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Le blog de Lucien PONS

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Grèce : Alexis Tsipras une nouvelle fois humilié par les créanciers. Par Romaric Godin

30 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #le nazisme, #La lutte des classes, #Grèce, #Le socialisme, #l'horreur économique

Grèce : Alexis Tsipras une nouvelle fois humilié par les créanciers

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Pour faire passer sa prime aux retraités, Euclide Tsakalotos, ministre grec des Finances, a écrit à Jeroen Dijsselbloem.
Pour faire passer sa prime aux retraités, Euclide Tsakalotos, ministre grec des Finances, a écrit à Jeroen Dijsselbloem. (Crédits : © Francois Lenoir / Reuters)
Le premier ministre grec a obtenu la tolérance des créanciers concernant son "cadeau de Noël" aux retraités moyennant des engagements humiliants pour l'avenir. L'autonomie financière de la Grèce est de plus en plus un mirage.

Le gouvernement grec s'est-il livré à un jeu de dupes dans la querelle autour des primes accordées aux retraités en janvier ? C'est ce que l'on peut soupçonner. Au début du mois de décembre, le premier ministre Alexis Tsipras avait annoncé la suspension de la hausse prévue de la TVA dans les îles du nord de la mer Egée, les plus exposées au flux de migrants depuis la Turquie et la distribution d'une prime de 300 à 800 euros pour les retraités les plus pauvres. L'ensemble des mesures s'élevaient à 617 millions d'euros et étaient en ligne avec le mémorandum dans la mesure où Athènes a dégagé un excédent budgétaire primaire de plus de 3 milliards d'euros supérieur à l'objectif et qu'elle peut employer à sa guise 60 % de ces surplus.

Une lettre qui arrange tout

Cette décision avait néanmoins provoqué la colère des créanciers qui s'appuyaient sur le fait de ne pas avoir été prévenus par le gouvernement grec alors que le mémorandum indique explicitement que toute mesure budgétaire exceptionnelle doit recevoir leur validation. Devant la volonté d'Alexis Tsipras de maintenir ces mesures et le paiement le 22 décembre aux retraités des sommes promises, l'Eurogroupe et le Mécanisme européen de Stabilité (MES) ont annoncé le gel des mesures de court terme concernant la dette, un toilettage des intérêts et des maturités, principalement, sans conséquences concrètes réelles, mais avec un lourd poids symbolique. Finalement, samedi 24 décembre, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, annonçait le retour de ces mesures suite à une lettre du ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos qui, selon le Néerlandais, « s'engageait à poursuivre les réformes ».

Victoire pour Alexis Tsipras ?

A priori, il s'agissait d'une victoire pour le gouvernement grec : les retraités ont reçu leur argent et les créanciers ont validé ce paiement a posteriori, reconnaissant de fait la souveraineté budgétaire de la Grèce sur les excédents supplémentaires. Alexis Tsipras allait pouvoir défendre l'idée qu'il défendait les intérêts des plus fragiles contre les créanciers et qu'il menait la résistance malgré toutes ces concessions. Compte tenu de son retard dans les sondages, c'était une excellente nouvelle. Mais à quel prix cette « victoire » a-t-elle été obtenue ? Quel était le contenu de cette lettre qui a adouci l'humeur des créanciers ?

La lettre humiliante d'Euclide Tsakalotos

La lettre a été publiée ce mardi 27 décembre par le quotidien To Vima et traduit en anglais sur le blog Keep Talking Greece. Elle contient plusieurs éléments embarrassants pour le gouvernement Tsipras. D'abord, Athènes s'engage à ce que le paiement de Noël aux retraités soit limité strictement à cette année. « Le premier ministre et moi-même, écrit Euclide Tsakalotos, nous engageons à ce qu'il ne s'agisse que d'une mesure exceptionnelle limitée à 2016 ». De même, la hausse de la TVA dans les îles n'est suspendue que pour 2017 et elle est financée par d'autres recettes.

Des « mesures compensatoires » promises

Cependant, la mesure la plus controversée vient ensuite. Dans le cas où les mesures prises empêcheraient la Grèce d'atteindre son objectif d'excédent primaire de 2016, soit 0,5 % du PIB, « les autorités grecques s'engagent à prendre des mesures compensatoires dans le domaine des dépenses de retraites pour combler la différence entre l'objectif budgétaire 2016 et l'objectif réalisé », explique le ministre. Cet engagement est théorique, car la Grèce dispose d'une large avance sur son objectif d'excédent primaire qui sera bel et bien atteint. Il n'y aura donc pas de « mesures compensatoires ». Mais l'engagement de procéder à de telles mesures prouvent dans les faits la faiblesse du gouvernement grec qui reconnaît implicitement qu'il aurait dû demander la permission de prendre ces mesures aux créanciers puisqu'il s'engage à « corriger » son erreur rapidement. L'humiliation est évidente.

A l'avenir, plus d'autonomie

Elle est encore soulignée davantage par le paragraphe suivant où la Grèce s'engage à ne plus prendre de telles mesures à l'avenir et à consulter à l'avance ses créanciers pour tout emploi des excédents supplémentaires. Mieux même, le gouvernement grec trace les lignes des prochaines utilisations des surperformances budgétaires du pays conformément aux attentes des créanciers. « Nous reconnaissons que les marges de manœuvre budgétaires peuvent être utilisées pour renforcer la protection sociale et/ou pour réduire la charge fiscale dans le cadre des engagements du mémorandum. Autrement, nous utiliserons la surperformance budgétaire pour construire des réserves de liquidités ou pour réduire la dette fournisseurs de l'Etat », écrit Euclide Tsakalotos. La liberté d'action du gouvernement grec est ainsi très réduite et, pour ainsi dire, n'existe pas puisqu'elle sera soumise aux créanciers donc à leurs priorités.

Fermer toute alternative économique

Outre l'humiliation et l'absence absolue d'autonomie du gouvernement grec, cette lettre va plus loin : elle enferme le pays dans une politique économique prédéfinie. La Grèce va ponctionner son économie pour atteindre des objectifs budgétaires très ambitieux. En cas de surperformance, la redistribution de ces fonds collectés sur l'économie sera limitée à une politique de désendettement et de baisses d'impôt. Certes, la charge fiscale est devenue intenable et elle doit être réduite, mais la Grèce a aussi besoin d'investissements publics et rien n'assure que les baisses d'impôts, surtout pour les plus hauts revenus, retourneront bien à l'économie grecque et ne fuiront pas hors d'un pays surendetté et soumis à la volonté de ses créanciers. Bref, ce choix de la répartition des surplus est trop limité, inadapté et idéologique. Mais le gouvernement d'Alexis Tsipras a dû l'accepter pour ne pas mettre en danger la deuxième revue du programme et prendre le risque d'un défaut en juillet prochain.

Quelles conséquences ?

Les retraités grecs qui ont touché cette prime de Noël doivent bien en profiter, car l'occasion ne se représentera plus. Certains soupçonnaient Alexis Tsipras de chercher une crise avec les créanciers pour sortir du Palais Maximou, le Matignon grec, la tête haute. Il semble qu'il n'en soit rien. Le gouvernement n'entend pas se retirer, fût-ce au prix d'une nouvelle humiliation devant les créanciers. La question est donc désormais de savoir quel sera le bénéfice politique d'une telle manœuvre. Certes, les retraités ont bien touché leurs primes. Mais le prix à payer sera rude à accepter. Au sein de Syriza, la pilule est une nouvelle fois amère à avaler. Comment prétendre avec un tel texte, avec l'acceptation de « mesures compensatoires » et d'une procédure future humiliante et inepte, à un passé de « résistance » contre les créanciers devant les électeurs. Plus que jamais, Nouvelle Démocratie, le parti conservateur, peut, sans difficulté se donner le beau rôle en prétendant placer plus de confiance avec les créanciers et donc plus de marges de manœuvre. Quant aux partis à la gauche de Syriza, ils pourront toujours insister sur l'humiliation du procédé et l'absence d'indépendance de la Grèce. Au final, la stratégie d'Alexis Tsipras risque, une nouvelle fois, d'échouer.

 

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Lettre publique à Marie-Pierre Vieu, dirigeante nationale du PCF :"Tu nous incites donc à faire une fois de plus le trottoir de la « socialo-dépendance », par Jean Ortiz

20 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Lettre publique à mon amie Marie-Pierre Vieu, dirigeante nationale du PCF, et tarbaise à qui mon amitié reste acquise, malgré ses fluctuations politiques

Chère Marie-Pierre,

Tu as écrit ce jour mercredi 14 décembre 2016 dans l’Humanité une phrase qui restera historique : « L’unité de la gauche redevient une exigence car perçue comme le seul moyen d’éviter le pire. ». Bravo ! Tu parles d’unité, et pas « d’union ». C’est rassurant ! A la première lecture, je croyais que ton papier était un canular.

Donc, si je comprends bien, tu nous proposes, à nous communistes, une nouvelle danse du ventre devant les restes du PS, et de ses candidats à la « primaire » qui visent davantage le contrôle d’un parti en ruines que des constructions véritablement de gauche, de rupture avec le système capitaliste. Ils pourront d’ailleurs bientôt monter une équipe de football.

Pour parvenir à des « constructions majoritaires », tu nous incites donc à faire une fois de plus le trottoir de la « socialo-dépendance ».

Nous serions, si nous te suivions, embarqués dans ce que le PS pratique depuis longtemps : se servir du Front national comme repoussoir, comme épouvantail, après l’avoir fait monter dans le sens du poil, pour mieux contraindre l’électeur au « vote utile ». Ce qui fait monter le Front national, c’est d’une part l’absence d’alternative « anti-système », de classe, notre assimilation à ce que l’on appelle en Espagne « la caste » (nous aussi !), et d’autre part notre éloignement des milieux populaires. Nous devrions apparaître comme « différents », porteurs d’utopie, d’idéal, d’éthique, de souffle révolutionnaire. Nous en sommes malheureusement loin.

A te lire, face à la gravité de la situation, ceux qui ne partageraient pas ton point de vue tomberaient dans « le parti-pris disqualifiant  ». C’est précisément le flou qui entoure notre positionnement, notre manque de radicalité, de lisibilité, qui poussent les électeurs les plus désespérés vers des options qui leur semblent, à tort, « plus efficaces ». Ils nous disent « avoir tout essayé », et sont en passe d’opérer un vote de colère instrumentalisée.

C’est à tous ceux-là qu’il faut répondre, c’est tous ceux-là qu’il faut reconquérir, concrètement. Il faut s’engager dans la campagne électorale, franchement, et pas à contre-cœur, avec un projet communiste anti-capitaliste, et cesser de soutenir Mélenchon avec des préventions. Et comment soutenir Mélenchon, tout en prônant le vieux piège à mouches  : l’union de la gauche. Fais gaffe, Marie-Pierre, tu risques les déchirures musculaires, avec de tels grands écarts. On a déjà donné. Quelle « gauche ? » Pour quoi faire ? Avec quel programme ? Pour aller vers quoi ? Quelques miettes pour quelques uns, ou des transformations sociales profondes pour tous ?

Effectivement, l’heure est grave, et notre responsabilité d’autant plus grande. Je connais ton attachement au Parti, les combats que nous avons menés ensemble. Tu es une dirigeante nationale, il nous reste peu de munitions, ne les gâchons pas. Soyons pleinement nous-mêmes, et ouverts ; l’unité se pose en en terme de mouvement social, en bas, de convergence dans les luttes contre le capitalisme, pour des changements structurels, loin, très loin, des calculs d’appareil, des formules creuses et usées.

Jean ORTIZ

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Nicolas Dupont-Aignan : « François Fillon est une imposture gaulliste ! »

9 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #Le socialisme, #l'horreur économique, #Services publics, #La santé

Publié par El Diablo

montage photo d'illustration

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Propos recueillis par Louis Hausalter

Alors que la purge que le vainqueur de la primaire de la droite veut infliger à l'assurance-maladie fait polémique, le député-maire d'Yerres (Essonne), candidat à l'élection présidentielle au nom de Debout la France, dénonce dans une interview à « Marianne » un projet qui signerait « le début de la fin de la Sécurité sociale ».

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Marianne : François Fillon souhaite « désétatiser » le système de santé en le focalisant sur les affections graves ou de longues durées afin de faire des économies. Vous l’accusez de vouloir « privatiser la Sécu ». Pourquoi ?

Nicolas Dupont-Aignan : François Fillon l’a clairement dit lors de son débat avec Alain Juppé : il considère que les petits risques ne devraient plus être couverts et que la Sécurité sociale devrait se cantonner aux gros risques. Mais il n’y a pas de petits ou de gros risques ! Cette distinction foireuse est une vieille lune que le lobby des assureurs et des mutuelles essaie de refourguer à nos gouvernements depuis vingt ans, parce que ces gens veulent s’emparer de la Sécu. D’ailleurs, le programme de Fillon n’a rien d’étonnant lorsqu’on sait qu’Henri de Castries, ancien PDG d’Axa, a participé à son élaboration.

Non seulement le fait de donner plus de place aux mutuelles coûterait plus cher qu’aujourd’hui, mais cela complexifierait encore la vie des Français. Si on applique le programme de Fillon, c’est le début de la fin de la Sécurité sociale, le coup de grâce donné à un système créé sous De Gaulle à la Libération. Mais c’est toujours la même histoire : quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.

Pourtant, François Fillon se réclame du gaullisme... comme vous !

François Fillon est un faux gaulliste, une imposture gaulliste ! Le gaullisme, ça commence par l’indépendance nationale. François Fillon a dirigé le gouvernement qui a signé le traité de Lisbonne, un véritable coup d’Etat. On ne peut pas se dire gaulliste si l’on est soumis à Bruxelles ! Le gaullisme, c’est aussi le rassemblement des Français autour d’un projet social. Or, Fillon a un programme thatchérien ultra-libéral. Je respecte ses convictions, mais il ne peut pas se réclamer des mânes du gaullisme avec de telles intentions.

Il n’empêche, le déficit de la Sécurité sociale reste une réalité. Que proposez-vous ?

Il faut le combler par la croissance, donc par la relance économique. Si on crée le million d’emplois que je veux relocaliser, il n’y a plus de problème de la Sécurité sociale ! Pour le reste, mon projet tient en deux points fondamentaux. D’abord, l’augmentation du nombre de médecins en relevant le numerus clausus à 10.000 (il est fixé à 7.633 pour 2016, ndlr). Ensuite, il faut remettre d’aplomb la médecine de ville, qui a été saccagée ces vingt dernières années, en reprenant en main la gestion des hôpitaux.

Je ne suis donc pas en train de dire qu’il ne faut pas être rigoureux. Cela fait des années, par exemple, que je réclame de ne plus rembourser des médicaments inutiles, mais l’Etat n’est pas assez fort face aux acteurs privés et aux lobbies. La Sécu n’a pas un problème d’excès de dépenses, mais de gaspillage. La France est l’un des seuls pays au monde où, que l’on soit riche ou pauvre, on est soigné. Cela doit rester le cas.

 

SOURCE :

 

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Billet d'humeur d'un syndicaliste

7 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #La lutte des classes, #Le syndicalisme, #l'horreur économique

Salut à tous,

 

Un nouveau film de Gilles Balbastre sur la SNCF et le Transport Ferroviaire de marchandises, sur Youtube. A voir absolument !!

 

Voici le lien à recopier:  https://www.youtube.com/watch?v=jmydwmmDB5E

 

En fait, les effets de la politique du transport conduisant au démantèlement de la SNCF, menée en France par les gouvernements successifs, avec la complicité d'une partie des dirigeants du Service Public, peuvent se résumer par :

 

Des milliers de wagons en moins sur les rails = des millions de camions en plus sur les routes !

Des gares de triage désaffectées = des embouteillages sur les routes !

Des millions de camions en plus sur les routes = Un risque d'accidents routiers accru !

Le dumping sur les transports routiers dû à la politique de l'UE et les effets pervers du ''travailleur détaché'' = Notre pays est devenu un lieu de passage sans contre-partie, pour tous les poids lourds.

 

Résultat, le CO² continue à se porter très bien, on peut même dire qu'il prospère, ça ''gaze'' pour lui !

Pour ce qui est de l'écotaxe, elle a été brûlée en même temps que les portiques autoroutiers que nous avions financés.

 

Heureusement la Transition Énergétique est passée par là et a imposé la privatisation des Concessions Hydrauliques.

Je vous vois venir, vous allez me dire : « mais quel rapport avec la pollution de l'air ? »

Pas de réponse, pour le moment je cherche toujours !

A la rigueur, je vous dirai que cette affaire me pompe l'air.

 

Finalement quelques centaines de bonnets rouges, ont plus été entendus, que les centaines de milliers de salariés, lorsqu'ils se battent contre la dite '' loi travail'', ou lorsqu'ils défendent les Services Publics.

 

Comme quoi la politique est bien souvent servie par des comiques grotesques, que l'on devrait affubler de "beaux nez rouges".

 

Ah j'oubliais une autre mesure en faveur du CO² : pour chaque wagon de voyageurs supprimé, deux autocars Macron voient le jour !

 

N'oubliez pas de composter votre ticket, et en voiture Simone, prochain arrêt "dioxyde de carbonne" !! 

Yves

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USA : pourquoi, une fille de mineur de charbon, petite-fille d'ouvriers du textile, épouse d'un ouvrier du bâtiment, j'ai voté Trump ...Par Jean Lévy.

29 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #l'horreur économique

La famille Rupert vit à Wilkes-Barre, en Pennsylvanie. Jamie, démocrate « de naissance », a pourtant voté pour Donald Trump aux dernères élections. Son mari, Jesse a préféré s’abstenir. SARA NOEMI LEWKOWICZ POUR LE MONDE

La famille Rupert vit à Wilkes-Barre, en Pennsylvanie. Jamie, démocrate « de naissance », a pourtant voté pour Donald Trump aux dernères élections. Son mari, Jesse a préféré s’abstenir. SARA NOEMI LEWKOWICZ POUR LE MONDE

Ci-joint un reportage (publié par Le Monde !...) en Pennsylvanie. En un seul article, l'essentiel est dit sur les raisons de la victoire de Donald T... A lire absolument.

 

Jamie Rupert, 33 ans, se dit " démocrate de naissance ". Fille de mineur de charbon, petite-fille d'ouvriers du textile, épouse d'un ouvrier du bâtiment, elle a grandi dans une communauté fidèle au Parti démocrate et au mouvement syndical depuis des générations.Jamie est infirmière, mais, cette année, elle ne travaille pas : elle a deux enfants en bas âge, et elle est à nouveau enceinte.

En 2008 et 2012, elle a voté pour Barack Obama : " Un homme moderne, qui repré-sentait le changement et qui comprenait les besoins des jeunes. " Mais, au bout de huit ans, elle constate que rien n'a changé à -Wilkes-Barre, une ville de 41 000 habitants au cœur du comté de Luzerne, vieux centre industriel du nord-est de la Pennsylvanie, en déclin depuis des décennies et qui a du mal à se reconvertir : " Les démocrates n'ont rien fait pour nous, ils refusent de nous protéger, ils laissent les usines partir au Mexique, en Chine ou je ne sais où, c'est insupportable. " Elle s'inquiète aussi du flot de réfugiés et d'immigrants, venus de partout, qui s'installent dans la région sans aucun contrôle.

Alors, au printemps, Jamie prend une -décision radicale : elle s'inscrit pour voter à la primaire républicaine, et comme 77 % des électeurs du comté de Luzerne elle choisit Donald Trump, le milliardaire vedette de la télévision qui promet de contrôler les frontières, d'abroger les accords de libre-échange et de relocaliser les usines aux Etats-Unis. Aux élections générales du 8 novembre, elle a voté à nouveau pour Trump, qui a remporté 58 % des voix dans le comté de Luzerne.

Cette petite victoire locale a suffi à Donald Trump pour remporter la Pennsylvanie, qui, depuis vingt-cinq ans, avait toujours voté démocrate aux élections présidentielles. Dès le début de la campagne, son équipe avait compris l'importance stratégique du comté de Luzerne. Parmi les bastions démocrates traditionnels de cet Etat, il était le seul réellement vulnérable. Le candidat républicain a donc tenu deux meetings à Wilkes-Barre, en avril et en octobre. A chaque fois, il a rempli le stade de 11 500 places, sans compter les milliers de supporteurs qui n'ont pas pu entrer et sont restés debout dehors pendant des heures.

" C'est un homme indépendant "

Donald Trump disposait sur place d'un allié précieux, fin connaisseur de la politique locale, le républicain Lou Barletta, ancien maire de Hazleton, une ville de la région, et représentant à Washington d'un district rural proche de Wilkes-Barre. Célèbre pour ses prises de position contre les immigrants illégaux, Lou Barletta fut l'un des premiers élus à soutenir publiquement la candidature de Donald Trump. " A l'époque, les experts lui donnaient moins de 1 % de chances d'être élu, mais je savais qu'il allait gagner en Pennsylvanie, dit-il. L'hiver dernier, près de chez moi, j'ai vu un homme que je connaissais, un militant démocrate, planter un panneau “Votez Trump” dans son jardin. J'ai compris qu'il se passait quelque chose. " Puis il découvre que des dizaines de démocrates de sa circonscription s'intéressent à Donald Trump : " Ils disaient tous la même chose : “Les élites de Washington nous ont oubliés, nous ne les intéressons plus.” Nous avons besoin d'un homme nouveau, qui ne soit pas un politicien de carrière et qui -apportera un vrai changement. " En face, Hillary Clinton apparaissait comme la candidate du statu quo, imposée par l'appareil du Parti démocrate, dont l'ambition était de poursuivre la politique menée par Obama qui, dans la région, n'a pas été un succès.

Au-delà du programme économique de -Donald Trump, de nombreux habitants du comté de Luzerne disent apprécier ses qualités -humaines. L'infirmière Jamie Rupert se dit conquise : "

C'est un homme indépendant, il a financé lui-même sa campagne, personne n'a pu l'influencer ni l'acheter. Il est franc, direct et simple, on comprend ce qu'il dit. Rien à voir avec un candidat républicain classique. " Elle n'est pas du tout gênée par ses propos grossiers ou agressifs envers les femmes : " Tout le monde dit des choses sexuelles vulgaires de temps à autre, y compris nous, les femmes, quand nous sortons entre filles le soir. C'est la vie.

Ici, les femmes ne sont pas des petites choses fragiles qui se choquent pour un rien. "

Le vote de Jamie a aussi été motivé par sa méfiance envers Hillary Clinton, une femme qui lui est complètement étrangère : " Hillary est riche, mais elle parle comme si elle faisait partie de la classe moyenne qui se bat pour survivre. C'est ridicule. Trump ne fait pas ça. " Elle doute aussi du patriotisme de la candidate démocrate : " J'ai regardé tous les débats, et jamais elle n'a porté la petite broche électorale traditionnelle des candidats, avec le drapeau américain. Sans doute qu'elle ne voulait pas faire un trou dans sa veste chic. "

Jamie craignait aussi qu'elle interdise les armes à feu : " J'ai un permis de port d'armes, c'est une tradition ici, ça n'a rien à voir avec la politique. C'est important de pouvoir se protéger, surtout quand on a des enfants. " Par ailleurs, elle a entendu dire à la télévision que la candidate démocrate était favorable à l'avortement jusqu'en fin de grossesse, quand le fœtus est déjà viable : " Pour moi, en tant qu'infirmière, c'est intolérable. "

Très motivée, Jamie a essayé de convaincre son mari, Jesse, 35 ans, charpentier, de soutenir lui aussi Donald Trump : " Il n'a jamais voté, il n'est même pas inscrit. Il considère que les -politiciens n'ont aucun impact sur sa vie. Mais je lui en parle souvent, il m'écoute pour me faire plaisir, alors peut-être que la prochaine fois… "

Pour le reste, Jamie se considère comme une femme ouverte et progressiste. Elle a reçu une éducation catholique, mais s'est convertie au protestantisme épiscopalien, moins conservateur. " J'ai plusieurs amis gays, je veux qu'ils aient les mêmes droits que moi dans tous les domaines, justifie-t-elle. Je sais que le nouveau vice-président, Mike Pence, est hostile aux gays, et je le regrette, mais ce n'est pas lui le patron. Trump est plus tolérant, enfin, je crois… "

Aujourd'hui, elle se dit apaisée et pleine d'espérance : " Mes amis démocrates sont en colère, mais ça leur passera. Trump mérite qu'on lui donne sa chance. Grâce à lui, nous pourrons à nouveau acheter des voitures, des frigos et des vêtements fabriqués chez nous, par nous. Le reste est secondaire. "

La mère de Jamie, Linda MacDermott, veuve et retraitée, a suivi le même chemin. Linda habite à la périphérie de la ville, dans un vieux pavillon juché sur une colline surplombant la carcasse en ruines d'une ancienne usine textile. En 2012, elle avait encore voté démocrate : " Obama avait fait du bon travail pendant son premier mandat, pour résoudre la crise financière et aider les industries en difficulté. " Mais, cette année, elle a choisi -Donald Trump, un peu par défaut, parce qu'elle n'a pas pu se résoudre à voter pour Hillary Clinton. Pour elle, " les Clinton sont tombés dans l'ivresse du pouvoir et de la richesse, ils se sont totalement éloignés des gens simples, ils ne fréquentent que des stars du show-business et des grands -patrons ". En fait, Linda considère que ce n'est pas elle qui a changé, mais les dirigeants -démocrates : " Ils se sont coupés de leurs racines, de la base de leur parti. Ils ont évolué très vite dans tous les domaines et ils nous ont abandonnés en chemin. "

Linda sait que Donald Trump est encore plus riche et privilégié que les Clinton et qu'il a beaucoup de défauts, mais elle apprécie sa franchise : " Il sait se montrer proche des gens simples. Il a la force de dire ce que les autres n'osent pas dire, et il s'en tire à chaque fois sans dommage. " Et puis, ajoute la retraitée, " c'est un véritable homme d'affaires, il sait comment gagner de l'argent, mais aussi comment créer des emplois et distribuer des salaires. De toute façon, il fallait essayer autre chose, parce qu'ici la situation empire chaque année. Si ça -continue, bientôt, des tas de gens n'auront plus de quoi vivre, ce sera le chaos ".

" Ils nous traitaient de racistes "

Aujourd'hui, Linda fait preuve d'un optimisme prudent : " Pour la première fois -depuis longtemps, j'ai le sentiment que ça va aller mieux. " Déjà, elle rêve que les usines où travaillaient ses parents vont rouvrir et donner du travail à ses petits-enfants.

Certains jeunes électeurs de Wilkes-Barre ont fait le grand écart. Ryan Miscavage, 26 ans, consultant en médias sociaux pour des entreprises de la région, avait voté pour Bernie Sanders lors de la primaire démocrate. " Bernie était le candidat du peuple, il aurait travaillé pour nous. Mais le jour où il a été battu, j'ai senti que jamais je ne pourrais voter pour Hillary Clinton. C'est une femme corrompue, et cela a été confirmé récemment par les révélations de WikiLeaks sur la fondation Clinton, ses liens troubles avec les milieux financiers et avec des pays comme l'Arabie saoudite, ses magouilles à Haïti avec l'argent de l'aide au développement… Alors, j'ai voté pour Trump. "

Par ailleurs, Ryan a été choqué par l'intolérance de ses amis partisans d'Hillary Clinton : " Dès qu'on n'était pas d'accord avec eux, ils -refusaient le dialogue, ils nous traitaient de racistes, de sexistes, de péquenots arriérés. Cette attitude m'a éloigné d'eux. " Il affirme aussi que la candidate démocrate était trop belliqueuse à son goût : " Elle voulait que les Etats-Unis décrètent l'interdiction de survol de la -Syrie, y compris pour les avions russes. Cela aurait déclenché une nouvelle guerre, et le peuple américain ne veut plus aller faire la guerre là-bas. Les Russes ne sont pas nos ennemis, mais si nous continuons à les traiter comme tels, ils vont recommencer à nous détester, et tout le monde sera perdant. " Ryan estime que Donald Trump, en bon businessman, saura s'entendre avec tout le monde, qu'il renégociera les traités de libre-échange avec des pays comme le Mexique et fera repartir l'économie américaine grâce à une politique fiscale plus souple : " Il n'est pas parti de rien, mais il a su transformer les millions de son père en milliards, ce n'est pas à la portée de n'importe qui. "

Ryan espère que les habitants de Wilkes-Barre sauront surmonter les divisions provoquées par la campagne électorale. Cela dit, il n'est pas très optimiste pour sa région natale. " Ici, relate le jeune consultant, les gens sont oppressés par un sentiment d'échec. Pour les jeunes, l'avenir est bouché. Je crois que je vais aller vivre en Californie. "

D'autres électeurs démocrates ont refusé de voter pour Donald Trump, jugé brutal, raciste et ignorant, mais ils ont préféré s'abstenir, toujours à cause de la mauvaise réputation d'Hillary Clinton. Doug, 34 ans, un chef d'entreprise prospère qui ne souhaite pas voir son nom apparaître dans les médias " pour des raisons professionnelles ", a toujours soutenu les démocrates, y compris cette fois-ci – à un détail près : " J'ai voté démocrate à tous les échelons, ville, Etat et fédéral, mais je n'ai pas coché la case Hillary Clinton. " Il affirme que, si -Barack Obama avait pu se présenter une troisième fois, il aurait voté pour lui. " J'aurais même voté pour le vice-président Jœ Biden s'il s'était présenté, lance-t-il. C'est un homme attaché à la justice sociale. Mais Hillary Clinton est menteuse et corrompue, ça la disqualifie. "

La fièvre électorale est retombée, mais ici, la victoire de Donald Trump a déjà fait un heureux : Lou Barletta a intégré l'équipe de transition du futur président. Un groupe de travail chargé d'attribuer des milliers de postes dans l'administration fédérale. Peut-être que là-bas, à Washington, on se souviendra avec gratitude du comté de Luzerne…

Yves Eudes

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Henri Guaino: "Le programme de Fillon, une purge comme jamais proposée depuis la Seconde Guerre mondiale"

28 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #ACTUALITE, #La France, #La mondialisation, #L'OTAN., #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Politique intérieure, #l'horreur économique, #Services publics

Henri Guaino: "Le programme de Fillon, une purge comme jamais proposée depuis la Seconde Guerre mondiale"

Invité dimanche 27 novembre au soir pour réagir à la victoire de François Fillon à la primaire de la droite, Henri Guaino, lui-même candidat à la candidature pour 2017, a sévèrement bousculé le programme thatchérien de l'ancien Premier ministre, annonçant : "Ce programme, je le combattrai avec toute mon énergie, jusqu'au bout". Un retour de la guerre des droites des années 90, celle de la droite libérale de Balladur contre le gaullisme social de Seguin.
Henri Guaino, ancienne plume de Nicolas Sarkozy, combattra le programme de François Fillon "jusqu'au bout". WITT/SIPA

La guerre des fils aura bien lieu. Celle du fils prodigue contre le fils ingrat. A peine sorti , François Fillon doit composer avec l'héritage de son ancien mentor, Philippe Seguin, en la personne d'Henri Guaino. Invité dimanche soir sur Europe 1 pour réagir à la désignation du candidat de la droite pour la présidentielle de 2017, l'ancienne plume de Nicolas Sarkozy n'a pas eu de mots assez durs contre le programme de Fillon. "Je n'ai rien contre François Fillon, je le connais depuis longtemps", commence-t-il. Des amabilités qui n'annoncent généralement rien de bon. En effet, il ajoute immédiatement :  

"Ce programme, je le combattrai avec toute mon énergie, jusqu'au bout".

 

Sur sa lancé, Henri Guaino poursuit sa charge : "(Cette candidature), c'est une très bonne nouvelle pour le Front national. Parce qu'avec un programme pareil, les classes populaires et les classes moyennes ne vont pas aller pour cette droite-là". Le député des Yvelines, lui même candidat à la candidature, hors primaire, pour 2017, ravive ici une vielle querelle de la droite. Celle de la droite Balladur contre la droite Séguin. Celle du tout libéral balladurien contre le "gaullisme social" seguiniste.

Une bataille des idées qui eu cours dans les années 1990. A cette époque, Guaino et Fillon étaient dans le même camp, celui de Philippe Seguin, jusqu'à ce que Fillon trahisse son mentor pour se mettre au service de l'adversaire en entrant en 1993 comme ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement Balladur. Seguin qualifiait les réformes de ce dernier de Fillon, lui, avec cette envie de plaire au nouveau maître, les défendait âprement.

Vingt ans plus tard, Henri Guaino, resté plus ou moins fidèle à la pensée de Philippe Seguin, remue le couteau dans une plaie que l'on pensait refermée. 

"Ce n'est pas ma droite. C'est une droite qui n'a aucune générosité, aucune humanité (...)", lâche-t-il au micro d'Europe 1. 

Et de rappeler Fillon à ses premières fidélités : "Ma droite c'est celle du gaullisme, c'est celle de la générosité, c'est celle de la Nation unie par la solidarité". 

Et d'enfoncer la lame encore plus : 

"Le programme de François Fillon, c'est une purge comme on n'en a jamais proposé depuis la Seconde Guerre mondiale". 

François Fillon, qui pensait sa route dégagée après avoir court-circuité Nicolas Sarkozy et écrasé Alain Juppé dans ce match des anciens Premier ministres, voit donc des vieux démons ressurgir. Une voix du passé qu'Henri Guaino prendra plaisir à porter tout au long de la campagne aux oreilles de l'austère et austéritaire Fillon. 

La guerre des droites vient de commencer. 

 

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François Fillon, de Gaulle et Jean Monnet par Jacques Sapir ·

25 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #ACTUALITE, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #l'horreur économique

François Fillon, de Gaulle et Jean Monnet  par Jacques Sapir ·

François Fillon, de Gaulle et Jean Monnet

 

L’un des faits marquants de la campagne pour les « primaires » de la Droite et du Centre, dont le premier tour se déroulait le dimanche 20 novembre a été la spectaculaire remontée de François Fillon. Cette remontée s’est soldé par un résultat imprévu : François Fillon enregistre plus de 44% des 4 millions d’électeurs qui se sont déplacés pour cette primaire, devançant de loin Alain Juppé (28%) et Nicolas Sarkozy (environ 20%).

L’une des raisons qui explique ce résultat est certainement la volonté de nombreux électeurs de droite d’échapper à l’alternative Juppé-Sarkozy. Il est vrai qu’entre la momie, transformé par la presse en clone de François Hollande, et l’Excité-Chef, le choix ne soit guère appétissant. En un sens, la victoire au premier tour de François Fillon est aussi une défaite de la presse et de la tentative d’imposer un candidat des médias.

Une autre raison a pu être le programme de François Fillon. Ce candidat a produit un véritable programme, fort détaillé. C’est un de ses points forts, comparé au vide intersidéral de personnes comme Copé, Le Maire ou « NKM » ; mais c’est aussi un point faible car la précision même du programme attire logiquement un œil critique. Et, si l’on peut partager certaines des propositions de François Fillon, d’autres sont incontestablement inquiétantes.

 

L’homme d’un programme

François Fillon a dit et écrit des choses assez justes sur plusieurs thématiques. Qu’il s’agisse de l’éducation, où il entend faire la chasse aux « pédagogistes », ou sur la sécurité publique, ou il dit fort justement que les lois et règlements permettant d’assurer la sécurité des français face au terrorismes existent déjà et que la véritable question posée est celle de la volonté de l’Etat à appliquer ses lois, on ne peut être que d’accord. Rien n’est pire pour l’autorité de l’Etat que la multiplication de lois et de mesures qui ne sont pas appliquées. On peut penser que les prestations de François Fillon sur le terrorisme, en particulier son débat avec le juge Trevidic sur France-2, n’ont pas été étrangères à sa percée spectaculaire lors du premier tour de la primaire de la Droite et du Centre.

De même, en politique étrangère, il entend rééquilibrer la position de la France, en particulier au Moyen-Orient, et rouvrir le dialogue avec la Russie. Ces mesures s’imposent à l’évidence. Le fait que dans sa tournée d’adieux le Président des Etats-Unis, M. Barack Obama, n’ait pas souhaité se rendre à Paris, alors qu’il fit un voyage remarqué à Berlin et à Athènes (quoi que pas pour les mêmes raisons) devraient faire réfléchir tous ceux qui pensent que la politique étrangère est chose importante. La France est, provisoirement, sortie de l’Histoire du fait de son alignement inconditionnel sur l’Allemagne et les Etats-Unis. Barack Obama, en homme occupé, n‘avait pas de temps à perdre. Il a « zappé » Paris et son insignifiant Président.

Mais, ces choses justes ne sont pas suffisantes. François Fillon se présente à nos yeux comme un homme neuf. Nous n’oublions pas cependant qu’il fut pendant cinq ans le Premier-ministre de Nicolas Sarkozy et qu’à ce titre il doit en embrasser le bilan. Nous n’oublions pas que des mesures désastreuses, comme l’implication de la France dans le drame libyen et la conversion de la politique française à l’atlantisme et à l’idéologie « néoconservatrice », ou la fameuse réforme Chatel, du nom de cet ancien DRH de L’Oréal passé à l’Education National, qui entendait supprimer l’enseignement de l’Histoire en classes de terminales scientifiques furent prises alors qu’il était Premier-ministre. Il est bien temps aujourd’hui de dire que la politique étrangère de la France est désastreuse ou qu’il faut reconstruire un récit (et non un « roman ») national ; quelle crédibilité peut-on avoir quand on n’a pas fait une profonde autocritique sur son action passée ? Mais surtout, on ne peut oublier que François Fillon fut à l’origine, par sa politique, de la forte hausse du chômage que la France a connue à partir de l’été 2011.

Graphique 1

Le chômage et la politique de François Fillon

(nombre de demandeurs d’emploi des catégories A, B et D de la Dares)

a-01-gr1-aout16

Source: Chiffres de la DARES

Le père du chômage ?

C’est donc sur le versant économique que le projet politique de François Fillon pêche le plus. Il n’y a eu aucune autocritique sur les politiques qu’il a conduites en tant que Premier-ministre, si ce n’est pour exprimer des regrets de ne pas avoir fait plus d’austérité. Pire, son programme nous annonce un renforcement de ces mesures néfastes. Prenons ainsi les 5 premières mesures de son programme :

  1. 100 milliards d’euros d’économies en 5 ans sur les dépenses publiques.
  2. 40 milliards de baisse des charges pour les entreprises et 10 milliards d’allégements sociaux et fiscaux pour les ménages.
  3. Fin des 35 heures dans le secteur privé et retour aux 39 heures dans la fonction publique.
  4. Suppression de l’ISF pour aider au financement des entreprises,
  5. Recul de l’âge de la retraite à 65 ans et unifier tous les régimes de retraite pour maintenir le pouvoir d’achat des retraites

La première de ces mesures pose la question de la croissance. De telles réductions des dépenses publiques, environ 1% du PIB par an en moyenne, cela est maintenant admis par une majorité des économistes, y compris les économistes du Fond Monétaire International[1], auront un impact très négatif sur la croissance, et donc sur l’emploi. On ne demande certes pas à un homme politique de lire des travaux d’économistes. Mais, à tout le moins, ceci prouve qu’il est fort mal conseillé, et surtout qu’il n’a tiré nulle leçon de sa précédente expérience du pouvoir. D’ailleurs, le programme de François Fillon est en complet décalage avec ce que proposent les conservateurs anglais avec Mme Theresa May, ou ce que promet Donald Trump. Et cela, pour le coup, on est bien fondé à le lui reprocher. Non qu’il ne faille réviser l’orientation des dépenses. Le budget de l’Etat délaisse l’investissement de compétitivité du territoire au profit de dépenses clientélistes. Il faut donc réallouer une partie des dépenses publiques et non supprimer.

La « baisse des charges », qui est la deuxième mesure, est en réalité une baisse des cotisations. Il faudra donc baisser d’un même chiffre les prestations sociales OU faire payer aux salariés (ou aux contribuables) ce qui ne le sera plus par les entreprises. Ce qui exercera, là encore, un effet profondément dépressif sur la croissance et l’emploi. L’effet dépressif de ce choc fiscal, que François Fillon veut faire passer par la TVA, l’emportera sur les aspects positifs d’une baisse de la contribution des entreprises. Ici encore, c’est l’investissement qui sera la première victime, car les entreprises, pour construire leurs prévisions d’investissements, se fondent sur les perspectives de la consommation.

La troisième mesure est la fin des 35 heures, ce qui représente une des « vaches sacrées » de la Droite en France. Mais, faire travailler à 39h dans toutes les professions, cela se traduira par une diminution des heures supplémentaires et donc une baisse du revenu des ménages, avec par conséquence une baisse de la croissance et de l’emploi.

La quatrième mesure, la suppression de l’ISF, est elle aussi une des « vaches sacrées » de la Droite. Non que ce dernier impôt soit parfait. Il est évident qu’il nécessite des modifications. Mais, là aussi, Fillon jette le bébé avec l’eau du bain.

Quant à la cinquième mesure, elle porte non seulement sur le recul de l’âge de la retraite à 65 ans mais aussi sur l’unification des régimes de retraites, et donc la fin des régimes spéciaux. Cette dernière mesure à l’apparence de la « justice » pour elle ; mais l’apparence seulement. En effet, dans les régimes spéciaux, on a des fonctionnaires dont les conditions de travail se sont profondément aggravées depuis une vingtaine d’années, et en particulier les fonctionnaires qui sont « au contact du public » comme on dit, et qui sont constamment en buttes aux incivilités, quand ce n’est pire. Retirer les droits particuliers dont ils bénéficient aujourd’hui ne peut que conduire à une profonde démotivation de ces fonctionnaires, que ce soit les policiers, les personnels de santé ou les enseignants, au moment même où ces fonctionnaires donnent des signes inquiétants d’épuisement. Soit on remontera de manière très significative (au moins 30%) leurs rémunérations, et l’on s’engagera à embaucher plus dans ces secteurs, soit il faut s’attendre à un effondrement de ces services fondamentaux, sur lesquels l’Etat et la République s’appuient. Ces mesures, en apparence dictée par la « justice » contiennent en réalité une injustice si criante qu’elles pourraient bien aboutir à une crise majeure de l’Etat. François Fillon prend ici, et l’on pèse ces mots, le risque d’être – s’il est en mesure d’appliquer son programme – l’homme qui aura détruit la République et l’Etat.

 

Un européisme fondamental

Fondamentalement, François Fillon est conscient du déficit de compétitivité qui s’est établi entre la France et ses principaux partenaires. Mais il raisonne « comme si » on pouvait parler de cette question sans aborder le problème des parités de change, c’est à dire le problème de l’Euro. La cécité dont il fait preuve à cet égard est assez étonnante. Il le fait parce qu’il ne veut sous aucun prétexte remettre en cause la monnaie unique. Or, l’existence d’un écart lié à la fois à la sous-évaluation de la monnaie allemande dans le cadre de l’Euro et à la surévaluation de la monnaie française est indéniable. Une étude du FMI, encore lui, l’évalue à 21%[2]. On peut considérer cette évaluation comme juste, tout comme on peut considérer qu’elle tend à sous-estimer l’ampleur du problème.

En fait, sans un écart du taux de change d’au moins 25% entre l’Allemagne et la France (et sans doute plus, de l’ordre de 30%), la France n’est pas compétitive. Mais, comment peut on obtenir un tel écart dans un régime qui fixe les parités monétaires, tout comme l’étalon-Or des années vingt et trente du vingtième siècle le faisait ?

Alors cet écart peut, bien sûr, être obtenu en faisant baisser les salaires en France et en espérant que ces mêmes salaires augmentent en Allemagne. Mais, même en espérant, ce qui est en réalité illusoire, une hausse réelle de 10% en Allemagne, cela implique une baisse de 15% en France, avec les effets dévastateurs qu’aura une telle politique sur l’économie française, et ce d’autant plus que nous sommes, et selon les propres mots de François Fillon, dans une situation grave, avec un très fort chômage et une baisse de l’investissement.

L’autre solution, qui serait non seulement incontestablement moins coûteuse, mais aussi dont la garantie de succès est considérablement plus élevée, consisterait à sortir de l’Euro, à laisser le « nouveau » Franc se déprécier d’environ 10% tandis que l’Euro allemand (et plus certainement encore le DM, car une sortie de la France ferait exploser la zone Euro) se réapprécierait d’environ 20%. Cette solution est en réalité la seule qui permette à la fois de résorber une partie du chômage de masse que nous connaissons (entre 1,5 et 2,0 millions à court terme), et de rééquilibrer nos comptes sociaux (moins de chômage signifiant plus de cotisations et moins de prestations) mais aussi nos comptes publics.

On a donc le sentiment que François Fillon promet à la France une politique qui va s’avérer extrêmement douloureuse et ceci sans aucune garantie de succès, alors qu’il pourrait proposer une autre politique dont le succès, lui, est garanti. On est bien ici en présence d’un aveuglement idéologique, d’une clôture autistique, qu’il partage – il faut l’ajouter – avec ses adversaires de la primaire de la Droite et du Centre, mais aussi avec les candidats potentiels de la gauche traditionnelles.

 

François Fillon, de Gaulle et Jean Monnet

La raison en est que François Fillon n’arrive pas à couper les ponts avec l’européisme, qu’il a pourtant critiqué que ce soit aujourd’hui ou dans le passé. Il reste soumis à cette idéologie et incapable de voir qu’elle détruit non seulement la France mais aussi l’Europe toute entière. L’aveuglement de François Fillon sur ce point a des conséquences extrêmement profondes et graves sur le reste de son programme. Il ôte toute cohérence à l’effort qu’il veut faire pour restaurer la souveraineté de la France, et assurer les conditions de sa véritable indépendance. François Fillon prétend parler comme de Gaulle, mais il pense comme Jean Monnet.

Derrière le discours gaullien qu’il affectionne et derrière la posture d’héritier qu’il se donne, il faut reconnaître la réalité de la soumission aux règles européennes, une soumission qui, en définitive, détruira ce que la coopération avec les autres nations a pu construire de positif. Car, la coopération ne se construit jamais dans la soumission, et cette vérité historique, François Fillon semble l’avoir décidément oubliée.

[1] Blanchard O. and Daniel Leigh, Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers, IMF Working Paper, Janvier 2013, Washington DC. Voir aussi, Baum A., Marcos Poplawski-Ribeiro, and Anke Weber, Fiscal Multipliers and the State of the Economy, IMF Working Paper, décembre 2012, Washington DC.

[2] IMF, 2016 EXTERNAL SECTOR REPORT, International Monetary Fund, juillet 2016, Washington DC, téléchargeable à : http://www.imf.org/external/pp/ppindex.aspx

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George Soros, architecte du chaos.

25 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La Russie, #Terrorisme, #l'horreur économique

George Soros, architecte du chaos.
.2015(mis à jour 16:05 05.10.2015) URL courte32777713260Là où Soros apparaît, il faut s'attendre à des troubles sanglantsNombreux sont ceux qui se souviennent avec colère et exécration du nom de George Soros, né György Schwartz, financier et investisseur américain, juif d'origine hongroise: des banquiers britanniques touchés au début des années 1990 à cause de la chute de la livre au politiciens d'Europe orientale victimes des révolutions de velours organisées avec son implication directe, écrit vendredi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.
 
Son nom a récemment refait surface en Macédoine, pays des Balkans jusque-là tranquille et paisible, dont le calme ne semblait pas du goût des faucons de Washington. Une autre révolution de couleur "à la Soros" a failli s'y produire. Soyons objectifs: personne ne nie qu'il est un homme d'affaires accompli et le "seigneur" des bourses à travers le monde occidental. Un magnat qui a fait sa fortune de 19 milliards de dollars essentiellement en jouant sur la baisse des cotes en bourse. Il mène sur le marché un jeu étonnant avec un calcul presque diabolique, qu'il perçoit, d'après sa philosophie, non seulement comme des côtes et des valeurs, mais comme une substance vivante, bouillonnant d'émotions, avec des personnes concrètes — des négociants, des courtiers, des investisseurs, qui peuvent être influencés à l'aide des informations pour promouvoir des décisions avantageuses. Mais Soros n'a pas seulement un don étonnant de prédiction financière. Il est aussi connu pour sa capacité à utiliser à 100% les informations d'insiders obtenues grâce à ses liens avec les "puissants de ce monde". Il n'hésite pas non plus à faire de la manipulation ou, en d'autres mots, de la désinformation par l'intermédiaire des ressources analytiques des milieux politique et financier, en parallèle d'une déstabilisation du marché par les spéculateurs financiers qui lui sont subordonnés. Ainsi, le 13 août 1998, Soros a annoncé que la Russie avait "besoin d'une dévaluation". En dépit des affirmations du gouvernement de l'époque, le rouble s'est effondré quelques jours après. Soros est un véritable "mauvais génie", un des escrocs à l'échelle planétaire. Il n'est pas du tout "Uncle Scroodge" qui se cache soi-même et ses biens des autres. Il est un fervent partisan de l'idée de "société ouverte" qui, grâce à son maître, le philosophe autrichien Karl Popper, est devenue le but de sa vie. Soros est l'un de ces "barons" qui préfèrent faire des dons "au public admiratif". Peu importe que ce soit sous forme de subventions ou de manuels, avec lesquels il essayait d'envahir, à l'aide de ses assistants obséquieux, les universités russes dans les années 1990, et qui étaient soumis dans notre pays à de vives critiques de la part des scientifiques et des chercheurs pro-étatiques. Soros préfère donner ce genre d'"aumônes" non pas à l'intérieur des USA, mais partout dans le monde: ses fonds sont déjà ouverts dans 25 pays. Il est l'un de ceux qui font des dons. Des dons de centaines de millions de dollars. Mais souvent, il utilise ses fonds à des fins autres que le véritable mécénat implique. Il suffit de dire qu'au cours de 20 dernières années, ce père de cinq enfants trois fois marié et fervent partisan des mariages homosexuels a donné 200 (!) millions de dollars pour la promotion de l'idée de la légalisation de la marijuana aux États-Unis. Que cela reste une affaire intérieure des USA, ainsi que l'hostilité persistante de Soros envers Bush fils. Pour discréditer la politique de celui-ci pendant sa campagne électorale de 2004, il a dépensé 27 millions de dollars. Une autre chose est alarmante: en "s'infiltrant" dans d'autres pays par l'entremise de fondations caritatives pavées de bonnes intentions, l'empire de Soros utilise en fin de compte ses ONG pour organiser des révolutions de toutes les couleurs. Comme une révolution "rose" en Géorgie en 2003, quand le protégé des Américains Saakachvili est arrivé au pouvoir, ou comme une révolution "orange" en Ukraine à deux reprises, en 2004 et en 2014.
On dit qu'il est impossible de le regarder longtemps dans les yeux. Comme un analyste l'a écrit de manière très précise, on ressent "un regard plein de désespoir et de douleur; qu'on craint de rencontrer". Laissons aux économistes l'analyse de ses activités commerciales, notamment dans le domaine des fonds de couverture (hedge funds) qu'il a abandonnés, selon lui, il y a quelques années. Examinons plutôt les motifs de ses actes. Il faut commencer par son enfance, pendant laquelle il a failli se retrouver avec toute sa famille dans un convoi de Juifs emmenés dans des chambres à gaz en Allemagne, mais a été épargné grâce à son père qui avait falsifié les papiers. Il a presque regardé la mort en face — et son regard s'est empli de désespoir et de douleur. Depuis la Seconde guerre mondiale, l'URSS puis la Russie ont été pour Soros comme un chiffon rouge devant un taureau, tout comme les pays "pro-soviétiques" ou se trouvant dans la zone des intérêts vitaux de Moscou. Il faut, d'ailleurs, mentionner un autre motif de l'"amour personnel" du financier pour la Russie. Pendant la Première guerre mondiale, le père de Soros, avocat et éditeur, s'est porté volontaire pour aller au front, a été capturé par les Russes, exilé en Sibérie, mais a réussi à s'échapper et, par miracle, est rentré dans sa ville natale de Budapest. "J'ai de la chance que mon père ait été de ceux qui n'agissaient pas comme autres", a avoué une fois le milliardaire. Survivant de la Seconde guerre mondiale, George Soros, qui a connu beaucoup de malheurs, a forgé sa philosophie de la vie pendant son enfance, marquée par la souffrance et la peur. Son essence peut se résumer par l'une de ses phrases: "Je n'acceptais pas les règles proposées par les autres, sinon, je serais déjà mort". On pourrait facilement la compléter ainsi: "Je m'en fiche de tout ce que vous faites. Moi, je peux tout. Et je vais obtenir ce que je veux". D'ailleurs, l'idée même de "société ouverte" qui a donné le nom à ses fondations et organisations caritatives, est que l'homme est guidé dans vie par sa propre pensée et intelligence, en évitant des tabous imposés par la "société fermée", en d'autres mots, "l'autre humanité". Parmi ceux qui ont beaucoup souffert pendant la période de formation de la personnalité, les uns se referment sur eux-mêmes et les autres, rancuniers face au monde entier, sont rongés par cette rancune. Soros a choisi un autre chemin, sans doute le plus difficile. Il a commencé à se lever obstinément de ses genoux avec un calcul froid, en se vengeant, à sa manière, du monde qui l'avait rejeté dans son enfance et son adolescence. En analysant l'activité de Soros, financier et philanthrope, on arrive à la conclusion que tous ses actes, parfois excentriques en apparence, sont dictés par le désir de prouver au monde qu'il est capable de "déplacer des montagnes", malgré les règles et les tabous établis dans la société. Peu importe, quel "monde". Que ce soit des régimes communistes odieux ou la Russie (en fait, il suffit de se rappeler les "révolutions de velours", sponsorisées par Soros, qui ont traversé l'Europe de l'Est en 1989 et conduit au changement des régimes), ou bien l'Albion britannique. © REUTERS/ Stefanie LoosSoros remercie Merkel pour les sanctions antirussesLe 16 septembre 1992, "mercredi noir" pour l'Angleterre, Soros a gagné près d'un milliard de dollars en un jour et a fait chuter la livre sterling par rapport au mark allemand. Ainsi, il a piétiné la monnaie du pays dans lequel au début des années 1950, les employeurs lui avaient refusé un emploi d'un ton moqueur. À la fin des années 1940, le jeune diplômé de la London School of Economics a travaillé un peu partout — comme commis voyageur, vendeur de pommes, gestionnaire dans une fabrique de mercerie — tout sauf sa spécialisation financière. Les banques anglaises lui refusaient des postes en raison de sa nationalité et de l'absence d'un protecteur qui pourrait dire un mot en sa faveur. … Quarante ans plus tard, Soros achetait discrètement des petits lots de monnaie britannique à la bourse et le mercredi 16 septembre 1992, faisait chuter la monnaie nationale du Royaume-Uni en déversant à la bourse 5 milliards de livres sterlings. La Grande Bretagne a été choquée, ne s'attendant pas à un tel coup de l'autre côté de l'Atlantique. Soros lui-même a appelé ce jour "mercredi blanc", celui de sa vengeance face aux Britanniques. En 1997, par l'entremise de spéculations boursières, il a fait chuter les monnaies d'un certain nombre de pays d'Asie-Pacifique comme la Malaisie et Singapour. Il a également essayé d'atteindre la Chine, mais Pékin a su arrêter le zèle du milliardaire américain. C'est ce principe — "je peux tout et je vais le faire", marqué par son expérience personnelle, qui explique beaucoup de ses actions, y compris le travail mené depuis la fin des années 1980 pour renverser des régimes indésirables à l'Amérique, dans lequel il est activement impliqué. La Maison Blanche et le grand Joueur en bourse, doté d'un instinct naturel incontestable, ont formé une équipe qui gagne. On peut dire que Soros est la "pointe financière" de la lance, jetée par les marionnettistes de la grande politique des États-Unis restant en coulisses, quand il est nécessaire de renverser des gouvernements qui ne naviguent pas dans le sillage des USA. Soros: 50% de chances que la Grèce quitte la zone euro D'autant que ce type de personnes ne se fait pas longtemps prier: pour le financier Soros, russophobe avéré de longue date, tout comme pour le politicien McCain du Capitole, une Russie forte et prospère serait une horreur. N'ayant pas réussi à la ruiner directement par l'intermédiaire de Gaïdar, Kassianov et leurs semblables dans les années 1990, il s'approche d'elle par le truchement des peuples frères de notre pays. En mars 2014, quand Porochenko n'était pas encore président et que le sang ne coulait pas encore dans le Donbass, l'ancien agent des services de renseignement américain Scott Rickard avait fait un aveu sensationnel dans son interview donnée à la chaîne internationale Press TV. C'est de l'ancien agent de la CIA qu'on a appris que les dépenses directes des USA pour la "réanimation de la révolution orange" — ou "Maïdan-2014" — s'élevaient à 5 milliards de dollars. Cependant, un autre aveu est resté dans l'"ombre" de ce chiffre choquant: Rickard a déclaré que parmi les principaux sponsors du coup d'État à Kiev figuraient le fondateur du site de ventes aux enchères eBay, Pierre Omidyar, et Soros. Cette "contribution" a porté ses fruits sanglants: dirigée par la main cynique du réalisateur-marionnettiste Soros, l'Ukraine a glissé dans l'abîme du chaos et du désespoir, deux peuples frères se sont heurtés, portant le niveau de haine à l'extrême. Soros a bien réussi à semer la pagaille sur le Maïdan — et le chaos a englouti l'Ukraine. Le dollar vert de Soros n'a que faire des souffrances humaines et des sentiments. Peu lui importe, à lui, de savoir qui a survécu à la terreur nazie, de voir qu'à quelques centaines de kilomètres du pays de son enfance, le sang est versé, qu'un obus, atterri dans sa cour, a déchiré une jambe à un petit garçon innocent, en mutilant sa vie et son âme, ou qu'un vétéran de la guerre, auquel les salauds du Maïdan ont cassé des côtes pour avoir porté le ruban de Saint-Georges, pleure d'impuissance de ne pas avoir achevé les partisans de Bandera. Il serait naïf de croire que Soros fait n'importe quoi en jetant de l'argent à droite et à gauche, simplement pour semer le chaos. C'est seulement le personnage qui convient le mieux pour les opérations secrètes de Washington. Si d'autres marionnettistes américains membres du club Bilderberg préfèrent rester dans l'ombre sans apparaître dans les médias, Soros, au contraire, s'exprime très volontiers. En avril 2015, il appelait Bruxelles à soutenir les autorités ukrainiennes jusqu'à la participation à une confrontation militaire directe avec la Russie. Il a récemment effrayé la planète par sa "prophétie" d'une nouvelle guerre mondiale où Washington serait opposé à Pékin. Il a aussi donné deux conseils, à sa manière. En tant que financier, il a suggéré à la Maison blanche d'associer le yuan au panier monétaire du FMI. Et en tant que russophobe, il a déclaré que l'administration américaine devait tout faire pour empêcher la solidification de l'alliance entre la Russie et la Chine. 
On pourrait, bien sûr, expliquer toutes ces déclarations excentriques par l'âge avancé de George Soros. On pourrait dire que "le vieillard s'est un peu emballé". Le 12 août 2015, il aura 85 ans. Mais il faut garder à l'esprit que quel que soit l'état physique de Soros, il ne laissera jamais échapper un mot sans avoir calculé ses conséquences, ni sans y voir son propre bénéfice — pas un simple bénéfice, mais un superbénéfice — ni sans tenir compte du profit des USA, le pays qui l'a accueilli en 1956. À propos Il n'y a pas longtemps, Soros a été vu à Kiev — fait qui a été complètement ignoré par les journalistes. C'est l'ancien chef de l'administration présidentielle du pays, Viktor Medvedtchouk, qui a expliqué les raisons de la visite du milliardaire influent en Ukraine. Selon lui, Soros serait venu pour diviser Naftogaz Ukraine en trois entreprises distinctes, avec le soutien du premier ministre Iatseniouk, et les privatiser. "Il (Soros) est toujours là où il y a beaucoup d'argent, des schémas de corruption et des possibilités de fraude. En Ukraine, surtout sous le pouvoir qui lutte contre la corruption de façon que personne ne s'en aperçoive, il y en a plus qu'assez de tout cela", conclut Medvedtchouk....
 
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Lire aussi:Les enjeux du Maïdan macédonienUkraine: Soros déçu par l'Europe d'aujourd'hui face à la Russie (WSJ)

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201506011016356566/
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