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Le blog de Lucien PONS

l'islamisme

Les preuves du financement saoudien de l’islamisation de l’université par l’UOIF : Enquête. Le club Médiapart.

1 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #l'islamisme

Les preuves du financement saoudien de l’islamisation de l’université par l’UOIF : Enquête
Les sujets de l’islamisation de l’université, financée hier par des saoudiens, sont devenus aujourd’hui des acteurs de l’islamisation de la jeunesse dans des établissements privés, avec l’aide du Qatar et aussi avec l’argent du contribuable.La stratégie d’islamisation secrète, depuis plus de 30 ans, en phase avec l’agenda de conquête de la frérosalafiste internationale, est toujours en marche !
 

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Avant-propos 

L’UOIF[1] truste aujourd’hui des financements qataris[2] pour son projet d’islamisation de la jeunesse française, dans des établissements scolaires privés, fédérés au sein de la FNEM (Fédération Nationale de l’Enseignement privé Musulman). La même UOIF était financée par des fonds saoudiens pour islamiser l’université française et former ses futurs cadres selon les standards des Frères Musulmans. Des étudiants des années 1990, fruits de cette islamisation par l’argent saoudien, sont devenus de hauts responsables au sein de la mouvance islamiste, à l’échelle européenne, nationale, régionale et locale. D’autres sont devenus dirigeants et enseignants au sein d’établissements scolaires privés, payés à chaque fin de mois par les deniers publics. Ce billet apporte des preuves matérielles de ce financement saoudien et dévoile, pour la première fois, le contenu exact d’un projet d’islamisation de la société, datant de 1995, depuis l’université française.

Sayyid Qotb et sa "base" solide 

Les premiers Frères Musulmans de l’hexagone ne sont pas nés français. Pour la majorité, ils sont venus des pays arabes - Tunisie, Egypte, Syrie, Algérie, Maroc, Soudan, Palestine, Pakistan, Irak, etc. - poursuivre leurs études dans différentes universités françaises. Ils ont acquis la nationalité, quelques années plus tard, par voie de naturalisation, souvent après mariage avec des femmes françaises musulmanes. Dès leur installation en France, ils ont répandu leur idéologie islamiste dans des mosquées, des salles de prière et dans des campus universitaires.

Dans chaque grande ville universitaire, il y avait des cellules fréristes faisant de la prédication islamiste leur cheval de bataille pour se constituer une « base » solide ; agrandir les rangs ; attirer de nouveaux adeptes et gagner en visibilité. L’islam, ses lieux de culte, ses festivités et sa pratique ont servi de principaux leviers de diffusion et de captation idéologique.

En parallèle, les frères s’accaparaient progressivement de nouveaux « territoires » et avaient mis en place un tissu associatif communicant, à l’échelle locale comme à l’échelle nationale, européenne et mondiale, pour assurer le financement et gérer, au mieux, le quotidien islamiste local en phase avec le projet global du Tanzim international.

En 1983, l’UOIF fut créée. En 1989, la FOIE[3] a vu le jour. En 1990, l’IESH[4] s’est constitué un territoire privé de 110.000 m², servant à l’endoctrinement idéologique, de toutes les ressources humaines européennes, à Château-Chinon au cœur de la France[5]. Cependant, l’organisation la plus influente, à cette époque, dans ce processus d’islamisation et de constitution de la « base solide » nécessaire pour le projet Tamkine[6] des Frères Musulmans était l’organisation étudiante l’UISEF[7], créée en 1989. Cette organisation existe toujours. Depuis 1996, elle s’appelle EMF[8].  Le « IS » d’ISlamique dans UISEF fut remplacé par le « M » de Musulmans dans EMF, créant ainsi l’amalgame volontaire entre « islamisme » et « islam » ; entre « islamistes » et « musulmans ».

 

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L’UISEF fut constituée, progressivement, à partir de cellules étudiantes actives aux universités de Bordeaux, Limoges, Nancy, Grenoble, Lille, Besançon, Toulouse, etc. Chacune d’elles était animée par des frères musulmans. L’objet étant de se constituer un noyau dur, une « base » islamiste solide, comme le préconise l’idéologue Sayyid Qotb et avant lui Hassan Al-Banna. Dans une lettre adressée aux membres du 5ème congrès national de l’UISEF à Grenoble, en juin 1993, Fouad Alaoui[9], alors président disait : « Je me permets de rappeler à chacun l’essence de notre association à savoir : L’étudiant musulman et l’étudiante musulmane dont le rapport avec leur Créateur doit être d’un haut niveau de piété et de sincérité dans l’œuvre. C’est dans ce sens que je demande à chacun d’entre vous de veiller à la présence de ces deux vertus qui, sans elles, notre association serait sans âme et manquerait de la BASE nécessaire à son élan ». Base ?

En effet, l’expression « base » - en arabe Qaïda (قاعدة) - est, comme le Tamkine[10], un concept idéologique utilisé dans les écrits de l’idéologue Sayyid Qotb[11]. Ce même terme est utilisé par Al-Qaïda pour désigner son organisation terroriste internationale. L’idéologue frériste considère que la création d’un état islamique, sur un territoire, a un préalable éducatif, idéologique et organique majeur. Celui de se constituer d’abord une base humaine solide, composée de frères et sœurs, hautement endoctrinés et convaincus par l’idée de créer cet état et prêts à tout sacrifier, y compris la vie, pour le concrétiser et le défendre. L’idée de l’état islamique étant ainsi inséparable de la force : Le Coran est inséparable des deux sabres dans l’emblème de la mouvance.

 

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Sayyid Qotb cite l’exemple du prophète Mohammed et sa réussite à se constituer à la Mecque une « base » humaine de compagnons convaincus, avant d’immigrer et de s’établir à Médine, son nouveau territoire, pour y instituer le premier état islamique conquérant selon l’interprétation politique de cet idéologue frériste. Fouad Alaoui disait : « Notre association serait sans âme et manquerait de la base nécessaire à son élan » : une évidence !

L’UISEF, une branche agitée de l’arbre islamiste mondial

Au-delà de la sémantique utilisée, cette organisation menait de réelles activités de prédication islamiste et d’endoctrinement en milieu étudiant. Des rapports internes montrent une variété d’activités mais à but unique : gestion des salles de prières ; prêches de vendredis ; fêtes religieuses ; conférences ; projections de cassettes vidéos ; cours de langue arabe ; tournois sportifs ; sorties et voyages ; cercles religieuses (Halaquates) ; édition de bulletins d’information ; banque alimentaire ; élections universitaires ; etc. Une diversité d’activités pour une unicité de but. Des actions locales pour une projection globale. L’UISEF avait les mains et les pieds dans les campus français. Son cœur bâtait pour un rêve islamiste. Son esprit glissait ailleurs !

L’UISEF était le bras étudiant des frères musulmans de l’UOIF, comme l’est aujourd’hui l’association EMF. Au-delà de cette affiliation idéologique hexagonale, et depuis sa création, l’UISEF a développé une autre dimension européenne et internationale. Au début des années 1990, deux représentants de son bureau national avaient participé au congrès mondial de l’IIFSO[12] qui s’est tenu à Khartoum au Soudan, après le coup d’état des islamistes de 1989, intronisant le pourvoir d’Omar El-Béchir[13] et établissant la charia islamique.

 

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Dans ce congrès mondial, Fouad Alaoui a été élu représentant de l’IIFSO en Europe. L’UISEF avait participé aussi à un séminaire de formation organisé par la même IIFSO en Turquie. Un rapport du conseil national de 1995 démontre que l’UISEF examinait la possibilité d’adhérer à l’organisation internationale saoudienne WAMY[14]. Quelques années plus tard, son activisme islamiste européen a favorisé la création de l’organisation frériste européenne FEMYSO[15], s’occupant des jeunes et des étudiants.  L’UISEF tissait des liens avec l’association indienne l’AEIF[16] et d’autres organisations étudiantes islamistes pakistanaises[17], mauritaniennes[18] et autres.

 

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Il était une fois une gauche laïque et veilleuse

Son activisme islamiste au sein des campus ne plaisait pas aux syndicats étudiants de gauche, lorsque les gauches veillaient à l’esprit républicain et dénonçaient le communautarisme et les entraves à la laïcité. A Lille, les veillés spirituelles, les halaquates, les conférences d’Hassan Iquioussen, les mobilisations de soutien à la question palestinienne et à la Bosnie-Herzégovine, provoquaient l’indignation de l’UNEF[19]. A Besançon, le 31 mai 1995, trois syndicats[20] de gauche, en plus de l’UNEF, avait distribué un tract dénonçant, je cite les : « Pressions intégristes à l’université ». On y lit :

« Certains veulent imposer leur norme vestimentaire (ni shorts, ni mini-jupes, ni vêtements moulants, par contre le port du voile est vivement conseillé). Ces pratiques dénotent une volonté de pression morale et idéologique que confirment des invitations pressantes à assister à des conférences ou à des projections vidéo dont la neutralité n’est pas la première qualité. Parfois aussi des menaces sont proférées. Certaines organisations, en particulier l’UISEF (Union Islamique des Etudiants de France) usent de ces pratiques de plus en plus fréquemment. Se masquant derrière un paravent culturel, ces associations ont une réelle volonté totalitaire. Vous avez le droit de ne pas être d’accord. D’autres organisations et des personnes sont là pour vous aider … » !

 

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Lorsque ce tract fut distribué, la section UISEF-Besançon était montée au créneau, dénonçant un « tract diffamatoire »  et exigeant aux syndicats éditeurs des explications et des excuses. Une correspondance écrite, datant du 1 juin 1995, adressée au bureau national de l’UISEF, avait rendu compte de ce tract et expliqué à l’instance nationale la stratégie de réponse.

L’on apprend que les membres de la cellule islamiste bisontine se sont partagés les rôles d’une réponse à trois piliers : analyse ; diplomatie et pressions. Ils ont exigés un démenti, un « contre-tract », et avait menacé les syndicats de gauche d’un procès pour diffamation. Le jihad des tribunaux ne date pas d’aujourd’hui. Les syndicats ne voulaient pas reculer. L’UISEF-Besançon n’a pas porté plainte. Les mais elle a continué son travail de prédication frériste.

Depuis, l’islamisme a bel et bien avancé, en restant fidèle à ses desseins à visée lointaine. La gauche s’est beaucoup transformée. Elle est gravement divisée au sujet de la laïcité. L’unité d’hier face à l’islamise n’est plus. Celui-ci marque des points en plaçant des pions au sein même de la Ligue de l’enseignement[21].  La crise actuelle de l’Observatoire de la Laïcité en est un symptôme majeur. Mais lorsque que l’on sait que son actuel président, Jean-Louis Bianco, a été reçu par le guide-suprême des Frères Musulmans[22], en personne, en Egypte le 31 janvier 2012, l’on est tenté de dire : Ceci explique cela !

 

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Les frères musulmans, ces grands stratèges

Les syndicats de gauche à Besançon avaient crié au loup. Et le loup y était. Mais le loup avançait masqué. Un versant visible, se présentant comme syndicat étudiant. Et un autre invisible, avançant telle une rafle islamiste, emportant dans son filet des étudiants étrangers et français musulmans, pour les transformer en islamistes sournois, selon les standards d’Hassan Al-Banna. Pour cela, l’UISEF sortait dès sa création la grosse artillerie et engageait des chefs de fil idéologiques et stratégiques, de niveau mondial et européen.

J’en cite trois exemples :

Premièrement, en avril 1993, l’UISEF organisa son premier séminaire national de formation à l’IESH à Château-Chinon - tout un symbole ! - sous le slogan : « Pour un rendement meilleur ». Plus de 60 étudiants étrangers et arabophones, administrateurs dans différentes sections, avaient bénéficié de cette formation. En juin 1993, l’UISEF prévoyait l’organisation d’un deuxième séminaire de formation réservé, cette fois-ci, aux étudiants et lycéens francophones. Les principaux objectifs n’avaient rien de religieux. Ils visaient l’acquisition de compétences dans le domaine de l’administration afin de développer et de mieux orienter les capacités de l’étudiant islamiste pour mieux intégrer la pensée stratégique.

Les thèmes abordés portaient sur : « Les principes de la planification » ; « l’administration et l’évaluation » ; « la prise, l’exécution et le suivi des décisions » ; « la planification stratégique » et « la gestion selon les objectifs » !

L’UISEF avait fait appel, entre autres intervenants, à Hisham Yahya Al-Talib[23], un grand stratège frère musulman irakien, mondialement reconnu au sein de la frérosphère planétaire, installé en Virginie,  représentant à cette époque l’IIIT[24] depuis les Etats-Unis et qui fut secrétaire générale de l’organisation étudiante internationale IIFSO dans les années 1970. Ce même frère, était reçu en mars 2012,  à la Maison Blanche[25], par l’administration de Barak Obama, trois mois avant l’élection du frère Mohamed Morsi, comme président de l’Egypte.

Deuxièmement, l’UISEF avait intégré officiellement le frère Tariq Ramadan dans son conseil national. En effet, dans le rapport du CN qui s’est tenu à Grenoble le 24 avril 1995, il est écrit : « Conformément aux statuts de l’UISEF, le CN devra nommer une personnalité extérieure afin de se compléter. Le BEN propose que ce soit M. Tariq Ramadan pour son engagement dans l’action de l’UISEF. Une discussion a eu lieu : Est-ce que M. Ramadan est disponible pour assister aux réunions du CN ? L’image de M. Ramadan est celle d’un intellectuel musulman indépendant, n’est-il pas plus judicieux de la lui laisser ? Il a été expliqué que M. T. Ramadan n’a pas vu d’objection quand cette proposition lui a été faite, de plus, étant membre du CN ne signifie nullement une affiliation ou un quelconque étiquetage. Le CN est par suite passé au vote : 14 voix pour et 3 abstentions » !

 

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Tariq Ramadan avait intégré, organiquement, l’instance nationale de l’UISEF, durant une période, où il a su profiter de son tissu associatif universitaire pour professer sa parole islamiste dans les amphithéâtres, placer ses pions dans des réseaux de gauche, jusque là inaccessibles. Son image de petit-fils d’Hassan Al-Banna servait le marketing islamiste jusqu’à ce que l’UOIF ordonne à sa branche étudiante de limiter sa présence, pour pure raison politicienne, liée à la course vers la représentativité au sein du CFCM[26], au début des années 2000. L’image de Tariq Ramadan n’arrangeait plus trop les calculs de la direction de l’UOIF, au moins publiquement. Tariq Ramadan fit sorti par la porte. Mais l’UOIF lui a ouvert, ensuite, toutes les fenêtres pour revenir, quand il veut, discrètement ou en grande pompe !

Troisièmement, bien qu’elle continue à bercer les acteurs universitaires, en se présentant publiquement, en français, comme une « vivacité culturelle d’écoute sociale et de présence syndicale »[27], l’autre versant de l’UISEF tenait un autre discours, en arabe, assurément islamiste et en phase totale avec les projets et projections des frères musulmans et de leurs financiers. Ci-après, je traduis de l’arabe, pour la première fois, l’intégralité d’un projet intitulé « Exégèse du Saint Coran » dans le cadre du programme « Appel à Allah », conduit par l’UISEF, datant de 1995.

L’UISEF et son projet d’appel à Allah 

Ce projet, écrit en arabe, est contenu dans trois pages A4 : Une page de garde et deux pages de présentation des détails : introduction ; nom du projet ; son descriptif ; ses objectifs ; son budget et les coordonnées de l’UISEF Bordeaux.

La page de garde (Cf. le scanne ci-après) contient les informations suivantes, je traduis :

« Le programme : L’appel à Allah

Le projet : Exégèse du Saint Coran

Lieu géographique : France

Organisme exécutif : Union Islamique des Etudiants de France, département Prédication et Culture, section de Bordeaux. UISEF BP 82, 33402 Talence Cedex France

Année : 1995 »

 

 

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Les deux autres pages contiennent les paragraphes suivants (Cf. le scanne ci-après), je traduis :

« Introduction :

Les statistiques indiquent que le nombre de musulmans en France s’élève à cinq millions de personnes reparties sous quatre catégories distinctes :

1- Les musulmans venant des pays arabes, pour poursuivre leurs études ou à la recherche de travail ou de sécurité. La plupart d’entre eux connaissent la langue arabe et l’islam.

2- Les musulmans venant des pays non-arabes. Pour la plupart d’entre eux, ils sont des turcs, des africains et des asiatiques. Cette catégorie n’a qu’une faible connaissance de la langue du Coran.

3- Les musulmans d’origines européenne ou française. Ceux-là se sont convertis à l’islam après l’avoir connu et étudié. Cependant, leur connaissance de la langue arabe est presque insignifiante et leur connaissance de l’islam demeure faible.

4- Les enfants issus de familles musulmanes et qui sont nés et élevés au sein de la société française. Ceux-là sont la cible de tous les courants matérialistes et laïques. Contre cette catégorie, plusieurs plans effrayants prémédités sont mis en exécution afin de leur arracher leur identité personnelle et les détourner de leur religion.

Ainsi, à partir de cette présentation brève et simplifiée de ces quatre catégories, il apparaît que les trois dernières ont un rapport très faible avec le Coran, à cause de leur très faible culture islamique et de leur très faible niveau en langue arabe. Ils ne peuvent donc pas apprendre directement du Coran.

Partant de l’obligation religieuse d’appeler à Allah, l’union islamique des étudiants de France s’est chargée de la mission d’éditer une série de cassettes audio et vidéo, présentant une exégèse simplifiée, et en langue française, du Livre d’Allah.

Nom du projet :

Projet d’exégèse du Saint Coran, en langue française, par le biais de cassettes audio et vidéo.

Description du projet :

 Le projet comporte l’édition de 30 cassettes audio et vidéo qui traitent les axes suivants :

1- Le dogme islamique ;

2- La globalité de l’islam (al-Choumouliya) ;

3- Biographies des prophètes et messagers ;

4- Vision coranique de la vie et de l’univers.

Le contenu des cassettes est sous forme de conférences d’exégèses, intégrant quelques images et argumentaires pour appuyer le sens.

 
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Objectifs du projet :

1- Présentation en français d’une exégèse simplifiée du Saint Coran, destinée aux non-arabophones (français, turcs, africains, asiatiques) ;

2- Présentation d’une exégèse adaptée à celui qui veut connaître l’islam parmi les non-musulmans ;

3- Soutien à la jeunesse musulmane, née en France, assoiffée de religion pour l’aider à comprendre le contenu du Saint Coran, par le moyen d’une exégèse en phase avec sa culture et répondant à ses interrogations.

Budget du projet :

1- Equipement d’enregistrement audio et vidéo :                              6.000 $

2- Aide aux techniciens et responsables du projet :                           1.000 $

3- Divers (électricité, enveloppes, cassettes) :                        1.000 $

                                                                                              Total : 8.000 $

Union Islamique des Etudiants de France - Section de Bordeaux - U.IS.E.F

BP 89  33402 Talence - France. Tél & Fax : (33) 56 312 314 » Fin de traduction.

 

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Et l’UOIF demanda de l’argent aux saoudiens   

Pour réaliser ce projet, l’UISEF avait besoin de fonds. Un total de 8.000 $ selon sa budgétisation. Elle s’est tournée vers la maison-mère, l’UOIF, qui lui a conseillé de se rendre en Arabie Saoudite pour le présenter et solliciter de l’aide financière. Cependant, pour cette mission, il ne suffit pas de rédiger un projet, de demander un visa et de prendre le premier avion pour se rendre en terre sainte de l’islam. D’abord, il faut savoir vers qui s’orienter. Mais cela aussi ne suffit pas. Car un jeune étudiant arabo-musulman qui se rend en Arabie Saoudite avec trois feuilles A4, décrivant un projet de prédication, peut être pris, en l’absence du sésame précieux, pour un escroc et risque donc de perdre ses mains sous le coup du sabre saoudien. Mais de quel « sésame précieux » s’agit-il ?

Les porteurs de fonds chez les frères musulmans, avant de se rendre auprès des donateurs de certains pays du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar et Koweït), apportent avec eux une lettre de recommandation officielle, appelée Tazkiyah (تزكية). Il s’agit d’une lettre officielle portant les empruntes d’un organisme islamique/islamiste  connu. Cela permet de rassurer d’éventuels mécènes. Pour ce projet, l’on n’a pas choisi n’importe quels émissaires. L’UOIF a mandaté deux frères : Embarek Guerdam, le président national de l’UISEF et El-Bachir Boukhzer, membre du bureau exécutif. En plus des copies du projet précité, ces deux frères avaient dans leurs valises non seulement une seule lettre de recommandation, une seule Tazkiyah, mais trois !

La première lettre était rédigée et signée par Lhaj Thami Breze, président national de l’UOIF à ce moment. Cette lettre très officielle (Cf. une copie ci-dessous), intitulée Tazkiyah et datée du 26 janvier 1995.

 

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Elle porte l’ancien logo de l’UOIF, les coordonnées, le tampon et contient le texte suivant, je traduis :

« Nous vous présentons nos deux frères Embarek Guerdam et  El Bachir Boukhzer, deux membres du bureau exécutif de l’Union Islamique des Etudiants de France. Ils sont parmi nos frères de confiance, connus pour leur intégrité et leur engagement islamique.

L’Union Islamique des Etudiants de France fait partie des institutions actives ici, et qui est spécialisée dans l’action étudiante au sein des universités françaises. Cette institution mène une activité remarquable, notamment dans les milieux des étudiants musulmans et se caractérise par son ouverture sur la société française et par sa bonne relation avec d’autres acteurs, œuvrant pour la cause de l’islam. Elle collabore étroitement avec l’UOIF.

Ces deux frères vous présenteront des projets ainsi que divers programmes de cette union estudiantine. Nous nous orientons vers vous, chers bienfaiteurs généreux, pour que vous puissiez être attentifs à leurs demandes et les aider à réaliser leurs projets. Nous implorons Dieu pour qu’Il accepte vos sincères œuvres et qu’Il vous récompense … ». Fin de traduction.

A cette époque l’UOIF avait déjà fêté son 12ème anniversaire. Elle était déjà connue chez les riches donateurs saoudiens. Sa lettre de recommandation cautionnant les frères de l’UISEF devait suffire, logiquement. Sauf que, pour une raison que j’ignore, l’on a fait appel aussi à la caution de l’organisation européenne, la FOIE. Et c’est le frère irakien Ahmed Kadhem al-Rawi, l’ex-président de l’organisation européenne depuis Leicester, en Angleterre, qui a pris sa plume pour rédiger une deuxième lettre de recommandation (Cf. une copie ci-dessous).

 

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Intitulée Tazkiyah, adressée à « qui cela pourrait concerner », lit-on, et datée du 28 janvier 1995, cette lettre portait l’ancien logo de la FOIE, ses coordonnées, son tampon et contenait, après les salutations, le texte suivant, je traduis :

« Je prie Dieu pour que vous soyez en bonne santé,

J’ai le plaisir de vous présenter le frère distingué Dr Embarek Guerdam, président de l’Union Islamique des Etudiants de France et le frère qui l’accompagne Dr El Bachir Boukhzer, directeur des relations extérieures de l’union étudiante.

Les deux frères sont en visite en Arabie Saoudite pour présenter l’UISEF et son rôle exceptionnel au service de l’islam et des musulmans en France. Aussi, ils aimeraient vous présenter quelques projets bien définis que l’UISEF conduit aujourd’hui. Ces projets seront d’une grande utilité pour l’islam et les musulmans, si Dieu le veut.

Ainsi, je vous sollicite de votre bienveillance de bien vouloir leur faciliter cette mission et de les aider par tout moyen possible. J’implore Dieu pour qu’Il accepte vos œuvres, … » Fin de traduction.

Et comme le dit  un dicton: « Jamais deux sans trois ! » une troisième Tazkiyah officielle fut jointe aux deux autres. Celle-ci portait le logo et le nom de l’IESH, domicilié à Château-Chinon.

 

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Datée du 30 janvier 1995 et signée au nom d’Ahmed Jaballah, qui fut à cette époque son doyen mais aussi le vice-président de la FOIE, cette lettre contenait le texte suivant, je traduis :

«L’Union Islamique des Etudiants de France est une institution islamique, fondée depuis quelques années, pour mener l’action islamique dans le domaine étudiant.

L’UISEF compte aujourd’hui plusieurs sections dans différentes villes. Il s’agit d’une union spécialisée œuvrant pour que les étudiants musulmans se retrouvent dans une ambiance islamique, en assurant la présence de salles de prière dans les universités et en organisant les repas de rupture du jeûne lors du mois de Ramadan, à côté d’autres activités de prédication et d’autres animations ludiques. L’UISEF assure une mission apostolique générale, adressée à l’ensemble des étudiants par l’organisation des conférences, des débats et des congrès ouverts au public dans différentes universités.

Aussi, l’UISEF a une participation dans le domaine de l’action syndicale étudiante parmi d’autres organisations estudiantines françaises. Ses candidats ont réussi à participer dans des élections universitaires et à rempoter des sièges d’élus, afin de défendre les intérêts des étudiants, en général, et des étudiants musulmans en particulier.

Notre connaissance de l’UISEF, de ses activités et de ses responsables nous amène à la cautionner et à vous appeler à l’aider matériellement et la soutenir moralement pour qu’elle puisse réaliser ses objectifs islamiques nobles ... » Fin de traduction.

Par conséquent, le projet de l’UISEF et les trois lettres de recommandation, adressés aux donateurs saoudiens, avec la bénédiction et la caution expresse de l’UOIF, de la FOIE et de l’IESH, démontrent que ces organisations sollicitaient de l’argent aux saoudiens pour mener des projets secrets, rédigés en arabe, d’islamisation de l’université et de la société française, aux objectifs très clairs. Mais ces documents n’indiquent pas l’identité civile et/ou idéologique des mécènes. Etaient-ce des personnes physiques ou des personnes morales ? Etaient-ce des Frères musulmans, résidents en Arabie Saoudite, ou des cheikhs wahhabites ? La différence entre les deux est de degré et non de nature. La matrice idéologique des deux est la même.

Ce qui est certain, c’est que les émissaires ne revenaient pas les mains vides. Déjà, et bien avant ce projet spécifique, le bilan financier de l’UISEF de la période allant du 29 octobre 1992 au 20 juin 1993 (7 mois), laisse apparaître un montant de « dons » s’élevant à 132 548 F (20.207 €) d’origine inconnue. Ce qui représente presque 84% du budget de l’UISEF pour cette même période. L’UISEF avait reçu aussi des « dons » de l’organisation internationale frériste IIFSO, domiciliée à  cette époque au Soudan, à hauteur de 153 514 F (23.403 €). Elle avait cumulé un total de recettes s’élevant à 346 217 F (52.780 €). Le dit « islam de France » prôné  scandé depuis toujours par l’UOIF n’avait strictement rien de français, ni dans sa formulation ni dans ses sources de financement. Question : L’argent reçu des mécènes saoudiens, pour le compte de l’UISEF, avait-elle une « odeur » idéologique bien particulière ?

 

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Pour tenter de répondre à cette question, une liste de 16 cassettes audio et vidéo (Cf. copie ci-après), enregistrées, produites et diffusées à cette époque dans les campus universitaires, et au-delà, peut apporter quelques renseignements importants. D’abord, ces cassettes portent des titres comme : « L’islam au-delà des préjugés » ; « L’islam religion du juste milieu » ; « Islam et médias » ; « Islam et Occident » ; « Foulard, intégration et laïcité » ; « Quelle laïcité pour quelle intégration ? » ; « Musulmans de France et citoyenneté » ; « L’islam dans les médias » ; « La femme musulmane dans la société, quelle place ? Quel rôle ? », ...

 

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Les deux frères Ramadan, Tariq et Hani, comptabilisaient à eux deux 9 cassettes sur 16. D’autres frères et sœurs faisaient parti des conférenciers mis à l’honneur : Tariq Oubrou, Abdellah Benmansour et Malika Dif. Pour faire diversion, d’autres personnalités occidentales venaient compléter la liste comme : Michel Lelong ; J.L. Herbert ; Roger Garaudy ; Gilles Kepel ; Bruno Etienne ; Jocelyne Césari et Alain Gresh. Eux ont toujours répondu présent pour les islamistes. Les cassettes audio étaient vendues entre 13 et 15 F (2,30 €) à l’unité. Les cassettes vidéo, entre 70 et 80 F (12,20 €). Le bilan financier de janvier 1995 montre un volume de vente de cassettes et revus s’élevant à 30.775 F (environ 4 691 €). 

 

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Au-delà des chiffres, ce sont des thèmes comme ceux-là qui étaient développés par l’UISEF des années 1990. Les mêmes thèmes reviennent aujourd’hui, avec force et violence inouïe, dans le débat publique en semant la division au sein même de la gauche, au bénéfice de ces mêmes islamistes et de leur relève embrigadée. Hier, ils étaient presque tous étudiants étrangers, financés par des saoudiens. Mais les étudiants étrangers des années 1995 ont grandi, acquis la nationalité française, sont devenus cadres de la classe moyenne, et, le plus inquiétant, occupent des postes sensibles au sein de l’échiquier islamiste national et européen des Frères Musulmans.

Ils dominent des mosquées, créent des établissements scolaires et projettent de créer, à terme, des hôpitaux privés[28]. La dimension physique et logistique de la communautarisation islamiste, le Tamkine local, se développe au su, au vu de tous. Souvent avec la complicité intéressée de quelques acteurs de l’idiotie de service. Concrètement, que sont-ils devenus les « sujets » de l’islamisation des années 1990 ?

« Sujets » hier, « acteurs » de l’islamisation aujourd’hui              

Des frères musulmans, acteurs de l’islamisation de l’université française des années 1990, à travers l’UISEF, sont toujours acteurs de l’islamisation mais à plus grande échelle, avec plus de pouvoir et plus d’influence. Tariq Ramadan, pour ne citer que lui, développe toujours son réseau et forme sa relève islamiste parmi les jeunes français à l’image de Nabil Ennasri. Sa stature a gagné en pouvoir depuis le financement de sa chaire permanente à Oxford par le Qatar[29] mais aussi depuis sa nomination par la cheikha Moza, avec la bénédiction de Youssef Al-Qaradawi, à la tête du CILE[30] à Doha[31].

 

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Par ailleurs, l’observation attentive des équipes succédant à la direction de l’UOIF[32], permet de repérer quelques noms qui furent membres actifs de l’UISEF et ensuite de l’EMF, et qui étaient, ou sont désormais, chargés de mission d’islamisation de la jeunesse. L’on pourrait analyser le parcours de chaque responsable, entre hier et aujourd’hui, et tirer des conclusions notables.

Le cas de Fouad Alaoui pourrait suffire comme exemple. Il était à l’origine de l’UISEF et du FEMYSO. Quelques années plus tard, il a occupé le poste de secrétaire général de l’UOIF et a su, avec le coup de pouce de Nicolas Sarkozy, mettre l’UOIF - malgré son statut ultra-minoritaire au sein de la communauté de foi musulmane ! - au cœur de la mécanique de représentativité au sein du CFCM. Les recteurs de nombreuses mosquées, étaient très actifs au sein de l’UISEF des années 1990. De nombreux imams et recteurs de mosquées UOIF avaient occupé des postes clefs au sein de ce syndicat confessionnel : à Limoges, Bordeaux, Grenoble, Lille, Clermont-Ferrand, etc. Les principaux actuels dirigeants du Centre Islamique de Villeneuve d’Ascq sont issus de cette période.

 

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L’on peut citer le cas du frère Okacha Ben Ahmed Daho, actuel secrétaire général de l’UOIF qui a fait d’abord ses preuves à la section UISEF/EMF du limousin, avant de s’occuper de la grande mosquée de Limoges et rejoindre ensuite la direction centrale de l’UOIF. L’on peut citer la sœur Myriam Berkane, que j’ai croisée lorsque j’étais président d’EMF-Lille, et qui est désormais membre du BE de l’UOIF, chargée de la communication. Le couple formé du frère Mohamed Taib Saghrouni[33] et de la sœur Hela Khomsi[34], sont tous deux infatigables et très présents, depuis les années 1990, dans l’encadrement des étudiants de l’UISEF et d’EMF-Lille. Aujourd’hui les deux sont membres du directoire national de l’UOIF. Il est délégué régional du Nord. Elle est chargée de la famille, en plus de son statut de présidente de la LFFM[35] et administratrice au sein de l’organisation européenne EFOMW[36]. Leur fils, Anas Saghrouni est l’actuel président national d’EMF.    

Par ailleurs, les deux émissaires de l’UOIF en Arabie Saoudite en 1995, pour chercher des fonds finançant le projet d’islamisation mené par l’UISEF, en plus d’occuper des responsabilités nationales et régionales au sein de l’UOIF, ils sont devenus imams et références théologiques pour la jeunesse.

Le frère Embarek Guerdam était imam, jusqu’en 2012, à la mosquée de Libourne[37]. Son acolyte, El-Bachir Boukhzer avait occupé le poste de vice-président de l’UOIF jusqu’en 2012 aussi. Il s’est fait « incroyablement » illustré après les attentats de Toulouse et de Montauban, sur le plateau d’i-Télé, face à Robert Menard[38]. A l’époque, l’UOIF avait invité le sulfureux Youssef Al-Qaradawi au congrès annuel de l’UOIF, au lendemain des assassinats odieux exécutés par Mohamed Merah. El-Bachir Boukhzer fut mandaté par sa direction pour expliquer le « sens » cette énième invitation provocatrice. Son propos est symptomatique du jeu dangereux auquel se livre l’UOIF en permanence.

 

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Aujourd’hui même, elle compte inviter d’autres islamistes sulfureux le 7 février 2016 à Lille[39]-[40]. El-Bachir Boukhzer est toujours salarié de l’UOIF, recteur de la mosquée Assalam[41] et président de l’association qui la gère : Association Cultures et Citoyenneté (ACC63)[42]. Il est conférencier[43] itinérant au quatre coins de l’hexagone !

De l’islamisation universitaire à l’islamisation scolaire          

Cependant, une personne en particulier demeure intéressante, de mon point de vue, de part son profil et le projet dont elle assume la charge au sein bureau de l’UOIF. Cette personne est Makhlouf Mamèche. Actuellement, vice-président de l’UOIF, chargé de l’enseignement privé. Il est directeur du collège Averroès. Il préside la FNEM. Au milieu des années 1990. Il était étudiant étranger. Fraichement débarqué de l’Algérie. Déjà endoctriné au sein du Hamas algérien[44], la branche des Frères Musulmans au pays des Fennecs. Il était un des vecteurs de l’islamisation du campus lillois, au sein de la direction locale de l’EMF.

Son importance vient du fait qu’il est à la fois le produit des projets d’islamisation des années 1990, mais aussi l’un des acteurs clefs de l’islamisation en cours, de la jeunesse scolarisée dans le privé des Frères Musulmans. C’est un peu le profil typique faisant la passerelle entre le passé, le présent et l’avenir ; entre les projections islamistes d’hier et les réalisations d’aujourd’hui ; entre les projections secrètes d’aujourd’hui et les buts visés dans un futur proche.

 

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Dans mon article : Pourquoi il faut interdire le voile de la FNEM islamiste[45], j’avais décrypté le discours de ce frère musulman. J’avais démontré, par le son et l’image, certaines de ses récentes déclarations non équivoques, prononcées en 2011 et 2012, après que le Collège-Lycée Averroès ait signé le contrat d’association avec l’Etat pour bénéficier de l’argent public. Sept vidéos, mises en ligne, démontrent comment cet acteur de l’islamisation en milieu scolaire, venant du milieu universitaire, reprend à son compte l’idéologie d’Hassan Al-Banna. Dans une vidéo, il se positionne « contre » la laïcité et « pour » un Etat Islamique global, à l’image de Médine du Prophète[46].  Pour y arriver, il conseilla aux fidèles de cultiver « le culte du secret », de « travailler secrètement » et d’avancer sans faire de bruits[47] !

 

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Ainsi, les « sujets » de l’islamisation de l’université, financée hier par des saoudiens, sont devenus aujourd’hui des « acteurs » de l’islamisation de la jeunesse dans les écoles, collèges et lycées privés, principalement avec l’aide de la « Qatar Charity »[48] mais aussi avec l’argent du contribuable français. La stratégie d’islamisation secrète menée en France, depuis plus de 30 ans, en phase avec l’agenda de conquête de la frérosalafiste internationale, est toujours en marche.

L’on constate désormais l’ampleur des réalisations et le poids que les frères musulmans ont atteint, à Paris et en province, sachant qu’en vérité, ils ne représentent qu’une petite poignée de quelques 1000 frères et sœurs, sur tout le territoire national, prêtant officiellement allégeance à l’idéologie d’Hassan Al-Banna. Si les statistiques données par l’UISEF en 1995 sont toujours bonnes, l’UOIF ne représente alors que moins de 0,2 ‰ de l’ensemble de la communauté de foi musulmane. Mais son poids est enormissime. Comprendre l’origine de ce poids et l’efficacité dont jouit l’UOIF en 2016, exige de se pencher, au moins, dans l’histoire de l’islamisation du campus universitaire des années 1996, vingt ans auparavant.

De même, pour anticiper le poids politique que cette structure islamiste aurait à l’horizon de 2036, dans vingt ans, il serait presque indispensable d’analyser les divers leviers humains, idéologiques, médiatiques, stratégiques, structurels, financiers, économiques, sociaux, politiques, géopolitiques, et autres, dont disposent l’UOIF et son réseau très étendu, visible et souterrain, et sur lesquels se base sa projection tamkiniste.

 

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Si l’UOIF a atteint un tel niveau d’influence aujourd’hui, sachant qu’il y a vingt ans, elle n’avait presque aucun poids politique et que la gauche lui témoignait, en bloc, de l’hostilité persévérante. Que serait son niveau d’influence dans vingt ans, avec de telles structures hyper agissantes et le flot d’argent dont elle bénéficie, alors qu’une bonne partie des médias et de la classe politique, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, lui ouvre les bras et ferme les yeux délibérément sur ses agissements insoutenables, menaçant sérieusement la paix sociale et le cadre républicain et laïque ? Réponse dans vingt ans : Si la République est toujours debout !

The end

 


[1] Union des organisations islamiques de France

[2] Lire mon article du 31/08/2015 : Le Qatar et l’école d’Allah, le cas du lycée Averroès : ici

[3] Fédération des organisations islamiques en Europe

[4] Institut européen des sciences humaines

[5] Lire un article au sujet de l’IESH ici : http://www.huffingtonpost.fr/patricia-lalonde/lideologie-des-freres-mus_b_9007088.html?utm_hp_ref=france

[6] Pour comprendre ce projet, je recommande la lecture de mon essai autobiographique Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans, retour éclairé vers un islam apolitique (Michalon Editions - Janvier 2016)

[7] Union Islamique des Etudiants de France

[8] Etudiants Musulmans de France

[9] Ancien secrétaire général de l’UOIF et ancien vice-président du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman)

[10] Lire ici : https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/071115/mon-essai-autobiographique-sort-le-7-janvier-2016-pour-info

[11] Ce concept est abondamment évoqué par Sayyid Qotb dans son exégèse A l’ombre du Coran, surtout à la marge des sourates 8 et 9.  

[12] International Islamic Federation of Student Organisation

[13]  Lire ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Omar_el-B%C3%A9chir

[14] WAMY : World Assembly of Muslim Youth. Voir site officielle en arabe ici : http://www.wamy.org/index.php

[15] FEMYSO (Forum of European Muslim Youth and Student Organisations) a été créée en juin 1996 à l’ancien siège social de la FOIE, à Leicester en Grande-Bretagne. Son nouveau siège se trouve rue Archimède, au centre de Bruxelles.

[16] Association des Etudiants Islamique de France créée en 1963 par l’indien Muhammad Hamidoullah (1908 - 2002), le premier traducteur musulman du Coran en langue française.

[17] Avec l’IJTP (Association Islamique des Etudiantes Pakistanaises)

[18] Avec l’ACEM (Association Culturelle des Etudiants Mauritaniens)

[19] Union Nationale des Etudiants de France

[20] UNEF-ID, SNESUP et COULEUR LOCALE

[21] Lire ici : http://www.prochoix.org/wordpress/?p=621

[22] Lire en arabe ici : http://gate.ahram.org.eg/News/166809.aspx

[23] Lire une courte présentation en anglais ici. 

[24] IIIT : International Institute of Islamic Thought.

[25] Lire ici un article en anglais sur le site de CNS News interrogeant le sens politique de cette visite étonnante.

[26] CFCM : Conseil Français du Culte Musulman. Lire ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_fran%C3%A7ais_du_culte_musulman

[27] Slogan issu d’un tract électoral distribué par l’UISEF-Lille des années 1990.

[28] L’objet des statuts officiels, déposés à la préfecture du Nord, de la Grande Mosquée de Lille (GML) et de la Ligue Islamique du Nord (LIN), fédérant la mosquée de Lille-Sud et le Centre Islamique de Villeneuve d’Ascq précisent comme mission de créer des établissements scolaires et des hôpitaux privés.

[29] Lire ici : http://www.liberation.fr/societe/2013/04/27/tariq-ramadan-je-ne-recois-aucune-remuneration-du-qatar_899324

[30] CILE : Centre de Recherches sur la Législation Islamique et l’Ethique

[31] Lire ici : https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/310115/de-l-islam-et-des-musulmans-vraiment-1

[32] http://www.uoif-online.com/equipe-de-direction/

[33] Lire ici : http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/8647

[34] Lire ici : http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/8658

[35] LFFM : Ligue Française de la Femme Musulmane. Voir ici : http://www.lffm.org/

[36] EFOMW : European Forum Of  Muslim Women. Lire ici : http://www.efomw.eu/www.efomw.eu/index9fc0.html?p=475&lang=fr

[37] Voir ici une courte vidéo de lui : https://www.youtube.com/watch?v=rtZ9j7VtsA4

[38] Voir ici : http://rutube.ru/video/6e913b1743d6235e3038fe21de789b4d/

[39] Lire ici : https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/250116/7-fevrier-un-doigt-d-honneur-de-l-uoif-la-republique

[40] Lire ici : https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/270116/le-hamas-est-il-invite-au-ramn-de-l-uoif-lille-le-7-fevrier

[41] Voir ici http://www.viadeo.com/p/002fcekrghkryow?viewType=main

[42] Le site officiel de cette association est ici : http://www.acc63.fr/

[43] Voir ici une de ses conférences données à Villeneuve d’Ascq : https://www.youtube.com/watch?v=zZUGGWH9GDI

[44] Hamas est l’abréviation en langue arabe correspondant au MSP : Mouvement de la Société pour la Paix, crée en décembre 1990 par le frère Mahfoud Nahnah. 

[45] Lire ici : https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/261015/pourquoi-il-faut-interdire-le-voile-de-la-fnem-islamiste

[46] Voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=kUHFzNNLtGs

[47] Voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=8Svln1UskPM

[48] Son site officiel : https://www.qcharity.org/en/qa

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Y aurait-il une femme nue qui nous aurait échappé? Par Hélène Richard - Favre

28 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #Les transnationales, #Economie, #l'horreur économique, #Grèce, #L'Islamisme

27/02/2018

Y aurait-il une femme nue qui nous aurait échappé?

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Dans l’interview, sollicitée par Mireille Valette, de Sabine Tiguemounine, candidate qui se présente à l’élection parlementaire de Genève on lit, en réponse à une des questions qui lui sont posées, qu'on met une femme nue pour vendre un yaourt… 

Je n’ai, pour ma part, jamais rien vu de tel.

Par contre, on trouve toujours en rayon d’une grande surface de Genève, des yaourts Nestlé dont le couvercle du pot affiche des coupoles d’églises orthodoxes grecques privées de leur croix.

Au nom de quoi, au juste?

Le fait est qu’en lieu et place de femme nue dont la politicienne Sabine Tiguemounine prétend qu’il serait fait usage pour vendre des yaourts, c’est bien plutôt d’églises décapitées de leur croix auxquelles on a à faire.

Pour le reste, si le port d'un voile contribue à faire respecter la personne, soit. 

Nombre de femmes, toutefois, têtes non recouvertes de quelconque couvre-chef n’ont pas, pour autant, droit à moins de considération.

Le port du voile par cette écologiste déjà élue conseillère municipale est son choix.

Tout autant l’a-t-il été de son électorat et le sera-t-il peut-être encore, nonobstant le fait que comme mode d’expression et de respect du principe de laïcité, il y aurait de quoi s’interroger.

Mais comme cela ne semble apparemment pas avoir posé de problème majeur à Sabine Tiguemoumine, il ne reste qu’à lui rappeler, au moins cela, qu’à toute femme nue, Nestlé a préféré une église orthodoxe sans croix pour vendre son yaourt grec.

De même, nombre d’autres grandes marques ont su se passer de femme nue pour promouvoir leurs produits et, au contraire, les adapter à certaines préférences...

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Laïcité en France : le constat alarmiste du préfet Gilles Clavreul

24 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #Daesch, #le nazisme, #Soros, #l'islamisme

Laïcité en France : le constat alarmiste du préfet Gilles Clavreul
Laïcité en France : le constat alarmiste du préfet Gilles Clavreul© PASCAL POCHARD CASABIANCA Source: AFP
Gilles Clavreul à Ajaccio en 2016
 

Chargé par le ministère de l’intérieur de rédiger un rapport sur la laïcité, Gilles Clavreul a rendu sa copie le 22 février. Il constate (et regrette), notamment, une affirmation identitaire qui «progresse dans certains territoires».

Le préfet Gilles Clavreul a rendu un rapport explosif le 22 février sur l'état de la laïcité en France, à la demande du secrétariat général du ministère de l'Intérieur, sur proposition de l'Observatoire de la laïcité (assistant le gouvernement «dans son action visant au respect du principe de laïcité en France»). Pour élaborer cet écrit de 42 pages, Gilles Clavreul s'est déplacé entre le 22 octobre et le 15 janvier dans des départements à «dominante urbaine».

 

Plusieurs points alarmants sont évoqués dans ce document, révélé par Le Figaro. Ainsi, pour Gilles Clavreul, «l'affirmation identitaire progresse dans certains territoires, rendant difficile la pédagogie de la laïcité et le partage des valeurs républicaines». Parmi les territoires concernés, le rapport cible des agglomérations – Lille, Maubeuge, Toulouse, Marseille, Lyon, certaines communes des Yvelines – qui présentent «des phénomènes de radicalisation anciens [avec] un communautarisme fort et un prosélytisme religieux virulent».

Il ajoute que «les manifestations d’affirmation identitaire inspirées par la religion se multiplient et se diversifient [et qu'elles] sont le fait, dans la grande majorité des cas, d’un islam rigoriste voire radical, mais concernent également catholiques intégristes, mouvements évangéliques et juifs orthodoxes».

En outre, l'ancien délégué interministériel dit «résumer un constat quasi général : dans les lieux où la population de confession musulmane est présente, parfois de façon très majoritaire, le rapport à la République se tend sous l'effet d'une foi de plus en plus ouvertement revendiquée». Il évoque notamment la «radicalisation dans les enceintes sportives», ou encore des parents qui «exigent le voilement de leur fille».

15 recommandations pour renforcer l'esprit de la laïcité en France

Face à cela, Gilles Clavreul formule 15 recommandations. Parmi les plus fortes, il souhaite que l'Etat forme tous ses agents à la laïcité d'ici à 2020 et aussi cartographier les «situations problématiques». Par ailleurs, Gilles Clavreul conseille de placer auprès des préfets de région un «comité de veille de la laïcité et de la citoyenneté» chargée de rendre des avis et de formuler des propositions pour «aider à la résolution des conflits». D'autre part, Gilles Clauvreul souhaite renforcer «les exigences de formation à la laïcité» pour les candidats du brevet d'aptitude à la fonction d'animateur (Bafa) et au brevet d’aptitude à la fonction de directeur (BAFD).

Un rapport critiqué par l'Observatoire de la laïcité

Toutefois, le rapport ne fait pas l'unanimité, à commencer par l'Observatoire de la laïcité et son président Jean-Louis Bianco, partisan d'une «laïcité apaisée». «Si quelques propositions sont de bon sens, je regrette le manque de rigueur méthodologique de ce rapport (qui ne repose que sur des "dizaines de témoignages" dans "neuf départements") et la méconnaissance d'actions déjà mises en œuvre par les pouvoirs publics», a commenté l'ancien ministre, dans un communiqué diffusé sur Twitter. En effet, Gilles Clavreul se prononce, par exemple, pour la création d'un site internet public «www.laicite.gouv.fr.». Or, celui-ci existe déjà et renvoie vers la plateforme de l'Observatoire de la laïcité.

Laïcité en France : le constat alarmiste du préfet Gilles Clavreul

Sur Europe 1, Nicolas Cadène, rapporteur général de l'Observatoire de la laïcité, «déçu du rapport», estime qu'il s'éloigne de la demande originelle, celle d'un «examen des situations pour améliorer la coordination entre administration de l'Etat et collectivités locales sur les questions de laïcité». En filigrane, il semble qu'en réalité deux visions politiques de la laïcité s'opposent entre l'Observatoire de la laïcité et Gilles Clavreul.

Engagé, Gilles Clavreul est en effet co-fondateur du Printemps républicain, mouvement de défense et de promotion des valeurs républicaines dont la laïcité. En 2017, durant les primaires socialistes, il avait également annoncé son soutien à l'ancien premier ministre Manuel Valls. D'ailleurs, l'opposition est parfois patente entre l'association et l'Observatoire de la laïcité. En février 2016, le Printemps républicain s'était scandalisé d'une déclaration de Jean-Louis Bianco. Interrogé par France culture sur sa proximité avec le rappeur Médine avec lequel il avait signé une tribune après les attentats de 2015, Jean-Louis Bianco confessait que, pour lui, le journal «Charlie Hebdo [disait] bien pire» que la phrase prononcée par le rappeur Médine dans l'une de ses chansons : «Crucifions les laïcs».

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Europe/Islam/Djihad : Pour une poignée de pétrodollars, l’Europe a vendu son âme [1/2]. Par René Naba

5 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La nation ., #La République, #Daesch, #l'islamisme

Europe/Islam/Djihad : Pour une poignée de pétrodollars, l’Europe a vendu son âme [1/2]

 

Note de la rédaction www.madaniya.info

Sauf contretemps, la France prévoit d’organiser au printemps 2018 un colloque sur le financement du terrorisme en Europe avec la participation des intervenants habituels à ce genre de débats. Pointant du doigt les bailleurs de fond du terrorisme islamique, le président Emmanuel Macron a indiqué avoir communiqué à l’Arabie saoudite la liste de ces groupements en demandant au Royaume de cesser de financer leurs activités.

En prévision de ce colloque de l’entre soi, madaniya.info soumet à l’attention de ses lecteurs une lecture en contrechamps de la forme la plus pernicieuse de l’instrumentalisation de l’Islam au service des visées de l’Otan, dans une stratégie à double détente :

  • Contre l’athéisme de l’Union Soviétique au plus fort de la guerre froide soviéto américaine (1945-1990), d’une part ;

  • En tant que frein à l’engagement dans les luttes revendicatives de la population immigrée de confession musulmane d’Europe occidentale, d’autre part.Une instrumentalisation opérée sous l’effet corrupteur des pétrodollars, si désastreuse tant pour le Monde arabe que le Monde musulman que pour le Monde occidental que pour l’Islam lui-même.

    Fin de la note


Europe/Islam/Djihad

 

 

Par

Publié le 2 FÉVRIER 2018 dans Madaniya.info

 

I – LA COMMUNAUTÉ ARABO MUSULMANE D’EUROPE: LE 28 ÈME ÉTAT DE L’UNION EUROPÉENNE.
A – Le premier groupement ethnico identitaire d’importance sédimenté hors de la sphère européo centriste et judéo chrétienne.

Cinq siècles de colonisation intensive à travers le monde n’ont pas encore banalisé la présence des «basanés» sur le sol européen, de même que treize siècles de présence continue matérialisée par cinq vagues d’émigration n’ont conféré à l’Islam le statut de religion autochtone en Europe, où le débat, depuis un demi-siècle, porte sur la compatibilité de l’Islam et de la République, comme pour conjurer l’idée d’une agrégation inéluctable aux peuples d’Europe de ce groupement ethnico-identitaire, le premier d’une telle importance sédimenté hors de la sphère européo centriste et judéo-chrétienne.

Les interrogations sont réelles et fondées, mais par leur déclinaison répétitive (problème de la compatibilité de l’Islam et de la Modernité, compatibilité de l’Islam et de la Laïcité), les variations sur ce thème paraissent surtout renvoyer au vieux débat colonial sur l’assimilation des indigènes, comme pour démontrer le caractère inassimilable de l’Islam dans l’imaginaire européen, comme pour masquer les antiques phobies chauvines, malgré les copulations ancillaires de l’outre-mer colonial, malgré le brassage survenu en Afrique du Nord et sur le continent noir, malgré le mixage démographique survenu notamment au sein des anciennes puissances coloniales (Royaume-Uni, France, Espagne, Portugal et Pays Bas) du fait des vagues successives des réfugiés du XX me siècle d’Afrique, d’Asie, d’Indochine, du Moyen-Orient et d’ailleurs.

Au-delà de la polémique sur la question de savoir si « l’Islam est soluble dans la République ou à l’inverse si la République est soluble dans l’Islam », la réalité s’est elle-même chargée de répondre au principal défi interculturel de la société européenne au XXI me siècle
Soluble ou pas, hors de toute supputation, l’Islam est désormais bien présent en Europe d’une manière durable et substantielle, de même que sa démographie relève d’une composition interraciale, européenne certes, mais aussi dans une moindre proportion, arabo-berbère, négro-africaine, et turco-indo-pakistanaise.

II- LA FRANCE 1ER PAYS EUROPÉEN PAR L’IMPORTANCE DE SA COMMUNAUTÉ MUSULMANE

Premier pays européen par l’importance de sa communauté musulmane, la France est aussi, proportionnellement à sa superficie et à sa population, le plus important foyer musulman du monde occidental. Avec près de sept millions de musulmans, dont 2,5 millions de nationalité française, elle compte davantage de musulmans que pas moins de huit pays membres de la Ligue arabe (Liban, Koweït, Qatar, Bahreïn, Émirats Arabes Unis, Palestine, Îles Comores et Djibouti). Elle pourrait, à ce titre, justifier d’une adhésion à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), le forum politique panislamique regroupant cinquante-trois États de divers continents ou à tout le moins disposer d’un siège d’observateur.
En comparaison, pour une superficie de 9,3 millions de km2 et une population de 280 millions d’habitants, Les États-Unis comptent près de 12 millions de musulmans.

Socle principal de la population immigrée malgré son hétérogénéité linguistique et ethnique, avec 25 millions de personnes, la communauté arabo-musulmane d’Europe occidentale apparaît en raison de son bouillonnement -boutade qui masque néanmoins une réalité- comme le 28 me État de l’Union européenne. Soit autant que le Benelux.

Sa décomposition s’établit comme suit : 5 millions environ dans les trois pays de l’ancien bloc communiste (Albanie, Bosnie – Herzégovine et Bulgarie) et le reste dans les pays fondateurs de l’Union Européenne (Allemagne, Benelux, France, Italie). A ce chiffre, s’ajoute, le nouveau flux migratoire généré par les guerres de prédation économique du Monde arabe par l’Otan (Syriens, Libyens, Irakiens, Somaliens, etc..). Le Royaume Uni, qui compte une importante communauté asiatique d’origine indo pakistanaise ne figure pas dans ce décompte en raison du BREXIT.

Selon Pew Research Center, institut américain indépendant spécialisé dans l’étude de la démographie religieuse, les musulmans pourraient représenter entre 7,4% et 14% de la population européenne à l’horizon 2050, contre 4,9% en 2016. Pew estime à 53% le taux de musulmans parmi les migrants arrivés en Europe entre 2010 et 2016, sur un périmètre comprenant les 28 pays membres de l’Union européenne (Royaume-Uni compris), la Norvège et la Suisse incluses.

In Limine Limitis, Levons donc l’ambiguïté : L’Islam n’a pas conquis l’Europe, a fortiori la France. C est l’Europe qui s’est lancée à la conquête des pays arabes et africains majoritairement musulmans. Il en a été de la France pour le Maghreb et l’Afrique Noire, comme des Pays Bas avec l’Indonésie, le Royaume Uni avec l’empire indien (Inde, Pakistan Bangladesh), et l’Afrique orientale.

L’Islam n’est donc pas un produit du terroir français, à l‘instar du christianisme, mais la conséquence résiduelle du reflux d’empire. Le produit dérivé de la turgescence coloniale française et de son excroissance ultra marine.

Sans colonisation, point de « burnous à faire suer », ni de « bougnoule », ni « y a bon banania », ni de « chairs à canon ». Pas de « bicot », ni de « ratonnades», ni de « délits de faciès », pas de « Code de l’indigénat » ni de « Code noir », pas plus que de « Venus callipyge », ni « Sétif », ni « Thiaroye », ni « Sanaga », encore moins de « territoires perdus de la République ». Et point d’Islam, à tout le moins dans cette densité.
« Le beurre l’argent du beurre en plus du sourire de la crémière », cela relève de la fable. Ou d’un merveilleux conte de fée. De même que le « fardeau de l’homme banc et sa charge d’aînesse », un alibi destiné à masquer la mégalomanie prédatrice.

La loi du 9 Décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat.

Soutenir que l’Islam n’existait pas en France au moment de l’adoption de la Loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, instituant la laïcité, relève du mensonge éhonté. Sauf à considérer des «sous hommes» les populations musulmanes d’Afrique occidentale (Sénégal, Mali, Mauritanie, Guinée, Tchad etc) et d’Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc), l’Islam si présent en France au point que la patrie de lalaïcité se proposait de se proclamer «Calife de l’Occident» par opposition au califat de l’Empire ottoman et le Maréchal Hubert Lyautey, Maréchal de l’Islam.

3- L’EUROPE UN LIEU DE PASSAGE OU UN LIEU D’ENRACINEMENT DES MUSULMANS ?

Issam Al Attar versus Saïd Ramadan : La controverse à propos de la tentative d’aggiornamento de l’Islam politique.

La querelle est ancienne et opposait dans la décennie 1970 deux dirigeants de la confrérie des Frères Musulmans, le syrien Issam Al Attar, en exil à Aix la Chapelle (Allemagne) et l’égyptien Saïd Ramadan, basé à Munich où il participait alors au programme de sédition des contingents musulmans de l’armée soviétique, via les radios américaines d’Europe centrale.

Issam Al Attar, frère de Najah Al Attar, actuelle Vice-présidente de la République Arabe Syrienne, estimait que l’Europe est une destination d’émigration temporaire, un lieu de passage transitoire, et qu’il importait aux musulmans d’Europe de se conformer aux lois de l’hospitalité des pays d’accueil ; de tirer le meilleur profit des expériences européennes dans les divers domaines de l’activité intellectuelle, économique, scientifique et d’en faire bénéficier en retour leur pays d’origine.

Saïd Ramadan, estimait, lui, au contraire, que l’Europe est un lieu d’ancrage durable de la population immigrée de confession musulmane et qu’il convenait de modifier en conséquence leur environnement socio-culturel de manière à l’adapter à une présence durable des travailleurs immigrés musulmans sur le territoire de leur ancien colonisateur.

Agitateur professionnel pour le compte de ses mécènes, Saïd Ramadan a triomphé de cette querelle non pas tant par la pertinence de ses arguties, mais par la puissance financière et le soutien occulte des services occidentaux qui le propulsaient à la direction de l’Islam européen, afin de faire barrage à l’insertion des travailleurs immigrés musulmans aux luttes revendicatives sociales dans le cadre des syndicats ou des partis perçus par les stratèges atlantistes comme «compagnons de route» de l’Union soviétique.
La thèse de Saïd Ramadan a triomphé car elle répondait aux objectifs stratégiques de l’OTAN et non parce qu’elle était conforme aux intérêts à long terme du Monde arabe, de son redressement et de la promotion de l’Islam.

4- L ‘EUROPE, BASE ARRIÈRE AUX « COMBATTANTS DE LA LIBERTÉ » DE L’ÉPOQUE AFGHANE.

Sous l’aile protectrice américaine, l’Arabie saoudite a déployé la plus grande ONG caritative du monde à des fins prosélytes, à la conquête de nouvelles terres de mission, dans la décennie 1970-1980, particulièrement l’Europe, à la faveur du boom pétrolier et de la guerre d’Afghanistan.

Ce déploiement arachnéen s’est développé par un usage intensif de la politique du chéquier. L’Arabie saoudite a ainsi mis au point une diplomatie d’influence fondée sur l’instrumentalisation de la religion musulmane à des fins politiques ainsi que sur la corruption en vue de soudoyer les décideurs de la planète, faire taire les critiques à son égard et aseptiser les ondes de toute critique à l’égard de la dynastie wahhabite par le biais d’un empire médiatique hors norme.

Pour une poignée de dollars, l’Europe en perdra son âme. Dame de grande moralité mais de petites vertus, elle succombera aux charmes discrets des pétrodollars pour devenir la principale plate-forme de l’Empire médiatique saoudien, le principal refuge des dirigeants islamistes désignés depuis à la vindicte publique, réussissant même le tour de force d’abriter davantage de dirigeants islamistes que l’ensemble des pays arabes réunis.

5- L’EUROPE, REFUGE D’AYMAN AL ZAWAHIRI, L’ACTUEL NUMÉRO 1 D’AL QAIDA.

Soixante dirigeants islamistes résidaient en Europe occidentale depuis la guerre anti soviétique d’Afghanistan, dans la décennie 1980, où les djihadistes étaient gratifiés du titre de « combattants de la liberté » par le fourbe du Panshir, Bernard Henry Lévy, l’interlocuteur virtuel du Lion du Panshir, le commandant Massoud Shah.

Quinze d’entre eux disposaient du statut de « réfugié politique », dans la plupart des pays européens, Royaume Uni, Allemagne, Suisse, Norvège, Danemark.

A- Londres, capitale mondiale de l’Islam contestataire et plate-forme du déploiement médiatique international saoudien (1), comptait parmi ses hôtes les principaux opposants islamistes tels que :
  1. Rached Ghannouchi (Tunisie-An Nahda),
  2. Kamar Eddine Katbane (Algérie-vice-président du comité du FIS algérien (Front Islamique du Salut),
  3. Moubarak Fadel Al-Mahdi (Soudan),
  4. Attaf Hussein (Pakistan-chef du parti d’opposition Muhajir Qawmi Movement (MQM)
  5. Adel Abdel Majid (Égypte),
  6. Ibrahim Mansour (Égypte), adjoint au guide suprême des Frères Musulmans
  7. Ali Sadreddine Bayanouni (Syrie), contrôleur général des Frères musulmans de Syrie
  8. Azzam At Tamimi (Palestine), membre du commandement de l’ombre du Hamas, la branche palestinienne de la confrérie.
  9. Abou Moussa’b As Soury (Syrie), alias Moustapha Abdel Kader Sitt Mariam), théoricien des « loups solitaires ».
  10. Abou Hamza Al Masri (Moustapha Kamal Moustapha)
  11. Abou Qtada Al Falastini (Omar Mohamad Osmane)
  12. Abou Farès, nom de guerre de l’algérien Farouk Daniche
  13. Ainsi que brièvement le plus illustre d’entre eux Oussama Ben Laden, le fondateur d’Al Qaida

Londres abritait en outre la rédaction de la revue « Al Ansar », périodique djihadiste salafiste, édité dans la capitale britannique avec une domiciliation en Suède chez Abdel Karim Daniche, bénéficiant du titre de réfugié politique. La capitale britannique fera preuve de moins de laxisme à leur égard à la suite de l’attentat du 7 juillet 2005. Survenu le jour de la tenue du Sommet du G8 sur son territoire au lendemain de la décision du Comité Olympique Internationale de lui attribuer l’organisation des Jeux Olympiques de 2012, cet attentat avait fait 50 morts.

Londres était en outre la plate-forme stratégique du déploiement médiatique international du Royaume Wahhabite qui y avait entreposé l’essentiel de sa force de frappe : Une chaîne transfrontalière MBC (Middle East Broadcasting Center), deux radios à diffusion transcontinentale MBC FM et la radio communautaire britannique SPECTRUM, ainsi que cinq publications dont deux fleurons de la presse transarabe « Al Hayat » et « Al Charq Al Awsat ».

B -La ventilation des autres réfugiés politiques célèbres (2)

L’Allemagne a figuré en deuxième position, avec deux exilés de marque : Issam Al Attar, chef des Frères Musulmans de Syrie, et Saïd Ramadan (Égypte), gendre d’Hassan Al Banna, le fondateur de la confrérie.

Exilé à Aix la Chapelle, Isssam Al Attar exerçait son magistère européen depuis la « Maison de l’Islam » de Francfort, en liaison avec le Centre Islamique de Genève. Comme un pied de nez à l’Occident et aux Frères Musulmans, le président syrien Bachar al Assad a désigné la propre sœur d’Issam Al Attar, Najah al Attar, ministre de la culture pendant 32 ans, puis vice-présidente de la République syrienne lors de la dernière élection présidentielle de juin 2014. En guise de caution sunnite féminine au pouvoir baasiste.

Quant à Saïd Ramadan, en précurseur, il avait fondé, en 1961, avec le soutien du futur Roi Faysal d’Arabie, le « Centre Islamique de Genève » et pris la tête d’un organisme islamique de Munich : Le « Islmische Gemeinschaft in Deutchland » chargé de recycler les transfuges musulmans de l’Armée rouge.

Sous sa férule, ses partisans ont joué un rôle important dans la fondation en 1962 de la Ligue Islamique Mondiale, la structure parallèle à fondement religieux mise sur pied par l’Arabie saoudite pour contrecarrer l’influence de la diplomatie nassérienne et de l’Université d’Al Azhar, la plus prestigieuse université religieuse du Monde musulman.

Le coup de pouce politico financier des Saoudiens et des Américains a donné à l’organisation les moyens d’établir une structure islamiste juste à temps pour accueillir la vague d’immigration musulmane en Europe dans la décennie 1970, dans la foulée du boom pétrolier.

Une note confidentielle des services secrets suisses datant du 17 août 1966 évoque la « sympathie » de la BUPO, la police fédérale sur la protection de l’État, pour Saïd Ramadan. Elle ajoute : « Il est très certainement en excellents termes avec les Anglais et les Américains ». Un autre document, daté du 5 juillet 1967, se montre encore plus précis. Saïd Ramadan est présenté comme un « agent d’information des Anglais et des Américains. De plus, je crois savoir qu’il a rendu des services -sur le plan d’informations- à la BUPO. » Toujours est-il qu’une réunion, présidée par le chef du service du Ministère public fédéral, du 3 juillet 1967, décide d’accorder un permis de séjour à Saïd Ramadan, alors que ce dernier aurait dû être expulsé le 31 janvier 1967.

Les raisons de cette tolérance ? La possibilité « que les amis de Saïd Ramadan prennent le pouvoir dans les mois à venir dans l’un ou l’autre État aujourd’hui qualifié de progressiste ou socialiste ». Fantasme tenace chez les Occidentaux qui leur vaudra leur déconvenue collective du « printemps arabe ».

A lire la liste des hôtes de marque de l’Europe, la « guerre contre le terrorisme » paraît risible. Indice de la duplicité de la diplomatie occidentale tant vis-à-vis de l’opinion occidentale que vis à-vis du Monde arabe.

C – Parmi les célèbres réfugiés politiques figuraient :

Aymane Al-Zawahiri, le successeur d’Oussama Ben Laden à la tête d’Al Qaida. A l’époque où il exerçait les fonctions de « Commandeur des groupements islamistes en Europe ». Il résidait en Suisse. Mis en cause dans des activités subversives du groupe islamiste « Al-Awdah » (Le Retour), il ne faisait l’objet d’aucune condamnation. Adhérant dans les années 1980 à la formation « Al-Jihad », il avait été condamné à 3 ans de prison dans l’affaire de l’assaut de la tribune présidentielle lors de l’assassinat du président égyptien Anouar Al-Sadate, en octobre 1981. A sa sortie de prison, il a séjourné en Afghanistan avant de se rendre en Europe.

Talaat Fouad Kassem, porte-parole de mouvements islamistes en Europe, bénéficiaire de l’asile politique au Danemark. Condamné à 7 ans de prison au moment de l’assassinat de Sadate, il a été le premier à rejoindre les rangs des combattants islamistes afghans où il s’est distingué au sein des escadrons de la mort dans des opérations de guérilla antisoviétique. Avant le Danemark, il était responsable des groupements islamistes à Peshawar (Pakistan), point de transit des Moudjahidines vers l’Afghanistan. En charge de la coordination des activités des divers responsables et de la transmission des consignes, des instructions et des subventions entre l’Europe et les militants de base en Égypte, il a dû mettre en veilleuse ses activités à la suite de la 20 me tentative d’assassinat du président Hosni Moubarak, en juin 1995.

Mohamad Chawki Al-Islambouli, frère du meurtrier d’Anoir Sadate, Khaled Al-Islambouli. Innocenté lors du procès de l’assassinat de l’ancien chef de l’État égyptien, il a rallié les rangs des combattants anti-israéliens au sud-Liban avant de se rendre à Peshawar. Résidant à Kaboul, Chawkat Al-Islambouli a été condamné par contumace dans le procès des « égypto-afghans ».

Enfin, Hani Al-Sibaï (Égypte) bénéficiait, lui, de l’asile politique de la Norvège.

6- UN EMPIRE MÉDIATIQUE POUR ASEPTISER L’ESPACE HERTZIEN (3)

Se posant en chef de file du Monde islamique, l’Arabie saoudite s’est dotée en l’espace d’une décennie d’un holding multimédia se hissant au rang d’un géant de la communication, à l’égal des conglomérats occidentaux, dans une stratégie offensive dans le but non avoué était d’aseptiser les ondes de toute pollution anti saoudienne en vue de « prêcher la bonne parole » et de faire pièce à la contamination révolutionnaire dans la sphère musulmane, préjudiciable à son leadership.

Exerçant un monopole de fait tant dans l’espace euro-méditerranéen qu’au sein du monde anglosaxon, le dispositif saoudien comprenait deux complexes multimédias avec leur cortège de chaînes de télévision transfrontalières, d’une dizaine de canaux thématiques, de stations de radio transcontinentales, d’une agence de presse internationale (United Press International) et de cinq publications pan arabes. Sans surprise, ces vecteurs étaient tous la propriété de la famille royale saoudienne, au point de justifier la boutade selon laquelle la dynastie wahhabite est « l’unique entreprise familiale au Monde à siéger aux Nations-Unies ».

Un double impératif a guidé les dirigeants saoudiens dans leur aventure médiatique : la nécessaire neutralisation des succès de la révolution iranienne auprès de l’opinion musulmane et la non moins impérieuse nécessité de justifier, lors de la 1re guerre du Golfe (1990-1991), la présence de près de 500.000 soldats occidentaux sur le sol saoudien, à proximité des Lieux Saints de l’Islam.

Fait sans précédent dans l’Histoire, une telle présence massive de non-musulmans, -dont 60.000 soldats américains de religion juive- a été perçue comme une profanation d’un sanctuaire dont la dynastie wahhabite en a, en principe, le devoir de garde et de protection.

Ressentie comme la marque de la collusion du « Gardien des Lieux Saints » avec les oppresseurs des musulmans, elle a servi de justificatif à la rupture de bon nombre de formations islamistes avec le royaume saoudien, leur bailleur de fonds, notamment le chef d’Al Qaida, Oussama Ben Laden, et le FIS Algérien.

Le dispositif saoudien était prolongé sur le territoire national par deux vecteurs qui faisaient office de fer de lance du prosélytisme religieux et du djihadisme asiatique : « The Holy Quran Program » et « La Voix de l’Islam ». Des ONG de prédication et d’imprécation, dont les métastases jihadistes évolueront vers des proto-états avec comme marque de fabrique la stigmatisation et la décapitation.

Le Holy Quran Program.

Lancé en 1972, un an avant la guerre d’octobre 1973 au cours duquel le royaume va faire usage de l’arme du pétrole et se positionner comme nouveau chef de file du Monde musulman, Holy Qoran émettait depuis Ryad 18 heures de programme en arabe en direction du Monde arabe, de l’Asie du sud à l’intention des grands pays musulmans (Afghanistan, Pakistan, Bangla Desh, Malaisie, Indonésie et Inde). Holy Quran était complété depuis La Mecque par des émissions diffusées par la « Voix de l’Islam», le tout sous la protection des Awacs américains, ces fameux avions radars qui sillonnaient le ciel saoudien pour parer à toute agression contre la dynastie wahhabite.

7- UN DÉPLOIEMENT ARACHNÉEN.

Le prosélytisme sur place était complété sur le plan international par une structure discrète mais efficace : La Ligue Islamique Mondiale, l’instrument d’encadrement par excellence des communautés musulmanes de la diaspora. Fondée en 1962 à La Mecque, la Ligue Islamique mondiale avait la haute main sur la formation des Imams et des prédicateurs, la gestion des bourses d’études, le développement des instruments de communication à vocation pédagogique (diffusion du coran et des documents audiovisuels, cassettes, films).

Ainsi durant la décennie 1980 au plus fort de la guerre d’Afghanistan, le royaume saoudien a édité 53 millions d’exemplaires du Coran, offrant gracieusement 36 millions d’exemplaires aux fidèles de 78 pays à l’occasion du Ramadan, selon les indications fournies à la presse à l’époque par Mohamad Ben Abdel Rahman Ben Salamah, vice-ministre saoudien des biens religieux au moment de la 1 ère guerre du Golfe (1990-1991).

Vingt-six millions ont été offerts aux fidèles d’Asie, cinq millions pour l »Afrique, un million pour l’Europe et quatre millions à l’Amérique latine. Parallèlement, les deux grandes universités islamiques du Royaume ont formé 39.000 prédicateurs de 47 nationalités durant cette même période :

L’Université Mohamad Ben Saoud (Ryad), 23.000 étudiants d’une quarantaine nationalité, et l’Université Oum al Qorah (La Mecque) 16.000 étudiants de 47 nationalités, se muant ainsi en autant de zélés propagateurs de la conception ultra rigoriste de l’islam saoudien au sein de la communauté des pays musulmans.

Le Conseil Supérieur des Mosquées, dont la tâche exclusive est la promotion des lieux de culte à travers le Monde, lui est affilié.

Le Roi Salmane, le protégé du président xénophobe et populiste américain Donald Trump, aura été, à à l’époque Gouverneur de Riyad, paradoxalement, le plus grand collecteur de fonds du djihad afghan, via son journal « Al Charq Al Awsat ».

En Europe, la Ligue a disposé de représentations dans la plupart des métropoles : Londres, Bruxelles, Rome, Genève, Copenhague, Lisbonne et Madrid. La pénétration des populations musulmanes s’est faite de manière oblique par la multiplication des centres culturels et religieux et d’institutions spécialisées.

L’Arabie saoudite a réparti les principales institutions entre les grandes capitales européennes dans le souci d’impliquer le plus grand nombre des pays de l’Union Européenne dans sa politique de sensibilisation islamique, dans sa version wahhabite, et de prévenir ainsi toute vacuité institutionnelle et idéologique qui profiterait à ses rivaux.

-Le Conseil Continental des Mosquées d’Europe a pour siège Bruxelles.
La Grande Mosquée de Bruxelles est également le siège du Centre Islamique et culturel de Belgique. Le bâtiment siège du pavillon oriental de l’Exposition nationale de Bruxelles de 1880, abritait alors une fresque monumentale, le Panorama du Caire d’Émile Wauters, qui remporta un important succès. En 1967, le roi Baudouin fait don de l’édifice au roi Fayçal Ben Abdelaziz Al Saoud d’Arabie saoudite, en visite officielle en Belgique.

-L’Académie Européenne de Jurisprudence Islamique est basé à Londres.

– Word Assembly of Muslim Youth, structure transnationale, avait vocation à faire contrepoint à l’organisation correspondante des Frères Musulmans, « The International Islamic Federation of Students Organization » en ce que la confrérie, longtemps dans le giron des Saoudiens, se prépositionnait en rival sur le théâtre européen avec l’afflux massif des travailleurs immigrés du Maghreb, d’Afrique noire, de Turquie (Allemagne) et des Pakistanais (Royaume Uni).

Sous la férule saoudienne, les Frères Musulmans ont en effet joué un rôle majeur dans la création de structures pan islamiques :

-La Ligue Islamique Mondiale (1962), la structure parallèle à fondement religieux mise sur pied par l’Arabie saoudite pour contrecarrer l’influence de la diplomatie nassérienne et le prestige de l’Université d’Al Azhar, une des principales sources de jurisprudence islamique

-Le Conseil islamique d’Europe, dix ans plus tard, en 1973, l’année du premier choc pétrolier et du basculement du centre de gravité du Monde arabe de la zone populeuse et frondeuse de la Méditerranée vers la zone d’abondance apathique du Golfe. Le Conseil islamique d’Europe âsse pour être le parrain spirituel de l’Union des organisations islamiques en Europe (UOIE) et de l’Union des organisations islamiques de France, en 1983, en pleine phase de montée en puissance de la troisième génération issue de l’immigration arabo musulmane.

Paris, elle, a aménagé une place de choix au déploiement médiatique saoudien en concédant licence, dans toute l’acception du terme, à Radio Orient, la dotant d’une position exorbitante en ce qu’elle est l’unique radio au monde, propriété d’un chef de gouvernement étranger ou alternativement d’un chef de l’opposition d’un pays ami de la France.

Réputée pour sa perméabilité saoudienne, Radio Orient diffusait tous les vendredi les sermons du prédicateur de La Mecque, faisant office de relais aux prédications du conservatisme wahhabite en direction d’une population arabo-musulmane en butte à l’intégrisme islamique. Comme ce fut le cas lors de la décennie noire en Algérie (1990-2000) ou lors de la Guerre de Syrie (2011-2015), où la France, la Patrie des Droits de l’Homme, s’est rangée du côté des djihadistes takfiristes, dont elle en paiera le prix en terme de retombées terroristes, des tueries de Mohamad Merah à Toulouse-Montauban (2012), à Mehdi Nemmouche, le geôlier de quatre journalistes français otages du Jabhat An Nosra, au carnage de Charlie Hebdo (Janvier 2015) à la décapitation de l’Isère (juillet 2015), à la boucherie du Paris-Bataclan (13 Novembre 2015), à la tuerie de Nice juillet 2016.

Par René Naba

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias).
RÉFÉRENCES

1- A propos de l’Europe « base arrière des dirigeants islamistes de l’époque afghane »

2- Arabie saoudite : « Unique entreprise familiale au Monde à siéger à l’ONU, voir Chapitre V « Guerre des Ondes, guerre des religions, la bataille hertzienne dans le ciel espace méditerranéen ». René Naba – Harmattan 1998.

3 – les Frères Musulmans, un vestige de la guerre froide.

Qatar-Arabie saoudite

Source: Madaniya.info

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«Des bonbons, des chocolats» : détenue en Syrie, la djihadiste Emilie König assure être bien traitée

2 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #l'islamisme

«Des bonbons, des chocolats» : détenue en Syrie, la djihadiste Emilie König assure être bien traitée
«Des bonbons, des chocolats» : détenue en Syrie, la djihadiste Emilie König assure être bien traitée
Emilie König, vidéo tournée par les Unités de protection du peuple kurdes, capture d'écran YouTube/Service de presse des YPG

Dans une vidéo filmée par les forces kurdes qui l'ont arrêtée, la djihadiste bretonne prend à contre-pied son avocat qui s'efforce de la faire juger en France plutôt qu'en Syrie. Mais parle-t-elle vraiment librement ?

La djihadiste originaire de Lorient, Emilie König, apparaissant tête nue et maquillée sans excès l'assure devant la caméra : «L'enquête dont je fais l'objet se déroule comme dans mon propre pays.» «J'ai vu que les femmes du YPG [Unités de protection du peuple kurdes] jouaient avec les enfants, ramenaient des bonbons, des chocolats aux enfants. Nous, on nous apportait à manger», affirme-t-elle devant la caméra de ces mêmes YPG. «Si on a envie de fumer, on peut fumer», ajoute-t-elle, décrivant, à l'en croire, un monde de libertés dans l'une des deux vidéos, en français, mise en ligne sur YouTube par le service de presse des YPG ce 8 janvier 2018. Une autre vidéo en arabe sous-titrée en anglais a également été mise en ligne. Les images sont en outre présentées comme ayant été tournées le 12 décembre dernier. Rien ne permet toutefois de confirmer la date du tournage.

«Les médias français ont répandu la nouvelle sur Emilie König, une djihadiste française capturée par nos forces, [selon laquelle] elle vivait l'oppression et était torturée par les YPG. König répond aux allégations», peut-on lire en description de la vidéo en arabe, qui a fait l'objet de nombreuses coupures au montage et dont les commentaire ont été désactivés.

«Nous avions entendu que les YPG torturaient et battaient ceux qu'ils arrêtaient, j'avais entendu ça de la part d'autres femmes», commence Emilie König, poursuivant, un peu plus tard : «J'ai trouvé un téléphone et j'ai appelé ma mère. Je lui ai dit que certains parlaient de torture et de prostitution». Et Emilie König de préciser : «Je n'ai pas dit qu'ils m'avaient torturée.»

Une djihadiste embarrassante ?

Ces déclarations, dont on peut douter de la sincérité au vu du contexte, tombent à point nommé pour le gouvernement français qui n'est pas très disposé à voir la djihadiste revenir en métropole. Le 4 janvier dernier, le porte-parole du gouvernement assurait que les femmes détenues dans ce qu'il a appelé le «Kurdistan syrien» seraient jugées «là-bas», bien qu'il ne s'agisse pas d'un Etat reconnu au sens du droit international.

Encore plus surprenant, les affirmations d'Emilie König dans ces vidéos tournées par les autorités kurdes, contredisent celles de son avocat, Bruno Vinay, qui bataille avec les autorités françaises afin que la jeune femme soit jugée en France. Le 3 janvier dernier, l'avocat affirmait à l'AFP qu'Emilie König voulait se rendre à la justice française plutôt que d'être jugée en Syrie. Propagandiste et recruteuse notoire pour Daesh, la jeune femme née en 1984 est poursuivie par la justice française depuis 2015. En décembre 2017, alors qu'elle demandait à être rapatriée selon son avocat, la protection consulaire française lui aurait été refusée. La France a fermé son ambassade en Syrie en mars 2012.

Lire aussi : Procès en France ou en Syrie ? Le sort de la djihadiste Emilie König, un casse-tête pour Paris

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Attentat «islamiste» au couteau: un Palestinien en procès en Allemagne. Article de "LIBÉRATION".

18 Janvier 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #L'Allemagne, #l'islamisme

Attentat «islamiste» au couteau: un Palestinien en procès en Allemagne
Par AFP
Attentat «islamiste» au couteau: un Palestinien en procès en Allemagne. Article de "LIBÉRATION".
 
Une femme dépose une bougie à l'endroit où s'est produite une attaque mortelle au couteau, le 29 juillet 2017 à Hambourg Photo Markus Scholz. AFPFacebook Twitter

 

Le procès d’un demandeur d’asile palestinien qui avait tué au couteau un client de supermarché en juillet à Hambourg en Allemagne, dans un acte à motivation islamiste selon l’accusation, s’ouvre vendredi dans la ville.

Les autorités ont d’abord présenté Ahmad Alhaw, 26 ans, comme psychologiquement fragile avant d’opter pour un acte se voulant une «contribution au Djihad mondial». L’accusé risque la prison à perpétuité.

L’enquête n’a toutefois révélé aucun lien avec l’organisation Etat islamique (EI) et plutôt accrédité la piste d’un «loup solitaire». Du coup, l’homme ne sera pas poursuivi pour acte de «terrorisme» mais pour meurtre et tentative de meurtre.

Cependant, il ne fait aucun doute pour l’accusation que son acte était motivé par «l’islamisme radical».

«L’accusé a cherché à atteindre des victimes au hasard qui, selon lui, perpétuent les injustices à l’encontre des Musulmans», souligne le parquet.

«Il était important pour lui de tuer le plus possible de Chrétiens allemands. Il voulait que son action soit comprise comme une contribution au Djihad mondial», a-t-il ajouté.

Son procès devrait durer au moins jusqu’à début mars.

- Failles -

Fin juillet, M. Alhaw était entré en pleine journée dans un supermarché de Hambourg, s’emparant dans un rayon d’un couteau de cuisine doté d’une lame de 20 cm, et avait mortellement poignardé un client de 50 ans.

Il avait par la suite pris la fuite et blessé dans la rue six autres personnes avec son couteau en criant «Allah Akbar», avant d’être maîtrisé à l’issue d’une course poursuite par des badauds.

Son cas place de nouveau l’administration allemande et les services de renseignement dans une position inconfortable.

Car ce Palestinien, né aux Emirats arabes unis, arrivé en mars 2015 en Allemagne depuis la Norvège, avait été débouté de sa demande d’asile fin 2016 mais n’avait pu être reconduit à la frontière faute de papiers en règle.

Il avait même été considéré avant son passage à l’acte comme «un cas suspect» suite à «des éléments montrant une radicalisation» religieuse.

Son attaque au couteau s’est produite sept mois après l’attentat au camion-bélier sur un marché de Noël berlinois, qui avait fait 12 morts et révélé d’importantes failles des services de renseignements.

Cet attentat avait été commis par un demandeur d’asile tunisien, Anis Amri, qui était dans une situation juridique similaire et considéré de longue date comme potentiellement dangereux par la police.

De nombreux attentats ou tentatives ont été commis par des demandeurs d’asile, valant des critiques à la chancelière Angela Merkel, accusée par ses détracteurs d’avoir fait peser un risque à son pays en ouvrant la porte à des centaines de milliers de réfugiés en 2015 et 2016.

L’extrême droite allemande Alternative pour l’Allemagne en particulier a profité de ces inquiétudes dans l’opinion en faisant son entrée à la chambre nationale des députés en septembre.

La question migratoire continue à dominer le débat politique. Elle est au centre des tractations entre conservateurs et sociaux-démocrates pour tenter de former un nouveau gouvernement.

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À propos des formations paramédicales : Le Conseil d’État restreint la laïcité de l’enseignement supérieur public !

15 Janvier 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Laïcité, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #l'islamisme

À propos des formations paramédicales : Le Conseil d’État restreint la laïcité de l’enseignement supérieur public !

Par Charles Arambourou le Laïcité

Donnant raison à deux requérantes et au Comité contre l’islamophobie en France (association islamique militante, proche des Frères musulmans(1)), le Conseil d’État vient, le 28 juillet 2017, d’enjoindre à l’État d’abroger ou de modifier l’interdiction faite aux élèves des instituts de formation paramédicaux de porter des signes ou tenues religieux. Sur un terrain depuis longtemps sensible, la Haute-Juridiction continue de désarmer un peu plus la laïcité.

Les étudiants, « usagers du service public », ne sont pas astreints à la neutralité religieuse

La décision du 28 juillet 2017 enjoint à la ministre des affaires sociales d’abroger ou de modifier dans le sens de sa décision la disposition suivante, applicable dans les instituts de formation paramédicaux(2) : « Les signes et les tenues qui manifestent ostensiblement l’appartenance à une religion sont interdits dans tous les lieux affectés à l’institut (…) ainsi qu’au cours de toutes les activités placées sous la responsabilité de l’institut de formation ou des enseignants, y compris celles qui se déroulent en dehors de l’enceinte dudit établissement. »

Le Conseil d’Etat juge cette interdiction illégale « par son caractère général », car elle ne fait pas la distinction entre les différentes situations des élèves, selon que les activités de formation se déroulent à l’intérieur ou à l’extérieur des instituts, en cours ou en stage.

  1. Dans les instituts, établissements d’enseignement supérieur, les élèves ont la qualité « d’usagers »(3). Ils sont donc « libres de faire état de leurs croyances religieuses, y compris par le port de vêtements ou de signes » (…) « sous réserve de ne pas perturber le déroulement des activités d’enseignement et le fonctionnement normal du service public notamment par un comportement revêtant un caractère prosélyte ou provocateur. »
  2. Toutefois, lorsque les étudiants sont en situation de stage, il en va différemment : dans le service public, ils sont astreints au principe de laïcité ; dans un établissement privé hors service public, ils doivent respecter le règlement intérieur en la matière.

Le second point ne souffre pas la discussion, pas plus que l’existence d’une différence de situation, donc de règles applicables, entre les deux cas. En revanche, sous ses apparences de jurisprudence connue, le cadre de ces « établissements d’enseignement supérieur » particuliers donne l’occasion au Conseil d’Etat de restreindre en général la portée de la laïcité du service public.

L’affichage religieux de l’usager compte plus que la laïcité du service public !

1. Le CE refuse de tirer les conséquences du caractère « laïque » du service public de l’enseignement supérieur.

La laïcité de l’enseignement public est un impératif constitutionnel (Préambule de 1946), appliqué à l’enseignement supérieur par l’art. L141-6 du code de l’éducation : « Le service public de l’enseignement supérieur est laïque (…). Il doit garantir à l’enseignement et à la recherche leurs possibilités de libre développement scientifique, créateur et critique. » Quant à ses « usagers », l’art. L 811-1 du même code dispose qu’ils « exercent [leur liberté d’information et d’expression]dans des conditions qui ne portent pas atteinte aux activités d’enseignement et de recherche et qui ne troublent pas l’ordre public. »

Or comment garantir la liberté d’enseignement des techniques d’IVG, par exemple, ou de PMA, devant un amphi rempli de signes religieux ostensibles divers (n’oublions pas les « croisés » catholiques anti-IVG) ? Quant à « l’ordre public », dès lors qu’il est « laïque » de par la loi, il ne peut être que troublé par l’exposition de tels signes d’appartenance, qui constituent en eux-mêmes des actes de prosélytisme, notamment vis-à-vis des étudiants n’affichant pas de religion.

La neutralité religieuse des situations d’enseignement est seule garante du respect de la liberté de conscience des autres participants, et de la liberté pédagogique des formateurs. Apparemment pas pour le CE, qui ignore à la fois la Constitution, la loi, et les impératifs du bon fonctionnement du service !

2. Il élargit la notion de liberté d’expression religieuse de l’usager au-delà de la jurisprudence actuelle

Pourquoi donc l’arrêt cite-t-il l’art. L. 141-5-1 du code de l’éducation (issu de la loi du 15 mars 2004 réglementant le port des tenues religieuses par les élèves de l’école publique), texte strictement non pertinent en la matière(4) ? C’est pour n’en souligner que mieux l’absence de toute autre loi restreignant la liberté d’expression religieuse d’une catégorie d’usagers, exigeant implicitement que celle-ci ne puisse résulter que d’une mesure législative. Nous y voyons un véritable revirement de jurisprudence.

Il s’agit en effet d’un recul par rapport à la position exprimée dans l’étude du 19 décembre 2013(5) du même Conseil d’Etat. Il estimait alors : « Pour les usagers du service public (…), qui ne sont pas soumis à l’exigence de neutralité religieuse, des restrictions à la liberté de manifester des opinions religieuses peuvent résulter soit de textes particuliers, soit de considérations liées à l’ordre public ou au bon fonctionnement du service. » Précision : ces « textes » peuvent être de simples circulaires ministérielles(6), sans qu’il soit besoin d’une loi.

Mais c’est également un recul par rapport à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, pourtant très sourcilleuse des libertés religieuses. Celle-ci en effet n’exige pas une « loi » pour limiter l’expression religieuse, mais tout texte, y compris infra-législatif ou jurisprudentiel, suffisamment clair et accessible à l’usager. De surcroît, dans un arrêt justement consacré au service public hospitalier(7) : « La Cour observe que l’hôpital est un lieu où il est demandé également aux usagers, qui ont pourtant la liberté d’exprimer leurs convictions religieuses, de contribuer à la mise en œuvre du principe de laïcité en s’abstenant de tout prosélytisme et en respectant l’organisation du service et les impératifs de santé et d’hygiène en particulier (…) » Oui, la CEDH dit bien : « il est demandé aux usagers » ! De Strasbourg (siège de la CEDH) à Paris, les communications ne passent-elles plus ?

Le « port du voile à l’Université », enjeu d’une offensive de l’intégrisme politique.

La demande de réglementation des tenues vestimentaires à l’Université est croissante, tant les provocations se multiplient : l’UFAL s’est depuis longtemps exprimée sur le sujet, ainsi d’ailleurs que le Collectif des associations laïques dont elle fait partie. Rappelons notre analyse de décembre 2015.

«  (…) l’affichage systématique des signes religieux, dont le voile pour les femmes (et les tenues couvrantes qui l’accompagnent) est un moyen de pression sur ceux et celles qui sont supposés ressortir à la religion musulmane, pour leur imposer une forme de pratique extrême.
On a trop oublié l’analyse sévère du port du voile faite par le rapport Stasi en 2002 sous le titre explicite : « Une grave régression de la situation des jeunes femmes » : « Celles qui ne le portent pas et le perçoivent comme un signe d’infériorisation qui enferme et isole les femmes sont désignées comme “impudiques”, voire “infidèles”. »

En quoi les femmes adultes et les étudiantes seraient-elles moins concernées par cette analyse ? Les premières cibles de ce déploiement réellement prosélyte sont les femmes de culture (ou de religion) musulmane qui refusent cet assujettissement. (…) »

La République ne peut s’aveugler devant cette offensive insidieuse. Il y va de la « protection des droits et libertés d’autrui », qui autorise précisément, selon l’art 9-2 de la Convention européenne des droits de l’homme, des restrictions à « la liberté de manifester sa religion ».

Selon nous, ces restrictions pouvaient, en France, se faire sans recourir à une loi supplémentaire, source de polémiques, et soumise à la tendance dominante de la majorité législative – peu laïque actuellement, semble-t-il. Il aurait suffi, en application de la loi existante (notamment les art. L141-6 et L 811-1 du code de l’éducation ci-dessus rappelés), d’une disposition du règlement intérieur de chaque université imposée par circulaire ministérielle. A condition de distinguer les situations et locaux d’enseignement et de recherche de toutes celles n’impliquant pas une obligation de neutralité des étudiants (campus, résidences et restaurants universitaires, etc.).

Or le Conseil d’Etat, par son revirement jurisprudentiel, semble maintenant exiger une loi nouvelle, ce qui revient à rendre en pratique peu envisageable toute mesure propre à mettre fin à l’offensive intégriste à l’Université, dont le contentieux ici rappelé n’est qu’une preuve de plus !

Faut-il y voir une petite vengeance ? Souvenons-nous… Le même Conseil d’Etat avait rendu, le 27 novembre 1989, un avis sur les signes religieux portés par les élèves des écoles publiques, particulièrement contradictoire et inopérant. Au point qu’il aura fallu la loi du 15 mars 2004 pour sortir de cette impasse juridique, et mettre fin – efficacement, rappelons-le !- aux tentatives de l’islamisme politique sur ce terrain. Le CE aurait-il mal digéré d’être ainsi court-circuitée par le législateur ? Il en revient à son antienne libertarienne : le port du voile ne serait pas « du prosélytisme »… Quel mépris pour la liberté de conscience des étudiants qui ne souhaitent pas afficher leur religion dans les amphis !

En rendant inopérantes, aussi bien la laïcité de l’enseignement supérieur public que les restrictions permises à l’affichage religieux des étudiants, l’arrêt du 28 juillet 2017 témoigne de l’aveuglement coupable de la Haute Juridiction. Mais il ne saurait dispenser le législateur de prendre ses responsabilités.

Note(s)

1.

Déguisée désormais en « association de défense des droits de l’homme » — on espère qu’il ne s’agit pas des « droits de l’homme islamiques »

2.

Disposition du règlement-type imposé par l’arrêté ministériel du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux.

3.

Code de l’éducation, art. L.811-1 : « Les usagers du service public de l’enseignement supérieur sont les bénéficiaires des services d’enseignement, de recherche et de diffusion des connaissances et, notamment, les étudiants (…). »

4.

Bien que l’arrêté ministériel censuré en reprenne les termes — ce qui n’était ni suffisant ni approprié.

5.

« Etude demandée par le défenseur des droits » (notamment sur les adultes bénévoles accompagnateurs de sorties scolaires).

6.

Telle la « circulaire Chatel » (interdisant l’expression religieuse des tiers accompagnateurs de sorties scolaires), disait explicitement le CE – n’en déplaise à l’Observatoire de la laïcité et à son Président !

7.

Ebrahimian c. France, 26 novembre 2015 ; validation du non renouvellement de contrat d’une assistante sociale hospitalière refusant d’ôter son voile en service.

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Brzezinski est mort, je ne vais pas le pleurer, par Selma Benkhelifa

4 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #l'islamisme, #Terrorisme

Brzezinski est mort, je ne vais pas le pleurer,  par Selma Benkhelifa
Brzezinski est mort, je ne vais pas le pleurer

 

Zbigniew Brzezinski est mort ce 26 mai 2017, à l’âge de 89 ans. Cet homme est l’instigateur de la guerre en Afghanistan, celui qui – pour la CIA – a inventé le concept moderne du djihad, en soutenant les opposants à Najibullah le Président afghan de l’époque.

 
L’Afghanistan était pourtant résolument tourné vers la modernité. Les femmes y travaillaient, les filles y allaient à l’Université. Le pays avait sa propre compagnie aérienne. Une agriculture florissante en faisait le premier exportateur de fruits d’Asie centrale.
 
Mais Zbigniew Brzezinski est arrivé. Et le drame a commencé. 
 

Dans une longue interview, il admet avoir écrit une note au président Carter selon laquelle si la CIA aidait les Moudjahiddines, traduisez les « soldats de la Religion », cela entraînerait une réaction des Soviétiques, qui voudraient soutenir le Président Najibullah.

L’idée n’était pas de réellement mettre les moudjahiddines au pouvoir, mais de créer une guerre civile qui forcerait l’intervention russe. Et l’idée a marché.

 L’armée soviétique envahit l’Afghanistan, le 24 décembre 1979, quelques mois après la note de Brzezinski à Carter.

Heureux de son succès, Brzezinski écrira à Carter «Nous avons maintenant l’occasion de donner à l’URSS sa guerre du Vietnam.»

La guerre en Afghanistan n’a pas cessé depuis. Le pays exsangue ne s’est jamais remis des plaies causées par les combats fratricides qui l’ensanglantent encore aujourd’hui.

Des années plus tard, lorsqu’un journaliste du Nouvel Observateur interroge Brzezinski sur d’éventuels regrets, il répondra imperturbable:
 
« Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège Afghan et vous voulez que je le regrette ?  » (1)
 
Le journaliste surpris insiste: « Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste,d’avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes ? »
 

Et Zbigniew Brzezinski répond « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes où la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?« 

Les « excités islamistes » ne font pas peur à la CIA, ni aux Présidents américains qui se sont succédé. Ce sont tout au plus des mercenaires dont on se sert et puis qu’on jette quand ils ne sont plus utiles. Ce sont des terroristes parce qu’ils terrorisent les gens du commun, vous, moi, ceux et celles qui partent travailler en métro ou qui vont à un concert. Ils ont terrorisés les habitants de Kaboul, d’Alger et d’Alep. Ils ne terrorisent pas les puissants de ce monde, qui sont très satisfaits de les voir faire le sale boulot et les aider à justifier leurs guerres et leurs atteintes à nos droits.

On pourrait penser que c’est de l’histoire ancienne, un cours sur la Guerre Froide, mais Brzezinski a continué à sévir des années durant. Il a aussi été conseiller du Président Obama.

Alors comment ne pas faire le rapprochement entre ce que la CIA a fait pour manipuler l’URSS et pousser les Soviétiques dans une guerre en Afghanistan et ce qui se passe en Syrie ?
 
Nous sommes tous et toutes victimes de la même manipulation, de Bruxelles à Damas, de Kaboul à Manchester.
 
Brzezinski est mort, je ne vais pas le pleurer, je voudrais juste qu’on se rappelle le manipulateur pervers qu’il a été et sa responsabilité dans tant d’années de guerres et de barbarie. Si certains hommes ont rendu le monde meilleur, Brzezinski fait assurément partie de ceux qui l’ont rendu pire.
 
(1) Source : Le Nouvel Observateur, 15/01/1998

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Les e-mails d’Hillary Clinton et la Confrérie par Thierry Meyssan

5 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #La France, #La Russie, #l'islamisme, #l'immigration, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Les e-mails d’Hillary Clinton et la Confrérie

L’enquête du FBI sur les e-mails privés d’Hillary Clinton ne porte pas sur une négligence face aux règles de sécurité, mais sur un complot visant à distraire toute trace de ses correspondances qui auraient dû être archivées sur des serveurs de l’État fédéral. Il pourrait comprendre des échanges sur des financements illégaux ou de la corruption, d’autres sur les liens des époux Clinton avec les Frères musulmans et les jihadistes.

| Damas (Syrie)  
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Hillary Clinton et sa directrice de cabinet Huma Abedin.

La relance de l’enquête du FBI sur les e-mails privés d’Hillary Clinton ne porte plus sur les questions de sécurité, mais sur des trafics qui pourraient aller jusqu’à la haute trahison.

Techniquement, au lieu d’utiliser un serveur sécurisé de l’État fédéral, la secrétaire d’État avait fait installer à son domicile un serveur privé, de manière à pouvoir utiliser Internet sans laisser de traces sur une machine de l’État fédéral. Le technicien privé de Mme Clinton avait nettoyé son serveur avant l’arrivée du FBI, de sorte qu’il n’était pas possible de savoir pourquoi elle avait mis en place ce dispositif.

Dans un premier temps, le FBI a observé que le serveur privé n’avait pas la sécurisation du serveur du département d’État. Mme Clinton n’avait donc commis qu’une faute de sécurité. Dans un second temps, le FBI a saisi l’ordinateur de l’ancien membre du Congrès, Anthony Weiner. Celui-ci est l’ancien époux d’Huma Abedin, directrice de cabinet d’Hillary. Des e-mails provenant de la secrétaire d’État y ont été retrouvés.

Anthony Weiner est un homme politique juif, très proche des Clinton, qui ambitionnait de devenir maire de New York. Il dut démissionner à la suite d’un scandale très puritain : il avait envoyé des SMS érotiques à une jeune femme autre que son épouse. Huma Abedin se sépara officiellement de lui durant cette tourmente, mais en réalité ne le quitta pas.

Huma Abedin est une états-unienne ayant été élevée en Arabie saoudite. Son père dirige une revue académique —dont elle fut durant des années la secrétaire de rédaction— qui reproduit régulièrement l’avis des Frères musulmans. Sa mère préside l’association saoudienne des femmes membres de la Confrérie et travaillait avec l’épouse du président égyptien Mohamed Morsi. Son frère Hassan travaille pour le compte du cheikh Yusuf al-Qaradawi, le prêcheur des Frères et conseiller spirituel d’Al-Jazeera.

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À l’occasion d’un déplacement officiel en Arabie saoudite, la secrétaire d’Etat visite le collège Dar al-Hekma en compagnie de Saleha Abedin (mère de sa directrice de cabinet), présidente de l’association des Sœurs membres de la Confrérie.

Huma Abedin est aujourd’hui un personnage central de la campagne Clinton, à côté du directeur de campagne, John Podesta, ancien secrétaire général de la Maison-Blanche sous la présidence de Bill Clinton. Podesta est par ailleurs le lobbyiste attitré du Royaume d’Arabie saoudite au Congrès pour la modique somme de 200 000 dollars mensuels. Le 12 juin 2016, Petra, l’agence de presse officielle de Jordanie, avait publié une interview du prince héritier d’Arabie, Mohamed Ben Salmane, affirmant la modernité de sa famille qui avait illégalement financé à hauteur de 20 % la campagne présidentielle d’Hillary Clinton, quoique ce soit une femme. Le lendemain de cette publication, l’agence annulait cette dépêche et assurait que son site internet avait été piraté.

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Selon l’agence officielle jordanienne Petra du 12 juin 2016, la famille royale saoudienne a illégalement financé 20 % de la campagne présidentielle d’Hillary Clinton.

Madame Abedin n’est pas la seule membre de l’administration Obama liée à la Confrérie. Le demi-frère du président, Abon’go Malik Obama, est le trésorier de l’Œuvre missionnaire des Frères au Soudan et président de la Fondation Barack H. Obama. Il est directement placé sous les ordres du président soudanais, Omar el-Béchir. Un Frère musulman est membre du Conseil national de sécurité —la plus haute instance exécutive aux États-Unis—. De 2009 à 2012, c’était le cas de Mehdi K. Alhassani. On ignore qui lui a succédé, mais la Maison-Blanche niait qu’un Frère soit membre du Conseil jusqu’à ce qu’une preuve surgisse. C’est également un Frère qui est ambassadeur des États-Unis auprès de la Conférence islamique, Rashad Hussain. Les autres Frères identifiés occupent des fonctions moins importantes. Il faut cependant citer Louay M. Safi, actuel membre de la Coalition nationale syrienne et ancien conseiller du Pentagone.

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Le président Obama et son demi-frère Abon’go Malik Obama dans le Bureau ovale. Abon’go Malik est le trésorier de l’Œuvre missionnaire des Frères musulmans au Soudan.

En avril 2009, deux mois avant son discours du Caire, le président Obama avait secrètement reçu une délégation de la Confrérie dans le Bureau ovale. Il avait déjà invité, lors de son intronisation, Ingrid Mattson, la présidente de l’association des Frères et Sœurs musulmans aux États-Unis.

De son côté, la Fondation Clinton a employé comme responsable de son projet « Climat » Gehad el-Haddad, un des dirigeants mondiaux de la Confrérie qui avait été jusque là responsable d’une émission de télévision coranique. Son père avait été l’un des co-fondateurs de la Confrérie, en 1951, lors de sa recréation par la CIA et le MI6. Gehad a quitté la fondation en 2012, date à laquelle il est devenu au Caire le porte-parole du candidat Mohammed Morsi, puis celui officiel des Frères musulmans, à l’échelle mondiale.

Sachant que la totalité des leaders jihadistes dans le monde sont soit issu de la Confrérie, soit de l’Ordre soufi des Naqshbandîs —les deux composantes de la Ligue islamique mondiale, l’organisation saoudienne anti-nationaliste arabe— on aimerait en savoir plus sur les relations de Madame Clinton avec l’Arabie saoudite et les Frères.

Il se trouve que dans l’équipe de son challenger Donald Trump, on compte le général Michael T. Flynn qui tenta de s’opposer à la création du Califat par la Maison-Blanche et démissionna de la direction de la Defense Intelligence Agency (Agence de Renseignement militaire) pour marquer sa réprobation. Il y côtoie Frank Gaffney, un « guerrier froid » historique, désormais qualifié de « conspirationniste » pour avoir dénoncé la présence des Frères dans l’État fédéral.

Il va de soi que, du point de vue du FBI, tout soutien aux organisations jihadistes est un crime, quelle que soit la politique de la CIA. En 1991, les policiers —et le sénateur John Kerry— avaient provoqué la faillite de la banque pakistanaise (quoi qu’enregistrée aux îles Caïman) BCCI que la CIA utilisait pour toutes sortes d’opérations secrètes avec les Frères musulmans tout autant qu’avec les cartels latinos des drogues.

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007). Compte Twitter officiel.

 
 
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Que se passera-t-il après la chute de Mossoul lorsque Daech fuira vers la Syrie ? (The Independent)

5 Novembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #L'OTAN., #La France, #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch, #La Turquie, #l'islamisme

Que se passera-t-il après la chute de Mossoul lorsque Daech fuira vers la Syrie ? (The Independent)

Toute l’armée du califat de Daech pourrait être dirigée contre le gouvernement Assad et ses alliés - un scénario qui pourrait provoquer une certaine satisfaction à Washington

L’armée syrienne, le Hezbollah et ses alliés iraniens se préparent à une invasion massive par des milliers de combattants de Daech qui seront chassés de l’Irak lorsque Mossoul tombera. L’objectif réel derrière la "libération" de la ville irakienne planifiée par les Etats-Unis et tant claironné serait, selon l’armée syrienne, d’inonder la Syrie avec les hordes de combattants de Daech fuyant leur capitale irakienne pour leur « mini-capitale » de Raqqa à l’intérieur même de la Syrie.

Depuis des semaines, les médias occidentaux, et les experts américains qu’ils aiment citer, prédisent une combat jusqu’à la mort de Daech à l’intérieur de Mossoul digne du siège de Stalingrad - ou une victoire rapide sur Daech suivie par des combats sectaires entre Irakiens pour le contrôle de la ville. L’ONU met en garde contre les colonnes massives de réfugiés qui se déverseront de la ville assiégée. Mais les Syriens - après avoir été témoins de l’effondrement soudain et l’évacuation de Palmyre lorsque leur propre armée a repris l’ancienne ville syrienne plus tôt cette année - pensent que Daech va simplement abandonner Mossoul et essayer d’atteindre les zones de la Syrie qu’elle contrôle encore.

Déjà, les services de renseignement de l’armée syrienne ont entendu des rapports inquiétants d’une demande faite par Daech dans les villes et villages au sud de Hasaka - une ville syrienne contrôlée par les forces du régime et les Kurdes dans le nord du pays - pour installer de nouvelles sources d’électricité et d’eau en prévision d’un afflux des combattants de Daech en provenance de Mossoul. En d’autres termes, si Mossoul tombe, toute l’armée du califat de Daech pourrait être dirigée contre le gouvernement Assad et ses alliés - un scénario qui pourrait provoquer une certaine satisfaction à Washington. Lorsque la ville irakienne de Fallujah est tombée entre les main de l’armée et des milices irakiennes plus tôt cette année, de nombreux combattants de Daech ont immédiatement fui vers la Syrie.

Sayed Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, qui a envoyé des milliers de ses hommes pour combattre (et mourir) dans la lutte contre Daech et Jabhat al-Nusra en Syrie, a déclaré dans un discours marquant les commémorations de l’Achoura la semaine dernière que les Américains « ont l’intention de répéter le complot de Fallujah lorsqu’ils ont ouvert une voie à Daech pour leur permettre de s’échapper vers l’est de la Syrie » et a averti que « le même plan pourrait être mis en oeuvre à Mossoul. » En d’autres termes, une défaite de Daech à Mossoul encouragerait Daech à fuir ver l’ouest pour essayer d’abattre le régime Assad en Syrie.

Ces soupçons n’ont pas vraiment été apaisées par une série de commentaires de généraux américains et de sources militaires américaines au cours ces dernières semaines. Le commandant américain nouvellement nommé dans la région, le Lt Gen Stephen Townsend – à la tête de ce que les États-Unis ont pompeusement appelé « Opération Résolution Inhérente » - a dit que non seulement Mossoul, mais aussi la ville syrienne de Raqqa, seraient capturées « sous son commandement ». Mais qui croit-il va prendre Raqqa ? L’armée syrienne a toujours l’intention de se battre jusqu’à Raqqa par la route militaire de Damas-Alep à ouest de la ville, après une première tentative plus tôt cette année qui a été abandonnée plus pour des raisons politiques que militaires. La Russie semble penser qu’il est préférable de concentrer sa puissance de feu sur d’autres milices, en particulier al-Nosra / al-Qaïda, que à la fois Moscou et Damas considèrent désormais comme beaucoup plus dangereux que Daech.

Tous deux ont remarqué comment Nosra - qui a changé son nom à Jabhat Fateh al-Sham, le "Front de soutien du peuple du Levant", dans d’effacer ses liens avec Al-Qaïda - est de plus en plus qualifiée par les politiciens et les journalistes occidentaux de « rebelles » [gras par le traducteur qui l’avait effectivement remarqué - NdT], ainsi qu’une pléthore d’autres milices qui combattent le régime syrien. Un général américain non identifié a été cité le mois dernier exprimant sa préoccupation que les forces chiites irakiennes pourraient s’emparer de la ville de Tal Afar, à la frontière irako-syrienne, afin de piéger les combattants de Daech en Irak - et empêcher ainsi leur fuite vers la Syrie. Il a été rapporté que Daech aurait abandonné Tal Afar il y a quelques jours.

Le magazine en ligne Military Times aux États-Unis (qui est, comme on dit, « proche » du Pentagone) a fait valoir que le général Townsend, qui a à peine 5 000 troupes étasuniennes sur le terrain en Irak et l’extrême nord de la Syrie, doit « poursuivre Daech en Syrie, où les Etats-Unis ont peu d’alliés sur place » - c’est le moins que l’on puisse dire - tandis que Townsend lui-même parle d’une « bataille longue et difficile » pour Mossoul. Il a également parlé d’un « siège » de Mossoul. Ce sont les terribles prédictions auxquelles les Syriens ne croient pas.

La propre armée d’Assad, avec ses 65 000 morts dans une guerre qui dure depuis maintenant cinq ans, a déjà été bombardée par les Américains à Deir Ezzor, où au moins 60 soldats syriens ont été tués - Washington a qualifié l’opération d’erreur - et se prépare maintenant à confronter l’énorme afflux de combattants de Daech qui pourrait traverser la frontière après la chute de Mossoul. Nasrallah lui-même y a fait allusion dans son discours. Il a suggéré que si les forces de Daech ne sont pas vaincues par les Irakiens eux-mêmes à Mossoul, alors les Irakiens - sans doute la milice chiite irakienne qui est l’un des fers de lance de l’armée gouvernementale - « seront obligés de se déplacer vers l’est de la Syrie pour combattre le groupe terroriste ».

Compte-tenu de la possibilité que les troupes syriennes et leurs alliés russes pourraient avoir à faire face à ce même groupe, il est peu étonnant qu’ils essaient de conclure leur capture des quartiers est d’Alep - quel que soit le coût en vies humaines - avant la chute de Mossoul.

Robert Fisk

Traduction "encore des pannes de satellites US à prévoir" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

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