers 780 de l’hégire, c’est-à-dire entre le 30 avril 1378 et le 18 avril 1379 (12). Selon un récit rapporté par l’historien et islamologue allemand Ulrich Haarmann, Al-Dahr fut lynché par les habitants des environs, courroucés par son acte sordide. Ils l’enterrèrent par la suite près du monument qu’il avait saccagé (13).
Cette histoire confirme que non seulement il était possible de détruire les vestiges archéologiques, mais aussi que la population locale ne permettait pas qu’on vandalise impunément ce patrimoine historique.

En plus d’Abd al-Latif et Al-Makrizi, d’autres historiens arabes se sont intéressés aux trésors de l’archéologie égyptienne et en ont donné des descriptions détaillées, non sans une pointe d’émerveillement. Citons, par exemple, Al-Idrissi (mort en 1251) qui a étudié les pyramides de manière systématique et qui a minutieusement décrit l’intérieur de la grande pyramide quatre siècles avant l’astronome anglais John Greaves (1602-1652), qui ne la présenta à l’Occident qu’en 1646, dans son célèbre livre Pyramidographia (14). Et pour contredire les illuminés de Datcha, les dynamiteurs talibans, les démolisseurs d’Ansar Eddine et les "djihadistes" de l’engeance d’Al-Johary, Al-Idrisi mentionna que non seulement les Sahabas (compagnons du prophète Mohamed – SAWS) ne se sont pas attaqués aux monuments pharaoniques, mais qu’ils appréciaient se reposer sous leurs ombres (15).

Il faut reconnaître aussi qu’à travers les siècles, l’ombre des pyramides n’a pas corrompu l’islamité de l’Égypte, bien au contraire. Le «don du Nil» compte actuellement des milliers de mosquées et, surtout, la plus prestigieuse des institutions académiques dédiées aux sciences islamiques du monde, l’université Al-Azhar du Caire (fondée au Xe siècle).

Parmi les innombrables et éminentes personnalités formées par cette vénérable institution, il est intéressant de citer le «doyen de la littérature arabe», Taha Hussein. Aveugle dès son plus jeune âge, il est considéré comme un des plus importants intellectuel arabe du XXe siècle. Après avoir été écarté de son poste comme doyen de la faculté des lettres de l’université du Caire, il y revint en 1936 porté triomphalement à son bureau par des étudiants nationalistes.

Opposés à son retour, des étudiants islamistes scandèrent des slogans belliqueux, le traitant de «doyen aveugle». Il leur répondit: «Je remercie Allah de m’avoir créé aveugle de sorte que je ne vois pas vos horribles faces» (16).

En février 2013, le mémorial de Taha Hussein fut vandalisé dans la ville d’Al-Minya, et son buste a été arraché de son socle. Le forfait a été naturellement attribué aux islamistes égyptiens auprès de qui il n’a jamais été en odeur de sainteté, même de nos jours (17). Après s’être mesuré à toutes les forces de la nature, Gilgamesh se rendit à l’évidence de son inéluctable mortalité. Lui qui se voulait l’égal des dieux comprit que, pour atteindre la gloire éternelle, il fallait réaliser de grandes œuvres humaines. Ainsi, à force de chercher l’immortalité, Gilgamesh trouva finalement la sagesse.

Il est clair qu’aucun mémorial ne sera jamais érigé à la mémoire des coupeurs de têtes et des fossoyeurs de l’Histoire comme Daech et consorts, car, contrairement à Gilgamesh à la fin de son périple, ils se sont cantonnés dans des recoins de l’humanité, trop éloignés de la sagesse, de la vérité et de la sapience.

Leur seule contribution sera probablement de remplacer le mot «vandalisme» par «daechisme». Il va sans dire que le «daechisme» n’a pas pu apparaître et se développer comme une tumeur maligne à croissance fulgurante sans le soutien, l’aide et la connivence des pays occidentaux et arabes, ainsi que ceux voisins de la Syrie et de l’Irak.

Mais ça, c’est une autre histoire…

A propos
  • Ahmed Bensaada, Docteur en physique, enseignant et essayiste, est l’auteur de « Arabesque américaine: le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe » (2011), et coauteur de « La face cachée des révolutions arabes » (2012). Lauréat du prix du Premier Ministre du Canada pour l’excellence dans l’enseignement, il est aussi auteur et coauteur de nombreux ouvrages pédagogiques pour l’enseignement des sciences.
Références
  1. Jean Massin, Don Juan, Éd. Complexe, Bruxelles (1993), p. 85.
  2. Jacques Poulain, Hans-Jörg Sandkühler, Fathi Triki, Justice, droit et justification: perspectives transculturelles, Éd. Peter Lang (2010), p.146.
  3. Sir Austen Henry Layard, Discoveries Among the Ruins of Nineveh and Babylon, Éd. Harper & brothers (1871), p.167.
  4. Philippe Menard, Marco Polo. Le Devisement du monde, Tome 1, Librairie Droz (2001), p.197.
  5. FSTC «Limited, Ziryab, the Musician, Astronomer, Fashion Designer and Gastronome, Muslim Heritage», http://www.muslimheritage.com/article/ziryab-musician-astronomer-fashion-designer-and-gastronome.
  6. Nasma Réda, «Le Patrimoine irakien crie au secours», Al-Ahram Hebdo, 13 août 2014, http://hebdo.ahram.org.eg/NewsContent/1037/32/97/6601/Le-patrimoine-iraqien-crie-au-secours.aspx.
  7. Le Monde, «Mali: les islamistes rasent trois mausolées près de Tombouctou», 18 octobre 2012. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/10/18/mali-nouvelle-destruction-de-mausolees-par-les-islamistes-a-tombouctou_1777726_3212.html
  8. Cavan Sieczkowski, «Murgan Salem al-Gohary, Egyptian Jihadist, Wants Pyramids and Sphinx Destroyed», The Huffington Post, 13 novembre 2012, http://www.huffingtonpost.com/2012/11/13/pyramids-sphinx-destruction-murgan-salem-al-gohary-egyptian-jihadist_n_2121446.html?utm_hp_ref=religion.
  9. Giza Pyramid, «A Picture Tour of the Great Pyramid of Giza», http://www.gizapyramid.com/newtour2.htm.
  10. Abd al-Latif al-Baghdadi, Relation de l’Égypte, traduction française, Imprimerie impériale, Paris (1810), pp.179-180.
  11. Okasha el-Daly, Egyptology: The Missing Millennium: Ancient Egypt in Medieval Arabic Writings, Éd. Routledge (2004), p. 10.
  12. Al-Makrizi, Description topographique et historique de l’Égypte, traduction française, Éd. Ernest Leroux, Paris (1895), pp.352-353.
  13. Ulrich Haarmann, «Regional Sentiment in Medieval Islamic Egypt», The University of London’s Bulletin of the School of Oriental and African Studies (BSOAS), vol.43 (1980) p. 55-66, http://journals.cambridge.org/action/displayAbstract?fromPage=online&aid=4120372.
  14. Peter J. Ucko et T. C. Champion, The Wisdom of Egypt: Changing Visions Through the Ages, Éd. Cavendish, Londres (2003), pp. 44-45.
  15. Caleb Heart Iyer Elfenbein, Differentiating Islam: Colonialism, Sayyid Qutb, and Religious Transformation in Modern Egypt, Éd. ProQuest, Ann Harbor (2008), p.126.
  16. Djaber Asfour, «Un feuilleton qui mérite le respect (2)», Al-Ahram, 19 septembre 2011, http://digital.ahram.org.eg/articles.aspx?Serial=639076&eid=444.
  17. Nevine El-Aref, «Is nothing sacred now?», Al-Ahram Weekly, 21 février 2013, http://weekly.ahram.org.eg/News/1533/17/Is-nothing-sacred-now-.aspx.
Version en espagnol

Madaniya - Civique et citoyen. Madaniya s'honore de la responsabilité d'abriter au sein de sa rédaction des opposants démocratiques en exil en provenance des pays du Golfe, dont la contribution se fera, pour des raisons de sécurité, sous le sceau de l'anonymat, par le biais de pseudonyme. Ce site se veut un lanceur d’alerte. Il nourrit l’ambition d’assumer la fonction d’un vigile. Dénoncer et combattre l’instrumentalisation de la religion comme arme de combat politique. Prôner la neutralité de l’Etat, de même que la séparation de la religion de l’Etat. Réclamer un statut civil identique à l’ensemble des concitoyens. Promouvoir la citoyenneté et non l’appartenance communautaire.
Pour aller plus loin
Illustration

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Temple_of_Bel,_Palmyra_15.jpg

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Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition?

25 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #L'OTAN., #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Terrorisme

Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition?

Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition?

FIGAROVOX/TRIBUNE –

L'État islamique s'est entièrement emparé de Palmyre ce jeudi.

Hadrien Desuin, dénonce l'inaction de la coalition qui préfère sacrifier la cité antique plutôt que d'apporter son concours à Bachar al-Assad.

Ancien élève de l'École spéciale militaire de St-Cyr puis de l'École des officiers de la Gendarmerie nationale, Hadrien Desuin est titulaire d'un master II en relations internationales et stratégie sur la question des Chrétiens d'Orient, de leurs diasporas et la géopolitique de l'Égypte, réalisé au Centre d'Études et de Documentation Économique Juridique et social (CNRS/MAE) au Caire en 2005. Il a dirigé le site Les Conversations françaises de 2010 à 2012. Aujourd'hui il collabore à Causeur et Conflits où il suit l'actualité de la diplomatie française dans le monde.

Le 13 mai, l'offensive de l'État islamique débutait à Palmyre, carrefour névralgique du désert syrien et vestige antique d'une civilisation bel et bien disparue. Deux grosses larmes de crocodiles ont coulé sur les joues de Laurent Fabius et François Hollande. Une semaine plus tard, une contre-offensive djihadiste fait reculer l'armée syrienne fidèle à Bachar Al-Assad. Laquelle doit céder à nouveau le nord de la ville après l'avoir repris quelques heures. Les combats continuent, pourtant la coalition anti-Daesh emmenée par les occidentaux détourne pudiquement le regard.

Les combats continuent, pourtant la coalition anti-Daesh emmenée par les occidentaux détourne pudiquement le regard.

Elle continue de bombarder avec succès les positions djihadistes face aux kurdes, hier à Kobané et aujourd'hui à Hassaké, mais Palmyre l'indiffère. Quelques raids aériens bien guidés auraient pu stopper net les colonnes du Djihad. Mais parce que ce sont des alaouites qui résistent à la barbarie, rien ne sera fait.

L'indignation de la communauté internationale est unanime, la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova s'active pour sauver Palmyre. Jack Lang, président de l'institut du monde arabe, a pris les accents des soldats de l'an II sur Europe 1: «il faut massacrer ces massacreurs et sauver Palmyre!» Décidément ses camarades font peu de cas de nos racines gréco-latines. La culture n'a pas d'importance quand les «méchants» la défendent. Comme si l'Occident ne parvenait pas à sortir de son manichéisme pour prendre la moins mauvaise des solutions.

Cette indignation stérile s'explique aisément: la bataille de Palmyre remet en cause le dogme de l'alliance tacite entre Bachar et l'EI. C'est le conte que rabâche depuis quatre ans les chantres de «l'opposition syrienne»: Bachar et l'EI sont alliés, ils sont les deux têtes d'un même hydre bicéphale. Tandis que des combats opposent depuis des années les troupes loyalistes aux soldats du califat à Der Ez Zor, à Damas et ailleurs; tout est fait pour minimiser sinon effacer la part que prend l'armée loyaliste dans la lutte contre Daesh.

Cette indignation stérile s'explique aisément: la bataille de Palmyre remet en cause le dogme de l'alliance tacite entre Bachar et l'EI.

Une fable qui cède le plus souvent à la facilité complotiste: l'EI est une créature de Bachar Al-Assad. Conclusion imparable des derniers rêveurs du printemps arabe: pour vaincre Daesh, il faut renverser Bachar. Et si, après Palmyre, c'était l'État islamique qui renversait Bachar, le maître de Damas serait-il encore coupable?

Parce qu'on préfère sacrifier un pan entier de notre civilisation plutôt que de donner une victoire à Bachar, rien ne sera fait pour sauver Palmyre.

Soucieuse de se montrer réactive, la diplomatie française se hâte lentement. Elle a décidé de prendre une initiative bien de chez nous; Ses partenaires internationaux, dont John Kerry, sont invités le 2 juin à Paris, pour une réunion. Mais que sera Palmyre dans douze jours? Il suffit d'un ordre pour modifier la trajectoire de nos aéronefs qui bombardent l'EI de l'autre côté de la frontière syrienne. On voudrait enterrer Palmyre discrètement qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Parce qu'on préfère sacrifier un pan entier de notre civilisation plutôt que de donner une victoire à Bachar, rien ne sera fait pour sauver Palmyre. Dans une quinzaine de jours, quand nos diplomates se réuniront au quai d'Orsay, les ruines fumantes de la ville porteront d'autres stigmates que celles du temps, celles de la furie et de l'indifférence des hommes, celles des duels d'artillerie. Une deuxième fois, et quelque soit le vainqueur, Palmyre sera détruite.

Hadrien Desuin

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