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Le blog de Lucien PONS

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L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis (3/4)

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La Russie, #Terrorisme, #La guerre, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les transnationales

L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis (3/4)


Par Paul Fitzgerald et Elizabeth GouldLe 10 mai 2017 – Source The Saker

« Les effets maléfiques de la presse quotidienne moderne » – Puck, magazine américain 1888

 

Partie 3 – Comment la CIA a créé une fausse réalité occidentale pour la « guerre non conventionnelle »

L’idéologie étrange, psychologiquement conflictuelle et politiquement créatrice de division, communément appelée néoconservatisme, peut revendiquer de nombreux parrains. Irving Kristol, le père de William Kristol, Albert Wohlstetter, Daniel Bell, Norman Podhoretz viennent immédiatement à l’esprit et il y en a beaucoup d’autres. Mais à la fois dans sa théorie et dans sa pratique, le titre de père fondateur du programme néoconservateur d’une guerre sans fin qui domine la pensée de la Défense et la politique étrangère américaines pourrait être attribué surtout à James Burnham.

Ses écrits des années 1930 ont fourni un vernis intellectuel oxfordien raffiné au Parti socialiste des travailleurs et, en tant que conseiller proche du communiste révolutionnaire Léon Trotsky et de sa Quatrième Internationale, il a appris les tactiques et les stratégies d’infiltration et de subversion politique de première main. Burnham s’est révélé dans son rôle d’« intellectuel trotskyste » jouant de sales tours à ses ennemis politiques, en concurrençant les mouvements marxistes, en détournant leur loyauté et en pillant leurs meilleurs talents.

Burnham a renoncé à son allégeance à Trotsky et au marxisme sous toutes ses formes en 1940, mais il emporterait avec lui leurs tactiques et leurs stratégies d’infiltration et de subversion et transformerait leur méthode du matérialisme dialectique pour l’utiliser contre eux. Son ouvrage de 1941, The Managerial Revolution, lui apportera célébrité et fortune, et l’établira comme un prophète politique astucieux, sinon tout à fait précis, relatant l’émergence d’une nouvelle classe de l’élite technocratique. Son ouvrage suivant, The Machiavellians, marque son éloignement de l’idéalisme marxiste au profit d’un réalisme très cynique et souvent cruel, dans sa croyance en l’inévitable échec de la démocratie et la montée de l’oligarchie. En 1943, il mettra tout cela dans une note pour le Bureau américain des services stratégiques, l’OSS, dans lequel son anti-stalinisme trotskyste trouvera sa voie dans la doctrine de l’agence. Et dans son livre de 1947, The Struggle for the World, Burnham développera sa dialectique de confrontation/d’antagonisme contre l’Union soviétique en une politique permanente, apocalyptique de guerre sans fin. En 1947, la transformation de James Burnham, passé d’un communisme radical à un conservatisme partisan du Nouvel Ordre mondial américain, était complète. Son Struggle for the World avait effectué un tournant français sur la révolution communiste permanente de Trotsky et l’avait transformée en un plan de bataille permanent, en faveur d’un empire américain mondial. Tout ce qu’il fallait pour compléter la dialectique de Burnham était un ennemi permanent, et cela exigera une campagne psychologique sophistiquée pour maintenir la haine de la Russie en vie pendant des générations.

L’ascension des Machiavelliens

En 1939, Sidney Hook, collègue de Burnham à l’Université de New York et son camarade philosophe marxiste, avait contribué à fonder un Comité anti-stalinien pour la liberté culturelle comme élément d’une campagne contre Moscou. Pendant la guerre, Hook avait aussi abandonné le marxisme et, comme Burnham, il s’est retrouvé en quelque sorte dans l’étreinte chaleureuse de la communauté américaine du renseignement de droite, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale. Hook était considéré par le Parti communiste comme un traître et une « vipère contre-révolutionnaire » pour ses activités et, en 1942, il transmettait des informations sur ses camarades au FBI.

La vente des vertus de la culture américaine aux élites européennes appauvries et dépossédées était fondamentale pour construire l’empire américain après la guerre et les écrits précoces de Burnham ont été la source d’inspiration à partir desquelles serait construite une nouvelle contre-culture de la « Liberté ». En tant que vétérans de la guerre trotskyste interne, Burnham and Hook étaient experts dans l’art de l’infiltration et de la subversion, et avec The Machiavellians : Defenders of Freedom de Burnham comme modèle, ils ont entrepris de peindre en couleurs sombres tout ce que faisaient ou disaient les Soviétiques.

Comme Burnham l’exprimait clairement dans ses Machiavellians, sa conception de la Liberté signifiait autre chose que la liberté intellectuelle ou les libertés définies par la Constitution américaine. Ce qu’elle signifiait vraiment était la conformité et la soumission. La Liberté de Burnham ne s’appliquait qu’aux intellectuels (les machiavelliens) désireux de dire au peuple la dure vérité sur les réalités politiques impopulaires auxquelles il faisait face. C’étaient les réalités qui inaugureraient le meilleur des mondes de la classe des entrepreneurs s’engageant à refuser aux Américains la démocratie même dont ils pensaient jouir déjà. Comme Orwell l’observait en 1946 dans ses Second Thoughts, à propos des croyances machiavelliennes de Burnham : « Le pouvoir peut parfois être gagné ou maintenu sans violence, mais jamais sans fraude, parce qu’elle est nécessaire pour utiliser les masses… »

En 1949, la CIA s’occupait activement à tromper les masses en soutenant secrètement la gauche soi-disant non communiste et se comportait comme si elle n’était que l’émanation spontanée d’une société libre. En mettant la gauche au service de son empire en expansion, la CIA exécutait un tournant français en son sein, en y choisissant les meilleurs et les plus brillants, ce qu’a institutionnalisé la création de l’État de sécurité nationale. Assisté par le Département britannique de recherche et d’information, l’IRD, la CIA a recruté d’anciens agents de désinformation soviétiques formés avant la guerre, qui avaient organisé des groupes activistes non communistes à Moscou, et les a mis au travail. Comme Frances Stoner Saunders l’écrit dans son livre, The Cultural Cold War [La Guerre froide culturelle], « ces anciens propagandistes en faveur des Soviétiques ont été recyclés, blanchis de toute tache de communisme, accueillis par les stratèges gouvernementaux qui voyaient dans leur conversion une occasion à ne pas manquer de saboter la machine de propagande soviétique dont ils avaient autrefois huilé les rouages ».

De son propre aveu, la stratégie de la CIA de promotion de la gauche non communiste deviendrait le fondement théorique des opérations politiques anti-communistes de l’Agence pendant les deux décennies suivantes. Mais la guerre culturelle, où tous les coups étaient permis contre le communisme soviétique, a sérieusement commencé en mars 1949, lorsqu’un groupe d’éminentes personnalités de la littérature et des arts se sont rassemblées à l’hôtel Waldorf Astoria à New York, pour une une conférence « culturelle et scientifique » de soutien à la paix parrainée par les Soviétiques. Sydney Hook et James Burnham étaient déjà activement impliqués dans le recrutement d’adhérents pour contrer les efforts du Bureau d’information communiste de Moscou (Cominform) visant à influencer l’opinion occidentale. La conférence du Waldorf leur a donné l’occasion de se livrer à des coups tordus dont ils auraient seulement pu rêver.

Des manifestants organisés par une coalition droitière de groupes catholiques et par la légion américaine ont chahuté les hôtes à leur arrivée. Des nonnes catholiques ont prié à genoux pour les âmes des athées présents. Rassemblés dans une suite du dixième étage, une bande d’anciens trotskystes et communistes conduits par Hook ont intercepté le courrier de la conférence, falsifié les communiqués de presse officiels et publié des tracts exigeant des orateurs qu’ils avouent leur passé communiste.

Finalement, la conférence est devenue un théâtre de l’absurde que Hook et Burnham utiliseraient pour vendre Frank Wisner au Bureau de la coordination politique de la CIA et pour démarrer la campagne de propagande.

Le Congrès pour la liberté culturelle : coûte que coûte 1

S’appuyant sur le pouvoir inexploité de la Quatrième Internationale, la campagne a débuté le 26 juin 1950, au Titania Palace dans Berlin occupé. Nommé d’après l’idée de Hook de 1939 d’une commission culturelle, le « Manifeste de la liberté » en quatorze points du Congress for Cultural Freedom (Congrès pour la liberté culturelle) visait à identifier l’Occident avec la liberté. Et puisque tout ce qui concerne l’Occident était dit libre, libre, libre, il allait sans dire que tout ce qui venait de l’Union soviétique ne l’était pas.

Organisée par Burnham et Hook, la délégation américaine représentait un who’s who des intellectuels américains de l’après-guerre. Les billets pour Berlin étaient payés par le Bureau de la coordination politique de Wisner, au travers d’organisations de premier plan ainsi que par le Département d’État, qui aidaient à organiser le voyage, les dépenses et la publicité. Selon l’historien de la CIA Michael Warner, le financeur de la conférence considérait que l’argent était bien dépensé avec un représentant du ministère de la Défense la qualifiant de « guerre non conventionnelle optimale ».

Burnham constituait la liaison essentielle entre le bureau de Wisner et une intelligentsia passant avec aisance de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. Burnham trouvait que le Congrès était un endroit où fulminer, non seulement contre le communisme, mais aussi contre la gauche non communiste et en a laissé beaucoup se demander si ses positions n’étaient pas aussi dangereuses pour la démocratie libérale que le communisme. Selon Frances Stoner Saunders, des membres de la délégation britannique trouvaient que la rhétorique sortant du Congrès était un signe profondément troublant des choses à venir. « Hugh Trevor-Roper était horrifié par le ton provocateur… ‘Il y a eu un discours très violent et en effet presque hystérique de Franz Borkenau. Il a parlé en allemand et je regrette de dire que pendant que je l’écoutais, que j’entendais les approbations bruyantes de l’immense auditoire, j’ai pensé, eh bien, que c’étaient les mêmes personnes qui, il y a sept ans, approuvaient probablement de la même manière les mêmes dénonciations allemandes du communisme lancées par le Dr. Goebbels au Palais des sports. Et j’ai pensé, eh bien, à quel genre de gens nous identifions-nous ? Cela a été le plus grand choc pour moi. Il y a eu un moment pendant le Congrès où j’ai compris que nous avions été invités à convier Belzébuth pour vaincre Staline’. »

Le Congrès pour la liberté culturelle n’avait pas besoin de Belzébuth, il l’avait déjà sous la forme de Burnham, Hook et Wisner et, en 1952, ce n’était que le début. Burnham a travaillé sans relâche pour que Wisner légitime le Congrès comme une plateforme pour les machiavelliens aux côtés d’anciens communistes et même de nazis, y compris le général SS Reinhard Gehlen et son unité de renseignement de l’armée allemande qui avait été introduite dans la CIA après la guerre, intacte. E. Howard Hunt, « plombier » du Watergate, célèbre pour ses coups tordus à la CIA, a évoqué Burnham dans ses mémoires : « Burnham était consultant de l’OPC sur presque tous les sujets intéressant notre organisation […] Il avait de très nombreux contacts en Europe et, en raison de son passé trotskyste, il faisait autorité sur les partis communistes locaux et étrangers et les organisations importantes. »

En 1953, Burnham est de nouveau appelé par Wisner à dépasser le communisme pour aider à renverser le Premier ministre démocratiquement élu, Mohammed Mossadegh, à Téhéran, apparemment parce que Wisner pensait que le plan nécessitait « une touche de machiavélisme ». Mais la plus grande contribution de Burnham en tant que Machiavel devait encore venir. Son livre, The Machiavellians: Defenders of Freedom deviendrait le manuel de la CIA pour remplacer la culture occidentale par une doctrine alternative de conflit sans fin dans un monde d’oligarques et finalement ouvrir les portes d’un Enfer duquel il serait impossible de revenir.

Paul Fitzgerald et Elizabeth Gould

L’article original est paru sur Truthdig

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker francophone

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  1. Jeu de mots intraduisible, jouant sur le nom de Hook et l’expression « by hook or by crook », coûte que coûte ou par n’importe quel moyen. ↩
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Syrie : Comment les médias mensonges refusent de reconnaitre leurs manipulations basées sur des « fake news ». Par Silvia Cattori

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Syrie : Comment les médias mensonges refusent de reconnaitre leurs manipulations basées sur des « fake news »

 

Les médias traditionnels, qui durant 6 ans ont trompé le public en lui livrant sur la Syrie une information mensongère – propagée par l’OSDH et les Casques blancs, des ONG liées notamment au groupe terroriste al-Nosra – tentent maintenant de discréditer tout témoignage qui les met en cause [*] en diffamant les témoins et en accusant « les médias pro-Assad« .

On peut voir, ci-dessous, comment Le Monde et France culture tentent de se défausser en prétendant que Omrane, « est devenu, aujourd’hui, un outil de propagande du gouvernement de Bashar el-Assad« .

Voir, en pied de page, la réponse de Moscou aux accusations des  médias [**]. [ASI]

 


Omrane, le petit Syrien sauvé des décombres d’Alep, réapparaît sur les médias du régime

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Luc Vinogradoff

L’enfant et son père sont apparus dans plusieurs médias pour défendre le régime et accuser les rebelles d’avoir voulu les instrumentaliser.

 

Extraits

Manipulation et capital médiatique

On peut douter que la succession de quatre interviews en à peine quelques jours, lors desquelles les mêmes propos sont répétés et les mêmes accusations lancées, ait été organisée sans l’aval, ou même l’impulsion de Damas. Les informations sur la guerre diffusées par les médias officiels syriens sont en effet étroitement contrôlées par le régime. Les autres médias – russes, iraniens, libanais – peuvent être considérés comme bienveillants envers Damas.

« LA SITUATION ME FAIT DIRE QU’ILS ONT PROBABLEMENT ÉTÉ CONTRAINTS »

« Ils sont dans une zone sous contrôle du gouvernement et c’est un gouvernement dont on sait qu’il arrête et torture ceux qui le critiquent, opine la chercheuse Valerie Szybala, du Syria Institute. La situation me fait dire qu’ils ont probablement été contraints. »

Mais avant même sa réapparition médiatique, le petit Omrane avait déjà été instrumentalisé. Pendant que les opposants au régime médiatisaient son sort, Bachar Al-Assad disait à une télévision suisse que la photo « n’était pas réelle et avait été retouchée », qu’elle « faisait partie de la publicité de ces casques blancs ».

On peut considérer cela comme une réponse à John Kirby, porte-parole du département d’Etat américain, qui avait baptisé à la même époque Omrane de « vrai visage » de la guerre syrienne.

Aujourd’hui, les médias pro-Assad tentent de récupérer pour la Syrie et ses alliés l’image de la famille Daqneesh et son capital médiatique. Dans la foulée de toutes ces interviews, l’ambassade russe au Royaume-Uni, qui ne renonce jamais à l’ironie, s’est par exemple félicitée, de façon très sérieuse, que « le garçon syrien dont l’image avait été exploitée par les médias propagandistes pour empêcher la libération d’Alep soit en bonne santé. C’est pour cela que la Russie se bat ».

Lire l’article entier sur Le Monde.fr

 


Souffrance et instrumentalisation en Syrie

Par Thomas CLUZEL – 08.06.2017

Source: France culture

«Venez voir la réalité» : Moscou met une journaliste de CNN au défi de rencontrer le «garçon d’Alep»

 
 
Syrie : Comment les médias mensonges refusent de reconnaitre leurs manipulations basées sur des « fake news ».  Par Silvia Cattori
© AFP / Ruptly Source: AFP
A gauche, la journaliste vedette de CNN Christiane Amanpour. A droite, le petit Omran Daqneesh jouant au ballon.

Le ministère russe des Affaires étrangères a proposé à la journaliste américaine Christiane Amanpour de CNN de rencontrer le «garçon d’Alep» dont elle avait utilisé la photo devenue virale pour critiquer les actions militaires de Moscou en Syrie.

Tout le monde se souvient de cette fameuse photo du petit garçon assis à l’arrière d’une ambulance, blessé et recouvert de cendres à la suite d’une frappe aérienne, dans la ville syrienne d’Alep. Le cliché avait été pris par les controversés Casques blancs opérant en Syrie et était devenu viral dans le monde entier en quelques heures.

Les principaux médias occidentaux avaient massivement repris la photo du petit garçon, qui répond au nom d’Omran Daqneesh, pour décrire la souffrance des populations civiles à Alep, à l’époque divisée entre les forces pro-gouvernementales et rebelles, théâtre de combats meurtriers.

La journaliste vedette de CNN Christiane Amanpour avait notamment utilisé cette photo lors de son entretien en octobre 2016 avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, afin d’interroger ce dernier sur le soutien de la Russie aux forces du prédisent syrien Bachar el-Assad dans le conflit qui déchire le pays depuis 2011.

«Que répondez vous aux civils, qui demandent seulement de ne pas être bombardés en permanence ?», avait demandé la journaliste à Sergueï Lavrov. Puis, montrant au chef de la diplomatie russe la fameuse photo du garçon, elle avait ajouté : «C’est un crime de guerre, monsieur.»

Mais récemment, l’histoire du petit Omran Daqneesh a refait surface dans les médias aux quatre coins du monde, après le témoignage de sa famille auprès de certains journalistes, dont ceux de l’agence vidéo affiliée à RT, Ruptly. Le père du garçon, Mohammad Kheir Daqneesh a notamment accusé les Casques blancs d’avoir utilisé sa famille à des fins de propagande.

Moscou propose à Christiane Amanpour de se rendre sur place pour voir la réalité des faits

Le 7 juin, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a mis au défi Christiane Amanpour de se rendre sur place, à Alep, afin de rencontrer la famille du garçon dont elle s’était servie de la photo pour critiquer les opérations militaires de Moscou dans le conflit syrien.

«Elle pourrait avoir assez de courage, d’éthique professionnelle journalistique et de conscience humaine pour aller au bout de l’histoire. Qu’elle se rende en Syrie, à Alep, qu’elle trouve ce garçon et sa famille et s’entretienne avec eux de manière honnête, sans toutes ces mises en scène si propres à CNN», a déclaré Maria Zakharova.

Puis, s’adressant directement à Christiane Amanpour, la porte-parole du Kremlin a ajouté : «Vous pourrez poser toutes vos questions, même les plus difficiles et produire un véritable reportage sur ce qui est arrivé à ce garçon, ainsi que sur la façon dont les médias américains ont instrumentalisé sa photo, son histoire et plus généralement, le destin même de la Syrie depuis des années.»

En résumé, Maria Zakharova a estimé que les médias traditionnels, notamment CNN, avaient été pris «en flagrant délit» d’instrumentalisation de l’image du «garçon d’Alep» et devraient en porter la responsabilité.

La rédactrice en chef de RT Margarita Simonyan a proposé sa collaboration afin d’organiser une entrevue entre Christiane Amanpour et la famille d’Omran Daqneesh, directement à Alep.

«La prochaine fois, Christiane Amanpour et tout autre journaliste de CNN pourront venir avec nous sur le terrain. S’ils ont le courage de parler à ce garçon et à sa famille», a-t-elle déclaré.

Russia Today | 8 juin 2017

Lire aussi : Le photographe du petit garçon d’Alep serait en lien avec les rebelles décapitateurs d’enfants

«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep

Source: https://francais.rt.com/international/39401-venez-voir-realite-moscou-met-journaliste-cnn-au-defi-de-rencontrer-garcon-alep


 

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Syrie : l'émission d'Envoyé Spécial chez les terroristes et leurs supports

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #le nazisme, #l'horreur économique

Syrie : l'émission d'Envoyé Spécial chez les terroristes et leurs supports

 
09 juin 2017
Par : 
Axel Kaça

France 2 et son émission « Envoyé Spécial » ont diffusé jeudi 8 juin un reportage intitulé « Bachar : un ami encombrant ».

Voici le résumé de France 2: «C’est une épine dans le pied du nouveau Président Macron, son dossier le plus brûlant sur la scène internationale : Bachar Al-Assad, l’ex-ami de la France, est devenu le cauchemar de notre diplomatie. Au nom de la lutte contre la menace terroriste, peut-on pactiser avec un dictateur qui a mis son pays à feu et à sang ? Faut-il renouer avec lui et en faire notre allié dans le combat contre Daech ?

Ce documentaire inédit de 52 minutes, le "Document de Complément d’enquête", réunit les acteurs majeurs qui se sont heurtés au "casse-tête Bachar" : Laurent Fabius, Alain Juppé, Claude Guéant, Jean-Yves Le Drian mais aussi des agents du renseignement et d’anciens amis d'Al-Assad. Ils revisitent vingt ans de relations sulfureuses avec l’homme fort de Damas, vingt ans d’illusions et de paris perdus.

Dans cette enquête, François Hollande revient sur les frappes françaises avortées contre le régime syrien en 2013. L’occasion, selon le président sortant, d’en finir avec le “régime du tyran Bachar“. » Nous sommes plongés directement dans le thème, la continuation de la propagande « anti Bachar ». Tout commence par une scène de François Hollande ou celui-ci nous explique que le maintien au pouvoir du président syrien « n’est pas un échec personnel » puisqu’il « a tout fait pour qu’il puisse y avoir une solution en Syrie » , « que Bachar Al-Assad soit considéré comme un problème et non pas comme une solution » et qu’il « a tout fait pour punir ce régime qui faisait des atrocités et qu’il en fait encore ». L’ancien président français a effectivement tout fait pour faire tomber la république syrienne, en soutien aux nombreux groupes islamistes qui n’ont semé que misère et chaos partout où ils passaient.

Ensuite, retour en arrière. On nous montre comment Bachar Al-Assad se retrouva à devoir prendre des responsabilités politiques suite au décès de son frère ainé Bassel Al-Assad et qu’il héritera du « lourd héritage de son père, le général Haffez Al-Assad, l’incarnation du vieux despote, qui durant 30 ans a bâti par la terreur une des dictatures les plus fermées au monde ». Il lui est également reproché d’avoir mis en échec la révolte islamiste à Hama en 1982 qui aurait fait « 30.000 morts ». Rien que ça…

Le reportage expose la relation entre Jacques Chirac et Bachar Al-Assad. Le jeune président apparait alors comme quelqu’un sans expérience, peu impressionnant et facilement manipulable par Jacques Chirac qui le « prend sous son aile » jusqu'à l'événement qui marquera une grande fracture entre les deux pays: l’assassinat du 1er ministre libanais de l’époque Rafiq Hariri, le 14 février 2005, à Beyrouth. Les « soupçons se tournent alors vers le maitre de Damas », « devenu un paria, un criminel aux yeux de la communauté internationale » jusqu’en 2007 quand Nicolas Sarkozy deviendra le nouveau président français et renouera le dialogue car « il s’est mis en tête de convertir les dictateurs du monde arabe à la démocratie et aux marchés ». La phrase est forte et met clairement en avant l’objectif de l’empire: soumettre les derniers bastions de résistance dans le monde arabe.

S’en suit une exposition des allées et venues des représentants des deux pays l’un chez l’autre, « le dictateur opère son grand retour en Occident », « l’heure de la revanche a sonné pour Bachar ». Le président Assad est accusé d’avoir fait de nombreuses promesses sur l’évolution de la Syrie, promesses qu’il n’aurait jamais tenues. « Bachar joue la proximité avec le président français et le charme opère ». Frédéric Mittérand parle de « la technique de Bachar, la courtoisie anglo-saxonne » et le définit comme « charmant, prévenant et attentif ». Tout cela est décrit comme « un numéro bien rodé », « le grand jeu pour occidentaux », le « dictateur » serait donc un manipulateur et cherche à blanchir son image de « tyran » car « pendant ce temps tout les opposants sont emprisonnés même les plus modérés et sont torturés ». Quelques images également sur les contrats entre les deux pays pour d’immenses projets d'investissements qui ne verront jamais le jour car « Bachar impose que les contrats passent par les entreprises de son cousin », c’est « la corruption du gouvernement et du clan Assad ».

Nous arrivons en 2011, date des premiers événements de ce qui deviendra par la suite, une longue guerre. « En Syrie, après quarante ans sous la dictature des Assad le peuple sent venir son heure », nous avons à nouveau le droit à la fameuse histoire des enfants arrêtés et torturés pour avoir tagué sur un mur, « c’est le début des protestations qui en quelques semaines s’étendent ville par ville à travers tout le pays » et Bachar « ordonne à ses troupes de tirer sur les manifestants au début pacifiques ». Le gouvernement français se persuade que Assad devra partir et que ce n’est qu’une question de semaines.

Le reportage accorde quelques mots à Eric Chevalier, ancien ambassadeur de France à Damas de 2009 à 2012 qui nous raconte ce qu’il disait au gouvernement français depuis Damas: « Il y a un régime qui est fort et qui ne donne pas du tout l’impression de vouloir céder et avec une unité du système militaire et sécuritaire qui semble assez forte et on a dit qu’il y a des facteurs de résistance qui font, qu’il nous semble que Bachar ne tombera probablement ni rapidement ni facilement » et lorsque le journaliste lui demande ce qu’on lui a répondu, « évidemment cela crée un peu de surprise parce que les gens sont dans le sentiment qu’il y a eu la Tunisie, Ben Ali est tombé, il y a eu l’Egypte, Moubarak est tombé, Khadafi n’est plus là et qu’il y a un mouvement de l’histoire qui est en train de se produire et qui est inéluctable aussi pour Bachar ».

Le journaliste du Figaro Georges Malbrunot dit clairement que « Eric chevalier n’est plus audible à Paris. on l’appelle, on lui dit « on en a marre de tes télégrammes, on ne veut plus entendre ce discours, Bachar Al-Assad doit tomber, Bachar Al-Assad va tomber». Monsieur Chevalier parle à demi-mot, mais ce qu’il dit apparait comme évident. La France ne veut aucunement tenir compte de la réalité du terrain et veut à tout prix la chute de la république arabe syrienne, alors que celle-ci fait face à des groupes jihadistes. 2012, François Hollande prend place à l’Elysée, comme son prédécesseur il reconnait le « Conseil National Syrien » comme seul représentant légitime du peuple syrien et soutient sans conditions les troupes de « l’armée syrienne libre » en livrant des armes « en étant sur qu’elles aillent entre de bonnes mains » dit-il. 2013, « les rebelles sont aux portes de Damas et Bachar est prêt à tout pour les écraser » nous dit-on.

Nous avons le droit, une fois de plus au « massacre de la Ghouta » le 21 aout 2013, un « bombardement au gaz Sarin » imputé au président syrien, sans la moindre preuve. Lors de cet entretien, François Hollande dit « que nous avons tous les éléments pour punir le régime et Bachar Al-Assad ». Jean Yves le Drian parle lui de « la ligne rouge internationale qui a été franchie ». Le reportage nous rappelle alors que la France a pris en main une coalition pour entrer en guerre contre le régime syrien avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Finalement Cameron fut contraint d’abandonner le projet et Obama en fit de même. « La punition » contre le « régime syrien » avec cinq missiles devant s’abattre sur Damas n’aura pas lieu.

2014, le groupe Daesh s’empare de vastes territoires de la Syrie. Le reportage a le culot de dire que le groupe terroriste a réussi à « enrôler des centaines d’européens déçus de l’inaction de leurs gouvernements face à Bachar Al-Assad », et pourquoi ne pas en faire des héros libérateurs ?!

Le reportage met alors en avant la bêtise de la diplomatie française révélant que celle-ci ne sait pas qui choisir entre combattre Daesh et/ou combattre le « régime syrien » car affaiblir Daesh c’est aider le pouvoir syrien. Assad en profiterait alors pour lancer « une guerre des images » et « se poser en rempart face a Daesh ». Eric Pelletier journaliste au « Parisien » qualifie cela de « piège tendu par Assad ».

Les aviations syriennes et russes sont alors accusées de bombarder essentiellement les « rebelles » et « d’épargner les positions de Daesh, ennemi si utile pour Assad » et Bassma Kodmani, opposante syrienne rajoute: « la présence de Daesh renforce le régime, aujourd’hui lorsque Daesh occupe un territoire ceux qui le combattent ce n’est pas le régime, le régime s’en va quand Daesh arrive, le régime intervient même parfois pour permettre à Daesh de prendre des territoires ». C’est ignoble de dire des tels mensonges, quand, chaque jour de jeunes soldats de l’armée loyaliste combattent et meurent face à Daesh.

Le reportage se conclut par une voix-off nous disant « qu’à lui seul le dictateur aura provoqué le chaos dans son pays désormais réduit en partie à un tas de ruines ». Le service public français a une fois de plus montré à quel point il peut aller dans l’ignominie, dans la propagande la plus abjecte et mensongère contre le président légitime syrien soutenu par une très grande majorité de son peuple.

Le pays est dans cette situation à cause de l’ingérence systématique de nombreux pays, y compris la France, qui ont choisi pour alliés contre le peuple syrien des personnes qu’ils qualifient de terroristes chez eux mais de rebelles "modérés" en Syrie.

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Commentaires sur facebook : 

Claire Bobin ; Ce soir France 2 passe un envoyé spécial à charge contre le Président syrien et la Syrie, documentaire rempli de propagande et de mensonges !!! Honteux on peut mieux les contrer quand on les observe... ils ont détourné des images, des propos, une voix off masquait les dialogues ...ils tentent vraiment tout pour nous cacher leurs crimes nos va-t'en-guerre de l'UE !

Axelle Bertrand : Claire Bobin c'est fait je viens de regarder le reportage d'envoyé spécial. Un ensemble de vérités transformées en pièges machiavéliques, de mensonges et de morceaux choisis détournés du discours d'origine. Et les gouvernements Français présentés comme des représentants inlassables des droits de l'homme sans buts lucratifs. Et la conclusion à vomir: Bachar Al Assad est le seul responsable de ce chaos en Syrie faisant des milliers de morts. Voilà ce qui farcit le cerveau des européens à longueur d'années. Les médias mensonges : une arme de destruction massive.

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«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep — 07 juin 2017

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La finance dérégulée, #La guerre, #Le grand banditisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Le fascisme, #l'horreur économique

«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep

«Cette photo a été utilisée pour exploiter mon fils»: le père d’Omran dénonce la propagande sur Alep  — 07 juin 2017

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Omran Daqneesh arborant un drapeau syrien. © Capture d’écran @j_alashkar 


Omran Daqneesh, l’enfant dont la photo a été érigée comme symbole par les opposants à Bachar el-Assad, vit maintenant avec son père dans la ville libérée. Dans un entretien, celui-ci a dénoncé l’exploitation de l’image de son fils.

Près d’un an après la diffusion de la photo de l’enfant syrien sonné dans une ambulance à Alep, des journalistes de l’agence russe Ruptly sont allés à sa rencontre et se sont entretenus avec lui et son père, dont le soutien au gouvernement syrien n’a pas été ébranlé par les drames vécus par sa famille.

«Je m’appelle Omran Daqneesh, et j’ai quatre ans», a déclaré l’enfant souriant. Son père, Mohammad Kheir Daqneesh, a affirmé à Ruptly que sa famille s’était retrouvée «dans la tourmente» à cause des rebelles et de l’exploitation de leurs problèmes à des fins de «propagande».

Lors de la journée fatidique,  quand sa maison a été touchée, Mohammad Daqneesh s’est mis à la recherche de son fils. Lorsqu’il a enfin réussi à le retrouver, des rebelles étaient déjà en train de le filmer, rapporte-t-il.

@Xerxes92005 Omran’s dad tells how « rebels » traded w/blood of his son & how he was offered money 2 do interviews & attack the govt via @j_alashkar

Le père assure que «les rebelles ont saisi l’opportunité de filmer [sa] famille» alors que lui et ses proches sortaient de la maison.

«Ils ont pris Omran pour lui prodiguer les premiers soins, mais avant ça ils l’ont fait s’asseoir pour pouvoir le photographier. Pourquoi cette photographie ? Parce qu’elle a été utilisée pour exploiter [mon fils], comme s’il avait été visé», s’est indigné Mohammad Daqneesh, avant de dénoncer l’organisation des Casques blancs.

«Ils travaillent avant tout avec la presse, c’est un outil qu’ils utilisent. Ils travaillent ensemble […] pour faire des photographies qui appellent à l’émotion», a-t-il ajouté.

«Nous n’avions rien demandé. Et en plus de tout ça, [les rebelles] m’ont envoyé des menaces, des menaces sans fondements, car je n’ai rien fait de mal. Je n’ai pas conspiré contre le pays, je ne reçois pas de dollars pour faire du mal à mon pays», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait dû raser la tête de son fils et changer son nom afin qu’il ne soit pas reconnu.

«Grâce à Dieu, maintenant la situation s’améliore, l’armée progresse et nous sommes de retour dans nos foyers», a-t-il conclu.

La bataille militaire pour la libération d’Alep, bastion de l’opposition, s’est soldée par la victoire de l’armée arabe syrienne appuyée par son allié russe à la fin de l’été 2016.

RT – 7 juin 2017

Lire aussi : Le photographe du petit garçon d’Alep serait en lien avec les rebelles décapitateurs d’enfants

Source: https://francais.rt.com/international/39366-photo-a-ete-utilisee-pour-omran

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Déclaration du Comité Valmy Face à la dictature néo-pétainiste du régime de Macron Bâtir un front patriotique de progrès

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation ., #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Daesch, #le nazisme, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Déclaration du Comité Valmy
Face à la dictature néo-pétainiste
du régime de Macron
Bâtir un front patriotique de progrès

jeudi 8 juin 2017, par Comité Valmy

Déclaration du Comité Valmy

Face à la dictature néo-pétainiste du régime de Macron

Bâtir un front patriotique de progrès

Le Comité Valmy, considérant que l’élection d’Emmanuel Macron n’a pas été démocratique, qu’elle a été préfabriquée par une manipulation politico-médiatique massive de notre peuple et par l’appareil de l’Etat profond, déclare que le résultat de cette élection présidentielle manque de légitimité. Cette élection a pu à juste titre être analysée comme « la forme la plus élaborée du coup d’État » 1), comme le résultat d’un « putsch sans soldats » 2). Notre Comité approuve le contenu de ces analyses et leur formulation.

 

Le résultat de cette élection, issue d’une manipulation de l’opinion publique, n’est nullement le triomphe annoncé par les médias aux ordres. Il doit être relativisé. Si Macron a été élu avec 66% des suffrages exprimés, les abstentions se chiffraient à 25%, les blancs et nuls à 12%. Cela réduit le score de Macron au second tour à 43% des inscrits (dont encore 43% de vote rejet contre Marine Le Pen. Donc en réalité, seulement 24,51% des inscrits ont voté pour lui par conviction) - contre 18% des inscrits au premier tour. Au regard du caractère massif des moyens (notamment étatiques et médiatiques) utilisés pour orchestrer la tromperie des citoyens, cela ne présente rien d’extraordinaire.

 

Cette élection truquée illustre un changement profond de la nature de notre société, qui n’est plus démocratique ni véritablement républicaine. Les européistes de l’UMPS et leurs alliés, après avoir choisi la servitude volontaire en rejetant l’indépendance nationale et la souveraineté populaire, en arrivent maintenant à abandonner, par étapes, les derniers vestiges de la démocratie qui subsisteraient encore dans notre pays. Ils entendent détruire la République une, indivisible et souveraine, pour s’intégrer dans l’Europe fédérale des Länder, selon la volonté de l’impérialisme allemand.

 

Le Comité Valmy estime qu’il a été établi en France une forme de dictature néo-pétainiste au service de l’oligarchie financière de l’Europe atlantiste, germano-américaine et des occidentalistes. Cette aggravation, par les nouveaux collabos, de la trahison nationale et cette mise en cause de la démocratie ainsi que des libertés démocratiques rendent plus urgente que jamais la relance de la politique de rassemblement des patriotes et des souverainistes. Cette démarche est l’une des principales raisons d’être du Comité Valmy, depuis plus de 25 ans. Dans notre pays, il existe de fait deux camps antagonistes :

 

 Le camp des fédéralistes maastrichtiens du PS de l’UMP/PR et de leurs alliés, d’une part,


 Celui des républicains progressistes, des patriotes (qui sont aussi des anti-impérialistes conséquents et les véritables internationalistes) d’autre part. C’est le camp du peuple laborieux et de la Nation, celui du rétablissement de la démocratie ; il combat le pouvoir de l’oligarchie financière qui a vassalisé la France.

 

La ligne de fracture, la contradiction principale, ne se situe pas actuellement dans le clivage gauche-droite, mais oppose de façon inconciliable les forces fidèles à la Nation aux forces atlantistes, occidentalistes et à l’ensemble des collabos européistes.

 

Le Comité Valmy dénonce particulièrement la volonté exprimée par Macron d’intervenir militairement au Moyen-Orient et ailleurs, en dépit des lois internationales et de la Charte de l’ONU. Nous disons Non à la guerre et militons pour que la France défende la Paix, respecte la légalité internationale ainsi que la souveraineté des autres Nations.

 

De nouveau, le Comité Valmy appelle à la constitution, pas à pas, d’un rassemblement des forces patriotiques et authentiquement républicaines, des progressistes et des anti-impérialistes dans un Front Patriotique de Progrès. L’un des axes essentiels de ce rassemblement étant l’énoncé, clair et sans ambiguïté, d’une volonté commune de la sortie de l’euro et de l’Union européenne, qui est non réformable.

 

Dans le domaine des législatives qui approchent il faut mettre tout en œuvre pour empêcher que se constitue une majorité parlementaire autour de Macron et de sa République En Marche. Pas une voix démocratique ne doit aller, dès le premier tour, aux candidats qui s’en revendiquent ou qui se préparent à s’y rallier. L’objectif est de tenter de bloquer tout candidat favorable à Macron en soutenant son adversaire, quel qu’il soit, pour faire obstacle au danger mortifère que le Président compte regrouper sur son nom. Il en va de notre Etat-nation, de la survie de la France elle-même, de son indépendance et de sa souveraineté.

 

Comité Valmy
le 26 mai 2017

Notes :
1 et 2 - Un putsch sans soldats - Général (2s) Henri Roure
http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article8599

Sur son blog, Régis de Castelnau, avocat, exprime une opinion semblable : « Emmanuel Macron doit en premier lieu son élection à une forme de coup d’État, qui a impliqué la haute fonction publique, les médias et le grand capital. » …

http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article8598

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La paix, c’est la guerre ; l’obéissance rend libre . Par Régis Chamagne

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Le fascisme

La paix, c’est la guerre ; l’obéissance rend libre

Les GOPÉ 2017 (grandes orientations pour les politiques économiques) ont été publiées récemment par nos Maîtres de la Commission européenne, en vertu de l’article 121 du TFUE (traité sur le fonctionnement de l’Union européenne) que je décrypte dans mon livre « Relève-toi ».

Ce texte est relativement court – il compte 9 pages dont 6 pages substantielles – et j’invite chacune et chacun à le télécharger à cette adresse et à le lire intégralement.

Il est écrit dans le style très particulier des fonctionnaires européens, en novlangue ultralibérale. Il commence par l’analyse de la situation sous l’angle ultralibéral, celui de l’argent comptable. Par exemple, on dira que les dépenses de santé coûtent trop cher, mais on ne relèvera jamais qu’un système de santé nationalisé produit beaucoup plus de santé publique par franc dépensé qu’un système privé à l’américaine. Consécutivement à l’analyse, il présente les contre-réformes que nos Maîtres de Bruxelles attendent de leurs vassaux parisiens en des termes positifs. j’ai retenu quelques exemples pour cet article.

Morceaux choisis

(3) En particulier, la France se caractérise par un faible niveau de compétitivité et une dette publique élevée et en augmentation, dans un contexte de faible croissance de la productivité.

En novlangue de Bruxelles, faible compétitivité signifie salaires trop élevés et dette publique est à rattacher à services publics.

(9) Les économies découlant des revues de dépenses pourraient être nettement augmentées si les domaines de dépenses examinés étaient élargis et si une stratégie pluriannuelle était mise en œuvre afin que les possibilités d’économies identifiées se traduisent par des mesures budgétaires concrètes.

Cela signifie que Bruxelles exige une baisse des investissements publics sur le long terme. Les deux éléments de la phrase sont importants : investissements publics et long terme.

(10) De récentes évaluations suggèrent également que le regroupement de tous les dispositifs de réduction du coût de la main-d’œuvre et leur transformation en réductions permanentes des cotisations sociales permettraient d’optimiser leurs effets sur l’emploi et l’investissement.

Cela signifie que Bruxelles exige une réduction des salaires en France, en particulier de la part des salaires dédiée aux cotisations sociales. Cette part des salaires que les salariés ne perçoivent pas directement car elle est gelée pour assurer leurs retraites et leur protection sociale. Ces mesures engendreront donc naturellement une baisse des retraites et de la protection sociale via le système de sécurité sociale. Cela dit, on pourrait penser que ceci pourrait profiter aux PME. Il n’en est rien. Souvenons-nous que l’an dernier, dans les GOPÉ 2016, la Commission constatait qu’il y avait trop de PME en France. Leur sort sera réglé par l’imposition de normes qu’elles ne pourront pas payer et par un alourdissement de leur environnement administratif. Cette mécanique insidieuse et implacable est déjà à l’œuvre et elle s’intensifie. Posez la question aux patrons de PME.

(13) La mauvaise performance des personnes nées en dehors de l’UE tire le taux d’emploi global vers le bas et représente une sous-utilisation chronique de la main-d’œuvre.

On pourrait penser qu’il s’agit d’une intention humaniste et égalitaire. Point du tout. Il s’agit ni plus ni moins que de faire pression sur les salaires en employant des travailleurs étrangers qui accepteraient d’être sous-payés. C’est ce que dénonçait le PCF (Parti communiste français) dans les années 1970. C’est ce que dénonçait Jean Jaurès en son temps.

(14) En outre, dans le contexte actuel de chômage élevé, le coût du travail au salaire minimum risque de restreindre les perspectives d’emploi des personnes peu qualifiées.

Ici, les choses sont dites sans ambiguïté, il faut baisser le SMIC.

Structurellement vôtre

Un des mots qui revient le plus souvent, tout au long de cette prose absconse, est le mot structurel. Pour la Commission européenne, les mesures de baisse salariale, de réduction d’impôt aux entreprises, de baisse des cotisations de sécurité sociale, de mise en concurrence des salariés, et cætera, ne doivent pas être passagères, elles doivent s’inscrivent dans le long terme, c’est-à-dire qu’elles doivent structurer la société française, en espérant bien évidemment que l’on ne puisse pas revenir à une politique sociale… Jusqu’à la prochaine révolution.

Les conclusions de Bruxelles : le résultat de la soumission

À la toute fin de ces GOPÉ, nos Maîtres font la synthèse de ce qu’ils attendent de leurs dociles esclaves parisiens. Je vous livre in extenso ce résumé. À lire soigneusement et lentement. À décrypter méticuleusement avec un dictionnaire de traduction de la novlangue en langue française.

RECOMMANDE que la France s’attache, au cours de la période 2017-2018, à:

1. se conformer à la recommandation du conseil du 10 mars 2015 au titre de la procédure concernant les déficits excessifs. Poursuivre ensuite une politique budgétaire conforme aux exigences du volet préventif du pacte de stabilité et de croissance, qui se traduise par d’importants efforts budgétaires pour 2018. Lors de l’adoption de mesures, il convient de prendre en considération l’objectif d’une orientation budgétaire qui contribue aussi bien à conforter la reprise actuelle qu’à garantir la viabilité des finances publiques de la France. Réexaminer de manière exhaustive les postes de dépenses dans le but de réaliser des gains d’efficacité qui se traduisent par des réductions de dépenses ;

2. consolider les mesures de réduction du coût du travail afin d’optimiser leur efficacité de manière budgétairement neutre et d’accroître leurs effets sur l’emploi et l’investissement; élargir l’assiette globale de l’impôt et poursuivre la mise en œuvre de la diminution prévue du taux nominal de l’impôt sur les sociétés ;

3. améliorer l’accès au marché du travail des demandeurs d’emploi, notamment les travailleurs les moins qualifiés et les personnes issues de l’immigration, y compris en revoyant le système d’enseignement et de formation professionnels; veiller à ce que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec la création d’emplois et la compétitivité ;

4. poursuivre la réduction des charges réglementaires pesant sur les entreprises, y compris en poursuivant le programme de simplification; continuer à lever les barrières à la concurrence dans le secteur des services, y compris dans les services aux entreprises et les professions réglementées; simplifier les programmes de soutien public à l’innovation et en améliorer l’efficience.

Régis Chamagne

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Affrontement au Bilderberg 2017 par Thierry Meyssan

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La finance dérégulée, #l'horreur économique

Affrontement au Bilderberg 2017

Alors que le président Trump semble avoir plus ou moins réglé ses problèmes d’autorité intérieure, le conflit se déplace au sein de l’Otan : Washington plaide contre la manipulation du terrorisme, tandis que Londres n’entend pas abandonner un outil si efficace pour son influence. Le Groupe de Bilderberg, initialement organisé comme une caisse de résonance de l’Alliance, vient d’être le théâtre d’un difficile débat entre partisans et adversaires de l’impérialisme au Moyen-Orient.


Cet article a été rédigé le 4 juin 2017. Il ne mentionne donc pas l’actuelle crise diplomatique au Moyen-Orient même si celle-ci en confirme les hypothèses. Deux camps commencent à se former : d’un côté le Qatar et le Royaume-Uni, déjà officiellement soutenus par l’Iran, la Turquie et le Hamas ; de l’autre l’Arabie saoudite et les États-Unis déjà soutenus par le Bahreïn, l’Égypte, les Émirats arabes unis, Israël, la Libye (gouvernement de Baïda), les Maldives, Maurice et le Yémen (gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi).

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Il n’existe aucune photographie de la réunion du Groupe de Bilderberg dont les travaux sont confidentiels. La sécurité de la rencontre n’est pas assurée par le FBI, ni par la police de Virginie, mais par une milice privée et directement par l’Otan.

Le Groupe de Bilderberg a été créé, en 1954, par la CIA et le MI6 pour soutenir l’Alliance atlantique. Il s’agissait de réunir des personnalités du monde économique et médiatique avec des responsables politiques et militaires de manière à sensibiliser la société civile face au « péril rouge ». Loin d’être un lieu de décision, ce club très fermé a historiquement été un forum où les anciens devaient rivaliser de fidélité à Londres et Washington et les plus jeunes montrer que l’on pouvait avoir confiance en eux contre les Soviétiques [1].

C’est lors de la réunion annuelle de 1979 que Bernard Lewis révéla aux présents le rôle des Frères musulmans contre le gouvernement communiste afghan. L’islamologue britano-israélo-états-unien y avait alors proposé d’étendre la « guerre pour la Liberté » (sic) à toute l’Asie centrale.

C’est en 2008, c’est-à-dire deux ans et demi à l’avance, que Basma Kodmani (la future porte-parole de l’opposition syrienne) et Volker Perthes (le futur conseiller de Jeffrey Feltman pour la capitulation totale et inconditionnelle de la Syrie [2]) y expliquèrent tout l’intérêt de soutenir les Frères musulmans pour dominer le Moyen-Orient. Ils soulignèrent la « modération » de la Confrérie face à l’Occident et le contraste offert par le souverainisme « extrémiste » de l’Iran et de la Syrie [3].

Et c’est en 2013 que le leader du patronat allemand, Ulrich Grillo, y plaida pour l’organisation d’une migration massive de 800 000 travailleurs syriens vers les usines allemandes [4].

Le Bilderberg 2017

Le Groupe de Bilderberg vient de tenir son meeting 2017, du 1er au 4 juin, aux États-Unis. Contrairement à l’habitude, les 130 participants n’ont pas tous défendu le même projet. Au contraire, suite aux interventions de Donald Trump au sommet arabo-islamo-US et à l’Otan [5], la CIA et le MI6 ont organisé le premier jour un débat opposant les partisans de la lutte contre l’islamisme à ses soutiens. Il s’agissait bien entendu soit de trouver un compromis entre les deux camps, soit de prendre acte des dissensions et de ne pas les laisser détruire l’objectif initial de l’Alliance : la lutte contre la Russie [6].

Côté anti-islamisme (c’est-à-dire opposé non pas à la religion musulmane, mais à l’islam politique façon Sayyid Qutb), on relevait la présence du général H. R. McMaster (conseiller national de sécurité du président Trump) et de son experte Nadia Schadlow. McMaster est un stratège reconnu dont les théories ont été vérifiées sur le champ de bataille. Schadlow a surtout travaillé sur la manière de transformer les victoires militaires en réussites politiques. Elle s’est beaucoup intéressée à la restructuration des mouvements politiques dans les pays vaincus. Elle devrait prochainement publier un nouveau livre sur la lutte contre le radicalisme islamique.

Côtés pro-islamisme, on notait pour les États-Unis la présence de John Brenan (ancien directeur de la CIA) et de ses ex-subordonnés Avril Haines et David Cohen (financement du terrorisme). Pour le Royaume-Uni, Sir John Sawers (ancien directeur du MI6 et protecteur de longue date de la Confrérie) et le général Nicholas Houghton (ancien chef d’état-major qui prépara le plan d’invasion terrestre de la Syrie). Pour la France, le général Benoît Puga (ancien chef de l’état-major de l’Élysée et commandant des Forces spéciales en Syrie) et Bruno Tertrais (stratège néo-conservateur du ministère de la Défense). Enfin, pour le secteur privé, Henry Kravis (directeur du fonds de placement KKR et trésorier officieux de Daesh) et le général David Petraeus (co-fondateur de Daesh).

Et comme si ce déséquilibre n’était pas suffisant, les organisateurs avaient prévu la présence d’experts capables de justifier l’injustifiable comme celle du professeur Niell Fergusson (historien du colonialisme britannique).

Le possible renversement des alliances

Il faudra un peu de temps avant de savoir ce qui s’est dit au cours de cette réunion et pour comprendre les conclusions que les uns et les autres en auront tirées. Cependant nous pouvons d’ores et déjà constater que Londres pousse à un changement de paradigme au Moyen-Orient. Si le modèle du « printemps arabe » (reproduction de la « révolte arabe de 1916 » organisée par Lawrence d’Arabie pour remplacer l’empire ottoman par l’empire britannique) est abandonné, le MI6 espère créer une nouvelle entente sur la base de l’islamisme politique.

De fait, alors que Washington a renouvelé son alliance avec l’Arabie saoudite et l’a convaincue de rompre avec la Confrérie en échange de 110 milliards de dollars d’armement [7], Londres pousse à une entente entre l’Iran, le Qatar, la Turquie et les Frères musulmans. Si ce projet devait être poursuivi, on assisterait à l’abandon du conflit sunnite/chiite et à la création d’un « croissant de l’islam politique » allant de Téhéran, à Doha, Ankara, Idleb, Beyrouth et Gaza. Cette nouvelle donne permettrait au Royaume-Uni de maintenir son influence dans la région.

La seule chose qui semble faire consensus entre les Alliés est la nécessité d’abandonner le principe d’un État jihadiste. Tous admettent qu’il faut faire rentrer le diable dans sa boîte. C’est-à-dire d’en finir avec Daesh, quitte à ce que certains continuent avec Al-Qaïda. C’est pourquoi, inquiet pour sa survie, le Calife auto-proclamé a fait secrètement parvenir un ultimatum à Downing Street et à l’Élysée.

Choisir son camp

On verra dans les prochains mois si le retournement de l’Arabie saoudite est bien réel. Ce serait une bonne nouvelle pour les Syriens, mais une mauvaise pour les Yéménites (que le monde occidental ignorerait alors). Il offre la possibilité au roi Salman de faire évoluer le wahhabisme d’une secte fanatique en une religion normale. D’ores et déjà le soudain conflit qui oppose Riyad à Doha à propos de l’Iran se double d’une polémique sur la possible parenté entre le fondateur de la secte, Mohammed ben Abdelwahhab, et la dynastie qatarie des Al-Thani ; une prétention qui a enragé les Séoud.

Le projet de l’« islam politique » consiste à unir les Frères musulmans aux Khomeinistes. Il implique que l’Iran, voire le Hezbollah, substitue cette problématique à la lutte anti-impérialiste. S’il devait voir le jour, il conduirait certainement l’Iran à se retirer de Syrie. La Maison-Blanche le prend très au sérieux et s’y prépare avec effroi. Donald Trump a déjà désigné Téhéran comme son nouvel ennemi dans son discours de Riyad et il vient de nommer Michaël D’Andrea (qui organisa l’assassinat d’Imad Mougniyeh à Damas, en 2008) comme responsable de la section iranienne de la CIA [8].

La Russie s’était préparée à une éventuelle nouvelle donne au Moyen-Orient. Elle a ainsi poursuivi son ambition d’accéder aux « eaux chaudes » en soutenant la Syrie et de pouvoir circuler à travers les détroits des Dardanelles et du Bosphore (indispensables pour entrer en Méditerranée) en se rapprochant de son adversaire héréditaire, la Turquie. Toutefois, à terme, l’islam politique ne pourra que lui causer des problèmes dans le Caucase.

Comme toujours lorsque les joueurs battent leurs cartes, chacun doit se positionner. Le Royaume-Uni défend son Empire, la France sa classe dirigeante et les États-Unis son peuple. Au Moyen-Orient certains se battront pour leur communauté, d’autres pour leurs idées. Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples. Ainsi, l’Iran pourrait suivre l’idéal de l’imam Khomeiny en confondant la fin et les moyens. Ce qui était au départ une révolution anti-impérialiste menée avec la force de l’islam pourrait se muer en une simple affirmation de l’usage politique de cette religion.

Les conséquences dans le reste du monde

Le MI6 et la CIA ont pris un grand risque en invitant un non-atlantiste à la réunion du Bilderberg 2017. L’ambassadeur de Chine, Cui Tiankai, qui ne devait intervenir que le quatrième jour du séminaire, a donc pu évaluer dès le premier jour les positions de chaque membre de l’Otan.

D’un côté Pékin mise sur la collaboration de Donald Trump, l’ouverture des États-Unis à sa Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), et le développement de toutes ses routes commerciales. De l’autre, il espère que le Brexit se traduira par une alliance économique et financière avec Londres [9].

L’ambassadeur Cui, qui fut le directeur du Centre de recherche politique du ministère chinois des Affaires étrangères, pourrait donc apparemment se satisfaire d’une simple destruction de Daesh. Mais il n’est pas sans savoir que ceux qui ont organisé le Califat pour couper la « route de la soie » en Irak et en Syrie, puis la guerre en Ukraine pour couper la « nouvelle route de la soie », se préparent préventivement à ouvrir un troisième front aux Philippines et un quatrième au Venezuela pour couper d’autres projets de communication.

De ce point de vue, la Chine, qui comme la Russie a intérêt à soutenir Donald Trump ne serait-ce que pour prévenir le terrorisme dans son propre pays, s’interrogera sur les possibles conséquences à long terme d’une hégémonie britannique dans le « croissant de l’islam politique ».

[2] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[3] Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, Thierry Meyssan, Editions Demi-lune, 2017.

[4] « Comment l’Union européenne manipule les réfugiés syriens », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 mai 2016.

[5] « Trump avance ses pions », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 30 mai 2017.

[6] « La réunion 2017 du Groupe de Bilderberg », Réseau Voltaire, 1er juin 2017.

[7] « Donald Trump contre le jihadisme », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 mai 2017.

[8] « La CIA prépare des opérations secrètes dures contre l’Iran », Réseau Voltaire, 3 juin 2017.

[9] « Le Brexit redistribue la géopolitique mondiale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juin 2016.

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Macron: L'état d'urgence au quotidien ou la fin de la démocratie française. Par Karine Bechet Golovko.

9 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #Le capitalisme;, #La guerre

vendredi 9 juin 2017

Macron: L'état d'urgence au quotidien ou la fin de la démocratie française

 
 
 
Afin de sortir de l'état d'urgence, le nouveau Gouvernement français a trouvé la solution: normaliser les mesures liberticides exceptionnelles. Ce qui, finalement, est une conséquence logique de la politique actuellement menée: lorsque l'on ne lutte pas réellement contre les sources du terrorisme, il faut un régime autoritaire pour faire taire le peuple.
 

 
Ce régime d'état d'urgence n'en finit pas et les attentats continuent. Après les attentats de Manchester, E. Macron a décidé de prolonger, lui aussi, l'état d'urgence. Or, politiquement, il est évident que la France ne peut indéfiniement continer ainsi.
 
L'une des solutions aurait été de lutter contre les sources du terrorisme: contrôle de l'immigration, combat contre le fondamentalisme en France, défense du caractère laïc de la République, bref du vivre ensemble. Mais au lieu de cela, les frontières ne sont pas compatibles avec l'UE, les "migrants"(puisque les immigrés n'existent plus) ont leur place partout et sont une chance, les féministes trouvent le voile très chic et la crèche de Noel est en voie d'être considérée comme une atteinte à l'ordre public.
 
Je n'insiste même pas sur la question internationale avec le soutien direct apporté aux groupes "modérément" extrémistes dans un jeu géopolitique incertain, l'invasion financière quatare et saoudienne de la France, le refus d'alliance internationale avec la Russie, etc etc etc
 
L'on finirait par croire que finalement, le prix des attentats n'est pas trop élevé.
 
Dans ce contexte, la législation de temps de paix est inefficace. L'état d'urgence aussi, car la question n'est finalement pas tant juridique que politique à ce jour, mais il permet de reprendre le contrôle d'une société qui risquerait de ne pas suffisament se soumettre.
 
Ce Gouvernement tant libéral prépare donc une projet de loi liberticide, comme la Ve République n'en a pas connu. Comme la France n'en a peut être pas connu depuis Vichy. Ainsi nos dirigeants, soit disant libéraux-libertaires, font fi de la liberté lorsque ça les arrange. Pour nous légaliser la quasi-totalité des mesures d'exception et écarter totalement le juge judiciaire, qui d'après la Constitution encore en vigueur, en a la charge: 
Selon Le Monde, qui a consulté le texte, "ce sont quasiment toutes les mesures de l'état d'urgence qui vont se retrouver dans le droit commun, avec quelques modifications marginales": assignations à résidence, perquisitions administratives, fermeture de lieux de culte et zones de protection et de sécurité. Autant de mesures qui seront décidées sous l'autorité du ministère de l'Intérieur et des préfets, sans l'intervention d'un juge. 
Le juge, gardien des libertés, mis à l'écart des atteintes portées par l'Etat à ces libertés. Des avocats réagissent, les magistrats également qui s'inquiètent d'une dérive vers un état policier, dont la conclusion laisse songeur:
Dans   un  Etat   démocratique,   sortir   de  l’état   d'urgence  ne  signifie  pas   introduire  dans   le  droit commun des mesures d'exceptions et exclure le contrôle de l'autorité judiciaire.
Toute la question est là. Nombreux sont ceux qui s'émerveillent de l'avènement de l'ère post-démocratique. La post-démocratie n'existe pas, il ne s'agit que d'un régime liberticide autoritaire. Difficile de s'en émerveiller. 
 
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Le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie vu par Bertrand Rivière.

7 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La guerre

vendredi 12 juin 2009

L'Histoire vue d'un tabouret

 

Il y a quelques jours avaient lieu en Normandie, les commémorations du débarquement du 6 juin 44. Ce qui est une bonne chose tant il est vrai que tous ceux qui sont morts et ont souffert sur ses plages, quelle que soit leur nationalité, méritent le respect de leur mémoire.

Passons sur l'épisode grotesque et honteux de "l'oubli" d'inviter la reine d'Angleterre, non sans rappeler au passage qu'environ 60 % des hommes qui participèrent au "D-Day" n'étaient pas originaires du pays du basket-ball, mais bel et bien des sujets de sa gracieuse.

Notre Chef Suprême à talonnettes, noblement juché sur son fidèle tabouret a donc déclaré au gigantesque basketteur, lui-même Chef Suprême des amateurs de basket :
“Monsieur le Président des USA… Vous nous avez rendu la liberté”.

Dans un but pédagogique, je vais laisser la place à mon ami NI ANDO qui va se charger de rétablir la vérité historique et de rendre aux soviétiques ce qui n'appartient pas aux états-uniens : la victoire sur l'Allemagne nazie.

Un texte, certes un peu long, mais apparemment nécessaire pour permettre à notre cher président sur-élevé de comprendre qui nous a réellement "rendu la liberté".

Les États-Unis vainqueurs militaires de la Seconde Guerre Mondiale en Europe ?

Cette question peut être abordée sous trois angles:

celui de la contribution militaire aux pertes (critère imparfait certes).
celui de la chronologie des opérations.
celui du poids respectif des fronts.

Nous citons Omer Bartov, historien dont la notoriété et la qualité des travaux sont incontestables.

1- Contribution militaire aux pertes.

S'agissant du niveau de ces pertes, une évaluation étasunienne donne 400.000 pour les pertes de l'US Army dont sans doute 230.000 en Europe et Afrique du Nord. Les pertes de la Wehrmacht ont été revues à la hausse ces dernières années (de 4.000.000 initialement à 5.533.000 aujourd'hui). Les pertes soviétiques ont été recalculées à trois reprises entre 1945 et 1991. Les tués au combat de l'Armée rouge représentent près de 5.000 morts par jour, soit des pertes journalières quatre fois plus élevées que celles subies par l’armée impériale russe sur ce même front de 1914 à 1917.
La commission d'historiens constituée en 1987 en Fédération de Russie évalua le bilan des pertes à 26,6 millions dont près de 10 millions de tués pour l'Armée rouge, 10 millions pour les pertes civiles directes et 7 millions pour les pertes civiles indirectes (surmortalité). Les chiffres donnés pour l'extermination de civils concernent des civils abattus individuellement ou collectivement par le Reich dans les territoires soviétiques conquis et occupés en 1941, 1942 et jusqu'en 1943.

Tués de l’Armée rouge. 9.450.000.
dont tués directs. 6.400.000
dont prisonniers de guerre soviétiques exterminés. 2.500.000.
dont morts d’accidents et fusillés par le NKVD. 550.000.

Le total des pertes militaires et civiles de l'Allemagne et de l'Union soviétique réunies représentent 75% du total des pertes humaines subies en Europe (87% avec la Pologne, en quatrième vient la Yougoslavie avec 2,1%).
Si l'on ne considère que les pertes militaires, tous camps confondus, les tués de l’Armée rouge constituent 53% du total des pertes militaires connues en Europe, ceux de la Wehrmacht 31% et ceux de l’armée nord-américaine 1,3% (Royaume-Uni 1,8%, France 1,4%). Le total des pertes militaires seules de l'Allemagne et de l'Union soviétique réunies représentent donc 84% du total de toutes les pertes militaires subies en Europe.
Les pertes militaires de l’Union soviétique représentent 88% du total des pertes alliées en Europe (Royaume-Uni 3% - France 2,3% - Etats-Unis 2,2%).
De 1941 à 1945, 80% des pertes de la Wehrmacht sont subies sur le front russe. "Fin mars 1945, la totalité des pertes de l’Ostheer (la Wehrmacht sur le front russe) s’élevait à 6.172.373 hommes, soit prés du double de ses effectifs initiaux, au 22 juin 1941. Ce chiffre représentait 80% des pertes subies par la Wehrmacht sur tous les fronts depuis le déclenchement de l’invasion de l’Union soviétique. En termes relatifs, les unités combattantes sur le front russe avaient subi des pertes encore plus importantes". O. Bartov.
Les pertes militaires du conflit germano-russe au sens strict (les seules opérations militaires impliquant une confrontation entre l'Armée rouge et la Wehrmacht) sont de 13.876.400 soit 78% du total des pertes militaires subies en Europe. Si l'on rajoute les forces de l'Axe qui combattirent en Russie (Hongrie, Roumanie, Italie qui eut jusqu'à 200.000 hommes sur ee front) le rapport est encore plus élevé.

2- La chronologie des opérations.

Début 1944, l’Armée rouge met en ligne deux fois plus de chars, quatre fois plus d’avions d’assaut que le Reich. Engagée dans une guerre totale contre la Russie, l’industrie de guerre allemande « tourne » pourtant au maximum de ses capacités et ne cesse de se développer jusqu’au début de 1945 (ses dépenses militaires passent de 35% du PNB en 1940 à 65% en 1944). Dés la fin de 1943, la poussée des armées soviétiques vers l’Allemagne, parsemée de batailles dont l’ampleur et la férocité sont sans équivalent à l’Ouest, apparaît irrésistible. Même si en 1943 la Wehrmacht peut encore aligner 258 divisions en Union soviétique (5 millions d’hommes sur le papier, en fait probablement moins de 3 millions, soit prés de 80% des effectifs totaux de l’armée allemande qui compte en tout 320 divisions fin 1943) il s’agit d’une armée saignée à blanc, qui a perdu ses capacités d’initiative et ses meilleures troupes.
Les armées soviétiques attaquent sans interruption depuis août 1943, sur un front continu de plus de 2.000 km. La Wehrmacht subi défaite sur défaite. Les Russes ont adopté les techniques de la guerre-éclair, et font des centaines de milliers de prisonniers (en mai 1945 on dénombre plus de 3 millions de prisonniers allemands détenus en URSS). Le 5 août 1943 une salve d’honneur fête la libération d’Orel. Le 5 août 1943 est ainsi le début du temps des « Salves de la Victoire ». Minsk est libérée en juillet 1943, Smolensk en septembre.
Le 8 avril 1944, alors que les alliés n’en sont qu’aux préparatifs de leur débarquement en France, une salve de 324 canons marque, à Moscou, l’arrivée de l’Armée rouge en Roumanie et en Tchécoslovaquie. Fin avril 1944, les Russes sont aux portes de la Prusse orientale. En juin 1944, avec 124 divisions et prés de 6.000 chars d’assaut, ils infligent sur un front de 600 km une défaite totale aux divisions allemandes qui combattent en Biélorussie. L'"opération Bagration" aboutit à la destruction complète du groupe d'armées Centre, et constitue la plus grande défaite de la Wehrmacht de la Seconde Guerre Mondiale (380.000 tués et 150.000 prisonniers, 25 divisions anéanties). En juillet 1944, les fantassins soviétiques sont sur la frontière polonaise. Le 28 août ils pénètrent en Hongrie (conquise fin décembre après de très durs combats), en septembre les pays baltes sont libérés, les divisions russes entrent en Finlande. En octobre, les Russes sont en Yougoslavie. Pour la seule année 1944, les armées russes anéantissent 136 divisions allemandes et 50 des pays satellites.
La Russie lance l’offensive finale sur l’Allemagne en plein hiver, sur un front s’étendant de la Baltique à l’Adriatique, avec 6,7 millions de combattants, prés de 8.000 chasseurs et bombardiers, 5.000 pièces d’artillerie autotractées, 7.000 chars contre 3.500, 50.000 canons. Varsovie est libérée le 17 janvier 1945. Le 19 janvier 1945, les premières unités pénètrent en Allemagne. Les chef militaires soviétiques ont la possibilité de foncer sur Berlin dés février (le 30 janvier 1945 les armées de Joukov sont sur l’Oder, à 70 km de la Chancellerie du Reich) mais ils préfèrent d’abord liquider le corps d’armées de la Wehrmacht en Prusse-Orientale puis le réduit de Poméranie, qui menacent leur flanc nord, et nettoyer le flanc sud (Europe centrale). 60 divisions allemandes ont été anéanties lors de ce premier assaut. Pour ralentir la poussée furieuse des Russes, le commandement allemand transfère encore 29 divisions du front ouest vers l’Est, dégarnissant encore un front ouest qui, pourtant, mobilisait déjà moins de 25% des forces du Reich depuis juin 1944.
Le 13 janvier 1945, l’Armée rouge se lance à l’attaque de la Prusse Orientale avec 1,6 million de soldats. La Wehrmacht attend l’assaut avec 45 divisions, soit 580.000 soldats. Au terme de combats d’une incroyable férocité les poches de résistance de l’armée allemande sont liquidées les unes après les autres. Le désastre est total pour l’armée allemande. Il ne reste pratiquement plus rien de son corps d’armées de Prusse-Orientale après seulement trois mois d’offensive russe. Toute l’Allemagne s’ouvre alors à l’Armée rouge.
Les Nord-Américains ne parviennent à traverser le Rhin que le 7 mars 1945 (le 31 mars pour la 1ère Armée française). Le 13 avril 1945 les Russes ont déjà conquis Vienne. Le 16 avril, la Stavka lance à l’assaut de Berlin (3,3 millions d’habitants) une armée de 2,3 millions de combattants équipée de 41.600 canon, épaulés de 6.200 chars et canons autopropulsés, 7.200 avions (quatre armées aériennes). Le 9 mai, l’Allemagne, représentée par Keitel, signe à Berlin (Karlshorst), devant son vainqueur représenté par Joukov, sa capitulation sans conditions.


3- L'importance respective des fronts.
« C’est en Union soviétique que la Wehrmacht eut les reins brisés, bien avant le débarquement des Alliés en France; même après juin 1944, c’est à l’Est que les Allemands continuèrent à engager et à perdre la majorité de leurs hommes. Pour l’écrasante majorité des soldats allemands, l’expérience de la guerre fut celle du front russe ». O. Bartov.
De juin 1941 à juin 1944, le front de la Seconde Guerre Mondiale, en Europe, est le front russo-allemand. Jusqu'en mars 1945, la Wehrmacht y consacre l’essentiel de ses ressources en hommes et en matériels. 34 millions de Soviétiques sont mobilisés dans les rangs de l’Armée rouge de 1941 à 1945, tandis que quelques 20 millions d’Allemands portent, à un moment ou à un autre, l’uniforme de la Wehrmacht sur le front russe.
En juillet 1943, lors de la gigantesque bataille de Koursk, à peine sept divisions et deux brigades (2,7% des forces allemandes) sont engagées face aux Américains et aux Britanniques. Le reste (91 divisions et 3 brigades) se trouve cantonné dans les territoires de l’Europe occupée. Les alliés ont certes pris pied en Afrique du Nord en novembre 1942 (débarquement de 70.000 hommes à Alger et Oran), en Sicile en juillet 1943 (160.000 hommes), en Italie à Salerne (sud de Naples) en septembre 1943 et à Anzio en janvier 1944, mais les moyens engagés pèsent encore de peu de poids (la Wehrmacht n'a que 23 divisions en Italie début 1944) comparés à la démesure des effectifs et des matériels présents depuis 1941 sur le front russe.
La comparaison est difficile entre la guerre sur le front russe, depuis 1941, et celle menée sur le front ouest, essentiellement à partir de juin 1944. Sur le premier, on assiste à une « Guerre de Titans » démesurée et totale. La « guerre industrielle » y atteint un paroxysme jamais égalé depuis, parsemée de gigantesques batailles d’anéantissement. Sur le front ouest, on voit des combats d’arrière-garde, sans influence sur l’issue d’une guerre que l’état-major allemand sait avoir perdu face à l'Union soviétique dés 1943.
La part du front russe dans les opérations de la Wehrmacht est écrasante, y compris jusqu’en mai 1945. La comparaison des pertes subies par la Wehrmacht sur les deux fronts à partir de juin 1944 montre bien, encore une fois, la part presque exclusive du front russe même après le débarquement des alliés. Du 1er juillet au 31 décembre 1944, pendant cinq mois, lors de la grande offensive soviétique contre le groupe d’armées du Centre, les Allemands perdent chaque mois en moyenne 200.000 soldats. A l’Ouest, au cours de la même période, c’est-à-dire après le débarquement allié en Europe, la moyenne des pertes allemandes s’élève seulement à 8.000 hommes par mois (soit un rapport de 1 à 25).
Quand les alliés débarquent le 6 juin 1944, l'essentiel de la capacité militaire allemande a déjà été anéantie par l'Union soviétique. Elle ne peut plus guère opposer aux troupes alliées qui viennent d’être débarquées en Normandie (150.000 hommes) que 30 divisions, réparties dans un rayon de 250 km autour de la zone de débarquement. Il s’agit de divisions dont la valeur opérationnelle n’a plus grand chose à voir avec celle des 200 divisions qui attaquèrent la Russie en juin 1941, d’unités ramenées à 25% de leurs effectifs de combat, avec peu de matériels, et composées de rescapés du front russe et d’adolescents n’ayant pas connu le feu. En juillet 1944, plus d’un million d’hommes auront été débarqués en France (60 divisions nord-américaines, 18 anglaises, 10 françaises). La seule vraie réaction d’envergure de l’Allemagne sera la contre-offensive des Ardennes de décembre 1944 où elle ne parviendra pourtant qu’a engager... 21 divisions, qui suffiront cependant à stopper la progression américaine, alors que depuis octobre 1944 l’Armée rouge se trouve déjà à 70 km de Rastenburg, QG de Hitler en Prusse Orientale.
Le front ouvert en juin 1944 aura donc eu, militairement, environ neuf mois d’existence contre 47 mois pour le front russe où, là, les combats resteront acharnés jusqu’au tout dernier jour.
L’ouverture d’un second front obligera le Reich à dégarnir le front russe. Mais le front ouest (France, Italie) ne mobilisera jamais plus de 75 divisions allemandes, dont une minorité de divisions combattantes, à comparer aux 220 divisions de la Wehrmacht début 1944, qui subissent les assauts des armées russes. Au plus fort de leur engagement en Europe, à la fin de 1944, c’est-à-dire à la fin d’une guerre déjà gagnée, les Etats-Unis mettront en ligne 90 divisions, à comparer aux 360 divisions de l’Armée rouge qui combattent l’Allemagne nazie depuis 1941.
L’étonnante facilité de la progression des armées nord-américaines en Europe à partir de septembre 1944 ("la chevauchée de Patton"…), le faible niveau des pertes en vies humaines de ces forces, font simplement pendant à la défaite qui a emporté la Wehrmacht sur le front russe. A partir de 1945, l’état-major de la Wehrmacht décide d’opposer une résistance de faible intensité à l’avance des troupes alliées en Allemagne tout en poursuivant une guerre féroce et acharnée contre l’Armée rouge (600.000 soldats soviétiques tués pour la libération de la Pologne, 700.000 autres tués dans les combats pour les pays baltes). Les forces britanniques de Montgomery (20 divisions et 1.500 chars) traversent le Rhin en Hollande à partir du 23 mars 1945 sans rencontrer de résistance sérieuse. On mesure le peu d’opposition rencontrée si on observe que la 9ième armée américaine, qui fournissait la moitié de l’infanterie d’assaut, a eu alors moins de 40 tués.
Ainsi que le souligne P. Miquel, les opérations de l’année 1944 ressortent avant tout d’une volonté de « conquêtes territoriales » (avec des implications majeures concernant le partage politique de l’Europe continentale après le conflit) : la question qui se pose en juin 1944 n’est plus celle de la victoire sur l’Allemagne. Le débarquement allié de juin 1944 n’eut ainsi aucune importance sur l’issue militaire du conflit en Europe (politiquement et économiquement c'est évidemment une autre question).
4- Conclusion
La Seconde Guerre Mondiale en Europe a été, pour l’essentiel, une guerre germano-russe (à 80% si l'on veut). C'est le constat d'un rapport de proportion et non celui d'une valeur donnée à tel ou tel camp.
L’intervention des Etats-Unis en Europe, bien trop tardive pour vraiment peser militairement, a essentiellement une motivation politique et économique. Elle a pour objectif d'empêcher Staline d'occuper toute l’Europe de l’Ouest (si tant est qu'il en ait eu l'intention) : en mai 1945 l’Armée rouge occupe l’Autriche et campe aux portes de l’Italie et de la Suisse.
La contribution militaire étasunienne est négligeable (moins de 3% des pertes alliées en Europe). Elle n'est pas décisive militairement car elle n'a pas pesé dans un résultat final déjà acquis, même si cette contribution a accéléré de quelques mois une victoire de toute façon déjà remportée par l'Union soviétique.

La reconstruction, à partir des années 50 (guerre froide aidant) d'une réalité devenue fantasmée ("les Etats-Unis vainqueurs du Second conflit mondial") et la victoire contre le Japon n'enlèvent rien à ce fait. Pour les Français, s'il faut rendre un hommage, c'est donc d'abord aux soldats soviétiques qu'il faut le rendre puisque c'est leur sacrifice qui a permis le débarquement allié de juin 1944 qui les a "libéré".

En Europe, et comme en 1917, en misant peu, les Etats-Unis ont beaucoup récolté: une gloire usurpée (puissance des représentations), une Europe de l'ouest peu ou prou sous tutelle (la leur), la préservation de leurs débouchés économiques en Europe, l'éviction et le remplacement des positions commerciales mondiales occupées par l'Europe en 1940, et l'imposition du dollar. Enfin, en livrant essentiellement une "guerre de matériels", les Etats-Unis ont réussi à s'extirper de leur grande crise des années 30.

ANDO Ni
 
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