Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

Droit d’ingérence ou droit international ? Réponse à la gauche anti-antiguerre, par Jean Bricmont

19 Janvier 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN.

 

Droit d’ingérence ou droit international ?

Réponse à la gauche anti-antiguerre

Incapable de se reconstruire idéologiquement depuis la disparition de son grand frère soviétique, la gauche européenne s’est abîmée dans les combats sociétaux à l’intérieur et l’interventionnisme humanitaire à l’extérieur. En pleine incohérence, elle appelle à la protection des peuples par l’impérialisme états-unien. Mais comment peut-on souhaiter protéger qui que ce soit quand on a soi-même renoncé à sa liberté ?

 | 26 décembre 2012
  
JPEG - 61.4 ko

Depuis les années 1990 et en particulier depuis la guerre du Kosovo en 1999, les adversaires des interventions occidentales et de l’OTAN ont dû faire face à ce qu’on pourrait appeler une gauche (et une extrême gauche) anti-antiguerre, qui regroupe la social-démocratie, les Verts, et le plus gros de la gauche « radicale » (le Nouveau Parti Anticapitaliste [1], divers groupes antifascistes etc.) [2]. C’est une gauche qui ne se déclare pas ouvertement en faveur des interventions militaires occidentales et est parfois critique de celles-ci (en général, uniquement par rapport aux tactiques suivies et aux intentions, pétrolières ou géostratégiques, attribuées aux puissances occidentales), mais elle dépense le plus gros de son énergie à « mettre en garde » contre les dérives supposées de la partie de la gauche qui reste fermement opposée à ces interventions.

Elle nous appelle à soutenir les « victimes » contre les « bourreaux », à être « solidaires des peuples contre les tyrans », à ne pas céder à un « anti-impérialisme », un « antiaméricanisme », ou un « antisionisme » simplistes, et, surtout, à ne pas nous allier à l’extrême droite. Après les Albano-Kosovars, en 1999, on a eu droit aux femmes afghanes, aux Kurdes irakiens, et plus récemment aux peuples libyen et syrien, que « nous » devons protéger.

On ne peut pas nier que la gauche anti-antiguerre ait été extrêmement efficace. La guerre en Irak, qui était présentée sous forme d’une lutte contre une menace imaginaire, a bien suscité une opposition passagère, mais il n’y a eu qu’une très faible opposition à gauche aux interventions présentées comme « humanitaires », telles que celle du Kosovo, le bombardement de la Libye, ou l’ingérence en Syrie aujourd’hui. Toute réflexion sur la paix ou l’impérialisme a simplement été balayée devant l’invocation du « droit d’ingérence », de la « responsabilité de protéger », ou du « devoir d’assistance à peuple en danger ».

Une extrême gauche nostalgique des révolutions et des luttes de libération nationale tend à analyser tout conflit à l’intérieur d’un pays donné comme une agression d’un dictateur contre son peuple opprimé aspirant à la démocratie. L’interprétation, commune à la gauche et à la droite, de la victoire de l’Occident dans la lutte contre le communisme, a eu un effet semblable.

Qui est ce « nous » qu’on appelle à « protéger et intervenir » ?

L’ambigüité fondamentale du discours de la gauche anti-antiguerre porte sur la question de savoir qui est le « nous » qui doit protéger, intervenir, etc. S’il s’agit de la gauche occidentale, des mouvements sociaux ou des organisations de défense des droits de l’homme, on doit leur poser la question que posait Staline à propos du Vatican : « combien de divisions avez-vous ? » En effet, tous les conflits dans lesquels « nous » sommes supposés intervenir sont des conflits armés. Intervenir signifie intervenir militairement et pour cela, il faut avoir les moyens militaires de le faire.

Manifestement, la gauche européenne n’a pas ces moyens. Elle pourrait faire appel aux armées européennes pour qu’elles interviennent, au lieu de celles des Etats-Unis ; mais celles-ci ne l’ont jamais fait sans un appui massif des Etats-Unis, ce qui fait que le message réel de la gauche anti-antiguerre est : « Messieurs les Américains, faites la guerre, pas l’amour ! ». Mieux : comme, après leur débâcle en Afghanistan et en Irak, les Américains ne vont plus se risquer à envoyer des troupes au sol, on demande à l’US Air Force, et à elle seule, d’aller bombarder les pays violateurs des droits de l’homme.

On peut évidemment soutenir que l’avenir des droits de l’homme doit être confié aux bons soins et à la bonne volonté du gouvernement des des Etats-Unis, de ses bombardiers et de ses drones. Mais il est important de comprendre que c’est cela que signifient concrètement tous les appels à la « solidarité » et au « soutien » aux mouvements sécessionnistes ou rebelles engagés dans des luttes armées. En effet, ces mouvements n’ont nul besoin de slogans criés dans des « manifestations de solidarité » à Bruxelles ou Paris, et ce n’est pas cela qu’ils demandent. Ils veulent des armes lourdes et le bombardement de leurs ennemis et, cela, seuls les Etats-Unis peuvent le leur fournir.

La gauche anti-antiguerre devrait, si elle était honnête, assumer ce choix, et appeler ouvertement les Etats-Unis à bombarder là où les droits de l’homme sont violés ; mais elle devrait alors assumer ce choix jusqu’au bout. En effet, c’est la même classe politique et militaire qui est supposée sauver les populations « victimes de leur tyrans » et qui a fait la guerre du Vietnam, l’embargo et les guerres contre l’Irak, qui impose des sanctions arbitraires contre Cuba, l’Iran et tous les pays qui lui déplaisent, qui soutient à bout de bras Israël, qui s’oppose par tous les moyens, y compris les coups d’Etat, à tous les réformateurs en Amérique Latine - d’Arbenz à Chavez en passant par Allende, Goulart et d’autres - et qui exploite de façon éhontée les ressources et les travailleurs un peu partout dans le monde. Il faut beaucoup de bonne volonté pour voir dans cette classe politique et militaire l’instrument du salut des « victimes », mais c’est, en pratique, ce que la gauche anti-antiguerre prône, parce que, étant donné les rapports de force dans le monde, il n’existe aucune autre instance capable d’imposer sa volonté par des moyens militaires.

Evidemment, le gouvernement des Etats-Unis sait à peine que la gauche anti-antiguerre européenne existe ; Washington décide de faire ou non la guerre en fonction de ses chances de succès, de ses intérêts, de l’opposition interne et externe à celle-ci, etc. Et, une fois la guerre déclenchée, Washington veut la gagner par tous les moyens. Cela n’a aucun sens de lui demander de ne faire que de bonnes interventions, seulement contre les vrais méchants, et avec des gentils moyens qui épargnent les civils et les innocents.

Ceux qui ont appelé l’OTAN à « maintenir les progrès pour les femmes afghanes », comme Amnesty International (USA) l’a fait lors du meeting de l’OTAN à Chicago [3], appellent de fait les Etats-Unis à intervenir militairement et, entre autres, à bombarder des civils afghans et à envoyer des drones sur le Pakistan. Cela n’a aucun sens de leur demander de protéger et pas de bombarder, parce que c’est ainsi que les armées fonctionnent.

Un des thèmes favoris de la gauche anti-antiguerre est d’appeler ceux qui s’opposent aux guerres à ne pas « soutenir le tyran », en tout cas pas celui dont le pays est attaqué. Le problème est que toute guerre nécessite un effort massif de propagande ; et que celle-ci repose sur la diabolisation de l’ennemi et, surtout, de son dirigeant. Pour s’opposer efficacement à cette propagande, il faut nécessairement dénoncer les mensonges de la propagande, contextualiser les crimes de l’ennemi, et les comparer à ceux de notre propre camp. Cette tâche est nécessaire mais ingrate et risquée : on vous reprochera éternellement la moindre erreur, alors que tous les mensonges de la propagande de guerre sont oubliés une fois les opérations terminées.

Bertrand Russell et les pacifistes britanniques étaient déjà, lors de la Première Guerre mondiale, accusés de « soutenir l’ennemi » ; mais, s’ils démontaient la propagande des Alliés, ce n’était pas par amour du Kaiser, mais par attachement à la paix. La gauche anti-antiguerre adore dénoncer « les deux poids deux mesures » des pacifistes cohérents qui critiquent les crimes de leur propre camp mais contextualisent ou réfutent ceux qui sont attribués à l’ennemi du moment (Milosevic, Kadhafi, Assad, etc.), mais ces « deux poids deux mesures » ne sont jamais que la conséquence d’un choix délibéré et légitime : contrer la propagande de guerre là où l’on se trouve (c’est-à-dire en Occident), propagande qui elle-même repose sur une diabolisation constante de l’ennemi attaqué ainsi que sur une idéalisation de ceux qui l’attaquent.

La gauche anti-antiguerre n’a aucune influence sur la politique états-unienne, mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas d’effets. D’une part, sa rhétorique insidieuse a permis de neutraliser tout mouvement pacifiste ou antiguerre, mais elle a aussi rendu impossible toute position indépendante d’un pays européen, comme ce fut le cas pour la France sous De Gaulle, et même, dans une moindre mesure, sous Chirac, ou pour la Suède d’Olof Palme. Aujourd’hui, une telle position serait immédiatement attaquée par la gauche anti-antiguerre, qui possède une caisse de résonance médiatique considérable, comme un « soutien au tyran », une politique « munichoise », coupable du « crime d’indifférence ».

Ce que la gauche anti-antiguerre a accompli, c’est de détruire la souveraineté des Européens face aux Etats-Unis et d’éliminer toute position de gauche indépendante face aux guerres et à l’impérialisme. Elle a aussi mené la majorité de la gauche européenne à adopter des positions en totale contradiction avec celles de la gauche latino-américaine et à s’ériger en adversaires de pays comme la Chine ou la Russie qui cherchent à défendre le droit international (et ont parfaitement raison de le faire).

Un aspect bizarre de la gauche anti-antiguerre c’est qu’elle est la première à dénoncer les révolutions du passé comme ayant mené au totalitarisme (Staline, Mao, Pol Pot, etc.) et qu’elle nous met sans cesse en garde contre la répétition des « erreurs » du soutien aux dictateurs faite par la gauche de l’époque. Mais, maintenant que la révolution est menée par des islamistes, nous sommes supposés croire que tout va aller bien et applaudir. Et si la « leçon à tirer du passé » était que les révolutions violentes, la militarisation et les ingérences étrangères n’étaient pas la seule ou la meilleure façon de réaliser des changements sociaux ?

Au lieu de prôner l’intervention,
exigeons le strict respect du droit international

On nous répond parfois qu’il faut agir « dans l’urgence » (pour sauver les victimes). Même si on admettait ce point de vue, le fait est qu’après chaque crise, aucune réflexion n’est menée à gauche sur ce que pourrait être une politique autre que l’appui aux interventions militaires. Une telle politique devrait opérer un virage à 180° par rapport à celle qui est prônée actuellement par la gauche anti-antiguerre. Au lieu de demander plus d’interventions, nous devrions exiger de nos gouvernements le strict respect du droit international, la non ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats et le remplacement des confrontations par la coopération. La non ingérence n’est pas seulement la non intervention sur le plan militaire, mais aussi sur les plans diplomatique et économique : pas de sanctions unilatérales, pas de menaces lors de négociations et le traitement de tous les Etats sur un pied d’égalité.

Au lieu de « dénoncer » sans arrêt les méchants dirigeants de pays comme la Russie, la Chine, l’Iran, Cuba, au nom des droits de l’homme - ce que la gauche anti-antiguerre adore faire - nous devrions les écouter, dialoguer avec eux, et faire comprendre leurs points de vue politiques à nos concitoyens.

Evidemment, une telle politique ne résoudrait pas les problèmes des droits de l’homme en Syrie ou Libye ou ailleurs. Mais qu’est-ce qui les résout ? La politique d’ingérence augmente les tensions et la militarisation dans le monde. Les pays qui se sentent visés par cette politique, et ils sont nombreux, se défendent comme ils peuvent ; les campagnes de diabolisation empêchent les relations pacifiques entre Etats, les échanges culturels entre leurs citoyens et, indirectement, le développement des idées libérales que les partisans de l’ingérence prétendent promouvoir. A partir du moment où la gauche anti-antiguerre a abandonné tout programme alternatif face à cette politique, elle a de fait renoncé à avoir la moindre influence sur les affaires du monde. Il n’est pas vrai qu’elle « aide les victimes » comme elle le prétend. A part détruire toute résistance ici à l’impérialisme et à la guerre, elle ne fait rien, les seuls qui agissent réellement étant, en fin de compte, les gouvernements états-uniens. Leur confier le bien-être des peuples est une attitude de désespoir absolu.

Cette attitude est un aspect de la façon dont la majorité de la gauche a réagi à la « chute du communisme », en soutenant l’exact contrepied des politiques suivies par les communistes, en particulier dans les affaires internationales, où toute opposition à l’impérialisme et toute défense de la souveraineté nationale est vue à gauche comme une forme d’archéo-stalinisme.

La politique d’ingérence, comme d’ailleurs la construction européenne, autre attaque majeure contre la souveraineté nationale, sont deux politiques de droite, l’une appuyant les tentatives états-uniennes d’hégémonie, l’autre le néo-libéralisme et la destruction des droits sociaux, qui ont été justifiées en grande partie par des discours « de gauche » : les droits de l’homme, l’internationalisme, l’antiracisme et l’antinationalisme. Dans les deux cas, une gauche désorientée par la fin du communisme a cherché une bouée de secours dans un discours « humanitaire » et « généreux », auquel manquait totalement une analyse réaliste des rapports de force dans le monde. Avec une gauche pareille, la droite n’a presque plus besoin d’idéologie, celle des droits de l’homme lui suffit.

Néanmoins, ces deux politiques, l’ingérence et la construction européenne, se trouvent aujourd’hui dans une impasse : l’impérialisme états-uniens fait face à des difficultés énormes, à la fois sur le plan économique et diplomatique ; la politique d’ingérence a réussi à unir une bonne partie du monde contre elle. Presque plus personne ne croit à une autre Europe, à une Europe sociale, et l’Europe réellement existante, néo-libérale (la seule possible) ne suscite pas beaucoup d’enthousiasme parmi les travailleurs.

Bien sûr, ces échecs profitent à la droite et à l’extrême droite, mais cela uniquement parce que le plus gros de la gauche a abandonné la défense de la paix, du droit international et de la souveraineté nationale, comme condition de possibilité de la démocratie.

source : http://www.michelcollon.info/Repons...

http://www.voltairenet.org/article176897.
Lire la suite
Lire la suite

Les Etats-Unis n'ont plus les moyens de jouer les gendarmes du monde. Repris sur le blog de Jean Lévy.

12 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN.

Mercredi 12 décembre 2012

 

Clap 36 - Pour le cinéma documentaire indépendant

 

Les Etats-Unis n'ont plus les moyens de jouer les gendarmes du monde. Ce constat pressenti par notre film documentaire désormais visionnable en version anglaise, « Après l'hégémonie : propositions pour un monde multipolaire», est aujourd'hui affirmé par l'un des conseillers influents du Nouvel Ordre Mondial, Zbigniew Brzezinski.

 

Malgré sa main-mise sur les leviers financiers et politiques des principaux états occidentaux, l'oligarchie financière ne peut avancer son agenda militaire de guerres de prédations sur le pétrole du Moyen-Orient, tel que dénoncé par le général Clark, ancien dirigeant de l'OTAN.

 

La machine impérialiste anglo -américano- israélienne et ses séides français, turcs, ou des monarchies du Golfe, est bloquée, déplore non sans cynisme Brzezinski , par un réveil d'une conscience politique universelle de masse. Et d'ajouter : le résultat en est le développement d'un activisme hostile aux ingérences des puissances étrangères qui ne peuvent plus agir comme à l'époque du colonialisme ou de l'impérialisme...

Le complot est le mode opératoire de cette oligarchie, qui pour empêcher le peuple de poser des questions qui dévoileraient son imposture, pratique la diffamation, la censure et l'amalgame, comme ce fut le cas avec René Balme, le maire de Grigny, dont nous saluons ici le redémarrage de son site oulala.net, et avec qui nous nous interrogeons sur les dérives d'une certaine gauche et les méthodes indignes qu’elle emploie.

Plus que jamais, notre collectif Clap36 pour un cinéma indépendant vous propose de visionner librement ses vidéos d'analyse et de proposition pour une démocratie participative directe.

 


After Hegemony,
proposals for a multipolar world

After Hegemony,How to avoid that the New World Disorder, set in motion by the decline of the United States and its Atlanticist or Zionist allies, keep putting the world to fire and sword?

Anti-imperialist activists from Israel, Palestine, United States, Europe, India, Russia, Latin America and the Arab world, met to conceive concrete alternatives to the logic of domination.

Among them, Thierry Meyssan, Ahmad Tibi, Uri Avnery, James Petras, Jean Bricmont, Andreas Von Bülow, Leonid Ivashov.

> Watch on Clap36.net

 
Le blog de Jean Lévy:
Lire la suite

Désagréger la Russie et l'Iran: un objectif pour les Etats-Unis ? Par Jean-Marie Chauvier.

9 Décembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN.

001-1007135133-Pax-AmericanaDésagréger la Russie et l'Iran: un objectif pour les Etats-Unis ?

par  Jean-Marie Chauvier

www.globalresearch.ca le 13  juin 2004

The URL of this article is: http://globalresearch.ca/articles/CHA406A.html


Les plans du stratège états-unien Zbigniew Brzezinski, animateur de la mobilisation internationale pour le placement de la Tchétchénie sous mandat international. Après le basculement de l'Azerbaidjan et de la Géorgie dans le camp "euro-atlantique" et le chantier du nouvel oléoduc de la Caspienne (BTC)., ce serait un vaste dessein pour les Etats-Unis, l'Union Européenne et l'OTAN, agissant de concert.

La campagne eurasienne de "Zbig".

Dans son nouveau livre "Le Vrai Choix", consacré aux moyens d'assurer la suprématie mondiale des Etats-Unis, pas en action "unilatérale" (façon Bush) mais en étroite coopération avec l'Union européenne, le stratège qui s'était vanté d'avoir "piégé l'URSS en Afghanistan" en activant la rébellion islamiste, maintient le cap sur "l'enjeu eurasien" capital à ses yeux, à savoir la maîtrise et la colonisation de la Russie et de l'espace ex-soviétique. Zbigniew Brzezinski, qui s'était déjà dit favorable à un démantèlement de la Russie en plusieurs états ne dissimule pas qu'à court terme, les républiques russes du Caucase, dont la Tchétchénie en guerre, pourraient être le point de départ d'une désagrégation de la Fédération de Russie. Or, "Zbig" est également l'un des militants actifs, aux Etats-Unis, de la mobilisation occidentale "pour la paix en Tchétchénie" et plus précisément pour son placement sous mandat de l'ONU, le "plan Akhmadov"

Auquel il a contribué et qui est soutenu en Europe par le parti radical transnational (soutenu par "Endowment for Democracy" USA) les Verts européens, Daniel Cohn-Bendit, André Glucksman et divers mouvements pacifistes et des "Droits de l'Homme", russes et internationaux. Une campagne à mettre en rapport avec la déstabilisation de la Géorgie et de l'Ukraine par la "nébuleuse" Soros et d'autres institutions et fondations américaines vouées à "l'expansion de la Démocratie" dans la Confédération des Etats Indépendants. (CEI) A la différence de George W.Bush, qu'il critique, le démocrate "Zbig" milite pour une action concertée entre les Etats-Unis et leurs alliés de l'OTAN, assurant la suprématie mais non la "domination" des Etats-Unis sur le monde: "L'Union européenne et l'OTAN n'ont donc pas le choix : elles doivent travailler à leur élargissement ou perdre le bénéfice de la victoire qui a conclu la guerre froide (…) "L'extension de l'orbite euro-atlantique rend impérative l'inclusion des nouveaux états indépendants ex-soviétiques et en particulier l'Ukraine"

Lire: Zbigniew Brzezinski "Le Vrai Choix" ed.Odile Jacob, 2004. En anglais: "The Choice. Domination of Leadership" Basic books, Perseus Books.USA.

Principal objectif: l'or noir. Gros danger: la Russie.

"Au cours des prochaines décennies, la région la plus instable et la plus dangereuse- au point de pouvoir plonger la planète dans le chaos- sera celle des Balkans mondiaux" (L'auteur inclut dans cette notion assez floue le Moyen-Orient, l'Iran et les territoires d'ex-URSS compris comme "Balkans eurasiens". Il souligne que cette région contient les plus grandes réserves de pétrole et de gaz, qu'elle est très instable et que les Etats-Unis "n'ont pas le choix", ils doivent ) maintenir une stabilité minimale dans une région structurée par des Etats chancelants (…) Du point de vue des intérêts américains, la configuration géopolitique actuelle dans la principale zone productrice d'énergie laisse à désirer.(…) Au nord, soit dans le sud du Caucase et en Asie centrale, les nouveaux Etats indépendants exportateurs de pétrole vivent encore les premières phases de leur consolidation politique (Mais) la Russie poursuit une politique agressive afin de s'assurer un monopole d'accès aux ressources d'énergie (En attendant quer le nouvel oléoduc BTC exportant les pétroles de la Caspienne hors des contrôles russe et iranien soit construit) la région est exposée aux manœuvres de la Russie et de l'Iran (…) Jusqu'à présent, la Russie ne s'est pas mise en travers des projets militaires américains, visant à modifier les réalités stratégiques de la région. (Mais le "tremblement de terre" du Golfe persique pourrait tout remettre en question et si les Etats-Unis n'y prennent garde) "la Russie accentuerait ses efforts visant à saper une présence militaire et politique durable des Etats-Unis en Asie centrale"

("Le Vrai Choix" ch.2 "Le nouveau désordre mondial et ses dilemmes" passages soulignés par nous)

Enlever à la Russie ses républiques caucasiennes ?

Placée naguère sous le contrôle impérial exclusif de la Russie, la région comprend aujourd'hui trois états indépendants, dont la sécurité est mal assurée (la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaidjan), ainsi qu'une constellation de petites enclaves ethniques dans la partie septentrionale toujours sous domination russe." ("Le Vrai Choix" p.135)

(Souligné par nous. Sous ces curieux éphémismes, l'auteur parle des républiques nord-caucasiennes membres de la Fédération de Russie ! Imaginons l'application de ce vocabulaire à la France, "les enclaves ethniques de Corse et de Bretagne toujours sous domination française", ou à l'Espagne: "les enclaves basque et catalane, toujours sous domination espagnole". Les termes employés, "enclaves" et "toujours", indiquent la volonté de détacher ces pays de la Russie, autrement dit d' amorcer par le Caucase la désagrégation de la Russie telle que l'envisageait déjà "Zbig" dans son précédent ouvrage "Le Grand Echiquier". Or, "Zbig" anime le Comité pour la Paix en Tchétchénie et est connu comme le co-auteur, avec le ministre des affaires étrangères séparatiste tchétchène Akhmadov, du "Plan Akhmadov" en vue d'établir sur la Tchétchénie un mandat de l'ONU prélude à l'indépendance. Autrement dit, consciemment ou non, les militants "pacifistes" de ce plan jouent le jeu orchestré par la frange de l'établishment US et de la CIA liée à Zbigniew Brzezinski

Azéris d'Azerbaidjan ex-soviétique et d'Iran pourraient vouloir se réunir, donc faire exploser l'Iran !

"La région demeure, en outre, le point de rencontre et de confrontation entre la Russie, l'Iran et la Turquie. A ces frictions traditionnelles (ethniques, religieuses) est venue s'ajouter, depuis le début de l'ère post-soviétique, la compétition vigoureuse pour la répartition des ressources en énergie de la mer Caspienne. A terme, il est par ailleurs probable que la très importante population azérie du nord-ouest iranien voudra obtenir la réunification de son territoire avec l'Azerbaidjan indépendant et relativement prospère, allumant un nouveau foyer d'incendie dans la région." (souligné par nous) (p.135)

(Zbig constate donc la "possibilité" d'un éclatement de l'Iran. Est-ce une "possibilité" ou plutôt une "opportunité" que pourraient saisir les Etats-Unis pour encore affaiblir les états de la région et imposer leur loi ? Et alors qu'ils contrôle déjà l'Azerbaidjan et la Géorgie…

Remarquons que, très vigilant envers les déficits démocratiques de nombreux pays, ne semble pas excessivement préoccupé par ceux du régime allié d'Azerbaidjan, pourtant l'un des plus répressifs de la région.

Notons aussi qu'un pays azéri (turc) réunifié pourrait devenir un espace considérable d'influence pour la Turquie)

L'OTAN en Ukraine et au Caucase, c'est pour bientôt !

Après l'élargissement de l'UE à 25 puis à 27, de l'OTAN à 26 membres "la définition d'un processus adapté, qui encouragerait l'Ukraine à préparer son adhésion (peut-être envisageable avant la fin de la décennie) apparaît, en toute logique, comme l'étape suivante. Dans une certaine mesure, les mêmes considérations valent aussi pour le très volatil Caucase. "

Outre le détachement de l'Ukraine et du Sud Caucase de l'influence russe

"la responsabilité de la stabilisation du Caucase pourrait bien échoir- comme elle le devrait - pour une part déterminante, à l'OTAN"(…) Une fois que la Russie se résignera à l'inévitable - à défaut du désirable- c'est-à-dire à la poursuite de l'élargissement de l'OTAN(…) les obstacles à un prolongement du rayon d'action de l'OTAN jusque dans l'espace ex-soviétique s'effondreront".

("Le Vrai Choix", ch.3 "La gestion des alliances et ses dilemmes")

(L'auteur loue le "réalisme" de Vladimir Poutine depuis le 11 septembre, mais indique clairement les enjeux de la bataille pour l'Eurasie: les ressources énergétiques de la Caspienne et de la Sibérie actuellement sous contrôle ou sous influence russes. Depuis l'affaire Youkos, en 2003, la pénétration du capital US au cœur des industries pétrolières sibériennes de Russie est à l'ordre du jour. Mais la résistance de Vladimir Poutine aux ambitions de l'ex-patron de Youkos, Mikhaïl Khodorkovski, a momentanément entravé certains projets communs à Exxon-Mobil et Youkos-Sibneft.)

Elargir à l'Est, de concert, l'U.E. et l'OTAN.

"L'Union européenne et l'OTAN n'ont donc pas le choix : elles doivent travailler à leur élargissement ou perdre le bénéfice de la victoire qui a conclu la guerre froide (…) "L'extension de l'orbite euro-atlantique rend impérative l'inclusion des nouveaux états indépendants ex-soviétiques et en particulier l'Ukraine"

("Le Vrai Choix", ch.3 "La gestion des alliances et ses dilemmes")

Objectif transnational: coloniser la Sibérie.

"Un effort transnational pour développer et coloniser la Sibérie serait susceptible de stimuler la relation euro-russe(…) Avec une présence européenne plus marquée, la Sibérie deviendrait en quelque sorte un bien eurasien commun, exploité par accord multilatéral (qui) offrirait à la société européenne rassasiée ke défi d'une "nouvelle frontière". (Mais) la coopération avec la Russie doit s'accompagner d'initiatives complémentaires destinées à mieux asseoir le pluralisme géopolitique."

(italique par nous. "Le Vrai choix", p.141)


Pour rappel, dans un ouvrage précédent:

"Décentraliser" ou démembrer la Russie.

"Une Russie plus décentralisée aurait moins de visées impérialistes. Une confédération russe plus ouverte, qui comprendrait une Russie européenne, une république de Sibérie et une république extrême-orientale, aurait plus de facilités " (avec l'Europe, les nouveaux états, l'Orient, les Etats-Unis)

Cette option pour "décentraliser" la Russie, qu'on retrouve à l'époque (1997-1998) dans des appels américains à développer les "relations directes" avec les régions plutôt qu'avec Moscou correspond à une situation donnée : plusieurs régions russes étendent leur autonomie, voire établissent des frontières commerciales et traitent directement avec l'étranger. La Russie vient d'essuyer une défaite en Tchétchénie (1996) où les oléoducs transportant les pétroles de la Caspienne vers la Russie sont sabotés et où prennent place les groupes islamistes armés. La voie semble ouverte d'un démantèlement de la Fédération de Russie. Poutine n'est pas encore arrivé…

( Zbiegniew Brzezinski "The Grand Chessboard" 1997, en français "Le grand échiquier", Bayard ed.1997)


Pour rappel, dans un ouvrage précédent:

L'Ukraine, prochaine étape de l'UE et de l'OTAN.

"La défaite et la chute de l'Union Soviétique ont parachevé l'ascension rapide des Etats-Unis comme seule et, de fait, première puissance mondiale réelle. (...) Ils sont devenus du même coup la première et la seule vraie puissance globale"(...) Pour l'Amérique, l'enjeu géopolitique principal est l'Eurasie.(...)

D'expliquer que l'Ukraine y occupe une position cruciale, du fait même qu'elle peut permettre ou empêcher la reconstitution au coeur de l' Eurasie et autour de la Russie d'une puissance contestant la suprématie des Etats -Unis.

"L'indépendance de l'Ukraine modifie la nature même de l'Etat russe. De ce seul fait, cette nouvelle case importante sur l'échiquier eurasien devient un pivot géopolitique. Sans l'Ukraine, la Russie cesse d'être un empire en Eurasie"

L'Asie centrale, le Caucase, les "Balkans eurasiens" et leurs ressources énergétiques sont au coeur de la stratégie états-unienne, mais

"L'Ukraine constitue cependant l'enjeu essentiel. Le processus d'expansion de l'Union Européenne et de l'OTAN est en cours. A terme, l'UKraine devra déterminer si elle souhaite rejoindre l'une et l'autre de ces organisations"

( Zbiegniew Brzezinski "The Grand Chessboard" 1997, en français "Le grand échiquier", Bayard ed.1997)

 


Pour rappel, dans un ouvrage précédent:

 

L'Azerbaidjan ex-soviétique: une pièce maîtresse. (Sans oublier la Géorgie)

 

"L' Azerbaidjan (…) recouvre une zone névralgique, car elle contrôle l'accès aux richesses du bassin de la Caspienne et de l'Asie centrale(…)Un Azerbaidjan indépendant, relié aux marchés occidentaux par des pipe-lines qui évitent les territoires sous influence russe permet la jonction entre les économies développées, fortes consommatrices d'énergie, et les gisements convoités des républiques d'Asie centrale"(souligné par nous: ce projet se concrétise, depuis 2002, par la mise en chantier de l'oléoduc BTC, Bakou-Tbilissi-Ceyhan, dont la réalisation doit être facilitée par la mise en place, en novembre 2003, d'un régime aligné sur les Etats-Unis en Géorgie)

( Zbiegniew Brzezinski "The Grand Chessboard" 1997, en français "Le grand échiquier", Bayard ed.1997, passage cité de la page 75)


Les Balkans eurasiens" selon ZBIG

L'expression "Balkans eurasiens" pour désigner la partie non-russe (méridionale) de l'ex-Union Soviétique, est employée par le célèbre stratège US Zbignew Brzezinski dit "Zbig" qui entend par là, à l'instar des Balkans européens, une vaste région exposée au morcellement et aux interventions des grandes puissances dont celle, contestable, de la Russie, et celle, jugée prioritaire et légitime, des Etats-Unis.

Cette région instable va de l'Ukraine orientale à l'Asie centrale, en passant par le Caucase et la Mer Caspienne. Le riche bassin d'hydrocarbures de la Caspienne et les voies d'exportation du pétrole et du gaz sont le lieu de rivalités entre l'ancienne puissance dominante, la Russie (l'ex-URSS "dégradée" en CEI) et les Etats-Unis, qui revendiquent la prédominance en Eurasie, en raison de leur vocation à diriger le monde. C'est du moins la façon de voir des stratèges américains, qu'ils soient proches de Bush ou adversaires, libéraux et démocrates, tel "Zbig". La Transcaucasie (ou Caucase du sud ou Caucasie méridionale) est la région la plus avancée dans la voie du basculement dans le camp des Etats-Unis et de l'OTAN. Elle comporte trois états: l'Azerbaidjan, où est extrait le pétrole de la Caspienne, la Géorgie, où il transite, et l'Arménie, qui échappait jusque récemment à ce basculement, en raison de ses sympathies pro-russes et, surtout, de ses conflits avec l'Azerbaidjan et la Turquie voisine. Cette situation géopolitique est en train d'évoluer rapidement. Comme l'Azerbaidjan et la Géorgie, l'Arménie pourrait être candidate à l'OTAN. Les échecs russes en Tchétchénie pourraient amener "la communauté internationale" à s'en occuper activement, du moins dès que les Etats-Unis le jugeront opportun.

Lire la suite

Terminator : Des prix Nobel et des ONG se mobilisent contre les "robots-tueurs"

26 Novembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN.

 
Lundi 26 novembre 2012 1 26 /11 /Nov /2012 00:15

robot-tueur-sentinelle.jpg

 

Des prix Nobel et des associations de droits de l'homme ont appelé lundi à une "interdiction préventive" mondiale des "robots-tueurs", ces armes sophistiquées agissant sans supervision humaine, en cours de recherche, avant que "la science-fiction ne devienne réalité".


Human Rights Watch, International Human Rights Clinic et les Prix Nobel de la paix de la Nobel Women's Initiative, ont annoncé devant la presse à Washington une campagne pour l'instauration "d'un traité international qui interdirait totalement le développement, la production et l'utilisation de ces armes totalement autonomes", surnommées les "robots-tueurs".


Publié le même jour, un rapport de 50 pages, "Losing Humanity", fait pour la première fois le point sur les recherches en cours sur ces armes, "capables de choisir et faire feu sur des cibles sans intervention humaine" et qui pourraient être opérationnelles dans 20 ou 30 ans.


Les militants s'inquiètent du fait que "sans débat public", des gouvernements développent ces armes qui "mettent les civils en danger de manière inacceptable lors d'un conflit, sans être comptables des lois humanitaires", a indiqué devant la presse Steve Goose, de Human Rights Watch.


Et en cas de "violation inévitable des droits de l'homme, on ne peut savoir qui peut être tenu pour responsable", a-t-il ajouté.


Ce type d'armes, conçues pour n'éprouver "ni crainte ni colère", ne montrera non plus "aucune compassion", a ajouté Bonnie Docherty, de HRW. Elles ne peuvent ainsi distinguer entre une femme qui, à l'approche d'un soldat, crie à ses enfants de laisser tomber les armes-jouets qu'ils tiennent et une réelle menace armée, explique-t-elle.


Elles sont aussi "un outil parfait pour les dictatures", dit-elle.


Il faut "que le public soit mis au courant, il faut réunir les organisations non gouvernementales, travailler avec les gouvernements", a ajouté de son côté Jody Williams, prix Nobel de la paix en 1997 pour son combat contre les mines antipersonnels, "horrifiée" à l'idée de ces armes.

 


"Terminator"


"Je ne peux pas m'empêcher de penser au film Terminator", a-t-elle ajouté, évoquant le cyber-robot tueur joué par Arnold Schwarzenegger.


Son organisation Nobel Women's Initiative --la réunion de six femmes Prix Nobel de la paix-- s'associe à la campagne qui devrait démarrer à la première moitié 2013.


Les gouvernements doivent d'abord interdire ces armes à titre individuel, comme premier pas vers un traité international, indiquent les militants, qui appellent également les scientifiques à la mise en place d'un "code de conduite".


Ce type d'armes totalement autonomes n'existe pas encore mais des modèles, qui se déclenchent sous supervision humaine, les préfigurent, indique le rapport qui cite les antimissiles MK Phalanx de la Navy américaine, Iron Dome en Israël ou le NBS Mantis développé par l'Allemagne.


Des robots terrestres ou aériens sont également créés pour "prendre les humains pour cibles", comme le SGR-1S en Corée du sud qui peut détecter une présence humaine et tirer, sous le contrôle d'un humain, ou le Guardium en Israël qui, selon le rapport, patrouillerait à la frontière avec Gaza.

 


La Grande-Bretagne a également dévoilé le prototype d'un avion de combat Taranis qui pourrait attaquer des personnes comme des biens, sous supervision humaine, tout en laissant une porte ouverte à "une plus grande autonomie".


Le développement de ces armes "doit être stoppé maintenant, avant que ce ne soit trop tard et que leur progression, de la science-fiction à la réalité, ne soit irréversible", a réaffirmé M. Goose, ajoutant que "donner à des machines le pouvoir de décider qui vit et meurt sur le champ de bataille porte la technologie trop loin".

 

Nouvel Observateur

 

http://www.mleray.info/article-terminator-des-prix-nobel-et-des-ong-se-mobilisent-contre-les-robots-tueurs--112790830.html

Lire la suite

L’art de la guerre. Heureusement que Barack est là.

13 Novembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN.

L’art de la guerre

 

Heureusement que Barack est là[1]

 

Manlio Dinucci

 

Les laboratoires militaires étasuniens ont peut-être inventé une substance qui, répandue dans l’air, fait perdre la mémoire. Ceci explique pourquoi autant de voix de la gauche se sont unies à l’hymne à Barack qui est monté d’un large choeur multi-partisan, heureux  parce qu’ « Obama y est arrivé ». Balayée l’idée qu’il puisse exister un monde différent du monde capitaliste, l’unique perspective reste celle du moins pire. Mais sommes-nous sûrs qu’Obama représente le moins pire ? Pendant son administration –indique le New York Times à partir de données officielles- « les disparités de revenus aux Etats-Unis ont grimpé aux plus hauts niveaux de la Grande Dépression ». Après avoir provoqué par des spéculations financières la crise de 2008, étanchée par le gouvernement avec des centaines de milliards de dollars reversés des caisses publiques dans celles des banques, le 1% plus riche s’est accaparé les 93% des gains de la reprise. Et les super-riches (0,01% de la population) ont quadruplé leurs revenus. L’augmentation des taxes aux riches, qu’Obama a promise en revêtant pendant la campagne électorale le costume de Robin des Bois, sera très relative. C’est ce que confirme le boom des acquisitions, à Manhattan,  des super-attiques à partir de 10 millions de dollars. En même temps, aux Usa prolifèrent les « tent cities », les villages de tentes habités surtout par des familles de la middle-class dont les maisons ont été réquisitionnées par les banques créditrices. Sur les secteurs les plus démunis retomberont les coupes dans les dépenses publiques, prévues pour 1.200 milliards de dollars en dix ans. L’école publique empirera encore, déjà exsangue à cause des coupes (mais sans préoccuper Obama, qui envoie ses filles dans de coûteuses institutions privées). L’assistance sanitaire restera précaire pour la majorité : la réforme tant pavoisée est un business lucratif pour les grandes compagnies d’assurance, qui reçoivent des centaines de milliards pour fournir une assistance sanitaire sur la base de mécanismes qui laissent en tous cas nombre de gens sans soins appropriés. De plus, les fonds de Medicare (l’assistance aux personnes âgées) seront amputés de 11 milliards de dollars en 2013. Et il ne reste pas trop d’espoir non plus pour les plus de 50 millions de citoyens, parmi lesquels 17 millions d’enfants, en condition d’ « insécurité alimentaire », c’est-à-dire n’ayant pas assez de nourriture à cause du manque d’argent, et qui ont augmenté pendant l’administration Obama de 12% à plus de 16% de la population. Ceux qui ont par contre beaucoup d’espoir sont les chefs du Pentagone et les actionnaires des industries de guerre. Avec un Prix Nobel de la paix à la Maison Blanche, la dépense militaire étasunienne a grimpé à plus de 700 milliards de dollars, la moitié environ de la dépense militaire mondiale. Ainsi le Pentagone peut-il garder « des forces militaires prêtes à se concentrer soit dans les guerres actuelles, soit dans les futurs conflits potentiels ». Le modèle est la guerre contre la Libye, que les Usa adoptent pour essayer de désagréger d’autres états, dont la Syrie et l’Iran, qui font obstacle à leur avancée dans la région Asie/Pacifique. Une guerre de plus en plus secrète, conduite avec des forces spéciales et des drones, où le président rédige lui-même la « kill list » comprenant des personnes du monde entier qui, jugées nocives pour les Etats-Unis, sont condamnées à mort en secret.

   Et tandis que Michelle Obama fait la promotion de la campagne « Thank an American Hero », en envoyant des cartes postales aux militaires en guerre, dans le Salento[2] on lui dédie un olivier millénaire, symbole de paix.

 

Edition de mardi 13 novembre 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20121113/manip2pg/14/manip2pz/331633/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

 



[1] Le titre reprend ironiquement celui de la chanson dédiée à Berlusconi : « Menomale che Silvio c’è » ; vidéo officielle de l’hymne de campagne du Parti de la liberté :

http://www.youtube.com/watch?v=1mZB9LY3-Jk&feature=related, NdT.

[2] Région méridionale des Pouilles, somptueux oliviers multi centenaires.

Lire la suite

Parlons (Inter) Net. La guerre propre du prix Nobel de la paix Obama.

12 Octobre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN.

Parlons (Inter) Net
La guerre propre du prix Nobel de la paix Obama

Entendu à la volée un bref reportage de France Info. Un Afghan témoigne. Il s’en revenait d’un enterrement avec sa famille. Un convoi funèbre. Deux drones se sont abattus sur ces gens éplorés. Dix-neuf morts. L’homme a perdu cinq de ses enfants.

Qu’est-ce que faire la guerre à coups de drones ?

Imaginons un soldat de trente-cinq ans. Replet. Les cheveux ras. Nous sommes, disons, à Pomfret, dans le Connecticut. Une petite bourgade tranquille où chaque maison est entourée de verdure. Il vient de prendre un solide breakfast. Il est dans son bureau, devant son ordinateur. Près de lui, son chien. Un peu plus loin, son fils joue à la Nintendo. Dans la cuisine, sa femme remplit le lave-vaisselle. Un CD de Ricky Martin procure un agréable fond sonore. Le soldat accroche en direct un convoi suspect sur une route d’Afghanistan. Avec la souris, il règle son tir. Il appuie sur la touche Enter.

— Papa, dit son fils, il est temps que tu m’emmènes à l’école.

— OK, sonny, j’ai fini.

Pas de victimes collatérales. Jamais.

Théophraste R.,
qui a la gorge nouée et qui ne peut plus articuler un son.

 

http://www.legrandsoir.info/

 

Lire la suite

Vrombissement de pales au-dessus du plat pays. Green blade à la manoeuvre.

24 Septembre 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN.

  Le 19 septembre 2012.

Vrombissement de pales au-dessus du plat pays. Green blade à la manoeuvre

(BRUXELLES2) Des hélicoptères européens vont voler ensemble au dessus du sol belge dans le cadre d’un exercice européen. Dénommée «Green Blade», la manoeuvre, entamée le 17 septembre, se terminera le 5 octobre à partir de la base aérienne de Kleine Brogel (Belgique). Au total 18 appareils italiens, belges et allemands s’entraineront ensemble, allant d’hélicoptères de transport CH47 aux engins utilitaires tels que l’A109 et l’UH-1D et en passant par l’hélicoptère d’attaque A129. Organisé par l’Agence Européenne de Défense (AED), Green Blade se déroule en coordination avec l’exercice international Pegasus. Ce dernier étant également organisé par les forces spéciales belges et dépendant d’une forte participation en hélicoptères. En tout, 800 personnes vont ainsi être mobilisées pour les deux exercices, rassemblant des militaires d’Italie, d’Allemagne, de Belgique, d’Autriche, du Luxembourg, d’Irlande et d’Espagne (et du Canada dans le cadre Pegasus).

Un programme bien chargé

«Afin de maximiser le réalisme de ces missions tests», les hélicoptères travailleront en concert avec d’autres moyens aériens tels que des AWACS, des F16, des C130 ainsi que des UAVs, dont le B-Hunter belge, qui «sera intégré dans le cadre de reconnaissance et de surveillance de cibles (…) ainsi qu’en surveillance lors de scénarios de récupération du personnel » indique-t-on à l’agence européenne de défense. La majorité des 65 missions devrait se dérouler en Belgique (côté flamand) autour de zones «peu habitées et géographiquement variées». Trois semaines d’entraînements en perspective donc, qui vont couvrir un large spectre d’activités militaires. Trois modules sont au programme. Les pilotes commenceront par des exercices de perfectionnement de combat et d’entraînement à l’intégration des forces, leur permettant de se familiariser avec l’espace aérien belge et ses règles propres, tout en accomplissant les exercices en complicité avec les autres unités (dont des vols en vision nocturne et au ras de terre). Le second module ne comprendra exclusivement que des exercices des forces spéciales (insertion/Extraction, Action Directe, Récupération du Personnel, Surveillance, Renseignement et Reconnaissance). Enfin, la troisième et dernière étape ressemblera de près à la deuxième mais se déroulera dans le sud-est du pays, sans en savoir plus quant à la location exacte.

Objectif : augmenter la déployabilité des forces

L’Agence Européenne de Défense espère, à travers ces quelques 650 heures de vol, améliorer les capacités de déployabilité de sa flotte d’hélicoptères. «Nous nous battons ensemble, et nous devons donc travailler ensemble, mettre nos ressources en commun» explique Peter Round, le directeur des capacités à l’Agence. Sans compter que peu de pays européens peuvent se permettre une opération de cette ampleur par leurs seuls moyens nationaux. «Un exercice tel que celui-ci est le meilleur moyen d’apporter un entrainement de haute qualité en ces temps difficile» s’explique M. Round.

Un des plus vieux programmes

«Green Blade» est le plus récent des exercices de l’Agence. Mais ce programme a démarré il y a trois ans déjà. De fait, c’est un des plus vieux programmes dans la lignée des initiatives « pooling and sharing » adoubées par les Ministres de la Défense à la réunion ministérielle de Gand. Depuis 2009, ainsi, 108 appareils ont participé à ces entraînements en France (Gap 2009), en Espagne (Logrono 2010), en Italie (Viterbo 2011) et au Portugal, cet été près de Porto. (Voir : C’est l’été, les pilotes européens s’entraînent). L’Agence organise également un programme visant à former des instructeurs «européens» ; placé sous les auspices du Royaume-Uni et de la Suède, le programme vise à harmoniser l’apprentissage des formateurs à travers l’UE.

 

A suivre: toutes les infos sur la fusion-confusion des capacités militaires de Belgique-Union Européenne-Otan devraient être rassemblées et analysées pour se rendre mieux compte de l'ampleur
des préparatifs de guerres futures de l'OTAN.
Lire la suite