Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'horreur economique tag

Plus de 120 millions d’Européens au bord de la pauvreté

29 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;

Plus de 120 millions d’Européens au bord de la pauvreté

LINFO.RE – créé le 12.09.2015

Plus de 120 millions d’Européens au bord de la pauvreté

La pauvreté est encore un problème persistant dans tout le territoire européen. Selon un rapport du groupement d’ONG, Oxfam, 123 millions d’Européens, dont onze millions de Français pourraient rapidement basculer dans la pauvreté.

Les statistiques inquiétantes sur la pauvreté en Europe
Le groupement d’ONG Oxfam tire la sonnette d’alarme sur le nombre d’Européens qui pourraient tomber dans la plus grande pauvreté. Ils sont actuellement 123 millions "exposés au risque de pauvreté", selon le rapport publié par l’organisation. Ce serait surtout la tendance à la hausse du nombre de personnes qui risquent à tout moment un possible basculement, qui inquiète l’association Oxfam. Le chiffre du seuil de pauvreté européenne était à 116 millions en 2008. Une hausse de 5% a été enregistrée entre 2009 et 2013 dans plusieurs pays de l’Union européenne. Parmi ces pays, il y a notamment l’Italie et le Royaume-Uni, mais aussi la Hongrie et bien sûr la Grèce.

La pauvreté en France
Selon ces statistiques, la France compte onze millions de personnes qui, sans être statistiquement pauvres, ont un risque réel de basculer rapidement en dessous du seuil national. Il est à noter que le seuil de pauvreté défini par l’Insee est égal à 60% du revenu médian, soit 977 euros pour 2015. Le nombre de Français qui flirtent avec le seuil de pauvreté correspond à 9% du total européen. Le plus inquiétant, c’est que huit millions de Français vivent actuellement en dessous de cette limite. Le territoire de l’Hexagone n’a jamais réussi à réduire ce chiffre peu importe son contexte de croissance, depuis dix ans.

Des Européens plus riches que d’autres
Outre cette statistique des personnes au bord du seuil de pauvreté, le groupe Oxfam pointe du doigt les inégalités de détention

des richesses. Le chiffre sur ces contrastes de richesses s’accroît de plus en plus. Le rapport indique qu’un pour cent (1%) des plus riches européens possèdent environ un tiers de la richesse totale. A l’opposé, les 40% les plus modestes détiennent 1% de cette même richesse. En clair, 7 millions d’Européens sont largement plus riches que 662 millions d’autres.

Pourquoi une telle inégalité de richesses ?
Les causes de cette inégalité de richesses sont l’austérité, l’évasion fiscale ainsi que les choix politiques biaisés. "Les régimes fiscaux et les politiques des États sont conçus pour profiter à une minorité", accuse d’ailleurs le groupement d’ONG Oxfam.

Toujours d’après l’association, ces chiffres démontrent des directives fiscales peu concluantes et aussi un manque de pertinence des systèmes fiscaux dans de nombreux pays d’Europe. Le manque de redistribution est d’ailleurs très remarqué dans ces pays, incluant la France. "La principale recette fiscale française, c’est la TVA qui n’est pas redistributive, certaines analystes prétendent qu’elle a même l’effet inverse, et dont le poids est bien supérieur à l’impôt sur le revenu. Côté cotisation, on peut citer la CSG qui, hormis les minima sociaux et certaines retraites, n’est pas non plus progressive", indique d’ailleurs Philippe Crevel, économiste et secrétaire général du Cercle de l’Épargne.

Lire la suite

Brexit : pourquoi les Français auraient voté comme les Anglais.

28 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #l'horreur économique, #Les transnationales, #Le grand banditisme

Brexit : pourquoi les Français auraient voté comme les Anglais

  • Par
  • Publié

Crédits photo : BEN STANSALL/AFP

FIGAROVOX/ANALYSE - Maxime Tandonnet rappelle qu'un récent sondage montrait que 61% des Français étaient eux aussi réservés envers l'Europe. Il voit dans le Brexit le désaveu d'une Europe technocratique et un plébiscite pour la démocratie.


Maxime Tandonnet décrypte chaque semaine l'exercice de l'État pour FigaroVox. Il est ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République et auteur de nombreux ouvrages, dont Histoire des présidents de la République , Perrin, 2013. Son dernier livre, Au coeur du Volcan, carnet de l'Élysée, est paru en 2014 chez Flammarion. Découvrez également ses chroniques sur son blog.


Tout le monde le sait mais personne ne le dit: un référendum en France donnerait lui aussi des résultats largement favorables à la sortie de l'Union européenne. Un sondage récent montrait les Français encore plus réservés envers l'Union européenne que les Britanniques: 61% des Français, contre 48 % au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne (Pew research center juin 2005). Il faut y voir le désaveu d'une vision de l'Europe bulldozer qui avance à coups de directives, de règlements et de jurisprudences dans l'indifférence envers les sentiments populaires. La crise grecque, les coups de force de Mme Merkel et de M. Juncker sur les migrants puis sur la Turquie, jouant l'avenir du continent dans le plus absolu désintérêt envers les attentes et inquiétudes des peuples n'ont fait qu'aggraver la méfiance envers Bruxelles.

» À lire aussi: Brexit: toutes les dernières infos en direct

La victoire du Brexit est une réponse à l'aveuglement des élites politiques dans leur quasi-totalité, économiques, médiatiques européennes qui depuis le début des années 1990 et l'adoption du traité de Maastricht, tiennent toujours le même discours face aux réticences des citoyens: plus d'Europe, c'est-à-dire plus de fédéralisme, plus de bureaucratie bruxelloise, plus de majorité qualifiée, plus de directives et de règlements, plus de sanctions de la cour de justice. Il faut comprendre ce vote comme un acte de refus d'un diktat et de condamnation du mépris permanent affiché par les cercles d'influence sur la population exaspérée. Les menaces de séisme économique et d'isolement, proférées par les plus hauts dirigeants de la planète, de l'Europe, voire de ministres français n'ont pas eu raison d'un peuple britannique qui en a vu bien d'autres…

Les Français ne sont pas si différents des Britanniques. Il s sont les premiers à avoir voté «non» au centralisme européen et à la négation des démocraties nationales en 2005 à 54%, lors du référendum sur la Constitution européenne. La seule différence aujourd'hui, c'est que les dirigeants du Royaume-Uni, qui croient en la démocratie, ont pris le risque de poser la question au peuple. Au fond les Britanniques se sont exprimés au nom de l'ensemble des peuples européens. On imagine d'ores et déjà les commentaires et les réactions de la classe dirigeante et des médias français. On va tenter d'assimiler le vote britannique au «populisme» et à «l'extrême droite». Dans la ligne habituelle de la fuite en avant et du réflexe de Pavlov, on va promettre, en réaction, plus «d'Europe» et plus «d'intégration». Les mêmes classes dominantes vont dès aujourd'hui marteler l'idée que la sortie du Royaume-Uni est «une chance pour l'Europe fédérale». Bref, le discours officiel sera une fois de plus au rebours du sentiment populaire. Mais jusqu'où ce grand écart entre les cercles dirigeants et la volonté populaire peut-il se poursuivre?

Le message profond du vote britannique, qui aurait tout aussi bien pu être un vote français, sera en effet probablement occulté. Le Royaume-Uni a vu naître la démocratie parlementaire, le pouvoir d'un Parlement souverain. En votant pour le Brexit, il a voulu empêcher l'étouffement de cette démocratie par l'impérialisme de la bureaucratie bruxelloise. Sans doute ne faut-il pas se méprendre sur le sens de l'exaspération des peuples européens, qui vient de s'exprimer dans le vote britannique. En aucun cas il ne faut y voir un retour au nationalisme agressif de jadis, même si les caricatures ne vont pas manquer et si la récupération par les partis qui se revendiquent du nationalisme agressif et de l'isolationnisme, dans toute l'Europe, est vraisemblable. Les Britanniques, comme les Français et les autres peuples européens sont parfaitement conscients de la solidarité de fait qui unit les peuples européens, leur histoire et leur culture commune, leur intérêt à s'unir dans un monde en pleine tourmente. Ce qu'ils rejettent n'est pas l'Europe, c'est-à-dire l'existence d'une unité intrinsèque et fondamentale des Européens, mais le sentiment croissant d'un diktat venu de l'extérieur, qui leur impose ses règles, ses normes, ses décisions fondamentales, en particulier sur les frontières et l'immigration, sans tenir le moindre compte de leur opinion et de leur avis. Le vote britannique doit être compris comme un plébiscite en faveur de la démocratie. Les événements en cours sont une fois de plus un immense hommage aux vues prophétiques de Philippe Séguin, lors de son célèbre discours sur le traité de Maastricht en 1992: «Il n'y a aucune place pour des nations vraiment libres dans un Etat fédéral». Le malheur de l'Europe aujourd'hui est la conséquence du mépris affiché à cette époque par la classe politique envers son message visionnaire.

Lire la suite

Interview de Romaric Godin sur la situation politique et économique en Espagne

27 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La finance dérégulée, #L'Espagne., #l'horreur économique

L’entrée principale du palais de La Moncloa, siège de la présidence du gouvernement espagnol (photographie : El Confidencial)

L’entrée principale du palais de La Moncloa, siège de la présidence du gouvernement espagnol (photographie : El Confidencial)

  • Avant tout, merci d’avoir accepté le principe de cette interview pour notre blog. Rentrons immédiatement dans le vif du sujet : qu’est-ce qui vous a amené, dans le cadre de votre profession et de votre poste au sein du journal La Tribune, à vous intéresser à l’Espagne, entre autres sujets ? Diriez-vous que c’est un pays qui vous attirait a priori ?

Pas spécialement a priori. Mes intérêts allaient plutôt au départ vers l’Allemagne, où j’ai vécu six ans, ou vers l’Italie. Mais mes travaux sur la crise européenne et ses conséquences m’ont amené à m’intéresser à ce pays qui est plus méconnu qu’on le croit souvent en France. J’ai découvert un pays complexe, avec une histoire riche, une diversité remarquable et une pensée politique originale. De quoi essayer d’aller plus avant encore dans l’étude de l’Espagne pour tenter de comprendre et de faire comprendre sa réalité aux lecteurs français et francophones.

  • Pensez-vous que les élections générales du 26 juin vont aboutir à un nouveau blocage institutionnel en Espagne ? Si non, dans quelle mesure permettront-elles, selon vous, de parvenir à la formation d’un gouvernement ? Ce dernier pourra-t-il être stable et durable ?

La question est difficile. La réponse dépend de plusieurs facteurs qui ne seront connus qu’après le 26 juin : le poids respectifs des partis, celui de la « gauche » et de la « droite », la nature des négociations sur la question catalane, les développements internes au PP et au PSOE, etc. Ce qui est certain, c’est que le jeu politique espagnol a changé durablement l’an dernier en passant de la bipolarité à un jeu à quatre. Dans ce cadre, avec des acteurs nouveaux, Citoyens et Podemos, qui se définissent en rupture et des acteurs anciens, PP et PSOE, qui semblent difficilement conciliables, la formation d’un gouvernement relève de la gageure. Toute tentative sera naturellement instable et le système politique espagnol devra s’adapter à cette nouvelle donne en faisant des tentatives et des essais sans doute multiples. Il en résultera nécessairement une clarification, mais elle prendra du temps. Pour moi, l’Espagne est entrée dans un nouveau régime, celui issu de la transition de 1975-1978 est clos. Le processus est nécessairement long et douloureux.

  • Le Parti socialiste ouvrier espagnol a beaucoup à perdre ce dimanche, puisqu’il pourrait être dépassé dans les urnes par la coalition Unidos Podemos. A-t-il un moyen de sortir la tête de l’eau ? Pensez-vous qu’il va accepter le principe d’une coalition avec Unidos Podemos dans le seul but de barrer la route de La Moncloa au Parti populaire ?

Le PSOE est face à son histoire. Il subit une dégradation qui n’est pas propre à l’Espagne. La social-démocratie « centriste » traverse une crise dans toute l’Europe et, de ce point de vue, le PSOE résiste même mieux que ses « frères » néerlandais, irlandais ou grec grâce à son implantation locale, notamment en Andalousie. La participation du PSOE aux mesures d’austérité et sa déconnexion des attentes d’une partie de l’électorat expliquent cette décadence. La mécompréhension de la situation en Catalogne, une de ses places fortes dans les années 2000, a encore aggravé le mouvement.

Le PSOE n’a pas trouvé le moyen de freiner cette dégradation de son audience. En fait, il ne le peut pas en raison de l’influence de ses barons qui le poussent à un conservatisme qui le rend politiquement de moins en moins « utile ». Du coup, il est pris en tenaille entre les deux forces montantes, Citoyens et Podemos. Le premier joue sur le renouvellement et une certaine innovation en termes de mesures économiques pour attirer les électeurs centristes du PSOE, le second joue sur sa volonté d’incarner la gauche et de faire davantage participer les gens aux décisions. Quoi que fasse le PSOE, il risque de perdre désormais des voix à gauche ou au centre. Il est piégé.

Dans ce contexte, que fera-t-il après l’élection ? Je ne pense pas que l’alliance avec Unidos Podemos soit acquise compte tenu du poids du « social-libéralisme » au sein du PSOE et du rejet de la plurinationalité de l’Espagne. Il y aura une lutte serrée au sein du parti pour déterminer la ligne à suivre, mais mon avis est qu’une abstention permettant à une alliance PP-Citoyens sans Mariano Rajoy de gouverner est plus probable qu’une union avec Unidos Podemos.

Dans tous les cas, ces discussions affaibliront encore le PSOE. En cas d’alliance à gauche, il risque de devenir ce que le PCF a été pour le PS après 1980 en  France, de façon inversée : un parti de plus en plus inutile qui laisse la place à la force montante, et laisse dominer Podemos au centre-gauche.S’il permet au PP de rester au pouvoir, le PSOE va encore perdre de sa signification. À mon sens, il est voué à jouer un rôle secondaire à l’avenir.  C’est ici, peut-être, un des éléments clés de la résolution de la crise politique actuelle en Espagne.

  • Bien entendu, l’arithmétique fait partie de la démocratie. Mais croyez-vous qu’une coalition organisée autour d’Unidos Podemos, qui pourrait obtenir 80 à 83 sièges selon les derniers sondages, soit réellement viable et représentative ? Le PSOE devait organiser, suite aux élections générales de 2015, un gouvernement autour de 90 députés, ce qui était déjà très juste…

En régime parlementaire, la coalition est normale et c’est l’addition des forces qui compte. La SPD allemande a longtemps gouverné dans les années 1970 après des défaites électorales face à la CDU/CSU grâce aux Libéraux qui décidaient alors de la politique de la RFA avec 5 % à 8 % des voix…

Ce qui compte, c’est la cohérence politique des coalitions. Si la coalition dispose de buts clairs et d’ambitions affichées acceptées par les partis qui la composent, elle est aussi solide et légitime que les autres partis. Ce sera tout l’enjeu des négociations entre le PSOE et Unidos Podemos. Le risque, en effet, c’est une coalition A MINIMA pour s’emparer du pouvoir. Dans ce cas, un problème de légitimité peut en effet apparaître et nuira au parti qui a fait le plus de concessions.

  • Pedro Sánchez n’a-t-il pas toutes les chances de perdre la direction du PSOE dans les semaines à venir étant donné le désastre annoncé pour ce dimanche ? Qui pourrait le remplacer au poste de premier secrétaire de la formation ? Susana Díaz ? Quelqu’un d’autre ? Cela aura-t-il une influence sur la politique parlementaire du parti ?

Pour moi, Pedro Sánchez n’a aucune chance de rester à la tête du PSOE en cas de SORPASSO du parti par Unidos Podemos dimanche. Il est détesté par les barons et il ne pourra plus prétendre à la présidence du gouvernement. Il aura du mal à mener des négociations avec Unidos Podemos compte tenu de cette situation de faiblesse. Plus globalement, le PSOE va devoir choisir entre le PP ou Podemos et la lutte pour la direction du parti se jouera autour de ce choix. Susana Díaz est une candidate sérieuse, mais c’est la candidate d’une opposition laissant la place au PP, puisqu’elle rejette Podemos en raison de son refus de la politique territoriale de ce dernier. Elle va devoir imposer ce choix. Pour cela, elle devra aussi ne pas subir de défaite trop lourde en Andalousie dimanche. Sinon, il est difficile de déterminer qui pourra sortir gagnant d’une lutte interne au PSOE, c’est d’ailleurs un des problèmes du parti aujourd’hui : il n’a pas de vraie et crédible relève.

  • Mariano Rajoy devrait-il passer la main afin de permettre au parti Citoyens de soutenir le PP et peut-être même au PSOE de s’abstenir lors d’une investiture ?

Mariano Rajoy a joué le pourrissement de la situation pour s’imposer comme le seul capable de sortir le pays du blocage. Mais il est très affaibli par sa politique d’austérité et les scandales à répétition au sein du PP. Le dernier, sur les scandales « truqués » en Catalogne, risquent d’achever sa vie politique. Il semble difficile pour Citoyens comme pour le PSOE de le laisser désormais à La Moncloa. Si le PP veut continuer à gouverner, il devra lui demander de partir. Et ce ne sera pas facile. Or, tant que Mariano Rajoy sera là, le blocage politique perdurera. Sa stratégie pourrait se retourner contre lui : il deviendra alors le responsable du blocage et non sa solution.

  • Unidos Podemos n’a pas l’intention de sortir de la zone euro et de l’Union européenne. Il n’en a d’ailleurs jamais réellement eu l’intention. Croyez-vous que son programme social, déjà modéré par rapport aux revendications de 2014, soit viable dans ce cadre ? François Hollande avait promis une renégociation des traités et du pacte de stabilité, avec le succès que l’on connaît. Pablo Iglesias aura-t-il plus de chance que le président français ?

Bruxelles a accordé un délai à l’Espagne et au Portugal pour revenir dans les clous budgétaires. Mais derrière cette annonce, il existe des nuances : la Commission a imposé des concessions importantes au gouvernement portugais et Mariano Rajoy s’est apparemment engagé à réduire les dépenses après les élections. Il est donc peu probable que Bruxelles accepte de valider un programme comme celui d’Unidos Podemos. C’est du reste un des arguments du PSOE pour refuser l’alliance avec ce parti.

S’il parvient au pouvoir, Pablo Iglesias devra donc faire des concessions. Il sera, en théorie, en position plus forte que la gauche portugaise qui se contente de soutenir le gouvernement PS sans y participer. Il sera naturellement pris dans une contradiction entre la volonté de prouver sa capacité de changer la politique et les concessions à Bruxelles et au PSOE. Il n’est pas sûr que Bruxelles lui offre une chance : la Commission a été très critiquée au Nord de l’Europe pour son « laxisme » et l’affaire grecque a montré que l’arrivée au pouvoir de la gauche à un poste de gouvernement (ce qui n’est pas le cas au Portugal) provoquait une certaine panique au sein des dirigeants européens. Il y a fort à parier que beaucoup à Bruxelles, La Haye ou Berlin voudront « casser » une expérience de gauche en Espagne, alors même que le SPD allemand réfléchit à une alliance sur sa gauche en 2017. La marge de manœuvre de Podemos sera donc réduite.

  • Officiellement, Pablo Iglesias et les siens sont favorables à un référendum d’autodétermination en Catalogne tout en défendant l’idée d’une permanence de la région au sein de la nation espagnole. C’est ce qui amène certains analystes à affirmer que Podemos propose une troisième voie entre l’indépendantisme catalan et l’unionisme incarné par la droite. Mais peut-on réellement le penser lorsque l’on constate que Podemos, ses alliés ou ses filiales agissent régulièrement, pour ne pas dire systématiquement, contre l’unité nationale et contre tout ce qui rappelle l’Espagne, au moins d’un point de vue symbolique ?

La vision de Podemos est celle d’une Espagne « plurinationale ». C’est une position qui est fortement rejetée dans beaucoup de milieux en Espagne parce qu’elle mettrait en danger l’unité de la nation espagnole. Mais les indépendantistes catalans, par exemple, y voient une façon de « sauver » l’Espagne. Tout dépend du point de vue.

Pour ma part, mais je conçois que c’est une position contestable, il me semble que l’Espagne ne peut refuser de prendre en compte sa diversité et de réfléchir à la façon dont on peut être à la fois Espagnol et Catalan ou Espagnol et Basque. Tout rejet de la reconnaissance du fait national en Catalogne, par exemple, conduit à renforcer l’idée d’une incompatibilité entre ces deux identités et donc à la volonté d’une rupture. La position de Podemos est une position assez pragmatique qui vise à éteindre l’indépendantisme par deux éléments : un référendum qui serait perdu par les indépendantistes et mettrait fin à leur ascension politique (sur le modèle québécois, par exemple) et une fédéralisation reconnaissant la diversité nationale pour « désarmer » les sécessionnistes. C’est une politique qui semble plus porteuse, à mon sens, que celle du PP qui a alimenté l’indépendantisme par sa rigueur.

Il est vrai, cependant, qu’en Catalogne, l’alliance de Podemos est constituée en partie d’indépendantistes et que cela nuit à la cohérence de cette politique. Mais la question se pose moins pour Podemos que pour l’Espagne : comment traiter la montée de l’indépendantisme catalan ? Comment accepter la persistance au sein du pays d’autres nationalités ? Doit-on limiter la nation espagnole à ses seules formes castillane ou andalouse ?

  • Entre les dissensions qui secouent la coalition gouvernementale, la baisse de régime du processus séparatiste et les graves problèmes socioéconomiques régionaux, peut-on dire que l’indépendantisme catalan est mal parti ? Croyez-vous que Carles Puigdemont puisse le mener à bien ?

L’indépendantisme catalan traverse une crise mais reste la première force politique régionale. La crise entre Junts pel Sí et la CUP relève d’une différence de conception fondamentale, mais elle pose surtout une question existentielle pour la CUP. Place-t-elle la lutte contre l’austérité et contre le capitalisme avant l’indépendance ou n’envisage-t-elle pas l’une sans l’autre ?C’est le débat qui déchire le parti aujourd’hui et qui risque de lui coûter cher. Carles Puigdemont a décidé de clarifier la situation par sa question de confiance : cette dernière va forcer la CUP à choisir. C’est une stratégie assez fine pour en finir avec l’ambiguïté de la CUP. En cas de nouveau scrutin, la majorité parlementaire indépendantiste sera menacée, mais le problème est qu’il n’existe pas en Catalogne d’alternatives majoritaires à l’indépendantisme. À moins d’une alliance peu probable allant de Podemos au PP, mais sur quel programme ?

Junts pel Sí n’est donc pas sûr de pouvoir mener à bien sa feuille de route dans les temps, mais la pression indépendantiste va se maintenir. Pour gouverner la Catalogne, il faudra trouver d’abord, principalement avec Podemos et EUiA, une entente sur une solution démocratique à la question de l’indépendance. Ce pourrait être presque plus commode qu’avec la CUP…

Mariano Rajoy et le président régional catalan, Carles Puigdemont (photographie : EFE et La Vanguardia)

Mariano Rajoy et le président régional catalan, Carles Puigdemont (photographie : EFE et La Vanguardia)

  • À terme, une indépendance de la Catalogne est-elle envisageable ? Et est-elle souhaitable ?

Compte tenu du fossé politique existant entre la Catalogne et l’Espagne, l’indépendance me semble possible, même si elle n’est pas certaine. De plus en plus de Catalans n’envisagent plus d’évoluer dans le cadre espagnol et la réponse espagnole brise de plus en plus de ponts. Si l’Espagne ne propose pas de modèle alternatif convaincant et si les indépendantistes s’unissent à nouveau, l’indépendance sera une option crédible. Sa condition sera cependant qu’elle soit majoritaire et dépasse le cadre linguistique pour s’ancrer dans les populations originaires d’autres régions. Ce n’est pas une option impossible, à mon sens.

Quant à savoir si elle est souhaitable, je ne me prononcerai pas. Tout changement comporte des risques et des avantages. L’Espagne serait bien sûr affaiblie et un processus de séparation est toujours complexe. Mais si le peuple catalan le décide démocratiquement, il sera difficile d’ignorer son choix. L’indépendance de la Catalogne ne signifiera pas cependant la fin de la coopération, y compris financière et humaine avec l’Espagne. Et pour cela, il est essentiel de maintenir un dialogue entre les deux entités dès à présent.

  • Croyez-vous que des solutions comme le fédéralisme du PSOE ou la reconnaissance d’une « spécificité catalane » avec de nouvelles compétences (c’est la proposition d’Unidos Podemos) soient applicables et constituent des réponses durables aux problèmes territoriaux espagnols ?

Ces options sont intéressantes, mais dans le contexte politique actuelle, elles semblent insuffisantes. Il s’agit dans le cas du PSOE de revenir avec des garanties constitutionnelles au statut de 2006, censuré en partie par la Cour constitutionnelle en 2010 et qui est la source du mécontentement catalan. Unidos Podemos va plus loin avec la reconnaissance des « nations ». Mais, aujourd’hui, ces propositions posent deux problèmes. Le premier, c’est le refus de tout compromis de ceux qui ont une vision unifiée de la nation espagnole et le second est le refus des indépendantistes qui veulent rompre avec l’État espagnol. Ces propositions n’ont donc pas une base populaire et parlementaire suffisante pour s’imposer. C’est pourquoi un référendum peut être une sortie de crise en cas de « non » à l’indépendance : devant leur défaite, beaucoup d’indépendantistes devront trouver une autre solution que la rupture et le fédéralisme peut en être une. La discussion sur la réorganisation pourra alors s’engager. Évidemment, ceci suppose de prendre le risque de la rupture. Mais le risque inverse existe : en niant la montée de l’indépendantisme, on peut l’attiser, y compris dans d’autres régions espagnoles comme le Pays basque, où le référendum devient aussi populaire.

  • Le PSOE prône un fédéralisme aux contours flous, Unidos Podemos est favorable à des référendums d’autodétermination, le Parti des Socialistes catalans n’est pas au clair avec la question séparatiste, des pans entiers de la gauche espagnole ont purement et simplement cessé de défendre l’unité du pays, le PP est englué dans ses problèmes et dans son attentisme, etc. Y a-t-il encore quelqu’un pour défendre l’intégrité de l’Espagne ? Le pays n’est-il pas condamné, à terme, à se fragmenter au-delà même du problème catalan ?

Le parti Citoyens se présente comme le défenseur de l’unité espagnole et d’une vision nationale unifiée. Il peut incarner cette défense de l’intégrité de l’Espagne. Mon point de vue est que le problème catalan peut être une chance pour l’Espagne d’engager la discussion, que j’ai évoquée, sur ce que signifie être espagnol et sur la gestion de la diversité nationale du pays. L’histoire espagnole n’a pas permis, comme en France, de faire reculer suffisamment les identités régionales. Aujourd’hui, il faut réfléchir à un moyen de les prendre en compte au-delà du compromis de 1978 qui semble caduc sur le plan national comme il l’est devenu sur le plan politique. La phase de transition est donc délicate et turbulente, là aussi. Et il existe un vrai risque de voir l’Espagne se fragmenter. Nier ce risque en voulant « pénaliser » l’indépendantisme est à mon sens la plus sûre façon d’y parvenir. Mais il faut des politiques capables de construire des compromis sur ce terrain. Or, la situation politique quadripartite pose une forte concurrence au niveau national et n’incite guère à ce type de concessions, car chacun est en risque de sortir du « club des quatre ». Là aussi, il y a un blocage que seul un choix démocratique clair par un référendum pourrait débloquer.

  • Comment voyez-vous les perspectives économiques espagnoles à court et moyen terme ? Les récentes baisses du chômage, couplées à une croissance qui redémarre et à des exportations au beau fixe, sont-elles trompeuses ou traduisent-elles une véritable reprise sur le long terme ?

La reprise espagnole est réelle et vigoureuse. Elle est portée par trois phénomènes principaux. D’abord, une forte dévaluation interne par la baisse des salaires et la hausse de la productivité, source de chômage de masse. Ensuite, la fin des politiques d’austérité qui ont redonné de la confiance aux acteurs économiques. Il y a donc un phénomène de rattrapage des investissements et des dépenses reportés durant la crise. Enfin, par des éléments externes : la politique monétaire de la BCE et la baisse du prix du pétrole et de l’énergie.

Cette croissance va néanmoins ralentir dans les prochains mois et elle reste très coûteuse sur le plan social. L’Espagne est un des pays de la zone euro, avec la Grèce, le plus fragilisé socialement par les politiques menées depuis 2010. Le risque de pauvreté y est très fort, le chômage encore très élevé et les revenus sans dynamique. La croissance acquise par la baisse des coûts a un revers social très lourd qui, in fine, va peser sur la dynamique de la croissance. Le problème du modèle économique espagnol reste entier : l’Espagne est-elle un pays de production bon marché, ce qui exclut tout amélioration de la situation sociale, ou peut-elle monter en gamme, alors que l’industrie espagnole vient juste de rattraper son retard en termes d’automatisation ?

Le pays a clairement besoin d’une politique d’éducation et de formation, mais aussi d’une vraie politique industrielle. Elle aurait un sens au niveau européen dans le cadre d’un vrai projet industriel continental, mais l’UE n’agit pas dans ce domaine. En attendant, le pays est condamné à vivre durablement avec un chômage fort et une pauvreté élevée. Dans ces conditions, le mécontentement politique persistera, ce qui est un problème économique également. Il est d’ailleurs frappant de voir que les quatre partis n’ont guère de projets économiques convaincants.

Le plus grand risque serait que l’Espagne ne tombe à nouveau dans une bulle immobilière qui fera baisser fortement le chômage, mais affaiblira encore le pays. Car cette crise existentielle de l’économie espagnole est encore le fruit de la bulle précédente qui était une façon commode de régler tous les problèmes.

  • Diriez-vous, pour avoir analysé l’Espagne et avoir tenté d’en comprendre les ressorts, qu’il s’agit d’un pays particulièrement complexe, où « tout ce qui est simple devient compliqué », comme le disait José Saramago ?

Un pays aussi ancien et avec une histoire aussi riche et diverse que l’Espagne ne peut être simple. Il est nécessairement compliqué, comme le sont tous les grands pays européens parce que le poids du passé se mêle toujours aux enjeux du présent. L’Espagne est un pays très complexe, très divers et c’est pourquoi il mérite mieux que le regard souvent lointain et caricatural que les Français portent sur lui.

  • Un mot pour conclure ?

L’Espagne est, à mon avis, à la pointe de la rénovation politique au sein de l’Union européenne, comme l’est d’une autre façon l’Italie. La réflexion sur une alliance à gauche, l’agonie du PSOE, l’impasse du PP, l’émergence de Citoyens et la montée des indépendantistes trouvent leur écho, avec des particularités, en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni. L’Espagne est un laboratoire de la transition politique en Europe. Là encore, c’est assez piquant, quand on songe que les analystes politiques français rêvent d’un « modèle allemand » et de sa « grande coalition », alors même qu’une alliance Podemos-PSOE, si elle voit le jour, serait le prélude à un rapprochement SPD-Die Linke en Allemagne.

Sur le plan économique, le constat est inversé. L’Espagne apparaît comme un modèle de redressement, alors qu’elle affiche une croissance déséquilibrée, pas assez riche en emplois et donc intenable sur le plan social. Le modèle actuel de l’Espagne ne peut être que provisoire. Il doit se réinventer pour effacer les effets des « réformes », alors qu’on en fait souvent l’objectif des « réformes » en France.

Source : actualité espagnole, Romaric Godin, 23-06-2016

 

 

Espagne : Podemos recherche activement une coalition avec le PSOE

Source : La Tribune, Romaric Godin, 21-06-2016

L'Espagne aura-t-elle après le 26 juin un gouvernement de gauche avec Sanchez (PSOE) et Iglesias (Podemos) ? (Crédits : Reuters)

L’Espagne aura-t-elle après le 26 juin un gouvernement de gauche avec Sanchez (PSOE) et Iglesias (Podemos) ? (Crédits : Reuters)

Les Espagnols ne voteront que le 26 juin, mais déjà, les grandes manœuvres en vue de la formation d’une coalition gouvernementale ont commencé à gauche. Podemos propose des compromis aux Socialistes sur la question catalane. Mais elles demeurent insuffisantes pour un PSOE sans vrai projet.

Les nouvelles élections générales espagnoles, rendues nécessaires par l’incapacité de former un gouvernement avec le Congrès des députés élu le 20 décembre, aura lieu dimanche 26 juin. Mais, déjà, les grandes manœuvres pour former un gouvernement ont commencé. L’alliance Unidos Podemos qui regroupe le parti issu du mouvement des indignés, les Communistes et les Ecologistes, ainsi que plusieurs mouvements autonomistes régionaux, cherche désormais clairement à former un gouvernement de gauche avec les Socialistes du PSOE.

Nouvelle donne

Cette option était pratiquement impossible après le 20 décembre dans la mesure où l’addition des deux principaux partis de gauche comptait moins de députés que les deux partis de droite, Ciudadanos et le Parti populaire du président du gouvernement sortant Mariano Rajoy (159 contre 163). Le secrétaire général du PSOE, Pedro Sánchez, avait alors tenté de réaliser une alliance contre le PP en signant un pacte avec Ciudadanos et en cherchant l’appui de Podemos. Cette manœuvre avait échoué. Mais en élargissant sa base par le regroupement avec la Gauche Unie, Pablo Iglesias, le leader de Podemos, est désormais en mesure – mathématiquement du moins – de proposer un gouvernement de gauche, ce qu’il appelle une « coalition à la valencienne », s’inspirant de la majorité régionale construite à Valence entre le PSOE, Podemos et les régionalistes de Compromís.

Selon les sondages, Unidos Podemos devrait réussir le sorpasso, le dépassement du PSOE pour la première fois depuis 1933, en sièges comme en voix. Il serait donc en position de force pour négocier. Mais surtout, la loi électorale espagnole donnant une prime de fait aux grands partis, Unidos Podemos devrait compter entre 80 et 90 sièges, contre 69 le 20 décembre. Une poussée qui pourrait assurer, malgré l’effritement du PSOE, une majorité relative à la gauche face à la droite, sinon même une majorité absolue comme l’affirmait quelques enquêtes d’opinion. La constitution d’un gouvernement d’alternance dirigé par Podemos serait donc à portée de main. Et c’est bien pourquoi Pablo Iglesias commence à préparer le terrain.

Le dilemme de Podemos

L’écueil principal de cette alliance « à la valencienne » demeure un point essentiel : le référendum d’autodétermination en Catalogne. Podemos et ses alliés catalans en défendent l’idée non pour assurer l’indépendance catalane, mais pour clore les espoirs des indépendantistes et bâtir une autonomie renforcée de la Catalogne. Électoralement, c’est un élément essentiel qui permet à la liste catalane de Unidos Podemos, En Comú Podem, de capter une partie du vote indépendantiste aux élections générales pour permettre l’organisation du référendum. Le 20 décembre 2015, cette liste avait ainsi obtenu 24,7 % des voix en Catalogne contre 8,94 % lors des élections catalanes du 27 septembre précédent. Un bond de plus de 550.000 voix qui s’explique par cette stratégie.

Podemos doit donc continuer à défendre l’idée du référendum. Le problème, c’est que le PSOE refuse absolument un vote qui pourrait mettre en péril l’unité de l’Espagne. Pedro Sánchez ne peut d’autant pas accepter ce référendum qu’il doit compter avec son opposition interne dirigée par la présidente andalouse, Susana Díaz, qui tient une ligne dure contre l’indépendantisme catalan. Les Andalous sont en effet inquiets du risque de sécession catalan et d’appauvrissement du reste de l’Espagne qui suivrait. Or, Susana Díaz a l’appui des caciques du PSOE, les « barons » qui détestent Pedro Sánchez.

L’équation est donc délicate pour Pablo Iglesias : ou il abandonne le référendum catalan et il s’expose à perdre des voix en Catalogne et à voir ses alliés régionalistes le lâcher, ou il le maintient et son rêve d’une alliance « à la valencienne » avec le PSOE s’évapore. Sur la corde raide, il tente donc une manœuvre pour contenter tout le monde. Lundi 13 juin, lors du débat à quatre à la télévision, il a expliqué que « dans les négociations gouvernementales, il n’y a pas de lignes rouges », laissant entendre que le référendum catalan était susceptible de passer par pertes et profits afin de bâtir un compromis avec le PSOE. Ses propos ont déclenché une panique en Catalogne où Xavier Domènech, le dirigeant d’En Comú Podem, a dû assurer que l’objectif du référendum n’était pas abandonné.

La proposition d’une réforme de l’Etat

Pablo Iglesias a alors tenté de clarifier la situation avec une proposition de programme gouvernemental dévoilé le 20 juin. Dans ce texte de 92 pages, Unidos Podemos propose une évolution constitutionnelle vers la reconnaissance d’un Etat « plurinational ». Il s’agit d’abord de renforcer et clarifier les compétences des communautés autonomes (régions), de réformer le Sénat pour en faire une chambre représentative de ces communautés, un peu sur le modèle du Bundesrat allemand, et de renforcer la voix des régions sur les questions européennes. Le projet considère ensuite qu’il conviendra de faire le distinguo entre « nations » et « communautés » au sein de l’Etat espagnol. Les « nations », qui pourraient être basque, catalane et galicienne, pourrait alors passer des accords, notamment fiscaux, avec l’Etat.

Ce projet est cependant progressif. Comme souvent dans la pensée de Podemos, l’idée est d’imposer les faits progressivement, par la préparation de l’opinion. Xavier Domènech, qui a présenté le texte à Barcelone, a indiqué que l’on avancerait « pas à pas ». La première étape sera la « reconnaissance des nations » et la création d’un « ministère de la plurinationalité » chargé de mener le processus. Et le référendum catalan ? Il est jugé « indispensable », mais il pourrait n’intervenir qu’à l’issue de l’évolution de la structure de l’État et des négociations avec le nouveau ministère.

La stratégie de Podemos

Ce projet a plusieurs fonctions : maintenir l’exigence du référendum, tout en mettant en place une nouvelle structure d’Etat destinée à convaincre les Catalans de demeurer en Espagne. La « fédéralisation asymétrique » que propose Unidos Podemos n’est finalement pas si éloigné de la proposition que faisait fin mai Pedro Sánchez d’un nouveau statut catalan reconnaissant l’existence d’une « singularité catalane ». Il permettrait donc de conserver la confiance des défenseurs catalans du « droit à décider », tout en s’alignant en partie sur les projets socialistes. Le tout avec un atout : celui du temps, au cours duquel beaucoup de choses peuvent changer. Les divisions au sein du camp indépendantiste catalan peuvent amener de nouvelles élections. Après le rejet de son budget, le président de la Generalitat, le gouvernement catalan, Carles Puigdemont, posera en septembre une question de confiance au parlement. Si elle est rejetée, de nouvelles élections seront inévitables et une défaite des indépendantistes sera possible. L’urgence d’un référendum pourrait être alors moins vive pour le nouveau gouvernement espagnol.

Fin de non-recevoir

Mais le PSOE acceptera-t-il un tel compromis ? Rien n’est moins sûr. La reconnaissance de « nations » suppose la reconnaissance de leur droit à l’autodétermination. Le référendum catalan sera donc une conséquence logique et les Basques eux-mêmes pourraient être tentés. Le PSOE, marqué par la lutte contre l’indépendantisme basque, ne veut pas en entendre parler. En réalité, l’attachement à l’unité espagnole des Socialistes rend impossible l’acceptation du projet « dynamique » de Podemos. C’est pourquoi le projet de fin mai évitait le terme de « nation » et proposait un accord proche du statut de 2006 avec des garanties. Pedro Sánchez l’a donc réaffirmé lundi 20 juin : « Pablo Iglesias ne sera pas président du gouvernement car il ne remplit pas les conditions pour l’être »Pour deux raisons : sa politique sociale trop généreuse et son engagement en faveur d’un référendum catalan.

Retour à la case départ

On est donc revenu à la case départ. Certes, Pedro Sánchez refuse de considérer le sorpasso comme acquis et entend se battre pour maintenir l’avance du PSOE, au moins en sièges. Il ne peut donc publiquement accepter les conditions de Podemos. Mais le problème est plus profond. Le PSOE rechigne essentiellement à une alliance des gauches. Après sa défaite annoncée le 26 juin, il va cependant devoir faire un choix. La situation risque d’être inversée par rapport au printemps dernier. Alors, Pedro Sánchez pouvait accuser Podemos de préférer maintenir Mariano Rajoy au pouvoir plutôt que de le soutenir. Désormais, le PSOE devra choisir entre un soutien (actif ou passif) au PP ou un gouvernement sur sa gauche. Dans les deux cas, il sera menacé de marginalisation et de réduction à ses bastions du sud du pays, en Estrémadure et en Andalousie.

Le 26 juin sera sans doute suivi d’une lutte interne intense au sein du PSOE. Susana Díaz l’a déjà entamé. Menacée de voir le PSOE andalou dépassé par le PP local, elle a lancé une campagne fortement anti-catalane qui gêne même les Socialistes catalans. Elle a notamment refusé que les « votes des Andalous servent à payer les privilèges d’Ada Colau », la maire de Barcelone qui soutient En Comú Podem. C’est donc un refus absolu de toute alliance avec Podemos. Susana Díaz sait que si elle parvient à limiter la casse en Andalousie, elle pourrait détrôner, avec l’appui des « barons », un Pedro Sánchez qui aura bien du mal à conserver la direction du parti après le 26 juin.

Sombre avenir pour le PSOE

Dans ce cas, le scénario « à la valencienne » deviendrait improbable. Du reste, on voit mal, compte tenu de l’importance des troupes « sudistes » au sein du PSOE, comment une alliance avec Podemos pourrait être acceptée par la base. Car tout projet d’alliance sera sans doute soumis aux militants et tout nouveau secrétaire général devra s’appuyer sur cette base. Certes, Pablo Iglesias, qui a fait récemment un éloge appuyé de José Luís Zapatero, le dernier président du gouvernement socialiste, tente de flatter les militants du PSOE. Mais il n’est pas certain que ce soit suffisant. Le problème, c’est que l’avenir du PSOE hors d’une alliance avec Podemos s’annonce très sombre. Réduit à un positionnement nécessairement centriste, il risque de se trouver à l’étroit entre Ciudadanos et Podemos et d’être réduit à la fonction de force de soutien du PP. Le dilemme des Socialistes après le 26 juin s’annonce donc insolvable.

Source : La Tribune, Romaric Godin, 21-06-2016

 

12 réponses à Interview de Romaric Godin sur la situation politique et économique en Espagne

Commentaires recommandés

Henri Tanson Le 27 juin 2016 à 08h01
 
 

Excellente analyse de Romaric Godin sur la situation politique en Espagne.

Dommage que, pour moi, il soit totalement à côté de la plaque !

L’Espagne fait partie de l’UE ? Oui.
Elle applique donc la politique de l’UE.
Donc, ses dirigeants ne dirigent rien, et ne servent à rien, et le pays s’en rend compte…
Il est très facile, quand on n’est pas aux commandes, de critiquer le gouvernement en place et de proposer une bonne politique pour son pays mais, une fois élu (cf. Hollande) on est obligé d’appliquer la politique définie par Bruxelles.
Podemos se régale, en ce moment, lui qui n’a pas le pouvoir….
Aussitôt élu, il mènera la politique imposée et agira comme Tsipras en Grèce…
Il facilitera la désintégration de son pays en acceptant la séparation de la Catalogne, pour commencer, comme le souhaite Bruxelles. Et vive l’Europe des régions, indépendantes de leurs États d’origine, mais totalement asservies au diktat néolibéralisme européen.
Iglesias de Podemos, est choisi et proposé par un système en place qui dirige l’Europe pour ses intérêts personnels. C’est un leurre…. Un candidat, future-marionnette !
Si on n’a pas compris cela, on n’a rien compris à l’UE et ainsi, on n’a pas compris pas grand chose…
Pas plus.
Évidemment, ce n’est que mon

Lire la suite

Le Brexit, un calcul stratégique et voulu !

27 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #l'Allemagne, #Europe supranationale, #La finance dérégulée, #l'horreur économique, #Devoir de mémoire

Le Brexit, un calcul stratégique et voulu !

Le Brexit, un calcul stratégique et voulu !

Le 27 juin 2016

Les média nous poussent à penser que le référendum sur le Brexit a été le seul choix du peuple britannique et que ce Brexit menace nos vies et nos économies en nous jetant dans l’inconnu. Les média manipulent et ne donnent pas d’autres informations importantes qui permettent de comprendre le choix du Brexit. Des transferts d’argent ont été observés depuis plusieurs mois sur la zone allemande en direction d’un marché stable et riche. La bourse de Francfort négocie depuis plusieurs années sa fusion avec la City, un plan secret était élaboré par Berlin pour mettre en route la feuille stratégique et pour privilégier des accords avec le Royaume-Uni. Avant le vote du référendum les média nous ont fait croire que le non remporterait. Cela était pour faire de l’argent pour les spéculateurs et faire croire que ce vote ne pouvait être qu’un effet de surprise et que la démocratie existe surtout en Angleterre. En fait, tout est sous contrôle depuis des mois. Et c’est encore Berlin qui gagne tout avec Londres grâce à nos élites françaises qui rampent devant « Die Mutter », Merkel.

Les média ne parlent pas de la fusion des bourses, ni d’un plan secret allemand. Dans un article financier du 24 juin 2016 le conseil d’administration de la bourse allemande dit vouloir obtenir le siège principal même après la fusion de la City et de la bourse de Francfort. Le but est d’avoir un champion économique en Europe. Le 4 juillet les actionnaires du LSE, London Stock Exchange, doivent donner leur aval. Les actionnaires de la bourse allemande ont jusqu’au 12 juillet pour accepter l’offre. Voilà ce qu’un article du WirtschaftsWoche titrant, « Betriebsrat will Frankfurt als Hauptsitz auch nach LSE-Fusion », révèle. En fait, tout est sous contrôle des puissants et organisé. Le ministre ministre fédéral des Finances de Berlin applique un plan secret, comme le dit le Handelsblatt. Un institut libéral et nationaliste allemand basé à Munich a clairement écrit avant le référendum que rien de particulier n’aura lieu avec le Brexit car tout est sous contrôle.

Le Brexit, un calcul stratégique et voulu !

Fuites des capitaux en direction de l’Allemagne. Tableau publié en mars 2016

Le même institut allemand montre des courbes publiées en mars 2016 qui montrent les mouvements de masses monétaires que sur la seule zone allemande en Union européenne ! Un hasard ? Pas du tout ! L’Allemagne a, elle, lancé l’idée de l’euro, une devis politique comme l’explique Thorsten Polleit président du Mises von Ludwig Institut et chef chez Degussa, pour financer sa première phase de réunification. Maintenant, l’Allemagne passe à une autre étape. Merkel doit dégager en 2017 et l’AfD a été fondé en 2013 (date du lancement de l’idée du Brexit…) pour prendre le pouvoir en Allemagne pour mener une politique nationaliste de manière ouverte. Avec le Brexit l’Allemagne devient le seul chef en Europe et se partage avec les Britanniques le pouvoir commercial et politique en Europe. La France grâce à ses pantins est devenu un pays du tiers monde qui va devoir accueillir les populations migrantes rejetées par Berlin et Londres qui font le tri sur les migrants. Le monde anglo-saxon a gagné sur tous les points. Ce n’est pas un hasard si Hollande et Ayrault vont à Berlin tenir le crachoir de Merkel et de Steinmeier car toutes les décisions prises pour l’après Brexit ont lieu à Berlin. Les Allemands font croire que leur volonté est de sauver la France. Ayrault, le professeur d’allemand, est ravi de parler en allemand à côté de Steinmeier. Le F.A.Z exprime bien la volonté de Berlin : renfermer ce qui reste de la zone euro en la consolidant sous la puissance de Berlin. Ayrault, qui ne semble pas piger le jeu de Berlin, soutient la politique de Berlin. De grosses surprises sont à attendre en 2017 quand le nouveau chancelier allemand sera élu (ou la nouvelle chancelière…). L’idée de lancer un référendum Brexit date de 2013 tout comme le lancement du parti patriote AfD, le parti qui n’arrête pas de monter dans les sondages !

Olivier Renault

Lire la suite

Mai 2016, LA NOUVELLE TRAHISON SPECTACULAIRE DE LA « GAUCHE RADICALE » GRECQUE ET D'ALEXIS TSIPRAS.

26 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Grèce, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #l'horreur économique

Mai 2016, LA NOUVELLE TRAHISON SPECTACULAIRE DE LA « GAUCHE RADICALE » GRECQUE ET D'ALEXIS TSIPRAS.

LA NOUVELLE TRAHISON SPECTACULAIRE
DE LA « GAUCHE RADICALE » GRECQUE ET D'ALEXIS TSIPRAS.
------------------------------------------------------------------
Le gouvernement d'Alexis Tsipras - Premier ministre grec de « gauche radicale » - a fait adopter par le Parlement hier, dimanche 22 mai 2016, un nouveau train de mesures d'austérité spectaculaires.
...
Ces mesures, qui vont une nouvelle fois frapper les plus pauvres au bénéfice des plus riches, ont été réclamées par les créanciers internationaux de la Grèce pour débloquer une nouvelle tranche d’aide financière et entamer les négociations sur l’allégement de la dette.

Ces mesures comprennent :

-------------------------------------------------
a)- 1,8 milliard € de nouvelles hausses d'impôts sur les plus pauvres.
-------------------------------------------------
Cet alourdissement concerne notamment le taux de TVA, qui va être porté à 24 %, d'une série de biens alimentaires de large consommation comme les pâtes, le riz, le café, les boissons non alcoolisées ou le chocolat.

Ce sont donc bien les pauvres qui vont payer.

-------------------------------------------------
b)- la création d’une « taxe de résidence » à l’hôtellerie, pouvant atteindre 4 € par personne et par jour pour les hôtels cinq étoiles.
-------------------------------------------------
Ce nouvel impôt va donc renchérir de 56 € le séjour d’une semaine en chambre double. C'est loin d’être négligeable pour les voyages à forfait en Grèce, destination touristique qui doit faire face à la concurrence de l’hôtellerie en Tunisie, au Maroc, à Chypre, en Turquie, en Égypte, en Croatie, etc.

C'est pourquoi cette taxe sur l’hôtellerie a suscité une vive opposition de la Chambre de commerce de l'hôtellerie qui prédit déjà de nombreuses fermetures d'hôtels et des destructions massives d'emplois dans un secteur clef de l'économie du pays.

-------------------------------------------------
c)- la création d’un nouveau fonds de privatisation pour accélérer les cessions d’actifs publics.
----------------------------------------------------
Ce fonds, qui répond à une exigence de l’Allemagne, va acquérir la pleine propriété juridique des actifs publics qui devront être vendus.

De la sorte, ses actifs pourront être utilisés en garantie des prêts consentis à la Grèce par ses créanciers institutionnels.

Parmi les quelque 71.500 propriétés publiques regroupées dans ce fonds, on trouve en particulier des grandes installations touristiques et héritées des Jeux Olympiques.

-------------------------------------------------
d)- la création d’un « mécanisme de correction » budgétaire automatique.
-------------------------------------------------
Ce « mécanisme de correction » réduira automatiquement les dépenses de l’Etat si la Grèce dévie de la trajectoire budgétaire choisie par ses créditeurs.

Cela revient, par la même occasion, à réduire à néant le principe même du vote du budget de l’État par les députés grecs, ce qui est pourtant à la base même de ce qu’est une démocratie.

Ce dispositif dictatorial a été surnommé « Koftis », la « pince coupante » en grec. Il s’agit très exactement d’une institutionnalisation - sur la durée - de la mise de la Grèce sous tutelle étrangère.

-------------------------------------------------
e)- la « libéralisation » de la vente de prêts bancaires.
-------------------------------------------------
C'est un « zakouski » qui fera très plaisir aux banques opérant en Grèce…

-------------------------------------------------
f)- la création d’une « Autorité indépendante des revenus publics », pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales.
-------------------------------------------------

Le plus invraisemblable, peut-être, de toutes ces mesures, c'est qu’elles ont été prises par le gouvernement grec alors que les créanciers ont refusé de prendre le moindre engagement ferme sur un allègement de la dette grecque en contrepartie.

[ Sources :
http://www.lemonde.fr/crise-de-l-euro/article/2016/05/22/la-grece-adopte-de-nouvelles-mesures-de-rigueur-pour-assurer-la-suite-de-son-aide-financiere_4924243_1656955.html

et

http://www.lesechos.fr/monde/europe/021955070593-grece-le-parlement-approuve-des-nouvelles-mesures-dausterite-2000265.php ]

-------------------------------------------------------------------
CONCLUSION : Tsipras-Mélenchon même combat !
-------------------------------------------------------------------
La preuve est ainsi tristement apportée de la traîtrise absolue de la « gauche radicale » Syriza vis-à-vis du peuple grec. Car le parti d’Alexis Tsipras s’était fait élire sur un discours exactement identique à celui de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche en France.

Comme Mélenchon, Tsipras critiquait de la façon la plus virulente qui soit la politique d’austérité du gouvernement précédent (cf. la photo présentée ici où on le voit manifester côte à côte avec Mélenchon et Pierre Laurent du PCF pour « envoyer Valls-er l’austérité »)

Comme Mélenchon, Tsipras refusait mordicus d’expliquer aux Grecs les tenants et aboutissants de la prétendue « construction européenne », le rôle décisif joué par les États-Unis, et l’impossibilité de se mettre d’accord à 28.

Comme Mélenchon, Tsipras claironnait son refus de sortir de l’UE et de l’euro et promettait l’avènement d’une « autre Europe ».

Bref, avec Tsipras et Syriza, comme avec Mélenchon et le Front de Gauche, on allait voir ce qu’on allait voir.

Eh bien, on voit !

----------------------

Si les électeurs français de Mélenchon ne veulent pas se faire trahir dans les mêmes proportions sidérantes que les électeurs grecs de Tsipras, ils feraient bien de se rappeler :

a) que Mélenchon a appelé à voter Hollande sans aucune condition dès le soir du 1er tour de l'élection présidentielle de 2012.

b) que Mélenchon a toujours affirmé sa volonté de "construire l'Europe" et son refus d'en sortir.

c) que, agissant en miroir du FN à l'extrême droite, Mélenchon joue toujours à fond sur le clivage droite-gauche. Ce qui lui assure de ne pas pouvoir rassembler une majorité de Français pour sortir la France de l'impasse euro-atlantiste dans laquelle elle est plongée.

Tout comme les électeurs de Mme Le Pen de l'autre côté de l'échiquier (laquelle avait au passage qualifié Alexis Tsipras "d'homme d’État" lors de son accession au pouvoir), les électeurs de Mélenchon devraient méditer tout cela et en tirer les conséquences qui conviennent pour 2017.

François ASSELINEAU
23 mai 2016

Lire la suite

Le cri d'alarme de Vladimir Poutine. La menace d'une nouvelle guerre mondiale est bien réelle.

25 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #l'horreur économique, #La Russie, #L'OTAN., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le grand banditisme

vendredi 24 juin 2016

Le cri d'alarme de Vladimir Poutine

La menace d'une nouvelle guerre mondiale est bien réelle

Le cri d'alarme de Vladimir Poutine. La menace d'une nouvelle guerre mondiale est bien réelle.

Ce 21 juin 2016, le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, lors d'une rencontre les représentants de divers médias internationaux, a demandé aux journalistes d'ouvrir les yeux et de rendre compte véritablement de la réalité d'une menace de guerre nucléaire imminente.

Le ton du Président russe est quelque peu inhabituel, car il a quasiment supplié les responsables des grands médias d'ouvrir les yeux sur les conséquences catastrophiques de la politique de réarmement de l'Europe entreprise par les USA et l'OTAN. «Mais arrêtez de mentir, dites la vérité à vos peuples sur le danger imminent qui nous menace tous !» a lancé Vladimir Poutine en faisant appel à l'éthique du métier de journaliste.
 
Et le Président de la Fédération de Russie de rappeler dans le détails  à ses interlocuteurs la nature des menaces subies par les peuples de Russie, suite à la stratégie d'extension militaire de l'OTAN et à la gestion belliciste des crises ukrainiennes et syriennes notamment par l'administration étasunienne.
 
Après avoir balayé la fausse menace d'une menace iranienne, leitmotiv de la propagande de guerre menée par Washington, le Président Russe a abordé le dossier de la sécurité en Europe. 

«Je ne sais plus quoi faire pour vous convaincre» a martelé Vladimir Poutine rappelant avec soin la menace que constitue l'installation récente des systèmes de missiles stratégiques étasuniens de type Aegis à portée de tir des centres névralgiques de la Russie...
 
«Leur système est désormais opérationnel et leurs missiles ont une portée de 500 km, dit-il. Les missiles de nouvelle génération atteindront bientôt une portée de 1000 km, puis davantage encore et, à partir de ce moment-là, ils menaceront directement la Russie et son potentiel de dissuasion nucléaire.»
 
En effet, la menace iranienne tant décriée par l'administration étasunienne n'est en fait qu'un prétexte pour installer les bases de missiles officiellement "défensives" en Europe de l'Est, face à la Russie (voir la carte ci dessous). 
 
Cette nouvelle crise des missiles, qui intervient 54 ans après celle de Cuba, semble arriver à un point de rupture entre Washington et Moscou, avec notamment, sur fond de crise ukrainienne, l'installation de lanceurs terrestres Aegis ("Aegis Ashore") en Roumanie  sur la base aérienne de Deveselu le 12 mai dernier. Le déploiement de ce qui qui est annoncé un "bouclier anti-missiles" mais dont même Lockheed Martin, le constructeur de ces lanceurs verticaux Mk41 reconnait sa capacité offensive 
 
De plus, cette base de missiles déployée en Roumanie par les USA n'est qu'un élément d'une ceinture stratégique plus vaste, déployée en Turquie (déjà opérationnelle) et prochainement en Pologne et complémentaire des systèmes d'armes embarqués à bord des navires et sous marins de l'OTAN qui occupent de plus en plus les mers Noire et Baltique et de façon quasi permanente.
 
Cette nouvelle menace stratégique dirigée la Russie n'est pas seulement une réanimation de la Guerre froide mais une violation flagrante des traités de paix signés précédemment entre l'Est et l'Ouest comme le Traité sur les Forces nucléaires intermédiaires(1987) qui avait permis le retrait des missiles Perching et SS20 du théâtre européen.
 
Inauguration de la base de missiles US sur la base aérienne de Deveselu le 12 mai dernier
«Comment pouvez-vous ne pas comprendre que le monde est en train d’être poussé dans une direction irréversible» a signalé à ce sujet le Président Poutine,car il est de sa responsabilité et son devoir de répondre à cette menace en déployant à son tour des systèmes de défense russe adéquats, et c'est l'escalade...
 
Le problème est la faible profondeur stratégique dont dispose la Russie sur son flanc occidental, Moscou et Saint Petersbourg par exemple ne sont qu'à quelques centaines de kilomètres des frontières avec l'OTAN. Aussi, le déploiement de missiles stratégiques par Washington en Europe de l'Est revient pour Moscou à vivre avec un revolver sur la tempe !
 
A l'heure où la Grande Bretagne fait sécession de sa tutelle étasunienne en Europe, le Président Poutine invite les pays européens à se libérer de la camisole de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord qui les entraîne par un homme-lige militaire dans un piège où leur sera imposé une confrontation avec une Russie qui peut être poussée à réaliser la première frappe préventive, sous peine de disparaître. 
 
En effet l'OTAN, cette Organisation militaire étasunienne en Europe, dans laquelle sont piégés 22 des 28 pays européens  mène depuis la fin de l'URSS une stratégie agressive en direction de la Russie trahissant la promesse prononcée en 1989 de ne pas s'étendre vers l'Est...
 
 
Aujourd'hui, après que l'extension territoriale de l'OTAN, avec la crise ukrainienne, soit arrivée en butée sur les frontières occidentales de la Russie, Washington relance ses ambitions vers le Sud dans l'alliance et renforce son dispositif armé autour de la Russie. 
 
Ainsi Washington,en plus du déploiement de ses missiles, a t-il annoncé en février sa volonté de quadrupler en 2017 les dépenses destinées à renforcer les  forces américaines en Europe puis en mai dernier de lancer au coeur de la zone d'influence russe, l'intégration du Montenegro dans l'OTAN...
 
N'en déplaise aux optimistes qui refusent d'imaginer une apocalypse en Europe, la menace est aujourd'hui bien réelle surtout qu'elle est otage d'une dynamique mortifère jouant sur "l'effet domino" et qui peut d'autant plus conduire rapidement les peuples d'Europe dans une impasse nucléaire que son initiateur étasunien peut espérer garder son sanctuaire en dehors du futur champ de bataille...
 
Il est donc plus qu'urgent et prioritaire que les européens enchaînés à la folie des néo-conservateurs et faucons de guerre étasuniens se libèrent de leur logique mortifère, pour renouer le dialogue avec Moscou et construire une véritable Europe dont la destinée leur appartient... 
 
Erwan Castel 
 
 
 
 
Sources de l'article 
 
- Réseau International, le lien ici : Danger de guerre : l'appel désespéré de Poutine
- Russia Insader, le lien ici : In The Cross-Hairs, at Trigger Point
Publié par Erwan Castel
Lire la suite

OUI nous avons moyen de leur imposer un référendum sur la sortie de la France de l’Union Européenne!!!

24 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Les transnationales

vendredi 24 juin 2016 Benji 91 commentaires Modifier l'article

OUI nous avons moyen de leur imposer un référendum sur la sortie de la France de l’Union Européenne!!!

Certains doutent que ce qui a pu se produire pour le Royaume-Uni se répète pour la France, qu’un référendum soit organisé et que le pays sorte de l’UE, mais notez bien une chose: CECI EST TOTALEMENT FAUX! Nous pouvons nous aussi avoir droit à un référendum et échapper à cette gabegie colossale qu’est l’Union Européenne!

Mais déjà, pourquoi sortir de l’UE? Voici plusieurs explications qui pourraient convaincre les plus mal informés sur le sujet:

Source de l’image: Twitter

Source de l’image: Twitter

Par ce que cette loi El Khomri est une volonté européenne:

Jean-Claude Juncker a déclaré que «la réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement Valls est le minimum de ce qu’il faut faire».Pour Coralie Delaume, l’économie de notre pays est depuis longtemps l’application des orientations de l’Union européenne.

La loi El Khomri est un produit d’importation made in Union européenne (voir explications détaillées ici).

Les «Grandes orientations de politique économique» (GOPÉ), dont l’existence est posée par les traités, et le «Programme national de réformes» (PNR), qui s’inscrit lui-même dans le cadre de la stratégie Europe 2020 «pour une croissance économique intelligente, durable et inclusive» (tsoin-tsoin), prescrivent à de nombreux pays et depuis longtemps le malthusianisme budgétaire et la modération salariale. Plus sur Le Figaro

Donc en manifestant CONTRE ce gouvernement de pantins qui au final ne décident pas de grand chose, nous nous trompons de cible, ce ne sont pas eux qui décident, ils sont simplement là pour appliquer les décisions de l’UE de gré ou de force. Les menaces et les pressions doivent être tellement grandes qu’un retrait ne semble pas envisageable, à tel point que notre gouvernement brandit déjà la menace d’un nouveau 49.3 pour imposer la loi dans le pays.

Car c’est bien l’Union Européenne qui décide des lois nationales:

A l’Assemblée Nationale. La Luxembourgeoise Viviane Reding, Vice-présidente de la Commission européenne, Commissaire européenne à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté, est reçue par des parlementaires français. Sur le ton de l’évidence, elle leur assène : « Il faut lentement mais sûrement comprendre qu’il n’y a plus de politiques intérieures nationales. Il n’y a plus que des politiques européennes partagées dans une souveraineté commune. »

Car l’Union Européenne est un mensonge total:

Ce n’est même plus à prouver, tout n’est que mensonge, et cette conférence maintes fois proposée ici explique ce qu’aucun politique français médiatisé n’osera jamais vous expliquer:

Car le but final est de nous imposer le TAFTA:

C’est le but final, nous imposer le TAFTA, ce méga-accord commercial qui nous imposera toutes les saloperies que cela soit alimentaires, financières, et bien pire encore, en fonction des normes américaines et non européennes, et nous avons beaucoup à y perdre, à commencer par notre santé!!!

Mais attention, cela ne concerne pas tout le monde, le TAFTA ne va pas assassiner l’ensemble des villes et des pays, n’oubliez pas que Bruxelles s’est royalement déclarée zone hors-TAFTA…

Ben oui, pourquoi la ville de Bruxelles subirait ce que le reste de l’Europe va subir? Si elle peut y échapper… Et donc, le TAFTA-TTIP-Nouvel OrdreMondial ne passera pas par elle, elle est pas belle la vie?
Le conseil communal de Bruxelles vient de déclarer la ville « zone hors TTIP » dans l’indifférence générale, mais sous certaines conditions.

On ignore pourquoi, mais l’information n’a pas fait grand bruit. Elle est pourtant hautement symbolique et pourrait porter son poids dans les négociations autour du traité transatlantique qui se poursuivent en haute sphère. La Capitale de l’Europe vient, en effet, de s’opposer à l’application du TTIP dans sa zone par décision démocratique de son conseil communal (qui n’a donc aucun lien institutionnel avec l’Union Européenne). Si le traité devait être adopté par les instances européennes dans sa forme actuelle, Bruxelles se déclarerait automatiquement « zone hors TTIP » !

Plus sur Mr Mondialisation

Car la France n’a jamais ratifié l’article 52 reconnaissant les symboles européens:

Comme l’explique le blog de Sylvain Baron, la France n’a jamais ratifié le document officialisant la reconnaissance des symboles européens, de ce fait, le moindre drapeau de l’UE dans les mairies et les collectivités française est imposé de manière illégale.

La France n’a à ce titre pas ratifié l’article 52 des déclarations annexées au Traité de Lisbonne reconnaissant que le drapeau représentant un cercle de douze étoiles d’or sur fond bleu, l’hymne tiré de « l’Ode à la joie » de la Neuvième symphonie de Ludwig van Beethoven, la devise « Unie dans la diversité », l’euro en tant que monnaie de l’Union européenne et la Journée de l’Europe le 9 mai continueront d’être, pour eux, les symboles de l’appartenance commune des citoyens à l’Union européenne et de leur lien avec celle-ci ».

L’article 2 de notre Constitution ne reconnaît qu’un seul emblème national : le drapeau bleu, blanc rouge. De même qu’il ne reconnaît qu’un seul hymne national (la Marseillaise), et une seule devise (Liberté, Égalité, Fraternité). De plus, nous sommes censés avoir la Souveraineté Nationale (reconnue par l’article 3 de notre constitution et considérée comme une et indivisible, imprescriptible et inaliénable depuis la Déclaration des droits de l’homme de 1793).

Car cela nous permettrait de retrouver un minimum de souveraineté:

Que nous reste-t-il de la France? Même l’éducation nationale a été vendue à un géant américain! Et quant on voit ce qu’ils font de l’éducation chez eux… Le pays est vendu par morceaux à qui allonge les billets, la Russie, les Etats-Unis, la Chine et surtout le Qatar! Quant à ce que nous avions de réellement français, il ne reste plus grand chose…

  • Nous n’avons plus de frontières si ce n’est dans la rhétorique, de ce côté là nous sommes déjà une région du nouvel ordre mondial tel que l’ont évoqué Sarkozy (voir ici et ici)ou Obama (voir ici) dans leurs discours.
  • Nous avons perdu le droit à la planche à billets en 1973 avec la loi Pompidou-Rothschild, nous forçant à emprunter sur des marchés privés et directement responsable de l’endettement incommensurable de la France (voir ici).
  • Nous avons également perdu la bourse de Paris qui n’est plus parisienne que de nom puisqu’elle a été rachetée par le New York Exchange, elle est donc maintenant américaine (voir ici), quant aux serveurs, ceux-ci se trouvent en Angleterre, même pas en France.
  • Une partie de l’or français ne l’est plus non plus, il a été vendu par Sarkozy « himself » à ses copains américains pour sauver le dollar sans que les USA n’aient à vendre la moindre once de leur côté (voir ici)! Et ne parlons pas de la banque de France qui envisage également de vendre de l’or pour survivre (voir ici)…
  • La banque de France n’est plus vraiment française non plus, elle est européenne, faisant partie de l’Eurogroup, ce qui est en fait la mise en place d’une finance centralisée (voir ici). « Un seul état, une seule finance ».
  • Nous avons aussi perdu la gestion de notre pays avec le pacte budgétaire européen puisque ces chers politiciens PS-UMP ont permis cette « évolution » dans notre système, c’est donc Bruxelles qui va pouvoir décider pour nous, enfin…. Nous…. (voir ici)
Car la sortie de l’UE serait bénéfique pour la France:
Car nous échapperions un peu aux lobbys qui sévissent à Bruxelles:

Les entreprises, banques, cabinets juridiques, consultants en relations publiques et associations professionnelles y prolifèrent, s’employant à peser sur les règles, lois et directives qui façonnent le marché unique, encadrent les accords commerciaux et régulent le comportement économique et commercial dans une Union de 507 millions de citoyens. A Bruxelles, le lobbying est une industrie qui pèse plusieurs milliards d’euros. Selon le Corporate Europe Observatory, organisation militant pour une plus grande transparence, la ville compterait jusqu’à 30 000 lobbyistes, presque autant que d’employés à la Commission. La capitale européenne est la ville qui, après Washington, connaît la plus forte concentration de personnes cherchant à influer sur la législation.

Voir plus sur Le Monde

Car l’UE a montré son vrai visage avec la Grèce:

Ce qui a fonctionné dans le laboratoire grec sera imposé au reste de l’Europe, seulement, les français sont les plus retors et ils restent ceux dont il faut se méfier, la révolution, c’est nous bordel!!! L’UE et la Grèce, cela a été jusqu’à présent moins de souveraineté, toujours plus de sacrifices pour la population qui a pratiquement tout perdu, même le droit de vivre. Et dernièrement encore, la logique européenne continuait:

Mercredi soir, les ministres des Finances de la zone euro ont débloqué 10,3 milliards d’euros pour la Grèce et accepté d’ouvrir des discussions sur l’allègement de la dette. Mais le pays est contraint d’adopter des mesures qui réduisent sa souveraineté. Plus sur Liberation.fr

OUI nous avons moyen de leur imposer un référendum sur la sortie de la France de l’Union Européenne!!!

Mais le pire de tout, c’est que pratiquement toutes les aides financières accordées à la Grèce ont profité AUX BANQUES mais ni au pays lui-même, ni à la population. L’UE, c’est avant tout le pouvoir de la finance…

Car il y a 1000 autres arguments:

Des raisons de quitter l’UE, il y en a des milliers, et toutes sont aussi bonnes les unes que les autres, et c’est à nous d’imposer un tel référendum en France. Comment? Pas en manifestant car cela ne sert à rien, ils s’en foutent et peuvent continuer de nous mépriser comme ils le font avec la loi El Khomri.

Seule solution, faire tourner les solutions qui suivent, que le plus grand nombre de personnes le fasse, c’est ce qui vulgairement s’apparente à attraper le système « par les couilles », l’endroit le plus sensible qui les obligera à faire leur boulot: travailler pour la France et pour les français!!!

OUI nous avons moyen de leur imposer un référendum sur la sortie de la France de l’Union Européenne!!!
OUI nous avons moyen de leur imposer un référendum sur la sortie de la France de l’Union Européenne!!!
  • Arrêtez de consommer. À l’heure actuelle, consommer est vain si ce n’est pour faire circuler l’argent, ce n’est plus en consommant que la croissance des pays pourra être relancée. Quand on parle de consommer, on parle d’acheter d’acquérir nombre de produits qui ne sont pas indispensables, et qui ne procureront qu’une joie momentanée, si vous devez acheter, faite-le en pensant durable, réellement utile, que cela soit un investissement et non du gadget.
  • Stoppez les crédits si vous en avez en cours et que vous avez la possibilité de vous en débarrasser, sinon, n’en prenez aucun, cela se retournera irrémédiablement contre vous. Si une banque le peut, la première chose qu’elle fera sera de monter les taux d’intérêts des crédits, et de saisir qui ne pourra pas payer ou le fera en retard. Souvenez-vous de ce qui est arrivé il y a quelques années aux Etats-Unis avec les crédits et les expulsions, parfois même pour des retards de paiement de moins de 10$.
  • N’utilisez que le cash: payez en liquide, tout ce que vous pouvez payer en argent liquide, faites-le! Ils sont en train d’organiser la disparition de l’argent sonnant et trébuchant pour mettre en place une économie intégralement électronique, complètement dématérialisée qui donnera tous pouvoir à la finance. Comment mieux contrôler l’argent puisque celui-ci ne sera plus en circulation dans la réalité?
  • Retirez votre argent des banques: chaque euro stagnant sur un compte est un euro qui pourra être ponctionné en cas de difficulté des banques, cela a été acté, cela s’est déjà produit notamment à Chypre, et cela se reproduira dans nos pays. Ne laissez que le minimum, pour les prélèvements programmés, le reste, retirez-le.
  • Videz tous vos placements. Le moindre placement est une somme d’argent vouée à disparaître. Que cela soit votre assurance-vie, votre capital-retraite, votre PEL ou tout autre placement, sa sécurité ne se trouve plus dans une banque. À l’heure actuelle, il n’y a pas que les banques qui font faillite, les assurances aussi, et si cela arrive, votre argent, il aura complètement disparu!
  • Achetez de l’or, mais du vrai, du lourd, pas de « l’or-papier » ni-même de l’or vendu en bijouterie de centre commerciaux à 9 carats. Ils vendent du 9 carats!!! Où sont passés les produits en or 24 carats? L’or est une manière de garder ses économies, du moins une partie, en dehors du système sur la longueur, c’est un métal qui se revendra toujours en cas de besoin, et surtout, surtout, ne vendez pas ce que vous avez, cela partirait dans les paradis fiscaux, et l’or est racheté à un prix dérisoire, une véritable arnaque.
  • Ne spéculez plus, ne misez plus rien en bourse, non seulement les marchés sont complètement trafiqués, mais c’est également le moyen de perdre beaucoup en un minimum de temps.
  • Payez, oui, mais à la dernière échéance. Pourquoi se priver finalement lorsqu’on en a la possibilité. L’état et les collectivités payent constamment (lorsqu’ils le font) avec un maximum de retard, nous, si nous le faisons, nous avons des pénalités, alors autant le faire dans les temps, mais à la toute dernière échéance.
  • Renégociez vos crédits, et s’il fait des difficultés, insistez, faites lui perdre son temps, mais revoyez les taux à la baisse.
  • Ne déclarez vos impôts que sur papier, cela les forcera à embaucher pour traiter la déclaration.
  • Refusez tout paiement à distance, que cela soit les cartes bancaires dotées du système NFC aisément piratable comme le paiement par mobile. De plus, chaque alternative au cash favorise la dématérialisation de la monnaie.
  • Convertissez vos économies si vous le pouvez en couronne norvégienne, monnaie qui ne s’effondrera pas si l’euro le fait, la conversion est possible jusqu’au 31 Décembre 2015, après, il sera trop tard.
  • Ne payez plus en chèque. Les banques retardent les encaissements pour faire travailler l’argent avant de traiter la demande et de verser celui-ci à son destinataire.

Et ceci n’est qu’un moyen d’agir parmi beaucoup d’autres qui sont listés ici. Nos politiques ne font pas cela par ce qu’ils en ont le droit ou la possibilité, mais par ce que nous les laissons faire sans utiliser de véritables solutions!!!

C’est à nous d’agir! Alors soit nous le faisons, soit les français arrêtent de se plaindre! Nous avons les moyens de leur imposer nos volontés de manière efficace et radicale, nous avons les moyens de nous faire entendre autrement que par des manifestations qui ne servent pas à grand chose, tant que nous consommons, ils sont tranquilles! Arrêtons de consommer, retirons notre argent, et faisons nous entendre!!!

Aux détracteurs d’un tel message, il ne s’agit ni de populisme, ni de racisme, encore moins de nationalisme, mais d’une volonté de vouloir le meilleur pour nous et nos enfants, car ceux sont eux qui paieront véritablement la facture!!!

Lire la suite

« BREXIT »: le référendum britannique exprime le ras le bol des peuples de l’U.E.

24 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Terrorisme, #Les média

« BREXIT »: le référendum britannique exprime le ras le bol des peuples de l’U.E.

Europe crise

Les résultats du référendum  du 23 juin en Grande Bretagne sont clairs.
Les Britanniques ont voté massivement.  Le taux de participation a été de  72,2% 52% des votants se sont prononcés pour la sortie du pays de l’Union Européenne.
Conséquences immédiates: la baisse de la Livre sterling, le dévissage des bourses, la démission du Premier ministre conservateur D. Cameron partisan du maintien dans l’UE, comme les milieux financiers, B. Obama, la Commission de Bruxelles,  le Parti Travailliste, etc.
Pour leur part, les Partis Communistes d’Irlande et de Grande Bretagne et divers syndicats, estimant que l’UE n’est pas réformable, ont expliqué qu’ils étaient, eux, favorables à  un « Lexit » (une sortie « de Gauche »).

 

A noter qu’une fois encore les sempiternels  médiacrates français qui régentent l’opinion publique et les journaux de la pensée unique s’étonnent de ce résultat ( l’inversion des résultats du derniers sondage ) et stigmatisent ce peuple -qui comme toujours- n’aurait rien compris…
La même chanson (avec souvent les mêmes interprètes) qu’après le Non au référendum français sur la Constitution européenne, les mêmes pseudo arguments qui ont conduit , contre tout respect de la démocratie, à refaire voter les Danois et les Irlandais qui, comme les Français et les Hollandais avaient eu l’insolence de dire Non.

Ces « élites » autoproclamées, politologues et politiciens ne se sont à aucun moment remis en cause. Mieux ils ont contribué à faire avaler sous la présidence de Sarkozy, en 2009, le scandale de l’acceptation par le Parlement français du Traité de Lisbonne qui reprenait une grande partie des dispositions rejetées lors du référendum de 2005.
Seuls les députés et sénateurs du Parti Communiste Français et du Front de Gauche et une poignée de réfractaires éparpillés dans divers groupes étaient alors restés fidèles au vote des Français en 2005.

Aujourd’hui, si l’on avait à revoter en France, le Non à une constitution européenne ne serait plus de 55%,  mais de 65%.
Mais peu importe… on continue comme si de rien n’était, la même politique néolibérale, d’abandon des souverainetés nationales, de recherche du profit maximum, de casse des services publics, de chômage (22 millions de personnes dont 4 millions de jeunes), de réduction des salaires, de liquidation du Droit du Travail, d’enrichissement honteux d’une poignée de privilégiés et d’appauvrissement et de difficultés pour les peuples.

Jamais , la perception des  politiques de l’U.E. n’a été aussi négative.

C’est là que sont les causes de fond du Brexit (y compris dans le rapport à l’immigration).

Or, ces causes d’impopularité de l’U.E. se retrouvent dans beaucoup de pays qui en sont membres.
Une étude récente du Pew Resarch Center, publiée le 7 juin, montre que les opinions négatives sur l’UE ont augmenté de 34% ces 10 dernières années.
L’enquête relève qu’en 2007, la vision négative était en moyenne de 15% dans les 10 pays analysés.
En 2016, ce pourcentage atteint les 49%.
L’ensemble des pays (Allemagne, Espagne, France, Grèce, Hollande, Hongrie, Italie, Pologne, Royaume Uni et Suède) représente 80% de la population de l’UE et 82% de son économie.

La Grèce arrive en tête du mécontentement avec 71% des réponses qui trouvent plus d’inconvénients que d’avantages à appartenir à l’UE.
La France suit avec 61%, puis l’Espagne (49%) et la Grande Bretagne (48%).
Curieusement, le pourcentage des « mécontents » britanniques est de même niveau que celui de pays comme l’Allemagne (48%) ou la Hollande (46%).
Les pays où l’opinion demeure très majoritairement positive sont la Pologne (72%), la Hongrie (61%), l’Italie (58%) et la Suède (54%).

Dans les pays du Sud, 65% des Espagnols, 66% des Français, 68% des Italiens et 92% des Grecs rejettent les choix économiques de l’UE.
En clair, si une claire majorité de Grecs et de Français trouvent négative l’appartenance à l’UE, même en Espagne -où les avis négatifs n’ont pas la majorité absolue- et en Italie -où l’appartenance est ressentie comme positive- les politiques européennes néolibérales sont condamnées dans le Sud de l’Europe.
Le référendum britannique, avec la victoire du Brexit malgré toutes les pressions sur les électeurs, prouve qu’aujourd’hui ces choix économiques et politiques, l’absence de démocratie et de contrôle sur les eurocrates de Bruxelles, le poids des lobbies, sont en train de défaire l’Union Européenne.

Lire la suite

« Les heures les plus sombres… » L’édito de Charles SANNAT

24 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Les transnationales, #Le syndicalisme

« Les heures les plus sombres… » L’édito de Charles SANNAT

« Les heures les plus sombres… » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes,

je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates,

je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.

Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes,

je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

Lorsqu’ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne

pour protester. »

Ce texte est du pasteur allemand Niemöller arrêté en 1937 et envoyé au camp de Sachsenhausen. Il est ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau.

La liberté ne se négocie pas

Mes amis, la liberté ne se négocie pas, elle se défend. Alors je le dis à toutes celles et ceux qui pensent avoir une excuse, à toutes celles et ceux qui sont quand même un peu convaincus par la propagande de nos sinistres dirigeants, à toutes celles et ceux qui croient que les casseurs méritent que l’on suspende l’un de nos droits les plus fondamentaux, état d’urgence ou pas état d’urgence… Méditez ces quelques lignes.

Lorsqu’ils sont venus gazer les anti-mariage pour tous, je n’ai rien dit car j’étais pour le mariage pour tous !

Lorsqu’ils sont venus arrêter et embastiller des veilleurs totalement pacifiques qui n’ont jamais rien cassé, je n’ai rien dit. Je n’étais pas veilleur.

Lorsqu’ils sont venus arrêter le Général Picquemal ancien patron de la Légion étrangère à Calais, je n’ai rien dit, je n’étais ni légionnaire, ni calaisien, ni facho… pensez donc !

Lorsqu’ils sont venus arrêter les écologistes, qu’ils les ont assignés à résidence pendant la COP 21 que tout le monde a déjà oublié, je n’ai rien dit, je n’étais pas écolo, je ne cultivais pas de courgettes.

Lorsqu’ils sont venus arrêter Martinez et les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste, je n’étais pas gauche…

Ce qui nous ramène à cette première phrase de notre pasteur allemand déporté.

« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste… »

La liberté ne se réduit ni à celle de consommer, ni à celle de se déplacer. La liberté est la valeur suprême que tout être humain doit chérir, protéger et parfois… défendre.

Que vous soyez pour ou contre la loi Travail, pour ou contre la CGT ou FO n’a aucune importance. Ce qui est essentiel mes amis, c’est qu’aujourd’hui, après presque 4 ans de dérives sécuritaires majeures atteignant nos libertés individuelles sans que cela ne protège le moins du monde nos concitoyens des massacres sur les trottoirs de nos villes, dans nos salles de spectacle, un gouvernement portant les couleurs socialistes a décidé d’interdire une manifestation syndicale, ce qui est une grande première depuis Maurice Papon !!

Malgré le ridicule du circuit proposé portant en lui-même les germes de débordements et de risques importants, le gouvernement vient de faire volte-face. Bien lui en a pris, car ce gouvernement doit savoir que nous ne sommes pas tous prêts à perdre nos libertés sans combattre.

Demain et pour la première fois, j’irai sans doute manifester.

Pas parce que je suis de droite,

pas parce que je suis de gauche,

pas parce que je suis syndiqué, FO ou CGT,

mais parce que je ne serai pas celui qui n’a rien dit car soyez-en certains, si le précédent est créé alors quel que soit le sujet, le droit de manifester une opinion contraire à celle du gouvernement nous sera retiré à jamais.

Les heures les plus sombres ce ne sont pas ce que l’on croit ou ce que la propagande socialiste veut vous faire croire.

Les heures les plus sombres c’est maintenant et depuis une funeste soirée du 13 novembre.

Notre pouvoir est entre de bien mauvaises mains. À nous de veiller à ce qu’il n’y reste pas.

La liberté ne se négocie pas, et la liberté exige que nous soyons capables de supporter les excès de liberté de certains ! Et c’est là que la police intervient mais pas avant.

Je propose, à tous ceux qui le souhaitent, une saine lecture. Celle de la Constitution encore en vigueur dans notre pays… le texte intégral ici.

Vive la liberté, vive la France !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin

Pour m’écrire charles@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Lire la suite

L’attaque Barbarossa il y a 75 ans.

24 Juin 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La mondialisation, #l'horreur économique, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #La guerre, #L'OTAN.

L’attaque Barbarossa il y a 75 ans.

Le 23 juin 2016

 L’attaque Barbarossa il y a 75 ans.

Ce 22 juin, cela fait 75 ans que la Russie a été attaquée par le Reich et ses alliés. L’action Barbarossa voulue par Hitler mais aussi surtout par ses financiers internationaux (les mêmes que nous retrouvons dans l’attaque actuelle contre la Russie du 21ème siècle), avec la France qui garde une position trouble et lâche, a provoqué le lancement de la Guerre sacrée par Staline. Alors que la France avait accepté d’arrêter le combat face à l’ennemi, la Russie avait décidé de se battre pour repousser l’attaque. Aujourd’hui encore la France n’est pas prise au sérieux même chez les Polonais qui ont été trahis par la France lors de la Blitzkrieg sur le territoire polonais.

un des plus beau chant patriotique Russe

75 ans après l’invasion surprise en Russie, les troupes de l’OTAN occupent les positions le long des frontières de la Russie. 75 ans après Barborossa les mêmes alliances ennemis se sont formées. L’Allemagne, encore, occupe une position centrale avec les U.S.A pour l’occupation via la bannière de l’OTAN des territoires de l’Est de l’Europe. L’OTAN a donné au commandement de la Bundeswehr la position de Memel sur la Lituanie pour avoir sa base militaire. Le commandement américain vise sur un affaiblissement du territoire russe à côté de la Pologne et de Memel. Des stratégies de communications opératives sont mises en place sur le territoire de Kaliningrad pour provoquer un effondrement de ce territoire russe. 75 ans après, l’Histoire semble se répéter. Le peuple du Donbass a montré l’exemple de sa détermination comme à l’époque de l’attaque nazie le 22 juin 1941. Pendant que les nations occidentales présentent des émissions à endormir les peuples, la télévision russe montre des films sur la Seconde Guerre mondiale en souvenir du peuple russe qui s’est courageusement levé contre l’envahisseur.

il est troublant d’entendre ce chant patriotique russe avec les images de la guerre au Donbass (montage, réalisé par Alexandre Kissilev, sous-titres français).

Lire la suite
<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 > >>