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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

Les Etats-Unis détruiront-ils l'islam de l'intérieur ?

29 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #le nazisme, #AMERIQUE, #La France, #L'OTAN.

Les Etats-Unis détruiront-ils l'islam de l'intérieur ?

Le 24 mai 2015

Interview du professeur Bassam Tahhan par Frédéric Saillot pour Eurasie Express le 24 mai 2015, au lendemain de la prise de Palmyre par l'organisation terroriste Etat islamique.

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Une révolution de couleur en Macédoine. Par Paul Craig Roberts

28 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #La France, #La République, #La Russie, #Terrorisme, #le nazisme, #Daesch, #La Yougoslavie, #Le capitalisme;

Une révolution de couleur en Macédoine

Paul Craig Roberts
Paul Craig Roberts

Par Paul Craig Roberts – Le 22 mai 2015 – Source Paulcraigroberts.org

Pendant la guerre froide, Washington avait peur que les communistes ne fomentent des manifestations et ne les fassent dégénérer en révolutions pendant que des politiciens acquis à leur cause attendaient dans les coulisses pour prendre le pouvoir et ainsi étendre l’empire soviétique. Aujourd’hui, c’est exactement ce que fait Washington.

 

Nous avons récemment assisté à une opération de ce genre en Ukraine et, maintenant, une autre semble avoir lieu en Macédoine.

La fondation National Endowment for Democracy a été créée en 1983. Son but officiel est de promouvoir la démocratie à l’étranger. Son véritable but était de fomenter des désordres en Europe de l’Est soviétique. Aujourd’hui, la NED utilise l’argent de nos impôts pour renverser les gouvernements qui ne sont pas alignés sur Washington.

La NED finance des organisations non-gouvernementales (ONG) dans les pays que Washington veut déstabiliser. Ces ONG opèrent sous couvert de promouvoir la démocratie et les droits de l’homme. Elles recrutent des meneurs parmi les étudiants idéalistes et les politiciens mécontents, et les lancent contre le gouvernement en place dont Washington souhaite réduire l’indépendance.

Les étudiants idéalistes sont tout simplement les dupes de ces ONG, et les politiciens mécontents veulent uniquement le pouvoir et ils sont prêts à servir Washington pour l’obtenir.

Selon le secrétaire d’État adjoint, Victoria Nuland, Washington a dépensé 5 milliards de dollars en Ukraine pour former des politiciens et implanter des ONG faisant office de cinquième colonne de Washington. Lorsque le président de l’Ukraine, Viktor Ianoukovitch, a refusé d’aligner l’Ukraine sur les intérêts de Washington, Washington a lâché ses cinquièmes colonnes, et le gouvernement de M. Ianoukovitch a été renversé par la violence. Malgré tous les discours de Washington sur la démocratie, le fait que le gouvernement de M. Ianoukovitch soit démocratiquement élu et que la prochaine élection doive avoir lieu seulement quelques mois plus tard, n’a pas empêché Washington de renverser Ianoukovitch [c’est même parce qu’il s’agit d’une démocratie, avec le droit de manifester, qu’ils on pu faire leur coup d’État ! NdT].

Maintenant, le même sort semble attendre l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Kirghizistan, et la Macédoine. La plupart des Américains ne savent pas où sont ces pays. L’Arménie et l’Azerbaïdjan se trouvent à l’est de la mer Caspienne et sont d’anciennes provinces de l’Union soviétique. Le Kirghizistan est une ancienne province soviétique à la frontière de la Chine. La Macédoine, lieu de naissance d’Alexandre le Grand, est une ancienne partie du nord de la Grèce, mais au XXe siècle des morceaux de la Macédoine sont passés en Bulgarie, Serbie et Albanie avant de devenir une province de Yougoslavie. Quand Washington a détruit la Yougoslavie, la Macédoine est devenue une république indépendante de deux millions d’habitants. La Macédoine est un pays enclavé, entouré par la Grèce au sud, la Bulgarie à l’est, l’Albanie à l’ouest, et au nord par le Kosovo créé par la Serbie et Washington.

Pourquoi Washington veut-il contrôler la Macédoine?

Le gouvernement macédonien a refusé de se joindre aux sanctions de Washington contre la Russie et il soutient le projet de pipeline de gaz naturel russo-turc qui livrera le gaz naturel russe à l’Europe en traversant la Turquie jusqu’à la frontière grecque.

La Grèce est pillée par l’Union européenne, le FMI et les banques néerlandaises et allemandes. Cela pousse la Grèce dans les bras de la Russie du fait que le soutien russe est la seule solution que la Grèce a trouvée pour mettre fin à l’austérité écrasante que l’UE impose au peuple grec. La Macédoine se trouve entre la Grèce et la Serbie, un pays qui ne porte pas Washington et l’UE dans son cœur, depuis la dislocation de la Serbie qui a suivi l’agression de Washington et de l’OTAN. Washington n’aime pas l’idée que l’énergie russe, sur laquelle il n’aurait aucun contrôle, soit livrée à ses États vassaux européens via les alliés de la Russie en Europe.

En prenant le contrôle de la Macédoine, Washington espère couper la Grèce de la Serbie et peut-être réussir à convaincre la Grèce de s’aligner sur le projet de pipeline de Washington qui approvisionnerait l’Europe à partir de l’Azerbaïdjan, réduisant, de ce fait, l’influence de la Russie en Europe.

La Macédoine a une minorité albanaise. L’Albanie est un vassal de Washington et un membre de l’Otan. Washington soutient les Albanais dissidents de Macédoine, les manifestants sont dans les rues, le gouvernement macédonien est accusé de corruption comme le fut le gouvernement ukrainien, et le Département d’État américain exprime son inquiétude devant la crise politique macédonienne que Washington a orchestrée.

Washington ne cesse de se gargariser avec la démocratie et les droits humains, mais n’a aucun respect ni pour l’une ni pour les autres. Le seul intérêt de ces notions pour Washington est qu’il peut s’en servir pour accuser les gouvernements qu’il veut renverser de ne pas les respecter.

Le gouvernement russe comprend ce qui se passe. Mais on ne sait pas encore si le fait d’avoir assisté sans rien faire au renversement du gouvernement ukrainien lui a servi de leçon.

Pour les Étasuniens, à la différence de Washington, la question est de savoir si la quête effrénée de l’hégémonie américaine mérite de risquer une guerre avec la Russie et la Chine. Les néo-conservateurs, qui contrôlent la politique étrangère des États-Unis d’une main de fer, croient que l’hégémonie passe au-dessus de tout. Mais les Étasuniens tirent-ils assez de plaisir par procuration du fait qu’une poignée de néoconservateurs règne en maîtres sur le monde, pour accepter le risque d’une guerre nucléaire ?

La politique d’agression pure et simple que Washington mène contre la Russie devrait inquiéter non seulement le peuple américain mais aussi le monde entier. Une guerre se prépare. Une guerre avec la Russie signifie également une guerre avec la Chine. Ce n’est pas une guerre que Washington et ses vassaux ni l’humanité en tant que telle peuvent gagner.

Paul Craig Roberts a été secrétaire adjoint au Trésor pour la politique économique et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal. Il a été chroniqueur à Business Week, Scripps Howard News Service, et Creators Syndicate. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Ses articles sur internet ont attiré l’attention mondiale. Les derniers livres de Roberts sont : L’échec du capitalisme du laissez faire et la dissolution économique de l’Occident et Comment l’Amérique fut perdue.

Traduction : Dominique Muselet pour le Saker Francophone

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Les wahhabites rêvent de passer au nucléaire (au sens propre, [si on peut dire, NdT])

28 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La guerre, #Daesch, #ISIL

Les wahhabites rêvent de passer au nucléaire (au sens propre, [si on peut dire, NdT])


Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – 22 mai 2015 – Source : Asia Times Online

La possibilité bien réelle d’un accord sur le nucléaire entre l’Iran et le P5+1 pourrait se concrétiser dans quelques semaines, soit le 30 juin.

Que fomente pendant ce temps la maison des Saoud, cette paranoïaque incurable? Mettre le grappin sur une bombe nucléaire pour faire contrepoids à la bombe iranienne fictive que Téhéran, par la voix de son guide suprême, l’ayatollah Khamenei, n’a jamais cessé de condamner comme non islamique, et qu’il ne pourrait de toute façon obtenir avec les inspections rigoureuses prévues dans l’accord définitif.

 

L’habituel ancien responsable du Pentagone a révélé dans un journal de Rupert Murdoch que la maison des Saoud s’apprêterait à se procurer une bombe nucléaire prête à l’emploi auprès du Pakistan. Le choix du journal n’est pas le fruit du hasard, quand on sait que le prince Al-Walid ben Talal est l’un des principaux actionnaires de News Corporation.

Le Pourquoi maintenant? de la fuite est l’évidence même, mais le Qui a fait ça? est plus nébuleux.

Au moment même où les wahhabites à Riyad caressent l’idée de passer au nucléaire (au sens propre), leurs frères coreligionnaires en Syrak ont lancé une offensive nucléaire (au sens figuré) et accumulent victoire après victoire sur le terrain. On n’a qu’à penser à l’attaque contre Palmyre, ce joyau dans le désert syrien datant de l’époque de la Route de la Soie, et à la chute de Ramadi, dans l’ancien triangle de la mort en Irak.

La bombe iranienne n’a jamais vraiment été un enjeu pour les administrations qui se sont succédé aux USA. Il s’agissait davantage d’un prétexte utile pour mettre en boîte, harceler, sanctionner et isoler la République islamique, l’ancien gendarme du Golfe à l’époque du chah. Le gouvernement des USA a toujours su qu’on pouvait se procurer des bombes nucléaires sur le marché noir. Que Téhéran puisse se doter d’une arme nucléaire n’avait donc aucune importance.

Il se pourrait que la maison des Saoud (pourrait étant ici le mot clé) possède déjà une bombe depuis un bon bout de temps déjà, pour faire équilibre à Israël. Elle pourrait aussi avoir payé Islamabad pour se la procurer. Mais il n’existe aucune preuve concluante.

Ce qui est sûr, c’est que la bombe iranienne (fictive) crée une convergence de vues entre la maison des Saoud, les autres sbires du Conseil de coopération du Golfe et, fait décisif, le gouvernement israélien extrémiste et fondamentaliste de Bibi Netanyahou, qui la considèrent tous comme une menace existentielle à leur survie.

Le problème, c’est que nous ne pouvons nous permettre de considérer ce genre de choses comme une simple forme de surréalisme géopolitique. Selon un mythe tenace (très populaire dans les officines à Washington), Riyad jouit d’un certain crédit auprès d’Islamabad, car la maison des Saoud a investi des milliards de dollars au cours des années 1970 dans le programme nucléaire pakistanais, pour faire contrepoids au programme nucléaire indien.

En décembre 2011 déjà, la maison des Saoud annonçait publiquement sa volonté d’obtenir une bombe nucléaire. C’est seulement lorsque des progrès sont intervenus dans les pourparlers en vue d’un accord sur le nucléaire iranien qu’elle a mis la charrue avant les bœufs en tentant d’exercer un contrôle sur la politique étrangère des USA.

Israël s’y est mêlé en novembre 2013, lorsque la BBC a publié un article à propos d’un prétendu accord nucléaire entre Riyad et Islamabad. Un ancien chef des services du renseignement militaire israélien, Amos Yadlin, disait alors que si l’Iran avait la bombe, les Saoudiens n’attendraient pas un mois. Ils ont déjà payé les coûts de la bombe et n’auraient qu’à aller au Pakistan et ramener ce qu’il faut.

Établissons un parallèle avec les propos du rusé prince Turki, l’ex-chef des services secrets saoudiens et pote d’un certain Oussama ben Laden, qui a toujours évoqué la possibilité de nucléariser la maison des Saoud. La dernière fois, c’était en avril dernier, lors de l’ASAN Plenum en Corée du Sud (NdT – Asan Institute for Policy Studies, un think tank coréen) : Ce que les Iraniens auront, nous l’aurons aussi.

Le nouveau Parrain de la bande de Riyad, le roi Salman, voulait qu’Islamabad lui fournisse des troupes pour sa guerre en cours au Yémen. Islamabad a dit non merci. En lieu et place, un accord nucléaire pourrait (pourrait étant une fois de plus le mot clé) avoir été conclu. Évidemment, aucun dirigeant de haut rang à Riyad ou Islamabad n’a confirmé quoi que ce soit.

À surveiller : la carte pakistanaise

Le roi Salman sait très bien que si EIIS/EIIL/Da’ech force un changement de régime en Syrie (ce qui est encore loin d’être gagné), la prochaine cible sera la maison des Saoud.

Il y a aussi Washington qui garde sous le boisseau, après toutes ces années, les fameuses 28 pages caviardées du rapport secret sur le 11 septembre 2001 [qui mettent en cause l’Arabie Saoudite dans l’attentat, NdT]. L’obtention d’une bombe nucléaire pourrait ainsi servir de police d’assurance aussi bien contre Washington que contre la bombe iranienne fictive.

Par delà la propagande, le fait demeure que plusieurs VIP Maîtres de l’Univers en ont soupé de la maison des Saoud dans plus d’un dossier important, à commencer par sa guerre des prix du pétrole qui décime l’industrie du gaz de schiste aux USA.

Ce qui est sûr, c’est que la maison des Saoud ne pourrait passer au nucléaire (au sens propre) sans le feu vert de Washington.

Il faut voir les choses du point de vue du Pakistan pour mieux comprendre. Le numéro un du projet nucléaire pakistanais, A.Q. Khan (avec l’appui d’Islamabad ou, à tout le moins, son assentiment), a déjà vendu de la technologie pour la fabrication d’armes nucléaires à la Corée du Nord, à l’Iran et à la Libye. Pourtant, le montant investi dans le programme nucléaire du Pakistan ne s’élève qu’à 450 millions de dollars. De nombreux analystes pakistanais attribuent ce coût peu élevé non pas à l’aide reçue de la maison des Saoud, mais bien de la Chine.

L’Iran et l’Arabie saoudite comptent parmi les principaux fournisseurs d’énergie de la Chine. L’Iran et le Pakistan seront des joueurs clés dans le projet naissant des Nouvelles Routes de la Soie mené par la Chine. Ce serait totalement insensé de la part d’Islamabad de compromettre ses relations avec Pékin en fournissant une arme nucléaire qui serait utilisée pour menacer un voisin non nucléarisé (l’Iran), qui est non seulement un allié stratégique de la Chine, mais qui jouera aussi un rôle de premier plan pour atténuer les problèmes énergétiques du Pakistan, au moyen du gazoduc Iran-Pakistan, financé en partie par (devinez qui ?) Pékin.

À surveiller : la bataille de Ramadi (version remixée)

Le wahhabisme, tel que pratiqué en Arabie saoudite, ce pays qui décapite à qui mieux mieux, est toujours et continuera d’être, la matrice idéologique de toutes les formes de salafisme djihadiste lâchées dans la nature au Moyen-Orient et au-delà. EIIS/EIIL/Da’ech, qui fait ses choux gras des médias sociaux, en est l’illustration éloquente.

À la grande consternation du monde civilisé, EIIS/EIIL/Da’ech a pris Palmyre, la perle de la Route de la Soie de jadis. L’Unesco est préoccupée. La Maison-Blanche est inquiète. Palmyre est un carrefour stratégique au centre de la Syrie, qui permettra au faux califat de lancer des attaques dans toutes les directions et de harceler les positions du gouvernement syrien dans l’axe vital Damas-Alep. Il a déjà pris le poste-frontière crucial d’al-Walid, en territoire syrien.

En outre, plus du tiers des 200 000 habitants de Palmyre sont déjà devenus des réfugiés. Des centaines ont été pris en otages. Les décapitations macabres se poursuivent. Est-ce que l’Empire du Chaos qui, en théorie, est en guerre contre le faux califat, fait quoi que ce soit pour sauver les ruines romaines inestimables de Palmyre de leur destruction, probablement imminente, par des barbares plongés dans le wahhabisme ? Bien sûr que non !

La même question se pose à Ramadi, capitale de la province d’al-Anbar, à environ 110 km à l’ouest de Bagdad, que les USA n’ont pas perdue parce qu’ils ne l’ont jamais possédée. Pendant que EIIS/EIIL/Da’ech se targuait de sa victoire par mégaphone interposé dans toutes les principales mosquées, le Pentagone décrivait le tout comme un champ de bataille fluide et contesté, en insistant sur son soutien (aux Irakiens) au moyen de la force aérienne.

Zoom sur les convois de Toyotas étincelantes des brutes du califat tout sourire faisant pétarader leurs kalachnikovs sur le champ de bataille fluide et contesté qu’ils viennent de prendre. Le Pentagone aura beau soutenir tout ce qu’il veut au moyen de la force aérienne, mais son bombardement ne nuira en rien à la fluidité. Le Pentagone est à court de cibles. EIIS/EIIL/Da’ech n’est pas une cible facile. Il mène une guérilla asymétrique et n’a aucune peine à se redéployer à la vitesse de l’éclair.

La prise de Ramadi par EIIS/EIIL/Da’ech est le fruit d’une bonne planification stratégique. Elle est symboliquement d’une grande portée, car il s’agit d’une défaite majeure non seulement pour Bagdad, mais aussi pour l’Empire du Chaos, qui dirige de l’arrière, même si Barack Obama, qui ne sait rien de rien, insiste pour dire que nous ne perdons pas la lutte contre le califat.

Le premier ministre irakien Haïder Al-Abadi a fini par saisir la situation. Il a rencontré les dirigeants des principales milices chiites, qui devront faire le gros du travail en traversant l’Euphrate pour tenter de reprendre Ramadi avant que les brutes du califat ne progressent vers la ville sainte de Kerbala, qui abrite le tombeau de l’imam Hussein, le petit-fils martyr du prophète Mahomet. Il s’agit d’une course contre la montre, car EIIS/EIIL/Da’ech pourrait aussi tenter de s’emparer des bases militaires et des dépôts d’armes irakiens se trouvant à proximité.

Quant aux cheikhs des tribus sunnites autour de Ramadi prêtes à combattre le califat, ils ne décolèrent pas, car ils attendent toujours les armes promises par Bagdad. Du reste, personne ne sait pourquoi l’armée irakienne sur place n’a pas reçu d’appui aérien. Des hélicoptères de combat auraient pu pourtant réduire en miettes bon nombre de brutes du califat.

Al-Abadi a fini par agir en levant son interdiction faite aux milices chiites d’aller combattre dans la province irréductiblement sunnite d’al-Anbar. Elles l’avaient pourtant déjà fait en obéissant à un ordre de l’ayatollah Sistani, qu’elles vénèrent.

Au même moment, le chef de la Brigade Badr et commandant en chef des milices chiites, Hadi Al-Amiri, est convaincu que reprendre Ramadi sera plus facile que faire campagne au nord de Bagdad, dans la province de Salah ad-Din, où les milices, de pair avec l’armée irakienne, ont repris Tikrit et Baïiji des mains de EIIS/EIIL/Da’ech. Dans les deux cas, le bombardement de l’Empire du Chaos a joué un rôle minime.

Al-Abadi a également rencontré à Bagdad le ministre iranien de la Défense, le brigadier général Hossein Dehqan. Il a souligné que l’Iran et l’Irak combattaient l’extrémisme terroriste (sunnite), en ajoutant que (fait crucial) nous ne soutenons pas la guerre au Yémen, ce qui place Bagdad en situation de conflit direct avec Riyad.

Il y a encore mieux. Al-Abadi s’est rendu à Moscou, où il espère recevoir un grand soutien, ainsi que des armes. Après tout, EIIS/EIIL/Da’ech compte une abondance de Tchétchènes dans ses rangs. Moscou veut réduire le califat en poussière. Mais comme ce dernier a le vent dans les voiles, la possibilité d’un renouveau djihadiste en Tchétchénie n’en devient que plus menaçante.

La table est donc mise pour la bataille de Ramadi, en version remixée. D’un côté nous avons des milices chiites, des tribus sunnites, le conseiller occasionnel des USA et l’aide discrète de l’Iran et de la Russie. De l’autre, nous avons les brutes du califat, dont bon nombre sont des mercenaires, soutenus généreusement par divers wahhabites fortunés de l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe. Pour l’Empire du Chaos, la tactique du diviser pour mieux régner demeure le nerf de la guerre.

Traduit par Daniel, relu par jj, pour Le Saker francophone

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

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Le califat voulu par les États-Unis, par Manlio Dinucci

28 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme

Le califat voulu par les États-Unis

Revenant sur les documents disponibles, Manlio Dinucci affirme que sans l’ombre d’un doute
(1) Daesh est fonctionnel à la stratégie des États-Unis au Levant
(2) la CIA arme Daesh pendant que la Coalition internationale dirigée par le Pentagone fait mine de le combattre.
Cependant, son analyse diffère de celle de Thierry Meyssan pour qui Washington a deux fers au feu et choisira au dernier moment lequel lui est le plus profitable. En effet, pour Manlio Dinucci, les États-Unis poursuivent avec détermination l’installation du chaos.
Cette différence de conclusions s’explique par le fait que le consultant Thierry Meyssan observe à la fois les opérations militaires et les tractations en cours, tandis que le géographe Manlio Dinucci se fonde exclusivement sur les rapports de force sur le terrain.

| Damas (Syrie)
 
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Pour prendre Ramadi (Irak), Daesh est arrivé en colonne, une proie facile pour d’éventuels bombardements. Mais, à la surprise générale, la Coalition internationale n’est pas intervenue. Par contre, pour prendre Palmyre (Syrie), Daesh a pris soin de se déplacer en petits groupes coordonnés, rendant impossible une opération aérienne de l’Armée arabe syrienne. À l’évidence, la Coalition internationale n’est pas sérieuse lorsqu’elle prétend combattre les jihadistes et ceux-ci le savent.

Pendant que l’Isis (Daesh) occupe Ramadi, la deuxième ville d’Irak, et le jour suivant Palmyre dans le centre de la Syrie, en tuant des milliers de civils et en en contraignant des dizaines de milliers d’autres à la fuite, la Maison-Blanche déclare « Nous ne pouvons pas nous arracher les cheveux à chaque fois qu’il y a un obstacle dans la campagne contre l’ISIL » [1].

La campagne militaire, « Inherent Resolve », a été lancée en Irak et Syrie il y a plus de neuf mois, le 8 août 2014, par les USA et leurs alliés : France, Grande-Bretagne, Canada, Australie, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Bahreïn et autres. S’ils avaient utilisé leurs chasseurs-bombardiers comme ils l’avaient fait en Libye en 2011, les forces de Daesh, opérant dans des espaces ouverts, auraient été une cible facile. Celles-ci ont au contraire pu attaquer Ramadi avec des colonnes de véhicules blindés chargés d’hommes et d’explosifs. Les USA sont-ils devenus impuissants ? Non : si Daesh avance en Irak et en Syrie, c’est parce qu’à Washington on veut justement cela.

C’est ce que confirme un document officiel de l’Agence de Renseignement du Pentagone (DIA), daté du 12 août 2012, déclassifié le 18 mai 2015 par initiative du groupe conservateur Judicial Watch dans la compétition pour les présidentielles [2]. Il rapporte que « les pays occidentaux, les États du Golfe et la Turquie soutiennent en Syrie les forces d’opposition qui tentent de contrôler les zones orientales, adjacentes aux provinces iraniennes occidentales », en les aidant à « créer des refuges sûrs sous protection internationale ». Il existe « la possibilité d’établir une principauté salafiste en Syrie orientale, et cela est exactement ce que veulent les puissances qui soutiennent l’opposition, pour isoler le régime syrien, arrières stratégiques de l’expansion chiite (Irak et Iran) ». Le document de 2012 confirme que l’Isis (Daesh), dont les premiers noyaux viennent de la guerre en Libye, s’est formé en Syrie, en recrutant surtout des militants salafistes sunnites qui, financés par l’Arabie Saoudite et d’autres monarchies, ont été approvisionnés en armes à travers un réseau de la CIA [3].

Cela explique la rencontre en mai 2013 (documentée photographiquement) entre le sénateur états-unien John McCain, en mission en Syrie pour le compte de la Maison-Blanche, et Ibrahim Al-Badri, le « calife » à la tête de Daesh [4]. Cela explique aussi pourquoi Daesh a déclenché l’offensive en Irak au moment où le gouvernement du chiite al-Maliki prenait ses distances de Washington, en se rapprochant de Pékin et Moscou.

Washington, en déchargeant la responsabilité de la chute de Ramadi sur l’armée irakienne, annonce maintenant vouloir accélérer en Irak l’entraînement et l’armement des « tribus sunnites ». L’Irak est en train d’aller dans la même direction que la Yougoslavie, vers la désagrégation, commente l’ex-secrétaire à la Défense états-unien Robert Gates. Pareil en Syrie, où USA et alliés continuent à entraîner et armer des miliciens pour renverser le gouvernement de Damas. Avec la politique du « diviser pour régner », Washington continue ainsi à alimenter la guerre qui, en 25 années, a provoqué massacres, exodes, pauvreté, au point que de nombreux jeunes ont fait des armes leur métier. Un terrain social sur lequel font prise les puissances occidentales, les monarchies qui sont leurs alliés, les « califes » qui instrumentalisent l’islam et la division entre sunnites et chiites. Un front de la guerre, à l’intérieur duquel il y a des divergences sur la tactique (par exemple sur quand et comment attaquer l’Iran), pas sur la stratégie.

Front armé par les USA, qui annoncent la vente (pour 4 milliards de dollars) à l’Arabie Saoudite de 19 autres hélicoptères, pour la guerre au Yémen, et à Israël de 7 400 autres missiles et bombes, parmi lesquelles celles anti-bunker pour l’attaque de l’Iran.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

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Appel au gouvernement français de citoyens et d’élus pour la levée des sanctions et pour la livraison des Mistrals à la Russie.

28 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #L'OTAN., #Europe supranationale, #L'armée française, #La nation ., #Economie

Appel au gouvernement français de citoyens et d’élus pour la levée des sanctions et pour la livraison des Mistrals à la Russie

14 mai 201515 mai 2015 / Français Libres

L’absence de François Hollande à Moscou le 9 mai 2015 est une insulte à l’histoire, 70 ans après la victoire des alliés sur la barbarie nazie. Contre le nazisme, le combat du peuple russe fut décisif. Les peuples de France et de Russie furent alliés, frères d’armes, frères de sang, à l’image des hommes du régiment Normandie-Niemen. Vladimir Poutine était présent, lui, sur les plages de Normandie en juin 2014 et n’a pas omis de rendre hommage aux combattants des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de France.

Cette absence du président français à Moscou est symptomatique de la politique actuelle de la France sans vision ni stratégie à l’égard de la Russie.

La France peut et doit reprendre l’initiative diplomatique. Elle doit d’abord dire que la levée des sanctions contre la Russie ne peut être liée au respect des accords de Minsk car le gouvernement Ukrainien ne les applique pas et que certains pays de l’OTAN jouent les boutefeux. La loi votée par la Rada est contradictoire aux accords en ce qu’elle ne prévoit ni amnistie générale, ni vote indépendant ni autonomie pour le Donbass déclaré au contraire « zone occupée ». L’envoi de troupes en Ukraine par des pays de l’OTAN est contraire à l’esprit des accords. Lier les sanctions au respect des accords de Minsk, c’est se faire l’otage de la politique intérieure ukrainienne.

La France peut et doit s’opposer au prolongement des sanctions en juillet prochain. Ces sanctions à la justification hasardeuse n’ont pas atteint l’objectif qu’elles s’étaient fixé. Elles ont principalement lésé les intérêts européens et français en particulier. Les deux milliards d’euro d’exportation perdus par la France vers la Russie représentent près de 15 000 emplois pour les secteurs de l’agroalimentaire, de l’énergie et de la défense. Lever les sanctions est un service à rendre à l’économie réelle et à l’emploi en France.

Dans la course à l’absurdité, les autorités françaises se sont distinguées en décidant de leur plein gré de ne pas livrer les Mistrals, pourtant nullement soumis aux sanctions. (cf. Lettre envoyée par des Français au Président de la République, en septembre 2014). Le contrat Mistral est une formidable réussite de la coopération entre la France et la Russie dans un domaine, l’armement naval, où notre pays rivalise avec les Etats-Unis. Les Mistrals sont le fruit du travail de nos meilleurs ouvriers, de nos meilleurs ingénieurs, du meilleur de la capacité technologique de notre pays. Ne pas les livrer coutera au bas mot 1,5 milliards d’euro. Les contribuables français souhaitent-ils consentir à ce sacrifice ? La France refuserait de livrer les Mistrals à la Russie mais vend des Rafales au Qatar, qui peut tourmenter nos consciences à bien des égards.
Les autorités françaises peuvent et doivent livrer les Mistrals car cette décision est la seule conforme à l’intérêt et à la dignité de la France. Le peuple français l’a bien compris. Il attend de ses représentants qu’ils en prennent acte.

Depuis un an l’incompréhension et la méfiance règnent entre la Russie et le reste de l’Europe. Cette division ne réjouit que ceux qui veulent que l’Europe ne soit pas européenne mais sous tutelle.

La France peut et doit rappeler que le dialogue multiséculaire qu’elle entretient avec la Russie est la garantie du dialogue, de la coopération et de la paix en Europe. Sans la Russie, les états européens ne peuvent ni rétablir l’économie ukrainienne ni stabiliser l’Ukraine. Avec la Russie, ils peuvent renforcer leur sécurité énergétique et stratégique pour le plus grand bien de leur prospérité.

La France, la Russie et les autres pays européens peuvent de concert résoudre les crises du Moyen-Orient et d’Afrique. France et la Russie peuvent ensemble stabiliser la Libye, la Syrie, le Yémen et l’Irak, soumis à la ruine et aux massacres de masse, comme ceux des descendants des premiers Chrétiens, ne laissant à des populations désespérées que le choix de la fuite.

Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde, rappelait le général de Gaulle. La France peut et doit redevenir l’«embêteuse du monde » pour porter le projet d’une Europe indépendante au service de la paix.

Pour ces raisons, fidèles au génie diplomatique de la France, soucieux du respect de la parole donnée, conscients de la défense des intérêts de notre pays et de ceux de l’Europe, nous appelons le gouvernement français à lever les sanctions contre la Russie et à livrer les Mistrals.

***

Pour signer la pétition, merci de cliquer sur le lien ci dessous!

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La stratégie occidentale des escadrons de la mort

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Politique étrangère, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Terrorisme

La stratégie occidentale des escadrons de la mort


Le 23 mai 2015 – Source Russia Today

Comment et pourquoi État islamique et al-Qaida sont devenus les troupes de choc de l’impérialisme occidental.

Des membres de EI posent avec McCain. Belle photo de famille n’est ce pas ?

 

L’attentat suicide de vendredi dernier dans une mosquée chiite en Arabie saoudite revendiqué par EI (État islamique), qui a tué 21 personnes, est le résultat amer de la stratégie poursuivie par la Grande-Bretagne, les États-Unis, la France et leurs alliés du Golfe pendant les huit dernières années.

Cette stratégie, qui consiste à encourager le développement de milices anti-chiites, sectaires et très violentes, dans le but de détruire la Syrie et d’isoler l’Iran, étant elle-même une sous-stratégie dans une guerre plus globale qui cherche à affaiblir toute puissance régionale alliée des BRICS pour l’empêcher de se développer et en particulier, pour le moment, la Russie.

Cette stratégie fut d’abord révélée, en 2007, par un article de Seymour Hersh intitulé The Redirection qui montrait comment l’administration Bush collaborait avec les Saoudiens pour fournir des milliards de dollars à des escadrons de la mort sectaires dont le rôle serait de «déclencher des bombes contre le Hezbollah, Moqtada al-Sadr, l’Iran et les Syriens» selon les mots mêmes d’un fonctionnaire américain.

21 morts après l’attentat suicide contre une mosquée chiite en Arabie saoudite, ISIS revendique

D’autres preuves montrant plus précisément comment cette stratégie se développait ont depuis été révélées. La plus récente, datant de lundi dernier, se trouve dans la centaine de pages déclassifiées par la Defense Intelligence Agency (DIA) américaine à la suite de deux années de bataille juridique.

Ces documents montrent que l’apparition d’EI, loin d’être un événement imprévisible sorti de nulle part comme les médias essaient de nous le faire croire, était en réalité attendu et désiré par les États-Unis et leurs alliés, depuis au moins 2012.

Ce rapport de la DIA, à l’époque largement diffusé parmi les différentes agences de sécurité et militaires, note : «Il y a la possibilité d’établir une principauté salafiste, déclarée ou pas, dans l’est de la Syrie et c’est exactement ce que voudraient les puissances qui soutiennent l’opposition [à Assad], de manière à isoler le régime syrien qui est considéré comme fournissant une profondeur stratégique à l’expansion chiite (Irak et Iran).» Et plus loin : «Les puissances qui soutiennent l’opposition [à Assad, NdT]» sont définies comme étant «les pays occidentaux, les états du Golfe et la Turquie».

Autrement dit, une principauté salafiste, c’est-à-dire constituée de militants anti-chiites, était exactement ce que désirait l’Occident pour sa guerre, non seulement contre la Syrie mais aussi contre l’expansion chiite en Irak aussi. Il est même spécifiquement reconnu que «al-Qaida en Irak [le groupe ayant donné naissance à EI] pourrait aussi déclarer un état islamique en réunissant les différentes organisations terroristes opérant en Irak et en Syrie».

Un médecin légiste recherche des preuves sur le site de l’explosion d’une bombe dans une mosquée dans la capitale du Yémen Sanaa le 22 mai 2015. (Reuters / Khaled Abdullah)

La précision de ces documents déclassifiés est étonnante. Ils précisent non seulement que les groupes terroristes soutenus par Londres et Washington en Syrie allaient s’unir avec ceux en Irak pour créer un état islamique mais aussi les dimension exactes de cet état, en reconnaissant que les salafistes, les frères musulmans et al-Qaida en Irak sont les forces principales menant l’insurrection en Syrie et donc que les conséquences d’un tel fait seraient de «créer les conditions idéales pour qu’al-Qaida en Irak retourne à ses racines à Mossoul et Ramadi. »

Mossoul a été prise par EI en juin 2014 et Ramadi vient de tomber cette semaine.

Ces derniers mois, on a vu l’Occident et ses alliés régionaux intensifier fortement leur aide aux escadrons de la mort anti-chiites. En mars, l’Arabie saoudite a commencé à bombarder le Yémen à la suite des avancées des rebelles Houthis (chiites) dans ce pays. Les Houthis, la seule force digne de ce nom à combattre al- Qaida dans ce pays, leur avaient repris des points stratégiques et les menaçaient dans leurs derniers retranchements. C’est alors que les Saoudiens ont commencé leur bombardements, avec l’assentiment américain et anglais. Naturellement, et sans surprise, al-Qaida en a été le principal bénéficiaire, a pu respirer un peu et même reprendre certains territoires perdus comme l’important port de Mukulla, moins d’une semaine après le début des bombardements saoudiens.

Un combattant d’ISIS dans les ruines de Palmyre après la prise de contrôle de la ville

Al-Qaida a aussi marqué des points en Syrie, s’emparant, le mois dernier, de deux villes importantes dans la province d’Idlib, grâce au soutien militaire turc, qatari et saoudien. Parallèlement, la Grande-Bretagne menait la danse pour pousser à une nouvelle intervention militaire en Libye, sous le prétexte d’une «guerre contre la contrebande» qui, comme je l’ai déjà argumenté, finira par renforcer les groupes les plus vicieux impliqués dans ce trafic, c’est-à-dire EI et al-Qaida.

Pourquoi donc cette soudaine impatience de la part de l’Occident et ses alliés de renforcer son aide à al-Qaida/EI ?

A cause de la répulsion grandissante face aux activités de ces escadrons de la mort. Ne correspondant plus à l’image de vaillants résistants contre l’oppression de la dictature Assad tels qu’ils étaient décrits en 2011, leur rôle de troupes de choc dans la stratégie du divise et ruiner ne promettant plus que violence et nettoyage ethnique, était devenu de plus en plus visible. De plus, la période entre mi 2013 et mi 2014 avait été témoin d’un reflux significatif de l’avantage tactique de ces groupes.

Reflux qui a commencé en juillet 2013 avec le renversement du président égyptien Mohamed Morsi à la suite de craintes qu’il n’envoie l’armée égyptienne pour aider la rébellion syrienne. Le nouveau président égyptien a mis un terme non seulement à cette éventualité mais aussi au flux de mercenaires égyptiens vers la Syrie. L’Occident espérait intervenir dans la foulée en effectuant des raids aériens contre le gouvernement syrien, mais les tentatives de s’assurer l’accord iranien et russe n’a mené à rien et ils ont été forcés d’y renoncer.

Puis vint la chute d’Homs en mai 2014 lorsque le gouvernement syrien reprit une place forte des mains des rebelles. Les choses tournaient donc à l’avantage du gouvernement syrien. C’est alors qu’EI entra en scène et avec lui le bon prétexte pour les raids aériens qui n’avaient pu se faire l’année précédente.

Pendant ce temps, en Libye, le parti des escadrons de la mort avait perdu les élections pour la chambre des députés de juin 2014. Leur refus d’accepter cet échec entraina un nouveau chapitre dans le désastre de la Libye post-Kadhafi car ils mirent en place un pseudo gouvernement rival à Tripoli et lancèrent une guerre contre le parlement légitime. Pourtant, en conséquence du massacre d’Égyptiens par EI en Libye, l’Égypte apporta son soutien aérien au gouvernement légitime. Elle envisage même un soutien terrestre.

Perdant du terrain au Yémen, en Libye, en Égypte et en Syrie, toute la stratégie occidentale d’utilisation de salafistes armés comme outil de déstabilisation commençait à perdre de son efficacité. Dieu merci, certaines personnes à certains postes continuent à faire des plans, ceux de EI.

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone

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Pourquoi tolère-t-on le vandalisme de Daech ? Palmyre, Ninive … Daech et la légende de Gilgamesh.

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #L'OTAN., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La guerre

Pourquoi tolère-t-on le vandalisme de Daech ?

Ce vandalo-daechisme a commencé en fait avec le musée de Bagdad et le site de Babylone en 2003 que les USA avaient sur leurs listes fournies par l'UNESCO juste avant leur agression. ...Ils sont entrés dans la ville, ont protégé le ministère du pétrole mais ont laissé entrer au musée des vandales qui ont détruit quelques oeuvres pour la télé et pillé les autres ...qui se sont retrouvées sur le marché noir mondial des antiquités. Même chose ensuite en Libye puis en Irak, au Mali et en Syrie avec Daech et les autres abrutis hypocrites. Daech détruit les pays de vieille culture au profit des nouveaux riches parvenus américano-saoudites, il vandalise quelques oeuvres pour la télé et les films d'horreur, et écoule sur le marché noir mondial à prix cassé, les autres antiquités et le pétrole.

Privatisation des antiquités pour le marché mondialisé avec concurrence libre et non faussée i Daech et les autres tueurs néo-islamistes décervelés, c'est la franchise des USA et d'USraël dans la région arabe. En un jour Gaza a été plus bombardée que Daech en un an ! Alors l'hypocrisie a assez duré ! Daech, c'est USA/USraël/OTAN ! ...Il est vrai les Saoud mis au pouvoir par les Anglais avaient déjà commencé en détruisant le patrimoine historique de La Mecque et Médine...et maintenant en bombardant les vieilles mosquées datant de la période prophétique et les mausolées du Yemen.

Palmyre, Ninive … Daech et la légende de Gilgamesh

 

par Ahmad Ben Saada (Universitaire-Canada),

avec l’aimable autorisation de l’auteur et de la revue Afrique Asie (afrique-asie.fr)

La prise de la ville antique de Palmyre (Syrie), le 21 mai 2015, par l’État "islamique" trois mois après la destruction des vestiges de la cité biblique de Ninive (Irak) pose le problème de la conformité de la stratégie de Daech avec les prescriptions religieuses musulmanes notamment en ce qui concerne le legs ante-islamique.

Retour sur cette question avec l’universitaire algérien Ahmad Ben Saada (Canada)

 

La démolition n’est que l’apanage des déprédateurs, des faibles et des insignifiants.

Les compagnons du prophète appréciaient se reposer sous l’ombre des monuments pharaoniques.

«Je remercie Allah de m’avoir créé aveugle de sorte que je ne vois pas vos horribles faces.» Taha Hussein

À force de chercher l’immortalité, Gilgamesh trouva finalement la sagesse.

 

Elle est longue, la liste des dignitaires musulmans, religieux ou politiques, qui, tout au long de l’Histoire, ont contribué à découvrir et sauvegarder les trésors des cultures préislamiques, patrimoine de l’humanité. En les détruisant, les "djihadistes" détruisent leur propre identité. «Je vais présenter au monde celui qui a tout vu/ Connu la terre entière, pénétré toutes choses/ Et partout exploré tout ce qui est caché» Épopée de Gilgamesh.

 

Selon la légende, Gilgamesh était un roi terrible, sanguinaire et cruel. Mû par le désir de se mesurer au monde entier, il était impitoyable pour ses adversaires. Ce sadique souverain n’était qu’un vil tyran qui prenait plaisir à opprimer son peuple au point d’abuser de toute nouvelle mariée la nuit de ses noces. Se voulant l’égal des Dieux, Gilgamesh a longtemps poursuivi sa quête vers l’immortalité, mais en vain…

Cette histoire, «aussi vraie que le ciel est peuplé d’oiseaux et que la mer de poissons» (1), nous est parvenue par-delà les âges, sans prendre une seule ride. La plus vieille œuvre littéraire de tous les temps, gravée en caractères cunéiformes sur une douzaine de tablettes en argile.

Ce joyau de la littérature assyrienne et humaine qui date, selon les spécialistes, du XVIIIe siècle av. J.-C., fut découvert en 1853 au milieu d’une collection de près de 25.000 tablettes d’argile qui constituait la bibliothèque du roi Assurbanipal (VII siècle av. JC) .

La découverte a été réalisée lors de fouilles dirigées par Hormuzd Rassam, le plus célèbre des archéologue irakien, sur le site de l’antique Ninive, dans la banlieue de l’actuelle Mossoul. C’est d’ailleurs dans cette ville du nord de l’Irak qu’est né Rassam, dans une famille chrétienne de père irakien (né à Mossoul) et de mère syrienne (née à Alep). Avec une telle ascendance, Rassam aurait été un parfait citoyen de Daech (acronyme de «Dawla Islamiya fil Iraq wa bilad as Cham») ou, en français, l’État islamique en Irak et au Levant, le Levant (ou Cham) correspondant à l’historique «Grande Syrie». Pour autant, cependant, que les bourreaux de Daech lui aient laissé la vie sauve, car il aurait été certainement doublement jugé pour hérésie: de par sa confession chrétienne et, surtout, pour sa passion envers Ishtar, déesse assyrienne.

Les différentes fouilles menées par Hormuzd Rassam ont permis de mettre au jour plusieurs autres trésors du génie humain, dont le célèbre Cylindre de Cyrus (539 av. J.-C.) qui est considéré comme la «première charte des droits de l’homme». En 1971, ce document gravé sur un cylindre d’argile a été traduit par l’ONU en chacune de ses six langues officielles (2).

Rassam a été initié à l’assyriologie par l’illustre archéologue anglais Austen Henry Layard dont les importantes recherches à Ninive furent consignées dans Les Ruines de Ninive (Nineveh and its Remains, 1849), un vrai best-seller en son époque. Notons que ce grand cunéiformiste a fait ressurgir de la nuit des temps Nimrud (l’antique Kalhu), ville située à une trentaine de kilomètres de Mossoul.

En plus d’inestimables trésors archéologiques, Layard y découvrit la plus ancienne lentille optique jamais fabriquée de main d’homme. Cette lentille datant d’environ 3.000 ans fut examinée par l’éminent physicien écossais David Brewster. Après une minutieuse analyse, le physicien en donna une description détaillée et déclara que l’objet devait être considéré «comme destiné à être utilisé comme une lentille soit pour grossir ou pour concentrer les rayons du soleil». (3)

Que penser alors des actes barbares et «culturicides» de Daech et ses nervis? Peut-on réellement imaginer la construction d’un quelconque «État» sur les décombres des vestiges archéologiques de son propre peuple? Ou en coupant des têtes humaines et en brisant celles en pierre? Ceux-là mêmes qui veulent faire disparaître l’immense culture assyrienne ne se comportent-ils pas pire que le sanguinaire Gilgamesh?

La démolition au bulldozer du site de Nimrud ou à la massue des sculptures du musée de Mossoul est plus qu’un signe d’inculture: c’est la manifestation d’une vision rétrograde de l’être humain et de sa formidable créativité. Il faut se le dire: contrairement à l’édification, la démolition n’est que l’apanage des déprédateurs, des faibles et des insignifiants. Cette folie destructrice qui défie le bon sens est d’autant plus choquante qu’elle se déroule au cœur du croissant fertile, berceau de la civilisation humaine. Tout proche de cette ville de Mossoul d’où étaient importés vers l’Europe ces riches tissus de soie et d’or auxquels Marco Polo donna le nom de «mousseline» (originaire de Mossoul) [4].

Mossoul où est né l’immense Ziryab (789-857), un des fondateurs de la musique arabo-andalouse qui, tout jeune, émerveilla le calife abbasside Haroun al-Rachid. Vers 822, sous le règne de son fils le calife Al-Mamoun (786-833), Ziryab se rendit à Cordoue (Andalousie) où il fut accueilli avec honneur par l’émir Abderrahmane II (792-852).

Il y créa le premier conservatoire de musique d’Europe, révolutionna le chant, la musique ainsi que la mode, le raffinement et les bonnes manières, contribuant de manière incontestable à l’essor sans précédent de la civilisation arabo-musulmane dans le monde (5). De qui donc tiennent ces gens qui se sont installés à Mossoul et qui ont poussé l’offense jusqu’à dynamiter la mosquée du prophète Younes (AS), où se trouve la tombe de ce prophète connu de tous les gens du Livre (6)?

Nombre d’observateurs relient avec raison ces destructions avec celle des bouddhas de Bamiyan perpétrée en 2001 par les talibans afghans, ou celle des mausolées musulmans rasés en 2012 à Tombouctou (Mali) par le mouvement "djihadiste" Ansar Eddine (7).

Et cela aurait pu être pire. En 2012, sous l’administration du président Morsi issu de la confrérie des Frères musulmans, Morjan Salem al-Johary, un leader islamiste égyptien, avait demandé «la destruction du Sphinx et des pyramides de Giza» (8). Et des questions se posent: pourquoi les vestiges archéologiques pharaoniques sont-ils encore actuellement debout, alors que l’Égypte est islamisée depuis le VIIe siècle? Comment se fait-il que tous les dirigeants musulmans qui se sont succédés à la tête de l’Égypte, à commencer par Amr ibn al-As, son premier gouverneur, aient préservé cet inestimable patrimoine de l’humanité? Pour Al-Johary (et probablement pour tous les "djihadistes"), la réponse est simple: les vestiges étaient pratiquement couverts de sable et, à l’époque, il n’existait pas de moyens de destruction efficaces (sic!).

Ce qui est pratiquement faux dans la mesure où même si certains vestiges étaient enfouis sous le sable, les plus imposants ont toujours été visibles, même partiellement. D’ailleurs, les premières fouilles des pyramides sont attribuées au calife Al-Mamoun dont les ouvriers réussissent à pratiquer, en 820, la première ouverture de la grande pyramide de Khéops encore utilisée de nos jours (9). Ajoutons à cela que l’historien, médecin et philosophe arabe Abd al-Latif al-Baghdadi (1162-1321) fit une description détaillée des vestiges pharaoniques. Dans son ouvrage Relation de l’Égypte, considéré comme une des premières œuvres d’égyptologie, il donna moult détails sur la tête du Sphinx, son corps étant à l’époque enseveli sous le sable (10).

Okasha el-Daly, professeur d’archéologie à l’University College de Londres, précise au sujet d’Abd al-Latif qu’il était bien conscient de la valeur de monuments anciens pour étudier le passé et qu’il exprima son admiration à l’égard des dirigeants musulmans pour la préservation et la protection des artefacts et des monuments préislamiques
(11).

De son côté, l’historien égyptien Ahmed al-Makrizi (1364-1442) explique que la mutilation visible actuellement sur le visage du Sphinx est due à un fanatique soufi du nom de Mohammed Saim al-Dahr. Cet incident a été daté par Al-Makrizi vers 780 de l’hégire, c’est-à-dire entre le 30 avril 1378 et le 18 avril 1379 (12). Selon un récit rapporté par l’historien et islamologue allemand Ulrich Haarmann, Al-Dahr fut lynché par les habitants des environs, courroucés par son acte sordide. Ils l’enterrèrent par la suite près du monument qu’il avait saccagé (13).
Cette histoire confirme que non seulement il était possible de détruire les vestiges archéologiques, mais aussi que la population locale ne permettait pas qu’on vandalise impunément ce patrimoine historique.

En plus d’Abd al-Latif et Al-Makrizi, d’autres historiens arabes se sont intéressés aux trésors de l’archéologie égyptienne et en ont donné des descriptions détaillées, non sans une pointe d’émerveillement. Citons, par exemple, Al-Idrissi (mort en 1251) qui a étudié les pyramides de manière systématique et qui a minutieusement décrit l’intérieur de la grande pyramide quatre siècles avant l’astronome anglais John Greaves (1602-1652), qui ne la présenta à l’Occident qu’en 1646, dans son célèbre livre Pyramidographia (14). Et pour contredire les illuminés de Datcha, les dynamiteurs talibans, les démolisseurs d’Ansar Eddine et les "djihadistes" de l’engeance d’Al-Johary, Al-Idrisi mentionna que non seulement les Sahabas (compagnons du prophète Mohamed – SAWS) ne se sont pas attaqués aux monuments pharaoniques, mais qu’ils appréciaient se reposer sous leurs ombres (15).

Il faut reconnaître aussi qu’à travers les siècles, l’ombre des pyramides n’a pas corrompu l’islamité de l’Égypte, bien au contraire. Le «don du Nil» compte actuellement des milliers de mosquées et, surtout, la plus prestigieuse des institutions académiques dédiées aux sciences islamiques du monde, l’université Al-Azhar du Caire (fondée au Xe siècle).

Parmi les innombrables et éminentes personnalités formées par cette vénérable institution, il est intéressant de citer le «doyen de la littérature arabe», Taha Hussein. Aveugle dès son plus jeune âge, il est considéré comme un des plus importants intellectuel arabe du XXe siècle. Après avoir été écarté de son poste comme doyen de la faculté des lettres de l’université du Caire, il y revint en 1936 porté triomphalement à son bureau par des étudiants nationalistes.

Opposés à son retour, des étudiants islamistes scandèrent des slogans belliqueux, le traitant de «doyen aveugle». Il leur répondit: «Je remercie Allah de m’avoir créé aveugle de sorte que je ne vois pas vos horribles faces» (16).

En février 2013, le mémorial de Taha Hussein fut vandalisé dans la ville d’Al-Minya, et son buste a été arraché de son socle. Le forfait a été naturellement attribué aux islamistes égyptiens auprès de qui il n’a jamais été en odeur de sainteté, même de nos jours (17). Après s’être mesuré à toutes les forces de la nature, Gilgamesh se rendit à l’évidence de son inéluctable mortalité. Lui qui se voulait l’égal des dieux comprit que, pour atteindre la gloire éternelle, il fallait réaliser de grandes œuvres humaines. Ainsi, à force de chercher l’immortalité, Gilgamesh trouva finalement la sagesse.

Il est clair qu’aucun mémorial ne sera jamais érigé à la mémoire des coupeurs de têtes et des fossoyeurs de l’Histoire comme Daech et consorts, car, contrairement à Gilgamesh à la fin de son périple, ils se sont cantonnés dans des recoins de l’humanité, trop éloignés de la sagesse, de la vérité et de la sapience.

Leur seule contribution sera probablement de remplacer le mot «vandalisme» par «daechisme». Il va sans dire que le «daechisme» n’a pas pu apparaître et se développer comme une tumeur maligne à croissance fulgurante sans le soutien, l’aide et la connivence des pays occidentaux et arabes, ainsi que ceux voisins de la Syrie et de l’Irak.

Mais ça, c’est une autre histoire…

A propos
  • Ahmed Bensaada, Docteur en physique, enseignant et essayiste, est l’auteur de « Arabesque américaine: le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe » (2011), et coauteur de « La face cachée des révolutions arabes » (2012). Lauréat du prix du Premier Ministre du Canada pour l’excellence dans l’enseignement, il est aussi auteur et coauteur de nombreux ouvrages pédagogiques pour l’enseignement des sciences.
Références
  1. Jean Massin, Don Juan, Éd. Complexe, Bruxelles (1993), p. 85.
  2. Jacques Poulain, Hans-Jörg Sandkühler, Fathi Triki, Justice, droit et justification: perspectives transculturelles, Éd. Peter Lang (2010), p.146.
  3. Sir Austen Henry Layard, Discoveries Among the Ruins of Nineveh and Babylon, Éd. Harper & brothers (1871), p.167.
  4. Philippe Menard, Marco Polo. Le Devisement du monde, Tome 1, Librairie Droz (2001), p.197.
  5. FSTC «Limited, Ziryab, the Musician, Astronomer, Fashion Designer and Gastronome, Muslim Heritage», http://www.muslimheritage.com/article/ziryab-musician-astronomer-fashion-designer-and-gastronome.
  6. Nasma Réda, «Le Patrimoine irakien crie au secours», Al-Ahram Hebdo, 13 août 2014, http://hebdo.ahram.org.eg/NewsContent/1037/32/97/6601/Le-patrimoine-iraqien-crie-au-secours.aspx.
  7. Le Monde, «Mali: les islamistes rasent trois mausolées près de Tombouctou», 18 octobre 2012. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/10/18/mali-nouvelle-destruction-de-mausolees-par-les-islamistes-a-tombouctou_1777726_3212.html
  8. Cavan Sieczkowski, «Murgan Salem al-Gohary, Egyptian Jihadist, Wants Pyramids and Sphinx Destroyed», The Huffington Post, 13 novembre 2012, http://www.huffingtonpost.com/2012/11/13/pyramids-sphinx-destruction-murgan-salem-al-gohary-egyptian-jihadist_n_2121446.html?utm_hp_ref=religion.
  9. Giza Pyramid, «A Picture Tour of the Great Pyramid of Giza», http://www.gizapyramid.com/newtour2.htm.
  10. Abd al-Latif al-Baghdadi, Relation de l’Égypte, traduction française, Imprimerie impériale, Paris (1810), pp.179-180.
  11. Okasha el-Daly, Egyptology: The Missing Millennium: Ancient Egypt in Medieval Arabic Writings, Éd. Routledge (2004), p. 10.
  12. Al-Makrizi, Description topographique et historique de l’Égypte, traduction française, Éd. Ernest Leroux, Paris (1895), pp.352-353.
  13. Ulrich Haarmann, «Regional Sentiment in Medieval Islamic Egypt», The University of London’s Bulletin of the School of Oriental and African Studies (BSOAS), vol.43 (1980) p. 55-66, http://journals.cambridge.org/action/displayAbstract?fromPage=online&aid=4120372.
  14. Peter J. Ucko et T. C. Champion, The Wisdom of Egypt: Changing Visions Through the Ages, Éd. Cavendish, Londres (2003), pp. 44-45.
  15. Caleb Heart Iyer Elfenbein, Differentiating Islam: Colonialism, Sayyid Qutb, and Religious Transformation in Modern Egypt, Éd. ProQuest, Ann Harbor (2008), p.126.
  16. Djaber Asfour, «Un feuilleton qui mérite le respect (2)», Al-Ahram, 19 septembre 2011, http://digital.ahram.org.eg/articles.aspx?Serial=639076&eid=444.
  17. Nevine El-Aref, «Is nothing sacred now?», Al-Ahram Weekly, 21 février 2013, http://weekly.ahram.org.eg/News/1533/17/Is-nothing-sacred-now-.aspx.
Version en espagnol

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Pour aller plus loin
Illustration

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Temple_of_Bel,_Palmyra_15.jpg

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Une résidente de Donetsk se souvient : ce fut le dernier jour de la paix

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #le nazisme, #La guerre, #La paix

Une résidente de Donetsk se souvient : ce fut le dernier jour de la paix

Une résidente de Donetsk se souvient : ce fut le dernier jour de la paix

La journée du 25 mai prenait sa fin. Minuit allait bientôt tomber.

Il y a un an ce fut le dernier jour de la paix à Donetsk.

Quelque part loin de nous se tenaient des élections du président de l’Ukraine, tandis que dans notre bel aéroport tout neuf des avions décollaient et atterrissaient suivant les horaires… pour la dernière fois …

Le dernier jour de la paix. Demain… demain ce fut la guerre.

A midi, des avions de chasse et des hélicoptères se sont envolé pour attaquer la ville. Ma sœur a téléphoné depuis Smolianka en hurlant dans le combiné et j’écrivais sur Facebook d’après ses paroles que depuis sa cour elle voyait que les avions larguaient quelque chose… Je demandais ici ce que cela pouvait être…

Nous n’avons pas encore compris, cela ne nous ai même pas venu à l’esprit qu’ils étaient en train… de nous pilonner.

L’aéroport était en feu après l’énième pilonnage, ils tiraient à la volée sur le pont qui menait vers lui, et ceux qui allaient à l’aéroport ou en venaient, se sont trouvés pris dans des pilonnages.

Avaient-ils compris en mourant ce qui leur arrivait ?

Je l’ignore…

Quelque part dans un quartier pavillonnaire entre l’aéroport et le chemin de fer, un gamin qui était en train de jouer avec sa maman dans la cour tombait blessé par un fragment d’une roquette. Qu’est-ce que sa mère a cru à ce moment là.

Je l’ignore…

A la gare, sur la place située devant, des gens tomaient morts, criaient des blessés, d’autres les aidaient, les trainaient, les couvraient… Tout le monde autour criait et pleurait.
Mais personne ne se mettait à l’abri… Pourquoi ils ne le faisaient pas ? Pourquoi ?…

Je l’ignore…

Tout cela nous est tombé dessus brusquement, comme un ouragan …

Tandis que la nuit, à travers des fenêtres ouvertes, une odeur asphyxiante de brûlé pénétrait dans nos maisons. Ce n’est qu’au matin que nous apprenions que l’aile entière du Palais de glace “Droujba” a brulé…

C’est ainsi que la guerre est venue à Donetsk. Le 26 mai 2014 à midi.

Je ne l’oublierai jamais.

Jamais.

Svetlana Saf, Pravda de Donetsk

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Ukraine, répressions politiques. L'histoire de Rouslan Kotsaba

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Les média

Ukraine, répressions politiques.
Ruslan Kotsaba est un journaliste ukrainien de la chaîne publique de télévision Kanal 112. \NIl est originaire de Ivano-Frankivsk à 130 km au sud-est de Lviv,.\N C'était le premier journaliste ukrainien à se rendre dans le Donbass pour voir de ses propres yeux ce qui s'y passait. Fin janvier, suite à l'annonce par le gouvernement de la n-ième vague de mobilisation, il s'insurge et lance un appel aux ukrainiens.\N Rouslan Kotsaba est arrêté par le SBU le 7 février à Ivano-Frankivsk, après avoir publié une vidéo décrivant la « guerre civile fratricide du Donbass ». Il est immédiatement placé en détention.\NFormellement inculpé le 31 mars de « haute trahison », il encourt jusqu'à 15 ans de réclusion. Il est également poursuivi pour « entrave aux activités légitimes des forces armées », un chef d'inculpation qui peut lui valoir jusqu'à huit ans de prison . Amnesty International a réclamé sa libération immédiate et inconditionnelle, et considère le traitement dont il fait l'objet comme une restriction éhontée à la liberté d'expression.
Lien vers Amnesty International: http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Lutte-contre-impunite/Actualites/Ukraine-mener-des-enquetes-serieuses-suite-des-morts-suspectes-14938
Toute la playliste sur la crise ukrainienne: https://www.youtube.com/playlist?list=PL6yMwPPOK8Wxjv09CjarCaJ4R1022DaUg
celle de Vincent Parlier: https://www.youtube.com/playlist?list=PL1fQfU9jb9Uz66X5ThA5upF_FJxoEmqYP
Dossier Ukraine sur les-crise.fr: http://www.les-crises.fr/ukraine/

Ukraine, répressions politiques. L'histoire de Rouslan Kotsaba

Ruslan Kotsaba est un journaliste ukrainien de la chaîne publique de télévision Kanal 112. \NIl est ...

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L’UE se prépare à abandonner l’Ukraine. Par Alexander Mercouris

27 Mai 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Economie, #Ukraine, #La République, #La Russie, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme

L’UE se prépare à abandonner l’Ukraine

Par Alexander Mercouris le 26 mai 2015

Le Kremlin révèle des détails sur des négociations de haut niveau avec l’Union européenne, qui transformeraient radicalement l’Accord d’association, mettant fin à toute perspective d’intégration de l’Ukraine à l’Ouest et à l’UE.

Le site internet du président russe Vladimir Poutine fournit des détails passionnants sur une réunion au sommet du gouvernement qui a eu lieu au Kremlin le 20 mai 2015.

La réunion a traité d’un large éventail de questions économiques, mais je m’attacherai ici à l’une d’elles en particulier, qui est ce que le compte rendu nous dit de l’état des négociations tripartites de la Russie avec l’UE et l’Ukraine sur l’Accord d’association de l’Ukraine avec l’UE, et sur ce que ces négociations nous disent de la force ou non de l’engagement de l’UE à l’égard de l’Ukraine.Le site internet du président russe Vladimir Poutine fournit des détails passionnants sur une réunion au sommet du gouvernement qui a eu lieu au Kremlin le 20 mai 2015.

Il ressort du rapport que l’engagement de l’UE à l’égard de l’Ukraine faiblit et qu’elle pourrait se préparer à conclure son aventure ukrainienne.

C’est évidemment ce que les résultats des entretiens de Poutine avec Merkel en février et avec Kerry ce mois suggèrent aussi. Le rapport sur le site de Poutine en offre toutefois la première confirmation écrite par une source officielle – quoique russe.

J’ai analysé l’Accord d’association en détail dans un article rédigé plus tôt ce mois pour Russia Insider (voir How the EU Association Agreement Makes Existing Ukraine-Russia Trade Links Impossible, Russia Insider, 4 mai 2015).

Dans cet article, j’expliquais que, contrairement à ce que pense la plupart des gens, l’Accord d’association n’est pas un simple accord de libre-échange entre l’Ukraine et l’UE (même s’il s’intitule lui-même comme tel), mais que c’est en réalité un dispositif pour faire de l’Ukraine une partie de l’Espace économique européen et du Marché unique européen soumise à la réglementation de la bureaucratie européenne de Bruxelles et à la juridiction de la Cour européenne de justice au Luxembourg.

J’expliquais aussi dans cet article que ces arrangements étaient totalement incompatibles avec le maintien des relations économiques et commerciales de l’Ukraine avec la Russie.

Bien que je ne sois pas entré dans les détails des intentions géopolitiques qui sous-tendent l’Accord d’association, ses termes les rendent assez évidents – détacher l’Ukraine de la Russie et l’intégrer à l’Ouest.

Au moment où j’ai écrit cet article, il est apparu que les négociations tripartites entre la Russie, l’Ukraine et l’Union européenne étaient dans l’impasse et ne menaient nulle part. Les Ukrainiens et les Européens refusaient catégoriquement tout amendement au texte de l’Accord d’association, tandis que – pour de bonnes raisons, que j’expliquais dans l’article – les Russes insistaient que c’était là la moindre des choses.

Il semble maintenant, pour autant qu’on puisse se fier au rapport fait à Poutine lors de la réunion du 20 mai 2015 par le ministre de l’Economie Ulyukaev, qu’une percée a eu lieu et que les Européens ont finalement accepté de prendre en compte les amendements au texte de l’Accord d’association, comme les Russes l’ont toujours demandé.

Ulyukaev a rapporté cette percée à Poutine dans les termes suivants:

« Avant tout, plus de la moitié de la période de répit de quinze mois que nous avons acceptée est passée et, malheureusement, ce temps n’a pas été utilisé de manière très productive. Mais il y a eu une réunion d’experts à la fin avril, et avant-hier, j’ai rencontré le Commissaire européen au commerce et le ministre ukrainien des Affaires étrangères. […]

» Dans l’ensemble, notre approche a rencontré la compréhension de nos collègues européens et ukrainiens. Nous avons convenu que les experts commenceraient à travailler en groupes pour préparer des documents, d’ici la fin juillet, dont le statut sera clarifié plus tard.

» Les documents pourraient prendre la forme de protocoles pour l’accord Ukraine-UE, ou ils pourraient constituer un accord séparé qui deviendrait un paquet unique avec l’accord [UE-Ukraine] et entrerait en vigueur en même temps que lui.

» Une fois ce travail terminé à la fin juillet, nous devrons prendre une décision importante, à savoir si cet ensemble de documents nous convient ou si nous avons besoin de prendre d’autres décisions. »

Je dois expliquer que les protocoles sont des documents annexés à un traité ou à un document légal et qui font ensuite partie de ce texte. Ils ont le même poids que le document auquel ils sont annexés.

Les Accords de Minsk du 6 septembre 2014 en offrent un bon exemple : techniquement parlant, c’était un document attaché au plan de paix que le président ukrainien Porochenko avait précédemment annoncé en juin 2014, et qu’il a substantiellement amendé. C’est aussi le cas du Procotole secret du Traité de non-agression germano-soviétique de 1939, qui définissait clairement des détails importants de la non-agression n’apparaissant pas dans le texte publié et que j’ai analysé récemment en détail dans un autre article.

L’alternative dont parle Ulyukaev est tout aussi radicale – un traité séparé ou « un accord qui constituerait un paquet unique avec l’accord [UE-Ukraine] et entrerait en vigueur en même temps que lui ».

En d’autres termes, l’Accord d’association deviendrait un élément d’un ensemble d’accords, chacun d’égale importance, et chacun interprété en référence aux termes des autres.

Indépendamment de l’option adoptée, Ulyukaev met en évidence que l’intention est de conférer un statut légal contraignant aux changements dans le texte de l’Accord d’association. A ce propos, Ulyukaev est sans équivoque :

« Soit nous avons été effectivement entendus et nous obtiendrons des documents contraignants juridiquement qui nous donnent satisfaction, soit nous serons contraints d’agir conformément à la Résolution gouvernementale 959 [la résolution du gouvernement russe qui permet l’annulation de l’accord de libre-échange de la Russie avec l’Ukraine – Note de l’auteur]. »

Quant aux modifications effectives de l’Accord d’association que la Russie propose, Ulyukaev les a détaillés de la manière suivante :

« La première concerne la régulation tarifaire de biens de nature sensible pour notre économie. Nous proposons d’instaurer des périodes de transition avant que les tarifs pour ces marchandises soient libéralisés conformément à l’Accord d’association UE-Ukraine.

» La seconde est l’administration des douanes et l’organisation des importants moyens électroniques de documentation et d’information, et l’identification du pays d’origine des marchandises, de manière à faire bon usage du régime préférentiel et d’en exclure les marchandises provenant de pays tiers.

» Il y a aussi la question de la réglementation technique. Ici, nous estimons juste de maintenir la possibilité, pour les sociétés ukrainiennes, de choisir entre les normes européennes et les normes en vigueur dans les accords de la CEI. Le contrôle sanitaire et phytosanitaire est une autre question.

» Une autre question encore est l’inclusion de l’Ukraine dans le système de certification électronique dans le fonctionnement de l’Union économique eurasiatique, de manière à pouvoir être certains de l’authenticité de l’information pertinente. Nous voulons maintenir le système de certification actuel, de manière à ce que les entreprises n’aient pas à faire des dépenses supplémentaires en temps et en argent pour refaire toutes leurs certifications.

» Dans le secteur de l’énergie, nous voulons préserver le fonctionnement parallèle des systèmes énergétiques unifiés de Russie et d’Ukraine, pour ne pas avoir à mettre en ligne des réserve d’énergie et des capacités de réseau nouvelles ».

Ces propositions, si elles sont adoptée, annuleraient en effet l’Accord d’association tel qu’il existe aujourd’hui.

Au lieu d’une adoption intégrale et contraignante par l’Ukraine des acquis [en français dans le texte, NdT], c’est à dire le corps de la législation européenne administrée par la Cour européenne de justice, les entreprises ukrainiennes seraient libres de choisir d’adopter les normes européennes (c’est-à-dire lesacquis) ou de conserver les normes russes.

Etant donné que la Russie est le plus grand marché pour les biens industriels ukrainiens, il est probable que la majorité des industries ukrainiennes choisiraient de s’en tenir aux normes russes.

Au lieu de la libre circulation transfrontalière des marchandises entre l’UE et l’Ukraine prévue par l’Accord d’association – qui est un principe fondamental du Marché unique européen – certains types de marchandises ukrainiennes, que la Russie considère comme stratégiquement importantes pour elle, continueraient à être protégées de la concurrence de l’UE sur le marché ukrainien pour accéder librement au marché russe, comme elles le font maintenant.

Le système de surveillance électronique actuel serait préservé pour permettre à la Russie de suivre la circulation des marchandises à l’intérieur de l’Ukraine, de manière à se prémunir d’importations non désirées en provenance de l’UE.

Le système énergétique de l’Ukraine resterait unifié avec celui de la Russie. Bien que Ulyukaev ne l’ait pas exposé en détail, il semble probable que cela signifie un certain degré de contrôle russe sur le réseau de pipelines ukrainiens et de l’industrie de production et d’approvisionnement d’électricité.

Ces propositions doivent être considérées conjointement avec les propositions politiques, qui vont tout aussi loin, d’une large autonomie des deux Républiques populaires au sein de l’Ukraine, propositions qui ont été récemment publiées et dont j’ai parlé il y a peu (Ukraine : une solution confédérale à l’horizon Russia Insider, 14 mai 2015).

Prises ensemble, ces deux séries de propositions font ressortir plus clairement le type de solution au conflit ukrainien que les Russes envisagent actuellement.

Elle est en faveur d’une Ukraine amplement confédérale, dans laquelle les régions orientales se gouvernent principalement elles-mêmes tout en exerçant un certain degré de contrôle sur la politique extérieure et économique de l’Ukraine ; qui lui interdit à jamais de rejoindre l’Otan ou l’UE ; et qui reste étroitement intégrée économiquement à la Russie ; mais avec la possibilité, pour les gens et les entreprises dans les régions de l’Ukraine occidentale, de se rapprocher, dans une certaine mesure, plus étroitement de l’UE.

C’est un résultat totalement différent de celui envisagé par le mouvement du Maidan, qui vise une Ukraine unitaire, monoculturelle au sein de l’Otan et de l’UE et en permanence à distance de la Russie.

Puisque l’adoption de ces propositions russes marquerait l’échec final de la révolution du Maidan, le gouvernement ukrainien s’y opposera certainement farouchement.

Les propositions, toutefois, ne devraient pas être si inacceptables pour certains partisans du mouvement du Maidan en Ukraine occidentale.

Des informations récentes (Ukraine occidentale : prête pour la sécession ?, Russia Insider, 28 avril 2015) suggèrent que le sentiment sécessionniste va croissant. Si c’est le cas, alors il n’est pas difficile de voir comment ces propositions, si elles sont émises correctement, pourraient séduire le peuple des régions occidentales de l’Ukraine en leur offrant la paix avec une certaine connexion à l’UE, qui est ce qu’elles veulent.

Cependant, le fait le plus important qui se dégage des commentaires d’Ulyukaev est que les puissances occidentales deviennent subitement réceptives à ces propositions russes. Voici ce qu’il a dit :

« Monsieur le Président, vous pourriez dire qu’un sentiment d’optimisme prudent a émergé. La glace a commencé à fondre, dans le sens au moins qu’ils ont commencé à nous écouter et qu’ils écoutent vraiment ce que nous disons.

(Ensuite, Ulyukaev expose les propositions russes)

« Dans l’ensemble, notre approche a rencontré la compréhension de nos collègues européens et ukrainiens. Nous avons convenu que les experts commenceraient à travailler en groupes pour préparer des documents, d’ici à la fin juillet, dont le statut sera clarifié plus tard. »

Ce que dit Ulyukaev est qu’après avoir perdu huit mois à balayer de la main les propositions russes, les Européens ont subitement indiqué dans les dernières semaines qu’ils pourraient être prêts à les accepter, après tout.

Si c’est vraiment le cas, et si ce que dit Ulyukaev est vrai, alors c’est la meilleure preuve que les puissances occidentales ont en effet renoncé finalement à leur aventure ukrainienne et ont accepté que les objectifs géopolitiques grandioses qu’elles s’étaient fixés lorsqu’elles ont rédigé l’Accord d’association et soutenu le coup d’état du Maidan sont irréalisables et que le temps est venu de tirer un trait sur toute l’affaire.

Par Alexander Mercouris – Le 22 mai 2015 –

Publié par Russia Insider

Traduit par Diane

Source: http://lesakerfrancophone.net/lue-se-prepare-a-abandonner-lukraine/

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