Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

Quand l’Ukraine devient officiellement nazie.

21 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Russie, #La France, #le nazisme, #Le fascisme, #AMERIQUE

Quand l’Ukraine devient officiellement nazie

Ukraine nazie

Par décision de son Parlement (la rada) du jeudi 9 avril 2015, l’Ukraine qualifie d’héroïque son passé nazi. Ce n’est pas la première fois, mais cette fois-ci elle le fait de façon solennelle, c’est-à-dire qu’elle « refonde » l’État ukrainien en mettant hors-la-loi le parti communiste, en déclarant comme « criminelle » toute référence au communisme, à ses fondateurs et à ses dirigeants, aux mots et aux symboles de son passé communiste, ainsi qu’à ses décisions politiques.

Il y a également dans cette loi, en guise de feuille de vigne, la mise au même niveau du communisme et du nazisme. Parfaitement stupide, cette mise sur le même plan a été rapidement effacée en déclarant comme « héros officiels » tous les membres des formations paramilitaires, et des organisations politiques nationalistes. En somme, toutes ces personnes sont officiellement reconnues comme « combattants pour l’indépendance ukrainienne. » Même ceux qui massacrèrent des dizaines de milliers de juifs en Galice. Sans parler des fusiliers, démolisseurs, membres de la rada centrale, de l’armée de la République populaire ukrainienne, des forces armées du Hetmanat, de l’armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), de l’organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), et des membres du Mouvement populaire (Rukh) jusqu’en 1991.

Autrement dit, tout ce qui s’est passé depuis octobre 1914 : « au cours des 100 dernières années – s’est écrié devant la Parlement Jurij Shukevic, digne héritier de Roman, son père nazi – où nous avons été en guerre contre l’impérialisme russe, contre l’occupation russe. »

La loi a été présentée devant le parlement ukrainien par ce même Shukevic, accompagné du directeur de l’Institut de la Mémoire nationale, Vladimir Vjatrovic. S’en est fait également écho le porte-parole adjoint de la Rada, Andrej Parubij, celui qui mena le pogrom anti-russe le 2 mai 2014 à Odessa. « Le moment est venu de reconnaitre tous ceux qui ont combattu sous le drapeau bleu et jaune au trident comme des combattants pour l’existence de l’État ukrainien. »

Un autre député, Igor Moijsichuk, a exalté le « moment historique » du rétablissement de la vérité historique, « celle qui a été piétinée le 30 juillet 1941 et jusqu’à aujourd’hui. » Autrement dit, celle de la République populaire d’Ukraine qui s’était alliée aux nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. Et on a pu entendre les vociférations du député Oleg Medunitsa : « Celui qui ne vote pas est un ennemi de l’Ukraine, et travaille pour l’ennemi. »

On comprend mieux dans quel climat s’est déroulé ce « vote historique. » En fait, tout le monde s’est levé, y compris la soi-disant opposition, les représentants d’une population qui est pratiquement russe pour moitié, tandis qu’on qualifiait la Russie et les Russes d’ennemis éternels. Le vote a fait l’unanimité : 254 favorables, aucun contre, aucune abstention.

J’aurais deux commentaires assez banals. Il sera intéressant maintenant de voir comment Bruxelles va soutenir l’idée d’une prochaine entrée de l’Ukraine dans l’OTAN et dans l’Union européenne. En fait, il s’agit d’inclure dans l’Europe un pays qui efface, par une loi, toute l’histoire de l’Ukraine unie et de ses racines antinazies. Deuxième chose, il conviendra de rappeler aux nazis ukrainiens que, si l’on devait les prendre au mot, l’Ukraine actuelle n’existerait plus. La Crimée, par exemple, serait russe, puisque ce qui l’a fait devenir ukrainienne fut un acte « délictueux » du « criminel » Nikita Khrouchtchev . Et toutes les régions de l’Ouest des Carpates, dont une grande partie de la Galice, ne pourraient pas faire partie de l’Ukraine, puisque ce fut Staline – un criminel communiste bien connu – qui, par une décision tout aussi « délictueuse », les inclut (pacte Molotov – Ribbentrop), au sein des frontières de l’Ukraine. Et l’Ukraine devrait aussi abandonner son titre de pays fondateur des Nations Unies (et sa place comme membre de l’ONU) : ces deux titres et ce rôle ont été obtenus suite à une décision de l’ex-URSS, encore une fois « criminelle », et donc à effacer.

En somme, l’Ukraine d’aujourd’hui, en se reconnaissant nazie, a cessé d’être l’État qu’elle était quand Euromaïdan a commencé.

Giuletto Chiesa

Article original : Megachip, dimanche 12 avril 2015

Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

Lire la suite

Outre le bouclier ABM américain en Europe, le système de surveillance au sol AGS de l’OTAN est également visé par l’armée russe.

21 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La France, #L'armée française, #La Russie, #La guerre

Outre le bouclier ABM américain en Europe, le système de surveillance au sol AGS de l’OTAN est également visé par l’armée russe.

Outre le bouclier ABM américain en Europe, le système de surveillance au sol AGS de l’OTAN est également visé par l’armée russe.

 

En 2012, 12 membres de l’OTAN (Allemagne, Estonie, Lituanie, Lettonie, Luxembourg, Norvège, la République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Italie, Bulgarie et Roumanie) avec les Etats-Unis, ont décidé, lors du sommet à Chicago, de réaliser un système de surveillance au sol AGS (Alliance Ground Surveillance), basé sur des avions sans pilote de reconnaissance stratégique RQ-4 Global Hawk (Tier II+/HALE UAV: High Altitude, Long Endurance convențional UAV)

Quelles sont les fonctionnalités du RQ-4 Global Hawk ?

En juillet 2007, 16 appareils RQ-4 Global Hawk ont été affectés au 9ème Groupe de reconnaissance stratégique de l’armée américaine basé à Beale. En 2011, de nouveaux drones de reconnaissance ont été affectés à la 348ème escadrille de l’US air force de la base aérienne de Grand Forks, dans le Dakota du Nord. Depuis avril 2010, le RQ-4 Global Hawk a été utilisé dans des opérations militaires de l’USCENTCOM, responsable de la zone qui couvre le Proche Orient, l’Asie et l’Afrique du Nord. Décollant de Californie et survolant le Canada, l’Alaska et le continent asiatique, les RQ-4 vont chercher leurs cibles en Afghanistan et en Irak. Et l’Allemagne qui fait partie du système de surveillance au sol AGS exploite depuis cinq ans ses propres avions RQ-4 Global Hawk, au sein du 52ème régiment aérien de reconnaissance.

Les appareils RQ-4 b disposent de capteurs d’image électro-optique et par infrarouge (les cinq avions de l’OTAN n’ont pas cette capacité), de capteur radar de type SAR (synthetic aperture radar), de détecteur de mouvement GMTI capables de détecter des cibles se déplaçant sur le terrain avec une vitesse d’au moins 3 km/h, et de capteur SIGINT qui intercepte et enregistre les communications civiles et militaires. Les avions RQ-4 b font de la surveillance à l’échelle planétaire, les zones à explorer étant souvent à une distance de 3-5 000 km de l’aérodrome de décollage, et volent à une altitude de 15-18 000 m, pendant 4 – 5 heures pour le même vol. Dans une mission de 10 à 20 heures, ils peuvent définir la carte numérique d’une superficie équivalente à la Roumanie, avec tous les dispositifs de combat qui s’y trouvent. Fondamentalement, quatre avions (plus un de réserve) peuvent couvrir un théâtre d’opérations comprenant un grand groupe d’États sur un seul continent.

Combien coûte le système AGS ?

Un contrat de 1,2 milliards d’euros a été signé avec la compagnie américaine de Northrop Grumman, pour cinq avions sans pilote RQ-4B Block 40, l’élément clé du système de surveillance au sol AGS. Le coût total de la mise en œuvre du programme AGS atteindra 6 milliards d’euros. Le budget annuel pour le fonctionnement du système AGS sera 79 millions euros, ce qui correspond aux 3 000 heures de vol de l’avion Global Hawk.

En 2015 le premier avion sans pilote Global Hawk RQ-4B sera livrés à la base américaine de Sigonella (Centre de commandement de l’AGS) et en 2017-2018, le système AGS deviendra opérationnel. La Roumanie a payé 25,28 millions pour la réalisation de ce programme et aura une contribution annuelle de 1 million d’euros pour les coûts de fonctionnement. La Roumanie et La Bulgarie, L’Estonie, la Lituanie et la Lettonie, n’ont pas participé à l’élaboration des plans de recherche ni aux opérations ou aux rapports de performance des vols de reconnaissance. Ces éléments sont coordonnés par le SACEUR (le commandant des forces alliées en Europe) c’est-à-dire par le général américain Philip Breedlove. En conséquence, le rôle des partenaires des États-Unis dans l’OTAN dont le projet est d’assurer les aérodromes de décollage/atterrissage, d’accueillir l’équipe américaine entretenant les capacités des avions et de fournir les emplacements au sol pour les systèmes de communication et de radar.

Que réclament les Russes ?

Le 16 avril 2015, le chef d’état-major des forces armées de la Russie, le général Valery Gerasimov, a déclaré que les pays européens qui accueilleraient les éléments des systèmes antimissiles de l’OTAN seront les cibles prioritaires de la Russie. Le commandement militaire russe dit que le système de surveillance au sol AGS est une composante des boucliers antimissiles balistiques de la Roumanie et de la Pologne et du système AEGIS sur les navires américains présents dans la mer Noire. Leur rôle est de détecter et de révéler les cibles à frapper sur le territoire russe, avec des missiles de croisière Tomahawk (qui peuvent être lancés par les systèmes VLS de type Mk-41 de Deveselu, de Pologne et des navires de guerre américains dans la mer Noire).

http://reseauinternational.net/presque-tout-sur-le-bouclier-ABM-americain-a-deveselu-Roumanie/

Les Russes disent que les Etats-Unis avaient prévu Euromaidan et la guerre civile en Ukraine depuis 2010 (l’année où, pendant le sommet de l’OTAN à Lisbonne, il a été décidé de placer le bouclier américain ABM à Deveselu), et que tous les développements ultérieurs visaient exclusivement à créer les conditions pour attaquer la Russie par l’OTAN.

Selon les militaires russes, deux avions RQ-4B opèreront dans l’Ouest et le nord de la Russie : Mer Baltique, Pôle Nord, littoral de la mer de Barents, Mer de Kara et les plaines de Sibérie occidentale (Ienisseï). Ces avions seront sous la responsabilité de l’USEUCOM, en coordination avec l’Allemagne, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie et la Norvège. Deux autres avions RQ-4B opèreront dans le secteur central de la Russie. Ils seront sous la responsabilité de l’armée américaine, en coordination avec l’Italie, la Bulgarie et la Roumanie. Ces plans couvrent le territoire russe jusqu’à la frontière avec le Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan et le territoire de l’Iran. Un cinquième avion sera en réserve.

 

 

Outre le bouclier ABM américain en Europe, le système de surveillance au sol AGS de l’OTAN est également visé par l’armée russe.
 

 

Comment les Russes réagissent-ils à ces défis ?

Se référant aux actions toujours plus agressives des USA vis-à-vis de la Russie, les officiels de l’armée russe affirment que, durant les cinq dernières années, ils ont concentré leurs efforts sur la conception, le développement et la dotation de leur armée des systèmes de missiles AA les plus efficaces avec un grand rayon d’action (S-400/500), avec des capacités balistiques. Les russes affirment également que ces systèmes représentent l’antidote aux attaques par missiles de croisière de type Tomahawk. Pour plus de performance, ces systèmes sont associés aux systèmes de brouillage de la famille Richag-AV, avec les variantes L-175B Hibini pour les avions de combat, Krasuha-2 et 1L267 Moskva-1 pour l’armée de terre russe. Les experts disent que les Russes peuvent brouiller et neutraliser les commandes de vol à distance des drones RQ-4B qui exécuteraient des missions de reconnaissance dans l’espace aérien de la Russie.

http://reseauinternational.net/le-systeme-de-brouillage-russe-richag-AV-et-le-drone-americain-RQ-170-Sentinel/

Ces systèmes russes de brouillage permettent « d’aveugler » les radars de détection AN/SPY-1D, de traçage des cibles et de guidage des missiles AA des complexes AEGIS terrestres ainsi que ceux de la Pologne et la Roumanie, et aussi d’autres semblables des destroyers et croiseurs AEGIS américains qui ont été copiés. La défense AA avec les missiles à long rayon d’action qui protège Deveselu devrait, théoriquement, couvrir une grande partie du territoire de la Roumanie, avec une garantie de 87 %. Mais, dans la réalité, elle devrait être facilement neutralisée par brouillage, disent les Russes. Ils affirment qu’ils ont déjà testé avec succès dans la mer Noire, un tel système de brouillage, le 10 avril 2014. Les nouveaux conteneurs de brouillage L-175B Hibini accrochés sur deux avions Su-24 auraient sérieusement affecté le fonctionnement du radar du destroyer américain USS Donald Cook qui avait été choisi pour cible.

Valentin Vasilescu

Traduction Avic – Réseau International

Lire la suite

UKRAINE, l'AFP réécrit l'histoire en se rangeant du côté des bourreaux

21 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #le nazisme, #Le fascisme, #Les média

 

lundi 20 avril 2015

Le 21 avril 2015
 

L'AFP réécrit l'histoire en se rangeant du côté des bourreaux :

Nous étions habitués au peu d'objectivité de l'AFP, ou plutôt à sa fainéantise intellectuelle qui consistait à recopier sans les contrôler les communiqués du gouvernement de Kiev, ou de ses différents ministères.
Mais cette fois-ci un pas a été franchi, peut être emporté par l'euphorie du fürhergeburstag, l'AFP, s'est trouvée une nouvelle source d'information : "La page du bataillon Azov" et le clame haut et fort.

Voyons ce grand moment de désinformation :

"Pour sa part, le bataillon Azov, une milice favorable à Kiev opérant près de Marioupol, a confirmé l'arrêt des combats. La situation à Chirokiné s'est un peu stabilisée, avec le retrait de l'artillerie des séparatistes prorusses après le retour au village de la mission de l'OSCE, selon la page internet du bataillon."

(©AFP / 20 avril 2015 17h17)

Dès le début des violations du cessez le feu à Shirokino, tous les rapports de l'OSCE étaient clairs, le coupable était le bataillon Azov (voir les articles écrits le 10 mars, et regroupés hier sur ce blog). Rapports que l'AFP n'avaient pas pris la peine de lire, relayant les informations provenant de Kiev.

Donc l'AFP, en officialisant les mensonges de Kiev, permet au coupable d'incriminer la victime, réécrit l'histoire en se rangeant du côté des bourreaux.

source :


http://www.romandie.com/news/Chef-de-lOSCE--de-bonnes-chances-pour-la-paix-en-Ukraine/585897.rom
Lire la suite

Europe: les dirigeants occidentaux ferment les yeux sur le néofascisme.

21 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #le nazisme, #Le fascisme, #Europe supranationale, #Economie, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La guerre

Europe: les dirigeants occidentaux ferment les yeux sur le néofascisme

Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20150420/1015747317.html#ixzz3Xv4Eaqwg

Europe: les dirigeants occidentaux ferment les yeux sur le néofascisme.

L'ex-président de la Croatie Stjepan Mesić signale le danger du nationalisme rampant et de la fascisation qui pèse sur l'Europe, tout en se révoltant par la passivité de l'Occident face à ces phénomènes.

 

 

Les dirigeants des pays occidentaux ferment les yeux sur le néofascisme en Europe, tout en sous-estimant la contribution soviétique dans la victoire sur le fascisme, a indiqué l'ex-président de Croatie Stjepan Mesić dans son article dans le journal croate Novi list

 

"La droite ne fait pas que lever la tête, elle déploie aussi ses drapeaux fascistes dans les Etats dits en période de transition. Je ne citerai qu'un exemple. A Riga, des marches d'anciens légionnaires SS sont traditionnelles", constate M.Mesić, signalant le danger du nationalisme croate et de la "fascisation qui pèse sur la Croatie", ainsi que la passivité de l'Occident face à ce genre de manifestations.

 

Et d'ajouter que rien de pareil n'était possible même d'imaginer en Allemagne, du moins à présent. 

 

"Quoi qu'il en soit, Angela Merkel garde le silence au sujet des événements à Riga (…) Le président français (François) Hollande et le locataire de la Maison Blanche (Barack) Obama n'en disent rien, eux non plus. Ils "ne s'aperçoivent pas" du néofascisme en Europe, tout en refusant de se rendre à Moscou pour participer aux célébrations du 70e anniversaire de la victoire sur le fascisme et ce, pour condamner la politique de (Vladimir) Poutine", a relevé l'ex-chef de l'Etat croate.

Selon lui, l'Union européenne est née de l'idée de la nécessité de mettre en place un mécanisme efficace de prévention d'une réédition de la guerre mondiale et de l'holocauste, mais ceux qui définissent aujourd'hui la politique de l'UE "l'ont oublié ou font semblant de l'avoir oublié".



Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20150420/1015747317.html#ixzz3Xv4waUo0

Lire la suite

Les dissimulations dans l’affaire de l’anthrax en 2001 aux USA

20 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La guerre, #L'OTAN., #la liberté

Les dissimulations dans l’affaire de l’anthrax en 2001 aux USA


Paul Craig Roberts
Paul Craig Roberts

Par Paul Craig Roberts – Le 18 avril 2015 – Source paulcgraigroberts.org

Les lettres à l’anthrax visaient deux sénateurs US opposés à la tyrannique loi Patriot Act

Préambule

Le sénateur Leahy et le sénateur Daschle étaient dans la position de pouvoir bloquerle Patriot Act néo-nazi. Les deux sénateurs avaient négocié avec l'administration Bush des changements dans la loi pour la rendre moins tyrannique. Mais les changements ne se sont pas retrouvés dans la version finale de la loi envoyée au Congrès. Par conséquent, Leahy et Daschle ont résisté à leur tentative de passage en force. Je me suis souvent demandé si Leahy et Daschle avaient compris que les lettres empoisonnées à l'anthrax étaient un avertissement de Washington: «Ne vous mettez pas en travers de la tyrannie ou nous allons vous tuer.»

En 2014, le livre de Graeme MacQueen, 2001 Le mensonge de l’anthrax: un complot national, a été approuvé par le chef de l’enquête sur l’anthrax au FBI.

 

Il y a quatre mois et demi, j’ai posté un commentaire du livre de MacQueen. Les apologistes aux ordres du gouvernement, les médias méprisables de la presse-pute, et les patriotes crédules habituels ont accueilli le livre aux cris de théorie du complot. En fait, le livre de MacQueen était un projet soigneusement étudié qui a établi qu’en effet il y avait une conspiration, un complot au sein du gouvernement.

La conclusion de MacQueen tient debout, elle est confirmée par Richard Lambert, l’agent en charge de l’enquête sur l’anthrax au FBI qui fini par lancer l’alerte en crachant le morceau.

Il était évident, pour toute personne familière avec les techniques que les gouvernements utilisent pour saper la liberté en détruisant la protection accordée aux citoyens par la loi, que le but des lettres à l’anthrax, en particulier les lettres aux sénateurs Patrick Leahy et Tom Daschle, était d’élever le niveau de la peur afin de garantir l’adoption de la loi tyrannique Patriot Act.

Le Patriot Act a été un coup décisif contre les libertés individuelles américaines. L’acte a servi à renier la Constitution des États-Unis au XXIe siècle et a permis de doter le gouvernement fédéral de pouvoirs inconstitutionnels, irresponsables et tyranniques.

Dans une plainte au tribunal, Richard Lambert a expliqué que, agent en charge de l’enquête, il a subi des obstructions et des entraves dans son enquête de quatre ans par le FBI à Washington, ce dernier était apathique et faussait les analyses du laboratoire du FBI, provoquait des décisions juridiques biaisées, et pour des motifs politiques mettait l’embargo sur la communication, embargo demandé par la direction au siège du FBI.

Comme Lambert a déposé une plainte devant une Cour de district aux États-Unis, il sera difficile pour Washington de le faire assassiner. Cependant, Washington peut toujours utiliser sa presse-pute contre lui.

Lambert dit qu’il existait beaucoup plus de preuve à décharge en faveur Bruce Ivins qu’il n’y avait de charges circonstancielle orchestrée contre lui. Ivins était le bouc émissaire choisi par Washington après que l’affaire orchestrée contre l’expert en virologie et armes biologiques, Steven Hatfill, [pour lui faire porter le chapeau, NdT] se soit effondrée et que Washington ait dû payer Hatfill $4 600 000 pour diffamation. Lambert dit que les preuve n’étaient pas suffisante pour une condamnation en justice de Ivins, qui est mort à point nommé [suicidé, NdT], ou a été assassiné, et pouvait donc être blâmé sans preuves.

Les scientifiques ont prouvé de façon concluante que l’anthrax dans les lettres était une technologie de pointe des armes biologiques à laquelle Ivins n’avait pas accès.

Les accusations de Lambert déposées devant la Cour fédérale ont le potentiel de faire exposer l’ensemble de l’affaire du 9/11 [World Trade Center] comme un coup monté. Il sera intéressant de voir si Washington peut encore l’emporter sur le droit et la vérité et si le public américain restera insouciant et content de son existence dans la Matrix.

Paul Craig Roberts

Dr. Paul Craig Roberts a été assistant au Secrétariat du Trésor des États-Unis, chargé de la politique économique sous le gouvernement de Ronald Reagan; et éditeur associé du Wall Street Journal. Il a été journaliste pour Business Week, Scripps Howard News Service, et Creators Syndicate. Il a enseigné dans de nombreuses universités. Ses articles sur Internet sont largement suivis et reçoivent un accueil mondial. Ses derniers livres sont: The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West and How America Was Lost.

Lire la suite

Révélations sur le crash de l’Airbus Germanwings 4U9525

20 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La guerre, #AMERIQUE, #La République, #La Russie, #L'armée française, #L'OTAN., #La mondialisation

Révélations sur le crash de l’Airbus Germanwings 4U9525


Le 30 mars 2015 – Source HaBE

LE VOL GERMANWINGS ABATTU PAR UN FAISCEAU LASER ÉTATS-UNIEN?

Un ami de HaBE a traduit l’article des services secrets russes (SVR) concernant le crash du vol de l’Airbus de Germanwings.

Selon les services secrets russes (SVR), Obama aurait été très en colère en apprenant que le vol Germanwings 4U9525 avait été abattu par l’Otan pendant des exercices militaires. 

Il s’agit d’un blog public russe. Le texte proprement dit montre certaines connaissances techniques. Il mentionne également la frégate de la Flotte du Nord, la Severomorsk (désignation russe: gros chasseur de sous-marins), effectivement en patrouille en Méditerranée actuellement.

 

Des essais de tir laser états-uniens ont provoqué la destruction de l’avion de Germanwings transportant 150 passagers civils innocents

Le 26 mars 2015, le ministère russe de la défense a annoncé  que les rapports de la Flotte du Nord indiquent que la chute du Boeing de la compagnie aérienne allemande Germanwings (vol 4U9525) serait le résultat direct d’un essai manqué de l’armée de l’air états-unienne avec le système laser HELLADS (High Energy Liquid Laser Area Defense System). Ce test a été effectué lors d’une tentative de lancement de missile balistique intercontinental (ICBM), la cible a été ratée, mais pas les 150 passagers civils qui ont trouvé la mort à bord de l’avion .

Selon le rapport transmis au Ministère de la défense par la Flotte du Nord actuellement en état d’alerte maximum, l’alarme a été déclenchée hier sur le contre-torpilleur russe Severomorsk, alors en manœuvres en Méditerranée. Alors que tout était normal, des anomalies électriques ont été détectées au-dessus du Sud de la France et de l’Italie, ainsi que dans l’ouest et le sud de la Suisse. La région à partir de laquelle ces anomalies ont été provoquées était la Mer du Nord. Selon le rapport, cela correspond au secteur de mobilisation de la 510e escadrille de l’armée de l’air états-unienne, basée à Aviano, en Italie.

Curieusement, le rapport relève également que ces anomalies sont apparues dans la zone d’intervention de la 510e escadrille en même temps que les radars civils britanniques étaient aveuglés, ce qui est confirmé par un avis de l’Autorité de sûreté aérienne: «En procédant à des réglages avec Manchester, je vois bien l’A380 passer au-dessus de moi à Barcelone, mais rien sur le radar. Bizarre».

Le rapport du ministère de la défense russe indique que, pendant le décollage et l’atterrissage des bombardiers B1, les systèmes radar des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’UE sont souvent aveugles. Précisément comme hier, lorsque l’incident a été consigné à Manchester. Cela correspond vraisemblablement au déploiement d’un bombardier britannique B1, qui est équipé du système HELLADS de l’armée de l’air états-unienne.

Ce rapport mentionne également le fait que les structures militaires des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’UE mettent souvent en danger les vols civils sur tout le continent pendant leurs manœuvres militaires. L’année dernière, entre le 5 et le 10 juillet, pas moins d’une cinquantaine d’avions ont disparu par moments des écrans radar en Autriche, en Allemagne, en République tchèque et en Slovaquie.

L’aviation civile slovaque a reconnu cet aveuglement du radar dans un communiqué: «La disparition d’objets des écrans radar a été mise en corrélation avec les manœuvres militaires dans différentes régions d’Europe… dont le but était de couper les fréquences radio. Ces opérations ont provoqué la disparition temporaire de plusieurs objets des écrans radar, et ce bien qu’en même temps, les avions soient restés en contact radio avec les contrôleurs aériens et aient poursuivi leur route normalement.»

Toutefois, le rapport montre bien le danger que présentent ces manœuvres militaires occidentales pour l’aviation civile. En atteste l’incident survenu le 3 mars, signe avant-coureur de l’affreux accident du vol 9525 de la compagnie Germanwings qui s’est produit hier. À cause de l’armée de l’air états-unienne, l’Airbus A321 du vol LH1172 de la compagnie Lufthansa, qui volait à l’altitude normale, a brusquement plongé pendant plusieurs minutes, comme en atteste le diagramme du radar.

Voici le récit du reporter présent à bord sur cette brusque perte d’altitude du vol Lufthansa LH1172 survenue il y a deux semaines dans le Sud de la France, paru sous le titre Catching a Lufthansa Airbus A321’s Rapid Descent Live (la brusque perte d’altitude d’un Airbus A321 de la Lufthansa en direct) :

«Par moments, j’ai pensé assister à une avarie en temps réel à des milliers de kilomètres de l’avion. Heureusement, les pilotes ont réagi rapidement et se sont dirigés vers l’aéroport le plus proche.»

Sur AirlineReporter.com, la Lufthansa a confirmé que le vol LH1172 transportait 151 passagers, et que le capitaine a décidé d’atterrir à Nantes «à cause d’un problème médical» (passager malade). «Elle confirme que rien d’exceptionnel ne s’est produit et que l’avion s’est posé en toute sécurité »

À la différence du vol Lufthansa LH1172 dont il est question ici, le vol 9525 de Germanwings n’a pas été en mesure de corriger la perte brutale d’altitude… et l’avion et ses passagers ont été littéralement pulvérisés et disséminés sur les flancs d’une montage du Sud de la France.

Qu’est-ce qui a pu causer une destruction aussi complète de l’avion Germanwings 9525? Comme nous le constatons dans ce rapport et comme on l’a vu la première fois le 3 février, l’armée de l’air états-unienne a testé son système HELLADS sur des satellites météo réformés. Ce procédé consiste à faire augmenter la température intérieure des satellites et à les faire ainsi exploser dans l’espace.

Cependant, les spécialistes russes de la défense indiquent dans ce rapport que les systèmes laser chimiques (tels que les HELLADS de l’armée de l’air états-unienne qui ont frappé l’avion de Germanwings du vol 9525 et failli toucher le vol Lufthansa LH1172) sont connus pour le manque de précision de leur système de visée sur de grandes distances. En effet, l’atmosphère tend généralement à éparpiller leur rayonnement, lequel peut alors atteindre d’autres objets dans le voisinage.

Quant au scénario exact qui a conduit à la destruction du vol 9525, il s’agissait d’une opération de défense occidentale sous forme de test dans les couches denses de l’atmosphère simulant l’attaque de missiles nucléaires russes.

Le test dans les couches denses de l’atmosphère proprement dit? Il a échoué. Le test a été annoncé le soir précédant le lancement d’un missile intercontinental (ICBM), le lundi matin en Californie, par l’armée de l’air états-unienne. Il a été annoncé par le régime d’Obama comme «message au monde sur les capacités nucléaires de Washington».

Contrairement à ce qui était dit, ce message au monde était en réalité adressé à la Fédération de Russie, en représailles contre la destruction [virtuelle] du porte-avion états-unien Theodore Roosevelt, au moyen de la technologie margrav lors de jeux de guerre quelques semaines plus tôt, destruction [virtuelle] qui était le pendant de la mise hors d’état du navire US Donald Cook l’année dernière en mer Noire.

Malheureusement, ce rapport furieux indique que 37 avions de l’Otan participaient hier à ce test de tir de missile étatsunien et qu’un seul transpondeur aérien militaire italien était actif, celui qui a signalé la chute du vol Germanwings 9525 par le code d’alarme 7700.

Le fait que de nombreux pilotes allemands refusent aujourd’hui de voler est à imputer à ces manœuvres militaires des États-Unis dirigées contre la Russie, selon le rapport. La probabilité pour que l’Occident dise la vérité sur ce qui est arrivé au vol 9525 de Germanwings est aussi mince que pour ce qui a été dit sur la chute du vol MH117 de Malaysian Airlines. Les relevés satellitaires indiquent qu’il a été abattu par un chasseur ukrainien. Cette probabilité peut donc être considérée comme nulle.

Des témoins de la chute de l’avion ont déclaré aux représentants d’Air France avoir entendu une explosion et vu de la fumée de l’A320 de Germanwings «peu avant qu’il ne s’écrase dans les montagnes près de Digne», confirmant indirectement la version exposée ici. Un pilote d’hélicoptère a également déclaré que des débris de l’avion ont été trouvés plus haut dans la montagne que le site du crash, ce qui, selon ses dires, confirme qu’une partie du fuselage s’est «rompue avant que l’avion ne s’écrase».

Traduit par Gilles Chertier pour le Saker Francophone

En savoir plus : Le pilote du vol Germanwings aurait aussi été aveugle !

Article original en russe

Lire la suite

Éventualité d'une attaque nucléaire américaine massive contre la Russie

16 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #Ukraine, #La guerre, #La paix, #L'OTAN., #l'ONU, #L'armée française

Éventualité d'une attaque nucléaire américaine massive contre la Russie

Divers textes circulent actuellement en évoquant cette perspective. Il est clair que pour des gens sensés cette attaque serait terrifiante, provoquant des retombées susceptibles de toucher la Terre entière et durer pendant des décennies, sans mentionner ce que les spécialistes nomment un hiver nucléaire pouvant s'installer pour une plus longue durée encore. Au plan biologique, elle provoquerait une nouvelle extinction massive des espèces existantes.

Pourtant des militaires américains semblent l'envisager de plus en plus sérieusement, suivis en cela par des mouvements néo-conservateurs pour qui le plus grand risque que courre actuellement l'Amérique tient en la présence d'une Russie certes disposant de forces nucléaires conséquentes mais qui pourtant ne manifeste aucune intention de s'en servir contre l'Amérique. On lira par exemple à cet égard la mise en garde d'un certain Matthew Gault, du site Nedium.com-The War Is Boring, publiée sur son site le 7 avril 2015 et commenté par Dedefensa https://medium.com/war-is-boring/god-no-the-u-s-air-force-doesn-t-need-another-curtis-lemay-37de19c11652

Matthew Gault s'inquiète de la nomination à la tête du Global Strike Command (GSC) de l'US Air Force, du général Robin Rand, à qui son chef direct le général Welsh, chef d'état-major de l'USAF, a recommandé de se comporter à l'exemple du général Curtiss LeMay. Celui-ci, du temps de la guerre froide, avait été à deux doigts de provoquer un embrasement nucléaire général.

De leur côté les Russes, exaspérés par les provocations américaines en corrélation avec la crise ukrainienne, semblent de plus en plus persuadés que les Etats-Unis veulent effectivement détruire militairement la Russie, constatant qu'ils ne peuvent rien contre elle avec les moyens conventionnels. Dans ce cas les Etats-Unis seraient de plus en plus tentés, non seulement chez les militaires mais dans les cercles néo-conservateurs les plus radicaux, de recourir à une First Strike (première frappe ou frappe préventive) nucléaire.

Concernant le pronostic de plus en plus pessimiste que font à cet égard les stratèges russes, on lira un interview, abondamment commenté ces jours-ci, émanant de Leonid Petrovitch Rechetnikov, ancien Lieutenant-Général retiré de la direction du SVR (service de renseignement extérieur russe), directeur du RISS (Institut Russe des Études Stratégiques, Russian Institute of Stragic Studies) dont Rechetnikov ne cache pasqu'il s'agit d'une “couverture“ et que l'Institut est directement lié au SVR auquel il fournit des analyses. Rechetnikov est aussi considéré comme un conseiller direct de Poutine. Le site FortRus donne de ses propos, le 8 avril, une traduction anglaise http://fortruss.blogspot.be/2015/04/russian-foreign-intelligence-chief.html Le sakerfrancophone fait de même en français (http://lesakerfrancophone.net/interview-dun-ancien-analyste-russe-des-services-du-renseignement-exterieur/)

Rechetnikov se dit persuadé, de par les renseignements et indices dont il dispose, que les Etats-Unis se sont donné 5 ans pour détruire la Russie. S'ils ne le faisaient pas d'ici là, ce serait le système américain qui s'autodétruirait du fait des ses contradictions internes et de ses aventures extérieures. Ils le savent. Bien évidemment, il serait possible de suspecter que le SVR se livre ainsi à une opération de désinformation anti américaine. Quand on lit l'interview, on ne peut cependant qu'être frappé par la pertinence des analyses.

Cinq ans pour détruire la Russie

Ceci étant, peut on penser que, si les dirigeants américains, civils et militaires les plus hallucinés passaient à l'acte dans les mois qui viennent, ils auraient quelque chance de réussir à détruire la Russie, sans se détruire eux-mêmes. Nous ne retiendrons pas pour notre part l'argument selon lequel la Russie, qui est en train de se doter d'anti-missiles de dernière génération S 500, pourrait grâce à eux neutraliser avant qu'ils n'atteignent le territoire russe, des missiles balistiques intercontinentaux à tête nucléaire américain. Aussi perfectionnés que deviennent à échéance d'1 an ou 2 ans les S 500, ils seraient impuissants à neutraliser une volée de missiles nucléaires américains, provenant d'un sous-marin nucléaire lance-engins (SNLE) américain patrouillant non détecté dans l'immense étendue des mers. A plus forte raison si plusieurs de ceux ci attaquaient en même temps.

La seule réaction que pourraient avoir les Russes serait de recourir dans les minutes suivant la frappe américaine, à une frappe en retour massive provenant de leurs propres SNLE et dotés des instructions préalables en ce sens. Ces sous-marins patrouillent eux-aussi en permanence, certains non loin des côtes américaines.

Dans ce cas la première frappe américaine détruirait à coup sur une partie de la Russie, mais la frappe en retour russe détruirait pratiquement l'ensemble des Etats-Unis, bien plus exposés. Il s'agirait évidemment d'une situation dite de MAD, du temps de la guerre froide (Destruction Mutuelle Assurée), mais la Russie, au territoire plus étendu, aurait de meilleures chances de s'en sortir, après la fin des retombées atomiques et de l'hiver nucléaire. Ce serait de toutes façons la mort de nos civilisations respectives, mais ce qui resterait des Russes repartiraient d'un meilleur pied que les Américains, car ils sont plus rustiques. Resterait aussi la Chine, qui échapperait sans doute à une première frappe américaine.

Sans pour autant nous rassurer complètement, nous pouvons penser, si nous ne nous trompons pas dans cette analyse, que les stratèges américains seraient fous à lier s'ils ne raisonnaient pas de la même façon de leur côté. Mais restons prudents. Dans le monde chaotique, au sens scientifique, qui est le nôtre, tout peut arriver.

(rédaction provisoire)

Image (wikipedia)

Project 955 classe Boreï : fin 2014, trois sous-marins sont en service alors que la Marine de guerre russe prévoit la mise en chantier de deux bâtiments supplémentaires. Cette classe devrait comprendre un total de 8 navires d'ici 2020 et remplacera les éléments des générations précédentes qui seront retirés en 2018. Ils doivent emporter 16 R-30 Boulava. Bien évidemment, si la tension avec l'Amérique s'aggravait, nul ne serait à l'abri d'une décision "folle" prise en bas de l'échelle hiérarchique, par exemple provenant du commandant d'un de ces sous-marins, d'envoyer un missile nucléaire "préventif" sur une ville américaine.

____________________________________________________________________

Réaction de Luc Brunet (membre du comité de pilotage de Europe Solidaire)

Nous sommes ici sur un domaine très spéculatif où le bluff et les démonstrations de force sont plus nombreux que les informations objectives.

Je voudrais simplement ajouter quelques commentaires:

  • l'Ukraine joue bien sur un rôle de détonateur, mais il n'est pas le seul, et risque même de disparaitre d'ici quelques mois si le régime de Kiev s'effondre. D'autres conflits régionaux ou les US risquent de se retrouver sont également très dangereux, je pense notament a une confrontation Saudi-Iran, ou a la différence de l'Ukraine,d'important enjeux économiques (les champs de pétrole !) s'ajoutent aux conflits d'intérêt géopolitiques.
  • - sur une note un (petit) plus optimiste, n'oublions pas que les politiques et certains généraux US ne sont que les marionnettes du système économico-industriel US. Ils ont montré à maintes reprises leur mépris des réalités et il semble qu'ils ignorent également le risque qu'ils font courir à leur propre familles si ils jouent les Docteur Folamour (je ne parle pas de la population US, dont ils ne doivent pas se soucier beaucoup). Mais je pense que la majorités des cadres de l'armée US sont eux bien plus réalistes et savent quelles pourraient être les conséquences des rêveries paranoïaques de leurs leaders. On peut espérer que ceux-là pourraient décider d'intervenir et de stopper les fous qui sont au volant. Un coup d'état militaire aux US mettant fin au système et ses folies, pourquoi pas ?

 

 

12/04/2015
Lire la suite

Actu’Ukraine du 6 au 12 avril 2015 Focus de la semaine : La seconde chute de l’Ukraine dans les ténèbres.

15 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Les média, #Le fascisme, #le nazisme, #Terrorisme

15 avril 2015

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé à cette Actu’Ukraine !

Actu’Ukraine du 6 au 12 avril 2015

Focus de la semaine : La seconde chute de l’Ukraine dans les ténèbres


• L’endoctrinement des enfants. Après Yatseniouk et “l’invasion de l’Allemagne et de l’Ukraine par la Russie”, après ses comptes d’apothicaire au sujet des morts Ukrainiens de la Seconde guerre mondiale, c’est au tour de l’enseignement de réécrire l’Histoire : un manuel scolaire a été augmenté de nouvelles pages célébrant la guerre au Donbass comme un “combat pour la démocratie et l’indépendance” où la Russie est clairement désignée comme l’ennemi de l’Ukraine. Ces nouvelles pages ont déjà été envoyées dans les écoles (segodnya.ua, vzgliad).

Couverture du manuel (ridus.ru)

L’endoctrinement des jeunes, voire des enfants, n’est pas une nouveauté en Ukraine. Déjà, en septembre 2014, est paru un livre destiné aux enfants de 4 à 6 ans dont le titre est  «Histoires sur Maïdan», publié à Lviv / Lvov aux éditions du Vieux Lion (Издательствo Старого Льва) (ridus.ru). Et il a déjà été instauré dès fin septembre  2014 l’obligation de chanter l’hymne ukrainien tous les matins, dans les écoles (ridus.ru à 10 h 46 ). Sans parler des cours de préparation militaire institués à peu près au même moment. “Notre tâche, c’est de faire participer le maximum de citoyens à la défense du pays. Nous parlons aujourd’hui du fait que chaque citoyen sera obligé de faire un stage de deux mois appelé “cours du jeune combattant”, a déclaré le 25 septembre 2014 sur l’antenne de la télévision ukrainienne 112 un conseiller du ministère ukrainien de la défense, Alexandre Dalniouk (112.ua).

• La mutation des services de renseignements (SBU) en police politique. Cela avait été évoqué la semaine dernière dans le focus. Le chef actuel du SBU, Nalivaychenko, veut purger les échelons subalternes du SBU des agents du FSB qui y seraient encore… Et, dans la foulée, il veut réorganiser le SBU selon le modèle du contre-espionnage du OUN-UPA entre 1930 et 1950, ce qui implique la formation d’une police secrète politique et politisée… En Allemagne, à la même époque, cela s’appelait la Gestapo… (politnews.net via fortruss, vzgliad). Pour mémoire, voila le genre de méthodes utilisées par OUN-UPA à l’époque : écrasement de boîte crânienne, exécution à la hache ou la scie, arrachage de cheveux,… (fortruss).

• L’épuration de la Justice. Lynchage public d’un juge qui a pour seul tort de ne pas être du “bon” parti. L’incident a eu lieu le 9 avril. C’est pour l’instant des faits isolés, mais il est révélateur de l’ambiance qui règne en Ukraine. Le fait que des militants ultra nationalistes (Praviy Sektor) puissent faire cela sans que la police intervienne est assez symptomatique d’une société à la dérive. L’homme en question, un juge de la ville d’Ivano-Frankivsk, a été trainé hors de son bureau, mis dans une poubelle, molesté, obligé à se déshabiller en parti et promener ainsi dans la ville. Les militants ont conditionné sa libération au fait qu’il signe une lettre de démission (youtube, youtube, youtube, korrespondent.net).

Noter le sympathique signe très “européen compatible” et “valeurs communes de l’UE” d’un des militants épris de liberté et de tolérance en début de vidéo.

• La transformation de la guerre civile en croisade. La religion n’est pas à l’abri de cette volonté de radicalisation. il y a en Ukraine, une église orthodoxe qui a la volonté farouche de se séparer de l’Eglise orthodoxe canonique dont Moscou est le centre, comme Rome est le centre de l’église catholique, et qui saisit par la force des églises et monastères orthodoxes canoniques situés en Ukraine. Un nouveau pas a été franchi récemment par l’entrée de la guerre civile à l’intérieur des lieux de culte. Dans un église de Lvov, une fresque a été peinte avec, d’un côté, les “saints” qui sont les partisans de Maidan et les soldats ukrainiens avec des auréoles sur la tête et, de l’autre côté, les “damnés” qui sont le patriarche de Moscou représenté avec un dollar sur le front, Poutine avec une main dans sa poche, un soldat pro-russe et un habitant du Donbass en survêtement Adidas (rusvesna.su, rusvesna.su et la vidéo youtube).

 

 

A nouveau, on observe une répétition de la seconde guerre mondiale où l’église ukrainienne avait prit le parti des nazis contre les russes. Plus grave encore, il y a encore peu de temps, le “dignitaire” religieux Mikhailo Denissienko, connu sous le nom de “Philarète de Kiev” et actuel primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, déclarait qu’il est permis par la bible de tuer (“si la mort n’est pas injuste, dieu pardonnera”) ou de torturer (“David n’a-t’il pas donné un coup à Goliath?”) des novorusses, avec une phrase qui résume tout “Contre le mal, il faut lutter jusqu’à la fin… jusqu’à la mort !” (youtube). En prime un petit retour sur des propos racistes prononcés par un “pope” sur le Maidan en 2014 youtube à 1mn 39).

 

• La réécriture législative de l’histoire.  Cette semaine, la Rada Suprême à adopté 4 lois qui ont été baptisées ” les loi de décommunisation”, mais que l’on pourrait plutôt qualifié de lois d’”Ukrainisation de l’histoire” (colonel,cassad).

La première loi n°2558  “Condamnation des régimes totalitaires communiste et national-socialiste (nazi) en Ukraine et l’interdiction des symboles de propagande“  (rada.gov.ua, texte loi rada.gov.ua , note explicative rada.gov.ua) reconnaît le régime communiste (soviétique) en Ukraine de 1917-1945 en tant que régime criminel et terroriste. Cette loi blâme à la fois le régime communiste/soviétique et le regime national-socialiste, interdit le symboles du nazisme (comment va faire notre charmante Vita?) et du communisme : drapeau rouge et hymne de l’ex-URSS, et toute autre symbolique soviétique et communiste (vu côté ukrainien:vesti-ukr.com, bbc.com, kyivpost, en.interfax.com.ua et côté russe : rt, soundcloud). Ceci permet à l’Ukraine de se poser en victime des deux régimes totalitaires et d’occulter sa propre participation aux atrocités nazies. Malgré cette loi, ou à cause d’elle, le Parti Communiste ukrainien a annoncé une manifestation le 1er mai vesti-ukr.com). Suite à cette loi, tous les noms de rues ou de localités faisant référence à l’URSS devront être modifiés dans un délai de 9 mois. Dniepropetrovsk et d’autres localités changeront de nom. Les symboles de l’époque soviétique (par exemple la faucille et le marteau) sont interdits. Les peines prévues vont jusqu’à 5 ans de prison et à la confiscation des biens (vesti-ukr.com).

 

 

La seconde loi n° 2538 “Statut juridique et commémoration des participants dans la lutte pour l’indépendance de l’Ukraine au XXe  siècle” (rada.gov.ua, texte loirada.gov.ua, note explicative rada.gov.ua, peremogi.livejournal.com) reconnait comme “combattant de la liberté” quiconque s’est battu pour l’indépendance de l’Ukraine entre novembre 1917 (révolution russe) et le 24 août 1991 (indépendance de l’Ukraine) qu’il ait fait partie de groupes “formels, informels, clandestins ou de guérilla”. Ceci inclut les soldats de OUN, UPA et autres organisations nationalistes ukrainiennes… même ceux ayant combattu du côté des nazis puisqu’ils se battaient contre l’autre régime totalitaire (faut suivre la logique… ) et leur ouvre de facto des droits à des pensions en tant qu’ancien combattant unn.com.ua, uatoday.tv, sputnik news) ! A noter, que dans la société ukrainienne ces organisations sont vues de façon ambiguë: en tant que patriotiques certes, mais aussi en tant que collaborationnistes du régime nazi (varjag-2007.livejournal.com). Alexandre Zakharchenko, leader de la DNR, estime qu’elle met en branle des processus irréversibles susceptibles de mener à une scission complète du pays. “Le fait même de promulguer une telle loi se révèle être une nouvelle tentative de faire se battre entre elles la Russie et l’Ukraine. Cette énième tentative de transformer en héros les combattants de l’UPA n’est rien d’autre qu’une farce. Ecoeurement et  répulsion – ce sont les sentiments que suscite ce soi-disant “événement historique” – “Historique, il l’est en ce sens qu’il entérine aujourd’hui la victoire du fascisme en Ukraine” – telles sont les paroles de Zakharchenko, citées par l’Agence d’information de la DNR. Un député espagnol, Joan Josep Nuet, a déclaré à Fins news que cette loi est antidémocratique. (news.rin.ru, colonel cassad).

Evenement doublement prophétique ? Le même jour est décédé une des figures de l’indépendance de l’Ukraine en 1991. Lubomir Stefanovic Hudz fut le premier dans tout l’Oblast de Donetsk à hisser le drapeau jaune-bleu de l’Ukraine, c’était à Marioupol… Un militant pour l’indépendance de l’Ukraine, résident de la région de Donetsk, qui meurt le jour où une loi blanchit les nazis ukrainiens (http://peremogi.livejournal.com/8537842.html )…

Deux autres loi adoptées. Dans la loi n° 2539 intitulée “Pérennisation de la victoire sur nazisme en Deuxième Guerre Mondiale 1939-1945″ (rada.gov.ua, texte loi rada.gov.ua, note explicative rada.gov.ua),  il est stipulé le remplacement du terme “Grande Guerre Patriotique“  (nomination utilisée par l’URSS et dans les pays ex-soviétiques) par “Deuxiéme Guerre Mondiale” (comme en Europe).

Enfin la Rada a voté la loi n°2540 “Accès aux archives du régime totalitaire communiste répressif 1917-1991” (rada.gov.ua, texte loi rada.gov.ua, note explicative rada.gov.ua) qui concerne l’ouverture en libre accès des archives du KGB sur la période de 1917 à 1991 à l’image de ce qui avait été fait pour la Stasi lors de la réunification de l’Allemagne (uaposition.com).

Pour rappel : l’Union Soviétique a perdu plus de 25 millions de vies  pour vaincre le nazisme, dont 2 ou 3 millions d’ukrainiens. Et les nationalistes ukrainiens sont directement responsables de la mort de plus d’un million de civils russes, ukrainiens, juifs et polonais.

 

• La militarisation du pays. En 1991, l’Ukraine avait une armée de conscription, qu’elle a progressivement professionnalisée. La dernière classe d’appelés devait être celle de l’automne 2013. les effectifs professionnels ont été durement touchés durant les deux premières phases de la guerre civile et les défaites sanglantes du chaudron sud et d’Iliovansk. Ceci a conduit Kiev a décrété des vagues de mobilisation dans un pays qui n’est pas officiellement en guerre…

1ère vague. Le 2 mars 2014, une session extraordinaire du parlement décide de rétablir le service militaire obligatoire. Le président par intérim Olexandre Turchinov signe un décret de mobilisation qu’il justifie étant donné “l’agression flagrante” en Crimée (zakon1.rada.gov.ua). Il précise que la durée du service de cette “période spéciale” sera d’un an au maximum. Parallèlement, les partis nationalistes, Svoboda et surtout Pravy Sektor, constituent des groupes para-militaires. Les appelés de la première vague doivent être démobilisés du 18 mars au 1er mai 2015 (sputnik news) à condition qu’ils soient remplacés par de nouveaux mobilisés.

2ème vague. Le 7 mai 2014, un nouveau décret est signé pour une nouvelle mobilisation qui a lieu en juin et juillet. Après ces deux vagues, l’Ukraine dispose de 53 unités rattachées au ministère de la défense, et de 18 unités rattachées à d’autres ministères.

3ème vague.  Le 22 juillet 2014, le parlement ukrainien adopte, par 232 voix sur 465, une loi “sur la mobilisation partielle”, qui permet d’enrôler en 45 jours, des hommes âgés de 18 à 25 ans et des réservistes volontaires ayant jusqu’à 60 ans. (mnogovbloge.com). Le but est d’ajouter 15 unités de combat et 44 unités de soutien (mnogovbloge.com).

4ème, 5ème et 6ème vagues. Le 15 janvier 2015, le parlement ukrainien adopte une loi pour remplacer les trois premières vagues, par trois nouvelles, et même pour accroître le nombre de personnes sous les drapeaux, afin que le total des effectifs atteigne 250000 (globalsecurity.org et slavyangrad.org). La tranche d’âge concernée change un peu, puisque les conscrits sont des hommes âgés de 20 à 27 ans. La durée passe à 18 mois au lieu de 12. Le recrutement de la quatrième vague démarre le 20 janvier et s’achèvera le 20 avril. Celui de la cinquième vague démarrera fin avril et se terminera fin juin, quand celui de la sixième vague se déroulera en août.

Mobilisation en Novorussie. De son côté, le 2 février 2015, Zakharchenko (DNR) annonce que ses effectifs militaires seront portés à 100.000 hommes. Six nouvelles brigades seront créées.

 

Lundi 6 avril 2015

• Crimée, le retour à la patrie (version sous-titrée français) (dailymotion via echelle de jacob)

• On n’en parle plus guère, mais on se bat toujours en Ukraine. Les armes “lourdes” ont été éloignées ou “déplacées”, mais il reste les mi-lourdes et les légères pour se taper dessus. Les violations du cessez-le-feu sont journalières et semblent-ils de plus en plus nombreuses. L’Ukraine recense 20 violations dans la nuit du 6 au 7 (unian.info). Côté république de Donetsk, on recense 38 violations pour le 6 avril et 45 pour le 7 avril (dnr-news.com, dnr-news.com, novorossia.today). Le 6 avril, les villages de Gorlovka, Bezymennoe, Shirokino, Spartak, Nikolaeva, Peski, ainsi que l’aéroport de Donetsk ont été bombardés par les Ukrainiens. Un journaliste des “Nouvelles populaires”, Andreï Filatov, a été grièvement blessé à la main et au ventre à l’aéroport de Donetsk. Le 7 avril, ce sont les villages de Spartak, Peski, Gorlovka, Ozeryanovka, Mayorsk qui ont été touchés.

• Séquence musicale “Rappelons nous d’eux” par le groupe “Skretch”. Chanson dédiée aux combattants russes de la seconde guerre mondiale dans le cadre de l’affrontement en Ukraine de l’Est et du 70eme anniversaire de la victoire qui approche (youtube).

• Propagande low cost. A Shirokino, vidéo officielle de l’Opération Anti-Terroriste (ATO) pour saluer l’arrivée d’un bataillon de Tchétchènes, nommé “Cheikh Mansour”, combattant du côté des Ukrainiens youtube), même si on ne voit jamais plus de 3 personnes à la fois… et toujours les mêmes ! (Le jeune essoufflé, au début, dit “merci au peuple tchétchène de venir nous prêter main forte”. Le reste est en tchétchène). Cela fleure bon la propagande low cost sans effets spéciaux.

• Manifestations à Kiev. Toute la circulation entre le bâtiment de la Rada et l’immeuble des conseils des ministres a été bloquée par une manifestation pour réclamer des actions en vue de sauver la monnaie ukrainienne (korrespondent.net).

Cette manifestation est évidemment à relier au fait que l’inflation en Ukraine a grimpé en flèche jusqu’à +10,8% en mars, et l’estimation atteint 45,7% en ville (interfax.com.ua).

• Manifestation à Kharkov. 400 travailleurs d’une usine de construction aéronautique gouvernementale ont manifesté pour réclamer le paiement de leurs salaires, qui n’ont plus été versés depuis août 2014 (112.ua).

• Arrêt des échanges de prisonniers entre l’Ukraine et les républiques novorusses. Seize prisonniers ont été libérés par Donetsk dans la nuit (sputnik news, youtube). La commissaire de la DNR aux droits de l’homme, Daria Morozova, a déclaré qu’ils sont les derniers. Mais cette affirmation est contestée par un représentant du service de la sécurité ukrainienne, Markian Lubkovskii. Zakharchenko a répondu que Kiev veut faire croire qu’il reste des prisonniers dans la DNR pour cacher le nombre réel de morts au combat (rusvesna.su). Mais l’inverse est possible aussi. Daria Morozova pense en effet qu’il reste 1300 prisonniers de la DNR en Ukraine (rusvesna.su) dont le sort est inconnu. Les familles des disparus des deux côtés ont donc bien du mal à connaitre la vérité. Du côté de la république de Lugansk, les échanges de prisonniers ont été suspendus pour cause de désaccord avec les médiateurs.

• Odessa, encore… A Odessa, gros incendie d’un café restaurant, incendie qui s’est propagé à plusieurs véhicules garés devant (timer-odessa.net, youtube). Les raisons de cet incendie restent à déterminer. Un sinistre qui débute très fort au petit matin peut-il être imputé à un incident technique? Faut-il le relier au meutre récent du propriétaire du restaurant de luxe “Le Passage”, poignardé dans son établissement ? Petit indice : ce n’est pas le premier restaurant qui brûle (timer-odessa.net). Deuxième incide : le propriétaire du restaurant incendié est d’origine azerbaïdjanaise… Deux jours plus tard, un homme est tué et 2 autres blessés par armes à feu dans un hopital (http://www.unian.info/society/1064918-man-shot-dead-in-hospital-in-odesa-two-wounded.html )

• Et toujours… Le mois de mai approchant, le média local d’Odessa, “Timer”, publie toute une série d’articles intéressants. L’un d’eux s’intitule “Comment la maison des syndicats a brûlé. Essai de modélisation scientifique” (timer-odessa.net). Un autre a pour titre “Acte d’accusation sur l’affaire du 2 mai : une affaire sale, cousue de fil sale” (timer-odessa.net).

• Le leader du parti communiste ukrainien, Petr Simonenko, a été interrogé lundi pendant plus de 10 heures au siège central du SBO à Kiev après son voyage à Moscou pour assister au plenum du parti (podrobnosti.ua, vzgliad). Il semble que ce soit en rapport avec la participation de sympathisants communistes à des attentats ou tentatives d’attentat.

• Eléments sur la liaison ferroviaire rétablie par les novorusses entre Lougansk et Donetsk. Les lignes électriques étant coupées sur certains tronçons, une motrice diesel remplace la locomotive électrique. A l’avant sont placés des wagons vides qui pourraient sauter sur des mines sans que ne soient blessés les passagers dans les wagons à l’arrière (ambiance…). Bien que le trajet de 130 km dure 5 heures et demie, les voyageurs considèrent que cette réouverture de la ligne est un conte de fée pour eux ! (youtube)

Mardi 7 avril 2015

• Manifestations à Kiev. Aujourd’hui ce sont des membres du parti Svoboda qui manifestent devant la Rada, demandant la création d’une commission d’enquete parlementaire contre la corruption et la démission temporaire du premier ministre Yatseniouk durant les travaux de cette commission (sputnik news, youtube, tass.ru). Yatseniouk est clairement visé. D’ailleurs, ce même jour une vingtaine de députés du Bloc Piotr Porochenko ont demandé sa démission à la tribune du parlement kyivpost.com).

• Premier anniversaire de la proclamation de la République de Donetsk (DNR).  La fragmentation de L’Ukraine générée par le coup anticonstitutionnel de Février 2014 s’inscrit dans la durée. Aujourd’hui 7 Avril, c’est le premier anniversaire de la proclamation de la République Nationale de Donetsk. La situation actuelle ne satisfait personne. C’est cela le pire. La volonté politique de dialogue pour trouver une solution acceptable pour les deux parties n’existe pas. Ce qui reste, c’est préparer la guerre en ayant l’espoir paradoxal ou absurde que ceci prolongera la paix (novorossia.today, novorossia.today).

Video du 7 avril 2014 (youtube)

 

• Interview d’un vétéran novorusse sur les prochains combats “The sides are getting stronger, war is going to be more violent” Interview with NAF veteran Botsman about the future” (youtube)

• Selon l’OSCE, les forces armées ukrainiennes rapprochent des armes lourdes de la ligne de front. Inutile de préciser que c’est contraire aux accords de Minsk… mais qui s’en soucie encore (russia-insider.com).

• Libération sous caution d’un des soldats ayant écrasé une petite fille à Kostyantynivka. Un véhicule militaire conduit par un soldat apparemment ivre avait écrasé une petite fille le 16 mars, ce qui avait conduit à des manifestations puis des émeutes dans la ville (dnr-news.com). Praviy Sektor avait envoyé ses volontaires pour “rétablir l’ordre”.

• Donetsk, avant la guerre et maintenant (novorossia.today, youtube).

• Odessa, encore. Environ 40 professeurs et docteurs de l’université nationale d’Odessa partent d’un coup (timer-odessa.net). Ces personnes étaient retraitées mais travaillaient encore. Elles ont demandé en mars 2015 à partir à cause de la réduction des pensions. Les changements apportés aux règles régissant le paiement des pensions aux retraités en activité ont abouti à ce que ceux-ci ont considéré qu’il était tout simplement idiot de continuer à travailler pour au final toucher moins d’argent. Il se peut que les professeurs d’université aient bénéficié jusqu’à maintenant d’une disposition analogue à celle de leurs collègues français, à savoir (chez nous) “un maintien en activité en surnombre prévu par l’article L952-10 du Code de l’éducation (disposition réservée uniquement au corps des Professeurs d’Université).”

• Loi indispensable dans des temps d’effondrement économique. Les députés ukrainiens travaillent sur un projet de loi interdisant aux soldats d’utiliser des téléphones portables et des appareils photos (rusvesna.su). C’est sans doute pour éviter de voir émerger des vidéos comme celle-ci qui montre un ukrainien demandant à un prisonnier d’exécuter un de ses camarades s’il veut rester en vie (youtube). L’arme est vide, mais la violence psychologique est réelle.

• Incident prophétique (ou intimidation) à Kiev. C’est un banal accident de la circulation… Sauf qu’il se passe sur la place de l’indépendance et que les protagonistes sont des soldats du bataillon Azov à bord de leur voiture et le fils de Porochenko, Alexeï, membre de la Rada, à bord de sa BMW (vzgliad) !

• Poids du lobby ukrainien au Canada. La pianiste Valentina Lisitsa a été exclue de l’orchestre symphonique de Toronto  pour avoir critiqué le gouvernement de Kiev sur son compte Twitter (http://www.theglobeandmail.com/arts/music/ukrainian-born-soloist-dropped-from-tso-for-her-political-views/article23812, http://www.vz.ru/news/2015/4/7/738513.print.html ). Il lui a été offert de l’argent pour ne pas ébruiter l’affaire… peine perdue (http://sputniknews.com/world/20150408/1020639158.html )!


• Les sanctions antirusses provoquent plus en plus de mécontentement. Les sanctions frappent l’économie russe, c’est évident, mais aussi les économies des pays de l’UE. En particulier le pays qui est impliqué le plus sur le marché russe, c’est-à-dire l’Allemagne. Les représentants de l’industrie allemande ne cessent  de critiquer les sanctions antirusses. Les entrepreneurs ont du malà comprendre pourquoi ces sont eux qui doivent payer pour les prises de positions politiques de Bruxelles. Les pertes qu’ont subies les firmes allemandes fortement orientées à l’exportation s’élèvent a des milliards euros en 2014 et en 2015 vont augmenter (ria novosti).

• Petites nouvelles économiques ukrainiennes. La production d’automobiles a chuté de 92% (korrespondent.net) et la Poste d’Ukraine augmente ses tarifs de 20%. La précédente augmentation remontait à 2013 (lb.ua). Et, pour finir, une déclaration d’un professeur d’économie de l’Université nationale d’Odessa sur l’économie parallèle : “Tout le monde sait qu’en Ukraine 50 à 60% de l”économie est une économie de l’ombre.”  (timer-odessa.net).

• Mais dormez bien bon peuple, votre seigneur se goinfre… Les revenus et le patrimoine de Porochenko pour 2012 et 2013 (en russe lb.ua, vzgliad) Juste un petit résumé : Porochenko a déclaré des revenus de 14 millions de hryvnas pour 2013, et 346 millions (environ 16 millions de dollars) pour 2014 (soit 24 fois plus), essentiellement sous forme de dividendes. Il possède cinq propriétés pour une surface totale de 4,6 hectares, trois appartements (134 m², 82 m² et 68 m²) et une maison (1331 m²). Il détient aussi des participations dans des entreprises et il a des placements et des revenus hors d’Ukraine qui ne sont pas mentionnés sur les documents publiés.

• Et le “petit personnel” est à la diète. Vitaly Klitchko, le maire de Kiev, a gagné l’équivalent de 4500 dollars en 2014. Il possède une maison, un appartement, et un terrain. De plus, il a perçu 55000 euros en Allemagne, ce qui est beaucoup moins que la somme de 1,8 million d’euros qu’il avait gagnée en 2013. Au total, sa fortune s’élève à 11 millions de dollars dont la quasi totalité se trouve sur des comptes hors d’Ukraine (rusvesna.su). Patriote, mais pas foldingue…

- Déception en Ukraine: Le budget 2016 alloué par le Pentagone au soutien à l’Ukraine et aux pays baltes disposerait de moyens réduits par rapport à celui de 2015 (eurointegration.com.ua , article dans OukraïnskaYa Pravda qui cite la “Voix de l’Amérique” ukrainian.voanews.com).

Mercredi 8 avril 2015

• Nouvelles des purges : Offensives et contre offensive politiques à Kiev.  Anton Guerachtchenko, député à la Rada du Front populaire et conseiller du Ministre de l’Intérieur Arsène Avakov, accuse Timochenko et le Parti Svoboda de travailler pour Poutine, suite aux demandes d’enquête anti-corruption contre Yatseniouk et le gouvernement. Vzgliad rappelle qu’une demande de créer une commission d’enquête à la Rada sur le gouvernement Yatseniouk a été déposée par un député du Bloc Petro Porochenko, Serguei Kapline. L’ancien responsable de l’inspection des finances, Nicolas Gordienko, avait porté des accusations de malversations contre Yatseniouk pour un montant de 300 millions de dollars environ. Gordienko a été licencié samedi dernier par le gouvernement (vzgliad, kyivpost.com).

• Nouvelles des purges : Akhmetov. Newsweek se fend d’un article sur les suicides d’anciens responsables ukrainiens et sur Akhmetov qui fait partie du même parti : le “bloc opposition” ex “Parti des régions” (newsweek). Côté financier, le holding d’Akhmetov, Metinvest, fait défaut sur ses dettes et est en “discussion” avec ses créanciers (uatoday.tv, pravda.com.ua) et, parallèlement, la fortune d’Akhmetov est en baisse (tout est relatif bien sûr) (bloomberg). Côté judiciaire, le SBU va enquêter sur le financement par Akhmetov de bataillons “terroristes” (lire “novorusses”). Les procureurs ukrainiens sont aussi sur son dos (bloomberg, uk.news.yahoo.com). Et jusqu’à Strelkov qui évoque une collaboration économique des républiques avec Akhmetov (vk.com)… Fait pas beau temps pour l’oligarchie de nos jours…

• Nouvelles des purges : Firtash. Le parlement ukrainien vote une loi du secteur gazier visant à exclure Firtash du marché de la distribution du gaz (unian.info)… et lui ordonne de payer pour l’usage des réseaux de distribution (24today.net,ukraineenglishnewsforum ).

• Odessa, toujours. Le SBU annonce avoir arrêté entre 27 et 30 terroristes dans la ville (dnr-news.com, unian.info ). Le total monte à 40 “saboteurs” en fin de semaine (unian.info).

• Nouvelles “réussites” occidentale dans l’isolement de la Russie.  En Asie, Vladimir Poutine vient d’être invité en Thaïlande par le premier-ministre interfax.ru). Les deux pays ont décidé de doubler leurs échanges commerciaux, passant de 5 à 10 milliards USD (interfax.ru). Les USA feraient-il tout pour renforcer les liens entre la Russie et les pays asiatiques ? En tout cas, cela semble être la conséquence positive des sanctions.

En Europe, la visite du Premier Ministre de Grèce Alexis Tsipras à Moscou officialise la volonté politique de coopération entre ces deux pays. Parmi les sujets développés se trouvent les coopérations energétique, agricole, financière et culturelle. Tsipras a souligné que la Grèce n’est pas d’accord avec les sanctions qui  constituent de facto une guerre économique. Selon le Premier Ministre grec, il est impossible d’envisager la sécurité en Europe en excluant la Russie. Ainsi la Grèce adopte une position de plus en plus autonome par rapport à la politique l’UE et démontre que les essais d’isoler la Russie sont a la fois inefficaces et coûteux (ria novosti). Il semble, de plus, qu’une relation spéciale va s’établir entre les deux pays. Un argument très symbolique de cette idée est l’acceptation par la Grèce de l’invitation russe à prendre part le 9 mai à la commémoration du 70ème anniversaire de la Victoire à Moscou.  De son côté, la Russie a exprimé l’intérêt de participer au processus de privatisation, promettant ainsi d’injecter ses capitaux dans l’économie grecque. Enfin la Grèce pourrait devenir un des pays où le Turkish Stream aboutira (pour prendre le nom de Balkan Stream (sensibilités grecques obligent), ce qui ferait de la Grèce un pays de transit du gaz russe en direction des  pays de l’Europe du Sud avec tous les avantages financiers inhérants à cette position (sputnik news ).

La veille, 5 pays de la région (Hongrie; Macédoine, Serbie, Grèce et Turquie avaient fait une déclaration commune pour “diversifier” les voies d’approvisionnement en gaz naturel via la Turquie (sputnik news).

Déclarations communes de Tsipras et Poutine (http://en.kremlin.ru/events/president/news/4921 )

 President of Russia Vladimir Putin:
Mr Prime Minister, friends, good afternoon.
It is a great pleasure to meet you in person. We have already spoken by telephone. I am happy to welcome you to Moscow as we prepare to celebrate the Orthodox Easter. This is our shared celebration.
In this respect, I want to mention the special nature of our relationship, the common spiritual roots that give us these special ties.
Let me start these talks by noting that just recently, Russia was Greece’s main trade and economic partner and was in first place in terms of bilateral trade. Trade between our countries more than doubled over 2009–2013. Last year, sadly, our bilateral trade fell by 40 percent. Therefore, I think your visit is very timely, because we need to examine what we can do together to restore our trade to its previous growth rates.
Mr Prime Minister, we are very happy to see you and we welcome you to Russia.
 
Prime Minister of Greece Alexis Tsipras (retranslated):
Thank you for this reception, Mr President.
It  is a great pleasure to be here in Moscow today. I was particularly  moved by the opportunity I had this morning to lay a wreath at the Tomb  of the Unknown Soldier close to Red Square and in this way pay my due respects  to the millions of people who gave their lives for the great Victory of Europe’s  peoples. As you know, my country, Greece, had the largest loss of life  during the war, as a share of total population.
As you said, our nations share deep-reaching ties that have their roots in common struggles in history and in common spiritual traditions. We have always kept these ties alive regardless of changing circumstances.
The purpose of my visit  is for us to try to make a new start together and give new impetus  to our relations for the good of both nations and for stability  and security in the broad sense in our region.

 

• Incantations otanistes. Le patron de Stratfor à Chicago s’étend sur la “toute puissance américaine sur mer et dans le cosmos” (vzgliad) et l’ancien Président polonais Lech Walesa prévoit, dans une interview à un journal ukrainien, la réduction de la Russie à un pays de 20 millions d’habitants (vzgliad)… et il appelle aussi l’Ouest à “sortir” ses missiles nucléaires pour “faire peur” à la Russie (russia-insider.com) !

• Incantations ukraino-polonaises. Lors d’une conférence de presse commune des présidents ukrainien et polonais à Kiev, Porochenko a déclaré que la prise de décision de l’ONU de déployer une force d’interposition au Donbass n’est qu’une question de semaines (lb.ua). Il semble qu’il se fasse de grandes illusions d’autant que les Polonais (un autre ennemi pathologique de la Russie) se sont  proposés pour fournir les troupes de casques bleus… pas sûr que la Russie soit emballée à cette idée… De toutes façons, l’ONU s’est illustrée, depuis le début de cette guerre, par sa mollesse et son impuissance et s’est trouvée réduite à un rôle mineur de comptabilité des morts civils (et encore, avec du retard par rapport aux événements). Récemment, elle vient d’enterrer l’idée d’envoyer de l’aide humanitaire au Donbass, action qui était certainement moins coûteuse et risquée que l’envoi de troupes, alors…

Au cours de cette même conférence de presse, Porochenko a affirmé que “Hitler et Staline avaient déclenché la seconde guerre mondiale en essayant de diviser l’Europe” (vzgliad) et que la Pologne va accorder à l’Ukraine un prêt de 100 millions d’euros. La moitié sera exclusivement consacrée au développement des réformes et à celui des infrastructures de la frontière polono-ukrainienne, en particulier avec établissement de points de passage gérés en commun par les gardes-frontière ukrainiens et polonais, ce qui permettra de gagner du temps et de progresser dans la lutte contre la corruption (unian.net). C’est pas sûr sûr vu que le parlement ukrainien passe en même temps un decret pour creer 3000 gardes frontieres supplémentaires (uatoday.tv) !

• Incantations Onusiennes. L’ambassadeur de l’Ukraine aux Nations Unies, Yuriy Sergeyev, est interviewé par les journalistes Sergey Sidorenko et Oksana Kovalenko du journal Ukrainskaya Pravda. Il essaye justement de faire voter une résolution pour l’envoi de casques bleus. Il prévoit que la Russie va y mettre son veto, car elle souhaite l’autodétermination des habitants des régions du sud-est, et pas seulement du Donbass. Il indique que le veto ne serait pas valable si la Russie admettait qu’elle était partie prenante dans le conflit. Mais Lavrov a toujours pris soin d’affirmer que la Russie y était extérieure. Donc Sergeyev mise plutôt sur une autre tactique, qui dépend de l’acceptation d’une proposition de la France pour changer les règles de l’ONU afin que les vetos ne soient pas autorisés si une proposition est destinée à éviter des effusions de sang. Puis, les journalistes ukrainiens se mettent à poser des questions étranges à l’ambassadeur : “Est-ce que les membres de l’ONU comprennent que le Poutinisme est aussi dangereux que le fascisme ? Sergeyev, en poste depuis 2007, répond en évitant de parler de fascisme. Il dit que les pays africains vont soutenir l’Ukraine car ils sont opposés au principe d’autodétermination des peuples. Une note de la rédaction du journal rappelle que plusieurs pays d’Afrique n’ont pas des frontières correspondant à celles des ethnies, ce qui explique l’attitude des ambassadeurs africains. “Est-ce que vous communiquez avec Vitaly Churkin, l’ambassadeur russe ?” Sergeyev dit qu’il ne peut pas faire autrement car ils partagent le même immeuble, avec aussi la Biélorussie, mais les relations sont tendues. “Est-ce que vous ne pouvez pas avoir une conversation d’homme à homme avec lui ?” Sergeyev répond : “Impossible. Si je frappe Churkin, j’en fais un héros (il essaye de faire comprendre aux journalistes qu’à l’ONU, on ne se bat pas à coups de poings comme on le fait au parlement ukrainien)(pravda.com.ua).

• Explications entre parlementaires ukrainiens.  Il est vrai que les pugilats à la Rada suprême sont une habitude déplorable. On en a déjà vu une bonne petite collection (youtube : début décembre 2014, la première après les élections et la formation du nouveau parlement, kp.ua le 26 décembre 2014,  youtube : Lyashko contre Medvedchouk) en mars 2015).

Au point qu’il a été question de faire quelque chose contre cette détestable habitude (unn.com.ua). Mais comme Groïssman (le président du parlement) n’en a parlé que sur sa page facebook, il n’est pas prouvé que l’affaire soit suivie…

 

Jeudi 9 avril 2015

• La confiance règne ! Le ministre de la Défense, Stepan Poltarak, a décidé de soumettre au test du détecteur de mensonge les employés responsables des stocks de l’armée. Cela confirme indirectement que la lutte anti-corruption est menée (ou conseillée) par les Américains, puisque l’usage du détecteur de mensonge est une méthode typiquement américaine et qu’il n’a jamais été utilisé avant en Ukraine (rusvesna.su).

• Et du côté de l’économie? L’agence Bloomberg mentionne les efforts déployés par les cinq plus gros créanciers de l’Ukraine pour tenter d’éviter que les demandes de celle-ci de restructuration de sa dette n’entraîne pour eux une réduction de celle-ci… et donc des pertes financières pour eux. (bloomberg). A Kiev, il y a eu aujourd’hui une nouvelle manifestation baptisée “Maïdan du crédit”. Des dizaines de manifestants ont bloqué la circulation dans la rue Krouchevski, comme lundi 6 avril. UNIAN publie un article sur le niveau du chômage en Ukraine (unian.net). Les chiffres émanent du service ukrainien pour l’emploi: “Le niveau de l’emploi est passé de 60,2% en 2013 à 56,6% en 2014″.

• Liberté d’expression en Ukraine. Praviy Sektor détruit le tirage du journal Vesti à Kiev (vzgliad). La rédaction indique qu’elle poursuivra son travail et ne se laissera pas intimider (vesti-ukr.com) et appelle  à la “chasse aux sorcières” contre les “séparatistes” (vesti-ukr.com)…

• La révolution c’était ailleurs. Les troupes du Ministère de l’Intérieur russe ont fait des manoeuvres visant à s’opposer à un éventuel Maidan (vzgliad)

• Discours de Poutine à l’occasion de la présentation de nouveaux officiers supérieurs et procureurs (vzgliad).

President of Russia Vladimir Putin:
Comrades,
I would like to congratulate you on your appointment to higher posts and new military, special and class ranks. This is a proper assessment of your achievements in ensuring national security, the nation’s defence capability and maintaining law and order.
I expect that in your new status you will have even greater success and will always serve as role models with your professionalism and loyalty. These are the qualities that have always distinguished Russian officers, helping them reliably defend their homeland and their people from external and internal threats.
In exactly one month, we will be celebrating the 70th anniversary of Victory in the Great Patriotic War. We will honour our veterans, paying our respects to all those who died defending this country’s freedom and independence.
It  is our duty to always remember the lessons of that war. The peoples of Russia experienced extreme  hardships as they fought Nazism. Therefore, we consider it unacceptable  to encourage neo-Nazism, extremism, stir up inter-ethnic strife and escalate military threats.
We have always opposed interference in the affairs of sovereign states and the provocation of armed conflicts. Such practice with regard to countries in North Africa and the Middle East has led to an outbreak of terrorism there, while close to our borders it has led to a bloody drama in neighbouring Ukraine.
Today  we can see that some countries are increasingly shifting their policy towards ‘unlimited preventive  action’ of an offensive nature. This results in increasing potential  conflicts in areas important for Russia, with new threats emerging that we cannot ignore.
In this connection, Russia will continue strengthening its security, primarily by improving its military organisation and actively cooperating with other countries that strive for peace, stability and development.
In the past years, we have been modernising our Armed Forces, making them up-to-date, mobile and capable of executing complicated tasks. Thus, last year we upgraded the aerospace defence system, created a powerful grouping of troops in Crimea and strengthened our Arctic security zone.
We have greatly enhanced the equipment and armament of the Armed Forces. The pace for implementing the state defence order is increasing: in 2014 it exceeded the plan. Combat training has been intensified: over 3,500 exercises of various level were held in the past year.
Mass inspections of all military districts, services and corps have been scheduled for this year. In addition, we will hold the Union Shield-2015 operational exercises jointly with Belarus and the Centre-2015 strategic exercises.
Military building and strengthening the nation’s defence potential will proceed systematically and consistently. We all understand that this is a vital factor of Russia’s sovereign and stable development, a precondition for a peaceful life for millions of our compatriots.
Law  enforcement agencies play an important part in combatting present-day  threats to our internal security. Today people expect Interior Ministry employees to protect their rights, property and personal dignity, they expect you to improve public order  and persistently combat crime and corruption. The Interior Ministry’s  troops will continue making their significant contribution to anti-terrorist  operations and the protection of Russia’s territorial integrity  and constitutional system.
Law enforcement agencies should continue focussing on extremist crimes. Enhanced security measures should be in place during the celebrations of the 70th anniversary of Victory in the Great Patriotic War.
Maintaining  law and order in the social sphere remains in the focus of attention  of the Prosecutor’s Office of Russia. This includes the timely payment  of salaries and pensions and the complete provision of social benefits.
We need to monitor compliance with the law in such a sensitive area as housing and utilities and react to any violations of entrepreneurs’ rights without delay, preventing excessive inspections.
Investigative  Committee employees should also upgrade the quality of their work. A carefully selected and validated  body of evidence is the foundation for solving the most complicated  crimes and selecting a fair punishment for those found guilty.
The Federal Security Service is working with professionalism and efficiency. Thus, since the year began its employees have already prevented three terrorist crimes, detained more than 120 gang members and neutralised 20 militants, including three of their leaders.
I expect to see you act in the same proactive manner in other areas as well. Primarily this applies to counterintelligence, ensuring economic security, combatting corruption, embezzlement and improper use of budgetary funds.
In turn, I am confident that the Federal Security Service Border Service will continue reliably protecting Russia’s borders from terrorists, smugglers and illegal immigrants.
We are making greater demands now to the Foreign Intelligence service. Long-term state policy decisions on national security depend on your timely and reliable information, on the precision of your analysis and forecasts.
Employees of the Federal Guard Service are carrying out their duties diligently. I am certain that you will continue performing a broad range of tasks with quality and efficiency, including the protection of top state officials and Russia’s foreign guests, and provide the top authorities with all means of special communications.
Employees of the Federal Drug Control Service are fighting organised drug crime with ever growing efficiency. Today they investigate over 80 percent of these crimes.
At the same time, the spread of traditional lethal drugs and appearance of new ones require that the Service enhance its efforts to locate and liquidate drug-dealing networks, specifically at recreational facilities, universities and other educational establishments.
Russian  rescue workers are facing highly demanding tasks. It is of vital importance to enhance security in public  places and at strategic facilities, in transport and in key sectors  of the economy, to keep the situation with flooding under control  as the spring floods approach, and to make a greater effort to prevent forest fires.
The organisation and support of humanitarian aid by the Emergencies Ministry is acquiring ever greater importance. Last year and at the start of this year Russia provided humanitarian aid to more than 20 countries. Twenty humanitarian convoys have been sent to the southeast of Ukraine alone, where the humanitarian situation has become grave.
The Federal  Penitentiary Service should step up its efforts. It is important to ensure legally specified  detention conditions, to continue modernising and optimising the infrastructure  of detention facilities and to raise the level of organised employment  of the detained and their medical care.
The Special Facilities Service makes a significant contribution to ensuring the nations’ security. Stable state and military administration largely depends on your efficiency.
 
Comrades,
In conclusion, I would like once again to congratulate you on your new appointments, new ranks, and a new step in your careers. I am certain that you will continue doing everything necessary to meet your targets and to serve Russia honestly and with dedication.
I wish you success.
<…>
Comrades,
 Once again, I would like to congratulate you on your new appointments and new ranks. I sincerely wish you success.
 Your work scope will become greater, there will be greater responsibility, and we will expect corresponding performance from you. Your job is not easy. However, Russia is on the rise, it is growing stronger and a lot depends on how fast this is done and how well you perform.
I wish you all the best and every success.

 

Vendredi 10 avril 2015

• Et pendant ce temps-là, Tourchinov… rêve tout éveillé aux temps heureux qui verront le jour “après la victoire”. Il s’occupe même d’un projet hyper-réalisable: la création d’une section aérospatiale, spécialement dédiée à la surveillance du territoire. Pas mal, pour un pays ruiné, qui est déjà sous perfusion financière constante et qui sera dépendant de l’aide extérieure durant des décennies…Même Yatseniouk s’est aperçu que l’Ukraine devait déjà rembourser plus qu’elle ne recevait, c’est dire si l’évidence est flagrante! (En 2015, l’Ukraine devra rembourser 11 milliards de hryvnias d’intérêts (segodnya.ua).

Bref, cela n’empêche pas Tourchinov de faire des plans sur la comète et de vanter cette équipe aérospatiale. (ridus.ru). C’est jeudi qu’il a présenté son projet devant les journalistes. Il a déclaré que l’U kraine allait remettre en route le projet de bouclier de missiles. ukrinform.ua). Selon lui, à l’heure actuelle, l’Ukraine est capable d ‘observer “pratiquement online” des secteurs qui intéressent les militaires et les éclaireurs. . L’oeil acéré des satellites militaires ne permet pas seulement de voir n’importe quel coin du territoire ukrainien, mais aussi la terre de “l’agresseur” – en guise de preuve, Tourchinov a fait apparaître à l’écran des photos-satellites de l’aérodrome militaire russe de Millerovo. Si c’est de la même eau que les passeports de Porochenko…Mais nous ne pouvons que nous réjouir de cette nouvelle: peut-être verrons nous enfin des photos de chars russes, de troupes russes? Cela fait si longtemps que nous les attendons!

L’Ukraine s’intéresse depuis longtemps à l’Espace. Son usine, Yuzhmash, à Dniepropetrovsk, fabrique des moteurs utilisés par les fusées Antares de la NASA. Mais le 29 octobre 2014, un de ces moteurs a explosé. Le sous-traitant de la NASA, la société Orbital, a alors décidé de revoir son contrat avec Yuzmash. De plus la Russie a fait de même, si bien que Yuzhmash a dû procéder à un licenciement massif (rusvesna.su et capital.ua). Autre mauvaise nouvelle pour le secteur aérospatial ukrainien, le Brésil vient de suspendre sa participation au projet commun avec l’Ukraine du développement de la fusée “Cyclone-4″ après 12 ans de coopération (rusvesna.su ). Le Brésil et la Russie font partie des BRICS. L’Ukraine a “choisi” le camp de l’UE.

• L’ambassadeur de l’Ukraine en France, Oleg Shamchour.  ” Je ressens  la propagande russe (en France) tous les jours” (Ah bon ! pas les français en tous cas…). Dans un interview à l’agence de presse “Ukrainski Novini”, il a souligné que les média russes sont assez présents dans l’espace francophone. Sa position au sujet de livraison des armes à l’Ukraine: on DOIT livrer les armes car il s’agit de soutenir le gouvernement légitime du pays agressé par la Russie. Il voudrait également une position plus claire du gouvernement français par rapport à la livraison des Mistral: annonce de non-livraison définitive par la France (il n’a pas dit, par contre, si l’Ukraine est prête à payer la note) (ukranews.com).

• Visite de Porochenko à Odessa aujourd’hui. Il a déjà sorti quelques énormités lors de son discours et versé à nouveau de l’huile sur le feu. Il a ainsi déclaré que l’Anschluss et l’occupation des Sudètes, c’était la même chose que” l’annexion de la Crimée” et “l’occupation du Donbass”. Pour lui, la Seconde guerre mondiale n’aurait pas eu lieu s’il n’y avait pas eu la signature de l’accord Molotov-Ribbentropp en 1939. Il a également dit que les oblasts de Lougansk et Donetsk pourraient être réintégrés dans le territoire de l’Ukraine après un vote démocratique et que la langue officielle et gouvernementale y serait l’ukrainien. En somme, on ne change rien à la donne, et il y a peu de chances que les séparatistes marchent dans sa combine.

Il a également caressé les Odessites dans le sens du poil en les félicitant pour leur participation à l’OAT: “Durant la conduite de l’OAT, il y a eu 7.614 appelés provenant de l’oblast d’Odessa. En outre 1.630 d’entre eux se sont présentés d’eux-mêmes pour s’inscrire dans les rangs des FAU, de la Garde Nationale dans le but de défendre, les armes à la main, leur patrie ukrainienne et leur ville ukrainienne d’Odessa.” – a-t-il déclaré.

(Porochenko, les anciens combattants, “Maidan” et “koulikovtsy” (antimaidan) à Odessa youtube, youtube). Des jeunes lancent  “On vous a pas assez brûlés dans la maison de syndicats” (référence au massacre d’opposants au Maidan le 2 mai 2014), le groupe avec les drapeaux rouges chante une chanson patriotique soviétique, scande “Odessa ville héros“, “Fascisme ne passera pas” et, au moment du passage du cortège du président, “Assassin” (vesti-ukr.com, fortruss). Donc une ambiance tout à fait propice à l’apaisement et à la réconciliation… Cela risque d’être chaud le 2 mai 2015…

A Odessa toujours, la liberté de la presse n’est pas à la fête. un journaliste qui n’avait pas reçu d’accréditation, Evgueni Kogan, a été”viré” par la garde de Porochenko.  Il est vrai qu’avec une barbe pareille, il ne risquait pas de pouvoir se fondre dans la foule. (timer-odessa.net). Quant à l’endroit où Porochenko a prononcé son discours, la gare maritime, elle était bien gardée et protégèe par des hommes en armes.

Et pour le dépôt de gerbe au marin inconnu à Odessa, le filtrage et la liste d’invitations étaient si stricts qu’il y a trois pelés et un tondu autour du monument (timer-odessa.net).

• Les Forces armées ukrainiennes obligent le bataillon de volontaires de OUN à quitter la ligne de front à Peski. Ceci est conforme à l’ultimatum donné il y a 2 semaines par Porochenko aux bataillons de volontaires (fortruss , unn.com.ua). Praviy Sektor, ayant obtenu ce qu’il voulait à volontairement retirer ses bataillons de la zone de combat.

• Intensification des violations du cessez-le-feu… ou reprise des combats ? (youtube) La situation dans le Donbass est plus en plus tendue. illustration avec deux points chauds de la ligne de Front, toujours les mêmes : Shirokino et Peski.

A Shirokino, le lendemain samedi, l’OSCE a constaté des tirs de tanks, affrontement qui a duré trois heures (112.ua). Dans cet article de “112″, on suggère que le problème, à Shirokino, est que les deux adversaires sont trop près l’un de l’autre. Ils peuvent donc se canarder joyeusement pour n’importe quel prétexte. Quant aux habitants, “112″ rapporte les constatations des observateurs de l’OSCE: Les gens n’ont plus d’électricité, plus de chauffage, ils ont peu de nourriture et ils boivent de l’eau de pluie (112.ua).

Le média ukrainien  “Apostrophe” (que l’on peut sans crainte qualifier  de “propagandiste” du fait qu’il utilise systématiquement l’adjectif “russe” pour désigner hommes et matériels de l’adversaire séparatiste) rapporte qu’à Peski, il y a eu toute la journée des tirs de mortier. Les FAU se vantent d’avoir détruit un “tank russe” (apostrophe.com.ua).

Les observateurs de l’OSCE pensent que le cessez le feu ne tiendra plus bien longtemps. Les hostilités ont de fortes chances de  reprendre le mois d’avril passé. En fait chaque jour on tire un peu plus et chaque jour  il y a des victimes de deux côtés. L’action diplomatique peut prolonger la paix, mais une guerre est inévitable car Minsk 2 n’arrange ni  Kiev ni les Républiques du Donbass. De plus,  le mois mai de est extrêmement chargé d’émotion historique : le massacre d’Odessa le 2 mai 2014 et le fin de la Seconde Guerre Mondiale en Europe le 8 et 9 mai 1945, doublé du 70eme anniversaire de cette date. Pour la Russie c’est l’occasion de se rappeler, et de rappeler au Monde,  les immenses sacrifices qu’elle a dû faire pour vaincre le nazisme, sacrifices de plus en plus minimisés, voire niés par les USA et l’OTAN. Pour l’Ukraine c’est la volonté de réécrire l’histoire et  de s’approprier une victoire dans une guerre où les pères politiques des autorités actuelles étaient du côté des nazis. Kiev espère pouvoir effacer la collaboration avec les nazis et plus d’un million de morts pour créer une nouvelle histoire dans laquelle l’Ukraine aurait toujours lutter pour son indépendance en occultant sa tendance au nettoyage ethnique et aux massacres de masse.  Ces deux conceptions de  l’histoire sont  irréconciliables. comme le sont  aussi les objectifs politiques des protagonistes du conflit (regnum.ru).

• Position officiellement officieuse de la France et montée de sauce russo-allemande avec cerise ukrainienne. Le général Christophe Gomart, directeur du renseignement militaire français (defense.gouv.fr) a témoigné fin mars devant une Commission de la défense nationale et des forces armées dans le cadre d’une loi relatif au renseignement (.assemblee-nationale.fr). Lors de ce témoignage il a évoqué la situation en Ukraine et spécifiquement le sujet d’une éventuelle intervention russe. Ses propos, et leurs contextes, relevés par De Defensa sont les suivants (dedefensa.org) :

        M. Frédéric Lefebvre : «Quelles sont nos relations avec la base de l’OTAN de Norfolk ?

        Général Christophe Gomart : «Nous avons  d’excellentes relations avec le commandant suprême allié  Transformation (SACT) et les notes de renseignement de la DRM  alimentent d’ailleurs la réflexion de l’OTAN. En septembre prochain, le général Denis Mercier va succéder au général Jean-Paul Paloméros à ce poste.

        »La vraie difficulté avec l’OTAN, c’est que le renseignement  américain y est prépondérant, tandis que le renseignement français y est  plus ou moins pris en compte – d’où l’importance pour nous d’alimenter  suffisamment les “commanders” de l’OTAN en renseignements d’origine  française. L’OTAN avait annoncé que les Russes  allaient envahir l’Ukraine alors que, selon les renseignements de la  DRM,  rien ne venait étayer cette hypothèse – nous avions en effet constaté  que les Russes n’avaient pas déployé de commandement ni de moyens logistiques, notamment d’hôpitaux de campagne, permettant d’envisager  une invasion militaire et les unités de deuxième échelon n’avaient  effectué aucun mouvement. La suite a montré que nous avions raison car,  si des soldats russes ont effectivement été vus en Ukraine, il  s’agissait plus d’une manœuvre destinée à faire pression sur le  président ukrainien Porochenko que d’une tentative d’invasion.

        M. Philippe Nauche, rapporteur pour avis : «Je vous remercie de nous avoir fait part de vos convictions au sujet du projet de loi relatif au renseignement et de votre service…» 

 Plus loin : 

        Mme Édith Gueugneau : «La DRM fait partie  intégrante du système de renseignement français coordonné par le  Conseil national du renseignement (CNR), dont la mise en place en 2008 a  permis un meilleur partage des savoir-faire et des informations dans le respect des périmètres de responsabilité de chacun. Quel bilan  tirez-vous de la création du CNR ?… [...]  

        Général Christophe Gomart : «La coopération avec les pays d’Europe occidentale est bonne. La DRM participe à  deux forums, dont l’un réunissant régulièrement les pays de l’OTAN autour de divers sujets. Je me souviens que lors de l’un de ces forums, on a cherché à nous forcer la main au sujet de l’Ukraine.  Cela montre bien l’importance de disposer de         renseignements concrets et factuels : de ce point de vue, la France  dispose des moyens lui permettant d’apprécier les situations et de faire valoir son point de vue.» 

Dans l’esprit, il prèche plus pour sa paroisse et ses budgets qu’il ne fait une critique de l’OTAN. La presse française n’a pas retransmis cette information perdue au milieu d’un verbatim d’audition de commission. C’est Sputnik news qui s’en est fait l’écho le premier (sputnik news), repris ensuite par Oukraïnskaya Pravda, un journal ukrainien très pro-gouvernemental  (pravda.com.ua) qui reste très factuel.

On est très loin d’une opposition France OTAN. Des propos non directement publics visant à valoriser les actions d’un service de renseignement sont devenus une “preuve du mensonge américain”. Même s’ils sont à verser dans ce sens, ils ne sont pas une attaque directe, mais la justification de conserver des capacités de renseignement autonomes et de diffusion des inforamtions aux décideurs.

Ceci n’empêche pas le journal économique allemand Deutsch Wirtschaftsnachrichten (deutsche-wirtschafts-nachrichten.de) publie à son tour, le 12 avril, les propos du directeur du Renseignement militaire français et se lance dans une critique de l’OTAN et de son chef militaire en particulier, le général Breedlove, très pro-intervention armée. On se rappellera dans ce cadre les propos du chef du Allied Land Command (LANDCOM) de l’OTAN, le général américain Hodges (Stripes)  qui déclarait le 21 janvier 2015 : “on ne vous donnera rien (pas de preuves), si vous croyez pas  qu’il y a une invasion russe c’est que vous voulez pas y croire …” (les-crises.fr).

Puis c’est aux Ukrainiens de s’en mêler… le media “112″ remet une couche d’invasion russe (112.ua) en citant le colonel Valentin Fedichev, porte-parole du commandement de l’ATO (“Anti Terrorist Operation” ou “Opération Anti Terroriste”, l’appellation ukrainienne de la guerre civile au Donbass), qui a déclaré que la Russie prévoierait d’envoyer au Donbass des “brigades d’interposition” et qu’il y aurait dans le secteur de Gorlovka une concentration d’environ 150 unités blindées  et 2000 à 2500 soldats. Plus loin, il affirme que la Russie aurait  concentré à la frontière et au Donbass 50.000 soldats. On approche du record du nombre de “faux russes”, semble-t-il. Faudrait peut-être ouvrir une section au Guinness…

Toujours est-il qu’il aurait été plus glorifiant pour la presse française de s’en faire l’écho la première, plutôt que de laisser à d’autres, sans doute plus à l’affut de l’information, le soin de le faire. Mais il est vrai que notre presse est globalement pro ukrainienne et n’a que faire de sons discordants à sa propagande anti-russe. Et que l’on peut porter au crédit de l’armée française le fait de conserver une voix autonome, et de la faire entendre, au sein de l’OTAN.

Samedi 11 avril 2015

• Revenons sur la visite de Porochenko à Odessa hier. Certaines vidéos signalées dans les contributions d’hier montrent des Odessites qui sont loin d’acclamer leur président. Il n’y a pas d’applaudissements. cela rappelle la commémoration ratée du 70ème anniversaire de la libération de la ville de Nikolaïev. Mais cette ambiance ne date pas d’hier: en effet, dans l’article publié le 20 octobre 2014 par un journaliste odessite dans le média local ‘Timer” (timer-odessa.net) on peut voir deux photos montrant un petit bâtiment qui a été tagué sur deux côtés.

Deux tags. Celui au-dessus de la grille: “Youlia est une salope” (le mot “сука” est très fréquemment utilisé, il provoque des séries de “bip” conséquentes dans les vidéos où parlent les soldats, ukrainiens ou autres. C’est très grossier). Tag de gauche: “Tourchinov est un chien, un seau à ordures”.

Autre côté du même bâtiment. En blanc: “Avakov est une tarlouze”. En-dessous: “Yatseniouk est une capote”. Certes, ce ne sont pas  des affirmations documentées, prouvées, argumentées. Mais cela dénote tout de même une certaine défiance vis-à-vis des nouveaux maîtres de l’Ukraine, surtout si l’on considère la date du reportage…

• Les chiffres du “chaudron” d’Ilovaïsk (fin juillet -début août 2014) finissent par sortir…Il en aura fallu du temps ! En effet, Anton Gerachenko, conseiller du ministre de l’intérieur et député de la rada suprême, a déclaré dans une interview pour la chaîne “112″ que les Forces Armées Ukraniennes (FAU) auraient perdu plus de 1.000 hommes dans ce “chaudron”. Rappelons que Semen Semenchenko, qui commandait alors le bataillon “Donbass”, avait accusé l’état-major d’incompétence et l’avait rendu responsable du désastre. Mais les chiffres révélés alors étaient faux et très fortement minimisés par les autorités. Le 11 novembre, un média ukrainien  (kp.ua) donnait 211 morts, 300 prisonniers, 400 évaporés. Le 11 décembre 2014, le Procureur général Yaréma annonçait 241 tués. Mais certaines voix, déjà, laissaient comprendre que le nombre de tués était bien plus élevé.

• Petit retour sur l’économie. Mais pas sur celle de l’Ukraine, qui est totalement à plat. Parlons plutôt des sanctions. Mais pas de celles contre la Russie. Plutôt des sanctions-riposte de la Russie. Celles-ci, elles fonctionnent bien. Un média allemand qui diffuse dans le monde entier, “Deutsche Welle”, en a parlé très récemment, (dw.de). L’article s’intéresse à la filière agricole allemande et annonce que cette branche a perdu, en 2014, 600 millions d’euros à cause de l’embargo russe. C’est ce qu’a déclaré le président du DBV, Joachim Rukwied, lors d’une interview à la radio SüdWestRundfunk. Y aura-t-il un média français pour dévoiler le coût, pour notre filière agricole, des mesures de rétorsion russes? Ne serait-il pas temps, pour nos politiques, qu’ils soient nationaux ou européens, de remiser les sanctions dans le placard des mauvaises idées qui ont prouvé leur inefficacité ?

• Pronostic de Standard & Poors pour l’Ukraine. Augmentation de l’inflation en 2015 jusqu’au 35%, baisse de PIB de 7,5% (segodnya.ua)

• Mauvaise idée au mauvais moment. A peine nommé, le nouveau ministre de la Défense nationale, Jason Kenney, déclarait en février que le Canada pourrait décider de se joindre aux États-Unis dans la formation des forces ukrainiennes (45enord.ca). Il annonce aujourd’hui être prêt à envoyer des soldats en Ukraine conjointement avec les USA qui devrait normalement déployer 300 parachutistes dans l’ouest de l’Ukraine vers le 20 avril pour cette formation (45enord.ca). La semaine prochaine risque d’être diplomatiquement un peu agitée. Rappelons qu’avec sa forte minorité ukrainienne viscéralement anti russe et organisée en lobby politique, le Canada est en pointe du soutien financier et logistique au régime de Kiev.

• Incident dans une centrale nucléaire du sud de l’Ukraine.  “On April 11 at 14.37 at the energy  block #3 of the South-Ukrainian NPP, the generator was disabled by the  auto-electrical safety feature. Probably the cause of the outage was the  loss of generator excitation”. Le communiqué précise que le changement de carburant de russe à américano-japonais n’est pas la cause de l’incident (fortruss). Cette centrale avait été déjà le cadre d’un incident, un incendie cette fois, en janvier 2015 (korrespondent.net).

 

Dimanche 12 avril 2015 (Pâques Orthodoxe)

• Guerre froide. Divulgation de l’interception par un chasseur russe Su-27, le 7 avril, d’un avion d’espionnage électronique américain aux abords de Kaliningrad, au-dessus de la mer Baltique. (deutsche-wirtschafts-nachrichten.de). Maux de tête diplomatiques assurés, les jours prochains, car les Américains reprochent au chasseur russe d’avoir effectué une manoeuvre dangereuse  en s’approchant trop près de l’appareil ( un RC-135U ). L’interception a eu lieu dans l’espace aérien international. Version du Pentagone: “Au matin du 7 avril, le RC-135U US effectuait un vol de routine dans l’espace aérien international et a été intercepté par un chasseur russe Su-27 d’une manière peu sûre et non professionnelle.” déclare la porte-parole du Pentagone Eileen M. Lainez. Le chasseur se serait approché de l’avion US non armé jusqu’à quelques mètres. Le comportement du pilote russe aurait été “irresponsable” et aurait mis en danger la sécurité de l’équipage du RC-135.

Version russe, maintenant : Le porte-parole du ministère russe de la défense, Igor Konaschenkov, a confirmé l’interception. Il a précisé que celle-ci avait été motivée par la découverte d’un aéronef non identifié qui volait en direction de  la frontière russe. Non identifié car, selon lui, son transpondeur était désactivé. Le Sukhoï Su-27 a alors été envoyé pour intercepter la cible et l’identifier. A cet effet, il a effectué des cercles autour de l’appareil, afin d’en déterminer le type et de lire son immatriculation et de la transmettre à sa centrale. Puis le SU-27 a changé de cap et s’est éloigné.

Là encore, on mesure toute la différence entre certains médias étrangers qui ne reculent pas devant la divulgation de certaines infos (avec toutefois un léger différé, dans ce cas précis) et nos médias occidentaux qui les cachent avec obstination. Et l’on ne peut que comparer avec les tempêtes médiatiques occidentales qui se déclenchent quand un avion russe a le toupet d’effectuer un “vol de routine” – pour reprendre la terminologie en usage – dans l’espace aérien international – ce qui est le cas ici -.

• Guerre des chiffres.  UNN publie ce matin la déclaration d’une combattante ukrainienne volontaire, Tatiana Richkova (unn.com.ua) : selon elle, les Ukrainiens ont tout bon, les séparatistes tout faux (logique pour une volontaire) :  “Les pertes au cours de l’ATO : FAU (note : les gentils ukrainiens nazis) :  1205 hommes, Novorusses (note : les méchants occupants russes) : 14.600 hommes“. Comme on peut en juger, l’intox continue en Ukraine et ne se soucie même pas de cohérence avec les chiffres officiels de l’ONU (environ 6000 morts) ou officieux des services de renseignements allemands (environ 50 000 morts). Il faut noter toutefois que l’article de UNN reprend des chiffres cités par cette volontaire sur sa page facebook. Ainsi, UNN peut diffuser une info qui va dans le sens voulu (“on gagne et on est les meilleurs”), mais si jamais cette information est démentie, le média pourra dire “Ah mais, ce n’est pas nous qui avons dit cela, c’est Tatiana Richkova.”

• Fête de Paques à Donetsk: la ville est secouée par les tirs d’artillerie (segodnya.ua). Trois obus ont tombées sur le centre hospitalier N 21 (news.pn), le service de chirurgie est endommagé, un obus a touché un immeuble d’habitation et un journaliste a été tué près de l’aéroport de la même ville (sputnik news ).. Le ministère de la défense de DNR a constaté 49 faits de violation du cessez-le-feu de la part de l’armée ukrainienne depuis 24h (lifenews.ru). Et on a continué à se battre à Peski et à Shirokino

 

• Fêtes de Pâques à Kiev. Pour le jour de Pâques, il y a eu à Kiev deux alertes à la bombe, l’une vers 17 h. dans un grand centre commercial, l’autre dans une station du métro (pravda.com.ua). Un anonyme a annoncé que le centre commercial du quartier Obolonski (ru.wikipedia.org) allait sauter. Le personnel et les visiteurs ont été évacués. Un peu plus tôt,  la station de métro “Arsenal” avait été fermée pour cause d’alerte à la bombe suite à un appel anonyme,.

 

• Petit retour en arrière : “Why We Fight:  The Battle of Russia “ Film de propagande américain de 1947 qui glorifie les russes dans leur lutte contre le nazisme… Mais c’était “avant” (youtube) !

Lire la suite

Épidémie de morts suspectes parmi les opposants au régime pro-UE et pro-OTAN de Kiev imposé par Washington

15 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La Russie, #La guerre, #Les média, #L'OTAN., #le nazisme

Épidémie de morts suspectes parmi les opposants au régime pro-UE et pro-OTAN de Kiev imposé par Washington


Personne en Occident n’a pu ignorer l’assassinat de l’opposant russe Boris Nemtsov, le 27 février 2015, à Moscou, tellement les grands médias en ont parlé en boucle pendant plusieurs jours.

Personne en Occident n’a pu ignorer non plus les déclarations scandalisées de Washington et des dirigeants fantoches européens, laissant tous lourdement entendre que le vrai commanditaire de ce meurtre ne pouvait évidemment être personne d’autre que Vladimir Poutine lui-même.

Le président ukrainien Petro Porochenko avait ainsi déclaré que « Boris Nemtsov était un pont entre l’Ukraine et la Russie, et ce pont a été détruit par les coups de feu d’un assassin. Je pense que ce n’est pas par hasard ». À la télévision, Petro Porochenko avait même assuré que Boris Nemtsov avait été assassiné parce qu’il « disait qu’il allait révéler des preuves convaincantes de l’implication des forces armées russes en Ukraine. Quelqu’un avait très peur de cela, ils l’ont tué ».

Le président Barack Obama avait parlé de « meurtre brutal » et appelé sans rire le gouvernement russe à « rapidement mener une enquête impartiale et transparente ». Comme si Washington était le modèle planétaire en matière d’enquêtes rapides, impartiales et transparentes….

En France, François Hollande avait aussitôt emboîté le pas à son maître, en dénonçant ce meurtre comme étant un « assassinat odieux » et en « saluant la mémoire d’un défenseur courageux et inlassable de la démocratie ». Comme si l’actuel chef de l’État, élu en 2012 sur une escroquerie (« mon ennemi c’est la finance ») et ne sortant plus en public sans être entouré d’une nuée de gardes du corps, était lui-même un modèle de courage et de démocratie.

Obéissant à son tour au coup de sifflet venu d’outre-Atlantique, la chancelière allemande Angela Merkel s’était déclarée « consternée » par le « meurtre lâche » de Boris Nemtsov et avait demandé à Vladimir Poutine que toute la lumière soit faite sur cet assassinat.

[pour toutes ces déclarations, cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Nemtsov ]

Seulement voilà.

D’une part, l’assassinat de Nemtsov semble avoir été un crime commandité et réalisé par des Tchétchènes – ce que Wikipedia français, toujours très soucieux de défendre le point de vue de Washington, remet bien entendu en cause.
[ cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Nemtsov ]

D’autre part, il ne s’est trouvé aucun grand média français ni occidental, ni aucun responsable politique euro-atlantiste, pour s’émouvoir de la véritable épidémie de suicides et de morts inexpliquées qui ont frappé, au même moment, des opposants au régime pro-UE et pro-OTAN de Kiev, imposé en Ukraine à la suite du coup d’État organisé par Washington en février 2014.

Dans sa dernière Lettre d’information, William Blum, célèbre écrivain et journaliste américain très critique de la politique étrangère des États-Unis, vient de dresser la liste de 7 morts suspectes, sur lesquelles les grands médias occidentaux ont organisé une chape de plomb absolue.

Voici cette liste traduite en français :

=> 29 janvier 2015 : L’ancien président du gouvernement local de la région de Kharkov, Alexey Kolesnik, se suicide par pendaison.

=> 24 février 2015 : Stanislav Melnik, membre du parti d’opposition au gouvernement de Kiev, (Partia regiónov), se suicide par arme à feu.

=> 25 février 2015 : Le maire de Melitopol, Sergey Valter, se pend quelques heures avant son procès.

=> 26 février 2015 : Alexander Bordiuga, directeur adjoint de la police de Melitopol, est retrouvé mort dans son garage.

=> 26 février 2015 : Alexander Peklushenko, ancien membre du parlement ukrainien et ancien maire de Zaporizhi, est retrouvé tué par balles.

=> 28 février 2015 : Mikhail Chechetov, ancien député, membre du parti d’opposition au gouvernement de Kiev (Partia regiónov), « tombe » de la fenêtre de son appartement situé au 17e étage d’un immeuble de Kiev.

=> 14 mars 2015 : Sergey Melnichuk, procureur de 32 ans, « tombe » de la fenêtre de son appartement situé au 9e étage d’un immeuble d’Odessa.

(Source : http://williamblum.org/aer/read/138 )

J’attire l’attention des lecteurs sur le fait que Barack Obama et ses subordonnés Hollande et Merkel, qui ont fait part « urbi et orbi » de leur indignation devant l’assassinat de Boris Nemtsov, n’ont en revanche pas trouvé dix secondes dans leurs emplois du temps respectifs pour s’émouvoir du sort de ces 7 responsables de l’opposition ukrainienne, retrouvés suicidés, assassinés et défenestrés.

François Asselineau

 

Lire la suite

Combien de temps l’US Navy pourrait-elle survivre dans une vraie guerre? Par Marc Hopf –

15 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #L'armée française, #La paix, #La guerre

Combien de temps l’US Navy pourrait-elle survivre dans une vraie guerre?


Par Marc Hopf – Le 1er avril 2015 – Russia Insider

L’US Navy est une force énorme mais largement basée sur des groupes de porte-avions que l’armement moderne a peut-être rendus obsolètes

Un porte-avion est vulnérable aux missiles sol, mer, air.

Les Etats-Unis aiment à se voir comme les maîtres des océans de la planète. Après tout, le pays – qui dépense dix fois plus pour ses forces militaires que les neuf pays suivants réunis – est de loin la plus grande force navale. Et comme depuis la guerre du Vietnam, ils n’ont agressé que des adversaires militairement inférieurs, ils sont extrêmement confiants dans leur conviction qu’ils peuvent vaincre tout le monde tout le temps. Il n’est pas surprenant que certains jeunes Américains portent même des T-shirts avec le logo : United States Navy: la mer est à nous.

Pour répondre à cette fierté et à cette arrogance, peut-être faut-il l’aborder avec une certaine compréhension au vu de la supériorité numérique de l’US Navy. Au total, elle compte actuellement dix porte-avions opérationnels (deux en réserve), tandis que la Russie et la Chine n’en ont qu’un seul chacune.

Les porte-avions sont la grande fierté de la marine américaine, ils sont également parfaits pour rendre visuellement manifeste son droit à régner sur les mers. Ils sont donc bien aimés par les présidents américains, comme des décors d’où ils peuvent prononcer des discours quand vient le temps de dire aux gens que cette nation unique a une fois de plus remporté une victoire héroïque.

Quel moment passionnant, en effet (au moins pour les Américains), lorsque George W. Bush a atterri dans un avion de chasse sur l’USS Abraham Lincoln (non, pas en tant que pilote), puis, avec la banderole mission accomplie et un good job bien senti, annonçait au peuple la fin de la guerre en Irak . Comme nous le savons, la destruction de l’Irak a été menée par les Américains sous le label de l’opération Iraqi Freedom. Nous pouvons encore nous demander ce que  la liberté avait à voir là-dedans, mais c’est une autre histoire.

En plus de leur intérêt comme impressionnantes estrades pour un orateur, les porte-avions remplissent aussi, bien sûr, un but militaire. Ils peuvent être considérés comme de petits aéroports flottants, qui peuvent expédier jusqu’à cent avions de chasse sur la scène des opérations. Comme ils sont équipés des meilleures armes, de radars et de systèmes de défense, ils n’ont jusqu’à ce jour connu presque aucune menace, d’autant plus que dans le passé l’US Navy stationnait de préférence au large des côtes d’États déserts et sans défense.

Mais que se passerait-il si la puissante l’US Navy rencontrait ses pairs? Le titre de cet article donne déjà la réponse: pas très bon, et il se pourrait que les fans de l’US Navy patriotique aillent rapidement cacher leurs T-shirts dans le placard.

Retour dans les années 1970. L’amiral Rickover, le père de la marine nucléaire, a dû répondre à la question suivante devant le Sénat américain : «Combien de temps nos porte-avions pourraient-ils survivre dans une bataille contre la marine russe?» Sa réponse a causé la désillusion : «Deux ou trois jours avant qu’ils ne coulent, peut-être une semaine s’ils restent au port

La raison de la durée de vie fortement réduite du porte-avion dans une bataille contre les Russes est l’existence d’un danger mortel sous l’eau: les sous-marins modernes – surtout les russes – sont si puissants et difficiles à localiser qu’ils peuvent envoyer de gros cuirassés et porte-avions par le fond en un clin d’œil. La faiblesse de l’US Navy est leur vulnérabilité quand ils sont en concurrence avec un ennemi qui – en utilisant le langage des Américains – domine les mers en dessous de la surface de l’eau. Bien sûr, les analystes militaires américains sont conscients de cette faiblesse, donc on se demande pourquoi l’US Navy adhère encore à la doctrine du plus c’est gros, plus c’est beau et continue de s’appuyer sur une armada de porte-avions et de navires de guerre.

Le colonel Douglas McGregor, un vétéran de combat médaillé, auteur de quatre livres, doctorant et analyste militaire, donne la réponse: «Stratégiquement, cela n’a aucun sens, mais la construction de grands navires, bien sûr, crée beaucoup d’emplois

Donc la menace des sous-marins russes, des torpilles et des missiles anti-navires est bien connue par les Américains – un fait que le livre de Roger Thompson, Leçons non apprise: La culture du statu quo dans l’US Navy, souligne également. Un bref extrait :

En 2003, Howard Bloom et Dianne Star Petryk-Bloom ont averti que tant les Russes que les Chinois ont maintenant le missile mortel SS-N-22 Sunburn à leur disposition. Ce gros missile à longue portée, équipé d'ogives nucléaires ou conventionnelles, est extrêmement difficile à détecter et donc à détruire. Selon le Groupe d'information de Jane, il est plus que capable de couler n'importe quel porte-avions américain. Plus précisément, Timperlake (un diplômé de l'Académie navale) et Triplett ont prévenu que le missile Sunburn est conçu pour faire une seule chose: détruire les porte-avions américains et les croiseurs de la classe Aegis.
 
Le missile SS-N-22 rase la surface de l'eau à deux fois et demi la vitesse du son jusqu'à ce que, juste avant l'impact, il se relève et pique tout droit sur le pont du navire. Son ogive nucléaire de deux cents kilotonnes a presque vingt fois la puissance explosive des bombes atomiques larguées sur Hiroshima. La marine américaine n'a aucune défense contre ce système de missile. Comme a dit l'amiral à la retraite Eric McVadon : «C'est assez pour couler deux fois la 7e Flotte US (Pacifique).»

En plus de cette notion liée à la faiblesse presque inévitable des grands navires de guerre, il y a une autre raison à la vulnérabilité de l’US Navy et aux forces armées des États-Unis en général: leur arrogance et la sous-estimation corrélative de leurs adversaires. Toute personne qui sous-estime son ennemi est poussée à l’imprudence et détient les mauvaises atouts dans le cas d’une attaque surprise. Ce qui s’est passé en 2000, lorsque le porte-avions américain USS Kitty Hawk a été pris à contre-pied par les Russes.

Voici quelques extraits de l’article de Jon Dougherty, «La Marine russe prend Flyover par surprise» (World Net Daily):

Une paire d'avions de chasse russes qui ont fait au moins trois passages à grande vitesse au-dessus d'un porte-avions américain stationné dans la mer du Japon en octobre a constitué une menace beaucoup plus grave que le Pentagone a bien voulu l'admettre; les avions russes étaient facilement en mesure de détruire le vaisseau s'ils avaient eu des intentions hostiles, dit le personnel de la Marine.
 
Selon les rapports, le 9 octobre, une force aérienne russe composée d'un Su-24 Fencer et d'un Su-27 Flanker a survolé le USS Kitty Hawk à basse altitude sans rencontrer d'opposition, alors que le navire était en cours de ravitaillement.
 
Le 9 novembre, des chasseurs et des avions de reconnaissance russes ont fait une deuxième tentative pour se rapprocher du porte-avion, une répétition pour laquelle le Pentagone, ainsi que des témoins oculaires à bord des navires, ont déclaré que le navire avait été préparé. Mais c'était le premier incident en octobre qui avait causé l'alarme.
 
Le porte-parole du Pentagone, Kenneth Bacon, a déclaré lors d'une conférence de presse régulière le 30 novembre que les chasseurs russes ont été détectés sur le radar bien avant leurs survols à grande vitesse. Des officiers de marine à bord des navires qui ont parlé de l'incident sous la condition de l'anonymat, étaient d'accord avec cette version.
 
Cependant, au moment où le centre d'information de combat du porte-avions a alerté le commandant du navire, le capitaine Allen G. Myers, que les chasseurs  russes étaient en vue, aucun des avions du navire n'était en vol. Le navire transporte 85 avions, selon les chiffres de la Marine, et a un équipage de plus de 5500 hommes.
 
Des témoins ont déclaré que Myers a immédiatement ordonné le lancement des avions d'alerte, mais l'escadron de chasse en alerte était dans le statut Alerte-30 - un temps de lancement minimum de 30 minutes où les pilotes sont dans la salle d'attente, mais ne sont pas dans les cockpits prêts à décoller.
 
Bacon, le porte-parole de l'US Navy, a seulement déclaré aux journalistes qu'il y a «peut-être eu un léger retard» pour envoyer les intercepteurs, expliquant que parce que le Kitty Hawk se ravitaillait en carburant, il ne naviguait pas assez vite pour lancer ses avions.
 
Un officier de la marine à bord du navire a déclaré: «Quarante minutes après que le CO [Officier commandant] a suspendu l'état d'alerte,les avions russes ont effectué un nouveau passage à 500 noeuds, à 200 pieds d'altitude, juste au-dessus de la tourelle du porte-avion.»
 
Avant que le Kitty Hawk n'ait pu faire décoller un seul chasseur, les chasseurs russes ont fait deux autres passes. Pire, selon des témoins, le premier avion sur le pont était un EA-6B Prowler – un appareil utilisé principalement pour le brouillage électronique des radars et des défenses aériennes de l'ennemi, pas un chasseur capable d'intercepter un autre avion de guerre.
 
«Le EA-6B a fini dans un un-contre-un avec un Flanker juste en face du navire, a déclaré un témoin. Le Flanker était sur lui... Il hurlait à l'aide quand enfin un Hornet F/A-18 de notre escadron a quitté le pont et fait l'interception. Il était trop tard.»
 
Des personnels de la marine ont noté que «l'ensemble de l'équipage regardait au-dessus de leurs têtes pendant que les Russes s'amusaient de notre incapacité à les intercepter».
 
L'administration Clinton a minimisé l'incident... La BBC, cependant, a dit qu'il était évident, au vu des photographies prises par les jets russes, qu'il y avait panique à bord quand les avions ont fait leurs survols.

Nos lecteurs américains vont maintenant peut-être dire que cet incident humiliant s’est produit il y a 15 ans et qu’une telle chose n’est plus possible de nos jours. Mais la plupart des lecteurs de Russie Insider se souviennent des événements d’avril 2014, lorsque le destroyer ultra-moderne USS Donald Cook a été paralysé par un seul SU-24.

Pour les lecteurs qui, malheureusement, ont raté l’histoire, la voici. Au début du mois d’avril l’année dernière, les Américains ont envoyé l’USS Donald Cook dans la mer Noire, avec l’autorisation de la Turquie, pour protester contre l’annexion russe de la Crimée et démontrer leur force militaire. Le destroyer était équipé du système de combat Aegis le plus avancé, un des systèmes d’armes navales qui assurent la détection, le suivi et la destruction de plusieurs cibles en même temps. L’USS Donald Cook est aussi équipé de quatre grands radars, dont la puissance est comparable à celle de plusieurs stations. Pour sa protection, il transporte plus de 50 missiles anti-aériens de divers types.

Selon la Convention de Montreux, les navires de guerre des États qui ne sont pas riverains de la mer Noire  sont autorisés à rester dans celle-ci pour un maximum de 21 jours. Les Américains, bien sûr, ont ignoré cette règle, et la Russie a répondu en envoyant un SU-24. Le Sukhoi n’était pas armé, mais équipé avec le dernier appareil de la guerre électronique, appelé Khibiny.

Lorsque le SU-24 s’est approché du destroyer, tous les systèmes de radar et de contrôle, les transferts d’information, etc., de l’USS Donald Cook ont ​​été soudainement paralysés par Khibiny. En d’autres termes, le système Aegis apparemment supérieur était complètement hors-service, comme lorsque vous éteignez votre téléviseur avec la télécommande.

Par la suite, le SU-24 a simulé des attaques de missiles à basse altitude sur l’USS Donald Cook aveugle et sourd, et on peut imaginer que les deux pilotes des SU-24 ont eu beaucoup de plaisir. Malheureusement, à cette époque, il n’y avait ni John McCain, ni le commandant de l’Otan, Phillip Breedlove, à bord du navire – ils auraient certainement gardé des impressions durables de cette démonstration.

Après cet incident, l’USS Donald Cook a choisi de rentrer immédiatement et à pleine vitesse vers son port d’attache en Roumanie, où 27 membres de l’équipage en état de choc ont démissionné du service actif.

Cette histoire nous montre que les Américains surestiment encore largement les capacités de leurs forces armées et ne réalisent pas (ou ne veulent pas admettre) que la technologie militaire de la Russie est supérieure, dans de nombreux domaines, et dispose d’un avantage qui ne peut être compensé rapidement.

Donc, aussi longtemps qu’un seul avion de chasse russe peut désactiver un navire de guerre américain complet muni des derniers systèmes d’alerte et des missiles les plus sophistiqués en appuyant simplement sur un bouton, la réponse à la question Combien de temps l’US Navy peut-elle survivre? est aujourd’hui la même qu’au bon vieux temps de la guerre froide.

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone.

Lire la suite