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Le blog de Lucien PONS

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La Commission fait monter la pression budgétaire sur la France, moins d’une semaine après l’élection présidentielle Le journal "Ruptures".

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'horreur économique, #Le fascisme, #Macron

La Commission fait monter la pression budgétaire sur la France, moins d’une semaine après l’élection présidentielle

Moscovici présentation

A l’occasion de la présentation des prévisions économiques européennes, le Commissaire Pierre Moscovici a salué l’élection du très pro-UE Emmanuel Macron, tout en l’appelant à accélérer les coupes dans les dépenses publiques

C’est peu dire que Bruxelles a accueilli l’élection d’Emmanuel Macron avec soulagement et enthousiasme. Pour autant, l’engagement pro-UE du nouveau maître de l’Elysée ne lui vaudra aucune indulgence particulière de la part de la Commission européenne. Cela va certes de soi, mais on n’est jamais trop prudent, a dû estimer Jean-Claude Juncker, président de l’exécutif européen. Dès le lendemain du scrutin, celui-ci le rappelait sans guère prendre de gants diplomatiques.

Le Commissaire aux Affaires économiques a réitéré le message jeudi 11 mai. Présentant les prévisions conjoncturelles européennes de printemps, Pierre Moscovici – qui fut lui-même locataire de Bercy avant Michel Sapin – a gentiment remis la pression, tout en s’en défendant officiellement.

Il s’est d’abord bien sûr réjoui du verdict des urnes : « personne ne devrait bouder son plaisir », a-t-il affirmé tout sourire, prévoyant que le nouveau chef de l’Etat français « aura à cœur de faire progresser la gouvernance de la zone euro et les politiques économiques européennes ». Il défendra fortement le projet de créer un budget propre de la zone euro et un ministre des Finances commun, s’est réjoui M. Moscovici.

Ces intentions se situent en fait dans la droite ligne de ce que défend traditionnellement Paris – déjà en son temps, Lionel Jospin plaidait pour « un gouvernement de la zone euro » – mais n’enchantent guère Berlin, peu enthousiaste à l’idée que les finances allemandes servent peu ou prou à renflouer les pays « à la traîne », notamment du sud.

Conscient de cela, l’ex-banquier de chez Rothschild a insisté lors de sa campagne sur son intention d’accélérer les coupes budgétaires et les « réformes » en France de manière à se présenter en élève modèle face aux dirigeants allemands, qui seraient ainsi plus enclins à faire des concessions.

Cette démarche a les faveurs de l’ex-dirigeant socialiste Pierre Moscovici, mais celui-ci est conscient des oppositions qu’elle devrait rencontrer : « il reste à voir si les conditions seront entièrement favorables » a noté prudemment ce dernier.

Prévisions puis « recommandations »

Passant aux prévisions proprement dites, le Commissaire a passé en revue les différents pays sur la base du rapport de ses services. Une semaine plus tard (le 18 mai), la Commission présentera ses « recommandations » (contraignantes) pour chacun des Etats membres.

Pour la zone euro, les pronostics de croissance se veulent « optimistes » : le PIB s’accroîtrait de 1,7% en 2017, et 1,8% en 2018 (cette dernière prévision est évidemment très aléatoire). Les taux officiels de chômage devraient légèrement diminuer : 9,4% en 2017, et même 8,9% en 2018. Quant aux déficits publics, ils s’établiraient en moyenne pour les Dix-neuf à 1,4% du PIB en 2017, et à 1,3% en 2018.

Dans ce contexte, la France apparaît toujours aux yeux de Bruxelles comme un cancre. Certes, le déficit fin 2017 devrait s’établir à 3% du PIB, juste à la limite de la norme autorisée. Mais, encore à l’automne dernier, Michel Sapin affirmait mordicus qu’il réussirait à atteindre l’objectif préalablement imposé par Bruxelles, soit 2,7%.

Le locataire de Bercy se félicitait même de pouvoir réaliser « 46 milliards d’économies entre 2015 et 2017 », un montant qui aura cruellement manqué aux budgets de l’Etat, des collectivités locales, et de la protection sociale. Mais il s’agissait d’un engagement pris en février 2016 en échange d’un « délai de grâce » exceptionnel de deux ans accordé à la France pour rentrer dans les clous.

Procédure de déficits excessifs

Or en 2018, prédit d’un œil noir la Commission, le déficit français pourrait remonter à 3,2%, sur la base d’une croissance pronostiquée à 1,7%. Si une telle « dérive » se confirmait, Paris resterait soumis à la procédure de surveillance rapprochée prévue en cas de « déficits publics excessifs ». Aujourd’hui, outre la France, l’Espagne et le Portugal font l’objet de cette procédure infamante.

Certes, le nouveau président s’est engagé à renouer avec une stricte obéissance aux normes budgétaires européennes. Reste que passer en dessous des 3% semble quelque peu contradictoire avec des promesses de campagne, non pas tant en faveur du monde du travail (qui n’a pas grand-chose à attendre) que des entreprises : M. Macron a en effet promis de pérenniser le Crédit d’impôt dit pour la compétitivité et l’emploi (CICE), soit 20 milliards – une paille.

Le nouveau maître de l’Elysée compte sur sa réforme choc « du marché du travail » (et donc du code du même nom) par ordonnances pendant l’été pour négocier une indulgence provisoire de Bruxelles… et de Berlin. Le grand argentier allemand, Wolfgang Schäuble, a certes affirmé le 9 mai que son gouvernement « ferait tout pour soutenir Macron » ; mais cela ne signifie certainement pas qu’il faiblira sur les exigences budgétaires.

Bruxelles condescend à « donner sa chance » à la France…

Si Pierre Moscovici entendait rappeler que la Commission n’oublierait pas d’appliquer ses règles, il a cependant voulu adopter un ton bienveillant vis-à-vis de son pays d’origine : descendre au-dessous des 3% à la fin de 2017 (et quitter ainsi la procédure de déficits excessifs), c’est « jouable », c’est « à portée de la main », a affirmé le Commissaire, faisant allusion aux engagements du nouveau président.

Puis il a résumé : « mon message n’est pas un message de pression, en aucun cas un message de sanction, c’est un message de confiance et de bienvenue » à l’égard d’un homme qui « connait bien les règles européennes ». « Donnons-lui sa chance », a-t-il conclu.

Bruxelles qui condescend à « donner sa chance » à la France… Parfois, une brève formule en dit bien plus qu’un long discours.

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Ils votent MACRON et se prennent pour des RÉSISTANTS [par Gilles Questiaux]

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'horreur économique, #Macron

Publié par El Diablo

Paul von Hindenburg

Paul von Hindenburg

En réponse à des délires moralisateurs qui sévissent sur le net :

Il est historiquement totalement faux que « les communistes n'ont pas voulu choisir entre Hitler et les sociaux-démocrates » parce qu'on ne leur a pas proposé un tel choix. Le SPD (Parti social-démocrate allemand), qui avait utilisé les proto-nazis des corps-francs pour massacrer les communistes en 1919, a voté contre Hitler pour Hindenburg, vieille ganache ultra droitière comme moindre mal, qui a été élu, et qui a appelé Hitler au pouvoir quelques semaines plus tard, où il a interdit le KPD (parti communiste allemand), puis les autres partis d'opposition. Hitler n'a donc pas non plus été "démocratiquement élu", répéter cela c'est ignorance pure. Il a été choisi par l'élite qui l'a placé au pouvoir pour qu'il puisse faire son coup d'État.

S'imaginer qu'on est une espèce de résistant parce qu'on a voté Macron est trop bête et ridicule pour mériter un commentaire.

Par ailleurs, si Marine Le Pen était un danger pour la pseudo-démocratie de marché qui fait les délices de la go-goche, son parti aurait été interdit depuis longtemps. C'est un épouvantail pour petits-bourgeois, et un leurre pour prolos. La comparaison avec le parti nazi en 1933 témoigne d'une ignorance crasse teintée de mauvaise foi absolue : le parti nazi était appuyé par les mêmes forces économiques et médiatiques qui nous ont imposé Macron, et par l'armée, par les structures de l'État, et il faisait régner la terreur dans la rue.

Les gens qui s'enflent d'indignation contre l'abstention et le vote blanc auraient mieux fait d'essayer de convaincre les gens de ne pas voter Le Pen que de vouloir forcer les gens à voter Macron. Et s'ils avaient aussi peur de Marine Le Pen qu'ils disent, pourquoi n'ont-ils pas voté Mélenchon au premier tour?

Mais ils ont eu finalement ce qu'ils désiraient vraiment : un nouveau bail pour le capitalisme.

Quant à ceux qui pensent que le vote Macron, malgré tout, a préservé les libertés publiques, ils se trompent : le niveau de répression de la loi Khomri, qu'il avait directement inspirée, devrait rester dans les mémoires moins d'un an après. Le résultat le meilleur de ce point de vue aurait été qu'il gagne avec un ou deux millions de voix d'avance, et non dix ! maintenant, lui, et surtout la clique de technocrates libéraux qui l'entoure vont se croire tout permis. Un tel résultat impliquait de prendre le risque (très modéré) d'une victoire de Marine Le Pen, sachant qu'elle n'avait en main aucun des instruments qui ont permis aux fascistes et aux nazis d'instaurer la dictature en 1922 et en 1933.

Il est d'ailleurs curieux de voir tant de défenseurs de la démocratie du bulletin de vote ne pas s'inquiéter d'une situation où l'un des deux candidats parait exclu a priori de la victoire (et l'a d'ailleurs intériorisé). Ce n'est pas la peine de s'égosiller contre la menace de la dictature si elle existe déjà.

Ils ne comprennent pas qu'il ne fallait pas voter pour Marine Le Pen, non parce qu'elle serait une émanation du démon, mais pour les mêmes raisons qu'il ne fallait pas voter pour Macron : c'est une ennemie des travailleurs, ni plus, ni moins.

Gilles Questiaux

Le 8 mai 2017

SOURCE :

 

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Les Français ont veauté ! Par Jean-Pierre Brighelli

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Le fascisme

Les Français ont veauté !

 

 

http://blog.causeur.fr/bonnetdane/les-francais-ont-veaute-001671.html

 

 

Emmanuel Macron est donc le huitième président de la Vème République. Élu par une conjuration de bobos friqués et de pseudo-démocrates inquiets. C’est à ces derniers que j’aimerais dire des douceurs.

Vous vous êtes crus très malins en portant au pouvoir un homme qui est l’émanation des grands groupes qui contrôlent les finances et les médias. Qu’un financier vote Macron, rien à redire : il est l’homme des banques, qui depuis quinze jours qu’il est arrivé en tête du premier tour, pavoisent à la Bourse. Inutile de parier que les cours des dites banques s’envoleront mardi.
Les autres…

 

Comme je veux que les choses soient claires, autant les dire.
Pendant cinq ans, j’ai subi les jérémiades de ceux qui avaient voté Hollande — le chœur des cocus ! Et qui, tout implorants et furieux qu’ils fussent, ont avalé les couleuvres néo-libérales et germanophiles de la Promotion Voltaire. La loi El Khomri, la France à l’encan européen, le communautarisme triomphant, et la réforme du collège. Carton plein.
Un clou chasse l’autre. Le bébé Hollande est arrivé à maturité, et il aggravera la politique de son mentor marionnettiste. Après la Promotion Voltaire, place à la promotion Senghor, qui d’ailleurs n’a pas attendu l’élection du mieux-disant d’entre eux pour s’installer aux postes de commande. Aussi bien sous Sarkozy que sous Hollande — Boris Vallaud, l’époux de celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, est de ceux-là.

 

Je dénie à tous ceux qui ont voté Macron le droit de se plaindre dans les cinq ans à venir.
Je dénie aux profs qui ont voté Macron — obéissant scrupuleusement aux consignes de la FSU, du SGEN et du SU-UNSA — le droit de manifester quand le recrutement sera délégué aux établissements en fonction d’un « projet » défini par les plus pédagos du coin, et qu’ils seront notés par une commission tripartite réunissant administration locale, parents et élèves. Les bonnes notes, dorénavant, vous les mettrez en espérant être à votre tour bien notés.
Je dénie aux jeunes qui ont voté Macron le droit de protester quand ils n’auront plus le choix qu’entre un CDD à temps partiel et la file d’attente de Pôle Emploi.
Je dénie à tous les travailleurs qui ont voté Macron le droit de rouspéter quand le tarif horaire français rejoindra celui des Polonais — au nom de la directive Bolkenstein.
Je dénie à tous ceux qui ont voté Macron le droit de vilipender les extrémistes religieux de l’UOIF qui pourront désormais faire acquérir la nationalité française à Tariq Ramadan — après tout, son frère Hani, l’homme qui justifie la charia en général et la lapidation en particulier, a appelé lu aussi à voter pour le candidat de l’entente cordiale des intérêts bien compris. Ce n’est pas demain qu’il y aura moins de voiles islamiques dans les rues en général et dans les facs en particulier. Sûr que la laïcité y gagnera.
Je dénie à tous les gens de gauche qui ont voté Macron le droit de lui reprocher de faire une politique de droite. Ils l’ont voulu, ils l’ont eu. Comment dit Dorine déjà, dans Tartuffe ? « Vous serez, ma foi, macronisés » — ou à peu près.

« Mais tout se passera sur le front des luttes ! » protestent ces imbéciles heureux. C’est la politique Poutou, qui devrait réviser son petit Marx portatif — et particulièrement Guy Debord. Les médias à sa solde ont constitué Macron en objet de désir, en le divisant en autant de quartiers qu’il y avait de segments de population à conquérir. Onfray l’a merveilleusement analysé le 25 avril dernier sur Public Sénat, expliquant qu’en fait cette présidentielle était une élection à un tour — la pantalonnade de dimanche 7 mai se contente d’entériner le résultat acquis. Oui, ils auraient dû relire ce que Marx explique sur la fétichisation de la marchandise (en l’occurrence la marchandise Macron, parée de toutes les vertus) et ce que Debord pensait d’une société médiatique capable de vendre n’importe quel produit, pourvu qu’il soit assez martelé. Surtout quand le produit concurrent paraît faible.

Mais le produit concurrent, ce n’était pas Marine Le Pen, dont je ne fais pas grand cas ! C’était la souveraineté de la France — déjà cocufiée en 2005, quand la même collusion d’intérêts supra-nationaux a renversé le vote des Français. Péché originel de cette classe politique qui s’est assise sur la volonté populaire.
Les mêmes s’apprêtent à gouverner ensemble : parions que Macron sortira finalement de sa poche un gouvernement de coalition copié sur le principe que Merkel a fait jouer pour asseoir son autorité en Allemagne et étouffer toute opposition. À ceci près que la France n’est pas l’Allemagne, et que les Français ont la tête plus près du bonnet. Mais enfin, avec quelques émissions de télé-réalité et quelques matches de foot, on devrait régler assez facilement les émotions populaires. Relis Marx, Poutou ! Il n’y a pas que la religion, aujourd’hui, qui soit l’opium du peuple. Il y a aussi l’OM et Koh-Lanta.

Au Vème siècle avant J.C., lors de la guerre contre les Volsques, le Sénat promit aux plébéiens d’effacer leurs dettes — et s’empressa d’oublier sa promesse, une fois la première victoire acquise. Il ne fallait pas heurter les banquiers de l’époque. Le peuple vexé se retira sur l’Aventin, l’une des collines de la ville, refusant toute participation ultérieure aux combats. C’est alors que Ménénius Agrippa, envoyé en délégation, improvisa sa fable des membres et de l’estomac — reprise plus tard par La Fontaine — pour les convaincre de revenir sur leur décision de s’abstenir. Parce que l’abstention — ou le vote blanc —, ça compte, n’en déplaise aux commentateurs !

Mais le peuple obtint tout de même l’effacement des dettes, et le droit d’être enfin représenté par des élus qui parleraient en son nom.
Mélenchon, qui connaît l’Histoire, y a sans doute pensé. Son attitude lors du second tour est un retrait — en attendant mieux. C’est digne — et intelligent. Mais les autres, tous les autres, ceux qui sont allés à la pêche aux postes et au retour d’ascenseur, ceux qui ont cru à la théorie de l’épouvantail (je trouve au passage immonde que l’on fasse encore porter à Marine Le Pen les outrances de son père — sans doute parce que c’est une femme, et que l’on persiste à l’imaginer sous influence), tous ceux qui ont voté Macron, quelle excuse ont-ils ? Ils ont offert la République au jeune ambitieux fringant et ils ont cinq ans pour la regarder se faire empapaouter.
On appelle ça du candaulisme… À l’échelle d’une nation, c’est inédit.

Alors, c’est décidé : je me retire sur mon Aventin personnel — et pour longtemps. Je renonce à parler de politique. Je causerai désormais de bons vins, de bons films, de bons livres et de belles personnes — autant me choisir mon propre opium. Et je me permettrai de rire chaque fois qu’un cocu de Macron jurera ses grands dieux qu’il n’avait pas voulu ça.

Jean-Paul Brighelli

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« La bienvenue de l’Europe à Macron : la France dépense trop. Ambiance !! » L’édito de Charles SANNAT . Le 10 mai 2017

10 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #AMERIQUE, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Le fascisme, #Terrorisme

« La bienvenue de l’Europe à Macron : la France dépense trop. Ambiance !! » L’édito de Charles SANNAT . Le 10 mai 2017

« La bienvenue de l’Europe à Macron : la France dépense trop. Ambiance !! » L’édito de Charles SANNAT

 

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je crains fort que ce nouveau quinquennat nous semble long, très long. Alors que j’entends souvent l’expression « après Hollande ça va être dur de faire pire », mon petit doigt me dit que rien n’est moins sûr !

Si certains disent que l’on a touché le fond, il ne faut pas oublier qu’une fois au fond on peut effectivement remonter mais aussi se mettre à creuser, et notre pays semble avoir une furieuse envie de creuser…

Noooon… Je ne fais pas d’anti-macronisme primaire ! Je n’allais même pas accuser ce pauvre bougre qui n’a même pas encore pris officiellement ses fonctions !

Je voulais m’en prendre plutôt à la Commission européenne dont le président Juncker – ce gentil garçon luxembourgeois qui a su assurer la prospérité de son État lilliputien en permettant aux entreprises de tous ses voisins de ne pas payer d’impôts, bref, ce parangon de la vertu budgétaire (surtout avec le pognon des autres et le vôtre en particulier) – vient donc de féliciter le petit père du peuple Macron (béni-soit-son-nom maintenant qu’il est président), et tout aussi sec… hop ! de le mettre en garde !

Manu, t’as plus de sous !

Selon cet article du Figaro, « le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a averti le nouveau chef de l’État des risques auxquels s’exposaient la France si elle ne parvenait pas à maîtriser durablement sa dépense et à réduire son déficit. Le commissaire européen Moscovici a également réagi.

À Bruxelles, l’optimisme aura été de courte durée. À peine Emmanuel Macron élu, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a tenu à l’avertir des risques encourus par la France si le nouveau gouvernement ne parvenait pas à endiguer durablement la croissance de ses dépenses. «Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d’argent et ils dépensent au mauvais endroit», a déclaré Jean-Claude Juncker. «Les Français consacrent entre 53 % et 57 % de leur Produit intérieur brut à leurs budgets publics, compte tenu du niveau relativement élevé de la dette cela ne peut pas fonctionner dans la durée», a ajouté le président de la Commission européenne. Jean-Claude Juncker a estimé que le nouveau chef de l’État français ne pourrait pas compter à sens unique sur la tolérance et la solidarité de ses partenaires européens sur ces questions. «Il appartient aussi aux Français de faire un geste en direction des autres» en faisant les réformes nécessaires a-t-il ainsi déclaré. Le commissaire européen en charge des Affaires économique et financières, Pierre Moscovici, a estimé de son côté que «Macron doit sortir la France de la procédure de déficit excessif». »

Alors… Maintenant que vous avez voté à 65 % officiellement, et 45 % du corps électoral seulement, pour sa sainteté Macronléon 1er bientôt couronné à Reims, vous allez la sentir passer la réforme ! Pensez donc, avec une telle popularité, le jeune prince qu’on sort (c’est un jeu de mot hein), et que nous a sorti le système européiste, va se charger de ramener le déficit de la France sous des niveaux plus acceptables.

50 milliards d’euros d’économie ! Et c’est où qu’on coupe ? Et c’est quels « zimpôts » qu’on augmente ?

Bon, de vous à moi, il n’y a pas de secret : il va évidemment falloir dépenser moins si on veut rester dans l’Europe (d’où justement l’idée d’en sortir) car contrairement à ce que l’on veut faire croire aux gens, s’il y a un coût évident à une sortie de l’euro, il y en a un tout aussi important à un maintien !

Alors nous allons expérimenter la grècification, comme prévu, et pour cela le plan est implacable. Il va falloir choisir quels impôts seront montés car ils seront montés, et quelles dépenses il faudra couper et elles seront coupées !!

Ce qui nous amène au plan machiavélique pour ce faire !

Le gouvernement d’union nationale pour réformer la France à grands coups de trique !

Si Macron veut supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des ménages, il ne faut pas se leurrer : il faudra des sous, si Macron veut embaucher des profs pour que les gamins soient 12 par classe, il faudra payer, de même que pour l’impôt sur les sociétés que Macron veut baisser !

Moi ça m’arrange toutes ces baisses, et je suis pour un prof particulier par gamin. Le problème c’est que parfois, on a plus besoin de vigiles que de profs, sans oublier que cela a un coût. Qui paye ? Où trouve-t-on l’argent ?

Le budget de Macron n’est pour le moment pas équilibré, et personne n’y croit un instant, d’ailleurs l’alpha et l’oméga c’est encore la suppression de postes de fonctionnaires.

Pourquoi pas…

Mais si Macron doit ramener le déficit à moins de 3 %, croyez-moi, cela va commencer à couiner fortement dans les chaumières, d’ailleurs tout le monde couine déjà et Macron, le plus jeune président, mal élu malgré son score de dictateur africain, est déjà en proie au scepticisme syndical, populaire, mais aussi politique.

Les législatives risquent d’accoucher d’une assemblée difficilement gouvernable. Enfin, pour pouvoir diriger par ordonnances, Macron devra tout de même se faire voter les pouvoirs de le faire par une majorité de députés. Est-ce que la majorité socialiste actuelle les lui votera avant de partir ? Macron pourra-t-il diriger ? Rien n’est certain, et le troisième tour social, lui, semble se profiler à grands pas. Pourtant, la grande idée, le grand plan, c’est de réussir à unir la classe politique en dynamitant et sabordant l’ensemble des grands partis afin de mettre en avant une « union sacrée » des démocrates, un gouvernement « d’union nationale » des gentils pro-européens qui nous défendront contre les hordes fascistes qui veulent déferler sur l’Europe.

Face à ce programme, il y a effectivement peu de chance que Manu-le-beau-gosse connaisse un état de grâce quelconque…

Ça promet un quinquennat comme ça !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

 « Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source Le Figaro ici

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WHIRPOOL Amiens délocalisée en Pologne : « Touche ta prime et tais-toi ! » - la concurrence « libre et non faussée », dogme de l’U.E. continue de faire des ravages.

9 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #l'horreur économique, #Le grand banditisme

Publié par El Diablo

capture d'écran France 2

capture d'écran France 2

Whirlpool : un accord pour les salariés

Après deux semaines de grève, les salariés de l'usine Whirlpool d'Amiens ont voté vendredi la reprise du travail. Un accord sur le plan social a été trouvé entre syndicat et direction.

C'est la fin de longues journées de blocage. Vendredi 5 mai, les syndicats de Whirlpool ont signé un accord avec la direction. En trois jours de négociations, ils ont réussi à faire grimper les indemnités de licenciement. Une petite victoire sans réconfort, l'usine fermera quand même en 2018. Les syndicats se sont mis d'accord sur la durée du congé de reclassement et sur des indemnités supplémentaires qui permettront aux plus anciens salariés de toucher jusqu'à 80 000 euros.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Un communiqué de la CGT MÉTALLURGIE :

Pour agrandir le texte, liens ci-dessous:
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De qui Macron est-il le nom? Par Julia Cerisi

6 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #Le fascisme, #l'horreur économique

De qui Macron est-il le nom? Par Julia Cerisi

Ahahah ! Les medias jubilent : de bout en bout ils ont pianoté sur l'électorat , montant un curseur ici, descendant une voix par là, pilotant avec dextérité l'opinion publique,qui, on le sait, depuis l'étude d'Etienne Chouard sur l'élection de 2012 ,est corrélée à 98% aux temps de passage télé. Donc, sur les plateaux ,un candidat est bien reçu ou adulé quand on veut faire monter le curseur, mais sitôt le score maximum autorisé , on déclenche l'orage et la foudre s'abat sur le candidat; on l'a vu avec Jean-Luc Melenchon, après une période de paix angélique et attentive, le voilà tout soudain accusé d'être Chavez/ Poutine / Castro et autres diableries . Mais nous sommes au deuxième tour, et il est nécessaire de faire gagner Macron, candidat adoubé des multinationales, des banques, de Jean-Claude Juncker et de Tata Merkel , et même, suprême transcendance , voix divine descendue du ciel , de Barack Obama : votez Macronne ,

et vive la France !
Sur cet artistique equalizeur médiatique, il faut également baisser le curseur de la blonde, et sur elle déclencher l'orage, la dépeindre en noire Madone diabolique, car 20% d'écart ne suffit pas, il faut qu'en grande pompe "Macronne" soit sacré ROI ! Et tout le bon peuple de voter la bouche en coeur pour la Sainte blancheur de l'Ange, en réalité pourfendeur du contrat de travail, chantre de la précarité et futur sabreur des retraites - bien sûr, ça fait plaisir à la Commission, le grand Mammamouchi Juncker sera content, et la GOPE satisfaite.
L'oligarchie et ses fortunes ont un bel avenir, et vous petits Français la bouche en coeur ,vous aurez été pilotés d'un bout à l'autre par le dosage savant des curseurs médiatiques. Ainsi va la saga de l'élection.
 
Amen.
Julia, 06.05.2017
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La Commission européenne engage une procédure d’infraction contre l’Autriche pour des mesures anti-dumping social. Par Laurent Dauré dans le journal "RUPTURES".

6 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #l'horreur économique

La Commission européenne engage une procédure d’infraction contre l’Autriche pour des mesures anti-dumping social. Par Laurent Dauré dans le journal "RUPTURES".

RUPTURES N°65 N° du 26 avril 2017 S'ABONNER
AU MENSUEL
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Dans un communiqué de presse daté du 27 avril, la Commission européenne a annoncé qu’elle engageait le même jour « une procédure d’infraction contre l’Autriche concernant l’application de la loi autrichienne visant à lutter contre le dumping social et salarial dans le secteur du transport routier ».

Vous avez bien lu, Vienne est poursuivi pour avoir mis en place des mesures protectrices, la Commission estimant que « cette pratique limite le marché intérieur de l’UE de manière disproportionnée ».

Voici comment l’institution suprême de l’UE justifie la procédure d’infraction : « Tout en soutenant pleinement le principe du salaire minimum national, la Commission estime que l’application de la législation autrichienne à toutes les opérations de transport international comportant un chargement et/ou déchargement effectué sur le territoire autrichien constitue une restriction disproportionnée à la libre prestation de services ainsi qu’à la libre circulation des marchandises. »

Le 31 janvier dernier, les ministres des Transports de neuf pays de l’UE (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, France, Italie, Luxembourg, Norvège et Suède) avaient signé une « alliance du routier » pour tenter de lutter contre la concurrence déloyale dans le secteur. Dans le viseur, des États comme la Pologne, la Bulgarie ou la Lituanie, dont les normes sociales et salariales basses font pression sur la rémunération et les conditions de travail des conducteurs de l’Ouest (notamment en ce qui concerne les temps de conduite et de repos). Varsovie, soutenu par dix autres pays, avait protesté contre les « règles disproportionnées » imposées par la France et l’Allemagne en matière de salaire minimum. La Commission leur avait donné raison.

Alain Vidalies, le secrétaire d’État aux Transports, avait motivé ainsi l’initiative commune anti-dumping : « Si nous ne faisons rien, les réactions seront nationales et nous n’en voulons pas. L’Europe ne se construit pas sur la loi de la jungle et le dumping social. Cela nourrit le populisme. » Toujours l’argument de la montée du « populisme » et des risques que celle-ci fait peser sur la précieuse construction européenne…

En juin 2016, la Commission avait ouvert une procédure d’infraction contre la France, comme elle l’avait fait contre l’Allemagne en 2015. Les procédures sont toujours en cours. Les professions de foi européenne ne paient décidément pas. Le ministre allemand des Transports, Alexander Dobrindt, avait plaidé : « On nous a reproché le protectionnisme. Ce n’est pas fondé. » C’est aujourd’hui au tour de l’Autriche de goûter au bâton bruxellois.

Comment les réformateurs – plus ou moins sincères – de l’UE espèrent-ils contraindre onze pays membres de l’UE, soutenus par la Commission, à renoncer aux avantages que leur procure la dérégulation dans le secteur du transport routier ?

La Commission, comme les traités le lui permettent, s’ingère donc dans les affaires intérieures d’un État, exigeant un changement de législation. Vienne, qui essaie simplement de protéger les chauffeurs routiers (autrichiens mais pas seulement) contre la pression salariale et sociale à la baisse qu’impose la libre circulation des services et des marchandises, se voit sèchement rappeler à l’ordre par Bruxelles.

Le maître remet les subordonnés à leur place, violence symbolique que le langage bureaucratique a tendance à euphémiser : « après un échange d’informations avec les autorités autrichiennes et une analyse juridique approfondie des mesures prises par l’Autriche, la Commission a décidé aujourd’hui d’adresser à cette dernière une lettre de mise en demeure. Cette lettre constitue la première étape de la procédure d’infraction. Les autorités autrichiennes ont maintenant deux mois pour répondre aux arguments présentés par la Commission dans sa lettre de mise en demeure. »

Le communiqué de presse a le mérite d’exposer la réalité crue du fonctionnement de l’UE : « en tant que gardienne des traités, [la Commission] doit […] veiller à ce que l’application des mesures nationales soit parfaitement compatible avec le droit de l’UE, et tout particulièrement la directive sur le détachement des travailleurs (directive 96/71/CE), l’acquis en matière de transports, les libertés garanties par les traités et notamment le principe de libre circulation des services et des marchandises, ainsi que le principe de proportionnalité. »

Les quatre piliers de la libre circulation (capitaux, marchandises, services et main-d’œuvre) sont non négociables quand on appartient à l’Union européenne. En fait, ils sont l’Union européenne. Ils font partie de ce qu’on appelle « l’acquis communautaire », l’effet cliquet auquel recourt la construction européenne depuis ses débuts garantit qu’aucune entorse majeure au dogme néolibéral ne soit possible. Accepter de rester dans le cadre de l’UE, c’est nécessairement accepter la quadruple libre circulation et ses conséquences sociales.

Une modification significative des traités européens réclamant l’unanimité des États membres (cf. l’article 48 du TUE), on en conclut aisément que tous les projets d’ « autre Europe » sont condamnés à l’échec. En effet, comment les réformateurs – plus ou moins sincères – espèrent-ils, dans le cas présent, contraindre onze pays membres de l’UE, soutenus par la Commission, à renoncer aux avantages que leur procure la dérégulation dans le secteur du transport routier ?

Laurent Dauré

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"il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens" Junker

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L’horreur Macron. Par Jacques Sapir

6 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique

L’horreur Macron. Par Jacques Sapir

Sécessions

Cette campagne électorale se termine. Elle fut révélatrice, dans le comportement d’une certaine presse, de ce que la société française a de plus hideux. Le résultat de l’élection présidentielle ne fait désormais guère de doutes. M. Emmanuel Macron sera, selon toutes probabilités, élu le 7 mai au soir. Mais, cette campagne va laisser des traces profondes. Le pays est profondément divisé et n’arrivera pas à s’unir sous ce nouveau Président. Des pans entiers de la population sont entrés, ou sont sur le point d’entrer, en sécession. Christophe Guilluy a d’ailleurs bien analysé le désastre de cette bien-pensance soi-disant antifasciste qui ne sert que de couverture aux intérêts des puissants[1].

 

L’horreur Macron

Les deux candidats portent une responsabilité évidente dans cet état de fait. M. Emmanuel Macron, tout d’abord, qui par son arrogance combinée à son insignifiance, s’avère être un produit de ce que l’on appelle le « système », vendu aux électeurs comme l’on vend un paquet de lessive (selon Michel Onfray) ou une pâtisserie trop grasse et trop sucrée, aux consommateurs dans un supermarché. Il a porté très haut la barre de l’indécence en matière de récupération mémorielle, et durablement endommagé la mémoire historique qu’il convient de préserver. Son erreur sur le chômage de masse lors du débat du 3 mai à la télévision est en réalité exemplaire. En prétendant que la France est la seule touchée par le « chômage de masse », en oubliant la situation de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie, du Portugal, il dévoile en réalité sa pensée. Ces pays ne sont plus considérés comme frappés par le chômage, parce qu’ils ont mis en place, que ce soit volontairement ou contraints et forcés, des politiques de « réforme du marché du travail ». Que ces politiques aggravent en réalité la situation à laquelle elles étaient censées remédier constitue l’erreur de fond que recouvre cette erreur de forme.

Sur le fond donc, tout a été dit de ce que représente le projet d’Emmanuel Macron, sa soumission profonde au néo-libéralisme et au culte de l’Union européenne, ses aspects rétrogrades sous des masques faussement modernes. Cet homme est bien le produit, comme l’a rappelé Aude Lancelin, d’un putsch silencieux du CAC-40, même si Aude Lancelin ne décrit que très imparfaitement les mécanismes et les ressorts de ce putsch[2]. Autour de lui se rassemblent tous les politiciens qui ont échoué depuis ces vingt ou ces trente dernières années. Il a été incapable d’entendre ce que lui disaient les français qu’il a rencontrés. Muré dans ses certitudes, droit dans ses bottes comme le veut l’expression, ce Président par défaut qui s’annonce sera un profond facteur de division et une cause de sécessions parmi les français. Comme le dit et l’écrit François Ruffin il sera haï à peine que d’être élu et ne bénéficiera d’aucun état de grâce[3].

 

L(’ir)responsabilité de Marine le Penn

Mais, Mme Marine le Pen porte aussi une grande part de responsabilité dans cette situation. Elle s’est révélée incapable de porter son programme, et ce quelles que soient les critiques que l’on pouvait y faire par ailleurs. Ce programme avait une cohérence et, par ses revirements de dernière minute, elle a contribué à la brouiller. Elle dit avoir écouté les économistes sur de nombreuses questions, de l’Euro à la mondialisation, mais à l’évidence elle ne les a pas entendus ni compris. Ses différents changements de pieds en fin de campagne, de l’Euro justement à l’âge de la retraite ont été désastreux. Cela montre, au mieux, un très grand amateurisme dans le traitement de ces sujets qui sont pourtant des questions essentielles pour la France et les français. Au pire, cela révèle une attitude instrumentaliste quant ces sujets et, plus globalement, quant à la question économique et sociale. Son style pugnace s’est transformé en une agressivité sans borne. Tout cela ne fait pas d’elle, contrairement à ce que prétend une bien-pensance imbécile, une « fasciste », et ne justifie nullement l’appel à faire « barrage » contre elle. J’ai dit, dans une précédente note[4], ce qu’il fallait penser de tout cela. Néanmoins, elle s’est avérée être le meilleur ennemi des idées qu’elle prétendait porter. Si elle ne réfléchit pas à cela, et si elle n’en tire pas les leçons, elle est perdue. Or, la désespérance que cela peut induire est susceptible de faire le jeu de politiques qui elles seront ouvertement condamnables et autrement plus radicales et dangereuses.

 

Sécessions politiques

Tout cela met en place une segmentation politique et culturelle profonde des français. On voit bien que les partisans d’Emmanuel Macron et ceux de Marine le Pen n’habitent plus le même pays. Ils habitent des pays différents géographiquement tout d’abord, avec la distinction entre France « périphérique » et France de la métropolisation. Mais ils habitent aussi des pays différents en matière de références culturelles et sociales. Cette sécession est d’une extraordinaire gravité. Quant on n’a plus de mots en commun, la porte est ouverte à la guerre civile.

Cette sécession n’est pas la seule. Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, du moins une large fraction d’entre eux qui se prononce contre le vote Macron, s’orientent vers une autre forme de sécession. La manière dont cet électorat a été méprisé, diffamé, menacé pour qu’il rejoigne la coalition macroniste restera l’un des grands scandales et l’une des grandes hontes de cette élection. Surtout, cette campagne hystérique et haineuse, cette campagne que j’avais dénoncée sur ce même carnet[5], va pousser ceux qui se définissent eux mêmes comme des « Insoumis » vers la sécession vis-à-vis du système politique. Ce ne sont pas les risibles manœuvres de la 11ème heure d’un PCF agonisant, manœuvres dénoncées par Mélenchon lui même, qui pourront l’empêcher[6]. Il est probable que ces manœuvres, et d’autres, vont se multiplier durant la campagne pour les élections législatives de juin. On en comprend l’objectif : priver les « Insoumis » du nombre de députés auquel leur nombre numérique leur donnerait droit. Si ce scénario se mettait en place, alors la sécession des « Insoumis » deviendrait une réalité avec ce qu’un tel processus, venant s’ajouter aux sécessions précédentes, porterait en lui comme menaces de montée de la violence, mais aussi dans la violence. Les phrases finales de François Ruffin dans sa tribune pour le journal Le Monde sont très claires sur ce point.

Le désespoir de s’être vu « voler » l’élection par le système qui impose dans les faits un président dont beaucoup ne veulent pas est gros de ruptures futures. L’arrogance très probable à laquelle on doit s’attendre si Emmanuel Macron est élu va démultiplier ce désespoir. Il est toujours dangereux d’acculer deux fractions des français au désespoir, chose qu’ignorent superbement Emmanuel Macron et ses soutiens, dont le calamiteux François Hollande. Ces gens portent potentiellement la responsabilité d’ouvrir les portes à la guerre civile.

 

La sécession silencieuse

Mais, il y a une quatrième sécession, elle silencieuse, qui se produit dans le même temps. De plus en plus de jeunes français issus de l’immigration et de confession musulmane rejettent les principes d’égalité qui fondent la République. Nous sommes ici aussi en face d’un processus de sécession, d’autant plus grave qu’il est toléré, par clientélisme électoral ou par volonté de faire régner le calme, par des politiques de tous bords[7]. Cette sécession se manifeste dans l’exclusion de plus en plus grande des femmes de la sphère publique, dans la déscolarisation des enfants et la constitution de réseaux alternatifs et non contrôlés d’enseignement.

Or, ceci est d’une gravité extrême, qui dépasse le danger direct du terrorisme et du salafisme. Le lent et silencieux grignotage de la laïcité par les organisations « faux nez » ou proches des Frères Musulmans pose un problème redoutable pour la sphère politique française. On a publié il y a quelques semaines le texte de Jérôme Maucourant à ce sujet[8]. Le problème est d’une autre gravité que l’hystérie dite « anti-fasciste » qui s’est emparée d’une partie des esprits et de la quasi-totalité de la presse, à l’occasion de cette élection présidentielle. Nous voici confrontés donc à une autre forme de sécession, et celle-ci, il est à craindre, encore plus irréconciliable que les trois autres.

Si l’on veut parler de peuple, et sans le peuple il ne peut y avoir de souveraineté, alors s’impose l’importante distinction que l’on doit faire entre le peuple « ethnique » et le peuple « politique ». J’y ai consacré des pages entières dans le livre que j’ai publié en 2016, Souveraineté, Démocratie, Laïcité[9], un livre dont l’actualité se charge, hélas, de nous rappeler l’importance du propos. On ne peut penser la Démocratie sans penser en même temps la Souveraineté, et que cette dernière implique et impose la Laïcité. Nous ne disons pas autre chose avec Bernard Bourdin dans le récent livre que nous venons de publier[10]. Il ne peut y avoir d’individus libres que dans une société libre. La souveraineté définit aussi cette liberté de décider qui caractérise les communautés politiques que sont les peuples à travers le cadre de la Nation et de l’Etat. Encore faut-il savoir ce qui fait société. Encore faut-il comprendre ce qui constitue un « peuple », et faut-il comprendre que quand nous parlons d’un « peuple » nous ne parlons pas d’une communauté, qu’elle soit ethnique ou religieuse, mais de cette communauté politique d’individus rassemblés qui prend son avenir en mains. Tel est le peuple auquel parle les politiques qui font réellement leur travail, et non ceux qui, comme Emmanuel Macron, sont promus comme un paquet de lessive.

 

 

Cette élection semble jouée. Cette élection a surtout été volée aux électeurs, par la combinaison de la volonté consciente et organisée des uns, par l’irresponsabilité des autres. Mais, elle ne réglera rien, ne tranchera rien. Au contraire, son résultat probable, précipitant des fractures antérieures, risque – et l’on espère ici de tout cœur se tromper – de faire basculer la France dans un avenir fort sombre.

 

Notes

[1] Guilluy C., « La posture anti-fasciste de supériorité morale de la France d’en haut permet en réalité de disqualifier tout diagnostic social » http://www.atlantico.fr/decryptage/christophe-guilluy-posture-anti-fasciste-superiorite-morale-france-en-haut-permet-en-realite-disqualifier-tout-diagnostic-social-3031677.html#CiyKyhEAzGD6UQfU.99

[2] De Castelnau R., http://www.vududroit.com/2017/05/presidentielle-sortir-machoires-piege/

[3] http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/04/francois-ruffin-lettre-ouverte-a-un-futur-president-deja-hai_5122151_3232.html

[4] Voir « Mélenchon, la meute et la dignité », note publiée le 28 avril, https://russeurope.hypotheses.org/5948

[5] Idem.

[6] http://www.lefigaro.fr/politique/2017/05/04/01002-20170504ARTFIG00231-legislatives-la-france-insoumise-va-poursuivre-les-communistes-qui-se-reclament-de-melenchon.php

[7] Voir Pina C., Silence Coupable, Paris, Kéro, 2016. Voir aussi la recension de cet ouvrage sur ce carnet : Les salafistes et la République (recension de « Silence Coupable »), http://russeurope.hypotheses.org/4909

[8] https://russeurope.hypotheses.org/5892

[9] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Editions Michalon, 2016.

[10] Bourdin B. et Sapir J., Souveraineté, Nation, Religion, Paris, Editions du Cerf, 2017.

russeurope.hypotheses.org/author/russeurope

 
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