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Le blog de Lucien PONS

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« Les heures les plus sombres… » L’édito de Charles SANNAT

24 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Les transnationales, #Le syndicalisme

« Les heures les plus sombres… » L’édito de Charles SANNAT

« Les heures les plus sombres… » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes,

je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates,

je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.

Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes,

je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

Lorsqu’ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne

pour protester. »

Ce texte est du pasteur allemand Niemöller arrêté en 1937 et envoyé au camp de Sachsenhausen. Il est ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau.

La liberté ne se négocie pas

Mes amis, la liberté ne se négocie pas, elle se défend. Alors je le dis à toutes celles et ceux qui pensent avoir une excuse, à toutes celles et ceux qui sont quand même un peu convaincus par la propagande de nos sinistres dirigeants, à toutes celles et ceux qui croient que les casseurs méritent que l’on suspende l’un de nos droits les plus fondamentaux, état d’urgence ou pas état d’urgence… Méditez ces quelques lignes.

Lorsqu’ils sont venus gazer les anti-mariage pour tous, je n’ai rien dit car j’étais pour le mariage pour tous !

Lorsqu’ils sont venus arrêter et embastiller des veilleurs totalement pacifiques qui n’ont jamais rien cassé, je n’ai rien dit. Je n’étais pas veilleur.

Lorsqu’ils sont venus arrêter le Général Picquemal ancien patron de la Légion étrangère à Calais, je n’ai rien dit, je n’étais ni légionnaire, ni calaisien, ni facho… pensez donc !

Lorsqu’ils sont venus arrêter les écologistes, qu’ils les ont assignés à résidence pendant la COP 21 que tout le monde a déjà oublié, je n’ai rien dit, je n’étais pas écolo, je ne cultivais pas de courgettes.

Lorsqu’ils sont venus arrêter Martinez et les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste, je n’étais pas gauche…

Ce qui nous ramène à cette première phrase de notre pasteur allemand déporté.

« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste… »

La liberté ne se réduit ni à celle de consommer, ni à celle de se déplacer. La liberté est la valeur suprême que tout être humain doit chérir, protéger et parfois… défendre.

Que vous soyez pour ou contre la loi Travail, pour ou contre la CGT ou FO n’a aucune importance. Ce qui est essentiel mes amis, c’est qu’aujourd’hui, après presque 4 ans de dérives sécuritaires majeures atteignant nos libertés individuelles sans que cela ne protège le moins du monde nos concitoyens des massacres sur les trottoirs de nos villes, dans nos salles de spectacle, un gouvernement portant les couleurs socialistes a décidé d’interdire une manifestation syndicale, ce qui est une grande première depuis Maurice Papon !!

Malgré le ridicule du circuit proposé portant en lui-même les germes de débordements et de risques importants, le gouvernement vient de faire volte-face. Bien lui en a pris, car ce gouvernement doit savoir que nous ne sommes pas tous prêts à perdre nos libertés sans combattre.

Demain et pour la première fois, j’irai sans doute manifester.

Pas parce que je suis de droite,

pas parce que je suis de gauche,

pas parce que je suis syndiqué, FO ou CGT,

mais parce que je ne serai pas celui qui n’a rien dit car soyez-en certains, si le précédent est créé alors quel que soit le sujet, le droit de manifester une opinion contraire à celle du gouvernement nous sera retiré à jamais.

Les heures les plus sombres ce ne sont pas ce que l’on croit ou ce que la propagande socialiste veut vous faire croire.

Les heures les plus sombres c’est maintenant et depuis une funeste soirée du 13 novembre.

Notre pouvoir est entre de bien mauvaises mains. À nous de veiller à ce qu’il n’y reste pas.

La liberté ne se négocie pas, et la liberté exige que nous soyons capables de supporter les excès de liberté de certains ! Et c’est là que la police intervient mais pas avant.

Je propose, à tous ceux qui le souhaitent, une saine lecture. Celle de la Constitution encore en vigueur dans notre pays… le texte intégral ici.

Vive la liberté, vive la France !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin

Pour m’écrire charles@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

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L’attaque Barbarossa il y a 75 ans.

24 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La mondialisation, #l'horreur économique, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #La guerre, #L'OTAN.

L’attaque Barbarossa il y a 75 ans.

Le 23 juin 2016

 L’attaque Barbarossa il y a 75 ans.

Ce 22 juin, cela fait 75 ans que la Russie a été attaquée par le Reich et ses alliés. L’action Barbarossa voulue par Hitler mais aussi surtout par ses financiers internationaux (les mêmes que nous retrouvons dans l’attaque actuelle contre la Russie du 21ème siècle), avec la France qui garde une position trouble et lâche, a provoqué le lancement de la Guerre sacrée par Staline. Alors que la France avait accepté d’arrêter le combat face à l’ennemi, la Russie avait décidé de se battre pour repousser l’attaque. Aujourd’hui encore la France n’est pas prise au sérieux même chez les Polonais qui ont été trahis par la France lors de la Blitzkrieg sur le territoire polonais.

un des plus beau chant patriotique Russe

75 ans après l’invasion surprise en Russie, les troupes de l’OTAN occupent les positions le long des frontières de la Russie. 75 ans après Barborossa les mêmes alliances ennemis se sont formées. L’Allemagne, encore, occupe une position centrale avec les U.S.A pour l’occupation via la bannière de l’OTAN des territoires de l’Est de l’Europe. L’OTAN a donné au commandement de la Bundeswehr la position de Memel sur la Lituanie pour avoir sa base militaire. Le commandement américain vise sur un affaiblissement du territoire russe à côté de la Pologne et de Memel. Des stratégies de communications opératives sont mises en place sur le territoire de Kaliningrad pour provoquer un effondrement de ce territoire russe. 75 ans après, l’Histoire semble se répéter. Le peuple du Donbass a montré l’exemple de sa détermination comme à l’époque de l’attaque nazie le 22 juin 1941. Pendant que les nations occidentales présentent des émissions à endormir les peuples, la télévision russe montre des films sur la Seconde Guerre mondiale en souvenir du peuple russe qui s’est courageusement levé contre l’envahisseur.

il est troublant d’entendre ce chant patriotique russe avec les images de la guerre au Donbass (montage, réalisé par Alexandre Kissilev, sous-titres français).

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L’UE et les inondations contrôlées Valentin Martin et Jacques Maillard

23 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE, #Le grand banditisme, #l'horreur économique

L’UE et les inondations contrôlées
Valentin Martin et Jacques Maillard

samedi 18 juin 2016, par Comité Valmy

L’UE et les inondations contrôlées

Dans sa directive de 2007 dite directive-inondation 1) , l’Union européenne définit l’inondation comme « un phénomène naturel qui ne peut pas être évité ».

 

Malgré cela, les violentes inondations qui ont touché la France ces dernières années ne furent pas unanimement perçues comme telles par un certain nombre de personnes concernées.

 

En effet, de nombreuses voix parmi les élus, les syndicats d’intercommunalité, ou les syndicats d’agriculteurs, se sont élevés précisément pour dénoncer le caractère évitable de ces inondations.

 

En 2013 un sénateur 2) dans une question au ministre de l’Environnement souleva le problème de l’entretien des cours d’eaux rendu de plus en plus impossible par les autorités. « Il lui demande si ces inondations ne sont pas, partiellement, dues au mauvais entretien des cours d’eau et rivières. Autrefois, les rivières étaient librement entretenues par les riverains et les agriculteurs mais on est passé d’une extrême à l’autre, avec des normes toujours plus contraignantes et dissuasives. De ce fait, personne n’ose plus intervenir et les cours d’eau ne sont plus nettoyés. »

 

La question de l’entretien des cours d’eau

Dans un article de La Voix du Nord de juin 2016 intitulé « Lorgies : l’entretien des cours d’eau mis en cause dans les inondations »3) , le directeur de l’Union Syndical d’Aménagement hydraulique du Nord déclare attendre depuis plus de trois ans les arrêtés préfectoraux qui l’autoriseront à dévaser les cours d’eau. L’USAN affirme que des fossés autrefois curés tous les quatre ans n’ont plus été depuis quinze ans.

 

En 2014, un maire d’une commune du Var en rappelant l’importance du curage des rivières contre les inondations, déclara à la presse que lors d’un nettoyage de rivière ses engins avaient tout simplement été arrêtés par la police de l’eau : "Les élus locaux connaissent parfaitement leurs rivières. Si on baisse le niveau de la rivière de deux mètres, si on talute les berges et si on fait des enrochements dans les points sensibles, il n’y a pas de raison que la rivière sorte de son lit.[...]Hier, on a encore arrêté nos engins parce que la police de l’eau voulait préserver les anguilles. Le débat du jour, il est simple : veut-on préserver les anguilles ou des vies humaines ?" 4)

 

Sur l’Ile de Ré, les élus se voyaient reporter chaque année la reconstruction des digues dont le mauvais état, déjà signalé comme tel en 2008, avait causé les inondations de Xinthia en 2010. Les élus appelèrent donc, dans des délibérations des conseils municipaux de l’île , à reprendre les vieilles tradition multiséculaires où les habitants reconstruisaient et entretenaient eux même les digues. Ainsi, le 9 août 2013, devant les médias (qui n’en parlèrent point, par peur de donner des idées aux autres communes de France ainsi menacées), les RG et la maréchaussée médusée, 1500 habitants, armés de pelles, reconstruisirent une première digue, au Groisil dans la commune de la Couarde. 5)

 

En juin 2016, le maire de Sainte-Florence (Gironde) qui avait procédé au curage d’un cours d’eau sans autorisation préalable, s’est vu condamné par la justice à payer une amende de 5000 euros. Ses travaux furent jugés « nuisibles au débit de l’eau et à la vie aquatique », selon l’accusation, et aux importantes « conséquences environnementales sur la faune et la flore », selon la décision de la Cour d’appel. 6)

 

Tous les obstacles mis à ces opérations d’entretien sont récents et concernent tout le territoire. En effet, ils font suite à la publication de la directive-cadre sur l’eau de 2000, transcrite en droit français en 2004 .7)

 

La directive-cadre sur l’eau (DCE)

Elle engage les Etats à atteindre le « bon état » de ses cours d’eau en 2015. La notion de « bon état » concerne la qualité chimique de l’eau, mais surtout la qualité « écologique » des « masses d’eau ». La qualité écologique est déterminée par l’absence de « signes de distortion résultant de l’activité humaine » sur le cours d’eau : « Pas ou très peu d’altérations anthropogéniques » constitue selon l’annexe V le « très bon état écologique ». Un des critères de qualité « hydromorphologique » est la « continuité », c’est-à-dire l’absence de perturbations « par des activités anthropogéniques et qui permet une migration non perturbée des organismes aquatiques et le transport de sédiments ».

 

Selon une brochure de la Direction général de l’Aménagement, du Logement et de la Nature sur la DCE 8), à la suite de cette directive, 55% de l’état écologique des masses d’eau en France fut classé "moins que bon". Il était donc urgent de « restaurer les continuités écologiques ».

 

Selon l’Office National de l’Eau et des Milieux aquatiques (ONEMA) 9) : «  Une grande partie des détériorations des habitats fluviatiles résultent de la modification de la morphologie et des processus hydromorphologiques des cours d’eau. Les principales sources du désordre sont les modifications des régimes hydrologiques par la chenalisation des rivières (recalibrage, rectification, endiguement) et la présence de seuils ou de barrage [...]Un fonctionnement hydromorphologique perturbé augmente singulièrement le risque de non-atteinte du bon état écologique exigé par la directive cadre sur l’eau (DCE). »

 

En termes concrets, « l’atteinte du bon état écologique exigé par la DCE » signifie la fin de l’entretien des rivières. Une plaquette d’entretien 10) de 2010 des rivières publiée par le préfet du Cher, département qui fut durement touché par les inondations de 2016, donne un sens plus clair aux applications concrètes de la Directive européenne. Quelques exemples de conseils d’entretien :

 


-  les embâcles : « Formés par une accumulation de végétaux morts, les embacles constituent un support de biodiversité dans la rivière (abris, support de ponte, source de nourriture...). Ils ne doivent être retirés que lorsqu’ils représentent un risque : aggravation des crues, érosion des berges, déchaussement d’ouvrages... »

 


-  les berges : « L’entretien se réalise de façon pluriannuelle, soit des interventions tous les 3 à 5 ans selon la dynamique de la végétation, avec pour grands principes :
• conserver au maximum la végétation … » « Sont à proscrire : les protections étanches en « dur » qui suppriment tout échange entre le milieu aquatique et le milieu terrestre, induisent un appauvrissement du milieu, entraînent souvent une accélération du courant par leur faible rugosité et provoquent généralement une érosion en aval. » « Il ne faut donc pas couper les broussailles de manière systématique
 »

 


-  curage : « Le phénomène de dépôt-érosion fait partie du fonctionnement normal d’une rivière en bonne santé. »

 

La sédimentation et le dépôt des cours d’eau sont donc définis comme des pratiques naturelles du cours, c’est-à-dire « normales », la zone inondable devenait un milieu humide et semi-aquatique ou encore un « espace de liberté du cours d’eau ».

Alors que cette directive protège la vie du cours d’eau, elle ne dit rien de la vie des habitants vivant le long des cours d’eau. Leur sort est plus précisément décrit dans la directive de 2007, la directive-inondation 11) retranscrite dans le droit français en 2010.

 

La directive inondation

Ce n’est plus le risque d’inondation qui doit être pris en compte comme c’était le cas en droit français, mais ce risque pondéré par un facteur qui inclut notamment les enjeux économiques du territoire. « Risque d’inondation : combinaison de la probabilité d’une inondation et des conséquences négatives potentielles pour la santé humaine, l’environnement, le patrimoine culturel et l’activité économique associées à une inondation. »

 

Ainsi le risque dans une zone inondable « à faible enjeu », c’est-à-dire la majorité du territoire, peut être considéré comme non significatif : « Les risques pourraient être considérés dans certaines zones comme non significatifs (zones faiblement peuplées ou inhabitées, zones aux enjeux économiques ou écologiques limités) », affirme la directive. La logique d’avantages coûts que la directive met en place considère l’inondation de ces zones comme n’ayant pas de conséquences négatives. Au contraire l’entretien peut se révéler plus coûteux que le bénéfice qui en serait retiré. « Le plan tient compte des points suivants : les coûts et les bénéfices... ». Pour toutes ces zones, les mesures préconisées par le DCE s’imposent donc : restauration de la continuité écologique, espace de liberté du cours d’eau.

 

A l’inverse l’inondation de certaines zones sont considérés comme ayant des conséquences négatives : les zones à risques d’inondation (ZRI) dont la carte a été tracée par l’Etat français 12) . Ce sont en gros les 80 plus grandes agglomérations du territoire. La nouveauté introduite par la directive est que des zones qui autrefois n’étaient pas considérées comme inondables le deviennent. La probabilité d’une crue centennale (occurrence supérieure à tous les 100 ans) devient une « probabilité moyenne » d’inondation. Les espaces jugés compétitifs et attractifs pourront par ce biais être classés comme ZRI.

 

Ainsi, Montigny-sur-Loing, Nemours ou Vendôme, villes qui ont été les plus durement touchées par les inondations de 2016, ne sont pas classés en ZRI. Mais le centre ville de Paris qui a connu une inondation en 1910 le devient, avec le plan de gestion de risque qui s’impose, comme par exemple le très médiatisé exercice « EU Sequana 2016 » de mars 2016. Des bassins de rétention ou des plans d’ « inondation contrôlée » voient ainsi le jour dans des communes jugées « compétitives », et ce en dépit de la faiblesse du risque. « Les plans de gestion des risques d’inondation peuvent également comprendre l’encouragement à des modes durables d’occupation des sols, l’amélioration de la rétention d’eau, ainsi que l’inondation contrôlée de certaines zones en cas d’inondation. »

 

En clair, l’UE interdit aux habitants de lutter contre les inondations dans les zones inondables, et se fait le cheval de bataille de la lutte contre les inondations dans des zones en partie non-inondables.

 

Conclusion : l’UE et les inondations contrôlées

Les inondations survenues en France ces dernières années ont donc bel et bien été « contrôlées » par l’Union européenne, et favorisées par le zèle de certaines administrations et ministères. Le bilan humain est très lourd :782 communes inondées en état de catastrophe naturelle et 20000 évacuations en juin 2016, 20 morts dans le sud-est en 2015... La liste continuera à s’alourdir tant que le pays cherchera à atteindre les objectifs fixés par les directives.

 

La commission européenne est épaulée, encouragée et relayée avec zèle et entrain par des associations « environnementales », souvent recevant d’ailleurs de nombreuses subventions tant de multinationales que de la dite commission, dans ce travail d’obstruction systématique à la tradition française d’entretien et de construction d’ouvrages hydauliques pour le bien de toute la population.

 

L’écologie est un prétexte utilisé pour masquer la destruction totale du paysage français, résultat de siècles de travaux. Par exemple, Blaise Pascal avait consacré une partie de sa vie, de ses revenus et de son savoir à l’assèchement de marais poitevins. C’est cette œuvre à la fois populaire, scientifique et technique que l’UE cherche à détruire, pour transformer le paysage français en un vaste et lucratif musée à ciel ouvert. Selon cette politique, nulle canalisation du Rhin, de la Loire, nulle construction de canaux, de moulins au fil de l’eau, aménagement sur le long terme du territoire national n’aurait été possible et ne l’est désormais. Si la France laisse cette logique se développer, on peut craindre que d’ici quelques années, les zones rurales soient totalement vidées.

 

Pour reprendre les termes du rapport EDORA (European development opportunities for rural areas), lequel préconise l’émigration massive des populations rurales et de ses outils industriels vers le nord de l’Europe, la nature « sauvage », « authentique », « durable » et réservée au « tourisme haut de gamme pour étrangers hors OCDE »13) aura alors enfin pu remplacer l’homme.

 

12 juin 2016

Valentin Martin
Jacques Maillard
Comité Valmy

Notes

1) http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/ ?uri=CELEX:32007L0060&from=FR
2) Question écrite n° 06473 de M.  Gérard Bailly (Jura - UMP)
3) http://www.lavoixdunord.fr/region/lorgies-l-entretien-des-cours-d-eau-mis-en-cause-dans-ia21b49768n3559023
4) http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/2014/11/29/inondations-le-maire-de-la-londe-denonce-les-contraintes-environnementales-602722.html
5) Voir l’article EDORA et Xynthia, sur le site du Comité Valmy

6) http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/06/08/01016-20160608ARTFIG00014-un-maire-condamne-pour-avoir-voulu-prevenir-des-risques-d-inondations.php
7) http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/DGALN_directive-cadre-eau_1_.pdf
8) http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/23b_DGALN_directive-cadre_objectifs_et_mise_en_oeuvre_4_pages_def_web.pdf
9) http://www.onema.fr/IMG/Hydromorphologie/6_conn4_alteration_vbat.pdf
10)http://www.cher.gouv.fr/content/download/6156/36555/file/plaquette_riviere_entretien.pdf
11) http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/ ?uri=CELEX:32007L0060&from=FR

voir la présentation du CEPRI http://www.cepri.net/tl_files/pdf/directiveinondation0805.pdf
12) http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1-2012_TRI_Nom-2.pdf

13) selon Goldman Sachs. Voir http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article3139

 
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La santé publique est dans l'œil de la finance. La liquidation de la France est en cours! Les vautours sont à l’affût.

23 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #La mondialisation, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Les transnationales, #Le fascisme

La santé publique est dans l'œil de la finance.

La liquidation de la France est en cours!

Les vautours sont à l’affût.

La santé publique est dans l'œil de la finance. La liquidation de la France est en cours! Les vautours sont à l’affût.

Bonjour.

L’ultralibéralisme est un cancer qui ronge le monde. Les soudards de l’école de Chicago et les phalanges constituées par les disciples du Mont Pèlerin ont jeté et jettent misère et désolation partout dans le monde. Contre toute logique - nous devrions nous insurger et les condamner durement au vu des crimes qu’ils commettent - ces psychopathes nous entraînent vers l’abîme avec un risque élevé de 3° guerre mondiale.

Il y a 20 ans, le livre de Viviane Forrester « L’Horreur Economique » avait permis de comprendre la vraie nature du néolibéralisme. Il permettait déjà d’entrevoir les désastres à venir..

En France comme en Grèce, l’Union Européenne est le cheval de Troie de ces criminels. Elle utilise l’austérité pour imposer la dictature du capitalisme sauvage. Le mensonge de la dette permet de culpabiliser les citoyens et de rendre inéluctable à leurs yeux la vente à la découpe de nos biens communs. Le modèle social français issu de la Libération est attaqué par les voyous qui dirigent le monde. Ces gangsters font main basse sur les bastions qu’ils ne possédaient pas encore.

L’éducation et la santé sont de ceux-là !

Le gouvernement de gôche actuellement au pouvoir fait la sale besogne et impose toutes les régressions possibles au peuple français. La trahison « des ennemis de la finance » est totale.

Pour autant, le retour aux affaires de la droite ultralibérale achèvera le travail ; tout est à vendre désormais.

La France va disparaître dans ce maelström néoconservateur – appendice de l’Empire Etasunien – appelé Union Européenne.

Dans le document ci-dessous vous pouvez apprécier les efforts de nos gouvernants sociaux-libéraux pour plaire à leurs maîtres.

Une bataille est engagée à Saint Dizier pour sauver l’hôpital public.

Vous trouverez en PJ deux documents pour expliquer cette vilénie.

Faites circuler grandement cette information SVP !

Bien cordialement.

Lucien Pons

La santé publique est dans l'œil de la finance. La liquidation de la France est en cours! Les vautours sont à l’affût.

L'hôpital public doit-il fonctionner comme une entreprise, autrement dit, la santé est-elle une marchandise? - Que dit le Professeur Grimaldi? - Extraits.

" Avec la Tarification A l'Acte, dans notre jargon, la T2A, les recettes d'un hôpital sont désormais directement liées au nombre d'actes et de consultations enregistrés par l'établissement, donc à son volume d'activité.

la T2A a fait entrer l'hôpital public dans une logique purement gestionnaire. Ainsi, une consultation, pour être rentable, devrait durer douze minutes ! En effet, si vous calculez le ratio entre ce que l'assurance maladie rembourse à l'hôpital et le coût des médecins, infirmiers..., vous arrivez à douze minutes. Une stupidité, car tout dépend du patient et de la pathologie. Avec la T2A, les médecins se retrouvent face à un dilemme : ils sont déchirés entre donner le juste soin pour le patient au moindre coût pour la Sécu ou défendre leur structure en augmentant des soins inutiles. L'Institut Montsouris à Paris [un hôpital privé à but non lucratif, NDLR] possède un logiciel pour « optimiser le codage ». Le Parlement vote chaque année une enveloppe globale qui contient les crédits alloués à la santé, secteurs public et privé confondus. Mais cette enveloppe n'est pas extensible. La T2A est un moyen pour mettre sous pression les hôpitaux.

C'est un cheval de Troie. Avec elle, les fermetures d'hôpitaux publics se feront « naturellement », c'est machiavélique : l'hôpital public est en déficit, il va supprimer de l'emploi, des activités. On dira que la clinique privée d'en face fait le travail et qu'elle est moins chère pour la Sécu." sauf que la clinique aura tendance à laisser les cas lourds au public. CQFD

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Les autoproclamés «antifas» au service de l’ordre établi. "Les fascistes de demain s'appelleront eux-mêmes les antifascistes" (de Huey Pierce Long).

23 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Antifafs., #La France, #l'Allemagne, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Le capitalisme;, #l'horreur économique, #Terrorisme

Les autoproclamés «antifas» au service de l’ordre établi. "Les fascistes de demain s'appelleront eux-mêmes les antifascistes" (de Huey Pierce Long).

Bonjour.

Les masques tombent et c’est tant mieux. Qui sont ces antifas si prompts à défendre les intérêts supérieurs de l’Empire atlantique. Dans cette période particulière que nous vivons – la contestation de la loi travail qui ne faiblit pas, les provocations otanniennes à la frontière russe par l’opération Anaconda un mois avant le sommet de l’OTAN à Varsovie les 6 et 7 juillet 2016 – ces « défenseurs » de la démocratie que l’on nomme Antifas, tombent le masque et montrent ainsi leur vrai visage. Que ce soit les « Black Blocks » ou les « No Border » ces révolutionnaires biberonnés à l’idéologie post-moderne sont de tous les mauvais coups. Lors des manifestations contre la loi El Khomri ils deviennent les casseurs masqués et les agresseurs de la police. Ils vont même jusqu’à incendier une voiture de police au risque de tuer les fonctionnaires qui l’occupaient. Sans parler du cordon sanitaire installé lors des réunions « Nuit-Debout » afin d’exclure les infâmes nationalistes que sont les vrais patriotes. Nos amis du PARDEM ont connu ce penchant particulier de la liberté d’expression dans cette « vraie gôche anticapitaliste ». Ils avaient déjà exclu Sylvain Baron. Etienne Chouard était passible d’agression physique s’il se rendait à ces rendez-vous et ce malgré la multiplicité des ateliers constituants directement inspirés de sa réflexion sur ce sujet. Ce sont d’ailleurs des personnes de ces rassemblements qui ont réclamé sa venue…

Ces nouveaux croisés de l’ultralibéralisme ne sévissent pas seulement en France. En Allemagne depuis longtemps déjà, leur violence permet de disqualifier toute contestation légitime de l’ordre néolibéral imposé par les psychopathes qui dirigent le monde. « Les manifestations du lundi » qui dénoncent les manœuvre étasuniennes pour déstabiliser l’Europe sont régulièrement polluées de violences venant de ces « pacifistes » nouvelle formule. « Les manifestations du lundi » existent depuis deux ans déjà en Allemagne, elles ont lieu dans de nombreuses villes et sont très suivies. Le but est d’alerter sur la dangerosité du soutien occidental aux néonazis de Kiev. Le coup d’Etat du 22 février 2014 à Kiev a été mené par les services américains afin d’atteindre la Russie au cœur de sa zone d’influence. Pour ce faire ils ont utilisés les forces néonazis du Pravy Sektor sans aucun état d’âme ! C’est très curieux que les « Antifas » ne combattent jamais ces vrais nazis ! Cherchez l’erreur !

En Allemagne ces sinistres antifas ont agressé Sarah Wagenknecht députée de la gauche radicale du parti « Die Linke ». Pourtant cette personne dénonce de façon très courageuse la politique du pire imposée par les maîtres du monde.

Pierre Lévy dans l’excellent article ci-dessous nous permet de mieux comprendre les motivations de ces Antifas.

Puis l’article d’Erwan Castel complètera le tableau. Il est vivement conseiller d’apprécier la qualité de l’engagement politique de Sarah Wagenknecht dans les trois vidéos proposées.

Un petit rappel, n’oublions pas cependant l’aveu presque innocent d’un antifa dans son blog et la définition de leur mission.

Fiche technique : comment reconnaître un Rouge-Brun ?

https://reflets.info/fiche-technique-comment-reconnaitre-un-rouge-brun/

– La haine de l’Europe, mère de tous les maux

Quelles sont les caractéristiques qui permettent de savoir que ce fond rouge est bien le rouge des Rouge-Bruns ?

Facile :

La mondialisation, c’est le mal

– Le libéralisme, c’est le mal

– L’Etat devrait reprendre la main et brider l’oligarchie économique en place

– La Palestine c’est toujours bien, Israël, c’est toujours mal

– Antisioniste, oui…mais jamais antisémite

– Les travailleurs, le prolétariat, doivent prendre le pouvoir qui leur a été retiré par la bourgeoisie, la classe dominante en général

– Les USA dominent la planète aidés d’Israël : il faut toujours être du côté opposé aux USA (il faut être pour Poutine, pour Assad, pour le pouvoir iranien, par exemple)

Bien cordialement

Lucien Pons.

"Les fascistes de demain s'appelleront eux-mêmes les antifascistes"

 
 
Sahra Wagenknecht, dirigeante du parti Die Linke et députée allemande au Bundestag allemand, a été victime d'une agression ce samedi 4 juin, lors d'un congrès du parti à Magdebourg. Même si le mode choisie de l'entartrage n'a pas blessé physique cette femme, il révèle le barbarisme dans lequel notre société occidentale est tombée. 
Personnellement je n'ai jamais applaudi à ce genre de manifestation imbécile, et ceci même à l'encontre d'abjectes personnages comme BHL à qui je reconnais pourtant mériter amplement tribunal et peloton d’exécution.. 

Non ce genre de démonstration est indigne, surtout venant d'un homme attaquant une femme.
 
Agression de Madame Wagenknecht,

Ce minable, qui mérite d'être bastonné et emprisonné, a revendiqué son geste comme une "initiative antifasciste" !... c'est un peu comme si un végétalien s'attaquait à un agriculteur bio ! En effet, nous nageons ici en plein délire quand des pseudos pacifistes gauchistes viennent défendre violemment les intérêts du grand capitalisme belliciste et s'attaquant aux personnalités qui le dénoncent haut et fort.

Car il suffit d'écouter les discours et positions de Sahra Wagenknecht, cette femme de gauche dont l'intelligence et le courage politique n'ont d'égal que l'élégance et la retenue pour s'apercevoir que cet "antifa" est de fait un fasciste de la pire espèce !

"Les fascistes de demain s'appelleront eux-mêmes les antifascistes", cette citation de Huey Pierce Long (1893-1935) (et non de Winston Churchill comme il est souvent rapporté) pourrait résumer à elle seule le geste de cet "antifa", débile et violent et qui illustre autant la lâcheté de son auteur que sa servilité à un système mondialiste dénoncé par sa victime.

Je profite donc de ce triste fait divers pour rendre hommage à cette femme courageuse qui porte haut et fort les couleurs de l'antimondialisme, et dénonce quotidiennement la camisole de l'Union Européenne et de l'OTAN imposé par les USA aux peuples d'Europe...

Voici pour vous en convaincre et au delà de toute appartenance politicienne, quelques discours pertinents prononcés par Madame Wagenknecht et que j'avais à l'époque partagé sur les réseaux sociaux. (voir notamment sur le groupe Facebook "Soutien à la rébellion du Donbass", le lien ici : Sahra Wagenknecht)

26 novembre 2014, S. Wagenknecht accuse Merkel de privilégier les intérêts US

19 mars 2015, S. Wagenknecht sur la politique étrangère et la crise ukrainienne

Le 19 mars 2015, S. Wagenknecht sur la politique étrangère et la crise ukrainienne.

https://youtu.be/3xbI4anc5NU

17 février 2016, S. Wagenknecht, fustige l’hypocrisie d'Angela Merkel

En dehors de son indignité, cet agression de Madame Sarah Wagenknecht révèle aussi pour moi, une fois encore, le pourrissement de la vie politique de nos "démocraties occidentales", car en arriver à ce genre d'intolérance outrageante et agressive montre bien le niveau de décadence morale dans lequel sont tombées nos sociétés, pour ne pas oser dire notre civilisation.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

"Ne pas sentir la putréfaction du monde moderne est un indice de contamination."

Nicolás Gómez Dávila

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Source le lien ici : RT

Les autoproclamés «antifas» au service de l’ordre établi. Par Pierre Lévy.
 
 
Par Pierre Lévy
 
Censés combattre «la peste brune», les «antifas» semblent faire preuve d’une fascination mimétique pour les méthodes de cette dernière, selon le spécialiste des questions européennes Pierre Lévy.
 
Des groupes autoproclamés «antifascistes» tentent régulièrement d’apparaître sous les feux de la rampe. Encore tout récemment à Paris, samedi 4 juin, certains ont affronté la police… pour rendre hommage au jeune Clément Méric, décédé le 5 juin 2013.
 
Des militants se réclamant de cette mouvance ont également réussi à faire parler d’eux à l’occasion desdites Nuits debout parisiennes, et, surtout, à la faveur de la mobilisation syndicale contre le projet de loi El Khomri. Certains se sont illustrés en amont des cortèges en faisant reprendre le slogan «tout le monde déteste la police» par quelques centaines de jeunes. Un slogan qui avoisine le degré zéro de la pensée politique.
 
La dénomination «antifasciste» revendiquée sonne du reste étrangement, dès lors qu’il s’agit de rouer de coups des journalistes, ou de blesser plus d’une dizaine de membres du service d’ordre CGT lors de la manifestation du 12 mai dernier.
 
La mouvance dite «antifa» a certes des contours flous tant en France qu’en Allemagne
De l’autre côté du Rhin, leurs homologues s’en sont pris, le 28 mai, à une des responsables du parti Die Linke (La gauche). Sarah Wagenknecht, agressée et «entartée», s’est vu reprocher ses prises de position en matière de crise migratoire : elle défend l’idée qu’on ne peut laisser entrer sans discernement tous les migrants, d’autant que l’ouverture des frontières, décrétée en août dernier par Angela Merkel, a évidemment abouti à un afflux de main d’œuvre à bas coût – afflux souhaité et applaudi par le patronat pour mieux mettre en concurrence les travailleurs.
 
La mouvance dite «antifa» a certes des 
contours flous tant en France qu’en Allemagne.
 
D’une part s’y rattachent par exemple des idéologues-détectives, qui consacrent leur vie à dénicher et dénoncer les individus ou groupes qualifiés de «rouges-bruns». Un vocable que nos modernes inquisiteurs attribuent à tous ceux qu’ils soupçonnent de vouloir associer tradition communiste historique (se réclamant du marxisme-léninisme) et sympathies d’extrême droite.
 
Dans les années 1990, cette chasse typiquement maccarthiste avait tenté d’influer sur les choix internes du PCF : ce dernier était alors en passe de trancher entre une ligne en faveur de la souveraineté nationale et du large rassemblement populaire qui pouvait la sous-tendre ; et une orientation favorable à l’alliance avec le PS, au prix de l’acceptation de l’intégration européenne. C’est cette seconde ligne qui l’a finalement emporté (avec les conséquences que l’on sait), les tenants de la première ayant été accusés de céder au «nationalisme», quelques-uns étant dénoncés comme «rouges-bruns».
 
Un quart de siècle plus tard, certains sites se sont fait une spécialité de pister les sympathies ou rapprochements supposés, forcément suspects. Les cyber-Torquemadas balayent large. Ainsi, le journal Fakir et son rédacteur en chef François Ruffin, auteur du film Merci patron !, n’ont pas échappé au bûcher, coupables d’avoir défendu le protectionnisme – donc, c’est évident, d’être «nationaliste» et de sympathiser avec l’extrême droite…
 
Egalement récemment en Allemagne, des rassemblements en faveur de la paix (souvent à ce titre accusés de sympathiser avec la Russie) ont été dénoncés par certains «antifas» comme suspects, puisque ce n’était pas seulement des militants de gauche qui s’y pressaient, mais également beaucoup de jeunes non politisés dont certains pouvaient être influencés par le mouvement Pegida ou autre. Nos actuels disciples de McCarthy ont été prompts à jeter l’opprobre sur ces initiatives du lundi.
 
L'ouverture au dialogue [des antifas] est à peu 
près aussi considérable que celle des protecteurs 
de la planète ou des zélateurs de l’austérité 
heureuse face à qui l’on voudrait défendre le progrès
 
D’autre part, les «antifas» ne disposent pas seulement de théologiens, d’enquêteurs et de procureurs. Nombre d’entre eux relèvent plutôt des forces de l’ordre – à leur manière : casqués ou masqués, armés d’ustensiles autrement plus frappants que des arguments rhétoriques. Avec ceux-là, le dialogue est plutôt difficile, tant les idées sont aussi courtes que leurs bâtons sont longs. Inutile (par expérience) et même dangereux de tenter de parler – pour ne pas dire de débattre.
 
Et pas seulement parmi ceux qui ont investi les manifestations anti-loi Travail. Des «blacks blocs» aux «no borders» (on notera que, significativement, les appellations relèvent désormais de l’anglais globalisé), jusqu’à certains activistes desdites «zones à défendre» (ZAD), leur ouverture au dialogue est à peu près aussi considérable que celle des protecteurs de la planète ou des zélateurs de l’austérité heureuse (communément baptisée «décroissance») face à qui l’on voudrait défendre le progrès, le développement économique, l’énergie nucléaire ou le charbon…
 
S’il est impossible de cerner une homogénéité idéologique, certains points de repère peuvent cependant attirer l’attention. Ainsi, dans le tract accompagnant l’agression de Sarah Wagenknecht évoquée plus haut, les auteurs dénoncent «le ressentiment contre l’Union européenne et les Etats-Unis» dont serait porteuse la dirigeante… Du reste, les mêmes groupes, en Allemagne, stigmatisent régulièrement les militants antisionistes – qualifiés d’antisémites – et s’indignent de la manière dont Israël est «maltraité».
 
Le paradoxe n’est pas mince, surtout au regard de l’évolution de l’Etat juif, dont le gouvernement – voire la société elle-même – semble en voie d’extrême-droitisation accélérée, bien réelle celle-là. Une situation qui ne semble guère émouvoir nos «antifas» très occidentaux, pas plus que ces derniers ne paraissent particulièrement bouleversés par la situation en Ukraine.
 
Il n’est pourtant un secret pour personne, ou presque, que la «révolution de Maïdan» a été fortement structurée et encadrée par des groupes nostalgiques du nazisme. Et que, par exemple, le nouveau président de la Rada (le Parlement) fut le fondateur, en 1991, du Parti social-nationaliste d’Ukraine (devenu Svoboda) qui arborait un logo analogue à la croix gammée…
 
Les «antifascistes» autoproclamés 
constituent un leurre dont tirent aisément 
profit les classes dominantes
 
Il est évidemment flatteur de s’auto-arroger le titre d’antifasciste. Encore serait-il utile de redonner aux mots leur véritable sens. Historiquement, le terme fasciste est né dans l’Italie mussolinienne. Et l’entre-deux-guerres a illustré dans de nombreux pays ce que ce phénomène historique, ou cette tentation, recouvrait : une dictature ouverte et sanglante de la partie dominante des forces capitalistes.
 
Certes, ces dernières n’excluent peut-être pas de réintroduire un jour une telle perspective si elles le jugeaient utile. Force est cependant de constater qu’elles ont inventé, ces dernières décennies, des méthodes bien plus efficaces pour maintenir leur domination : l’alternance de forces politiques défendant au fond les mêmes orientations, l’effacement des souverainetés nationales – autrement dit de la démocratie véritable – au profit d’instances supranationales, et la promotion du «dialogue social» (il y a même un commissaire européen spécialement chargé de cela). Ce que La Boétie nommait en son temps la servitude volontaire.
 
Face à cela, les «antifascistes» autoproclamés ne sont d’aucune utilité. Pire, ils constituent un leurre dont tirent aisément profit les classes dominantes.
 
Censés combattre la peste brune, les «antifas» semblent faire preuve d’une fascination mimétique pour les méthodes de cette dernière. Dès lors, il serait sans doute pertinent de réfléchir au placement des guillemets. Et de pointer plutôt des «anti»-fascistes.
 
Pierre Lévy
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Nous voulons savoir qui est celui qui a cassé à la masse les vitres de l'hôpital Necker ! Signez la pétition.

22 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La République, #Le syndicalisme, #Le socialisme, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #l'horreur économique

Nous voulons savoir qui est celui qui a cassé à la masse les vitres de l'hôpital Necker ! Signez la pétition.

Nous voulons savoir qui est celui qui a cassé à la masse les vitres de l'hôpital Necker !

Bonjour

Suite au vandalisme constaté lors de la grande manifestation du 14 juin contre la loi travail, une pétition est lancée pour faire toute la lumière sur ces actes délictueux. Cette loi proposée par le gouvernement sur injonction de l’Union Européenne, c’est la loi El Khomri! Son but est d'anéantir le code du travail.

Les exactions contre l’hôpital Necker ont permis au gouvernement et aux grands média d’occulter la réalité de la mobilisation populaire pour ne parler que des casseurs afin de discréditer le mouvement social.

C'est indigne de la part des socialistes au pouvoir de trahir à ce point les aspirations du peuple.

Il faut choisir entre servir la France et les français et obéir servilement à l'Union Européenne pour imposer l'ultralibéralisme.

Voir ci-dessous la feuille de route de la commission européenne pour l’année à venir, il s’agit d’imposer l’ordolibéralisme et de détruire tous les acquis du Conseil National de la Résistance mis en place à la Libération par les gaullistes et les communistes

http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/csr2016/cr2016_france_fr.pdf

Je vous propose de signer la pétition ci-après afin de faire toute la lumière sur cette affaire :

Nous voulons savoir qui est celui qui a cassé à la masse les vitres de l'hôpital Necker !

Le 14 juin avant l'arrivée des manifestants contre le projet de loi Travail, en marge d'affrontements entre des "autonomes" et la police, un individu non identifiable s'est approché des vitres de l'hôpital Necker et a donné un coup de masse au centre de chacune de celles qui se trouvait à sa hauteur.

Cet acte inqualifiable a permis au gouvernement d'occulter la manifestation elle-même, ainsi que les raisons de cette manifestation. Bien plus, le gouvernement a aussitôt tenté d'utiliser l'émotion et la réprobation légitime suscitées par cet acte inqualifiable pour discréditer ceux qui manifestaient pacifiquement pour le retrait du projet de loi El Khomri.

Dès lors le soupçon s'installe. Compte tenu des précédents de longue date (Coluche dans les années 1970 parlait déjà des "appariteurs" payés par le gouvernement pour casser les vitrines pendant les manifestations), il est légitime de chercher à savoir si l'homme à la masse n'était pas en service commandé.

C'est pourquoi, nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, Messieurs les Présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, la mise en place d'une commission d'enquête indépendante sur cet événement.

Cette pétition sera remise à:

  • M. le Président de la République
  • MM. les Présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat.

Le lien pour signer la pétition :

https://www.change.org/p/nous-voulons-savoir-qui-est-celui-qui-a-cass%C3%A9-%C3%A0-la-masse-les-vitres-de-l-h%C3%B4pital-necker

Bien cordialement

Lucien Pons

Un complément indispensable pour mesurer le cynisme du gouvernement socialiste

La vraie dégradation de l’hôpital public est donnée par la suppression massive de lits sur le territoire français.

La vraie dégradation de l’hôpital public est donnée par la suppression massive de lits sur le territoire français.

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A propos de l’agressivité russe en politique étrangère

19 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #L'OTAN.

A propos de l’agressivité russe en politique étrangère


Par Vladimir Brovkin – Le 14 juin 2016 – Source ACEWA

Regarde cette flagrante démonstration d’agressivité digne de va-t-en-guerre!

Les analystes politiques aiment à expliquer la réalité en termes de constructions mentales familières, telles que la recherche de la légitimité, la priorité de la politique intérieure, la force militaire nouvellement trouvée, etc. Et donc ce genre d’articles ne reflète que l’application traditionnelle de ces constructions mentales sur la politique contemporaine russe. Le problème avec ces analyses, est qu’elles oublient le côté émotionnel des choses, les sentiments venant des tripes, le sentiment de fierté et de blessure nationale.

 

La plupart des Russes d’aujourd’hui, comme l’ont démontré de nombreux sondages d’opinion, pensent que l’Occident a empiété sur leur territoire traditionnel et, dans le cas de l’Ukraine, que l’Occident a usurpé ce que beaucoup estiment être une partie de la nation russe. De nombreuses personnes, dont Lavrov, ont déclaré que l’Ukraine et la Russie sont une seule nation. Même l’intelligentsia tournée vers l’Occident démocratique qui, en 1989, scandait Pour Votre Liberté et la Nôtre, saluait l’indépendance des États baltes de l’Union soviétique, et encore plus les gens ordinaires, même eux pensent que l’Occident a profité d’eux. Ils se sentent trahis par le fait qu’au lieu d’intégrer la Russie en une communauté démocratique européenne après 1991, l’Occident ait accaparé ce qui était la Russie par le droit et l’histoire, et l’ait inclus dans sa sphère d’influence économique et militaire. Pour un intellectuel russe qui a toujours considéré la Russie comme une partie de l’Europe, l’idée que l’Ukraine puisse en être, mais pas la Russie, est une insulte absurde. En outre, après ce qui s’est passé pendant la Seconde Guerre mondiale, l’idée que Berlin et Washington prennent des décisions pour le gouvernement ukrainien provoque la rage, la colère et le désir d’y mettre fin immédiatement.

La politique étrangère du président Poutine est encore une tentative désespérée de s’en tenir à l’esprit de 2003-2005, lorsque la Russie, la France et l’Allemagne s’étaient opposées ensemble à la guerre américaine en Irak. Il se souvient encore avec nostalgie de l’époque où la Russie et les grandes puissances d’Europe occidentale ont envisagé la création d’une seule Europe, du Portugal à Vladivostok, en 2005. Poutine ne veut toujours pas lâcher ce rêve. D’où les accords de Minsk et la très faible réaction à l’arrogance de l’OTAN.

Voilà pourquoi il a réagi ainsi à l’offensive occidentale, comme Stephen Cohen l’a souligné à plusieurs reprises. Poutine a réagi à la subversion de l’Ukraine par l’Occident de manière minimale, en sauvegardant la Crimée et la base militaire russe installée là-bas et en apportant un tiède soutien au Donbass, cherchant toujours un moyen de rétablir des relations normales avec l’Europe occidentale.

Cette réponse, cette faible assertivité se confronte à une opposition croissante, ces derniers temps. Dans les débats publics sur Canal Un, on peut entendre des critiques ouvertes de Lavrov pour avoir négligé de défendre le Donbass. Certains soutiennent ouvertement une approche bien plus sévère.

Permettez-moi de vous dire ce à quoi une politique russe agressive aurait ressemblé. En Géorgie, la Russie ne se serait pas arrêtée après la libération de l’Ossétie du Sud, elle aurait continué sa marche sur Tbilissi et installé un régime ami, comme les États-Unis l’ont fait de nombreuses fois dans ce qu’ils ont coutume d’appeler leur arrière-cour en Amérique centrale.

En Ukraine, la Russie aurait pu refuser de reconnaître le gouvernement Maïdan comme légitime, le considérer comme le résultat d’un coup d’État et envoyer les troupes pour soutenir le gouvernement légitime, dûment élu, du président Ianoukovitch. Certains participants aux nombreux débats de Canal Un ont préconisé la création d’une Armée de libération ukrainienne, qui aurait été ouvertement soutenue par l’armée russe, et non pas secrètement.

Cette armée, font-ils valoir, aurait repoussé la clique Bandera hors de Kiev, leur aurait permis de se regrouper en Ukraine occidentale, leur centre, et déclaré à l’Occident que cette Ukraine occidentale était sous son protectorat et devenait, avec effet immédiat, une zone d’exclusion aérienne pour l’OTAN.

Ceci, juste pour commencer. Si vous voulez continuer, d’accord, voici quelques stratégies plus affirmées.

En réponse aux missiles installés en Roumanie, la Russie devrait installer des missiles de moyenne portée dans la région de Transnistrie, ciblant les missiles américains.

Ceci, mes chers amis, aurait été une politique étrangère affirmée. En outre, si vous écoutez les débats sur le Canal Un de la télé russe, vous apprendrez à quoi ce genre de stratégie, y compris une éventuelle action sévère concernant la Pologne, la Lituanie et d’autres, qu’ils appellent des traîtres, aurait ressemblé.

Donc, le président Poutine est un occidentaliste, un chef sympathique de la Petersbourg européenne. Si vous pensez qu’il est agressif, vous n’avez encore rien vu.

Vladimir Brovkin enseigne à l’université de Harvard depuis 9 ans et à l’université de l’Oural depuis 5 ans. Il est diplômé d’histoire à Princeton.

Traduit par Wayan, relu par nadine pour le Saker Francophone.

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Quand l’Éducation Nationale étouffe les vocations : témoignage d’une enseignante effondrée

19 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Ecole, #La France, #La finance dérégulée, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

Quand l’Éducation Nationale étouffe les vocations : témoignage d’une enseignante effondrée

par

« Ce qu’on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l’écrire. »
J. Derrida, La carte postale, 2004.

Être et vouloir

Encore enfant, à l’âge de onze ans, je décidai que je deviendrais professeure de français. C’était une décision profonde et arrêtée qui ne changea plus, sauf pour choisir d’enseigner aussi le latin et le grec. En première, je rencontrai le professeur qui marqua ma vie : Monsieur D. C’était un homme d’une cinquantaine d’années, originaire du Togo, agrégé de lettres classiques et ancien attaquant du PSG. Il était très exigeant, drôle, cultivé. Il possédait un goût réel pour la littérature française, latine et grecque. Je fus tellement passionnée par ses cours, tellement subjuguée par son travail que mon désir s’habilla d’un rêve : arriver à faire, un peu, aussi bien que lui...

Je suis devenue enseignante de lettres classiques, j’ai atteint la destination que je m’étais fixée treize ans auparavant. J’ai enseigné pendant cinq ans dans le Nord de la France. Aujourd’hui, je doute encore parfois, mais une chose est certaine : je n’enseignerai plus jamais dans l’Éducation nationale.

Monsieur D. et l’institution qu’il représentait m’ont trahie.

Année 0 : vocation

Étudiante appliquée, fraîchement sortie du concours et revenue de vacances, je fus assignée à un lycée de centre-ville, de bonne réputation. La réforme de l’enseignement impliquait qu’on ne me formât pas avant de m’envoyer en classe, mais plutôt au cours de l’année, le mercredi, en plus d’un temps plein ordinaire. Je reçus l’aide d’une enseignante formidable, mais qui était affectée en collège quand je devais enseigner à des lycéens, et uniquement formée en lettres modernes, ce qui fit de mon cours de latin aux classes de premières un mystère à percer de mon côté.

Étudiante appliquée, fraîchement sortie du concours et revenue de vacances, je dus préparer, enseigner et corriger le résultat de dix-huit heures de cours par semaine en lycée, et ce sans aucun outil pédagogique ou didactique. Le travail que me demanda mon année de stage fut énorme, j’y consacrai des morceaux de nuits, mes week-ends et mes temps libres.

Malgré tous ces obstacles, je garde ancré en moi ce souvenir de certitude : j’avais trouvé ma voie. Malgré mes pleurs, ma fatigue, le surmenage et la forte impression d’indifférence de mon entourage professionnel à ce qui me pesait, j’avais en moi ce bastion de force, ce secret impérissable d’avoir confirmé ma vocation. J’aimais mes élèves, j’aimais leur envie d’apprendre, leurs remarques, leurs blagues, leur scepticisme parfois, leur enthousiasme pour nos projets. Ils me rendaient mon investissement au-delà de toute espérance. Je me sentais faite pour ce que je faisais, dans mon élément. Ma tutrice et l’inspectrice qui me visita en fin d’année furent unanimes : c’était ma vocation !

La vocation, de la même famille que vocal, est un appel : quelle joie de se sentir appartenir si fortement, être et vouloir profondément, quel terrible bonheur ! Une chance incommensurable, qui vaut bien des débuts difficiles, pensais-je.

Année 1 : désenchantement

Rentrée de septembre. Je suis mutée en collège. Aucun de mes cours de lycée n’aura d’utilité. Tout est à refaire, les programmes à découvrir, les cours à fabriquer, la pédagogie à adapter. Le collège est à 80 kilomètres de chez moi, je dois prendre un métro, un train et un bus pour l’atteindre. C’est un collège en périphérie, classé sensible et violent. J’apprends que l’année précédente, une jeune fille de 6ème s’est suicidée avec le fusil de chasse de son père. Je découvre à 23 ans la misère du bassin minier, son désespoir, ses impasses culturelles et sociales. Ici, les familles ne croient plus en l’école, les élèves encore moins. Ici, des parents demandent à payer en deux fois un carnet de correspondance à 4 euros. Je prends conscience de la bulle de sécurité dans laquelle j’ai été élevée, je déchante. Mes élèves de 6ème ne savent pas ce qu’est un verbe, ils déchiffrent à peine lorsque je les fais lire.

Quelle solitude. Au gré d’un algorithme automatique, je passe d’un lycée de centre ville à un collège sensible et violent. Je m’agrippe à la très bonne ambiance entre collègues, à la solidarité, au travail intellectuel que je peux faire, non plus sur le contenu des cours mais sur leur forme, l’aspect purement pédagogique. Comment accrocher la classe, comment mettre les élèves au travail, comment les aider à apprendre, eux qui n’ont jamais appris ?

C’est intéressant et complexe, mais ce n’est pas ce que j’aime. Les cours sont essentiellement de la grammaire, de l’orthographe, de la lecture laborieuse. Il faut faire la police, gérer les perturbateurs, cibler les grandes difficultés pour essayer de les combattre. Je revois très vite mes exigences à la baisse. Je repense à mes anciens lycéens écrivant le réquisitoire de l’Étranger, créant le procès de Médée, s’amusant à l’écriture automatique ou récitant des phrases de Cicéron en toge.

Je n’ai jamais eu d’élèves en collège, je n’ai jamais fait de cours de ce niveau, mais personne ne sera là pour m’aider ou pour me guider : ça y est, je suis « validée », je suis « à l’abri », je suis « titulaire »... Je suis seule.

Année 2 : apnée

L’avantage de connaître mon établissement, c’est que la rentrée est moins impressionnante. Cette année nous changeons de principal adjoint. Le précédent était humain, drôle et très investi dans son travail. Il est un des éléments qui a contribué à ce que l’année se passe sans que j’abandonne le combat. La nouvelle principale adjointe est une stagiaire : après 20 ans dans la grande distribution et un an d’enseignement à des BTS vente, elle a passé le concours de chef. Elle nous accueille tous le jour de la rentrée avec un diaporama : Justin Bieber, les anges de la télé-réalité, Miley Cyrus, un extrait vidéo de LOL, un film sur des adolescents. Son but : nous faire comprendre les élèves de notre collège (qu’elle n’a encore jamais vus). J’ai l’impression de rêver.

Nous lui laissons une chance, puis deux, puis dix… Rien n’y fait. L’organisation est catastrophique, la communication avec les parents est un fiasco. Elle dit être « au taquet » ou avoir « fait une couille », elle est à la mode, elle est « dans le coup » mais elle est tout sauf compétente pour gérer notre établissement, qui cumule des problématiques humaines très complexes. Néanmoins, cette principale adjointe sera titularisée sans problème car elle aura fait un travail formidable d’organisation de projets pour faire « rayonner » l’établissement : faire venir des entreprises auprès des élèves, proposer une journée portes ouvertes. Les compétences en ressources humaines passent bien après celles en communication quand il s’agit de valider un chef d’établissement…

Pour aider une de mes collègues revenant de dépression et qui ne se sent plus capable de le faire le jour de la rentrée, j’ai accepté une nouvelle mission : professeur principal. C’est une mission bien peu valorisée et très complexe. Je passe des récréations à surveiller la classe pour la punir de son comportement en arts-plastiques — et moi avec, puisque je n’ai par conséquent pas de pause. Je convoque les parents des élèves difficiles, je reçois ces mêmes élèves avec la CPE (conseillère principale d’éducation) ou l’assistante sociale, je décide avec elle entre deux bouchées à la cantine d’un plan pour essayer une énième fois de remettre T. sur la voie du travail, pour aider S. qui dort avec son beau-père, pour punir F. et que cela fasse enfin effet. Je reste tard au collège, ma semaine est une apnée de 5 jours.

Le climat en salle des profs se dégrade. Les élèves perturbateurs ou violents ont une immunité dangereuse car rien n’est fait par les chefs pour les punir lorsqu’ils vont trop loin. Deux petites de 6ème rentrent pleines de bleus d’une récréation car elles révisaient sur un banc. Un élève donne une claque derrière la tête à l’une de mes collègues, pour rire.

Je me lève à 5h15 tous les matins pour arriver à l’heure avec le métro, le train, le bus. Je rentre épuisée. Je pleure sans arrêt. Je rêve du travail toutes les nuits. Je n’ai plus goût à rien. Je ne respire plus. Je prends l’avion et me surprends à espérer de toutes mes forces qu’il s’écrase. Je décide de demander ma mutation avant de sombrer complètement. J’obtiens un établissement tout aussi difficile mais bien plus proche, l’espoir se rallume au fond de moi : peut-être n’est-il pas trop tard pour faire mon travail dans de bonnes conditions...

Année 3 : pas de responsable

La rentrée et son lot de nouveautés. J’arrive pleine d’entrain, revigorée par le changement. Je suis à presque une heure de chez moi, mais l’essentiel du trajet est en tramway : c’est le luxe ! Mon nouvel établissement est « mixte », il est composé d’élèves de milieu très modeste et très aisé à la fois. La plupart de mes latinistes sont de classe bourgeoise, inscrits au conservatoire où ils vont deux après-midi par semaine suivre des cours d’instrument et de solfège au lieu de faire arts-plastiques ou technologie. Ce sont des jeunes polis, curieux, intéressés. Ils participent, posent des questions, argumentent, s’enthousiasment. À 13 ans, ils ne se voient pas ailleurs qu’à l’école : on leur a transmis l’importance de l’instruction. Leurs parents ont le temps de s’intéresser à eux, de les suivre dans leurs résultats, d’assister aux conseils de classe et aux réunions parents-professeurs. C’est un réel bonheur de les avoir en cours. Je respire enfin.

En tant que représentante élue du personnel, je participe à de nombreuses réunions, au conseil d’administration et au conseil de discipline notamment. J’y vois dans l’un les incohérences d’une institution qui vacille, dans l’autre l’impuissance de l’école à vaincre le déterminisme social. Car, au-delà de mes cours de latin, groupe privilégié, c’est la même cour de récréation que dans le collège précédent, la même violence physique et verbale omniprésente, les mêmes hurlements, humiliations, bagarres. Dans les conseils de discipline où je siège, les parents semblent tristes, dépassés par leurs enfants, épuisés par leur travail quand ils en ont un, désespérés par leur quotidien quand ils n’en ont pas. Parfois, une cousine ou une sœur est là pour traduire, parfois, une cousine ou une soeur est là, à défaut d’autre chose.

Le Département crée à cette époque un programme pour financer des projets visant à combattre les difficultés scolaires. On nous propose de penser « hors des cases », on nous donne une grande liberté de budget : enfin quelque chose de possible, je me sens pousser des ailes !

Je crée un projet dans lequel je m’investis énormément : sortir les élèves les plus perturbateurs de classe une fois par semaine et les mettre tous ensemble dans un groupe dont j’aurais la charge le vendredi après-midi sur mon temps libre. Le profil de ces élèves a souvent quelques similitudes : ils ont de la répartie, ils cherchent à se distinguer, à être reconnus d’une façon ou d’une autre, ils aiment, ou prétendent aimer, le rap. Je voudrais leur faire découvrir des chansons de rap de qualité, les analyser avec eux et les aider à en écrire. Je voudrais changer un peu leur rapport au savoir, leur dégoût du savoir. Leur montrer que la langue ne sert pas qu’à faire des dictées, mais aussi à s’exprimer pour se faire entendre. Que le langage permet de maîtriser le monde dans lequel ils vont évoluer. Je rêve qu’ils apprennent à penser, qu’ils apprennent à dire plutôt qu’à parler. Je remplis des tas de papiers et j’attends, impatiente. Je me projette et cela m’aide à tenir, à dépasser la colère, la frustration quotidienne, les rappels à l’ordre constants dans la cour de récréation, les insultes, les incivilités, les bousculades auxquelles j’assiste sans cesse. Les mois passent : à chaque fois que je demande, on me dit que la sélection des dossiers prend du temps.

Conseil d’administration du mois de juin : au détour d’une phrase et devant les vingt-cinq personnes réunies, la principale déclare que tous les projets présentés sont annulés, que le Département n’a finalement pas les fonds. Assise à la table, entourée de vingt-cinq personnes qui ne savent pas ce qui se brise alors en moi, je ravale mes larmes pour pouvoir affronter les deux heures de réunion qui nous attendent.

Une phrase.

Elles m’ont vue aux réunions préparatoires, plus enthousiaste que le reste de mes collègues, investie, motivée, en pleine ébullition. Elles m’ont vu accepter de ne pas être payée les vendredis après-midi pour que le projet ne coûte pas trop cher. Elles ont vu mon espoir, elles ont vu mon attente. Mais je ne mérite pas plus que ça, une phrase au détour de l’ordre du jour de la réunion. Je ne mérite pas deux minutes en tête à tête pour reconnaître mon investissement et regretter avec moi le projet qui n’aboutira pas. La faute est au Département qui n’a pas les fonds. Mes chefs refusent de prendre la responsabilité de cet échec, et je me retrouve sans personne à blâmer, sans personne à qui exprimer ma déception, mon regret, ma frustration. La faute à personne... tant pis pour moi.

Réunion de l’équipe de lettres, début juillet. Chaque matière a besoin d’un coordinateur de discipline, tâche aussi contraignante que bénévole. En fin d’année, M. nous annonce qu’après 15 ans de coordination, elle a besoin de souffler et que quelqu’un prenne la relève. Quelqu’un accepterait-il de la remplacer ? Je vois le silence répondre à M., je vois tous mes collègues plus âgés que moi baisser les yeux, sans rien dire. Je vois tout le monde attendre, gêné, que quelqu’un d’autre réponde. Et je sens la colère monter. La colère face à tous ces responsables qui ne veulent pas accepter de l’être, qui n’osent même pas dire non à voix haute. Par provocation, par colère, par dépit, j’accepte de reprendre le poste. Grossière erreur, car je le fais pour les mauvaises raisons. Par besoin de reconnaissance, mais surtout pour leur faire honte, à eux qui ne font rien, à eux qui n’assument rien. Quelle naïveté ! Sitôt que le problème a trouvé sa solution, tout le monde s’en fout...

Année 4 : effondrement

La réforme des collèges est annoncée depuis l’année précédente mais elle se concrétise en début d’année. Changement radical du collège vendu sur tous les médias par la ministre. Aussi douée en communication qu’incompétente en pédagogie, cette jeune femme explique à qui veut l’entendre que le modèle du collège est dépassé, que les élèves s’ennuient, que les enseignants restent affiliés à d’anciennes méthodes, que les options élitistes empêchent l’apprentissage pour tous. Le latin, le grec, les classes européennes et bilangues sont supprimées. Les classes de musiciens déchargés deux après-midi par semaine pour aller au conservatoire sont maintenues, ne semblant pas faire partie de l’élitisme visé...

J’entends partout combien les disciplines que j’ai choisies, qui me passionnent, qui je le crois sincèrement sont porteuses d’émancipation pour les élèves d’origine populaire, sont ennuyeuses et dépassées. J’entends partout que nos cours sont pleins de grammaire aride et de déclinaisons obscures. Je vois mon métier voué aux gémonies, ridiculisé, méprisé.

Moi qui n’ai jamais fait de cours magistral, qui ai traduit du rap et Pharell Williams en latin, qui ai monté une pièce de théâtre en toge avec surtitrage powerpoint, je m’entends dire que je suis élitiste, ennuyeuse et dépassée. Il faut changer, faire des projets, du concret, du ludique... Ah bon ? Quelle nouveauté ! Je m’engage syndicalement pour combattre ces mensonges éhontés, pour organiser la résistance au sein du collège et auprès des parents. Je sens un nouveau souffle s’emparer de moi, je me dis que je trouverai peut-être mon épanouissement dans le travail par ce biais là, à défaut de le trouver dans l’enseignement de la littérature.

Je décide de préparer un voyage cette année : devant le danger de disparition de ma matière, devant l’envie et la gentillesse de mes élèves, je me lance dans ce projet chronophage et compliqué d’une visite de la Provence romaine.

Exposée en tant que syndicaliste, je me retrouve convoquée chez la principale pour différents motifs, je reçois des remarques déplacées et des regards désapprobateurs. J’organise une réunion syndicale qui se déroule tant bien que mal : je fais de mon mieux pour qu’on laisse parler les collègues qui défendent cette réforme que j’abhorre, afin qu’ils ne se sentent pas acculés. Le lendemain, une collègue m’agresse devant mes élèves, dans la cour, me reprochant ce que d’autres ont dit à la réunion. Elle m’impose l’entière responsabilité de tout ce qui s’y est dit.

Au bout de quelques mois, tous les voyages prévus sont annulés faute de moyens. La principale ne souhaite pas financer les voyages sur les fonds du collège, assumant sa gestion « en bon père de famille » nous dira-t-elle. Les élèves et les parents sont déçus, quant à moi...

Trop de choses s’accumulent.

J’ai trop donné, pour rien.

J’ai trop espéré, pour rien.

J’ai trop combattu, pour rien.

Je m’effondre.

Je prends rendez-vous chez la psychologue du travail pour lui exprimer mon mal-être. Pendant une heure, elle prend des notes en me demandant ce qui ne va pas. À chaque réponse que je lui donne, elle me dit ne pas comprendre. « Qu’est-ce qui ne va pas ? En quoi est-ce si grave tout ça ? Pourquoi ne pas voir le verre à moitié plein ? » Je me sens illégitime dans ma souffrance, j’ai l’impression d’être une enfant qui fait des manières. Je suis choquée par son manque de bienveillance, je pars encore plus déboussolée qu’à mon arrivée.

Il n’y a pas de réponse, il n’y a pas de solution, il n’y a pas d’écoute.

Je suis entrée dans ce métier pour faire des choses concrètes, prise d’une passion vraie, d’un désir profond. Je me suis fait abattre, année après année, jusqu’à ce qu’il ne reste en moi ni confiance, ni espoir, ni désir. Je ne sais plus qui je suis, je ne sais plus ce que je veux. C’est fini.

Nous sommes en avril et je ne retournerai plus au collège.

Comment se reconstruire, comment être et vouloir à nouveau ?

Carmen Angor

Photo : CC Nicolas Vigier

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JO 2016 : la suspension des athlètes russes maintenue

17 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #La guerre

JO 2016 : la suspension des athlètes russes maintenue

JO 2016 : la suspension des athlètes russes maintenue

  • Par Le Figaro.fr avec AFP
    • Publié le 17/06/2016

Le Conseil de l’IAAF (Fédération internationale d'Athlétisme) a annoncé aujourd’hui maintenir la suspension des athlètes russes des compétitions internationales sportives, dont les Jeux Olympiques, après les scandales de dopage.

"Je peux le confirmer, la suspension est maintenue", a déclaré le secrétaire général de la Fédération russe d'athlétisme, Mikhaïl Boutov, se refusant à d'autres commentaires alors que l'IAAF a réuni son Conseil à Vienne pour décider de lever ou non l'interdiction de participer à des compétitions internationales infligée aux sportifs russes, accusés d'avoir bénéficié d'un système de dopage.

La suspension «était attendue» a affirmé le ministre des Sports russe, ajoutant que la Russie «réagira».

La décision du jour pourrait leur coûter leur participation aux jeux Olympiques de Rio (5-21 août).

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