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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

Ukraine : Mark Franchetti correspondant à Moscou pour le journal britannique Sunday Times, intervient à la télévision ukrainienne et apporte un témoignage sur les affrontements à l'est.

9 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale

Ukraine : Plusieurs mois après le coup d’Etat, l’Ukraine toujours le terrain de guerre de Washington contre la Russie.

Mark Franchetti correspondant à Moscou pour le journal britannique Sunday Times

http://openews.eu/ukraine-plusieurs-mois-apres-le-coup-detat-lukraine-toujours-le-terrain-de-guerre-de-washington-contre-la-russie/

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CrossTalk (fr) : La 3ème Guerre Mondiale a commencé ?

7 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La mondialisation, #Ukraine, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Europe supranationale

CrossTalk (fr) : La 3ème Guerre Mondiale a commencé ?

Ajoutée le 7 oct. 2014

#Emission du 6 Octobre 2014

Guerre civile en Syrie et en Ukraine, menace d'ISIS au Moyen-Orient, manifestations récentes à Hong Kong.

Les Nations-Unies ont peut-être empêché qu'une guerre n'éclate entre grandes puissances depuis la fin de la 2ème GM mais les Etats-Unis ont depuis quelques années pris la main sur le Conseil de Sécurité.

Ils veulent imposer au reste du monde leur gueguerre de flux financiers à coups de sanctions, d'attentats false flag, d'intimidations, de mensonges et de manipulations, de groupes terroristes financés par leurs soins, d'attaques bactériologiques on ne peut plus lâches (sans oublier évidemment leurs films de merde remplis d'acteurs juifs répugnants, leurs "valeurs" désolantes, leur pornographie destructrice et leur ignorance aussi abyssale qu'arrogante).

Invités: Rodney Shakespeare, Patrick Henningsen, et George Szamuely.

http://news360x.fr/crosstalk-fr-3eme-guerre-mondiale-commence/

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En fait, Philippe Val n’a jamais quitté Charlie Hebdo Comment et pourquoi Charb, directeur d’un hebdo « otanien », a dénoncé LGS aux flics. Par Maxime Vivas pour LGS.

6 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La gauche, #La guerre, #Les Antifafs., #La mondialisation, #L'OTAN., #Europe supranationale

28 juin 2014

En fait, Philippe Val n’a jamais quitté Charlie Hebdo

Comment et pourquoi Charb, directeur d’un hebdo « otanien », a dénoncé LGS aux flics

En fait, Philippe Val n’a jamais quitté Charlie Hebdo Comment et pourquoi Charb, directeur d’un hebdo « otanien », a dénoncé LGS aux flics. Par Maxime Vivas pour LGS.

Naguère, on l’aimait bien Charb et c’était réciproque (voir le dessin, plus bas). Il avait hérité de Philippe Val d’un hebdo perverti, mais il fallait lui laisser du temps. Il avait annoncé du changement. N’était-il pas un ami déclaré de Cuba ? C’est rare dans les médias. Il allait donc en finir avec le grand écart qui consiste à soutenir l’île des Caraïbes et à confier les pages « International » de Charlie Hebdo aux pires ennemis des peuples qui veulent se soustraire à l’Oncle Sam.
Mais, hélas…

Samedi 7 juin 2014, à la librairie de la fête de l’Huma-Toulouse, une demi-douzaine d’auteurs signaient leurs livres. Parmi eux, Charb (directeur de publication de Charlie Hebdo), Maxime Vivas et son fils aîné pour (entre autres) « Marine Le Pen amène le pire » (éditions Golias 2014, édité avec le soutien du GS).

En fait, Philippe Val n’a jamais quitté Charlie Hebdo Comment et pourquoi Charb, directeur d’un hebdo « otanien », a dénoncé LGS aux flics. Par Maxime Vivas pour LGS.

Charb devait débattre avec Pierre-Yves Bulteau, auteur de l’excellent « En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite » (les Editions de l’Atelier).

Maxime Vivas avait averti la libraire qu’il allait intervenir avec deux questions. L’une sur l’article (jamais démenti) de Charlie Hebdo le qualifiant, ainsi que Le Grand Soir et Viktor Dedaj d’antisémites-nazis (« bruns », diminutif de « Chemises brunes », cf. le ghetto de Varsovie) et l’autre sur le silence (cas unique dans les médias) de Charlie Hebdo sur la formation d’un gouvernement ukrainien comptant six néo-nazis et sur son autre silence relatif à l’incendie de la maison des syndicats à Odessa (LGS avait imaginé le dessin de une « Bal tragique à Odessa, 41 morts »). On finira par croire que Charlie Hebdo répugne à dénoncer l’accession de nostalgiques d’Hitler dans un gouvernement en Europe s’ils sont soutenus par les forces de l’OTAN.

En fait, Philippe Val n’a jamais quitté Charlie Hebdo Comment et pourquoi Charb, directeur d’un hebdo « otanien », a dénoncé LGS aux flics. Par Maxime Vivas pour LGS.

La libraire a fait promettre à notre administrateur de n’en rien faire. Par amitié pour elle et pour l’organisation invitante il a promis.
Il a donc passé la journée sans dire un mot à Charb, sans lui lancer un regard et sans aller à son débat. Bon, son fils l’avait un peu titillé en se présentant à lui comme « fils de brun, rouge-brun », mais rien de plus.

Le pacte de non-agression n’avait pas été signé par nos calomniateurs.
Un type qui vibrionnait autour de Charb n’a cessé de faire de la provoc. Il a commencé en venant piquer à Maxime Vivas, sans un mot, une carte de visite du Grand Soir qu’il avait devant lui à l’intention de ses lecteurs (et pas en libre-service). Le type l’a remise à Charb. Peu après, toujours sans un mot, le type revient en piquer une autre et il en enregistre ostensiblement les coordonnées dans son Iphone. Plus tard, de retour à sa place après être allé faire un tour, Maxime Vivas trouve le type assis sur sa chaise, tandis que sa veste, qu’il avait mise sur le dossier gisait en tapon deux mètres derrière. Il l’a ramassée et il est reparti. Pas de vagues, promesse tenue. Trop bien tenue, vous allez comprendre ça.

Où Charb dit le contraire de ce qu’écrit Charlie Hebdo
Avant le débat sur l’extrême droite, Charb avait eu l’occasion de constater que les Vivas jouaient sur leur terrain, à Toulouse, et qu’il risquait de se faire interpeller. Ils avaient en effet dans l’assistance des amis assez remontés contre le chef d’un journal qui voit des nazis au Grand Soir (et pas à Kiev). Charb avait eu beau confier à la Dépêche du Midi : « Je crois que le communisme est une solution à la crise. […] j’ai quasiment toujours voté communiste. », le public de la fête pouvait ne pas avoir appris la nouvelle, d’autant plus qu’il lit plutôt l’Humanité et Le Grand Soir.
Aussi, à la surprise générale, Charb lâcha en ouverture du débat, en dérisoire bouclier : « Il y a un excellent livre écrit par Maxime et Frédéric Vivas sur les Le Pen ». Textuel !
Devant 100/150 personnes, dont la plupart connaissaient les susnommés, Charb venait de dire le contraire de ce que 40 000 lecteurs, instruits par Charlie Hebdo, croient savoir de notre administrateur et donc du GS.

L’exhibition d’un pistolet armé
Ce n’est que plus tard que l’information suivante a fuité.
Quand, le samedi matin, la libraire est allée chercher Charb à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, il était accompagné de deux hommes : l’un d’eux a sorti un pistolet et il l’a armé. A la libraire apeurée qui s’étonnait, il a vertement répliqué : « Occupez-vous de faire votre travail, je fais le mien ».

Charb encadré par Dupond et Dupont
Les deux hommes étaient des agents de protection rapprochée (APR) affectés au service qui assure la sécurité des VIP (very important person) des affaires, de la politique, du show-business, du sport et des médias (ici, Charb).

En fait, Philippe Val n’a jamais quitté Charlie Hebdo Comment et pourquoi Charb, directeur d’un hebdo « otanien », a dénoncé LGS aux flics. Par Maxime Vivas pour LGS.

C’est l’un d’eux qui, dans la journée, est venu provoquer notre administrateur et qui, sur indication de Charb (comment aurait-il repéré Maxime Vivas comme terroriste potentiel, sinon ?) est venu chercher les coordonnées du GS pour les inscrire dans un fichier policier (entre deux noms d’intégristes barbus ?).
Quel fichier ? DCRI ? Section antiterroriste de la brigade criminelle et la BRDP (Brigade de Répression de la délinquance contre la personne) ? Service de protection des hautes personnalités (SPHP) ? Allez savoir…

Comment peut-on diriger Charlie Hebdo et avoir demandé ce fichage ? En passant naturellement, en douceur, à l’étape suivante, après nous avoir dénoncés mensongèrement aux flics de la pensée qui pullulent sur Internet et dont Charlie Hebdo (horreur ! ) est devenu un des commissariats.
« Le cul d’une juive fait-il vendre ? Hitler sympa, salut les youpins, ça gaze ? Un bicot lèche le cul d’un youpin » sont des couvertures de Charlie Hebdo, choisies avec l’imprimatur d’une équipe de potaches qui pratiquent pour d’autres la mise à l’Index en attendant l’autodafé.

Charb préfère Guéant (cette conscience) aux administrateurs du GS
En novembre 2011, après la publication d’un numéro spécial de caricatures de Mahomet, les locaux de Charlie Hebdo avaient été incendiés comme une vulgaire maison des syndicats d’Odessa (mais sans personne dedans). Charb fut menacé de mort. Claude Guéant, ami de la presse impertinente qui révolutionne les idées, ringardise les vieux monde et fait trembler le MEDEF (sauf quand Philippe Val participe à ses colloques), s’était rendu sur les lieux et avait décrété que Charb devait bénéficier d’une protection policière.
La suite a montré que le progressiste ministre-marchand-de-tableaux avait eu raison : un exalté n’a-t-il pas appelé sur Internet à la décapitation du dessinateur dont la culture politique égale (au moins) celle, philosophique, de Botul-BHL ? Par bonheur, la police a arrêté le taré.
Après Guéant, deux autres ministres de l’Intérieur se sont avisés que la France sans Charb serait aussi fade que le Moyen-Orient sans l’OTAN, que l’Ukraine sans agents de la CIA, que la NSA un soir de panne d’électricité, qu’un exemplaire de Charlie Hebdo sans dessins de terroristes arabes, qu’Ornella Guyet sans le balai de genêt qui lui permet de survoler la vérité sans l’effleurer.
Bref, il fallait sauver le soldat Charb, héritier de l’Esprit de mai 68 et de la Pensée de Cavanna. L’irrévérencieux et blasphématoire Charb n’est-il pas notre Salman Rushdie à nous ? Ses dessins du prophète sodomisé ou sodomisant ne sont-ils pas le pendant français des Versets Sataniques de l’écrivain britannique ?
En tout cas, il ne craint rien, ainsi qu’il l’a confié au site Harissa Com (4 octobre 2012) : « Je suis sous protection policière depuis un an, depuis l’affaire « Charia Hebdo ». C’est lourd au quotidien, surtout à Paris, d’être sans arrêt sous surveillance. Mais je n’ai pas peur des représailles. Je n’ai pas de gosses, pas de femme, pas de voiture, pas de crédit ».
Et d’ajouter à la manière de Gavroche ou du Che : « Ça fait sûrement un peu pompeux, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux ». Pompeux n’est pas le mot : Enfumeur conviendrait mieux car la phrase correcte serait : « … mais je préfère vivre debout, protégé par deux flics, que vivre à genoux ». N’importe qui en dirait autant et même un Afghan ou un Irakien, en remplaçant « à genoux » par « sous les bombes de l’OTAN ».

En fait, Philippe Val n’a jamais quitté Charlie Hebdo Comment et pourquoi Charb, directeur d’un hebdo « otanien », a dénoncé LGS aux flics. Par Maxime Vivas pour LGS.

D’après RTL, le gouvernement veut diminuer le nombre de personnalités bénéficiant de la protection rapprochée (une centaine) car, selon une étude de la Cour des comptes de 2010, le coût annuel est en moyenne de 71.879 euros par policier. Charb gaspille l’argent des impôts des administrateurs du GS en faisant croire au service de protection des hautes personnalités (SPHP) que, tant que LGS existera, le danger persistera pour quiconque porte des t-shirts rayés et dessine si bien (et si souvent) des étrons.

Cavanna, Reiser, Gébé, Choron sont bien morts
On aurait tort de croire qu’il s’agit ici d’une querelle personnelle, que l’anecdote est croustillante, mais que ça ne va pas plus loin. La vérité est que l’attaque initiale de Charlie Hebdo contre nous, la dénonciation du GS comme site dangereux qu’il urge de ficher, résultent d’un désaccord politique de fond et de notre soutien aux peuples en lutte. Contre qui ? Les USA, l’OTAN, Tsahal. La triplette qui sème les destructions et la mort.

Il est donc grand temps de dénoncer le tête-à-queue idéologique de Charlie Hebdo
- Charlie Hebdo roule pour l’OTAN (il en a approuvé toutes les guerres depuis deux décennies) et donc pour la politique de l’Empire.
- Charlie Hebdo est un relais des campagnes de désinformation sur l’Islam (avec des confusions volontaires quasi permanentes et récurrentes entre arabes, musulmans, terroristes).
- La rubrique internationale de cet hebdo est tenue par trois pro-impérialistes militants.
• L’un d’eux, (Eric Simon, calomniateur du GS) a confié un jour à un administrateur du GS : « les anti-impérialistes me font gerber ».
• Un autre (Gérard Biard, rédacteur en chef de l’International) s’est spécialisé dans les articles mensongers contre l’Amérique latine. Un exemple édifiant est ici : http://www.legrandsoir.info/quand-charlie-hebdo-chasse-avec-les-chiens...
• Le troisième (Jean-Yves Camus) spécialiste de l’extrême droite française et des groupes radicaux islamistes (sic) est un collaborateur de l’hebdomadaire Actualité juive et un habitué des conventions du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), ce qui est son droit, mais qui indique un parti-pris possible qu’il vaut mieux connaître. S’il écrivait dans Charlie Hebdo et dans un bulletin palestinien (hypothèse d’école dont le ridicule nous apparaît en l’émettant), il serait bon de le savoir aussi.

Le différend est politique
Nous avons, avec Charlie Hebdo, un contentieux de fond dans le combat en faveur de la vérité, de la déontologie journalistique, de la paix et des peuples.
C’est bien pourquoi, tout en se couvrant par un éloge péteux (devant une assistance réduite) d’un livre contre Marine le Pen co-écrit par un administrateur du GS (et cofinancé par LGS, répétons-le), Charb reste complice d’une tentative crapuleuse de déstabiliser notre site, de le décrédibiliser, de neutraliser une voix antifasciste, ce qui ouvrirait un nouveau boulevard à tous les va-t-en guerre, aux oppresseurs des peuples et aux fascistes. Voir, de Viktor Dedaj : « Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend ». ( http://www.legrandsoir.info/le-fascisme-reviendra-sous-couvert-d-antif...).

Le Grand Soir

En fait, Philippe Val n’a jamais quitté Charlie Hebdo Comment et pourquoi Charb, directeur d’un hebdo « otanien », a dénoncé LGS aux flics. Par Maxime Vivas pour LGS.
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Réflexions sur les limites de la liberté d’expression sur Internet Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend. Article de Viktor Dedaj pour LGS.

6 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La gauche, #Les Antifafs.

22 août 2012

Réflexions sur les limites de la liberté d’expression sur Internet

Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.

Réflexions sur les limites de la liberté d’expression sur Internet Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend. Article de Viktor Dedaj pour LGS.

Viktor DEDAJ

Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi tranquillement proférée.

Cet article est erroné sur le fond (on s’en doute) et dans plusieurs détails.

Depuis, par le truchement d’amis communs et via des contacts directs (mails, coups de téléphone) avec le directeur de publication de Charlie Hebdo (Charb) et l’auteur de l’article (Eric Simon), nous avons tenté d’obtenir, non pas un « droit de réponse », mais un simple correctif, afin qu’une meute sans morale qui s’acharne sur LGS depuis le mois de mars 2011 ne puisse se prévaloir de Charlie Hebdo pour poursuivre sa cabale diffamatoire accompagnée d’actions pour nous empêcher de participer à des salons du livre ou de donner des conférences, sous peine de « coups de manche de pioche ».

Après 15 jours de réflexion, un discret entrefilet (22 août, p. 3) de Charlie Hebdo qualifie l’accusation infamante de simple mise « en cause » qui « n’était pas une attaque » contre les deux administrateurs du GS, mais une simple « mise en garde contre la porosité qui existe trop souvent entre les sites fachos et les sites de gauche ».

Bref, l’accusation de rouge-brunisme n’est pas retirée, les informations erronées de l’article d’Eric Simon sont validées et l’adjudant auto-chargé de la revue de détail invite LGS à faire « le ménage ». Cette corvée étant « parfois difficile » nous bénéficierons du renfort (non sollicité) d’une escouade. En effet, nous avons appris par ailleurs que M. Propre (Eric Simon) a monté à Charlie Hebdo une équipe (diplômée es-plumeaux et balayettes) renforcée d’éléments extérieurs « en France et à l’étranger » (sic) pour continuer à débusquer la poussière sous les tapis du GS.

C’est d’autant plus inutile que, dans un mail à un des administrateurs diffamés, Eric Simon ne voit plus en LGS un site rouge-brun : « Pour le moment, j’en reste au confusionnisme. », dit-il, contredisant (en privé) ses écrits ( publics).

Dans ce contexte de « confusionnisme » avéré de Charlie Hebdo, il nous est malheureusement impossible de différer plus longtemps notre propre mise au point.

L’article que vous allez lire est le premier d’une série qui vise, non pas à entretenir une querelle de cour de récréation, mais (au-delà même de Charlie Hebdo) :

- à poser des questions de fond, relatives au droit à publier sur Internet des analyses sur l’impérialisme,

- à défendre notre liberté d’expression qui ne peut, n’en déplaise aux modernes Torquemada, être plus limitée pour nous que pour l’ensemble des autres médias et en premier lieu que celle des incultes politiques qui nous dénigrent.

Au passage, nos assaillants apprendront que nous ne comptons pas nous cantonner dans une posture de défense, mais que nous sommes fondés à jeter un oeil dans leurs poubelles.

LGS

Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.

Charlie Hebdo, c’est comme les couches-culottes : à une certaine époque de sa vie, on trouve ça bien et on est content que ça existe.

Rappel historique

Mais je me souviens qu’en juin 2002, le rédacteur en chef du journal satirique français Charlie Hebdo nous expliquait comment la gauche pouvait s’en sortir. Dans un article fleuve publié en plusieurs parties et intitulé « Pour aller à gauche, c’est par où ? », Philippe Val avait décidé dans la deuxième partie de s’en prendre à Noam Chomsky. Ici, les contre-vérités se sont enchainées au rythme d’un scandale boursier à New York. Chomsky y fut qualifié « d’amoureux des sectes », « il est gaga, (...) il empoisonne la réflexion de gauche en nourrissant une théorie du complot ne flattant que les instincts fascistes et visant à faire porter à un ’Autre’ les responsabilités des malheurs du monde ». Ou encore « il est évident que jamais, contrairement à ce que pense Chomsky, les citoyens n’ont disposé d’autant d’informations ». Pas mal. Sauf que Chomsky est, et dit, à peu près tout le contraire. Sans oublier ce bijou : « le style (de Chomsky) est à l’usage des enfants du CM2 ». Pas mal pour le rédacteur en chef d’un journal qui fait dans le pipi-caca-prout.

En septembre 2007, dans sa chronique radiophonique sur France-Inter, Philippe Val - sous l’emprise de la jalousie ? - revient encore à l’attaque et lance « Chomsky-Ben Laden, même combat ! ». Non, ce n’était pas de l’humour.

Participant à un colloque du patronat en 2007, il se défendra en proférant ce Voltairisme à l’usage des enfants de CM2 : « dialoguer ou débattre, ce n’est en aucun cas être complice », et que l’essence même du dialogue était de réunir deux interlocuteurs de points de vue différents. (cf Wikipedia). On en pleurerait, tellement c’est beau.

Voilà tout le style de Philippe Val : pondre des articles supposés étaler une connaissance encyclopédique mais qui ne font en réalité que clapoter dans un jacuzzi.

Défenseur ardent de toutes les guerres de l’OTAN, toutes, il a quand même fini par être récompensé pour sa fidélité légendaire. Et c’est ainsi qu’il fut promu en mai 2009 (« bombardé » aurais-je envie de dire...) à la direction de France-Inter. Car ce n’est pas le tout que d’être un vendu, encore faut-il savoir se vendre.

Deux heures après sa nomination à France Inter, il renvoyait Frédéric Pommier qui faisait la revue de presse. En juin 2010, les humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte sont licenciés de France Inter. Quatre mois plus tard, l’humoriste Gérald Dahan est licencié à son tour, au lendemain d’une chronique critique envers Michèle Alliot-Marie.

France-Inter est donc actuellement dirigée par un type capable de balancer à la fois « Chomsky-Ben Laden, même combat » et les derniers intervenants qui présentaient un quelconque intérêt sur cette radio (à l’exception de l’émission Là -bas si j’y suis, évidemment). Comment la situation pourraient-elle être pire que ça ?

Philippe Val a dirigé Charlie Hebdo de 1992 à 2009, soit 17 ans. 17 ans de propagande gaucho-impérialiste. 17 ans de complicités avec toutes les opérations d’assassinat à ciel ouvert de l’OTAN. 17 ans qui n’ont apparemment pas gêné plus que ça le reste de cette joyeuse équipe de soudards (à quelques rares exceptions près).

Mais Charlie Hebdo, c’est comme les couches-culottes : à une certaine époque de sa vie, on trouve ça bien et on est content que ça existe. Puis un jour on grandit et on est plutôt content de s’en passer.

Réflexions sur les limites de la liberté d’expression sur Internet Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend. Article de Viktor Dedaj pour LGS.
Retour au présent

Pourquoi parler de Charlie Hebdo ? Dans le numéro daté du 8 août 2012, un article intitulé « Les soutiens bruns de Damas », annoncé en couverture (« Syrie. Cette extrême droite qui soutient Damas ») et signé Eric Simon, nous refait le coup de désigner Le Grand Soir, et nommément ses deux administrateurs, comme des relais de l’extrême-droite.

Sont également citées « des personnalités » telles que Michel Collon (salut Michel, ça va ? Qu’est qu’on rigole, non ?) qui, « avec l’intellectuel Jean Bricmont se sont fourvoyées à tel point que la CGT les a interdit de conférence à Paris en novembre 2011. »

Voilà une technique que l’on reconnaît immédiatement : le "petit" mensonge qui vient se glisser, ni vu ni connu. Bricmont n’a jamais été "interdit", et Michel Collon, qui devait donner une conférence à la Bourse de Travail de Paris, en fut empêché suite à une campagne d’affiches émanant de milieux "anarchistes". On commence déjà à deviner les sources d’inspiration de Charlie Hebdo. Avec Ornella Guyet, les anticonspis-truc et Rudy Machin-chose, et maintenant Charlie Hebdo, ce n’est même plus une technique, c’est devenu un style.

« Si l’analyse anti-impérialiste permet de débusquer les raisons cachées des guerres « justes » ou « humanitaires » du camp occidental, elle peut facilement dérailler si elle défend l’innommable commis par le camp d’en face. Si, en outre, elle laisse reprendre ses thèses par les sites d’extrême-droite, jusqu’à finir par s’inviter les uns chez les autres, la messe est dite. C’est ce qui est arrivé à des sites comme legrandsoir.info de Maxime Vivas et Victor (sic) Dedaj, qui publient aussi bien des articles d’Infosyrie que des (sic) contributions de Ginette Skandrani (…) voire des discours de Kadhafi ou Bachar el-Assad... »

Le journaliste de Charlie Hebdo n’a même pas su orthographier correctement mon prénom, c’est vous dire si son enquête fut méticuleuse. Même pour calomnier ? Surtout pour calomnier, tu rigoles ou quoi ? Mais faire du copier/coller, Eric, c’est pas bien, même pour un journaliste de Charlie Hebdo. Si vous pouviez faire corriger la coquille à ceux (et celle) qui vous ont inspiré, merci d’avance.

Figure imposée : la vérité, rien que la vérité.

LGS n’a jamais défendu « l’innommable commis par le camp d’en face ». A l’heure où le camp occidental n’avait pas sifflé le signal de l’hallali, à l’heure où Bashir Al Assad jouissait de la considération de notre gouvernement (et donc de notre presse), LGS dénonçait un deal « innommable » passé entre les USA et les tortionnaires au pouvoir en Syrie.

Par ailleurs, LGS « laisse reprendre ses thèses par les sites d’extrême-droite » ? Oui, et par des sites inconnus de divers pays et par pas mal de sites de la vraie gauche. Charlie Hebdo sait comment interdire la reproduction d’articles en copyleft ? Est-ce qu’Eric Simon ne serait pas en train de nous dire : « Taisez-vous et faites taire » ?

Alors voyons-voir : le nombre phénoménal d’articles d’Infosyrie repris par le Grand Soir s’élève à 2 (si j’ai bien compté) et dont le contenu est irréprochable - à mes yeux. Les (ah, un pluriel ?) contributions de Mme Skandrani s’élèvent à ... 1 (au contenu irréprochable - oui, oui, nous sommes au courant maintenant, merci). Quant aux « discours de Kadhafi ou Bachar el-Assad », réunis il doit y en avoir 3 ou 4 (en comptant les interviews). Ces « discours » n’ont pas été publiés « comme ça », pour le fun, mais en pleine période d’agression militaire ouverte contre la Libye et la Syrie. Charlie Hebdo voudrait que l’on s’abstienne de donner la parole aux dirigeants en exercice de pays en proie à une agression militaire, ou de reprendre des informations qui contre-balanceraient un tant soit peu le rouleau-compresseur médiatique. Où est la surprise pour un hebdomadaire qui a soutenu toutes les guerres de l’OTAN ?

Charlie Hebdo ne dit rien sur les articles repris par Le Grand Soir (et qui se sont révélés plus exacts que pas, soit-dit en passant), mais nous sert un laïus sur l’administrateur du site Infosyrie. Ancien du GUD (« ancien », c’est bien, non ?) et autres affirmations qui demanderaient toutes à être vérifiées, vu la qualité et la précision habituelle de ce genre d’article. Mais tout ça au final pour dire quoi ? Rien. Aucun commentaire sur le contenu, sinon que le patron, ben il est pas de « notre bord » (en ce qui concerne l’anti-impérialisme, il me semble que Charlie Hebdo non plus n’est pas de « notre bord », en tous cas pas du mien). Mais Charlie annonce quand même une bonne nouvelle : Le Grand Soir et l’extrême-droite « s’invitent les uns chez les autres ». C’est une bonne nouvelle parce que ça voudrait dire que l’ « extrême-droite » se gauchise au contact du Grand Soir. Sacré service que nous rendons à l’humanité, qui en sera certainement reconnaissante, et Charlie avec sans doute.

Pardon, on me souffle dans l’oreillette que c’est forcément le contraire. Mince, la contagion à sens unique (je parle évidemment d’une poignée d’articles sur une dizaine de milliers, mais quitte à jouer à ce petit jeu, jouons le jusqu’au bout...).

Et par la grâce de ces mêmes lois mystérieuses, Charlie Hebdo, soutien indéfectible à toutes les guerres impérialistes et violations du droit international, ne saurait être, et en aucun cas, taxé de passerelle avec les fascistes néoconservateurs américains, parce que là, ça ferait « confusionniste ».

Si tu cherches de l’eau dans un désert, il te faut marcher jusqu’au puits (dicton arabe, mais pas vraiment parce que je viens de l’inventer)

Les lecteurs (vous comme moi) n’auraient donc pas le droit de savoir ce que pourraient bien avoir à répondre les dirigeants des pays bombardés par nos forces militaires « humanitaires ». Donner à lire une intervention d’un responsable syrien ou libyen est « rouge-brun ». Pour ne pas être rouge-brun, il faut donc s’abstenir de donner à lire. Et pour celui qui « oserait » le faire (car on en est là ...), il y a une punition à la clé.

La situation est donc celle-ci : lorsque l’Occident attaque ou menace d’attaquer un pays dirigé par un salaud, toute information émanant peu ou prou du pays en question sera interprété comme un signe de ralliement au salaud en question et, par association, fera de vous un salaud. Donc un rouge-brun. Donc un antisémite. Donc une cible. Bonjour l’ambiance « USA post 11/9 ».

Encore un peu, et Charlie Hebdo dira qu’on est des mauvais Français et nous reprochera notre manque de patriotisme. Philippe Val n’est plus à la tête de Charlie Hebdo, mais son esprit rôde encore dans les locaux. Suis-je le seul à ressentir des frissons ?

Énoncée à voix haute, claire et intelligible, voilà ce que ça donne :


1) Lorsqu’un pays est attaqué par l’Occident, il est interdit de donner la parole aux agressés.

2) Lorsqu’un pays est attaqué par l’Occident, il faut imposer un black-out sur toutes les informations ou interventions en provenance du pays ciblé - sauf celles qui vont dans le sens ou servent le discours dominant.

3) Lorsqu’un pays est attaqué par l’Occident, le seules « informations » issues du pays sont celles qui seront sélectionnées, filtrées, charcutées et commentées par les commentateurs officiels et attitrés du pays agresseur.

4) Lorsqu’un pays est attaqué par l’Occident, toute tentative de relayer in extenso, sans tripatouillages ou coupures, des informations provenant du pays agressé ou toute tentative de contre-balancer a minima la campagne de propagande sera qualifiée de rouge-brunisme (en attendant le jour où ils emploieront le mot « trahison »).

5) Pour toutes les raisons qui précèdent, lorsqu’un pays est attaqué par l’Occident, toute la presse - y compris « rebelle », « anar », etc. - s’alignera.

Check-list : Irak, Afghanistan, Libye, Syrie... oui, ça marche et ça se vérifie à tous les coups. En une seule formule : 1) + 2) + 3) + 4) + 5) = propagande.

Voilà : nous ne sommes même plus dans une situation où un journal nie faire de la propagande (ce qui est de "bonne guerre", ha, ha !), mais dans une situation où il la réclame, l’exige, tape du pied et se roule par terre devant ceux qui refusent de s’y plier.

Suis-je le seul à ressentir des frissons ?

Faites ce que je fais, pas ce que je dis que je fais

Le plus cocasse est que tous ces donneurs de leçons et moralistes n’ont et n’auraient - allez, soyons honnêtes - n’oseraient rien dire si le Monde ou Libération ou tout autre média appartenant à un grand groupe capitaliste hyper-soucieux du pluralisme publiaient des interventions de Kadhafi ou Bashir el-Assad ou Dieu sait qui. Non, non : eux seuls sont habilités à le faire, à décider lesquelles, à décider quels extraits, à commenter des phrases choisies sorties du contexte et à décider quand et où... Oui, on connaît la musique. Mais pas nous et pas vous. Pourquoi ? Parce que. Parce que quoi ? Parce que, quoi.

Alors, Charlie Hebdo : votre conception effarante et effrayante de "l’information", gardez-la pour vous, roulez-la en forme de suppositoire et mettez-la où vous voulez.

Guerre humanitaire :
une éruption soudaine, inattendue et violente de bonté ?

Sans oublier une certaine loi de la nature : dans tout conflit, c’est plutôt l’agresseur qui recourt au mensonge. Pourquoi ? Parce que l’agresseur veut la guerre et cherchera donc des raisons pour la faire, quitte à les inventer. En réalité, l’agresseur est pratiquement obligé de les inventer. Pourquoi ? Eh bien parce que les justifications pour une guerre d’agression - selon le Tribunal de Nuremberg et selon le droit international - sont au nombre d’un chiffre très très proche de zéro. Et lorsque la loi ne convient pas, il y a pas trente-six solutions : il faut la respecter, la changer ou la violer. L’Occident, en particulier, est un adepte de la troisième.

Oui, je sais : il y a la « guerre humanitaire ». On ferait des guerres « humanitaires ». Comme d’autres feraient de la « torture thérapeutique » ?. Risible, bien-sûr, mais pour la beauté du débat, admettons un instant ce concept de « guerre humanitaire ».

Par conséquent : Il existerait un espace-temps (ici et maintenant apparemment) où des pouvoirs politiques seraient « forcés » par des événements « particulièrement tragiques » de faire une guerre pour des « raisons humanitaires ». La cavalerie légère volant au secours de la veuve et de l’orphelin. Le petit garçon au fond de moi aime bien cette image. L’adulte, lui, lève un sourcil en entendant que les responsables politiques actuels seraient prêts à commettre le « crime des crimes » (toujours selon Nuremberg et le droit international) pour venir au secours d’une population (« étrangère » qui plus est) dont jusqu’à présent ils se fichaient éperdument.

Etrange « charge émotionnelle » et « application de principes » de la part de dirigeants politiques qui sont par ailleurs incapables de prendre la moindre mesure « humanitaire » lorsqu’il s’agit des sans papiers, des Palestiniens, des personnes âgées, de qui vous voulez. Ils sont pourtant là, sous leurs fenêtres, ou pas très loin. Ces mêmes responsables politiques qui pourraient sauver pour des raisons « humanitaires » les 10.000 enfants qui meurent de faim par jour et pour un prix inférieur à un seul missile de croisière. Nan, trop compliqué. Allons plutôt bombarder un pays pour montrer toute l’étendue de notre « bonté ».

En résumé : les salopards qui nous gouvernent auraient des crises d’humanisme tellement fortes qu’ils sont capables de tout, y compris de commettre l’irréparable, pour accomplir le bien.

Elle est étrange, cette détermination - si soudaine, si inattendue, une véritable révélation - qui n’apparaît que lorsqu’il s’agit de faire la guerre, loin de préférence, dans un rapport de forces totalement déséquilibré de préférence (parce qu’il y a des limites chez eux, même aux principes), là où personne ne peut vraiment contrôler ce qui se passe, une détermination qu’on ne retrouve jamais en temps de paix...

Oui, soudain, les voilà qui sont « bons », et « attentionnés », et « inflexibles », et « soucieux » du bien-être d’une population. Tellement soucieux qui si un membre de la population se présente à la frontière pour un bout de pain, ils le renverront chez lui avec ces mots d’encouragement : « rentrez chez vous, on va bientôt vous envoyer des secours » (sur la gueule).

Oui, soudain, dans toutes les tribunes, les mots « intolérables » et « inadmissibles » leur sortent de la bouche, comme des colombes de la manche d’un prestidigitateur.

Oui, une véritable métamorphose. Mais qui ne dure, hélas, que le temps d’une guerre. Et qui disparaît, comme par enchantement, une fois la bête repue. A croire que toute leur posture n’aura été créée et tenue que pour la circonstance.

Mon Dieu que je suis mauvaise langue !

Le tout par des gens qui vous expliqueront avec tout le sérieux du monde et la main sur le coeur - de préférence autour d’un dîner bien arrosé - combien ils sont contre la peine de mort, critiquant au passage les pays qui l’appliquent encore (jusqu’à là, tout va bien) et qui enchaînent aussitôt qu’il faut faire la guerre, c’est-à-dire appliquer la peine de mort à une échelle industrielle, mais cette fois-ci sans procès, sans jugements, sans discrimination, contre une population très majoritairement innocente de tout crime.

Mon Dieu que je suis pinailleur !

Soutenir le fascisme suprême au nom d’un antifascisme de salon

Le Grand Soir ferait trop dans l’anti-impérialisme ? Comme peut-on être trop contre le crime des crimes ? Comment peut-on être trop contre « le stade suprême du capitalisme » ?

Le gant de velours du marché ne marchera jamais sans une main de fer derrière - McDonald ne peut prospérer sans McDonnell Douglas, le fabricant (de l’avion de guerre) F15. - Thomas L. Friedman "A Manifesto for a fast World" - New York Times Magazine, 28 Mars, 1999

Je croyais que la guerre était plutôt de droite et la paix plutôt de gauche. Je croyais que le respect du droit (y compris international) était plutôt de gauche et sa violation plutôt de droite. Je croyais que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes était plutôt de gauche et l’ingérence plutôt de droite. Je croyais que la censure était plutôt de droite et la liberté d’expression plutôt de gauche. Je croyais que l’aveuglement idéologique était plutôt de droite et l’ouverture d’esprit plutôt de gauche. Je croyais que c’étaient nos actes et nos prises de position qui définissaient notre positionnement politique. Je croyais que s’endormir dans son lit et se réveiller dans un monde où toutes les valeurs étaient étrangement inversées n’arrivait que dans les romans de science-fiction.

Je trouve même totalement indécent que l’on n’ait rien d’autre à nous opposer, sinon que le président syrien ne serait pas l’Abbé Pierre (comme si nous ne le savions pas. Comme si n’avions pas nous-même rappelé que la Syrie, il y a encore peu, servait de centre de torture décentralisé pour les Etats-Unis - pas très reconnaissants, comme à leur habitude) ou que le responsable de tel site ne serait pas du même bord politique. Remarquez, ça pourrait être une autre bonne nouvelle parce que si ce n’est que ça, on va arranger ça ici et maintenant : « Le président de la Syrie est un salaud et le patron d’Infosyrie pue de la gueule. » Ca vous va ? Tout le monde est content ? On peut aller à la manifestation maintenant et tenter d’arrêter le massacre - où allez-vous encore nous trouver une autre excuse à la con ? Genre : l’ancien du GUD a l’haleine fraîche. Eric Simon pourra trancher puisqu’il se vante d’avoir discuté avec lui (il a le droit ! Pourquoi ? Parce que la Sainte Inquisition a tranché ainsi : à Charlie Hebdo, on peut, au Grand Soir, ce serait sacrilège).

L’extrême-droite ferait de l’entrisme ? De l’entrisme dans quoi ? Le désert laissé par la gauche ? Et ce serait la faute du Grand Soir ? On entre dans une salle d’autant plus facilement qu’elle est vide. C’est plus difficile lorsqu’elle est pleine à craquer.

En réalité, ce n’est pas le Grand Soir qui alimente des « passerelles vers l’extrême-droite », mais des journaux comme Charlie qui se la jouent « contestataires/libertaires » à longueur de semaine et qui, au moment le plus crucial, tombent - presque « naturellement » - du côté le plus sombre, laissant le champ libre, et même ouvrant la voie, à d’autres. Charlie Hebdo fait partie de cette presse, à l’instar de Libération, qui est devenu au fil du temps une véritable fabrique de « gauche réactionnaire » et qui fait dire à un de ses journalistes (conversation téléphonique avec un des administrateurs du Grand Soir) : « l’anti-impérialisme me fait gerber ».

Heureusement que le Grand Soir est là pour sauver (un peu) l’honneur de la gauche française. Mais nous ne sommes pas seuls. Nous avons avec nous la quasi-totalité de la gauche latino-américaine, nord-américaine, asiatique et africaine. Alors, être « isolés » au sein de la gauche française, appelons ça « une position pas très confortable », mais sans plus.

Ce qui me fait penser à ce qu’Ignacio Ramonet (que j’apprécie beaucoup) avait écrit lors de la guerre contre la Libye - intervention qu’il a soutenue (eh oui...). En référence à l’opposition de la gauche latino-américaine à cette intervention, il a écrit que cette dernière avait commis « une erreur historique ». Curieux qu’il ne se soit pas demandé si, a contrario, ce n’était pas la gauche française, et lui avec, qui avait commis l’erreur historique en question.

Lorsque Charlie Hebdo se promène la braguette ouverte

Mais revenons à nos moutons (sic) de Charlie Hebdo : Charlie Hebdo, n’a apparemment rien à dire sur le fond de ce que nous publions et serait bien incapable de trouver un seul texte, une seule ligne, qui aille à l’encontre de notre ligne rédactionnelle - qui est ce qu’elle est, que ça plaise ou non. Nous, nous parlons de guerre et de paix, eux nous parlent du slip d’untel ou untel qui dépasserait alors qu’eux-mêmes se promènent la braguette grande ouverte. Exemples ?

Acrimed rappelle que (extraits) :

Une brève du 18 avril 2007 signale que « sur 38 collaborateurs de Charlie Hebdo : 18 votent Royal , 9 votent Voynet, 3 votent Buffet, 3 votent Besancenot, 3 votent Bayrou , 1 vote Bové, 1 vote blanc. » Soient 21 collaborateurs qui votent à « droite » et 16 à gauche. Charlie Hebdo, de droite ? Oui, si l’on en croit Philippe Val lui-même, puisque ce dernier, en juin 1998 écrivait que « la vraie droite aujourd’hui, c’est le PS. » Neuf ans plus tard, le 9 février 2007, il lâche chez Pascale Clark sur Canal+ (« en aparté ») : « Je voterai pour le candidat de gauche le mieux placé. » Le mieux placé ? Comprendre Ségolène Royal.

(...) Sur les principales questions internationales, Charlie hebdo reproduit peu à peu les positions dominantes. Ainsi sur le Kosovo. Alors que dans les années 70, Cabu s’insurgeait « contre toutes les guerres » et collectionnait les procès intentés par l’armée, en 1999, il soutient, avec toute l’équipe de Charlie Hebdo, exception faite de Siné et Charb, l’intervention militaire de l’OTAN au Kosovo. Dans le n°361 de Charlie Hebdo (19 mai 1999), en lieu et place de la chronique de Charb, un texte de Riss (qui n’écrit pas d’ordinaire) reproche même aux pacifistes d’être des collabos ! De même sur le traité constitutionnel européen : si d’autres voix que celle de Philippe Val se font entendre, c’est lui qui conduit une campagne véhémente et caricaturale contre les partisans du « non » au référendum.

(...)

Ce glissement politique de gauche à droite, de la paix vers la guerre, de la subversion vers l’orthodoxie, s’est fait progressivement, mais sûrement. On voit ainsi disparaître, dans le silence quasi-général, des signatures talentueuses (Cyran, Camé, Boujut,…) au profit de plumes conventionnelles et/ou médiatiquement plus « reluisantes » : le dessinateur Joan Sfar, l’ex-patron de France Inter Jean-Luc Hees, le sociologue médiatique Philippe Corcuff (lui même acculé à démissionner [16]), Renaud Dély venant de Libération, Philippe Lançon du même, Anne Jouan du Figaro, etc.

(...)

...l’évolution conjointe des positions politiques et du positionnement médiatique n’a pas été sans effet sur les pratiques journalistiques de l’hebdomadaire, et, au premier chef, de Philippe Val lui même : calomnies et mensonges (notamment sur Noam Chomsky), fausses rumeurs (par exemple sur le Forum social européen), diffamations de membres de l’Observatoire français des médias, refus des droits de réponse, que nous avons plusieurs fois relevés ici-même ...

(...)

Charb a estimé, le 16 juillet 2008, que Siné avait porté - c’est un comble - « atteinte » aux « valeurs essentielles » de Charlie Hebdo. Et c’est pourtant le même Charb qui dans sa chronique « Charb n’aime pas les gens » datée du 30 juillet 2008 écrit : « Personne n’a dit que Siné était antisémite (…) parce que ça n’a jamais été le sujet du débat. Aurait-on travaillé durant seize ans avec un antisémite ? Moi, non. » Si cela n’a jamais été le sujet du débat, alors pourquoi Philippe Val, dans son éditorial du même jour se pose la question et ressort une affaire vieille de 26 ans ? « Antisémite, Siné ? Ce n’est pas à moi d’en juger. Mais au lendemain de l’attentat de la rue des Rosiers, en 1982, c’est lui-même qui déclarait sur la radio Carbone 14 : "Je suis antisémite et je n’ai plus peur de l’avouer. Je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs… Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est pro palestinien. Qu’ils meurent." »

(...)

Une histoire de Charlie Hebdo http://www.acrimed.org/article2960.html

Etc.

Lorsque le dessinateur "de gauche" Plantu touche officiellement un chèque de 10.000 euros de la dictature brune-brune islamiste du Qatar, tout le showbiz, chasseurs de rouges-bruns et Charlie Hebdo réunis, regardent ailleurs. Vous appelez ça de la pudeur, de la honte ou de la complicité ?

(Tiens, et soudain je pense à cet autre ancien dessinateur vedette du journal le Monde, Konk, qui a fini par rejoindre l’extrême-droite.)

Lorsque Charlie "de gauche" Hebdo publie à trois reprises et interviewe à domicile une des sommités du "rouge-brunisme" en France, membre du FN qui plus est à l’époque, vous appelez ça du journalisme, de l’autisme ou de j’aurais-mieux-fait-de-fermer-ma-gueule-isme ?

Et on trouve tout ça sans même vraiment chercher.

Le problème, Charlie, c’est que vous ne savez même plus où vous en êtes pour venir faire les marioles autour de Grand Soir. On en rirait si ce n’était pas aussi pathétique. Alors le jour où Le Grand Soir examinera à la loupe certains médias comme ces derniers aiment tant le faire pour nous, il va y avoir de sacrées surprises. En attendant, Charlie Hebdo a bien fait de ne pas employer le mot « confusionnisme » parce que là , ils auraient eu l’air vraiment ballots...

Eh oui, Charlie Hebdo, c’est comme les couches-culottes : à une certaine époque de sa vie, on trouve ça bien et on est content que ça existe. Puis un jour on grandit et on est plutôt content de s’en passer. Et avec le recul, même si on n’en a pas honte, on n’en est pas forcément fiers pour autant.

Viktor Dedaj
« alors, on rajoute une couche ou on en reste là ? »

(Version 2).

URL de cet article 17426
http://www.legrandsoir.info/le-fascisme-reviendra-sous-couvert-d-antifascisme-ou-de-charlie-hebdo-ca-depend.html


Viktor DEDAJ

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Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique… Par "Capitaine Martin".

6 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #L'OTAN., #La mondialisation, #Les média, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Europe supranationale

Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique…

Obama et l'EI.

Obama et l'EI.

La progression spectaculaire et jusque-là incoercible de l’État islamique a de nouveau placé l’Irak sous le feu des projecteurs. Si les médias sont prolixes pour décrire les atrocités du prétendu califat, ils le sont beaucoup moins lorsqu’il s’agit de dire quelle est son origine et qui sont exactement ceux qui s’en réclament. L’État islamique ne surgit pourtant pas de nulle part. Il est le fruit de la politique impérialiste étasunienne au Moyen-Orient dont les racines remontent au chaos irakien post-Saddam Hussein et au récent conflit syrien. Pour bien comprendre son rôle exact, il convient d’analyser brièvement la politique américaine dans le monde arabe dans les trente dernières années. L’islamisme a été au cours de cette période l’allié objectif de l’Oncle Sam au Moyen-Orient. Il est aujourd’hui le prétexte qui permet aux États-Unis d’intervenir dans les pays arabes, soit pour défendre les « bons musulmans » dans leur quête de liberté, soit pour combattre les « mauvais » qui menacent la sécurité de la planète.

Pendant la Guerre froide, l’islam conservateur était l’allié des États-Unis. Il permettait à ces derniers de contenir l’expansion du communisme et l’influence soviétique dans le monde arabe. Une révolution éclata le 27 avril 1978 en Afghanistan, avec pour résultat l’arrivée au pouvoir du Parti populaire démocratique d’Afghanistan. La proclamation de la République démocratique d’Afghanistan lui fut concomitante. Les tentatives faites par les dirigeants du pays de mettre en œuvre de nouvelles réformes qui auraient permis de surmonter le retard structurel du pays se heurtèrent rapidement à une résistance acharnée de la part de l’opposition islamique. Une guerre civile éclata. Fin 1979, l’armée soviétique intervint pour soutenir le régime progressiste en place. La CIA s’appuya alors sur les groupes islamistes, utilisant l’islam radical pour unir les musulmans contre les Soviétiques. On estime que 3,5 milliards de dollars ont été investis sous l’administration Reagan pendant la guerre d’Afghanistan. Après le retrait russe en 1989, les États-Unis ont cessé de fournir des armes sans toutefois rompre les liens avec les moudjahidines afghans. Ils ont ainsi maintenu entre 1994 et 1996 des relations avec les talibans, leur fournissant cette fois-ci un soutien politique par le biais de l’Arabie Saoudite et du Pakistan. L’administration Clinton espérait secrètement pouvoir créer un front anti-iranien et anti-chiite pour restreindre l’influence de l’Iran dans la région. Al-Qaïda est né dans ce contexte. En 1993, le quotidien britannique The Independent publiait un entretien avec Oussama Ben Laden, lequel était censé mettre son armée sur la route de la paix (sic).

Cette stratégie a d’ailleurs été également utilisée sous la présidence Clinton dans les années quatre-vingt-dix, lorsque la KFOR, cette force multinationale mise en œuvre par l’OTAN, intervint aux côtés des narcotrafiquants de l’UCK pour instaurer la domination de l’alliance atlantique sur les Balkans et installer une base militaire étasunienne au Kosovo. Mais un changement radical s’opère sous l’ère Bush : complices dans les attentats du World Trade Center, les amis d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui. La menace d’un ennemi extérieur, forcément musulman, est alors savamment entretenue par de nombreux médias et par la propagande étasunienne. La menace terroriste constitue concomitamment la pierre angulaire de la doctrine militaire des États-Unis et de l’OTAN. Bien qu’il n’y ait aucune preuve que l’Irak soit de quelque manière que ce soit derrière les attentats du 11 Septembre, les soi-disant « armes de destruction massive » censées être présentes dans le pays tiendront lieu de prétexte pour obtenir une résolution au conseil de sécurité de l’ONU en faveur d’une intervention militaire. Ironie de l’histoire, l’Irak baathiste et laïc allait ainsi être balayé au nom de la lutte contre l’islamisme.

La stratégie opère un nouveau virage avec Obama. Les États-Unis doivent intervenir pour défendre le Printemps arabe et les luttes menées contre les « dictateurs » (lire les chefs d’État non adoubés par Washington). Ben Laden, maintenu en vie sous l’ère Bush, disparaît en un clin d’œil, comme pour éviter qu’il n’ait à rendre compte de ses liens passés avec ses anciens bailleurs de fond. Les islamistes, y compris les pires intégristes du Front al-Nosra, redeviennent subitement dans les médias de gentils étudiants en proie à la violence des dictatures qu’ils combattent. Cet argument servira à Obama pour armer des milices en Libye et déposer Kadhafi. Et peu importe que ce pays soit aujourd’hui un enfer à ciel ouvert en proie aux extrémistes de tous poils du moment que les Américains en exploitent le pétrole. La Syrie a failli connaître le même sort. Les Occidentaux y ont sous-traité le conflit à leurs amis, les pays du Golfe et à l’Arabie Saoudite en particulier, pensant que cela accélèrerait la chute du président Assad. Et c’est ainsi qu’ont été constitués aux portes de l’Europe des groupes islamistes… avec deux fois plus de combattants qu’il n’y en avait en Afghanistan.

Une aubaine pour la plupart des djihadistes qui allaient se regrouper sous la bannière de l’organisation « État islamique ». Sunnite d’obédience fondamentaliste, cette dernière a proclamé le 29 juin 2014 le rétablissement du califat sur les territoires syrien et irakien qu’elle contrôle. L’intervention militaire étasunienne en Irak et le renversement en 2003 du président Saddam Hussein ont dynamité l’équilibre interne fragile entre la majorité chiite et la minorité sunnite d’un des rares États laïcs arabes. Dans l’anarchie et le chaos qui ont suivi, l’islam politique a d’autant plus réussi à recueillir un large consensus au sein de la minorité ethnique sunnite qu’un million d’anciens membres de l’appareil de sécurité, de l’armée et du parti Baas, charpente du régime de Saddam Hussein, pour la plupart sunnites, sont mis au ban de la société par les Américains. « Dans la mouvance salafiste-djihadiste, la mise à l’écart de ces sunnites propulse les chiites, nouveaux maîtres du pays, en ennemis numéro un », explique Romain Caillet.

Les États-Unis ont alors cru pouvoir mettre en place un gouvernement fantoche qui se prêterait aux intérêts économiques et politiques de l’Occident. Mais ce projet a fait long feu. Le Premier ministre chiite Maliki s’est révélé être un chef de file difficilement manipulable et surtout peu enclin à se soumettre aux ordres des occupants. Crime de lèse-majesté, il s’est insurgé contre les compagnies pétrolières occidentales qui cherchaient à tirer un profit considérable des vastes réserves d’énergie de l’Irak. En 2012, ExxonMobil avait ainsi signé un accord d’exploitation pétrolière avec la région kurde semi-autonome située au nord de l’Irak. Maliki avait logiquement rejeté cet accord, faisant remarquer que tout contrat sur le pétrole devait être négocié avec le gouvernement central de Bagdad et non avec le gouvernement régional du Kurdistan dirigé par Massoud Barzani. Ce dernier, c’est un secret de polichinelle, appelle sans relâche à la création d’un État kurde. Or, le Kurdistan représente une base avancée pour le déploiement de la puissance militaire américaine en Irak. Sa situation permet de surcroît de lorgner sur l’Iran. Enfin, le niveau de coopération entre Israël et les Kurdes a augmenté de façon significative après la chute de Saddam Hussein. Les partisans du rapprochement avec l’entité sioniste, nombreux au Kurdistan, pensent qu’ils ont quelque chose à offrir à l’État juif. Ce partenariat, affirment certains, pourrait créer un nouvel équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient, et cette évolution serait très bénéfique pour Israël. Dans ce contexte, il est intéressant de se pencher également sur la question du Kurdistan syrien où l’Occident aurait tout intérêt à voir se mettre en place une région autonome. Les bases d’un État kurde viennent ainsi d’être insidieusement posées… à condition, cela va de soi, que le nouveau-né s’intègre à la sphère d’influence israélo-américaine dans la région. L’indépendance a un prix…

Après avoir armé l’État islamique en Syrie, les États-Unis voient aujourd’hui débouler les hordes barbares djihadistes sur l’Irak. La déstabilisation de ce pays, tout comme de la Syrie, fait partie du projet de démembrement du monde arabe sur des bases ethniques, confessionnelles ou tribales. Les multinationales n’ont cure de la confusion générée par cette situation, le principal étant pour elles de contrôler les champs pétroliers… et qu’Israël survive en tant qu’État juif.

De la chute du bloc socialiste au 11 Septembre, une dizaine d’années aura ainsi été nécessaire pour instituer un ennemi de substitution au communisme, le terrorisme. Le cadre, c’est la stratégie du chaos, fait de désinformation systématique diffusée par des officines officielles, de mesures liberticides contre leurs propres concitoyens, d’occupations armées et de mainmise politique sur des peuples ayant perdu leurs initiatives civiques et leurs immunités. La doctrine, c’est la préemption militaire où faire fi des lois et de l’éthique est légitimé et où les justifications et les preuves sont délibérément manipulées pour fonder le massacre des néo-barbares dans une guerre totale du camp du bien contre l’axe du mal. Au terrorisme tout court, les États-Unis répliquent par le terrorisme d’État. Le général Giap, qui a combattu la France avant d’affronter les États-Unis, disait des colonialistes qu’ils étaient de mauvais élèves. Il ne reste plus à ces derniers qu’à passer à l’addition… forcément salée.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-comment-et-pourquoi-les-etats-unis-ont-cree-l-etat-islamique-124630848.html

http://reseauinternational.net/comment-les-etats-unis-cree-letat-islamique/

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ZDF - "Le Putsch en Ukraine financé par les USA. Une émission humoristique sur la chaîne publique allemande ZDF. Mis en ligne par "Les crises".

3 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale

ZDF - "Le Putsch en Ukraine financé par les USA. Une émission humoristique sur la chaîne publique allemande ZDF. Mis en ligne par "Les crises".

Excellente émission humoristique de la ZDF du 11/03/2014, sur le Putsch en Ukraine...

www.les-crises.fr

http://www.les-crises.fr/allemands-mieux-informes/

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Discours du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l’ONU. Le blog d'Olivier Berruyer.

29 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Economie, #La nation ., #La guerre, #Europe supranationale

 Sergueï Lavrov à l’ONU

Sergueï Lavrov à l’ONU

Dans la série, “la voix de la Russie”, voici la très intéressante intervention du ministre russe à l’ONU – afin que chacun puisse se faire son opinion sans le filtre déformant des médias…

Merci au travail acharné des traducteurs ce week-end, qui nous permet de l’avoir en français avant même la version anglaise

Discours du ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie Sergueï Lavrov à la 69ième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, le 27 septembre 2014

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui apparaît de plus en plus clairement la contradiction entre d’une part, la nécessité d’actions collectives de partenariat dans l’intérêt de l’élaboration de réponses appropriées aux défis communs et, d’autre part, le désir pour un certain nombre de pays de dominer, de restaurer la mentalité archaïque de la confrontation des blocs s’appuyant sur une discipline de caserne et sur une logique préjudiciable : « nous — les autres ». L’alliance occidentale avec, en tête, les États-Unis, qui se posent comme défenseurs de la démocratie, de la primauté de la loi et des droits de l’homme dans des pays tiers, agit directement à l’inverse sur la scène internationale, en rejetant le principe démocratique de l’égalité souveraine des États, tel que fixé par la Charte des Nations Unies, et en essayant de décider pour tout le monde ce qui est bien et ce qui est mal.

Washington a proclamé ouvertement son droit d’utiliser la force militaire de façon unilatérale et n’importe où pour la défense de ses propres intérêts. L’intervention militaire est devenue la norme, même en dépit du fait que toutes les opérations de force menées par les États-Unis au cours de ces dernières années se sont terminées de façon piteuse.

De rudes coups ont été portés à la stabilité internationale : bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN, intervention en Irak, attaque de la Libye, échec en Afghanistan. Ce n’est que grâce à des efforts diplomatiques intenses que l’agression contre la Syrie en 2013 n’a pas eu lieu. On ne peut s’empêcher de penser que les diverses « révolutions de couleur » et autres projets visant le remplacement des régimes indésirables n’ont pour but que de provoquer le chaos et l’instabilité.

Aujourd’hui, l’Ukraine est devenue la victime de cette politique. La situation révèle la persistance de défauts profonds, systémiques dans l’architecture existante de la zone euro-atlantique. L’Occident a mis le cap vers une « structuration verticale de l’Humanité » en fonction de ses propres standards, qui sont loin d’être inoffensifs. En proclamant leur victoire dans la « guerre froide » et l’avènement de la prétendue « fin de l’Histoire », les États-Unis et l’Union européenne ont entrepris d’élargir leur espace géopolitique sans prendre en compte l’équilibre des intérêts légitimes de tous les peuples d’Europe. Nos partenaires occidentaux n’ont pas entendu nos avertissements répétés sur l’inacceptabilité de la violation des principes de la Charte des Nations Unies et de l’Acte final d’Helsinki, ils se sont dérobés à chaque occasion de faire en commun un travail sérieux en vue de créer un espace unique de sécurité égal et indivisible et de coopération de l’Atlantique au Pacifique. La proposition russe d’étudier un traité de sécurité européenne a été rejetée. On nous a carrément déclaré que des garanties juridiquement contraignantes en matière de sécurité ne peuvent être obtenues que par les membres de l’Alliance atlantique, qui entre-temps a continué à se déplacer vers l’Est malgré les promesses du contraire données précédemment. Le passage instantané de l’OTAN à une rhétorique hostile, à la réduction de la coopération avec la Russie même au détriment des intérêts propres des pays occidentaux, à l’intensification supplémentaire de l’infrastructure militaire aux frontières russes a mis en évidence l’incapacité de l’alliance à changer son code génétique mis en place à l’époque de la « guerre froide ».

Les États-Unis et l’Union européenne ont soutenu le coup d’État en Ukraine, ils se sont mis à justifier sans discernement toutes les actions des autorités autoproclamées de Kiev, qui avaient choisi comme cap politique d’écraser par la force la partie du peuple ukrainien qui avait rejeté les tentatives d’imposer à l’ensemble du pays un ordre anticonstitutionnel et voulait défendre ses droits à sa langue maternelle, à sa culture et à son histoire. C’est justement cette offensive agressive contre ces droits qui a contraint les habitants de Crimée à prendre leur destin en main et à faire leur choix en faveur de l’autodétermination. Cela a été un choix totalement libre, quoi que puissent inventer ceux qui sont les premiers responsables du conflit interne en Ukraine.

Les tentatives de déformer la vérité, de masquer les faits par des accusations sans fondement ont été entreprises à tous les stades de la crise ukrainienne. Rien n’est fait pour identifier et sanctionner les responsables des événements sanglants de février sur le Maïdan, des massacres de masse à Odessa, Marioupol et dans d’autres régions de l’Ukraine. L’épouvantable catastrophe humanitaire causée par les actions des forces de sécurité ukrainiennes dans le sud-est du pays a été délibérément minimisée. Ces derniers jours ont été révélés de nouveaux faits horribles, quand des charniers ont été découverts près de Donetsk. En contradiction avec la résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations Unies, on tarde à mener une enquête approfondie et indépendante sur le crash de l’avion de ligne de la Malaisie sur le territoire ukrainien. Les coupables de tous ces crimes doivent être identifiés et traduits en justice. Sinon, il sera difficile d’espérer une réconciliation nationale en Ukraine.

La Russie est sincèrement intéressée à la restauration de la paix dans le pays voisin, quiconque connait un peu l’histoire des relations profondes et fraternelles entre les deux pays doit en être conscient. La voie menant à un règlement politique est connue : en avril dernier déjà, Kiev a pris l’engagement dans la déclaration de Genève signée par la Russie, l’Ukraine, les États-Unis et l’Union européenne, d’entamer sans attendre un dialogue national avec toutes les régions et les forces politiques en Ukraine afin de mettre en œuvre la réforme constitutionnelle. La réalisation de cet engagement permettrait à tous les Ukrainiens de se mettre d’accord sur la façon de vivre ensemble en accord avec leurs traditions et leur culture, elle permettrait à l’Ukraine de revenir à son rôle organique de maillon, entre les différentes parties de l’espace européen, ce qui suppose sans conteste la préservation et le respect de son statut de pays non-aligné, neutre. Nous sommes convaincus qu’avec de la bonne volonté, en arrêtant de soutenir le « parti de la guerre » à Kiev, qui essaie de pousser les Ukrainiens dans l’abîme de la catastrophe nationale, la sortie de la crise est à portée de main.

Une voie pour la surmonter a été ouverte avec la conclusion de l’accord de cessez-le-feu dans le sud-est de l’Ukraine sur la base des initiatives des Présidents Petro Porochenko et Vladimir Poutine. Avec la participation de représentants de Kiev, de Donetsk, de Lougansk, de l’OSCE et de la Russie, sont en train d’être décidées les modalités pratiques de la mise en œuvre cohérente de ces accords, y compris la séparation des parties, le retrait des armes lourdes des forces militaires ukrainiennes et de l’organisation de la surveillance par l’OSCE. La Russie est prête à continuer d’aider activement à faire avancer le règlement politique dans le cadre du processus de Minsk, qui a fait ses preuves, et dans le cadre d’autres formats. Mais il doit être clair que nous le faisons au nom de la paix, de la tranquillité et du bien-être du peuple ukrainien, et non pour satisfaire les ambitions de quiconque. Les tentatives de faire pression sur la Russie, de l’obliger à renoncer à ses valeurs, à la vérité et à la justice, n’ont aucune chance d’aboutir.

Je vais me permettre un rappel de faits historiques pas tellement éloignés. Comme condition à l’établissement des relations diplomatiques avec l’Union soviétique en 1933, le gouvernement des États-Unis a exigé de Moscou des garanties de non-ingérence dans les affaires intérieures des États-Unis et l’engagement d’éviter toute action visant à modifier la structure politique et sociale de l’Amérique. À l’époque, Washington redoutait le virus révolutionnaire, et ces garanties ont été mises en place dans les relations entre l’Amérique et l’Union soviétique sur la base de la réciprocité. Il serait peut-être bon de revenir à cette question et de reproduire l’exigence du gouvernement américain de l’époque à l’échelle universelle. Pourquoi ne pas adopter une déclaration de l’Assemblée générale sur l’inadmissibilité de l’ingérence dans les affaires intérieures des États souverains, sur la non-reconnaissance des coups d’État comme méthode de changement de pouvoir ? Il est temps d’exclure complètement des relations internationales les tentatives de pression illégales de certains pays sur d’autres. L’exemple de l’embargo américain contre Cuba démontre de façon évidente l’absurdité et la contre-productivité des sanctions unilatérales.

La politique des ultimatums, la philosophie de la supériorité et de la domination ne répondent pas aux exigences du XXIe siècle : ils entrent en conflit avec les processus objectifs de formation d’un ordre mondial démocratique multipolaire.

La Russie propose un ordre du jour fédérateur et positif. Nous avons toujours été et serons ouverts au dialogue sur les questions les plus difficiles, aussi insolubles qu’elles puissent paraître au premier abord. Nous serons prêts à chercher des compromis et l’équilibre des intérêts, à accepter un échange de concessions, mais seulement si le dialogue est honnête, respectueux et équitable.

Les accords de Minsk en date du 5 et du 19 septembre sur les voies de sortie de la crise ukrainienne, le compromis sur les délais d’entrée en vigueur de l’accord d’association entre Kiev et l’UE sont de bons exemples à suivre, tout comme la volonté enfin déclarée de Bruxelles d’entamer des négociations sur une zone de libre-échange entre l’UE et l’Union Douanière de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan, comme proposé par le président Vladimir Poutine en janvier de cette année.

La Russie a toujours préconisé l’harmonisation des projets d’intégration en Europe et en Eurasie. L’harmonisation des orientations politiques et des délais d’une telle « convergence des intégrations » serait une véritable contribution au travail de l’OSCE sur le thème « Helsinki plus 40 » [Référence aux Accords d'Helsinki, signés en 1975, ndt]. Un autre axe important de ce travail devrait être l’instauration d’un dialogue pragmatique et désidéologisé sur l’architecture militaro-politique dans la zone euro-atlantique, afin que non seulement les membres de l’OTAN et l’OTSC [Organisation du Traité de la Sécurité collective, rassemblant la Russie, 5 républiques ex-soviétiques + les observateurs], mais également tous les pays de la région, y compris l’Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, se sentent dans un état de sécurité égal et indivisible et ne soient pas placés devant un faux dilemme: « soit avec nous, soit contre nous. »

Nous ne pouvons pas admettre de nouvelles lignes de démarcation en Europe, d’autant plus que dans le contexte de la mondialisation, ces lignes peuvent devenir une ligne de partage entre l’Occident et le reste du monde.

Il faut le dire honnêtement : personne n’a le monopole de la Vérité, personne n’est plus en mesure d’ajuster les processus mondiaux et régionaux à ses besoins propres.

Aujourd’hui, il n’existe pas d’alternative à un consensus sur les règles d’une gouvernance mondiale durable dans les nouvelles conditions historiques, dans le plein respect de la diversité culturelle et civilisationnelle du monde et de la multiplicité des modèles de développement. Parvenir à un tel consensus sur chaque point sera difficile, probablement éprouvant. Mais la reconnaissance de ce que, dans chaque État, la démocratie est « le pire des régimes — à l’exception de tous les autres » a mis également beaucoup de temps à se frayer un chemin jusqu’à ce que Winston Churchill n’émette son jugement. Il est temps de réaliser que cet axiome est incontournable également dans les affaires internationales, aujourd’hui caractérisées par un énorme déficit démocratique.

Bien sûr, certains devront briser des stéréotypes multiséculaires, abandonner leurs prétentions à l’« exceptionnalisme éternel ». Mais il n’y a pas d’autre solution. Les efforts solidaires ne peuvent être construits que sur les principes du respect mutuel et de la considération des intérêts réciproques, comme cela se fait, par exemple, dans le cadre du Conseil de sécurité de l’ONU, du « G 20 » , des BRICS et de l’OCS [Organisation de Coopération de Shanghaï, ndt].

La théorie sur les avantages du travail d’équipe est confirmée dans la pratique : c’est le progrès dans le règlement de la situation autour du PNI [programme nucléaire iranien, ndt], la réussite de la démilitarisation chimique de la Syrie. D’ailleurs, en parlant des armes chimiques, je voudrais obtenir une information honnête sur l’état des arsenaux chimiques en Libye. Nous comprenons que nos collègues de l’OTAN, après avoir bombardé ce pays en violation de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, ne voudraient pas « remuer » le chaos qu’ils ont eux-mêmes créé. Cependant, le problème des arsenaux chimiques libyens hors contrôle est trop grave pour fermer les yeux. Je pense que le Secrétaire général des Nations Unies doit faire preuve de responsabilité dans cette affaire aussi.

L’essentiel aujourd’hui est de considérer les priorités globales et de ne pas les rendre otages d’un ordre du jour unilatéral. La gestion des conflits nécessite urgemment l’abandon du deux poids, deux mesures. En général, tous s’accordent à dire que la tâche principale consiste en une opposition ferme aux terroristes qui tentent de prendre le contrôle de zones de plus en plus vastes en Irak, Syrie, Libye, Afghanistan, dans le Sahara et au Sahel. S’il en est ainsi, alors ce problème ne peut pas être sacrifié à des schémas idéologiques ou à des règlements de compte personnels. Les terroristes, quels que soient les slogans derrière lesquels ils s’abritent, doivent rester hors la loi.

Dans le même temps, bien sûr, la lutte contre le terrorisme doit s’appuyer sur la base solide du droit international. Une étape importante dans cette lutte a été l’adoption unanime d’une série de résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, y compris récemment sur la question des combattants-terroristes étrangers. Au contraire, les tentatives d’agir en contradiction avec la Charte des Nations Unies n’aident pas au succès des efforts conjoints. La lutte contre les terroristes sur le territoire de la Syrie doit être menée en coopération avec le gouvernement syrien, qui a clairement affirmé qu’il était prêt à le faire. Damas a déjà prouvé par son action sa capacité à agir avec la communauté internationale et à respecter ses engagements dans le cadre du programme de l’élimination des armes chimiques.

La Russie a demandé dès le début du « printemps arabe » de ne pas laisser ce dernier à la merci d’extrémistes et de créer un front uni pour lutter contre la menace croissante du terrorisme. Nous avons mis en garde contre la tentation de prendre comme alliés presque tous ceux qui se déclaraient adversaires d’Assad, fussent-ils « Al-Qaïda », « Djebhat an-Nousra » ou autres « compagnons de route » du changement de régime, y compris l’État islamique, qui est maintenant au centre de l’attention générale. Comme on dit, mieux vaut tard que jamais. La Russie n’en est pas à sa première contribution réelle à la lutte contre l’État islamique, ainsi que d’autres formations terroristes de la région. Nous effectuons des livraisons à grande échelle d’armes et de matériel militaire à l’Irak, à la Syrie et à d’autres pays de la région MENA et nous continuerons à soutenir leurs efforts visant à éliminer les terroristes.

La menace du terrorisme nécessite une approche globale, si nous voulons éradiquer ses causes et ne pas être condamnés à réagir uniquement aux symptômes. L’État islamique est seulement une partie du problème. Nous proposons d’organiser, sous les auspices du Conseil de sécurité des Nations Unies, une étude en profondeur des menaces extrémistes et terroristes dans l’espace MENA et dans leur intégralité. Une approche complète implique la prise en compte des conflits de longue date, principalement le conflit arabo-israélien. Le problème palestinien en suspens depuis de nombreuses décennies reste largement reconnu comme l’un des principaux facteurs d’instabilité dans la région, du fait qu’il permet aux extrémistes de recruter de plus en plus de djihadistes.

La mise en commun des efforts pour l’application des décisions de l’AG et du Conseil de Sécurité de l’ONU en ce qui concerne la lutte contre le virus Ebola est une autre nécessité criante. Nos médecins travaillent déjà en Afrique. Nous prévoyons une livraison supplémentaire d’aide humanitaire, d’équipement, de matériel médical, de médicaments, d’équipes d’experts pour aider le programme des Nations Unies en Guinée, au Libéria, en Sierra Leone.

L’Organisation des Nations Unies, créée sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, entre dans l’année de son soixante-dixième anniversaire. Nous avons tous le devoir de célébrer l’anniversaire de la Grande Victoire, et de rendre hommage à tous ceux qui sont morts au nom de la liberté et du droit de chaque peuple à déterminer son propre destin.

Les leçons de cette terrible guerre, tout comme le cours général des événements dans le monde actuel, exigent d’unir nos efforts, d’oublier les intérêts unilatéraux, les cycles électoraux nationaux quand il s’agit de faire face à des menaces globales pesant sur l’humanité tout entière, il ne faut pas permettre que l’égoïsme national l’emporte sur la responsabilité collective.

Source : Sergueï Lavrov, Ministère russe des Affaires étrangères, 27/09/2014 – Traduction collective par les lecteurs du site www.les-crises.fr (souligné par nous)

http://www.les-crises.fr/discours-du-ministre-des-affaires-etrangeres-russe-a-l-onu/

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Le blog d'Olivier Berruyer. Situation dans le Donbass Il y a eu très peu de changements territoriaux en une semaine. Kiev continue d’amasser des forces.

29 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre

27 septembre 2014.

Actu’Ukraine, 27 septembre, par Nicolas.

Situation dans le Donbass

Il y a eu très peu de changements territoriaux en une semaine. Kiev continue d’amasser des forces.

carte au 24 septembre

carte au 24 septembre

RPD

Malgré les annonces de cessez-le-feu sous la surveillance de l’OSCE, les combats se poursuivent, notamment sur le territoire de l’aéroport de Donetsk. Comme depuis des semaines, les troupes qui y sont encerclées bombardent Donetsk : 2 morts et 4 blessés parmi les civils, et des appartements détruits le 24 septembre. Plusieurs mines ont également été bombardées. Crimes ordinaire des gentils libérateurs pro-européens. Les informations concernant l’aéroport se contredisent régulièrement. Il semble que Kiev y ait toujours des centaines de soldats, mais peut-être très peu de blindés encore en état de marche.

Donetsk continue de se préparer à la guerre. J’ai mentionné la semaine dernière que la RPD avait affirmé avoir un important stock d’armes en cours de réparation. On peut constater que c’est vrai sur cette vidéo.

Des combats et tirs d’artillerie ont également lieu régulièrement dans la banlieue de Donetsk à Avdeevka, Marinka et Gorlovka. Les troupes de Kiev ont quitté Marinka le 23 septembre pour s’installer à Kourakhovo, quelques kilomètres à l’ouest.

Les rebelles se renforcent dans les villages de Nijnyaya Krynka et Jdanovka, récemment abandonnés par Kiev. Les soldats de Kiev continuent de détruire l’infrastructure du Donbass, un pont sur la Krynka a notamment été détruit par les troupes qui ont abandonné Nijnyaya Krynka.

À Debaltsevo, toujours occupée par Kiev, les combats se poursuivent. L’intensité des combats aurait diminué pendant quelques jours, mais repris de plus belle le 25, avec des tentatives des soldats de Kiev de briser l’encerclement. Les pertes de Kiev sont inconnues mais probablement importantes. Toujours près de Debaltsevo, le bataillon Aïdar aurait abattu 2 soldats (matelots du 73e Centre marin) qui voulaient quitter leur position et reculer, en accord avec l’ordre de Porochenko.

Près de Marioupol, les rebelles tiennent toujours la banlieue est et sont toujours bombardés à l’artillerie “Grad”.

Le vice premier ministre de la RPD Andreï Pourguine a estimé que la guerre avait fait 4000 morts, mais que ce chiffre pourrait être revu à la hausse car de nombreux enterrements ont été faits sans être déclarés. Environ 600 entreprises sont détruites, c’est à dire qu’elles ont subi des dégâts trop importants pour être réparables rapidement. L’estimation des dégâts n’est pas encore faite mais se compte en milliards de dollars, voire en dizaines de milliards de dollars. Le gouvernement de Donetsk a commencé à payer des retraites et aides sociales aux personnes qui en ont le plus besoin : les blessés de la Seconde Guerre Mondiale, les enfants handicapés et les familles aillant perdu le soutien de famille.

La guerre a au passage anéanti la petite industrie automobile ukrainienne, qui dépendait largement des exportations vers la Russie : 139 voitures produites en août, contre 50 000 pour toute l’année 2013. Ce n’est que le début, des centaines de milliers d’emplois qui dépendent des commandes russes sont menacés par l’accord d’association avec l’UE : les secteurs ferroviaire, métallurgique et de l’armement seront les plus touchés. La Russie subventionnait activement l’industrie ukrainienne, et ses importations (tous secteurs confondus) représentaient 10% du PIB de l’Ukraine en 2012, dont 1,5% pour le seul secteur ferroviaire. Clairement, aucun pays d’Europe n’a besoin de voitures ou wagons ukrainiens, et l’industrie russe est plus que capable de remplacer ces importations.

RPL

Les habitants de Lougansk subissent toujours des coupures d’eau et d’électricité.

Les troupes de Kiev ont quitté Starobelsk et Novoaïdar. Kiev a bombardé les rebelles à Lomovatki, qui ont répondu en détruisant environ 9 “unité techniques” (artillerie, blindés…) et environ 40 soldats de Kiev. Aucun rebelles n’a été blessé lors de ce duel.

On signale que des corps de soldats de Kiev sont abandonnés à la faune, les habitants refusant d’enterrer leurs “libérateurs”. Les rebelles donnent aux soldats de Kiev la possibilité de récupérer leurs corps à chaque fois qu’ils en font la demande et ne comprennent donc pas pourquoi ces corps ne sont pas récupérés.

En Novorossie occupée

60% voire deux tiers des armes lourdes de Kiev sont détruites, Kiev n’a plus de quoi acheter des tanks neufs (l’usine de tanks de Kharkov fait des tanks pour la Thaïlande), et donc plus aucun moyen de lancer une véritable attaque. En conséquence, Kiev prépare 2 lignes de défense, la première allant de Marioupol à Artemovsk, la seconde allant de Slaviansk à Berdyansk en région de Dnepopetrovsk (sur la côte). Porochenko a également affirmé qu’une grande partie de l’armement a été réparé, et que l’Ukraine est de nouveau en mesure de se défendre. Autrement dit, il admet que l’Ukraine était militairement vaincue lorsque le cessez-le-feu a été imposé aux novorusses.

À Marioupol, deux adolescents à vélo ont été visés par des tirs de l’armée de Kiev qui avait là trouvé des adversaires à la mesure de leur courage, l’un des adolescents a été touché à la tête. Un bureau de “volontaires” a été brûlé, sans faire de victime.

Bureau de recrutement, à Kharkov, après une explosion

Bureau de recrutement, à Kharkov, après une explosion

À Kharkov, des maquisards continuent de mener des opérations contre le pouvoir de Kiev. Deux explosions ont eu lieu le 26 septembre à 2h30, puis à 4h. Le premier objectif était le bureau de volontaires dans lequel se trouvaient des munitions et des casques, d’une valeur de 20 000 $, le second était un distributeur de billets de la banque Privatbank, de Kolomoïskiy. Il n’y a eu aucune victime.

De même à Odessa, des maquisards auraient tiré au lance-roquette sur un blindé de transport. Une autre version parle d’un accident, une photo ne montre qu’une petite partie du blindé, sans trace de brûlure, le reste est caché. La version officielle est qu’”il s’est passé quelque chose”.

Marche de la paix, mensonges toujours

En Russie, la 5e colonne a défilé à Moscou, à l’appel du parti Yabloko, de Solidarnost (Kasparov) et des Verts notamment. Leurs revendications sont les suivantes :

  1. Retrait des troupes russes d’Ukraine
  2. Enquêtes judiciaires sur les crimes des soldats russes
  3. Arrêt de la propagande sur les chaînes fédérales
  4. Arrêt et annulation des mesures anti-sanctions (contre les produits agricoles européens etc)
  5. Arrêt de la guerre économique et gazière contre l’Ukraine

Cela correspond très précisément à la propagande américano-kiévienne. Peu importe que Kiev doit plusieurs milliards d’euros à Gazprom pour du gaz déjà livré fin 2013 et début 2014, la marche de la paix affirme vouloir la paix, mais s’adresse pour cela à la Russie plutôt qu’à Kiev qui est en guerre contre le peuple du Donbass et se rend coupable de massacres de façon de plus en plus flagrante. Une dizaine de milliers de personnes ont pris part à cette marche (5000 selon la police, 26000 voire 50 000 selon les organisateurs), dont une part non négligeable de citoyens ukrainiens. Une marche pour le Donbass a eu lieu en même temps et la police a réussi à empêcher les affrontements. Le Monde a filmé la marche pour le Donbass pour illustrer la Marche pour la paix. Pas grave, les lecteurs français ne comprennent pas que les manifestants crient “Donbass, pardon pour la marche des traîtres” et “Donbass, la Russie est avec toi” pendant les ¾ du “reportage”. Les lecteurs du Monde sponsorisent ce genre de désinformation grossière.

Normalement, les drapeaux séparatistes auraient dû alerter le journaliste du Monde qu’il n’était pas à la bonne manifestation

Normalement, les drapeaux séparatistes auraient dû alerter le journaliste du Monde qu’il n’était pas à la bonne manifestation

Des défilés beaucoup moins importants ont eu lieu dans d’autres villes. Quelques centaines de personnes ont défilé à Saint-Petersbourg et des affrontements ont eu lieu avec le défilé pro-Donbass, la police a arrêté des manifestants des deux bords. Le défilé pro-Donbass a continué après la dispersion du défilé pro-ukrainien.

20 personnes ont défilé à Petrozavodsk et Saratov, 50 personnes à Perm, presque 100 personnes à Iekaterinbourg, 10 personnes à Novossibirsk, 15 personnes à Syktyvkar, et une personne à Barnaoul (632000 habitants), dont l’affiche a été détruite par des passants. À Omsk, ville de plus d’un million d’habitants, 4 personnes se sont rassemblées pour prendre des photos avant de se disperser. La 5e colonne a encore des problèmes d’implantation en province. Enfin, une cinquantaine de personnes ont défilé à Rostov s/ Don, mais se sont dispersées en voyant arriver des rebelles blessés qui se soignent dans la ville.

Arrestations de prisonniers politiques

Les échanges de prisonniers se font difficilement en raison de l’attitude de Kiev. Selon un journaliste du New-York Times, une grande partie des prisonniers échangés par Kiev contre leurs soldats sont des civils, arrêtés principalement pour leur activisme. Lors d’un échange “28 contre 28″, seuls 7 prisonniers étaient des rebelles. Cette pratique met en danger tout le processus d’échange de prisonnier. Un adolescent relâché lors d’un échange affirme avoir été arrêté dans une ville du front sous prétexte de participation à une bande de tueurs pro-russes, et battu deux jours avant d’être relâché. D’autres ont été arrêtés il y a plusieurs mois dans d’autres régions pour leur participation à des manifestations ou distribution de propagande.

Kiev

À Kiev, c’est tous les jours la fête du nationalisme et de la désinformation. Pour ceux qui ont raté ce billet, le ministre de la défense a récemment tout simplement affirmé que la Russie avait utilisé des bombes atomiques contre les troupes ukrainiennes. Plus récemment, les médias de Kiev ont repris une information diffusée par une activiste russe (Elena Vassileva) affirmant que les corps de 10 soldats russes d’Orenbourg ont été rapatriés. Les noms et années de naissance des soldats tués correspondent aux membres d’une équipe locale de football, “Gazovik” en 2008. Sur 11 joueurs qui ont pu jouer ensemble (en 3-5-2) pendant le championnat 2008, seul le gardien de but a survécu, probablement parce qu’il était resté à l’arrière. Elena Vassileva n’est pas essoufflée par l’énormité de ses mensonges et en a déjà rajouté une couche : l’aviation russe a selon elle tué 300 prisonniers de nationalité russe. Le fait qu’elle ait encore un public donne une idée de l’hystérie collective anti-russe dans l’opinion publique ukrainienne.

Porochenko est toujours aussi aveuglé par l’ambition et croit qu’il va rester dans l’histoire comme un grand réformateur. Il ne doute vraiment de rien et a accordé un régime économique préférentiel à la Crimée. Rien n’a été fait pour la Crimée de 1991 à 2014, mais ça y est, ils ont commencé à y réfléchir. Si Porochenko pouvait déjà assurer la fourniture d’électricité à ses sujets, ce serait déjà un grand progrès. Entre autres informations récentes, les habitants de Kherson auront des coupures, en cas de nécessité, de 9h à 11h et de 20h à 22h. Face au problème inattendu des températures qui commencent à baisser (sûrement un complot russe), le gouvernement de Kiev s’est rendu compte qu’acheter du charbon à l’Afrique du Sud à 91$ la tonne quand les fournisseurs russes font payer 10% moins cher ne résoudra pas les problèmes du pays. Ils ont donc décidé d’acheter du charbon russe (quantité non spécifiée, de l’ordre de 2 millions de tonnes).

L’Ukraine, la Lituanie et la Pologne ont signé un accord militaire pour la création d’une brigade commune. On retrouve la même alliance qu’au temps de l’Union de Lublin (sauf que le Bélarus ne fait plus partie de la Lituanie).

En attendant, les soldats de Kiev sont enterrés sans être identifiés. Le 23 septembre, 21 soldats inconnus ont été enterrés d’un coup à Dnepropetrovsk. Les autorités ont promis qu’ils ont fait des prélèvements ADN et que les parents des soldats peuvent donner des échantillons pour la comparaison. On verra s’ils acceptent réellement de dépenser cet argent pour des soldats qu’ils n’ont ni formé, ni payé, ni équipés correctement.

Nationalisme

Porochenko a affirmé lors d’une conférence de presse :

«Autrefois la question des guerriers de l’OUN-UPA divisait le pays, c’est pourquoi on ne la mettait pas à l’ordre du jour. Maintenant c’est un très bon moment… maintenant c’est le moment de discuter cette question… Je me souviens des guerriers de l’UPA en tant que héros»

Ça y est, on y est, les guerriers de l’UPA, branche armée de l’OUN (Organisation des nationalistes ukrainiens) sont désormais des héros. C’est ça, les nouvelles valeurs européennes, soutenues militairement, économiquement et politiquement par le Bloc Américano-Occidental. Pour ceux qui ne se souviennent pas de la série de billets sur le sort des Juifs de Galicie, il faut lire ou relire celui sur le massacre de Babi Yar, qui est d’actualité. Des dizaines de milliers de Juifs ont été massacrés par balles, dans un trou, près de Kiev. Les bourreaux étaient 300 soldats allemands et 1200 nationalistes ukrainiens. C’était l’épisode le plus important de la “Shoah par balles”.

Une habitante de Kiev écrivait dans son journal, le 2 octobre 1941 :

Une jeune fille russe a accompagné son amie au cimetière et s’est glissée de l’autre côté de la clôture : elle a vu comment des gens nus ont été poussés vers Babi Yar et a entendu les rafales d’une mitrailleuse. Il y a de plus en plus de rumeurs et de nouvelles. Trop monstrueuses pour y croire. Mais nous sommes obligés d’y donner foi, car le massacre des Juifs est une réalité. Une réalité qui nous rend fous. […] Mes cheveux se dressent sur ma tête. […] Il est impossible de vivre en sachant cela.

Monument aux victimes de Babi Yar
Monument aux victimes de Babi Yar

Monument aux victimes de Babi Yar

En 2014, Biletskiy, néonazi notoire auquel se sont associés entre autres Tourtchinov et Avakov dans le Front Populaire (Cf. billet du 12 septembre) dit dans une interview :

Notre credo : détruire tout ce qui détruit notre nation.

Comme vous le savez, vous pouvez restaurer presque tout: l’économie, l’ordre dans les rues, la démographie, une armée et marine forte, les armes nucléaires, mais la seule chose qui ne peut pas être restaurée – est la pureté du sang.

Si nous nous trouvons en 30 ans dans la minorité absolue dans leur propre pays, nous ne sommes absolument pas intéressés à qui obtient notre économie, notre pays, notre armée.

La première tâche – pour garder tout cela pour nos propres enfants.

Oleg Odnorozhenko, un référent intellectuel du mouvement néonazi ukrainien écrit :

Les mariages et les relations raciales mélangées sont interdits. L’hygiène raciale, l’éducation nationale et les soins de santé pour tous les Ukrainiens sont sous la garde complète et appropriée de l’État.

L’Ukraine doit mener une politique étrangère active, visant à créer l’Empire ukrainien. … Ensuite, l’Ukraine, en tant que noyau superpuissance de l’Empire, réunira autour de lui, sur une base égalitaire et équitable, les États indépendants des peuples aryens blancs dans une confédération.

Le monument commémoratif a été profané cette semaine, à l’occasion du nouvel an juif…

Monument aux victimes de Babi Yar, en septembre 2014

Monument aux victimes de Babi Yar, en septembre 2014

Le blog d'Olivier Berruyer. Situation dans le Donbass  Il y a eu très peu de changements territoriaux en une semaine. Kiev continue d’amasser des forces.
Le blog d'Olivier Berruyer. Situation dans le Donbass  Il y a eu très peu de changements territoriaux en une semaine. Kiev continue d’amasser des forces.
(Autre source ici sur jewishvoiceblog)

(Autre source ici sur jewishvoiceblog)

Torture et massacres

Les prisonniers libérés lors de cet échange de prisonniers ont apparemment eu de la chance, ils étaient enchaînés sur le béton sans possibilité de se coucher pour dormir, mais n’ont apparemment pas été torturé. Une responsable du fond humanitaire récemment relâchée n’a pas eu cette chance. Les témoignages de tortures sur les prisonniers militaires comme civils se multiplient, ainsi que les découvertes de charniers, de civils torturés et abattus, de femmes violées et abattus. On parle maintenant de plusieurs dizaines de charniers. 3 ont été découvertes en une seule journée, dont l’une contenait plus de 30 corps. Des prisonniers libérés parlent de la torture, et d’un grand charnier (“20 mètres par 30″) à Kramatorsk. Stanislav Stankevitch, un rebelle libéré sur lequel les soldats de Kiev ont brûlé une svastika avec une chaîne brûlante raconte la torture à Kramatorsk et affirme que de nombreux civils sont prisonniers dans une vingtaine de trous, enchaînés et régulièrement torturés. Un médecin volontaire parle de sa détention, et de la torture.

Stanislav Stankevitch a eu une svastika brûlée sur la dos et le mot séparatiste sur la poitrine, pendant sa détention.

Stanislav Stankevitch a eu une svastika brûlée sur la dos et le mot séparatiste sur la poitrine, pendant sa détention.

En plus de la torture et des meurtres, certains organes internes manquent dans les corps de certaines victimes découvertes dans les charniers, ce qui relance les rumeurs concernant un trafic d’organes. Ce genre de rumeur est “trop monstrueux pour y croire”, mais en 2010, 4 médecins ukrainiens avaient été arrêtés pour trafic d’organes. L’enquête sur le trafic d’organes de Serbes tués au kosovo est toujours en cours.

Il y a de plus en plus de rumeurs et de nouvelles. Trop monstrueuses pour y croire. Mais nous sommes obligés d’y donner foi, car le massacre est une réalité.

47 réponses à Actu’Ukraine, 27 septembre, par Nicolas

http://www.les-crises.fr/actu-ukraine-27-septembre/

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La menace de guerre et la réponse russe, par Sergei Glaziev. Le blog d'Olivier Berruyer.

29 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale, #La guerre

La menace de guerre et la réponse russe, par Sergei Glaziev. Le blog d'Olivier Berruyer.

Voici un très récent article de Sergei Glaziev sur la vision russe du problème. À prendre comme toujours avec recul et esprit critique…

Comment mener une coalition et éviter un conflit mondial

Sergei Glaziev est un des conseillers du Président de la Fédération de Russie et membre de l’Académie des Sciences russe.

Résumé : Le monde a besoin d’une coalition de forces solides en faveur de la stabilité – une coalition mondiale anti-guerre avec un projet positif de réorganisation de l’architecture financière et économique internationale, sur les principes du bénéfice mutuel, de l’équité et du respect des souverainetés.

Les actions américaines en Ukraine devraient non seulement être classées comme hostiles pour ce qui concerne la Russie, mais aussi comme visant une déstabilisation mondiale. Les États-Unis provoquent ce qui est essentiellement un conflit international pour sauvegarder leur autorité géopolitique, financière et économique. La réponse doit être systémique et complète, visant à mettre à jour la domination politique des États-Unis et à y mettre fin, et, plus important, à saper leur pouvoir politico-militaire basé sur l’émission du dollar comme monnaie de réserve.

Le monde a besoin d’une coalition de forces solides en faveur de la stabilité – une coalition mondiale anti-guerre avec un projet positif de réorganisation de l’architecture financière et économique internationale, sur les principes du bénéfice mutuel, de l’équité et du respect des souverainetés.

LIMITER L’ARBITRAIRE DES ÉMETTEURS DE MONNAIE DE RÉSERVE

Cette coalition pourrait inclure les grands États indépendants (BRICS) ; les États émergents (la plus grande partie de l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine) contre lesquels le système financier et économique actuel a exercé des discriminations ; les États de la CEI intéressés par un développement équilibré et sans conflits ; et les nations européennes non préparées à obéir au diktat méprisant des États-Unis. La coalition devrait prendre des mesures pour éliminer les causes fondamentales de la crise mondiale, y compris :

  • l’émission incontrôlée des monnaies de réserve mondiales, qui permet aux émetteurs d’abuser de leur position dominante, accroissant ainsi les disproportions et les tendances destructrices du système financier et économique mondial ;

  • l’incapacité des mécanismes existants de régulation des banques et des institutions financières à écarter les risques excessifs et les bulles financières ;

  • un potentiel de croissance épuisé au sein du système économique dominant basé sur la technologie et le manque de conditions pour en créer un nouveau, y compris des investissements insuffisants pour l’utilisation à grande échelle des solutions techniques de base.

Les conditions doivent être créées pour permettre aux autorités fiscales nationales de prêter de l’argent pour construire une économie basée sur les nouvelles technologies et réaliser la modernisation économique et pour encourager l’innovation et les affaires dans les secteurs de croissance potentielle. Les émetteurs des monnaies de réserve doivent garantir leur stabilité en maîtrisant leur dette nationale, leur balance de paiements et leur balance commerciale. Ils devront également employer des mécanismes transparents d’émission monétaire et assurer le libre échange pour tout arbitrage d’actifs dans leurs pays.

Un autre élément important que les émetteurs de monnaies de réserve doivent observer est le respect des lois honnêtes de la concurrence et un accès non discriminatoire aux marchés financiers. D’autres pays respectant ce genre de contraintes devraient être en mesure d’utiliser leur monnaie nationale comme instrument d’échange et en permettre également l’usage comme monnaie de réserve par les pays avec qui ils sont associés. Il serait bon d’envisager le regroupement des monnaies nationales prétendant au statut de réserve régionale ou mondiale en catégories dépendantes du degré de respect de certains standards par les émetteurs.

Au-delà de l’établissement de règles pour les émetteurs de monnaies de réserve mondiales, des mesures devraient être prises pour renforcer le contrôle sur les mouvements de capitaux, afin de prévenir les attaques de la spéculation qui déstabilisent les monnaies nationales et internationales ainsi que le système financier. Il sera nécessaire aux membres de la coalition d’interdire les transactions avec les juridictions off-shore et ne pas permettre l’accès au refinancement aux banques et sociétés créées avec des résidents off-shore. L’usage des monnaies ne respectant pas ces règles ne devrait pas être autorisé pour les règlements internationaux.

Une remise à niveau majeure des institutions financières internationales est nécessaire pour assurer le contrôle des émetteurs de monnaie globale de réserve. Les pays participants doivent être représentés honnêtement suivant des critères objectifs tels que leur part dans la production mondiale, dans les échanges et la finance, leurs ressources naturelles et leur population. Les mêmes critères devraient s’appliquer au panier de monnaies de pays émergents pour le nouveau DTS (Droits de Tirage Spéciaux) qui peut être utilisé comme un étalon permettant de déterminer la valeur des monnaies nationales, incluant les monnaies de réserve. À l’origine, ce panier devrait contenir les monnaies des membres de la coalition d’accord pour observer ces règles.

De telles réformes ambitieuses nécessiteront un support législatif et institutionnel approprié. À ce dessein, les décisions de la coalition devraient avoir le statut d’engagements internationaux et les institutions de l’ONU, d’autres organisations internationales représentatives ainsi que tous les pays intéressés dans la réforme devraient être largement impliqués.

Pour encourager l’application au niveau mondial des réussites socialement importantes de ce nouveau mode technologique, les pays vont devoir concevoir un système international de planification stratégique du développement socio-économique. Il doit inclure des projections à long terme de développement scientifique et technologique ; définir les perspectives pour l’économie mondiale, les associations régionales et les pays phares; s’intéresser aux moyens de surmonter les différences, y compris le fossé entre les développements des économies industrialisées et émergentes et définir les priorités et objectifs pour les organisations internationales.

Les États-Unis. et autres pays du G7 rejetteront probablement ces propositions de réforme du système monétaire et financier international sans discussion, de peur de voir s’ébranler le monopole leur permettant l’émission incontrôlée de monnaie mondiale. Tout en engrangeant d’énormes bénéfices de ce système, les pays occidentaux phares limitent l’accès à leurs propres actifs, technologies et marché du travail en imposant de plus en plus de restrictions.

Si le G7 refuse de « faire de la place » à la coalition anti-guerre dans les agences dont dépendent les organisations financières internationales, celle-ci devra se rendre maîtresse d’une synergie assez grande pour créer des régulateurs mondiaux alternatifs.

Les BRICS pourraient servir de banc d’essai et prendre les mesures suivantes pour maintenir leur sécurité économique :

  • créer un système de paiement universel pour les membres des BRICs et émettre des cartes de paiement rassemblant l’Union Pay Chinoise, l’ELO brésilienne, le RuPay indien ainsi que des systèmes de paiements russes ;
  • construire un système d’informations et d’échanges interbancaires comparable au SWIFT et qui fonctionnerait de manière indépendante des États-Unis et de l’Union Européenne ;
  • fonder ses propres agences de notation.

LA RUSSIE, LEADER MALGRÉ ELLE

La Russie aura un rôle de leader dans la mise en place d’une coalition contre les États-Unis car elle est hautement vulnérable et ne sortira pas vainqueur de la confrontation en cours sans une telle alliance. Si la Russie échoue à faire preuve d’initiative, le bloc anti-russe que les États-Unis sont en train de former absorbera ou neutralisera les alliés potentiels de la Russie. La guerre contre la Russie, à laquelle États-Unis poussent l’Europe, peut bénéficier à la Chine, car l’affaiblissement des États-Unis, de l’Union européenne et de la Russie permettra à Pékin d’atteindre plus facilement un leadership mondial. De même, le Brésil pourrait céder aux pressions des États-Unis tandis que l’Inde se concentrerait davantage sur la résolution de ses problèmes intérieurs.

La Russie a autant d’expérience en matière de direction dans la politique mondiale que les États-Unis. Elle possède la nécessaire autorité morale et culturelle ainsi que des capacités militaires et technologiques suffisantes. Mais l’opinion publique russe doit encore surmonter son complexe d’infériorité, retrouver une fierté historique pour les siècles d’efforts qu’elle a fourni afin de créer une civilisation qui a rassemblé de nombreuses nations et cultures et qui a sauvé de nombreuses fois l’Europe et l’humanité de l’auto-extermination. Elle a besoin de ramener une compréhension du rôle historique que le monde russe a joué en créant une culture universelle, de la Rus kiévienne, héritière spirituelle de l’Empire byzantin jusqu’à la fédération de Russie, qui a succédé à l’Union soviétique et à l’Empire russe. Le processus d’intégration eurasienne devrait être présenté comme un projet global destiné à restaurer et à développer un espace commun pour des nations qui, de Lisbonne à Vladivostok et de Saint-Pétersbourg à Colombo, ont vécu et travaillé ensemble.

UNE SYNTHÈSE SOCIAL-CONSERVATRICE

Un nouvel ordre mondial pourrait être fondé sur un concept de synthèse sociale-conservatrice en tant qu’idéologie qui combinerait les valeurs des religions mondiales avec les acquis de l’État-providence, ainsi que le paradigme scientifique du développement durable. Ce concept devrait servir de programme positif pour construire une coalition anti-guerre et établir des principes universellement compréhensibles destinés à rationaliser et à harmoniser les relations sociales, culturelles, et économiques dans le monde.

Les relations internationales ne peuvent être harmonisées que sur la base de valeurs fondamentales partagées par toutes les cultures et civilisations majeures. Ces valeurs incluent la non-discrimination (égalité) et le fait de s’accepter mutuellement, un principe que déclarent toutes les confessions sans que l’on ait besoin de diviser les gens entre « nous » et « eux ». Ces valeurs peuvent être exprimées à travers des notions de justice et de responsabilité, ainsi qu’en formes légales des droits de l’homme et des libertés.

La valeur fondamentale d’un individu et l’égalité de tous, indépendamment de toute religion, ethnie, classe, ou autre arrière-plan, doit être reconnue par toutes les confessions. Cela découle, du moins dans les religions monothéistes, de la perception de l’unité de Dieu et du fait que chaque type de foi offre son propre chemin vers le salut. Cette vision permet d’éliminer les conflits religieux et ethniques violents tout comme elle permet à chaque individu de faire un libre choix. Mais des mécanismes légaux doivent être en place pour rendre possible cette participation des confessions à la vie publique et à la résolution des conflits sociaux.

Cette approche permettra de neutraliser un des instruments les plus destructeurs de cette guerre mondiale du chaos qu’emploient États-Unis : l’utilisation des luttes religieuses pour pousser à des conflits religieux et ethniques qui se transforment ensuite en guerres civiles et régionales.

Le rôle de la religion, en façonnant la politique internationale, fournira la base morale et idéologique nécessaire à la prévention des conflits ethniques et à la résolution des tensions ethniques, en utilisant des instruments nationaux de politique sociale. De nombreuses religions peuvent être aussi impliquées dans la planification de la politique sociale, fournissant ainsi un cadre moral pour les décisions des gouvernements, restreignant les attitudes de permissivité et de laxisme qui dominent les esprits des élites au pouvoir dans les pays développés, et ramenant une compréhension de la responsabilité sociale des autorités vis à vis de la société. Alors que les valeurs contestées de l’État-providence gagnent un fort soutien idéologique, les partis politiques devront reconnaître l’importance des limites éthiques qui protègent les principes fondamentaux de la vie humaine.

Le concept de synthèse sociale-conservatrice sera la base idéologique de réforme de la monnaie internationale, des relations financières et économiques en se fondant sur les principes de justice, de respect mutuel de la souveraineté nationale et d’échanges mutuellement avantageux. Cela exigera certaines restrictions de la liberté de forces du marché qui pratiquent constamment une discrimination à l’encontre de la plupart des personnes et des pays en limitant leur accès à la richesse.

Le mondialisme libéral a miné la capacité des pays à influencer la distribution du revenu national et des richesses. Les multinationales délocalisent sans contrôle les ressources auparavant contrôlées par des gouvernements nationaux. Ces derniers doivent opérer des coupes dans les prestations sociales pour préserver l’attractivité de leurs économies. Les investissements sociaux publics, dont les bénéficiaires n’ont plus d’identité nationale, ont perdu leur puissance. À mesure que l’oligarchie qui a pour centre les États-Unis capte une part grandissante du revenu généré par l’économie mondiale, le niveau de vie s’érode dans les économies ouvertes et la difficulté d’accès à la richesse publique s’accroît. Pour surmonter ces tendances destructrices, il sera nécessaire de changer toute l’architecture des relations financières et économiques et de restreindre le libre mouvement du capital. Cela devrait être fait pour empêcher les multinationales d’échapper à leur responsabilité sociale d’une part, et pour égaliser les coûts des politiques sociales partagés par les états d’autre part.

La première chose implique d’éliminer les juridictions offshore, qui permettent l’évasion fiscale, et de reconnaître les droits des états à réguler les mouvements de capitaux transfrontaliers. La seconde signifierait établir des critères sociaux minimaux pour assurer l’amélioration accélérée de la sécurité sociale dans les pays relativement pauvres. Cela peut être fait en créant des mécanismes internationaux pour équilibrer les niveaux de vie, ce qui, en retour, demandera un financement approprié.

En travaillant conformément au concept de synthèse sociale-conservatrice, la coalition anti-guerre peut réformer le système de sécurité sociale mondial. Une redevance de 0,01% sur les opérations de changes de devises pourrait financer des mécanismes internationaux prévus pour égaliser les niveaux de vie. Cette redevance (de plus de 15 000 milliards de dollars par an) pourrait être facturée sous un accord international et les législations fiscales nationales et transférée aux organisations internationales comme la Croix-Rouge (prévention et intervention lors des crises humanitaires causées par les catastrophes naturelles, guerres, épidémies etc) ; l’Organisation Mondiale de la Santé (prévention des épidémies, réduction de la mortalité infantile, vaccinations, etc) ; l’Organisation Internationale du Travail (surveillance mondiale des normes de sécurité et du droit du travail, y compris des salaires conformes aux niveaux minima de subsistance, interdiction du travail des enfants et du travail forcé, migrations économiques) ; la Banque mondiale (construction d’infrastructures sociales – réseaux d’approvisionnement en eau, routes, évacuation des eaux usées, etc) ; l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (UNIDO) (transfert de technologies aux pays en développement) et l’UNESCO (soutien à la coopération internationale en sciences, éducation et culture, protection des héritages culturels). Les dépenses devront être faites selon les budgets approuvés par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Une autre tâche consisterait dans la création d’un système mondial de protection de l’environnement financé par les pollueurs. Ceci peut être fait par la signature d’un accord international qui établirait des amendes généralisées pour la pollution et affecterait les sommes récoltées à la protection de l’environnement, sous des législations nationales, et sous la supervision d’une organisation internationale autorisée. Une partie de cet argent devrait être allouée à des activités liées aux problématiques environnementales mondiales et à la surveillance. Un mécanisme alternatif peut être fondé sur le marché des quotas de pollution, sous le protocole de Kyoto.

Un aspect important est la création d’un système mondial pour éliminer l’illettrisme et assurer l’accès public à l’information et à une éducation moderne, à travers le monde. Cela demandera la standardisation des exigences minimales pour une éducation primaire et secondaire complètes, et le financement des pays en voie de développement avec des revenus générés par le système de taxes ci-dessus. Il doit y avoir un système universellement accessible d’éducation de troisième cycle fourni par les plus grandes universités des pays industrialisés. Ces dernières peuvent établir des quotas d’admission d’étudiants étrangers sélectionnés sur concours internationaux et financés par la même source. De façon simultanée, les universités participantes pourraient instaurer un système d’enseignement à distance pour toutes les personnes détentrices d’un diplôme de fin d’études secondaires. L’UNESCO et la Banque mondiale pourraient s’engager à créer et à soutenir l’infrastructure d’information nécessaire, en tirant leurs fonds de la même source.

HARMONISATION ANTI-CRISE DE L’ORDRE MONDIAL

Le fossé grandissant entre pays riches et pays pauvres menace le développement et l’existence même de l’humanité. Ce fossé est créé et maintenu par des institutions nationales, aux États-Unis et dans les pays alliés, qui s’arrogent un certain nombre de fonctions sur les échanges économiques internationaux dans leur propre intérêt. Ils ont monopolisé le droit à l’émission de monnaies mondiales et en utilisent les revenus pour leurs propres bénéfices, donnant un accès illimité aux prêts à leurs banques et sociétés. Ils ont monopolisé les droits de définition des standards techniques permettant à leur industrie de maintenir une suprématie technologique. Ils ont imposé au monde leurs propres lois sur les échanges internationaux, imposant aux autres pays l’ouverture de leurs marchés et limitant de manière substantielle leur propre capacité d’action sur la compétitivité de leurs économies nationales. Finalement, ils ont forcé la majorité des pays à ouvrir leurs marchés des capitaux, permettant de ce fait la domination de leur propres nababs financiers, qui ne cessent de multiplier leur richesse en exerçant un monopole sur la monnaie.

Il est impossible d’envisager avec succès un développement socio-économique durable sans élimination de l’usage, pour des intérêts privés ou nationaux, du monopole sur les échanges économiques internationaux. Des restrictions nationales et mondiales peuvent être imposées pour soutenir le développement durable, harmoniser les affaires publiques mondiales, et éliminer les discriminations dans les relations économiques internationales.

Afin d’empêcher une catastrophe financière mondiale, des mesures urgentes doivent être prises pour créer à la fois une nouvelle monnaie sure et efficace ainsi qu’un système financier basé sur un échange mutuellement avantageux des monnaies nationales. Ce nouveau système exclurait l’appropriation par une prééminence mondiale pour des intérêts privés ou nationaux.

Pour égaliser les chances de développement socio-économique, les économies émergentes doivent avoir un accès libre aux nouvelles technologies conditionné à leur promesse de non usage à des fins militaires. Les pays se conformant à ces restrictions et donnant accès aux informations concernant leurs budgets militaires seront exemptes des contraintes de contrôle de leurs exportations et recevront de l’assistance pour l’acquisition de nouvelles technologies de développement.

Un mécanisme international empêchant les multinationales d’abuser de leur monopole sur le marché assurerait une concurrence loyale. L’OMC pourrait assurer un contrôle anti-trust grâce à un accord spécial engageant tous les états membres. Ceci permettrait aux entités économiques de demander l’élimination des abus de monopole commis par les multinationales ainsi que la compensation des pertes résultant de tels abus en imposant des sanctions contres les entités fautives. En plus des prix sur ou sous-facturés, des tromperies sur la qualité ou autres exemples de concurrence déloyale, les salaires inférieurs au niveau régional du minimum de subsistance tel que défini par l’OMT devraient également être considérés comme un abus. De plus, devrait exister une régulation raisonnable des prix pour les produits et services émanant de monopoles régionaux ou mondiaux.

En raison d’échanges économiques inégalitaires, les pays devraient se réserver le droit de réguler leurs propres économies afin de pouvoir égaliser les niveaux de développement socio-économiques. En plus des mécanismes de protection contre la concurrence déloyale des marchés nationaux par l’OMC, cette égalisation pourrait se faire aussi en encourageant le progrès scientifique et technologique et en assurant le soutien de l’État à l’innovation et l’investissement; en établissant un monopole d’État sur l’usage des ressources naturelles; en introduisant le contrôle des monnaies pour limiter la fuite des capitaux et empêcher les attaques spéculatives sur les monnaies nationales; en maintenant le contrôle gouvernemental sur les industries stratégiques; et en utilisant d’autres mécanismes pour renforcer la compétitivité.

Une concurrence loyale dans les technologies de l’information est essentielle. L’accès aux réseaux mondiaux d’informations doit être garanti pour chacun, consommateur ou pourvoyeur. Ce marché peut être maintenu ouvert grâce à de strictes dispositions anti-trust qui ne permettront ni à des groupes ni à des pays d’être en position dominante.

Pour s’assurer du respect des règles nationales et internationales par les participants aux échanges économiques mondiaux, doivent exister des pénalités définies par un code international applicable par la cour sans tenir compte de sa juridiction nationale. Toutefois, faire appel auprès d’une cour internationale dont le jugement serait d’application obligatoire pour tous les états, devrait être possible. Des règles contraignantes et des pénalités pour non-respect des règles (à côté des pénalités infligées pour violation des lois nationales) donneraient aux accords internationaux préséance sur les lois nationales. Les pays ne respectant pas ces principes devraient voir leur participation aux activités économiques internationales limitée par l’exclusion de leur monnaie nationale des règlement internationaux, par des sanctions économiques contre leurs résidents et des limites mises à leurs opérations sur les marchés internationaux.

Pour renforcer tous ces changements fondamentaux dans les relations internationales, une coalition forte devra être créée, capable de surmonter la résistance des États-Unis et des pays du G7, qui recueillent d’énormes bénéfices de leur domination sur les marchés mondiaux et dans les organisations internationales. Cette coalition devrait être prête à utiliser des sanctions contre les États-Unis et les autres pays qui refusent la priorité des obligations internationales sur les règlementations nationales. Rejeter le dollar américain dans les règlements internationaux serait le moyen de pression le plus efficace pour obtenir la collaboration des États-Unis.

La coalition anti-guerre devrait offrir une alternative à la course aux armements, comme un moyen d’encourager une nouvelle ère de développement technologique. Cette alternative conduirait à de larges coopérations internationales tournées vers la résolutions de probèmes mondiaux nécessitant la mise en commun des moyens pour créer des technologies d’avant-garde. Par exemple, il n’y a actuellement pas de solution pour protéger la planète de menaces venant de l’espace profond. Le développement de telles solutions requerra des avancées technologiques qui peuvent être atteintes en combinant les efforts des pays phares et par le partage des coûts.

Le paradigme du développement durable rejette la guerre en tant que tel. Au lieu de la confrontation et de la rivalité, il est basé sur la coopération et la collaboration comme un moyen de mettre en commun les ressources dans les domaines prometteurs de la recherche scientifique et technologique. À la différence de la course aux armements provoquée par la géopolitique, il peut fournir une meilleure base scientifique et organisationnelle pour gérer un nouveau mode technologique. Cela entraînera le développement de la santé, de l’éducation et de la culture, ce qui n’est que rarement stimulé par les dépenses pour la défense. Ces secteurs non-productifs et la science compteront pour au moins la moitié du PIB dans les grands pays industrialisés, dans les années à venir. Par conséquent, une solution d’avenir devrait comprendre le transfert du centre d’attention du gouvernement des dépenses de défense vers des programmes humanitaires, principalement de médecine et de sciences biologiques. Puisque l’état paie plus de la moitié des dépenses de santé, d’éducation, et de travaux scientifiques, un tel changement faciliterait la gestion systématique du développement socio-économique et endiguerait les tendances destructrices.

* * *

Un nouveau cycle d’élection commencera aux États-Unis en 2017, lequel va probablement faire la part belle à une rhétorique anti-russe en tant que base idéologique d’une guerre mondiale que Washington essaye de déclencher dans une tentative pour conserver son pouvoir. À ce moment là, la crise du système financier américain peut avoir abouti à des réductions de ses dépenses budgétaires, à la dévaluation du dollar, et au déclin du niveau de vie.

Des problèmes intérieurs et des crises de politique étrangère conduiront le gouvernement américain à une montée en puissance de ses tactiques agressives, tout en affaiblissant en même temps ses positions. Si la Russie mobilise son potentiel intellectuel, économique et militaire, elle aura une chance de passer à travers les conflits en 2015-2018 du fait que les États-Unis et ses alliés ne seront toujours pas préparés à une agression directe.

La Russie fera face à la période la plus dangereuse au début des années 2020 lorsque les pays industrialisés et la Chine devraient commencer leur modernisation technologique et que les États-Unis et d’autres pays Occidentaux sortiront de la dépression financière et feront un saut technologique en avant. Mais la Russie peut radicalement rester en retard technologique et économique en 2021-2025, ce qui détériorerait ses capacités de défense et conduirait à des conflits sociaux et ethniques internes en grande partie similaires à que ce qui s’est passé en Union soviétique à la fin des années 1980. Ces conflits seraient fomentés aussi bien depuis l’extérieur que l’intérieur, en utilisant les inégalités sociales, les écarts de développement entre des régions, et des problèmes économiques. Pour éviter le pire scénario possible menant à la désintégration du pays, la Russie devra adopter une politique extérieure et domestique systémique pour renforcer la sécurité nationale, assurer l’indépendance économique, améliorer la compétitivité internationale, stimuler le développement économique, mobiliser la société et améliorer l’industrie de défense.

Avant 2017, alors que les États-Unis commencent à menacer la Russie ouvertement et sur tous les fronts, l’armée russe devrait disposer d’armes modernes et efficaces, la société russe devrait être renforcée et être confiante en sa force, les intellectuels devraient maîtriser le nouveau modèle technologique, l’économie devrait se développer et la diplomatie russe devrait réussir à créer une large coalition contre la guerre et capable d’unir leurs efforts en vue d’arrêter l’agression américaine.

Sergei Glaziev

Source : GlobalAffairs.ru, 23/09/2014, traduction collective par les lecteurs du site www.les-crises.fr

http://www.les-crises.fr/la-menace-de-guerre-et-la-reponse-russe/

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L'humour aide à comprendre, excellente vidéo d'un américain comme on les aime! La Vérité Sera Dure À Entendre... Passez Le Message

29 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #La guerre, #L'OTAN.

La Vérité Sera Dure À Entendre... Passez Le Message

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