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Le blog de Lucien PONS

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Un document expliquant la nature de l'Union uropéenne

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #Le syndicalisme

Un document expliquant la nature de l'Union uropéenne

19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 14:31

Dossier du Comité Régional CGT centre à propos des élections européennes : " Pour que chaque salarié décide en fonction de ses intérêts".

COMPRENDRE POUR INTERVENIR ET AGIR



ELECTIONS EUROPEENNES
QUELS ENJEUX ?
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DOSSIER SPECIAL



Le 25 Mai prochain auront lieu les Elections des Députés au Parlement de l’Union Européenne.

C’est une échéance importante pour les salarié(e)s (en activité, au chômage ou retraité(e)s) car elle va leur permettre de peser sur cette union politique, économique et monétaire qui joue de plus en plus négativement contre leurs intérêts depuis maintenant plusieurs décennies.

Le positionnement des salariés citoyens comptera pour l’avenir.

POUR QUE CHAQUE SALARIE DECIDE EN FONCTION DE SES INTERETS

Face à ces échéances, la CGT qui avait appelé au rejet de la Constitution Européenne en 2005 se doit aujourd’hui, en toute indépendance, d’apporter aux salariés son éclairage syndical, au regard de l’expérience collective et des faits, pour concourir à la réflexion du salariat. Elle ne le fera pas en appelant les salarié(e)s à voter pour telle ou telle formation politique ; pas plus qu’elle ne prônera de voter ou de s’abstenir. Le choix de tel ou tel parti, comme celui de voter ou pas relève en effet du libre arbitre de chacune et de chacun.

Mais pour contribuer à ce que ce choix se fasse en connaissance de cause, la CGT ne peut qu’inviter les salarié(e)s à tirer un bilan de la construction européenne qui, durant ces trente dernières années, n’a pas cessé d’être approfondie (Acte Unique de 1986 et libre circulation des capitaux ; Traité de Maastricht en 1992 ; mise en place de l’Euro en 2001 et Traité de Lisbonne en 2008) pour en arriver aujourd’hui à enfermer toutes les politiques des pays membres dans un cadre supranational sur lequel chaque peuple a peu de prise.

TOUS LES GOUVERNEMENTS ONT CONSTRUIT L’UNION EUROPEENNE

Cette construction, en France comme ailleurs en Europe, s’est faite avec le concours constant des gouvernements qui se sont succédés au pouvoir ces dernières décennies. Tous, tour à tour, ont promu la construction européenne au nom du progrès social, de la paix et de la démocratie et de la solidarité entre les peuples. « L’Europe », ça devait être la solution à tous les problèmes et, pour la construire, cela méritait tous les sacrifices - d’abord des salariés, bien sûr - car tous les efforts nécessaires aujourd’hui apporteraient de formidables résultats à l’avenir… Comme les promesses tardaient à se réaliser et, qu’au contraire, la situation devenait de plus en plus difficile, on nous a affirmé que cela venait du fait qu’on était pas allé assez loin et que si, sans doute, il fallait changer certaines choses, il était nécessaire qu’il y ait toujours « plus d’Europe » !
Et bien aujourd’hui, pour celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre, qui sont en colère et qui ne veulent pas être toujours plus dépossédé de leur pouvoir de décision politique, il est nécessaire de dresser le bilan de cette expérience pour déterminer une position conforme à leurs intérêts économiques, sociaux et démocratiques.

DES RESULTATS SANS APPEL : DURS POUR LE TRAVAIL ET LE SALARIAT, DOUX POUR LES POSSEDANTS AVEC DES GAINS FABULEUX POUR LES CAPITALISTES

En France comme dans tous les autres pays membres de l’Union Européenne, pour l’immense majorité des populations, les résultats sont clairs, le chômage n’a pas cessé d’augmenter ; les salaires ont stagné ; la protection sociale a régressé et le Code du Travail a pris des coups…Cela s’explique notamment par la casse industrielle (la région Centre a perdu des dizaines de milliers d’emplois productifs) et par la dégradation importante des services et entreprises publics. Et, même si la situation en France ne revêt pas encore la gravité sociale qui est aujourd’hui celle de la Grèce ou du Portugal, nous sommes engagés dans un processus d’appauvrissement massif qui nourrit, tout à la fois, le sentiment fondé que nous vivons moins bien qu’hier et la crainte que demain cela soit encore pire pour nos enfants.

Cependant, si la construction européenne a fait très mal au monde du travail et au pays, il n’en a pas été de même pour les actionnaires des grandes entreprises de l’Industrie, des Services et de la Finance. Jamais leurs dividendes n’ont atteint de tels sommets, jamais ils n’ont bénéficié de telles aides, d’autant d’argent public, jamais le champ de leurs activités n’a été -du fait des privatisations- aussi étendu. Jamais ils n’ont pu, autant à leur guise, placer leurs capitaux où bon leur semble et mettre constamment les salarié(e)s des différents pays en concurrence.

Partout c’est plus de difficultés pour un nombre toujours plus grand de Femmes et d’Hommes ; partout c’est toujours plus de richesses pour une caste sans cesse plus puissante. Partout, c’est de moins en moins de pouvoir pour les peuples ; partout, c’est de plus en plus de liberté pour les puissances économiques et financières. Et, ceci explique cela !

IL NE FAUT PAS S’EN ETONNER, L’UNION EUROPEENNE EST FAITE POUR CA

L’Union Européenne est construite sur deux principes simples que ses partisans considèrent comme indiscutables.

Son premier principe est que, seul le capital est créateur de valeur économique.

Cela signifie que seule la propriété privée de la production -c'est-à-dire le capital- est créatrice de valeur économique. Tout doit donc être fait pour lui permettre de se déployer. Le capital doit pouvoir circuler librement (pas de frontières) ; son champ d’activité doit pouvoir s’exercer dans tous les secteurs d’activités (privatisations) ; chaque Etat doit le soutenir (aides publiques et faible fiscalité pour les profits)… c’est une condition impérative pour le bien-être de tous…

Evidemment, la conséquence de cette façon de voire les choses c’est que le « travail est un coût » (qu’il faut sans cesse « baisser pour être compétitif ») ; que ses droits sont des obstacles à une bonne mise en valeur du capital (il faut donc les réduire) ; et que toute activité publique constitue une dépense qu’il faut diminuer si nous ne voulons pas nous ruiner et sacrifier l’avenir de nos enfants). Et, comme les Etats - privés de la maîtrise de la création monétaire- sont contraints pour financer leur activité d’emprunter auprès d’investisseurs privés, auxquels nous servons les intérêts d’une dette qui ne diminue jamais…

Même si le bien-fondé de ce principe ne tient pas debout (comment justifier que l’activité de fonctionnaires soignants dans un hôpital public constituerait une dépense et que la même activité de salariés dans une clinique privée serait au contraire productrice de valeur économique ?), c’est sa mise en chantier que fondent les lois essentielles de l’Union Européenne. Et c’est leur application qui est réalisée, à l’échelle de l’ensemble des pays membres de l’Union, depuis des décennies.

Son second principe est, qu’aujourd’hui, l’échelle de la nation est trop petite pour gérer l’économie et la monnaie.

Les promoteurs de l’Union Européenne considèrent que nous sommes entrés dans une période de « guerre économique » mondialisée et que, pour pouvoir y tenir sa place, l’échelle de la nation n’est plus adaptée car elle est trop petite Il serait donc vital de créer des grands blocs économique et monétaire qui seuls nous permettraient de survivre.

Pour ce faire, ils ont adopté (au début, à l’échelle de six pays ; aujourd’hui, pour vingt-huit ; et demain ?..) des lois qui régissent cette activité économique et monétaire et les outils pour l’animer (Commission Européenne, Banque Centrale Européenne et Cour de Justice Européenne).

L’expérience montre que ce changement d’échelle -l’abandon du rôle de chaque nation- a une conséquence politique centrale : l’affaiblissement, pour ne pas dire la perte, du pouvoir politique de chaque peuple sur les questions économiques et monétaires qui le concernent.

Nous sommes dirigés par des institutions sur lesquelles nous n’avons aucune prise : une Banque Centrale « indépendante » mais qui gère l’Euro en collaboration avec les banques privées et sous la tutelle des « marchés » ; une Cour de Justice qui impose la suprématie du droit européen sur chaque droit national ; et une Commission qui définit les orientations économiques, contraignant de ce fait les politiques sociales, et qui contrôle aussi la conformité de chaque budget national.

Bien entendu, aucune de ces institutions n’a jamais pris une décision à l’encontre des grands possédants… pas plus qu’elle ne l’a fait en faveur du monde du travail !

L’expérience le montre, dans ce système les peuples n’ont pas le droit à la parole. Et quand ils arrivent à la prendre, dirigeants français et européens n’en tiennent aucun compte (souvenons-nous comment fut méprisée la victoire du « non » lors du Référendum de 2005) !

Abolir la souveraineté politique de chaque peuple pour empêcher toute maîtrise publique de l’économie et de la monnaie, pour rendre impossible le financement de tout progrès social, voilà la raison d’être de l’Union Européenne !

Avec ces deux principes, nous sommes au cœur du mécanisme infernal que constitue l’Union Européenne : le premier, en affirmant que le capital est seul créateur de valeur économique, constitue une négation radicale de la qualité exclusive du travail comme unique créateur de richesses ; le second, en posant la nation comme dépassée, constitue une négation radicale du fondement de toute démocratie politique, la souveraineté de chaque peuple.

Depuis leurs accessions au pouvoir, les puissances économiques et financières ont compris qu’il existe une cohérence entre souveraineté politique populaire, maîtrise publique de l’économie et de la monnaie et institutions du progrès social. Parce que la dynamique de cette cohérence peut être fatale à leurs intérêts, ces puissances économiques et financières ont décidé de la briser. En ruinant toute possibilité de souveraineté politique de chaque peuple et en dévalorisant le travail, ils ont pu enfermer l’économie et la monnaie aux lois du Capital et alimenter leurs profits par une régression sociale sans précédent.
Toute l’histoire de l’Union Européenne ne constitue fondamentalement que la destruction acharnée de cette cohérence.

L’UNION EUROPEENNE VEUT FAIRE REVENIR L’HISTOIRE EN ARRIERE

Pour bien mesurer cette réalité, il faut faire un peu d’histoire car les puissants s’emploient à nous présenter les origines de cette affaire comme un conte de fées…bien loin de la réalité.

Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, dans de nombreux pays, et particulièrement en France et en Italie, les peuples, forts de l’expérience de ces terribles événements ont fortement affirmé leur souveraineté politique. Ils ont imposé -pour en rester à l’essentiel et au cas de la France- une puissante maîtrise publique de l’économie et de la monnaie ; l’institution d’un système de protection sociale géré par ses bénéficiaires et des droits salariaux encadrés par le Code du Travail.

Ces profondes modifications économiques et sociales, conjuguée avec l’extension du système soviétique -qu’elle que soit l’opinion qu’on en ait eu- constituaient pour les puissances d’argent une menace insupportable car elles mettaient fortement en cause leur domination. Elles ont décidé de détruire en se donnant une stratégie et un outil communs pour atteindre leur objectif.

L’Union Européenne est une stratégie qui vise à assurer la domination du Capital.

Avec à leur tête les grands possédants de France et d’Allemagne, ils ont décidé, sous la pression du gouvernement des Etats-Unis : leur concurrence ne prendrait plus de forme militaire. Certes, leur compétition continuerait -et elle se poursuit aujourd’hui- mais la priorité était de faire face ensemble à la montée en puissance politique des peuples, de reprendre la main sur l’économie et la monnaie, de pouvoir continuer à imposer la régression sociale.

C’est d’ailleurs dans cette stratégie -et non dans la fin des nationalismes qui n’en étaient que le déguisement- que se trouve l’origine de la fin des affrontements militaires en Europe Occidentale depuis près de soixante-dix ans. C’est la crainte de la puissance des peuples qui leur a imposé la paix. C’est pour affronter les peuples que les puissants ne se sont plus fait la guerre : ils sont passés, par nécessité, de l’affrontement militaire entre eux à la guerre contre les peuples.

Leur outil a un nom, il s’appelle intégration européenne. Sa grande efficacité, du point de vue des puissants, est qu’il permet de déconnecter l’économie et la monnaie de la souveraineté politique des peuples et donc de la maîtrise publique. L’économie et la monnaie sont régies par des lois qui établissent explicitement la souveraineté du capital : du Traité de Rome (1957) au Traité de Lisbonne (2008), en passant par l’Acte Unique européen (1986) et le Traité de Maastricht (1992), c’est ce qu’affirment tous les textes qui ont jalonné l’intégration européenne.


L’histoire de l’Union Européenne c’est la mise en chantier de cette stratégie de classe.

Pendant près de quatre décennies, les peuples ont résisté et les puissances économiques et financières ont eu du mal a imposé leur projet. Cependant, force est de constater que depuis le milieu des années 1980, les événements se sont accélérés. Et toujours avec le même processus : des abandons de souveraineté politique des peuples (plus de pouvoirs à Bruxelles) ; des reculs de la maîtrise publique de l’économie (les vagues de privatisations) voire l’abandon de cette maîtrise publique pour la monnaie (création de l’Euro et indépendance de la Banque Centrale Européenne)…

Et c’est cette législation européenne qui rend illégale la maîtrise publique de l’économie -c'est-à-dire qui prive chaque peuple du fruit de son travail- qui a entrainé des régressions sociales insupportables pour la majorité des populations…et une richesse sans cesse accrue pour une minorité qui se gave des fruits du travail de l’immense majorité.

C’est en ce sens qu’il n’est pas exagéré d’affirmer, à la lumière de l’expérience, que l’Union Européenne veut faire tourner la roue de l’histoire en arrière. En effet, plus ça va et plus elle ressemble à un empire -qui a vocation constante à étendre son territoire- où l’aristocratie de l’argent a remplacé la noblesse de naissance et dans lequel les salariés n’auront bientôt pas plus de droits sur les richesses qu’ils produisent que les serfs d’avant la Révolution Française.

C’est assurément ce qui nous attend si nous ne nous attaquons pas aux causes profondes de cette situation car la voracité des possédants est sans limite. Alors, comment résister à cette entreprise de destruction démocratique et sociale que constitue l’Union Européenne et avec quelles exigences contre-attaquer pour faire prévaloir nos droits en tant que citoyens membres d’un peuple souverain et en tant que salariés, producteurs seuls créateurs de richesses ?

Tirer les leçons de l’expérience est indispensable pour savoir à quoi nous avons à faire ; mais cela ne suffit pas. Pour nous imposer, il est aussi indispensable de résister et de passer à l’offensive. Résister aux discours des fanatiques de l’Union qui, à longueur de médias, prêtent à l’Union Européenne des valeurs qu’elle détruit et nous menacent des pires catastrophes dès que nous la mettons en cause. Passer à l’offensive, c'est-à-dire formuler ce que sont les conditions politiques et économiques nécessaires à une coopération entre les peuples d’Europe…et du reste du monde.

OSER AFFRONTER LE DISCOURS DES PARTISANS DE L’UNION EUROPEENNE

Pour commencer, ne pas perdre la guerre des mots. La question posée n’est pas celle comme on le dit souvent, sans en mesurer les conséquences, celle de « l’Europe ». Celle-ci constitue une convention géographique qu’il n’est au pouvoir de personne de remettre en question.

Ce dont il s’agit c’est de « l’Union Européenne » qui est une construction politique, économique, monétaire et juridique. Elle a été faite et elle peut être défaite, sans que pour autant notre continent disparaisse. Un pays peut la quitter sans que la mer ne le submerge ou qu’il soit contraint pour le faire de dresser des murailles sur ces frontières. Nous avons vécu sans l’Union Européenne…et, si nous le décidons, nous pourrons le faire sans elle. Pas de panique, c’est l’arme essentielle des promoteurs de l’intégration européenne !

Il est donc nécessaire de bien voir que remettre en question l’Union Européenne au nom de la souveraineté populaire et de la maîtrise publique de l’économie, ce n’est ni mettre en danger la paix, ni prendre le risque de la ruine économique, ni se fermer à toute coopération ou aux échanges de toutes sortes entre les peuples, ni manifester une quelconque xénophobie ou un « rejet de l’autre ». Au contraire.

L’Union Européenne, ce n’est pas la paix, au contraire !

On nous serine : « L’Europe c’est la paix, la mettre en question ferait courir le risque du retour de la guerre ! ». Mais, depuis 1945, la paix en Europe occidentale n’a pas été le produit de la construction européenne mais, comme nous l’avons vu, le résultat d’une décision stratégique des possédants pour endiguer l’affirmation politique des peuples et faire face à une situation géopolitique issue de la Seconde Guerre Mondiale.

Hier, ce ne sont ni les nations, ni la souveraineté des peuples qui ont été à l’origine du déclenchement des guerres mais les affrontements entre des capitalistes concurrents -notamment ceux d’Allemagne et de France-. Et si ces guerres, visaient toujours à soumettre des nations et à asservir des peuples aux intérêts de puissances économiques et financières étrangères, l’exemple de la Seconde Guerre Mondiale, en France, montre que dans ces situations les classes dominantes du pays agressé ont collaboré avec les agresseurs -contre leur propre peuple- pour trouver des compromis qui préservent leurs intérêts.

Aujourd’hui, c’est parce que, sous la houlette de l’Union Européenne, les puissances économiques et financières coalisées mettent les peuples en concurrence et abolissent la souveraineté politique de chaque peuple que se développent les tensions entre les pays appartenant à l’Union Européenne. Et on peut aussi constater que ces vingt dernières années, au fur et à mesure du renforcement de l’Union Européenne, les conflits se sont développés à son immédiate périphérie (ex Yougoslavie, Lybie, Syrie, Ukraine…), et que sa constante volonté d’expansion territoriale et son ambition de contrôler les sources d’énergies n’ont pas été étrangères au déclenchement de ces conflits.

Personne ne peut affirmer que l’Union Européenne a constitué un facteur de renforcement de la paix et de l’amitié entre les peuples, au contraire !

L’Union Européenne ce n’est pas la coopération, c’est la régression et les inégalités !

On nous rabâche : « Mettre en cause l’Union Européenne, c’est mettre en danger le développement économique et la coopération et les échanges entre les peuples ».

Si l’on considère les chiffres de la croissance, on ne peut pas dire qu’en matière de croissance économique l’Union Européenne ait un bilan flatteur. Hormis les profits des grands groupes, ce qui s’est développé, si l’on peut dire, ce sont la casse industrielle (la région Centre en sait quelque chose), les concentrations des grandes entreprises et leur main mise sur les sous traitants et les inégalités dans les échanges commerciaux entre les différents pays. D’ailleurs, de plus en plus d’économistes affirment que l’Euro constitue une cause essentielle de cette réalité. On ne peut pas dire qu’il s’agit là d’un exemple convaincant d’une coopération réussie entre les pays.

Sous prétexte d’échanges, c’est cette Union Européenne qui a surtout permis une totale liberté de circulation des capitaux. Et ce qui intéresse le Capital. Ce n’est ni le développement industriel sur chaque territoire, ni l’égalité des échanges et encore moins la coopération. Son but ce sont les profits et la concentration de la propriété.

C’est ce qui fait qu’aujourd’hui la majorité des grandes entreprises françaises sont aux mains de capitaux étrangers (le projet actuel de cession d’ALSTOM à GENERAL ELECTRIC ou à SIEMENS étant le dernier exemple de cette réalité)…

Toute l’histoire le montre, et près de trente ans de « libre circulation des capitaux » -le premier commandement de l’Union Européenne- le confirme : il ne peut pas exister de développement économique équilibré entre les territoires sans existence d’une maîtrise publique -forte pour l’économie et totale pour les banques et la monnaie-…et l’expérience montre aussi que cette maîtrise publique ne peut se fonder que sur un exercice vigilant de la souveraineté politique de chaque peuple.


L’Union Européenne interdit le débat politique, elle nous fait la morale !

Aujourd’hui, dès que l’on analyse l’Union Européenne comme une construction politique fondée, dans l’intérêt exclusif des puissances économiques et financières, sur la déstruction de chaque souveraineté populaire sur l’économie et la monnaie, c’est le branle bas de combat chez les partisans les plus durs de l’intégration européenne…comme chez nombre de celles et ceux qui prônent une « autre Europe ». On nous déclare : « La sortie de l’Europe et de l’Euro, c’est une hérésie économique et sociale » ; on nous assure qu’employer les termes de souveraineté populaire ou d’indépendance nationale serait faire preuve « de rejet de l’autre, de racisme, de xénophobie même ! ». Le débat n’est pas facile et la stigmatisation se substitue souvent à l’argument.

S’il est incontestable que le racisme existe -et les conséquences sociales et économiques des politiques menées au nom de l’Union Européenne n’y sont pas pour rien-, il est tout aussi incontestable que la majorité des citoyens de notre pays ne sont pas racistes, le taux des mariages mixtes -incomparablement supérieur en France que dans les autres pays de l’Union Européenne- le démontre. Alors ?

Alors, il ne faut pas tout confondre :

. Quand de plus en plus de Français éprouvent le sentiment qu’ils ne sont plus écoutés -individuellement, comme citoyen - ou collectivement, en tant que communauté politique souveraine.

. Quand ils ont le sentiment que les engagements des politiques ne sont pas tenus et que les décisions sont prises sans qu’ils soient consultés ou, pire même, contre l’avis qu’ils ont formulé.

. Et quand l’expérience ne leur donne pas tort et que, souvent, c’est au nom des « exigences » de la construction européenne que ces dénis de démocratie ont été faits.

Alors, il ne faut pas s’étonner que des millions de femmes et d’hommes de ce pays souffrent de ne pas avoir la maîtrise politique de leur vie et attribuent, à raison, la source de cette situation à l’Union Européenne et à ses promoteurs.

Les traiter de « racistes », « d’hérétiques » ou de « xénophobes » c’est, d’abord, confondre une catégorie importante de la morale -le respect de l’autre- avec une catégorie centrale de la politique -la souveraineté populaire- sans laquelle il ne peut exister de démocratie politique pleine et entière ; c’est, ensuite, remplacer le débat démocratique, argument contre argument, par la stigmatisation et la diabolisation (il fut un temps où l’enfer était promis aux hérétiques) ; c’est, enfin, en refusant d’entendre une demande politique, préparer pour le coup, de beaux jours au racisme et à la xénophobie !


Retourner les arguments des partisans de l’intégration européenne contre eux et montrer que c’est elle qui est responsable de ce dont elle nous accuse, c’est une condition nécessaire pour qu’ait lieu le débat public qui nous permette de sortir de la régression démocratique, économique et sociale dans laquelle nous sommes enfoncés depuis trente ans.

Mais cela ne suffira pas. Pour gagner ce débat, il est indispensable de formuler et de faire partager les mesures dont l’adoption permettra de construire entre les peuples d’Europe, et plus largement entre tous les peuples, des coopérations mutuellement avantageuses et facteurs de développement et de paix.


CONJUGUER LES POINTS DE VUE DU TRAVAIL ET DE LA DEMOCRATIE, CE SONT LES SEULS FONDEMENTS DE VERTITABLES COOPERATIONS ENTRE LES PEUPLES

A l’heure actuelle dans l’Union Européenne, tant au plan économique qu’au plan monétaire, il n’existe pas de coopération entre les peuples pour la simple raison que les peuples n’ont aucun pouvoir sur ces questions.

Sur le plan économique, du fait de la libre circulation des capitaux, tous les échanges économiques sont maîtrisés par les puissances économiques et réalisés dans la seule perspective de leur rentabilité. Les besoins des peuples, l’organisation territoriale de la production, les choix de production sont des exigences qui ne sont pas prises en compte.

Au plan monétaire, la situation est encore plus simple : l’existence de l’Euro et celle de la Banque Centrale fait que la puissance publique n‘a plus rien à dire sur cette question.

Dans ces deux domaines, les peuples n’existent plus !


Or, la condition première de la construction de coopérations, c’est l’existence des coopérateurs. La première question qui nous est posée, si nous voulons construire des coopérations, est de savoir quels sont les moyens nécessaires à l’existence de chaque coopérateur, c'est-à-dire de chaque peuple.

Contrairement à ce qu’on pense spontanément l’existence d’une coopération entre les peuples de l’Union Européenne, ne se joue pas à Bruxelles ou à Strasbourg. Dans ces « capitales de l’Union Européenne », c’est la destruction de réelles coopérations entre les peuples qui se réalise. La construction de réelles coopérations passe d’abord par la construction des coopérateurs ; c’est donc d’abord dans chaque pays que cette question est posée…Parce que c’est sur son territoire politique que chaque peuple pourra construire la réponse.

Evidemment, dire cela ce n’est pas dire qu’il faut fermer les frontières, procéder au repli, se laisser enfermer dans une construction fédéraliste qui accentuera la mise en concurrence entre les régions avec tous les risques d’opposition entre les populations que cela induit !

Cela ne veut pas davantage signifier qu’il faut arrêter les échanges jusqu’au jour où chaque peuple sera prêt en attendant des jours meilleurs. Mais c’est bien voir que sans se placer dans cette perspective, tout ira de plus en plus mal et que toute possibilité de coopérations véritables sera inaccessible à des peuples dépourvus de toute puissance politique et économique.


En effet, si l’exercice de la souveraineté politique de chaque peuple ne peut se réaliser que dans sa nation, son territoire politique, elle doit aussi, pour être pleine et entière, se fonder sur la pleine maîtrise des richesses produites par son travail. Dimension politique, dimension démocratique et dimension anticapitaliste sont inséparables. Se donner pour objectif, comme c’est nécessaire, de restaurer la souveraineté populaire, sans assumer la nécessité anticapitaliste de sa réalisation, c’est se raconter des histoires car c’est ne pas se donner les moyens de son objectif.

Il ne peut exister de pleine souveraineté populaire sans les moyens de son exercice. En effet, une maîtrise publique importante de l’économie et du crédit et de la monnaie constitue une condition nécessaire pour pouvoir décider des grands choix de la production, des conditions de sa réalisation et d’une juste répartition des richesses créées par le travail.

Cela implique donc comme moyens, pour en rester à l’essentiel : une forte maîtrise publique de l’économie et du système bancaire (pour maîtriser l’investissement et le crédit) ; une maîtrise publique exclusive de la production monétaire (pour sortir de l’esclavagisme de la dette qui n’est pas la nôtre) ; une augmentation massive des salaires et des moyens et du champ d’intervention de la protection sociale …bref, un ensemble de réformes qui permettent une maîtrise publique de l’économie et un statut du travail salarié qui concourent à l’exercice réel de sa citoyenneté individuelle et d’une souveraineté politique collective.

Cela implique évidemment l’abolition de la libre circulation des capitaux car, dans un monde où cette « liberté » a force de loi, tout ce qui est public (hier, les entreprises publiques ; aujourd’hui, les services publics ; et, demain, les administrations…) est condamné à tomber sous la coupe du Capital. Les décisions prises au cours des derniers jours par le Gouvernement Italien, de mettre fin au statut des fonctionnaires, ouvrent la voie pour le Gouvernement Français.

A l’inverse, se donner des objectifs sociaux de haut niveau en éludant le fait que seul l’exercice d’une souveraineté populaire nationale permettra de se donner les moyens économiques et monétaires de la réalisation de ces objectifs, c’est se raconter des histoires et c’est entraîner celles et ceux à qui nous nous adressons dans une impasse désespérante. C’est la situation que nous vivons depuis plusieurs années.

Sur toute la planète, l’expérience montre qu’il n’y a jamais eu d’avancées anticapitalistes réelles hors du cadre de l’affirmation d’une souveraineté politique populaire nationale. Et que ce n’est qu’à partir de cette affirmation que se sont construites des solidarités plus larges Et, depuis des décennies, l’expérience montre aussi, que les appels réitérés au rassemblement européen des salariés -sans que celui-ci ne soit articulé d’abord sur une forte mobilisation nationale- sont d’une terrible inefficacité et n’ont pas empêché une seule mesure du Capital contre le travail. C’est aussi pour ces raisons que le peuple français a dit NON au CTE ( Traité de Communauté Européenne )

Constater cette réalité, ce n’est pas refuser la nécessaire solidarité de classe à l’échelle internationale contre le Capital. Au contraire, c’est bien voir que pour que cette solidarité de classe se développe de façon efficace, elle a besoin de la médiation de la souveraineté politique de chaque peuple. Ce n’est qu’en s’affirmant politiquement comme citoyens, à la seule échelle politique dont ils disposent pour ce faire, celle de la nation, que les producteurs de richesses (les salariés) pourront construire leur puissance politique comme peuple et, ce faisant, construire un rassemblement efficace contre le capital. Toute autre démarche repose sur une illusion, celle de l’existence d’un « peuple européen » -voire mondial- qui ne peut pas exister, du fait de l’irréductible singularité des différentes sociétés produites par l’histoire sur notre planète.

Constater cette réalité, ce n’est pas refuser les nécessaires coopérations de tous ordres entre les différents peuples de notre continent…comme du reste du monde. Au contraire, c’est définir les exigences de véritables coopérations démocratiques, pacifiques et mutuellement avantageuses pour les peuples. Se soustraire à ces exigences et décider que désormais tout doit se décider au niveau d’une organisation supranationale -comme nous le faisons aujourd’hui- voire mondiale, comme différents projets de traités le proposent, c’est condamner chaque peuple à l’impuissance politique. L’échelle politique de la puissance politique de chaque peuple c’est l’échelle de sa nation. L’échelle de l’Europe, ou celle du monde, celle de la puissance politique exclusive du Capital parce que c’est celle de ses marchés ! Doit-on s’y soumettre éternellement ?

En conséquence, pour combattre efficacement le Capital et créer les conditions de vraies coopérations entre les peuples, cela nécessite de se donner comme objectifs les moyens que s’exerce réellement la souveraineté politique de chaque peuple. Pour, là encore en rester à l’essentiel et concernant la France, il s’agit de promouvoir des institutions démocratiques et, sans doute, la suppression de l’Election Présidentielle et l’instauration d’un système intégralement proportionnel pour élire une Assemblée Nationale devant laquelle le Gouvernement rende compte.

Cela implique aussi de combattre avec détermination la politique gouvernementale d’austérité et de confiscation des pouvoirs de décisions des citoyens que porte la réforme des collectivités territoriales et de réorganisation des services de l’Etat dont l’objectif essentiel demeure la main mise par les grandes firmes multinationales sur l’ensemble des activités

Ainsi, les trois critères essentiels pour juger -du point de vue du travail, de celui de la démocratie et de celui de coopérations véritables entre les peuples- de la qualité d’un candidat lors des prochaines Elections des Députés au Parlement Européen sont finalement relativement simples :

- premier critère : quelle analyse, s’il en fait une, car peu s’y risqueront, fait-il des résultats et des causes de la situation actuelle de l’Union Européenne ?

- deuxième critère : comment, s’il aborde en tant que tel ces questions, articule-t-il la double exigence d’affirmation de souveraineté populaire et de lutte anticapitaliste ?

- troisième critère : fonde-t-il sur cette double exigence la nécessité de coopération véritable entre les peuples ?

C’est à chacune et à chacun, à partir de sa réflexion et de ses intérêts d’y réfléchir et de se déterminer. Cependant, quel que soit le choix de chacune et de chacun ; et quel que soit le résultat de ces élections -qui ne sera pas sans signification- selon la répartition des voix entre les partis et le niveau d’abstention, une chose est certaine : il y aura nécessité pour avancer, construire des luttes massives et lucides.

Et si l’efficacité de ces luttes dépendra bien sûr de la dimension des rassemblements qu’elles construiront, elle dépendra tout autant de la façon dont elles porteront les exigences de souveraineté populaire et d’affirmation du travail contre le Capital. A ces luttes, la CGT devra apporter sa contribution pleine et entière, leur efficacité dépendra du nombre de salariés syndiqués à la CGT et de l’implication des salariés dans les luttes revendicatives.



Blois, le 6 Mai 2014


COMITE REGIONAL CGT CENTRE

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Le dilemme de la lutte contre le néo-libéralisme par Jacques Sapir

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La mondialisation, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Terrorisme, #La guerre

Jacques Sapir

Jacques Sapir

Diplômé de l'IEPP en 1976, a soutenu un Doctorat de 3ème cycle sur l'organisation du travail en URSS entre 1920 et 1940 (EHESS, 1980) puis un Doctorat d'État en économie, consacré aux cycles d'investissements dans l'économie soviétique (Paris-X, 1986).
A enseigné la macroéconomie et l’économie financière à l'Université de Paris-X Nanterre de 1982 à 1990, et à l'ENSAE (1989-1996) avant d’entrer à l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales en 1990. Il y est Directeur d’Études depuis 1996 et dirige le Centre d'Études des Modes d'Industrialisation (CEMI-EHESS). Il a aussi enseigné en Russie au Haut Collège d'Économie (1993-2000) et à l’Ecole d’Économie de Moscou depuis 2005.

Il dirige le groupe de recherche IRSES à la FMSH, et co-organise avec l'Institut de Prévision de l'Economie Nationale (IPEN-ASR) le séminaire Franco-Russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie.

Le dilemme de la lutte contre le néo-libéralisme

par Jacques Sapir · 27 septembre 2016

L’évolution des forces politiques en Grande-Bretagne depuis le Brexit est symptomatique des problèmes rencontrés dans les pays de l’Union européenne. Le Brexit a induit un changement important dans l’orientation du parti conservateur. Le tournant opéré par Theresa May, mettant fin à près de trente ans de thatchérisme, est significatif de la prise en compte des désastres engendrés par l’idéologie néo-libérale. Le parti travailliste, qui vient de réélire à sa tête, et avec une forte majorité, Jeremy Corbyn, est aujourd’hui confronté à un problème équivalent. Abandonnant l’idéologie dite du « néo-Labour » qui s’était incarnée dans Tony Blair, il doit repenser complètement son discours et ses orientations. L’opposition de fractions importantes de la direction de ces deux partis au Brexit, la défaite de ces fractions lors du référendum du 23 juin dernier, signale l’éclatement du consensus européiste et néo-libéral qui régnait au Royaume-Uni. Or, on constate aujourd’hui les prémices d’un pareil mouvement dans nombre de pays de l’Union européenne, qu’il s’agisse de la France et de l’Italie, qu’il s’agisse des Pays-Bas ou de l’Autriche. Il faut en tirer les leçons tant stratégiquement, en définissant ce que pourrait être une stratégie politique rompant avec l’idéologie néo-libérale, que tactiquement en regardant sur quel arc de forces politiques pourra se gagner la rupture initiale qui est nécessaire au déploiement ultérieur de stratégies alternatives.

Le cancer du néo-libéralisme

Le néo-libéralisme s’est imposé sur les décombres du consensus « néo-keynésien » des années 1960 et 1970. Il se présente en réalité comme une véritable guerre de classes menées par le sommet de la pyramide sociale contre la totalité de ce qui n’est pas, pour reprendre une expression à la mode, le « 1% le plus riche » de la population[1]. Divers travaux scientifiques montrent que la concentration des richesses s’est fortement aggravée depuis une trentaine d’années[2].

Cette guerre de classe devait prendre la forme d’un démantèlement de ce que Christophe Ramaux avait justement appelé « l’Etat social »[3]. Le néo-libéralisme s’est avancé sous couvert d’un discours de démantèlement des services publics, d’une marchandisation accélérée des activités humaines, voire des personnes elles-mêmes, du mythe du « travailleur universel », coupé de son environnement social et politique, sans identité si ce n’est dans des communautés archaïques, et par là même interchangeable à volonté et exploitable à merci. Le mythe du libre-échange bénéfique pour tous et de la « multitude » indifférenciée ont eu une place importante dans le triomphe du néo-libéralisme. Ce discours s’est enraciné dans une présentation de la réalité sociale opposant « assistés » à « travailleurs », mais où la notion d’assistés était sans cesse élargie. Pour les idéologues du néo-libéralisme, ce fut un coup de maître car il leur permis de jouer sur la peur du « déclassement » pour briser l’alliance historique entre les classes populaires et les classes moyennes[4], alliance qui s’était constituée dans les années de l’après-guerre. Cette guerre de classe a aussi abouti à diviser la grande bourgeoisie, en opposant de manière violente la grande bourgeoisie industrielle à la grande bourgeoisie financière. Cette dernière l’a emporté en organisant d’abord, dans les années 1980 et 1990, une pénurie des capitaux qui mettait le capital industriel dans la dépendance du capital financier puis, une fois qu’elle eut construite les mécanismes bancaires qui assurent sa prééminence en organisant à son profit une abondance la plus extrême en capitaux, ce que l’on a appelé les politiques de « quantitative easing » menées depuis la crise financières de 2007-2009.

Cette guerre de classe a abouti à la construction d’institutions particulières qui, construites à dessein, visent à enraciner le système néo-libéral. Cela va de l’institution de Banques centrales dites « indépendantes » (indépendance vis-à-vis du pouvoir politique mais en réalité sous la dépendance du pouvoir financier) aux institutions gérant l’application du libre-échange (l’OMC)[5], d’institutions régionales (comme l’Union européenne) à des institutions monétaires (comme l’Euro ou plus précisément l’Union Economique et Monétaire).

Les incarnations de la lutte contre le néo-libéralisme

Le combat contre un système de domination couplé à une idéologie passe aujourd’hui en priorité par la lutte contre les institutions dans lesquelles il s’incarne. Bien entendu, on peut – et l’on doit – lutter aussi dans la sphère idéologique, que ce soit en confrontant les divers idéologues néo-libéraux à leurs contradictions et à leurs réalités, ou que ce soit en déconstruisant les bases de cette idéologie, ses faux-semblants et ses mensonges. Mais, le combat dans la sphère des idées ne suffit pas. Il faut démanteler les institutions et les organisations mises en place par le néo-libéralisme pour casser son emprise sur les sociétés. Car cette emprise produit des effets idéologiques indéniables comme on le constate avec le ralliement d’une certaine « gauche » à l’idéologie néo-libérale. C’est en cela que les luttes politiques seront toujours plus importantes que les nécessaires luttes idéologiques. Il faut à un moment passer des armes de la critiques à la critique par les armes.

Les exemples abondent de gouvernements qui se sont enlisés, ou on été défait en dépit d’un soutien populaire évident car ils n’avaient pas osé remettre en cause certaines des institutions clés du néo-libéralisme. On pense bien entendu au cas du gouvernement Tsipras, pourtant conforté par un succès massif au référendum de juillet 2015, et qui fut contraint de capituler en rase campagne faute d’avoir réellement mis en cause les institutions européennes. Il est désormais clair que trois institutions jouent un rôle décisif dans le maintien du carcan néo-libéral : l’Euro, l’Union européenne et l’indépendance de la Banque centrale. Pour ce qui est de l’Euro, la question est entendue : des voix multiples se combinent aujourd’hui pour dire que l’Euro est fondamentalement une institution du néo-libéralisme. Un effet particulier de l’Euro doit ici être analysé. En France, comme dans de nombreux pays, le salaire moyen a, certes, continué d’augmenter. Mais cette moyenne n’a pas grand sens lorsque la répartition est très inégale. Le salaire médian, c’est à dire celui qui correspond à la division entre les 50% des salariés les plus riches et les 50% les plus pauvres, est quant à lui resté stable depuis 2000. Cela signifie qu’en réalité une majorité des salariés ont vu leurs salaires stagner depuis près de 15 années, alors que les salaires d’une minorité, entre 10% et 15% de la population, ont, eux, fortement augmenté[6]. L’Euro n’a pas seulement exercé un effet récessif sur l’économie française ; il l’a aussi déformé. Cette déformation porte un nom : la financiarisation. Elle a une origine : les politiques néo-libérale.

Bien entendu, ces tendances sont antérieures à l’Euro. On l’a dit, l’offensive néo-libérale a commencé dans les années 1980. Mais l’Euro a donné un coup d’accélérateur décisif à cette transformation tout en garantissant que tant qu’il sera en place on ne pourra revenir en arrière. Il joue le rôle d’un loquet qui empêche le système économique de quitter la financiarisation. Il a, de fait, établi la prééminence des banques (et des banquiers) dans la société française ; il a mis les logiques de la production au service de cette finance et de ces financiers. On comprend alors pourquoi tout ce beau monde se retrouve pour communier dans l’adoration de ce nouveau veau d’Or, se battra becs et ongles pour maintenir le système dont il profite, utilisera toutes les figures politiques pour conserver cette situation dont il tire le plus grand profit. On comprend que, si l’on sort de l’Euro, il faudra que le gouvernement retrouve sa liberté en matière de politique monétaire. Cela signifie revenir sur l’indépendance de la Banque centrale (en France, de la Banque de France). Mais, une sortie de l’Euro accompagnée d’un contrôle effectif sur la Banque de France conduira à une crise majeure avec l’Union européenne. Celle-ci menacera par divers biais la France, ou tout autre pays qui voudrait rompre avec le néo-libéralisme. C’est pourquoi il faut être prêt à faire éclater l’UE, et le marché unique, car la sortie d’un pays comme la France signifierait en réalité la fin de l’UE.

Les choix stratégiques

Cela pose le problème des stratégies après la rupture. Non pas de la rupture elle-même qui s’impose à l’évidence. Mais, que fera-t-on après ? Nous sommes en fait devant une question qui a été longuement traité dans l’art militaire depuis un siècle : comment désarticuler le dispositif ennemi une fois la percée réalisée. Car, la lutte pour sortir de l’Euro, pour reconquérir le contrôle sur la Banque de France et pour mettre l’UE au pied du mur s’apparente à l’effort que l’on consent pour briser la ligne de défense de l’adversaire. Mais, une fois ceci fait, il est impératif de désarticuler son dispositif, sinon il reconstituera une nouvelle ligne de défense un peu plus loin. De fait, la stratégie vise toujours un objectif politique et non militaire. C’est l’art opérationnel qui traite du passage du moment de la rupture à celui de la désarticulation de l’adversaire[7]. En politique, l’équivalent de l’art opérationnel n’est autre que les stratégies dont on se dote pour aboutir à des résultats durables.

Trois stratégies (au moins) s’opposeront une fois la rupture effectuée : l’une tenterait de faire « après » comme « avant », en cherchant simplement à utiliser cette rupture pour mener une stratégie de baisse massive des coûts. Elle laisserait le secteur productif sans aucune direction. Disons-le de suite, cette stratégie a peu d’intérêts et surtout peu d’avenir. C’est une stratégie où la rupture ne conduit pas à une remise en cause du cadre néo-libéral.

Une deuxième stratégie chercherait à reconstruire une France (ou un pays) industrielle, mais en utilisant prioritairement la baisse apparente des coûts engendrés par la dépréciation de la monnaie. C’est une stratégie qui « ruserait » avec le néo-libéralisme, qui chercherait à en utiliser les failles, mais qui ne le remettrait nullement en question. Cette stratégie appliquerait les mesures contenues dans la « loi travail » et démantèlerait un peu plus le code du travail ; elle continuerait les politiques de démantèlement des services publics (éducation, santé, territoriaux) qui ont été mises en place par les différents gouvernements, de Chirac à Hollande en passant par Sarkozy. Cette stratégie est par ailleurs cohérente avec une baisse du salaire réel, et la concentration sur le milieu-bas de gamme pour l’industrie française. Cette stratégie a un espace de réussite, si elle cible les secteurs où la France à des avantages à court terme. Mais, cette réussite, avec une création nette d’emplois de l’ordre d’un million à un million et demi, nous placerait définitivement à la remorque d’un pays comme l’Allemagne. Elle signifierait que les gains de la rupture ne seraient pas exploités.

Une troisième stratégie utiliserait par contre les gains en compétitivité obtenues par la rupture pour mettre en place une ambitieuse politique d’investissement, tant dans le secteur productif que dans les services publics. Cette stratégie viserait à une montée en puissance de l’appareil productif, tant direct qu’indirect, à travers une main d’œuvre mieux éduquée et mieux formée, à travers la dissémination d’un sentiment de sécurité dans la population qui lui permettrait de se concentrer sur son travail, mais aussi à travers la mise à disposition d’un argent à bon marché pour les entreprises naissantes afin qu’elle puissent rapidement se développer. Elle exploiterait systématiquement les secteurs de production à rendements croissants, et mettrait en place un changement radical dans le cadre de vie avec la transition énergétique et l’inscription de l’urgence écologique dans chaque activité. Cette stratégie impliquerait une concentration des ressources financières au service de la politique de développement, avec un changement de statut de la Banque de France venant consolider sa mise sous contrôle, un changement profond du système bancaire et assuranciel, et une protection quant au flux de capitaux de court et très court terme. Cette stratégie viserait à souder un « bloc historique » entre les classes populaires et les classes moyennes contre les fameux « 1% ». Elle s’accompagnerait de réformes politiques visant à renforcer la démocratie, à dé-cartéliser la presse (qui est devenue aujourd’hui un obstacle à la démocratie), à redonner sens à l’action collective. Cette stratégie peut se fixer comme objectif raisonnable une création nette de 2,5 à 3,5 millions d’emplois dans les 5 premières années de son application, et de 1,5 à 3 millions d’emplois pour les 5 années suivantes. Elle mettrait cependant la France dans une situation internationale conflictuelle, car le néo-libéralisme s’incarne dans des politiques d’Etats, et la politique internationale de la France devrait, à travers les divers cercles d’alliances possibles, se donner comme objectif de garantir sa liberté d’action en interne.

Les deuxième et troisième stratégies se divisent elles-mêmes en plusieurs sous-stratégies, en fonction du degré de prise en compte de la dimension sociale au sein de ces stratégies. Il n’est pas impossible de penser que des gouvernements puissent hésiter entre les deux, car ces stratégies, sans être similaires, sont relativement proches sur plusieurs points. Ce pourrait être le cas du gouvernement de Teresa May qui a indiqué une volonté de s’engager plutôt vers la troisième stratégie, mais dont les hésitations actuelles peuvent le conduire de fait vers la deuxième stratégie. D’où l’on peut déduire l’importance de la pression de forces politiques, qu’elles soient alliées ou qu’elles soient dans l’opposition, sur un gouvernement au moment des choix critiques, lors des points d’inflexion qui peuvent faire basculer la trajectoire du pays soit vers la deuxième soit vers la troisième stratégie.

La tactique de la Rupture

Il reste cependant à aborder la question des conditions dans lesquelles pourrait se faire la nécessaire rupture. C’est une question de pure tactique.

Il est aujourd’hui clair que se constitue un front des partisans du statu-quo, des gens qui – achetés ou convaincus – se font les défenseurs du néo-libéralisme. Ce front, dans la réalité des combats politiques, se marquera par un attachement forcené à l’Euro, aux institutions de l’UE telles qu’elles existent et à l’indépendance des Banques centrales. Ce front a dépassé les frontières politiques traditionnelles. Il réunit un François Hollande comme un Alain Juppé, un Nicolas Sarkozy comme un Emmanuel Macron. Ce front va donc du P « S » (ou d’une large partie de ce dernier) aux « Républicains » (ou à un partie de ces derniers). On voit les points d’accords. La politique sociale (la Loi Travail est une loi profondément de droite) ou la politique éducative de Mme Najat Valaud-Belkacem ne fait que continuer (en pire) celle Luc Chatel, vous savez, cet ancien de Loreal qui se faisait des cheveux avec les programmes d’histoire…Les uns comme les autres sont prêts à « sauver l’Euro » jusqu’au dernier travailleur français.

Il est désormais clair que la rupture ne pourra avoir lieu que si les forces de l’alternative souverainiste concentrent leurs coups sur ce front du néo-libéralisme. L’enjeu est ici historique. On comprend que cela puisse déstabiliser certains. Mais, comme je l’avais écrit à propos du Brexit, quand une porte doit être ouverte, peu importe qui pousse cette porte. Cela ne signifie pas que les divergences politiques au sein du camp « souverainiste » aient à s’effacer dans ce combat. D’autant plus que ces divergences prendront une autre tournure quand il s’agira de choisir les stratégies pour l’après-rupture. Mais, il faut ici faire la différence entre le politique et la politique. Dans le premier cas, quand il s’agit du politique, on parle d’un affrontement amis/ennemis. Il s’agit ici d’un affrontement binaire. C’est très clairement ce dont il est question dans la lutte pour une rupture décisive avec le néo-libéralisme. Dans le second cas, quand il s’agit de la politique, il s’agit d’une lutte entre des options différentes, des stratégies différentes, des visions différentes de l’avenir des français, mais qui toutes se situent au sein d’un cadre commun, celui d’une rupture avec le néo-libéralisme.

Il convient donc d’être cohérent, et dans le choix d’une tactique, et dans le choix d’une stratégie. Parmi les partisans de la rupture on trouve la gauche républicaine, mais aussi – comme on pouvait s’y attendre – le gaullisme social et le populisme qui se nourrit des trahisons de la « gauche » ralliée au néo-libéralisme et de la droite qui a définitivement choisi le camp de l’argent. Ces courants ne sont pas nécessairement porteurs de la même stratégie, mais ils partagent un constat sur la nécessité de la rupture. Ils ne doivent donc pas oublier où se trouve leur véritable ennemi.

Notes

[1] Piketty, Thomas, et Emmanuel Saez. 2003. « Income Inequality in the United States, 1913–1998. » Quarterly Journal of Economics, 118(1) : 1–39. Piketty, Thomas, et Emmanuel Saez. 2006. « The Evolution of Top Incomes : A Historical and International Perspective. » American Economic Review, 96(2) : 200–205.

[2] Saez, Emmanuel. 2006. « Income and Wealth Concentration in a Historical and International Perspective. » In Public Policy and the Income Distribution, ed. Alan J. Auerbach, David Card, et John M. Quigley, 221–58. New York : Russell Sage Foundation.

[3] Ramaux C., L’Etat Social, Paris, Milles et Une Nuit, 2012.

[4] Voir Ehrenreich B., Fear of Falling, New York, Harper and Collins, 1990.

[5] Sapir J., La Démondialisation, Paris, Le Seuil, 2011.

[6] Sapir J., « From Financial Crisis to Turning Point. How the US ‘Subprime Crisis’ turned into a worldwide One and Will Change the World Economy » in Internationale Politik und Gesellschaft, n°1/2009, pp. 27-44. Voir aussi Sapir J., « Global finance in Crisis : a provisional account of the ‘subprime’ crisis and how we got into it », Real-world economics review, issue n° 46, 18 May 2008, URL http://www.paecon.net/PAEReview/issue46/Sapir46.pdf

[7] Voir Sapir J. La Mandchourie Oubliée – Grandeur et démesure de l’Art de la Guerre soviétique, Éditions du Rocher, Paris-Monaco, mai 1996

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Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme. Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #La guerre

Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme. Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.

 

Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme.

 

Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.

 

 

 

Bonjour

 

Le rôle néfaste de l’Union Européenne dans son obsession d’imposer les théories ultralibérales est sans fin.

Voici un lien pour alerter sur l’offensive de l’Union Européenne contre les retraites, donc contre la Sécurité Sociale.

http://ec.europa.eu/finance/consultations/2016/personal-pension-framework/index_fr.htm

Mais d’autres éléments sont à ajouter à ce tableau. Ce n’est hélas qu’une partie infime des violentes attaques menées par les junkies (Junkers, expression francisée, défense de la langue française oblige !!!) de la finance dérégulée adeptes de la poudre blanche. Tels les chevaliers de l’apocalypse, ils sèment la misère et la mort. Ils devront être châtiés et leurs crimes doivent être dénoncés et punis .

 

Je vous soumets donc quelques autres informations sur ces sujets.

 

 

Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme. Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.

L’émission Fil d’Actu du 29 septembre 2016.

Cette semaine, on revient sur les « bonnes nouvelles » concernant le trou de la sécu, sur les choix politiques audacieux du Portugal, et sur les enjeux politiques qui entourent le camp de migrants de Calais. Bon visionnage.
https://www.youtube.com/watch?v=M5ACpQVo3QQ&feature=youtu.be


SOURCES très nombreuses à consulter directement sur la page qui accompagne la vidéo

Les 22 000 postes supprimés dans les hôpitaux, information démentie par le gouvernement. A vérifier ?

http://www.20minutes.fr/economie/1552727-20150302-hopitaux-vont-supprimer-22000-postes-trois-ans

http://www.actusoins.com/275343/diminution-effectifs-hopitaux-ministere-dement.html

http://lucien-pons.over-blog.com/2015/03/le-parti-socialiste-au-pouvoir-meilleur-executeur-des-basses-oeuvres-mise-en-place-du-pacte-de-responsabilite-le-gouvernement-decide

http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20150302.OBS3663/22-000-postes-supprimes-dans-les-hopitaux-d-ici-fin-2017.html

Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme. Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.
Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme. Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.

Le 29 septembre 2016, Frédéric Demange, délégué CGT à l'Alstom, était invité au "Grand journal" sur Canal+

Frédéric Demange - délégué CGT - fait preuve dans cette émission d'un calme, d'une maîtrise, d'une grande compétence qui force le respect. Cela contribue à la disqualification des décideurs qui veulent liquider les outils et les atouts industriels de la France. Les gesticulations des politiques et du gouvernement, la posture incompréhensible du PDG d'Alstom (entièrement dévoués aux intérêts étrangers), la posture agressive et guerrière de la Deutsche Bank, ..., sont ainsi mises en avant de façon éclatante.

On apprend aussi dans son intervention que l'Union Européenne est le cancer qui ronge la France. La Commission européenne ne veut pas qu'Alstom reste français; elle appuie le dépeçage au profit de l'Allemagne aujourd'hui (hier des USA), en privilégiant les plans obscurs cachés derrière la fameuse « concurrence libre et non faussée » et en interdisant toute souveraineté économique de la France.

Vive l'Europe Sociale chère aux européistes béats de droite comme de gauche.

C'est vraiment très curieux de constater que les zélites françaises aujourd'hui comme en 1940 n'ont de cesse de trahir la nation, de soumettre les français aux intérêts de l'étranger et de liquider notre souveraineté. Comme à cette époque c'est le peuple qui se lève pour défendre l'intérêt supérieur de la Nation. De Gaulle avait reconnu que les travailleurs avaient défendu la France contrairement aux élites de l'époque qui en grande majorité se vautraient dans la collaboration avec l'Allemagne nazie. Ces propos ont été rappelés par François Mauriac qui n'était pas connu pour être un communiste. D'ailleurs le général avait reçu les industriels et les banquiers à l'Elysée aux premiers jours du gouvernement provisoire avec cette sentence implacable; "Messieurs on ne vous a pas vu beaucoup à Londres ces dernières années!".

Faudra-t-il comme à cette époque entrer en Résistance afin de neutraliser les collabos et les traîtres? Il est urgent de combattre les ennemis de notre pays.

https://www.facebook.com/didier.frassin/videos/10208818483873775/

La désindustrialisation de la France. Une prise de contrôle l'Alstom par les Américains,765 emplois de moins en France !

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2016/09/le-contrat-d-alstom-aux-etats-unis-le-demantelement-programme-de-l-industrie-francaise.html

Les ultralibéraux, ces personnes qui dirigent le monde et suppriment tout humanisme. Bruxelles au service des voyous et des criminels de la finance.

La désindustrialisation de la France. Plus d’un milliers d’emplois menacés chez Sotralentz.

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2016/09/toujours-la-desindustriation-de-la-france-programmee-bas-rhin-industrie-plus-d-un-millier-d-emplois-menaces-chez-sotralentz.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

La désindustrialisation de la France. Toujours la politique néfaste d'abandon de l'outil industriel français par le pouvoir PS : employant 2600 salariés, STX Saint-Nazaire qui croule sous le travail avec un carnet de commandes rempli pour les dix prochaines années, veut vendre les chantiers navals de Saint-Nazaire avant fin 2016 !

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2016/09/employant-2600-salaries-stx-saint-nazaire-qui-croule-sous-le-travail-avec-un-carnet-de-commandes-rempli-pour-les-dix-prochaines-anne?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

La désindustrialisation de la France. Hélas beaucoup d’autres exemples encore….

C’est donc cela l’Europe Sociale à laquelle la gauche française (PS, EELV, FDG et autres insoumis*, …) semble viscéralement attachée !

Bien Cordialement

Lucien Pons

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Immunité de juridiction : L’impérialisme US en toute tranquillité. Par Gilles Devers

29 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #La guerre, #La mondialisation, #l'horreur économique

  • Immunité de juridiction : L’impérialisme US en toute tranquillité  

    Les parlementaires étatsuniens (Amérique du Nord, territoire indien occupé) ont l’impérialisme serein et tranquille. Ils viennent d’adopter une loi appelée Justice Against Sponsors of Terrorism Act (Jasta) qui permet de poursuivre devant le juge étatsunien des Etats accusés de terrorisme. Un culot d’acier de la part de l’Etat qui a déclenché toutes les grandes guerres du monde depuis 40 ans et le Vietnam. Culot d’acier de la part d’un Etat qui s’autorise à recourir à la première frappe nucléaire. Culot d’acier de la part d’un Etat qui décide 1000 assassinats ciblés par an en dehors de ses frontières, sur la base de renseignements informatiques. Culot d’acier pour un Etat qui assure chaque jour 1,8 milliard de dollars de dépense militaire.

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    Des familles avaient voulu engager des recours contre l’Arabie Saoudite suite aux attentats du 11 septembre 2001, mais elles butaient sur le Foreign Service Sovereignty Act, garantissant l'immunité aux officiels étrangers. D’où l’idée de voter une loi d’exception, et c’est la Justice Against Sponsors of Terrorism Act (Jasta). Obama avait opposé son véto, mais il vient de se faire laminer par deux votes de la Chambre des représentants (348 contre 77 voix) et du Sénat (99 contre 1). Ce qui au passage donne une juste idée de l’autorité réelle d’Obama en cette fin de mandat.

    Quel effet aura cette loi, et les juges sont-ils l’appliquer alors que le principe de l’immunité de juridiction des Etats étrangers, attaché aux principes d’indépendance, de souveraineté et d’égalité des Etats, est une norme de droit coutumier international ? C’est une règle universelle : un Etat ne peut s’ériger juge d’un autre Etat sans son consentement pour un acte accompli dans l’exercice de sa souveraineté. Un Etat ne saurait être jugé par son égal. Je souligne que nous parlons là de la responsabilité des Etats, pas des chefs d’Etat, pour qui s’est moins tranché.

    En France, la question serait pliée en deux minutes s’agissant d’actes d’autorité de l’Etat étranger, d’autant plus que la Cour européenne des droits de l’homme reconnait ce principe qui « ne fait qu’observer le droit international afin de favoriser la courtoisie et les bonnes relations entre Etats grâce au respect de la souveraineté d’un autre Etat » (CEDH, Al Adsani et Forgaty c/ Royaume Uni, 21 novembre 2001, § 53 et suivants).

    Quand à ce qui se passera aux Etats-Unis, je n’en sais rien, ne sachant pas comme le juge réagit devant une loi et une norme de droit international coutumier. La justice US patauge dans le tribalisme judiciaire, refusant toute application directe du droit international et toute soumission à une juridiction internationale. C’est la sauce maison des petits chefs… Alors, nous verrons ce que fera la juge de cette loi, qui ne vise pas que l’Arabie Saoudite, mais tous les Etats suspectés d’être impliqués dans le terrorisme.

    Alors, pour Alep, bientôt un procès contre la Russie, bande de rigolos ? Oh, pas vrai, un coup de mou ?

    Dans l’immédiat, on peut penser que cette initiative appellera des réponses symétriques. On pourrait commencer par des lois en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, pour juger les Etats-Unis…

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La CIA et son armée de mercenaires du sexe.

29 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #AMERIQUE, #Terrorisme, #L'OTAN., #Le grand banditisme, #l'horreur économique

La CIA et son armée de mercenaires du sexe.

Le jeu est appelé la théorie du chaos. L’objectif est la déstabilisation, il faut pousser le monde « dans ce jeu». L’outil est la frustration sexuelle guidée par les préjugés culturels et des difficultés économiques. Il est mis en jeu par la CIA pour déplacer littéralement des armées de jeunes hommes islamistes à travers le monde.

Ils sont soit  envoyés comme djihadistes pour ISIS soit pour ses armées de substitution. Ces  « terroristes modérés», inondent maintenant les villes du monde, dans lesquelles la presse orchestre soigneusement les incidents organisés et le terrorisme sous faux drapeau. Ce qui cause un véritable désastre social et radicalise les Américains et les Européens craintifs, afin de les conduire à un suicide politique. Rien de tout cela n’est fait par accident.

Pour la CIA et d’autres agences qui sont gérées par des spécialistes des sciences sociales avec une flexibilité morale excessive, tout conflit est bon. Tout agent de changement et tout changement peuvent et doivent être contrôlés, dirigés et gérés.

Les agents de changement sont généralement le terrorisme, les conflits politiques, la pauvreté et, moins bien connu, le sexe.

Vous voyez, l’agent actuel de chaos, celui qui domine la scène mondiale, c’est la testostérone. Cet agent de « couplage » agit comme un aimant sur  une population infinie de jeunes hommes prêts à se déraciner d’une vie sans espoir pour aller partout où ils sont dirigés et pour n’importe quelle action qu’on leur assigne.

Tout ce qu’ils demandent, c’est la promesse de sexe et peut-être l’espoir d’une vie autre que la leur, même si le travail qu’on leur confie inclut la tyrannie, la torture et les décapitations.

Les maîtres d’œuvre de ces migrations de mâles, pour la plupart musulmans sunnites, sont la CIA, le MI6, le Mossad et la DGSE française.

Les agences de renseignement sont des agents de changement « pour pas cher » et fonctionnent mieux lorsque les gouvernements tombent, lorsque les alliances s’effritent et lorsque l’agitation sociale suppure et éclate en conflit ouvert.

En Amérique, cela est fait à partir de Fort Huachuca, Arizona, l’École du renseignement de l’armée américaine. On y utilise tous les dialectes arabes connus, chaque réseau social est pénétré, voici ce qu’ils écrivent: là, règnent  les «maîtres de l’univers» que sont les think tanks de Washington et de Tel-Aviv, les génies autoproclamés de Whitehall. Tous ces chacals servent un maître invisible, manipulent le monde avec Google, Twitter et Facebook. Il faut reconnaître la merveilleuse efficacité des médias sociaux, anonymes, confidentiels, pas chers et sales, et même très dégueulasses.

« Les femmes allemandes sont toutes des putes, vous pouvez simplement déchirer leurs vêtements et faire votre affaire avec elles. Les autorités allemandes sont des lâches, le peuple allemand est faible, et cerise sur le gâteau, le gouvernement allemand va vous payer pour vivre comme un nabab et vous n’aurez jamais à travailler.  »

Les Israéliens, qui travaillent en étroite collaboration avec leurs amis saoudiens et turcs des centres dotés de femmes au foyer sans emploi, ont leur propre version, celle qui réussit à merveille des Philippines au Sahel africain, et qui a drainé une centaine de milliers ou plus de  candidats venant de leurs obscurs villages pour intégrer les bataillons de terroristes  au Moyen-Orient:

«Venez en Syrie et en Irak  rejoindre ISIS. Voyagez à travers le monde, d’un aéroport à un autre, pas de visa, pas de billets. Vous vous déplacez à travers le monde comme par magie, dans un monde où tout est à vous, toute femme ou tout garçon que vous voulez. Vous êtes protégés par l’US Air Force, payés par Arabie Saoudite (les gardiens des lieux saints de l’Islam !). Vous pouvez violer, voler et assassiner à satiété. Quand vous avez terminé, vous pouvez vivre tranquillement à Paris ou Francfort ou Stockholm « .

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/09/aladdin_et_le_roi_des_40_voleurs_aladdin_et_le_roi_des_voleurs_aladdin_and_the_king_of_thieves_1996_reference-320x2561.jpg

aladdin_et_le_roi_des_40_voleurs_aladdin_et_le_roi_des_voleurs_aladdin_and_the_king_of_thieves_1996_reference-320x256Et en effet, ils se déplacent comme par magie, environ 13000 km ou plus, à travers les aéroports les plus sûrs du monde, à travers des frontières impénétrables, nourris, habillés et protégés, payés, armés et fournis en femmes parmi les dizaines de milliers d’esclaves sexuelles qui vivent dans l’angoisse et la terreur, sous l’emprise de la CIA et de ses groupes sœurs terroristes qui, de plus en plus, reconnaissent qu’ISIS et tout autre groupe terroriste sur la planète leur appartiennent.

 

Ils sont appelés « acteurs non étatiques » armés (ANSA Armed Non State Actors) et sont catalogués par l’Appel de Genève, un groupe suisse qui vit dans le déni capiteux de la réalité de notre temps. Donc ANSA, ce sont les armées de substitution qui agissent comme agents de déstabilisation au nom de la criminalité mondiale organisée, également connue sous le nom de «l’économie mondiale. »

Ce que nous traitons aujourd’hui est la composante sexuelle de cette « guerre pas chère » et comment la biologie humaine rend tout cela si facile. Ce n’est pas un secret que les jeunes hommes sont vulnérables aux mauvaises décisions. Chez les hommes, des scientifiques sociaux disent que le cortex cérébral de l’homme ne se développe pas correctement jusqu’à la trentaine.

Lorsque vous ajoutez à cela certains principes de l’Islam, comme la diabolisation de la sexualité en dehors du mariage, et les nombreuses interprétations controversées du Coran [1] qui, selon les wahhabites talmudistes saoudiens,  permettent aux djihadistes le viol de leur vivant, et après leur trépas, et s’ils se font kamikazes, 72 vierges houris au paradis [1]. Ainsi, ce puissant message, relayé par les médias et les mosquées qui parsèment le monde, financés par les Saoudiens, alors vous avez créé un puissant message qui motive des millions de jeunes musulmans ultra frustrés sexuellement. En outre, le taux de natalité élevé dans  les pays islamiques, aux économies en ruine, exacerbe le problème, et encourage ces pays, comme la Tunisie [2], à fermer les yeux sur ces nouveaux « postes d’emploi » en Syrie, en Libye, en Irak, et en Europe.

Ajoutez à cela le fait que, pour ces jeunes musulmans désargentés, le sexe hors mariage est pratiquement impossible, et que pour pouvoir se marier, il faut disposer d’un revenu, donc d’un boulot qu’ils n’ont pas, et vous voyez que le pauvre jeune ne peut qu’être attiré par le sexe offert par la CIA et puis, en cas de mort kamikaze, par Allah, selon les doctes saoudiens.

Placez quelques I-Phones autour, chargez des médias sociaux avec des histoires de parties de sexe à Alep, Manjib ou Mossoul, des chèques de paie saoudiens envoyés aux familles nécessiteuses, aux élites islamistes et aux imams des mosquées, vantez la guerre héroïque contre les athées, les juifs et les croisés (alors qu’en réalité, les djihadistes vont se battre pour le bénéfice exclusif de ces « juifs et ces croisés »), et vous comprenez que , non seulement  le recrutement de djihadistes est ultra facile, mais que, dans certains cas, comme en Tunisie, on prend les plus méritants parmi les trop nombreuses candidatures. Ils ne savent pas qu’ils travaillent pour Israël ou Washington, Londres ou Paris, car ils sont tous du même moule : politiquement incultes, intellectuellement limités, psychologiquement malades.

Derrière tout cela, il y a un mécanisme de support qui contrôle les aéroports du monde grâce à des entreprises comme ICTS d’Israël (que nous avons déjà rencontré dans les attentats sous faux drapeau à Paris et à Bruxelles) [3]  et les bases de données mondiales des terroristes qui semblent autoriser seulement les terroristes de se déplacer sans être interrogé, et il vient tous ensemble.

Toute ce système est aussi aidé par l’ONU et par un nombre infini d’Organisations Non Gouvernementales, qui fournissent la formation, le transport, les soins médicaux, la nourriture et, bien sûr, les plus belles armes de haute technologie possibles, les meilleurs missiles, fusils de sniper, renseignement par satellite, les F16 en l’air comme couverture et des diplomates occidentaux fournissant subterfuge nécessaire.

Il n’y aurait pas de terrorisme, pas de « guerre pas chère » sans ces œuvres de bienfaisance fictives, et la plupart des organismes de bienfaisance, surtout « islamiques » ne sont que cela.

—————————————————————————————-

[Note de l’éditeur: VT (Veterans Today) a longtemps éditorialisé sur la facilité avec laquelle les djihadistes peuvent se déplacer dans le monde entier, entrant et sortant à leur guise des zones de conflit, comme s’ils disposaient, chacun, d’un tapis magique offert discrètement par une ONG extra terrestre. Pour les autres quidams comme nous, une surveillance constante nous est imposée…

Autre exemple : Boko Haram est miraculeusement capable de sécuriser l’utilisation des téléphones par satellite, ce qui très difficile à obtenir sans l’assistance de grands spécialistes et sans un calendrier de paiement traçable, alors que, normalement, l’utilisation d’un tel téléphone devrait attirer un drone tueur aussi sûrement que la merde attire les mouches. N’étant pas suicidaires, les terroristes de Boko Haram ont donc des garanties de ne pas se faire attaquer par les possesseurs de drones en Afrique: les Américains et le Français.

Et pourtant, nous ne trouvons personne dans les Services de Renseignement, les médias d’investigation, ou dans la politique qui soit un tout petit peu curieux au sujet de ces « anomalies » en dépit de leur clignotement aussi visible qu’une lampe au néon dans une nuit noire au Sahara. Lorsque nous interrogeons les professionnels à ce sujet, ils vous donnent l’impression que cette question n’a jamais hanté leur esprit auparavant.

C’est comme s’ils avaient, dans leur ADN, un instinct  de survie  activé sur « no go », et qui les rend sourds, muets, aveugles et stupides, lorsqu’ils savent qu’il est de leur intérêt d’être ainsi. Cet échec, cet échec orchestré de ne pas poser les bonnes questions est gravé dans le bronze de l’histoire de ce canular qu’on appelle  « guerre contre le terrorisme ».

Jim W. Dean

 Source : NEO – The CIA Sex Mercenary Army

via: http://vilistia.org/archives/12163


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Washington tente de briser les BRICS – Le pillage du Brésil commence (New Eastern Outlook)

29 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Amérique Latine, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #l'horreur économique

Washington tente de briser les BRICS – Le pillage du Brésil commence (New Eastern Outlook)

Washington tente de briser les BRICS – Le pillage du Brésil commence (New Eastern Outlook)

 

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arton30939-c6f9eL’appareil à changer les régimes de Washington a pour le moment réussi à briser un maillon important dans l’alliance des grands pays émergents par un passage en force d’une destitution par le Sénat de la présidente dûment élue, Dilma Rousseff. Le 31 août, son vice-président Michel Temer a prêté serment comme président. Dans son premier discours en tant que président, Temer a cyniquement appelé à un gouvernement de « salut national », en demandant la confiance du peuple brésilien. Il a présenté des plans de réforme et a également signalé son intention de réviser les lois du système de retraite et du travail, et de réduire les dépenses publiques, autant de thèmes chers aux banques de Wall Street, du Fonds Monétaire International et leur Consensus de Washington. Maintenant, après moins de trois semaines en poste, Temer a dévoilé ses plans pour la privatisation en masse des joyaux de la couronne du Brésil, à commencer par le pétrole. Le pillage prévu du Brésil par Wall Street est sur le point de démarrer.

 

Il est important de garder à l’esprit que la Présidente Rousseff n’a pas été condamnée ni même formellement accusée d’un acte concret de corruption, même si le courant pro-oligarchie des médias du Brésil, dirigé par O’Globo Group du milliardaire Roberto Irineu Marinho, a mené une campagne de diffamation, créant les conditions du renversement de Rousseff par une mise en accusation formelle devant le Sénat. Le virage a eu lieu lorsque le parti d’opposition de Tremer, le PMDB, a brisé le 29 mars sa coalition avec le Parti des Travailleurs de Rousseff, tandis que des accusations de corruption liées à Petrobras liées étaient lancées contre Rousseff et l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva.

Le 31 Août, 61 sénateurs ont voté pour la destitution, tandis que 20 ont voté contre. La charge formelle était « manipulation du budget de l’Etat » avant les élections de 2014 pour cacher le montant du déficit. Elle nie avec véhémence l’accusation. En effet, le Sénat a publié son propre rapport d’experts qui a conclu qu’il n’y avait « aucune indication d’implication directe ou indirecte de Dilma » dans des manœuvres budgétaires illégales. Selon Associated Press, « des auditeurs indépendants embauchés par le Sénat du Brésil ont déclaré dans un rapport publié lundi que la présidente suspendue Dilma Rousseff n’a pas participé à la comptabilité « créative » dont elle avait été accusée lors de son procès de mise en accusation. » Dans le cadre d’un système honnête l’histoire se serait arrêtée là. Mais pas au Brésil.

En effet, elle a été mise en accusation pour le déclin dramatique de l’économie brésilienne, un déclin délibérément aggravé par des agences de notation de crédit américains tandis que les médias brésiliens et internationaux traditionnels faisaient leurs titres sur les allégations de corruption chez Petrobras. Fait important, le Sénat n’a pas interdit l’ex-présidente de toute fonction publique pour 8 ans malgré les souhaits de Washington, et elle a promis un retour sur électoral. Temer, commandé par Washington, a jusqu’à la fin de 2018 pour livrer le Brésil à ses maîtres avant la fin légale de son mandat.

Il faut rappeler que Temer lui-même a été accusé de corruption par les enquêtes sur la compagnie pétrolière d’état Petrobras. Il aurait demandé au chef de l’unité de transport de Petróleo Brasileiro SA de l’époque, en 2012, d’organiser des contributions de campagne illégales au parti de Temer qui menait une campagne soutenu par Washington pour évincer le Parti des Travailleurs de Rousseff. Puis, au mois de juin dernier, quelques jours seulement après sa prise de fonctions en tant que président par intérim, deux des propres ministres nommés par Temer, dont le ministre de la transparence, ont été contraints de démissionner suite aux allégations selon lesquelles ils cherchaient à détourner l’enquête sur la corruption massive chez Petrobras.

L’un des deux, Romero Juca, un très proche allié de Temer, a été enregistré en train de comploter la destitution de Dilma comme un moyen d’arrêter l’enquête sur la corruption Petrobras en cours, tout en indiquant que les militaires du Brésil, les médias, et les tribunaux étaient tous impliqués dans le complot visant la destitution.

En bref, la destitution de Dilma Rousseff et son Parti des Travailleurs après 13 ans de pouvoir au Brésil était une nouvelle forme de Révolution Colorée de Washington, que nous pourrions appeler un coup d’Etat judiciaire par des juges et des membres corrompus du Congrès. Sur les 594 membres du Congrès, selon le quotidien Globe and Mail of Toronto, « 318 font l’objet d’une enquête ou ont été accusés » alors que leur victime, la présidente Rousseff, « n’est elle-même accusée d’aucun délit financier. »

Le lendemain du premier vote de mise en accusation à la Chambre basse au mois d’avril, un membre dirigeant du parti PSDP de Temer, le sénateur Aloysio Nunes, s’est rendu à Washington pour une mission organisée par le cabinet de lobbying Albright Stonebridge Group de l’ancien secrétaire d’Etat de Bill Clinton, Madeleine Albright. Nunes, en tant que président du Comité des relations étrangères du Sénat brésilien, a maintes fois préconisé que le Brésil se réoriente une fois de plus vers une alliance avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Madeline Albright, directrice d’un des principaux think-tanks étasuniens, le Council on Foreign Relations, est également présidente du principal ONG derrière les « révolutions de couleur » du gouvernement des États-Unis, le National Democratic Institute (NDI). Vous ne trouvez rien de louche, là-dedans ? Nunes serait allé à Washington pour rallier un soutien à Temer et au coup d’Etat judiciaire contre Rousseff.

Du côté de Washington, un acteur clé, le bourreau politique de facto de Rousseff, était, une fois de plus, le vice-président Joe Biden, le ’Dick Cheney’ des sales coups de l’administration Obama.

Le voyage fatidique de Biden au Brésil

En mai 2013, le vice-président Joe Biden a effectué une visite fatidique au Brésil pour rencontrer la présidente Rousseff. En Janvier 2011, Rousseff avait succédé à son mentor du Parti des Travailleurs, Luis Inacio Lula da Silva, ou Lula, qui était limité à deux mandats consécutifs par la Constitution. Biden était allé au Brésil pour parler de pétrole avec le nouveau président. Les relations entre Lula et Washington s’étaient refroidies lorsque Lula a soutenu l’Iran contre les sanctions américaines et s’est rapproché économiquement de la Chine.

Fin 2007, Petrobras avait découvert ce qui a été estimé comme une gigantesque réserve de pétrole de haute qualité sur le plateau continental maritime brésilien dans le bassin de Santos. Au total, le plateau continental brésilien pourrait contenir plus de 100 milliards de barils de pétrole, ce qui transformerait le pays en une puissance pétrolière et gazière, chose que les géants pétroliers US Exxon et Chevron, aimeraient contrôler.

En 2009, selon une fuite de câbles diplomatiques US publiés par Wikileaks, le consulat américain à Rio a écrit que Exxon et Chevron ont essayé en vain de modifier une loi soutenue par le mentor et prédécesseur de Rousseff au sein du Parti des Travailleurs, le président Luis Inacio Lula da Silva. Cette loi de 2009 fait de Petrobras le chef-opérateur les blocs pétroliers offshore. Washington et les géants pétroliers US ne sont pas du tout heureux de perdre le contrôle sur la plus grande découverte potentielle de pétrole depuis des décennies.

Lula avait non seulement écarté ExxonMobil et Chevron de la position majoritaire en faveur de la Petrobras, mais il a aussi ouvert l’exploration pétrolière brésilienne pour la Chine, qui est depuis 2009 un membre central des pays en voie de développement du BRICS avec le Brésil, la Russie, l’Inde et l’Afrique du Sud.

En Décembre 2010, dans un de ses derniers actes en tant que président, Lula a supervisé la signature d’un accord entre l’entreprise énergétique brésilien-espagnol Repsol et la société Sinopec qui appartient à l’état chinois. Sinopec a formé une coentreprise, Repsol Brasil Sinopec, en investissant plus de $7,1 milliards dans Repsol Brésil. Déjà en 2005, Lula avait approuvé la formation de Sinopec International Petroleum Service of Brazil Ltd dans le cadre d’une nouvelle alliance stratégique entre la Chine et le Brésil.

En 2012, lors d’un forage d’exploration en commun, Repsol Sinopec Brasil, le norvégien Statoil et Petrobras ont fait une nouvelle découverte majeure dans Pão de Açúcar, le troisième dans le bloc BM-C-33, qui comprend Seat et Gávea, ce dernier étant l’un des 10 plus importantes découvertes au monde en 2011. Les grandes compagnies pétrolières étasuniennes et britanniques n’étaient pas visibles dans les parages.

La tâche de Biden était de sonder le successeur de Lula, Rousseff, pour revenir sur l’exclusion des grandes compagnies pétrolières US en faveur des Chinois. Biden a également rencontré quelques unes des principales sociétés d’énergie au Brésil, y compris Petrobras.

Bien que peu a été dit publiquement, Rousseff a refusé de modifier la loi sur le pétrole de 2009 d’une manière qui aurait satisfait Biden, Washington et les compagnies pétrolières US. Quelques jours après la visite de Biden, les révélations de Snowden qui montraient que la NSA et les Etats-Unis avaient également espionné Rousseff et de hauts responsables de Petrobras. Elle était livide et a dénoncé l’administration Obama au mois de septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU pour avoir violé le droit international. Elle a annulé une visite prévue à Washington en signe de protestation. Après cela, les relations entre les Etats-Unis et le Brésil se sont sérieusement dégradées.

Après ses pourparlers de mai 2013 avec Rousseff, Biden lui a clairement donné le baiser de la mort.

Avant la visite de mai 2013 de Biden, Dilma Rousseff avait une cote de popularité de 70%. Moins de deux semaines après le départ de Biden, des manifestations nationales par un groupe très bien organisé appelé Movimento Passe Livre, sur une augmentation des tarifs de bus de 10 centimes, ont pratiquement paralysé le pays et devinrent très violentes. Les protestations portaient la marque d’une « révolution de couleur » avec des déstabilisations via les médias sociaux qui semblent suivre Biden partout où il passe. En quelques semaines, la popularité de Rousseff est tombée à 30%.

Washington avait clairement envoyé un signal que Rousseff devait changer de cap ou faire face à de graves problèmes. La machine à changer de régime de Washington, y compris la totalité de sa gamme d’opérations de guerre financières allant d’un audit fuité de PwC sur Petrobras à la dégradation du Brésil par l’agence de notation de crédit Standard & Poors de Wall Street en Septembre 2015, est entrée en action pour éliminer Rousseff, un bailleur de fonds clé de la Nouvelle Banque de Développement du BRICS et d’une stratégie de développement national indépendant pour le Brésil.

La vente des joyaux de la Couronne

L’homme qui a personnellement manoeuvré pour s’emparer de la présidence, le corrompu Michel Temer, a travaillé pendant tout ce temps comme informateur pour Washington. Dans les documents publiés par Wikileaks, il a été révélé que Temer était un informateur de renseignement américain depuis au moins 2006, par l’intermédiaire de télégrammes à l’ambassade des États-Unis au Brésil classifiés par l’ambassade comme « sensibles » et « pour usage officiel seulement. »

L’homme de Washington au Brésil, Temer, n’a pas perdu de temps pour apaiser ses parrains de Wall Street. Même en tant que président par intérim en mai, Temer a nommé Henrique Meirelles Ministre des Finances et de la Sécurité sociale. Meirelles, ancien président de la Banque centrale brésilienne et instruit à Harvard, a été président de BankBoston aux Etats-Unis jusqu’en 1999, et travaillait pour cette banque en 1985 lorsqu’il a été reconnu coupable d’avoir omis de déclarer $1,2 milliards de transferts de fonds illégaux vers des banques suisses. Meirelles supervise actuellement la vente massive prévue des « joyaux de la couronne » du Brésil aux investisseurs internationaux, un mouvement destiné à diminuer gravement le pouvoir de l’État dans l’économie. Un autre des conseillers économiques clés de Temer est Paulo Leme, ancien économiste du FMI et maintenant Directeur Général des Recherches sur les Marchés Émergements de Goldman Sachs. Wall Street est centre du pillage économique du Brésil mené par Tremer.

Le 13 Septembre, le gouvernement Temer a dévoilé un programme de privatisation massive avec un commentaire cyniquement trompeur, « Il est clair que le secteur public ne peut pas avancer seul sur ces projets. Nous comptons sur le secteur privé. » Il a omis de préciser que le secteur privé dont il parlait était celui de ses parrains.

Temer a dévoilé des plans qui aboutiraient à la plus grande privatisation du pays depuis des décennies. Idéalement, le processus doit être achevé d’ici la fin de 2018, juste avant la fin du mandat de Temer. L’influent Conseil des Affaires Etats-Unis-Brésil a détaillé la liste des privatisations sur son site Internet. Le Conseil des Affaires Etats-Unis-Brésil a été fondé il y a quarante ans par Citigroup, Monsanto, Coca-Cola, Dow Chemicals et d’autres multinationales US.

Des appel d’offres pour le premier tour des concessions seront émis avant la fin de cette année. Ils comprendront la privatisation de quatre aéroports et deux terminaux portuaires, tous vendus aux enchères au cours du premier trimestre de 2017. D’autres concessions comprennent cinq autoroutes, une ligne de chemin de fer, des enchères sur de petits blocs de pétrole et ensuite sur les grands blocs d’exploitation pétrolière, principalement au large des côtes. En outre, le gouvernement va vendre des certains actifs actuellement contrôlés par son Département de Recherches Minières plus six distributeurs d’électricité et trois installations de traitement de l’eau.

Le cœur de son projet de privatisation sont, sans surprise, les compagnies pétrolières et gazières de l’Etat très convoitées par Joe Biden ainsi que des pans de la compagnie d’électricité de l’État Eletrobrás. Temer prévoit d’obtenir jusqu’à $24 milliards de cette vente massive. $11 milliards du total proviendront de la vente de titres clés dans le pétrole et de gaz. Bien sûr, lorsque les actifs de l’Etat tels que les énormes ressources pétrolières et gazières sont vendues à des intérêts étrangers dans ce qui sera à l’évidence une vente au rabais, ils ne peuvent être vendus qu’une seule fois. Le pétrole, le gaz ou des projets d’énergie électrique génèrent un flux de revenus constant qui s’élève à plusieurs fois les gains obtenus par une privatisation. C’est l’économie du Brésil qui sera l’ultime perdant dans cette privatisation. Les banques et les multinationales de Wall Street seront bien sûr, comme prévu, les gagnants.

Du 19 au 21 Septembre, selon le site du Conseil des Affaires Etats-Unis-Brésil, les principaux ministres du gouvernement brésilien pour les infrastructures dont le ministre Moreira Franco ; le Ministre Fernando Bezerra Coelho Filho, ministre des Mines et de l’énergie ; et le ministre Mauricio Quintella Lessa, ministre des Transports, Ports et de l’Aviation civile, seront à New York pour rencontrer des « investisseurs en infrastructure. » de Wall Street.

C’est la méthode de Washington, la méthode des Dieux de l’Argent de Wall Street [Wall Street Gods of Money], pour reprendre le titre d’un de mes livres. Tout d’abord, détruire toute volonté de dirigeants nationaux déterminés à oeuvrer pour un véritable développement national, tels que Dilma Rousseff. Les remplacer par un régime vassal prêt à faire n’importe quoi pour l’argent, y compris vendre les joyaux de la couronne de leur propre pays comme l’ont fait des gens comme Anatoli Tchoubaïs en Russie dans les années 1990 sous la « thérapie de choc » de Boris Eltsine. Comme récompense pour son comportement, Tchoubaïs siège au conseil consultatif de JP MorganChase. Ce que Temer et ses associés obtiendront pour leurs efforts reste encore à découvrir. Washington pour l’instant a brisé un des BRICS qui menaçait son hégémonie mondiale. Si l’histoire récente peut servir de leçon, il est peu probable que cela soit un succès durable.

William Engdahl F

Traduction « filhos da puta » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

http://journal-neo.org/2016/09/24/washington-tries-to-break-brics-rape…

source:http://www.legrandsoir.info/washington-tente-de-briser-le-brics-le-pillage-du-bresil-commence-new-eastern-outlook.html

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Assez avec le FN, ce n'est qu'un épouvantail ! Par Gilles Questiaux.

29 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

Assez avec le FN, ce n'est qu'un épouvantail !

28 Septembre 2016 , Rédigé par Réveil Communiste 

Gnafron au crachoir

Gnafron au crachoir

Texte de septembre 2015, qui va encore longtemps faire de l'usage !

Je déteste le FN et tout ce qu’il représente. Mais on lui accorde beaucoup trop d’importance. L’ennemi principal des travailleurs, français ou immigrés, c’est le triple pouvoir qui siège à Washington, à Bruxelles, et à Paris. En France, ce sont les partis « mainstream », tantôt UMP, tantôt PS, avec leurs supplétifs écologistes, centristes, etc.

Il faut stopper le terrorisme moral de la gauche petite bourgeoise, incapable de défendre les travailleurs, mais toujours prête à donner des leçons, non sans arrières pensées. Ceux qui condamnent Jacques Sapir avec des tremolos pour avoir évoqué le rôle éventuel du FN dans un front anti-euro ne lui reprochent pas d’aimer le FN, mais de ne pas aimer l’euro.

De qui se moque-ton ? En quoi Marine le Pen est elle pire que Hollande, Sarkozy, Juppé, Fabius, Bernard Henri Lévy, Gattaz, Macron, la CFDT? Elle est pire dans les mots, ils sont pires par leurs actions. Elle propage un discours raciste, mais les autres créent quotidiennement les conditions du racisme en dépouillant les travailleurs et les citoyens de leurs droits. Pourquoi faudrait-il voter pour la cause de la maladie pour contrecarrer le symptôme ? Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, comme disait Jacques Duclos.

Sans doute Jacques Sapir a été imprudent, car le FN traine une mauvaise réputation bien méritée. Mais il s’agit de la plus importante force électorale qui prétende s’opposer à l’euro. Ceux qui tombent d’accord pour dire qu’il faut quitter l’euro, et le plus tôt possible, car c’est pour la démocratie une question de survie existentielle, se posent forcément la question du rôle éventuel de ce parti dans le processus. Sans les voix du FN, en tout cas, le "non" n'aurait pas emporté le referendum de 2005, et on n'a pas entendu les bonnes âmes de la gauche de la gauche les dédaigner.

Alors les condamnations morales pleuvent sur le baudet. Et signalent une fois de plus le FN, pour sa plus grande joie, comme « parti antisystème », désigné par le système lui-même. Interdire la question de Sapir, c’est en fait y répondre de manière à rejeter dans le camp du FN toute opposition à l'euro, et à lui donner les moyens de progresser encore davantage, à son propre étonnement.

Je pense qu’il n’y aura pas de front contre l’euro avec le FN pour une simple raison. On peut rassurer tout de suite les fanatiques de « l’Europe sociale »: une lecture attentive du programme du FN (C’est Jacques Nikonoff qui s’en est chargé) montre qu’il n’a pas du tout l’intention de quitter l’euro, l’UE et l’OTAN, car il associe la démarche de conditions impraticables. Et c’est bien normal : le concept de l’Europe, c’est l’union du continent symbolique des chrétiens, des blancs, et des impérialistes. Et bien, c’est aussi celui du FN.

Mais quelque soit le racisme de ce parti, fondé il y a plus de quarante ans par des nostalgiques de Vichy et de l’Algérie française, il ne va pas rouvrir des camps ni des chambres à gaz. S’il en venait à participer au pouvoir, ce qu’il ne pourrait faire que dans une coalition avec l’UMP, et ses représentants par le pouvoir alléchés se borneraient à tenter de marquer l’opinion symboliquement, à la manière que font aujourd’hui les écologistes, en faisant du bruit pour faire oublier l’abandon pur et simple du socle de leur programme. On peut s’attendre à d’épiques empoignades sur le porc dans les cantines, ou sur l’enseignement à l’école du bon vieux temps des colonies. Mais les électeurs qui votent pour le FN en espérant l’expulsion massive des étrangers (s’il y en a beaucoup) en seront pour leurs frais.

Une connaissance minimale de l’histoire permet de l’affirmer. Le fascisme historique des années trente n’était rien d’autre qu’une machine de guerre contre la révolution ; sa seule cohérence logique était l’anticommunisme, le reste n’était qu’une logorrhée meurtrière, mais délirante. Or vu le rapport de force actuel il n’y a guère de risque de voir le MEDEF se mettre à financer en grand crânes rasés et croix gammées, par peur du communisme. Pas d’attaque en vue contre la propriété privée des moyens de production? pas de réaction fasciste! Ce parti, sans aucun appui dans les institutions, soutenu ni par l’armée, ni par l’Eglise, ni par le patronat, ni par l’étranger, dépourvu d’armes et de milice, ne pourrait exercer une dictature qu’au cas où la bourgeoisie lui offrirait le pouvoir sur un plateau, comme en Allemagne en 1933, et dans l’état actuel des choses on ne voit vraiment pas pourquoi elle le ferait. Pour le moment elle lui préfère largement l’UMPS (et même le PS tout court).

Bref, dans sa forme actuelle, c’est un épouvantail. Tout comme le rejeton du parti fasciste historique, le MSI en Italie. Qui a participé au pouvoir, avec Berlusconi, pendant des années, sans que personne ne s’en aperçoive.

Ceux qui à gauche de la gauche feignent d’avoir si peur du FN et de la contagion de ses idées feraient mieux de cesser de faire sa publicité et de s’occuper vraiment de combattre les reculs sociaux, les privatisations, le pillage des finances publiques, les dénis de démocratie émanant de l’UE, l’étranglement de la Grèce, l’exploitation et la manipulation du terrorisme, la surveillance généralisée sur Internet, les guerres impérialistes déchainées par les caniches des Américains, ces grands démocrates qui pratiquent ouvertement la torture et les assassinats de proscrits, et les massacres de migrants qui font aujourd’hui la une. Le FN ne joue aucun rôle dans tout cela. Il rêve sans doute d’y participer mais les forces économiques et impérialistes qui nous gouvernent n’ont pas besoin de lui dans un autre rôle que celui d’opposant de pacotille.

[De même qu'il n'a aucune responsabilité dans la séquence d'ingérences et d'instrumentalisation du terrorisme au Moyen Orient qui a conduit aux massacres à Paris des 7, 9 janvier et 13 novembre 2015, et à Nice le 14 juillet 2016. On ne peut pas en dire autant des gouvernants qui se sont succédés depuis dix ans, qui relèveraient pour certains d'un nouveau procès de Nuremberg.]

Le FN n’est pas au pouvoir, n’a aucun moyen ni aucune volonté réelle d’y parvenir, et on nous demande constamment de mettre la sourdine sur nos critiques de ces pouvoirs capables de tant de crimes et d’abus, voire de s’allier avec eux, pour combattre ce FN qui n’y participe pas. En l’état actuel des choses, le FN ne soutient même pas le seul mouvement néonazi au pouvoir en Europe, en Ukraine, contrairement au PS, à l’UMP, aux écolos, et même au NPA.

Et les socialistes et l’UMP, qui ne sont pas fascistes, que sont-ils ? Qui a du sang sur les mains dans ce pays ? Que sont les politiciens français comptables du sang ukrainien, syrien et libyen ? On n’a pas encore trouvé de mot pour les qualifier.

Le FN pratique une opposition de façade. Sa couverture médiatique lui permet de capitaliser sur la réaction populaire, égarée et mystifiée, devant les ravages du capitalisme sans contrepoids, qui règne en France et dans le monde depuis la disparition de l’Union Soviétique, et l’abandon de la classe ouvrière par le PCF.

L’importance du FN s’explique par cet abandon, et se résume à cela. Si on veut vraiment lutter contre le FN, il faut lui ôter son rôle de tribun à bon compte, il faut recomposer un parti communiste pour combattre en priorité et sans rémission les ennemis du genre humain qui nous gouvernent depuis trente ans. Car le FN, au fond , n’est qu’un leurre médiatique. C’est le parti proposé par la soi-disant élite et les médias à ceux qui n’aiment pas l’élite et les médias.

Certes si le mouvement communiste redevenait quelque chose, il surgirait dans la rue sans tarder une réaction néofasciste véritablement redoutable, avec nervis, assassins, terroristes, comme elle a existé dans la rue en Italie dans les années 1970, comme elle existe aujourd'hui même en Amérique latine, mais là, bien loin de susciter la réprobation, elle bénéficierait, comme au Venezuela ou en Ukraine, des encouragements et des applaudissements du "Monde " et de "Libération", des médias et des intellectuels organiques de la bourgeoisie.

GQ, 21 septembre 2015, relu 19 août 2016

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Alstom, Air France… et l’Europe : les raisons de la colère.

28 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Le capitalisme;, #les néocons, #l'horreur économique, #Terrorisme, #La lutte des classes

 

Alstom, Air France… et l’Europe : les raisons de la colère

Un partisan de la CGT devant les locaux d'Alstom le 27 septembre 2016© SEBASTIEN BOZON Source: AFP
Un partisan de la CGT devant les locaux d'Alstom le 27 septembre 2016
 

Menaces sur le devenir industriel d’Alstom, vindicte des classes dirigeantes contre des syndicalistes d’Air France : l’UE porte une lourde responsabilité, analyse Pierre Lévy, spécialiste des questions européennes.

Hasard du calendrier... Deux mouvements sociaux emblématiques se sont simultanément invités dans l’actualité sociale française du 27 septembre : les salariés d’Air France venus soutenir leurs collègues comparaissant devant la Justice ; et ceux d’Alstom manifestant face aux menaces qui pèsent sur le site de Belfort, et plus généralement sur l’avenir industriel du groupe.

5 octobre 2015, les images font le tour de France, et du monde : deux hauts responsables de la compagnie aérienne française contraints de fuir la colère des personnels – du manutentionnaire au pilote en passant par les hôtesses de l’air – à qui la direction s’apprêtait à annoncer une énième charrette, après avoir déjà supprimé 10 000 emplois en trois ans.

Faut-il répéter la violence faite aux femmes et aux hommes jetés ainsi au rebut ? Tout cela parce qu’Air France est plongée dans l’univers d’un transport aérien largement déréglementé par l’entremise de l’Union européenne. Une déréglementation qui alimente la spirale de la «compétitivité», cette course sans fin dans laquelle les compagnies dites «à bas coût» tirent l’ensemble des conditions de travail et de rémunération vers le bas.

C’est que la classe dominante a jugé insupportable et dangereuse cette image : des patrons contraints de détaler piteusement devant la colère de ceux qui sont habituellement soumis, contraints, humiliés

Pour avoir manifesté publiquement leur exaspération aux dépends de la chemise impeccablement repassée d’un des deux dirigeants, cinq salariés de la compagnie ont été licenciés, et sont désormais traînés en justice par leur employeur. Une vindicte qui fait écho à la violence des propos alors tenus tant par Manuel Valls (qui traité les syndicalistes de «voyous») que par Nicolas Sarkozy.

C’est que la classe dominante a jugé insupportable et dangereuse cette image : des patrons contraints de détaler piteusement devant la colère de ceux qui sont habituellement soumis, contraints, humiliés. Depuis quand une telle scène ne s’était-elle pas produite ? L’espace d’un instant, le rideau s’est fugacement écarté sur la brutalité des rapports sociaux – mais, très exceptionnellement, dans le sens d’un retour de bâton.

Voilà qui sortait décidément du cadre élégant du «dialogue social», vanté et promu par la Confédération européenne des syndicats (CES) et la Commission européenne.

Alstom n’a cessé de plonger dans les réjouissances de la mondialisation. Une mondialisation qui peut être ainsi définie : la liberté des oligarques transnationaux de placer et de retirer leurs capitaux à leur guise

C’est cette même Commission qui avait apporté sa contribution à la déstabilisation d’Alstom lorsqu’en 2004, par exemple, elle s’opposa à la recapitalisation de l’entreprise par l’Etat français (avant de devoir faire machine arrière). Le Commissaire alors chargé de la Concurrence, Mario Monti, était à la manœuvre.

Depuis lors, le groupe industriel n’a cessé de plonger dans les réjouissances de la mondialisation. Une mondialisation qui peut être ainsi définie : la liberté des oligarques transnationaux de placer et de retirer leurs capitaux à leur guise. Finalement, en 2015, le groupe Alstom, tant de fois découpé et restructuré, a vu la plus grosse partie de ses activités (turbines) purement et simplement cédée au géant US General Electric, soi-disant pour mieux sauver l’activité Transports. Et c’est cette dernière activité qui désormais «manque de commandes», peu de temps après qu’un appel d’offre de la SNCF a été soufflé par une firme allemande – appel d’offre rendu obligatoire par les règles européennes ; et quelques semaines après qu’un «contrat du siècle» eut été signé aux Etats-Unis… mais avec fabrication outre-Atlantique – ce que Bruxelles n’interdit évidemment pas…

Tout cela provoque au mieux des haussements d’épaules attristés de la part des dirigeants européens et de leurs porte-voix médiatiques. Ceux-ci semblent bien plus prompts à s’enflammer dès lors qu’un des leurs affiche de manière un peu trop maladroite sa proximité avec les milieux d’affaires globalisés. Oh, s’indigne-t-on en haut lieu, Neelie Kroes, ancien Commissaire européen à la Concurrence (qui succéda à Mario Monti) était mouillée dans une société off-shore domiciliée aux Bahamas !... Oh, enrage-t-on dans les couloirs de Bruxelles et dans la presse europhile, José Manuel Barroso, ancien président de ladite Commission, a vite retrouvé un petit boulot chez Goldman Sachs !

La nature intrinsèque de l’UE depuis son origine est : le gouvernement des multinationales, pour les multinationales et par les multinationales

Comme si la banque d’affaires américaine n’avait pas abrité une large part de l’élite bruxelloise. Pour ne prendre que deux exemples : l’actuel président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, ou bien… un certain Mario Monti. Le monde est décidément petit.

Alors, faut-il se draper d’indignation morale ? Ou plutôt constater que M. Barroso, Mme Kroes et consorts ne font qu’illustrer la nature intrinsèque de l’UE depuis son origine : le gouvernement des multinationales, pour les multinationales et par les multinationales. Une mise en scène postmoderne de la démocratie où ce sont les sans-grades qui comparaissent à la barre des accusés et risquent de se retrouver derrière les barreaux.

Il est peut-être temps de revoir le casting.

Par Pierre Lévy Tous les articles de cet auteur

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy dirige la rédaction du mensuel Ruptures. Précédemment, il a été journaliste au sein du quotidien L’Humanité, ingénieur et syndicaliste. Il est l’auteur de deux essais et un roman.

https://francais.rt.com/opinions/26936-alstom-air-france-colere

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« Le scandale de l’ex-commissaire européen : Neelie Kroes, la femme aux 43 mandats d’administratrice… ! » L’édito de Charles SANNAT

27 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #La lutte des classes

« Le scandale de l’ex-commissaire européen : Neelie Kroes, la femme aux 43 mandats d’administratrice… ! » L’édito de Charles SANNAT

« Le scandale de l’ex-commissaire européen : Neelie Kroes, la femme aux 43 mandats d’administratrice… ! » L’édito de Charles SANNAT

« Le scandale de l’ex-commissaire européen : Neelie Kroes, la femme aux 43 mandats d’administratrice… ! » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Neelie Kroes, vous vous souvenez ? Non, sans doute pas. C’était le scandale de la semaine dernière mais comme entre-temps, on a eu un noir abattu et des émeutes aux USA, le divorce d’Angelina et de Brad (qui en plus se permet de gueuler sur ses gosses comme le dernier des criminels) et Hollande qui n’est pas candidat et pas en campagne mais qui vient de promettre de démanteler la jungle de Calais – Calais devenue d’ailleurs ville où tout le gratin par encore gratiné de la campagne à venir doit aller se faire voir comme ce fut le cas pour la ville de Florange lors de la dernière élection. Et pourtant, Florange ferma (l’usine) et pour Calais, on nettoiera, puis ça repoussera…

Bref, comme il y a eu tout cela et bien d’autres choses encore, il est évident que tout le monde a oublié le scandale Neelie Kroes. Tout le monde ? Non, un petit groupe d’impertinents et d’insolents invétérés résiste encore et toujours à l’envahisseur du court-termisme et de la perte de mémoire. Si vous lisez ces lignes, alors vous êtes la résistance à la bêtise ambiante, et côté bêtise, dans l’édition du jour, vous allez être servis et pas qu’un peu !

Bref, détaillons qui est cette charmante femme.

Elle est née le 19 juillet 1941 à Rotterdam, et elle est une femme d’affaires et politique néerlandaise, membre du parti populaire libéral et démocrate. (On se fiche comme d’une guigne de sa date de naissance, mais ça fait bien dans une « bio »!)

Ministre des Transports des Pays-Bas entre 1982 et 1989, elle est plus tard commissaire européenne à la concurrence dans la Commission Barroso I entre 2004 et 2009, puis vice-présidente de la Commission européenne et commissaire européenne à la société numérique au sein de la Commission Barroso II entre 2009 et 2014…

Bon, en gros, elle va être l’une des plus importantes dirigeantes de l’UE pendant presque 10 ans !

Elle a épousé en secondes noces Bram Peper, ancien maire travailliste de Rotterdam et ministre de l’Intérieur des Pays-Bas… On s’en fiche aussi mais ça renforce son profil « House of Cards » – pour ceux qui ne connaissent pas la série, c’est l’histoire d’un couple d’Américains prêts à tout pour accéder au pouvoir le plus élevé… y compris à tuer toutes celles et ceux qui pourraient entraver leur ascension.

Dès le départ, sa nomination dans l’équipe de José Manuel Durão Barroso fut critiquée par le Parlement européen en raison de nombreux conflits d’intérêts potentiels : elle a détenu un mandat d’administrateur dans 43 grandes entreprises (Thales, Volvo, Lucent Technologies, etc.) et siégé dans 12 entreprises européennes. Pour cette raison, il est prévu que Neelie Kroes soit dessaisie d’un dossier dès qu’il fait intervenir une entreprise pour laquelle elle a travaillé. (Bon, ça, c’est ce qu’on dit aux couillons qui s’empressent de le croire et pour sauver l’honneur, mais en vrai, on continue à s’en mettre plein les poches sur le dos des mêmes couillons appelés « peuples européens »).

Elle a également été mise en cause aux Pays-Bas pour la gestion de son patrimoine immobilier et des relations d’affaires peu claires avec le promoteur Jan-Dirk Paarlberg, proche d’un groupe mafieux dirigé par Willem Holleeder…

Il n’y a pas à dire, c’est une femme exquise. D’ailleurs, la Commission européenne est un ramassis de gens absolument exquis qui prennent soin de vos intérêts… Hahahahahahahahahaha…

Après la Commission ? Un emploi du temps chargé…

Après avoir quitté la Commission européenne, Neelie Kroes a confirmé le 22 mars 2016 avoir rejoint le conseil d’administration de Salesforce, une entreprise américaine spécialisée dans le cloud computing.

Depuis 2016, elle siège au Comité de conseil en politique publique d’Uber.

Et enfin, elle est aussi salariée de la Bank of America Merrill Lynch, ce qui l’a fait citer dans des enquêtes anti-lobbying…

Le plus sympa en fait, en terme de résultat de lobbying, c’est évidemment l’affaire UBER car si chaque pays a tenté de défendre sa législation, au niveau européen, ce sont des portes grandes ouvertes qui attendaient la société Uber. Merci qui ? Merci Neelie !

Son action est évidemment de la vente au privé d’une influence acquise dans le public dans ses fonctions à la Commission. Mais il n’y a pas que cela. La réalité c’est que la Commission européenne n’est plus qu’un immense machin opaque, au service du totalitarisme marchand.

Encore des preuves de plus pour ceux qui continuent dans leur naïveté d’un rêve européen de paix devenu cauchemar démocratique des peuples d’Europe.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

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Le piège qui nous est tendu... par Jean LEVY

27 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Terrorisme, #La lutte des classes

Le piège qui nous est tendu...   par Jean LEVY

Chacun, aujourd'hui,  cherche comment sortir du trou dans lequel la France et les Français plongent. 

 

Les temps ont changé.

 

Le capitalisme, à notre époque, se concentre toujours plus au niveau mondial. De nouveaux horizons lui sont nécessaires pour accélérer la rotation de ses profits. Aussi, il lui faut détruire ce qu'il considère comme des obstacles, des freins à sa boulimie économique : les frontières, les nations, la souveraineté des états, les droits sociaux acquis par la lutte des masses populaires, et jusqu'aux procédures encore parlementaires, qui retardent les décisions à prendre pour atteindre les objectifs attendus...

 

Cette stratégie impose au capital de recourir à de nouvelles formes de domination et de représentation politique. Les gouvernements de droite et Ps sont encore contraints de composer avec une opposition populaire...Cela ne convient plus aujourd'hui aux ambitions de l'oligarchie. Il lui faut aller vite et faire appliquer ses lois sans délais. 

Il lui faut donc appliquer une nouvelle stratégie et de nouvelles têtes  pour l'assumer.

 

Au-delà de Sarkozy et de Hollande, déconsidérés et donc jugés plus assez efficaces, l'oligarchie tient peut-être avec Emmanuel Macron - la banque sans intermédiaire - l'homme qu'elle juge le plus utile et plus habile pour détruire la législation en vigueur qui freine encore leur besoin d'aller vite. L'ancien gérant de la banque Rothschild, délaissant les vocables "gauche" et droite", se prévaudra alors de "la liberté pour chacun" de se dégager des réglements et des "contraintes",  tels le Code du Travail  (la loi Macron en est un exemple), la Sécurité Sociale ( au nom du droit pour chacun de choisir sa Cie d'Assurances), le système de retraite par répartition ( afin de permettre' à toute personne de préférer un fonds de pensions jugé plus' rentable').

En un mot, Emmanuel Macron préconisera  une "Ubérisation" de l'ensemble de la société, une "bergerie librement ouverte aux moutons et aux loups" ! 

 

Telle est, à mon sens, le monde que nous prépare le capital financier, seul aux commandes.

Et la prochaine élection présidentielle peut en constituer l'occasion.

 

Donc, face à cette vision, ce n'est pas le Front national qui constitue le danger principal.

Et ceux qui le prétendent font le jeu conscient ou non des projets de l'oligarchie.

 

Le débat est ouvert !

 

Un autre débat doit s'ouvrir sur les moyens d'échapper au piège.

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